• De quoi faut-il être riche pour être parent ?

    Un papa, une maman et du pognon, ce serait la #norme_parentale, la #famille_idéale. Les discussions autour de l’ouverture de la #procréation_médicalement_assistée (#PMA) à toutes les #femmes, réaffirme le #couple – en général, hétérosexuel, en particulier – comme le #modèle à suivre.

    Pourquoi les conditions d’#accès_à_la_parentalité seraient-elles différentes selon la sexualité des parents ? Pourquoi attend-on des couples homo ou des #femmes_seules qu’iels soient des parents plus que parfait·e·s ?

    Pour aborder ce sujet d’actualité, Camille Regache et Thomas Rozec, de Programme B, ont rencontré #Martine_Gross, sociologue et membre du CNRS, qui a consacré une grande partie de ses travaux aux #familles_homoparentales.

    https://www.binge.audio/podcast/camille/de-quoi-faut-il-etre-riche-pour-etre-parent/?uri=de-quoi-faut-il-etre-riche-pour-etre-parent%2F

    #parentalité #audio #podcast #homosexualité #LGBT

  • Lecture d’un extrait du roman « Le mur » de Christian Guay-Poliquin, publié aux éditions La Peuplade, en 2026.

    https://liminaire.fr/creation/radio-marelle/article/le-mur-de-christian-guay-poliquin

    Dans une ville coupée en deux par un mur frontalier, Héléna se déplace à vélo avec sa remorque à outils pour gagner sa vie, en effectuant des réparations chez les habitants. Un jour, elle découvre par accident un groupe de clandestins qui tentent de franchir la frontière en creusant un tunnel souterrain. Cela fait remonter en elle des souvenirs de son passé. Elle se joint à eux pour tenter de retrouver le monde qu’elle a quitté. « La ville de l’autre côté du mur lui apparaît comme un monde enfoui que l’on exhume. » Christian Guay-Poliquin compose un roman dans lequel s’entrelacent les différents thèmes de la catastrophe écologique, du contrôle des frontières et des liens familiaux à l’épreuve de la distance. Entre récit d’anticipation, roman d’aventure souterrain et méditation sur l’exil, il explore ce qui pousse les êtres à poursuivre un horizon, même lorsque celui-ci semble s’éloigner à mesure qu’ils avancent.

    (...)
    #Radio_Marelle, #Écriture, #Livre, #Lecture, #En_lisant_en_écrivant, #Podcast, #Littérature, #Exil, #Société, #Travail, #Écologie, #Famille (...)

    https://liminaire.fr/IMG/mp4/en_lisant_le_mur_christian_guay-poliquin.mp4

    https://lapeuplade.com/archives/livres/le-mur

  • Le combat acharné d’une mère isolée privée du RSA pour 9 euros de dépassement de ressources | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/030726/le-combat-acharne-d-une-mere-isolee-privee-du-rsa-pour-9-euros-de-depassem

    [Sabrina Laubisse] a engagé, en mai, une bataille contre les institutions pour permettre aux #mères_isolées de ne pas être pénalisées par la perception d’#allocations et d’aides de soutien familial.

    Car, martèle-t-elle, ces prestations ne sont pas son salaire, et elles sont avant tout destinées à ses enfants. « Pourtant, dans le calcul du RSA, l’administration les requalifie en mon revenu personnel. Elle prend l’argent des enfants, l’inscrit sur la ligne de la mère et conclut que la mère est trop riche pour être aidée. » Pour elle, cela relèverait du détournement des règles de procédure.

    La mère de famille de 48 ans considère avoir mis le doigt sur un dysfonctionnement structurel. « Ce sont les mères isolées que l’on range du côté des riches. À moins que la loi n’ait organisé une discrimination systémique. » Car huit familles monoparentales sur dix ont des femmes à leur tête. À sa place, souligne-t-elle, un homme seul à revenu professionnel strictement nul, percevrait 635 euros de RSA.
    Contactée par Mediapart, la Caisse nationale d’allocations familiales (Cnaf) confirme que « la composition familiale détermine un montant forfaitaire de RSA fixé par décret. Ce montant peut être majoré, sous certaines conditions, pour une personne isolée ayant des enfants à charge, notamment lorsqu’un enfant est âgé de moins de 3 ans ou en cas de séparation datant de moins d’un an au moment de la demande. Le montant du RSA se calcule en fonction des #ressources du foyer, des prestations familiales ainsi que d’un forfait logement ».

    Sabrina Laubisse a saisi le tribunal administratif de Paris pour obtenir l’annulation du refus qui lui a été opposé. Après le rejet de son recours en septembre 2025, elle souhaite toujours que la justice reconnaisse son droit à percevoir cette aide. En parallèle, elle a soulevé une question prioritaire de constitutionnalité (#QPC), déposée le 5 mai 2026 également devant le tribunal administratif de Paris. Cette procédure permet à tout justiciable de contester la conformité d’une loi.

    La requérante conteste la constitutionnalité de deux articles du Code de l’action sociale et des familles qui encadrent le revenu de solidarité active (#RSA). Elle développe quatre griefs : l’incompétence négative du législateur, qui a délégué au pouvoir réglementaire le soin de définir ce qui compte comme « ressource » ; la violation du droit à des moyens convenables d’existence, garanti par le onzième alinéa du préambule de la #Constitution de 1946 ; la discrimination indirecte fondée sur le sexe, prohibée par l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 ; et la rupture d’égalité devant les charges publiques.

    #calcul_des_ressources #revenu #allocataires #contentieux

    • Elle chiffre en tout son préjudice à 200 000 euros. Car, outre le RSA, à cause de ces 9,62 euros de dépassement, la mère perd simultanément l’accès à la complémentaire santé solidaire (#C2S), aux aides pour le logement (APL), à la [so called] prime de Noël, aux tarifs sociaux pour les transports, ou aux bourses scolaires. Elle a donc demandé au tribunal administratif que toutes ces aides soient prises en compte dans le calcul de sa #réparation_financière, en plus des sommes de RSA non versées.

      Au-delà de la QPC et de son recours administratif individuel, Sabrina Laubisse a saisi, fin mai, le Défenseur des droits pour qu’il rende des observations devant le tribunal sur la discrimination indirecte sexuée, la Fédération syndicale des familles monoparentales (FSFM), plusieurs parlementaires au Sénat et à l’Assemblée nationale, ainsi que le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CNLE).
      Le 12 juin, elle a aussi interpellé le ministre de la justice, Gérald Darmanin, pour une demande de saisine de l’Inspection générale de la justice (IGJ), « pour un signalement de faits susceptibles de qualification pénale, et [un] appui à une inspection du traitement du RSA des familles monoparentales et des personnes malades », ainsi que pour une « demande de révision législative ». Elle demande au ministre de saisir l’IGJ afin que celle-ci examine le fonctionnement des juges aux affaires familiales et juges des enfants. Et ce, en vue de permettre l’accès des #familles_monoparentales aux #droits_sociaux.

      Sabrina Laubisse compte adresser au Conseil d’État une requête distincte, pour lui demander « de soutenir, au sein du gouvernement, une révision de ces dispositions afin que les prestations destinées aux enfants cessent d’être comptées comme un revenu personnel de leur parent pour l’appréciation du droit au minimum social ». De manière plus générale, la mère de famille ne peut s’empêcher de penser que les pouvoirs publics alimentent « un circuit de précarisation ».

      À l’issue de cette première étape de sa QPC, Sabrina Laubisse entrevoit une forme de satisfaction. « La route est longue et le combat doit se maintenir, réagit-elle. Le tribunal estime la question sérieuse, fondée, et les dispositions réglementaires non conformes à l’égalité. Il me donne raison sur le fait que le législateur ne peut laisser choisir le gouvernement sur ce qui doit être compté ou pas comme ressources, et ainsi créer des discriminations. » Mais surtout, elle s’autorise à rêver – « au-delà de [s]a situation de maman » – à la possibilité que sa QPC obtienne une réponse favorable. « Et là, ça signifierait que tant d’enfants vont voir leur vie un peu changer ! »

      #arbitraire

    • Bravo, mille bravos, c’est tellement épuisant comme situation. Bravo d’en faire une question politique.

      Pis, tu vois, c’est récurrent, juste le titre de l’article, pourtant là pour la défendre.

      Le combat acharné d’une mère isolée privée du RSA pour 9 euros de dépassement de ressources

      relis bien

      une mère isolée

      est-ce que jamais on te parle du père isolé ? mais c’est graave, elle est isolée par qui ? par la société, les médias, les journalistes, le monde des hommes et du patriarcat !
      Très bien, et c’est quoi une mère pas isolée ? une femme qui n’est pas seule ? en couple ? avec ? un homme ? Voila.
      Et donc merci madame monsieur la journaliste qui reprend de quoi recréer l’imaginaire d’une personne triste et vulnérable ISOLEE parce qu’elle ne reprend pas les codes de l’hétéronormalité. Alors qu’il existe un terme qui est cheffe de famille monoparentale pauvre , mais non, faut encore diminuer les rôles féminins possibles à deux termes : en couple ou isolée. Mère isolée, si vulnérable et avec personne pour la soutenir financièrement, si le terme existe, pas besoin d’aider cette femme, on va juste la désigner pour lui faire comprendre qu’il faut qu’elle se trouve un compagnon qui lui répare son frigo et sa télé et la pénètre au moins une fois par semaine, le samedi par exemple.

    • merci @mfmb je discutais ce matin avec une maman cheffe de famille monoparentale qui a 3 enfants, on se disait aussi que femme isolée est violent et incorrect (et pourquoi pas sorcière ?) et que c’est plutôt la société (patriarcale) qui est isolante et destructrice de liens d’entraide, d’amitié, de soutien etc

  • "Ceux qui restent" : À #Mbour, le #deuil « en #silence » des enfants de migrants disparus en mer

    "Depuis lors, je suis devenu silencieux", murmure Fallou, 12 ans, dans une évocation déchirante de la mort de sa mère sénégalaise après le #naufrage de la pirogue qui l’emmenait vers l’Europe. La jeune Sokhna est, elle, tourmentée par des #rêves où réapparaît son père migrant disparu en mer, au point qu’elle évite de passer devant l’océan et ses fantômes traumatiques.

    On les appelle "#ceux_qui_restent" : ces orphelins doivent composer face à l’attente insoutenable et le #deuil_impossible des "#absents-présents", leurs parents morts en mer ou dont on n’a plus jamais eu de nouvelles après la #disparition de leur embarcation.

    Le nombre de ces morts et disparus - et de leurs enfants - se chiffre au moins "à des milliers" au Sénégal ces dernières années, indique à l’AFP Saliou Diouf, fondateur de l’association "#Boza_Fii" qui lutte contre l’#oubli des personnes migrantes disparues.

    Dans la ville portuaire de Mbour (ouest), les vies abîmées et la parole sensible de ces enfants s’écoutent derrière les murs des maisons. Le #tabou entoure encore le choix de partir de leurs parents. La peur des familles de se confier aussi, dans un contexte où les autorités ont essentiellement une approche répressive pour empêcher les départs de pirogues, arrêter les passeurs, et secourir régulièrement des embarcations à la dérive.

    "J’ai beaucoup pleuré... et puis après je me suis dit que c’est la #volonté_divine", souffle à l’AFP dans une diction hachée Fallou, silhouette agitée de spasmes, en évoquant la mort de sa mère.

    A #Tefees, quartier de pêcheurs, aux ruelles de sable et maisonnettes précaires, Fallou et son frère de neuf ans sont heureux de se retrouver, appuyés l’un contre l’autre dans la chambre et seule pièce de vie de leur grand-mère, Ndeye Ndiaye.

    Leur vie a basculé quand leur mère, Awa, âgée d’une trentaine d’années, est décédée au Maroc en 2024, après le naufrage d’une pirogue.

    Depuis ce drame, "je suis devenu silencieux", lâche Fallou. Le garçon "n’en parle pas avec sa grand-mère ni avec ses amis", seulement avec son père lors de ses visites. "Il me raconte que ma mère était une bonne personne...".

    Comme souvent dans les familles où la mère migrante a disparu, la famille s’est disloquée : le père est retourné vivre dans sa famille, les enfants sont restés avec leur grand-mère. Mais acculée par le dénuement, elle a dû séparer les frères, confiant le plus jeune à son parrain.

    Awa n’avait pas informé sa mère de son projet, mais elle déplorait souvent de la voir "se fatiguer" et voulait lui "venir plus en aide".

    – "Prie pour moi" -

    "Elle m’a simplement dit qu’elle devait aller à Dakar", la capitale, relate Ndeye. Mais un soir, Awa l’appelle : "Maman, j’ai pris une pirogue pour rejoindre l’Europe et je voudrais que tu pries pour moi".

    Deux semaines d’#angoisse plus tard, un appel leur annonce son décès dans un hôpital au Maroc.

    "On ne m’a pas rapporté son #corps et j’en suis toujours là...", murmure Ndeye, qui ne peut retenir ses larmes. "Voir des enfants, des innocents comme eux, devoir vivre sans mère, ça vous affecte au plus profond de vous".

    En 2024, au moins 10.457 migrants sont morts ou disparus "à la frontière occidentale euro-africaine" en tentant de rejoindre l’Espagne via la périlleuse #route_Atlantique, selon Caminando Fronteras, le nombre le plus élevé enregistré depuis le début du recensement en 2007 opéré par cette association.

    Poussés par le désespoir face au manque d’opportunités dans leur pays (chômage, disparition des ressources halieutiques, etc...) et du fait que l’Europe restreint les visas et contrôle drastiquement ses frontières, les candidats à l’exil sont forcés de recourir à des embarcations clandestines, souvent vétustes et surchargées.

    "Souvent les #familles n’obtiennent pas assez d’informations pour faire leur deuil", souligne Saliou Diouf. "L’#acceptation de la disparition se fait très difficilement".

    Les enfants apprennent parfois la nouvelle brutalement dans la rue ou chez des voisins. Certains se débattent entre une attente insupportable, le refus d’accepter le décès, ou la colère.

    C’est le cas de Sokhna, 11 ans, visage d’ange assombri par un regard douloureux. Sa mère Fatou Ngom, son frère et sa soeur vivotent à Mbour dans une chambre et une cour louée à plusieurs familles.

    Le père, Assane, est porté disparu depuis que la pirogue qui le transportait a pris feu au large des côtes en 2022. On a simplement rapporté à Fatou qu’il "faisait partie des victimes".

    #Pauvreté aggravée -

    Fatou explique que Sokhna a depuis des moments "d’#absence", notamment en classe, et du retard dans sa scolarité. "Des fois la nuit, elle fait des rêves, elle crie “papa" plusieurs fois" dans la chambre où toute la famille vit.

    Même si leur relation semble complice, Sokhna explique sans détour que sa mère, encore accablée par le #chagrin et qui a beaucoup de mal à parler de la disparition de son mari, ne la "comprend pas" quand elle veut lui parler de son père.

    "Quand je rêve de lui et que j’ai peur parce que j’ai vraiment l’impression qu’il me parle, le lendemain je vais voir ma grand-mère", confie Sokhna. "Elle me raconte quand mon père courtisait ma mère, et des histoires sur lui...".

    "Je pense toujours à mon père quand je vois la mer", souffle-t-elle. C’est sa grand-mère, voyant son chagrin, qui a dit à Sokhna d’éviter de circuler par la plage et son alignement de pirogues.

    Contrairement à sa soeur qui garde son chagrin enfoui, Boubacar, 14 ans, a du mal à retenir son émotion en racontant ce jour de 2022 : "ma famille est venue trouver ma mère ; elle préparait du café. Ils ont dit “Assane est mort dans la pirogue“ ; elle était en état de #choc, elle s’est mise à pleurer, et nous aussi".

    "Mon père voulait nous construire une maison. Avant d’y arriver, Dieu a pris son âme...".

    "Je pense souvent à lui, surtout quand ma mère n’a pas l’argent pour la dépense quotidienne parce que c’est lui qui nous aidait à vivre", sanglote-t-il.

    A 14 ans, l’adolescent travaille déjà régulièrement après l’école dans un atelier de menuiserie métallique pour aider sa mère.

    Ces #orphelins doivent tenter de se reconstruire dans des familles brisées et qui tombent dans une précarité encore plus prégnante (réduction du nombre de repas, déscolarisation des enfants, endettement...). Nombre d’entre eux grandissent trop vite, éprouvés par les responsabilités.

    Près de Boubacar, sa soeur Coumba, cinq ans, pieds nus, vêtements élimés, s’amuse à dessiner sur un tableau accroché au mur de la cour. La fillette a grandi sans presque connaître son père.

    "C’est elle qui me fait pleurer parce qu’elle me demande toujours des nouvelles de son père", confie Fatou. "Je lui réponds qu’il est en voyage".

    "Elle peut devenir folle si on lui explique maintenant...", renchérit Boubacar.

    – Briser le silence -

    La douce Amy Dramé n’a pas non plus dit la vérité à ses enfants de dix, six et trois ans. Son mari - qui avait vu tous ses collègues pêcheurs acculés par la pauvreté tenter la traversée - l’a appelée depuis un bateau le 10 août 2024.

    "Il m’a demandé des nouvelles des enfants, et de prier pour lui ; c’est la dernière fois que j’ai eu des nouvelles", dit-elle, bouleversée.

    Un mois après, les autorités les ont informés que la pirogue avait échoué au Cap-Vert, sans survivants.

    Amy continue à dire à ses enfants que leur père est en campagne de pêche. "Ce sont des enfants...", lâche-t-elle. "Ils prennent tout le temps mon téléphone pour regarder des vidéos de leur père ; ils ne vont pas l’oublier...".

    Tenter de briser ce silence, c’est l’objectif d’un programme pionnier au Sénégal de prise en charge psycho-sociale de ces enfants, débuté en 2024.

    Plus d’une cinquantaine d’orphelins sont accompagnés par l’ONG internationale #Délégation_diocésaine_des_Migrations_du_Sénégal (#DDM_Sénégal) et le #Collectif_des_victimes_de_l'émigration_irrégulière_au_Sénégal (#Coves), qui ont entamé ce travail après avoir constaté la souffrance des femmes de disparus et leurs enfants, particulièrement due au "#deuil_ambigu" lié à l’#incertitude sur le décès.

    "On a constaté que beaucoup de leurs enfants souffraient aussi, d’une manière différente, plus en silence, avec beaucoup de #colère", explique Jordi Balsells, directeur de la DDM.

    L’ONG fait trois tournées par an dans d’autres régions du Sénégal, et mène des accompagnements à domicile.

    Dans le centre de Mbour, dans un bâtiment baigné de lumière, alors que leurs mères travaillent dans un atelier de couture pour avoir une source de revenus supplémentaire, les enfants - tous orphelins de pères migrants - sont reçus en thérapie.

    Si en apparence plusieurs chahutent en patientant, cela masque souvent une attitude fragile.

    Babacar Ndiaye, 12 ans, submergé par l’émotion, ne parviendra pas à se confier sur la disparition de son père mareyeur en 2024 dans le chavirement d’une pirogue au large de Mbour.

    "Sache que si tu veux parler, on est là", lui dit doucement Tesa Reimat Corbella, médecin spécialisée dans le deuil, qui s’occupe de l’accompagnement psycho-social.

    – "#Stigmatisation" -

    A l’inverse, son frère de neuf ans, Pape Balla, dégage une assurance étonnante. Il se confie tout en ne lâchant pas deux figurines de crocodile et de lama.

    "Mon père ne voulait pas partir mais c’est celui qui a organisé le voyage qui l’a forcé !", lance-t-il, manière à lui de faire face à cet abandon qu’il ne comprend pas. "Ca me fait mal qu’il ait disparu ; je voulais qu’il reste avec nous...".

    "J’ai des amis au quartier qui ont vécu la même chose mais on n’en discute pas", ajoute Pape, qui raconte aussi des souvenirs aux côtés du père. "Il m’achetait souvent des ballons et ça me manque...".

    A l’instar de Babacar, Bambi Diop, 10 ans, ne pourra d’abord n’articuler que quelques mots : "je veux pas parler de mon père...".

    Avec sollicitude, la psychothérapeute Katy Faye prend Bambi par les épaules et tente de calmer son accès de larmes.

    "Quand je pars en classe je pense à lui", lâche Bambi finalement, expliquant que c’est souvent son père qui la déposait à l’école.

    La fillette reste en partie dans le déni, affirmant à l’AFP que son père vit dans une autre ville du Sénégal et qu’il va "bien". Des mots qui surprendront sa mère, qui assure que sa fille "sait" que son père est décédé dans un naufrage en 2024.

    Pour Tesa Reimat Corbella, le principal défi, "c’est de casser le silence" entourant la disparition. "Il faut commencer à donner des mots à ce qui s’est passé, pouvoir parler avec les enfants du souvenir de qui était leur père, et travailler avec le parent qui est resté".

    Elle se réjouit que l’ONG ait réussi à créer "un espace sûr, où ils peuvent partager avec les autres enfants". "Le fait qu’ils acceptent ce qui est arrivé et qu’ils peuvent en parler sans peur, sans honte, c’est le plus important".

    Mais il y a "encore beaucoup de travail", reconnaît-elle. "Quand les enfants sortent de cet espace, à l’école ou dans la rue il y a encore de la stigmatisation".

    Acteur de la société civile et spécialiste depuis 20 ans des questions migratoires, Mamadou Diop Thioune regrette que le soutien économique et psycho-social à ces familles ne soient "pas pris en compte dans (nos) politiques publiques".

    Il pointe le manque d’information des autorités, d’outils et de personnel formé, alors que les "conséquences sociales" pour le Sénégal de ces disparitions d’exilés "sont dramatiques".

    Au centre DDM, une lumière douce de fin de journée apaise l’atmosphère. Les enfants alignés sur des matelas au sol sont fascinés par le film d’animation "Kirikou et la Sorcière", sous le regard de Tesa et ses collègues.

    La société sénégalaise doit être davantage "sensibilisée sur la situation des disparus et de leurs familles", martèle Tesa. "C’est important de redonner une dignité aux personnes disparues, des gens qui étaient partis chercher une vie meilleure", plaide-t-elle.

    "Il faut qu’on puisse parler de ce sujet sans cacher ces enfants et ces familles".

    https://www.seneweb.com/fr/news/Societe/ceux-qui-restent-a-mbour-le-deuil-en-silence-des-enfants-de-migrants-dispar

    #Sénégal #migrations #mourir_aux_frontières #morts_aux_frontière #décès

    ping @6donie

  • "Se regrouper pour pouvoir parler de la disparition de nos proches" : au #Maroc, un millier de mères et sœurs mobilisées pour leurs #disparus

    Des mères et sœurs marocaines de disparus animent depuis bientôt dix ans une #association pour faire entendre leurs voix dans un pays où l’exil est souvent criminalisé. Au fil des années, leur association a regroupé près d’un millier de proches de disparus sur leur route vers l’Europe, dans différentes zones frontalières : Balkans, Atlantique, Méditerranée… Rencontre avec cinq femmes qui ne lâchent pas leur combat, à #Rabat.

    Sous l’œil des locaux et des touristes étrangers assis en terrasse, des barques de pêche flottent lentement dans le port de Rabat. Deux plages de sable fin, où des adolescents courent vers l’eau, encadrent d’un côté et de l’autre l’embouchure dominée par la Kasbah des Udayas, berceau de la capitale marocaine. Une petite fille portant dans son dos deux ailes de papillon rose sautille de rocher en rocher. Un couple se tient droit, immobile, le regard vers l’horizon. Tout au bout de leur regard, tout au bout de cet estuaire du #fleuve_Bouregreg : l’#Atlantique.

    “C’est d’ici, en partant de cette #rivière, que mon frère est sorti du pays, vers l’océan”, souffle Hafida Labiad, le regard cerné de noir. Son visage calme recèle un espoir, ou un tourment, impossible à faire taire : "Il y a des rumeurs sur le fait que lui et ses compagnons de route auraient pu être récupérés par les secours espagnols et portugais". C’était il y a cinq ans. Dix-sept autres personnes ont disparu sur le même bateau.

    Des embarcations de fortune tentent parfois de prendre la mer depuis les zones côtières autour de Rabat, malgré la surveillance et les interceptions régulières des autorités marocaines. Soixante-dix mille tentatives ont été interceptées sur l’ensemble du territoire marocain en 2025, selon les autorités.

    Après la disparition de son frère, #Hafida_Labiad a co-construit le collectif des familles marocaines de disparus aux côtés de #Hassan_Ammari. Celui-ci préside l’#Association_Marocaine_d’Aide_aux_Migrants_en_Situation_Vulnérable (#AMSV), créée en 2017 et basée à Oujda, qui regroupe aujourd’hui en son sein les familles de disparus réunies au fil des années par Hafida.

    986 familles réunies par l’association

    "Pour ne pas vivre seules la situation, l’association nous a regroupées pour pouvoir parler de la disparition de nos proches", explique Fatima Al-Kazar, qui arbore un haut à fleurs bleues. Son fils, Ashraf Charabi, a disparu il y a cinq ans en Algérie avec trois autres personnes.

    Pour mettre en lien et organiser les familles, des groupes #whatsapp ont été créés. Il en existe treize, organisés par territoires de disparition : "Les disparus en Turquie, en Algérie, dans la Méditerranée, dans l’Atlantique, au Maroc, sur la route des Balkans, en Libye…", déroule Hassan Ammari. "Au total, nous sommes à 986 familles".

    Hafida Labiad, qui est présente dans tous les groupes au vu de son rôle d’animatrice, est particulièrement concernée par celui sur les routes de l’Atlantique - depuis la disparition de son frère. Avec le collectif, "Il n’est pas question de ma seule souffrance : on partage la #souffrance entre les familles, mais aussi le #partage des informations", résume-t-elle.

    Un #guide illustré, un livre "contre l’#oubli"

    Le collectif a édité, en 2024, un "Guide illustré : à la recherche d’un disparu ou d’un détenu aux frontières". Il y est écrit comment contacter la police, le ministère des affaires étrangères, le Croissant rouge ou la Croix rouge selon les pays… Cet outil qui n’existait pas auparavant permet de contrer le #désarroi : quand une disparition survient, "nous ne savons pas où aller, ce qu’on peut faire... Les informations qui nous arrivent sont parfois fausses ou sont de l’escroquerie”, explique Fatima Al-Kazar. Grâce à ce guide destiné à toute famille concernée, "on peut mieux se repérer".

    L’association diversifie les moyens de diffusion. Imane El Bouastaoui, jeune femme discrète à la voix douce, lunettes de soleil rectangulaires remontées sur son foulard couleur parme, est l’autrice d’un livre, "Entre les vagues et l’absence". L’ouvrage raconte la quête de son frère disparu lors d’une traversée vers les îles Canaries. Il est préfacé par l’association, qui a aidé à son édition. "C’est un #livre contre l’oubli", en dit Imane. "Énormément de ces disparitions tombent dans l’oubli. Moi, je ne veux pas que mon frère et ses amis soient oubliés. Je voulais que ce roman soit un miroir, et une mémoire, pour les autres familles".

    Elle rencontre l’association un an après la disparition de son frère dans l’Atlantique. Celui-ci était parti d’Algérie, au milieu d’un groupe de 42 personnes. "Le disparu reste souvent un chiffre. Moi, je ne veux pas qu’il soit un #chiffre, je veux qu’il soit un #nom." Il s’appelait Mohammed El Boustaoui. "Mon roman donne à voir un nom, une famille, un être humain". Écrire est aussi une façon de ’répondre au silence des structures officielles’", complète la jeune femme.

    Mobilisations face au Parlement et au ministère des affaires étrangères

    Au Maroc, les #familles de disparus décrivent en effet le #tabou qui règne autour des disparitions, tant le fait de prendre la route de l’exil est mal considéré. Hafida s’en souvient : lorsqu’elle a tenté en 2022 de déposer, pour l’association, une déclaration collective de disparitions à la police marocaine, "ils nous ont dit : ’Votre proche, c’est lui qui s’est enfui du pays. Ce n’est pas un disparu’. On était criminalisés. Cela m’a mise en colère".

    Dans la foulée, l’association s’est mobilisée face à ce refus de prise en compte des autorités. Des familles sont venues de Beni Mellal, de Oujda, de Marrakech, de Berkane… jusqu’à Rabat. "On était quasiment 80 familles représentées", raconte Hafida. Ensemble, elles ont tenu un #sit-in devant le Parlement à la façade rouge, situé sur une grande avenue de la capitale. Au milieu de cette avenue se trouve une fine esplanade, éclatante au soleil, cernée de hauts palmiers et de quelques bancs : celle-ci fait office de lieu de rassemblement pour les manifestations. "Malheureusement, ce jour-là, les familles ont été frappées par les forces de l’ordre", raconte Hafida.

    Pas de quoi les décourager cependant. "Après, on s’est dirigé en groupe vers le ministère des affaires étrangères pour y déposer notre déclaration. Ensuite, l’association s’est chargée du suivi avec le ministère", expose Hafida Labiad. Un an après, en 2023, nouveau rendez-vous ici à Rabat : cette fois, pour un sit-in devant le siège de la délégation de l’Union européenne (UE). Une représentante est venue à leur rencontre, à laquelle les familles ont pu remettre une lettre contenant leurs revendications pour obtenir l’aide de l’UE quant aux recherches de leurs proches disparus et au processus d’identification. Les familles ont aussi pu se rendre au siège du CICR (comité international de la Croix-Rouge) au Maroc.

    Malgré ces #mobilisations, "on voit peu de changement dans nos relations avec les autorités et la police". Une victoire tout de même, avec le ministère marocain des affaires étrangères : "Eux reconnaissent désormais qu’il s’agit de disparitions". Grâce à ce canal ouvert avec ce ministère, en 2025, le consulat du Maroc en Espagne, basé à Almeria, a demandé de lui-même des informations sur les disparus recensés par l’association, pour procéder à d’éventuelles identifications de corps retrouvés en Espagne. Depuis, les familles attendent des nouvelles.

    #Identification des corps : quand le collectif ouvre les portes

    S’engager dans des procédures d’identification reste un parcours du combattant : l’association permet de donner du poids aux familles pour obtenir la prise en charge de leur test #ADN. Le cas de Fatema Mesdar l’illustre bien. Son fils Oussama Lamari a disparu avec 33 autres personnes, à bord d’un bateau parti des côtes tunisiennes. Seuls deux corps auraient été retrouvés.

    Mais cela, les familles marocaines ne l’ont appris que trois mois après le naufrage. "Cette absence d’informations, c’est aussi parce que les passeurs s’en sont mêlés. Le jour où on l’a appris, il était trop tard, les corps allaient être enterrés [dans la ville de] Menzel Bourguiba…", raconte Fatema, habillée tout en rose pâle, le regard doux. "On attend encore de connaître leur identité : le premier corps a été identifié, mais le deuxième toujours pas, alors qu’il y avait deux passeports retrouvés”.

    Pendant des semaines, avant de connaître l’association, Fatema avait mené ses recherches en solitaire. "Je suis allée de Casablanca à Tunis, toute seule, en avion. J’y suis restée 45 jours. Je menais mes recherches isolée sur moi-même, dans l’obscurité". Plusieurs familles finissent par lui dire de ne pas rester seule et une femme l’oriente vers l’association, à laquelle Fatema Mesdar confie tous ses documents et vidéos obtenues lors de ses recherches en Tunisie sur le naufrage. Elle commence à participer à des ateliers regroupant les familles. "On m’a donné la parole. Pour la première fois je me suis sentie soulagée, écoutée. C’étaient des moments forts émotionnellement."

    Ce soutien lui a donné l’énergie de relancer ses recherches, auprès d’autres institutions, appuyée désormais par l’association. Fatema est retournée en Tunisie, mais cette fois, en portant la parole de tout un groupe. "Aucune porte ne m’a été fermée, parce que je portais la parole de tout un collectif. Toutes les structures m’ont reçue et écoutée. J’ai été à Djerba, à Sfax, auprès de la gendarmerie, la police, le ministère de l’Intérieur, les gardes-côtes tunisiens… On m’a accueillie partout. J’ai même pu faire mon test ADN gratuitement."

    Au-delà de son cas, Fatema Mesdar bataille désormais pour améliorer les #procédures_d’identification pour toutes les familles de disparus. Mais aussi pour les encourager à transmettre leurs données et leur ADN. "Au début les familles des disparus dans le même bateau que mon fils avaient peur, par rapport aux #passeurs : l’un était en Tunisie et l’autre, un Marocain, en Italie", relate-t-elle. La peur se joue aussi dans la relation aux autorités : "Il faut de la #sensibilisation", insiste Fatema.

    Décès, détenus : quand les #enquêtes_citoyennes aboutissent

    Malgré toutes ces procédures administratives et judiciaires, "j’ai l’impression de n’avoir rien fait pour mon fils. Je me sens coincée", confie Fatema, toujours en attente de réponse. La Tunisie lui a indiqué que son test ne correspondait à aucun corps retrouvé. Côté marocain, elle est toujours en attente. Comme d’autres familles, elles aimeraient pouvoir envoyer ses données en Espagne ou au Portugal, de l’autre côté de la mer. "Je veux juste un cheveu de mon fils, vivant ou mort. Je veux juste aller pleurer sur la tombe de mon fils".

    Le problème, c’est qu’il "n’y a pas de réelle concertation des différentes autorités sur la question de l’identification. Nous avons besoin d’une #base_de_données centralisée", défend Hassan Ammari, le président de l’association. Son équipe a procédé elle-même à l’identification de 56 personnes depuis 2017. Hors des procédures officielles en premier lieu, et avec les moyens du bord - jusqu’à obtenir la validation officielle, in fine, d’un juge qui autorise ainsi la famille à récupérer le corps. Ce travail citoyen de fourmi, aboutissant à des dossiers enfin clôturés, est synonyme de "souffrance, car c’est un processus extrêmement fastidieux".

    D’autres dossiers se concluent par des proches retrouvés en prison. Bouaïcha, membre de l’association depuis un peu plus d’un an, avait perdu la trace de son fils en Algérie il y a sept ans. "En premier lieu, on m’a dit qu’il était mort. Mais j’avais le sentiment qu’il était en vie. Je suis allée seule de Casablanca à Oran, pour ramener mon fils vivant ou mort : je m’étais donné ce défi là". Mais seule, "je ne savais pas où aller, à quelles structures m’adresser, quels discours utiliser", retrace cette femme au sourire mélancolique, des plis rieurs aux coins des yeux, vêtue tout de bleu. "Pendant un mois, de 7 heures du matin à 19 heures, je tapais à toutes les portes, en vain. J’ai aussi gaspillé énormément d’argent dans les transports".

    Depuis sa rencontre avec l’association, elle a pu relancer ses recherches, avec l’appui d’une avocate. Quinze jours après, l’avocate avait identifié la prison où son fils se trouvait en réalité détenu en Algérie, au nom de la loi 08-11, qui rend l’immigration irrégulière pénalement répréhensible de plusieurs années de prison. "Mère d’un disparu, elle est devenue mère d’un détenu", résume Hassan. Sept ans après, "j’ai enfin pu rendre visite à mon fils, en prison" raconte, émue, Bouaïcha. "Pour seulement 15 minutes". Depuis, son fils a aussi réussi à lui envoyer des lettres, et à lui parler une fois par téléphone, grâce à la clémence d’un gardien.

    Rencontrer d’autres familles, "c’est ce qui m’a donné la force de parler de mon fils", malgré cette condamnation qui couvre d’une chape de plomb son histoire. "L’association a été un tournant dans ma vie", conclut Bouaïcha. Aujourd’hui, j’ai trouvé une famille. Une grande famille".

    https://www.infomigrants.net/fr/post/72092/se-regrouper-pour-pouvoir-parler-de-la-disparition-de-nos-proches--au-
    #migrations #mourir_aux_frontières #décès #morts_aux_frontières #femmes #criminalisation

    ping @6donie

  • Immigrés : malgré l’inflation, les transferts d’argent continuent pour soutenir les familles restées au pays - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71894/immigres--malgre-linflation-les-transferts-dargent-continuent-pour-sou

    Immigrés : malgré l’inflation, les transferts d’argent continuent pour soutenir les familles restées au pays
    Par Adèle Surprenant Publié le : 18/06/2026
    En dépit de l’inflation, de l’instabilité politique et économique ou de la hausse des inégalités, l’argent envoyé par les migrants dans leur pays d’origine demeure un flux stable. En France, les immigrés - soumis à des pressions familiales souvent - rognent sur d’autres postes de dépense pour maintenir les envois d’argent à leurs proches. « Qui est arrivé en dernier ? », demande le nouveau venu qui se glisse derrière la dizaine de clients déjà entassés dans les quelques mètres carrés du Ria, opérateur de transfert de fonds et de change, à Marseille (sud de la France). Son tour venu, le quarantenaire, vêtu d’un maillot de l’équipe de foot Raja de Casablanca (au Maroc), s’approche du guichet, visiblement nerveux. « Pour envoyer 150 euros, s’il vous plaît ». Sa carte bleue est refusée une première fois, puis une seconde fois. Finalement, il sort trois billets de 50 euros.
    À la sortie, Abdel* s’allume une cigarette : « C’est le début du mois et je suis déjà à sec », reconnaît le salarié en contrat à durée déterminée (CDD), chauffeur dans une entreprise de déménagement. « Mon frère m’a appelé, ma mère est malade, ils ont besoin d’argent, c’est comme ça », résume-t-il, laconique. Plus loin, une autre cliente du Ria avance le même argument. « Bien sûr que l’inflation nous touche. Mais est-ce qu’on a vraiment le choix, quand nos parents sont malades ? », lâche-t-elle, avant de s’élancer sur La Canebière, artère commerciale du centre-ville de Marseille.
    Malgré le « contexte d’incertitude économique, de conflits et de montée des inégalités », les remises d’argent - ou transferts d’argent que les émigrés envoient à leurs proches restés dans leur pays d’origine - sont un flux financier « remarquablement stable », selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). En 2024, 19,7 milliards de dollars (environ 17 milliards d’euros) ont été envoyés depuis la France vers l’étranger. Et ce, malgré un contexte économique compliqué par l’inflation.
    « Pour les migrants, il y a un versement qui n’est jamais remis en question, quelles que soit les difficultés économiques rencontrées : ce sont les versements aux ascendants [parents et grands-parents, ndlr] », affirme Caroline Henchoz, professeure à la Haute école de travail social et de santé de Lausanne (Suisse), spécialiste en sociologie économique, du genre et de la famille. Les migrants vont préférer se serrer la ceinture sur d’autres postes de dépense, comme l’alimentaire, le vestimentaire et les loisirs, plutôt que de diminuer ou arrêter les envois d’argent réguliers. D’autres types d’envois de fonds, comme ceux destinés à « investir » dans l’éducation de proches ou dans le secteur commercial, sont « plus vulnérables », explique encore la professeure.
    Les envois de fonds des exilés « dépassent désormais la valeur combinée de l’aide publique au développement [ensemble de flux financiers ayant pour but de favoriser le développement économique des pays en développement, ndlr] et de l’investissement direct étranger [IDE, investissement international, ndlr] », d’après l’OIM. "Ces fonds dépendent d’un travail invisible des migrants, de leurs privations, ce qui est souvent très peu mis en avant", dit Caroline Henchoz, soulignant le décalage avec les discours « négatifs » sur l’immigration.
    Le travail financier, fait de sacrifices et d’heures supplémentaires, est décuplé par un « travail émotionnel », selon elle, qui doit composer avec des « pressions familiales importantes ». En face, les migrants vont eux-mêmes développer des attentes vis-à-vis des proches avec qui ils entretiennent ces liens financiers. « On se prive du superflu du luxe, mais l’argent versé doit être utilisé pour le nécessaire. »Étudiant en deuxième année de Licence à Aix Marseille Université, Jessie Mahongeu, 28 ans, a l’habitude de venir au Western Union du boulevard d’Athènes, à l’ombre de la gare Saint-Charles, pour recevoir des « mandats » de ses parents, commerçants en République démocratique du Congo (RDC).
    Ce jour-là, c’est à son tour d’envoyer de l’argent à un proche, resté au pays : sept euros qui pèsent déjà lourd sur son budget serré, complété par 15 heures de travail hebdomadaire dans un fast-food marseillais. L’augmentation du coût de la vie impacte son quotidien, comme ses projets d’avenir, devenir enseignant-chercheur en chimie.
    S’il n’envoie des fonds que ponctuellement, l’étudiant sait que viendra son tour de « prendre la relève » de façon permanente. Les pressions familiales ? Il les subit, sans les condamner : « Nos parents ne savent pas la réalité ici, ils pensent que quand tu viens à l’étranger, tu as déjà réussi ».La « réalité » - entre inflation, crise du logement et hausse du taux de chômage - pourrait encore être compliquée par les effets économiques de la guerre en Iran et de la fermeture du détroit d’Ormuz. Pourtant lorsque la conjoncture économique est mauvaise, les transferts d’argent augmentent : c’est l’"effet contracyclique", explique Hillel Rapoport, professeur à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne et titulaire de la chaire Économie des migrations internationales à PSE-École d’économie de Paris. Elle consiste à stimuler l’économie lorsque celle-ci tend à ralentir, et à la freiner lorsqu’elle s’emballe.
    Outre les envois de fonds, le rôle de la migration est principalement de « créer des ponts » économiques, commerciaux ou éducatifs entre les pays de départ et les pays d’immigration, soutient Hillel Rapoport. « La migration contribue surtout à l’insertion des pays d’origine dans l’économie mondiale ».

    #Covid-19#migration#migrant#france#economie#transfert#APD#sante#famille

  • Geburtstagsgruß an Raúl Castro: Was ich Kubas Revolutionsführer zu verdanken habe
    https://www.berliner-zeitung.de/article/geburtstagsgruss-an-raul-castro-was-ich-kubas-revolutionsfuehrer-zu

    5.6.2026 von Peter Chemnitz - Von der Reisefreiheit 2012 bis zur Flucht eines Sohnes in die USA: So prägte die Politik von Rául Castro das Schicksal einer deutsch-kubanischen Familie.

    Felicidades, Raúl Castro. Am 3. Juni sind Sie 95 Jahre alt geworden und noch immer der eigentliche Chef dieser kleinen Karibikinsel, deren Schicksal seit Monaten die ganze Welt in Atem hält. Welches Geburtstagsgeschenk sich die Regierung der Vereinigten Staaten wohl ausgedacht hat? Einen kleinen Ausflug nach Florida vielleicht? Aber ich will nicht zynisch werden, unsere deutsch-kubanische Familie hat Ihnen immerhin einiges zu verdanken.

    Sie waren derjenige, der den Kubanern ihre Reisefreiheit zurückgab, die ihnen Ihr großer Bruder nach der gelungenen Revolution von 1959 entzogen hatte. Aber Sie fanden seinerzeit aus einer Position der momentanen Stärke heraus, dass Weltanschauung von Welt anschauen kommt, und genehmigten fast jedem – ausgenommen Ärzte, Militärs und anderem für die Fortexistenz der Insel wichtigen Personal – die begehrten blauen Pässe.

    Das war am 16. Oktober 2012. Und Kuba schien damals auf einem gutem Weg zu sein. Auch Ihre Wirtschaftsreformen griffen. Scheinbar. Wie Millionen Kubaner jubelten auch wir. Wir würden nicht mehr auf die biologische Uhr warten müssen, also dass Sie und Ihr Bruder das Zeitliche segnen mussten, damit sich etwas verändert. Es gab Bewegung. Was innerhalb der Revolution als möglich angesehen wurde, war plötzlich weit und groß und geradezu visionär.

    Schikanen über Schikanen

    Keine behördliche Sondergenehmigung, keine offizielle Einladung mehr, um das Land verlassen zu dürfen. Auch nicht für Minderjährige. Und auch wir sahen zuerst nicht den Fallstrick, dass zur Ausreise auch eine genehmigte Einreise gehört. Wann sollte die Lockerung in Kraft treten? Zum 14. Januar 2013 stand im Gesetzblatt.

    Ausreichend Zeit, ein Visum für unseren auf Kuba zurückgebliebenen, damals siebenjährigen Sohn zu beantragen. Was wir nie gedacht hätten: All jene europäischen Regierungen, die gerade noch von den in Havanna regierenden Kommunisten lautstark Demokratie, Menschenrechte, Meinungsfreiheit und eben Reisefreiheit eingefordert hatten, zeigten nun ihr wahres Gesicht. Bundeskanzlerin Angela Merkel von der CDU allen voran.

    Keine Willkommensschilder für Zehntausende kubanische Reiselustige, auch wenn die sie Einladenden sich in Erklärungen bei den Ausländerbehörden verpflichteten, alle eventuell entstehenden Kosten bis zur zwangsweisen Rückführung zu übernehmen und sogar Sicherheitsleistungen in vierstelliger Höhe zu hinterlegen.

    Ganz zu schweigen von dem, was die Behörden in Deutschland und dann noch einmal die Botschaft sonst zur Einsichtnahme forderten: Mietvertrag, Arbeitsvertrag, Spareinlagennachweis ... Schikanen über Schikanen. Deutsche wie Kubaner hatten sich nackt zu machen, wohlgemerkt vor den deutschen, nicht den kubanischen Behörden. Letzteren war plötzlich alles einerlei.

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    Raúl Castro zu Besuch bei Leonid Breschnew im Jahr 1979 © Vladimir Musaelyan, Eduard Pesov/Imago

    Keine Ahnung, wie unser Sohn das geschafft hat

    Ja. lieber Raúl Castro, Sie haben den deutschen Beamtenschimmel kräftig zum Wiehern gebracht. Und mancher Rechtsanwalt dürfte sich eine goldene Nase verdient haben. Und manche auseinandergerissene Familie dürfte schier verzweifelt sein in Folge von Entscheidungen, die selten nachvollziehbar waren. Wir hatten damals Glück, haben der Bürokratie nach den ersten Ablehnungen die Sporen gegeben. Als gelernter DDR-Bürger wusste man Vitamin B einzusetzen.

    Letztlich durfte unser Sohn in den großen Sommerferien ins gelobte Land. Und da er brav wieder zurück in die Zukunft flog, durfte er wieder und wieder kommen, am Ende sogar mit einem Multivisum. Und als wir den Halbstarken dann ganz zu uns holen wollten, bereits alle behördlichen Zustimmungen hatten, saß er plötzlich in einer ganz anderen Maschine.

    Keine Ahnung, wie er es geschafft hat, aber als Minderjähriger passierte er auch ohne elterliche Einwilligung die kubanische Ausreisekontrolle, die wohl von den zahlreichen Schengen-Visa im Pass etwas geblendet war, flog nach Nicaragua und zog durch mehrere Länder bis ins Land der unbegrenzten Möglichkeiten. Nicht in Deutschland schaffte er letztlich die Hochschulreife, sondern auf einem College in Texas.

    Doch zuvor jubelten wir noch einmal über einen Coup: Als US-Präsident Barack Obama und Sie am 17. Dezember 2014 erklärten, einen Prozess zur Normalisierung der Beziehungen zwischen beiden Staaten eingeleitet zu haben. Plötzlich schien die Eiszeit zu Ende und der Traum von einem wirklichen (sozialistischen) Inselparadies in greifbare Nähe gerückt zu sein.

    Mit einem „Vorwärts immer, rückwärts nimmer“ hätte das der kurz nach dieser Aussage auf dem Müllhaufen gelandete DDR-Staatsratsvorsitzende Erich Honecker wohl kommentiert. Aber leider gibt es zu oft Rückwärtsrollen, wie bald US-Präsident Donald Trump beweisen sollte. Statt Annährung neue Konfrontation. Und es macht durchaus Sinn, noch einmal nachzulesen, was Obama damals zur Zukunft Kubas schrieb, insbesondere über die Zerrissenheit zwischen den auf der Insel Lebenden und jenen im Exil.

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    Geburtshaus von Fidel und Raúl Castro in Holguín

    Ein Pragmatiker – im Gegensatz zum großen Bruder

    Ja, lieber Towarisch Raúl, so ist das. Ich bin Ihnen übrigens mal ganz nahegekommen. Das war bei der großen Abschiedszeremonie für Ihren Bruder in Santiago de Cuba auf dem nach Antonio Maceo benannten Platz der Revolution. Ich hatte mich durch die versammelten Masse bis zur endgültigen Absperrung durchgedrängelt und sah Sie durch die Linse meines 200er Objektivs klein und traurig neben dem massig wirkenden venezolanischen Revolutionsführer sitzen. Näher sind wir uns nie gekommen.

    Was wird aus Ihnen, Raúl Castro? Werden Sie in Frieden sterben dürfen? Werden Sie einmal ein Staatsbegräbnis erhalten wie Ihr großer Bruder? Welche Wahrheiten über Sie werden einmal ans Tageslicht kommen?

    Sie werden nicht nur beschuldigt, die Verantwortung für den Abschuss von zwei Zivilflugzeugen einer exilkubanischen Organisation über internationalen Gewässern mit vier Toten zu tragen, sondern haben auch die standrechtliche Erschießung von mindestens 70 Personen durch Ihre Rebellen in Santiago de Cuba im Januar 1959 angeordnet, über die sogar die Zeitungen jener Tage berichteten. Sicher, jede Revolution hat ihren Dreck. Und als Präsident haben Sie so manches versucht, wieder zurechtzurücken. Da waren Sie im Gegensatz zu Fidel ein Pragmatiker.

    Ich war zweimal an jenem Monolithen, der auf dem Heldenhain in Mayari Arriba Ihren Namen und den Ihrer bereits verstorbenen Ehefrau trägt. Aus deutscher Sicht kam es mir etwas merkwürdig vor, dass der Name eines noch Lebenden bereits auf einem Grabstein steht. Übrigens hat sich jene Frau, die mich damals führte und mir von Ihren Heldentaten und denen jener, die aus ihrer Verwandtschaft einst an Ihrer Seite kämpfen, erzählte, inzwischen mit Kind und Kegel in die USA abgesetzt. Sie hat für sich und ihre Familie auf Kuba keine Zukunft mehr gesehen. So wie gut eine Million Kubaner insgesamt. Damit haben Sie Trump ganz schön verärgert.

    Eine Abstimmung mit den Füßen, die Sie letztlich 2012 mit Ihrem Dekret ermöglichten. Aber, dass die Flucht diese Größenordnung annimmt, hätten Sie nie gedacht, stimmts? Verzweifeln Sie manchmal an der kubanischen Regierung, an der Führung, an ihrem Nachfolger, an den alltäglichen Schlampereien und dem Desinteresse in den kubanischen Betrieben? Spielen Sie manchmal durch, wie es wäre, wenn das ganze Land nach ihrer Pfeife tanzen würde, wenn alles so hervorragend gemanagt wäre, wie in jenem gewaltigen, während der „Sonderperiode in Friedenszeiten“ 1990 von Ihnen gegründeten Wirtschaftskomplex mit dem unscheinbaren Namen Unternehmensgruppe der Verwaltung (GAE), den Sie als Armeegeneral noch immer führen und der richtig Devisen erwirtschaftet?

    Videos und Fotos als Würdigung

    Raúl Castro sei „der feste Patriot, der uns lehrt, die Revolution zu verteidigen, mit Zärtlichkeit und mit Gewehr, mit Studium und mit Intelligenz“, heißt es in einer Resolution des kommunistischen Jugendverbandes. Der hat nun nicht nur seine Mitglieder, sondern die Kubaner insgesamt aufgerufen, kurze Videos aufzunehmen oder Fotos hochzuladen, in denen sie erzählen sollen, „welche Bedeutung Raúl“ in ihrem täglichen Leben hat. Als Würdigung und Geburtstagsgeschenk zu Ihrem 95.

    Damit konfrontiert hat uns unser großer Sohn ein Foto geschickt. Es zeigt drei junge Männer, breitbeinig in Arbeitsklamotten in eine ferne Zukunft blickend. Drei Wahl-Texaner mit ungewissem Aufenthaltsstatus, die noch immer von ihrer Heimat träumen und ihre Flucht in keiner Sekunde bedauern. Werden sie einmal auf die Insel zurückkehren? Sie sagen nein, ich denke ja. In diesem Sinne: Patria y vida.

    Peter Chemnitz, Jahrgang 1962, reist seit 2000 nach Kuba, ist seit 2007 mit einer Kubanerin aus dem Oriente verheiratet. Er lebt mit seiner Familie in Dresden.

    #Allemagne Cuba #famille #histoire

  • Zwischen Erwerbszwang und Aufsichtspflicht : GKV-Reform wird für Eltern zur Falle
    https://www.berliner-zeitung.de/article/verfassungsrechtlich-angreifbar-mit-der-gkv-reform-bricht-die-cdu-m

    Les chrétien-démocrates contre les familles - la nouvelle loi censée parer l’augmentation des frais médicaux abolit la gratuité de l’assurance maladie pour les épouses et époux sans emploi. Suivant l’auteur de cet article c’est anticonstitutionnel et antisocial en plus.

    J’espère que ce projet de loi fera enfin comprendre à la majorité des Allemands que les social-démocrates et leurs partenaires chrétien-démocrates sont des ennemis du peuple.

    Les noms des partis n’ont plus rien à en commun avec leur ligne politique. Ne les appellez plus démocratiques. Ils sont peut-être népotiques et oligarchiques de toute manière.

    C’est prèsque drôle de constater que les verts allemands sont des anti-écologistes belliqueux , l’Alternative für Deutschland a un programne libéral donc anti-national, le parti de gauche « Die Linke » n’a plus d’idée de ce que c’est « de gauche ». et les communistes n’ont plus de parti qui porte son nom - c’est interdit depuis 1956. Nous vivons effectivement dans l’ère de la novlangue imposée par le Miniver .

    5.5.2026 von Hans Bertram - Unser Autor sieht im Gesetz zur Stabilisierung der GKV-Beitragssätze einen Widerspruch zum Grundgesetz, zum Familienrecht und zum Strafrecht. Aber nicht nur das.

    Das Bundeskabinett hat am 29. April 2026 mit dem GKV-Beitragssatzstabilisierungsgesetz eine Weichenstellung getroffen, deren rechtliche Implikationen in der bisherigen Debatte vollständig ignoriert wurden. Die Neuregelung entzieht Ehepartnern die beitragsfreie Mitversicherung in der gesetzlichen Krankenversicherung, sobald das jüngste Kind das siebte Lebensjahr vollendet hat. Die sozialpolitische Botschaft ist unmissverständlich: Ab diesem Zeitpunkt wird vorausgesetzt, dass der bisher nicht erwerbstätige Elternteil ins Erwerbsleben zurückkehrt. Wer das nicht tut, zahlt die Untätigkeit mit einem Beitrag von 2,5 Prozent des Partnereinkommens.

    Diese Regelung steht in einem dreifachen Normwiderspruch – zum Grundgesetz, zum Familienrecht und zum Strafrecht. Und sie widerspricht offen dem Grundsatzprogramm der Partei, die sie beschlossen hat.
    Art. 6 GG: Schutzauftrag statt Sanktionslogik

    Das Grundgesetz ist in diesem Punkt von bemerkenswerter Klarheit. Art. 6 Abs. 1 GG stellt Ehe und Familie unter den besonderen Schutz der staatlichen Ordnung. Art. 6 Abs. 2 GG geht noch weiter: Pflege und Erziehung der Kinder sind das natürliche Recht der Eltern und die zuvörderst ihnen obliegende Pflicht. Der Staat hat nicht das Recht, diese Pflicht durch finanzielle Sanktionen auszuhöhlen – er hat die Pflicht, ihre Erfüllung zu ermöglichen.

    Wer Eltern zwingt, zwischen ihrer krankenversicherungsrechtlichen Absicherung und der Erfüllung ihrer Erziehungspflicht zu wählen, handelt nicht im Geist von Art. 6 GG. Er handelt gegen ihn.

    Die elterliche Aufsichtspflicht nach §§ 1626 und 1631 BGB endet aber nicht am Schultor.

    Die elterliche Aufsichtspflicht nach §§ 1626 und 1631 BGB endet aber nicht am Schultor.

    © Fotostand/Gelhot/Imago
    Das Familienrecht: Aufsichtspflicht bis 14 Jahre

    Der Gesetzgeber hat mit dem Rechtsanspruch auf Ganztagsbetreuung in der Grundschule nach § 24 SGB VIII selbst anerkannt, dass Kinder im Grundschulalter nicht unbeaufsichtigt sein können. Dieser Anspruch gilt bis zum zehnten Lebensjahr – und selbst das nur auf dem Papier, denn die Plätze fehlen in weiten Teilen des Landes. Mit dem Wechsel auf die weiterführende Schule endet auch dieser begrenzte Anspruch vollständig. Gymnasium, Realschule und Hauptschule sind in Deutschland strukturell Halbtagsschulen. Der Unterricht endet zwischen zwölf und 14 Uhr. Was danach kommt, ist Sache der Eltern – institutionelle Betreuung gibt es nicht, einen Rechtsanspruch darauf erst recht nicht.

    Die elterliche Aufsichtspflicht nach §§ 1626 und 1631 BGB endet aber nicht am Schultor. Sie besteht fort, bis das Kind in der Lage ist, sich und andere nicht zu gefährden. Das Strafgesetzbuch zieht diese Grenze unmissverständlich bei 14 Jahren.
    Das Strafrecht: Haftung für den unbeaufsichtigten Nachmittag

    Hier wird der staatlich erzeugte Widerspruch zur konkreten Falle. Verletzt ein Kind zwischen zehn und 14 Jahren unbeaufsichtigt einen Mitschüler, beschädigt ein Auto, zerstört fremdes Eigentum oder begeht eine Straftat – dann haftet nicht das Kind, sondern der Aufsichtspflichtige. Zivilrechtlich nach § 832 BGB auf vollen Schadensersatz, strafrechtlich bei grober Vernachlässigung nach § 171 StGB. Die Entlastung gelingt nur, wenn nachgewiesen werden kann, dass die gebotene Aufsicht im konkreten Fall dennoch gewährleistet war. Wer zur Arbeit gegangen ist, weil der Staat es von ihm erwartet hat, wird diesen Nachweis in der Regel nicht führen können.

    Der Staat macht sich damit eines bemerkenswerten Kunststücks schuldig: Er zwingt Eltern finanziell zur Erwerbstätigkeit ab dem siebten Lebensjahr des Kindes. Er stellt ab dem zehnten Lebensjahr keine Betreuungsinfrastruktur bereit. Und er macht dieselben Eltern strafrechtlich für alle Schäden haftbar, die ihre unbeaufsichtigten Kinder in dieser Zeit anrichten. Wer am Nachmittag arbeitet, weil der Staat es von ihm erwartet, haftet für das, was sein Kind währenddessen tut – weil derselbe Staat keine Aufsicht organisiert hat.
    Die CDU und ihr eigenes Programm

    Dieser Widerspruch wäre schon gravierend genug, wenn er von einer beliebigen Koalition beschlossen worden wäre. Er wiegt doppelt, weil er von einer CDU-geführten Bundesregierung stammt. Das CDU-Grundsatzprogramm von 2024 bekennt sich ausdrücklich zu Ehe und Familie unter dem besonderen Schutz des Grundgesetzes und fordert: „Verlässliche und gute Kinderbetreuung. Familien müssen sich auf eine gute Betreuung verlassen können.“ Dasselbe Programm erklärt: „Ehepartner, die unterschiedlich verdienen, dürfen nicht benachteiligt werden. Deshalb halten wir am Ehegattensplitting fest.“ Und das CDU/CSU-Wahlprogramm zur Bundestagswahl 2025 sicherte ausdrücklich zu, Betreuungseinrichtungen auszubauen und die Ganztagsbetreuung im Grundschulalter zu verbessern.

    Das GKV-Beitragssatzstabilisierungsgesetz ist das Gegenteil dieser Versprechen. Es benachteiligt Ehepartner, die unterschiedlich verdienen. Es setzt Erwerbstätigkeit voraus, ohne die Infrastruktur bereitzustellen, die sie rechtlich ermöglichen würde. Und es sanktioniert Eltern, die ihrer verfassungsrechtlich geschützten Erziehungspflicht nachkommen wollen.

    Das ist kein Abwägungsdilemma und kein Regelungsversehen. Das ist ein struktureller Normwiderspruch, in dem der Staat denselben Bürger gleichzeitig zur Erwerbstätigkeit drängt, zur Aufsicht verpflichtet, für das Versagen der Aufsicht haften lässt – und dabei sein eigenes Verfassungsrecht sowie sein eigenes Parteiprogramm ignoriert. Eine Gesetzgebung, die diesen Widerspruch nicht auflöst, bevor sie Eltern finanziell sanktioniert, ist verfassungsrechtlich angreifbar – und politisch schlicht nicht zu rechtfertigen.

    Hans Bertram war Vorstandsvorsitzender des Deutschen Jugendinstituts in München und Professor für Mikrosoziologie an der Humboldt-Universität zu Berlin. Sein Schwerpunkt lag immer auf den Lebensbedingungen von Kindern und Familien. Er hat an Jugend- und Familienberichten der Bundesregierung mitgearbeitet und war überdies fünf Jahre lang Vorsitzender der Kommission zur Analyse des Transformationsprozesses in den neuen Bundesländern. Seit 2014 ist er pensioniert.

    #Allemagne #législation #politique #famille #austérité

  • Une première en Bretagne : une famille expulsée de son logement social car le fils aîné est un trafiquant de drogue
    https://www.letelegramme.fr/ille-et-vilaine/rennes-35000/une-premiere-en-bretagne-une-famille-expulsee-de-son-logement-social-ca

    C’est une première en Bretagne. Ce mardi 5 mai, la justice a validé l’expulsion d’une mère de famille et de ses trois enfants de leur HLM de la place de Monténégro à Rennes. En cause : les activités de deal du fils aîné. Une application stricte de la « loi narcotrafic » de 2025.

    La famille, à coup sûr, va avoir une bonne raison de ne pas chercher de revenus supplémentaires pour se loger.

  • Donner à manger. Politique d’un geste ordinaire

    « Donner à manger » : ce geste omniprésent et simple en apparence engage notre responsabilité la plus fondamentale, celle de maintenir l’autre en vie et de lui permettre de mener cette vie dignement. Simone Weil parlait d’une « obligation éternelle » ; avant la justice ou le respect, il y a le pain de l’autre. Pourtant, l’humanité est malade de son alimentation. #Famine, #malnutrition, #obésité, #nourriture_dégradée : des millions de personnes meurent chaque année de ce qu’ils ne mangent pas, ou de ce qu’ils mangent trop.
    Dans cet essai qui conjugue philosophie et enquête sur nos #modes_de_vie, #Joëlle_Zask observe l’environnement moral et matériel de situations concrètes, du biberon à la #distribution_alimentaire en passant par les #cantines_scolaires et les lieux de soin pour personnes dépendantes, mais aussi les modes de #production_agricole. Elle se demande comment nourrir sans empoisonner, aider sans asservir, concilier nécessité et liberté. Car trouver la bonne manière de nourrir autrui, avance-t-elle, c’est s’orienter vers une société à la fois plus juste et plus démocratique.

    https://www.premierparallele.fr/livre/donner-a-manger
    #alimentation #livre #agriculture

  • On ne naît pas Montagnard, on le devient
    https://laviedesidees.fr/On-ne-nait-pas-Montagnard-on-le-devient

    Nicolas Soulas replace la figure du « robespierriste » Claude-François Payan dans une vaste #biographie familiale. Il montre comment une #famille négocie le virage révolutionnaire, à la fois moment d’opportunité unique et parenthèse à l’échelle de stratégies familiales de plus long terme.

    #Histoire #Révolution_française #XVIIIe_siècle
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20260427_payan.pdf

  • Ukraine lässt halb verhungerte Soldaten an der Front kämpfen
    https://overton-magazin.de/hintergrund/politik/ukraine-laesst-halb-verhungerte-soldaten-an-der-front-kaempfen

    Halbverhungerte ukrainische Soldaten an der Front, die seit Monaten nicht richtig versorgt werden. Bild: I. Petrovna

    La corruption et l’imcompétemve des commamdants ukrainiens ajoute la famine au calvaire des soldats sur le front.

    24.4.2026 von Florian Rötzer - In letzter Zeit hatten die ukrainische Regierung und das Militär eine Propagandakampagne gestartet. Nachdem die USA sich aus der Unterstützung zurückgezogen hatten und der dringend benötigte 90-Milliarden-Euro-Kredit der EU auf sich warten ließ, sollten die eigenen Bürger und vor allem die ausländischen Unterstützer durch Erfolgsmeldungen beruhigt werden. Betont wurde vor allem, dass die Ukraine trotz Personalnot einen Vorteil im Schlachtfeld bei den Drohnen habe, mit denen sie mehr russische Soldaten töte, als Russland trotz hoher Geldzahlungen Rekruten mobilisieren könne.

    Das war eine ziemlich durchsichtige Kampagne, um den Krieg weiterzuführen zu können, was Präsident Selenskij ebenso noch anstrebt, um an der Macht zu bleiben, wie die europäischen Geldgeber und Waffenlieferanten. Das hatte man auch wieder beim Besuch von Selenskij in Berlin und beim Bundeskanzler sehen können (Selenskij: „Die Zukunft ist bereits an der Front – und die Ukraine gestaltet sie“, Unser Krieg – eine neue Epoche in Europa).

    Ich habe schon des Öfteren darüber berichtet, dass sich schon länger kaum mehr Freiwillige in der Ukraine für das Militär melden, weswegen Männer im wehrpflichtigen Alter von der Straßen, manchmal auch aus Häusern mit Gewalt eingefangen und in die Rekrutierungszentren (TCC) verschleppt werden, um auch mit Gebrechen an die Front geschickt zu werden, wo viele gleich wieder desertieren. Wer kann, ist bereits ins Ausland geflohen, 1-2 Millionen sollen sich verstecken, viele kaufen sich frei.

    Gerade flogen in Odessa zwei Gruppen von Militärkommissaren oder Rekrutierern auf, die zusammen mit Polizisten und „Spähern“ systematisch Männer nicht nur aufspürten, sondern auch nach Vermögen einstuften, um nach der Busifizierung, also wenn sie diese gewaltsam in einen Kleinbus gebracht haben, und noch im Fahrzeug mit der Erpressung zu beginnen. Die Festnahme erfolgte mit einer Verfolgungsjagd und Schüssen. Auch Männer, die durch Unternehmen offiziell vom Kriegsdienst befreit sind, wurden festgenommen. Ein Informant aus den Strafverfolgungsbehörden berichtete Strana:

    „Opfer wurden selten geschlagen, nur bei gewaltsamen Festnahmen, um sie vom Widerstand abzuhalten und anfänglichen Druck auszuüben. Nachdem man sie in einen Transporter gezerrt hatte, erklärte man ihnen, dass ihnen der Wehrdienstaufschub, die Reservierung oder der Behindertenstatus des Opfers völlig egal seien. ‚Sie sagten: ‚Wir zerreißen Ihre Dokumente direkt vor Ihren Augen und bringen Sie zum TCC, und schon morgen sind Sie in einem Angriffsregiment an der Front, ohne auch nur eine Ausbildung absolvieren zu müssen. Wenn Sie Widerstand leisten, werden wir Sie einfach verprügeln, Ihnen Arme und Beine brechen und Sie in einem Waldgebiet aussetzen. Und wir werden dafür nicht zur Rechenschaft gezogen; Sie sehen ja, die Polizei ist direkt bei uns!‘ Den Militärkommissariaten kam auch zugute, dass solche Vorfälle bereits häufig vorgekommen waren: Soziale Medien und die Zeitungen waren voll von Berichten über die Gräueltaten des TCC. Daher sind viele bereit, Geld zu zahlen, um freizukommen, selbst diejenigen, deren Dokumente in einwandfreiem Zustand sind.“

    Dem Bundeskanzler Merz und seiner Regierung scheint es völlig egal zu sein, wie die Zustände bei der Mobilisierung in der Ukraine sind, Hauptsache, es wird weiter gekämpft, Russland geschwächt und die Rüstungsindustrie gestärkt. Vermutlich wird das, was auch in der Ukraine lange gemacht wurde, als russische Desinformation behandelt, was in der Ukraine aber nicht mehr nach der massenhaft vorkommenden, oft auf Videos dokumentierten Menschenjagd gelingt. Das Verhältnis zwischen den Militärkommissaren und der Bevölkerung hat sich selbst gewalttätig aufgeladen. Es kommt immer wieder zu Gewaltausbrüchen und Angriffen auf die TCC-Mitarbeiten, auch mit Todesfolgen.
    „Die Kämpfer verlieren vor Hunger das Bewusstsein und trinken Regenwasser“

    Gleichgültig wird von den Kriegsunterstützern in Deutschland auch über das Schicksal der Männer hinweggegangen, die an der Front angeblich für Deutschland und Europa und auf jeden Fall für die Freiheit kämpfen, auch wenn es nicht ihre ist. Gerade wurde die Situation der Soldaten der 14. Brigade des 2. Mechanisierten Bataillons bekannt, die in der Region Charkiw stationiert sind. Seit acht Monaten herrscht Mangel an Nahrungsmitteln und Trinkwasser. Fotos von abgemagerten, halb verhungerten Soldaten wurden von Ivanna Poberezhnyuk, der Tochter eines ehemaligen Mitglieds der Brigade, mit den Worten veröffentlicht: „Die Männer sind ohne Essen und Trinken in Stellung! Das Kommando reagiert nicht. Die Kämpfer verlieren vor Hunger das Bewusstsein und trinken Regenwasser. Es gibt auch Kommunikationsprobleme. Bitte teilt diese Fotos.“

    Die Soldaten verbreiteten auch selbst einen Appell: „Man will unseren Abschnitt absichtlich dem Feind überlassen! … Seit 7 Monaten gibt es ständige Verzögerungen bei der Versorgung mit Lebensmitteln, Wasser und Benzin. Oft kommt es zu Situationen, in denen wir in Ohnmacht fallen und körperlich nicht in der Lage sind, unsere Stellungen zu verteidigen. Während dieser ganzen Zeit gibt es ständig Probleme mit der Kommunikation!“ Sie sagen, sie hätten sich am ersten Tag des russischen Angriffs freiwillig zur Verteidigung gemeldet: „Wir fordern das Oberkommando auf, diese Situation zu klären und verräterische Aktionen zu verhindern!“

    Erst nachdem die Fotos im Internet zirkulierten, reagierte das Verteidigungsministerium, allerdings ohne Bedauern und mit offensichtlicher Gleichgültigkeit. Der Kommandeur, der für die Situation verantwortlich ist, soll das nun lösen, was er seit Monaten nicht vermochte: „Dieser Sachverhalt wurde den zuständigen Kommandeuren gemeldet. Der Kommandeur der 14. Brigade übernahm die Angelegenheit. Trotz der komplizierten Logistik versuchen sie, das Problem der Bereitstellung und des Ersatzes der Mitarbeiter zu lösen. Solche Situationen sollten eigentlich nicht so weit kommen, doch die Lage an verschiedenen Fronten kann durchaus kritisch sein.“

    So also müssen ukrainische Soldaten ihr Land und Deutschland bzw. die Freiheit verteidigen. Dafür erhält die Ukraine jetzt weitere 90 Milliarden Euro, während Soldaten an der Front leiden müssen und die Männer, die nicht in den Krieg von Selenskij, Merz und Co. ziehen wollen, in Angst leben. Trotz der 90 Milliarden fehlen der Ukraine für das Militär angeblich noch an die 20 Milliarden Euro für 2026. Insgesamt seien für das Jahr mehr als 134 Milliarden notwendig. Es müsste also noch mehr Geld in die Ukraine fließen.

    Der Leiter des Präsidialamts, der frühere Militärgeheimdienstchef Budanov, machte klar, dass die Zwangsmobilisierung nicht eingestellt werden könne. Man könne sie höchstens weniger hart und unmenschlich gestalten. Freiwillige gebe es nicht mehr, aber „Millionen von Wehrdienstverweigerern“. Schwierigkeiten gebe es bei Mobilisierungen in einem großen Krieg in allen Staaten.

    Update: Inzwischen wurde der verantwortliche Kommandeur entlassen. Der Generalstab schrieb: „Systematische Luft- und Raketenangriffe des Feindes auf die Übergänge über den Oskil erschwerten die logistische Unterstützung der Verteidigungseinheiten im Gebiet der Stadt Kupiansk erheblich. Die Logistik unserer Truppen hier wird mit Hilfe von Wasserfahrzeugen und schweren UAVs bereitgestellt. Das Kommando ergreift Maßnahmen zur Stärkung der Luftverteidigung und des Drohnenabwehrs in dieser Richtung. Das elektronische Kriegsführungssystem wird ausgebaut. Unter diesen schwierigen Bedingungen wird besondere Aufmerksamkeit auf die Versorgung unserer Soldaten gelegt, die Aufgaben an der Front ausführen.“

    Das jetzt abgesetzte Kommando der 14. Separaten Mechanisierten Brigade „verschleierte die tatsächlichen Lage, verlor eine Anzahl von Positionen und führte zahlreiche Fehleinschätzungen hinsichtlich der Bereitstellung von Militärpersonal vor. Insbesondere wurde ein Problem mit der Lebensmittelversorgung einer der Stellungen der Brigade aufgedeckt.“ Nicht vom Militär, das die Soldaten seit Monaten allein ließ, aber sie auch nicht abzog, sondern von Angehörigen der Soldaten.

    #Ukraine #guerre #famine

  • Newsroom – La #Famiglia secondo Meloni e l’influenza dei movimenti anti-gender
    https://irpimedia.irpi.eu/newsroom-famiglia-governo-meloni-politiche-natalita-teen-star

    Dalle reti internazionali che influenzano le politiche familiari ai programmi educativi nelle scuole: chi definisce oggi il modello di “famiglia” in Italia L’articolo Newsroom – La famiglia secondo Meloni e l’influenza dei movimenti anti-gender proviene da IrpiMedia.

    #Diritti #Mondo #Donne #Lobby #Politica #Religione #Ungheria

  • Migranti, così l’Italia incoraggia il rimpatrio «volontario»

    L’Italia finanzia programmi anche nei paesi di transito per favorire il ritorno in patria dei migranti. Spesso, però, chi accetta lo fa solo per salvarsi dalla detenzione, rinunciando ad altre possibilità.

    Sono più semplici da effettuare, meno burocratici e più presentabili all’opinione pubblica rispetto alle espulsioni forzate. Convengono allo Stato, perché il viaggio avviene su voli di linea e senza scorta. E convengono alle persone interessate, che possono rientrare nel proprio paese d’origine senza coercizione e potendo beneficiare in alcuni casi di un supporto, anche economico, alla reintegrazione. O almeno, così dovrebbe essere.

    I numeri parlano chiaro: l’Italia sta puntando sempre più sui cosiddetti “rimpatri volontari”. Secondo i dati del ministero dell’Interno, nel 2025 «sono stati 1.313 gli extracomunitari irregolari allontanatisi volontariamente in esecuzione di un provvedimento di espulsione» (rimpatri “ottemperanti”) e 675 quelli che l’hanno fatto beneficiando di «specifici progetti di assistenza e reintegrazione all’estero» (rimpatri “volontari assistiti”), con un aumento del 66,4 per cento per i primi e del 133 per cento per i secondi rispetto al 2024.

    Lo scorso marzo, la maggioranza in commissione Affari costituzionali al Senato ha proposto un emendamento al decreto Sicurezza per istituire incentivi economici a favore degli avvocati i cui assistiti accettano il rimpatrio volontario.
    Quale alternativa?

    «In Italia, il rimpatrio volontario è stato introdotto in maniera strutturale nel 2011, ma con numeri bassi e rivolto principalmente a cittadini stranieri con regolare permesso di soggiorno che sceglievano di tornare in patria – spiega a lavialiberaEleonora Celoria, avvocata e ricercatrice presso l’istituto indipendente Fieri (Forum internazionale ed europeo di ricerche sull’immigrazione) –. Negli ultimi due anni, invece, questa misura ha avuto un forte impulso, rivolta soprattutto ai migranti in situazione irregolare, e qui emergono le contraddizioni rispetto alla reale volontarietà. Se la persona è già destinataria di un ordine di espulsione, la proposta del rimpatrio volontario rischia di essere un ricatto: ’Parti da solo e non useremo misure coercitive’».

    A maggior ragione se questa possibilità viene presentata a chi si trova rinchiuso nei Centri di permanenza per il rimpatrio (Cpr): «Frequentandoli da avvocata, mi è capitato spesso di incontrare assistiti ai quali la polizia ha proposto il rimpatrio volontario come alternativa a quello coattivo, che significa essere svegliati alle 4 di notte, portati in aeroporto e caricati su un volo charter. A Torino c’è un ispettore che si occupa solo del coordinamento di questi rimpatri, che fatico a chiamare volontari».

    Teresa Florio, operatrice del centralino Sos Cpr, racconta a lavialibera di aver ricevuto negli ultimi anni numerose segnalazioni di questo tipo: «Spesso sono persone disperate che accettano perché non ce la fanno più a stare nel Cpr, non perché desiderino veramente tornare nel paese d’origine. Ricordo il caso di una persona con gravissimi problemi d’asma: non potendo tenere medicinali con sé e non essendoci un campanello in cella, durante le crisi non aveva altro modo per ricevere assistenza se non sbattere piedi e mani contro la porta blindata. Ha firmato per il rimpatrio volontario perché era allo stremo. Altre persone, una volta tornate in patria, ci hanno detto di non aver ricevuto i contributi promessi».
    Il ruolo dell’Oim

    Dal 2024, tutti i rimpatri volontari assistiti dall’Italia sono gestiti dall’Organizzazione internazionale per le migrazioni (Oim), che si è aggiudicata un bando da 15 milioni di euro dal Fondo asilo, migrazione e integrazione (Fami), gestito dal ministero dell’Interno con risorse europee, per accompagnare entro il 2029 un numero di 4.950 cittadini stranieri a tornare nel paese d’origine.

    Il progetto, intitolato Ri.vol.are in re.te, prevede un percorso di «counseling» individuale volto a verificare che la scelta sia «libera, informata e presa in assenza di qualsiasi tipo di coercizione» e definire un «piano di reintegrazione». In caso di assenso dell’interessato e delle autorità competenti, si procede al rimpatrio e all’erogazione di un contributo economico: 615 euro per le «prime necessità» e 2.000 euro (più altri 1000 per eventuali familiari a carico) in «beni e servizi per la realizzazione di progetti di reintegrazione».

    Segue poi la fase di monitoraggio post-rimpatrio, della durata di almeno sei mesi, durante i quali gli operatori Oim nel paese d’origine verificano che il reinserimento vada a buon fine. Stando ai dati comunicati a lavialibera da Oim Italia, da gennaio 2024 a marzo 2026, 1.197 migranti sono rientrati nel proprio paese attraverso il progetto. Altri 900 percorsi circa sono stati avviati ma non completati perché sono ancora in fase di esecuzione, la persona interessata ha cambiato idea o le autorità competenti non hanno dato il via libera.

    L’organizzazione ha fatto sapere di non avere dati su quanti dei percorsi completati abbiano riguardato persone oggetto di ordini di espulsione, «perché non è un’informazione che viene raccolta come elemento rilevante nell’ambito del programma», che «si basa sulla decisione volontaria della persona di fare ritorno nel proprio paese, indipendentemente dalla sua posizione amministrativa o dall’eventuale esistenza di provvedimenti di allontanamento».

    Il manuale operativo del programma cita esplicitamente tra i potenziali beneficiari «i destinatari di un provvedimento di espulsione amministrativa», come anche «i richiedenti asilo trattenuti nei Cpr», ma Oim assicura che «nessuno dei migranti assistiti nel ritorno con il progetto di in corso di attuazione ha richiesto di accedere al programma da un Cpr».

    Il 42 per cento dei percorsi attivati, sempre secondo i dati forniti dall’organizzazione, ha riguardato persone con «vulnerabilità gravi»: «problemi sanitari, fragilità psicologiche o psichiatriche, marginalità socio-economica, vittime di violenza domestica o di tratta». In questi casi, «la presa in carico può includere il coinvolgimento della rete territoriale, visite mediche specialistiche, l’attivazione di servizi sanitari o sociali o un accompagnamento più stretto» prima, durante e dopo la partenza.

    «Alcune testimonianze che abbiamo raccolto raccontano che la valutazione delle possibilità di tornare in sicurezza, anche alla luce delle vulnerabilità, è un po’ approssimativa e che la fase della reintegrazione è spesso inefficace, tra assenza di supporto logistico e fondi mai consegnati», puntualizza Celoria. I rimpatri “volontari”, poi, non sono monitorati da un’autorità indipendente, come il Garante dei detenuti fa invece per le espulsioni forzate, e non prevedono assistenza legale.

    Così, il rischio è che i cittadini stranieri irregolari che accettano questa opzione rinuncino senza saperlo ad altre strade garantite dalla legge, come il ricorso contro il provvedimento di espulsione. «Il rimpatrio volontario può senz’altro essere una soluzione preferibile a quello forzato, a patto però che sia scelto nella piena consapevolezza del percorso e delle alternative – conclude Celoria –. Spesso, però, non è così».
    L’esternalizzazione dei rimpatri

    L’Italia non si limita a organizzare rimpatri “volontari” dal proprio territorio. Da quasi dieci anni, in linea con quanto fanno altri Stati europei, il governo finanzia anche programmi dedicati nei paesi di transito. Stando all’elenco degli accordi stipulati dalla Farnesina, negli ultimi dieci anni il ministero ha versato quasi 90 milioni di euro, quasi tutti in favore dell’Oim, per iniziative che comprendono l’esecuzione di rimpatri volontari assistiti da Libia, Tunisia, Niger, Costa d’Avorio, Sudan, Libano, Siria, Giordania e Iraq.

    Nell’aprile del 2025, da ultimo, il ministero degli Esteri e quello dell’Interno hanno annunciato l’avvio di una nuova iniziativa di questo tipo: altri 20 milioni di euro per permettere a 3.300 migranti vulnerabili presenti in Algeria, Libia e Tunisia di tornare nel proprio paese d’origine «in modo sostenibile ed efficace», sempre con la collaborazione dell’Oim.

    Anche in questo caso, le condizioni in cui si trovano le persone a cui viene proposto il ritorno sollevano dubbi rispetto alla reale volontarietà della scelta, come spiega a lavialibera l’avvocata Adelaide Massimi dell’Associazione per gli studi giuridici sull’immigrazione (Asgi), tra le realtà promotrici della campagna Voluntary humanitarian refusal contro «l’uso strumentale dei rimpatri volontari assistiti dai paesi di transito»: «In Libia e Tunisia, questa soluzione viene spesso proposta a chi si trova nei centri di detenzione per migranti, dove sono documentate continue violazioni dei diritti e dove le persone rimangono finché non riescono a pagare il riscatto o vengono vendute come forza lavoro. Le stesse Nazioni Unite hanno più volte sottolineato che, laddove non ci sono alternative o l’unica è la detenzione indeterminata, non si può parlare di rimpatrio volontario, ma si tratta di espulsioni mascherate».

    Lo raccontano bene le parole di Saikou Tunkara, giovane gambiano che nel 2017 ha beneficiato di un programma di ritorno “volontario” dalla Libia, dove era detenuto in una delle prigioni per migranti: «Non è che ci abbiano costretto con la forza, ma la scelta era tornare a casa o morire in prigione. I libici ce lo dicevano chiaramente», ha raccontato alla ricercatrice Viola Castellano per Allegra Lab.

    Non solo: molti di questi progetti si rivolgono specificamente a soggetti considerati vulnerabili, come donne, minori, vittime di tratta e persone con particolari esigenze mediche, che avrebbero quindi diritto a chiedere protezione, ma non possono – salvo rari casi presi in carico dalle organizzazioni internazionali – perché né la Libia né la Tunisia offrono un sistema d’asilo funzionante.

    «Gli operatori dovrebbero valutare attentamente i rischi legati al rimpatrio, ma le testimonianze che abbiamo raccolto ci dicono che questa verifica è molto blanda – continua Massimi –. Così, chi torna rischia di finire nelle stesse situazioni di violenza, persecuzione e sfruttamento da cui era fuggito».
    Le critiche dell’Onu

    Il 30 aprile 2025, i relatori speciali Onu sul traffico di esseri umani, sui diritti umani dei migranti e il gruppo di lavoro sulla detenzione arbitraria hanno inviato una lettera al governo italiano esprimendo «preoccupazione» rispetto alle «accuse di gravi violazioni dei diritti umani» legate ai programmi di rimpatrio volontario implementati dall’Oim in Libia con il sostegno di Roma.

    «Donne, minori, vittime di tratta e persone con vulnerabilità mediche sono state rimpatriate direttamente dai centri di detenzione libici in assenza di adeguate misure di salvaguardia o garanzie procedurali, il che può costituire una violazione dell’obbligo di non punibilità, di garantire assistenza, protezione e accesso alla giustizia, del principio di non refoulement e del divieto di espulsioni collettive», si legge nel documento.

    La stessa Oim afferma, nel report sull’andamento del programma in Libia relativo al periodo febbraio-luglio 2024, che il 57 per cento dei rimpatriati “volontari” si trovava in un centro di detenzione. Tra loro anche vittime di tratta, minori e persone con vulnerabilità mediche. «In assenza di alternative alla detenzione indeterminata, i migranti, i rifugiati e i richiedenti asilo potrebbero essere costretti ad accettare il rimpatrio laddove rischiano di essere esposti alle stesse condizioni di insicurezza da cui sono fuggiti – prosegue la lettera degli esperti Onu –. L’assenza di assistenza adeguata rende improbabile che i beneficiari siano stati in grado di fornire consenso libero e informato».

    Il 21 luglio scorso, il governo italiano ha risposto affermando «la natura interamente volontaria della procedura di rimpatrio», che «rispetta pienamente i diritti dell’individuo» e ha «effetti positivi sul beneficiario». Nessuna replica nel merito all’obiezione dell’assenza di alternative. Lo scorso 25 ottobre, la maggioranza alla Camera ha inoltre approvato una mozione che dichiara il sostegno dell’Italia alla realizzazione in Libia di «70 centri di accoglienza in aree prossime ad aeroporti da dove poter effettuare i rimpatri».
    Rimpatriati e abbandonati

    Le critiche degli esperti Onu riguardano anche ciò che succede dopo il ritorno: i programmi promettono un «supporto alla reintegrazione» che comprende sovvenzioni per iniziare un’attività lavorativa, ma il contributo, si legge nella lettera, «è limitato e non tiene conto del contesto specifico» e «non è chiaro in che modo l’assistenza contribuirebbe a garantire salari equi, condizioni di lavoro sicure e l’accesso ai servizi essenziali».

    Diverse testimonianze parlano addirittura di contributi economici mai corrisposti, oppure solo in parte: «Ci hanno promesso tante cose che poi non abbiamo mai visto – ha raccontato ancora Saikou Tunkara –. In ogni caso, il poco che danno non permette di iniziare un’attività, per cui molti hanno fallito, altri si sono rimessi in viaggio».

    «Mi hanno dato 14mila naira (8 euro) e poi altri 80mila (50 euro) su una carta bancomat», ha raccontato H., donna nigeriana vittima di sfruttamento sessuale anche lei passata per la detenzione e le violenze in Libia prima di accettare il rimpatrio. «Una volta arrivata – si legge nella testimonianza raccolta dai promotori della campagna Voluntary humanitarian refusal – ho dovuto chiedere i soldi per strada per dare da mangiare alle mie figlie. Dopo diversi mesi ho ricevuto altri soldi, ma la situazione in Nigeria è insostenibile. Ora sono malata, non posso accedere a cure gratuite, non ho abbastanza per pagarmele né per mandare le mie figlie a scuola, e i continui ricoveri non mi permettono di lavorare con regolarità. Qui non vedo nessun futuro per me e per le mie bambine».

    https://lavialibera.it/it-schede-2644-migranti_come_ti_vendo_il_rimpatrio_volontario

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  • Stanze segrete per trattenere i migranti. La mappa esclusiva dei «#luoghi_idonei»

    Negli ultimi tre anni 2.500 cittadini stranieri, prima di essere rimpatriati, sono stati trattenuti dalla polizia nei cosiddetti «luoghi idonei», di cui nessuno vuole parlare. Ecco in quali città si trovano e cosa succede all’interno

    Una persona va in questura per rinnovare il permesso di soggiorno, ma dall’ufficio le dicono che ci sono problemi con i documenti. D’un tratto diventa irregolare sul suolo italiano, un clandestino o una clandestina da rimpatriare. Inizia così quella che i burocrati definiscono “detenzione amministrativa”: seppure non abbia commesso alcun crimine, quella persona viene privata della libertà personale, spesso senza opportune tutele.

    Gli agenti la portano in una stanza, dove passerà dalle 24 alle 144 ore in attesa di essere imbarcata su un aereo diretto al suo paese d’origine. Nel frattempo, non può lasciare l’edificio e, in alcune strutture, le viene tolto il telefono e può solo chiamare i parenti più stretti e l’avvocato.

    Questi posti si chiamano luoghi idonei ed esistono dal 2018. Ogni anno ci finiscono dentro centinaia di uomini e donne, almeno 2.445 nel triennio 2023-2025. Spazi a cui al momento possono accedere solo i garanti, invisibili a tutti gli altri e dei quali nessuno ha voglia di parlare; non esiste neppure un elenco che ne indichi la posizione o numeri che spieghino quanto e come siano utilizzati. Per ricostruire dove si trovano e, soprattutto, per capire cosa succede al loro interno, lavialibera li ha mappati in esclusiva, ottenendo i dati su trattenimenti e rimpatri.

    Cosa sono e come funzionano i luoghi idonei

    I luoghi idonei sono comparsi per la prima volta nel 2018, quando l’allora ministro dell’Interno Matteo Salvini ha firmato il decreto Sicurezza che modificava il Testo unico sull’immigrazione del 1998. In particolare, all’articolo 4 della norma per la prima volta si fa riferimento a «strutture diverse e idonee nella disponibilità dell’autorità di pubblica sicurezza», da utilizzare «nel caso in cui non ci sia disponibilità di posti» nei Centri di permanenza per il rimpatrio (Cpr).

    Chi non è in grado di mostrare agli agenti di polizia un valido documento di soggiorno è trattenuto in questura e accompagnato in queste stanze: entro 48 ore il giudice di pace deve indicare il giorno dell’udienza di convalida e, se autorizza la permanenza, il trattenimento si prolunga fino alla data dell’effettivo allontanamento. Per quest’ultimo passaggio possono essere necessarie altre 48 ore. Martina Stefanile è un’avvocata di Napoli specializzata in diritto dell’immigrazione. Negli ultimi anni ha seguito i procedimenti di espulsione e trattenimento di alcuni cittadini stranieri che da un momento all’altro sono stati privati della libertà senza opportune tutele.

    A lavialibera ha spiegato come funziona il meccanismo: «Le casistiche sono disparate. È successo che la persona si sia presentata all’ufficio della questura per rinnovare il permesso di soggiorno o per chiedere asilo, e che sia stata raggiunta da un provvedimento espulsivo e trattenimento per mero errore». A quel punto, spesso senza che il cittadino straniero abbia possibilità di fare ricorso, la questura chiede al giudice di pace di autorizzare il trattenimento in «locali idonei nella disponibilità dell’autorità di pubblica sicurezza».

    «Possiamo dire che il giudice autorizzi a occhi chiusi – continua Stefanile – nel senso che non conosce questi locali, non sa nemmeno dove si trovino. Questo viola le normative europee, secondo cui il confinamento può avvenire solo in luoghi determinati». Le regole che gli agenti seguono nel trattamento sono decise dalle singole questure, che dovrebbero tener conto delle norme nazionali e comunitarie che tutelano la dignità umana. In pratica, però, questi regolamenti non sono resi pubblici, ufficialmente per «questioni di sicurezza». Secondo quanto stabilito dal ministero dell’Interno, gli standard da applicare sono quelli dei Cpr, già oggetto di numerose polemiche.

    Per Federica Borlizzi, avvocata e operatrice legale della Coalizione italiana libertà e diritti civili (Cild), «nei locali idonei le criticità dei Cpr rischiano di essere ancora maggiori, perché alla fragilità della base normativa si sommano minore trasparenza, minore controllo dall’esterno e il pericolo concreto che in luoghi più invisibili e meno regolati diritti già debolmente garantiti nei Cpr come salute, informazione, difesa, comunicazioni con l’esterno, condizioni materiali dignitose, risultino ancora più compressi».

    La persona trattenuta rimane in questura con gli indumenti che indossava al momento del fermo. I documenti ed eventuali oggetti personali come cellulari, zaini e orologi devono essere consegnati ai poliziotti, che li restituiranno solo all’uscita.

    Alcune questure permettono l’utilizzo del telefono, altre concedono di chiamare solo pochi contatti, come l’avvocato e i propri cari. Le condizioni di detenzione amministrativa lasciano a desiderare e in molti casi i luoghi idonei sono tutt’altro che tali. Addirittura in 11 città le persone sono trattenute nelle camere di sicurezza, spazi che in teoria sarebbero destinati a chi è in stato di fermo o di arresto, e solo in via eccezionale utilizzate per i trattenimenti.

    A Milano la situazione è critica: non c’è la doccia, le coperte non vengono lavate e mancano i cuscini. «Non è compatibile con uno Stato di diritto privare della libertà persone che non hanno commesso reati, ma si trovano in violazione di regole amministrative su ingresso e soggiorno – dice Borlizzi –, ed è ancora meno compatibile farlo in luoghi la cui collocazione e i cui standard restano opachi». Poi, il giudice di pace convalida o meno il trattenimento.

    «Il verbale rilasciato – prosegue Stefanile – viene compilato mettendo una crocetta sulla casella “autorizzo” o “non autorizzo”, senza alcuna valutazione di tipo oggettivo o soggettivo che verifichi l’idoneità della permanenza in questi locali». Dai tempi del covid, i giudici di pace hanno la possibilità di completare la procedura direttamente online e, tra le altre cose, non è prevista una visita medica che accerti le condizioni di salute della persona trattenuta, come invece avviene nei Cpr. Visti i tempi stretti per completare il rimpatrio, la questura accelera la pratica acquistando il biglietto aereo (che poi verrà rimborsato dalla prefettura), e lo intesta alla persona da espellere. In tal modo, dal momento del primo trattenimento al rimpatrio il cittadino straniero potrebbe rimanere nelle mani dello Stato all’incirca sei giorni.
    La mappa dei luoghi idonei

    Fino al 2023 (ma i dati si riferiscono al 2022) nella Relazione curata dal garante delle persone private della libertà personale, Mauro Palma, è stato possibile consultare il censimento di queste stanze. Dal documento si evince che 36 questure avevano dichiarato di disporre di locali idonei adibiti al trattenimento dei cittadini stranieri nella fase di esecuzione dell’espulsione, mentre 15 avevano riferito di utilizzare per lo stesso scopo le camere di sicurezza.

    L’ex garante Mauro Palma: «Parlare di “luoghi idonei” lascia passare il messaggio che è accettabile trattenere delle persone, in modo opaco e invisibile all’opinione pubblica, senza controllo effettivo sulle garanzie per i loro diritti»

    Già all’epoca il garante aveva espresso molte perplessità su queste stanze: «Pur considerando positivamente il ricorso a forme di trattenimento più brevi, e al netto delle numerose criticità che tali ambienti allestiti all’interno delle questure presentano in termini di condizioni materiali, assenza di servizi, garanzie e controlli esterni, questa propensione per l’accelerazione dei rimpatri forzati non deve essere sottovalutata».

    Il paragrafo si concludeva con una nota amara: «Procedure più rapide di allontanamento hanno l’effetto di amplificare la portata dell’agire coercitivo aumentandone la potenza traumatica e afflittiva sulla persona». Terminato il mandato di Palma, la pubblicazione è stata interrotta. A lavialibera, un componente del collegio dell’attuale garante nazionale, Mario Serio, ha spiegato che «a breve sarà pubblicata la relazione al parlamento 2023/2024 contenente anche i dati relativi al funzionamento delle strutture diverse e idonee». Dati che nel 2026 arrivano già vecchi. Per conoscere ciò che ancora non è pubblico, abbiamo mandato una serie di accessi civici alle questure, scoprendo che a fine 2025 sono 50 quelle che gestiscono luoghi idonei, mentre 10 utilizzano le camere di sicurezza.

    A Milano esistono entrambi in aggiunta al Cpr. Inoltre, negli ultimi tre anni il numero delle persone trattenute si è moltiplicato: 309 nel 2023, 906 nel 2024 e 1.225 nei primi dieci mesi del 2025. Nell’ultimo triennio, le tre città che hanno più ricorso a queste modalità di trattenimento risultano essere Milano (765), Brescia (235) e Napoli (231). In altre province, i locali ci sono ma non sono mai stati utilizzati. Anche la provenienza dei cittadini stranieri è variegata, con 46 paesi censiti tra cui tre europei: Francia, Grecia e Romania. Meno precisi sono, invece, i dati ottenuti sui rimpatri effettuati direttamente dai locali idonei. Negli ultimi tre anni, 1.685 persone sono state imbarcate su voli diretti in paesi extra Ue, mentre 75 sono state trasferite nei Cpr o espulse. Per quanto riguarda le dimensioni delle stanze e i regolamenti interni, alcuni uffici hanno risposto alle nostre domande, mentre altri hanno preferito non rilasciare dichiarazioni, spiegando che si tratta di documenti legati a questioni di sicurezza e che quindi non possono essere divulgati.

    Per capire cosa avviene davvero nei luoghi idonei non resta quindi che affidarsi alle uniche due ispezioni del garante, che a marzo e luglio 2025 ha visitato quelli di Milano e Livorno, rendendo poi disponibili le relazioni un anno e mezzo dopo. Incrociando i contenuti del documento e i dati ottenuti da lavialibera, emerge che nel capoluogo lombardo le strutture sono malridotte. Nella città toscana, i locali idonei sono entrati in funzione due anni fa: nel 2024 sono state trattenute 7 persone, 28 nel 2025. Delle 108 richieste di accesso civico inviate, in 13 casi le istituzioni non hanno risposto né alla prima istanza né al sollecito. Non abbiamo ottenuto informazioni su Ancona, Ascoli Piceno, Bari, Belluno, Caltanissetta, Caserta, Grosseto, Messina, Piacenza, Rovigo, Salerno, Torino e Trieste. Oltre alle questure, i luoghi idonei sono presenti anche negli aeroporti: nel momento in cui scriviamo è in corso il riesame dell’istanza per ottenere i dati che il ministero dell’Interno non ha ancora fornito.

    Cosa succede nei luoghi idonei?

    La legge sui luoghi idonei entrata in vigore otto anni fa era talmente generica nella sua formulazione che nel 2020 il garante Palma aveva chiesto che fossero specificati tempi e modi di utilizzo, vista la vaghezza della definizione di “idoneo”. «La legge non definisce in modo sufficientemente preciso quali luoghi possano essere usati, con quali requisiti materiali, organizzativi e di tutela, lasciando un margine molto ampio all’amministrazione di pubblica sicurezza. Questa indeterminatezza comporta delle evidenti tensioni con l’articolo 13 della Costituzione», spiega l’avvocata Borlizzi.

    All’epoca il dicastero guidato da Luciana Lamorgese (governi Conte II e Draghi) aveva recepito alcune raccomandazioni del garante e definito regole più chiare, senza però arrivare alla pubblicazione di una mappa. Era stato comunque stabilito che i locali fossero «un surrogato dei Cpr» e che quindi all’interno dovessero valere gli stessi diritti: la tutela della salute, la custodia degli affetti personali, il servizio mensa, i colloqui con gli avvocati e con gli assistenti socio-psicologici, la corrispondenza epistolare o telefonica, la compilazione dei registri delle entrate e degli eventi critici. In realtà, dalle poche informazioni in nostro possesso, i comportamenti delle questure possono essere discrezionali.

    Alcune questure hanno chiesto dei fondi al governo per ristrutturare gli edifici e potere ospitare cittadini stranieri in attesa di rimpatrio. In particolare, consultando i documenti sullo stato di avanzamento del Fondo asilo migrazione integrazione (Fami) presentato a maggio 2025, nel periodo 20212027 il Ministero e la polizia hanno proposto due tipi di progetto: il primo, da 10 milioni di euro, prevede la ristrutturazione degli spazi all’interno delle questure; il secondo, da 1,5 milioni, riguarda invece gli aeroporti.

    Ma se per i cantieri nelle questure la fase progettuale sta andando avanti, per i lavori negli aeroporti i finanziamenti sono ancora da confermare. In ogni caso, nell’aggiornamento della valutazione intermedia del Fondo si legge che il numero delle «presenze irregolari sul territorio italiano» è in aumento e non ci sono abbastanza luoghi idonei dove trattenere le persone prima del rimpatrio forzato. La soluzione prospettata è chiara: costruire nuovi centri. Dove? A Foggia, Taranto, Isernia, Mantova, Reggio Emilia, Vicenza e La Spezia.
    Braccio di ferro per avere trasparenza sui luoghi idonei

    Sulla carta, i diritti che devono essere rispettati nei Cpr e nei luoghi idonei sono equiparati, ma rimangono da chiarire almeno due grandi coni d’ombra: la salute e l’accesso all’interno dei locali. Il 6 giugno 2025, dopo una richiesta formulata da Asgi, il presidente della sezione Immigrazione presso il giudice di pace di Napoli ha dichiarato «di non aver mai effettuato controlli o accessi ispettivi presso le strutture utilizzate come luoghi idonei, di non possedere verbali di accesso relativi alle visite ispettive svolte e di ritenere tale compito estraneo alle proprie competenze, attribuendolo invece all’Ufficio prevenzione generale e soccorso».

    Una risposta simile è arrivata qualche giorno dopo dall’Ufficio di prevenzione dell’Asl Napoli 1 Centro: «Per il trattenimento nelle strutture idonee non è previsto nessun tipo di intervento da parte della Asl se non su eventuale richiesta della questura». Infine, c’è la questione dell’accesso da parte di soggetti terzi. A Bergamo, dove, secondo i dati raccolti da lavialibera, tra il 2023 e il 2025 sono stati trattenuti 28 cittadini, una recente sentenza cautelare del Tar ha annullato il provvedimento della prefettura, che aveva negato ad Asgi l’accesso ai locali idonei per «esigenze di sicurezza, privacy e logistica».

    Una motivazione che si è scontrata con la posizione degli avvocati Asgi, secondo cui «l’idoneità di una struttura al trattenimento presuppone anche la sua apertura al controllo esterno, condizione indispensabile per garantire trasparenza, dignità e rispetto dei diritti umani». Ed è proprio per questo che anche la società civile ha il diritto a entrare in questi spazi. Non resta quindi che attendere la decisione di merito per capire quali persone, associazioni, enti sono legittimati a vigilare su questi luoghi di privazione della libertà.

    https://lavialibera.it/it-schede-2635-trattenimento_dei_migranti_nei_luoghi_idonei_la_mappa_esc
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    • Il buco nero dei “luoghi idonei alla detenzione”

      Stanze di detenzione di cui nessuno parla. Sono all’interno delle questure, liberalizzate dal decreto Salvini. Usate per le persone che vanno a chiedere il permesso di soggiorno, ora sono diventate una terra di nessuno fuori da ogni forma di controllo. In Italia ci sono luoghi di detenzione più invisibili delle carceri e dei centri di permanenza per i rimpatri (Cpr). Sono i cosiddetti luoghi idonei presso le questure e le zone di transito aeroportuali. Qui i cittadini stranieri in attesa di esecuzione del rimpatrio vengono trattenuti per ore, se non per giorni, in un contesto normativo grigio, dove non esistono tutele e monitoraggio. Se le carceri italiane sono un buco nero della democrazia e i Cpr dei lager di stato, i luoghi idonei presso le questure e le zone di transito aeroportuali sono aree di detenzione amministrativa discrezionale che per la legge è come se non esistessero, ma a cui il governo sta facendo sempre più ricorso.

      Nel 2018 in Italia è entrato in vigore il cosiddetto “Decreto Salvini”. La legge, sbandierata come argine al boom degli sbarchi, è intervenuta tra le altre cose sul tema della detenzione amministrativa degli stranieri in attesa di rimpatrio, prevedendo che essa potesse avvenire non più solo nei Cpr, ma anche in “strutture diverse e idonee nella disponibilità dell’Autorità di pubblica sicurezza”, nel caso in cui negli stessi Cpr non ci fosse più posto.

      È con questa formula molto generica che in Italia è stata inaugurata la stagione dei luoghi idonei presso le questure. Succede che persone che si trovano sul territorio italiano da anni vengano convocate in questura per informazioni relative al rinnovo del permesso di soggiorno e si ritrovino invece sbattuti in una cella e poi, nel peggiore dei casi, imbarcati su un volo verso il loro paese di origine.

      Hassan è arrivato in Italia da ormai oltre dieci anni. Ha ottenuto un permesso di soggiorno per protezione speciale, in patria subiva discriminazioni per una malattia da cui è affetto. In Italia si è costruito una vita e ha lavorato con contratti regolari. Il governo Meloni nel 2023 ha cancellato la tipologia del suo permesso di soggiorno, che intanto gli è pure scaduto. Qualche tempo fa la questura di Milano gli ha detto di presentarsi negli uffici con il passaporto, senza dargli ulteriori dettagli.

      “Mi hanno fatto aspettare in sala d’attesa, poi sono arrivati gli agenti che mi hanno sequestrato il permesso scaduto, la mia carta d’identità italiana e il mio passaporto e mi hanno messo in una cella dicendo che entro poche ore mi avrebbero rimpatriato”, racconta. “Non avrei mai pensato di poter ricevere un trattamento simile, dopo aver vissuto e lavorato per anni in Italia”. La prassi prevede che le persone straniere trattenute nei locali della questura possano rimanerci per un massimo di 96 ore, durante le quali deve avvenire la convalida del rimpatrio del Giudice di pace. Il problema è che non esiste una legge a disciplinare questa restrizione della libertà personale. Che dunque si trasforma in una forma di detenzione grigia e arbitraria, fuori da ogni forma di controllo e in violazione di quelli che, normalmente, sarebbero i diritti dei detenuti.

      Hassan è stato diverse ore nella cella della questura. “Mi hanno sequestrato il cellulare, mi hanno dato un pantalone sporchissimo e usato da altre persone, io non avevo niente con me perché ero andato in questura pensando di restarci pochi minuti”, racconta. “C’era un materassino molto sottile su cui dormire, mentre per andare in bagno dovevi chiedere il permesso agli agenti che ti accompagnavano. Lì dovevi stare con la porta aperta, sotto sorveglianza. La mia privacy è stata violate”. Alla fine il Giudice di pace non ha convalidato l’espulsione e Hassan è uscito dalla questura da uomo libero.

      Anche Adem, 31 anni, ha passato qualcosa di simile. Arrivato in Italia da bambino, dopo un lungo periodo di regolarità non ha più ricevuto risposta per il rinnovo del permesso di soggiorno, che intanto è scaduto. Lo scorso luglio lo hanno fermato per un controllo in strada ed è stato portato in questura. “Avevano già il biglietto pronto per mandarmi in Marocco, era mezzogiorno e l’aereo partiva alle 18”, spiega. “Mi hanno lasciato per sette ore in una cella, mi hanno tolto tutto lasciandomi in mutande senza neanche una coperta e ritirandomi il cellulare”.

      L’ambiente era una sorta di discarica: “Era sporchissimo, i muri cadevano in terra, il bagno era tutto nero. Mi hanno dato da mangiare del riso ma dentro c’erano le larve. Chissà da quanti giorni era lì”. Adem è affetto da una malattia cardiaca, ha provato a spiegarlo agli agenti e a un certo punto ha finto un malore. Quando è stato portato in ospedale gli esami hanno confermato la sua sindrome e una volta in questura è stato liberato per le sue condizioni di salute. “Ho messo in scena un malore perché era l’unico modo per andare in ospedale e dimostrare che sono un soggetto fragile”, spiega.

      Come sottolinea in un report l’Associazione per gli Studi Giuridici sull’Immigrazione (Asgi), “nessun protocollo è in essere con il servizio sanitario nazionale e i trattenuti non vengono sottoposti ad alcuna visita di idoneità prima di accedere alla struttura; questo perché, sostiene la questura, non vi è alcuna prescrizione di legge in tal senso”. Ma non è l’unica mancanza. Sempre l’Asgi denuncia che durante la detenzione “il diritto di presentare reclami al Garante, il diritto di corrispondenza con l’esterno e perfino il diritto a un pasto caldo sono di fatto condizionati alla disponibilità dell’operatore di turno”.

      Raccontare i luoghi idonei presso le questure non è facile, perché il loro monitoraggio è di fatto precluso. Abbiamo fatto richiesta alla prefettura di Milano per potervi fare visita, ma non abbiamo ricevuto risposta. Anche l’Asgi aveva ricevuto il rigetto al sopralluogo dalla questura di Milano, che poi è stato effettuato nel 2022 grazie al ricorso al Tar. Le richieste di un elenco dei luoghi idonei presso le questure italiane non ha mai avuto seguito e oggi non si sa quante siano e dove siano, né quante persone ci siano passate. Incrociando le varie testimonianze, solo a Milano le presenze sarebbero decine ogni mese.

      In una serie di visite effettuate tra il 2020 e il 2021 ai luoghi idonei di Bologna, Parma e Trieste, il Garante dei diritti dei detenuti ha evidenziato numerose criticità sia dal punto di vista strutturale, chiedendo interventi di adeguamento e ristrutturazione, sia riguardo i diritti di base delle persone straniere recluse, come la comunicazione con familiari e avvocati e l’accesso alle informazioni sul loro status. L’Onu ha lamentato un’assenza di tracciabilità dei luoghi idonei e condizioni detentive che rischiano di tramutarsi in una violazione dell’articolo 17 della Convenzione internazionale per la protezione di tutte le persone dalle sparizioni forzate, che vieta la detenzione segreta.

      I luoghi idonei presso le questure sono zone grigie di detenzione, di cui si sa molto poco. “Negli ultimi tempi è incrementata la loro funzione. Con il nostro sportello stiamo entrando in contatto con sempre più persone coinvolte”, denuncia Cesare Mariani, volontario dello sportello legale Naga. “Molti dei rimpatri ci risultano poco legittimati. Persone che avrebbero diritto a rimanere in Italia o perlomeno a ricorrere contro il provvedimento di espulsione rimanendo sul territorio, da un momento all’altro vengono invece rispedite nel loro paese di origine”.

      Quello che non funziona nei locali idonei è soprattutto l’isolamento totale, che rende molto difficile riuscire a dimostrare il proprio diritto a restare. E si crea anche un cortocircuito istituzionale. “I provvedimenti nel caso di domanda di protezione internazionale arrivano su parere della commissione territoriale e su esecuzione della questura, che sono a loro volta organi soggetti al ministero dell’Interno”, sottolinea Mariani, che chiosa: “Questi attori agiscono su chiare indicazioni politiche, non c’è volontà di tutela”.

      https://ristretti.org/il-buco-nero-dei-luoghi-idonei-alla-detenzione

    • I “locali idonei” al trattenimento dei cittadini stranieri: le criticità del dettato normativo, i rilievi mossi dalle autorità di garanzia e i dati raccolti da ASGI

      Sull’introduzione della fattispecie relativa ai ‘locali idonei’ per il trattenimento dei cittadini stranieri in attesa della convalida dell’accompagnamento immediato alla frontiera

      Il D.L. 113/2018 convertito in L. 132/2018 ha ampliato la tipologia dei luoghi di privazione della libertà destinati alla detenzione amministrativa dei cittadini stranieri in attesa della convalida dell’accompagnamento immediato alla frontiera. Con la modifica del c. 5-bis dell’art. 13 del D.Lgs. 286/1998 (Testo Unico Immigrazione, TUI) è stata infatti introdotta la possibilità per il giudice di pace, su richiesta del Questore, di disporre il trattenimento dei cittadini stranieri sopracitati presso “strutture idonee nella disponibilità dell’Autorità di pubblica sicurezza” nel caso di indisponibilità di posti nei Centri di Permanenza per il Rimpatrio (CPR). Inoltre, qualora anche dopo l’udienza di convalida permanga l’indisponibilità di posti nelle sopracitate strutture di cui all’art. 14 del D.Lgs. 286/1998, è possibile disporre il trattenimento dei cittadini stranieri in “locali idonei presso l’ufficio di frontiera interessato, sino all’esecuzione dell’effettivo allontanamento e comunque non oltre le quarantotto ore successive all’udienza di convalida”. L’articolato in questione non veniva abrogato né ulteriormente integrato dal legislatore con il D.L. 130/2020 convertito con modifiche in L. 173/2020, il quale invece conferma l’ampliamento della tipologia dei luoghi di privazione della libertà destinati al trattenimento dei cittadini stranieri in attesa di convalida del rimpatrio coatto, limitandosi unicamente a specificare che ai trattenuti si applicano le disposizioni di cui al secondo comma dell’art. 14 del medesimo D.Lgs: in tali luoghi di detenzione devono essere dunque garantiti adeguati standard igienico-sanitari e abitativi, informazioni relative allo status giuridico, assistenza, rispetto della dignità della persona e libertà di corrispondenza anche telefonica con l’esterno.

      Le criticità del dettato normativo e i rilievi mossi dal Garante nazionale dei diritti delle persone private delle libertà personale e dal Comitato ONU di controllo sull’attuazione della Convenzione internazionale per la protezione di tutte le persone dalle sparizioni forzate

      La norma in oggetto è stata ampiamente criticata[1] da ASGI per via della sua indeterminatezza e per i rilevanti profili di illegittimità costituzionale che ne conseguono, non essendo specificate le modalità del trattenimento e il relativo criterio di idoneità di tali luoghi, la cui valutazione è dunque demandata esclusivamente alla discrezionalità delle autorità di pubblica sicurezza.

      Lo stesso Garante nazionale[2] dei diritti delle persone private della libertà personale accoglieva con preoccupazione la novella normativa, rilevando la criticità dell’assenza di un elenco completo di locali individuati come “idonei” e la mancata determinazione dei criteri oggettivi di idoneità a valenza nazionale, ed evidenziando il conseguente rischio che tali strutture possano sfuggire al controllo preventivo, e dunque all’esercizio delle prerogative di competenza, della stessa autorità nazionale di garanzia. La perdurante sussistenza dei due sopracitati profili di criticità, nonostante gli input in merito ai criteri utili a guidare il vaglio di idoneità forniti dal Garante nell’ambito della interlocuzione avvenuta con il Ministero dell’Interno, veniva nuovamente evidenziata da parte dell’autorità nazionale di garanzia nel parere[3] sul D.L. 130/2020 inviato il 5 novembre 2020 al Parlamento nell’ambito dell’iter di conversione dell’atto governativo.

      In ultimo, ma non meno significativamente, anche il Comitato ONU di controllo sull’attuazione della Convenzione internazionale per la protezione di tutte le persone dalle sparizioni forzate, nelle sue osservazioni conclusive[4] sul rapporto presentato dall’Italia ai sensi dell’articolo 29 della Convenzione del 10 maggio 2019, esprimeva preoccupazione per la mancata pubblicazione dell’elenco dei luoghi “idonei”, che impedisce di fatto al Garante di visitare gli stessi, e per la possibilità che le condizioni di detenzione in tali ambienti potrebbero non essere conformi all’articolo 17 della Convenzione. Il Comitato concludeva raccomandando al governo italiano di pubblicare immediatamente il sopracitato elenco, di garantire l’accesso da parte del Garante nazionale a tali locali, e di ottemperare a quanto disposto dall’articolo 17 della Convenzione[5].

      Le istanze di accesso civico generalizzato presentate da ASGI, le risposte e i dati restituiti dalle Questure e dai valichi di frontiera interrogati

      I dati relativi ai trattenimenti avvenuti dall’entrata in vigore della norma in esame presso i luoghi “idonei” diversi dai CPR e i locali “idonei” presso gli uffici di frontiera non sono stati resi noti dalle amministrazioni competenti. Per questo, ASGI, nell’ambito del progetto In Limine, ha provveduto a sollecitare queste ultime alla pubblicazione di tali informazioni, inviando il 21 luglio 2020 alcune istanze di accesso civico alle autorità interessate in merito al numero di trattenimenti eseguiti, alle strutture individuate e utilizzate a tal fine, alle modalità attuative e condizioni di trattenimento, con indicazione dei criteri di idoneità e della autorità competente alla verifica dell’adeguatezza dei luoghi, alle modalità attuative o protocolli per lo svolgimento di attività di informativa nei confronti dei cittadini stranieri, e alle modalità di svolgimento dei colloqui con i difensori legali.

      Per quanto riguarda le Questure, tutti gli uffici interrogati[6] hanno risposto all’istanza, fornendo, tuttavia, solo parziale riscontro alle richieste avanzate da ASGI, sulla scorta della non ostensibilità di alcune informazioni e di alcuni dati al fine di salvaguardare l’ordine pubblico e per la prevenzione e la repressione della criminalità. Dai dati forniti dagli uffici sopracitati, si rileva tuttavia che presso tutte le Questure interrogate, con l’eccezione di Roma[7], sono già utilizzati i locali ‘idonei’ per il trattenimento dei cittadini stranieri in attesa di convalida dell’accompagnamento immediato in frontiera. Con riferimento al numero di trattenimenti eseguiti, solo alcune delle Questure hanno fornito i dati richiesti, da cui emerge che dal 1 gennaio 2019 al luglio 2020 le stesse hanno trattenuto, nei locali “idonei” individuati (sui quali, come si vedrà di seguito, non hanno fornito ulteriori informazioni), un totale di 393 cittadini stranieri in attesa di convalida del rimpatrio coatto[8]. Pur non avendo tutti gli uffici interrogati fornito i dati relativi alle nazionalità dei trattenuti, si può in ogni caso rilevare che la nazionalità maggiormente interessata da tali trattenimenti risulta essere quella marocchina, seguita, a stretto giro, da quella albanese, e da quella tunisina. Le altre nazionalità coinvolte, seppur in maniera più esigua di quelle appena citate, sono: Moldavia, Senegal, Nigeria, Cina, Palestina, Pakistan, Ghana, Perù, Bosnia, Egitto, Serbia, Ucraina, Bangladesh, Brasile, Colombia, Kosovo, Macedonia, Georgia, India, e Romania.

      Con riferimento ai modi e ai tempi con cui vengono fornite informazioni ai cittadini circa i propri diritti e in particolare al diritto di difesa, all’accesso alla procedura di asilo e ai contatti con il mondo esterno, viene esercitata un’ampia discrezionalità dell’autorità amministrativa nell’individuazione delle sopracitate modalità, come evidenziato dalle risposte fornite dalle Questure interrogate dalle quali emerge un quadro di prassi variegate. Relativamente all’implementazione di attività di informativa ai cittadini stranieri soggetti a trattenimento circa i propri diritti, i tempi del trattenimento, le modalità del rimpatrio, l’accesso al diritto di difesa e alla procedura di richiesta protezione internazionale, a seconda della Questura coinvolta si fa unicamente riferimento all’utilizzo di scheda informativa multilingue per la partenza volontaria, al foglio notizie (che non ha alcun contenuto informativo), o – nel caso di Bologna – ad una scheda informativa relativa al trattenimento ex art. 13 c. 5bis D.Lgs. 286/1998. Nessuno degli uffici interessati sembrerebbe prevedere in ogni caso l’assistenza linguistica, che è riconosciuta, al contrario, unicamente da parte di alcune Questure[9] sulla base di una valutazione caso per caso. Inoltre, tali documenti, la cui compilazione è tra l’altro rimessa al cittadino straniero trattenuto, non fanno alcun riferimento al diritto di accedere alla richiesta di protezione internazionale e, in ogni caso, non assolvono autonomamente ad alcuna funzione informativa. Anche con riferimento alle risposte fornite dagli uffici interrogati in merito allo svolgimento dei colloqui con i difensori legali delle persone soggette a trattenimento ai sensi dell’art. 13 c. 5 bis del D.Lgs. 286/1998, ai luoghi predisposti per tale finalità e alle modalità di comunicazione con gli avvocati e con il mondo esterno, si evidenzia la mancata descrizione delle procedure attuate e dei luoghi individuati al fine di garantire il diritto dei cittadini trattenuti a conferire con i propri difensori e a comunicare con il mondo esterno, essendosi, le Questure interessate, limitate a confermare di garantire il diritto dei cittadini stranieri trattenuti di avere colloqui riservati con i propri difensori e di contattare i propri familiari, anche al fine di recuperare i propri effetti personali.

      In ultimo, con riferimento alle risposte pervenute – e nonostante i solleciti in tal senso dello stesso Garante nazionale dei diritti delle persone private della libertà e dal Comitato ONU sopracitato che hanno invitato le autorità a determinare e rendere noti i criteri oggettivi di idoneità delle strutture con uniforme valenza su tutto il territorio nazionale e alla pubblicazione dell’elenco completo dei locali individuati all’esito del giudizio di idoneità – nessuna delle Questure interrogate ha fornito informazioni relativamente alle strutture[10] e ai luoghi ‘idonei’ individuati e alle modalità di attuazione della privazione della libertà personale[11], comunicando l’esclusione del diritto di accesso alle informazioni e i documenti riguardanti l’organizzazione ed il funzionamento dei servizi di polizia e le strutture strettamente strumentali alla tutela dell’ordine pubblico, ai sensi dell’art. 8 c. 5 del DPR 352/1992. Anche con riguardo ai criteri utilizzati al fine di determinare l’idoneità dei luoghi di trattenimento, tutti gli Uffici coinvolti si sono limitati[12] a fare genericamente riferimento all’interlocuzione avvenuta tra il Ministero dell’Interno e il Garante nazionale e all’indicazione da parte di quest’ultimo di alcuni criteri utili a guidare il vaglio di idoneità, sulla base degli standard europei e internazionali elaborati in materia. Non è chiaro, dunque, se a tale interlocuzione, resa già nota dallo stesso Garante e chiaramente propedeutica alla determinazione e pubblicazione, da parte dell’autorità preposta, dei criteri oggettivi di idoneità delle sopracitate strutture con uniforme valenza su tutto il territorio nazionale, siano seguiti gli auspicati atti amministrativi a valenza nazionale.

      Per quanto riguarda invece i valichi di frontiera interessati, a dicembre 2020 il Responsabile della prevenzione della corruzione e della trasparenza del Ministero dell’Interno confermava quanto già comunicato dai valichi di frontiera di Roma-Fiumicino e Milano-Malpensa nel gennaio 2020 in merito alla mancata realizzazione di tali locali la cui progettazione sembrerebbe essere ancora in fase preliminare[13], con la conseguenza che presso tali valichi di frontiera non sono ad oggi ancora state disposte le misure di trattenimento in esame.

      Al termine di questo riepilogo sul trattenimento in “locali idonei”, evidenziante da un lato le lacune del dettato normativo[14] rilevate dalle autorità di garanzie (il Garante nazionale ed il Comitato ONU) e dall’altro le ombre nell’implementazione evidenziate dai dati raccolti da ASGI tramite le istanze di accesso civico, emerge chiaramente la necessità di un monitoraggio delle modalità, dei luoghi, dei tempi, delle condizioni e dei termini applicativi di implementazione di tale forma di detenzione sui generis al fine di verificare che l’indeterminatezza della norma, che sfugge alla riserva assoluta di legge prevista dall’art. 13 Cost., determini la creazione di aree prive di tutela effettiva ed esposte, quindi, al rischio di arbitri e abusi.

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      [1]https://www.asgi.it/wp-content/uploads/2018/10/2018_10_25_scheda_ASGI_art_2_3_4_DL_Immigrazione_113.pdf; https://www.asgi.it/wp-content/uploads/2018/10/ASGI_DL_113_15102018_manifestioni_illegittimita_costituzione.pdf

      [2] https://www.garantenazionaleprivatiliberta.it/gnpl/resources/cms/documents/17ebd9f9895605d7cdd5d2db12c79aa4.pdf

      [3] https://www.garantenazionaleprivatiliberta.it/gnpl/resources/cms/documents/a4b7703edaea321d90b273c116f1eafd.pdf

      [4] https://tbinternet.ohchr.org/_layouts/15/treatybodyexternal/Download.aspx?symbolno=CED%2fC%2fITA%2fCO%2f1&Lang=en

      [5] Giova rammentare che tale articolo, al suo terzo comma, richiede che ogni Stato contraente assicuri che siano compilati e conservati registri ufficiali relativi alle persone private della libertà, che saranno prontamente messi a disposizione su richiesta da parte di qualunque autorità giudiziaria o altra autorità o istituzione competente autorizzata a ciò dalle legge nazionale o sovranazionale, e che le informazioni contenute in tali documenti debbano comprendere, come minimo, inter alia, la indicazione del luogo di privazione della libertà e l’autorità di esso responsabile.

      [6] Questura di Bergamo, Questura di Milano, Questura di Bologna, Questura di Brescia, Questura di Parma e Questura di Roma.

      [7] Fa eccezione la Questura di Roma che, al 3 agosto 2020, dichiarava di aver continuato a disporre i trattenimenti unicamente presso i CPR presenti sul territorio nazionale non avendo ancora individuato/realizzato dei luoghi ‘idonei’ e non usufruendo di strutture diverse ed idonee nella disponibilità dell’autorità di pubblica sicurezza.

      [8] Di cui 91 trattenuti dalla Questura di Bergamo (79 nel 2019 e 12 nel 2020), 179 dalla Questura di Brescia e 50 dalla Questura di Parma.

      [9] Questure di Milano, Brescia e Parma.

      [10] Solo la Questura di Bergamo riferisce di disporre di camere per il trattenimento di cittadini fermati, utilizzate per la permanenza di cittadini stranieri in fase di esecuzione dell’espulsione ai sensi dell’art. 13 c. 5 bis del D.Lgs. 286/1998 e comunica la non ostensibilità dei documenti relativi alle strutture di polizia, essendo esclusi dal diritto di accesso ai sensi dell’art. 24 c. 6 lett. c) e art. 3 c. 1 lett. d) del decreto del Ministero dell’Interno del 10 maggio 1994 n. 415.

      [11] La Questura di Bergamo si limita ad aggiungere, genericamente, in merito alle modalità di attuazione della privazione della libertà personale, che quest’ultima avviene nel rispetto delle previsioni di legge e con la convalida dell’autorità giudiziaria.

      [12] Ancora una volta ad eccezione della Questura di Bergamo che, sul punto, integra genericamente quanto già riferito dalle altre Questure, riferendo che i criteri utilizzati al fine di determinare l’idoneità dei luoghi di trattenimento sono quelli specifici della normativa di settore, sottoposta ai controlli degli uffici preposti.

      [13] Il valico di Roma-Fiumicino a gennaio 2020 ha inviato gli atti relativi alla progettazione di tali locali, senza fornire informazioni in merito alle tempistiche previste per la realizzazione degli stessi. Dalla documentazione inoltrata in merito alla progettualità per l’individuazione dell’area e la realizzazione dei locali idonei si evince che le autorità stanno predisponendo una vera e propria area di detenzione temporanea presso il varco 1 dell’aeroporto di Roma Fiumicino nell’ottica di un grave ampliamento e decentramento dei luoghi di privazione della libertà personale. Il valico di Milano-Malpensa ha invece comunicato che sono ancora in corso le attività tecniche preliminari per l’individuazione dei suddetti locali che dovrebbero essere realizzati entro la metà del 2022.

      [14] https://www.asgi.it/wp-content/uploads/2018/10/2018_10_25_scheda_ASGI_art_2_3_4_DL_Immigrazione_113.pdf; https://www.asgi.it/wp-content/uploads/2018/10/ASGI_DL_113_15102018_manifestioni_illegittimita_costituzione.pdf

      Foto di Lucia Gennari tratta dal rapporto di Migreurop Rinchiusi ed esclusi: La detenzione informale e illegittima in Spagna, Grecia, Italia e Germania

      https://www.asgi.it/inlimine/i-locali-idonei-al-trattenimento-dei-cittadini-stranieri-le-criticita-del-detta

    • L’altra detenzione amministrativa: i misteriosi “luoghi idonei”

      Squarci di informazione sulla detenzione amministrativa si sono potuti cogliere nel corso di quest’anno, il c.d. “grande pubblico” è stato raggiunto da parole come C.P.R. (Centri di Permanenza per il Rimpatrio), vere e proprie carceri esclusivamente per persone straniere. Luoghi di detenzione dove i migranti perdono la libertà per questioni connesse al loro permesso di soggiorno: detenzione amministrativa per l’appunto. Una vera e propria contraddizione in termini.

      Si è parlato di CPR per le condizioni inumane in cui sono costrette a vivere le persone migranti, private in buona sostanza di ogni diritto fondamentale e costituzionalmente sancito, dalla salute alla comunicazione ad esempio e, soprattutto, spogliate della dignità umana. Il Governo Meloni con il Decreto – Legge n. 124/2023 ha ampliato il termine massimo di permanenza fino ad addirittura diciotto mesi e con l’intendimento di costruire un CPR in ogni Regione. Persone (esclusivamente straniere, è doveroso ribadirlo) che il nostro Stato riduce a fantasmi in attesa di un’espulsione che una volta su due nemmeno avviene. Ed è in fase di costruzione un CPR anche in Albania, sempre su volere del nostro Governo in collaborazione con il suo omologo albanese. Si potrebbe affermare, rimanendo perversamente coerenti con i blackout terminologici, che esportare la detenzione amministrativa è la nuova frontiera.

      Ma i trattenimenti delle persone straniere non avvengono esclusivamente nei CPR ma, altresì, nei “luoghi idonei”. Ovvero?

      Il D.L. 113/2018 – il famigerato primo “Decreto Salvini” – convertito nella L. 132/2018 ha ampliato la tipologia dei luoghi di privazione della libertà destinati alla detenzione amministrativa delle persone straniere in attesa della convalida dell’accompagnamento immediato alla frontiera.

      La modifica dell’art 13 del Testo Unico dell’Immigrazione ha così introdotto la possibilità per i Giudice di Pace, su richiesta del Questore, di disporre il trattenimento dei cittadini stranieri sopracitati presso “strutture idonee nella disponibilità dell’Autorità di pubblica sicurezza” nel caso di indisponibilità di posti nei CPR. Inoltre, qualora anche dopo l’udienza di convalida permanga l’indisponibilità di posti nelle sopracitate strutture (ndr: i CPR) di cui all’art. 14 del D.Lgs. 286/1998 (ndr: il Testo Unico dell’Immigrazione), è possibile disporre il trattenimento dei cittadini stranieri in “locali idonei presso l’ufficio di frontiera interessato, sino all’esecuzione dell’effettivo allontanamento e comunque non oltre le quarantotto ore successive all’udienza di convalida”

      In altri termini, questi luoghi “idonei” destinati al trattenimento dei cittadini stranieri in procinto di essere espulsi sono sussidiari ai CPR, disponibili presso le Questure e diffusi sul territorio nazionale. Luoghi di privazione della libertà personale, ancor più sconosciuti dei CPR e non conoscibili perché non è dato avere nemmeno un elenco degli stessi da parte della Pubblica Amministrazione.

      Le persone trattenute (sempre e solo straniere) possono rimanere in piccole stanze collocate in Questura sotto stretta sorveglianza per un massimo di novantasei ore, al termine delle quali possono essere liberate o rimpatriate, il tutto passa da un’udienza di convalida tenuta da un Giudice di Pace rigorosamente da remoto. I cellulari vengono sequestrati, quindi, la persona trattenuta una volta in Questura non ha modo di comunicare con l’esterno se non per concessione della Questura stessa.

      Non esiste una legge che disciplini le modalità di questo tipo di restrizione della libertà personale.

      Negli ultimi mesi questi casi di trattenimenti in “luoghi idonei” sono in aumento (ndr: chi scrive ha appreso di un forte incremento nella Questura di Milano). Tuttavia, le informazioni al riguardo sono pressoché inesistenti. Nebbia fitta insomma.

      Quello che si sa è che abbiamo delle persone, spesso residenti in Italia da anni, che si recano in Questura per ottenere, ad esempio, informazioni sullo stato della propria richiesta di permesso di soggiorno o di rinnovo dello stesso che poi si trovano letteralmente detenute, impossibilitate o quasi ad avere contatti con l’esterno per contattare il proprio difensore o i famigliari, sottoposte ad un’udienza che dura pochi minuti con un Giudice “da remoto” e poi imbarcate su un aereo.

      E spesso ci si reca in Questura su un appuntamento dato dagli stessi organi di polizia, appuntamento, questo, atteso, a volte, anni, con la speranza di uscire da quei locali con un permesso di soggiorno. E, invece, in luogo del rilascio dell’agognato titolo di soggiorno il buio della detenzione e dell’espulsione, quasi senza possibilità di difendersi e, ancor prima, di capire quello che sta succedendo.

      Perché tutto questo? Una risposta la si può trovare nel c.d. “decreto Cutro” (il decreto-legge emanato dal Governo Meloni il 10 marzo 2023) e l’abrogazione del comma 2 dell’art. 12 del D.P.R. 394/1999, con la conseguente soppressione del meccanismo di intimazione a lasciare il territorio nazionale entro il termine di quindici giorni, previsto in occasione della notifica allo straniero del rifiuto/revoca del permesso di soggiorno.

      E, pertanto, volendo citare la Circolare del Ministero dell’Interno n. 400/B dell’1.6.2023 “In tale prospettiva codesti Uffici, contestualmente alla notifica del rifiuto del permesso di soggiorno, contenente l’avviso di cui al comma 1 della norma citata, valuteranno l’adozione dell’espulsione di cui all’art. 13 del Testo Unico, previa verifica della sussistenza dei presupposti”.

      Ormai per un cittadino straniero è preferibile recarsi in Questura munito di passaporto, dichiarazione di ospitalità, contratto di lavoro o dichiarazione di disponibilità all’assunzione per il futuro per sperare che il suo trattenimento non venga convalidato avendo dimostrato il suo radicamento in questo paese. Altrimenti, ormai rimpatriato nel paese d’origine, dovrà sperare di trovare un avvocato che si opponga al suo decreto di espulsione.

      Ormai, volendo citare l’avvocato Maurizio Veglio, si può affermare che “La semplice osservazione dei luoghi di trattenimento amministrativo, di fatto e di diritto, dei non cittadini – in Italia come nel mondo – consente di affermare che quello che si consuma al loro interno è un rito di separazione su base etnica. Il trattenimento degli stranieri è un poderoso strumento di propaganda a disposizione del governo di turno, che l’attuale riforma (ndr: il Decreto Cutro) porta alla sua massima espansione.”

      Definiti “luoghi idonei” ma, in realtà, sono luoghi dove si celebra il rito della segregazione nel silenzio dell’opinione pubblica. Come per i CPR occorre impegnarsi per fare luce su queste zone d’ombra dei diritti totalmente sconosciute per porre fine all’ennesima guerra in corso, quella ai migranti.

      https://transform-italia.it/laltra-detenzione-amministrativa-i-misteriosi-luoghi-idonei

    • Persone in attesa di rimpatrio. A Milano camere di sicurezza fatiscenti utilizzate come «luoghi idonei»

      Nella città lombarda 16 camere di sicurezza vengono utilizzate come luoghi idonei. Le condizioni igieniche sono scarse e non c’è neppure l’ambulatorio medico. La relazione del garante dei detenuti certifica violazioni di diritti

      Mancano le sedie e i tavoli, i bagni sono sporchi, le coperte non vengono sanificate e c’è poca luce naturale. La questura di Milano li chiama luoghi idonei, ossia adatti al trattenimento dei cittadini stranieri in attesa di rimpatrio, ma per il garante dei detenuti, che a luglio del 2025 ha visitato le strutture della città lombarda, in queste stanze di idoneo c’è poco.

      La relazione è impietosa, soprattutto per quanto riguarda le 16 camere di sicurezza collocate al piano terra della questura, utilizzate per le persone in stato di fermo o di arresto e, solo in via eccezionale, per chi è in attesa di rimpatrio. Da gennaio 2024 ad agosto 2025 nei luoghi idonei e nelle camere di sicurezza meneghine sono state rinchiuse 592 persone.

      La commissione del garante ha visitato due camere di sicurezza, giudicate inadeguate viste le «condizioni molto degradate». Nel bagno non c’era la doccia (necessaria per trattenimenti superiori alle 24 ore) e i sanitari in acciaio erano ricoperti di incrostazioni maleodoranti. Inoltre, sui letti in muratura, dove poggia un materasso di gommapiuma, erano presenti coperte «evidentemente utilizzate da chi era transitato in precedenza». Dalla questura hanno confermato che questi spazi sono «solo saltuariamente igienizzati».

      Nel locale idoneo, invece, asciugamani, biancheria, scarpe e ciabatte sono fornite dalle associazioni e non dalle istituzioni. Nei mesi estivi nessun impianto di climatizzazione è in funzione, ma almeno una finestra garantisce un po’ di luce naturale. In ogni caso, non sono disponibili né il campanello delle chiamate urgenti, né l’interruttore per accendere o spegnere la luce dall’interno.
      “Si rifiuta di firmare”

      Parlando con gli operatori impiegati nella vigilanza dei cittadini stranieri, il garante ha scoperto che sono poco informati sulle regole da seguire durante il trattenimento. In assenza di un presidio sanitario, è lo stesso personale che chiede informazioni sullo stato di salute e sull’eventuale necessità di terapie farmacologiche.

      «In linea di principio – si legge nel documento – nei locali idonei sono trattenute esclusivamente persone migranti che non hanno problematiche sanitarie». Dagli stessi dati ottenuti durante la visita, la questura ha segnalato che dieci persone sono state trasportate in ospedale. I pasti forniti sono secchi: panini, frutta, uno snack dolce e l’acqua, mentre il telefono cellulare viene ritirato all’ingresso e occorre comunicare in anticipo le persone che si desidera contattare.

      Sul punto, il garante ha spiegato che i dispositivi non dovrebbero essere requisiti, per permettere di accedere a internet anche solo per informarsi o passare il tempo. I colloqui con i difensori avvengono in modalità confidenziale, ma vigilati dal responsabile di turno. Sui registri presenze, alla voce “informativa sui diritti” – il documento che i cittadini stranieri devono firmare all’inizio della permanenza – compare spesso la dicitura “si rifiuta di firmare”, ma secondo il garante più che un diniego sembra che i fogli non vengano proprio consegnati.

      «In effetti anche il giorno della visita il personale aveva difficoltà a reperirli», si legge nella relazione. Anche i mediatori culturali, che potrebbero aiutare le persone a superare almeno l’ostacolo della lingua, sono disponibili solo dal lunedì al venerdì fino alle 17. E se capita di entrare nel weekend, non è previsto alcun supporto.

      La videosorveglianza è attiva 24 ore su 24, anche nelle stanze private (a differenza dei Cpr dove è possibile avviare la registrazione soltanto negli spazi comuni), e la stessa rigidità si applica ai pacchi che arrivano dall’esterno. Ultima nota dolente sono le autorizzazioni al trattenimento e all’espulsione firmate dal giudice di pace: dal 2020 è possibile compilarle in via telematica e ciò significa che il magistrato, come evidenzia la relazione, «non ha mai fatto accesso alle camere di sicurezza per valutarne l’idoneità».

      In effetti, i collegamenti video con l’autorità giudiziaria si tengono in una stanza piccola, che all’occorrenza è ambulatorio medico, sala avvocati e persino magazzino.
      La risposta della Questura di Milano

      Il capo della polizia di Stato, Vittorio Pisani, il 10 marzo 2026 ha risposto al documento del collegio del Garante: «La Questura di Milano – ha scritto Pisani – ha rappresentato che, a breve, saranno disponibili nuovi locali idonei, realizzati in Via Corelli, che risponderanno agli standard di sicurezza e di adeguatezza raccomandati dal garante nazionale». Ha aggiunto poi che «allo straniero vengono puntualmente illustrate, in lingua a lui comprensibile, sia mediante al consegna di materiale esplicativo, sia oralmente con l’assistenza di mediatori culturali, le ragioni per le quali si trova in tali luoghi, con la possibilità di chiedere protezione internazionale, di aderire a programmi di rimpatrio volontario assistito e di ricevere oggetti personali dall’esterno, di nominare e avere colloqui col difensore e di ogni altro suo diritto».

      Per quanto riguarda la corrispondenza telefonica, il capo della polizia ha sottolineato che il cellulare viene messo in un armadietto e preso «ogni qual volta la persona ne faccia richiesta» e «sotto la supervisione degli operatori», per «contemperare le esigenze di sicurezza col diritto alla libertà di corrispondenza telefonica. Sul punto della tutela della salute,»è cura dell’ufficio immigrazione della Questura di provvedere preliminarmente ad approfondimenti sulle condizioni di salute dei soggetti interessati alla procedura". Nel caso in cui il cittadino straniero si senta male, chiamano il 118.

      Allegato alla risposta di Pisani c’è anche un altro documento, dell’ufficio immigrazione della Questura di Milano. Particolarmente interessante il punto sulle condizioni materiali dei luoghi idonei. «I nuovi locali idonei costruiti in via Corelli, adiacenti al locale Cpr ma distinti dallo stesso, sono muniti ciascuno (totale quattro locali) di servizi igienici e di doccia; nelle more dell’effettiva operatività degli stessi, si provvederà in ogni caso ad interessare il locale ufficio tecnico logistico per l’intensificazione dei servizi di pulizia e il cambio del materiale lettereccio».

      Come per il caso di Palermo, anche per la questura di Milano il telefono non viene lasciato sempre per"potenziale pericolo per l’incolumità dello stesso, degli altri ospiti e degli operatori, potendo fungere tale strumento come mezzo idoneo al compimento anche di atti pericolosi e autolesionistici".

      https://lavialibera.it/it-schede-2642-milano_rimpatri_camere_di_sicurezza_utilizzate_come_luogh
      #Milan

  • Il programma apprezzato dai pro-vita che insegna l’educazione sessuale nelle scuole italiane
    https://irpimedia.irpi.eu/provita-educazione-affettiva-scuole-teen-star

    Teen Star si presenta come un programma laico di educazione sessuale, ma i suoi materiali presentano contenuti pseudoscientifici su contraccezione e identità di genere, vicini alle posizioni della Chiesa L’articolo Il programma apprezzato dai pro-vita che insegna l’educazione sessuale nelle scuole italiane proviene da IrpiMedia.

    #Diritti #Mondo #Donne #Famiglia #Lobby #Politica #Religione

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    #Diritti #Mondo #Donne #Famiglia #Lobby #Politica #Religione

  • Widad Tamimi: “Sto con i palestinesi e con gli israeliani che cercano una pace vera e giusta”
    https://www.assopacepalestina.org/2026/04/02/widad-tamimi-sto-con-i-palestinesi-e-con-gli-israeliani-che-cerca

    di Claudia Cangemi, Pressenza, 2 aprile 2026. “Forse può sembrare ingenuo, ma resto convinta che non ci siano alternative alla pace. La guerra consuma sempre: svuota, corrode, indebolisce anche chi crede di vincere. E i muri, prima o poi, mostrano la loro natura: sono sottrazione di possibilità, amputazione di futuro, un limite imposto tanto a ... Leggi tutto

    #Notizie #libro_Dal_Fiume_al_Mare_

    • Dal fiume al mare – Storia della mia famiglia divisa tra due popoli

      Cosa vuol dire appartenere a una terra contesa? Come si racconta una storia di famiglia che attraversa confini, guerre, fughe, ritorni e desideri di pace?

      Con una scrittura limpida e partecipe, mai ideologica, Widad Tamimi intreccia memoria personale e riflessione civile, accompagnando il lettore nel cuore vivo del conflitto israelo-palestinese, senza semplificazioni né proclami. Tutto prende avvio da un’immagine semplice e disarmante: due bambini, uno palestinese e uno israeliano, seduti a disegnare la loro casa. Da lì si dipana un racconto fatto di frammenti d’infanzia, storie famigliari, testimonianze, sogni infranti e speranze tenaci.

      Ne emerge un memoir profondo e toccante, che parla di esilio, maternità, giustizia e riconciliazione, ma soprattutto dell’inesauribile desiderio umano di comprendere l’altro, anche quando sembra impossibile riuscire a farlo. Dal fiume al mare è un libro che prende posizione con dolcezza e determinazione: la voce di una donna, di una figlia e di una madre che cerca, attraverso le parole, di restituire dignità a una terra segnata da contraddizioni, ferite e bellezza.

      Una testimonianza letteraria necessaria per chi ama le storie vere che parlano alla coscienza e al cuore; per chi non si accontenta degli slogan; per chi crede che la letteratura possa ancora essere uno spazio di ascolto, verità e umanità.

      Dal cuore del conflitto israelo-palestinese, una storia di dolore, radici e speranza.

      Un memoir potente e profondamente umano, che dà voce a chi vive tra identità spezzate e confini mai pacificati.

      https://www.feltrinellieditore.it/opera/dal-fiume-al-mare
      #livre #biographie #famille #Widad_Tamimi

  • La #Famiglia secondo Meloni
    https://irpimedia.irpi.eu/famiglia-governo-meloni-politiche-natalita

    Dall’Osservatorio sulla famiglia alle politiche per la natalità, il governo italiano promuove la «famiglia tradizionale» sostenuta da reti cattoliche e anti-aborto. Un sistema di influenze, anche internazionali, che incide su #Diritti riproduttivi e politiche pubbliche L’articolo La famiglia secondo Meloni proviene da IrpiMedia.

    #Mondo #Donne #Lobby #Politica #Religione #Ungheria

  • Des lesbiennes en devenir - Coming-out, loyauté filiale et hétéronormativité chez des descendantes d’immigrant·e·s maghrébin·e·s | Salima Amari dans les Cahiers du Genre 2012/2
    https://shs.cairn.info/revue-cahiers-du-genre-2012-2-page-55

    [...] cette rupture [par rapport au groupe d’origine] due à la migration détermine les particularités de ces #familles en matière de relations filiales. C’est dans ce sens qu’Abdelmalek Sayad (ré)invente la généalogie familiale sociale en soulignant le rôle des enfants dans l’existence des parents #immigrés en France dans une filiation renversée pour « les ‘faire naître’ à la vie plus largement publique, […] les confirmer dans leur qualité de résidents au sens plein du terme, […] les réhabiliter dans leur identité totale, sociale et politique » (Sayad 1994). En effet, pendant longtemps les parents n’ont eu aucune existence sociale. Le regard porté sur l’#immigration était limité aux pères immigrés-travailleurs appelés à quitter un jour le paysage français puis aux mères enfermées dans l’espace privé. C’est la présence des enfants en situation postmigratoire qui amène enfin la prise de conscience de « la réalité de l’immigration en tant que présence appelée à devenir définitive (et pas seulement durable) » (id.). Pour Sayad, c’est cette génération qu’on convient d’appeler « deuxième génération » qui fait exister la « première ». Même s’il rappelle que pour qu’on puisse parler d’une génération nouvelle, il faut qu’il y ait rupture et qu’on puisse faire comme si cette « génération nouvelle n’avait pas grandi immergée dans les comportements, dans les sentiments, dans les attitudes hérités » (id., p. 174). Il s’agit donc bien d’héritiers et héritières, de descendant·e·s faisant exister leurs ascendant·e·s. En continuité avec cette filiation renversée, les lesbiennes interrogées ne comptent, par exemple, pas prendre part aux revendications du mouvement lgbt en France. En devenant des #lesbiennes visibles, elles prendraient le risque d’une rupture avec leurs parents.

    [...] La #réputation est une des raisons invoquées par les enquêtées pour expliquer leur refus de la visibilité de leur lesbianisme. La bonne réputation familiale se joue au lycée, dans le quartier et même dans la ville d’origine des parents.

    [...] Ce choix [de taire leur lesbianisme à leurs parents] est souvent motivé par la peur d’une rupture familiale. Certaines des interviewées ont déjà vécu une expérience de rupture momentanée avec la famille pour d’autres raisons. Peu après leur majorité, certaines filles ont décohabité. Cette expérience s’est révélée souvent très douloureuse pour elles qui ont fait l’expérience de leur vulnérabilité au sexisme, au mépris de classe et au racisme.

    [...] Pour pouvoir vivre leurs vies affectives et de couple tout en maintenant des relations avec leurs familles, les lesbiennes descendantes de parents maghrébins en France semblent réclamer « le droit de ne pas dire » (Decena 2008, p. 350). Elles deviennent ainsi des sujets tacites.

    [...] La prise de risque qui passe par une prise de parole ne s’applique à aucune des #femmes que j’ai interrogées. Parmi toutes les enquêtées, Amina apparaît comme celle qui a reçu l’éducation la plus stricte. Ses parents ont veillé à donner à leurs enfants une éducation traditionnelle fondée sur le partage strict entre les espaces féminins et masculins et perpétuent ce modèle familial. Interrogée sur la possibilité d’un #coming-out, elle est catégorique quant à son refus d’une action qui pourrait déstabiliser la cohésion familiale.

    [...] La plupart des lesbiennes que j’ai rencontrées adoptent des stratégies visant à ne pas rendre leur #homosexualité trop visible. Elles ont le souci permanent de protéger leurs parents, et particulièrement leur mère qui risque de se voir reprocher un échec éducatif et de provoquer un conflit au sein du couple parental. Là encore c’est Amina qui le relate clairement :
    Bah, mon père parce que c’est un homme et tout et c’est plus ma mère que je vais toucher. Parce que si je dis ça, moi je ne vais rien prendre de mon père, c’est sûr et certain. Mais tous les jours, il va dire à ma mère quelle mauvaise éducation elle a donnée à ses enfants.

    [...] Les enquêtées disent clairement que, par rapport aux autres frères mariés ou célibataires et sœurs mariées, elles sont les plus sollicitées, souvent par la mère, pour régler des conflits de famille ou pour donner des conseils au quotidien. Elles sont ‘célibataires’ et sans enfants et, par conséquent, apparaissent comme les plus disponibles.

    [...] Cette disponibilité permanente des lesbiennes pour leurs familles apparaît comme une stratégie pour desserrer l’étau du mariage et de la maternité.

    [...] Malgré le doute et parfois la certitude sur l’homosexualité de leurs filles, les parents, et surtout les mères, ne relâchent pas la pression pour qu’elles se marient et aient des enfants. Elles espèrent sans doute que ce n’est qu’un moment ‘d’égarement’. L’injonction au mariage et à la maternité est souvent rappelée aux filles lorsqu’elles atteignent la trentaine. Un tel ‘célibat’ prolongé doit être justifié. Les réponses aux mères insistantes sont souvent des réponses stratégiques pour ‘gagner du temps’ et continuer à vivre sa vie de manière autonome comme lesbienne.

  • Algérie. Des frontières qui tuent l’#économie des peuples du désert

    Avec plus de 6 700 kilomètres de frontières terrestres, l’Algérie fait face dans son grand Sud à un dilemme qu’aucune décision militaire ne peut trancher seule : comment sécuriser un territoire sans briser les sociétés qui le font vivre ?

    Mohammed a 28 ans et conduit des camions à #Tin_Zaouatine, l’une des bourgades algériennes les plus reculées, perchée à l’extrémité sud du pays, à quelques kilomètres du #Mali. Durant sa carrière de camionneur, il traversait souvent la frontière algéro-malienne pour acheminer des marchandises au nord du Mali. Depuis la prise du pouvoir des militaires à Bamako en 2021 et l’intensification des bombardements de l’armée malienne contre les groupes djihadistes, notamment dans la région de #Gao, et contre le #Front_de_libération_de_l’Azawad (#FLA) plus au nord, son activité s’est effondrée.

    « Nous vivons une abondance relative ici, dit-il, mais l’autre moitié de la famille et des proches au Mali ont été durement touchés. »

    Ce témoignage résume, mieux que n’importe quelle statistique, la fracture que vivent les populations frontalières du grand Sud algérien. D’un côté, un État qui sécurise ses #marges pour faire face à l’#instabilité chronique du #Sahel. De l’autre, des sociétés tribales dont les liens de sang, de #commerce et de culture enjambent les frontières depuis des siècles — et qui subissent de plein fouet chaque tour de vis sécuritaire.

    Des frontières qui n’ont jamais existé dans les esprits

    L’Algérie possède la plus longue frontière terrestre d’Afrique. Ses 6 734 kilomètres la connectent à sept pays voisins, dont le Mali (1 376 kilomètres), la #Libye (989 kilomètres) et le #Niger (956 kilomètres) — trois frontières particulièrement sensibles depuis l’effondrement de la Libye en 2011 et la déstabilisation progressive du Sahel.

    Mais sur le terrain, ces #lignes tracées par les États modernes se superposent à un tissu social et économique bien plus ancien, qui n’a jamais reconnu de séparations rigides. Les #Touaregs#Imuhagh dans leur propre langue — sont présents aussi bien dans le #Hoggar et le #Tassili algériens qu’en #Azawad malien ou dans l’#Aïr nigérien (voir carte ci-dessous). Les tribus arabes #Zaouïa, comme les #Kounta, jouent depuis des générations un rôle de médiation sociale et religieuse qui dépasse les frontières, et certains de leurs notables siègent encore aujourd’hui au Parlement algérien.

    Les #mariages_intercommunautaires entre l’Algérie, le Mali, le Niger et même jusqu’en Mauritanie au sud-ouest restent fréquents. Chaque crise diplomatique devient ainsi un fardeau social direct pour des #familles_éclatées de part et d’autre d’une #ligne_administrative. Le Sud algérien est aussi une #mosaïque_linguistique rare : on y parle l’#arabe et le #tamasheq, mais aussi des langues menacées comme le #korandje — mélange d’arabe, de berbère et de songhaï — ainsi que des dialectes #haoussa et #peul portés par les communautés frontalières et les flux migratoires.

    Le « #tahrib », une #économie_de_survie

    Dans ce contexte, la #mobilité_transfrontalière n’est pas un luxe mais une condition de survie. Pour les jeunes des zones reculées comme Tin Zaouatine, il n’existe souvent aucune autre perspective que d’intégrer les circuits du tahrib — terme qui désigne à la fois l’acte de « faire passer » et, plus largement, la #contrebande organisée. C’est ce que souligne Raouf Farrah, chercheur en géopolitique :

    "Concrètement, le tahrib consiste à exporter vers le Mali des produits algériens de première nécessité, souvent subventionnés : semoule, pâtes, carburant, électronique. Le différentiel de prix entre les deux pays rend ces flux extrêmement rentables pour les opérateurs locaux. Mais ils sont aussi vitaux pour les villes maliennes voisines comme #Tessalit ou #Kida."

    « le Nord-Mali, déconnecté des corridors logistiques de Bamako, dépend davantage de l’Algérie pour sa subsistance que de sa propre capitale. »

    Un chiffre suffit à mesurer l’ampleur du phénomène : selon les données de l’Office National des Statistiques (2018-2023), les exportations algériennes vers le Mali et le Niger sont inférieures à 2 millions de dollars par an (1,7 million d’euros). Ce chiffre dérisoire masque une économie parallèle structurée, animée par des réseaux touareg historiques — dont le chiffre d’affaires réel a cependant été divisé par trois depuis 2011.

    Trafic de documents d’identité

    « Les Nigériens, Tchadiens et Soudanais paient pour devenir algériens avec l’aide des habitants de la région », rapportent des témoins contactés par Maghreb Émergent. « Le processus consiste à se faire inscrire par des Algériens comme l’un des leurs, né dans le désert. Je suis au courant de ce trafic depuis 2006, mais on m’a récemment expliqué que ce ne sont pas seulement les Nigériens et les Maliens ayant des proches algériens qui utilisent cette démarche pour obtenir la #nationalité, les Tchadiens aussi y ont recours », raconte un témoin. « J’ai des proches là-bas, ils ont ces documents payés. »

    La #nationalité_algérienne coûte 600 000 FCFA (environ 1 000 euros) pour les Nigériens ou Maliens ayant des proches algériens, mais les Tchadiens paient 1 million de FCFA (1 500 euros), faute de réseau local.

    La problématique de l’accès à la nationalité dans les zones frontalières du Sud algérien repose, en premier lieu, sur l’héritage complexe du #tracé_colonial. Ce #découpage_territorial a fragmenté des communautés nomades, à l’instar des #tribus_touarègues, dont les structures sociales et les modes de vie s’affranchissent des frontières étatiques. Cette situation entrave la régularisation administrative de nombreuses familles et complexifie l’établissement des preuves d’allégeance nationale, certains individus refusant par ailleurs l’adhésion aux États malien ou nigérien.

    Parallèlement, le processus de #naturalisation fait l’objet de dérives systémiques impliquant des réseaux de coordination transfrontaliers entre le Mali, le Niger et la Mauritanie. Selon une source administrative, l’acquisition de la citoyenneté est désormais dénaturée par des pratiques corruptives où intermédiaires administratifs et magistrats facilitent des enregistrements frauduleux, souvent sous couvert de liens familiaux supposés avec des ressortissants subsahariens. Cette opacité structurelle occulte désormais la distinction entre les ayants droit légitimes et les bénéficiaires de manœuvres illicites.

    Quand la sécurité provoque des #crises_humanitaires

    La #militarisation progressive des frontières depuis 2011, puis les récentes tensions diplomatiques entre Alger et Bamako, ont asphyxié ces #échanges, avec des conséquences immédiates et sévères. Des blocus autour de villes comme #Gao et #Tombouctou ont conduit l’Algérie à suspendre momentanément ses #exportations. Le résultat a été sans appel.

    « L’absence de marchandises a provoqué une véritable #catastrophe_humanitaire et alimentaire », rappelle Akram Kharief — une situation si grave qu’elle a contraint Alger à reprendre les flux pour éviter le pire. C’est la démonstration par l’absurde de l’interdépendance de ces deux espaces : on ne peut pas fermer le robinet sans que des populations en meurent de soif.

    Pour les familles frontalières, la rupture prend une dimension encore plus personnelle. Elle brise les réseaux de solidarité traditionnels, met en péril des équilibres économiques construits sur des générations et transforme chaque décision politique prise à Alger ou à Bamako en tragédie familiale.

    Face à l’instabilité sahélienne, la traditionnelle #hospitalité du #désert résiste, mais se fissure. Les tribus frontalières continuent de traiter les exilés subsahariens avec humanité — eau, orientation, protection. Mais l’infiltration d’éléments djihadistes cherchant à se fondre dans le tissu tribal a profondément modifié l’équation sociale.

    « Cela place tout le monde sous suspicion », avertit Moussa, un exilé installé actuellement à Oran, dans l’ouest du pays, qui a travaillé pendant dix ans sur les routes transfrontalières entre le Mali et l’Algérie. Cette réalité a justifié, aux yeux des autorités algériennes, un renforcement du dispositif militaire qui limite drastiquement la #liberté_de_mouvement — y compris celle des populations locales qui n’ont rien à voir avec les réseaux armés.

    Une question existentielle sans réponse facile.

    Ces sociétés frontalières se trouvent aujourd’hui dans un étau. Coincées entre un État central qui, pour garantir sa sécurité, essaie de s’immuniser des réseaux djihadistes qui sévissent encore dans la région et une instabilité régionale qui ne montre aucun signe d’apaisement, elles font face à une question que ni Alger ni les capitales sahéliennes ne semblent vouloir poser ouvertement : peut-on sécuriser une frontière sans insécuriser la société qui la fait vivre ?

    Comme le formule sobrement une source locale : « La frontière administrative ne peut pas annuler l’unité sociale et économique. » La vraie question est de savoir si les États de la région en ont pris la mesure — avant qu’il ne soit trop tard.

    https://orientxxi.info/Algerie-Des-frontieres-qui-tuent-l-economie-des-peuples-du-desert

    #frontières #Algérie

  • Table ronde d’associations et de collectifs sur le traitement judiciaire de l’inceste
    https://www.youtube.com/watch?v=5K4BjY1nJEE

    Commission d’enquête relative aux conséquences des accords du Touquet sur l’action publique et le respect droits fondamentaux des personnes migrantes
    👥 Suivez la table ronde réunissant les associations et collectifs suivants :

    Teremoana Hellec, avocat au barreau de Papeete, vice-président de l’association Pare Ora, Teanini Tematahotoa, secrétaire de l’association, Cynthia Ayou, médecin légiste et pédiatre à l’UAPED Pare Ora, et Marianne Balet, responsable du site de l’UAPED ;
    Fabienne Sainte-Rose, fondatrice de l’association des mille et une victimes d’inceste et de traumatismes (LAMEVIT) ;
    Lydia Barneoud, directrice fondatrice du collectif CIDE ;
    Éloise Bergeon, présidente de l’Université familiale de la Vienne ;
    Suzanne Frugier, membre du collectif 160 000 enfants ;
    Aude Doumenge, responsable de plaidoyer au sein de l’association Face à l’inceste, et Michèle Créoff, membre du bureau.

    #inceste #viol #VSS #justice #famille #Mayotte