• #Génération_identitaire mouillé dans le procès du groupe d’ultradroite Zouaves Paris - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2021/01/13/generation-identitaire-mouille-dans-le-proces-du-groupe-d-ultradroite-zou

    Une attaque encore une fois revendiquée sur le chaîne Telegram « Ouest Casual », entre deux visuels glorifiant l’imagerie nazie, dont certains administrateurs seraient des membres du groupuscule responsable des faits : les #Zouaves_Paris.

    #extrême_droite

  • Occupation du Capitole aux États-Unis : un après-guerre mal négocié ?
    https://www.franceculture.fr/emissions/le-journal-de-lhistoire/occupation-du-capitole-aux-etats-unis-un-apres-guerre-mal-negocie

    Et si l’invasion du Capitole était le signe d’un après-guerre mal négocié ? Une fois passé l’évènement, son récit s’élabore avec ses héros, comme le policier Eugene Goodman, ses victimes, comme Ashli Babbitt et son pyromane Donald Trump. Mais à y regarder de plus près on se demande pourquoi l’encouragement de ce dernier à perturber la certification de l’élection de Jo Biden à la présidence des États-Unis a si bien marché ? Selon l’historien Romain Huret, dans la revue en ligne AOC, l’histoire des guerres extérieures menées par les États-Unis au nom de la défense de la démocratie fournit quelques pistes pour l’expliquer.

    #milice #paramilitaire #extrême_droite

    La main droite du diable : guerres, milices et alt-right aux États-Unis

    Par Romain Huret
    Historien

    En rendant responsable le seul Donald Trump de l’occupation du Capitole, les États-Unis en oublient l’essentiel : l’émergence et le renforcement de la nébuleuse milicienne et paramilitaire sont avant tout le résultat de l’état de guerre permanent depuis le Vietnam. Et si l’arrivée d’Internet a donné un écho plus fort à leurs pamphlets, manifestes et autres guides de survie, il ne faut pas oublier que ce sont les guerres extérieures qui alimentent depuis le début ces groupuscules.

    #paywall

    • Ne me dites pas que la bourgeoisie américaine ne soutiendra jamais le fascisme parce que la démocratie libérale fonctionnerait suffisamment bien. Ne me dites pas que le fascisme ne prendra pas pied dans une société où la gauche est faible depuis des décennies et où une grande partie du mouvement ouvrier est presque en état de mort clinique. Ces points sont hors sujet.

      Le fascisme ne se développe jamais en premier lieu parce que la classe capitaliste se mobilise derrière lui. Il grandit parce qu’il attire autour de son noyau ceux que Clara Zetkin a décrit comme « les sans-abri politiques, les déracinés sociaux, les indigents et les désillusionnés ». Et le fascisme naissant a montré, de l’Inde aux Philippines, qu’il n’a pas besoin d’un communisme fort pour réagir : l’hypothèse d’Ernst Nolte était erronée.

      #extreme_droite #USA #brutalisation #fascisme #Richard_Seymour

  • Des foules de partisans de Trump convergent vers Washington | La Presse
    https://www.lapresse.ca/international/etats-unis/2021-01-06/des-foules-de-partisans-de-trump-convergent-vers-washington.php

    Bravant les consignes sanitaires, des hommes et femmes venus de tous les #États-Unis se massaient sans masque dans les métros, convergeant vers une capitale dont les vitrines étaient une fois de plus barricadées par crainte d’éventuels débordements.

    Le président sortant, qui continue de nier la victoire de son rival démocrate Joe Biden, encourage depuis des jours ses supporteurs à défiler dans la capitale pour cette journée qui sera « folle », a-t-il prévenu.

    Il doit prendre la parole devant ses troupes à 11 h depuis l’Ellipse, esplanade située au sud de la Maison-Blanche, et devrait répéter les accusations de fraudes qu’il martèle depuis deux mois sans en apporter la preuve.

  • En Europe, la convergence des néolibéraux et des #identitaires

    Entretien croisé avec #Michel_Feher, philosophe, et #Chloé_Ridel, du Groupe d’études géopolitiques de l’ENS. Le premier revient sur son analyse de l’Europe « bleue-brune » qui se dessine, et la seconde sur l’idée d’« #Europe-civilisation » qui se substitue au « #nationalisme_à_la_papa ».

    https://www.youtube.com/watch?v=-vAMFAcgHqg&feature=emb_logo


    https://www.mediapart.fr/journal/international/251118/en-europe-la-convergence-des-neoliberaux-et-des-identitaires

    #néolibéralisme #extrême_droite #entretien

    • « Faire de l’Europe une maison de retraite fortifiée pour des épargnants de souche. »

      (Macron) « Quand on se met à virer à droite, demandez au PS, c’est jamais suffisant, et c’est toujours l’extrême droite qui emporte le morceau. »

      « Je ne pense pas que le populisme xénophobe est une réaction aux politiques néolibérales et à la financiarisation, je pense au contraire qu’il en est une extension. Il ya une grave erreur à gauche en particulier à penser que cette montée de l’extrême droite, c’est une réaction, que ce serait une révolte (...) quand on voit les programmes, ces gens là ne sont pas du tout des antilibéraux (...) les gens qui dirigent l’AFD en Allemagne sont des membres de la Société du Mont Pellerin, c’est-à-dire le cénacle même des économistes néolibéraux. »

      Michel Feher (actionnaire) reste stimulant.

      #phobie_migratoire #capital_humain #capital_d'autochtonie #identitaires

  • Le néo-populisme est un néo- libéralisme

    Comment être libéral et vouloir fermer les frontières ? L’histoire du néolibéralisme aide à comprendre pourquoi, en Autriche et en Allemagne, extrême droite et droite extrême justifient un tel grand écart : oui à la libre-circulation des biens et des richesses, non à l’accueil des migrants.

    https://aoc.media/analyse/2018/07/03/neo-populisme-neo-liberalisme

    –-> je re-signale ici un article publié dans AOC media qui date de 2018, sur lequel je suis tombée récemment, mais qui est malheureusement sous paywall

    #populisme #libéralisme #néo-libéralisme #néolibéralisme #fermeture_des_frontières #frontières #histoire #extrême_droite #libre-circulation #migrations #Allemagne #Autriche

    ping @karine4 @isskein

    • #Globalists. The End of Empire and the Birth of Neoliberalism

      Neoliberals hate the state. Or do they? In the first intellectual history of neoliberal globalism, #Quinn_Slobodian follows a group of thinkers from the ashes of the Habsburg Empire to the creation of the World Trade Organization to show that neoliberalism emerged less to shrink government and abolish regulations than to redeploy them at a global level.

      Slobodian begins in Austria in the 1920s. Empires were dissolving and nationalism, socialism, and democratic self-determination threatened the stability of the global capitalist system. In response, Austrian intellectuals called for a new way of organizing the world. But they and their successors in academia and government, from such famous economists as Friedrich Hayek and Ludwig von Mises to influential but lesser-known figures such as Wilhelm Röpke and Michael Heilperin, did not propose a regime of laissez-faire. Rather they used states and global institutions—the League of Nations, the European Court of Justice, the World Trade Organization, and international investment law—to insulate the markets against sovereign states, political change, and turbulent democratic demands for greater equality and social justice.

      Far from discarding the regulatory state, neoliberals wanted to harness it to their grand project of protecting capitalism on a global scale. It was a project, Slobodian shows, that changed the world, but that was also undermined time and again by the inequality, relentless change, and social injustice that accompanied it.

      https://www.hup.harvard.edu/catalog.php?isbn=9780674979529

      #livre #empire #WTO #capitalisme #Friedrich_Hayek #Ludwig_von_Mises #Wilhelm_Röpke #Michael_Heilperin #Etat #Etat-nation #marché #inégalités #injustice #OMC

    • Quinn Slobodian : « Le néolibéralisme est travaillé par un conflit interne »

      Pour penser les hybridations contemporaines entre néolibéralisme, #autoritarisme et #nationalisme, le travail d’historien de Quinn Slobodian, encore peu connu en France, est incontournable. L’auteur de Globalists nous a accordé un #entretien.

      L’élection de Trump, celle de Bolsonaro, le Brexit… les élites des partis de #droite participant au #consensus_néolibéral semblent avoir perdu le contrôle face aux pulsions nationalistes, protectionnistes et autoritaires qui s’expriment dans leur propre camp ou chez leurs concurrents les plus proches.

      Pour autant, ces pulsions sont-elles si étrangères à la #doctrine_néolibérale ? N’assisterait-on pas à une mutation illibérale voire nativiste de la #globalisation_néolibérale, qui laisserait intactes ses infrastructures et sa philosophie économiques ?

      Le travail de Quinn Slobodian, qui a accordé un entretien à Mediapart (lire ci-dessous), apporte un éclairage précieux à ces questions. Délaissant volontairement la branche anglo-américaine à laquelle la pensée néolibérale a souvent été réduite, cet historien a reconstitué les parcours de promoteurs du néolibéralisme ayant accompli, au moins en partie, leur carrière à #Genève, en Suisse (d’où leur regroupement sous le nom d’#école_de_Genève).

      Dans son livre, Globalists (Harvard University Press, 2018, non traduit en français), ce professeur associé au Wellesley College (près de Boston) décrit l’influence croissante d’un projet intellectuel né « sur les cendres de l’empire des Habsbourg » à la fin de la Première Guerre mondiale, et qui connut son apogée à la création de l’#Organisation_mondiale_du_commerce (#OMC) en 1995.

      À la suite d’autres auteurs, Slobodian insiste sur le fait que ce projet n’a jamais été réductible à un « #fondamentalisme_du_marché », opposé par principe à la #puissance_publique et au #droit. Selon lui, l’école de Genève visait plutôt un « #enrobage » ( encasement ) du #marché pour en protéger les mécanismes. L’objectif n’était pas d’aboutir à un monde sans #frontières et sans lois, mais de fabriquer un #ordre_international capable de « sauvegarder le #capital », y compris contre les demandes des masses populaires.

      Dans cette logique, la division du monde en unités étatiques a le mérite d’ouvrir des « voies de sortie » et des possibilités de mise en #concurrence aux acteurs marchands, qui ne risquent pas d’être victimes d’un Léviathan à l’échelle mondiale. Cela doit rester possible grâce à la production de #règles et d’#institutions, qui protègent les décisions de ces acteurs et soustraient l’#activité_économique à la versatilité des choix souverains.

      On l’aura compris, c’est surtout la #liberté de l’investisseur qui compte, plus que celle du travailleur ou du citoyen – Slobodian cite un auteur se faisant fort de démontrer que « le #libre_commerce bénéficie à tous, même sans liberté de migration et si les peuples restent fermement enracinés dans leurs pays ». Si la compétition politique peut se focaliser sur les enjeux culturels, les grandes orientations économiques doivent lui échapper.

      L’historien identifie dans son livre « trois #ruptures » qui ont entretenu, chez les néolibéraux qu’il a étudiés, la hantise de voir s’effondrer les conditions d’un tel ordre de marché. La guerre de 14-18 a d’abord interrompu le développement de la « première mondialisation », aboutissant au morcellement des empires de la Mitteleuropa et à l’explosion de revendications démocratiques et sociales.

      La #Grande_Dépression des années 1930 et l’avènement des fascismes ont constitué un #traumatisme supplémentaire, les incitant à rechercher ailleurs que dans la science économique les solutions pour « sanctuariser » la mobilité du capital. Les prétentions au #protectionnisme de certains pays du « Sud » les ont enfin poussés à s’engager pour des accords globaux de #libre_commerce.

      L’intérêt supplémentaire de Globalists est de nous faire découvrir les controverses internes qui ont animé cet espace intellectuel, au-delà de ses objectifs communs. Une minorité des néolibéraux étudiés s’est ainsi montrée sinon favorable à l’#apartheid en #Afrique_du_Sud, du moins partisane de droits politiques limités pour la population noire, soupçonnée d’une revanche potentiellement dommageable pour les #libertés_économiques.

      Le groupe s’est également scindé à propos de l’#intégration_européenne, entre ceux qui se méfiaient d’une entité politique risquant de fragmenter le marché mondial, et d’autres, qui y voyaient l’occasion de déployer une « Constitution économique », pionnière d’un « modèle de gouvernance supranationale […] capable de résister à la contamination par les revendications démocratiques » (selon les termes du juriste #Mestmäcker).

      On le voit, la recherche de Slobodian permet de mettre en perspective historique les tensions observables aujourd’hui parmi les acteurs du néolibéralisme. C’est pourquoi nous avons souhaité l’interroger sur sa vision des évolutions contemporaines de l’ordre politique et économique mondial.

      Dans votre livre, vous montrez que les néolibéraux donnent beaucoup d’importance aux #règles et peuvent s’accommoder des #frontières_nationales, là où cette pensée est souvent présentée comme l’ennemie de l’État. Pourriez-vous éclaircir ce point ?

      Quinn Slobodian : Quand on parle d’ouverture et de fermeture des frontières, il faut toujours distinguer entre les biens, l’argent ou les personnes. Mon livre porte surtout sur le #libre_commerce, et comment des #lois_supranationales l’ont encouragé. Mais si l’on parle des personnes, il se trouve que dans les années 1910-1920, des néolibéraux comme #von_Mises étaient pour le droit absolu de circuler.

      Après les deux guerres mondiales, cette conception ne leur est plus apparue réaliste, pour des raisons de #sécurité_nationale. #Hayek a par exemple soutenu l’agenda restrictif en la matière de #Margaret_Thatcher.

      Même si l’on met la question de l’immigration de côté, je persiste à souligner que les néolibéraux n’ont rien contre les frontières, car celles-ci exercent une pression nécessaire à la #compétitivité. C’est pourquoi l’existence simultanée d’une économie intégrée et de multiples communautés politiques n’est pas une contradiction pour eux. De plus, une « #gouvernance_multiniveaux » peut aider les dirigeants nationaux à résister aux pressions populaires. Ils peuvent se défausser sur les échelons de gouvernement qui leur lient les mains, plus facilement que si on avait un véritable #gouvernement_mondial, avec un face-à-face entre gouvernants et gouvernés.

      Cela pose la question du rapport entre néolibéralisme et #démocratie

      Les néolibéraux voient la démocratie de manière très fonctionnelle, comme un régime qui produit plutôt de la #stabilité. C’est vrai qu’ils ne l’envisagent qu’avec des contraintes constitutionnelles, lesquelles n’ont pas à être débordées par la volonté populaire. D’une certaine façon, la discipline que Wolfgang Schaüble, ex-ministre des finances allemand, a voulu imposer à la Grèce résulte de ce type de pensée. Mais c’est quelque chose d’assez commun chez l’ensemble des libéraux que de vouloir poser des bornes à la #démocratie_électorale, donc je ne voudrais pas faire de mauvais procès.

      Les élections européennes ont lieu le 26 mai prochain. Pensez-vous que l’UE a réalisé les rêves des « globalists » que vous avez étudiés ?

      C’est vrai que la #Cour_de_justice joue le rôle de gardienne des libertés économiques au centre de cette construction. Pour autant, les règles ne se sont pas révélées si rigides que cela, l’Allemagne elle-même ayant dépassé les niveaux de déficit dont il était fait si grand cas. Plusieurs craintes ont agité les néolibéraux : celle de voir se développer une #Europe_sociale au détriment de l’#intégration_négative (par le marché), ou celle de voir la #monnaie_unique empêcher la #concurrence entre #monnaies, sans compter le risque qu’elle tombe aux mains de gens trop peu attachés à la stabilité des prix, comme vous, les Français (rires).

      Plus profondément, les néolibéraux sceptiques se disaient qu’avec des institutions rendues plus visibles, vous créez des cibles pour la #contestation_populaire, alors qu’il vaut mieux des institutions lointaines et discrètes, produisant des règles qui semblent naturelles.

      Cette opposition à l’UE, de la part de certains néolibéraux, trouve-t-elle un héritage parmi les partisans du #Brexit ?

      Tout à fait. On retrouve par exemple leur crainte de dérive étatique dans le #discours_de_Bruges de Margaret Thatcher, en 1988. Celle-ci souhaitait compléter le #marché_unique et travailler à une plus vaste zone de #libre-échange, mais refusait la #monnaie_unique et les « forces du #fédéralisme et de la #bureaucratie ».

      Derrière ce discours mais aussi les propos de #Nigel_Farage [ex-dirigeant du parti de droite radicale Ukip, pro-Brexit – ndlr], il y a encore l’idée que l’horizon de la Grande-Bretagne reste avant tout le #marché_mondial. Sans préjuger des motivations qui ont mené les citoyens à voter pour le Brexit, il est clair que l’essentiel des forces intellectuelles derrière cette option partageaient des convictions néolibérales.

      « L’hystérie sur les populistes dramatise une situation beaucoup plus triviale »

      De nombreux responsables de droite sont apparus ces dernières années, qui sont à la fois (très) néolibéraux et (très) nationalistes, que l’on pense à Trump ou aux dirigeants de l’#Alternative_für_Deutschland (#AfD) en Allemagne. Sont-ils une branche du néolibéralisme ?

      L’AfD est née avec une plateforme ordo-libérale, attachée à la #stabilité_budgétaire en interne et refusant toute solidarité avec les pays méridionaux de l’UE. Elle joue sur l’#imaginaire de « l’#économie_sociale_de_marché », vantée par le chancelier #Erhard dans les années 1950, dans un contexte où l’ensemble du spectre politique communie dans cette nostalgie. Mais les Allemands tiennent à distinguer ces politiques économiques du néolibéralisme anglo-saxon, qui a encouragé la #financiarisation de l’économie mondiale.

      Le cas de #Trump est compliqué, notamment à cause du caractère erratique de sa prise de décision. Ce qui est sûr, c’est qu’il brise la règle néolibérale selon laquelle l’économie doit être dépolitisée au profit du bon fonctionnement de la concurrence et du marché. En ce qui concerne la finance, son agenda concret est complètement néolibéral.

      En matière commerciale en revanche, il est sous l’influence de conseillers qui l’incitent à une politique agressive, notamment contre la Chine, au nom de l’#intérêt_national. En tout cas, son comportement ne correspond guère à la généalogie intellectuelle de la pensée néolibérale.

      Vous évoquez dans votre livre « l’#anxiété » qui a toujours gagné les néolibéraux. De quoi ont-ils #peur aujourd’hui ?

      Je dirais qu’il y a une division parmi les néolibéraux contemporains, et que la peur de chaque camp est générée par celui d’en face. Certains tendent vers le modèle d’une intégration supranationale, avec des accords contraignants, que cela passe par l’OMC ou les méga-accords commerciaux entre grandes régions du monde.

      Pour eux, les Trump et les pro-Brexit sont les menaces contre la possibilité d’un ordre de marché stable et prospère, à l’échelle du globe. D’un autre côté figurent ceux qui pensent qu’une #intégration_supranationale est la #menace, parce qu’elle serait source d’inefficacités et de bureaucratie, et qu’une architecture institutionnelle à l’échelle du monde serait un projet voué à l’échec.

      Dans ce tableau, jamais la menace ne vient de la gauche ou de mouvement sociaux, donc.

      Pas vraiment, non. Dans les années 1970, il y avait bien le sentiment d’une menace venue du « Sud global », des promoteurs d’un nouvel ordre économique international… La situation contemporaine se distingue par le fait que la #Chine acquiert les capacités de devenir un acteur « disruptif » à l’échelle mondiale, mais qu’elle n’en a guère la volonté. On oublie trop souvent que dans la longue durée, l’objectif de l’empire chinois n’a jamais consisté à étendre son autorité au-delà de ses frontières.

      Aucun des auteurs que je lis n’est d’ailleurs inquiet de la Chine à propos du système commercial mondial. Le #capitalisme_autoritaire qu’elle incarne leur paraît tout à fait convenable, voire un modèle. #Milton_Friedman, dans ses derniers écrits, valorisait la cité-État de #Hong-Kong pour la grande liberté économique qui s’y déploie, en dépit de l’absence de réelle liberté politique.

      Le débat serait donc surtout interne aux néolibéraux. Est-ce qu’il s’agit d’un prolongement des différences entre « l’école de Genève » que vous avez étudiée, et l’« l’école de Chicago » ?

      Selon moi, le débat est un peu différent. Il rappelle plutôt celui que je décris dans mon chapitre sur l’intégration européenne. En ce sens, il oppose des « universalistes », partisans d’un ordre de marché vraiment global construit par le haut, et des « constitutionnalistes », qui préfèrent le bâtir à échelle réduite, mais de façon plus sûre, par le bas. L’horizon des héritiers de l’école de Chicago reste essentiellement borné par les États-Unis. Pour eux, « l’Amérique c’est le monde » !

      On dirait un slogan de Trump.

      Oui, mais c’est trompeur. Contrairement à certains raccourcis, je ne pense pas que Trump veuille un retrait pur et simple du monde de la part des États-Unis, encore moins un modèle autarcique. Il espère au contraire que les exportations de son pays s’améliorent. Et si l’on regarde les accords qu’il a voulu renégocier, quels sont les résultats ?

      Avec le Mexique, on a abouti à quelque chose de très proche de ce qui existait déjà. Dans le débat dont j’ai esquissé les contours, il serait plutôt du côté des constitutionnalistes, avec des accords de proximité qui s’élargiraient, mais garderaient la Chine à distance. De façon générale, l’hystérie sur les populistes au pouvoir me semble dramatiser une situation beaucoup plus triviale, qui oppose des stratégies quant à la réorganisation de l’économie mondiale.

      Est-ce que le rejet de la Chine s’inscrit dans la même logique que les positions hostiles à l’immigration de Hayek en son temps, et de Trump ou des pro-Brexit aujourd’hui ? En somme, y aurait-il certains pays, comme certains groupes, qui seraient soupçonnés d’être culturellement trop éloignés du libre marché ?

      On retrouve chez certains auteurs l’idée que l’homo œconomicus, en effet, n’est pas universel. Les règles du libre marché ne pourraient être suivies partout dans le monde. Cette idée d’une altérité impossible à accommoder n’est pas réservée à des ressentiments populaires. Elle existe dans le milieu des experts et des universitaires, qui s’appuient sur certains paradigmes scientifiques comme le #néo-institutionnalisme promu par des auteurs comme #Douglass_North. Cette perspective suppose qu’à un modèle socio-économique particulier, doivent correspondre des caractéristiques culturelles particulières.

      https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/100319/quinn-slobodian-le-neoliberalisme-est-travaille-par-un-conflit-interne #WWI #première_guerre_mondiale

  • Cinq dossiers d’ultradroite ( sic ) suivis par le Parquet national antiterroriste, Samuel Laurent et Parquet national antiterroriste
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/12/26/cinq-dossiers-d-ultradroite-suivis-par-le-parquet-national-antiterroriste_60

    Depuis 2017, les services spécialisés ont eu affaire à plusieurs reprises à des projets terroristes aux motivations islamophobes, antisémites ou identitaires, le plus souvent issus de groupes actifs en ligne.

    Les projets d’attentats venus des franges extrêmes de la droite sont plus rares que ceux de la mouvance djihadiste, mais ils existent bel et bien et vont croissant depuis 2017. Le Parquet national antiterroriste (PNAT), créé en 2019, est actuellement saisi de cinq dossiers de ce type. Le plus avancé est celui de Logan Alexandre Nisin, jeune nationaliste fondateur d’un groupe baptisé Organisation armée secrète (en référence à l’OAS, bras armé de l’opposition à l’indépendance de l’Algérie au début des années 1960), arrêté en juin 2017 à Vitrolles (Bouches-du-Rhône). Le jeune homme d’alors 21 ans projetait des assassinats de responsables politiques ou des attaques de mosquées et administrait une page Facebook à la gloire d’Anders Breivik, terroriste norvégien ayant assassiné 77 personnes en 2011 à Oslo et sur l’île d’Utoya. M. Nisin est toujours incarcéré à Marseille dans l’attente d’un procès qui devrait se tenir d’ici quelques mois. Neuf autres personnes sont mises en examen dans ce dossier.

    Internet et les réseaux sociaux sont bien souvent le moyen par lequel ces militants se radicalisent, jusqu’à projeter des actions violentes. A l’instar de l’organisation Action des forces opérationnelles (AFO), démantelée en juin 2018. Derrière des pseudonymes inspirés de personnages de l’histoire et de la littérature française, comme « Ferragus », « Fermat » ou « Ninon de Lenclos », et regroupés sur un site Web, une poignée de personnes originaires de toute la France, âgées de 32 à 69 ans, voulaient « lutter contre le péril islamique » au moyen d’actions terroristes.

    Les membres, parmi lesquels d’ex-policiers, envisageaient, en réplique aux attentats islamistes commis en France, d’assassiner des imams radicaux ou encore d’empoisonner les produits des rayons halal des supermarchés. Seize personnes ont été mises en examen dans ce dossier : treize lors d’un premier coup de filet en 2018, qui avait permis de découvrir des armes et des éléments permettant de fabriquer des explosifs, trois autres depuis. Parmi les dernières mises en examen, on compte un diplomate, numéro deux de l’ambassade de France au Salvador, arrêté en juin 2019.

    Groupuscules et « loups solitaires »

    Le groupe des Barjols, démantelé en 2018 alors qu’il envisageait d’assassiner Emmanuel Macron, obéit à une logique similaire. Ce qui n’est au départ qu’un groupe privé Facebook, fondé en avril 2017 durant la présidentielle, devient, au fil des mois, le foyer d’une radicalisation. Parmi les 2 400 membres, nationalistes et islamophobes, mais en pratique plus préoccupés par le prix de l’essence et le coût de la vie que par l’idéologie nazie, une poignée va envisager de lancer des opérations armées contre les musulmans ou les institutions. Ils planifient ainsi de tuer le chef de l’Etat en marge des cérémonies du 11- Novembre, lorsqu’une opération de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) met fin à leur projet. Neuf personnes sont mises en examen dans ce dossier, dont trois sont en détention provisoire.

    Deux autres affaires sont actuellement suivies par le PNAT. L’Oiseau noir, un groupe d’ultradroite qui échangeait sur un forum, a été démantelé entre septembre 2018 et juin 2019 à Grenoble. Composé notamment d’un ex-gendarme adjoint, mais aussi d’un mineur, ce groupuscule planifiait des attentats contre des lieux de culte musulmans et juifs. Il avait réuni des armes et des explosifs. Cinq personnes sont mises en examen dans ce dossier.

    Outres ces groupuscules, il existe des « loups solitaires » envisageant des passages à l’acte individuels. Ce fut le cas de Claude Sinké, cet octogénaire bayonnais, ex-candidat Front national aux départementales de 2015, qui a tenté en octobre 2019 de mettre le feu à la mosquée de Bayonne et tiré sur deux fidèles musulmans, les blessant grièvement. Il est mort en détention en février.

    Plus récemment, en mai, un ancien militaire et « gilet jaune » de 36 ans, Aurélien C., a été arrêté à Limoges. Outre des propos de plus en plus véhéments sur les réseaux sociaux, il projetait des attaques contre des lieux de culte juifs. Des explosifs ont été découverts à son domicile. Il a été mis en examen pour « entreprise individuelle terroriste ».

    #extreme_droite

  • Un conseiller d’Emmanuel Macron a déjeuné secrètement avec Marion Maréchal en octobre à Paris
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/12/27/un-conseiller-d-emmanuel-macron-a-dejeune-secretement-avec-marion-marechal-e


    Marion Maréchal et Bruno Roger-Petit ont tous deux confirmé avoir déjeuné ensemble en octobre.

    Bruno Roger-Petit, conseiller mémoire du chef de l’Etat, a invité la nièce de Marine Le Pen et figure de l’extrême droite identitaire dans un restaurant parisien.

    Le déjeuner a eu lieu le 14 octobre, à la brasserie Le Dôme, à Paris. Bruno Roger-Petit, l’un des plus anciens collaborateurs d’Emmanuel Macron à l’Elysée, et Marion Maréchal, ex-députée du Vaucluse, ont partagé un repas, dans le petit salon confidentiel de cette brasserie de Montparnasse où l’on peut entrer par l’arrière de l’établissement et s’attabler loin des regards indiscrets. C’est là d’ailleurs que François Mitterrand donnait rendez-vous à sa fille, Mazarine, dans les années 1980, après l’école, lorsque le grand public ignorait encore son existence.
    Selon un habitué du restaurant, qui n’avait pas vu la petite-fille de Jean-Marie Le Pen entrer, le déjeuner s’est terminé à 14 heures. Le conseiller du président a payé l’addition, et ni le compte rendu des échanges ni la tenue de cette rencontre n’ont filtré hors de l’Elysée.

    • Ancien admirateur de François Mitterrand, Bruno Roger-Petit, lui, a suivi la campagne présidentielle d’Emmanuel #Macron pour le magazine Challenges avant d’entrer à l’Elysée. Depuis, il pousse le président à « trianguler », comme il dit. Avant la prochaine présidentielle, il veut piocher des propositions dans les thèmes fédérateurs des uns et des autres et transgresser les clivages traditionnels pour séduire des électeurs du camp adverse, ou ceux qui ne sont pas acquis naturellement.
      Il évoquait même sa curieuse formule dans une note adressée au président de la République, le 15 novembre 2019, dont Le Monde a eu connaissance. Roger-Petit lui proposait de « #trianguler avantageusement les positions de tous [ses] adversaires » en célébrant le 200e anniversaire de la mort de Napoléon, en mai 2021, en compagnie de Vladimir Poutine – manière selon lui d’« obliger » les pro-Russes français, présents à droite et à gauche, à « saluer l’initiative ».

      Décourager droite et gauche traditionnelles

      « BRP » entretient d’ailleurs des liens assez privilégiés avec Geoffroy Lejeune, ami très proche de Marion Maréchal et directeur de la rédaction de #Valeurs_actuelles https://seenthis.net/messages/876106, l’hebdomadaire de la #droite_identitaire, depuis que, encore journaliste, le conseiller l’avait rencontré sur un plateau de la chaîne i-Télé (devenue #Cnews en 2017).
      Le conseiller de l’Elysée a d’ailleurs l’habitude de tester des formules sur son ami de Valeurs. L’idée, c’est d’installer dans l’opinion un tête-à-tête entre la « Macronie » et l’#extrême_droite, afin de décourager droite et gauche traditionnelles avant la prochaine présidentielle. C’est encore Roger-Petit qui, en octobre 2019, avait organisé l’entretien du président de la République avec Valeurs afin d’évoquer, pour la première fois, la laïcité, le droit d’asile, l’immigration et l’islam. C’est aussi le conseiller élyséen qui avait organisé avec Geoffroy Lejeune la remise de la Légion d’honneur de Michel Houellebecq à l’Elysée, en avril 2019.

      On avait eu le « progressisme » et l’"émancipation". Quant à une réhabilitation de Pétain qui picore à droite et à l’extrême droite, le copyright est en attente. Idem pour la touche souverainiste du « Nous, Français » qui est le slogan actuel de campagne de cet ex-chevenementiste.

      Alain Minc : « Désormais chacun sait où se situe Macron, c’est un chevènementiste européen »

      https://www.lexpress.fr/actualite/idees-et-debats/alain-minc-desormais-chacun-sait-ou-se-situe-macron-c-est-un-chevenementist

      Tout ça montre que pour l’instant le capitalisme français n’a pas d’autre canasson. Même si des fuites en provenance du groupe Canal + attribuent à Bolloré l’intention d’utiliser Cnews pour faire gagner MLP.

      #cuisine

  • Anschlagsserie aufgeklärt
    Berlin-Neukölln : Haftbefehle gegen »polizeibekannte Neonazis« vollstreckt
    https://www.jungewelt.de/artikel/392986.rechter-terror-in-neuk%C3%B6lln-anschlagsserie-aufgekl%C3%A4rt.html

    Enfin ! A Berlin il a été nécessaire de muter un procureur proche de l’extrême droite avant de pouvoir mettre derrière les verrous les auteurs d’attentats contre des pesonnalités de gauche.

    Im Zusammenhang mit der Anschlagsserie auf linke Treffpunkte, Kleinbetriebe und Einzelpersonen im Berliner Bezirk Neukölln hat die Polizei am Mittwoch zwei Haftbefehle gegen zwei Tatverdächtige vollstreckt. Dies teilte die zuständige Generalstaatsanwaltschaft über Twitter mit. Nach Informationen des Rundfunks Berlin-Brandenburg (RBB) handelt es sich bei den Verhafteten »um die polizeibekannten Neonazis Tilo P. und Sebastian T.«.

    Gegen den früheren Neuköllner AfD-Vorstand Tilo Paulenz und den ehemaligen NPD-Kreisvorsitzenden Sebastian Thom war diesbezüglich schon längere Zeit ermittelt worden – angeblich hätten die Beweismittel aber bisher nicht für eine Anklage gereicht. Der RBB zitierte am Mittwoch »Quellen in Sicherheitsbehörden«, denen zufolge keine wesentlichen neuen Beweismittel gefunden und auch keine Fehler bei den bisherigen Ermittlungen der Berliner Staatsanwaltschaft entdeckt worden seien. Dennoch habe eine kontinuierliche und intensive Weiterentwicklung der Ermittlungen jetzt zu den Haftbefehlen geführt. Explizit sollen darin die Brandanschläge auf die Autos des linken Bezirkspolitikers Ferat Kocak und des Buchhändlers Heinz Ostermann im Februar 2018 genannt werden. Im Fall des Pkws von Kocak hatte dabei auch Gefahr für ein Wohnhaus bestanden.

    Insgesamt rechnet die Berliner Polizei der Anschlagsserie 72 Straftaten zu – darunter Brandanschläge, Körperverletzungen, eingeschlagene Scheiben, zerstörte Briefkästen sowie gestohlene Stolpersteine, die an Opfer des Naziterrors erinnerten. Ermittler des Landeskriminalamtes hatten Paulenz und Thom sowie den vorbestraften Neonazi Julian Beyer als Tatverdächtige identifiziert. Thom war kurz vor Beginn der Anschlagsserie 2016 aus der Haft entlassen worden.

    Kocaks Namen hatten die Verdächtigen im September 2017 in einem abgehörten Telefonat erwähnt. Auch in Chatnachrichten, aus denen der RBB am Mittwoch zitierte, sprachen sie eindeutig über den Linke-Lokalpolitiker, dessen Ausspähung und Kocaks roten Smart, der gut zwei Wochen später in Flammen aufging. »Während sich alle freuen, dass die Täter in Haft sind, habe ich Angst. Angst, dass sie wieder freikommen. Angst, dass es zu einem Racheakt kommt«, erklärte Kocak am Mittwoch auf Twitter und erinnerte an nicht aufgeklärte »Verflechtungen der Nazis mit den Behörden«.

    #attentat #extrême_droite #politique #Allemagne #Berlin

  • Macron, Maurras, Pétain et l’antisémitisme - Juives et juifs révolutionnaires
    https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=3571764989559921&id=795943817142066&__tn__=K-R

    Dans un récent interview a l’express , Emmanuel Macron est revenu une nouvelle fois a la charge dans sa tentative de réhabilitation de deux figures antisémites et nationalistes majeures, #Pétain et #Maurras.

    Il s’agit ici d’une stratégie claire visant a réaffirmer le « roman national » et ainsi donner des gages au #nationalisme, en entérinant sa réhabilitation définitive dans l’imaginaire politique, la période de la seconde guerre mondiale et l’#antisémitisme étant ainsi réduits a un « incident de parcours » voir a un détail de leur histoire politique. Un appel du pied très clair a l’électorat fasciste.

    Macron prétend dissocier le Pétain de 1917, présenté comme un héros de guerre, de celui de 1940. Pourtant c’est bien le même homme qui a mis fin aux sanglantes offensives du général Nivelle, réprimé les mutins de 1917, massacré des Marocains révoltés pendant la guerre du Riff, appelé a cesser le combat face a Hitler, mis en place les lois antisémites et livré les Juifs et Juives de France aux nazis.

    Si Macron ne va pas jusqu’au révisionnisme d’Éric Zemmour et qu’il prétend condamner l’antisémitisme de Pétain, Il s’inscrit bien ici dans l’offensive nationaliste de réhabilitation de Pétain qui fait de son antisémitisme et de sa participation au génocide des Juifs et des Rroms un « point de détail » de son histoire.

    Emmanuel Macron a également évoqué Charles Maurras, en prétendant dissocier l’écrivain, le théoricien monarchiste de l’antisémite virulent. Il s’inscrit ici dans une volonté de réhabiliter un référent central pour la pensée de droite en faisant comme si son antisémitisme était accessoire dans sa pensée politique, alors qu’il est central dans sa construction théorique d’un nationalisme intégral définissant le corps national français comme blanc et catholique et faisant des juifs la figure centrale de l’antifrance (le principal des 4 prétendus « états confédérés ») contre laquelle il faudrait unifier et mobiliser les « vrais français ».

    Avec une telle rhétorique de blanchiment par dissociation, il est possible de réhabiliter nombre de criminels de guerre, qu’il s’agisse de la seconde guerre mondiale ou des guerres coloniales.

    Il n’est des lors guère étonnant de voir Macron s’inscrire au cours de la même interview dans la continuité sarkozyste de la rhétorique de « l’#identité_nationale », une tentative précédente de réhabilitation et de banalisation des thèmes nationalistes.

    Quand il parle pour appuyer son propos de la place accordée à la parole des victimes, qui serait selon lui trop importante, Emmanuel Macron reprend également une version du thème de la prétendue « dictature des minorités » qui est centrale dans la pensée d’#extrême_droite. C’est une manière de nier la réalité des rapports de force et une rhétorique d’inversion du réel dans laquelle la lutte pour la reconnaissance des effets du système raciste et ses conquêtes, arrachées le plus souvent après des années de déni par la mobilisation, sont présentées comme une prétendue preuve du « pouvoir des minorités ». En faisant passer les revendications historiques de reconnaissance et de réparation pour une « dictature émotionnelle » on les disqualifie comme objectif politique.

    Un tel discours démontre bien l’hypocrisie du pouvoir politique et d’Emmanuel Macron lorsqu’ils prétendent lutter contre l’antisémitisme alors même qu’ils œuvrent a réhabiliter les bourreaux de nos familles. Il est également un indicateur fort de la période politique que nous vivons, où le retour a un discours nationaliste de plus en plus décomplexé s’inscrit dans une réhabilitation progressive de ses théoriciens et ses figures historiques et la réduction du génocide et de l’antisémitisme au rang de détail de l’histoire française et européenne.

    Cela doit sonner comme un rappel de la nécessité de reconstituer un front uni contre le racisme, dont l’antisémitisme, d’où qu’il vienne.

    #fascisation #identité_nationale #roman_national (palimpseste du)

    • Pas d’accès à l’interview de l’Express, mais je relève ce passage dans l’article du Figaro :

      Complotisme, intégration, Pétain et privilège blanc : les grands sujets de l’interview de Macron à l’Express
      https://www.lefigaro.fr/politique/complotisme-integration-petain-et-privilege-blanc-les-grands-sujets-de-l-in

      Nous sommes devenus une société victimaire et émotionnelle. La victime a raison sur tout. Bien sûr, il est très important de reconnaître les victimes, de leur donner la parole, nous le faisons. Mais dans la plupart des sociétés occidentales, nous assistons à une forme de primat de la victime. Son discours l’emporte sur tout et écrase tout, y compris celui de la raison », juge-t-il.

      « Par conséquent, celui qui a tenu un discours antisémite ou a collaboré tombe forcément dans le camp du mal radical. Je combats avec la plus grande force l’antisémitisme et le racisme, je combats toutes les idées antisémites de Maurras mais je trouve absurde de dire que Maurras ne doit plus exister », distingue Emmanuel Macron, avant de revenir sur Pétain. « Je me suis construit dans la haine, dans le rejet de l’esprit de défaite et de l’antisémitisme de Pétain mais je ne peux pas nier qu’il fut le héros de 1917 et un grand militaire. On doit pouvoir le dire. À cause de la société de l’indignation, qui est bien souvent de posture, on ne regarde plus les plis de l’Histoire et on simplifie tout ».

      Un aspect frappant c’est qu’il aborde la question de la l’antisémitisme (de Pétain et Maurras) dans la foulée de sa tirade sur la « société victimaire » (« la victime a raison sur tout », « le discours [de la victime] écrase […] celui de la raison »). Quand j’ai lu ça, les bras m’en sont tombés. Il parle de victimisation, et vlan il glisse sur l’antisémitisme et la collaboration ? Il dit quoi, là, que l’attitude « victimaire » des victimes juives du génocide nazi « écrasent » le discours de la raison qui permettrait d’affirmer que Maurras et Pétain étaient de grands Hommes ?

      Le mec est pas bien dans sa tête, c’est pas possible d’être aussi con.

    • Merci pour l’info.
      Ça m’intéresse de lire la source et de lire par moi-même à quel point il serait passé d’un sujet à l’autre. Parceque de là où je me place ça pourrait très bien être des collés de moments d’interview comme ça se voit quand même très souvent pour faire le buzz sur le net...
      Surtout de la part d’un média que je trouve douteux qu’est le Figaro,. Je ne m’appuierait pas sur un article du Figaro même pour critiquer Macron (ou autre politique) c’est dire !

    • Je pense aussi qu’il s’agit d’un remontage. Mais il me semblait que l’antisémitisme et la collaboration, c’était justement presque la définition du mal radical en Europe.

    • Je me méfie aussi de la césure entre les deux parties. Mais il y a tout de même ce passage cité d’un seul bloc, qui établit à nouveau très explicitement le lien entre les deux (avoir le droit de dire que Pétain est un Grand Homme, mais on ne plus parce que posture de l’indignation victimaire…) :

      Je me suis construit dans la haine, dans le rejet de l’esprit de défaite et de l’antisémitisme de Pétain mais je ne peux pas nier qu’il fut le héros de 1917 et un grand militaire. On doit pouvoir le dire. À cause de la société de l’indignation, qui est bien souvent de posture, on ne regarde plus les plis de l’Histoire et on simplifie tout

    • Le « mal »... c’est pleins de choses selon moi, la mal-informations en fait partie ;-)
      Macron est un imbécile et un pantin qui se fout bien de notre gueule, par contre moi j’ai aucun soucis à séparer les actes militaire qui aurait permis à une époque lointaine (de plus d’un siècle) à la France de ne pas perdre une guerre directement chez nous, et ceux qui aurait largement participer aux meurtres en grandes quantité des moins nantis de l’époque.

    • De toute façon, c’est n’importe quoi. Petain est le pelé, le galeux depuis 1945. C’est pas d’aujourd’hui. En fait c’est Macron qui a une posture victimaire (on peut plus rien dire), ce qui est assez savoureux. Sans compter que les moins de 40 ans s’en foutent de Petain. Le traditionnel faux problème complaisamment relayé par les média mainstream. Classique.

    • Oui, je suis d’accord, c’est lui qui se comporte le plus en victime (ce qui in duit que nous aussi ? ;-) ), il ramène toujours tout à lui et à des complots politique soit-disant dirigés vers lui (ce qui est un comble quand on y réfléchit).
      Le Brut montrait vraiment ça d’ailleurs.

    • Cela fait un bon moment que la « réhabilitation de Pétain » est en cours (et peu importe, et pas seulement pour Zemmour, que son zèle ait consisté à en faire davantage que ce que les nazis exigeaient), un moment aussi qu’un philosémitisme affiché va de pair avec un antisémitisme plus ou moins larvé.
      La réhabilitation de Pétain est exemplaire du culte des chefs, des grands hommes, des hommes providentiels, dont y compris l’émergence de Mélenchon relevait.
      Malin ou pas, c’est pas l’affaire d’un type, mais dune machine de pouvoir. Le bénef escompté, lorsqu’un tenant de la mondialisation affiche en même temps son nationalisme (où on embauche des identitaires et des chevenementistes), c’est de racler du souverainiste, y compris une partie de ces gilets jaunes décomposés par la défaite.
      Le slogan pour 2022 : "Nous, français" (c’est moi ! E.M !)

      Par delà ces péripéties, il y a une thèse : il faut des personnages hors du commun (qu’ils soient experts, courageux, technocrates, militaires, ...) qui aient la force de décider pour tous et toutes, pour les riens, les imbéciles, les pas assez munis pour être dignes d’une quelconque responsabilité collective.

      #haine_de_la_démocratie.

    • Cette histoire d’hommes providentiels est à la fois un truisme et une erreur d’analyse. Parce qu’en admettant qu’on ait besoin d’un HP, pourquoi ne pas en choisir un qui ne pose pas ou peu de problème, genre de Gaulle ? A part des nonagenaires ex OAS ou PSU, il ferait l’unanimité. Alors pourquoi Petain qui fait vraiment tâche ? Parce qu’il fait tâche probablement, ça donne un petit côté non conformiste du meilleur effet. Et Macron, qui tient à son côté soi disant disruptif, aime bien ce côté dessalé, je-brise-tous-les-tabous. En fait, c’est probablement juste un connard, pleurnichard comme tous les connards. On ne tient jamais assez compte du rasoir d’Hanlon.

    • Ah... le coup d’État de de Gaulle ne posait pas de problèmes en 58 et ensuite ? Passons.

      C’est Macron qui veut se poser en homme providentiel (eh oui, ils osent tout). Ils sont nombreux à penser que la crise de la démocratie représentative, de la politique, l’absence radicale de tout projet, implique de jouer cette carte. Du sanitaire à l’environnement, il y a de la place pour des formules autoritaires qui ne reposent pas seulement sur le racisme et le nationalisme.

    • Ben oui. Plus facile de se réclamer de de Gaule que de Petain, non, quand on veut s’adosser a un homme providentiel qui fait l’unanimité ? Evidemment, c’est plus gratifiant de s’imaginer Manu en Hitler et Darmanin en Kaltenbrunner, mais c’est juste du bullshit. Petain ne peut pas juste s’expliquer par la recherche d’une legitimation d’un executif fort.

    • Ah oui, au fait, en 58, c’est pas un coup d’etat de de Gaulle mais celui d’Alger qui l’a amené au pouvoir. Ca n’en fait pas un personnage sympathique pour autant, mais nettement plus que Petain.

  • Mes parents, ces complotistes
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/mes-parents-ces-complotistes

    Leurs parents sont #complotistes. Camille et Emma ne le sont pas ou, libérés de leur emprise, ne le sont plus. Ils témoignent des mécanismes qui les ont éloigné de leurs parents et de dialogues presque impossibles avec, au centre, le coronavirus qui a mis en lumière un certain nombre de théories.

    #extrême_droite #famille

  • Qui soutient la presse d’extrême droite ? Un voyage dans les droites radicales depuis 60 ans | René Monzat
    http://www.contretemps.eu/extreme-droite-medias-financement-causeur-minute-elements-valeurs-actuel

    Dans cet article, qui fait suite à un précédent sur les controverses idéologiques parmi les courants d’extrême droite, René Monzat met au jour la situation et les soutiens financiers de la presse d’extrême droite, et s’arrête en particulier sur le groupe Causeur. Source : Contretemps

    • Le groupe Causeur : une reconstitution de ligue dissoute

      Causeur, un nouveau Minute ?

      Gil Mihaely est le directeur de publication des trois périodiques : Causeur, Conflits et Transitions & Energies qui échangent des pleines pages de publicité à chaque numéro. Ce groupe de trois revues a été épaulé jusqu’en 2019 par un collectif d’anciens cadres activistes d’extrême droite : anciens d’Ordre Nouveau, du GUD, du PFN et parfois toujours proches du Grece.

      La société qui édite Causeur était jusqu’en 2019 soutenue à bout de bras (plusieurs centaines de milliers d’euros) par son actionnaire principal Gérald Penciolelli. En effet Causeur perd de l’argent année après année : 183 858 € de perte en 2019, 132 106 € de perte au titre de l’exercice 2018, après 500 000 € de pertes en 2017, à rapporter à un chiffre d’affaires de l’ordre de 1 million d’euros.

      Gérald Penciolelli a un profil politique très particulier : il fut membre de la direction d’Ordre Nouveau, de celle du Parti des Forces Nouvelles (PFN), actionnaire des publications d’extrême droite le Choc du Mois et Minute. On retrouvait chez d’autres actionnaires des personnes qui ont la même origine politique : Anne Meaux, venue du PFN, fonde un cabinet de communication qui travaille pour la droite classique et de grandes entreprises.

      Parmi les autres actionnaires de Causeur, on remarquait Xavier Niel via NJJ presse, NJJ médias et NJJ strategy dont -très curieusement- les commissaires aux comptes étaient Christian Baeckeroot (ancien dirigeant du Front National puis du Parti de la France) et son frère Guy[8].

      Pourquoi une partie des cadres de l’extrême droite parieraient-ils sur Causeur ? Sans doute ont-ils vu dans ce titre un potentiel nouveau Minute. Hélas pour eux, Causeur ne tient pas la comparaison, des articles éditorialisants et bavards, une ligne consistant à prendre le contre-pied de ce qu’ils croient être dans l’air du temps. Minute sortait des scoops, certains de ses journalistes étaient (politiquement) d’authentiques « fachos », mais ils sortaient de l’info. Causeur se contente de news « people » dévalorisantes sur des militant·es antiracistes.

      [...]

      Un ancien patron de Minute proche des Renseignements généraux

      Frédéric Charpier, dans son livre « Officines. Trente ans de barbouzeries chiraquiennes » [19] rapporte les aventures de Gérald Penciolelli au moment où il prit le contrôle de Minute. On y apprend sa participation au lancement de la Radio Paris Méditerranée FM soutenue par les saoudiens !

      Son passage à Minute a été si mouvementé qu’il a réussi à mettre en grève contre lui la rédaction du journal, laquelle a édité, en mai 1999 un numéro pirate de Minute qui a habillé son patron pour l’hiver. Il raconte comment Minute a creusé son déficit en salariant des employés fantômes que la rédaction n’a jamais vu. Un article « Penciolelli-Bertrand : les liaisons dangereuses » aborde les relations entre le rédacteur en chef et Yves Bertrand, le chef des Renseignements Généraux « Parmi les salariés occultes les plus dévoués à la direction, parmi les plumes les plus douées, et les informateurs les plus prolixes, la Direction Centrale des Renseignements Généraux tenait, au temps de M Penciolelli, une large place. [20] »

      Yves Bertrand, dans son livre « RG, ce que je n’ai pas dit dans mes carnets » affirme « Il était de mon devoir de cultiver un lien avec eux, et je recevais régulièrement à mon bureau le patron de ce journal, Gérald Penciolelli. C’est un type très correct, il ne m’a jamais fait un coup tordu. Ses parents s’étaient pris d’affection pour moi et je l’ai soutenu moralement quand il a connu des difficultés personnelles. Il n’avait rien d’un fasciste caractérisé. C’était un spécialiste du Proche et du Moyen-Orient, à qui on avait même confié des missions semi officielles dans la région. [21] »

      #groupe_Causeur #Causeur #extrême_droite

  • L’Allemagne annonce un confinement partiel, avec fermeture des commerces non-essentiels et des écoles
    https://www.nouvelobs.com/coronavirus-de-wuhan/20201213.OBS37460/angela-merkel-annonce-la-fermeture-des-commerces-non-essentiels-ecoles-a-

    Tous les commerces non-essentiels, ainsi que les écoles et crèches vont fermer en Allemagne à partir de mercredi et jusqu’au 10 janvier, a annoncé ce dimanche 13 décembre la chancelière Angela Merkel, pour tenter d’endiguer la deuxième vague de virus.

    Constatant « les très nombreux décès » dus à l’épidémie de coronavirus et « la croissance exponentielle » des infections, la dirigeante conservatrice a assuré : « Nous sommes contraints d’agir et nous agissons maintenant ».

    Dans une résolution adoptée par l’Etat fédéral et les 16 Etats régionaux, les employeurs sont ainsi invités à privilégier le plus possible le télé-travail ou les vacances pour leurs employés pendant trois semaines et demie « afin de mettre en application dans tout le pays le principe de “nous restons à la maison” ».

    La pandémie « est hors de contrôle », a averti le dirigeant de la Bavière, Markus Söder, lors d’une conférence de presse avec la chancelière et le ministre des Finances, Olaf Scholz. C’est « une catastrophe qui touche davantage nos vies que toute autre crise de ces 50 dernières années », a-t-il ajouté.

    • #Coronavirus : comment l’Allemagne a perdu son statut de « bon élève » face à l’épidémie
      https://www.europe1.fr/international/coronavirus-comment-lallemagne-a-perdu-son-statut-de-bon-eleve-face-a-lepide

      Face à la « croissance exponentielle » des infections au coronavirus à quelques jours de Noël, l’Allemagne serre la vis. Dimanche, la chancelière Angela Merkel a annoncé une batterie de nouvelles restrictions qui resteront en vigueur jusqu’au 10 janvier, faisant entrer son pays dans un #confinement_partiel, avec notamment la fermeture des commerces « non-essentiels » et des écoles. Un coup dur pour les habitants d’un pays qui avait fait figure de bon élève européen lors de la première vague du printemps, mais qui paye aujourd’hui son retard pris dans les décisions, ainsi qu’un certain relâchement du côté de la population, alors que l’extrême-droite attise la méfiance envers les règles sanitaires dans certaines régions.

      La résistance de certains Länder

      Angela Merkel avait pourtant alerté dès le mois d’octobre sur l’aggravation de la situation sanitaire. La chancelière, rappelle Hélène Kohl, correspondante d’Europe 1 en Allemagne, était « partisane dès la mi-octobre d’un confinement beaucoup plus strict. Mais l’Allemagne est un pays fédéral, elle ne peut pas décider toute seule, et doit consulter les présidents des 16 #Länder ». Or, Angela Merkel s’est à ce moment-là heurtée au refus des régions les moins touchées.

      Un retard dans les décisions que le pays paye cher. Pour Antoine Flahault, directeur de l’Institut de santé globale à la faculté de médecine de l’université de Genève, la situation allemande est « l’exemple même de tout retard qui est extrêmement préjudiciable à la situation sanitaire, mais aussi à la vie sociale et économique ». Ainsi, rappelle-t-il, « les Irlandais, qui ont commencé le 21 octobre à confiner de façon assez stricte, ont complètement repris le contrôle sur l’épidémie ».

      Un relâchement de la population

      Par ailleurs, a-t-on noté un relâchement des précautions du côté des habitants outre-Rhin ? Peut-être, répond Hélène Kohl. « En réalité, les Allemands ont profité de toute la liberté qui leur a été laissée », ajoute-t-elle, prenant l’exemple des petits arrangements avec les règles adoptés par beaucoup de restaurants depuis le 1er novembre, et l’annonce de la fermeture des restaurants, bars, institutions culturelles et enceintes sportives. « On a vu fleurir un peu partout des offres alternatives, avec un restaurant qui ouvre ses fenêtres et devient un stand de vin chaud », raconte la correspondante d’Europe 1. A Berlin, par exemple, « dans certaines rues, on se retrouve avec quasiment tous les restaurants ouverts et des gens qui s’attroupent pour boire un vin chaud, en enlevant le masque ».

      Des bastions d’extrême-droite sensibles au complotisme
      Enfin, comme dans beaucoup de pays, l’Allemagne doit composer avec une partie de sa population peu encline à se plier aux instructions. « Il y a ce mouvement des récalcitrants qui ne croient pas à la dangerosité du virus, qui est bien installé en Allemagne », explique Hélène Kohl. « Certes, ça correspond à 5-10% de la population, mais dans certaines régions dans l’est du pays, c’est un mouvement qui est porté par l’extrême-droite, et les régions où on vote le plus à l’extrême-droite sont celles qui dérapent. »

      #extrême_droite #Allemagne #covid-19 #école

  • Pochi rifugiati nei centri e il voto anti-immigrazione cala

    La presenza di centri di accoglienza piccoli e diffusi riduce il voto per i partiti anti-immigrazione. Mentre se i centri sono di grandi dimensioni i consensi verso queste formazioni aumentano. Lo mostrano i risultati di due studi per Italia e Francia.

    Accoglienza e voto anti-immigrazione

    È opinione diffusa che la crisi europea dei migranti, iniziata tra il 2014 e il 2015, sia stata uno dei principali fattori alla base del recente successo dei partiti anti-immigrazione in molti paesi europei. Ma davvero accogliere rifugiati e richiedenti asilo fa aumentare sempre e comunque il voto per quei partiti? La letteratura economica sul tema ha prodotto risultati contrastanti: alcuni studi hanno trovato una relazione positiva (https://academic.oup.com/restud/article/86/5/2035/5112970) tra l’arrivo dei rifugiati e il voto anti-immigrazione (https://www.mitpressjournals.org/doi/abs/10.1162/rest_a_00922?mobileUi=0), e altri una relazione negativa.

    Due nostri recenti studi con dati sui comuni italiani (https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=3277550) e francesi (https://immigrationlab.org/working-paper-series/dismantling-jungle-migrant-relocation-extreme-voting-france) suggeriscono che la risposta alla domanda è “dipende”. Un’accoglienza sviluppata attraverso centri piccoli e diffusi riduce il consenso per i partiti ostili all’arrivo dei migranti. Al contrario, centri di accoglienza eccessivamente grandi portano a un incremento del voto anti-immigrazione.

    In sostanza, se interpretiamo il voto anti-immigrazione come una misura del pregiudizio dei nativi verso i migranti, i nostri studi indicano che, per costruire un sistema di accoglienza che non generi diffidenza nella popolazione nativa, i governi dovrebbero cercare di ridistribuire i rifugiati e i richiedenti asilo in modo più omogeneo e attraverso l’apertura di piccoli centri di accoglienza.

    Cosa succede in Italia

    Il nostro primo studio si concentra sull’Italia. Negli anni della crisi dei rifugiati, il paese ha vissuto un aumento significativo nel numero di sbarchi e di richieste di asilo e allo stesso tempo un aumento del sostegno politico ai partiti anti-immigrazione, come per esempio la Lega guidata da Matteo Salvini.

    La nostra ricerca prende in esame l’apertura di centri di accoglienza per rifugiati e richiedenti asilo attraverso il Sistema di protezione per richiedenti asilo e rifugiati (Sprar, rinominato Siproimi a partire dalla fine del 2018), uno dei più importanti programmi di accoglienza in Italia (l’altro rilevante canale di accoglienza sono i “centri di accoglienza straordinaria”, Cas, oggi la tipologia più utilizzata).

    Nel programma Sprar, sono i comuni a gestire direttamente i centri di accoglienza, che mirano a integrare i rifugiati nella comunità locale, per esempio attraverso corsi di lingua e formazione professionale. Spesso poi i comuni impiegano i migranti in lavori di pubblica utilità. Quindi, i centri Sprar offrono la possibilità di una interazione e di un contatto diretto tra i rifugiati e la popolazione locale.

    Per tenere conto delle possibili differenze esistenti tra comuni che decidono di aprire un centro Sprar e comuni che non lo fanno – e così ottenere una stima causale dell’effetto dei centri accoglienza sul voto anti-immigrazione – utilizziamo la tecnica delle variabili strumentali (instrumental variables, IV). Abbiamo codificato come partiti anti-immigrazione Lega, Fratelli d’Italia, Casa Pound, La Destra, Forza Nuova, Fiamma Tricolore, Rifondazione Missina. Seguendo l’esempio di un altro studio sviluppato con dati sui comuni austriaci (https://www.mitpressjournals.org/doi/abs/10.1162/rest_a_00922?mobileUi=0), utilizziamo la presenza nel territorio comunale di edifici adatti a ospitare gruppi di persone e centri collettivi per predire l’apertura di un centro Sprar in un determinato comune. Infatti, come suggerito dalla figura 1, dai dati emerge una forte correlazione positiva tra la presenza di edifici di questo tipo e la presenza di uno Sprar a livello comunale.

    L’utilizzo di questa tecnica ci permette di interpretare i risultati della nostra analisi in termini causali.

    I nostri risultati mostrano come ospitare i rifugiati influisca negativamente sul voto per i partiti anti-immigrazione. Più nel dettaglio, i comuni che hanno aperto un centro Sprar tra le elezioni politiche del 2013 e quelle del 2018 hanno registrato un incremento nelle percentuali di voto per i partiti ostili ai migranti di circa 7 punti percentuali inferiore rispetto ai comuni che non ne hanno aperti. Allo stesso tempo, l’apertura dei centri Sprar ha portato benefici elettorali principalmente a partiti politici che si trovano più al centro dello spettro politico italiano, come il Partito democratico.

    Il ruolo della dimensione dei centri accoglienza

    Uno degli aspetti fondamentali del nostro studio è mostrare come la dimensione dei centri di accoglienza giochi un ruolo cruciale. Come si vede nella figura 2, l’effetto negativo sul voto anti-immigrazione è maggiore per centri Sprar con un basso numero di posti a disposizione per rifugiati e richiedenti asilo. In particolare, la nostra analisi indica che l’effetto negativo si verifica con centri di accoglienza che hanno in media meno di 28 posti ogni mille abitanti. Al contrario, nei comuni con centri Sprar con un numero di posti mediamente superiore a questa soglia si è registrato un incremento nel sostegno elettorale ai partiti anti-immigrazione.

    Cosa succede in Francia

    I risultati sono confermati anche dal nostro secondo studio, che analizza l’effetto sul voto al Front National di Marine Le Pen della ridistribuzione dei migranti, avvenuta in Francia dopo lo smantellamento dell’accampamento di rifugiati e migranti situato nelle vicinanze di Calais (la cosiddetta “Giungla”). Sfruttando il fatto che la ridistribuzione in diversi comuni francesi è avvenuta negli anni tra le due elezioni presidenziali del 2012 e del 2017, il nostro lavoro mostra come l’apertura di centri di accoglienza e orientamento (Centres d’accueil et d’orientation, Cao) di dimensioni contenute abbia avuto un impatto negativo sulla crescita dei voti ottenuti dal Front National. Coerentemente con quanto mostrato nella figura 2, l’effetto sul voto anti-immigrazione diventa positivo quando le dimensioni dei Cao oltrepassano in media la soglia di 32 migranti ospitati ogni mille abitanti.

    Centri di accoglienza piccoli potrebbero dunque aver incoraggiato il contatto diretto tra nativi e rifugiati, causando una riduzione del pregiudizio verso i migranti, in linea con la “#Contact_hypothesis” (https://en.wikipedia.org/wiki/Contact_hypothesis). Al contrario, i risultati relativi ai centri grandi sono coerenti con la “#Realistic_conflict theory” (https://en.wikipedia.org/wiki/Realistic_conflict_theory), che_suggerisce come i nativi possano percepire un gruppo grande di migranti come una minaccia per il loro predominio culturale e socio-economico.

    https://www.lavoce.info/archives/71137/pochi-rifugiati-nei-centri-e-il-voto-anti-immigrazione-cala

    #accueil_diffus #asile #migrations #réfugiés #centres #dimensions #consensus #sprar #italie #France #accueil #anti-migrants #vote #préjugés #menace #rencontre #extrême_droite

    • sur le site de La Horde @lahorde
      https://lahorde.samizdat.net/2020/11/16/le-syndicalisme-dextreme-droite-dans-la-police

      Plusieurs constats incitent à s’intéresser au syndicalisme d’extrême droite dans la police.

      Le premier, c’est que même si elle n’est pas nouvelle, la présence de l’extrême droite dans la #police est une réalité qui a été révélée récemment par trois indices.
      D’abord la quantification du vote policier lors des élections politiques nationales. Les enquêtes Sciences Po/Cevipof suivent le phénomène de l’implantation du FN dans la fonction publique et particulièrement dans la police. A l’occasion du premier tour des présidentielles de 2017, le vote FN est de 54 % ; pour le premier tour des législatives de la même année il est de 43 % et enfin il est de 52 % pour le RN lors des européennes de 2019. Cependant cette enquête porte sur 3368 fonctionnaires d’État et seulement 60 policiers et l’auteur indique qu’il faut la relativiser au vu de la faiblesse de l’échantillon.

      Le second indice, c’est la floraison d’éléments issus des réseaux sociaux. Que ce soit la découverte de groupes Facebook de policiers dans lesquels la parole d’extrême droite se libère allègrement ou les photos d’insignes sur les uniformes et de tatouages à la gloire du IIIème Reich et autres.

      Le troisième, c’est qu’il est fréquent dans les réseaux militants d’entendre dire que le syndicat Alliance (affilié à la CFE/CGC) est un syndicat d’extrême droite. C’est méconnaître le syndicalisme policier et cette idée est à déconstruire. Alliance est un syndicat de droite et même de droite extrême, qui a d’ailleurs appelé à ne pas voter pour Marine Le Pen au second tour des présidentielles de 2017 (au grand dam de certains délégués…). Mais il existe des syndicats d’extrême droite dans la police.

      https://solidaires.org/Ripostes-syndicales-face-a-l-extreme-droite-no-7

      #syndicats_policiers #extrême_droite

  • Why are coronavirus rates so high in German regions with far-right leanings? - The Local
    https://www.thelocal.de/20201209/why-are-coronavirus-rates-so-high-in-german-regions-with-far-right-leanings
    https://www.thelocal.de/userdata/images/article/786388944053bb8067136905dc4735836c2d202f300af48c02f309e9ea6d13ff.jpg

    Scepticism about the virus and measures to contain it is rife in Saxony, the birthplace of the Islamophobic Pegida movement — including among medical personnel and economic decision-makers.

    In Bautzen, celebrity entrepreneur Jörg Drews, who runs a local construction company, has been pouring his profits into “alternative media”, according to the ARD broadcaster.

    The Regen district in Bavaria, for example, had the highest incidence rate in Germany on Tuesday at 579. Three years ago, it also gave the AfD its highest score in Bavaria at more than 16 percent.

    In Gelsenkirchen, the AfD’s biggest stronghold in Germany’s most populous state of North Rhine-Westphalia, the incidence rate is three times higher than in the neighbouring city of Muenster (169 versus 56).

    Meanwhile, in the districts with the lowest infection rates, mostly in the northern state of Schleswig-Holstein, the AfD vote is less than eight percent.

    ’Burqas for all’

    The AfD is the only German political party to have openly displayed scepticism of – and opposition to – virus restrictions.

    AfD lawmakers have voiced opposition to wearing masks in the Bundestag lower house of parliament, for example, with one calling them “burqas for all”.

    More than half of AfD voters (56 percent) consider Germany’s virus restrictions to be excessive, according to a recent Forsa poll.

  • Islamisme, séparatisme : l’offensive payante des « laïcards », Cécile Chambraud et Louise Couvelaire
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/12/07/islamisme-separatisme-l-offensive-payante-des-laicards_6062429_3224.html

    Aurel, au top, exploite l’espace rendu libre par le soit disant équilibre dont Le Monde se doit de faire (à l’occasion) la preuve.
    (c’est le #dessin qui vaut le coup, ce qui le suit est là pour mémoire)

    Les partisans d’une laïcité offensive se félicitent de l’évolution d’Emmanuel Macron sur le sujet. Ils voient dans le projet de loi « renforçant les principes républicains », qui doit être examiné en conseil des ministres mercredi 9 décembre, une victoire idéologique.

    Leur moment est arrivé, ils tiennent leur victoire, ils en sont convaincus. Cela fait des années que les partisans d’une #laïcité offensive, érigée en priorité politique, travaillent à faire gagner leurs idées pour sauver une République qu’ils estiment menacée par les revendications d’un islam politique de conquête et par les accommodements de politiques timorés. L’examen en conseil des ministres, mercredi 9 décembre, du projet de loi « confortant les principes républicains » est, à leurs yeux, autant un aboutissement qu’une incitation à poursuivre. Un gage de plus donné par Emmanuel Macron à la lutte contre « le séparatisme islamiste », comme l’est la présence au gouvernement de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation nationale, et l’arrivée à l’intérieur de #Gérald_Darmanin et de #Marlène_Schiappa, convertie à la cause. Dans la bataille des différentes conceptions de la laïcité, le vent a tourné en leur faveur, se félicitent-ils.

    Là où d’autres voient dans la laïcité un simple cadre juridique et non une doctrine, eux en font un combat idéologique, à la manière de moines-soldats. Une lutte menée au départ « seuls contre tous », raconte l’ancien premier ministre de François Hollande, Manuel Valls, contre les partisans « du déni dans une gauche trop conciliante, mal à l’aise avec la question de l’islam, la religion des pauvres, des immigrés, des victimes de la colonisation ».

    C’est ainsi que se vivent ces ardents défenseurs de cette spécificité française que le reste du monde peine à saisir. Une cause qu’ont désormais ralliée des sympathisants issus de nombreux cercles de pouvoir, du gouvernement à la préfectorale, en passant par des députés La République en marche (LRM), des think tanks de gauche, une partie de la loge maçonnique du Grand Orient.

    Certains les appellent les « laïcards », les tenants d’une « laïcité de combat », « exigeante » ou « dure ». Eux se voient comme « un bouclier », selon les mots de l’écrivaine Caroline Fourest, face aux intégristes islamistes et à leur idéologie mortifère. Ils refusent d’être adjectivés, ils sont des « défenseurs de la laïcité », point, martèlent-ils, à l’image du titre du livre coécrit par Marlène Schiappa, Laïcité, point ! (L’Aube, 2018). Leurs opposants les accusent de vouloir imposer l’invisibilisation du religieux dans l’espace public pour, en réalité, combattre l’islam. « C’est une réactualisation de l’affrontement entre les deux France au tournant XIXe-XXe siècle, analyse Ghaleb Bencheikh, président de la Fondation de l’islam de France. A l’époque, on a pensé avoir réglé l’affaire du religieux en ayant réglé celle du catholicisme. Et voilà que depuis deux décennies, une sorte de religieux revient en force. Cela a fait ressurgir le ras-le-bol de ceux qui avaient pensé en avoir fini avec cela. Ajoutez le terrorisme, et on assiste à un triomphe idéologique autour d’une laïcité drastique. »
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi Plusieurs points du projet de loi sur les « principes républicains » s’annoncent discutés

    Trahison

    Plus qu’un courant organisé, ils constituent une galaxie de personnalités engagées. Il y a des intellectuels tels que les essayistes Caroline Fourest et Elisabeth Badinter ; les artisans historiques, lobbyistes numériques aguerris, moins connus du grand public, Laurent Bouvet et Gilles Clavreul, fondateurs de l’association Printemps républicain en mars 2016. Il y a des journalistes comme Zineb El Rhazoui et Mohamed Sifaoui, tous les deux sous protection policière ; d’anciens socialistes comme Manuel Valls et l’Avignonnais Amine El Khatmi. Il y a des préfets comme Christian Gravel, un ancien des équipes de Manuel Valls récemment nommé à la tête du comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation sur la proposition de Marlène Schiappa, qui est en train de constituer une « unité de contre-discours républicain sur les réseaux sociaux ».

    Il y a aussi les nouveaux venus, comme la députée (LRM) des Yvelines Aurore Bergé ; les soldats de l’ombre, qui œuvrent dans les cabinets ministériels et dans des institutions telle que la #Fondation_Jean-Jaurès, think tank de gauche dont les publications diffusées aux députés et aux sénateurs, à l’Elysée et dans les ministères aident « à peser sur les décisions », explique Jérémie Peltier. Le directeur du secteur études de la Fondation Jean-Jaurès cite en exemple l’enquête menée en 2019 sur les Français et la laïcité révélant que « les Français ayant voté pour Emmanuel Macron n’étaient pas sur la ligne anglo-saxonne du multiculturalisme, mais bien sur la ligne républicaine française ».

    Presque tous issus de la gauche, ils sont partis en guerre contre ce qu’ils vivent comme une trahison de certains de leurs anciens camarades, jugés aveugles au grignotage insidieux d’un islam politique ou de rupture qui serait en train de détruire la trame républicaine de la société. La laïcité est leur trait d’union, leur magistère. Leur mouvance a commencé à se « coaguler » après les attentats de 2015. « Des réseaux se sont mis à se parler », témoigne Aurélien Taché, député ex-LRM, opposé à leurs conceptions qui, selon lui, « virent à l’obsession des musulmans » et « poussent à l’amalgame entre islamisme et islam ».

    « Gauche réaliste »

    Une marque de fabrique de ces « lanceurs d’alerte », comme les appelle Jérémie Peltier, est de se serrer les coudes : ils affichent une solidarité sans faille, quels que soient leurs désaccords, légion en coulisses. « Je ne parle plus à Zineb El Rhazoui depuis 2015 mais qu’importe, je la soutiendrai quoi qu’il arrive », tranche Caroline Fourest, qui décrit le mouvement comme un groupe de gens d’une « gauche réaliste ». « Il existe cinquante nuances de laïcards, s’amuse Frédéric Potier, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT, proche du #Printemps_républicain. Ce n’est pas un groupe homogène mais plutôt complexe et divers. »
    Lui-même et Caroline Fourest veulent, par exemple, permettre aux mères accompagnatrices voilées de conserver leur foulard lors des sorties scolaires, tandis que d’autres, comme Jean-Michel Blanquer et Aurore Bergé, souhaitent le leur interdire. « Nous ne sommes pas une secte ni un groupement clandestin, on se voit, on se parle, de manière informelle, avec Schiappa, Darmanin et Blanquer, mais personne ne joue les arbitres, témoigne Manuel Valls. Les dérives de la gauche, qu’il s’agisse du PC ou du PS, sont le fruit de ce manque de combat collectif, alors oui, nous restons solidaires, parce qu’on veut gagner ! » « Personne n’a de comptes à rendre à personne », renchérit Jérémie Peltier.

    Certaines personnalités de ce mouvement né à #gauche n’hésitent plus à flirter avec l’#extrême_droite, telle que Zineb El Rhazoui, devenue l’icône des plus fervents (elle n’a pas répondu à nos sollicitations). Editée par une maison d’édition – Ring – souvent jugée à la droite de la droite, prenant la pose avec Papacito, blogueur identitaire également édité chez Ring, cette ancienne de Charlie Hebdo est régulièrement menacée de mort. Personne, au sein de son camp, ne remet en question ses outrances. « Toutes les digues sont en train de sauter, s’insurge Isabelle Kersimon, fondatrice de l’Institut de recherches et d’études sur les radicalités, cible régulière des attaques des « laïcards ». Officieusement, ils sont prêts à toutes les compromissions avec la droite et l’extrême droite qu’ils prétendent pourtant combattre. »

    Choc du réel

    Cette stratégie du « front uni » est en tout cas payante. Ils gagnent en influence et convertissent chaque jour davantage d’adeptes. Le premier d’entre eux : Emmanuel Macron. Du moins veulent-ils le croire. Ils interprètent le discours des Mureaux (Yvelines), prononcé par le président de la République le 2 octobre, et le projet de loi, comme la preuve de ce tournant, qui « marque la fin de trente ans de compromissions », assure Thomas Urdy, le référent laïcité de Marlène Schiappa, qui est sur leur ligne. Ils étaient en désaccord avec le Macron de 2015-2017. Aujourd’hui, ils applaudissent sa mue.

    « Par rapport au Macron qui disait, en novembre 2015, que la société française avait “une part de responsabilité” dans le “terreau” sur lequel a prospéré le djihadisme, le projet de loi sur le séparatisme est une étape importante dans son évolution », estime Gilles Clavreul. « Entre le Macron candidat qui critiquait le “laïcisme” chez Mediapart [en novembre 2016] et le discours des Mureaux, il y a une différence nette », abonde Amine El Khatmi, le président du Printemps républicain.

    La cause de l’évolution du chef de l’Etat serait avant tout le choc du réel. « Ce ne sont pas les militants de la laïcité qui changent les mentalités, ce sont les attentats », affirme Elisabeth Badinter. « Une fois au pouvoir, face aux notes des renseignements, aux remontées d’informations des préfets et des attentats, les dirigeants changent, analyse Caroline Fourest. L’idéologie qui les retenait finit par peser peu au regard des informations qui leur parviennent. » « Face aux faits, Macron s’est rangé à notre combat », se réjouit #Manuel_Valls.
    Dans quelle mesure ? Dès le début de son mandat, le président de la République a fait l’objet d’un procès d’intention sur son « laxisme » supposé vis-à-vis de ces questions. « Ils attendaient Macron avec un fusil et n’ont pas relâché la pression un seul instant », raconte un fin connaisseur du dossier. Absentes de la campagne présidentielle de 2017, les questions régaliennes se sont imposées en cours de mandat avec les attentats, obligeant le chef de l’Etat à se positionner. Il a surtout choisi de laisser le champ libre à des ministres en pointe sur la laïcité davantage par « opportunisme politicien » que par conviction personnelle, estime Aurélien Taché.

    Virage

    #Jean-Michel_Blanquer a organisé en juillet une réception à l’occasion de la parution du livre numérique Le Péril identitaire (L’Observatoire, 29 pages, 1,99 euro) du cofondateur du Printemps républicain, Laurent Bouvet. Un mois et demi plus tard, le président de la République décorait de l’ordre du mérite sa femme, Astrid Panosyan, cofondatrice d’En marche ! Autant de signaux, aux yeux de certains, qui confirmeraient le virage du chef de l’Etat. « Le président n’a pas dévié de ligne sur le fond, ce sont les priorités gouvernementales qui ont évolué, dément Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement. Ce qui est monté en puissance, c’est la lutte contre le séparatisme islamiste. »
    Au groupe des députés LRM, après des débuts laborieux, ces thèses ont indéniablement progressé. « La question n’avait pas émergé entre nous en 2017, résultat, lorsque l’actualité nous a obligés à avoir un positionnement politique, nous avions peu d’éléments doctrinaux [ça alors ! ndc] sur le sujet et les divergences se sont exprimées », raconte Aurore Bergé. En 2018, lorsqu’un toilettage de la loi de 1905 pour mieux encadrer les associations musulmanes a été envisagé, un groupe de travail s’est constitué pour permettre à ceux qui le souhaitaient de se former à ces questions. Mais le projet est resté dans les tiroirs de la Place Beauvau et le groupe a cessé de travailler avant d’avoir pu forger une ligne majoritaire.

    Les relais actifs du camp laïc, comme Francis Chouat, député de l’Essonne et ancien maire d’Evry, Aurore Bergé, François Cormier-Bouligeon, député du Cher, Jean-Baptiste Moreau, député de la Creuse, ont poursuivi leurs efforts. Ils ont profité du faible bagage idéologique sur ces questions d’une bonne partie des primo-députés et d’un certain « amateurisme des tenants du libéralisme culturel qui, eux, déplore Aurélien Taché, n’ont pas su s’organiser ».

    Résultat : la « ligne laïque » s’est renforcée, poussant vers la sortie certains opposants, comme M. Taché. « Désormais, là où on pouvait se sentir isolés, aujourd’hui, on sent que notre doctrine s’est imposée », commente Aurore Bergé, qui échange régulièrement avec Manuel Valls et participait au groupe informel composé de Caroline Fourest, la sociologue Dominique Schnapper, Gilles Clavreul, Frédéric Potier et quelques autres, rassemblés sous la houlette de Jean-Michel Blanquer depuis juin. « Globalement, notre ligne est majoritaire, au moins relativement, dans le groupe, nuance Jean-Baptiste Moreau, proche de Zineb El Rhazoui, qu’il a fait venir devant le groupe. Mais il reste un ventre mou, que nous devons essayer de convaincre, et une frange qui n’est pas sur notre ligne. » Et qu’on entend peu. Depuis dix jours, le groupe LRM organise des séminaires pour préparer la discussion parlementaire, qui commencera en janvier 2021.

    Transformation en parti politique

    Emmanuel Macron et les députés ne sont pas les seuls à bouger. Le clan laïc loue l’évolution de Marlène Schiappa, qui avait guerroyé avec Manuel Valls il y a six ans sur la question de l’antisémitisme dans les quartiers et n’aurait « pas toujours été aussi ferme », d’après Amine El Khatmi. Ils notent aussi des mouvements au Parti socialiste. « Cela fait des années que nous disons que la gauche a un problème avec la République, rappelle le président du Printemps républicain. Aujourd’hui, je relève qu’Olivier Faure et Anne Hidalgo disent que sur ce sujet, les positions ne sont pas irréconciliables. Quand on a été insulté, méprisé, menacé et qu’on voit des gens venir vers soi, même avec des nuances, c’est une satisfaction. »

    Il fut un temps où bien des caciques du Parti socialiste se gardaient de mettre les pieds sur ce terrain. Si Jérôme Guedj, le monsieur laïcité du PS ne cachait pas ses convictions « laïcistes », la plupart optaient pour la prudence et choisissaient de rester muets. « La gauche n’était pas torturée par ces questions, rappelle Elisabeth Badinter, qui se définit comme un “compagnon de route du Printemps républicain”, sans en faire partie. On n’entendait pas beaucoup les dirigeants politiques, aujourd’hui, cela change. » Quitte à reléguer la question sociale au second plan. « La question #identitaire dépasse parfois la question économique et sociale, estime Manuel Valls. Parfois, elle la transcende, mais la gauche a longtemps refusé de penser le sujet hors du social. » Aujourd’hui, le patron du PS, Olivier Faure, proclame que « l’ADN de la gauche, c’est la défense de la laïcité », tandis qu’Anne Hidalgo souligne « les ambiguïtés » de Jean-Luc Mélenchon sur le sujet.

    Comment transformer une influence croissante en part de pouvoir politique ? C’est le défi de 2022. Pour le préparer, le 30 novembre 2019, l’association le Printemps républicain a annoncé sa transformation en parti politique. Quelque 350 personnes se sont pressées à l’événement organisé pour l’occasion dans un café parisien. Parmi les présents, Valérie Pécresse, Jean-Pierre Chevènement, Jean-Pierre Brard, ex-maire apparenté PCF de Montreuil (Seine-Saint-Denis), tandis que Bernard Cazeneuve avait fait parvenir une vidéo. « Nous voulons nous structurer pour être plus présents, et sur tous les sujets », explique Gilles Clavreul. « Nous devons déterminer comment faire en sorte que nos idées soient représentées à la présidentielle et aux législatives », annonce Amine El Khatmi. Certains, tel Aurélien Taché, les soupçonnent de faire « de l’entrisme » dans différentes formations politiques en vue d’obtenir des circonscriptions – du PS à LRM, voire chez les Verts et le PCF.

    Reste que dans cette lutte sans merci qui les oppose à ceux qu’ils qualifient volontiers d’« islamo-gauchistes », il reste peu de place pour la discussion et la pédagogie. Sur les réseaux sociaux, où se joue une partie de cette guerre, la « laïcosphère », comme l’appelle Caroline Fourest, chasse en meute, se « like » à foison et se retweete à l’envi. Aurélien Taché apparente leurs méthodes en ligne à « la cancel culture », réduisant au silence leurs opposants, tétanisés à l’idée d’être accusés de complaisance avec l’ennemi terroriste. En ligne et sur les plateaux télé, le combat est souvent binaire et réducteur. « Il ne reste plus de place à la pensée complexe », se désole-t-on dans les deux camps, faisant mine d’ignorer qu’ils y contribuent.

    #laïcisme #racisme #dessin_d'actualité

    • De quoi la lutte contre l’« islamo-gauchisme » est le nom ?
      Vu par Jlm

      J’ai expliqué dans une précédente note comment l’accusation « islamo-gauchiste » est devenue la ligne du camp macroniste pour construire une nouvelle organisation du champ politique. Qui refuse de discriminer, insulter, montrer du doigt les musulmans doit être désigné comme ennemi obscurantiste, anti-laïque, misogyne, antisémite, terroriste en puissance ou tout du moins ami ou complice du crime. Bref : un « islamo-gauchiste ». Ainsi se construit une nouvelle stratégie du « barrage » politique prenant la suite du « barrage contre le Pen ». Celle-ci est au contraire accueillie à bras ouvert dans la nouvelle alliance du bien contre le mal.

      Disqualifier la France insoumise est alors seulement le point d’entrée de ce discours. Une fois que la lâcheté et le chacun-pour-soi a ouvert le passage, les coups pleuvent sur tout ce qui de près ou de loin résiste au pouvoir et à ses agents. Comment en être sûr ? Tout simplement en se demandant « qu’est-ce que l’islamo-gauchisme ? ». Et la réponse vient vite : cela n’existe pas. Il n’existe en effet ni définition ni faits permettant d’illustrer ce concept. C’est juste un produit d’appel fantasmagorique pour installer les esprits fragiles sur un toboggan conceptuel qui finit dans les filets de l’extrême droite. Car, très vite, les accusateurs passent à un autre registre : ils opposent les « islamo-gauchistes » aux « républicains ». Alors il est possible de faire un inventaire. Mais pour nous, ce sera celui du prétendu camp des républicains. On y retrouve les policiers factieux et leurs organisations politico-syndicales, une poignée « d’essayistes », « politologues » et autres déclassés, plus tout l’arc politique depuis l’extrême droite qui a inventé ce concept jusqu’aux macronistes. Entre les deux, une poignée de journalistes à gage, les uns carrément perturbés, les autres servant cyniquement des intérêts matériels les plus divers.

      L’accusation « islamo-gauchiste » en rappelle d’autres dans l’histoire de France. Avant nous, Jaurès fut accusé d’être « le parti de l’Allemagne » puis les communistes d’être des « judéo-bolchéviques ». Le cas le plus récent d’usage de cette méthode est le fameux « Maccarthysme américain ». Son histoire est comparable à ce que nous avons sous les yeux. Au début de la guerre, l’opinion dominante dans les médias nord-américains et dans la sphère politique était le refus absolu de se mêler de la guerre en Europe. C’est un groupe d’acteur à Hollywood qui déclencha l’alerte contre le nazisme et l’antisémitisme. Au lendemain de la guerre, ces lanceurs d’alerte furent les premiers dans le collimateur des anti-communistes. Diabolique « argument » : leur vigilance prémonitoire aurait été la preuve du fait qu’ils auraient été sous influence communiste avant-guerre. À partir de là et jusqu’aux années 60, une répression récurrente s’abattit sur tout ce qui contestait le système aux USA quel que soit le motif. Une commission contre les activités « anti-américaines » pourchassait de tous côtés. Journalistes à gage, patrons des firmes de télé ou de cinéma bras dessus bras dessous faisaient la chasse à toute résistance. Comme on le devine, une telle aberration ne pouvait être servie, comme aujourd’hui, que par les individus les plus vils ou les moins talentueux, prêts, contre avantage, à renoncer à toute dignité personnelle en s’abandonnant à une chasse aux sorcières de cette nature. Nous y sommes en France. Quand une Saint-Cricq glapit ses ordres au plateau de journalistes dans une régie ou elle se croit en présence d’esclaves sans cerveaux et sans oreilles : « Vous êtes trop gentils ! allez maintenant on tape : les Tchétchènes ! les Tchétchènes ! » pour provoquer une agression contre l’invité insoumise, on a une idée et une caricature du pire de ce dont ce genre de « journaliste » est capable. En fait, c’est la même insulte à chaque fois : la gauche conspirerait avec l’ennemi extérieur et intérieur contre la France. Ce qui change, c’est simplement le fantasme raciste du moment qui doit être accolé au mot politique. Hier les juifs et les communistes, aujourd’hui les musulmans et les Insoumis.

      Que Marine Le Pen utilise l’expression n’a donc rien d’étonnant. Elle le fait d’ailleurs de longue date. Les unes de Valeurs Actuelles ne sont pas plus surprenantes. Tout cela est conforme à ce qu’ils ont toujours été dans l’histoire. Mais c’est aussi devenu le cri de ralliement contre nous de la petite bourgeoisie bon teint. Ce fut d’abord installé dans le paysage par les éléments les plus réactionnaires du quinquennat Hollande : Manuel Valls et Bernard Cazeneuve. Puis, par les ministres les plus droitiers du gouvernement : Jean-Michel Blanquer et Gérald Darmanin. Plusieurs médias ont aussi participé avec entrain à cette manœuvre pour placer une cible dans le dos des anti-racistes. L’hebdomadaire Marianne évidemment. Mais pas seulement. Là encore, ce n’est pas sans précédent dans l’histoire médiatique de notre pays. Il suffit de consulter l’ampleur de la liste des médias confisqué à la Libération pour avoir une idée de la dégringolade morale qui l’avait précédé. Puis ce fut le tour des partis. Encerclé par la hargne de petits groupes s’instituant garde barrières morales comme le « printemps républicain » et d’autres, l’assaut sur la gauche traditionnelle a rapporté gros. Notamment au PS dirigé par un personnage très ambigu sur toutes les questions fondamentales du socialisme historique.

      Cette aile du parti socialiste, la plus proche de Macron, en attente de passerelle de ralliement complet, a très bien perçu le signal venu du pouvoir. À l’approche de l’élection présidentielle, elle s’en fait le relai car c’est pour elle le meilleur moyen de raccrocher les wagons avec la macronie. On comprend qu’il leur faille d’abord se rendre fréquentable. C’est pourquoi le mot même de socialiste dans le nom du parti ou la référence à la période d’alliance avec les communistes doivent être passé par-dessus bord. C’est la stratégie d’Olivier Faure, dont il ne faut jamais oublier qu’en 2017, il disait « nous voulons la réussite de Macron. Nous souhaitons participer à cette majorité ». Dans Libération, le 3 décembre dernier, il parle de moi comme le ferait un député marcheur lisant ses éléments de langage : « Jean-Luc Mélenchon s’égare (…) Il est dans un registre glissant. Pour moi ça n’est pas possible. Donc je réaffirme notre attachement aux valeurs républicaines ». Puis, à propos de la marche du 10 novembre 2019 en réaction à l’attentat contre la mosquée de Bayonne : « la gauche ne pouvait pas défiler sous des mots d’ordre en contradiction avec nos valeurs ». Bien sûr, il ne précise pas lesquels. Ni pourquoi je serais sur un « terrain glissant ». Il en va de même un peu partout dans les chaînes audiovisuelles du gouvernement où les amis ouverts ou secrets du régime macroniste, en quête de stabilité pour leur poste ou parce qu’ils visent celui du voisin, font du zèle dans ce sens. En fait, ils dessinent les contours d’un bloc politique dont les condiments essentiels sont déjà fixés. Politique de l’offre, libre échange sans limite, Europe des traités, écologie de marché, union nationale sur la base de la discrimination religieuse.

      Oui, il est décidément important pour cette partie du PS de fabriquer de toute pièce un clivage avec les insoumis. Dans un premier temps, cela leur permet de justifier de l’intérêt de leur propre candidature à l’élection présidentielle. C’est plus confortable d’inventer des ambiguïtés plutôt que d’expliquer leur désaccord sur le passage à la sixième République, la retraite à 60 ans ou la sortie des traités européens. Car sur tous ces sujets, ils ont perdu leur hégémonie d’autrefois parce que la société a changé d’angle de vision. La deuxième raison est la préparation d’un éventuel barrage anti-insoumis. Ils ne peuvent ignorer que tous les sondages nous placent en troisième position. Et en tête de la gauche. Nous sommes à cette heure les mieux placés pour briser le duo Macron – Le Pen. En cas de réussite, il faudra bien trouver une autre raison de voter Macron que le péril fasciste. Ce sera donc le « barrage aux islamo-gauchistes ». Par-dessus tout pour eux comme pour tant d’autres il s’agit d’écarter le retour au cauchemar de 2017 : le risque d’un second tour des présidentielles auquel participerait l’abominable homme des neiges, Jean-Luc Mélenchon.

      Le PS de Faure va donc de plus en plus ne parler que de laïcité. Bien sûr, il s’agit de stigmatiser les musulmans. Mais dans cette opération, comme d’autres ils ont beaucoup à perdre. Contrairement à ce que certains journalistes racontent, ceux qui sont gênés, divisés ou « pas clairs » sur ce sujet, ce sont les dirigeants socialistes, pas les insoumis ! Car il leur faudra assumer les bilans et héritages. Et la masse des socialistes ne partagent pas l’ambiguïté de ses dirigeants. Le bilan de Hollande n’est pas bon. Les milieux militants laïques se souviennent de son recul face aux militants de l’enseignement religieux en Alsace-Moselle. Il avait promis de rendre cet enseignement, qui existe dans toutes les écoles primaires de ce département, réellement facultatif dans tous les établissements, avant de reculer. Pendant sa campagne de 2012, il avait même proposé d’inscrire le régime concordataire dans la Constitution !

      Faure en est l’héritier direct puisqu’il était à l’époque président du groupe à l’Assemblée nationale. D’ailleurs, Olivier Faure s’est déjà pris une volée de bois vert de la part des élus socialistes pour avoir évoqué la suppression du concordat en bureau national. Plusieurs élus de Moselle lui ont écrit un courrier pour dénoncer cette prise de position. « Sur la forme, nous tenons à noter qu’aucun de nous, responsables fédéraux ou élus locaux, n’a été associé à cette démarche ou consulté sur sa pertinence », écrivent plusieurs élus PS de Moselle et d’Alsace, soucieux de se mettre à très grande distance de l’idée laïque. Parmi eux : Pernelle Richardot, présidente du groupe socialiste de la région Grand-Est, Michael Weber, Maire de Wœlfling-lès-Sarreguemines, Antoine Home, Maire de Wittenheim dans le Haut-Rhin, Catherine Trautmann, ancienne ministre et maire de Strasbourg, Jean-Marc Todeschini, sénateur de Moselle ou encore Michel Liebgott, Maire de Fameck pour le compte des maires socialistes et républicains de Moselle. On voit où est le « terrain glissant » et pour qui.

      Anne Hidalgo, candidate la mieux placée au PS, s’est très vite inscrite dans ce registre d’accusation ce qui est le meilleur révélateur de ses intentions. Il est notable que son attaque fut lancée le jour où elle apporta son soutien à la loi macroniste « sécurité globale ». J’ai montré dans une précédente note ce qu’il en était réellement de son bilan en matière de laïcité à la tête de la mairie de Paris. Il y aura donc bientôt une compétition au PS pour paraitre toujours plus antimusulmans. Manuel Valls souffle donc sur des braises déjà bien chaudes. Mais ils s’exposent à un haut le cœur de la tradition socialiste. Ainsi, écœuré, le socialiste marseillais Patrick Menucci s’est hâté de prendre ses distances avec l’interview de Faure dans Libération. Celle-ci est en effet d’un grossier déterminisme social très insultant pour les personnes en situation de détresse économique. « Je ne souhaite pas qu’en mon nom, on explique la radicalisation islamiste et le terrorisme par le chômage structurel et la pauvreté » a-t-il tweeté immédiatement. En mettant le doigt dans cet engrenage, Olivier Faure se condamne à la rupture avec la tradition socialiste historique et a un alignement sur les plus extrémistes de son camp. Et ceux-là ne veulent pas que l’on se paye de mots : le discours sur la laïcité est dirigé contre les musulmans et rien d’autre. Cette pente a déjà un précédent dans l’histoire du mouvement socialiste. C’est celle que prit Marcel Déat avant-guerre qui, sous prétexte d’attachement à l’ordre et de dénonciation des « métèques », finit dans l’extrême droite.

      Pour nous, la partie est simple à jouer. Résistance sans faille. Nous sommes clairs. Nous n’avons aucun problème pour dénoncer le ciblage exclusif contre l’islam et des musulmans. En toutes circonstances, nous défendons la paix civile et l’unité du peuple en France. La laïcité n’est pas un sujet de débat chez nous, ni une découverte. Nous avons des propositions ancrées pour étendre ce principe émancipateur. Il suffit de les mettre sur la table pour différencier les véritables laïcs des tartuffes anti-musulmans. Nous le ferons sans faiblir jour après jour autant qu’il le faudra. Et nous rallieront à nous tous ceux qui progressivement vont savoir reconnaitre où est le camp de la paix civile.

      J’en ai fait l’expérience récemment lors d’un débat à l’Assemblée nationale. Il s’agissait d’une niche du groupe Les Républicains. À l’ordre du jour, une proposition de loi constitutionnelle qui prétendait inscrire dans la Constitution des dispositions qu’elle consacre déjà comme le fait que « nul individu ou nul groupe ne peut se prévaloir de son origine ou de sa religion pour s’exonérer du respect de la règle commune ». L’intérêt juridique était nul puisque tout ceci est déjà dit dans des termes très clairs par la Constitution ou la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Le but était encore une fois d’exciter la peur de l’islam. Après avoir dénoncé cette honteuse stigmatisation, j’ai défendu plusieurs amendements comme l’abolition du concordat d’Alsace-Moselle et le statut de Charles X ou l’interdiction pour le Président de la République de recevoir un titre clérical comme celui de « Chanoine de Latran ». Les ambitions laïques des députés LR furent tout de suite plus discrètes. Mais ni Olivier Faure, ni aucun autre député socialiste n’a souhaité défendre à mes côtés ces revendications élémentaires de la laïcité. Défendre la laïcité avec Mélenchon, pourquoi cela est-il impossible ? On voit dans cette situation une illustration de ce que produit la ligne qui nous assigne à résidence « contre la République » selon la rhétorique de Faure. On voit quel est le coût de l’insupportable campagne sur l’islamo-gauchisme. Une pure et simple division sans objet des forces pourtant disponibles comme elles l’étaient déjà dans cet hémicycle.

      https://melenchon.fr/2020/12/07/la-semaine-brut-macron-annonce-quil-sen-ira

  • #Calais : #maraudes et #ratonnades

    Les récentes images de #violences_policières nous rappellent celles vues à Calais lors du démantèlement de la jungle, ou, plus récemment encore, contre les réfugiés encore sur place.

    Le 15 Janvier 2018, lors de la visite d’Emmanuel Macron à Calais, deux associations d’aides aux réfugiés ont porté plainte contre X pour « destruction et #dégradation_de_biens ». Condamnés à dormir dehors, les réfugiés sont victimes de violences policières dénoncées depuis des mois par les associations : un jeune érythréen de 16 ans a perdu son oeil lors d’une opération de police...

    Un nationaliste repenti, des bénévoles à bout de souffle, des réfugiés épuisés : ils témoignent d’une histoire qui se répète désespérément, en plus grave et en plus rude.

    Patricia, qui participe bénévolement aux maraudes de Salam, témoigne de son incompréhension face à la #haine que certains habitants de Calais expriment à l’égard de ces réfugiés. Critiques venant de gens qui, parfois, connaissent eux aussi de grandes difficultés et doivent faire face à une autre forme de #misère.

    Romuald avait dans un premier temps trouvé sa place dans une association « anti-migrant » fréquentée par la sphère de l’extrême droite.

    « Qu’on gère l’immigration, qu’on ferme les #frontières, je suis pour, mais de là à gazer un mec parce qu’il n’est pas de la même couleur de peau, il y a tout un monde. Romuald, aujourd’hui bénévole pour l’#association_Salam. »

    Il quitte ce groupe, en désaccord avec sa radicalité. Quelque temps plus tard, Patricia l’a incité à se rendre à une maraude, puis à rejoindre l’association Salam dont il est aujourd’hui un des membres actifs.

    « Pour qu’un calaisien puisse gagner sa vie, il a intérêt à investir dans les barbelés ou les clôtures. Ici c’est grillagé dans tous les coins. Romuald »

    Youssef, lui, est membre d’#Utopia_56, une association venant en aide aux migrants de Calais. Il raconte les #dispersions, les #gaz_lacrymogènes et les violences policières.

    « On n’est pas équipés pour faire la guerre. Eux, ils ont des armes. »

    https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/calais-maraudes-et-ratonnades
    #asile #migrations #réfugiés #démantèlement #destruction #campement #audio #podcast #SDF #logement #hébergement #sans-abri #haine_des_réfugiés #extrême_droite #solidarité #violence #Salam #anti-migrants #islamophobie #fake_news #anti-musulmans #témoignage #distribution_de_repas

    –---

    Minute 25’10, témoignage d’un migrant, Abeba d’Ethiopie :
    « Je suis dubliné, je suis l’esclave de mes #empreintes »
    #empreintes_digitales

    ping @isskein @karine4

  • Comment la violence d’extrême droite a resurgi en Europe
    https://www.rfi.fr/fr/europe/20200918-en-europe-la-violence-dextr%C3%AAme-droite-na-jamais-cess%C3%A9-dexiste

    Elle s’exprime dans la rue ou contre les lieux dédiés aux minorités. Elle s’étale aussi dans les médias par la voix de ses représentants politiques ou des personnalités qui la soutiennent. Elle hante enfin la police ou la justice de nombre de pays européens. La violence de l’extrême-droite est désormais omniprésente en Europe, au point qu’en Allemagne par exemple, on n’hésite plus à parler de #terrorisme. Retour sur les racines de cette réémergence de l’extrême droite en Europe. Nous vous proposons également en bas de page une série de contenus pour approfondir cette thématique.

    #extrême_droite

  • Valeurs actuelles : une légitimation médiatique de (très) longue date - Acrimed | Action Critique Médias
    https://www.acrimed.org/Valeurs-actuelles-une-legitimation-mediatique-de

    Valeurs actuelles vilipendé, puis Valeurs actuelles… recruté ! En septembre 2020, aux critiques visant un (énième) article raciste succèdent une exposition et une assise accrues de l’hebdomadaire dans les grands médias. Indignation, digestion, recyclage. Il y a un an, Éric Zemmour suivait une trajectoire similaire. C’est que, comme lui, Valeurs actuelles est solidement installé dans le paysage médiatique. On pourrait parfois croire ses journalistes marginaux ; ce serait oublier qu’ils évoluent au contraire dans la cour des grands (bourgeois), qu’elle soit médiatique ou politique.

    Entre 2012 et 2014 VALEURS ACTUELLES a obtenu 2 995 404€ d’aides à la presse.
    Plus d’info sur : https://www.politologue.com/aides-a-la-presse/aide-presse.VALEURS-ACTUELLES.qnx
    https://seenthis.net/messages/881978
    L’emprise de Valeurs Actuelles par Abdellali Hajjat
    https://seenthis.net/messages/887875

    Réflexion sur les mécanismes de l’hégémonie de l’extrême-droite, en se focalisant sur le rôle joué par l’hebdomadaire Valeurs Actuelles (VA) et sa forte intégration dans l’espace médiatique. Loin d’être une publication confidentielle recrutant des journalistes et chroniqueurs eux aussi confidentiels, la « surface médiatique » de VA révèle un phénomène méconnu de circulation des personnes et des idées. Ce phénomène favorise un certain #entre-soi journalistique et l’universalisation du cadrage idéologique d’extrême-droite.

    Entre 2000 et 2020, les plus grosses participation à la rédaction d’articles pour la presse qui pue :
    éric brunet : 3 242 articles
    sophie de menton : 1 594
    catherine nay : 3 041
    françois d’orcival : 1 492
    guillaume roquette : 2 073

    #extrême_droite #jeunesses_identitaires #valeurs_actuelles #acrimed

  • Le #Pacte_d'Adriana

    Adriana a toujours été la tante préférée de la réalisatrice. Une femme charismatique qui s’était installée en Australie, un jour en 2007, elle est soudainement arrêtée en rendant visite à sa famille au Chili et accusée d’avoir travaillé pour la police secrète tristement célèbre du dictateur Pinochet, la DINA. La tante nie ces accusations. Sa nièce décide d’étudier l’histoire d’Adriana et commence à filmer. En 2011, ses investigations commencent à s’étendre de plus en plus, c’est alors que sa tante prend soudainement la fuite à bord d’un avion, juste avant un procès. Adriana demande à sa nièce d’interviewer ses anciens collègues qui pourront confirmer son innocence. Le film révèle des conflits longtemps enterrés dans la famille qui reflètent les problèmes sociaux du pays dans son ensemble. Les recherches de la cinéaste au sein de la DINA provoque de la tension entre les générations - est-ce Adriana qui refuse de parler du passé, ou quelque chose l’empêche-t-elle de le faire ? Un premier film extrêmement personnel dans lequel #Lissette_Orozco tente de gérer le numéro d’équilibriste difficile à maintenir entre son rôle de nièce et celui de réalisatrice. En montrant le tournage, elle aborde l’acte de se filmer. Et à mesure quelle avance, étape par étape, sa vie privée devient inconsciemment politique.

    http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/49907_1
    #film #film_documentaire
    #Chili #secret_familial #DINA #Pinochet #histoire #dictature #extrême_droite #femmes #Adriana_Rivas #extradition #brigade_Lautaro #Manuel_Contreras #justice #impunité #pactes_de_silence #pacte_de_silence #refoulement #Brigada_Lautaro

  • Une fondation d’utilité ultra privée - Basta !
    https://www.bastamag.net/Fondation-pour-l-ecole-d-utilite-ultra-privee-Esperance-Banlieue-reseau-d-

    La Fondation pour l’école (FPE) est depuis le début des années 2010 au cœur du phénomène de résurgence des écoles hors contrat… et depuis 2019 au centre d’une enquête de la brigade financière pour des suspicions de faux, fraude fiscale, abus de confiance, escroquerie et blanchiment. Reconnue d’utilité publique en 2008 par le Premier ministre François Fillon, proche des milieux catholiques conservateurs, la FPE avait été créée un an plus tôt sous l’impulsion d’Anne Coffinier, énarque, diplomate et militante de l’« enseignement libre », avec la collaboration de Lionel Devic, avocat, président de la Fondation, et Éric Mestrallet, entrepreneur et fondateur du célèbre réseau Espérance banlieues.

  • Les ultra-réactionnaires #catholicistes n’aiment pas que les journalistes les prennent en photo. Ils ont sans doute peur qu’on leur vole leur « âme ».

    https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/agresse-lors-mobilisation-toulouse-catholiques-traditio

    Le photographe Ulrich Lebeuf a déposé plainte après avoir été frappé au visage lors de la manifestation pour la messe organisée le 15 novembre à Toulouse. Le journaliste couvrait pour le quotidien Libération cet évènement encadré par plusieurs groupes de catholiques traditionnalistes.

  • Mundus vult decipi ergo decipiatur

    « Hold-Up » : « Pour démonter ce documentaire, il faudrait des heures, des jours de travail »
    https://www.franceinter.fr/societe/hold-up-pour-demonter-ce-documentaire-il-faudrait-des-heures-des-jours-d

    Tous les ressorts traditionnels sont activés dans ce documentaire et c’est quelque chose d’inquiétant parce que tout le monde va pouvoir y voir ses préjugés, va pouvoir y projeter ses propres inquiétudes, ses suspicions. Dans une période particulière de fragilité de notre démocratie, ce genre de productions peut avoir un écho, une résonance auprès de beaucoup de personnes inquiètes, mécontentes ou frustrées par la situation actuelle."

    Donc en fait, Hold up est un peu comme le Yi Qing : une sorte d’oracle qui ne peut jamais être pris en défaut.

    Visionné le machin pendant dix minutes avec cette avalanche de témoignages ou de soit-disant analyses toutes plus biaisées les unes que les autres. On joue essentiellement sur les affects. Aucun recul ni mise à distance n’est proposée. Un « docu » qui reflète bien l’époque où nous vivons : pour lutter contre la #désinformation, rajoutons de la désinformation. 100 % merdasse ==> Poubelle.