• Bourdaa Mélanie. Les fans : Publics actifs et engagés
    https://journals.openedition.org/rfsic/13695

    Recension par Hélène Breda dans la revue de la SFIC

    L’ouvrage de Mélanie Bourdaa, tiré de ses travaux d’HDR, apporte une importante contribution en langue française aux études de fans (fan studies), ici incorporées aux Sciences de l’Information et de la Communication (SIC). Son propos y est développé en deux temps. La principale question qui le traverse est centrée sur les liens qui unissent les fans, en tant que publics actifs et créatifs, au contexte social dans lequel ils sont ancrés. L’autrice entend ainsi battre en brèche les préjugés parfois tenaces selon lesquels les fans seraient des personnes obsessionnelles et déconnectées de la réalité.
    La première partie se saisit justement des enjeux politiques sous-tendus par certaines activités et pratiques faniques : Bourdaa y montre que les fans de séries télévisées sont des individus insérés dans un collectif, qui interagissent à la fois entre eux, avec des textes médiatiques et avec leurs producteurs.

    Le second chapitre aborde les engagements culturels et politiques des fans, qui s’expriment à travers certaines de leurs pratiques.

    Dans le chapitre suivant, Mélanie Bourdaa articule des questions de représentations d’identités culturelles dans plusieurs séries télévisées à leur réception engagée par leurs publics, et au premier chef par des personnes issues des groupes minorisés montrés à l’écran.

    La seconde partie de l’ouvrage aborde pour sa part les pratiques de fans. Son premier chapitre revient sur la question de l’identité du fan, pour rappeler qu’elle est double : il se forge une individualité distinctive à travers sa passion, mais s’inscrit dans le même temps au sein d’un groupe de pairs, qui peut être doté d’un nom de communauté. Le fandom constitue ainsi « un point d’ancrage fort qui crée une identité collective sociale affirmable et reconnaissable »

    L’autrice approfondit dans le chapitre suivant la question de l’acquisition de compétences à travers les pratiques de fans, dans la lignée de recherches antérieures sur les « transformative works » (activités transformatrices [des œuvres de départ]). À l’instar des chapitres précédents, celui-ci montre que des pratiques qui existaient de longue date se développent désormais majoritairement en ligne et sont façonnées par le numérique.

    L’ouvrage s’achève sur l’étude d’un fandom particulier, celui des Earpers, les fans de la série Wynona Earp. Toujours dans une posture d’ « ethno-fan », l’autrice s’est livrée conjointement à la collecte et l’analyse de traces en ligne et à l’étude des réponses à un questionnaire qu’elle a fait circuler sur Twitter. Cela lui permet de ressaisir et d’approfondir un certain nombre d’aspects évoqués précédemment.

    Mélanie Bourdaa propose avec Les fans. Publics actifs et engagés un ouvrage qui présente des qualités de synthèse et qui, tout en étant arrimé à une solide bibliographie (largement anglophone), parvient à appuyer son propos sur des études de cas originales menées par l’autrice. L’on pourra dès lors espérer que sa publication marquera un jalon dans le déploiement hexagonal des fan studies dans le champ des SIC.

    #fans #Fandom #Mélanie_Bourdaa

  • « Veronica Mars » : Quand les fans dictent le ton sur nos écrans | Le Devoir
    https://www.ledevoir.com/culture/ecrans/559004/grand-angle-quand-les-fans-dictent-le-ton-sur-nos-ecrans

    Jusqu’à quel point les adeptes peuvent-ils faire bouger les choses au petit écran ? « De plus en plus, un dialogue s’instaure entre les fans et les producteurs de séries ou les franchises », explique Mélanie Bourdaa, maître de conférences en sciences de l’information et des communications à l’Université Bordeaux-Montaigne, en France. Et les producteurs estiment davantage que l’engagement de leurs adeptes peut être « bénéfique à leur production ».

    La spécialiste des séries télévisées et de l’engagement du public voit en Veronica Mars un cas particulier : « Lors de l’annonce de son annulation après la fin de la 3e saison, les fans s’étaient mobilisés et avaient envoyé un million de barres Mars à WB, la chaîne qui diffusait la série à l’époque. »

    Ça, c’était en 2007, un bel enthousiasme qui n’avait pas donné le résultat escompté. Il faudra attendre 2014 pour qu’un public assez important amasse la somme astronomique nécessaire pour financer le film sur la détective Mars, démontrant de ce fait que l’appui des admirateurs, loin de faiblir, continuait d’augmenter. Et rebelote aujourd’hui avec la 4e saison. « Toutes ces actions prouvent que les fans de la série sont toujours mobilisés. Et entre-temps, ils ont continué à produire des contenus et à les partager pour faire connaître [Veronica Mars] à de nouveaux publics, jouant le rôle de médiateurs culturels. »

    Une communauté variée

    L’odyssée de Veronica Mars, poussée par ses adeptes, n’est pas unique en son genre — pensons à Sense8, de Netflix, qui décida de produire un épisode final spécial après le mécontentement formulé par ses fans et les nombreuses pétitions suivant l’annulation de la série, ou encore à la sitcom Brooklyn Nine-Nine, annulée par Fox puis reprise par NBC en moins de 24 heures après une vague de contestation sur le Net. Sans oublier Star Trek, Arrested Development, Community…

    Il existe là une forme réelle de militantisme, selon Mélanie Bourdaa, et le point de départ de ce militantisme passionné est la création d’une communauté d’adeptes — un « fandom ». « Les fans pratiquent de nombreuses activités dans leurs communautés ; les créations et productions, la formation de liens sociaux, l’intelligence collective à travers la réalisation de wikis [sites collaboratifs] par exemple, la médiation culturelle… »

    Dans cet univers, deux types d’adeptes se distinguent : ceux dits « transformatifs », et les autres dits « affirmatifs ». « Les fans transformatifs sont ceux qui créent des activités autour des oeuvres, quitte à en transformer le sens. En général, ces derniers n’utilisent pour créer que ce qui les intéresse dans la fiction », détaille la professeure. Dans cette catégorie, on retrouve notamment les adeptes créant du fan art, ou encore écrivant de la fanafiction, s’adonnant à la costumade, ou cosplay…

    Les fans affirmatifs, quant à eux, s’en tiennent à une approche conceptuelle. « [Ceux-ci] ne transforment pas l’oeuvre, mais vont plutôt être à la recherche d’informations, seront à l’origine de théories et de débats », ajoute Mélanie Bourdaa.

    Selon elle, la grande présence de fans dévoués dans les communautés d’adeptes de séries fantastiques ou de science-fiction — des univers de genre, précise-t-elle — n’est pas un hasard non plus. « Le foisonnement de mondes narratifs et les nombreuses déclinaisons qui naissent de ces univers proposent aux fans un monde des possibles qu’ils aiment explorer, décoder, partager, étendre à leur tour par leurs nombreuses créations et productions. »

    Cela explique en partie pourquoi un univers aussi complexe que celui de Doctor Who ou de Game of Thrones,par exemple, peut produire un « fandom » plus fort et dévoué — ou simplement plus créatif — qu’une série criminelle ; « mais c’est vrai pour n’importe quel genre cinématographique ou sériel, ajoute Mélanie Bourdaa. Les fans sont des publics actifs, qui appartiennent à une communauté, et qui sont producteurs de sens et de contenus quelle que soit l’oeuvre de départ ».

    #Fandom #Mélanie_Bourdaa #Séries

  • Les fans de « Harry Potter » en colère après le soutien de J. K. Rowling à Johnny Depp
    http://abonnes.lemonde.fr/pixels/article/2017/12/08/les-fans-de-harry-potter-en-colere-apres-le-soutien-de-j-k-rowling-a

    « Nous nous sentons trahis »

    Des paroles qui ont suscité une flambée de colère, sur les réseaux sociaux et notamment sur la plate-forme Tumblr, royaume des fandoms, où J. K. Rowling était vendredi matin l’un des sujets les plus discutés. « Harry Potter m’a appris qu’il fallait faire ce qui était juste, et pas ce qui était facile, car ce sont nos choix qui nous définissent vraiment. L’équipe a fait le choix de la facilité, et c’est pourquoi nous nous sentons tellement trahis », écrit par exemple une fan. « J. K. Rowling peut bien dire ce qu’elle veut, tant que Johnny Depp sera dans ce film, je m’en fiche, et honnêtement je n’ai jamais été aussi déçue par une des idoles de ma jeunesse », regrette une autre.

    Si une grande partie de la communauté se sent ulcérée et trahie, c’est aussi parce que J. K. Rowling, très active en ligne, a multiplié les prises de position militantes, et notamment féministes. Sur Twitter, l’auteure ne mâche pas ses mots, et n’avait pas hésité à s’exprimer dans le cadre du scandale entourant Harvey Weinstein. « Une “féministe” autoproclamée soutient Johnny Depp – un agresseur – parce que ratisser de l’argent est plus important que de se dresser pour défendre ce qui est juste. J. K. Rowling, vous devriez avoir honte », tranche une internaute. « Vous pouvez toujours adorer “Harry Potter”, mais vous devez cesser de soutenir J. K. Rowling », poursuit-elle.

    D’autres internautes ont toutefois défendu l’écrivaine, dénonçant par exemple des « mensonges » à l’encontre de Johnny Depp et déplorant « que J. K. ait été harcelée sur Twitter ». Amber Heard elle-même a semblé prendre la défense de son ex-mari, en partageant à nouveau le communiqué commun qu’elle avait publié avec lui, et en insistant sur le fait qu’« extraire certains passages et les citer hors contexte n’est pas correct ». Avant d’adresser un message aux femmes : « Continuez à vous battre et restez fortes. »

    La présence de Johnny Depp dans d’autres films ne déclenche pas toujours de telles réactions – il sera par exemple la semaine prochaine à l’affiche du Crime de l’Orient-Express. Mais la différence réside certainement dans la puissance de la communauté de fans de Harry Potter, l’une des plus importantes en ligne, dont la capacité de mobilisation déborde hors du groupe. Qui plus est, une grande partie de la « culture Tumblr », où un certain nombre de fans se réunissent, repose sur la défense des droits des femmes ou de certaines minorités, comme les LGBT+ (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres...).

    #Harry_Potter #Culture_participative #Culture_numérique #Fandom

  • Marvel rend hommage aux albums cultes du rock, en couvertures
    https://www.actualitte.com/article/bd-manga-comics/marvel-rend-hommage-aux-albums-cultes-du-rock-en-couvertures/83430

    La maison d’édition Marvel s’était fendue de plusieurs hommages aux albums légendaires du hip-hop, à travers plusieurs dizaines de couvertures spéciales, par des dessinateurs de renom. Rebelote cet été, avec, cette fois, du rock à l’honneur : Blondie, Guns N’Roses, les Clash, il y en aura pour tous les goûts.

    #Fan_culture #fandom #rock_culture

  • Le club de lecture Harry Potter est ouvert
    https://www.actualitte.com/article/monde-edition/le-club-de-lecture-harry-potter-est-ouvert/83419

    Tous à vos livres ! Le Wizarding World Book Club est à présent officiellement ouvert. Organisé par Pottemore, le club réunit déjà des milliers de lecteurs, qui pourront partager leurs idées et leurs souvenirs sur différents thèmes traités dans les livres de la série. Le site qui rassemble la communauté des fans de Harry Potter pousse ainsi un peu plus loin l’expérience de lecture.

    Une initiative qui « répond à une forte demande » de la part des fans, comme l’a expliqué Henriette Stuart-Reckling, directrice mondiale du numérique de Pottermore, dans un communiqué de presse. « Le club offre une opportunité incroyable aux fans de Harry Potter de partager leurs opinions quant à des scènes clés, des parties de l’intrigue, les motivations et les personnages de la série, au sein d’une grande communauté internationale. »

    #Culture_participative #Culture_fan #fandom