• Réponses de Jacques Philipponneau au questionnaire
    de La Décroissance envoyées le 12 février 2021
    et refusées par son comité de rédaction

    https://lavoiedujaguar.net/Reponses-de-Jacques-Philipponneau-au-questionnaire-de-La-Decroissanc

    (...) La domination est devenue ouvertement catastrophiste et, par la force des choses, elle doit intégrer le réformisme écologique dans cette sur-bureaucratisation du monde seule à même de gérer, dans cette société, les catastrophes qu’elle produit.

    Cet écologisme de caserne, normatif et culpabilisant, dernier avatar du péché chrétien (les indulgences pontificales du bilan carbone, le flygskam — la honte de prendre l’avion du luthérianisme nordique —, la niaiserie antispéciste anglo-saxonne) qui n’attaque jamais frontalement l’État ni le capitalisme, mais seulement leurs « dévoiements » ou leurs « excès », remplace la vieille social-démocratie morte à la tâche dans sa fonction intégrative à la société telle qu’elle est.

    La crise sanitaire actuelle (quelle que soit son origine et la gravité qu’on lui accorde) a contraint la domination à afficher son programme. Sa conception de la vie.

    Elle se résume à celle-ci : le mode de vie industriel n’est pas négociable et les représentations catastrophistes, si complaisamment diffusées depuis une dizaine d’années, ne sont pas conçues pour y faire renoncer mais pour faire accepter les restrictions et aménagements qui permettront de le perpétuer. En gros, faire régresser la liberté humaine à sa seule fonction animale de « conserver l’espèce », la « vie nue » réduite à sa seule réalité biologique : l’exemple le plus trivialement actuel en est le lâche soulagement devant une vaccination — de fait obligatoire — permettant de retrouver la vie « normale ». (...)

    #Philipponneau #fantasmes #domination #sujets_automates #États #capitalisme #techno-science #réformisme_écologique #résistance_active

  • Qui a peur de la langue française ? | AOC media - Analyse Opinion Critique
    https://aoc.media/opinion/2019/06/04/qui-a-peur-de-la-langue-francaise

    Si l’on peut comprendre les mécanismes affectifs des sujets parlants, le problème est différent lorsque certaines personnes entretiennent ou légitiment ces affects en se posant comme des experts ou des professionnels de la langue. C’est le cas de l’Académie française, dont les compétences en linguistique relèvent du mythe. Mais c’est aussi le problème des publications à succès qui déplorent la mort imminente de la langue, sans s’embarrasser de la moindre justification scientifique. Certaines stratégies éditoriales mettent systématiquement en avant ces contributions. Tout ouvrage démagogique sur le français, émaillé de métaphores dramatiques de la langue martyrisée, à la chair rongée, malmenée, violée (employées par exemple aussi bien par Michael Edwards, Jean-Michel Delacomptée, Alain Borer, etc) a de fortes chances de bénéficier d’un retour élogieux dans le Figaro.

    Pour Bernard Cerquiglini, excédé par la rengaine servie par Alain Finkielkraut sur la mort de la langue française, non seulement ce discours décliniste et réactionnaire n’est pas nouveau (il existe depuis au moins le XVIIIe siècle), mais il est devenu un véritable « fonds de commerce ». Personne ou presque ne relève les inepties des grands déplorateurs, même lorsqu’elles sont grossières. Ainsi Delacomptée (auteur de Notre langue française, Fayard, 2018) fantasme sur le fait que les jeunes de Sartrouville de son temps auraient « respecté » la langue française, sans inventer de nouveaux mots comme les « jeunes des cités » actuels, ce qui est bien entendu aberrant, les jeunes ayant toujours fait évoluer la langue. De même, Finkielkraut (académicien) a pu déclarer sérieusement, lors d’un petit déjeuner organisé par l’UMP, qu’on ne pouvait pas avoir d’accent autre que le sien lorsqu’on nait en France (bonjour, Marseille !), tout en mélangeant allègrement des notions aussi peu solides que « accent beur » et « vote musulman ».

    Ce discours décliniste repose souvent sur des idéologies politiques. Ceux-là même qui, la main sur le cœur, disent aimer et défendre la langue française se servent souvent de la langue française comme prétexte pour mieux taper sur des cibles, qui sont très souvent les jeunes et les étrangers, les deux catégories étant de nos jours réunies sous la dénomination bien floue de « jeunes-de-cité ». Ainsi, le linguiste Alain Bentolila diffuse régulièrement, depuis une dizaine d’années, ce qu’il sait être une intox : l’idée selon laquelle certains jeunes ne possèderaient que 300 à 400 mots de vocabulaire. Bentolila ne s’appuie sur aucune étude scientifique et pour cause : 300 à 400 mots, c’est le vocabulaire d’un·e enfant de deux ans ! Il est rigoureusement impossible de trouver un ou une adulte francophone (sauf cas de pathologie langagière lourde) ne possédant que 300 à 400 mots de vocabulaire, quel que soit son milieu, quelle que soit sa classe sociale. Pourquoi alors répandre une telle intox ?

    On peut reconstruire le faux lien logique de Bentolila : certains jeunes n’ont pas de vocabulaire, ils sont alors violents (le rapport entre capacité d’expression et violence est pourtant bien plus complexe qu’un décompte de mots…). Et qui seraient ces jeunes violents sans vocabulaire ? Les « jeunes-de-cité » bien sûr. De même, les discours de Finkielkraut rejoignent des fantasmes sur l’arabisation du français, un épouvantail idéologique plutôt qu’une constatation linguistique. En effet, les études sérieuses sur le sujet ne relèvent que des emprunts de vocabulaire à la langue arabe, ce qui n’a rien de spectaculaire : le français a toujours emprunté à de nombreuses langues, sans que cela représente un quelconque danger.

    Est-ce à dire que critiquer tel mot ou tel usage fait de vous un·e horrible réactionnaire ? Les choses ne sont pas aussi simples. Se saisir de la langue, cela ne veut pas dire tenir un discours béat qui considère que toute évolution est bonne à prendre.

    Prenons l’exemple de l’anglais et de la vague des mots en –ing mis à l’honneur dans les magazines féminins qui parlent de showering, de bronzing, de juicing, de bath cooking, etc. On rencontre également ces mots dans le vocabulaire du travail et de l’entreprise, où on peut parler de co–lunching plutôt que de déjeuner. Mais est-ce vraiment l’anglais qui nous agace avec ces mots, ou plutôt ce que cette utilisation de l’anglais représente : une façon de glamouriser ce qui est bien peu glamour ? Le bath cooking parait être ainsi une tentative de « rendre cool » le fait de devoir prévoir ses menus sur une semaine… De même, parler du fait de cumuler plusieurs emplois comme d’un slashing permet de masquer une réalité économique difficile derrière des mots qui dessinent l’image d’un start-upper plein de vigueur.

    #Langue #Linguistique #Français #Fantasmes

  • #Femmes lascives et muettes dans le regard des #orientalistes
    http://information.tv5monde.com/terriennes/femmes-lascives-et-muettes-dans-le-regard-des-orientalistes-16

    Offertes, patientes, immobiles, elles semblent attendre le claquement de doigt de l’#homme et #maître. Alors que les Européens, Français en tête, colonisaient le #Maghreb et le #Moyen_Orient, les terres ainsi conquises, #fantasmes et lumières méditerranéennes réunies, attiraient peintres et écrivains

    #Orientalisme #peintres #peinture #corps_des_femmes #colonisation

  • Cerné par ses fantasmes, Le Point règle leurs comptes aux fonctionnaires - Acrimed | Action Critique Médias
    http://www.acrimed.org/article4387.html

    En février 2014, Le Point publiait, sous le titre (légèrement) provocateur « Combien coûte vraiment un poste de fonctionnaire ? », un article accumulant amalgames, idées reçues, désinformation et conclusions erronées – comme nous l’avions souligné en nous demandant à notre tour : « Combien Le Point coûte-t-il à la nation française ? »…

    Apparemment satisfait de sa démonstration tordue, l’auteur, Jean Nouailhac, récidivait quelques semaines plus tard, cette fois à propos des fonctionnaires territoriaux, et avec toujours la même logique hémiplégique qui consiste à ignorer (sciemment… ou non) la valeur des services qu’un fonctionnaire rend par son travail, comme les cotisations qu’il paie, et à décréter que les salaires et pensions qui lui sont versés tout au long de sa carrière puis de sa retraite ne représentent qu’un « coût » pour la collectivité…

    Voilà ce que cela donne dans ce nouvel opus intitulé « Encore 31 000 fonctionnaires de plus dans la "territoriale". Accablant ! » :....

    #le_Point
    #fantasmes
    #amalgames
    #fonctionnaires

  • Immigré tu es, immigré tu resteras, et tes enfants avec toi

    Les #fantasmes occidentaux sur l’#invasion étrangère sont le retournement de l’#idéologie_coloniale : puisque l’#Occident n’est plus en mesure de peupler le monde, il sera peuplé par lui

    http://www.letemps.ch/Page/Uuid/b6dcdf56-bc21-11e3-992b-e6aa952f4c35

    #immigré #migration #colonisation #étranger #surpopulation_étrangère #immigration_de_masse #naturalisation

    • Exemple de nos chers représentants politiques « français issus de l’immigration »... même pour des personnes dont les parents sont arrivés, par exemple, du Sénégal en France dans les années 1920. Bientôt 1 siècle ! Idem pour les maghrébins d’après 2ème guerre mondiale...

  • "Les #discours politiques sur la #migration sont des #fantasmes pour mobiliser l’#électorat"

    Combien de Lampedusa ? Combien de drames de l’immigration seront-ils encore nécessaires pour que le regard porté sur cette question par nos sociétés change ? Le chemin sera long, répond #François_Crépeau, Rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme des migrants. « Les #discours_politiques sur la #migration n’ont rien à voir avec la réalité. Ce sont des fantasmes qui sont développés de manière à mobiliser les électorats », soutient-il.

    http://www.lalibre.be/actu/international/les-discours-politiques-sur-la-migration-sont-des-fantasmes-pour-mobiliser-l

    #mythe #invasion

  • Laissez-passer | L’#invasion de l’Europe par #bateaux est un #fantasme_politique

    « Alors que la droite et l’extrême droite alimentent les #peurs d’un débarquement d’#immigrés sur les côtes européennes, Virginie Guiraudon, directrice de recherche au CNRS et au centre d’étude européen de Sciences-po Paris, réfute la possibilité d’un exode massif et analyse la crise de la #politique_migratoire traversée par l’Union européenne. »

    http://www.asile.ch/vivre-ensemble/2013/12/17/laissez-passer-linvasion-de-leurope-par-bateaux-est-un-fantasme-politique

    #migration #fantasmes #mensonges #Méditerranée

  • Mon humble avis sur l’article « Chine, merci et au revoir » : lettre d’un expat’ qui revient en France sur Rue89 le 12/11/13
    http://www.rue89.com/2013/11/12/chine-merci-revoir-lettre-dun-expat-revient-france-247351#comments-start

    En me levant ce matin du 13 novembre 2013, j’ai rapidement pris connaissances des nouvelles, tel un rituel quotidien immuable. La fin du 3e #Plenum où s’est décidé la plupart des réformes à venir durant le 1er mandat de 习近平 (XiJin Ping) augurait donc une déferlantes de dépêches et analyses en tout genre. Mais parmi ces articles, l’un a particulièrement attiré mon attention. Publié sur le "pur player" #Rue89 , son intitulé particulièrement sec m’a donné l’envi d’en savoir plus sur les raisons évoquées d’un tel départ fracassant ; ce genre d’articles étant souvent l’apanage des blogs anglo-saxons dont la lecture me rebute par leurs aspects biaisés du genre " J’ai vécu en Chine (traduction : à Shanghai ou Hong Kong) et je ne supporte pas la vie sur place après 3 semaines"....sans commentaire.

    Voici l’article en question dont la lecture me parait utile à tout point de vue. Je vais donc me permettre d’y apporter mes "humbles" commentaires et d’y préciser à mon tour mon point de vue en reprenant les intitulés principaux émaillant l’article. J’expliquerai quels sont les points sur lesquels je m’accorde (ils sont nombreux) et ceux sur lesquels je trouve que le rédacteur du dit article, manque cruellement d’analyse et de sens critiques (très nombreux sont ces points). Je vous conseille au passage de prendre connaissance de quelques commentaires (fort nombreux), histoire de vous forger votre propre opinion mais je ne pouvais pas laisser passer pareil billet dans donner mon point de vue (pas arrogant pour deux sous que je suis !)

    "Chine, merci et au revoir"

    Bien que le rédacteur ait le mérite de préciser que cette analyse ne saurait se généraliser, il rédige son billet comme si cela s’appliquait à n’importe quel Européen en quête "d’Eldorado" je cite "

    On s’imagine, malgré toute la culture que l’on peut posséder, que nous, étrangers du pays et de sa culture, pouvons arriver comme des colons, une pincée d’insolence, une de chance, une autre d’intelligence (peut-être) et y faire notre vie comme nous ne l’aurions pas pu en France ou ailleurs

    ".

    Un peu arrogant non ? Personnellement je ne suis absolument pas venu avec ces ambitions. Je suis d’abord venu en tant que visiteur, puis étudiant et découvreur du pays sous toutes ses facettes et non pas en tant que "colon". Insolent ? En toute honnêteté, je ne pense pas l’avoir été une seule fois et toute personne visitant ou prévoyant de s’établir dans n’importe quel pays étranger serait bien mal venu d’en posséder ne serait-ce qu’une "once", sous peine de rapidement chuter de son piédestal...et c’est effectivement ce qui est arrivé à cette personne. La chance ? C’est évident il en faut, comment partout mais certainement un peu plus dans le cas d’une expatriation, j’en suis convaincu.

    Pour sa prochaine expérience d’expatriation, je lui conseillerai donc (du haut de mes petits 14 mois d’expérience) une plus grande ouverture d’esprit en arrivant dans un pays, surtout un pays comme la Chine qui nourrit autant de #fantasmes.

    "La Chine choisit ses #immigrés"

    Et c’est heureux ! Mais à quoi s’attendait-il en arrivant ? Que la Chine allait lui ouvrir grand les bras et le féliciter de sa démarche d’abnégation en quittant sa terre natale, son 老乡(Lao Xiang) ? Bienvenu dans la réalité de tout pays dont la #culture et l’#histoire sont diamétralement opposés à la culture d’#immigration contrairement à la France, aux Etats-Unis ou encore le Royaume Uni ! Fort d’une population de plus 1,3 milliards d’individus, la Chine a déjà fort à faire avec ses propres ressortissants pour ne pas avoir à perdre de temps en "empathie" à l’égard de ceux qui viennent chercher l "Eldorado" (ce mot sera mon fil rouge, je le sens...). Quand on entend les analystes dirent que pour créer de l’emploi la Chine actuelle doit bénéficier d’un taux de croissance de 7% minimum et que le taux de cet année sera "à peine" de 7,5%, on peut comprendre que les politiques gouvernementales ne soient pas des plus accommodantes avec les immigrés.

    S’est il déjà demandé comment les immigrés faisaient en France dans leurs quêtes d’une simple carte d’un an "Vie privée & familiale" ? C’est pas tendre, je peux lui garantir, c’est même bien pire qu’en Chine alors que la France se veut être terre d’immigration. Ayant côtoyé ce genre de situation quand j’ai travaillé en cabinet d’avocats, je sais le chemin de croix que les nouveaux #migrants doivent suivre pour voir, ne serait-ce que leur dossier enregistré en Préfecture. Oui, j’ai du faire la queue des 6h du matin à la Préfecture de Bobigny en Seine Saint Denis, avec déjà 150 personnes devant moi, juste pour poser le dossier d’un client qui parlait à peine le français. Même en Chine ce n’est pas comme ça. C’est bordélique ? Eh ben oui ça l’est mais en mettant en perspective avec ce que vivent les immigrés en France, c’est rien !

    C’est du tracas que de procéder à l’établissement de ses papiers d’immigration en Chine ? Comme toute situation où l’on est confronté à une "Administration", c’est "papiers", "paperasses" et compagnies avec guichet 2 par là, guichet 35 par ici etc. Car oui, la France aussi souhaite une immigration "de qualité" (je déteste ce terme) en établissant des listes de métiers dits "en tensions" et parmi lesquels on retrouve les mêmes que ceux que recherche la Chine. Le "#Guanxi" (关系) ? Pareil en #France, même si c’est moins arbitraire et moins évident, d’expérience personnelle en France, parfois il en faut aussi pour activer un dossier et on ne se prive pas d’en user sans pour autant tomber dans la corruption. La chance, encore la chance... .

    "En Chine personne ne sait jamais"

    Effectivement, difficile d’avoir une information claire, précise et définitive. Je m’en rends aussi compte avec mon #administration scolaire. A croire que l’info doit être prémâché et transmise sous forme de "brouillon" avant de prendre un aspect définitif quelques jours, semaines ou mois après. De la à dire que c’est propre à la Chine, je pense qu’il ne faut pas généraliser et prendre son mal en patience, grande enseignement si l’on veut survivre en Chine.

    "3000 ans de culture administrative"

    Quand je pense que l’on peste sur l’administration française, je rejoins complètement l’auteur de l’article. Je serais presque tenté de dire que c’est la Chine qui a inventé l’Administration ^^. Rien n’est clair, il faut une myriade de papiers avec le bon tampon afin d’avoir le droit d’obtenir un visa ou certains papiers. Mais avec de la méthode, on s’en sort un peu, même si je reconnais que c’est particulièrement rageant. Pour une même procédure et avec les mêmes interlocuteurs "administratifs", on peut se retrouver avec une procédure différente de la fois précédente. Maintenant, on est en Chine et la solution s’appelle : la débrouille ! On n’a pas le choix, il faut se débrouiller, essayer de contourner, de s’arranger...parce que de toute façon les chinois font pareils ! Et j’en reviendrais donc à cette fameuse expression bien chinoise mais tellement universelle : 入乡随俗 (Ru Xiang Sui Su) => A Rome fait comme les Romains.

    Peut être a-t-il manqué de cette philosophie ? Certes, mais là aussi, cela s’apprend en côtoyant plus profondément les Chinois mais aussi en apprenant la langue, les aspects de la culture populaire et ses automatismes. Et c’est bien pour cela que je mets autant d’ardeur à apprendre quotidiennement cette langue car c’est la clé pour déverrouiller les milliers de cadenas qui barrent la route de la compréhension de ce pays de tous les superlatifs : il faut parler chinois. Le parlait-il ? A-t-il essayé de le parler, ne serait-ce que de l’apprendre ?

    "En Chine, on ne vous pardonne rien"

    La Chine nous prend comme nous sommes (ouep, comme Mc Donald, ils n’ont rien inventés^^), c’est à dire : des étrangers ! des immigrés ! NOUS NE SOMMES PAS CHEZ NOUS ! Et finalement, ce n’est même pas l’administration qui vous le fait plus comprendre, non. Ce sont bien les gens que vous côtoyez au quotidien. Parce qu’une fois l’effet de surprise sur les raisons de votre présence en Chine, votre aptitude à vous exprimer dans la langue de Confucius, et les premières questions de présentations ...eh bien, vous risquez de vous retrouver devant un "mur", symbolisant ce fameux fossé culturel. Ce fossé, je l’affronte tous les jours et tous les jours je m’écorche mains et genoux à remonter la pente si pentue car j’ai chuté d’avoir tenté de sauter ce fossé dans lequel je tombe inévitablement.

    Par contre, étudier la langue, comprendre (essayer dirons-nous) l’histoire et la culture chinoise (par delà la visite des sites touristiques), vous permets d’appréhender ce fausser, de dénicher les aspérités, les branches auxquelles vous pourrez vous raccrocher pour mieux surmonter les obstacles. C’est inévitable car sans ça, c’est un aller-retour avec escales de courte durée. Et c’est bien ce qui est arrivé au rédacteur de cet article.

    On aura bon parler un chinois dénué de toutes fautes, comprendre les rouages de la culture populaire, gloser sur l’histoire chinoise, les Chinois vous feront comprendre, à moment ou à un autre, que vous n’êtes pas des leurs, vous n’êtes et ne serez jamais chinois...et croyez moi, c’est mieux ainsi. L’ayant compris avant même d’arriver en Chine pour commencer à étudier, je pense que cela m’a sauvé de quelques désillusions. Mais je suppute l’existence d’autres "pièges" culturels dans les coins sombres ^^.

    Et je le dis également souvent, tout comme les Chinois "That’s China" que je traduis particulièrement mal en "中国特色" (Zhong Guo Te Se) ou "particularité chinoise".

    "Les #Chinois nous voient de passage"

    Là aussi, l’effet "population de 1,3 milliards individus" ne joue pas en notre faveur. Les chinois sont actuellement confrontés à des changements majeurs de Société et à une rapidité telle qu’ils ont eux-même du mal à prendre le chemin en route. Beaucoup sont issus de la campagne, des 农村 (Nong Cun), ou on subi de plein fouet (par le biais de leurs grands parents ou parents) les affres des différentes réformes économiques (Le Grand Bon en Avant) , culturelles (La Révolution Culturelle) ou encore sociétales (politique de Deng Xiao Ping). Difficile de s’attarder sur les atermoiements d’une poignée d’expatriés dont l’image de "portefeuille à pattes" colle encore aux baskets et qui en plus seraient susceptibles de prendre leurs places dans les postes convoités. Ils se foutent complètement que vous ne compreniez pas pourquoi c’est pas comme dans "Tigre & Dragon", qui pour eux appartient à un imaginaire lointain ; inconcevable pour eux de venir en Chine avec cette idée en tête...et pourtant.

    Les Chinois sont culturellement très "famille" : la famille d’abord donc. "Nous" ? On est du "divertissement" au pire des "Monkey Business" : on est traqué par les entreprises qui viennent d’ouvrir leurs portes et qui souhaitent s’afficher avec un "étranger", un 老外 (Lao Wai) gage de réussite et de prospérité. Pour ce qui est du suivi, repassez une autre fois, il n’y a rien à voir ! Nous sommes indubitablement une population de passage et personnellement, même si je souhaite rester le plus longtemps possible en Chine, je sais que je n’y resterais pas toute ma vie tant le choc culturel est éprouvant au quotidien ; passionnant mais éprouvant voire blasant.

    Par contre pour ce qui est de l’assertion suivante : "

    En tout cas, c’est l’image que l’on finit par se renvoyer tant, finalement, le pays n’a rien d’autre à vous vendre et que vous aurez du mal à justifier votre présence par « l’amour de la culture chinoise ». Car oui, si vous y allez pour la culture, vous tomberez de haut et finirez par avoir le complexe de supériorité imprimé sur le crâne comme les trois quarts des étrangers vivant ici

    ",
    je me félicite de ne pas avoir cette personne en face à face, je risquerais de m’énerver.

    Moi cet amour, je le revendique chaque jour et étrangement, cet amour grandit de jour en jour car je ne résume certainement pas la culture à ce tombereau d’horreur qu’il se permet d’écrire par la suite, à savoir : "Les Chinois sont idiots, les Chinois ne savent pas marcher, ne savent pas conduire, ne savent pas manger, ne savent pas se tenir, ne savent pas être courtois… ". A sa décharge, il n’exprime son idée de la sorte mais caricature à dessein son propos. Toutefois, cela est significatif d’un certain manque d’ouverture d’esprit. Qu’a-t-il appris de la culture chinoise ?

    D’une part, vivre à Canton, ce n’est déjà pas faire le choix de la culture mais plutôt un choix très business, loin donc des élucubrations culturelles qui semblent pourtant faire défaut à notre cher rédacteur. D’autre part, la culture c’est le quotidien, certes, mais encore une fois c’est aussi la langue qui permet de comprendre la conception, la culture, l’histoire de la Chine et la construction "mentale" des chinois. C’est visiter des sites qui ne sont pas forcément indiqués dans le Guide du Routard, c’est parler avec les gens, questionner, s’intéresser aux questions d’actualités à mettre en perspective avec l’histoire ancienne chinoise, essayer de comprendre les évolutions de la société (et pas seulement au 20e siècle !). Mais surtout, surtout, ARRÊTEZ DE RÉSUMER L’HISTOIRE ET LA CULTURE CHINOISES A 50 ANS DE COMMUNISME...car ça fait cher payer pour une histoire vieille de plusieurs millénaire. Une fois encore, tout cela manque de recul et d’esprit "vraiment" critique. Que résumer de la Chine après seulement 12 mois ? Voyons, ce n’est pas sérieux.

    "Oh ! Mais j’ai de très bons amis chinois"

    Le rédacteur de ce billet a une faculté particulièrement développée à tenter de vouloir gommer les différences culturelles. A ce titre, je lui enverrai bien un billet que j’avais justement rédigé sur cette problématique. Je ne m’en vente pas plus que ça, mais il me semble important de remettre les choses dans leur contexte.

    Encore une fois , la barrière de la langue est particulièrement haute pour toute personne qui ne fait pas l’effort de l’apprendre, particulièrement en Chine (ou encore au Japon) où la langue de Shakespeare ne sert quasiment à rien au quotidien. Le développement est trop rapide pour les chinois ? Oui, c’est certain et les laissés pour compte son légions dans un pays que l’on dit le plus inégalitaire au monde. De là à se contenter d’un cliché dans l’instantané et dans la précipitation, il ne fait honneur ni à lui même ni à la Chine. La Chine a le défaut de ses qualités et il me paraît pertinent d’attendre avant de tirer des conclusions trop hâtives. Peut être ne serons nous pas là pour faire ce constat, mais qu’importe.

    Une fois encore, 入乡随俗 : combien de fois j’ai du jouer des coudes, et sans vergognes, pour entrer dans un bus ou dans le métro de Xi’an ? C’est tous les jours comme ça. Et si l’on refuse de jouer avec les mêmes armes que les chinois sous pretexte de commisération arrogantes à leurs égards, alors c’est vous que vous discrédités en vous rendant plus hautain que vous ne l’êtes. Et je me permets de dire aussi que c’est strictement la même chose à Paris aux heures de pointes, alors mettre ça sur le dos des chinois en manque e repères sociaux, c’est un peu gros à mon sens.

    "Vous ne voulez pas devenir un expat’ raciste"

    Dans ce paragraphe, l’auteur de l’article dresse parfaitement les lignes qui expliquent sont échec cuisant : vivre dans une ville sans pour autant avoir la curiosité d’en sortir, vivre dans un quartier résidentiel d’expatriés sans volonté de s’en extirper etc... J’ai surtout l’impression qu’il souffre de la désillusion de ne pas vivre comme les expats vieilles écoles, les "vrais" expatriés au sens juridique du terme : contrat français avec détachement à l’étranger tout en conservant tous les avantages sociaux français, couplés à un package de rémunération plus que substantiel (appart et femme de ménage gratos, congés payés comme en France, super mutuelle, école privée pour les gosses etc...). Mais ça c’est fini ou quasiment ! Venir en Chine avec un contrat "local", c’est accepter de bosser et de vivre comme les chinois et en connaissance de cause. Vous croyez tout de même pas que votre patron va vous surcoter outrageusement pour le simple fait que vous êtes étranger ; là encore, ça serait bien mal connaitre les chinois.

    Cet article suinte de ce que je reproche le plus à ceux qui se croient légitimes à dresser un portait de la Chine : "

    quand il lui prend l’audace de manger un repas chinois sur une étale de rue, il a au mieux une diarrhée, au pire une indigestion (mais vous contera l’histoire de son aventure avec un œil brillant et une admiration pour l’art culinaire local).

    " Le fameux "j’ai mangé dans un bui-bui et j’ai frollé la mort" ! Mais merde, j’ai bouffé dans des gargotes où même mes professeurs de chinois refusent de foutre les pieds, et il ne m’est jamais strictement rien arrivé ! Il faut arrêter le fantasme là aussi ! Que vous ayez l’estomac fragile ou peu habitué, c’est compréhensible et normal, mais il faut arrêter cet amalgame de cuisine de rue = mort au coins de la rue ! Mais bon, il pourra dire qu’il est indestructibles maintenant, si c’est bien cela dont il veut se souvenir.

    Donc oui, il a bien fait de partir, pour éviter de devenir un "expat’ raciste" mais avant tout pour éviter de continuer à baigner dans un état d’esprit qui ne lui fait pas honneur, loin de la.

    "La Chine vous apprend le calme"

    C’est incontestable et c’est une vertu cardinale pour survivre...mais il semble là aussi en avoir cruellement manqué, dommage ! S’énerver, c’est "perdre la face" mais aussi faire perdre la face à son interlocuteur, véritable infamie en Chine (bon, j’exagère un brin, mes racines méditerranéennes surement, huhu). Plus vous vous énerverez, moins vous obtiendrez ce que vous désirez. Il faut apprendre rapidement à jouer la carte de la diplomatie, à faire bonne figure même dans la tourmente. N’oubliez pas que vous n’êtes pas chez vous, et que toute forme de passe droit est exclu (c’est le cas de la majorité des chinois d’ailleurs).

    Enfin, je retiendrais le passage le plus "idiot" (d’autres mots me viennent à l’esprit mais je vais rester poli) : "

    J’aurais eu la chance d’apprendre ce que sont le racisme et la discrimination (positive ou non) quand on en est la victime : en tant que caucasien, blond, francophone et de province, je n’aurais pas pu l’expérimenter à ce point dans un autre pays et, il faut l’avouer, cela me rend reconnaissant de maintenant comprendre comment un simple regard peut être une insulte, comment une bête question peut être une attaque et vous donner l’envie d’exploser de colère.

    "

    Je crois que ce monsieur ne comprend pas bien la notion de "racisme" et le renvoie au plus vite à la nouvelle édition Larousse ou Robert (selon les affinités). Que les regards des chinois, particulièrement curieux, soient très pesants, il prêche un converti. Dans ce cas, je fuis vers Shanghai où ce phénomène est nettement moins rependu, le temps de recharger mes batteries 3-4 jours et je reviens d’aplomb sur Xi’an. Parce que s’il se plein de ça à Canton, qu’est ce que cela doit être à X’ian, là où je vis ? Manque de résistance donc au regard d’autrui, à ce qui est différent. Manque aussi de capacité ou de volonté de comprendre l’autre, je me demanderais presque qui est le plus ’raciste" dans cette situation : lui où les chinois ?

    Je ne répèterais jamais assez : nous ne sommes pas chez nous, nous sommes chez eux. Ce n’est pas à eux à changer à notre égard, ils ont déjà fort à faire avec leur quotidien. Nous devons nous adapter, accepter à tout le moins comprendre et le cas échéant, quitter le pays. Car pour paraphraser et modifier une phrase de notre précédent Président de la République

    "La #Chine, tu l’aimes ou tu la quittes"

    A bon entendeur

    • Bien d’accord avec vous même si je ne serais pas aussi sévère, voyant en cette expérience une belle leçon de vie dont j’espère qu’il en tirera tous les enseignements (mais ça ne semble pas gagné...) ! Mais cette idée de « domination » semble bien présente, même inconsciemment, et ça, ça fait peur

  • “Beaucoup d’arguments du FN sur l’immigration reposent sur des #mensonges et des #fantasmes

    Lors de votre passage dans Salut les terriens ! le 26 octobre dernier, #Florian_Philippot, a semblé perdre pied face à vos arguments concernant l’#immigration. Considérez-vous que le programme du #FN sur ce sujet ne soit pas assez analysé dans les #médias ?

    http://www.lesinrocks.com/2013/11/08/actualite/gemenne-11442808

    #Front_national #racisme #xénophobie #extrême-droite #migration