• Après l’émeute de Washington DC : leçons et perspectives

    En 1923, à Munich, en Allemagne, Adolf Hitler organise le « Putsch de la brasserie ». Cette tentative de coup d’État fut un échec total en ce qui concerne la prise du pouvoir et elle aboutit à l’arrestation d’Hitler. Après un procès de 24 jours, qu’il a utilisé comme un forum de propagande, il a été condamné à cinq ans de prison. Il ne purgea que neuf mois. À court terme, ce fut un revers pour les nazis, mais nous savons tous comment cela a fini par se passer.

    Bien sûr, il existe d’importantes différences entre l’Allemagne des années 1920 et les États-Unis d’aujourd’hui et une dictature fasciste n’est pas à l’horizon pour les États-Unis à l’heure actuelle. Cependant, nous devons prendre très au sérieux ce qui s’est passé hier [6 janvier] et comprendre les forces en jeu.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/01/12/apres-lemeute-de-washington-dc-lecons-et-perspectives

    #international #usa #extremedroite

  • Des foules de partisans de Trump convergent vers Washington | La Presse
    https://www.lapresse.ca/international/etats-unis/2021-01-06/des-foules-de-partisans-de-trump-convergent-vers-washington.php

    Bravant les consignes sanitaires, des hommes et femmes venus de tous les #États-Unis se massaient sans masque dans les métros, convergeant vers une capitale dont les vitrines étaient une fois de plus barricadées par crainte d’éventuels débordements.

    Le président sortant, qui continue de nier la victoire de son rival démocrate Joe Biden, encourage depuis des jours ses supporteurs à défiler dans la capitale pour cette journée qui sera « folle », a-t-il prévenu.

    Il doit prendre la parole devant ses troupes à 11 h depuis l’Ellipse, esplanade située au sud de la Maison-Blanche, et devrait répéter les accusations de fraudes qu’il martèle depuis deux mois sans en apporter la preuve.

  • Observatoire national contre l’extrême droite

    Dans la situation politique actuelle, où les idées racistes, réactionnaires, néofascistes, se banalisent et se trouvent légitimées par tant d’idéologues médiatiques et d’hommes politiques, y compris au pouvoir, est lancé l’Observatoire national contre l’extrême droite.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/10/14/observatoire-national-contre-lextreme-droite

    #extremedroite

  • L’attente

    Quand tu ouvres les yeux, ce matin, c’est là – une tension, quelque chose de vif comme l’attente d’un combat : c’est aujourd’hui. Tu te lèves comme si tu étais poussé en avant.

    Eleni et Fotini dorment. Tu traverses l’appartement, prépares un café, affiches sur l’écran un témoignage lu la veille ; au mois de juillet 2000, un commando descend la rue Pýthonos où la section locale d’Aube Dorée dispose d’une planque en sous-sol, fait irruption sur la place en bordure de laquelle M. et quelques autres distribuent des tracts. La peur est là, au coin, en vêtements sombres et au pas militaire – le parti de la peur. Tu es l’espace d’un instant traversé par des froissements, des cris, des vêtements déchirés, le souffle d’un homme fouillant un sac à la recherche de l’appareil photo avec lequel M. a photographié quelques instants plus tôt le chef du commando – la fouille précipitée reste vaine, M. a eu le temps de repasser l’appareil à quelqu’un avant d’être jeté à terre et roué de coups ; quelques années plus tard, l’auteur de ces coups sera identifié par d’autres victimes de violences grâce à d’autres clichés.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/10/11/lattente

    #extremedroite #grece

  • Quelques mots à destination d’un certain Zemmour, Éric

    Quelques mots à destination d’un certain Zemmour, Éric, 62 ans, écrivain, polémiste, de la part de citoyens, de Français, d’écrivaines et d’écrivains, de libres penseurs, d’extrémistes humanistes, de voyous de la langue, voleurs et assassins des peurs.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/10/03/quelques-mots-a-destination-dun-certain-zemmour-eric

    #extremedroite

  • Dans un rapport gouvernemental, les anarchistes et les vegans sont désignés aussi dangereux que des djihadistes (article de novembre 2019) :
    https://lareleveetlapeste.fr/dans-un-rapport-gouvernemental-les-anarchistes-et-les-vegans-sont-

    et le rapport de juin 2019 (sur la lutte contre les groupuscules d’extrême droite en France) :
    http://www.assemblee-nationale.fr/15/rap-enq/r2006.asp

    « Le rapporteur invite le CIPDR à se saisir rapidement de cette question et à élargir le champ de la réflexion à toute forme de radicalisation (anarchiste, antisioniste, vegan etc.). »

    #anarchistes #nébuleuse #surveillance #extrêmedroite #radicalisation #végan

  • Bolivie: un canevas serbe?

    https://lecourrier.ch/2019/11/26/bolivie-un-canevas-serbe

    Pour le conseiller en « révolution », il s’agit d’identifier le bon « momentum », le moment qui fera basculer l’opinion publique et favorisera ensuite la chute du « régime autoritaire » visé. En Bolivie, les incendies géants de cet été semblent avoir joué ce rôle.

    Le 25 août, le chef de Canvas retweetait une publication de son ancienne étudiante sur les incendies géants dans la Chiquitania (entre le Chaco et l’Amazonie), s’indignant que « la mauvaise gouvernance mène aux catastrophes environnementales ». Le 27, Jhanisse Vaca Daza lançait #SOSBolivia sur le compte Twitter de son ONG, Rios de Pie, qui est vite devenu un hashtag très utilisé par les opposants à Evo Morales.

    #Bolivie #CoupDEtat #putsch #SantaCruz #RévolutionsOranges #ExtrêmeDroite

    • Srda Popovic est un habitué de ce « Davos de la dissidence », comme il le décrit, orchestré par la Human Rights Foundation (HRF), où exerce Jhanisse Vaca Daza depuis quatre ans. Cette ONG de défense des droits humains, dont le siège social se situe dans l’Empire State Building, a été fondée en 2005 par Thor Halvorssen Jr., militant libéral issu de la grande bourgeoisie vénézuélienne. Son cousin Leopoldo López est un opposant notoire au gouvernement de Nicolás Maduro, sur une ligne anticommuniste.

      sinon momentum signifie impulsion (quantité de mouvement en mécanique).

    • « Je pense qu’il faut qu’on commence à faire des listes. De la même façon que je commence à faire des listes des personnes qu’il faudrait accuser. De la même façon que je fais des listes de mesures pour s’assurer que l’oligarchie perde le pouvoir très rapidement. »

      (pas vu la vidéo d’où est tiré cet extrait cité par rebellyon, 1h40 de monologue en gros plan fixe...)

    • Il y a quelques mots qui sont de vrais repoussoirs à mon goût au moment de lire un texte, et quand on souhaite penser clairement :
      pseudo-truc
      bobo
      confusion-niste/nisme
      – ...

      Le mot « confusionnisme » utilisé pour ostraciser, c’est lourdingue et ça n’apporte rien à la réflexion, surtout quand l’éventuelle confusion n’est trop souvent pas explicitée.

      Donc, voilà, j’ai pas lu le texte au-delà du mot « confusionnisme ». Tant pis pour moi. Et pourtant, j’ai pas grand chose à foutre de Juan Branco. Et pourtant, je pense qu’on gagnerait à réfléchir et échanger avec plus jeune que soit. Et pourtant, je n’ai pas la sensation qu’on demande à ce livre et à son auteur, autre chose que de nous édifier sur les mœurs délétères de nos « premiers de cordées ».

      Je causais de ce qui faisait que les gens professionnellement bossent avec telle ou telle société, plutôt qu’avec telle ou telle autre. Une conclusion était : les gens bossent avec d’autres gens plutôt qu’avec une société en particulier. Parfois, la société joue... mais souvent, c’est bien l’individu qui compte, même s’il se révèle in-fine moins compétent que d’autres sociétés. C’est pénible, mais la rationalité a parfois bien du mal à se frayer un chemin dans nos choix de délégation, ... et notre nature première d’être humain.

    • J’ai lu le paragraphe suivant, là où on trouve des « parce que ».

      Maxime Nicole, combien de divisions ?
      Etienne Chouard, combien de divisions ?

      Encore une réflexion centrée sur les individus. Encore une réflexion supposément stratégique, où l’enjeu serait « l’alliance » blablabla, avec celui-ci ou celui-là.

      Ce qui les emmerde, les anti-confusionnistes-prout, c’est qu’on ne les lit pas assez... Ils produisent de la super-réflexion-stratégique-anti-capitaliste-vraiment-utile, mais personne ne les lit. Pas comme Maxime Nicole ou Etienne Chouard, qui sont invités et lus, dont on se fout de ce qu’ils produisent, à partir du moment où... merde, ils vont là où on souhaite débattre avec eux. Et qu’ils ne sont pas au courant qu’il y a des endroits cacas. Parce que le monde il est fait d’endroits cacas-confusionnistes et d’endroits bien sous tous rapports conformes à la lutte des classes Label Rouge.

      J’avoue avoir toujours autant de mal avec l’ostracisme de certains milieux militants. Je me sais terriblement pragmatique, et soucieux d’opérationnalité, et j’entends les critiques faites à chacun de ces individus. Mais... un peu de sérieux dans la façon de critiquer bon sang. Qu’on sorte de l’ostracisme « prout ».

    • @biggrizzly je suis assez d’accord, c’est problématique ce genre d’attitudes pour rester « pur » (et puis mettre Lancelin, Chouard et Michéa dans le même sac c’est assez risible). Pourquoi ne pas inviter Branco et lui dire tout ça en face ? Je pense que ça dégonflerait la baudruche en plus de pouvoir préciser notre propre pensée politique (peut-être que ça aiderait Juan Branco à clarifier la sienne, qui sait ?). Parce que bon c’est facile de dire « c’est confus » mais je ne suis pas certain que beaucoup de militants sont capables d’expliquer très clairement leur pensée politique et leurs objectifs à court et moyen terme.
      En plus il y a des choses intéressantes à retenir dans son bouquin et toutes les personnes qui nous disent « on savait déjà » sont un peu présomptueuses, tout le monde n’est pas aussi bien informé que le militant d’extrême gauche lambda (ou toute autre personne « conscientisée »). Branco décrit bien la logique de classe à l’œuvre dans la bourgeoisie française, un sociologue écrirait tout ça en langage universitaire qu’on n’y trouverait rien à redire mais c’est juste que personne ne le lirait à part un petit milieu bien éclairé.
      Sur l’outing de Gabriel Attal je suis partagé, évidemment qu’outer quelqu’un est problématique mais à partir du moment où il y a un intérêt public à savoir, parce que cela touche à l’attribution de postes de pouvoir (et qu’a priori tout un milieu est au courant sauf le bas peuple), je serais moins catégorique sur le fait de ne pas outer, l’outing devenant en quelque sorte une question secondaire. Cela ne choque personne quand c’est fait pour des hétéros dans ce même cadre. On parle d’un homme qui a des responsabilités, qui a du pouvoir, qui fraye dans la bourgeoisie parisienne où l’homophobie est globalement plutôt mal vue désormais (enfin je crois), pas d’un mec au fond de son village pour qui un outing serait potentiellement catastrophique dans sa vie personnelle. Je n’ai pas d’avis définitif sur la question mais disons que je ne suis pas scandalisé outre mesure.
      Au final, on retient donc juste les choses qui déplaisent et on excommunie, on finit un jour par traiter de facho tous les sympathisants plus vite que son ombre, belle stratégie pour envoyer tout droit un tas de gens (ceux qui auront lu et apprécié le bouquin sans avoir tout l’appareil critique pour soulever tous les points problématiques) vers l’extrême droite, qui elle accueille à bras ouverts sans sourciller.

    • Non merci. L’outing est une méthode dégueulasse, pas seulement « problématique » !
      Cette interview de Philippe Mangeot à l’époque de la « menace » d’outing faite par Act Up (et d’ailleurs, sauf erreur de ma part, jamais mise en œuvre) délimite assez bien les contours du truc et les dangers qu’il y a à le manipuler :
      https://www.liberation.fr/france/1999/03/16/le-president-d-act-up-justifie-la-menace-d-outing-contre-un-depute-ceux-q

      Tu sembles vouloir retourner la culpabilité en disant qu’on enverrait les gens vers l’extrême-droite lorsqu’on critique ce genre de méthodes — mais ho ! S’ils en sont là c’est qu’ils y vont déjà de leur propre chef. Il faudrait accepter racisme, antisémitisme, homophobie etc pour « garder les gens à gauche » ? Ça n’a aucun sens…

      On pourrait se demander s’il n’y a pas aussi un léger soupçon de racisme social dans ton message, comme quoi l’homophobie serait plus grave au fond du village que chez les bourgeois parisiens. Merci de préciser d’où sort cette fulgurance, alors que ce qui est critiqué ici c’est justement cet acte homophobe avéré de la part d’un bourgeois parisien…

    • @fil je trouve juste que c’est aller vite en besogne que de qualifier d’extrême droite ou même d’homophobe Juan Branco. Encore une fois, l’outing en question est circonstancié, on en parle comme si c’était quelque chose d’abstrait mais Branco a juste dénoncé le fait qu’Attal a eu son poste en partie grâce à son compagnon, dévoilant au passage son homosexualité (c’est pour ça que je dis qu’il s’agit d’un point secondaire dans cette histoire). Et oui je pense et je maintiens que c’est plus simple et moins dangereux d’être homosexuel quand on est un bourgeois parisien que quand on est un prolo qui vit à la campagne (c’est bien pour ça que la plupart vont se réfugier dans les grandes villes) ce qui ne veut pas dire que ça ne pose aucun problème et que les bourgeois ne seraient aucunement homophobes. Mon opinion est peut-être faussée par le fait que je viens de la campagne et que je suis un prolo hein, je ne suis pas homosexuel mais j’ai bien vu la différence de traitements entre les deux environnements cités et le fait que le virilisme soit une valeur largement plus sollicitée à la campagne qu’en ville (et moi aussi c’est pour ça que je me réfugie en ville).

    • Rhétorique complotiste et sémantique extrême-droitiste : Rebellyon remet le couvert :

      https://rebellyon.info/Le-best-seller-de-Juan-Branco-un-opuscule-20685

      On a lu le bouquin de Juan Branco qui fait tant parler. C’est avec un vocabulaire d’extrême droite, une rhétorique du sous-entendu et des concepts bien foireux (l’oligarchie et ses « êtres ») que Crépuscule prétend nous dévoiler la marche du monde. Sauf qu’on y découvre pas grand-chose à part les obsessions de son auteur .../...

      Mais qu’est-ce qu’on a fait au Bourdieu ?

      Certain·es lecteur·ices ont sans doute découvert, grâce au livre de Branco, qu’il existe une classe dominante et qu’elle travaille à maintenir sa position par un système d’entre-soi bien rodé. Cela dit, il est très présomptueux de la part de l’auteur de prétendre en faire la révélation. Sans tous les citer, on peut penser aux travaux de Bourdieu et Passeron qui font aujourd’hui autorité, et que beaucoup connaissent sans les avoir lus, ou aux ouvrages des Pinçons-Charlot (qu’on aurait du mal à qualifier de « confidentiels »).

      Mais peut-être que ce qui séduit, c’est d’avoir cette fois le point de vue d’un insider un vrai, qui aime à se dépeindre en « traître à sa classe ». Pourtant, Branco ne semble guère doué pour la traitrise, puisque ce fils de la haute bourgeoisie est à présent un avocat de personnalités (ex-avocat de Mélenchon, défenseur d’Assange et Nicolle) et un polémiste médiatique... S’il veut réussir dans cette entreprise, on lui conseille de changer de méthode et de s’intéresser aux inspirantes réflexion développées sur le refus de parvenir.

      Cela dit, si l’on aime voir un milieu dépeint par ceux qui en proviennent, on regardera avec plus d’intérêt Les bonnes conditions de Julie Gavras, documentaire qui suit sur une période de treize ans huit jeunes du 7e arrondissement de Paris, du lycée à la trentaine. Documentaire lui-même réalisé par une « fille de » qui met son milieu d’origine à nu. Les mécanismes de reproduction sociale y sont très bien expliqués et on notera que le documentaire a été diffusé sur Arte, et qu’il est toujours disponible en ligne. On peut difficilement parler de censure.

    • Et on peut faire le lien avec Denis Robert, l’auteur de sa préface, qui n’hésite pas, d’après ce que j’en lis, à œuvrer par licenciement pour faute lourde, vis à vis de ses prédecesseurs·ses. Entre gens du même monde politique, ça a quelque chose de choquant (moi en tout cas, ça me choque, peu importe ce que ses prédécesseurs·ses ont fait). Mais quand on agit avec ses « couilles », comme il aime à parler, ça a du sens. Les couillus ont décidé de prendre les affaires politiques en main, et ça va déménager ! Z’allez voir...

      En fait, nous là, les gauchistes douillets, on les emmerde les gauchistes couillus, ils se sentent bridés.

  • Le clan Rabhi à l’avant-garde de la confusion

    « Gabriel Rabhi, fils de Pierre, commence peu à peu à se faire une place au sein de la complosphère, et affiche sans honte ses sympathies pour l’extrême droite. Beaucoup plus discret, son frère David partage les mêmes idées sur Facebook. Sans aller aussi loin, leur père est connu pour développer une pensée réactionnaire et mystique, sous couvert d’humanisme, qui rencontre un grand succès dans les milieux écologistes. Le confusionnisme, une tradition chez les Rabhi ? »

    #Rabhi #ExtrêmeDroite #confusionnisme #complotisme
    #conspirationnisme #colibris

    https://www.infolibertaire.net/le-clan-rabhi-a-lavant-garde-de-la-confusion

  • JEAN-YVES CAMUS : « DES MOTS D’ORDRE IDENTITAIRES MINORITAIRES » Mardi, 18 Décembre, 2018
    Grégory Marin

    Extrême droite. Le directeur de l’Observatoire des radicalités politiques a observé la « présence bien réelle » mais non structurante de l’extrême droite dans le mouvement. Malgré son influence, « le cœur de la mobilisation » est ailleurs, souligne-t-il.

    Quelle influence a ou a eue l’extrême droite depuis le début dans la structuration du mouvement des gilets jaunes ?

    Jean-Yves Camus Ce qui me gêne dans la manière dont la présence de l’extrême droite a été mise en avant très tôt par les autorités – et avec raison parce qu’il y avait des éléments d’extrême droite dans les manifestations –, c’est qu’elle ne se basait pas sur des informations précises, sur qui faisait quoi, où et comment. Cela donnait l’impression que cette présence, bien réelle mais très minoritaire, était à la manœuvre du mouvement. Contrairement à ce qui s’est passé après les manifestations contre le mariage pour tous, le gouvernement a très peu livré d’informations factuelles sur l’implication de cette mouvance, évoquée de manière générale. À la fin des manifestations contre la loi Taubira, il y avait régulièrement 200 à 300 manifestants radicaux qui allaient au contact des forces de l’ordre. Le lendemain ou le surlendemain, les rédactions avaient des informations assez précises sur qui faisait quoi. Là, le terme « ultradroite » a surgi partout, tout le temps, mais de manière trop incantatoire. Pourtant, il suffisait d’aller sur les comptes Twitter des dirigeants de groupuscules qui, à Paris comme en province, se montraient sur les manifestations ou sur les ronds-points. On a vu des emblèmes, des individus revendiquer la présence et le soutien de leur mouvement, mais ça n’est pas le cœur de la mobilisation.

    Ce qu’on voit sur le terrain, c’est que, aux mots d’ordre identitaires que certains milieux ont voulu lancer se sont très vite substitué, des préoccupations sociales qui donnent une tonalité très éloignée de ce que voudrait l’extrême droite.

    Jean-Yves Camus Ces mots d’ordre identitaires étaient très minoritaires. C’est bien cette absence de slogans anti-immigration ou identitaires qui a poussé Marine Le Pen et d’autres dans sa mouvance politique à sortir du chapeau le « pacte de Marrakech », pour essayer d’instiller chez les partisans des gilets jaunes l’idée que le gouvernement allait signer dans notre dos un document qui validerait la submersion migratoire… Ce qu’ont fait le Rassemblement national et les autres, c’est tenter d’expliquer aux gilets jaunes : « Votre colère est juste mais vous vous trompez de raison. » La raison pour laquelle la fiscalité augmente, selon l’extrême droite, c’est le coût de l’immigration.

    On a l’impression que cette rhétorique prend mal. Comment expliquer alors que Marine Le Pen n’arrive pas à peser plus, voire à prendre la main sur un mouvement qui rassemble les classes populaires à qui elle dit vouloir s’adresser ?

    Jean-Yves Camus On est arrivé à un tel point de défiance vis-à-vis des partis politiques ! Personne ne peut prétendre – c’est d’ailleurs pathétique dans les réactions de certains politiques – ni que le mouvement lui appartient et qu’il l’a initié, ni canaliser les revendications. Il y a quelque chose de remarquable : les gens qui ont voté Marine Le Pen en 2017 et qui se disent aujourd’hui gilets jaunes ne sont-ils pas déjà dans une optique post-Rassemblement national ? Je m’explique : ils ont cru véritablement à la victoire de Marine Le Pen, elle était impossible mais ils y ont cru. Ils ont vu qu’elle a été largement battue. Ne pensent-ils pas aujourd’hui qu’il n’y a même plus la solution à leurs problèmes que serait son arrivée au pouvoir par la voie électorale ? Ne se disent-ils pas que le changement de régime qu’ils appellent de leurs vœux arrivera par la rue ? Est-ce que cette partie de la mobilisation qui avait choisi Marine Le Pen en 2017 n’exprime pas ici sa déception de la défaite ? Il n’est même pas sûr que ces gens revotent pour le Rassemblement national.

    Il y a en effet un paradoxe entre les revendications sociales des gilets jaunes et le discours réel du Rassemblement national, par exemple entre ceux qui revendiquent une hausse du Smic et Marine Le Pen qui la refuse au motif que ce serait « une charge supplémentaire pour les entreprises ».

    Jean-Yves Camus C’est évident. La pédagogie qu’il faut continuer de faire auprès des gens engagés dans ce mouvement des gilets jaunes, c’est que le Rassemblement national est un parti d’essence libérale parce qu’il promeut une économie de marché, certes protégée aux frontières par ce qu’ils appellent le « protectionnisme intelligent », en fait du protectionnisme tout court ; mais, à l’intérieur des frontières, il s’agit d’une économie de marché portée par une forme de darwinisme social : celui qui est assez bon gagne, celui qui ne l’est pas reste sur le côté.

    On a vu émerger l’idée d’une liste gilets jaunes aux élections européennes. Si on regarde la sociologie du mouvement, elle mordrait sur les électorats les plus populaires, d’un côté la France insoumise, de l’autre le Rassemblement national, ce qui profiterait à LaREM. N’irait-elle pas contre les intérêts du mouvement ?

    Jean-Yves Camus Elle serait en effet objectivement favorable à la liste LaREM puisqu’elle diviserait l’électorat de FI et du RN. Mais ce qui m’inquiète, c’est la ligne politique que pourrait avoir cette liste. Chez les gilets jaunes, il y a des gens politiquement conscientisés, développant ce qui n’est pas tout à fait un programme mais quand même quelques idées-forces ; et puis, il y a une propension, y compris chez certains porte-parole, à développer des théories conspirationnistes de nature à éloigner leurs soutiens d’une action proprement politique. On voit bien comment l’attentat de Strasbourg, mardi dernier, a été immédiatement interprété par des groupes de discussion comme une manipulation gouvernementale. S’il y a une liste, les gilets jaunes devront veiller à sélectionner les candidats et à la cohérence de leurs propositions.

    Jean-Yves Camus

    Directeur de l’Observatoire politique des radicalités à la Fondation Jean-Jaurès

    https://www.humanite.fr/extreme-droite-jean-yves-camus-des-mots-dordre-identitaires-minoritaires-66

    #giletsjaunes #gilets_jaunes #extrêmedroite

  • le trajet pour l’école

    Les rues se couvrent de lumières
    à mesure que nous avançons dans l’hiver ;
    sur le chemin de l’école,
    ma fille se retient à mon bras
    puis me tire en arrière
    et me montre du doigt l’arbre rutilant
    dans la vitrine de la boulangerie :
    regarde, papa, regarde.
    Nous nous demandons en descendant les marches de la station
    si cet arbre était déjà là hier,
    nous ne croyons pas.

    Le quartier est coupé par les rails
    de la ligne 1 :
    il faut chaque matin franchir le pont de fer
    ou remonter jusqu’à la station
    et emprunter le passage souterrain.

    Dans le tunnel d’Àgios Nikólaos,
    contre le mur du fond,
    une vieille dame
    est assise sur un tapis de sol
    et a déposé à ses pieds
    un morceau de carton biseauté
    qui dit :
    j’ai faim / j’ai de l’asthme.
    Hier matin,
    le même tapis était occupé par un vieil homme,
    probablement son époux,
    et la pancarte était la même ;
    mais l’homme avait en plus déposé juste à côté de l’inscription
    un petit inhalateur de poche
    (vert olive,
    de la forme d’un tuyau recourbé)
    comme un gage.
    J’imagine qu’ils se relayent,
    un jour sur deux :
    l’écriteau reste le même
    mais le vieil homme garde toujours
    l’appareil avec lui.

    À la sortie du tunnel,
    la cave est tenue par un homme d’une quarantaine d’années
    qui ouvre souvent sa boutique au moment
    où nous commençons à descendre la rue Kórakas vers l’école
    et où nous saluons les mamans — Iríni, Ioúlia, Christína — qui remontent
    après avoir laissé leurs enfants
    et discutent en roumain
    (de temps en temps, nous croisons aussi Stefán, le père de Dimítris,
    et le père d’Ànguèlos, dont je ne connais pas le prénom).
    Dimítris porte un prénom grec —
    comme Ànguèlos,
    Pètros, et Nicólas,
    qui vit avec sa mère
    dans un appartement faisant juste face au nôtre :
    ma fille et lui
    passent quelquefois une heure à se parler à voix vive, d’un balcon à l’autre,
    comme Roméo et Juliette,
    et tout l’espace bordé par les immeubles, long rectangle vide
    séparé par des murets et planté d’arbres
    résonne de leur conversation.
    Iríni est serveuse
    dans le café syrien qui fait l’angle
    d’Acharnón et de Pyrsógianni,
    Ioúlia nettoie l’école maternelle de la rue Pyrsógianni,
    Christína nettoie les locaux
    d’un immeuble de bureaux racheté il y a peu
    par une entreprise allemande :
    deux sociétés ont fusionné,
    le nombre de bureaux a augmenté,
    mais le salaire est resté le même —
    et il lui faut maintenant
    faire une vingtaine de bureaux
    dans le temps qui était autrefois imparti
    à 15.
    Iríni élève son fils seule,
    mais pas Ioúlia et Christína,
    si bien qu’elles ne font pas chaque matin, elles,
    le trajet pour l’école :
    de temps en temps,
    les pères prennent le relais.
    Stefán et le père d’Ànguèlos font des chantiers.
    Le caviste qui remonte le rideau de fer est Grec, lui,
    et fait probablement partie de l’organisation néo-nazie Aube Dorée
    comme le retraité qui de temps en temps tient le kiosque à journaux
    à la place de sa femme
    et dissimule une barre de fer
    à l’intérieur de l’habitacle, sous la caisse :
    je le sais, car il a un jour menacé d’en faire usage
    pour frapper une amie
    qui distribuait des tracts au bas des marches de la station.
    Les matins d’été, un Grec
    aux traits indiens
    dépose des pots de basilic
    sur le trottoir,
    un peu en retrait de l’endroit où les gens se croisent
    à l’aveugle
    en sortant du tunnel ou en y pénétrant
    se hâtant vers le quai
    ou marquant une légère pause
    pour regarder de droite à gauche
    avant de traverser la rue et de reprendre leur course :
    chaque matin d’été, ce visage
    ces feuilles de basilic d’un vert éclatant
    et l’inscription mal effacée sur le mur de la station,
    face à la cave :
    « Fascistes, les échafauds sont prêts pour vous. »
    Sur le trajet de l’école,
    Elèni s’arrête maintenant pour déchiffrer consciencieusement
    en remuant légèrement les lèvres
    l’enseigne de la boulangerie
    les lettres sur les vitrines des magasins
    puis s’arrête un jour devant l’inscription
    et me demande de la lui traduire
    car nous parlons tous les deux en français
    dans un pays grec.
    « Qu’est-ce que ça veut dire, φασίστες ? »

    Devant la vitrine du fleuriste à l’angle d’Acharnón et d’Olympías
    ma fille me demande parfois si les plantes
    sont vraies ou fausses.

    Le problème, avec le capitalisme,
    c’est que le père d’Arióla
    ne peut pas payer à sa fille
    le sac de classe rose, orné de figures de princesses,
    dans la boutique de fournitures scolaires en face de l’école,
    car ce sac coûte 35€
    et qu’Arióla ne veut pas des autres sacs,
    de couleur unie,
    sans princesses,
    qui coûtent presque la moitié du prix :
    elle n’en veut tellement pas
    qu’elle s’est presque mise à pleurer, hier,
    dans la boutique :
    la différence
    entre le prix d’un sac avec princesses
    et d’un sac sans princesses
    est une journée de travail,
    un chantier.

    Le problème, avec le capitalisme,
    ce sont les chaussures :
    un jour, D., qui venait du Sénégal
    et était passé par la Turquie,
    ses belles chaussures de cuir, « des bottines », à ses pieds,
    les a données à ressemeler
    dans un atelier de Patissíon,
    près de la place des Amériques ou de la place Koliátzou.
    Le cordonnier
    n’a pas demandé à être payé d’avance.
    Il les portait dans le zodiac.
    Il est aussi attaché à ses bottines de cuir
    qu’Arióla au sac rose avec les figures de princesse
    que son père a finalement accepté de lui acheter
    (pas le jour même,
    mais le surlendemain) :
    « On porte des chaussures
    pour se protéger,
    pour ne pas se blesser,
    pour ne pas aller les pieds nus. »
    Ces chaussures étaient avec lui
    dans le voyage,
    l’accompagnaient,
    et elles lui rappellent Dakar :
    quelque chose de sa vie d’avant,
    à quoi il tient.
    D. quitte quelquefois Athènes
    pour récolter des tomates ou des fraises en province,
    puis revient
    et ses yeux, tandis qu’il me parle,
    sont toujours aux aguets
    d’un contrôle :
    il parle
    comme quelqu’un qui est prêt à fuir,
    à tout moment —
    à s’enfuir discrètement,
    sans courir.
    Le problème, avec le capitalisme,
    ce sont les chaussures
    qui sont prêtes, à présent,
    pendues dans la boutique
    visibles depuis la rue,
    comme neuves,
    presque dans l’état dans lequel elles étaient lorsque D. les portait au pays,
    mais qu’il ne peut récupérer,
    « au moins pour le moment »,
    faute de pouvoir payer le prix de la réparation ;
    « mais j’ai confiance :
    j’espère les reprendre assez vite. »

    Il y a trois enfants syriens dans la classe :
    ils ne parlaient pas un mot de grec,
    le premier jour,
    « mais ils font les plus beaux dessins »
    a dit la maîtresse aux enfants,
    pour compenser :
    « ce sont eux qui dessinent le mieux ».
    Dans une salle de classe voisine,
    un enfant de Syrie s’est jeté en larmes sous la table
    la veille de la fête nationale, pendant le passage des avions.

    Nos fenêtres donnent sur d’autres fenêtres
    et grâce à Elèni, qui a eu six ans le 27 octobre,
    nous apprenons peu à peu
    ceux qui y vivent.

    (vendredi 21 décembre 2019)

    https://oulaviesauvage.blog/2018/12/21/le-trajet-pour-lecole

    #athènes #Patissia #Kypseli #métro #nettoyage #soustraitance #école #fascisme #immigrés #Grèce #Syrie #quartier #extrêmedroite #dette #paysage

  • entre marteau néo-libéral et enclume fasciste (ou vice-versa)
    {republication ici d’un post que je viens de publier sur FB}

    Ça a été relevé hier par Irène et Hedi Taleb sur le mur de ce dernier et je le résume ici peut-être un peu grossièrement, mais il y a dans la réponse politique de Macron une ligne de partage ou de distinction sociale, un partition habile : il s’agit plus ou moins de prendre en compte a minima certaines des attentes d’une partie de la classe moyenne plus conservatrice et aux attentes plus "patronales" (le noyau dur, anti-taxe et éventuellement anti-impôts, ce qu’Hedi appelle « les Gilets Jaunes canal historique ») en les séparant de celles (royalement passées sous silence) des précaires, chômeurs, jeunes racisés, lycéens, étudiants (sans même parler des collectifs pour le climat). Le volet sécuritaire de son communiqué est dans le droit fil de cette stratégie de la division : aux uns une promesse de répression sans pitié, aux autres un mélodramatique « je vous ai compris » et la promesse solennelle que « le problème de l’immigration » sera traité - comme s’il ne l’était pas déjà par la répression impitoyable contre les migrants, les tentes déchirées par la police française, les mineurs laissés à la rue, les reconduites, les abandons en mer, la criminalisation des individus solidaires, les interdictions d’accoster. La manœuvre consistant à traiter à part les revendications salariales portées par les syndicats est de la même eau, et aussi habile. La complaisance avec laquelle la CGT s’est une fois de plus ruée dans le piège rappelle bien le « tour de canal » du mouvement contre la Loi Travail, mais devrait cette fois laisser des fractures internes plus douloureuses et contribuer ainsi à affaiblir plus durablement encore la Centrale de Montreuil. Ce n’est sans doute pas un hasard si c’est le moment que choisissent certains cadres de l’extrême-droite (identitaires et RN) pour sortir du bois et revendiquer à visage découvert un rôle moteur au sein du mouvement des Gilets Jaunes (voir le cas de la collecte de fonds initiée et portée en son nom propre par Damien Rieu, militant proche de Marion Maréchal Le Pen, en faveur de la jeune Fiorina, « patriote » ayant perdu un œil pendant la journée du 8 décembre). Face au risque que convergent et s’agglomèrent des expériences et des revendications issues d’horizons sociaux, idéologiques, politiques et culturels différents - d’une classe moyenne (plutôt blanche) terrifiée par le risque du déclassement, des banlieues populaires et de leurs habitant.e.s racisé.e.s, en première ligne face aux violences policières et au chômage, du monde salarial, des lycées et des facs -, la réponse de Macron semble bien en définitive être de renforcer l’hégémonie croissante de l’extrême-droite (RN et identitaires) sur la seule France à laquelle il semble hier avoir tenu de s’adresser. La gauche (prise dans un sens très large, des étatistes aux libertaires – tout ce que ce mouvement compte de gens qui s’efforcent de placer les revendications de justice sociale au premier rang) se retrouve ainsi au lendemain de ce communiqué plus que jamais prise entre le marteau néo-libéral et l’enclume fasciste (ou vice-versa). Et que la manœuvre finisse par bénéficier à terme aux néo-libéraux autoritaires ou aux formations se revendiquant du fascisme historique importe finalement peu : c’est dans tous les cas le même piège mortel. « Eat the Rich, Fight The Nazis » (slogan grec).

    https://www.facebook.com/dimitris.alexakis.108/posts/10156012099826169

    #giletsjaunes #gilets_jaunes #Macron #identitaires #RN #extrêmedroite #néolibs

  • Dans les talk-shows : le poids des éditorialistes de la droite extrême et d’extrême-droite - Acrimed | Action Critique Médias
    https://www.acrimed.org/Dans-les-talk-shows-le-poids-des-editorialistes

    Parallèlement au « Zemmour Tour, édition 2018 », où l’on a pu voir Éric Zemmour promouvoir son dernier livre dans de nombreux médias pendant deux semaines, plusieurs articles et émissions furent consacrées à des débats variés sur le thème « Faut-il inviter Éric Zemmour ? » Par bien des aspects, cette focalisation – quelque peu hypocrite – des médias dominants sur la personne d’Éric Zemmour, voire uniquement sur sa dernière « polémique » en date, occulte bien d’autres pans du problème : la croissance de l’espace médiatique alloué aux éditorialistes, chroniqueurs et idéologues de la droite extrême et de l’extrême-droite (dont Zemmour n’est qu’un représentant), en particulier dans les émissions dites « de débat », les conditions qui permettent une telle représentation, et, en définitive, la teneur du débat public.

    #médias #extremedroite

  • Les fachos chauffés à blanc - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/04/27/les-fachos-chauffes-a-blanc_1646451

    Pour la DGSI, ce type d’individus est d’autant plus dangereux qu’il existe une forte porosité avec les milieux sécuritaires. « On trouve un grand nombre d’anciens militaires, policiers, gendarmes dans les sphères d’ultradroite. Leurs enfants peuvent aussi poser problème. Certains pratiquent la chasse ou se forment dans les stands de tir. Les diasporas d’ex-Yougoslavie, actives dans les filières de trafic d’armes issues des stocks de la guerre de Bosnie, font l’objet d’une surveillance soutenue. La moindre attaque d’ampleur contre des musulmans pourrait générer l’étincelle », craint un ex-ponte des services.

    #fascisme #police #extrêmedroite

  • La philosophe Simone Weil explique qu’en 1932-33, l’Allemagne s’est trouvée face à une crise politique terrible, et qu’on a interdit aux gens de résoudre cette crise. Aujourd’hui, c’est moins l’interdiction que l’empêchement. La censure est indirecte, insidieuse, mais elle existe : nos logiciels inhibent la capacité politique d’inventer des alternatives. Dans les années 1930, l’alternative monstrueuse politique a été Hitler et les fascismes… Aujourd’hui, on a quelque chose d’analogue avec Daesh : une propagande incohérente, un « attrape-tout » idéologique, des sentiments confus, une rhapsodie qui joue sur toutes les partitions de frustration et de mécontentement.

    http://www.politis.fr/articles/2016/07/daesh-nous-empeche-de-voir-que-la-question-majeure-est-politique-35183

    #daesh #extrêmedroite #néolibéralisme

  • Il faudra aussi faire ce bilan, et savoir combien de vies gâchées a pu produire cette austérité dont les Européens ne veulent plus. À s’obstiner dans cette technocratie qui place les citoyens et les peuples sous curatelle technico-financière, les politiques jouent la politique du pire, celle de Daesh, comme celle des extrêmes droites, et finiront par être eux-mêmes emportés par les monstres qu’ils ont créés.

    #daesh #extrêmedroite #néolibéralisme

    http://www.politis.fr/articles/2016/07/daesh-nous-empeche-de-voir-que-la-question-majeure-est-politique-35183

  • Grossière insanité de l’extrême-droite française au parlement européen
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article2672

    L’article 177 du règlement du Parlement européen stipule que « le droit de vote est un droit personnel. Les députés votent individuellement et personnellement. » Or la carte de vote de la présidente du FN aurait été utilisée huit fois, sinon plus, en son absence. Soupçonnée d’"euroscepticisme", cette fraude envers ce qui strictement interdit, relate une certaine désinvolture d’irrespect envers l’institution continentale. Une enquête est ouverte pour déterminer si délégation de cette prérogative a été (...)

    #associations,_mouvement,_vie_associative,_initiatives_citoyennes,_intérêt_commun,_communauté,_Etat,_institution

    / censure, presse, journaux, dictature, expressions, liberté, #diplomatie,_sécurité,_commerce,_économie_mondiale, #France,_immigration,_marche,_beurs,_discrimination,_racisme,_intégration, (...)

    #censure,_presse,_journaux,_dictature,_expressions,_liberté #fait_divers,_société,_fléau,_délinquance,_religion,_perdition #France_Sarkozy_justice_politique_scandale_UMP_PS_PCF

  • Ce que nous appelons extrême droite - @lieuxcommuns
    https://collectiflieuxcommuns.fr/spip/spip.php?article725

    Les crises économiques ont souvent débouché dans l’Histoire sur des mouvements d’extrême droite, et il se pourrait que nos sociétés européennes en prennent le chemin. L’écho que rencontre l’apparente mutation du Front National ou le succès du « Printemps français » pourraient bien l’annoncer. Et d’autres mouvances sont récemment apparues, comme la manifestation « Jour de colère », le cirque médiatique de Dieudonné, le refus de l’égalité fille/garçon à l’école primaire, ou encore les manifestations des « bonnets rouges ». Cette dynamique est totalement hétéroclite et très confuse, mais semble à la recherche de mots d’ordres, de lignes politiques, de symboles fédérateurs. Tout cela pourrait alimenter une réappropriation à tâtons des grandes questions politiques confisquées par l’oligarchie, mais aussi une renaissance d’authentiques extrêmes-droites. Encore faut-il savoir ce que l’on entend par « extrême-droite ».

    #extrêmedroite #antifa

    • Maintenant que les Trente Glorieuses sont finies, la question n’est plus : qui va accéder à la société de consomma­tion ?, mais bien : qui va en être exclu ? Personne n’a rien à gagner, sinon les extrêmes-droites, de la guerre de tous contre tous, ni la sécurité, ni la li­berté, ni l’espoir. C’est pour l’instant, et sans doute pour quelques temps encore, le chaos social qui l’emporte et de cette situation histori­quement nouvelle peut naître tout et surtout n’importe quoi.

      #guerre_aux_pauvres

    • Je suis d’accord la plupart des points, mais je ne comprends pas cette manie de vouloir toujours rajouter du cassage de genre.

      la révolution féministe ne consiste pas à dé­nier les différences, mais à les comprendre comme principe de l’égalité des sexes

      À peu près personne ne dit qu’il n’y a pas de différence : c’est à peu près indéniable que dans notre société (et pas mal d’autres) les hommes et les femmes adultes sont différents.

      Mais ce que de plus en plus nient (dont moi), c’est que l’immense majorité de ces différences soient génétiques et apparaissent inévitablement pour n’importe qui ayant tel X ou tel Y.

      Franchement @lieuxcommuns, quand vous écrivez cette phrase, vous parlez de quelles différences ? Ça veut dire quoi « les différences » ? C’est trop flou pour vouloir dire quelque chose, à mon avis.

    • @RastaPopoulos :

      Franchement @lieuxcommuns, quand vous écrivez cette phrase, vous parlez de quelles différences ? Ça veut dire quoi « les différences » ? C’est trop flou pour vouloir dire quelque chose, à mon avis.

      Cf. "Les crimes de l’égalité : http://seenthis.net/messages/266488

      Le dévoiement du féminisme en post-féminisme, et notamment en cyber-féminisme, illustre ce déni des différences biologiques. Combattre les inégalités homme/femme est désormais has been. Les inégalités de salaire, la répartition des tâches ménagères, l’affirmation des femmes dans la sphère publique, c’était bien bon pour les féministes horriblement universalistes des années 1970.

    • La phrase d’Alexis est sensiblement similaire à la votre : ça parle de « différences » dans le flou, sans préciser en quoi le fait qu’on aurait un appendice différent pour faire pipi, une différence de seins, de poils, ou même d’hormones, implique quoique ce soit de majeur dans les capacités, dans les compétences, des personnes ; et donc dans les relations sociales, dans les tâches (du quotidien ou du travail) assignées socialement aux gens.

      Si on veut casser de la cyber-transhumano-féministe, cassons-la explicitement en parlant de cette catégorie. Mais je ne vois pas l’intérêt de parler de « féministes » tout court, ou de critiquer celleux qui remettent en question la construction des genres. Ça rajoute de la confusion, ou c’est pour le fun de passer pour plus réactionnaire que ce qu’on est en réalité…

      cc @pacoo @aude_v :D

  • Paul : Connait on le profil des derniers manifestants à Maidan ? Sont ce plutôt des proches de l’extrême droite, de Patrie et UDAR ou simplement des citoyens engagés ?

    Le Monde.fr : @Paul : Oui, le mouvement de Maïdan regroupe des opposants très variés dont le seul point commun est leur détestation du régime de Viktor Ianoukovitch : membres de l’opposition modérée (les partis Oudar et Batkivichtchina), nationaliste (le parti Svoboda), radicaux d’extrême-droite, notamment regroupés au sein de la coalition Praviy Sektor (Secteur droite), que l’on a beaucoup retrouvé sur le devant des barricades ces dernières semaines... Mais il y a aussi un très grand nombre de citoyens non affiliés à un groupe politique, qui simplement ne supportent pas la répression du régime de Viktor Ianoukovitch contre son propre peuple.

    Greg : On ne parle quasiment que de Kiev (maintenant Lviv) alors que la moitié de l’Ukraine est Russophone...cette « revolte » est elle populaire ou seulement soutenue par une minorité d’Ukrainiens ?

    Le Monde.fr : @Greg : L’exaspération contre le régime de Viktor Ianoukovitch et la répression des manifestants touche toutes les régions, y compris celles de l’est russophone. En revanche, les manifestations ont été beaucoup plus timides dans l’Est, car plus férocement réprimées. Nous vous invitons à lire des témoignages d’Ukrainiens recueillis par notre envoyée spéciale à Dniepropetrovsk : Dans l’est de l’Ukraine, la peur des opposants traqués par le régime.

    L’opposition dépasse en tout cas largement les divisions linguistiques dans le pays et sur Maïdan, y compris sur les barricades et au sein de Praviy Sektor, on entend parler aussi bien russe qu’ukrainien. Kiev elle-même est une ville majoritairement russophone.

    Quant au soutien global des Ukrainiens au mouvement de contestation, il est difficile à évaluer. Une partie des Ukrainiens sont opposés à la violence employée par la minorité radicale de Praviy Sektor sur les barricades, mais l’Ukraine a été habituée au pluralisme d’opinions ces dernières années, et même parmi les électeurs du Parti des régions, certains ne supportent plus la dérive autoritaire du régime.

    http://www.lemonde.fr/europe/live/2014/02/19/en-direct-a-kiev-les-forces-de-l-ordre-encerclent-maidan_4369089_3214.html

    #ukraine #europe #extrêmedroite #nationalisme #russie #maidan

  • FINKIELKRAUT ET LES «FRANCAIS DE SOUCHE» | Camp - Volant
    http://campvolant.wordpress.com/2014/02/11/finkielkraut-et-les-francais-de-souche

    Dans une récente émission de télé, on a pu entendre Finkielkraut demander au ministre Valls de « ne pas oublier les Français de souche », validant du même coup le slogan xénophobe selon laquelle « il n’y en a que pour les immigrés ». Se défendant avec énergie et une fois de plus de tout racisme après cette émission dans le Figaro, il eut cette phrase terriblement révélatrice : « « Mes parents sont nés en Pologne, j’ai été naturalisé en même temps qu’eux en 1950 à l’âge de un an, ce qui veut dire que je suis aussi Français que le général de Gaulle mais que je ne suis pas tout à fait Français comme lui. »(6)

    C’est tout simplement la vision de l’extrême-droite que s’applique à lui-même Finkielkraut. C’est la théorie de l’immonde Alain Soral, par exemple, selon lequel, puisque Français de Souche il y a, les autres ne sont que des « Français de branche ». Des Français de « papiers » seulement, comme on dit au FN ou à l’UMP. Il se l’applique à lui-même, mais on voit bien que c’est pour s’en prendre à d’autres.

    #racisme #xénophobie #antisémitisme #Finkielkraut #extrêmedroite #réaction

    • oui on en a parlé ici, http://seenthis.net/messages/226416, mais alors ce qui suit c’est tout aussi édifiant.. Franchement Dieudonné c’est un épouvantail bien pratique pour Zemmour et Finkielkraut...

      Si l’on veut bien débarrasser la pensée de Finkielkraut (..) de ses précautions de Sioux pour éviter l’accusation de xénophobie et de racisme, la thèse que défend le philosophe est en effet très simple et trop bien connue : l’immigration menace de mort l’ « identité française ». Une identité imaginaire qu’il s’arroge le droit de définir comme étant celle dont il regrette la « disparition ». Ce qui l’amène à comprendre, nous dit-il, « la France de Maurice Barrès et d’Amélie Poulain, la France qui regrette le bon vieux temps où les Français de souche ne croisaient que leurs pareils(sic), la France sépia qui pleure son homogénéité perdue (..)

    • Je laisse de côté, pour le moment, les mesures très nombreuses que nous avons prises ou qui sont déjà envisagées pour rouvrir à la France meurtrie les portes de l’avenir : épuration de nos administrations, parmi lesquelles se sont glissés trop de Français de fraîche date , répression de l’alcoolisme, qui était en train de détruire notre race ; encouragement à la famille, cellule essentielle de la société et de la patrie ; réforme de l’instruction publique, en vue de la ramener à sa fonction éducatrice et à son rôle national.

      Philippe Pétain, Appel du 13 août 1940

    • Exploiter les qualités mêmes du camp progressiste, belle trouvaille. La disposition au dialogue et au débat, retournée en obligation de discuter avec ses propres ennemis sinon on passe pour un facho de #gauche, la volonté de laisser la parole à tout un chacun retournée par les réactionnaires qui dégueulent la haine au nom de la « #liberté_d'expression », et nous voilà acculés dans un coin du ring à tenter de nous défendre maladroitement, protestant de notre bonne foi et ne sachant pas comment faire pour nous sortir de là, bien empêtrés dans nos scrupules délicats de gentils gauchos.

      #rhétorique #idéologie #gentil #fascisme #Etienne_Chouard etc.
      le débat : http://seenthis.net/messages/156183
      aussi là : http://seenthis.net/messages/157025
      là : http://seenthis.net/messages/157169

      voir aussi sur #critique #gauche #droite #extrême_droite existe aussi en version #extrême-droite et même #extrêmedroite
      http://seenthis.net/messages/156724

    • Pour un peu, on en viendrait presqu’à croire qu’oser contredire les prescriptions morales du beau parleur de gauche du jour serait être un social-traitre.

      Reprenons les réels fondamentaux :

      parler n’a jamais rien fait progresser.

      Le seul intérêt du débat est de créer le désordre chez ces alliés le plus souvent conscients du capital, de l’ordre et du respect des institutions que sont les intellectuels invitant au débat.

    • Allons plus loin que cette affaire de désordre : les attaques ad hominem et les excommunications ne méritent que le qualificatif de troll (cf. le texte d’Arno* à ce sujet) et stérilisent la pensée. Je ne dis pas « les débats ». Je parle bien de la pensée et de ce qui devrait tous nous permettre d’avancer dans la réflexion et dans cette quête de ce que devrait être le progrès. Ce progrès, cette façon de définir ce qu’est « la gauche », ne se construira que par la diffusion de ces idées et l’éducation de tous à ces idées.

      Je n’ai pas la prétention à la vérité, ni à définir ce que sont ces idées, et pas la capacité à rédiger tout cela convenablement. Mais j’ai par contre la prétention de savoir déceler quand un discours me fait progresser et quand il me mène dans une impasse. Cette discussion du printemps dernier m’a mené dans une impasse... et j’utiliserais bien le pluriel d’ailleurs : elle nous mène encore aujourd’hui dans une impasse.

      A propos d’Etienne, l’important, ce n’était pas Etienne. L’important à mon sens est ce qu’il a en son temps permis de nous faire prendre conscience à sa suite. La suite de ses travaux et de ce qu’il a partagé avec nous étaient importants aussi. Mais comme l’orage, le génie tombe rarement deux fois au même endroit. Alors, à quoi bon vouloir à tout prix donner autant d’importance à cet homme et à ses recherches du jour ? Les idées qu’il a permis de faire éclore méritent le respect. La suite, si elle est aussi sombre qu’on le prétend ne mérite que le mépris. Comme je m’empresse de l’appliquer quand je ferme l’onglet du navigateur par lequel je suis parfois amené à consulter un site « antifa » (notez les guillemets, elles sont là à dessein).