• La drammatica foto dell’uomo sulla nave Talia simbolo della tragedia dei migranti

    Il mercantile ancora al largo di Malta dopo aver soccorso, tre giorni fa, 52 persone alla deriva senza cibo né acqua. La Valletta per farli sbarcare vuole garanzie dalla Ue sulla ricollocazione. Sulla Ocean Viking si stanno eseguendo i tamponi.

    La Pietà dei mari si trova sul mercantile Talia. Ha il volto scheletrico e terrorizzato di un migrante subshariano, privato ormai anche della forza per scendere le scalette di un ponte. E ha le braccia forti e compassionevoli di un marinaio in tuta blu e mascherina che lo sorregge. Questa foto è stata scattata poche ore fa sulla Talia, e da sola racconta quello che il governo di Malta si rifiuta di vedere: i 52 migranti recuperati in mare, e che le autorità della Valletta da tre giorni non vogliono far sbarcare, sono allo stremo.

    Il marinaio della foto dovrebbe essere un motorista. Il mercantile, dopo aver ricevuto la segnalazione di un gommone in avaria, ha deviato la propria rotta per recuperare gli uomini e le donne che vi viaggiavano. Come impongono le convenzioni marittime internazionali. Ora li stanno accudendo e nutrendo, pur con tutte le preoccupazioni del rischio Covid, ma non possono resistere ancora per molto.

    #Nave_Talia, i migranti ammassati a bordo vengono accuditi dai marinai del mercantile

    Malta continua a non assegnare loro un porto di sbarco. Solo due migranti sono stati autorizzati a scendere perché ritenuti in concreto pericolo di vita. L’armatore è in difficoltà, perché il Talia era atteso in Libia per consegnare un carico. Il governo di Malta dice che non consentirà l’attracco ai naufraghi fino a quando non avrà garanzie da altri Stati membri dell’Unione sulla loro immediata ricollocazione, come scrive il Times of Malta. Il 3 luglio Alarm Phone, l’ong che segnala i gommoni, aveva diramato il primo allarme. Rilanciato poi dall’italiana Mediterranea Saving Humans e dall’ong tedesca Sea Watch.

    Intanto a bordo della #Ocean_Viking, nave della ong Mediterraneé che si trova al largo di Pozzallo con 180 migranti salvati in diverse operazioni, le autorità italiane stanno effettuando i tamponi per il Covid. La ong Mediterraneé, in merito al trasbordo dei migranti sulla #nave-quarantena #Moby_Zazà previsto domani, sottolinea: «Non abbiamo ricevuto alcuna istruzione. Senza conferme, non possiamo dare soluzioni ai sopravvissuti. L’incertezza prosegue e questo significa che le tensioni permangono».

    https://www.repubblica.it/cronaca/2020/07/05/news/la_foto_shock_dell_uomo_sulla_nave_talia_simbolo_della_tragedia_dei_migra
    #image #photo #asile #migrations #réfugiés #Méditerranée #sauvetage #Libye #faim

    A mettre en lien avec ces autres images, mises sur seenthis en 2018:

    https://seenthis.net/messages/678573

    ping @isskein

  • Surveillance of minority Muslims in southern Thailand is powered by Chinese-style tech
    https://www.codastory.com/authoritarian-tech/surveillance-muslims-thailand

    Mandatory biometric registration has left many Malay Muslims distrustful of the state and concerned about how new technologies will impact their lives When Arief’s cell phone service was cut off, it came as no surprise. He had refused to visit the local branch of his mobile provider and give his fingerprints and a facial scan, in order to register his SIM card. He did so as a matter of principle, to show his opposition to what many believe to be increasing intrusions into the lives of Malay (...)

    #algorithme #CCTV #SIM #biométrie #génétique #racisme #données #facial #FAI #reconnaissance #vidéo-surveillance #BigData #empreintes #Islam #profiling #surveillance #discrimination #HumanRightsWatch #Mengvii (...)

    ##Face++

  • Monde : Le rapport démographique sur les manifestations montre la quantité d’informations que nos téléphones donnent
    https://pressfrom.info/fr/actualite/monde/-573818-le-rapport-demographique-sur-les-manifestations-montre-la-quanti

    Si vous avez participé à de récentes manifestations Black Lives Matter à Atlanta, Los Angeles, Minneapolis ou New York, il est possible que la société d’analyse mobile Mobilewalla ait glané des données démographiques sur votre utilisation du téléphone portable. La semaine dernière, Mobilewalla a publié un rapport détaillant la répartition par race, âge et sexe des individus qui ont participé aux manifestations dans ces villes pendant le week-end du 29 mai. Ce qui est particulièrement inquiétant, c’est que (...)

    #Mobilewalla_ #algorithme #smartphone #GPS #géolocalisation #migration #consentement #FAI #historique #législation #métadonnées #BigData #BlackLivesMatter #DataBrokers #profiling (...)

    ##[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données__RGPD_[en]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_[nl]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_

  • Firm That Tracked Protesters Targeted Evangelicals During 2016 Election
    https://www.vice.com/en_us/article/9353qv/mobilewalla-tracked-protesters-targeted-evangelicals-during-2016-election

    The CEO of data broker Mobilewalla, which worked with Republican SuperPACs, says it tracked Evangelicals’ cell phone locations for six months. A data broker that tracked Black Lives Matter protesters also tracked the locations of Evangelical Christians on election day 2016 using their cell phones and used that data to help push get-out-the-vote messaging, according to the company’s own CEO. Mobilewalla, a data broker headquartered in New York City, purchases and collects location and other (...)

    #smartphone #GPS #géolocalisation #élections #FAI #religion #BigData #DataBrokers #marketing #CitizenLab (...)

    ##Mobilewalla_

  • À Fukushima, l’entêtement du gouvernement à rouvrir la zone d’exclusion
    https://theconversation.com/a-fukushima-lentetement-du-gouvernement-a-rouvrir-la-zone-dexclusio

    La position de l’AIEA concernant le retour des populations à résider dans la zone n’est pas plus rationnelle. Elle fait preuve ici de contradictions manifestes : elle autorise le gouvernement à la réouverture de sites, dont le taux de contamination est égal ou en deçà de 20 msv/an, ce qui représente 20 fois la norme internationale fixée par… l’AIEA et les organismes associés.

    Le 8 juin, le préfet de Fukushima M. Uchibori a soutenu publiquement cette décision en spécifiant que la réouverture n’engendrait aucun problème tant que les habitants ne revenaient pas habiter dans ces zones – alors même que les réfugiés verront leurs subventions coupées, cette mesure les contraignant, pour une partie au retour.

    Dans la plus grande incohérence, les habitants sont donc contraints sous la pression des institutions nationales et internationales de gestion du nucléaire, à retourner vivre dans des territoires encore inhabitables selon les normes de sécurité fixées par ces mêmes institutions.

    Cette position est en outre singulièrement problématique, en ce qu’elle annihile tout filet protecteur public, tout en imposant la responsabilité de la gestion de l’accident aux citoyens. Les organisations dirigeantes nationales et internationales imposent à leurs administrés d’assumer les conséquences des diverses catastrophes, détournant ainsi la définition du contrat social, pourtant au fondement de nos systèmes démocratiques.

    Tant dans la gestion des désastres naturels qu’industriels, il apparaît que la protection des habitants par les pouvoirs publics n’apparaît plus ni comme une obligation, ni comme une priorité .

  • Lille : invasion de verts à Saint-Sauveur
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=1317

    Voici la dernière intervention de Renart à propos des municipales lilloises (https://chez.renart.info) Strasbourg, Lyon, Bordeaux, Toulouse, et bien sûr Lille... Sans compter Grenoble déjà aux mains d’une coalition menée par les verts, plusieurs grandes villes de France sont sur le point de faire leur bascule écolo. À une semaine du second tour des municipales, nous refusons l’invitation du secrétaire national d’EELV Julien Bayou. S’il voulait nous rencontrer sur la friche Saint-Sauveur pour bavasser, il fallait le faire avant. Nous ne sommes pas le marche-pied électoral des Verts. Et encore moins leur bouée de secours après que Martine Aubry les ait jetés par dessus bord. Pour lire le texte intégral, ouvrir le document ci-dessous. Lire aussi : Lille : la société vivante fête la friche A Lille, (...)

    #Faits_divers
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/invasion_de_verts_a_saint-sauveur.pdf

    • Le Diversibipalium multilineatum est un ver plat à tête de pioche et sans autre anus que sa bouche, d’où son surnom de « ver intestinal ». Venu du Japon par cargo, il envahit depuis quelques années les potagers d’Europe. Nocturne, il échappe à la vigilance des meilleurs jardiniers malgré sa taille remarquable de 40 cm. Ce ver est agressif et menace les écosystèmes. Il s’enroule autour de sa proie, un lombric par exemple, puis le paralyse en sécrétant de la tétrodotoxine. Si l’on n’y prenait garde, il ravagerait les espèces locales, celles qui enrichissent la terre et aèrent les esprits par leur travail de longue haleine.

      Une espèce de la même famille est apparue à Saint-Sauveur. Nous en avions remarqué quelques spécimens à l’occasion – pas trop invasifs du reste. Mais depuis la fin du confinement et l’annonce d’un second tour des municipales prévu pour le 28 juin, le Vert est repéré presque chaque jour, accompagné d’un autre invasif, reconnaissable à ses caméras et appareils photo.

      Ce vert n’est pas inconnu de la friche. Distant il fut, invasif il est devenu. Mais c’est surtout son comportement qui a changé. Nous pouvons d’ailleurs dater ce changement au 28 mai au soir, quand la tête de liste des Verts #Stéphane_Baly vit ses espoirs d’alliance avec #Martine_Aubry fracassés par cette dernière. Un peu d’histoire pour saisir les manœuvres électorales qui se jouent sur la friche.

      Depuis quand les Verts sont opposés à la densification urbaine ?
      Les Verts lillois participent à la majorité municipale socialiste depuis 1977, sauf pendant leur parenthèse gauchiste entre 1983 et 1989. Pendant les négociations d’entre deux tours de 1977, #Pierre_Mauroy déclarait qu’il ne « pourrait comprendre un langage écologique qui puisse se satisfaire du système capitaliste. » La liste verte, intitulée « #Autogestion et #écologie », assurait quant à elle ne donner aucun « chèque en blanc à des #notables pour qu’ils fassent de Lille ce qu’ils veulent pendant six ans.1 » Le ralliement des Verts à #Mauroy se fit moyennant la création de l’actuelle Maison Régionale de l’Environnement et des Solidarités (toujours en 1977). Pour les candidats écolos de 1983, cette Maison de l’environnement était devenue un symbole de « récupération et d’étouffement », d’une écologie désormais « municipalisée ». Après le premier tour, ils se déclaraient « irrécupérables »2.

      Trente-sept ans plus tard, les Verts et les socialistes font de nouveau liste à part, à la différence qu’aujourd’hui les Verts ont leur chance de rafler le beffroi. Repoussés par Martine Aubry, ils ont besoin des voix que peut rapporter la contestation de la ZAC Saint-Sauveur. D’où leur invasion de la friche depuis le 28 mai.

      Les Verts lillois barbotaient pourtant dans la majorité municipale lors de l’élaboration du projet Saint-Sauveur. Leur cheftaine de file Lise Daleux, élue aux espaces verts, se prononçait le 1er mai 2015 contre un « Central Park lillois » et « pour la ville dense et intense ». Au mieux fallait-il livrer un immeuble au logement étudiant plutôt qu’à la promotion. Ce n’est qu’avec l’ajout impromptu, fin 2016, d’une piscine olympique, que les écolos font valoir leur liberté d’expression au sein de la majorité. Ils réclament le 10 février 2017, avec la force de la modération, « une autre localisation [de la piscine] sur le site Saint-Sauveur. » C’est à la même époque que naît un mouvement d’opposition à l’ensemble du projet ; logements, bureaux et piscines inclus. Les Verts quant à eux se contentent de réclamer un « moratoire » sur Saint-Sauveur afin de « réinterroger le projet en profondeur » en le livrant à une « conférence de citoyens. » Quand on veut noyer le poisson, on propose une conférence de citoyens. C’est ce qu’ils proposent le 18 mai 2018.

      Au fur et à mesure de la campagne municipale, le langage des écolos se fait aussi tortueux qu’un ver à tête de pioche. La revendication d’une « conférence citoyenne » a la double utilité de faire mine de consulter « les Lillois », et ainsi d’acculer Martine Aubry, de plus en plus acariâtre, à un accord. Cette simple mise en doute du projet Saint-Sauveur est noyée dans le programme des Verts entre les îlots de verdure, les cantines bio et la stérilisation des chats de gouttière.

      Soyons clairs : c’est Martine Aubry qui a envoyé paître les Verts au lieu de se rendre à la réunion de négociations. A tel point que le secrétaire national des Verts Julien Bayou, le même qui tente aujourd’hui de squatter la friche, dut appeler son homologue socialiste #Olivier_Faure pour sauver un accord #PS-EELV à Lille. Pour Julien Bayou et Stéphane Baly, les vrais réfractaires au projet de Saint-Sauveur sont un marche-pied de dernière minute et de moindre importance afin de monter au beffroi. En s’incrustant à Saint-Sauveur, Bayou et ses vers en arriveraient presque à se faire passer auprès des électeurs toulousains, strasbourgeois, bordelais et lyonnais, pour ce qu’ils ne sont pas : les défenseurs résolus de la nature en ville. En venant s’encanailler sur une friche que nous occupons illégalement, ce que la mairie de Lille nous rappelle constamment, Baly-Bayou entendent se faire tresser sans frais des lauriers de radicalité par les médias. Ça pourrait faire de la belle image mais nous refusons de partager la photo avec eux.

      Pas d’imposteurs dans le #compost
      Les Verts rabâchent depuis leur création en 1984 qu’ils ne sont plus ce qu’ils n’ont jamais été : des idéalistes à moitié libertaires fumant la moitié du temps, et fumeux le reste. Bref, qu’ils ont la maturité de leurs amis allemands. Quand l’ingénieur Baly renvoie les opposants de Saint-Sauveur à leur « idéalisme », sinon à notre jusqu’au-boutisme3, c’est pour faire valoir ses compétences, son art du compromis, sa capacité à diriger la quatrième ville de France. C’était il y a à peine cinq mois. Qu’il vienne faire de la retape médiatique tous les quatre matins en haut du Belvédère de la friche Saint-Sauveur est révoltant (même si cela vérifie sa compétence politicarde).

      Les Verts sont issus du compost des luttes antinucléaires et antimilitaristes des années 1970. Ils ont obtenu des postes à l’ADEME et dans les Commissions locales d’information des centrales atomiques ; ils siègent aux réunions des Plans locaux d’urbanisme ; ils ont grimpé des conseils municipaux jusqu’au gouvernement à la fin des années 1990. Les Verts sont un parti de pouvoir qui a besoin d’une base militante, même factice, à chaque échéance électorale. #Notre-Dame-des-Landes, Bure, Lyon-Turin, sont autant de décors sur lesquels faire ressurgir le temps de quelques mises en scène médiatiques une fiction aussi vite répudiée. Aujourd’hui à Lille c’est Saint-Sauveur.

      Voilà pourquoi Julien Bayou est le malvenu sur la friche Saint-Sauveur ce dimanche 21 juin, à une semaine des municipales. Il y en a pour qui l’écologie rapporte. Et d’autres à qui ça coûte. Si les #vers plats à tête de pioche ressemblent à des #lombrics, ils n’en sont pas. Ils ne survivent qu’à condition de les étouffer. Nous ne serons donc pas leurs lombrics.
      Tomjo, auteur de L’Enfer vert,
      le 18 juin 2020.

      https://chez.renart.info/?Avis-a-la-population-invasion-de-verts-a-Saint-Sauveur

      1La Voix du Nord, 10 mars 1977.
      2Cf. L’enfer vert, Tomjo, L’échappée, 2013.
      3Médiacités, 22 janvier 2020.

      #Lille #EELV #Saint-Sauveur #élections_municipales #PS #immobilier #politicard #pouvoir #Ville #Mise_en_Scène #opportunisme #opportunistes #magouille

  • ° La pandémie de coronavirus aggrave la crise de la faim à New York * The Intercept, traduit avec google.
    https://theintercept.com/2020/06/16/coronavirus-hunger-crisis-nyc


    Photo : José A. Alvarado Jr. pour The Intercept Les résidents dans le besoin à la recherche de nourriture transfèrent leurs courses de la boîte fournie par le garde-manger dans leurs sacs réutilisables à l’extérieur de la banque alimentaire Children of the Light au 1171 E 95th Street à Canarsie, New York le 29 mai 2020. Photo : José A. Alvarado Jr. pour The Intercept.

    Annie Louis est entrée en ligne juste après 7 heures du matin. Trois heures plus tard, elle attendait toujours, progressant dans la 95e rue dans l’humidité de Brooklyn. Elle était fatiguée. Ses genoux lui faisaient mal. Et Louis, qui a 61 ans et souffre de diabète et d’hypertension, craignait que d’être parmi les gens - certains masqués et d’autres non - pourrait augmenter ses chances d’être infecté par le coronavirus. Pourtant, elle n’avait aucune intention de sortir de la file d’attente qui serpentait autour de trois blocs de maisons modestes à Canarsie. Elle était finalement assez proche pour voir le Children of the Light Food Pantry, où des fruits frais, des légumes et, espérait-elle, des protéines attendaient.

    "Nous avons besoin de protéines", a déclaré Louis, faisant un geste vers son cousin, qui attendait à côté d’elle et a dit qu’elle espérait aussi que l’épicerie mettrait son garde-manger vide. « La plupart du temps maintenant, nous n’obtenons pas de protéines. Nous vivons de légumes et de riz », a déclaré Louis, qui travaille comme aide-soignante à domicile depuis des années. Bien que les salaires soient bas, dans le passé, elle gagnait généralement assez pour mettre de la nourriture sur la table. Mais depuis le début de la pandémie, elle n’a pas travaillé et ses économies se sont taries il y a des semaines. "Je n’ai pas un centime, mes factures s’accumulent et le loyer est dû en ce moment", a-t-elle déclaré.

    Canarsie, où Louis vit, a le taux de mortalité le plus élevé du coronavirus à New York. Et bien que plusieurs de ses amis soient tombés malades avec Covid-19, et qu’elle craigne toujours d’être infectée, le principal objectif de Louis s’est récemment tourné vers le fait de manger suffisamment. Et elle n’est pas seule. Dans toute la ville, dans les quartiers qui ont été les plus dévastés par le virus - qui se trouvent également être les quartiers où la pauvreté est la plus grande - la faim est en train de devenir la principale préoccupation. À Canarsie, où le revenu médian des ménages est de 26 275 $, le besoin est écrasant. "Je n’ai jamais rien vu de tel dans ma vie", a déclaré mercredi dernier Gardy Brazela, président du comité local de planification communautaire, qui a manqué de nourriture après avoir distribué 700 boîtes à des personnes devant le commissariat de police local. "C’est mauvais, mauvais, mauvais, mauvais."

    La pandémie a provoqué des niveaux historiques de faim dans tout le pays. Des images drones de lignes de voitures apparemment interminables attendant de récupérer de la nourriture dans des garde-manger en Pennsylvanie , en Floride et au Texas traduisent l’étendue de notre nouvelle réalité, dans laquelle l’insécurité alimentaire est nettement plus élevée qu’à tout moment pour lequel il existe des données comparables, en tant que étude de la Brookings Institution trouvée. Selon ce rapport, plus d’un ménage sur cinq aux États-Unis était en situation d’insécurité alimentaire à la fin du mois d’avril, le mois le plus récent pour lequel des données sont disponibles, de même que 2 ménages sur 5 avec des mères d’enfants âgés de 12 ans et moins.

    À New York, toujours la région du pays la plus durement touchée, quelque 2 millions d’habitants - 1 sur 4 - sont en situation d’insécurité alimentaire, selon une estimation du maire Bill de Blasio lors d’un point de presse fin mai. Déjà à la mi-avril, après seulement quelques semaines de mise en quarantaine, 38% des parents de New York ont déclaré avoir réduit la taille des repas ou sauté des repas pour leurs enfants parce qu’ils n’avaient pas assez d’argent pour se nourrir le mois précédent, selon à une enquête Hunger Free America publiée à l’époque. L’enquête a également révélé que 34% des adultes à New York ont sauté des repas ou coupé leurs portions parce qu’ils n’avaient pas assez d’argent pour se nourrir.

    Les organisations se sont développées et se sont reconstituées pour répondre à l’énorme besoin. Un panneau coloré orné de légumes sur la devanture du magasin qui abrite le Children of the Light Food Pantry indique qu’il n’est ouvert que quelques heures certains jours et précise qu’il fonctionne « sur rendez-vous ». Mais depuis fin mars, alors que la demande de nourriture augmente, le garde-manger est ouvert sept jours sur sept et nourrit entre 500 et 700 personnes par jour - bien plus du double du nombre habituel. Les enfants de la lumière ont loué un porto pour les personnes qui s’alignent dès 5 heures du matin.Et selon le directeur du garde-manger, le pasteur Maureen Rush, les volontaires manquent régulièrement de nourriture fraîche avant que la ligne ne soit terminée.


    Pasteur Maureen Rush à l’extérieur du garde-manger des enfants du Light Food où elle aide à diriger les bénévoles. Photo : José A. Alvarado Jr. pour The Intercept
    Deborah Hoyle, directrice de programme du Ocean Bay Cornerstone Community Centre, a anticipé la crise de la faim dès le début du verrouillage. Le quartier n’a pas d’épicerie et certains habitants étaient déjà aux prises avec la faim avant la pandémie. « Cette communauté a été criblée de beaucoup de choses », a déclaré Hoyle, qui a commencé à réfléchir à la façon dont le centre pourrait aider à la distribution de nourriture dès le début de la pandémie. Elle a organisé des dons de nourriture par le biais de la campagne contre la faim et de City Harvest, entre autres organisations, a acheté des tables et des tentes qu’elle a installées devant le complexe de logements Ocean Bay Apartments sur Beach Channel Drive, a rassemblé une équipe de bénévoles et s’est assurée qu’il y en ait suffisamment était un équipement de protection individuelle et des fournitures pour se laver les mains pour tout le monde. « Je suis bonne en logistique », m’a-t-elle dit.

    Hoyle n’était toujours pas préparé à l’intensité de la demande de nourriture qui est apparue dès qu’ils ont commencé à distribuer des produits secs et en conserve et des légumes-racines le 8 avril. « Lorsque nous avons ouvert, je me suis retourné et j’ai dit : OK, il y a 10 personnes en ligne. D’ACCORD. Je peux gérer ça. Mais ensuite j’ai levé les yeux et la file était en bas du bloc. Et la prochaine chose que j’ai su, j’ai entendu dire que cela allait de la 58e à la 54e rue », a-t-elle déclaré. Et ce n’était que la première semaine. Depuis lors, le groupe a également commencé à distribuer des légumes frais, du lait et des œufs. "Et chaque semaine, la foule est devenue plus grande."

    Pourtant, la foule croissante sur les sites de distribution de nourriture autour de la ville n’est que la partie visible du problème. Que ce soit parce qu’ils sont malades ou tout simplement particulièrement à risque de tomber malades, de nombreuses personnes qui ont besoin de nourriture ne peuvent pas faire la queue pendant des heures pour l’obtenir. Récemment, Hoyle a vu une femme âgée trembler en attendant des heures sur son site de distribution. « Je lui ai dit : ’Ne revenez pas ici’ », a déclaré Hoyle, qui a ajouté la femme à la liste des personnes à qui ses bénévoles livrent de la nourriture gratuite.


    Valerie Woodford, une agente correctionnelle à la retraite, une personne âgée et un membre actif de la Community Emergency Response Team (CERT), dirige un employé du Millennium Development à but non lucratif sur les gouttes de nourriture pour les résidents du 8e étage du bâtiment 77 des maisons de l’avenue Vandalia . Photo : José A. Alvarado Jr. pour The Intercept
    Dans les maisons Vandalia, deux bâtiments de la New York City Housing Authority pour les personnes âgées entre Canarsie et East New York, un petit groupe de bénévoles et de membres du personnel d’un organisme sans but lucratif local ont un bref aperçu du besoin lorsqu’ils livrent des produits d’épicerie et des masques faciaux aux résidents âgés. Millie Marelle, une résidente de Vandalia Houses, âgée de 70 ans, portait un masque facial en ouvrant la porte de son appartement de quelques centimètres pour accepter le don de pain et de légumes. Marelle a déclaré qu’elle n’avait pas travaillé depuis le début de la pandémie et qu’elle n’avait parfois pas assez d’argent pour acheter de la nourriture. Dans le couloir, Annie Marcello, 85 ans, a déclaré qu’elle ne s’était aventurée hors de son appartement que pour déposer son chèque de sécurité sociale depuis le début de la pandémie. Marcello a exprimé sa gratitude pour la nourriture et le contact humain avant de fermer et de verrouiller la porte de son appartement.

    Invisible Hands, une organisation dirigée par des bénévoles qui a été créée pour apporter de la nourriture aux personnes immunodéprimées et aux personnes âgées pendant la pandémie, a obtenu une mesure de l’intensité des besoins financiers peu de temps après sa formation. L’idée originale pour l’organisation était de simplement transporter des aliments que les gens achetaient en ligne, car les services de livraison d’épicerie comme Fresh Direct et Instacart étaient débordés. Mais à la mi-mars, Invisible Hands a introduit un programme de subventions qui a payé jusqu’à 30 $ de nourriture pour ceux qui en avaient besoin.

    « C’est devenu très, très, très écrasant très rapidement », a déclaré Simone Policano, l’un des trois fondateurs du groupe. « Nous recevions des centaines d’appels par jour, de travailleurs sociaux, de refuges. » Ainsi, après seulement trois semaines au cours desquelles il a distribué plus de 31 000 $ de nourriture, le groupe a décidé qu’il ne pouvait plus accorder de subventions. "C’était un pansement pour une blessure par balle", a déclaré Policano. « Nous avons dû faire un appel douloureux et dur pour nous enfoncer dans le sol ou arrêter le programme. Nous étions juste cette organisation de bébé. Et notre système a été entièrement dépassé. » Invisible Hands livre désormais la nourriture payée par les offices et autres organisations, mais ne subventionne pas les achats


    Annie Marcelle, une résidente de longue date des maisons de l’avenue Vandalia, représente un portrait à l’extérieur de sa résidence au 1er étage dans le logement réservé aux personnes âgées de Canarsie. Photo : José A. Alvarado Jr. pour The Intercep

    Des organisations encore plus établies ont du mal à répondre au besoin. Citymeals on Wheels, qui livre généralement plus de 2 millions de repas aux New-Yorkais fragiles et âgés chaque année, prévoit de livrer 1 million de repas supplémentaires d’ici la fin de cette année. La demande "a été incroyable", a déclaré Rachel Sherrow, directrice exécutive associée de Citymeals on Wheels, qui a déclaré que le groupe avait récemment dû louer un nouvel entrepôt pour stocker la nourriture supplémentaire et a dû concevoir de nouvelles procédures afin que les volontaires puissent rester socialement distants. tout en suivant la demande accrue.

    Certains défenseurs de longue date disent qu’ils mettent en garde depuis des années contre la faim que la pandémie a exacerbée.
    Certains défenseurs de longue date disent qu’ils mettent en garde depuis des années contre la faim que la pandémie a exacerbée. « J’aimerais pouvoir dire que j’ai été choqué par cela, mais tout cela est tout à fait prévisible », a déclaré Joel Berg, PDG de Hunger Free America. « La plupart des gens ne comprennent pas combien de personnes étaient déjà à la limite. »

    Berg, qui lutte contre la faim depuis plus de 30 ans, ne connaît que trop bien les problèmes sous-jacents. À l’échelle nationale, un quart des Américains n’ont pas d’épargne ou d’épargne négative. À New York, plus d’un million de personnes avaient déjà faim avant le déclenchement de la pandémie. Et beaucoup d’autres ne vivaient qu’à quelques chèques de paie de là. La perte soudaine d’emplois et l’augmentation des prix des denrées alimentaires en raison de la pandémie et de la fermeture ont fait que de nombreuses personnes ont besoin d’aide pour payer leur nourriture pour la première fois de leur vie. Mais les récents changements signifient également que la crise de la faim qui existait déjà à New York n’est devenue que plus grave. "Une cargaison de personnes est simplement passée de faim en faim", a déclaré Berg.

    Le gouvernement de la ville , déjà un énorme fournisseur de nourriture, a considérablement accru sa distribution de nourriture pour répondre à la crise. En mars, de Blasio a nommé Kathryn Garcia le tsar alimentaire Covid-19 de la ville pour gérer l’effort. Et en avril, il a annoncé un plan d’urgence de 170 millions de dollars pour lutter contre la faim, ce qui a impliqué l’ouverture de plus de 400 pôles alimentaires où tout New-Yorkais peut obtenir de la nourriture. Les chauffeurs de taxi et d’Uber aident à livrer la nourriture . La ville a élargi son Office of Food and Nutrition Services, qui sert 850 000 repas par jour aux élèves des écoles publiques de New York, ce qui le place juste derrière l’armée américaine en tant que plus grand acheteur de nourriture du pays. Maintenant, ce bureau nourrit les étudiants et leurs parents.

    "Les gens doivent comprendre qu’ils ont fait en quelques semaines ce que le gouvernement prendrait normalement quelques années", a déclaré Berg. « Ils livrent plus d’un million de repas par jour au domicile des gens. Certains sont halal et casher. " Berg s’est décrit comme « livide avec le maire à propos des questions de police », mais a néanmoins reconnu que l’intensification de la distribution de nourriture que de Blasio a supervisée a été « une énorme entreprise de frigorification ».

    Pourtant, même les réponses les plus admirables du gouvernement et des organisations à but non lucratif dans toute la ville ne suffisent pas à répondre aux besoins actuels. "La demande est sans fin", a déclaré Liz Accles, directrice exécutive de Community Food Advocates. Accles a déclaré que Pandemic EBT , qui apportera aux familles de chaque élève de l’école publique de New York 420 $ pour l’épicerie, devrait aider. Mais c’est un paiement unique. Et elle s’inquiète de ce qui se passera une fois cet argent épuisé, à mesure que les budgets des États et du gouvernement fédéral se resserreront.


    Sous la direction du pasteur Maureen Rush, des volontaires du Children of the Light Food Pantry organisent des boîtes de provisions pour divers résidents de Canarsie dans le besoin, New York City, New York, États-Unis, le 29 mai 2020. Photo : José A. Alvarado Jr. pour The Intercept

    "Les budgets d’austérité sont une préoccupation à tant de niveaux", a déclaré Accles. « Nous ne savons pas s’il y aura un soulagement significatif pour les programmes alimentaires. La crainte est que toutes les personnes qui luttaient au jour le jour le seront encore plus et plus durement, et il y aura un tout nouveau groupe de personnes en plus d’eux qui ont besoin de nourriture. »

    Certains programmes visant à lutter contre la faim reculent déjà. Le programme de sensibilisation et d’éducation en nutrition, qui passe des contrats avec des organisations qui aident les gens à demander des prestations fédérales par le biais du programme d’assistance nutritionnelle supplémentaire, ou SNAP, a récemment notifié à ses bénéficiaires qu’il n’avait pas reçu le renouvellement prévu de son contrat de cinq ans avec l’État de New York. , qui doit expirer le 20 juin. Sans contrat, 45 organisations à travers l’État pourraient devoir licencier ou fermer complètement au moment où leurs services sont le plus nécessaires.

    Certains espèrent que la pandémie suscitera une meilleure compréhension des causes de la faim, même si elle cause de grandes souffrances. Jahi Chappell, directeur exécutif de l’organisation de défense des droits Food First, a déclaré que les racines de notre crise actuelle se trouvent à la fois dans le « filet de sécurité sociale à peine là » et dans le système alimentaire plus large dans lequel les grandes entreprises agricoles et de vente au détail ont trop de pouvoir et les agriculteurs ne sont pas ’t payé un salaire décent. « Tout est lié », a déclaré Chappell, qui a décrit la faim comme une injustice structurelle qui, comme la violence policière, doit être traitée de manière systémique.

    Tant qu’elle n’est pas abordée, la faim, comme la violence policière, est également l’une des rares choses qui peuvent faire sortir les gens de chez eux lors d’une pandémie mortelle. Un mercredi récent, une petite foule s’est rassemblée autour d’une table empilée de pommes de terre et de pommes dans une impasse à Far Rockaway. La plage, juste en bas de la rue, était vide. Mais sur le bloc, de la musique jouait alors que des bénévoles déchargeaient et empilaient les produits des boîtes. Plusieurs ont fait circuler un téléphone portable sur lequel ils étaient FaceTiming avec Cynthia Bryant, la fondatrice d’une église locale qui organise la distribution de nourriture sur le site à distance car elle subit une chimiothérapie.

    D’autres à la station de secours alimentaire pop-up répondaient également à la crise alimentaire avec une générosité qui semblait défier les temps sombres. Desiree Hicks, une mère de quatre enfants qui a perdu son emploi dans la facturation médicale, aidait à distribuer de la nourriture parce que, elle a dit : "Je sais ce que c’est que d’avoir faim." Sharmaine Anderson, qui conduisait une Uber avant la fermeture et a peu d’économies, venait de passer une grande partie de son contrôle de relance sur la nourriture qu’elle distribuait aux voisins. Et Ron Halyard, un pasteur, se préparait à remplir l’arrière de sa camionnette noire de provisions. « Nous continuons de le charger et de parcourir les quartiers », a déclaré Halyard. "Chaque fois que nous trouvons quelqu’un qui a besoin de nourriture."

    #New_York #faim #capitalisme #pauvreté #charité #USA

  • Le site #Internet_Archive mis en danger par des poids lourds de l’édition

    Sous la pression d’une #plainte déposée devant un tribunal new-yorkais par quatre poids lourds de l’édition aux États-Unis, le site Internet Archive a décidé d’avancer de 15 jours la fermeture de sa #bibliothèque_d’urgence, créée en réponse à l’#épidémie de #coronavirus.

    Une infraction « massive et délibérée » au #droit_de_reproduction. C’est ce que quatre éditeurs, dont la filiale américaine du groupe #Hachette, reprochent au site Internet Archive, connu notamment pour son archivage du web mondial, la #Wayback_Machine, dans laquelle on peut retrouver des pages web disparues.

    Mais l’Internet Archive, c’est aussi une immense #médiathèque, riche de millions de #livres, #films, #images, jeux vidéo et documents sonores. Côté bibliothèque, son « but ultime » est de « mettre tous les travaux publiés de l’humanité à la disposition de tous dans le monde ». Chacun·e, à condition d’être inscrit·e, peut emprunter jusqu’à dix livres à la fois, pour une durée de quinze jours. Les livres sont prêtés sous la forme de fichiers pdf. Selon Internet Archive, 17 500 livres sont empruntés chaque jour.

    Comme dans une bibliothèque classique, un livre doit être disponible pour pouvoir être emprunté – une règle que le site a « concoctée de toutes pièces », lui reprochent les plaignants. Ce concept du « #prêt_numérique_contrôlé » autorise un prêt à la fois pour un livre numérisé donné. Soutenu par le Conseil des directeurs des bibliothèques d’État des États-Unis, il n’avait encore jamais été mis en cause devant les tribunaux.

    Ce qui a décidé les #maisons_d’édition à risquer un #procès pas gagné d’avance, c’est la #Bibliothèque_nationale_d’urgence mise en place à la fin du mois de mars par Internet Archive, pour répondre à la fermeture des écoles, bibliothèques et universités en raison du coronavirus, et donc à l’impossibilité d’aller y chercher des livres. Installé aux États-Unis, le site avait simplement décidé de « suspendre les listes d’attente […] pendant toute la durée de l’urgence nationale américaine » : c’est-à-dire qu’il n’y avait plus besoin qu’un livre (numérique) revienne pour être emprunté à nouveau. Plusieurs lecteurs pouvaient ainsi en bénéficier en même temps.

    Mercredi 10 juin, son fondateur, #Brewster_Kahle, a publié sur son blog un billet (https://blog.archive.org/2020/06/10/temporary-national-emergency-library-to-close-2-weeks-early-returning-) pour annoncer la fin prochaine du dispositif, avancée au 16 juin, espérant trouver avec les détenteurs de droits « un système qui marche ».

    Son initiative a été soutenue publiquement par des dizaines de bibliothèques et d’universités, ces institutions se revendiquant du principe du « #fair_use », qui autorise des dérogations aux droits de reproduction, particulièrement quand il s’agit d’enseignement, et selon les circonstances. C’est le cas, estime Brewster Kahle, de l’épidémie due au coronavirus.

    Au contraire, cette ouverture des portes numériques est intervenue, selon les éditeurs, au pire moment, celui-là « même où de nombreux auteurs, éditeurs et librairies indépendantes, sans parler des bibliothèques, luttent pour survivre ». Le risque pour Internet Archive est vital, la loi sur le #droit_d’auteur (#Copyright_Act) autorisant des #dommages_et_intérêts pouvant atteindre 150 000 dollars par œuvre en cas de violation délibérée. Si le site propose au prêt 1,3 million de livres, certains sont toutefois dans le #domaine_public.

    « La #gratuité est un concurrent indépassable », estiment les éditeurs dans leur plainte, rappelant l’argument le plus éculé de l’industrie musicale. Internet Archive « ne fait qu’exploiter les investissements que les éditeurs ont faits dans leurs livres », accusent-ils, et « au moyen d’un modèle économique conçu pour profiter librement du travail des autres ». La plainte s’acharne à démontrer que l’Internet Archive serait une entreprise commerciale vivant de la #numérisation des livres, un travail qu’elle effectue contre rémunération pour les bibliothèques. Urgence ou pas, elle demande la destruction de toutes les copies illégales.

    Avec les livres prêtés par l’Internet Archive, on est pourtant loin du mp3 recopié ou downloadé en clic. Brewster Kahle rappelle dans une lettre adressée le 10 avril à Thom Tillis, un sénateur républicain président de la Commission sur la #propriété_intellectuelle, réservé sur la légalité du procédé, que son organisation, sans but lucratif, est régulièrement reconnue comme bibliothèque par la Californie. Cela fait bientôt dix ans, dit-il, que les livres sont prêtés selon la règle « #un_lecteur_à_la_fois ». De plus, se défend le fondateur de la bibliothèque, « nos livres numériques sont protégés par les mêmes protections techniques que celles utilisées par les éditeurs pour garantir que les lecteurs n’ont accès à un livre que pendant les deux semaines de son prêt, et que des copies supplémentaires ne peuvent être faites ».

    Toujours à destination de l’élu républicain, il explique : « Vos électeurs ont payé pour des millions de livres auxquels ils n’ont pas accès actuellement » – 15 millions de livres bloqués derrière les portes fermées de 323 bibliothèques, rien qu’en Caroline du Nord, l’État du sénateur, a compté Brewster Kahle.

    Aux éditeurs, il fait remarquer que la bibliothèque d’urgence ne comporte aucun livre publié il y a moins de cinq ans ; 90 % des livres empruntés ont plus de dix ans, et deux tiers datent du XXe siècle. Quant aux auteurs qui ne voudraient pas que leurs livres soient ainsi prêtés, il leur suffit de le demander par mail, poursuit Kahle. Certains ont au contraire, affirme-t-il, demandé à figurer dans la bibliothèque numérique.

    Dès le 31 mars, la Guilde des auteurs avait mobilisé ses membres contre la bibliothèque d’urgence, parlant de « piratage pur et simple », et proposé un modèle de réclamation. Ce groupement d’auteurs avait déjà fait connaître son désaccord avec le prêt de livres numérisés selon le principe « un livre papier, une copie numérique » en janvier 2019. Le #Syndicat_national_des_auteurs (#National_Writers_Unions) a de son côté préféré entamer des discussions amiables avec Internet Archive et les défenseurs du prêt numérique contrôlé.

    L’Internet Archive est en effet, aux États-Unis, loin d’être la seule bibliothèque à pratiquer de la sorte. La pratique du prêt numérisé contrôlé est théorisée, défendue et pratiquée par de nombreux juristes et des bibliothèques universitaires ou locales, comme celles des villes de Los Angeles, San Francisco et Boston. Un livre imprimé peut être prêté : c’est le principe des bibliothèques. Il doit en être de même pour sa déclinaison à l’identique au format numérique, un exemplaire numérique prêté à une personne à la fois.

    En attendant la décision du tribunal new-yorkais, des internautes se posent à travers le monde la question d’archiver l’Internet Archive et ses téraoctets de documents.

    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/110620/le-site-internet-archive-mis-en-danger-par-des-poids-lourds-de-l-edition
    #open_access #confinement #édition_scientifique #recherche #justice

  • Toujours pas de vols de #rapatriement pour les #employées_de_maison migrantes

    Le retour des travailleurs étrangers doit se faire selon un mécanisme qui respecte leurs droits, selon l’Organisation internationale du travail.

    Les premières opérations de #rapatriement de #travailleuses_migrantes devaient débuter hier, avaient annoncé les autorités libanaises. Un avion devait venir d’Addis-Abeba pour ramener chez elles des employées de maison éthiopiennes particulièrement touchées par la crise libanaise économico-financière et davantage fragilisées par la #pandémie de #coronavirus. Mais l’opération n’a pas eu lieu. Selon l’ambassade d’Éthiopie, ce vol n’était toujours pas programmé. « Nous n’avons pas encore annoncé de date », se contente de dire à L’Orient-Le Jour le consul d’Éthiopie, Aklilu Tatere. Mais du côté de la Sûreté générale, on indique que « l’Éthiopie n’aurait pas trouvé d’avion » pour rapatrier les travailleuses éthiopiennes en situation de grande #vulnérabilité coincées au Liban. « L’opération pourrait avoir lieu d’ici à deux jours », estime le porte-parole de la Sûreté générale, le général Nabil Hannoun, précisant que « la décision revient aux autorités éthiopiennes ». Car le rôle de la SG, en cette période exceptionnelle, est de donner le feu vert aux ambassades, après s’être assurée de l’identité des travailleuses migrantes, dont une grande partie est en situation irrégulière. « Nous régularisons leur situation sans contrepartie financière pour leur permettre de quitter le pays, à la condition qu’elles ne fassent pas l’objet d’une plainte judiciaire », affirme le responsable.

    Les coûts exorbitants du #retour

    Dans ce cadre, de nombreuses employées de maison éthiopiennes, philippines, bangladaises ou d’autres nationalités se pressent aux portes de leurs consulats, dans une volonté de quitter le pays du Cèdre. Même chose du côté des travailleurs étrangers, ouvriers, pompistes, éboueurs… Car travailler au Liban ne leur convient plus. Avec la dépréciation de la #livre_libanaise et la #paupérisation des employeurs libanais, leurs salaires fondent comme neige au soleil. Payées dans la monnaie nationale depuis la pénurie de dollars, alors que la promesse d’embauche était basée sur un #salaire en #dollars, les employées de maison touchent désormais le tiers, voire le quart de leur salaire initial. Et puis les #transferts_d’argent sont de plus en plus difficiles. Une situation à laquelle vient s’ajouter la crise du coronavirus, qui a mis des milliers de travailleuses au #chômage, #femmes_de_ménage ou #employées_domestiques. L’AFP rapporte le cas de Sophia notamment, une travailleuse domestique éthiopienne sous contrat, renvoyée et jetée dans la rue sans salaire, sans valise, sans passeport et qui n’a qu’un but désormais : rentrer chez elle. Alors, elle attend une promesse de rapatriement devant l’ambassade d’Éthiopie à Hazmieh, comme nombre de ses compatriotes. Or il est de notoriété publique que nombre de pays voient d’un mauvais œil le retour de leur #main-d’œuvre qui viendrait grossir les rangs des chômeurs en ces temps de crise mondiale.

    L’ambassade des Philippines a déjà rapatrié 618 employées de maison depuis le mois de décembre 2019, selon le vice-consul des Philippines, Edward Chan. La crise financière battait déjà son plein, et près de 2 000 demandes de rapatriement avaient été déposées, principalement des travailleuses non documentées qui avaient fui le domicile de leur employeur. « La pandémie de Covid-19 a interrompu le processus », regrette-t-il. Aujourd’hui, de nouveaux défis se posent, liés au #prix prohibitif des #billets_d’avion. « Affréter un charter coûterait une fortune, sachant que le billet Beyrouth-Manille coûte aujourd’hui entre 1 200 et 2 300 dollars », affirme M. Chan à L’Orient-Le Jour, précisant que « le consulat apporte un soutien financier aux travailleuses philippines pour leur permettre de rentrer chez elles ».

    Pour un #retour_volontaire et non forcé

    Une autre question se pose. Que deviendront les plaintes auprès des autorités libanaises des travailleuses domestiques victimes d’abus, de mauvais traitements ou de non-paiement de leurs salaires et qui décident de quitter le Liban ?

    Si le consulat philippin assure un ferme suivi des dossiers de ses ressortissantes auprès du ministère du Travail, sauf en cas de désistement, de nombreuses employées de maison migrantes n’auront jamais gain de cause, malgré les #abus dont elles ont été victimes.

    C’est la raison pour laquelle l’Organisation internationale du travail insiste pour que le retour des travailleurs migrants du Liban, et plus particulièrement des employées de maison, se déroule selon un mécanisme qui respecte leurs #droits. « Il faut d’abord que ce retour soit volontaire et non forcé. Car la travailleuse doit avoir le #choix entre trouver un autre emploi sur place ou partir, au cas où l’employeur n’aurait plus les moyens de respecter ses engagements », affirme la porte-parole de l’OIT, Zeina Mezher. « Il est aussi impératif que le rapatriement des travailleuses étrangères du Liban, touchées par la double #crise_économique et sanitaire, ne soit pas un prétexte pour les délester de leurs droits », ajoute-t-elle. D’autant plus que celles qui désirent quitter le pays sont généralement les plus vulnérables. Pour avoir fui un employeur abusif, elles sont souvent sans documents d’identité. « D’où la nécessité, précise la porte-parole, que l’employeur assume la responsabilité du billet d’avion comme prévu par le contrat de travail, même lorsque son employée a quitté le domicile. » Une réponse qui vient en marge d’une réunion virtuelle destinée à identifier les problèmes de la main-d’œuvre migrante au Liban en ces temps exceptionnels, organisée hier par l’OIT et l’OIM (Organisation internationale des migrations) et qui a réuni tous les acteurs locaux et internationaux, dans le but d’y apporter une réponse globale.

    https://www.lorientlejour.com/article/1218891/toujours-pas-de-vols-de-rapatriement-pour-les-employees-de-maison-mig
    #employé_domestique #employé_de_maison #migrations #femmes #crise_sanitaires #covid-19 #femmes_migrantes #Liban #Ethiopie #Philippines #Bangladesh #remittances

    ping @isskein @_kg_ @tony_rublon @thomas_lacroix

    • « Je veux rentrer au Soudan, je peux à peine manger à ma faim ! »

      Terrassés par la crise, des Soudanais tentent l’improbable traversée vers Israël.

      La crise économique et financière qui secoue le Liban impacte de plus en plus les travailleurs étrangers qui, avec la fermeture de l’aéroport en mars dernier, se retrouvent prisonniers dans un pays devenu trop cher pour eux et où ils voient leurs revenus fondre parallèlement à la chute libre de la livre face au billet vert.

      La forte dépréciation monétaire et l’explosion du chômage ont même provoqué un phénomène inédit à la frontière libano-israélienne, sous étroite surveillance, rapporte l’AFP sous la plume de Bachir el-Khoury à Beyrouth et Rosie Scammell à Jérusalem, en précisant que depuis début mai, au moins 16 Soudanais ont été interpellés alors qu’ils tentaient de traverser de nuit cette zone à hauts risques, gardée par les soldats de la Finul et de l’armée.

      Le dernier en date avait été retrouvé mercredi dernier par des soldats israéliens, caché dans une canalisation d’eau. Il a été interrogé par l’armée israélienne, avant d’être renvoyé de l’autre côté de la frontière, indiquent les deux auteurs.

      Des deux côtés, on s’accorde toutefois à dire que ces récentes tentatives de franchissement sont uniquement motivées par des considérations financières.

      « Selon l’enquête préliminaire », elles « ne revêtent aucune motivation sécuritaire ou d’espionnage », confirme une source de sécurité libanaise, sous le couvert de l’anonymat.

      La semaine dernière, l’armée libanaise avait découvert à la frontière le corps criblé de balles d’un Soudanais, tué dans des circonstances non élucidées à ce jour. Au cours des dernières semaines, elle avait procédé à plusieurs interpellations de Soudanais tentant de rallier Israël.

      À peine de quoi manger

      « Je veux rentrer au Soudan car la vie est devenue très chère ici. Je peux à peine manger à ma faim », déplore Issa, 27 ans, employé dans un supermarché de la banlieue sud de Beyrouth.

      Son salaire mensuel de 500 000 livres vaut désormais moins de 100 dollars, contre 333 avant la crise.

      Plus de 1 000 Soudanais se sont inscrits auprès de leur ambassade à Beyrouth dans l’espoir d’être rapatriés, sur les quelque 4 000 vivant au Liban, selon Abdallah Malek, de l’Association des jeunes Soudanais au Liban, cité par l’agence de presse.

      Ceux qui optent pour une tentative de départ vers l’État hébreu auraient des proches ou des connaissances au sein de la communauté soudanaise en Israël. Selon des informations récoltées par l’armée israélienne, il s’agit notamment d’employés du secteur de la restauration, qui ont organisé leur fuite via les réseaux sociaux.

      Protection humanitaire

      Impossible de déterminer le nombre exact ayant réussi à franchir la frontière pour s’installer en Israël. Un, au moins, Mohammad Abchar Abakar, est en détention depuis plusieurs mois après son arrestation en janvier par l’armée israélienne. L’ONG « Hotline pour les réfugiés et migrants » s’est mobilisée pour obtenir sa libération fin avril. Elle n’a pas encore pu le voir en raison de la pandémie de Covid-19.

      « Il nous a dit qu’il voulait demander l’asile », dit la porte-parole de cette ONG, Shira Abbo. Là encore, les chances de réussite sont maigres : ces dernières années, Israël a accordé le statut de réfugié à... un seul Soudanais, sur une communauté estimée à 6 000 personnes. La majorité d’entre eux ont une demande d’asile en cours d’étude depuis des années, qui leur permet de travailler provisoirement. Environ un millier ont obtenu un statut alternatif de « protection humanitaire ».

      La plupart des Soudanais en Israël ont commencé à affluer en 2007, empruntant une route là aussi périlleuse via le Sinaï égyptien. Longtemps poreuse, cette frontière a depuis été renforcée par l’État hébreu. Aujourd’hui, Mme Abbo déplore le refoulement des travailleurs interceptés par l’armée israélienne. « Si quelqu’un affirme vouloir demander l’asile, il doit au moins avoir la possibilité de rencontrer des spécialistes dans la prise en charge de ce type de population », dit-elle.

      Avec l’absence de la moindre relation entre les deux pays voisins, il n’existe évidemment aucune coopération bilatérale sur ce dossier.

      https://www.lorientlejour.com/article/1223224/-je-veux-rentrer-au-soudan-je-peux-a-peine-manger-a-ma-faim-.html
      #réfugiés #réfugiés_soudanais #faim #alimentation #nourriture

  • « Ça nous dépasse et c’est ce qu’on veut » : comment le comité Adama a réussi une mobilisation surprise contre les violences policières, Abel Mestre et Louise Couvelaire
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/06/08/justice-pour-adama-histoire-d-une-mobilisation_6042118_3224.html


    Assa Traore, la sœur d’Adama Traore, lors de la manifestation du 2 juin devant le tribunal judiciaire de Paris. Michel Euler / AP

    Le 2 juin, au moins 20 000 personnes manifestaient à Paris, à l’appel du comité La Vérité pour Adama Traoré, mort en 2016 après une interpellation par les gendarmes. Jeunes des quartiers, « gilets jaunes », lycéens : l’ampleur du rassemblement a pris tout le monde de court.

    Les jeunes des quartiers « qui ne se mobilisent jamais », des personnalités « qu’on avait jamais vues avant », des « gilets jaunes » « qui n’imaginaient pas avoir des points communs avec cette lutte », des lycéens militants du climat « qui veulent que le monde change », des Blancs plus aisés aussi « qui commencent à comprendre qu’ils ont leur part dans ce combat ». Ils étaient tous là, le mardi 2 juin, devant le tribunal judiciaire de Paris, pour faire entendre leur voix et leur colère face aux violences policières, à l’appel du comité La Vérité pour Adama, ce jeune homme de 24 ans mort sur le sol de la caserne de Persan (Val-d’Oise) en juillet 2016, après une interpellation musclée par les gendarmes. 20 000, selon la Préfecture de police, au moins 60 000, selon les organisateurs.

    Sa sœur, Assa Traoré, ne s’y attendait pas. Ni les militants aguerris qui l’entourent. « Cette mobilisation marque une rupture générationnelle, analyse Almamy Kanouté, du comité Adama. Ils sont jeunes, voire très jeunes. » Personne n’avait vu venir l’ampleur de la mobilisation, qui s’est poursuivie ce week-end dans plusieurs villes de France. Un peu plus de 23 000 personnes au total se sont rassemblées à Paris, Lyon, Marseille, Lille, Bordeaux…

    « Conscientisation accélérée »

    Dans les rangs des militants, on parle d’une conjonction d’événements participant à une « conscientisation accélérée » sur le sujet d’une génération – celle qui marche aussi pour le climat – qui ne craint pas de renverser les normes, d’une « coïncidence parfaite » après des décennies de lutte contre le racisme et quatre années de combat du comité Adama, une machine de guerre qui ne s’essouffle pas, bien au contraire.

    Sans QG ni financements pérennes, mis à part la vente de tee-shirts, c’est dans le Val-de-Marne, dans le salon d’Assa Traoré, que tout se passe et se pense, autour d’un grand canapé en cuir noir qui mange la moitié de la pièce.
    « Justice pour Adama », c’est avant tout un combat pour la vérité sur la mort d’Adama Traoré ; c’est une procédure judiciaire à rebondissements, jalonnée d’expertises et de contre-expertises médicales ; c’est un visage, celui d’Assa Traoré, la grande sœur charismatique, figure de proue de la lutte contre les violences policières ; c’est, en coulisses, un comité qui œuvre pour multiplier ses actions dans les quartiers populaires, faire tourner sa propre plate-forme d’informations sur les réseaux sociaux et construire des alliances stratégiques avec des organisations de la gauche extra-parlementaire.

    Depuis le 2 juin, c’est un slogan, un cri de colère et de ralliement, la version française du mouvement de protestations planétaire né aux Etats-Unis le 25 mai, jour de la mort – filmée – de George Floyd, afro-américain de 46 ans, lors de son interpellation par un policier blanc. « Justice pour Adama », c’est la traduction de ses derniers mots, « I can’t breathe » (« Je ne peux pas respirer »), qui s’affichent dans toutes les manifestations. « Ce sont aussi ceux que mon frère a prononcés avant de mourir », martèle Assa Traoré. L’onde de choc mondiale provoquée par les images de la mort de George Floyd et la vague Black Lives Matter « a mis une claque à la planète » , dit-elle. Et trouvé un écho en France.

    « Adama » est partout

    Le confinement et la succession d’histoires de violences policières pendant cette période ont « créé une indignation qui s’est propagée sur les réseaux sociaux pendant des semaines », a observé Massy Badji, 37 ans, entrepreneur social à Châtillon (Hauts-de-Seine) et professeur dans un lycée pro. « Après tout ça, je ne pouvais plus rester derrière mon écran d’ordinateur sans rien faire », raconte Saly, la vingtaine, gestionnaire dans une entreprise des Hauts-de-Seine. Le 2 juin, elle est allée manifester pour la première fois de sa vie. Pour George Floyd et pour Adama Traoré, dont elle connaissait « évidemment ! » l’histoire.

    Cela fait quatre ans que la grande sœur d’Adama scande et impose le prénom de son petit frère, « partout où il y a de l’injustice, de l’inégalité et de la répression », explique Assa Traoré, qui refuse de parler de « convergence des luttes ». « Chacun garde sa spécificité, mais on peut faire alliance, être là les uns pour les autres quand il faut. » « Adama » est partout.

    On l’a vu se battre aux côtés des agents de nettoyage des gares ; défiler avec des cheminots du syndicat SUD-Rail pendant les manifestations des « gilets jaunes » en décembre 2018 ; rejoindre les jeunes de Youth for Climate en septembre 2019 ; occuper un centre commercial avec les écologistes du mouvement Extinction Rebellion (XR) un mois plus tard et apporter son soutien au collectif contre l’enfouissement des déchets nucléaires de Bure (Meuse).
    Le comité est surtout, de toutes les manifestations et marches blanches contre les violences policières. Et, plus discrètement, dans les quartiers populaires de France. Cela fait trois ans que, avec les membres du comité Adama, Assa Traoré arpente les cités du pays pour « discuter avec les jeunes ».

    « La voix des quartiers »

    Symbole le plus connu en France de la lutte contre les violences policières, « Justice pour Adama » devient aussi celui d’un combat, « la voix des quartiers » contre « le racisme, les discriminations et les inégalités », et occupe le vide laissé par les organisations antiracistes traditionnelles des années 1980 [Pas bravo Le Monde : SOS race a été crée par le PS pour faire le vide là où de nombreuses formes d’auto-organisation des premiers concernés se développaient...] Aussi bien SOS-Racisme que le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) sont en perte de vitesse depuis plusieurs années. « Le comité Adama est devenu un point d’accroche pour la communauté noire, pour les Arabes aussi, pour tous ceux qui n’avaient plus d’organisation ou de figure à laquelle se raccrocher », commente Assa Traoré.

    Conscient d’avoir un rôle politique à jouer pour construire un mouvement populaire large, il n’est pas question pour autant pour le comité d’être sous la tutelle d’un parti comme le furent à leur époque SOS-Racisme (Parti socialiste) et le MRAP (Parti communiste), malgré l’appui de plusieurs d’entre eux, comme notamment le Nouveau Parti anticapitaliste, La France insoumise et Europe Ecologie-Les Verts, ou le Parti communiste. « Personne ne pourra nous récupérer, on a appris des erreurs de nos aînés , lance Youcef Brakni, du comité Adama. Nous sommes politisés et politiques, mais au sens noble du terme. »

    Le comité accepte néanmoins le soutien d’élus à titre individuel, comme celui des députés « insoumis » Eric Coquerel et Clémentine Autain (Seine-Saint-Denis), ou la sénatrice Verte de Paris Esther Benbassa. « Eux étaient bienvenus mardi. En revanche, François Ruffin aurait été reçu autrement… », souligne Madjid Messaoudene, élu municipal sur le départ à Saint-Denis et soutien actif de longue date du comité Adama. Le député de [l’IGPN de] la Somme avait, en effet, déclaré en septembre 2017 lors d’un meeting qu’il voulait « mener l’enquête d’abord » avant de « se positionner ». Des propos qui lui sont encore reprochés aujourd’hui.

    « Le comité Adama dénonce un système, comme nous, les anticapitalistes, et comme beaucoup d’autres », explique Anasse Kazib, cheminot syndicaliste SUD-Rail, présent à toutes les marches pour Adama, organisées chaque été à Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise), où habitait le jeune homme.

    Soutien aux « gilets jaunes »

    C’est le cas de l’Action antifasciste Paris-banlieue (AFA). Ses militants étaient tous là mardi soir, il était même prévu qu’ils interviennent – un texte avait été écrit – mais ils ont « finalement fait la sécu ». Camille, l’un de ces antifascistes, raconte : « On est en lien avec eux depuis juillet 2016. Les ex du Mouvement de l’immigration et des banlieues [MIB] qui sont proches de nous ont joué un rôle. Et notre composition sociale et raciale fait que les choses se font naturellement. C’est une génération des quartiers populaires qui lutte avec des petits Blancs. » Les antifascistes de l’AFA estiment que ce que subissent les militants radicaux depuis les manifestations contre la loi travail en 2016 est la reproduction de ce qu’il se passe depuis des décennies dans les quartiers populaires contre « les Noirs et les Arabes ».

    Autre point de convergence : le mouvement des « gilets jaunes ». Le comité Adama a soutenu les manifestants et les antifascistes ont été de tous les « actes », participant à certains points de blocage, comme au Marché international de Rungis. « Tous les “gilets jaunes” de Rungis étaient là mardi soir », assure Camille. Pour lui, il y a un point commun entre le comité Adama, les « gilets jaunes », les zadistes ou encore le cortège de tête dans les manifestations syndicales : « Assumer l’antagonisme avec la police. » Edouard (un prénom d’emprunt), militant autonome et également « gilet jaune », abonde : « On voit que la lutte contre les violences policières et la lutte contre le gouvernement est un tout, presque une continuité. »

    En arrière-plan, c’est la lutte contre un système « de domination » qui se joue, avec des messages venus d’outre-Atlantique fondés sur le « privilège blanc ». Ils ont inondé les réseaux sociaux et particulièrement Instagram depuis la mort de George Floyd : « Muted, listen and educate yourself » (« Taisez-vous, écoutez et éduquez-vous »), pouvait-on lire sur de multiples comptes, très relayés dans les milieux artistiques et de la mode.

    « On s’inscrit complètement dans cette logique en dénonçant le racisme systémique dans la police », acquiesce Assa Traoré. « On a longtemps été parasités par le Parti des indigènes de la République qui ne représente rien et qui n’a fait que créer des polémiques, explique Youcef Brakni. Aujourd’hui, il y a un changement de paradigme, une digue est en train de sauter. »

    « Je dois être là »

    Ces événements marquent le début « d’une prise de conscience, en tant que Blanche », abonde Cloé, 31 ans, réalisatrice de fictions et de films publicitaires, à Paris. « Je croyais être très au clair sur mon antiracisme, j’avais tout faux. Le 2 juin, je me suis dit : c’est le moment, je ne dois pas parler pour eux, mais je dois être là. » Pour les militants de l’antiracisme décolonial ou politique, Cloé est une « alliée ». « L’antiracisme des alliés est une transformation radicale, analyse la sociologue Nacira Guénif, proche des milieux décoloniaux. Ils sont en train de comprendre qu’il ne faut pas faire à notre place, mais avec nous. »

    « La jeune génération a moins de réticences à se remettre en question, à questionner la norme, à utiliser des mots qui font peur aux générations précédentes, affirme Dawud, militante afro-féministe parisienne de 28 ans. Pour eux, parler de “blanc” ne pose aucun problème. »

    Comme Gabriel, lycéen parisien de 16 ans, venu manifester samedi 6 juin place de la Concorde, à Paris, qui ne veut « plus de ce monde-là », ne veut « plus laisser passer ça ». « Ça », c’est « la violence de la police » envers les minorités ; « ça », c’est « la planète qu’on saccage » ; « ce monde-là », c’est aussi « la couleur de ma peau, blanche, qui, de fait, me confère une position dominante dans la société ». « Tout ça, c’est le même combat », conclut-il.

    « Même sans nous, le mouvement continue constate, satisfait, Youcef Brakni. Le comité Adama n’était à l’origine d’aucun des appels à manifester ce week-end. « Ça ne nous appartient plus, ça nous dépasse, et c’est ce qu’on veut. A chacun de prendre part au combat. »

    Face à l’événement. La classe dominante a le droit d’être informée de ce qui la menace. On en vient à ne pas dire (trop) n’importe quoi.

    #confinement #Irruption #police #racisme #justice #violences_policières #Morts_aux_mains_de_la_police #Adama_Traoré #Recomposition_politique #Manifestation_du_2_juin_2020 #Luttes #Faire_alliance #politisation #antiracisme #Vérité_pour_Adama_Traoré #cortège_de_tête #Gilets_jaunes #antifascistes #quartiers_populaires #lycéens #banlieues #cités

    • Le comité Adama appelle à un rassemblement national massif ce samedi à Paris
      https://twitter.com/laveritepradama/status/1270074397290835976

      Notre avocat a été contacté aujourd’hui par le cabinet de Madame Nicole Belloubet, ministre de la justice, garde sceaux.

      Il lui a été proposé d’organiser une rencontre entre le garde des sceaux et la famille d’Adama Traore.

      Contrairement à ce qu’affirme certains médias, sans avoir attendu la réponse de la famille Traoré, celle-ci refuse de rencontrer la garde des sceaux pour échanger.

      Elle demande depuis quatre ans que les gendarmes entre les mains desquels est mort Adama Traoré soient convoqués devant la justice, interrogés et mis en examen.

      La famille d’Adama Traoré rappelle qu’elle attend des avancées judiciaires, et non des invitations à la discussion qui n’auraient aucune finalité procédurale.

      C’est la raison pour laquelle le comité Adama appelle à un rassemblement nationale massif ce samedi au départ de la Place de la République à 14h30.

      La conférence de presse se déroulera demain 9 juin à 12h00 49bis Rue Louis Blanc, 75010 Paris.

      Bien joué ! Accepter un tel rendez-vous c’était devenir des justiciables plus égaux d’autres hors de tout cadre juridique, rendre service au gouvernement.
      C’est exceptionnel que le leurre si terriblement efficace de la reconnaissance institutionnelle ne fonctionne pas.

    • « Il ne faut pas perdre la jeunesse » : l’Elysée craint un vent de révolte
      https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/06/10/il-ne-faut-pas-perdre-la-jeunesse-l-elysee-craint-un-vent-de-revolte_6042430

      Emmanuel Macron prononcera dimanche une allocution depuis l’Elysée. L’occasion pour le chef de l’Etat d’apparaître en père de la nation, alors que les manifestations se multiplient.

      [...] « On a fait vivre à la jeunesse quelque chose de terrible à travers le confinement : on a interrompu leurs études, ils ont des angoisses sur leurs examens, leurs diplômes et leur entrée dans l’emploi. Il est normal qu’ils trouvent dans la lutte contre le racisme un idéal, un universalisme » , répète [le père de la nation] à ses interlocuteurs.

      Maxime du dentifrice

      Pour [le p. de la nation], le confinement a été pénalisant avant tout pour les jeunes, alors qu’il a d’abord été décidé pour protéger les plus âgés, davantage exposés au coronavirus. Un paradoxe qui, si l’on n’y prend garde, pourrait déboucher sur un « conflit de générations », craint M.

      [Le p.] partage les analyses de ceux qui estiment que la génération de #Mai_68 est responsable d’un certain nombre de maux du pays mais aussi du monde, notamment en matière d’écologie.

      [...] la menace sécessionniste est réelle au sein du pays, affirme-t-on au sein de l’exécutif. Pour le chef de l’Etat, l’affaire George Floyd entre en résonance avec un passé colonial non encore digéré. « La guerre d’Algérie reste un impensé » , aime répéter le locataire de l’Elysée, qui a tenté à plusieurs reprises de faire évoluer les mentalités sur ce sujet depuis le début de son quinquennat mais dit se heurter à l’absence d’interlocuteurs. « Il y a tout un travail à faire avec les historiens, mais cela prend du temps » , explique-t-on au cabinet [du p. de la nation].

      [...] « Le monde universitaire a été coupable. Il a encouragé l’ethnicisation de la question sociale en pensant que c’était un bon filon. Or, le débouché ne peut être que sécessionniste [le p. de la plantation Uber Frichti Amazon raconte sa vie, ndc]. Cela revient à casser la République en deux », estime en privé le chef de l’Etat, qui souligne notamment les ambivalences des discours racisés [sic] ou sur l’intersectionnalité [et qui] dit ne pas craindre une « FNisation » de la police. « Ce sont des citoyens comme les autres »_ , répète-t-il.

      #laquestionsociale #lajeunesse

    • Aujourd’hui, le toujours prêt Pelloux a voulu rendre service au gouvernement en ce jour de manif santé en déclarant sur BFN que place des Invalides des « tshirts Adama ont brûlé deux voitures »...

      Il y n’a pas eu de voitures brulées, pas plus que d’attaque par les manifestants du Premier mai 2019 de la Pitié-Salpétrière.

  • Thierry Robert : « Nous arrivons à la fin des stocks alimentaires en Seine-Saint-Denis » - regards.fr
    http://www.regards.fr/la-midinale/article/thierry-robert-nous-arrivons-a-la-fin-des-stocks-alimentaires-en-seine-saint

    Pendant la période du confinement, on a accueilli des gens qui n’étaient jamais venus frapper aux portes d’associations, comme le Secours populaire français. Sur les 1.270.000 personnes qui sont venus nous voir pendant ces deux mois, 45% sont des personnes que nous ne connaissions pas auparavant – qui n’avaient jamais sollicité aucune aide – et qui n’avaient jamais été identifiées comme des personnes vivant dans la pauvreté ou la précarité. Une partie de ces personnes ont basculé dans la pauvreté pendant le confinement et nous craignons que ça soit encore le cas aujourd’hui et dans les mois qui viennent. Avec les licenciements prévisibles des semaines à venir, on craint qu’une grande vague supplémentaire s’ajoute à celle déjà enregistrée avec des situations dramatiques pour de nombreuses familles en France et en Europe.

  • Correspondance avec un Grenoblois à propos d’une réunion « Plus jamais ça »
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=1296

    Nous avons reçu de Dom, militant grenoblois, quelques réflexions après une réunion organisée le 19 mai 2020 par des syndicats et organisations de gauche. Dom souhaite faire partager son texte, le voici (à ouvrir en bas de page, sans les annexes, trop lourdes), précédé de notre réponse. * Bonjour à tous, Merci à Dom pour l’envoi de ce compte-rendu de réunion, et pour les réflexions qu’elle lui a inspirées, à lui et à ses amis. Voici une réponse qu’on tâche de faire la plus courte possible. Voici belle lurette que nous, Pièces et main d’œuvre, ne nous soucions plus de nous faire entendre de vive voix dans ces foires d’empoigne que sont généralement les assemblées générales et réunions « unitaires » de la gauche, extrême et/ou modérée. On ne s’incruste pas. On ne gueule pas plus fort que les autres. On (...)

    #Faits_divers
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/reflexions-reunion-19_mai_2020-locaux_solidaires.pdf

  • Covid Contact tracing apps are a complicated mess : what you need to know
    https://privacyinternational.org/long-read/3792/covid-contact-tracing-apps-are-complicated-mess-what-you-need-

    As Governments, Apple and Google compete in proximity tracing, here’s our take on building tech in times of crisis. Key findings Contact tracing is an important emergency healthcare initiative, and is necessarily invasive. Coronavirus Apps do much more and much less than manual contact tracing. There are dangerous tracing initiatives that regularly report on your activities. There are interesting initiatives that may or may not work. These are somewhat privacy-aware, and can be either (...)

    #Apple #Google #algorithme #Bluetooth #CCTV #smartphone #contactTracing #géolocalisation #technologisme #consentement #FAI #vidéo-surveillance #BigData #COVID-19 #santé #surveillance (...)

    ##santé ##PrivacyInternational

  • Les hommes sont plus réticents à porter un masque, vu comme « un signe de faiblesse » - NEON
    https://www.neonmag.fr/les-hommes-sont-plus-reticents-a-porter-un-masque-vu-comme-un-signe-de-faibl

    Malgré des données qui montrent que les hommes sont davantage touchés par le virus, nombre d’entre eux restent persuadés d’avoir moins de risques d’être concernés. « Le fait que les hommes moins que les femmes aient l’intention de porter un masque peut s’expliquer en partie par le fait qu’ils pensent qu’ils ne seront relativement pas affectés par la maladie », observent les chercheurs.

    Le masque est « pas cool, honteux, signe de faiblesse »

    Comme le rapporte le New York Post, l’échantillon analysé est constitué de 2 459 micro-travailleurs d’Amazon Mechanical Turk, représentatif des populations des zones urbaines. Les scientifiques nuancent leur étude et reconnaissent une légère surreprésentation des hommes (51,5 % contre 48,1 % de femmes), des 25-64 ans, des personnes blanches et politiquement orientées à gauche.

    Selon l’étude, la gent masculine éprouverait plus de sentiments négatifs vis-à-vis du port du masque. « Les hommes plus que les femmes conviennent que porter un masque est honteux, pas cool, signe de faiblesse et de stigmatisation », concluent les chercheurs.

    Leurs résultats semblent aller dans le sens d’autres enquêtes. Un sondage Gallup réalisé mi-avril au États-Unis indique que 29 % des hommes déclaraient avoir « toujours » porté un masque en extérieur au cours des 7 derniers jours (contre 44 % des femmes). En 2003, lors de l’épidémie de SRAS deux chercheurs en psychologie de l’Université de Hong-Kong avaient déjà noté que les femmes portaient davantage le masque que les hommes, dans une étude auprès de 1 329 adultes.

    #masques #masculinité

    Lien avec https://seenthis.net/messages/853582

    Le sondage :
    https://news.gallup.com/poll/310400/new-april-guidelines-boost-perceived-efficacy-face-masks.aspx?mod=artic
    L’étude UK :
    https://psyarxiv.com/tg7vz
    L’étude HK :
    https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/15539054

  • Quels sont les coûts liés à l’utilisation de frameworks JavaScript pour le développement Web ? Une analyse des sites utilisant React, Vue.js ou Angular
    https://javascript.developpez.com/actu/303519/Quels-sont-les-couts-lies-a-l-utilisation-de-frameworks-JavaS

    S’invitant dans le débat, Tim Kadlec, un développeur qui aide les organisations à améliorer les performances de leurs sites, estime pour sa part qu’il n’y a « pas de moyen plus rapide de ralentir un site que d’utiliser un tas de JavaScript », et c’est justement ce que font les frameworks JavaScript : utilisez beaucoup plus de JavaScript. Mais « le truc avec JavaScript », poursuit-il, « c’est que vous finissez par payer une taxe sur les performances pas moins de quatre fois », dit-il. Les quatre taxes auxquelles il fait allusion sont :
    – le coût de téléchargement du fichier sur le réseau ;
    – le coût de l’analyse et de la compilation du fichier non compressé une fois téléchargé ;
    – le coût d’exécution du JavaScript ; et
    – le coût de la mémoire.

    Avec des graphes comparatifs de divers paramètres tels que « Quantité de JavaScript servi », « Temps de traitement CPU »

    Pour illustration de cette lenteur et du peu d’importance donnée à l’UX par les développeurs, voir par exemple le backoffice de #Mailjet ou #Gandi_v5 qui sont des modèles de lenteur totalement désespérant et rebutant pour l’utilisateur... (en plus d’un manque d’ergonomie flagrant sur toutes les fonctionnalités un peu avancées)

    Et conséquence non évoquée ici, le coût écologique lié à l’utilisation de ces framework doit être non négligeable...

    L’article original (En) : https://timkadlec.com/remembers/2020-04-21-the-cost-of-javascript-frameworks

    #lenteur #framework_javascript #web_dev #fail

    • Un commentaire précise qu’il faut quand même pas juste prendre en compte le premier chargement, ça n’a pas de sens, car pour là où c’est utilisé, c’est généralement pour des choses qu’on utilise plusieurs fois, où on a un compte, etc. Donc une fois le premier chargement, une grosse partie est déjà en mémoire du navigateur, que ce soit le JS et la plupart des éléments d’interface.

    • Pour le premier chargement, ça dépend à quel utilisateur on s’adresse mais si la première impression qu’on a en arrivant sur un site c’est sa lenteur, ça fait mauvais genre. De plus le cache ne dure pas indéfiniment, en plus du fait que le fichier JS peut inclure autre chose que la librairie du framework et donc demander à être téléchargé de nouveau à chaque màj du code.
      C’est amusant de voir les commentaires sur le site developpez, certains semblent penser qu’on ne peut pas faire de site/app sans ces frameworks... Cela explique sûrement que tant de sites ou d’applications Web soient si lourds.
      Pour moi le pire que j’ai vu (en tant qu’utilisateur) c’est le site d’Arrêts sur image, qui utilise Angular. Une aberration. Ils ont optimisé un poil depuis le lancement donc c’est moins pire aujourd’hui mais ça reste une erreur technique majeure à mon sens.

    • Ah bah pour un site de média éditorial, essentiellement fait de texte avec quelques images et vidéos, ça n’a aucun putain de sens… Normalement c’est pour de l’applicatif, des trucs où ça doit mettre jour des données en direct, etc. C’est ce que je disais plus haut, normalement quand on l’utilise c’est pour de l’appli, où t’as un compte, où ya du fonctionnel (pour l’interface d’admin d’un média éditorial à la limite, mais pas sa partie publique). Pour juste du texte et des commentaires dessous… hu

    • C’est tout le problème, les développeurs connaissent tel ou tel framework et se mettent à l’utiliser partout, sans discernement. Dans les commentaires sur Développez, il y en a même un qui explique que sans framework Javascript son appli ne serait pas jolie ! Et même pour les applis, sauf besoins très spécifiques, j’ai quelques doutes sur l’utilité de ces machineries, l’auteur du texte initial a raison, le Javascript de base (ou jQuery) peut faire beaucoup de choses. Bien sûr ça suppose de passer un peu plus de temps à coder (et de se confronter à des choses peut-être plus complexes au premier abord), encore que la maintenance sera probablement beaucoup plus légère ensuite.
      Je précise par ailleurs que j’ai déjà utilisé Angular de manière assez intensive, je suis loin d’être un anti-framework primaire.

  • topophile, l’ami·e des lieux | la revue des #espaces_heureux

    La revue interroge écologiquement notre #rapport_au_monde, aux espaces et aux lieux, aux environnements bâtis et naturels, elle questionne nos manières de #bâtir, d’#habiter et de penser afin de demeurer pleinement et justement sur la Terre. Elle s’organise autour de trois parties :
    #Savoir, la revue des idées, vise à écologiser nos esprits à travers la publication d’entretiens, d’enquêtes, d’essais et d’études de théoricien·ne·s et de praticien·ne·s du monde entier.

    #Faire, la revue des réalisations, rassemble des #réalisations originales de toute nature, de toute échelle et de tout pays qui participent d’une approche écologique, #éthique et sociale du lieu et de l’espace.

    Rendez-vous, la revue des événements, convie nos lecteurs et lectrices à enrichir leurs connaissances et expériences topophiles en allant à la rencontre des protagonistes à l’occasion de conférences, débats, expositions, visites, ateliers.

    https://topophile.net/la-revue

    #Topophile #revue #lieux #géographie #ressources_pédagogiques #écologie #espace #urbanisme

    Revue que j’ai découverte grâce à @rastapopoulos :
    https://seenthis.net/messages/854301

    Sur seenthis : @topophile

    ping @reka @franz42

  • Coronavirus : la Corée du Sud recourt aux données des opérateurs pour retrouver les clients de boîtes de nuit
    https://www.bfmtv.com/tech/coronavirus-la-coree-du-sud-recourt-aux-donnees-des-operateurs-pour-retrouver

    Une dizaine de milliers de personnes ayant visité un quartier de Séoul connu pour ses boîtes de nuit ont reçu un SMS du gouvernement coréen. Tous ont été invités à se faire dépister le plus rapidement possible, dans la crainte d’une contamination au SRAS-CoV-2. Pour endiguer l’épidémie de coronavirus, la Corée du Sud cible les oiseaux de nuit. Le gouvernement coréen a fait appel aux trois principaux opérateurs télécom du pays pour retrouver les personnes s’étant rendues dans le quartier d’Itaewon, à Séoul, (...)

    #smartphone #GPS #géolocalisation #FAI #métadonnées #BigData #COVID-19 #LGBT #santé (...)

    ##santé ##surveillance

  • Life vs livelihood debate rages in virus-hit India - Asia Times
    https://asiatimes.com/2020/05/life-vs-livelihood-debate-rages-in-virus-hit-india

    Squeezed in the back of a truck with 30 others and facing a 1,500-kilometer journey to his village in Gorakhpur, Ajay Srivastava was a worried man. The 40-year-old pipe factory worker had shelled out his last remaining rupees for the ride home after India suddenly locked down the nation to guard against the coronavirus.“We were living off our savings and now even that’s getting depleted,” said Srivastava while still about 1,000 kilometer from his home in eastern India. “The last we got paid was on March 22. For the local government we don’t matter since we can’t vote here. The factory owner ensured we got food because he wanted to see us around whenever he restarted his business.”

    #Covid-19#migrant#migration#travailleurs-migrants#Inde#emploi#accidents#décès#vulnérabilité#santé#faim#confinement

  • #faire un pas de côté
    https://framablog.org/2020/05/09/faire-un-pas-de-cote

    La semaine des réunions Cette semaine du 20 au 24 avril aura été celle de la reprise des réunions, des rendez-vous, des interviews. Il faut dire que pendant un mois, j’avais quasiment tout refusé par défaut et par principe, pour … Lire la suite­­

    #Framaconfinement #Framasoft #ActionDirecte #confinement #COVID19 #Journal #log #solutionnisme

  • Pandemic as an excuse for violating refugees’ rights

    Inhumane practices towards refugees are also evident in neighboring Bosnia and Herzegovina. Last week, refugees wrote an open letter (https://www.facebook.com/transbalkanskasolidarnost/photos/a.121803256103331/130375228579467/?type=3&theater) problematising conditions at the Miral refugee camp and the work of the International Organization for Migration (IOM). The refugees’ letter states: “They do not give us enough food and if we want to buy food with our own money, they do not allow us to enter the camp with food, if they catch us, they take the food we have bought and put it in the water. People go to bed hungry every night."

    Criticism of the IOM’s work was also addressed by the Transbalkan Solidarity collective, launching the action “#Soaps_for_IOM” (https://transbalkanskasolidarnost.home.blog/sapuni-za-iom), which lasted from April 29th - 30th. This action consisted of sending a photo of the soap to the IOM to emphasise violence at refugees camps, inadequate food supply, worrying hygiene conditions and almost minimal health care. Transbalkan solidarity warned that the current pandemic has turned refugee camps into prisons, thereby completely restricting people’s freedom of movement.

    In Croatia, the Ombudsman (https://www.ombudsman.hr/hr/potrebno-zastititi-i-osobe-pod-medunarodnom-zastitom-trazitelje-zastite-i-) also spoke about the lack of political will to recognise the refugees’ vulnerability during the current pandemic, emphasising the importance of ensuring an adequate health care, conditions for self-isolation and means of respecting all measures to prevent the spread of the epidemic at the Reception centres where refugees are housed. She also noted that a large number of refugees who have been granted international protection face existential problems, given that they have lost their jobs and are unable to pay their rent.

    Reçu via la mailing-list Inicijativa Dobrodosli, mail du 04.05.2020

    #route_des_balkans #IOM #OIM #Bosnie #asile #migrations #réfugiés #covid-19 #coronavirus #violence #camps_de_réfugiés #faim #alimentation #hygiène #liberté_de_mouvement #liberté_de_circulation #Croatie #travail #chômage #vulnérabilité

    ping @luciebacon @isskein

  • Le nouveau visage de la #pauvreté

    Plus de 2500 personnes ont fait la queue samedi pour obtenir un #colis_alimentaire. La crise du #coronavirus a plongé de nombreuses familles dans la #précarité.

    Une queue de plusieurs centaines de mètres et environ trois heures d’attente pour un colis alimentaire d’une valeur de 20 francs ont jeté brutalement la lumière sur une nouvelle précarité à Genève. Plus de 2500 personnes se sont déplacées samedi à la patinoire des Vernets pour obtenir de quoi tenir.

    Environ 1300 colis ont été distribués – ceux qui n’ont pas pu être servis recevront des bons d’achat alimentaire. Quelques articles hygiéniques, du riz, des pâtes, du sucre, de l’huile, une boîte de thon et deux boîtes de sauce tomate. Le strict minimum.

    Une opération exceptionnelle de par son ampleur, qui n’aurait pu avoir lieu sans l’impulsion de l’association la #Caravane_de_solidarité et sa soixantaine de bénévoles mobilisés vendredi et samedi ainsi qu’aux #dons de privés qui ont afflué tout le week-end. Une #distribution_alimentaire à laquelle les Genevois devront peut-être s’habituer. Il y a un mois, la femme à l’origine de cette organisation – elle souhaite garder l’anonymat, traumatisée par l’arrestation qu’elle a subie il y a quinze jours (notre édition du 20 avril : https://lecourrier.ch/2020/04/19/la-caravane-mene-au-poste) – préparait 150 colis avec son mari. Depuis, la hausse est exponentielle : environ 800 sacs la semaine dernière, 1370 samedi.

    « Sous le radar »

    De rebelle, l’association est devenue partenaire et a obtenu le soutien de la #Ville_de_Genève et des acteurs sociaux institutionnels. La #distribution de samedi s’est donc faite en collaboration avec le #Centre_social_protestant, les #pompiers volontaires de la Ville pour les aspects logistiques, #Médecins_sans_frontières pour le concept sanitaire et enfin les #Colis_du_cœur et la #fondation_Partage pour la #nourriture et les #bons. Les #Hôpitaux_universitaires, eux aussi, étaient présents et proposaient un #accès_aux_soins. Les services sociaux de la Ville de Genève étaient là également afin d’orienter les personnes qui en auraient besoin vers des dispositifs moins ponctuels.

    « Cette crise a révélé une #précarité_invisible, sous le radar des institutions. Celle de familles qui s’en sortaient juste-juste et qui ont soudainement basculé dans la pauvreté », explique Alain Bolle, directeur du Centre social protestant. Selon lui, ces familles qui vivotaient et qui ont perdu brutalement leurs revenus sont avant tout des personnes en situation irrégulière. « On ne peut pas parler de cette situation sans évoquer #Papyrus (l’opération genevoise de régularisation des personnes #sans-papiers, ndlr). On en a régularisé plus de 2000, leur nombre total est estimé à environ 10 000. On a donc 8000 personnes qui théoriquement n’ont droit à aucune aide et qui ont subi de plein fouet le ralentissement économique. »

    Explosion des demandes

    Les chiffres des Colis du cœur tendent à confirmer les constatations du directeur du #CSP. Selon le dernier comptage jeudi, il y a 7465 personnes qui ont recours à leurs #bons_alimentaires. « Il y en avait moins de 4000 au tout début de la crise. Désormais, c’est environ 500 nouvelles personnes qui s’enregistrent toutes les semaines », assure Alain Bolle. Une situation qui paraît hors de contrôle. Les Colis du cœur n’excluent pas que le nombre de bénéficiaires augmente encore de 2000 à 3000 nouvelles personnes. « Plus la crise se prolongera, plus il y aura du monde », prévient Christophe Jakob, membre de la Caravane de solidarité.

    https://lecourrier.ch/2020/05/03/le-nouveau-visage-de-la-pauvrete
    #Genève #Suisse #faim #opération_papyrus #coronavirus #confinement #covid-19

    ping @thomas_lacroix @isskein :

    « Cette crise a révélé une #précarité_invisible, sous le radar des institutions. Celle de familles qui s’en sortaient juste-juste et qui ont soudainement basculé dans la pauvreté », explique Alain Bolle, directeur du Centre social protestant. Selon lui, ces familles qui vivotaient et qui ont perdu brutalement leurs revenus sont avant tout des personnes en situation irrégulière. « On ne peut pas parler de cette situation sans évoquer #Papyrus (l’opération genevoise de régularisation des personnes #sans-papiers, ndlr). On en a régularisé plus de 2000, leur nombre total est estimé à environ 10 000. On a donc 8000 personnes qui théoriquement n’ont droit à aucune aide et qui ont subi de plein fouet le ralentissement économique. »

    –—

    Ajouté à la métaliste :
    https://seenthis.net/messages/838565

    • A Genève, la pandémie de Covid-19 révèle une misère sociale jusqu’alors invisible

      Plus de 2 000 personnes, sans papiers et travailleurs précaires, ont pu bénéficier d’une aide alimentaire d’urgence en plein centre-ville.

      Jamais Genève, l’une des dix villes les plus riches au monde, n’avait imaginé accueillir une telle distribution de vivres. Une file, longue d’un kilomètre, soit près de 2 200 personnes, s’est formée samedi 2 mai aux abords de la patinoire des Vernets, en plein centre-ville. Au bout de trois heures d’attente, le Graal : des sacs qui contiennent des denrées alimentaires essentielles, riz, pâtes, huile, deux boîtes de sauce tomate et des produits d’hygiène courants, offerts par des particuliers et distribués par les bénévoles de l’association de La Caravane de la solidarité. Leur valeur n’excède pas 20 francs (19 euros). « C’est dire le dénuement de ces personnes, s’alarme un volontaire. On n’a jamais vu ça depuis la fin de la seconde guerre mondiale. »

      Depuis le début du semi-confinement à la mi-mars en Suisse – fondé sur la discipline individuelle plutôt que sur des mesures coercitives –, les associations ont observé la vague des besoins humanitaires monter. Rien qu’à Genève, La Caravane de la solidarité a offert 150 sacs de vivres lors de la première distribution début avril. Puis 800, et enfin près de 1 300. Les Colis du cœur, qui distribuent des bons alimentaires, comptabilisent plus de 7 000 bénéficiaires, contre 4 000 au début de la crise. Genève n’est pas la seule à observer cette augmentation. A Lausanne, dans le canton de Vaud voisin, la soupe populaire distribuait chaque jour 250 repas jusqu’en décembre 2019. Elle en sert désormais près de 900 quotidiennement.

      https://www.lemonde.fr/international/article/2020/05/05/geneve-la-pandemie-de-covid-19-revelateur-d-une-misere-sociale-invisible_603

  • “I became a pariah.” Coronavirus victims’ data is leaked on social media in Pakistan - Coda Story
    https://www.codastory.com/authoritarian-tech/pakistan-tech-coronavirus

    Using cellphone tracking and mobile apps to curb the spread of the coronavirus, the government is surveilling millions of ordinary citizens On February 26, hours before Pakistan’s health authorities confirmed the country’s first coronavirus case, the patient’s photograph and personal details, including his home address, were leaked on social media. Yahyah Jaffery eventually recovered and wrote a newspaper column about his experience. “My photo was all over social media and I became a pariah,” (...)

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