• Violences faites aux femmes : Des actrices se mobilisent contre les féminicides

    Parmi elles figurent Bahia Rachedi, Souhila Maalem, Fatiha Oured, Narjes Asli, Leila Touchi et Salima Abada. Cet appel sera suivi par la publication prochaine d’une vidéo, dans laquelle elles dénoncent toutes les formes de violences à l’égard des femmes.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/10/23/violences-faites-aux-femmes-des-actrices-se-mobilisent-

    #féminisme #algérie

  • A vous mes sœurs-cières, mes en-sœur-celeuse, sœurs de lutte, de rage et de combat
    https://ricochets.cc/A-vous-mes-soeurs-cieres-mes-en-soeur-celeuse-soeurs-de-lutte-de-rage-et-d

    Un superbe texte paru sur Floraisons : Je te jette sur papier, colère impuissante Extraits : Je regarde la vie passer autour de moie. Les gens saisir des trains, prendre des occasions à la volée, continuer de voler comme les nuées d’oiselles qui nous rendent visite. Plus je les observe moins je comprends. Tout le monde s’observe avec méfiance, je ne connais presque plus personne, la plupart de mes amies sont parties. J’étouffe sous les couches du béton, sous la chaleur qui s’y incruste, je ne peux (...) #Les_Articles

    / #Féminisme, #Ras-le-bol

    https://floraisons.blog/colere-impuissante

  • Peut-on hacker les inégalités comme on hacke une imprimante ?
    http://maisouvaleweb.fr/peut-on-hacker-les-inegalites-comme-on-hacke-une-imprimante

    Pour écrire Hacking Diversity : The Politics of Inclusion in Open Technology Cultures[1] (Princeton University Press, 2020, non traduit), l’ethnographe Christina Dunbar-Hester[2] s’est penchée sur des cultures marginales au sein des mondes numériques, celles des technologies ouvertes. Elle aborde les rapports de pouvoir qui se jouent autour des dispositifs technologiques, et la capacité de ces communautés à transformer la société en s’appuyant sur ces derniers. En filigrane, la chercheuse pose une (...)

    #féminisme #racisme #technologisme #sexisme #discrimination #lutte #hacking

  • JEUDI APRES-MIDI AU BORDEL : une survivante raconte la violence des clients

    Huschke Mau est une survivante d’environ 10 ans de prostitution en Allemagne, où l’industrie du sexe est légalisée. Elle est maintenant une activiste passionnée contre l’institution prostitutionnelle et soutient le modèle nordique. Elle est la fondatrice du Network Ella, une organisation rassemblant des survivantes de la prostitution et elle tient un blog https://huschkemau.de/fr.

    C’est une page du journal qu’elle tenait quand elle ne s’appelait pas encore Huschke, et qu’elle attendait le client dans un bordel sous le nom de Svenja, Charlotte, ou autre.

    Les mots de ce journal sont crus – mais si on n’utilise pas ces mots, on cache ce qu’est vraiment la prostitution.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/10/22/jeudi-apres-midi-au-bordel-une-survivante-raconte-la-vi

    #prostitution #féminisme

  • Dans une société juste, il n’y a pas de place pour le porno

    Le libéralisme sexuel est cette idéologie qui exonère les exploiteurs de toute responsabilité à l’égard des personnes qu’ils violentent et exploitent sexuellement. C’est une idéologie qui est particulièrement véhiculée par l’industrie du porno, n’en déplaise à quelques adeptes libertariens qui voient dans ce secteur un apprentissage à la sexualité, un travail, ou un empowerment.

    Note sur : Gail Dines : Pornland – comment le porno a envahi nos vies

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/10/20/dans-une-societe-juste-il-ny-a-pas-de-place-pour-le-por

    #féminisme #pornographie

  • Caroline De Haas : « Nous sommes des milliers d’Alice Coffin »

    La demande d’égalité entre les sexes tout autant que la lutte contre les violences faites aux femmes n’a jamais été aussi forte, quitte à déranger, estime la militante féministe dans une tribune au « Monde » pour qui la parole de l’auteure du « Génie lesbien », Alice Coffin, est légitime et nécessaire dans ce combat

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/10/19/caroline-de-haas-nous-sommes-des-milliers-dalice-coffin

    #féminisme

  • Chers hommes : alors vous pensez vraiment avoir envie d’une « femme forte et indépendante »

    Ce blog est écrit pour les hommes, s’adressant directement aux hommes. Aux hommes qui s’intéressent aux femmes (hétérosexuelles ou bisexuelles).

    Plus précisément encore, les hommes qui disent avoir envie d’une femme forte et indépendante. Les hommes qui trouvent sexy les femmes puissantes et déterminées.

    Les hommes qui écrivent sur les forums qu’ils recherchent des femmes qui s’assument financièrement, qui ne « les dépouilleront » pas et qui ont leur propre carrière et leur propre pensée.

    Les hommes qui disent aimer une femme intelligente et éduquée parce qu’elles sont « fougueuses ». Yeah.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/10/17/chers-hommes-alors-vous-pensez-vraiment-avoir-envie-dun

    #féminisme

  • L’action de groupe, nouveau moyen de combattre les inégalités entre femmes et hommes au travail

    La crise du Covid-19 a permis de mettre en évidence un paradoxe prégnant : les femmes restent en première ligne sur le front des inégalités au travail et dans la vie, alors qu’elles ont joué un rôle crucial dans la gestion de cette crise.

    En France, les femmes sont toujours payées globalement 26% de moins que les hommes, chiffre révélateur d’inégalités systémiques. Tout d’abord, un plancher collant les empêche de progresser : elles sont enfermées dans le temps partiel et la précarité. Un plafond de verre limite leur progression de carrière et leur accès aux postes les plus qualifiés et rémunérés. Des parois de verre les contraignent à occuper les professions les moins valorisées (administration, éducation, social, soins, santé…). Enfin, leurs primes et autres parts variables de rémunération sont moins importantes, d’où des inégalités encore plus conséquentes chez les femmes cadres…

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/10/16/laction-de-groupe-nouveau-moyen-de-combattre-les-inegal

    #féminisme #travail

  • Regarde ce que tu m’as poussé à faire : pourquoi il est temps que la lutte contre la violence familiale focalise sur l’agresseur

    Recension de See What You Made Me Do : Power, Control and Domestic Abuse [Regarde ce que tu m’as poussé à faire : pouvoir, contrainte et violence familiale], par Jess Hill, (Black Inc)

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/10/14/regarde-ce-que-tu-mas-pousse-a-faire-pourquoi-il-est-te

    #féminisme

  • La « misandrie » : une hostilité édentée
    http://www.regards.fr/idees-culture/article/la-misandrie-une-hostilite-edentee

    La frénésie qui entoure la publication des livres d’Alice Coffin et de Pauline Harmange, accusées de nourrir une condamnable « misandrie », témoigne d’une grande fébrilité quant à l’énonciation des luttes antisexistes dans le champ médiatique. Une panique massive dont la disproportion interroge.

    Qu’une femme puisse publiquement envisager une vie où elle choisit de réduire les influences masculines, qu’elle refuse de conditionner la formulation de son engagement au confort des hommes, est vécu comme une inacceptable menace à leur position hégémonique. En réalité, cette panique semée par un discours féministe renouvelé n’est que la traduction de la crainte de perdre une position centrale trop peu questionnée.

    Étiqueter ce discours du label de la « misandrie » comme s’il était possible de dresser un parallèle avec les forces misogynes est intellectuellement inepte. La misogynie est le fruit d’un système structuré contre les femmes, et ses mots font écho à des violences aussi concrètes que documentées. Par conséquent, les discours sexistes s’inscrivent dans un continuum dont l’aboutissement est le féminicide.

    De tous temps, les revendications féministes ont scandalisé la société majoritaire avant de finalement revêtir une apparence acceptable. Dès lors que l’on conteste l’ordre établi, il est impossible de créer le consensus.

    Or, il n’y a pas d’oppression sans pouvoir. Les hommes ne sont pas opprimés du fait de leur genre. La condition masculine n’a jamais été un désavantage qui puisse conduire à un traitement structurellement défavorable. Ni Alice Coffin, ni Pauline Harmange, ni aucune femme ne disposent du pouvoir de produire un rapport de force menaçant au point d’infléchir un système millénaire.

    Albert Memmi parlait de « racisme édenté » pour désigner la possible hostilité que pourraient éprouver des minorités contre des membres du groupe dominant. C’est une haine dépourvue de toute force, car elle est portée par des personnes qui n’ont pas le pouvoir social d’administrer un traitement discriminatoire aux personnes qu’elle vise. Du fait de dynamiques similaires, la prétendue misandrie des féministes n’est en rien comparable au patriarcat qui conditionne l’intégralité des relations sociales actuelles et qui s’insinue dans tous les rapports humains, à tous les niveaux de la société.

    Dans un tel contexte, on ne peut que comprendre que des femmes décident de préserver leurs espaces personnels et mentaux des discours et actes qui sont la caisse de résonnance de la condition subalterne qu’elles dénoncent.

    #misandrie #misogynie #domination_masculine #masculinisme #féminisme #backlash

  • « De l’amoureux protecteur au pimp violent : la mise sous emprise des femmes trafiquées à des fins d’exploitation sexuelle »

    Résumé
    Cet article découle d’une recherche-action sur la traite à des fins d’exploitation sexuelle au Québec. S’appuyant sur des cas documentés (données originales ou secondaires), il expose cinq types de leurres que les proxénètes mettent en place pour recruter de jeunes Québécoises, les introduire dans le système prostitutionnel, et éventuellement les trafiquer par des déplacements à l’intérieur des frontières canadiennes. Ces leurres sont : 1) le piège amoureux ; 2) la promesse de revenus élevés et d’un style de vie glamour ; 3) l’aide au « chum » endetté ; 4) la servitude pour dette ; 5) l’instrumentalisation des autres femmes prostituées. L’article montre ainsi comment l’amoureux protecteur se transmue en un proxénète qui recourt, dans des délais pouvant être très courts, à différentes formes de violence, dans le but de contraindre sa recrue à générer des revenus considérables qu’il s’accapare. Enfin, les auteures livrent une réflexion féministe et matérialiste sur le modus operandi du pouvoir masculin dans des situations de traite ou de prostitution, alors que duperie et manipulation psychologique jouent un rôle majeur dans l’obtention du pseudo consentement des femmes à être prostituées, un rôle tout aussi déterminant que les sévices physiques.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/10/13/de-lamoureux-protecteur-au-pimp-violent-la-mise-sous-em

    #féminisme #prostitution

  • Alice Coffin : « Les lesbiennes sont la plus lourde menace contre le patriarcat »
    https://www.youtube.com/watch?v=jMUB4etKle4

    Alice Coffin est journaliste, militante féministe, activiste au sein du collectif La Barbe, co-fondatrice de l’association des journalistes LGBT, de la Conférence européenne lesbienne ou encore la LIG – Lesbiennes d’intérêt général. Elle vient de publier « Le Génie Lesbien » (Éditions Grasset) et elle est l’invitée de #LaMidinale.

    http://www.regards.fr

    Sur les critiques et la violence
    « C’est dur (…). Ce qui marque, ce ne sont pas les attaques, c’est l’inhumanité de certains et je pense notamment à des journalistes. Je ne comprends pas bien la façon d’opérer entre être humains. »
    « Les sujets que j’évoque sont des sujets très durs et je comprends qu’ils fassent réagir parce que ce sont des sujets sur lesquels beaucoup de personnes n’ont pas envie de s’interroger. »
    « Ça serait bien qu’on puisse toutes et tous prendre sur nous et réfléchir deux minutes à la façon dont on agit les uns, les unes avec les autres et avoir une réflexion sur les conséquences que peuvent engendrer nos actes. »
    « Je parle beaucoup de “responsabilités” dans le livre - et notamment de la responsabilité des journalistes et des médias. Ce qui se passe ces derniers jours, c’est une absence totale de responsabilité et un oubli absolu : celui que les journalistes ont beaucoup de pouvoir, notamment celui sur les vies individuelles. »
    « Quand les journalistes choisissent de m’interroger d’une certaine manière, ça a des conséquences sur la façon dont le débat public peut s’organiser et ça a des conséquences sur moi : et pour moi, c’est incompréhensible. »
    « Le temps du combat est infini. C’est ce qui rajoute parfois du désespoir. Je vais mourrir avant que le combat soit gagné. Mais comme le dit ma compagne, Sylvia Casalino, on ne peut pas raisonner en terme de victoire. »
    « On fait face à une montagne gigantesque. »
    « Ce qui me fait tenir, c’est d’être dans l’action avec d’autres militantes. Le fait d’écrire un livre isole un peu et ça concentre les attaques à titre personnel avec des stratégies d’acharnement. »
    « Il n’y a pas de discussion possible. On ne se parle pas. Ça s’appelle une oppression, c’est-à-dire l’impossibilité d’organiser un dialogue et le refus, et presque la compétition, entre des histoires et des vies humaines différentes. »

    Sur la lesbophobie
    « C’est très compliqué pour les femmes hétérosexuelles mais c’est vrai qu’il y a beaucoup de choses qui ont à voir avec le fait que je sois lesbienne. »
    « Ce qui caractérise la lesbophobie, c’est souvent une oppression pas très connue qui n’est pas juste la somme de l’homophobie et du sexisme. Il y a de l’homophobie et du sexisme mais il n’y a pas que ça. C’est un oppression à part entière et c’est pour ça qu’il existe un mot pour la qualifier : lesbophobie. C’est l’invisibilisation qui marque en particulier : le fait de ne même pas autoriser les lesbiennes d’exister. Même le mot lui-même on a du mal à l’employer. »
    « Les lesbiennes constituent la plus grande terreur du patriarcat. »

    Sur Elisabeth Moreno, les contradicteurs et le courage en politique
    « J’espère qu’elle a lu mon livre mais je ne suis pas sûre. »
    « C’est intéressant ce refus, cette incapacité, de voir d’où vient la violence et toujours la renvoyer à celles qui essayent de s’en prémunir et de s’en protéger un peu. C’est ça la force du patriarcat. »
    « Il y a une impunité totale : ça va être dur et long parce que non seulement ils déchainent leurs forces contre les femmes mais en plus ils leur interdisent de pouvoir s’épanouir si on les dénonce. »
    « Ils [Elisabeth Moreno et d’une manière générale, les contradicteurs] n’ont pas compris ce qu’il se passait dans le monde en termes d’oppressions sexistes. Parce que s’ils l’avaient compris ils ne pourraient agir comme ils le font. »
    « Il y a un problème de courage politique. Il y a un problème de pleine lucidité de ce qu’il se passe et il y a un problème de la manière dont on le dit. »
    « Ce matin [sur France Inter], Elisabeth Moreno était au bord de dire que la domination masculine est partout. »

    Sur l’affaire Girard/Mazneff et les élu-es parisiens
    « Il y a de la lâcheté et il y a une frayeur parce qu’il y a une peur en politique. Ils sont terrorisés. »
    « Je découvre qu’ils [les élu-es] sont terrorisés de faire le moindre petite geste, ou de prononcer une parole qui pourrait être réutilisée, interprétée. »
    « Il y a de la part des élus parisiens une forme de lâcheté et une peur qu’on a même essayé de m’inculquer : on m’a dit “fais attention, tu sais Christophe Girard est très puissant”. »

    La suite du VERBATIM à retrouver ici : http://www.regards.fr/la-midinale/art...

    #féminisme #femmes #homosexualité #patriarcat #lesbiennes #lesbianisme

    • Pour retrouver l’URL qui fonctionne, je suis tombé sur l’article de Valeurs Actuelles au sujet de son livre. En fait, je ne suis tombé, dans mon moteur de recherche soucieux de la vie privée, que sur des articles de journaux de droite rance. Le comble. Des articles qui te disent qu’Alice Coffin est misandre, qu’elle hait les hommes.

      Cet entretien est passionnant, et on a du mal à trouver la moindre trace de haine dans ses propos.

      Voici l’URL telle que je la retrouve sur le site de Regards.fr
      http://www.regards.fr/la-midinale/article/alice-coffin-les-lesbiennes-sont-la-plus-lourde-menace-contre-le-patriarcat

    • Et aussi :

      Sur son éviction de l’Institut Catholique de Paris
      « Quand je l’ai appris le 4 septembre, je me suis effondrée dans la rue. »
      « Je sais comment cela se passe lorsqu’une institution décide de se positionner contre un individu dans un cadre professionnel. »
      « J’enseigne à la Catho depuis huit ans et là, ils vont me chercher après un été où le combat était contre des violences pédocriminelles… Et c’est l’Eglise qui fait cela ! Le message envoyé est terrible. »
      « J’ai reçu énormément de mails d’étudiants et d’étudiantes de l’Institut Catholique qui m’ont écrit que c’était fou parce que mes cours étaient impartiaux alors qu’ils et elles ont des profs hyper racistes, hyper misogynes, hyper homophobes et que eux, on les laisse dérouler leur argumentaire. »
      « On sait comment les militantes féministes et les militantes lesbiennes finissent : dans le dénuement et la précarité. »
      « Je vais aller devant les prud’hommes [contre l’ICP]. »
      « Ce qui est dommage, c’est que j’aurais adoré discuter avec eux. Parce qu’il y a des choses que je peux comprendre : je suis devenue plus visible, ils reçoivent plein de pressions de donateurs, de parents, de l’archevêque ou que-sais-je ! Mais il faut en parler ! Je ne comprends pas ces méthodes qui consistent à mettre immédiatement la tête sous l’eau. »
      « L’interview avec Sonia Mabrouk ou mon éviction de l’Institut catholique, même combat. La seule chose qui me donne un peu d’espoir, c’est que la chose compliquée, c’est que le piège est de leur côté : leur argumentaire ne tient pas. »
      « Il y a une volonté de ne pas vraiment nous donner la parole parce qu’une féministe, c’est une femme qui dit la vérité sur la vie. »
      « Le message des colleuses féministes, c’est : vous ne voulez pas les entendre dans les micros ou à l’Elysée, et bien on va quand même les inscrire sur tous vos murs pour les voir. »

    • Les médias complices du cyberharcèlement d’Alice Coffin
      https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/151020/les-medias-complices-du-cyberharcelement-dalice-coffin

      Il y a quelques semaines, le nom d’Alice Coffin ne vous disait peut-être rien. Journaliste, militante lesbienne et féministe et élue à la mairie de Paris, son CV suffisait pourtant à justifier qu’on parle de son travail. Depuis, son nom a déferlé sur les réseaux sociaux, noyé dans un flot de propos haineux et lesbophobes. La raison de cette soudaine “notoriété” ? Pas la sortie de son premier ouvrage, Le Génie lesbien (Grasset), mais ses prétendues velléités d’éradication des hommes. Ce sont les médias qui sont à l’origine de ces grotesques accusations.

      Paris Match ouvre le bal, dans un papier daté du 2 octobre, en citant un extrait tronqué du Génie Lesbien (1) : « Il ne suffit pas de nous entraider, il faut, à notre tour, les éliminer. » L’article prend rapidement de l’écho, suite à la revue de presse de Radio Classique, le même jour. Le compte Twitter de la chaîne poste dans un désolant geste simplificateur « Alice Coffin estime qu’il faut “éliminer les hommes” ». S’ensuit un harcèlement massif de la journaliste et militante, présumée meurtrière, voire génocidaire. À noter qu’avant cela, le chef du service portrait de Libération n’avait pas hésité à provoquer sur Twitter une première vague de cyberharcèlement à l’encontre de l’autrice du Génie Lesbien, en la qualifiant d’ « identitaire peu démocrate » et de « Zemmour lesbien », étalant sa lesbophobie décomplexée.

      Alice Coffin génocidaire, vraiment ?

      « Il ne suffit pas de nous entraider, il faut, à notre tour, les éliminer. Les éliminer de nos images, de nos esprits, de nos représentations », aurait été une citation plus honnête de ce passage du livre d’Alice Coffin. Mais bien moins piège à clics, à n’en pas douter, pour Paris Match et Radio Classique. Ces médias à forte audience, comme d’autres, ont préféré susciter l’indignation pour générer de l’engagement, faisant fi de leur devoir d’informer correctement. A-t-on déjà assisté à un procédé aussi malhonnête et paresseux pour un auteur masculin ? Seuls les ouvrages féministes, que cela soit celui d’Alice Coffin ou de Pauline Harmange (Moi les hommes, je les déteste, Éditions du Seuil), semblent avoir le droit à un tel traitement.

      Pour Prenons la Une, l’Association des Journalistes LGBTI et l’association Féministes contre le cyberharcèlement, tronquer de la sorte les propos d’une autrice représente un manquement à la déontologie journalistique. En relayant en masse ces propos tronqués, sans prendre la peine de lire l’ouvrage – ou a minima le passage* – dont ils sont issus, les autres médias n’ont pas fait leur travail de vérification d’information.

      Nous souhaitons pointer la paresse avec laquelle la plupart des chaînes d’information ont fait leur choux gras de l’affaire en reprenant sans recul des poncifs vieux comme le monde servant à dénigrer et décrédibiliser la pensée féministe (les féministes sont hargneuses, laides, folles, détestent les hommes, veulent les éliminer…). Nous nous interrogeons, enfin, sur les positions contradictoires de certains médias. Par son silence complice face aux propos de son éditorialiste, Libération, pourtant signataire de la charte de l’AJL contre l’homophobie, suscite notre incompréhension.

      Ces manquements reviennent à placer une cible sur le front d’une autrice, militante féministe et lesbienne. Un risque que tout professionnel de l’information en 2020 ne peut faire semblant d’ignorer.

      Les conséquences de la légèreté journalistiques et du cyberharcèlement

      Insultes, diffamations, menaces de mort, de viols… Notre consœur avait déjà été placée sous protection policière cet été et l’est de nouveau depuis la vague de harcèlement du week-end dernier. Le cyberharcèlement, faut-il le rappeler, peut avoir de graves conséquences sur l’intégrité physique et morale de ses victimes. Plus d’un tiers d’entre elles présentent tous les symptômes du syndrome de stress post-traumatique (2).

      Le cyberharcèlement a également des impacts concrets sur la vie professionnelle. C’est le cas pour Alice Coffin qui, après huit ans à enseigner au sein de l’Institut Catholique de Paris, vient de perdre cet emploi. Motif invoqué ? Un « militantisme trop visible ». L’ICP connaissait le travail militant d’Alice Coffin lorsqu’ils l’ont recrutée. Ce n’était pas une nouveauté. La nouveauté, c’est que les sphères de pouvoir s’attaquent à son travail et à sa personne. La moindre des choses venant de son employeur serait de ne pas l’abandonner au moment même où elle a besoin de soutien.

      Les associations signataires de cette tribune proposent depuis plusieurs années que le cyberharcèlement soit reconnu comme un accident du travail, que l’employeur mette à l’abri la personne harcelée et lui propose son soutien moral et juridique.

      Le traitement des questions féministes / lesbiennes par les médias

      Le cyberharcèlement est un délit passible de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende (3). Comme pour tous les délits, le sexisme et la lesbophobie en sont des circonstances aggravantes. Alice Coffin est femme et lesbienne et les attaques qu’elle subit la renvoient directement à cette double identité. 57% des internautes lesbiennes, gays et bi déclarent s’autocensurer en ligne par peur du cyberharcèlement (4).

      Alice Coffin relaye une pensée féministe qui suscite l’intérêt et la curiosité du grand public ces deux dernières années. La crispation des médias français à s’emparer de ces questions, comme ils l’ont démontré dans le traitement de la vague #MeToo et d’autres questions comme l’ouverture de la PMA, est extrêmement inquiétante. Faut-il en conclure que les médias français font encore barrage aux idées féministes, d’autant plus lorsqu’elles sont portées par une femme lesbienne ? La situation actuelle nous pousse à penser que cette pensée militante n’est digne d’intérêt que lorsqu’elle est tamisée de polémiques et de déformations croustillantes.

      Le fait que les médias soient majoritairement détenus et dirigés par des hommes n’est pas étranger à un tel traitement. Le manque de diversité parmi les journalistes occupant des postes à responsabilité est un problème structurel de nos professions, que PLU et l’AJL appellent à faire évoluer.

      Ce traitement médiatique valide malheureusement tout le propos du livre d’Alice Coffin : la façon dont les œuvres féministes sont systématiquement détournées et déformées pour mieux être invalidées reste intacte. Particulièrement quand les autrices remettent en cause les points de vue dominants, donc ceux des hommes blancs et hétérosexuels. Et a fortiori quand celles-ci ont l’audace non seulement de s’en passer, mais en plus d’être lesbiennes.

  • Il faut qu’on parle (d’argent)

    En France, pays où le rapport à l’argent est trouble et complexe, les discussions financières sont souvent auréolées d’un sentiment de gêne.
    Il y a là une de ces relations ambiguës, presque paradoxales, de celles que certain.es entretiennent avec le sexe. On le désire, et on le déteste. On en voudrait, mais on en a peur. C’est bon, mais c’est (considéré comme) sale.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/11/06/il-faut-quon-parle-dargent

    #féminisme

  • GLAD ! https://www.revue-glad.org/71

    GLAD ! Revue sur le langage, le genre, les sexualités est une revue consacrée aux travaux scientifiques, artistiques et politiques articulant recherches sur le genre et les sexualités et recherches sur le langage. C’est une revue en ligne, inter- et transdisciplinaire, principalement francophone, qui cherche à créer un espace de discussion sur ces thématiques, ainsi qu’un espace de traduction, d’exploration de la langue et de réflexion critique sur les critères de légitimité linguistique et académique.

    #revue #féminisme #sexisme #langage #genre

  • Pédocriminalité, SAP, masculinistes : LE POUVOIR ANCESTRAL DU PERE

    Interview de Patric Jean par Francine Sporenda

    Patric Jean est philologue de formation (Université libre de Bruxelles ULB), Premier prix au Conservatoire royal de Bruxelles, maîtrise en réalisation cinéma à l’INSAS (Bruxelles). Fondateur de NEMO (en 1993), un journal de rue vendu par des sans-abris en Belgique. Il a réalisé de nombreux films (dont La domination masculine, sorti en 2009) et a publié trois livres Pas client, plaidoyer masculin pour abolir la prostitution, Les hommes veulent-ils l’égalité ? Et La loi des Pères qui vient de paraître aux éditions du Rocher.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/10/12/pedocriminalite-sap-masculinistes-le-pouvoir-ancestral-

    #féminisme

  • Pour ou contre le patriarcat ?

    Parfois, à la manière d’un vieux chien endormi, le patriarcat chancelant est pris d’un sursaut soudain. Il se réveille alors, se dresse sur ses papattes tremblantes et s’en va fouiller, de sa truffe humide et froide, les décombres (relatives) de son règne finissant.

    « Qu’est-ce que je pourrais bien faire ? » se lamente t-il, tout perturbé. C’est que, ces dernières années, sa marge de manœuvre s’est considérablement réduite. C’est alors qu’une idée de génie lui vient : et s’il allait emmerder les femmes à propos de leurs tenues ? C’est novateur, c’est inédit, et puis ça leur apprendra à réclamer l’égalité, tiens. Le voilà qui commande alors un sondage à l’IFOP sur (je cite) « L’autorisation du port des divers types de vêtements féminins pour les filles dans les lycées publics ».

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/10/11/pour-ou-contre-le-patriarcat

    #féminisme

  • #MEGHAN_MURPHY : Si nous ne pouvons pas toutes nous entendre, débarrassons-nous au moins du vitriol en ligne.
    https://tradfem.wordpress.com/2020/10/07/si-nous-ne-pouvons-pas-toutes-nous-entendre-debarrassons-nous-au-

    Je suis d’accord. Et ce n’est pas seulement sur internet. Les luttes intestines et les divisions ne sont pas nouvelles pour le féminisme, pas plus que les problèmes de contrôle, les différences politiques, les commérages et la jalousie. Mais les comportements qui accablent les mouvements politiques et les êtres humains ont été amplifiés et rendus plus toxiques par les médias sociaux. Il est très facile de tweeter quelque chose sous le coup de la colère ou par désir de se stimuler l’ego ou de s’envoyer une injection de dopamine, facile de s’amuser en ligne comme on ne le ferait jamais dans la vie à propos de comportements et d’activités des autres qui ne sont pas d’ancrage dans la réalité. Les médias sociaux engendrent la division, le drame, la polarisation et l’hyperbole. Comme si nous avions besoin de plus d’aide pour y arriver.

    Nous sommes tous et toutes victimes de cette dérive – c’est pratiquement inévitable. Une chose que nous a apprise le film The Social Dilemma, c’est que les médias sociaux sont conçus à cette fin : ces entreprises et ces applications visent à nous attirer et nous retenir sur Twitter, Instagram, Facebook, Tinder… (Choisissez votre poison.) Ils veulent que nous revenions sans cesse, en quête d’engagement et de validation. Il n’est pas surprenant qu’aujourd’hui, beaucoup d’entre nous choisissent ce qu’ils veulent écrire en ligne non pas en fonction de l’intérêt, de la productivité, de la nécessité ou même de la véracité de leurs propos, mais en fonction de l’intérêt qu’ont les gens à accumuler des « likes », des abonnés et des retweets. Nous sommes accros, et l’attrait de la forme particulière de validation que nous trouvons en ligne semble trop grand pour être ignoré au profit de la classe, du tact, de la stratégie ou de l’éthique. Nous en sommes venus à rechercher par-dessus tout ces poussées temporaires d’attention, de flatterie ou de brassage de merde, et il est clair que cela fait un gâchis au sein du féminisme.

    Les médias sociaux engendrent la division, le drame, la polarisation et l’hyperbole. Comme si nous avions besoin de plus d’aide pour y arriver.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.feministcurrent.com/2020/10/05/if-we-cant-all-get-along-lets-at-least-cut-the-online-vitriol
    #médias_sociaux #division_féministe #féminisme_radical #misogynie #pollution_des_médias #alliance_féministe

  • Lettre à nos compañeras zapatistes

    Aux femmes zapatistes

    Aux femmes qui vivent dans les différents coins du monde

    Ceux qui pensent avoir le cœur d’une femme

    Celles d’entre nous qui adhèrent à cette Lettre sont des femmes du Chiapas, du Mexique et du monde entier, réunies par la force de la petite lumière qui nous a été donnée par les femmes zapatistes lors de la Première Rencontre Internationale, Politique, Artistique, Sportive et Culturelle des Femmes qui luttent en 2018, et aussi par le message d’espoir et d’engagement pour la défense de la vie qui nous a été donné lors de la Deuxième Rencontre Internationale « Traces du cheminement de la Commandante Ramona » en 2019.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/10/07/lettre-a-nos-companeras-zapatistes

    #féminisme #international

  • Sourire face à l’histoire, face au désastre qui nous unit

    Dans son éditorial, « Quand la police muselle les soignantes », Camille Wernaers parle de manifestations, de revendications, de soignantes, de violences, de double discours. « A quoi servait ce coûteux dispositif policier ? Après avoir félicité le personnel de santé pour son travail, est-ce que nos politiques préféreraient qu’il se taise ? Des questions qui nous concernent toutes et tous »

    Note sur : Axelle 232, octobre 2020
    ossier : Autisme au féminin : la grande inconnue

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/10/07/sourire-face-a-lhistoire-face-au-desastre-qui-nous-unit

    #féminisme

  • Mouvement des femmes : Survol de la conjoncture internationale
    Présentation à l’assemblée de la Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes du 9 septembre 2020.
    Rappel historique : La Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes est née à la suite de la marche « Du pain et des roses » de 1995. Elle a inspiré la construction d’un mouvement mondial pour dénoncer les violences et la pauvreté des femmes.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/10/06/mouvement-des-femmes-survol-de-la-conjoncture-internati

    #féminisme #MMF

  • Fatima Ouassak - « La question du racisme structurel fait partie de la question sociale »
    https://www.lemediatv.fr/articles/2020/fatima-ouassak-la-question-du-racisme-structurel-fait-partie-de-la-questio

    Des militantes à l’avant-garde des combats féministes, antiracistes et écologistes : dans « La puissance des mères », l’autrice Fatima Ouassak les réhabilite comme véritables sujets politiques. Entretien et extraits choisis.

    #Discriminations #Écologie #Enfance #Féminisme #Violences_policières

  • Sous le masque, l’inégalité et le prix fort payé par les femmes

    Un biilan

    La pandémie et la crise liée ont souvent pris ces dernières mois la première place dans l’information et les préoccupations de certains gouvernements, pas tous. Pour beaucoup d’autres, mensonges, rodomontades, absence d’empathie, ego sur gonflé, comportements mafieux, sidèrent.

    Les urgences ont plu et pleuvent, certes. Il faut un peu de recul pour évaluer, ici ou là, la gestion de la crise. Mais sous cette vague de préoccupations mondiales, la violence sous toutes ses formes et la soif de pouvoir de quelques-uns se poursuivent sur fond de dérèglement climatique qui pousse à l’exode, tue et détruit.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/10/05/sous-le-masque-linegalite-et-le-prix-fort-paye-par-les-

    #féminisme

  • CHILDFREE : le droit à la non-maternité
    Interview de Bettina Zourli par Francine Sporenda

    Bettina Zourli a 29 ans, elle se définit comme une femme blanche cisgenre et féministe. Elle se consacre à la déconstruction au quotidien de nombre d’injonctions sociales sur les réseaux sociaux et notamment sur son compte Instagram @jeneveuxpasdenfant. Elle a publié un premier essai en mai 2019 aux éditions Spinelle, intitulé « Childfree, je ne veux pas d’enfant », dans le but de banaliser le désir de ne pas être parent.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/10/02/childfree-le-droit-a-la-non-maternite

    #féminisme

  • Quelles leçons de vie reçoivent les filles à l’école ?

    Là où je vis, le mois de septembre est celui de la rentrée scolaire, et cette année, ce rituel annuel a eu une signification particulière car il a fait suite à une période de plusieurs mois où les écoles étaient fermées à la plupart des enfants en raison de la pandémie. De nombreux comptes-rendus ont montré à quel point les élèves appréciaient retrouver leurs camarades dans de vraies salles de classe avec de vrai-e-s professeur-e-s. Mais nous savons toustes (souvent par expérience directe) que pour bien des jeunes, cela n’aura pas été le cas. Il y a beaucoup de facteurs qui peuvent faire du retour en classe une perspective moins qu’agréable. L’un de ces facteurs est le sexisme.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/10/01/quelles-lecons-de-vie-recoivent-les-filles-a-lecole

    #féminisme