• Les mecxplications de ONU Femmes Maroc

    Si j’étais un homme et qu’ONU Femmes venait me demander d’écrire pour les femmes, à leur place et en m’imaginant être elles : je refuserais ou je me servirais de ma plume pour rappeler à l’entité des hommes, dont je fais partie, que nous leur volons assez la parole et à quel point toutes ces diverses organisations/institutions telles qu’ONU Femmes sacrifient bien trop la parole des femmes pour encore et toujours nous écouter parler.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/10/16/les-mecxplications-de-onu-femmes-maroc

    #féminisme

  • Féminicide : une plaie ouverte pour les femmes kurdes

    La discrimination fondée sur la sexualité, la couleur de la peau, l’origine ethnique, les croyances et l’environnement social constitue un obstacle majeur à la connaissance et à la production de connaissances, ainsi qu’aux perspectives scientifiques et de genre et aux normes de pensée critique. Les Yazidis, peuple originaire des régions du nord du territoire kurde [1], font face chaque jour au firman – le nom qu’ils donnent aux violentes attaques et persécutions subies par leur communauté. Le féminicide des femmes yazidies repose sur un code de discrimination qui imprègne les structures coloniales et postcoloniales encore existantes, ce qui montre bien l’importance d’une analyse critique de la question.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/10/15/feminicide-une-plaie-ouverte-pour-les-femmes-kurdes

    #féminisme

  • La misogynie est bien plus que le fait de siffler une femme

    La classification de la maltraitance des femmes comme « crime de haine » ne vise pas les ouvriers sexistes mais bien les hommes dont les insultes peuvent à tout moment se transformer en violence.

    Reece Thompson a fracassé la mâchoire de sa maîtresse, Danielle Thomas, avec une barre de fer ; il lui a brisé un miroir sur la tête et, pendant un calvaire de trois jours, lui a fait lécher de la peinture renversée. Il a été condamné à 40 mois de prison pour coups et blessures volontaires et à une interdiction d’approcher d’elle pendant dix ans. Dès sa première sortie de taule, il a plaisanté sur Twitter au sujet de l’agression de Danielle Thomas et a été réincarcéré. À sa deuxième libération, il a été engagé par le club de foot Selby Town FC.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/10/14/la-misogynie-est-bien-plus-que-le-fait-de-siffler-une-f

    #féminisme

  • « Notre sexualité est façonnée par de puissantes normes de genre », Manon Garcia

    Avec « La Conversation des sexes. Philosophie du consentement », la philosophe montre, dans un entretien au « Monde », comment le patriarcat et les rapports de pouvoir qu’il installe dans la sphère privée amènent la femme à accepter des relations sexuelles, sources « de souffrances ou d’injustices ».

    Qu’est-ce, au fond, que le consentement ? Comment définir cette notion qui est au cœur des discours contemporains sur les violences sexuelles ? C’est la question que pose la philosophe Manon Garcia dans La Conversation des sexes (Flammarion, « Climats », 308 pages, 19 euros). Professeure à l’université Yale (Etats-Unis), l’autrice d’On ne naît pas soumise, on le devient (Flammarion, 2018, réédition Champs, 2021, 9 euros) explore, dans cet ouvrage, les multiples facettes du consentement − et insiste sur les ambiguïtés de ce concept.

    Depuis le mouvement #metoo, le consentement, dans le débat public, apparaît comme le concept-clé qui permet de définir la frontière entre le viol et la sexualité « légitime ». Cette idée, qui nous paraît aujourd’hui évidente, voire naturelle, est-elle nouvelle ?

    Contrairement à ce que l’on pense souvent, cette idée est récente. Pendant des siècles, le viol, comme l’a montré l’historien Georges Vigarello, a été considéré comme un tort fait non pas aux femmes, mais aux hommes − aux pères, aux maris, aux frères et aux fils de la victime. Ce qui était répréhensible, dans le viol, ce n’était pas la violence infligée à la femme, c’était l’atteinte portée à l’honneur de la famille et à la pureté de la lignée.

    C’est pour cette raison qu’on ne parvenait pas à envisager le viol d’une prostituée : le risque de bâtardise était absent, et la violence exercée envers une femme ne comptait pas. C’est aussi pour cette raison qu’on ne pénalisait pas, jusqu’en 1990, le viol entre époux : le mari pouvait imposer, y compris par la contrainte, des relations sexuelles à son épouse sans que personne s’en offusque.

    Le vocabulaire du consentement s’est progressivement imposé, à partir du XIXe siècle, dans un sens libéral. Il est devenu intrinsèquement lié à l’idée d’une certaine égalité entre les sexes : parce que les partenaires sont égaux, une relation sexuelle ne peut avoir lieu sans leur double accord. Le consentement est une manière de considérer que les femmes ont leur mot à dire au sujet de leur sexualité – et c’est relativement nouveau.

    Pour penser le consentement, on se réfère souvent à la tradition du libéralisme politique, notamment aux philosophes John Stuart Mill et Jeremy Bentham. Vous estimez que leur réflexion ne peut éclairer la question du consentement sexuel. Pourquoi ?

    La doctrine libérale fait une distinction très claire entre la sphère publique, qui est politique, et la sphère privée, qui relève de la nature. La réflexion de John Stuart Mill et de Jeremy Bentham concerne uniquement la première : ils considèrent que le consentement est une manifestation de la liberté individuelle des citoyens évoluant dans la sphère sociale, mais ils n’évoquent pas les rapports familiaux et conjugaux qui se tissent dans la sphère privée.
    Ce n’est pas une lecture fidèle à la philosophie libérale que de transposer le vocabulaire de l’autonomie de la volonté dans les relations intimes et sentimentales : dans la sphère privée, les individus ne sont pas des citoyens égaux et indépendants, mais des êtres dépendants, vulnérables, pris dans des rapports d’affection et de pouvoir. Les féministes ont montré qu’il y avait des rapports de pouvoir dans la sphère privée.

    Comment, dans cette sphère privée, définir le consentement sexuel ?

    Le problème, c’est la conception souvent binaire que l’on se fait de la sexualité : le viol serait nécessairement une agression violente commise par un inconnu, dans un parking, sous la menace d’une arme, alors que le sexe « normal » serait un acte réunissant deux personnes qui s’aiment et se respectent. La réalité est infiniment plus complexe : entre ces deux extrêmes, il existe un continuum de scénarios très banals où la frontière entre ce qui relève du viol et ce qui relève de la sexualité consentie est très difficile à tracer.

    Accepter un rapport sexuel parce que l’on veut être tranquille, parce que l’on croit devoir des relations sexuelles à son mari, parce qu’on ne veut pas passer pour une femme coincée ou parce que l’on a peur que l’autre se fâche, ce n’est pas un viol au sens légal, mais ce n’est pas non plus du sexe consenti. Ces situations, qui représentent une partie considérable des relations sexuelles, se situent dans une « zone grise » : elles ne relèvent pas de la justice mais elles peuvent causer des souffrances ou des injustices, ce qui pose un problème de philosophie morale. Qu’est-ce qui rend une situation acceptable, voire bonne ?

    En théorie, dans un couple où tout va bien, ce n’est pas moralement problématique d’accepter d’avoir un rapport sexuel pour faire plaisir à son partenaire. Mais il se trouve que statistiquement, ce sont surtout les femmes qui se forcent, et que cette acceptation se fait souvent à la suite de pressions et de chantages. Là, cela pose un problème moral.

    Il faut mener une analyse précise des situations complexes pour comprendre les raisons qu’ont les gens d’avoir des rapports sexuels, pour évaluer leur qualité morale et pour faire surgir les problèmes politiques qui s’y logent. S’interroger sur le consentement n’est pas simple : cela montre qu’il nous faut réfléchir à notre façon de pratiquer cette activité cruciale et particulièrement risquée de l’existence humaine qu’est la sexualité.

    Les cas que vous citez concernent le plus souvent des hommes entreprenants et des femmes qui finissent par céder. Le scénario se déroule-t-il toujours ainsi ?

    Très souvent en tout cas, car nous vivons dans une société patriarcale où la sexualité est considérée comme une chose, non pas que les hommes et les femmes font ensemble, mais que les hommes font aux femmes.

    La psychologue néo-zélandaise Nicola Gavey montre, dans ses travaux, que cette vision est façonnée par trois grands stéréotypes : les hommes veulent du sexe, mais pas d’amour ; les femmes veulent de l’amour, mais pas de sexe ; le sexe est nécessairement hétérosexuel et pénétratif. En réalité, il y a des hommes qui ont envie d’amour, des femmes qui aiment le sexe et des gens qui ont du plaisir hors de l’hétérosexualité et de la pénétration.

    Ce scénario patriarcal repose sur des normes sociales qui définissent de manière très différente la féminité et la masculinité. Les femmes sont généralement éduquées à être gentilles, avenantes et pudiques, à ne pas hausser le ton et à prendre soin des autres – bref, à dire oui. Les hommes sont éduqués, le plus souvent, à affirmer leur puissance et leur indépendance, à se montrer conquérants et à penser leur désir sexuel comme un besoin – bref, à s’imposer. Ces schémas ont notamment pour conséquence que les femmes sont socialisées à faire passer les désirs des hommes avant les leurs.

    Pour lutter contre cette « zone grise », qui ne relève pas toujours du viol, certaines militantes féministes demandent un renforcement de l’arsenal répressif. Est-ce, selon vous, une bonne voie ?

    En tout cas, ce n’est pas la seule. Les violences sexuelles sont tellement répandues qu’il faudrait peut-être mettre un sixième des hommes en prison, ce qui n’est ni possible ni souhaitable. Surtout, la prison ne prévient pas la récidive dans le domaine sexuel.
    La sexualité non consentie est un problème, non pas pénal, mais moral et politique : nous avons besoin d’un changement social de grande ampleur. J’ai grandi dans un monde où l’on trouvait drôle et sympa de mettre la main aux fesses des filles. Ce n’est pas en emprisonnant les gens qu’on mettra fin à ce type d’agressions.
    Est-ce un changement de normes sur le masculin et sur le féminin ?
    C’est un changement de normes sur le masculin et le féminin, mais aussi sur la sexualité. Il faut que les hommes cessent de penser qu’ils ont droit au corps des femmes. Je plaide, dans mon livre, en faveur d’une « conversation des sexes » qui s’inspirerait de la philosophie de Kant : elle consisterait à traiter les autres non pas seulement comme un moyen, mais comme une fin. Kant n’avait pas une vision très joyeuse de la sexualité mais prendre son principe au sérieux, cela consiste à dire que l’on peut certes utiliser l’autre comme un moyen de satisfaction sexuelle – à condition de le considérer aussi comme une fin, c’est-à-dire comme une personne.

    Dans la vie sociale, nous admettons sans difficultés que nous avons des devoirs moraux les uns envers les autres. La sexualité n’est pas une sphère à part : il faut, ici comme ailleurs, cultiver le respect et la dignité de l’autre. Ça ne veut évidemment pas dire qu’on ne peut pas avoir des « coups d’un soir » – juste qu’on est toujours tenu à une attitude morale qui consiste à avoir du respect pour son partenaire. Parce que notre libido est façonnée par de puissantes normes de genre, la sexualité sera sans doute le dernier bastion du patriarcat, mais elle peut aussi, si on y travaille vraiment, devenir une pratique émancipatrice.

    Une « conversation des sexes » pour une révolution sexuelle

    Quatre ans après l’émergence du mouvement #metoo, la philosophe Manon Garcia, qui enseigne à l’université Yale (Etats-Unis), analyse avec beaucoup de subtilité et de rigueur, dans La Conversation des sexes, un concept qui semble aujourd’hui le « parfait critère de démarcation entre le bien et le mal, entre le “bon sexe” et le viol » : le #consentement. Parce que cette notion est censée garantir des relations sexuelles libres et égalitaires, elle constitue, aux yeux de nombre de juristes, de philosophes et de féministes, le véritable « sésame » de l’ère post-#metoo.

    Si le consentement est un concept indispensable pour penser les violences sexuelles, Manon Garcia en dénonce implacablement les travers et les ambiguïtés. Dans une société façonnée depuis des siècles par le patriarcat, les femmes qui consentent sont aussi des femmes qui acquiescent, cèdent ou se résignent. « Le discours du consentement est à la fois une libération pour les femmes − historiquement, elles n’ont pas toujours été considérées comme des personnes autonomes − et un risque, tant ce vocabulaire peut être utilisé d’une manière qui dissimule les injustices de genre. »

    Ces injustices, Manon Garcia les avait explorées, en 2018, dans un livre consacré à la postérité des écrits de Simone de Beauvoir (On ne naît pas soumise, on le devient, Flammarion, réédition poche). Trois ans plus tard, ce nouvel ouvrage démontre avec brio qu’en matière de sexualité, les stéréotypes de genre constituent un piège : dans un monde qui célèbre volontiers la complémentarité entre la masculinité volontaire et conquérante de « l’homme chasseur » et la féminité passive et silencieuse de la « femme proie », le consentement au sens que lui donne la philosophie libérale − un choix libre et éclairé − ne va pas de soi.

    Pour promouvoir un consentement qui garantisse l’autonomie et l’épanouissement de tous, la philosophe féministe plaide avec conviction non pour un renforcement de la répression pénale, mais pour une « conversation des sexes » fondée sur le respect, la dignité et le dialogue. L’« érotisation de l’égalité », selon le mot de la féministe américaine Goria Steinem, porte, selon Manon Garcia, les promesses d’une révolution sexuelle qui serait une libération pour les femmes − mais aussi pour les hommes.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/10/12/manon-garcia-notre-sexualite-est-faconnee-par-de-puissantes-normes-de-genre_

    #sexualité #égalité #féminisme

  • Féminisme internationaliste et solidaire pour renverser l’autoritarisme

    Nalu Faria parle de l’autoritarisme qui s’est imposé dans diverses parties du monde avec des stratégies de contrôle, de précarisation de la vie et d’exploitation du travail et de la nature.

    Pour actualiser notre analyse sur la manière dont l’autoritarisme politique, patriarcal, raciste et mercantile a été mis en œuvre ces dernières années, nous devons comprendre la réalité qui relie les différents territoires. En tant que féministes internationalistes cela nous aide à identifier les défis ainsi que les chemins, les paris et les accumulations que nous organisons pour vaincre l’autoritarisme.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/10/12/feminisme-internationaliste-et-solidaire-pour-renverser

    #féminisme

  • #metoo : FIN DE L’IMPUNITE POUR LES PREDATEURS SEXUELS ?

    Interview de Therese Lamartine par Francine Sporenda

    Thérése Lamartine a une formation de journaliste et une maîtrise en cinéma. Fondatrice de la Librairie des femmes au Québec, ancienne directrice de Condition féminine Canada, elle est l’autrice de plusieurs livres, dont Une planète en mal d’oestrogènes, femmes et hommes du 21ème siècle, et de Justice sera-t-elle enfin rendue, Weinstein, Matzneff, Rozon et les autres, parus chez M éditeur.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/10/11/metoo-fin-de-limpunite-pour-les-predateurs-sexuels

    #féminisme

  • Le féminisme sud-africain dans la lutte contre la pauvreté et la subordination

    Wilhelmina Trout souligne les défis historiques de la lutte des femmes sud-africaines pour la participation politique afin de démanteler le capitalisme patriarcal.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/10/09/le-feminisme-sud-africain-dans-la-lutte-contre-la-pauvr

    #féminisme #afriquedusud

  • Féminisme en Galice : combattre la justice patriarcale à la périphérie du centre capitaliste

    La violence sexiste vient d’être qualifiée par le Parlement européen d’« euro-crime », assimilé au terrorisme. Le Parlement européen est une fiction démocratique au sein de l’Union Européenne (UE), qui agit au service du capitalisme. Bien entendu, la réalisation de ce projet sera similaire à la situation législative actuelle de l’État espagnol, qui légifère sur la violence de genre depuis 2004. Il s’agit d’une avancée formelle, sans effort, sans ressources et sans audace dans les décisions politiques et qui, par conséquent, ne se traduit pas par une avancée réelle.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/10/08/feminisme-en-galice-combattre-la-justice-patriarcale-a-

    #féminisme #droit

  • Je commence par présumer que je suis libre

    « Ce livre est un acte, un acte politique dont la révolution est l’objectif. Il n’a pas d’autre fonction. Ce n’est pas une quelconque sagesse cérébrale ou une foutaise universitaire, ou des idées gravées dans le granit ou destinées à l’immortalité. Il fait partie d’un processus et son contexte est le changement. Il fait partie d’un mouvement planétaire visant à refondre les us communautaires et la conscience humaine pour que les gens acquièrent le pouvoir sur leurs vies, participent entièrement à la communauté et vivent dans la dignité et la liberté ».

    Note sur : Andrea Dworkin : La haine des femmes

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/10/07/je-commence-par-presumer-que-je-suis-libre

    #féminisme

  • Approche du radicalisme : le féminisme, le patriarcat, et les industries de l’exploitation sexuelle

    Débutons par le corps.

    Dans une analyse de la pornographie et la prostitution au sein d’une société patriarcale, il est essentiel de ne pas perdre de vue les bases biologiques. Une analyse féministe cohérente de l’idéologie et des pratiques du patriarcat débute avec les corps humains.

    Nous sommes tous des Homo sapiens. Genre homo, espèce sapiens. Nous sommes des primates. Nous sommes des mammifères. Nous appartenons au règne animal.

    Nous sommes des êtres organiques, des créatures en chair et en os, dérivées du carbone. Quelles que soient nos conceptions de l’âme et de la pensée – je présume qu’au sein de n’importe quel groupe diversifié, on trouvera une grande variété de conceptions – nous sommes des animaux, ce qui veut dire que nous sommes des corps. Nous sommes des animaux qui se reproduisent sexuellement, par l’interaction de corps qui sont soit mâle ou femelle (avec un très faible pourcentage de personnes nées intersexuées, avec des anomalies qui peuvent compliquer le statut reproductif).

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/10/06/approche-du-radicalisme-le-feminisme-le-patriarcat-et-l

    #féminisme

  • Ce n’est pas juste une blague

    « Ce guide s’appuie sur les nombreux témoignages reçus depuis la création du CLASCHES en 2002. À tort, le CLASCHES est souvent perçu comme une association exclusivement destinée aux étudiant·e·s, ce qui explique qu’une grande partie des témoignages reçus émanent d’étudiant·e·s ou de doctorant·e·s. Nous avons donc orienté, dans une certaine mesure, les explications à destina- tion du public qui nous sollicite le plus, et qui s’avère être aussi celui disposant du moins de ressources et d’informations : les étudiant·e·s. Mais la réalité du harcèlement sexuel dans l’enseignement supérieur ne se limite pas à cette seule population et des membres du personnel sollicitent également régulièrement le CLASCHES.

    Clasches : Le harcèlement sexuel dans l’enseignement supérieur et la recherche
    Guide pratique pour s’informer et se défendre (2020)

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/10/05/ce-nest-pas-juste-une-blague

    #féminisme #sexisme #enseignement

  • Galerie d’affiches : Féminisme anti-impérialiste pour changer le monde

    Ce 1er mai 2021, nous lançons une nouvelle galerie virtuelle, avec des affiches créées par 24 personnes et collectifs de 12 régions différentes du monde.

    Les femmes sont en première ligne de la résistance contre l’impérialisme, les guerres, la violence, les blocus, les invasions et les occupations. De Cuba au Liban, du Chili à la Turquie et dans le monde entier, les travailleuses affrontent le néolibéralisme, le pouvoir des entreprises et la marchandisation de la vie et de la nature, et défendent la terre, le travail digne, la vie, les communautés, les biens communs, la liberté et la souveraineté populaire.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/05/02/galerie-daffiches-feminisme-anti-imperialiste-pour-chan

    #féminisme

  • Le féminisme n’a pas gagné en Occident : nous régressons…

    Que reste-t-il à faire pour les féministes ? C’est la question que l’on m’a posée récemment à propos de la terrible situation des femmes en Afghanistan, l’idée étant que les femmes en Occident ont obtenu la liberté et la libération, alors de quoi nous plaignons-nous encore ? Mais même pour les femmes vivant sous le régime démocratique occidental, la violence et le contrôle patriarcaux conservent le dessus.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/10/03/le-feminisme-na-pas-gagne-en-occident-nous-regressons

    #féminisme

  • Des féministes chahutent Nicolas Hulot lors d’une conférence
    https://reporterre.net/Des-feministes-chahutent-Nicolas-Hulot-lors-d-une-conference


    Des collectifs féministes et écologistes ont perturbé une conférence des Assises du journalisme de Tours où Nicolas Hulot intervenait. Ils dénonçaient la présence de l’ancien ministre accusé de viol — qui a décidé de quitter les lieux — et l’omerta des médias.

    Nicolas Hulot s’y attendait. L’ancien ministre de la Transition écologique d’Emmanuel Macron n’a pas semblé vraiment surpris qu’une quinzaine d’activistes vienne perturber son intervention aux Assises du journalisme de Tours, le mercredi 29 septembre.

    Des militantes de collectifs féministes, écologiques et ces syndicalistes ont dénoncé la « complicité » du système médiatique qui n’a pas enquêté sur l’accusation de viol qui pèse sur Nicolas Hulot. « Le fait de le convier lors d’une table ronde sur la responsabilité de la presse, c’est irrespectueux. Cela reflète l’impunité des agresseurs en France », explique Raphaëlle, militante féministe au collectif Nous toustes 37. « Cette invitation s’inscrit dans la droite ligne des violences systémiques où l’on bafoue la parole des victimes. Lutter contre le réchauffement climatique est indissociable de la lutte contre les violences patriarcales. »

    Derrière elle, Nicolas Hulot conserve son sang-froid. « C’était prévu, ne vous inquiétez pas. Je vais vite essayer de faire en sorte qu’on revienne au sujet du jour. » En l’occurrence, une conférence consacrée aux responsabilités journalistiques face à l’urgence climatique et sanitaire. Il saisit alors son portable pour lire aux activistes une lettre du procureur datant de 2008, époque où la plainte pour viol avait été déposée. « Les faits dénoncés en tout état de cause n’apparaissent en aucun cas établis, lit-il. Cette affaire a été jugée par la justice. J’ai été auditionné pour cela », poursuit-il d’une voix calme, en tenant son téléphone d’une main tremblante.

    Ce courrier, Reporterre l’a publié dans un article https://reporterre.net/Nicolas-Hulot-a-t-il-commis-un-viol-Jean-Michel-Aphatie-apporte-un-nouve il s’avère que dans la précipitation, Nicolas Hulot a tronqué une partie de la phrase. La voici dans sa totalité : « Les faits dénoncés, qui en tout état de cause n’apparaissaient pas établis, font l’objet ce jour d’un classement sans suite en raison de la prescription intervenue. » Ce n’est donc pas un jugement après une enquête, contrairement à ce que beaucoup de spectateurs ont compris...

  • Système énergétique et justice climatique : si ce n’est pas féministe, ce ne sera pas juste

    Chez les Amis de la Terre International, la lutte pour la justice climatique nous a amenés à comprendre la nécessité d’une transformation énergétique radicale. Le système énergétique actuel provoque des changements climatiques et détruit les communautés, les moyens de subsistance et les territoires. De nombreuses communautés à travers le monde luttent pour transformer ce système qui usurpe leurs terres, leurs forêts et leurs eaux, et les femmes sont en première ligne de cette bataille. C’est un modèle qui est né du système capitaliste patriarcal, basé sur le colonialisme, le racisme et l’exploitation de la nature et des personnes – plus spécifiquement, du corps et du travail des femmes.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/10/02/systeme-energetique-et-justice-climatique-si-ce-nest-pa

    #féminisme #ecologie

  • BINGO FEMINISTE : « occupez-vous plutôt de… »

    Vous avez sans doute remarqué : lorsque nous défendons l’écriture inclusive, on nous dit : « occupez-vous plutôt des Afghanes ».

    Si nous dénonçons le cyber-harcèlement, on nous rétorque : « occupez-vous plutôt des discriminations salariales ».

    A nos attaques contre le porno, on répond par « occupez-vous plutôt de Mila ».

    Quand nous soulignons la persistance du partage inégal des tâches domestiques et familiales dans le couple, on nous rappelle à l’ordre : « occupez-vous plutôt de l’apartheid sexuel dans les quartiers »[1].

    Etc.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/10/02/bingo-feministe-occupez-vous-plutot-de

    #féminisme

  • Dans la pandémie, les femmes du Maroc vivent la marginalisation et la lutte

    La Coordination de la Marche Mondiale des Femmes au Maroc a mené un suivi continu des luttes des femmes contre les politiques d’appauvrissement et d’humiliation qui les visaient.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/10/01/dans-la-pandemie-les-femmes-du-maroc-vivent-la-marginal

    #feminisme #maroc

  • Des bigotes qui devraient revoir leurs traumas : ma réponse en tant que survivante

    Depuis longtemps je voulais écrire sur la façon dont les stratégies de certains activistes du mouvement trans m’ont re-traumatisée, en tant que survivante d’abus sexuels dans l’enfance. Je voulais expliquer comment ces tactiques font écho aux abus émotionnels que m’ont fait subir les hommes qui me violaient et abusaient de moi, mais cela m’a toujours trop bouleversée de me forcer à m’asseoir et à y penser sérieusement.

    Mais désormais, après les commentaires fait par le PDG du centre l’Edinburgh Rape Crisis, rester silencieuse ne m’est plus une option supportable.

    Mridul Wadhwa a déclaré que les femmes qui veulent des lieux et services en non mixité de sexe sont des « personnes fanatiques » qui devraient « s’attendre à être confrontées sur vos préjugés » si elles cherchent de l’aide au centre Edinburgh Rape Crisis.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/10/01/des-bigotes-qui-devraient-revoir-leurs-traumas-ma-repon

    #féminisme

  • Pour un féminisme intersectionnel et universaliste

    Une contribution d’un groupe de travail de la commission genre d’Attac

    Depuis quelques années, un nouveau clivage s’est formé au sein du mouvement féministe, entre deux courants maintenant dénommés « féminisme universaliste » et « féminisme intersectionnel ». De nombreux médias se sont emparés de cette opposition et ont largement participé à la figer en mettant en scène deux camps irréductibles, en organisant des confrontations avec des représentantes « ad hoc » de chacun d’eux, plus préoccupés de faire de l’audience que de vraiment clarifier les divergences. Cette division affaiblit de manière considérable la capacité des féministes de lutter contre les régressions sociales, économiques et sociétales en cours, lutte qui fait pourtant partie de nos urgences.

    Ce texte se donne pour ambition de montrer que le clivage entre universalistes et intersectionnelles est en grande partie artificiel et non pertinent. Du moins si l’on se met d’accord sur le sens des concepts, alors qu’ils sont utilisés aujourd’hui de manière extensive, confuse ou dévoyée. D’un côté, l’universalisme doit être entendu comme un idéal, un objectif à atteindre, et non comme un universalisme abstrait qui occulte le racisme ou les discriminations pourtant bien réelles. De l’autre côté, l’intersectionnalité est un outil d’analyse indispensable pour la prise en compte des différents rapports de domination (classe, genre, « race »), mais elle ne doit pas mener à hiérarchiser ces dominations ou à cultiver des logiques d’affrontements identitaires.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/09/30/pour-un-feminisme-intersectionnel-et-universaliste

    #féminisme

  • Peut-on être féministe et engager une femme de ménage ?

    Quand on se libère de nos tâches domestiques, à qui incombent-elles ? La question — et, surtout, la réponse – m’a fait faire de l’insomnie.

    C’est la faute de #Caroline_Dawson. Dans son magnifique premier roman, Là où je me terre (Éditions du remue-ménage), la professeure de sociologie raconte l’immigration canadienne d’une famille qui fuit le Chili de Pinochet. Si chacun des chapitres m’a happée, ce sont les passages au sujet de la mère, une femme de ménage, qui m’ont le plus bouleversée.

    https://www.lapresse.ca/maison/chroniques/2021-09-25/peut-on-etre-feministe-et-engager-une-femme-de-menage.php
    #féminisme #femmes_de_ménage #ménage #tâches_domestiques #femmes

    • Là où je me terre

      Valparaíso, décembre 1986, tremblement de terre entre les quatre murs d’une maison. Un homme et une femme annoncent à leurs enfants qu’il faut tout laisser derrière et fuir le Chili de Pinochet. C’est Noël, la petite Caroline a sept ans et elle aura la nausée durant tout le voyage.

      La fillette atterrit à Montréal. En plus de la neige dehors, il y a le tapis rouge vin de l’hôtel Ramada qui accueille les personnes réfugiées en attente de papiers. Il y a aussi Passe-Partout qui semble s’adresser à elle à travers le téléviseur. Après le premier appartement à Montréal-Nord, la classe d’accueil de madame Thérèse qui lui apprend le français, les enfants qui se moquent de ses cheveux et de sa boîte à lunch, la misère des rues d’Hochelaga, il y aura tout ce temps passé dans les banques où ses parents font des ménages. Entre l’exil, les fantômes du passé et le jeu des différences, la petite Caroline camouflera sa furieuse envie de vivre pour ne plus détonner et devenir une immigrante modèle.

      Mais comment apprend-on à ne plus s’effacer ? Peut-on embrasser une nouvelle culture sans renier ses origines ? Lumineux et vivant, Là où je me terre sonde la possibilité d’aimer et de lutter sans ne plus avoir à fuir.

      https://www.editions-rm.ca/livres/la-ou-je-me-terre

      #livre

    • D’ailleurs, pourquoi est-ce aux femmes de réfléchir à ces questions ? Pourquoi mes amies et moi,on se questionne là-dessus, mais aucun des chums du groupe ne le fait ? Comme si c’était aux femmes de nettoyer et que, lorsqu’elles ne pouvaient pas y arriver, c’était à elles de gérer la culpabilité qui vient avec l’embauche de quelqu’un…

      Caroline Dawson, autrice de Là où je me terre

      Ca me rappel un homme qui m’expliquait fièrement que la personne qui fait son ménage etait un homme de ménage. C’est certes l’expression d’une recherche de sortir des stéréotypes sexistes autour du ménage mais en même temps c’est un revenu qu’une femme n’aura pas et qu’un homme aura. Ca fait que ca me chiffonnait quand même. C’était un homme célibataire à l’époque, alors il s’occupait de son personnel de ménage lui même, mais une fois en couple c’est Mme qui a pris ces choses là en charge.

      A une époque j’ai demandé à mon ex qui employait une femme de ménage, de me payé ce qu’il donnait à sa femme de ménage pour que je fasse le travail, ca m’aurait fait un peu d’argent et je n’aurais pas été dérangé pendant mon travail par la présence d’une inconnue. Il n’a jamais accepté. L’idée lui semblait comique. Pourtant il acceptait de payé une inconnue pour faire ce travail, et donc il reconnaissait que c’etait bien un travail, mais moi je devait le faire gratos sans aucune limite d’horaires, juste par amour.

    • Je dirait que c’est plus que souvent qu’on nous présente cette malédiction pivot de l’oppression, comme un truc souhaitable pour les femmes. J’ai pas lu le livre de Mona, seulement écouté quelques entretiens mais je ne pense pas que je lirait celui là. « Réinventer l’amour » ca me fait un peu comme si je devait « réinventer la servitude ». En tant que mégère je préférè inventer le désamour.

    • @mad_meg Je comprends :)

      Mais j’essaie de voir à quelles conditions on pourrait sortir de la servitude justement. A cette occasion j’ai découvert « Love Actually » que je n’avais jamais vu. L’une des histoires racontées dans le film est celle d’un écrivain anglais qui tombe amoureux de son employée de maison portugaise et qui l’épouse. Ce qui veut dire qu’elle va continuer à faire le même travail, mais sans être payée... So romantic !

      Par ailleurs je n’en peux plus des termes dans lesquels ce problème est posé, en gros : « ces odieuses féministes blanches et riches qui se libèrent en se déchargeant du travail domestique sur des femmes pauvres et racisées ». Alors que souvent ces féministes vivent avec un homme. Mais lui n’est accusé d’exploiter personne, personne n’envisage que le travail ménager puisse être aussi le sien et que lui aussi s’en décharge sur une femme pauvre.

    • à paraître fin octobre aux éditions divergences La volonté de changer - les hommes, la masculinité et l’amour - Bell Hooks
      https://www.editionsdivergences.com/livre/la-volonte-de-changer-les-hommes-la-masculinite-et-lamour

      Si pour beaucoup d’hommes, le féminisme est une affaire de femmes, Bell Hooks s’attelle ici à démontrer le contraire. La culture patriarcale, pour fabriquer de « vrais hommes », exige d’eux un sacrifice. Malgré les avantages et le rôle de premier choix dont ils bénéficient, ces derniers doivent se faire violence et violenter leurs proches pour devenir des dominants, mutilant par là-même leur vie affective. La volonté de changer est un des premiers ouvrages féministes à poser clairement la question de la masculinité. En abordant les préoccupations les plus courantes des hommes, de la peur de l’intimité au malheur amoureux, en passant par l’injonction au travail, à la virilité et à la performance sexuelle, #Bell_Hooks donne un aperçu saisissant de ce que pourrait être une masculinité libérée, donc féministe.

  • Pour Alexandra Richard et pour toutes les autres : clarifions la loi sur la légitime défense !

    Selon la Convention d’Istanbul, le terme « violence domestique » désigne « tous les actes de violence physique, sexuelle, psychologique ou économique qui surviennent au sein de la famille ou du foyer ». Selon la Cour Européenne des Droits de l’Homme, les violences domestiques sous toutes leurs formes et quelle que soient leur fréquence ou leur intensité sont des violations graves des droits humains des victimes.

    En effet, la circonstance que ces violences s’exercent au sein du foyer, dans un lieu censé offrir repos et sécurité, en fait des actes de tortures. N’avoir aucun lieu où se reposer, se voir priver de sécurité jusque dans la chambre à coucher, ne se sentir en sécurité nulle part est indiscutablement une entrave à l’accès effectif à tous les autres droits. C’est être emprisonnée, sous l’empire d’un bourreau au quotidien, même si ce bourreau porte parfois le masque d’un bon conjoint.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/09/29/pour-alexandra-richard-et-pour-toutes-les-autres-clarif

    #féminisme #droit