• Financements libyens : « Pour Nicolas Sarkozy, c’est de la faute de tout le monde, jamais de la sienne »

    #Fabrice_Arfi a révélé, avec #Karl_Laske, l’affaire des financements libyens de Nicolas Sarkozy dans « Mediapart », en 2011. Alors que le #procès en appel de l’ancien président vient de se terminer, il tire les enseignements de ces semaines d’audiences.

    https://www.youtube.com/watch?v=Hmo08c2dgM4&t=38s


    https://www.mediapart.fr/journal/france/280526/financements-libyens-pour-nicolas-sarkozy-c-est-de-la-faute-de-tout-le-mon
    #Sarkozy #Nicolas_Sarkozy #justice #Libye #association_de_malfaiteurs

  • Marc Fauvelle : avocat de Sarkozy… ou détracteur de Mediapart ? - #Acrimed | Action Critique Médias
    https://www.acrimed.org/Marc-Fauvelle-avocat-de-Sarkozy-ou-detracteur-de

    Le 25 septembre 2025, l’ancien président de la République #Nicolas_Sarkozy est condamné en première instance par le tribunal correctionnel de Paris à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs avec exécution provisoire en raison d’un pacte de corruption noué avec le dictateur libyen #Mouammar_Kadhafi. #Fabrice_Arfi, journaliste à #Mediapart ayant largement contribué à documenter ledit pacte, est invité sur le plateau de Marc Fauvelle sur BFM-TV quatre jours plus tard.

    à la fin de cette analyse de V. Bollenot & P. Perrenot renvoient vers un autre article du canard enchaîné du 8/10 qui parle de Patrick Klugman (conseillé de la maire de Paris, A. Hidalgo) et porte-voix de Sarkozy sur BFMTV a déclaré sur la chaîne de Saadé : « Moi, pauvre avocat, je ne connais pas le dossier et je dis : ben, ça a l’air d’une vengeance. »


    https://www.lecanardenchaine.fr/police-justice/52070-l-ex-president-s-offre-une-operation-deminage-avant-son-embas

    Avant que Sarko se voie notifier par le Parquet national financier, le 13 octobre, sa feuille de route vers la prison, plusieurs robes noires ont commencé, jeudi 2 octobre, à recevoir un drôle de texte sobrement intitulé : «  Appel des professionnels du droit après la condamnation de Nicolas Sarkozy  ». Un vibrant plaidoyer qui reprend les éléments de langage de la défense de l’ex-locataire de l’Elysée sur son fameux mandat de dépôt à effet différé, assorti de l’exécution provisoire.

    Long de deux pages, cet «  appel  » se présente comme l’œuvre de «  juristes  » qui, évidemment, n’ont pas la moindre «  sympathie pour l’ancien chef de l’Etat  » mais qui seraient «  profondément troublés  » par la décision du tribunal correctionnel de Paris, au point de la qualifier de «  bavure  ». La prose, grandiloquente, s’achève par une citation de Montesquieu : «  Toute peine qui ne dérive pas de la nécessité est tyrannique.  » Bouleversant.

    • « Une promotion un peu dérogatoire » : les intrigants messages entre Gérald Darmanin et Carla Bruni
      https://seenthis.net/messages/1099224

      La lettre enquête par Michaël Hajdenberg journaliste à Mediapart, co-responsable du service Enquête. 11/10/2025

      Mardi dernier, Fabrice Arfi et Antton Rouget ont été convoqués par la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP) au sujet de deux enquêtes publiées début 2025 : l’une sur un privilège accordé par #Gérald_Darmanin, alors ministre de l’intérieur, à Carla Bruni, qui bénéficie d’un officier de sécurité. L’autre sur un député corse du camp présidentiel, Xavier Lacombe, mis en examen dans une affaire de fausses procurations.

      Quand les deux journalistes ont reçu leur convocation judiciaire, ils n’ont pas compris : « Je me suis dit que le parquet avait probablement décidé d’ouvrir une enquête sur un possible détournement de fonds publics de Gérald Darmanin au profit de Carla Bruni, et qu’ils voulaient nous entendre comme auteurs de l’article », explique Antton Rouget.

      Pas du tout. Les deux journalistes étaient convoqués pour « recel de violation du secret de l’instruction ». En clair, quand une enquête est ouverte, la communauté judiciaire est tenue à la confidentialité et ne peut faire fuiter les auditions, expertises et autres perquisitions liées à la procédure.

      Ce secret a été édicté pour que l’enquête ne soit pas mise en péril et pour garantir la présomption d’innocence, en évitant qu’une personne soit « médiatiquement condamnée ».

      Sauf exception, la confidentialité s’impose à tous : juges d’instruction, gendarmes, expert·es, avocat·es, interprètes... Tous, sauf les journalistes, qui ne sont tenus à aucun secret. « Notre métier consiste précisément à obtenir des informations de gens qui ne sont pas censés nous les donner, rappelle Fabrice Arfi. Sinon, nous ne serions que les perroquets des communicants et des attachés de presse. Nous sommes tenus de répondre devant les tribunaux du contenu de nos informations si elles sont contestées, et c’est bien normal. Mais pas de leur origine. »

    • Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts
      Directeur de la rédaction et présidente de Les Jours en une bouchée
      N°64 — 3 octobre 2025

      C’est un raid – encore un – auquel se sont livrés les #médias_Bolloré, en escouade contre la condamnation de Nicolas #Sarkozy à cinq ans de prison pour « association de malfaiteurs en vue de préparer un délit de corruption ». Des heures d’antenne sur #CNews, et en écho sur Europe 1, des pages et des pages dans Le Journal du dimanche. Car où pensez-vous donc que Nicolas Sarkozy s’en soit allé chouiner deux jours après sa condamnation ? Dans Le Figaro, historique réceptacle des hommes politiques de droite ? Nooon, c’était encore prendre le risque d’avoir des journalistes en face de soi. Nicolas Sarkozy est donc allé ouinouiniser « Ce n’est pas moi qui suis humilié, mais la France » sur quatre pages dans les colonnes du journal d’extrême droite Le JDD bollorisé – édité par #Lagardère_Media_News dont il est administrateur, ce qui n’est bien sûr pas mentionné. Où on n’a pas hésité à comparer son triste sort à celui de Monte-Cristo (le comte dumasien, pas les cigares cubains). Et, parce que c’était encore un peu light, quelques pages plus loin, les éditos hebdomadaires des têtes de gondole de CNews Sonia Mabrouk, Christine Kelly et Pascal Praud pleurnichaient en chœur sur l’ex-chef de l’État bientôt au trou. C’est tout juste si la systématique et confraternelle pub du LVMH de Bernard Arnault en der du JDD ne faisait pas la réclame d’un costume Dior à rayures taillé sur mesure pour le pénitencier.

      Ça n’a pas dû leur prendre plus de cinq minutes sur le coin d’une table, à Sonia Mabrouk, Christine Kelly et Pascal Praud, pour pondre leur pensum dans Le JDD, tant c’est là la resucée de leurs indignations, stupeurs et effarements post-condamnation de Nicolas Sarkozy à l’antenne de CNews. Praud en particulier, qui copie-colle une version à peine augmentée de son édito de L’heure des pros du 26 septembre, le lendemain du drame. Délivré sur un ton sépulcral, écrit avec les pieds, pensé avec le trou de balle, il est le fruit de la digestion des éléments de langage du camp Sarkozy (« pas de preuves », « justice implacable avec les dirigeants, laxiste avec les racailles », « règlement de comptes »…). Et donne le la de la journée et même, en l’espèce, du week-end passé à pleurer à chaudes larmes de plateaux en plateaux unilatéraux sur l’injustice faite à ce grand homme d’ex-président, celui-là même à qui le proprio Vincent Bolloré avait aimablement prêté son yacht en 2007 pour s’y reposer sitôt son élection.

      Quand soudain, mardi dernier, plif, plouf, Le Canard enchaîné sort de sa mare cette délicieuse info : Pascal Praud a dîné le 24 septembre, soit la veille du jugement, avec Nicolas Sarkozy (ce qu’il dément). Rhôôô, eh bien, eh bien, eh bien voilà qui est rigolo. Et doublement rigolo quand on sait que, près de trois semaines durant, le triptyque de l’enfer CNews-Europe 1-JDD/JDNews a tartiné sur une prétendue « collusion idéologique » du service public avec le Parti socialiste après la publication d’une vidéo montrant les chroniqueurs de France Inter et France Télévisions Patrick Cohen et Thomas Legrand dans un restaurant avec des cadres du PS publiée par le « média » d’extrême droite L’Incorrect, créé par des proches de Marion Maréchal. Dans cette vidéo, filmée à l’insu des protagonistes, on entend Thomas Legrand dire au secrétaire général du Parti socialiste, Pierre Jouvet, et au président du conseil national du PS, Luc Broussy, faire « ce qu’il faut pour Dati », tandis que Patrick Cohen ne pipe mot. Suffisant pour que les médias Bolloré se lancent dans un de leurs plus impressionnants raids contre le service public, passant du pseudo-scandale Legrand-Cohen à « ouin ouin on nous met une cible dans le dos » après que les dirigeants de Radio France et France Télévisions eurent osé – pour une fois – répliquer à cette attaque en piqué.

      Car il en va ainsi de l’orchestre Bolloré qui aime à accuser ses adversaires de ses propres vilenies, servant au passage la soupe à l’extrême droite partisane de longue date de la privatisation de l’audiovisuel public. Ainsi, Jordan Bardella en a-t-il remis une couche lors de la rentrée politique du Rassemblement national à Bordeaux, le 14 septembre, tandis que Marine Le Pen plussoyait une semaine plus tard, réclamant la tête de la patronne de France Télévisions, Delphine Ernotte.

      C’est pas que ça nous amuse, vous pensez bien, mais par mesure de réciprocité et au vu des exploits sarko-dînatoires de Pascal Praud, nous sommes contraints d’exiger, non pas la fermeture de la chaîne – car nous respectons les journalistes, fussent-ils en carton comme Praud – mais la nationalisation immédiate de CNews. La voilà, la mesure de gauche que recherche avec si peu d’ardeur Sébastien Lecornu pour s’attirer les faveurs des socialistes : exproprier Vincent Bolloré et nationaliser CNews. Qui, rebaptisée PatCoNews, diffusera des éditos de Patrick Cohen en boucle tandis que, ligoté et la tête maintenue pour ne pas la détourner, façon Orange mécanique, Pascal Praud sera contraint de regarder. Si besoin, on est candidats pour lui mettre des gouttes de citron dans les yeux. De rien.

      https://seenthis.net/messages/1136787

    • Sarko c’est le haut du panier, ne pas oublier les autres.
      https://www.mediapart.fr/journal/france/031015/monsieur-gueant-largent-est-reste-sous-votre-matelas

      « Monsieur Guéant, l’argent est resté sous votre matelas ? »
      Devant le tribunal correctionnel, Claude Guéant peine à justifier les compléments de revenus qu’il s’était octroyés quand il était directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy entre 2002 et 2004. Vendredi, il a expliqué qu’il devait, par exemple, rémunérer des informateurs corses, et que cela avait un prix. Le tribunal en est resté interloqué.

  • Il balance tout sur la #corruption et les magouilles des politiques

    https://www.youtube.com/watch?v=eqNpAVgoLsc

    Délinquance financière : la commission d’enquête du Sénat lance ses travaux

    La commission d’enquête constituée aux fins d’évaluer les outils de la #lutte contre la délinquance financière, la #criminalité_organisée et le contournement des #sanctions_internationales, en France et en Europe, et de proposer des mesures face aux nouveaux défis, créée à l’initiative du groupe Union Centriste, s’est réunie le 29 janvier 2025 pour constituer son bureau et lancer ses travaux.

    La prise de conscience de la réalité de l’emprise de la criminalité organisée en France est récente. Elle l’est plus encore s’agissant de l’ampleur des masses financières liées aux activités criminelles et à l’impact de ces sommes sur l’économie et la société. Des sujets aussi variés que la traite des êtres humains, la contrefaçon, le recours aux cryptomonnaies et la vente d’or se trouvent liés par le recours aux réseaux financiers criminels.

    La commission d’enquête se penchera sur la question du blanchiment et du financement de la criminalité organisée. Quels en sont les instruments ? Quels sont les moyens de prévention et d’entrave dont dispose la France ? Quelle est leur efficacité ? Comment s’articulent luttes au niveau national et au niveau international ? Tels sont les thèmes sur lesquels se penchera la commission d’enquête dans les mois à venir, dans le prolongement des travaux récents du Sénat.

    La commission d’enquête engagera ses auditions dès le 6 février 2025 et achèvera ses travaux au plus tard le 18 juin 2025.

    Elle a composé son bureau comme suit :

    Président :

    – Raphaël Daubet (Rassemblement Démocratique et Social Européen)

    Rapporteur :

    – Nathalie Goulet (Union Centriste)

    Vice-présidents :

    - Marc-Philippe Daubresse (Les Républicains)
    - Nadine Bellurot (Les Républicains)
    - André Reichardt (Les Républicains)
    - Hussein Bourgi (Socialiste, Écologiste et Républicain)
    - Patrice Joly (Socialiste, Écologiste et Républicain)
    - Sylvie Vermeillet (Union Centriste)
    - Dominique Theophile (Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants)
    - Pascal Savoldelli (Communiste Républicain Citoyen et Écologiste - Kanaky)
    - Dany Wattebled (Les Indépendants – République et Territoires)
    - Grégory Blanc (Écologiste – Solidarité et Territoires)

    https://www.senat.fr/salle-de-presse/communiques-de-presse/presse/29-01-2025/delinquance-financiere-la-commission-denquete-du-senat-lance-ses-travaux.html

    #Fabrice_Arfi #condamnations #France #politiques #pouvoir #justice #commission_d'enquête #délinquance_financière #cour_de_justice_de_la_République #tribunal_d'exception #argent #médias #procès_de_la_justice #détournement_de_fonds_publics #République_des_juges #sentiment_d'impunité #fraudes_fiscales #crime_financier #délit_financier #atteintes_à_la_probité #justice_financière #criminalité_financière #paradis_fiscaux #syndrome_des_silos #hybridation #mafia #narcotrafic

  • Comprendre l’affaire libyenne de Sarkozy - entretien avec Fabrice Arfihttps://www.youtube.com/watch?v=0eI90NJLnmA&ab_channel=LaMatinaled%27Ostpolitik

    Dans cet entretien réalisé le 31 août 2023 sur ma chaîne Twitch, on revient avec Fabrice Arfi sur l’affaire des financements libyens sur laquelle il enquête avec Karl Laske depuis plus de 10 ans. On parle aussi de la corruption en France et du traitement médiatique de ces affaires.

  • Financements libyens : Nicolas #Sarkozy est placé en garde à vue par la police
    https://www.mediapart.fr/journal/international/200318/financements-libyens-nicolas-sarkozy-est-place-en-garde-vue-par-la-police

    © Reuters Accélération spectaculaire dans l’affaire des financements libyens. L’ancien président de la République a été placé en garde à vue mardi 20 mars au matin, à Nanterre (Hauts-de-Seine), dans les locaux de l’Office anticorruption de la police judiciaire. Depuis 2013, la justice dénoue les fils de cette affaire hors normes.

    #International #France #Djouhri #Guéant #Hortefeux #kadhafi #Koussa #libye #Missouri #Saleh #Senoussi #Takieddine #Woerth

    • Financement libyen de la campagne de 2007 : Nicolas Sarkozy en garde à vue
      http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/03/20/financement-libyen-de-la-campagne-de-2007-nicolas-sarkozy-en-garde-a-vue_527

      Entre une conférence à Dubaï sur l’éducation, quelques entrevues à son bureau parisien rue de Miromesnil et une intervention à Londres prochainement, Nicolas Sarkozy a dû honorer un rendez-vous d’un autre genre mardi 20 mars au matin. Selon nos informations, l’ancien président de la République a été placé en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire à Nanterre, où il était convoqué dans le cadre de l’enquête sur le possible financement par la Libye de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007.

      C’est la première fois que M. Sarkozy est entendu à ce sujet depuis qu’une information judiciaire a été ouverte en avril 2013, et confiée à plusieurs juges d’instruction du pôle financier de Paris, dont Serge Tournaire, qui a déjà renvoyé l’ancien président devant le tribunal dans l’affaire Bygmalion. Sa garde à vue peut durer quarante-huit heures. Il pourrait être présenté aux magistrats à l’issue de sa garde à vue afin d’être mis en examen.

    • Cela ne fait que 5 mois que Ziad Takieddine, homme d’affaires franco-libanais, affirmait encore avoir remis cinq millions d’euros en espèce provenant de Libye à l’ancien président français Nicolas Sarkozy lors de sa campagne présidentielle de 2007.

      C’est pas du flagrant délie !

    • https://www.fayard.fr/sites/default/files/styles/couv_livre/public/images/livres/couv/9782213687049-001-T.jpeg?itok=3IZ9_z0E
      Avec les compliments du guide, un livre d’enquête écrit par #Fabrice_Arfi et et #Karl_Laske, deux journalistes de #Mediapart, revient sur le financement présumé de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 par le colonel libyen Mouammar Kadhafi. En s’appuyant sur des centaines de documents et d’indices matériels, ce livre extrêmement documenté revient sur cette #affaire, inédite sous la #Ve_République. Fabrice Arfi, l’un de deux auteurs, répond aux questions de Houda Ibrahim.
      http://www.rfi.fr/emission/20171106-fabrice-arfi-mediapart-co-auteur-compliments-guide

      RFI : Dans votre livre « Avec les compliments du guide », une enquête coécrite avec Karl Laske, vous rendez plausible l’histoire du financement libyen de l’UMP en 2007 ?

      Fabrice Arfi : Oui, plus que plausible. Nous la documentons. C’est-à-dire que nous avons enquêté pendant six années, pour simplement ne pas se contenter des paroles des uns et des autres dans ce dossier, mais d’apporter des preuves d’une corruption gigantesque, à l’échelle d’une démocratie par une dictature en 2007, avec plusieurs jets d’argent sale parti de Tripoli de diverses poches de dignitaires libyens, pour arriver dans les poches de responsables politiques ou d’intermédiaires français. Et c’est cette histoire que nous avons voulu raconter - documents à l’appui - au ras du réel et que nous considérons aujourd’hui probablement comme la plus grave des affaires que la Vème République, et peut-être celles qui l’ont précédé, aient connue.

      Vous apportez des documents importants, parfois inédits, concernant cette affaire dans votre livre. Croyez-vous que ce dossier qui est d’avant la justice pourra encore évoluer ?

      Il faut bien prendre conscience que nous sommes en France dans un pays où, dans une affaire comme celle-là, qui est pourtant une affaire mondiale, absolument gigantesque, il n’y a même pas un juge d’instruction détaché à temps plein sur le dossier. Il n’y a même pas un procureur détaché à temps plein sur le dossier et il n’y a même pas un policier détaché à temps plein sur le dossier. Pourtant, parce qu’il y a des fonctionnaires qui sont courageux, indépendants, le dossier avance. Nous nous attendons à ce que la justice fasse son travail, puisque déjà en quatre ans, malgré un manque de moyens qui est absolument scandaleux pour une démocratie comme la France, elle a réussi à énormément documenter ce que nous racontons et avons commencé à raconter il y a six ans.

      Il y a les aveux des médiateurs devant les enquêteurs sur le transport des valises d’argent au ministère français de l’Intérieur, comme Ziad Takieddine, par exemple. Vous essayez également de démontrer l’existence des virements bancaires ?

      Nous démontrons que derrière l’achat de l’appartement de Claude Guéant en mars 2008, quelques semaines après la visite de Kadhafi à Paris, il y a des versements bancaires qui passent par l’Arabie saoudite, la Malaisie, et derrière lesquels se cache en réalité l’intermédiaire Alexandre Djouhri, et le gestionnaire des comptes de Béchir Saleh, avec une compensation, d’ailleurs, par l’un des fonds souverains libyens. Donc là, il y a des traces monétaires, bancaires, financières, des versements dont nous parlons. Vous évoquez par exemple, le témoignage de Ziad Takieddine. Le témoignage de Ziad Takieddine, évidemment seul, il ne suffit pas, ce témoignage. Mais il est intéressant à plusieurs égards. D’abord, parce que pour la première fois Ziad Takieddine s’auto-incrimine. Il a donné des éléments circonstanciés extrêmement précis, qui lui valent d’ailleurs aujourd’hui d’être inculpé dans ce dossier. Nous avons publié ce témoignage parce qu’il est conforté par des documents extérieurs. Par exemple, le journal intime, manuscrit de l’ancien Premier ministre et ministre du Pétrole libyen, Choukri Ghanem, qui, dès 2007 – donc quatre ans avant la guerre, il ne pouvait pas savoir que quatre ans plus tard il y aurait la guerre – consignait par écrit de sa main, et les documents sont authentifiés, les versements pour la campagne de monsieur Sarkozy. Il y a un procès-verbal de la Cour pénale internationale qui donne exactement les mêmes montants, les mêmes intermédiaires et les mêmes destinataires que dans le témoignage de Ziad Takieddine. Et puis, en aval, on a trouvé énormément d’espèces dans la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Des espèces qui n’avaient pas été déclarées aux autorités de contrôle, avec un Claude Guéant, l’ancien ministre de l’Intérieur et directeur de campagne de monsieur Sarkozy, qui, le temps de la campagne présidentielle de 2007, avait loué dans le plus secret une chambre forte dans une agence bancaire à Paris, pour y dissimuler, dit-il aux policiers, des discours de Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui, les soupçons de financements libyens sont matérialisés par des documents. Soit par des virements bancaires, qui font des sauts de puce de paradis fiscaux en paradis fiscaux, soit par des trajectoires d’espèces.

      Vous vous posez des questions sur la nature de la mort de Kadhafi. Plusieurs témoignages que vous mentionnez indiquent l’implication des services français ?

      Evidemment, concernant la mort de Mouammar Kadhafi, il y a un certain nombre de questions aujourd’hui qui se posent, puisque personne ne sait comment précisément il est mort. On sait qu’il a été exécuté. Et tous nos interlocuteurs dans ce dossier, qu’ils aient été militaires, barbouzes, diplomates, agents des services de renseignements, nous ont dit la même chose. C’est que Kadhafi n’avait que deux façons de terminer dans cette histoire. C’était : mort ou mort. Et nous apportons des témoignages, pas des Kadhafistes, d’anti-Kadhafistes, de gens qui étaient membres du Conseil national de transition libyen, qui aujourd’hui disent que peut-être la France serait derrière l’exécution de Mouammar Kadhafi. Nous, nous disons que nous ne savons pas. Nous ne savons pas qui a tiré pour tuer Kadhafi. Mais une chose est certaine, en revanche, c’est que sur le lieu de sa mort il y avait beaucoup de forces spéciales françaises qui étaient au sol et que rien n’a été fait pour le garder vivant. Et au final, qu’on ait laissé la foule des insurgés le tuer ou que nous l’ayons abattu nous-mêmes, ça ne change rien. Il ne peut plus témoigner aujourd’hui.

      Dans le livre aussi, il y a le témoignage de l’ancien chef des services de renseignements extérieurs en Libye. Il raconte que dans ce rapport les Libyens ont constaté que c’est des agents français qui ont tué Kadhafi.

      C’est ce qu’il dit, en effet.

      #RFI