• #MeToo : peu de moyens de lutte contre le harcèlement sexuel à l’#université

    http://www.madmoizelle.com/harcelement-sexuel-universite-cellule-ecoute-965195

    Le #harcèlement_sexuel n’est pas l’apanage du milieu feutré d’Hollywood. Dans les salles de cours aussi, il sévit parfois – mais les moyens pour lutter demeurent souvent insuffisants.

    #viol #machisme #culture_du_viol #sexisme

    • Et parfois ça commence malheureusement bien plus tôt, sans que personne n’ose le dire ni ne fasse rien pour que ça change.

      La petite fille de cinq ans d’une amie a été agressée par 3 garçons un peu plus âgés qu’elle en cour de maternelle à Clichy (92). Après l’avoir entrainé derrière un cabanon l’un a tenté de lui retirer sa culotte tandis que les autres la tenaient. Elle a réussi à se dégager avec l’aide d’un ami venu à la rescousse, elle a expliqué qu’heureusement elle avait un collant sous sa jupe. Oui, 5 ans, avec des agresseurs de 7 ans tout au plus.
      Mais les services de cette maternelle ont tout fait pour étouffer l’affaire, en ne prévenant pas les parents de la victime alors que ceux des agresseurs ont été convoqués puis en renommant cette agression sexuelle en « #touche-pipi ». Ils ont ensuite accusé la mère d’avoir manipulé sa fillette et l’ont prévenu qu’ils feraient suivre le dossier toute la scolarité de la gamine. Sans soutien de la #FCPE, qui s’est rangé du côté des agresseurs, arguant de leur milieu modeste, la copine et sa fille ont décidé de déménager.

      #france_machiste #patriarcat

    • Et quand l’enfant sexuellement agressé est handicapé mental (âgé de 7 ans, les assaillants, eux, âges de dix ans), la directrice de l’établissement tente d’expliquer aux parents qu’elle les avait bien prévenu(e)s que l’école aurait du mal à accueillir l’enfant handicapé. Cet entretien ne s’est pas très bien passé (de mémoire).

      Un jour, peut-être, j’arriverais à écrire ce livre auquel je pense depuis des années, les Salauds. L’épisode que je mentionne en commentaire ici n’étant pas, tant s’en faut, le pire.

    • Oui @aude_v, d’autant que je viens de faire une recherche sur duckduck, et le peu de résultats semblent montrer que soit c’est un sujet sans intérêt soit c’est un sujet de dérision. Parler de harcèlement sexuel en Maternelle semble faire ricaner tout le monde, et pire, la plupart des articles que je vois défendent les agresseurs.
      Le figaro titre par exemple

      Par crainte des procès intentés par les parents, les autorités scolaires appellent la police au moindre attouchement dans la cour de récréation.

      La violence des enfants est sous estimée, (un enfant c’est si innocent, si mignon) comme celle des femmes (une femmes c’est si beau, si frêle), mais c’est pourtant toujours la même violence sexuelle qui est véhiculée par la société patriarcale et la #culture_du_viol et du #porno. Je ne vois pas comment elle ne s’infiltrerait pas aussi à l’école.

      –--- et comme dans les universités les cellules d’écoute sont au compte-gouttes, alors, tu peux imaginer que pour les maternelles ou l’école primaire, on peut attendre longtemps avant qu’un programme soit mis en place ne serait-ce que pour réfléchir à comment éviter ces rapports de merde à l’autre …

      Harcèlement sexuel : 
dans l’enseignement supérieur, des cellules d’écoute au compte-gouttes
      https://www.liberation.fr/france/2018/11/04/harcelement-sexuel-dans-l-enseignement-superieur-des-cellules-d-ecoute-au

      @philippe_de_jonckheere je compatis et te souhaites de trouver la force de dénoncer ces #Salauds.

    • Ça me fait penser à mes parents rigolant d’un type du village qui était allé montrer sa bite à une dame âgée isolée. Comment passer l’agression au prisme de son regard sur la sexualité des autres, dont tu ne sais rien du tout (« ah ah, la vieille en a vu d’autres, au pire elle s’en fout et au mieux elle en profite », « ah ah, c’est gentil, c’est entre gosses »), et ne pas voir qu’il y a avant tout agression, un déni du droit de l’autre à son intégrité, qu’il s’agisse de sa jupe ou de son champ visuel. Et s’habituer à cette violence. J’ai dû vous raconter que quand l’exhibi a par la suite manqué de violer une petite fille parce qu’il en a serré deux d’un coup et que l’une a réussi à s’enfuir, mes parents trouvaient ça moins drôle et moi je me disais peu surprise qu’un type identifié comme un agresseur, devant l’impunité dont il bénéficiait, continue... ben, d’agresser. Avec tout le village en complices. Après, y’en a qui disent ne pas comprendre qu’il s’agit d’une culture, de représentations communes qui organisent l’impunité et légitiment les passages à l’acte. Soutien aux personnes qui vivent ça et à leurs proches...



  • * Article 249 - On n’attire pas les mouches avec du vinaigre - ou Valauchan 2017 Blog La richesse des Mulliez et les grandes fortunes
    - Benoit Boussemart

    Bonjour

    Les valeurs des parts Valfrance et Valauchan viennent d’être publiées. Vu l’annonce des résultats par le groupe et le nouveau plan de réduction des effectifs, on pouvait s’attendre au pire, comme en 2015. Eh bien non ! Tout va très bien, Madame la marquise : Valfrance voit sa part validée à 15,63 € (+ 4,26%) et Valauchan à 440,04 € (+ 3,82%).
    Magnifique et magique : la France (avec Valfrance), qui apparaissait comme le point faible du groupe, a un FCPE qui progresse plus rapidement que Valauchan. De quoi attirer les gogos qui hésitaient, vu les pressions mises depuis plusieurs années sur la France quant aux résultats « médiocres », à investir dans ce nouveau bidule. Précipitez vous, braves gens. Valfrance est un nouvel edorado. Magique, qu’on vous dit.

    Magique surtout pour la famille Mulliez. En effet, la part Valauchan a évolué comme suit au cours des dernières années (valeur en euros, puis % de variation par rapport à l’année précédente) : 2014 : 427,97 € (+ 4,3%) ; 2015 : 415,41 € (- 3%) ; 2016 : 423,85 € (+ 2,1%) et 2017 : 440,04 € (+ 3,82%).

    Et rappelez vous ce que nous disions lors de la baisse de valeur du titre, qui poussait les porteurs de parts à vendre (au prix bas) ; alors que nous indiquions qu’il n’y avait aucune raison d’être pessimiste, du fait des positions à l’international du groupe. En 2017, le titre vaut donc 440,04 €, et a dépassé la valeur de 2014 (+ 2,82%).


    Entretemps, que s’est-il passé : les petits porteurs de parts ont vendu les titres, et assez massivement, au prix le plus bas que pouvait racheter la famille Mulliez. Fin 2015, Auchan Holding possédait en actions propres 1 149 074 titres ; il a acquis en 2016 à 421,6 € par titres 922 681 titres. Au total, le groupe avait donc 2 071 755 de ses propres titres ; il a donc annulé 1 014 451 titres (en remboursant à 420,9 € par titre les porteurs de parts) ; reste actuellement 1 057 304 titres, dont 770 452 titres détenus pour le compte des fonds, titres dont la valeur est de 280 M€ (soit 363,42 € le titre), le reste étant de l’autodétention pure pour 1,1% du capital (voir le rapport sur les comptes 2016).

    Résultat des courses : en éliminant les titres (420,9 € par titre) et en les rachetant (421,6 € par titre) à bas prix par rapport à la valeur réelle (440,04 €), la famille a fait nettement baisser le % d’Auchan Holding détenu par les salariés (ce pourcentage n’est plus que de 7%, contre 10,2% fin 2014). Elle réalise en plus une belle opération financière. Si les titres avaient été vendus en 2017, la famille aurait dû débourser en plus 95 M€ ! Il n’y a pas de petits profits pour la famille.

    Quant à Valfrance, méfiance totale. D’où tombe ce + 4,26%, alors que les résultats de la France « imposent » encore des restructurations et des licenciements ? De qui se moque t-on ? Est-ce uniquement fait pour attirer de nouveaux souscripteurs Valfrance, avant de les plumer comme chez Valauchan.

    Si j’étais membre du personnel Auchan, je demanderai des augmentations de salaires. Au moins, ces dernières se retrouveraient dans le calcul de ma retraite, et je ne serai plus soumis aux évaluations à géométrie variable des « experts » d’Auchan Holding !

    B. Boussemart

    http://richessem.eklablog.com/article-249-on-n-attire-pas-les-mouches-avec-du-vinaigre-ou-vala

    #Mulliez #Actionnariat #Valfrance #Auchan #FCPE #Bourse #Holding #Magie #Prestidigitation


  • Violences policières contre des lycéens : « Sans les vidéos, je les aurais crus à moitié »
    http://rue89.nouvelobs.com/2016/03/30/violences-policieres-contre-lyceens-sans-les-videos-les-aurais-crus

    « On a mis un moment à comprendre l’ampleur de ce qui s’était passé », relate Gwénaël Cau, élue FCPE au conseil d’administration du lycée Bergson. Quand ils ont reçu les SMS de leurs enfants, ils ont d’abord pensé que c’était la première fois que ceux-ci voyaient la police en action pendant une manif. « On a eu du mal à le croire. »

    Ce qu’ils décrivaient semblait exagéré.

    « Personnellement, s’il n’y avait pas eu les vidéos, je les aurais crus à moitié. »

    Depuis, la FCPE a recueilli plusieurs témoignages et d’autres vidéos. Gwénaël Cau :

    « Beaucoup nous disent “on ne pourrait pas en parler à nos propres parents”. Ils ne comprendraient pas : si leur enfant a pris un coup de matraque, c’est qu’il a sûrement fait une bêtise. »

    Les vidéos ont en tout cas appuyé les témoignages des lycéens. Comme dans d’autres cas de violences policières, elles ont aussi permis de déclencher rapidement l’ouverture d’une enquête.



  • Bouches-du-Rhône : La prime de Noël [départementale] se transforme en bon d’achat pour des jouets
    http://www.20minutes.fr/marseille/1752347-20151216-bouches-rhone-prime-noel-transforme-bon-achat-jouets

    « Nous avons en quelque sorte une prime qui s’ajoute à celle de l’Etat : elle est versée par le Conseil départemental en faveur des enfants des bénéficiaires du RSA », explique Marine Pustorino (LR), élue au Conseil départemental, déléguée à l’insertion sociale et professionnelle.
    Des bons d’achat de jouets de 50 euros par enfant de moins de 12 ans
    Avant le changement de majorité, près de 53.760 foyers du département, sur les 72.000 bénéficiaires du Revenu de solidarité active (RSA) dans les Bouches-du-Rhône, touchaient cette prime, instaurée en 1998 et allant de 115 à 465 euros.
    Cette année, la prime sera versée sous la forme d’un virement de 50 euros par enfant de moins de 12 ans. Et dès l’année prochaine, elle se fera sous la forme de bons d’achat de jouets de 50 euros par enfant de moins de 12 ans. « Nous voulons permettre à chaque enfant d’avoir un cadeau, estime Marine Pustorino. Car la prime n’était pas forcément utilisée pour l’enfant »
    « A notre arrivée, nous nous sommes rendu compte que les caisses n’étaient pas aussi remplies que ce que l’on croyait : il avait été dépensé 100 millions d’euros dans les trois mois précédant la campagne sur les 2,6 milliards d’euros de budget, précise Marine Pustorino. Avec la baisse de 35 millions de dotations de l’Etat, nous avons dû faire de concessions et des coupes budgétaires pour ne pas augmenter les impôts ».
    « Chasser les plus fragiles qui doivent faire face à une misère toujours plus grande »
    Avec cette prime de Noël nouvelle formule, l’économie est de huit millions d’euros pour le Conseil départemental, soit 0,6 % de son budget annuel selon la CGT. Le syndicat proteste contre la « suppression de cette prime ».
    « En 1998, suite aux grandes mobilisations des chômeurs, le Conseil Général des Bouches-du-Rhône instaurait en complément de l’aide de l’État, une prime de Noël en faveur des chômeurs. Aide exceptionnelle qui fut peu à peu restreinte aux allocataires du RSA, et qui est désormais sur le point d’être complètement supprimée », dénonce le syndicat.
    « Nous sommes le seul département à verser une prime de Noël, souligne l’élue. Et pour l’instant, l’exigence sociale est le point fort de la mandature de Martine Vassal », la présidente LR du Conseil Départemental.

    Mais pour le syndicat cette mesure, après celle sur la fin de la gratuité des transports pour les demandeurs d’emploi, car seules les personnes en « recherche active » de travail et n’en ayant pas profité plus de douze mois peuvent désormais en bénéficier, est une nouvelle façon de « chasser les plus fragiles qui doivent faire face à une misère toujours plus grande ».

    • « Nous voulons permettre à chaque enfant d’avoir un cadeau, estime Marine Pustorino. Car la prime n’était pas forcément utilisée pour l’enfant »

      Idée sous-jacente : si les pauvres gèrent leurs trois sous selon leurs contraintes du moment c’est mal. C’est même pire que ça, cette obligation d’acheter un cadeau conforme fait totalement abstraction des contraintes en question, et sous-entend que les pauvres ne traitent pas bien leurs gosses.
      #indécence #mépris #paternalisme #guerre_aux_pauvres

    • Braquages de Noël, mais pas seulement, et pas dans les BdR
      http://www.leparisien.fr/faits-divers/normandie-ils-braquent-le-toys-r-us-et-raflent-5000-eur-20-12-2015-538955

      Un magasin de jouets de Tourville-la-Rivière (Seine-Maritime), près de Rouen, a été braqué ce dimanche par au moins deux hommes qui ont pris la fuite avec quelque 5000 €.

      L’un des malfaiteurs, portant une casquette et un foulard, est entré aux alentours de 10 heures dans le magasin parlant avec des salariés et leur posant des questions.

      Vers 12h30, apparemment muni d’une arme de poing, il a contraint la responsable du magasin, où se trouvaient de nombreux clients, à lui donner l’argent placé dans le coffre de l’établissement.

      Il a ensuite rejoint un complice, qui l’attendait dans une voiture garée non loin de là, sur un parking, et tous deux ont pris la fuite.
      .
      Le 14 décembre 2013, c’est un magasin King Jouets qui avait été braqué à Guichainville, près d’Evreux (Eure). Plusieurs hommes cagoulés, dont un portait un pistolet Beretta, avaient pénétré vers 14h30 dans le magasin et étaient parvenus à s’emparer d’une partie de la caisse avant de prendre la fuite.

      Une semaine avant, le samedi 7 décembre 2013, un magasin Toys « R » Us à Thiais (Val-de-Marne), dans le centre commercial Belle Epine, avait été attaqué par trois ou quatre personnes armées de deux pistolets automatiques, d’un fusil à pompe et d’une bombe lacrymogène. Ils avaient fait main basse sur 18 000 €.

      Les marchands de jouets ne sont pas toujours une cible de Noël. Au cœur de l’été, le samedi 23 août 2014, trois malfaiteurs munis d’une arme de poing chacun se sont fait remettre la modeste somme de 500 € au MaxiToys de Villiers-sur-Marne.

      Bon, tout ça c’est parce que c’est dur d’accéder au cash :

      http://www.leparisien.fr/faits-divers/eure-un-magasin-de-jouets-braque-en-plein-apres-midi-un-suspect-en-garde-

      Les braquages dans les commerces ont augmenté de 9,7 % au cours des dix premiers mois de l’année, selon des chiffres de l’Office central de lutte contre le crime organisé (Oclco).

    • Joyeux Noël (sous condition de ressources)
      http://uneheuredepeine.blogspot.fr/2015/12/joyeux-noel-sous-condition-de-ressources.html

      gèrent-ils si mal que cela, ces pauvres ? La sociologue #Ana_Perrin-Heredia a consacré sa thèse à la gestion du budget dans les classes populaires, et ce sur la base d’une ethnographie particulièrement fine d’une "zone urbaine sensible". Considérons le cas d’une de ses enquêtées, évoqué dans cet article. Chaque année, Mélanie ne paye pas son loyer du mois de décembre. Mauvaise gestion ? Pas du tout. Elle sait qu’elle pourra attendre la lettre de rappel du mois suivant et, en décembre [voire, faire une demande de fonds solidarité logement pour éponger cette dette là, ndc] , il y a des dépenses plus urgentes et que l’on ne peut repousser : les cadeaux des enfants... En Janvier, elle payera deux loyers et se "serrera la ceinture". Comme on le voit, ce n’est pas une erreur de gestion, mais au contraire une connaissance fine et une maîtrise des règles du jeu - combien de lettres de rappels on recevra, quels délais on peut s’autoriser... C’est pour la même raison que Mélanie préfère les chèques aux virements automatiques ou refuse de mensualiser sa taxe d’habitation : ces "erreurs de gestion", au regard d’un certain idéal des classes moyennes et supérieures, sont pour elle les conditions pour disposer de quelques marges de manœuvres.

      Marges de manœuvres toutes relatives certes, car c’est bien la contrainte qui structure le rapport à la consommation de Mélanie et des autres enquêté.e.s d’Ana Perrin-Heredia. Mais elle apparaît comme étant bien peu la conséquence d’une mauvaise gestion. Au contraire, à voir comment ces femmes - car la gestion du budget est ici une activité bien féminine - parviennent à gérer leur situation, c’est un véritable "#travail_financier" (moneywork) qui apparaît : on guette en permanence les "bonnes affaires" et les promotions, on inspecte sans relâche les étiquettes pour comparer les prix ou les dates de péremption, et, souvent, on gère des #stocks, que ce soit des stocks de nourriture - le congélateur est un allié précieux - de produits ménagers ou de quoique ce soit d’autres. Autant de pratiques qui demandent des capacités de calculs et de #prévision que je ne suis pas sûr que la plupart des classes moyennes et supérieures mettent en œuvre au quotidien... Pour rester sur la question des jouets, la même Mélanie explique ainsi comment elle se constitue une "armoire aux trésors" avec des cadeaux trouvés en promotion "pour si des fois la souris elle passe ou si y’a un anniversaire d’un copain". Une façon aussi de faire face à la pénurie : on pourra continuer à offrir même si la situation financière se dégrade un peu plus...

      On se rend compte, avec ces exemples, que la contrainte à laquelle font face les membres des classes populaires n’est pas seulement financière, comme l’analyse Ana Perrin-Heredia dans cet autre article. Il faut y ajouter une contrainte "interactionnelle" ou "sociale". Faire des cadeaux aux enfants à Noël est quelque chose de plus urgent, de plus essentiel finalement, que le respect des engagements contractuels, à rebours des conseils de "bonne gestion" dispensés auprès des classes populaires par les organismes spécialisés (CAF, travailleurs sociaux, associations spécialisées...). Alors que ces ménages font preuve souvent d’une véritable virtuosité dans l’ascétisme, il y a des dépenses "déplacées" d’un point de vue extérieur que l’on se permet parce que leur signification symbolique est forte. Suivons un autre cas, celui de Malika qui sait pourtant si bien éviter les "coups de folie" qu’elle évite purement et simplement de s’approcher des magasins qui pourraient la tenter :

      De même, Malika a pu s’autoriser des #dépenses « futiles » (là aussi toujours modérées) comme, par exemple, lorsqu’elle s’est endettée auprès d’un de ses frères (à hauteur de 800 euros) et a utilisé l’intégralité de la prime de naissance de son dernier-né pour s’acheter notamment une chambre avec un grand lit et une armoire.
      Pour comprendre, cette « folie », c’est-à-dire le fait qu’alors même que Malika fait preuve d’une extrême rigueur dans toutes ses dépenses, elle ait pu réaliser un tel achat, il faut l’envisager comme une « #consommation_de_prestige » pour ces femmes musulmanes, une dépense à laquelle « l’individu ne peut se soustraire que s’il renonce à la fréquentation de ses semblables, à son appartenance au groupe en tant que tel »  [Elias]. Les entretiens ont en effet montré l’attachement de la plupart d’entre elles pour ce bien, à l’instar de ce qu’exprime Kaoutar : « Je lui dit [à son mari] : “ça fait treize