• Former Bolivian President Luis Arce arrested in corruption investigation | AP News
    https://apnews.com/article/bolivia-luis-arce-arrested-corruption-65566acd1d5cacbd9d650c40394da631

    Aucun rapport entre ces deux infos...

    Bolivian law enforcement officials on Wednesday arrested former President Luis Arce as part of a corruption investigation, opening an uncertain chapter in the country’s politics a month after the inauguration of conservative President Rodrigo Paz ended 20 years of socialist rule.

    A senior official in Paz’s government, Marco Antonio Oviedo, told reporters that Arce had been arrested on charges of breach of duty and financial misconduct related to the alleged embezzlement of public funds during his stint as economy minister in the government of charismatic former leader Evo Morales (2006-2019).

    Bolivia’s new right-wing government said Tuesday that it restored diplomatic relations with Israel, the latest sign of the dramatic geopolitical realignment underway in the South American country that was once among the most vocal critics of Israeli policies toward Palestinians.

    https://apnews.com/article/bolivia-israel-rodrigo-paz-gideon-saar-evo-morales-gaza-8482c0d13b2d3b571378

    Bolivian Foreign Minister Fernando Aramayo met his Israeli counterpart Gideon Saar in Washington and signed a declaration agreeing to revive bilateral ties, which Bolivia’s previous left-wing government severed two years ago over Israel’s devastating campaign against Hamas in Gaza.

  • Comment les idées d’extrême droite se sont diffusées dans les discours institutionnels de la Vᵉ République
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/12/05/comment-les-idees-d-extreme-droite-se-sont-diffusees-dans-les-discours-insti

    Pour mesurer la pénétration de ces thématiques au sein même des discours gouvernementaux, ils se sont intéressés aux déclarations de politique générale des premiers ministres de la Ve République entre 1959 et 2024, ces « grands oraux » programmatiques prononcés devant la représentation nationale.

    [...]

    (...) A l’aide d’outils de traitement automatique du langage naturel, ils ont ensuite recherché ces thématiques dans les discours et attribué à chacun un « score idéologique d’extrême droite ».

    Pic lors de la guerre d’Algérie

    Premier enseignement, l’influence de ces idées est loin d’être uniforme. La courbe chronologique des scores forme un U dont les deux bords culminent à peu près au même niveau. Un premier pic apparaît au début des années 1960 au moment de la guerre d’Algérie. Ainsi, le discours de Michel Debré en 1959 est-il « imprégné d’éléments couramment mobilisés en période de guerre et souvent rattachés à l’extrême droite ». A partir de 1968, les occurrences se raréfient, les déclarations s’inspirant plus du gaullisme social, pour grimper à nouveau de façon « continue, progressive et transpartisane » entre 1976 et 2024.

    L’étude publiée dans la [Revue française de science politique (volume 75, numéro 2, met ainsi en évidence que les plus hauts scores concernent les premiers ministres de droite en période de cohabitation ainsi que ceux du centre. Cette tendance s’expliquerait par la « plasticité idéologique » du centre et son pragmatisme, évaluent les politistes. « En se présentant comme l’arbitre des extrêmes, le centre s’affranchit beaucoup plus facilement que les partis de droite et de gauche des barrières idéologiques existantes », écrivent-ils, se référant aux travaux de l’historien Pierre Serna sur l’« #extrême_centre ».

    S’ils restent prudents, ils estiment que la stratégie engagée par l’#extrême_droite dans les années 1970 pour diffuser ses idées dans la société et les rendre désirables pourrait constituer une « explication plausible » à la progression constatée.

  • Autoroute A69 : la justice annule l’autorisation environnementale du projet d’autoroute entre Castres et Toulouse, le chantier est arrêté
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/02/27/autoroute-a69-la-justice-administrative-annule-l-arrete-prefectoral-autorisa

    Le tribunal administratif de Toulouse a annulé, jeudi 27 février, l’arrêté préfectoral autorisant le chantier de l’autoroute A69, entre Toulouse et Castres, selon la décision du tribunal mise en ligne par le quotidien La Dépêche. Alors qu’il s’étend déjà sur des dizaines de kilomètres entre Toulouse et Castres, le chantier est mis à l’arrêt.

    Par deux fois, la rapporteure publique, Mona Rousseau, dont les avis sont régulièrement suivis, avait demandé à la justice administrative « l’annulation totale » de l’arrêté préfectoral qui a permis d’entamer le chantier en 2023. A l’audience du 18 février, cette magistrate avait réaffirmé que les gains espérés de la future autoroute n’étaient pas suffisants pour établir une « raison impérative d’intérêt public majeur » (RIIPM) justifiant les atteintes à l’environnement commises par le projet.

    • A69 : le projet autoroutier est annulé faute de nécessité impérieuse à le réaliser
      https://toulouse.tribunal-administratif.fr/decisions-de-justice/dernieres-decisions/a69-le-projet-autoroutier-est-annule-faute-de-necess

      En effet, si les projets pourraient faire gagner une vingtaine de minutes aux usagers par rapport au trajet actuel, le tribunal, après avoir examiné les arguments avancés par les préfets de la Haute-Garonne et du Tarn, estime qu’ils sont insuffisants.

      Tout d’abord, sur la nécessité de « désenclaver » le bassin Castres-Mazamet, le tribunal observe, sur la base des données INSEE, que le territoire ne présente ni un décrochage démographique, en comparaison des autres bassins situés aux alentours de Toulouse, ni un décrochage économique, dès lors que l’agglomération dispose, notamment, de tous les services des gammes de proximité et intermédiaire, d’un centre hospitalier, de formations universitaires, d’un aéroport reliant la ville à Paris et d’une gare offrant un service de liaisons quotidiennes avec la métropole toulousaine.

      En outre, en matière de sécurité et de désengorgement du trafic routier, le tribunal relève, d’une part, que la particulière accidentalité de la RN 126 dans son état actuel n’a pas été démontrée et que, d’autre part, les avantages de l’autoroute sont très relatifs, puisque l’itinéraire de substitution prévu pour les automobilistes ne souhaitant pas s’acquitter du prix du péage ne présentera plus des conditions optimales de sécurité, ni un confort similaire à celui de l’actuel itinéraire.

      Enfin, de manière plus générale, la juridiction administrative estime que le coût élevé du péage du projet A69 est de nature à en minorer significativement l’intérêt pour les usagers et les entreprises. Si l’administration indique qu’il existe une perspective de baisse tarifaire de l’ordre de 33%, le tribunal souligne que ce projet de baisse, qui ne porte que sur une partie du trajet, n’est, à ce jour, pas finalisé.

    • Ah mais ça date de Hollande cette affaire d’autoroute pour Pierre Fabre. Quel épouvantable #politisme que le hollandisme sauce macron, ça vous donne des bayrous partout. #extrême_centre

      aucune « raison impérative d’intérêt public majeur »

    • François Bayrou : un loser influent propulsé au pouvoir pour sauver Macron
      https://revolutionpermanente.fr/Francois-Bayrou-un-loser-influent-propulse-au-pouvoir-pour-sauv

      Accusé de détournement de fonds, anti-mariage gay, etc : Un macroniste pas très original

      Au-delà de ses indéniables capacités de tacticien, Bayrou cumule un certain nombre de casseroles. Il acquiert notamment une renommée nationale suite à la vidéo virale dans laquelle on le voit gifler un enfant lors de la campagne présidentielle de 2002. Quelques jours après la diffusion de la vidéo, il explique qu’il s’agit simplement d’ « un geste de père de famille (…) sans gravité ».

      En 2013, il intervient médiatiquement contre le mariage pour tous, dont il explique qu’il pose une « menace d’éclatement de la société française ». D’après lui, la « Manif pour tous », mobilisation d’extrême droite opposée au projet de loi, a « le droit d’être entendue ». Une homophobie revendiquée qui le rapproche de bon nombre d’ex-ministres de Macron, dont son prédécesseur Michel Barnier.

      Et que serait un politicien bourgeois français sans accusations de corruption ? Dans une affaire qui n’est pas sans rappeler celle dans laquelle le RN est empêtré en ce moment, François Bayrou a été cité à partir de 2017 dans une affaire de détournement de fonds et d’assistants parlementaires fictifs dont a bénéficié le MoDem. Mis en examen en 2019, il a été relaxé en février, non pas devant la preuve de son innocence, mais « au bénéfice du doute », dans le cadre d’une affaire qui n’est d’ailleurs pas terminée, puisque le parquet a fait appel. Le jugement a qui plus est acté la culpabilité de huit cadres du MoDem, accusés d’avoir détourné rien de moins que 293 000€. Mais Bayrou est parvenu à passer entre les mailles du filet, faute de preuve écrite attestant qu’il aurait donné l’autorisation de procéder à ce détournement de fonds.

      Par ailleurs, Bayrou met souvent en avant sa « ferveur catholique » qui l’a notamment conduit à fréquenter la « Communauté des Béatitudes ». Cette secte rigoriste est régulièrement citée dans des affaires d’abus sexuels et s’est fait connaître en fondant l’association « Mère de Miséricorde » destinée à dissuader des femmes de recourir à l’avortement et la maison du Cottolengo, dont l’objectif est de remettre les personnes atteintes du sida et les homosexuels dans le « droit chemin ». L’organisation a été maintes fois accusée de pratiques sectaires et ses dirigeants d’abus psychologiques, physiques et sexuels, notamment par un grand nombre d’anciens fidèles.

      Enfin, en 2022, François Bayrou s’illustre en proposant une « banque des parrainages » en faveur de Marine Le Pen et d’Eric Zemmour. En effet, le système de parrainages menace à l’époque d’empêcher les deux candidats d’extrême droite de pouvoir se présenter, dévoilant trop ouvertement le caractère anti-démocratique de la Ve République. Le dirigeant du MoDem propose alors d’assurer aux candidats crédités d’au moins 10% des intentions de vote dans les sondages des médias bourgeois de recevoir les 500 parrainages, une solution qui permet de balayer toute remise en cause du système de parrainages lui-même. Afin de montrer l’exemple, le dirigeant centriste avait alors lui-même donné son parrainage à Marine Le Pen.

      Ainsi, François Bayrou a pu profiter de l’affaiblissement de Macron pour atteindre ce qui est sans nul doute la consécration de sa carrière. Pour autant, ses perspectives sur le moyen terme semblent loin d’être joyeuses et on voit mal comment le dirigeant du MoDem parviendra à survivre au vote du futur budget. Surtout, s’il compte utiliser sa capacité au « compromis » pour tenter d’arracher un pacte de « non-censure » au PS et à LR, les contradictions au plan politique et l’absence de majorité ne tarderont pas à revenir au premier plan. D’ores et déjà, comme en attestent ses premiers mots sur le budget 2025, lors de son investiture, il est clair que ce nouveau chef de gouvernement compte bien marcher dans les pas de ses prédécesseurs et tout faire pour imposer l’austérité au monde du travail. Face au spectacle pathétique aux aspects de disque rayé que nous offre la Ve République, il est plus que temps de nous battre pour la détruire, pour balayer la figure présidentielle, le Sénat et le conseil constitutionnel, afin d’exiger une assemblée unique, et en finir avec ce régime pourrissant.

    • Ce pouèt : https://piaille.fr/@SweetSumo@octodon.social/113645437978282060

      Ici c’est la folie, j’avoue que je m’attendais pas à ça ! Les gens descendent dans la rue en masse avec des drapeaux du MoDem et des portraits de #Bayrou. Les voisins tambourinent à ma porte les uns après les autres pour que je descende avec eux, ils crient « c’est Bayrou ! C’est Bayrou ! » pensant m’apprendre l’heureuse nouvelle. Dans toutes les rues ça klaxonne, ça chante, les gens se prennent en selfie devant… tout ce qui peut représenter « le centre » (un centre commercial, le centre des impôts…), un jeune couple commence à faire l’amour sous mes fenêtres avec une écharpe France bleu Béarn pour tout vêtement… la nuit promet d’être courte !

    • Empêcher le débat public : le dernier cadeau empoisonné de Michel Barnier
      https://clemenceguette.fr/empecher-le-debat-public-le-dernier-cadeau-empoisonne-de-michel-barni

      Barnier contre Barnier

      Tout commence en 1995, quand Michel Barnier, alors ministre de l’écologie, crée la Commission nationale du débat public (CNDP) suite à un vif débat autour du déploiement de la ligne à grande vitesse dite “Méditerranée” qui oppose les vignerons et les habitants de la vallée du Rhône à la SNCF. Dès son origine, sa mission est “d’organiser les débats publics sur les projets ayant un impact significatif sur l’environnement”, c’est-à-dire de permettre la tenue de consultations locales, publiques et démocratiques, en amont de l’implantation d’un projet d’envergure, pouvant substantiellement modifier la portée de celui-ci. Les prérogatives et les compétences de la CNDP sont progressivement renforcées. Par exemple, elle devient une autorité publique indépendante en 2002, et 14 ans plus tard, une autorité garante des droits du public. Pour vous donner quelques exemples, la Commission a été saisie récemment pour discuter du projet Emili, une mine de Lithium dans l’Allier (03) mais aussi concernant l’extension du port de commerce Galisbay sur l’île de Saint Martin (97). Dans un cas comme dans l’autre, les consultations citoyennes sont indispensables ! Il est essentiel que le peuple se saisisse collectivement à l’échelle locale de ses conditions matérielles d’existence.

      Cette instance est donc pour nous, défenseurs d’une révolution citoyenne, un outil parmi d’autres qui dégage un espace au service de l’expression démocratique et populaire, sorte de trou de souris dans la verticalité du pouvoir de la Vème République. C’est un espace loin d’être parfait : les débats publics ne concernent que les plus gros projets, ne garantissent pas l’information suffisante du public, ne sont pas contraignants, etc. Cela ne suffit pas pour le macronisme qui a d’ores et déjà rabougri la CNDP. En effet, en 2023, Marc Papinutti est nommé à seulement deux voix près président de cette instance. Il s’agit de l’ancien directeur de cabinet de Christophe Béchu, l’ancien ministre de l’écologie. Un conflit d’intérêt majeur qui “ressemblait déjà à un enterrement de première classe de la CNDP”. Celle-ci, son autonomie retrouvée quand nous serons au pouvoir, aura un rôle important et disposera de moyens supplémentaires pour permettre, conjointement avec les communes, l’organisation des débats citoyens pour la mise en œuvre la planification écologique. Son organisation devra, surtout, s’intégrer dans une politique dans laquelle on gouverne par les besoins, et non au service de quelques-uns.

      De retour en 2024, le 29 novembre, Michel Barnier, alors Premier ministre, décide de s’en prendre à sa propre idée. Il annonce que tous les projets industriels, soit plus de la moitié des projets qui nécessitent des consultations, vont être “exclus du champ d’intervention de la CNDP” pour faciliter l’installation de nouvelles industries en France. Une attaque sans précédent et une première étape selon Florent Guignard, le responsable du suivi des débats publics pour la Commission nationale du débat public, pour qui “une fois ces projets sortis de sa compétence, cela deviendra le principal argument pour la supprimer définitivement”. Selon Barnier, les projets industriels “sont trop souvent retardés ou découragés” par les consultations menées par la CNDP. Comprenez en sous titre que le temps de la démocratie gêne l’ex Premier ministre. Pas étonnant, son camp méprise le temps du peuple. Macron et les siens ont jeté à la poubelle les cahiers de doléances de Gilets Jaunes, les travaux de Convention citoyenne sur le climat, des états généraux de l’alimentation, des assises de la mobilité, des consultations citoyennes sur les discriminations etc.

      Mais cela ne s’arrête pas là. Certes, on aurait pu croire que Barnier censuré, la CNDP serait sauvée comme les 4000 postes d’enseignants. Mais le locataire de Matignon a commis une violence anti-démocratique supplémentaire quelques heures avant de dégainer son 49.3. Le jour même de la censure de son gouvernement, il a publié le projet de décret entérinant le détricotage de la CNDP. La ressemblance est écrasante avec la méthode de son prédécesseur Gabriel Attal qui a fait publier les huit décrets d’application de la loi immigration à peine quelques heures avant de remettre sa démission. Les visages changent mais la détestation de la souveraineté populaire reste la même.

      La désindustrialisation comme prétexte

      Cette casse organisée du débat public est non seulement un scandale démocratique mais aussi un scandale écologique camouflé derrière “le grand plan d’urgence” de Michel Barnier pour l’industrie française. Celui-ci a eu cette brillante idée en même temps que celle qui consiste à “exempter” les projets industriels du dispositif zéro artificialisation nette des sols (ZAN) pour cinq ans. Ce grand plan pour l’industrie, qui consiste presque exclusivement à la simplification et la suppression de normes environnementales, repose très largement sur une erreur de diagnostic ou plutôt sur une mascarade. C’est un simulacre qui voudrait faire croire que l’état déplorable du tissu industriel français s’explique par un excès de démocratie et par des politiques écologiques trop exigeantes. Ce à quoi personne ne peut croire sérieusement. C’est une mauvaise excuse montée de toute pièce pour ne pas reconnaître l’échec des politiques néolibérales en matière d’industrie.

      Pour rappel, plus d’un tiers des fonderies françaises ont fermé entre 2006 et 2021. Rien que le mois dernier, ce sont près de 2122 salariés et leurs familles qui ont été laissés sur le carreau suite aux fermetures des sites Michelin et de Valeo, géants de l’automobile. La folie libre-échangiste et les sommes faramineuses d’argent public versées aux entreprises sans contrepartie sont très largement responsables de ce bilan calamiteux. La CNDP n’a rien à voir là dedans.

      Au contraire, il faut planifier la réindustrialisation, en partant du peuple, cheville ouvrière de l’émancipation collective et de la bifurcation écologique. Ce que porte notre programme. Pour nous, pas touche à la Commission nationale du débat public !

    • Bayrou de secours [au secours]
      https://www.infolibertaire.net/bayrou-de-secours

      Pour la gauche, la nomination de Bayrou, c’est un vaudeville qui est « magistralement » dénoncé. Au R.N., il faut voir et attendre, pas question de censurer d’emblée. Il faut dire que Bayrou a parrainé Marine Le Pen pour la présidentielle et qu’il a eu des problèmes similaires à elle concernant les assistants parlementaires…Détournements de fonds ? C’est aussi un bon catholique, ce qui fait de sérieux atomes crochus avec la droite et l’extrême droite. Le Béarnais saura en jouer. Surtout s’il peut compter sur une non-censure de son gouvernement par le R.N.

      Il a de gros dossiers qui l’attendent sur la pile de son bureau. Le recrutement d’enseignants car la profession bat de l’aile et c’est un euphémisme. Les urgences à l’hôpital sont toujours à l’os. Les plans sociaux vont bon train, l’écologie est au placard, les agriculteurs menacent de tout bloquer et eux contrairement aux écologistes ne sont pas taxés de terroristes quand ils passent à l’action directe. Et puis la fin de vie et plein d’autres choses pour agrémenter et pimenter une vie toujours à la recherche du pouvoir. Se mettre en avant c’est servir et inversement. C’est dingue, le nombre de politiciens qui veulent servir. D’ailleurs pour certains c’est plutôt se servir. Pas besoin d’être grand clerc pour savoir que Bayrou défendra les patrons et continuera une politique austéritaire.

      Mais nous, Bayrou, on « l’aime bien ». Il a quand même réussi à faire descendre dans la rue à Paris un million de défenseurs de la laïcité, le 16 janvier 1994. Chapeau bas. Pour rappel dans la nuit du 14 au 15 décembre 1993, le Parlement adoptait à la sauvette une loi dite « Bourg-Broc » ou « Bayrou ». Ce dernier était alors ministre de l’Éducation nationale. Cette loi visait à supprimer de fait toute contrainte en matière de financement des écoles privées. Bayrou voulait faire sauter le verrou de la loi Falloux. La réponse des laïques fut imposante : un million de personnes manifestaient à Paris. Enfin, vu le nombre qu’on était, on a plutôt piétiné et fait du « sur place » et on s’est bien gelé à l’époque. Mais autant de monde dans les rues de la capitale, ça faisait chaud au cœur.

      Alors, le gouvernement, avec la situation sociale explosive que nous connaissons, n’est pas à l’abri d’une mobilisation de grande ampleur en 2025. Et si Bayrou nous la rejoue à l’ancienne, ça risque de chauffer dans la rue. Alors, on va l’attendre au tournant. Et nous, c’est pas pour lui piquer sa place, c’est pour défendre notre classe.

      Rien n’est banal, rien n’est fatal. Sous la dureté de la vie, la révolte devient le rêve des hommes et des femmes. Par le travail où l’on ne chante plus se fait une grande œuvre d’abêtissement humain. L’ouvrier en a assez de trimer, de compter à chaque fin de mois quand ce n’est pas à la moitié du mois et cela va ébranler le monde. C’est ce que les libertaires désirent. Les patrons et les politiciens vivent de la souffrance des autres. Mais messieurs-dames, au-delà de cette limite, votre ticket n’est plus valable. Aux travailleurs de se prendre en main et partons à l’assaut du vieux monde.

      Goulago (GLJD)

  • Après ses consultations, Emmanuel Macron exclut de nommer Lucie Castets à Matignon
    https://www.lesechos.fr/politique-societe/emmanuel-macron-president/apres-ses-consultations-emmanuel-macron-exclut-de-nommer-lucie-castets-a-ma

    Le camp de l’ancienne majorité estime que la nomination de la représentante du NFP n’apporterait aucune stabilité, son gouvernement serait immédiatement l’objet d’une motion de censure. Le chef de l’Etat paraît toutefois être à la recherche d’une personnalité de centre gauche.

    Ce soir, au JT, on t’explique que sans LFI, tout se passerait mieux.

  • UK Prime Minister sur X : “We are a reasonable country, but our patience has now run out. Our Parliament is sovereign, and it should be able to make decisions that cannot be undone in our courts. That’s what this emergency legislation delivers.” / X
    https://twitter.com/10DowningStreet/status/1732718945063280977

    We are a reasonable country, but our patience has now run out.

    Our Parliament is sovereign, and it should be able to make decisions that cannot be undone in our courts.

    That’s what this emergency legislation delivers.

    #extrême_centre

  • Où va la France ?

    La France est bel et bien en train de rejoindre le camp des démocraties « illibérales » juge Jean-François Bayart, professeur à l’IHEID, pour qui #Emmanuel_Macron vit dans une #réalité_parallèle et joue avec le feu.

    Où va la France ? se demande la Suisse. La mauvaise réponse serait de s’arrêter à la raillerie culturaliste des Gaulois éternels mécontents. La #crise est politique. Emmanuel Macron se réclame de l’ « extrême centre » qu’incarnèrent successivement, dans l’Histoire, le Directoire, le Premier et le Second Empire, et différents courants technocratiques saint-simoniens. Il est le dernier avatar en date de ce que l’historien Pierre Serna nomme le « poison français » : la propension au réformisme étatique et anti-démocratique par la voie de l’exercice caméral et centralisé du pouvoir.

    Le conflit des retraites est le symptôme de l’épuisement de ce gouvernement de l’extrême centre. Depuis trente ans, les avertissements n’ont pas manqué, que les majorités successives ont balayés d’un revers de main en criant aux corporatismes, à la paresse, à l’infantilisme du peuple. Administrée de manière autoritaire et souvent grotesque, la pandémie de Covid-19 a servi de crash test auquel n’ont pas résisté les services publics dont s’enorgueillissait le pays et qui lui fournissaient, au-delà de leurs prestations, une part de ses repères.

    Emmanuel Macron, tout à son style « jupitérien », aggrave l’aporie dans laquelle est tombée la France. Il n’a jamais rien eu de « nouveau », et sa posture d’homme « providentiel » est une figure éculée du répertoire bonapartiste. Il n’imagine pas autre chose que le modèle néolibéral dont il est le pur produit, quitte à le combiner avec une conception ringarde du roman national, quelque part entre le culte de Jeanne d’Arc et la fantaisie réactionnaire du Puy-du-Fou. Son exercice du pouvoir est celui d’un enfant immature, narcissique, arrogant, sourd à autrui, plutôt incompétent, notamment sur le plan diplomatique, dont les caprices ont force de loi au mépris de la Loi ou des réalités internationales.

    Ce pourrait être drôle si ce n’était pas dangereux. L’interdiction de l’ « usage de dispositifs sonores portatifs » pour éviter les casserolades des opposants, le bouclage policier des lieux où se rend le chef de l’Etat, le lancement de campagnes de rectification idéologique contre le « wokisme », la « théorie du genre », l’ « islamo-gauchisme », l’ « écoterrorisme » ou l’« ultra-gauche » sont autant de petits indices, parmi beaucoup d’autres, qui ne trompent pas le spécialiste des régimes autoritaires que je suis. La France est bel et bien en train de rejoindre le camp des démocraties « illibérales ».
    Un arsenal répressif à disposition des pouvoirs suivants

    D’aucuns crieront à l’exagération polémique. Je leur demande d’y regarder à deux fois en ayant à l’esprit, d’une part, l’érosion des libertés publiques, au nom de la lutte contre le terrorisme et l’immigration, depuis au moins trois décennies, d’autre part, les dangers que revêtent de ce point de vue les innovations technologiques en matière de contrôle politique et l’imminence de l’arrivée au pouvoir du Rassemblement national auquel les gouvernements précédents auront fourbi un arsenal répressif rendant superflues de nouvelles lois liberticides.

    Il n’est pas question, ici, de « bonnes » ou de « mauvaises » intentions de la part du chef de l’Etat, mais d’une logique de situation à laquelle il se prête et qu’il favorise sans nécessairement la comprendre. Macron n’est ni Poutine ni Modi. Mais il prépare l’avènement de leur clone hexagonal. Au mieux sa politique est celle de Viktor Orban : appliquer le programme de l’extrême droite pour éviter son accession au pouvoir.

    Sur fond d’évidement des partis de gouvernement, un « flibustier » – pour reprendre le qualificatif de Marx à propos du futur Napoléon III – s’est emparé du butin électoral à la faveur de la sortie de route de Nicolas Sarkozy, François Hollande, Alain Juppé, François Fillon, Manuel Valls. Il a cru « astucieux », pour continuer à citer Marx, de détruire « en même temps » la gauche et la droite pour s’installer dans le confort d’un face-à-face avec Marine Le Pen. Mais Emmanuel Macron n’a été élu et réélu que grâce au concours des voix de la gauche, soucieuse de conjurer la victoire du Rassemblement national. Son programme, libéral et pro-européen, n’a jamais correspondu aux préférences idéologiques que du quart du corps électoral, hormis même la part croissante des non-inscrits et des abstentionnistes qui sape la légitimité des institutions.
    Un président aveugle et méprisant

    Nonobstant cette évidence, Emmanuel Macron, ignorant de par son éducation et son itinéraire professionnel les réalités du pays profond, primo-élu à la magistrature suprême sans jamais avoir exercé le moindre mandat local ou national, a entendu faire prévaloir la combinaison schmittienne d’un « Etat fort » et d’une « économie saine » en promulguant ses réformes néolibérales par voie d’ordonnances, en court-circuitant les corps intermédiaires et ce qu’il nomme l’« Etat profond » de la fonction publique, en s’en remettant à des cabinets privés de conseil ou à des conseils a-constitutionnels tels que le Conseil de défense, en réduisant la France au statut de « start-up nation » et en la gérant comme un patron méprisant ses employés, « Gaulois réfractaires ».

    Une chroniquei : Les casseroles de Macron, un totem de plus dans la cocotte-minute

    Le résultat ne se fit pas attendre. Lui qui voulait apaiser la France provoqua le plus grave mouvement social depuis Mai 68, celui des Gilets jaunes dont le spectre continue de hanter la Macronie. La main sur le cœur, Emmanuel Macron assura, au début de la pandémie de Covid-19, avoir compris que tout ne pouvait être remis aux lois du marché. A plusieurs reprises, il promit avoir changé pour désamorcer l’indignation que provoquait sa morgue. De nouvelles petites phrases assassines prouvèrent aussitôt qu’il en était incapable. Il maintint son cap néolibéral et fit alliance avec Nicolas Sarkozy en 2022 pour imposer une réforme financière de la retraite en dépit de l’opposition persistante de l’opinion et de l’ensemble des forces syndicales, non sans faire fi de leurs contre-propositions.

    Face au nouveau mouvement social massif qui s’est ensuivi, Emmanuel Macron s’est enfermé dans le déni et le sarcasme. Il argue de la légitimité démocratique en répétant que la réforme figurait dans son programme et qu’elle a été adoptée selon une voie institutionnelle validée par le Conseil constitutionnel.
    Une réalité parallèle

    Sauf que : 1) Emmanuel Macron n’a été réélu que grâce aux voix de la gauche, hostile au report de l’âge de la retraite ; 2) le peuple ne lui a pas donné de majorité parlementaire lors des législatives qui ont suivi le scrutin présidentiel ; 3) le projet portait sur les « principes fondamentaux de la Sécurité sociale », lesquels relèvent de la loi ordinaire, et non d’une loi de « financement de la Sécurité sociale » (article 34 de la Constitution), cavalier législatif qui a rendu possible le recours à l’article 49.3 pour imposer le texte ; 4) le gouvernement s’est résigné à cette procédure parce qu’il ne disposait pas de majorité positive, mais de l’absence de majorité pour le renverser au terme d’une motion de censure ; 5) le Conseil constitutionnel est composé de personnalités politiques et de hauts fonctionnaires, non de juristes, et se préoccupe moins du respect de l’Etat de droit que de la stabilité du système comme l’avait déjà démontré son approbation des comptes frauduleux de la campagne électorale de Jacques Chirac, en 1995 ; 6) le détournement de la procédure parlementaire a suscité la désapprobation de nombre de constitutionnalistes et s’est accompagné du refus de toute négociation sociale.

    Comme en 2018, Emmanuel Macron répond à la colère populaire par la violence policière. Atteintes à la liberté constitutionnelle de manifester, utilisation de techniques conflictuelles de maintien de l’ordre, usage d’un armement de catégorie militaire qui cause des blessures irréversibles telles que des éborgnages ou des mutilations ont entraîné la condamnation de la France par les organisations de défense des droits de l’homme, le Conseil de l’Europe, la Cour européenne de justice, les Nations unies.

    Face à ces accusations, Emmanuel Macron s’enfonce dans une réalité parallèle et radicalise son discours politique. A peine réélu grâce aux voix de la gauche, dont celles de La France insoumise, il place celle-ci hors de l’ « arc républicain » dont il s’arroge le monopole de la délimitation. Il voit la main de l’ « ultragauche » dans la contestation de sa réforme. Il justifie les violences policières par la nécessité de lutter contre celles de certains manifestants.

    Sauf que, à nouveau : 1) le refus, récurrent depuis l’apport des suffrages de la gauche à Jacques Chirac en 2002 et le contournement parlementaire du non au référendum de 2005, de prendre en considération le vote des électeurs quand celui-ci déplaît ou provient d’une autre famille politique que la sienne discrédite la démocratie représentative, nourrit un abstentionnisme délétère et pousse à l’action directe pour faire valoir ses vues, non sans succès pour ce qui fut des Gilets jaunes et des jeunes émeutiers nationalistes corses auxquels il fut accordé ce qui avait été refusé aux syndicats et aux élus ; 2) le non-respect des décisions de justice par l’Etat lorsque des intérêts agro-industriels sont en jeu amène les écologistes à occuper les sites des projets litigieux, au risque d’affrontements ; 3) la stigmatisation d’une ultragauche dont l’importance reste à démontrer va de pair avec le silence du gouvernement à propos des voies de fait de l’ultra-droite identitariste et des agriculteurs productivistes qui multiplient les agressions contre les écologistes.
    « Ce n’est pas être un black bloc que de dénoncer les excès structurels de la police »

    Ce n’est pas être un « amish » et vouloir retourner « à la bougie » que de s’interroger sur la 5G ou sur l’inconsistance du gouvernement quand il défend à grand renfort de grenades les méga-bassines alors que se tarissent les nappes phréatiques du pays. Ce n’est pas être un black bloc que de dénoncer les excès structurels de la police. Ce n’est pas être un gauchiste que de diagnostiquer la surexploitation croissante des travailleurs au fil de la précarisation des emplois et au nom de logiques financières, de repérer le siphonnage du bien public au profit d’intérêts privés, ou de déplorer le « pognon de dingue » distribué aux entreprises et aux contribuables les plus riches. Point besoin non plus d’être grand clerc pour comprendre que la Macronie n’aime pas les pauvres. Elle n’a plus d’autre réponse que la criminalisation des protestations. Elle souhaite maintenant dissoudre la nébuleuse des Soulèvements de la terre que parrainent l’anthropologue Philippe Descola, le philosophe Baptiste Morizot, le romancier Alain Damasio ! Quand Gérald Darmanin entend le mot culture il sort son LBD.

    Dans cette fuite en avant, un pas décisif a été franchi lorsque le gouvernement s’en est pris à la Ligue des droits de l’homme. Ce faisant, la Macronie s’est de son propre chef placée en dehors de l’ « arc républicain ». Cette association, née, faut-il le rappeler, de l’affaire Dreyfus, est indissociable de l’idée républicaine. Seul le régime de Pétain avait osé l’attaquer. Sur la planète, ce sont bien les Poutine et les Orban, les Erdogan et les Modi, les Kaïs Saïed ou les Xi Jinping qui tiennent de tels propos. Oui, la France bascule.

    https://www.letemps.ch/opinions/va-france

    #France #Macron #macronisme #crise_politique #extrême_centre #poison_français #néolibéralisme #casserolades #autoritarisme #illibéralisme #répression #libertés_publiques #réformes #réformes_néolibérales #Etat_profond #fonction_publique #Conseil_de_défense #Gilets_jaunes #déni #sarcasme #violences_policières #réalité_parallèle #arc_républicain

    via @karine4, aussi signalé par @monolecte
    https://seenthis.net/messages/1002152

  • Où va la France? - Le Temps
    https://www.letemps.ch/opinions/va-france

    Sauf que : 1) Emmanuel Macron n’a été réélu que grâce aux voix de la gauche, hostile au report de l’âge de la retraite ; 2) le peuple ne lui a pas donné de majorité parlementaire lors des législatives qui ont suivi le scrutin présidentiel ; 3) le projet portait sur les « principes fondamentaux de la Sécurité sociale », lesquels relèvent de la loi ordinaire, et non d’une loi de « financement de la Sécurité sociale » (article 34 de la Constitution), cavalier législatif qui a rendu possible le recours à l’article 49.3 pour imposer le texte ; 4) le gouvernement s’est résigné à cette procédure parce qu’il ne disposait pas de majorité positive, mais de l’absence de majorité pour le renverser au terme d’une motion de censure ; 5) le Conseil constitutionnel est composé de personnalités politiques et de hauts fonctionnaires, non de juristes, et se préoccupe moins du respect de l’Etat de droit que de la stabilité du système comme l’avait déjà démontré son approbation des comptes frauduleux de la campagne électorale de Jacques Chirac, en 1995 ; 6) le détournement de la procédure parlementaire a suscité la désapprobation de nombre de constitutionnalistes et s’est accompagné du refus de toute négociation sociale.

    Comme en 2018, Emmanuel Macron répond à la colère populaire par la violence policière. Atteintes à la liberté constitutionnelle de manifester, utilisation de techniques conflictuelles de maintien de l’ordre, usage d’un armement de catégorie militaire qui cause des blessures irréversibles telles que des éborgnages ou des mutilations ont entraîné la condamnation de la France par les organisations de défense des droits de l’homme, le Conseil de l’Europe, la Cour européenne de justice, les Nations unies.

  • Il y a 3 ans, une interview de Pierre Serna sur l’#extrême_centre
    https://www.youtube.com/watch?v=wLfAACNdxyo


    #2019

    L’historien Pierre Serna, de la Sorbonne, inventeur de l’expression « extrême-centre », a montré dans un livre récent qu’Emmanuel Macron est un parfait représentant de cette tradition politique française née avec la Révolution et l’apparition de ceux qu’on appelait à l’époque « les « girouettes ».

    Pierre Serna se réfère aux précédents historiques, nombreux en France de Napoléon Bonaparte à De Gaulle, pour montrer à quel point le macronisme au pouvoir aujourd’hui présente toutes les caractéristiques habituelles de l’extrême-centre, qui est foncièrement anti-démocratique :
    – Le ralliement d’hommes politiques et de hauts fonctionnaires qui viennent de tous les bords politiques et ont retourné leurs vestes.
    – Un discours de la modération, de l’ordre, de l’intérêt général, qui renvoie toutes les oppositions aux extrêmes pour les criminaliser, et qui s’accompagne dans la réalité d’une répression policière féroce, extrêmement violente contre les contestations sociales et politiques
    – Une domination totale du pouvoir de l’exécutif (le gouvernement et l’administration, préfectorale notamment) sur le législatif, c’est-à-dire sur le Parlement, ce dernier étant réduit à une chambre d’enregistrement des décisions du chef et de son entourage. Cela signifie une perte totale de représentativité et donc de légitimité du pouvoir, quand bien même la légalité est (en apparence au moins) respectée. Autrement dit, c’est la fin de la démocratie.

  • “Islamogauchisme” : Le piège de l’Alt-right se referme sur la Macroniehttps://politoscope.org/2021/02/le-piege-de-lalt-right-se-referme-sur-la-macronie

    Le terme « islamo-gauchisme » est donc avant tout une arme idéologique utilisée dans un discours hostile pour discréditer une communauté politique indépendamment de la réalité qu’il est supposé désigner.

    Une cartographie de l’ensemble des échanges Twitter avec identification des communautés politiques révèle d’ailleurs très bien cette organisation dichotomique des échanges autour de cette expression. La figure 2 montre deux blocs qui s’affrontent : d’un côté les communautés d’extrême-droite et LR qui utilisent ce terme de manière hostile pour dénigrer ou stigmatiser la communauté LFI, de l’autre LFI qui se défend. On remarquera par ailleurs que l’extrême droite est elle-même divisée en deux sous groupes : le RN et les courants patriotes/identitaires. Enfin, la figure 3 ci-dessous montre bien l’activité ancienne, persistante et massive de l’extrême-droite pointant l’intention de faire accepter une certaine représentation du monde par ce néologisme.

    Bien que la science ne reconnaisse pas “l’islamo-gauchisme” comme une catégorie sociale légitime, plusieurs courants d’extrême-droite en font depuis longtemps la promotion.

    Cette promotion, qui s’inscrit dans des échanges hostiles et dépourvus d’éléments programmatiques, a des objectifs bien précis :
    1) discréditer ses opposants de gauche.
    2) convaincre l’opinion publique de l’existence d’une nouvelle catégorie d’acteurs : des ennemis intérieurs alliés aux forces obscures de l’islamisme radical. Ce faisant, elle crée une atmosphère anxiogène propice à l’adhésion à ses idées.

    Si, comme nous avons pu le mesurer, cet effort soutenu n’a pas eu d’effet notable sur l’écosystème politique jusqu’à récemment, les interventions successives de trois ministres de la République ont changé la donne. La dernière intervention de Frédérique Vidal lui a fourni une exposition inespérée.

    L’existence de groupes islamo-gauchistes vient d’être défendue officiellement au plus haut niveau puisqu’il serait absurde de demander une enquête sur quelque chose à laquelle on apporte peut de crédit. Cette dénomination est donc légitimée par le gouvernement, avec en prime l’idée que de notre jeunesse serait menacée d’endoctrinement.

    La réaction épidermique du milieu universitaire à ces interventions n’a fait qu’amplifier l’exposition à cette idée, même si c’était pour la démentir, laissant présager d’un effet boomerang. Nous voyons ainsi sur le détail de l’évolution de la popularité de ce terme (Figure 4) qu’il a été propulsé au centre des discussions de l’ensemble des communautés politiques à la suite de l’intervention de la ministre et qu’il a même atteint assez profondément “la mer”.

    “La mer” est le nom que nous avons donné à ce large ensemble de comptes qui ne sont pas suffisamment politisés pour être associés à un courant politique particulier mais qui échangent néanmoins des tweets politiques. Toucher “la mer” avec leurs idées est le graal pour les communautés politiques car c’est un réservoir important de nouvelles recrues. Ainsi, “la mer”, concentrant son attention sur ce concept “d’islamo-gauchisme”, est amènée à problématiser les enjeux politiques à partir des idées de l’extrême-droite.

    D’après nos mesures, les ministres du gouvernement ont réussi à faire en quatre mois ce que l’extrême-droite a peiné à faire en plus de quatre années : depuis octobre, le nombre de tweets de “la mer” mentionnant “islamo-gauchisme” est supérieur au nombre total de mentions entre 2016 et octobre 2020. On peut parler de performance...

    • Le recours du gouvernement à la rhéthorique de “l’#islamo-gauchisme” révèle une perte inquiétante de repères. Après trois reprises par trois ministres différents et importants, la dernière étant assumée deux jours plus tard par une intervention à l’Assemblée Nationale puis une autre au JDD, une #stratégie_gouvernementale affleure qui révèle une certaine nervosité. Et si LREM n’était pas au deuxième tour de la présidentielle en 2022 ?

      Les mouvements sociaux de 2018, les gilets jaunes éborgnés, la pandémie qui n’en finit pas de finir, la crise économique sans précédent qui s’annonce, tout cela fait désordre et n’a pas permis à Emmanuel Macron de développer pleinement son programme. Il y a de quoi s’inquiéter. Comme en 2017, les partis politiques semblent se résoudre à avoir Marine Le Pen au second tour, jeu dangereux étant donné les failles de notre système de vote. Pour passer les deux tours, LREM devra donc éliminer LFI au premier tour, actuellement son opposant le plus structuré hormis le RN, puis battre le RN au deuxième tour. Accréditer l’existence d’un “islamo-gauchisme”, c’est à la fois affaiblir LFI en emboîtant le pas de l’extrême droite et montrer aux électeurs qui seraient tentés par le RN que, dans le domaine de la lutte contre l’islamisme radical, LREM peut tout à fait faire aussi bien, voire mieux, qu’une Marine Le Pen qualifiée de “molle” par Gérald Darmanin.

      Ce billard à trois bandes qui relève du “en même temps” est cependant extrêmement dangereux et a toutes les chances de devenir incontrôlable.

      Il n’y a pas de “en même temps” dans le monde manichéen de l’#alt-right qui s’attaque aux personnalités avant de s’attaquer aux idées. Une fois les représentations ad-hoc adoptées, l’électeur préférera toujours l’original à la copie et l’anti-système au système. Le vainqueur de 2022 sera celui qui arrivera à contrôler le cadre dans lequel s’effectueront les raisonnements des électeurs, et si ce cadre contient en son centre le terme “islamo-gauchisme”, il est fort à parier que Macron pourra faire ses valises. Pour ne pas perdre en terrain ennemi, la meilleure stratégie est de ne pas s’y aventurer.

      #droite_dure #extrême_droite
      #LFI #ennemi_imaginaire

    • Pour ne pas perdre en terrain ennemi, la meilleure stratégie est de ne pas s’y aventurer.

      la question qu’on peut se poser, du coup, c’est : est-ce vraiment encore le terrain ennemi ?

    • “Islamo-gauchisme” contre “#facho-centrisme”, portrait d’un pays à la dérive

      Nous vivons une déroute intellectuelle comme seuls les moments de crise de société profonde savent les produire. Hier, crise de la civilisation occidentale, aujourd’hui, faillite des démocraties libérales, le mouvement est celui d’une perte de repaires et d’une course en avant vers l’inconnu, à vitesse élevée, sans jamais prendre le temps nécessaire de la réflexion ou de la lutte contre la résistible ascension de l’échec collectif.

      Tout semble en effet s’être accéléré avec la crise sanitaire liée au covid-19. État d’urgence permanent, mesures liberticides n’ayant aucune efficacité ou presque sur le plan sanitaire et accumulation de lois scélérates de techno-surveillance ou de contrôle centralisé et censure politique en ligne de la vie démocratique.

      Ne nous trompons pas, le débat sur « l’islamo-gauchisme » n’en est pas un, c’est le déroulé programmatique du projet d’Emmanuel Macron, dont le « ni droite ni gauche » débouche sur un #extrême_centre, pivot ultime de la vie politique, obsédé par le risque populiste qui viendrait mettre à mal le narratif illusoire d’unité nationale, autour d’un parti défendant les seuls intérêts du #bloc_élitaire.
      D’unité, il n’y a pas, sauf celle, fantasmée par les marcheurs, d’un pays rassemblé derrière un chef et son parti unique.

      La mort de la démocratie libérale, donc, érigée comme modèle souhaitable de gouvernance, dans l’autoritarisme doux et éclairé d’un monarque de droit séculaire. Avec, en toile de fond, l’économie comme seul horizon de l’action politique : dérégulation et captation des profits contre le bien-être commun.

      L’idée même de réduire le débat politique à une caricature est de provoquer l’#hystérie_collective et d’empêcher le débat. Il n’est pas question de discuter du fond, des relais de l’islam politique en France, de l’influence étrangère dans le débat national, non. Il s’agit pour les porte-paroles et les éditocrates de caqueter sur un terme grossier, qui précisément empêche la réflexion et le débat et provoque la colère ou la haine. Parce que l’#islamo-gauchisme c’est avant tout le signe d’une paresse intellectuelle, de refuser de débattre du fond, de l’islam politique, de la montée des fascismes, de la destruction consciente par les gouvernements successifs des moyens de l’université et de la recherche.

      L’inventeur même du terme “islamo-gauchisme”, Pierre-André Taguieff regrette son dévoiement et explique que l’instrumentalisation politique actuelle n’a rien à voir avec le mouvement qu’il décrivait sous ce terme en 2002.

      La ministre de la Recherche, Mme Vidal, a choisi de continuer sa #vindicte contre l’entrisme supposé de cet islamo-gauchisme dans les universités en demandant une enquête au sens sociologique, scientifique du terme, pour sortir du ressenti et entrer dans les faits. Fort à parier que si cette enquête devait avoir lieu, elle finirait de discréditer la ministre. D’ailleurs chercheurs et universitaires rejettent l’idée même d’une enquête sur le fait islamo-gauchiste dans les universités.

      Alors, pour se rassurer du bien fondé de leur #dérive_fascisante, les progressistes agitent encore davantage la menace populiste d’extrême droite, continuant de se penser en barrage républicain, alors qu’ils en sont les architectes pressés. Rien ne va plus dans cette perte de pouvoir, malgré les sondages, malgré l’appel du président aux influenceurs numériques pour embrigader la jeunesse et faire valoir une image trompeuse d’un président jeune proche de leurs intérêts.

      Dans l’ère post-moderne où tout est spectacle, nous voici devenus spectateurs de notre propre déclin, incapables de sauver la démocratie libérale, emportée par un vulgaire virus et une envie de contrôle total de la caste managériale qui a remplacé les élus.
      Images après vidéos, clashs stériles après apostrophes vindicatives, tout est zémourisé à dessein, pour empêcher la réflexion, la nuance et la dénonciation des imposteurs. Il faut faire semblant de se battre et sur de faux sujets. Bref, c’est du catch, à la française, les muscles et les effets pyrotechniques en moins.

      Le réveil citoyen paraît impossible tant l’anesthésie est profonde, aidée par les chaînes d’opinions en continue, qui soufflent les sujets de discorde et jamais ne remontent aux racines de nos maux. De citoyens, il n’y a plus qu’un mot vide de sens, vous êtes dorénavant des QR-codes, ou mieux, des usagers.

      Malgré les chercheurs et le CNRS qui via leur outil « le politoscope » montre l’erreur politique de la République en Marche, le parti présidentiel s’entête dans son impasse, assurant ainsi une solide victoire aux idées extrémistes dans le débat sociétal.

      Mais, consolons-nous, tout ce cirque n’a aucun sens, si ce n’est de révéler la fébrilité d’un exécutif qui a perdu pied dans sa gestion calamiteuse de la crise du covid-19 et qui tente, le tout pour le tout, une #stratégie_trumpiste de course en avant pour 2022. Notre chance, en France, c’est sans doute que les supporters d’Emmanuel Macron ne porteront pas de peau de bison et respecteront le couvre-feu.

      Donc, pas de « Qanon made in LREM » à craindre, mais sans doute une hargne désespérée qui fera de la campagne présidentielle de 2022, une campagne pestilentielle.

      https://www.lemondemoderne.media/islamo-gauchisme

    • Et le titre : « Comment l’écolo-véganisme gangrène la cantine »

      Le débat sur les cantines est à peu près du niveau du débat sur l’islamogauchisme. De l’agitation hystérique pour éviter de parler de corruption et de faillite.
      L’obscénité du faux débat sur le repas végétarien à la cantine quand 1 Français sur 6 est passé sous le seuil de pauvreté depuis 2020.

      En parallèle, 62% des Français ne font plus confiance aux politiques.

      Rien d’étonnant. Tout est désolant !

    • « Il y a encore des journalistes dans ce pays ? Ce n’est pas 600 universitaires qui réclament la démission de Frédérique Vidal, mais actuellement 18.000 signataires ! Une telle unanimité est sans précédent dans le monde de la recherche ! »

      https://twitter.com/gunthert/status/1364266873748140036

      Au soldat du déni Frédérique Vidal, la patrie résistante
      https://blogs.mediapart.fr/chrabier/blog/230221/au-soldat-du-deni-frederique-vidal-la-patrie-resistante

      « Une diversion et un ballon d’essai » : c’est ce que j’ai répondu quand on m’a demandé mon avis sur le commentaire de Frédérique Vidal sur CNews. Mon métier d’historienne des sciences étant d’analyser des controverses, prenons le temps d’y réfléchir à l’aune des persistances dans l’attaque des libertés académiques. Le déni doit cesser, à nous de choisir si nous, service public de la République, résisterons.

  • Avec ce « remaniement », Macron a un message pour vous : je vous emmerde - FRUSTRATION
    https://www.frustrationmagazine.fr/avec-ce-remaniement-macron-a-un-message-pour-vous-je-vous-emmerd

    Il fallait être journaliste, militant politique ou député pour éprouver le moindre intérêt envers ce “remaniement”, et tout ce tintouin autour d’un “acte II” du quinquennat Macron, énième “virage” annoncé par l’Elysée. Il a été largement commenté par des éditocrates paillasson pour qui la politique n’est qu’un jeu de rôle, un sujet de discussion mondaine, un petit frisson dans leur vie emmerdante de gens qui ont tout, sauf des convictions. Macron, cet incroyable “stratège politique”, qui place Gérald Darmanin à l’Intérieur et qui garde précieusement Bruno Le Maire à l’économie pour les rendre inoffensifs politiquement. C’est pourquoi nous n’avions pas prévu d’en parler, tout du moins de cette manière type politologue de Sciences Po, et avant de constater l’ampleur de ce que ce “changement de cap” représente en terme de message politique. Car avec ce gouvernement, Macron nous dit, à toutes et tous, cette chose finalement extrêmement simple et claire : “je vous emmerde”.

  • À Perpignan, un 2e membre de la liste LREM apporte son soutien au RN | Le HuffPost
    https://www.huffingtonpost.fr/entry/a-perpignan-un-2e-membre-de-la-liste-lrem-apporte-son-soutien-au-rn_f

    De LREM... au RN. Ce mercredi 3 juin, l’équipe de Louis Aliot, candidat à l’élection municipale de Perpignan avait de quoi se réjouir : pour la deuxième fois en quelques jours, elle a récupéré un colistier LREM, en la personne cette fois d’Alain Cavalière, rapporte Le Parisien.

    #orange-brun #convergence #fascisme #macronisme

  • #France : #Castaner redoute une montée du #communautarisme

    Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a déclaré jeudi qu’il redoutait une montée du communautarisme en France à la faveur de l’épidémie de #coronavirus et des mesures de #confinement, susceptibles selon lui de provoquer un #repli_communautaire.

    “Je crains le risque de communautarisme et que le communautarisme puisse se développer”, a-t-il déclaré lors d’une audition en visioconférence devant la mission parlementaire portant sur l’impact, la gestion et les conséquences de l’épidémie de coronavirus.

    “L’organisation du renforcement communautaire dans une période où une société doute est quelque chose à laquelle tous les pays ont pu faire face”, a-t-il ajouté. “C’est un sujet qui peut provoquer du repli sur soi et peut provoquer du repli communautaire, c’est un sujet de #préoccupation que nous suivons et que nous analysons pour nous préparer à la sortie du confinement, le moment venu”.

    Christophe Castaner a également évoqué, sans donner plus de précisions, des “réseaux d’ultra droite et d’ultra gauche”, très actifs “sur les réseaux sociaux” et appelant “à préparer un certain nombre d’actes qu’ils voudraient commettre à la sortie de la période de confinement”.

    https://fr.reuters.com/article/idFRKCN21R1EB


    https://cache.media.eduscol.education.fr/file/Reprise_deconfinement_Mai2020/69/5/Fiche-Replis-communautaires_1280695.pdf
    –-> attention à ne pas critiquer devant vos enfants les « mesures gouvernementales », car ielles peuvent après en parler à l’école et... tac :

    certaines questions et réactions d’élèves peuvent être abruptes et empreintes d’#hostilité et de #défiance : remise en question radicale de notre société et des valeurs républicaines, méfiance envers les discours scientifiques, fronde contre les mesures gouvernementales, etc.

    #risque #repli_communautariste #communautarisme #déconfinement #ultra_droite #ultra_gauche #extrême_droite #extrême_gauche #mesures_gouvernementales #fake-news #école #valeurs_républicaines #idéaux_républicains #France #radicalisation #complotisme #idées_radicales #mots #vocabulaire #terminologie #communauté #universalisme #intégration #cohésion_sociale #lien_social #identité #lien_positif #vigilance #peur #religion #vengeance #apocalypse #antagonismes #confusion #autorité_scientifique #science #signalement #indivisibilité_de_la_République #unicité_du_peuple_français #égalité_hommes_femmes #laïcité #esprit_critique #complotisme #socialisation_positive
    #géographie_culturelle

    ping @cede @karine4

    via @isskein

  • Emma Becker : « Le sexe est le dernier bastion d’apolitisme dans l’existence »

    https://www.franceculture.fr/emissions/signes-des-temps/emma-becker-pour-une-femme-la-jouissance-est-politique-et-cest-un-comb

    La maison close comme poste d’observation pour explorer les rapports hommes/femmes, un choix radical ?

    Emma Becker : Je voulais faire l’expérience de cette condition très schématique : une femme réduite à sa fonction la plus archaïque, celle de donner du plaisir aux hommes. N’être rien d’autre que cela. Il y avait une forme de bravade mais pas de courage, j’étais tellement fascinée, intriguée, j’avais envie d’écrire sur ce sujet c’est cela qui m’a aidée à pousser la porte du premier bordel.

    Quitte à nourrir une admiration presque naïve pour la figure de la prostituée, mythifiée , et pour ce milieu interdit en France ?

    Emma Becker : En effet, j’étais fascinée par les prostituées, par cette évidence avec laquelle elles se tiennent là, splendides, sanglées dans leur corset, objectivement faites pour être louées par des hommes, par cette paisible toute-puissance. Toute une part de la littérature en fait des figures mythologiques . J’avais besoin de les faire descendre de ce piédestal sur lequel je les avais mises, et au travers de ma propre expérience, soit de m’élever à leur niveau soit de les ramener au mien. En tout cas j’avais envie de les comprendre.

    Si l’on cherchera en vain dans La Maison une critique des rapports de domination et du patriarcat, Emma Becker - qui affirme clairement son engagement en faveur de la légalisation de la prostitution en France - livre en revanche une confession à la fois très littéraire et très intime sur ce que cette expérience a changé dans son rapport à son propre désir, pour aboutir à une revendication de la dimension "apolitique" de la sexualité :

    Emma Becker : Pour moi, le sexe est le dernier bastion d’apolitisme que l’on a dans l’existence. Il ne devrait pas y avoir de politique. Malheureusement, il y en a, on réfléchit beaucoup en ce moment à « Qui domine qui ? » « Qui est soumis à qui ? » Mais moi la question de l’égalité dans le sexe ne me fait pas bander. Ce que je trouve très excitant en revanche c’est à quel point la personne qui avait les rênes soudain les lâche, que l’on puisse se réinventer constamment. Que les hommes puissent assumer cette part de féminité dans le sexe, que les femmes accèdent à cette part de pouvoir, de masculinité, et qu’au fond, tout le monde s’en foute. Je pense que la porte de la chambre à coucher devrait rester fermée à toutes ces considérations hystérisées de domination et de soumission.

    Ah que c’est misogyne - toutes ces considérations hystérisées -
    J’ai toujours trouvé que les personnes se revendiquant de l’ #apolitisme sont en réalité des personnes dont les idées politiques sont à l’extrème droite. Maintenant que ce dessine un #extrême_centre il me semble que le discours tenu par Emma Becker est de ce bord là.

    Dans le discours faussement apolitique de Mme Becker on trouve un champ lexical de la domestication non-humaine (femmes sanglées, tenir et lâcher les reines). On retrouve la dialectique Hégelienne maitre-esclave, qui permet toutes les pirouettes inversives. Elle dit plusieurs fois que la prostitution est un myth mais n’as pas l’air de comprendre les mots qu’elle emploie.

    Cette écrivaine a reçu le prix Roman des étudiants France Culture-Télérama 2019, il y a une grosse médiatisation autour de son discours. Juste à coté d’articles dénonçant Epstein et Matzneff.

    Ce livre est promu sur l’e-monde.fr pour les fêtes de fin d’année, probablement pour renfloué les caisses des anciens propriétaires de cette femme http://www.leparisien.fr/faits-divers/mougins-la-femme-dont-le-corps-a-ete-decouvert-partiellement-brule-a-ete-

    C’est un bel exemple de #backlash contre le discours abolitionnistes et une réponse à l’affaire Epstein et des suites de #metoo
    Le discours de Mme Becker est assez limpide. La #prostitution c’est la réduction des #femmes à l’état d’objet. La sexualité ne peut être que de l’inégalité. Je dit sexualité mais son discours est en fait très hétérocentré, elle précise bien que la fonction des femmes est de donner du plaisir aux hommes et rien d’autre que cela.

    Je relève aussi la manière dont la qualité littéraire est utilisé pour faire passer l’intérêt (a)politique du bouquin.

    Je pense qu’une des clés de son discours se trouve ici ; « le sexe est le dernier bastion d’apolitisme que l’on a dans l’existence. » c’est enrober d’une belle couche d’hypocrisie, en fait elle dit que le sexe est le premier bastion de la politique que l’on a dans l’existence
    La lutte politique de Mme Becker c’est que les femmes ne soient que des objets et rien d’autre.

    #femme_de_droite #extrême_centre #proxenetisme #culture_du_viol

    • C’est curieux, parce que justement, c’est un des faits du féminisme de montrer que le sexe est politique. Construction en opposition à tout·es celleux qui œuvrent encore pour faire croire que le sexe est un espace apolitique. Pour les tenants de cette vision archaïque où derrière la porte tout est permis et surtout opacifié par le mot plaisir, il y a sciemment des omissions. Comment expliquer sans être ridicule que nos gestes, postures, productions et pensées, qu’ielles soient dans l’espace public ou dans l’intimité puissent échapper au capitalisme et au patriarcat. Comment réfuter si ce n’est par le #déni que le #sexe_est_politique et comment alors expliquer l’influence de l’industrie de la pornographie sur les taux de féminicides ?
      https://tradfem.wordpress.com/2019/12/24/il-est-temps-de-cesser-de-frequenter-les-hommes-consommateurs-de-

      La pornographie est profondément liée aux crimes sexuels, puisqu’on la trouve sur les lieux de 80 % des crimes sexuels violents ou aux domiciles des auteurs de ces crimes. Le département de police de l’État du Michigan a constaté que la pornographie est utilisée ou imitée dans 41 p. 100 des crimes sexuels sur lesquels il a fait enquête. Une étude réalisée en 2015 a révélé une forte corrélation entre l’augmentation de l’accès à Internet en Inde et les taux de viols de filles mineures ainsi que d’autres formes de violence sexuelle.

      #antiféminisme

  • pete buttigieg is a republican sur Twitter : “Trump: “We will ban Muslims and cage immigrant children for profit.” Bernie: “We will stand beside immigrants and Muslims to resist the rise of global fascism.” Highly respected political pundit: “These ideologies are the same because they are loud.” / Twitter
    https://twitter.com/proustmalone/status/1210257695728717824

    #extrême_centre

  • Macron, le Médiocrate 13 juin 2018 - Anticons
    https://anticons.wordpress.com/2018/06/13/macron-le-mediocrate

    Réformateur, pragmatique et efficace, il est “l’homme que nous attendions”, nous laissent entendre des responsables des grands médias. Intellectuellement, il fut très proche du philosophe Paul Ricoeur, nous rabâchent ses admirateurs. Dès 2014, Attali annonçait :  « Macron sera président en 2017 » ,  « Nous avons élu un oiseau très rare ! » nous dit Kouchner.  « Il a résisté pendant quelques secondes à la poignée de main Donald Trump » commente Christophe Barbier. « L’échange est ferme, viril mais correct, et hisse la France au niveau de l’Amérique » garantit l’éditocratie.  « Macron c’est moi, en mieux » certifie Sarkozy.  « Il est mi-Kennedy, mi-Alcibiade » écrit BHL toujours bien inspiré (Alcibiade fut condamné à l’exil et Kennedy mourut assassiné). Pour Alain Minc, « Macron, c’est Bonaparte Premier consul « . Alain Juppé  « partage en grande partie » la vision d’Emmanuel Macron. Valéry Giscard d’Estaing « distribue des bons points » à Macron. Bref, cet échantillon de louanges dithyrambiques indique à quel point Emmanuel Macron est le modèle d’une très grande partie de la classe politico-médiatique. N’ayons pas peur des mots, Emmanuel Macron fait consensus auprès des oligarques.
     


    Esprit éclairé ou confusion mentale ? Macron, le best of !
    Nous avons sélectionné quelques citations emblématiques du Président Macron. Parmi les constantes figure en premier lieu la certitude pour lui d’être un homme d’exception. D’autre part, Emmanuel Macron à une fâcheuse tendance à perdre son sang froid dès qu’il est contrarié. Ajoutons que notre Président méprise totalement les classes populaires. Enfin, autre point inquiétant, Emmanuel Macron ne cesse de se contredire et, peut-être pire encore, il semble prendre ses croyances pour des vérités absolues. Voyons cela plus en détails.

     « Je ne suis que l’émanation du goût du peuple français pour le romanesque »

     « Aujourd’hui, je ne suis pas prêt à faire les concessions que m’impose le Parti socialiste, c’est-à-dire m’excuser d’être un jeune mâle blanc diplômé. En d’autres temps, c’était un avantage compétitif inouï. Un jeune mâle blanc inspecteur des finances, il y a soixante ans, était le maître du monde »

     « Dans la politique française, cet absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n’a pas voulu la mort »

     « Je mise sur la révolution démocratique »

     « Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires »

     « Il aurait fallu une Margaret Thatcher à la France »

     « Fillon, c’est Thatcher dans les années 80, la France mérite mieux que ça »

     « Je n’ai pas de leçons à recevoir. »

     « Le meilleur moyen de se payer un costard, c’est de travailler »

     « Le libéralisme c’est la loi du plus fort, l’esprit des réformes que nous proposons c’est tout l’inverse »

     « Le libéralisme est une valeur de gauche »

     « Je suis maoïste, […] un bon programme c’est ce qui marche »

     « La politique c’est mystique »

     « Quand t’es jeune, 35h c’est de la pipe »

     « Travailler plus, sans être payé plus »

     « Monsieur Trump » ou  « l’Américain » : « N’oubliez jamais que si vous êtes une nation libre, c’est parce que des ambitieux sont partis de ces terres avec l’amour de la liberté, avec le même rêve, le rêve français, le rêve européen. Monsieur Trump, n’oubliez jamais ce que vous nous devez. La liberté, votre existence, c’est celle de Lafayette, c’est la nôtre »

     « Avec Trump, nous contribuerons à la création d’un ordre mondial du 21e siècle pour le bien de nos concitoyens »
    https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=DXcrghQfslU

     « Il y a dans cette société (Gad), une majorité de femmes, il y en a qui sont pour beaucoup illettrées, pour beaucoup on leur explique : Vous n’avez plus d’avenir à Gad ou aux alentours. Allez travailler à 50 ou 60 km ! Ces gens-là n’ont pas le permis de conduire, on va leur dire quoi ? »

     « Si j’étais chômeur, je n’attendrais pas tout de l’autre, j’essaierais de me battre d’abord »

     « Mes prédécesseurs n’avaient absolument aucune idée pour l’Europe »

     « J’ai une loyauté personnelle envers François Hollande. Je lui dois de m’avoir fait confiance et de m’avoir nommé au gouvernement. En même temps, lorsqu’un président nomme quelqu’un ministre, il le fait parce qu’il pense que c’est bon pour son pays, pas pour en faire son obligé »

     « François Hollande, sa présidence bavarde et son “absence d’idée” sur l’Europe »

     « Comme De Gaulle, je choisis le meilleur de la gauche, le meilleur de la droite et même le meilleur du centre »

     « Je suis l’anti-système »

     « J’ai condamné toujours la colonisation comme un acte de barbarie. […] La colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime contre l’humanité. Ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes »

     « En même temps, il ne faut pas balayer tout ce passé et je ne regrette pas cela parce que – il y a une jolie formule qui vaut pour l’Algérie – la France a installé les droits de l’homme en Algérie, simplement elle a oublié de les lire. […] Tout en reconnaissant ce crime, je ne veux pas qu’on tombe dans la culture de la culpabilisation sur laquelle on ne construit rien »

     « Une gare, c’est un lieu où on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien, parce que c’est un lieu où on passe, un lieu que l’on partage »

    Difficile, au milieu de tant d’inconséquence, de comprendre comment Macron a pu séduire autant de français. Le philosophe Alain Deneault montre qu’Emmanuel Macron, à l’instar de Justin Trudeau, premier ministre du Canada depuis novembre 2015, est devenu une figure charismatique uniquement parce que des médias complaisants lui attribuent plus de qualités qu’il n’en a réellement.

    Une figure de proue de l’extrême centre…
    Alain Deneault définit l’extrême centre comme un nouvel ordre politique qui s’efforce de liquider les notions de droite et de gauche. Cette nouvelle droite, puisque nous allons voir qu’il s’agit bien de cela, s’applique selon lui à garantir plus d’argent pour les multinationales, plus de dividendes versés aux actionnaires, plus de facilité d’accès aux paradis fiscaux, moins de services sociaux, et le démantèlement des droits des travailleurs.
     « Emmanuel Macron, c’est Robin des bois à l’envers : il prend aux pauvres pour donner aux riches » a déclaré le journaliste François Ruffin. Et au vu du bilan de sa première année de présidence, il semble difficile de donner lui tort :

    • Suppression de l’impôt sur la fortune (ISF) dès 2017
    • Suppression de l’impôt pour freiner l’exil fiscal (exit tax) pour 2019
    • Suppressions de 120 000 postes de fonctionnaires
    • Gel du point d’indice et rétablissement du jour de carence pour les fonctionnaires
    • Diminution des aides au logement
    • Hausse de la CSG
    • Stigmatisation des chômeurs
    … pour ne retenir que quelques mesures.

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=ZnWgYicjYAQ


    Il n’y a rien de nouveau sous le soleil, serait-on tenté de dire, puisque l’économiste libéral Milton Friedman soutenait qu’une entreprise ne devrait pas avoir de  « responsabilité sociale » envers le public ou la société. Pour Friedman, le seul souci qui doit peser sur l’entreprise est d’accroître les profits pour ses actionnaires ainsi que pour elle-même. Pour les tenants de la doctrine Friedman, en particulier Reagan, Thatcher et Pinochet, la question sociale doit être subordonnée au bon vouloir de l’initiative privée. Une théorie très fortement contestée par la journaliste Naomie Klein qui démontre que la plupart des citoyens s’appauvrissent tandis que les élites corporatives gagnent une énorme richesse. En janvier 2018, l’ONG Oxfam International rapportait dans un rapport consacré à l’année 2017 que les 1% les plus riches ont empoché 82 % des richesses créées cette année-là, tandis que la moitié la plus pauvre de l’humanité n’en n’a pas eu une miette.

    L’extrême centre ne tolère pas d’opposition
    Deneault explique clairement que l’#extrémisme ne s’évalue pas en fonction du curseur gauche-droite. L’extrémisme nous dit-il, est l’attitude qui consiste à être intolérant à ce qui n’est pas soi. Ainsi, l’extrême centre se présente arbitrairement comme étant “le” centre. L’extrême centre serait donc en somme l’équilibre, la voie médiane qui évite raisonnablement les deux extrêmes. Mais comprenons bien qu’il s’agit avant tout d’une posture. Or la question du positionnement faussement modéré ne date pas d’hier, et l’exemple le plus parlant est peut-être celui d’ #adolphe_thiers qui fut le fut le premier président de la République française (1871-1873), partisan libéral dans un premier temps d’une monarchie constitutionnelle. Adolphe Thiers est l’une des figures emblématiques de l’histoire du #Centre_Gauche, dont il est la représentation de la fausse modération. Honoré de Balzac s’inspirera de Thiers pour créé Eugène de Rastignac, un personnage qui est décrit par Balzac comme ambitieux et prêt à tout pour parvenir à ses fins. L’extrême centre au nom de la raison est violent, cruel, destructeur et aveugle nous enseigne Deneault. Partant de là, rappelons-nous qu’en novembre 1831 débutait à Lyon la première révolte des Canuts, ces ouvriers de l’industrie de la soie. Contre les insurgés, Thiers déclara :  « il vaut mieux l’arme blanche que l’arme à feu » . Ce qu’il voulait, c’était éviter de lire dans la presse :  « On tire sur le peuple » . Les canuts se soulèveront à nouveau en 1834. Cette nouvelle insurrection sera une fois encore réprimée dans le sang par le ministre de l’Intérieur de l’époque, Adolphe Thiers. La Commune de Paris est une autre période insurrectionnelle de l’histoire de Paris. Elle s’est développée à partir du 18 mars 1871 pour aboutir à la fameuse  « Semaine sanglante » du 21 au 28 mai 1871. Le chef du pouvoir exécutif Adolphe Thiers, réfugié pour l’occasion à Versailles, lancera contre la capitale cinq corps d’armée. Le résultat sera terrible, avec plus de 20 000 victimes dont beaucoup de femmes et d’enfants. Et bien évidemment, pour Macron… Thiers a sauvé la République en 1871.
    https://blogs.mediapart.fr/jean-claude-meyer-du-18/blog/100518/thiers-sauve-la-republique-en-1871-selon-macron

    Médiocratie : La marque de l’extrême centre
    En politique selon Deneault, être médiocre signifie satisfaire une oligarchie. Aussi la médiocratie est incarnée par l’extrême centre, commente-t-il. Deneault insiste sur le fait que la  « médiocrité” est en français le substantif désignant ce qui est moyen, tout comme supériorité et infériorité font état de ce qui supérieur et inférieur. Il n’y a pas de  « moyenneté » . En conséquence la médiocrité désigne le stade moyen érigé au rang d’autorité.

    Pour Deneault, la principale compétence d’un médiocre est de reconnaître un autre médiocre. Ensemble, ils organisent des réseaux afin d’établir un puissant système de collusions et de renvois d’ascenseurs. Dans un article précédent consacré à Emmanuel Macron, il nous était apparu important de faire la liste des groupes de pression et des réseaux très opaques du patronat qui gravitent autour de notre nouveau président.

    Et comme il faut bien que l’extrême centre se distingue de la droite stricto sensu, la duperie va s’accomplir dans la bonne humeur. Étant entendu que c’est uniquement le maquillage qui distingue l’extrême centre de la droite à papa, la mystification repose par conséquent sur une #novlangue. La “théorie du ruissellement” selon laquelle “enrichir les riches profite à tout le monde” est contestée par le Gouvernement Édouard Philippe car trop droitière dans son apparence ? Qu’à cela ne tienne, le problème est contourné par Emmanuel Macron en personne, qui lui prône la théorie des  « premiers de cordée » _. Mais comprenons bien que chez Macron, le premier de cordée n’est pas l’instituteur, ni même l’infirmière, l’ingénieur ou l’ambulancier. Les premiers dans le logiciel Macron sont les #réseaux qui lui ont permis d’accéder au pouvoir.

    Les médiocres sont au service d’instances transnationales
    Si nous suivons Alain Deneault dans son raisonnement, nous sommes tous potentiellement des médiocres. Nous sommes donc susceptibles de régresser intellectuellement et moralement. De ce fait, la minorité possédante (oligarchie) qui nous domine et qui emploie Macron met tout en œuvre pour faire de nous des médiocres. Cet asservissement a pour but de nous imposer des protocoles qui insensiblement modifient les consciences, justifiant en cela un discours qui vante les bienfaits de la concurrence. En conséquence, il est facile de comprendre comment la dialectique peut devenir guerrière.

    Souvenons-nous : a posteriori, nous avons eu la confirmation que l’explication humanitaire à la guerre de Libye n’était qu’un prétexte. Bis repetita au printemps de cette année : l’histoire se répète avec Macron en Syrie. Cette fois-ci l’acte qui déclenche les hostilités et une (présumée) attaque chimique à la Douma le 7 avril 2018. En quelques jours, ce qui n’était que supposé va devenir avéré dans les bouches du trio Emmanuel Macron, Theresa May et Donald Trump. Ce qui est remarquable, c’est qu’il y a peu de temps encore, la presse occidentale présentait ce dernier comme un adepte des théories du complot, tout en l’accusant d’être à la solde de la Russie, qui attendrait un retour sur investissement.

    Rappelons donc qu’Emmanuel Macron vient de s’allier à deux États, en l’occurrence les États-Unis et la Grande Bretagne, qui dans un passé récent ont sciemment menti pour envahir l’Irak, et sur bien d’autres motifs de guerre. Qui sont donc ses “amis” ? La guerre d’Irak ou seconde guerre du Golfe commence officiellement le 20 mars 2003. A cette époque, Theresa May était Présidente du parti conservateur qui a toujours soutenu la guerre en Irak. Donald Trump lui, a promu (en mars 2018) le néoconservateur John Bolton au poste très influent de conseiller à la sécurité nationale. En bon néoconservateur, Bolton fut un farouche partisan de la guerre en Irak et du concept de guerre préventive. En 2002, il enterre le protocole de vérification de la convention sur les armes biologiques. En 2002 encore, il signe la lettre qui indique que les États-Unis renoncent à toute participation à la Cour pénale internationale (CPI). Puis Trump nomme Gina Haspel à la direction de la Central Intelligence Agency (CIA). Gina Haspel a été directement impliquée dans la pratique de la torture de détenus. Dans le Washington Post, John Kiriakou, ancien officier du contre-terrorisme de la CIA, explique qu’il est allé en prison pour avoir divulgué les tortures de la CIA. Gina Haspel a aidé à les dissimuler. En s’associant sans la moindre légitimité au duo Trump / May, Macron vient en notre nom à tous, de légitimer la quintessence du Monde selon Bush : torture, traitements cruels, séquestrations illégales, ingérences, guerres sous faux prétextes, (…). Cela nous ramène à la conclusion d’un dossier précédent, où il nous était apparu nécessaire de souligner qu’étape après étape, la pensée politico-médiatique dominante en France est devenue néoconservatrice.

    Confus et nébuleux
     « La grosse colère d’Emmanuel Macron face aux eurodéputés hostiles aux frappes en Syrie « , titra la presse sous l’influence des réseaux de l’OTAN, après que la question des preuves d’armes chimiques lors des attaques en Syrie ait été soulevée à l’Assemblée européenne. Une intervention “irresponsable, risquée et sans perspective politique”, indiquaient certains responsables politiques européens, qui notaient que Trump, May et Macron avaient agi sans preuves ni mandat de l’ONU.

    Face aux eurodéputés hostiles aux frappes en Syrie, Macron s’improvisa défenseur de la veuve et de l’orphelin, et s’adressa à son opposition en ces termes :  « Les mêmes, les mêmes qui à chaque fois s’indignent devant les images que nous avons vu, d’enfants, de femmes, morts d’attaques de chlore, les mêmes, restons-nous assis ? Défendons nous des droits en disant ‘les droits c’est pour nous, les principes c’est pour nous, la réalité c’est pour les autres ? Non, non ! » Le reste est tout aussi indigeste, mais surtout le Président Macron répond totalement à côté, car la seule chose qui lui fut demandée était tout simplement de fournir ses preuves. Par la suite la “médiocrasphère” viendra à la rescousse du nouveau boss :  « Révisionnistes, dégueulasses, sont ceux qui réclament des preuves » , affirme #BHL qui sans vergogne recourt une fois encore au point Godwin (l’arme favorite des médiocres).

     « Bonnet blanc, blanc bonnet »
    Selon les critères définis par A. Deneault, il n’est pas vain d’établir une ressemblance entre le néo-conservatisme et l’extrême centre. Rappelons que le néo-conservatisme est une variante du conservatisme. Sa spécificité est de conserver les caractéristiques du conservatisme traditionnel qui promeut des valeurs établies issues de coutumes et de traditions. Ces règles (foncièrement opposées au progressisme) sont ainsi combinées à l’individualisme, que le #néo-conservateur qualifie de libre entreprise. Sur ce point, la convergence avec le président français est établie par Forbes le magazine d’affaires américain pour qui Macron est le leader des marchés libres.

    Dès qu’ils ont eu accès à des postes de pouvoir et d’autorité, les néo-conservateurs ont approuvé la totalité des programmes anti-sociaux. Pour eux, seules les initiatives privées ont pour fonction de renforcer l’action sociale, via le financement d’organisations religieuses qui ont seules la vocation à s’occuper des pauvres et des marginaux. Autant dire que chez les #néocons l’aide sociale, qui repose en principe sur des actions d’insertion, de prévention et de secours, doit-être réduite à sa plus simple expression. La promotion de la #philanthropie est également le leitmotiv du programme économie sociale et solidaire de La République En Marche.

    Dans leur logique, l’État est relégué au rang de simple auxiliaire des conglomérats de la finance, de l’énergie et de l’armement. Moins de ressources pour les classes populaires et plus de dividendes pour les groupes financiers constituent également la ligne économique et sociale de l’extrême centre comme nous l’avons vu précédemment. La seule différence est relative à sa forme. Le plus souvent les #néoconservateurs ont migré du trotskisme pour aller vers la droite. De Trotksy, les néocons ont conservé l’idée d’exportation de la révolution, qu’ils ont fait évoluer en ingérence américaine. En résumé, ils se revendiquent ouvertement à la fois pro-israéliens, anticommunistes et anti-New Deals. Ainsi pour les néocons, la réglementation en matières économiques et sociales est un échec. L’extrême centre quant à lui avance masqué. Ses objectifs profonds sont tout aussi cruels que ceux du néo-conservatisme. Mais Deneault nous signale que le médiocre de l’extrême centre est cool, jeune, nouveau, sympathique dans sa présentation. “Il faut penser printemps” prêche son illustre représentant Emmanuel Macron. Cela nous rappelle Michel Clouscard qui surnommait George Pompidou  « l’oncle libéral débonnaire » .

    Ne perdons pas de vue qu’avant de cautionner la politique pro-Arabie Saoudite, pro-Israël, et anti-Iran que mène Donald Trump, les poids lourds du néoconservatisme, déjà membres influents du parti républicain, avaient jeté leur dévolu sur la candidate Hillary Clinton qui reste par ailleurs une référence de l’extrême centre.

    Ainsi nous comprenons pourquoi, vis à vis des crimes de guerre israéliens, l’extrême centre se situe toujours dans un semblant de consensus. Le plus souvent cela débouche sur des formules expéditives. Par exemple Macron appelle Netanyahou au  « dialogue » avec les Palestiniens. Sans mentionner Israël, Trudeau a condamné  « l’emploi présumé d’une force excessive et de munitions réelles » qu’il juge  « inexcusable » . Mais ces annonces laconiques ne débouchent jamais sur aucune action concrète, et leurs contenus sont invariablement ponctués par des  « Israël est une grande démocratie » , ou encore  « A Paris, Macron joue la proximité avec le premier ministre israélien » .

    Le discours paradoxal
    Le médiocrate de l’extrême centre peut apparaître déroutant pour son auditoire, tant ses contradictions sont nombreuses. Ainsi pour battre Donald Trump, Hillary Clinton se revendiquait féministe et engagée pour les droits des femmes, alors même que parmi les donateurs de la fondation Clinton, nous retrouvons l’Arabie Saoudite, pays qui condamne les femmes adultères à la mort par lapidation.

    Dans le même style, le gouvernement Macron prétend vouloir déconstruire la désinformation et les théories conspirationnistes. Et simultanément la famille Macron entretient une relation fusionnelle avec #philippe_de_villiers qui est pourtant l’archétype du porte-parole au style paranoïaque selon les critères définis par l’historien américain Richard Hofstadter, lorsqu’il établit le portrait robot du théoricien de la conspiration à partir de postulats caractéristiques. Ces postulats nous les retrouvons dans les livres de Philippe De Villiers. Pour lui :

    1.  La conspiration dure depuis plusieurs décennies
    2. Il y a allégeance à une puissance étrangère (le monde arabe)
    3. La France sacrifie ses valeurs
    4. Les arabes imposent leur langue et leur religion
    5. L’alliance France-monde arabe s’appuie sur une politique commune hostile à la chrétienté
    6. Il y a complicité des instances dirigeantes française
    7. Il y a complicité des médias
    8. L’idéologie islamique imprègne les institutions scolaires et universitaires.

    https://www.youtube.com/watch?v=P4U3wBAcMSg

    Pour la petite histoire, vous noterez aussi que d’un côté règne l’harmonie parfaite avec Philippe de Villiers, “tête de gondole du pôle vieille France” qui se revendique 100 % souverainiste, tandis que d’un autre côté Macron entretient des relations étroites avec Daniel Cohn-Bendit et Romain Goupil, deux figures du libéralisme libertaire qui se proclament foncièrement européistes. S’il y a autant de contradictions en médiocratie, c’est tout bonnement parce que l’extrême centre est avant tout la sphère des faire-valoir et des faux-semblants. C’est ainsi que Nicolas Hulot a été nommé ministre de la Transition écologique et solidaire par Emmanuel Macron, alors que ce dernier multiplie les camouflets à l’encontre de son ministre et souhaite même rétablir les chasses présidentielles ?… Il va de soi que cet héritage de la monarchie se pratique uniquement entre pairs.
    https://www.francetvinfo.fr/culture/cinema/festival-de-cannes/video-quand-emmanuel-macron-fait-une-apparition-dans-le-film-de-daniel-

    Conclusion : un “Président des riches » _
    Il n’est ni Machiavel, ni Alcibiade, ni Kennedy, ni Bonaparte. Plus modestement il est le représentant d’une droite qui n’a jamais cessé de modifier son apparence. Son objectif ? Déconstruire méthodiquement le modèle social français. Ses arguments, une fois l’emballage retiré, sont ceux qu’utilisent les différentes droites depuis des lustres :  « nous sommes soumis à la concurrence internationale » , « le nombre des fonctionnaires doit-être réduit » , « il faut impérativement contrôler les chômeurs », « les cheminots sont des privilégiés » , « nous devons insuffler un élan méritocratie » et enfin  « baissons massivement les impôts des plus riches afin que la théorie du ruissellement opère » .

    Il est clair que pour des raisons de convergence d’intérêts, les milliardaires qui possèdent la presse ont pour la plupart soutenu la candidature de notre nouveau président, qui dispose désormais de la quasi-totalité des moyens de communication pour promouvoir sa politique. Ce constat nous renvoie à la question centrale : Pourquoi les médiocres de l’extrême centre dépensent-ils autant d’énergie pour se déguiser ? Ne serait-il pas plus simple de déclarer : “Nous sommes avant tout au service d’une classe sociale communément appelée élite qui, puisqu’elle est élite, doit naturellement dominer” ?

    Selon toute vraisemblance la réponse à ces interrogations réside dans le fait que si les médiocres et en particulier Macron, nous imposent ce jeu de dupe, c’est parce que s’ils “mettaient carte sur table”, l’oligarchie qui les emploie n’aurait pas la moindre chance de conserver ses privilèges. Rappelons nous que la médiocratie est le monde des collusions et de la corruption. De ce fait, les médiocres trahissent une idée qui comporte trois mots : “Liberté, Égalité, Fraternité”. Cette devise est en fait l’ADN de la société républicaine. Fortement influencée par Du Contrat social de Rousseau, elle postule que les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Ainsi nous comprenons aisément pourquoi cet axiome qui est l’un des fondements de la morale moderne est incompatible avec l’affairisme, les réseaux, et le renvoi d’ascenseur que favorisent les médiocres de l’extrême centre

    https://www.youtube.com/watch?v=oXsFb6iCDZU

    Même si le peuple est tour à tour désabusé, désillusionné, perverti ou complice, les principes républicains sont implantés dans sa conscience par l’entremise de l’éducation. Spontanément, le tout-un-chacun juge le monde en vertu de cette maxime  « Liberté, Egalité, Fraternité » , que l’on retrouve déjà en gestation dans la littérature antique. L’universalité des valeurs républicaines a supplanté depuis longtemps la morale élitiste du droit divin. Le premier médiocrate à avoir pleinement intégré cette donnée s’appelait Adolphe Thiers. Royaliste à ses débuts, il évoluera vers un projet aux allures républicaines, ce qui lui permettra de combiner ses ambitions personnelles à une stratégie globale qui, sous couvert de libéralisme, garantira à une caste sociale la primauté sur la majorité. Depuis lors, la contre-révolution (représentée par les médiocrates) réinvente à intervalle régulier sa rhétorique pour continuer de faire illusion.

    Emmanuel Macron est la nouvelle égérie de la lignée médiocrate. La résurgence de son archaïsme ne laisse planer aucun doute sur ses véritables aspirations (de #Rothschild, de Villiers, Versailles, Chambord… ). Cependant, intuitivement, la plupart des français ont désormais compris à qui ils avaient affaire : Selon le sondage du mois de mai 2018 Odoxa-Dentsu Consulting, les trois quarts des français (72%) perçoivent Emmanuel Macron comme un  « président des riches » .

     #oligarques #alain_deneault #droite #gauche #centre #extrême_centre #canada #médiocratie #gouvernance #éditocratie #ISF #exit_tax #APL #CSG #chômeurs #milton_friedman #Social #Naomie Klein #citations
     #emmanuel_macron #guerre_aux_pauvres #macron #enmarcheverslefn #france #gouvernement_macron #réformes_antisociales

  • ALAIN DENEAULT

    L’ENTRETIEN LIBRE #11 : AUDE LANCELIN / ALAIN DENEAULT
    Le Média
    Diffusé le 30 avr. 2018
    https://www.youtube.com/watch?v=Zq9cqddCm24

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    Le langage au service des puissants ? Alain Deneault
    Thinkerview
    Diffusé le 4 mai 2018
    https://www.youtube.com/watch?v=IBdj4Z0FtZU

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    La censure de la haine avec Alain Deneault
    La Grande table (2ème partie) par Olivia Gesbert
    04/05/2018
    http://rf.proxycast.org/1430591977585385472/12360-04.05.2018-ITEMA_21668674-1.mp3
    https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/largent-un-objet-culturel-comme-un-autre

  • « C’est inquiétant. Très inquiétant », remarque Alain Deneault au sujet du résultat des élections du 8 novembre. Ce qui est inquiétant aussi ? « Soit nous sommes dans l’emballage de l’extrême centre qui nous dit qu’on n’a d’autre choix que d’être pondérés, neutres, rationnels et managériaux, soit nous sommes face à des formes violentes d’expression de ce même pouvoir. »

    À lire, Politique de l’extrême centre, en préface à l’édition en format poche de La médiocratie.

    https://www.luxediteur.com/alain-deneault-avons-assiste-a-defaite-de-lextreme-centre

    #Alain_Deneault #extreme_centre #Etats-Unis