• #Antisémitisme. L’#extrême_droite blanchie par son soutien à Israël - Alain Gresh - Sarra Grira
    https://orientxxi.info/magazine/antisemitisme-l-extreme-droite-blanchie-par-son-soutien-a-israel,6952

    Pour le RN, le processus de blanchiment a commencé en 2011 : Marine Le Pen affirmait alors le soutien de son parti à Israël, tandis que Louis Aliot, son compagnon et numéro 2 de ce qui s’appelait encore le Front national, se rendait à Tel-Aviv et dans les colonies pour tenter d’y séduire l’électorat français. De quoi faire oublier l’ardoise du père et rassurer les autorités israéliennes qui, depuis plusieurs années, ne cachent pas leurs accointances avec ces sionistes antisémites, dont le populiste hongrois Victor Orban est un des chefs de file. Récemment, Israël a ouvert un dialogue avec le parti Alliance pour l’unité des Roumains, qui glorifie Ion Antonescu, le leader du pays pendant la seconde guerre mondiale. Il avait collaboré avec les #nazis et porte la responsabilité de la mort de 400 000 juifs2. De l’Autriche à la Pologne, Nétanyahou ne compte plus ses alliés d’extrême droite, néofascistes, souvent négationnistes, voire nostalgiques du IIIe Reich.

    La classe dirigeante israélienne ne fait en réalité que perpétuer ainsi une tradition qui remonte au temps des pères fondateurs du #sionisme : trouver dans les antisémites européens des alliés à leur entreprise, et qui se prolonge à la faveur de la « convergence coloniale ».

    L’universitaire israélien Benjamin Beit-Hallahmi écrivait, à propos de l’alliance entre son pays et l’Afrique du Sud de l’apartheid dans les années 1960 — 1980, dont le parti au pouvoir depuis 1948 avait eu des sympathies pour l’Allemagne nazie :

    On peut détester les juifs et aimer les Israéliens, parce que, quelque part, les Israéliens ne sont pas juifs. Les Israéliens sont des colons et des combattants, comme les Afrikaners3.

  • « La question décisive est de savoir dans quelle proportion l’électorat de gauche se mobilisera »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/06/21/legislatives-la-question-decisive-est-de-savoir-dans-quelle-proportion-l-ele

    Les commentateurs ont dit et répété que la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), forgée dans l’urgence afin d’éviter la débâcle aux législatives de 2022, avait été définitivement enterrée durant la campagne des européennes. Le 9 juin au soir, la #gauche paraissait à ce point divisée que le président fit – selon toute vraisemblance – le calcul qu’elle ne s’en relèverait pas, offrant à Renaissance un boulevard pour un troisième duel (après 2017 et 2022) avec le Rassemblement national.

    Une semaine plus tard, ce scénario semble pourtant pouvoir être déjoué. Sous la menace de l’#extrême_droite et grâce à la pression de la société civile, mais aussi des organisations de jeunesse des partis politiques, les dirigeants de ces derniers sont parvenus à trouver un accord. La donne s’en trouve bouleversée : au second tour, le Rassemblement national (#RN) pourrait devoir ferrailler avec le Nouveau Front populaire (#NFP), et non avec la majorité présidentielle. Le NFP sera-t-il en mesure de transformer l’essai ?
    ​Si l’on projette le résultat des élections européennes du 9 juin sur les législatives du 30 juin, c’est-à-dire si les résultats du 30 juin étaient strictement équivalents à ceux du 9 juin, on obtient le résultat suivant : au second tour, 461 des 577 circonscriptions donneront lieu à un duel Rassemblement national-Nouveau Front populaire.

    L’unité paye

    Si la gauche était restée divisée, le scénario aurait été radicalement différent : il y aurait seulement 236 duels entre le RN et une force de gauche au second tour, et 275 duels RN-Renaissance au second tour. Autrement dit : l’unité paye, elle permet à la gauche d’être deux fois mieux représentée au second tour et de disputer la victoire finale à l’extrême droite.
    Bien sûr, cet exercice de politique-fiction doit être manié avec précaution : les enjeux du 30 juin ne sont pas les mêmes que ceux du 9 juin, les règles de scrutin diffèrent et la temporalité de la campagne législative n’a rien à voir avec celle des européennes. Par ailleurs, nous sommes dans une situation électorale inédite : pour la première fois depuis la réforme du quinquennat et l’inversion du calendrier électoral (en l’an 2000), les #législatives ne seront pas une ratification du résultat de la présidentielle, une simple formalité pour l’exécutif.

    ​Malgré ces inconnues, il faut affronter la question : l’électorat de gauche suivra-t-il les partis dans leur aspiration à l’unité ? L’accord par le haut entre appareils politiques se prolongera-t-il par un plébiscite par le bas de la part des citoyens et citoyennes ? Il convient ici de rappeler trois faits.

    Premièrement, au cours des deux dernières décennies, les électeurs de gauche se sont montrés plus unitaires que les candidats et les partis pour lesquels ils votaient. La Nupes en 2022, le Nouveau Front populaire, aujourd’hui, sont d’abord des réponses à des demandes, formulées depuis longtemps, par le peuple de gauche, et renouvelées dès le 9 juin au soir à travers une série de rassemblements spontanés.

    La lutte contre le terrorisme

    Une deuxième donnée à avoir en tête est qu’il existe désormais, au sein de l’électorat de gauche, une importante volatilité. D’un scrutin à l’autre, des fractions significatives du peuple de gauche changent de bulletin. La logique du _vote utile s’est généralisée.

    Pour donner quelques exemples de cette fluidité : 35 % des électeurs de Mélenchon au premier tour de 2022 qui sont allés voter le 9 juin 2024 ont glissé un bulletin Europe Ecologie-Les Verts (EELV) ou PS-Place publique. Réciproquement, 31 % de ceux qui avaient voté pour François Hollande en 2012 ont choisi Mélenchon en 2022. Cette porosité électorale, qui concerne ici le couple PS-LFI, est encore plus prononcée entre LFI et le PC, et entre EELV et le PS.

    Une troisième et dernière donnée importante est que, selon de nombreuses enquêtes d’opinion (Baromètre de la confiance politique, European Value Survey), les différents électorats de gauche partagent un large socle de valeurs. Ce qui les rassemble (la lutte contre les inégalités, les droits des minorités, l’attachement à la démocratie, les services publics) est plus fort que ce qui les divise (l’Europe, la laïcité, le nucléaire), même si des nuances existent.
    Selon l’enquête effectuée par l’IFOP le soir du 9 juin, la lutte contre le terrorisme préoccupe autant les électeurs de Manon Aubry (43 %) que ceux de Raphaël Glucksmann (46 %) et de Marie Toussaint (42 %) [respectivement LFI, Place publique et EELV].

    En revanche, concernant la lutte contre le #racisme et les discriminations, il s’agit d’un enjeu jugé déterminant par 69 % des électeurs « insoumis », contre 49 % des électeurs socialistes et 41 % des écologistes.

    ​Vieillissement et embourgeoisement

    La vraie question n’est donc pas de savoir si les électeurs de gauche plébisciteront dans les urnes, le 30 juin, les candidats de l’unité. On peut annoncer sans risque que ceux qui iront voter le feront en faveur de ce Nouveau Front populaire. Il y aura certainement des candidatures dissidentes, comme l’ont déjà laissé entendre d’anciens ministres socialistes, des dirigeants de Place publique et des déçus ou exclus de LFI et des Verts, mais les sondages indiquent que ces échappées solitaires semblent vouées à l’échec.

    La question décisive est de savoir dans quelle proportion l’électorat de gauche se mobilisera. L’électorat de gauche (toutes tendances confondues) est globalement plus jeune et plus populaire que celui de Renaissance et du Rassemblement national – le 9 juin 2024, la vraie nouveauté de l’électorat lepéniste est son vieillissement et son embourgeoisement.

    Les jeunes votent majoritairement pour la gauche, mais ils votent moins que leurs aînés. Par ailleurs, en 2017 comme en 2022 et en 2024, on constate que la gauche (à nouveau toutes tendances confondues) a son centre de gravité électoral plus proche des #classes_populaires que Renaissance et le RN. Or les jeunes et les classes populaires sont les catégories de la population les plus enclines à s’abstenir.

    ​Les candidats du NFP parviendront-ils à contrer cette #abstention différentielle, à remobiliser leur base en moins de trois semaines ? Cela à la veille des vacances d’été ? Alors que l’extrême droite est galvanisée par son résultat des élections européennes et la promesse d’une arrivée à Matignon, que ses adversaires oscillent entre la stupeur et la sidération ? Et que le dimanche 30 juin pourrait correspondre avec le huitième de finale de l’équipe de France de football ?

    Manuel Cervera-Marzal est enseignant-chercheur en science politique à l’université de Liège/Fonds de la recherche scientifique (FNRS), auteur des « Nouveaux Désobéissants : citoyens ou hors-la-loi ? » (Le Bord de l’eau, 2016).

    #électorat_volatile

    • Politique économique : le Nouveau Front populaire dessine un #changement_de_cap

      Le programme du Nouveau Front populaire, présenté le 14 juin, indique une direction de politique économique claire : il s’agit de reprendre le chemin d’une #politique_sociale et d’investissement (public et privé), articulée à une #politique_fiscale qui vise à (re)remplir les caisses et à instaurer davantage de #justice_fiscale. C’est une #réorientation marquée par rapport à la politique actuelle.

      Est-ce que les #mesures sont crédibles ? Oui, les pistes de #financement aussi. Est-ce que tout pourra être mis en œuvre et selon quel calendrier ? On verra bien. Dans tous les cas, la situation économique est incertaine et ce, quel que soit le gouvernement qui sera nommé.

      La bonne question n’est pas celle du « #sérieux » – la politique actuelle à maints égards n’est pas sérieuse, ni socialement, ni économiquement, ni budgétairement – mais de savoir quel cap de politique économique nous choisissons pour faire face aux incertitudes et répondre aux questions écologiques et sociales qui se posent. Car oui, il y a le choix.

      Le débat sur le #réalisme est à côté du sujet

      On pourrait résumer le programme du NFP ainsi : suspendre l’application des réformes antisociales, redonner du pouvoir d’achat aux ménages, renforcer les #services_publics, récupérer de l’argent sur le #patrimoine, et générer en retour des #effets_économiques vertueux.

      Cette politique tourne le dos à celle mise en œuvre depuis 2017 dont l’orientation principale, revendiquée par Bruno Le Maire, est la baisse des prélèvements obligatoires et l’horizon la réduction du rôle de la #protection_sociale et des services publics. Cette politique menée à un rythme rapide, comme une fuite en avant, une recherche vaine d’un retour de la #croissance, ne récolte qu’une baisse de la #productivité.

      Une large partie des critiques sur le sérieux du programme du NFP provient de commentateurs pour qui le seul débat économique valable est de savoir s’il faut d’abord définancer les retraites, l’école, les deux en même temps, ou si on n’ajouterait pas encore un peu de baisse de prélèvements sur les entreprises, pour la route.

      Et lorsque ces réformes sont évaluées scientifiquement, qu’on en démontre le #coût_social ou le peu d’#efficacité_économique, le plus souvent ces personnes haussent les épaules et passent à la suivante. Evidemment, une autre politique économique est possible.

      Des mesures sociales tout à fait à portée de main

      Si on considère les principales mesures proposées par le Nouveau Front populaire, elles apparaissent tout à fait envisageables. Elles sont sans doute d’ailleurs un peu plus modérées que celles du programme de la Nupes en 2022, pour tenir compte de la dégradation depuis des comptes publics.

      Pour ne prendre que quelques mesures sur les sujets que je connais le mieux : suspendre la réforme des #retraites de 2023 pour revenir à 62 ans immédiatement est faisable, d’autant que la réforme a à peine commencé d’être appliquée. Cela représente environ 0,8 point de PIB en 2032 pour le système de retraite et c’est en grande partie financé par la hausse prévue des cotisations de 0,6 point pour les employeurs et 0,6 point pour les salariés, selon un chiffrage réalisé d’après le simulateur du COR.

      Il est prudent de ne pas s’engager trop avant sur le droit à la retraite à 60 ans pour toutes et tous, même s’il apparaît évident que pour certaines personnes et certains métiers pénibles qui ne sont aujourd’hui quasiment pas reconnus, la baisse de l’âge de départ devrait être appliquée rapidement.

      Annuler les réformes de l’#assurance_chômage est également très facilement réalisable, la précédente n’étant même pas encore complètement montée en charge et la prochaine n’étant pas encore appliquée.

      Revaloriser le #point_d’indice de la fonction publique de 10 % est un #choix_budgétaire non négligeable dont il s’agit de mesurer l’ampleur, à hauteur de 0,8 point de PIB, selon certaines estimations. Cette priorité constitue bien une partie de la réponse aux graves difficultés de recrutement que connaissent actuellement les services publics.

      C’est particulièrement vrai pour les deux plus importants que sont la santé et l’éducation, dont les concours ne font plus, du tout, le plein. Cela sera sans doute plus utile pour l’avenir que la baisse de la fiscalité pour les ménages les plus aisés.

      L’indexation des salaires, elle, existe sous une certaine forme chez nos voisins Belges, qui ne s’en plaignent pas, et cela mériterait qu’on s’y penche pour en affiner les caractéristiques techniques.

      Aller plus loin sur les recettes

      Côté recettes, là aussi les pistes sont claires : récupérer des moyens sur les patrimoines des millionnaires et milliardaires par le retour à un impôt sur la fortune et l’instauration d’un impôt élevé sur les très hautes #successions. Il est également urgent de revenir sur certaines #niches_fiscales ayant peu d’effet positif et très coûteuses.

      C’est peut-être de ce côté-là d’ailleurs que le programme mériterait d’être approfondi. Un passage en revue systématique de la politique fiscale depuis 2017 pourrait donner des pistes de financement utiles. En effet, depuis cette date, les baisses de prélèvements obligatoires décidées par les différents gouvernements s’élèvent à près de 70 milliards d’euros par an.

      Ces 70 milliards ont eu deux contreparties : une baisse (ou un ralentissement du financement) des protections collectives (retraite, chômage, services publics), mais également un creusement du #déficit_public. Selon l’OFCE, de l’ordre de 40 milliards d’euros de baisse de recettes n’ont jamais été compensés depuis sept ans. Alors que le déficit s’est élevé à 5,5 % du PIB en 2023, ces mesures non compensées représentent environ 1,4 point de PIB, ce qui n’est budgétairement pas très « sérieux ».

      Selon la même logique, revenir sur le #CICE et le #pacte_de_responsabilité, mis en place sous François Hollande, ou sur la baisse de la #cotisation_sur_la_valeur_ajoutée des entreprises (#CVAE) plus récente, pourrait donner davantage de marge de manœuvre. Certes, ce n’est pas parce que ces mesures fiscales étaient contestables, qu’on peut les supprimer toutes, et d’un coup : les entreprises, même si elles n’en avaient pas besoin, s’y sont accoutumées. Mais il y a de la marge pour commencer tout de suite, et récupérer des montants conséquents.

      C’est pour cela qu’une revue paraît opportune afin de savoir jusqu’où et à quel rythme on peut remonter la pente dévalée au cours des dernières années. De manière intéressante, certains amendements aux dernières lois de finances de la majorité présidentielle, le rapport Bozio-Wasmer en cours de rédaction, ou encore la Cour des comptes, esquissent déjà des pistes en ce sens.

      N’esquivons pas le débat démocratique sur la politique à mener

      Ce qui serait « sérieux », et démocratique, c’est que les médias d’information utilisent le temps de cette élection pour mettre en perspective les #visions de politiques économiques alternatives des trois pôles : la baisse des prélèvements et des dépenses sociales de LREM, espérant faire revenir de la croissance, sa version amplifiée par le RN assortie d’une politique économique xénophobe motivée par des orientations racistes, et le changement de cap proposé par le Nouveau Front populaire qui fait le pari d’une réorientation écologique et sociale, appuyée par la fiscalité et dans une perspective keynésienne.

      Si le Nouveau Front populaire gagne, il aura alors à sa disposition tous les moyens de l’Etat pour calibrer, orchestrer, séquencer les mesures de son programme, et proposer des décisions à arbitrer. La feuille de route est suffisamment explicite pour que cela démarre vite, l’administration sait faire. Un programme est là pour définir un cap, le début du chemin et un horizon. En l’espèce, celui du NFP trace des perspectives sans ambiguïtés et enthousiasmantes.

      https://www.alternatives-economiques.fr/michael-zemmour/politique-economique-nouveau-front-populaire-dessine-un-changement-de-cap/00111532
      #crédibilité

  • Beate Klarsfeld : Warum die berühmte Nazi-Jägerin aus Berlin Le Pen wählen würde
    https://www.berliner-zeitung.de/politik-gesellschaft/beate-klarsfeld-warum-die-beruehmte-nazi-jaegerin-aus-berlin-le-pen


    Die aus Berlin stammende Französin Beate Klarsfeld beschimpft während einer Bundestagssitzung am 2. April 1968 von der Zuschauertribüne im Bundestag in Bonn Bundeskanzler Kiesinger (nicht im Bild) als „Nazi“ und „Verbrecher“. Neben ihr ein Saaldiener .

    Les prises de position de Beate Klarsfeld sont typiques pour les adeptes d’un antfascisme de droite. Sans analyse des relations internationales sur fond d’une précise compréhension des relations de classe sous-jacentes on risque de tomber dans le piège du philo-semitisme primaire qui considère toute critique de l’état d’Israël comme de l’antisemitisme.

    A cause de ce malentendu systématique la militante anti-nazie allemande hautement respectée des années 1960/70 s’est muée en électrice du RN de l’héritière Le Pen. La vieille dame désormais indigne croit sincèrement que la fille Le Pen est meilleure que son papa fasciste. Quelle déception !

    Au fond les critères d’une politique humaine sont simples : il suffit de se positionner toujours du côté des plus faibles et exploités. A l’époque nazie il s’agissait évidemment des juifs d’Europe, un moment historique exceptionnel car à toutes les autres époques précédentes et postérieures la qualité de juif n’a pas eu de de signification pour l’appartenance à une classe sociale particulière.

    Un juif riche est riche comme le sont les membres de sa classe chrétiens, muselmans et athés. En privant les juifs de leurs propriété les nazis les ont transformés en membres des classes les moins priviligiées qui méritaient la solidarité des autres hommes sans privilège.

    De cette époque nous avons hérité l’assimilation des positions politiques en faveur des « juifs » avec les positions de gauche. C’est un leurre car un exploiteur, raciste ou colon meutrier l’est sans égard de sa religion, nationalité ou son passé familial. Il faudrait le rappeller aux gens bien-pensants.

    Je crains que les Klarsfeld n’en fassent plus partie de cette catégorie de citoyens depuis un bon moment. Leurs activités anti-nazies étant payées par les groupes d’intérêt sionistes ils n’ont jamais eu la moindre chance de développer une compréhension approfondie des raisons du racisme et antisemitisme exterminateur. Wes Brot ich fress’, des Lied ich sing’ . Personne n’échape au mécanisme social décrit dans le proverbe allemand sur les conséquences de la dépendance économique.

    21.6.2024 Wiebke Hollersen - Sie ohrfeigte Kanzler Kiesinger für seine Nazi-Vergangenheit, mit ihrem Mann Serge spürte sie NS-Schergen auf. Lange warnten beide vor den Rechten in Frankreich. Was hat sich verändert?

    Beate Klarsfeld schreibt auf die Anfrage zu einem Interview: Sie befürchte, verurteilt zu werden. Für die Entscheidung, die Partei von Marine Le Pen zu wählen, sollte es in Frankreich zu einer Stichwahl zwischen den Rechtspopulisten des Rassemblement National (RN) und des Linksbündnisses La France Insoumise kommen. Ihr Mann Serge hat vor einigen Tagen erklärt, das vorzuhaben. Ausgerechnet Serge Klarsfeld, der Holocaust-Überlebende, der Mann, der zusammen mit seiner Frau einige der schlimmsten Naziverbrecher aufgespürt hat, darunter Klaus Barbie, den brutalen Gestapo-Chef, den „Schlächter von Lyon“?

    Aber die Frau, die 1968 Kiesinger ohrfeigte, den CDU-Bundeskanzler mit nationalsozialistischer Vergangenheit, hat keine Angst. Sie will die Entscheidung, die ihr Mann und sie gemeinsam getroffen haben, erklären. Erst aber muss sie eine Besuchergruppe aus Australien im Büro ihrer Stiftung in Paris empfangen. Beate und Serge Klarsfeld sind 85 und 88 Jahre alt. Ihr Lebenswerk ist nicht beendet. Am Telefon spricht sie Deutsch mit französischen Einschüben, die Berlinerin lebt seit sechs Jahrzehnten in Frankreich.

    Ihr Mann Serge Klarsfeld hat mit der Erklärung für Aufsehen gesorgt, in der zweiten Runde der Wahlen für die Partei von Marine Le Pen stimmen zu wollen. Sie sind französische Staatsbürgerin, haben Sie das ebenfalls vor?

    Ja. Im ersten Wahlgang wähle ich aber natürlich die Partei von Emmanuel Macron, La Renaissance.

    Noch im Februar sagten Sie und Ihr Mann der Wochenzeitung Zeit: Sie sähen in Marine Le Pen keine Feindin mehr, würden sie aber nicht wählen. Was hat sich seit Februar verändert?

    Macron hat die Regierung aufgelöst. Damit hätten wir nie gerechnet. Der Rassemblement National hat bei den letzten Wahlen immer mehr Wählerstimmen gewonnen, so wie die AfD in Deutschland. Die Republikaner haben sich entzweit. Was bleibt noch übrig? Die Partei, die am meisten Israel und die Juden hasst, ist La France Insoumise, das Bündnis von Jean-Luc Mélenchon. Die Angriffe der Islamisten in Frankreich steigen ständig an. Sie treffen auch die Juden. Und wer schützt die Juden? Sicher nicht Mélenchon! Man kann doch keine Partei wählen, die Israel hasst.

    Frankreich versinkt im Chaos: Beleidigungen, Rauswürfe und „Verräter“ unter den Rechten

    Das ist für Sie das Entscheidende?

    Serge und ich verfolgen seit 1967 in unseren Aktionen die gleiche Linie: Wir verteidigen die Erinnerung an die jüdischen Opfer und haben die Naziverbrecher verfolgt und verurteilen lassen. Wir haben die Juden überall dort verteidigt, wo sie bedroht werden. Und wir haben uns immer für die Sicherheit des Staates Israel eingesetzt.

    Sie sehen in Mélenchon eine große Gefahr?

    Auf jeden Fall. Ich will offen sprechen: Mélenchon ist Stalin. Für die Juden in Frankreich wäre sein Wahlsieg eine Katastrophe. Sie würden in Scharen das Land verlassen.

    Seit dem 7. Oktober wächst in ganz Europa der Antisemitismus, haben seitdem mehr Juden Frankreich verlassen?

    Nein, noch nicht. Die Situation in Israel ist schrecklich. Wir haben vor kurzem eine Reise nach Israel gemacht, mit unserer Organisation. Mein Mann hat dort Familie. Sie haben schon im Sechstagekrieg einen Sohn verloren, nach dem 7. Oktober ist ein junger Mann aus der Familie, der im Militär war, in Gaza getötet worden. Wir haben mit vielen Leuten in Israel gesprochen. Die Hotels waren voller Menschen, die aus ihren Häusern fliehen mussten, immerzu heulten die Sirenen, weil es Angriffe gab. Aber Israel erfährt wenig Unterstützung. Das Land will sich von der Bedrohung durch die Hamas befreien. Leider führt das zu vielen Todesopfern in Gaza. Es ist eine furchtbare Situation.

    Wie geht es den Juden in Frankreich?

    Der Antisemitismus ist noch schlimmer geworden. Sie haben ja die großen israelfeindlichen Demonstrationen in Deutschland gesehen, nach dem 7. Oktober wurden auf der Straße von Islamisten Kuchen verteilt. In Frankreich gibt es das alles auch. Die Klima-Demonstranten sind sofort antisemitisch geworden. An den Schulen sind alle „propalästinensisch“, wie sie es nennen, es gab Besetzungen von Universitäten, wie in Deutschland. Die Leiter der Einrichtungen positionieren sich nicht zum Schutz der Juden. Die Lage ist schwer, wie in Deutschland. Da kann man ja islamistische Straftäter nicht nach Afghanistan ausweisen, wie wir gerade sehen.

    Der französische Präsident Emmanuel Macron und seine Ehefrau, Brigitte Macron, posieren für ein Foto, nachdem Macron Beate (l.) und Serge Klarsfeld (z. v. l.) in der französischen Botschaft in Berlin mit dem höchsten französischen Verdienstorden, der Ehrenlegion, ausgezeichnet hat. Neben Serge Klarsfeld ist Margot Friedländer zu sehen.

    Der französische Präsident Emmanuel Macron und seine Ehefrau, Brigitte Macron, posieren für ein Foto, nachdem Macron Beate (l.) und Serge Klarsfeld (z. v. l.) in der französischen Botschaft in Berlin mit dem höchsten französischen Verdienstorden, der Ehrenlegion, ausgezeichnet hat. Neben Serge Klarsfeld ist Margot Friedländer zu sehen.Kay Nietfeld/Pool dpa

    Wie leben die Juden in Städten wie Paris, meiden sie die Öffentlichkeit?

    Alle sind sehr, sehr vorsichtig geworden. Sie überlegen sich dreimal, ob sie mit Kippa auf die Straße gehen.

    In Berlin machen das die meisten schon lange nicht mehr.

    Nun, in Paris leben mehr Juden als in ganz Deutschland.

    Wie ist die Stimmung in Frankreich, seit Macron die Neuwahlen angekündigt hat?

    Es war eine Überraschung für alle. Er hatte ja nicht mal seine Minister darüber informiert. Er wusste, dass seine Partei Renaissance kaum noch Stimmen bekommt, aber wer weiß, vielleicht kommt es doch anders … Ich hoffe, dass weder die Linken noch die Rechten im ersten Wahlgang die Mehrheit haben werden.

    Ist der Antisemitismus bei der französischen Linken ein altes Problem?

    Mélenchon war immer antisemitisch, auf jeden Fall. In seiner Partei sind Islamisten. Und ja, die Linke war hier allgemein schon immer mehr oder weniger antisemitisch. So war es ja auch in der Bewegung der 68er in Deutschland. Mein Verteidiger nach der Ohrfeige war Horst Mahler, der spätere offene Neonazi. Nach dem 7. Oktober zeigt sich der linke Antisemitismus jetzt ganz klar.

    Wie blicken Sie auf Deutschland, die Wahlergebnisse der AfD?

    Die AfD hat im Osten Deutschlands davon profitiert, dass immer noch keine Gleichheit zwischen den Landesteilen herrscht. Und überall sind die Menschen jetzt unzufrieden mit der Ampel. Das ist natürlich sehr gefährlich.

    Oktober 1979: Französische Juden und deutsche Naziopfer demonstrierten für eine Verurteilung des ehemaligen Gestapochefs von Paris, Kurt Lischka, vor dem Landgericht in Köln. Beate Klarsfeld vorn im Bild. 

    Oktober 1979: Französische Juden und deutsche Naziopfer demonstrierten für eine Verurteilung des ehemaligen Gestapochefs von Paris, Kurt Lischka, vor dem Landgericht in Köln. Beate Klarsfeld vorn im Bild. Klaus Rose/Imago

    Machen Ihnen die Erfolge der AfD Angst?

    Im Vergleich zum RN ist die AfD wirklich eine Nazipartei geblieben. Ich habe selbst Strafantrag gestellt gegen Alexander Gauland, als er sagte, der Nationalsozialismus sei nur ein Vogelschiss in der deutschen Geschichte gewesen. Der Antrag ist nicht angenommen worden. Oder denken Sie an Höcke, das Holocaustmahnmal als Mahnmal der Schande. Im Januar gab es dann Berichte über dieses Treffen in Potsdam, danach sind in Deutschland viele Menschen gegen die AfD auf die Straße gegangen. Tausende. Ich dachte damals schon: Kinderchen, ist ja wunderbar mit den Demonstrationen, aber passt mal auf, was gewählt wird.

    Sie sehen einen großen Unterschied zwischen RN und AfD?

    Mein Mann und ich waren erbitterte Gegner von Jean-Marie Le Pen, dem Vater von Marine Le Pen, der den Holocaust geleugnet hat. Wir haben ihn damals angezeigt und den Prozess gewonnen.

    Die Tochter hat den Vater später aus diesem Grund aus der Partei geworfen.

    Wir haben versucht, mit Marine Le Pen einiges zu erreichen. Und es ist uns gelungen. Sie hat Philippe Pétain verurteilt, den Chef der Vichy-Regierung, die mit den deutschen Besatzern zusammengearbeitet hat. Jetzt wollen wir erreichen, dass sie sich einverstanden erklärt mit der berühmten Rede von Jacques Chirac aus dem Jahr 1995.

    … Präsident Chirac verurteilte das Vichy-Regime damals und sagte, dass Frankreich irreparablen Schaden angerichtet hat. Und er erinnerte an die Massenverhaftungen französischer Juden am Velodrome d’Hiver …

    Ja, wir sind im Austausch mit ihr darüber.

    Im vergangenen Jahr hat Ihr Mann einen Orden vom Bürgermeister von Perpignan angenommen. Auch dafür war er kritisiert worden, denn der Bürgermeister, Louis Aliot, gehört zum RN und war der frühere Lebensgefährte von Marine Le Pen.

    Wir kennen ihn sehr gut, er hat sich mit dafür eingesetzt, dass in Perpignan ein Holocaustmuseum eingerichtet wird. Wir haben dem Museum viel Material von uns gegeben und waren zur Eröffnung eingeladen. Aliot kam zu allen Veranstaltungen im Museum. Es war für uns bezeichnend, dass die Partei sich in dieser Richtung verändert hat. Für uns ist das wichtig.

    Die aus Berlin stammende Französin Beate Klarsfeld beschimpft während einer Bundestagssitzung am 2. April 1968 von der Zuschauertribüne im Bundestag in Bonn Bundeskanzler Kiesinger (nicht im Bild) als „Nazi“ und „Verbrecher“. Neben ihr ein Saaldiener. 

    Die aus Berlin stammende Französin Beate Klarsfeld beschimpft während einer Bundestagssitzung am 2. April 1968 von der Zuschauertribüne im Bundestag in Bonn Bundeskanzler Kiesinger (nicht im Bild) als „Nazi“ und „Verbrecher“. Neben ihr ein Saaldiener. dpa

    Weil Ihr Mann den Orden von Aliot angenommen hat, wurde eine Veranstaltung in Trier mit Ihnen abgesagt. Die Veranstalter wollten sich von rechts abgrenzen.

    Das war eine Blödheit, ich hab’s nicht verstanden. Ich hatte denen erklärt, warum wir in Perpignan waren. Auch nach dem 7. Oktober war der RN übrigens an der Seite der Juden. Das Linksbündnis La France Insoumise hat den Angriff der Hamas am 7. Oktober nicht verurteilt, sondern eher gelobt.

    Bei einer Demonstration gegen den Hamas-Terror?

    Bei der ersten Demonstration dagegen in Frankreich. Macron kam nicht. Aber Marine Le Pen kam und demonstrierte mit uns. Israel braucht Unterstützer. Das Land ist umringt von Ländern, die ihm feindlich gegenüberstehen. Es gibt die Gefahr aus dem Iran, die Hisbollah. Von überall kommen Angriffe.

    Sie halten die Wandlung von Marine Le Pen für glaubwürdig?

    Ja, unser Sohn Arno hat viel mit ihr diskutiert. Wir sind mit ihr in Kontakt. Wir erleben sie als glaubwürdig.

    Lässt die Linke in Europa Israel im Stich?

    Nicht nur in Europa. Viele glauben, dass es in der Welt keine Probleme mehr gäbe, wenn es den Staat Israel nicht mehr gibt.

    In Deutschland haben viele Angst vor einem Wahlsieg des RN in Frankreich. Das Ende der Demokratie im Land könnte eingeleitet werden. Halten Sie diese Angst für übertrieben?

    Man kann nicht voraussehen, was passieren wird. Ich würde nie freiwillig Le Pens Partei wählen, ich bin Anhängerin der Politik der Mitte von Macron. Und wir stehen ihm persönlich nah, er hat uns zweimal ausgezeichnet. Aber er hat viele Probleme Frankreichs nicht gelöst, die Armut, die Arbeitslosigkeit. Was bleibt uns übrig, wenn es zur Stichwahl zwischen Mélenchon und Le Pen kommt?

    Sie waren in Deutschland der Linkspartei verbunden, traten 2012 als Kandidatin der Partei für das Bundespräsidentenamt an. Wie schauen Sie auf die Entwicklung der Linken?

    Ich bin nie Mitglied geworden, aber ich war bei Gedenkfeiern und Versammlungen gegen Antisemitismus. Aber jetzt habe ich in der Zeitung gelesen, dass der Bartsch ausgetreten ist, weil er in der Linken antisemitische Stimmen gehört hat. Leider Gottes. Es ist Jahre her, da war ich in Berlin bei einer Versammlung der Linkspartei, zu der kam Mélenchon. Sahra Wagenknecht hing mit ihm zusammen. Nun hat sie ihre eigene Partei und auch schon sechs Prozent erreicht. Dieser Partei gegenüber bin ich skeptisch. Bei Gedenkfeiern für die Opfer des Holocaust habe ich persönlich Sahra Wagenknecht nie gesehen.

    Wer müsste heute geohrfeigt werden?

    Das war eine symbolische Ohrfeige, das kann man nicht wiederholen.

    Zur Person

    Beate Klarsfeld wurde 1939 in Berlin geboren, sie wuchs im Bezirk Wilmersdorf auf. Nachdem die Familie ausgebombt wurde, floh sie mit ihrer Mutter in das heutige Polen. 1960 ging sie als Au-pair nach Paris, wo sie Serge Klarsfeld traf, der den Holocaust im Versteck überlebt hatte. Sein Vater wurde in Auschwitz ermordet. Das Paar heiratete und machte es sich zur Lebensaufgabe, an die Verfolgung der Juden zu erinnern – und die Täter aufzuspüren. Ihre Vorarbeit führte zur Verhaftung und Verurteilung des Kriegsverbrechers Klaus Barbie, der seine Opfer in Lyon brutal gefoltert hatte und nach Bolivien geflohen war. 1968 wurde Beate Klarsfeld mit einer Ohrfeige berühmt: Auf einem CDU-Parteitag schlug sie Kurt Georg Kiesinger, den Bundeskanzler, der in der NSDAP war und im Außenministerium der Nazis gearbeitet hatte .

    #France #Allemagne #Israël #antisemitisme #extrême_droite

  • Marion Maréchal accusée d’avoir dilapidé l’argent de Reconquête Extrait d’un article d’europe 1

    Au lendemain des élections européennes, éric zemmour a choisi d’exclure sa tête de liste marion maréchal après son appel à soutenir les candidats issus de l’union Ciotti-RN. Et ce mercredi, Le Canard enchaîné révèle que l’ex-vice-présidente de Reconquête aurait dilapidé l’argent du parti durant la campagne, notamment dans la location d’une villa à La Réunion. . . .
    https://www.msn.com/fr-fr/actualite/politique/cyril-hanouna-marion-mar%C3%A9chal-accus%C3%A9e-d-avoir-dilapid%C3%A9-l-argent-de-reconqu%C3%AAte-je-trouve-%C3%A7a-lamentable-certains-dans-l-%C3%A9quipe-d-%C3%A9ric-zem/ar-BB1oABjS

    Dans l’article du Canard Enchaîné de ce mercredi - extraits
    Les coquettes rémunérations attribuées aux copains de marion maréchal .
    Quatre de ses proches, via leurs sociétés de conseil ont siphonné 500 000 euros . . . .
    L’ancien skinhead niçois philippe vardon . . . ne s’est pas contenté d’empocher 6 mois durant, de confortables émoluments mensuels de 4700 euros net.
    Il a aussi intégré des proches parmi les permanents de l’équipe de campagne, faisant salarier son petit frére, benoit vardon pour 2850 euros mensuels.
    Le loyer de son logement dans l’ouest parisien (1581 eurs) était lui aussi pris en charge.
    La proprio de ce bien n’est autre que la mère de frédéric reusseau, le président de l’association de financement électoral de marion maréchal pour la campagne européenne (AFEMMPCE). Une bien belle histoire de famille.

    Jolies piaules et classe affaires
    En février, la tête de liste de reconquête ! se rend à La Réunion au chevet des compatriotes qui vivent sous le seuil de pauvreté. (La 1er, 25/1).
    Pour ses 2 nuits sur place son équipe lui réserve un airbnb une villa à 941 euros.
    Un déplacement express pour la modique somme de 21 71 euros, rien que pour les quatre allers-retours Corsair en classe business aux noms de marion maréchal, nicolas bay, agnés marion et éve froger. Peu ou prou 15 smics.

    #argent #lepen #lepen #fn #extrême_droite #en_vedette #marion_maréchal-le_pen #extrême_droite #zemmour #eric_zemmour #extremedroite #femme

  • Femme enceinte tuée d’un coup de fusil : « Pour nous elle n’était pas une Rom, elle était Angela »
    Par Christel Brigaudeau, envoyée spéciale à Chenex (Haute-Savoie) et Genève (Suisse)
    Le 17 juin 2024 - Le Parisien
    https://www.leparisien.fr/faits-divers/femme-enceinte-tuee-dun-coup-de-fusil-pour-nous-elle-netait-pas-une-rom-e
    https://www.leparisien.fr/resizer/6G03VQsJQ4VU65tF5TOiJgXFBP0=/1248x782/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/leparisien/UNU4PXO4ZREWBGOENKJ77IXGGY.jpg

    Angela Rostas, 40 ans, était une mère de famille rom, enceinte de sept mois. Elle a été tuée d’une balle de fusil de chasse le 22 février au seuil de son mobile home, à Chênex, en Haute-Savoie. Deux hommes originaires de villages voisins ont été écroués et mis en examen pour meurtre à caractère raciste.

    (...) Deux adolescentes aux yeux noirs se tiennent près de leur mère, prostrées. Le mari est perdu. Qui a pu faire ça ? Angela Rostas, enceinte de sept mois d’un petit garçon qu’elle aurait appelé Ferdino, vient d’être tuée à l’heure du dîner, d’une balle dans l’abdomen sur le seuil de son mobile home. Les coups de feu ont surgi depuis la forêt, en face.

    Au terme d’une enquête de trois mois, menée par neuf enquêteurs de la section de recherches des Savoie, à Chambéry, la silhouette derrière les feuillages a été identifiée. M., 26 ans, artisan et chasseur connu dans le Vuache, du nom de cette région frontalière de la Suisse, a été arrêté et incarcéré le 7 juin, ainsi qu’un de ses meilleurs amis, F., âgé de 30 ans. M. et F. ont été mis en examen pour « meurtre et tentative de meurtre commis en raison de la race, l’ethnie, la nation ou la religion ». Un troisième jeune homme est placé sous contrôle judiciaire, soupçonné de « destruction de preuves ».
    Mobile raciste

    Les deux amis ne connaissaient pratiquement pas leur victime, hormis de vue. D’après les premières conclusions de l’enquête, Angela est morte pour la seule raison qu’elle était rom, victime d’une glaçante expédition punitive menée à l’aveugle contre des gens du voyage.

    M. a admis être l’auteur des tirs, « tout en contestant avoir délibérément touché la victime », a indiqué la procureure d’Annecy, Line Bonnet-Mathis. Son complice a avoué « avoir déposé le tireur avec son fusil sur le lieu du crime » et l’avoir récupéré ensuite. Leurs avocates n’ont pas souhaité s’exprimer.

    #racisme

  • Inventaire après dissolution
    https://www.terrestres.org/2024/06/17/inventaire-apres-dissolution

    ÉDITORIAL — En tant que média, et a fortiori en tant que revue d’écologie #Politique, les évènements électoraux de cette semaine nous obligent. L’aventurisme d’un président aux abois et la radicalisation de la scène électorale ouvrent à l’extrême droite les portes du pouvoir. Comment interpréter ce qui nous arrive et comment agir efficacement, dans les urnes et ailleurs ? L’article Inventaire après dissolution est apparu en premier sur Terrestres.

    #Elections #Extrême_droite #Luttes #Revue_Terrestres

  • Mobilisation sociale et antifa - 16 juin - FGTB Bruxelles
    https://www.fgtbbruxelles.be/mobilisation-sociale-et-antifa-16-juin

    Appel unitaire à une manifestation antifasciste le 16 juin 2024 à #Bruxelles Le résultat des élections du dimanche 9 juin prochain, avec une montée de l’extrême droite dans notre pays et un peu partout en Europe, s’annonce douloureux pour le monde du travail, pour la jeunesse, les migrant.e.s, les précaires et tous.tes les opprimé.e.s. La #Belgique doit se préparer à un nouveau dimanche noir. S’il se profile clairement en Flandre, avec une #extrême_droite première dans les sondages, nous verrons ce qu’il en sera de la Belgique francophone. Restera-t-elle un îlot de résistance à la montée de l’extrême droite ? Nous n’en avons aujourd’hui aucune garantie. Bruxelles, qui accueille les institutions européennes, est quant à elle devenue un terrain de prédilection pour la stratégie de “normalisation” de l’extrême droite, symbole de sa volonté d’accéder au pouvoir.

    + concert à l’issue de cette manif antifa avec les binamé entre autre...
    la suite du programme sur l’agenda d’Aredge https://www.aredje.net/agenda


    2 mois plus tard ils seront pas loin de chez moi pour un festival déparaillé
    #musique #concert

  • Marine Le Pen salue le choix de Serge Klarsfeld, qui préfère le RN à la France insoumise

    Marine Le Pen salue dimanche le choix de l’historien et avocat Serge Klarsfeld, grand défenseur de la cause des déportés juifs de France, qui a annoncé la veille qu’en cas de duel avec La France insoumise lors des législatives, il voterait pour le Rassemblement national (RN), qui a « fait sa mue » et qui « soutient les juifs ».

    https://www.lemonde.fr/politique/live/2024/06/16/en-direct-elections-legislatives-2024-dernier-jour-pour-les-depots-de-candid

    #électionsLégislatices2024

    • et tir de barrage dans Libé :

      https://www.liberation.fr/idees-et-debats/lettre-a-mes-amis-et-a-mes-compatriotes-francais-juifs-et-legitimement-in

      Serge Klarsfeld, historien de la Shoah, a fait polémique ce dimanche en déclarant qu’en cas de duel au second tour il voterait pour le RN et pas pour le Front populaire. Le meilleur choix, plaide l’écrivain Mahir Guven, est de s’engager d’abord contre la partie la plus antisémite du spectre politique français : le Rassemblement national. Ensuite viendra le moment de la nécessaire clarification de l’antisémitisme à gauche.

    • « Minimiser le danger que représenterait pour les juifs l’arrivée d’une extrême droite au pouvoir est naïf et dangereux », Laurent Joly, Historien, Marie-Anne Matard-Bonucci, Historienne
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/06/20/minimiser-le-danger-que-representerait-pour-les-juifs-l-arrivee-d-une-extrem

      Les déclarations récentes de #Serge_Klarsfeld qualifiant le Rassemblement national [#RN] de « parti projuif » qui « soutient l’Etat d’Israël » et justifiant un vote éventuel pour cette formation face à un candidat La France insoumise [LFI] suscitent stupeur et tristesse chez nombre d’historiennes et d’historiens dont nous sommes. Est-il besoin de rappeler le rôle considérable qu’a joué Serge Klarsfeld pour la connaissance des mécanismes et de la responsabilité de Vichy dans la déportation des juifs ? La stupeur est redoublée d’incrédulité lorsque l’on a travaillé soi-même sur ces sujets.
      Lire aussi | En direct, législatives 2024 : suivez la campagne officielle et les annonces sur les programmes

      On ne reviendra pas ici sur ce qui motive la déclaration de Serge Klarsfeld : qu’il y ait eu des prises de position plus qu’ambiguës, sinon antisémites, dans les rangs de LFI ne fait aucun doute, à commencer par certaines affirmations de son leader. Que ces prises de position soient le résultat d’un calcul électoraliste en direction d’un électorat arabo-musulman ou de préjugés plus enracinés ne change rien à leur gravité. Pour autant, minimiser le danger que représenterait aujourd’hui l’arrivée d’une extrême droite au pouvoir, pour les juifs et pour l’ensemble des minorités, est naïf et dangereux.

      On pourrait critiquer la posture, bien peu universaliste, qui consiste à choisir un parti politique uniquement en fonction du soutien déclaré à une minorité. On pourrait également expliquer que la « mue » du RN en un parti respectable reste superficielle et que celui-ci n’a jamais véritablement condamné l’héritage historique dont il est issu, comme l’ont maintes fois rappelé politistes et historiens et historiennes de l’#extrême_droite.

      Forme d’aveuglement

      En se posant en « défenseurs autoproclamés des juifs de France », les dirigeants du RN ne veulent pas seulement faire sauter le dernier verrou de la dédiabolisation. Dans une posture symétrique à l’antisionisme affiché de certains dirigeants de LFI, ils tentent de séduire un électorat tétanisé par un antisémitisme dont la résurgence, plus qu’inquiétante, prospère sur fond de conflit israélo-palestinien.

      Pourtant, céder à cette tentation ne peut être qu’une forme d’aveuglement consistant à ignorer le lien intime entre xénophobie et #antisémitisme, amplement documenté par les travaux de Serge Klarsfeld lui-même. Faut-il rappeler que la plupart des politiques antijuives contemporaines ont été précédées de mesures à l’encontre des étrangers et que, en dépit de différences initiales souvent affichées par les Etats persécuteurs entre juifs dits « nationaux » et juifs étrangers, les discriminations finirent par se généraliser ?

      L’histoire montre que les accusations antijuives, les « antisémythes » [néologisme inventé par Marie-Anne Matard-Bonucci], sont susceptibles d’être remobilisées dans des contextes particuliers lorsque certains acteurs y voient une utilité politique. Faut-il rappeler que les grandes associations antiracistes dites universalistes ne concevaient pas, à juste titre, la lutte contre l’antisémitisme sans prise en compte de toutes formes de racisme ? A l’opposé, le communautarisme et la concurrence des mémoires, encouragés aussi bien par l’extrême droite Soral-Dieudonné que par le parti des Indigènes de la République, font le lit des hostilités identitaires.

      Faut-il rappeler que les extrêmes droites, quand bien même elles affichent une culture politique nationaliste, agissent dans un environnement international et s’influencent les unes les autres et/ou pratiquent une forme de surenchère ? Quelles seraient, enfin, pour les juifs et juives de France les conséquences d’une politique menée par un gouvernement ciblant, en les essentialisant, certaines catégories de population tout en se déclarant « ami des juifs » ? L’antisémitisme a-t-il vraiment besoin de cette nouvelle configuration pour continuer à prospérer ?

    • « Serge Klarsfeld court-circuite l’histoire pour la dérouler à l’envers », Michèle Cohen-Halimi, Professeure de philosophie, Francis Cohen
      Ecrivain, Leopold von Verschuer, Traducteur et comédien
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/06/20/serge-klarsfeld-court-circuite-l-histoire-pour-la-derouler-a-l-envers_624175

      Entre le Nouveau Front populaire (#NFP) et le Rassemblement national (RN), monsieur Klarsfeld n’hésitera pas, il donnera sa voix au Rassemblement national qui aurait fait sa « mue ». Suffit-il au Rassemblement national de ne plus se dire antisémite pour ne plus l’être ? A quelle extraordinaire magie de la parole M. Klarsfeld donne-t-il crédit ! Suffit-il, en effet, d’une habileté tactique et rhétorique pour effacer l’#histoire et l’idéologie fondatrice d’un parti ?

      Qu’est-ce qui assure M. Klarsfeld de l’effectivité de cette mue dans un moment politique et électoral où la tactique impose d’y faire croire ? Faut-il donc penser de manière charitable que M. Klarsfeld s’abandonne à une crédulité désastreuse, quand il ne peut ignorer de quelle mémoire, de quel travail de mémoire, son nom est porteur ? A-t-il donc impunément décidé d’impliquer à lui seul cette mémoire dans son ralliement au Rassemblement national ?

      A entendre récemment M. Klarsfeld s’entretenant avec le journaliste Darius Rochebin sur LCI, le RN serait un parti « pro-juif » : « Le Rassemblement national soutient les juifs, soutient l’Etat d’Israël, et il est tout à fait normal, vu l’activité que j’ai eue ces soixante dernières années, qu’entre un parti antisémite et un parti pro-juif je voterai [sic] pour un parti pro-juif. »

      Un parti pro-juif est la figure spéculaire d’un parti antisémite : c’est un parti qui sait qui sont les juifs, un parti qui sait les reconnaître, un parti qui sait où ils sont. C’est un parti qui peut répondre à la question : « Qu’est-ce qu’un juif ? » Et nul n’ignore où a conduit ce discours essentialiste. Un tel parti n’est donc pas nouveau, ce qui est nouveau, en revanche, c’est qu’un tel parti puisse dire qu’il n’est pas antisémite.

      Effacement de l’histoire

      Et Serge Klarsfeld va encore plus loin dans la requalification idéologique du RN, lorsqu’il dit que ce parti est « populiste », ce qui pour lui signifie « populaire » ou, mieux encore, composé de « braves gens », car il court-circuite alors l’histoire pour la dérouler à l’envers et la réécrire en considérant que les « braves gens » du Rassemblement national auraient indubitablement fait partie des « braves gens » qui ont aidé les juifs en France pendant la seconde guerre mondiale : « C’est un parti populaire, populiste, on dit. Ce sont de braves gens et les braves gens pendant la guerre, ce sont ceux qui ont aidé les juifs en France. »

      Serge Klarsfeld n’alimente pas la confusion, il l’aggrave et il surenchérit sur l’effacement de l’histoire, qui fait partie du programme idéologique du Rassemblement national.

      Les procès pour négationnisme, les poursuites pour délits antisémites ont-ils condamné des femmes et des hommes de gauche ou d’extrême gauche ces dernières années ? Lorsque, le 5 novembre 2023, sur un plateau de BFM-TV, un journaliste demandait à Jordan Bardella si Jean-Marie Le Pen était antisémite, celui-ci répondit : « Je ne sonde pas les cœurs et les reins, mais je ne le crois pas. » M. Klarsfeld, quant à lui, croit Jordan Bardella.

      M. Klarsfeld apporte sa voix à une légitimation inespérée du RN, mais sa voix – l’aurait-il oublié ? – fait aussi résonner celles de toutes ces femmes, de tous ces enfants et de tous ces hommes qui, grâce à lui, sont présents à notre mémoire, qu’il trahit désormais. Car il n’est pas douteux que toutes ces femmes, tous ces enfants et tous ces hommes n’avaient pas besoin d’un parti « pro-juif ».

      Les signataires : Michèle Cohen-Halimi est professeure à l’université de Paris-VIII. Elle a publié « L’Action à distance. Essai sur le jeune Nietzsche politique » (Nous, 2021) et dirige la collection « Critique de la politique » aux éditions Klincksieck ; Francis Cohen est écrivain et professeur de philosophie au lycée Montaigne (Paris). Petit-fils de déporté, il a récemment publié : « Etat. Une politique de l’imprononçable » (Eric Pesty éditeur, 2023) ; Leopold von Verschuer est un comédien et metteur en scène, traducteur allemand de Valère Novarina depuis 1995, dont il vient de créer « Der Mensch ausser sich » [L’Homme hors de lui] (TD Berlin, 2024). Il est le petit-fils de l’eugéniste Otmar von Verschuer (1896-1969), qui fut le mentor de Josef Mengele (1911-1979).

    • Faut lire un journal financier pour avoir ce genre d’info.

      Diriez-vous que débute, à ce moment-là, la stratégie dite de « dédiabolisation » du RN ?

      Je n’ai pas l’impression qu’il y a alors une stratégie particulière du parti. Ce sont les journalistes, les sondeurs, les observateurs médiatiques de la vie politique qui voient et présentent Marine Le Pen comme quelque chose d’apparemment nouveau, et vont la cadrer de manière différente. Alors effectivement, Marine Le Pen va prendre ses distances avec l’affaire du « détail de l’histoire » [la manière dont son père avait qualifié les chambres à gaz de la seconde guerre mondiale, Ndlr] par exemple... Mais sa médiatisation change. C’est aussi le début des chaînes d’information en continu, ce qu’on appelle le « troisième marché médiatique ». A l’époque, I-Télé va notamment diffuser les meetings de Marine Le Pen, ses conférences de presse, ce qu’on ne voyait pas avant. Ces chaînes vont donner une forte visibilité au FN dans les années 2010. En 2014-2015, j’ai compté que Florian Philippot, alors premier vice-président du parti, était présent au moins tous les deux jours sur les chaînes d’info en continu.

    • Y a pas que les medias Bolloré.

      Sur France cul depuis un an tous les samedis à 14h00 une certaine Astrid de Vilaines (genre Figaro Madame) confesse tous les seconds couteaux de la politique française.

      Aujourd’hui à 14h00 l’invité est la canaille ex-responsable de Frontex désormais porte-parole de Bardella...

      Le lead de l’émission : « nous nous interrogerons sur leur parcours, leurs valeurs et leurs ambitions... »

      La relève des réacs et néo-cons, Finkie, Marc Weitzmann, Okrent et cie est assurée à France cu...

    • La création même du FN visait à dédiaboliser l’extrême droite. Ça fait 20 ans que ça fonctionne à plein rendement, même si il y a d’inévitables couacs, entre atavisme natio et appels du pied.

      Ce matin je me suis fait avoir. Bardella déclarait que la viande halal ou casher serait interdite en France. La bonne nouvelle n’en était pas une, c’était il y a deux ans...

      #RN #extrême_droite

    • @colporteur : « double-nationalité », « viande halal ou casher » : le FN essaie de mettre sous le tapis tout ce qui pourrait rappeler qu’ils sont autant antisémites qu’ils sont islamophobes.

      (Tiens, sinon on ne cause plus du touit de l’avocat qu’ils viennent d’investir qui, en 2013, dénonçait le fait que Vincent Peillon ait donné des prénoms juifs à ses enfants.)

    • Faut lire un journal financier pour avoir ce genre d’info.

      Y’a conflit d’intérêt, ah !

      Combien de recettes en face ? Plusieurs grosses pistes d’économies sont envisagées [par le RN]. La principale est explosive : il s’agit de la niche fiscale des armateurs, l’une des plus coûteuses pour l’Etat, qui bénéficie surtout au groupe CMA CGM et à son patron, Rodolphe Saadé, par ailleurs propriétaire de presse.

      https://www.lemonde.fr/politique/article/2024/06/14/legislatives-2024-comment-le-rn-ecrit-le-recit-de-son-empechement-en-cas-de-

    • Hier, en une de lemonde papier « la purge de LFI ». Ceci dit, la gauche elle-même ne cesse de se tirer une balle dans le pied en utilisant ce terme.

  • Inventaire après dissolution
    https://www.terrestres.org/2024/06/14/inventaire-apres-dissolution

    En tant que média, et a fortiori en tant que revue d’écologie #Politique, les évènements électoraux de cette semaine nous obligent. L’aventurisme d’un président aux abois et la radicalisation de la scène électorale ouvrent à l’extrême droite les portes du pouvoir. Comment interpréter ce qui nous arrive et comment agir efficacement, dans les urnes et ailleurs ? L’article Inventaire après dissolution est apparu en premier sur Terrestres.

    #Elections #Extrême_droite #Luttes #Revue_Terrestres

  • « L’abstention ne constitue plus un obstacle à la victoire électorale du Rassemblement national »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/06/12/l-abstention-ne-constitue-plus-un-obstacle-a-la-victoire-electorale-du-rasse

    À peine plus d’un inscrit sur deux s’est déplacé le 9 juin pour prendre part à l’élection des députés français au Parlement européen (51,4 %). Si la participation a gagné un point et demi par rapport à 2019, ce qui frappe reste la stabilité de l’#abstention à un niveau très élevé dans ce scrutin traditionnellement peu mobilisateur. Il en résulte qu’aucune liste n’a massivement séduit les citoyens : la liste gouvernementale conduite par Valérie Hayer n’a rassemblé que 7,3 % des inscrits, la liste Parti socialiste-Place publique de Raphaël Glucksmann 6,9 %, et même celle du Rassemblement national (#RN), grand vainqueur du scrutin, ne représente que 15,7 % des inscrits.

    Dans un contexte où la France qui vote est minoritaire, les facteurs sociodémographiques de la participation ont joué à plein. Le 9 juin, les catégories âgées, les catégories les plus diplômées et les plus aisées ont davantage voté que les plus jeunes, les plus fragiles et les moins diplômées. Comme le montrent les sondages, le différentiel de participation a été d’environ 30 points entre la tranche d’âge la moins votante, les 18-34 ans, et la plus votante, les 60-75 ans. Les enquêtes confirment également la mobilisation plus massive des cadres, par comparaison avec celle des ouvriers et des employés.
    Le revenu est également hautement prédictif de la participation au vote de dimanche : là aussi, l’écart entre les plus bas revenus – inférieur ou égal à 1 000 euros – et les plus hauts revenus – plus de 5 000 euros – est d’environ 30 points de participation. D’un scrutin à l’autre, les logiques sociales de l’abstention sont d’une régularité impressionnante, et, dans cette perspective, rien n’est plus facilement prévisible que la sociologie de l’abstention et, par conséquent, puisqu’elle est en quelque sorte son image inversée, de la participation.

    Le 9 juin à 20 heures, comme lors de chaque scrutin, c’est dans les périphéries jeunes et populaires des grandes agglomérations métropolitaines que l’on a le moins voté : 10 points de moins qu’en moyenne nationale à Roubaix (Nord) ou Vaulx-en-Velin (Grand Lyon). A l’intérieur de ces territoires, les bureaux de vote des quartiers de grands ensembles ont enregistré une abstention encore plus élevée : un quart de votants seulement dans le bureau de la cité des Cosmonautes [à La Courneuve, en Seine-Saint-Denis], que nous étudions depuis 2002.

    Forte abstention structurelle

    Symétriquement, les bureaux de vote des centres-villes ou des périphéries bourgeoises, à la fois plus âgés et plus aisés, ont enregistré un taux de participation de 10 points supérieurs à la moyenne, comme à Versailles, Arcachon [Gironde] ou Paris centre. Les mondes ruraux plus âgés et mieux inscrits sur les listes électorales, parce que plus stables géographiquement, ont également confirmé leur plus forte disposition à voter.

    Dans ce contexte marqué par une forte abstention structurelle, le score impressionnant du RN est d’autant plus remarquable. Pendant longtemps, les scrutins de second ordre ont été défavorables au Front national devenu Rassemblement national. Jean-Marie Le Pen faisait ses meilleurs scores à la présidentielle et sous-performait lors d’un scrutin tel que les européennes. La sociologie de l’électorat frontiste expliquait une bonne part du phénomène : plus populaire, plus ouvrier, moins diplômé, plus urbain aussi, cet électorat était plus difficile à mobiliser lors d’élections de faible intensité, a fortiori pour un parti sans grande implantation locale.

    La perspective d’une alternance à venir a consolidé son socle électoral. En atteste le très bon report des voix obtenues par le RN en 2022 au profit de la liste conduite par Jordan Bardella, de l’ordre de 85 %. En attestent également la certitude de choix et la détermination à se rendre aux urnes de cet électorat, plus élevée que la moyenne. Le RN a, de toute évidence, été porté par une dynamique politique. Mais, dans le contexte abstentionniste de dimanche, ce score historique s’explique surtout par les mutations sociologiques de son électorat. On peut même considérer que ce score constitue, par lui-même, la preuve empirique de cette grande transformation.

    Séquence électorale inédite

    Ces dernières années, l’expansion électorale du RN s’est réalisée en grande partie sur les segments de l’ancien électorat de la droite. En schématisant, le RN « normalisé » de Marine Le Pen a très largement prospéré au sein de la coalition électorale qui avait porté Nicolas Sarkozy au pouvoir, dans les classes moyennes, chez les retraités, dans les mondes ruraux. Parmi les électeurs qui avaient soutenu Nicolas Sarkozy en 2007 et ont voté le 9 juin, quatre sur dix l’ont ainsi fait en faveur de la liste conduite par Jordan Bardella.
    Cette évolution se vérifie dans toutes les enquêtes. Ce ne sont plus seulement les artisans, les commerçants, les ouvriers les moins qualifiés et les employées sans diplôme qui placent le RN en première position quand ils votent. Ce sont également les classes moyennes propriétaires de leur résidence principale en périphérie urbaine, les agriculteurs, les entrepreneurs et les retraités résidant dans les villes moyennes et à la campagne.

    Tout cela entraîne des conséquences sur le profil sociologique des électeurs : dimanche, le RN a obtenu plus de 30 % des voix parmi les 65-74 ans et 24 % des voix parmi les individus dont les revenus sont supérieurs à 3 000 euros mensuels. A la manière de ce qu’on observe aux Etats-Unis au sein de l’électorat républicain ou en Italie au sein de l’électorat de Giorgia Meloni, le RN est devenu, de fait, un parti interclassiste et intergénérationnel, surreprésenté, et ce n’est pas un détail en matière de participation, dans les mondes ruraux. Compte tenu de cette profonde transformation, l’abstention alimentée par les facteurs sociodémographiques ne constitue plus un obstacle à la victoire électorale du RN.

    La séquence électorale inédite des 30 juin et 7 juillet s’annonce donc particulièrement risquée pour la majorité présidentielle qui a, en quelques années, perdu sur ce plan une bonne part de l’avantage concurrentiel dont elle disposait face au RN. Le résultat de ces législatives 2024 pourrait donc se jouer sur des facteurs beaucoup plus strictement politiques qu’à l’accoutumée et donner paradoxalement à la campagne improvisée qui se prépare une importance primordiale.

    Céline Braconnier est professeure des universités en science politique, directrice de Sciences Po Saint-Germain-en-Laye, chercheuse au Cesdip-CY Université.

    Jean-Yves Dormagen est professeur de science politique à l’université de Montpellier, président de Cluster 17.

    #sociologie électorale

    • Oups, mon collègue est devenu RN… ou la « ciottisation » de la vie professionnelle, Nicolas Santolaria
      https://www.lemonde.fr/m-perso/article/2024/06/20/oups-mon-collegue-est-devenu-rn-ou-la-ciottisation-de-la-vie-professionnelle

      « Work in progress ». Hier encore, ils sifflotaient « Le Chant des partisans » à la cantine. Aujourd’hui, les mêmes n’hésitent plus à clamer « Vivement Bardella ! ». La submersion idéologique touche désormais tous les milieux.

      Nous vivons un moment troublant de « ciottisation » de nos vies professionnelles. Président des Républicains – ayant proposé une alliance au Rassemblement national pour les élections législatives anticipées rejetée par les autres responsables du parti –, Eric Ciotti est emblématique de ces collègues que vous pensiez il y a peu encore indéfectiblement allergiques à l’extrême droite, et qui s’affichent désormais tout feu, tout flamme, pour le RN.

      Bien entendu, chacun est libre de ses opinions mais, dans les faits, beaucoup d’entreprises ou d’institutions fonctionnaient jusqu’alors comme des cocons idéologiques, représentant des communautés de valeurs plus ou moins implicites. Cet entre-soi – questionnable, bien entendu – opérait également à une échelle catégorielle plus large : la sociologie du vote d’extrême droite, traditionnellement ancrée chez les employés et les ouvriers, a longtemps pu laisser penser aux membres de groupes sociaux plus favorisés que le RN, c’était ailleurs, que le RN, c’étaient les autres.

      Depuis les résultats des élections européennes, le 9 juin, où la liste emmenée par Jordan Bardella a recueilli 31,6 % des suffrages, ce sentiment rassurant s’est dissipé : d’après une enquête Ipsos réalisée les 6 et 7 juin 2024, le RN a progressé, entre 2019 et aujourd’hui, de 13 % à 20 % chez les cadres, tout en renforçant son socle traditionnel. Le RN est ainsi devenu le premier parti des salariés (36 % des voix), dans le public (34 %) comme dans le privé (37 %). Croiser à la cafèt un type qui porte un tee-shirt « Jordan je t’aime » sous sa chemise n’est donc plus une hypothèse farfelue, et la suspicion est désormais de mise. « Là, j’ai la haine. Je me rappelle de mon collègue, ce fumier qui tenait des propos tendancieux, je suis sûr à 99 % qu’il a voté RN », s’énervait un utilisateur de X au lendemain des européennes.

      Mue traumatisante

      Cette mue traumatisante du collègue lambda en électeur d’extrême droite constitue la scène inaugurale de l’enquête prophétique Les Grands-Remplacés (Arkhê, 2020), de Paul Conge. Le journaliste y évoque notamment Joël, informaticien toulousain un peu gris, fils de socialistes, qui finit par se persuader que son monde est gangrené par l’immigration et le renoncement. Il se met alors à la muscu : « Happé progressivement par la propagande radicale de la “dissidence” sur Internet, il déroule désormais son “prêt-à-penser” sur ses collègues, ces “bobos” aux “corps de lâches”. »

      Le plus déstabilisant en la matière est la progression de cet agglomérat d’idées rances dans des univers qui y étaient jusqu’alors totalement étanches. Dispensant des formations dans les univers professionnels pour dénoncer l’« imposture sociale » du Rassemblement national, l’association intersyndicale Visa (pour Vigilance et Initiatives syndicales antifascistes) tente d’enrayer la séduction que ce parti opère, depuis son ravalement de façade, sur des publics historiquement ancrés à gauche. Car, manifestement, les « cordons », les « barrières », les « barrages » et autres vocables incantatoires d’endiguement ne suffisent plus à empêcher la submersion idéologique du « populisme Ultrabrite ». Y compris dans l’esprit de ceux qui, l’an dernier encore à la cantine, sifflotaient Le Chant des partisans.

      Nicolas Santolaria

    • « La question décisive est de savoir dans quelle proportion l’électorat de gauche se mobilisera »
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/06/21/legislatives-la-question-decisive-est-de-savoir-dans-quelle-proportion-l-ele

      Les commentateurs ont dit et répété que la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), forgée dans l’urgence afin d’éviter la débâcle aux législatives de 2022, avait été définitivement enterrée durant la campagne des européennes. Le 9 juin au soir, la #gauche paraissait à ce point divisée que le président fit – selon toute vraisemblance – le calcul qu’elle ne s’en relèverait pas, offrant à Renaissance un boulevard pour un troisième duel (après 2017 et 2022) avec le Rassemblement national.

      Une semaine plus tard, ce scénario semble pourtant pouvoir être déjoué. Sous la menace de l’#extrême_droite et grâce à la pression de la société civile, mais aussi des organisations de jeunesse des partis politiques, les dirigeants de ces derniers sont parvenus à trouver un accord. La donne s’en trouve bouleversée : au second tour, le Rassemblement national (#RN) pourrait devoir ferrailler avec le Nouveau Front populaire (#NFP), et non avec la majorité présidentielle. Le NFP sera-t-il en mesure de transformer l’essai ?
      ​Si l’on projette le résultat des élections européennes du 9 juin sur les législatives du 30 juin, c’est-à-dire si les résultats du 30 juin étaient strictement équivalents à ceux du 9 juin, on obtient le résultat suivant : au second tour, 461 des 577 circonscriptions donneront lieu à un duel Rassemblement national-Nouveau Front populaire.

      L’unité paye

      Si la gauche était restée divisée, le scénario aurait été radicalement différent : il y aurait seulement 236 duels entre le RN et une force de gauche au second tour, et 275 duels RN-Renaissance au second tour. Autrement dit : l’unité paye, elle permet à la gauche d’être deux fois mieux représentée au second tour et de disputer la victoire finale à l’extrême droite.
      Bien sûr, cet exercice de politique-fiction doit être manié avec précaution : les enjeux du 30 juin ne sont pas les mêmes que ceux du 9 juin, les règles de scrutin diffèrent et la temporalité de la campagne législative n’a rien à voir avec celle des européennes. Par ailleurs, nous sommes dans une situation électorale inédite : pour la première fois depuis la réforme du quinquennat et l’inversion du calendrier électoral (en l’an 2000), les #législatives ne seront pas une ratification du résultat de la présidentielle, une simple formalité pour l’exécutif.

      ​Malgré ces inconnues, il faut affronter la question : l’électorat de gauche suivra-t-il les partis dans leur aspiration à l’unité ? L’accord par le haut entre appareils politiques se prolongera-t-il par un plébiscite par le bas de la part des citoyens et citoyennes ? Il convient ici de rappeler trois faits.

      Premièrement, au cours des deux dernières décennies, les électeurs de gauche se sont montrés plus unitaires que les candidats et les partis pour lesquels ils votaient. La Nupes en 2022, le Nouveau Front populaire, aujourd’hui, sont d’abord des réponses à des demandes, formulées depuis longtemps, par le peuple de gauche, et renouvelées dès le 9 juin au soir à travers une série de rassemblements spontanés.

      La lutte contre le terrorisme

      Une deuxième donnée à avoir en tête est qu’il existe désormais, au sein de l’électorat de gauche, une importante volatilité. D’un scrutin à l’autre, des fractions significatives du peuple de gauche changent de bulletin. La logique du _vote utile s’est généralisée.

      Pour donner quelques exemples de cette fluidité : 35 % des électeurs de Mélenchon au premier tour de 2022 qui sont allés voter le 9 juin 2024 ont glissé un bulletin Europe Ecologie-Les Verts (EELV) ou PS-Place publique. Réciproquement, 31 % de ceux qui avaient voté pour François Hollande en 2012 ont choisi Mélenchon en 2022. Cette porosité électorale, qui concerne ici le couple PS-LFI, est encore plus prononcée entre LFI et le PC, et entre EELV et le PS.

      Une troisième et dernière donnée importante est que, selon de nombreuses enquêtes d’opinion (Baromètre de la confiance politique, European Value Survey), les différents électorats de gauche partagent un large socle de valeurs. Ce qui les rassemble (la lutte contre les inégalités, les droits des minorités, l’attachement à la démocratie, les services publics) est plus fort que ce qui les divise (l’Europe, la laïcité, le nucléaire), même si des nuances existent.
      Selon l’enquête effectuée par l’IFOP le soir du 9 juin, la lutte contre le terrorisme préoccupe autant les électeurs de Manon Aubry (43 %) que ceux de Raphaël Glucksmann (46 %) et de Marie Toussaint (42 %) [respectivement LFI, Place publique et EELV].

      En revanche, concernant la lutte contre le #racisme et les discriminations, il s’agit d’un enjeu jugé déterminant par 69 % des électeurs « insoumis », contre 49 % des électeurs socialistes et 41 % des écologistes.

      ​Vieillissement et embourgeoisement

      La vraie question n’est donc pas de savoir si les électeurs de gauche plébisciteront dans les urnes, le 30 juin, les candidats de l’unité. On peut annoncer sans risque que ceux qui iront voter le feront en faveur de ce Nouveau Front populaire. Il y aura certainement des candidatures dissidentes, comme l’ont déjà laissé entendre d’anciens ministres socialistes, des dirigeants de Place publique et des déçus ou exclus de LFI et des Verts, mais les sondages indiquent que ces échappées solitaires semblent vouées à l’échec.

      La question décisive est de savoir dans quelle proportion l’électorat de gauche se mobilisera. L’électorat de gauche (toutes tendances confondues) est globalement plus jeune et plus populaire que celui de Renaissance et du Rassemblement national – le 9 juin 2024, la vraie nouveauté de l’électorat lepéniste est son vieillissement et son embourgeoisement.

      Les jeunes votent majoritairement pour la gauche, mais ils votent moins que leurs aînés. Par ailleurs, en 2017 comme en 2022 et en 2024, on constate que la gauche (à nouveau toutes tendances confondues) a son centre de gravité électoral plus proche des #classes_populaires que Renaissance et le RN. Or les jeunes et les classes populaires sont les catégories de la population les plus enclines à s’abstenir.

      ​Les candidats du NFP parviendront-ils à contrer cette #abstention différentielle, à remobiliser leur base en moins de trois semaines ? Cela à la veille des vacances d’été ? Alors que l’extrême droite est galvanisée par son résultat des élections européennes et la promesse d’une arrivée à Matignon, que ses adversaires oscillent entre la stupeur et la sidération ? Et que le dimanche 30 juin pourrait correspondre avec le huitième de finale de l’équipe de France de football ?

      Manuel Cervera-Marzal est enseignant-chercheur en science politique à l’université de Liège/Fonds de la recherche scientifique (FNRS), auteur des « Nouveaux Désobéissants : citoyens ou hors-la-loi ? » (Le Bord de l’eau, 2016).

      #électorat_volatile

  • « Une des raisons du déclin de l’écologie politique est, à l’évidence, la criminalisation du mouvement environnementaliste »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/06/09/une-des-raisons-du-declin-de-l-ecologie-politique-est-a-l-evidence-la-crimin

    C’est un paradoxe qui passionnera sûrement, un jour, les politistes et les historiens. Pourquoi, alors qu’à peu près tout ce que le mouvement écologiste annonce depuis un demi-siècle est en train d’advenir, l’#écologie_politique est-elle à ce point en déclin ? En France, il est de bon ton de moquer l’incapacité des Verts à convaincre, mais force est de constater que c’est en réalité toute la thématique environnementale qui a presque disparu de la conversation publique en vue des élections européennes du 9 juin.

    Plusieurs facteurs conjoncturels expliquent cet effondrement : le retour de la guerre et l’exigence renouvelée de puissance des Etats, l’inflation, la capture de certains grands médias et leur mise au service d’intérêts idéologiques et-ou industriels, etc.

    Une autre cause, plus profonde, est aussi, à l’évidence, la #criminalisation du mouvement environnementaliste. Michel Forst, le rapporteur spécial des Nations unies (ONU) sur les défenseurs de l’environnement, s’en est ému à plusieurs reprises au cours des derniers mois. Toute l’Europe est touchée, mais, dans un entretien accordé début juin à Reporterre, M. Forst estime que, en termes de gestion policière des actions écologistes, la France fait figure d’exception – le Royaume-Uni se distinguant par l’extravagante sévérité de sa réponse judiciaire. « La France est le pire pays d’Europe concernant la répression policière des militants environnementaux, dit le rapporteur spécial de l’ONU. La violence des forces de l’ordre est hors catégorie. Leurs homologues à l’étranger ne comprennent pas la manière dont les Français répondent aux manifestations, ne comprennent pas qu’on puisse user d’une telle violence. »

    Un pouvoir normatif

    Ces mots ne sont pas ceux d’un dangereux zadiste ou d’un opposant politique. Personnalité d’une grande pondération, Michel Forst a été nommé à son poste en 2022, au terme d’un consensus des 158 Etats-parties à la convention d’Aarhus (Danemark) – signée en 1998 et entrée en vigueur en 2001, elle prévoit trois droits en matière d’environnement pour les citoyens et les associations : l’accès à l’information, la participation au processus décisionnel et l’accès à la justice.
    Les formes de #répression qu’il dénonce sont non seulement une menace pour la démocratie elle-même, comme il le dit en substance, mais elles ont aussi à n’en pas douter un effet politique. De fait, les actions de l’Etat ont sur l’esprit de ses administrés un #pouvoir_normatif, et la spectaculaire brutalité du traitement réservé aux militants écologistes agit comme une remise en cause « officielle » de la légitimité de leur cause, une relativisation de la gravité des questions qu’ils soulèvent.

    Les exemples ne manquent pas. Le 24 mai, l’action de protestation menée par Extinction Rebellion et Greenpeace devant le siège d’Amundi (une société de gestion qui est l’un des principaux actionnaires de TotalEnergies), à Paris, s’est soldée, selon une note interne des services de la Préfecture de police que Le Monde a pu consulter, par 220 interpellations dont 215 gardes à vue. Parmi elles, seules cinq personnes ont finalement fait l’objet de poursuites.
    Sans occulter la réalité des troubles et des dégâts provoqués par certains militants, sans ignorer non plus les gestes de violence gratuite commis par les forces de l’ordre à leur endroit, quel sens donner à un tel fiasco policier ? Interpellations de masse, gardes à vue abusives ou _interdiction -de_manifester ne sont pas seulement des instruments d’intimidation, ils sont autant de signaux adressés au corps social.

    L’écologie ? Une affaire de dangereux délinquants.

    Ce stigmate, les militants d’extrême droite, ou ceux de l’agriculture productiviste, y échappent largement. On s’en souvient : le 30 janvier, au moment même où le premier ministre Gabriel Attal prononçait son discours de politique générale assorti d’un martial « Tu casses ? Tu répares ! Tu salis ? Tu nettoies ! » (adressé à la jeunesse), les forces de l’ordre ouvraient poliment le passage aux engins agricoles un peu partout en France, afin que ceux-ci puissent procéder au déversement de dizaines de tonnes de lisier et de déchets sur les bâtiments de l’Etat – avec des perspectives limitées de réparation ou de nettoyage.

    Aucun communiqué

    Ces asymétries, dont il faut reconnaître qu’elles confinent parfois à l’absurde, sont légion. La journée du 1er juin en offre un remarquable précipité. Ce jour-là, à moins d’une semaine des commémorations du Débarquement, la préfète du Morbihan annonce avoir porté plainte contre Les Soulèvements de la Terre, pour des « dégradations » commises sur le monument aux anciens combattants de Sérent (Morbihan). Curieusement, son communiqué n’apporte aucun détail sur ces « dégradations ». Il faut se reporter aux images de revendication de l’action pour constater que celles-ci consistent essentiellement en un collage aux dimensions de deux rangées de feuilles A4, non sur le monument lui-même, mais sur son parvis, formant la phrase : « Le vivant en résistance. »

    S’agit-il, comme s’en indigne la préfecture dans son communiqué – aussitôt répercuté par la secrétaire d’Etat aux anciens combattants –, d’un « acte de vandalisme qui porte atteinte à la mémoire des combattants tombés pour défendre notre pays » ? Peut-être, après tout.

    Mais le même jour et dans la même région, à Rosporden (Finistère), France Bleu Breizh Izel rapporte qu’un ancien candidat du Rassemblement national se lève au cours d’une réunion publique pour faire le salut nazi, prononçant distinctement « Heil, Hitler ! » Rien, manifestement, qui salisse la mémoire des soldats du 6 juin 1944 : aucun communiqué de la préfecture du Finistère sur une éventuelle plainte – elle sera déposée par la Ligue des droits de l’homme –, aucune déclaration ou émotion particulière du côté du gouvernement.

    En miroir de la criminalisation des mouvements écologistes se construit ainsi la banalisation des postures et des mots de l’#extrême_droite la plus radicale, ratifiée par les silences du gouvernement et des services de l’Etat.

    #climat_politique

    • Et ça sans compter le risque que fait courir (quelque soit l’intensité de la répression si on peut se permettre une telle abstraction) toute action un tant soit peu efficiente contre l’organisation sociale, ni non plus tenir compte de l’épreuve qu’implique toute critique approfondie qui ne se paie pas de mots (et en minorant au passage la débilité notabiliaire, gestionnaire et centriste des Verts).

  • Macron, en marche vers l’#extrême_droite ?
    https://www.youtube.com/watch?v=G43ZVd7wN60

    En 2017, puis en 2022, Emmanuel Macron a remporté l’élection présidentielle face à Marine Le Pen. Mais sa fascination pour l’extrême-droite et sa complaisance vis-à-vis d’empires médiatiques qui propagent la xénophobie contribuent à « booster » le Rassemblement national. Au second tour de la présidentielle de 2022, Marine Le Pen recueillait 41,8% des voix. Un record. Et le résultat d’une politique. Depuis 2017, interdictions de manifestations, arrestations arbitraires et surveillance généralisée sont utilisés par l’exécutif pour mater des révoltes populaires contre des politiques libérales imposées sans concertation, et considérées comme « anti pauvres ».
    Demain, l’Etat de droit et la devise républicaine « Liberté, égalité, fraternité » ne seront ils plus qu’un lointain souvenir ? Durant quatre mois, Thierry Vincent et Daphné Deschamps ont interviewé d’anciens macronistes déçus par la dérive autoritaire du président et des figures conservatrices et d’extrême-droite qui se réjouissent qu’Emmanuel Macron leur prépare un « boulevard » pour 2027.
    À quelques semaines des élections européennes, enquête au coeur d’une France en marche vers l’extrême droite.

    #Macron #Emmanuel_Macron #ni_de_droite_ni_de_gauche #de_droite_et_de_gauche #monarchisme #action_française #en_marche #jeanne_d'arc #Puy_du_Fou #11_novembre_2018 #Maréchal_Pétain #Pétain #décivilisation #Renaud_Camus #autoritarisme #macronisme #islamo-gauchisme #front_national (#FN) #arc_républicain #Jean-Michel_Blanquer #Amélie_de_Montchalin #front_républicain #Rassemblement_national (#RN) #Patrick_Vignal #intersectionnalité #gauche_radicale #extrême_gauche #France_insoumise #tenue_vestimentaire #habits #retraite #xénophobie #racisme #Elisabeth_Borne #Valeurs_Actuelles #migrations #connivence #symbole #Bruno_Roger-Petit #Bolloré #Vincent_Bolloré #médias #groupe_Bolloré #François_Coty #punaises_de_lit #bouc_émissaire #Pascal_Praud #grand_remplacement #Pap_Ndiaye #Rima_Abdul_Malak #Rachida_Dati #Cyril_Hanouna #Geoffroy_Lejeune #Journal_du_Dimanche (#JDD) #Gérald_Darmanin #conservatisme #homophobie #homosexualité #violences_policières #loi_immigration #préférence_nationale

    • Les nouveaux habits pro-israéliens de l’extrême droite européenne, Gilles Paris
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/05/31/les-nouveaux-habits-pro-israeliens-de-l-extreme-droite-europeenne_6236510_32

      Si, officiellement, la diplomatie israélienne n’entretient pas de relations avec de nombreux partis européens d’extrême droite, ces derniers s’affirment comme soutien inconditionnel à l’Etat hébreu.

      Le constat en dit autant sur l’évolution d’une partie significative des pays membres de l’Union européenne que sur ce que devient Israël : l’extrême droite s’y affirme comme le soutien le plus inconditionnel de l’Etat hébreu, une évolution que le carnage perpétré à Gaza après les massacres de civils israéliens par le Hamas n’a pas remise en cause.

      Aux Pays-Bas, le Parti pour la liberté, la formation de Geert Wilders, a réussi à insérer dans le contrat de coalition conclu le 15 mai avec trois autres partis l’« examen » du déménagement de l’ambassade néerlandaise en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem, en rupture totale avec la position européenne selon laquelle le statut de Jérusalem doit être tranché par la négociation.

      Santiago Abascal, chef du parti d’extrême droite espagnol Vox, a exprimé de son côté son opposition à la reconnaissance par son pays de l’Etat de #Palestine, le 28 mai, en rencontrant à Jérusalem le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, qui y est farouchement opposé. Le même jour, la tête de liste pour les élections européennes du parti d’extrême droite français Reconquête !, Marion Maréchal, a estimé que reconnaître un tel Etat à présent reviendrait à créer « un Etat islamiste, avec tous les dangers que cela peut représenter pour Israël et pour l’Occident en général ».

      Ere révolue

      Longtemps, un cordon sanitaire a tenu à distance Israël de formations dont les racines pouvaient remonter aux heures sombres de la seconde guerre mondiale et de la Shoah. Le bilan de la neuvième législature du Parlement européen dressé par l’European Coalition for Israel, un groupe d’influence fondé en 2004, dit combien cette ère est révolue. Les vingt partis dont les votes ont été les plus favorables à Israël appartiennent tous à l’extrême droite et aux eurosceptiques, principalement au groupe des Conservateurs et réformistes européens. Le trio de tête est composé de Vox, d’une formation tchèque et des Démocrates de Suède.

      Un ensemble de circonstances expliquent l’effritement de cette digue. Après avoir été longtemps groupusculaires, les formations d’extrême droite ont considéré qu’un changement radical de discours sur #Israël pouvait faire sauter un verrou électoral dans leur quête du pouvoir. Cela a été notamment le cas pour les Démocrates de Suède, qui ont triomphé aux législatives de 2022, et dont des membres fondateurs avaient milité quatre décennies plus tôt dans les rangs du Parti du Reich nordique, un groupuscule néonazi.

      Le Rassemblement national a fait le même calcul en France, en prenant ses distances avec l’#antisémitisme de Jean-Marie Le Pen comme avec les positions de membres de l’organisation étudiante Groupe Union Défense (GUD), alors proches de Marine Le Pen, qui scandaient en leur temps « Deauville, Sentier, territoires occupés » ou « A Paris comme à Gaza, Intifada ». La rupture, le 21 mai, avec son allié Alternative pour l’Allemagne (AfD), après les propos relativisant le nazisme tenus par l’un de ses responsables, en découle également.

      Mouvement transatlantique des nationaux-conservateurs

      Cette évolution a été facilitée par un discours anti-islam assumé par la plupart des formations d’extrême droite européennes, à commencer par celle de Geert Wilders ou du Suédois Jimmie Akesson. Dans les discours de cette extrême droite, le bouc émissaire #musulman a remplacé le bouc émissaire juif, sur fond d’attentats djihadistes et d’#immigration en provenance du Proche et du Moyen-Orient, ou de l’Afrique subsaharienne. Le 28 mai, Marion Maréchal a inscrit la question israélo-palestinienne dans une vision du monde inspirée de la thèse controversée du « choc des civilisations » de Samuel Huntington.

      Alors que l’extrême droite pèse également de plus en plus sur la politique israélienne, une figure incarne cette convergence inédite : celle du théoricien politique Yoram Hazony. Né en Israël, diplômé des universités américaines de Princeton et Rutgers, ce dernier est passé par la colonie d’Eli, installée au cœur de la Cisjordanie, et a collaboré avec Benyamin Nétanyahou à l’occasion de l’édition d’un livre publié avant la première expérience comme premier ministre de ce dernier, en 1996.

      Auteur du best-seller conservateur Les Vertus du nationalisme (dont la traduction française a été préfacée par l’avocat Gilles-William Goldnadel), #Yoram_Hazony est une figure tutélaire du mouvement transatlantique des nationaux-conservateurs mis en évidence par l’historienne Maya Kandel. Son meilleur appui en #Europe est un autre allié indéfectible du premier ministre israélien, son homologue hongrois, Viktor Orban. Les deux hommes ont en partage la même conception illibérale de l’exercice du pouvoir, notamment la même défiance vis-à-vis des contre-pouvoirs.

      Officiellement, compte tenu d’un passé évoqué avec constance, la diplomatie israélienne n’entretient pas de relations avec de nombreux partis d’#extrême_droite européens. Dans les faits, cette position est ouvertement remise en cause par des élus liés à la mosaïque ultranationaliste israélienne et au #sionisme religieux qui se font les défenseurs d’une alliance entre nationaux-populistes.

      Eli Cohen, ministre des affaires étrangères de Benyamin Nétanyahou en 2023, a ainsi milité pour des liens avec l’Alliance pour l’Unité des Roumains, qui a relativisé la Shoah. Mais rien ne dit mieux ce virage israélien que la présence à Madrid, le 18 mai, à un rassemblement des extrêmes droites européennes, d’un ministre israélien, Amichai Chikli, ancien membre de la formation d’extrême droite Yamina, chargé de la diaspora et de la lutte contre l’antisémitisme. L’occasion de la première rencontre, informelle, de Marine Le Pen, présente à ce rassemblement, avec un membre d’un gouvernement israélien qui espère pouvoir compter sur cette extrême droite pour défendre ses intérêts à Bruxelles.

      #nationalisme #racisme #fascisme

  • Du nouveau dans « FAF, la newsletter qui décrypte l’extrême-droite » chez Street Press :

    Le lieutenant radical de Bardella
    https://4ngsg.r.sp1-brevo.net/mk/mr/sh/1t6AVsd2XFnIGLq4LA3YFmcN4GHZ7y/-ms9ZRPxPCbW

    Une génération persuadée qu’elle va gouverner

    Ils ont en commun l’assurance de leurs 20 ans et l’obsession de l’identité nationale. Derrière Jordan Bardella et Marion Maréchal une génération de jeunes loups monte. Ils sont au RN, comme Pierre-Romain Thionnet où à Reconquête comme Stanislas Rigault, nos deux portraits de la semaine. Certains même militent chez les Républicains à l’image de Guilhem Carayon, responsable des jeunes LR ou privilégient le journalisme comme Erik Tegnér, fondateur de Livre Noir. Tous se connaissent et jusqu’au bout de la nuit, dans les bars de la capitale, ils picolent, dansent et refont le monde, racontent Marylou Magal et Nicolas Massol dans l’excellent livre, L’extrême droite, nouvelle génération (Denoël). Ils partagent des amitiés mais surtout une certitude : la victoire les attend au bout du chemin. Ensemble, ils gouverneront.

    Mathieu Molard

    Co-red’ chef

    • Eh ouais, ya pas que des vieux chez les fachos, loin LOIN de là… Plein de jeunes, de gamers, d’internetos, de twitcheurs, de loleurs, etc.

      Ce qui est bizarre car il me semble que plein d’études relativement sérieuses montraient que les jeunes étaient en moyenne moins racistes, moins homophobes que les décennies précédentes. Alors quoi ?

    • Je sais pas pour le racisme ni l’homophobie mais pour le sexisme les enquête sur les jeunes montrent une aggravation du problème.
      https://www.francebleu.fr/infos/societe/le-sexisme-persiste-chez-les-moins-de-35-ans-selon-le-haut-conseil-a-l-eg

      Un homme sur cinq de moins de 35 ans considère normal de gagner mieux sa vie qu’une femme à poste égal. C’est l’un des résultats présentés ce lundi par le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes dans sa sixième étude annuelle sur le sexisme en France.

      Selon le HCE, les stéréotypes persistent, y compris chez les jeunes. Ils progressent même chez les femmes de moins de 35 ans. Le Haut Conseil rappelle ainsi que l’assignation de la gent féminine à la sphère domestique et au rôle maternel gagne du terrain. 34% des jeunes femmes pensent « qu’il est normal qu’elles arrêtent de travailler pour s’occuper de leurs enfants ». Une opinion en hausse de 7 points dans cette catégorie d’âge, par apport à l’an dernier. Le HCE observe un « retour aux valeurs traditionnelles », autant chez les hommes que chez les femmes.

    • ...pour un site sensé promouvoir la liberté de la presse et le respect de la vie privée des internautes, ils ne sont quand même pas géniaux chez Street-press d’imposer pour la lecture de leurs newsletter des URLs sur un domaine ...-brevo.net cad chez Brevo (ex Sendinblue) fournisseur privé d’outils de mailing qui fait un tracking féroce des abonnés et des connexions ! :-(

    • A droite, l’ambition de Guilhem Carayon, radical patron des jeunes LR
      https://www.liberation.fr/politique/a-droite-lambition-de-guilhem-carayon-radical-patron-des-jeunes-lr-202405

      Le président des cadets des Républicains est neuvième sur la liste du parti pour les européennes. S’il a redynamisé son organisation, ses appétits et ses fréquentations d’extrême droite défrisent au sein de l’appareil.

      Victor Boiteau de Libé :
      Tout comme Stanislas Rigault, Guilhem Carayon est passé par l’Institut de formation politique. Une école privée parisienne formant une génération de militants de droite radicale.
      S. Rigault : « Nous finirons par travailler ensemble, pour gagner ensemble »

    • « L’extrême droite, nouvelle génération » : enquête sur un écosystème en plein essor
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/05/08/l-extreme-droite-nouvelle-generation-enquete-sur-un-ecosysteme-en-plein-esso

      Marylou Magal et Nicolas Massol offrent une plongée dans le microcosme de l’extrême droite par le prisme de sa jeunesse
      Par Abel Mestre

      Livre. C’est l’histoire d’un petit monde extrémiste où tout le monde se connaît. Ceux qui en font partie sont jeunes – aucun ne dépasse la quarantaine –, partagent les mêmes références culturelles, trinquent ensemble dans des bistrots chics du centre de Paris et affichent le même objectif : prendre le pouvoir.
      Ils ont un autre point commun : le rejet de l’islam et de l’immigration. Pourtant, tous ne cotisent pas au même endroit. Certains, comme Jordan Bardella, ont choisi de rester dans la « vieille maison » de l’extrême droite française, le Rassemblement national (#RN), né en 1972 sous le nom de Front national. D’autres, tels Sarah Knafo et Stanislas Rigault, ont choisi de suivre Eric Zemmour pour la présidentielle de 2022.

      Deux spécialistes de l’extrême droite, Marylou Magal, journaliste à L’Express, et Nicolas Massol, qui officie à Libération, offrent une plongée passionnante dans ce microcosme. Le choix des deux auteurs est de raconter l’extrême droite par le prisme de sa jeunesse qui présente bien, malgré un discours radical, xénophobe et islamophobe. Celle-là même dont raffolent les chaînes d’information en continu, notamment l’équipe droitière du Figarovox, les ex-journalistes de Valeurs actuelles aujourd’hui à la tête du Journal du dimanche, les identitaires, les réacs, les thuriféraires d’Eric Zemmour…

      Imposer ses thèmes

      Sont laissés de côté les activistes violents et les idéologues plus anciens (que l’on croise incidemment malgré tout au long de l’enquête). Les deux journalistes sont plus à l’aise pour raconter ceux de leur âge. Ces derniers ont appris de leurs aînés la leçon d’Antonio Gramsci, philosophe marxiste italien, qui posait que toute victoire politique passait, au préalable, par une victoire culturelle. En clair : gagner les élections suppose de gagner d’abord les esprits en imposant ses thèmes.
      Les auteurs remontent le fil idéologique et politique de cette génération qui a fait ses premières armes il y a une dizaine d’années, au moment de l’opposition au mariage pour tous. Ces manifestations permirent la rupture des digues entre une partie de la droite et de l’extrême droite et la naissance d’un dialogue hors des appareils partisans traditionnels.

      Mais le véritable centre névralgique de ce petit milieu était un appartement du Quartier latin, sorte de « salon brun » où les jeunes pousses extrémistes fomentaient leur stratégie. La maîtresse des lieux était Sarah Knafo. En troisième position sur la liste de Marion Maréchal aux élections européennes de juin, elle est d’ailleurs la figure centrale du livre.

      Personnage qui se veut balzacien, Knafo est une ambitieuse au parcours académique rare dans cette famille politique (Sciences Po et ENA, magistrate à la Cour des comptes). C’est elle, le cerveau de ce groupe hétéroclite. Elle a patiemment construit sa stratégie, parlant à tout le monde, y compris à la #gauche_souverainiste, jetant des ponts entre des milieux qui, normalement, n’auraient pas dû se rencontrer. En comparaison, Jordan Bardella, jeune président du RN qui caracole en tête des sondages, paraît bien falot. Ce qui n’est pas forcément un handicap en politique.

      « L’Extrême Droite, nouvelle génération. Enquête au cœur de la jeunesse identitaire », de Marylou Magal et Nicolas Massol, Denoël, 272 pages, 19 euros

    • Cette jeunesse qui votera pour Jordan Bardella et le RN aux élections européennes [c’est 10% des jeunes]
      https://www.lemonde.fr/campus/article/2024/05/28/on-a-l-impression-que-jordan-bardella-nous-comprend-mieux-cette-jeunesse-sed

      A 28 ans, celui qui a remplacé Marine Le Pen à la tête de la formation d’#extrême_droite en 2022 a réussi à toucher les cœurs et les esprits d’une partie de la #jeunesse, pourtant largement défiante envers la politique. Selon la dernière enquête Ipsos pour Le Monde, menée du 19 au 24 avril, environ un tiers des 18-24 ans (32 %) certains d’aller voter le 9 juin auraient l’intention de glisser dans l’urne un bulletin « #Jordan_Bardella », la même proportion que pour la population électorale générale. Les jeunes, qui opposaient traditionnellement une forte résistance aux idées de l’extrême droite, ne constituent donc plus une exception.

      Des chiffres qu’il faut par ailleurs remettre en perspective, souligne Anne Muxel, directrice de recherche au Cevipof (CNRS-Sciences Po) : « Ces intentions concernent ceux qui vont aller voter. Or, l’#abstention est très forte : seuls trois jeunes sur dix vont se rendre aux urnes. Toute la jeunesse ne vote pas pour le RN ! Mais le fait que Jordan Bardella soit placé en tête est significatif. »

      https://justpaste.it/7mlb8
      Lire aussi Jordan Bardella, les dessous d’une « politique TikTok »
      https://www.lemonde.fr/politique/article/2024/02/10/jordan-bardella-les-dessous-d-une-politique-tik-tok_6215810_823448.html

    • Entre droite et extrême droite, les jeunes militants prônent l’union libre [10 mars 2023]
      https://www.lemonde.fr/politique/article/2023/03/10/entre-droite-radicale-et-extreme-droite-les-jeunes-militants-pronent-l-union

      En affichant publiquement leurs points de convergence, les leaders des mouvements de jeunesse de LR, du RN et de Reconquête ! officialisent le partage d’angoisses « civilisationnelles » et servent le discours zemmourien d’union des droites.

      https://justpaste.it/cqzls

      #droite_plurielle

  • Le virage nationaliste en Suède
    https://laviedesidees.fr/Le-virage-nationaliste-en-Suede

    En septembre 2022, une coalition de droite a gagné les élections suédoises avec le soutien d’un parti d’extrême droite. Comment, en dix ans à peine, la #Suède accueillante envers les étrangers est-elle devenue un pays pratiquant une politique migratoire parmi les plus restrictives d’Europe ?

    #International #nationalisme #Europe #extrême_droite

  • « Des électeurs ordinaires » : à la découverte de la vision racialisée du monde des partisans du RN

    Le sociologue Félicien Faury décortique la mécanique du vote Rassemblement national, après un travail de terrain réalisé entre 2016 et 2022 dans le sud-est de la France.

    [...]

    Ses conversations avec les électeurs donnent à voir des « logiques communes », un rapport au monde qui oriente vers le vote Le Pen. « Les scènes fiscales, scolaires et résidentielles deviennent les théâtres de compétitions sociales racialisées, dans lesquels les groupes minoritaires, construits et essentialisés en tant que tels, sont perçus et jugés comme des concurrents illégitimes », décrit l’auteur. La prégnance de cette vision du monde dans le quartier ou au travail conduit à légitimer le vote Le Pen, à le priver de son stigmate de l’extrémisme et, in fine, à le renforcer.

    A l’automne 2023, un débat avait opposé deux interprétations du vote populaire pour le RN, que l’on peut ainsi schématiser : d’un côté, les économistes Julia Cagé et Thomas Piketty, auteurs d’une somme de géographie électorale (Une histoire du conflit politique, Seuil, 2023), pour qui les inégalités socio-économiques sont le principal déterminant du vote RN ; de l’autre, le sondeur de l’Institut français d’opinion publique, Jérôme Fourquet, qui, dans La France d’après. Tableau politique (Seuil, 2023), soulignait le primat de la question identitaire.

    Le travail de terrain de Félicien Faury invite à pencher fortement en faveur de la seconde analyse. Il dissèque la manière dont les expériences de classe de l’#électorat RN rejoignent toutes la question raciale. Le chercheur prend toujours soin de situer cette vision raciste dans le contexte d’une société où se perpétuent les processus de racialisation. De la part d’électeurs en risque de déclassement social, écrit-il, « le vote RN doit aussi se concevoir comme un vote produit depuis une position dominante sur le plan racial, dans l’objectif de sa conservation ou de sa fortification ».
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/05/24/des-electeurs-ordinaires-a-la-decouverte-de-la-vision-racialisee-du-monde-de

    https://justpaste.it/a4997

    #extrême_droite #RN #racisme #livre

    • Dans l’électorat du RN, « le racisme s’articule à des expériences de classes » | entretien avec Félicien Faury
      https://www.mediapart.fr/journal/politique/010524/dans-l-electorat-du-rn-le-racisme-s-articule-des-experiences-de-classes

      Ce que j’essaie de démontrer dans mon livre, c’est que le vote RN est une modalité parmi d’autres de participation aux processus de #racialisation. Il est le fruit d’une vision raciste qui s’articule à une expérience de classe particulière, de sorte qu’elle est politisée de manière spécifique en direction de ce parti.

      https://justpaste.it/51uy6
      #islamophobie

    • Félicien Faury, politiste : « Pour les électeurs du RN, l’immigration n’est pas uniquement un sujet identitaire, c’est aussi une question socio-économique »
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/06/14/felicien-faury-politiste-pour-les-electeurs-du-rn-l-immigration-n-est-pas-un

      Le vote #RN, à la fois protestataire et conservateur, exprime un attachement inquiet à un ordre que ses électeurs estiment menacé, explique le chercheur, spécialiste de l’extrême droite.
      Propos recueillis par Anne Chemin

      Rattaché au Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales, rattaché au CNRS, le sociologue et politiste Félicien Faury travaille sur l’extrême droite. Il est l’auteur de Des électeurs ordinaires. Enquête sur la normalisation de l’extrême droite (Seuil, 240 pages, 21,50 euros), un ouvrage adossé à une enquête de terrain de six ans (2016-2022), qui analyse l’implantation électorale et partisane du Front national, puis du Rassemblement national (RN), dans un territoire du sud-est de la France.

      Comment analysez-vous le geste politique d’Emmanuel Macron qui provoque des élections législatives ?

      Comme beaucoup l’ont souligné avant moi, ce choix repose sur la volonté d’imposer un clivage opposant un parti « central », incarné par Renaissance, et l’extrême droite – avec le présupposé que la gauche sera faible ou divisée. Dans un contexte où le président de la République suscite toujours davantage de défiance, ce clivage a pour effet de faire du RN l’alternative principale au macronisme. Cette situation explique sans doute pourquoi la #dissolution était une demande explicite de Jordan Bardella et de Marine Le Pen – et pourquoi cette annonce a été accueillie par des cris de joie, lors des soirées électorales du RN.

      On dit souvent que les électeurs du RN sont très sensibles aux questions sociales – en particulier au pouvoir d’achat –, mais votre ouvrage montre la place centrale qu’occupe le racisme dans leurs choix électoraux. Comment cette « aversion envers les minorités ethnoraciales », selon votre expression, se manifeste-t-elle ?

      Il faut en fait articuler les deux phénomènes. Les questions sociales comme le pouvoir d’achat sont toujours entremêlées avec des thématiques comme l’immigration et la place des #minorités_ethnoraciales dans la société française. Pour les électeurs du RN, l’immigration n’est pas uniquement un sujet « identitaire » : c’est aussi, et peut-être surtout, une question pleinement socio-économique. Lorsque les immigrés sont spontanément associés au #chômage et aux #aides_sociales, l’immigration se trouve liée, par le biais des impôts et des charges à payer, à la question du pouvoir d’achat. Ce qu’il faut chercher à comprendre, ce n’est donc pas ce qui « compte le plus » – préoccupations de classe ou racisme –, mais selon quels raisonnements ces enjeux sont reliés.

      S’agit-il d’un racisme ouvertement exprimé ou du racisme « subtil » dont on parle parfois pour qualifier, par exemple, le racisme « systémique » ?

      Tout dépend, bien sûr, des profils des personnes interrogées et du contexte de l’interaction, mais il s’agit souvent de propos assez clairs et explicites dans leur hostilité aux minorités ethnoraciales. C’était un enjeu important dans l’écriture de mon livre : il me paraissait nécessaire de rendre compte du racisme qui s’exprime dans beaucoup de discours, mais il fallait aussi prendre garde à ne pas redoubler, dans l’écriture, la violence des propos dans une sorte de voyeurisme malsain. J’ai donc cherché à me limiter à ce qui était nécessaire à l’analyse sociologique.

      Par ailleurs, il existe effectivement des formes plus « subtiles » d’expression du racisme. Le racisme est un fait social multiforme et transversal : on le trouve dans tous les milieux sociaux, mais selon des formes différentes – certaines sont claires, d’autres sont plus policées ou plus discrètes. L’extrême droite et ses électorats n’ont en rien le monopole du racisme : il y a du racisme dans le vote RN, mais ce vote n’est qu’une forme parmi d’autres de participation aux inégalités ethnoraciales qui continuent à exister dans notre pays.

      Vous évoquez, pour expliquer le sentiment d’injustice et de fragilité ressenti par les électeurs du RN, la notion de « conscience sociale triangulaire » forgée par le chercheur Olivier Schwartz. Comment décririez-vous cette représentation du monde social ?

      La #conscience_sociale_triangulaire désigne le sentiment d’être pris en tenaille entre une pression sociale « par le haut » et une autre « par le bas ». Sur mon terrain, cette double pression est particulièrement ressentie dans sa dimension résidentielle. Les électeurs du RN ont l’impression de se faire « rattraper » par les « quartiers », où logent des #classes_populaires_précarisées souvent issues de l’immigration, mais ils regardent aussi avec inquiétude l’appropriation de certains territoires par des groupes très dotés économiquement. Dans le Sud-Est, beaucoup de familles prospères viennent, en effet, s’installer ou acheter des résidences secondaires, ce qui a pour effet d’engendrer une forte pression immobilière.

      Le « haut » et le « bas » ne sont pas politisés de la même façon chez ces électeurs du RN. La pression par le haut suscite de l’amertume, mais aussi beaucoup de fatalisme. Par contraste, la pression par le bas est considérée comme scandaleuse et évitable, notamment lorsqu’elle est racialisée : les électeurs du RN estiment qu’on aurait pu et dû limiter, voire stopper, une immigration qui est jugée responsable de la dégradation des #quartiers environnants. C’est sans doute un effet du racisme que de faire regarder vers le bas de l’espace social lorsqu’il s’agit de politiser ses aversions.

      L’inquiétude vis-à-vis de l’avenir des électeurs du RN concerne finalement moins l’emploi que des domaines que l’on évoque plus rarement dans le débat public, comme le logement ou l’école. Comment ces thèmes se sont-ils imposés ?

      C’est une spécificité des électeurs du Sud-Est que j’ai interrogés : bénéficiant d’un statut socioprofessionnel relativement stable, leurs craintes ne portent pas spécifiquement sur la question de l’emploi et du chômage. Ils ont des préoccupations socio-économiques bien réelles, mais elles concernent la valeur de leur logement, les impôts et les charges, les aides sociales perçues ou non, ou l’accès à des services publics de qualité.

      La question résidentielle est centrale, surtout dans cette région Provence-Alpes-Côte d’Azur caractérisée par une concurrence exacerbée entre les territoires. La question scolaire, elle aussi, revient souvent dans les entretiens : les électeurs du RN ont le sentiment que l’#école publique « se dégrade », ce qui engendre des inquiétudes d’autant plus vives qu’ils sont souvent peu diplômés : ils ont moins de ressources que d’autres pour compenser les défaillances de l’école. Beaucoup se résignent d’ailleurs à scolariser leurs enfants dans le privé.

      Les électeurs du RN qui estiment que leur situation sociale est fragile comptent-ils sur l’aide de l’Etat ?

      Oui. On est, en France, dans une situation assez différente des Etats-Unis, où l’extrême droite est imprégnée par une idéologie libertarienne. Les électeurs RN croient en l’#Etat et ses missions de protection sociale, mais ils sont très critiques vis-à-vis de ses performances et de ses principes de redistribution. S’agissant des enjeux de redistribution, cette déception s’accompagne d’un sentiment d’injustice qui est souvent racialisé : la croyance selon laquelle la puissance publique privilégierait les « immigrés » et les « étrangers » dans l’octroi des aides sociales est particulièrement répandue.

      Diriez-vous que l’attachement des électeurs du RN au monde stable, familier et rassurant qu’ils disent avoir connu dans le passé fait d’eux des conservateurs ?

      Effectivement, le vote RN est à la fois #protestataire et #conservateur. C’est un vote qui s’exprime depuis la norme : les électeurs ont l’impression qu’elle est fragilisée et qu’il faut la défendre. « C’est pas normal » est l’expression que j’ai le plus souvent entendue. Les électeurs ont le sentiment que « leur » normalité est en train de vaciller peu à peu. Le vote RN exprime un attachement inquiet à un ordre encore existant mais menacé.

      Si le vote en faveur du RN est massif, c’est aussi parce que, dans les territoires que vous avez étudiés, il est « banalisé », dicible, voire légitime. Comment fonctionne cette normalisation progressive du vote RN ?

      La normalisation du RN passe beaucoup par son acceptation progressive au sein du champ politique et de l’espace médiatique, mais aussi par les discussions du quotidien et les interactions ordinaires entre amis, voisins, collègues, en famille. Ce vote est validé par les proches, par les gens qui comptent ou, plus simplement, par les gens qui se ressemblent socialement. Cette normalisation est cependant très loin d’être achevée : pour une part encore très importante de la population, le RN reste un vote illégitime, voire un vote repoussoir. Il n’y a donc rien d’irréversible.

      Beaucoup voient dans le succès du RN un vote de colère, protestataire, voire « dégagiste ». Ce n’est pas votre analyse. Pourquoi ?

      Ce n’est pas faux, bien sûr, mais cette explication m’a toujours semblé incomplète. D’une part, _[et Ruffin devrait accepter d’y penser, ce qui le conduirait peut-être à mettre en cause sa propre aversion pour les étrangers...] la colère exprimée n’est pas une colère « aveugle » qui se distribue au hasard : elle vise prioritairement certains groupes sociaux – je pense notamment aux minorités ethnoraciales, aux « assistés » et à certaines fractions des élites culturelles, médiatiques et politiques. D’autre part, les électeurs n’ont pas toujours un comportement « dégagiste » : la majorité des mairies conquises par le FN en 2014 ont été reconduites lors des élections suivantes, souvent dès le premier tour, avec des scores très impressionnants. C’est peut-être une leçon pour les législatives à venir : lorsque l’extrême droite parvient au pouvoir, souvent, elle s’y maintient. Ses victoires lui permettent de solidifier ses soutiens électoraux et de « transformer l’essai » lors des élections suivantes. Beaucoup d’exemples étrangers abondent dans ce sens.

      Pensez-vous que le RN peut remporter une majorité relative, voire absolue, aux élections des 30 et 7 juillet ?

      Il est très important, pour les chercheurs en science politique, de savoir reconnaître leur ignorance faute d’éléments suffisants. Aujourd’hui, on ne dispose pas de suffisamment d’indices sur la manière dont vont se structurer l’opinion publique et l’offre politique au niveau local pour pouvoir en tirer des conclusions sérieuses.

    • Chez les classes moyennes, un vote marqué par la #peur du #déclassement
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/06/23/mais-maman-on-est-pauvres-les-classes-moyennes-a-l-heure-du-declassement_624

      Frappées de plein fouet par l’inflation, exclues des dispositifs d’aide destinés aux plus modestes et sans perspectives d’ascension sociale, les classes moyennes se tournent vers le Rassemblement national, traditionnellement plutôt ancré dans les milieux populaires.
      Par Béatrice Madeline

      « Pour nous, la victoire du Rassemblement national [RN], c’est tout sauf une surprise », confie Yvon Le Flohic, médecin généraliste dans un cabinet médical de Ploufragan, dans l’agglomération de Saint-Brieuc. Un morceau de France ordinaire, où le #revenu annuel moyen était de 23 010 euros en 2021, presque identique à la moyenne nationale (23 160 euros). En 2020, on y comptait un quart de retraités. Parmi les personnes en activité, 20 % d’ouvriers, 30 % d’employés, 30 % de professions intermédiaires et 13 % de cadres ou professions supérieures. Le tout, au cœur d’une Bretagne historiquement imperméable aux extrêmes, affectée ni par la désindustrialisation, ni par le chômage ou l’insécurité.

      Pourtant, le 9 juin au soir, la liste de Jordan Bardella est arrivée en tête aux élections européennes dans les Côtes-d’Armor, avec 28,21 % des suffrages (27,11 % à Ploufragan). En 2019, Renaissance était en tête, et Marine Le Pen obtenait 19 % des voix. « Dans notre cabinet, on voit défiler tout le monde, poursuit le médecin. Nous étions sûrs du résultat. Ici, les gens ont la sensation de ne plus être pris en compte, de ne pas être représentés, ils ne croient plus aux institutions. Et cela ne date pas d’hier. »
      A l’échelle du pays, ces classes moyennes ont exprimé ce ressentiment le 9 juin, lors des élections européennes, certains par l’abstention, et beaucoup d’autres en votant en faveur du RN, traditionnellement plutôt ancré dans les milieux populaires. Selon l’analyse réalisée par OpinionWay, 41 % des ménages gagnant entre 1 000 et 2 000 euros par mois ont voté pour Jordan Bardella, et 33 % de ceux aux revenus compris entre 2 000 et 3 500 euros. Une percée sociologique : parmi les employés, le RN a gagné dix points entre 2019 et 2024, et quinze points parmi les professions intermédiaires.

      De plein fouet

      A ce malaise s’est ajouté un ouragan appelé #inflation, qui a fait vaciller les modes de vie et les certitudes. « On n’avait pas vu une telle hausse des prix depuis quarante ans, et à l’époque, tous les salaires étaient indexés sur les prix, rappelle Mathieu Plane, directeur adjoint du département analyses et prévisions à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). C’est la première fois qu’on vit une telle crise inflationniste sans cette protection. »

      Prises de plein fouet par la flambée des produits de base – l’alimentaire a connu une hausse de 20 % en deux ans, l’électricité de 70 % en cinq ans –, exclues des dispositifs d’aide destinés aux plus modestes, les classes moyennes ont vu leurs habitudes et leurs modes de consommation bouleversés, comme le raconte Elisabeth (elle a préféré garder l’anonymat), 56 ans, installée sur la côte varoise : « Depuis plusieurs années, j’ai pris l’habitude de compter chaque euro lors de mes courses, et je me suis rendu compte que je n’étais pas la seule. Je vois aussi des hommes parcourir les rayons la calculette en main. Et ce n’est pas tout. Chaque dépense est planifiée, je ne peux plus partir en vacances, ni épargner. »

      Les « périurbains » et les ruraux ont été plus pénalisés que les autres. On comptait, au plus fort de la crise, trois points d’écart dans la hausse moyenne du coût de la vie entre eux et ceux vivant dans les centres-villes, selon l’OFCE. Certes, les loyers sont plus élevés dans les métropoles, mais les périurbains ou les ruraux sont bien plus tributaires de leur voiture au quotidien et dépensent davantage en chauffage pour leur logement, souvent une maison individuelle.

      Sous pression, les ménages ont du mal à boucler leurs fins de mois, une fois payées les charges fixes, l’électricité, le carburant, les assurances, et l’alimentation, et encore, en supprimant souvent les produits les plus coûteux. « Aujourd’hui, je ne vais plus au restaurant, à peine au cinéma, encore moins à l’opéra. Je voyage en rêve, je suis à découvert le 15 du mois, je paie mon garagiste en trois fois, et j’achète mes vêtements en seconde main », résume Anne, 50 ans, professeure certifiée à temps partiel et un enfant à charge.

      Des dettes impossibles à apurer

      Pour certains, la crise inflationniste s’est traduite par des dettes impossibles à apurer. « On voit arriver des gens qui n’auraient jamais passé notre porte avant, confirme Laetitia Vigneron, conseillère financière à l’Union des associations familiales (UDAF) du Cher. Des personnes qui travaillent, qui ont des crédits immobiliers ou des crédits voiture. » Entre janvier et mai, le nombre de dossiers de surendettement déposés auprès de la Banque de France a augmenté de 6 % par rapport à 2023. « Le prix des courses a explosé. Les gens n’arrivent plus à s’en sortir. On voit des dossiers de surendettement constitués uniquement de dettes de charges courantes : loyers, assurances, électricité », renchérit Céline Rascagnères, également conseillère financière pour l’UDAF, dans l’Aude.
      Pour ces personnes ni riches ni pauvres, la dégringolade ne se fait pas ressentir uniquement dans le train de vie. Elle est aussi symbolique. « Dans ma tête, un prof faisait partie des classes moyennes supérieures, il pouvait s’offrir deux-trois restos mensuels, des voyages pour le plaisir, des loisirs pour se cultiver, une petite maison pour la retraite et de l’argent pour les enfants, explique Anne, la professeure. Je suis déclassée. » Un sentiment partagé par bon nombre de ses semblables.

      Audrey, une Parisienne de 44 ans, éducatrice spécialisée, gagne 2 100 euros par mois (salaire, prime et pension alimentaire), pour la faire vivre avec son fils : « Le déclassement social, je le vis de la façon suivante : un salaire insuffisant au regard de mes études et de mes responsabilités professionnelles ; le fait de ne pas avoir les moyens de scolariser mon fils dans le privé ; deux semaines de vacances seulement pour moi et une colonie de vacances, en partie financée par la ville, pour mon fils ; la perte de la valeur travail et l’absence d’ascenseur social. »

      Michel, un retraité de 69 ans, est en colère : déposé en février 2024, le dossier de retraite de son épouse, atteinte d’une maladie neurologique, est toujours à l’étude. « En attendant, nous sommes confrontés à des problèmes financiers et à des problèmes de santé, mais nous n’avons aucune aide, car l’on considère que l’on gagne trop ! A ce jour, nous ne faisons qu’un repas sur deux, en mangeant des pâtes et des œufs, et encore, pas toujours. Quel plaisir d’avoir cotisé cinquante-deux ans pour en arriver là ! »

      Précarité nouvelle

      Le sentiment de déclassement s’exprime aussi au travers du regard d’autrui. Installée à Nantes, Catherine, bac + 5, est chargée de communication indépendante, avec des revenus autour de 2 500 euros par mois, « sans aucune perspective de progression ». Elle travaille chez elle, réfléchit depuis deux ans à changer sa voiture sans pouvoir franchir le pas, et ses dernières vacances se résument à une semaine à l’été 2023 dans un village éloigné du Limousin. Mais c’est face à sa fille que la conscience de sa précarité nouvelle la taraude le plus. « L’autre jour, elle a voulu que je lui achète un pull à 90 euros, à la mode chez ses copines. J’ai dit non. Elle s’est exclamée : “Mais, maman, on est pauvres ?” »

      Anne, Audrey et Catherine incarnent la fragilisation financière des familles monoparentales, essentiellement des mères célibataires. Un tiers des pensions alimentaires reste impayé, et le taux de pauvreté dans leurs rangs atteint 32,3 %, contre 14,5 % pour l’ensemble de la population, selon des données de la Caisse d’allocations familiales ou de l’Institut national de la statistique et des études économiques. Faut-il y voir un lien ? Parallèlement, le vote RN a progressé de manière spectaculaire chez les femmes : dix points entre 2019 et 2024, contre trois seulement chez les hommes, indique Ipsos. « Tenant à distance l’héritage viriliste et sexiste de son père, Marine Le Pen se présente comme une femme moderne, mère de famille, divorcée, travaillant, affichant sa “sensibilité à la cause féminine” », rappelait la philosophe Camille Froidevaux-Metterie dans une tribune du Monde du 13 juin.

      Le sentiment de déclassement se voit parfois dans le regard des enfants, mais se mesure toujours par rapport à la génération précédente. « Moins bien que mes parents », déplore Tim, ingénieur dans la fonction publique, quand il parle de l’appartement de 68 mètres carrés qu’il a « difficilement » pu acquérir à Grenoble avec le fruit de son travail. Et il craint que sa propre descendance ne vive la même mésaventure. « Malgré une vie peu dépensière, je peine à épargner et à financer pour mes enfants des études équivalentes à celles que j’ai pu suivre, enchaîne-t-il. En somme, je vis moins bien que mes parents, et la dynamique est à la dégradation. »

      « L’absence de perspectives, la difficulté de dessiner une trajectoire ascendante » font partie des désillusions des classes moyennes, souligne Nicolas Duvoux, sociologue à l’université Paris-VII, qui évoque l’érosion des « possibilités de vie ». Une érosion qui va en s’accentuant, s’inquiète le chercheur. « La précarité sur le marché du travail est devenue la norme, explique-t-il, particulièrement pour les jeunes. Or, la précarité dans l’emploi se traduit par l’impossibilité de construire sa vie de manière durable. Cela ronge le corps social. »

      En vain

      Confrontés à cette précarisation, les jeunes se sentent en outre comme rejetés des villes où ils ont parfois grandi, et souhaiteraient vivre. A 35 ans, Antoine, Bordelais, salarié dans l’associatif, voudrait acheter un 40 mètres carrés dans sa ville : « Impensable avec un smic seul. » Parisiens, Patrick et son épouse, deux enfants, cherchent à s’agrandir. En vain. « Impossible pour nous, couple d’ingénieurs, d’avoir plus de trois pièces. Même les logements sociaux auxquels nous avons droit sont au-dessus de notre budget. Nous voilà moins bien lotis qu’un ouvrier des années 1960 », tranche l’homme de 35 ans. Le problème est encore aggravé dans les régions très touristiques, où les résidences secondaires et autres meublés assèchent le marché pour les locaux, contraints d’aller habiter loin de leur travail – et d’avoir une voiture, qui plombe définitivement le budget.

      Au fond, les classes moyennes « ont une vision ternaire de la société, décrypte le politologue Jérôme Fourquet : « Pour eux, il y a en bas les plus pauvres, les assistés, et au-dessus les riches qui se gavent. Ils ont le sentiment d’être trop riches pour être aidés, trop pauvres pour s’en sortir, et d’être taxés pour financer un modèle social auquel ils n’ont plus accès. Le pacte social implicite, qui est de payer ses impôts mais, en retour, d’en avoir pour son argent, est rompu. »

      Or la gauche, elle, oppose aujourd’hui une vision « binaire », estime M. Fourquet, qui repose sur l’idée du peuple contre les élites – un schéma dans lequel les catégories intermédiaires ne se retrouvent pas : « Le RN, en faisant par exemple de la #voiture un thème politique, a réussi à créer une proximité avec les classes moyennes, qui se sentent enfin prises en compte. »

  • Ce réseau libertarien qui veut imposer ses idées en France - Basta !
    https://basta.media/reseau-libertarien-veut-imposer-idees-france-Atlas-Javier-Milei-Trump-Ifrap

    Un rapport de l’Observatoire des multinationales met en lumière l’un des facteurs méconnus de la progression des idées d’extrême droite en Amérique et en France : le soutien d’un réseau états-unien de think tank libertariens, appelé Atlas.

    Mais que font nos cellules anti-fake news ?

  • German FM hyping China issues during trip to S.Pacific exposes Germany’s deep political divisions
    https://www.globaltimes.cn/page/202405/1311758.shtml


    Héhé, les communistes chinois prononcent une vérité difficile à faire passer en Allemagne : nos verts se comportent désormais comme des extrémistes de droite. Bref, ils ont totalement change de camp. A l’époque de leur fondation à la fin des années 1970 ils étaient de notre côté, là ils ont viré du côté des belliqeux réactionnaires.

    6.5.2024 - German Foreign Minister Annalena Baerbock’s ongoing visit to Australia, New Zealand and Fiji in the South Pacific is a way of balancing the impact of German Chancellor Olaf Scholz’s China trip, which exposed deep political divisions within the German government, said Chinese analysts when commenting on Baerbock’s recent remarks in which she warned against becoming too reliant on China.

    While Scholz recently visited China and reached many positive agreements, Germany’s foreign and economic departments, controlled by the far-right Greens, have been at odds with the Social Democratic Party led by Scholz, especially on China policy, which could affect China-Germany cooperation and hinder Germany’s own economic and social recovery, analysts warned. At the same time, they believe sustainable cooperation remains the dominant factor in China-Germany relations.

    According to a report by the German Press Agency (DPA), Baerbock is setting off on a week-long visit to Australia, New Zealand and Fiji, and is using the trip to send a message to China, the report said.

    During her visit to Australia, which was her first to the country, Baerbock said Germany has overhauled its strategic approach to China to avoid a repeat of the past when the NATO member failed to realize the extent of its economic dependence on Russia, Australian media outlet ABC reported on Sunday.

    Baerbock, who is a Greens politician within Chancellor Scholz’s coalition, said Germany has now developed a comprehensive China policy to diversify its supply chains, while maintaining a strong trade relationship with Beijing, ABC reported.

    Baerbock set off on the South Pacific trip just weeks after Scholz concluded his China trip in April. Analysts said Scholz’s “high-profile” visit to China was a return to the normalcy of bilateral relations.

    It is clear that Baerbock rushed to visit the South Pacific in order to strike a “diplomatic balance” on China policy, Liu Zuokui, a research fellow on European studies at the Chinese Academy of Social Sciences, told the Global Times on Monday.

    Now, more and more people and corporations in the international community are increasingly focusing on and optimistic about China’s market and economic potential, a sentiment shared by Scholz, who aims to lead Germany in developing close cooperation with China, Liu said.

    However, Baerbock and her far-right party are heavily biased in ideology, prioritizing values and security risks over economic cooperation, conflicting with Scholz’s advocacy for pragmatic cooperation with China, Liu noted.

    As a result, cooperation between Germany and China could face various disruptions, something that is supported and welcomed by the US, Liu warned. He noted that the German federal elections next year will be crucial in determining whether the German government can effectively manage these internal political struggles and contradictions.

    “However, we believe that the closeness of business and economic cooperation will always remain the mainstream in China-Germany relations,” Liu stressed.

    Germany has been China’s largest trading partner in Europe for 49 consecutive years, while China has been Germany’s largest global trading partner for eight consecutive years. The facts show that practical cooperation is not just an option, but a necessity.

    Also during Baerbock’s visit to New Zealand on Saturday, the foreign minister did not rule out the possibility of a German frigate crossing the Taiwan Straits, DPA reported.

    According to DPA, German frigate Baden-Württemberg and a supply ship will set off on Tuesday on a training mission to the Pacific lasting several months. The vessels will enter the Pacific Ocean through the Panama Canal and later also cross the South China Sea.

    In 2021, German frigate Bayern took part in maneuvers with allies at the time, but avoided Taiwan during its voyage to the Pacific, DPA reported.

    If the German frigate crosses the Taiwan Straits, it would be a very dangerous and irrational move for China-Germany relations, Chinese analysts warned. They said hyping the Taiwan question will not bring any benefits to Germany, but will only disrupt the normal development of its ties with China and affect Germany’s national interests.

    Politicians like Baerbock are trying to gain domestic votes by hyping up the Taiwan question, as those politicians’ considerations are more focused on personal and party interests rather than their country’s interests, Liu believes.

    If German frigates were to cross the Taiwan Straits, China would likely respond resolutely and forcefully, Liu said.

    #Allemagne #politique #verts #guerre #extrême_droite

  • Klingbeil zum Angriff in Dresden « Es braucht eine klare Antwort des Rechtsstaates »
    https://www.tagesschau.de/inland/innenpolitik/interview-klingbeil-angriff-ecke-100.html

    A cause de la présence d’extrémistes de droite dans les sevices secrets la gauche allemande est menacé par des commandos jouissant d’impunité judiciaire. A Berlin la police politique fait tout pour éviter l’identification des responsables d’attentats contre des politiciens de gauche. Avec la politique belliciste en Allemagne arrive une reconfiguration de l’état bourgeois démocratique dans un système qu’on pourra qualifier d’état fasciste ou bonapartiste.

    Ce fonctionnaire d’un parti plus de gauche du tout se plaint car un commandod’ extrémistres de droite a pris un des siens pour une cible de gauche. Il revendique des mesures de protection contre les attentats qui contribuent à cette transformation autoritaire.

    SPD-Chef Klingbeil zeigt sich schockiert von dem Angriff auf seinen Parteifreund Ecke in Dresden. Im Gespräch mit tagesschau.de fordert er mehr Schutz für Politiker - und konsequentes Vorgehen gegen Feinde der Demokratie.

    tagesschau.de: Attacken auf Wahlkämpfende nehmen zu - ist das eine neue Qualität von Gewalt im Wahlkampf?

    Lars Klingbeil: Wir sind alle zutiefst geschockt von der Nachricht, dass Matthias Ecke angegriffen wurde, dass er jetzt im Krankenhaus liegt, dass er operiert werden muss. Für mich ist das eine neue Qualität. Deswegen muss jetzt schnell aufgeklärt werden: Diejenigen, die diesen Angriff zu verantworten haben, müssen zur Rechenschaft gezogen werden. Wir müssen jetzt sehr klar machen, dass alle, die für Demokratie unterwegs sind, geschützt werden.

    tagesschau.de: Was bedeutet das konkret?

    Klingbeil: Es braucht eine klare, unmissverständliche Antwort des Rechtsstaates. Da sind die Innenministerinnen und Innenminister der Länder jetzt auch mit in der Pflicht, zu überlegen, wie man Demokratinnen und Demokraten in den gerade stattfindenden Wahlkämpfen unterstützen und schützen kann. Und auch zu zeigen, dass konsequent gegen die Feinde der Demokratie vorgegangen wird: gegen diejenigen, die Menschen davon abhalten wollen, friedlich Werbung für demokratische Parteien zu machen. Da braucht es jetzt wirklich einen Ruck, der durch das Land geht. Und alle müssen laut werden, die wollen, dass unsere Demokratie verteidigt wird.

    tagesschau.de: Wie erklären Sie sich die steigende Gewalt gegen Politikerinnen und Politiker?

    Klingbeil: Wir erleben seit geraumer Zeit Verschärfungen dieser Art. Ich glaube, dass wir da als Staat Antworten darauf geben müssen. Dass wir den Schutz der Politikerinnen und Politiker hochfahren müssen - und zwar gerade derjenigen, die ehrenamtlich unterwegs sind. Und diejenigen müssen dingfest gemacht werden, die dafür verantwortlich sind - egal, ob sie diejenigen sind, die auf der Straße angreifen. Oder ob sie diejenigen sind, die mit Worten dafür sorgen, dass es ein gesellschaftliches Klima gibt, das so einen Vorfall wie vergangene Nacht eben doch befördert.

    tagesschau.de: Was hat sich geändert, dass es vermehrt zu solchen Vorfällen kommt?

    Klingbeil: Wir erleben seit einigen Jahren, dass auch politische Kräfte herablassend, herabwürdigend, diskriminierend, über Politik, über Demokratie reden, dass ein Klima der Angst geschaffen wird. Dass es Vertreterinnen und Vertreter beispielsweise auch der AfD gibt, die offen dazu auffordern, andere Politiker zu jagen. Und dann sind das vielleicht nicht diejenigen, die so eine Tat unmittelbar zu verantworten haben.

    Aber es wird ein gesellschaftliches Klima geschaffen, in dem Hass und Hetze auf einmal normal werden. Ein Klima, in dem Menschen sich aufgestachelt fühlen, gegen Politikerinnen und Politiker vorzugehen. Das wird gezielt von Rechtsextremen, von rechtspopulistischen Kräften geschaffen. Man muss sich das einmal deutlich machen: Es wurden in der Nacht in Dresden lediglich Wahlplakate für eine demokratische Partei aufgehängt - das war der Grund für diese Attacke.

    tagesschau.de: Wo ist diese Entwicklung für die SPD als Partei spürbar?

    Klingbeil: Wir merken das in der Parteizentrale, dass sich bei uns immer wieder Kolleginnen und Kollegen melden und berichten, attackiert, bedroht oder verfolgt worden zu sein. Und das erleben die anderen demokratischen Parteien ja auch. Es gab vergangene Woche Angriffe auch auf Vertreterinnen und Vertreter der Grünen - es gibt das bei allen demokratischen Parteien. Das ist ein gesellschaftliches Problem. Und deswegen braucht es eine gesellschaftliche Antwort.

    tagesschau.de: Die Zahlen von Angriffen gegen die Politik sind im vergangenen Jahr konstant gestiegen. Was kann zum Schutz von Politikerinnen und Politikern vor Ort getan werden?

    Klingbeil: Da müssen verschiedene Maßnahmen zusammenkommen. Da geht es um Polizeischutz bei Veranstaltungen. Da geht es auch um die Frage, an wen sich Menschen, die bedroht sind, wenden können. Wenn etwas passiert, wie schnell und konsequent wird das aufgeklärt? Das alles muss jetzt sehr schnell auch unter den Innenministern der Bundesländer besprochen werden. Aber heute, an einem Tag, wo diese schockierende Nachricht uns erreicht hat, geht es erst einmal um Solidarität. Geht es auch darum klarzumachen, wir verurteilen diesen Angriff aufs Schärfste. Nicht, dass so etwas in unserem Land passiert und man das vielleicht schulterzuckend hinnimmt.

    tagesschau.de: Wie ist die Stimmung insgesamt an der Basis, Gibt es Ängste?

    Klingbeil: Ich kann bisher nicht feststellen, dass das Engagement schwindet. Aber natürlich machen sich die Wahlkämpfenden Sorgen und Gedanken: Wenn man unterwegs ist, wenn man Wahlplakate aufhängt und an Infoständen bedroht wird. Junge Kommunalpolitikerinnen und -politiker erzählen mir, in dem Moment, wo sie beispielsweise etwas bei einer Wahlkampfveranstaltung gegen die AfD sagen, haben sie am nächsten Tag einen Galgen gemalt auf Papier im Briefkasten. Das verändert unsere demokratische Kultur. Und genau deswegen ist es so wichtig, dass wir das nicht hinnehmen, dass wir nicht schweigen, dass wir das nicht einfach akzeptieren, dass es diese Verrohung der politischen Sitten gibt. Sondern dass alle Demokratinnen und Demokraten jetzt laut sind und aufstehen. Und dass wir gemeinsam etwas gegen diese politische Gewalt und die Einschüchterungsversuche tun.

    Die Fragen stellte Corinna Emundts, tagesschau.de

    #Allemagne #politique #droite #extrême_droite

  • Das Netzwerk des « Kampf der Nibelungen » in Berlin – zwischen „Tag X“, Organisierter Kriminalität und Hooliganismus
    https://exif-recherche.org/?p=11707


    A Berlin l’extrême droite contrôle l’accès á plusieurs clubs de nuit. Le réseau d’enquête de gauche EXIF a publié un texte approfondie dont je ne cite que le début.

    20.12.2023 - Am 6. Mai 2023 ist in der «Verti Music Hall» in Berlin, unweit der Warschauer Straße, einiges los. Breitschultrige, stark tätowierte Männer schlendern, in der Hand meist ein Bier, zwischen dem Veranstaltungsraum, dem Balkon und den Verkaufsständen hin und her. Auf dem Balkon der Event-Location wird geraucht und geredet, während auf dem Herren-WC immer wieder kleine Gruppen gemeinsam in den Kabinen verschwinden, um offenbar Kokain zu konsumieren. Der Anlass: eine Box-Gala, auf der u.a. eines der Aushängeschilder der Berliner Box-Szene in den Ring steigt. Als einer der Kämpfer, ein tätowierter Schwergewichtsboxer, ausgerufen wird, hallt es durch den Raum: „Dynamo! Dynamo!“. Sobald dieser den Saal betritt, stehen bis zu 100 Personen von ihren Plätzen auf. Schnell wird klar, dass hier jemand Besonderes in den Ring steigt. Während des Kampfes ertönen aus dem Zuschauerbereich weitere Gesänge, die eigentlich wenig mit dem Boxsport zu tun haben: „Ein Schuss, ein Tor, Dynamo!“ und „Scheiß Union!“.

    Der Boxer, der hier angefeuert wird, heißt Philip Palm. Er ist seit vielen Jahren fester Bestandteil der rechten Hooliganszene Berlins. Sein Anhang besteht zum größten Teil ebenfalls aus Anhängern dieses Milieus. Einer sticht aus dieser Gruppe heraus. Er motiviert den Mob zum Singen, als dieser etwa leiser wurde. Sein Name: Michael Reinhardt, zentrale Figur des Berliner «Kampf der Nibelungen»-Teams. Wie kaum ein anderer repräsentiert Reinhardt ein Milieu und Netzwerk, welches im Folgenden umfangreich skizziert wird. In diesem finden sich Personen aus der organisierten Neonazi-Szene genauso wieder, wie rechte Hooligans und Angehörige der sogenannten «Outlaw Motorcycle Clubs». Ausgehend vom «Kampf der Nibelungen»-Team in Berlin führt die Recherche über „Ackerkämpfe“ und die Geschäftswelt des BFC Dynamo, über den lokalen Stützpunkt der Neonazi-Partei «Der III. Weg» bis in die Treffpunkte und Clubhäuser des «Hells Angels MC».

    Und obwohl das vorliegende Netzwerk nur begrenzt im öffentlichen Raum wahrnehmbar ist, streckt es seine Fühler in die verschiedensten Geschäfts- und Lebensbereiche aus: in die verschiedenen Kampfsport- und Fitnesszentren, in das Bau-und Sicherheitsgewerbe, in die (alternative) Clubkultur und selbstredend in die großen Fußballclubs der Hauptstadt.
    ...
    etc.

    #Berlin #extrême_droite

  • Conflit de classes inversé, l’épine dans le pied des #Luttes_sociales
    https://ricochets.cc/Conflit-de-classes-inverse-l-epine-dans-le-pied-des-luttes-sociales-7493.h

    Hiver 2023, mouvement social contre la réforme des retraites. Fonctionnaires, salarié·e·s d’entreprises publiques, étudiant·e·s sont en grève et dans la rue. Caissier·ères, ouvrier·ères du bâtiment, femmes de ménage, livreurs deliveroo et autres salarié·e·s de la « deuxième ligne » sont au taf. Les classes moyennes peuvent-elles faire seules la révolution ? #Les_Articles

    / Luttes sociales

    https://rebellyon.info/Conflit-de-classes-inverse-l-epine-dans-25893

    • De toute évidence, l’ensemble de la « gauche » a fait fausse route ces 40 ou 50 dernières années en s’éloignant de sa base historique, les milieux ouvriers, et en les laissant basculer à la droite de la droite. Au point qu’aujourd’hui, le conflit de classes s’est en quelque sorte inversé : tandis qu’une majorité de celles et ceux qui se trouvent au bas de l’échelle sociale adhèrent aux idées de droite favorables aux classes supérieures, ce sont des personnes plutôt bien placées dans la hiérarchie sociale qui constituent les forces vives de la gauche égalitariste. Avec pour corollaire le fait que, comble des combles pour les secondes, elles sont souvent assimilées par les premiers au camp macroniste, c’est-à-dire à des « bobos » éduqués, aisés financièrement, cultivés, qui ne connaissent ni leurs modes de vie ni leurs problèmes, et les méprisent.

      […]

      Ce qui suppose de questionner nos modes d’organisation relevant d’habitus ou de codes sociaux excluants (omniprésence de l’écrit, réunionnite, etc.) ainsi que notre idéalisme et notre dogmatisme, qui sont des postures intellectuelles marquées socialement, pour renouer avec le pragmatisme dans les luttes (les plus précaires ont besoin de manger et de se loger, très concrètement)

      #classes_sociales #vote #politique #extrême_droite #gauche