• Off Brand : The Limits of Celebrity Feminism | Bitch Media
    https://www.bitchmedia.org/article/celebrity-feminism-hearken

    Kim Kardashian emphasized that despite everything she says about empowerment and choice and making her own money, feminism is Not Her Thing. “I don’t like labels,” she said during a discussion led by BlogHer cofounder Elisa Camahort. “I just think I do what makes me happy and I want women to be confident and I’m so supportive of women.”

    So many of the sentiments that we understand as “feminist” these days are ones that might be described as “feminist-but”: Feminist but funny, feminist but sexy, feminist but fun, feminist but not, you know, man-hating. The TV shows and cute t-shirts and celebrity tweets and selfies tagged with #feminism are pushing back against years of stereotypes and baggage and ugly epithets in part by depoliticizing feminism itself. Kardashian “want[s] women to be confident,” but her brand depends on such women understanding confidence as something you get from being on display for others, rather than, say, questioning why performative sexual confidence is prized above everything else. Schumer, meanwhile, taps effortlessly into the rich vein of collective female frustration that results from such a narrow definition of confidence, but insists that she’s speaking only for herself. Both are cautionary tales about the limits of marketplace and celebrity feminism, and both are reminders that there’s little room for collective change within a personal brand.

    #féminisme_de_droite #féminisme_libéral #féminisme_du_choix #people
    Et le roi est nu, on se rend compte que c’est pas vraiment du féminisme

  • Quand le confinement accroît les inégalités de genre – Université Ouverte
    https://universiteouverte.org/2020/03/28/quand-le-confinement-accroit-les-inegalites-de-genre

    « Les gens qui s’extasient sur le fait que Shakespeare, Newton et Proust ont réalisé leurs plus beaux travaux quand ils étaient en confinement omettent une chose : « aucun d’entre eux ne s’occupait d’enfants ». »
    (Helen Lewis, The Atlantic, « The Coronavirus Is a Disaster for Feminism » , citée par Rebecca Amsellem, Les Glorieuses, 25-03-2020.)

    https://www.theatlantic.com/international/archive/2020/03/feminism-womens-rights-coronavirus-covid19/608302

    Les enseignantes-chercheuses doivent mettre en ligne des cours, les animer par visioconférence, corriger leurs copies, suivre les stages et « en même temps » s’occuper des tâches ménagères et de leurs enfants en mettant en place l’école à la maison.
    Les femmes de l’ESR : empilement des tâches en temps de confinement ?

    Comme le souligne Emilie Biland-Curinier, en tant qu’enseignantes-chercheuses titulaires, nous avons le privilège de pouvoir travailler à distance et de ne pas risquer nos vies, et/ou celles des autres, en allant travailler et en devant faire garder nos enfants. Ce privilège ne nous exempte pourtant pas des difficultés que connaissent de nombreuses salariées ayant « la chance » de travailler à distance et de s’occuper de leurs enfants, comme elles ne sont pas non plus épargnées par l’inégale répartition des tâches domestiques. Car bien sûr, les chercheurs et enseignants-chercheurs sont eux-aussi parfois des pères et ont cette double charge difficile à assumer. Mais l’inégale répartition du temps destiné aux tâches ménagères en période « normale » (2h pour les hommes, 3h36 pour les femmes) et aux soins des enfants (18 min pour les hommes, 36 min pour les femmes c’est-à-dire le double) est loin de se résorber en période de confinement. Et dans une période où la charge familiale consiste aussi à prendre soin des aîné·es (faire les courses, prendre des nouvelles, organiser des rendez-vous téléphoniques) ou des plus fragiles (la petite sœur anxieuse ou la copine médecin que l’on décide de soulager), les femmes sont doublement mise à contribution tant on sait que ce sont elles qui s’occupent de ces tâches d’accompagnement des relations sociales dans le couple, y compris lorsqu’il s’agit de la belle-famille.

  • Comment le néo-libéralisme a colonisé le féminisme – et ce que vous pouvez faire à ce sujet
    https://expansive.info/Comment-le-neo-liberalisme-a-colonise-le-feminisme-et-ce-que-vous-pouvez

    Le texte suivant est une traduction d’un article intitulé « How neoliberalism colonised feminism – and what you can do about it » de Catherine Rottenberg, une chercheuse en sociologie à l’Université de Londres et spécialiste du féminisme néolibéral, publié sur theconversation.com Comment le néo-libéralisme a colonisé le féminisme – et ce que vous pouvez faire à ce sujet Brusquement, tous et toutes ont commencé à se revendiquer féministe. De la directrice générale de Facebook Sheryl Sandberg à Ivanka Trump, (...) #Analyses

    / #Féminismes_-_Genres_-_Sexualités

    https://theconversation.com/how-neoliberalism-colonised-feminism-and-what-you-can-do-about-it-9

  • La femme invisible - Covid-backlash


    J’ai l’impression qu’en cette période de crise les femmes expertes sont encore plus invisibilisées que d’habitude, car à part Agnès Bouzin (ohlala !) je n’en voie que très rarement s’exprimer.
    Pourtant la profession médicale est majoritairement féminisée, même si cette féminisation se réduit avec la hiérarchie et selon le prestige de la spécialité. Il y a aussi le facteur de l’age là aussi défavorable aux femmes. Mais tout cela ne change rien à la nausée que me procure leur effacement dans le contexte actuel.

    https://www.liberation.fr/france/2017/10/10/la-feminisation-de-la-medecine-en-pleine-sante_1602155

    #backlash #manspreading #invisibilisation_des_femmes #crise #covid-19 #féminisme

    • CFM :

      J’ai lancé quelques réflexions sur ce que nous vivons dans une perspective féministe, écartelées entre le pire (le sort des femmes précaires, isolées, battues) et le meilleur (la redéfinition des rôles de genre et la fin des diktats esthétiques)

    • Tribune
      Féminisme et confinement, du pire vers le meilleur ?

      Par Camille Froidevaux-Metterie , professeure de science politique et chargée de mission égalité-diversité à l’université de Reims — 24 mars 2020 à 08:22

      Qu’elles soient soignantes, caissières, auxiliaires de vie ou victimes de violences conjugales, les femmes sont en première ligne. Le confinement pour tous changera-t-il la donne ? Incitera-t-il à une prise de conscience masculine pour modifier la distribution des rôles de genre ?


      Au quatrième jour de confinement, en France. Photo Bastien Santanoceto. Hans Lucas

      Tribune. Si l’on réfléchit au confinement dans une perspective féministe, on est d’abord saisi d’un vertige à l’idée de toutes ces femmes qui vont subir la double, voire la triple peine, ces femmes isolées, sans abri et/ou victimes de violences conjugales. Vulnérables et déjà menacées, elles sont en première ligne de la pandémie. Il y a celles qui n’ont même pas de chez soi où rester et qui errent dans les villes désertées. Il y a celles qui se trouvent désormais à la merci permanente des hommes violents et qui ne peuvent plus compter sur les dispositifs d’aide dont on réduit la voilure. Il y a celles qui élèvent seules leurs enfants et qui se trouvent à devoir les occuper sans l’aide des fabuleux outils numériques dont les plus favorisés disposent.

      Et puis il y a toutes ces autres à qui on demande de continuer à travailler au risque quotidien de l’infection : les soignantes, les auxiliaires de vie, toutes les travailleuses de l’aide à la personne, mais aussi les ouvrières et, bien sûr, les caissières. Autant de métiers dévalorisés dont on semble découvrir l’importance vitale sans pour autant assurer la sécurité de celles qui les exercent. Qui portera la voix de ces femmes que l’on n’entend jamais ? Combien de temps à attendre avant que les décisions qui s’imposent soient prises, notamment par le ministère dédié ?

      Retournement de situation

      A un deuxième niveau, moins dramatique, le confinement nous invite à considérer cet immense bouleversement des rapports de genre que nous vivons à l’échelle de la société tout entière : des millions d’hommes sont appelés à rester chez eux, confinés dans cette sphère domestique à laquelle les femmes ont été assignées depuis l’aube des temps. Ce très soudain retournement de situation produira des effets. Car ce dont les hommes vont s’apercevoir très vite, c’est que le soin aux enfants, les tâches ménagères et la préparation des repas pour toute la famille, tous ces impératifs du quotidien qui sont largement assumés par les seules femmes pèsent d’un poids vraiment très lourd.

      Dans la Révolution du féminin (2015, Folio Essais 2020), je postulais une dynamique de « convergence des genres » par laquelle la féminisation de la sphère sociale rendue possible par les conquêtes féministes des années 70 allait s’accompagner d’une masculinisation de l’intime, soit un phénomène d’investissement par les hommes du domaine de la vie privée et familiale. On m’a souvent opposé les statistiques, celles qui montrent de façon têtue que le partage égalitaire des tâches domestiques n’est qu’un horizon lointain. Mais voilà qu’un triste et fâcheux concours de circonstances contraint les hommes à demeurer chez eux. Ne vont-ils pas devoir affronter enfin ce à quoi ils ont si longtemps échappé, la vie domestique ?

      Dans bien des cas, je n’en doute pas, l’ordre patriarcal des choses ne sera pas ébranlé, les femmes récupérant au mieux un conjoint velléitaire, au pire un enfant supplémentaire. Mais je veux croire aussi en la possibilité d’un changement des habitudes et des pratiques. Nous en faisons tou·te·s l’expérience, le confinement a généré un grand chambardement de nos emplois du temps synonyme d’une réflexion sur la distribution des rôles de genre et d’âge. Il va de soi que l’on ne modifiera pas d’un coup de virus fatal des siècles de hiérarchisation sexuée du monde, mais pourquoi ne pas espérer une prise de conscience masculine face aux revendications de celles qui n’accepteront pas sans rien dire la condition de servante à laquelle elles sont de nouveau réduites malgré elles ? Un peu de wishful thinking ne fait pas de mal.

      Plus de talons plus de jupes

      Et puis, troisième niveau de réflexion, il y a un domaine où les choses me paraissent pouvoir changer de façon certaine. Être confinées, pour les femmes, cela signifie aussi être débarrassées des regards qui, chaque jour et depuis toujours, se posent sur leurs corps dès lors qu’elles sortent de chez elles. Si nous prenons soin de nos apparences, c’est parce que nous savons que, dans le monde, nous serons regardées, c’est que nous avons intériorisé ces regards d’hommes, mais aussi de femmes, qui jaugent et critiquent. Tous nos efforts pour paraître au mieux s’expliquent par l’impossibilité de faire abstraction de cette scrutation.

      Eh bien la bonne nouvelle, c’est que nous en sommes débarrassées ! Dès lors, rester chez soi, c’est aussi pouvoir faire enfin de nos corps ce que nous voulons, à distance des prescriptions commerciales et patriarcales. Chacune fera comme bon lui semble. Certaines profiteront de l’occasion pour ne plus porter les talons, jupes et soutiens-gorge qui les entravent ; d’autres cesseront de se maquiller, de s’épiler ou de se tartiner de crèmes de perlimpinpin ; d’autres encore voudront maintenir leur routine quotidienne, voire l’augmenteront de ce qu’elles n’avaient pas le temps de faire, des masques capillaires, des séances de yoga, l’amour… Dans tous les cas, et c’est ce qui importe, nous voilà allégées du poids des sommations extérieures, libres de nous présenter à nous-mêmes (puisque plus aux autres) comme nous le souhaitons. Nos corps pourraient bien, pour un temps, vraiment nous appartenir.

    • Merci @gata et @odilon !

      des millions d’hommes sont appelés à rester chez eux, confinés dans cette sphère domestique à laquelle les femmes ont été assignées depuis l’aube des temps

      Dans bien des cas, je n’en doute pas, l’ordre patriarcal des choses ne sera pas ébranlé, les femmes récupérant au mieux un conjoint velléitaire, au pire un enfant supplémentaire. Mais je veux croire aussi en la possibilité d’un changement des habitudes et des pratiques. Nous en faisons tou·te·s l’expérience, le confinement a généré un grand chambardement de nos emplois du temps synonyme d’une réflexion sur la distribution des rôles de genre et d’âge. Il va de soi que l’on ne modifiera pas d’un coup de virus fatal des siècles de hiérarchisation sexuée du monde, mais pourquoi ne pas espérer une prise de conscience masculine face aux revendications de celles qui n’accepteront pas sans rien dire la condition de servante à laquelle elles sont de nouveau réduites malgré elles ? Un peu de wishful thinking ne fait pas de mal.

      Ici à la maison j’assiste à la prise de responsabilité de deux ados qui jusqu’ici avaient été cantonnées à quelques tâches domestiques enfantines. On partage à égalité entre trois adultes des deux genres et ados.

      La tribune est sympa...

  • Confinement : il faut un plan d’urgence pour protéger les femmes et les enfants des violences domestiques
    https://www.bastamag.net/Confinement-petition-femmes-enfants-violences-domestiques-conjugales-prote

    Le confinement en place en France depuis la semaine dernière risque de mettre en danger les femmes et enfants confrontés à des conjoints et pères violent. Une pétition demande au gouvernement de déclencher des mesures immédiates. Pour les femmes et les enfants qui sont confiné.e.s avec un conjoint ou père violent, le danger n’est pas qu’en dehors de leur domicile. En Chine, avec le Coronavirus, les violences au sein du couple ont explosé (voir cet article en anglais). Les violences ne sont pas une (...) ça bouge !

    / #Féminisme, Santé

    #ça_bouge_ ! #Santé_

  • Lutte contre le Coronavirus : comment les droits humains peuvent nous protéger - Amnesty International Belgique
    https://www.amnesty.be/infos/actualites/article/lutte-coronavirus-droits-humains-proteger

    Les mesures de lutte contre le Coronavirus— indispensables — devraient inclure certaines dispositions spécifiques aux groupes vulnérables, tels que les migrants, les femmes victimes de violence de genre ou les personnes dont les revenus sont réduits par la crise. Sinon, elles risquent non seulement de perdre en efficacité mais aussi d’avoir des conséquences désastreuses. Il nous faut d’abord saluer les efforts que divers groupes et, bien évidemment en première ligne tous les personnels de santé, (...)

    #féminisme #migration #discrimination #pauvreté #santé #travail #Amnesty

    ##pauvreté ##santé

  • Face au coronavirus, les femmes davantage en première ligne que les hommes
    https://www.bastamag.net/coronavirus-Covid19-femmes-soignantes-TheLancet-inegalites-epidemies-sante

    La revue médicale The Lancet appelle les gouvernements à prendre en compte les conséquences particulières du coronavirus sur les femmes. Les hommes auraient plus de risques que les femmes de mourir du Covid-19, selon les données encore parcellaires à disposition. Mais ce sont les femmes qui sont en première ligne pour affronter l’épidémie. Elles composent l’essentiel des personnels soignants, au contact direct des malades, et courent donc davantage le risque d’être infectées. « Des données (...) #Décrypter

    / #Féminisme, #Inégalités, Santé , A la une

    #Santé_

  • Sortir du capitalisme - Pour un féminisme anti-carcéral
    http://www.sortirducapitalisme.fr/sortirdupatriarcapitalisme/308-pour-un-feminisme-anti-carceral

    A contre-courant de l’instrumentalisation sécuritaire et raciste des violences patriarcales et du féminisme carcéral, une critique du système pénal et des prisons dans une perspective féministe intersectionnelle à partir de Pour elles toutes. Femmes contre la prison (Lux, 2019) – avec l’autrice, Gwenola Ricordeau, professeure assistante en justice criminelle à la California State University et également autrice sur ce sujet de Les détenus et leurs proches. Solidarités et sentiments à l’ombre des murs (Autrement, 2008).

    L’émission (40 minutes) comporte :

    Une définition de l’abolitionnisme pénal et carcéral comme visant à une abolition de ces systèmes (et non du travail du sexe) ;

    Une critique de l’argumentaire du féminisme carcéral en réponse aux violences sexuelles ;

    Une mise en exergue de l’existence d’une charge matérielle, mentale et émotionnelle des femmes suite à l’emprisonnement ou à la mise sous bracelet électronique de leurs proches ;

    Une discussion autour des « réformes » au système carcéral, qu’il s’agisse du bracelet électronique ou des luttes des prisonnier-e-s et de leurs proches ;

    Une analyse du traitement différencié des femmes (notamment pauvres, racisées, trans, lesbiennes et/ou homicides) au sein du système pénal et carcéral ;

    Une mise en exergue des angles morts du féminisme carcéral et de l’abolitionnisme pénal et carcéral androcentré ;

    Une critique de « l’innocentisme » comme stratégie abolitionniste ;

    Un rappel du caractère non-moralisateur de l’abolitionnisme pénal ;

    Une présentation de la « justice transformative » comme alternative féministe intersectionnelle au système punitif des tribunaux et des prisons et à la « justice réparatrice ».

    http://www.sortirducapitalisme.fr/media/com_podcastmanager/gwenolafeminisme.mp3

    #féminisme #viol #anti-carcéral #prison #audio

  • Chronique : la violence masculiniste, suivie d’un entretien avec Francis Dupuis-Déri (par Ana Minski) – Le Partage
    https://www.partage-le.com/2018/12/31/chronique-la-violence-masculiniste-suivie-dun-entretien-avec-francis-dup

    (je copie ici pour cette question précise)

    Les féministes radicales, qui conçoivent une opposition entre deux classes de sexe socialement construites, s’inquiètent de la confusion qui est faite entre genre et sexe, et de la remise en question même du sexe biologique qui, selon la théorie de Judith Butler, ne serait qu’une simple construction sociale. Ce raisonnement semble dominer la sphère politique et un certain nombre de transactivistes exigent que toute personne qui se dit femme soit en droit de recevoir un document attestant qu’elle est née biologiquement femme. La loi C-16 protégeant l’identité et l’expression de genre ne présente-t-elle pas un risque, dans une société patriarcale où la culture du viol est encore bien présente, qu’un changement d’identité sexuelle autodéclaré de certains hommes leur permette de pénétrer dans les lieux réservés aux femmes sans s’inquiéter de ce que ces dernières ressentent et veulent  ? Il semble que la volonté de ces transfemmes autodéclarées prime sur les besoins des femmes biologiques. Comme le précisent certains transgenres eux-mêmes, tels que Trans Voices Matter en août 2018, l’autodéclaration de sexe ne représente-t-elle pas une menace pour les femmes mais aussi pour les transsexuelles  ?

    Voilà une question qui en contient beaucoup d’autres  ! Je ne suis pas spécialiste des trans, mais je vais essayer de répondre à vos questionnements en expliquant mon rapport au mouvement trans. Dans ma réponse, je prends pour acquis que vous considérez que je ne suis pas une personne trans — vous avez raison — et que vous n’êtes pas non plus une personne trans, mais je peux évidemment me tromper.

    Bref, je ne me considère ni trans, ni queer, mais je vais commencer par une anecdote personnelle : vers environ 18 ans, j’ai suivi mes premiers cours en sociologie et en psychologie sur les femmes et sur la sexualité. Nous étions dans les années 1980 et des chaînes câblées de télévision se spécialisaient dans la diffusion de vidéos de musique, un nouveau phénomène à la mode. Or à l’époque, presque tous les groupes de musique composés uniquement d’hommes — la très grande majorité des groupes, en fait — avaient un ou deux musiciens androgynes dont la coupe de cheveux, les vêtements et le maquillage étaient plutôt féminins. Parmi les plus connus, on se rappelle Boy George, David Bowie et Prince, mais le phénomène était généralisé. Même des groupes de musique plutôt conventionnels avaient un ou deux musiciens androgynes, souvent le bassiste et parfois le chanteur. Il n’y avait pas alors de théorie queer, mais il s’agissait d’une pratique assumée et bien évidemment imitée dans la mode des jeunes d’alors.

    Pour ma part, j’avais passé quelques semaines en Grande Bretagne pour essayer d’apprendre l’anglais, mais j’en ai surtout ramené dans mes valises la mode punk : je portais alors la crête sur la tête (le mohawk, comme on dit au Québec), une veste de cuir, des t-shirts politiques, des boucles d’oreille, des bottes de combat, etc… J’ai aussi commencé à porter des jupes quelques fois par mois, que j’intégrais à mon accoutrement punk. J’allais ainsi vêtu dans mes cours à l’université, dans des soirées dans des bars, etc. J’ai été l’objet de bien des plaisanteries et de quelques mains aux fesses de la part d’amis d’université qui trouvaient très drôle de profiter de la situation, mais j’étais le plus souvent très bien accueilli par les femmes. Je tiens à préciser que je n’établissais aucun lien entre mon identité masculine et le choix de porter une jupe et des boucles d’oreille. Si je me considérais alors tout à fait masculin (et hétérosexuel), porter des jupes me semblait cohérent avec mon identité punk, qui se voulait transgressive et provocatrice, mais ne nuisait pas à mes tentatives de draguer des femmes, bien au contraire… Toujours dans cet esprit transgressif, j’ai commencé à entrer dans la première toilette venue, qu’il s’agisse d’une toilette pour hommes ou pour femmes, car je trouvais absurde cette division binaire. J’ai rapidement arrêté, car cela mettait de toute évidence les femmes très mal à l’aise. Bref, tout cela était plutôt paradoxal, si l’on peut dire, mais exprimait maladroitement une volonté de transgresser les normes de genre, dans une perspective féministe, même si je ne maîtrisais que très maladroitement la théorie. Voilà pour les années 1980, qui se sont terminées tragiquement par l’attentat de Polytechnique, en décembre 1989 (dans la trentaine, je portais encore des jupes peut-être une fois par mois, puis j’ai presque complètement arrêté, en partie parce que mon rapport à mon corps a changé, car j’ai vieilli et pris du poids… Bref, je me sens moins bien dans mon corps).

    J’ignorais alors totalement les mobilisations des mouvements trans, y compris à Montréal, dont l’une des priorités était d’aider les trans malades du SIDA. En fait, les femmes trans et travesties, en particulier prostituées et utilisatrices de drogues, ont été décimées par le SIDA dans l’indifférence générale. J’ignorais alors aussi la sortie des premiers livres de Judith Butler, comme Gender Trouble, en 1990.

    C’est dans les années 1990 que j’ai réellement été formé au féminisme par mes lectures des féministes matérialistes et par des militantes féministes que je côtoyais à Montréal, qui étaient pour la plupart matérialistes. Vous comprendrez que j’étais donc plutôt sceptique, pour ne pas dire réfractaire, face au queer puis au mouvement trans, même si j’avais essayé — tout seul — de troubler le genre, dans les années 1980. Nous parvenions sans difficulté à réduire ces mouvements à quelques éléments qui les rendaient incompatibles et même menaçants pour le féminisme, tel que nous l’entendions… Je disais dans des discussions privées, par exemple, que les trans nuisent à l’objectif ultime de l’abolition des sexes, puisque leur processus de transition confirme l’existence des sexes. Ou je disais : « Ah  ! Mais voilà une nouvelle manière d’attaquer encore et encore le principe de non-mixité féminine des féministes, puisque les femmes trans revendiquent le droit d’être intégrées dans la non-mixité féminine, alors qu’elles n’ont pas eu d’enfance et d’adolescence au féminin. »

    Voilà pour mes premières réactions. Puis, au fil des années, j’ai commencé à être de plus en plus mal à l’aise lorsque j’exprimais encore et toujours les mêmes doutes au sujet des queers et des trans, deux mouvements dont je ne connaissais finalement pas grand-chose. Je n’avais jamais pris le temps de lire leur histoire, de m’informer au sujet de leur réalité concrète, de leurs revendications et de leurs théories. Quand je pense que je passe des heures et des heures à lire des tonnes de textes antiféministes, mais que je ne prenais pas même la peine de lire un seul texte écrit par une personne trans… Tout cela se déroulait à Montréal dans les années 2005 à 2010, environ, et les tensions au sujet des trans dans le milieu féministe étaient d’autant plus complexes que s’entremêlaient d’autres tensions très vives au sujet du travail du sexe ou de la prostitution… Sans oublier le foutu débat sur le foulard des musulmanes, qui mettait en jeu d’autres féministes… Bref, j’avais parfois l’impression que des féministes dépensaient plus d’énergie à se combattre les unes les autres qu’à se mobiliser solidairement contre la suprématie mâle, ou contre des enjeux qui paraissaient ringards, comme la pauvreté des femmes et de leurs associations.

    Puis les féministes dont j’étais le plus proche ont commencé à infléchir leur position, parce qu’elles croisaient des queers au fil des mobilisations, en particulier contre des agressions sexuelles, y compris certaines commises par et contre certaines femmes qui évoluaient dans le milieu queer. De plus, des féministes québécoises formées aux États-Unis ou des Françaises qui débarquaient à Montréal présentaient différemment la relation historique, politique et théorique entre les féminismes matérialiste et queer. Certaines cherchaient même à fusionner matérialisme et queer, y compris dans une perspective antiraciste décoloniale. Enfin, de plus en plus d’étudiantes et d’étudiants s’affichaient comme trans et demandaient aux professeures, surtout en études féministes, d’utiliser un prénom de leur choix pour les nommer.

    Je fournis tous ces détails pour bien montrer comment des positions purement théoriques peuvent se transformer au gré des rapports de force et des rencontres concrètes, dans une ville, dans une université et dans la communauté d’un mouvement social (la politologue Émeline Fourment a d’ailleurs bien montré l’hybridation et la fusion partielle, dans les milieux autonomes allemands, entre les féministes matérialistes antifascistes et les féministes queers espaces).

    Bref, les cartes théoriques et militantes ont été rebrassées et des féministes matérialistes ont entrepris une réflexion individuelle et collective pour développer une analyse et une posture politique solidaire des trans. J’ai suivi leur exemple, c’est-à-dire que j’ai demandé des conseils de lecture à des queers et j’ai effectué mes propres lectures de textes par et sur les trans.

    J’ai lu avec très grand intérêt le numéro spécial de la revue Transgender Studies Quarterly, qui proposait un dossier complet sur le « transféminisme », soit l’alliance et la fusion entre féminisme et mouvement trans. On y présente les histoires très intéressantes de ces alliances au Brésil, en Italie, aux États-Unis et ailleurs, parfois dès les années 1960. J’y ai appris, enfin, qu’une féministe radicale dont je respecte beaucoup le travail, Andrea Dworkin, se déclarait solidaire des trans dès le début des années 1970, aux États-Unis. Elle proposait que l’État offre des services de santé gratuits pour les femmes trans, ou que la communauté militante offre les moyens à toute personne transexuelle d’obtenir une opération de changement de sexe. Selon Dworkin, la présence des trans nous révèle surtout la fluidité des identités de sexe et met à mal la logique de la binarité sexuelle. Même si elle rêvait d’un monde sans genre ou sexe, elle considérait dès 1974 que c’est seulement dans un nouveau monde constitué d’une « identité androgyne » que la transexualité n’aura plus le même sens, puisqu’il y aura une plus grande pluralité de choix. À la même époque, aux États-Unis, le groupe de musique Olivia Record, composé de féministes radicales lesbiennes séparatistes, se déclarait « trans inclusive ». Une des membres a aussi été militante du collectif de lesbiennes radicales Furies et a payé pour les frais médicaux de trans. L’amie et l’alliée de Dworkin, la féministe Catharine MacKinnon, dont la pensée sur la domination sexuelle m’a également beaucoup inspiré, s’est aussi déclarée solidaire des trans.

    En 2001, Emi Koyama a lancé son Manifeste transféministe, dans lequel elle déclarait : « Le transféminisme ne consiste pas à prendre le contrôle des institutions féministes. Au contraire, il élargit et développe le féminisme en entier à travers notre propre libération et notre travail en coalition avec d’autres. Il défend à la fois les femmes trans et non-trans, et demande en retour aux femmes non-trans de prendre la défense des femmes trans. Le transféminisme incarne la politique de la coalition féministe dans laquelle des femmes de différents horizons sont solidaires les unes des autres, parce que si nous ne nous appuyions pas les unes les autres, personne ne le fera. » [Transgender Studies Quarterly, vol. 3, no. 1–2, 2016, p. 149]. À Montréal, l’universitaire trans Viviane Namaste suggère elle aussi que le mouvement trans ne doit pas tant s’inviter dans toutes les institutions féministes, mais qu’il a besoin aussi de développer ses propres institutions, même si cela nécessite beaucoup de ressources, de temps et d’énergie.

    Or comme le souligne Raewyn Connell, les femmes trans ne représentent qu’une toute petite part de la société (on se demande même pourquoi si peu de personnes provoquent tant de réactions), et elles ont donc besoin de la solidarité et de l’aide des féministes pour développer leur autonomie et leur force individuelles et collectives  ; elles peuvent aussi avoir besoin de l’aide des ressources consolidées par les femmes et les féministes.

    Cela dit, Viviane Namaste met aussi en garde le mouvement queer qui essaie de s’approprier la lutte et la réalité des trans, qui en fait même parfois la quintessence du queer. Or il s’agit, selon Namaste, de deux réalités et de deux projets distincts et bien des femmes trans ne se considèrent pas queer (et non binaire), sans compter que des femmes trans peuvent se considérer plutôt féministes et parfois même matérialistes, comme j’ai pu le constater lors d’un atelier de discussion, en France, au sujet du livre Refuser d’être un homme, de John Stoltenberg. Viviane Namaste reproche aussi à Judith Butler d’instrumentaliser les drag queens et les femmes trans sans connaître leur réalité concrète, en particulier en termes de travail dans les bars gays et dans la prostitution, souvent considérée comme une des seule manière d’obtenir suffisamment d’argent pour se loger, mais aussi et surtout à effectuer la transition (payer pour les hormones, les interventions chirurgicales, etc.)

    Bref, la théorie et le militantisme trans ne sont pas homogènes et les rapports entre féministes radicales et trans non plus.

    Plusieurs auteures du numéro spécial sur le « transféminisme » de la revue Transgender Studies Quarterly se présentent comme des « trans-supporting feminists » (féministes qui appuient les trans), par exemple Lori Watson qui souligne que la fameuse phrase de Simone de Beauvoir, « on ne naît pas femme, on le devient », est particulièrement bien adaptée à la réalité des femmes trans. À qui reproche aux trans de ne pas poursuivre l’objectif ultime, soit la destruction de la binarité des genres et des rôles de sexe, elle explique aussi que « la plupart des femmes (y compris les femmes qui sont des féministes radicales) vivent leur genre qui est socialement reconnu comme la correspondant à la catégorie “femme” ; c’est-à-dire qu’elles se conforment à certains stéréotypes genrés de la féminité. » (Lori Watson, « The woman question », Transgender Studies Quarterly, vol. 3, no. 1–2, 2016). D’ailleurs, il faut rappeler que cette critique a aussi été adressée par les queers aux féministes matérialistes qui parlent de « classe de sexe » et qui appellent à se mobiliser en tant que femmes. Des queers reprochaient aux féministes matérialistes d’essentialiser à nouveau les identités et les différences de sexes, alors que les matérialistes disaient qu’il s’agissait d’un positionnement politique et non pas biologique. Lori Watson rappelait aussi dans son texte, comme Viviane Namaste, que les femmes trans peuvent bien être des sujets du féminisme, puisqu’elles sont souvent discriminées et violentées par les hommes et qu’elles souffrent de la domination masculine. Elles subissent des discriminations en tant que trans et en tant que femmes à l’emploi, pour le logement, face à l’État, ce qui a pour effet de trop souvent les confiner dans la pauvreté, ce qui les pousse vers une prostitution souvent misérable, et vers la toxicomanie. Comme Viviane Namaste le rappelle avec insistance, les femmes trans sont souvent violentées et même tuées pas seulement parce qu’elles sont trans, mais parce que ce sont des femmes.

    Plus concrètement, les trans ont obtenu plusieurs gains législatifs depuis quelques années au Canada et au Québec. Depuis 2015 au Québec, l’école est obligée d’accepter un changement de prénom, et les élèves de 14 ans et plus peuvent même exprimer cette demande sans l’autorisation de leurs parents. Mon université autorise enfin les étudiantes et les étudiants à changer leur nom, sur les listes de classe. Quant au mouvement des femmes au Québec, par exemple les réseaux de centres et de maisons d’hébergement pour femmes, je crois comprendre que la réponse est le plus souvent pragmatique face à la demande d’inclusion des trans (qui est souvent une demande d’aide). Il ne s’agit pas d’une prise de position de principe sur ce qu’est la non-mixité ou ce qu’est une femme, mais d’un travail d’écoute, d’échange, de réflexion collective, de consultation et d’arrangement pragmatique, chaque situation étant différente selon le contexte, les autres femmes présentes, les expériences passées, etc..

    Voilà… Je ne pense pas avoir répondu à vos questions, mais je vous ai présenté l’état de mes réflexions, en ce moment. Mais considérant que votre site publie des textes très critiques des trans et considérant l’état des débats et des rapports de force où je me situe, à Montréal, je pensais saisir l’occasion pour partager quelques réflexions, sans prétendre connaître la « vérité » sur ces sujets complexes, ni parler au nom des féministes radicales ou des militantes et théoriciennes trans.

  • Traitement des violences machistes dans les espaces de politique : pourquoi nous avons droit au débat – ANKER-MAG
    http://anker-mag.org/index.php/2019/07/31/traitement-des-violences-machistes-dans-les-espaces-de-politique-pourquoi

    Il existerait ainsi une ligne acceptable du féminisme : trans-inclusive, pro-travail du sexe, intersectionnelle. Nous ne remettons pas en question ici ces positionnements, mais bien leur édification en dogme. Celle-ci a en effet pour conséquence d’éradiquer purement et simplement toute tentative de discussion politique de ces problématiques féministes. Nous devons pouvoir réfléchir et construire nos positions, pousser la pensée féministe toujours plus loin, nous emparer de ces enjeux de société pour nous émanciper toutes ensemble. Cela demande du temps, mais aussi un climat d’écoute. Celui-ci est notamment mis à mal par les postures identitaires adoptées par nombre d’entre nous, qui nous font nous tenir en permanence sur la défensive.

    La grille de lecture intersectionnelle, par ailleurs utile pour démasquer les mécanismes de domination, peut en effet avoir des effets pervers lorsqu’elle est couplée au néo-libéralisme ambiant. Elle conduit à une individualisation de l’expérience, chacune étant victime d’une articulation unique d’oppressions. Cette situation dominée particulière devient l’identité même de la personne, qu’elle va présenter à elle-même et aux autres comme l’alpha et l’oméga de son positionnement politique. Nous considérons que ces politiques de l’identité sont réductrices et finissent par entraver la discussion, aucune ne pouvant partager le schéma de compréhension de sa voisine.

    Cette valorisation de la souffrance peut entraîner la volonté de se maintenir dans une posture, individuelle ou collective, de victime, sans défense ni agentivité. Shi affirme par ailleurs que “bien qu’il soit important de reconnaître les éléments psychiques du trauma et de la souffrance, il est tout aussi important d’éviter de réifier ceux-ci en tant qu’identité.”

    La réification de la souffrance en tant qu’identité nous maintient donc dans une posture de victime. Dans cette posture et face à un monde qui dénigre la faiblesse, nous sommes amenées à valoriser notre propre vulnérabilité, mais aussi à nous y assigner. “Victime de violence, tu seras fragilisée et nous le serons avec toi.” Adopter la posture de victime sans questionner ses enjeux c’est risquer de ne plus nous autoriser que des comportements correspondant aux stéréotypes de genre.

    Critiquer l’assignation à la vulnérabilité ne revient ni à blâmer le caractère vulnérable d’une personne, ni à rejeter les qualités humaines associées par le système patriarcal à la faiblesse. Ces qualités prônées dans les espaces safe comme la sensibilité, le care (le soin aux autres) ou l’écoute auxquelles les femmes sont socialisées, sont à valoriser. Moquées ou dénigrées, elles sont fondamentales pour la cohésion de nos collectivités, et doivent urgemment être redistribuées par-delà les genres. Cette revalorisation nécessaire doit cependant se garder de nous limiter a priori à ce type de comportements.

    #féminisme #justice #safe #politique_des_identités

    • Je ne comprends pas tout mais ça a l’air bien.

      La souffrance individuelle (et collective) est-elle un critère politique ? – Période
      http://revueperiode.net/definir-ma-propre-oppression-le-neoliberalisme-et-la-revendication-de-

      Dans cet article, je vais d’abord brièvement examiner la logique et les implications de l’avènement du néolibéralisme. Je vais montrer que les pressions exercées par l’individualisation produite par le néolibéralisme ont engendré un climat politique dans lequel la revendication de l’émancipation sonne comme une demande de déstigmatisation et de visibilisation des identités opprimées. Nous explorerons cela à travers le prisme de « l’intersectionnalité », en tant que nouveau visage des politiques de l’identité. L’atomisation de la lutte politique et les pressions exercées sur notre appréhension de l’action collective ont bâti un espace où la prévalence du trauma individuel devient la seule manière de concevoir ce que l’on a en commun. Afin d’aller au-delà de cela, il est nécessaire de ressusciter la saillance politique du collectif comme construction intentionnelle. De cette manière, nous pouvons à nouveau concevoir la solidarité collective comme un produit de l’agentivité humaine en opposition à la solidarité produite de fait par les structures de domination.

    • Et ce texte beaucoup plus naïf, qui raconte la découverte de ce qui ne s’appelle pas encore partout « intersectionnalité », découverte enthousiasmante et intrigante.

      gendertrouble.org : : Lignes de fracture
      https://gendertrouble.boum.org/print_article193e68f.html

      Faut-il prioriser l’attention qui sera donnée à certaines de ces oppressions ? Selon quels critères ? Que fait-on de tout ça, de ces axes qui se croisent, dessinant une carte des oppressions où chacun-e est « quelque part » l’oppresseur-e d’un-e autre ? Peut-on multiplier à l’envi les catégories de l’oppression, d’après les besoins qui sont exprimés par les personnes concernées, quitte à redevenir des atomes qui parlent chacun-e depuis une catégorie, masculine cisgenre racisée classe moyenne gaie valide, ou féminine transgenre mais cissexuelle lesbienne blanche chômeuse handi sans capital économique mais avec un capital culturel, et la liste n’est pas close ?

      Cette réflexion ne risque-t-elle pas de se perdre dans les cogitations et le maniement de pincettes d’une élite politique ultra-conscientisée, qui se coupe un bras chaque fois qu’elle avance un peu plus sur cette voie ? Ailleurs (et faut-il rappeler qu’ailleurs est vaste ?) c’est le plus souvent « chacun-e sa merde », dans un esprit libéral universaliste actuel où nous nous voyons garanti-e-s en droit une pseudo-égalité. Comment s’attaquer à ça ? Comment remonter d’un cran la cible de nos attaques, à travers une réflexion plus générale sur les normes (les normes identitaires et les normes des relations entre nous) et la manière dont nous nous en faisons le relais, actif ou passif... sans pour autant nier la spécificité de l’expérience et de la réflexion de groupes minorisés sur le caractère tangible, intrusif et violent de certaines de ces normes ?

  • A la marge - Le salon du livre qui fait bouger les lignes
    https://expansive.info/A-la-marge-Le-salon-du-livre-qui-fait-bouger-les-lignes-2112

    « Les livres qui seront présentés au salon du livre ne sont pas en tête de gondole des librairies. Grâce à cet évènement, nous avons envie de visibiliser et partager des récits et des pratiques à notre image ». Les 9 & 10 mai à Carrefour 18 #Infos_locales

    / #Féminismes_-_Genres_-_Sexualités, #Antiracismes_-_colonialismes, #Rennes

  • Docs au féminin
    Durant un we, six films sont proposés en lien avec la question de droits des femmes et plus particulièrement avec la thématique de l’éducation. Les réalisateur.trices ou membre de l’équipe des films seront présent.es pour accompagner les projections et échanger avec le public.


    https://www.comptoirdudoc.org/evenements/docs-au-feminin-2
    https://www.comptoirdudoc.org/sites/default/files/carte-postale-daf2020.pdf
    Delphine & Carole, Insoumuses. le 15 mars à 17h aux chps libres
    ou sur Arte.tv le jeudi 12 mars à 02:25 disponible du 26/02/2020 au 02/05/2020.
    https://www.arte.tv/fr/videos/078726-000-A/delphine-et-carole-insoumuses

    Quelques mois avant sa mort, en 2009, la vidéaste #Carole_Roussopoulos a souhaité faire le portrait documentaire de son amie et compañera féministe #Delphine_Seyrig. Un projet inachevé, repris par ses enfants Alexandra et Géronimo, et sa petite-fille Callisto, réalisatrice de ce documentaire. Carole Roussopoulos fut la deuxième personne à acquérir une caméra vidéo en France après Jean-Luc Godard. Elle initie les femmes à ce média lors de stages auxquels s’inscrit Delphine Seyrig. « Inculte comme j’étais, je ne savais pas qui c’était », s’amuse Carole. « Très vite, Delphine a compris l’utilisation subversive de la vidéo. On est devenues copines et on a commencé à travailler ensemble. » Habituée à jouer sous la direction des hommes, la comédienne voit dans cet outil la possibilité « d’avoir une expression à soi ». Il permet aussi à ce duo frondeur de raconter les luttes des femmes et de leur donner la parole dans de nombreux #documentaires.

    ici, aussi :
    https://www.youtube.com/watch?v=dZqPvRM4ge0


    https://seenthis.net/messages/737571
    #féminisme #insoumuses

  • [Panik sur la ville] #lutte combattante au féminin
    http://www.radiopanik.org/emissions/panik-sur-la-ville/lutte-combattante-au-feminin

    Une journée-soirée de création et d’expressions artistiques engagées au profit du soulevement Chilien est organisée le samedi 7 mars 2020 à #l'uzinne (Quai de l’Industrie 75 à Molenbeek-Saint-Jean). Ttous les bénéfices reviendront au #chili.

    Depuis octobre dernier, le collectif « Las Insumisos » stimule de nombreux collectifs et lieux d’expressions afin d’appuyer les premieres lignes des manifestations au Chili. Continuons ensemble a stimuler cette lutte et mondialisons là.

    Pour ce faire, on vous propose une émission Panik sur la Ville avec les personnes organisatrices afin de discuter de l’événement et de ce qui se passe au (...)

    #féminisme #Las_Insumisos #lutte,féminisme,chili,Las_Insumisos,l’uzinne
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/panik-sur-la-ville/lutte-combattante-au-feminin_08337__1.mp3

  • Féminicide politique : les étranges liens du clan Bolsonaro avec le meurtre de Marielle Franco
    https://www.bastamag.net/Marielle-Franco-Bolsonaro-meurtres-feminicides-Bresil-Rio-de-Janeiro-milic

    Son visage et son nom sont devenus symboles de lutte au Brésil. Sociologue et femme politique, issue d’une favela, noire et lesbienne, Marielle Franco a été assassinée il y a deux ans, le 14 mars 2018. Les enquêteurs recherchent encore les commanditaires du meurtre. L’une des pistes s’arrête à l’entrée de la résidence où habitent le président Jair Bolsonaro et ses fils. Dimanche 16 février 2020. Stade du Maracaña, à Rio de Janeiro. L’équipe de Flamengo, championne en titre du Brésil et d’Amérique du Sud, (...) #Décrypter

    / A la une, #Gauche_radicale, #Droites_extrêmes, #Amériques, #Enquêtes, #Féminisme

  • #VraieFemmeAfricaine, le hashtag qui renverse les clichés sexistes
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/03/05/vraiefemmeafricaine-le-hashtag-qui-prend-les-cliches-sexistes-a-contre-pied_

    Reste à savoir si ce #hashtag pourra accélérer le changement des comportements. L’exemple du #Sénégal tendrait à faire pencher la balance côté du « oui » après que #BalanceTonSaïSaï #Dafadoye et #Doyna, (« balance ton porc », « ça suffit ! » et « stop », en wolof) apparus en 2018 et 2019 suites à une série de viols et de féminicides ont contribué à changer dans la loi la qualification du #viol de « #délit » à « #crime », le 30 décembre 2019. Entre 2016 et 2019, 4 320 cas de viol avaient été recensés dans le pays et le combat sur les réseaux sociaux puis dans la rue a aidé à cette transformation majeure. Les auteurs de viol s’exposent désormais à la perpétuité et non plus à cinq à dix ans de prison.

    #femmes #Afrique #sexisme #féminisme #réseaux_sociaux

  • Bravo !
    https://joellepalmieri.org/2020/03/03/bravo

    Bravo à Virginie Despentes. Bravo à Paul Preciado. Bravo à l’équipe du film « Portrait de la jeune fille en feu ». Bravo à Aïssa Maïga et à Florence Foresti. Cette cérémonie des césars du mois de février a ouvert la voie-voix à des rebelles, suite à une série de démonstrations politiques masculinistes et antiféministes, et ça fait … Lire la suite →

    #Humeurs #Afrique_du_Sud #Dépolitisation #Domination #Féminisme #France #Luttes #Masculinisme #Militarisation #Racisme #Résistance #Violences


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