• Intellectuels de tous les pays, dé-trumpez-vous !

    La détestation que tentent de susciter les penseurs conservateurs envers les concepts critiques de #genre, #race ou d’#intersectionnalité est l’écho direct de la politique de Trump dont l’administration a combattu les « #gender_studies ».

    Il est amusant de voir converger le #sensationnalisme des médias et les éructations de leurs « #intellectuels » attitrés, fixés sur une série de mots-clés : #gender, #woke, intersectionnalité, #décolonial, #race… Mais ce sont aujourd’hui des mots vides qu’on agite, les mêmes sur les couvertures des magazines ou tabloïds et dans les chroniques ou tribunes. #Luc_Ferry dénonce « l’#écoféminisme » allié à « l’#islamo-gauchisme » « pour former la ”#cancel-culture-woke” ». #Isabelle_Barbéris accuse les #recherches sur le genre et l’intersectionnalité d’être des « #pseudo-sciences », mais serait bien en peine de donner des arguments scientifiques en ce sens. Les mêmes dénoncent la « #chape_de_plomb » et l’atteinte aux #libertés que constituerait l’existence même de recherches d’universitaires qui, de leur côté, n’ont jamais empêché leurs collègues de mener les leurs.

    Alors pourquoi une certaine génération d’intellectuels, que l’on a beaucoup entendue ces derniers temps, se sent-elle menacée ? Si on écarte la thèse des pathologies mentales engendrées par la pandémie – que révèlent, entre autres, les bagarres autrement plus graves entre bandes de jeunes –, on peut analyser cela en termes de stratégies de #pouvoir_académique. Nous assistons à la #radicalisation d’attitudes que les spécialistes du domaine du genre ont connue de longue date : la volonté politique de #déconsidérer, et si possible de #criminaliser, des recherches qui sont largement développées et légitimes ailleurs, par exemple en accusant ladite « théorie du genre » de ne pas être scientifique – en dépit du fait rappelé dans le journal du CNRS qu’il s’agissait de thématiques de recherche reconnues dans les programmes de l’Union européenne, et développées également dans les sciences « dures ».

    De fait, ces thèmes ont toujours été honnis par l’#extrême_droite, et les chercheurs qui s’y investissent sont régulièrement la cible des sites, médias, militants de cette obédience. Mais l’attaque du gouvernement est une #radicalisation_électoraliste qui permet à des figures opportunistes d’essayer de reprendre pied dans le milieu universitaire resté relativement imperméable aux idées d’extrême droite. La réaction quasi unanime aux déclarations polémiques des ministres #Vidal et #Blanquer (demande de démission de Vidal signée par 24 000 universitaires) est une preuve de plus de cette difficulté que rencontre cette partie ultraréactionnaire du monde intellectuel, qui a une place bien installée dans les médias, et a clairement l’oreille du pouvoir… mais ne domine pas vraiment dans les #universités ni dans les organismes de #recherche. Ce petit milieu s’est senti pousser des ailes lorsque le #pouvoir_politique a repris les idées de l’extrême droite et son agenda classique, la #chasse_aux_intellectuels qui travaillent sur le genre, la race, le #décolonial.

    Mais le mouvement reste limité : les signataires de tribunes dénonçant l’« islamo-gauchisme » qui gangrène les universités en lien bien sûr avec le « gender », sont en réalité éloignés du #monde_académique – retraités, bénéficiaires de positions protégées dans des institutions où ils n’enseignent pas ou peu, au rayonnement très faible dans la recherche. Leur seule chance d’exister dans un monde universitaire internationalisé est donc de déconsidérer leurs collègues pour tenter de les priver de ressources, par exemple en manipulant les outils d’évaluation ; d’où leur nouvel intérêt pour le Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Hcéres), institution dont le gouvernement a récemment pris le contrôle direct.

    Tout cela au nom de la défense du « #pluralisme ».

    Ce croisement fétide entre enjeux intellectuels et politicards n’a pas lieu par hasard. Les concepts de genre, de race et d’intersectionnalité ont été forgés dans et par de nouveaux #mouvements_sociaux et dans l’#activisme (1) qui a permis de mettre en avant de nouvelles catégories d’#oppression. Ce sont des concepts critiques, des outils qui servent à voir et analyser les #inégalités présentes dans les sociétés contemporaines. Ce qui en fait des concepts perturbants pour la pensée ultraconservatrice, qui les a constamment ciblées. Les recherches sur l’intersectionnalité ont fait voir des formes extrêmes de #discrimination et de #vulnérabilité sociales : celles subies par les femmes noires aux Etats-Unis et apparues au grand jour avec la pandémie.

    La détestation « animale » que tentent de susciter les penseurs ultraconservateurs envers les mots même de genre, race… est l’écho direct de la politique de Trump. David Chavalarias, dans un remarquable article synthétisant l’étude quantitative de la diffusion du terme « islamo-gauchisme » sur Internet et les réseaux sociaux, note que ce vocable y a été remobilisé par le gouvernement suivant les méthodes de l’#altright trumpiste (de #Steve_Bannon), de façon à déconsidérer simultanément des recherches… et des #mouvements_émancipateurs. Ce que proposent nos ministres français s’apparente au programme « éducatif » de #Trump dont l’administration a combattu les gender studies et interdit l’usage des mots tels « #fœtus » et « #transgenre » dans les institutions de santé. Trump avait créé une commission pour promouvoir « l’#éducation_patriotique » et revenir sur l’histoire de l’#esclavage, « dangereuse et erronée » selon lui. Il dénonçait, digne précurseur de nos génies nationaux, la « théorie raciale » et les études afro-américaines. Sa secrétaire à l’éducation #Betsy_DeVos avait engagé une réécriture des #manuels_d’histoire pour glorifier le passé esclavagiste et promouvoir une nouvelle version de l’#histoire des Noirs, contre les « #radicalo-gauchistes ».

    Trump voulait ainsi consolider sa politique et son discours sexistes et racistes. Et l’on sait que la mobilisation des minorités a été essentielle dans la récente élection présidentielle. Sans les activistes, Biden ne l’aurait jamais emporté par plus de 7 millions de voix d’écart sur Trump. C’est bien par une prise de conscience – ce qu’on appelle, ici avec dérision, le woke – des injustices, parfois mortelles, que promouvait et créait sa politique que la catastrophe a été évitée. Une majorité des citoyens américains a ainsi su s’appuyer sur une culture minoritaire, dans un contexte de pandémie où beaucoup plus de citoyens ont pu participer au vote.

    L’enjeu désormais en Amérique est de préserver cet acquis, contre les tentatives actuelles des républicains de réduire l’accès au vote, seul moyen qu’ils parviennent à envisager pour accéder au pouvoir. En #France aussi, ce sont les nouvelles générations, d’étudiants et de lycéens, eux-mêmes plus sensibles aux #injustices_sociales et au #racisme déguisés en « #laïcité » (2), qui redonnent espoir, contre tous ceux, intellectuels comme politiques, qui veulent les priver des moyens de connaissance et d’accès aux nouvelles idées qui ont pu aider à la victoire de Biden. Le woke, qu’on veut nous présenter comme une nouvelle dictature, c’est l’éveil de cette force, et la meilleure protection de la #démocratie.

    (1) Voir Albert Ogien, Politiques de l’activisme, sous presse.

    (2) Voir l’enquête sur la laïcité.

    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/opinions/intellectuels-de-tous-les-pays-de-trumpez-vous-20210312_W6BYMYYMSZDIHBAO7

    #Sandra_Laugier

  • GRAND FORMAT. « On place la vie des #fœtus avant celle des #femmes » : voyage dans le #Missouri, au cœur du combat pour le droit à l’#avortement
    https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/grand-format-on-est-alle-dans-le-missouri-au-coeur-du-combat-pour-l-avo

    De fins cheveux blonds relevés, le visage rond, Jane* patiente dans la salle d’attente de la clinique Planned Parenthood de #Saint-Louis, dans le Missouri (États-Unis). L’Américaine, mère célibataire de deux enfants, a mis un terme à une nouvelle grossesse début juillet. Son partenaire a refusé de « prendre ses responsabilités ». A 35 ans, Jane, intérimaire précaire dans le nettoyage, ne voulait pas de cet avenir pour un nouvel enfant. « La pauvreté est une réalité trop éprouvante pour un petit. »

    Vivant dans les environs, elle est ici pour un rendez-vous de contrôle après son IVG. Jane aurait voulu avorter dans cette clinique, près de son domicile de Fenton. Mais il a fallu aller plus loin, traverser la frontière entre le Missouri et l’Illinois, puis rouler encore 30 minutes. « Venir à Saint-Louis n’était pas une option », tranche-t-elle. « Je regardais les infos chaque jour, c’était éprouvant pour les nerfs. Et si je venais ici et n’étais finalement pas soignée ? » Car à l’heure de son avortement, l’établissement menaçait de fermer. Et cette clinique, un imposant bâtiment gris, est la dernière de l’État pratiquant encore des interruptions volontaires de grossesse (#IVG).

    Dans ce contexte de lois de plus en plus restrictives sur l’avortement dans plusieurs États américains, nous nous sommes rendus sur place, du 9 au 13 juillet, notamment dans l’État du Missouri, exemple symptomatique de ce durcissement.

    #législation_liberticide #santé #pro-life #Église_catholique #Illinois #pauvreté #féminisme #distance #transport

    Depuis l’Europe, Rebecca Gomperts, médecin basée entre les Pays-Bas et l’Autriche, a elle aussi pris les devants. Engagée pour le droit à l’avortement à travers le monde, elle prescrit désormais des pilules abortives à des femmes américaines privées d’accès à l’IVG. Elles doivent pour cela être enceintes de moins de neuf semaines et remplir un questionnaire en ligne sur le site Aid Access. Une fois leurs réponses passées en revue, Rebecca Gomperts prépare les ordonnances. Une pharmacie basée en Inde les reçoit, puis envoie les médicaments au domicile de ces Américaines, pour un coût modique de 80 euros.

  • L’Indiana rendra obligatoire l’enterrement ou l’incinération des tissus des foetus avortés - AFP à Washington - 28 Mai 2019 - Le devoir
    https://www.ledevoir.com/monde/etats-unis/555468/l-indiana-rendra-obligatoire-l-enterrement-ou-l-incineration-des-tissus-de

    La Cour suprême des États-Unis a adopté mardi une position en demi-teinte sur le sujet explosif de l’avortement, validant en partie une loi restrictive de l’Indiana et invalidant d’autres dispositions.


    Photo : Andrew Caballero-Reynolds Agence France-Presse - En pleine offensive des États conservateurs contre le droit à l’interruption volontaire de grossesse, la Cour suprême a pris son temps avant de se prononcer.

    En pleine offensive des États conservateurs contre le droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG), la Cour suprême a pris son temps avant de se prononcer.

    Le temple du droit américain a finalement autorisé l’Indiana à rendre obligatoire l’enterrement ou l’incinération des tissus des fœtus avortés comme « les autres restes humains » et non comme des « déchets médicaux ».

    Cette disposition « n’affecte pas le droit des femmes » à avorter et peut donc entrer en vigueur, a jugé la Cour suprême.

    En revanche, la haute cour a confirmé que l’État ne pouvait pas interdire aux femmes d’avorter en raison du sexe, de la race ou d’une malformation de leur fœtus, notamment en cas de détection d’une trisomie.

    Elle se réserve toutefois la possibilité de changer d’avis ultérieurement, en soulignant qu’une seule cour d’appel a été saisie de cette question. « Nous suivons notre pratique habituelle qui consiste à rejeter les requêtes tant que les points légaux soulevés n’ont pas été étudiés par davantage de cours d’appel », dit-elle.

    Les deux lois avaient été promulguées en 2016 par le gouverneur républicain de l’Indiana, Mike Pence, devenu depuis vice-président des États-Unis et connu pour revendiquer sa foi chrétienne.

    Elles avaient été bloquées par des tribunaux fédéraux en 2017.

    L’Indiana avait alors fait appel auprès de la Cour suprême, qui a légalisé en 1973 le droit des Américaines à avorter tant que le fœtus n’est pas viable.

    Elle a depuis confirmé sa jurisprudence à plusieurs reprises.

    Mais la droite religieuse est galvanisée par l’arrivée en son sein de deux juges conservateurs nommés par Donald Trump, plaçant les magistrats progressistes en minorité (quatre sur neuf juges).

    Plusieurs États, dont l’Alabama ou la Géorgie, ont adopté récemment des lois très restrictives sur l’avortement, en espérant que, grâce à ces nouveaux juges, la Cour suprême revienne sur son arrêt de 1973 « Roe v. Wade ».

    #sexisme #culture_du_viol #patriarcat #domination_masculine #misogynie #masculinisme #avortement #IVG #fœtus #usa

  • Revealed : air pollution may be damaging ’every organ in the body’ | Environment | The Guardian
    https://www.theguardian.com/environment/ng-interactive/2019/may/17/air-pollution-may-be-damaging-every-organ-and-cell-in-the-body-finds-gl

    La #pollution de l’#air est dangereuse pour chaque cellule du corps humain | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/177390/pollution-atmospherique-dangereuse-cellule-corps-humain

    Face à une telle menace, notre organisme n’a quasiment aucun moyen pour se défendre. « Les cellules immunitaires pensent qu’une particule de pollution est une bactérie, elles s’en prennent à elle et tentent de la tuer en libérant des enzymes et des acides, explique Dean Schraufnagel, chercheur à l’université de l’Illinois à Chicago. Ces protéines inflammatoires se propagent dans le corps, affectant le cerveau, les reins, le pancréas… En termes d’#évolution, le corps a évolué pour se défendre contre les #infections, pas contre la pollution. »

    Cette #inflammation généralisée a également des conséquences sur notre reproduction. Avec l’exposition à la pollution de l’air, la fécondité est réduite et les fausses couches augmentent. Les bébés à naître sont également touchés, une étude récente ayant révélé la présence de polluants dans les placentas qui nourrissent les #fœtus.

    #politique

  • IVG : « A l’hôpital, j’ai été immédiatement jugée » - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2018/09/27/ivg-a-l-hopital-j-ai-ete-immediatement-jugee_1681710

    Invoquée par ceux qui refusent de pratiquer des avortements, une clause prévue par la loi Veil fait débat. Libération a recueilli les témoignages de quatre femmes qui se sont heurtées à des refus d’IVG.

    Emilie, 33 ans (travaille dans la communication à Paris) : « Elle m’a dit que je devais changer d’avis »

    « En novembre 2015, j’ai appris que j’étais enceinte. J’avais déjà avorté une fois à 18 ans. Comme je suis hyperfertile, je tombe enceinte même sous pilule. Je suis allée voir ma #gynécologue habituelle, que je consultais depuis environ quatre-cinq ans. Pendant vingt minutes, elle m’a expliqué que j’étais folle et qu’on n’avortait pas à mon âge. Je pleurais et elle me disait que c’était bien la preuve que ma décision n’était pas prise, alors que j’étais juste perdue et abasourdie. Elle m’a demandé - je m’en souviendrai toujours - : "Vous pensez qu’on fait des enfants avec des gens qu’on aime ?" J’étais dans les délais pour faire une interruption volontaire de grossesse médicamenteuse, mais elle n’a pas voulu le faire, m’a dit qu’il fallait que je réfléchisse. Ma décision était prise, mais elle m’a dit que je devais changer d’avis, que je devais en parler à mes parents… Alors que j’avais 30 ans ! Elle m’a donné les coordonnées d’un centre à la Pitié-Salpêtrière, où j’ai finalement fait une IVG sous anesthésie locale. Je ne suis plus retournée la voir. Maintenant, je consulte une généraliste, car je ne sais pas chez quel gynécologue aller. »

    Nadège, 46 ans (travaille dans le milieu de la santé à la Réunion) : « Il a jeté le comprimé sur la table »

    « En 2014, je suis allée voir un gynécologue à l’hôpital pour avorter. J’ai été immédiatement jugée. Il m’a fait une échographie et m’a obligée à regarder l’écran. Il a mis le volume à fond pour que je puisse écouter le cœur. Il m’a dit que je devais le garder. Je l’ai très mal vécu, je me suis sentie jugée comme si j’étais devant un tribunal. Je me suis sentie coupable. C’était ma troisième interruption volontaire de grossesse. Je lui en ai parlé d’une seule, mais pas des deux précédentes, par peur d’être montrée du doigt. La porte était entrouverte, il parlait fort, les autres patientes pouvaient entendre depuis la salle d’attente. Il me disait que je devais avoir honte. Puis il a jeté le comprimé [qui est utilisé pour l’IVG médicamenteuse, ndlr] sur la table. Quand je l’ai revu après l’avortement, il m’a dit "Vous avez bien saigné, ça vous a bien fait mal" ? J’y suis retournée quinze jours après pour faire un contrôle. Dans son cabinet, il y avait des photographies en 3D de fœtus accrochées sur le mur. Il m’a dit qu’il était très croyant. Il le faisait à contrecœur, il se foutait complètement du bien-être de la femme. Je suis sortie en larmes. »

    Audrey, 25 ans (esthéticienne en Guadeloupe) : « Elle a dit « les préservatifs, c’est pas pour les chiens ! » »

    « C’était il y a trois ans et demi. A l’époque, je travaillais dans l’Essonne. J’avais zappé une ou deux pilules et je m’en suis rendu compte trop tard. J’ai cherché un Planning familial près de chez moi. L’infirmière, très gentille, m’a fait voir le médecin, une dame d’une cinquantaine d’années. Elle ne m’a même pas dit bonjour. Elle m’a dit "les préservatifs, c’est pas pour les chiens !" sans même demander comment j’étais tombée enceinte. Au rendez-vous suivant, je lui ai présenté l’échographie qui montrait que j’étais enceinte de six semaines et demie. Elle m’a dit que c’était trop tard pour avorter, alors que je savais qu’une interruption volontaire de grossesse médicamenteuse était possible à trois ou quatre jours près. C’était mon quatrième avortement, mais la médecin ne connaissait pas mes antécédents. Elle m’a dit "vous n’avez qu’à assumer" et elle est partie. Je suis restée dix minutes seule. Elle est finalement revenue et m’a balancé les médicaments sur la table. Elle a bien insisté sur le fait qu’elle n’était pas d’accord. La secrétaire m’a vue pleurer, je lui ai demandé pourquoi le Planning familial travaillait avec des gens comme ça et elle a haussé les épaules. »

    Céline, 33 ans (ingénieure à Paris) : « J’ai finalement avorté à Amsterdam »

    « A 29 ans, j’ai fait un déni de grossesse qui a duré trois mois. Ma gynéco n’a pas vu que j’étais enceinte. Quand je m’en suis rendu compte, j’ai foncé la voir le soir même. Elle m’a prescrit une prise de sang, qui ne s’est pas révélée "assez concluante" selon elle, puis une échographie. J’ai prévenu le praticien que j’étais là pour savoir à combien de semaines j’en étais pour une IVG et que je ne voulais pas voir l’écran. Contre mon souhait, il m’a décrit le #fœtus, en me précisant le sexe. Il m’a dit "Oh là là, mais il est trop gros, vous êtes obligée de le garder." Le cauchemar a continué quand ma gynéco m’a annoncé le lendemain qu’elle "ne pouvait rien faire pour moi". J’ai dû me tourner vers un autre spécialiste, qui m’a confirmé qu’il était trop tard pour faire une #IVG légale en France depuis… la veille. Tout s’est joué à quelques jours. Je suis rentrée chez moi démolie. Ma gynéco a fait un tas d’examens pour ralentir le processus, malgré l’urgence. J’ai finalement avorté à Amsterdam. J’ai envoyé une lettre à ma gynécologue pour la mettre face à ses responsabilités et pour qu’elle me rembourse les consultations. Je n’ai jamais eu de réponse. »
    Juliette Deborde , Anaïs Moran

    L’histoire avec le planning familial est sidérante !

    #avortement #femmes #sexisme #clause_de_conscience #maltraitance #violences

  • Belgique Humaniser le deuil, ou les fœtus ? Henri Bartholomeeusen - 26 Septembre 2018 - CAl
    https://www.laicite.be/humaniser-deuil-foetus

    La Commission parlementaire se réunit ce mercredi pour examiner le projet de loi visant à établir la reconnaissance d’un enfant né sans vie 140 jours après la fécondation. Le CAL insiste sur les conséquences néfastes sur les plans humain et scientifique qu’une telle reconnaissance pourrait avoir.

    Est-un hasard ? Une semaine après le vote du texte de la majorité sur l’IVG arrive, devant la même commission Justice, le projet de loi du Ministre de la Justice sur « l’acte d’enfant sans vie. »

    La coïncidence est troublante. Si, selon le Ministre de l’Intérieur la sortie de l’IVG du Code pénal n’est que « symbolique », elle semble surtout conditionnée par l’aboutissement d’un dossier prioritaire aux yeux de son homologue de la Justice : graver dans le marbre la reconnaissance d’une forme de personnification du fœtus.

    Le troc en ces matières qui touchent aux vécus intimes démontre que, loin d’avancer sur le plan éthique, la Belgique fait marche arrière. Car reconnaître légalement la qualité d’enfant à un fœtus de 140 jours aura, qu’on le veuille ou non, des conséquences pour toutes celles et ceux qui – de près ou de loin – sont confrontés à des grossesses problématiques, à risque ou non désirées.

    Une confusion qui n’est pas un apaisement
    Assister les personnes confrontées à une brutale interruption de grossesse relève de l’aide à la santé, physique et psychologique. Or, sur ce plan, rien n’est prévu dans le texte qui sera présenté mercredi. En revanche, il y est proposé la délivrance d’un acte administratif par l’état-civil, qui atteste que
    « l’enfant » est « mort-né ». Sur le plan administratif, le projet introduit donc une confusion légale entre un fœtus et un enfant au prétexte de favoriser un processus de deuil.

    Chacun comprend que pour les personnes concernées il s’agit bien d’un enfant qui aurait dû naître et dont elles subissent le deuil. Mais le « personnifier » à l’état civil comme s’il était effectivement « né », « décédé » relève d’une fiction, qui à la supposer motivée par la seule compassion, ne sera pas forcément un apaisement.

    D’autres priorités
    Loin de là. Exception faite pour quelques grands hôpitaux qui disposent d’unités pour grossesse à risque, lorsque pareil drame se produit, les vraies lacunes à combler demeurent nombreuses.

    Le véritable devoir des pouvoirs publics les obligeraient à assurer la mise en place, sur tout le territoire, d’un accueil d’urgence spécialisé quelle que soit la taille de l’établissement hospitalier.

    Pour faire le deuil de « l’enfant » qui n’a pu se développer in utero, ni voir le jour, les traces du souvenir sont, pour certains, indispensables. Les équipes médicales doivent pouvoir les conserver et être formées à l’écoute des personnes touchées par ce drame, dans le respect de chacun, de ses convictions et demandes. Elles doivent aussi permettre, si nécessaire, leur orientation vers les services adéquats, et les informer sur les possibles cérémonies aux « parcelles d’étoiles » des cimetières communaux.

    Double tromperie
    Rien de tout cela n’est prévu dans ce projet de loi qui imposera finalement à la population une vision qui est lourde de sens : un fœtus est une personne.

    Prétendre compenser le prix de ce mensonge par une fausse dépénalisation de l’IVG, loin de constituer un progrès, loin d’améliorer la situation des femmes, procède d’une double tromperie.

    Aborder les questions existentielles sur la vie et la mort demande du courage : celui de dépasser les a priori pour faire place à une réflexion où chacun doit trouver sa manière de comprendre et gérer les événements.

    Nous pourrions bien sûr préférer ne pas affronter les défis que d’autres relèvent pour nous. Les chercheurs par exemple dont le travail en laboratoire sera clairement tributaire de cette modification législative.

    Quelles conséquences médicales ?
    Mais ouvrons les yeux et mesurons bien les conséquences médicales et scientifiques qui découleront inévitablement d’une éventuelle reconnaissance légale de l’existence d’un « enfant » dès 140 jours de grossesse (alors même que dans l’état actuel de nos connaissances, aucune viabilité n’est possible à ce stade).

    Du tissu fœtal est parfois mis à la disposition de chercheurs au-delà de 20 semaines de conception dans l’espoir de faire progresser la Science, qu’en sera-t-il demain ?

    Des interruptions de grossesse pour raisons médicales graves se déroulent aujourd’hui au-delà de 20 semaines, qu’en sera-t-il demain ?

    Le danger de l’exemple hongrois
    Obligerons-nous les femmes à poursuivre une grossesse et accoucher d’enfants non viables ou malformés, comme en Hongrie où, depuis 2002, la loi attribue la qualité de personne au fœtus ?

    Le projet du Ministre de la Justice sera examiné en commission parlementaire dès ce mercredi 26 septembre.

    Puissent nos députés ne pas abdiquer leur liberté de vote au profit d’une logique de majorité gouvernementale qui imposerait une posture théologique minoritaire au détriment du bien-être et du bonheur des citoyennes et des citoyens de ce pays.

    #enfant #fœtus #IVG #vie #grossesse #éthique #mort #religion #état-civil #deuil #religion

  • La cléricalisation des pays de l’Est Nina Sankari - 24 Mar 2018 - Investig’Action
    https://www.investigaction.net/fr/la-clericalisation-des-pays-de-lest

    Il y a bientôt 30 ans, en 1989, un grand bouleversement est intervenu en Europe de l’Est. Les régimes dits communistes des pays de l’Europe de l’Est sont tombés comme des dominos et la fameuse transition a commencé. Les peuples de ces pays avaient réclamé la liberté, la démocratie et l’amélioration des conditions de la vie. Ils ont obtenu des élections libres et le pluralisme politique. En promo-bonus, ils ont reçu le capitalisme le plus rapace, qui limite l’accès pratique aux libertés démocratiques. Un autre facteur aggravant la vie des gens de la région, c’est le renversement des relations entre les Églises et l’État.
    Remarques préliminaires
    J’utilise des informations trouvées dans des publications diverses comme : articles, rapports et analyses en provenance aussi bien de centres académiques comme Research Gate ou Academia et de différents sites gouvernementaux ou spécialisés dans ces thématiques que de sites des ONG etc. L’information ne manque pas. Mais si on regarde de plus près, on peut noter certains déficits :
    1. La plupart des informations sont fournies par les institutions et centres religieux représentant un intérêt religieux.
    2. Même les sources qui se disent neutres ou objectives sont souvent financées par des institutions favorisant la religion (ex. PEW Research Centre) et par conséquent l’objectivité de leurs publications est discutable.
    3. Les deux groupes de sources analysent volontiers la religiosité des populations (quelle que soit la fiabilité des statistiques présentées), mais les politiques concrètes des États qui sont à l’origine du processus de cléricalisation sont absentes de l’analyse.
    4. Il est extrêmement difficile de trouver des chiffres sur le financement des Églises par des États.

    Dans cette situation, pour présenter le processus de cléricalisation des pays de l’Est, j’ai choisi des critères d’analyse suivants :
    1. Le passé clérical « pré-communiste » comme facteur facilitant la cléricalisation.
    2. Les relations Église – État actuelles dans les lois : Constitution, Concordat, loi sur l’éducation, sur le financement de l’Église par l’État et loi blasphème.
    3. Les droits reproductifs des femmes.
    En face d’un nombre écrasant de publications représentant la voix religieuse, je salue l’œuvre de l’IRELP qui apparaît comme une rare organisation à mener la recherche dans le camp opposé à la cléricalisation des pays de l’Europe et du monde.

    Les Églises – les vrais vainqueurs de la transition qu’on a appelée « démocratique »
    Il y a bientôt 30 ans, en 1989, un grand bouleversement est intervenu en Europe de l’Est. Les régimes dits communistes des pays de l’Europe de l’Est sont tombés comme des dominos et la fameuse transition a commencé. Les peuples de ces pays avaient réclamé la liberté, la démocratie et l’amélioration des conditions de la vie. Ils ont obtenu des élections libres et le pluralisme politique. En promo-bonus, ils ont reçu le capitalisme le plus rapace, qui limite l’accès pratique aux libertés démocratiques.

    Un autre facteur aggravant la vie des gens de la région, c’est le renversement des relations entre les Églises et l’État. Les pays déclarés athées, avec des institutions religieuses dominées autrefois par l’État, sont entrés sur la voie de la cléricalisation de la vie politique, socio-économique et culturelle. Cette cléricalisation se réalise dans tous ces pays par l’alliance du trône et de l’autel, une alliance entre l’institution religieuse dominante du pays et la droite (aussi bien conservatrice que populiste). Ce n’était pas ce que beaucoup d’habitants de la région avaient espéré. Le rôle accru de l’Église détruisant dès le début les libertés démocratiques (liberté de conscience, de parole, d’expression dans les medias, l’art et la science) et les droits humains, les droits des femmes en première place.

    La reconstruction du modèle clérico-national ou #national-fasciste
    Dans tous les pays de la région, les attaques des institutions religieuses contre le modèle laïque se multiplient, quelle que soit la religion imposée. L’Église catholique, très active dans la de-sécularisation de la région, est le vrai vainqueur de ce changement et on pourrait lui attribuer un rôle dans la modification de la carte de l’#Europe. Il faut noter aussi un effort constant de la part des autorités religieuses de lier la religion au nationalisme (appelé #patriotisme).
    L’Église catholique y excelle particulièrement bien. Un bon Polonais (Slovaque, Croate, Hongrois ou Slovène) c’est un bon catholique. Par contre, un #athée est un traître à la patrie. « Un Polonais c’est un catholique, l’exception, c’est un juif », disait déjà au début des années 90 le #cardinal_Glemp. La deuxième partie de cette constatation semble d’ailleurs ne plus être d’actualité. Ne parlons pas des athées, mais que sont alors les #protestants, les #orthodoxes, les #musulmans (descendants des Tartars vivant en Pologne depuis des siècles) ? En cherchant leur identité dans le passé de « l’indépendance » de l’ère pré-communiste, les pays de la région la trouvent souvent dans le passé fasciste. Par exemple dans la Slovaquie du Père Tiso, en Roumanie sous la Garde de fer, dans la Croatie de Pavelic ou dans la Hongrie d’Horthy.

    Pour illustrer cette thèse, prenons l’exemple de la Slovaquie et de son divorce « de velours » avec la Tchéquie. Pendant sa visite, un an avant l’accession de la Slovaquie à l’Union européenne, le pape Jean-Paul II a dit : « Dans un proche avenir, votre pays deviendra membre à part entière de la Communauté européenne. Chers et bien aimés, apportez à la construction de la nouvelle identité de l’Europe la contribution de votre riche tradition chrétienne ! » Appelant les Slovaques à être les soldats de la « bataille pour l’âme de l’Europe », il les a invités à aider à « ré-évangéliser un continent laïc à partir de l’Est ». Mais pour cela, le Vatican avait besoin de séparer la #Slovaquie de son partenaire moins favorable à la cléricalisation – la #Tchéquie fortement athéisée. Après la « révolution de velours » à la fin de 1989, la Slovaquie était à la recherche de son passé en tant que nation indépendante. Elle l’a trouvé : l’État slovaque fasciste de 1939-1945 du Père Tiso. 

    De même en #Croatie, où la mobilisation nationale-catholique tout au long des années 90 était énorme et continue à l’être aujourd’hui, même si elle se concentre sur d’autres sujets (lutte contre les droits des femmes, droits des personnes #LGBTQ, éducation laïque etc.), cette mobilisation supposait l’écriture d’une nouvelle version de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale (comme d’ailleurs dans d’autres pays de la région), réhabilitant les #oustachis comme des « patriotes » anticommunistes. De nouveau, ce phénomène trouvera l’appui de #Jean-Paul-II dont les voyages apostoliques en Croatie provoqueront une euphorie catholico-patriotique, surtout son voyage de 1988, marqué par la béatification de Mgr Alojzije Stepinac, l’Archevêque de Zagreb durant la Seconde Guerre mondiale. Toutefois, le processus de sa canonisation a été arrêté suite à de nombreuses protestations, dont celle des intellectuels et celle de l’Église orthodoxe serbe qui s’est opposée avec virulence à la canonisation de #Stepinac considéré par les Serbes comme un criminel de guerre impliqué dans le régime fasciste des Oustachis.

    En Pologne, la situation historique est différente, étant donné que les autorités pendant la période de la Sanacja (gouvernement d’« assainissement » national de Pilsudski) ont réussi à délégaliser le Camp national radical fasciste en 1934 et à le détruire avant la Seconde Guerre mondiale. Néanmoins, la Pologne réécrit son histoire aussi, en glorifiant les « soldats maudits » comme des héros nationaux (soldats d’extrême droite qui vont combattre les Allemands et les Soviétiques). À partir de l’année 2011, le 1er mars est devenu une fête nationale en #Pologne, pour célébrer le souvenir des soldats de cette résistance clandestine anticommuniste. Cependant, ce souvenir oublie la brutalité inouïe avec laquelle ils ont tué des milliers d’hommes et de femmes, et des centaines d’enfants. Beaucoup d’entre eux ont eu le seul malheur d’être juifs, biélorussiens, ukrainiens ou slovaques. L’Église polonaise participe aux messes célébrées à leur intention. Et le bras de fer du nationalisme catholique polonais, le Camp national radical, délégalisé en 1934 par Pilsudski, a été à nouveau légalisé au nom de la démocratie en 2002.

    Relations Église – État dans les pays “post-communistes”
    Aujourd’hui, le niveau d’ingérence religieuse dans la sphère publique diffère selon le pays, la Pologne étant le leader indiscutable de la cléricalisation, un pays où l’Eglise catholique domine l’État. Par contre, la République tchèque est un vrai « cancre » car la population y reste majoritairement athée (Tableau 1)
    Tableau 1 : Relations Église – État dans les pays “post-communistes” membres de l’UE


    Slovaquie : Traité sur la clause de conscience rejeté

    Si on regarde la première colonne, tous les pays « ex-communistes » (à l’exception de la Pologne) ont la séparation de(s) Église(s) et de l’État ou la « laïcité » (le sécularisme) ou la neutralité qui sont inscrites dans la Constitution. En ce qui concerne la Pologne, les évêques polonais se sont opposés à ce que le terme “séparation” ou “laïcité” ou “neutralité de l’État” soient inscrits dans la #Constitution de 1997. Il a été remplacé par le terme d’autonomie mutuelle, ce qui ne peut être interprété autrement que la perte par l’État de sa souveraineté, réduite désormais à l’autonomie. Mais il serait faux de penser que dans tous les autres cas, la Constitution garantit le caractère laïque ou neutre de l’État. Par exemple, en Lituanie, la Constitution parle du caractère laïc de l’éducation publique uniquement (ce qui n’empêche pas d’avoir des cours de religion à l’école). La Slovaquie ou la Slovénie ont le sécularisme inscrit dans la Constitution, mais cela ne les empêche pas non plus d’organiser des cours de religion à l’école publique ou de financer les Églises.

    Ce qui compte le plus, c’est la colonne 4 sur le concordat. Parce que si le concordat (ou les concordats ou autres accords avec le Vatican) est signé, le caractère laïque de l’État, même formellement déclaré dans la Constitution, devient une constatation dépourvue de sens. Et parmi tous les États « ex-communistes » membres de l’UE, seule la Tchéquie n’a pas signé un tel accord et n’a toujours pas réglé la question des restitutions de nombreux biens ecclésiastiques confisqués par le régime précédent. En 2002, Prague a signé un tel accord avec le Vatican mais cet accord a été rejeté par le Parlement, la pomme de discorde reste toujours le problème des restitutions des biens de l’Église. L’ex-dissident et président à l’époque, Vaclav Havel, s’en est plaint : quarante ans de communisme et vingt ans de consumérisme ultralibéral ont fait de ce pays “la première société réellement athée sans ancrage moral”.

    Et c’est là en partie que réside le problème de la cléricalisation galopante dans les pays de l’Est. Elle se fait avec le consentement des élites politiques et intellectuelles, le plus souvent de droite mais de gauche aussi. Dans les années 90, on voyait tous les jours le Premier Ministre polonais Oleksy, dirigeant de l’Alliance de la Gauche Démocratique, agenouillé inlassablement à l’église et le Président Aleksander Kwaśniewski légitimait son pouvoir en se promenant avec Jean Paul II dans sa papamobile. L’icône de l’opposition démocratique en Pologne, Adam Michnik, affirmait à plusieurs reprises dans ses longs articles qu’il n’y a pas d’autre morale pour un Polonais que la morale catholique. Une autre icône, le professeur Karol Modzelewski a refusé de signer la liste des athées et #agnostiques en Pologne (montrer le support à un coming out est difficile) par obligation de « défendre la substance de la science en Pologne ». Les intellectuels polonais n’ont pas eu ce réflexe de leurs collègues croates de protester contre la glorification de bourreaux des Soldats Maudits. Ce n’est que maintenant que les élites polonaises se réveillent quand le pouvoir autocratique pour lequel ils ont pavé le chemin menace leur position.

    Les femmes – les grandes perdantes de la transformation
    En général, dans les pays de l’Est au début de la transformation démocratique, les femmes disposaient librement de leur corps. L’IVG, à l’exception de la Roumanie, était légal et gratuit. Due à un niveau technologique bas, la contraception a été succincte mais accessible. Dans certains pays il y avait des cours d’éducation sexuelle à l’école. Sous pression des institutions religieuses, leurs droits se trouvent attaqués ou détruits. Le droit à l’IVG étant un critère symbolique du droit de la femme à l’autodétermination, le tableau 2 montre la situation de l’IVG dans les pays « #ex-communistes ». 

    Si dans la plupart de pays de l’Est membres de l’UE, à l’exception de Pologne, l’IVG reste légale, les tentatives d’y restreindre l’accès se multiplient dans tous les pays. Cela concerne même la Roumanie, le seul pays de ce groupe où les femmes ont gagné les droits reproductifs après la chute du régime de Ceaușescu. Des restrictions se font souvent par la barrière économique (ex. Estonie) ou l’IVG, donc l’avortement à la demande, de la femme est légal mais coûte cher. Dans la plupart des pays il y des restrictions pour les mineures qui doivent se présenter avec leurs parents. Un autre problème concerne l’instauration de consultations médicales obligatoires pour recevoir l’autorisation. Les tentatives les plus graves visant à restreindre ou détruire ce droit viennent de l’Église catholique (Slovaquie, Lituanie, Croatie, Slovénie). La Pologne constitue un exemple #morbide d’un pays où l’Église traite les droits des femmes comme son #butin_de_guerre et où l’IVG est interdit. Mais même dans les cas prévus par la loi (danger pour la vie et la santé de la mère, du #fœtus et en cas d’un rapport sexuel criminel), on refuse dans les faits aux femmes la possibilité de pratiquer l’avortement. Seuls les projets visant à restreindre encore plus ou à interdire complètement l’avortement sont pris en considération par le Parlement actuel. Le leader du parti Droit et Justice est allé jusqu’à exiger qu’une femme porte une grossesse avec l’enfant non-viable juste pour pouvoir le baptiser.

    Table 2. L’avortement dans les pays “post-communistes” membres de l’UE

    Conclusions
    La chute du mur de Berlin a eu de multiples conséquences, entre autre, la disparition du monde bipolaire. Comme le camp « ex-communiste » était, du moins en théorie, basé sur la philosophie matérialiste et formellement dirigé par des athées qui voyaient – à juste titre – les institutions religieuses comme des ennemis du système, celles-là ont pris leur revanche après le changement dit démocratique. Mais les institutions religieuses, par définition antidémocratiques et alliées à la droite conservatrice, n’ont pu que cheminer vers la destruction des libertés civiles, des droits humains et le démontage de la démocratie. L’intelligentsia de la région, désireuse de devenir la classe moyenne, a abandonné les peuples et trahi les femmes, en pavant le chemin aux régimes non démocratiques ou d’une démocratie “illibérale” (terme inventé par Orban). Le processus de la désécularisation et de cléricalisation successive menace non seulement cette région mais en fait l’Europe entière. L’éducation soumise à la pression religieuse vise à produire des citoyens et citoyennes incapables de développer une pensée critique. Une solidarité internationale des libres penseurs s’impose plus que jamais pour pouvoir contrer les politiques liberticides. Nous avons aussi besoin de renforcer notre efficacité concernant l’augmentation de nos capacités à mener des recherches, produire des analyses et les promouvoir.
     
    Conférence de Nina Sankari à l’IRELP (Institut de Recherche La Libre Pensée) http://www.irelp.fr

    #église #Athéïsme #état #liberté #Démocratie #capitalisme #religiosité #statistiques #cléricalisation #pré-communisme #post-communisme #Education #Constitution #Concordat #blasphème
    #femmes #féminisme #sexisme #racisme #culture_du_viol #travail #viol #violence #histoire #droits_des_femmes #avortement #ivg #misogynie #union_européenne #pape #mur_de_berlin

  • Inde : Les médecins retirent un fœtus de 2,5 kg du corps d’un adolescent
    http://www.20minutes.fr/insolite/1763203-20160110-inde-medecins-retirent-ftus-25-kg-corps-adolescent
    #ouch

    Narendra Kumar n’aurait jamais pu deviner la cause de ses maux de ventre. L’adolescent de 18 ans a été conduit dans un hôpital de l’Etat de Uttar Pradesh, dans le nord de l’Inde, pour des douleurs chroniques de l’estomac. Narendra souffrait depuis plusieurs années, sans savoir ce qui était à l’origine de ses fréquences crises de vomissements et de sa perte de poids.

    Ce lundi, le jeune homme a été délivré de ses souffrances au cours d’une opération chirurgicale durant laquelle les médecins l’ont débarrassé de son #fœtus_in_situ, ou #jumeau_parasite, une #affection rare où l’un des jumeaux est absorbé par l’autre à travers le cordon ombilical en début de #grossesse, et continue de vivre à l’intérieur de son corps.

    Les chirurgiens ont donc retiré une masse de 2,5 kg de son estomac, composée de tissus cutanés, de cheveux et, plus surprenant, de dents. « L’estomac du garçon a grandi, mais son sort est passé inaperçu pendant des années parce que ni ses parents ni les médecins ne pouvaient diagnostiquer la maladie à un stade précoce », a expliqué le Dr Rajeev Singh au Daily Mail. « Techniquement, le fœtus était vivant et continuait à se développer, à en croire l’activité métabolique dans son corps », a-t-il ajouté.

  • Le livre tirée de la thèse d’une collègue, est sorti !

    Expérience du #corps, expérience de l’#espace

    Cet ouvrage présente les processus d’interactions entre corps et espace, à partir du cas de la #grossesse et de l’#accouchement. La succession de combinaisons que forment les relations entre corps, espace et #temps sont minutieusement décrites. Avec l’expérience de l’#enfantement, les sphères du quotidien sont transformées et réinvesties. Le corps de la #mère abritant le corps d’un #fœtus est peu à peu construit comme un espace, sous l’influence des mouvements du fœtus et d’un ensemble d’images et d’#actes_médicaux. Certaines séquences d’#espace-temps, les étapes de l’accouchement par exemple, sont même caractérisées par une recomposition complète de l’interface entre corps et espace, avec une rupture de leurs limites. Cette #géographie_incarnée permet ainsi de mettre en évidence un double mouvement : l’acquisition d’une #spatialité par le corps et l’acquisition d’une #corporéité par l’espace.


    https://www.presses-academiques.com/catalog/details//store/fr/book/978-3-8381-4386-6/exp%C3%A9rience-du-corps,-exp%C3%A9rience-de-l-espace

    #genre #femmes #géographie_du_corps
    cc @reka

  • Le fœtus n’est plus une personne pour l’Eglise catholique s’il s’agit de mettre la main au portefeuille - Des bassines et du zèle.
    http://blog.emceebeulogue.fr/post/2013/02/04/Le-f%C5%93tus-n-est-plus-une-personne-pour-l-Eglise-catholique-s-

    Ne serait-ce que l’année passée, l’Eglise a exhorté ses fidèles adeptes à manifester, faire la grève de la faim, aller en prison, voire prendre les armes — tout cela pour protéger ces fœtus. Il n’y a pas d’exception. Aucune. Ni si le fœtus est déjà mort dans le ventre de sa mère. Ni si le fœtus va tuer la femme bien vivante qui le porte. Aucune exception. Jamais.
    Enfin, si, une : si cela coûte de l’argent à l’Eglise.

    #Eglise #religion #dogme #fœtus

  • #Santé : La #procréation #humaine #malade de la #technologie

    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article1593

    #Wifi , #Téléphones et autres #appareils #numériques dangereux pour les futurs #parents

    Un #rapport consacré à quelques 2000 #études #scientifiques vient de révéler que la technologie sans-fil est dangereuse pour le #système de #reproduction humain. Les futurs parents sont exposés aux #ondes de genre Wifi, ou zone de champs magnétique, qui nuisent à la formation des #enfants . Et ce quand la #femme (enceinte) les porte en état de #fœtus , tandis que les pères perdent la #fiabilité de leurs semences, les spermatozoïdes.