• Lecture d’un extrait du livre « Autoportrait aux fantômes » de Didier Blonde paru aux éditions Gallimard en 2022.

    http://liminaire.fr/radio-marelle/article/autoportrait-aux-fantomes-de-didier-blonde

    Didier Blonde convoque la littérature, la photographie et le cinéma pour évoquer les lieux détruits, les anonymes oubliés des cimetières, les personnages de roman, les actrices, les metteurs en scène de cinéma. Il se remémore également la figure de son grand-père revenu de la guerre et de son père dont la présence l’accompagne dans l’écriture. Un autoportrait en forme de variations autour d’une série de fragments, une suite de figures oubliées et d’images du passé qui se réincarnent au fil des textes. (...) #Radio_Marelle / #Écriture, #Langage, #Livre, #Lecture, #Cinéma, #En_lisant_en_écrivant, #Biographie, #Création, #Podcast, #Voix, #Littérature, #Fantômes, (...)

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    https://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Blanche/Autoportrait-aux-fantomes

  • Ernest du Laurens de la Barre
    Trémeur ou l’Homme sans tête
    Fantômes bretons, C. Dillet, 1879 (p. 137-150).
    https://fr.wikisource.org/wiki/Fant%C3%B4mes_bretons/Tr%C3%A9meur_ou_l%E2%80%99Homme_sans_t%C3%AAte

    L’homme sans tête ! voilà un titre étonnant, direz-vous peut-être. Mais on prétend qu’il y a dans tout pays des hommes (que l’on me pardonne de m’exprimer ainsi) ! des hommes, hélas ! et des femmes sans tête ; c’est connu. Mais comme le mien, non, l’histoire n’en mentionne pas d’autre, si ce n’est saint Denis, qui n’en approche pas ; et le conteur breton qui m’a rapporté ceci, mérite, à mon avis, un brevet d’invention.

    C’est le conteur lui-même qui va parler devant vous. Je l’ai connu jadis à Poullaouen, où il cumulait les emplois fort disparates de tailleur et de bedeau ; de plus on le disait lettré pour un sonneur de cloches, vu que, dans ses récits, il aimait à citer des noms mythologiques. Il racontait, tout en réparant des soutanes, et, comme bedeau, se donnait des airs de sermonneur. Puis, mettant la bride sur le cou à sa verve comique, le tailleur risquait des détails que le pieux bedeau eût pu désavouer. C’était un conteur en partie double. Son excuse est dans la naïve morale qu’il essayait de répandre au milieu de ses tableaux fantastiques.

    I

    Il y avait autrefois, du côté de Plouguer, là-bas, sur le bord de l’Aulne, au-dessous de Carhaix, un village habité par des païens qui adoraient des dieux, des demi-dieux, des déesses, des diablesses, et un tas de vilaines choses. J’ai entendu dire par des savants que leurs chefs s’appelaient Druides. C’étaient des magiciens ou sorciers qui, pour savoir l’avenir, coupaient du gui sur les chênes avec des faucilles d’or. Mais, pour deviner l’avenir, ces affreux sorciers ne se contentaient pas de cueillir du gui, ils faisaient mourir sur les tables de pierre, que l’on voit encore sur nos landes, des victimes humaines, des chrétiens surtout, qui étaient leurs plus grands ennemis.

    Dans ce temps-là, la croix de Notre-Seigneur n’avait pas encore trois cents ans. Vous voyez que mon histoire est plus vieille que Mathusalem : n’importe, les vieilles choses valent bien les neuves, comme disait le vieux Bornik, sacristain et fossoyeur du monastère.

    Le druide, chef du village de Plouguer, s’appelait Comorre. Il avait un fils, guerrier généreux, nommé Trémeur, qui ne voyait qu’avec pitié les cérémonies de ces maudits païens.

    Un soir, après une bataille, on amena des prisonniers au village. Ils furent enfermés dans des grottes de pierre, au fond desquelles on les enchaîna. Ce soir-là, l’orage grondait. Cependant, comme il avait vu enfermer un vieillard à longue barbe blanche, Trémeur s’en vint, à la nuit, rôder autour de la caverne et entendit une voix qui disait : « Seigneur, prenez votre serviteur, mais que son sang serve du moins à la conversion des païens ! ».

    Ces paroles étonnèrent Trémeur, et, renversant la porte de pierre, il entra résolûment dans le cachot. Alors il vit le vieillard à genoux : ses mains chargées de chaînes étaient levées vers la voûte sombre, et la lueur des éclairs, passant entre les rochers, illuminait par intervalles son front chauve et blanc.

    Je ne puis vous rapporter ce qu’ils se dirent. Ce qu’il y a de certain, c’est que Trémeur brisa avec sa hache les fers qui serraient les mains du captif, et qu’ils sortirent ensemble de la caverne.

    La nuit et l’orage auraient pu cacher leur fuite. Par malheur, comme ils allaient quitter le village, voilà qu’un druide les aperçut et, se mettant au milieu du chemin, vint leur barrer le passage. Trémeur reconnut en tremblant Comorre, son terrible père, qui d’une voix courroucée, lui demanda où il allait.

    Trémeur, qui ne connaissait ni la crainte ni le mensonge, répondit sans hésiter : — Laissez-nous passer, mon père ; ma résolution est prise : je veux sauver ce vieillard innocent et me faire chrétien.

    -- Toi, chrétien ! s’écria Comorre d’une voix formidable, en brandissant sa hache. Non ! non ! par la barbe du grand Hu, chrétien tu ne seras pas !

    Et, en disant cela, il porta un coup si violent à son fils, qu’il lui trancha la tête. — Voilà l’homme sans tête. — Mais, comme Trémeur était d’une force prodigieuse, il retint, sans broncher, sa tête contre sa poitrine. Au même instant, il y eut un grand coup de tonnerre ; un zigzag de feu passa entre nos trois hommes, et, si le tonnerre fait souvent du mal, cette fois il fit un bon coup, car Comorre avait reçu la bordée et ne remuait plus ni pied ni patte. — Voilà qui va bien ! — Nos deux amis ne restèrent pas à le regarder longtemps, et prirent le large, le prisonnier remorquant Trémeur, qui suivait aussi bien que possible, en portant sa tête sur son estomac… Ça devait être assez drôle, tout de même, de voir marcher un homme sans tête ?

    Il faut vous dire que le vieillard n’était autre que saint Herbot, l’ermite. Vous connaissez sans doute de réputation saint Herbot, l’ami des laitières, un saint plus doux que le beurre frais.

    Enfin, quand ils furent rendus un peu loin, l’ermite, voyant que son compagnon suait à grosses gouttes à porter ainsi sa tête sur son cœur, lui offrit d’abord de la porter à son tour, pour le reposer. Mais aussitôt il réfléchit que, s’il lui tirait tout à fait sa tête, il était probable que le pauvre diable ne s’en trouverait pas mieux. Et pourtant on dit qu’il y a bien des gens qui seraient meilleurs sans leur mauvaise tête. N’importe, il vint tout à coup une fameuse idée à saint Herbot. Vous allez voir.

    On passait alors devant une ferme, et la ménagère barattait du lait sur le seuil de sa maison.

    -- Vous faites là de beau beurre, dit l’ermite.

    -- Ma foi non, mille malheurs ! répondit la fermière en jurant un peu. Ce fichu lait ne lève pas du tout ; à cause de l’orage, apparemment.

    -- Bah ! fit le saint en riant ; c’est que vous ne vous y prenez pas bien, bonne femme.

    -- Ah ! répliqua celle-ci, je ne m’y prends pas bien ! Voilà qui est fort ! moi, la meilleure du pays pour le beurre ! Vous radotez, vieux bonhomme.

    -- Par les cornes de ma vache ! dit saint Herbot. Tenez, bonne femme, je parie qu’en trois coups je fais lever toute votre barattée, si vous voulez m’en donner un petit morceau après.

    -- Un morceau je vous donnerai, dit-elle, mais quant à faire lever mon beurre en trois coups… vous plaisantez.

    -- Possible, mais laissez-moi faire.

    Et, en disant cela, l’ermite prit le manche du ribot, frappa trois bons coups, ni plus ni moins, et dit à la fermière : — Regardez-y vous-même.

    En vérité, le beurre était fait, et du beau encore ! C’était merveilleux, et la fermière ne savait trop qu’en penser. Elle pensait, je crois, qu’il y avait du sorcier là-dessous, surtout quand elle vit l’ermite prendre du beurre dans ses mains ; puis, après avoir bien beurré le cou de Trémeur avec son couteau, lui replacer la tête entre les deux épaules et lui dire :

    -- Maintenant, mon ami, te voilà restauré ; ta tête est assez solide, tu peux courir le monde. Seulement gare au feu et à la chandelle ! Prends garde aux coups de soleil, car du beurre, vois-tu, ça fond à la chaleur, et adieu ta pauvre tête, mon garçon ! Te voilà prévenu. Mais avant que je te quitte, mets-toi à genoux, afin que je te baptise au nom de la Trinité.

    Trémeur se mit donc à genoux, et saint Herbot lui versa de l’eau sur le crâne, en disant : Ego te baptiso. Ce qui veut dire, si vous savez le latin : « Je te baptise avec de l’eau. »

    Voilà qui va bien, très-bien, si bien que saint Herbot vira de son côté et laissa Trémeur bien recollé, bien redressé et non moins étonné. Quant au reste du beurre, la fermière, le regardant comme ensorcelé, l’offrit, la bonne âme, à Trémeur, qui l’accepta et le mit dans sa poche pour son souper, vu que l’appétit commençait à lui revenir.

    Désormais notre homme pouvait voyager sans trop de crainte, par le temps couvert ; et, en prenant quelques précautions, sa tête, à la rigueur, valait autant que celle de bien des gens. Il est vrai que ses yeux étaient un peu fixes et hagards, et qu’il ne pouvait plus tourner le cou ; mais quand on a été sur le point de perdre à jamais la boule, on ne doit pas y regarder d’aussi près.

    II

    Trémeur eut, dit-on, de belles aventures. Comme il aimait la guerre, il tua plusieurs géants, ogres et bêtes féroces qui désolaient le pays.

    Il est bon de vous dire qu’il avait juré de ne pas se marier, et, en cela, il n’avait peut-être pas tort, vu que, si une beauté lui eût tourné la tête, adieu la colle et le reste… Vous comprenez.

    Pourtant le diable, celui qu’on nomme chez nous le vieux Guillaume, non pas le lugubre Satan, mais un diable comique, tendre et bon enfant ; donc, ce farceur de diable-là avait aussi juré de jouer un tour à Trémeur, parce que Trémeur, en se convertissant, lui en avait joué un autre. Satan voulait le rendre amoureux, naturellement, pour lui faire perdre la tête une seconde fois.

    Voilà donc qu’un jour notre homme, en passant dans une forêt, rencontra un vieillard tout à fait vénérable, et qui pleurait comme une Madeleine, sauf qu’il avait une vilaine barbe rouge.

    -- Qu’avez-vous donc, vieux père ? lui dit-il avec compassion. Pourquoi pleurez-vous ?

    -- J’ai bien sujet de pleurer, répondit l’autre, en grinçant. Voyez-vous, là-bas, les hautes murailles d’un manoir maudit ? Eh ! bien, ma fille unique est là, prisonnière d’un méchant ogre, qui doit la manger ou l’épouser demain ; ce qui est à peu près la même chose.

    -- Ah ! fit Trémeur, je ne dis pas non ; mais je n’aime pas à me mêler à des aventures où il y a des femmes ; ça ne vaut jamais rien.

    -- Oh ! oh ! s’écria le tentateur, vous êtes un drôle de corps ! mais ma fille n’en sera pas moins mangée, puisque vous, qui avez l’air si vaillant, vous n’avez pas le cœur de…

    -- Halte-là, mon vieux ! On n’a jamais dit que Trémeur fût un lâche : pour la tête, passe encore, mais le cœur est fort ; ainsi donc, vu que le temps est couvert, je m’en vais la chercher, votre fille. En attendant, vous, priez pour moi.

    L’homme rouge fit entendre une sorte de rugissement à ces mots ; mais Trémeur était déjà en route, et comme il ne pouvait détourner la tête, il ne vit pas le vieux coquin faire une gambade sur ses pieds fourchus et une grimace de possédé.

    Voilà qui va bien, comme disait le sacristain.

    Je ne perdrai pas de temps à vous raconter comment le fils de Comorre fendit l’ogre en deux, d’un seul coup de hache, et sauva la fille du diable. Ah ! ce n’est pas ce qu’il fit de mieux, en vérité ; car on dit que la fille du diable court encore par le monde et que ses petites-filles, les mauvaises pensées, volent et s’étendent comme d’horribles vapeurs sur la triste humanité… Toujours est-il qu’une heure après, il revint dans la forêt, vers l’endroit où il avait laissé l’homme rouge. La jeune demoiselle étant trop faible pour marcher, se laissait porter par Trémeur, que ça n’arrangeait pas trop, vu qu’elle se cramponnait à son pauvre cou et qu’elle était diablement jolie. Trémeur avait beau chercher ; impossible de retrouver le vieux père. Il suait à grosses gouttes ; le soleil passait par endroits à travers le feuillage. Il s’aperçut bientôt avec effroi que le beurre commençait à couler sur sa poitrine, et déposa malgré elle la jeune fille sur la terre.

    -- Vous n’allez pas m’abandonner, au moins ? dit la belle en pleurnichant.

    -- Comment faire ? répondit Trémeur, assez inquiet. Je vous ai sauvée, ma belle dame, pour vous rendre à votre père. Où est-il ? dites-le : je vous conduirai n’importe où…, si le temps est couvert.

    -- C’est inutile, reprit la commère ; mon père ne me recevra plus chez lui, parce qu’un chrétien m’a portée dans ses bras. Je suis perdue ! Ah ! ah ! ah !…

    Et puis des larmes, en veux-tu ? en voilà.

    Le bon Trémeur, dans cette terrible passe, éprouvait, comme on dit, une fière suée, si bien que le beurre fondait, fondait toujours de plus en plus. Voilà qui va mal ! Encore quelques minutes, et sa tête, qui branlait déjà, allait glisser de dessus ses épaules…

    Par bonheur, il se rappela que saint Herbot lui avait dit de faire le signe de la croix, quand il se verrait en mauvaise veine. Ayant donc fait son signe de croix fort à propos, il ressentit subitement une sorte de frisson ; la colle cessa de fondre, et, à la place où la jeune fille avait été assise, il ne vit plus rien, rien du tout, que le gazon fumant et roussi… Il comprit que le diable était là-dessous et jura de plus belle que dorénavant on ne l’y prendrait plus, à se mêler d’aventures concernant fille, femme ou veuve.

    Après une telle affaire, — et vous conviendrez qu’elle avait été chaude pour lui, — Trémeur devait avoir une furieuse soif. Voyant le temps couvert et orageux, il se hasarda à sortir de la forêt. Une grosse pluie ne tarda pas à tomber, et notre camarade, qui avait oublié son parasol, fut bientôt trempé jusqu’aux os. Pourtant, il continua sa route et aperçut enfin une maison, une chapelle à l’enseigne de gui, comme c’était déjà la mode dans ce temps-là. La vue de cette enseigne de malheur augmenta encore sa soif, si bien que le voyageur s’approcha sans défiance de la porte de ce cabaret. Alors il remarqua qu’une femme se tenait assise au comptoir, sur lequel on voyait alignés des verres, des chopines, des pichets de vin et de cidre ; et tout cela était bien tentant pour un homme aussi altéré. Mais, à la vue d’une femme, il recula en soupirant, et, raffermissant sa pauvre tête qui en avait tremblé, il se disposait à se remettre en route, quand on le toucha à l’épaule.

    -- Eh bien ! l’ami, lui dit un homme un peu rouge, mais aimable, on passe devant la boutique à Bacchus sans dire bonjour ? La vieille Proserpina, mon épouse, que vous voyez là, verse pourtant bonne mesure aux pratiques, quoiqu’elle ait cent ans sonnés. Hé, hé, hé !!.....

    En entendant parler de cent ans, Trémeur se sentit rassuré, le malheureux ! Il ignorait qu’il y a des vieilles plus rouées que des jeunes. Il revint donc et entra dans le cabaret.

    Il aurait dû se méfier autant du cabaret que des femmes, jeunes ou vieilles ; mais la soif, la terrible soif, la pluie qui tombait, la vue des pichets de cidre, rien que la main à tendre et deux sous à donner ; ah ! un Breton, un vrai Breton n’y saurait tenir !

    Voilà qui va mal !… très-mal !…

    Trémeur entra donc, et, la langue épaisse, comme de raison, il demanda à boire un bon coup de sistr’- mad. La vieille lui en versa à pleins bords, dans un énorme pichet ; notre voyageur était tout trempé. L’homme rouge ralluma naturellement le feu, et fit asseoir Trémeur le plus près possible du foyer. Trémeur tenant le pichet sous son menton, se mit à boire avec délices, sans voir la sorcière qui riait, le feu qui flambait par derrière, et le beurre qui fondait rapidement sur son pauvre cou…

    Soudain le diable s’en mêla, pour sûr, car la tête décollée roula dans le grand pichet que le buveur tenait à deux mains. Or, le sacristain, qui était un fameux farceur, quoique fossoyeur de son état, disait que Trémeur continua à boire son cidre, avec tant d’ardeur, qu’il avala… (En vérité ceci est trop dur à avaler, tout de même) ! Mais que voulez-vous ? Il disait donc que Trémeur avait avalé sa tête, sa propre tête, et qu’il ne s’en aperçut qu’au moment de payer la dépense et de dire kenavo, bonsoir à la compagnie…

    Rassurez-vous : nous ne suivrons pas ce farceur de sacristain dans cette affreuse plaisanterie, et je vais vous dire la vraie vérité :

    Pour lors, le chef décollé ayant roulé dans le fond du pichet, l’homme rouge, qui se tordait de rire, attacha le pichet, avec une ficelle, sur le dos de Trémeur, et lui dit qu’on n’avait plus besoin, dans un cabaret, d’un imbécile sans tête, et par conséquent sans bouche, pour consommer le bon cidre. C’était assez naturel, et le pauvre Trémeur le comprit. Il se mit donc en route avec son pichet et sa tête sur son dos, et résolut d’aller trouver saint Herbot, son parrain, dans l’ermitage où il demeurait, près de la cascade qui porte son nom.

    -- Toc, toc. — Qui va là ? — Pas de réponse.

    Saint Herbot, ayant regardé par la lucarne, s’écria : — Voilà un drôle de vagabond, sans figure. Ah ! je parie que c’est mon filleul !… Tu t’es mis au soleil, ou trop près du feu, mon garçon : le beurre a fondu, et…

    -- Et ma tête a filé, et je viens vous la redemander, mon parrain.

    Trémeur ne répondit pas ainsi, comme de raison ; mais il essaya de le faire comprendre, à la manière des muets, en remuant ses épaules et son pichet.

    Ceci n’est pas trop clair, dit l’ermite ; il faudrait d’abord me dire où elle est, ta diable de tête.

    Alors, en secouant plus fort le grand pichet où le cidre clapotait joliment, Trémeur réussit à saisir la ficelle et fit signe à l’ermite de regarder dedans.

    -- Par les cornes de ma vache ! s’écria le patron du bon beurre, en examinant le pichet fatal, voilà sa tête, sa tête noyée dans du cidre ! Ah ! c’est un gros péché d’ivrognerie, et cette fois, mon pauvre garçon, il n’y a que notre Saint-Père le Pape qui peut t’absoudre et te restaurer, si c’est un effet de la volonté de Dieu. En attendant, mon fils, entre ici et causons un peu.

    -- Vous plaisantez, mon parrain. Comment voulez-vous que je cause ? avait l’air de dire Trémeur, au moyen de contorsions pitoyables.

    -- Ah ! c’est juste, dit saint Herbot en riant. Alors, repose-toi, mon garçon, tu partiras ensuite. À défaut de tête, je vois que tu as du cœur, et ça vaut tout autant, et même davantage.

    Trémeur vint donc s’asseoir dans la grotte ; puis, après s’être reposé, il se leva, fit ses adieux comme il put à son vieux patron, et partit par la route du Huelgoat, pour aller à Rome demander au Pape le pardon de ses péchés, et sa tête, s’il était possible de la rafistoler.

    Mais vous pensez bien que l’on ne peut aller à Rome sans boire ni manger, comme un aveugle qui va de Gourin à Carhaix. Aller à Rome ! Seigneur Dieu !! Épouvanter le pape et les cardinaux, en leur montrant un tel fantôme ambulant, avec sa tête dans un pichet sur son dos !… Non, non, cela n’était pas possible ! Dieu, qui lui laissait la vie, ne pouvait le permettre ; en sorte que le malheureux, marcheur infatigable, resta dans le pays breton, où il ne cessait d’errer au hasard, allant et venant, pour se rendre à Rome où tendaient tous ses vœux.

    Spectre horrible ! il marchait ainsi nuit et jour, comme l’ombre du trépas, priant d’intention, priant sans cesse, et demandant à Dieu d’abréger son épreuve. Il marchait depuis si longtemps, qu’il devait se croire bien près de son but. Ses forces commençaient à s’épuiser. Enfin, un soir, après avoir monté la grande côte de Carhaix, l’homme sans tête, accablé de fatigue, voulut s’appuyer contre le mur du cimetière ; mais il manqua son coup : le maudit pichet donna contre une pierre et fut mis en pièces, si bien que la malheureuse caboche roula dans la poussière du chemin, où le décapité essaya, durant la moitié de la nuit, de la retrouver à tâtons. Par malheur, sa tête avait roulé trop loin sur la pente ; il lui fut impossible de la rattraper, et il tomba mourant dans la douve du chemin.

    En vérité, on en mourrait à moins, comme disait le fossoyeur en riant.

    Voilà l’histoire de l’homme sans tête. Elle m’a été racontée par mon grand-père, qui la tenait du vieux Bornik, sacristain du monastère.

    Finalement, je vous engage à aller vous promener du côté de Carhaix, si vous ne connaissez pas ce beau pays : vous y verrez le saint sans tête. Il est toujours là, à la place où il tomba jadis, couché contre le talus du cimetière de Saint-Trémeur ; seulement il est changé en pierre, naturellement, pour durer davantage sous le soleil et la pluie, et pour rappeler au monde cette histoire surprenante et surtout véritable.

    Pour moi, je dis en finissant que, si Trémeur avait perdu sa tête, il avait gardé un cœur fort ; ce qui prouve peut-être que le cœur vaut mieux que la tête.

    -- Et nous, mes amis, nous pensons absolument comme notre naïf conteur ; car c’est le cœur, en effet, c’est-à-dire le dévouement, l’abnégation et la charité qui font ici-bas les héros et les saints.

    Lu au Congrès d’Auray, le 29 août 1878.

    #légende #Bretagne #saint #beurre #fantôme

  • Nuit fidèle et vertueuse, de Louise Glück
    http://liminaire.fr/livre-lecture/article/nuit-fidele-et-vertueuse-de-louise-gluck

    Le prix Nobel de littérature 2020 a été décerné jeudi à la poète américaine Louise Glück, l’une des grandes figures de la #Poésie contemporaine, dont l’œuvre n’a jamais été traduite et publiée en français si ce n’est dans quelques revues. Son dernier ouvrage paru aux éditions Farrar, Straus and Giroux en 2014, Faithful and Virtuous Night (Nuit fidèle et vertueuse) fait suite à la publication en 2012 de l’intégralité de ses poèmes (Poems 1962-2012). Le texte s’inspire d’une part des souvenirs d’enfance de la (...) #Livre & #Lecture / Poésie, Livre, #Écriture, #Vidéo, Lecture, #Langage, #États-Unis, #Absence, #Mémoire, #Fantôme, #Enfance, #Mort, (...)

    #Livre_&_lecture #Rêve
    https://us.macmillan.com/fsg
    https://us.macmillan.com/books/9780374534097
    https://www.newyorker.com/magazine/2014/10/20/view-mountain
    https://write.as/liminaire/poemes-nocturnes-fideles-et-vertueux

  • Contenus pour temps suspendu : Exploration domestique aux confins de la mémoire
    http://liminaire.fr/palimpseste/article/contenus-pour-temps-suspendu

    https://youtu.be/tQ0g0sKHiXs

    Les jours passent, je ne suis pas encore sorti depuis l’annonce du confinement. Le ciel se dégage aujourd’hui, les nuages laissent passer la lumière, l’envie de me promener tout en sachant que c’est contrôlé, réglementé. Il y a des motifs valables pour sortir et d’autres non. Une attestation est exigée. La ville s’est vidée depuis quelques jours, au ralenti les rues changent d’aspect, ce qui transforme aussi la motivation de ce qui nous pousserait à sortir.
    #Poésie, #Écriture, #Cinéma, #Nature, #Sons, #Voix, #Vidéo, #Mémoire, #Biographie, #Absence, #Fantôme, (...)
    #Société #Fantôme

  • Seul au monde : Foule en mouvement dans une pièce vide
    http://liminaire.fr/entre-les-lignes/article/seul-au-monde

    https://www.youtube.com/watch?v=qIEIMyE-Q60&feature=youtu.be

    Ce texte a été écrit dans le cadre de la première séance de l’atelier d’écriture animé en ligne par Laura Vasquez : Écrire chez soi, sur le thème de la foule, à partir d’un texte de Lev Rubinstein (extrait de La Cartothèque).

    La foule de ce texte tente de reproduire celle du court-métrage d’animation Tango, de Zbigniew Rybczyński, film construit sur une accumulation hypnotique de personnages dans une pièce, chacun répétant sans fin, dans son coin, une action spécifique. #Poésie, #Écriture, #Cinéma, #Nature, #Sons, #Voix, #Vidéo, #Inventaire, #Numérique, #Absence, #Fantôme, (...)
    #Société #Fantôme

  • #Journal du #Regard : Mars 2020
    http://liminaire.fr/journal/article/journal-du-regard-mars-2020

    https://youtu.be/xuCO020qWOA

    Chaque mois, un film regroupant l’ensemble des images prises au fil des jours, le mois précédent, et le texte qui s’écrit en creux. « Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transparaître les traces - ténues mais non déchiffrables - de l’écriture “préalable” ». Jorge Luis Borges, Fictions Impossible de démêler toute l’histoire de nos divisions. Un #Paysage, une végétation, un ciel, une lumière. L’écriture est liée à l’infini. Quand l’éclosion de la chute perce dans celui qui s’y trouve il n’est pas (...) Journal / #Architecture, #Biographie, #Paris, Paysage, #Ville, Regard, #Quotidien, #Nature, #Sons, #Voix, #Vidéo, #Inventaire, #Numérique, #Journal_du_regard, #Absence, #Dérive, Société, (...)

    #Société #Fantôme

  • Une ville vide : #Atelier d’écriture sur la ville et ses inventions

    http://liminaire.fr/au-lieu-de-se-souvenir/article/une-ville-vide

    Cet atelier s’inscrit dans le cadre d’une série d’ateliers d’écriture sur le thème de la ville que j’anime, depuis janvier 2020 et jusqu’en juin, pour le compte de la bibliothèque François Villon (fermée en ce moment pour travaux de rénovation) à la Maison des Associations et de la vie Citoyenne du 10ème. Dans l’impossibilité de le mener sur place, suite aux mesures sanitaires de confinement, je propose aux participants inscrits une version vidéo, à distance, de cet atelier d’écriture. J’en profite pour inviter celles et ceux qui souhaiteraient y participer, de m’envoyer leur texte pour que je les diffuse sur mon blog ou de m’indiquer l’adresse de leur blog s’ils y participent pour que je puisse m’en faire le relais, et si vous le diffusez sur les réseaux sociaux vous pouvez y associer le hashtag : #VilleVide
    #Atelier / #Architecture, #Paris, #Ecriture, #Récit, Ville, #Paysage, Absence, #Corps, #Dérive, #Sensation, #Solitude, #Fantôme, #Temps, (...)❞

  • L’indécise #Absence
    http://liminaire.fr/derives/article/l-indecise-absence

    Tant de fois tu avais imaginé, et secrètement espéré, cette curieuse situation sans t’y confronter réellement, tu rêvais parfois de lieux vides dans lesquels tu pourrais marcher librement, mais sans ressentir ce que tu percevais désormais, maintenant que tu traversais effectivement la #Ville déserte, à l’abandon, sans croiser un seul passant, dans l’inquiétude tenace et grandissante de ces circonstances incompréhensibles. Avancer seul dans une ville vide, c’était un peu comme s’endormir au cinéma pendant (...) #Dérives / #Architecture, #Paris, #Récit, Ville, #Paysage, Absence, #Corps, #Dérive, #Sensation, #Solitude, #Fantôme, #Temps, (...)

    #Amour
    https://lesheurescreuses.net/2020/03/15/une-aubaine-pour-les-oiseaux

  • Sounds From Dangerous Places, de Peter Cusack
    http://liminaire.fr/entre-les-lignes/article/sounds-from-dangerous-places-de-peter-cusack

    Peter Cusack est un artiste, musicien, compositeur et improvisateur anglais qui s’intéresse plus particulièrement aux #Sons dans l’environnement. Il conduit parallèlement à son activité de musicien, des travaux assidus sur notre relation au sonore, en réalisant par le biais de son travail d’enregistrement de terrain, l’empreinte acoustique de lieux, naturels ou industriels, frappés par des catastrophes. En 1998, Cusack a lancé le projet Your Favorite London Sound, dont l’objectif était de demander aux (...) #Entre_les_lignes / #Art, #Écriture, #Inventaire, #Récit, Sons, #Vidéo, #Voix, #Numérique, #Livre, #Lecture, #Information, #Absence, #Fantôme, #Silence, #Dérive, #Mémoire, #Solitude, Société, #Politique, #Nature, #Russie, #Londres, #Ville, (...)

    #Société #Paysage
    https://www.crisap.org/people/peter-cusack
    https://www.youtube.com/watch?v=uJVKaAS9lBA


    http://writing.upenn.edu/epc/authors/goldsmith
    https://favouritesounds.org
    https://sounds-from-dangerous-places.org
    https://liminaire.fr/mot/zoo-project

  • La #Nuit en feu (Light My Fire)
    http://liminaire.fr/entre-les-lignes/article/la-nuit-en-feu-light-my-fire

    https://www.youtube.com/watch?v=qAv-a9bLFH4

    Samedi 20 juillet, dans le cadre du festival #Paris l’Été, la Compagnie Carabosse a transformé le Parc de la Villette avec une installation éphémère, visuelle et sonore. À la nuit tombée, nous avons déambulé avec Caroline au milieu des flammes malgré la pluie battante. Je repensais à la #Mort de Jim Morisson. Tu sais ce serait déloyal. Je vais souvent au #Cimetière du Père-Lachaise, j’aime m’y promener, parfois je remarque en passant des tombes de personnes célèbres en leur #Temps, et parfois même encore (...) #Entre_les_lignes / #Art, #Danse, #Sons, #Vidéo, #Musique, Cimetière, Paris, Mort, #Fantôme, #Mémoire, #Dérive, #Jeu, #Nature, Nuit, #Ciel, #Corps, (...)

    http://www.parislete.fr
    http://ciecarabosse.fr/fr/actu
    https://lavillette.com

  • Portraits fictifs et autobiographèmes
    http://liminaire.fr/entre-les-lignes/article/portraits-fictifs-et-autobiographemes

    Fin 2018, des chercheurs de Nvidia ont créé une intelligence artificielle capable de générer de toutes pièces des photos réalistes de personnes qui n’existent pas. Pour arriver à ce résultat, ils se sont appuyés sur un système de machine learning qui met deux réseaux neuronaux en compétition. Le premier, le générateur, produit des images à partir des données qui lui sont fournies, tandis que le second, le discriminateur, signale celles qui sont trop proches des images qu’on lui a transmis. La tension entre (...)

    #Entre_les_lignes / #Biographie, #Art, #Écriture, #Numérique, #Photographie, #Portrait, #Absence, #Fantôme, #Regard, #Politique, (...)

    #Visage
    « https://www.nvidia.com/fr-fr »
    « https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1195042/visages-individus-reconstitution-voix-speech2face »
    « https://speech2face.github.io »
    « https://twitter.com/emmanuel_vaslin »
    « https://twitter.com/search?q=%23%C3%A0MainLev%C3%A9 »
    « http://www.pol-editeur.com/index.php?spec=livre&ISBN=2-84682-064-3 »
    « https://thispersondoesnotexist.com »

  • Krasue - Wikipedia
    https://en.wikipedia.org/wiki/Krasue

    The Krasue is under a curse that makes it ever hungry and always active in the night when it goes out hunting to satisfy its gluttony, seeking blood to drink or raw flesh to devour. It may attack cattle or chicken in the darkness, drinking their blood and eating their internal organs.[17] It may also prey on pieces of cattle, such as water buffalo that have died of other causes during the night. If blood is not available the Krasue may eat feces or carrion.[18] Clothes left outside would be found soiled with blood and excrement in the morning, allegedly after she had wiped her mouth. Therefore, villagers would not leave clothes hanging to dry outside during the night hours.

    The Krasue also preys on pregnant women in their homes just before or after the childbirth. It hovers around the house of the pregnant woman uttering sharp cries to instil fear. It uses an elongated proboscis-like tongue[19][20] to reach the fetus or its placenta within the womb. This habit, among other unmentionable things that this spirit does, is believed to be the cause of many diseases affecting women mainly in rural areas during their pregnancy. In some cases it may catch the unborn child and use its sharp teeth to devour it. In order to protect pregnant women from becoming victims before delivery, their relatives place thorny branches around the house. This improvised thorny fence discourages the Krasue from coming to suck the blood and causing other suffering to the pregnant lady within the house.[21] After delivery, the woman’s relatives must take the cut placenta far away for burial to hide it from the Krasue. There is the belief that if the placenta is buried deep enough the spirit can not find it. [18]

    The Krasue hides the headless body from which it originates in a quiet place because it needs to join it before daybreak,[22] living like a normal person during the day, although having a sleepy look.[23] To crush the still headless body of the krasue is fatal to the spirit. The flying head will return after hunting but rejoin with the wrong body which will lead it to suffer torment until death. If the top part of the body fails to find the lower half before daybreak it will die in terrible pain. The Krasue will also die if its intestines get cut off or if its body disappears or gets hidden by someone. Some folk beliefs hold that the creature can be destroyed by burning it. The main foes of the Krasue are mobs of angry villagers carrying torches and machetes. They may catch the Krasue and kill it or watch where she goes before dawn and destroy her body.

    There is a legend said that the people who are wounded should be aware of the Krasue because it can smell the blood and will come to eat the blood at night when people fall asleep. However, there are ways to prevent the Krasue from coming inside the house. House-owners usually build spiky fences or grow spiky bamboo to protect themselves from the Krasue. Krasue is scared of spiky things because its intestine might get stuck and it could not escape.

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    vietnam vampire ma lai - Google 検索
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    #mythologie #religion #fantôme #accouchement #misogynie #mégèrisme

  • Présence #Fantôme
    http://liminaire.fr/derives/article/presence-fantome

    Cette nouvelle a été écrite à l’occasion de l’atelier recherches sur la nouvelle, mené cet hiver par François Bon sur son site. Je n’avais jamais cru à rien, ni au destin, ni aux signes, ni aux surprenantes coïncidences. Je ne croyais pas en grand-chose. Je venais d’avoir cinquante ans. L’âge ça ne veut rien dire. Mon corps se souvenait à chaque mouvement de la sensualité de sa jeunesse, ma silhouette à la fois indolente et vibrante, mince, bien cambrée, seins parfaits, fesses rondes. J’aimais les femmes (...)

    #Dérives / #Écriture, Fantôme, #Dérive, #Histoire, #Lecture, #Récit, #Portrait, #Absence, #Amour, #Traces

    « http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4787 »
    http://www.tierslivre.net

  • Histoire d’un souvenir d’enfance
    http://liminaire.fr/derives/article/histoire-d-un-souvenir-d-enfance

    Il y a quelques mois, mes filles m’ont demandé si je me souvenais d’un film que nous avions vu en famille lorsqu’elles étaient enfants. Elles m’ont décrit avec précision les dernières images du film. Sur une plage déserte, au moment du coucher de soleil, un homme s’avance seul vers la mer sans s’arrêter et disparaît dans les vagues. Cette image les obsédait toutes les deux depuis longtemps. Elles ne parvenaient pas à retrouver le film dans laquelle elle figurait. Je n’ai pas une très bonne #Mémoire et je (...)

    #Dérives / #Biographie, #Cinéma, #Absence, #Corps, #Ciel, #Enfance, #Fantôme, #Musique, #Voix, #Vidéo, #Sons, #Voyage, #San_Francisco, #États-Unis, Mémoire, (...)

    #Mort
    « https://fr.wikipedia.org/wiki/Une_%C3%A9toile_est_n%C3%A9e_(film,_1937) »
    « https://fr.wikipedia.org/wiki/Une_%C3%A9toile_est_n%C3%A9e_(film,_1954) »
    « https://fr.wikipedia.org/wiki/Une_%C3%A9toile_est_n%C3%A9e_(film,_1976) »
    « https://fr.wikipedia.org/wiki/A_Star_Is_Born_(film,_2018) »

  • Fantômes de nos souvenirs
    http://liminaire.fr/palimpseste/article/fantomes-de-nos-souvenirs

    Une liste d’objets hétéroclites à dresser. Imaginer leurs #Sons. En regardant un verre en Cristal imaginer le faire chanter du bout de son doigt. Un masque, une amphore, un tête de Bouddha, un bronze ancien, un vase japonais en porcelaine, une cruche en terre cuite, un objet en céramique, une douille d’obus de char, une théière en forme de chat, un bidon d’huile de paraffine de marque Aladdin, une oenochoé romain en bronze. Chaque objet s’efface derrière le son complexe que produit leur coprésence (...)

    #Palimpseste / #Art, #Architecture, #Musique, #Voix, #Vidéo, Sons, #New_York, #Musée, #Paris, #Gare, #Corps, #Mémoire, #Enfance, (...)

    #Fantôme
    https://www.oliverbeer.co.uk
    http://ghostsofyoursouvenir.net
    « https://ropac.net/exhibition/household-gods »
    « http://www.2248m2.com »

  • Venir à ta rencontre
    http://liminaire.fr/palimpseste/article/venir-a-ta-rencontre

    Le #Visage d’un homme dit tout de lui. De son caractère, de son parcours. Les photographies qu’on possède de lui nous le montre chaque fois sous un jour nouveau. Tu me vois ? Sais-tu qui je suis ? Me comprends-tu vraiment ? semble-t-il nous demander en nous regardant du coin de l’œil avec son léger sourire. Je crois que oui, je me suis fait mon idée avec le #Temps. Mais à force cette image devient banale, elle perd son pouvoir multiple et versatile, sa profondeur et son mystère. Elle est utilisée en (...)

    #Palimpseste / #Enfance, #Mémoire, #Photographie, #Écriture, #Portrait, #Regard, #Traces, Temps, Visage, #Absence, #Fantôme, (...)

    #Mort

  • Village, de Joachim Séné
    http://liminaire.fr/livre-lecture/article/village-de-joachim-sene

    Comment la #Ville se construit en nous, comment elle s’impose comme une évidence, comment elle nous attire, nous accueille avant même qu’on y vienne ou qu’on y vive, son désir grandissant en nous avant même de pouvoir le nommer, c’est ce que ce très beau #Livre de Joachim Séné, Village, édité par #Publie.net décrit avec précision et sensibilité. Bien sûr, on pourrait croire que ce récit s’apparente avec ses souvenirs au livre de #Mémoire, à la biographie, celle d’un enfant pour qui le village est le centre du (...)

    Livre & #Lecture / Lecture, Livre, #Enfance, Publie.net, Joachim Séné, Ville, #Fantôme, #Paysage, Mémoire, #Nature, (...)

    #Livre_&_lecture #Joachim_Séné #Écriture
    « https://www.publie.net/livre/village-joachim-sene »
    « https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Prisonnier »
    « https://www.publie.net/2013/06/18/lotus-seven-note-de-lecture-de-thierry-beinstingel »

  • Que reste-t-il des palais de Mobutu vingt ans après sa mort ?
    https://www.rtbf.be/info/monde/detail_que-reste-t-il-des-palais-de-mobutu-vingt-ans-apres-sa-mort?id=9700757

    Le 7 septembre 1997, le maréchal Mobutu Sese Seko, ancien président du Congo rebaptisé Zaïre, décédait à Rabat au Maroc. Renversé quelques mois plus tôt par l’avancée de la rébellion de AFDL de Laurent-Désiré Kabila, Mobutu était emporté par un cancer à l’âge de 66 ans. Il vivait en exil au Maroc depuis son départ de son fief de Gbadolite le 18 mai 1997, deux jours après avoir fui Kinshasa en compagnie de sa proche famille et de quelques fidèles.

    #rdc #mobutu #fin_d_empire #ghost_things #fantôme_du_passé #fantômes #trucs_fantôme ...

    • L’histoire de Mobutu écrite par un auteur canadien-congolais a lire :" l était une fois le Maréchal Mobutu (14 octobre 1930- 7 septembre 1997)
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      << Peu de temps après son ascension au pouvoir, Mobutu ne tarda pas à affronter le fameux litige connu sous le nom du « contentieux belgo-congolais », qui véhiculait toutes les tares de l’indépendance nominale que la Belgique avait concédée, malgré elle, au Congo sous la pression des États-Unis et des institutions internationales. Deux ans seulement après sa prise de pouvoir, soit en décembre 1966, le Président Mobutu décida la nationalisation des actifs congolais de l’Union Minière ─ ce qui contraria profondément la société mère, la Générale de Belgique, qui contrôlait environ 70 % de l’économie du Congo-belge ─ et procéda à la création d’une société d’État appelée la Gécomin (Générale congolaise des mines) qui allait être rebaptisée peu de temps après Gécamines (Générale des carrières et des mines), pour l’exploitation des minerais du cuivre. La guerre du Vietnam avait provoqué une flambée spectaculaire des cours mondiaux du cuivre, ce qui avait permis à l’État congolais de remplir ses caisses. [...] Pour consolider son nouveau régime économique, Mobutu remplaça aussi la monnaie. Il lança une nouvelle unité monétaire qu’il baptisa le Zaïre, en référence à la nouvelle dénomination du pays depuis le 27 octobre 1971. Un Zaïre-monnaie équivalait à 100 Francs belges et à deux dollars américains. Ce furent pour beaucoup des années fastes, la période des vaches grasses.

      Dès 1973, le président Mobutu porte une estocade aux intérêts étrangers en « zaïrianisant » les entreprises diverses et les sociétés commerciales détenues par des étrangers, pour ensuite les confier à ses proches, les membres de sa famille ou des fidèles soutiens politiques, dont essentiellement les barons du MPR Parti/État. Mais, l’ignorance et l’incurie de nouveaux propriétaires appelés « acquéreurs » entraînèrent la faillite voire la déliquescence rapide de la plupart de ces entreprises [...]

      Toutes ces mesures économiques « nationalistes » du président Mobutu, qui avaient beaucoup plus visé les intérêts belges, avaient fini par inquiéter plusieurs autres grandes compagnies occidentales présentes au Zaïre, et celles qui prévoyaient de s’y installer. Même si les intérêts américains au Zaïre étaient au beau fixe, les entreprises américaines pouvaient émettre quelques doutes sur la bonne foi zaïroise en matière de protection des intérêts étrangers. L’extrait d’une note de la Gulf Oil Company illustre bien cette inquiétude des compagnies américaines : « Le département d’État a stimulé les investissements (américains) au Zaïre en tablant sur l’hypothèse que ce pays n’expropriera pas ces investissements et ne causera pas de tensions entre les deux pays » peut-on lire.

      S’il est vrai que les États-Unis et la Belgique avaient hissé le lieutenant-général Mobutu à la tête du Congo pour servir leurs intérêts, il est aussi vrai que avec l’évolution du temps, la conjoncture géopolitique et surtout l’expérience acquise au sommet de l’État, Mobutu était parvenu à maîtriser le mécanisme de fonctionnement interne du système politique et financier de ses alliés occidentaux, au point d’en déceler les faiblesses et les contradictions internes qu’il était parvenu à les manier avec maestro pour échapper à leur pression. Il était ainsi parvenu à renverser de temps en temps les rôles ; le léopardeau devenu grand avait dompté ses dompteurs. Comme l’a souligné le cinéaste Thierry Michel, réalisateur de plusieurs films-documentaire sur la vie du président zaïrois, « Mobutu a été l’otage des Américains et des Belges, c’est évident. Mais il s’est affranchi de cette tutelle. Il a joué les Américains contre les Belges, les Français contre les Américains, etc. Il a même joué les différents clans du pouvoir américains les uns contre les autres. » Le président-maréchal ira jusqu’à expulser, plus d’une fois, l’ambassadeur américain Deane Hinton, du pays sans perturber sérieusement les relations entre le Zaïre et les États-Unis. C’est dire...

      Mobutu savait comment et quand provoquer des crises politiques au sein du gouvernement belge. Il a aidé des chefs d’États et des ministres européens à se faire élire « démocratiquement » chez eux. Et ces derniers savaient comment lui renvoyer l’ascenseur quand il en avait besoin. Plus proches des républicains américains, Mobutu savait jouer avec les puissants lobbies juifs américains et israéliens pour tirer son épingle du jeu. Mais son erreur est qu’il n’a pas su anticiper les conséquences de l’effondrement du mur de Berlin. Il n’a pas su, ou n’a pas voulu situer dans le temps et dans l’espace le degré exact de cette « amitié » avec l’Occident. En avait-il identifié l’objet et le mobile profond ? En avait-il évalué la durée dans le temps, et la résistance face aux changements des circonstances et des intérêts à travers les péripéties de l’Histoire ? Avait-il compris que, après ce bouleversement à l’échelle mondiale, les intérêts et les alliances de ses « amis occidentaux » allaient être complètement révisés de fond en comble ? Et que, dans ce domaine de la jungle moderne des rapports entre États, seuls les intérêts comptent et que les sentiments n’ont aucune place ?
      Le moins que l’on puisse dire, c’est que le Maréchal Mobutu a eu tort de mêler sentiment aux raisons d’État et de croire jusqu’au bout que ses « amis occidentaux » avaient une dette de reconnaissance envers lui pour des « services rendus ». Lui qui était un animal politique a oublié, ou n’a pas voulu comprendre que les « raisons d’État » sont aveugles, sans cœur ni mémoire. Mobutu n’a pas compris qu’il n’avait pas le profil des « nouveaux leaders africains » de l’après-guerre froide. Ces dirigeants qui n’opposeraient plus de résistance aux pillages sauvages des richesses de l’Afrique en général et du Zaïre en particulier. Il n’avait pas vraiment réalisé que ces dirigeants-là, qui devaient provenir de petits pays voisins, lorgnaient eux aussi les immenses richesses du sol et du sous-sol zaïrois et rêvaient, comme toutes ces grandes firmes occidentales qui se sont mis en retrait durant la période de la guerre froide, de bâtir leur prospérité sur les ressources puisées chez leur grand voisin. En gros, Mobutu n’a pas su anticiper les bouleversements géopolitiques majeurs à venir qui se précisaient dès la seconde moitié des années 1980...>> (Extrait Stratégie du livre "chaos et du mensonge", pp. 581-584) Patrick Mbeko est l’auteur de plusieurs livres dont sur le Rwanda et du drame du Congo et le quasi génocide de 9 millions de congolais par des armées proxies venus des pays voisins et dont Paul Kagamé est le maitre des basses oeuvres.

  • #Fantômes_de_la_Mer

    Fantômes de la Mer est un projet artistique qui rend hommage aux réfugiés économiques et politiques victimes du trafic humain transméditerranéen.

    Depuis des décennies, des gens disparaissent en Méditerranée, à la recherche d’une sécurité économique ou d’une sécurité politique – deux droits humains fondamentaux. Leur sort est en grande partie ignoré, comme si, en évitant de les regarder de trop près, leur réalité pouvait s’effacer. Lorsqu’on parle d’eux en Europe, le débat s’engage en termes économiques et statistiques : combien peut-on absorber ? Quel impact auront-ils en termes économiques, statistiques, et souvent « civilisationnels ». La question est rarement débattue en termes humains : quel sacrifice, quelle perte, quelle souffrance ont-ils vécu – et vivent-ils encore ? A quel racisme, quelle déshumanisation ont-ils fait – font-ils – face ? La question est encore moins débattue en termes de rapport de force Nord/Sud.

    Cependant, au fond de nous, nous savons que le problème de la migration ne disparaîtra pas – qu’on le veuille ou non. Nous sommes obligés d’y prêter une attention à certaines occasions, comme récemment avec l’afflux de réfugiés syriens. Pour autant, nous ne reconnaissons que rarement la migration transméditerranéenne comme un phénomène durable, qui fait partie de notre monde contemporain.

    En voulant traverser la Méditerranée, beaucoup de gens ont été, sont, seront exploités, violés, volés, déshumanisés. Beaucoup s’y sont noyés, beaucoup s’y noient en ce moment, beaucoup s’y noieront encore. Leur seul délit est de chercher une vie libre de persécutions politiques ou économiques qui leur est déniée chez eux, mais aussi en Occident. Quand nous daignons nous pencher sur le phénomène, ce que nous voyons, c’est un massacre sans témoins, sans plaintes et souvent sans sépulture, car de nombreuses victimes meurent en mer dans le plus total anonymat.


    http://www.bruce-clarke.com/fantomes-de-la-mer
    #migrations #asile #réfugiés #art #corps #politique #body_politics
    cc @reka

  • After the boats: Refugee reception and the production of irregularity in Italy’s migration crisis

    “We must stop this carnage.” These five simple, powerful words were used by Italian Prime Minister Matteo Renzi to describe the migration situation in the Mediterranean Sea in April 2015.[1] His impassioned call to arms came in the same month that over a thousand men, women, and children lost their lives in the Mediterranean Sea. Repeated summits followed over the subsequent months, bringing Europe’s leaders together to prevent further loss of life at sea, aiming to find ways to stop migrants from making the journey and closing off what Renzi called “massive illegal migration flows.”[2] Today, in the same stretch of water to the south of Italy where so many lives were lost, migrant boats are intercepted by larger ships as part of the European Union’s joint operations Triton and Sophia. Barely anyone lands directly on Italian shores anymore; nearly all migrants are intercepted at sea. The migration flow hasn’t stopped, but the arrival on shore is now somewhat more orderly.

    http://rightsinexile.tumblr.com/post/149771767272/after-the-boats-refugee-reception-and-the
    #Italie #clandestinisation #asile #migrations #réfugiés #identification

  • des fantômes | ou la vie sauvage
    https://oulaviesauvage.wordpress.com/2015/07/27/des-fantomes
    https://secure.gravatar.com/blavatar/fbff544e751a012cf407fcbfd5e6a699?s=200&ts=1438004816

    Nous avons vécu longtemps dans la compagnie des fantômes et peut-être, par malheur pour nous, sommes-nous les seuls à pouvoir les décrire.

    Négocier avec les fantômes aura sans doute été l’erreur la plus funeste de notre histoire récente ; il nous aura fallu six mois pour comprendre que les fantômes ne négocient jamais mais attendent, plus immobiles et plus silencieux qu’un sphinx, que les enfants soient épuisés.

    Aujourd’hui, nous avons au moins la consolation de pouvoir parler et de dire qui ils sont : nous avons tout perdu.

    #Syriza #austérité #Europe #UE #Eurogroupe #Grèce #récession #dette #démocratie #mémorandum #négociations #fiction #spectres #fantômes

    • La disparue d’Egine – Mari-Mai Corbel, DIACRITIK
      http://diacritik.com/2016/01/31/la-disparue-degine/#more-7410

      Captain pleura de joie le soir du 25 janvier 2015. Nous sommes sortis, direction le siège de SYRIZA applaudir le brillant Tsipras qui allait nous sortir des griffes des croque-morts, ces dignitaires de l’Union Européenne et du FMI. Après, nous sommes allés là où Tsipras fit son discours, place de l’Université. C’était la ferveur, et, en même temps, c’était comme quand vous venez de provoquer un monstre horrible. On n’en croyait pas nos yeux et on retenait nos souffles. On était des milliers. Je crois qu’il faisait froid. Je me souviens qu’on se souriait tous, que l’air était plus léger, trop léger. Ça nous montait au cerveau. On n’y croyait pas et on y croyait. Je fus folle de joie de croiser là par hasard Nikos, venu de Paris voter. Après, tous les jours avec Captain, trois heures de #télé, à suivre le #feuilleton de ce qui, après l’accord du 4 février, devint les « négociations avec les institutions »(...)
      ... un photographe-reporter, m’a prédit que l’Union Européenne ferait de la Grèce un « parking à #réfugiés. Un gros délire. Comme par hasard, depuis quelques semaines, on ré-entend des petites phrases lancées depuis Bruxelles ou Berlin, comme quoi, on n’est plus obligé de tout faire pour garder la Grèce dans l’Eurozone. Pendant ce temps-là, Schäuble à Davos vient de traiter #Tsipras d’imbécile devant lui, en se tenant les côtes de rire. L’autre a encore une fois souri poliment ou stupidement. Je me tais. Captain aussi. Hier on a regardé Tsipras fêter sa « victoire » du 25 janvier dernier devant quelques milliers de gens dubitatifs. Captain aime encore un peu Tsipras. Captain n’arrive pas à en croire ses yeux. L’autre jour, il se plante devant moi, tout sourire, légèrement illuminé. Il vient de faire un rêve éveillé, me dit-il, et, dans ce rêve, Tsipras avait un plan secret. Il allait sauver le pays ; on n’avait pas encore tout vu de Tsipras. Tsipras, le #sauveur. Le déni de réalité, le rêve, sont des réactions de survie dans des situations insupportables. Autant laisser Captain rêver. Captain, ces temps derniers, tantôt voit dans Tsipras un futur Papandréou (le père, sorte de Jaurès, à ne pas confondre avec le fils qui signa le premier mémorandum), tantôt un nul doublé d’un arriviste. Ça dépend des jours. Et souvent il dit que ça ne l’intéresse plus, qu’il est juste curieux de voir la fin de l’histoire. Le dénouement du thriller. A un moment ou à un autre, on finira bien par savoir qui est Tsipras. Héros, ordure en cheville avec les intérêts des banquiers ou un nul roulé dans la farine par Schäuble and co ? On arrêtera de se torturer pour essayer de comprendre comment ce fut possible, qu’après le cri du #OXI du 5 juillet 2015, Tsipras ait pu céder à ce point qu’en fait maintenant, presque plus rien n’est possible, tant la politique est totalement discréditée, ici. Captain croit qu’on saura un jour ce qui s’est passé. Je penche pour on ne saura jamais. Je penche pour un gros blanc, un diabolique coup de chiffon. On est dans le blanc. On ne réalise pas ce qu’on nous a fait. On s’est fait baiser, ni plus ni moins. Captain ne peut pas réaliser. Il n’a toujours pas atterri. Ce qu’il y a de certain, c’est que Tsipras s’est coupé du pays. Au début, Tsipras venait encore à Egine. A Egine, il n’a pas de maison mais il était invité par un ami de son père, je crois, un petit tailleur, où il passait ses vacances, adolescent. En fait Egine est devenue dans les années 2010 un repère de #SYRIZA. Plusieurs figures de SYRIZA, des députés, des-qui-allaient-devenir-ministres, avaient des maisons à Egine ou de la famille. Ils venaient discuter là. Tsipras venait encore après sa victoire dans des tavernes et Captain était fou de joie car on y vendait ses vins. Tsipras buvait son vin. On savait ça immédiatement. Tsipras passait et les Egrinètes se passaient l’info. Il y avait aussi Varoufakis et d’autres. Le premier gouvernement Tsipras comportait huit ministres propriétaires d’une maison à Egine. Le magazine du golfe saronique que j’ai conservé avait titré son numéro de février 2015 « LE GOUVERNEMENT D’EGINE… ». Les trois petits points du titre, c’est parce qu’Egine fut pendant la révolution grecque des années 1820-1830 le siège du premier gouvernement indépendant de la Grèce indépendante. Egine, symbole historique dans l’indépendance de la Grèce. L’été, les ministres étaient vus aux terrasses des cafés. Puis, on ne les a plus vus. Mystère et boule de gomme. On n’y comprend rien. »