• Revendications sociales, confusionnisme, fascisme : toutes les couleurs sont-elles solubles dans le jaune ? [Retour sur la mobilisation des Gilets Jaunes à Bordeaux]
    Posted on 10 janvier 2019 by Pavé Brûlant
    https://pavebrulant.noblogs.org/post/2019/01/10/revendications-sociales-confusionnisme-fascisme-toutes-les-coul

    Une poignée de fascistes a vécu une après-midi bien difficile, samedi dernier, lors de l’acte VIII de la mobilisation des Gilets Jaunes à Bordeaux. Leur expulsion déterminée et collective du cortège constitue une bonne nouvelle, tant il est vrai que le racisme, l’antisémitisme, le sexisme et toutes les autres formes de discrimination ne devraient jamais avoir leur place dans les rues de nos villes. Pour autant, la présence tantôt discrète, tantôt affichée de ces nébuleuses d’ #extrême-droite au sein des Gilets Jaunes n’est sur Bordeaux pas nouvelle.

    C’est pourquoi il va s’agir ici de profiter de cette déroute subie par les fafs bordelais.e.s pour faire le point sur leur présence au sein des cortèges depuis le début du mouvement ; nous proposerons ensuite quelques éléments de réflexion, en lien avec la problématique de l’extrême-droite, sur la nature de la mobilisation des Gilets Jaunes, ses contradictions mais aussi ses potentiels.

    1) identification des fascistes au sein des Gilets Jaunes

    L’identification de celles et ceux qui se sont fait sortir du cortège samedi dernier donne une première idée du profil idéologique des éléments fascistes qui cherchent depuis des semaines à battre le pavé bordelais au sein des Gilets Jaunes.

    Premier constat : ces « lions », comme se plait à les appeler avec emphase la plateforme #cyberfaf Bordeaux Corbeau, ont dû compenser leur faiblesse numérique en réalisant certaines alliances qui, au fond, sont plus que de circonstance : sous le mot d’ordre « la France aux vrais français » (voir la photo en tête d’article) on trouvera donc en première ligne, pêle-mêle, des militants #néo-nazis, des bikers #faf ainsi que des cadres du #rassemblement_national (ex #FN).

    Ainsi Thomas Bégué, ancien secrétaire départemental jeunesse du #Front_National Bordeaux, et fondateur du groupe néo-nazi « Le Menhir » (dont nous parlions ici) :


    Thomas Bégué, avant et après avoir mangé son bol de Lion

    À ses côtés, Arnaud Lagrave, ancien candidat FN aux départementales, gérant de la boîte de sécurité Drakkar, et qui avait fait ses armes comme auxiliaire du DPS (la milice du FN), en protection de l’antisémite #Dieudonné.


    Lagrave réconforte Thomas Begué – on remarque que le cadre du parti de Marine le Pen n’a pas oublié ses gants renforcés


    le jeune Lagrave, tout fier aux côtés de l’antisémite Dieudonné


    Lagrave pose pour le journal Sud-Ouest dans le cadre des départementales 2015

    Autre camarade d’infortunes, « Jean Remy », qui non content d’être batteur dans le groupe de rock anticommuniste Trikard (lequel donne du « sieg heil » et propose des textes antisémites – voir ici ), fait partie du club de bikers fafs Toutatis Clan :


    Jean Rémy, à gauche – la dernière clope du condamné


    moment de complicité entre Jean Rémy et le skinhead néo-nazi Virgile Reyero


    Jean Rémy cherchant à masquer son implication dans le Toutatis Clan – c’est raté !

    On notera aussi la présence de certaines têtes qu’on retrouve souvent dans les services d’ordre des rassemblements d’extrême-droite sur Bordeaux, comme celle de cet individu qui ne sort jamais sans sa casquette coquée :


    à gauche, lors de la manif de samedi ; à droite, le trois avril 2018, sur le parvis des droits de l’homme à Bordeaux, en protection du rassemblement du groupuscule islamophobe #Riposte_Laïque – voir ici . À noter, au centre, la présence de Jean Rémy, qui fait donc aussi des piges de sécurité pour payer ses cours de batterie

    Quant à ce triste sire, c’est lui qui porte le gilet « la France aux vrais français », et qui se plaint dans une vidéo tournée lors de l’altercation de la « présence de drapeaux lgbt » dans le cortège (voir ici https://www.facebook.com/karfa.diallo/videos/10218371145408753 à partir de 10s) :

    Au-delà, c’est toute la petite faune brune qui, de près ou de loin, a pointé ces dernières semaines le bout de son museau, certain.e.s pour déployer des banderoles en l’honneur de leur mouvement ou pour faire des photos de groupe, d’autres, plus modestes, pour écluser sur les poteaux leur stock d’autocollants, les moins vaillant.e.s se contentant de défiler sous leur cape bleu-blanc-rouge ou de photographier, pour s’en revendiquer, des actions auxquelles ils et elles ne prennent pas part.

    Ainsi le Toutatis clan, dont nous parlions plus haut, et qui trouve dans les manifs des Gilets Jaunes une alternative à ses soirées tartiflette :

    Dans un autre style, la droite souverainiste de l’ #UPR, formation d’ #Asselineau qui n’hésite pas à verser dans le confusionnisme et les thèses complotistes :


    photo prise à l’entrée du tunnel de Mériadeck, samedi dernier

    De même, le groupuscule royaliste et antisémite #Action_Française (pour plus d’infos, voir ici et ici ), qui vient réchauffer son sang bleu auprès de feux de joie de la place Victoire :

    On s’épargnera la reproduction des autocollants disséminés le long des parcours par le micropuscule #Rébellion / #OSRE (organisation socialiste révolutionnaire européenne) qui a l’art de coffrer son idéologie brune dans une iconographie d’extrême-gauche (voir ici).

    On finira plutôt ce recensement avec deux personnes hautes en couleur qui traînent aussi leurs espadrilles renforcées dans les cortèges bordelais : tout d’abord la néonazie Céline Armagnac (alias Resille Bjornsdö), à l’origine d’une section locale du gang néonazi finlandais « Soldiers of Odin » et très impliquée dans le « Menhir » (voir ici), ensuite François Galvaire, alias « Batdaf », sorte de Norman faf sur youtube et qui a monté l’antenne française du groupe identitaire nationaliste Québécois « La Meute ».

    à gauche, François Galvaire ; à droite, Céline Armagnac. On notera, au centre, la présence de l’inénarrable Thomas Bégué – Photo prise le samedi 1er décembre, place de la Bourse

    Cette présence donne-t-elle pour autant sa couleur au mouvement des Gilets Jaunes ? La situation actuelle est à ce titre extrêmement contradictoire, et les quelques éléments de réflexion qui suivent sont plus à prendre comme une contribution au nécessaire débat que notre milieu a par ailleurs déjà engagé, que comme un jugement de valeur définitif.

    2) Quelques éléments de réflexion sur le mouvement des Gilets Jaunes

    Tout d’abord, on peut faire l’hypothèse que la forme des rassemblements, leur caractère spontané, l’absence de concertation avec la police sur le trajet des manifestations, l’acceptation au moins tacite par une large partie des manifestant.e.s d’une confrontation violente avec la police semblent exprimer une défiance vis-à-vis des méthodes syndicales classiques, autant celles de la CFDT, dont la stratégie de dialogue avec le pouvoir s’est soldée par des années de défaites, que celles des directions syndicales de la CGT avec leur contestation ritualisée et leurs manifs en saute-mouton, elles-mêmes accompagnées de défaites cinglantes.

    De ce point de vue, on peut lire les événements actuels à la lumière de ce qu’il s’est passé lors des manifestations contre la loi travail, avec l’émergence d’un cortège de tête – dont on pourra peut-être dire avec le recul qu’il aura été le précurseur d’une relégitimation populaire de formes d’action directe.

    Quant à la nature idéologique de ce mouvement des gilets jaunes, on est à la croisée des chemins : d’un côté, la montée en puissance de revendications telles que la restauration de l’ISF ou l’augmentation du SMIC, la détestation grandissante des « forces de l’ordre » suite aux nombreuses violences exercées par ces dernières expriment des désirs et des mots d’ordre contradictoires avec ceux de l’extrême-droite : le Front National, pour ne parler que de lui, se voit de ce point de vue marginalisé, puisqu’il défend pour sa part les intérêts des riches (Marine le Pen ne défend pas l’augmentation du SMIC) et apporte un soutien sans faille à la police (au sein de laquelle il trouve un réservoir conséquent d’électeurs/trices et de sympathisant.e.s). Le début de mobilisation d’autres secteurs durant le mois de décembre (lycéen.ne.s, étudiant.e.s, cheminot.e.s, certaines bases syndicales,…) pourrait peut-être à terme conduire à une véritable convergence des luttes, sur des bases communes.

    Mais d’un autre côté, la défiance largement partagée au sein des Gilets Jaunes vis-à-vis des syndicats, mis dans un même sac avec « ceux d’en haut » nourrit des attitudes réactionnaires, de même qu’à l’égard des fonctionnaires, des cheminot.e.s,… Cette fracture, qui ne recoupe pas leurs intérêts de classe, a été ici largement entretenue pendant des décennies par celles et ceux-là mêmes qui se succèdent au pouvoir, ainsi que par les media dominants.

    Trois autres éléments profitent aux groupuscules d’extrême-droite : premièrement, le caractère apartisan et républicain revendiqué dans les Gilets Jaunes permet aux fachos de se fondre dans la masse, leur chemise brune cachée sous leur gilet jaune, de même que le drapeau bleu-blanc-rouge, porté par beaucoup de gens qui ne sont pas eux-mêmes d’extrême-droite, sert de cache-nez idéal aux « patriotes » et autres « nazis-BBR ». Deuxièmement, la méfiance (pour une large part compréhensible) des Gilets Jaunes à l’égard de toute velléité de structuration du mouvement profite aux fachos, qui peuvent par leur bagou prendre dans certains secteurs un poids important.

    Troisièmement, la revendication grandissante au sein des gilets jaunes du RIC (Réferendum d’Initiative Citoyenne), est symptomatique d’un mouvement manquant cruellement de base de classe malgré la composition sociale de celui-ci. Le citoyennisme et le populisme latent du RIC (des cadres du PCF et de la FI voient d’un bon œil la soumission à un referendum de la question du mariage pour tous, par exemple) doivent nous alerter sur la dangerosité d’une telle revendication. En effet, l’application, dans le système capitaliste actuel, de ce type de processus de consultation du peuple ne serait pas synonyme de démocratie populaire mais au contraire profiterait à nos ennemi-e-s :

    – En s’en remettant aux urnes dans une démarche institutionnelle, plus besoin de manifester, plus besoin de faire grève, plus besoin de lutter.

    – les partis et les organisations institutionnelles s’en donneraient à cœur joie. En effet, ces organisations ayant les moyens de financer des campagnes électorales d’ampleur, elles pourraient profiter du cadre d’un referendum pour surfer sur des thèmes réactionnaires et leur donner de fait une plus grande visibilité – haine des immigré-e-s, des populations racisées, des LGBTI, des femmes, des prétendu.e.s « assisté.e.s » etc., autant de sujets qui constituent un bon terreau pour le fascisme. Sous prétexte qu’il faudrait laisser s’exprimer tout le monde, nous laisserions ainsi libre tribune à celles et ceux qui souhaitent nous opprimer.

    De ce point de vue, il est à noter que cette revendication est assez fortement reprise sur Bordeaux, au point que le 20 décembre dernier, le confusionniste notoire #Etienne_Chouard (pour en savoir plus sur cet homme, voir ici http://lahorde.samizdat.net/2014/12/08/chouard-sexplique-senfonce-et-renonce) était invité par des gilets jaunes pour en faire la présentation et parler de la structuration du mouvement.

    Conclusion

    En tant qu’ #antifascistes, #anticapitalistes, #antisexistes, il est difficile dans ce contexte d’avoir un positionnement clair : certain.e.s se montrent pessimistes, refusant de risquer une alliance objective avec des groupes #fascistes et des individu.e.s exprimant publiquement des propos et des attitudes incompatibles avec ce que nous défendons ; certain.e.s se montrent plus optimistes, défendant l’implication directe au sein de ce mouvement, ne serait-ce que pour virer les fachos et appuyer les dimensions progressistes portées par certains secteurs des #Gilets_Jaunes. En tout état de cause, nos milieux entretiennent des rapports ambigus à l’égard d’un mouvement hétérogène, tant du point de vue de sa composition que de ses revendications, de sorte que beaucoup hésitent encore entre participer pleinement aux manifestations, et y intervenir pour simplement cibler en leur sein les fascistes en parade.

    Quoiqu’il en soit, une révolte populaire est par nature composite, parfois contradictoire – tout l’enjeu est de déterminer quels types de compromis nous sommes prêt.e.s à faire, en fonction des réalités locales et des rapports de forces (avec cette limite, que nous n’accepterons jamais de militer aux côtés de l’extrême-droite).

    Ce qui s’est produit samedi dernier à #Bordeaux constitue à ce titre une étape importante puisque c’est une initiative massive et déterminée qui a été prise pour virer les fascistes. Cette déroute devrait d’ailleurs les faire réfléchir, puisqu’au-delà de leurs mensonges désespérés (cherchant à expliquer la réussite de leur expulsion par le fait que les #antifas les auraient fait passer pour des flics), au-delà de leur tentative de se redorer le blason sur les réseaux sociaux (se fantasmant dans la bataille des Thermopyles), il demeure cette réalité toute simple : samedi dernier, il n’y avait d’un côté que sept personnes, et de l’autre une centaine d’individu.e.s, de tous horizons et sous un même slogan – Bordeaux antifa.

    Il nous semble donc que dans les manifestations à venir, cette expulsion des éléments fascistes devrait être un préalable à tout autre type d’implication dans le mouvement, et qu’il faudrait que toutes les personnes partageant cette conviction continuent de s’organiser en ce sens.

    En tout état de cause, il ne faudrait pas céder à la fétichisation de l’émeute : le romantisme de la barricade, quand il est applaudi à l’arrière par des fafs content.e.s ensuite de s’en revendiquer, ne saurait servir notre combat.



  • Militants promigrants : « Notre réaction, c’est la solidarité et on nous réprime pour nos idéaux »
    François Carrel, Libération, le 24 mai 2018
    http://www.liberation.fr/france/2018/05/24/militants-promigrants-notre-reaction-c-est-la-solidarite-et-on-nous-repri

    « Nous sommes en colère. Nous ne baisserons pas la tête, malgré la répression. On cherche à faire peur aux personnes solidaires des migrants, mais nous n’avons pas peur. » Une semaine avant leur procès qui se tiendra le 31 mai à Gap (Hautes-Alpes), Bastien, 26 ans, et Théo, 24 ans, deux Suisses de la région de Genève, ont décidé de s’exprimer devant la presse, jeudi à Annemasse, petite ville haut-savoyarde proche de Genève. Ils sont poursuivis pour avoir « facilité ou tenté de faciliter l’entrée irrégulière en France » de migrants, des « faits commis en bande organisée » selon le parquet de Gap et passibles d’une peine de dix ans de prison, de 750 000 euros d’amende et d’interdiction du territoire français.

    Le 22 avril, ils avaient participé à une marche de militants engagés promigrants, au col de Montgenèvre, sur la frontière franco-italienne, en réaction au happening de militants d’extrême droite de Génération identitaire organisé au même moment sur le col voisin de l’Echelle. En se mêlant à cette manifestation improvisée, une vingtaine de migrants avaient pu passer la frontière. Bastien et Théo, ainsi qu’une Italienne de 24 ans, Eleonora, avaient été interpellés à l’issue de la marche. Présentés devant les juges en comparution immédiate, ils avaient obtenu le report de leur procès mais avaient été placés en détention provisoire, aux Baumettes à Marseille. Leurs avocats avaient obtenu leur libération onze jours plus tard, sous strict contrôle judiciaire, avec obligation de résider en France et l’interdiction de s’exprimer sur les réseaux sociaux. Ils avaient reçu le soutien d’un millier de personnalités françaises, suisses et italiennes, toutes signataires d’un texte de l’écrivain italien Erri de Lucas.

    « Nous sortons du silence, pour alerter sur ce que nous avons vu. La situation aux frontières est désastreuse », précisent Théo et Bastien, expliquant que si « la répression est dure à vivre pour nous, elle l’est encore plus pour les migrants ». « Notre séjour en prison a amplifié notre détermination », précise Bastien, mais c’est surtout la situation à la frontière qui révolte les deux jeunes au discours anticapitaliste assumé : « La répression de la solidarité avec les migrants est une honte, alors que des vies sont en jeu. Nous, Européens, passons cette frontière sans la voir, mais les migrants, eux, y meurent. Génération identitaire et la police ont une responsabilité. Dernièrement, deux personnes sont mortes, dont une qui se serait noyée en voulant échapper à la police. Il ne nous est pas possible de rester impassibles face à ça », insiste Théo.

    Deux corps de migrants ont effectivement été découverts près de Briançon ces dernières semaines. Le 9 mai, une jeune Nigériane de 20 ans, Blessing Matthew, a été retrouvée noyée dans la Durance. Le réseau d’aide aux migrants de Briançon est affirmatif : la jeune femme, après avoir passé la frontière et peu avant sa disparition, avait été poursuivie en pleine nuit et sans succès par la police. Une enquête pour « recherche des causes de la mort » est en cours sous la direction du parquet de Gap. Le 18 mai, le corps d’un homme noir a été découvert dans un bois sous le col de Montgenèvre, « mort d’épuisement » selon le collectif local Tous migrants qui s’appuie là encore sur le témoignage d’un de ses compagnons d’infortune. Une autre enquête a été ouverte par le parquet. « Notre réaction, c’est la solidarité, et on nous réprime pour nos idéaux, ajoute Théo. Le fait de fermer les yeux sur les délits de Génération Identitaire et de nous mettre aux Baumettes parce qu’on a fait une marche solidaire montre la partialité du parquet de Gap ! C’est deux poids deux mesures, il y a un réel acharnement contre nous. Nous avons été pris comme boucs émissaires, de façon arbitraire. »

    A l’issue de la conférence de presse, Bastien avoue : « Nous ne sommes pas très à l’aise avec le fait de nous mettre en avant quand d’autres sont directement concernés… Mais cela nous est tombé dessus ! » Sa mère, Laurence Stauffer-Cart, dit, sereine : « Bastien est cohérent, authentique, il ne triche pas. Théo et lui ont à mes yeux beaucoup de mérite de ne pas s’arrêter à leur petite cause et de prendre le risque de dire ce qu’ils doivent dire. Ils ne peuvent faire autrement que de s’offusquer et de crier leur souhait de plus de justice, d’un monde qui soit bon. Ils ont tout mon soutien ». Le 31 mai devant le tribunal de Gap, leurs avocats seront accompagnés pour plaider leur cause du pénaliste Henri Leclerc, avocat entre autres de la Ligue des droits de l’homme.

    #France #Italie #migrants #Frontière_sud-alpine #frontières #Briançon #fascistes #police #violence_policière #antifas #résistance #Hautes-Alpes #asile #migrations #réfugiés #parcours_migratoires #montagne #aintnomountainhighenough

    Voir la compilation ici :
    https://seenthis.net/messages/688734


  • Politis | Erri de Luca “Porter secours n’est pas un choix mais un devoir”
    https://asile.ch/2018/05/25/politis-erri-de-luca-porter-secours-nest-pas-un-choix-mais-un-devoir

    Selon Erri De Luca, quand la fraternité est illégale, il faut désobéir. L’écrivain italien a lancé un appel en soutien aux « trois de Briançon », une Italienne et deux Suisses qui encourent dix ans de prison pour avoir aidé des migrants à passer la frontière. Dans cet entretien de la revue Politis, il évoque […]


  • A Briançon, les migrants meurent et leurs soutiens passent en procès
    https://www.bastamag.net/A-Briancon-les-migrants-meurent-et-leurs-soutiens-passent-en-proces

    « Il y a un an, quand on dépliait une banderole « les frontières tuent », tout le monde trouvait ça exagéré. Aujourd’hui… ». Aujourd’hui, tout le monde est malheureusement d’accord avec Agnès Antoine, du collectif Tous Migrants. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir « crié au loup » assez tôt. Cela fait maintenant plus d’un an que la ville de Briançon et ses habitants alertent sur les terribles conditions dans lesquelles des milliers de migrants ont tenté, et continuent de tenter chaque jour, la traversée de la (...)

    En bref

    / #Migrations, #Droites_extrêmes, #Droits_fondamentaux, #Justice


  • BD | Humains. La Roya est un fleuve
    https://asile.ch/2018/05/11/bd-humains-la-roya-est-un-fleuve

    La Roya est un fleuve qui prend sa source en France, au col de Tende, et se jette dans la Méditerranée à Vintimille, en Italie. Durant l’été 2017, Baudoin et Troubs ont parcouru cette vallée, à la rencontre des membres du collectif « Roya Citoyenne », des gens qui, comme Cédric Herrou, viennent en aide aux migrants […]



  • La Horde – Col de l’Échelle : Le #porte-parole des #Identitaires est le fils d’un ami de Gérard #Collomb
    http://lahorde.samizdat.net/2018/05/03/col-de-lechelle-le-porte-parole-des-identitaires-est-le-fils-dun-a

    Né en octobre 1994 à #Lyon, de son vrai nom Clément Gandelin, il est le fils de Philippe Gandelin, ancien garde du corps de l’ancien maire de Lyon Michel Noir, mais aussi, si l’on en croit le site Lyon People, le photographe officieux de Gérard Collomb, qui était aussi son ami. À l’occasion de son décès en 2010, Lyon People nous précise également que Philippe Gandelin « connaissait quelques arcanes de l’hôtel de ville qu’il gardait fidèlement pour lui. C’est aussi toute une délégation de la Ville qui assistait à son dernier voyage. » Bref, un familier de l’hôtel de ville où Collomb siégeait déjà depuis près de dix ans.

    La mort de Philippe #Gandelin a laissé Clément orphelin : afin de récolter des fonds pour le fils de leur ami, les notables lyonnais se mobilisent. Jean-Claude Pietrocola, PDG de Media Sport Promotion, crée une association des Amis de Philippe Gandelin et organise un « Trophée de Golf » solidaire pour récolter de l’argent, en présent de Clément alors adolescent, comme on peut le voir sur ces photos. Pietrocola est d’ailleurs un habitué de ce genre d’événements sportifs et solidaires, puisqu’il avait organisé par le passé un autre « Trophée de Golf » en soutien à une association d’aide aux enfants hospitalisés, auquel avait participé… Gérard Collomb, qui partage avec Gandelin et Pietrocola la passion du golf.

    Quoiqu’il en soit, ce qu’on doit principalement retenir de cette affaire, c’est que la meilleure réponse aux « gesticulations » de l’extrême droite, c’est une solidarité concrète et sans faille à tou·te·s les migrant·es qui fuient la misère et la guerre ; c’est aussi que, derrière leur posture « anti-système » en carton, les militants nationalistes seront toujours les supplétifs de la répression d’État, comme on a pu le voir lors des blocages des universités ou dans l’opération médiatique du Col de l’Échelle.


  • Nuit de violences à #Lesbos : des centaines de militants d’#extrême_droite attaquent des migrants

    23 avril 2018 – 11h30 La police a évacué à l’aube ce lundi matin plusieurs dizaines de migrants qui campaient depuis le 18 avril sur la place principale de Mytilène. Ces hommes, femmes et enfants, pour la plupart originaires d’Afghanistan, ont été transportés en bus vers le camp de #Moria. Cette opération a été mise en œuvre après une nuit de violences.

    Dans la soirée de dimanche, environ 200 hommes ont attaqué les migrants en scandant « Brûlez-les vivants » et d’autres slogans racistes. Ils ont jeté des fumigènes, des pétards, des pavés et tout ce qui leur tombait sous la main en direction du campement de fortune. Des militants pro-migrants sont venus en renfort pour protéger la place, tandis que les rangs des assaillants grossissaient.

    Vers 1h du matin, les #affrontements ont atteint la mairie de #Mytilène. Les militants d’extrême-droite ont mis le feu à des poubelles et attaqué la police. Les affrontements n’ont pris in qu’avec l’#évacuation des migrants, dont plusieurs ont été blessés. La situation reste tendue, avec toujours un important dispositif policier déployé.

    https://www.courrierdesbalkans.fr/les-dernieres-infos-nuit-violences-lesbos
    #asile #migrations #anti-migrants #attaques_racistes #anti-réfugiés #réfugiés #Grèce #it_has_begun #hotspot #violence

    • Non, Mouvement patriotique de Mytilène II. Le gouvernement avait autorisé une manifestation des fascistes à proximité de la place qu’occupaient les réfugiés depuis 5 jours…

      Πόσους φασίστες είπαμε συλλάβατε στη Μυτιλήνη ; | Γνώμες | News 24/7
      http://www.news247.gr/gnomes/leyterhs-arvaniths/posoys-fasistes-eipame-syllavate-sti-mytilini.6605215.html

      Πάμε όμως να δούμε πως λειτουργεί το βαθύ κράτος. Η διαδικτυακή ομάδα « Πατριωτική Κίνηση Μυτιλήνης ΙΙ » αναρτά στο διαδίκτυο μια ανακοίνωση που ζητούσε από τον κόσμο να προσέλθει μαζικά στην υποστολή σημαίας στις 19:00 το απόγευμα της Κυριακής, με την υποσημείωση όμως « Φτάνει πια ». Εφημερίδες του νησιού και μεγάλα αθηναϊκά sites αναπαράγουν το κάλεσμα, τονίζοντας πως πρόκειται για συγκέντρωση υποστήριξης των δύο Ελλήνων αξιωματικών που κρατούνται στην Ανδριανούπολη. Οι δε αστυνομικές αρχές, όχι μόνο δεν ανησυχούν, αλλά επιτρέπουν στους φασίστες να εξαπολύουν επί ώρες επιθέσεις στους πρόσφυγες, δίχως να συλλάβουν ούτε έναν από την ομάδα των ακροδεξιών.

    • Far-right hooligans attack migrants on Lesvos, turn town into battleground

      Police forced dozens of migrants, most Afghan asylum-seekers, who had been camped out on the main square of Lesvos island’s capital since last week, onto buses and transported them to the Moria camp in the early hours of Monday after downtown Mytilini turned into a battleground on Sunday.

      The operation was intended to end clashes that raged all night in the center of the eastern Aegean island’s capital after a group of some 200 men chanting far-right slogans attacked the migrants who had been squatting on the square since last Wednesday in protest at their detention in Moria camp and delays in asylum processing.

      The attack started at around 8 p.m. in the wake of a gathering of several hundred people at a flag ceremony in support of two Greek soldiers who have been in a prison in Turkey since early March, when some 200 men from that group tried to break through a police cordon guarding the protesting migrants on Sapphous Square.


      http://www.ekathimerini.com/227956/article/ekathimerini/news/far-right-hooligans-attack-migrants-on-lesvos-turn-town-into-battlegro

    • Lesbo, il racconto minuto per minuto dell’aggressione ai profughi afghani

      VIta.it ha raggiunto Walesa Porcellato, operatore umanitario sull’isola greca da quasi tre anni che era presente durante le 10 drammatiche ore almeno 200 estremisti di destra hanno attaccato altrettante persone scappate dall’Afghanistan che con un sit in di piazza protestavano contro le condizioni disastrose dell’hotspot di Moria in cui sono trattenute da mesi


      http://www.vita.it/it/article/2018/04/24/lesbo-il-racconto-minuto-per-minuto-dellaggressione-ai-profughi-afghan/146651

    • League for Human Rights expresses “dismay” over the racists attacks on Lesvos”

      The Hellenic League for Human Rights condemns the racist violent attacks against refugees and migrants on the island of Lesvos on Sunday. Expressing its particular concern, the HLHR said in a statement issued on Monday, the attacks ’cause dismay’, the ‘no arrests of perpetrators pose serious questions and requite further investigation.” The HLHR urges the Greek state to

      http://www.keeptalkinggreece.com/2018/04/23/hlhr-lesvos-statement

    • Συνέλαβαν... τους πρόσφυγες στη Μόρια

      Στη σκιά των επιθέσεων ακροδεξιών η αστυνομία συνέλαβε 120 πρόσφυγες και δύο Έλληνες υπήκοους για τα Κυριακάτικα γεγονότα στη Μυτιλήνη.

      Η αστυνομική επιχείρηση ξεκίνησε στις 05:30 τα ξημερώματα και διήρκεσε μόλις λίγα λεπτά, με τις αστυνομικές δυνάμεις να απομακρύνουν τους διαμαρτυρόμενους από την κεντρική πλατεία Σαπφούς.

      Πρόσφυγες και μετανάστες, που αρνούνταν να εγκαταλείψουν την πλατεία σχηματίζοντας μια σφιχτή ανθρώπινη αλυσίδα, αποσπάστηκαν με τη βία από το σημείο.


      http://www.efsyn.gr/arthro/astynomiki-epiheirisi-meta-ta-epeisodia-akrodexion

    • Le procès des « #Moria_35 » sur l’île grecque de Chios : entre iniquité et instrumentalisation de la justice sur le dos des exilés

      Le 28 avril 2018, 32 des 35 personnes migrantes poursuivies pour incendie volontaire, rébellion, dégradation des biens, tentative de violences ou de trouble à l’ordre public ont été condamnées à 26 mois de prison avec sursis par le tribunal de Chios (Grèce) après quatre jours d’une audience entachée de nombreuses irrégularités. Elles ont finalement été reconnues coupables d’avoir blessé des fonctionnaires de police, et ont été acquittées de toutes les autres charges.

      Avant cette sentence, les 32 condamnés ont subi neuf longs mois de détention provisoire sur une base très contestable, voire sur des actes non prouvés. En effet, les 35 personnes incriminées avaient été arrêtées en juillet 2017 à la suite d’une manifestation pacifique par laquelle plusieurs centaines d’exilés bloqués dans le hotspot de Moria, sur l’île de Lesbos, dénonçaient leurs conditions de vie indignes et inhumaines. Toutes ont nié avoir commis les délits qu’on leur reprochait. Certaines ont même démontré qu’elles n’avaient pas participé à la manifestation.

      Les membres de la délégation d’observateurs internationaux présents au procès ont pu y mesurer les graves entorses au droit à un procès équitable : interprétariat lacunaire, manque d’impartialité des juges, temps limité accordé à la défense, mais surtout absence de preuves des faits reprochés. En condamnant injustement les exilés de Moria, le tribunal de Chios a pris le relais du gouvernement grec – qui confine depuis plus de deux ans des milliers de personnes dans les hotspots de la mer Égée – et de l’Union européenne (UE) qui finance la Grèce pour son rôle de garde-frontière de l’Europe.

      Sorties de détention, elles n’ont cependant pas retrouvé la liberté. Les « 35 de Moria », assignés à nouveau dans le hotspot de l’île de Lesbos, ont été interdits de quitter l’île jusqu’au traitement de leur demande d’asile. Pourtant, le Conseil d’État grec avait décidé, le 17 avril 2018, de lever ces restrictions géographiques à la liberté d’aller et venir jugées illégales et discriminatoires. C’était sans compter la réplique du gouvernement grec qui a immédiatement pris un décret rétablissant les restrictions, privant ainsi d’effets la décision du Conseil d’État grec.

      La demande d’asile de la plupart de ces 35 personnes est encore en cours d’examen, ou en appel contre la décision de refus d’octroi du statut de réfugié. Au mépris des normes élémentaires, certains n’ont pas pu bénéficier d’assistance juridique pour faire appel de cette décision. Deux d’entre elles ont finalement été expulsées en juin 2018 vers la Turquie (considéré comme « pays sûr » par la Grèce), en vertu de l’accord UE-Turquie conclu le 16 mars 2016.

      Le 17 juillet prochain, à 19h30, au « Consulat » , à Paris, sera présenté le film documentaire « Moria 35 », de Fridoon Joinda, qui revient sur ces événements et donne la parole aux 35 personnes concernées. Cette projection sera suivie de la présentation, par les membres de la délégation d’observateurs, du rapport réalisé à la suite de ce procès qui démontre, une fois de plus, la grave violation des droits fondamentaux des personnes migrantes en Grèce, et en Europe.

      http://www.migreurop.org/article2892.html

    • Ouverture du procès des « #Moria_35 » le 20 avril prochain sur l’île grecque de Chios

      Le 18 juillet 2017, 35 résidents du hotspot de Moria sur l’île de Lesbos en Grèce ont été arrêtés à la suite d’une manifestation organisée quelques heures plus tôt dans le camp et à laquelle plusieurs centaines d’exilés avaient participé pour protester contre leurs conditions de vie indignes et inhumaines.

      Quelques jours plus tard, Amnesty International appelait, dans une déclaration publique, les autorités grecques à enquêter immédiatement sur les allégations de recours excessif à la force et de mauvais traitements qui auraient été infligés par la police aux personnes arrêtées. Ces violences policières ont été filmées et les images diffusées dans les médias dans les jours qui ont suivi la manifestation.

      Ce sont pourtant aujourd’hui ces mêmes personnes qui se retrouvent sur le banc des accusés.

      Le procès des « Moria 35 », s’ouvre le 20 avril prochain sur l’île de Chios en Grèce.

      Poursuivis pour incendie volontaire, rébellion, dégradation de biens, tentative de violences ou encore trouble à l’ordre public, ils encourent des peines de prison pouvant aller jusqu’à 10 ans, leur exclusion du droit d’asile et leur renvoi vers les pays qu’ils ont fui. Trente d’entre eux sont en détention provisoire depuis juillet 2017.

      Il a semblé essentiel aux organisations signataires de ce texte de ne pas laisser ce procès se dérouler sans témoins. C’est pourquoi chacune de nos organisations sera présente, tour à tour, sur toute la durée du procès afin d’observer les conditions dans lesquelles il se déroulera au regard notamment des principes d’indépendance et d’impartialité des tribunaux et du respect des règles relatives au procès équitable.

      https://www.gisti.org/spip.php?article5897

    • Reporter’s Diary: Back to Lesvos

      I first visited the Greek island of Lesvos in 2016. It was the tail end of the great migration that saw over a million people cross from Turkey to Greece in the span of a year. Even then, Moria, the camp set up to house the refugees streaming across the sea, was overcrowded and squalid.

      I recently returned to discover that conditions have only become worse and the people forced to spend time inside its barbed wire fences have only grown more desperate. The regional government is now threatening to close Moria if the national government doesn’t clean up the camp.

      Parts of Lesvos look like an island paradise. Its sandy beaches end abruptly at the turquoise waters of the Aegean Sea, houses with red tile roofs are clustered together in small towns, and olive trees blanket its rocky hills. When I visited last month, the summer sun had bleached the grass yellow, wooden fishing boats bobbed in the harbor, and people on holiday splashed in the surf. But in Moria sewage was flowing into tents, reports of sexual abuse were on the rise, and overcrowding was so severe the UN described the situation at Greece’s most populous refugee camp as “reaching boiling point”.

      More than one million people fleeing war and violence in places like Syria, Iraq and Afghanistan crossed from Turkey to the Greek islands between January 2015 and early 2016. Over half of them first set foot in Greece, and on European soil, in Lesvos. But in March 2016, the European Union and Turkey signed an agreement that led to a dramatic reduction in the number of people arriving to Greece. So far this year, just over 17,000 people have landed on the islands. At times in 2015, more than 10,000 people would arrive on Lesvos in a single day.

      Despite the drop in numbers, the saga isn’t over, and visiting Lesvos today is a stark reminder of that. Thousands of people are still stranded on the island and, shortly after I left, the regional governor threatened to close Moria, citing “uncontrollable amounts of waste”, broken sewage pipes, and overflowing rubbish bins. Public health inspectors deemed the camp “unsuitable and dangerous for public health and the environment”. Soon after, a group of 19 NGOs said in a statement that “it is nothing short of shameful that people are expected to endure such horrific conditions on European soil.”

      The Greek government is under increasing pressure to house refugees on the mainland – where conditions for refugees are also poor – but right now no one really knows what would happen to those on Lesvos should Moria be closed down.
      Razor wire and hunger strikes

      In some places in the north and the east, Lesvos is separated from Turkey by a strait no wider than 10 or 15 kilometres. This narrow distance is what makes the island such an appealing destination for those desperate to reach Europe. From the Turkish seaside town of Ayvalik, the ferry to Lesvos takes less than an hour. I sat on the upper deck as it churned across the sea in April 2016, a month after Macedonia shut its border to refugees crossing from Greece, effectively closing the route that more than a million people had taken to reach Western Europe the previous year.

      The Greek government had been slow to respond when large numbers of refugees started landing on its shores. Volunteers and NGOs stepped in to provide the services that people needed. On Lesvos there were volunteer-run camps providing shelter, food, and medical assistance to new arrivals. But the EU-Turkey deal required that people be kept in official camps like Moria so they could be processed and potentially deported.

      By the time I got there, the volunteer-run camps were being dismantled and the people staying in them were being corralled into Moria, a former military base. Once inside, people weren’t allowed to leave, a policy enforced by multiple layers of fences topped in spools of razor wire.

      Moria had space for around 2,500 people, but even in 2016 it was already over capacity. While walking along the perimeter I scrawled my phone number on a piece of paper, wrapped it around a rock, and threw it over the fence to an Iranian refugee named Mohamed.

      For months afterwards he sent me pictures and videos of women and children sleeping on the ground, bathrooms flooded with water and dirt, and people staging hunger strikes inside the camp to protest the squalid conditions.
      “The image of Europe is a lie”

      Two and a half years later, refugees now have more freedom of movement on Lesvos – they can move about the island but not leave it.

      I arrived in Mytilene, the main city on the island, in August. At first glance it was easy to forget that these were people who had fled wars and risked their lives to cross the sea. People were queuing at cash points to withdraw their monthly 90 euro ($104) stipends from UNHCR, the UN’s refugee agency. Some sat at restaurants that served Greek kebabs, enjoyed ice cream cones in the afternoon heat, or walked along the sidewalks pushing babies in strollers next to tourists and locals.

      The conditions on Lesvos break people down.

      The illusion of normalcy melted away at the bus stop where people waited to catch a ride back to Moria. There were no Greeks or tourists standing in line, and the bus that arrived advertised its destination in Arabic and English. Buildings along the winding road inland were spray-painted with graffiti saying “stop deportations” and “no human is illegal”.

      Moria is located in a shallow valley between olive groves. It looked more or less the same as it had two and a half years ago. Fences topped with razor wire stilled ringed the prefabricated buildings and tents inside. A collection of cafes outside the fences had expanded, and people calling out in Arabic hawked fruits and vegetables from carts as people filtered in and out of the main gate.

      Médecins Sans Frontières estimates that more than 8,000 people now live in Moria; an annex has sprung up outside the fences. People shuffled along a narrow path separating the annex from the main camp or sat in the shade smoking cigarettes, women washed dishes and clothing at outdoor faucets, and streams of foul-smelling liquid leaked out from under latrines.

      I met a group of young Palestinian men at a cafe. “The image of Europe is a lie,” one of them told me. They described how the food in the camp was terrible, how criminals had slipped in, and how violence regularly broke out because of the stress and anger caused by the overcrowding and poor conditions.

      A doctor who volunteers in Moria later told me that self-harm and suicide attempts are common and sexual violence is pervasive. It takes at least six months, and sometimes up to a year and a half, for people to have their asylum claims processed. If accepted, they are given a document that allows them to travel to mainland Greece. If denied, they are sent to Turkey. In the meantime, the conditions on Lesvos break people down.

      “Ninety-nine percent of refugees... [are] vulnerable because of what happened to them in their home country [and] what happened to them during the crossing of borders,” Jalal Barekzai, an Afghan refugee who volunteers with NGOs in Lesvos, told me. “When they are arriving here they have to stay in Moria in this bad condition. They get more and more vulnerable.”

      Many of the problems that existed in April 2016 when people were first rounded up into Moria, and when I first visited Lesvos, still exist today. They have only been amplified by time and neglect.

      Jalal said the international community has abandoned those stuck on the island. “They want Moria,” he said. “Moria is a good thing for them to keep people away.”


      https://www.irinnews.org/feature/2018/09/18/reporter-s-diary-back-lesvos
      #graffitis

    • Reçu via la mailing-list Migreurop, le 11.09.2018, envoyé par Vicky Skoumbi:

      En effet le camp de Moria est plus que surpeuplé, avec 8.750 résidents actuellement pour à peine 3.000 places, chiffre assez large car selon d’autres estimations la capacité d’accueil du camp ne dépasse pas les 2.100 places. Selon le Journal de Rédacteurs,(Efimerida ton Syntakton)
      http://www.efsyn.gr/arthro/30-meres-prothesmia
      Il y a déjà une liste de 1.500 personnes qui auraient dû être transférés au continent, à titre de vulnérabilité ou comme ayant droit à l’asile,mais ils restent coincés là faute de place aux structures d’accueil sur la Grèce continentale. Les trois derniers jours 500 nouveaux arrivants se sont ajoutés à la population du camp. La plan de décongestionn du camp du Ministère de l’immigration est rendu caduc par les arrivées massives pendant l’été.
      La situation sanitaire y est effrayante avec des eaux usées qui coulent à ciel ouvert au milieu du camp, avant de rejoindre un torrent qui débouche à la mer. Le dernier rapport du service sanitaire, qui juge le lieu impropre et constituant un danger pour la santé publique et l ’ environnement, constate non seulement le surpeuplement, mais aussi la présence des eaux stagnantes, des véritables viviers pour toute sorte d’insectes et de rongeurs et bien sûr l’absence d’un nombre proportionnel à la population de structures sanitaires. En s’appuyant sur ce rapport, la présidente de la région menace de fermer le camp si des mesures nécessaires pour la reconstruction du réseau d’eaux usées ne sont pas prises d’ici 30 jours. Le geste de la présidente de la Région est tout sauf humanitaire, et il s’inscrit très probablement dans une agenda xénophobe, d’autant plus qu’elle ne propose aucune solution alternative pour l’hébergement de 9,000 personnes actuellement à Moria. N’empêche les problèmes sanitaires sont énormes et bien réels, le surpeuplement aussi, et les conditions de vie si effrayantes qu’on dirait qu’elles ont une fonction punitive. Rendons- leur la vie impossible pour qu’ils ne pensent plus venir en Europe...



  • Bastion Social, le mouvement néofasciste qui s’implante en France | Slate.fr

    http://www.slate.fr/story/159568/bastion-social-neofascisme-france

    Bastion Social, le mouvement néofasciste qui s’implante en France

    Nicolas Lebourg — 28 mars 2018 à 8h35 — mis à jour le 28 mars 2018 à 15h01
    L’activisme néofasciste refait parler de lui à bas bruit depuis plusieurs jours, en divers lieux du territoire. Si des agressions sont à déplorer, un récent mouvement, plus intelligemment structuré, est en train de percer.

    #extrême_droite #fascistes #fascisme


  • #Bosnie-Herzégovine : ces rues qui glorifient toujours les #fascistes et les #oustachis

    Des rues qui portent le nom de criminels de guerre fascistes à #Mostar, une école qui honore l’ancien imam de la Waffen SS Handschar à #Goražde : le souvenir de l’État collaborationniste des oustachis continue de diviser la Bosnie-Herzégovine. Il serait temps de tourner enfin la page.

    http://www.courrierdesbalkans.fr/articles/mostar-oustachis.html
    #toponymie #rues #noms_de_rue #collaborationnisme #fascisme


  • Antisionisme et antisémitisme ne sont pas synonymes - Les mots sont importants (lmsi.net)
    Réflexions critiques autour d’une dangereuse confusion | par Michel Staszewski
    12 mars 2016
    http://lmsi.net/Antisionisme-et-antisemitisme-ne

    Les amalgames et les insinuations ne sont pas nouvelles, en particulier de la part de Manuel White, mais c’est aujourd’hui un nouveau verrou que vient de faire sauter un Premier ministre qui n’est plus applaudi que par le MEDEF, le Front national et un CRIF plus extrême-droitier que jamais. Quand un chef de gouvernement déclare publiquement que l’antisionisme est « tout simplement le synonyme de l’antisémitisme et de la haine d’Israël », ce n’est pas simplement une masse de militants qui est insultée, en étant amalgamée avec les franges antisémites qui se réclament de l’antisionisme : c’est plus profondément la vérité, l’intelligence, la probité intellectuelle et plus largement la morale qui sont bafouées – et c’est donc un nouveau pas qui est franchi dans la dégradation du débat public, la brutalisation de la vie politique, la liquidation de la démocratie. C’est enfin l’ensemble des Juifs, de France et d’ailleurs, qui se trouve solidarisé à son corps défendant avec la politique éminemment critiquable de l’Etat d’Israël, pris en otage dans un débat volontairement pourri, et livré à la vindicte avec une frivolité qui, en dépit de la solidarité antiraciste affichée par White, confine – pour le coup – à l’antisémitisme. En réaction à ce jeu d’apprenti sorcier, irresponsable ou cynique, ignoble en tout cas, nous republions une mise au point de Michel Staszewski dont le titre, suffisamment éloquent, annonce le propos.(...)

    • C’est exact. Mais il ne faut tout de même pas faire l’impasse sur tous les antisémites qui se rabattus sur l’antisionisme pour échapper aux poursuites légales tout en continuant à distiller leur venin sur l’air de « On se comprend, hein ! ».

      Manière, c’est assez facile à distinguer, quand la critique (tout à fait justifiée à mon sens !) de la politique d’Israël tourne à la critique essentialiste des Israéliens : comme partout, il y a certes de gros cons qui se vautrent aussi dans le gros racisme primaire antiarabe (mais on ne fait guère mieux), mais il ne faut pas oublier qu’il y a aussi des opposants, des militants ou des tas de gens qui s’en foutent, exactement comme chez nous.

    • Euh, en Israël c’est quand même pas « il y a quelques gros cons », et les autres sont contre ou s’en foutent. Ça fait des années (décennies), que les citoyens élisent des gouvernements toujours plus à droite, voire même d’extrême-droite (et pas « juste » régionalement comme chez nous, mais au plus haut sommet), et que la majorité de la population n’a rien à dire sur la colonisation, et est même plutôt pour. Donc on peut pas dédouaner la majorité de la population comme ça… C’est plutôt « une majorité est farouchement pour les colonies et le racisme, ou au moins s’en contente très largement sans broncher » + « une petite minorité critique ».

    • Pour l’instant, ce qui se profile pour notre gueule, c’est Le Pen présidente : est-ce à dire que nous sommes une majorité de gros fascistes ? Ou est-ce que les gros #fascistes prennent le pouvoir en jouant sur d’autres peurs ?


      Tiens, hier soir, j’ai regardé La marche sur Rome : c’est excellent et c’est un salutaire rappel.
      Quand le #film commence, les fascistes sont risibles : trois guignols qui démontent à la va-vite une estrade sur une place de village déserte, puis qui se font virer à coups de pied au cul par les paysans. Et tout le film montre comment cette ridicule minorité surfe sur la #crise économique, recrute les vas nus pieds contre un plat de lentilles, pique le programme des marxistes pour ratisser large tout en s’acoquinant avec l’aristocratie locale pour les soutiens politiques et financiers.
      Mensonges, coups de poing, #manipulation, démonstrations de force et hop, ils prennent le pouvoir. Et jusqu’au bout, on te montre la mécanique employée et à quel point c’est un coup de force tout en passant pour un acte démocratique avec un large soutien de la population.
      La dernière scène montre une foule enthousiaste — avec les deux héros planqués dedans qui ont fini par se tirer du groupe fasciste (toujours à contretemps de l’histoire) — en train d’acclamer la prise du pouvoir par les fascistes : beaucoup par ignorance et pas mal par peur.

      Mon passage préféré, c’est quand le vieux juge qui a condamné les deux compères pour violence leur explique son point de vue avant de finir son verre d’huile de ricin :

      L’erreur principale est la suivante : nous croyons aimer notre patrie seulement si cette patrie est un pays où tout le monde pense la même chose que nous ; et c’est comme ça qu’on finit par aimer un pays d’esclaves sans se rendre compte que nous sommes nous-mêmes des esclaves !

      Un film un peu indispensable par les temps qui courent.


  • « Le néolibéralisme détruit les biens communs et le lien social depuis 40 ans » Roland Gori : | L’Humanité
    http://www.humanite.fr/roland-gori-le-neoliberalisme-detruit-les-biens-communs-et-le-lien-social-d

    La désaffiliation propre à uneconception néolibérale du sujet humain comme individu autoentrepreneur de lui-même a abouti à une pulvérisation des collectifs et une atomisation des relations sociales, créant un besoin de nouvelles formes d’affiliation qui peuvent s’exprimer par différentes manières de faire et d’être ­ par le besoin de partager et d’inventer autre chose, mais aussi au moyen de ces entreprises terroristes qui proposent la fraternité par le meurtre et la soumission à mort. Les humains cherchent un sens, une cohérence à leur existence, et sont donc d’autant plus exposés à la prise des idéologies ­ on l’a vu dans l’histoire contemporaine ­ qu’ils sont dénutris de mythes et de religions.
    Désespérés et affamés de nouvelles valeurs, ils sont susceptibles d’être attirés par des prédateurs qui les invitent à faire corps avec le groupe à partir de valeurs partagées. Comme le faisaient les Jeunesses hitlériennes, ces groupes terroristes offrent un salaire, une panoplie, des femmes, la jouissance de la cruauté, la vengeance des humiliations vécues et héritées et la possibilité pour un individu atomisé de s’enraciner dans un parti ou une secte de masse.




  • #Grande-Bretagne : les #nazis chassés de #Liverpool, forcés de se cacher dans la consigne à bagages
    http://lahorde.samizdat.net/2015/08/21/grande-bretagne-les-nazis-chasses-de-liverpool-forces-de-se-cacher

     L’Anti-Fascist Network (AFN – réseau antifasciste) a publié le compte-rendu de la journée de mobilisation antifasciste contre la « marche de l’homme blanc » à Liverpool, ce samedi 15 aout 2015. Cette journée a été une réussite, cet article nous permet de revenir sur le déroulé et les enjeux de cette riposte. lire l’article originel [&hellip

    #International #AFN #fascistes #manifestation #national_action


  • Quand les #fascistes Bretons s’en prennent aux squatters - #migrants ou non - à #Rennes : l’affaire Maryvonne Thamin, galerie de portraits
    http://www.antifabzh.lautre.net/roazhon/2015/05/dossier-laffaire-maryvonne-thamin-quand-les-fascistes-sen-prennent

    Ouest France relaie #grave : « Maryvonne, à la porte de sa maison à cause de squatteurs »
    http://www.ouest-france.fr/sa-maison-squattee-maryvonne-ne-peut-plus-rentrer-chez-elle-3364084

    L’octogénaire est à la rue [sic...] car sa maison, à Rennes, est illégalement occupée. Il faudra des semaines de procédure avant d’expulser la quinzaine d’occupants que la loi protège. (...) Largement de quoi provoquer des insomnies. « Depuis des jours, je ne mange plus, pleure Maryvonne. Comment peuvent-ils avoir tous les droits sur ma maison  ? Quand je pense qu’ils ont tout cassé… » La façade est taguée. Les arbres dans le jardin ont été abattus. Des cloisons ont été détruites. Les squatteurs étant insolvables, la rénovation sera à la charge de la propriétaire. « C’est la loi, soupire-t-elle. Mais les pouvoirs publics pourraient peut-être me dépanner pendant quelques semaines et m’offrir un #logement  ? »

    Les habitants du « #Squat de la rue de Châtillon » répondent avec force détails, dont un témoignage de voisin plutôt marrant
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=rsUI2BHeRm0

    #propriété #milices

    • La vieille dame bien digne, reçu par mel.

      Maryvonne et le mensonge fasciste

      Elle l’affirme devant les caméras de France 2 : « ça fait deux ans que ça dure », et elle est au bord des larmes. Elle voudrait seulement récupérer son bien, une maison de la rue de Châtillon à Rennes, mais elle en est empêchée par des « squatteurs » qui y ont élu domicile. Fort heureusement, de bons citoyens veillent. Sincèrement scandalisés devant le spectacle de cette dame qui, à les en croire, se retrouve presque « à la rue », ils décident d’organiser un comité de soutien. La situation de la pauvre Maryvonne fait alors la une de la presse locale, puis les médias nationaux s’emparent eux aussi de l’affaire, et surtout Maryvonne obtient le procès des occupants des lieux, prévu le 22 mai. La victoire de la morale et de la citoyenneté paraît toute proche.
      Bien sûr, tout cela n’est qu’une fiction montée de toute pièce. Ce qui se passe en réalité est beaucoup plus trouble. D’un côté, une histoire d’héritage ordinairement sordide – après la mort du compagnon de Maryvonne, les enfants du défunt réclament la part qui leur est due pour la maison de la rue Châtillon. C’est d’ailleurs depuis ce moment-là seulement, et non « depuis deux ans » comme elle le laisse entendre, que Maryvonne s’est manifestée. De l’autre, tout un jeu politique local qui va mobiliser les militants les plus radicaux des environs. La radicalité à l’extrême-droite, on le sait, est faite de coups de poings américains, de ratonnades et de menaces. Le comité de soutien à Maryvonne a organisé une manifestation devant les lieux le premier mai. Ne trouvant personne avec qui en découdre, ses membres sont allés faire un tour en ville en tabassant une personne trouvée sur leur passage – le journaliste de Ouest France qui les accompagnait n’a pas jugé bon de mentionner l’incident. Sans doute avaient-ils attendu au moins cela d’une si belle journée, de sorte qu’ils ne voulaient pas rentrer chez eux sans s’être exercés à ce qu’ils préfèrent : se battre à trente contre un – leur courage a cette forme particulière. Ils n’ont pas pour autant oublié les « squatteurs », qu’ils menacent de mort chaque jour, et encore moins leur avocate, qui subit une pression particulièrement forte.
      C’est donc désormais de notoriété publique : les membres du comité de soutien à Maryvonne font partie de groupuscules de l’extrême-droite locale. (Pour les lecteurs vraiment pressés, voir sur ce point l’article de Libération : http://www.liberation.fr/societe/2015/05/08/maryvonne-la-proprietaire-delogee-par-des-squatteurs-qui-excite-l-extreme. Pour ceux qui veulent des informations plus précises, il y a le dossier constitué par le Collectif Antifasciste Rennais : http://www.antifabzh.lautre.net/roazhon/2015/05/dossier-laffaire-maryvonne-thamin-quand-les-fascistes-sen-prennent). Les principaux acteurs du tapage médiatique autour de l’affaire à un niveau local sont eux aussi des militants connus, en particulier Yann Vallerie, responsable du site Breizh Info, organe de la droite radicale fière de sa radicalité, à distance du trop conciliant FN. Mais il faut également citer l’auteur des premiers articles et reportages du respectable journal Ouest France, Samuel Norah, qui a manifestement des accointances de plus en plus affichées avec la mouvance d’extrême-droite bretonne. Et mentionner enfin la participation active de militants qui se sont fait connaître dans le mouvement populiste-droitiste des « Bonnets rouges ».

      Occuper l’espace de l’ennemi
      Ce que l’extrême-droite attaque tout d’abord, c’est la loi sur le Droit au logement opposable du 5 mars 2007. En vertu de cette loi, si les occupants d’un lieu ne sont pas expulsés dans les 48 heures (qui correspondent à la notion assez floue de « flagrant délit »), ils peuvent revendiquer l’habitation de ce lieu. Il n’est pas difficile à l’heure actuelle de faire fond sur le ressentiment à l’égard de ceux ou celles qui seraient « privilégiés » du fait même de leur statut de précaires. C’est pour le moins un paradoxe – appelons cela le paradoxe du « précaire privilégié ». L’image du précaire privilégié est abondamment utilisée par l’extrême-droite poujadiste, que reprennent aujourd’hui aussi bien les militants radicaux comme Yann Vallerie que les journalistes qui y trouvent la recette éprouvée pour susciter le scandale et l’indignation. C’est ce fond poujadiste français qui est mobilisé par les différentes formes prises par l’extrême-droite – du FN aux groupuscules radicaux dont il est question dans cette affaire.
      Mais, là comme ailleurs, le problème est plus profond. Car il ne s’agit pas seulement des stratégies de quelques groupuscules fascisants, couverts par un ou deux « intellectuels ». Il s’agit d’une collusion entre ces groupuscules, la police et les instances politiques nationales. La police est en effet intervenue pour « protéger » les occupants de Châtillon, mais cette protection a pris la forme particulière de l’absence lorsqu’une menace réelle pèse sur les lieux ; et celle, plus curieuse encore, d’ajouter à la pression et aux menaces à l’encontre des habitants par le biais des zélés de la BAC. Quant aux élus locaux, il semble qu’ils aient aussi leur mot à dire : ainsi une élue UMP a accepté de donner une interview sur le site de Breizh Info.
      Cette collusion rappelle bien des éléments que l’on pouvait déjà trouver dans les situations récentes. Pensons seulement à Sivens : des militants de la FNSEA, ouvertement apparentés au FN pour certains d’entre eux, viennent déloger les occupants de la ZAD, et molester (coups, voitures retournées ou brûlées) celles et ceux qui voudraient leur apporter de l’aide. Tout cela sous les yeux bienveillant de la police, et avec la bénédiction tacite des dirigeants locaux et nationaux (du côté du PS, cette fois-ci). Ces faits qui n’ont été que peu relayés dans la presse nationale ont un air déjà vu : on ne va pas faire semblant de s’étonner d’une telle collusion, qui est évidente pour tous ceux qui ont été engagés dans des combats politiques au cours du siècle passé. Mais on sent bien aussi, à regarder l’espace politique qui se dessine aujourd’hui, qu’ils ont aussi, ces faits, quelque chose de tout à fait nouveau, au moins dans le contexte actuel. Et cette nouveauté est bien celle d’un espace politique de plus en plus façonné par les valeurs et les réflexes de l’extrême-droite. La droitisation des instances dirigeantes, incarnée exemplairement par Manuel Valls, est un effet de la dérive qui, depuis quelques années, déporte l’espace politique tout entier vers la droite.
      Il serait bien naïf de ne voir là qu’une triste évolution des « mentalités ». Ce qui est en jeu ici est en réalité une stratégie. Peu importe de savoir jusqu’à quel point et à quel degré elle est concertée. L’important est qu’une cohérence se dessine à partir des intérêts attachés aux différents groupes concernés (des groupes de radicaux aux élus qui font leur niche dans le jeu parlementaire).
      Cette stratégie peut se résumer ainsi dans ses grandes lignes : il s’agit d’occuper les lieux et les formes de lutte qui étaient investis par les ennemis (les « gauchistes ») et de les retourner contre eux. C’est ce qui se passe en particulier avec la revendication du « territoire » : à Sivens, comme en d’autres endroits, la défense d’un territoire menacé a été mise en avant par les activistes qui sont venus occuper le site. Mais les militants de la FNSEA et leurs acolytes ont répondu en disant « le territoire, c’est nous », c’est-à-dire ceux qui se lèvent tôt pour travailler et qui habitent depuis des générations dans la région (on fermera les yeux sur le fait que nombre de ceux qui ont joué les gros bras sont précisément venus d’autres régions).
      C’est quelque chose d’analogue qui se produit en ce moment à Rennes, par le biais de « l’affaire Maryvonne ». Le « droit au logement » : voilà qui semble être, énoncé comme tel, un combat pour l’extrême-gauche. Mais il suffit de retourner la manière de l’entendre pour se retrouver au côté d’ADSAV : le « droit au logement », alors, c’est celui du bon propriétaire qui réclame ce qui lui est dû (et ici, on fermera les yeux sur le fait que Maryvonne, en tant qu’usufruitière, n’a aucun droit à demander l’expulsion).
      Il faut donc bien parler d’une stratégie d’ensemble qui vise à réduire l’espace politique de l’ennemi (à quoi participent autant les lois sur « l’anti-terrorisme » que celles sur la gestion des précaires). Or, les ennemis ne sont pas la « gauche », mais les militants activistes et les précaires qui tentent de s’organiser. Comme par hasard, les habitants de la rue de Châtillon sont les deux à la fois.

      Pauvre propriétaire !
      Comment comprendre la nouvelle force des idées de droite en France ? S’il est vrai que le glissement du PS vers une politique de droite de plus en plus extrême n’en est qu’un effet (le PS n’a jamais rien fait d’autre que suivre le courant), il faut tout de même voir que la politique de gauche des dernières décennies a rendu possible la recomposition de l’espace politique de droite. Car en ne gardant de la politique de classe que la défense du « travail » ; et en le traduisant, dans le sens du courant, en « emploi » et en « croissance », la gauche à fait disparaître toute différence entre elle et ses ennemis d’origine. Les cortèges pour le moins bigarrés de la lutte des bonnets rouges en 2013 en Bretagne sont un exemple de cette nouvelle confusion. La gauche, même extrême, en se sentant engagée à montrer patte blanche à ceux qui la désignaient comme constituée de dangereux révolutionnaires, a fini par acquiescer au modèle de nos adversaires : celui de la citoyenneté et de la morale, où « chaque un » désigne finalement un travailleur aspirant à la tranquillité chez lui avec sa famille.
      Les promesses de Marx sont repoussées tellement loin, que pour ceux pour qui la purge de la « crise » est synonyme de plus de précarité quotidienne, il n’est plus si aisé de voir un recours à gauche. Il n’est plus très visible que, lorsqu’il s’agit de penser le changement socio-économique qui est en cours, il y a bien une alternative. Certains choisissent de voir dans l’extrême-droite le rassemblement des vrais anticapitalistes, qui vont faire la révolution contre les profiteurs en tous genres (multinationales délocalisatrices autant que précaires hors-normes) : une révolution nationaliste, pour la famille, le travail, la propriété. Une révolution pour défendre « le petit commerce de proximité qui vivote à l’ombre de Carrefour », une révolution pour que surtout rien ne change. Voilà comment l’extrême droite peut prétendre défendre à la fois les pauvres et les propriétaires. En l’occurrence, les pauvres propriétaires contre ces profiteurs de squatteurs précaires.
      La force d’un espace politique s’appuie sur les divisions qu’il met en avant. Tant que les termes des débats et les pensées de la situation se posent à partir de cette division, l’espace politique nous est retiré. Et il est alors possible pour l’extrême droite d’occuper les termes qui étaient les nôtres. Ce n’est qu’en affirmant sans embarras la division entre le peuple de l’égalité et le peule de la propriété que nous pourrons tisser un espace politique propice.

      #égalité


  • Channel 4 Regrets Letting Ex-CIA Agent Claim Baghdad Massacre Would Have Been ’Ideal’
    http://www.huffingtonpost.co.uk/2015/01/22/channel-4-news-michael-scheuer_n_6523262.html

    #Michael_Scheuer : L’ideal aurait été que les #Etats-Unis n’interviennent pas afin de laisser l’ISIS arriver jusqu’à Bagdad et voir sunnites et chiites s’entretuer.

    En face l’animatrice trouve cela tout à fait naturel...

    Michael Scheuer: We’ve never been able to beat anyone with air power. We’ve proven conclusively we’re unable to train foreign armies to defend themselves so, we’re in a real fix I think.
    Cathy Newman: So you’re saying ’send in Western ground troops’ then?

    Scheuer: No ma’am, I think we should back away from the whole thing. The thing was ideal when IS was advancing on Baghdad because Sunnis were killing Shias. That’s exactly what we need. We’ve proven that we’re just militarily incompetent or that the military is so shackled by its political leaders, that it can’t defeat these people. But our best hope right now is to get the Sunnis and Shias fighting each other and let them bleed each other white.

    Newman: There’s no hope of that happening though is there? I mean, President Obama’s talked about being involved in this war for many years.

    Scheuer: No, Mr Cameron and Mr Obama and most Western leaders seem to love the idea of us being bled to death by them, rather than the other way round. And we have the problems that have been created by multiculturalism and diversity in our own countries, in Europe more severely than ours but it’s coming our way too.

    #journalisme #fascistes


  • Indymedia Nantes #Nantes 1er novembre : L’#extrême_droite complice de la #police.
    https://nantes.indymedia.org/articles/30577

    « Je me suis dit qu’ils étaient coordonnés avec les policiers. Les fachos étaient regroupés dans l’angle des immeubles à côté de la rangée de flics. Les fachos ont chargé, fait demi-tour en longeant la rangée de policiers et sont retournés à leur place initiale, le tout à la vue des flics.
    Ensuite, les policiers ont chargé, tout le monde a reculé. C’est quand on est revenu qu’on a vu la fille se faire frapper. Un passant a voulu s’interposer et la #BAC est intervenue en criant « dégage » en frappant le mec et la meuf à coups de matraque. On s’est barrés, fin de l’histoire ».

    Les #fascistes ont continué à semer la terreur toute la soirée dans l’hypercentre de Nantes, malgré un quadrillage de la ville par des centaines de policiers en tenue anti-émeute. (...)
    « J’étais à l’abri, juste à côté de la rue Bon secours. Mon pote me hurle qu’il y a des fafs devant un bar. Là, je vois un mec, un black, qui se fait défoncer par une vingtaine de mecs qui crient « sale négro », « faut le tuer ». Il y avait des flics, des mecs de la BAC je crois, au niveau de Bouffay. Ils regardaient, ils ne bougeaient pas ».

    « Dès que j’ai vu ce qu’il se passait, j’ai appelé les flics. Je suis tombée sur une meuf qui m’a demandé de ne pas rappeler, qu’ils avaient déjà été appelés...

    #manifestation #Rémi_Fraisse #répression


  • Police warn Ukrainian against throwing politicians into garbage containers
    http://zik.ua/en/news/2014/09/27/police_warn_ukrainian_against_throwing_politicians_into_garbage_containers_52720

    The interior ministry has called on all participants of the pre-election campaign to stick to civilized behavior and stop throwing officials and politicians into garbage containers.

    A wave of incidents involving officials and politicians has snowballed in Ukraine recently, with protesters forcefully throwing them into garbage containers. In several cases, the protesters delivered the containers close to offices.

    Some officials were kept in evil-smelling containers for up to 20 minutes.

    Decrying police inaction, protesters call their actions ‘people’s lustration’ of corrupt officials or those who collaborated with the Yanukovych regime.

    The police warned Ukrainians that any such actions will be classified as law violations and are inadmissible during election campaigning.

    Le succès médiatique de ces actions, notamment auprès de la presse occidentale, a un effet boule de neige. Bizarre…

    • Un des derniers en date,…

      Frustrated over lack of justice, Ukrainians throw officials in trash (VIDEO)
      http://www.kyivpost.com/content/ukraine/frustrated-over-lack-of-justice-ukrainians-throw-officials-to-trash-video-

      Covered in red paint and sitting in the middle of a pile of rubbish on a cold pavement in the darkness, Viktor Pylypyshyn endured insults instead of celebrating his registration as a candidate for parliamentary election as he intended on the night of Sept. 25.
      (…)
      The assault on Pylypyshyn took place as he tried to register as a parliamentary candidate. An angry mob attacked him close to the Central Election Commission and threw him in a trash bin.

      Le Kyiv Post a une lecture plutôt partiale (et « pro-lustration ») des faits qu’on peut percevoir sur la vidéo.

      La angry mob a l’air de désigner quelques nervis d’extrême-droite, jamais filmés d’ailleurs,…

      Quant à Pylypyshyn qui est venu, seul, s’inscrire à la Commission électorale comme candidat dans une circonscription, c’est un député non-inscrit, élu le 15/12/13 à Kiev en battant un adversaire de… Svoboda

      Pylypyshyn wins a set in the Rada
      http://www.kyivpost.com/content/politics/pylypyshyn-wins-a-set-in-the-rada-333793.html

      With 100% of the ballots of precinct election commissions counted, self-nominee, head of Kyiv Residents Above All organization Viktor Pylypyshyn won the repeat parliamentary elections in Ukraine at constituency No. 223 in Shevchenkivsky district in Kyiv.

      According to the figures published on the Web site of the Central Election Commission, he scored 44.89% of the vote, whereas his closest rival – nominee of the Svoboda All-Ukrainian Union Yuriy Levchenko received 40.58% of the vote.

      La lustration a bon dos : méthodes #fascistes.

    • Et d’abord, c’est lui, enfin son garde du corps, qui avait commencé,…

      Latest from OSCE Special Monitoring Mission (SMM) to Ukraine based on information received as of 18:00 (Kyiv time), 1 October 2014 | OSCE
      http://www.osce.org/ukraine-smm/124979

      The SMM attended in Odessa a press conference of the Euromaidan co-ordination council. Representatives of self-defence groups, #Right_Sector and the #Lustration Committee gave their views on the incident involving the former Minister of Emergency and Member of Parliament who had come to the city to hold a press briefing, as part of his election campaign (see Daily Report 1 October). The man was beaten up by a small crowd outside the Odessa regional administration building on 30 September. Two of the speakers stated that the fight outside the administration building had started because the former Minister of Emergency’s bodyguard had hit a Euromaidan activist. Odessa self-defence leader said that if the police attempt to arrest the activists who had hit the man, the security situation may deteriorate.  He also said that the self-defence activists will march on Kulikovo Pole square this Sunday and advised the anti-Maidan activists, who regularly gather there, to stay away from the square.


  • Veteranen von Wehrmacht und SS gründeten laut BND geheime Armee - SPIEGEL ONLINE
    http://www.spiegel.de/politik/deutschland/veteranen-von-wehrmacht-und-ss-gruendeten-laut-bnd-geheime-armee-a-968727.ht

    Rund 2000 ehemalige Offiziere der deutschen Wehrmacht und der Waffen-SS betrieben nach Informationen des SPIEGEL ab 1949 den Aufbau einer Armee von rund 40.000 Mann.

    voir aussi http://www.slate.fr/monde/86961/nazis-armee-secrete

    #nazis #armée_secrète #fascistes #Albert_Schnez


  • Vous reprendrez bien un doigt d’agitateur français d’extrême droite ?
    http://reflets.info/vous-reprendrez-bien-un-doigt-dagitateur-francais-dextreme-droite

    Comment être d’extrême droite ? Qu’est-ce qu’être un agitateur ? Est-il possible de participer à de nouvelles formes de fascismes sans même le savoir ? Toutes ces questions peuvent trouver une réponse adéquate en se penchant sur le berceau des deux agitateurs français d’extrême droite les plus médiatisés en 2014 : Dieudonné M’bala M’bala et […]

    #A_la_Une #Tribunes #Antisémitisme #démocratie #Dieudonné #fascisme #fascistes #Racisme #soral #xénophobie


  • Mais que leur arrive-t-il donc ?
    http://reflets.info/mais-que-leur-arrive-t-il-donc

    L’espace citoyen français est légèrement saturé : nous sommes entrés dans l’ère de la contestation par agrégation de connerie crasse. Quelques explications s’imposent, puisque les ténors de la liberté d’expression, ces contestataires de comptoir qui empuantissent l’espace public et privé ne manqueront pas de venir afficher leur mépris dans notre salon nommé Reflets. En 2014, […]

    #A_la_Une #Tribunes #Crime_contre_l'Humanité #Dieudonné #fascistes #holocauste #néo-fascistes #Opinion #Shoah #soral


  • Avancées dans l’enquête sur l’assassinat de trois militantes kurdes à Paris
    http://lemonde.fr/europe/article/2013/12/23/avancees-dans-l-enquete-sur-l-assassinat-de-trois-militantes-kurdes-a-paris_

    La piste du règlement de comptes" interne était souvent évoquée, mais...

    … les derniers éléments « renforcent les soupçons contre Ömer Güney, l’unique suspect des meurtres » et « accréditent désormais l’hypothèse d’un assassinat politique sur fond d’espionnage ».

    L’enquête menée en Allemagne aurait en outre montré qu’Ömer Güney était « bien éloigné des thèses autonomistes » et serait, au contraire, un sympathisant de « l’extrême droite » turque, s’affichant proche du Parti d’action nationaliste (MHP).

    #PKK #Kurdistan #barbouzes #fascistes