• Les ravages de nos engrais
    https://www.off-investigation.fr/les-ravages-de-nos-engrais

    Les ravages de nos engrais | photographie d’illustration, crédits : pixel1 via Pixabay Des mines aux champs, de la Tunisie à la Bretagne, la chercheuse et journaliste Arianna Poletti #A enquêté sur les multiples conséquences environnementales, économiques et sociales de l’industrie des engrais. Interview. Arianna Poletti est une exception en son genre : mi-journaliste, mi-chercheuse et entièrement trilingue. Dans son ouvrage, Les Ravages des engrais (Payot, 2026) elle propose un voyage le long de la chaîne de production des engrais phosphatés, à l’intersection entre un reportage journalistique et un travail académique ultra-documenté. Off Investigation : Comment est venue l’idée d’enquêter sur les engrais […]Lire la suite : Les ravages de nos engrais

    #Économie #Environnement

  • Abolire il turismo, per vivere meglio
    https://lavialibera.it/it-schede-2798-assalto_citta_turismo_di_massa

    Siamo in pieno periodo di ferie, e chi ancora non ha deciso come impiegare il tempo libero dal lavoro (se un lavoro abbastanza remunerato ce l’ha) si affanna per pianificare all’insegna di relax e divertimento la manciata di giorni che gli è concessa, con l’intenzione di evadere dall’asfissiante routine di tutti i giorni. E se c’è chi torna nel solito villaggio con piscina e baby club, chi si riversa con voli low cost nelle grandi capitali e chi preferisce immergersi nella wilderness delle mete esotiche, altri, sempre più numerosi, spinti da quella che sembra una nuova sensibilità ecologica provano a fuggire dalla quotidianità in maniera sostenibile, sfruttando vecchi e nuovi cammini o le sempre più estese ciclabili che si ramificano in montagna e lungo le coste. foto_sx Ma (…)

    #CULTURAMA

  • Aujourd’hui est le jour de la disparition de seenthis.net des indexes des moteurs de recherche, pas vrai ?

    Bing
    https://www.bing.com
    site:seenthis.net -> rien

    Startpage
    https://www.startpage.com/sp/search
    site:seenthis.net -> rien
    seenthis.net -> n’importe quoi sauf du comtenu de seenthis.net

    Ecosia
    https://www.ecosia.org
    host:seenthis.net -> n’importe quoi sauf du comtenu de seenthis.net
    site:seenthis.net -> rien

    Qwant
    https://www.qwant.com
    pareil

    Lilo
    https://www.lilo.org
    Recherche de : seenthis.net -> O.K. pertinent
    Loin d’être complet, je ne sais pas, si Lilo archive les pages seenthis.
    Le recherche pour « seenthis.net #Attualità » de donne aucun résultat et je ne trouve pas de documentation de la syntaxe de Lilo.

    Google
    https://www.google.com/search?q=host%3Aseenthis.net+Taxinotruf
    site:seenthis.net -> rien
    site:seenthis.net Taxinotruf -> pareil sauf que Google me pose des questions sur l’endroit où je me trouve etc. ...

    Duckduckgo
    https://duckduckgo.com
    site:seenthis.net -> rien
    seenthis.net -> n’importe quoi sauf du comtenu de seenthis.net

    Duck.AI
    https://duckduckgo.com/#chat

    Question :

    Est-ce que duckduckgo connaît le site web https://seenthis.net ?

    Réponse GPT 5.4. :

    Oui, DuckDuckGo (et donc l’interface Duck.ai) peut connaître et référencer des pages de seenthis.net via son moteur de recherche, comme pour beaucoup d’autres sites.

    Question :

    Alors montre moi le lien vers un billet seenthis avec l’expression Taxinotruf

    Réponse GPT 5.4 nano :

    Je n’ai pas trouvé de billet seenthis.net qui contienne l’expression “Taxinotruf”. Si tu veux, je peux réessayer avec une variante (maj/min, “Taxino truf”, ou juste une partie du mot).

    Recherche dans seenthis :
    https://seenthis.net/recherche?recherche=Taxinotruf
    Résultats
    https://seenthis.net/messages/1156583 (c’est précis, il y 6 mois))
    https://seenthis.net/messages/799490 (c’est précis. 31/08/2019)

    Je n’ai pas testé davantage et il est possible que cette situation dure déjà depuis un certain temps.

    J’ai testé avec d’autres domains tld et j’obtiens des résultats pertinents. Conclusion : les moteurs n’indexent plus seenthis.net.

    Je crois que depuis l’installation d’Anubis qu’il y a un problème d’archivage de seenthis.net par archive.org ...

    Recherche dans archive.org
    https://web.archive.org
    https://web.archive.org/web/20260000000000*/https://seenthis.net
    Ca y est mais ce n’est pas complet. Il faudrait compléter les archives suivant cette page d’explications :
    https://help.archive.org/help/uploading-a-basic-guide

    Sur la page https://web.archive.org on peut simplement indiquer l’URL à archiver. J’ai l’impression qu’Anubis crée un problème ici car archive.org produit un message avertissant l’utilisateur d’un délai inattendu. En chechant pour la page à archiver on obtient un message qui indique que la page n’a pas été archivée.

    Cette page est assez compréhensible :
    https://help.archive.org/help/using-the-wayback-machine

    L’archive internet étant sous pression cette page ne correspond plus exactement à l’interface il faudrait se référer à ce guide ou creuser davantage :
    https://archive.org/developers/internetarchive

    Conclusion : Le projet de seenthis.net est plus important que jamais car il faut recommencer à construire ses propres archives et indexes après la disparition d’un nombre important de fonctions des moteurs de recherche. Ce processus a commencé avec le « personnalisation » des résultats de Google et prend des formes hallucinantes depuis le rempacement des méthodes de recherche avancée par l’IA industrielle. Cette IA est utile entre autres pour les condensés de pages web, mais les monopoles de l’internet rendent de plus en plus difficile d’identifier des sources précises et de raconter les histoires sur base de résultats des recherches dans l’internet.

    Pour rendre plus utile et efficace #seenthis.net il faudrait revoir qui peut l’indexer et ouvrir un peu les portes pour archive.org et les autres #white_hat de l’internet.

    #seenthis #archives #moteur_de_recherche #IA #Anubis

  • #Colonialité toxique : dans les paysages radioactifs du #Sahara

    De 1960 à 1966, avant et après l’indépendance de l’#Algérie, l’État français a expérimenté au Sahara dit algérien dix-sept bombes atomiques et autres essais chimiques. Ce sujet a longtemps été #tabou en France, dans la presse, dans les discours politiques aussi bien que dans le cadre académique où enquêtes, témoignages, littérature et recherches sur ce thème ont été invisibilisés. Seul le réseau associatif et militant a soutenu les travaux abordant ce domaine – comme par exemple le livre de Raphaël Granvaud, Areva en Afrique, Une face cachée du nucléaire français3. Brisant frontalement la confidentialité de ces faits – presque trois décennies après l’ouvrage de Gabriele Hecht sur l’histoire nucléaire de la France, Le rayonnement de la France4, plusieurs publications récentes issues du monde anglo-saxon abordent la violence coloniale française illustrée dans ses modalités extrêmes par les expérimentations atomiques.

    C’est le cas du nouveau livre de Samia Henni, Toxicité coloniale. Documenter le paysage radioactif dans le Sahara. Paru d’abord en anglais5, il est associé à une exposition6 qui réverbère d’une autre manière les éléments de preuve de l’usage violent d’un territoire colonisé. L’autrice, architecte, historienne et théoricienne de l’architecture, enseigne actuellement à l’Université McGill de Montréal. Elle donne à penser la colonisation et ses effets dévastateurs sur le très long terme. Son point de départ est l’espace et sa gestion en période de guerre, sa réorganisation ou ce que le langage colonial a souvent appelé sa « mise en valeur ». Sensible aux narrations « cosmétiques » qui masquent les réalités de la domination coloniale, Samia Henni évoque en ce sens les euphémismes utilisés pour dire les faits qui ne sont pas seulement des « essais » nucléaires ou de la « radioactivité », mais bien des bombes atomiques à part entière et une toxicité sans limite produite par la colonisation.

    « Saharanisme »

    Faisant écho à cette question, Brahim El Guabli, professeur de pensée et littérature comparées à l’Université Johns Hopkins (USA), explore dans son dernier ouvrage, Desert Imaginations, la représentation des « déserts » à travers une variété de sources littéraires et historiques plurilingues (amazigh, arabe, français, anglais)7. Il montre que dans les productions culturelles majoritaires, les déserts apparaissent comme terra nullius, inhabitée, improductive, inutile et menaçante. La fiction mondialisée d’un désert vide et sans vie a permis de légitimer des projets d’exploitation brutaux et destructifs8. Brahim El Guabli propose d’appeler « saharanisme » ou encore « désertisme » cet imaginaire dominant dont il retrace les origines lointaines et la construction, en particulier dans les écrits politiques et littéraires français du XIXe siècle à aujourd’hui. Il fait de ces notions un outil conceptuel permettant d’approcher à plusieurs niveaux les usages et mésusages du désert, quelles que soient les parties du monde concernées. L’auteur distingue divers secteurs – spirituel, extractif, instrumental, sexuel – où s’exerce le saharanisme. En contrepoint de cette idéologie inhérente aux intérêts coloniaux, Brahim El Guabli montre le rapport intime que des écrivains et artistes autochtones manifestent dans leurs œuvres envers leur environnement, tangible et intangible, humain et non humain, une posture écologique sensible qu’il appelle ecocare ou encore éthique autochtone de la conscience environnementale. Cette attitude m’évoque une maxime touarègue Amaḍal amadal, « la terre est ce qui protège », mise en relation au Sahara avec la nécessité d’être nomade pour ne pas « peser sur le dos de la terre ». Comment une terre confisquée pour être mutilée, blessée, amputée, pourrait-elle continuer à protéger ses enfants ? Telle est la question que se posaient les Touaregs après les interventions violentes menées sur leur sol telles que les explosions atomiques, le creusement des puits de pétrole et des mines d’uranium, ou le réaménagement étrange de l’Afrique saharo-sahélienne en petits territoires enclos sur eux-mêmes, bardés de fils de fer barbelés9.
    La notion de saharanisme parait très utile pour approcher au présent divers types de faits, des plus anodins aux plus dommageables, tous fondés sur une hiérarchisation implicite des savoirs. Par exemple, l’obsession – a priori bienveillante – des organismes de développement ou d’aide qui interviennent en pays nomade pour creuser des puits, comme si le problème en zone aride était l’eau et non la gestion de l’eau. Pourtant, le piétinement animal intense autour des points d’eau, comme le disent bien les intéressés, détruit tous les pâturages alentour. Avec la multiplication des puits, aucune des stratégies nomades pour régénérer la flore ou conserver les plantes fourragères résistant au vent et permettant d’étager la consommation des pâturages ne peut plus s’exercer. Mais rien n’arrête ces politiques sédentaires du territoire couplées à la restriction de la mobilité qui ont finalement conduit à l’incapacité croissante de faire face aux sécheresses – pire, elles les ont aggravées.

    Au sujet des essais nucléaires français au Sahara, les approches des deux ouvrages cités se croisent et se complètent. Comment sortir du secret ? Comment rendre compte de la nuisance impalpable et occultée de ces explosions ? Comment documenter ce programme secret et ses lourdes conséquences, alors que la majorité des archives les concernant sont jusqu’à présent classées « secret-défense » ? Comment rendre audibles les voix des habitants sur la violence mortifère infligée à leurs vies et à leur terre par les gouvernements français et algérien qui ne les ont ni consultés ni avertis ?

    Trouver des voies et des voix pour répondre à ces interrogations fait partie des objectifs clairement énoncés par Samia Henni. Contestant « l’obsession coloniale et néolibérale de la “nouveauté”, la volonté d’être “le premier” à dire ou faire quelque-chose » (p. 37), l’autrice met à la disposition de ses lecteurs et lectrices les informations et les sources dont elle dispose, c’est-à-dire une centaine de documents d’archives (photos, textes) et la reproduction des témoignages de victimes (travailleurs et population d’Algérie, vétérans français) pour servir de socle à de futures recherches.

    Ce livre généreux et militant est fondé sur le partage des documents assemblés en étroite collaboration avec l’Observatoire des armements à Lyon. Il est destiné à « donner corps au silence des archives institutionnelles » et appelle à continuer le travail de mémoire et d’investigation permettant une autre narration des faits et un examen des responsabilités pour, à terme, exiger la décontamination des sites, l’ouverture totale des archives et la perspective de réparations.

    Car ces déflagrations nucléaires, décidées depuis Paris et prolongées en 1962 par les Accords d’Evian avec le gouvernement provisoire d’Algérie, ont eu de multiples répercussions sur les corps, sur l’environnement, sur le bâti, sur les paysages, sur les sols. Le matériel contaminé a été enseveli dans l’urgence au départ du personnel français en 1967, puis déterré par les puissants vents sahariens.

    Temps et espace du désastre atomique

    À partir de documents visuels et d’archives arrachées au secret, Samia Henni retrace les caractéristiques techniques et humaines des deux sites où les explosions ont été menées : d’un côté, Reggane, où furent lancées quatre bombes atmosphériques et de l’autre, In Ekker, émetteur de treize bombes souterraines, certaines échappant au confinement, et cinq expériences supplémentaires de dispersion atmosphérique de plutonium. Elle propose ensuite un corpus visuel composé d’extraits de documentaires et de reportages télévisés, et la reproduction de témoignages des victimes françaises.

    Dans le procédé éditorial choisi, les images impactent efficacement le regard en anticipant le texte. Ainsi, au début de l’introduction, onze photos aux tons jaune-sépia nous plongent dans la matérialité du secret, avec en première page un panneau d’interdiction de prise de vue et de menaces de sanctions contre tout contrevenant, planté sur l’un des sites d’expérimentation. Les images suivantes élargissent la focale, de la localisation des sites à l’emplacement des zones de tirs, du croquis topographique des infrastructures à une manifestation à Accra au Ghana contre ces expériences. Jusqu’à la photo de la « gerboisite », un terme qui conceptualise la matière radioactive anthropogénique produite par les explosions atmosphériques baptisées Gerboises par le pouvoir colonial. Enfin, une image satellite captant les mouvements intercontinentaux de la poussière radioactive du Sahara met immédiatement en évidence la nécessité d’un changement d’échelle pour l’analyse de ces faits.

    L’ouvrage restitue la situation géographique précise des deux sites d’expérimentation : Reggane dans la plaine de la Tanezrouft et In Ekker sur le mont Taourirt tan Afalla (littéralement en langue locale « Colline du haut » ou du « nord ») et aussi Taourirt tan Ataram (« Colline de l’ouest ») dans le massif de l’Ahaggar (nom utilisé dans l’ouvrage sous sa forme arabisée, Hoggar). Remarquons que les toponymes mentionnés sont tous amazighs. Ce qui donne une résonance particulière au choix de ces lieux situés à plus de 1000 km d’Alger et révèle une autre invisibilité qui n’est pas manifeste dans l’ouvrage, celle des habitants ancestraux de ces terres, les Imuhagh10, appelés « Touaregs » par les étrangers. L’invention de l’Algérie comme État colonial puis postcolonial les fera dénommer ensuite « Algériens » (comme dans la légende du 3e cahier photo où ils sont appelés « habitants algériens ») ou encore, selon les recensements sur leurs terres d’ancrage à la saison sèche, les assignera à d’autres identités nationales et territoriales : « Libyens », « Maliens », « Nigériens », « Burkinabè ». Les pouvoirs coloniaux ont en effet redessiné la carte de l’Afrique selon leurs intérêts, divisant le pays touareg par cinq frontières et transformant en peuple sans terre les nomades dont les parcours réguliers ont rendu le désert nourricier en préservant ses ressources végétales et hydriques.

    Samia Henni situe son propos dans le cadre national de l’Algérie. Elle montre cependant que le temps et l’espace de la toxicité nucléaire ne sont pas à l’échelle de la géopolitique humaine. Des témoins évoquent la violence monstrueuse des explosions ressentie non seulement à proximité, à Tamanrasset, mais aussi à 600 km à l’est à Djanet et à plus de 1 000 kilomètres au sud-ouest à Gao (p. 42), ou encore au sud-est dans l’Aïr11, englobant l’espace de référence de la mobilité nomade des Touaregs. Et bien au-delà encore.

    La toxicité invisible, impérissable, inquantifiable, irréversible, circule et s’infiltre partout où la diffusent les vents du globe. Elle contamine non seulement les lieux décrétés vides et sans importance par les autorités coloniales puis postcoloniales – notamment les territoires nomades –, mais également les pays et les continents des décideurs de la mise à feu des bombes atomiques. Elle s’étend à la terre entière et restitue, au-delà de l’approche spatialement fragmentée des événements, la perception géographique nomade qui au Sahara relie directement l’Ahaggar (actuelle Algérie), l’Ajjer (entre l’Algérie et la Libye), l’Aïr (actuel Niger), la Tademekkat (entre le Mali et le Burkina Faso) et la Tagaraygarayt (actuel Niger).

    Je rajouterai une information donnée par les Touaregs qui circulent entre l’Ahaggar et l’Aïr. Selon eux, l’abandon en 1967 des sites nucléaires français du côté algérien aurait été suivi par le transfert entre l’Ahaggar et l’Aïr d’une partie des anciens engins de chantier ainsi que du personnel pour mener des opérations de prospection à Madawela dans la vallée de Tin Marsoy. Cette partie du territoire touareg se trouvait rattachée depuis 1960 à l’État du Niger. Les nomades se souviennent des déplacements incessants et extrêmement dérangeants de camions énormes équipés de sondes qui sillonnaient les terres pastorales et creusaient le sol, faisant parfois jaillir de l’eau sans reboucher leurs forages en quittant les lieux.

    Ces travaux de prospection terrestres mais aussi aériens ont abouti à la mise en œuvre de l’exploitation d’un immense gisement d’uranium à Arlit, à environ 15 kilomètres de Madawela, ce dernier site étant laissé inactif, mais gardé par l’armée nigérienne. Comme ce fut le cas du côté algérien dans les années 1950 en pleine période coloniale, deux décennies plus tard, dans un État indépendant, les autorités françaises s’accaparèrent brutalement des terres touarègues de l’Aïr pour créer les infrastructures géantes d’une première mine à ciel ouvert (Arlit), puis d’une mine souterraine (Akokan), et d’une ville qui compte à présent plus de 100 000 habitants, détruisant toutes les ressources pastorales locales et interdisant aux nomades de poursuivre leur vie sur leurs propres terres. C’est à cette période que les contrôles et les détentions arbitraires de civils touaregs s’intensifièrent au nord du Niger, au point de transformer le seul fait d’être enturbanné en délit menant automatiquement à l’arrestation et à la confiscation des marchandises pour les caravaniers.

    Des vies qui ne comptent pas ?

    Comme l’écrit Samia Henni, après les explosions nucléaires des années 1960, les nomades, les oasiens et les citadins de la région de Reggane et de la vallée du Touat ont été directement affectés. Entre 1960 et 2008, la démographie chuta de moitié, passant de 40 000 à quelque 20 000 habitants (p. 93). La description détaillée des chantiers menés pour les opérations nucléaires et l’accueil du personnel à Reggane, Hamoudia et au point zéro des expérimentations – 82 000 m2 de bâtiments, 7000 m2 d’ouvrages souterrains, 100 km de routes, 3 centrales électriques, etc. (p. 96) – donne une idée du gigantisme de ces infrastructures (laboratoires, appareils de mesures, base avancée, ville nouvelle), au prix d’un labeur humain démesuré, diurne autant que nocturne. La recension des constructions techniques du second site dégage la même impression de démesure et de captation sans merci des terres (170 570 hectares) et des ressources locales. Non seulement l’eau et l’air de l’oued Amguel, mais la main d’œuvre autochtone, à laquelle s’ajoutaient sur le site la main d’œuvre importée d’autres régions de l’Ouest africain, ainsi que les militaires, appelés, techniciens et ingénieurs français, soit environ 9000 personnes sur le site au moment des explosions.

    Dans les années 1960, les procédés de décontamination des corps humains et des engins au jet d’eau (p. 114) paraissent dérisoires, irresponsables et même cyniques dans la mesure où l’eau n’a vraisemblablement pas échappé à la pollution. Pas plus les multiples échecs du confinement des bombes dans les galeries souterraines que l’indépendance de l’Algérie en 1962 n’ont empêché la continuation des essais par la France qui a également poursuivi de 1964 à 1966 ses expériences de dispersion du plutonium (nom de code Pollen) en bafouant le Traité d’interdiction des essais nucléaires atmosphériques signé en 1963. Pire, les expériences biologiques conduites lors de la bombe Gerboise blanche auraient concerné non seulement des animaux (dont des cages et cadavres ont été retrouvés abandonnés sur le site), mais aussi des corps humains, morts ou vivants, ou des « cobayes humains » comme le formule Bruno Barillot dans son ouvrage, Essais nucléaires français : l’héritage empoisonné12, cité par Samia Henni (pp. 107-108).

    Un travailleur local, interrogé trois décennies plus tard, rapporte qu’après les déflagrations, « la plupart des gens qui sont tombés malades sont ceux des campements qui habitent la montagne » (p. 156), autrement dit les habitants invisibilisés d’un désert décrété « vide » par les autorités françaises et algériennes. Le photographe et sociologue Bruno Hadjih a documenté le ravage sanitaire et létal (17 décès survenus immédiatement) des habitants du village de Mertoutek et la destruction durable de leur environnement après la bombe non maîtrisée de Béryl en 1962.

    Le gouvernement français est resté inactif sans mener d’étude de suivi après l’explosion, pas plus qu’il n’a proposé de réparation. Par ailleurs, il n’a fourni aucun descriptif technique des décharges toxiques qu’il a laissées au Sahara et qui continuent d’affecter la santé des êtres vivants. Comme si finalement, tout cela n’avait jamais existé et n’avait eu aucune conséquence pour personne. Jusqu’à quand ?

    ’avance à travers les entrailles de la fournaise
    Je les entends
    sécheresse de leur cœur
    Et ils me roulent dans le nuage
    champignon nuée
    brouhaha atomique
    Et ils aboient
    Toi, tu n’existes pas,
    tu n’as jamais existé

    Hawad, Irradiés13

    L’investigation sans fin

    Au final, on comprend à quel point le projet nécessaire de « documenter le paysage radioactif dans le Sahara » comme le propose Samia Henni est un programme collaboratif à long terme. La constitution de « contre-archives » dans ce domaine est une tâche ardue et ouverte qui appelle à d’autres enquêtes pour sortir le désert de l’oubli. Par exemple, comment faire résonner la mémoire et le présent de ceux qui sont effacés de la carte ? Quelles constellations d’expériences et de géographies peuvent être retracées en dehors des cadres restrictifs de la cartographie coloniale ? Comment mettre en dialogue les expériences vécues par les habitants des différents territoires sacrifiés lors des mises à feu nucléaires réalisées par la France, mais aussi par les États-Unis, la Russie, la Grande-Bretagne et la Chine entre 1945 et 1980 ? Quels sont les formes de survie et de résistance qui ont émergé face à la catastrophe ? Comment faire entendre la voix des écrivains et des artistes qui mobilisent un imaginaire créatif capable de submerger le saharanisme, alors même qu’eux et leurs peuples subissent jusqu’à aujourd’hui la confiscation, la dévastation et la pollution nucléaire ou minière de leurs terres ? Le « Saharanisme expérimental » va en effet de pair avec le « Saharanisme extractif » pour reprendre les concepts de Brahim El Guabli. Quelles relations établir entre d’un côté la manne minérale concentrée au Sahara central sur les territoires nomades (pétrole et gaz en Algérie et Libye, uranium, charbon, or au Niger, or au Mali) et, de l’autre côté, la répression brutale qui touche leurs habitants, privés de leurs droits fonciers, jusqu’à nier et éradiquer leur nom, leur langue, leur mode de vie, leur société et leur histoire ? Le travail d’investigation à venir est immense, il réservera probablement des surprises, autant que l’étude des conséquences, impensées et impensables, de la radioactivité.

    https://www.terrestres.org/2026/06/08/colonialite-toxique-dans-les-paysages-radioactifs-du-sahara
    #radioactivité #colonialisme #pollution #violence_coloniale #territoire_colonialisé #colonisation #euphémismes #radioactivité #vocabulaire #mots #bombes_atomiques #désert #géographie_du_vide #vide #terra_nullius #saharanisme #désertisme #imaginaire #ecocare #conscience_environnementale #Touaregs #nomadisme #aide_au_développement #puits #développement #secret-défense #Accords_d’Evian #paysage #environnement #Reggane #In_Ekker #plutonium #images #secret #gerboisite #Gerboises #France_coloniale #mont_Taourirt_tan_Afalla #Taourirt_tan_Ataram #toponymie #invisibilisation #Imuhagh #violence #Tamanrasset #Ahaggar #Aïr #Madawela #Niger #vallée_de_Tin_Marsoy #Arlit #uranium #mines #Akokan #Arlit #pâturages #vallée_du_Touat #eau #sols #air #décontamination #montagne #destruction #Mertoutek #Béryl #réparation #santé #paysage_radioactif #mémoire #contre-archive #contre-récit #expérience_vécue #territoires_sacrifiés #Saharanisme_expérimental #Saharanisme_extractif #extractivisme

    ping @reka

    –—

    A mettre en lien avec le #film_documentaire #At(h)ome (#athome) :
    https://seenthis.net/messages/819398

    • #Areva en Afrique. Une face cachée du nucléaire français

      L’indépendance énergétique de la France grâce au nucléaire est un mythe : l’uranium qui alimente le nucléaire civil et militaire provient pour une large part du sous-sol africain. Raphaël Granvaud détaille les conditions dans lesquelles la France et Areva se le procurent au meilleur coût, au prix d’ingérences politiques et de conséquences environnementales, sanitaires et sociales catastrophiques pour les populations locales.
      Comme au Niger, fournisseur historique, pourtant en dernière position du classement des pays selon leur indice de développement humain. Dans un contexte international d’intensification de la concurrence sur le continent africain, mondialisation capitaliste oblige, Areva a toujours pu compter sur l’aide active des représentants officiels de l’État français et des réseaux les moins ragoûtants de la Françafrique pour sauvegarder son droit de pillage. L’auteur dévoile enfin les efforts considérables d’Areva pour que les différents éléments de cette réalité et de sa stratégie de dissémination nucléaire ne ternissent pas une image de marque qu’elle voudrait immaculée.

      https://agone.org/livre/arevaenafrique
      #livre

    • TOXICITÉ COLONIALE. DOCUMENTER LE PAYSAGE RADIOACTIF DANS LE SAHARA

      Toxicité coloniale revient sur les programmes nucléaires français menés entre 1960 et 1966 dans le Sahara algérien. Ce programme secret, qui s’est déroulé pendant et après la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962), a permis au régime colonial français de mettre à feu quatre bombes atomiques atmosphériques, treize souterraines et de mener d’autres expériences nucléaires dans le désert. Alors que la grande majorité des documents d’archives sont toujours classés secret aujourd’hui, Toxicité coloniale rassemble une variété de sources permettant de documenter l’histoire violente des activités de la France en Algérie. Le livre constitue un corpus de choix à l’intersection de la justice spatiale, sociale et environnementale pour ceux et celles qui s’intéressent à l’architecture, au paysage et aux pratiques d’archivage dans une démarche décoloniale.
      Alors que ces bombes ont eu des conséquences durables pour les populations et les environnements locaux ainsi que pour les vétérans français, le manque de contrôle des explosions, les lacunes de sécurité et l’utilisation des Algériens comme main- d’œuvre sur des chantiers particulièrement dangereux apparaissent comme des faits coloniaux d’une importance majeure.

      https://editions-b42.com/produit/toxicite-coloniale

    • Deserts Are Not Empty

      Colonial and imperial powers have often portrayed arid lands as “empty” spaces ready to be occupied, exploited, extracted, and polluted. Despite the undeniable presence of human and nonhuman lives and forces in desert territories, the “regime of emptiness” has thus inhabited, and is still inhabiting, many imaginaries. Deserts Are Not Empty challenges this colonial tendency, questions its roots and ramifications, and remaps the representations, theories, histories, and stories of arid lands—which comprise approximately one-third of the Earth’s land surface. The volume brings together poems in original languages, conversations with collectives, and essays by scholars and professionals from the fields of architecture, architectural history and theory, curatorial studies, comparative literature, film studies, landscape architecture, and photography. These different approaches and diverse voices draw on a framework of decoloniality to unsettle and unlearn the desert, opening up possibilities to see, think, imagine it otherwise.

      https://www.arch.columbia.edu/books/catalog/998-deserts-are-not-empty

  • "ON EST EN TRAIN D‘ENFOUIR LA CRISE CLIMATIQUE ET ÉCOLOGIQUE AU FOND DES MINES"

    https://www.youtube.com/watch?v=PrjdUNS-p4s

    C’est l’un des plus grands #paradoxes de notre époque, pour limiter le réchauffement climatique et décarboner nos économies, une nouvelle #ruée_minière d’une ampleur inédite a commencé. Pourtant l’#industrie_minière est l’une des industries les plus toxiques et les plus énergivores que l’on connaisse. Et son activité explose pour fournir entre autres les matières premières des technologies bas carbone : les #batteries des voitures électriques, les #métaux pour les #smartphones, les #ordinateurs
    En seulement 20 ans, les volumes de #métaux extraits dans le monde ont doublé et dans les 20 années à venir, les entreprises minières veulent produire autant de métaux qu’on en a extraits au cours de toute l’histoire de l’humanité. Pour la journaliste Celia Izoard, “Continuer à faire croire, qu’il est possible de supprimer les émissions carbones en électrifiant le système énergétique mondial est un mensonge criminel”. Un mensonge criminel car extraire de la matière produit beaucoup plus de déchets que de ressources, des déchets qui forment des collines ou des vallées de matières toxiques et dangereuses qu’il faudra gérer pendant des siècles. Les mines demandent aussi des quantités colossales d’eau et d’énergie. Sans compter leurs impacts sur les écosystèmes et les #droits_humains. En bref, les mines détruisent bien plus de #ressources qu’elles en produisent.
    Dans son livre, La ruée minière au XXIème siècle, #Celia_Izoard enquête sur les réalités qui se cachent derrière le discours des communicants et des entreprises qui prône la « mine durable, verte et sociale » comme un outil de la transition vers les #énergies_décarbonées. L’essayiste montre à quel point, en tant que population, nous sommes embarqués dans un projet de #transition qui repose entièrement sur l’extractivisme et nous mène dans le mur. Comment sortir de cette #impasse ? Pour Celia Izoard, la seule solution viable aujourd’hui est de revoir nos modes de vie et de réduire nos besoins en énergie. “On ne peut miser sur les #énergies_renouvelables qu’en réduisant drastiquement la production et la consommation. Et cela nécessite des bouleversements majeurs que les élites du capitalisme mondialisé refusent de faire”. Que signifie extraire des métaux au XXIème siècle ? En quoi la mine verte et responsable est un mirage ? Et quels bouleversements majeurs faudrait-il opérer aujourd’hui pour sortir de l’extractivisme ? Réponses dans cet entretien de Paloma Moritz avec Celia Izoard.

    #mines #extractivisme #transition_écologique #green-washing #énergie

  • Tenir bon : la leçon d’émancipation des « dames de fraises »
    https://www.terrestres.org/2026/05/05/la-lecon-demancipation-des-dames-de-fraises

    Chaque année, des milliers de Marocaines partent travailler comme saisonnières dans les coopératives de fraises d’Andalousie. Entre exploitation et émancipation, ces femmes participent d’une « agriculture de survie » que la géographe Chadia Arab documente depuis plus de quinze ans. Entretien. L’article Tenir bon : la leçon d’émancipation des « dames de fraises » est apparu en premier sur Terrestres.

    #Agriculture #Capitalisme #Décolonial #Eau #Extractivisme #Féminisme #Luttes #Répression

  • La #protection_des_eaux européennes menacée au nom de la « #simplification »

    La #Commission_européenne veut réviser la #directive de protection des eaux, une des pierres angulaires de la politique environnementale, pour faciliter l’ouverture de #mines. L’#industrie_extractive jubile. Les ONG et les #services_de_traitement_des_eaux fulminent.

    Jeudi 16 avril, à Bruxelles, une petite dizaine de personnes sont rassemblées devant le bâtiment qui abrite la Commission européenne. Elles arborent des banderoles sur lesquelles des slogans dénoncent les #pollutions de l’eau liées à l’#extraction_minière. On trouve parmi elles des représentant·es d’ONG (WWF, Bureau européen de l’environnement) mais aussi des membres de communautés affectées par l’activité minière ou qui craignent de l’être.

    Par exemple, Simon Isak Marainen. Sa tenue traditionnelle montre son appartenance au peuple autochtone des Samis, en Suède. S’il est venu jusqu’à Bruxelles, c’est pour exprimer son indignation face aux projets d’extraction qui se multiplient en #Laponie, dont celui du gisement de #terres_rares de #Per-Geijer et le projet d’extraction de #graphite #Vittangi_Anode.

    Ces deux mines sont labellisées « #projets_stratégiques » par l’Union européenne (UE), qui vise davantage d’#autonomie vis-à-vis de la Chine pour l’approvisionnement en #matières_premières_critiques. Du point de vue de Simon Isak Marainen, « elles sont surtout une menace pour [le] mode de vie [des Samis], pour l’élevage de rennes et pour l’eau de toute la population de la région ».

    Au même moment, à quelques dizaines de mètres, dans les locaux du Conseil de l’UE, la Commission briefe des fonctionnaires issu·es des vingt-sept États membres au sujet de la révision inattendue, et controversée, de la directive-cadre sur l’eau. « Cette Commission veut plaire à l’industrie, et cela fait bien longtemps que l’#industrie_minière pousse pour rouvrir la directive-cadre sur l’eau », témoigne un expert d’un État membre, sous couvert d’anonymat.

    Cette directive, adoptée en 2000, est l’une des pierres fondatrices de l’acquis environnemental européen, dont l’objectif, contraignant pour les États membres, est d’atteindre un « bon état écologique et chimique » des eaux de surface et souterraines en 2027, dernier délai.

    Autonomie contre #écologie

    Les résultats sont loin d’être au rendez-vous : seules 39,5 % des masses d’eau européennes atteignent ce bon état écologique. La Commission, dans sa « Stratégie pour la résilience dans le domaine de l’eau », datée de juin 2025, rappelait pourtant le rôle de « boussole » de cette directive, pointant plutôt les errances des États membres dans sa bonne application.

    Cette profession de foi n’a pourtant pas empêché la même Commission, quelques mois plus tard, le 2 décembre, de surprendre son monde, y compris ses propres services, en annonçant son intention de « réviser » le texte, afin de le « simplifier », en sautant la case de l’évaluation préalable. « Nous sommes profondément choqués de voir que la Commission semble répondre favorablement à l’industrie qui réclame littéralement un #droit_à_polluer », lance Sara Johansson, du Bureau européen de l’environnement.

    « Nous ne demandons pas un “droit à polluer”, rétorque Rolf Kuby, directeur d’#Euromines, le lobby européen de l’industrie minière, mais des adaptations nécessaires pour répondre aux besoins sociétaux et accroître l’autonomie européenne. L’UE a besoin de mines pour réaliser sa #transition_climatique, pour son industrie de défense, sans dépendre intégralement de pays tiers. »

    De fait, la Commission a lâché sa petite « bombe » au détour d’un paragraphe de son nouveau plan, #RESourceEU, destiné à « garantir l’approvisionnement européen en matières premières critiques », et donc à réduire les dépendances à l’égard de pays tiers. L’UE affiche un objectif : en 2030, elle devra puiser dans ses #sous-sols au moins 10 % des matières premières critiques qu’elle consomme, que l’on parle de graphite, de #lithium ou de terres rares.

    Depuis des années, l’industrie minière a bien compris l’argumentaire qu’elle peut en tirer, et focalise son attention sur la directive-cadre sur l’eau, qu’elle considère comme un obstacle au déploiement de ses nouveaux projets. Sa cible, c’est « le #principe_de_non-détérioration », c’est-à-dire le cœur de la directive, au centre de nombreux contentieux.

    Le risque du détricotage

    Selon ce principe, les autorités doivent refuser l’octroi d’un « #permis_d’environnement » à tout projet qui dégraderait l’état d’un cours d’eau ou d’eaux souterraines. La notion a été consolidée devant la Cour de justice de l’Union européenne en 2015, avec l’#arrêt_Weser qui stipulait que la dégradation d’un seul élément de qualité de l’eau devait aboutir au rejet d’un projet. La directive prévoit des exemptions à ce principe, mais la #non-détérioration reste un « obstacle énorme », assène Rolf Kuby.

    Les projets miniers, lorsqu’ils sont autorisés, le sont à l’issue d’un parcours de dix à quinze ans, comme l’a récemment souligné la Cour des comptes européenne. Euromines s’est trouvé des compagnons de route en formant avec dix-sept autres associations professionnelles, dont celle qui représente le secteur pétrolier et gazier (l’#IOGP), une coalition informelle au sujet des permis d’activité ciblant notamment la directive sur l’eau.

    « Il est vrai qu’après l’arrêt Weser, la directive est devenue un puissant instrument pour bloquer des projets miniers, confirme Nick Voulvoulis, directeur adjoint au centre de politique environnementale de l’Imperial College, à Londres, spécialiste de l’eau. Et comme le bon état des eaux ne sera pas atteint en 2027, l’industrie y voit une occasion d’affaiblir la directive. Un tel affaiblissement irait à l’encontre des objectifs d’adaptation au changement climatique et de préservation de la biodiversité. Il créerait un précédent vers la #dérégulation d’autres activités ayant un #impact_environnemental. »

    L’activité minière peut entraîner de multiples #pollutions, des #drainages_miniers_acides, des #contaminations aux #métaux_lourds, des rejets de #substances_chimiques. Cette possible recrudescence de pollutions locales inquiète au plus haut point les ONG mais aussi les services d’#eau_potable et d’#assainissement, réunis au sein d’#EurEau, car c’est à eux qu’incombe le traitement des eaux avant consommation.

    Pour Sébastien Mouret, conseiller politique chez EurEau, « si on affaiblit le principe de non-détérioration, les conséquences seront dramatiques pour les écosystèmes et pour l’eau potable, qui deviendra plus difficile à traiter. Les coûts du traitement augmenteraient et seraient reportés sur le consommateur. On se situerait aux antipodes du principe “pollueur payeur”, inscrit dans la directive mais rarement appliqué ».

    La Commission vient d’achever une rapide consultation publique au sujet de la révision à venir, dont les contours sont encore incertains. Contactée par Mediapart, une de ses porte-parole rappelle simplement que la commissaire suédoise en charge de l’environnement, Jessica Roswall, « a souligné les difficultés liées à la manière dont la directive est appliquée, en particulier en ce qui concerne les procédures d’octroi de permis pour des projets dans le secteur des matières premières critiques ».

    Même si la Commission ne propose qu’une révision ciblée de la directive (par exemple pour les seuls projets stratégiques d’extraction de l’UE), le résultat final pourrait lui échapper. Le Conseil mais surtout le Parlement pourraient se lancer dans un détricotage du texte à grands coups d’amendements. Les industries de la chimie, de la #cosmétique, les entreprises pharmaceutiques réclament aussi des assouplissements. La proposition de modification de la Commission européenne est attendue avant les vacances d’été.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/300426/la-protection-des-eaux-europeennes-menacee-au-nom-de-la-simplification
    #eau #UE #EU #union_européenne #extractivisme #environnement

  • Il capitale sottostante: #estrattivismo come chiave di lettura del presente
    https://radioblackout.org/2026/04/il-capitale-sottostante-estrattivismo-come-chiave-di-lettura-del-pres

    Il nuovo numero di #zapruder dal titolo «Il capitale sottostante. Realtà e immaginario della #miniera» contribuisce a fornire delle chiavi di lettura della fase attuale a partire dalla storia delle miniere.

    #L'informazione_di_Blackout
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/04/Zapruder-2026_04_09_2026.04.09-10.00.00-escopost.mp3

    • Il capitale sottostante. Realtà e immaginario della miniera

      Mattia Frapporti e Gioacchino Orsenigo

      La società mineraria

      Daniele Valisena

      Una specie di alleanza. Il metabolismo del carbone in Belgio

      Giacomo Tagliani

      Il rovescio della modernità. Immaginari minerari nel cinema italiano del secondo dopoguerra

      Jacopo Rasmi

      Miniera cyborg. Storia critica dell’estrazione mineraria

      Pauline Massè

      La (mini)era dell’orso

      Alessandro Albana

      «Imparare da Daqing» (e poi dimenticarsene). La miniera come specchio delle contraddizioni nella Cina contemporanea

      Riccardo Rosa

      #Newcastle, consuma e crepa. Macerie di una città produttiva

      Franco Tomassoni

      È stato il capitale. L’impero portoghese e il petrolio angolano

      Maxime Boidy

      «Bande de grévistes». L’archivio iconografico dello sciopero di #Béthune del 1902

      Agostino Petrillo

      Minatori col giardino. Sperimentazione urbanistica e paternalismo in Germania

      Marta Gentilucci

      C’è un abisso. La metamorfosi delle lotte contro l’estrazione mineraria

      Lorenzo D’Angelo

      Cristalli di tempo. Contesti e articolazioni dell’estrazione

      Leonardo Lippolis

      Miniera, fabbrica, città. #Manchester e l’immaginario di una catastrofe urbana

      Brenda Fedi

      Let’s start a war (said Maggie one day)

      https://www.mimesisedizioni.it/libro/9791222323763

      #extractivisme #Allemagne #Belgique

  • #The_Cost_of_Growth

    The Cost of Growth challenges Europe’s growth story by exposing the extractive systems it relies on and the communities that pay the price.
    With an international cast, the film (90 minutes) connects struggles in Serbia, Italy, and Sápmi to wider fights for justice — showing how communities resist extraction, build solidarities, and expose the violence behind Europe’s economy.

    https://www.youtube.com/watch?v=5OSc0Bayy70


    https://www.thecostofgrowth.com
    #film #résistance #extractivisme #croissance #économie #violence #Serbie #Italie #Sápmi #documentaire #film_documentaire #green_deal #capitalisme #peuples_autochtones #mines #sami #guerre

  • Zad polaire : l’ardente lutte des jeunes Sámis de Norvège
    https://www.terrestres.org/2026/03/19/zad-polaire-lardente-lutte-des-jeunes-samis-de-norvege

    En Norvège arctique, colonialisme, projets miniers, changement climatique et militarisation se conjuguent pour assaillir les Sámi·es. Mais la jeune génération du seul peuple autochtone reconnu en Europe est déterminée à se battre pour son environnement et son mode de vie, entre pêche et élevage des rennes. Immersion auprès des activistes du fjord. L’article Zad polaire : l’ardente lutte des jeunes Sámis de Norvège est apparu en premier sur Terrestres.

    #Climat #Décolonial #Extractivisme #Luttes #Pollutions #Récits #Vivants #Zads

  • Archives coloniales belges : autour des minerais de la RDC, une bataille économique et symbolique
    https://www.courrierinternational.com/article/vu-d-afrique-archives-coloniales-belges-autour-des-minerais-d

    Un litige oppose l’État belge et l’entreprise américaine KoBold Metals, chacune des deux parties souhaitant avoir la primeur de la numérisation de 500 mètres linéaires de rayonnages d’archives du début du XXe siècle, qui pourraient permettre de cartographier les richesses minières très convoitées de la République démocratique du Congo. Sensible, l’affaire entremêle des enjeux économiques colossaux et d’autres liés à la mémoire de la colonisation, soulignent les médias africains.

    L’entreprise minière américaine KoBold Metals souhaite numériser et exploiter des millions d’archives de données géologiques déposées au Musée royal de l’Afrique centrale, situé à Tervuren, en Belgique, rapporte The East African. Cette société compte parmi ses investisseurs Bill Gates, Jeff Bezos et l’ancien maire de New York Michael Bloomberg. Or cette volonté se heurte à celle de l’État belge, qui entend se charger lui-même de cette numérisation.

    Cette affaire intervient dans un contexte de rapprochement stratégique entre la République démocratique du Congo (RDC) et les États-Unis autour des ressources minières du pays africain, dont le sous-sol, riche en cuivre, cobalt et lithium, est devenu l’objet d’appétits aiguisés, dont celui des États-Unis. Une bataille d’autant plus âpre qu’elle mêle des considérations économiques, géopolitiques et historiques.

    Ses ramifications plongent en effet jusqu’à la période coloniale, quand le vaste territoire du Congo était sous domination belge. Ses ressources étaient alors exploitées par le roi Léopold II, qui a gouverné le pays comme une possession personnelle de 1885 à 1908.

    Informations “inestimables”

    Selon Business Insider Africa, les archives, qui datent du début du XXe siècle, sont considérées comme essentielles pour la cartographie des gisements de lithium, de cobalt et de cuivre, minéraux clés de la transition énergétique mondiale. Les 500 mètres linéaires de rayonnages du musée belge regorgeraient de renseignements sur ces trésors miniers encore inexploités.

    L’État belge entend, après leur numérisation, rendre ces données accessibles et publiques, tout en ayant pris l’engagement de rétrocéder ensuite les archives à la RDC. Business Insider Africa indique qu’un plan d’archivage et de digitalisation subventionné par l’Union européenne est déjà en cours depuis plus de deux ans.

    Des responsables du musée ont cependant précisé au titre économique africain que les documents historiques ne permettaient pas à eux seuls de localiser précisément les gisements potentiels. “Il n’existe aucune carte indiquant où creuser pour trouver du lithium”, a tempéré François Kervyn, directeur du département des sciences de la Terre du musée.

    KoBold Metals, présente en RDC, dispose déjà de sept contrats d’exploitation de mines de lithium accordés par les autorités de Kinshasa, indique Actualités CD. Si l’entreprise américaine, appuyée par les autorités congolaises en vertu d’un accord portant sur l’exploitation des archives, souhaite les numériser, c’est pour “profiter au passage de la primeur des informations [qu’elles] contiennent”, souligne le site de la RTBF.

    Dans l’objectif de cartographier, grâce à l’intelligence artificielle, tout le potentiel minier du pays africain, KoBold Metals souhaite investir 537 millions de dollars (455 millions d’euros), ajoute The East African. La Belgique, qui ne s’estime pas liée par l’accord conclu entre Kinshasa et l’entreprise, s’y oppose.

    Ruée vers la RDC

    L’enjeu est d’autant plus important que la RDC estime que 90 % de ses réserves géologiques restent inexplorées, signale l’Agence congolaise de presse. Lors du sommet minier qui s’est tenu le 4 février à Washington, le ministre des Mines congolais avait souligné que la valeur des exportations minières congolaises avait dépassé en 2024 les 25 milliards de dollars (21 milliards d’euros). Une goutte d’eau par rapport au potentiel encore inexploité, qui pèserait, selon les autorités congolaises, plus de 25 000 milliards de dollars, (plus de 21 000 milliards d’euros). Des chiffres tout simplement vertigineux.

    La RDC se situe en effet parmi les principaux producteurs mondiaux de cuivre. Le pays possède, en outre, au moins la moitié des réserves mondiales de cobalt, nécessaire à la fabrication des téléphones portables et des batteries, selon l’Institut d’études géologiques des États-Unis. Une richesse qui place le pays africain au cœur de la transition énergétique mondiale, avec plus de 70 % de la production mondiale de cobalt et environ 10 % de celle du cuivre.

    Les vastes ressources naturelles, en particulier celles de la RDC, sont devenues un enjeu majeur pour les Occidentaux, lesquels souhaitent réduire leur dépendance à l’égard de la Chine pour les minéraux critiques. Dans ce but, une cartographie des ressources minières congolaises est centrale. En janvier dernier, le site spécialisé Mines CD indiquait ainsi que la RDC avait fourni aux États-Unis une liste ciblée de projets miniers susceptibles d’accueillir des investissements américains.

    Cette affaire des archives belges créera sans doute un précédent, estime Business Insider Africa, dans le sens où son issue pourrait façonner non seulement l’avenir de l’exploration minière pilotée par l’IA, mais aussi le débat actuel sur la propriété de données scientifiques datant de l’époque coloniale.

    Elle “soulève également des questions de souveraineté, d’équité d’accès et de gestion d’archives issues de la période coloniale”, relève aussi Actualités CD. En effet, même si KoBold Metals affirme son intention de rendre les documents accessibles une fois leur numérisation effectuée, la RDC s’interroge sur la pertinence du choix, de la part de son gouvernement, de confier à une entreprise privée étrangère des données précieuses pour sa souveraineté économique.❞

    #archives #congo #belgique #extractivisme #néocolonialisme

  • Qui paie la fluidité ?
    https://laviedesidees.fr/Laleh-Khalili-Extractive-Capitalism

    80% du commerce mondial transite par voie maritime ; moins de dix entreprises contrôlent l’essentiel de ce trafic. Le capitalisme ne se limite pas à l’extraction de matières premières, il organise un système où la fluidité des marchandises repose sur la captivité des corps et des territoires.

    #Économie
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20260316_flux.pdf

  • #Opération_Bangui : une histoire de sang, de science et d’exploitation biomédicale

    Au début des années 1990, une recherche vaccinale secrète sur le #VIH est menée en #République_centrafricaine. Si elle n’aboutit pas et reste longtemps dans l’ombre, elle éclaire aujourd’hui les débats sur les #essais_cliniques, l’accès aux traitements, et plus largement une forme particulière d’#exploitation encore peu discutée : l’#extractivisme_biomédical.

    C’est cette histoire que je raconte dans un #livre paru récemment : Opération Bangui. Promesses vaccinales en Afrique postcoloniale. En tant que sociologue et pharmacien, professeur à la faculté de pharmacie de l’Université de Montréal, mes intérêts de recherche portent sur les enjeux reliés aux politiques pharmaceutiques (ou à leur absence) dans différents contextes. Je questionne notamment les ambiguïtés des politiques pharmaceutiques et des logiques de santé mondiale à travers la recherche biomédicale, l’accès et l’usage des médicaments.

    Une recherche camouflée en #Afrique centrale

    En République centrafricaine, le VIH se diffuse massivement dans les années 1980. Cela se voit dans les hôpitaux de la ville, mais aussi au sein de groupes tels que les travailleuses du sexe ou les militaires plus exposés par leurs conditions de travail, d’éloignement et les rapports de pouvoir qui augmentent les risques de transmission sexuelle.

    Les militaires sont d’ailleurs de plus en plus nombreux au début des années 1980, recrutés notamment avec le soutien de la France, pour asseoir le pouvoir en place. Ceci offre aux chercheurs de l’#Institut_Pasteur de #Bangui, capitale du pays, des accès privilégiés à cette population pour l’intégrer dans ses recherches. En effet, cet Institut, fondé juste après l’indépendance du pays, redéfinit le lien postcolonial en participant dans sa mission à la #santé_publique centrafricaine avec le ministère de la Santé, mais en restant scientifiquement et administrativement sous la tutelle de l’Institut Pasteur de Paris, structurellement soutenu par des financements gouvernementaux français.

    L’occasion précipite l’extraction : fin 1989, un appel d’offres pour des financements internationaux conséquents amène des chercheurs français à proposer la mise en place d’une recherche secrète. Elle vise à caractériser les virus des militaires centrafricains, surveiller leur taux d’infection et essayer de potentiels vaccins qui semblent sur le point d’être découverts. Le sceau du secret permet aux différentes parties d’avancer sans attirer l’attention, ni celle de la concurrence scientifique pour les chercheurs français, ni celle des médias internationaux pour le sommet des autorités politiques locales.

    Ceci contribue de fait à exclure les médecins et chercheurs locaux qui se trouvent ainsi laissés dans l’ignorance, ou dans l’incapacité d’être partie prenante de recherches dont leur population est la première concernée.

    Au vu des forts taux d’infection dans la population militaire, la transformation des militaires en objets de recherche représente non seulement un avantage scientifique pour démontrer l’efficacité d’un potentiel vaccin, mais aussi stratégique en permettant une économie de coût substantielle alors que les essais cliniques au Nord se chiffrent dans les années 1990 en dizaines de millions de dollars.

    La branche production de l’Institut Pasteur de Paris, qui opère via le laboratoire pharmaceutique #Pasteur-Mérieux_Sérums_et_Vaccin, est l’infrastructure industrielle qui peut profiter d’une telle recherche. Il ne manque alors qu’un terrain d’#expérimentation, que fournit opportunément la cohorte des militaires centrafricains.

    La matière première de la recherche

    C’est ainsi que les militaires de la garde présidentielle et des forces armées centrafricaines sont progressivement inclus dans cette recherche à partir de 1990. Des échantillons de sang sont prélevés une à deux fois par an. Les militaires représentent de bons objets de recherche, faciles à trouver dans leurs casernes. Plus de 11 000 prélèvements sont ainsi réalisés sur quelque 3000 militaires.

    Mais les militaires ne sont pas que des objets disciplinés, ils demeurent aussi des sujets sensibles politisés. Cette subjectivité politique se réaffirme à partir de 1993 lors d’une première mutinerie qui fait suite au non-paiement des soldes, puis de manière plus retentissante en 1996 et 1997 quand des militaires de la garde présidentielle font face aux forces loyalistes. Les autorités françaises, qui ont contribué au recrutement et à la formation de ces deux structures rivales, éteignent partiellement l’incendie par l’envoi de troupes militaires. La situation postcoloniale qui a permis la recherche dans un premier temps est aussi celle qui en précipite la fin.

    Les recherches menées à Bangui sont forcées de s’arrêter et sont ensuite transférées vers d’autres pays. Les questions de recherche sont alors déplacées dans d’autres sites du réseau international des instituts Pasteur. La recherche à Bangui s’arrête, mais l’infrastructure de recherche (données, échantillons, idées de recherche, etc.) est sauve.

    Quand la recherche devient-elle « extractive » ?

    Outre le secret qui a invisibilisé l’opération Bangui depuis ses débuts, il reste un grand malaise dans la communauté scientifique à en parler encore aujourd’hui. Les principaux promoteurs de cette recherche sont restés généralement très évasifs à son sujet. L’histoire de cette initiative secrète met en lumière une forme particulière d’exploitation dans la recherche : l’extractivisme biomédical.

    Celui-ci repose sur l’extraction de #sang et de #données_biologiques afin de produire des connaissances scientifiques, susceptibles ensuite d’être valorisées sur le plan industriel et commercial. À la différence de l’extractivisme minier, cette exploitation ne porte pas sur des ressources naturelles issues du sol, mais sur des corps humains. Elle s’inscrit néanmoins dans des #rapports_de_pouvoir comparables, marqués par de fortes asymétries entre les lieux où la recherche est menée et ceux où ses résultats sont valorisés.

    Le cas de l’opération Bangui permet d’en comprendre les mécanismes. Les militaires centrafricains sont d’abord considérés comme une population « à risque », définie principalement par son taux élevé d’infection. Cette catégorisation tend à réduire des individus au statut de ressource scientifique, presque « naturelle », en faisant passer au second plan leurs conditions de vie, leurs relations sociales et leur position dans une hiérarchie militaire.

    Cette logique s’inscrit ensuite dans un contexte postcolonial qui facilite l’#appropriation de cette cohorte de recherche. Les liens étroits entre les autorités françaises et centrafricaines, ainsi que la centralisation des infrastructures scientifiques et industrielles en France, permettent aux institutions du Nord de conserver le contrôle des données, des échantillons et des orientations de la recherche.

    Enfin, les connaissances produites grâce à ces prélèvements sont susceptibles d’être valorisées à travers des publications, des financements, des recherches internationales et, potentiellement, des brevets. Pourtant, rien n’est prévu pour favoriser le développement des capacités de recherche locales ni pour garantir légalement que les populations ayant rendu cette recherche possible puissent bénéficier des retombées médicales de ces travaux.

    Du point de vue de la santé publique, l’opération Bangui sera d’ailleurs nulle pour les premières personnes concernées : le taux de nouvelles infections par le VIH reste presqu’inchangé chez les militaires entre 1988 et 1996, date à laquelle les chercheurs quittent le pays. C’est cette dissociation entre production scientifique, capacité locale et accès aux soins qui constitue le cœur du problème.

    Résonnances actuelles

    Aucun vaccin contre le VIH n’aura finalement été développé ni testé à Bangui. Même si un vaccin avait bel et bien vu le jour, on peut douter que la population centrafricaine aurait eu un accès prioritaire. Cette incertitude n’est pas propre à cette recherche : elle traverse encore aujourd’hui de nombreux programmes de recherche biomédicale internationale. Si les appels à des financements publics pour la recherche sont nombreux, rares sont ceux qui conditionnent ces investissements à un accès garanti aux traitements ou aux vaccins qui pourraient en résulter.

    Aujourd’hui encore, des traitements préventifs du VIH, testés en Afrique, mais inaccessibles aux populations concernées, tels que le lénacapavir, sont au cœur de chantages économiques sur la vie. Ces expériences, et leur récurrence, montrent que la question d’une recherche juste ne se limite pas au respect du consentement lors des essais cliniques. Elle concerne aussi la manière dont sont organisés et pensés dès la recherche les valorisations économiques et politiques des découvertes et l’accès effectif aux soins et à la prévention.

    L’histoire de l’opération Bangui rappelle ainsi que la recherche biomédicale n’est jamais neutre. Elle est inscrite dans des rapports sociaux, politiques et économiques qui déterminent qui bénéficie réellement du progrès scientifique. Interroger ces mécanismes au-delà des procédures de bioéthique, c’est ouvrir un débat essentiel sur la justice et la responsabilité dans le financement et la production mondiale des savoirs médicaux, et dans l’accès à des médicaments ou des vaccins essentiels qui en découlent.

    https://theconversation.com/operation-bangui-une-histoire-de-sang-de-science-et-dexploitation-b
    #science #recherche #extractivisme

    • Opération Bangui. Promesses vaccinales en Afrique postcoloniale

      Cette enquête fait la lumière sur un chapitre méconnu de l’histoire du #sida dans les années 1980 et 1990 : la recherche menée en République centrafricaine par des scientifiques venus de #France et des États-Unis qui croyaient être sur le point de trouver un vaccin. Dans le rôle des ressources vivantes, une cohorte de militaires locaux, et dans celui des bénéficiaires, les puissances postcoloniales. Ces travaux secrets avaient un nom de code : opération Bangui.

      Par le récit vivant d’une affaire exceptionnelle, ce livre révèle un mode d’accaparement des richesses : l’extractivisme biomédical. En plaçant les processus de valorisation des corps et des vies au cœur de sa réflexion, Pierre-Marie David plaide ici pour une restitution historique, matérielle et politique de la part africaine dans la recherche scientifique et médicale, étape essentielle d’une nécessaire décolonisation de la santé mondiale.

      https://luxediteur.com/catalogue/operation-bangui
      #livre

  • Nouvelle-Calédonie : pour Paul Néaoutyine, président de la province Nord, « sans consensus, l’Etat court à l’échec »
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/02/23/nouvelle-caledonie-pour-paul-neaoutyine-president-de-la-province-nord-sans-c

    Alors que doit être examiné, mardi 24 février, au Sénat, le projet de loi constitutionnelle issu de l’accord de Bougival, Paul Néaoutyine, président de la province Nord, estime, dans un entretien au Monde, que cet accord rompt avec celui de Nouméa de 1998.

    Publié le 23 février 2026

    Ils ont signé les accords de Bougival en juillet 2025, puis d’Elysée-Oudinot en janvier, textes qui créent « un Etat de la Nouvelle-Calédonie intégré à l’ensemble national ». Rangés dans le camp des modérés, l’Union nationale pour l’indépendance (UNI) et sa principale composante, le Parti de libération kanak (Palika), sont cités comme des soutiens par le gouvernement, alors que le projet de loi constitutionnelle issu de ces accords sera examiné, mardi 24 février, au Sénat.

    Mais Paul Néaoutyine, président de la province Nord et figure historique du Palika, a décidé de sortir de sa réserve habituelle pour critiquer le projet endossé par son camp. Signataire des accords passés de Matignon-Oudinot, en 1988, et de Nouméa, en 1998, cet ancien président du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) témoigne de l’adhésion fragile des indépendantistes à la poursuite du processus.
    Dans le débat sur le futur statut de la Nouvelle-Calédonie, vous affirmez que les « fondamentaux » de l’accord de décolonisation de Nouméa « ne sont pas là ». Que recouvrent-ils, aujourd’hui ?

    Les fondamentaux de l’accord de Nouméa sont le plancher en deçà duquel notre combat reculerait. L’accord de Nouméa de 1998 est un accord de décolonisation, fondé sur la pleine reconnaissance du peuple kanak, peuple premier, comme préalable à la fondation d’une nouvelle souveraineté partagée, dans un destin commun entre toutes les communautés. Cet accord sui generis a instauré une citoyenneté appelée à devenir nationalité, a organisé le transfert irréversible des compétences de la France vers la Nouvelle-Calédonie, a établi un partage de souveraineté avec la France sur la voie de la pleine souveraineté, l’Etat reconnaissant la vocation du pays à une complète émancipation et se disant prêt à accompagner le pays dans cette voie. L’accord de Nouméa précisait aussi qu’une partie de la Nouvelle-Calédonie ne pouvait se dissocier de l’ensemble.
    Lire aussi | Article réservé à nos abonnés En Nouvelle-Calédonie, l’enlisement sans fin des discussions sur l’accord de Bougival

    Le dispositif de Bougival officialise un fédéralisme interne et externe, un statut d’autonomie dans la France qui se veut pérenne. Je ne vois pas où il y aurait continuité avec l’accord de Nouméa. Avec ce nouvel accord, nous sommes dans une logique inverse qui subordonne l’accord de Nouméa à celui de Bougival. Il est dit : « Les dispositions de l’accord de Nouméa qui ne sont pas contraires au présent accord demeurent en vigueur. » C’est donc l’aveu indirect qu’il y a des dispositions de l’accord de Nouméa qui sont contraires à l’accord de Bougival.
    En quoi ces points divergent-ils des accords de Bougival et Elysée-Oudinot, qui se réfèrent aux précédents ?

    L’ouverture du corps électoral [gelé depuis 2007 pour les élections provinciales] par l’accord de Bougival de juillet 2025 obéit aux desiderata du Medef de Nouvelle-Calédonie, favorable à l’économie de comptoir, qui préconisait de porter la population à 500 000 habitants en 2050. On voit poindre une nouvelle version de la colonisation de peuplement contre laquelle le peuple kanak s’est toujours dressé. Lorsque le ministre de l’intérieur et des outre-mer d’alors, Gérald Darmanin, a voulu passer en force sur la question du corps électoral en 2024, il a démontré trois choses. Une, que l’Etat français a cessé d’être impartial et s’est aligné sur le discours radical des Loyalistes, mauvais conseillers en la circonstance. Deux, que sans consensus et réel dialogue, l’Etat court à l’échec. Trois, qu’il porte la pleine responsabilité d’avoir plongé le pays dans le chaos [les violences de mai 2024].

    La question du corps électoral a toujours été un sujet sensible. Depuis 2017, le FLNKS a décidé de l’ouvrir aux natifs [soit 12 000 électeurs potentiels supplémentaires nés sur le territoire depuis 1998], preuve que les indépendantistes ne sont pas fermés à des aménagements. Mais, sans consensus, l’Etat n’obtiendra rien d’autre que ce qu’il a semé en mai et juin 2024.❞

    (...)

    #Nouvelle-Calédonie #Décolonisation #extractivisme

  • Les limites de l’industrie extractive : un secteur faiblement pourvoyeur d’emplois

    Dans la réflexion sur le nouveau modèle de développement économique africain, il est essentiel de démontrer que l’industrie extractive souvent présentée comme moteur de croissance ne constitue pas un levier efficace de création massive d’emplois. Elle génère certes des revenus importants, mais son impact social et économique reste limité en matière d’emploi et de transformation structurelle.

    Un secteur fortement capitalistique et peu intensif en main-d’œuvre

    L’industrie extractive (mines, pétrole, gaz) repose essentiellement sur :
    • des technologies lourdes et automatisées
    • des investissements financiers massifs
    • des équipements sophistiqués
    • une main-d’œuvre hautement qualifiée mais limitée en nombre

    Contrairement à l’agriculture ou à l’industrie manufacturière, elle nécessite peu de travailleurs pour produire une grande valeur.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/10/22/les-brics-et-lafrique-reproduction-des-logiques-extractivistes/#comment-72133

    #afrique #extractivisme

  • Suivre un grain de #sable à Phnom Penh
    https://metropolitiques.eu/Suivre-un-grain-de-sable-a-Phnom-Penh.html

    En nous invitant à suivre un grain de sable dans les méandres du Mékong, Dolorès Bertrais dessine les dessous de la fabrique de la ville de #Phnom-Penh, au #Cambodge, et raconte la filière du sable en #Asie du Sud-Est. À Phnom Penh, des barges, des tuyaux, des pompes s’emploient à extraire, déplacer et amasser du sable. Cette région du bassin du Mékong, qui relie les hauts plateaux tibétains au golfe de Thaïlande, constitue un « eldorado » du sable pour les entrepreneurs de la construction. Sa #Commentaires

    / sable, #matériau, Asie, Phnom-Penh, Cambodge

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met-bastin.pdf

  • Comment l’#IA dévore la planète

    L’incroyable essor de l’intelligence artificielle, technologie particulièrement vorace en énergie, en eau et en terres rares, interroge à l’heure où les géants du secteur sont lancés dans une course au gigantisme.

    Derrière les réponses presque magiques de ChatGPT, les vidéos imaginaires sans limites de Sora ou les images synthétiques bluffantes de Grok ou Gemini, l’intelligence artificielle (IA) a une empreinte bien réelle sur le monde. Dans une industrie du numérique énergivore, cette technologie se distingue par l’intensité de la puissance de calcul qu’elle nécessite pour chaque requête. Cela se reflète dans l’explosion inédite des investissements des géants de l’IA dans les data centers : 620 milliards de dollars (529 milliards d’euros) en 2026, selon la banque Morgan Stanley, soit déjà près de quatre fois plus qu’en 2023.
    Cette course au gigantisme – Meta a ainsi un projet de data center grand comme la moitié de l’île de Manhattan et puissant comme cinq réacteurs nucléaires – a de nombreux impacts tout au long de la chaîne de valeur de l’IA.
    Cette absorption de ressources fait craindre des pénuries ou des conflits d’usage locaux avec d’autres besoins essentiels tels que l’agriculture, l’électrification des transports ou de l’industrie. L’IA doit-elle donc être développée à tout prix ? Il convient de la piloter « avec sobriété », en choisissant « le juste niveau de technologie au service d’un besoin réel », met en garde l’Agence de la transition écologique (Ademe) dans une étude publiée début novembre. Et le 8 décembre, plus de 230 ONG ont demandé un moratoire sur la construction de nouveaux centres de données aux Etats-Unis.

    Pour évaluer l’impact sur la planète de ces cartes,des chercheurs ont démantelé et broyé l’une des plus utilisées au monde, la Nvidia A100. Ils y ont trouvé plus d’une vingtaine de métaux différents, dont des terres rares.

    L’essor de l’IA donne un coup de fouet à l’industrie des semi-conducteurs, qui pourrait doubler en cinq ans. Le marché des GPU et autres puces destinées à l’IA domine la croissance et devrait dépasser les 280 milliards de dollars d’ici à 2029.

    Or, ce secteur est gourmand en eau, énergie, métaux et produits chimiques. Et ce alors que, pour augmenter la puissance de calcul, les éléments de base doivent être de plus en plus petits, et donc de plus en plus purs, ce qui nécessite l’utilisation de toujours plus de produits toxiques.

    Dans les usines du taïwanais TSMC, plus important industriel du secteur, la production d’un seul « wafer » de 12 pouces, où sont gravées les puces, requiert plus de 7 000 litres d’eau. Le groupe – qui indique recycler 88 % de l’eau qu’il utilise – en fabrique l’équivalent de 16 millions par an.

    Artificialisation des sols
    L’expansion de l’IA nourrit une croissance inédite des dépenses dans les data centers : les géants du secteur, d’OpenAI à Meta, en passant par Google, Amazon ou Microsoft, vont investir 470 milliards de dollars dans ces infrastructures en 2025 et même 620 milliards en 2026, selon la banque Morgan Stanley. Soit près de quatre fois plus qu’en 2023.

    Il n’existe pas de recensement mondial du nombre de kilomètres carrés aujourd’hui occupés par les data centers. Mais, aux Etats-Unis, les montants investis dans la construction de ces infrastructures sont sur le point de dépasser ceux des bureaux traditionnels.

    Et d’immenses chantiers ont été lancés : Stargate, d’OpenAI, situé dans la petite ville d’Abilene, au Texas, comptera huit bâtiments sur une zone de près de 4,5 kilomètres carrés – plus vaste que Central Park à New York. Le patron de Meta, Mark Zuckerberg, a annoncé que le méga data center Hyperion, prévu en Louisiane, pourrait couvrir l’équivalent d’« une partie importante de la superficie de Manhattan ».

    En France, le gouvernement a annoncé avoir identifié 35 sites « favorables » à l’installation de centres de données pour un total de 12 km² – soit 1 680 terrains de foot.

    Consommation d’électricité
    Cette course au gigantisme s’illustre par leur puissance électrique exponentielle. Les plus gros sites en construction prévoient désormais d’égaler ou de dépasser une capacité électrique de 1 gigawatt (GW). Soit environ l’équivalent de la puissance d’un réacteur nucléaire.
    Et les objectifs sont encore plus démesurés : xAI sera « le premier à mettre en fonctionnement 10 GW, 100 GW, 1 TW [térawatt]… », a affirmé sur X Elon Musk, en septembre.

    L’augmentation de la puissance installée des data centers devrait en conséquence faire bondir leur consommation électrique annuelle liée à leur utilisation. Celle-ci pourrait tripler d’ici à 2030.

    Pour le moment, l’électricité alimentant les data centers ne représente qu’environ 1,5 % de la consommation mondiale, selon l’AIE. Mais aux Etats-Unis, cette part pourrait passer de 4,4 % à entre 7 % et 12 % en 2028, selon le ministère de l’énergie américain. En Europe, les data centers pourraient peser 7,5 % de la consommation électrique d’ici à 2035, contre 2,5 % aujourd’hui, selon le Shift Project, le cercle de réflexion présidé par Jean-Marc Jancovici.

    Consommation d’eau
    L’IA n’est pas seulement vorace en énergie, elle est aussi insatiable en eau. En 2023, les prélèvements associés aux centres de données auraient déjà dépassé les 5 000 milliards de litres, selon les calculs de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Soit l’équivalent de toute l’eau potable puisée en France en une année.

    Une partie de cette eau est recyclée, c’est pourquoi la part réellement consommée – notamment en raison de l’évaporation – représente environ 560 milliards de litres.

    A l’avenir, l’AIE s’attend à ce que la consommation d’eau associée aux centres de données soit multipliée par deux d’ici à 2030, pour atteindre environ 1 200 milliards de litres par an.
    Les conséquences d’un même prélèvement sur les nappes et les rivières varient selon les territoires. A titre d’exemple, 14 % de l’eau utilisée par Google viennent de zones à risque « élevé » de pénurie, selon les documents de l’entreprise.

    Emissions de CO2
    Aujourd’hui, l’électricité des data centers provient pour plus de la moitié d’énergie carbonée.

    La croissance des émissions de gaz à effet de serre des data centers devrait doubler, voire tripler, selon les scénarios établis par le Shift Project.

    Les data centers, dont une partie sert à l’IA, émettent plus de gaz à effet de serre que la France : 369 millions de tonnes en équivalent CO₂, en 2024, selon le ministère de la transition écologique.

    https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/12/26/comment-l-ia-devore-la-planete_6659449_3234.html
    #AI #visualisation #statistiques #extractivisme #eau #énergie #terres_rares #ChatGPT #Sora #Gemini #Grok #empreinte #puissance_de_calcul #data_centers #centres_de_données #investissements #Meta #ressources #conflits #pénurie #extractivisme #mines #cartes_graphiques #GPU #graphics_processing_unit #serveurs #impact #Nvidia_A100 #métaux #semi-conducteurs #puces #produits_chimiques #toxicité #TSMC #wafer #artificialisation_des_sols #OpenAI #Google #Amazon #Microsoft #chiffres #statistiques #Stargate #Abilene #Texas #Hyperion #France #CO2 #gaz_à_effet_de_serre #infographie

  • Depuis l’#écologie_blanche, vers l’#antiracisme

    Ma réflexion ces trois dernières années avait deux objectifs explicites : rénover la compréhension du zéro déchet, et étudier la possibilité de l’utiliser comme principe d’union politique. Il en avait aussi un plus souterrain : comprendre ce qui séparait mon écologie, blanche, bourgeoise, des mouvements écologiques populaires et non-blancs. Je ne voulais pas d’une explication purement sociologique. Je voulais saisir ce qui n’allait pas dans nos idées, notre rapport au monde et nos outils conceptuels.

    Ma conclusion est que mon écologie est unie par un système politique qui structure le monde que nous connaissons, et que le philosophe Charles W. Mills nomme « #suprématie_blanche ». Ce système rend solidaires les blancs entre eux, déshumanise les personnes non-blanches et crée les catégories raciales de « blanc » et « non-blanc·he ». On ne peut pas réunir les écologies d’#émancipation sans lutter frontalement contre ce système.

    Il n’y a pas d’avenir pour une écologie qui se veut juste sans être antiraciste. Elle reconduira inévitablement les mêmes causes que celles qui aboutissent à la destruction globalisée, parce qu’elle intègre dans son approche les principes de la #division, de la #hiérarchisation et de la #domination. Avec ces articles, j’ai proposé un parcours pour aider les écologistes blanc⋅hes à en prendre conscience.

    Si les intérêts de classe sont aussi importants, ils me semblent moins structurants. Parce que les blancs pauvres savent s’unir aux blancs qui les écrasent pour peu qu’ils leur assurent que les non-blancs restent en dessous. Ce n’est pas une opinion personnelle, c’est l’histoire du monde. C’est celle de notre époque. Voilà pour l’objectif souterrain.

    Un #anti-capitalisme paradoxal

    Concernant celui de repenser le zéro déchet et d’y voir un projet anticapitaliste, on peut objecter qu’au contraire, à la fois le #colonialisme et les soupçons d’#extractivisme montrent la continuité entre zéro gaspillage et #capitalisme. Ce serait une erreur d’y voir un paradoxe.

    Le capitalisme est la norme qui construit notre monde depuis plusieurs siècles. Ses adversaires naissent sous son joug, obligés d’en intégrer les règles et de subir son influence dans leur chair et leur esprit. Il n’y a rien de plus banal que d’être construit par un système qui nous domine, nous tue, et dont on reste prisonnier même dans notre façon de le fuir.

    Le #zéro_gaspillage est révolutionnaire dans ses ambitions, pas dans ses outils intellectuels. Son succès s’appuie précisément là-dessus : il est facile à comprendre et (jusqu’à un certain point) à insérer dans un monde capitaliste. C’est une idéologie intermédiaire : elle critique un système dont elle est issue, sans arriver à s’en délivrer. Voilà pour l’objectif de rénover la réception du #zéro_déchet.

    Un principe d’union

    Quid de l’idée d’utiliser le #gaspillage comme principe d’#union ? Elle semble mal engagée. La notion de gaspillage ramène à celle de #ressources, c’est-à-dire de moyen de production au service d’un « porteur de projet ». Elle s’insère dans un cadre où on pense d’abord à l’utilité économique des choses, où l’on sépare les acteurs qui utilisent et les objets qui sont utilisés.

    Le spectre de la #déshumanisation et de l’#exploitation de la « ressource humaine » est omniprésent. On est déjà sur le continuum qui conduit à l’#esclavage, à la #négation_de_l’humanité de la personne et au refus de la voir comme autre chose qu’un moyen pour des d’objectifs qui ne sont pas les siens. Un truc qui arrive tous les jours. Même pas surprenant.

    En ce sens peut-être que mon inquiétude est injustifiée. Peut-être que les limites théoriques que je décris ne constituent pas un danger pour l’action, ou pas de suite. Mon indécision est ici moins un échec que le témoin que les solutions sont collectives, qu’elles demandent des collectifs divers, riches. L’analyse des problèmes peut parfois se faire seul (comme ici) mais leur résolution n’est pas quelque chose qui se passe dans un texte, encore moins un texte à une voix.

    https://blog.whoz.me/zerowaste/depuis-lecologie-blanche-vers-lantiracisme
    #écologie

  • Essor de l’intelligence artificielle : « Nous sommes entrés dans une nouvelle ère de l’extraction » – Fred Turner - Libération
    https://www.liberation.fr/international/amerique/essor-de-lintelligence-artificielle-nous-sommes-entres-dans-une-nouvelle-ere-de-lextraction-20251222_NETLWTE75NDNVK4GBPYGDICDBU/?redirected=1
    https://www.liberation.fr/resizer/v2/3DK27X3ND5HC5HOPYMSJ6P6FPI.jpg?smart=true&auth=72a80b09682c0012f187f03f7c

    Pour l’historien américain Fred Turner, l’intelligence artificielle est le nouveau pétrole et ses conséquences sociales pourraient être dramatiques.
    L’historien explique que les technologies servent aujourd’hui des fins d’extraction « de données » et « de ressources naturelles ».
    L’historien explique que les technologies servent aujourd’hui des fins d’extraction « de données » et « de ressources naturelles ». (VCG/Getty Images)
    ParBenjamin Delille
    envoyé spécial en Californie
    Publié le 22/12/2025 à 21h35

    Aux Etats-Unis, les investissements massifs dans l’intelligence artificielle en ont fait le secteur moteur de la croissance en 2025. La ruée vers cette nouvelle technologie fait craindre une nouvelle bulle spéculative, qui coûterait très cher au pays. Alors que ses partisans revendiquent un avenir radieux, porté par de nouveaux outils technologiques qui amélioreront l’économie et la vie des gens, l’historien Fred Turner, professeur à Stanford, dans la Silicon Valley, et auteur de la Politique des machines (éditions C & F), propose une lecture plus critique de ce qu’il considère moins comme une « révolution » que comme une nouvelle phase d’extraction de ressources – économiques, naturelles et sociales. Il décrypte la bulle en formation, l’illusion techniciste d’une efficacité supposée bénéfique et les liens troubles entre les géants de la tech et le pouvoir politique.

    Que pensez-vous de cette nouvelle ruée vers l’intelligence artificielle, notamment à San Francisco en Californie ?

    Je pense qu’avec l’IA et d’autres technologies comme les cryptomonnaies ou les réseaux sociaux, nous sommes entrés dans une nouvelle ère de l’extraction. Nous avons quitté l’époque classique du numérique et de l’Internet comme réseaux pour utiliser ces technologies, désormais connectées, à des fins d’extraction de données, d’extraction de ressources naturelles – eau, air, électricité. Et nous n’en comprenons pas encore pleinement les implications.

    Ceux qui promeuvent l’IA emploient un langage qui rend difficile la compréhension de ce qui se passe réellement. Ils parlent d’intelligence artificielle comme s’il s’agissait d’une intelligence. Or, comme l’a très bien dit la chercheuse australienne Kate Crawford, l’IA n’est ni artificielle, ni intelligente. C’est un système « computationnel », un système de recherche dans d’immenses modèles de langage. Une machine.

    Comparer en permanence ces systèmes aux capacités humaines détourne notre attention du processus réel : l’extraction. C’est comme si les fondateurs de Standard Oil nous parlaient des merveilles de l’automobile sans jamais mentionner le pétrole qu’ils extraient, la pollution que cela génère, les ressources qui disparaissent.

    Beaucoup des ingénieurs qui travaillent dans l’IA semblent pourtant persuadés d’être ceux par qui arrive le progrès qui fera avancer l’humanité…

    Il y a plusieurs raisons à cela. D’abord, ils ont 20 ans. Beaucoup de personnes à San Francisco sont très jeunes et n’ont pas encore assez vécu pour observer les cycles de transformation sur trente, quarante ou cinquante ans.

    Mais, plus profondément, il y a une idée sous-jacente. Je ne veux pas accuser les ingénieurs car ils sont, à bien des égards, les législateurs du monde contemporain et leur contribution est immense. Mais dans certains milieux, « ce qui est bon pour la machine » est érigé en modèle de ce qui serait bon pour la société.

    Ils disent : « Nous rendons les choses plus efficaces. » On l’a vu avec Elon Musk et son approche des institutions publiques. Il les démantèle, mais au nom d’une valeur qui a du sens en ingénierie : faire fonctionner les choses plus rapidement. Dans le monde technique, la vitesse est un gain réel, mais appliquée au monde social, cette valeur ne fonctionne plus. L’efficacité est une valeur extrêmement limitée. On peut détruire une ville de manière très efficace… cela reste une destruction, simplement plus rapide.

    Il y a aussi une dimension quasi religieuse. Pourquoi des personnes intelligentes, bien formées, assimilent-elles l’accumulation de richesses au fait de « faire le bien » ? C’est une idée très américaine, très protestante : Dieu récompenserait ceux qu’il favorise par la richesse. Les riches deviennent presque des saints. Et celui qui vient en Californie pour être le prochain Zuckerberg est un pèlerin en quête de ce saint moderne.

    Comment analysez-vous le rapprochement des principales figures de la tech avec Donald Trump ?

    Cela me met en colère. Pour moi, Donald Trump est un dirigeant autoritaire, voire fasciste. Et le comportement des leaders de la tech me rappelle celui des industriels allemands dans les années 1930 face à Hitler : ils savent d’où vient leur intérêt et se rangent du côté du pouvoir. Zuckerberg, par exemple, soutenait la régulation quand le président était démocrate, puis il a changé complètement de position lorsque Trump est revenu.

    Pour eux, c’est du business, mais où est la limite ? Aujourd’hui, nous avons un gouvernement qui envoie des agents masqués arrêter des gens sans procédure judiciaire. C’est extrêmement grave. Certaines entreprises, comme Palantir [géant de la tech américaine, qui vend des outils d’IA, ndlr], participent directement à ce système. Pour moi, ce sont des collaborateurs d’un régime autoritaire.

    Qu’en est-il de leurs employés, qui souvent ne sont pas du tout alignés avec l’actuel gouvernement des Etats-Unis ?

    Grande question, sans réponse simple. Que dit-on à un ingénieur qui construisait des bombardiers pendant la Seconde Guerre mondiale ? En ingénierie, on dit souvent : « Je construis, c’est à l’utilisateur d’assumer les conséquences. » Je ne suis pas sûr d’être d’accord, mais je n’ai pas de réponse définitive. Nous avons besoin d’ingénieurs, de systèmes, de techniques.

    Je pense surtout qu’il y a une volonté de dépolitiser consciemment les employés de la Silicon Valley. Avec des récompenses énormes : salaires, confort, nourriture gratuite, cadre de vie privilégié. Si le prix à payer est d’ignorer la politique, beaucoup l’acceptent. À l’intérieur de Facebook, vous ne voyez pas les migrants arrêtés par la police de l’immigration. C’est facile de détourner le regard. Et si vous avez une famille à nourrir, c’est encore plus tentant.

    #Fred_Turner #Intelligence_artificielle #Extractivisme

  • La Topette, Journal local, populaire et indiscipliné
    https://latopette.fr/mines

    Qui a dit que l’époque des mines en France était révolue ? Certainement pas Breizh Ressources, une start-up tenue par un Canadien qui entend explorer le sous-sol du nord-ouest de l’Anjou afin d’y trouver de l’or. Entre l’appât du gain, des craintes pour l’environnement, des élus priés de se taire et un champion de la vantardise, tentons de mieux comprendre ce qui se cache derrière ce projet.

    #projets_miniers #extractivisme #fièvre_de_l'or (et de bien d’autres choses)

  • Face à l’#IA générative, l’#objection_de_conscience

    #Manifeste pour l’#enseignement_supérieur et l’#éducation_nationale

    Nous, membres de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) et de l’éducation nationale (EN), déclarons adopter une posture d’objection de conscience face au déploiement des technologies d’#IA_générative[1] (#IAg) dans nos institutions.

    L’objection de conscience désigne le #refus individuel, mais aussi collectif en tant qu’il est publiquement partagé, de prendre part à une activité que l’on perçoit comme incompatible avec des #valeurs fondamentales.

    Dans le cas présent, nous considérons que le déploiement de l’IAg dans les institutions de l’ESR et de l’EN est incompatible avec les valeurs de #rationalité et d’#humanisme que nous sommes censé·es représenter et diffuser.

    Trois considérations majeures justifient cette position. Pour des raisons de concision, ce manifeste ne les développe pas mais on trouve dans la littérature scientifique de quoi les étayer solidement[2].

    Considération 1.

    L’IAg est un gouffre énergétique et matériel tel que personne ne peut prétendre qu’elle soit compatible avec les grands engagements internationaux tels que l’#Accord_de_Paris sur le climat, et plus généralement avec la #protection_du_vivant. Accepter le déploiement de l’IAg, c’est amplifier le dépassement des limites planétaires. Ceci est une attitude résolument anti-humaniste eu égard à la gravité de la situation. Le caractère écocidaire de l’IAg est en soi une raison suffisante pour en refuser le déploiement au sein de nos institutions.

    Considération 2.

    L’IAg représente un #choix_technologique qui agit comme un accélérateur des #infrastructures_industrielles sur lesquelles repose le secteur du #numérique : #mines, #datacenters, #centrales_électriques, usines de matériel électronique, etc. Ainsi, outre les problèmes de #pollution massive déjà évoqués, ce sont les lourds dégâts sociaux associés à ce système qui se voient renforcés : #travail prolétarisé dans les usines de fabrication et ultraprolétarisé dans le « #travail_du_clic », non-respect des #droits_humains, conflits d’usage (#eau, #métaux, #énergie), rapports extractivistes et néo-coloniaux entre pays du Nord et du Sud, #déstabilisation_géopolitique des régions minières, etc. Dans tous ces domaines, la compétition effrénée à laquelle se livrent les acteurs de l’IAg mènera aux méthodes les plus sauvages et prédatrices. Il nous semble inacceptable de contribuer à une telle dynamique par nos pratiques pédagogiques et scientifiques.

    Considération 3.

    La #banalisation des IAg dans le grand public alimente des usages qui ouvrent la voie à un futur dystopique – qui est, pour partie, déjà là : multiplication des vidéos deepfake, #désinformation à grande échelle par des « usines à trolls », #dépendance affective aux compagnies virtuelles, intensification du #marketing_digital et des #escroqueries, etc. Plus généralement, il permet à des mégafirmes d’accumuler un pouvoir démiurgique, mégafirmes dont les dirigeants ne font pas mystère de leurs projets mégalomaniaques, eugénistes et de leur détestation de la #démocratie. Nos institutions ne peuvent soutenir de telles techno-oligarchies, y compris de manière indirecte.

    *

    Le support principal de l’objection de conscience est le refus de participer à une activité qui contrevient à des valeurs fondamentales. Dans le cas de l’IAg, les trois considérations ci-dessus permettent d’assurer cette #posture au regard de nos missions d’éducation et de diffusion des savoirs.

    Face à ces analyses globales, les arguments les plus fréquents de légitimation de l’introduction de l’IAg dans nos institutions apparaissent immédiatement irrecevables[3]. Notamment, l’idée commune selon laquelle la diffusion de l’IAg dans nos sociétés serait « inéluctable » ne remet aucunement en cause la pertinence de l’objection de conscience. En effet, le principe de l’objection de conscience, voire de toutes les formes de #résistance, consiste à s’opposer à ce qui contrevient à nos valeurs fondamentales non pas parce que l’on pense que l’on va « gagner », mais parce que l’on a la certitude que c’est ce qui est juste et digne, ici et maintenant. Par ailleurs, contrairement à d’autres technologies délétères déjà profondément implantées dans nos sociétés, l’apparition des IAg est récente et par conséquent ses usages ne sont pas profondément intégrés dans nos pratiques professionnelles. Ainsi, l’effet de « verrouillage sociotechnique » empêchant tout retour en arrière n’est pas encore pleinement là avec les IAg et il est encore effectivement possible d’exercer un refus.

    Engagements

    Nous, membres de l’ESR et de l’EN signataires de ce manifeste nous engageons à :

    – adopter face au déploiement des IAg dans nos institutions une posture d’objection de conscience. Face à un phénomène qui nous dépasse mais dont nous savons qu’il est mortifère, nous choisissons d’opposer un refus net, indiscutable, et politique parce qu’il est partagé : nous ne les utiliserons pas, à moins d’y être expressément contraint·es, dans nos cours, dans nos communications, dans nos recherches, dans nos activités administratives. Nous refuserons, autant que nos situations individuelles nous le permettent, de participer à des projets ou à des activités qui les mobilisent (enregistrement et compte-rendu automatique de réunion ; activité pédagogique ; formation à l’usage, fût-il qualifié de raisonné ou éthique, etc.). À tout le moins, nous exprimerons publiquement notre malaise profond face à ces pratiques. Nous sommes par ailleurs conscient·es que le terme « IAg » recouvre des applications très diverses, dont certaines sont déjà largement intégrées à nos pratiques, telles que la traduction ou la transcription automatique. S’il n’est pas réaliste de tout remettre en cause, il s’agit au moins de stopper ce qui peut encore l’être.

    – afficher dans nos activités, nos signatures mails, nos publications, nos diaporamas, etc. notre ralliement à ce manifeste via un logo et/ou le lien vers le présent texte. L’enjeu est de ne jamais laisser l’IAg apparaître dans nos milieux professionnels « comme si de rien n’était » et d’afficher partout dans nos sphères d’activité que « cela ne va pas de soi ». Parvenir à ouvrir des discussions sur le sujet par cet affichage permettrait déjà d’éviter une banalisation qui, dans des institutions prescriptrices comme les nôtres, se confond avec de la promotion.

    – promouvoir autant que possible une réflexion collective sur la place du numérique dans nos institutions. Si les arguments que nous opposons au déploiement de l’IAg nous permettent en effet de refuser une nouvelle « escalade numérique », nous savons également que le système sociotechnique du numérique dans son ensemble est sujet aux mêmes questionnements. Le « stop » opposé à l’IAg pourrait ainsi être l’ouverture d’une séquence d’évaluation de nos dépendances plus générales à un système problématique, qui permette de s’engager vers la « sobriété numérique »[4] en vue d’aboutir à un numérique effectivement soutenable.

    [1]Les IA génératives constituent un type particulier de système d’Intelligence Artificielle, destiné à générer du texte, des images, des sons, des vidéos, sur la base de modèles de langage (LLM pour Large Language Model) entraînés sur de vastes corpus de données.

    [2]Une bibliographie indicative est proposée en fin de document.

    [3]Celles et ceux qui souhaitent des éléments de discussions plus précis sur ce type d’arguments (l’IA « souveraine », l’IA « sobre », la « praticité », l’IAg « inéluctable », etc.) pourront par exemple consulter le texte « Oui mais l’IAg… » publié sur le site web de l’Atécopol de Toulouse.

    [4]Pour aller plus loin sur ce sujet voir : affiche 10 de l’exposition « Pour la sobriété numérique dans l’ESR » (https://www.irit.fr/exposition-sobriete-numerique).

    –-
    Voici deux logos qui permettront aux signataires d’afficher leur adhésion à cette position. Chacun·e est invité·e à choisir le logo qui lui convient en fonction du contexte et/ou de ses préférences.

    https://atecopol.hypotheses.org/13082
    #intelligence_artificielle #résistance #éducation #ESR #université #enseignement #limites_planétaires #extractivisme #néo-colonialisme #désobéissance

  • Le Niger va mettre son uranium sur le marché international, actant définitivement la rupture avec le groupe français Orano
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/12/01/le-niger-va-mettre-son-uranium-sur-le-marche-international-actant-definitive

    La Somaïr, une filiale d’Orano, a été nationalisée en juin, privant le groupe français de son permis d’exploitation.

  • Le #Capitalisme_vert tel qu’il se pratique, au loin …
    https://ecologiesocialeetcommunalisme.org/2025/12/01/le-capitalisme-vert-tel-quil-se-pratique-au-loin

    La #Voiture_électrique qui nous est présentée en France comme un progrès écologique incontournable dépend entièrement pour la fabrication de ses batteries de l’extraction massive de minerais avec des effets particulièrement destructeurs là où elle a lieu. Ce qui caractérise ces destructions massives des milieux naturels, c’est qu’elles se passent au loin, dans une logique […] L’article Le capitalisme vert tel qu’il se pratique, au loin … est apparu en premier sur Atelier d’Écologie Sociale et Communalisme.

    #Regards_sur_notre_monde #Extractivisme #Greenwashing #Mégamachine

  • (1) Fil d’actualité | LinkedIn
    https://www.linkedin.com/posts/olivier-alexandre-579b5285_quelles-donn%C3%A9es-%C3%A0-prendre-en-compte-p

    Olivier Alexandre • 1er Tech&Culture 4 j • Modifié •

    Quelles données à prendre en compte pour les centres de données ?

    Ces infrastructures informatiques, composées d’ordinateurs centraux, baies de stockage et serveurs, sont devenues la colonne vertébrale du réseau des réseaux et le moteur des IAgen.

    On pourra donc se réjouir de la perspective d’un grand centre de données, nommé "Campus IA", sur la commune de Fouju en Seine-et-Marne, pour un montant de 35 milliards d’euros. D’autant plus que ce projet s’accompagne de plusieurs promesses : souveraineté, embauches (1000 emplois), facilités d’accès aux réseaux connectique et énergétique, 20% de végétalisation, contrôle d’investisseurs français. Elles ont été présentées avec pédagogie par les porteurs et parties prenantes dans le cadre de la consultation publique ouverte jusqu’au 23 novembre 2025.

    Ce projet pose toutefois plusieurs questions, relatives à la souveraineté, au projet de société et la gestion des externalités négatives à venir. Comme le rappelait récemment Ophélie Coelho interrogée par Mathilde Saliou, la question de la souveraineté ne saurait se résumer au critère de la localisation, soit "un centre en France = un centre français".

    https://lnkd.in/eDaZp2-w

    Une implantation recouvre des dimensions financières, techniques et organisationnelles. Les partenaires connus du projet sont la BPI, Mistral AI, Nvidia et MGX. Si la BPI exerce sous la supervision d’autorités publiques, une large partie du capital de Mistral AI est désormais sous contrôle d’investisseurs américains (dont Lightspeed Venture et h16z, Marc Andreessen travaillant directement avec l’administration Trump) ; l’entreprise américaine NVIDIA contrôle 80% du marché des micropuces ; et MGX est une société d’investissement émiratie.

    Ces capitaux et les ressources techniques attenantes ne sont pas neutres. Elles s’accompagnent de valeurs, modèles de développement et d’un projet de société : technosolutionnisme, ambition monopolistique, extractivisme, voire pour certains d’entre eux singularité technologique.

    Ce projet en vient ainsi à questionner le sens même du terme « société » : comment ce type d’infrastructures compose et recompose nos relations avec le reste du monde, le travail, l’habitat, l’énergie, l’eau, la biodiversité, voire même des dimensions aussi prosaïque que la lumière ou le bruit.

    Pour rappel, les centres de données consomment 2% de l’électricité mondiale (20% en Irlande) ; un seul centre absorbe jusqu’à 5 millions de litres d’eau par jour, et représente une nuisance sonore de 25 à 35 dB (la réglementation française limitant l’émergence sonore nocturne à 3 dB).

    Voici quelques-uns des enjeux que nous évoquions vendredi 7 novembre à Crisenoy, commune limitrophe de Fouju, à l’initiative d’Arnaud Saint-Martin, avec les chercheurs Clément Marquet, Pauline Gourlet, Marie Garin et Nilo Schwencke.

    Image. Construction d’un centre de données Amazon dans le comté de Loudoun (Texas) 10 février 2024 (Getty Image).

    https://media.licdn.com/dms/image/v2/D4E22AQFPqFvqTL2kfg/feedshare-shrink_800/B4EZpeTiZhIIAk-/0/1762518772008?e=1764201600&v=beta&t=31-J34yojWMxYSW2X2GtzOzieAY8ZQF02rg

    #Olivier_Alexandre #Datacenters #Extractivisme #Investisseurs