• Deleuze, Guattari et le marxisme, Jean-Jacques Lecercle – CONTRETEMPS
    https://www.contretemps.eu/deleuze-guattari-marxisme

    Incipit

    Un marxiste ouvre l’Anti-Œdipe à la première page. Il est immédiatement plongé dans un univers exotique, et qui lui est totalement étranger. Certes, ça fonctionne, mais ça mange, ça chie, ça baise, etc. Ces activités ne sont pas étrangères au marxiste, mais il n’a pas l’habitude de les théoriser. Pourtant, pour peu qu’il persiste dans sa lecture, il trouvera à cet univers des aspects familiers. Ce « ça » qui chie et qui baise, mais qui produit aussi, c’est une machine, un ensemble de machines. Et notre marxiste est passé par au moins deux seuils, le titre de la première partie, « Production désirante », et le titre d’ensemble de l’œuvre, dont l’Anti-Œdipe est le premier volume, « Capitalisme et schizophrénie. » Là gît en effet le problème pour le marxiste qui lit Deleuze et Guattari : une forme de schizophrénie le menace, inscrite dans le « et » du titre. Ce sont des machines (concept qui ne laisse pas le marxiste indifférent), oui, mais désirantes ; une analyse du capitalisme est bien annoncée, mais dans ses rapports avec la schizophrénie. La surprise passée, le marxiste constatera avec intérêt que la pratique est cohérente. Quel que soit le concept, si pittoresque soit son nom (nomadisme, agencement, machine de guerre), et quelle que soit la distance prise par rapport aux concepts familiers, et elle est souvent grande, on a toujours l’impression qu’il y a, dans l’élaboration conceptuelle de Deleuze et Guattari, un rapport au marxisme. Ainsi la célèbre analyse du nomadisme avec sa machine de guerre (qui s’oppose à l’appareil d’État), avec son espace lisse ou strié, a un quelconque rapport, même lointain, avec le concept marxiste de mode de production asiatique. Toute la question est celle de la pertinence de ce rapport, de la longueur du déplacement qu’il implique. Les concepts marxistes sont bien là (pas tous, naturellement), mais le prophète barbu n’y reconnaîtrait pas ses petits.

     

    Proximité

    Il y a à cette proximité des raisons historiques, et des raisons biographiques contingentes. Il est difficile pour un philosophe français formé dans l’immédiat après-guerre de ne pas avoir, ou avoir eu, un rapport au marxisme, même si c’est sous forme de critique. On se souviendra que Michel Foucault éclata en sanglots en apprenant la mort de Staline, ce qui ne l’empêcha pas de déclarer que le marxisme était une tempête dans un verre d’eau. Et si Pierre Bourdieu refusait si vigoureusement de se déclarer marxiste, c’est sans doute pour des raisons de proximité. Le spectre de Marx hante les philosophes français, jusqu’aux plus grands.

    Guattari, donc, fut marxiste. Il fut un temps membre du PCF, plus longtemps lié à des groupes oppositionnels de gauche : il n’a jamais renié cet héritage. Deleuze, lui, ne l’était pas, même s’il lui arriva de le laisser entendre : il était dans sa jeunesse trop occupé pour adhérer au Parti, préférant le travail philosophique aux réunions enfumées. Dans son âge mûr, il acquitta toutes les tâches de ce qu’il appelait le « gauchisme ordinaire », du Groupe d’Information sur les Prisons (GIP) à la candidature Coluche, lieux où, comme il est notoire, il se lia d’amitié avec Foucault. Ce n’est cependant pas là l’essentiel : ce qui nous intéresse, c’est la proximité des concepts, et non les opinions politiques de leurs auteurs.

    Mais pour évaluer cette proximité, ou cette distance, il me faut un étalon, ou des critères. Il me faut dire ce que le marxiste à la recherche de l’âme sœur attend d’un texte, dans une conjoncture où les anciennes certitudes du Diamat (« matérialisme dialectique » dans le jargon de l’orthodoxie soviétique) sont définitivement enterrées, mais où le discours sur la fin des grands récits n’est pas acceptable non plus, du moins pour qui se dit marxiste. Je vais donc prendre des risques, et proposer quatre thèses, ou thèmes, marxistes dans un sens aussi étroit que possible.

    D’un texte ou d’une position marxiste, j’attends :

    1°) une analyse du capitalisme, dans des termes, si remis au goût du jour soient-ils, inspirés des concepts du Capital ;

    2°) un programme politique déduit de cette analyse du capitalisme (il ne suffit pas d’attendre l’avènement de l’événement révolutionnaire comme une divine surprise, il faut s’y préparer) ;

    3°) une conception globale de l’histoire, qui me dise en quoi les germes du futur sont contenus dans le présent et le passé : en tant que marxiste, je me méfie des analyses sectorielles, même si elles sont indispensables, et j’aspire à adopter le point de vue de la totalité, historique autant que sociale, pour parler le langage de Lukacs ; le danger de cette conception de l’histoire est bien sûr la téléologie : les marxistes en ont longtemps souffert, mais pas par la faute de Marx[1] ;

    4°) Une conception de la temporalité, centrée sur les concepts de conjoncture et de moment de la conjoncture, et guidant l’action politique, en distinguant la stratégie de la tactique, l’urgent du plus long terme, l’aspect principal de la contradiction de ses aspects secondaires : c’est là l’apport de Lénine à la théorie marxiste. Ces quatre thèses ou thèmes concernent immédiatement les militants politiques, les économistes, les historiens. On peut cependant être marxiste sans appartenir à ces catégories. On peut s’intéresser, ce qui est mon cas, à la littérature, à la linguistique, à la philosophie du langage. Il me faut donc des thèses plus larges, pour le marxiste qui ne passe pas sa vie professionnelle à analyser directement la situation actuelle du capital. J’en propose donc six, sous la forme de six dichotomies qui forment corrélation, technique philosophique que j’emprunte à Gilles Deleuze, qui en était friand.

    #Gilles_Deleuze #Félix_Guattari #marxisme

  • Accumulation primitive et violence légitime. L’État chez Deleuze et Guattari, Vivien Giet – CONTRETEMPS
    https://www.contretemps.eu/accumulation-primitive-violence-legitime-deleuze-guattari

    Cet article a été écrit avant la mort de Georges Floyd et les soulèvements aux États-Unis, avant la répression de la manifestation réclamant la vérité pour Adama Traoré et toutes les victimes de crimes policiers, mais au moment où, en France, en Belgique et partout ou le confinement s’imposait, les plus précaires et les personnes racisées faisaient face, plus encore que d’habitude, à la violence policière. Ce n’est donc pas par cécité qu’il n’en est pas fait mention. Au contraire, on espère que ces lignes et ce qu’elles ont de théorique éclairent la conjoncture.

    *

    On se souvient qu’avant le confinement, les contestations – en particulier celles concernant la réforme néolibérale du système de retraite – étaient violemment réprimées. L’espace médiatique faisait revenir en boucle ces quelques rudiments de sciences politiques : « L’État détient le monopole de la violence légitime ». On notera que cette phrase n’a, dans ce contexte, rien de wébérienne puisque le sociologue allemand élabore une théorie bien connue de la légitimité qui relève de la croyance et se décline en trois modalités : rationnelle-légale, charismatique, traditionnelle1. Mais les définitions qu’on trouve à la suite de ces trois modes de domination n’éclairent en rien leur nature.

    Plus tard, Weber rendra compte de la tendance à l’autolégitimation de l’État par un mécanisme d’inertie, un habitus bureaucratique-disciplinaire proprement moderne dont on sait également peu de choses2. Loin de se satisfaire de cette analyse pour le moins insuffisante en termes de croyance, le présent travail s’efforcera à déterminer selon une analyse matérialiste sui generis le caractère d’auto-présupposition de la forme-État, produisant l’espace même de sa légitimité. En critiquant la production étatique de monopole fétichisé, on ouvre ainsi la voie à une critique radicale de la violence souveraine.

    On peut trouver étonnant d’ouvrir cette réflexion au moment où une épidémie suppose de limiter la circulation des personnes – on signalera au passage que cet énoncé abstrait ne préjuge pas des modalités de sa mise en application. Par ailleurs, la situation sanitaire exceptionnelle ne peut pas justifier la légèreté avec laquelle on prend aujourd’hui des décisions qui, d’expérience, trouveront finalement une inscription dans le droit commun. Ensuite, l’exercice par la police d’un pouvoir discrétionnaire ahurissant que l’on observe en période de confinement ne peut être accepté. Et ce, quelles que soient les circonstances. Dans sa violence extrême, loin de marquer le dépassement de ses prérogatives, l’État dévoile de manière exacerbée sa structure. Or, elle se manifeste ici au plus près de ce que Deleuze et Guattari décrivent comme appareil de capture3.

    À la lecture de Mille Plateaux on est amené à une série de reprises fécondes de concepts marxiens qui rendent possible une critique radicale du caractère monopolistique de l’État. Son caractère radical est nécessaire au sens où, interrogé superficiellement, le monopole de la violence trouve sa légitimité à s’appliquer sur l’espace social après-coup, quand une violence y est commise, pour rétablir l’ordre. L’intérêt de la proposition théorique de Deleuze et Guattari est de mettre à nu ce processus par lequel cet espace social est lui-même constitué dans la violence : l’exercice visible de la violence s’inscrirait dans un cercle tautologique où l’État se présuppose toujours lui-même.

    On débutera en insistant sur le fétichisme propre aux monopoles d’État qui complique cette critique. C’est pourquoi on sera poussé à détailler leur procès de production. On verra qu’il relève pour Guattari et Deleuze d’une structure similaire à celle de l’accumulation primitive. Ce procès s’intériorise dans les rapports sociaux et se fait oublier : une fois installé, sa critique interne est ardue et l’on peine à dire précisément où se situe la violence. Si ce texte cherche à rappeler et développer ces raisonnements ici, c’est donc moins en réponse immédiate à la gestion gouvernementale de la crise sanitaire qu’en l’utilisant comme révélateur du contrôle social continu que présuppose l’État.

    #État #Félix_Guattari #Gilles_Deleuze #_Mille_Plateaux_ #appareil_de_capture

  • Au-delà du retour à zéro | Félix Guattari, Toni Negri, Futur antérieur n° 4, Hiver 1990
    https://www.multitudes.net/Au-dela-du-retour-a-zero

    La subjectivité capitalistique implique une binarisation et une déqualification systémique de tous les « messages ». Elle couronne le règne d’un équivaloir généralisé qui a, par ailleurs, déployé ses coordonnées dans les domaines de l’Espace, du Temps, de l’Energie, du Capital, du Signifiant, de l’Etre… Il s’agit à la fois d’un horizon historique, dont le surgissement est daté, et d’un vertige axiologique qui remonte à la nuit des temps. Partout, toujours il y a eu menace d’abolition par l’intérieur de la complexité qualifiée. Le chaos habite le complexe ; le complexe habite le chaos. Ce qui implique que ce dernier soit composé d’entités animées à vitesse absolue – quitte à ce que la science « ralentisse » ces vitesses avec des constantes telles que c, h (constante de Planck), l’instant zéro du big bang, le zéro absolu etc… Ce qui légitime une perspective de « révolution moléculaire » c’est que cette entropie capitalistique de la subjectivité s’instaure à toutes les échelles et renaît constamment de ses cendres. Une périodisation comme celle qui enchaîne le passage des sociétés de souveraineté aux sociétés disciplinaires pour aboutir aux sociétés de contrôle est à la fois généalogique et ontogénétique. Tous ces régimes de territorialisation du pouvoir, du savoir et de la subjectivité se décomposent et se recomposent dans la subjectivité contemporaine. Ce qui fait, par exemple, qu’on ne peut pas parler aujourd’hui, avec la montée des intégrismes et des racismes de « régression archaïque » mais plutôt de progressisme fasciste ou, à la rigueur, de néo-archaïsme étant entendu qu’ils réinventent de toutes pièces des formes d’intelligence et de sensibilité du monde contemporain. Recommencer l’histoire par le début ou la tendre vers des finalités progressistes ce n’est vraiment plus le problème ! Il s’agit plutôt de recomposer, sur d’autres bases, les agencements de subjectivation et, à cette occasion, de recréer d’une façon pathique les diverses figures de la subjectivation historique, dont la subjectivité capitalistique est la plus vertigineuse par son vide, sa banalité, sa vulgarité, son état des choses à ras des marguerites. (...)

    Relayée comme elle l’est par les mass-médias, les sondages, la publicité, les conseils en communication, la démocratie politique devient non seulement de plus en plus formelle, de plus en plus coupée des réalités, mais aussi de plus en plus délirante. Ce qui ne signifie pas qu’elle perde toute prise sur la subjectivité capitalistique. Les leaders politiques rivalisent avec les présentateurs de la télé pour pénétrer toujours plus avant dans la pseudo-intimité des foyers. C’est le règne du Bébête Show relayé par le Psycho-show. Ce qui est vertigineux, à travers tout ça, c’est la capacité de ce type de production de subjectivité de capturer toute immnence processuelle, toute mutation moléculaire. Existe-t-il cependant une épreuve de vérité qui soit discriminante à l’égard du leurre, de la grimace, du simulacre puisque ceux-ci peuvent aussi devenir le siège d’une authentique territorialisation existentielle ? Voir par exemple la gestuelle stéréotypée du star system de la culture rock, dont les traits sont néanmoins objets de réappropriation par des enfants et des adolescents à des moments cruciaux de leur existence. Mais l’épreuve de vérité ne trompe pas ; elle est d’ordre pathique ; c’est elle qui entraîne une sorte d’adhésion existentielle qui crée l’événement.
    Il n’est que trop vrai que tous ces foyers de résistance moléculaire contre la sérialité de la subjectivité capitalistique ne s’incarnent, le plus souvent, que dans des retours à la transcendance, au mysticisme, au culte du « naturel ». Ça me dérange moins que toi. Je me dis que Dieu y retrouvera les siens ! Il y a quelque chose de tellement artificiel dans ces néo-archaïsmes. Ils n’engagent jamais qu’une strate parmi d’autres des formations de subjectivité. On sait bien que les intégristes boivent la coupe et regardent des films pornos en cachette. Ce qui n’excuse rien ! Bref, le micro-fascisme est toujours renaissant mais pas forcément le macro-fascisme.

    #Félix_Guattari #micro-fascisme #subjectivité #progressisme_fasciste #néo-archaïsme ...

  • Faut-il tuer #Freud ? (4/4) : Machines partout, Œdipe nulle part
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/faut-il-tuer-freud-44-machines-partout-oedipe-nulle-part


    #Félix_Guattari chez lui le 15 juin 1987 à Paris• Crédits : François LOCHON/Gamma-Rapho - Getty

    Qui est Félix Guattari, celui qui, avec le philosophe Gilles Deleuze, remet en cause l’enseignement freudien dans le livre « L’Anti-Œdipe », publié en 1972 ? Croyaient-ils au bien-fondé de la psychanalyse ? Comment ont-ils pensé ensemble l’élaboration d’un « inconscient machinique » ?

    L’invité du jour : Valentin Schaepelynck, maître de conférences au département de sciences de l’éducation de Paris 8, membre du collectif de la revue deleuzo-guattarienne Chimères

    #psychanalyse (critique interne de la) #institution #psychothérapie_institutionnelle #philosophie #clinique #psychiatrie #pratiques_sociales

  • L’institution révolutionnaire chez Guattari, Valentin Schaepelynck et alii – Séminaire Conséquences
    http://seminaire-consequences.fr/2017/10/01/valentin-schaepelynck-linstitution-revolutionnaire-chez-guatt

    Félix Guattari : analyse institutionnelle et institution révolutionnaire

    Avec Valentin Schaepelynck, Maître de conférences en sciences de l’éducation, Université Paris 8.

    Le parcours de Félix Guattari est jalonné d’une pluralité d’implications dans des expériences et des enjeux collectifs, de la psychothérapie institutionnelle à l’émergence des radios libres, en passant par le Centre d’Etudes, de Recherches et de Formation Institutionnelles (CERFI). On se centrera ici sur trois points : son apport au mouvement de la psychothérapie institutionnelle et la manière dont il s’est efforcé d’en déterritorialiser les préoccupations sur différents lieux de la pratique politique ; sa conception de l’« analyse institutionnelle », entendue comme contestation mais aussi subversion et réinvention des institutions, et la perspective singulière qu’une telle formule ouvre sur ce qu’institution peut vouloir dire, à distance d’une certaine sociologie de la domination ; en quoi les concepts de « machine de guerre » et d’« appareil de capture », développés avec Gilles Deleuze dans Mille plateaux, sont entre autres une manière de s’approprier et de mettre conceptuellement en mouvement ces enjeux, et plus particulièrement les préoccupations d’une pratique politique qui tente de se soustraire à la forme Etat.

    En parcourant ces trois points, on proposera à la discussion ce qui nous apparaît comme une tentative guattarienne et deleuzo-guattarienne d’explorer les paradoxes et les possibilités d’une « institution révolutionnaire ».

    @kaparia
    #Séminaire_Conséquences #Félix_Guattari #institution #stato_capitalisme #machine_de_guerre #appareils_de_capture #audio

  • Pour un droit à la folie | Riton et Hala Zika
    http://labrique.net/index.php/thematiques/lutte-des-classes/830-pour-un-droit-a-la-folie

    Chaque jour, on attache, on enferme, on violente des personnes malades. Ce ne sont pas des actes isolés, mais la banalisation d’une violence organisée par un État où la mise à l’écart des indésirables est depuis longtemps devenue la norme. État des lieux de la dérive sécuritaire et gestionnaire de la psychiatrie, face à laquelle des alternatives ont depuis longtemps prouvé leur pertinence. Parmi elles : la clinique de La Borde où, sans raison médicale, on est allés passer quelques jours. Source : La Brique

    • Je crois que leur pensée est nulle. Je vois deux raisons possibles à cette nullité. D’abord ils procèdent par gros concepts, aussi gros que des dents creuses, LA loi, LE pouvoir, LE maître, LE monde, LA rébellion, LA foi, etc. Ils peuvent faire ainsi des mélanges grotesques, des dualismes sommaires, la loi et le rebelle, le pouvoir et l’ange. En même temps, plus le contenu de pensée est faible, plus le penseur prend d’importance, plus le sujet d’énonciation se donne de l’importance par rapport aux énoncés vides (« moi, en tant que lucide et courageux, je vous dis..., moi, en tant que soldat du Christ..., moi, de la génération perdue..., nous, en tant que nous avons fait mai 68..., en tant que nous ne nous laissons plus prendre aux semblants... »). Avec ces deux procédés, ils cassent le travail.

      #nouveaux_philosophes

    • « La soumission de toute pensée aux médias »

      aussi là
      http://seenthis.net/messages/427247
      http://seenthis.net/messages/80086

      @unagi, @arno, @tintin, @mona, @bug_in
      @aurelien a donné ici il y a peu l’annonce de parution d’un nouveau volume de Deleuze préparé par David Lapoujade, Lettres et autres textes qui apporte un éclairage sur le travail de Deleuze après sa rencontre avec Guattari en #68.

      http://seenthis.net/messages/425737

      puis il a signalé sur ce même post un entretien avec David Lapoujade
      http://www.telerama.fr/idees/gilles-deleuze-est-mort-il-y-a-20-ans-il-n-est-toujours-pas-post-il-est-neo

      Quel aspect de son œuvre vous semble le plus en phase avec notre époque, vingt ans après sa mort ?

      Les analyses du capitalisme qu’il mène avec #Félix_Guattari – dans L’Anti-Œdipe (1972) et Mille Plateaux (1980) [tous deux surtitrés Capitalisme et schizophrénie ]. Guattari est vraiment un visionnaire, une montre en avance sur son temps, comme en témoignent les textes, d’une force incroyable, qu’il écrit seul, avant sa #rencontre avec Deleuze, en 1969. Bien sûr, le capitalisme a évolué depuis vingt ou trente ans, mais leur réflexion sur les « #sociétés_de_contrôle » semble plus que jamais d’actualité, comme s’ils avaient posé les contours du capitalisme actuel. Ils ont vu que nous étions entrés dans une époque où les individus sont moins assujettis aux règles d’une société disciplinaire que soumis à un contrôle continu, par l’intermédiaire des informations qu’ils émettent eux-mêmes de toutes parts. [et donc également ici même.] (...)

      Avec Guattari, tout change, le structuralisme cède la place à un machinisme généralisé. La philosophie devient pratique. J’aime beaucoup les passages où Deleuze écrit à Guattari : j’ai absolument besoin que vous m’expliquiez ceci ou cela. J’espère que cela tordra le cou à l’idée que Guattari est un complément gauchiste secondaire dans leur œuvre #commune.

      #impersonnel #psychothérapie_institutionnelle

    • Le #marketing a ses principes particuliers :

      1. il faut qu’on parle d’un livre et qu’on en fasse parler, plus que le livre lui-même ne parle ou n’a à dire. A la limite, il faut que la multitude des articles de journaux, d’interviews, de colloques, d’émissions radio ou télé remplacent le livre, qui pourrait très bien ne pas exister du tout.

      C’est pour cela que le travail auquel se donnent les nouveaux philosophes est moins au niveau des livres qu’ils font que des articles à obtenir, des journaux et émissions à occuper, des interviews à placer, d’un dossier à faire, d’un numéro de Playboy. Il y a là toute une activité qui, à cette échelle et à ce degré d’organisation, semblait exclue de la philosophie, ou exclure la philosophie.

    • Lettres et autres textes est le troisième et dernier volume des textes posthumes de Gilles Deleuze, publié à l’occasion du vingtième anniversaire de sa disparition. Il regroupe de nombreuses lettres adressées à ses contemporains (Michel Foucault, Pierre Klossowski, François Châtelet ou Clément Rosset). Particulièrement importantes à cet égard sont les lettres adressées à #Félix_Guattari, qui constituent un témoignage irremplaçable sur leur « travail à deux », de L’Anti-Œdipe jusqu’à Qu’est-ce que la philosophie ? On y trouve aussi des lettres plus tardives adressées à des étudiants qui l’interrogent sur son œuvre et lui permettent de l’éclairer d’un regard nouveau. Y figurent également un ensemble de textes introuvables ou inédits, comme certains essais de jeunesse, quelques dessins insolites, ou un long entretien de 1973 sur L’Anti-Œdipe avec Guattari [avec Raymond Bellour].

      http://www.leseditionsdeminuit.com/images/3/extrait_3183.pdf

      avec parmi les écrits qui peuvent susciter la curiosité, au titre des « textes de jeunesse » : Description de la femme. Pour une philosophie d’autrui sexuée, voir la table de l’ouvrage :

      http://www.leseditionsdeminuit.com/images/3/revue_3183.pdf

      #livre pas en ligne, Minuit, un fonds remarquable de livres au prix régulièrement augmentés, et des rentes.

    • Une précision quand même sur ces fameux textes de jeunesse : Description de la femme est pour partie un texte pastiche « à la Sartre » et surtout, Deleuze a renié la totalité de ce petit corpus (quatre en tout) ; si c’est édité, c’est que des éditions pirates - fautives - circulent de toute façon. Mais l’important c’est ça : renié, renié, renié.
      Quant à Minuit : qu’ils spéculent sur leur fonds, à la limite ce serait pas grand chose s’ils n’en réinvestissaient pas les bénéfices dans les fictions merdiques à la papa et les pitreries théoriques qui leur servent de ligne -segment- éditorial depuis 30 ans...

    • Merci pour la précision.
      Pastiche renié ou pas, « Sartre a été tout pour moi. Sartre a été quelque chose de phénoménal [...] J’ai été fasciné par Sartre. Et pour moi, il y a une nouveauté de Sartre qui ne se perdra jamais, une nouveauté pour toujours. », G.D.
      Et sinon, vendre très cher, et toujours plus cher des livres qui sont plus que rentables depuis des décennies, en évitant soigneusement de les publier en poche, comme le fait Minuit, ce n’est pas "pas grand chose" même "à la limite", c’est tout simplement infâme. Il est effectivement loin le temps où, parfois (la création de l’égyptologie, par exemple), la rente occasionnait des découvertes

    • Un entretien avec D. Lapoujade qui a préparé l’édition (mais pourquoi télérama enfin !)
      http://www.telerama.fr/idees/gilles-deleuze-est-mort-il-y-a-20-ans-il-n-est-toujours-pas-post-il-est-neo

      « Oui, les lettres qu’il lui adresse montrent combien Deleuze a besoin de Guattari pour avancer. Et, comme le révèlent les reproches qu’il fait à Arnaud Villani (philosophe qui était en train d’écrire un livre sur son œuvre), Deleuze supporte très mal l’idée qu’on oublie Guattari lorsqu’il est question de L’Anti-Œdipe ou de Mille Plateaux. On ne perçoit pas toujours combien la rencontre avec Guattari a provoqué une profonde refonte d’un système philosophique que Deleuze a d’abord construit seul. Avec Guattari, tout change, le structuralisme cède la place à un machinisme généralisé. La philosophie devient pratique. J’aime beaucoup les passages où Deleuze écrit à Guattari : j’ai absolument besoin que vous m’expliquiez ceci ou cela. J’espère que cela tordra le cou à l’idée que Guattari est un complément gauchiste secondaire dans leur œuvre commune. »

  • Les schizoanalyses / Félix Guattari, revue Chimères n°1, 1987, Le silence qui parle
    http://lesilencequiparle.unblog.fr/2015/03/12/les-schizoanalyses-felix-guattari

    Les formes archaïques d’énonciation reposaient, pour l’essentiel, sur la parole et la communication directe, tandis que les nouveaux agencements ont de plus en plus recours à des flux informatifs médiatiques, portés sur des canaux de plus en plus machiniques (les machines dont il est ici question n’étant pas seulement d’ordre technique mais aussi scientifiques, sociales, esthétiques, etc.) qui débordent de toutes parts les anciens #territoires_subjectifs individuels et collectifs. Alors que l’#énonciation territorialisée était logocentrique et impliquait une maîtrise personnalisée des ensembles qu’elle discursivait, l’énonciation déterritorialisée, qui peut être qualifiée de machino-centrique, s’en remet à des mémoires et à des procédures non humaines pour traiter des complexes sémiotiques échappant, pour une très large part, à un contrôle conscientiel direct.

    On trouve bon nombre des articles de #Félix_Guattari publiés dans Chimères là :
    http://www.revue-chimeres.fr/drupal_chimeres/?q=taxonomy_menu/3/236

  • Avec Jean Oury. Vivre avec la folie / #Revue_Chimères n°84 - Le silence qui parle
    http://lesilencequiparle.unblog.fr/2015/02/19/vivre-avec-la-folie-olivier-apprill-edito-de-la-revue-chime

    « Refaire le #club_thérapeutique, tout le temps. » Cette petite phrase de #Jean_Oury, extraite d’un dialogue avec Danielle Sivadon en 2004 (1), aurait pu être prononcée au printemps dernier comme il y a cinquante ans. Elle exprime une constance mais aussi une exigence : donner du #pouvoir aux malades, créer de la responsabilité, du #mouvement, du #possible. C’est à ces tâches essentielles que le fondateur de la #clinique psychiatrique de La Borde se consacrait encore quelques jours avant sa mort, le 15 mai dernier, à l’âge de 90 ans.

    Rendre hommage à celui que ses pairs considèrent comme l’un des meilleurs connaisseurs de la #psychose, c’est d’abord prendre la mesure de cette passion médicale (2) qui voit en chaque individu, plus ou moins fou, un sujet à part entière. C’est surtout honorer un engagement au jour le jour, une disponibilité, une présence confondue avec l’accueil permanent de l’autre.

    Jean Oury n’a jamais cessé de l’affirmer : dans l’abord de la #folie, le plus petit détail, un simple geste ou un sourire peuvent avoir une valeur inestimable. Ce souci de l’#ambiance, ces paroles qui soignent, cet humour, cette bienveillance, ces moments féconds au cours desquels une existence parfois bifurque constituent l’arrière-fond sensible dont ce numéro de Chimères se veut l’écho, nourri d’expériences, de témoignages et de récits souvent placés sous le signe d’une « vraie rencontre ». Une sorte de #constellation affective où les voix de plusieurs générations de patients, de « psychistes », d’artistes, d’amis proches ou de compagnons de route se mêlent pour composer un portrait multiple, polyphonique, de l’homme qui a tracé « son chemin en marchant » et su s’adresser, avec une qualité de parole incomparable, à ce qu’il y a de plus #singulier en chacun.

    En soutenant l’hypothèse que l’hôpital peut devenir un instrument thérapeutique et que la folie est aussi #création, Jean Oury abroge toutes les formes de ségrégation et tout réductionnisme de la maladie mentale. Autant de révolutions partagées au long de son parcours commun avec son ami #Félix_Guattari : la machine bicéphale Oury-Félix occupe une place privilégiée dans ce numéro de Chimères. Un agencement foisonnant, tour à tour créateur et conflictuel, qui constitue le caractère le plus visible de cette amitié – terme sans doute à entendre ici dans le sens d’une « condition pour l’exercice de la pensée » (3). Pensée en extension chez l’un, locale et intensive chez l’autre, dont la complémentarité aura permis d’instituer un milieu et un lieu « qui n’en a jamais fini de se construire » (4).

    Ce #lieu de #soin, bien réel et pourtant toujours à venir, Jean Oury en a lui-même élaboré la formule logique, la topique, dans son concept princeps de « collectif ». Réussir à déchiffrer ce qui se passe dans la vie quotidienne, sur le terrain, au travail, entre les gens, afin qu’une organisation d’ensemble puisse tenir compte du #désir_inconscient, est au principe même d’une « #psychiatrie_concrète » (autre nom de la #psychothérapie_institutionnelle) pour laquelle le médecin directeur de #La_Borde a oeuvré sans relâche.

    Tel est peut-être l’un des legs les plus manifestes de Jean Oury aux pensées qui n’ont pas renoncé à transformer l’état des choses. Un legs clinique, philosophique, politique, poétique, #éthique, dont la « valeur humaine » imprègne toutes les pages qui suivent. Accueillir, soigner, penser, vivre avec la folie : la contingence, une vie…

    Olivier Apprill
    Vivre avec la folie / 2015
    Édito du n°84 de la revue Chimères : Avec Jean Oury

    Numéro dirigé par Olivier Apprill et Jean-Claude Polack

    Télécharger le sommaire : Chimeres 84 sommaire
    http://lesilencequiparle.e.l.f.unblog.fr/files/2015/02/chimeres-84-sommaire.pdf

    • Assemblée nationale, Audition de M. Jean Oury, dir. de la clinique de La Borde (Cour-Cheverny) - Jeudi 31 Janvier 2013
      http://www.dailymotion.com/video/x17i0np_audition-de-m-jean-oury-dir-de-la-clinique-de-la-borde-cour-che

      Alors, la vie quotidienne ? (séminaire de Ste Anne septembre 1986)
      http://www.revue-institutions.com/articles/19/Document5.pdf

      De l’#institution. #Transfert, multiréférentialité et #vie_quotidienne dans l’approche thérapeutique de la psychose (2003)
      http://www.cairn.info/revue-cahiers-de-psychologie-clinique-2003-2-page-155.htm

      La destruction programmée de la psychiatrie (2008)
      http://www.cairn.info/revue-sud-nord-2008-1-page-37.htm

      « La psychiatrie n’est pas une spécialité de la #médecine, ce serait plutôt l’inverse », (une rengaine de J.O).

      Le pré-pathique et le tailleur de pierre
      http://www.revue-chimeres.fr/drupal_chimeres/files/40chi04.pdf

      JE VOUDRAIS ESSAYER DE FAIRE PASSER une dimension de la communication que j’appelle « pré-pathique », importante aussi bien sur le plan psychiatrique (de l’autisme ou de la #schizophrénie) que dans le domaine de la #normopathie (on est tous des normopathes et c’est la chose la plus incurable qui soit). Il ne s’agit donc pas ici d’une « communication » au sens restreint du terme mais de déchiffrer ce qui est en question dans « ce qui se passe ». Cela rejoint ce que j’appelle « les #entours » : terme banal qui me semble plus évocateur et plus poétique que le mot ambiance. On peut être non pas en face mais avec quelqu’un, et alors on essaye de repérer ce qui se passe. « Passage » est un mot privilégié de #Kierkegaard par lequel il traduisait le terme grec de kinésis . Il y a du mouvement ; s’il n’y a pas de mouvement, il ne se passe rien. Mais le mouvement ce n’est pas l’agitation. Ce qui exige une distinctivité : quand on passe d’un point à un autre, si le deuxième point n’est pas différent du premier, autant rester sur place. C’est la #critique que j’adresse à la plupart des #établissements. Ils sont tous pareils : aussi bien le bureau du médecin, que celui du directeur, ou la cuisine, la bibliothèque... C’est la même odeur, la même « olor ».

      #Santé_mentale ? #François_Tosquelles #Jacques_Lacan #DSM #diagnostic #fonction_d'accueil

    • « Séminaire de Sainte-Anne » de Jean Oury (1ère partie)

      http://www.franceculture.fr/player/export-inline?content=4329375

      Le psychiatre Jean Oury, fondateur de la psychothérapie institutionnelle, « plus grand connaisseur vivant de la psychose » (P. Delion), tient depuis 1980 un séminaire à #Sainte-Anne. Nous présenterons l’ethos, la parole, et l’histoire de ce lieu crucial pour l’actualité et l’histoire de la psychiatrie et de la #psychanalyse. Notre approche n’est pas clinique, mais une analyse praxique du discours, où sens, éthique et pertinence sont le nœud épistémologique hors duquel la pensée d’Oury reste impensable. Nous établirons l’objet du discours d’Oury, son régime praxique et sa profonde homologie de #structure et de #logique avec la folie. C’est au tissage de cette pensée et de sa parole que nous serons surtout sensibles : comment Oury propose une #praxis_théorique singulière ? Sur le plan de l’histoire des idées, des liens seront établis en permanence entre la pensée d’Oury et ses compagnons (Tosquelles, Guattari, #Gentis… ), avec les grands corps théoriques et cliniques (et surtout #Freud, Lacan), politiques (#marxisme antistalinien), philosophiques (Kierkegaard, Heidegger, #Maldiney) et artistiques (art brut… ). Le tout nourrit une pensée qui articule singulièrement logique, clinique et #politique. Enfin, nous insisterons sur les liens récents établis entre psychothérapie institutionnelle et logique peircienne. Il en sort un savoir incomparable à toute autre approche de la psychose. Quant à l’archéologie de ce discours, nous établirons l’aire que dessinent trois autres discours : le #séminaire de La Borde (clinique dirigée par Oury), recueil du savoir clinique d’Oury ; les rencontres du #GTPSI (moment important des années 1960, il est à la psychiatrie ce que les avant-gardes sont à l’art contemporain) ; l’œuvre écrite d’Oury, entre prose poétique et méditation philosophique.

      Avec Olivier Apprill et Pierre Johan Laffite.

      #audio

    • « Cadrer » le dérèglement - La « grille », Félix Guattari, exposé lors du stage de formation de la clinique de La Borde, 29 Janvier 1987.
      http://www.revue-chimeres.fr/drupal_chimeres/files/34chi01.pdf

      En ce qui me concerne, Je me suis totalement investi dans cette expérience à partir de 1955 ; bien que j’ y aie participé de façon assez suivie dès la phase préparatoire de Saumery. Et c’est durant cette période-là que se sont posés les grands problèmes qui devaient marquer l’évolution ultérieure. Assez rapidement, la clinique a augmenté sa capacité ; elle est pas- sée à soixante malades, puis quelques années plus tard à sa capacité actuelle. Corrélativement, le #personnel a augmenté et les anciennes méthodes d’#organisation consensuelle, fusionnelle, ne pouvaient évidemment plus fonctionner de la même façon. Quand je suis arrivé, j’ai commencé à m’occuper des #activités d’animation et des ateliers. J’ai contribué à la mise en place de pas mal des institutions qui devaient se maintenir de façon durable — quoique toujours en évolution. Mais, assez rapidement, j’ai été amené à m’occuper des problèmes de gestion. Durant les années antérieures, s’étaient instituées des différences de #salaires assez marquées, pour des raisons, d’ailleurs, plutôt contingentes, en raison d’arrangements qui se faisaient au fur et à mesure de l’arrivée des nouveaux membres du personnel. Tout ça pour dire qu’il y avait une situation assez floue, assez peu maîtrisée. Une des premières difficultés à laquelle je me suis trouvé confronté a été relative au #budget des ateliers, lorsqu’ils furent instaurés de façon plus systématique, avec la mise en place du Club ; l’administratrice de cette époque refusait systématiquement de les aider financièrement et il a fallu que je me substitue a elle. À côté de cela, Oury se méfiait beaucoup de quelque chose qui existait dans la plupart des établissements publics, à savoir l’existence d’ergothérapeutes ou de sociothérapeutes spécialisés qui fonctionnaient de façon autonome par rapport au reste du personnel et qui devaient d’ailleurs acquérir ulté- rieurement une qualification particulière. Ça ne nous parais- sait pas souhaitable, parce qu’au contraire on voulait à tout prix éviter que les activités ne deviennent stéréotypées, refer- mées sur elles-mêmes. Pour nous, le but n’était pas de parve- nir à stabiliser une activité particulière. Son fonctionnement ne nous intéressait que pour autant qu’il permettait d’enrichir les #rapports_sociaux, de promouvoir un certain type de #responsabilisation, aussi bien chez les #pensionnaires que dans le personnel. Donc, nous n’étions pas trop favorables à l’implantation d’ateliers standardisés (vannerie, poterie, etc.) avec le ronron du responsable qui vient faire son petit boulot à longueur d’année et avec des pensionnaires qui viennent là régulièrement, mais de façon un peu mécanique. Notre objectif de thérapie institutionnelle n’était pas de produire des objets ni même de produire de « la relation » pour elle-même, mais de développer de nouvelles formes de #subjectivité. Alors, à partir de là, toutes sortes de problèmes se posent sous un angle différent : on s’aperçoit que pour faire des #ateliers, pour développer des activités, le plus important n’est pas la qualification du personnel soignant (diplôme d’infirmier, de psychologue, etc.), mais les compétences de gens qui peuvent avoir travaillé dans le domaine agricole ou comme lingère, cuisinier, etc. Or, bien entendu, pour pouvoir suffisamment dégager ces personnes de leur service, de leur fonction et pour pouvoir les affecter au travail des ateliers et des activités rattachées au Club, il est nécessaire d’inventer de nouvelles solutions organisationnelles, parce que sinon ça déséquilibrerait les services. En fait, ça n’allait de soi d’aucun point de vue, ni dans la tête du personnel soignant, ni dans celles des personnes directement concernées. Il a donc fallu instituer un système, qu’on pourrait dire de dérèglement de l’ordre « normal » des choses, le système dit de « #la_grille », qui consiste à confectionner un organigramme évolutif où chacun a sa place en fonction 1) de tâches régulières, 2) de tâches occasionnelles, 3) de « #roulements », c’est-à-dire de de tâches collectives qu’on ne veut pas spécialiser sur une catégorie particulière de personnel (exemple : les roulements de nuit, les roulements qui consistent à venir à 5 h du matin, la vaisselle, etc.). La grille est donc un tableau à double entrée permettant de gérer collectivement les affectations individuelles par rapport aux tâches. C’est une sorte d’instrument de réglage du nécessaire dérèglement institutionnel, afin qu’il soit rendu possible, et, cela étant, pour qu’il soit « cadré ».

  • Ecosophie ou barbarie, soigner la vie anormale des gens normaux, Valérie Marange
    http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=3679

    Le projet « écosophique » s’affirme donc simultanément sur un plan scientifique et philosophique, clinique et politique, éthico-esthétique. Ce qui inquiète ici Félix, c’est la vie anormale des gens normaux, c’est à dire la passivité devant le désastre matériel, l’infantilisation par les médias et l’isolement, l’arrêt de la production subjective de virtualités, voire la régression vers des micro-fascismes. C’est bien là-dessus qu’il faudrait agir, mais « il est dificille d’amener les individus à sortir d’eux-mêmes, à se dégager de leurs préoccupations immédiates et à réflechir sur le présent et le futur du monde. Ils manquent, pour y parvenir, d’incitations collectives ». [12]Comment sortir l’individu contemporain de sa narcose fataliste ? Praticien en même temps que théoricien, Félix ; propose de nouveaux « agencements collectifs d’énonciation » de « nouveaux enlacements polyphoniques entre l’individu et le social ». Une nouvelle productivité des subjectivités doit être soutenues par de nouveaux dispositifs concrets, dont des esquisses sont repérables dans nos sociétés, avec les réseaux d’internautes, les collectifs d’usagers ou -déja- de chômeurs, le « syndicalisme territorial » des banlieues ou des campagnes. C’est depuis ces nouveaux territoires d’existence que l’on produira des univers de valeurs permettant aux individus de s’accrocher au chaos.

    #écosophie #barbarie #Les_trois_écologies #Valèrie_Marange #Félix_Guattari

  • "Des « Radio Alice 2.0 » ~ Entretien avec #François_Huguet à propos des réseaux MESH à Détroit"
    http://syntone.fr/des-radio-alice-2-0-entretien-avec-francois-huguet-a-propos-des-reseaux-mesh

    Le développement des « réseaux communautaires sans fil » (#MESH) ne peut pas manquer de faire penser aux radios amateurs et à l’histoire des #radios_libres ou de la Mini-FM. L’universitaire François Huguet nous invite à explorer les possibilités ouvertes par les nouvelles capacités d’émetteur et de récepteur de nos ordinateurs et de nos téléphones portables.

    Quelques extraits :

    « MESH » veut dire « maillage » et signifierait pour certains « MEtro Scale ad Hoc network », donc des réseaux de points à points à une échelle métropolitaine, de petite taille. On peut également traduire ce terme par l’idée de réseaux communautaires sans fil, distribués et mobiles, dans lesquels les appareils informatiques deviendraient l’infrastructure, dans lesquels on ne s’appuie plus sur une infrastructure Télécom déjà existante mais on la créée soi-même.

    Je m’y intéresse depuis 2011, au moment où les terminaux mobiles ont acquis des capacités suffisantes de « meshage ». En fait l’idée de réseau communautaire sans fil existait depuis un moment, sous la forme d’ordinateurs reliés par des antennes sur ondes radio. Mais en 2011, il est devenu possible d’avoir ces capacités à l’intérieur d’un smartphone et ces petits logiciels infrastructures locales pouvaient devenir ultra-mobiles, être émetteurs et récepteurs sans qu’il y ait besoin d’installer une antenne sur un toit. Ces capacités des terminaux mobiles ont permis de réinterroger ce genre de technologie et la notion même de média dans son ensemble.

    (...) En 2011, pendant les printemps arabes, on parlait beaucoup de la liberté que permettait l’Internet, on entendait : « Facebook est une arme face aux méchants dictateurs », ce genre de choses. C’est à ce moment que la New America Foundation (une sorte de grand think-tank écologiste américain), via son projet Open Technology Initiative, a créé un logiciel baptisé Commotion, destiné à établir des réseaux MESH. Ils surfaient sur les récits et les discours de la technologie libératrice dans les pays arabes, avec l’idée de développer une technologie qui permettrait d’éviter la censure ou les coupures de l’Internet. La possibilité d’établir des réseaux MESH avec des terminaux mobiles permettait de cristalliser les enjeux de liberté : si les militants de la place Tahir utilisaient Commotion, Mubarak pouvait bien couper les tuyaux de l’Internet, les gens continueraient de discuter et de s’organisaient afin de déjouer les mécanismes de censure égyptiens.

    Du coup j’ai voulu suivre cette technologie et Commotion à partir de 2011. J’étais persuadé que j’allais partir en Égypte. Mais au final je me suis rendu compte qu’il n’y avait là que des discours, des sortes d’opérations de promotion politique qui permettaient de justifier et de légitimer l’utilité de la technologie Commotion, pour obtenir de l’argent du Département d’État américain, de Google ou de Microsoft et en faire comprendre l’intérêt au plus grand nombre. J’ai suivi tout ça et je me suis rendu compte que c’est ailleurs qu’ils déployaient ces technologies et notamment à Détroit, que les gens de l’Open Technology Initiative connaissaient bien pour avoir travaillé là-bas avec des associations de Community Organizing sur des problèmes liés à la fracture numérique. Je me suis aussi aperçu que Commotion y servait à quelque chose de complètement différent : il ne s’agissait pas de résoudre des problèmes liés à la censure d’un régime politique mais de résoudre les problèmes d’infrastructure communicationnelle d’une ville en crise.

    (...) À #Détroit, l’idée de pouvoir créer son propre réseau de communication faisait sens parce que c’est une ville immense, avec des espaces vides et abandonnés partout. Les opérateurs de télécommunication classique ne veulent pas y venir et y investir, parce que creuser une tranchée et installer du câble pour une seule maison isolée n’est pas rentable.

    (...) Je pense que la réflexion globale qui sous-tend Commotion et les réseaux communautaires sans fil en général n’est pas seulement la possibilité d’accéder à la parole, comme ce que racontent Berardi ou Guattari à propos des radios libres, ni de faire acte de « thérapie sociale » comme le raconte Kogawa. Il s’agit plutôt de se battre pour une certaine idée de ce que doit être une infrastructure #Télécom et de ce que doit être #Internet : un #bien_public.

    (...) Pour faire le parallèle avec les radios libres, il y a bien des « tactiques », au sens de De Certeau, afin de peser sur un débat politique. Mais là le débat n’est plus le même, il s’agit aujourd’hui de créer de l’ « empowerment » et de faire comprendre aux gens comment fonctionne l’architecture du Web, comment fonctionnent les infrastructures. C’est ce qui fait qu’ils seront capables de se positionner sur des débats très compliqués : on n’arrête pas de parler de la « neutralité du Net » mais peu de gens comprennent ce que ça veut dire. Avec les réseaux MESH, on a un cas d’étude précis qui permet à des utilisateurs, à partir de la compréhension de ce qu’est une infrastructure à leur niveau, peuvent mieux comprendre ces enjeux et s’opposer aux modèles dominants. En fait les réseaux MESH sont des contres-modèles.

    (...) Il y a peu de chance qu’on les retrouvent en France parce que nos infrastructures communicationnelles sont performantes et que les gens n’ont pas envie de se compliquer la vie.

    (...) D’un certain point de vue, ce qui est en train de se passer pourrait être vu comme le plus gros coup de poker de l’histoire des télécommunications : alors que les opérateurs classiques ont déboursé des millions et des millions de dollars ou d’euros pour se voir attribuer des fréquences garanties, les grands groupes d’Internet rêvent de fréquences ouvertes tombées dans le #domaine_public que leurs objets connectés pourront utiliser sans qu’ils aient eu à sortir un centime.

    cc @ari

    #Félix_Guattari #Franco_Berardi #nouvelles_transmissions #Tetsuo_Kogawa #Etats-Unis #médias_libres et peut-être aussi #cccp, @fil ?

  • Félix Guattari, penseur de l’écosophie
    http://zones-subversives.over-blog.com/2014/03/f%C3%A9lix-guattari-penseur-de-l%E2%80%99%C3%A9cosophie

    En revanche, Félix Guattari observe bien que la subjectivité classiste semble s’affaiblir. Au mieux, la représentation de la classe ouvrière est portée par la petite bourgeoisie intellectuelle et les classes moyennes. Surtout, le mouvement ouvrier semble s’effondrer en raison de sa bureaucratisation. « La bolchevisation d’une part importante du mouvement ouvrier a été accompagnée d’un recul de la démocratie de base, au profit d’avant-gardes auto-proclamées », observe Félix Guattari. Avec cette tendance bureaucratique, le mouvement ouvrier s’appuie sur un capitalisme productiviste qu’il se contente de vouloir aménager. « La qualité de vie passait après les revendications quantitatives », souligne Félix Guattari. Le mouvement ouvrier se limite alors à des revendications catégorielles réduites à la sphère de la production. La lutte contre le racisme et la libération des femmes sont des problèmes occultés. « Bref, les luttes ouvrières ont eu tendance à se replier sur elles-mêmes, à adopter une optique corporatiste, coupée de leur contexte social et de l’évolution du monde », estime Félix Guattari.

    #philosophie #psychanalyse #écologie

  • #Entretien avec #Félix_Guattari qui évoque entre autres la tyrannie des thérapies comportementales qui n’ont qu’un seule objectif selon lui, celui de construire des individus qui intègre le « système »

    Partie 1
    http://www.youtube.com/watch?v=jXi8eNHlSM4

    http://1libertaire.free.fr/Guattari16.html

    Né le 30 mars 1930, à Villeneuve-les-Sablons (Oise), Félix Guattari passa son enfance et son adolescence dans une proche banlieue ouvrière de Paris, à La Garenne. Les bouleversements considérables de cette période ont marqué profondément son existence : lui-même faisait très souvent référence à ce qu’il avait baptisé le « complexe de 1936 ». Indirectement touché — vu son jeune âge — par l’éclatement des mouvements de jeunesse et la dispersion des idéaux politiques, en opposition avec son milieu familial relativement aisé, il connut sa première grande rupture émancipatoire avec la rencontre qu’il fit de #Fernand_Oury, artisan passionné du futur mouvement de #Pédagogie_institutionnelle.

    Encouragé par le frère de Fernand, #Jean_Oury, #psychiatre, il s’oriente à partir de 1950 vers la #psychiatrie, alors en pleine effervescence. Par son « don » des rencontres, par sa rapidité d’esprit et son insatiable curiosité, il sut intégrer de façon très ouverte de multiples univers — philosophie, #ethnologie, #linguistique, architecture, etc. — afin de mieux définir l’orientation, la délimitation et l’efficacité de l’acte psychiatrique. Avec Jean Oury, dont il était devenu depuis 1955 le principal collaborateur, il poursuivit cette recherche à la clinique psychiatrique de #La_Borde à Cour-Cheverny. Lieu de stage pour d’innombrables étudiants, philosophes, #psychologues, ethnologues, #travailleurs_sociaux, La Borde resta pour Félix Guattari le principal ancrage.

    Partie 2
    http://www.youtube.com/watch?v=hUj-UmEvITE

    Il participa au mouvement du #G_T_psy, qui regroupa de nombreux psychiatres au début des années soixante et créa la Société de psychothérapie_institutionnelle en novembre 1965. C’est au même moment que Félix Guattari fonda, avec d’autres militants, la F.G.E.R.I. (Fédération des groupes d’études et de recherches institutionnelles) et sa revue Recherches , s’ouvrant sur la philosophie, les mathématiques, la psychanalyse, l’#éducation, l’architecture, l’ethnologie, etc.

    La #F_G_E_R_I. représentait l’aboutissement des multiples #engagements #politiques et culturels de Félix Guattari : le Groupe jeunes hispano, les Amitiés franco-chinoises (à l’époque des communes populaires), l’opposition active à la #guerre d’#Algérie, à la guerre du #Vietnam, la participation à la M.N.E.F., à l’U.N.E.F., la politique des bureaux d’aide psychologique universitaire (B.A.P.U.), l’organisation des groupes de travail universitaire (G.T.U.), mais également les réorganisations des stages des centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active (C.E.M.E.A.) pour infirmiers psychiatriques, ainsi que la formation d’Amicales d’infirmiers (en 1958), les études sur l’architecture et les projets de construction d’un hôpital de jour pour « étudiants et jeunes travailleurs ». Très influencé par le travail de #Lacan — dont il fut l’analysant jusqu’en 1960 —, il prit cependant quelques distances vis-à-vis de l’élaboration théorique de celui-ci. Il fut l’un des acteurs des événements de mai #1968, à partir du Mouvement du 22 mars. Engagé #existentiellement et #éthiquement dans cette remise en question des valeurs fondamentales, c’est alors qu’il rencontra #Gilles_Deleuze à l’#université_de_#Vincennes — deuxième grande rencontre.

    Partie 3
    http://www.youtube.com/watch?v=Fk_OrkMG5YI

    Dans son dernier livre, #Chaosmose (1992), dont le thème est déjà partiellement développé dans Qu’est-ce que la philosophie ? (1991, avec G. Deleuze), Félix Guattari reprend son thème essentiel : la question de la subjectivité. « Comment la produire, la capter, l’enrichir, la réinventer en permanence de façon à la rendre compatible avec des Univers de valeur mutants ? Comment travailler à sa libération, c’est-à-dire à sa re-singularisation ? [...] Toutes les disciplines auront à conjoindre leur créativité pour conjurer les épreuves de #barbarie. » Cette idée revient comme un leitmotiv, depuis Psychanalyse et #transversalité (regroupement d’articles de 1957 à 1972) jusqu’aux Années d’hiver — 1980-1986 (1985) et aux Cartographies #schizo-analytiques (1989). Il insiste sur la fonction de récit #« a-signifiant », lequel joue le rôle de support d’une subjectivité en acte, à partir de quatre paramètres : « Les flux sensibles et signalétiques, les #Philum de propositions #machiniques, les #Territoires #existentiels et les Univers de référence incorporels. » Ce travail d’#écriture est en prise avec ses engagements #sociopolitiques et culturels, comme en témoignent les Neuf Thèses de l’opposition de #gauche . Il est l’un des principaux organisateurs de l’opération « Un milliard pour le Viet-Nam ». En 1967, il figure parmi les fondateurs de l’#Osarla (Organisation de solidarité et d’aide à la révolution latino-américaine).

    Partie 4
    http://www.youtube.com/watch?v=aleBHgDS-Qg

    C’est au siège de la F.G.E.R.I. que se rencontrent, en 1968, Daniel Cohn-Bendit, Jean-Jacques Lebel, Julian Beck... En 1970, il crée le C.E.R.F.I. (Centre d’études et de recherches et de formation institutionnelle) qum reprend la direction de la revue Recherches . Celle-ci publiera des ouvrages relevant de domaines variés, avec la participation de #Gilles_Deleuze, Theodor Zeldin, #Michel_Foucault... Plus tard, soutenant les radios libres, il fonde #Radio Tomate en 1980. Il est attiré par l’expérience #gauchiste autonome italienne. Dans la lignée de #Basaglia, puis de #Rotelli, il participe aux élaborations de l’expérience psychiatrique de #Trieste. Son voyage à Athènes puis à l’île de Léros le met directement en contact avec la révoltante misère psychiatrique concentrationnaire. Ses engagements et son travail philosophique lui ayant valu une renommée internationale, il est reçu dans les universités du Japon, du Brésil, des États-Unis, du Canada, etc. C’est alors qu’il s’engage dans les mouvements #écologiques, essayant de trouver une voie autre que celle de la droite ou de la #« vieille gauche ». Dans #Les_Trois_Écologies (1989), il soutient que l’#« écologie_environnementale » devrait être pensée d’un seul tenant avec l’#écologie_sociale et l’#écologie_mentale, à travers une « écosophie » de caractère #éthico-politique. Au printemps de 1987, il fait paraître, avec Deleuze, le premier numéro de la revue #Chimères. Ses multiples engagements, ponctués par un séminaire se tenant chez lui à Paris, ne l’empêchaient pas de poursuivre avec Gilles Deleuze un travail philosophique scandé par la parution d’ouvrages fondamentaux, tels que #Mille_Plateaux (1980), #Rhizome (1976), #Kafka, pour une littérature mineure (1975). Leur premier livre en commun, L’Anti-Œdipe (1972), avait fait scandale. Ils soutenaient que le délire est « l’investissement inconscient d’un champ social historique ». Critiquant l’élaboration théorique de la psychanalyse, ils proposaient la notion de #« machines_désirantes » ainsi qu’une pratique originale : la #« schizoanalyse ». C’est dans cette perspective que Félix Guattari écrivit #la_Révolution_moléculaire (1977) et #L_Inconscient_machinique (1979).

    Partie 5
    http://www.youtube.com/watch?v=CV_w--wir50

    #Psychanalyse #Philosophie #Anti_oedipe #Individuation #Domination #Anti-psychiatrie #Subjectivité #Perception #Transmission #Structuralisme #Scientisme #Ethique #Ecosophie #Sciences_sociales #Psychologie #Singularité #Esthétique #Technoscience #Mass_média #Livres #Vidéo

  • « La révolution moléculaire »
    http://laviemanifeste.com/archives/8126

    Entretien avec #Stéphane_Nadaud qui a établi et préfacé la révolution moléculaire (2012) aux éditions des Prairies ordinaires. Recueil d’articles et d’entretiens de #Félix_Guattari.

    L’individu est l’illusion qui cache le peuple – #Révolution molaire, révolution moléculaire, désir – #Matérialisme - Dépeçage du #freud(isme) & dépeçage du #marx(isme) – #Capitalisme mondial intégré, subjectivité – Signification & interprétation, décodage – Échec de l’échec – Devenir – Programme – Révolution, suspend

    http://laviemanifeste.com/wp-content/uploads/2013/05/la_revolution_moleculaire.mp3

    Et le bouquin
    https://lesprairiesordinaires.wordpress.com/2012/12/10/nouvelle-parution-novembre-2012

    Comme si, rétive à une seule et unique version, toute révolution moléculaire ne pouvait se donner qu’au pluriel : des révolutions moléculaires, des pratiques plutôt qu’une théorie ; une façon de faire de la politique qui, ainsi que nous le rappelle Félix Guattari, « aura quelque chose à voir avec une perspective révolutionnaire s’il est vrai que les bouleversements sociaux, à l’avenir, deviendront absolument inséparables d’une multitude de révolutions moléculaires au niveau de l’économie du #désir ».

    #audio #philosophie #livre