• Yellow is the new pink
    https://labrique.net/index.php/thematiques/feminismes/1096-yellow-is-the-new-pink

    https://labrique.net/images/numeros/numéro58/gilets_jaunes_femme.jpeg

    Dimanche 3 mars, une marche de femmes gilets jaunes est organisée à Lille. Dans un mouvement souvent accusé de sexisme et où les discussions sur les rapports de genre sont rares, on s’est demandé par qui et comment une telle initiative a été prise. Deux organisatrices de la marche, Juliette et Morgane1 nous racontent.

    #En_vedette #Féminismes

  • Baiser sans bébé : Toute une hisoire
    https://labrique.net/index.php/thematiques/feminismes/1090-baiser-sans-bebe-toute-une-hisoire

    https://labrique.net/images/numeros/Numéro_59/Dessin_Contraception.jpg

    La contraception est souvent synonyme d’une galère qui concerne à peu près tout le monde. La pilule pour les ados, le stérilet pour les mamans, l’implant pour les étourdies, la capote pour les soirées…On se retrouve vite assignée à LA solution qui nous « correspond » le plus. Mais connaissez vous le diaphragme ? Cette méthode, qui date de 1880, était la plus utilisée avant d’avoir été évincée par l’apparition de la pilule. Olive partage ici son expérience de la contraception. Après avoir testé pilule, retrait, doigts-croisés, capotes, elle utilise aujourd’hui le fameux diaphragme.

    #En_vedette #Féminismes

    • C’est très cool de parler d’une méthode de plus, mais je pige pas du tout pourquoi dans ce témoignage elle évacue le DIU d’un coup comme ça, en l’assimilant à la pilule « et sans non plus prendre la pilule ou le stérilet ».

      Rappelons que c’est la méthode qui a le plus gros pourcentage de réussite en utilisation réelle avec l’implant (chaque méthode a deux stats de réussite : une théorique et une dans la vraie vie), que ça dure 5 ans (plus que le diaphragme donc), qu’il en existe sans hormones (mais avec hormone c’est très faible, et en plus ça peut souvent aider aux règles douloureuses), et que… c’est remboursé !

      DIU : 99,8% d’efficacité réelle
      Diaphragme : 88% d’efficacité réelle

      12% de risque, c’est loin d’être négligeable ! Donc après chacune choisie, mais il faut faire ce choix en toute connaissance de cause.

    • Mais cette méthode qui consiste à remonter si loin dans le temps pour mieux critiquer le présent provoque chez moi trois types de malaise. Premièrement, elle mène souvent à l’élaboration de grandes théories historiques qui peuvent paraître originales et sophistiquées, mais qui m’apparaissent surtout simplistes et réductrices : on imagine que toute l’histoire de l’humanité procède toujours par les mêmes stades civilisationnels, avec les mêmes conséquences politiques, économiques, sociales et culturelles, voire anthropologiques et psychologiques. C’est vrai au sujet de l’État, du capitalisme, des rapports sociaux de sexe, etc. On devient alors aveugle à l’incroyable diversité d’expériences entre les communautés humaines aussi bien qu’à l’intérieur des communautés humaines, ce qui limite fortement la capacité de saisir et d’imaginer la pluralité extraordinaire des expériences humaines et notre plein potentiel.

      Deuxièmement, évoquer la préhistoire permet souvent de dire tout et son contraire, et donc d’élaborer de grandes théories qui se veulent explicatives, mais qui n’expliquent pas grand-chose… Vous avez d’ailleurs bien montré, dans votre analyse critique de la série télévisée « Aux origines de la civilisation », comment il semble facile de faire dire n’importe quoi aux « preuves » que l’on sélectionne dans la préhistoire humaine, soit pour prétendre expliquer l’apparition des villes, de la guerre et du commerce ou pour expliquer les extinctions d’espèces animales. Si j’aime bien prouver l’intérêt et l’importance de l’entraide — et de l’anarchisme — dans l’évolution humaine (voir L’entraide, de Pierre Kropotkine, ou La nature humaine, de Marshall Sallins), c’est alors préhistoire contre préhistoire, et on n’est guère plus avancé… Le même problème se pose avec les théories élaborées à partir des comportements des animaux : on choisit toujours l’espèce animale qui a le comportement qui correspond à la théorie que l’on défend, et l’on ignore toutes les autres espèces (parfois des milliers) dont les comportements contredisent notre théorie.

      Enfin et surtout, je crois que la posture la plus honnête face à la Préhistoire est de reconnaître qu’elle ne recèle aucune réponse à bien des questions que l’on se pose, comme celle de l’apparition de l’État, du capitalisme ou du patriarcat. Wiktor Stoczkowski a bien montré, dans son livre Anthropologie naïve anthropologie savante : De l’origine de l’Homme, de l’imagination et des idées reçues (2001), que ce qui reste de la Préhistoire ne nous permettra jamais de savoir réellement comment les hommes et les femmes expérimentaient l’amour, la sexualité, la « famille », l’élevage des enfants et comment se structurait la division sexuelle du travail, c’est-à-dire qui chassait, qui préparait les repas, qui s’occupait des malades et des enfants, etc. Les quelques ossements, statuettes et fresques de la Préhistoire ne permettent pas de saisir ces réalités complexes et sans doute changeantes au gré des situations et des événements dans telle ou telle communauté.

  • Le transracialisme existe-t-il? (et pourquoi serait-il moins accepté que la transidentité?) | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/165422/transracialisme-etre-blanc-se-sentir-profondement-noir-ou-inversement-acceptat

    « L’auto-identification qui consiste à affirmer “je suis qui j’affirme être” pue l’autorité et la suprématie masculine »

    On retrouve le même type de critiques s’agissant des personnes transgenres, dans une frange minoritaire des milieux féministes, qui reprochent aux femmes transgenres de pouvoir « choisir » leur sexe sans avoir vécu l’oppression qui va avec (alors que l’identité de genre est bien plus souvent présentée comme une nécessité intérieure, et non un choix, par les personnes trans elles-mêmes). Au Royaume-Uni, quand les conservateurs britanniques ont soutenu une réforme du changement d’état civil pour les personnes trans passant par une simple déclaration, nombre de ces Terf, pour « trans exclusionary radical feminists », se sont insurgées, dénonçant une ruse pour leur piquer des places sur les listes électorales. « L’auto-identification qui consiste à affirmer “je suis qui j’affirme être” pue l’autorité et la suprématie masculine », ont tonné une dizaine de femmes du Labour, indiquant que 300 d’entre elles avaient quitté le parti à cause de ces nouvelles règles.

    En France, ces positions ont moins d’audience dans les milieux féministes, mais elles existent, par exemple sous la plume d’une des figures du Mouvement de libération des femmes (MLF), Christine Delphy : « L’identité n’est pas quelque chose que l’on se forge tout seul, c’est quelque chose qui vous est imposé. [...] Je pense que là-dedans il y a une négation de la réalité du genre, qui est quelque chose de social, et pas quelque chose de sexuel ou biologique. Et une négation de l’oppression des femmes », faisait valoir en mars la philosophe et sociologue dans l’émission « Vieille Branche » (à partir de 52’06) :

    @aude_v ca pourrait t’interessé.

  • En Espagne, les femmes de chambres s’organisent pour en finir avec le « sale boulot »
    https://information.tv5monde.com/terriennes/en-espagne-les-femmes-de-chambres-s-organisent-pour-en-finir-a

    Les touristes internationaux ne les remarqueront sans doute pas. Elles sont les petites mains de l’industrie du tourisme de masse. Invisibles, ou presque. Les femmes de chambre, maillon incontournable de la prestation offerte au client d’hôtel, effectuent des tâches difficiles et peu valorisées. 

    En Espagne, la détérioration des conditions de ce travail éreintant a poussé Las Kellys, acronyme de « Las que limpian » (celles qui nettoient), à se regrouper et créer un collectif de revendication. Fondée en novembre 2016 à Barcelone, l’association Las Kellys dispose de huit relais à l’échelle espagnole. Outre Madrid, elles sont présentes dans plusieurs points névralgiques du tourisme ibère : Benidorm, Cádiz, Fuerteventura, La Rioja, Mallorca ou encore Lanzarote...

    Si c’est à Barcelone, première ville touristique de la péninsule (19 millions de visiteurs en 2017) qu’a émergé ce mouvement, comme d’autres avant, les Kellys déploient une stratégie multi-polaire. La bataille légale se mène de manière parallèle, aux portes des parlements régionaux et des Cortes espagnoles (chambre des députés et sénat), à Madrid. C’est dans la capitale espagnole que se joue par exemple la reconnaissance des maladies spécifiques à ce travail laborieux.

    #femmes #féminismes #femmes_en_lutte #travail_des_femmes #précaires #auto-organisation #Espagne

  • Marcha Estudiantil «Contra la violencia machista»
    https://www.youtube.com/watch?v=YJoMm1uCT74

    Este miércoles 16 de mayo, la Confederación de Estudiantes de Chile (CONFECH) convocó a una marcha contra la violencia de género hacia la mujer, tras una serie de denuncias de abusos y acosos sexuales en centros estudiantiles por parte de estudiantes y académicos. 150 mil personas se movilizaron sólo en Santiago.

    #femmes #féminismes #femmes_en_lutte #Chili #sexisme #violences_contre_les_femmes #éducation_non_sexiste #autonomie #auto-organisation

  • Au Chili, en ce mois de mai 2018, une vague féministe des étudiantes contre les violences machistes
    https://information.tv5monde.com/terriennes/au-chili-en-ce-mois-de-mai-2018-une-vague-feministe-des-etudia

    Une marche historique rassemblant plus de 150000 personnes à Santiago, la capital et plus de 200000 à travers tout le pays ; en ce froid mercredi de mai 2018 (l’automne au Chili), les Chiliennes se sont retrouvées pour dénoncer les abus sexuels et exiger une éducation non sexiste, un cri massif à l’unisson ; avec des slogans comme « les filles ne devraient jamais avoir peur d’être intelligentes », « éducation non sexiste pour qu’ils arrêtent de nous tuer » ou « non au harcèlement sexuel et à l’impunité ».

    
Plus de 40 assemblées féministes-étudiantes ont appelé à cette première marche, dont les protagonistes étaient seulement des femmes ; les hommes pouvaient venir, mais en marge, pour s’occuper des circuits et sécuriser les parcours. Et manifester leur soutien ou leur admiration sur les réseaux sociaux. Comme celui ci : « Mes respects à toutes les camarades qui se mobilisent au Chili contre la violence masculine et pour une éducation non sexiste. Tous les progrès qui peuvent être réalisés aujourd’hui seront le fondement d’un avenir plus juste. Jusqu’à la victoire, je serai toujours votre compagnon »

    #femmes #féminismes #femmes_en_lutte #Chili #sexisme #violences_contre_les_femmes #éducation_non_sexiste #autonomie #auto-organisation

  • S’il suffisait de parler...
    http://labrique.net/index.php/thematiques/feminismes/956-s-il-suffisait-de-parler

    Sandrine Rousseau, maîtresse de conférences en économie à Lille 1, a quitté cet automne son poste de secrétaire nationale adjointe d’Europe Écologie - Les Verts pour se consacrer à la lutte contre les violences sexuelles. Dans la foulée de son ouvrage éponyme, elle lance l’association « Parler ». On a voulu questionner la portée politique et collective du projet... le résultat est mitigé.

    #En_vedette #Féminismes

    • Je le trouve assez malveillant et condescendant ce texte vis à vis de S.Rousseau. Même si il dit un certain nombre de choses judicieuses, par exemple le fait qu’il ne suffit pas d’être victime pour avoir les capacités d’accompagnement d’autres victimes (Angot l’avait démontré par l’exemple à la TV) Plus que de chercher a piégé une femme manifestement isolée, tout en reconnaissant qu’elle est traumatisée, pourquoi ne pas lui proposer un rapprochement avec les effrontés, ou l’invité dans ces structures qui ne bénéficient pas de la visibilité de « parole ». Ou encor lui proposé du soutiens psychologique ou materiel pour ces mails de témoignage qu’elle doit lire seule 3h par jour.

    • Madame Sandrine Rousseau, à ma connaissance elle a fait retirer les ruches et les abeilles des terrains du Campus de Lille 1 (Il y a d’immenses espaces verts).
      C’est dire sa conception de la nature, de l’écologie et du reste.

    • Toujours prêt a faire le procès d’une victime de violence sexuelles @bce_106_6
      Une victime qui n’est pas parfaite, pure et irréprochable de la nature de l’écologie ET DU RESTE... reste a savoir ce qu’un misogyne compulsif comme toi entend par le reste...

    • Je sais que tout ce qui concerne les Femmes est un sujet qui t’est réservé.
      Ta technique : Insulter ceux qui s’en mêlent, les traiter de misogynes, d’antisémites, etc etc.

      Cela ne m’empêchera pas de dire ce que je pense des arrivistes régionales qui ont appartenu à l’équipe Daniel Percheron

    • Je comprend pas pourquoi ce message est subitement en haut de ma page alors que ça date d’hier. Tous les messages ne remontent pas, pourquoi celui là le fait ?

      En tout cas cette précision de ta part est bien puante @bce_106_6 , soit tu veux dire qu’elle ment, soit tu veux dire que c’est pas grave d’agresser sexuellement une femme qui as pas une conception de l’écologie identique à la tienne. Je me réserve pas le sujet des femmes, mais je me réserve la liberté de m’exprimer et de dire ce que je pense de la qualité de tes interventions sur les violences sexuelles faites aux femmes.

  • Quand Lille sort du placard
    http://labrique.net/index.php/thematiques/feminismes/938-quand-lille-sort-du-placard

    Militant de longue date au sein de l’association les Flamands roses et membre du J’en Suis J’y Reste, Bruno a accumulé au fil des années quantité de souvenirs et de documents de travail qui, le temps passant, ont pris une valeur historique. Il organise aujourd’hui des promenades qui donnent à voir une autre histoire de Lille, particulièrement méconnue. Et si on se lançait dans l’histoire d’une autre Lille ?

    #En_vedette #Féminismes

  • The Heart of Whiteness : Ijeoma Oluo Interviews Rachel Dolezal, the White Woman Who Identifies as Black

    Je poste peu ces derniers temps. Je suis attelée à des tâches de longue haleine, que j’espère mener à bien et qui souffrent du papillonnage. (cf. https://seenthis.net/messages/591091)

    Cependant jour off forcé, je démarre par une revue de presse matinale qui, hasards de la sérendipité, me voit tomber et soupirer sur un article à propos de Rachel Dolezal (pour ceux qui ont oublié cette histoire https://en.wikipedia.org/wiki/Rachel_Dolezal). Rachel - qui a changé son nom récemment pour Nkechi Amare Diallo . Cette histoire de #Dolezal me laisse perplexe depuis ses prémisses. Sur le coup, je me suis dit : quel est le problème qu’une femme blanche dirige un chapitre de la #NACCP(https://fr.wikipedia.org/wiki/National_Association_for_the_Advancement_of_Colored_People) : l’association a été fondée par des #afro-américains mais a toujours eu des membres de différentes complexions et communautés.

    Et puis, plus les articles défilaient, plus la perplexité tournait à un questionnement : pourquoi autant s’attarder sur une histoire qui relève - je vais aller vite en disant ça - d’un désordre individuel ou disons de la santé mentale (je ne sais pas quel est le terme qui conviendrait vraiment).

    Les commentaires se déchaînent et puis pause. On l’oublie.

    Et cet article, qui je trouve évoque bien les troubles liés à cette affaire : l’attention qu’elle suscite, le malaise qu’elle provoque et selon moi, une empathie malaise pour cette femme particulièrement étrange jusque dans son choix de nom. Et cette impression perturbante qu’elle confond complètement classe sociale et la « race » comme catégorie sociale.

    On évoque beaucoup dans les milieux militants #anti-racistes, "féministes, #LGBT etc... ces derniers temps les identités choisies, le fait de s’identifier à tel ou tel genre, tel ou tel groupe - j’ai déjà eu une conversation à la Ionesco avec une jeune femme libanaise qui s’identifiait comme africaine (noire) malgré ses yeux bleus et sa peau beige clair - comme outil anti-essentialiste, pour dépasser les dominations institutionnelles et sociales.

    Pourtant, il y a toujours un moment où ça bloque, et mais c’est une impression, pas une étude scientifique, ce moment où tu vois le serpent se mordre la queue, le propos revenir à la case départ en passant par la prison essentialiste. En bout d’échange, quelqu’un revient toujours au fait que l’identification c’est bien gentil, mais qu’au final ce n’est pas la même chose , qu’on ne peut pas être et ne pas être, surtout face aux discriminations institutionnelles, racistes aux violences policières etc. D’où apparition de ces barbarismes comme personnes racisés . C’est comme dire "je m’identifie aux pauvres" mais que tu n’as jamais de problème pour payer tes factures. Ça nous fait une putain de belle jambe. You feel me ?

    D’une certaine manière, Rachel Dolezal pousse l’identification à son paroxysme non ?

    Also, even if there were 50 Nkechi Amare Diallos in Spokane—trust me, as someone named Ijeoma Oluo who grew up in the white Seattle suburb of Lynnwood—you’d have a much better chance of getting a job interview if you changed your name to Sarah.

    (...)

    I am nothing if not stubborn, so I clarify my question: “I mean, if you were walking down a street in New York, just as an anonymous person, to a lot of people you would appear as a white woman. There’s a function of privilege to that, right? The way in which you would be able to walk through the street, how people would interact with you, the level of services you would receive, your ability to get a cab, all of that would be impacted. Does that privilege factor into your identity?”

    Dolezal looks at me as if my question is completely ludicrous: “Well, I understand your question, but once again, that’s not what I experience. I don’t experience people treating me as a white woman in New York or elsewhere, an anonymous white woman. That’s what I’m trying to explain. People either treat me like a freak because I’m the white woman that pretended to be black in their eyes or treat me as a light-skinned black woman. That’s how people see me.”

    Il n’y a pas de conclusion à ce post, c’est normal, je ne voulais que faire part de ma perplexité.

    http://www.thestranger.com/features/2017/04/19/25082450/the-heart-of-whiteness-ijeoma-oluo-interviews-rachel-dolezal-the-white-

  • L’essai de récupération de Chimamanda Ngozi Adichie par la Troisième vague est tout sauf intersectionnel | Entre les lignes entre les mots
    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2017/04/13/lessai-de-recuperation-de-chimamanda-ngozi-adi
    https://secure.gravatar.com/blavatar/a3b1cc5dc5733d7f4309d47eda4caf8d?s=200&ts=1492441242

    « Je pense que tout le problème du genre dans le monde tient à nos expériences. Il ne s’agit pas de la façon dont nous coiffons ou d’avoir un vagin ou un pénis. Il s’agit de la façon dont le monde nous traite, et je pense que si vous avez vécu dans le monde en tant qu’homme, avec les privilèges que le monde accorde aux hommes, et que vous changez ensuite pour ainsi dire de genre, il est difficile pour moi d’accepter que nous puissions alors assimiler votre expérience à celle d’une femme qui a toujours vécu dans le monde en tant que femme et qui ne s’est pas vu accorder ces privilèges dont disposent les hommes. Ce que je dis, c’est que le genre ne relève pas de la biologie, le genre relève de la sociologie. »

    L’intensité de la réaction hostile à ses propos a amené Adichie à publier une réponse plus détaillée, qui manifeste à ses critiques beaucoup plus d’empathie et de réflexion qu’eux-mêmes lui en avaient accordée. Elle a expliqué que reconnaître le privilège masculin « ne signifie pas que les transfemmes n’ont pas subi des difficultés en tant que garçons. Mais elles n’ont pas subi ces difficultés particulières au fait d’être nées de sexe féminin, et cela importe parce que ces expériences façonnent la façon dont les femmes adultes nées de sexe féminin interagissent avec le monde. »

    Mais pourquoi le mouvement de ressac contre Adichie a-t-il été aussi immédiat ? Pourquoi dépeint-on ses opinions comme outrancières et « phobiques » quand elles sont tout sauf cela ? Je crois que c’est parce qu’elle avait été élevée sur un piédestal par des progressistes et, qu’en exprimant une opinion impopulaire, elle a dévié de la pensée de groupe dont le féminisme de la troisième vague a fait une ligne de parti. Pire encore, elle avait exprimé des points de vue partagés par la deuxième vague, celle des féministes radicales.

    Le féminisme de la troisième vague aux États-Unis prétend en effet qu’avant lui, le mouvement des femmes avait complètement ignoré la diversité des vies et des expériences des femmes. Cette thèse est du pipeau. En tant que femme dominicaine qui a étudié l’histoire du mouvement féministe, dans mon propre pays ainsi qu’en Amérique latine et aux Antilles, cette lecture me semble à courte vue et, de façon prévisible, centrée sur les États-Unis. Le mouvement pour les droits des femmes existe depuis plus d’un siècle, ancré dans une foule de pays et d’époques. Il est inexact de tenir pour acquis que jusqu’à l’apparition aux États-Unis de l’expression « féminisme intersectionnel », le mouvement des femmes ne s’est soucié que des besoins et des préoccupations des femmes blanches, occidentales et de classe supérieure.

    Hélas, d’une manière que reconnaîtra quiconque a déjà été instrumentalisé-e sur la base de son identité, dès le moment où cette femme brillante, puissante et réfléchie a émis une idée qui s’avérait impopulaire, elle a été traînée en position de n’être que juste une autre privilégiée qui ne sait pas ce dont elle parle et doit être « éduquée ». Elle a été qualifiée de « TERF » et de « féministe blanche » elle-même, et ses opinions présentées comme non seulement erronées, mais toxiques.

    Ceci démontre, à tout le moins, que le label de « féminisme blanc » n’a jamais été conçu comme une analyse des vecteurs de race ou de classe. Il a toujours été destiné à diffamer et à diviser les femmes entre les catégories de « féministes éveillées (Woke feminists) » et de féministes non éveillées. Comme l’expression « cis », analysée par Rebecca Reilly-Cooper, c’est un outil linguistique destiné à « garantir que nous les femmes n’ayons aucun moyen de nous décrire qui ne nous dépeigne pas comme oppresseures ».

    par Raquel Rosario Sanchez

    Raquel Rosario Sanchez est une activiste et défenderesse des droits, originaire de la République dominicaine. Son travail porte sur la violence envers les femmes et les filles, la traite des personnes et l’abolition de la peine de mort. Elle poursuit en Oregon un diplôme de master en Études sur les femmes, le genre et la sexualité.

    #féminisme #dogmatisme

  • Il y a deux ans, #Rachel_Dolezal, la présidente du NAACP (National Association for the Advancement of Colored People), a été outée comme étant blanche, en dépit de son auto-identification comme noire, et contrainte à la démission. @aude_v en avait parlé ici :
    https://seenthis.net/messages/383197
    https://seenthis.net/messages/384296

    Entre temps, elle change de nom (Nkechi Diallo), publie un livre (In Full Color : Finding My Place in a Black and White World), et donne une conférence TEDx pour raconter sa vie, donner sa version des faits et sa façon de voir les choses. Peut-on être #transracial ?

    Rachel Dolezal memoir to explore ’discrimination while living as black’
    Alan Yuhas, The Guardian, le 31 octobre 2016
    https://www.theguardian.com/us-news/2016/oct/31/rachel-dolezal-memoir-in-full-color-race-black-white

    La chaîne officielle des TED Talks avait hésité avant de diffuser cette conférence (les TEDx sont organisées de façon indépendantes), mais elle a fini par le faire :

    Rachel Dolezal’s TEDx Talk
    Le 2 novembre 2016
    http://blog.ted.com/rachel-dolezals-tedx-talk

    #Claire_Hynes n’est pas convaincue et fait, bien entendu, le lien avec le transféminisme :

    Rachel Dolezal’s pick-your-race policy works brilliantly – as long as you’re white
    Claire Hynes, The Guardian, le 27 mars 2017
    https://www.theguardian.com/commentisfree/2017/mar/27/rachel-dolezal-race-white

    Commentaire personnel : au delà de la transition blanche-noire qui peut se discuter, elle aurait pu éviter de postuler à la présidence du NAACP qui était non seulement exagérée, mais en plus volait le poste à un.e « vraie » personne identifiée comme noire...

    Ceci rappelle et renvoie à un autre débat récent :
    https://seenthis.net/messages/579254

    #Racisme #Race #Identité #Backlash #Femmes #Transfemmes #Féminismes #Intersectionnalité
    #recension

  • #Raquel_Rosario_Sanchez : L’essai de récupération de Chimamanda Ngozi Adichie par la Troisième vague est tout sauf intersectionnel
    http://tradfem.wordpress.com/2017/03/21/lessai-de-recuperation-de-chimamanda-ngozi-adichie-par-la-troisie

    « Comment a-t-elle pu dire pareille chose ?! » Chaque réaction de ce genre exprimée à propos des remarques récentes de Chimamanda Ngozi Adichie sur les transfemmes (transwomen) véhiculait le message que les gens étaient non seulement indignés par la romancière nigériane et féministe, mais également déçus par elle. Dans le Los Angeles Times, Michael Schaub a écrit qu’elle avait « irrité » la communauté transgenre. Paper Magazine a expliqué que « les gens ne réagissent pas bien » à ses commentaires. Dans The Root, Raquel Willis a déclaré qu’Adichie avait « manipulé (gaslighted) » les personnes transgenres pour finalement « les dépouiller de leur condition féminine (womanhood) ». Le blogue Unapologetic Feminism a dit des commentaires d’Adichie qu’ils révélaient son « manque de raffinement » comme théoricienne. (Le problème ne pouvait pas être qu’elle avait une opinion valable, quoique différente, sur la condition féminine : il fallait qu’elle soit confuse ou stupide.)

    La plupart des tribuns qui ont dénoncé les commentaires d’Adichie ont fait preuve de malhonnêteté dans leur portrait du conflit, reproduisant presque exclusivement les opinions défavorables à son égard. En excluant le soutien et la solidarité remarquables qu’Adichie a reçus de nombreux hommes et femmes, son opinion a été présentée comme une aberration (et donc plus condamnable) et plus isolée qu’elle ne l’est en réalité.

    Et qu’est-ce qu’une écrivaine féministe renommée a dit pour provoquer une telle indignation (alléguée) ?

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://www.feministcurrent.com/2017/03/20/third-waves-tokenization-chimamanda-ngozi-adichie-anything-intersec

    Raquel Rosario Sanchez est une activiste et défenderesse des droits, originaire de la République dominicaine. Son travail porte sur la violence envers les femmes et les filles, la traite des personnes et l’abolition de la peine de mort. Elle poursuit en Oregon un diplôme de master en Études sur les femmes, le genre et la sexualité.

    #Chimamanda_Ngozi_Adichie #transfemme #féminisme_intersectionnalité #féminisme_blanc #Kimberlé_Crenshaw

  • Le problème qui n’a pas de nom… parce que le mot « femme » est qualifié d’essentialiste | Claire Heuchen
    https://tradfem.wordpress.com/2017/03/17/le-probleme-qui-na-pas-de-nom-parce-que-le-mot-femme-est-qualifie

    « Y a-t-il une façon plus courte et non essentialiste de parler de « personnes qui ont un utérus et tous ces trucs » ? », a demandé sur le réseau Twitter la journaliste Laurie Penny. À plusieurs égards, la quête de Penny pour trouver un terme décrivant les personnes biologiquement femmes sans jamais utiliser le mot femme décrit le principal défi posé au langage féministe actuel. La tension entre les femmes qui reconnaissent et celles qui effacent le rôle que joue la biologie dans l’analyse structurelle de notre oppression s’est transformée en ligne de faille (MacKay, 2015) au sein du mouvement féministe. Source : (...)

    • Toute cette polémique résulte d’une déclaration de #Chimamanda_Ngozi_Adichie

      Alors, quand des gens soulèvent la question « est-ce que les transfemmes sont des femmes ? », mon sentiment est que les transfemmes sont des transfemmes. Je pense que si vous avez vécu dans le monde en tant qu’homme, avec les privilèges que le monde accorde aux hommes, et que vous changez ensuite de sexe, il est difficile pour moi d’accepter que nous puissions alors comparer vos expériences avec les expériences d’une femme qui a toujours vécu dans le monde en tant que femme, qui ne s’est pas vu accorder ces privilèges dont disposent les hommes. Je ne pense pas que ce soit une bonne chose d’amalgamer tout cela. Je ne pense pas que ce soit une bonne chose de parler des enjeux des femmes comme étant exactement identiques aux enjeux des transfemmes. Ce que je dis, c’est que le genre ne relève pas de la biologie, le genre relève de la sociologie.

      #femmes #transfemmes #identité #queer #TERF #féminismes #backlash #Claire_Heuchen

    • « Supprimer le mot femme et les termes biologiques de tout échange concernant la condition féminine corporelle semble dangereux, écrit la chroniqueuse Vonny Moyes. Refuser de reconnaître l’anatomie des femmes, leurs capacités reproductives et leur sexualité a longtemps été le fait du patriarcat. Il semble que nous ayons bénéficié de quelques décennies dorées de reconnaissance, et que nous avons pu afficher fièrement notre expérience vécue de la condition féminine corporelle, mais nous devons maintenant abdiquer ce vocabulaire au nom du reste du groupe. Même si la logique semble être aux commandes, il est difficile de ne pas ressentir l’effacement de cet aspect de la condition féminine, avec de troublants échos du patriarcat traditionnel. »

      ouais, pas qu’un peu, d’autant qu’à la racine du patriarcat se trouve l’exploitaton du #travail_reproductif

    • Cher-es éditeurices de @rezo !
      Cet article est problématique de par sa position transphobe (soutenir que les femmes trans ne sont pas des femmes ou que "le" féminisme ne devrait pas se soucier d’inclure les femmes —et autres personnes— trans, c’est transphobe).

      Si ça ne suffisait pas, l’autrice (et la traductrice française à sa suite) fait l’amalgame entre une théorie queer caricaturale et le transféminisme, et balance certaines affirmations basées sur du vent, style : "Dans un tel scénario, celles qui possèdent un corps féminin, les femmes, pourraient simplement échapper par auto-identification à l’oppression structurelle, et choisir de faire partie de n’importe quel autre groupe qu’une classe opprimée"

      Personne, à ma connaissance, ne défend ça. Il y a de grandes chances pour que l’autrice ait sorti cette accusation de son chapeau en la présentant comme une conséquence logique de l’"idéologie queer" (alors qu’elle parle en réalité non de queer mais de transféminisme) ; c’est un “sophisme de l’homme de paille” (https://fr.wikipedia.org/wiki/Épouvantail_(rhétorique)), consistant à argumenter contre un-e adversaire dont on a pris soin auparavant de déformer ou d’exagérer les positions ; bref, de la belle malhonnêteté intellectuelle !

      Et il y a plus mais je vais m’arrêter là, j’ai commenté l’article en (un peu) plus de détail mais je ne suis pas sûre d’être validée par la modératrice...

      Donc au minimum, même si encore vous n’êtes pas sûr-es de votre position sur la transphobie (et je vous encourage à vous renseigner au plus vite, http://www.juliaserano.blogspot.fr est une autrice très accessible, pointue, mesurée... mais c’est en anglais) évitez au moins de relayer des articles d’une telle mauvaise foi s’il vous plaît ! Et si vous ne comprenez pas les enjeux (qui sont immenses, pour une population certes marginal(isé)e et numériquement faible) alors abstenez-vous de peser dans le débat.

      Par ailleurs, un immense merci pour votre travail formidable qui m’a aidé à forgé ma conscience politique sur de très nombreux thèmes.
      --Miluyali

    • @milyali Merci. Je le partageais surtout pour aller à la pêche aux réactions et aux critiques (ce n’est pas très malin, je sais), parce que je ne connais pas grand chose au sujet. Je vais essayer d’y remédier assez vite !

    • Bonsoir @mona, si c’est vous qui avez enlevé le lien de la page de @rezo je vous en remercie, je vais tâcher d’être un peu plus constructive dans mes suggestions de lecture si ces sujets vous intéressent (cf. plus bas)

      J’ai réagi un peu dans l’urgence parce que je lis depuis quelques temps avec inquiétude les clashs assez orageux qui opposent certaines féministes radicales (décrites par leurs opposant-es comme TERFs, pour "Trans-Exclusionary Radical Feminists) aux femmes trans aux USA. On n’en est pas arrivées là en France, mais à mesure que les problématiques trans gagnent en visibilité, on va avoir droit au backlash qui risque de venir avec. Les traductrices de TradFem semblent vouloir contribuer à introduire en français certaines des idées (et amalgames surtout) phares des TERFs donc ça me semblait important de commencer dès maintenant à y faire face...

      @aude_v : bien vu, j’avais jamais réfléchi à la connotation psychiatrisante des termes en -phobie... Selon toi est-elle présente également dans "xénophobie", "homophobie", "islamophobie" ? je ne me rend pas toujours bien compte de cette influence insidieuse de l’étymologie.

      En tous cas pour "transphobie" je trouve ça pas top en effet, même si le mot existe depuis trop de temps et a une histoire qui le rend incontournable et légitime dans certains contextes, de la même façon que "antisémitisme" ne se réfère pas (plus) à la haine des "sémites" mais des seul-es juif-ves. L’usage prime finalement sur l’étymologie, ce qui ne doit pas nous empêcher de réfléchir à de meilleurs termes.

      N’empêche, c’est vrai que j’aurais pu dire "anti-trans" ou "cissexiste", au moins on est clair sur la dimension politique de ces discours.

      Hum je n’avais pas l’impression d’avoir suggéré la dépublication, je ne réalisais pas que ça se faisait. Je viens de m’inscrire sur seenthis et c’est la première fois que j’interagis directement avec @rezo en fait, depuis 2012 que c’est ma page de démarrage j’en avais encore jamais ressenti la nécessité ! En tous cas ça me va bien d’avoir (apparemment) suggéré ça, et j’assume sans problème l’inélégance de cette démarche. Pour moi, le texte de Tradfem ne tient pas un discours méritant d’être débattu, à deux titres : malhonnêteté intellectuelle et manque de cohérence argumentative d’une part ce qui laisse présumer un débat stérile ; et puis position essentialiste anti-trans, déni du vécu, de la subjectivité et des revendications des personnes trans. Et là il n’y a rien à débattre, on est sur des positions de principes fondamentalement incompatibles.

      Après on peut décider d’assumer ce refus d’entendre les voix des personnes trans, mais je ne me fatiguerai pas à en débattre, je me contenterai de le combattre. À quoi bon discuter face à un discours dont les croyances ou valeurs sous-jacentes ("les femmes trans ne sont pas des femmes") sont incompatibles avec les miennes, et qu’aucune de ces deux positions n’est démontrablement plus "vraie" que l’autre ?

      Concernant Julia Serano :
      Merci de partager ce tweet dans lequel en effet elle dit un peu de la merde (j’imagine que tu as vérifié que c’était pas du second degré, ou que c’était lié à un contexte trop spécifique ?). Je vais pas la défendre à tout prix, même au contraire si elle a dit d’autres trucs du même acabit ou encore si elle tient d’autres positions problématiques c’est cool de le partager. Merci ! Ceci étant dit le tweet en question ne me semble pas suffisant pour la décrédibiliser, ou démentir le fait qu’elle a (selon moi, et en général) une écriture plutôt fine et intelligente. Mais oui c’est vrai que c’est pas très “mesuré" ni très intelligent comme remarque.

      En tous cas c’est de bonne guerre, linker le site d’une autrice plutôt prolifique et éclectique en disant "tiens lis ça" c’est un peu facile. Dont acte, je farfouille pour donner des références précises :

      > J’ai lu récemment son premier livre, "Whipping Girl" dont quelques chapitres sont traduits et publiés par Tahin Party (http://tahin-party.org/serano.html). J’ai trouvé ça hyper intéressant, et je le recommande. Elle explique notamment comment l’exclusion et la dévalorisation des femmes trans, y compris par certaines féministes, est au moins en partie due selon elle à une dévalorisation de la féminité, et donc à de la misogynie intégrée.
      > http://msmagazine.com/blog/2012/04/18/trans-feminism-theres-no-conundrum-about-it —Ça répond en partie à certains des reproches que Claire Heuchan adresse aux transféministes.
      > http://juliaserano.blogspot.fr/2011/08/whipping-girl-faq-on-cissexual.html —Là c’est de la terminologie, c’est pas fun à lire mais au cas où ça couvre des points qui me semblent importants comme base.
      > http://juliaserano.blogspot.fr/2013/11/why-myriad-double-standards.html —Où JS pose les bases d’un féminisme "holiste" prenant en compte l’intersection d’une myriade de "deux-poids-deux-mesures", pas seulement celui qui défavorise les femmes au bénéfice des hommes.
      > http://juliaserano.blogspot.fr/2013/11/what-is-gender-artifactualism.html —Un point sur l’inclusion de facteurs biologiques dans l’identité de genre. La discussion avec RadTransFem en commentaire est intéressante

      Voilà... PS— merci @mona et @aude_v. pour vos écrits que je suis depuis quelques années, Vous m’avez chacune fait avancer dans mes réflexions et je vous en suis très très reconnaissante ! :)
      ~Miluyali~

    • @aude_v : Merci pour tes réponses !

      Bon, j’ai envie de revenir sur ma position.
      Les enjeux, du moins certains me dépassent.
      J’ai du mal à voir pourquoi ça dépendrait de moi (je ne suis membre d’aucun groupe de SJW qui pourrait tenter de détruire la réputation ou hacker les serveurs de Rezo.net ou quoi, qu’on se rassure je ne parlais qu’en mon nom propre et n’avançait aucune menace masquée autre que ma propre désapprobation)... mais bref, si mon avis compte sur la republication de l’article, je vote pour, tout en encourageant l’équipe @rezo à publier des positions contradictoires.

      Donc OK j’ai réagi avec virulence avant d’être bien au clair sur ma position. Je m’excuse et me rétracte. J’ai la sensation d’être dépassée par cette discussion, mon expérience de ces débats est informée par mon propre prisme et vécu qui tendent à me faire privilégier les voix trans et trans-inclusives. Je réalise un peu mieux les abus que peuvent entraîner une telle position poussée à l’extrême, merci d’avoir partagé ton vécu et ces liens.

      Pour parler un peu du fond, je trouve pas que tout ce que dit Heuchen dans cet article est faux. loin de là. Je ne suis pas du tout convaincue par les positions qui nient complètement la réalité de la socialisation masculine pour les femmes trans. En tout cas je répète, concernant Heuchen il me semble qu’elle ignore de large pans de discours trans pour en faire une caricature grotesque, cherche à s’accaparer « le » féminisme, jette les femmes trans et leurs vécus hyper divers avec l’eau du queer de façon éhontée et franchement ça ne prête pas à l’échange. Oui moi aussi en fait je pense qu’on a besoin de sérieuses discussions sur ces questions de socialisation masculine, d’inné-et/ou-construit, d’autoidentification, de binarité ou non. Je suis loin d’être tranchée sur toutes ces questions et le débat me semble important.

      Ceci étant dit, « la #censure » n’est jamais qu’affaire de ligne de démarcation, dont le choix du tracé est éminemment politique, entre ce qu’on veut bien et ce qu’on ne veut pas entendre. Si @rezo relayait les idées racistes de Caroline Fourest je pèserais de tout mon p’tit poids pour que ça soit dépublié. ça te parle ? Le rapprochement te paraît justifié ou non ? (certes Fourest est très bien relayée déjà, mais ce texte de Heuchen ajoute de l’eau à un moulin transmisogyne qui tourne déjà très bien tout seul sans l’aide des féministes radicales. pour moi leur caricature de transféminisme n’est pas du tout subversive)

      Sinon, juste :
      « être perçue comme une femme dans une société sexiste n’offre pas vraiment de privilège » :
      –> Etre blanche (bourgeoise, valide, etc) comporte des privilèges non ? pourquoi être cis ce serait pas le cas ? Ça ne change rien à l’oppression subie par les femmes cis, en tant que femmes.

      Encore merci. Bonne soirée.

    • @aude_v : je comprends bien ta volonté d’en débattre et ta colère. Si je ne suis pas intervenue dans le débat jusqu’ici c’est que je n’y connais rien, que j’en découvre les termes et qu’il me manque pour l’instant aussi bien des ressources que du temps de réflexion et des discussions pour pouvoir y contribuer. Ce texte traduit par @tradfem et les réactions qu’il suscite engage ma formation sur les chapeaux de roue...

      (Incidemment, je n’ai pas reçu de notification même si tu as inclus mon pseudo dans ton commentaire, alors que cela fonctionne normalement.)

    • Je découvre le texte et les commentaires sans y avoir pensé auparavant. Je trouve qu’il a le mérite d’ouvrir la discussion sur cette question.
      À chaud, j’ai tendance à penser que l’expérience d’une femme n’est pas la même que celle d’une « transfemme » et qu’on le veuille ou non, ce vécu est indélébile. Ça n’a rien de stigmatisant, c’est un fait. Tout cela mérite évidemment d’y réfléchir.

    • Merci @aude_v de ne rien lâché. C’est courrageux de ta part tant la discutions autour du transféminisme est difficile et violente. Je serais pour une republication de ce texte de tradfem eventuellement accompagné d’un autre texte qui explique les bases du transféminisme ou répond à certaines questions soulevés par le texte de tradfem. @milyali si tu as un texte à proposé ca pourrait equillibré le debat et peut etre aider toutes celles et ceux qui son largué·e·s a y comprendre qqchose.

    • Je ne suis intervenu ici que pour dire que ce texte est l’une des nombreuses réactions, des deux « côtés », à une polémique qui fait suite à une déclaration de Chimamanda Ngozi Adichie, une auteure féministe que j’aime beaucoup et qui est aussi attaquée pour son statut de célébrité (je ne la défend pas en disant cela, je constate juste), et de célébrité noire.

      Au delà du débat actuel sur l’identité, il me parait donc important de ne pas oublier la source de cette polémique, une petite minute, entre 2’40" et 3’40", et peut-être de se faire un avis dessus avant de se faire un avis sur les commentaires :

      Chimamanda Ngozi Adichie on feminism, Channel 4, le 10 mars 2017
      https://www.channel4.com/news/chimamanda-ngozi-adichie-on-feminism

      Et il pourrait ensuite être intéressant de citer d’autres articles de cette polémique, comme celui ci par exemple :

      When Callouts Become Anti-Black : On Chimamanda Ngozi Adichie’s Transphobia, Disposability Culture & British Colonialism
      Thembani Mdluli, Rest for Resistance, le 16 mars 2017
      https://www.restforresistance.com/zine/when-callouts-become-antiblack-on-chimamandas-transphobia

      Adichie and her work are important, and we cannot throw her away simply because she has demonstrated herself to be imperfect and even capable of inflicting harm upon people more marginalised than herself.

    • Tiens, justement, un article de plus sur le sujet, traduit par @tradfem :

      L’essai de récupération de Chimamanda Ngozi Adichie par la Troisième vague est tout sauf intersectionnel
      RAQUEL ROSARIO SANCHEZ, Feminist Current, le 20 mars 2017
      https://seenthis.net/messages/580713

      Et dans le Guardian:

      Chimamanda Ngozi Adichie on transgender row: ’I have nothing to apologise for’
      David Smith, The Guardian, le 21 mars 2017
      https://www.theguardian.com/books/2017/mar/21/chimamanda-ngozi-adichie-nothing-to-apologise-for-transgender-women

      #Raquel_Rosario_Sanchez

    • Bonjour ! Bon j’ai passé une bonne partie de la nuit à lire et sélectionner quelques textes de personnes trans (et d’une ou deux femmes cis transinclusives) qui parlent de divers aspects des questions qu’on a abordées ici ! J’espère que ça donnera des pistes de lecture, et des idées de publication à @rezo. C’est très long parce que j’ai balancé des extraits substantiels pour chaque lien histoire de donner une idée de quoi ça parle et dans quel sens ça va.

      J’ai choisi surtout des auteurices matérialistes et/ou radicales, en tout cas pas franchement queer... non parce je voulais prouver qu’ielles existent et que Heuchan a tort de foutre tout le transféminisme dans la case "idéologie queer" (ce qui fait légèrement penser à la "gender" de LMPT franchement...) mais simplement parce que ce sont les blogs que je suis moi, et qui me parlent à moi.

      Les positions défendues dans les différents textes sont parfois au moins autant en désaccord entre elles qu’avec Heuchan :)

      Mais avant toute chose, @aude_v c’est quoi cette histoire de maladie mentale, personne n’accuse personne— OK, je (suis toute seule j’crois) n’accuse personne de maladie mentale. Lorsque je dis d’une personne qu’elle est transphobe (c’est bien à ça que tu fais référence ?), ouijesais c’est le même suffixe que "agoraphobe" ou "claustrophobe", mais aussi que "homophobe" ou "islamophobe" (que personne ne considère comme des maladies mentales à ma connaissance ?). L’accusation de transphobie porte sur le fait de prendre part, renforcer, légitimer une oppression systémique dans laquelle les personnes trans sont opprimées en tant que trans. Le mot n’est pas idéal, il a des connotation psy de par sa racine "phobie" je suis d’accord avec ça. Mais pour autant tu crois réellement que je porte des "accusations de maladie mentale" ? Toutes façons ça n’a pas de sens, être malade mental n’est pas un tort, on ne peut donc pas en accuser celleux qui en souffrent. En tout cas je fais de mon mieux pour éviter d’impliquer ça. Mais là y avait-il vraiment la moindre ambiguité ? Si c’est le cas je m’en excuse et je veux bien qu’on discute clairement de ce que le mot signifie ou de quel mot tu souhaiterais qu’on utilise ici pour en parler.

      Non parce qu’en revanche, quand une personne persiste à dire des trucs transphobes au bout d’une certaine exposition à des discours transféministes, je le lui reproche. "j’accuse" je sais pas (j’aime pas ce mot), mais je reproche ouais.

      Bref, donc quelques liens :

      SOCIALISATION MASCULINE :
      > "Les socialisations trans" http://misskoala.canalblog.com/archives/2013/04/04/26836748.html

      Au final considérer que j’ai socialisé comme un mec car AMAB (assignated as men at birth) c’est foutre en l’air les quatre dernières années de ma vie qui ont été les plus importantes pour moi. A vrai dire considérer que j’ai socialisé comme meuf car MtF me gênerait tout autant car c’est occulter les 23 premières années de ma vie avec cette foutue étiquette qui me démangeait ce mal-être permanent, cette envie d’être fille quand on me demandait d’être garçon. Alors que dire ?
      Que j’ai socialisé comme trans AMAB, comme trans MtF. Ouais ce serait mieux, je préférerais qu’on dise que j’ai socialisé comme Cassandra Koala mais au moins en considèrent que j’ai socialisé comme trans on ne colle pas un modèle cis sur ma vie.
      Il faut se faire une raison : NOUS NE SOMMES PAS CIS !
      Nos expériences, nos vécus, nos vies ne peuvent donc pas être ramené·e·s aux expériences, vécus ou vies de cis.

      > "J’emmerde votre socialisation" https://raymondreviens.wordpress.com/2015/11/09/jemmerde-votre-socialisation

      Notre socialisation elle, c’est à dire littéralement la façon dont nous avons relationné avec les personnes de notre entourage, elle nous a permis d’affirmer « j’appartiens au groupe des meufs, j’en suis une. ». A partir de ce constat fait plus ou moins tardivement, toute notre vie a été consacrée à nous débattre avec ça dans un monde qui nous dit que c’est pas possible, qu’on n’existe pas, que parce qu’on a une paire de couilles et des poils au menton on est pas supposées appartenir à ce groupe, on doit vouloir et aimer être dans celui des hommes. Alors on se débat pour s’accepter, tenter de démonter l’arbitraire et la fausseté de cette affirmation, et ça se voit. Eux, les hommes (cisgenres si vous voulez) le voient.

      Parce que ne vous y trompez pas, ils ont beau être ineptes pour 90 % des activités de la vie (forcément, ils obligent les meufs à tout faire pour eux), les 10% restants incluent toutes les activités coercitives. Ainsi ils sont très forts quand il s’agit de détecter et punir la personne qui au milieu de leurs rangs n’est pas comme eux : la personne féminine. Ça inclut pas mal de monde y compris des hommes homosexuels, mais la personne qui est la plus vulnérable, c’est la personne transféminine balancée chez eux par « erreur ». Et vous savez je suppose aussi bien que moi comment les mecs punissent les meufs qui transgressent les règles : violences psychologiques et physiques, agressions y compris sexuelles. Ça a été pour beaucoup notre lot quotidien durant l’enfance, l’adolescence et/ou une partie de l’âge adulte.

      FEMINISME TRANSPHOBE :
      > "Ça chante faux ; f-trans, « inclusives », radfem" http://lapetitemurene.over-blog.com/article-a-chante-faux-f-trans-inclusives-radfem-117692613.

      J’avoue, après réflexion et retour sur ce que j’ai vécu et subi à bio-féministlande, je ne m’associe pas à la chorale d’indignation vertueuse et inclusiviste envers les nanas qui se définissent ou se rassemblent comme Radfem®.

      Par ailleurs, je ne vois absolument aucune raison que je puisse soutenir d’empêcher des nanas de se réunir en non-mixité, fusse cette non-mixité imprégnée de haine et de bêtise réductrice et acritique. [...] Je suis juste de celles qui préfèrent que les choses soient claires : c’est une non-mixité f-bio. Mais faut le dire. Exactement comme pour la plupart des non-mixités qui se proclament « inclusives » et ne le sont pas en fait.

      Et d’autre part, ça me fait tristement marrer que cette opportune colère dirigée sur quelques naffreuses qui sont la bien pratique honte de la famille, permette une fois de plus de washer le mouvement féministe dans son ensemble, et surtout dans ses secteurs modernes, de toute violence anti f-trans.

      Un des sales côtés de ce monde, qui se répète, c’est qu’on est quelquefois moins en danger avec des ennemies ouvertes qu’avec de prétendues amies qui vous pourrissent et vous méprisent. Parce qu’au fond, les deux pensent et sentent pareil. Juste elles n’en font pas la même chose.

      > "Mon problème avec le féminisme « trans-critique » (Mrs Dreydful)" http://web.archive.org/web/20140906095825/http://negreinverti.wordpress.com/2014/05/21/mon-probleme-avec-le-feminisme-trans-critique

      De manière générale, je me sens plus en proximité des femmes trans – qu’importe leur race – par le sexisme qu’elles subissent, tout en niant en plus leur appartenance à la catégorie « femme », ce qui est semblable sur certains points au sexisme des femmes noires (mysoginoir). Comme les femmes noires, les femmes trans sont hypersexualisées. Comme les femmes noires, les femmes trans sont souvent taxées trop masculines, ou justement trop soumises face au patriarcat (car valorisant parfois les rôles féminins traditionnels qui leur ont été historiquement refusées). Comme les femmes noires, les femmes trans sont vues agressives. Bien sûr, les histoires de ces mêmes représentations mentales sont différentes entre femmes noires et femmes trans (sans compter que bien sûr, certaines femmes sont noires ET trans), mais on peut voir des similarités sur comment le sexisme est vécu par ces deux catégories de femmes.

      > "Les meufs trans sont donc masculinistes" http://misskoala.canalblog.com/archives/2014/01/07/28877794.html

      La non-mixité doit être politique et pas se restreindre à un espace-temps restreint. Si c’est pour laisser des hommes cis hétéros reprendre le pouvoir hors de cet espace-temps, si c’est se contenter d’un espace-temps non-mixte qu’ils daignent nous accorder désolée mais => sac de coprolithes. Et on voit quoi dans les espaces féministes transphobes ?
      Une grande présence de mecs cis hétéros qui relaient des femmes et vont dire laquelle est légitime ou non, qui traduisent des féministes pour les relayer à l’étranger (et légitimer leur présence dans les espaces féministes par ce travail de traduction), utilisent les médias télé/radio/journaux pour nous dire à quel point ils sont de gentils gentleman anti-sexistes, travaillent en collaboration avec certaines féministes renommées (prenant la place que des femmes pourraient avoir et légitimant un peu plus leur omniprésence)...
      Et à côté de ça on va présenter une « micro-minorité » de meufs trans féministes comme l’ennemi public numéro 1 de la non-mixité ?
      Laissez-moi rire . . . ^o<
      Ah bah non en fait j’y arrive pas.

      > "Transphobie dans un entretien avec Christine Delphy : ma réponse" http://web.archive.org/web/20150723105458/https://negreinverti.wordpress.com/2013/11/26/transphobie-dans-un-entretien-avec-christine-delphy-ma-reponse

      « le queer » : c’est quoi ça ? Je ne suis pas au courant que les trans, de par leur transition avait à répondre « du queer » (peu importe ce que c’est…) ou des actions et discours de celles/ceux qui s’en revendiquent.
      Donc encore une fois, où est le rapport entre un ou une trans et « le queer » ? Il suffit de faire un minimum de recherche pour voir que l’association « trans » « queer » n’est pas un produit des trans, mais bien un truc qui fait mouiller plein de non trans obscédé-e-s par la « déconstruction du genre ».Sur un forum d’entraide trans, les parties ouvertes au public vous feront voir que personne n’en a rien à faire « du queer ».
      Les trans transitionneraient pour faire de la subversion individuelle queer ? Comment sincèrement croire que nous pourrions nous exposer à tant de galères institutionnelles et interpersonnelles juste pour de la « subversion » ou plus spécifiquement pour « le queer » ?

      > "Leçon de grammaire" https://raymondreviens.wordpress.com/2016/02/21/lecon-de-grammaire

      L’emploi du terme “cismec” pour dire “homme détestable” revient donc à faire la distinction entre d’un côté des hommes trans idéalisés, fétichisés comme avant-garde de la révolution du genre / masculinité sans la toxicité / hommes parfaits / etc… et d’un autre côté des “cismecs”, ces hommes bien réels qui ont un comportement d’appropriation des femmes et de l’espace encouragé par la société. Notons également comme une parenthèse que nier la possible transitude d’un homme au motif de son comportement est exactement le reflet de la scrutation dont sommes victimes les femmes trans, scrutation qui a pour but de guetter les moindres signes de “non-féminité” de notre part. Voilà donc pour résumer tout ça : on est en plein dans la transphobie, entre fétichisation et négation de la personne.

      NON-BINARITE(s), AUTODEFINITION :
      > " Comment je suis devenu problématique" http://imnotacisboy.blogspot.fr/2016/09/comment-je-suis-devenu-problematique.html

      Je pense que l’auto-définition a ses limites et que là ça va, on les a largement atteintes et dépassées. Soit cette personne n’a aucune intention de transitionner (et par transitionner je parle de transitionner socialement, pas de prendre des hormones ou de se faire opérer, je vous vois arriver pour me traiter de truscum), elle est cis. Soit elle est en questionnement (et je ne sais pas vous, mais quand j’étais en questionnement je n’allais pas expliquer la transphobie à des personnes qui la vivaient depuis des années). Au passage j’ai l’impression que maintenant, « en questionnement » c’est passé à la trappe et que certain-e-s poussent plutôt les gens à se créer leurs propres identités dans laquelle illes seront seul-e-s, ensuite on leur envoie des câlins non-oppressifs et puis voilà, démerde-toi avec ça.

      > "Anti-guide du questionnement de genre" https://raymondreviens.wordpress.com/2017/01/17/anti-guide-du-questionnement-de-genre

      Il s’agirait donc de se demander “suis-je cis ?” Malheureusement, ce n’est pas vraiment un questionnement, car la réponse est simple. “Trans” est une réalité sociale : la réalité de l’exclusion, des discriminations et des violences liées au changement de catégorie sociale sexuée. “Cis” étant l’opposé de trans, il s’agit aussi d’une réalité sociale : non pas celle de ne pas subir de violences du fait de sa catégorie sociale sexuée (les femmes sont littéralement définies par les violences qu’elles subissent), mais la réalité d’être épargnée par les violences liées au changement de catégorie.

      Ceci dit, avec la honte et la peur qui caractérisent un questionnement aussi complexe, il est clair qu’à un moment dans un questionnement de genre, on puisse se dire “je veux m’éloigner de la masculinité, mais j’ai peur d’être la monstruosité transsexuelle qu’on me montre un peu partout, y compris d’ailleurs dans les milieux queer.” A partir de là, se dire “je suis du troisième genre”, qu’on peut exprimer autrement, par exemple “non-binaire”, “genderqueer”, “agenre”, est une solution réconfortante. Cela permet de se dire que je ne suis pas un homme, et pas non plus une monstruosité. C’est une réponse facile, rassurante, à une question complexe et angoissante. Une réponse aussi pétrie de (trans)misogynie. Ce qui me met en rage et ce qui me dégoûte, c’est quand les milieux et les personnes qui accueillent et prétendent aider des personnes en questionnement, la renforcent au lieu de lutter, avec la personne en questionnement, contre cette (trans)misogynie interiorisée. Notre rôle n’est pas de dire “bien sûr chéri-e, tu es ce que tu dis que tu es”, mais plutôt d’aider à dépasser cette peur, cette honte, pour que la personne puisse faire progresser ce questionnement.

      > "Trans : identités politiques contre politiques identitaires" http://misskoala.canalblog.com/archives/2016/06/12/32543581.html

      Ce qui pose le second problème : l’absence de définition claire de ce qu’est être trans.
      Et ce n’est pas un problème anodin. On est plutôt d’accord que dire qu’on est tou-te-s un peu trans est craignos et je pense que bon nombre de non-binaires seront d’accord pour dire que c’est tout aussi craignos de venir dire qu’on est tou-te-s un peu non-binaire.
      Je pense vraiment que pour empêcher ça ce n’est pas les politiques identitaires queers ou Mogai apportant une multiplication d’identités rendant les définitions de plus en plus floues qu’il nous faut mais bien une approche matérialiste et la construction d’identités politiques clairement définies.
      Ca peut sembler dur, violent, excluant et tout ce qu’on veut mais c’est impératif. C’est impératif et c’est selon moi le seul moyen pour lutter contre les TERFs (et je parle là de féministes transphobes francophones prêtes à s’inscrire dans la même mouvance que leurs collègues américaines Brennan ou Jeffreys) et à nous traiter comme une menace lavende à éradiquer politiquement voire physiquement. C’est avec une définition claire de trans (et donc de cis) que l’on pourra répondre quand elles écrivent qu’elles refusent d’être appellées cis sous pretexte qu’elles n’entrent pas dans les normes de genre. Ce n’est qu’avec une approche matérialiste et des définitions claires qu’on pourra répondre à Delphy quand elle explique qu’être trans c’est croire que si un jour elle se nomme homme alors elle aura accès aux privilèges masculins.

      ET POUR SE DETENDRE
      > http://assigneegarcon.tumblr.com

      Merci à @sinehebdo pour ces liens sur Adichie, hyper intéressant. Je suis d’accord avec restforresistance.com, ça craint de censurer une autrice pour une boulette, ou pour une position problématique, surtout quand on tape toujours sur les mêmes.

      Pour rappel, même si j’y ai re-réfléchi et changé d’avis, j’ai pas appelé pas à censurer tout ce que Heuchan a a dire, juste ce qu’elle dit (de moisi) sur les questions trans. Elle s’est par ailleurs faite trasher sévère pour ses positions sur le racisme et à ce titre doit être défendue

      http://observer.com/2017/03/jk-rowling-twitter-claire-heuchan-feminism

      Bonnes lectures et merci pour cette discussion, à suivre j’espère !

    • Merci @milyali pour tous ces liens ! Je n’aurai pas le temps de tous les lire, mais je saurai où aller, ou bien où renvoyer les gens qui cherchent...

      Tu résumes bien ma position sur Adichie : elle a peut-être fait une boulette (je n’arrive pas à arrêter une position claire là dessus), mais il me semble qu’il ne faut pas la jeter aux orties pour ça...

    • On peut faire un lien avec un autre débat sur le #transracial. A propos de la théorie de #Rachel_Dolezal, #Claire_Hynes n’est pas convaincue :

      Rachel Dolezal’s pick-your-race policy works brilliantly – as long as you’re white
      Claire Hynes, The Guardian, le 27 mars 2017
      https://seenthis.net/messages/584438

      #Race #Racisme

      Plus de détails sur l’affaire Rachel Dolezal ici :
      https://seenthis.net/messages/383197
      https://seenthis.net/messages/384296

  • Pour un regard féministe matérialiste sur le #queer. - Cairn.info
    http://www.cairn.info/zen.php?ID_ARTICLE=MOUV_020_0044

    Annotations :

    Le queer renvoie à « un ensemble de discours et pratiques associés à la transgression des frontières de la différence des sexes et de l’hétéronormativité. […] Être queer […] c’est mélanger les genres 2f[ Cette critique du genre rejoint celle de l’hétérosexualité : l’analyse de la masculinité et de la féminité s’est structurée autour de l’acceptation sociale de l’hétérosexualité comme la norme des relations humaines 2f[3][3] J. Butler, Gender Trouble. Feminism and the subversion.... La théorie queer s’érige contre tout essentialisme des catégories, par son insistance sur l’aspect performatif des pratiques du corps et des discours revendiquant de « choisir son genre 2f[4][4] C. (...)

    #féminismes #matérialisme #dominations #luttes #sexualité #hétéronormativité #:Sabine_Masson #:Léo_Thiers-Vidal

    • Ce qui m’interpelle et m’interresse beaucoup dans ce texte et ce type de discours, c’est que les hommes sont acculés au silence : impossible d’émettre une critique sans confirmer le propos. Les hommes sont placés dans une position d’illégitimitée, leur droit à la parole et la pertinence de celle-ci est d’avance récusée : finalement, ils sont placés dans la position qui est d’ordinaire assignées aux femmes. Bien sur, l’experience n’est pas vraiment la même, puisque ce qui choquera et dérangera la plupart des hommes dans cette situation est probablement en bonne partie lié à son caractère exeptionnel, et au fait que l’illégitimité est affirmé de manière péremptoire, alors qu’il s’agit d’une position que les femmes sont incitées/contraintes à tenir depuis leur enfance, par des procédés incidieux et donc rarement perceptibles (du moins avant que des feministes ne le perçoivent et le visibilisent). Mais tout de même, ça me parait malgré tout un jeu de mirroir interressant.
      Et pertubant, d’autant plus qu’il est sur moi efficace, puisque je ne me sens plus autorisé à dire ce que j’en pense sur le fond — sans pourtant être complétement convaincu que ce soit une bonne chose.

  • La fin de la domination (masculine) : pouvoir des #genres, #féminismes et post-féminisme #queer | multitudes
    http://www.multitudes.net/La-fin-de-la-domination-masculine

    Annotations :

    L’objet de notre article est de revenir sur la critique formulée par le post-féminisme queer, de l’utilisation du paradigme de la » domination (masculine) » faite, aussi bien par Bourdieu que par les courants féministes re-naturalisants,. Il s’agit également et d’évoquer différentes stratégies queer, de sortie de ce paradigme , et de voir comment il est possible de résister au système sexe/genre dominant. Une vision réductrice du pouvoir des genres va souvent de pair avec une re-naturalisation des genres « masculin » et « féminin » et bride ces politiques sexuelles, que sont les féminismes. Nous mettons en évidence les limites qu’a cru pouvoir imposer Bourdieu en diffusant une description bloquée de la « domination masculine ». (...)

    #:Marie-Hélène_Bourcier #matérialisme #_Bourdieu #_Butler #_Haraway #performativité #dominations #masculinité #hétéronormativité #essencialisme

  • Pour un féminisme matérialiste et #queer – CONTRETEMPS
    http://www.contretemps.eu/pour-un-feminisme-materialiste-et-queer

    Annotations :

    Le processus de réification dans le capitalisme fordiste a créé les conditions de possibilité pour qu’un processus de marchandisation et de privatisation participe de la constitution des identités sexuelles et de genre dans le néolibéralisme6. Kevin Floyd explique de quelle manière le néolibéralisme est une nouvelle stratégie d’accumulation qui répond à la crise du fordisme. Cette stratégie donne la priorité à l’accumulation à court terme, car elle fait de l’instabilité sociale générée par la crise du fordisme une source de profit, contrairement au fordisme qui misait sur la constitution de formations « culturelles » stables et organiquement structurées sur le long terme. En ce sens, le néolibéralisme développe de nouveaux outils d’accumulation (...)

    #.articles_revues #féminismes #marxisme #matérialisme #_Kevin_Floyd #:Sophie_Noyé