• Les nouveaux mots du Petit Larousse et du Petit Robert 2021 : Que disent-ils de nous ? - Orthographe et Projet Voltaire
    https://www.projet-voltaire.fr/divers/nouveaux-mots-petit-larousse-petit-robert-2021-disent-de

    Le terme covid a bien entendu fait son entrée. C’est, rappelons-le, un acronyme anglais, abréviation de coronavirus disease. Dépourvu de majuscule, il peut être masculin ou féminin , indique Le Robert, qui ne suit pas les recommandations de l’Académie française qui l’a fait féminin.

  • L’inclusivité en point de mire

    Nous l’avions promis, le voici, notre nouveau dossier sur l’écriture inclusive. Depuis début mars, celle-ci infuse nos pages, titillant nos réflexes acquis et ceux de nos lecteurs ou lectrices. Plusieurs ont applaudi des deux mains ou désapprouvé avec virulence : découvrez quelques-unes de leurs réactions en page 2, où nous évoquons aussi nos propres expériences.

    Le #langage_inclusif est encore en création, même s’il y a vingt ans déjà que la Confédération l’a intégré, comme bien d’autres lieux publics tel Le Poche, à Genève, qui parle au #féminin_générique (pp. 23 et 24). En 2013 déjà, à l’occasion du 8 mars, votre journal changeait de sexe et devenait La Courrier. Que l’#inclusivité passe désormais dans le langage courant véhiculé par Le Courrier ou par la RTS (p. 3) s’accompagne forcément d’#inconfort. Mais aussi de #stimulations et de #bienfaits : nous interroger plus précisément sur l’outil que nous manions et sur sa capacité à désigner la #mixité du monde enrichira notre regard. Et donc nos pages.

    Dans celles-ci, des spécialistes jugent différemment les outils de l’inclusivité et l’impact du langage sur nos #représentations, notamment celles des enfants (pp. 4 et 5). Quel que soit notre point de vue, on aurait tort de voir dans ces #transformations_linguistiques une querelle des Anciens et des Modernes : la spécialiste de la Renaissance Eliane Viennot rappelle que le français a longtemps été plus inclusif qu’il ne l’est aujourd’hui. Et des politiciennes disent combien l’inclusivité est une aide pour obtenir davantage de #justice (p. 2).

    On aurait tort aussi d’y voir un projet élitiste : la volonté de changement n’est pas d’abord venue des universités ni du pouvoir, mais de la rue. De femmes – et d’hommes – pour qui une langue plus #inclusive est une évidence. Et il faut rappeler que le #langage_épicène ne remplace pas les autres combats pour l’égalité, mais les accompagne. Au final, note Eliane Viennot, « nous sommes toutes et tous responsables de ce que nous disons et écrivons ». Et « si nous voulons une société plus juste, il faut progresser sur ce terrain-là aussi ». Bonne lecture, toustes !

    https://lecourrier.ch/2021/04/29/linclusivite-en-point-de-mire

    Le dossier complet (#paywall) :


    https://lecourrier.ch/dossier/ecriture-inclusive

    #journalisme #presse #Suisse #Le_Courrier #écriture_inclusive

  • Tribune de l’#Observatoire_du_décolonialisme
    –-> observatoire déjà signalé ici :
    https://seenthis.net/messages/901103
    https://seenthis.net/messages/905509

    « #Décolonialisme et #idéologies_identitaires représentent un quart de la #recherche en #sciences_humaines aujourd’hui »

    Les tenants du décolonialisme et des idéologies identitaires minimisent ou nient leur existence. La montée en puissance de ces #idéologies dans la recherche est pourtant flagrante et on peut la mesurer, démontrent les trois universitaires.

    Dans les débats sur le terme d’#islamo-gauchisme, beaucoup ont prétendu qu’il n’existait pas, puisque ni les islamistes ni les gauchistes n’emploient ce terme. De même, dans de multiples tribunes et émissions, les tenants du décolonialisme et des idéologies identitaires minimisent ou nient leur existence en produisant des chiffres infimes et en soulignant qu’il n’existe pas de postes dont l’intitulé comprend le mot décolonialisme. À ce jeu-là, un essai intitulé « Les Blancs, Les Juifs et nous » [nom du livre de Houria Bouteldjane, porte-parole du Parti des Indigènes de la République, NDLR] ne serait évidemment pas #décolonial, puisqu’il n’y a pas le mot « décolonial » dedans.

    Parler de « décolonialisme », ce n’est donc pas s’intéresser au mot « décolonial » mais aux notions qui le structurent dont le vocabulaire est un reflet, mais pas seulement. La rhétorique, la syntaxe, la stylistique : tout participe à un ensemble qui détermine le caractère d’un écrit. Par exemple, « pertinent » est un adjectif qui nous sert à caractériser un essai. On dit par exemple d’un article qu’il est « pertinent » - Mais le mot « pertinent », c’est nous qui l’employons. Il n’est pas présent dans le texte évalué. C’est le propre du jugement de dégager une idée synthétique à partir des mots exprimés.

    Mais soit, faisons le pari des mots et jouons le jeu qui consiste à croire que les #mots disent le contenu. Mais alors : de tous les mots. Et pas seulement de ceux que l’on nous impose dans un débat devenu byzantin où un chef d’entreprise-chercheur nous explique que tout ça est un micro-phénomène de la recherche qui n’a aucun intérêt, que le mot ne pèse que 0,001% de la recherche en sciences humaines et où, par un psittacisme remarquable, on en vient presque à prouver que la sociologie elle-même ne publie rien.

    Partons simplement d’un constat lexical : sous le décolonialisme tel que nous pensons qu’il s’exprime en France dans l’université au XXIe siècle, nous trouvons les idées qui « déconstruisent » les sciences - la #race, le #genre, l’#intersectionnalité, l’#islamophobie, le #racisme. Que ces mots occupent les chercheurs avec des grilles de lecture nouvelles, tantôt pour les critiquer tantôt pour les étayer et que ces mots - dans le domaine bien précis des Lettres - occupent une place qu’ils n’occupaient pas autrefois - ce qui dénote une évolution de la discipline.

    Dans un premier temps, nous nous intéresserons au fonctionnement des #blogs à visée scientifique, dont nous pensons qu’ils constituent un lieu de la littérature marginale scientifique. Puis dans un second temps, à la #production_scientifique au prisme des #publications présentes à travers les revues et les livres. On s’intéressera en particulier à l’#OpenEdition parce que c’est précisément un lieu-outil où la recherche se présente aux instances gouvernantes comme un mètre-étalon des livrables de la recherche.

    Notre vocabulaire réunit quelques mots identifiés comme représentatifs des thématiques décoloniales et intersectionnelles, sans préjuger du positionnemenent de l’auteur soit pour ou contre (décolonial, #postcolonial, #discriminations, race(s), genre(s), racisme(s), intersectionnalité et synonymes). Il nous suffit d’acter que le sujet occupe une place plus ou moins importante dans le débat.

    Sur OpenEdition, réduit à la part des blogs (Hypotheses) et événements annoncés (Calenda) : une recherche « courte » sur « genre, race et intersectionnalité » donne près de 37578 résultats sur 490078 (au 20 mars 2021) soit 7% de la recherche globale. Ce qui à première vue semble peu. Une recherche étendue sur « racisme et #discrimination » présente d’ailleurs une faible augmentation avec 32695 occurrences sur 39064 titres, soit 8% des objets décrits sur la plateforme.

    Toutefois, si on s’intéresse à la période 1970-2000, le nombre de résultats pour le motif « racisme discrimination » est de 9 occurrences sur 742 documents soit à peine 1% des objets d’études. En 20 ans, la part représentée par des sujets liés à ces mots-clés a donc été multipliée par 7.

    À ce volume, il faut maintenant ajouter les recherches sur « décolonial ». Le mot est totalement absent de la recherche avant 2001, comme le mot « #islamophobie ». Le mot « #post-colonial », c’est 76 documents. Après 2002, le mot « décolonial » pèse 774 tokens ; « post-colonial » (et son homographe « postcolonial »), c’est 58669 ; islamophobie : 487. Au total, ces mots comptent donc au 20 mars 59930 occurrences et représentent 12% des blogs et annonces de recherche. Maintenant, si nous prenons l’ensemble des mots du vocabulaire, ils représentent 89469 documents soit 20% des préoccupations des Blogs.

    Si maintenant, on s’intéresse à la production scientifique elle-même représentée par des articles ou des livres : une recherche sur « racisme genre race intersectionnalité discrimination » renvoie 177395 occurrences sur 520800 documents (au 20 mars), soit 34% des documents recensés.

    Le rapport entre le volume de résultats montre que la part d’étude sur « racisme et discrimination » ne pèse en fait que 43962 documents (au 20 mars), soit 9% de la recherche globale mais 25% des résultats du panel. Si nous réduisons la recherche à « genre, race et intersectionnalité », on trouve en revanche 162188 documents soit 31% du volume global - un tiers - mais 75% du panel.

    Cet aperçu montre à quel point ces objets occupent une place importante dans les publications, sans préjuger de l’orientation des auteurs sur ces sujets : critiques ou descriptifs. Simplement on montre ici que les préoccupations pressenties par l’Observatoire du Décolonialisme et des idéologies identitaires ne sont pas vaines.

    À titre de comparaison, pour toute la période 1970-2021, la recherche sur « syntaxe et sémantique » c’est 55356/520849 items, soit 10% de la recherche pour une thématique qui représente 48% des enjeux de recherches en linguistique qui elle-même ne pèse que 115111 items en base toute sous-discipline confondue, soit 22% de la recherche (22% qui peuvent parfaitement créer une intersection avec l’ensemble de la recherche décoloniale comme par exemple cet article : « Quelle place occupent les femmes dans les sources cunéiformes de la pratique ? » où l’on identifie les tokens linguistiques comme « écriture cunéiforme » et des tokens intersectionnels dans le sommaire : « De l’histoire de la femme à l’histoire du genre en assyriologie » ).

    Maintenant, si on reprend ces mêmes motifs de recherche globaux appliqués aux seuls revues et livres, on réalise que le total de publications sur ces sujets est de 262618 sur 520809 (au 20 mars) soit 50.4% de la recherche exprimée à travers les publications scientifiques.

    La recherche en décolonialisme pèse donc 20% de l’activité de blogging et d’organisation d’événements scientifiques et la moitié (50%) de la part des publications.

    Que faut-il comprendre d’une telle donnée ? Dans un premier temps, il faut déjà acter la forte pénétration des enjeux de recherches liés aux thématiques décoloniales, pour d’excellentes raisons sans doute qu’il n’est pas question de discuter.

    Presque la moitié des activités du cœur de l’évaluation des carrières - revues et livres - passe par la description toutes disciplines confondues des objets de la sociologie. La disparité avec les activités scientifiques d’édition journalière ou d’annonces d’événements ne contredit pas bien au contraire cette envolée.

    Le marché symboliquement lucratif en termes d’enjeux de carrière de l’édition est saturé par les thématiques décoloniales qui sont porteuses pour les carrières jugées sur les publications sérieuses. Cette situation crée un #appel_d’air du côté de l’activité fourmillante des marges de la recherche où se reportent les activités scientifiques « fondamentales » parce qu’elles trouvent dans ces nouveaux lieux des moyens de faire subsister simplement leurs thématiques.

    Andreas Bikfalvi dans son article intitulé « La Médecine à l’épreuve de la race » rappelle certaines données de la science qui confirment l’orientation générale. Car, si les sciences sociales sont très touchées par l’idéologie identitaire, les #sciences_dures et même les #sciences_biomédicales n’en sont pas exemptées.

    Une recherche sur la plateforme scientifique Pubmed NCBI avec comme mot-clé racism ou intersectionality montre des choses étonnantes. Pour racism, il y avait, en 2010, seulement 107 entrées, avec ensuite une augmentation soutenue pour atteindre 1 255 articles en 2020. Par ailleurs, en 2018, il y avait 636 entrées et, en 2019, 774 entrées, ce qui signifie une augmentation de 100 % en à peine deux ans, et 62 % en à peine un an.

    Avant 2010, le nombre d’entrées s’était maintenu à un niveau très faible. Pour intersectionality, il n’y avait que 13 entrées en 2010, avec, en 2020, 285 entrées.

    L’augmentation de ces deux mots-clés suit donc une évolution parallèle. C’est certainement explicable par les événements récents aux États-Unis, à la suite de l’apparition de groupes militants de « #justice_sociale », dans le sillage du mouvement « #Black_Lives_Matter », qui ont eu un impact significatif dans les différentes institutions académiques. Cela ne reflète donc pas l’augmentation des problèmes raciaux, mais une importation récente de ces problématiques dans la recherche.

    Le rapport entre les différentes entrées lexicales dans la galaxie de la pensée décoloniale à travers certaines unités lexicales caractérise un discours hyperbolique. On voit parfaitement que la comparaison de l’emploi de certaines expressions comme « #écriture_inclusive » ou « #place_de_la_femme » qu’un regard hâtif pourrait dans un premier temps juger faible est en nette surreprésentation par rapport à des unités liées comme « place de l’enfant » ou « écriture cursive ».

    Inutile d’effectuer ici une analyse scientométrique précise. Mais on peut dire que la qualité des divers articles des journaux est variable si on se réfère au facteur impact, depuis des publications marginales comme Feminist Legal Studies (IF : 0,731) à des revues parmi les plus prestigieuses au monde, comme New England Journal of Medicine (NEJM) (IF : 74.699) et The Lancet (IF : 60.392). Les titres et le contenu de ces articles sont aussi évocateurs.

    Pour citer quelques exemples : « Devenir une communauté antiraciste néonatale » (1). L’article prône une prise de conscience critique basée sur les stratégies visant à améliorer l’équité en santé, à éliminer les biais implicites et à démanteler le racisme en néonatalogie et périnatalogie. « Vers une neuroscience compassionnelle et intersectionnelle : augmentation de la diversité et de l’équité dans la neuroscience contemplative » (2). Un cadre de recherche appelé « neuroscience intersectionnelle » est proposé, qui adapte les procédures de recherche pour être plus inclusif et plus « divers ». « Intersectionnalité et traumatologie dans la bio-archéologie » (3). Ici, les auteurs parlent de l’utilité du concept d’intersectionnalité de K. Crenshaw dans l’examen des squelettes lors des fouilles archéologiques. « Six stratégies pour les étudiants en médecine pour promouvoir l’antiracisme » (4). Ici, on prône l’introduction de l’activisme racialiste dans les programmes des études de médecine à la suite du racisme anti-noir, de la brutalité policière et de la pandémie de Covid-19. 1

    Entre les 0,01% de mots de la recherche décoloniale identifiés par certains lexicomètres et nos 50%, la marche est grande. On entend déjà les uns hurler au blasphème, les autres à la caricature et les troisièmes déclarer qu’entre deux extrêmes, la vérité est forcément entre les deux.

    Ce #dogme de la #parité d’où émerge la voie médiane est une illusion rhétorique - mais quand bien même : disons que de 1 à 50, la vérité soit 25 : cela signifie donc qu’un quart de la recherche en Sciences Humaines est occupée aujourd’hui par ces questions transverses - ce qui est non négligeable. Mais pour couper court au débat stérile qu’entraîneront les ratiocinations, rappelons deux ou trois choses que l’on voit en première année de licence de lettres :

    Il n’est pas exclu qu’une idéologie repose sur des mots, mais une idéologie repose surtout et avant tout sur une argumentation : le #vocabulaire n’en est que le grossissement superficiel. Supposer que des mots-clés permettent le recensement d’une idéologie est une proposition à nuancer : elle néglige la stylistique des titres et résumés de thèses, la façon contournée de dire les choses. Bref, comme le disait un kremlinologue, les mots servent à cacher les phrases.

    Or, dans leur étude reprise par « Le Monde », nos collègues n’ont retenu que trois mots et sous une forme unique (racialisé et pas racisé, intersectionnalité et pas intersectionnel, etc.). Ils négligent par exemple genre ou #féminin ou islamophobie…

    Cette étude suppose aussi que l’ idéologie qu’ils minimisent se trouve dans les documents officiels qui ont été choisis par eux. Mais le corpus dans lequel nos collègues cherchent est nécessairement incomplet : les annonces de colloques et de journées d’étude, les interventions ponctuelles dans les séminaires et les séminaires eux-mêmes ne sont pas pris en compte, ni les ateliers et autres événements para-institutionnels.

    Les écrits des universitaires dans la presse ne figureront pas non plus. Un site comme GLAD ne sera vraisemblablement pas pris en compte alors qu’il est saturé de ces mots clés. Un titre comme « Les blancs, les juifs et nous » ne comporte aucun mot déclencheur et n’apparaît ni dans son étude, ni dans la nôtre. On peut multiplier les exemples : il suffit qu’au lieu de genre on ait « féminin » (« Déconstruire le féminin ») pour que cette thématique soit gommée. Efficace ?

    En réalité, partir de #mots-clés suppose le principe de #déclarativité : l’idéologie serait auto-déclarée, conformément à la théorie performative du langage propre au discours intersectionnel. Selon ce principe, il n’existerait aucun texte islamo-gauchiste ni antisémite, puisqu’ils ne comportent pas ces mots-clés dans leur propre description.

    Avec ce raisonnement, il n’existerait pas non plus de thèse médiocre, ni excellente puisque ces mots n’y seront pas repérables… Les termes à repérer sont donc nécessairement neutres axiologiquement : si des mots sont repérables, c’est qu’ils sont considérés comme acceptables et qu’ils pénètrent le champ de la recherche. La recrudescence repérée de ces mots-clés indiquerait alors une idéologie de plus en plus affichée. Il faut donc prendre en compte l’évolution numérique comme un indice fort.

    Pour obtenir des conclusions plus solides, il faudrait contraster des chiffres relatifs, pour comparer ce qui est comparable : les thématiques ou les disciplines (avec des termes de niveaux différents comme « ruralité » ou « ouvrier » ; voire des domaines disciplinaires plus larges : narratologie, phonologie…). On peut aussi circonscrire d’autres champs d’analyse (Paris 8 sociologie, au hasard) ou regarder combien de thèses ou articles en sociologie de la connaissance ou en esthétique, etc. Il y aurait de quoi faire un état des lieux de la recherche…

    1. Vance AJ, Bell T. Becoming an Antiracist Neonatal Community. Adv Neonatal Care 2021 Feb 1 ;21(1):9-15.

    2. Weng HY, Ikeda MP, Lewis-Peacock JA, Maria T Chao, Fullwiley D, Goldman V, Skinner S, Duncan LG, Gazzaley A, Hecht FM. Toward a Compassionate Intersectional Neuroscience : Increasing Diversity and Equity in Contemplative Neuroscience. Front Psychol 2020 Nov 19 ;11:573134.

    3. Mant M, de la Cova C, Brickley MB. Intersectionality and Trauma Analysis in Bioarchaeology. Am J Phys Anthropol 2021 Jan 11. doi : 10.1002/ajpa.24226.

    4. Fadoju D, Azap RA, Nwando Olayiwola J. Sounding the Alarm : Six Strategies for Medical Students to Champion Anti-Racism Advocacy. J Healthc Leadersh, 2021 Jan 18 ;13:1-6. doi : 10.2147/JHL.S285328. eCollection 2021.

    https://www.lefigaro.fr/vox/societe/decolonialisme-et-ideologies-identitaires-representent-un-quart-de-la-reche

    et déjà signalé par @gonzo ici :
    https://seenthis.net/messages/908608

    #Xavier-Laurent_Salvador #Jean_Szlamowicz #Andreas_Bikfalvi
    –—

    Commentaire sur twitter de Olivier Schmitt, 27.03.2021 :

    Cette tribune est tellement bourrée d’erreurs méthodologiques qu’elle en dit beaucoup plus sur la nullité scientifique des auteurs que sur la recherche en SHS.
    Pour gonfler leurs stats, ils comptent toutes les occurrences du mot « racisme ». Vous travaillez sur le racisme et avez ce terme dans votre publication ? Vous êtes forcément un postcolonial tenant des idéologies identitaires...
    Idem, et ce n’est pas anodin, ils incluent l’occurence « post-colonial » (avec le tiret). Qui est simplement un marqueur chronologique (on parle par exemple couramment de « sociétés post-coloniales » en Afrique ou en Asie) et n’a rien à voir avec une idéologie « postcoloniale »
    Et oui, un tiret à de l’importance... Mais donc vous êtes historien et travaillez sur, au hasard, Singapour après l’indépendance (donc post-colonial), et bien vous êtes un tenant des idéologies identitaires...
    Et même en torturant les données et les termes dans tous les sens pour gonfler complètement artificiellement les chiffres, ils arrivent à peine à identifier un quart des travaux...
    C’est définitivement pathétiquement débile.
    Et puisqu’ils veulent « mesurer » et « objectiver », un truc comme ça dans n’importe quelle revue un minimum sérieuse, c’est un desk reject direct...

    https://twitter.com/Olivier1Schmitt/status/1375855068822523918

    Sur les #chiffres en lien avec les recherches sur les questions post- / dé-coloniales, voir ce fil de discussion :
    https://seenthis.net/messages/901103
    #statistiques

    ping @isskein @cede @karine4

    • Les fallaces de l’anti-décolonialisme

      fallace
      (fal-la-s’) s. f.
      Action de tromper en quelque mauvaise intention.
      Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873-1874, tome 2, p. 1609.

      Vendredi 26 mars 2021 le journal Le Figaro a mis en ligne sur son site internet une tribune signée par #Xavier-Laurent_Salvador, #Jean_Szlamowicz et #Andreas_Bikfalvi intitulée « Décolonialisme et idéologies identitaires représentent un quart de la recherche en sciences humaines aujourd’hui ». Ce texte qui avance à grandes enjambées vers un résultat fracassant tout entier contenu dans le titre est fondé sur une méthodologie défaillante et une argumentation confuse. Il a principalement provoqué des éclats de rire, mais aussi quelques mines attérées, parmi les sociologues, les géographes, les historiens, les politistes, les linguistes ou les anthropologues de ma connaissance qui ont eu la curiosité de le lire. Cependant sa publication était attendue et constitue, en quelque sorte, l’acmé de la maladie qui frappe le débat public sur l’Université en France depuis de longs mois. Le contexte impose donc de s’y attarder un peu plus.

      Je voudrais le faire ici en montrant la série impressionnante de fallaces logiques qu’il contient. Des fallaces que l’on retrouve d’ailleurs, avec quelques variations, dans d’autres productions de l’Observatoire du décolonialisme que les trois auteurs ont contribué à fonder. En employant ce terme un peu désuet je désigne un ensemble d’arguments ayant les apparences de la logique mais dont l’intention est de tromper ceux à qui ils sont adressés. Le terme est toujours fréquemment employé en anglais sous la forme fallacy pour désigner des ruses argumentatives que le raisonnement scientifique devrait s’interdire, particulièrement dans les sciences humaines et sociales. Il est évidemment ironique de constater que des intellectuels qui prétendent depuis des mois que l’Université française est corrompue par l’idéologie et le manque d’objectivité le font au moyens de procédés d’argumentation grossièrement fallacieux. C’est pourtant le cas et ce constat, à lui seul, justifie d’exposer les méthodes de ce groupe. Au-delà, ces procédés en disent aussi beaucoup sur l’offensive idéologique menée par ceux qui, à l’image des trois signataires, prennent aujourd’hui en otage l’Université, et particulièrement les sciences humaines et sociales, pour accréditer l’idée selon laquelle toute critique des inégalités et des discrimnations, comme toute entreprise d’élaboration conceptuelle ou méthodologique pour les mettre en évidence — particulièrement celles qui touchent aux questions du genre et de la race — devrait être réduite au silence car suspecte de compromission idéologique « décoloniale » ou « islamo-gauchiste ».

      Les auteurs de cette tribune, deux linguistes et un médecin, sont familiers des prises de position dans les médias. On ne peut donc les suspecter d’avoir fait preuve d’amateurisme en publiant cette tribune. Tous les trois sont par exemple signataires de l’appel des cent qui dès novembre 2020 exigeait de la Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche qu’elle rejoigne son collègue de l’Éducation nationale dans la lutte contre « les idéologies indigéniste, racialiste et ‘décoloniale’ » à l’Université. Si l’on doit au Ministre de l’Intérieur Géral Darmanin d’avoir le premier agité le spectre de l’islamo-gauchisme dans la société française à l’automne 2020, c’est en effet Jean-Michel Blanquer qui marqua les esprits au lendemain de l’assassinat de Samuel Paty en évoquant les « complices intellectuels » de ce crime et en déclarant que, je cite, « le poisson pourrit par la tête ». Il n’est évidemment pas possible de déterminer si l’activisme des cent, qui a conduit à la création de l’Observatoire du décolonialisme en janvier 2021 et à de très nombreuses interventions médiatiques de ses animateurs depuis, est à l’origine du changement de cap de Frédérique Vidal ou s’il n’a fait que l’accompagner, ce qui est plus probable. Il est certain, en revanche, que la Ministre de l’Enseignement supérieur, en évoquant à son tour la « gangrène » islamo-gauchiste à l’Université le 14 février 2021 et en annonçant une enquête sur le sujet, a satisfait les demandes de ces cent collègues. Ceux-ci sont d’ailleurs, de ce fait, les seuls à pouvoir se féliciter de l’action d’une ministre qui a réussi à fédérer contre elle en quelques mois — la polémique sur l’islamo-gauchisme étant la goutte d’eau qui fait déborder le vase — tout ce que le monde de la recherche compte de corps intermédiaires ou d’organismes de recherche ainsi que 23.000 signataires d’une pétition demandant sa démission.

      Que signifient exactement « décolonial » et « idéologies identitaires » pour ces auteurs ? Il n’est pas aisé de répondre à cette question car les définitions proposées sur le site de l’association sont assez sibyllines. On devine cependant que ces labels s’appliquent à tout un ensemble d’idées qui ont pour caractéristique commune de questionner la domination masculine et le racisme mais aussi la permanence du capitalisme et contribuent de ce fait, pour les membres de l’Observatoire, à une « guerre sainte menée contre l’occident ». Dans cette auberge espagnole conceptuelle il n’est cependant pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que les convives ont quelques obsessions. L’écriture inclusive, l’identité, l’intersectionalité, le « wokisme », la racialisation, les études sur le genre ou l’analyse du fait « postcolonial » en font partie.

      À défaut d’une définition claire, concentrons-nous sur la stratégie d’argumentation des membres de l’Observatoire. Jusque là ceux-ci ont adopté une stratégie que l’on peut qualifier, sans jugement de valeur, d’anecdotique. Elle vise en effet à isoler dans le flot de l’actualité universitaire un événement, un livre ou une prise de position et à réagir à son propos de manière souvent brève ou ironique, voire sur le ton du pastiche que prisent ces observateurs. On trouve par exemple en ligne sur leur site un recueil de textes « décoloniaux », un générateur de titres de thèses « décoloniales », un lexique humoristique du « décolonialisme »… Quant aux interventions dans les médias elles se font l’écho des initiatives du gouvernement en soulignant leurs limites (par exemple en réfutant l’idée que le CNRS puisse mener l’enquête demandée par la ministre), ciblent des institutions soupçonnées de trop grande compromission avec le « décolonialisme » comme la CNCDH qui publie l’enquête la plus approfondie et la plus reconnue sur le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie en France. Elles relaient aussi les positions d’intellectuels critiques des discriminations positives ou du « multiculturalisme ».

      Ces interventions privilégient un mode d’action singulier dans l’espace académique qui constitue la première fallace que nous pouvons attribuer à ce groupe, à savoir l’attaque ad hominem contre des chercheuses et des chercheurs (mais aussi contre des militantes et militants des mouvements anti-raciste et féministe). Nahema Hanafi, Nonna Mayer et plus récemment Albin Wagener en ont par exemple fait les frais. En soi, critiquer les arguments avancés par des personnes n’est évidemment pas un problème (c’est d’ailleurs ce que je fais ici). Mais critiquer, plus ou moins violemment, des personnes dont on ignore ou déforme les arguments en est bien un. On ne compte plus dans les textes ou interviews des membres de cet Observatoire les références à des ouvrages cités par leur quatrième de couverture, les allusions moqueuses à des recherches dont les auteur•es ne sont même pas cité•es et peut-être pas connu•es, les références à des saillies d’humoristes pour analyser des travaux de recherche ou les petites piques visant à disqualifier telle ou tel collègue. Cette fallace a d’autres variantes comme celle de l’homme de paille (on devrait d’ailleurs dire ici dela femme de paille tant il existe un biais genré dans le choix des cibles de cet Observatoire) qui consiste à fabriquer des individus imaginaires qui incarnent de manière stylisée la dangereuse chimère « décoloniale ». Le travail ethnographique de Nahema Hanafi est par exemple violemment attaqué au motif qu’il ferait « l’éloge d’un système criminel », rien de moins.

      Une autre variante de cette fallace consiste à suggérer des associations d’idées saugrenues par le détour du pastiche ou de l’ironie qui permettent aussi de critiquer sans lire mais qui remplissent un autre rôle, plus original : celui de détourner l’attention du public quant on est soi-même critiqué. Albin Wagener, qui a mené un travail d’objectivation précis de certains mots-clés considérés comme « décoloniaux » dans la production des sciences humaines et sociales (voir plus bas), est par exemple moqué dans une vidéo imitant la propagande nord-coréenne. Plus grave encore, les sciences sociales « décoloniales » et « intersectionnelles » selon l’Observatoire sont incarnées dans une autre vidéo sous les traits du personnage de Hitler joué par Bruno Ganz dans une scène très souvent détournée du film « La Chute » d’Oliver Hirschbiegel. La stratégie d’argumentation emprunte ici à la fallace du « hareng rouge » consistant pour ces auteurs à utiliser des arguments grotesques ou scandaleux pour détourner l’attention de critiques plus fondamentales qui leur sont faites. En l’occurrence, suggérer que les sciences sociales « décoloniales » ou l’analyse du phénomène raciste sont nazies est à la fois pathétique et insultant. Mais ce parallèle permet aussi de faire diversion — par l’absurde. Ce qu’il s’agit en effet de cacher c’est justement que la version du républicanisme « anti-décolonial » proposée par l’Observatoire reproduit dans ses modes d’intervention des pratiques de ce qu’il est désormais convenu d’appeler la droite « alternative » ou alt-right. Le paralogisme « c’est celui qui dit qui l’est » — aujourd’hui courant dans les milieux d’extrême-droite — fait donc son entrée, avec l’Observatoire du décolonialisme, dans le milieu académique.

      Une seconce fallace de l’argumentation est à l’oeuvre dans les prises de position des anti-décolonialistes : l’argumentation ad nauseam ou répétition sans fin des mêmes arguments. Au lieu de faire ce qui est attendu dans le monde académique, à savoir une enquête sérieuse et patiente sur chaque cas de « décolonialisme » que l’on voudrait critiquer, les membres de l’Observatoire emploient depuis des mois une stratégie consistant plutôt à distiller quelques éléments de langage sur de multiples supports en profitant des effets de caisse de résonance des réseaux sociaux. Le mécanisme est simple : tel article sur le site de l’Observatoire s’appuie sur une tribune du Point qui suscite elle-même un autre article dans le Figaro qui provoque un tweet d’une figure politique ou journalistique très suivie, lequel suscite des dizaines ou des centaines de réponses, mentions et autres retweets. De cette manière l’Observatoire et ses membres s’installent dans l’espace public sur la simple base de leur activisme de la visibilité. Ironie : un journal un peu plus sérieux cherchera alors à analyser ce phénomène et pour cela donnera la parole de manière disproportionnée aux membres de l’Observatoire ou ravivera le cliché éculé des « guerres de tranchées » universitaires qui laisse penser que tout cela, au lieu d’être une offensive inédite contre la liberté de l’enseignement et de la recherche est un effet pervers de la vie universitaire elle-même. À n’en pas douter, un autre journal trouvera bientôt ces personnalités singulières ou attachantes et se proposera d’en faire le portrait…

      Pourquoi, dès lors, des réactions plus nombreuses peinent-elles à émerger pour contrer cette logorrhée anti-décoloniale ? L’explication tient dans la loi dite de Brandolini, ou « bullshit asymmetry principle » : énoncer une ineptie ne prend que quelques minutes alors que la réfuter sérieusement prend du temps. Celles et ceux qui sont la cible des attaques de l’Observatoire ou qui envisagent de critiquer ses thèses déclarent donc souvent forfait par manque de temps mais aussi par manque d’intérêt pour la polémique en elle-même dont le niveau est accablant. Plus grave, critiquer les thèses de l’observatoire ou émettre des idées considérées comme lui par « décoloniales » expose de plus en plus souvent à des tirs de barrage considérables sur les réseaux sociaux et à des insultes et des menaces. La fallace de l’argumentation ad nauseam porte, en effet, bien son nom : dès lors que l’un des membres de l’observatoire, ou un influenceur qui se fait le relais de ses thèse, désigne aux réseaux de ses soutiens une cible à viser, celle-ci reçoit des centaines de messages infamant qui sont en soi un motif légitime d’inquiétude et supposent un surcroit de travail pour les signaler aux autorités, quand bien même il est très probable que rien ne sera fait pour les arrêter.

      La troisième fallace que l’on peut observer dans les prises de position de l’Observatoire du décolonialisme consiste évidemment à ne sélectionner dans l’ensemble de la production des sciences sociales que les quelques exemples de travaux susceptibles d’alimenter la thèse défendue, à savoir celle d’une augmentation de la production académique sur le genre, le racisme ou le « décolonialisme ». Cette fallace, que l’on qualifie souvent de « cueillette de cerises » (cherry picking) est inhérente à l’argumentation anecdotique. On ne s’attend évidemment pas à ce que les cas sélectionnés par l’Observatoire soient choisis autrement que parce qu’ils valident la thèse que celui-ci défend. Ceci étant dit on peut quand même faire remarquer que s’il existait un Observatoire de l’inégalitarisme celui-ci montrerait sans peine que la thématique du creusement des inégalités progresse fortement dans les SHS en ce moment. Un observatoire du pandémisme montrerait que de plus en plus d’articles s’intéressent récemment aux effets des structures sociales sur les pandémies et un observatoire du réseautisme que la métaphore du « réseau » a plus le vent en poupe que celle de la « classe ». En bref : le fait que des chercheurs inventent des concepts et les confrontent à la réalité sociale est inhérent à l’activité scientifique. Le fait qu’ils le fassent de manière obsessionnelle et à partir de ce qui constitue leur rapport aux valeurs, comme dirait Max Weber, aussi. La seule question qui vaille au sujet de ces recherches est : sont-elles convaincantes ? Et si l’on ne le croit pas, libre à chacun de les réfuter.

      Venons donc maintenant à l’originalité de la tribune du Figaro. Elle propose en effet un nouveau style argumentatif fondé sur une étude empirique aspirant à une telle quantification. Il s’agit en effet ni plus ni moins que d’évaluer la part des sciences humaines et sociales gangrénées par le « décolonialisme ». On imagine que les auteurs se sont appliqués puisque cette mesure est d’une certaine façon ce qui manquait jusque là à leur bagage et qu’elle répond à la demande de la ministre Frédérique Vidal tout en ambitionnant de contrer les arguments quantitatifs avancés par deux collègues qui ont au contraire montré la faiblesse de l’idée de conversion des sciences sociales au décolonialisme à partir d’analyses de corpus.

      Rappelons ces deux études dont nous disposons. D’un côté Albin Wagener a mesuré le poids quelques mots-clé dans un éventail assez large de sources (theses.fr, HAL, Cairn et Open Edition). Sa conclusion : les travaux employant des termes comme « décolonial », « intersectionnel », « racisé » ou « islamo-gauchisme » augmentent depuis les années 2010 mais restent marginaux (0,2% des thèses soutenues ou à venir en 2020, 3,5% du total des publications dans Open Editions et 0,06% dans HAL). D’un autre côté David Chavalarias a analysé le contenu de 11 millions de comptes Twitter pour mettre en évidence la marginalité du terme « islamo-gauchisme » et de ses variantes qui ne sont présents que dans 0,019% des tweets originaux analysés mais dont on peut caractériser l’origine dans des comptes de l’extrême-droite dont beaucoup ont été suspendus par Twitter parce qu’ils pratiquaient l’astroturfing, un ensemble de pratique visant à diffuser massivement des contenus en automatisant l’envoi de tweets ou les retweets de ces tweets. David Chavalarias a souligné la singularité de la stratégie du gouvernement français qui a contribué massivement en 2020 à faire sortir ce terme des cercles d’extrême-droite pour l’amener sur le devant de la scène, une stratégie proche de celle de l’alt-right américaine.

      La fallace la plus évidente que contient le texte du Figaro relève du domaine des conclusions hâtives (hasty conclusion). Les auteurs en arrivent en effet à une conclusion impressionnante (« La recherche en décolonialisme pèse donc 20% de l’activité de blogging et d’organisation d’événements scientiques et la moitié (50%) de la part des publications. ») mais au prix de raccourcis logiques si évidents et grossiers qu’ils ont conduit la plupart des lecteurs de ce texte à déclarer forfait après quelques lignes et qu’ils auraient dû mettre la puce à l’oreille de tous ceux qui eurent à le lire jusqu’au bout, par exemple au Figaro (à moins que personne ne l’ait lu jusqu’au bout dans ce journal ?). Citons les quatre plus importants : le manque de spécificité de la méthode, son manque d’homogénéité, l’introduction de biais massifs d’échantillonnage et un problème confondant de mesure.

      La méthode retenue consiste d’abord à identifier quelques mots-clé considérés comme des signaux permettant de constituer un corpus de documents représentatifs des idées « décoloniales ». On en s’attardera pas sur un des problèmes possibles de ce type de méthodes qui est qu’elle conduisent à mêler dans le corpus des documents mentionnant ces mots-clés pour des raisons très différentes (pour adhérer à un chois de concept, pour le critiquer, pour le moquer…). Les auteurs évoquent ce défaut au début de l’article et ce n’est pas le plus grave. Beaucoup plus stupéfiante en effet est l’absence de prise en compte de la polysémie des termes choisis. Faisons-en la liste : « genre », « race » et « intersectionnalité » sont d’abord mentionnés mais la recherche a été vite élargie à « racisme » et « discrimination » puis à « décolonial », « post-colonial » et « islamophobie ». Les auteurs prennent la peine de signaler qu’ils ont inclus un « homographe » de « post-colonial » (à savoir « postcolonial ») mais il ne leur vient semble-t-il pas à l’esprit que certains de ces termes sont surtout polysémiques et peuvent être employés dans des contextes totalement étrangers aux questions idéologiques qui obsèdent l’Observatoire du décolonialisme. C’est notamment le cas de « genre » et de « discrimination » dont l’emploi conduit à compter dans le corpus des articles sur le genre romanesque ou la discrimination entre erreur et vérité. Un collègue m’a même fait remarquer que les trois auteurs se sont, de fait, inclus dans leur propre corpus dangereusement décolonial, sans doute par mégarde. L’un a en effet utilisé le mot « genre », pour décrire « un navigateur d’un genre un peu particulier », l’autre le même terme pour parler de de musique et le troisième — qui n’a pas de publications dans OpenEdition — mentionne quant à lui dans PubMed des méthodes permettant de « discriminer des échantillons ». Nos auteurs ont cru avoir trouvé avec leurs calculs l’arme fatale de l’anti-décolonialisme. Il semble que c’est une pétoire qui tire sur leurs propres pieds…

      Un autre problème mérite aussi d’être soulevé concernant les mots-clé choisis. Ceux-ci mélangent des concepts des sciences sociales et des termes décrivant des faits qui sont reconnus comme tels très largement. Ainsi, même si l’on laisse de côté la question de l’islamophobie, le « racisme » et les « discriminations » sont des faits reconnus par le droit et mesurés régulièrement dans quantité de documents. On pourrait comprendre que la méthode des auteurs consiste à cibler des concepts dont ils pensent qu’ils sont problématiques et dont il s’agirait dès lors de suivre l’expansion. Mais en incluant « racisme » et « discriminations » dans la sélection du corpus les auteurs trahissent une partie de l’obsession qui est la leur. Ils ne contestent en effet pas seulement le droit des sciences sociales à élaborer comme bon leur semble leur vocabulaire mais aussi leur droit à s’intéresser à certains faits comme le racisme ou les discriminations. Faudrait-il donc confier l’objectivation de ces faits à d’autres disciplines ? Ou bien tout simplement décider que ces faits n’existent pas comme le font certains régulièrement ?

      La méthode pose aussi un problème d’échantillonnage qui ne semble pas avoir vraiment effleuré les auteurs. Ceux-ci construisent un corpus fondé principalement sur la plateforme OpenEdition considérée comme « un lieu-outil où la recherche se présente aux instances gouvernantes comme un mètre-étalon des livrables de la recherche » Il faut sans doute être assez éloigné de la recherche pour considérer ce choix comme pertinent, surtout lorsque l’on restreint encore le corpus en ne gardant que les blogs et événements scientifiques… Les instances d’évaluation de la recherche sont en effet — c’est d’ailleurs heureux — bien plus intéressées par les publications dans des revues de premier rang, qu’elles soient en accès libre ou pas, que par des billets de blog. Et il est de notorité commune que OpenEdition ne couvre pas tout le champ de la production scientifique et n’a pas été créé pour cela.

      Enfin, last but not least, les auteurs de ce texte utilisent pour mesurer le phénomène qui les intéresse une fallace très connue — mais dont beaucoup pensaient qu’elle avait été éradiquée de la recherche en sciences sociales — la fallace du juste milieu (ou golden mean fallacy). Celle-ci consiste à considérer que si l’on dispose de deux évaluations discordantes d’un même phénomène on peut utiliser la moyenne des deux comme solution. Essayons de suivre le raisonnement des auteurs de la tribune : « Entre les 0,01% de mots de la recherche décoloniale identiés par certains lexicomètres et nos 50%, la marche est grande. On entend déjà les uns hurler au blasphème, les autres à la caricature et les troisièmes déclarer qu’entre deux extrêmes, la vérité est forcément entre les deux. Ce dogme de la parité d’où émerge la voie médiane est une illusion rhétorique - mais quand bien même : disons que de 1 à 50, la vérité soit 25 : cela signie donc qu’un quart de la recherche en Sciences Humaines est occupée aujourd’hui par ces questions transverses - ce qui est non négligeable. » On admirera la logique qui consiste à déclarer le choix moyen — et pas médian d’ailleurs comme l’écrivent les auteurs (mais laissons cela de côté) — comme une « illusion rhétorique » (imputée à un étrange « dogme de la parité », encore un hareng rouge sans doute…) tout en faisant ce choix dans la même phrase à coups de tirets et de guillemets… On admirera aussi la logique qui assimile 0,01 à 1… À ce niveau de pifométrie, il est dommage que les auteurs ne soient pas allés jusqu’au bout de leur logique en déclarant que 100% de la recherche en sciences humaines et sociales est gangrénée par le décolonialisme. Ils auraient pu alors, comme le Dr Knock de Jules Romains, ériger en maxime le fait que, dans ces disciplines, « tout homme bien portant est un malade qui s’ignore ».

      On pourrait encore signaler au moins deux autres fallaces logiques dans ce texte. La première est l’absence de la moindre préoccupation pour la littérature pertinente sur le problème abordé. La bibliométrie (le fait de compter des publications) est pourtant une méthode reconnue de la sociologie comme de l’histoire des sciences et de nombreuses recherches l’ont appliquée au sciences sociales. Si les auteurs de ce texte avaient fait preuve d’un peu de modestie et s’étaient intéressés à cette littérature — ce qu’auraient fait des chercheurs — ils auraient évité de se fourvoyer à ce point. Ils auraient aussi découvert qu’un des résultats les plus fondamentaux de ces disciplines est que les « fronts de la recherche » progressent non pas à la mesure des occurrences de mots-clé dans la littérature scientifique mais à celle des citations des articles qui la composent.

      On peut dès lors invoquer une dernière fallace qui caractérise ce texte, celle du raisonnement circulaire : les résultats de la recherche étaient évidemment entièrement contenus dans ses prémisses et tout l’appareil méthodologique employé ne visait qu’à prouver des préjugés et à recouvrir ce tour de magie d’un voile de scientificité au moyen de divers artifices comme celui de l’argument d’autorité dont relèvent dans ce texte l’usage de mots compliqués employés à plus ou moins bon escient comme « panel », « token » ou « principe de déclarativité » et celui de raisonnements si manifestement confus qu’ils semblent forgés pour un canular scientifique. Le raisonnement établissant qu’en élargissant la recherche on arrive à baisser le nombre total d’articles décomptés est un modèle du genre : « Sur OpenEdition, réduit à la part des blogs (Hypotheses) et événements annoncés (Calenda) : une recherche « courte » sur « genre, race et intersectionnalité » donne près de 37578 résultats sur 490078 (au 20 mars 2021) soit 7% de la recherche globale. Ce qui à première vue semble peu. Une recherche étendue sur « racisme et discrimination » présente d’ailleurs une faible augmentation avec 32695 occurrences sur 39064 titres, soit 8% des objets décrits sur la plateforme. » Tempête sous un crâne !

      À quoi peut donc bien servir ce texte si malhonnête dans son argumentation ? Il semble évident qu’il ne sert à rien pour l’avancement des connaissances sur l’évolution des sciences humaines et sociales. Reste donc son efficacité politique. En affirmant haut et fort que le quart de la recherche française en sciences humaines et sociales est gangréné par le « décolonialisme » (une affirmation que n’importe quel journaliste un peu au fait du monde de la recherche aurait dû trouver immédiatement ridicule, mais semble-t-il pas celles et ceux qui éditent les tribunes du Figaro) les auteurs de ce texte alimentent évidemment une panique morale dont l’Université est aujourd’hui la cible et qui vise à justifier des politiques de contrôle gouvernemental sur l’activité d’enseignement et de recherche et, pour faire bonne mesure, la baisse des budgets qui leur sont consacrés (tout ceci étant déjà en bonne voie). Une panique morale qui vise aussi à intimider et menacer celles et ceux qui travaillent sur les inégalités et les discriminations liées au genre et à l’expérience raciale dans notre société. Une panique morale qui vise enfin à polariser l’opinion en lui livrant — pour quel profit politique à venir ? — des boucs émissaires décoloniaux, intersectionnels et islamo-gauchistes à blâmer pour toutes les calamités qui affligent aujourd’hui notre société.

      https://gillesbastin.github.io/chronique/2021/04/07/les-fallaces-de-l'antidecolonialisme.html

    • Leila Véron sur twitter

      Je vous résume l’"Observatoire" du décolonialisme en quatre points (les gens, le propos, la rhétorique, les méthodes)
      1) « observatoire » autoproclamé sans légitimité institutionnelle, composé de chercheuses et de chercheurs et de leur cercle amical bien au-delà de la recherche
      2) le propos. Propos proclamé : défendre la science, la rationalité, le débat contradictoire. Propos réel : en grande partie, des billets d’humeur sur la société, la politique, et leurs collègues.
      3) le ton : celui de la constatation indignée (ça me fait penser à ce que disait Angenot sur le style pamphlétaire, ça évite d’avoir à argumenter, genre c’est EVIDENT que c’est scandaleux), de l’insulte peu originale (ils aiment bcp liberté égalité débilité), tendance à la litanie
      La rhétorique : un peu de vrai, pas mal de faux, et beaucoup d’invérifiable/ fantasmé/ présenté de manière exagérée/tordue/de mauvaise foi. Ca me fait penser aux rhétoriques des théories du complot.
      Quand ces gens qui prétendent défendre la science ont essayé d’appuyer leurs propos sur une étude chiffrée argumentée, que croyez-vous qu’il arriva ? Ils racontèrent n’importe quoi, @gillesbastin a relevé leurs erreurs grotesques : https://gillesbastin.github.io/chronique/2021/04/07/les-fallaces-de-l'antidecolonialisme.html

      Je ne sais pas ce que je préfère, le fait d’assimiler 0,01 à 1 ou de dire « certains disent que c’est 0,01% de la recherche qui est décoloniale, nous on disait 50%, ben on n’a qu’à choisir le milieu ma bonne dame ». La rigueur scientifique !

      4) la méthode : le contraire de l’argumentation scientifique et en plus ils l’assument : « On fait dans le pamphlet et dans l’ironie » déclare M. Salvador (co-fondateur). On pourrait rajouter le trollage, avec des vidéos et montages de collègues

      Je ne me remets pas de cette citation de XL Salvador « Si on est réduits à sortir un observatoire qui a ce ton, c’est bien parce qu’on n’arrive pas à mener ce débat. C’est un appel au secours d’amant éconduit »
      Bien vu pour l’incapacité à mener un débat scientifique...
      .. mais cette métaphore sérieusement ! J’ai envie de dire qu’il y a d’autres moyens que l’insulte et le pleurnichage pour gérer sa peine d’amant éconduit, non ?
      Conclusion : contradictions, les gens de l’observatoire hurlent au danger de la politisation dans la science et sont archi engagées politiquement dans des sujets divers qui excèdent largement la recherche (ce qui est leur droit, mais le niveau de mauvaise foi est énorme).
      J’ai oublié, stratégie : le matraquage. Les mêmes dénonciations, les mêmes textes vides, les mêmes pastiches, les mêmes vannes dans des bouquins, articles, site1, site2, site3... et sur twitter.
      Ca conduit à des situations où ces gens qui dénoncent l’écriture inclusive et la recherche sur l’écriture inclusive finissent par ne quasi plus parler que de l’écriture inclusive (alors que ce qu’ils et elles faisaient avant avait un autre niveau !) Marche aussi pour la race.
      On leur souhaite une bonne fin de carrière chez Causeur ou CNews, et un bon courage à toutes les chercheuses et chercheurs qui ont déjà assez de luttes à mener et qui se prendront leurs attaques. Par expérience : n’hésitez pas à porter plainte si besoin est (insulte, diffamation).

      https://twitter.com/Laelia_Ve/status/1405257470709317634

  • Affiché par Marie Lagouste (@MLagouste) le 13 février sur Twitter et traduit par TRADFEM
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    Personne ne dit que les êtres trans-identifiés ne devraient pas avoir de droits humains ; ce à quoi les femmes s’opposent est le fait que le transactivisme cherche à éliminer les droits et protections suivants, fondés sur le sexe, dont bénéficient les femmes.

    Voici une liste des droits humains des femmes que le transactivisme souhaite éliminer ; elle a été rédigée par l’internaute Gallus Mag, dont WordPress a supprim le blog pour l’avoir publiée.

    1. Supprimer le droit légal des femmes à s’organiser politiquement contre l’oppression fondée sur le sexe par les hommes.

    2. Supprimer le droit légal des femmes à se réunir en dehors de la présence d’hommes.

    3. Supprimer le droit légal des femmes à des programmes éducatifs créés pour les femmes en dehors de la présence des hommes.

    4. Éliminer la collecte de données sur les inégalités fondées sur le sexe dans les domaines où les femmes sont sous-représentées.

    5. Élimination des statistiques sur la criminalité fondée sur le sexe.

    6. Élimination des programmes et des compétitions sportives dédiées aux femmes et aux filles.

    7. Suppression du droit légal des femmes à être libres de la présence d’hommes dans les lieux d’hébergement public où la nudité est pratiquée.

    8. Élimination des subventions, des bourses, des désignations de conseils et d’administrateurs, des postes de représentation et des programmes de discrimination positive dédiés aux femmes.

    9. Suppression du droit légal des femmes à créer des cliniques de reproduction, des services d’aide aux victimes de viol, des groupes de soutien ou toute autre organisation dédiés aux femmes.

    10. Éliminer les médias spécifiques aux femmes ainsi que tout discours public spécifique aux femmes.

    11. Suppression du droit des journalistes à rendre compte du sexe et des antécédents des sujets.

    12. Éliminer le droit légal des lesbiennes de s’assembler publiquement.

    13. Élimination des organisations et des groupes de défense spécifiques aux lesbiennes.

    14. Élimination du droit légal des femmes à la liberté d’expression liée aux rôles et au genre.

    15. Élimination du droit légal des femmes à la protection contre les rôles sexuels imposés par l’État (apparence/comportement/pensée).

    16. Élimination du droit légal des filles à la protection contre les rôles sexuels imposés par l’État dans l’enseignement public.

    17. Élimination du droit des femmes dépendantes à ce que les lits d’hôpitaux/installations soient attribués séparément des hommes.

    18. Élimination du droit des femmes dépendantes à préférer des prestataires féminines pour leurs besoins personnels intimes.

    19. Élimination du droit fondamental des femmes détenues par l’État à être logées séparément des hommes.

    20. Contrairement à tout autre mouvement de justice sociale dans l’histoire, la poussée contemporaine en faveur des « droits des transgenres » (**telle qu’elle se joue actuellement**) est unique en ce sens qu’elle se fonde sur l’élimination des droits et des protections des femmes et des filles en fonction de leur sexe.

    Il ne s’agit pas de personnes dont le sexe est fluide. Il s’agit d’un mouvement coopté. Il s’agit d’activistes des droits des hommes qui éradiquent les droits des femmes.

    Que faut-il faire pour que les gens comprennent ? Il ne s’agit pas de personnes fluides en matière de genre qui expriment leur esprit fluide en matière de genre, il s’agit d’hommes qui prétendent être des femmes et qui s’emparent des espaces des femmes et les terrorisent à l’intérieur.
    Il s’agit d’hommes qui colonisent le féminin sacré, qui poussent au fétichisme, à la pornographie, à l’esclavage sexuel/la prostitution, au trafic sexuel, à la fabrication d’enfants perpétuels (interruption de la puberté),et à la stérilisation des jeunes (eugénisme).
    *********************************************************
    VEUILLEZ REDIFFUSER CET AVERTISSEMENT.

    https://tradfem.wordpress.com

  • De l’amour des femmes, Andrea Long Chu – Les guérillères
    https://lesguerilleres.wordpress.com/2020/12/14/de-lamour-des-femmes

    Ce qui m’a frappé n’était pas tant l’extrémisme révolutionnaire dont faisait preuve Solanas que la désinvolture avec laquelle elle le justifiait : vivre sous le joug masculin n’était pas seulement être opprimée, exploitée ou injustement appropriée, c’était aussi chiant à en crever. Pour Solanas, qui aspirait à la dramaturgie, résidait à l’origine de la politique une appréciation esthétique. C’est parce que pour elle, #masculin et #féminin sont essentiellement des styles, deux mouvements esthétiques antagonistes que leurs prismes singuliers distinguaient respectivement. Les hommes sont réservés, coupables, dépendants, stupides, passifs, brutaux, maladroits, couards, envieux, futiles, superficiels et faibles. Les femmes sont quant à elles fortes, dynamiques, déterminées, affirmées, intelligentes, indépendantes, confiantes, perfides, violentes, égoïstes, déchaînées, aventureuses et arrogantes, mais avant tout géniales et inspirantes.

    Alors que je me replongeais dans la lecture du manifeste en vue de préparer mon cours, j’ai eu la surprise de redécouvrir qu’en dépit de toute la haine qu’elle avait pour les hommes, Solanas était assez clémente dans sa stratégie d’anéantissement : d’une part, les femmes inspirantes et émancipées qui composeraient l’infanterie révolutionnaire du SCUM (qui signifierait Society for Cutting Up Men, « Société pour Émasculer les Hommes ») épargneraient tout homme choisissant de rejoindre sa troupe auxiliaire masculine où il déclarerait être « un étron, un étron tristement abject ». D’autre part, on permettrait généreusement aux quelques hommes survivants de finir leur vie travestis ou drogués à paître dans les champs ou devant la télévision, vivant par procuration le quotidien grisant des femmes en action. Et puis il y a ceci :

    « Si les hommes étaient sages, ils chercheraient à devenir d’authentiques femmes, mèneraient d’intensives recherches en biologie pour pouvoir, par des opérations du cerveau et du système nerveux, à se transformer tant physiquement que psychologiquement en femmes. »

    Cette phrase m’a bouleversé. Elle faisait de la transsexualité un séparatisme, de la transition MtF quelque chose qui exprimait non seulement un refus de la masculinité, mais une désertion de classe. Une transition est comme une révolution, pensée par l’esthétique, comme si les femmes trans transitionnaient non pour affirmer une identité mais parce qu’être un homme était stupide et chiant.

    #femmes_trans #transition

  • Ca c’est du fact-checking ! Doit-on dire LE ou LA Covid-19 ? Libération enquête... Réponse : 1) il faut dire LA Covid-19, mais bon 2) on va continuer à dire LE Covid-19...

    Doit-on dire « le » ou « la » Covid-19 ?
    Emma Donada, Libération, le 19 mars 2020
    https://www.liberation.fr/checknews/2020/03/19/doit-on-dire-le-ou-la-covid-19_1782334

    Question posée le 19 mars 2020

    Bonjour,

    Vous nous demandez s’il faut employer le masculin ou le féminin lorsqu’on emploie le mot « Covid-19 ». Dans le langage courant en France, cette maladie est évoquée au masculin. On retrouve ainsi « le » Covid-19 sur le site de l’Agence Santé publique France mais aussi sur celui de l’Institut Pasteur et dans la plupart des médias, dont Libération.

    L’OMS emploie le féminin

    Cependant l’Organisation mondiale de la Santé parle de « la » Covid-19. On retrouve aussi cette formulation sur le site de l’Education nationale Eduscol, et il est employé par certains spécialistes, comme dans cet article publié dans le Quotidien du médecin : « "La Covid-19 est un réel danger !", deux scientifiques font le point sur le coronavirus SARS-CoV-2 ». A noter qu’on retrouve dans ce média spécialisé les deux usages.

    Pour rappel, le mot Covid-19 est l’appellation officielle de la maladie transmise par le virus SARS-CoV-2. C’est la contraction de l’expression anglaise « Coronavirus disease 19 » (pour 2019), nommée dans un premier temps « nouveau coronavirus 2019 » (ou 2019-nCoV). « Le "d" de Covid est l’initiale de disease, "la" maladie. Donc, pour moi, et ce n’est que mon avis : la Covid-19 », estime Laurent Lagrost, directeur de recherche à̀ l’Inserm. C’est aussi l’explication avancée par l’OMS. « On utilise le féminin pour le terme Covid-19 car c’est la maladie. Cependant, Covid-19 virus = virus de la Covid-19, est masculin », nous a-t-on expliqué.

    Au Canada, l’emploi du féminin est systématiquement utilisé par le gouvernement. « Il est en effet plus logique d’employer le terme au féminin, car le nom complet est maladie à coronavirus 2019. Par conséquent, on dira et on écrira "la Covid-19" (sous-entendu « maladie à coronavirus 2019 »), plutôt que "le Covid 19", pour se conformer à la décision de l’OMS », peut-on lire aussi sur Radio-Canada.

    Cordialement
    Emma Donada

    #coronavirus #féminin #masculin

    • La Pérille Mortelle

      Typhaine D est autrice2, comédienne, metteuse en scène, coach, conférencière, professoresse de théâtre, et militante féministe.

      Elle travaille sur la #démasculinisation du langage, et la création d’une #langue_féministe, depuise des années. Elle a notammente inventée la concepte de « La #Féminine_Universelle » lors de l’écriture de son spectacle et livre #Contes_à_Rebours. Cette réinvention féministe des contes de fées commence donc toute naturellemente par « #Elle_était_une_fois ».

      « La Féminine Universelle » consiste en l’invention d’une #grammaire_féministe imPertinente, de mots inventés comme « #Femmage » (qui a sûremente due exister par la passée), ou encore « #Noues » et « #Voues » pour rassembler la Peuple des Femmes, les « #Sœurcières » et les « anniversœurs » pour fêter notre #Sororité ; et toute autre liberté féministante qui semblera signifiante ou émancipatrice à l’autrice, ou simplemente qui lui plaira. En effête, les instigateurs de la masculinisation du langage sous Richelieu ne s’étante pas encombrés de logique ou d’objectivité dans leure sinistre tâche, nulle n’y est à son tour tenue dans la riposte. Par ailleures, la « La Féminine Universelle », débridée, insurgée, insubordonnée, se trouve en constante évolution, et n’est pas restreinte par des règles strictes, si ce n’est celle de toujoures être porteuse de sens allante vers les intérêts des Femmes, donc en lutte féministe radicale intransigeante contre toutes formes des violences ou d’arnaques masculinistes et misogynes. Chacune est donc chaleureusemente invitée à utiliser la « La Féminine Universelle » en tant qu’acte de résistance littéraire, artistique et militante, et d’y ajouter ses propres trouvailles, comme cela se fait d’ailleures déjà, notammente sur les réseaux sociaux. L’autrice en est toujoures très heureuse, et Voues remercie alors de « rendre à Cléopâtre ce qui est à Cléopâtre » en citant sa travaille. Car affirmer la maternité de nos œuvres à chacune consolide notre Matrimoine commune, et participe de nos Luttes féministes et sorores, contre l’effacement et la mise sous anonymat qui menace toujoures les créatrices, ainsi que contre l’appropriation et l’instrumentalisation de nos inventions de Femmes, de Féministes, par des hommes, et à nos dépens.

      Typhaine D a écrite et interprétée pour la première fois ce texte « La Pérille3 Mortelle » à l’occasion du concours d’éloquence du Collectif Droits Humains pour Tou·te·s, la 10 décembre 2017 à l’Hôtel de Ville de la Mairie de Paris. Le titre féminisé de ce texte intervient en résistance aux élucubrations affolées de l’académie française, qui déclarait en 2017, avec toute la mesure que nous connaissons aux « Immortels », que l’écriture inclusive constituait pour la langue française un « péril mortel » (rien que ça) ; ces blancs messieurs combattante la démasculinisation du langage en agitante fébrilemente les arguments les plus iniques qui soient. Une riposte s’imposait, taraudait l’autrice : la voilà !

      Ce texte va plus loin que les précédents écrits de Typhaine D dans l’utilisation de « La Féminine Universelle ». Et de faite, c’est là toute son objective, d’aller, non pas la plus loin possible dans le souci de rester lisible, et parce que la démarche est par définition révolutionnaire et en permanente construction, maise d’aller loin, pour faire entendre profondémente ce masculin qui Noues étouffe au quotidien sous des semblantes d’évidence, insinué dans les mots et les règles qui Noues ont étée données pour dire, et donc pour penser. « La Pérille Mortelle » est une essaie, une manifeste de langage, en révolte, en chemin.

      https://www.revue-glad.org/1489

  • Rédiger au #féminin aussi !

    Comment rendre la marque du féminin visible à l’écrit et audible à l’oral.

    Les dispositifs d’écriture préconisés sur les sites web de l’université

    Accorder les titres, fonctions et grades au sexe de la personne indiquée
    Exemples : "Un fondé de pouvoir", "Une fondée de pouvoir"
    Employer les formulations globales et épicènes
    Exemples : "Le personnel", "La personne responsable"
    Utiliser le point médian lorsque il n’y a qu’une ou deux lettres à ajouter au substantif masculin
    Exemples : "Un·e citoyen·ne" et "Citoyen·nes" au pluriel
    À noter : Sur le site internet de l’université, réservez l’utilisation du point médian aux rubriques sensibles (offres d’emplois, campagnes de recrutements, etc.)
    Employer le doublet dans les autres cas et les classer par ordre alphabétique
    Exemple : "Les contributeurs et contributrices"
    L’accord du participe passé : on fera en sorte de placer le substantif féminin avant celui du masculin pour simplifier la rédaction. De ce fait, l’accord de proximité est respecté et transparent pour l’usager.
    Exemple : Les femmes et les hommes (substantif masculin pluriel) sont partis (accord avec le substantif le plus proche)
    L’accord de l’adjectif : on procède comme pour l’accord du participe passé.
    Exemple : Les femmes et les hommes sont beaux

    La combinaison de ces six procédés rédactionnels permet de varier les graphies et de proposer une écriture égalitaire lisible et accessible au plus grand nombre.
    Le choix du point médian

    Le point milieu est préférable aux parenthèses qui, en usage, indiquent un propos secondaire ; au slash qui connote une division ; à l’E majuscule (exemple salariéE) qui peut être interprété comme une considération différente entre féminin et masculin ; au tiret, qui peut poser problème dans les mots composés et qui a une autre signification typographique.

    À noter : l’ajout de points concerne l’écriture et non l’expression orale. Personne ne conteste le point dans la forme « M. » pour Monsieur, ou « MM. » pour Messieurs. De même, le point médian opère une abréviation, qui évite d’exprimer les deux mots (« citoyen·nes » pour éviter d’écrire « citoyennes et citoyens »). Mais si le texte a vocation à être lu oralement, il est très simple d’énoncer « les citoyennes et citoyens ».
    Combinaisons de touches pour le point médian
    (Source Wikipedia)

    On peut obtenir le point médian en appuyant sur les touches suivantes :
    Sur MacOS

    ⌥ alt + ⇧ maj + F avec un agencement de clavier français ou belge ;
    ⌥ alt + ⇧ maj + H avec un agencement de clavier espagnol, canadien multilingue ou suisse français ;
    ⌥ alt + ⇧ maj + 9 avec un agencement de clavier anglais britannique, canadien anglais ou allemand ;
    ⌥ alt + ; ou ⌥ alt + ⇧ maj + Λ avec un agencement de clavier grec ;
    ⌥ alt + 00B7 avec l’agencement de clavier universel (Unicode Hex).

    Sur Windows

    avec la combinaison de touche Alt :
    Alt+250, le point milieu (·) apparait en relâchant Alt
    Alt+0183, le point milieu (·) apparait en relâchant Alt.
    00B7 suivi de Alt+C (ou de Alt+X) dans les applications RichEdit (par exemple WordPad)
    Maj + 3 avec un agencement de clavier catalan ou espagnol.

    Règles de féminisation des noms de métiers, titres, grades et fonctions
    (Extraits de Femme, j’écris ton nom… Guide d’aide à la féminisation des noms de métiers, titres, grades et fonctions, 1999, Centre national de la recherche scientifique Institut national de la langue française)
    Noms se terminant au masculin par -e
    La forme féminine est identique à la forme masculine (forme épicène),
    ex. : une architecte, une cadre, une capitaine, la garde (des Sceaux), une gendarme, une géologue, une interne, une manœuvre, une ministre, etc.
    Remarque : Certains noms ont été féminisés depuis longtemps à l’aide du suffixe -esse : hôtesse, mairesse, maitresse, poétesse… Ce suffixe étant aujourd’hui senti comme désuet, voire dévalorisant, on a préféré ne plus y avoir recours. Seuls les emplois consacrés [par l’usage] sont retenus (une hôtesse, une maitresse d’école).
    Noms se terminant au masculin par -é et -i
    Le féminin est formé par adjonction d’un -e à la finale.
    ex. : une attachée, une avouée, une chargée (de cours, d’études, de mission), une députée, une apprentie
    Noms se terminant au masculin par une consonne autre que -eur
    Le féminin se construit normalement par l’adjonction d’un -e à la finale avec les éventuelles modifications grapho-phoniques qui obéissent aux lois morphologiques de la langue.
    ex. : une adjointe, une agente, une artisane, une avocate, une cheminote, une commise, une consule, une écrivaine, une générale

    ex. avec doublement de la dernière consonne : une chirurgienne, une colonelle, une doyenne, une électricienne
    ex. avec modification de la dernière consonne : une créative, une sportive, une syndique…
    ex. avec ajout d’un accent sur la dernière voyelle : une bâtonnière, une conseillère (culturelle, d’État, municipale…), une menuisière, une pompière, une préfète, une sommelière

    Remarque 1 : L’adjonction du -e est facultative pour les termes issus des comparatifs latins : une junior(e), une major(e), une sénior(e).
    Remarque 2 : La solution de l’épicène a été retenue pour les quelques rares cas dont la féminisation est sentie comme diffi- cile (voir infra, p. 30 et 32) : une chef, une clerc, une conseil, une témoin. L’ adjonction du -e est facultative pour les mots dont le féminin est attesté : une camelot(e), une mannequin(e), une marin(e), une matelot(e), une médecin(e).
    Noms se terminant au masculin par -eur (à l’exception de -teur)
    La forme féminine se termine par -euse lorsque le nom correspond à un verbe en rapport sémantique direct (démarcher/démarcheur),
    ex. : une annonceuse, une chercheuse, une démarcheuse, une programmeuse

    Les quelques noms formés sur une base nominale sont féminisés de la même façon,
    ex. : une avionneuse, une camionneuse, une chroniqueuse, une pisteuse

    Cette règle s’applique aux noms suffixés à partir d’une base nominale empruntée à l’anglais,
    ex. : une basketteuse, une footballeuse…

    Remarque : Les formes féminines anciennes en -esse de défendeur, demandeur et vendeur : défenderesse, demanderesse, venderesse, sont conservées dans la langue juridique.

    Lorsqu’il n’existe pas de verbe correspondant au nom ou que le verbe n’est pas en rapport sémantique direct – il s’agit, le plus souvent, de noms issus directement du latin – on a le choix entre l’emploi épicène (solution adoptée par les Belges) et l’adjonction d’un -e à la finale (solution préconisée par les Québécois et les Suisses),
    ex. : une assesseure, une ingénieure, une professeure, une proviseure …

    Remarque : Les noms issus de comparatifs latins ont un féminin régulier en -eure : une prieure, une supérieure.

    Noms se terminant par -teur
    La forme féminine se termine par -trice dans les conditions suivantes, non exclusives les unes des autres :
    -- il n’existe pas de verbe correspondant au nom (agriculteur, aviateur, instituteur, recteur…), ou bien le verbe est apparu postérieurement au nom (acteur/acter, auditeur/auditer).
    -- il existe un verbe correspondant au nom ne comportant pas de -t- dans sa terminaison (calculer/calculateur ; conduire/conducteur ; former/formateur),
    -- il existe un substantif corrélé au nom se terminant par -tion, -ture, ou -torat (quelle que soit la terminaison du verbe correspondant) (éditeur/édition ; lecteur/lecture ; tuteur/tutorat),

    ex. : une agricultrice, une auditrice, une calculatrice, une compositrice, une conservatrice, une programmatrice, une promotrice, une rectrice, une rédactrice, une sénatrice, une tutrice…

    Remarques :

    Pour les termes auteur, docteur et pasteur […]. On conservera la forme identique au masculin, avec le choix d’ajouter ou non un -e à la finale, comme pour assesseur, censeur, etc. : une auteur ou auteure, une docteur ou une docteure. Il va de soi que les féminins en -esse encore en usage sont toujours admis : une doctoresse.
    La règle s’applique aux noms empruntés à l’anglais, qu’ils soient francisés ou non : reporter, reporteur/reportrice ; supporter, supporteur/supportrice.
    L’usage contemporain a tendance à privilégier la forme épicène pour certains termes dont la forme régulière en -trice est par ailleurs attestée, ex. : une sculptrice, mais aussi une sculpteur ou sculpteure.

    Notez que les formes abrégées et les sigles sont épicènes : une extra, une PDG
    Mots empruntés à une langue étrangère
    Pour les mots empruntés à une langue étrangère dans l’inté- gralité de leur signe, sans adaptation morphologique, la forme féminine est identique au masculin,
    ex. : une clown, une gourou, une imprésario, une jockey, une judo- ka…
    Cas particuliers
    Lorsque le nom désigne de manière explicite la personne de sexe masculin, il est remplacé par son équivalent féminin : un confrère/une consœur ; un homme (d’entretien, -grenouille)/ une femme (d’entretien, -grenouille…).
    Remarque : Cette règle s’efface bien évidemment devant l’usage consacré : l’équivalent féminin de garçon de café est serveuse. De même pour les mots empruntés aux langues étrangères : l’équivalent féminin de barman est barmaid, celui de rugbyman est joueuse de rugby ou rugbywoman, celui de steward est hôtesse.

    https://ulysse.univ-grenoble-alpes.fr/rediger-au-feminin-aussi--583917.kjsp?RH=4665830307904078
    #how_to #manuel #guide #écriture_inclusive #genre

  • Edith Heard ou la révolution épigénétique
    Laure Cailloce, Le Journal du CNRS, le 19 février 2019
    https://lejournal.cnrs.fr/articles/edith-heard-ou-la-revolution-epigenetique

    L’épigénétique suscite beaucoup de fantasmes. Les notions de réversibilité et d’héritabilité, notamment, donnent lieu à bon nombre d’interprétations. Les marques épigénétiques pourraient être influencées par notre environnement – l’alimentation, l’air que nous respirons, le stress que nous subissons – et être transmissibles à nos enfants et à nos petits-enfants… Quelle est votre position de chercheuse sur cette question ?

    E. H. : J’imagine que vous faites référence à cette étude conduite par des épidémiologistes sur les conséquences de la famine vécue aux Pays-Bas durant la Seconde Guerre mondiale. Les enfants, et peut-être les petits-enfants, des femmes enceintes qui, à l’époque, avaient passé plusieurs semaines à ingérer quelques centaines de calories par jour seulement, auraient aujourd’hui des problèmes de santé liés à un métabolisme dysfonctionnel. La faute, selon cette étude, à des changements intervenus dans les modifications épigénétiques du fait de la malnutrition, qui auraient été transmis aux enfants, puis aux petits-enfants de ces femmes dénutries.

    Autre exemple : certaines personnes vont jusqu’à affirmer que le stress subi par les survivants de la Shoah se serait transmis aux générations suivantes via les marques épigénétiques. Mais il n’y a à ce jour aucune preuve solide de cela au niveau de la biologie moléculaire. Et l’on sait tous que le comportemental, la façon dont on tisse des liens avec nos descendants, est un puissant vecteur de transmission. Tous ces fantasmes autour de l’épigénétique sont à la fois stimulants pour les chercheurs, car ils montrent l’intérêt de la société pour nos travaux, et handicapants, car ils induisent des attentes auxquelles nous ne pouvons pas toujours répondre et qui pourraient créer de la frustration par rapport à notre discipline. Aujourd’hui, la science en est toujours à établir les bases moléculaires de l’épigénétique. C’est du 100 % fondamental.

    Vous êtes mondialement connue pour vos travaux sur l’inactivation du chromosome X. Pouvez-vous nous expliquer de quoi il s’agit ?

    E. H. : Comme vous le savez, les mammifères femelles portent deux chromosomes X, hérités de chacun de leurs parents, tandis que les mâles ont un chromosome Y hérité de leur père et un chromosome X hérité de leur mère. Problème : le Y porte très peu de gènes, une centaine à peine qui sont importants pour les caractères sexués masculins, et le X plus d’un millier ! Pour compenser ce déséquilibre entre mâles et femelles, un processus de désactivation de l’un des deux chromosomes X s’est donc mis en place chez les femelles. C’est un programme 100 % épigénétique qui éteint un chromosome entier !

    #CNRS #Science #Recherche #Génétique #Epigénétique #héritabilité #chromosome_X #femelle #mâle #mère #père #féminin #masculin

  • A l’uni, le féminin l’emporte

    Afin de lancer un débat de fond sur les inégalités de genre, l’université de Neuchâtel a décidé de rédiger l’intégralité de ses #statuts au féminin.

    https://lecourrier.ch/2018/05/31/a-luni-le-feminin-lemporte
    #université_de_Neuchâtel #écriture_inclusive #féminin #université

    Petit commentaire perso :

    Quand je siégeais au conseil de faculté Sciences économiques et sociales (devenue Sciences de la Société) de l’ #Université_de_Genève et que j’étais la représentante du corps intermédiaires pour la rédaction des nouveaux statuts de la faculté... j’avais proposé de mettre tout au féminin et ça a été accepté par le groupe. Je ne sais pas si les statuts de la nouvelle faculté ont gardé le féminin !

  • What’s wrong with the French media? – Chayn – Medium
    https://medium.com/hack-for-chayn/whats-wrong-with-the-french-media-63081130589e

    On October 28th 2017, a 29-year-old woman, Alexia Daval disappeared in France. Her husband said she went jogging in the morning and never made it home.

    This started what seemed to be a perfect soap opera for the French media. Everyone from the local and national newspapers, the radio and TV programs, was talking about it. They wrote about how dangerous it could be for a woman to go jogging by herself, and how some women were using an app to go for a run in groups to feel safer. Some media outlets even advised women to never go for a run without their phone and/or a pepper spray. Others were talking about all those predators who had killed women joggers before.

    I think this is when I started to feel angry. All I was hearing, “She shouldn’t have gone jogging by herself.” But it got worse. Paris Match thought it would be interesting to interview a sport coach and quote him when he said that the women who run are not “particularly provocative.”

    You read that right. “Not particularly provocative.”

    If you thought that was upsetting, there’s more. The coach continues, “A woman jogger is often being harassed because she’s scared”. And the journalist concludes: “Isn’t it this ‘smell of fear’ that trigger aggressors to their prey, that excites predators?”

    There are so many things that were already wrong with the coverage of this story. The more I read about it, the angrier I got. But sadly, this was only the beginning.
    A couple of days later, the woman’s body was found, burnt in a forest near her home. The autopsy showed that there were marks of physical violence.

    So the media show continued. Every day, there was a new reason to put the story on the newspaper front page or to air it on the TV. The media was now covering the ongoing investigation. France had a new public enemy #1 — “the murderer of the young female jogger,” and everybody wanted to know who kills women who are jogging at 8 in the morning.

    At the same time, in the little town of Gray in Haute Saone, the woman’s family and friends were organising a silent march. Almost 10,000 people joined, more than the number of people living in the town. Her husband was leading the march. “She was my oxygen,” he said to the journalists, who came from all over the country to cover this drama.

    #metoo #viol #fémininice #violophilie #cocorico #femmes #deni

  • L’unanimisme feutré de l’#Académie_Française se fracture contre l’#écriture_inclusive
    https://www.franceculture.fr/societe/lecriture-inclusive-divise-les-immortels-a-lacademie-francaise

    Dès la mi-novembre, soit quinze jours plus tard, dans une interview accordée à Libération, Dominique Bona enjoignait pourtant l’Académie Française à « rouvrir le débat sur la place du #féminin dans la #langue_française ». Un débat plus houleux fracturerait donc l’unanimisme derrière les portes opaques du quai Conti ? Un article publié sur lemonde.fr ce mercredi 13 décembre 2017, confirme les dissensions qui émergent dans le cénacle feutré sur l’écriture inclusive :

    Derrière la bannière de leur secrétaire perpétuel, Hélène Carrère d’Encausse – qui refuse de féminiser son titre (et d’en parler avec Le Monde) –, les sages du quai de Conti ne sont pas unanimes sur tous les aspects d’une hypothétique réforme. Certains profitent aussi de l’occasion pour faire souffler un petit vent de contestation sur le fonctionnement de l’Académie.

    Des séances hebdomadaires ont ainsi démarré depuis ce mois de décembre pour réfléchir à la question. Si le point median est unanimement rejeté, en revanche, d’autres sujets - tels que la #féminisation des noms de métiers ou encore l’#accord_de_proximité - divisent ouvertement les Immortels.

  • L’appel des anti-écriture inclusive à Jean-Michel Blanquer (LeFigaro.fr)
    http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2017/11/10/31003-20171110ARTFIG00339-l-appel-des-anti-ecriture-inclusive-a-jean-michel

    Professeur de lettres au lycée Saint-Louis-de-Gonzague, à Paris, fréquenté il y a peu par Brigitte Macron, Emmanuelle Fontenit a créé vendredi 10 novembre une contre-pétition sur le site change.org destinée au ministre de l’Éducation. « J’espère qu’elle permettra de contrer les Trissotin des temps modernes », nous indique cette enseignante qui entend représenter la « majorité silencieuse ». Elle souhaite ainsi s’opposer à la pétition lancée par le professeur de lettres Eliane Viennot laquelle prône l’abandon de la règle qui veut que le masculin l’emporte sur le féminin.

    L’appel : “Contre ces combats « féministes » qui abîment la langue française"
    https://www.change.org/p/emmanuelle-fontenit-contre-ces-combats-f%C3%A9ministes-qui-ab%C3%AEment-la-langue-fran%C3%A7aise/nftexp/ex21/v3/597007145

    Voir mon précédent post : https://seenthis.net/messages/643236

    #éducation #polémiques #langue_française #langage #masculin #féminin #sexisme #écriture_inclusive #eau_pure

  • Pas d’accord sur les accords ? « Le Bon usage » de Grevisse (Claude Lelièvre)
    https://blogs.mediapart.fr/claude-lelievre/blog/081117/pas-daccord-sur-les-accords-le-bon-usage-de-grevisse

    Dans ce genre de situation, consultation de « La grammaire française. Le bon usage » de Maurice Grevisse (9ème édition).

    Page 314 : « Quand un adjectif qualificatif se rapporte à plusieurs noms ou pronoms, coordonnés ou juxtaposés, il se met au pluriel et prend le genre des mots qualifiés. Si les mots qualifiés sont de genres différents, l’adjectif se met au masculin pluriel (1) »

    Soit. Mais il y a le renvoi en bas de page : « (1) voir à la fin du volume l’arrêté du 26 février 1901 »

    Arrêté relatif à la simplification de l’enseignement de la syntaxe française signé le 26 février 1901 par le ministre de l’Instruction publique Georges Leygues

    VI- Adjectifs 2. Adjectif construit avec plusieurs substantifs : on tolérera toujours que l’adjectif soit construit au masculin pluriel , quel que soit le genre du substantif le plus voisin ( ex : appartements et chambres meublés). On tolérera aussi l’accord avec le substantif le plus rapproché (ex : un courage et une foi nouvelle)

    Et il y a aussi, à la page 315 du « Bon usage » de Maurice Grevisse, un « historique » : « la langue du Moyen âge faisait ordinairement l’accord de l’adjectif avec le nom le plus proche. Les auteurs du XVII° siècle suivaient encore assez souvent cet usage : « Consacrer ces trois jours et ces trois nuits entières » (Racine, Athalie, I, 2). Vaugelas préférait l’accord avec le dernier nom ; Malherbe, au contraire, voulait l’accord simultané »

    In fine, l’Académie française en perd son latin...

    Petite mise au point de l’historien de l’éducation Claude Lelièvre, face à la levée de boucliers de tout ce que l’Hexagone compte de plus réactionnaire, suite à l’appel suivant :

    « Nous n’enseignerons plus que "le masculin l’emporte sur le féminin" »
    https://www.slate.fr/story/153492/manifeste-professeurs-professeures-enseignerons-plus-masculin-emporte-sur-le-f

    #éducation #polémiques #langue_française #langage #masculin #féminin #sexisme

  • « Nous n’enseignerons plus que "le masculin l’emporte sur le féminin" » | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/153492/manifeste-professeurs-professeures-enseignerons-plus-masculin-emporte-sur-le-f

    Nous, enseignantes et enseignants du primaire, du secondaire, du supérieur et du français langue étrangère, déclarons avoir cessé ou nous apprêter à cesser d’enseigner la règle de grammaire résumée par la formule « Le masculin l’emporte sur le féminin ».

    Trois raisons fondent notre décision :

    • La première est que cette règle est récente dans l’histoire de la langue française, et qu’elle n’est pas nécessaire. Elle a été mise au point au XVIIe siècle. Auparavant, les accords se faisaient au gré de chacun·e, comme c’était le cas en latin et comme c’est encore souvent le cas dans les autres langues romanes.

    Bien souvent, on pratiquait l’accord « de proximité », venu du latin, qui consiste à accorder le ou les mots se rapportant à plusieurs substantifs avec celui qui leur est le plus proche. Par exemple : « afin que ta cause et la mienne soit connue de tous » (Ronsard, épître à la Response aux injures et calomnies…, 1563).

    La nouvelle règle a d’ailleurs dû attendre la généralisation de l’école primaire obligatoire pour être appliquée massivement : « On peut aller sur le lac [d’Évian], en bateaux à vapeur ou petits-bateaux, et visiter les coteaux et montagnes voisines, à pied ou en voiture » (Dr Linarix, Guide pratique de la Savoie et Haute-Savoie médicale et pittoresque, 1896).

    • La seconde raison est que l’objectif des promoteurs de la nouvelle règle n’était pas linguistique, mais politique : « Parce que le genre masculin est le plus noble, il prévaut seul contre deux ou plusieurs féminins, quoiqu’ils soient plus proches de leur adjectif. » (Dupleix, Liberté de la langue françoise, 1651) ; « Le masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle » (Beauzée, Grammaire générale… 1767).

    Si l’école de la République a préféré abandonner cette formule au profit de celle qu’on connaît, c’est en reconduisant l’ordre de valeur qui est à son fondement. Un ordre que les classes politiques maintenaient parallèlement, en refusant aux femmes les droits politiques jusqu’en 1944, et en refusant plus longtemps encore de leur ouvrir les grandes écoles ou d’abroger les dernières dispositions du « Code Napoléon ».

    • La troisième raison est que la répétition de cette formule aux enfants, dans les lieux mêmes qui dispensent le savoir et symbolisent l’émancipation par la connaissance, induit des représentations mentales qui conduisent femmes et hommes à accepter la domination d’un sexe sur l’autre, de même que toutes les formes de minorisation sociale et politique des femmes.

    #enseignement #langue #féminin #masculin #règle_de_proximité #accord_de_proximité

  • Un manuel scolaire écrit à la sauce féministe <— c’est le titre original du Figaro !

    Une belle initiative rapportée par le figaro avec un titre bien dégueulasse (ça pue bien le mépris au Figaro, qui peut imaginer pire que l’expression « sauce féministe »).

    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/09/22/01016-20170922ARTFIG00300-un-manuel-scolaire-ecrit-a-la-sauce-feministe.php

    Destiné aux écoliers, il promeut l’écriture « inclusive » ou « genrée » qui féminise tous les noms. On y lit que « grâce aux agriculteur.rice.s, aux artisan.e.s et aux commerçant.e.s, la Gaule était un pays riche ».

    • En plus, je ne cesserai de le répéter, cette écriture est vraiment nulle. On écrit agriculteur-rices, artisan-es, commerçant-es. On ne met des points que pour bloquer, là, ça veut dire qu’on met un mur entre les hommes et les femmes. De plus, reséparer le pluriel bloque la lecture.
      Mettre un trait d’union, comme son nom l’indique unit les deux, garder le s lié à la fin fluidifie la lecture.
      C’est bien la peine que des gens se soient cassés le cul à trouver une écriture correcte et acceptable pour que des ploucs d’éditeurs te collent une écriture de merde !

    • Et le point médian, c’est une alternative mieux que le point classique, non ? ---> point·médian

      Je sais qu’il y a des désaccords (parfois sensibles) sur les modes d’écritures épicènes, ça vaut la peine d’en discuter pour trouver des solutions intéressantes.

    • Aujourd’hui on utilise plutot le point médian que le tiret @perline : agriculteur·rices, artisan·es, commerçant·es.
      Le figaro fait du sabotage et n’est pas capable de faire les points médians d’ou le n’importe quoi de leur article. Sur seenthis on est assez nombeuseux à plouquer avec le point médian.

    • Pour info, voici les propositions d’écriture épicène du Gisti :

      Mixiser l’expression écrite

      Une méthode douce, dite « épicène »

      Le Gisti a décidé de faire en sorte que, dans ses écrits, le masculin ne soit plus systématiquement, comme il est d’usage, le mode d’expression du mixte. Ce qui revient, dans la plupart des cas, à « féminiser » les habitudes d’écriture.

      Il s’agit d’un choix politique cohérent avec les engagements fondamentaux de l’association. Si les principes d’égalité et de non-discrimination valent sur le terrain des origines et des nationalités, ils valent à l’évidence aussi sur celui des sexes et des genres.

      Dans la pratique, cet effort de cohérence politique nécessite de modifier d’abord nos habitudes de pensée (penser le plus égalitairement possible) et ensuite nos pratiques d’écriture. Notre pensée est, en effet, formatée. On prend facilement la mesure de ce formatage en faisant le petit effort d’y réfléchir. Après, l’écriture suit sans trop de difficultés.

      D’autant que la vaste réflexion menée par d’autres depuis plusieurs décennie a permis l’élaboration de certaines méthodes qu’il n’est pas très difficile d’adopter.

      Principes généraux

      1/ Priorité est donnée à la méthode « épicène » (d’origine plutôt québécoise), qui paraît pertinente politiquement, et judicieuse sur le plan rédactionnel. Elle préconise une pensée qui conduit à privilégier dans l’écriture des mots ou des expressions sans marque du féminin ou du masculin–, neutres du point de vue du genre grammatical. La « méthode épicène » a l’avantage de permettre une lecture aisée et fluide alors que l’utilisation systématique d’une typographie correctrice (les « / », « - », etc.) a l’inconvénient de casser certaines habitude de lecture et de rebuter les personnes attachées au formalisme de la langue.

      2/ L’explicitation du sexe social des personnes est cependant recommandée quand elle s’avère particulièrement signifiante (ex : « les étrangers et les étrangères »).

      3/ Enfin, quand cela s’avère nécessaire, il est préconisé d’utiliser le point spécial « · » (plus haut que le point habituel) [à rechercher dans « Caractères spéciaux »].

      Exemple :
      – Les étranger·e·s
      Quelques règles de base de la méthode épicène
      Cette méthode, radicale dans sa conception mais douce à la lecture, pourrait faire consensus et marquer une volonté collective de participer à ce mouvement de fond de visibilité du féminin à égalité, y compris dans le domaine symbolique de l’expression écrite.

      Chaque fois que possible, la méthode épicène privilégie des formes neutres. Au lieu d’écrire « les étrangers », quand il s’agit de l’ensemble des étrangers, on écrira « la population étrangère » (ou équivalent). Ce n’est que pour éviter des répétitions excessives de cette expression qu’on choisira, de temps à autre, d’écrire « les étrangères et les étrangers » (ou l’inverse), mais plus jamais le seul masculin pour parler des deux sexes.

      Pas tout à fait d’ailleurs parce que, quand on a des substantifs des deux genres qui commandent des adjectifs ou des participes passés, l’accord grammatical de ces derniers respecte la règle traditionnelle, celle du masculin pluriel. Il est préférable dans ce cas, pour des raisons d’euphonie, de placer le substantif masculin près de l’adjectif.

      Exemples :
      – Les étrangères et les étrangers sont nombreux.
      – Les nombreux étrangers et étrangères qui manifestaient.....

      Titres et professions
      Il va de soi que la féminisation s’applique systématiquement aux titres, fonctions et professions. On écrit la ministre de l’Agriculture, la juge X, la soldate américaine, la vice-rectrice, la consultante indépendante, la chercheuse, l’auteure et l’écrivaine, une professeure, la députée, une juge, cette agente de change, la fondée de pouvoir.
      On écrit la rectrice (ou Madame la Rectrice si l’on s’adresse à elle), la directrice (ou Madame la Directrice), la rédactrice en chef (ou Madame la Rédactrice en chef), l’ambassadrice de France (Madame l’Ambassadrice) (l’objection qui consiste à faire de l’« ambassadrice » l’épouse de l’ambassadeur ne tient qu’à un usage machiste qui évoluera si on y résiste), la conseillère d’Etat (ou Madame la Conseillère d’État)
      Des outils

      – Répertoire de noms masculins et de noms féminins
      http://66.46.185.79/bdl/gabarit_bdl.asp?Th=1&Th_id=359

      – Liste d’appellations au féminin
      http://www.termium.com/redac-chap?lang=fra&lettr=chapsect9&info0=9.2.8#zz9

      – Lexique de recherche de formes féminines
      http://atilf.atilf.fr/gsouvay/scripts/feminin.exe?3;OUVRIR_MENU=2
      Tapez un substantif au masculin dans une petite fenêtre. Cliquez sur la touche « féminin ». Vous l’obtenez aussitôt.

      – Autre recherche de formes féminines
      Là, c’est un alphabet sous forme de clavier. Tapez la lettre par laquelle commence le mot dont vous recherchez le féminin. Mettons le « B » parce que vous avez des doutes sur « bâtonnier ». Le mot y est parmi 114 autres. Cliquez sur la touche « Validez ». Le mot « bâtonnière » apparaît.
      http://atilf.atilf.fr/gsouvay/scripts/feminin.exe?1;OUVRIR_MENU=2

      Les deux derniers outils ont été conçus par le CNRS et le laboratoire ATILF

      *

      Ce qui est déterminant, c’est, en même temps que l’on écrit, de penser sur le mode mixte. En effet, les coutumes - et la grammaire - de la langue française, en raison notamment de l’inexistence du « neutre », tendent à exclure systématiquement le féminin et à rendre de ce fait les femmes invisibles, ce qui concourt à diffuser une image des rapports sociaux de sexe très inégalitaire. C’est cela qu’il faut s’efforcer de modifier.

    • Sinon pour la photo du bouquin je voie pas de neutre je voie écrit « les romains, les voisins... » en langue masculo-sexiste mais il est mentionné que « les femmes et les hommes inventèrent l’écriture » ce qui est inclusif sans points médians.

    • Merci @reka pour l’écriture épicène - je marque la page ! J’ai fini par comprendre et accepter la nécessité de féminiser les noms, mais j’étais encore rétif à la rugosité des surcharges postfixes mixtes - même celles avec un trait d’union. Je suis ravi de trouver un là un style que je trouve fluide pour aligner mon écriture sur l’évolution de ma pensée. Le #GISTI est plein de bonnes surprises !

    • hello @liotier et oui, il n’est jamais facile de faire des changements, de suivre les évolutions. L’écriture épicène exige un apprentissage, qui n’est pas facile, il faut changer nos réflexes, nos habitudes (et je me rends compte tous les jours que je n’y sis pas encore...), mais le plus important avant ça est de comprendre et de souscrire à l’idée que c’est nécessaire aujourd’hui de le faire.

      C’est d’autant moins facile qu’il y a des résistances qu’il faut aussi combattre ou dépasser. Et les résistances viennent parfois des femmes elles mêmes comme pour ce groupe d’étudiantes qui nous a contacté pour utiliser des cartes et des graphiques sur leur nouveau site consacrés aux « droits de l’Homme ». On a dit qu’on était d’accord, mais on leur a fait remarquer qu’on aimerait mieux que nos travaux soient présentés sur un site qui afficherait « droits humains » plutôt que « droits de l’Homme », mais elles nous on répondu que c’était hors de question parce que l’expression était « Historique », qu’elle faisait « référence aux Lumières » et que ça, c’était intouchable etc... Et le débat s’est arrêté là (hélas). Je pense qu’il est très important de poursuivre le débat et faire évoluer la langue, l’usage de la terminologie (les mots sont importants) et les modes d’écriture.

      Ce que je prépare avec des profs d’histoire géographie à Rouen en 2018

    • C’est bien ce que je dis, c’est pas « straight forward », il faut faire un (petit) effort : point médian, pour le moment c’est

      –> alt+shift+F simultanément, soit une seule action

      point·médian

      Mais je suis sur que parmi nos geeks ici, il y a a une ou un qui trouverait le moyen d’attribuer le point médian à une touche plus pratique sur le clavier qui sert peu ou pas :)

    • dans tout logiciel de traitement de texte, il est possible de programmer une correction automatique en cours de frappe. il suffit de lui programmer une correction automatique qui remplacera toute combinaison de votre choix par un point médian. Par exemple deux double-points consécutifs (ce qui n’arrive jamais en français) « : : » remplacé par « · »

    • C’est vrai qu’ici c’est peut etre pas mal geek @perline mais le point médian est à la porté de la presse et de l’édition. Si l’usage de ce signe se repend il y aura des claviers adaptés. De toute façon le tirets, points, compressions, usage de vieilles tournures ou de nouvelles, neutralisations par paraphrases, ou invention d’un neutre, toutes initiative est bienvenue. C’est bien de s’approprier la langue française et de la sortir des griffes des académiciens et des psychorigides.

    • Ah, et puis juste pour rire, le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes lui même ne les fait pas ces points totalement ridicules. Parce que ce sont des points et des points ça sépare. C’est une invention d’une tête probablement fort intello, mais tout aussi probablement loin des gens et de leur quotidien cette idée. Le tiret a été adopté il y a des dizaines d’années, comme ménageant l’ensemble, théorique et pratique de la chose, et il faut que des intellos le compliquent juste pour se faire mousser. Et du coup contre la grammaire bi.
      Je ne comprends même pas comment on peut entrer dans ce jeu si on a un tout petit peu de sens commun et de regard du-de la voisin-e.

    • Non mais hu…
      – le point médian n’est pas nouveau,, il y a méga longtemps il était utilisé pour séparer les mots, mais il est utilisé depuis longtemps par plusieurs langues comme le catalan comme une forme particulière de trait d’union
      – il est plus discret qu’un trait d’union
      – les mots composés comme ça sont mieux lus par des outils comme les lecteurs d’écran qu’avec des traits d’union (hashtag accessibilité)
      – il n’est pas déjà utilisé dans la langue française pour d’autres sens, ce qui permet de l’utiliser pour CE sens là précisément sans conflit (hashtag typographie qui a du sens)
      – les « claviers » tous seuls ça n’existe pas : l’écriture se fait grace à un « clavier » (matériel) et une « disposition de touches » (logiciel) configurée sur le système qu’on utilise (Windows, Ubuntu, etc) : tous permettent de choisir une disposition de touches qui ont le point médian avec un raccourci clavier pas spécialement compliqué : chez moi le point « normal » c’est Maj+"point/point virgule" (comme chez à peu près tout le monde en France) => en ajoutant AltGr, ça me fait un point médian (trop duuuur)
      Bref… Et c’est encore moins argumentable pour des « pros » (journalistes, maison d’édition, etc).

    • Ecriture inclusive : le féminin pour que les femmes cessent d’être invisibles

      L’écriture inclusive visant à rétablir la parité dans l’écriture, est au cœur d’une vive polémique. Derrière se cache en réalité un débat sur la #parité et la place du #féminin dans la #langue française et son #invisibilisation progressive à partir du XVIIe siècle.

      Eliane Viennot, historienne et auteure de l’ouvrage Non, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin, explique que la langue française n’est pas inégalitaire par essence : ce sont les actions menées par des hommes contre l’égalité des sexes depuis le XVIIe siècle, qui ont mené progressivement à l’invisibilisation des femmes.

      https://www.franceculture.fr/societe/ecriture-inclusive-le-feminin-pour-que-les-femmes-cessent-detre-invisi

      #écriture_inclusive

    • Faites progresser l’égalité femmes · hommes par votre manière d’écrire

      L’écriture inclusive désigne l’ensemble des attentions graphiques et syntaxiques permettant d’assurer une égalité des représentations entre les femmes et les hommes.

      Pour faire véritablement changer les mentalités, il faut agir sur ce par quoi elles se construisent : le langage. L’agence Mots-Clés a formalisé trois conventions d’écriture inclusive au sein du Manuel d’écriture inclusive disponible au libre téléchargement et propose de vous accompagner pour conduire ce changement.

      http://www.ecriture-inclusive.fr
      #manuel

  • Supporter le Supporter.
    http://koudavbine.blogspot.com/2016/12/supporter-le-supporter.html

    Hey, les gen-te-s, j’ai trouvé pire que le Blue Danube : le Blue Danube ralenti avec gros bug d’encodage en plein milieu. Enjoy !(PS : Je n’arrive pas à me remettre de l’hypersynchronicité des jambes de Dumerc et Epoupa à la cinquante-sixième seconde de cette vidéo !!!!!)(PS2 : Sinon, l’aut’soir, Alina épaules-de-rêve a marqué 37 points, como si nada fuera, easy peasy lemon squeezy.) (PS3 : Not unrelated, watch this movie !!)

  • What does Wikipedia think of your gender ? – Athena Talks – Medium
    https://medium.com/athena-talks/what-does-wikipedia-think-of-your-gender-384ce33a870c

    Do names have a gender? Is that gender a binary? Do you think that John is a masculine name and Nell is a feminine one? What about the androgynous Pat? The numerical evidence suggests that gender in fact is continuous and, given the proper caveats, we can quantify the “genderness” of a name.

    #machine_learning #prénoms #féminin #masculin #continuum

  • Énumération de noms féminines en vieux français :
    abbaesse
    administreresse
    brodaresse
    enchanteresse
    humeresse
    moynesse
    retorderesse de fil
    aiguilliere
    archiere
    blaetiere
    blastiere
    bouchere
    boursiere
    boutonniere
    brouderesse
    cervoisiere
    chambriere
    chandeliere
    chanevaciere
    chapeliere
    coffriere
    cordiere
    cordoaniere
    courtepointiere
    couturiere
    crespiniere
    cuilliere
    cuisiniere
    escueliere
    estuveresse
    estuviere
    feronne
    foaciere
    fourniere
    from(m)agiere
    fusicienne
    gasteliere
    heaulmiere
    la(i)niere
    lavandiere
    liniere
    mairesse
    marchande
    mareschale
    merciere
    oublaiere
    ouvriere
    pevriere
    portiere
    potiere
    poulailliere
    prevoste
    tainturiere
    tapiciere
    taverniere
    cordoanier
    talemelier
    harengresse
    liniere
    jonglerresses
    chanteiresses

    defenderesse
    demanderesse
    tuterresse
    Administrarresse
    governeresse
    curateresse


    phisicienne
    cyrurgienne
    doctoresses
    médecines
    medicineuses
    guerisseuses

    paintresse
    paincturiere

    Clergesses
    Monagesses
    Prestregesses
    Abbegesses
    Evesgesses
    Cardingesses
    Papegesse
    revenderesse d’oignons
    espouilleresse de bellistres
    (Dans Pantagruel)

    Qualificatifs donnés aux « femmes savantes »
    artienne
    astronomienne
    theologienne
    escoliere
    legiste
    decretiste
    advocate
    maistresse ès arts

    féminins animaliers perdus :
    leonnesse
    lyonesse
    singesse

    source : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/994001174.pdf
    #liste #vocabulaire #femmes #féminin

  • BERETTA/GOTHAM ET DES LARMES
    http://coutoentrelesdents.noblogs.org/post/2015/10/24/berettagotham-et-des-larmes

    Bérétta est un groupe de #rap Français, il se compose de deux chanteuses lead, #m7flow et L’animal C. Auteurs, compositeurs et interprètes, ce duo de choc affiche clairement leurs opinions dans leurs textes. Militantes pour l’égalité des droits, leurs thématiques … Continue reading →

    #FEMINISME #LUTTES #MUSIQUE #féminin #hip_hop #l'animal_C

  • auto-droit de réponse | TANXXX
    http://tanxxx.free-h.fr/bloug/archives/8033

    La question est : peut-on taper sur une femme #misogyne ?

    Ce qui ne va pas, dans ce texte, c’est que tu n’as pas compris que les blogs “girly” ne le sont que parce que des éditeurs (ou plus largement la société) ont voulu les désigner comme tels, que parler de macarons ou de shopping n’est typiquement #féminin que dans la tête de misogynes. Tu as appris depuis que les femmes baignent dans le #patriarcat et que bien heureuse qui s’en prétend débarrassée : tu as toi même vu et éprouvé les limites des remises en question, que ce soit sur les comportements autour de toi ou les tiens propres.
    Tout n’est pas si simple que décréter que telle publication est merdique, c’est oublier que les femmes sont victimes du rôle qu’on leur assigne, et les fustiger parce qu’elles s’y conforment (et nier par la même occasion que ça puisse être autre chose que s’y conformer) fait totalement partie du modèle patriarcal. Surprise !