• Nettie Stevens, une généticienne de génie, pourtant méconnue

    https://www.femmes-medecins.com/portrait/femmes-d-exception/413-nettie-stevens-une-geneticienne-de-genie-pourtant-meconnue.html


    https://fr.wikipedia.org/wiki/Nettie_Stevens

    Nettie Maria Stevens est une généticienne américaine, née le 7 juillet 1861 à Cavendish (Vermont) et morte à Baltimore (Maryland) le 4 mai 1912. Elle a fait l’une des grandes découvertes biologiques du début du xxe siècle : que le sexe de chaque individu est déterminé par des caractères chromosomiques. Vivant à une époque où toutes les femmes scientifiques étaient des exceptions et devaient tailler leur place1, elle s’est fait reconnaître pour ses contributions scientifiques.

    La contribution de Nettie Stevens à la science génétique naissante fut très importante bien que largement inconnue, en partie à cause de la notoriété de ses mentors, Thomas Hunt Morgan et Edmund Beecher Wilson, et en partie à cause de son décès précoce.

    (50 ans)

    Tu noteras que Nettie Stevens se retrouve en situation précaire à peine deux ans avant la publication de sa découverte de la détermination sexuelle X-Y des chromosomes …

    De retour aux États-Unis, Nettie Stevens rejoint Bryn Mawr, passe son doctorat en 1903 et poursuit ses recherches sur place avec un statut précaire de Research Fellow.

    #femme_scientifique #oubli #détermination_sexuelle

    Et le pourquoi de ma recherche sur la date de cette découverte : une mythologie familiale où le grand-père en 1933 abandonne sa femme et ses trois filles furieux de ne pas avoir de descendance mâle, fait dont il rend sa femme responsable. Et donc, pour mettre les points sur les I, cette découverte prouva que la détermination des sexes venait des spermatozoïdes, donc du fameux grand-père.

    Mais je ne sais pas à quel moment culturellement cela finit par faire loi en France et si même cela aurait changé quoique ce soit au fait qu’un homme puisse abandonner sa famille pour non filiation mâle.

    Cependant, en 1913, il existe encore un tas de théories sur la détermination sexuelle qui paraissent invraisemblables aujourd’hui dont la théorie progame qui considère que l’ovule serait sexuée, le sexe du fœtus existerait donc avant la fécondation. Ou la théorie de Thury, testée avec succès sur des vaches selon la maturité de l’ovule … qui serait femelle puis mâle…

    Le déterminisme du sexe chez l’homme. Discussion de quelques théories [article]
    Max Kollmann
    Bulletins et Mémoires de la Société d’Anthropologie de Paris Année 1913 4-2 pp. 238-254
    https://www.persee.fr/doc/bmsap_0037-8984_1913_num_4_2_8592

  • The Janes, un nouveau documentaire sur l’avortement aux États-Unis
    https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1894511/documentaire-avortement-etats-unis-reactions-realisatrices

    Les réalisatrices de ce documentaire sont découragées et pessimistes face à l’avenir du droit des femmes.

    Sorti sur HBO et Crave, au Canada, le 8 juin dernier, The Janes relate l’histoire d’un réseau clandestin qui permettait aux femmes de se faire avorter dans les années 1960 à Chicago. Réalisé par Tia Lessin et Emma Pildes, ce documentaire décrit la réalité de l’avortement aux États-Unis avant l’arrêt Roe c. Wade en 1973.

    C’est ce même arrêt que la Cour suprême a invalidé vendredi dernier laissant de nombreuses personnalités artistiques américaines inquiètes pour l’avenir du droit à l’avortement dans leur pays.


    Quelques femmes du réseau clandestin d’avortement parmi les sept arrêtées par la police de Chicago en 1972. Photo : HBO

    L’histoire d’un réseau clandestin
    The Janes est l’histoire des femmes composant ce réseau clandestin d’avortement qui utilisaient des noms de code et des couvertures pour se protéger. Elles se faisaient ainsi appeler “Jane” et se cachaient dans des refuges.

    Sept de ces femmes ont été arrêtées au printemps 1972, quand la police a fait une descente dans un appartement du sud de Chicago.
    https://www.youtube.com/watch?v=pRbquE2BAkQ

    Des coréalisatrices découragées
    “Je suis vidée, a déclaré Tia Lessin à Deadline ¨. Cela fait plusieurs mois que nous tirons la sonnette d’alarme. Et même si la fuite de la nouvelle nous a donné un aperçu des choses à venir, je pense que le fait de vivre ce moment maintenant est déchirant.”

    L’autre coréalisatrice de The Janes , Emma Pildes, n’en revient pas que la Cour suprême ait enterré Roe c. Wade. Ce jugement va forcer les femmes vivant dans certains États à se faire de nouveau avorter dans la clandestinité, “avec tout ce que l’on sait sur les conséquences de la criminalisation de l’avortement. Tout va se reproduire. Des femmes vont mourir, être blessées, humiliées et agressées sexuellement.”

    Plusieurs autres films traitant de la question de l’avortement ont été tournés aux États-Unis ces dernières années, dont Roe v. Wade : La véritable histoire de l’avortement (Reversing Roe) _ . On peut voir ce documentaire, réalisé par Annie Sundberg et Ricki Stern en 2018, sur Netflix.

    Certaines femmes plus touchées
    Les réalisatrices de ces deux documentaires pensent que les femmes pauvres et de couleur feront davantage les frais de la décision de la Cour suprême.

    Annie Sundberg explique que son film montre bien que les femmes qui avaient de l’argent pouvaient se payer un avortement. “Même si ce n’était pas toujours sécuritaire.”

    Tia Lessin ajoute que les femmes qui habitent loin des villes et loin des frontières avec les États permettant l’avortement n’y auront pas accès. “Ces femmes ne peuvent pas se permettre de s’absenter de leur travail, de faire garder leurs enfants pour quitter leur domicile un jour ou deux.”

    Tia Lessin s’inquiète des lois interdisant l’avortement dans certains États, lois qui sont encore plus sévères qu’avant 1973. “Ces lois sont beaucoup plus punitives que tout ce qui existait à l’époque des "Janes". Dans certains États, il n’y a aucune exception pour les victimes de viol ou d’inceste. On incite les gens à espionner leur voisinage, les membres de leur famille et à les dénoncer”, soutient-elle.

    Les cinéastes sont également préoccupées par les prochaines décisions que la Cour suprême pourrait rendre, notamment en ce qui concerne les droits des membres de la communauté LGBTQ+ et l’accès aux moyens de contraception.

    “Ce n’est que la pointe de l’iceberg, soutient Emma Pildes. C’est une guerre contre les femmes. C’est dangereux et ça commence vraiment à ressembler à de la tyrannie et à la chute d’une démocratie.”

     #avortement #femmes #ivg #sexisme #contraception #santé #viol #droits_des_femmes #pologne #usa #catholicisme #international #religion #documentaire

  • Etats-Unis : la Cour suprême révoque le droit à l’avortement, les Etats libres de l’interdire | Euronews
    https://fr.euronews.com/2022/06/24/etats-unis-la-cour-supreme-revoque-le-droit-a-lavortement-les-etats-lib

    Cette décision, mettant fin à l’un des grands principes progressistes du pays, intervient le lendemain d’une autre grande victoire pour le camp conservateur. Ce jeudi, la Cour suprême des Etats-Unis avait, en effet, clairement affirmé pour la première fois que les Américains avaient le droit de porter des armes hors de leur domicile, invalidant une loi de l’Etat de New York qui, depuis plus d’un siècle, limitait fortement les permis de port d’arme. Cet arrêt risque de compliquer les efforts pour combattre une violence déjà alarmante.

  • « Les atteintes au corps des femmes sont considérées comme secondaires et leurs maux imaginaires » | Nolwenn Weiler
    https://basta.media/Karen-Messing-Les-atteintes-au-corps-des-femmes-sont-considerees-comme-seco

    Dans un monde du travail pensé par et pour les hommes, les corps des femmes sont singulièrement malmenés et leurs douleurs niées, voire invisibilisées. La biologiste Karen Messing interroge le silence de la recherche sur cet impensé. Entretien. Source : Basta !

  • Les données numériques des femmes, armes de la justice américaine contre l’avortement ?
    https://www.rts.ch/info/sciences-tech/technologies/13190398-les-donnees-numeriques-des-femmes-armes-de-la-justice-americaine-contre

    La Cour suprême américaine pourrait remettre en cause le droit à l’avortement en laissant les Etats légiférer. Ceux qui interdiraient cet acte pourraient poursuivre des femmes en se basant sur leurs données numériques.
    La criminalisation de l’avortement pourrait prendre une tout autre dimension en utilisant les données numériques comme preuves au tribunal. L’achat d’un test de grossesse sur internet, une géolocalisation à proximité d’un centre de Planning familial ou des données de santé provenant d’une application de fitness sont des preuves qui pourraient être utilisées lors d’une action en justice.

    En 2017, une jeune Afro-Américaine du Mississippi a été inculpée de meurtre au 2ème degré de son enfant mort-né. L’accusation s’est basée sur une recherche qu’elle avait réalisée en ligne sur une pilule abortive. Même si elle a été relaxée en 2020, ces épisodes risquent de se généraliser.

    Des données précieuses pour une publicité ciblée
    Les données numériques des recherches effectuées sur Internet sont collectées et exploitées pour proposer de la publicité ciblée ou encore à d’autres fins.

    Selon une étude https://www.privacyinternational.org/long-read/3196/no-bodys-business-mine-how-menstruations-apps-are-sharing-your , les applications de suivi du cycle menstruel envoient des informations très personnelles sur la santé et les pratiques sexuelles des femmes directement à Facebook comme l’utilisation de contraceptifs, les dates de leurs règles, les symptômes et les humeurs.

    Les annonceurs s’intéressent à l’humeur des personnes car cela les aide à cibler stratégiquement les publicités à des moments où elles sont plus susceptibles d’acheter. Par exemple, les femmes enceintes, ou cherchant à le devenir, sont susceptibles de changer leurs habitudes d’achat.

    Pas de protection
    Dans un contexte de criminalisation de l’avortement, ces informations pourraient être intéressantes pour les services de police. Notamment aux Etats-Unis où, contrairement à l’Europe, aucune loi ne protège les citoyennes et les citoyens de l’utilisation de ces données numériques par la justice.

    En Europe, les données de santé sont considérées comme sensibles. Elles sont donc assujetties à des protections particulières par le Règlement Général de Protection des Données (ou le RGPD).

    En Suisse, le droit à l’avortement subit actuellement quelques pressions, sans pour autant être remis en question. Deux initiatives fédérales pour réduire le nombre d’IVG ont été lancées en 2021 : « La nuit porte conseil » et « Sauver les bébés viables ». La récolte des signatures court jusqu’en juin 2023.

    #femmes #usa #avortement #données #surveillance #facebook #santé #bigdata #algorithme #data #google #données_personnelles #profiling #vie_privée #flicage #smartphone #publicité

  • Podcast audio Au terrible temps des sorcières RTS - Histoire Vivante

    Comment en est-on venu, en Suisse, à tuer en toute légalité des milliers de personnes pour des crimes imaginaires ? Dans le podcast "Au terrible temps des sorcières", fruit d’une enquête de plus de trois ans, Cyril Dépraz, journaliste à la RTS, revient sur cette page très sombre de notre histoire qui a débuté en Valais, au XVème siècle.

    C’est en Suisse que la chasse aux sorcières a été la plus féroce, bien plus qu’en France ou qu’en Italie. Durant 250 ans, des femmes, des hommes et parfois même des enfants ont été exécutés après avoir été jugés coupables du crime de sorcellerie. Un crime imaginaire puisque les aveux étaient extorqués sous la torture.


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    C’est entre 1580 et 1650 que la chasse aux sorcières connaît son apogée en Suisse. A Chillon, dans la seule année 1600, le bailli Nicolas de Watteville fait exécuter 40 personnes, dont 35 femmes. A Cossonay, on brûle deux et parfois trois sorcières à la fois pour économiser les frais de bourreau et de bois. A Fribourg, un sorcier sur dix est un enfant.
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    Série documentaire : Cyril Dépraz, Réalisation : Didier Rossat, Production : Magali Philip et Grégoire Molle, Article web : Hélène Krähenbühl

    Ils tuaient aussi des enfants (1/9)
    La Suisse a connu l’une des chasses aux sorcières les plus féroces d’Europe : proportionnellement à la population de l’époque, on y a brûlé dix fois plus de sorcières et sorciers qu’en France, et cent fois plus qu’en Italie. Parmi elles et eux, des femmes, des hommes, et parfois même des enfants.
    https://www.rts.ch/audio-podcast/2022/audio/ils-tuaient-aussi-des-enfants-1-9-25832223.html

    Le Valais s’enflamme (2/9)
    La chasse aux sorcières, c’est la conviction effrayée qu’une société secrète de plusieurs centaines d’individus menacerait les populations en usant de moyens maléfiques. La gravité du danger pousse les autorités civiles et religieuses à une traque sans pitié des sorcières et des sorciers. En Suisse, la chasse débute en Valais, dans la première moitié du XVe siècle.
    https://www.rts.ch/audio-podcast/2022/audio/le-valais-s-enflamme-2-9-25832221.html

    Rumeurs, tortures et bûchers (3/9)
    Chaque affaire de sorcellerie commence par des rumeurs et des dénonciations. Mais pour pouvoir condamner un.e prévenu.e, il est essentiel qu’il ou elle avoue son crime devant un tribunal. Tous les moyens sont bons pour y parvenir et les juges mettent en place une machine judiciaire implacable qui s’appuie principalement sur la torture.
    https://www.rts.ch/audio-podcast/2022/audio/rumeurs-tortures-et-buchers-3-9-25832222.html

    Au coeur du sabbat (4/9)
    Lors des procès, les juges cherchent à faire avouer aux sorcières et aux sorciers leur participation à des sabbats, rencontres secrètes et diaboliques… et totalement imaginaires. Les juges exigent de nombreux détails sur les horreurs qui s’y passeraient et dans quels endroits précis elles se dérouleraient. Ces lieux existent toujours aujourd’hui.
    https://www.rts.ch/audio-podcast/2022/audio/au-coeur-du-sabbat-4-9-25832226.html

    Les voleuses de pénis (5/9)
    Le début de la chasse aux sorcières cible autant les hommes que les femmes. Ce n’est que progressivement que la traque va se féminiser. Comment un livre paru en 1486 a-t-il contribué à ce que les femmes soient visées en grande majorité ?
    https://www.rts.ch/audio-podcast/2022/audio/les-voleuses-de-penis-5-9-25832227.html

    La marque du diable (6/9)
    Avec les progrès de la science, les autorités cherchent une preuve tangible et irréfutable du pacte des sorcières et des sorciers avec Satan. Cette preuve, les juges vont la trouver sur le corps même des accusé.e.s : c’est la « marque du diable ».
    https://www.rts.ch/audio-podcast/2022/audio/la-marque-du-diable-6-9-25832225.html

    Terreur à Gollion (7/9)
    Dans le Pays de Vaud, des centaines de bûchers embrasent les campagnes et les villages. Gollion (200 habitant.e.s) a connu une chasse aux sorcières particulièrement meurtrière, qui a décimé 10% de la population du village en moins de vingt ans.
    https://www.rts.ch/audio-podcast/2022/audio/terreur-a-gollion-7-9-25832224.html

    Et les bûchers s’éteignent (8/9)
    De rares voix ont essayé de s’opposer à la chasse aux sorcières, souvent au péril de leur vie. Et puis, petit à petit, suite à des plaintes, les procès se raréfient, les sorciers et sorcières aussi.
    https://www.rts.ch/audio-podcast/2022/audio/et-les-buchers-s-eteignent-8-9-25832228.html

    L’énigme du mal (9/9)
    La chasse aux sorcières a fait 100’000 morts en Europe. Toutes et tous, victimes innocentes d’une machine judiciaire qui a elle-même créé son ennemi. Comment un tel phénomène, unique dans l’histoire du monde, a-t-il pu surgir et perdurer durant 250 ans ? Comment expliquer ce surgissement de haine, dans toutes les couches sociales ?
    https://www.rts.ch/audio-podcast/2022/audio/l-enigme-du-mal-9-9-25832229.html

    #Suisse #histoire #sorcières #radio #chasse_aux_sorcières #audio #femmes #enfants #buchers #religion #tortures #protestantisme

  • Ils abusent grave, par Erell Hannah & Fred Cham
    http://ilsabusentgrave.com

    Ils abusent grave est une collaboration #BD qui se penche sur les processus et les grandes figures de l’#anti-féminisme, dans l’Histoire et aujourd’hui. Par quels moyens les #misogynes tentent-ils de freiner ou de faire reculer les droits des #femmes ? Qui sont les hommes qui nuisent aux femmes, et comment s’assurent-ils leur impunité ?
    Le blog comporte par ailleurs une section « articles », qui traite plus largement de réflexions féministes.

    Erell Hannah est autrice de textes politiques, de théâtre, et de vulgarisations scientifiques. Après des études de sociologie et de théâtre, elle travaille en tant que comédienne, avant de se consacrer à l’écriture. Depuis 2017, elle se spécialise sur les questions du psychotrauma et des violences faites aux femmes. Passionnée de sciences humaines, Erell aime comprendre comment les histoires individuelles s’inscrivent dans des histoires collectives.

    Fred Cham est humoriste. Entre 2007 et 2018, il tient un blog BD d’autofiction, où il s’intéresse à comment fonctionnent les gens et les interactions sociales. De 2013 à aujourd’hui, il fait du stand-up sur les scènes parisiennes. Passionné de séries et de jeux vidéos, il travaille aussi comme monteur.

  • La Grève féministe se mobilise à nouveau dans les rues de Suisse
    https://www.rts.ch/info/suisse/13171619-la-greve-feministe-se-mobilise-a-nouveau-dans-les-rues-de-suisse.html

    La Grève féministe anime les rues de Suisse en ce 14 juin 2022, qui devient désormais un rendez-vous annuel, avec une mobilisation particulière contre la réforme AVS 21. Des actions sont organisées toute la journée et des cortèges sont prévus en début de soirée dans tous les cantons romands.

    Sur la Place Fédérale, à Berne, « les femmes ont interpellé les passants et les parlementaires pour attirer leur attention sur la pauvreté des femmes à l’âge de la retraite. Celles-ci touchent un tiers de rente en moins que les hommes. Ce sont donc les salaires trop bas et les rentes des femmes qu’il faut augmenter, pas l’âge de leur retraite », a indiqué le syndicat Unia.


    Les femmes travaillent « souvent à temps partiel, sans l’avoir choisi, dans des professions mal rémunérées, pourtant reconnues comme essentielles, comme les soins, la vente ou le nettoyage. Et ce sont elles qui, encore et toujours, assument la plupart des tâches ménagères et familiales, sans aucune rémunération ni reconnaissance », a ajouté le syndicat.

    Grande grève en 2023
    Les femmes se mobilisent donc aujourd’hui, mais se préparent aussi pour une nouvelle grande grève en 2023, a ajouté Unia.

    Des actions et des manifestations ont lieu dans plus de 30 communes suisses. A Soleure, les femmes ont partagé un pique-nique féministe en musique. A Berne, elles ont écrit leurs revendications à la craie sur le sol, pour se réapproprier l’espace public. A Genève, Zurich, Bâle, Lucerne, la Chaux de Fonds, Neuchâtel ou encore à la Vallée de Joux, les femmes se sont également mobilisées.

    Manifestations en soirée
    Cette année, les cortèges débuteront en début de soirée en Suisse romande, entre 17h00 et 18h00, pour que celles et ceux qui travaillent puissent rejoindre le mouvement. Plusieurs actions sont aussi organisées tout au long de la journée par les collectifs locaux et les associations, notamment des ateliers et des stands.

    A Lausanne, les festivités ont été lancées lundi soir devant la cathédrale."Plusieurs centaines de personnes" se sont réunies entre 22h00 et minuit sur l’esplanade pour chanter, danser et discourir au micro, a déclaré à Keystone-ATS Vanessa Monney, militante du collectif vaudois de la Grève féministe.

    Atelier d’initiation à la boxe, performances, exposition de linge sale ou encore chorale anarchiste ont lieu tout l’après-midi. Un défilé partira à 18h30 de la place de la Riponne. Dans la plupart des villes, les manifestations auront lieu aussi à ce moment-là. L’Union syndicale suisse tirera un bilan de l’ampleur des défilés vers 19h.

    Pétition européenne déposée
    Feminist Asylum, une coalition européenne qui regroupe 261 organisations de 18 pays d’Europe, a choisi aussi cette date symbolique du 14 juin pour adresser une pétition féministe européenne pour une reconnaissance effective des motifs d’asile propres aux femmes, aux filles et aux personnes lgbtiqa+ au Conseil fédéral et au Parlement.

    Le texte a déjà été déposé le 18 mai à la Commission européenne des pétitions à Bruxelles, munie de 39’063 signatures récoltées en ligne (35’482) et sur papier (3581) entre novembre 2021 et mai. Il demande aux élus « une attention renforcée à l’égard des personnes victimes de violences fondées sur le genre et un engagement concret et systématique pour la mise en œuvre effective des dispositions du droit international qui garantissent le droit à une protection et à l’asile aux personnes vulnérables »

    La pétition rappelle que les femmes qui prennent la route de l’exil - seules ou avec leurs enfants- pour fuir un mariage forcé, éviter des mutilations génitales, se protéger d’un compagnon violent ou échapper à des menaces de mort en raison de leur orientation sexuelle, subissent souvent des violences lourdes aux frontières de l’UE. Elles sont exposées au trafic d’êtres humains, sont refoulées illégalement ou réorientées en vertu d’accords iniques vers des pays qui ne reconnaissent pas les violences sexistes.

    #Femmes #Gréve #Suisse #pauvreté #Salaire #Retraite #travail #manifestation #lgbtiqa+ #commission_européenne

  • Les Russes ne peuvent pas se permettre de ne pas gagner cette guerre.
    https://www.legrandsoir.info/document-les-russes-ne-peuvent-pas-se-permettre-de-ne-pas-gagner-cette

    Mike Billington avec Executive Intelligence Review et l’Institut Schiller. (Interview) Extraits /

    Billington : Salut, c’est Mike Billington avec Executive Intelligence Review et l’Institut Schiller.
    Je suis ici aujourd’hui avec le colonel Richard Black, le sénateur Richard Black, qui, après avoir servi 31 ans dans les Marines et dans l’armée, a ensuite servi à la Chambre des délégués de Virginie de 1998 à 2006, et au Sénat de Virginie de 2012 à 2020. J’autoriserai également le colonel Black à décrire lui-même son service militaire.


    Alors, colonel Black, bienvenue. Avec la guerre de substitution entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l’OTAN avec la Russie, qui se déroule en Ukraine, et la guerre économique menée directement contre la Russie, cela s’est accompagné d’une guerre de l’information qui vise à diaboliser la Russie et en particulier le président Vladimir Poutine. Un thème récurrent est que l’armée russe mène des campagnes impitoyables de meurtres contre des civils et de destruction de zones résidentielles, faisant souvent référence aux opérations militaires russes en Syrie, affirmant qu’elles avaient fait la même chose en Syrie, en particulier contre Alep. Ce sont soi-disant des exemples de leurs crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

    Vous avez été un porte-parole international de premier plan pendant de nombreuses années, exposant les mensonges sur ce qui s’est passé en Syrie et sur la guerre contre la Syrie. Alors d’abord, permettez-moi de demander : comment et pourquoi la Russie s’est-elle impliquée militairement en Syrie ? Et comment cela contraste-t-il avec la justification supposée des États-Unis et de l’OTAN pour leur intervention militaire en Syrie ? 



    Black : Eh bien, permettez-moi de commencer, si je peux, en disant à nos auditeurs que je suis très patriote : je me suis porté volontaire pour rejoindre les Marines et je me suis porté volontaire pour aller au Vietnam. J’ai combattu dans la campagne la plus sanglante de toute la guerre. Et j’étais un pilote d’hélicoptère qui a effectué 269 missions de combat. Mon avion a été touché par des tirs au sol lors de quatre missions. J’ai alors combattu sur le terrain avec la First Marine Division, et pendant l’une des 70 patrouilles de combat que j’ai faites, mon opérateur radio a été tué et j’ai été blessé alors que nous attaquions et essayions de sauver un avant-poste de Marine encerclé.

    Je suis donc très pro-américain. En fait, je faisais partie de l’OTAN et j’étais prêt à mourir en Allemagne, pour me défendre contre une attaque de l’Union soviétique.

    Mais la Russie n’est pas du tout l’Union soviétique.

    Les gens ne comprennent pas cela parce que les médias ne l’ont pas dit clairement. Mais la Russie n’est pas un État communiste ; l’Union Soviétique était un État communiste.

    Maintenant, une des choses que j’ai vues prétendre, qui m’a particulièrement irrité à cause de mon expérience avec la Syrie : j’ai été dans la ville d’Alep. La ville d’Alep est la plus grande ville de Syrie, du moins avant le début de la guerre. Et il y a eu une bataille formidable. Certains l’appellent le « Stalingrad de la guerre syrienne », ce qui n’est pas une mauvaise comparaison. Ce fut une bataille terriblement amère qui s’est déroulée de 2012 à 2016. Au cours d’un combat urbain, toutes les forces qui se battent sont obligées de détruire des bâtiments. Les bâtiments sont abattus à grande échelle. Et cela se produit à chaque fois que vous avez un combat urbain. J’ai donc arpenté les rues d’Alep, alors que les combats étaient encore en cours. J’ai regardé à travers, à travers une fente dans les sacs de sable, le territoire contrôlé par l’ennemi ; Je me suis tenu sur des réservoirs qui ont été soufflés et ce genre de choses.

    Ce que je sais, et je peux vous dire à propos d’Alep, c’est que la Russie était extrêmement réticente à s’engager dans des combats en Syrie. La guerre a commencé en 2011, lorsque les États-Unis ont débarqué des agents du renseignement central pour commencer à se coordonner avec Al-Qaïda et d’autres groupes terroristes. Et nous avions été des partisans indéfectibles d’Al-Qaïda, bien avant le début officiel de la guerre. Nous sommes des partisans d’Al-Qaïda aujourd’hui, où ils sont embouteillés dans la province d’Idlib. La CIA les a équipés dans le cadre de l’opération secrète Timber Sycamore. Nous leur avons donné toutes leurs armes antichars, tous leurs missiles anti-aériens. Et Al-Qaïda a toujours été notre force par procuration sur le terrain. Avec ISIS, ils ont mené à bien la mission des États-Unis, avec un grand nombre d’affiliés qui sont en quelque sorte interchangeables. Vous avez les soldats de l’Armée syrienne libre qui passent de l’Etat islamique à Al-Qaïda puis à l’Armée syrienne libre, de manière plutôt fluide. Et donc nous avons commencé cette guerre.

    Mais les États-Unis ont une politique stratégique consistant à utiliser des mandataires pour s’engager dans la guerre. Et notre objectif était de renverser le gouvernement légitime de la Syrie, et pour ce faire, nous avons employé des soldats par procuration qui étaient les plus vils de tous les terroristes. Quelque chose de très similaire se produit actuellement en Ukraine.

    Mais pour revenir à Alep, l’armée syrienne, avec le Hezbollah, qui a été très efficace ; il y avait aussi des troupes qui étaient organisées par l’Iran, mais c’était plutôt un spectacle syrien, certainement dirigé par des généraux syriens. Et ils avaient mené cet âpre combat urbain, très brutal, très meurtrier. Et ils l’avaient combattu pendant quatre ans, avant que la Russie ne rejoigne la bataille. Ainsi, après quatre ans, la ville d’Alep a subi d’énormes destructions. Et à ce moment-là, les Russes, à l’invitation du gouvernement légitime de la Syrie, sont entrés en guerre. Mais contrairement à de nombreux reportages dans les médias, ils ne sont pas entrés en guerre en tant que force terrestre. Maintenant, ils avaient quelques petites forces terrestres. Ils avaient la police militaire, ils avaient quelques unités d’artillerie, quelques agents d’opérations spéciales, et pas mal de conseillers et ce genre de choses mais ce n’était pas significatif.

    D’autre part, ils constituaient une force aérienne importante et très efficace, qui complétait l’armée de l’air syrienne. Mais ce n’est vraiment que la dernière année de la guerre, la bataille d’Alep, juste la dernière année, qu’ils sont entrés en force et leur puissance aérienne a été très efficace. Et à ce moment-là, les Syriens avaient assez bien épuisé les forces terroristes. Et l’aide russe a pu faire pencher la balance, et Alep a été la grande victoire de toute la guerre syrienne.

    Mais blâmer les Russes pour la destruction massive qui a eu lieu à Alep, c’est bizarre : parce qu’ils n’étaient pas là, ils n’étaient même pas présents quand cela s’est produit. Il s’agit donc simplement d’une autre partie du récit de propagande, qui a été très efficace pour l’Occident, diabolisant la Russie et faisant des affirmations sans fondement. Mais les gens ne se souviennent pas de l’histoire de ces choses – elles sont plutôt complexes. Donc, non : la Russie n’est en aucun cas responsable de la destruction massive de la ville d’Alep.

    Billington : Comment compareriez-vous les méthodes de guerre suivies par la Russie, par opposition aux forces américaines et alliées en Syrie ?

    

 Black : Eh bien, tout d’abord, l’implication américaine, la guerre des États-Unis contre la Syrie est une guerre d’agression. Nous avons mis en place un centre d’activités spéciales de la CIA très secret – ce sont des types de James Bond de la Central Intelligence Agency, totalement machiavéliques ; ils feront n’importe quoi, il n’y a pas de limite avec ces gars. Nous les avons envoyés et nous avons déclenché la guerre en Syrie. La guerre n’existait pas jusqu’à ce que nous envoyions la CIA pour se coordonner avec les éléments d’Al-Qaïda. Nous avons donc commencé la guerre et nous n’avons pas été invités en Syrie.

    En fait, les États-Unis se sont emparés de deux parties importantes de la Syrie.

    L’une est une partie très importante, le fleuve Euphrate, qui découpe environ un tiers de la partie nord de la Syrie : les États-Unis ont envahi cette partie. Nous avons en fait mis des troupes sur le terrain, illégalement – contre toute loi internationale standard de la guerre – c’était juste une saisie. Et c’est quelque chose auquel John Kerry, qui était alors secrétaire d’État, a fait référence, et il était frustré par la formidable victoire des forces armées syriennes contre Al-Qaïda et ISIS. Et il a dit, eh bien, nous devons probablement passer au plan B.

    Il n’a pas annoncé ce qu’était le plan B, mais il l’avait déployé au fil du temps : le plan B était la saisie américaine de cette partie nord de la Syrie. L’importance de prendre cette partie de la Syrie est que c’est le grenier à blé de tout le peuple syrien. La Syrie avait en fait un excédent de blé important et les gens étaient très bien nourris en Syrie, avant la guerre. Nous voulions enlever le blé, provoquer la famine parmi le peuple syrien.

    L’autre chose que nous avons pu faire, c’est de nous emparer de la majeure partie des gisements de pétrole et de gaz naturel. Ceux-ci ont également été produits dans cette partie nord au-delà de l’Euphrate. Et l’idée était qu’en volant le pétrole puis le gaz, on pourrait fermer le système de transport, et en même temps, pendant les hivers syriens, on pourrait geler à mort la population civile syrienne, qui dans de nombreux des cas vivaient dans des décombres, où ces armées terroristes, avec des divisions mécanisées, avaient attaqué et totalement détruit ces villes, et laissé les gens vivre dans de petites poches de décombres.

    Nous voulions affamer et nous voulions geler à mort le peuple syrien, et c’était le plan B.

    Maintenant, nous sommes devenus frustrés à un certain point que d’une manière ou d’une autre ces Syriens, ces maudits Syriens – c’est un tout petit pays, et pourquoi ces gens sont-ils résilients ? Ils se battent contre les deux tiers de toute la force militaire et industrielle du monde. Comment une nation de 23 millions d’habitants peut-elle résister à cela pendant plus d’une décennie ? Et donc nous avons décidé que nous devions agir ou nous allions perdre totalement la Syrie. Et c’est ainsi que le Congrès américain a imposé les sanctions de César. Les sanctions de César étaient les sanctions les plus brutales jamais imposées à une nation. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les sanctions n’étaient pas aussi strictes qu’elles l’étaient contre la Syrie.

    Nous n’étions pas en guerre avec la Syrie ! Et pourtant, nous avions un blocus naval autour du pays. Nous avons dévalué leur monnaie par le biais du système SWIFT pour les paiements internationaux, les empêchant d’acheter des médicaments. Il y avait donc des femmes syriennes qui contractaient un cancer du sein, tout comme nous en avons ici dans ce pays. Mais au lieu de cela, là où dans ce pays où le cancer du sein est devenu relativement traitable, nous avons coupé les fournitures médicales afin que les femmes en Syrie meurent du cancer du sein parce qu’elles ne pouvaient pas obtenir les médicaments, parce que nous claquons leurs dollars via le système SWIFT.

    L’une des dernières choses que nous avons faites et les preuves sont vagues à ce sujet, mais il y a eu une mystérieuse explosion dans le port au Liban, et c’était une explosion massive d’un chargement d’engrais au nitrate d’ammonium. Il a tué des centaines de Libanais. Il a blessé des milliers et des milliers, détruit l’économie du Liban. Et, plus important encore, il a détruit le système bancaire du Liban, qui était l’une des rares bouées de sauvetage restantes pour la Syrie. Je ne pense pas que cette explosion était accidentelle. Je pense que cela a été orchestré, et je soupçonne que la Central Intelligence Agency était au courant de la nation qui a mené cette action pour détruire le port de Beyrouth.

    Mais partout, vous voyez cette approche machiavélique, où nous utilisons une force et une violence illimitées. Et en même temps, nous contrôlons les médias mondiaux, où nous effaçons toutes les discussions sur ce qui se passe vraiment. Donc, à l’homme ou à la femme dans la rue, ils pensent que tout va bien. Tout est fait pour des raisons altruistes, mais ce n’est pas le cas.

    Billington : Une partie de votre service militaire a été en tant qu’officier du JAG, et pendant un certain temps, vous avez été le chef de la division du droit pénal de l’armée au Pentagone. Et dans cette optique, que voyez-vous de la façon dont ces sanctions de César – comment les considéreriez-vous du point de vue du droit international et du droit militaire ?

    Black : Eh bien, maintenant, je n’étais pas l’expert en droit international. J’étais l’expert en droit pénal. Mais je dirais que faire la guerre à une population civile est un crime d’une grande importance dans le droit de la guerre.

    L’une des choses que nous avons faites lorsque nous nous sommes alliés à Al-Qaïda, et par intermittence avec ISIS ; Je veux dire, nous avons combattu ISIS de manière très sérieuse, mais en même temps, nous les avons souvent employés pour les utiliser contre le gouvernement syrien. C’est donc une sorte d’amour-haine. Mais nous avons toujours travaillé avec les terroristes. Ils étaient le noyau.

    L’une des politiques qui a été suivie était que sous cette version extrême de l’islam, ce wahhabisme, il y avait cette notion que vous pouvez possédez une femme si vous la saisissez avec votre bras droit, celui qui est fort au combat. Et cela remonte au VIIe siècle. Et donc nous avons facilité le mouvement des terroristes islamiques de 100 pays, et ils sont venus et ils ont rejoint ISIS, ils ont rejoint Al-Qaïda, ils ont rejoint l’Armée syrienne libre, tous ces différents. Et l’une des choses qu’ilss savaient quand ilss sont arrivées, c’est qu’ilss avaient légalement le droit d’assassiner les maris – je ne parle pas de militaires, je parle de civils – ils pouvaient assassiner les maris, ilss pouvaient les tuer, et alors ils pourraient posséder et posséder leurs femmes et leurs enfants. Et ils l’ont fait en grand nombre.

    Et donc il y a eu une campagne de viols, c’était une campagne organisée de viols à travers la nation syrienne. Et il y avait en fait des marchés d’esclaves qui ont surgi dans certaines de ces zones rebelles où ils avaient en fait des listes de prix des différentes femmes. Et curieusement, les prix les plus élevés sont allés aux plus jeunes enfants, car il y avait un grand nombre de pédophiles. Et les pédophiles voulaient posséder des enfants en bas âge, car en vertu des lois qui étaient appliquées, ils étaient autorisés à violer ces enfants à plusieurs reprises. Ils ont pu violer les veuves des soldats ou des civils tués, les posséder, les acheter et les revendre entre eux. Cela a continué.

    Je ne dis pas que la CIA a créé cette politique, mais ils ont compris que c’était une politique répandue, et ils l’ont tolérée. Ils ne l’ont jamais critiqué d’aucune façon.

    C’était si grave que j’en ai parlé avec le président Assad, qui m’a dit qu’ils étaient en train de le faire – lors de ma visite en 2016 ; J’étais dans un certain nombre de zones de combat et dans la capitale. Et j’ai rencontré le président, et il a dit qu’à ce moment-là, ils travaillaient sur une législation au parlement, pour changer la loi sur la citoyenneté. Ils avaient toujours suivi la loi islamique, qui était celle selon laquelle la citoyenneté d’un enfant découlait du père. Mais il y avait tellement de dizaines, de centaines de milliers de femmes syriennes engrossées par ces terroristes qui ont été importées en Syrie, qu’il a fallu changer la loi, pour qu’elles aient la nationalité syrienne et qu’elles n’aient pas à être renvoyées chez leur père d’ISIS en Arabie saoudite, ou en Tunisie. Ils pourraient être retenus en Syrie. Et j’ai vérifié plus tard et cette loi a été adoptée et mise en œuvre.

    Mais cela montre juste la cruauté totale. Lorsque nous menons ces guerres, nous n’avons aucune limite à la cruauté et à l’inhumanité que nous sommes prêts à imposer à la population, à la faire souffrir, de sorte que cela se traduira d’une manière ou d’une autre par le renversement du gouvernement, et peut-être la prise de son pétrole, la prise de ses Ressources.

    Billington : Clairement, c’est la politique contre la Russie aujourd’hui, par l’administration actuelle.

    Black : Oui. Oui. Vous savez, la Russie est peut-être plus dotée de ressources naturelles que toute autre nation sur Terre. Ils sont un important producteur de céréales, de pétrole, d’aluminium, d’engrais, d’un nombre immense de choses qui sont liées à l’ensemble de l’économie mondiale. Et sans aucun doute, il y a des gens qui regardent cela et disent : « Si nous pouvions d’une manière ou d’une autre briser la Russie elle-même, il y aurait des fortunes faites, où des milliards de milliards seront faits par dizaines ». Et il y a une certaine attraction à cela. Vous avez certainement déjà vu cela se produire, avec des intérêts étrangers prenant le contrôle de l’Ukraine et s’emparant de ses vastes ressources.

    Mais, nous avons commencé une marche vers la Russie, presque immédiatement après la dissolution de l’Union soviétique en 1991. L’Union soviétique s’est dissoute, le Pacte de Varsovie s’est dissous. Et malheureusement, l’une des grandes tragédies de l’histoire est que nous n’avons pas réussi à dissoudre l’OTAN. Le seul but de l’OTAN était de se défendre contre l’Union soviétique. L’Union soviétique n’existait plus. L’OTAN est allée de pair avec le Pacte de Varsovie. Le Pacte de Varsovie avait disparu ; il n’existait plus. Il n’y avait aucun but à ce que l’OTAN continue d’exister. Cependant, nous l’avons retenu, et il ne pouvait exister que s’il avait un ennemi.

    La Russie cherchait désespérément à faire partie de l’Occident.

    J’ai rencontré le chef de Gazprom, la plus grande entreprise de Russie, et c’était peu de temps après la disparition de l’Union soviétique, et il m’a décrit comment ils luttaient pour que leurs médias soient aussi libres qu’ils l’étaient en Occident. Et ils nous percevaient comme étant beaucoup plus libres et ouverts que nous ne l’étions. Et il a dit, vous savez, nous avons ce problème parce que nous avons ce soulèvement en Tchétchénie, qui fait partie de la Russie. Et il a dit que les rebelles tchétchènes envoyaient des vidéos à la télévision russe et que nous les diffusions à la télévision russe, parce que c’est ainsi que fonctionne la liberté d’expression.

    Et j’ai dit : « Tu te moques de moi ? » J’ai dit : « Vous publiez les films de propagande ennemie ? Il a dit : « Oui. » Il a dit : « N’est-ce pas ainsi que vous procédez aux États-Unis ? J’ai dit non. Pendant la Seconde Guerre mondiale, nous avons pris la tête de l’Associated Press et nous l’avons chargé de la censure en temps de guerre, et c’était très strict.

    Donc, mais ce n’est qu’un exemple de la façon dont ils luttaient. Ils sont passés d’un pays officiellement athée à un pays où ils sont devenus de loin la grande nation la plus christianisée d’Europe.

    Non seulement le peuple, le peuple le plus christianisé de tous les grands pays d’Europe, mais le gouvernement lui-même était très favorable à l’église, à la foi chrétienne. Ils ont modifié leur Constitution pour dire que le mariage était l’union d’un homme et d’une femme. Ils sont devenus très restrictifs sur la pratique de l’avortement. Ils ont mis fin à la pratique des adoptions à l’étranger, où certaines personnes allaient en Russie et adoptaient des petits garçons à des fins immorales. Ils sont donc devenus une culture totalement différente et.

    En tout état de cause, les États-Unis ont cette stratégie de longue date, cette stratégie politico-militaire, d’expansion de l’empire. Nous l’avons fait au Moyen-Orient, où nous avons tenté de créer un empire néocolonial massif. C’est devenu plutôt effiloché. Les gens n’en ont pas voulu. Et il semble être voué à l’extinction un jour, mais cela peut durer encore 100 ans. Mais en tout cas, nous essayons de faire quelque chose de similaire, alors que nous roulons vers l’Est, pratiquement jusqu’à la frontière russe.

    Billington : Ainsi, la position des États-Unis et du Royaume-Uni sur la guerre en Ukraine, au cours de ces dernières semaines, est devenue non seulement un soutien à la guerre, mais une victoire à tout prix. Cela a été déclaré par le secrétaire à la Défense Austin et d’autres. Et ils injectent d’énormes quantités d’armes non seulement défensives mais offensives au régime de Kiev. Que voyez-vous comme conséquence de cette politique ?

    Black : Je pense qu’une chose qu’il fera, c’est de garantir qu’un nombre considérable de soldats ukrainiens innocents mourront inutilement. Beaucoup de soldats russes mourront inutilement. Ce sont des enfants. Vous savez, les enfants partent à la guerre. Je suis parti à la guerre quand j’étais petit. Vous pensez que votre pays, à tort ou à raison, tout ce qu’il fait est bien. Cela me brise le cœur, quand je regarde les visages de jeunes garçons russes, qui ont été abattus, dans certains cas très criminellement par les forces ukrainiennes. Et de même, je vois de jeunes hommes ukrainiens, qui sont massacrés sur le champ de bataille.

    On s’en fout ! Les États-Unis et l’OTAN, peu importe combien d’Ukrainiens meurent. Pas des civils, pas des femmes, pas des enfants, pas des soldats. Nous ne nous soucions pas. C’est devenu un grand match de football. Vous savez, nous avons notre équipe. Ils ont leur équipe, rah rah. Nous voulons obtenir le plus gros score et le faire monter. Et, vous savez, nous nous moquons du nombre de nos joueurs qui sont paralysés sur le terrain de jeu, tant que nous gagnons.

    Maintenant, nous expédions des quantités fantastiques d’armes, et cela a causé les actions de Raytheon, qui crée des missiles, et de Northrop Grumman, qui crée des avions et des missiles, toutes ces industries de la défense sont devenues extrêmement gonflées par l’argent des contribuables. Je ne pense pas que cela va finalement changer le résultat.

    Je pense que la Russie l’emportera. Les Ukrainiens sont dans une position stratégique très délicate à l’Est.

    Mais si vous regardez la façon dont cela s’est déroulé, le président Poutine a fait un effort désespéré pour arrêter la marche vers la guerre en décembre 2021. Il est allé jusqu’à mettre des propositions écrites spécifiques sur la table avec l’OTAN, des propositions de paix pour désamorcer ce arrivait. Car à ce stade, l’Ukraine massait déja des troupes pour attaquer le Donbass. Et donc, il essayait d’éviter cela. Il ne voulait pas la guerre. Et l’OTAN l’a simplement rejeté, l’a simplement rejeté ; ne l’a jamais pris au sérieux, n’est jamais entré dans des négociations sérieuses.

    À ce moment-là, Poutine voyant que des Ukrainiens armés, avec des armes pour tuer les troupes russes, étaient littéralement à leurs frontières, a décidé qu’il devait frapper en premier. Maintenant, vous pouviez voir que ce n’était pas ce n’était pas une attaque pré-planifiée. Ce n’était pas comme l’attaque d’Hitler en Pologne, où la règle générale est que vous avez toujours un avantage de 3 contre 1 lorsque vous êtes l’attaquant. Vous devez masser trois fois plus de chars, d’artillerie, d’avions et d’hommes que l’autre côté. En fait, lorsque la Russie est entrée, elle est entrée avec ce qu’elle avait, ce qu’elle pouvait bricoler à court préavis. Et ils étaient moins nombreux que les forces ukrainiennes. Les forces ukrainiennes en avaient environ 250 000. Les Russes en avaient peut-être 160 000. Ainsi, au lieu d’en avoir trois fois plus, ils avaient en fait moins de troupes que les Ukrainiens. Mais ils ont été contraints d’attaquer, pour tenter d’anticiper la bataille qui se profilait, où les Ukrainiens avaient massé ces forces contre le Donbass.

    Maintenant, le Donbass est adjacent à la Russie. C’est une partie de l’Ukraine qui n’a pas rejoint le gouvernement révolutionnaire qui a mené le coup d’État en 2014 et renversé le gouvernement ukrainien. Ils ont refusé de faire partie du nouveau gouvernement révolutionnaire d’Ukraine. Et ainsi ils ont déclaré leur indépendance. Et l’Ukraine avait massé cette énorme armée pour attaquer le Donbass. Et donc la Russie a été forcée d’intervenir pour anticiper cette attaque planifiée par l’Ukraine.

    Vous pouviez voir que la Russie espérait vivement pouvoir mener cette opération spéciale sans faire indûment de victimes aux Ukrainiens, parce qu’elle pense aux Ukrainiens, ou du moins qu’elle considérait les Ukrainiens comme des frères slaves ; qu’ils voulaient avoir de bonnes relations. Mais il y a une photo célèbre avec un char russe, cela avait été stoppé par un rassemblement de peut-être 40 civils qui ont juste marché sur la route et ont bloqué la route et le char s’est arrêté.

    Mais ce que je dis, c’est que les règles d’engagement des Russes étaient très, très prudentes. Ils ne voulaient pas créer beaucoup de haine et d’animosité. Les Russes ne sont pas entrés – ils n’ont pas bombardé le système électrique, les systèmes de médias, les systèmes d’approvisionnement en eau, les ponts, etc. Ils ont essayé de maintenir l’infrastructure de l’Ukraine en bon état parce qu’ils voulaient qu’elle se rétablisse. Ils voulaient juste que ça se termine et que ça revienne à la normale.

    Cela n’a pas fonctionné.

    Les Ukrainiens, la résistance était étonnamment dure. Les soldats ukrainiens se sont battus avec une grande, grande bravoure, un grand héroïsme. Et. Et maintenant, le jeu a été amélioré et c’est devenu beaucoup plus sérieux.

    Mais c’est incroyable de regarder et de voir que la Russie domine l’airmais qu’elle n’a pas détruit les systèmes ferroviaires. Ils n’ont pas détruit les centrales électriques. Ils n’ont pas éliminé tant de choses. Ils n’ont jamais bombardé les immeubles du centre de Kiev, la capitale de l’Ukraine ; ils n’ont pas bombardé les bâtiments où se réunit le parlement. Ils ont été incroyablement réservés à propos de ces choses, espérant contre tout espoir que la paix pourrait être atteinte.

    Mais je ne pense pas que l’Ukraine ait quoi que ce soit à voir avec la décision de paix ou de guerre. Je pense que la décision de paix ou de guerre est prise à Washington, DC Tant que nous voulons que la guerre continue, nous mènerons cette guerre, en utilisant les Ukrainiens comme mandataires, et nous la combattrons jusqu’à la dernière mort ukrainienne.

    Billington : Comment projetez-vous le potentiel d’une guerre éclatant directement entre les États-Unis et la Russie ? Et à quoi cela ressemblerait-il ?

    Black : Vous savez, si vous remontez à la Première Guerre mondiale en 1914, vous avez eu l’assassinat de l’archiduc d’Autriche-Hongrie. Lui et sa femme ont été tués. À la suite de la mort de ces deux personnes, vous avez eu un effet domino de toutes ces alliances, de la colère et de l’hystérie médiatique. Et avant que ce soit fini, je pense que 14 millions de personnes avaient été tuées. Il est toujours difficile d’obtenir de vrais chiffres, mais de toute façon, c’est un nombre énorme de millions de personnes qui sont mortes à cause de cela.

    Nous devons reconnaître le risque de jouer à ces « jeux de poulet ». Où, par exemple, les médias turcs viennent de publier un article disant qu’à Marioupol, où il y a eu un grand siège, que les Russes ont finalement gagné. Le seul domaine qu’ils n’ont pas pris en charge est cette formidable aciérie. Il y a beaucoup de soldats ukrainiens qui sont retranchés là-bas.

    Maintenant, il est apparu qu’il y aurait apparemment 50 officiers supérieurs français, qui sont piégés dans cette aciérie avec les Ukrainiens. Les soldats français ont combattu au sol, dirigé la bataille. Et cela a été tenu secret, ultra-secret, à cause des élections françaises qui viennent d’avoir lieu. Si le peuple français avait su qu’il y avait un grand nombre d’officiers français piégés et probablement sur le point de mourir dans cette aciérie, les élections se seraient déroulées dans l’autre sens : Marine Le Pen aurait gagné. Et donc il était très important que pour l’ensemble de l’état profond, il ne soit pas révélé que ces officiers français étaient là.

    Nous savons qu’il y a des officiers de l’OTAN qui sont présents sur le terrain en Ukraine à titre de conseillers, etc. Nous courons le risque. Maintenant, je suppose – et c’est une supposition, je peux me tromper – mais le navire amiral de la flotte russe de la mer Noire, le Moskva, a été coulé après avoir été touché par des missiles anti-navires. Je suppose que ces missiles, je pense qu’il y a de fortes chances qu’ils aient été tirés par les Français. Maintenant, je peux me tromper, mais ces missiles sont si ultra-sensibles et si dangereux pour nos navires, que je ne pense pas que l’OTAN confierait les missiles aux Ukrainiens, ou à qui que ce soit d’autre. Je pense qu’ils doivent être maintenus sous le contrôle et les opérations de l’OTAN. Je pense donc que ce sont probablement les forces de l’OTAN qui ont en fait coulé le Moskva .

    Et vous pouvez voir que nous prenons ces mesures très imprudentes, et chaque fois que nous montons la barre – il se trouve que je suis républicain – mais nous avons deux sénateurs américains républicains qui ont dit : « eh bien, nous pourrions juste avoir besoin de utiliser des armes nucléaires contre la Russie ». C’est fou. Je pense qu’il est important que les gens commencent à discuter de ce que signifierait une guerre thermonucléaire.

    Maintenant, nous devons comprendre. La Russie est à peu près comparable aux États-Unis en matière de nucléaire. Ils ont des missiles hypersoniques, que nous n’avons pas. Ils peuvent absolument échapper à toute détection opportune, et ils peuvent tirer des missiles depuis la Russie et atteindre San Francisco, Los Angeles, Chicago, Detroit, Baltimore, Washington, DC, New York.

    Et si vous ne pensez qu’à la Virginie, où je vis, s’il y avait une guerre nucléaire – et gardez à l’esprit qu’ils ont également une flotte très importante et efficace de sous-marins nucléaires au large des côtes des États-Unis. Ils ont un grand nombre de missiles à pointe nucléaire, et ils peuvent échapper à toutes les défenses que nous avons. Donc rien qu’en Virginie, si vous regardez bien, toute la Virginie du Nord serait pratiquement anéantie. Il ne resterait presque plus de vie humaine dans le comté de Loudoun, le comté de Prince William, le comté de Fairfax, Arlington, Alexandria.

    Le Pentagone se trouve dans le comté d’Arlington : Le Pentagone serait simplement une masse incandescente de sable en fusion. Il n’y aurait pas de vie humaine là-bas. Et il n’y aurait pas de vie humaine à des kilomètres à la ronde. Juste de l’autre côté du Potomac, la capitale nationale, il n’y aurait plus de vie dans la capitale nationale. Le bâtiment du Capitole disparaîtrait à jamais. Tous les monuments, toutes ces choses glorieuses – rien ne resterait.

    Si vous allez sur la côte de Virginie, vous avez le chantier naval de Norfolk, vous avez le port de Norfolk. Vous avez la plus grande accumulation de puissance navale sur la face de la Terre. C’est là que nous garons tous nos porte-avions, nos sous-marins nucléaires, toutes ces choses. Il ne resterait plus rien. Il ne resterait plus rien de ces industries maritimes là-bas.

    Et vous pouvez continuer ainsi. Vous parlez de New York, probablement de New York elle-même, non seulement tout le monde serait tué, mais il serait probablement impossible pour les gens d’habiter New York pendant des centaines d’années après. Mais non seulement il cesserait d’être un lieu de vie humaine vibrante, mais en s’éteignant probablement pendant peut-être un demi-millénaire, il ne retrouverait aucune sorte de civilisation.

    Nous devons comprendre la gravité de ce que nous faisons.

    Peut-être que si c’était une question de vie ou de mort pour les États-Unis, ce qui se passe en Ukraine, ce serait une chose. Certes, lorsque l’Union soviétique a placé des missiles à Cuba, qui visaient les États-Unis, cela valait la peine de prendre le risque, car c’était juste à notre frontière et cela nous menaçait. Et c’était une bataille pour laquelle il valait la peine de se battre et un risque qui valait la peine d’être pris.

    Les Russes sont exactement dans l’image miroir de cette situation, car pour eux, la vie de la Russie implique que l’OTAN arrête d’avancer plus loin en Ukraine, jusqu’à leurs frontières. Ils ne peuvent pas se permettre de ne pas mener cette guerre. Ils ne peuvent pas se permettre de ne pas gagner cette guerre.

    Donc je pense, jouer avec cette escalade constante dans une guerre qui, vraiment, dans un endroit qui n’a aucune importance pour les Américains, l’Ukraine n’a aucun sens pour les Américains ; cela n’a aucun impact sur notre vie de tous les jours. Et pourtant, nous jouons à ce jeu téméraire qui risque la vie de tous les habitants des États-Unis et d’Europe de l’Ouest pour rien ! Juste absolument pour rien !

    Billington : Beaucoup d’officiers comprennent certainement les conséquences que vous venez de décrire d’une manière plutôt horrifiante. Pourquoi, alors qu’il y a des généraux qui s’expriment en Italie, en France, en Allemagne, avertissant que nous suivons une voie qui pourrait conduire à la guerre nucléaire, pourquoi n’y a-t-il pas de telles voix d’officiers gradés militaire – peut-être à la retraite – dire ce que vous dites ici aujourd’hui ?

    Black : Vous savez, il y a eu une énorme détérioration de la qualité des officiers, remontant, eh bien, certainement aux années 1990. Nous avions de très, très bons officiers de pavillon, pendant la période où j’étais en service actif – je suis parti en 1994 – juste des gens de qualité supérieure. Mais ce qui s’est passé, c’est que par la suite, nous avons eu le président Clinton, plus tard, nous avons eu Obama. Nous avons Biden maintenant. Et ils appliquent un écran politique très strict à leurs officiers militaires.

    Et nous avons maintenant des « yes men ». Ce ne sont pas des gens dont la principale dévotion est envers les États-Unis et son peuple. Leur dévouement principal est leur carrière et leur capacité à réseauter avec d’autres officiers militaires à la retraite. Il existe un réseau très solide qui peut placer des généraux militaires dans des groupes de réflexion, où ils promeuvent la guerre, dans des organisations comme Raytheon et Northrop Grumman, et toutes ces opérations de défense, où ils peuvent monter à bord et des choses comme ça. Il y a donc un prix assez personnel à payer pour dire : « Hé, arrête. La guerre n’est pas dans l’intérêt du peuple américain ». Si nous avions une meilleure qualité d’individu, nous aurions des gens courageux qui diraient : « Je me fiche de ce que cela me coûte personnellement ». Mais il est très difficile d’accéder aux rangs supérieurs, si vous êtes un individu guidé par des principes, le patriotisme et le dévouement envers le peuple de cette nation.

    Ce n’est pas comme ça que ça marche. Nous avons besoin d’un président qui entrera et secouera l’arbre, et fera tomber beaucoup de ces gens, parce qu’ils sont dangereux. Ils sont très dangereux pour l’Amérique. La guerre n’est pas dans l’intérêt du peuple américain.

    Vous savez, voici quelque chose d’intéressant qui s’est passé. Ici, dans ce pays, on pourrait penser que le monde entier est contre la Russie. Ce n’est pas le cas. En fait, il y a de grands pays du monde qui penchent vers la Russie dans cette guerre, à commencer par la Chine, mais ensuite le Brésil, vous avez l’Afrique du Sud, l’Arabie saoudite, un large éventail de pays, l’Inde. L’Inde soutient énormément la Russie. L’idée que d’une manière ou d’une autre nous avons cette cause extrêmement juste, cela ne frappe pas une grande partie du monde que c’est juste, et une grande partie du monde n’accepte pas la dernière propagande sur les crimes de guerre : cette chose à propos de Boutcha. C’est probablement la plus importante de toutes les discussions sur les crimes de guerre.

    Et qu’était Boutcha ? Il y avait un film tourné d’un véhicule roulant sur la route à Boutcha, qui avait été repris aux Russes. Et tous les 100 mètres environ, il y avait une personne avec les mains, une fermeture éclair attachée derrière le dos, et il avait été tué. Il n’a été annoncé que quatre jours après que les Ukrainiens eurent repris Boutcha.

    Maintenant, nous n’en savions presque rien. En fait, nous n’avions même pas la preuve que des personnes avaient été tuées. Mais en supposant qu’ils l’aient fait, nous ne savions pas où ils avaient été tués. Nous ne savions pas qui ils étaient. Nous ne savions pas qui les avait tués. Nous ne savions pas pourquoi ils avaient été tués. Personne ne pouvait fournir un motif suffisant pour que les Russes les aient tués. Les Russes ont retenu Boutcha pendant un mois. S’ils allaient les tuer, pourquoi ne les ont-ils pas tués pendant ce mois ? Et si vous allez massacrer un tas de gens, ne seraient-ils pas tous au même endroit et ne les tueriez-vous pas tous là-bas ? Pourquoi seraient-ils distribués le long d’une route, un mile le long du chemin ? Cela n’a aucun sens !

    Ce que nous savons, c’est que quatre jours après que le maire de Boutcha ait joyeusement annoncé que la ville était libérée, quatre jours après que l’armée ukrainienne était arrivée et que leur bras de propagande spécial de l’armée ukrainienne était là, tout d’un coup, il y avait ces des morts sur la route. Comment se fait-il qu’ils n’étaient pas là quand les Russes étaient là ? Comment se fait-il qu’ils ne soient apparus qu’après le départ des Russes ?

    Si je considérais cela comme une simple affaire criminelle standard, et que je parlais à la Division des enquêtes criminelles ou au FBI, ou à la police militaire ou quelque chose comme ça, je dirais : « OK, la première chose, jetons un coup d’œil aux Ukrainiens ». Je suppose que, et vous commencez par une intuition lorsque vous enquêtez sur un crime – mon intuition est que les Ukrainiens ont tué ces personnes après qu’ils ont emménagé, et après qu’ils aient regardé autour d’eux et aient dit : « OK, qui était amical envers les troupes russes pendant que les Russes étaient ici ? Nous allons les exécuter ». C’est ce que je présume. Parce que je ne vois aucune raison pour que les Russes viennent de tuer quelques personnes en sortant de la ville.

    Et personne ne remet cela en question, car les médias du business sont tellement monolithiques.

    Nous savons pertinemment, de la bouche du chef d’un hôpital ukrainien, le gars qui dirigeait l’hôpital, il se vantait d’avoir donné des ordres stricts à tous ses médecins, que lorsque des prisonniers de guerre russes blessés, lorsque des blessés étaient amenés, ils devaient être castrés. Maintenant, c’est un horrible crime de guerre, admis de la bouche de l’administrateur de l’hôpital, et le gouvernement ukrainien a dit, « nous allons en quelque sorte examiner ça », comme si ce n’était pas grand chose. Je ne peux pas penser à un crime de guerre plus horrible, plus horrible, jamais. Où en avez-vous entendu parler, sur ABC et MSNBC et CNN et FOX News ? Pas un murmure. Et pourtant la preuve est indéniable.

    Nous avons eu un autre clip où il y avait un point de rassemblement de prisonniers de guerre, où les Ukrainiens amenaient les prisonniers de guerre à un point central pour le traitement – et c’est une vidéo d’environ sept minutes – et les soldats ukrainiens les ont tout simplement abattus. Et ils avaient probablement 30 de ces soldats russes blessés allongés sur le sol, certains d’entre eux mourant clairement de leurs blessures. Certains d’entre eux, ils ont mis des sacs en plastique sur la tête. Maintenant, ce sont des gars qui sont allongés là, parfois mortellement blessés, les mains attachées derrière le dos, et ils ont des sacs en plastique sur la tête, ce qui les empêche de respirer. Et parce qu’ils ne peuvent pas lever les mains, ils ne peuvent pas enlever les sacs, pour pouvoir respirer. À la fin de la vidéo, les Ukrainiens amènent une camionnette et il y a trois prisonniers de guerre russes non blessés. Sans la moindre pensée ou hésitation, alors que les trois se détachent et que leurs mains sont liées derrière le dos, ils en ont abattu deux, directement devant la caméra et ils tombent. Et le troisième se met à genoux et supplie de ne pas lui faire de mal. Et puis ils l’ont abattu ! Ce sont des délits. Et ceux-ci n’ont pas été réfutés par le gouvernement ukrainien. Mais vous ne sauriez même jamais qu’ils se sont produits ! Je ne dis pas qu’il n’y a pas de crimes de guerre des deux côtés. Je vous dis juste, que les seuls où j’ai vu, des preuves assez irréfutables de crimes de guerre, ont été du côté ukrainien.

    Maintenant, on entend souvent dire, eh bien, les Russes ont détruit ceci ou détruit cela. Eh bien, je dois vous dire, vous revenez aux guerres que nous avons menées lorsque nous avons envahi l’Irak, le « Shock and Awe », nous avons pratiquement tout détruit en Irak, tout ce qui avait de l’importance. Nous avons bombardé des cibles militaires et civiles sans grande discrimination. La coalition a effectué 100 000 sorties en 42 jours. Vous comparez cela aux Russes, qui n’ont effectué que 8000 sorties dans à peu près la même période. 100 000 sorties américaines contre 8000, à peu près au même moment. Je pense que les Russes ont eu tendance à être plus sélectifs. Alors que nous sommes sortis – la philosophie de Shock and Awe est que vous détruisez tout ce qui est nécessaire pour maintenir la vie humaine et pour qu’une ville fonctionne. Vous coupez l’eau, l’électricité, le chauffage, l’huile, l’essence ; pour que vous assommiez tous les ponts principaux. Et puis vous continuez à tout détruire.

    Alors c’est vraiment ironique. Et gardez à l’esprit que l’Irak est un pays relativement petit. L’Ukraine est un pays immense. 100 000 sorties en 42 jours, 8000 sorties pendant le même laps de temps. Une énorme différence de violence entre ce que nous avons fait en Irak et ce qu’ils ont fait en Ukraine. Il n’y a donc tout simplement aucune crédibilité lorsque vous vous penchez sur les faits et que vous examinez la manière dont la guerre a été menée.
    Source originelle : https://brunobertez.com/2022/04/29/document-les-russes-ne-peuvent-pas-se-permettre-de-ne-pas-gagner-cette-
    #usa #guerres #cruauté #Syrie #Alep #Ukraine #Femmes #viols #enfants #pédophilie #lois_islamiques #al-qaïda #OTAN #Russie #royaume-uni #Donbass #Boutcha #SWIFT #propagande

  • Au nom des femmes

    Cinq lieux emblématiques à Grenoble prennent le nom de femmes qui ont marqué l’Histoire. Cette #féminisation des noms d’espaces publics intervient dans le cadre de la politique d’#égalité femmes-hommes de la Ville. La municipalité vise 100% de nouvelles dénominations féminines.

    Le jardin #Gisèle_Halimi

    Le jardin des Vallons, qui longe la Caserne de Bonne, porte le nom de Gisèle Halimi. Tout au long de sa vie, cette députée de l’Isère (1981-1984) et ambassadrice de France à l’UNESCO puis à l’ONU (à partir de 1985) a lutté contre les violences faites aux femmes, pour l’égalité des genres, contre le racisme, le colonialisme et la mondialisation sauvage.

    Le jardin Joséphine-Baker

    Lové au creux du Muséum, le jardin des Plantes s’appelle aujourd’hui #Joséphine_Baker, en hommage à cette femme résistante et engagée contre toutes les formes de discrimination.

    Dans les années folles, cette vedette populaire de cabaret était aussi activiste au sein du mouvement Harlem et défendait l’émancipation des noir-es face à la ségrégation raciale aux Etats-Unis. Militante pour l’égalité et artiste iconique, elle est la sixième femme et la première femme noire à entrer au Panthéon.

    Le parvis Madeleine-Pauliac/Escadron bleu

    Le parvis de la gare change lui aussi de nom. Médecin et résistante, #Madeleine_Pauliac a dirigé l’Escadron bleu, l’unité mobile n° 1 de la Croix-Rouge constituée de onze femmes volontaires. En 1945, 200 expéditions sanitaires ont pu ainsi être menées dans une Pologne sous domination soviétique.

    La Halle Alice-Milliat

    La Halle de tennis située avenue de la Mogne devient la Halle #Alice_Milliat. Engagée pour l’émancipation, l’égalité et l’indépendance des femmes dans le sport, elle est à l’origine des premiers Jeux Olympiques féminins en 1922.

    Elle est aussi la première femme juge pour les épreuves d’athlétisme des hommes en 1928. En 2021, une statue est inaugurée en son honneur dans le hall du siège du CIO.

    Le parc Isaure-Perier

    Un nouveau parc dans le quartier Bouchayer-Viallet va être baptisé #Isaure_Perier. Militante pour l’égalité et l’enseignement des filles, cette écrivaine féministe faisait, entre autres, partie des cinq femmes membres de la commission désignée par la Commune chargée d’organiser l’enseignement dans les écoles de filles.

    Aussi, férue d’oeuvres d’art, elle a légué sa collection, avec son mari, au musée de Grenoble en 1930.

    https://www.gre-mag.fr/actualites/nom-femmes-espace-public
    #toponymie #noms_de_rue #Grenoble #femmes #toponymie_féministe

  • Un thread d’Olivier Tesquet sur tw :
    Aux Etats-Unis, les femmes ont un nouvel ennemi : leur téléphone. Alors que le droit à l’avortement est menacé, le secteur opaque des courtiers en données pourrait aider les groupes anti-choix et la police à les harceler.
    https://threadreaderapp.com/thread/1528763349500153859.html

    Une récente enquête de @motherboard démontre qu’il suffit de débourser 160$ pour acquérir les données de géolocalisation des personnes qui se sont rendues au planning familial, permettant in fine de les identifier.
    Ce qui fait peser un réel danger de violence : en 2020, la @NatAbortionFed a dénombré plus de 50 agressions à l’extérieur de cliniques, et près de 3 500 cas de harcèlement téléphonique ou par mail.
    Mais ce n’est pas tout. Des applications de suivi du cycle menstruel mouchardent auprès de Facebook, d’autres sont directement financées par des groupes anti-choix obsédés par la surveillance des modes de vie.

    #IVG #harcèlement #anti-avortement #violence #femmes
    #géolocalisation #surveillance #spyware #stalkerware
    #la_gerbe

  • La campagne Feminist Asylum : « Changer ce système d’asile qui oblige les femmes à risquer leur vie »
    http://www.cadtm.org/La-campagne-Feminist-Asylum-Changer-ce-systeme-d-asile-qui-oblige-les-femmes-

    « D’un point de vue féministe, les #frontières, en tant que système, ont des conséquences dramatiques. Les #femmes vivent des #violences sexistes et machistes qui les poussent à quitter leur pays, à passer les frontières. Pendant leur parcours migratoire, elles vont vivre des violences genrées également, et puis quand elles arrivent dans les pays d’Europe, ce n’est pas la fin des violences. Les structures et les institutions ne sont pas toutes adaptées à écouter et à entendre ce qu’elles ont vécu. Et une partie de ces violences est due au fait qu’il n’existe pas de voie d’accès légal pour arriver jusqu’en Europe. Des trafiquants d’êtres humains, notamment, en profitent ! », poursuit-elle.

    En Belgique, explique-t-elle, des femmes qui ont subi des mutilations génitales féminines se voient demander pourquoi elles demandent l’asile : « Le mal est déjà fait, non ? C’est ce qu’on entend. Pourtant, elles sont en danger si on les renvoie d’où elles viennent. La jurisprudence avance petit à petit à ce sujet, récemment un tribunal a reconnu que les filles de ces femmes étaient en danger de subir elles-mêmes des mutilations génitales si on les expulsait dans leur pays d’origine », précise Anaïs Carton.

    #Feminist_Asylum

  • Efféminons-nous
    https://laviedesidees.fr/Effeminons-nous.html

    À propos de : Marie-Frédérique Pellegrin, Pensées du corps et différences des sexes à l’époque moderne. #Descartes, Cureau de la Chambre, Poulain de la Barre et Malebranche, Lyon, ENS Éditions,. La #Philosophie moderne à partir de Descartes possède des ressources insoupçonnées pour penser la question du sexe et du genre : il est possible de les exploiter encore aujourd’hui, montre Marie-Frédérique Pellegrin.

    #Société #féminisme #femmes
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/202206_pellegrin-2.docx

    • Excellente idée !

      Il faudrait inviter en France #Angela_Ferraro et #Francesca_Francoeur de l’Université Laval (Québec, Canada), dés qu’elles auront fait le tour des commissariats de la SQ, Sécurité Canada, afin que ses policiers cognent un peu moins fort sur les Canadiennes et Canadiens, et las habitant.e.s de Laval, banlieu pauvre.
      N’oublions pas le les actions des valeureux membres de la police canadienne envers les membres des Nations autochtones, entre autres.

      En France, ces deux universitaires feraient la tournée des commissariats, et de nos élus afin de féminiser les moeurs qui y règnent, aprés avoir discuté avec madame #élisabeth_borne.
      – Gazage aux lacrymogènes des voyageurs dont les trains sont en retard.
      – Cartons sur les automobilistes et autres.
      – Traitement des migrants.
      – Oeils crevés en membre arrachés des manifestantes et manifestants.
      – Mépris total, sans distinction de sexe, de la population du pays, la France, et d’ailleurs.

      N’oublions pas une tournée dans les éhpad français, afin d’expliquer qu’un seul pépito pour dessert, c’est assez peu, c’est même du violent.

      Que ces 2 dames ne s’attardent pas trop dans les diners des beaux quartiers parisiens, on y fait parfois de mauvaises rencontres.

      Qu’elles ensuite fassent un détour par l’Ukraine, afin de faire quelques conférences aux 6 millions de réfugiés ukrainiens

  • « Ville féministe » de Leslie Kern
    https://topophile.net/savoir/ville-feministe-de-leslie-kern

    Les études urbaines privilégiant le genre sont encore rares, aussi convient-il de saluer cet ouvrage de la géographe Leslie Kern, qui dirige des recherches sur le genre à l’Université Mount Alison au Nouveau-Brunswick. Évitant toute langue de bois, l’auteure rend compte, subjectivement, de sa propre expérience de femme enceinte (où s’asseoir ?), puis de jeune mère... Voir l’article

  • Margaret Atwood : « La Cour suprême veut faire appliquer des lois du XVIIe siècle » Le Temps.ch
    https://www.letemps.ch/opinions/margaret-atwood-cour-supreme-veut-faire-appliquer-lois-xviie-siecle

    Le droit à l’avortement est en phase terminale aux Etats-Unis, où la Cour suprême envisage d’abroger l’arrêt qui le décriminalise depuis 1973. La grande écrivaine canadienne avait exploré les risques d’une dictature théocratique américaine dès 1985 dans « La Servante écarlate », son chef-d’œuvre dystopique. Voici sa tribune, d’abord publiée dans « The Atlantic » (1)


    Dessin d’abord paru dans le « Washington Spectator », Etats-Unis. — © Edel Rodriguez

    Au début des années 1980, je m’étais embarquée dans l’écriture d’un roman d’anticipation portant sur un futur dans lequel les Etats-Unis s’étaient désunis. Une partie du pays était désormais une dictature théocratique fondée sur la doctrine religieuse et la jurisprudence de la Nouvelle-Angleterre puritaine au XVIIe siècle.

    J’avais planté le décor dans les environs de l’Université Harvard, une institution réputée pour son libéralisme dans les années 1980, mais dont la raison d’être, trois siècles plus tôt, était de former le clergé du puritanisme.

    Retour vers le passé
    Dans la théocratie imaginaire de Galaad, les femmes n’avaient quasiment aucun droit, au même titre qu’en Nouvelle-Angleterre au XVIIe siècle. Les textes bibliques avaient été triés sur le volet, les passages retenus étaient soumis à une interprétation littérale. Dans la Genèse – en particulier dans la famille de Jacob –, les épouses des patriarches disposaient de femmes réduites en esclavage, appelées « servantes ». Ces épouses pouvaient intimer à leur mari d’avoir des enfants avec les servantes, puis elles déclaraient la progéniture comme étant la leur.

    J’ai fini par mettre un point final à ce roman, que j’ai intitulé La Servante écarlate, mais j’ai plusieurs fois suspendu son écriture car le propos me paraissait trop invraisemblable. Quelle idiote je fais. Les dictatures théocratiques ne sont pas cantonnées au temps jadis : il en existe un certain nombre aujourd’hui sur terre. Qu’est-ce qui épargnera ce sort aux Etats-Unis ?

    Prenons un exemple. Nous sommes en 2022, et un projet de décision de la Cour suprême des Etats-Unis a fuité dans la presse le 3 mai : on y lit que l’arrêt Roe v. Wade, jurisprudence en vigueur depuis cinquante ans, serait annulé au motif que l’avortement n’est pas cité dans la Constitution américaine et n’est pas « profondément ancré » dans « notre histoire et notre tradition ». Ce n’est pas faux. La Constitution des Etats-Unis ne mentionne pas la santé reproductive des femmes. A vrai dire, ce document ne fait aucune mention des femmes.

    Les femmes privées de personnalité juridique
    Les femmes ont été délibérément exclues du droit de vote. En 1776, la guerre d’indépendance avait notamment pour slogan « Pas de taxation sans représentation », et un gouvernement ayant l’assentiment des gouvernés était vu d’un bon œil à l’époque, mais rien de tout cela n’était valable pour les femmes. Elles ne pouvaient consentir elles-mêmes à leur représentation ou à leur gouvernement ; toute décision passait par l’intermédiaire de leur père ou époux. Les femmes ne pouvaient pas exprimer leur consentement, pas plus qu’elles ne pouvaient le refuser, car elles étaient privées du droit de vote.

    Cette situation a perduré jusqu’en 1920, année où a été ratifié le dix-neuvième amendement, lequel a suscité une virulente opposition au motif qu’il était contraire à la Constitution dans sa version première. Là encore, ce n’est pas faux.

    Les femmes ont été privées de personnalité juridique dans le droit des Etats-Unis bien plus longtemps qu’elles n’ont eu des droits. Si on commence à revenir sur la jurisprudence constante en s’appuyant sur le raisonnement du juge Samuel Alito [auteur du projet de décision de la Cour suprême divulgué dans la presse], pourquoi ne pas contester le droit de vote des femmes ?

    Notre corps, nous-mêmes
    La santé reproductive est au cœur du tumulte actuel, mais un seul côté de la pièce est visible : le droit de ne pas donner naissance. Cette pièce a un revers : l’Etat peut aussi vous interdire de procréer. L’arrêt Buck v. Bell, rendu en 1927 par la Cour suprême, a autorisé les pouvoirs publics à stériliser des personnes sans leur consentement.

    Cette décision a été invalidée par des affaires ultérieures, et les lois des Etats permettant les campagnes de stérilisation de grande ampleur ont toutes été abrogées, mais l’arrêt Buck v. Bell demeure. Cette forme d’eugénisme était autrefois jugée progressiste, et environ 70 000 stérilisations – d’hommes et de femmes, mais de femmes en majorité – ont eu lieu aux Etats-Unis. On en déduit que la tradition profondément ancrée veut que l’appareil reproductif des femmes n’appartienne pas aux femmes concernées ; il est la seule propriété de l’Etat.

    Je vous vois venir : ce n’est pas une histoire d’organes, mais de bébés ! Ce qui n’est pas sans susciter quelques questionnements. Est-ce qu’un gland est un chêne ? Est-ce qu’un œuf est une poule ? A quel moment l’ovocyte humain fécondé devient-il un être ou une personne à part entière ? Nos traditions – disons celles de la Grèce et de la Rome antiques, celles des premiers chrétiens – sont hésitantes à ce sujet.

    A la conception ? Au rythme cardiaque ? Aux premiers coups de pied ? Pour les plus intraitables des militants anti-IVG actuels, c’est à la conception, soit le moment selon eux où un amas cellulaire se voit doté d’une âme. Cette opinion repose néanmoins sur une conviction religieuse : la croyance en l’âme. Tout le monde ne partage pas cette conviction. Pourtant, tout le monde risque aujourd’hui d’être soumis à des lois rédigées par ces croyants. Ce qui est un péché dans un cadre religieux précis est sur le point d’être érigé en infraction pour tous.

    Une affaire de religion
    Reprenons le premier amendement de la Constitution. « Le Congrès ne fera aucune loi qui touche l’établissement ou interdise le libre exercice d’une religion, ni qui restreigne la liberté de la parole ou de la presse, ou le droit qu’a le peuple de s’assembler paisiblement et d’adresser des pétitions au gouvernement pour la réparation des torts dont il a à se plaindre. » Les auteurs de la Constitution américaine, conscients des guerres de religion meurtrières qui avaient déchiré l’Europe à l’apparition du protestantisme, souhaitaient éviter cet écueil. Il n’y aurait donc aucune religion d’Etat. Personne ne pourrait être empêché par l’Etat de pratiquer le culte de son choix.

    C’était pourtant simple : si vous croyez que l’âme apparaît à la conception, vous devez vous abstenir de tout avortement, car il constitue un péché dans votre religion. Si cela ne fait pas partie de vos convictions, vous ne devez pas – conformément à la Constitution – être contraint par les convictions religieuses d’autrui.

    En revanche, si l’avis du juge Samuel Alito devient en effet la nouvelle jurisprudence constante, alors les Etats-Unis seront bien partis pour instaurer une religion d’Etat. Il y avait une religion officielle dans le Massachusetts au XVIIe siècle : en conséquence, les puritains soumettaient les quakers à la pendaison.

    Les sorcières au bûcher !
    Le texte rédigé par le juge Alito prétend se fonder sur la Constitution des Etats-Unis, mais il repose sur une jurisprudence anglaise du XVIIe siècle, une époque où les croyances en la sorcellerie ont abouti à la mort de nombreuses innocentes.

    Les procès des sorcières de Salem étaient bel et bien des procès – où siégeaient juges et jurés –, mais y était admise la preuve dite « spectrale », c’est-à-dire l’idée qu’une sorcière pouvait commettre ses méfaits grâce à son double possédé – son spectre. Selon ce raisonnement, même si vous étiez profondément endormie (témoins à l’appui), mais que quelqu’un vous accusait de supposées maltraitances contre une vache à des kilomètres de là, vous étiez coupable de sorcellerie. Et il était impossible de prouver le contraire.

    De la même manière, il sera très difficile de réfuter une fausse accusation d’avortement. Une fausse couche ou les déclarations d’un ex-conjoint suffira à vous assimiler à une meurtrière. Les accusations motivées par la vengeance et la malveillance se multiplieront, tout comme les dénonciations pour sorcellerie il y a cinq cents ans.

    Si le juge Alito veut faire appliquer les lois du XVIIe siècle, vous seriez bien avisé d’étudier ce siècle avec attention. Est-ce bien l’époque à laquelle vous voulez vivre ?
    Margaret Atwood

    (1) « I invented Gilead, the Supreme Court is making it real » https://www.theatlantic.com/ideas/archive/2022/05/supreme-court-roe-handmaids-tale-abortion-margaret-atwood/629833 publiée dans The Atlantic (mai 2022) et traduite par Courrier international.

    #Femmes #usa #Théocratie #bible #Constitution_américaine #avortement #procréation #eugénisme #croyances #convictions_religieuses #puritanisme #sorcières

  • Bienvenue en #Géozarbie

    #Enclaves, territoires prêtés, zones disputées, #micro-États, île fantasmée... il existe dans le monde quantité de petits bouts de terre aux frontières ou statuts bizarres ! Mêlant anecdotes loufoques et grands moments de l’Histoire, Bienvenue en Géozarbie nous fait découvrir 10 lieux où l’ubuesque se dispute à l’absurde !

    https://www.arte.tv/fr/videos/RC-022365/bienvenue-en-geozarbie

    #géographie #géographie_politique #frontières #absurdité #série #arte #vidéo #ressources_pédagogiques #Absurdistan

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    Le Mont blanc n’est pas en France

    Saviez-vous que l’île de la Conférence est administrée à égalité de temps par deux pays, la France et l’Espagne ? Que la principauté d’Arbézie, à cheval sur la frontière franco-suisse, est… un hôtel-restaurant ? Ou que la France possède des territoires à Jérusalem ?
    Ce sont ces bizarreries géographiques que nous raconte #Olivier_Marchon dans ce livre étonnant qui rassemble des dizaines d’histoires de ce type, des plus tragiques au plus loufoques : de petits morceaux de terre, enclavés, disputés, au statut à part, parfois étrange, qui chacun à leur manière racontent la grande histoire…

    https://www.editionspoints.com/ouvrage/le-mont-blanc-n-est-pas-en-france-olivier-marchon/9782757895757
    #livre

    ping @reka

  • La Russie veut interdire aux étrangers de recourir à ses mères porteuses La Tribune - Reuters
    https://www.latribune.fr/depeches/reuters/KCN2NA1U7/la-russie-veut-interdire-aux-etrangers-de-recourir-a-ses-meres-porteuses.h

    Les députés russes ont approuvé mardi en première lecture un texte de loi visant à interdire aux étrangers de recourir aux mères porteuses en Russie, un projet visant implicitement les Occidentaux sur fond de guerre en Ukraine.

    Le recours à des mères porteuses rémunérées est légal en Russie même si cette pratique est critiquée par des organisations religieuses qui la considèrent comme une commercialisation de la procréation.

    L’un des rédacteurs du texte, adopté à la quasi-unanimité en première lecture, a déclaré qu’une telle législation était nécessaire pour mettre les enfants nés en Russie à l’abri du danger.


    (Crédits photo : Pavel Mikheyev)
    Elu de Russie unie, le parti majoritaire soutenant le président Vladimir Poutine, Vassili Piskariov a déclaré qu’en l’état actuel de la loi, « nous ne pouvons pas suivre le destin d’un seul bébé ».

    « Nous ne savons pas qui sont leurs parents, leurs prétendus ’père’ et ’mère’ ni pourquoi ils achètent un bébé », a déclaré l’élu à la Douma, estimant qu’environ 40.000 enfants nés en Russie de mères porteuses avaient quitté le pays pour être élevés par des étrangers.

    « Pourquoi devrions-nous dépenser notre argent pour résoudre les problèmes démographiques d’autres pays ? » a-t-il ajouté, proposant que les bébés nés de mères porteuses en Russie obtiennent automatiquement la nationalité russe « afin de pouvoir connaître leur destin ».

    Pour entrer en vigueur, le texte doit encore être adopté à l’issue de deux autres lectures à la Douma, puis être examiné par le Conseil de la Fédération, la chambre haute du Parlement, et être promulgué par Vladimir Poutine.

     #gpa #fric #pma #femmes #reproduction #critique_techno #marchandisation #nécrotechnologies #gestation_pour_autrui #libéralisme #maternité #exploitation #marchandise

  • Au Japon, une école de médecine condamnée pour avoir privilégié ses étudiants masculins afp/jj
    https://www.rts.ch/info/monde/13108096-au-japon-une-ecole-de-medecine-condamnee-pour-avoir-privilegie-ses-etud

    Une école de médecine japonaise avait rendu son examen d’entrée plus difficile pour les femmes. Elle a été condamnée jeudi pour discrimination sexiste et devra verser des dédommagements à 13 d’entre elles.

    L’Université Juntendo à Tokyo avait affirmé en 2018 avoir placé la barre plus haut pour les femmes aux examens d’entrée afin de « réduire l’écart avec les étudiants de sexe masculin ». L’école argumentait que les femmes avaient des capacités de communication supérieures et disposaient donc d’un avantage par rapport aux hommes pour les entretiens oraux.


    Selon un porte-parole du tribunal de première instance de Tokyo, l’Université Juntendo a été condamnée à indemniser les plaignantes. Des médias locaux évoquent une somme totale à verser équivalent à 61’000 francs suisses.

    Plusieurs cas de même nature
    Le gouvernement japonais avait ouvert une enquête il y a quatre ans après qu’un autre établissement, l’Université médicale de Tokyo, avait avoué avoir falsifié les notes des candidates de sexe féminin, afin que la proportion de ses étudiantes demeure autour de 30%.

    Selon des médias, le comité de sélection agissait ainsi au motif que les femmes, même si elles devenaient médecins, quittaient ensuite souvent leur poste pour se marier et avoir des enfants.

    Le ministère de l’Éducation avait à l’époque expliqué avoir épluché les concours d’entrée de 81 écoles publiques et privées et découvert des procédures répréhensibles dans dix d’entre elles, dont quatre mettaient en oeuvre une discrimination contre les candidates.

    Plusieurs actions en justice avaient été lancées après la publication du rapport du ministère.
    #médecine #université #discrimination #sexisme #femmes #misogynie #éducation #domination_masculine #travail #patriarcat #violence #domination

  • Migrantes et combattantes

    « Ni victimes, ni héroines »

    Dans le monde, 48 % des personnes qui décident de migrer sont des femmes. Où sont-elles ? Pourquoi ne les voit-on jamais ? Pourquoi en parle-t-on si peu ? Que vivent-elles sur la route et dans ces zones frontières ? Cet épisode donne la parole aux femmes exilées. Elles racontent les violences perpétrées par la police, les passeurs, ou les hommes qui empruntent le même chemin qu’elles. Les stratégies qu’elles élaborent pour surjouer l’image stéréotypée de « la victime » afin d’accéder plus facilement aux aides humanitaires. L’utilisation de leurs #corps de femme enceinte comme atout lorsqu’elles prennent la mer sur des zodiacs qui seront secourus plus rapidement. La difficulté à laisser leurs enfants au pays, la vie avec celleux né.e.s en chemin. L’espoir de rencontrer une « sœur » avec qui traverser les épreuves. Les rêves d’avenir, les luttes pour leurs libertés.

    https://www.arteradio.com/son/61672001/migrantes_et_combattantes
    #femmes #femmes_migrantes #violences #asile #migrations #réfugiés #victimisation #héroïsation #stéréotypes

    ping @_kg_ @karine4

  • Hommage à Badia Benjelloun - 2022-05-12-Comaguer
    Entretien sur l’état de la France en 2019
    https://radiogalere.org/wp-content/uploads/1652/54/2022-05-12-Emission-Comaguer.mp3


    https://www.legrandsoir.info/_benjelloun-badia_.html

    https://www.investigaction.net/fr/?s=Benjelloun+

    « Badiaa Benjelloun était médecin, chercheuse aussi. Elle avait travaillé à l’Institut Pasteur, elle soignait encore récemment malgré l’âge de la retraite dépassé dans la campagne profonde de la Seine-et-Marne car elle voulait garder le contact avec ce peuple rural où tant de paysans sont acculés au suicide et lui criaient leur douleur de voir l’agriculture saccagée et leur avenir détruit. Pour elle, c’était cette « sous-France » qui représentait la vraie France, celle qu’elle allait rejoindre tout naturellement sur les barricades des Gilets jaunes, cette France qu’elle souhaitait voir se marier avec cette « non France » cantonnée dans des ghettos urbains.

    Dans sa jeunesse, Badia avait milité dans la clandestinité sous le régime d’un roi inique et traitre à son peuple marocain. Elle en avait gardé la blessure de voir certains de ses camarades disparus, d’autres amoindris par des années de répressions et de tortures. Jusqu’au bout elle a voulu aider ses camarades blessés à pouvoir à nouveau regarder avec confiance les rayons du soleil de la vie.

    J’ai connu Badiaa Benjelloun au début de l’agression de l’OTAN contre la Libye lors d’une réunion convoquée par des observateurs revenus de dessous les bombes. Son intervention était limpide, ce n’était pas le moment de faire la liste des erreurs ou des crimes commis sous le régime Kadhafi, c’était celle de soutenir l’État libyen contre une agression extérieure.

    Principe central qu’elle allait pratiquer sans hésitations jusqu’à son dernier souffle. C’est à cette occasion que des participants à cette assemblée, de toutes origines et de différentes orientations, ont décidé de continuer à …prêcher dans le désert de la sarkozie, en fondant le collectif « Pas en notre nom » pour interpeller les politiciens français, tenir des conférences, informer, manifester contre l’hypocrite « droit de protéger » proclamé avec arrogance pour assassiner tout pays indépendant, dont la Libye qui venait d’oser cette année là de lancer une monnaie africaine devant soustraire tout un continent au piège de « l’aide au développement » et de la « coopération », donc au piège de l’endettement et de l’usure.
Ce collectif allait poursuivre ses activités avec la guerre visant la Syrie.

    Tout naturellement, nous heurtant à l’impossibilité d’obtenir des salles pour tenir nos réunions ou aux annulations de dernières minutes sous des prétexte fallacieux au royaume de la démocratie et des « droideloms », Badiaa Benjelloun consacra ses deniers à l’achat et surtout à la réfection d’un local à St Ouen qui ouvrit ses portes aux activités associatives, politiques, culturelles.

    Ce fut l’aventure de « Maymana ». Pendant plusieurs années, elle s’acharna et s’épuisa à le faire vivre, ce qui permit plusieurs rencontres de qualité qui contribuèrent à redonner vie à cette banlieue de St Ouen et détonnait dans la masse de conformisme qui engluait le pays, avec souvent, malheureusement, en particulier un conformisme de « gauche ».

    Nous nous sommes ensuite retrouvés spontanément dans la rue dès le début du mouvement des Gilets jaunes où mûrissait, au fil des attaques de LBD et des conversations sous les porches pour s’abriter, un embryon d’analyse et de pensée collective pour rebâtir des lendemains qui chantent.
Je me rappelle particulièrement de deux épisodes qui m’ont marqué.

    C’était un soir, au début de janvier, le thermomètre était au-dessous de zéro et, au milieu de la foule rassemblée place de la République, j’ai croisé par hasard Badiaa avec une amie. À peine s’était-on vus que les tirs de gaz et de LBD se sont abattus et nous avons couru vers un porche dans le coin de la place pour nous abriter. A ce moment là, une voiture avec canon à eau nous a longé, nous étions seuls tous les trois sous ce porche, il s’est rapproché de nous a tourné son canon vers nous puis, à quelques mètres de nous, il a commencé à cracher son eau glacée à pleins jets sur nous.

    J’ai essayé de recouvrir ces deux dames de mon corps pendant des minutes qui ont semblé des heures, Badiaa criait qu’ils étaient en train de nous tuer et que notre dernière heure était venue, avant de commencer à faire une prière musulmane.

    Puis l’apprenti tueur passa à autre chose et, transis de froid, nous avons couru vers la souricière policière qui bloquait l’entrée de la place pour essayer de fuir, sans même réfléchir que nous n’avions aucune chance de pouvoir passer le cordon de police …et pourtant, arrivé là, j’ai vu dans le regard d’un policier un éclair de compassion, il a repoussé ses collègues et nous a laissé sortir de la place. Dans chaque policier peut sommeiller un être humain… et là, à quelques mètres de ces scènes dantesques, c’était le Paris du samedi soir, cafés ouverts, musique, clients attablés, un autre monde, impression trouble …mais, fort heureusement !
Car nous sommes entrés dans un café, où nous avons pu nous sécher sous les appareils chauffant, commander du chocolat chaud et regarder autour s’il y avait une table où pouvaient se trouver d’autres réfugiés de la place de la République …et nous avons refait avec eux le monde jusqu’à tard dans la nuit.

    Un ange passe…
    Une autre fois, c’était devant le musée d’Orsay, à quelques mètres de la scène connue où le boxeur Dettinguer a asséné des coups à des policiers qui tabassaient une femme à terre, mais dans la foule nous n’avons rien vu ni su à ce moment là. Nous nous sommes approchés du cordon de police bloquant les issues à l’entrée du musée.

    La grande petite Badiaa s’est dressée devant l’officier de police qui commandait son bataillon et qui crachait à tue tête sa haine des manifestants et elle a commencé à le sermonner doigt pointé vers lui, l’autre répondant avec un langage de plus en plus haineux …et tout à coup, un policier qui était à côté s’est dressé et a dit « Vous avez raison Madame, d’ailleurs mon fils est avec vous en ce moment ! »

    Courage d’un être humain qui laisse espérer un avenir radieux pour notre humanité, et qui donne toute sa valeur aux actions d’une Badiaa Benjelloun au milieu des actions de ces millions à la recherche d’humanité.

    Un an plus tard, nous avons découvert lors d’une rencontre que nous venions tous les deux, sans même s’être consultés, d’adhérer à l’Association nationale des communistes. Bref, il y a de ces hasards qui ne sont pas des hasards mais replacent le monde et notre petit monde dans sa logique profonde, celle du chemin menant vers le progrès humain.

    Badia était musulmane et marxiste ce qui peut paraître incongru à certains Occidentaux. Mais Badiaa était l’ennemi de la bigoterie, surtout quand celle-ci est politisée, elle retenait du Coran le message de justice et c’est ce message là qui l’avait amenée vers le socialisme scientifique. Elle ne voyait donc aucune contradiction entre la vénération coranique de la justice et l’analyse de la situation concrète.

    Elle avait voulu voir les lieux de la révolution en Russie et participer à la marche des immortels à Moscou pour célébrer tous les 9 mai ceux qui nous avaient tous libérés du fascisme, on a parfois tendance à l’oublier sous nos cieux où le grand Stalingrad est oublié au profit du petit débarquement de Normandie.

    Une de ses joies fut de pouvoir aller à Moscou participer avec son drapeau soviétique à cet événement, d’aller ensuite à la mosquée de Moscou, puis d’aller avec un camarade russe brûler un cierge à l’église du Sauveur.

    Il y a des œcuménismes qui mènent vers l’internationalisme prolétarien, Badiaa en était le porte-parole avancé. »

    Par Bruno Drwevski (ANC)
    #Femme #Résistance #Militante #Politique #Badiaa_Benjelloun #Analyse #géopolitique #Science

  • Femminicidi in Turchia: un film onora Bergen, la “donna del dolore”
    https://www.balcanicaucaso.org/aree/Turchia/Femminicidi-in-Turchia-un-film-onora-Bergen-la-donna-del-dolore-2179

    Mentre in Turchia il governo prende di mira le organizzazioni che cercano di prevenire il femminicidio, un film campione d’incassi su Bergen - cantante uccisa negli anni ’80 - sta costringendo il paese a confrontarsi con le violazioni passate e presenti dei diritti delle donne

  • Comment la #marche libère les #femmes | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/227359/marche-randonnee-liberation-femmes-independance-epanouissement

    « On considérait que le #corps de la femme n’était pas capable de marcher sur de trop longues distances, mais ce discours médical servait surtout à garder les femmes à l’intérieur des foyers. Une femme qui se rend à l’extérieur, qui occupe l’espace public, c’est une femme qui peut faire potentiellement des rencontres. Tout ça met en danger la cellule familiale », explique Julie Gaucher.

    « À l’époque, ajoute la chercheuse, une femme qui fait du sport en extérieur, c’est aussi une mise en danger de l’hégémonie des hommes. Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, le modèle masculin par excellence, c’est le soldat. Puis c’est l’exploit sportif. Si les femmes entendent investir ce terrain, que reste-t-il aux hommes ? »

  • PPDA : 20 femmes prennent la parole

    https://www.youtube.com/watch?v=cnsKNvDplFo

    Mediapart vous propose une émission exceptionnelle : pour la première fois, vingt femmes qui ont témoigné dans l’enquête judiciaire contre Patrick Poivre d’Arvor s’expriment sur notre plateau. Certaines prennent la parole pour la première fois à visage découvert.

    #ppda #témoignage #violences_sexuelles #tf1 #médiapart #femmes

    C’était hyper rude, poignant, bouleversant…