• 🌎 Les plus fortes tensions sismiques en Californie depuis 1000 ans: #The_Big_One imminent ?
    https://www.techno-science.net/actualite/plus-fortes-tensions-sismiques-californie-depuis-1000-ans-the-big-on

    C’est une découverte préoccupante qui sort des dernières recherches sur les #séismes en #Californie du Sud : les contraintes tectoniques au col de #Cajon, un carrefour #géologique majeur, n’ont jamais été aussi élevées depuis mille ans. Ce point névralgique, où se frôlent deux des #failles les plus actives de la région, pourrait être le site d’un tremblement de terre de grande ampleur.

    Le col de Cajon, situé au nord-est de #Los_Angeles, est un endroit où la #faille de #San_Andreas et celle de #San_Jacinto se rapprochent dangereusement. Depuis le dernier grand tremblement de terre dans cette zone, celui de Fort Tejon en 1857, les contraintes s’accumulent sans relâche. Les scientifiques s’inquiètent depuis longtemps de ce calme apparent, car il pourrait précéder une rupture majeure.

    Cajon Pass and the Southern San Andreas Fault System: Earthquake Cycle Stress Accumulation and Present‐Day Loading - Burkhard - 2026 - Journal of Geophysical Research: Solid Earth - Wiley Online Library
    https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1029/2025JB033213

    Southern California’s San Andreas and San Jacinto faults have not produced a major earthquake near Los Angeles in over a century. During that time, tectonic stress has continued to build along these faults, increasing the likelihood of a large future rupture. One key area of concern is Cajon Pass, where the two fault systems meet and could potentially rupture together. To investigate this, we used computer simulations of the last 1000 years of large earthquake activity to estimate how stress builds up on fault segments and affects neighboring segments over time. The model shows that stress has now reached high levels across the region and that the two fault systems may interact when their stress levels become similar. This suggests that Cajon Pass could act as an “earthquake gate” which sometimes blocks and other times allows large ruptures to propagate between faults. These results improve our understanding of earthquake interactions in Southern California and help refine regional hazard assessments.

  • #AGS : la #cour_des_comptes s’attaque au filet de sécurité des #salariés
    https://lenouveauparadigme.fr/ags-la-cour-des-comptes-sattaque-au-filet-de-securite-des-salarie

    Sous couvert d’équilibre #budgétaire, la haute juridiction financière ouvre la voie à une remise en cause d’un des dispositifs les plus protecteurs pour les salariés en cas de #faillite d’entreprise.

    Perdre son #emploi est toujours une épreuve. Mais le perdre parce que son #entreprise s’effondre, parfois du jour au lendemain, l’est encore davantage. Dans ces moments-là, un mécanisme discret mais essentiel entre en jeu : l’#Association pour la #gestion du #régime de #garantie des #créances des salariés, plus connue sous le sigle AGS.

    Créé en 1973, ce #dispositif repose sur un principe simple et profondément #social. Lorsqu’une entreprise n’est plus en mesure de payer ses salariés, la #collectivité des #employeurs prend le relais. Concrètement, l’AGS avance les #salaires, les #indemnités et certaines créances dues aux #travailleurs, puis tente de récupérer ces sommes lors de la #liquidation de l’entreprise. Sans ce mécanisme, des centaines de milliers de personnes se retrouveraient sans #revenu du jour au lendemain.

  • A cent jours des JO d’hiver, le village italien de #Cortina_d’Ampezzo pleure ses #mélèzes centenaires et craint les #glissements_de_terrain

    La terre a parlé. A quelques pas de la future piste olympique de Cortina d’Ampezzo, une #faille de 30 mètres de long s’est ouverte dans le sol, fin août. Au pied du dernier pylône de la nouvelle ligne de #télécabine (Apollonio-Socrepes), prévue pour transporter jusqu’à 2 400 personnes à l’heure, un dénivelé de 50 centimètres sépare désormais les deux côtés de la plaie, visible même à travers la bâche qui tente de cacher ce glissement de terrain. Les travaux sont stoppés, mais dans la vallée d’Ampezzo, à deux heures au nord de Venise, au cœur des #Dolomites, l’horloge géante installée sur le corso Italia continue de scander le compte à rebours avant les Jeux olympiques de Milan-Cortina qui doivent démarrer le 6 février 2026.

    L’affaire du #glissement_de_terrain a été portée en #justice par les habitants de deux hameaux juste au-dessous de ces travaux. Interrogé par Le Monde, le maire de Cortina, Gianluca Lorenzi, se veut rassurant : « Ce glissement reste très superficiel », affirme-t-il, ajoutant que « toutes les précautions sont prises ». C’est aussi ce que répond la société de construction des ouvrages olympiques (#Simico), pour qui « cet #affaissement n’est pas surprenant, étant donné la nature bien connue du sol » et de préciser que « ce projet avait obtenu toutes les autorisations ».

    Dans un rapport dévoilé par le Corriere delle Alpi, Eros Aiello, du centre de géotechnologie de l’université de Sienne conclut pourtant que « l’excavation a été réalisée sans les études géotechniques nécessaires, dans une zone sujette aux glissements de terrain, et sans mesures de protection préalables ». La géographe Carmen de Jong, de l’université de Strasbourg, qui suit depuis des années les effets des #grands_événements sur la #montagne, va même plus loin et craint qu’« en cas de conditions météorologiques inhabituelles pendant les Jeux, comme un réchauffement soudain et une fonte des neiges ou des pluies intenses, la sécurité des athlètes, des équipes d’encadrement et du public ne soit menacée ».

    (#paywall)
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/10/26/a-cortina-d-ampezzo-les-futurs-jeux-d-hiver-2026-ont-transforme-l-environnem
    #JO #JO2026 #Italie #infrastructure #vulnérabilité

    • Squarcio di #Socrepes, esposto alla Procura della Repubblica

      Cortina, i residenti di #Lacedel, dopo tre ricorsi al Tar contro la cabinovia Apollonio-Socrepes, si rivolgono alla magistratura ipotizzando i reati di disastro e frana colposa.

      Residenti e proprietari di case del villaggio storico di Lacedel di Cortina d’Ampezzo, posizionato nell’immediata vicinanza della costruenda stazione d’arrivo della cabinovia Apollonio– Socrepes per i Giochi Olimpici e Paralimpici Invernali Milano–Cortina 2026, hanno depositato giovedì 12 settembre un esposto alla Procura della Repubblica di Belluno, con l’assistenza degli avvocati Primo, Andrea e Alessandro Michielan del Foro di Treviso. Nell’esposto vengono ipotizzate le responsabilità penali in base agli articoli 426 e 449 del codice penale (disastro e frana colposa), oltre a violazioni del decreto legislativo 81/2008 in materia di sicurezza sul lavoro, evidenziando l’assenza di un piano unitario di sicurezza per cantieri interferenti e la mancata ottemperanza alle prescrizioni del decreto di compatibilità ambientale regionale.

      I presentatori avevano già presentato tre ricorsi al Tar Lazio, anche a riguardo dei rischi idrogeologici relativi alla costruzione della cabinovia olimpica e alla sovrapposizione dei cantieri, la cui udienza di merito è fissata per il 29 ottobre 2025 ma, fanno sapere con una nota, «sono stati costretti alla denuncia per la tutela dell’incolumità privata e pubblica a seguito del fatto sopravvenuto, verificatosi tra il 29 e il 30 agosto 2025 e cioè una frattura, formazione di frana, di oltre 30 metri di lunghezza su un versante posto in località Socrepes a monte dell’abitato di Lacedel». La frattura inizialmente mostrava una apertura di circa 30 centimetri al piano campagna, mentre il terreno immediatamente a valle risultava visibilmente abbassato di oltre 30 centimetri. Il fenomeno si è ampliato nei giorni successivi e la frattura si è allungata fino a oltre 40 metri, con un abbassamento superiore ai 50 centimetri del terreno.

      Contestualmente è stata rilevata anche la deformazione del muro di contenimento in cemento armato del cantiere adiacente a quello della stazione di arrivo della cabinovia Apollonio-Socrepes, “Ski Bar Ria de Saco – Kraler” attualmente in costruzione, a conferma di un movimento franoso profondo e non superficiale che coinvolge l’intera lunghezza del pendio. Il pendio interessato dalla frana, infatti, si colloca in prossimità di tre cantieri in attività interferenti: la cabinovia Apollonio–Socrepes (opera olimpica B09.0 – SIMICO), lo Ski Bar Ria de Saco – di Franz Kraler & Co. e la nuova cabinovia SEM 243 Lacedel–Socrepes (di ISTA).

      «Si nota inoltre che, durante la primavera/estate 2025, la topografia della pista da sci denominata “H.1.35 Campo Scuola Baby” di competenza della società ISTA, nella zona a monte del Ski Bar Ria de Sacco, alla base del versante, era stata notevolmente modificata», fanno sapere ancora i ricorrenti attraverso i lorolegali. «La frattura e la formazione di una frana, sul versante dove è posizionata la cabinovia olimpica (con trasporto di 2.400 persone all’ora), è considerata dagli esperti tecnici incaricati di importante gravità e costringe i residenti alla denuncia per la tutela dell’incolumità privata e pubblica. Secondo la relazione tecnica del professore Eros Aiello, ricercatore e geologo del Centro di Geotecnologie dell’Università di Siena, riconosciuto anche a livello internazionale come rinomato studioso dei fenomeni geologici di frana, l’accertato sbancamento è stato eseguito senza le doverose indagini geotecniche in un ambiente “a rischio frana” e senza le previe “opere di presidio” per il consolidamento del versante, già instabile, generando un fenomeno franoso retrogressivo importante su un’area, già classificata dal Piano di Assetto Idrogeologico (PAI) come zona a rischio elevato».

      La frana, viene contestato, minaccia direttamente le abitazioni del villaggio di Lacedel, garage interrati, servizi e la viabilità della Strada regionale 48, con rischio concreto per la pubblica incolumità. I residenti e i loro legali chiedono che le autorità competenti dispongano l’immediata sospensione dei lavori e la messa in sicurezza del versante, mediante monitoraggi e consolidamenti preventivi.

      «La gravità della situazione di Cortina trova un parallelo in quanto accaduto a Livigno, dove la Procura di Sondrio ha disposto in questi giorni il sequestro del cantiere della nuova pista da sci destinata a ospitare gare di Coppa del Mondo, contestando carenze autorizzative e irregolarità nelle prescrizioni ambientali e di sicurezza», viene sottolineato. «Questo ulteriore intervento della magistratura conferma la necessità che tutte le opere connesse ai grandi eventi sportivi rispettino rigorosamente le normative vigenti, ponendo la tutela del territorio e della pubblica incolumità al di sopra di ogni interesse acceleratorio o commissariale».

      https://www.corrierealpi.it/speciali/olimpiadi-2026/squarcio-socrepes-esposto-procura-repubblica-residenti-lacedel-anttlvez

    • #Milano-Cortina, la Corte dei conti chiede chiarezza sulla legacy olimpica

      L’eredità dei Giochi è al centro della riflessione dei magistrati contabili, preoccupati del destino delle opere realizzate per le gare. Alcune molto impattanti come la pista da bob e la cabinovia #Apollonio-Socrepes. Chiesti a Simico e ministero delle Infrastrutture l’aggiornamento del cronoprogramma e il monitoraggio dell’avanzamento dei lavori.

      #Legacy: è così che chiamano servizi e opere che restano in eredità ai luoghi protagonisti di grandi manifestazioni, tutto ciò che in qualche modo «ripaga» un territorio dei disagi creati dalla realizzazione di un grande evento. Le Olimpiadi invernali di Milano-Cortina 2026 non fanno eccezione. Già dal dossier di candidatura, la promessa più ambiziosa è stata quella che riguardava l’Italia del post-Giochi, e le regioni che avrebbero dovuto godere di impianti e infrastrutture aspettate da tempo e finalmente costruite o ammodernate grazie ai fondi straordinari arrivati per la kermesse.

      A meno di 100 giorni dalla cerimonia di apertura, agli slogan entusiasti degli organizzatori che propongono una “eredità positiva costruita together”, si contrappongono le perplessità della Corte dei conti, che si sommano a quelle che in questi anni, a più riprese, espresse da comitati e associazioni locali. Nelle 180 pagine del documento, i magistrati ripercorrono processi decisionali e cronoprogrammi, ponendo la questione del futuro di impianti e infrastrutture, con il timore che diventino «cattedrali nel deserto» come accaduto in passato per eventi simili.

      L’illusione di una lunga eredità «sostenibile»

      Le dimensioni delle Olimpiadi del 2026 sono imponenti: protagoniste le regioni Veneto e Lombardia, le province autonome di Trento e Bolzano e i comuni di Milano e Cortina. Ai tavoli decisionali, presenti enti e associazioni come il Coni, il Comitato olimpico internazionale, Società infrastrutture Milano-Cortina 2026 (Simico) e Fondazione Milano-Cortina, create appositamente per l’evento. Perché gli sforzi economici e organizzativi non si esaurissero con l’evento, il dossier di candidatura prevedeva un Forum per la sostenibilità dell’eredità olimpica, che senza ulteriori oneri per lo Stato, avrebbe dovuto impegnarsi a “tutelare l’eredità olimpica e paralimpica e [a] promuovere iniziative utili a valutare l’utilizzo a lungo termine delle infrastrutture realizzate per i Giochi olimpici e paralimpici”. In altre parole, avrebbe dovuto garantire benefici sociali, economici e ambientali sul lungo periodo a cittadini e cittadine, operando a titolo gratuito.

      Nel suo documento la Corte dei Conti denuncia che “alla data di approvazione della presente relazione, il forum non risulta costituito”. Ad agosto, lavialibera aveva già scoperto e reso pubblico attraverso un accesso civico l’inesistenza del Forum e dei suoi referenti, che non sono mai stati designati. Per questo motivo, l’ente non figurava neppure nella prima e unica relazione del Consiglio olimpico congiunto, consegnata il 30 giugno scorso, al parlamento. Alcune delle funzioni del Forum sono diventate incarichi del Commissario straordinario per le Paralimpiadi, dotato di un budget di 328 milioni di euro.

      «Evitare cattedrali nel deserto»

      All’interno del documento della Corte dei Conti, vengono passati in rassegna 111 interventi, di cui 58 per eventi sportivi (con un budget iniziale di 818 milioni), e 53 infrastrutture, su cui era previsto un investimento di 2,8 miliardi di euro. Facendo riferimento agli importi previsti dai 10 decreti legge e dalle cinque leggi che si sono susseguite dal 2019 a oggi, il totale degli stanziamenti ammonta a 2.860 milioni di euro, di cui quasi la totalità coperti dal ministero delle Infrastrutture e 165 milioni dal bilancio della presidenza del Consiglio dei ministri.

      I soggetti attuatori, ossia gli enti pubblici o privati responsabili della realizzazione di un progetto o intervento finanziato, sono Simico e, dal 2024, anche Anas e Rete ferroviaria italiana (Rfi) per quanto riguarda le linee di collegamento stradali e ferroviarie.

      Negli anni, però, la realizzazione delle opere ha subito ritardi, per almeno due ordini di ragioni, entrambe riportate dalla relazione. La prima è la grande differenza tra i fondi stanziati a favore delle opere e quelli realmente pagati dal ministero guidato da Matteo Salvini ai soggetti attuatori – in particolare Simico –. Lo scarto va ricondotto alle fasi iniziali di lancio della società e ai ritardi nella progettazione, legati alla difficoltà di reperire figure tecniche idonee e di formare adeguatamente il personale della Società deputato a gestire i Giochi. La seconda riguarda la complessità ingegneristica di alcune strutture e infrastrutture. I magistrati fanno riferimento in particolare a due delle opere pubbliche più discusse: la cabinovia Apollonio-Socrepes e la pista da bob “Eugenio Monti”, entrambe nel comune di Cortina d’Ampezzo.
      La cabinovia Apollonio-Socrepes, si continua nonostante la frana

      La cabinovia Apollonio-Socrepes è uno dei lavori più contestati. La Corte dei Conti nella relazione ribadisce questioni oggetto di contese da anni. “Restano dubbi sulla fruibilità dell’impianto a fune di Socrepes, a Cortina – spiegano i magistrati –, per il quale, a seguito di rilevati problemi di ordine geologico, si è resa necessaria una variante su cui persiste una fase di incertezza”. L’ impianto a fune dovrebbe collegare il centro con la ski area delle Tofane, dove si svolgeranno le gare di sci alpino olimpico femminile e paralimpico, ma la sua realizzazione insiste su una frana che si muove dieci centimetri l’anno. Come abbiamo già raccontato nel numero “Giochi insostenibili”, l’opera faceva parte di un più ampio progetto di «partenariato pubblico privato per un nuovo sistema integrato di mobilità intermodale», che oltre alla cabinovia prevede un parcheggio interrato con vari servizi commerciali e un people mover, ovvero una navetta automatica per collegare i due versanti sciistici, #Tofane e #Faloria.

      Proprio per i problemi idrogeologici e paesaggistici, il progetto ha incontrato molte resistenze nel rilascio delle autorizzazioni. Per sbloccare la situazione e accelerare i tempi, il Consiglio dei ministri ha assegnato all’amministratore delegato di Simico Fabio Saldini i poteri di commissario straordinario e ciò ha permesso di indire la gara d’appalto a fine maggio per la realizzazione del solo impianto a fune «necessario per la gestione dei flussi di spettatori e atleti durante le gare dei Giochi olimpici e paralimpici invernali Milano-Cortina 2026», come specificato da Simico. Budget previsto: 22 milioni di euro. Alla scadenza del bando, nessuna dittà aveva manifestato interesse, motivo per cui il 23 luglio Saldini, senza pubblicazione di un’ulteriore gara, ha affidato i lavori direttamente a Graffer, una società che non ha mai costruito cabine e che ha dovuto rivolgersi al mercato internazionale per reperire i materiali.

      Oltre alle difficoltà tecniche (e di una ditta che si prendesse la responsabilità di un impianto con grossi problemi di stabilità), si sono aggiunti i ricorsi dei cittadini. Gli ultimi sono stati respinti dal Tar del Lazio a fine ottobre. Con due sentenze pubblicate il 6 novembre, il Tribunale amministrativo ha bocciato le richieste presentate da alcuni privati contro gli atti e i provvedimenti sulla valutazione di impatto ambientale e sulla fattibilità tecnica ed economica dell’opera. Così l’opera è andata avanti.

      I dubbi sulla sostenibilità della pista da #bob

      L’altra opera al centro di polemiche è la pista da bob, a cui la Corte dedica un intero paragrafo della relazione. Ripercorre la prima fase, in cui si prevedeva la riqualificazione dell’impianto esistente, e poi la seconda, ossia la scelta di demolirlo e ricostruirlo da zero. La Corta passa poi a esaminare le proiezioni di costi di gestione della struttura. Secondo il piano economico commissionato alla società di consulenza Kpmg dalla regione Veneto i costi di gestione della pista e i ricavi stimati prevedono una perdita costante di 648mila euro all’anno, che arriva a oltre 12 milioni di euro in vent’anni di presunta attività. Questo perché gli atleti sono pochi e le spese tante.

      Di fronte a questo quadro, i magistrati ribadiscono il rischio che la struttura sia difficile da mantenere dopo i Giochi e che per questo, “dovrà essere oggetto di attento monitoraggio economico”. Come? Intanto assicurandosi di alleggerire il carico dei costi di gestione per i soggetti pubblici proprietari degli impianti sportivi “realizzati a carico della fiscalità generale”, cioè pagati da soldi dei contribuenti, ipotizzando “forme di partenariato o contributive da parte di enti sportivi”. Insomma, la Corte suggerisce che attori privati condividano le spese di gestione dell’impianto nel dopo Olimpiadi. I motivi sono due: da una parte, massimizzare le ricadute positive sul territorio, dall’altra “evitare che, a Giochi finiti, le opere si traducano in cattedrali nel deserto come avvenuto nel passato o costosi impianti inutilizzati”.

      In conclusione, la Corte inserisce una postilla importante: chiede all’ente locale interessato, il comune di Cortina, di vigilare sulla destinazione di queste grandi opere. In altre parole, di evitare che la pista da bob, realizzata con soldi pubblici, venga in futuro ceduta ai privati, che ne traggano vantaggio «a discapito del patrimonio pubblico».
      Alcuni passi per Olimpiadi davvero sostenibili

      Per fare in modo che venga realizzata almeno una parte delle promesse del dossier di candidatura, la Corte formula cinque raccomandazioni.

      La prima è quella del monitoraggio, che deve avvenire in modo rigoroso, seguendo cronoprogrammi costantemente aggiornati e sotto il controllo da parte del ministero delle Infrastrutture. La seconda è il rispetto dei tempi e un coordinamento interistituzionale, senza ulteriore dilazioni. La terza, strettamente collegata alla seconda, prevede che Simico, Anas e Ferrovie siglino nuovi protocolli «chiari e tempestivi» e che siano «aggiornati e adeguati quelli esistenti». Delle ultime due raccomandazioni, una riguarda «la consegna parziale e provvisoria [delle opere per le gare] anche in assenza di completamento», e quindi la stipula di «idonee coperture assicurative». L’ultima, invece, riguarda la sostenibilità di tutti gli impianti dopo marzo 2026.

      Scrivono i magistrati che andrà garantita “la sostenibilità di lungo periodo degli investimenti effettuati: le infrastrutture realizzate dovranno essere adeguatamente manutenute e gli impianti sportivi dovranno trovare un utilizzo che ne copra in parte i costi di gestione”. Una visione sul lungo termine, per “assicurare che le infrastrutture essenziali (strade, ferrovie e impianti sportivi) siano pronte per l’appuntamento di Milano-Cortina 2026, consegnando al Paese un’eredità durevole e virtuosa”.

      https://lavialibera.it/it-schede-2488-legacy_olimpiadi_milano_cortina_corte_dei_conti_no_catted

      #JO #JO2026 #Italie #jeux_olympiques #Alpes #Cortina #Cortina_d'Ampezzo #cour_des_comptes #héritage

  • Lessons from U.S. Army Special Ops on Becoming a Leader
    https://hbr.org/2025/08/lessons-from-u-s-army-special-ops-on-becoming-a-leader

    To adapt a Special Ops adage: Managers can exploit the peace, but only if leaders have first won the war.

    — Permalink

    #leadership #military #integrity #agility #judgment #innovation #example #growth #results #failure #submission #hesitation #anxiety #imagination #strategy #vision #training #management #bestof

  • Didn’t Take Long To Reveal The UK’s #Online_Safety_Act Is Exactly The #Privacy-Crushing #Failure Everyone Warned About | Techdirt
    https://www.techdirt.com/2025/08/04/didnt-take-long-to-reveal-the-uks-online-safety-act-is-exactly-the-privacy

    Mon, Aug 4th 2025 03:25pm - Mike Masnick

    Well, well, well. The “age assurance” part of the UK’s Online Safety Act has finally gone into effect, with its age checking requirements kicking in a week and a half ago. And what do you know? It’s turned out to be exactly the privacy-invading, freedom-crushing, technically unworkable disaster that everyone with half a brain predicted it would be.

    Let’s start with the most obvious sign that this law is working exactly as poorly as critics warned: #VPN usage in the UK has absolutely exploded. Proton VPN reported an 1,800% spike in UK sign-ups. Five of the top ten free apps on Apple’s App Store in the UK are VPNs. When your “#child_safety” law’s primary achievement is teaching kids how to use VPNs to circumvent it, maybe you’ve missed the mark just a tad.

  • Klarna plans to hire humans again, as new landmark survey reveals most #AI projects #fail to deliver | Fortune
    https://fortune.com/2025/05/09/klarna-ai-humans-return-on-investment

    After years of depicting Klarna as an #AI-first #company, the #fintech’s CEO reversed himself, telling Bloomberg the company was once again recruiting #humans after the AI approach led to “lower quality.” An IBM survey reveals this is a common occurrence for AI use in business, where just 1 in 4 projects delivers the return it promised and even fewer are scaled up.

    #déjà ? #IA

    https://seenthis.net/messages/1116598

  • Funding uncertainty threatens U.S. economic data, federal statistics : NPR
    https://www.npr.org/2025/01/24/nx-s1-5250264/unemployment-rate-cpi-inflation-census-bureau-labor-statistics

    les coups de sabre dans les budgets et les effectifs menacent les sources statistiques fédérales
    (hors recensement cf. https://seenthis.net/messages/1096342 )
    et notamment sur les enquêtes du BLS pour avoir une idée de l’étendue de leur production voir la notice WP[en]
    https://en.wikipedia.org/wiki/Bureau_of_Labor_Statistics

    The stability of the federal government’s system for producing statistics, which the U.S. relies on to understand its population and economy, is under threat because of budget concerns, officials and data users warn.

    And that’s before any follow-through on the new Trump administration and Republican lawmakers’ pledges to slash government spending, which could further affect data production.

    In recent months, budget shortfalls and the restrictions of short-term funding have led to the end of some datasets by the Bureau of Economic Analysis, known for its tracking of the gross domestic product, and to proposals by the Bureau of Labor Statistics to reduce the number of participants surveyed to produce the monthly jobs report. A “lack of multiyear funding” has also hurt efforts to modernize the software and other technology the BLS needs to put out its data properly, concluded a report by an expert panel tasked with examining multiple botched data releases last year.

    Long-term funding questions are also dogging the Census Bureau, which carries out many of the federal government’s surveys and is preparing for the 2030 head count that’s set to be used to redistribute political representation and trillions in public funding across the country. Some census watchers are concerned budget issues may force the bureau to cancel some of its field tests for the upcoming tally, as it did with 2020 census tests for improving the counts in Spanish-speaking communities, rural areas and on Indigenous reservations.

    While the statistical agencies have not been named specifically, some advocates are worried that calls to reduce the federal government’s workforce by President Trump and the new Republican-controlled Congress could put the integrity of the country’s data at greater risk.

    “We’re getting close to the bone now,” says Erica Groshen, a former commissioner of BLS who was appointed by former President Barack Obama. “So even if [the funding situation is] exactly the same, the impact is going to be worse” because of ongoing challenges with producing reliable data.

    Why today’s government data is like “crumbling infrastructure”
    Like roads and bridges, the federal statistical system is indispensable but usually overlooked, its supporters say. Groshen compares its current state to “crumbling infrastructure” that is still doing its job but with “visible cracks.”

    “You’re still filling the potholes on the top, but you’re not repaving,” explains Groshen, now a senior economic adviser at the Cornell University School of Industrial and Labor Relations. “You’re not shoring up the undergirding of the bridge. You’re not developing the new bridge that has to replace the old bridge when you discovered that its life is about to end.”

    “The economy is not becoming any simpler to measure, right? Things are getting more complex. You know, there’s lots of new things we have to learn how to measure,” said Vipin Arora, the BEA director, at a meeting last month of the Council of Professional Associations on Federal Statistics.

    The statistical agencies are also faced with a crisis facing the broader survey and polling industry — a shrinking rate of people willing to answer questions.

    To counter plummeting survey response rates, statistical agencies have been experimenting with using more existing government datasets and other administrative records to help take stock of the country’s population and economy. But it’s a process that takes time and money for the agencies to research and make sure the quality of the government’s statistics is not compromised, says Nancy Potok, a former chief statistician within the White House’s Office of Management and Budget, who previously served as a deputy director at the Census Bureau.

    “Without the money, they’re kind of stuck in the old model, which is getting more and more expensive and less viable. And that’s going to affect the quality of the statistics eventually,” Potok warns.

    Potok says she’s currently working on an update to an American Statistical Association report released last year to sound the alarm on the risks facing the country’s data. That report concluded that the main threats to the statistical agencies include declining public participation in surveys, not enough laws to help protect the data’s integrity from political interference and neglect from congressional appropriators.

    “What we found was very worrisome because the agencies on the whole had lost about 14% of their purchasing power over the last 15 years. And the rest of what’s called discretionary non-defense spending increased 16% at the same time,” Potok says. “And yet the mandates and the workload and the challenges for the federal statistical agencies increased significantly over that same period.”

    Why advocates see a “wise investment” in funding government data
    With the next government shutdown deadline in March, Potok says she sees an opportunity to make a pitch for more support to the statistical system.

    “If you’re really looking to cut the federal budget, you don’t want to cut the things that are working. You want to cut the stuff that’s not working,” Potok says. “And it’s not a huge investment relative to the size of the federal government to put some money into these agencies to be able to provide that information. It’s actually a wise investment.”

    William Beach, a former commissioner of labor statistics who was appointed during the first Trump administration, agrees.

    “The statistical system doesn’t need just more money. It needs modernization, the surveys part particularly. And if we did that, over the years, we would probably spend less money on the statistical system and get a better product,” says Beach, who is now a senior economics fellow at the Economic Policy Innovation Center, a conservative think tank.

    How the 2030 census and the monthly jobs report could be affected
    For now, many statistical agency heads are still faced with making hard choices.

    Some census watchers are wary of how the temporary hiring freeze Trump has ordered may affect the next phase of work for a major 2030 census field test, involving thousands of temporary workers, coming up next year.

    Terri Ann Lowenthal, a census consultant who served as the staff director of the former House oversight subcommittee for the head count, says the hiring freeze “could significantly disrupt” preparations for the test, which is designed in part to help the bureau improve its tallies of people of color, young children, renters and other historically undercounted populations.

    “A census test, like the census itself, must be carried out according to a strict timetable,” Lowenthal says in a statement. “Failure to test new methods and operations that could contain costs and improve accuracy could put a successful census — one that counts all communities equally well — at risk.”

    The bureau’s public information office declined NPR’s interview request and did not respond to a written question about the hiring freeze’s impact.

    Economic data users like Algernon Austin, director for race and economic justice at the Center for Economic and Policy Research, a left-leaning think tank, are worried about what changes may be coming to the sample size for the Current Population Survey, which produces the monthly employment data.

    “If we really want to address issues of racial equity, we really need larger samples, not smaller samples,” Austin says, noting that having fewer people participating in the survey makes it difficult, if not impossible, to release detailed statistics broken down by race and geography.

    If the government were to scale back the already-limited demographic breakdowns of employment figures, Austin says researchers like him would have to scramble.

    “We may, with a considerable effort, be able to do just a tiny piece of the work that needs to be done, but have to just throw up our hands and say, ’We don’t know what’s going on in that state or that metropolitan area because we don’t have reliable data,’” Austin adds.

  • MORTS DE LA POLLUTION : À #SAINT-NAZAIRE, L’ÉTAT COMPLICE D’UNE HÉCATOMBE

    Dans l’agglomération de Saint-Nazaire, connue pour sa construction navale, plusieurs industries se sont installées au fil des années. 6 d’entre elles sont classées #Seveso, comme l’usine d’#engrais_chimiques #Yara à #Montoir-de-Bretagne, et la #raffinerie #TotalEnergies de #Donges.
    Des industries qui produisent ou stockent des substances nocives pour l’homme et l’environnement et qui sont soumises à une réglementation particulière. Problème : depuis une dizaine d’années, de nombreux accidents y sont survenus sans que les pouvoirs publics ne réagissent à la hauteur du danger. Fuites, pannes électrique, accidents corporels, relâchement de substances nocives dans l’air et les sols…
    Alors que de récentes études montrent que le taux de cancer dans la région est bien plus élevé que dans le reste du pays, des associations de riverains et des salariés de ces usines luttent pour faire la lumière sur les causes de cette #faillite_sanitaire.

    https://video.blast-info.fr/w/oi7pzaUL6nJPCjeePVKe78 #décès #mortalité #pollution #cancers #vidéo #Bretagne #France #santé #santé_publique

  • Les #marchés_financiers : une #illusion de pouvoir

    Alors que la #France débat de son #budget, le discours reste centré sur la #dette et le #déficit publics, et sur l’#influence supposée des marchés financiers. Cette approche conforte un cadre budgétaire contraint qui pénalise la population, tout en entretenant le #mythe d’un pouvoir des marchés sur l’#économie. Cet article vise à montrer que cette domination des marchés n’est en réalité qu’une illusion.

    Introduction

    Alors que la France traverse une période cruciale de discussions budgétaires, le débat se concentre encore une fois autour du déficit et de la dette publics. En arrière-plan, les marchés financiers apparaissent comme des arbitres incontournables, qu’il faudrait apaiser pour éviter une hausse des taux d’intérêt. Cette vision, qui exagère le pouvoir des marchés sur notre économie, repose en grande partie sur des #choix_politiques issus de l’#idéologie_néolibérale et imposés par les #règles strictes de l’Eurozone, celles du #traité_de_Lisbonne. Ce carcan budgétaire auto-imposé enferme les États membres dans une #logique_financière qui empêche une gestion budgétaire pleinement orientée vers le #bien-être des populations.

    Les milliards d’euros versés chaque année en #intérêts ne font qu’alimenter des investisseurs privilégiés, et cette situation découle de décisions politiques, non de nécessités économiques. Cet article vise à déconstruire les mythes entourant la #dette_publique et le rôle prétendu des marchés financiers en montrant que leur pouvoir n’est qu’une illusion bien entretenue et que les contraintes financières de l’Eurozone sont d’abord politiques.

    Les limites à la dépense publique ne sont pas financières

    Il est tout d’abord utile de rappeler que, selon l’analyse de la #Théorie_Monétaire_Moderne (#MMT), un État qui dispose du monopole de création de sa devise, en régime de #taux_de_change_flottant, ne peut faire #faillite dans sa propre devise, à moins de le vouloir. Les limites à sa #dépense_publique ne sont donc pas financières, mais liées à la disponibilité des #ressources_réelles, qu’il s’agisse des ressources technologiques, des ressources naturelles, ainsi que de la force de travail.

    Les États membres de l’Eurozone sont toutefois un cas particulier, puisqu’ils fonctionnent dans un cadre contenant des limites financières, en réalité auto-imposées, que sont les ratios de 3 % sur le PIB du déficit public et de 60 % de la dette publique. Ces limites représentent donc des contraintes concernant la #politique_budgétaire des États, les empêchant de réaliser le déficit nécessaire pour atteindre le #plein_emploi.

    Dans ces conditions, et dans la mesure où le compte des Trésors nationaux ouvert à la #BCE doit disposer d’un solde en permanence positif, les États-membres doivent obtenir des #recettes_fiscales et émettre des #titres_d’État, ce qui, en raison de l’absence de garantie par la BCE, les rend dépendants des marchés financiers et exposés au risque du défaut. Cette situation souligne la nécessité d’une réévaluation des règles budgétaires au sein de l’Eurozone, afin de permettre à ces États de disposer de leur plein potentiel économique.

    La dette publique n’est pas un fardeau, mais une richesse

    Comme le montre l’identité comptable vérifiable dans tous les pays, la dette publique équivaut à la devise nationale créée par la dépense publique et non encore utilisée par le secteur privé pour payer les impôts. Elle représente, au centime près, la richesse financière nette des agents du secteur privé1. Il en découle que la dette publique n’est pas composée des seuls titres d’État. Elle englobe l’ensemble des passifs de l’État, à savoir le cash, les réserves bancaires et les titres d’État. Cette définition est partagée par les banques centrales, y compris la BCE selon le #traité_de_Maastricht. Il est important de souligner que l’émission de #titres_d’État ne crée pas de nouvelle devise, mais change simplement la forme de la devise, passant de « #réserves » à « #titres », tout comme on transfère un montant d’un compte courant non rémunéré vers un compte de dépôt rémunéré2.

    La dette publique (stock) est la somme des déficits annuels (flux). Dette et déficit sont donc étroitement liés, et ainsi, lorsque l’État cherche à réduire son déficit en augmentant les #taxes ou en réduisant ses #dépenses, cela diminue l’épargne du secteur privé. Dit autrement, lorsque l’État retire plus de devise nationale par les taxes qu’il n’en crée par la dépense, cela provoque de l’#austérité.

    Les titres d’État ne servent pas à financer les dépenses publiques

    L’émission des titres d’État est une pratique héritée des anciens régimes de taux de change fixes, qui est aujourd’hui dépassée. Ces titres ne sont aujourd’hui plus émis pour financer directement les dépenses publiques, mais plutôt pour réguler les taux d’intérêt, une fonction devenue moins nécessaire depuis que la BCE rémunère les réserves excédentaires. Mais également, leur émission permet d’offrir un actif financier sans risque.
    Il est donc nécessaire de questionner l’obligation d’émettre des titres d’État.

    Cependant, en Eurozone, une précision s’impose : l’article 123 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne interdit à la BCE d’octroyer des découverts aux Trésors nationaux, obligeant ces derniers à émettre des titres. Pourtant, les #euros sont créés par la BCE, lorsque les États membres dépensent, ce qui fait de l’Eurozone le créateur monopolistique de la monnaie. Exiger un solde positif permanent sur le compte du Trésor auprès de la BCE repose donc sur une #fiction, fondée sur l’idée que l’État doit gérer sa trésorerie comme une entreprise. Cette contrainte n’a aucun fondement économique. Elle est purement politique et elle s’inscrit dans l’idéologie néolibérale, laquelle perçoit l’État comme un mauvais gestionnaire et souhaite ainsi limiter son action.

    Comme le suggère #Warren_Mosler, le père de la MMT, il serait tout à fait possible de cesser d’émettre des titres d’État. Et, quoi qu’il en soit, si cette émission devait être maintenue pour offrir un actif sans risque, une politique de taux d’intérêt à zéro constituerait une solution efficace dans le but de limiter l’influence des marchés financiers3.

    Le #taux_d’intérêt est fixé par la banque centrale

    Il est essentiel de comprendre que les mouvements des taux d’intérêt appliqués aux titres d’État dépendent étroitement des décisions prises par la BCE. Les taux d’intérêt sont entièrement sous son contrôle, constituant ainsi des choix politiques. L’observation des politiques de taux d’intérêt dans différents pays le confirme : les taux appliqués aux titres d’État suivent de très près les taux directeurs de la banque centrale, comme en témoignent les deux graphiques suivants4.

    Dans l’Eurozone, le "#Whatever_it_takes" de #Mario_Draghi en 2012 a marqué un tournant en ramenant les taux d’intérêt sur les titres d’État à des niveaux raisonnables, en particulier pour la Grèce. Cet événement a montré de manière éclatante que, dès lors que la BCE garantit les titres émis par les États, ceux-ci ne peuvent pas faire défaut.

    La crise de la COVID-19 a également confirmé ce pouvoir d’intervention : la BCE et les autres banques centrales ont démontré qu’elles pouvaient contrer les pressions des marchés financiers par des opérations comme l’#assouplissement_quantitatif (#quantitative_easing). Ainsi, bien que les marchés puissent influencer les taux pour ajuster la prime de risque, leur impact reste marginal en comparaison du pouvoir des banques centrales.

    Il s’ensuit que la soutenabilité de la dette publique dépend de décisions politiques, du bon vouloir de la BCE. Ni le niveau de la dette publique ni celui des intérêts ne restreignent réellement l’espace budgétaire des États, car la BCE peut, à tout moment, décider si un pays peut continuer à dépenser ou doit faire défaut, indépendamment de son niveau d’endettement. L’exemple de la #Grèce est révélateur : en 2010, alors que son ratio dette/PIB atteignait 130 %, le pays faisait face à une crise. En revanche, fin 2021, avec un ratio supérieur à 200 %, la question de la dette publique n’était plus problématique. Cela démontre que la soutenabilité de la dette publique est avant tout une question politique, et non économique.

    Il n’y a pas de lien entre niveau de dette publique et #croissance

    Un argument récurrent dans les discussions sur la dette publique affirme qu’il existerait un #seuil_d’endettement au-delà duquel la #croissance_économique se verrait compromise. Cependant, aucune recherche rigoureuse n’a jamais confirmé l’existence d’un tel seuil. Ainsi que le montrent Yeva S. Nersisyan et L. Randall Wray5 « Il n’existe pas de seuils [du niveau de la dette publique] qui, une fois franchis, seront insoutenables ou réduiront la croissance du pays. ». En réalité, l’histoire économique regorge d’exemples où des niveaux élevés de dette publique ont coexisté avec une croissance soutenue, dès lors que l’État maintient un soutien économique actif.

    La démission de Liz Trusss, un bon exemple de l’absence de fondement de l’influence des marchés financiers

    Ce qu’il s’est passé en Angleterre en 2022, entraînant la démission de la Première ministre Liz Truss, illustre parfaitement l’absence de fondement de l’influence des marchés financiers. En réalité, cette démission résulte de la pression des marchés financiers, une décision politique dictée davantage par la crainte de leur réaction que par une contrainte économique réelle. En effet, le Royaume-Uni, en tant que créateur de sa propre monnaie, aurait pu continuer à financer ses politiques sans risque de défaut, notamment en contrôlant les taux d’intérêt via la Banque d’Angleterre6.

    Les #agences_de_notation : quelle légitimité ?

    L’intervention des agences de notation consolide l’idée dominante selon laquelle il est impératif d’apaiser les marchés financiers, quel qu’en soit le coût. Ces agences, des entreprises privées opérant sans réel contrôle démocratique, se voient attribuer un rôle démesuré dans l’évaluation des finances publiques. Leur influence, souvent considérée comme infaillible, façonne les politiques budgétaires des États, et leurs décisions impactent directement les choix économiques. Pourtant, ni leur compétence, ni leur intégrité ne sont systématiquement vérifiées. Confier à ces entités privées, efficaces promoteurs de la pensée néolibérale dominante, la capacité de décider de l’avenir budgétaire d’un pays constitue un grave manquement au principe de #souveraineté_nationale, et un véritable déni de démocratie.

    Conclusion : déconstruire l’emprise idéologique des marchés financiers

    Au terme de cette analyse, il est évident que l’importance excessive accordée aux marchés financiers dans les choix budgétaires des États membres de l’Eurozone découle de contraintes financières auto-imposées, et que cette situation confère un pouvoir illusoire aux marchés, la décision finale appartenant toujours à la BCE. Les États-membres, en s’enfermant dans une logique où ils se voient forcés de "plaire" aux marchés pour financer leurs dépenses, se privent d’un levier essentiel pour stimuler leur économie et répondre aux besoins de leur population.

    Cette dépendance aux marchés financiers masque la réalité politique qui se cache derrière la soutenabilité de la dette publique : à tout moment, la BCE peut garantir ou non les titres publics émis, ce qui souligne le caractère fondamentalement politique de cette question. Ainsi, ce n’est pas le niveau de la dette publique ou des taux d’intérêt qui limite la marge de manœuvre des États, mais bien les choix de #gouvernance qui priorisent la satisfaction des marchés plutôt que celle des citoyens.

    L’exemple de la crise de la COVID-19 a montré la capacité d’intervention des banques centrales pour stabiliser l’économie, indépendamment des pressions des marchés financiers. Il est donc aujourd’hui essentiel de reconsidérer les #règles_budgétaires de l’#Eurozone, afin de restaurer la souveraineté des États et recentrer la politique budgétaire sur le #bien-être_collectif, au lieu de céder aux impératifs des marchés. En prenant cette direction, les États pourront pleinement utiliser leurs ressources pour servir leurs citoyens, laissant derrière eux l’illusion d’un pouvoir des marchés qui n’est en réalité qu’une contrainte politique imposée.

    https://blogs.mediapart.fr/robert-cauneau/blog/251024/les-marches-financiers-une-illusion-de-pouvoir
    #finance #néolibéralisme

  • L’industrie des demandeurs d’asile : l’exemple de #Nauru

    Je présente ici une étude passionnante de Julia Caroline Morris, Asylum and Extraction in the Republic of Nauru, Cornell University Press, 2023, qui intéressera non seulement les chercheurs en anthropologie des migrations, ceux qui travaillent sur les politiques d’internement, de déplacement et d’externalisation des réfugiés, mais aussi les amateurs de Critical Geography Studies, ou spécialistes de l’extractivisme ou de néocolonialisme.

    La République de Nauru est un État insulaire de 21 km2, situé au Nord-Ouest des îles Salomon et de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, à plus de 1000 kms tout de même, et plus loin encore des Fidji (plus au sud). C’est aussi un des États les plus densément peuplés au monde : cela peut sembler paradoxal quand on prend la mesure de son #isolement. Plus étonnant encore est la fluctuation du revenu par habitants : au milieu des années 70, le #PIB par habitant de Nauru est le second après celui de l’Arabie Saoudite. Trente années plus tard, le pays frôle la #faillite. Avant de retrouver une forme de #prospérité ces dix dernières années (bien que l’avenir demeure très incertain). Autre palmarès dans lesquels il se fait remarquer : le pays n’a quasiment aucune #autonomie_alimentaire, les terres arables ayant été rendues impropres à toute forme de culture, et les zones côtières, ainsi que le corail, ayant été pollués pour une très longue durée. Il importe donc tout ce dont il a besoin pour nourrir le population et ses taux d’#obésité et de #diabète, sont parmi les plus élevés au monde. Sans parler des autres maladies, cardio-vasculaires, affections respiratoires, dues à la toxicité de l’environnement. Et, c’est le sujet du livre de Julia Morris, ces dernières années, c’est le territoire qui compte le plus pourcentage le plus élevé de demandeurs d’asile et de réfugiés rapporté à la population totale.

    Les premiers habitants de l’île, dont il est très difficile de dater l’arrivée, des mélanésiens et des micronésiens, auxquels s’ajoutèrent probablement des voyageurs venus des côtes Philippines ou Chinoises, vécurent fort longtemps avant le débarquement des européens. Les Nauruans, organisés en douze tribus, vivaient des ressources locales, noix de coco, bananes, pandanus ou takamakas, et de poissons qu’ils pêchaient dans les lagunes. Marshall Sahlins parlerait sans doute ici de “#société_d’abondance”. La vérité c’est que nous ne savons quasiment rien de l’histoire précoloniale des Nauruans, parce que l’environnement de l’île fut totalement dévasté par l’#exploitation_industrielle du #phosphate, rendant vain le travail des archéologues.

    Approchée par les premiers européens à la toute fin du XVIIIè siècle, c’est-à-dire assez tardivement comparée aux autres territoires du Pacifique, refuge ponctuel pour des déserteurs et des contrebandiers, l’île ne fut véritablement soumise à l’emprise coloniale qu’un siècle plus tard. D’abord par les allemands, qui, “négociant” avec les autochtones, inscrivent Nauru sur la carte des flux de marchandises internationaux en commercialisant le #coprah, issu de la #noix_de_coco.

    Mais c’est la découverte d’énormes gisements de phosphates qui changera à tout jamais le destin de l’île. “Le phosphate, clé de la vie. Un miracle de la nature exploité par l’ingéniosité de l’homme pour le bénéfice de tous.” déclarait le bureau philatélique de Nauru en 1983. “Bénéfice de tous“, il faut le dire vite. L’#extraction massive du phosphate devient un enjeu pour les empires coloniaux compte tenu de l’accroissement démographique : il permet d’accroître les rendements au point qu’on peut parler, avec la découverte des #engrais phosphatés, d’une véritable #révolution_agricole, et de nourrir les populations métropolitaines. Les conséquences de ce rush colonial vers le phosphate, qui aura permis d’assurer la prospérité des nations coloniales, y compris l’Australie voisine, seront amères pour les Nauruans. Julia Morris le résume ainsi :

    “Nauru est un pays où l’industrie du phosphate et son cortège de #pollutions#déchets_toxiques, maladies respiratoires et alimentaires, #dépendance – sont palpables. Les effets de l’extraction du phosphate ne sont pas seulement ressentis par les personnes directement employées dans les champs d’extraction et les usines de traitement, comme Tony, mais s’étendent bien au-delà du point de production à forte intensité de main-d’œuvre. Depuis 1906, le #minerai_de_phosphate de Nauru est exploité et exporté vers les agriculteurs du monde entier. Paradoxalement, cela a laissé peu d’écosystèmes viables pour le développement agricole de Nauru. La richesse en phosphate aurait pu industrialiser Nauru, mais elle a laissé un cycle de dépendance à l’égard des fast-foods importés. Le système de santé de Nauru est marqué par les conséquences de l’interventionnisme colonial. Le dernier rapport publié par le ministère de la santé de Nauru (2011) indique que 77,8 % de la population de Nauru est en surpoids et que 45,6 % est obèse. En 1975, la prévalence du diabète à Nauru était de 34,4 %. Les Nauruans se classaient ainsi au deuxième rang mondial pour le taux de diabète le plus élevé jamais enregistré, tout en se plaçant au deuxième rang mondial pour le PIB par habitant, derrière l’Arabie saoudite. Aujourd’hui, le gouvernement consacrant environ 20 % de ses dépenses annuelles de santé au diabète, les chiffres ont légèrement baissé. Mais avec 30 %, Nauru conserve l’un des taux de diabète les plus élevés au monde. Ces taux sont associés à un éventail de maladies non transmissibles liées à l’alimentation, notamment les maladies cardiovasculaires, les accidents vasculaires cérébraux et les crises cardiaques. Les #cancers évitables, notamment le cancer gastro-intestinal, le cancer du col de l’utérus et le cancer du poumon, sont importants au sein de la population locale. Une espérance de vie de cinquante-cinq ans est l’un des sous-produits du changement de mode de vie de l’ère coloniale et le coût humain d’une économie basée sur l’extraction.” (Julia Morris, op. cit. p. 69-70).


    Dès le début des années 90, les réserves de phosphate s’épuisent, l’extraction, ayant creusé de plus en plus profondément les terres, laisse l’île dévastée, et la manne économique diminue drastiquement. S’ensuit une période chaotique, politiquement et socialement, où les dirigeants du pays, devenu indépendant en 1968, font le choix de transformer Nauru en #paradis_fiscal, spécialisé dans le #blanchiment_d’argent. Jusqu’au nouveau miracle, qu’on appellera la “#solution_Pacifique“, c’est-à-dire la mise en place par le gouvernement Australien d’une politique de “#remigration_offshore”, suite à l’affaire du #Tampa, un navire Norvégien qui avait recueilli 433 migrants 433 migrants afghans et irakiens en route pour l’Australie dérivant sur un bateau de pêche indonésien, migrants auxquels le gouvernement Howard refuse d’accorder l’asile. Nauru devient alors un des centres de rétention externalisée par l’Australie (avec la base navale de Lambrum à Manus en Papouasie-Nouvelle-Guinée) : avec cette nouvelle manne économique, l’argent australien contre l’internement des réfugiés “en attente d’une régularisation (très) éventuelle”, une véritable #industrie_des_réfugiés se déploie sur l’îlot. Elle se poursuit jusqu’à aujourd’hui, avec des intensités variables, quel que soit d’ailleurs la couleur politique des gouvernements Australiens (conservateurs ou travaillistes). On y construit tout un réseau d’infrastructures complexes, destinés aussi bien au contrôle et à la surveillance des réfugiés qu’à l’accueil d’une population très importante d’intervenants étrangers, chargés de la logistique et de la #militarisation de l’île, mais aussi des avocats, des médecins, des officiels australiens, des interprètes et de nombreux experts envoyés par les ONG.

    La plupart des études portant sur les zones d’internement des migrants, par exemple en Méditerranée, portent sur les conditions d’existence des réfugiés. Plus rarement sur les acteurs institutionnels de ce qu’on peut appeler une véritable industrie de la re-migration offshore. Mais on oublie souvent de s’intéresser aux populations autochtones qui habitent les territoires où sont édifiés les infrastructures de l’internement. En donnant alternativement la parole aux trois groupes d’acteurs directement engagés dans cette société organisée autour de l’industrie des réfugiés, les réfugiés et demandeurs d’asile mais aussi les travailleurs de cette industrie, et surtout les Nauruans eux-mêmes, Julia Morris échappe à l’attraction des narratifs du gouvernement australien tout autant qu’aux récits sensationnalistes qui critiquent ces politiques de répudiation offshore en invoquant la figure racisée du Nauruan “sauvage, barbare, cruel, intéressé” (cet argument qui critique la relégation des migrants dans des pays tiers, en dénonçant la barbarie et l’inhumanité des hôtes autochtones, se retrouve actuellement par exemple en Grande-Bretagne, autour du projet de remigration offshore au Rwanda)

    C’est l’immense mérite du livre décapant de Julia Morris, qui n’épargne pas les discours “humanistes” des opposants à ces politiques d’internement offshore (notamment dans la gauche Australienne), de donner la parole aux Nauruans eux-mêmes, piégés dans ces récits produits par l’imaginaire politique occidental.

    https://outsiderland.com/danahilliot/lindustrie-des-demandeurs-dasile-lexemple-de-nauru
    #Australie #externalisation #asile #réfugiés #migrations #extractiviste #industrie_agro-alimentaire #pacific_solution

    ping @karine4

    • Asylum and Extraction in the Republic of Nauru

      Asylum and Extraction in the Republic of Nauru provides an extraordinary glimpse into the remote and difficult-to-access island of Nauru, exploring the realities of Nauru’s offshore asylum arrangement and its impact on islanders, workforces, and migrant populations. Drawing on extensive fieldwork in Nauru, Australia, and Geneva, as well as a deep dive into the British Phosphate Commission archives, Julia Caroline Morris charts the island’s colonial connection to phosphate through to a new industrial sector in asylum. She explores how this extractive industry is peopled by an ever-shifting cast of refugee lawyers, social workers, clinicians, policy makers, and academics globally and how the very structures of Nauru’s colonial phosphate industry and the legacy of the “phosphateer” era made it easy for a new human extractive sector to take root on the island.

      By detailing the making of and social life of Nauru’s asylum system, Morris shows the institutional fabric, discourses, and rhetoric that inform the governance of migration around the world. As similar practices of offshoring and outsourcing asylum have become popular worldwide, they are enabled by the mobile labor and expertise of transnational refugee industry workers who carry out the necessary daily operations. Asylum and Extraction in the Republic of Nauru goes behind the scenes to shed light on the everyday running of the offshore asylum industry in Nauru and uncover what really happens underneath the headlines. Morris illuminates how refugee rights activism and #RefugeesWelcome-style movements are caught up in the hardening of border enforcement operations worldwide, calling for freedom of movement that goes beyond adjudicating hierarchies of suffering.

      https://www.cornellpress.cornell.edu/book/9781501765841/asylum-and-extraction-in-the-republic-of-nauru

      #livre

  • Voici une analyse qui est certes bien compatible avec la pensée oligarchique qui roule pour les banques, le profit et l’exploitation de la force de travail, sans vergogne en ce qui concerne la dévastation du vivant mais une chose se prépare : la France est dans le collimateur de toute l’institution financière globalisée et en premier lieu la BCE. En 2024, année « olympique » nous allons connaître un scénario à la grecque et ce sera dévastateur pour les plus modestes d’entre nous.

    https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/nicolas-baverez-aujourdhui-la-france-est-a-terre-et-beaucoup-de-pays-sen-re

    Pendant des décennies, la France a bénéficié d’une impunité. Elle le devait d’abord à la solidité et à la flexibilité de la Ve République : le pays a toujours été gouvernable et l’Etat opérationnel. Ensuite, elle a bénéficié de la protection de la zone euro : elle est en partie fictive car l’Allemagne n’a ni la volonté ni les moyens de réassurer la France, mais elle était néanmoins considérée par les marchés comme crédible en raison de la nature systémique de notre pays pour l’Union comme pour la monnaie unique. Enfin, a joué l’incroyable efficacité du ministère des Finances pour prélever les impôts et les taxes, même avec peu de croissance, et de la manière la plus indolore et masquée possible. Contrairement à ce qui est dit, la fraude est très limitée en France, surtout si l’on considère les taux d’imposition. Vaille que vaille, l’Etat prélève tous les ans plus de 52 % du PIB, ce qui est extravagant.

    Mais aujourd’hui, ces trois protections n’existent plus. Les législatives ont débouché sur une Assemblée ingouvernable éclatée en trois blocs, très loin d’une majorité même relative, et sans réel esprit de compromis. La dissolution a créé la crise politique, alors qu’elle sert normalement à la résoudre. La Ve République retrouve sa nature parlementaire des périodes de cohabitation. Mais la délégitimation du président et le blocage de l’Assemblée rendent a priori le pays ingouvernable, ce qui n’a pas de précédent depuis 1958.

    Dans la zone euro, le changement est également spectaculaire, car nos partenaires ont compris que la France n’est pas seulement un risque pour elle-même mais pour eux tous puisque nous jouons avec leur monnaie, leurs finances, leur réputation sur les marchés. L’immunité de la France n’existe plus. La Commission a lancé une procédure de déficit excessif le 9 juillet, ce qui signifie que la France doit proposer des solutions pour rétablir ses comptes dès le 20 septembre. Par ailleurs, le ministre allemand des Finances a déjà indiqué que son pays s’opposerait à ce que la France puisse disposer du mécanisme de stabilité de la BCE si elle devait être touchée par un choc financier.

    Sur les marchés, nous sommes dans l’œil du cyclone. Un calme de surface règne, lié au fait que la possibilité de l’arrivée au pouvoir du RN a été écartée et que le programme délirant du NFP ne paraît pas pouvoir être appliqué ni d’un point de vue politique ni d’un point de vue juridique. Mais notre pays est désormais sous surveillance permanente, comme le montre l’écart de taux croissant avec l’Allemagne. Un programme de hausse massive des dépenses publiques et des impôts est insoutenable. S’il devait être expérimenté, la sanction serait aussi rapide qu’au Royaume-Uni en 2022.

    Enfin, la France a perdu le contrôle de ses finances publiques. L’année 2023 s’est achevée avec un dérapage du déficit de 4,9 % à 5,5 % du PIB. Ce n’était pas un accident, comme a tenté de le faire croire le président de la République, puisque, pour les cinq premiers mois de 2024, nous enregistrons un nouvel excès des dépenses de 6 milliards d’euros et un déficit des impôts de 1,4 milliard. La faiblesse des recettes est structurelle. Elle est liée à l’atonie de la croissance, à la montée des faillites, aux difficultés de nombreux secteurs : l’immobilier, l’agriculture, les banques et assurances qui sont télescopées par la montée des taux et la déstabilisation de la dette publique.

    #BCE #Grèce #mise_sous_tutelle (de la France) #faillite

    • C’est du nudge, une fois de plus.
      Une façon de dire : NFP ou RN, on aura toujours le moyen de vous expliquer que vous ne pourrez pas changer de politique.
      Relire l’histoire jour par jour de la Commune de Paris, et du double jeu de la Banque de France, ainsi que la façon dont les prussiens ont géré leur victoire avec les Versaillais.

    • Que ce soit de la « pédagogie du consentement » ne change rien à l’affaire. A mon (humble) avis, on va manger « grave » ... Ne serait-ce que par la tournure que prennent les dernières convulsions de la macronie, ça va conforter tous les « partenaires » économiques de nous mettre à la diète. Vu l’état actuel des services publics essentiels (santé, éducation), et vu la tendance à la fascisation de l’opinion sous perfusion bolloréenne, il n’ y a que la police et l’armée (le soit disant « régalien ») qui réussiront à tirer leurs épingles respectives du jeu.

    • La Vème est totalement discréditée, d’une façon qu’il était étonnamment difficile d’anticiper. Déjà, la gymnastique pour faire accepter par le CC la réforme des retraites était corsée. Là, décider que l’exécutif peut directement intervenir dans le législatif, c’est acter définitivement qu’il n’y a pas de séparation des pouvoirs.
      On entre en terre inconnue. Et il n’y aura pas d’alliance des états capitalistes pour faire pression sur le gouvernement français afin de saigner les français. Par contre, il y aura sans aucun doute alliance des élites françaises, pour continuer à saigner les autres français, oui. J’insiste sur le fait que ça ne viendra pas de l’extérieur, contrairement à la Grèce, où la pression est bien arrivée de l’extérieur, Allemagne en premier lieu, France en second lieu.

  • Les #botnets...

    Vous me suivez régulièrement, sur ces problématiques. Nous avons des botnets qui interrogent SeenThis avec régularité. Certains de ces botnets provoquent des montées en charge violentes, ce qui provoque, pour les utilisateurs, des indisponibilités pénibles.

    J’avais remarqué, il y a quelques semaines, que les navigateurs concernés, portaient la signature « MSIE », Internet Explorer (et arrivant tous de Chine, apparemment, d’après leurs IP). Or, ce #navigateur n’est plus supposé fonctionner désormais. Aussi, j’ai implémenté une protection soulageant fortement le serveur : si le serveur web constate cette signature, il répond directement l’erreur « 444 », sans autre forme de traitement. J’ai aussi ajouté ClaudeBot et AmazonBot à ce traitement. Les autres bots sont traités par la protection de SPIP, c’est à dire que si la charge est trop élevée, ils reçoivent une erreur 429.

    Jusqu’à hier, cela fonctionnait plutôt de manière satisfaisante. Mais hier, nous nous retrouvions bloqués plusieurs fois par heure, au moment de publier ou de lire.

    Aussi, j’ai pris le temps d’implémenter le blocage des erreurs 444 par fail2ban. Et... depuis... la charge du serveur est normale. Epatant.

    Pour expliquer : #fail2ban regarde quelles IP ont fait l’objet d’un blocage par le serveur web (l’erreur 444), et s’il y a eu plus d’un blocage, on décide de bloquer l’#IP directement dans le #pare-feu, c’est à dire qu’on refuse toute connexion. On réalise le #blocage encore plus tôt, pour encore plus soulager la machine.

    Par contre, dans l’heure qui a suivi, 200 à 300 IP bloquées. Une demi-journée après, 5000 IP bloquées. Et ce matin, on en est déjà à 36928 IP bloquées !

    Face à un tel afflux d’IP, fail2ban va vite être insatisfaisant, le pare-feu ne va pas pouvoir ingurgiter des IP à l’infini... mais c’est une expérience intéressante malgré tout... A suivre :-)

  • https://www.lemonde.fr/sciences/article/2024/05/20/engagement-des-scientifiques-le-ton-monte-dans-les-labos_6234452_1650684.htm

    #Wolfgang_Cramer
    #Christophe_Cassou
    #Valérie_Masson-Delmotte

    Appel à signature pour une tribune demandant la mise en #faillite_écologique de #Total

    Le vendredi 24 mai prochain, le conseil d’administration de TotalEnergies défendra devant l’AG de ses actionnaires son plan d’investissement prévoyant d’augmenter sa production d’énergies fossiles de 2 à 3% par an sur les cinq prochaines années. La major a donc fait le choix non pas de réduire sa contribution à la catastrophe climatique, mais de l’accélérer.

    Il faut se rendre à l’évidence : #TotalEnergies ne réduira pas sa production fossile parce qu’on le lui demande poliment. Au lieu de cultiver son impuissance, la puissance publique devrait se donner les moyens juridiques et fiscaux d’empêcher des entreprises comme TotalEnergies de menacer les conditions d’habitabilité de la planète. Cette tribune en propose plusieurs, et notamment la notion de faillite écologique qui permettrait à la puissance publique d’envisager le redressement judiciaire d’une entreprise eu égard à sa stratégie climaticide.

    Nous souhaiterions faire publier cette tribune dans un média grand public en amont de l’AG de TotalEnergies, et en lien avec une mobilisation inter-organisations.

    Vous pouvez accéder à la tribune (https://framaforms.org/soutien-a-la-tribune-totalenergies-en-faillite-ecologique-1715944543) et vous joindre aux signataires dans ce formulaire. N’hésitez pas à faire tourner.

    Les #Scientifiques_en_rébellion s’invitent une nouvelle fois à l’#AG des #actionnaires de BNP Paribas

    L’an dernier, au moment où les ONG de L’Affaire BNP annonçaient mettre en demeure BNP Paribas pour ses financements aux énergies fossiles, nous avions appelé la banque, via une tribune dans l’Obs, à cesser tout financement de nouveaux projets pétroliers et gaziers. Nous étions aussi allé.es interpeller BNP Paribas à son Assemblée générale.

    Cette action a eu des effets : #BNP Paribas a annoncé il y a un an de nouveaux engagements à réduire ses financements aux énergies fossiles et elle les a effectivement réduits significativement par rapport à 2022. Depuis cette date, elle n’a plus participé à l’émission d’obligations pour des projets pétro-gaziers. Mais la banque n’a pas formalisé cet engagement ni cessé tout financement aux énergies fossiles.

    C’est pourquoi le 14 mai, nous sommes retourné·es à l’AG de #BNP_Paribas afin d’exhorter la banque à stopper tout financement, direct ou indirect, aux entreprises qui développent de nouveaux projets fossiles (à commencer par TotalEnergies). Notre intervention a de nouveau déclenché les huées des actionnaires, et la direction du groupe refuse toujours de s’engager à stopper de financer la major pétro-gazière française. Le combat continue !

    La vidéo est ici, et vous trouverez plus d’infos dans notre communiqué de presse.

    https://scientifiquesenrebellion.frama.space/s/6BRfL9FHCx6XqSb

  • Unpatchable vulnerability in Apple chip leaks secret encryption keys | Ars Technica
    https://arstechnica.com/security/2024/03/hackers-can-extract-secret-encryption-keys-from-apples-mac-chips

    Finalement, se promener sur les autoroutes numériques, c’est un peu comme se retrouver tout nu au milieu des Champs Elysées. Avant, ça n’arrivait que dans les cauchemards...

    A newly discovered vulnerability baked into Apple’s M-series of chips allows attackers to extract secret keys from Macs when they perform widely used cryptographic operations, academic researchers have revealed in a paper published Thursday.

    The flaw—a side channel allowing end-to-end key extractions when Apple chips run implementations of widely used cryptographic protocols—can’t be patched directly because it stems from the microarchitectural design of the silicon itself. Instead, it can only be mitigated by building defenses into third-party cryptographic software that could drastically degrade M-series performance when executing cryptographic operations, particularly on the earlier M1 and M2 generations. The vulnerability can be exploited when the targeted cryptographic operation and the malicious application with normal user system privileges run on the same CPU cluster.
    Beware of hardware optimizations

    The threat resides in the chips’ data memory-dependent prefetcher, a hardware optimization that predicts the memory addresses of data that running code is likely to access in the near future. By loading the contents into the CPU cache before it’s actually needed, the DMP, as the feature is abbreviated, reduces latency between the main memory and the CPU, a common bottleneck in modern computing. DMPs are a relatively new phenomenon found only in M-series chips and Intel’s 13th-generation Raptor Lake microarchitecture, although older forms of prefetchers have been common for years.

    Security experts have long known that classical prefetchers open a side channel that malicious processes can probe to obtain secret key material from cryptographic operations. This vulnerability is the result of the prefetchers making predictions based on previous access patterns, which can create changes in state that attackers can exploit to leak information. In response, cryptographic engineers have devised constant-time programming, an approach that ensures that all operations take the same amount of time to complete, regardless of their operands. It does this by keeping code free of secret-dependent memory accesses or structures.

    The breakthrough of the new research is that it exposes a previously overlooked behavior of DMPs in Apple silicon: Sometimes they confuse memory content, such as key material, with the pointer value that is used to load other data. As a result, the DMP often reads the data and attempts to treat it as an address to perform memory access. This “dereferencing” of “pointers”—meaning the reading of data and leaking it through a side channel—is a flagrant violation of the constant-time paradigm.

    #Cybersécurité #Faille_M1 #Apple #Cryptographie

  • Une prise de position emblématique d’un twittos libano-français, chrétien, banquier face aux hypocrisies du discours pro-ukrainien mais jamais critique d’Israël de la diplomatie française

    Jean Riachi sur X : « GerardAraud @steph_sejourne @EmmanuelMacron La réponse barbare d’Israël à la barbarie du Hamas le 7 octobre et le soutien inconditionnel de l’Occident à cette réponse ont signé la défaite morale de l’Occident et probablement sa défaite militaire en Ukraine. Au nom de quelles… » / X
    https://twitter.com/riachi_jean/status/1765309268306084190

    La réponse barbare d’Israël à la barbarie du Hamas le 7 octobre et le soutien inconditionnel de l’Occident à cette réponse ont signé la défaite morale de l’Occident et probablement sa défaite militaire en Ukraine.
    Au nom de quelles valeurs l’Occident se bat-il aujourd’hui en Ukraine ?
    La loi internationale ? Les démocraties contre les dictatures ? La loi internationale a été piétinée aux pieds à Gaza et les dirigeants des démocraties occidentales ont agi comme des marionnettes au gré des émotions de l’opinion publique influencée par les médias.
    Le conflit de civilisation entre un Occident judéo-chrétien et l’islam conquérant ?
    Poutine est celui qui a le plus combattu l’islamisme en Asie centrale et en Syrie. Poutine est celui qui défend le mieux les valeurs traditionnelles chrétiennes
    La défense d’une même civilisation et la lutte contre l’expansionnisme de l’Islam sont d’ailleurs les arguments des pro israéliens pour mobiliser l’Occident.
    Plus significative encore, la sympathie de la mouvance ultra-conservatrice en Occident pour Poutine, y compris les partisans de Monsieur Trump.

    Poutine a gagné parce qu’il n’y a plus de « right side of history » et que plus personne ne peut se prévaloir des valeurs de la « philosophie des lumières »
    Citation

    France Diplomacy
    @francediplo_EN
    ·
    4 mars
    France must be on the right side of history. Our support for Ukraine must last if we are to protect the French people.

    Read Minister @steph_sejourne’s interview with @lemondefr
    https://lemonde.fr/en/international/article/2024/03/02/french-foreign-minister-the-humanitarian-situation-in-gaza-is-creating-indef
    #faillitte_morale_et_diplomatique

  • The Messenger Was Built To Fail, And Did | Defector
    https://defector.com/the-messenger-was-built-to-fail-and-did

    The Messenger brought a bunch of good journalists together into a long-shot endeavor, let only a tiny handful of them do good work, buried that good work under an endless torrent of SEO garbage, and finally, when it did the only thing it was ever capable of doing and exploded, the company threw everyone out onto the street with nothing at all to show for their work. What an incredible waste.

    #startup #journalisme #fail

  • La #désinformation qui déstabilise la #démocratie

    « La désinformation est un bouton fantastique sur lequel appuyer pour déstabiliser les démocraties. C’est la #menace la plus sournoise. Parce que la démocratie fonctionne si on a accès à l’#information, pour pouvoir porter un jugement et participer au #débat_public ». C’est ainsi que le professeur adjoint en communication publique et politique à l’ENAP, Philippe Dubois, résumait le problème qui était au coeur du forum La démocratie au temps de la désinformation, tenu le 30 novembre à Montréal.

    La démocratie recule, soulignait d’ailleurs cette année un rapport du Varieties of Democracy Institute de l’Université de Göteborg (Suède) (https://v-dem.net/documents/29/V-dem_democracyreport2023_lowres.pdf), fruit d’une collaboration de près de 4000 experts de 180 pays. La désinformation, la #polarisation et l’#autocratisation se renforcent mutuellement.

    Avec l’ajout récent de la Thaïlande et du Mali, pour la première fois depuis plus de 20 ans, la liste des pays compte plus d’#autocraties que de démocraties : 5,7 milliards de personnes vivent dans des autocraties (72% de la population mondiale) contre 1 milliard de personnes pour les démocraties libérales —soit à peine 13%. Et près d’un tiers du premier groupe vit même au sein d’autocraties fermées (Chine, Iran, Myanmar et Vietnam, par exemple).

    Bref, le niveau de démocratie pour le citoyen mondial moyen est en recul, pour revenir au niveau de 1986. L’Europe de l’Est et l’Asie centrale, ainsi que l’Amérique latine et les Antilles, ont retrouvé leur niveau de la fin de la guerre froide.

    « C’est souvent un idéal que l’on prend pour acquis avec ses opportunités de délibération : presse libre, débats publics, et des institutions publiques pour faire fonctionner cela », avance Philippe Dubois. Ce « modèle le moins pire », comme l’aurait dit Churchill, « a bien souffert lors de la récente pandémie ». Avec ses mesures exceptionnelles et restrictives, la Covid-19 a vu reculer, de manière temporaire, certains droits et libertés. Cela a entaché la confiance dans les institutions démocratiques, et dans leurs acteurs, confiance qui n’était déjà pas si élevée avant la crise sanitaire.

    Or, les #réseaux_sociaux jouent eux aussi un rôle dans cette #régression. Peut-être parce qu’ils répercutent plus les #frustrations et la #colère que la #raison et les #nuances, il y aurait, semble-t-il, plus de cyniques et de mécontents qu’avant. Certaines tranches de la population s’avèrent aussi moins attachées à la démocratie, comme les jeunes, qui s’informent eux-mêmes davantage que les plus vieux par les algorithmes. « Cela ne signifie pas qu’ils rejettent la démocratie. Cela signifie plutôt qu’ils partagent davantage un type de contenu » qui la rejette, note le chercheur.

    L’École des médias de l’UQAM avait mandaté cet été la firme Léger pour sonder la population québécoise sur leurs perceptions sur des enjeux liés à la démocratie et à la désinformation. Le rapport montre que 25% de la population québécoise pense que les gouvernements cachent la réalité sur la nocivité des vaccins —18% pensent que c’est probable, alors que 8% pensent que c’est certain.

    C’est une #méfiance envers les institutions qui augmente, tout comme celle envers les #médias, car selon ce sondage, 44% de la population québécoise pense que les médias manipulent l’information qu’ils diffusent.

    En quête de #littératie_scientifique

    « Nous vivons une #crise_épistémologique avec une remise en question des #figures_d’autorité » constatait, lors du forum du 30 novembre, le professeur au département sciences humaines, lettres et communications de la TÉLUQ, Normand Landry. « Les gens parlent d’#esprit_critique mais c’est un mot galvaudé : où est notre capacité de se remettre en question et de changer d’idées et d’admettre nos erreurs ? »

    D’où l’importance de l’#éducation_aux_médias et de la littératie scientifique, soulignait-on dans ce forum organisé par les Fonds de recherche du Québec. Mélissa Guillemette, rédactrice en chef du magazine Québec Science, note que « moins de la moitié des Canadiens ont des bases solides en science (42%), c’est donc à mettre au premier plan. La littératie en santé au Québec reste elle aussi très faible chez 2 personnes sur 3 et pour 95% des 60 ans et plus, il s’avère même difficile de comprendre un médecin. »

    Les #jeunes ont particulièrement du mal à distinguer le #vrai du #faux. « Les adolescents ont du mal à reconnaître la désinformation. Ils manquent de bons critères d’évaluation pour juger de la qualité d’une bonne information », relève l’étudiante à la maîtrise en sciences de l’éducation de l’Université de Sherbrooke, Élise Rodrigue-Poulin.

    « Chez les enseignants aussi, le niveau de pensée critique varie souvent de faible à moyen. Et lorsque la nouvelle fait appel à trop d’#émotion, la plupart d’entre nous ne sommes plus capables de l’évaluer correctement », ajoute-t-elle.

    La solution serait de s’éduquer à reconnaître la désinformation, mais il faudrait aussi développer du contenu scolaire pour soutenir l’esprit critique chez les jeunes – et par ricochet, le personnel enseignant. Des éléments inclus dans le nouveau programme Culture et citoyenneté québécoise, vont dans ce sens.

    Ce serait toutefois insuffisant. « Le programme a plusieurs points positifs : donner des outils et des critères sur les informations et les médias, et l’explication de ce qu’est la démocratie. Comme enseignante, je trouve ça bon, mais il n’est pas obligatoire cette année et il a été présenté aux enseignants quelques jours avant la rentrée », explique Mme Rodrigue-Poulin. Il doit être implanté dans toutes les écoles en septembre 2024.

    Normand Landry renchérit : « Je salue l’adoption d’un programme mais je le pense moins sérieux dans le soutien à développer ce savoir. Depuis plus de 20 ans, l’#école développe du contenu d’éducation aux médias – par exemple, sur les compétences numériques, adopté en 2019 – mais sans se donner les conditions de déploiement et des ressources pour les enseignants. »

    La désinformation à gogo

    « Nous sommes dans une espèce de jungle et trouver la vérité, c’est un casse-tête. La désinformation, cela ne date pas d’hier mais c’est le volume qui augmente. », rappelle Nicolas Garneau, chercheur postdoctoral en informatique à l’Université de Copenhague.

    Et nous pouvons tous partager de la désinformation. Les réseaux sociaux sont conçus pour nous inviter à générer du contenu – « exprimez-vous », « posez des actions » – à partir de messages qui en appellent à nos #émotions.

    Il faut donc apprendre à se méfier des choix des #algorithmes et développer son esprit critique – « d’où ça sort ? », « quelle est la source de l’info ? »

    « Il ne faut pas oublier que ce sont des modèles économiques basés sur nos données. Ils enregistrent ce que l’on regarde et lorsqu’on s’exprime. Les plateformes exploitent nos #failles_psychologiques », rappelle Emmanuelle Parent, directrice générale et recherche du Centre pour l’intelligence émotionnelle en ligne (Le Ciel).

    Le professeur en journalisme à l’École des médias de l’Université du Québec à Montréal, Jean-Hugues Roy, s’intéresse plus spécifiquement à Facebook. Il remarque qu’il y a beaucoup de contenus viraux —et religieux— qui circulent. Qui plus est, en l’absence de véritables informations – en raison du blocage du contenu des médias par Meta – « il n’y a plus rien de pertinent. C’est un véritable marché aux puces de #contenus_viraux dont certains peuvent être toxiques. Cela peut prendre l’apparence de contenu journalistique, en ajoutant des éléments mensongers et trompeurs uniquement pour faire des clics. »

    Il est temps d’encadrer ces plateformes, poursuit-il. Une démarche entamée par le Canada avec le projet de loi C-18 qui vise à forcer les « géants du web » à indemniser les médias d’information —c’est ce projet de loi qui est la raison du boycottage des médias entrepris en ce moment par Meta au Canada.

    « Ce sont des entreprises privées et on s’attend à ce qu’elles prennent leurs responsabilités ou que les autorités le fassent. Nous avons une agence d’inspection des aliments au Canada, il est possible d’imaginer une agence d’inspection des réseaux sociaux alors que nos vies sont dessus et qu’ils font beaucoup d’argent avec nos données », pense M. Roy.

    Autrement dit, il faut un encadrement de ces outils par l’humain. « Leur raison d’être est de nous donner un coup de main, pas de décider à notre place », tranche encore Nicolas Garneau.

    https://www.sciencepresse.qc.ca/actualite/2023/12/15/desinformation-destabilise-democratie

  • CrowdSec : la cybersécurité collaborative, open source et gratuite pour Linux - LinuxFr.org
    https://linuxfr.org/news/crowdsec-la-cybersecurite-collaborative-open-source-et-gratuite-pour-linux

    CrowdSec est un projet conçu pour protéger les serveurs, services, conteneurs ou machines virtuelles exposés sur Internet. Par certains aspects, c’est un descendant de Fail2Ban, projet né il y a seize ans. Cependant, il propose une approche plus moderne, collaborative et ses propres fondamentaux techniques afin de répondre aux contextes modernes. L’outil est open source (sous licence MIT)
    [...]
    CrowdSec, écrit en Golang, est un moteur d’automatisation de la sécurité, qui repose à la fois sur le comportement et sur la réputation des adresses IP. Le logiciel détecte localement les comportements, gère les menaces et collabore également au niveau mondial avec son réseau d’utilisateurs en partageant les adresses IP détectées. Ceci permet alors à chacun de les bloquer de manière préventive. L’objectif est de bâtir une immense base de données de réputation IP et d’en garantir un usage gratuit à ceux participant à son enrichissement.

    à noter : les réponses aux tentatives « d’agressions » peuvent êtres traitées à différents niveaux : interrompre la connexion au niveau firewall, renvoyer une erreur HTTP 403 par le serveur web, envoyer un CAPTCHA ou limiter l’accès aux sous‑dossiers...

    Le schéma global de fonctionnement :

    Le site officiel : https://doc.crowdsec.net
    Le repo Github : https://github.com/crowdsecurity/crowdsec
    La doc de l’outil en ligne de commande cscli : https://doc.crowdsec.net/docs/cscli
    La visualisation de l’activité est principalement déléguée à Prometheus (autre projet open-source) : https://prometheus.io/docs/introduction/overview

    ...et un *gros* bémol sur le modèle économique basé sur les services hébergés et qui, eux, ont un code qui n’est pas libre (ce qui pourrait empêcher un fork à l’avenir...) https://linuxfr.org/news/crowdsec-la-cybersecurite-collaborative-open-source-et-gratuite-pour-linux#

    #CrowdSec #fail2ban #serveur # sécurité #linux

  • L’Inexploré - Pierre Legendre
    https://www.youtube.com/watch?v=8zkdFbCeRLU

    Pierre Legendre, à l’écart du brouhaha médiatique et des idéologies à la mode, a tracé patiemment, sur plus de soixante ans, le chemin de l’anthropologie dogmatique. Il est revenu, en la maison qui l’a accueilli dans ses premières années d’étude des manuscrits médiévaux, l’École des chartes, pour livrer « à la jeunesse désireuse des lois » le suc de son labeur.

    Dans le droit fil de « De la Société comme texte » (2001) et en résonance avec ses conférences données au Japon en 2004 « Ce que l’Occident ne voit pas de l’Occident », dans un style dépouillé, Pierre Legendre découvre ce qui fait tenir debout, enlacés, l’humain et la société. Quel meilleur guide que Piero della Francesca pour ouvrir nos yeux à l’invisible ?

    https://arsdogmatica.com

    #chrétienté #anthropologie_dogmatique #langue #institution #civilisation #montage #scène #individu #personne #fiction #Piero_della_Francesca #principe_de_réalité #religion #ritualité #pacte_dogmatique #faille_institutionnelle #modernité #droit_naturel #droit_romain #occident #papauté #activisme_juridique #contrat #protestantisme #universalisme_politique #impératif_libéral #révolution_protestante #révolutions #Europe #narration_totémique #chorégraphie #logiques_contraires #tiers-terme

  • Le scandale de la disparition de 7 milliards d’euros de l’association patronale de garantie des salaires embarrasse l’#Unédic
    https://www.lejdd.fr/societe/le-scandale-de-la-disparition-de-7-milliards-deuros-de-lassociation-patronale-

    Le scandale de la disparition de 7 milliards d’euros de l’association patronale de garantie des salaires embarrasse l’Unédic

    Des milliards évaporés sans que personne ne s’inquiète. Des salariés qui portent plainte après avoir découvert qu’une partie de l’argent du fonds de garantie patronal ne leur est pas parvenue. Les révélations de l’ex-directrice du régime de garantie des salaires ont conduit à l’ouverture d’une enquête. Mais tout est fait pour décrédibiliser Houria Aouimeur-Milano.
    Raphaël Stainville

    #paywall

    • C’était dans Le Monde il y a une semaine, mais, en effet, pratiquement pas repris dans le reste des médias…

      L’ex-directrice du régime de garantie des salaires n’obtient pas le statut de lanceuse d’alerte
      https://www.lemonde.fr/politique/article/2023/11/07/l-ex-directrice-du-regime-de-garantie-des-salaires-n-obtient-pas-le-statut-d

      Le conseil de prud’hommes de Paris a rejeté, mardi 7 novembre, la demande d’Houria Aouimeur, qui affirmait avoir révélé au grand jour un détournement de fonds de plusieurs milliards d’euros, au détriment du dispositif permettant de payer les travailleurs employés dans des entreprises en difficulté.

      C’est un coup dur pour celle qui affirmait avoir révélé le scandale des entreprises en difficulté. Mardi 7 novembre, Houria Aouimeur, l’ancienne directrice nationale du régime de garantie des salaires AGS, a été déboutée de toutes ses demandes par le conseil de prud’hommes de Paris. Elle réclamait, en particulier, le statut de lanceuse d’alerte dans une affaire de détournement de fonds, mais les juges, saisis en référé, ont refusé de lui donner gain de cause.

    • L’affaire prend une nouvelle dimension, à l’automne 2022, lorsque l’Unédic – l’employeur des personnels du régime AGS, donc de Mme Aouimeur – s’intéresse aux « frais de mission, de réception et de déplacement » de la directrice nationale et de ses proches collaborateurs. Une première « évaluation » met en évidence des dépenses très élevées : notes de restaurants, courses en taxi… Une autre expertise – du cabinet PwC – parvient à des constats similaires tout en pointant du doigt des contrats et des marchés passés avec des prestataires dans des conditions irrégulières. Du fait de tous ces « manquements », l’Unédic – qui est le patron de Mme Aouimeur – décide de la licencier, en février, pour « faute lourde ».

      Mme Aouimeur réfute les accusations portées contre elle, tout en soutenant que la rupture de son contrat de travail est une mesure de représailles destinée à la faire taire, après avoir mis au grand jour des détournements de fonds colossaux. Elle a engagé plusieurs procédures, dont l’une vise à obtenir l’annulation de son licenciement et la réintégration à son poste, en invoquant le fait qu’elle a été une lanceuse d’alerte.

      Mais le conseil de prud’hommes de Paris, statuant en « départage » (c’est-à-dire à l’issue d’une audience présidée par un magistrat professionnel), considère que Mme Aouimeur « ne peut revendiquer [ce] statut ». Dans son ordonnance rendue mardi, que Le Monde a pu consulter, il fait notamment valoir qu’elle avait été recrutée « avec pour mission spécifique d’engager un audit » sur des « anomalies » détectées dans le régime AGS au cours des semaines précédant son embauche. Elle en « a rendu compte à la direction de l’Unédic, dans le cadre de l’exécution de son contrat de travail », ce qui a conduit cette dernière à déposer plainte. Autrement dit, Mme Aouimeur a rempli la tâche qui lui était dévolue – ni plus ni moins.
      « C’est une décision importante car elle protège les vrais lanceurs d’alerte de ceux et celles qui se prévalent de ce statut, de mauvaise foi, à des fins personnelles, pour masquer leurs propres turpitudes », réagit Me Frédéric Benoist, l’avocat de l’Unédic. De son côté, Me Stéphanie Lamy, l’avocate de Mme Aouimeur, exprime sa déception : « C’est un message décourageant envoyé aux lanceurs d’alerte. » Le dossier n’est pas clos pour autant. L’ex-responsable du régime AGS a l’intention de faire appel de l’ordonnance prononcée mardi. Par ailleurs, elle a saisi les prud’hommes pour contester, sur le fond, la rupture de son contrat de travail. L’audience aura lieu le 28 mars 2024.
      https://archive.ph/GM93D

    • Oui, tout le monde sait que le JDD est passé à l’extrême droite. Mais il reste peut-être quelques journalistes de qualité à qui on avait promis un papier …

  • UPEC en faillite : quel avenir pour une université en banlieue ?
    https://academia.hypotheses.org/52073

    Academia est alertée depuis plusieurs mois sur la situation désastreuse de l’UPEC, qui, de grande université de banlieue, pluridisciplinaire et reconnue, est en passe de devenir un symbole particulièrement spectaculaire de l’écroulement du service public universitaire, sous les coups conjugués … Continuer la lecture →

  • « L’État devra probablement stabiliser aussi cette nouvelle banque »

    Fleuron de la tradition bancaire suisse, Credit Suisse (CS) a fait naufrage après 167 ans d’existence : l’État a forcé #UBS à racheter sa rivale en perdition. Tobias Straumann, historien de l’économie, nous livre sa vision de la Suisse et des #banques, nous parle des illusions de la politique et répond à la question suivante : un petit pays comme la Suisse a-t-il vraiment encore besoin d’une grande banque internationale ?

    La Revue Suisse : Monsieur Straumann, la fin de l’histoire de CS est-elle une rupture ou un tournant pour la Suisse ?

    Tobias Straumann : Il s’agit tout au moins d’un événement. CS était la plus ancienne des grandes banques encore existantes. Mais sa #faillite ne représente pas un tournant majeur. De grandes banques ont déjà disparu dans les années 1990. La Suisse en possédait cinq il y a un peu plus de 30 ans, il n’en reste qu’une aujourd’hui. La crise financière mondiale de 2008, avec le sauvetage par l’État de la plus grande banque suisse, UBS, puis la disparition du #secret_bancaire pour la clientèle étrangère ont été des traumas bien plus importants.

    Sauvetage d’UBS, fusion contrainte de CS : en 15 ans, l’État a dû secourir à deux reprises des grandes banques en difficulté. Or, la Suisse est un pays qui met en avant les valeurs de l’économie de marché libre. N’est-ce pas paradoxal ?

    L’économie de marché est loin d’être parfaite en Suisse. Nous avons de nombreuses entreprises d’État ou pseudo-entreprises d’État et, dans le secteur bancaire, les banques cantonales, qui sont aussi des entreprises d’État. En outre, je pense que l’intervention de l’État dans les affaires des grandes banques n’est plus un tabou. Depuis les années 1990, la #vulnérabilité du système bancaire, hypermondialisé et hyperlibéralisé, est évidente. Il est devenu tout à fait normal que les #États interviennent régulièrement. Ils ne peuvent pas faire autrement, car sans cela, les grandes crises financières mondiales s’enchaîneraient. À l’étranger aussi, on attend de la Suisse qu’elle prévienne les incidents qui mettraient en péril tout le #système_bancaire.
    Après le sauvetage d’UBS, le Parlement a toutefois voulu éviter, à l’aide de la loi « #Too_big_to_fail », que l’État et les contribuables soient à nouveau confrontés à des #risques_financiers aussi importants. Peut-on parler d’un réveil politique brutal ?

    En tant qu’historien, je suis moins surpris que cela n’ait pas fonctionné. En cas de crise, on a besoin de plans simples. La réglementation « too big to fail » était trop complexe, immature et un peu irréaliste. Un cas comme celui-ci implique toujours l’aval politique d’autorités étrangères. Or, cela peut prendre du temps.

    Face aux marchés financiers mondialisés, que peut encore faire la capitale fédérale ?

    Plusieurs choses. L’État peut et doit agir énergiquement quand il s’agit de stabiliser des banques. Dans le cas d’UBS, il l’a très bien fait. La banque a été étatisée, partiellement et temporairement, et à la fin la Confédération y a même gagné quelque chose. Et UBS a adapté sa culture du risque. Dans le cas de CS, les autorités ont estimé qu’une fusion était plus sûre. L’avenir dira s’il s’agissait de la bonne solution.

    À qui ou à quoi est dû le naufrage de CS ?

    Au management et au conseil d’administration. CS était mal dirigé depuis des années. Mais les autorités aussi doivent répondre à des questions. Depuis octobre 2022, on savait que la banque était en difficulté. Or, il a fallu attendre mars pour qu’un plan de sauvetage voie le jour. Le tout a paru quelque peu improvisé, contrairement à ce qu’il s’était passé avec UBS. Cela m’a surpris. Nous n’en savons pas encore assez pour juger le comportement des autorités : la commission d’enquête parlementaire nous éclairera à ce sujet. Et CS devrait lui aussi faire sa part, spontanément, en livrant un rapport détaillé sur ce qui a capoté. Il le doit à la Suisse.

    Malgré les pertes et les scandales, CS distribuait des rémunérations et des bonus astronomiques. Certains banquiers semblent n’être plus guidés que par l’appât du gain, qui leur fait prendre tous les risques. Où est la banque entrepreneuriale d’autrefois, qui a fait avancer la Suisse ?

    CS a conservé un secteur entrepreneurial jusqu’à la fin. Dans le domaine des crédits accordés aux entreprises, il a fait du très bon travail. Il est vrai que les fondateurs de la banque autour d’Alfred Escher, au XIXe siècle, ont investi dans les infrastructures. Mais les activités ferroviaires étaient déjà risquées, elles aussi. CS a connu des débuts mouvementés, car les cours boursiers des sociétés de chemin de fer n’arrêtaient pas de fluctuer. Quand ça allait bien, les banquiers aussi gagnaient bien. Et quand ça allait mal, ils ne touchaient pas de bonus. Voilà la différence avec aujourd’hui. Les erreurs de CS sont dues à la cupidité, oui, mais surtout à l’incompétence du conseil d’administration et de la direction.

    En quoi étaient-ils incompétents ?

    À partir des années 1990, les grandes banques suisses se sont fortement internationalisées. Or, il est très difficile pour un management suisse de tenir bon sur les places financières de Londres et de New York. Les banquiers d’investissement anglo-saxons ont une tout autre mentalité, qui s’accorde mal avec la culture d’entreprise suisse. En outre, les grandes banques suisses plaçaient souvent des employés de seconde classe à Londres et à New York, qui se comportaient comme des mercenaires et ne pensaient qu’à se faire un maximum d’argent en peu de temps.

    UBS a racheté CS en juin : la banque géante qu’elle est désormais est-elle viable ?

    Elle est plus petite que ne l’était UBS avant la crise financière, et elle réduira certainement encore un peu sa voilure. Mais il est vrai qu’elle reste immense, puisque que la somme de son bilan atteint le double du produit intérieur brut (PIB) suisse. Je ne sais pas si elle est viable. Il est très probable qu’elle aussi connaisse un jour des difficultés et que l’État doive intervenir. Et l’on peut d’ores et déjà affirmer qu’introduire des règles plus strictes n’y changera rien.

    Pourtant, certains politiques exigent actuellement des réglementations plus strictes pour les banques d’importance systémique.

    Il serait bon d’exiger un peu plus de réserves, c’est-à-dire une plus grande part de fonds propres. Mais même ainsi, UBS ne sera pas à l’abri, il faut le savoir. Le système financier mondial est très vulnérable. CS était en mauvaise posture, mais pas tant que cela. Il respectait tous les chiffres clés de l’Autorité de surveillance des marchés financiers. Il suffit qu’un incident se produise quelque part, et la contagion commence. Les États ne peuvent ni prédire, ni empêcher une crise financière, seulement l’endiguer à temps pour éviter des conséquences catastrophiques. Il est toutefois difficile de déterminer le bon moment pour intervenir.

    Face à de tels risques, ce petit pays qu’est la Suisse peut-il encore se permettre d’avoir une grande banque active sur le plan international ?

    Avoir sur sa place financière une grande banque qui propose tous les services a des avantages. Si UBS, par volonté politique, devait à présent se défaire de ses secteurs internationaux problématiques, ou déplacer son siège, elle perdrait ces avantages. Mais elle gagnerait en stabilité. Des filiales étrangères pourraient se charger de certaines opérations, comme c’est le cas pour la compagnie aérienne Swiss, qui appartient à la société allemande Lufthansa. Cela pourrait fonctionner. Même la disparition du secret bancaire ne nous a pas fait de tort. Zurich ne s’est pas appauvri, bien au contraire.

    La place financière internationale suisse a-t-elle été importante pour la prospérité du pays ?

    Son importance économique est surestimée. La Suisse est devenue une place financière internationale durant la Première Guerre mondiale, mais en 1914, juste avant la guerre, elle était déjà le pays le plus riche du continent européen pour ce qui est du PIB par habitant. Et ce, surtout grâce à son industrie, qui était très dynamique et qui a fait sa prospérité au XIXe et au XXe siècles, et jusqu’à ce jour. La place financière est née après l’industrialisation et s’est dotée, avec la gestion de fortune, d’une nouvelle source de revenus très florissante. Pour l’économie nationale, cela a toujours eu des avantages et des inconvénients.

    Quels ont été les inconvénients ?

    Les salaires élevés du secteur bancaire ont attiré de nombreux travailleurs qualifiés, qui ont manqué à d’autres secteurs plus innovants. À présent, sans l’appel d’air du secteur bancaire, il y a de nouveau plus de place pour d’autres branches et innovations. Zurich a beaucoup de succès dans le secteur des assurances, qui est plus prévisible et plus stable. Je trouve qu’il convient bien mieux à la mentalité suisse.

    https://www.swisscommunity.org/fr/nouvelles-et-medias/revue-suisse/article/letat-devra-probablement-stabiliser-aussi-cette-nouvelle-banque

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