• #Robert_Jensen : L’alibi de la compassion : comment les alliés des transgenres esquivent les débats
    https://tradfem.wordpress.com/2020/01/12/lalibi-de-la-compassion-comment-les-allies-des-transgenres-esquiv

    Je ne m’attends pas à ce que tout le monde soit d’accord avec mon analyse du mouvement transgenre ou ma position concernant les politiques publiques qu’il préconise. Mais je pense qu’il est malhonnête de la part de ceux qui ne sont pas d’accord d’esquiver le débat en se disant « plus compatissants », de la même façon qu’il est intellectuellement malhonnête d’essayer de faire dérailler des échanges avec des expressions péjoratives comme « TERF » (féministe radicale exclusive des trans) et qu’il est politiquement lâche d’essayer de réduire les féministes radicales au silence.

    Je ne suis pas en train de demander naïvement « Ne pourrait-on pas tous s’entendre ? » Je suis avide de débattre avec ceux et celles qui opposent à ma position des arguments substantiels. Je suis juste las de me faire dire que poser des questions légitimes à propos d’un phénomène complexe comme le transgenrisme – des questions auxquelles beaucoup de gens progressistes réfléchissent en privé, mais qu’ils et elles craignent de poser dans le climat politique actuel – fait des féministes radicales des personnes mesquines et manquant d’empathie.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.feministcurrent.com/2018/11/19/compassion-cover-transgender-allies-dodge-debate
    #féminisme_radical #dysphorie_de_genre #identité_de_genre #compassion_contre-productive #alibi_politique #débat_féministe

  • #Andrea_Dworkin : « La pornographie : une réalité »
    https://tradfem.wordpress.com/2019/12/28/andrea-dworkin

    J’aimerais que vous réfléchissiez particulièrement aux points suivants. Premièrement : les pornographes font de nos corps leur langage. Tout ce qu’ils disent, ils ont besoin de nous pour le dire. Ils n’ont pas ce droit. Ils ne doivent pas avoir ce droit. Deuxièmement : protéger juridiquement la pornographie comme s’il s’agissait d’un simple discours signifie qu’il y a une nouvelle façon de faire légalement de nous des biens meubles. Si la Constitution protège la pornographie en tant que discours, alors nos corps appartiennent aux proxénètes qui ont besoin de nous utiliser pour s’exprimer. Eux, les êtres humains, possèdent un droit de parole humain et la dignité d’une protection constitutionnelle ; nous, qui sommes actuellement un cheptel, des biens meubles, nous sommes leurs caractères, leurs symboles sémantiques, les objets qu’ils disposent afin de communiquer. Nous ne sommes reconnues que comme le discours de proxénètes. La Constitution est du côté où elle a toujours été : celui du propriétaire de biens qui en tire profit, même quand sa propriété est une personne, définie comme propriété en raison de la collusion entre le droit et l’argent, le droit et le pouvoir. La Constitution n’est pas la nôtre à moins qu’elle ne fonctionne pour nous, notamment comme recours face aux exploiteurs et comme point d’appui pour accéder à la dignité humaine. Troisièmement : la pornographie utilise celles et ceux qui aux États-Unis ont été exclus de la Constitution. La pornographie utilise des Blanches, qui étaient alors des biens meubles. La pornographie utilise des Afro-américaines, qui étaient alors des esclaves. La pornographie utilise des hommes stigmatisés ; par exemple, les hommes afro-américains, qui étaient alors des esclaves et sont souvent sexualisés par les pornographes contemporains qui les dépeignent en violeurs et en animaux. La pornographie n’est pas faite à de vieux hommes blancs. Elle ne l’est pas. Personne n’éjacule sur eux. Ce sont eux qui éjaculent sur nous ou qui protègent ceux qui le font. Ils en tirent des profits réels, et nous devons réellement leur barrer la route.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://www.nostatusquo.com/ACLU/dworkin/PornHappens.html et https://www.rapereliefshelter.bc.ca/learn/resources/pornography-happens-women-andrea-dworkin-1993
    #pornographie #violences_masculines #féminisme_radical #racisme #intersectionnalité #justice

  • #Janice_G._Raymond et #H._Patricia_Hynes : Les vérités éprouvantes d’#Andrea_Dworkin
    https://tradfem.wordpress.com/2019/09/10/les-verites-eprouvantes-dandrea-dworkin

    De son vivant, Andrea Dworkin désespérait que son travail soit un jour reconnu à sa juste valeur. L’écriture était sa vie ; elle a dit un jour : « Communiquer et survivre, en tant qu’écrivain et en tant que femme : les deux font un pour moi. » La parution d’une nouvelle anthologie d’écrits de théorie et de fiction de Dworkin, Last Days at Hot Slit, a simplement stimulé une réévaluation du travail de cette autrice en considérant ses écrits avec sérieux – ce qui est bien différent du traitement qu’ont reçu ses livres lors de leur parution initiale.

    En plus d’une introduction opportune aux écrits de Dworkin, le livre contient des extraits de Woman Hating (sa première œuvre, publiée en 1974), l’analyse tumultueuse qu’elle a signée avec Pornography : Men Possessing Women et son bouleversant roman, Mercy. On y trouve également des lettres de Dworkin à ses parents et un essai inédit intitulé « Adieu à tout ceci », une réplique mordante aux femmes « fières d’être prosexe et libérées ». À ses yeux, elles ont combattu « pour le droit d’être humiliées… pour le droit d’être ligotées et fières de l’être, pour le droit d’être blessées ». Last Days at Hot Slit se termine par « My Suicide », un essai inédit écrit avant le décès de Dworkin en 2005 à la suite d’une myocardite, une inflammation du muscle cardiaque.

    Lorsque nous avons interviewé des femmes au sujet de l’impact des écrits de Dworkin sur leur vie et sur leur travail, la romancière, poète et éditrice de livres féministes australienne Sue Hawthorne a d’abord parlé de ses œuvres de fiction :

    Je me souviens de la réaction viscérale que j’ai eue à sa nouvelle « Slit » et à son livre Ice and Fire. Mais son principal effet sur moi est venu de la lecture de Mercy… qui relate dans les détails les plus incroyables ce que l’on ressent en tant que fille et en tant que femme d’être violée sexuellement pendant une partie importante de sa vie. C’est un texte intense, à la lecture éprouvante. Mais beaucoup d’œuvres littéraires importantes sont difficiles à lire. Si elle avait été un homme, je suis presque certaine que Mercy serait considéré au même titre qu’Ulysse de James Joyce.

    La lecture de Mercy a inspiré Hawthorne à écrire son propre roman, Dark Matters, sur l’effacement des lesbiennes et la violence à leur égard, « un livre que je devais écrire comme un geste à poser et dans l’espoir que par la fiction je pourrais arriver à changer le monde. À tout le moins, je devais essayer de le faire. »

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.truthdig.com/articles/andrea-dworkin-teller-of-hard-truths
    #pro-sexe #féminisme_radical #misogynie #antiféminisme #pornographie #système_prostitutionnel #courage_féministe

  • #Meagan_Tyler : Le féminisme radical d’Andrea Dworkin : plus pertinent que jamais
    https://tradfem.wordpress.com/2019/09/02/le-feminisme-radical-dandrea-dworkin-plus-pertinent-que-jamais

    Avec le retour du féminisme à l’avant-scène, il ne devrait pas être surprenant de voir le nom d’Andrea Dworkin refaire surface dans le discours. Et pourtant ça l’est.

    Le mouvement #MoiAussi et la violence masculine envers les femmes font les manchettes internationales. La misogynie à l’égard des Noires et les points d’intersections du racisme et du sexisme sont des sujets d’actualité dans la culture populaire. La nature patriarcale de l’autoritarisme de droite inquiète les analystes politiques. Il est donc tout à fait logique que le travail de Dworkin soit considéré comme particulièrement approprié, puisqu’elle a passé la plus grande partie de sa vie à combattre le patriarcat suprématiste et capitaliste blanc.

    Mais la vision du changement révolutionnaire que Dworkin a défendue avec tant de passion a été en grande partie ridiculisée de son vivant – y compris par d’autres féministes, généralement libérales ou libertaires. Et, aujourd’hui, alors que l’on évite l’analyse féministe radicale dans les universités et que les militantes féministes radicales sont de plus en plus chassées des tribunes et des manifestations, il est étonnant de voir le travail d’une penseuse féministe radicale aussi importante être revisité de façon relativement positive.

    La récente réévaluation du travail de Dworkin a, en partie, été motivée par la publication d’une nouvelle anthologie, intitulée Last Days at Hot Slit. On y trouve un ensemble impressionnant d’écrits recoupant l’ensemble de sa carrière, y compris mon préféré, le décapant « Je veux une trêve de 24 heures durant laquelle il n’y aura pas de viol » – une allocution adressée à un auditoire de 500 hommes :

    Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi nous ne sommes pas en conflit armé avec vous ? Ce n’est pas parce qu’il y a une pénurie de couteaux de cuisine dans ce pays. C’est parce que nous croyons en votre humanité, malgré toutes les preuves du contraire.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.abc.net.au/religion/are-the-only-good-feminists-dead-feminists-learning-from-andrea/11359142
    #féminisme_radical #Andrea_Dworkin #metoo #violences_masculine #pornographie #prostitution

  • #Raquel_Rosario_Sanchez : Pourquoi le féminisme libéral refuse-t-il de prioriser la lutte contre la violence masculine à l’égard des femmes ?
    http://tradfem.wordpress.com/2019/07/12/pourquoi-le-feminisme-liberal-refuse-t-il-de-prioriser-la-lutte-c

    Le 10 décembre a marqué la fin des 16 jours d’activisme contre la violence sexiste. ONU Femmes, l’organisation des Nations Unies qui se consacre à la défense des droits des femmes, affirme que la campagne, lancée après la première rencontre du Women’s Global Leadership Institute en 1991, vise à « galvaniser les mesures prises pour mettre fin à la violence contre les femmes et les filles partout dans le monde ».

    Dans mon enfance à Saint-Domingue, le 25 novembre — le premier des 16 jours d’activisme et de la Journée internationale pour l’élimination de la violence contre les femmes — a toujours été une journée importante, commémorée par les organismes publics, les médias et la société civile. Cette journée a été instituée en réponse aux meurtres brutaux de Patria, Minerva et Maria Teresa Mirabal, trois sœurs et militantes politiques dominicaines qui ont été assassinées par le dictateur dominicain Rafael Leonidas Trujillo, le 25 novembre 1960, pour complot en vue de renverser sa dictature.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://www.feministcurrent.com/2017/12/18/liberal-feminism-refuse-center-fight-male-violence-women
    #féminicide #violences_masculines #ONU #féminisme_libéral #féminisme_radical

  • #Lara_Salvatierra : Andrea Dworkin et l’amour des femmes
    http://tradfem.wordpress.com/2019/06/29/andrea-dworkin-et-lamour-des-femmes

    Parler de féminisme radical, c’est parler d’Andrea Dworkin. Sa brillante analyse de la déshumanisation des femmes dans le système prostitutionnel a jeté les bases idéologiques et sociales d’autres études sur les femmes par le mouvement féministe.

    Née dans le New Jersey le 26 septembre 1946 dans une famille pauvre, Andrea a su faire face aux vicissitudes de la vie jusqu’à sa mort le 9 avril 2005.

    Écrivaine et militante, elle a publié de nombreux ouvrages, dont beaucoup sur l’analyse de la prostitution et la façon dont elle déshumanise les femmes. Sa principale passion était l’écriture ; elle pensait que c’était une forme artistique et l’expression démocratique de la communication, car elle implique un positionnement politique.

    Et dès le début, Andrea a pris position. Son analyse se concentre sur le fait qu’en raison de l’oppression systémique que nous, les femmes, subissons au sein de sociétés machistes, nous avons perdu notre autonomie comme personnes.

    Entremetteurs, proxénètes et prostitueurs considèrent les femmes comme de simples objets à posséder pour la réalisation de fantasmes sexuels, des fantasmes qui, au sein de la société, sont vus comme tout à fait normaux car ils ont été accordés au désir des hommes d’accéder au corps des femmes par l’argent, une catégorie de transaction qui s’intègre parfaitement dans le modèle économique et qui cesse donc d’être un désir de service.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://mujeresenlucha.es/2019/04/09/andrea-dworkin-y-el-amor-por-las-mujeres

    #féminisme_radical #andrea_dworkin #prostitution #domination_masculine

  • #Cherry_Smiley : Comment l’Enquête nationale sur les femmes disparues et assassinées a trahi les femmes et les filles autochtones
    http://tradfem.wordpress.com/2019/06/08/comment-lenquete-nationale-sur-les-femmes-disparues-et-assassinee

    En septembre 2016, le gouvernement fédéral canadien a annoncé, à la suite d’une âpre lutte et d’une très longue attente, le début d’une Enquête Nationale indépendante sur les Femmes et les Filles Autochtones Disparues et Assassinées (ci-après « l’enquête »). Certaines militantes et universitaires espéraient qu’une enquête mettrait en lumière les causes profondes de la violence masculine contre les femmes et les filles autochtones et qu’il en résulterait des mesures significatives pour mettre fin à cette violence. D’autres étaient sceptiques quant à l’espoir que l’enquête conduise à la mise en œuvre de mesures concrètes qui amélioreraient la vie des femmes autochtones. Au début, j’ai appuyé les femmes autochtones qui avaient travaillé depuis si longtemps et si fort et soutenu leur réclamation, même si j’oscillais entre le doute et l’espoir quant aux résultats que pourrait atteindre une enquête nationale.
    Aujourd’hui, le 3 juin 2019, l’enquête publiera son rapport final. Il n’en résultera aucune mesure significative visant à promouvoir les objectifs de libération des femmes autochtones. En fait, je crains que le rapport final et les mesures subséquentes ne contribuent à marginaliser davantage les femmes autochtones et à les réduire au silence.


    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.cherrysmiley.com/blog/how-the-national-inquiry-failed-indigenous-women-and-girls
    #autochtone #Canada #féminicide #violences_masculines #bi-spiritualité #LGBTQ #prostitution #travail_du_sexe #féminisme_radical

  • #Julie_Bindel : Andrea Dworkin est la féministe radicale et visionnaire dont nous avons besoin en ces temps difficiles. Voici pourquoi.
    https://tradfem.wordpress.com/2019/05/14/andrea-dworkin-est-la-feministe-radicale-et-visionnaire-dont-nous

    J’ai connu la vraie Dworkin, et notre amitié de dix ans m’a appris beaucoup plus sur l’amour que sur la haine. « Je conserve dans mon cœur les récits des femmes », me répondait-elle quand je lui demandais comment elle arrivait à demeurer saine d’esprit dans le travail qu’elle faisait. « Ces récits m’exhortent à continuer et à rester concentrée sur ce qui doit être fait. »

    Elle était motivée par un désir inné de débarrasser le monde de la douleur et de l’oppression. Si nous avions été plus nombreuses à écouter Dworkin pendant ses décennies de militantisme et à prendre son travail plus au sérieux, plus de femmes auraient adhéré à un féminisme intransigeant, par opposition au féminisme fun, qui se prête au genre de slogans qu’on peut lire sur les T-shirts de mode, celui qui vante le « girl power » individuel des filles et l’audace de porter le pantalon, plutôt qu’un mouvement collectif pour libérer toutes les femmes de la tyrannie de l’oppression.

    Nous nous sommes rencontrées en 1996. J’étais l’une des organisatrices d’une conférence internationale sur la violence faite aux femmes, et Dworkin était l’une des oratrices principales. Nous nous sommes tout de suite bien entendues, à cause d’un humour semblable et de quelques amies en commun. Le premier soir, nous sommes allées souper avec d’autres conférencières et nous avons rigolé haut et fort de nos différentes listes de souhaits sur des moyens de mettre fin au patriarcat. « Avez-vous remarqué, nous a dit Dworkin le lendemain matin, qu’on nous appelées « ladies » à notre arrivée, « you guys » quand ils ont pris notre commande, et qu’on a probablement été bannies à vie en repartant ? »

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.theguardian.com/lifeandstyle/2019/apr/16/why-andrea-dworkin-is-the-radical-visionary-feminist-we-need-in-our-ter
    #Andrea_Dworkin #féminisme_radical #misandrie #patriarcat #violences_masculines #femmes_de_droite

  • #Jeremy_Lybarger : Redécouvrir Andrea
    https://tradfem.wordpress.com/2019/03/25/redecouvrir-andrea


    (...) Sa mort a suscité des émotions mitigées. « Le décorum exige d’accentuer le positif lorsqu’on parle d’un défunt récent », a-t-on pu lire dans un billet de l’essayiste de droite Cathy Young, publié dans le Boston Globe neuf jours après le décès de Dworkin. « Ici, il n’y a pas grand-chose de positif à accentuer, à part un talent mal utilisé et une passion mal dirigée. » Peu de commentateurs résistaient à critiquer l’apparence physique de Dworkin, devenue synonyme de ce que les critiques considéraient comme sa rhétorique peu séduisante et débridée. « Dworkin était un cliché vivant – la féministe comme obèse, poilue, non maquillée, lesbienne et négligée », a écrit Katha Pollitt dans The Nation. « C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles elle était une telle icône médiatique – elle « prouvait » que le féminisme était destiné aux femmes qui ne pouvaient avoir d’homme. » Une analyse a révélé que l’apparence physique de Dworkin a été mentionnée dans 61 % de ses notices nécrologiques.

    Pourtant, peu de gens ont pu nier l’influence sismique de cette femme. Elle reste l’une de ces rares figures intellectuelles publiques à propos desquelles les gens ont des opinions sans avoir lu un seul mot de ses écrits. Les résumés à l’emporte-pièce de sa pensée – elle détestait les hommes ; tout rapport sexuel est un viol ; une feminazie sans humour – sont soit entièrement faux soit aussi trompeurs qu’un miroir déformant de fête foraine.

    Last Days at Hot Slit, une nouvelle sélection d’extraits de discours, d’essais et de romans de Dworkin, balaie cet héritage toxique. Près de quinze ans après sa mort, certaines de ses idées apparaissent rigides, au sens où elle se démarquait de l’esprit des années 1980 et encore plus de la vie d’aujourd’hui, comme lorsqu’elle attaque la pornographie et qu’elle en associe les consommateurs à la culture du viol. Mais Last Days at Hot Slit révèle aussi une écrivaine plus mesurée que ce dont se souviennent bien des gens. Dworkin était une styliste talentueuse et, quelles que soient la vigueur et l’indignation de ses arguments, elle les exprimait avec une lucidité méticuleuse.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://bostonreview.net/gender-sexuality/jeremy-lybarger-finally-seeing-andrea
    #Andrea_Dworkin #féminisme_radical #sexualité #anthologie

  • Leonard Schein : Les dangers des groupes de conscientisation masculins | Scènes de l’avis quotidien
    https://scenesdelavisquotidien.com/2018/10/21/leonard-schein-les-dangers-des-groupes-de-conscientisation-masculins/#more-669

    Leonard Schein : Les dangers des groupes de conscientisation masculins

    L’apparition de groupes de conscientisation masculins doit être vue comme une étape positive de la lutte contre le sexisme. De nos jours, il est important que les hommes commencent à travailler avec d’autres hommes à de nouvelles façons de détruire la traditionnelle « connivence masculine ». Que des hommes mettent au travail d’autres hommes est nécessaire et va dans le bon sens pour trois raisons principales.

    Tout d’abord, les hommes ont depuis longtemps l’habitude, lorsqu’ils travaillent avec les femmes, de s’approprier leur travail, de traiter les femmes de manière sexiste, d’orienter l’énergie du mouvement vers des intérêts masculins, et de faire des problèmes des hommes une priorité. Quelques exemples permettent d’illustrer ce processus de détournement. Le mouvement de la Nouvelle Gauche a toujours crié haut et fort l’importance de combattre l’oppression des peuples à travers le monde. Mais cette même Nouvelle Gauche a mis beaucoup de temps à reconnaître l’oppression des femmes. Elle a par la suite développé une rhétorique creuse de soutien à la libération des femmes, mais dès qu’il fallait établir les priorités, les questions féministes étaient reléguées en dernière place. La Nouvelle Gauche ne s’intéresse qu’au bien-être de certaines catégories de populations opprimées. Ces populations sont celles qui s’accordent avec l’analyse marxienne traditionnelle : les travailleurs (masculins), les populations du Tiers-Monde (masculines) et les personnes de couleur du nord de l’Amérique (masculines). La lutte des femmes pour accéder au statut d’être humain n’a jamais été prise au sérieux par les militants de la Nouvelle Gauche. Nous sommes dans la situation où l’énergie militante est dévolue à la libération d’hommes opprimés.

    Non seulement la Nouvelle Gauche n’a pas travaillé à être utile aux femmes, mais, de surcroît, sa logique collective masculine à la mode « Macho Marx » a perpétué et renforcé la pire division patriarcale des rôles. Le chauvinisme masculin a été le nouveau « petit livre rouge » de la Nouvelle Gauche ; le mouvement était complètement autoritaire et dominé par les hommes. Les hommes faisaient le travail important pendant que les femmes étaient coincées dans des tâches domestiques et de secrétariat merdiques. Les « leaders » masculins radicaux sont devenus des rock stars entourées de « groupies » chargées de les satisfaire sexuellement après leur rude journée à combattre l’impérialisme.

    Le Gay Liberation Front [Front de Libération Homosexuelle] est un autre exemple de lutte politique au sein de laquelle les hommes ont évincé les femmes du mouvement. A ses débuts, le Gay Liberation Front était un mouvement politique à la fois d’hommes et de femmes homosexuelles, mais au bout d’un moment il fût clair pour les lesbiennes qu’il n’était plus possible de travailler politiquement avec les hommes gays. Ces derniers canalisaient leur énergie et leur priorité en direction des hommes, tout en adoptant des positions politiques néfastes pour les femmes (soutien à la pornographie, au sado-masochisme, et refus de tenir compte de la division des rôles butch/femme). Les hommes gays étaient sexistes à l’égard des femmes et dirigeaient le mouvement de manière autoritaire. Le psychisme masculin des hommes gays, de la même façon qu’au sein de la Nouvelle Gauche, a empêché les lesbiennes d’être prises au sérieux dans leur bon droit en tant qu’être humaines à part entière.

    Le monde hétéro a son lot d’exemples également. Lors de la Convention Nationale Démocrate de 1972, au moment critique, George McGovern a lancé par dessus bord les questions féministes. Un autre exemple est celui de l’ACLU [Union américaine pour les libertés civiles] et de la President’s Commission on Obscenity and Pornography [Commission présidentielle sur l’obscénité et la pornographie] qui, sous couvert de soutien à la liberté d’expression et liberté de presse, ont été les principales protectrices de la légalisation de la pornographie et de la prostitution. La pornographie et la prostitution oppriment les femmes, instaurent des modèles de sexualité anti-femmes et consolident domination masculine et misogynie. Les politiciens hommes et les partis politiques ont toujours bradé « leurs » soutiens féminins pour des raisons de « réalisme politique ».

    La deuxième raison importante pour que les hommes collaborent ensemble est notre impératif de nous attaquer directement à la violence masculine et à la misogynie. Nous ne pouvons plus choisir la solution de facilité, celle d’avoir un rapport aux femmes dans lequel elles nous éduquent et nous, nous les épuisons émotionnellement. Nous devons plutôt faire directement face à la violence et à la haine envers les femmes qui est en nous. Nous devons nous attaquer à notre misogynie comme structurelle dans notre psychisme, afin de pleinement nous comprendre nous-mêmes et vraiment reconnaître la peur dans laquelle nous forçons les femmes à vivre chaque jour.

    La troisième raison est que nous avons des expériences similaires, un psychisme, des perceptions et un point de vue sur le monde à discuter entre nous. Nous avons tous été socialisés dans des rôles masculins. Ensemble nous pouvons mieux explorer les tréfonds de notre psychisme masculin – deux têtes valent mieux qu’une. Nous avons également besoin les uns des autres pour découvrir de nouvelles façons de créer des liens aux gens en tant qu’êtres humain.es à part entière : avec émotion et empathie, sans compétition, sans agression et délire autocratique, pour générer des relations ouvertes, sensibles, égalitaires et d’entraide. Nous savons très bien ce que nous vivons, et nous ne pouvons plus prétendre aider les autres avec « leur » oppression (en particulier les femmes) car nous sommes ceux qui avons besoin d’un coup de pouce ; nous sommes les ennemis ; nous sommes ceux qui opprimons et objectivons les femmes ; et nous sommes les êtres humains inachevés et dysfonctionnels.

    Je crois qu’il devrait y avoir trois principes fondamentaux à la base de tout groupe de conscientisation masculin. Avant d’adhérer à un groupe, tout homme devrait être d’accord avec ces propositions essentielles. D’abord, l’acceptation complète du féminisme radical, en théorie et en pratique. J’entends par là que nous devons accepter l’idée que le patriarcat est la contradiction sociale première à partir de laquelle découle les autres modèles d’oppression – capitalisme, impérialisme, esclavage, racisme, etc. La division des rôles que la société impose aux hommes et aux femmes doit être activement combattue (mise en pratique de la théorie). Par ailleurs, nous devons considérer le psychisme masculin et ses expressions concrètes comme l’obstacle principal au plein humanisme dans le monde, et nous devons mesurer le privilège dont nous bénéficions en tant que classe/caste à l’encontre des femmes. Nous devons aussi reconnaître que même si les hommes et les femmes pâtissent des règles patriarcales, notre façon d’en pâtir est différente, qu’elle est en fait qualitativement moindre que celle des femmes. L’effacement, la détresse, l’absence de pouvoir et les violations que les femmes endurent sont de loin bien plus traîtres que la douleur lié au rôle masculin. Même en tant qu’êtres humains inachevés, inconsistants, nous bénéficions de privilèges et de pouvoir : la culture, le monde, Dieu sont tous faits à notre propre image.

    Le deuxième principe est l’acceptation de la sensibilité comme une part valide et nécessaire du nouvel homme que nous essayons de créer. Nous devons évaluer les limites d’une discussion logico-intellectualo-rationnelle et concentrer notre énergie sur la découverte et l’exploration de notre potentiel sensible.

    Le troisième principe est qu’en tant qu’hommes, nous ne pouvons jamais parler au nom des femmes. Les hommes antisexistes ne peuvent pas récupérer et prendre le contrôle du Mouvement féministe. Nous devons reconnaître notre dette envers le féminisme et le fait que, pour la plupart d’entre-nous, le principal déclencheur pour nous préoccuper du sexisme provient de femmes qui nous ont contraint à le faire, et aussi que le féminisme a déjà fourni la théorie, le cadre et les modèles pour nous. Actuellement, les femmes du mouvement féministe sont tellement plus avancées que les hommes pour ce qui est d’un psychisme pleinement humain que nous ne pouvons pas les faire reculer à notre niveau, mais au contraire tenter de nous élever au leur.

    Mon expérience des groupes de conscientisation masculins m’a appris à me méfier de quatre dangers. Le premier danger est que le groupe d’hommes peut servir à conspirer contre les femmes. Puisque la tendance dans ces groupes d’hommes est que nous ayons des amies en commun, il est important que nous ne nous liguions pas contre ces femmes. La plupart d’entre-nous rejoignons notre premier groupe de conscientisation car les femmes que nous fréquentons n’acceptent plus notre sexisme. Afin d’avoir des relations épanouissantes, pleines et entières, nous devons sérieusement nous occuper de notre masculinité. En intégrant ces groupes, nous sommes passés par un état émotionnel blessé, effrayés et confus, et nous cherchons donc des alliés pour nous soutenir émotionnellement. Il existe une tendance en nous à trahir les femmes pour gagner de la sympathie, nous rassurer et reconstruire notre ego en berne. Il existe également une tendance à nous présenter sous le meilleur jour (en particulier dans les débuts du groupe, avant que la confiance ne s’installe), sans réaliser les conséquences de ces mensonges vis-à-vis de nos partenaires féminines. Il y a aussi notre tendance à jouer la bataille d’egos avec nos amies : « Tu vois, je ne suis pas aussi mauvais que John… Tu vois, Bill est d’accord avec moi… Ralph me dit que Carol fait ceci sexuellement avec lui… »

    L’expérience du collectif « Brother » [Frère] à Berkeley, en Californie, illustre un aspect supplémentaire de collusion contre les femmes. John, un bisexuel, était marié à Scottie depuis huit ans et illes avaient deux enfants. Leur relation était monogame jusqu’à l’apparition du groupe d’hommes au sein duquel John « tomba amoureux » de Bill, un membre gay du groupe. Ce qui suit est la perception révélatrice de Bill à propos des sentiments de Scottie :

    « Après ça (John et Bill devenant amants), Scottie est sortie avec un autre homme. J’ai l’impression que d’une certaine façon Scottie s’est sentie obligée d’accepter ce que John voulait faire depuis l’année passée – ouvrir leur mariage à d’autres amant·es, et en particulier des amants pour lui… Finalement Scottie s’est sentie, durant cette année, moins aimée par John comme jamais auparavant. Elle a vu que l’amour de John pour moi et d’autres hommes était plus émotionnel, plus sentimental – il semblait être plus épris de ces hommes que d’elle-même. Scottie était blessée et opprimée par cette injustice… Mais parce qu’elle s’est sentie moins aimée et parce qu’elle n’est pas bisexuelle, je me suis retrouvé à changer mon homosexualité pour qu’elle soit moins menaçante pour elle. John a également changé la sienne mais moins que moi. Je me sens malhonnête à la fois envers moi-même et envers Scottie et je le vis comme un élément opprimant pour chacun.e de nous dans cette relation. John, Scottie et leurs deux enfants s’apprêtent à quitter la région. Nous avons envisagé, John et moi-même, que je les rejoindrais après l’été. J’en ai parlé à Scottie un grand nombre de fois. Elle se retrouve dans une position vraiment difficile. Si elle dit qu’elle ne veut pas que je les rejoigne, elle risque de rendre John malheureux et plein de rancune. Si elle approuve la situation, elle reste bloquée dans une situation inconfortable, dont elle aimerait s’écarter. Je pense qu’en tant qu’homme et qu’en tant qu’amant de son partenaire, je suis inévitablement oppressant pour elle dans cette situation. Je reste amant avec John parce que c’est ce que je veux, c’est ce qu’il veut et c’est ce que Scottie a accepté [c’est moi qui souligne] ».

    Joel, un autre membre gay du groupe, semblait reconnaître l’évidente oppression de Scottie au sein du triangle amoureux John-Bill-Scottie. Pourtant, lui et les autres membres du groupe des hommes n’ont rien fait pour bloquer et mettre un terme au sexisme de John et Bill. Le groupe donna son approbation tacite à la perpétuation des hommes qui entubent les femmes en tolérant leur relation et en étant a-critique à son sujet. Si les membres de « Brother » étaient vraiment engagés à lutter contre le sexisme, le groupe n’aurait pas été le lieu pour une telle logique collective et de tels comportements sexistes et destructifs. Les femmes, ayant typiquement moins de pouvoir et étant plus vulnérables dans toute relation avec un homme, perdent (à la fois économiquement et émotionnellement) quand les hommes s’allient entre eux pour défendre leurs propres intérêts. John gagne tout. Il maintient sa relation avec Bill en dépit de Scottie (la forçant à prendre un autre partenaire « sexuel »). John est même oppressant envers les hommes gays (particulièrement Bill) en ne les considérant pas sérieusement au sein d’une relation émotionnelle égalitaire alors qu’il « ne fait que baisser son froc d’une nouvelle façon ». Il apparaît clairement que John continue de forcer Scottie à accepter des compromis et des situations qu’elle ne choisit pas librement mais seulement qui lui permettent à elle et leurs deux enfants de survivre. Les groupes d’hommes devraient faire en sorte d’empêcher la récurrence de ce type d’expérience fâcheuse de « Brother ».

    Le deuxième danger que nous devons surveiller au sein de ces groupes concerne la colère que nous dirigeons vers les femmes qui nous ont forcé à confronter notre sexisme. Notre expérience ancestrale de la colère consiste à la transformer en violence. Aujourd’hui, en tant qu’hommes, nous sommes à la recherche d’une façon de gérer de manière saine notre hostilité. En nous ouvrant sensiblement comme jamais auparavant, nous ne savons pas vraiment quoi faire de notre colère, et particulièrement depuis que les femmes ne sont plus disponibles pour maintenir notre ego fragile. Les groupes doivent être vigilants à diriger leur colère vers sa vraie source, la société patriarcale et la socialisation masculiniste qui contraint chaque homme (y compris « les sensibles et doux comme nous ») à adopter un psychisme masculin suprémaciste. Notre colère est en nous. Nous devons en prendre la responsabilité et lutter pour changer. Cette colère ne peut pas être juste atténuée ou dirigée vers les femmes. Elle est au cœur même de notre psyché, et nous devons l’affronter honnêtement pour devenir pleinement humain.

    Le troisième danger est celui où nous pourrions arrêter de lutter contre notre propre sexisme individuel. Une fois que le groupe s’est réuni plusieurs fois, nous commençons à développer des méthodes pour nous nourrir les uns envers les autres tout en ayant des liens émotionnels plus étroits. Comme nous devenons plus collectivement sensibles et conscients de notre vulnérabilité, nous avons tendance à nous éloigner de la lutte contre notre sexisme car nous ne voulons pas blesser les hommes qui nous importent. Il est très important d’apprendre à être bienveillant et à prendre soin des autres, mais cela ne peut pas se faire de manière inconditionnelle et a-critique. La bienveillance inconditionnelle est un piège pour nous-mêmes et pour les hommes que nous apprécions. L’absence de critique est non seulement malhonnête, mais en plus elle nous permet d’abandonner la bataille contre le sexisme quand cela devient particulièrement douloureux. Nous développons alors un système sexiste plus dissimulé et sophistiqué afin de cacher nos privilèges masculins derrière des illusions trompeuses.

    Le quatrième danger est que notre conscientisation n’existe qu’à l’intérieur du groupe exclusivement. Les analyses et les prises de conscience découvertes au sein du groupe doivent mener à une pratique politique ayant pour objectif la destruction de l’autorité patriarcale, du sexisme et de la division en rôles. Nous devons changer la façon dont nous fréquentons nos ami·es – hommes et femmes – et nous devons critiquer leur sexisme. Nous devons être prêts à laisser tomber nos ami·es sexistes si la contradiction est trop importante. Ce défi doit être mené au travail et dans notre vie sociale. Nous devons également publiquement attirer l’attention, des hommes plus particulièrement, sur la prévalence du sexisme dans notre société. Faire face aux hommes qui violentent les femmes dans la rue (sifflements, remarques dénigrantes, objectification sexuelle) est une tâche difficile mais nécessaire. Nous ne devons pas laisser la menace que constitue la violence masculine nous effrayer et nous détourner de notre responsabilité dans la lutte contre le sexisme d’autres hommes. Il nous faut du collectif car il est difficile, en tant qu’individus sensibles, de s’occuper seul de la violence masculine. Nous devons également réorienter nos priorités en termes d’action politique vers les problèmes perçus par la psyché machiste comme « juste des problèmes de bonnes-femmes » : le soin aux enfants, la contraception, l’avortement, les lois contre le viol, la jurisprudence pour l’égalité des droits, etc. Ce ne sont pas des problèmes de femmes ou des problèmes secondaires, mais des problèmes au cœur même de la division en rôles des sociétés patriarcales. Si nous sommes vraiment sincères à propos de nos priorités, nous devons nous occuper des sujets politiques qui remettent en cause la loi patriarcale.

    Pour comprendre au mieux les groupes de conscientisation, lire l’article de Kathie Sarachild « Program for Feminist Consciousness-Raising » dans Notes from the Second Year : Women’s Liberation et « Consciouness-Raising : A Radical Weapon » dans Feminist Revolution.

    Leonard Schein

  • #Meagan_Tyler : Peut-on érotiser l’égalité ? – la politique du désir sexuel
    http://tradfem.wordpress.com/2018/11/08/megan-tyler-peut-on-erotiser-legalite-la-politique-du-desir-sexue

    La sexualité n’est pas un acte naturel. Affirmer cette idée peut sembler radical dans un climat culturel où le déterminisme biologique gagne toujours davantage de terrain.

    L’idée qu’il existe une pulsion sexuelle innée – quelque chose de profondément physiologique et immuable à propos de notre désir sexuel d’humains – est totalement intégrée dans les discours dominants de l’Occident.

    Mais la sexualité n’existe pas en dehors du contexte social dans lequel nous la pratiquons. Nous devons résister au retour du déterminisme et nous demander s’il est possible de vivre du sexe de manière éthique.

    Le retour au biologisme s’est développé sur plusieurs fronts. L’argument avancé par les premiers défenseurs de la libération des gays et des lesbiennes – selon lequel l’homosexualité n’est pas moralement répréhensible, donc qu’il importe peu qu’elle soit choisie ou prédéterminée – est de plus en plus obscurci par le recours à des analyses « né.es comme ça ». Nous assistons à la réapparition d’affirmations concernant des cerveaux intrinsèquement masculins et féminins. Et, dans l’ère post-Viagra, où les produits pharmaceutiques prennent une place prépondérante dans la psychothérapie des anxiétés sexuelles, la conviction selon laquelle notre corps contrôle nos désirs semble plus importante que jamais.

    Il est donc rafraîchissant de lire le récent essai d’Amia Srinivasan dans le London Review of Books , « Does anyone have the right to sex ? » [« La sexualité est-elle un droit ? »] Il est rare de reconnaître et d’interroger le caractère politique du désir de manière aussi pertinente.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.abc.net.au/religion/can-we-eroticise-equality-on-the-politics-of-sexual-desire/10094822

    Meagan Tyler est maître de conférences à la School of Management et au Center for People, Organization and Work de la RMIT University, à Melbourne. Cet article s’inspire des thèses initialement développées dans Selling Sex Short : The Pornographic and Sexological Construction of Women’s Sexuality in the West .

    #sexualité #féminisme_radical #lesbianisme #utopie

  • #Andrea_Dworkin parle de la liberté d’expression, de l’hétérosexualité, des productions « érotiques » et de son travail d’écriture

    https://tradfem.wordpress.com/2018/03/11/andrea-dworkin-parle-de-la-liberte-dexpression-de-lheterosexualit

    Elisabeth Braeman : Le thème principal de Letters from a War Zone – Writings 1976-1989 est que les femmes n’ont pas de liberté d’expression. Que voulez-vous dire exactement par là ?

    Andrea Dworkin : Eh bien, je pense que ce qui nous empêche de prendre la parole fonctionne à plusieurs niveaux. Il y a le niveau superficiel qui concerne ce qu’il nous faut afficher pour accéder aux médias grand public ; il s’agit d’une conformité complète et totale, pas seulement au plan stylistique, mais en termes de contenu. Vous devez dire ce qui correspond à leur représentation du monde, à ce qu’ils veulent entendre. Si vous ne le faites pas, vous ne pourrez pas publier ; on vous rendra la vie impossible. Cela est vrai partout, pour n’importe quelle personne politique. Mais cela fonctionne d’une manière beaucoup plus impitoyable pour les féministes parce que les hommes considèrent l’analyse féministe comme une contestation sexuelle et l’éprouvent de cette façon : ils ont donc une réaction viscérale et vengeresse envers les formes d’« expression » qu’ils détestent. Ils vivent, selon moi, beaucoup d’écrits féministes radicaux comme s’il s’agissait d’une véritable agression sexuelle à leur endroit ; et comme la plupart d’entre eux ne savent pas ce qu’est une agression sexuelle, ils ont le privilège de réagir de façon aussi exagérée.

    Ensuite, à un niveau plus profond, l’une des choses que j’ai apprises au cours des quinze dernières années, c’est à quel point les femmes sont réduites au silence par des agressions sexuelles. La simple expérience d’être agressée, que ce soit en tant qu’enfant ou en tant qu’adulte, a un impact incroyable sur toute votre façon de percevoir le monde qui vous entoure, de sorte que ou bien vous ne pensez pas pouvoir parler parce que vous avez peur des représailles, ou bien vous n’avez pas suffisamment confiance en votre expérience de la réalité pour oser parler – cela arrive à beaucoup de victimes d’inceste. Ou on vous empêche physiquement de parler – les femmes battues par leur conjoint n’ont aucune liberté de parole. Donc, cela fonctionne à ce niveau.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://rancom.wordpress.com/2011/12/30/andrea-dworkin-interview


    #féminisme_radical #activisme #mobilisations #écriture #pornographie #violences_masculines

  • « Surveiller et jouir. Anthropologie politique du sexe » de Gayle Rubin : Gayle Rubin et le sexe radical (recension par Éric Fassin, Le Monde)
    http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/01/13/surveiller-et-jouir-anthropologie-politique-du-sexe-de-gayle-rubin_1465008_3

    Cependant, une #radicalité nouvelle gagnait du terrain au sein du #féminisme, constituant la #pornographie et la #prostitution en emblèmes de la #domination_masculine. C’est en 1982, à Barnard College (New York), qu’éclatent au grand jour les #sex_wars. Non pas la « guerre des sexes » que le conservatisme français imputera dix ans plus tard à l’Amérique du « #politiquement_correct », mais les « #guerres_du_sexe » qui déchirent alors le féminisme entre deux logiques radicales inconciliables. Si le #sexe est politique dans les deux cas, pour le féminisme de la #domination, l’#oppression passe par la #sexualité, tandis que pour le féminisme du #désir, c’est la #libération qui passe par la sexualité.

    Certes, le colloque de Barnard vise à penser ensemble « le plaisir et le danger », soit la tension entre #jouissance et #violence. Toutefois, en butte aux attaques virulentes de leurs adversaires, qui voient en elles des collaboratrices de la domination, les participantes traitent surtout de libération. Les unes n’hésitent pas à faire alliance […] avec les conservateurs de la #Majorité_morale et la répression « #antisexe ». Les autres finissent par se dire « #pro-sexe », dans un front commun des #minorités_sexuelles où le #féminisme_radical céderait la place à un libéralisme respectueux de la #diversité des pratiques et des orientations. C’est dans ce contexte que Rubin théorise la distinction entre #genre et sexualité. Mais, faute de les articuler ensuite, n’est-ce pas s’exposer à entériner un Yalta du féminisme : à l’#hétérosexualité la domination de genre, à l’#homosexualité la libération sexuelle ?

  • #Miranda_Kiraly et #Meagan_Tyler : Préface de l’ouvrage Freedom Fallacy
    https://tradfem.wordpress.com/2018/02/25/preface-de-louvrage-freedom-fallacy


    L’individualisme est au cœur du féminisme libéral, glorifiant les avantages du « choix » et l’hypothèse que la liberté est à portée de main, ou parfois, qu’elle existe déjà si les femmes choisissent de la revendiquer. Cet individualisme va jusqu’à prétendre – tantôt ouvertement et tantôt furtivement – qu’une égalité substantielle est déjà-là et qu’il ne tient qu’aux femmes d’en réaliser les possibilités. Le féminisme libéral a contribué à recadrer notre libération comme un effort individuel et privé plutôt qu’une lutte qui prend acte des lacunes structurelles des systèmes de pouvoir et de privilège existants, ceux qui continuent à maintenir les femmes opprimées, en tant que classe. Notre libération a ainsi été réduite à une série de déclarations personnelles quant à l’appréciation ou non par les femmes de tels ou tels aspects particuliers de leur personnalité ou de leur vie.

    Ce problème n’est pas nouveau. En 1990, les contributrices à l’ouvrage The Sexual Liberals and the Attacks on Feminism déploraient essentiellement le même problème : que le « féminisme » était passé d’une critique de l’oppression patriarcale – et d’une résistance collective à cet égard – à un modèle libéral individualisé de « libre choix ». Ainsi, Catharine MacKinnon, dans son chapitre intitulé « Liberalism and the Death of Feminism » [Le libéralisme et la mort du féminisme], postulait que le libéralisme est l’antithèse même d’un mouvement de libération des femmes. Comme elle l’indique :

    Là où le féminisme était collectif, le libéralisme est individualiste… Là où le féminisme est ancré socialement et critique, le libéralisme est naturaliste, attribuant l’oppression des femmes à la sexualité naturelle des femmes, la faisant « nôtre ». Là où le féminisme critique les façons dont les femmes ont été socialement déterminées, dans l’espoir de changer cette contrainte, le libéralisme est volontariste, en ce sens qu’il agit comme si nous disposions de choix que nous n’avons pas. Là où le féminisme se base sur la réalité concrète, le libéralisme se base sur un univers idéal, présent seulement dans la tête. Et là où le féminisme est rigoureusement politique, parlant du pouvoir et de son absence, le meilleur qui puisse être tiré de ce nouveau mouvement est une forme diluée de moralisme : ceci est bon, ceci est mauvais, mais sans la moindre analyse du pouvoir et de l’absence de pouvoir.

    Traduction : #Tradfem

    #féminisme_libéral #féminisme_radical #mobilisations

  • #Louise_Pennington : Le féminisme radical et l’accusation d’essentialisme.
    http://tradfem.wordpress.com/2017/05/09/louise-pennington-le-feminisme-radical-et-laccusation-dessentiali

    La critique la plus courante adressée à la théorie féministe radicale veut que nous soyons « essentialistes » parce que nous croyons que l’oppression des femmes, en tant que classe, se fonde sur les réalités biologiques de nos corps. L’hypothèse selon laquelle les féministes radicales seraient essentialistes est basée sur une incompréhension de la théorie féministe radicale, issue de la définition du mot « radicale » lui-même. Le terme « radicale » désigne la racine ou l’origine. Notre féminisme est radical dans la mesure où il situe la racine de l’oppression des femmes dans les réalités biologiques de nos corps (le sexe) et vise à libérer les femmes en éradiquant les structures sociales, les pratiques culturelles et les lois basées sur l’infériorité des femmes aux hommes. Le féminisme radical conteste toutes les relations de pouvoir qui existent dans le patriarcat, y compris le capitalisme, l’impérialisme, le racisme, l’oppression de classe, l’homophobie et même l’institution de la mode et de la beauté.

    Les féministes radicales ne croient pas en l’existence de caractéristiques qui soient exclusivement masculines ou exclusivement féminines. Les femmes ne sont pas naturellement plus nourrissantes que les hommes, et eux ne sont pas meilleurs en mathématiques. Le genre n’est pas fonction de notre biologie. C’est une construction sociale créée pour maintenir des hiérarchies de pouvoir inégal. L’amalgame entre le sexe et le genre est un autre malentendu commun au sujet de la théorie féministe radicale. Le sexe est la réalité de votre corps sans qu’y soient liées des caractéristiques négatives ou positives. Le genre est une construction sociale qui privilégie les hommes/la masculinité en regard des femmes/de la féminité. Le féminisme radical est accusé d’essentialisme parce que nous reconnaissons ces hiérarchies de pouvoir et cherchons à les détruire. Nous ne croyons pas, comme on le suggère souvent, que ces hiérarchies sont naturelles. Il faut voir là une tactique de censure à notre égard.

    L’oppression des femmes en tant que classe repose sur deux construits reliés : la capacité de reproduction et la capacité sexuelle. Le genre est créé pour accorder aux hommes le contrôle du travail reproductif et sexuel des femmes pour que les hommes puissent profiter de ce travail, qu’il soit effectué à la maison, dans les espaces publics ou via la procréation et l’éducation des enfants. Ou, pour reprendre les mots de Gerda Lerner dans The Creation of Patriarchy (Oxford University Press, 1986), la marchandisation des capacités sexuelles et reproductives des femmes est ce qui a fondé la création de la propriété privée et d’une société de classes. Sans la matière première exploitée du travail des femmes, on n’assisterait pas à la hiérarchie inégale de pouvoir entre les hommes et les femmes qui s’est avérée fondamentale à la création et au maintien du patriarcat capitaliste.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://elegantgatheringofwhitesnows.com/?p=2895
    Autrice, militante, analyste médiatique et éditrice, Louise Pennington tient un blogue au http://elegantgatheringofwhitesnows.com et collabore à http://everydayvictimblaming.com
    #féminisme_radical #essentialisme #reproduction #exploitation #violences_masculines

  • #Claire_Heuchen : Prendre les problèmes à la racine : à propos des jeunes femmes et du féminisme radical
    http://tradfem.wordpress.com/2017/05/04/prendre-les-problemes-a-la-racine-a-propos-des-jeunes-femmes-et-d

    Brève présentation : un certain nombre de jeunes femmes ont communiqué avec moi depuis un an en me demandant ce à quoi ressemblait le fait d’être ouvertement radicale au sujet de mon féminisme. Voir des jeunes femmes se rallier au féminisme radical me rend optimiste pour l’avenir. Mais que celles-ci aient peur de manifester publiquement un féminisme radical est tout à fait inquiétant. Voilà pourquoi cet article est dédié à l’ensemble des jeunes femmes assez audacieuses pour poser des questions et contester les réponses reçues.

    Pourquoi le féminisme radical est-il attaqué à ce point ?

    Le féminisme radical n’a pas bonne presse. Ce n’est pas exactement un secret : l’affirmation ignoble de l’idéologue de droite Pat Robertson selon laquelle l’agenda féministe « …encourage les femmes à quitter leur mari, assassiner leurs enfants, pratiquer la sorcellerie, détruire le capitalisme et devenir lesbiennes » a donné le ton aux échanges généraux à propos du féminisme radical. Si le point de vue de Robertson sur notre féminisme frôle la parodie, sa misogynie, agrémentée d’une lesbophobie flagrante, a également servi à discréditer le féminisme radical comme suspect.

    En effet, si le féminisme radical peut être rejeté comme un complot sinistre ou ciblé comme une simple blague, cela évite à la société de répondre à une foule de questions difficiles à propos de sa structure patriarcale. Il en résulte que le pouvoir n’a pas à être redistribué, ce qui permet de bloquer toute remise en question ennuyeuse pour les membres des classes oppresseures. La diabolisation du féminisme radical est un moyen très efficace d’entraver tout changement politique important, de maintenir le statu quo. Il est donc prévisible que la droite conservatrice s’oppose au féminisme radical.

    Ce qui est souvent plus difficile à prévoir, ce sont les propos venimeux adressés au féminisme radical par la gauche progressiste, dont on s’attend à ce qu’elle soutienne une politique de justice sociale. L’atteinte de cette justice par les femmes appelle notre libération du patriarcat, y compris celle des contraintes du genre, qui est à la fois une cause et une conséquence de la domination masculine. Mais quand on se penche sur les raisons de l’hostilité de la gauche, elle devient tristement prévisible.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://sisteroutrider.wordpress.com/2017/05/02/grasping-things-at-the-root-on-young-women-radical-feminis

    #féminisme_radical #gauche #insultes #misogynie

  • #Samantha_Berg : De l’importance du langage dans l’univers de l’identité de genre (une allocution)
    http://tradfem.wordpress.com/2017/04/24/de-limportance-du-langage-dans-lunivers-de-lidentite-de-genre

    Je suis linguiste de formation et j’ai passé 14 ans à organiser politiquement des féministes radicales contre la prostitution. Mon allocution va combiner ces compétences et examiner comment le nouveau vocabulaire du transgenrisme fonctionne pour effacer les femmes et supprimer la parole des femmes.

    (...)

    Même si j’ai eu des rapports d’amitié et de travail avec des personnes transgenres durant de nombreuses années à Portland – c’est là que j’habite, à Portland (Oregon) – c’est à travers la question de la prostitution que j’en suis venue à me pencher sur les éventuels risques de la politique transgenriste.

    Georgina Beyer a vécu en tant qu’homme blanc en Nouvelle-Zélande avant de transitionner à l’âge de 27 ans. Georgina s’était prostitué comme gay avant de remporter un siège au parlement néo-zélandais et de réclamer la légalisation de la prostitution. Lorsqu’a été adoptée en 2003 la loi légalisant la prostitution, aucune travailleuse du sexe ne siégeait au parlement néo-zélandais.

    Ce fait m’a conduite à apprendre que partout au monde, plusieurs organisations de « droits des travailleurs sexuels » comptent des transfemmes dans des postes de premier plan, et j’ai dû réfléchir beaucoup aux raisons pour lesquelles une catégorie démographique aussi restreinte parmi les prostituées bénéficiait d’une plate-forme médiatique aussi disproportionnée. Avec tout ce que je sais sur la façon dont la hiérarchie de genre fonctionne dans la prostitution, je ne pouvais plus ignorer l’augmentation des militants transgenres dont les voix marginalisaient celles des femmes à propos de lois concernant presque exclusivement la vie des femmes.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://www.youtube.com/watch?time_continue=13&v=hkKI5tz_XmM

    #travail_du_sexe #prostitution #transactiviste #féminisme_radical #capitalisme #misogynie

    • Parler de cisfemme confère aux femmes un pouvoir qu’elles n’ont pas. Bien qu’il soit vrai que les personnes trans souffrent d’énormes discriminations, il ne s’ensuit pas logiquement qu’être une cisfemme constitue un privilège. Dans notre monde misogyne, être une femme signifie encourir de la discrimination et du manque de respect dans presque toutes les interactions sociales. Être perçue comme une femme ne fournit donc pas d’avantages, de ressources ou de pouvoir au départ.

      En outre, il est faux d’affirmer que quiconque n’est pas transgenre est cisgenre. L’exemple le plus évident est celui des lesbiennes. Celles-ci ne se conforment certainement aux attentes sociales à l’égard des femmes lorsqu’elles aiment romantiquement d’autres femmes. Il est facile de songer à beaucoup d’autres exemples.

      « Avoir des privilèges » ça veut rien dire en soi : on a des privilèges par rapport à d’autres. Or l’avis de celleux qui utilisent « cis » c’est justement que les femmes cis ont certains privilèges par rapport aux personnes qui se pensent socialement comme femmes (et qui peuvent être reconnus comme femme par le regard des autres) mais qui sont nées avec un pénis.

      Ce n’est pas « être perçu comme femme » qui fournit des avantages en soi, c’est bien : « être perçue comme femme en étant née avec un vagin », donne des avantages par rapport à « être perçue comme femme sans être née avec un vagin ».

      Enfin c’est comme ça que je l’avais compris pour l’instant.

    • Maintenant c’est un privilège d’etre née avec un vagin par rapport aux personnes nées sans vagin.... On arrete pas le progrès.
      A la naissance on n’est pas cis ou trans et il n’y a pas de privilège à naitre avec un vagin. Le genre c’est pas un truc génétique qu’on choppe à la naissance. C’est une construction sociale. Faire comme si toutes les femmes trans avaient le meme vecu est vraiment domageable, aux femmes trans comme aux femmes. Il y a des trans qui se découvrent trans après une longue vie de macho à profiter de leurs privilèges sans aucun soucis, il y a des trans qui ne sont femmes que certaines heurs de la journée et il y a des femmes trans parfaitement misogynes, il y a des trans qui se disent trans tout en gardant l’intégralité des codes de la virilité. L’exemple donné dans l’article de « Fish Food » est tout de même sévèrement méprisant pour les femmes à vagin de naissance. Que les femmes trans disent que les femmes cis sentent le poisson de la chatte c’est tellement un privilège pour les femmes cis ! Heureusement qu’on a les femmes trans pour nous rappeler nos privilèges de morues.

      Ces femmes trans, qui se disent trans-féministes ne sont pas animées par une solidarité avec les femmes. Prétendre qu’il y a un privilège à subir l’oppression masculine c’est une grave erreur. Etre une femme c’est se prendre la domination masculine dans le face et rien d’autre, c’est pas être maquillé, douce, ou aimer tortiller du cul dans des vetements sexy. Ce que disent ces trans-femmes (qui ne sont pas toutes les trans-femmes, j’imagine qu’une bonne partie d’entre elles ne partage pas ces revendications et ce mépris pour l’odeur de nos vagins) est une négation de ce qu’est le sexisme. Et pendant que ces trans-femmes militent contre les femmes qui puent le poisson de la chatte, les hommes ont leurs privilèges renforcés par les revendication de ces femmes qui ne puent pas le poisson. Ils peuvent prétendre qu’ils se sentent trans pour privé les femmes des espaces qui leurs sont reservés (prisons, vestiaires, toilettes, espaces féministes non-mixtes sont compormis) , et cela sans qu’on puisse rien dire puisque rien ne permet de dire qui est femme à part peut être l’odeur poissonnière. Ils bénéficient d’un soutiens à leur pratique de prostitueurs (ce qui est nuisible aux femmes, principales victimes de la prostitution), ils peuvent jouer avec les clichés misogynes dans des mises en scènes stéréotypés de la féminité (les spectacles transformistes sont généralement un sommet de male-gaze et enfilade de clichés sexistes). Tous ces problèmes que les femmes-trans causent aux femmes qui puent la marée basse sont interdit de discussion, si on les évoque on est des TERF et des SWERF.

      Les trans-femmes entretiennent en plus la confusion entre les différentes formes de transgenrisme, transsexualité, transformisme sans qu’on ai rien à en dire. Un mec à grosse barbe et costume trois pièce peut parfaitement se déclaré trans-femme et aller dans les lieux réservé aux femmes sans que les femmes n’aient rien à redire car c’est la personne concernée qui décide selon son bon vouloir. C’est tout ce que les trans-femmes ont apporté au féminisme. Et l’autre apport de ces trans-femmes c’est une négation de l’oppression que subissent les femmes, une négation de la domination masculine, une négation de la différence de valence des sexes (cf F.Héritier), une négation du sexage et en fait une négation du féminisme dans ses fondement les plus profonds.

      Il n’y a pas de privilège à être une pue-le-poisson.

      Les vécus des femmes trans sont très variés et leur renoncement aux privilèges masculin et à la socialisation masculine sont très variés aussi. Le trans-genrisme est un parcours individuel, il doit être examiné au cas par cas, en tout cas on devrait avoir le droit de s’interroger là dessus, ce qui n’est pas le cas actuellement. C’est pas possible de faire comme si les trans étaient toutes identiques avec toutes les mêmes besoin et toutes le même accès aux luttes féministes, aux espaces non mixtes. C’est nuisible aux femme et a certaines femmes trans qui peuvent ne pas vouloir se doucher avec toute personne qui s’auto proclame femme. Les femmes trans refusent de réfléchir aux aventages que leurs revendication donne à l’oppression masculine. Donner un accès libre aux espaces féminins à toute personne qui se sent femme c’est un problème grave et aujourd’hui les trans-femme nous interdisent d’en discuter (les exemples commencent à être nombreux, insultes de TERF, SWERF, agressions physique, destruction d’ouvrages féministes, annulation d’assemblées féministes, menaces, divulgation d’adresses et coordonnées de militantes, culpabilisation des militantes abolitionnistes pour les violences perpétré par les prostitueurs ...). En face les femmes cis ne font pas fermé les espaces trans-féministes, ne menacent pas, ne divulgent pas les adresses avec appel au viol ou ce genre de choses. Pendant ce temps les hommes tuent les femmes, trans et cis et ceux là les trans-femme leur aménage le marché prostitutionnel, leur facilite l’accès à des lieux d’agressions sexuelles, et vident la lutte contre leur domination de toute substance en faisant croire qu’il y a une privilège à être née avec un vagin.
      Je veux bien accepté certaines femmes trans dans les espaces non-mixtes féminins, et j’avoue ne pas savoir du tout comment et sur quels critères faire ces acceptations. Mais certainement pas uniquement celui du ressenti de la personne. J’ai assez connu de pervers et de misogynes pour savoir que ceux là utiliserons ce critère pour agressé les femmes dans les rares endroits qu’elles se sont aménagés et ca je ne suis pas prête à le laisser faire pour quelques femmes trans.

      Enfin je ne conteste pas le droit des femmes trans à se réunir entre femmes trans en non-cis-mixité pour discuter de leurs problèmes spécifiques, mais de l’autre coté je pense que les femmes cis doivent pouvoir profiter aussi de non-trans-mixité sur certains sujets spécifiques tel que la contraception féminine, l’IVG, les règles par exemple sans avoir à se faire infligé des « trou avant » ou des « personnes accouchantes ».

    • Ah mais je suis d’accord avec tout ça.

      Je dis juste que je ce que j’avais cru comprendre, c’est que les personnes qui utilisent « cis » ne disent pas que les femmes ont des privilèges à la naissance (comme tu le redis là alors que justement mon commentaire était de dire que ce n’est pas ce qu’elles disent), mais que une fois adulte, et une fois trans, une personne femme trans, a des difficultés sociales qu’une femme cis n’a pas (pour le dire dans l’autre sens), dans le travail, la rue, etc.

      Mais après il faut préciser, vu que comme tu le rappelles, il y a plein de type de femmes trans (où plus précisément qui s’auto-disent femmes trans).

      Je suis plutôt de l’avis, comme déjà dit dans d’autres discussions avec Aude, toi, d’autres, qu’on peut se dire femme non pas soi-même mais si on est reconnu majoritairement par les autres, par la société, en tant que femmes… et que du coup on en subit toutes les conséquences. :(
      (Mais pour ces cas là, de femmes trans qui en subissent toutes les conséquences car bien prises par les autres en tant que femmes, possible qu’elles aient en plus d’autres difficultés qui s’ajoutent en tant que trans, pour le travail, leur carte d’identité, etc, que n’ont pas les femmes cis…)

    • @rastapopoulos c’est pas contre toi que je m’agace. Les féministes parlent entre autre des privilège dont on bénéficé les femmes trans avant d’être reconnu comme femme. En tant que trans-femme on profite de ce passif, plus ou moins selon les trans-femmes mais on ne peu certainement pas évacué ca comme les font les activistes trans actuellement. Les féministes disent aussi que si les femmes trans ont bien des discriminations spécifiques, les femmes non trans en ont aussi du fait d’être femmes. Des discrimination que ne vivent pas les femmes trans, discrimination sur la contraception, l’IVG, la socialisation féminine depuis l’enfance, les règles, la ménopause... Et qu’on va pas faire un concours de la plus discriminé, ca depend des femmes et ca dépend des femmes trans, ca dépend des contextes et des moments de la vie.
      Les féministes généralement ne dénient pas aux femmes trans de subir des discriminations spécifiques mais elles entendent pouvoir encore lutter pour toutes les femmes même celles qui ont le « privilège » de puer le poisson par leur trou avant. Les féministes luttent contre la discrimination masculine, les trans-féministe que j’entends luttent contre les féministes et contre les femmes et au bénéfice des hommes et de leur domination.

      @aude_v merci pour tes compliments :) Je suis contente de savoir que mes emportements te font plaisir. Le truc de « Fish Food » me blesse particulièrement parce que les amis gay et trans de mon père me gratifiaient de ce genre de « compliments » quand j’avais 11-12 ans et ca me fait encore mal quant j’y pense. Découvrir que cette insulte misogyne fait partie de l’argot ordinaire des trans me met en colère.

    • Oui je vois mieux la différence entre « juste » avoir des difficultés/des discriminations (et on ne va pas faire de concours, il n’y a pas d’échelle objective), et le fait d’avoir des privilèges sur une autre classe ("avoir des privilèges" tout court n’existant pas, on a des privilèges sur d’autres personnes). Cette dernière ayant alors des difficultés/discriminations parce que la classe privilégiée a ces privilèges (causalité un peu dans les deux sens).

    • Vers 7:30, il y a une diapo avec des symboles représentant toute une diversité de genres.
      C’est pas pour faire mon naturaliste (pratique très courante chez les pro binarité), plus une curiosité dont je ne trouve pas la réponse sur Wikipédia (trop technique sûrement).
      Dans un musée d’histoire nat., j’avais été surpris de voir d’autres symboles que mâle et femelle pour des oiseaux, il y avait ROND, ROND POINTÉ, DEMI ROND, DOUBLE DEMI ROND.
      Je n’ai jamais su à quoi ça correspondait.

    • Intrigué par le titre (et eu envie de dérouler jusqu’à n’importe quel autre sujet que le président du dernier des quinquennats)
      http://www.lemonde.fr/m-perso/article/2017/05/14/ce-que-l-hygiene-sexuelle-dit-de-notre-societe_5127431_4497916.html

      En 2015, l’actrice Gwyneth Paltrow invitait sur son site personnel les lectrices à bénéficier d’un soin en spa bien spécial, consistant à s’asseoir sur un « mini-trône » libérant de la vapeur infrarouge.

      En attendant que nos vagins toxiques soient interdits à l’embarquement des aéroports, la vaporisation vaginale est toujours d’actualité.

      Argumentaire publicitaire
      La manière dont nous lavons notre linge sale est privée, celle dont nous lavons nos parties intimes relève de la santé et de la moralité publiques – peur des maladies, de la contagion, peur aussi de n’être jamais suffisamment propres, donc socialisables. Si les racines de l’association entre sexe et crasse remontent à la nuit des temps, elles n’en gardent pas moins un impact culturel, symbolique, marketing d’une modernité sans failles. Dites-moi comment vous lavez votre sexe, je vous dirai dans quelle société vous vivez.

    • @aude_v . je ne comprends pas votre « vos posts sont facilement doublonnés ». Est-ce possible de clarifier svp ?
      Nos post doivent être en « http » au lieu de « https », cela amène-t-il des difficultés ?

    • Votre site réalise bien la conversion http>https automatiquement, le souci n’est pas là.
      Par contre, la création de vos posts sur SeenThis se réalise avec l’URL en http, et non en https. J’ignore s’il s’agit d’un fil RSS ou d’une création manuelle. Mais il conviendrait, afin d’éviter les doublonnements des références à vos articles, que dans vos posts, l’URL soit en http.

  • #Meghan_Murphy : Le projet de loi C-16 présente de graves problèmes auxquels n’ont pas encore réfléchi la plupart des Canadiennes et des Canadiens.
    http://tradfem.wordpress.com/2017/03/03/le-projet-de-loi-c-16-presente-de-graves-problemes-auxquels-nont-

    Mercredi le 18 octobre dernier, la Chambre des communes a voté par une marge de 248 à 40 pour adopter le projet de loi C-16 en deuxième lecture. Si ce projet est adopté au Sénat (qui se penche présentement sur lui), la Loi canadienne sur les droits de la personne et le Code criminel seront modifiés pour ajouter l’identité de genre et l’expression de genre à la liste des motifs de distinction illicite en loi. Ce développement semble à première vue très positif, mais certaines questions clés sont passées sous silence alors que des lois et des politiques sur l’identité de genre sont rapidement mises en place un peu partout au Canada.

    Bien que les médias aient présenté le débat sur l’identité de genre comme un affrontement entre des positions de gauche et de droite, une perspective clé manque à cette conversation : le point de vue féministe.

    Prévenir la discrimination est une chose que la plupart d’entre nous veulent appuyer, mais incorporer des notions d’« identité de genre » et d’« expression de genre » dans la législation canadienne n’est pas nécessairement une mesure progressiste. Dans notre désir de faire preuve d’ouverture et d’inclusion, nous n’avons pas réfléchi à la façon dont cette mesure met en danger les protections basées sur le sexe qui sont actuellement consenties aux femmes et aux filles.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://www.nationalobserver.com/2016/10/25/opinion/opinion-bill-c-16-flawed-ways-most-canadians-have-not-considered

    Meghan Murphy est écrivaine et journaliste indépendante, secrétaire de rédaction du soir pour le site rabble.ca, et fondatrice et directrice du site Feminist Current. Elle a obtenu une maîtrise au département d’Études sur les femmes, le genre et la sexualité de l’Université Simon Fraser en 2012. Elle travaille actuellement à un livre qui invite à un retour vers un féminisme plus radical, rappelant la deuxième vague et ancré dans la sororité.

    Meghan a commencé sa carrière radiophonique en 2007, dans une caravane installée au milieu d’un champ de moutons. Son émission s’appelait « The F Word » et était diffusée à partir d’une toute petite île au large des côtes de la Colombie-Britannique. Elle a pleinement profité de la liberté que lui laissait cette radio pirate : buvant de la bière à l’antenne, lisant des passages d’Andrea Dworkin, et passant du Biggie Smalls. Elle est revenue à Vancouver, où elle a rejoint l’émission de radio nommée, coïncidence, elle aussi « The F Word », qu’elle a produite et animée jusqu’en 2012.
    #feminist_current #féminisme_radical

  • Communiqué de la #Plataforma_Anti_Patriarcado : Féminisme radical vs. transféminisme.
    http://tradfem.wordpress.com/2017/02/26/feminisme-radical-vs-transfeminisme-communique-de-la-plataforma-a

    Nous sommes tout à fait habituées à voir défiler sur notre page des gens qui nous traitent de tous les noms parce que nous ne défendons ni la prostitution ni la pornographie, car nous les concevons comme nuisibles pour toutes les femmes, de par la violence et l’idéologie de subordination qu’elles comportent. Les adjectifs utilisés pour nous décrire vont de “puritaines” ou “prudes” jusqu’à “putophobes”, en passant par l’accusation d’être la cause de la violence dont souffrent les femmes qui exercent la prostitution (nous clarifions ici que, si nous devions nous définir, ce serait plutôt comme prostitueur-phobes, proxénètophobes ou patriarcaphobes). Malheureusement, nous sommes extrêmement habituées à cela et aux interventions des machistes de service.

    En plus de cela s’ajoute le fait que, au début de l’année dernière, nous avons commencé à subir le mot “TERF” comme insulte chaque fois que nous disions être des féministes radicales. Comme cela s’est produit plus d’une fois, nous avons vérifié le sens de ce mot sur Internet. TERF veut dire : “Trans exclusionary radical feminists” (soit, “Féministes radicales excluant les trans”). Nous avons été surprises de nous voir désignées comme TERF avant même de nous être prononcées sur le féminisme et les personnes trans. C’est-à-dire, nous ne comprenions pas pourquoi des gens pensaient ou étaient sûr.e.s de notre exclusion des personnes trans du féminisme alors qu’il y a de nombreuses personnes trans qui sont des féministes radicales. En vérité, cela nous a laissées très perplexes.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://plataformaantipatriarcado.wordpress.com/2017/02/12/feminismo-radical-vs-transfeminismo-comunicado-
    #Transféminisme #Espagne #Féminisme_radical

  • #Claire_Heuchen : Lezbehonest (Parlons franchement) à propos de l’effacement des femmes lesbiennes par la politique queer
    http://tradfem.wordpress.com/2017/02/23/lezbehonest-parlons-franchement-a-propos-de-leffacement-des-femme

    « Lesbienne » est à nouveau une catégorie contestée. La définition la plus littérale de la lesbienne – une femme homosexuelle – est sujette à une nouvelle controverse. Cette lesbophobie ne provient pas des conservateurs sociaux, mais se manifeste au sein de la communauté LGBT+, où les femmes lesbiennes sont de plus en plus diabolisées comme intolérantes ou rejetées comme une blague éculée en raison de notre sexualité.

    Dans le contexte postmoderne de la politique queer, les femmes dont l’attraction s’adresse strictement au même sexe sont présentées comme un archaïsme. Sans surprise, les désirs des hommes gais ne sont pas policés avec une fraction de la même rigueur : dans un contexte queer, les hommes sont encouragés à prioriser leur propre plaisir, alors que les femmes continuent à subir l’attente que nous accommodions les autres. Loin de subvertir les attentes patriarcales, la politique queer répète ces normes en perpétuant les rôles normatifs du genre. Ce n’est pas une coïncidence que les femmes lesbiennes essuient la plus grande part de l’hostilité queer.

    En même temps que la généralisation du fascisme et la normalisation de la suprématie blanche, ces dernières années ont donné voie à une avalanche de sentiment anti-lesbien. Des interventions médiatiques hypothétiquement adressées aux lesbiennes et écrites par elles nous informent que nous sommes une espèce en voie d’extinction. Des ressources féministes se demandent si nous avons même besoin du mot lesbiennes, des textes d’opinion affirment que la culture lesbienne est éteinte, d’autres lancent à la légère que le mot lesbienne « ressemble à une maladie rare », et certains commentaires vont jusqu’à soutenir que la sexualité lesbienne est une relique du passé dans notre meilleur des mondes sexuellement fluide : tous ces écrits positionnent délibérément la sexualité lesbienne comme démodée. Ils encouragent activement le rejet de l’identité lesbienne en confirmant l’impression que la lectrice se verra comme quelqu’un de moderne et de progressiste si elle est prête à rejeter cette identification. Tout comme le patriarcat récompense la « fille cool » pour s’écarter des idéaux féministes, la politique queer récompense la lesbienne qui s’associe à n’importe quelle autre étiquette.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://sisteroutrider.wordpress.com/2017/02/22/lezbehonest-about-queer-politics-erasing-lesbian-women

    #Sisteroutrider #Lesbienne #queer #féminisme_radical #Audre_Lorde #LGBT+

  • #ERNESTO_AGUILAR : Un nouveau livre, The End of Patriarchy : Radical Feminism for Men , force les progressistes et la gauche à rendre des comptes aux femmes
    http://tradfem.wordpress.com/2017/01/06/un-nouveau-livre-the-end-of-patriarchy-radical-feminism-for-men-f

    Aujourd’hui éloignées dans le rétroviseur, les années (de Bill) Clinton ressemblent à un tournant pour la stratégie contemporaine des mouvements sociaux. À partir de cette génération de jeunes, la politique progressiste a été reformulée pour sembler plus « inclusive », sans toutefois résoudre certaines contradictions, au milieu d’une succession de pertes subies par la Maison Blanche. Cela a fonctionné, mais peut-être trop bien. Le pays conclut aujourd’hui huit ans d’une première présidence afro-américaine, avec une politique d’évitement des enjeux raciaux et de lourdes interventions militaires à l’étranger aussi bien que de déportations au pays. Et, comme le fait remarquer Jodi Dean dans The Communist Horizon, des idées comme la diversité et le dialogue font maintenant partie de la culture d’entreprise internationale. C’est un changement. Est-ce une victoire ? Le verdict à ce titre demeure ambigu.

    Il est impossible de lire le livre de #Robert_Jensen, The End of Patriarchy , sans tenir compte de cette incohérence politique. Désireux de présenter le féminisme radical aux hommes et au mouvement progressiste plus large, qui y sont souvent opposés (comme d’ailleurs le mouvement féministe général et les études de genre), Jensen rame à contre-courant d’une tendance vieille de 30 ans. En effet, dans son aspiration à simplifier à l’extrême son message, la politique de gauche, qu’elle soit modérée ou orthodoxe, a rejeté le féminisme radical au profit de toutes sortes de concepts à la mode et de postures affichées sur des médiaux sociaux comme Tumblr, pour faire aujourd’hui des choix individuels l’enjeu primordial. Néanmoins, Jensen, en progressiste de longue date dont les vues sur la justice raciale et de genre lui ont mis à dos une foule de gens, allant des anarchistes à l’extrême-droite, continue de soulever des questions complexes auxquelles le gauchisme n’a pas de réponse claire, même une génération et demie après les années Clinton.

    Une partie de l’inconsistance du libéralisme a sans doute été d’assujettir les notions naissantes de choix et d’identité à un libertarisme radical qui s’avère subjectif à l’extrême, voire destructeur.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://www.feministcurrent.com/2017/01/02/end-patriarchy-radical-feminism-men-forces-liberals-left-towards-ac

    L’auteur de cette recension, Ernesto Aguilar, est écrivain et producteur de médias communautaires .
    #Gauche #féminisme_radical #proféministe #libéralisme

  • Meghan Murphy : Définir le féminisme. Voici pourquoi il nous faut être radicales dans notre mouvement

    https://tradfem.wordpress.com/2016/03/27/meghan-murphy-definir-le-feminisme-voici-pourquoi-il-nous-faut-et

    Alors que, par le passé, notre lutte contre la domination masculine et pour la libération des femmes signifiait quelque chose de radical, et donc d’inquiétant pour les partisan.e.s du statu quo, les dernières décennies ont instauré une approche clairement axée sur le confort personnel. Le féminisme n’a pas échappé à une culture consumériste néolibérale qui offre des ouvrages de développement personnel et des mantras positifs comme solutions aux problèmes sociaux et présente le « choix » individuel comme la quintessence de la liberté. Ce qui était autrefois une lutte de classes, un combat pour les droits collectifs des femmes et pour mettre fin au système d’oppression patriarcal, et assurément une lutte politique, est devenu un hashtag, un selfie, un fond d’écran, un argument de vente, un buzzword. N’importe qui peut lancer aujourd’hui : « Oui ! Je suis féministe ! » et récolter des applaudissements, sans vraiment comprendre ce que cela devrait signifier. [...]

    Il existe d’innombrables façons de forcer des femmes à accepter le statu quo, que ce soit en privé ou en public, mais c’est la première fois qu’on le fait au nom du « féminisme ». [...]

    La généralisation et la popularisation du féminisme – un objectif que bien des femmes ont pu espérer voir réalisé un jour – ont participé à son érosion. Car si le féminisme peut être n’importe quoi et que tout le monde peut se dire féministe, ce concept a-t-il encore vraiment un sens ? Sans une définition réellement radicale et sans objectifs convenus collectivement, il n’est pas surprenant que des hommes comme Hugh Hefner, l’ex-PDG de Playboy, aient pu prétendre avoir « été féministe avant qu’il existe une telle chose que le féminisme ».

    Traduction : Tradfem
    Original : http://i-d.vice.com/en_gb/article/defining-the-f-word-why-we-need-to-be-radical-with-feminism

    #Meghan_Murphy est écrivaine et journaliste indépendante, secrétaire de rédaction du soir pour le site rabble.ca, et fondatrice et directrice du site Feminist Current. Elle travaille actuellement à un livre qui invite à un retour vers un féminisme plus radical, rappelant la deuxième vague et ancré dans la sororité. Vous pouvez la suivre sur Twitter : https://twitter.com/MeghanEMurphy


    #féminisme_radical #tradfem

  • John Stoltenberg : Vivre avec Andrea

    https://tradfem.wordpress.com/2015/12/22/john-stoltenberg-vivre-avec-andrea

    J’avais 29 ans, au printemps 1974, lorsque, quittant à Greenwich Village une lecture de poésie devenue lourde de misogynie (une soirée de soutien à la War Resisters League, en plus !), j’ai croisé sur le trottoir Andrea, qui avait alors 27 ans. Elle avait quitté la salle pour la même raison. Nous avons commencé à parler, puis à aller au fond des choses – et notre conversation dure encore.

    Andrea et moi avions déjà été présentés par un ami commun, metteur en scène, lors d’un meeting d’une nouvelle organisation, la Gay Academic Union. Sa première impression de moi – elle me l’a dit – était que j’avais l’air d’un blondinet des plages, traînard et pas très futé. Nous n’étions pas vraiment assortis.

    Traduction : Tradfem
    Original : http://www.nostatusquo.com/ACLU/dworkin/LivingWithAndrea.html (1994)

    #John_Stoltenberg est l’auteur de Refuser d’être un homme – pour en finir avec la virilité (Éd. Syllepse et M Éditeur, 2013 - http://www.syllepse.net/lng_FR_srub_62_iprod_567-refuser-d-etre-un-homme.html) et Peut-on être un homme sans faire le mâle ? (Éd. de l’Homme, 1995).

    #Andrea_Dworkin #féminisme_radical #proféminisme #tradfem

    • Andrea m’a beaucoup appris sur la signification de posséder un chez-soi. Elle parle souvent et avec éloquence des femmes qui se sentent sans abri ou qui risquent de le devenir faute du salaire d’un homme, ou parce qu’un amant ou un mari les violentent, ou parce qu’il ne semble pas exister d’autre choix que l’échange de sexe contre un endroit où dormir. J’en suis venu à comprendre qu’un chez-soi signifie pour Andrea une chose à laquelle aspirent bien des femmes, mais qu’elles peuvent rarement prendre pour acquis.

      J’ai grandi sans jamais avoir à penser à un domicile de cette façon. Je peux facilement m’endormir quand je suis fatigué (je n’ai pas les souvenirs d’Andrea, qui a tremblé sous le porche d’un magasin de centre-ville, un couteau à côté de son sac de couchage pour repousser tout intrus). Je peux généralement dormir confortablement toute la nuit, sauf pour aller pisser, et sans mauvais rêves (je n’ai pas les cauchemars propres à Andrea d’être brutalement réveillée par un agresseur qui rentre ivre à la maison avec ses exigences). Vivre avec Andrea m’a appris par dessus tout que le monde dans lequel j’ai grandi et vis, en tant qu’homme, est un monde qui n’est qu’un rêve pour la plupart des femmes. C’est pourquoi le chez-soi doit être le lieu où ce rêve devient réalité.

      […]

      Au fil du temps, ce chez-soi fut sept endroits différents, dont un appartement à Northampton, dans le Massachusetts, où nous survivions de coupons alimentaires ; un abri plein de moisissures sur une île infestée de moustiques dans les Keys de Floride ; et un trou à rats étouffant dans le Lower East Side de Manhattan. Nous avons maintenant la chance de posséder notre propre maison de style victorien à Brooklyn, pleine de couleurs chaudes, de boiseries et de murs entiers de livres. Nous vivons ici un bonheur presque parfait – en partie parce que c’est notre port douillet contre la tempête, mais aussi parce qu’Andrea et moi avons des rythmes d’écriture complètement différents : elle dort le jour et travaille toute la nuit, avec pour compagnie une théière et nos chats. Je travaille mieux tôt le matin, de tasse de café en tasse de café, après une bonne nuit de sommeil. Nous avons trouvé la maison parfaitement adaptée à notre rythme syncopé : travail, sommeil, repas ensemble, toujours plus de conversation.

      cc @chezsoi

  • Penny White : Pourquoi j’ai cessé de détester les « TERFs »

    https://tradfem.wordpress.com/2015/12/19/pourquoi-jai-cesse-de-detester-les-terfs

    Personnellement, ça ne me coûte rien de reconnaître la féminité des transfemmes. C’est un moyen facile et économique de me sentir moralement supérieure et politiquement intègre (et je soupçonne que c’est la raison pour laquelle cette attitude est si populaire dans les milieux féministes libéraux). Heureusement pour moi, être trans-inclusive et féministe radicale est parfaitement cohérent au plan historique. Andrea Dworkin, l’une des éminentes mères fondatrices du féminisme radical, a non seulement accepté les personnes transgenres (qu’on appelait « transsexuelles » au début des années 70), mais a plaidé pour leur accès gratuit à des chirurgies et des traitements hormonaux.
    [...]
    J’accueille donc mes sœurs transgenres et je refuse de les rejeter. Mais je ne rejetterai pas pour autant celles de mes sœurs qu’on qualifie de « trans-exclusives ». J’écouterai leur point de vue avec respect. Je militerai avec elles pour démanteler la misogynie systémique et je lutterai pour libérer les femmes de notre statut, apparemment éternel, de sous-hommes. Et si les transfemmes sont avisées, elles en feront de même.

    Traduction française : Tradfem
    Article original : http://www.feministcurrent.com/2015/11/10/why-i-no-longer-hate-terfs

    #Penny_White est une féministe radicale, écrivaine indépendante qui vit à San Francisco. Elle a un diplôme de master en psychologie, avec spécialisation sur le trauma sexuel dans l’enfance ; elle a travaillé pendant une dizaine d’années comme assistante sociale et paire conseillère pour des personnes avec un handicap mental vivant dans la pauvreté. Penny est actuellement bénévole au Projet Gubbio à San Francisco, qui aide des personnes de tous âges et capacités se trouvant sans logement. Suivez la sur Twitter https://twitter.com/kindsoftheart.

    #terf #féminisme_radical #feminist_current #tradfem

    • A midi, la Cheffe du resto vient nous prendre les assiettes, avec sa veste blanche avec son nom brodé. Je dis « bonjour madame », elle me reprend « bonjour mademoiselle », je lui fais part de mon étonnement, « les féministes ont obtenu qu’on utilise de madame » et là, elle répond « les féministes parfois... » avec moue de réprobation. Je coupe court d’un « votre plat était parfait ». S’en suivent des échanges sur le choix du dessert, et elle repart en insistant sur le mademoiselle (et en insistant aussi sur le fait que tout est fait maison, parce que j’ai eu l’air soupçonneux en insistant que je voulais un dessert maison (oui je suis chiant, je sais)).

      Tout cela pour dire que oui, la façon de traiter de ces sujets est sacrément clivante... et pas toujours avec ceux que l’on imagine...

    • On ne parle pas de la même chose, désolé de m’incruster en quelque sorte, mais pour mon sujet là, la nana qui est contente de me contredire en insistant sur le mademoiselle, j’ai la sensation qu’il s’agit de ce que tu dis : l’identité sociale. L’identité. Le féminisme des « madame » et du « poil aux pattes », c’est le féminisme qui est ressenti, j’ai l’impression, comme une façon de nier l’identité « féminine ». D’où les rejets parfois violents, comme on l’observe sur ce post là, où une femme raconte les commentaires navrants que son texte sur sa volonté de ne plus s’épiler a pu produire et sur ce que cela révèle sur l’état du féminisme... ou de la société... ou de combien le féminisme parfois peut se heurter à l’identité « féminine ». Bref, y-a un truc là dessus à creuser j’ai l’impression.

  • Forum anarchiste • Contre la #censure et l’intimidation dans les espaces d’expression libertaire
    http://forum.anarchiste.free.fr/viewtopic.php?f=44&p=159549

    et voici une #pétition d’“anarchiste”s qui annonce de futurs cassages de gueule des hystéro-féministes qui osent perturber les picnics “carnés” où interviennent Escudero et consorts

    tradition stalinienne (...) doit être expulsé sans ménagement (...) supplétifs de la police de la pensée

    (qui parle d’intimidation ?)

    • Ah, ces utopiques « espaces de discussion libertaire », situés en dehors de la société !

      Qui a déjà vu comment la sordide réalité vécue s’arrête subjuguée sur le seuil de ces lieux ineffables, où seuls entrent de purs esprits épris de totale liberté et dévoués au pur débadidées, ne peut qu’applaudir des deux mains l’initiative courageuse de cette pétition, avant de la signer de l’une, et de retrousser ses manches de l’autre pour être en mesure d’assumer aussitôt sa part de contribution à la police-contre-la-police-de-la-pensée (celle qui ose demander à des auteurs « libertaires » de rendre compte de ce qu’ils écrivent, et à des éditeurs « libertaires », de ce qu’ils éditent !), et aux futures expulsions sans ménagement des trouble-fête et autre gâcheurs de communion entre plus libres-que-nous-tu-meurs !

      Si la liste des provocateurs qui signent cette « pétition » (me font penser à Val ou Fourest, à brailler « Au stal ! » "Au bien-pensant" ! comme eux braillaient « Au fasciste ! » sitôt que confronté au moindre chahut) est bougrement longue, une grande partie des boutiques où ils (pour l’essentiel, des hommes) officient est elle assez peu surprenante.

      Au fait, ils comptent en faire quoi, de leur pétition ? Nous la brandir sous le nez, en insistant sur le nombre de signatures et le douteux prestige de celleux qui les ont apposées ?

      #backlash
      #idéalisme
      #antiféminisme
      #débadidées
      #décomposition

    • Bof, la pétition est un moyen assez inutile même si sur le fond je suis plutôt d’accord avec son contenu.

      (qui parle d’intimidation ?)

      Quand on agit de manière violente, il faut peut-être s’attendre à une réponse non ? Je ne crois pas que les libertaires soient des apôtres de Jésus Christ. Je suis toujours fasciné par cette inconséquence propre à certains groupes activistes ("je balance ta viande dans le caniveau, et quoi tu veux me casser la gueule ? Fasciste !", « je t’empêche de causer dans un salon libertaire et tu veux me virer, salaud ! »).

    • http://www.mondialisme.org/spip.php?article2208

      Par contre, pour les avoir entendus crier dans leur mégaphone, je crains que les adversaires d’Escudero par leurs insultes destinées à l’auteur mais aussi à tous ceux et toutes celles qui voulaient empêcher son expulsion, leur refus de débattre et d’avancer des arguments et leur violence aient renforcé les thèses d’Escudero plutôt que contribué à faire avancer leur cause.

    • @alexcorp

      « Quand on agit de manière violente, il faut peut-être s’attendre à une réponse non ? »

      C’est un reproche qu’on peut adresser légitimement à tous les carnistes ... ou à l’auteur d’un pamphlet.

      Je ne suis pas fasciné par la triste conséquence des procédés de dominants, des procédés du Pouvoir, que Jarry énonçait ainsi dans Ubu roi, il y a quelques temps déjà :

      Ubu, à ses palotins :
      "Alors, voilà. Je tâcherai de lui marcher sur les pieds, il regimbera, alors je lui dirai : « Merdre », et à ce signal vous vous jetterez sur lui."

      Ce qu’illustrent nos pétitionnaires.

    • @Stéphane_Bortzmeyer

      Je tente un résumé sommaire de ce que j’ai pu voir de la première saison, à laquelle je me trouve avoir participé :

      premier épisode

      Ce printemps, la petite PME PMO a tenté une OPA sur la critique de la PMA et surfé sur le raffut de la MPT en envoyant encore (ce n’était pas le premier : il y a eu des épisodes pilotes) un e-Scud-héros sur les radfem et les LGBT. Avec la complicité du monde à l’envers , chez qui, comme chacun sait, « le frai est un moment du veau ». (l’auteur y expose dans un style enlevé son point de vue sur la reproduction, la nature, les artifices, la marchandise, et aussi les féministes technolâtres, les lesbiennes libérales et les homosexuels irresponsables et infantiles, les transexuels post modernes, et quelques autres monstres terrifiants.)

      deuxième épisode
      été 2014 : clameurs clairsemées de protestations féministes et LGBT. Silence de tout le reste.
      Promotion dans La décroissance et sur divers sites anti-industriels, qui trouvent ce livre vraiment très très bien, et même critiquement radical, que c’est ces salauds de bien pensants qui vont être véner.

      troisième épisode

      début d’automne
      Complaisances répétées du milieu éditorial libertaire ou radicalement critique : un bon pamphlet, ça fait toujours vendre du papier, ou du clic, (ou ça amène du monde au squatt ?)
      S’ensuit un regain de protestations et de colère. Production d’arguments, démontages en règles du propos et des excès comme de l’axe d’Alexis qui, vexé, fixe son regard ailleurs, et reste droit dans ses bottes. (Nombreuses traces d’affrontements visibles sur Seenthis.)
      Escudero publie avec PMO « La manif pour tous, c’est pas nous, en fait on est anti-industriels, nous, mais on vous aime pas quand même ». Ou quelque chose d’approchant.

      quatrième épisode
      Accueilli vertement par superféministe au salon de l’ivre libertaire (PMO a un ongle cassé et cent quarante deux jours d’ITT, Escudero, lui, aurait « entendu des gros mots » et « vu des femmes habillées en hommes », (ou l’inverse), qu’il cherche depuis pour leur expliquer qu’ils ne pourront pas avoir d’enfants), et par des critiques virulentes à plusieurs reprises, en d’autres lieux, PMO tient son buzz !
      Surenchérit dans l’approfondissement de sa critique radicalement libertaire et anti-industrielle : publie
      « Les féministes les lesbiennes et les homos et trans c’est rien que des tordus du cuir », ou « ceci n’est pas une femme », « Choppe haine, ovaire ! », etc.
      Symptômes d’intoxication sévère et délire hallucinatoires répétés. Syndrome de Gérard de Villiers. Depuis que la mairie y est écolo, la toxicité du bassin grenoblois semble s’aggraver.
      Début décembre, étripage sanglant dans les marges d’article 11 qui veut sa part de buzz. Après tout, ça ne fait que cinq mois que le livre est sorti, et ils n’ont pas encore eu le temps de le lire ni de penser à ce qu’ils y ont lu. Mieux vaut lui faire de la pub d’abord !
      Le combat fait rage. En quelques jours, on relève plus de 400 commentaires morts au champ d’honneur. Dont plusieurs trolls authentiques.
      ( Ecoeuré par une telle violence, Peter Jackson évoquera une annulation de la sortie de « La bataille des cinq armées »).

      cinquième épisode
      fin d’automne 2014
      incident marginal : Accroc entre moi-même et un auteur anti-industriel que j’interpelle quant à sa promotion aveugle de l’OPA qui a toujours cours.
      Heureusement, l’anti industriel s’avère équipé de ciseaux et d’une gomme, et nos échanges deviennent malencontreusement invisibles. (cette ficelle scénaristique est tout de même assez grossière, on sent l’essoufflement, du côté de la production)

      Coeur de l’action :

      Hiver 2014.
      PMO, bardé de ses certitudes et de toutes les oeillères anti-égalitaires qu’il a pu trouver sur Le Bon Coin (certaines portent l’empreinte de leurs anciens propriétaires), essaie de détourner une chouette nouvelle du sympathique Kurt Vonnegut, et menace de se faire exploser avec si on lui explique qu’une fois encore, il est à côté de ses pompes.
      Manque de chance pour lui, sur seenthis, cela fait plutôt rire, bien que son running gag sur le Djender et ses durs à queer ait définitivement perdu de son sel. Ailleurs, je ne sais pas.

      Un forum anarchiste relaie ou publie une Pétition « libertaire » contre les plus véhémentes des manifestation de refus de discuter avec PMO/Escudero : les libraire-taires doivent pouvoir réduire au silence les critiques, accueillir les auteurs, leurs éditeurs, et vendre du papier.
      Force doit rester au marché (ici, du livre anti-féministe) et au débadidées !
      Appel à l’expulsion manu-militari des prochain-e-s pas assez libertaires et autres stalinien-ne-s au coupe-papier entre les dents qui refuseraient de discuter domestique- pardon, démocrat- je veux dire, libéralement avec un auteur de pamphlet antiféministe.

      Voilà où nous en sommes à ce jour.

      PMO survivra-t-il à ce ènième suicide politique manqué ?
      Escudero parviendra-t-il a ne pas déraper lors de ses prochaines conférences ?
      Leurs critiques sont-ellils vraiment tou-te-s téléguidé-e-s depuis un PC secret situé à Moscou en 1950 ?
      Les féministes radicales existent-elles ?
      Christine Delphy sera-t-elle un jour traduite du chinois ?
      Les LGBT sont ellils tou-te-s des ennemi-e-s du Peuple ?
      Les anti-industriels parviendront-ils à se réveiller un jour du coma ? (et se pourrait-il que celui-ci soit, horreur ! artificiel ?)
      Comment programmer un égalitariste sous Linux ?
      Un vrai libertaire doit-il prêter attention à ce que disent les femmes ?
      Doit-on vraiment être transgenre pour devenir transhumaniste ?
      et enfin, Peut-on tolérer dans les lieux libertaires que des débats soient violemment interrompus par des perturbateurs endocriniens ?

      Il n’y a pas encore eu de teaser pour la suite, mais cela ne saurait tarder.

      Je ne sais pas combien il y aura de saisons de plus, mais c’est plus violent que Game of Throne, et une chose est sûre : dans cette série libertaire ou il n’est donc pas du tout question de pouvoir ni jamais question de privilèges, on patauge grassement dans le backlash antiféministe et anti LGBT.

      #Stéphane_Bortzmeyer
      #PMO
      #Tranbert
      #Alexis_Escudero
      #La_reproduction_artificielle_de_l'humain
      #anti-industriels
      #backlash_anti-féministe
      #féminisme_radical
      #LGBT
      #privilèges
      #anarchiste
      #libertaire
      #éditeur
      #salon_du_livre_libertaire
      #Ceci_n'est_pas_une_femme
      #Les_tordus_du_queer
      #C'est_la_nature

    • Bon résumé ;) J’aime pas quand on critique les « anarchistes », « libertaires » etc... mais en fait plus cette affaire avance, plus j’ai l’impression qu’on est que quelques uns a critiquer clairement cette chose chez les anars (moi je suis a la CGA) : je vois des signatures de la FA dans leur pétitions, et d’éditions libertaires (mais a elle je leur faisait déjà plus trop confiance après la publication des « 20 penseurs vraiment radicaux » avec déjà-dedans des propos du même genre).
      Je me demande ce qu’en pense AL et d’autres orga, ou groupes.

    • Je ne voudrais pas m’avancer trop vite, mais je crois que la ligne de fracture passe à un niveau individuel, au sein des organisations (je ne sais pas ce que signifie CGA...).
      Par exemple, j’ai trouvé récemment quelques articles anarca-féministes plutôt étonnants qui ont été publiés en 2014 dans le ML (que je ne lisais plus depuis... déjà loin dans le XXème siècle).
      Et qu’un aspect générationnel joue fortement. Il s’agit de rien moins qu’un changement de paradigme.

      Cette pauvre pétition, après le carnage chez Article 11 il y a un petit mois, et l’affaire du Salon du livre auparavant, me fait surtout penser au joli titre d’un bouquin de Léo Thiers-Vidal qu’il me reste à lire, "Rupture anarchiste et trahison pro-féministe" .

      Il s’agit bien ici de trahir ses privilèges, et de rompre avec un entre-soi masculin et hétérocentré, et un point de vue de privilégié assez caricatural chez les anti-industriel, plus encore que chez les anars.
      PMO/Escudero, les anti-industriels, et leurs nouveaux soutiens du petit monde du livre libertaire contribuent à ce que commence d’être discutée cette question plus largement qu’elle ne l’avait jamais été jusqu’ici, à s’entêter à se faire jusqu’à la caricature (il y a là un Oscar mérité pour PMO) les agents trop zélés du patriarcat, du système de rapports de dominations de genre.
      D’ors et déjà, on voit de très grossières résistances masculines à l’oeuvre, et leurs contre-feux. (Je ne me méprends pas sur le fait qu’il en est bien d’autres, et que de ce point de vue, je me trouve être un champ de bataille à moi tout seul).

      Plutôt qu’une bonne partie des hommes qui signent cette pétition, cela fait quelques temps que j’ai jugé plus stimulant et pertinent de lire des auteurs comme Thiers-Vidal ou Andrea Dworkin. Quant à Delphy, je dois dire que PMO m’aura donné l’occasion de constater combien, l’avoir lu, et s’être donné la peine de chercher à comprendre et confronter un minimum ses écrits à ceux d’autres féministes ou antiracistes, cela peut faire la différence . :-D

    • @martin5 CGA signifie Coordination des Groupes Anarchistes. C’est une organisation qui a fait rupture avec la FA (Fédération Anarchiste). C’est l’organisation que PMO et le monde a l’envers traine dans la boue pour avoir perturbé leur intervention a Lyon (et a laquelle la CGA-Lyon a répondu qu’elle était impliqué par ses membres, mais pas la seule a avoir organisé la chose, j’avais relayé le communiqué).
      Sur Montpellier, on (la CGA-Montpellier) a distribué des tracts a sa venu, mais c’était organisé par le monde diplo (situation différente donc).
      Tu trouvera dans le livre que tu n’a pas encore lu de Thiers-Vidal, une allusion a notre motion antipatriarcale (apprécié par les auteurs).
      Bon, c’est pas le rêve et la perfection non plus chez nous hein... on essaye juste de faire attention.

    • Y’aurait bien besoin d’un texte "médiateur" pour en finir avec ces déballages infinis de conneries ou de pratiques insupportables basées sur des raccourcis (et y’a pas un "camp" qui en est exempt).

      Je suis bien navré de ne pas connaître assez le sujet ou de ne pas me sentir suffisamment légitime pour écrire dessus. Il me semble que des personnes ici pourraient (devraient) écrire ce texte (désolé pour l’invitation renouvelée) qui remettrait tout le monde à niveau sur ce qu’il s’est passé depuis 6 mois (tout le monde n’a du tout les mêmes infos) et permettrait d’établir des bases de discussion plus saines et respectueuses.

      Là, ça part vraiment loin, dans la direction favorite de celles et ceux qui ne veulent pas "préserver cette illusoire unité du milieu" (bien actifs dans chacun des "camps"). D’autres parlent, pour le dire vite, de diversité qui unit (« L’anarchisme, cette étrange unité qui ne se dit que du multiple ») et fait la richesse d’un mouvement. Même si celle-ci est ponctuée de désaccords nécessaires, mais qui ne peuvent se fonder sur le mépris ou l’alimenter. Et celles et ceux-là sont bien tristes de cette situation bloquée, chaque jour plus tendue.

    • @ Stéphane Bortzmeyer
      (et @geneghys aussi)

      C’est bien eux.

      Je ne l’aurais pas formulé exactement comme vous, mais que cela fait plaisir de voir un jugement un peu tranché, et une hostilité assumée, enfin, chez quelqu’un d’autre que chez moi !

      C’est que je me suis parfois senti un peu seul, ces derniers temps : cela fait près de trois mois que j’essaie de dire à des tas de gens de diverses sensibilité et de bonne volonté qu’il n’y a rien à faire en pareille compagnie, et que le bouquin d’Escudero - je m’en suis infligé la lecture - dont PMO assume la tapageuse promotion n’est pas un livre de critique anti industrielle plus ou moins raté (et qui en tant que tel pourrait peut être amendé ou amélioré) mais une nième provocation antiféministe et anti LGBT réussie .

      Et donc, figurez vous qu’il se trouve chez les libertaires un tas de gens persuadés qu’en fait, si, malgré peut-être un franc parler un peu rustre, et un point de vue peut-être un petit peu viril, Pièce et Main d’Oeuvre a sûrement à voir avec eux. D’ailleurs, si on soutient le contraire, on doit être staliniens, bien pensants, guide spirituel, apprentis gourous ou leaders charismatiques, voir pire encore.
      Et parmi les éditeurs et les auteurs « libertaires », on semble désormais inquiets de voir le lectorat se montrer capable de regimber au point sinon de foutre dehors, au moins d’empêcher de causer trop paisiblement un auteur et un éditeur/bateleur dont la camelote intellectuelle s’est avérée bien trop frelatée.

      D’où l’ironie, et la distance, auxquelles j’ai eu recours dans ma réponse à votre question.

    • Je tiens à préciser que je n’aime pas PMO et ses idées moisies. Ceci étant, je cite de nouveau Yves Coleman qui exprime je pense assez bien le problème que posent ce genre d’interventions :

      Mais d’un autre côté s’il faut chasser d’un événement libertaire tous ceux qui défendent des thèses contestables au sein du mouvement anarchiste, la tenue même d’un tel salon deviendrait impossible. Chacun, en fonction de ses positions, pourrait facilement établir une liste noire des auteurs, des compagnons de route de l’anarchisme, ou des organisations indésirables : les bouffeurs de viande pour les vegans ; les soutiens des mouvements de libération nationale pour les anars hostiles à tout Etat ; les partisans des coopératives pour les anarcho-communistes conséquents, etc.

    • @alexcorp

      le problème c’est que la cible de l’hostilité délirante de PMO/Escudero aux LGBT, ce sont des êtres humains. Non ce que ces derniè-r-es pensent, ou pas, des hommes hétérosexuels, mais ce que ces personnes sont .

      On peut, si vous voulez rendre les choses plus claires, poser le même problème, que Coleman oublie très opportunément, avec une autre forme de rapports sociaux de domination : le racisme. (Je passe sur les cas de figure discutables qu’il considère).

      Tenez, posons-le, pour voir :

      L’anarchie ou la liberté : mais peut-être seulement pour les hommes hétéros ou pour les blancs, faudrait qu’on en discute, mais librement et sans tabous. Eh, les femmes, lesbiennes, indigènes, homosexuels, transgenres, et intersexes, veuillez parler plus gentiment à ceux de nos compagnons qui défendent des points de vue masculinistes, homophobes et racistes ! Les féministes, taisez vous ! D’où prétendez-vous dire ce qu’il est bien de penser ? Non, les juifs, ne partez pas, vous pouvez rester : nos compagnons antisémites n’ont pas encore pu imposer leur motion !

      Si cette anarchie là convient à Yves Coleman, tant mieux pour lui.
      Mais je doute qu’il puisse défendre ce que je viens d’écrire.

      Lorsqu’il s’agit de mépris caractérisé des personnes LGBT et d’hostilité anti-féministe, lorsque la violence verbale est imprimée et vendue depuis quatre ou cinq mois, il est assurément étonnant de choisir de se prétendre choqué parce qu’un chahut est venu accueillir ses auteurs et promoteurs, qui plus est de venir exprimer sa désapprobation de ce chahut en compagnie de leurs amis.

      Une telle attitude n’est pas neutre, ni responsable, ni soucieuse idéalement de liberté ou d’expression : elle est ouvertement favorable à l’expression concrète de la violence à l’encontre des femmes, des LGBT et des féministes.

    • A priori au moins sur le papier, il n’y a pas de groupe anar qui est censé être pour le patriarcat, ou établir un silence sur la hiérarchie sexiste que la société transmet.
      Par ailleurs, l’auteur et la maison d’édition ne sont pas a ma connaissance libertaire, mais venaient sur invitation. Mais bon après je veux pas refaire l’histoire ;) Il est évident qu’il y a des oppositions plus ou moins franche entre groupe libertaires sur certains sujets. Certains font aussi accord pour le désaccord par exemple avec les manarchistes et les pseudo anarchocapitalistes.

    • Euuuh.

      1) On peut critiquer PMO sur plusieurs sujets, mais pour le coup ils n’ont jamais eu de « culte de la terre », ça non. Ah mais oui j’oubliais : être anti-industriel c’est vouloir retourner à la bougie. :D

      2) @bug_in, je ne sais pas ce que tu appellerais une « maison d’édition libertaire », mais en tout cas jusqu’à ce mois de juin, le Monde à l’envers était à priori bien considéré comme étant une maison d’édition libertaire anti-industrielle, pour le dire vite. Critique de l’urbanisme, de l’identification et du recensement, de la surveillance, de l’état actuel de La Poste ou de Pôle Emploi, etc. Bref, tout le reste de leur catalogue ne contient que des choses que l’on retrouve chez de multiples et nombreuses autres éditions ou librairies anars/critique sociale. J’en faisais d’ailleurs la pub ici bien avant cette histoire, en octobre 2013, et @intempestive corroborait le lendemain : http://seenthis.net/messages/182128

      Par ailleurs la présentation de la maison d’édition indique leurs buts, dont entre autre :

      Éditer des livres, car nous croyons au pouvoir des idées plus qu’à l’idée de pouvoir.
      […]
      Pour changer le monde, il faut savoir que c’est possible. Le monde à l’envers documente, enrichit et critique les luttes contre le capitalisme, le patriarcat, la technologie, la police. L’ordre des choses n’est ni juste, ni naturel, ni éternel. Encore faut-il réussir à le changer.

      Il me semble assez clair qu’au départ, avant « tout ça », on peut difficilement parler de vil⋅e⋅s essentialistes pétainistes. On peut toujours réécrire l’histoire après-coup pour pouvoir dire ensuite « je vous l’avez bien dit ». Mais à mon avis c’est un peu plus compliqué…

      3) @ari, oui oui, un texte médiateur, je saisis à peu près ton propos… Cela dit, en ce qui me concerne, il semblerait que mes « talents » de médiateur aient montré quelques limites ces derniers mois. :D
      Il faudrait peut-être en parler, mais à distance c’est difficile, et pour moi il faut être plusieurs. En tout cas, moi qui ne sait pas vraiment écrire (ou pas plus vite que 30min par phrase), je ne vois pas comment aider pour l’instant…

    • J’entend pour la dite maison d’édition. J’ai moi même qq.part un livre d’eux je crois. J’ai dit aussi que de toute façon ça n’avais pas bien d’importance.
      Après je surligne qu’ils indiquaient qu’ils était contre « le patriarcat » dans le passage que tu indiques.
      En tout cas, de toute façon pour moi ça ne change pas grand chose au propos qu’ils soient ou se réclament effectivement libertaire. Le principe que j’ai indiqué c’est que je ne connais a priori pas d’anarchistes qui se dirai favorable au patriarcat, c’est quand même une base assez partagé, le problème étant que contrairement a ce que Escudéro croit (dit en conférence) c’est pas si facile que ça de critiquer et lutter contre le patriarcat. C’est pas comme gérer une colonie de vacance (l’ex. qu’il m’a donné). Les questions psychologiques et comportementales sont bien difficiles a changer (sans faire de comparaison avec d’autres luttes, je ne fais pas de hiérarchie des luttes pour les autres) tous les milieux libertaires pourrons en témoigner sur la question précisément du patriarcat. C’est a mon avis pour ça qu’il y avait aussi des raisons de réagir (et je ne dirai rien des méthodes, je ne suis pas la pour juger ce que les uns ou les autres on fait. Moi j’ai distribuer des tracts et critiqué sa conférence dans la partie débat. En me tapant une heure sans rien dire).

    • Ah ben ça oui, je suis tout à fait d’accord que le patriarcat n’est pas un truc facile à critiquer (y compris et surtout chez soi-même, donc).

      Et c’est pour moi aussi un des points ("croire que c’est facile", ou plus largement, « en parler à la légère ») que je trouve le plus critiquable dans le livre d’Escudero et les débats qui suivent. On est d’accord là-dessus.

    • @Rastapopoulos
      (oups : message posté avant de lire le tien)

      J’entends les critiques (c’est une façon de parler : je les lis, plutôt) des propos à l’emporte-pièce de Stéphane.

      Je crains une chose, cependant.
      C’est que lorsqu’on en vient à trébucher aussi lamentablement qu’Escudero sur une pierre d’achoppement comme la question des rapports de domination de genre, il n’y ait plus aucune pensée critique qui tienne.

      On peut avoir déconstruit, critiqué avec une vigueur et une rigueur remarquable des pans entiers de la société et de sa propre existence - et s’avérer incapable d’appliquer le centième de cette critique à ses propres conceptions concernant le dimorphisme sexuel, l’hétérosexisme, le patriarcat.

      Tant que le problème n’est pas abordé de front, cela semble ne pas devoir avoir la moindre importance.
      Mais que l’on se trouve confronté à ses propres impensés - et l’on risque de très spontanément réintroduire ou conserver un fond d’essentialisme pour les justifier. (je renvoie à Delphy et Guillaumin, sur l’idéologie dominante et la conscience comme processus :
      http://www.ipernity.com/blog/206926/790809)

      Et à partir du moment où l’on commence de vouloir réintroduire ou conserver un peu d’essentialisme sur une question en apparence particulière, c’est toute la pensée qui peut se détricoter - de proche en proche. Tout dépend de l’ardeur que l’on va mettre à défendre cet impensé et l’enjeu qu’il y aura à s’accrocher à lui.
      Au vu du bouquin, du crescendo chez PMO, du mépris affiché par Tranbert ici, de la confusion croissante chez les « libertaires » et de toute l’actualité de ces derniers mois autour de ce livre, je crains que cet enjeu ne soit pour eux très important.

      Je ne sais pas qui s’occupe du Monde à l’envers, ni ce qu’ils avaient en tête quand ils ont publié Escudero. Mais aujourd’hui ce livre fait d’eux les éditeurs d’un auteur essentialiste, masculiniste, anti-féministe, à qui leur pratique passée n’a pas permis d’éviter de verser dans cette ornière. Cette publication est peut-être une très concrète régression , mais par rapport aux ambitions abstraites qu’ils affichaient. ("l’ordre des choses" - encore faut il s’entendre sur les choses, et sur l’ordre aussi).

      Je pense qu’il est déjà ambitieux d’essayer d’arriver à être pro-féministe quand on est un homme, et que s’afficher « contre le patriarcat » met la charrue avant les boeufs, ce alors qu’on ne s’est pas encore aperçu que la ligne de front nous passait, (et peut être est-ce dans le meilleur des cas) au milieu du nez. Je crains qu’en s’affichant « contre le patriarcat », le monde à l’envers n’avait fait qu’énoncer un vœu pieu, coché une case. Que ses clients ont checké sans plus réfléchir.
      Il me semble que les féministes ne cachent pas qu’elles ont appris à se méfier de longue date des déclarations d’intentions non immédiatement suivies d’effet.

    • Je me permets de m’infiltrer dans ce débat auquel il m’a fallu du temps à comprendre de quoi il s’agissait, tant la fâcheuse habitude d’utiliser des sigles s’est instauré dans les conversations et il va bientôt me falloir un abécédaire pour suivre les différents échanges.
      Et qu’on me pardonne de suite, mais comme j’ai l’art de me mettre à dos tout le monde depuis des lustres avec mon franc-parler, ce n’est pas ici que je vais prendre des gants pour "élever" le niveau. Je crois avoir fini ma petite introduction.

      Ah ! Peut-être encore spécifier que je suis une vieille dinosaure qui a mené ses combats seule, au risque de me retrouver au ban de la société, ce qui me fusse égal. Ayant trop souffert du "qu’en dira-t-on" et du "même dieu peut lire dans tes pensées" , sans compter la maltraitance, il m’a bien fallu me réfugier dans ma bulle pour me protéger et prendre de la distance, tout en observant le monde par ma lunette progressiste. (Et oser envoyer chier dieu tout en prenant le risque d’être foudroyée sur le champ, ce qui n’arriva pas et c’est là que je mis sérieusement l’existence de cette divinité envahissante et paralysante en doute, ceci vers l’âge de 9 ans, l’âge où on croit encore à ce genre de conneries !)

      Toujours est-il que je fusse une des premières fille-femme à arpenter les chantiers en tant que représentante du bureau d’architecture, que je fisse de la moto-trail que je réparai moi-même - à l’époque, c’était encore possible - que je fisse un peu plus d’une année dans une entreprise d’informatique en tant que dessinatrice-utilisatrice, formatrice et hot-line dans un nouveau logiciel de dessin 3D sur linux et un peu sur MS-DOS avant de me retrouver dans un atelier d’architecture, etcétéra, étcétéra. Un monde d’hommes, quoi ! Un monde où - en informatique - je devais enseigner le programme à un nouvel arrivant qui gagnait 1’000.00 chf mensuels de plus que mécole sous le prétexte fallacieux que c’était un homme. Faut le vivre pour le croire.
      Pire ! Je ne voulais pas me marier et encore moins avoir d’enfant, ce qui m’a valu d’avoir la fête des Caterinettes à 25 piges, sans compter les pressions de toutes les générations et des invitations pour me présenter à quelqu’un de « bien ». Ce que je supportais très mal vu que je faisais mes choix sans avoir l’aide de qui que ce soit, ce dont je ne me privais point. J’ai ainsi pu avoir une liberté de mouvements dont je profitais pleinement et j’ai pu ainsi griller ma vie par les deux bouts. Nul doute que ma façon de vivre ne plaisait pas à beaucoup de monde et représentait même une menace pour les couples qui ont "réussi" ! C’est du texto
      Comprenez par là que pour beaucoup, j’ai raté ma vie. Je dois bien être la seule à ne pas le voir ainsi. Certes, il y a un jour où on passe à la caisse, mais cela vaut pour tout le monde. Et je ne suis pas lesbienne, mais mon parcours de vie ne me permets pas de juger la vie des gens. D’ailleurs c’est simple, tant qu’on ne me fait pas chier, je m’en fous comme de ma première paire de chaussettes. Ceci pour la petite biographie.

      C’est aussi ce parcours de vie qui fisse que je me suis retrouvée brutalement avec un corps tout péta et que je me retrouve avec du temps pour aller sur internet. Et cela fait depuis bien avant l’avènement de fesses-bouc que je me bats pour avertir quant à la montée du fascisme dans nos sociétés. Aucun pays n’est épargné. Mais telle une Done Quichiotte, je me suis battue sur les différents réseaux sociaux qui existaient à l’époque pour mettre en garde contre cette poussée de cette peste brune que je voyais déjà s’étendre. Et je me suis mise à faire la morale - quelque chose qu’il ne faut pas faire - aux idées simplistes de certainEs intervenantEs. Je me suis donc fait traitée de tout et j’ai même eu droit à un exorcisme virtuel sans compter un piratage de ma boîte courriel, aussi appelée BAL (comme boîte aux lettres, il fallait le savoir !)
      Il est à noter que je fisse des connaissances, rares mais précieuses, avec lesquelles je conversais et heureusement que ces personnes existaient, car je pense que j’aurais tourné le dos aux réseaux sociaux si elles n’étaient pas là !

      Toujours est-il que je me suis dit que je prenais un mauvais angle d’attaque et que je devais faire la même chose que sur les chantiers, faire un travail d’équipe en maniant bien l’humour et en abolissant les degrés de hiérarchie. Pour me foutre de la gueule des sigles, j’ai créé FAICMFSF ou "Front apolitique international contre la montée du fascisme sous toutes ses formes" et j’ai plutôt abordé les sujets graves avec une sorte de dérision afin de me moquer des fachos. Un blog qui avait de la difficulté à se faire connaître, parce qu’avec un logo pareil... Mais ce site a fait son petit bonhomme de chemin et m’a fait connaître d’autres personnes avec lesquelles j’ai noué de vraies amitiés. Notamment les Nosotros.Incontrolados et feu Steph.

      De fil en aiguille, nous avons fusionné les deux blogs pour créer les AZA ou « les apodicticienNEs » car nous avons déjà pris nos distances avec les sites anarchistes dans lesquels nous nous reconnaissons point, car il faut bien le dire, c’est que si c’est avec un certain plaisir que nous relayons certains de leurs articles, nous ne nous voyons pas intégrer ce mouvement. « Libertaire » aurait été plus adéquat, mais même actuellement, il me semble que ce mot est galvaudé et utilisé à toutes les sauces. Nous sommes donc des apodicticienNEs et ne cherchez pas ce mot dans le dictionnaire, il n’existe que chez nous.
      Tenez pour la définition : http://lesazas.org/lesite

      Actuellement, je me fais crêper le chignon avec des femmes sur seenthis parce que j’ai osé dire que la femme est aussi responsable du patriarcat. Il a fallu aussi que je ponde une tartine pour m’expliquer et depuis, personne ne me répond. Je n’avais pourtant qu’ouvert un débat, mais un débat qui gêne car il s’agit de la gentrification au sens universitaire et étude comportementaliste qui est très remis en cause dans nos sociétés dites modernes...jusqu’à un certain point.

      Tout cela pour dire qu’à mon avis, parler de PMO et de ses PDF ennuyeux à mourir et qui ne veulent souvent rien dire sinon que c’est de la « masturbation intellectuelle » devrait être laissé de côté et de ne pas faire autant de bruit. Car Escudero, perso, j’en avais jamais entendu parler. Et c’est parfois le problème avec ce genre de littérature ou de débat, c’est que si c’est de la merde, pourquoi ouvrir le débat et de lire des réponses qui ne souffrent parfois pas la contradiction. Ce n’est pas Escudero et les PDF de PMO (je m’y fais ;) ) qui vont changer le binz ! Et ça, c’est quelque chose que j’ai appris à force de me débattre dans ce type d’échanges...
      Purée, mon texte doit être trop long, parce que seenthis pédale dans la semoule, là !
      Je pense qu’il est préférable de se payer une bonne tranche de moqueries devant des faits complètement fascistes et ainsi, de démonter leur schéma par l’ironie. C’est le seul moyen de ne pas entrer dans leur jeu. Et de ne pas ouvrir de portes par lesquelles un agent perturbateur peut s’infiltrer. Ou laissons-le entrer et tournons-le en bourrique. Parce que là, PMO n’est jamais venu défendre ses points de vue et je trouve frustrant que le principal intéressé ne vienne pas s’exprimer.

      Pour finir - car là, seenthis devient insupportable, je ne vois pas ce que j’écris de suite - je me suis fait traiter de "fasciste de merde" parce que j’avais relayé un lien sans le vérifier à donf ! Une erreur sur laquelle on ne m’a pas loupée ! Et j’avoue humblement qu’il m’arrive parfois à avoir un comportement de facho lorsque je me retrouve en face de petits connards ou de petites connasses qui emmerdent celles et ceux que j’aime !

      J’arrête là mon commentaire et je ne me relis pas

    • Il est clair pour moi que PMO et Escudéro, ou même N&MC n’ont pas le monopole de la critique de l’industrialisme. J’ai d’ailleurs rajouté un § un peu long a cette fin dans le texte que j’avais fait.
      Ce qui est triste c’est qu’il est probable que eux, pensent qu’ils l’ont et pour d’autres qu’elle se résume a eux.

    • @Aude V

      Je ne comprends pas chez qui « la mauvaise foi n’est pas avérée » et chez qui il y aurait « la volonté de construire un truc ensemble ».
      Par exemple, ma mauvaise foi, lors de ce long résumé des épisodes précédent, me semble avérée.

      Mais je vois bien combien nous sommes en désaccord.

      Je commencerai à considérer une contribution à une lutte contre l’industrialisation comme possible lorsque ceux qui la mènent ne toléreront plus les provocations et la confusion intellectuelle essentialiste des Escudero et PMO. A ceux-ci je ne connais de « radicale » que leur hostilité à l’endroit d’une pensée qui se trouve aussi être la mienne, et de quelques autres courants de pensées qui me paraissent mériter d’être discutés, justement ; à l’endroit de ma personne, de ce que je me trouve être, que cela leur plaise ou non, et de tant d’autres dont l’existence leur déplaît plus encore.
      En attendant, tant que ce sont eux qui bénéficient de crédit et qui sont en position d’imposer leur terrain, leur problématique, tant que leurs sinistres fantasmes et leurs falsifications demeurent présentées comme sujet à « débat » ou comme base d’une possible critique, c’est à eux et à ceux qui les soutiennent que j’ai affaire en priorité.
      Parce que je sais que moi et tant d’autres nous ne serons jamais en sécurité à leur côté.
      Il y a près de quinze ans que je le sais, mais il n’étaient jamais allés aussi loin dans le confusionnisme, ils n’avaient jamais jusqu’ici poussé l’hostilité aussi loin et aussi frontalement.

      Et il se trouve que les signataires de cette perfidie, de ce coup de force qu’est cette « pétition » ne sont pas des militants nés de la dernière pluie.
      Il ne s’agit pas d’honneur, mais d’un geste politique, et d’un choix délibéré. Ils ont choisi leur camp, ou ils l’ont reconnu.
      Pour nombre d’entre eux, cela ne date pas de cette mascarade « libertaire ».

    • @aude_v : la mise en ligne du dossier serait une contribution intéressante au débat. J’ai acheté pour la première fois @lan02 à cette occasion mais difficile de citer un journal papier dans ces débats Internet.

    • Une question. Est on devant un vieil achoppement entre féministes et libertaires, anti indus, sur les questions de sexe et de genre.... ou bien la polémique met elle en lumière ce que Indy Grenoble titre comme offensive réactionnaire dans les milieux alternatifs ?

    • @aude_v, à propos de vos contributions, c’est en partie ce dont parle @ari un peu plus haut aussi, en évoquant un ou des textes « médiateurs », qui peuvent critiquer le livre mais sans pour autant jeter le bébé (le sujet de départ notamment) avec l’eau du bain.

      Au niveau des « méthodes », je ne cautionne pas spécialement les différentes réponses aux critiques qu’il y a pu avoir. Mais au niveau du fond et des idées (et de la compréhension du genre et de sa construction), pour l’instant je ne confonds pas PMO et Escudero... Les dernières publications de PMO sont des réponses et des positions très claires et sans ambigüités. Pour les gens du Monde à l’envers, ce n’est pas assez catégorique pour moi... (mais suivant le vécu de chacun.e, je comprends que certain.es ne veuillent pas aller plus loin).

      @unagi, en ce qui me concerne, je pense que c’est un débat propre à l’acceptation du féminisme et de certaines de ses thèses dans différents milieux libertaires et/ou anti-indus. Çà reste circonscrit à ce sujet là (sauf pour celleux qui considèrent qu’être anti-indus est en soi réactionnaire, mais c’est un autre débat différent à mon humble avis).

    • Il n’est presque personne pour parvenir à se hisser au niveau de ce qu’il se passe

      Ce qu’il me semble manquer, c’est une approche historique et politique de cette histoire.

      C’est exactement ce que les positions de médiateur me semblent vouées à manquer.

      Il y a des moments pour agir en commun. Mais le coup de force de PMO, Le Monde à l’Envers, Escudero, soutenus par celleux - revues libertaires/écolo, radio, presse, squatts & lieux autogérés divers - qui ont inconséquemment choisi de leur donner la parole, et désormais par de singuliers pétitionnaires issus du même establishment « libertaire » ont clairement indiqué sur le dos de qui ce commun pouvait se faire, ou se discuter, selon eux. Bien sûr la part de chacun est très inégale, il ne s’agit pas de prétendre que tou-te-s sont identiques. Mais tou-te-s contribuent à leur niveau à la même provocation politique hétérosexiste et essentialiste.

      Le problème, c’est qu ’il n’est presque personne en face d’eux pour parvenir à se hisser au niveau de ce qu’il se passe . A part des auteurs militants transgenre comme Clirstrim et Koala , ou quelqu’un comme La soupe à l’herbe , et une ou deux autres qui ont commenté chez Article 11, sur le net, et ma grande gueule de mec hétéro, personne ne semble se sentir plus concerné que cela - certes, PMO arrive désormais à faire rire, mais PMO s’est distingué dès le début par son outrance -, encore moins tenu à prendre une position claire.
      Dans le milieu radical ou libertaire ou écologiste radical, (ne parlons pas des anti-indus que je qualifierai d’orthodoxes, ils ont ici pleinement donné la mesure de leur complaisance) on semble plus préoccupé de préserver la précieuse part de pertinence critique que l’on persiste à prêter à leurs auteurs, (quand quelqu’un comme Aude_V, avec tout le respect que j’ai pour le travail qu’elle fait et la sincérité de son engagement, parle des mérites qu’elle continue aujourd’hui encore à prêter à l’enquête à charge d’Escudero contre tout ce qui n’est pas assez hétéro et ’’naturel’’ à ses yeux , je dois me contenir) que d’affirmer à quel point pareille hostilité aux féministes et LGBT est toxique et inacceptable, à quel point ce livre et tout le buzz orchestré autour servent à promouvoir des thèses et imposer un terrain de discussion qui place d’office féministes et LGBT en position non d’accusés sommés de se défendre, mais de condamnés d’office.

      Ne parlons pas de refuser cela avec conséquence : je pense que les seuls à l’avoir fait sont la poignée de féministes et LGBT désignés désormais comme irresponsables et staliniens. C’est le deuxième temps d’une provocation : qui ose l’identifier comme l’agression qu’elle est, et s’en défendre, ne fait que confirmer et justifier les accusations calomnieuses portées contre elle ou lui initialement . Les LGBT étaient des libéraux, les voilà stals. Et oppresseurs de notables du milieu libertaires.
      Le prestige et la mesquinerie du petit pouvoir pourrissent ce milieu.

      Pour ma part, la première urgence est de répondre à cette agression, ce qui suppose d’admettre que c’en est une, et une agression délibérée. Et je sais que venant de gens que l’on a pu tenir sinon pour des alliés proches, au moins des gens « de son camp », parfois de longue date, l’admettre est difficile. C’est ce qui rend ce genre de stratégie politique efficace.

      Cela fait près de trois mois que je dois répéter cela ici à des gens certes sympathiques mais qui semblent à chaque fois incapables de prendre au sérieux les mots agression, provocation politique, hostilité, mépris, malhonnêteté, falsification, et de se comporter avec conséquence face à de telles attitudes.
      Notez que ce n’est pas particulier à seenthis, et que je sais bien combien il est difficile d’admettre que pareils coups tordus - j’ai parlé de perfidie à propos de la « pétition », c’en est une, mais c’est la suite logique de la provocation initiale - vienne de gens que l’on considère comme des alliés ; il m’aura fallu trois mois pour parvenir à accepter de me confronter dans le détail à la prose d’Escudero et surmonter ma sidération à chaque ligne ou presque devant l’énormité de ce qu’il osait écrire et présenter comme une critique de la marchandisation de la procréation.

      Je conçois que d’autres puissent avoir besoin de plus de temps pour digérer leurs désillusions.

      Il n’empêche que, je l’écrivais il y a presque trois mois, ce genre de provocation cause des dégâts.
      Nous y sommes aujourd’hui pleinement, et au vu de l’aveuglement durable du milieu libertaire/écologiste quant à la prégnance des rapports de domination de genre dans l’ensemble de la société et dans toutes les têtes, y compris les nôtres, nous n’avons pas fini de les subir.

      Je ne peux que recommander encore, sans grands espoirs d’être entendu, aux « médiateurs » et aux « constructifs » que de s’armer au moins de patience. Mieux, de goûter aux joies de la démolition et du conflit un temps.

      Ce n’est pas un conflit ou il y aurait des « bons » et des « méchants », et un camp à choisir. C’est un conflit qui nous traverse chacun-e- de part en part.
      Ou l’on est d’abord aux prises avec soi-même.

      Il y a une position minimale à assumer, ici, maintenant, et c’est difficile. Mais c’est nécessaire. Prétendre en faire l’économie n’est pas une erreur, c’est une faute politique.

      Il y en aura d’autres demain, et probablement que j’y serai moins bruyant et pénible que sur celle ci. Ce travail de mise en perspective sera à faire à propos d’autre chose. Et tout sera à nouveau en jeu.

    • Ce n’est pas un conflit ou il y aurait des « bons » et des « méchants », et un camp à choisir. C’est un conflit qui nous traverse chacun-e- de part en part.
      Ou l’on est d’abord aux prises avec soi-même.

      C’est bien gentil de dire ça pour la forme, mais ce n’est clairement pas ce qu’on voit dans cette « bataille », y compris ici. Moi je lis partout l’injonction d’appartenir à un camp, à choisir entre deux uniquement, qui se livreraient une guerre sans merci. Et c’est laid.

      (Et pour la forme moi aussi, je reprécise une énième fois que je dis ça aussi pour ceux qui critiquent floutement les féministes ou les libéraux sans être assez précis sur qui ils nomment avec les mêmes mots - comme si critiquer Iacub ou Ogien avait quelque chose à voir avec critiquer Delphy ou Butler.)

    • ce livre ne pose pas de bonnes questions auxquelles il apporterait de mauvaises réponses

      @Rastapopoulos

      Je le sais bien.

      Et j’espère ne pas enfoncer trop de portes ouvertes et ne faire l’insulte à personne de venir lui infliger des évidences en écrivant ce qui suit. Ce n’est pas mon but. Mes excuses par avance si je verse la dedans - je virerai ce commentaire s’il le faut, ainsi que quelques autres.

      Ce que je veux dire, c’est qu’il faut porter des jugements sur les actes, mais le faire vraiment, et prendre la mesure de leur importance.
      On ne peut pas se contenter de condamner à moitié le livre d’Escudero, prétendre en trier la « bonne critique », en conserver la « bonne enquête », en écarter la mauvaise, parce que c’est tout son livre qui repose sur l’oblitération pure et simple de l’histoire féministe et LGBT, sur le déni de la réalité des rapports de domination de genre, de l’hétérosexisme et des conséquences historiques de leur coexistence et co-constitution avec le capitalisme, de leurs apports réciproques, en terme de natalisme, de cette chose que l’on appelle le « désir d’enfant », de démographie, d’idéal familial et j’en passe.

      Son livre est d’une pauvreté de vue à pleurer.

      L’histoire féministe/LGBT est riche et complexe. Il y a certes des Iacub, des Badinter, des Bonnet, des Gaylib et des homonationalistes. Entre autre.

      Pour le dire autrement, je pense que ce livre ne pose pas de bonnes questions auxquelles il apporterait hélas de mauvaises réponses .

      Il n’y a rien à y sauver parce que ce livre est là pour (im)poser de fausses questions, et l’on ne pose jamais avec une telle impudence de fausses questions que pour dissimuler, entraver la conscience face à (ce qui revient à les manifester, pour qui sait les voir), de vraies inégalités , qu’il contribue justement à renforcer.
      Que le milieu anti-industriel ou écologiste ou libertaire ne se soit pas montré capable de voir plus clairement cela, de le dire, et de prendre publiquement ses distances (ce qui était à mon avis la seule chose à faire depuis le début : tenir à distance l’auteur, ses promoteurs, son éditeur, si nécessaire par l’insulte) est affligeant et inquiétant - et aussi peu surprenant.

      Commencer de situer , d’ évaluer la question de la PMA suppose de prendre à minima en compte l’existence des multiples rapports de domination qui structurent le monde dans lequel nous vivons, comme de porter un regard critique sur les notions de nature et d’artifice, ou sur l’inévitable socialité de la procréation .
      Ce livre ignore délibérément cette complexité au bénéfice des privilégiés des rapports de genre, pour très banalement accabler les infériorisé-e-s.

      On peut comparer cela avec le soi-disant « problème de l’immigration ». Combien de « réalistes » et de « pragmatiques » sont venus prétendre que le FN posait de bonnes questions mais leur apportait hélas de mauvaises réponses ? Il suffit de regarder avec un minimum de recul pour prendre conscience de ce que le prétendu « problème de l’immigration » est une fausse question .
      Je sais, la comparaison est réductrice, et proche du point Godwin. Mais c’est de ce genre de refus qu’il s’agit.

      Je ne dis pas que féministes et LGBT sont la panacée, ou que la critique de l’industrialisation c’est le diable.
      Mais que le « problème de la PMA » ou de l’artificialisation que prétend imposer Escudero est une fausse question qui comme telle ne peut servir qu’à ce qu’il en fait : accabler féministes et LGBT et promouvoir un naturalisme imbécile.

      Il nous faut refuser le simplisme des fausses question, et les visées qu’elles servent : refuser d’y répondre, mais aussi refuser de les voir posées devant nous. Et tenir à distance ceux qui tiennent absolument à les voir posées.

      Je pense que discuter des rapports qu’entretiennent marchandisation, industrialisation et hétérosexisme (pour faire très court) mène à d’autres questions que celle là, et sacrément moins faciles à trancher.
      Mais nous n’en saurons rien tant que nous en serons à devoir expliquer pourquoi la question d’Escudero ne mérite pas d’être discutée, et ne doit pas l’être parce qu’elle ne sert qu’à égarer et renforcer l’hétérosexisme, tant que celleux qui le disent devront se défendre des accusations de censure et de stalinisme.

      Et tant qu’il n’y aura qu’une poignée de militantes transgenre et féministes courageuses et tenaces pour affirmer assez fermement et conséquemment la nécessité de ce refus .

      Bien que les deux m’intéressent de très près depuis longtemps, je ne suis pas « féministe », je ne suis pas « anti-industriel » ; mais je pense avoir appris quelques fois à mes dépens à reconnaître une provocation politique et avoir appris qu’il n’y avait rien de bon à en tirer - si ce n’est une conséquence : qu’il y a un important travail critique à mener. Mais sur d’autres bases.
      Que le premier résultat d’une provocation, c’est de rendre ce travail à venir plus compliqué encore, parce qu’il faut commencer de se nettoyer l’esprit de la confusion que la provocation y a répandu.

      Il n’y a ni bon ni méchant, mais il y a à faire montre d’un minimum de sens historique et de jugement du moment ou nous nous trouvons, et d’inconfort quant au rôle que nous nous trouvons tous y jouer nous mêmes. C’est ce qui manque ici le plus.

      Comme l’industrialisation, la question des privilèges de genre nous touche tous, moi le premier.

      Sur ce sujet, ma trop grande gueule de polycommentateur torrentiel (je préfèrere cela à la « logorrhée ennuyeuse et fatiguante », dixit Tranbert) est une grande gueule bien masculine !

    • A-t-on besoin de ce livre pour voir que nous nageons déjà en pleine confusion ?! C’est une question que je me pose vraiment. Si on commence à se battre entre libertaires, anarchistes, anti-industrialisations j’en passe et des meilleures, le monde continue à bouger et prend une direction bien déplaisante sans que qui conque lève le petit doigt.

      @Martin_Scriblerus, tu prends l’exemple de l’immigration. Je prendrais un autre exemple pour illustrer mes propos, celui de la Turquie. Il y avait une telle mosaïque de partis dits « de gauche » qui ne sont pas arrivés à s’entendre que cela a permis à Erdogan de s’octroyer tous les pouvoirs. Cela a pris du temps...mais pas trop, quand on y songe.

      M’est d’avis que d’appartenir à un clan ou à un autre entre dans le même type de configuration. Et ces confusions, voulues ou non, ne servent que l’extrême-droite.

    • @Aude_V
      Merci de tes critiques.
      J’aurais préféré lire chez d’autres les critiques d’Escudero, etc. que j’ai formulé.
      Je cumule.
      Cela pose d’autres questions. Comment faire avec ma position et mon histoire de privilégié ? Dans quelle mesure la mettre au service de la critique ?
      Il y a pourtant urgence, et des critiques qu’il me semble crucial de formuler. Mais se parler demande une langue commune, à construire. Mes propos, je souhaite que d’autres s’en emparent, les critiquent, en fassent autre chose que ce à quoi je parviens – comme j’essaie de faire avec les leurs. Nous entendons-nous ? Comment stimuler sans écraser ?
      « Gagner », ou seulement convaincre n’aurait aucun intérêt.
      Je ne suis certain de rien. Ce que je fais est peut être entièrement calamiteux, et certainement exercice de privilège.
      Te lire en octobre m’a permis de me confronter à l’hostilité d’Escudero. Merci.
      Lire Clirstrim, Soupe à l’herbe, Koala a été un soulagement, le premier depuis juin.
      Je vais m’efforcer de me mettre en retrait, et de raccourcir avant de poster.

    • A vous lire je constate qu’outre la place que j’ai pu prendre, j’ai pu être très maladroit, et imprudent, vis à vis de plusieurs personnes.

      Si je ne sais pas me voir contribuant aux oppressions existantes, il vaut mieux que je m’efface un peu.
      En vous remerciant de m’avoir dessillé un peu les yeux.