• Bruno Retailleau souhaite supprimer le droit du sol par référendum
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/09/08/bruno-retailleau-souhaite-supprimer-le-droit-du-sol-par-referendum_6768586_8

    Bruno Retailleau souhaite supprimer le droit du sol par référendum
    En cas de victoire lors des élections présidentielles, le candidat républicain a annoncé son intention de réviser la Constitution pour élargir les sujets qui peuvent être soumis à référendum, notamment aux politiques migratoires.
    Le Monde avec AFP
    Le candidat du parti Les Républicains (LR) à la présidentielle, Bruno Retailleau, a déclaré, mardi 8 septembre, vouloir supprimer le droit du sol par référendum, estimant que « les juges n’accepteraient pas » une telle réforme si elle n’est pas validée directement par les Français. Il avait auparavant annoncé son intention de réviser la Constitution pour élargir les sujets qui peuvent être soumis à référendum, notamment aux politiques migratoire et pénale.
    « Je prends cet engagement que ce seront les Français qui enfin définiront la politique migratoire », a-t-il précisé mardi sur CNews et Europe 1, « avec des idées très, très fortes que les juges n’accepteraient pas si on ne passe pas par le référendum et par le peuple, par exemple (…) renoncer au droit du sol ».
    M. Retailleau avait déjà plaidé pour la suppression du droit du sol au début de l’été, sans plus de précisions. « On a fait l’abrogation du droit du sol à Mayotte, et pourquoi ce qui est bon à Mayotte ne le serait pas sur le sol national, hexagonal ? », avait-il demandé. « On ne peut pas devenir français par hasard, en catimini, de façon automatique. »
    Il a expliqué vouloir soumettre aux Français, après révision constitutionnelle, « deux textes de loi » par référendum : « une loi pour réduire l’immigration », qui selon lui, « n’est pas une chance pour la France », mais est « devenue une charge » ; et une loi « sur une politique pénale de grande fermeté ».

    #Covid-19#migration#migrant#france#extremedroite#sante#droitdusol#politiquemigratoire#extremedroite#immigration

  • « Fermer le robinet de l’aide à l’Ukraine » le RN tombe le masque et menace d’asphyxier les victimes de Poutine

    Louis Aliot, vice-président du RN, interrogé sur l’attitude d’un gouvernement dirigé par son parti sur les aides à l’Ukraine, a répondu : « On coupe le robinet. » « On ne peut plus. Le système de santé, le système éducatif, tout le monde est à l’os. On trouve encore de l’argent pour aller défendre l’Ukraine. Je veux bien mais qui paye cette guerre ? Il faut savoir arrêter une guerre. »

    Face aux réactions, la direction du RN tente de relativiser la déclaration de son dirigeant, sans infirmer le projet de suppression de tout soutien financier français et européen à l’Ukraine.

    En réalité, Aliot a exprimé les positions ancrées au sein de la direction de son parti.

    Le Rassemblement national (RN), financé par des prêts russes obtenus en 2014, a toujours défendu la Russie de Poutine. Marine Le Pen a érigé la ligne prorusse en discours officiel du parti entre 2011 et 2022. Pendant ces années, elle a publiquement exprime son « admiration pour Vladimir Poutine », a été reçue à Moscou par Poutine lui-même en 2017, ainsi que par d’autres officiels à plusieurs reprises.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/08/26/renforcer-la-solidarite-avec-lukraine-motion-presentee-lors-du-congres-dautomne-2026-du-parti-vert/#comment-75696

    #ukraine #extremedroite #russie

  • Le RN et l’héritage de Doriot

    Il y a quelques jours, la militante Renaissance Danielle Barrao, rapidement reprise par le media Contre-Attaque, repère une vidéo de 2022 durant laquelle on aperçoit en évidence dans le bureau où est interviewée Edwige Diaz, députée de Gironde et vice-présidente du RN, une affiche « Tu dois tout au parti, le parti ne te doit rien », phrase qui était un des slogans du PPF de Jacques Doriot. De quoi s’agit-il ?

    Jacques Doriot fut un des principaux dirigeants du PCF au début des années 1930. En 1934, il en est exclu suite à un désaccord quant à la stratégie « classe contre classe ». Il monte alors sa propre organisation : le Parti Populaire Français. Très vite, l’opposition au PCF puis au Front Populaire devient le principal marqueur du nouveau parti, ce qui lui apporte des ralliements issus de l’Action Française et des Jeunesses Patriotes. En quelques années, le PPF devient une des principales formations d’extrême-droite. Dans le même temps, l’antisémitisme devient un élément central du discours de Doriot, qui n’a de cesse de dénoncer le « judéo-communisme » et le « juif Blum aux ordres du Kremlin ». Lorsque les nazis envahissent la France, il adopte une ligne ultra en faveur de la Collaboration. Des Groupes d’Action PPF sont créés, qui servent d’auxiliaires aux forces allemandes et participent à des rafles ainsi qu’à des exécutions de juifs·ves et de résistant·es. Suite à l’attaque allemande contre l’URSS en 1941, le PPF participe à la création de la Légion des Volontaires Français contre le bolchevisme, qui regroupe plusieurs milliers de français souhaitant se battre aux côtés de l’armée allemande. En 1944, la LVF est intégrée à la SS Charlemagne. Jacques Doriot, qui a fait plusieurs séjours sur le front Est, y obtient le grade de Sturmbannführer. Fuyant en Allemagne pour échapper à l’avancée des forces alliées, il est tué lors d’un mitraillage aérien en février 1945.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/09/08/le-rn-et-lheritage-de-doriot

    #extremedroite

  • Manche : au Royaume-Uni, des militants d’extrême droite cagoulés manifestent à Portsmouth et à Douvres contre les arrivées de migrants - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/73516/manche--au-royaumeuni-des-militants-dextreme-droite-cagoules-manifeste

    Manche : au Royaume-Uni, des militants d’extrême droite cagoulés manifestent à Portsmouth et à Douvres contre les arrivées de migrants
    Par La rédaction Publié le : 07/09/2026
    Des activistes cagoulés d’extrême droite ont tenté dans la nuit de dimanche à lundi d’entraver le débarquement de migrants à Portsmouth dans le sud de l’Angleterre. La veille, d’autres militants avaient déjà manifesté contre les arrivées de migrants à Douvres, plus à l’est du pays. Des centaines de manifestants anti-immigration se sont rassemblés dans la nuit du dimanche 6 septembre au lundi 7 septembre à Portsmouth, dans le sud de l’Angleterre. Ils tentaient d’empêcher le transfert vers des centres d’accueil de migrants arrivés dans le port de la ville, en fin de journée dimanche, sur un mega boat. L’embarcation était partie de Jobourg, dans le Cotentin, en Normandie.
    Les militants d’extrême droite, dont beaucoup étaient habillés en noir et avaient le visage masqué, selon des images diffusées sur les réseaux sociaux et dans les médias britanniques, ont bloqué pendant plusieurs heures les routes menant à la marina d’Eastney à Portsmouth, tandis que des policiers équipés de boucliers anti-émeutes formaient un cordon de sécurité autour d’autocars destinés au transport des migrants. Les militants ont été dispersés « vers 4h00 du matin (03h00 GMT) », selon la police locale.
    Downing Street a condamné « sans réserve » ces évènements, a indiqué un porte-parole du Premier ministre travailliste Andy Burnham. Un autre porte-parole - du ministère britannique de l’Intérieur - a condamné « le comportement intimidant et brutal » de ces activistes. « Le droit de manifester pacifiquement est fondamental pour notre démocratie, mais il ne doit jamais franchir la ligne menant au désordre », a-t-il ajouté.
    L’influenceur et militant d’extrême droite, Tommy Robinson, a largement relayé sur X des vidéos de ces manifestants anti-migrants. On y voit des hommes encercler des bus à bord desquels se trouvent les migrants en chantant « Send them back ! » ("Renvoyez-les !"). Les arrivées à Portsmouth, dans cette région du sud de l’Angleterre, sont extrêmement rares, les bateaux de migrants traversant généralement la Manche plus à l’est, où la distance entre les côtes françaises et britanniques est la plus courte. Les autorités locales redoutent donc l’ouverture d’une nouvelle route migratoire, plus à l’ouest des itinéraires habituels. « Il est extrêmement inquiétant de voir une traversée illégale de migrants aussi loin à l’ouest », a réagi sur X le député conservateur local Joe Robertson. « Nous devons savoir exactement ce qui s’est passé et si les passeurs utilisent de nouvelles routes pour ces grands bateaux pneumatiques », a-t-il ajouté. « Portsmouth n’est pas équipé pour accueillir et prendre en charge » les migrants s’ils devaient arriver en nombre à l’avenir, a également alerté la responsable chargée de superviser la police dans le Hampshire, Donna Jones. « Le gouvernement doit garantir la sécurité de la côte sud du Royaume-Uni pour éviter que cela ne se reproduise », a-t-elle ajouté dans un communiqué transmis à l’AFP.
    La veille, samedi, un rassemblement anti-migrants avait également eu lieu à Douvres, bloquant le port pendant plusieurs heures. Derrière ces deux rassemblements figure un groupe baptisé « Patriot Platform », initié notamment par Daniel Thomas, dit Danny Tommo, proche du militant Tommy Robinson. Cette manifestation de dizaines de personnes masquées, opposées aux traversées de la Manche par des migrants, a interrompu pendant quelques temps le trafic des ferries reliant la France et le Royaume-Uni. Douvres est un port qui relie le sud de l’Angleterre au nord de la France. C’est aussi là que sont débarqués les migrants ayant traversé la mer depuis Calais et sa région. Les autorités portuaires ont ajouté que les manifestants bloquaient « toutes les voies » d’accès et de sortie du terminal.
    Paul King, un élu local du parti anti-immigration Reform UK, a déclaré avoir été informé qu’il s’agissait d’une « manifestation pour arrêter les bateaux ». Les gouvernements britanniques successifs ont tous promis de juguler les traversées clandestines, un sujet devenu hautement inflammable et qui a largement alimenté ces dernières années l’essor de Reform UK, qui a exploité sans relâche la question.
    Selon des chiffres publiés fin août par les autorités britanniques, les demandes d’asile ont reculé de 21% au Royaume-Uni entre fin juin 2025 et fin juin 2026, à leur plus bas niveau depuis 2022, tandis que les arrivées de migrants sur de petits bateaux ont reculé de 23%

    #Covid-19#migration#migrant#royaumeuni#extremedroite#politiquemigratoire#migrationirreguliere#sante#asile

  • Un réseau antiraciste se mobilise contre la marche en faveur de la « remigration »

    L’Initiative commune contre le racisme et la discrimination organisera le 5 septembre une grande contre-manifestation à proximité d’un rassemblement en faveur de ce qu’on appelle la « remigration ». Selon Lene Junker, membre de l’Initiative, l’extrême droite a pris de l’assurance dans un climat politique où les idées de renvoi dans le pays d’origine se sont rapprochées du courant dominant.

    Lorsque, le 5 septembre, l’extrême droite descendra dans les rues de Copenhague pour manifester en faveur de ce qu’elle qualifie de « politique de rapatriement juste et réaliste », elle se heurtera à une contre-manifestation antiraciste.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/09/02/un-reseau-antiraciste-se-mobilise-contre-la-ma

    #extremedroite

  • Immigration : le piège de l’extrême droite se referme sur les Européens
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/27/immigration-le-piege-de-l-extreme-droite-se-referme-sur-les-europeens_675834

    Immigration : le piège de l’extrême droite se referme sur les Européens
    Éditorial
    Les campagnes électorales de la rentrée en Europe – législatives en Suède, régionales en Allemagne, présidentielle en France – illustrent à quel point le piège tendu par les surenchères de l’extrême droite sur l’immigration fonctionne.
    En Suède, le parti d’extrême droite des Démocrates de Suède (SD), en perte de vitesse, a décidé de savonner la planche de ses alliés de la coalition – Libéraux, conservateurs et Chrétiens-démocrates. Le SD appelle ses électeurs à ne plus soutenir les Libéraux, alors que leur cheffe de file avait annoncé qu’elle accepterait des ministres d’extrême droite au gouvernement. Après avoir poussé avec succès ces dernières années les démocrates à serrer la vis de la politique migratoire suédoise, le SD se radicalise, nourrissant une montée du discours raciste et antimusulman dans le pays.
    En Allemagne, le chancelier conservateur, Friedrich Merz, fragilisé dans son camp, tablait sur une fermeture de l’immigration pour contenir l’extrême droite, mais celle-ci reste en embuscade. La tête de liste du parti Alternative für Deutschland pour le scrutin du 6 septembre en Saxe-Anhalt, Ulrich Siegmund, pourrait devenir le premier gouverneur d’extrême droite d’un Land. Séducteur et affable, il prône une accélération des expulsions, l’obligation de travaux d’intérêt général pour les demandeurs d’asile et la création de classes spéciales pour les enfants de réfugiés dans les écoles.
    L’ancien premier ministre français Edouard Philippe, candidat de droite issu du bloc central, a pu prendre de court une partie de son camp en se déclarant favorable à la création, en Afrique, d’un centre de retour pour les immigrés illégaux de Mayotte. La France reste opposée à ce projet contestable de plateformes hors d’Europe, inscrit dans le règlement européen en cours d’adoption sur les migrants irréguliers.
    L’illusion consiste à croire qu’une fois l’extrême droite satisfaite, elle pourrait observer une pause dans ses exigences. A Bruxelles, la pression exercée par l’Italienne Giorgia Meloni, alliée à la sociale-démocrate danoise Mette Frederiksen, ne faiblit pas, après avoir entraîné 22 des 27 Etats membres à dénoncer la négligence supposée de l’Espagne lors de la crise de Ceuta en juillet, quand 50 000 Marocains ont pénétré dans l’enclave espagnole. Dans le cadre des négociations qui reprennent sur le budget commun, les deux dirigeantes demandent que l’Union finance les plateformes de retour pour les migrants. Or, la Commission a toujours indiqué qu’il ne lui reviendrait pas de payer.
    A chaque victoire – participation au gouvernement ou adoption de législations anti-étrangers compatibles avec sa stratégie du bouc émissaire –, l’extrême droite entend très logiquement aller plus loin sur son terrain et s’affiche de plus en plus ouvertement xénophobe. L’exemple offert par le président américain, Donald Trump, et sa brutale police de l’immigration l’encourage. Avec, en ligne de mire, la « remigration ». La surenchère des conservateurs ne peut conduire qu’à l’ingestion de ce concept identitaire flou par les politiques européennes, les conduisant à passer des étrangers irréguliers aux immigrés réguliers, puis aux citoyens jugés inassimilables selon des critères raciaux. Les démocrates, convaincus de la nécessité d’une meilleure protection des frontières de l’Europe, sont mis au défi de proposer une alternative à l’inacceptable.

    #Covid-19#migration#migrant#UE#extremedroite#immigration#remigration#politiquemigratoire#droit#sante#migrationirreguliere

  • Présidentielle 2027 : la surenchère sur l’immigration des candidats du bloc central
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/08/23/presidentielle-la-surenchere-des-candidats-du-bloc-central-sur-l-immigration

    Présidentielle 2027 : la surenchère sur l’immigration des candidats du bloc central
    En visite à Mayotte, Edouard Philippe a évoqué la suspension des demandes d’asile ou de regroupement familial. Son rival au centre, Gabriel Attal, évoque une modification constitutionnelle pour instaurer des quotas limitatifs de migrants.
    Par Véronique Chocron
    Son entourage n’en fait pas mystère : il s’agit de ne pas laisser le terrain au Rassemblement national (RN). Depuis les images frappantes de l’intrusion, les 30 et 31 juillet, de 72 000 migrants dans l’enclave espagnole de Ceuta (dont 70 000 ont depuis été renvoyés au Maroc), Edouard Philippe, candidat Horizons à la présidentielle, multiplie les prises de position sur l’immigration, un thème au cœur de sa campagne pour 2027.
    Il y a d’abord eu la publication, le 10 août, d’une tribune dans Le Figaro, pour affirmer sa volonté d’instaurer un « verrou Schengen ». Objectif : qu’aucun Etat européen ne puisse « engager seul une régularisation massive » de clandestins « au-delà d’un seuil défini collectivement » et « sans accord préalable ». Une attaque dirigée contre le plan de régularisation lancé en début d’année par l’Espagne, qui aurait selon le président d’Horizons créé un appel d’air pour tout le continent – bien que l’enclave nord-africaine de Ceuta n’appartienne pas à l’espace européen de libre circulation.
    En visite à Mayotte le 21 août, quelques jours avant la venue du premier ministre, Sébastien Lecornu, l’ex-chef du gouvernement s’est engagé, en cas de victoire, à suspendre les enregistrements des demandes d’asile et le droit du sol dans l’île, qui connaît un afflux régulier de migrants, pour l’essentiel comoriens, mais aussi à y interrompre les demandes de regroupement familial, pendant la durée du quinquennat. Il a également souhaité qu’un « centre de retour français » soit installé en Afrique de l’Est, « afin d’éloigner rapidement et massivement les étrangers en situation irrégulière installés à Mayotte ».
    Son rival Gabriel Attal, l’autre candidat du bloc central à la présidentielle, n’est pas en reste. Le 1er août, au lendemain de la crise de Ceuta, il a ainsi donné une interview controversée au Journal du dimanche, propriété du milliardaire conservateur Vincent Bolloré. Le secrétaire général de Renaissance y explique que « la maîtrise de l’immigration est l’un des grands échecs des deux derniers quinquennats » et propose « des quotas limitatifs ». « Cela suppose de modifier la Constitution, ajoute-t-il, mais j’assume (…) de lever ce tabou. »
    Une escalade de propositions qui laisse perplexes certains anciens soutiens, comme la députée du Maine-et-Loire Stella Dupont. Pour celle qui fut, de 2018 à 2022, référente sur les questions d’immigration et d’asile au sein du groupe macroniste, avant d’en quitter les bancs en 2024 – elle siège désormais parmi les députés non inscrits –, Edouard Philippe et Gabriel Attal « vont sur le sujet immigration car ils y voient un marqueur de droite fort, et que, pour gagner une élection, ils se disent qu’il faut d’abord rassembler sa base, puis l’élargir ». S’alarmant du fait que « les idées d’extrême droite infusent », la députée, aujourd’hui porte-parole de l’ex-socialiste Bernard Cazeneuve, s’interroge sur « cette stratégie de la course derrière le RN ».
    « La position d’Edouard Philippe a toujours été assez raide sur le sujet de l’immigration, il est même plus sévère que ce qu’il dit publiquement, confie un autre député Horizons, qui souhaite conserver l’anonymat. Il a par exemple été le premier à vouloir dénoncer l’accord signé entre la France et l’Algérie en 1968 », qui réglemente la circulation, l’emploi et le séjour des ressortissants algériens en France.L’ancien premier ministre sous le premier quinquennat d’Emmanuel Macron ne souhaite en effet « pas renégocier l’accord, détaille Clément Tonon, coordinateur du projet présidentiel de la campagne d’Edouard Philippe. Il n’y a plus de raison d’avoir un régime dérogatoire pour les Algériens par rapport aux autres étrangers ». Quant au droit d’asile, « il y est très attaché, poursuit Clément Tonon, mais il prône la suspension prolongée des demandes d’asile en cas de crise migratoire instrumentalisée comme à la frontière polono-biélorusse ou en cas de saturation migratoire dans un territoire insulaire comme Mayotte, ou enclavé comme Ceuta. Plusieurs pays européens, comme la Grèce et la Pologne, y réfléchissent ».
    Les spécialistes du droit de l’immigration, eux, restent sceptiques sur le réalisme de ces propositions. Professeur de droit public à l’université Grenoble-Alpes, Serge Slama estime qu’une suspension du droit d’asile pendant la durée du quinquennat « n’est juridiquement pas possible. Il y a deux obstacles : le droit de l’Union européenne [UE], car l’article 18 de la Charte des droits fondamentaux de l’UE garantit le droit d’asile, et la Constitution française, pour la même raison ». Ces règles empêchent de refouler les personnes se disant persécutées dans leur pays sans avoir examiné leur demande de protection et, pour le préambule de la Constitution, garantit l’asile sur le territoire de la République.
    De même, « une loi qui suspendrait pendant cinq ans le droit du sol à Mayotte poserait un problème de constitutionnalité au regard du principe d’égalité des citoyens devant la loi », poursuit Serge Slama. Quant à la proposition d’interrompre les demandes de regroupement familial à Mayotte, elle se heurterait au droit à une vie privée et familiale, garanti par la Constitution française, la Convention européenne des droits de l’homme et la Charte des droits fondamentaux de l’UE.
    Commentant la visite d’Edouard Philippe à Mayotte, le député européen RN Matthieu Valet ne s’est quant à lui pas privé de sortir l’argument des électeurs qui « préféreront toujours l’original à la copie ». « La suppression du droit du sol, du regroupement familial, l’irrecevabilité des demandes d’asile à Mayotte (…), Marine Le Pen [les] avait déjà annoncé[es] », a-t-il déclaré sur BFM-TV, le 21 août, en soulignant « l’intérêt électoraliste » du président d’Horizons.
    Pourquoi les deux anciens premiers ministres et candidats du bloc central à la présidentielle ont-ils alors enfourché ce cheval de bataille, à huit mois de l’élection ? L’immigration ne figure pas au cœur des préoccupations de leur électorat, tant s’en faut : elle n’est pas le premier sujet de préoccupation des Français dans leur ensemble, puisqu’elle n’arrive qu’au sixième rang, selon le baromètre Ipsos BVA-CESI Ecole d’ingénieurs publié en juillet (avant la crise de Ceuta) par La Tribune Dimanche. Il est cité comme une préoccupation par 27 % des Français, derrière le pouvoir d’achat – premier sujet –, puis l’avenir du système social, le niveau de la délinquance, la protection de l’environnement et la dette. Au sein du bloc central, l’immigration n’est citée comme une préoccupation que par 11 % des électeurs de Renaissance, du MoDem et d’Horizons.
    Pour Brice Teinturier, directeur général délégué de l’entreprise de sondages Ipsos, « face à un événement d’actualité comme Ceuta, extrêmement marquant et supposément anxiogène dans l’opinion, les candidats du bloc central n’ont pas voulu se laisser déborder par le RN, ni donner l’impression qu’eux négligeraient le sujet, ce qui les amène à durcir leurs propositions ».L’analyste politique souligne que l’électorat-clé pour Edouard Philippe est « celui de la droite non-RN, celui de Bruno Retailleau, pro-européen, probusiness, mais ancré à droite sur le régalien et le sujet des valeurs » ; un électorat que des propositions dures sur l’immigration « ne déstabiliseront pas, ce qui n’est pas tout à fait le cas du côté de Gabriel Attal ». Les deux anciens premiers ministres cherchent à rassembler leur camp pour se qualifier au premier tour, « sans créer une hostilité à gauche », car ils auront besoin de ses voix au second tour. « C’est risqué, mais ne pas aborder le sujet de l’immigration l’est aussi, estime Brice Teinturier. Gabriel Attal et Edouard Philippe naviguent donc entre ces différents risques. »

    #Covid-19#migration#migrant#france#politiquemigratoire#election#extremedroite#sante#droit#immigration

  • « Femmeblancherie » : un canal « masculiniste » ou groupe néonazi ?

    Présenté comme une première judiciaire contre des propos « masculinistes », le coup de filet visant « Femmeblancherie » pose un problème d’attribution. Qualifier de masculiniste ce qui relève du néonazisme peut détourner l’attention et les moyens du milieu réellement en cause, au risque de lui ménager des espaces d’impunité.

    Le 6 août 2026, Le Figaro révèle que 45 hommes ont été interpellés au mois de juin dans le cadre d’une enquête visant le canal Telegram « Femmeblancherie », qui réunissait quelque 1 700 membres. Trente-quatre doivent comparaître devant la justice. Injures visant les femmes, appels à la violence et au viol, mais aussi propos racistes et négationnistes y circulaient. Dans son titre, Le Figaro qualifie « Femmeblancherie » de « canal masculiniste ».

    Plusieurs médias reprennent le lendemain cette qualification, parlant d’un « groupe masculiniste en ligne » et présentant l’opération comme une « première pour des propos masculinistes ». Je suis moi-même sollicitée par le journal télévisé de France 2 pour commenter l’affaire en tant que spécialiste des masculinismes, tout en mettant en garde la rédaction contre une attribution trop rapide : les éléments alors disponibles me paraissent tout autant, sinon davantage, renvoyer au milieu suprémaciste blanc.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/08/23/femmeblancherie-un-canal-masculiniste-ou-group

    #extremedroite

  • « Tous ces migrants illégaux qui arrivent sur nos côtes prennent les emplois des Britanniques » : dans la station balnéaire de Jaywick, le vote pour Nigel Farage est nourri par la peur de l’étranger
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/12/tous-ces-migrants-illegaux-qui-arrivent-sur-nos-cotes-prennent-les-emplois-d

    « Tous ces migrants illégaux qui arrivent sur nos côtes prennent les emplois des Britanniques » : dans la station balnéaire de Jaywick, le vote pour Nigel Farage est nourri par la peur de l’étranger
    Par Julie Zaugg (Jaywick [Royaume-Uni], envoyée spéciale)
    Pour Michelle (qui n’a donné que son prénom), 54 ans, la décision de déménager à Jaywick, sur la côte de l’Essex, n’a pas été prise à la légère. « J’ai consulté les statistiques officielles pour trouver l’un des endroits au Royaume-Uni avec la population la plus blanche », relate-t-elle, le 5 août, assise devant le Sunspot, un minicentre commercial abrité dans des bâtiments de tôle qui a ouvert en 2023 sur le front de mer de cette station balnéaire isolée, située à un peu plus d’une centaine de kilomètres à l’est de Londres. « Je ne me sens plus en sécurité dans les grandes villes avec tous ces groupes de migrants illégaux qui rôdent », poursuit-elle.Jeudi 13 août, lorsque les résidents de Clacton-on-Sea, la circonscription dont fait partie Jaywick, se rendront aux urnes pour élire leur député, elle votera pour Nigel Farage, le dirigeant du parti d’extrême droite Reform UK.
    Les chalets bordant la plage de Jaywick, communauté fondée en 1928 comme village de vacances pour la classe ouvrière, sont progressivement devenus des résidences principales pour les personnes défavorisées fuyant la capitale. En ce mercredi après-midi de début août, des résidents sillonnent la rue principale sur des scooters pour personnes à mobilité réduite. La plage est parsemée de tentes érigées par des personnes sans domicile fixe. Trois jeunes femmes assises à même le trottoir versent de la vodka dans une bouteille de cola. Sur les balcons, des pancartes munies du slogan « Je suis avec Nigel » signalent l’allégeance politique du lieu.
    L’élection de Clacton-on-Sea a été déclenchée par la démission de Nigel Farage, qui occupe ce siège parlementaire depuis 2024. Placé sous enquête en raison d’un don non déclaré de 5 millions de livres (5,8 millions d’euros) provenant du cryptomilliardaire Christopher Harborne, il a choisi de démissionner et de se représenter à son propre poste, décrivant le scrutin du 13 août comme un vote « du peuple contre l’establishment ». Les principaux partis ont choisi de boycotter le scrutin pour ne pas rentrer dans son jeu.
    Cette décision a ouvert la voie à une série de candidats fantaisistes, dont Count Binface (« le comte à tête de poubelle »), qui a promis de maintenir le prix des croissants à 1 livre et de renvoyer à l’école les climatosceptiques. L’acteur Laurence Fox, qui représente le parti d’extrême droite Reclaim, est aussi sur les rangs. La réélection de Nigel Farage semble toutefois assurée. Un sondage de Mandate Research, publié le 3 août, lui attribue 73 % des intentions de vote.
    Les façades des hôtels à la peinture fanée ornant le front de mer témoignent des jours meilleurs qu’a connus cette station balnéaire avant que les classes ouvrières londoniennes ne découvrent les séjours tout compris en Espagne dans les années 1980. La fête foraine installée sur la jetée en bois était l’une des plus connues du pays. Des touristes journaliers en habit de plage fréquentent désormais les manèges brinquebalants et les échoppes vendant du sucre d’orge et des bulots. « Il n’y a qu’une seule personne qui aura mon vote, c’est Nigel », glisse Steve Devaux, 58 ans. Sa bête noire, ce sont les gens qui vivent de l’aide sociale. « Je possède plusieurs logements, et mes locataires ont des télés à écran plat et des meubles neufs sans avoir jamais travaillé un seul jour de leur vie », déplore-t-il.
    L’immigration l’inquiète aussi. « Tous ces migrants illégaux qui arrivent sur nos côtes prennent les emplois des Britanniques », lâche-t-il. La population de la cité est pourtant à 96 % blanche, selon le dernier recensement réalisé en 2021. Le 1er juillet, une embarcation de fortune contenant six migrants est arrivée sur l’une des plages locales, mais il s’agissait d’une première. « Clacton-on-Sea compte de nombreux retraités issus de la classe ouvrière, relève Peter Klotz, un élu travailliste au conseil municipal. On leur a vendu l’idée que tous leurs maux avaient été causés par les migrants. » Les plus de 65 ans représentent 32 % de la population, contre 19 % à l’échelle nationale.
    Le pasteur Stephen Clayden, qui prêche pour l’église Le Pain de vie, dans une halle blanche en face d’un supermarché Lidl, fait partie des orateurs affiliés à la droite dure qui ont influencé le discours politique à Clacton-on-Sea. « Les gens sont inquiets, lance-t-il. Des groupes d’hommes asiatiques ont été vus à proximité de certaines écoles. » Il dit vouloir « [se] battre pour éviter que les hôtels de la cité ne servent à héberger des demandeurs d’asile, comme ailleurs au Royaume-Uni ». Interdit de prêche dans la ville voisine de Colchester en raison du contenu homophobe et islamophobe de ses sermons, Stephen Clayden a reçu le soutien de Nigel Farage dans une vidéo mise en ligne en mai.
    Siégeant dans un ancien théâtre néoclassique, le chef (non élu) du conseil municipal de Tendring (qui comprend Clacton-on-sea et Jaywick), Ian Davidson, est préoccupé par le cirque médiatique qui s’est abattu sur la commune de 53 200 habitants. « Cette élection n’est pas une blague, soupire-t-il. Nous élisons notre représentant parlementaire. » Il a préparé une présentation d’une trentaine de pages à l’intention des candidats pour les informer des enjeux locaux. « Clacton-on-Sea souffre d’un profond dénuement, détaille-t-il. Le nombre de jeunes qui obtiennent un diplôme d’études secondaires est plus bas que la moyenne nationale. L’espérance de vie est dix-huit ans plus basse qu’à Saffron Walden [une riche commune de l’Essex]. » Il y voit un effet du manque d’emplois dans cette station balnéaire qui ne parvient guère à attirer les touristes. « C’est un cercle vicieux, poursuit-il. Comme les logements sont bon marché, les personnes défavorisées et les séniors déménagent ici, faisant pression sur les ressources publiques. »
    Sur la place centrale de Clacton-on-Sea, on sent poindre ces défis. Un groupe d’habitués sirote des canettes de bière en lançant des grossièretés aux passants. Une dame âgée en minijupe et en haut très court se promène en marmonnant, une poupée dans les bras. Un garçon d’une douzaine d’années tente d’écouler des parfums de contrefaçon qu’il trimballe dans un cabas en papier.« L’absence de perspectives pousse de nombreux électeurs dans les bras de Reform UK », juge Ben Lattimore, un résident de 39 ans qui prend le soleil dans un parc au bord de l’eau. Il pense toutefois que le scrutin déclenché par Nigel Farage va entamer sa popularité. « Nous avons bien compris qu’il cherche juste à détourner l’attention de ses problèmes financiers », dit-il. Reform UK, qui caracolait en tête des sondages il y a un an, avec 34 % des intentions de vote au niveau national, a vu cette part chuter à 26 %, selon le baromètre Ipsos de juin.

    #Covid-19#migration#migrant#royaumeuni#extremedroite#migrationirreguliere#politiquemigratoire#sante

  • Communiqué unitaire contre le Canon français

    Comme de nombreux-ses habitant-es du territoire, nous avons appris avec une vive émotion la tenue possible, en novembre prochain, d’un « banquet basque », programmé à la halle Iraty de Biarritz par le Canon français, entreprise appartenant en partie au milliardaire Pierre-Edouard Stérin.

    Vous n’êtes pas sans savoir que ces banquets suscitent régulièrement des troubles importants à l’ordre public et de nombreux actes délictueux (insultes racistes, sexistes et homophobes, chants et saluts à la gloire du nazisme…).

    Ces faits ont été documentés à plusieurs reprises par des journalistes présent-es, comme ce fut par exemple le cas à Caen le 18 avril dernier, où plusieurs vidéos attestent d’atteintes graves aux valeurs de non-discrimination, d’égalité des droits et de solidarité qui contreviennent directement au droit français.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/03/25/ensemble-faisons-digue-contre-lextreme-droite/#comment-75334

    #extremedroite

  • La crise de Ceuta, un révélateur des divisions de l’Union européenne sur la question migratoire
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/04/la-crise-de-ceuta-un-revelateur-des-divisions-de-l-union-europeenne-sur-la-q

    La crise de Ceuta, un révélateur des divisions de l’Union européenne sur la question migratoire
    Par Anna Joubinet (Bruxelles, correspondance )
    A Bruxelles, interrompre ses vacances pour des réunions en ligne à 27 est presque devenu un rituel estival pour nombre de diplomates et de ministres. Samedi 1er août, l’Irlande, qui occupe la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne (UE), a convoqué les ministres de l’intérieur des Etats membres pour une visioconférence impromptue, mardi 4 août, en milieu de matinée.
    Objectif officiel : tirer des leçons de la crise éclair du 30 juillet, qui a vu près de 50 000 migrants venus du Maroc entrer dans l’enclave espagnole de Ceuta, avant que la plupart ne fassent demi-tour dans les vingt-quatre heures qui ont suivi. Au moins 72 personnes sont mortes, notamment par noyade, selon les autorités locales. Dublin y voit aussi une occasion d’exprimer la solidarité de l’UE avec l’Espagne.
    Il faut dire que celle-ci n’était pas franchement de mise ces derniers jours. Samedi, 22 chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE – majoritairement issus de la droite – ont accusé le premier ministre socialiste espagnol, Pedro Sanchez, de ne pas en faire assez pour assurer la protection des frontières extérieures de l’UE.
    Dans leur lettre aux dirigeants des institutions européennes, ces 22 Etats – dont l’Italie, l’Allemagne, la Pologne, la Hongrie, la République tchèque, mais aussi le Danemark, dirigé par la sociale-démocrate Mette Frederiksen – dénoncent les « politiques susceptibles de créer un effet d’appel », faisant allusion au vaste plan de régularisation de sans-papiers lancé en avril par Pedro Sanchez – lequel ne concerne que des personnes vivant déjà en Espagne.Le même jour, le premier ministre espagnol écrivait à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour déplorer « l’attitude alimentée par les préjugés, la désinformation, l’ignorance ou des intérêts politiques » de certains gouvernements européens après la crise à Ceuta.
    Ces deux courriers, envoyés à quelques heures d’intervalle, réclamaient une rencontre ministérielle pour faire le bilan de l’épisode. La France aussi, même si Paris n’a pas signé la lettre accusatrice des 22. « Elle n’apportait aucune solidarité concrète à l’Espagne et visait avant tout à instrumentaliser la poussée migratoire à Ceuta », explique l’Elysée. Même constat du côté du Luxembourg et du Portugal, qui ne figurent pas parmi les signataires. Tout comme l’Irlande, même si, dans son cas, son rôle de présidente du Conseil de l’UE lui impose d’afficher une forme de neutralité.
    Lundi, les ambassadeurs des Vingt-Sept auprès de l’UE ont longuement préparé la visioconférence ministérielle du lendemain. Mais ils ne s’attendent pas à ce que des décisions majeures y soient prises. « La réunion sera utilisée par les ministres à des fins de politique intérieure », confie aussi une de ces sources diplomatiques. Elle leur permettra « d’adopter un ton plutôt dur pour ne pas laisser la moindre prise aux critiques de l’extrême droite ». Ces dernières années en effet, les gouvernements européens, dont plusieurs ont basculé à droite, ont durci leur position sur l’immigration pour donner des gages à un électorat de plus en plus séduit par l’extrême droite.
    La virulence des critiques formulées à l’égard de Pedro Sanchez n’est que le dernier épisode de cette évolution, à laquelle seule une poignée d’Etats européens s’oppose désormais. Lors du dernier sommet des Vingt-Sept, en juin, à Bruxelles, la première ministre danoise, Mette Frederiksen, et la présidente du conseil italien, Giorgia Meloni, qui s’étaient déjà alliées en 2025 pour réclamer une révision de la jurisprudence de la Convention européenne des droits de l’homme concernant les droits des migrants, ont pris à partie le dirigeant espagnol. Lors de ce sommet, 19 Etats avaient signé une lettre réclamant davantage de soutien de la Commission pour lutter contre l’immigration illégale.
    A l’époque, le chancelier allemand, Friedrich Merz, n’avait pas signé. Samedi, en revanche, il comptait parmi les 22 qui se sont dits prêts à renforcer les contrôles à leurs frontières intérieures. Devancés de 3 à 7 points par le parti d’extrême droite AfD dans les intentions de vote à l’échelle nationale, mais aussi dans deux des trois Länder d’ex-Allemagne de l’Est où se tiendront des élections régionales en septembre, les conservateurs allemands ne veulent pas laisser à l’AfD le monopole de la fermeté sur les questions migratoires.
    Depuis son arrivée au pouvoir, en mai 2025, Friedrich Merz a d’ailleurs activé une clause dérogatoire européenne permettant aux Etats de rétablir les contrôles aléatoires à leurs frontières intérieures. La France fait de même depuis 2015, alors que ces dérogations à l’accord de Schengen sont censées n’être que temporaires.
    En matière d’immigration, l’Italienne Giorgia Meloni, à la tête d’une famille politique issue du fascisme, est, elle aussi, concurrencée à sa droite par l’ex-général Roberto Vannacci, qui a récemment fondé son parti, Futuro Nazionale, en vue des législatives de 2027. Et au Danemark, le parti social-démocrate de Mette Frederiksen a adopté une ligne migratoire très stricte dès 2015, là encore pour endiguer la poussée de l’extrême droite.
    L’évolution vient de loin. Depuis la crise dite « des réfugiés », en 2015-2016, l’UE a revu structurellement sa politique migratoire, sur fond de droitisation du Conseil de l’UE et du Parlement européen. En adoptant en 2024 un ensemble de textes sous la bannière du « pacte sur la migration et l’asile », les Vingt-Sept pensaient pourtant avoir enfin trouvé un compromis.Mais à peine le pacte adopté, plusieurs Etats membres ont voulu aller plus loin, en renforçant l’externalisation de la gestion des migrants. Le développement de « centres de retour » à l’extérieur de l’UE est ainsi devenu un moyen d’éviter les débats épineux sur les relocalisations de réfugiés à l’intérieur de celle-ci. Paradoxalement, si le discours des Européens sur l’immigration se durcit, les flux vers l’UE, eux, diminuent. Le « nombre d’arrivées illégales est en chute de 55 % au cours des deux dernières années, et de 37 % depuis le début 2026 », rappelle Ursula von der Leyen dans un courrier adressé, lundi, à Pedro Sanchez, que Le Monde a pu consulter. « Quand on regarde les chiffres, on peine à expliquer certaines politiques », constate Alberto-Horst Neidhardt, responsable migration du think tank European Policy Centre. Le signe, selon lui, que la politique migratoire « est davantage dictée par les émotions que par les faits ».

    Pour l’eurodéputée conservatrice allemande Lena Düpont (CDU), ces chiffres relativement « favorables » offrent, au contraire, « une fenêtre d’opportunité pour agir » hors de tout cadre d’urgence. « Nous devons nous concentrer maintenant sur la dimension externe des politiques migratoires », affirme la coordinatrice du groupe PPE (droite) à la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (LIBE) du Parlement européen. A gauche, miser sur les pays tiers est plutôt considéré comme un facteur de vulnérabilité. Les crises comme celle de Ceuta sont « le résultat de l’externalisation, plébiscitée par la droite et l’extrême droite, qui nous rend dépendants de la volonté de régimes autoritaires tiers », déplore Mélissa Camara, négociatrice de textes migratoires pour le groupe des Verts au Parlement européen. Les eurodéputés de la commission LIBE tiendront jeudi une session extraordinaire sur la crise du week-end à Ceuta, selon les informations du Monde. Mais c’est plus probablement lors du sommet européen d’octobre que l’on saura si les événements survenus le 30 juillet dans l’enclave espagnole déboucheront sur des décisions et des réformes concrètes.

    #Covid-19#migration#migrant#UE#crisemigratoire#migrationirreguliere#politiquemigratoire#frontiere#sante#extremedroite

  • En Allemagne, l’AfD exploite la crise migratoire de Ceuta dans l’espoir de peser sur la campagne des régionales
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/04/en-allemagne-l-afd-exploite-la-crise-migratoire-de-ceuta-dans-l-espoir-de-pe

    En Allemagne, l’AfD exploite la crise migratoire de Ceuta dans l’espoir de peser sur la campagne des régionales
    Par Gwénaëlle Deboutte (Francfort, correspondance)
    Au cœur de l’été, les images de l’arrivée d’environ 50 000 migrants à Ceuta, enclave espagnole au Maroc, ont offert au parti d’extrême droite Alternative für Deutschland (AfD) des images lui permettant de marteler son discours anti-immigration. Alors que des élections ont lieu en septembre dans Berlin et dans deux autres Länder de l’est de l’Allemagne, l’AfD s’est immédiatement emparée de l’événement pour mettre en cause la capacité de l’Union européenne et du gouvernement fédéral allemand à contrôler les flux migratoires.
    La salve a débuté dès vendredi 31 juillet, soit au lendemain du début de l’arrivée des migrants à Ceuta, avec un communiqué de la coprésidente du parti, Alice Weidel : « L’Allemagne doit empêcher à tout prix que d’autres migrants, en partie enclins à la violence et peu instruits, atterrissent dans nos systèmes sociaux. Les événements à Ceuta montrent combien la protection commune des frontières européennes est toujours aussi inefficace. » Le choix des mots révèle une volonté de dramatisation et illustre une rhétorique classique de l’AfD sur les questions migratoires : un événement ponctuel devient la preuve d’un dysfonctionnement structurel.
    Mais le véritable amplificateur de communication s’est joué quelques heures plus tard sur les réseaux sociaux, en particulier Instagram et Telegram. Depuis des années, l’AfD est le parti politique allemand le plus actif sur ces plateformes, où il exploite des contenus émotionnels et clivants, mis en avant par des algorithmes. Ainsi du compte Instagram de la fédération AfD du Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, où le parti est crédité de 36 % des intentions de vote aux régionales de septembre.
    Sur fond de vidéos montrant une foule de jeunes hommes exultant, Jan-Phillip Tadsen, spécialiste des questions migratoires à l’AfD, interroge, face caméra : « Voulons-nous continuer à accepter l’inaction de l’Europe ? Ou voulons-nous enfin mener une vraie politique qui empêche cela de manière cohérente et qui mette fin aux morts qui ont eu lieu à Trèves, à Berlin et si souvent dans nos rues ? » Une référence à des attaques perpétrées par des ressortissants étrangers vivant sur le sol allemand, comme à Berlin, en 2016, ou à Trèves, le 15 juillet, où un Afghan de 22 ans a poignardé un étudiant. A chaque événement de ce type, l’AfD se montre particulièrement réactive, en profitant pour marteler son argumentaire associant immigration et insécurité.
    En Saxe-Anhalt, où l’AfD est créditée de 41 % des intentions de vote aux élections du 6 septembre, au point de rêver à participer pour la première fois à un exécutif régional, le parti a également très vite réagi aux événements de Ceuta. Alors que sa campagne est sur le contrôle de l’immigration et l’accélération des expulsions, sa tête de liste, Ulrich Siegmund, qui s’est fait connaître par une communication très active sur les réseaux sociaux auprès d’un public jeune, n’a pas hésité à employer le terme d’« invasion » pour qualifier l’afflux de migrants à Ceuta. Au niveau national, l’affaire de Ceuta a donné à l’AfD l’occasion d’attaquer le chancelier Friedrich Merz. Après avoir prospéré sur la dénonciation de la politique migratoire d’Angela Merkel, jugée trop laxiste lors de la crise migratoire de 2015-2016, la formation accuse le gouvernement actuel de ne pas aller assez loin dans la protection des frontières, alors même que M. Merz a pris ses distances avec la politique de sa prédécesseure, pourtant du même parti que lui, en durcissant les contrôles aux frontières, en limitant le regroupement familial, en restreignant l’accès d’une partie des immigrés aux prestations sociales et en augmentant le nombre d’expulsions.
    Une passe d’armes sur Instagram, samedi, a illustré cette stratégie de l’AfD, consistant à ne pas laisser M. Merz se targuer de mener une politique de fermeté en matière migratoire. Alors que le chancelier venait d’affirmer qu’il soutenait la position espagnole visant à empêcher les migrants irréguliers d’accéder au continent européen, Alice Weidel lui a répondu : « Le chancelier ne dit rien sur la manière dont il entend protéger les frontières allemandes ; il ne se prononce pas non plus sur une suspension de l’espace Schengen », a affirmé la coprésidente de l’AfD, avec un objectif clair : transformer un événement ayant lieu à plusieurs milliers de kilomètres de l’Allemagne en enjeu électoral.

    #migration#migrant#Covid-19#allemagne#UE#espagne#crisemigratoire#migrationirreguliere#frontiere#politiquemigratoire#sante#extremedroite

  • Afflux de migrants à Ceuta : la droite et l’extrême droite françaises mettent en cause le gouvernement de Pedro Sanchez, la gauche dénonce « des mensonges »
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/07/31/afflux-de-migrants-a-ceuta-la-droite-et-l-extreme-droite-francaises-mettent-

    Afflux de migrants à Ceuta : la droite et l’extrême droite françaises mettent en cause le gouvernement de Pedro Sanchez, la gauche dénonce « des mensonges »
    Par Marie Pouzadoux et Corentin Lesueur
    Il a suffi de quelques heures pour que les images inondent les réseaux sociaux et enflamment la droite et l’extrême droite françaises. Celles de dizaines de milliers de personnes traversant la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole de Ceuta dans la nuit de jeudi 30 à vendredi 31 juillet, après plusieurs jours d’arrivées en continu, ayant causé la mort d’au moins 34 personnes. Vendredi à 17 heures, plus de 37 500 migrants étaient déjà rentrés au Maroc, selon le gouvernement espagnol.
    Face à l’inflammabilité du sujet migratoire et une situation difficilement maîtrisable sur place, le gouvernement français a rapidement réagi vendredi. A l’instar des autres Etats membres de l’Union européenne (UE) redoutant des répercussions politiques et sécuritaires, Emmanuel Macron a déclaré avoir exigé le « renfort des contrôles à la frontière avec l’Espagne », peu après que le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé avoir « donné des instructions » en ce sens « dès [jeudi] soir ».Soucieux de se montrer en alerte sans s’avancer, pour l’heure, sur les causes de ces arrivées massives du Maroc, Emmanuel Macron a affiché la solidarité de la France envers l’Espagne. Se disant prête « à apporter aux autorités espagnoles tout l’appui nécessaire », y compris au travers de l’agence de l’Union européenne chargée du contrôle des frontières (Frontex).
    La ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, s’est aventurée plus loin. Interrogée au micro d’Europe 1 en début de matinée, elle a déploré des « autorités qui ne savent pas réguler et qui ont permis à ce flux massif [d’]arriver en Espagne », semblant cibler en creux le Maroc, comme la responsabilité des réseaux de passeurs clandestins. Mais elle a estimé que c’était aussi « la politique qui est menée par le gouvernement espagnol en matière migratoire » qui a conduit à cette situation. Dès vendredi matin, une partie de la droite ne s’est pas embarrassée de précautions pour accuser avec virulence le gouvernement espagnol d’être responsable de cet afflux migratoire, en raison de « ses choix laxistes ».
    Le premier ministre socialiste, Pedro Sanchez, est devenu à leurs yeux une figure honnie depuis son annonce, en avril, d’un plan de régularisation exceptionnel de 500 000 personnes pour soutenir l’économie du pays. « La décision (…) que j’avais dénoncée crée un formidable appel d’air qui menace de déstabiliser l’Europe entière », a ainsi conspué sur X le candidat à la présidentielle des Républicains (LR) Bruno Retailleau. L’ex-ministre de l’intérieur, qui avait prôné « la mise au ban de l’Espagne » lors de l’annonce de la mesure, a appelé vendredi à un « électrochoc » européen.
    Dès la diffusion des premières images, l’extrême droite française s’est précipitée pour dénoncer une « invasion migratoire », usant de champs lexicaux guerrier ou animalisant, ou de références à la théorie raciste et complotiste du « grand remplacement ». L’eurodéputée Marion Maréchal a décrit des « hordes de jeunes Marocains », à qui le président de Reconquête ! Eric Zemmour, lui, a promis la « remigration, sinon nos peuples seront balayés par ce tsunami ». « Ils seront demain dans nos rues », a pour sa part alerté le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, sur X, déplorant une « submersion sans précédent ». En tant que président du groupe des Patriotes pour l’Europe (PFE), il a réclamé la tenue en urgence d’une session plénière exceptionnelle du Parlement européen.
    Plus que le rétablissement des contrôles à la frontière espagnole déjà annoncés, des responsables politiques de droite et d’extrême droite ont réclamé la suspension des règles de libre circulation dans l’espace Schengen, en soutien à la position de présidente du conseil italien, Giorgia Meloni. Quand bien même ces règles ne s’appliquent pas à l’enclave espagnole située au nord du continent africain.
    Dans un message posté sur X, la candidate du RN à la présidentielle, Marine Le Pen, en a même profité pour rappeler sa promesse de réserver le libre passage des frontières aux seuls citoyens européens. De quoi faire réagir, de l’autre côté du spectre politique, Jean-Luc Mélenchon : « Marine Le Pen voudrait présider une grande puissance européenne, mais ne sait pas que Ceuta (…) est déjà exclue de l’accord Schengen. » Le candidat de La France insoumise a plaidé a contrario pour que le France ne « laiss[e] pas [l’Espagne] seule face à l’épreuve » et « d’éventuelles manipulations », exigeant une « coordination européenne pour de l’aide humanitaire ».
    Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a lui aussi dénoncé « les mensonges », de « la droite et l’extrême droite [qui] se concurrencent chaque jour en matière de désinformation ». Il a témoigné de son soutien « aux autorités espagnoles pour lutter contre ce qui ressemble à s’y méprendre à une opération de déstabilisation de leur territoire », en pleines tensions diplomatiques entre l’Espagne et le Maroc. Au sein du bloc central, Edouard Philippe (Horizons), plus précautionneux dans son discours que Bruno Retailleau, a pressé la convocation d’une réunion en urgence des ministres de l’immigration des Vingt-Sept, tout comme le déploiement des forces de Frontex. Mais il a aussi incité l’UE à faire acte de plus de fermeté dans sa discussion avec les pays africains pour « prot[éger] ses frontières » et a renvoyé la balle à l’Espagne, jugeant qu’il « n’est pas acceptable qu’un pays [membre de l’UE] puisse seul décider de régularisations massives qui créent un appel d’air pour tout le continent ». Son concurrent dans la course à l’Elysée Gabriel Attal a lui aussi évoqué un « drame » qui « déstabilise tout un territoire », encourageant l’UE à « engage[r] un rapport de force inédit vis-à-vis des pays tiers et des réseaux criminels de passeurs qui sont à l’origine des événements ».

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#maroc#ceuta#migrationirreguliere#UE#frontex#frontiere#crise#droit#politiquemigratoire#extremedroite

  • Culture, associations, travail attaqués : les 100 jours des maires d’extrême droite

    Depuis qu’ils ont été élus, les maires d’extrême droite retirent les subventions aux associations qui leur déplaisent, tentent d’imposer leur vision de la culture ou encore s’attaquent aux libertés syndicales. Bilan provisoire.

    https://basta.media/culture-travail-et-associations-attaquees-les-100-jours-des-maires-extreme-

    #extremedroite

  • HÉNIN BEAUMONT : VICTOIRE POUR DJELLOUL ET FABIENNE !

    Publié le 3 juillet 2026

    Djelloul Khéris et Fabienne Payen, syndicalistes SUD CT à la mairie d’Hénin-Beaumont avaient été exclu∙es de la Fonction publique territoriale pour 2 et 1 ans par le maire RN de la commune. Le conseil de discipline saisi par le maire n’avait pourtant retenu aucune faute.

    Face à cette discrimination syndicale caractérisée dont la motivation était purement et simplement d’en finir avec le syndicalisme combatif à la mairie d’Hénin-Beaumont, Djelloul et Fabienne ont attaqué la décision avec le soutien de leur syndicat SUD CT, membre de l’Union syndicale Solidaires.

    Dans son ordonnance du 3 juillet, le juge a suspendu les décisions d’exclusion et enjoint la mairie à réintégrer nos deux camarades sous peine d’astreinte. Il a reconnu l’absence de faute et la discrimination syndicale subie par nos camarades.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/06/19/nouveaux-fascismes/#comment-74970

    #extremedroite

  • Le prochain film enquête de Mediapart

    À moins d’un an de l’élection présidentielle, nous devons plus que jamais continuer à enquêter pour révéler ce que le Rassemblement National (RN) cherche à tout prix à dissimuler, avec le concours de médias anesthésiés qui préfèrent parler des relations que Marine Le Pen entretient avec ses chats plutôt qu’avec Vladimir Poutine ; des affaires sentimentales de Jordan Bardella, plutôt que de ses soutiens cachés.

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    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/03/25/ensemble-faisons-digue-contre-lextreme-droite/#comment-74918

    #extremedroite

  • « Frontières » : Erik Tegnér condamné après le ciblage d’avocats en droit des étrangers

    Dix-sept mois après la publication par « Frontières » d’une liste d’avocats présentés comme les « coupables de l’invasion migratoire », le tribunal correctionnel de Bobigny a condamné son directeur, Erik Tegnér, à 6 mois d’emprisonnement avec sursis et 10 000 € d’amende pour avoir exposé des avocat·es à un risque de violences qu’il ne pouvait ignorer en sa qualité de directeur de publication.

    https://blogs.mediapart.fr/samy-djemaoun/blog/180626/frontieres-erik-tegner-condamne-apres-le-ciblage-d-avocats-en-droit-

    #extremedroite

  • Un ex-élu FN condamné pour avoir déposé des os de porc devant une salle de prière musulmane

    Franck Sinisi a reconnu avoir dégradé en septembre 2025 une salle de Fontaine, en Isère, servant de lieu de culte musulman. L’ancien du Front national y avait déposé des os de côte de porc, du saucisson et tagué « Islam dehors » sur ses vitres.

    https://www.streetpress.com/1781167938-ex-elu-front-rassemblement-national-condamne-depose-os-de-po

    #extremedroite

  • L’initiative anti-immigration, visant à plafonner la population, rejetée par les Suisses - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71891/linitiative-antiimmigration-visant-a-plafonner-la-population-rejetee-p

    L’initiative anti-immigration, visant à plafonner la population, rejetée par les Suisses
    Par FRANCE 24 Publié le : 15/06/2026
    Les Suisses ont voté dimanche sur une initiative populaire anti-immigration proposant notamment de plafonner la population du pays. Le projet a été rejeté à 54 %, provoquant un « soulagement » de ses opposants, notamment les principaux partis, les syndicats et le patronat.Les Suisses ont rejeté par plus de 54 % des votants, dimanche 14 juin, l’initiative populaire anti-immigration de la droite radicale proposant de plafonner la population du pays à 10 millions d’habitants."Par leur décision d’aujourd’hui, les citoyennes et citoyens ont donné un signal de stabilité, d’ouverture et de fiabilité", a déclaré le ministre suisse de la Justice et Police, Beat Jans, en conférence de presse, après avoir annoncé le résultat.
    Dans les sondages précédant le vote, le non était donné légèrement gagnant pour cette initiative, dont l’adoption aurait pu compromettre les relations entre la Suisse et l’Union européenne, son principal partenaire commercial, avec laquelle elle entretient des liens économiques étroits malgré sa non-appartenance à l’UE.
    Portée par l’Union démocratique du centre (UDC, droite radicale), premier parti du pays, cette initiative, dans une Suisse où les étrangers représentent plus d’un quart de la population, visait à limiter l’immigration afin d’empêcher que la population résidente permanente dépasse les 10 millions d’habitants d’ici à 2050 alors que le pays en compte actuellement 9,5 millions.
    La proposition a également été rejetée par une majorité de cantons, les scores les plus élevés en faveur du non ayant été enregistrés à Bâle-Ville (73,48 %), Neuchâtel (67,26 %) et Genève (65,42 %)."En rejetant l’initiative de l’UDC, la population suisse a dit non au repli sur soi et à la xénophobie. Ce non exprime le refus clair d’un retour en arrière vers des temps sombres, marqués par le statut de saisonnier et la privation de droits pour certaines personnes", a réagi l’Union syndicale suisse.
    « C’est un dimanche décevant pour nous, mais aussi pour toute la Suisse », malgré un large soutien dans les zones rurales, a déclaré aux journalistes le patron de l’UDC, Marcel Dettling.L’initiative était combattue par le gouvernement, le Parlement, les principaux partis, les syndicats et le patronat.Les Vert-e-s se sont dit « soulagé-e-s par le rejet clair de l’initiative du chaos de l’UDC »."Je suis rassuré. Cette initiative mettait en pratique une politique du bouc-émissaire", a déclaré Benoît Gaillard, député socialiste, à la télévision.
    Selon Jess Middleton, de la société d’analyse des risques Verisk Maplecroft, le rejet de l’initiative « a permis à la Suisse d’éviter une perturbation majeure pour son économie et ses relations avec Bruxelles ».Le scrutin a enregistré une forte participation, proche de 59 %, nettement supérieure à la moyenne d’environ 49 % observée ces dernières années."Ce n’est pas surprenant, vu l’intensité de la campagne" et « ce n’est pas étonnant (...) puisqu’au-delà de la question de la politique d’immigration, on jouait en partie aussi la politique européenne de la Suisse », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) Pascal Sciarini, politologue à l’université de Genève.
    Si le seuil des 10 millions avait été dépassé avant 2050, la Suisse aurait dû dénoncer l’accord de libre circulation avec l’UE dans les deux ans, et d’autres accords bilatéraux portant sur l’asile et la sécurité viendraient également à tomber.Pénurie de logements, hausse des loyers, bétonnage du paysage, bouchons, trains bondés, augmentation de la criminalité, système de santé à bout et baisse de la qualité de l’enseignement sont les principaux arguments des promoteurs de cette initiative."L’UDC subit une défaite aujourd’hui, mais une petite défaite", a souligné Pascal Sciarini, relevant que pour un parti qui recueille 30 % des voix au parlement, convaincre autour de 45 % des votants représente un soutien bien supérieur à sa seule base électorale.
    Thomas Aeschi, chef du groupe UDC au Parlement, partage cette analyse : 45 % de oui, « c’est un message très fort » qui montre qu’"une très large partie de la population suisse ne souhaite pas que l’immigration telle que nous la connaissons aujourd’hui se poursuive", a-t-il dit à l’AFP.Tout en saluant le rejet de l’initiative, l’organisation patronale suisse a jugé qu’"il est également clair que l’immigration préoccupe la population".
    Dans un référendum distinct, les Suisses ont accepté un durcissement des conditions d’accès au service civil, défendu par le gouvernement dans un contexte de renforcement des capacités militaires en Europe.
    La gauche s’y opposait, estimant que cette réforme menace à terme l’existence même de cette alternative au service militaire.
    La Suisse impose un service militaire obligatoire aux hommes dans le cadre d’un système de milice. Depuis l’assouplissement en 2009 des conditions d’accès au service civil pour les objecteurs de conscience, leur nombre a fortement augmenté, une évolution jugée problématique par le gouvernement.

    #Covid-19#migration#migrant#suisse#demographie#immigration#droit#sante#economie#extremedroite#politiquemigratoire

  • À Belfast, un vaste rassemblement contre le racisme après des émeutes anti-immigrés - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71892/a-belfast-un-vaste-rassemblement-contre-le-racisme-apres-des-emeutes-a

    À Belfast, un vaste rassemblement contre le racisme après des émeutes anti-immigrés
    Par FRANCE 24 Publié le : 15/06/2026
    Des milliers de personnes ont défilé, samedi, à Belfast pour dénoncer les violences racistes et les émeutes anti-immigrés survenues après une attaque au couteau pour laquelle un migrant soudanais a été inculpé. « Belfast s’oppose au racisme », « Combattons le racisme, construisons la solidarité » ou « La haine est la seule menace pour nos rues », pouvait-on lire sur de nombreuses pancartes brandies samedi 13 juin dans la capitale nord-irlandaise.
    Des milliers de personnes se sont rassemblées pour dénoncer les émeutes anti-immigrés qui s’y sont déroulées après une violente attaque au couteau pour laquelle un migrant soudanais a été inculpé.
    « Je suis bouleversée, vraiment bouleversée », a confié Hilary Hunter, 63 ans, présente à ce rassemblement organisé devant l’hôtel de ville, à l’appel de l’association Unite Against Racism.Des émeutes ont éclaté, mardi soir, dans des quartiers populaires majoritairement unionistes après la diffusion d’une vidéo particulièrement choquante de l’attaque d’un homme au couteau, lundi à Belfast, pour laquelle un Soudanais a été inculpé. Elles ont été suivies d’affrontements avec la police, mercredi.
    Les émeutiers, souvent de jeunes hommes masqués, ont notamment visé des habitations de personnes issues de minorités ethniques.
    Au rassemblement, des acclamations et des applaudissements ont retenti lorsqu’un intervenant à la tribune a rendu hommage à la victime de l’attaque, Stephen Ogilvy.Sa famille, qui demande aux médias et au public de respecter sa vie privée, a indiqué mercredi qu’il se trouvait dans « un état stable ». Il a perdu un œil dans cette agression.
    « Vous êtes le Belfast que je représente », a lancé depuis la tribune la maire de la ville, Róis-Máire Donnelly, qui a également affirmé avoir reçu des menaces de mort.Le conseiller local Seamas de Faoite, du SDLP, un parti nationaliste, s’est dit « consterné » par l’attaque au couteau et par les violences qui ont suivi, assurant qu’elles devaient être « condamnées » et « combattues ».Le suspect de l’attaque au couteau, Hadi Alodid, un Soudanais de 30 ans, a été inculpé mercredi pour tentative de meurtre et a comparu devant un juge. Il a été maintenu en détention jusqu’à une prochaine comparution le 8 juillet.
    De violentes manifestations anti-immigrés avaient secoué l’Irlande du Nord en juin 2025 et à l’été 2024 notamment, ainsi que d’autres régions du Royaume-Uni.

    #Covid-19#migration#migrant#irlande#racisme#extremedroite#droit#sante#violence

  • Suisse : l’initiative visant à plafonner le nombre d’habitants rejetée par plus de 54 % des votants
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/14/suisse-l-initiative-visant-a-plafonner-le-nombre-d-habitants-rejetee-par-plu

    Suisse : l’initiative visant à plafonner le nombre d’habitants rejetée par plus de 54 % des votants
    Cette initiative, portée par l’extrême droite, visait à limiter l’immigration afin d’empêcher que les résidents permanents soient plus de 10 millions avant 2050.
    Le Monde avec AFP
    En Suisse, le gouvernement, les milieux économiques, les partenaires sociaux et les principaux partis ont exprimé dimanche 14 juin leur soulagement à la suite du rejet, par plus de 54 % des votants, de l’initiative anti-immigration portée par l’extrême droite, qui visait à plafonner le nombre d’habitants du pays alpin.
    « Par leur décision d’aujourd’hui, les citoyennes et citoyens ont donné un signal de stabilité, d’ouverture et de fiabilité », a salué le ministre de la justice et de la police suisse, Beat Jans, lors d’une conférence de presse, après avoir annoncé le résultat. Le scrutin a enregistré une forte participation, proche de 59 %.
    Portée par l’Union démocratique du centre (UDC, droite radicale), premier parti du pays, cette initiative, dans une Suisse où les étrangers représentent plus d’un quart de la population, visait à limiter l’immigration afin d’empêcher que les résidents permanents soient plus de 10 millions avant 2050 – le pays en compte actuellement 9,5 millions.La proposition a été rejetée par une majorité de cantons, les scores les plus élevés en faveur du non ayant été enregistrés à Bâle-Ville (73,48 %), à Neuchâtel (67,26 %) et à Genève (65,42 %).« En rejetant l’initiative de l’UDC, la population suisse a dit non au repli sur soi et à la xénophobie. Ce non exprime le refus clair d’un retour en arrière vers des temps sombres, marqués par le statut de saisonnier et la privation de droits pour certaines personnes », a réagi l’Union syndicale suisse.
    « C’est un dimanche décevant pour nous, mais aussi pour toute la Suisse », malgré un large soutien dans les zones rurales, a pour sa part déclaré aux journalistes le patron de l’UDC, Marcel Dettling. Pour Thomas Aeschi, chef du groupe UDC au Parlement, la réponse positive à 45 % est « un message très fort » qui montre qu’« une très large partie de la population suisse ne souhaite pas que l’immigration [d’]aujourd’hui se poursuive », a-t-il déclaré à l’Agence France-Presse.
    L’initiative était combattue par le gouvernement, le Parlement, les principaux partis, les syndicats et le patronat. Les Vert-e-s se sont dits « soulagé-e-s par le rejet clair de l’initiative du chaos de l’UDC ». « Je suis rassuré. Cette initiative mettait en pratique une politique du bouc émissaire », a déclaré Benoît Gaillard, député socialiste, à la télévision. Tout en saluant le rejet de l’initiative, l’organisation patronale Economiesuisse a pour sa part jugé qu’« il est également clair que l’immigration préoccupe la population ». Dans l’hypothèse d’un accueil favorable de la proposition, si le seuil des 10 millions avait été dépassé avant 2050, la Suisse aurait dû dénoncer l’accord de libre circulation avec l’UE dans les deux années suivantes, et d’autres accords bilatéraux portant sur l’asile et la sécurité seraient également devenus caducs

    #Covid-19#migration#migrant#suisse#immigration#extremedroite#politiquemigratoire#demographie#sante#economie

  • Italie : l’extrême droite a manifesté pour la « remigration » à Rome
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/13/italie-l-extreme-droite-a-manifeste-pour-la-remigration-a-rome_6702025_3210.

    Italie : l’extrême droite a manifesté pour la « remigration » à Rome
    Au même moment, l’ex-général Roberto Vannacci constituait son parti « Futuro Nazionale », samedi 13 juin, se positionnant encore à droite de la coalition ultraconservatrice de la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni.
    Le Monde avec AFP
    Rome a été le théâtre, samedi 13 juin, d’une manifestation rassemblant environ trois mille militants d’extrême droite venus de toute l’Italie et réclamant la « remigration » des immigrés vers leurs pays d’origine.« Nous voulons mettre les immigrés illégaux dehors, les expulser, parce qu’ils ne devraient pas être ici », a lancé Luca Marsella, porte-parole du groupuscule néofasciste Casapound.
    « Ce sont eux qui violent nos femmes, a-t-il poursuivi. Ce sont eux qui agressent nos personnes âgées. Et comme nous ne sommes pas politiquement corrects, nous dirons que nous voulons aussi renvoyer chez eux les immigrés légaux, ceux qui, clairement, ne se sont pas assimilés ni intégrés. » Susanna Rubei, femme au foyer, a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) que « les immigrés peuvent rester s’ils acceptent nos règles de coexistence, sinon, ils doivent retourner dans leurs pays d’origine ». « Cela vaut en particulier pour ceux qui commettent des crimes et sont pris la main dans le sac une, deux, trois ou quatre fois », a-t-elle ajouté.
    Dans la journée de samedi, à quelques mètres de là, le député européen Roberto Vannacci avait organisé l’assemblée constituante de son nouveau parti, Futuro Nazionale (FN). Près d’un an avant les élections législatives de 2027, ce député européen et ex-membre de La Ligue veut se positionner à droite de la coalition ultraconservatrice de la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, auquel s’est joint son ancien parti.« Ou vous êtes avec nous, gardiens de la citoyenneté et du souverainisme, ou vous êtes avec Von der Leyen (la présidente de la Commission européenne), Mario Draghi (l’ancien président du Conseil) et le globalisme », a lancé l’ex-général devant son public, après avoir multiplié les attaques contre les partis de centre droit.
    Il s’est également posé en victime des médias, prévenant les « chauves » et les « tatoués » parmi ses militants de se méfier des caméras à la recherche de propos extrémistes, aux alentours de ce congrès, interdit aux médias mais diffusé en ligne.« Selon moi, en ce moment, personne ne doit entrer en Italie », a lancé ensuite Roberto Vannacci lors d’une conférence de presse, interrogé sur le concept de « remigration ». Fondé en février, son parti compte déjà huit députés.

    #Covid-19#migration#migrant#italie#extremedroite#politiquemigratoire#remigration#sante#droit#expulsion

  • La Suisse pourrait devenir le premier pays au monde à fixer un plafond démographique
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/13/la-suisse-pourrait-devenir-le-premier-pays-au-monde-a-fixer-un-plafond-demog

    La Suisse pourrait devenir le premier pays au monde à fixer un plafond démographique
    Par Serge Enderlin (Genève, correspondance) (avec AFP)
    Publié aujourd’hui à 07h00
    Partout à travers le pays, les affiches ont essaimé, comme à chaque « votation populaire », ces consultations de démocratie directe qui scandent la vie politique helvétique à intervalles trimestriels. Parfois elles sont désopilantes, comme en novembre 2018, quand les Suisses avaient voté pour soutenir ou rejeter une initiative visant à accorder des subventions aux éleveurs décidant de préserver les cornes de leur bétail.
    Plus souvent, elles s’avèrent cruciales. Ainsi, dimanche 14 juin, le peuple suisse devra se prononcer sur une proposition radicale de frein à l’immigration. Le scrutin a valeur de laboratoire alors que, dans toute l’Europe et au-delà, la gestion des flux migratoires par les autorités figure en tête des préoccupations de l’opinion. Aucun autre pays au monde ne s’est jusqu’ici exprimé dans les urnes sur sa propre croissance démographique.
    Concrètement, l’initiative de l’Union démocratique du centre (UDC, extrême droite, premier parti du pays) exige du gouvernement fédéral qu’il bloque le droit d’asile et le regroupement familial dès le seuil des 9,5 millions habitants franchi. A partir de 10 millions d’habitants, Berne aurait l’obligation constitutionnelle de dénoncer l’accord de libre circulation avec l’Union européenne (UE), ce qui ferait tomber par effet domino l’ensemble des accords bilatéraux liant la Confédération à l’UE, ainsi que les dispositifs de sécurité Schengen et Dublin auxquels la Suisse participe.
    Selon les projections, le seuil des 10 millions de personnes présentes sur le territoire pourrait être atteint entre 2033 et 2041. C’est la dixième fois depuis 1970 que les Suisses doivent se prononcer sur un texte lancé par l’extrême droite proposant de fermer les frontières aux étrangers. Tous ont été refusés à une exception près, en 2014. Les raisons de la crispation actuelle sont paradoxalement les mêmes que celles assurant au pays un succès économique insolent depuis un quart de siècle, la courbe démographique ascendante suivant celle du produit intérieur brut. Depuis que les ressortissants européens ont la possibilité de s’installer librement en Suisse (2002), ils plébiscitent le pays, à commencer par les Français et les Allemands. La population est ainsi passée de 7,2 à 9,1 millions d’habitants (+ 26 %) en un quart de siècle. Il s’agit, pour les quatre cinquièmes, d’une immigration de ressortissants de l’UE. En parallèle, le pays accueille également des réfugiés, balkaniques dans les années 1990 et ukrainiens depuis 2022 ; avec un droit d’asile de plus en plus restrictif pour ceux fuyant des conflits plus lointains (Erythrée, Soudan, Afghanistan, Syrie).
    L’argumentaire de l’UDC met le doigt sur la principale irritation actuelle : le quotidien d’un pays calibré pour 8 millions d’habitants, réglé comme une horloge, et soudainement confronté aux mêmes pathologies que les grandes nations : trains bondés, autoroutes bouchées, hôpitaux saturés, pénurie d’enseignants, et marché du logement atteint de folie spéculative, à la location comme à l’achat. « S’il n’y a pas de place dans les transports publics, c’est parce qu’il n’y a pas eu assez d’investissements », conteste Tamara Funiciello, députée socialiste bernoise. L’UDC préfère mettre en avant ce qu’elle a nommé une « initiative pour la durabilité », évoquant le « bétonnage du paysage provoqué par une immigration hors de contrôle ». « Il s’agit de reprendre le contrôle de l’immigration pour préserver notre environnement et notre paysage », martèle le député (UDC) valaisan Jean-Luc Addor.
    Pourtant, la prospérité actuelle de la Suisse repose sur cette même main-d’œuvre qu’elle pourrait commencer à bloquer en cas d’acceptation de l’initiative. Dans les hôpitaux du pays, un tiers du personnel soignant dispose d’un passeport étranger ; dans les Ehpad, la proportion frôle les 50 %. Sans les frontaliers et les immigrés européens, la machine de soins s’arrête, la construction se fige, la restauration met la clé sous la porte.
    « Dans l’hôtellerie, plus de 50 % des employés sont étrangers », confirme Martin von Moos, président de la fédération hôtelière nationale, selon qui l’initiative menace un secteur en manque constant de personnel. Les barons du parti, qui sont aussi souvent de grands patrons, continuent d’ailleurs de recruter activement dans l’UE pour faire tourner leurs usines, sans peur des contradictions. « La cohérence n’est peut-être pas une qualité précieuse en politique. Mais si cette initiative est si dangereuse et le débat qu’elle suscite si conflictuel, c’est parce qu’elle dépasse largement le cadre de la migration. C’est une sorte de Brexit suisse », explique Joseph de Weck, chercheur suisse au German Council on Foreign Relations, un centre de réflexion à Berlin.
    Pour les milieux économiques et la majorité politique, gauche et droite libérale confondues, le scénario relève du film catastrophe. « Faire tomber ces accords avec l’UE dans le contexte géopolitique actuel serait un suicide diplomatique et économique », prévient le député centriste Benjamin Roduit, tandis que le Vert vaudois Raphaël Mahaïm prophétise un « chaos programmé ».
    Le fait que l’UDC désigne l’immigration comme la cause des infrastructures saturées « est plutôt osé, alors que ce parti soutien l’affaiblissement des protections des locataires, la dépriorisation des investissements ferroviaires au profit de la route et la promotion de politiques fiscales avantageuses qui attirent en premier lieu les entreprises et les étrangers fortunés », ajoute le chercheur Joseph de Weck, selon qui « le parti rêve depuis longtemps de faire de la Suisse une plaque tournante déréglementée, un Dubaï alpin ».
    Député UDC et banquier milliardaire à Zurich, Thomas Matter ne dit pas vraiment le contraire : « Nous avions auparavant une immigration qualitative, aujourd’hui c’est une immigration ​quantitative. La Suisse a toujours la même superficie qu’en 1848, et de plus en plus de personnes vivent sur le même territoire. » Selon un dernier sondage, l’initiative serait rejetée à 52 %.

    #Covid-19#migration#migrant#suisse#demographie#immigration#economie#sante#politiquemigratoire#extremedroite