• Lettre des femmes du monde aux Femmes Zapatistes

    À nos compañeras zapatistas
    Aux femmes du monde qui luttent
    Aux grand-mères, mères, sœurs, jeunes et filles
    À celles qui ont le cœur de femme ...

    https://espoirchiapas.blogspot.com/2019/02/lettre-des-femmes-du-monde-aux-femmes.html

    Nous qui signons ces mots, nous sommes des femmes du Mexique et du monde, convoquées par les femmes zapatistes le 8 mars 2018 à la « Première Rencontre Internationale, Politique, Artistique, Sportive et Culturelle des Femmes qui Luttent ».

    Nous gardons à l’esprit que, pour chacune d’entre nous, nous sommes engagées à lutter, chacune depuis nos lieux d’origine ou depuis les lieux qui nous embrassent, avec nos différentes cultures et métiers « pour que plus jamais une femme dans le monde, quelle que soit sa couleur, sa taille, son origine, ne se sente seule ou aie peur ». Nous nous sommes engagées avec la lumière que vous nous avez partagé pendant la rencontre, avec la lumière que vous représentez pour nous. Nous continuons à prendre soin de cette lumière afin d’être, marcher et lutter ensemble.

    Aujourd’hui, nous nous manifestons donc pour vous dire que nous n’allons pas permettre que les mauvais gouvernements vous dépouillent de vos territoires qui vous offrent des racines, qui font battre votre cœur et donnent la direction à ce que vous êtes, à ce dont vous rêvez. Et nous nous battrons, de toutes les manières possibles, pour que les pratiques de résistance des peuples ne soient pas utilisées pour folkloriser les cultures ancestrales ou justifier les mégaprojets de mort imposés par le système capitaliste patriarcal.

    Étant donné la situation de guerre que nous continuons à vivre comme femmes, nous réaffirmons notre accord de « rester en vie, et que pour nous, vivre c’est lutter, chacune en accord avec sa manière, son lieu et son temps ».

    Maintenant c’est le moment de dire aux mauvais gouvernements d’hier, d’aujourd’hui et des différents lieux du monde que : nous répudions, depuis les multiples géographies auxquelles nous appartenons, les pratiques d’octroi et d’extraction de notre Terre Mère. Le fracking, les gazoducs, les oléoducs, les hydroélectriques, les monocultures agroindustriels et l’infrastructure du développement touristique ne bénéficient qu’aux grands projets entrepreneuriaux au détriment de la destruction des populations indigènes et non-indigènes. Face aux intérêts de ceux qui veulent gagner de plus en plus d’argent, nous allons lutter pour le Vie des personnes et des êtres vivants qui habitent nos territoires.

    Nous les femmes connaissons la valeur de la vie, et donc nous construisons les conditions pour assurer la vie. Nous déclarons que oui, nous pouvons le faire, nous les femmes, avec notre cœur collectif. Vous n’êtes pas seules compañeras zapatistas, amies et sœurs, et vos enfants, familles et peuples ne le sont pas non plus !

    Lettre accompagnée de 853 signatures collectives ou individuelles de femmes qui luttent partout dans le monde (dont la mienne, bien sûr)

    Lire aussi :
    Communiqué des femmes zapatistes aux femmes qui luttent
    (qui annonce qu’il n’y aura, hélas, pas de seconde rencontre internationale des femmes qui luttent) : https://espoirchiapas.blogspot.com/2019/02/face-au-nouveau-mauvais-gouvernement.html
    Paroles des femmes zapatistes lors de la 1ère rencontre des femmes qui luttent
    https://espoirchiapas.blogspot.com/2018/04/paroles-des-femmes-zapatistes-lors-de.html
    Parole des femmes Zapatistes lors de la cloture de la première rencontre des femmes qui luttent
    https://espoirchiapas.blogspot.com/2018/04/parole-des-femmes-zapatistes-lors-de-la.html

    #feminisme #zapatisme #ezln #sexta #chiapas #mexique


  • Les marges spectaculaires des pharmas sur le cancer en Suisse Tybalt Félix et Valentin Tombez. Collaboration François Ruchti - 17 Février 2019 - RTS
    https://www.rts.ch/info/economie/10221246-les-marges-spectaculaires-des-pharmas-sur-le-cancer-en-suisse.html

    Les médicaments contre le cancer ont coûté en 2018 près d’un milliard de francs aux assurés suisses. Des traitements sont facturés plus de 80 fois leurs coûts de fabrication, révèle dimanche la RTS dans Mise au Point.

    Le cancer, c’est le marché de l’avenir pour la pharma. Chaque année en Suisse, 40’000 personnes apprennent qu’elles ont un cancer. Conséquence, les pharmas se battent pour lancer de nouveaux traitements. Les sommes en jeu sont considérables.

    En cinq ans, les remboursements LAMal pour les anti-cancéreux ont bondi de 54%, passant de 603 à 931 millions de francs par an, selon des chiffres inédits obtenus par la RTS auprès de l’association faîtière des assureurs maladie Curafutura. L’oncologie est le domaine qui pèse le plus au niveau des remboursements de médicaments, dont le total atteint 6,8 milliards de francs.

    Remboursements des médicaments contre le cancer (en francs)
    GRAPHIQUE SUR LE SITE DE LA RTS

    Les remboursements pour un seul anti-cancéreux ont dépassé 74 millions de francs. Parmi les 15 traitements qui pèsent le plus sur l’assurance de base, quatre anti-cancéreux sont commercialisés par le groupe bâlois Roche, l’un des leaders mondiaux du marché.

    Anti-cancéreux les plus remboursés entre 2014 et 2018
    GRAPHIQUE SUR LE SITE DE LA RTS

    Prix déconnectés des coûts
    Si la facture finale est si élevée, c’est parce que le coût annuel des traitements par patient dépasse en général plusieurs milliers de francs. Il excède même fréquemment la centaine de milliers de francs. Or, ces prix sont totalement déconnectés des coûts de production, comme le montre notre enquête.

    Examinons l’Herceptin, le traitement phare de Roche contre le cancer du sein. Disponible depuis 20 ans, ce blockbuster a rapporté au géant suisse 82,8 milliards de francs à l’échelle mondiale. En Suisse, les remboursements LAMal pour ce médicament, parmi les plus élevés, ont totalisé 257 millions de francs entre 2014 et 2018, d’après les données de Curafutura.

    Quelle partie de cette somme sert à fabriquer et développer le médicament ? Quelle partie constitue les profits de l’entreprise ?

    85% de marges
    Très secrètes, les pharmas ne dévoilent pas ces chiffres. Sur la base d’études scientifiques, de rapports d’analystes financiers et d’experts, la RTS a estimé les marges réalisées sur cet anti-cancéreux (voir la méthodologie en encadré).

    Selon des spécialistes en biotechnologies, un flacon d’Herceptin sous sa forme la plus répandue coûterait environ 50 francs à produire. En 2018, il était vendu 2095 francs en Suisse, soit 42 fois son coût de fabrication.

    Même en prenant en compte les coûts de recherche et de distribution, la marge sur un flacon d’Herceptin atteint au moins 85% du prix public, en dépit d’une baisse du prix en 2018. Autrement dit, sur les 257 millions payés entre 2014 et 2018 par les assurés suisses, au moins 221 millions ont atterri dans les caisses de Roche.

    L’Herceptin n’est pas une exception. Pour le Mabthera, l’un des autres anti-cancéreux à succès de Roche, les gains en 2018 se sont élevés à au moins 81% du prix public.

    Estimation des marges de deux anti-cancéreux de Roche
    GRAPHIQUE SUR LE SITE DE LA RTS

    Prix basés sur « les bénéfices à la société »
    Interrogé sur ces marges, Roche refuse de les commenter. Une porte-parole répond toutefois que « les prix des traitements ne sont pas basés sur les investissements pour un traitement en particulier ». Elle précise que les prix des médicaments « sont basés sur les bénéfices qu’ils procurent aux patients et à la société dans son ensemble ».

    Comment ces « bénéfices aux patients et à la société » sont-ils mesurés ? Soulignant que l’Herceptin a permis de traiter en vingt ans plus de deux millions de personnes à travers le monde, Roche met en avant des études qui mesurent le prix d’un médicament en fonction des années de vie supplémentaires et de la qualité de vie qu’il procure. En d’autres termes, plus un traitement est efficace, plus son tarif est élevé, même s’il coûte peu à produire.

    « Les pharmas doivent gagner quelque chose mais c’est ridicule d’avoir des gains pareils, il n’y aurait jamais cela dans un marché concurrentiel », dénonce le professeur Thomas Cerny, président de la recherche suisse contre le cancer. Pour lui, ces prix basés sur la monétisation des années de vie posent problème et amènent à des comparaisons aberrantes : « Est-ce qu’un anti-cancéreux a plus de valeur qu’un téléphone qui profite à l’ensemble de la population et qui peut aussi sauver des vies ? »

    Le Glivec, vendu 86 fois son coût de fabrication
    Autre cas édifiant, le Glivec de Novartis. Vendue il y a 10 ans 3940 francs, la boîte de 30 pilules au dosage le plus utilisé coûte aujourd’hui environ 2600 francs. Pourtant, selon le pharmacologue du CHUV, Thierry Buclin, le Glivec n’est pas plus cher à produire qu’un anti-inflammatoire standard, rarement vendu plus de 50 francs.

    Selon une étude de l’université de Liverpool, une boîte de Glivec coûterait au maximum 30 francs à fabriquer. C’est 86 fois moins que les 2592 francs facturés par Novartis. En prenant en compte les coûts de recherche et la part de la distribution, le gain de Novartis sur une boîte vendue 2592 s’établit entre 2181 et 2251 francs. Soit une marge de près de 85%.

    Estimation des marges sur le Glivec (Novartis)
    GRAPHIQUE SUR LE SITE DE LA RTS

    « Financer la prochaine génération de traitements »
    Novartis refuse également de commenter ces chiffres. L’autre géant bâlois indique que « ses investissements dans la recherche sur Glivec ont été maintenus au cours des 15 dernières années » et que « les ventes ont également permis de financer la prochaine génération de traitements innovants, notamment des essais cliniques portant sur de nouvelles molécules expérimentales ». La firme ne communique pas dans le détail les montants réinvestis dans la recherche sur le Glivec, mais rappelle ses dépenses annuelles de 9 milliards de dollars en recherche et développement.

    Cet argumentaire de la pharma est contesté par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon elle, « les prix élevés des médicaments contre le cancer ont généré des gains largement supérieurs aux possibles coûts de recherche ». Dans un rapport publié en janvier, l’organisation constate que pour chaque dollar investi dans la recherche contre le cancer, les entreprises pharmaceutique ont obtenu en moyenne des revenus de 14,5 dollars. L’organisation conclut qu’"une diminution des prix est indispensable pour l’accès aux médicaments, la pérennité financière des systèmes de santé et l’innovation future".

    Des prix fixés à l’aveugle
    En Suisse, les tarifs des médicaments sont négociés et validés à l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Comment le gendarme du système justifie-t-il ces prix ? « Si on se base sur le coût de recherche et développement, le prix de l’Herceptin n’est pas justifié », reconnaît un porte-parole de l’OFSP. « En revanche, si on s’appuie sur notre base légale, ce prix correspond à nos critères d’économicité », assure-t-il.

    L’OFSP se base sur deux critères : les prix pratiqués dans 9 pays européens et la comparaison thérapeutique, c’est-à-dire les prix d’autres médicaments utilisés dans le traitement de la maladie.

    Pour l’Herceptin, le Mabthera et le Glivec, comme il n’existe pas de substance équivalente, seule la comparaison internationale est prise en compte. Pourtant, l’OFSP admet ne pas connaître les prix réels à l’étranger. « La plupart des Etats ne paient pas le prix qu’ils affichent. C’est comme l’achat d’un produit de grande consommation. Tout le monde bénéficie d’un rabais, tout le monde rentre à la maison avec le sentiment d’avoir obtenu le meilleur prix, mais au final personne n’est vraiment sûr », image son porte-parole.

    On ne va pas pouvoir continuer comme ça. On n’y arrivera pas au niveau financier, même en Suisse
    Derrière ces réponses alambiquées se cache l’impuissance de l’OFSP. D’une part, les pharmas utilisent ces prix élevés pour fixer leurs tarifs à l’étranger. « La Suisse a avantage à ce que les médicaments sur le marché intérieur soient relativement chers pour justifier des prix élevés à l’étranger qui vont rapporter à l’industrie suisse », explique le pharmacologue du CHUV, Thierry Buclin.

    D’autre part, l’industrie tient le couteau par le manche à l’heure de déterminer les tarifs. L’émission Rundschau de SRF a récemment révélé comment Roche a fait valider le prix d’un autre anti-cancéreux, le Perjeta, à 3450 francs, alors que l’OFSP voulait le fixer à 1850 francs. La clé de cette négociation : la menace de voir un médicament vital demeurer inaccessible en Suisse.

    Solange Peters, la cheffe du service d’oncologie médicale au CHUV, demande plus de transparence afin d’obtenir des prix plus raisonnables. « On ne va pas pouvoir continuer comme ça. On n’y arrivera pas au niveau financier, même en Suisse », explique-t-elle. A terme, le risque est de ne plus pouvoir payer certains médicaments. Si le système ne change pas, « on va soit vers une médecine à deux vitesses, soit on va exclure du panel de traitements certains médicaments pour tous. »

    #big_pharma #industrie_pharmaceutique #profits #laboratoires_pharmaceutiques #assurances_maladies #cancer #ruissellement #prix #Roche #Perjeta #Herceptin #Femmes #prix-vitrine

    • Méthodologie
      Pour calculer les marges des entreprises pharmaceutiques, nous avons soustrait des remboursements les coûts de fabrication, de distribution et les coûts de recherche ventilés sur les ventes des médicaments. Les quantités de vente en Suisse ont été déduites des remboursements divisés par les prix unitaires. Les dépenses marketing n’ont pas été prises en compte.
      Cette méthodologie et les estimations qui en découlent ont été soumises à plusieurs experts du domaine.
      Les données utilisées sont les suivantes :

      HERCEPTIN
      Coûts de recherche : 802 millions de francs, selon le rapport de Roche « Développement de nouveaux médicaments anticancéreux & Pipeline Roche Oncologie »
      Ventes mondiales totales : 82.8 milliards de francs, selon les rapports annuels de Roche
      Coûts de fabrication : 50.56 francs, selon le rapport « Biosimilars : Commercial Perspective » du cabinet spécialisé Alliance Bernstein, cité par la Commission fédérale du commerce des Etats-Unis
      Remboursement LAMal 2014-2018 : 257.7 millions de francs, selon Curafutura
      Prix fabricant (flacon de 20 ml) : 1854.24 francs, selon l’ OFSP
      Coûts de distribution : 240.91 francs, selon l’OFSP
      Coûts de production maximaux estimés (fabrication et recherche) : 68.50 francs

      MABTHERA
      Coûts de recherche : 802 millions de francs, selon le rapport de Roche « Développement de nouveaux médicaments anticancéreux & Pipeline Roche Oncologie »
      Ventes mondiales totales : 91 milliards de francs, selon les rapports annuels de Roche
      Coûts de fabrication : 91.08 francs, selon le rapport « Biosimilars : Commercial Perspective » du cabinet spécialisé Alliance Bernstein, cité par la Commission fédérale du commerce des Etats-Unis
      Remboursement LAMal 2014-2018 : 224.5 millions de francs, selon Curafutura
      Prix fabricant (flacon de 50 ml) : 1415.32 francs, selon l’ OFSP
      Coûts de distribution : 198.43 francs, selon l’OFSP
      Coûts de productions maximaux estimés (fabrication et recherche) : 103.55 francs

      GLIVEC
      Coûts de recherche : fourchette entre 623 millions (selon Research and Development Spending to Bring a Single Cancer Drug to Market and Revenues After Approval) et 2.3 milliards de francs (selon Innovation in the pharmaceutical industry : New estimates of R&D costs)
      Ventes mondiales totales : 55.4 milliards de francs, selon les rapports annuels de Novartis
      Coûts de fabrication : 30.35 francs, selon l’étude Estimated costs of production and potential prices for the WHO Essential Medicines List
      Remboursement LAMal 2014-2018 : 114.8 millions de francs, selon Curafutura
      Prix fabricant (400 mg sécables, 30 tablettes) : 2308.04 francs, selon l’ OFSP
      Coûts de distribution : 284.81 francs selon l’OFSP
      Coûts de production maximaux estimés (fabrication et recherche) : entre 56.28 francs et 126.10 francs


  • #images et #pouvoirs : #Berlusconi et les « #veline ». Entretien avec #Francesca_Martinez_Tagliavia

    Quels sont les effets de la #culture_visuelle sur la construction du pouvoir politique ? Loin d’une vision instrumentale qui ne verrait dans les images que des moyens neutres utilisés par les chefs et leur entourage pour asseoir leur pouvoir, Francesca Martinez Tagliavia pense leur signification politique à partir de la manière dont elles sont produites, tant par les acteur-ices que par les spectateurs·ices. En étudiant le rôle et l’histoire des veline, ces femmes qui accompagnaient Silvio Berlusconi sur les plateaux de télévision, l’autrice propose de déconstruire le pouvoir d’un chef à partir du discours de celles qui ont contribué, par leur image, à produire son charisme. C’est par une critique venue des marges du pouvoir qu’on peut, selon elle, élaborer un discours à la hauteur de nos exigences politiques.


    https://vacarme.org/article3078.html
    #velina #télévision #femmes #patriarcat #publicité #corps #image #pouvoir

    • Faire des corps avec les images : La contribution visuelle de la velina au charisme de Berlusconi

      À la fin des années 2000, l’image de la velina – soubrette hyper-érotisée de la télévision italienne – endosse dans les discours de la critique anti-berlusconienne le rôle de symbole de la marchandisation des corps féminins et de la subalternité féminine dans l’espace public, qui caractérise le ventennio berlusconien. Puisant ses outils dans l’épistémologie des Visual Studies anglo-saxons et dans la culture visuelle italienne contemporaine, la thèse vise d’abord à analyser les manières dont les images font le corps de la velina. La généalogie de la velina rassemble des images emblématiques et opposées de la féminité comme les Jeunes Italiennes fascistes, les Tiller Girls américaines et les héroïnes du cinéma softcore italien des années soixante-dix, pour se cristalliser ensuite dans cette image, au moment où elle fait irruption dans l’émission télévisuelle Striscia la notizia (Mediaset, groupe Berlusconi) en 1989. Par l’analyse d’une étude de cas spécifique – les pratiques et les micropolitiques quotidiennes de l’image de Giulia Calcaterra, velina de l’édition 2012-2013 de Striscia la notizia – on déconstruit ensuite le point crucial des argumentaires excluant les veline du savoir et de la politique. Selon la critique mainstream, la velina serait un sujet aliéné, ornement passif du Spectacle. À partir de sa propre parole au sujet de son action, elle émerge au contraire comme un sujet autoréflexif et intelligent, et comme une actrice privilégiée de l’économie esthétique et culturelle, sur la base de laquelle Silvio Berlusconi a construit son consensus politique à partir de la fin des années soixante-dix. La thèse se concentre ensuite sur le rapport entre l’image de la velina et l’image de Berlusconi, par l’analyse d’images qui connectent la velina au « chef » Berlusconi. Le « charisme » de Berlusconi est visuellement construit par Berlusconi lui-même, par les intermédiaires culturels de son parti, la presse anti-berlusconienne, le cinéma et d’autres productions visuelles, en connexion avec l’image de la velina. On retrace différents moments-clés de l’exercice d’une propagande politique fondée sur des politiques et des pratiques visuelles qui s’entrelacent à des pratiques discursives et à d’autres types de pratiques politiques, scientifiques, techniques et sociales visant à susciter dans l’électorat un « amour de la domination », à travers une « domination de l’amour ». Si l’image de la velina contribue activement au « charisme » de Berlusconi, c’est parce qu’elle attribue au chef le pouvoir érotique nécessaire pour que celui-ci inspire du désir pour sa domination.

      https://journals.openedition.org/acrh/7103
      #thèse_de_doctorat


  • "#Brujas_de_la_noche": Las guerreras soviéticas que hicieron temblar a #Hitler

    Aprovechando la oscuridad de la noche, el 588º regimiento de bombardeo, compuesto únicamente por mujeres, inoculaba el miedo entre los nazis. Su valor y astucia hizo que protagonizaran uno de los episodios más heroicos de la II Guerra Mundial.


    https://mundo.sputniknews.com/blogs/201701141066221168-pilotas-sovieticas-guerra-mundial
    #femmes #WWII #histoire #seconde_guerre_mondiale #deuxième_guerre_mondiale


  • Naissance et mort au Paléolithique récent européen (par Ana Minski) – Le Partage
    http://partage-le.com/2019/02/naissance-et-mort-au-paleolithique-recent-europeen-par-ana-minski

    L’#obstétrique a été construite par des hommes à une époque où les femmes étaient exclues de toutes les fonctions décisionnelles, et où leur parole n’avait pas la moindre importance. Les médecins ont donc décrit l’accouchement à travers le prisme des #stéréotypes de genre et à une époque où la #médecine était obsédée par l’hystérie. Il était attendu des femmes qu’elles soient posées, fragiles, discrètes, silencieuses et sujettes aux évanouissements délicats. Ainsi les femmes ont-elles été dépossédées par les hommes de leur capacité naturelle à mettre au monde, et ainsi la position allongée, l’immobilité et le silence furent-ils imposés aux parturientes sous peine de risquer leur vie et celle du bébé. D’où cette peur très répandue de l’accouchement. D’ailleurs, certains croient encore au dilemme obstétrical qui a pourtant été sérieusement remis en question en 2006[5]. Des textes ethnologiques témoignent également de la capacité des femmes à mettre au monde leur enfant seule, dans la jungle, derrière un buisson, dans la rivière, sans l’aide de personne et sans difficulté apparente. Les femmes, libérées des mythes patriarcaux, savent mieux que n’importe quel spécialiste diplômé comment se positionner pour l’expulsion du bébé : accroupie, dans l’eau ou à quatre pattes[6].

    L’environnement et le milieu socio-culturel ont également un impact considérable sur la grossesse et au moment de l’accouchement. Des études épigénétiques ont permis de démontrer l’importance de l’accouchement par voie naturelle pour l’immunité du jeune enfant, mais aussi le rôle de l’intervention sur la parturiente. Avec le développement de l’agriculture, une simplification alimentaire a entraîné des risques importants de malnutrition et a rendu le sevrage difficile[7]. Quoi qu’en disent les obstétriciens, la femme n’est pas condamnée à mourir en couches ou à souffrir atrocement sans l’aide de la médecine moderne.


  • Sudan Protests: How Women-Only Facebook Groups Are Helping Demonstrators Try To Bring Down Omar Al-Bashir
    https://www.buzzfeednews.com/article/tamerragriffin/sudan-protests-women-facebook-groups

    The Facebook groups are exclusive to Sudanese women, and were set up long before the protests began. Conversations within them used to be dominated by inquiries about men the members were romantically interested in. But since December the focus has shifted to outing members of Sudan’s National Intelligence Security Service, police, and plainclothes officers who have been abusing protesters.

    #femmes #soudan #facebook #violences_policières


  • Raped, beaten, exploited: the 21st-century slavery propping up Sicilian farming | Global development | The Guardian
    https://www.theguardian.com/global-development/2017/mar/12/slavery-sicily-farming-raped-beaten-exploited-romanian-women

    ça date de 2017

    A vulnerable female workforce

    An Italian migrant rights organisation, the Proxyma Association, estimates that more than half of all Romanian women working in the greenhouses are forced into sexual relations with their employers. Almost all of them work in conditions of forced labour and severe exploitation.

    Police say they believe that up to 7,500 women, the majority of whom are Romanian, are living in slavery on farms across the region. Guido Volpe, a commander in the carabinieri military police in Sicily, told the Observer that Ragusa was the centre of exploitation on the island.

    “These women are working as slaves in the fields and we know they are blackmailed to have sex with the owners of the farms or greenhouses because of their psychological subjugation,” he says. “It is not easy to investigate or stop this from happening, as the women are mostly too afraid to speak out.”

    Many of the Romanian women leave children and dependent families at home and feel forced into making the desperate choices that have carved deep lines of grief into Bolos’s face.

    #Sicile #agriculture #femmes #esclavage #viol #roumaines


  • Affaire Denis Baupin. L’ex-députée Isabelle Attard témoigne : « C’était un procès surréaliste » – actu.fr
    https://actu.fr/societe/affaire-denis-baupin-lex-deputee-isabelle-attard-temoigne-cetait-proces-surrealiste-debut-fin_21499392.html/amp

    Pensez-vous que cet éclairage aura une nouvelle incidence sur la libération de la parole de la femme ?

    Je fais attention avec ce mot parce que si le procès nous a appris une chose, c’est que toutes les femmes ont parlé. À plusieurs personnes. Ce n’est pas une question de libération de la parole, mais de savoir si les autres sont prêts à écouter. D’un point de vue sociétal, il est là l’enjeu : faire en sorte que nous soyons écoutées. Et crues. Quel que soit l’endroit où l’on parle, le milieu professionnel ou familial. Il faut absolument que l’on soit prise au sérieux lorsque l’on va dans un commissariat.

    #Féminisme


  • Workshop de photo par #Fausto_Podavini organisé par #Witness_Journal —> « association de #promotion_sociale » (sic).

    Voici la photo mise en avant sur twitter pour faire la promotion du workshop :

    Et la photo mise en avant sur le site de WJ :


    https://twitter.com/witnessjournal/status/1096096908328747010

    #photographie #exotisme #femmes #hommes #nudité #orientalisme #seins #soutien-gorge #sexe #zizi

    ping @albertocampiphoto @philippe_de_jonckheere


  • La #Ligue_du_LOL était aussi une machine à broyer des femmes

    Il y a dix ans, être une femme ciblée par la Ligue du LOL revenait à mettre le doigt dans un engrenage bien particulier. Influence, pouvoir, harcèlement et photos intimes volées : de nouveaux #témoignages recueillis par Numerama montrent l’étendue d’un système où des #femmes, volontaires ou non, étaient tour à tour convoitées, dénigrées, moquées, harcelées.

    https://www.numerama.com/politique/463806-la-ligue-du-lol-etait-aussi-une-machine-a-broyer-des-femmes.html


  • EN LIBRAIRIE : Coïts d’#Andrea_Dworkin
    https://tradfem.wordpress.com/2019/02/14/en-librairie-coits-dandrea-dworkin

    « COMMUNION »
    [chapitre 4 de Coïts , édition Syllepse , traduction Martin Dufresne]

    En Amérike, pratiquement tout le monde est convaincu – du moins à ce qu’il semble – que le sexe (la baise) est une bonne chose, que l’on se doit d’aimer : une valeur morale ; un indice de santé humaine ; presque un critère de citoyenneté. Même ceux et celles qui croient au péché originel et à une théologie d’enfer et de damnation expriment cette conviction bien amérikaine, un optimisme qui luit dans l’obscurité : le sexe est bon, sain, salutaire, agréable, joyeux ; nous l’aimons, nous y prenons plaisir, nous en voulons, nous nous en réjouissons ; il est aussi simple que nous, qui habitons cet étrange pays dénué de mémoire et d’intelligence.

    Le débat actuel entre la droite et la gauche en matière de sexe ne touche pas la nature de la baise elle-même. Il s’en tient à déterminer si cette bonne chose est également bonne à l’extérieur du mariage ou entre personnes de même sexe (quelle que soit la façon dont elles s’y prennent). « En d’autres termes », écrit Marabel Morgan, ne citant rien moins que les Saintes Écritures, « le sexe est pour les relations conjugales seulement, mais à l’intérieur de ces liens tout est permis. Le sexe est aussi pur que du pur fromage de campagne » (Morgan, 1975 : 126). Son livre La Femme totale (un manuel destiné aux femmes qui veulent amener leur mari à les baiser tout en conservant une attitude joyeuse et leur croyance en Dieu) a suscité des ateliers qui ont essaimé partout aux États-Unis, y compris dans certaines Églises. On y enseigne à des chrétiennes conservatrices comment incarner les prétendus fantasmes de leur mari à l’aide de costumes et d’accessoires. La gauche, elle, préfère multiplier les partenaires ; et la célèbre page couverture du magazine pornographique Hustler, où une femme est plongée dans un hachoir pour en ressortir en purée, témoigne de ses goûts alimentaires. À droite comme à gauche, une citoyenne a intérêt à témoigner de sa loyauté envers le coït. Toute ambivalence ou dissidence mine sa crédibilité ; une bonne attitude est requise avant qu’elle puisse s’exprimer – dans des revues, à la télé, dans des organisations politiques. Cette bonne attitude est à peu près à l’image d’une majorette des Cowboys de Dallas ; ne pas l’avoir est antiaméricain, voire tordu. La pression sociale à la conformité est féroce, omniprésente et vertueuse. Ce chauvinisme simpliste pro-sexe tant de la droite que de la gauche fait disparaître le sens véritable de l’affirmation d’une vie humaine, ou toute perception de sa complexité, de l’enchevêtrement des émotions en jeu. « Il est impossible, écrit #James_Baldwin, que l’on puisse affirmer une chose à propos de laquelle on refuse de se poser des questions ; on est condamnés à rester muet sur toute chose que l’on n’a pas, par un acte de l’imagination, faite sienne » (Baldwin, 1973a : 161).

    édition Syllepse : http://www.syllepse.net/coits-_r_62_i_755.html


  • Google et Apple valident une appli qui piste les femmes en Arabie saoudite
    https://usbeketrica.com/article/google-apple-application-piste-femmes-arabie-saoudite

    L’application saoudienne Absher permet aux hommes de surveiller que leur femme ne quitte pas le pays. Elle est disponible sur l’App Store et le Google Play Store. Plusieurs ONG ont appelé Apple et Google à la retirer. Baptisée Absher, l’application est éditée par le gouvernement saoudien. Ses fonctionnalités administratives sont multiples. Les utilisateurs peuvent y déclarer la naissance d’un enfant, payer leur place de parking ou renouveler leur permis de conduire. Mais ils peuvent aussi y (...)

    #Apple #Google #AppleStore #GooglePlayStore #smartphone #famille #surveillance #Amnesty (...)

    ##HumanRightsWatch


  • Comment un #allié renforce le boy’s club en faisant mine de le dénoncé.
    Extrait d’un article sur la ligue du lol sur slate
    http://www.slate.fr/story/173397/ligue-du-lol-harcelement-scolaire-persecution-reproduction

    Le sociologue Éric Debarbieux, précurseur des travaux sur la violence scolaire en France, précise que le harcèlement à l’école est très souvent fondé sur le genre. Ce n’est pas seulement le comportement de boy’s club passé au crible par les féministes, mais une adhésion à la « norme viriliste », m’explique-t-il. Une question centrale dans la violence scolaire, qui s’exerce aussi entre filles et contre les garçons perçus comme non conformes à des critères de virilité.

    Je trouve ce petit paragraphe assez insidieux.

    Sur les violences scolaires en France ce monsieur est peut être le précurseur au masculin , mais j’ai vraiment du mal à croire que les précurseur·euses dans le domaine ne sont pas des chercheuses en particulier chez les chercheuses féministes. Les chercheuses ne compte pas, on compte seulement quant c’est des hommes qui s’approprient ce que les femmes trouvent comme l’indique la phrase suivante.

    Ce n’est pas seulement le comportement de boy’s club passé au crible par les féministes, mais une adhésion à la « norme viriliste », m’explique-t-il.

    Dans cette phrase il discrédite les féministes à qui il confisque l’idée de « norme viriliste » pour se l’attribué. Faisant comme si le « boy’s club » n’était pas une des modalité d’application des normes virilistes. Comme si les « normes virilistes » n’étaient pas identifiés et analysées depuis deux siècles par les féministes. Parlé de « norme viriliste » au singulier c’est un peu court aussi. Le boy’s club, c’est ce que je tag avec #fraternité

    Sinon l’article est pas mal, il pointe la continuité entre les discriminations sexistes et hétérocentristes de la petite école à la vie adulte. Celui ci prend le même angle :

    http://www.slate.fr/story/173439/ligue-du-lol-pouvoir-humour-heterosexualite-boys-club-masculinite

    #invisibilisation #femmes #harcelement #sexisme #virilité #masculinité




  • Cartographie du surplomb

    http://mouvements.info/cartographie-du-surplomb

    Par Eléonore Lépinard et Sarah Mazouz

    Le concept d’#intersectionnalité, élaboré il y a plus de trois décennies par des théoriciennes féministes de couleur pour désigner et appréhender les processus d’imbrication et de co-construction de différents rapports de pouvoir – en particulier la classe, la race et le genre – connaît certes aujourd’hui une reconnaissance académique, tardive mais importante, dans les sciences sociales françaises, comme en témoignent les nombreuses publications et les traductions qui se revendiquent du concept[4]. Cependant, une fraction du monde universitaire, limitée mais importante par les positions institutionnelles qu’elle occupe, contribue à décrédibiliser scientifiquement cette approche en l’assimilant à une forme intellectuelle de communautarisme qui essentialiserait les identités. Pourquoi tant d’énergie dépensée à vouloir dévaloriser une approche qui a prouvé son utilité aussi bien scientifique que politique ? Comment analyser les résistances suscitées par la notion d’intersectionnalité et les discours déformants dont elle fait l’objet ?

    #féminisme #sciences_sociales


  • UN PODCAST A SOI

    Féminismes, #genre, #égalité : tous les premiers mercredis du mois, Un podcast à soi mêle documentaires et entretiens, récits intimes et paroles d’expert.e.s, textes inspirants et réflexions personnelles, pour évoquer les questions de société liées à l’égalité entre les #femmes et les #hommes. Travail, éducation, santé, écologie, sport, parentalités, sexualités, violences, discriminations...Charlotte Bienaimé invite à la réflexion sur un enjeu de société majeur.


    https://www.arteradio.com/emission/un_podcast_soi
    #podcast #audio #féminisme #arte_radio


  • «C’est juste une blague»

    Insultes. Dénigrement. #Sexisme déguisé sous forme de mauvaises blagues. #Racisme. #Homophobie. Autour des années 2010, quelques dizaines de journalistes (masculins) issus du landerneau parisien ont sévi sur le web. Ils ont harcelé des internautes, en majorité des femmes, jusqu’à ce qu’elles craquent, qu’elles abandonnent les réseaux sociaux, tombent parfois en dépression. Non contents de leur faire du mal pour leur petit plaisir, ils leur barraient ensuite l’accès aux rédactions où ils monopolisaient les postes, les condamnant ainsi au silence.

    Désormais, #MeToo oblige, l’indignation générale répond au scandale qui émerge sous la bannière de la « #Ligue_du_LOL », nom du groupe à partir duquel des raids haineux étaient lancés. Et le déferlement médiatique est à la hauteur de la gravité des actes commis.

    Cette affaire est une nouvelle occasion de déconstruire les comportements sexistes omniprésents dans le quotidien des femmes en 2019. Loin de ne toucher que le milieu des journalistes parisiens, cet entre-soi masculin qui valorise des logiques de #domination se retrouve dans d’innombrables domaines. Au travail, dans l’espace public, dans la vie quotidienne : les femmes y sont confrontées et c’est encore pire pour les personnes racisées ou LGBTIQ. Des études ont démontré que les hommes coupent trois fois plus la parole aux femmes qu’inversement. Elles savent qu’elles n’ont pas le droit à l’erreur. Non pas par un effet naturel de leur féminité, mais par #construction_sociale. Parce qu’elles reçoivent quotidiennement et dès leur plus jeune âge l’injonction à rester à leur place, à se faire discrètes, à prendre soin des autres et non à s’exprimer librement. Parce que tant de femmes ont subi d’infinies petites #humiliations, se sont égosillées sur des #injustices subies sans que rien ne change ou en s’entendant répondre « #c’est_juste_une_blague ».

    Le scandale de « la ligue du LOL » montre qu’il n’est plus socialement acceptable de traiter une consœur de « #pupute », ni de rabaisser ses collègues par des remarques déplacées ou en envoyant des photomontages humiliants. A voir si, en présence d’une #blague sexiste, ceux qui s’indignent aujourd’hui sauront élever la voix pour y mettre un terme, sans se laisser aller à l’effet de meute. Reste un pas à franchir : celui où, même rassemblés en groupuscules, les #hommes ne tenteront plus d’asseoir ainsi leur #pouvoir parce qu’il ne leur viendra même plus en tête de traiter une collègue ou une inconnue sur le web de cette façon. La #prise_de_conscience est positive. Décoloniser les esprits de leurs réflexes chargés de sexisme, reste à faire.

    https://lecourrier.ch/2019/02/12/cest-juste-une-blague
    #femmes


    • Un muselage qui s’opérait alors même que s’exprimer publiquement pouvait déjà être un défi pour les personnes visées.

      Car mon féminisme, mes études, et mon travail me l’ont appris : la prise de parole des femmes est une affaire éminemment politique.

      Nous sommes socialisées pour douter systématiquement de notre propre parole. Quand on est une femme, et c’est d’autant plus vrai pour les femmes racisées, queers et non valides, on apprend à préférer le silence. On apprend à se faire petite, discrète, à ne pas attirer l’attention. On apprend à questionner ses compétences et la validité de ses opinions. Je ne compte plus les occasions de parler où j’ai choisi de me taire. Pas parce que je n’avais rien à dire, non, mais parce que j’étais fondamentalement persuadée de n’avoir aucune légitimité à m’exprimer.

      Mes études en école de sciences politiques n’ont fait que renforcer ce sentiment. Durant les cours, il était fréquent que des types s’expriment avec aisance sur des sujets qu’ils ne maîtrisaient pas forcément pendant que beaucoup de filles restaient silencieuses. Les concours d’éloquence étaient quasi désertés par ces dernières tandis qu’on se moquait des compétences oratoires des rares femmes professeures d’amphi.

      A cette autocensure, s’ajoute la peur du harcèlement. Une étude d’ Amnesty International,
      https://decoders.amnesty.org/projects/troll-patrol/findings
      sortie en décembre 2018 et qui a analysé plus de 288 000 tweets souligne que “nous avons les données qui permettant de corroborer ce que les femmes nous disent depuis longtemps – Twitter est un espace où le racisme, la misogynie et l’homophobie prospèrent sans entrave.” En particulier, ce sont les femmes noires qui sont les plus touchées par le cyberharcèlement : elles ont 84% de risque de plus que les femmes blanches d’être visées par des tweets abusifs ou problématiques.

      Une des conséquences directes du harcèlement en ligne, c’est que beaucoup préfèrent se taire plutôt que de risquer d’être prises pour cible. Une étude de l’Institut danois des droits humains sur les discours de haine sur internet
      https://www.humanrights.dk/sites/humanrights.dk/files/media/dokumenter/udgivelser/equal_treatment_2017/hate_speech_in_the_public_online_debate_eng_2017.pdf
      montre que les femmes s’abstiennent plus que les hommes de participer au débat public en ligne, à cause de la violence des propos qui y sont exprimés.

      #ligue_du_lol #invisibilisation #silencisation #femmes #inégalités #parole #réduction_au_silence


  • Femmes en recherche au Québec : où en sommes-nous ?
    Fanny Eugène, ACFAS, le 8 février 2019
    https://www.acfas.ca/publications/decouvrir/2019/02/femmes-recherche-au-quebec

    Les femmes, les Autochtones et les personnes racisées sont encore sous-représentés au sein du corps professoral des universités et des collèges canadiens, les femmes racisées formant le groupe où cette sous-représentation est la plus marquée. De plus, bien que les femmes soient plus présentes qu’il y a dix ans, elles demeurent fortement minoritaires dans le secteur des sciences naturelles, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM). Cette sous-représentation ne se limite pas aux carrières dans l’enseignement supérieur : les femmes occupent seulement 23% de tous les emplois en STIM au Canada. Cette situation n’a que très peu évolué au cours des deux dernières décennies, en raison notamment de la faible proportion des femmes parmi la relève étudiante dans ces domaines.

    #Femmes #Science #Discriminations #Sexisme #Recherche #Université #Canada #Québec


  • Roses d’acier

    Depuis la naissance de notre fille, Rose, d’improbables bonnes fées veillent sur elle. Elles sont chinoises, travailleuses du sexe et font partie de notre vie. Car mon homme, Tim, bosse depuis dix ans avec elles à Médecins du Monde. Il y a quatre ans, j’étais enceinte quand elles ont créé leur propre association, #Les_Roses_d'acier. Quelques mois plus tard, notre fille est née et on a décidé de l’appeler Rose. Notre Rose et les #Roses_d'acier ont en commun une chanson de pop chinoise, un goût prononcé pour les gâteaux d’anniversaire gonflés à la chantilly, et des histoires de résistance. Entre soirées de karaoké endiablées et manifs de travailleur.se.s du sexe, c’est le récit de cette rencontre miraculeuse et de combats communs. « Nous sommes les Roses d’acier, aux quatre coins du monde, notre sourire s’étend sans jamais rien céder. »

    https://www.arteradio.com/son/61660901/rose_d_acier
    #prostitution #femmes #migrations #France #Chine #audio

    • 21 juin 2015 - Les Roses d’Acier sortent de l’ombre - 铿锵玫瑰

      Extraits de l’intervention d’Aying, présidente des Roses d’Acier, lors de l’Assemblée Générale unitaire qui s’est tenue ce jeudi 18 mai : Je m’appelle Aying, je suis une travailleuse du sexe à Belleville, je suis la présidente de l’association « Roses d’acier », et je suis également sans papier. Aujourd’hui, je représente plus de 300 travailleuses du sexe à Belleville, nous vous remercions d’être là. Le 20 mai au matin, beaucoup de policiers sont arrivés à Belleville, et ont commencé à faire partir des femmes qui travaillaient sur le trottoir. Ils contrôlaient systématiquement les papiers, ils ont pris des photos avec leurs portables privés, certains ont déchiré la copie des papiers pour que les femmes ne puissent plus rester sur le trottoir. Ils ont dit à certaines femmes qu’elles ne pourraient plus travailler ici désormais. Jusqu’à aujourd’hui, tous les jours de 9 heures à 23 heures, les policiers viennent pour empêcher les femmes de travailler. [...] Les policiers ont appris le mot « Pute » en chinois, et ils disent : « Pute ! Dégage ! » Ils contrôlent les femmes même quand elles ne travaillent pas. Les femmes sans papiers ont peur de sortir pour faire leurs courses ou même aller à la pharmacie. Jusqu’à aujourd’hui, 6 femmes parmi nous ont été conduites au centre de rétention. Nous sommes à peu près 300 femmes à travailler à Belleville. Certaines sont là depuis plus de 10 ans. Nous sommes pour la plupart des mères, et même des mères célibataires. Les femmes sont responsables et elles assument cette responsabilité pour leurs familles, leurs enfants. Nous ne voulons simplement pas que nos enfants connaissent les mêmes difficultés. [...] Quelques semaines auparavant, avec quelques femmes travailleuses du sexe nous avons participé à un conseil de quartier du 19e arrondissement, Les élus présents ont énoncé leur engagement à éradiquer les travailleuses du sexe du quartier. Nous y avons été présentées comme des victimes de réseaux de proxénètes et comme une menace pour la sécurité du quartier. Nous aurions aimé dialoguer avec les élus en tant que représentantes des femmes travailleuses du sexe, mais malheureusement, on ne nous a pas offert cette opportunité. Certains partis politiques ont formulé des vœux pour un travail plus social et inter-associatif pour résoudre ces problèmes, mais tout cela a été refusé. Comme si nous éliminer devenait la seule solution. Certains élus ne veulent pas prendre une seconde pour écouter ce que nous avons à dire. Est-ce parce que nous sommes des travailleuses du sexe ? J’aimerais demander de prendre un instant pour nous écouter, même si nous sommes travailleuses du sexe, pour expliquer qu’actuellement les femmes ont plus peur de la police que des agresseurs éventuels. Nous sommes des travailleuses du sexe, mais nous sommes également des mères, des femmes, des chinoises migrantes, et des êtres humains avant tout. Le désir de certains de nous réduire à une seule identité totalisante, nous faire porter toutes ces idées négatives, nous considérer comme une menace et inciter d’autres associations à ne pas travailler avec nous est de la discrimination. Nous sommes également des habitantes du quartier, notre voix doit être considérée, même si c’est une voix de femme, de prostituée, de migrante, refuser de dialoguer avec nous, de prendre en compte notre difficulté, c’est aussi de la discrimination. Nous n’avons jamais demandé de l’aide, et nous sommes responsables de nous-mêmes, de ce que nous faisons de nous-mêmes, pourquoi nous faire subir ce traitement ? La discrétion est primordiale pour les chinoises qui exercent ce métier. Mais maintenant les femmes prennent le risque de sortir de l’ombre, nous avons créé un collectif pour justement dialoguer, avec une dimension sociopolitique, nous allons dans la rue pour manifester et répondre aux médias, tout ça pour dire que nous sommes là, et nous sommes prêtes à regarder les problèmes ensemble. Nous, les femmes chinoises, avons la capacité de réfléchir à la situation et à nos comportements. [...] Mais nous ne pouvons pas réaliser tout cela sans vous ni sans votre soutien. Ce dont nous avons besoin actuellement, ce n’est pas d’argent, d’un bureau, ni d’un regard de pitié, ni de leçons morales, ni d’une curiosité sur nos vies privées, ni du sauvetage de nos âmes mais d’un espace social, sécurisé, non-discriminant, et tolérant ! Un espace social qui nous permette de regarder les problèmes ensemble, de les résoudre ensemble, et de reconstruire ensemble.

      https://www.youtube.com/watch?v=1ji1Cu9zErw


  • Uganda accused of promoting sex tourism with ’curvy women’ ...
    http://news.trust.org/item/20190207175109-1s11y

    Uganda must cancel a beauty contest that seeks to attract more visitors by showcasing “curvy women” because it objectifies women and promotes sex tourism, campaigners said on Thursday.

    Tourism Minister Godfrey Kiwanda sparked outrage on Wednesday when he unveiled the “Miss Curvy Uganda” contest, saying the east African nation had “naturally endowed” women who should be used as “a strategy” to boost tourism.

    Women’s rights activists, politicians, church leaders and ordinary Ugandans said the contest was “state-sponsored objectification of women” and was treating women as though they were wildlife. Some are calling on Kiwanda to resign.

    More than 1,000 people have signed an online petition calling on the tourism ministry to abandon the pageant and apologise to the public.

    “In Uganda, the ministry of tourism has added ’curvy women’ on the list of ’tourism attractions’. I personally feel attacked. This is degrading women,” said Primrose Murungi, an entrepreneur and activist who started the online petition.

    #Ouganda #femmes #attractions_touristiques #curvy_women


  • Mega-thread sur « La ligue du lol »
    du réseau Feminisme de reddit :

    Pour celleux qui n’ont pas suivi : la « Ligue du lol » était, il y a une dizaine d’années, un groupe composé d’hommes, principalement des journalistes, très en vu sur twitter et qui faisait subir un harcèlement immonde aux femmes, féministes, personnes racisées et LGBT. L’affaire a été ressuscitée il y a quelques jours par un article (au demeurant très critiquable) de Libé, et depuis une discussion émerge sur le sujet sur twitter. Il s’avère que certains des journalistes/rédac chef les plus en vue, dirigeant des journaux « de gauche » soit-disant féministes, font partie d’une clique de harceleurs qui avait entre autre pour habitude de poster des photo-montage porno des femmes harcelées. Soulignons d’ailleurs que cette ascension sociale a probablement été aidée par cette pratique du harcèlement qui 1) permettait de marginaliser ou d’écarter de la profession les femmes victimes et 2) construisait un réseau de connivence et solidarité masculine. Les femmes témoignent de ce qu’elles ont subi et de l’impact dévastateur que ce harcèlement a eu sur leurs parcours pro et leurs vies. Les agresseurs font pour certains de pseudo excuses. On attend toujours les réparations et les licenciements : Mélusine compare très justement ça à l’affaire Meklat, qui s’est fait ostraciser par toute la presse pour bien moins pire.

    https://www.reddit.com/r/Feminisme/comments/ap2icr/megathread_sur_la_ligue_du_lol
    #harcèlement #cyber_harcèlement ##ligueduLOL #Ligue_du_LoL #metaliste

    • Ligue du LOL : « Au début, on échange sur les réseaux sociaux, au fur et à mesure, ça se gâte »
      http://www.slate.fr/story/173364/ligue-du-lol-temoignage-journaliste-harcelement-raids

      Entre 2011 et 2013, j’ai subi du cyber-harcèlement répété qui démarrait, à chaque fois, par des tweets ou messages d’un membre de la Ligue du LOL. C’était souvent des blagounettes en 140 caractères, puis des commentaires injurieux, d’autres sur ma sexualité ou encore des commentaires sur le blog féministe que je tenais à l’époque, « Les diablogues du vagin ». Ensuite, il y a eu des « raids » organisés autour de certains tweets féministes ou d’articles que je publiais en ligne, une critique ciblée mais récurrente. À l’époque, nous évoquions des concepts féministes qui commençaient à peine à émerger dans le débat public français : le patriarcat, la culture du viol et le manspreading.

      Souvent des membres de la Ligue du LOL faisaient des blagues, d’autres critiquaient mes capacités professionnelles, j’avais encore des choses à apprendre. Plusieurs fois, ils ont suggéré que j’avais eu des relations sexuelles avec mon chef de service d’alors pour avoir mon poste en CDD à Libération.

      Lors des quatre ou cinq « raids » que j’ai subis, ils ramenaient dans leur sillage des internautes vulgaires et injurieux. Cela faisait cinquante, soixante-dix ou cent tweets dans la journée. C’est par ces anonymes, trop soucieux de plaire aux influenceurs et de se défouler sur des féministes, que j’ai été insultée (« pute », « salope ») et que j’ai reçu deux appels au viol. C’est rien par rapport aux vagues de cyber-harcèlement qui ont lieu aujourd’hui, comme celles visant Nadia Daam, mais c’est dur à gérer.

      [...]

      Pourquoi c’est politique ? Quand certains affirment qu’ils ne visaient pas les féministes, je refuse de le cautionner. Les insultes et diffamations que je cite ci-dessus ont un caractère sexiste évident. Se référer à mon genre ou à ma sexualité pour m’épingler publiquement, c’est sexiste. Critiquer les articles et expressions féministes, cela relève du sexisme, autant que de la tête de mule qui ne veut pas comprendre.

      Avec certaines victimes, nous sommes entrées en contact pour nous serrer les coudes. Pourquoi n’avons-nous pas parlé pendant toutes ces années ? Parce que ces gens-là avaient des postes importants, étaient amis avec des rédacteurs en chef influents ou des personnes à des postes de direction à Slate, à Libération, aux Inrocks, dans la presse people ou magazine –ceux qui sont cités parmi les membres de la Ligue du LOL. Précaires, nous avions peur de perdre des opportunités de travailler. Surtout, à l’époque, le cyber-harcèlement n’était pas encore puni par la loi en France. Il y a un aspect systémique dans le harcèlement pratiqué par des journalistes hommes, blancs, en poste ou en responsabilités, qui s’en prennent à des consœurs plus jeunes et dans la précarité. Parmi leurs autres victimes, il y avait aussi beaucoup d’hommes qui ne correspondaient pas aux normes idéales de la virilité, des personnes LGBT+, d’autres personnes racisées.

      Nous n’avons pas parlé car nous n’avions plus beaucoup de preuves : la quasi-totalité de ces messages a été effacée, de nombreux comptes ont été supprimés. Il y a un problème dans cette impunité. À quel titre un canard de gauche et progressiste peut-il permettre à des journalistes en poste d’écrire des tweets de blagues sexistes, homophobes ou racistes ? Même s’il ne s’agit plus de harcèlement ciblé...

    • Dans le billet du blog Mediapart :

      Un muselage qui s’opérait alors même que s’exprimer publiquement pouvait déjà être un défi pour les personnes visées.

      Car mon féminisme, mes études, et mon travail me l’ont appris : la prise de parole des femmes est une affaire éminemment politique.

      Nous sommes socialisées pour douter systématiquement de notre propre parole. Quand on est une femme, et c’est d’autant plus vrai pour les femmes racisées, queers et non valides, on apprend à préférer le silence. On apprend à se faire petite, discrète, à ne pas attirer l’attention. On apprend à questionner ses compétences et la validité de ses opinions. Je ne compte plus les occasions de parler où j’ai choisi de me taire. Pas parce que je n’avais rien à dire, non, mais parce que j’étais fondamentalement persuadée de n’avoir aucune légitimité à m’exprimer.

      Mes études en école de sciences politiques n’ont fait que renforcer ce sentiment. Durant les cours, il était fréquent que des types s’expriment avec aisance sur des sujets qu’ils ne maîtrisaient pas forcément pendant que beaucoup de filles restaient silencieuses. Les concours d’éloquence étaient quasi désertés par ces dernières tandis qu’on se moquait des compétences oratoires des rares femmes professeures d’amphi.

      A cette autocensure, s’ajoute la peur du harcèlement. Une étude d’ Amnesty International,
      https://decoders.amnesty.org/projects/troll-patrol/findings
      sortie en décembre 2018 et qui a analysé plus de 288 000 tweets souligne que “nous avons les données qui permettant de corroborer ce que les femmes nous disent depuis longtemps – Twitter est un espace où le racisme, la misogynie et l’homophobie prospèrent sans entrave.” En particulier, ce sont les femmes noires qui sont les plus touchées par le cyberharcèlement : elles ont 84% de risque de plus que les femmes blanches d’être visées par des tweets abusifs ou problématiques.

      Une des conséquences directes du harcèlement en ligne, c’est que beaucoup préfèrent se taire plutôt que de risquer d’être prises pour cible. Une étude de l’Institut danois des droits humains sur les discours de haine sur internet
      https://www.humanrights.dk/sites/humanrights.dk/files/media/dokumenter/udgivelser/equal_treatment_2017/hate_speech_in_the_public_online_debate_eng_2017.pdf
      montre que les femmes s’abstiennent plus que les hommes de participer au débat public en ligne, à cause de la violence des propos qui y sont exprimés.

      #invisibilisation #silencisation #femmes #inégalités #parole #réduction_au_silence


  • L’Europe des femmes | Lisez !
    https://www.lisez.com/livre-grand-format/leurope-des-femmes/9782262066666

    Il n’existait pas encore de recueil de documents sur l’histoire des femmes du XVIIIe siècle à nos jours, pas plus en France qu’en Europe. Avec cet ouvrage, nous revenons aux sources. Fictions, chansons, discours, essais, correspondances – dans leur langue originale et leur traduction française – mais aussi documents iconographiques se font ici l’écho de trois siècles d’histoire européenne et des aspirations ou, au contraire, des obstacles à une plus grande égalité entre les sexes.
    Qu’il s’agisse de textes devenus classiques, comme ceux d’Olympe de Gouges, d’Alexandra Kollontaï et de Virginia Woolf, ou d’autres moins connus, tous font entendre la diversité des expériences du peuple des femmes, de toutes conditions (#domestiques, #paysannes, #artistes, #ouvrières, #intellectuelles…), aussi bien à Paris qu’à Moscou, Madrid ou Londres. Ce livre interroge l’éducation des #filles, l’influence des religions, le rapport au corps, l’expérience de guerre, les féminismes et les luttes menées au nom de l’égalité civile et #politique, ou encore la reconnaissance conquise dans les arts et les #sciences, offrant ainsi à la riche et passionnante histoire des #femmes une somme unique et essentielle.

    #livre