• Julie veut le SMIC Les Pieds sur terre

    Nous sommes entre Rennes et Nantes, dans la vallée de l’Erdre. Patrick habite une maison autonome, consomme le moins possible et trouve qu’un SMIC, c’est bien suffisant. Julie, elle, travaille à plein temps dans une usine de lardons et voudrait bien avoir le SMIC.

    https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10078-22.10.2021-ITEMA_22815202-2021C6612S0295-21.mp3

    https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/julie-veut-le-smic


    Ouvrière d’une usine de saucisses• Crédits : Getty

    Exploitation salariale
    Julie, cinquante-et-un ans, travaille pour la société Aubret, le leader européen du lardon. Dans l’usine, située à Saint-Mars-la-Jaille, les conditions de travail sont dures. Julie raconte son quotidien : les cadences imposées, les douleurs articulaires, le froid glacial et les brimades. 

    Il y a le bruit infernal, les moteurs des machines qui tournent sans cesse, ça claque de partout, c’est fatigant. C’est casse-tête, les moteurs des machines. C’est insupportable. On a beau avoir des bouchons, le bruit est toujours présent.

    Le travail est épuisant et très physique. Il fait toujours très froid dans l’usine. Julie répète toujours les mêmes gestes, doit porter des charges lourdes et volumineuses. 

    Il faut récupérer dix kilos de marchandises dans le sac, prendre le sac, le soulever, le souder à la machine. C’est les mêmes gestes et c’est très lourd. Et puis, ce froid : il fait toujours trois ou quatre degrés !

    J’ai des douleurs aux épaules, des douleurs aux coudes, le syndrome du canal carpien à cause des gestes répétitifs.
    Julie a demandé à être polyvalente pour pouvoir alterner les gestes et les douleurs... 

    Pour ce métier harassant et épuisant, Julie ne gagne qu’un salaire de misère. 

    Je suis payée en-dessous du SMIC. Ça fait quand même vingt ans que je suis là.

    Alors que la crise du Covid a profité à l’entreprise, les salaires n’ont pas été revalorisés... 

    Utopie autonome
    Patrick était étudiant en mai 1968. L’expérience du soulèvement ouvrier et étudiant reste pour lui un souvenir fort, même s’il n’a pas tout à fait pris part à l’enthousiasme général. 
    . . . . . 
    Reportage : Rémi Dybowski-Douat
    Réalisation : Emmanuel Geoffroy
    Musique de fin : « Everlong » (Accoutic Version) de Foo Fighters. 

    #Femmes #femme #travail #exploitation #capitalisme #Santé #Sante #économie #esclavage #France

  • #Espagne : la Justice exige le remboursement de toutes les amendes de l’Etat d’urgence Cheikh Dieng
    https://lecourrier-du-soir.com/coup-de-theatre-en-espagne-la-justice-exige-le-remboursement-de-

    Le gouvernement espagnol est en train de procéder au remboursement des amendes récoltées durant le premier Etat d’urgence sanitaire, un Etat d’urgence déclaré anticonstitutionnel par le Tribunal Constitutionnel en septembre dernier

    Les citoyens opposés à l’Etat d’urgence sanitaire viennent d’obtenir une première victoire en Espagne. Et ce, un mois après le verdict du Tribunal Constitutionnel qui a déclaré, en septembre dernier, l’Etat d’urgence anticonstitutionnel. Le Tribunal avait alors exigé du gouvernement qu’il rembourse aux citoyens toutes les amendes qui leur ont été infligées.


    Et la mesure est désormais entrée en vigueur comme le confirment, ce 22 octobre, plusieurs médias consultés par Lecourrier-du-soir.com. Ainsi, selon les informations fournies par le média espagnol ElDiario.es https://www.eldiario.es/politica/gobierno-ordena-devolver-multas-primer-alarma-sentencia-constitucional_1_84 , le gouvernement socialiste, dirigé par Pedro Sanchez, a demandé qu’une équipe de travail soit mise en place afin de procéder au remboursement desdites amendes.

    La même information a été confirmée par un autre média espagnol, Estenerife.com https://estenerife.com/el-gobierno-de-espana-obligado-a-devolver-todas-las-multas-del-confinami qui a fourni plus de détails sur le nombre d’amendes qui seront remboursées. Ainsi, à en croire cette source, 1 142 127 amendes ont été infligées aux citoyens depuis le 14 mars 2020, date d’entrée en vigueur du premier Etat d’urgence en Espagne.

    Parmi les régions comptant le plus d’amendes, figurent : Madrid (184 517) et Andalousie (195 986). Mais, dans d’autres parties du pays, de nombreux citoyens réfractaires à l’Etat d’urgence ont aussi eu à subir des sanctions. Ainsi, à Navarre, 12 500 amendes seront remboursées. Dans la région de Castilla y Leon, c’est 59 299 amendes qui seront remboursées contre 3 971 à Guadalajara.

    L’Espagne semble être le seul pays de l’Union Européenne où l’Etat d’urgence a été déclaré anticonstitutionnel par le Tribunal Constitutionnel qui finira par exiger le remboursement de toutes les amendes encaissées par l’Etat durant cette période. L’exemple espagnol sera-t-il suivi par d’autres pays ? Telle est la question !

    #Justice #Andalousie #Constitution #Coronavirus #Espagne #Etat_d’Urgence #Justice #Pandémie #Santé #Société #Union_Européenne #ue #femmes #santé #menstruation #sang #covid-19 #coronavirus #santé #pandémie #santé_publique #covid 

  • #Canada COVID-19 : pourquoi des personnes menstruées refuseront une troisième dose de vaccin Audrey Simon
    https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1833821/cycle-menstruel-modification-regles-vaccin-covid

    De nombreuses femmes continuent de rapporter des effets indésirables sur leur cycle menstruel après avoir reçu une première ou une deuxième dose de vaccin contre la COVID-19. Certaines sont inquiètes et savent déjà qu’elles vont refuser une troisième dose si elle venait à être offerte à la population générale au Canada.

    Rachel a remarqué un retard dans son cycle menstruel après avoir reçu sa seconde dose. “J’ai eu un retard de règles de 12 jours” , explique la Vancouvéroise. Pourtant, elle n’a pas fait de conclusions hâtives.

    Lorsqu’elle a eu un nouveau retard de règles lors de son cycle suivant, elle a commencé à se poser des questions. La trentenaire ne prend pas de contraception hormonale et a des rapports sexuels uniquement protégés.

    “C’était la panique totale” se souvient Rachel, qui a d’abord attribué ce retard de règles à une possible grossesse. Après un premier test de grossesse négatif, réalisé dix jours après, puis un second, toujours négatif, elle attribue ce retard à la vague de chaleur qui s’est abattue sur la province durant l’été. “J’essayais de trouver une justification rationnelle”, explique Rachel.

    Depuis, elle observe une irrégularité dans ses menstruations. Pendant trois jours, elle saigne abondamment, au quatrième jour son flux s’interrompt, puis au cinquième jour elle saigne à nouveau. La jeune femme dit avoir pourtant toujours eu des menstruations régulières.

    “J’ai saigné pendant 17 jours”
    En juillet, après sa deuxième dose de vaccin, Jasmin a remarqué un changement soudain dans son cycle menstruel, qui a pourtant toujours été constant depuis plus de 10 ans.

    “Mes menstruations sont arrivées avec deux jours d’avance après avoir reçu la deuxième dose”, raconte la Calgarienne. “Puis 10 jours après, j’ai saigné pendant neuf jours. 19 jours plus tard, j’ai saigné pendant 17 jours. Six jours plus tard, j’ai saigné pendant huit jours.”

    Elle admet que son cycle semble revenir à la normale, puisqu’elle n’a qu’un jour d’avance ce mois-ci. “Mais pour être tout à fait honnête, saigner 17 jours d’affilée était effrayant” révèle-t-elle.

    Durant ces épisodes, elle ne s’est pas rendue chez son médecin, le sien venait de partir à la retraite et elle n’avait pas encore trouvé son remplaçant.

    Jasmin ajoute que plusieurs membres du groupe d’entraide auquel elle est abonnée sur Facebook, qui font l’expérience de retard dans leur cycle menstruel, disent avoir été chez le médecin. Elles ont reçu des diagnostics de préménopause.


    Jerilynn C. Prior, professeure d’endocrinologie à l’Université de la Colombie-Britannique, à Vancouver, et directrice scientifique du Centre de recherche sur le cycle menstruel et l’ovulation, travaille sur une étude à paraître prochainement pour démontrer si oui ou non le vaccin contre la COVID-19 influence les menstruations (archives). Photo : Martin Dee/UBC

    Jerilynn C. Prior, professeure d’endocrinologie à l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) et directrice scientifique du Centre de recherche sur le cycle menstruel et l’ovulation (CeMCOR), à Vancouver, recueille les témoignages de femmes qui rapportent des troubles du cycle menstruel en pleine crise sanitaire.

    D’après ses recherches, un événement dramatique et stressant peut venir perturber le cycle menstruel.

    Par exemple, au cours d’une manifestation « BlackLives Matter » en 2020, à Portland, en Oregon, aux États-Unis, des femmes ont reçu du gaz lacrymogène lancé par la police. Une étude en ligne ensuite menée auprès de 2257 personnes présentes démontrait que plus de mille personnes menstruées avaient fait état de troubles dans leur cycle menstruel ou leur flux quelques jours après cet épisode.

    Jerilynn C. Prior note que ces signalements ressemblent à ceux rapportés par des personnes menstruées après leur vaccination.

    La pandémie serait responsable
    Pour le moment, aucune corrélation entre le vaccin contre la COVID-19 et des changements du cycle menstruel des femmes n’a été établie.

    Jerilynn C. Prior pense que des règles en avance ou un flux abondant sont dues à une production de progestérone inférieure à la normale. “Le rôle de la progestérone est de stabiliser cette muqueuse, de sorte que vous n’avez pas de règles précoces.”

    D’après la directrice scientifique du CeMCOR, le cycle menstruel des personnes menstruées était probablement déjà irrégulier à cause de la pandémie.

    “Nous avons modifié notre manière de travailler, de faire nos courses, de socialiser avec nos amies ou des inconnus, nous avons changé la façon dont nous interagissons avec nos propres familles” explique la professeure d’endocrinologie à UBC.

    En conséquence, l’ensemble des changements survenus pendant la pandémie “sont stressants pour nous”, résume-t-elle.

    “Même si nos cycles menstruels sont parfaitement réguliers, il reste une possibilité que notre corps ne relâche pas d’ovule et ne produise pas assez de progestérone. Ce qui peut expliquer une irrégularité dans nos menstruations après avoir reçu une dose de vaccin contre la COVID-19”, conclut Jerilynn C. Prior.

    Elle souligne qu’une étude a été réalisée à propos des menstruations et des ovulations sur plus de 100 femmes pendant la pandémie, mais n’a pas encore été publiée.

    Être informée pour prendre une décision raisonnée
    Rachel subit l’irrégularité de son cycle menstruel depuis sa deuxième dose en juillet.

    C’est pourquoi, sans étude de la part du corps médical qui expliquerait si oui ou non le vaccin contre la COVID-19 influence le cycle menstruel, elle est catégorique et refusera une troisième dose, si elle a lieu.

    “Les femmes ne comptent pas, les effets du vaccin sur nos menstruations ne comptent pas” réagit-elle avant d’ajouter que si elle avait su que son cycle menstruel serait perturbé, elle aurait attendu avant de recevoir ses deux doses.

    Jasmin ne veut pas d’une troisième dose non plus si elle vient à être disponible pour la population générale. La quadragénaire pourrait revoir sa position si son cycle menstruel se stabilise. En revanche, son opinion est tranchée : si elle avait eu une fille de moins de 16 ans, “je ne voudrais pas qu’elle reçoive la vaccination contre la COVID-19.”

    #femmes #menstruations #règles #santé #menstruation #sang #sexualité #corps #covid-19 #coronavirus #santé #pandémie #vaccination #santé_publique #covid #sante

  • La Barbe - La saison théâtrale 2020/2021
    https://labarbelabarbe.org/La-saison-theatrale-2020-2021

    Ils ont compris que le monde d’après sera comme le monde d’avant : masculin.
    Ils dirigent les théâtres, ils créent des spectacles, ils les mettent en scène.
    La Barbe salue bien bas cette comédie héroïque !

    La Barbe se réjouit de découvrir une programmation post confinement à la hauteur de ses espérances, voyez plutôt :

    Théâtre National de la Colline « Hiver » (direction Wajdi Mouawad)
    6 spectacles : 6 Hommes soit 100 % d’Hommes. La perfection !

    Été solidaire du Théâtre de la Ville (direction Emmanuel Demarcy-Mota)
    5 Spectacles : 5 Hommes soit 100 % d’Hommes. Un idéal !

    Les Bouffes du Nord (direction Olivier Mantei et Olivier Poubelle)
    33 spectacles : 10 Hommes, 22 collectif
    Nous déplorons qu’une femme se soit glissée dans la programmation faisant chuter la représentation des Hommes à 97 %.

    Festival d’Avignon « Automne » (direction Olivier Py)
    8 Spectacles : 6 Hommes, 1 collectif soit 87,5% d’Hommes
    Nous alertons sur la pente glissante qu’emprunte Olivier Py en confiant la mise en scène d’un spectacle à une femme. Une femme c’est un homme en moins !

    Festival Paris l’Eté (direction Laurence de Magalhaes et Stéphane Ricordel)
    8 spectacles : 6 Hommes, 1 collectif soit 87,5% d’Hommes
    Non contents d’introduire la louve dans la bergerie (une femme codirige le théâtre), un spectacle a été confié à une femme. Prudence !

    MC93 (direction Hortense Archambault)
    35 spectacles : 25 Hommes et 4 collectifs soit 87 % d’Hommes
    Ils ont confié la direction à une femme, ils n’allaient pas non plus leur confier la mise en scène ! Bravo !

    Le Monfort (direction Laurence de Magalhaes et Stéphane Ricordel)
    32 spectacles : 22 Hommes 5 collectif
    Lorsqu’on ouvre une brèche on doit s’attendre au déferlement : 1 femme codirige et voilà que le Monfort n’accueille plus que 84,5 % d’hommes, faisant figure de mauvais élève de notre classement. Ressaisissez vous que diable !

    Théâtre National de Strasbourg (direction Stanislas Nordey)
    20 spectacles : 16 Hommes soit 80 % d’Hommes. Fabuleux !

    La Villette (président : Didier Fusillier)
    14 spectacles : 10 Hommes, 1 collectif soit 79 % d’Hommes. Mirifique !

    Théâtre National de l’Odéon (direction Stéphane Braunshweig)
    13 spectacles : 10 Hommes soit 77 % d’Hommes. Félicitations !

    Théâtre Nanterre-Amandiers (direction Philippe Quesne)
    22 spectacles : 10 Hommes, 7 collectif soit 77 % d’Hommes. Bravo !

    Théâtre de la Cité de Toulouse (direction Galin Stoev)
    33 spectacles : 20 Hommes, 5 collectifs soit 76 % d’Hommes. Un régal pour les yeux !

    Le Phénix (direction Romaric Daurier)
    11 Spectacles : 8 Hommes soit 73 % d’Hommes. Formidable !
    P.-S.

    #theatre #metootheatre #male_gaze #invisibilisation #femmes #sexisme #discrimination #féminisme

    • A part ca le jury du prix Renaudot 2021 comporte toujours Christian Giudicelli, un proche de Madneff qui raconte les viols de mineurs en Philippine avec son ami pédocriminel.

      Le jury du prix Renaudot 2021 se compose aux dernières nouvelles de Christian Giudicelli, Frédéric Beigbeder, Dominique Bona, Patrick Besson, Georges-Olivier Châteaureynaud, Franz-Olivier Giesbert, Cécile Guilbert, Stéphanie Janicot, J.M.G. Le Clézio et Jean-Noël Pancrazi.

      Et le gouvernement organise un nouvel appel à témoins sur l’inceste comme si les témoignages on en avait pas assez pour décider enfin d’agir.

  • La colère des femmes
    (traduction très rapide d’un article de Katrin Gottschalk/TAZ sur les parutions féministes de la rentrée en Allemagne)

    Réduire le téléviseur en morceau, briser la vaisselle, faire du petit bois de la table - tout simplement, tout réduire en morceaux. Cela semble être le fantasme de nombreuses femmes. Au moins 70 % des client·es d’un crash room à Berlin sont des femmes. Elles paient 220 euros pour une heure de rage sans public. C’est ce que rapporte le propriétaire du lieu dans le livre de Ciani-Sophia Hoeder Wut und Böse (La rage et le mal). Hoeder n’est pas du tout surprise, car la thèse de son livre est qu’il n’y a pas de place pour la colère des femmes dans notre société.

    Bien sûr, les femmes sont aussi en colère. Elles ont juste appris, que cela ne passe pas bien si elles le montrent. Cela ne correspond pas à l’image du sexe attentionné, de l’amante dévouée, de l’écoutante silencieuse. Et celles qui ne se conforment pas à cette image sont, à ce jour, toujours sanctionnées.
    Si vous ne répondez pas par un sourire reconnaissant à la drague dans la rue, vous risquez d’être insultée. Devoir penser constamment aux conséquences de ses propres actes se révèle épuisant pour les femmes, devoir réprimer son indignation les rend malades.

    Cet automne, trois écrits féministes ont été publiés, dans lesquels les trois autrices disent ne pas rattacher la catégorie « femme » aux caractéristiques du genre, mais vouloir conserver cette catégorie comme point de référence dans un système binaire. En tout cas, pour la catégorie « femme », elles constatent : elle est « mütend » (wütend+müde). Le mot est né de la pandémie de corona et décrit un mélange de colère et de fatigue.

    La rage et le mal
    Ces titres suffisent à montrer que ces thèmes déterminent la littérature féministe actuelle. Wut und Böse (La rage et le mal) est le titre du livre de Ciani-Sophia Hoeder, Die Erschöpfung der Frauen (L’épuisement des femmes) de Franziska Schutzbach l’autre. Le titre du pamphlet critique Sweet d’Ann-Kristin Tlusty est plutôt vague, mais il entre dans le vif du sujet dès le début avec la déclaration suivante : « Je suis une féministe. Je suis en colère contre le fait que les femmes souffrent davantage de la pauvreté dans la vieillesse que les hommes, c’est une évidence. »

    Les féministes du monde germanophone sont donc en colère - mais y a-t-il quelque chose de nouveau à dire à ce sujet ? Audre Lorde, citée par les trois autrices, a déjà traité de la colère comme réponse au racisme dans les années 1980. Cependant, en tant que femme, et surtout en tant que femme noire, il faut être forte pour donner un espace public à sa propre colère. Une force qui peut épuiser, c’est pourquoi Lorde qualifie le soin de soi d’acte de guerre politique.

    En outre, ces dernières années, des termes adéquats sont apparus. Le activism burnout ou la fatigue rage tentent de décrire ces débilitations spécifiques qui ne touchent pas que les femmes, mais se heurtent souvent chez elles à une estime de soi particulièrement basse.

    Parmi ces trois publications, Franziska Schutzbach décrit de manière particulièrement approfondie les différentes dimensions de l’épuisement féminin. La sociologue titulaire d’un doctorat porte un regard riche en sources sur l’histoire du sujet éclairé, apparu en opposition aux femmes et aux « sauvages ».

    Le sexe faible
    A la suite de Klaus Theweleit, elle montre comment la masculinité du fascisme est construite par le rejet de tout ce qui est faible - et les femmes sont considérées comme le sexe faible. La vision des hommes sur les femmes est intériorisée par les femmes et les conduit à se dévaloriser et à se dévaloriser mutuellement.

    Selon Schutzbach, la tentative des femmes de se distancier activement de ces attributs conduit finalement à un épuisement permanent. Schutzbach considère son livre comme un appel à l’imperfection. Toutefois, permettre et vivre la différence sans crainte ne fonctionne que lorsque « les gens prennent au sérieux leur désir de relation et leur besoin de soins, lorsqu’ils sont en relation les uns avec les autres, ils peuvent se montrer vulnérables les uns aux autres - et aussi épuisés ».

    À la fin du livre, Schutzbach en appelle à une « care revolution ». Les études à ce sujet sont denses : les femmes assument plus de tâches ménagères, plus de soins, elles se chargent de maintenir la cohésion des équipes au travail et achètent les cadeaux pour tous les membres de la famille pendant leur temps libre.

    Douce et mignonne
    La journaliste Ann-Kristin Tlusty résume cette image de la femme attentionnée par l’image de la femme douce. Dans son livre Sweet, elle décrit, à côté de la femme douce, la femme mignonne, qui est à la fois toujours sexuellement disponible et active. Elle sait ce qu’elle veut et celle qui aime le sexe à l’ancienne, c’est-à-dire « vanille », est considérée entretemps comme frigide. Et puis, selon Tlusty, il y a aussi la femme délicate, qui est mince et fragile. Douceur, gentillesse et tendresse, ces catégories sont revendiquées de l’extérieur et déterminent également l’image de soi de la femme.

    Dans Sweet, cependant, Tlusty ne plaide pas pour se distancer de cette image de soi, pour transformer « doux » en « fort » : « Je refuse de faire appel à l’auto-responsabilité féminine et d’appeler à l’autonomisation joyeuse. »
    Elle critique donc vivement le « féminisme de puissance ». Elle entend par là un type de féminisme de carrière qu’Angela McRobbie a déjà critiqué dans The Aftermath of Feminism. Au lieu d’exiger qu’il y ait un nombre égal de femmes aux postes de direction, Tlusty préfère créer des structures qui permettent une « société douce ».
    Une société douce se construit « sur une infrastructure sociale qui permet une prise en charge simple et sans but lucratif des enfants, des malades et de ceux qui ont besoin de soins, au lieu de déplacer tout ce qui est social essentiellement dans la sphère privée ». En conséquence, le secteur des soins doit être entièrement socialisé. La gentillesse pour tous est une belle utopie. La manière dont ce concept est censé fonctionner dans une société fondée sur la force reste toutefois ouverte.

    La colère est une force motrice
    Ciani-Sophia Hoeder identifie la colère comme une force motrice importante pour le changement. La journaliste s’y attarde dans son livre La colère et le mal. La fondatrice de Rosa Mag, un magazine en ligne pour les femmes noires, veut avant tout cultiver le courage d’être en colère.

    L’envie de changement est évidemment ce qui anime Hoeder. Elle sait que les structures ne changent pas toutes seules, mais que les luttes solides en font partie. Elle s’entretient avec des expert·es telle une infirmière de 51 ans très fière de son titre de « garce du service ».
    La lecture de Hoeder est instructive, seulement il est quelque peu surprenant, étant donné le sujet choisi, de voir avec quelle gentillesse l’autrice écrit.

    Dans l’ensemble, les trois femmes écrivent très « gentiment ». Tlusty commence son livre en disant qu’elle est en colère - pour finir par souhaiter la dolce vita générale. Mais en dessous de tout ça, il y a beaucoup de choses qui se passent. En gros, ces trois autrices veulent enfin avoir leur putain de paix et ne pas avoir à se battre pour l’égalité à tous les niveaux. Sauf qu’elles n’écrivent pas « salement ». Pourquoi pas, en fait ?

    « La théorie de King Kong »
    Dans la Théorie King Kong de Virginie Despentes (2006), la rage crache au visage du lecteur à chaque ligne. Despentes ne s’attarde pas sur la recherche de preuves de l’inégalité de traitement des femmes. Elle n’énumère pas les écarts de rémunération et de pension entre les sexes, même l’écart d’orgasme entre les sexes n’aurait aucune importance pour l’ancienne travailleuse du sexe. Elle vomit sur le patriarcat et chie sur le tone policing. C’est ce qu’on fait quand on dit à une personnes qu’elle se trompe de ton.

    Ces trois publications allemandes sont bien rédigées et les autrices en sont certainement conscientes. Les femmes en colère doivent toujours se demander quelles sont les conséquences de leurs actes. Les exemples de menaces de mort à l’encontre de féministes mal embouchées sont bien connus. Le langage plus doux de ces livres est, en ce sens, aussi un mécanisme de protection.

    En définitive, les trois autrices veulent valoriser à leur manière les qualités à connotations féminines et libérer les femmes de l’imitation de la domination masculine. Cela ne peut fonctionner que si les femmes comprennent également la colère comme une partie active de leur émotivité.

    https://taz.de/Feministische-Neuveroeffentlichungen/!5806878

    Et moi, jamais gentille... toujours rappelée à la modération de mon ton... en colère et fatiguée que je suis...

    Et je réalise à l’instant que Le deuxième sexe a pour titre allemand Das andere Geschlecht (L’autre sexe)

    #féminisme #sexisme #littérature #Allemagne

    • Wut und Böse

      Wann waren Sie das letzte Mal richtig wütend?

      Frauen, die ihrer Wut freien Lauf lassen, haben schnell einen schlechten Ruf. Doch diese Wut kann eine mächtige Waffe gegen persönliche und politische Unterdrückung sein.
      Ciani-Sophia Hoeder fragt nach: Wie haben wütende Frauen Geschichte und Popkultur geprägt? Welchen Einfluss haben die Erziehung von Mädchen und der abfällige Umgang mit Sorgearbeit auf die seelische Gesundheit von Frauen? Und wie wird aus Wut Mut zur Veränderung?

      https://www.hanser-literaturverlage.de/buch/wut-und-boese/978-3-446-27115-9
      #livre

    • Die Erschöpfung der Frauen. Wider die weibliche Verfügbarkei

      Frauen haben heute angeblich so viele Entscheidungsmöglichkeiten wie nie zuvor. Und sind gleichzeitig so erschöpft wie nie zuvor. Denn nach wie vor wird von ihnen verlangt, permanent verfügbar zu sein. Die Geschlechterforscherin Franziska Schutzbach schreibt über ein System, das von Frauen alles erwartet und nichts zurückgibt – und darüber, wie Frauen sich dagegen auflehnen und alles verändern: ihr Leben und die Gesellschaft.

      In unserer Gesellschaft wird Weiblichkeit gleichgesetzt mit Fürsorglichkeit. Frauen sind, ob in der Familie, in Beziehungen oder im Beruf, zuständig für emotionale Zuwendung, für Harmonie, Trost und Beziehungsarbeit – für Tätigkeiten also, die unsichtbar sind und kaum Anerkennung oder Bezahlung erfahren. Sie „schulden“ anderen – der Familie, den Männern, der Öffentlichkeit, dem Arbeitsplatz – ihre Aufmerksamkeit, ihre Liebe, ihre Zuwendung, ihre Attraktivität, ihre Zeit. Und kämpfen jeden Tag gegen emotionale und sexuelle Verfügbarkeitserwartungen.

      Es sind diese allgegenwärtigen Ansprüche, die Frauen in die Erschöpfung treiben. Denn – deklariert als „weibliche Natur“ – ist die geleistete Sorgearbeit meist wenig anerkannt und bleibt unsichtbar. Sie gilt ökonomisch als irrelevant und ist gerade deshalb ausbeutbar. Das Buch zeigt, dass die Verfügbarkeitsansprüche für unterschiedliche Frauen Unterschiedliches bedeuten: Ob als Mütter oder als Mädchen, ob als schwarze oder weiße Frauen, als Migrantin, Trans- oder non binäre Person, als dicke oder lesbische Frau, ob im Dienstleistungssektor, in Pflegeberufen oder in der digitalen (Selbst)vermarktung, ob als Politikerin oder Künstlerin – die Verausgabung hat unterschiedliche Ausmaße und unterschiedliche Ursachen.

      Die Geschlechterforscherin Franziska Schutzbach wendet sich gegen ein misogynes System, das von Frauen alles erwartet und nichts zurückgibt. Und sie zeigt, welch vielfältigen Widerstand Frauen gegen die Ausbeutung ihrer Energie, ihrer Psyche und ihrer Körper leisten. Ein Widerstand, der zu einer treibenden Kraft für neue Arbeits- und Lebensweisen wird und die Welt verändert.

      Ein kluger und fundierter Beitrag zu einer anhaltend aktuellen Debatte.

      https://www.droemer-knaur.de/buch/franziska-schutzbach-die-erschoepfung-der-frauen-9783426278581

    • Sweet

      Nowadays, everyone’s a feminist. But we’re still a far cry from genuine equality. Why are outdated structures still in place? How can they be dismantled? Ann-Kristin Tlusty looks at the inner and outer constraints that continue to shape women’s lives today. Women are still expected to absorb society’s concerns and needs without complaint. They’re expected to always seem sweet and sexually available, even in the heyday of today’s feminism. And they should be nice and gentle, and never demand too much autonomy. Smart and personal, liberating and new, this polemic text will shake up the hierarchy of the genders forever. Enjoy, sweethearts!

      https://www.hanser-literaturverlage.de/en/buch/sweet/978-3-446-27101-2

    • En français :


      Comme le rappelle l’autrice militante Irene dans La terreur féministe, l’idée d’un féminisme pacifique ne fait pas l’unanimité : face aux violences subies par les femmes, il y a urgence.
      https://www.madmoizelle.com/violences-feministes-1113385

      Et ici, la liste des manifestes féministes classiques :
      Muriel Andrin, "Expressions textuelles, performatives et filmiques des manifestes féministes – pratiques multiples dans les années 1970 et 2000", 2018

      No Manifesto (Yvonne Rainer, 1965)
      The SCUM Manifesto (Valérie Solanas, 1967)
      Maintenance Art Manifesto – Proposal for an Exhibition « CARE » (Mierle Laderman Ukeles, 1969)
      Women’s Art : A Manifesto (VALIE EXPORT, 1972)
      Semiotics of the Kitchen (Martha Rosler, 1975) et Réponse de femme (Agnès Varda, 1975)
      Post-Porn Modernist Manifesto (Veronica Vera, Candida Royalle, Annie Sprinkle, Frank Moore et 13 autres artistes, 1989)
      Porno Manifesto (Ovidie, 2002) et King Kong Théorie / Mutantes (Féminisme Porno Punk) (Virginie Despentes, 2006 / 2009)
      Dirty Diaries Manifesto (Mia Engberg et cie, 2009)
      Ecosex Manifesto (Annie Sprinkle et Elizabeth Stephens, 2011)

      https://journals.openedition.org/itineraires/4495

      #féminisme #violence #manifeste

  • Protagoniste del cinema al femminile: Antoneta Kastrati
    https://www.balcanicaucaso.org/aree/Kosovo/Protagoniste-del-cinema-al-femminile-Antoneta-Kastrati-213445

    «Le donne registe stanno portando storie umane autentiche, sia intime sia universali. I temi possono variare ma toccano la rappresentanza femminile, la lotta per una libertà economica, gli effetti della guerra, la maternità, la sessualità e altri.» Intervista con la regista kosovara Antoneta Kastrati

  • Musiques actuelles, musiques masculines - Yves Raibaud - AquileTube : Peertube Aquilenet.fr
    https://tube.aquilenet.fr/w/jedbZfvbASwQ5U9JgwgH2r

    Comme le sport, la musique a un genre. L’entre-soi masculin et l’exclusion des femmes dans l’économie des musiques actuelles en est l’exemple. Yves Raibaud montre comment des aides et des subventions publiques profitent majoritairement à des groupes de musiciens hommes qui y trouvent une prime à la professionnalisation. Toute l’économie de ce secteur fonctionne par cooptation genrée, recréant et diffusant ad libitum les stéréotypes de la masculinité, en direction d’un large public. L’auteur plaide au minimum pour une distribution égalitaire des ressources publiques dans ce domaine d’activité professionnelle.

    #UPB #université_populaire #Yves_Raibaud #musiques_actuelles #musique #femmes #hommes #inégalité #sociologie #genre

    • Super Conf, il parle à un moment de Adèle Heanel qui risque de se prendre le backlash d’avoir osé dénoncé un agresseur sexuel et voila ce que je trouve comme info ce matin :

      Affaire Adèle Haenel : la garde à vue de Christophe Ruggia annulée
      https://www.mediapart.fr/journal/france/151021/affaire-adele-haenel-la-garde-vue-de-christophe-ruggia-annulee
      –— Adèle Haenel qui ne voulait pas porté plainte se retrouve à devoir subir des interrogatoires de 21h, des confrontations au bout de la nuit et voila le résultat ....
      A mon avis la société à pas fini de lui faire payé l’affront d’avoir dénoncer un agresseur sexuel masculin.
      #backlash

    • La notion de lèse-majesté doit vraiment être examinée comme paradigme de ce backlash de + en + systématique à l’égard des femmes qui témoignent de leurs agressions. Dans un monde formaté par la pornographie et par le voyeurisme infligé aux femmes célèbres, le fait d’avoir commis de tels actes est maintenant perçu comme moins pire que le fait pour les agresseurs d’en être accusés.

    • C’est du lèse-couillons plutot que lèse-magesté, les hommes n’ont jamais apprecié qu’on dévoile au grand jour le complot qu’ils ourdissent entre eux contre les femmes (cf la maison des hommes).

      L’idée que la nouveauté en art serait une methode pour déclassé les personnes dominées m’a semblé interessante. Apparement c’est Geneviève Sellier qui as forgé cette idée par rapport au ciné de la nouvelle vague. Les femmes et les personnes racisées ont plus de mal à pouvoir tourner des films ou enregistrer de la musique, mais certaines et certains y arrivent à force, mais un peu en retard en moyenne vu les difficultées à se faire remarqué et prendre au sérieux par ce milieu. Une fois que des femmes ou des personnes racisées parviennent à émergé et se faire reconnaitre, les hommes s’organisent pour déclassé le mouvement et ces artistes, faire de la nouveauté qui sera difficile à investir pour les femmes et personnes racisées. En fait c’est probablement le fait qu’il y ai des femmes dans le ciné pré-nouvelle vague qui a dégouté les macho qui voulaient faire leurs films de queutards entre zobs, et ca les a motivé pour faire un truc nouveau car ce qui est féminin c’est nul et il faut niquer les femmes et les jetter hors de la maison des hommes.

    • 86 percent of Black artists in the UK experience barriers to progression, says new survey · News ⟋ RA
      https://ra.co/news/76213

      UK organisation Black Lives In Music (BLIM) has published a damning report on racism and discrimination in the modern music industry.

      2000 people responded to the survey, which launched in March. Those surveyed reported a range of discriminatory acts, barriers to progression based on their ethnicity, income inequalities and more. Here are some key findings:
      • 86 percent of all Black music creators agree that there are barriers to progression. This rises to 89 percent for Black women and 91 percent for Black creators who are disabled.

      • 88 percent of all Black music professionals agree that there are barriers to progression.

      • Three in five (63 percent) Black music creators have experienced direct or indirect racism in the music industry, and more (71 percent) have experienced racial micro-aggressions.

      • 35 percent of all Black music creators have felt the need to change their appearance because of their race or ethnicity, rising to 43 percent for Black women.

      • 38 percent of Black music professionals earn 100 percent of their income from music compared to 69 percent of white music professionals.

  • Une femme condamnée pour diffusion de mèmes et vidéos racistes et antisémites : une première en Belgique Joyce Azar
    https://www.vrt.be/vrtnws/fr/2021/10/14/une-femme-condamnee-pour-diffusion-de-memes-et-videos-racistes-e

    Le tribunal de première instance d’Anvers (Turnhout) a condamné une femme à une peine de prison de 6 mois avec sursis pendant une période de 3 ans et à une amende de 320 euros pour avoir diffusé des vidéos et des mèmes racistes et antisémites sur les réseaux sociaux. Selon le Centre interfédéral pour l’égalité des chances (Unia) qui s’était porté partie civile, il s’agit de la première condamnation en Belgique pour la diffusion de mèmes, des images ou vidéos détournées à des fins a priori humoristiques.

    La femme poursuivie, connue des services de l’Ocam (Organe de coordination pour l’analyse de la menace), a régulièrement publié ces mèmes sur internet entre mars 2019 et janvier 2020.

    Elle avait notamment partagé des vidéos des attaques à la mosquée de Christchurch en Nouvelle-Zélande et de personnes de couleur renversées par une voiture, accompagnées des émoticônes « fou rire » en commentaire. Elle affichait également plusieurs symboles néonazis sur ses profils. 

    « Un signal fort »
    Généralement comiques ou ironiques, les mèmes sont aussi détournés par des groupes extrémistes dans un but de propagande, banalisant par exemple le racisme, déplore Unia. L’organisation s’était constituée partie civile dans cette affaire, car elle estime que les faits constituent une incitation à la haine, à la violence et au négationnisme.

    « Au sein de l’extrême-droite, un glissement s’est opéré de l’activisme de terrain vers l’activisme en ligne », analyse Patrick Charlier, directeur d’Unia. « Ce dernier constitue une menace aussi importante pour l’ordre public et la cohésion sociale. Des études récentes révèlent en effet que l’activisme virtuel, notamment sur les réseaux sociaux, stimulerait au fil du temps un passage à l’acte, notamment des actes de violence à caractère raciste. Cette condamnation constitue donc un signal fort et un précédent excessivement important qui permet de combler une lacune dans la jurisprudence. »

    #Femme #Femmes #racisme #anti_sémitisme #violence #réseaux_sociaux #négationnisme.

  • Refus de faire des heures supplémentaires : des infirmières devant le tribunal
    https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1809692/temps-supplementaires-infirmieres-urgence-mont-laurier

    Dans une cause liée aux heures supplémentaires des infirmières, le Tribunal administratif du travail vient d’ordonner à des infirmières de l’urgence de l’Hôpital de Mont-Laurier de cesser de refuser de façon concertée de faire leur prestation normale de travail.


    Le CISSS des Laurentides avait demandé l’intervention du Tribunal administratif du travail, après le sit-in de sept infirmières de l’urgence de l’Hôpital de Mont-Laurier. Photo : getty images/istockphoto

    C’est le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) des Laurentides qui avait demandé l’intervention du Tribunal, après le sit-in de sept infirmières de l’urgence de cet hôpital, qui avaient refusé d’entamer leur quart de travail. Il alléguait aussi qu’elles avaient refusé, de façon concertée, de donner leurs disponibilités pour effectuer du travail en heures supplémentaires.

    Le CISSS n’a eu gain de cause qu’en partie.

    Le Tribunal administratif du travail a jugé que le refus de faire sa prestation normale de travail constituait un “moyen de pression illégal”.

    Il a donc ordonné aux infirmières de l’urgence de l’Hôpital de Mont-Laurier de “cesser immédiatement de refuser de façon concertée de fournir leur prestation usuelle de travail”.

    Le Tribunal n’a toutefois pas donné gain de cause au CISSS concernant le refus de faire des heures supplémentaires.

    Il a estimé qu’à ce sujet la preuve était insuffisante, puisqu’elle reposait sur du ouï-dire. Il s’agissait d’un témoin qui disait avoir entendu une conversation qui lui avait permis de conclure qu’un refus de faire des heures supplémentaires volontaires se préparait le 13 juillet.

    La décision du Tribunal administratif du travail a été déposée devant la Cour supérieure, ce qui lui donne le même poids. Ainsi, “elles sont conséquemment susceptibles d’outrage au tribunal en cas de contravention” à l’ordonnance.

    “Tout le monde est épuisé”
    En entrevue avec La Presse canadienne, Julie Daignault, présidente du Syndicat des professionnelles en soins des Laurentides, de la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), a dénoncé la situation. “Tout le monde est épuisé. Tout le monde a travaillé longuement pendant la pandémie.”

    “On est présentement devant une situation qui est très critique. L’employeur continue de gérer les horaires avec des temps supplémentaires et des temps supplémentaires obligatoires. Il force nos membres à rentrer travailler malgré leur épuisement”, a-t-elle critiqué.

    Mme Daignault concède qu’il y a pénurie d’infirmières, mais elle affirme qu’il y a là aussi un problème de gestion des horaires, d’affichage de postes qui soient intéressants et de recours trop fréquents aux heures supplémentaires.

    “Je sais que je ne le vis pas seulement à Mont-Laurier, qu’on le vit partout dans les Laurentides et au Québec”, ajoute la dirigeante régionale de la FIQ.

    “Si on continue comme ça, à obliger des professionnelles en soins à faire du temps supplémentaire obligatoire, on s’en va vers des gens qui vont tomber en maladie, qui vont démissionner et vouloir faire autre chose”, prévient Mme Daignault.

    La version du CISSS
    Le CISSS des Laurentides, de son côté, a soutenu qu’il n’avait guère le choix d’agir comme il l’a fait, parce qu’il doit veiller à la continuité des soins pour le public.

    “Il est vrai que la situation actuelle peut être difficile pour nos équipes de soins. Cependant, il est essentiel pour nous que les usagers demeurent au coeur des décisions. Nous avons tous la responsabilité de collaborer dans la mise en place de solutions au bénéfice de nos usagers et de notre personnel”, a-t-il fait savoir, par courriel.

    Le CISSS des Laurentides fait valoir que “le sit-in à l’Hôpital de Mont-Laurier survient après celui ayant eu lieu à l’Hôpital régional de Saint-Jérôme”.

    Il ajoute que “tout arrêt de travail concerté, comme le cas du sit-in à l’Hôpital de Mont-Laurier, est une grève illégale. Le personnel du quart de soir, anticipant qu’une ressource manquerait pour le quart de nuit et que du temps supplémentaire obligatoire pourrait être requis, a tenu un sit-in. Les employés ont donc réagi avant même que l’employeur puisse agir et trouver une solution à cette situation précise qui aurait pu survenir 8 heures plus tard”.

    Le CISSS se dit disposé à chercher des solutions aux problèmes soulevés par le syndicat de la FIQ. “Nous souhaitons envoyer un signal clair : il y a d’autres voies pour améliorer la situation, soit celle de la communication et collaboration.”

    “En aucun temps nous n’avons été passifs face à la situation à l’Hôpital de Mont-Laurier. Depuis le 10 mai dernier, une cellule de crise est active et déjà un grand nombre d’actions ont été déployées. La révision des corridors de services, la modulation des lits disponibles en fonction des ressources, la couverture de quarts de travail par d’autres équipes au CISSS des Laurentides qui libèrent du personnel pour donner un coup demain ne sont que quelques exemples de ce qui est déjà en place”, conclut le CISSS.

    #Quebec #Gréve #Syndicats #Femmes #urgences #travail #capitalisme #exploitation #santé #hôpital #femmes #infirmières #soin #conditions_de_travail #soins #soignantes

  • Vortrag ‚Sehnsucht nach Unfreiheit‘ – Ehrlos Statt Wehrlos
    https://esw.pub/2020/06/17/mitschnitt-des-vortrags-sehnsucht-nach-unfreiheit
    Audiomitschnitt des Vortrags von Nantje Petersen.
    https://esw.pub/podlove/file/9/s/webplayer/vortrag_petersen_sehnsucht_nach_unfreiheit_15.06.2020_online.mp3

    Mitte August 2019 holte die Bundesrepublik die ersten Kinder von IS-Anhängern aus Syrien nach Deutschland zurück. Es folgten mehrere Frauen, die ins Kalifat ausgereist waren und mittlerweile rollen erste Gerichtsprozesse an. Der Kern und Motor der juristischen wie medialen Auseinandersetzung mit den „IS-Rückkehrerinnen“ liegt in der Frage nach ihrem Gefahrenpotential. Waren die „IS-Ehefrauen“ lediglich romantisch-naiv oder sind sie islamische Fundamentalistinnen, denen es auch nach ihrer Rückkehr darum geht, die Etablierung eines idealen Gottesstaates mit anderen Mitteln voranzutreiben?

    Welche Rolle spielen Frauen im und für den Islam: Sind sie Opfer patriarchaler Unterdrückung, ideologisch überzeugte Täterinnen oder sich selbst ermächtigende, nach Freiheit strebende Subjekte? Und vor allem: Wo beginnt die Hinwendung zu einem fundamentalistischen Islam?

    Der Vortrag wird auf Grundlage empirischer Daten und theoretischer Überlegungen den Fragen nachgehen, warum der Islam für Frauen attraktiv und Frauen für den Islam relevant sind. Hierzu werden die für Mädchen und Frauen bedeutsamen Motive in der Auseinandersetzung mit dem Islam und der Radikalisierung nachgezeichnet und danach gefragt, was die Ursachen für den Willen zur Unfreiheit sind – und warum Freiwilligkeit hier der falsche Maßstab ist.

    Über eine Annäherung an die Positionen und Strategien der Djihadistinnen und ihren hiesigen Apologetinnen wird abschließend den Fragen nachgegangen, warum eine Kritik an dieser Ideologie von kulturrelativistischer und (queer-)feministischer Seite verunmöglicht wird und weshalb die Emanzipation der Frau nicht mit einer Naturalisierung und Glorifizierung der Weiblichkeit zu machen ist.

    #Allemagne #laicisme #religion #islam #femmes #hidjab #daech #podcast

  • Grève à l’enseigne Lidl : plus de 100 supermarchés fermés en Belgique Anne François, Belga
    https://www.vrt.be/vrtnws/fr/2021/10/13/greve-a-l_enseigne-lidl-plus-de-100-supermarches-fermes-en-bel

    Plus de 100 supermarchés Lidl sur les 300 que compte l’enseigne en Belgique sont fermés ce mercredi en raison de la grève des employés contre la charge de travail trop élevée. On y retrouve 60 filiales en Flandre et plus de 40 en Wallonie et à Bruxelles, ont indiqué les syndicats ACV Puls et BBTK, et la direction. Deux centres de distribution - à Genk (Limbourg) et Gullegem (Flandre occidentale) - sur cinq sont aussi touchés par les actions. Le syndicat socialiste menace de maintenir bloqué celui de Genk tant qu’un accord n’aura pas été trouvé avec la direction de Lidl.

    C’est un avertissement à la direction. Plus d’un tiers des magasins sont fermés et si la direction ne revient pas autour de la table des négociations, l’action pourrait se prolonger ces prochains jours", déclarait ce mercredi Koen De Punder, délégué ACV Puls.

    La direction de Lidl déplore la grève, affirmant avoir émis « une proposition constructive ». Les syndicats se plaignent depuis plusieurs mois de la charge de travail au sein du distributeur. Une grève dans les magasins avait pu être évitée in extremis en juin, alors qu’une grève avait touché les dépôts en avril.

    En début de semaine, une réunion de conciliation entre direction et syndicats n’a pas donné de résultat. Le syndicat socialiste flamand BBTK menace de maintenir bloqué le centre de distribution de l’enseigne Lidl à Genk jusqu’à ce qu’un accord soit conclu entre la direction et les syndicats.

    « A moins qu’un accord soit trouvé, le piquet restera présent les prochains jours », prévient Mary-Anne Smeets, du BBTK Limbourg. Les grévistes ne laissent sortir les chauffeurs de camions du centre de distribution qu’à condition que les camions soient vides. Jusqu’ici, les choses se passent globalement bien et les chauffeurs se montrent compréhensifs, selon la responsable syndicale. Le mouvement de grève concerne 16 magasins Lidl en province de Limbourg.

    #Belgique #esclavage #Gréve #Syndicats Une majorité de #Femmes travaillent chez #lidl #travail #grande_distribution #capitalisme #exploitation #management #alimentation

  • A Genève, des danseuses de la compagnie Alias dénoncent des années d’abus sexuels * Chams Iaz
    https://www.letemps.ch/culture/exclusif-geneve-danseuses-compagnie-alias-denoncent-annees-dabus-sexuels

    Le directeur et chorégraphe de la célèbre compagnie de danse contemporaine Alias est accusé de multiples abus et attouchements sexuels. « Le Temps » a enquêté sur le comportement de ce personnage depuis plus de vingt ans, dont auraient été informés le milieu culturel et les autorités de subvention.

    Obsession de la nudité, massages, attouchements, auditions qui se terminent à son domicile, mains sous les habits ou dans la culotte, relations sexuelles avec les danseuses, jeux de pouvoir : voilà ce que décrivent les témoignages rassemblés par Le Temps sur les comportements du directeur de la compagnie Alias. Une systématique qui dure depuis au moins vingt ans et a bénéficié d’une chape de silence au sein des milieux culturels et des autorités subventionneuses, dans le contexte du succès de la compagnie de danse contemporaine genevoise et de la précarité de cette profession. Une dizaine de personnes, notamment des danseuses, ont décidé de briser l’omerta. . . . . .
    La suite payante
    #Suisse #danse #danse_contemporaine #Femmes #viol #culture_du_viol #viols #violences_sexuelles #violence #domination_masculine #metoo

    • Un audit est demandé sur 20 ans d’abus sexuels au sein de la compagnie Alias Valérie Hauert
      https://www.rts.ch/info/regions/geneve/12563690-un-audit-est-demande-sur-20-ans-dabus-sexuels-au-sein-de-la-compagnie-a
      Le journal Le Temps a publié mercredi une longue enquête sur les abus au sein de la compagnie de danse contemporaine Alias, dont le directeur a été condamné en août. Ces révélations ont déjà une suite politique. Appuyé par un syndicat, un collectif d’artistes demande un audit à la ville de Genève.

      Après les différentes révélations et témoignages autour de l’école et la compagnie du Béjart Ballet, qui ont contraint la ville de Lausanne à lancer un audit externe, c’est au tour de Genève d’être interpellée au sujet d’abus dans le monde de la danse.

      Dans une longue enquête de quatre pages publiée mercredi, le journal Le Temps expose dans le détail plusieurs témoignages de danseuses et danseurs qui ont subi des abus et du harcèlement sexuel de la part du directeur d’Alias.

      Deux décennies d’impunité
      Ce dernier, qui était également le chorégraphe de la compagnie, a été condamné fin août à cinq mois de prison avec sursis pour attouchement sexuel, pour des faits qui remontent à 2018 lors d’un stage donné aux jeunes d’une autre compagnie. Il a fait appel.

      Selon l’enquête du Temps, l’homme aurait commis des actes d’abus et de harcèlement sexuel sur des danseuses de manière systématique pendant plus de 20 ans sans être inquiété, alors même que le milieu culturel et les autorités de subvention auraient été informés.

      Les autorités informées
      Les témoignages détaillés comprennent des attouchements, des rapports sexuels pour décrocher un rôle, des auditions qui se terminaient au domicile du directeur, ou encore des carrières stoppées net après que certains ont osé dénoncer ces abus au Service culturel de la Ville de Genève.

      En outre, trois témoins disent avoir averti les autorités culturelles genevoises à l’époque. Mais ces dernières « ne s’en souviennent pas ». Il a fallu le jugement de cet été pour que les subventions de Pro Helvetia, du canton, de la Ville de Genève et de la commune de Meyrin soient suspendues.

      En réaction, le collectif d’artistes Arts_Sainement appuyé par le Syndicat suisse romand du spectacle (SSRS) a demandé un audit à la Ville de Genève. Le responsable genevois de la culture Sami Kanaan a reçu cette demande mercredi matin. Ils souhaitent savoir exactement ce qui s’est passé et, surtout, comprendre comment de tels agissements ont pu perdurer aussi longtemps dans le silence.

      Parallèlement une motion co-écrite par ce collectif et Ensemble à Gauche a été déposée au Grand Conseil genevois fin août. Elle demande des outils pour lutter efficacement contre les agressions, le harcèlement et les discriminations dans les domaines des arts, de la culture et des sports.

      Un #MeToo de la danse ?
      L’audit doit pouvoir « faire toute la lumière sur ce qu’il s’est passé au sein de cette compagnie, et voir ce qui a pu entraîner cette omerta », explique Anne Papilloud, secrétaire générale du SSRS, qui dit n’avoir eu elle-même connaissance de ces faits que très récemment.

      Après l’affaire du Béjart Ballet Lausanne où un audit est toujours en cours et où il s’agit aussi une compagnie largement subventionnée par des fonds publics, la syndicaliste pense que « nous sommes à un tournant dans le monde de la danse, où la nouvelle génération veut libérer la parole ».

  • #Harcèlement et #maltraitance institutionnelle à l’#université

    Le harcèlement est devenu un véritable #fléau dans les universités. Il touche tous les personnels. Les #femmes en sont les premières victimes. En cause un #management de plus en plus délétère, des conditions de travail qui brisent les #solidarités, des mesures de prévention très insuffisantes et des plans d’action pour l’#égalité professionnelle qui restent anémiques.

    L’université va mal. Alors que Frédérique Vidal, dans une conférence de presse de rentrée totalement hors sol, célébrait récemment son bilan sur un air de « Tout va très bien Madame la Marquise », des enquêtes et analyses montrent que cette rentrée universitaire est la plus calamiteuse qui soit : la #précarité_étudiante reste dramatique en l’absence de toute réforme des bourses - promise et oubliée -, les #burnout explosent chez les personnels, eux aussi de plus en plus précaires, et les jeunes docteurs sont nombreux à considérer que « la #France est un pays sans avenir pour les jeunes chercheurs ». Significativement une enquête en 2020 auprès d’un millier de personnels de l’Université de Strasbourg nous apprenait que 46 % des enseignants-chercheurs, enseignants et chercheurs considéraient que les conditions d’exercice de leurs missions étaient mauvaises alors que 49% d’entre eux étaient pessimistes quant à leur avenir professionnel.

    En 2021, avec 30 000 étudiants supplémentaires sans les moyens nécessaires pour les accompagner, les universitaires en sont réduits à gérer la #pénurie et à constater une dégradation inexorable des conditions d’étude et de travail. La crise sanitaire a certes fonctionné comme un démonstrateur et un accélérateur de cette dégradation, mais elle ne saurait masquer la #violence_institutionnelle et la responsabilité historique de l’État lui-même. Depuis 20 ans au moins, les politiques publiques ont méthodiquement saigné, privatisé et précarisé les #services_publics de la santé et du savoir, l’hôpital et la #recherche. L’ironie est cruelle : beaucoup de celles et ceux qui prennent soin de nos corps et de celles et ceux qui fécondent notre esprit sont aujourd’hui en grande souffrance physique et psychique. Si un tel contexte affecte au sein de l’université et de la recherche les personnels de tous statuts, il n’en reste pas moins que les inégalités sont exacerbées et que les salariés les plus touchés sont les précaires et les femmes.

    Les 18 observations qui suivent sont issues d’une expérience de dix années d’accompagnement d’enseignantes et d’enseignants qui sont en difficulté ou en souffrance. De plus en plus souvent en grande souffrance. Elles ne portent que sur des situations de personnels enseignants - mais certaines d’entre elles pourraient aussi être pertinentes pour des personnels Biatss - et ne traitent pas du harcèlement au sein de la communauté étudiante ou entre personnels et étudiants, un sujet tout aussi grave. Cet accompagnement de personnels enseignants est réalisé à titre syndical, mais aussi comme membre d’un CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail). J’estime aujourd’hui que la souffrance des personnels a atteint et dépassé les limites de ce qui est humainement et éthiquement admissible. Afin de comprendre la nature de ces limites, je formule une série de réflexions, à partir de notes prises au fil des années. Il me semble qu’elles portent un sens, même si elles ne peuvent être généralisées et n’ont pas une valeur de vérité absolue. Il s’agit ici d’un témoignage reposant sur une expérience, possiblement partageable, certainement partagée par d’autres collègues, une expérience également informée par des échanges avec des représentants de personnels de diverses universités. Ces observations sont suivies d’une brève réflexion sur les plans d’action pour l’égalité femmes-hommes dans les universités, plans dont l’institution se sert trop souvent pour créer un effet de masque sur des pratiques intolérables.

    1. S’il arrive que des hommes soient victimes de situation de présomption de harcèlement ou de pression au travail, je constate que sur 10 dossiers ce sont en moyenne 8 femmes qui sollicitent un accompagnement. Cette moyenne est relativement constante d’une année à l’autre.

    2. Les situations de présomption de harcèlement moral dont les femmes sont victimes comportent souvent une dimension sexiste, si bien que les frontières entre harcèlement moral et harcèlement sexuel sont poreuses.

    3. La difficulté la plus grande pour prouver une situation de harcèlement, qu’il soit moral ou sexuel, consiste dans le recueil de témoignages qui ne soient pas anonymes.

    4. Quand les personnels sollicitent un accompagnement syndical, ils sont en souffrance depuis de nombreux mois, souvent plus d’un an, parfois plusieurs années. On peut en déduire que les procédures de prévention, d’alerte et de signalement ne fonctionnent pas bien.

    5. Les situations de présomption de harcèlement ou de pression au travail procèdent le plus souvent par « autorité hiérarchique », l’auteur appartenant à une direction de composante, d’institut ou de laboratoire. Ces membres de la direction de structures peuvent, en certains cas, être eux-mêmes victimes de pression au travail, voire de harcèlement. Ils subissent en particulier une pression forte des directions des universités et ont la responsabilité de gérer la pénurie.

    6. On observe depuis la loi LRU et la généralisation des appels à projet et de la concurrence entre les universités, laboratoires et collègues, un exercice de plus en plus bureaucratique, solitaire et autoritaire de la gestion des différentes structures d’enseignement et de recherche : alors que les enseignants-chercheurs et chercheurs en responsabilité sont des pairs élus - et non des supérieurs hiérarchiques directs de leurs collègues -, ils se comportent de plus en plus comme des chefs d’entreprise.

    7. Il est rare qu’une situation de harcèlement implique seulement deux personnes : l’auteur du harcèlement et sa victime. Le harcèlement se développe dans un collectif de travail qui présente des problèmes organisationnels et prospère avec la complicité active des uns et le silence des autres.

    8. Le nombre et la gravité des situations de pression au travail et/ou de harcèlement sont proportionnels au degré de sous-encadrement, de sous-formation des encadrants et de restriction budgétaire que subit une composante.

    9. Les moyens les plus fréquemment utilisés dans le cadre d’un harcèlement d’un.e enseignant.e par voie hiérarchique sont les suivants : le dénigrement et la dévalorisation, parfois en direction des collègues, voire des étudiants, l’imposition d’un service non souhaité, l’imposition de tâches administratives, l’évaluation-sanction, la menace de modulation du service à la hausse pour cause de recherche insuffisante, le refus d’accès à des responsabilités ou à des cours souhaités, le refus de subventions ou de soutien financiers pour la recherche, les menaces de sanctions disciplinaires.

    10. Le harcèlement administratif peut prendre trois formes. Soit un retard ou une incapacité durable de l’administration à résoudre une situation en raison d’un sous-encadrement des services - c’est très fréquent. Soit des erreurs ou des fautes de l’administration qu’elle ne reconnaît pas - c’est régulier. Soit un refus politique de reconnaitre les torts de la hiérarchie, et par conséquent de l’établissement lui-même – c’est systématique.

    11. Le harcèlement d’un personnel peut être organisé avec comme objectif de le faire quitter la faculté ou le laboratoire à des fins de réorganisation des formations ou de la recherche, ou encore pour des raisons de postes.

    12. La saisine des sections disciplinaires pour des fautes ou des comportements déviants qui pouvaient être traités dans le cadre d’une médiation, est de plus en plus fréquente, ce qui témoigne d’une dérive autoritaire des présidents d’université qui n’hésitent plus à utiliser et à abuser des pouvoirs que leur attribue la LRU.

    13. Le traitement des situations de harcèlement conduit le plus souvent les DRH à déplacer la victime dans une autre composante alors que le personnel harcelant est confirmé dans son poste et ses responsabilités. La victime subit alors une triple peine : le changement professionnel qui implique soit un surtravail, soit un désoeuvrement dans le cas d’une placardisation ; l’absence de reconnaissance du préjudice et l’absence de réparation ; l’injustice, la révolte et la souffrance provoquées par le maintien du personnel harceleur dans ses responsabilités.

    14. Les personnels de santé – médecins de prévention, psychologues du travail – avouent leurs difficultés ou même leur impuissance à aider efficacement les victimes. Ils finissent par conseiller à la victime de s’en aller, de démissionner, de changer de poste. Il arrive aussi que des militants syndicaux formulent le même conseil afin de protéger la victime.

    15. L’administration passe plus de temps et d’énergie à construire son irresponsabilité qu’à traiter les situations de souffrance au travail. Elle estime tour à tour que ce sont les directeurs de composantes qui n’aident pas la DRH, que les médecins sont impuissants ou que le CHSCT est responsable de l’enquête en cours et de ses résultats. Tout est fait pour dédouaner les équipes politiques et les directions administratives en place. Chacun pense à se protéger juridiquement avant de protéger la victime.

    16. Au premier rang du travail de déresponsabilisation de l’institution par elle-même, il y a l’imputation presque systématique de la responsabilité de la vie privée du personnel dans la cause de sa souffrance, et en particulier dans les facteurs qui ont déclenché une tentative de suicide ou un suicide.

    17. Les cabinets d’expertise en risques psychosociaux, les formations au management et le développement des pratiques de coaching traitent rarement les causes du harcèlement et de la souffrance au travail : ils ont pour fonction principale de remettre les personnels au travail.

    18. Les « Assises des ressources humaines » et autres procédures participatives qui se mettent en place dans les universités, de même que les proclamations de « bienveillance » qui accompagnement les discours des directions et présidences, constituent les derniers avatars du management néolibéral, principalement destinés à auréoler les DRH des universités d’une vertu éthique et démocratique.

    C’est aussi cette dernière question qui traverse le communiqué de presse du SNESUP-FSU de l’université de Strasbourg sur la politique sociale et la stratégie de cet établissement. A quoi donc peuvent servir des « Assises des Ressources humaines » si le président qui les propose distribue de manière discrétionnaire des primes d’intéressement à 9 professeurs des universités dont 8 hommes et une femme ? Parallèlement, je poserais aussi la question suivante : à quoi donc peuvent servir tous les plans de parité et d’égalité professionnelle qui sont adoptés en ce moment dans les universités si les établissements d’enseignement supérieur sont incapables d’éradiquer en leur sein les multiples pratiques de pression au travail, de dénigrement, de discrimination ou de harcèlement ?

    Ces Plans d’action pour l’égalité professionnelle femmes-hommes dans l’Enseignement supérieur et la recherche existent depuis 2013, ont été relancés en 2018 et inscrits en 2019 dans la loi de Transformation de la fonction publique. Les universités ont donc l’obligation de les adopter. Ces plans d’action, tels qu’ils sont actuellement conçus et mis en œuvre par les institutions, ne doivent pas nous leurrer : même si certains dispositifs sont propres à faire avancer les causes de l’égalité et de la parité – la lutte contre les inégalités salariales en particulier -, ils constituent d’abord les produits d’une communication et d’une politique néolibérale qui ont pour fonction de donner une apparence féministe et humaniste à un management qui reste fondamentalement masculin et autoritaire. Soyons aussi attentif à ceci : il se pourrait que se mette en place un management « diversitaire ». Vous serez managés et « ménagés », certes en fonction des multiples évaluations que vous subissez, mais aussi en fonction de votre genre, de votre statut, de vos orientations et bien sûr de vos conceptions et pratiques des libertés académiques.

    Pour finir, j’insiste sur ceci : le silence doit cesser. Des drames humains se déroulent à bas bruit au sein des universités. Ce silence n’est plus supportable. L’état de mal-être et de souffrance des personnels est tel qu’il est grand temps de tirer le signal d’alarme. Les administrations, en protégeant les harceleurs, font plus que mépriser les victimes : elles légitiment et favorisent toutes les formes de violence au travail, de discrimination et de sexisme. Mais les administrations ne sont pas séparables des agents qui les composent, des enseignants qui sont parfois devenus, malgré eux ou volontairement, des administrateurs à mi-temps et à temps plein. Il n’y aura pas d’amélioration des relations de travail au sein des facultés et laboratoires sans une réflexion collective qui conduise à des amendements dans les comportements individuels, à une promotion et une défense active de la collégialité qui ne peut exister sans le respect de l’intégrité de chaque personne. C’est à ces conditions que l’on pourra faire de la recherche et de l’enseignement l’invention d’un sujet collectif qui ne peut exister sans ce qui est au fondement de l’éthique : être un sujet pour un autre sujet.

    https://blogs.mediapart.fr/pascal-maillard/blog/111021/harcelement-et-maltraitance-institutionnelle-l-universite

    #facs #précarisation #privatisation #souffrance #harcèlement_moral #sexisme #harcèlement_sexuel #autorité_hiérarchique #loi_LRU #concurrence #appels_à_projets #silence #sous-encadrement #sous-formation #restrictions_budgétaires #dénigrement #dévalorisation #évaluation-sanction #menace #sections_disciplinaires #médiation #dérive_autoritaire #placardisation #réparation #injustice #silence #irresponsabilité #déresponsabilisation #bienveillance #coaching #management_néolibéral #mal-être

    ping @_kg_

    –-

    ajouté à la métaliste sur le #harcèlement_sexuel à l’université :
    https://seenthis.net/messages/863594
    et plus précisément ici :
    https://seenthis.net/messages/863594#message863596

  • Femmes organistes oubliées (of course)
    La plupart des œuvres qu’elles ont composées sont aujourd’hui perdues, celles de Marguerite Thierry, née vers 1650, autrice d’un Livre d’orgue, Marie Racquet, née vers 1634, organiste du couvent parisien des Filles de la Croix, sa sœur Charlotte-Cécile, née en 1644 et organiste (vers 1670) de l’Abbaye de Longpré, Marie-Claude Renault, des Dames de la Croix (1751), Mademoiselle Chéré, des Religieuses de la Conception (1763), Mademoiselle Courtin, du Couvent royal des Filles-Dieu de Paris (1769), Mademoiselle Fieul, de l’Abbaye de Longchamp à Bagneux (1788), Marie-Madeleine Couperin, fille de François Couperin (1705-1742), religieuse à l’Abbaye de Montbuisson, dont elle sera, à partir de 1719, l’organiste…

    Claude Nadeau, titulaire et conservatrice de l’orgue de Carnac, veut les désinvisibiliser un peu :
    https://www.organroxx.com/en_US/shop/product/org-05-manuscrits-des-augustines-de-vitre-2321?category=1

    On lit dans le livret :

    Si on naissait au 17e ou 18e siècle, qu’on était une femme, et qu’on avait du talent pour jouer de l’orgue, il valait sans doute mieux devenir religieuse. Le couvent était par ailleurs socialement la
    seule alternative pour les femmes qui ne souhaitaient pas se marier et avoir des enfants. Les couvents regorgent donc de femmes qui sont souvent éduquées, lettrées, autonomes, volontaires, et organisées. C’est dans ce contexte que s’épanouira une grande partie du répertoire pour orgue. […] plusieurs des plus grandes œuvres pour orgue baroque français ont été composées pour être jouées par des religieuses : on pense à Gaspard Corrette, et sa « Messe du 8e ton pour orgue à l’usage des dames religieuses et utile à ceux qui touchent l’orgue » ; à Michel Corrette et à sa « Messe à l’usage des dames religieuses », et bien sûr à François Couperin, dont la propre fille est organiste dans une abbaye, et à sa Messe pour les Couvents « propre pour les couvents des Religieux et des Religieuses ». Il n’était pas formellement interdit aux femmes de jouer de l’orgue dans les églises ; mais si on connaît les noms d’un certain nombre de femmes qui furent organistes, on constate qu’elles ne sont titulaires d’aucune tribune importante, et se contentent presque toujours de jouer dans les couvents.

    #femmes #visibilisation #orgue #musique #Claude_Nadeau

    • Käte van Tricht, deutsche Musikerin und Musikpädagogin
      https://de.m.wikipedia.org/wiki/K%C3%A4te_van_Tricht

      KvT *100
      https://www.daybyday.press/article2470.html?lang=de

      Käte van Tricht wurde am 22. Oktober 1909 in Berlin geboren, lebte und arbeitete in der Freien und Hansestadt Bremen und verstarb dort am 13. Juli 1996.

      Heute jährt sich ihr Geburtstag also zum einhundertsten Mal. [1]

      1.

      In den nachfolgenden Einträgen wird zunächst nur auf die Ereignisse, Veranstaltungen und Publikationen und Sendungen rund um diesen Tag Bezug genommen.

      Diese werden zu einem späteren Zeitpunkt auf der Seite
      www.kaete-van-tricht.de [2]
      noch ausführlicher und umfassender dargestellt werden. [3]

      2.

      Derzeit sind für diese Online-Darstellung im Rahmen der Nachforschungen, Zusammenstellungen, Dokumentationen und Kommentare, die folgenden Kategorien in Arbeit:

      – Wirken
      Hier entsteht ein Verzeichnis über das in der Öffentlichkeit bekannte Wirken der Künstlerin

      – Werke
      Hier entsteht ein Überblick über alle Spuren dieses Wirkens, die auf Tonträgern festgehalten und teilweise bislang schon veröffentlicht worden sind

      – Wirkung
      Hier gibt es eine Einsicht in die Bedeutung, die Wirkung und das Werk, so wie es in der Öffentlichkeit wahrgenommen worden ist

      – Wir
      Hier werden ein Reihe von persönlichen Beobachtungen und Aussagen zu „Leben und Werk“ gesammelt und präsentiert werden

      – Widerstand
      Wenn es ein Wort gibt, dass das Leben von Käte van Tricht in den vielfältigsten Facetten geprägt hat, dann war es dieses: Hier wird es „mit Leben erfüllt“ werden

      – Ein Leben auf der Walze
      Dieses ist die Überschrift eines umfangreichen Text-Konvoluts, an dem Käte van Tricht bis ins hohe Alter gearbeitet hat, um über ihr Leben zu berichten. [4]

      3.

      Die vielfältige Persönlichkeit dieser Musikerin, die sich beim Betrachten dieser Seite zu erschliessen beginnt, soll hier bereits durch einen Hinweis auf ihre kleine Komposition bereichert werden, die sie einst selbst unter dem Titel „Ischa Freimaak!“ in Noten gesetzt und auch selber - angeblich auch in der Kirche - zum Besten gegeben hatte.

  • Une caissière d’un Super U licenciée pour 3,46€ de presskopf périmé
    https://www.rue89strasbourg.com/caissiere-super-u-russ-licenciee-346euros-presskopf-218777

    Une caissière du Super U de Russ depuis 18 ans a été licenciée par son employeur après avoir rapidement échangé un morceau de fromage de tête périmé qu’elle venait d’acheter. Le conseil des prud’hommes a condamné l’employeur pour licenciement abusif.


    Il aura fallu 18 mois de procédure mais le conseil des prud’hommes de Saverne a enfin rendu sa décision, le 27 septembre 2021 : le licenciement pour « faute grave » d’une caissière par le gérant d’un Super U alsacien pour avoir échangé un morceau de presskopf de 3,46€ était bien abusif.

    L’histoire est assez triste. En avril 2020, Caroline (le prénom a été changé), 59 ans, est caissière depuis 18 ans au Super U de Russ, dans la vallée de la Bruche. Ça ne se passe pas très bien avec son employeur, la SAS Bruchdist, reprise depuis quelques années par le fils de l’ancienne gérante, Charly Kleffer. Caroline sent qu’on cherche à se débarrasser d’elle, elle voit arriver des salariés plus jeunes, aux profils polyvalents…

    Un morceau acheté puis échangé
    Un mardi d’avril lors du premier confinement, vers 14h, après avoir terminé son service, Caroline se rend à la charcuterie du Super U pour y acheter un morceau de presskopf. La charcutière lui découpe pour 3,46€ de « Délice de tête aux cornichons ». Elle paie, sort du supermarché puis se rend compte que le fromage de tête a atteint sa date limite. Caroline retourne à l’intérieur, va voir la charcutière et échange son vieux morceau de presskopf contre un équivalent plus frais.

    Erreur ! Elle aurait dû, comme n’importe quelle cliente, retourner le premier morceau à l’accueil, être remboursée, reprendre un nouveau morceau de presskopf et repasser par la caisse. Le gérant du Super U tient sa « faute grave », il met immédiatement à pied Caroline et la convoque en entretien.

    Lorsque Caroline se présente, elle ne se doute pas encore qu’elle va devoir quitter le supermarché. À la demande du gérant, une collègue l’attend à l’entrée du supermarché et l’accompagne à son entretien avec Charly Kleffer. À la grande surprise de Caroline, cette dernière ne la soutient pas lors de cet entretien, où il lui est notifié son licenciement.

    « Vous avez choisi de faire pression sur votre collègue »
    Dans la lettre envoyée en mai 2020, que Rue89 Strasbourg a pu consulter, M. Kleffer précise :
    « Vous êtes employée en qualité d’hôtesse de caisse. (…) À ce titre, vous avez parfaitement connaissance de la procédure à respecter en cas de litige ou de problème qualité : s’adresser à l’hôtesse d’accueil. Mais vous avez choisi de faire pression sur votre collègue [de la charcuterie], en l’obligeant à s’exécuter et à être complice de votre manœuvre frauduleuse ! »

    Et c’est terminé pour Caroline, qui est invitée à « se présenter à la direction pour retirer son certificat de travail, son solde de tout compte et son attestation Pôle emploi », après 18 ans de services. Sonnée pendant plusieurs semaines, Caroline trouve finalement la force de contacter une avocate, Me Amandine Rauch, et de contester ce licenciement devant le conseil des prud’hommes de Saverne en juillet 2020.

    Autre reproche, une pause pipi en 2012
    Lors de l’audience en juin 2021, le Super U de Russ a produit un historique des sanctions prises contre Caroline, dont la plus grave date de 2012 : un avertissement pour s’être rendue aux toilettes sans l’aval d’un supérieur hiérarchique. Dans le rappel des faits, le conseil des prud’hommes précise que cette mention devait montrer aux conseillers que Caroline, « malgré son ancienneté, n’était pas irréprochable. »

    Le 27 septembre 2021, le conseil des prud’hommes a reconnu le caractère abusif du licenciement de Caroline et lui a accordé environ 10 000€ d’indemnités de licenciement et 8 600€ de dommages et intérêts pour licenciement abusif. Voilà qui va faire beaucoup de morceaux de presskopf. La SAS Bruchdist peut faire appel de ce jugement. Contacté, Charly Kleffer n’a pas donné suite à nos demandes d’entretien.

    #violence au #travail envers les #femmes #france #en_vedette #grande_distribution #caissiére #Alsace #super_u

  • #COVID-19 : Les femmes et les jeunes plus touchés par la dépression | santé log
    https://www.santelog.com/actualites/covid-19-les-femmes-et-les-jeunes-plus-touches-par-la-depression

    C’est la première étude à analyser l’impact mondial en santé mentale de la pandémie de COVID-19. Les chercheurs ont mené une revue systématique de la littérature et des données d’enquêtes de population publiées entre janvier 2020 et janvier 2021.

    Les 48 études éligibles ont permis d’avoir la prévalence des troubles dépressifs ou anxieux représentatifs en population générale dans les différents pays, avant et pendant la pandémie. La méta-analyse indique que :
     
    – l’augmentation du taux d’infection au COVID-19 et les mesures de restrictions sont directement associées à une prévalence accrue des troubles dépressifs majeurs et des troubles anxieux.

    – en l’absence de pandémie, il y aurait eu 193 millions de cas de trouble dépressif majeur soit 2.471 cas pour 100.000 habitants dans le monde en 2020 ; or 246 millions de cas soit 3.153 pour 100.000 soit une augmentation de 28% (soit 53 millions de cas supplémentaires ont été recensés durant la période ;

    – plus de 35 millions des cas supplémentaires concernaient des femmes, vs 18 millions chez des hommes.

    – en l’absence de pandémie, il y aurait eu 298 millions de cas de troubles anxieux, mais en fait environ 374 millions de cas soit une augmentation de 26% (76 millions de cas supplémentaires) ont été recensés ; près de 52 millions des cas supplémentaires concernaient des femmes, vs environ 24 millions chez des hommes.
     
    Les jeunes ne sont pas épargnés : ils sont fortement touchés par les troubles dépressifs majeurs et les troubles anxieux. La prévalence supplémentaire de ces troubles culmine chez les 20-24 ans (1.118 cas supplémentaires de trouble dépressif majeur pour 100.000 et 1.331 cas supplémentaires de troubles anxieux pour 100.000) puis diminue avec l’âge.
     
    « Les fermetures d’écoles et des restrictions limitant la capacité d’interaction sociale des jeunes, contribuent à expliquer que les jeunes soient également plus durement touchés par les troubles dépressifs majeurs et les troubles anxieux pendant la pandémie" .
     
    Les femmes non plus : les femmes restent toujours plus susceptibles d’être plus touchées par les conséquences sociales et économiques de la pandémie, soulignent les auteurs. Des responsabilités supplémentaires notamment familiales, ont tendance à leur revenir, et les femmes restent toujours plus susceptibles d’être victimes de violence domestique.

    Ce fardeau des troubles dépressifs et anxieux pendant la pandémie met en évidence l’impact de la #pandémie sur la #santé_mentale dans le monde. Il est donc urgent de renforcer aussi les systèmes de santé mentale.
     
    Les auteurs appellent donc à une action urgente des décideurs politiques pour renforcer ces systèmes de santé, à l’échelle mondiale afin de répondre à la demande accrue liée à la pandémie et mieux se préparer aux épidémies futures.

    Source : Global prevalence and burden of depressive and anxiety disorders in 204 countries and territories in 2020 due to the COVID-19 pandemic - The Lancet
    https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(21)02143-7/abstract

    • Les femmes ont du supporter leurs conjoint pendant les confinements, ca se comprend facilement qu’elles soient dépressives depuis. En tout cas cela ne sera pas pris en compte par le corps médicale, les souffrances des femmes, ca ne compte pas, seul la fonctionnalité de leur uterus importe et l’état de leur moral est encore moins important car plus les femmes souffrent plus les hommes en tirent des bénéfices et du plaisir.
      #backlash #depression #femmes

  • La #mobilité des #femmes dans les #villes africaines : Comment expliquer les #inégalités d’accès ?

    Impliqué dans l’élaboration de plans de mobilité urbaine soutenable de 5 villes africaines (#Casablanca, #Tanger, #Sousse, #Dakar, #Yaoundé), Transitec a analysé la mobilité quotidienne des femmes pour esquisser des tendances dans ces villes du Maghreb et d’Afrique Subsaharienne.

    Introduction

    Dans les villes du monde entier, la mobilité quotidienne des hommes et des femmes a des caractéristiques différentes. Dans les villes en développement, on constate une plus faible accessibilité des femmes par rapport à leurs homologues masculins. Pourtant, à l’instar des travaux conduits par Amartya Sen, on peut considérer que ces inégalités fondées sur le genre ralentissent les dynamiques de développement et de réduction de la pauvreté. Aussi, afin d’orienter les politiques de mobilité, il nous semble utile de renseigner les déterminants de la moindre accessibilité des femmes, pour s’interroger ensuite sur les actions qui peuvent réduire ces inégalités d’accès.

    Dans le cadre de l’élaboration de plans de mobilité urbaine soutenable, nous avons eu accès à des enquêtes ménages-déplacements (EMD) réalisées entre 2015 et 2020 dans 5 villes africaines : Casablanca et Tanger (Maroc), Sousse (Tunisie), Dakar (Sénégal), Yaoundé (Cameroun). L’analyse de ces bases de données nous a permis de constater l’ampleur des inégalités dans les villes concernées et d’esquisser des tendances différentes entre les villes du Maghreb et d’Afrique Subsaharienne.

    Des inégalités notables entre femmes et hommes

    Un niveau d’immobilité plus élevé

    Dans les villes du Maghreb, les femmes se déplacent moins que les hommes. Les Casablancaises ont ainsi un taux d’immobilité de l’ordre de 25% quand il est de 8% pour leurs homologues masculins. Dans les villes sub-sahariennes étudiées, le phénomène n’est toutefois pas aussi marqué : à Dakar le taux d’immobilité est respectivement de 19 % et 11 % pour les femmes et les hommes. Par ailleurs, dans l’ensemble des villes concernées, les femmes réalisent des déplacements 10 à 30% plus courts que les hommes.

    Des motifs de déplacements différents

    Les hommes se déplacent davantage pour des motifs liés au travail, avec un différentiel de +11 à +36% par rapport aux femmes. A l’inverse, les achats représentent une part très importante de la mobilité des femmes (de 20% à Casablanca à 39% à Tanger), soit trois fois plus que les hommes. C’est à Casablanca que le différentiel homme-femme est le plus marqué, en lien avec un taux d’activité féminin relativement faible (28,20%) - le plus faible des 5 villes étudiées.

    Un budget transport plus faible

    Des différences de revenus entre hommes et femmes interrogées sont également observées. Dans l’agglomération casablancaise, près de 70% des femmes touchent moins de 3’000 dirhams (~275 euros), contre 44% des hommes. Le même constat est noté à Sousse, où plus de 60% des femmes touchent moins de 890 dinars (~270 euros) alors que les hommes ne sont que 47% dans cette catégorie. Cela se traduit par des budgets moyens par déplacement inférieurs pour les femmes ; l’écart le plus grand étant observé à Casablanca (37%).

    Des facteurs explicatifs

    L’analyse des pratiques de mobilité des femmes ne peut se concevoir uniquement par rapport à celles des hommes. En effet, les publications de référence indiquent que celles-ci varient selon que les femmes soient actives ou sans emploi, qu’elles aient ou non des enfants à charge, et en fonction de leur âge. Nous avons analysé l’influence de ces 3 facteurs sur les pratiques de mobilité.

    Les femmes actives sont les plus mobiles

    Dans nos 5 villes d’étude, les femmes sont moins actives que les hommes. Plus de la moitié des femmes dans les 3 villes maghrébines sont inactives professionnellement (au foyer, à la retraite ou à la recherche d’un emploi) contre moins de 20% des hommes. Dans les deux villes d’Afrique Sub-saharienne, le taux d’inactivité apparait moins important. Or, on remarque que l’occupation ou non d’un emploi, qu’il soit à temps complet ou partiel, influence positivement le nombre moyen de déplacements effectué quotidiennement. A Casablanca, les femmes actives réalisent 2,4 déplacements par jour, contre 1,6 pour les femmes au foyer. A Dakar, cette différence varie entre 3,2 déplacements par jour pour les femmes actives et 2,5 pour les femmes au foyer. Par ailleurs, même lorsqu’elles sont actives, les femmes continuent à s’occuper davantage des tâches domestiques, tandis que les hommes consacrent davantage de temps aux loisirs.

    Le fait d’avoir un emploi génère également une différence très marquée dans l’usage des modes. Les femmes sont plus nombreuses à utiliser des modes motorisés lorsqu’elles sont actives. Elles recourent plus à la marche lorsqu’elles sont sans emploi.

    Les femmes âgées se déplacent moins

    La corrélation entre l’âge et la mobilité quotidienne est très forte. Le nombre de déplacements décline rapidement et l’écart se creuse particulièrement au moment de la retraire : les hommes sont alors deux fois plus mobiles que les femmes. Cela peut s’expliquer en partie par la difficulté à continuer à utiliser les transports en commun, et par la plus faible possession du permis de conduire chez les femmes âgées.

    Toutefois, à l’inverse de ce qui a été observé en Europe, il n’est pas constaté d’hypermobilité chez les femmes entre 25 et 35 ans. Les systèmes de garde des enfants, le recours plus facile à des membres de la famille pour l’accompagnement à l’école et le fait que les activités extra-scolaires soient moins répandues expliquent cette différence.

    Une différence marquée dans l’utilisation des modes

    Un taux de motorisation faible accentue les inégalités

    L’accès des femmes aux modes motorisés privés est un indicateur central des disparités homme-femme, marqueur à la fois des inégalités matérielles et des différences de rôle au sein des ménages. Le constat le plus flagrant est à Dakar, Tanger et Casablanca, où les hommes sont deux fois plus nombreux à utiliser la voiture. Le deux-roues motorisé et le vélo restent également des

    modes majoritairement masculins. Sousse se démarque ici avec un faible écart homme-femme dans l’utilisation des modes motorisés privés – ceux-ci représentant autour de 50% de modes motorisés. Ce faible écart peut s’expliquer par un taux de motorisation relativement élevé (44% - le plus élevé des 5 villes), et laisse supposer que plus une ville se motorise, plus les inégalités d’accès aux modes motorisés privés diminuent. Incidemment, on note une utilisation plus élevée des modes motorisés privés chez les femmes des villes du Maghreb (Casablanca, Sousse, Tanger).

    Une "confiscation" du véhicule par les hommes

    Cette faible utilisation de la voiture par les femmes est renforcée par le fait qu’elles sont 2 à 7 fois moins nombreuses à détenir le permis de conduire ; la différence la plus faible étant une fois de plus à Sousse, et la plus élevée à Dakar (qui affiche un des taux de motorisation les plus faibles - 25,6%). Par ailleurs, même lorsque le ménage dispose d’une voiture, les femmes n’y ont pas accès de la même manière que les hommes et restent captives des modes de transport public. Cela a un impact non négligeable sur le taux de mobilité quotidienne. Ainsi, les Casablancaises ayant accès à un véhicule du ménage effectuent 2,1 déplacements par jour, contre 1,7 lorsqu’elles n’y ont pas accès. Ce phénomène a été théorisé et plusieurs auteurs parlent de « confiscation » de l’automobile par les chefs de ménage (Olvera & Plat, 1997).

    Un recours différent au transport public

    La résultante du faible taux d’utilisation des modes motorisés individuels par les femmes est un fort taux d’utilisation des transports publics. Au sein même des transports publics, on observe que les hommes utilisent davantage les systèmes de transport institutionnels, tandis que les femmes utilisent davantage les systèmes non-réguliers ou semi-collectifs (taxis). Ce constat peut s’expliquer par le fait que les femmes réalisent moins de déplacements radiaux, où le transport institutionnel est plus présent. Leurs déplacements sont plus complexes. Elles sont plus souvent chargées et accompagnées ; et elles se déplacent plus souvent en dehors des heures de pointe. Le taxi offre alors une plus grande flexibilité et un plus grand confort. Le taxi est également susceptible d’assurer une desserte plus locale, sur des trajets plus courts, ce qui est cohérent avec les observations faites précédemment.

    Une plus grande #mobilité_piétonne

    On observe dans l’ensemble des villes que les femmes marchent beaucoup plus que les hommes. Ce constat est d’autant plus intéressant qu’il concerne des villes aux profils très différents, en termes de taux de motorisation et d’offre de transport public. Les facteurs socio-économiques présentés plus haut expliquent en partie cette part élevée de la marche dans les déplacements des femmes (revenus plus faibles, moindre poids dans la décision financière, déplacements à une échelle plus locale en lien avec un faible taux d’activité, déplacements plus complexes avec segments multiples).

    Conclusion

    L’analyse des 5 EMD nous a permis de confirmer l’intuition selon laquelle, pour des raisons culturelles, sociologiques, économiques, les femmes sont moins mobiles que les hommes et ont des pratiques de mobilité différentes : utilisation majoritaire des transports publics et du taxi, moindre accès aux modes motorisés privés, part significative des déplacements réalisés à pied, faible utilisation du vélo etc.

    Ces pratiques sont le résultat de facteurs variés (emploi, parentalité, âge, motifs de déplacement, détention du permis de conduire, poids financier dans le ménage, éléments culturels etc.) dont la compréhension notamment par les décideurs et les aménageurs est indispensable au développement de schémas de mobilité répondant aux besoins de toutes et de tous.

    La comparaison entre les villes d’Afrique du Nord et les villes d’Afrique Sub-sahariennes, au-delà des aspects culturels, laisse penser que l’accroissement du #niveau_de_vie et la #motorisation associée accentuent les inégalités femme-homme.

    https://transitec.net/fr/actualites/item/11054-la-mobilite-des-femmes-dans-les-villes-africaines-comment-expliquer

    #Afrique #accès #géographie_urbaine #urbanisme #urban_matter #genre

    Pour télécharger le #rapport :
    https://transitec.s3.eu-central-1.amazonaws.com/uploads/public/614/d9e/6f4/614d9e6f4d132530117769.pdf

  • Devenir respectables
    https://laviedesidees.fr/Yaelle-Amsellem-Mainguy-Les-filles-du-coin.html

    À propos de : Yaëlle Amsellem-Mainguy, Les filles du coin. Vivre et grandir en milieu #rural, Presses de Sciences Po. Comment les #femmes de classes populaires et de petites classes moyennes vivent-elles leur #jeunesse en milieu rural ? À partir d’une enquête dans plusieurs espaces ruraux et péri-urbains, Yaelle Amsellem réinvestit la question des trajectoires sociales féminines.

    #Société #campagne
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20211007_fillesducoin.pdf
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20211007_fillesducoin.docx

  • « Ce sont les oubliées, les invisibles de la migration » : l’odyssée des femmes africaines vers l’Europe

    Les migrantes originaires d’#Afrique_de_l’Ouest sont de plus en plus nombreuses à tenter de rallier les #Canaries, archipel espagnol situé au large du Maroc. Un voyage au cours duquel certaines d’entre elles se retrouvent à la merci des passeurs et exploiteurs en tout genre.
    Ris-Orangis, terminus de son exil. Dans le pavillon de sa grande sœur, Mariama se repose, et décompresse. « Je suis soulagée », lâche-t-elle d’une voix à peine audible. Cette Ivoirienne de 35 ans, réservée et pudique, est arrivée dans ce coin de l’#Essonne le 7 août, après un périple commencé il y a plus de deux ans, un voyage sans retour de plusieurs milliers de kilomètres, à brûler les frontières sans visa ni papiers. Avec une étape plus décisive que les autres : les Canaries. C’est là, à #Las_Palmas, que Le Monde l’avait rencontrée une première fois, le 22 juillet.

    Situé au large du Maroc, cet archipel espagnol de l’Atlantique est devenu une des portes d’entrée maritime vers l’Europe les plus fréquentées par les migrants. « La #route_canarienne est la plus active sur la frontière euroafricaine occidentale », confirme l’association Caminando Fronteras, qui œuvre pour la protection des droits de ces migrants. Les chiffres le prouvent : d’après le ministère espagnol de l’intérieur, 13 118 personnes – pour la plupart originaires d’Afrique de l’Ouest – ont débarqué sur place, du 1er janvier au 30 septembre, à bord de 340 embarcations. En 2019, les autorités n’en avaient dénombré, à cette date, que 6 124.

    Détresse économique

    « Les problèmes politiques des derniers mois entre le Maroc et l’Espagne concernant [les enclaves de] Ceuta et Melilla ont poussé les gens à chercher une autre voie de passage », souligne Mame Cheikh Mbaye, président de la Fédération des associations africaines aux Canaries (FAAC). « Ce qu’il se passe en ce moment en Afrique est pire que la guerre, c’est la #détresse_économique. Les Africains vivent dans une telle #souffrance qu’ils sont prêts à affronter l’océan », ajoute Soda Niasse, 42 ans, une Sénégalaise qui milite pour la dignité des sans-papiers sur l’archipel.

    Retour à Las Palmas, en juillet. En ce début de soirée, la ville commence à bâiller. Dans une maison au charme fou, c’est une autre ambiance : des enfants galopent dans les couloirs ou dans la cour carrelée ; des femmes dansent, radieuses comme jamais, pour l’anniversaire d’une fillette, son premier sur le sol européen, même si Las Palmas paraît bien éloigné de Paris ou de Bruxelles. « Heureuse ? Oui. C’est comme si on vivait en colocation », lance Mariama.

    Ce refuge appartient à la Croix-Blanche, une fondation tenue par des frères Franciscains. La jeune Ivoirienne, vendeuse de légumes dans son pays, y est hébergée au côté d’une vingtaine d’autres femmes, toutes francophones. Voilà quatre mois qu’elle est arrivée en patera (« bateau de fortune ») sur l’île de Grande Canarie.

    Le nombre d’arrivées de migrants aux Canaries a doublé depuis le début de l’année

    Ce lieu paisible lui permet de récupérer de cette épreuve. « Et aussi de se réparer », ajoute le frère Enrique, 42 ans, un des responsables de l’organisation. « Ici, on donne de l’attention et de l’amour », précise-t-il au sujet de ces exilées, souvent traumatisées par d’éprouvantes odyssées. Le religieux s’étonne de voir de plus en plus de femmes tentées par l’exil depuis le début de l’année. Un constat partagé par le président de la Croix-Rouge des Canaries, Antonio Rico Revuelta : « En 2020, 10 % des migrants [sur 23 023] étaient des femmes. Cette année, nous sommes déjà à 17,1 % ».

    Echapper aux #violences

    « Elles n’ont pas d’autre choix que de fuir, insiste Mariama, la jeune Ivoirienne. Mais on ne s’imagine pas que c’est aussi dangereux. » Et meurtrier. L’ONG Caminando Fronteras a comptabilisé 2 087 victimes, disparues au large de l’Espagne, dont 341 femmes. « Les #décès sur les routes migratoires vers l’Espagne ont augmenté de 526 % par rapport à la même période de 2020 », souligne l’organisation. « La #route_des_Canaries est l’une des plus dangereuses au monde », confirme Amnesty International.

    Si des centaines de femmes – de toutes conditions sociales – risquent leur vie sur ce chemin entre les côtes africaines et les Canaries (500 kilomètres d’océan), c’est pour échapper aux #mariages_forcés ou aux #excisions sur elles-mêmes ou leurs enfants. « Les #violences_de_genre ont toujours été une explication à l’exode », commente Camille Schmoll, géographe, autrice des Damnées de la mer (La Découverte, 2020).

    Celle-ci avance une autre explication à ces phénomènes migratoires : « Ces dernières années, beaucoup de femmes se sont installées au #Maroc. Elles n’avaient pas toutes comme projet d’aller en Europe. Mais avec la #crise_sanitaire, la plupart ont perdu leur travail. Cette situation les a probablement contraintes à précipiter leur départ. On ne parle jamais d’elles : ce sont les oubliées et les invisibles de la migration. »

    Cris Beauchemin, chercheur à l’Institut national d’études démographiques (INED), estime pour sa part que le « durcissement des politiques de #regroupement_familial peut être vu comme un motif qui pousse les femmes à partir de manière clandestine pour celles qui cherchent à rejoindre, en France, leur conjoint en règle ou pas ». D’après lui, la #féminisation_de_la_migration n’est cependant pas une nouveauté. En 2013, une étude menée par l’INED et intitulée « Les immigrés en France : en majorité des femmes » expliquait déjà que les migrantes partaient « de façon autonome afin de travailler ou de faire des études ».

    « Dans ce genre de voyage,les femmes sont violentées, violées, et les enfants entendent », dit Mariama, migrante ivoirienne de 35 ans
    « Celles qui arrivent en France sont de plus en plus souvent des célibataires ou des “pionnières” qui devancent leur conjoint, notait cette étude. La #scolarisation croissante des femmes dans leur pays d’origine et leur accès à l’#enseignement_supérieur jouent sans doute ici un rôle déterminant. » Selon Camille Schmoll, les femmes célibataires, divorcées, ou simplement en quête de liberté ou d’un avenir meilleur pour leurs proches et leurs enfants sont parfois mal vues dans leur pays. « Ces statuts difficiles à assumer les incitent à partir », dit-elle.

    Laisser ses enfants

    Ce fut le cas de Mariama. Son histoire commence en 2017 et résume celles de bien d’autres migrantes rencontrées à Las Palmas. Assise dans un fauteuil, enveloppée dans un voile rose qui semble l’étreindre, entourée par la travailleuse sociale et la psychologue du centre, elle se raconte : ses deux filles, de 6 et 8 ans ; son mari, un électricien porté sur l’alcool.

    Ce n’est pas la violence conjugale, tristement ordinaire, qui la pousse à envisager l’exil, en 2019, mais ces nuits où elle surprend son époux en train de « toucher » deux de ses nièces. « J’avais peur qu’il finisse par s’en prendre à mes filles, je devais agir. »Son but ? Rejoindre une sœur installée en France. Dans le plus grand secret, elle économise chaque jour quelques euros pendant près de deux ans.

    C’est alors que la destinée va bouleverser ses plans, et ajouter de la peine et des angoisses à une situation déjà douloureuse. Sa famille lui confie une nièce de 8 ans, dont le père vient de mourir noyé en Méditerranée en tentant d’atteindre l’Italie en bateau. Sa mère, elle, est décédée d’une maladie foudroyante. « Personne d’autre ne pouvait s’occuper de la petite, assure Mariama. Je suis sa nouvelle maman. » Le moment du départ approche, mais que faire ? Fuir avec les trois petites ? Impossible, elle n’en aura pas les moyens. Le cœur déchiré, elle choisit alors de laisser ses deux filles – afin qu’au moins elles restent ensemble – chez une sœur domiciliée loin de leur père…

    « Flouze, flouze » ou « fuck, fuck »

    A l’été 2019, Mariama et sa nièce quittent la Côte d’Ivoire en car, direction Casablanca, au Maroc. Là-bas, elle devient à la fois nounou, femme de ménage et cuisinière pour une famille marocaine. « Je gagnais 8 euros par jour, je dormais par terre, dans la cuisine. » Exploitation, préjugés, racisme, tel est, d’après elle, son nouveau quotidien. « Un jour, au début de la crise du coronavirus, je monte dans un bus, et une personne me crache dessus en criant “pourquoi les autres meurent facilement et pas vous, les Africains ?” »

    Après avoir économisé un peu d’argent, elle se rend avec sa nièce à Dakhla, au Sahara occidental (sous contrôle marocain), dans l’espoir de rallier les Canaries à travers l’Atlantique. Les passeurs ? « C’est “flouze, flouze” ou “fuck, fuck” », résume-t-elle. Généralement, dans ce genre de voyage, les femmes sont violentées, violées, et les enfants entendent. »Mariama retient ses larmes. Elle-même n’a pas été violée – comme d’autres protégées de la Croix-Blanche – mais elle ne compte plus le nombre de fois où des policiers, des habitants, l’ont « tripotée ».

    Une nuit, à Dakhla, après avoir versé 800 euros à un passeur, elle obtient deux places à bord d’un « modeste bateau de pêche » avec quarante autres personnes. La suite restera à jamais gravée en elle : la peur, l’obscurité, les vagues, l’eau qui s’invite à bord, le visage de son frère, mort noyé, lui aussi, lors d’une traversée clandestine. Et les cris, la promiscuité… « On ne peut pas bouger. Si tu veux uriner, c’est sur toi. Je me suis dit que c’était du suicide. Je n’arrêtais pas de demander pardon à la petite. Je l’avais coincée entre mes jambes. »

    « Durant leur voyage en Afrique, beaucoup de femmes violées sont tombées enceintes. Personne ne leur a dit qu’elles avaient le droit d’avorter en Espagne », Candella, ancienne travailleuse sociale
    La traversée dure cinq jours. Une fois la frontière virtuelle espagnole franchie, tout le monde sur le bateau se met à hurler « Boza ! », un cri synonyme de « victoire » en Afrique de l’Ouest. Les secours ne sont pas loin…

    « Je m’incline devant le courage de ces femmes. Quelle résilience ! », confie Candella, 29 ans, une ancienne travailleuse sociale, si marquée par ces destins qu’elle a fini par démissionner, en février, de son poste dans une importante ONG. « A force d’écouter leurs histoires, je les ai faites miennes, je n’en dormais plus la nuit. » Comment les oublier ?« Durant leur voyage en Afrique, beaucoup de femmes violées sont tombées enceintes. Une fois aux Canaries, personne ne leur a dit qu’elles avaient le droit d’avorter en Espagne. D’autres ont découvert qu’elles avaient le #sida en arrivant ici. C’est moi qui devais le leur annoncer. »

    Depuis deux décennies, Begoña Barrenengoa, une éducatrice sociale de 73 ans, suit de près les dossiers des clandestins, et particulièrement ceux liés aux violences faites aux femmes. D’après elle, les migrantes sont « les plus vulnérables parmi les vulnérables ». D’où sa volonté de les aider à continuer leur chemin vers le nord et l’Europe continentale. Car elles ne veulent pas rester aux Canaries mais rejoindre leur famille, en particulier en France. « L’archipel n’est qu’un point de passage, il n’y a de toute façon pas de travail ici », souligne Mme Barrenengoa.

    En mars, un juge de Las Palmas a ordonné aux autorités espagnoles de ne plus bloquer les migrants désireux de se rendre sur le continent. « Avec un simple passeport – voire une copie –, ou une demande d’asile, ils ont pu voyager jusqu’à Madrid ou Barcelone, et aller en France », poursuit Begoña Barrenengoa.

    Selon Mame Cheikh Mbaye (FAAC), entre 10 000 et 15 000 personnes auraient rallié la péninsule depuis cette décision de justice, des transferts le plus souvent organisés par la Croix-Rouge. « Huit migrants sur dix arrivés cette année par la mer aux îles ont poursuivi leur voyage vers la péninsule », assurait récemment le journal canarien La Provincia.

    Aujourd’hui, la plupart des femmes rencontrées à la Croix-Blanche sont sur le territoire français. « J’ai pu voyager avec mon passeport et celui de la petite, confirme ainsi Mariama. C’est ma sœur qui a acheté mon billet d’avion pour Bilbao. » Une fois sur place, elle a pris un car jusqu’à Bordeaux, puis un Blablacar vers Ris-Orangis, au sud de Paris. Son ancienne vie est derrière elle, désormais, et elle ne veut plus parler de son périple. « Moi, je ne demande pas beaucoup, juste le minimum », confie-t-elle. Maintenant que sa nièce est bien installée, et scolarisée, la jeune Ivoirienne n’a qu’un rêve : faire venir ses deux filles en France, « un pays où l’on se sent enfin libre ».

    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/10/06/ce-sont-les-oubliees-les-invisibles-de-la-migration-l-odyssee-des-femmes-afr

    #femmes #femmes_migrantes #invisibilisation #invisibilité #morts #mourir_aux_frontières #statistiques #chiffres #îles_Canaries #route_Atlantique #viols #violences_sexuelles #parcours_migratoires #grossesses #grossesse #facteurs_push #push-factors

    ping @_kg_ @isskein

    • voir aussi cette note de Migreurop (décembre 2018) :
      Femmes aux frontières extérieures de l’Union européenne

      Les Cassandre xénophobes de la « ruée vers l’Europe » appuient leurs prévisions apocalyptiques sur des images dont les femmes sont absentes : ce serait des hommes jeunes qui déferleraient par millions sur nos sociétés qui verraient alors mis à bas un équilibre des sexes – tant du point de vue quantitatif que relationnel – chèrement acquis. La médiatisation et la politisation de « l’affaire de la gare de Cologne » (31 décembre 2016) ont ainsi joué un grand rôle dans le retournement de la politique allemande vis-à-vis des exilé·e·s. Ces derniers étant décrits comme des hommes prédateurs en raison de leurs « cultures d’origine », il devenait légitime de ne pas les accueillir…

      Ce raisonnement est bien sûr vicié par de nombreux biais idéologiques, mais aussi par des erreurs factuelles et statistiques : les nouvelles entrées dans l’Union européenne (UE) sont tout autant le fait d’hommes que de femmes, et ces dernières
      représentent près de la moitié des immigré·e·s installés dans l’UE. Ce phénomène n’est pas nouveau : au début des années 1930, alors que la France était la principale « terre d’accueil » des exilé·e·s, les femmes représentaient déjà plus de 40% des arrivant·e·s. L’invisibilisation des femmes n’est certes pas propre à l’immigration mais, en l’occurrence, elle sert également un projet d’exclusion de certains hommes.
      Les exilé·e·s sont en effet quasiment absentes des « flux » les plus médiatisés : plus de 90 % des boatpeople de Méditerranée ou des mineur·e·s isolé·e·s entrant dans l’UE sont des hommes. Cela permet d’ailleurs de justifier le caractère pour le moins « viril » des dispositifs de répression les visant. La « guerre aux migrants » serait une affaire mâle ! Or, les femmes en migration, loin de voir leur supposée « vulnérabilité » prise en compte, sont également prises au piège de la militarisation des frontières. La violence de la répression redouble celle des rapports sociaux.

      http://migreurop.org/article2903.html?lang=fr

    • Voir aussi cette étude publiée par l’INED :

      Les immigrés en France : en majorité des femmes

      Les femmes sont désormais majoritaires parmi les immigrés en France. Comme nous l’expliquent Cris Beauchemin, Catherine Borrel et Corinne Régnard en analysant les données de l’enquête Trajectoires et Origines (TeO), contrairement à ce que l’on pourrait penser, la féminisation des immigrés n’est pas due seulement au regroupement familial. Les femmes migrent de plus en plus de façon autonome afin de travailler ou de faire des études.

      https://www.ined.fr/fr/publications/editions/population-et-societes/immigres-france-majorite-femmes

    • Et ce numéro de la revue Ecarts d’identité :
      Exil au feminin

      Editorial :

      Une éclaircie ?

      Une éclaircie, dit Le Robert, c’est une embellie qui « apparaît dans un ciel nuageux ou brumeux » (le ciel de cette saison qui tarde à se dégager !).

      Sur terre, c’est l’éclaircie des terrasses, des sourires retrouvés sur les visages quand ils tombent les masques. Pas complètement mais on veut y croire : on veut croire que ce monde ne s’est pas totalement effondré, qu’une vie sociale est encore possible, que le dehors peut redevenir un espace public où l’on peut respirer, échanger, frôler et non cet espace de troisième type qui s’était semi-privatisé en petits groupes se méfiant les uns des autres ! L’éclaircie aussi, relative, des lieux culturels où nourrir de nouveau son imaginaire, admirer, élucider et rêver d’autres possibles aux devenirs.

      Une éclaircie, c’est en somme comme une clairière dans une forêt touffue où l’on peut connaître un répit, se racler un peu la voix après un quasi-étouffement, reprendre souffle, ou encore une sorte d’armistice dans une « guerre »...Ce langage impayable du pouvoir ! Il recycle constamment ses armes. L’espace social est devenu une géographie qui sert désormais à « faire la guerre », avec fronts et arrières, héros et vétérans, logisticiens et unités d’interventions, etc. Une guerre déclarée à un ennemi invisible, ou trop visible au contraire ! Il s’incorpore, il s’incarne en nous, nous faisant devenir ennemis de nous-mêmes, cette « part maudite » de « nous » que l’on ne veut surtout pas voir, nous contentant de nous voiler la face, garder les distances, frictionner frénétiquement les mains, comme si ce carnaval, bien macabre pouvait nous prémunir de « nous-mêmes »... Cela préoccupe évidemment, mais cela occupe beaucoup et jusqu’à épuisement les uns et désœuvre grandement les autres, et cette pré-occupation-là fait « chaos-monde »... qui fait oublier le reste !

      Or, le reste, c’est la vie. La vie dans tous ses états sur cette terre « ronde et finie » et appartenant à tout le monde, c’est « nous » tel que ce pronom personnel le dit : un pluriel et tel qu’il est pronom réfléchi : sujet de ce « nous » constamment en devenir. Ce « nous » est de tous les genres et espèces, matières et manières, temps et espaces sur terre, réels et imaginaires, à tout moment et partout singulier et pluriel, tenant dans cette singularité-pluralité de son infiniment petit à son infiniment grand.
      Ce qui fait ce tenant, c’est l’avec : l’être-avec et le vivre-avec, sans distinctions – hormis celles qui font pluralité, multitude et multiplicité précisément – accordant des primats d’être ou de vivre aux uns au détriment des autres ou empêchant, dans le temps comme dans l’espace, les uns de devenir autrement que ce que les autres pensent qu’ils doivent être… La différence entre l’être et l’être-avec est la différence entre les métaphysiques (petites ou grandes et « indécrottables ») et le politique (le politique tel qu’il « excède » les politiques d’intérêts et de calculs et tel qu’il organise un vivre-avec et non « une autre manière de faire la guerre » !)…
      Il a fallu sans doute cette calamité virale pour nous rappeler que ce reste est en fait le tout – fait de l’avec – dont il faut se préoccuper prioritairement et partout, ce tout qui ne se contamine jamais que de ses propres éléments et depuis tous temps… Le politique consiste à en prendre soin dans ses devenirs !

      Vivre-avec et aussi penser-avec. Penser avec les un•e•s et les autres un autre rapport à ce monde, et penser avec les expériences que vivent au présent les un•e•s et les autres et ce qu’elles nous révèlent sur la manière de mieux aborder l’avenir. Il ne dépend désormais plus de quelques-uns mais de tout le monde. La revue Écarts d’identité, et c’est sa vocation, explore, depuis son premier numéro, les chemins de ce vivre-avec, notamment ceux des migrations et des exils qui nous en apprennent plus sur le devenir-monde que ce que les discours officiels en retiennent et concèdent à en dire. Dans ce numéro, ce sont les spécificités des chemins de l’exil au féminin : une double exposition aux violences de l’exil en tant que tel et à celles, réelles et symboliques, faites aux femmes. Un dossier préparé par Lison Leneveler, Morane Chavanon, Mathilde Dubesset et Djaouidah Sehili (lire l’introduction du dossier).

      Et comme à chaque fois, une fenêtre ouverte sur un horizon de beauté (notre dossier culturel). Bruno Guichard a réalisé un documentaire (Patrick Chamoiseau, ce que nous disent les gouffres) sur Patrick Chamoiseau (ami et parrain de la revue), il nous en ouvre les coulisses où se mêlent puissance poétique et conscience politique. Et une rencontre avec Meissoune Majri, comédienne et metteuse en scène, qui mène depuis 2010 une recherche esthétique interrogeant les effets du réel sur les imaginaires.

      Si, comme le dit l’adage, « à quelque chose malheur est bon », puissions-nous avancer, avec cette calamité, sur les voies de la conscience et « les chemins de la liberté »...

      Abdelattif Chaouite


      https://ecarts-identite.org/-No136-

    • Épisode 3 : Femmes migrantes invisibles

      Statistiquement plus nombreuses que les hommes sur les chemins de l’exil, les femmes sont pourtant les grandes absentes du récit médiatique et de la recherche scientifique dans le domaine des migrations.

      Pour comprendre l’invisibilité Camille Schmoll constate : “il y a aussi un peu d’auto-invisibilité de la part des femmes qui ne souhaitent pas forcément attirer l’attention sur leur sort, leur trajectoire. La migration reste une transgression” et remarque que cette absence peut servir un certain discours “ or, quand on veut construire la migration comme une menace, c’est probablement plus efficace de se concentrer sur les hommes.”

      Depuis plus d’un demi-siècle, les bénévoles de l’Association meusienne d’accompagnement des trajets de vie des migrants (AMATRAMI) viennent en aide aux personnes migrantes présentes sur leur territoire, aux femmes notamment. Camille Schmoll rappelle cette situation : “il y a toujours eu des femmes en migration. On les a simplement occultés pour différentes raisons. En fait, ce sont à l’initiative de femmes, de chercheuses féministes que depuis les années 60-70, on redécouvre la part des femmes dans ces migrations. On sait qu’elles étaient très nombreuses dans les grandes migrations transatlantiques de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème siècle. "

      Confrontées tout au long de leurs parcours migratoires mais également dans leur pays de destination à des violences de genre, ces femmes ne sont que trop rarement prises en compte et considérées selon leur sexe par les pouvoirs publics. Majoritairement des femmes, les bénévoles de l’AMATRAMI tentent, avec le peu de moyens à leur disposition de leur apporter un soutien spécifique et adapté.  Lucette Lamousse se souvient “elles étaient perdues en arrivant, leur première demande c’était de parler le français”. Camille Schmoll observe un changement dans cette migration : “les femmes qui partent, partent aussi parce qu’elles ont pu conquérir au départ une certaine forme d’autonomie. Ces changements du point de vue du positionnement social des femmes dans les sociétés de départ qui font qu’on va partir, ne sont pas uniquement des changements négatifs”.

      https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/femmes-migrantes-invisibles


      #audio #son #podcast

  • Nancy. Des jeunes femmes victimes de GHB ? La réponse de la directrice de la police fait débat | Lorraine Actu
    https://actu.fr/grand-est/nancy_54395/nancy-des-jeunes-femmes-victimes-de-ghb-la-reponse-de-la-directrice-de-la-polic

    Le sujet de la drogue du violeur qui circulerait dans des boîtes de nuit de Nancy s’est invité au conseil municipal. La réponse de la directrice de la police nationale fait débat.

    La drogue du violeur, le #GHB, est-elle en train de toucher de plus en plus de jeunes #femmes dans les bars et discothèques ? Le sujet fait l’objet d’inquiétudes à Nancy depuis le témoignage de jeunes femmes sur les réseaux sociaux et des dépôts de plaintes.

    Le sujet s’est forcément invité au conseil municipal de ce lundi 27 septembre 2021 où préfet et directrice de la police nationale étaient invités.

    La réponse de la police nationale fait débat

    Lætitia Philippon la nouvelle directrice départementale de la #police nationale (DDSP) de Meurthe-et-Moselle, interpellée par les élus notamment le maire de Nancy Mathieu Klein, s’est exprimée sur le sujet. Une première réponse qui a fait débat.

    Concernant les femmes victimes de GHB , je vais peut être être un peu dure mais je n’ai jamais vu une femme "victime" dans ma carrière de GHB qui buvait de la Badoit ou du Coca. C’est-à-dire que c’est toujours une question d’alcool à la base. Ce sont des affaires qui sont très dures à faire ressortir. Il est très rare que l’on trouve dans les prises de sang des traces de cette drogue. Est-ce que cela a été une réalité ou pas ? On ne le saura jamais. Ce qui est en cause rarement c’est l’alcoolisation et dans ce cas on a le risque de voir mettre dans son verre quelque chose qui va annihiler sa vigilance. C’est un fait, c’est une réalité, c’est lié à l’alcool. Nous avons des enquêtes qui sont engagées sur les derniers faits.
    Lætitia Philippon, directrice départementale de la police nationale (DDSP) de Meurthe-et-Moselle

    C’est « peu fréquent » mais « nous le prenons au sérieux ». « C’est d’abord la vigilance de tout à chacun qui empêche des faits et il ne faut pas toujours s’imaginer que c’est le GHB ». Elle a aussi pointé devant les élus municipaux des « affaires complexes » qui donnent « lieu systématiquement à des enquêtes pour voir si cela correspond à une réalité ».

    « Il ne faut pas affoler tout le monde »

    Le maire a répliqué à la directrice de la police nationale : « nous n’entendons pas faire porter la responsabilité sur des femmes qui boiraient un verre en boîte de nuit la responsabilité d’être chasées par des prédateurs sexuels ».

    Elle a ensuite dû revenir sur ses propos, regrettant s’être « mal exprimée ». « Il ne faut pas hurler au GHB quand on a dérapé avec l’alcool. Nous prenons ces affaires très au sérieux (…) mais quand je vois sur les réseaux sociaux qu’on affole tout le monde avec du GHB, attention, ne mélangeons pas tout. Il ne faut pas affoler tout le monde quand on n’a pas de certitude. Le problème de fond au départ c’est l’alcoolisation ».

    Ne lésinons pas, il faut fermer les troquets, les boites de nuit, les rayons alcool dans les commerces, et rétablir la conso légale de ce produit dans les comicos. exclusivement.

  • Italian town faces backlash for ’sexist’ bronze statue of ’#La_Spigolatrice'

    Italian authorities in Sapri have defended a new bronze statue of a woman wearing a transparent dress.

    The sculpture is a tribute to La Spigolatrice di Sapri (The Gleaner of Sapri), an 1857 poem written by Luigi Mercantini.

    The poem refers to a female gleaner who leaves her job to join Italian revolutionary Carlo Pisacane’s failed expedition against the Kingdom of Naples.

    It was unveiled at a ceremony on Saturday in the province of Salerno, at a ceremony featuring local officials and former Italian prime minister Giuseppe Conte.

    But the statue has generated some backlash on social media, with many labeling its design “sexist” and others calling for it to be taken down.

    Italian authorities in Sapri have defended a new bronze statue of a woman wearing a transparent dress.

    Laura Boldrini, an MP with the centre-left Democratic party, said the monument was “an offense to women and to the history it is supposed to celebrate”.

    “How can even the institutions accept the representation of women as sexualised bodies,” she added on Twitter.


    https://twitter.com/MonicaCirinna/status/1442204598190714891

    Monica Cirinnà, a member of the Italian Senate, also stated that it was a “slap in the face to history and to women who are still only sexualised bodies.”

    “This statue of the Gleaner says nothing about the self-determination of the woman who chose not to go to work in order to stand up against the Bourbon oppressor”.

    The mayor of Sapri has defended the statue as “a very important work of art which will be a great tourist attraction for our town”.

    In a post on Facebook, Antonio Gentile said that critics of the statue held “a lack of knowledge of local history”.

    “Our community...has always been committed to combating all forms of gender violence,” he added.

    La nuova statua della Spigolatrice di Sapri è stata realizzata con maestria e impeccabile interpretazione dall’artista...

    –—

    Meanwhile, the sculptor #Emanuele_Stifano stated that he was “appalled and disheartened” by the criticism.

    “All kinds of accusations have been made against me which have nothing to do with my person and my story,” Stifano said on Facebook.

    “When I make a sculpture, I always tend to cover the human body as little as possible, regardless of gender.”

    https://www.euronews.com/2021/09/28/italian-town-of-sapri-faces-backlash-for-sexist-bronze-statue-of-la-spigol
    #image #femmes #travailleuses #statue #Italie #commémoration #sexisme #espace_public #spigolatrice #corps

    ping @cede

    • Anche no

      Sui social da qualche giorno è in atto una forte polemica su una statua commissionata dal Comune di Sapri (Salerno) allo scultore Emanuele Stifano. Raffigura una giovane donna voluttuosa, coperta solo da un abito succinto e trasparente, in stile camicia bagnata vedo/non vedo che mette in risalto seni e glutei. Ricordo una polemica simile per la statua discinta della Violata ad Ancona, commissionata per portare l’attenzione sulla violenza maschile sulle donne.

      Il riferimento stavolta è alla spigolatrice protagonista di una notissima poesia di #Luigi_Mercantini ispirata a un tragico episodio del Risorgimento italiano: la spedizione del socialista Carlo Pisacane, che aveva lo scopo di innescare una rivoluzione antiborbonica nel Regno delle Due Sicilie, ma al posto delle masse rivoluzionarie trovò una popolazione ostile che si unì alla gendarmeria borbonica per trucidarli. La contadina immaginata dal poeta assiste allo sbarco, affascinata da una speranza di libertà lascia il lavoro per seguirli e inorridita e incredula piange i trecento giovani morti.
      Siamo in presenza di un’opera a destinazione pubblica, esposta in pubblico, pagata con fondi pubblici, che ha una dichiarata funzione celebrativa.  Poteva essere il simbolo della presenza femminile nelle battaglie, nella storia, nella letteratura. È diventata l’ennesimo triste ammiccante tributo non alla rappresentazione artistica del nudo femminile, ma agli stereotipi che l’accompagnano.
      Giunta e scultore ovviamente difendono l’iniziativa. La perversione è nell’occhio di chi guarda, dicono.
      L’inaugurazione avviene alla presenza delle autorità locali e del presidente M5s Giuseppe Conte in tour elettorale nella zona. Uomini con responsabilità di governo, noti e applauditi, si fanno fotografare compunti, con la mano sul cuore, di fronte a una statua di donna che stimola reazioni pruriginose e a noi pare ridicola per la storia, per la dignità, per il buonsenso e per il buon gusto.
      Non si pongono alcun problema, sembra che la banalità di questa iconografia non li riguardi.
      Le intenzioni non bastano quando il messaggio è sbagliato.
      No, Prassitele o Canova non c’entrano. Non c’entrano «le fattezze fisiche delle donne meridionali», come sostiene un arguto senatore. Figuriamoci se pensiamo che il nudo in sé rechi offesa. Non è la presenza di modelle più o meno vestite a determinare una lesione alla persona, ma l’uso del loro corpo e il senso della posa e dell’atteggiamento, troppo spesso evidentemente allusivi a una disponibilità sul piano sessuale.
      Dietro alla statua bronzea di Sapri c’è la plastica rappresentazione non della forza femminile o del risveglio della coscienza popolare (come pretende l’autore) ma dei più scontati sogni erotici maschili.

      Non c’entrano la censura né la cancel culture, né il puritanesimo. Le opere d’arte non devono per forza essere “politicamente corrette”, né pudiche, né rappresentare fedelmente una scena storica. Tuttavia per un’opera pubblica il problema del contesto culturale è importante (già Facebook sta riportando autoscatti orgogliosi di maschietti che palpano il sedere della statua. E ve le immaginate le gite scolastiche con ragazzini in pieno tumulto ormonale?).
      Lo scultore afferma di «prescindere dal sesso», ma eroi risorgimentali in perizoma nelle piazze italiane o nei parchi io non ne ho visti mai.
      Rompere l’assuefazione.
      Si possono raccontare le donne senza spogliarle, senza ridurle allo stereotipo della fanciulla sexy offerta agli sguardi, inchiodata al ruolo-gabbia di oggetto di piacere che i maschi hanno costruito per lei? Si può prescindere dalla ricca elaborazione che studiose di molte discipline hanno prodotto sulla mercificazione a scopi promozionali e pubblicitari dei corpi femminili? Può chi ha responsabilità pubbliche non interrogarsi sulle condizioni del discorso, ignorare il risultato sull’immaginario collettivo di decenni di offerte di immagini scollacciate?
      Oppure la rappresentazione stereotipata della donna è considerata in Italia un tratto antropologico così radicato che non si pensa valga la pena di contrastarlo con politiche evolutive?
      I commentatori si appiattiscono su quell’altro cliché, “che noia queste femministe”. Nessuno sa o comprende che molte delle voci che si levano sono di persone che sul tema riflettono da anni. Probabilmente ben pochi leggono, molti rifuggono da firme femminili. L’importante è ridurre tutto a un quadro di donne frustrate che polemizzano su qualsiasi cosa.

      Il sessismo: c’è chi lo riconosce e chi no. C’è chi pensa, parla e agisce per contrastarlo e chi per preservarlo. C’è chi fa l’indifferente, perché gli va bene così.

      In copertina, Jean-François Millet, Le spigolatrici (Des glaneuses), 1857, Parigi, Musée d’Orsay.

      https://vitaminevaganti.com/2021/10/02/anche-no

    • Italy: bronze statue of scantily dressed woman sparks sexism row

      Sculpture based on the poem The Gleaner of Sapri was unveiled by former PM Giuseppe Conte on Saturday

      https://i.guim.co.uk/img/media/6e3f31968859d9d7365fb84bdc985fa5432a7582/146_54_1486_892/master/1486.jpg?width=620&quality=85&auto=format&fit=max&s=d07d56bfc81ea233dc82fb

      A statue depicting a scantily dressed woman from a 19th-century poem has sparked a sexism row in Italy.

      The bronze statue, which portrays the woman in a transparent dress, was unveiled on Saturday during a ceremony attended by the former prime minister Giuseppe Conte in Sapri, in the southern Campania region.

      The work by the sculptor Emanuele Stifano is a tribute to La Spigolatrice di Sapri (The Gleaner of Sapri), written by the poet Luigi Mercantini in 1857. The poem is based on the story of a failed expedition against the Kingdom of Naples by Carlo Pisacane, one of the first Italian socialist thinkers.


      https://twitter.com/lauraboldrini/status/1442235735478702081

      Laura Boldrini, a deputy with the centre-left Democratic party, said the statue was an “offence to women and the history it should celebrate”. She wrote on Twitter: “But how can even the institutions accept the representation of a woman as a sexualised body?”

      A group of female politicians from the Democratic party’s unit in Palermo called for the statue to be knocked down. “Once again, we have to suffer the humiliation of seeing ourselves represented in the form of a sexualised body, devoid of soul and without any connection with the social and political issues of the story,” the group said in a statement.

      They argued that the statue reflected nothing of the anti-Bourbon revolution nor the “self-determination of a woman who chooses not to go to work in order to take sides against the oppressor”.

      Stifano defended his work, writing on Facebook that if it had been up to him the statue would have been “completely naked … simply because I am a lover of the human body”. He said it was “useless” to try to explain artwork to those “who absolutely only want to see depravity”.

      Antonio Gentile, the mayor of Sapri, said that until the row erupted “nobody had criticised or distorted the work of art”.

      In photos of the ceremony, Conte, now the leader of the Five Star Movement, appeared puzzled as he looked at the statue, surrounded by a mostly male entourage.

      https://www.theguardian.com/world/2021/sep/27/italy-bronze-statue-of-scantily-dressed-woman-sparks-sexism-row

  • Place des femmes dans la société assyrienne de l’#antiquité : en #Mésopotamie s’est développée une société dont les fondements reposent sur les #échanges_marchands, la #capitalisation, et l’apparition de l’#usure pratiquée par des banquiers. Pour assurer leurs prospérités et surtout celle de leurs proches, certaines femmes sont devenues des #femmes_d'affaires.

    #Archéologie : à la rencontre des premières femmes d’affaires, en Mésopotamie
    https://theconversation.com/archeologie-a-la-rencontre-des-premieres-femmes-daffaires-en-mesopo

    « Kulumaya t’apporte 9 étoffes, Iddin-Suen t’apporte 3 étoffes […] Pourquoi m’écris-tu à chaque fois : “ Les étoffes que tu m’envoies ne sont pas bonnes ? ” Qui donc vit dans ta maison et déprécie mes étoffes lorsqu’elles arrivent ? Pourtant, je fais de mon mieux pour fabriquer et t’envoyer régulièrement des étoffes afin qu’à chaque voyage, en retour, je dispose d’au moins 10 sicles (82,5 g) d’argent pour gérer ta maison. »

    Cette lettre, envoyée par Lamassî à son époux Pûshu-kên, a été découverte dans la maison de ce dernier lors des fouilles du site de Kültepe (non loin de Kayseri, Turquie), l’antique Kanesh, une ville prospère au XIXe siècle av. J.-C.

    https://vimeo.com/558945596

  • EXILS AU FÉMININ. Conditions singulières et détermination

    Cet ouvrage relate les conditions singulières des exils au féminin. Au-delà des singularités, les femmes rencontrées ont en partage la volonté de s’affirmer, d’être reconnues et de transgresser les #assignations tant sociopolitiques qu’identitaires. Dans l’ombre de la convention d’Istanbul et des barbelés de l’espace Schengen, elles rendent compte des asymétries qui traversent nos mondes. En témoins précieux, elles nous relatent, mieux que personne, la particularité du travail de l’exil au féminin.

    https://www.editions-academia.be/livre-exils_au_feminin_conditions_singulieres_et_determination_xav
    #femmes #femmes_migrantes #livre #migrations #exil

    ping @_kg_