• #MJC, #maisons_de_quartier : pourquoi les lieux associatifs disparaissent-ils ?

    Pendant des décennies, les MJC et autres lieux d’éducation populaire ont permis à des générations d’enfants et de jeunes de se retrouver, de découvrir des activités, mais aussi de grandir en dehors de l’école et de la famille. Que reste-t-il de cette ambition ?

    Pendant des décennies, les MJC, maisons de quartier et autres lieux d’éducation populaire ont permis à des générations d’enfants et de jeunes de se retrouver, de découvrir des activités, mais aussi de grandir en dehors de l’école et de la famille. Des lieux souvent portés par des associations, des animateurs et des bénévoles, qui ont aussi joué un rôle important dans la vie des quartiers et des territoires. Aujourd’hui, beaucoup voient leurs moyens diminuer, leurs activités se réduire, quand ils ne ferment pas complètement. Que reste-t-il de cette ambition de l’éducation populaire et qu’est-ce qui disparaît avec ces lieux ?

    Des lieux d’éducation populaire pensés comme des « fabriques à horizon »

    François Beaune retrace la genèse paradoxale des MJC, nées d’une rencontre improbable entre volonté gaullienne de structurer la société et héritage progressiste du Conseil national de la Résistance (CNR) : « La création des MJC est issue de la volonté gaullienne de planifier la société française et du CNR . Elle est née d’idées progressistes, communistes, de Jean Zay pendant la guerre ». Il décrit comment ces structures reposaient sur une pédagogie verticale mais aimée des jeunes, incarnée par des figures comme le directeur de la MJC de Briançon : « Il avait des savoir-faire qu’il apprenait aux jeunes. C’est le type d’éducation disons verticale. On n’apprend pas à partir de ce que les jeunes ont envie de faire mais on leur donne un savoir ».

    Nora Hamadi complète ce tableau avec le récit de la maison des rêves de Longjumeau, simple cave de trente mètres carrés animée par une poignée d’éducateurs issus du quartier lui-même : « C’était surtout beaucoup d’imagination, du lino, quelques tables, quelques jeux, des grands tableaux et surtout l’abnégation de quelques animateurs qui, au plus fort de l’activité, pouvaient gérer 100 gosses sur une journée ». Elle insiste sur la logique d’accès inconditionnel qui définissait ces lieux, radicalement différente de celle des structures actuelles : « Il n’y avait pas d’inscription. Les parents n’avaient rien à voir là-dedans ».
    La fin d’un modèle, entre défiance politique et logique de marché

    Sur les raisons de la disparition progressive de ces structures, François Beaune décrit un basculement profond dans la relation entre pouvoirs publics et monde associatif, illustré par la généralisation des appels à projets au détriment des subventions pérennes. Il théorise cette évolution en identifiant le monde associatif comme un troisième pôle aujourd’hui menacé de disparition entre État et marché : « Il y a l’État, le marché, et le monde associatif, qui est un troisième terme, entre le public et le privé. Ce n’est ni le public ni le privé. Aujourd’hui, le public est au service du marché beaucoup plus qu’au service de ses citoyens ».

    Nora Hamadi documente, de son côté, la bascule concrète vécue à Longjumeau dès le milieu des années 2000, où l’accueil gratuit et inconditionnel a cédé la place à une logique de centre de loisirs tarifé et normé : « Dès le milieu des années 2000 le fonctionnement commence à changer. On n’est plus au service du public mais face à une organisation municipale qui met au centre sa propre organisation. Petit à petit, on ne répond plus à une demande des jeunes mais bien à une organisation municipale qui veut organiser et structurer ».

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/l-invite-e-des-matins-d-ete/mjc-associations-maisons-de-quartier-pourquoi-ces-lieux-disparaissent-il
    #disparition #Briançon #Briançonnais #podcast #éducation_populaire #audio #disparition #fermeture

  • Réarmement démographique : La ministre de la Santé enterre un rapport sur la #mortalité_infantile | Le Canard enchaîné
    https://www.lecanardenchaine.fr/sante/54583-la-ministre-de-la-sante-enterre-un-rapport-sur-la-mortalite-i

    Stéphanie Rist refuse de publier un rapport qui analyse les causes de la mort de milliers de nourrissons chaque année en France. A raison : ce document pourrait bien plomber l’optimisme du plan de lutte contre l’infertilité lancé par Emmanuel Macron.

    Redresser la courbe de la natalité  : c’était l’une des priorités du second quinquennat d’Emmanuel Macron. En février, un plan de lutte contre l’infertilité a été lancé, assorti de 16 mesures, dont l’une (le nouveau congé de naissance) est applicable depuis le 1er juillet. Encore faudrait-il que les promoteurs de ce «  réarmement démographique  » ne cachent pas les réalités du «  désarmement infantile  »  !

    Car le constat est désolant  : selon les chiffres publiés le 7 juillet par l’Institut national de la statistique, le taux de mortalité infantile a ­grimpé à 4,1 pour 1 000 naissances en 2024. Ainsi, sur un total de 661 822 naissances, 2 709 enfants sont morts avant leur premier anniversaire. Cette dégradation, due principalement à des décès de bébés au cours de leurs 27 premiers jours, fait rétrograder la France à la 23e place des 27 pays de l’Union européenne.

    edit @allanbarte.bsky.social

    • Un rapport interroge les causes de la forte mortalité infantile en France et balaie la problématique des petites maternités
      https://www.liberation.fr/societe/sante/un-rapport-interroge-les-causes-de-la-forte-mortalite-infantile-en-france

      Le document a dormi dans les tiroirs de l’exécutif pendant huit mois, puis a été publié discrètement le 4 août après un article du « Canard Enchaîné » révélant son existence. Il dresse quelques pistes, et ne juge pas pertinent de poursuivre la politique de fermeture des petites structures, suivie depuis plusieurs décennies.

      [...]
      La cause n’est pas unique, rappellent les trois auteurs, parmi lesquels l’ancien conseiller de François Hollande, Aquilino Morelle. Plusieurs facteurs jouent, sans savoir à quel point : l’âge de plus en plus tardif des grossesses, qui augmente le risque de complication, la hausse des grossesses multiples, souvent plus complexes… Et surtout les inégalités sociales et territoriales, dont le rôle est plus ou moins documenté. Le rapport rappelle que les régions d’outre-mer, généralement plus défavorisées, enregistrent les chiffres les plus préoccupants. La situation s’est aussi dégradée en Ile-de-France.

      Qu’en est-il du rôle de la fermeture des petites maternités, trajectoire entamée sujet bien souvent débattu ? Nombre d’élus locaux refusent d’arrêter les accouchements dans celles qui ne prennent en charge que quelques centaines de naissances par an, mesure qu’ils présentent comme cause d’une dégradation des soins. Tandis que les sociétés de médecins estiment que ces établissements, par manque d’activité, ne sont pas suffisamment sécuritaires pour les femmes enceintes et leurs bébés.

      L’#Igas ne suit aucun de ces arguments. La politique, suivie depuis des décennies, consistant à fermer les plus petites structures au profit de plus grands pôles « n’explique pas à elle seule cette dégradation ». Dans le même temps, « il ne semble pas qu’un modèle type d’organisation territoriale optimale des maternités puisse être mis en avant de façon convaincante ». Car des pays observent de meilleures performances tant en ayant, pour certains comme la Suède, concentré les naissances dans des grandes maternités que, pour d’autres comme l’Italie, en conservant de petits établissements. « Dès lors, proposer, en 2026 […] la seule hausse du seuil minimal d’activité des maternités », c’est-à-dire le nombre de naissances au-dessous duquel un établissement doit arrêter les accouchements, « constituerait une réponse mécanique, datée » à ce problème global de santé publique, estiment les auteurs du document.

      « L’essentiel de la réduction des risques de mortalité infantile se joue » d’abord lors de la grossesse, « dans la capacité à prévenir, détecter puis prendre en charge les situations à risque » et après l’accouchement, dans celle « à prendre en charge les jeunes enfants dont l’état le requiert dans les services de néonatalogie ».

      https://justpaste.it/aji6m

      #maternités #fermetures_de_maternités #soins_périnataux #sages-femmes

    • « Personne n’a soutenu que la taille d’une maternité détermine mécaniquement la mortalité infantile »
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/07/personne-n-a-soutenu-que-la-taille-d-une-maternite-determine-mecaniquement-l

      Trois gynécologues-obstétriciens dénoncent, dans une tribune au « Monde », la manière dont l’inspection générale des affaires sociales a négligé le rôle de la fermeture des petites maternités dans la hausse de la mortalité infantile en France.

      Un rapport de l’inspection générale des affaires sociales (IGAS) sur la mortalité infantile a été rendu public le 5 août, six mois après sa rédaction. Ce calendrier en dit plus sur sa nature que ses 300 pages. La France compte 4,1 décès pour 1 000 naissances vivantes. Elle est passée du troisième rang européen au vingt-troisième en moins de vingt-cinq ans. Si elle atteignait la moyenne européenne, 529 enfants ne seraient pas morts en 2025 ; 1 057 enfants ne l’auraient pas été non plus si elle avait atteint le niveau de l’Italie ou du Portugal. Ces chiffres figurent dans le rapport de l’IGAS.

      Le rapport de l’Académie nationale de médecine de 2023 [Yves Ville, l’un des signataires de cette tribune, est l’auteur principal du rapport 23-05 sur la planification de la politique de périnatalité en France] proposait deux volets indissociables : regrouper les maternités réalisant moins de 1 000 accouchements par an avec les structures de niveau supérieur, et transformer les sites libérés en centres de prise en charge dirigés par des sages-femmes, équipés de télémédecine, de dossiers partagés et de protocoles d’escalade vers l’obstétricien de référence. L’IGAS réduit cette proposition à une « fermeture sèche » des petites maternités. Elle extrait de notre rapport uniquement la partie sur la concentration, ignorant le réseau de proximité et la complémentarité ville-hôpital. Elle oppose à un prétendu projet de désert sanitaire sa propre proposition de centres périnataux de proximité, sans aucune recommandation opérationnelle.

      L’IGAS affirme que les restructurations de maternités n’ont pas d’effet démontrable sur la mortalité. Elle reconnaît pourtant elle-même que cette démonstration est « méthodologiquement inaccessible ». Elle omet de neutraliser les facteurs de confusion – précarité, âge maternel, obésité –, qu’elle identifie par ailleurs comme déterminants. Elle ignore que les maternités de haut niveau accueillent les grossesses les plus complexes, ce qui gonfle mécaniquement leurs taux bruts et masque leur effet propre.

      #paywall

    • Tiens c’est marrant je me souviens d’Emmanuel Todd qui disait il y a un certain nombre d’années que l’indicateur principal qui lui avait permis de « prédire » la chute de l’URSS était l’augmentation notable de la mortalité infantile.

  • Mégaferme à #saumons : le projet contesté est autorisé par la préfecture de #Gironde

    Par un arrêté du 4 août, la préfète de la Gironde, Sophie Brocas, a accordé l’#autorisation_environnementale au projet très contesté de méga-usine terrestre de saumons, au #Verdon-sur-Mer. Ce projet porté par la société #Pure_Salmon, financé par un fonds d’investissement singapourien, prévoit la construction d’une usine sur 14 hectares au bout de l’estuaire de la Gironde, pour produire 10 000 tonnes de saumons par an.

    « Ce projet présente un grand intérêt économique et industriel pour le territoire. Il est encadré par des prescriptions environnementales particulièrement exigeantes, que les services de l’État veilleront à faire respecter », affirme la préfète dans un communiqué.

    « Cette décision est irresponsable »

    Pas de quoi rassurer les habitants, associations et élus opposés à la construction de l’usine. « Cette décision est irresponsable, surtout dans le contexte de mégafeux et de sécheresse que connaît la Gironde en ce moment même », réagit Marc Porcheron, élu à Saint-Vivien-de-Médoc, une autre commune de l’estuaire. Plus de 2 millions de m3 d’#eau devront être prélevés dans les nappes souterraines chaque année pour alimenter l’installation, dont les eaux d’élevage et de refroidissement seraient ensuite rejetées dans l’estuaire.

    Le coanimateur du collectif #Usine_de_saumons_non_merci voit dans cette décision « un déni scientifique et démocratique ». Il pointe notamment l’avis défavorable rendu par le Conseil scientifique de l’estuaire de la Gironde, mais aussi la participation inédite à l’enquête publique, au cours de laquelle une grande majorité d’avis défavorables a été exprimée. Le commissaire enquêteur avait malgré tout rendu un avis favorable, de même que le Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst).

    Cette #autorisation intervient alors qu’une proposition de loi soutenue par une centaine de députés, déposée en mars 2025 mais qui n’a pas été examinée depuis à l’Assemblée nationale, réclame un moratoire de dix ans sur ces #fermes-usines de saumons. Plusieurs associations ont d’ores et déjà annoncé leur intention de déposer un recours auprès du tribunal administratif de Bordeaux contre l’autorisation préfectorale.

    https://reporterre.net/Megaferme-a-saumons-le-projet-conteste-est-autorise-par-la-prefecture-de
    #poissons #France #élevage #pisciculture #industrie_agro-alimentaire #résistance

  • Puntata del 28/07/2026@0
    https://radioblackout.org/podcast/puntata-del-28-07-2026

    Il primo approfondimento della serata lo abbiamo fatto in compagnia di Fabio del SiCobas Torino sulla loro giornata di mobilitazione del 20 luglio, che ha compreso ben tre manifestazioni nella stessa giornata. Il filo conduttore purtroppo è quello del decesso, infatti si è trattato di 3 vittime di quella che si può definire come guerra […]

    #AF_LOGISTICS #Antonino_Gala #BRT #Cub_Milano #Fakir_Abderrhajm #ferrovie #Ferrovieri_contro_la_guerra #licenziamento #logistica #Margherita_Napoletano #morti_sul_lavoro #Ospedale_San_Raffaele #Pasquale_Martucci #presidio #rsu #Sanità #sciopero #sciopero_della_fame #Si_Cobas_torino #violenza_poliziesca
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/07/F_m_28_07_Fabio-SiCobas-Torino-su-giornata-di-mobilitazioni-del-20-lu

  • #Castel_Volturno, nominato il commissario prefettizio: è il viceprefetto #fernando_mone
    https://informareonline.com/castel-volturno-nominato-il-commissario-prefettizio-e-il-viceprefet

    Sarà il viceprefetto Fernando Mone a svolgere il ruolo di commissario prefettizio a #castel_volturno. La nomina è arrivata qualche ora fa, a seguito delle dimissioni rassegnate nella giornata di ieri dal sindaco Pasquale Marrandino e dalla sua giunta e della proposta di scioglimento del Consiglio Comunale del Prefetto di Caserta Lucia Volpe, formulata al […] L’articolo Castel Volturno, nominato il commissario prefettizio: è il viceprefetto Fernando Mone proviene da Informareonline, scritto da Redazione Informare

    #Approfondimenti #EVIDENZA #pasquale_marradino

  • Manifesto Fertilità 2030: prevenzione e accesso alla procreazione medicalmente assistita
    https://informareonline.com/manifesto-fertilita-2030-prevenzione-e-accesso-alla-procreazione-me

    La #Salute_riproduttiva e la fertilità sembrano scomparse nei programmi italiani, forse si pensa di conoscerne abbastanza in merito. Eppure, ora più che mai si sente il bisogno di affrontare tali tematiche. Affrontarle in un paese che ha visto, negli ultimi anni, un #Calo_demografico della natalità dell’1,3%, secondo i dati provvisori del 2025. L‘associazione […] L’articolo Manifesto Fertilità 2030: prevenzione e accesso alla procreazione medicalmente assistita proviene da Informareonline, scritto da Mariafrancesca Cafarelli

    #Approfondimenti #Attualità #Medicina #fertilità #PMA

  • Misogynie et botanique : comment le patriarcat s’est infiltré dans nos jardins

    Des savoirs effacés et des #noms de #plantes sexistes : une balade organisée par l’association Les Mutines indigènes, dans le Gard, a permis de mesurer les biais qui parcourent encore le monde de la botanique.

    Sac sur le dos, chaussures aux pieds, et loupe botanique pendue au cou, les randonneurs sont prêts à partir. Mais Angeline Julien, l’animatrice, les invite à former un cercle. Au sol, un tableau plastifié présentant des catégories : « figure de la sorcière », « stéréotypes de genre », « culture du viol »… Drôle d’introduction pour une balade dédiée à l’observation du règne végétal.

    La guide du jour explicite le thème : misogynie et botanique. Car « en Europe, la domination des femmes s’est aussi perpétuée via les plantes », explique-t-elle. « Et chacune de celles que nous allons rencontrer aujourd’hui peut être associée à une ou plusieurs de ces notions. » Passionnée de botanique, elle propose régulièrement des promenades sur divers thèmes avec son association, Les Mutines indigènes.

    Soleil radieux de printemps et fraîcheur du matin s’équilibrent, la météo est parfaite pour déambuler entre les bosquets, les prairies fleuries et les parties cultivées des jardins ethnobotaniques de la Gardie, à Rousson (Gard). Six hectares dédiés au patrimoine floristique sauvage et domestique des basses Cévennes. Dans le petit groupe qui se met en marche, il n’y a quasiment que des femmes.

    Des symboles de #chasteté

    Quelques pas plus tard, nous voici déjà à la recherche d’un premier arbuste : l’#aubépine. Ses petites fleurs blanches ont déjà fané. « On disait qu’elle assurait le bonheur conjugal en assurant la chasteté des femmes attendant le mariage », dit Angeline. Les significations données aux plantes reflètent parfois moins leurs véritables propriétés que ce que l’on attend des femmes. Autre exemple croisé au cours de la balade : celui de la #marguerite commune. Là encore une fleur blanche qui, « portée en couronne, était symbole de #virginité pour les jeunes filles », explique-t-elle.

    Signe que les fleurs sont sans cesse associées aux femmes, il n’est pas difficile de trouver une longue liste de plantes nommées d’après #Vénus. Angeline nous invite à quitter le sentier pour s’aventurer dans une prairie labourée par les sangliers. Là, d’étranges fleurs séchées dressent leurs picots. À leur base, leurs feuilles incurvées retiennent l’eau de la dernière pluie. Il s’agit de #cardères_sauvages (Dipsacus fullonum), aussi connue sous le nom de cabaret des oiseaux, ou… baignoire de Vénus.

    Le début d’une longue série. Lors de cette promenade, d’à peine plus d’un kilomètre, nous croisons également le sourcil de Vénus (surnom de l’achillée millefeuille, Achillea millefolium L.), le peigne de Vénus (Scandix pecten-veneris L.), le nombril de Vénus (Umbilicus rupestris), le miroir de Vénus (Legousia speculum-veneris), la capillaire cheveux de Vénus (Adiantum capillus-veneris) et l’églantier (Rosa canina), surnommé le bouquet de Vénus.

    Autant de noms qui perpétuent l’idée que « l’on attend des femmes qu’elles soient belles comme les fleurs », dit Angeline. Et aussi celle que « les femmes sont une ressource, au même titre que la nature ». Celles-ci se doivent aussi d’être chastes, et l’idée a été longtemps entretenue que les plantes se reproduisaient sans #sexualité. Au point que plusieurs mythes grecs racontent comment des jeunes femmes ont été transformées en plantes pour s’assurer de leur abstinence, rappelle notre guide.

    Ainsi, la nymphe Daphné, poursuivie par Apollon et appelant son père à l’aide, a été transformée par celui-ci en laurier. « Le fait qu’il soit toujours vert est un symbole de chasteté », souligne Angeline.

    Puis, vers la fin du XVIIᵉ siècle, les naturalistes européens reconnaissent enfin que les plantes ont une sexualité. « Le #pistil est décrit comme la partie femelle des fleurs, et les #étamines comme la partie mâle », nous rappelle Angeline. Au XVIIIe siècle, le naturaliste suédois #Carl_von_Linné, créateur du système de classification des espèces vivantes, propose à partir de cette description sexuelle une #classification des plantes. Et ce sont évidemment les caractéristiques mâles d’une plante qui déterminent son niveau dans la classification. Ce faisant, Linné « amène la #hiérarchie traditionnelle des genres dans les sciences », écrit au début des années 2000 la chercheuse Londa Schiebinger.

    Les premières botanistes invisibilisées

    Pour Léa Richard, botaniste spécialiste de la place des femmes dans sa discipline, ce système de classification basé sur les organes reproducteurs des plantes a contribué à les en exclure : « On disait que c’était une botanique obscène à laquelle les femmes ne devaient pas avoir accès. Or, pour Linné, un botaniste, c’est quelqu’un qui sait classer les plantes, faire de la taxonomie. En refusant d’apprendre aux femmes la classification sexuelle des plantes, on les empêche de fait d’accéder à cette science. »

    Au XVIIIe siècle, c’était pourtant une discipline à la mode pour les femmes. Mais les ouvrages qui leur étaient spécifiquement destinés veillaient à ne pas leur apprendre les bases scientifiques de la discipline, se concentrant par exemple sur la fabrication de bouquets. À la fois par pudeur et parce que les femmes étaient considérées comme moins intelligentes...

    Si quelques femmes deviennent malgré tout botanistes à cette époque, elles sont des exceptions, sont souvent formées par un homme — père, mari, amant — et « sont des aristocrates », note Léa Richard. « Elles se sont aussi beaucoup intéressées aux plantes sans système reproducteur apparent, les plantes cryptogames telles que les algues, les mousses, les lichens. Cela évitait d’utiliser le système de Linné, et c’étaient des champs peu explorés avec moins de concurrence des hommes. »

    Par ailleurs, « ces femmes ont été invisibilisées », souligne Angeline. Comme symbole de cet effacement, elle nous invite à chercher une plante commune des friches et des chemins : l’#urosperme_de_Daléchamps (Urospermum dalechampii), nommée en hommage à cet auteur d’une histoire des plantes au XVIe siècle. « En revanche vous trouverez très peu de plantes portant le nom de botanistes femmes », déplore-t-elle.

    Léa Richard lui donne raison, et note une autre cause potentielle : « Très peu de femmes nomment des plantes. » Seulement 3 % des plantes de la nomenclature linnéenne ont été baptisées par des femmes.

    Ainsi mises sous la tutelle des hommes dans ce domaine, à partir du XVIIe siècle, « les femmes ont été dépossédées de leur savoir sur les plantes », poursuit Angeline, « notamment avec l’invention de la sage-femme, qui agit sous la coupe d’un médecin ». Alors que la connaissance des plantes et de leurs propriétés faisait partie des tâches dévolues aux femmes, chargées du soin de leur famille, ce savoir est repris en main. Il y a « une volonté masculine de limiter l’autonomie des femmes dans les pratiques liées à leur fécondité, écrit l’historienne Émilie-Anne Pépy. Les femmes herboristes font l’objet d’une double #disqualification en raison de leur #genre et de leur origine sociale. »

    La figure de la #sorcière a aidé à disqualifier ce savoir. En exemple, Angeline prend la #verveine_officinale. « Il était dit que les sorcières s’en servaient pour provoquer une attraction immédiate. Elle est associée à la sphère sexuelle, du désir », dit-elle.

    Tout au long de la promenade, Angeline multiplie les exemples de plantes aux propriétés utiles aux femmes, « mais dont on a perdu les usages précis, les posologies », explique-t-elle. Tandis que l’on déambule, on croise ainsi la salsepareille, la rue officinale, l’armoise commune, connues pour leurs propriétés abortives, mais qu’on ne sait plus utiliser.

    « Un domaine encore dominé par les hommes »

    Sur le bord du chemin, elle nous arrête devant une plante aux impressionnantes tiges vertes, semblable à du fenouil géant : la #férule_glauque (Ferula glauca L.). Là où la tige est fendue, un suc abondant en sort. « C’est cette sève qui était utilisée », montre-t-elle. « Des textes d’Hippocrate et Pline disent qu’elle avait une action sur la fertilité des femmes, elle aurait notamment la propriété de stimuler les règles, mais il n’y a pas d’études contemporaines qui le certifient. » Elle fait aussi partie de la famille des herbes de sorcières : « Il était dit qu’elles l’utilisaient pour rendre les hommes impuissants », indique Angeline.

    Puis, au milieu d’un jardin en carrés organisé comme à l’époque médiévale, elle attire notre regard vers de petites fleurs bleu électrique presque au ras du sol. « Les plantes méritent qu’on se mette à genoux », dit-elle, nous invitant à observer les poils sur les feuilles, visibles uniquement à la loupe botanique. Il s’agit du #gremil_officinal (Lithospermum officinale). « Elle aurait été utilisée comme pilule contraceptive par les Amérindiens », dit-elle.

    La fin de la promenade approche. Sous les chênes verts, Angeline ressort ses fiches plastifiées. Les promeneuses ont bien travaillé : les colonnes du tableau de départ se sont remplies de multiples plantes, messagères involontaires du patriarcat. Et si cette sortie témoigne d’une prise de conscience dans le milieu botanique, elle reste une exception, rappelle Léa Richard. « On a fait les calculs à la Société linnéenne de Provence, à laquelle j’appartiens, raconte-t-elle. Il y a autant de femmes que d’hommes adhérents, mais seulement 20 % des conférences et 10 % des ateliers sont faits par des femmes. La botanique reste un domaine dominé par les hommes. »

    –-

    Des pionnières malgré les interdits :

    #Marie-Anne_Libert (1782-1865) : « C’est un exemple de femme s’intéressant aux plantes cryptogames », explique Léa Richard. Elle a été la première à décrire le champignon responsable de la maladie de la pomme de terre, le mildiou. « Elle a décrit de nombreux agents pathogènes », souligne la botaniste.

    #Clémence_Lortet (1772-1835) : Elle a cofondé la Société linnéenne de Lyon. Elle a laissé plusieurs herbiers issus de ses promenades botaniques autour de la ville. « C’est un exemple du fait que les femmes n’étaient pas citées : elle a publié notamment sous le nom de son fils », dit Léa Richard.

    #Elisabeth_Julienne_Dugage_de_Pommereul (1733-1782) : Elle vivait et étudiait aux jardins du roi. Elle était spécialisée dans les graminées, sur lesquelles elle a publié un ouvrage et « elle avait une correspondance avec Linné lui-même », souligne Léa Richard, qui aime citer comment l’un de ses confrères, Jean-Baptiste Cotton des Houssayes, saluait le travail de cette scientifique : « Je déclare qu’elle n’est femme que par son sexe, mais qu’elle est homme, et homme même très célèbre, par le talent, la qualité et la richesse de son savoir. »

    https://reporterre.net/Misogynie-et-botanique-comment-le-patriarcat-s-est-infiltre-dans-nos-jar
    #botanique #misogynie #patriarcat #femmes #dépossession #invisibilisation

  • [Reportage vidéo] « Je suis traitée pour #dépression et anxiété » : Cécile Weyer, maraîchère, poursuit #maël_de_calan après la perte de son #rsa
    https://splann.org/reportage-video-cecile-maraichere-rsa-finistere

    La date du 15 juin est cochée depuis plus de deux mois dans l’agenda de Cécile Weyer. La maraîchère bio de Guengat, dans le Sud-Finistère, a rendez-vous ce lundi au tribunal judiciaire de Brest. Radiée du RSA, elle s’est portée partie civile contre Maël de Calan dans la procédure pour « harcèlement moral institutionnel » engagée par la #cgt. L’article [Reportage vidéo] « Je suis traitée pour dépression et anxiété » : Cécile Weyer, maraîchère, poursuit Maël de Calan après la perte de son RSA est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Libertés_et_droits_humains #agricultrice #agriculture #agriculture_biologique #bimbamjob #burn_out #cécile_rigard #charlie_renaud #confédération_paysanne #ferme #finistère #ludovic_morin #maraîchage #minima_sociaux #nathan_martin #pauvreté #paysanne #précarité #psychologie #souffrance #travail

  • Puntata del 02/06/2026@0
    https://radioblackout.org/podcast/puntata-del-02-06-2026

    Il primo approfondimento della serata lo abbiamo realizzato intervistando Peppe D’Alesio, Coord. prov. SiCobas Napoli e Salerno, rispetto alla situazione critica dei porti campani.Infatti il 23 maggio si è assistito a ben 3 #licenziamenti tra i porti di Napoli e Salerno di natura ritorsiva nei confronti di chi è iscritto al sindacato conflittuale. In particolar […]

    #Assemblea_Nazionale_PdM/PdB #capitreno #Ciccio_Collina #ferrovieri #FSI #lavoratori_portuali #macchinisti #picchetto #porto #presidio #pulizie #repressione #rinnovo_ccnl #RSA #sciopero #Si_cobas_napoli #Si_Cobas_torino #stato_di_agitazione #Zara
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/06/F_m_02_06_Peppe-Dalesio-SiCobas-Napoli-su-licenziamenti-porti-di-Napo

  • L’Albania minaccia di chiudere i centri per #Migranti per difendere il governo accusato di corruzione
    https://irpimedia.irpi.eu/albania-minaccia-chiusura-centri-migranti-corruzione

    Le notizie si sono rincorse tra il 12 e il 13 maggio. Il ministro degli Esteri di Tirana, Ferit Hoxha, a margine del vertice Amici dei Balcani occidentali a Bratislava, in Slovacchia, ha rilasciato un’intervista a Euractiv nella quale – rispetto al rinnovo degli accordi sui centri per migranti gestiti dall’Italia in #Albania – ritiene […] L’articolo L’Albania minaccia di chiudere i centri per migranti per difendere il governo accusato di corruzione proviene da IrpiMedia.

    #Mediterraneo #Unione_europea

  • « Splann ! » accompagne la tournée finistérienne du #concert-enquête « #silence_dans_les_champs » du groupe #fourches
    https://splann.org/fourches-silence-dans-les-champs-finistere

    Après « Algues vertes, l’histoire interdite », les musiciens #françois_joncour et #Arnaud_Kermarrec-Totorici adaptent une nouvelle enquête sous forme de concert avec « Silence dans les champs », de #nicolas_legendre. Splann ! est fier d’accompagner leur tournée dans le #finistère, 15 mai au 28 juin 2026. L’article « Splann ! » accompagne la tournée finistérienne du concert-enquête « Silence dans les champs » du groupe Fourches est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #La_vie_de_« Splann !_ » #agriculteurs #agriculture #Antoine_Messager_Pasqualini #brest #Châteaulin #crozon #ferme_de_trévarn #kristen_falc'hon #mac_orlan #morlaix #Paul_Le_Galle #paysans #productivisme #rock_noise #Run_ar_Puñs #saint-urbain #sew #Ty_Skol

  • #servizi_ai_disabili, Palumbo (Cisal): “La politica non può voltarsi dall’altra parte”
    https://informareonline.com/servizi-ai-disabili-palumbo-cisal-la-politica-non-puo-voltarsi-dall

    Approda al Parlamento Europeo la vicenda relativa alla gestione dei servizi sociosanitari e dei progetti destinati alle persone con disabilità nell’Ambito C06 dell’Agro aversano. A trasmettere una formale segnalazione è stato il dottor #Luciano_Gentile, responsabile provinciale AITH #CISAL Caserta, che denuncia presunte violazioni dei diritti. Nel documento inviato alle istituzioni europee vengono evidenziate criticità […] L’articolo Servizi ai disabili, Palumbo (Cisal): “La politica non può voltarsi dall’altra parte” proviene da Informareonline, scritto da Redazione Informare

    #Comunicati_Stampa #ferdinando_palumbo

  • Una fattoria solidale al posto della tendopoli di San Ferdinando, il sindaco: «I migranti lì stanno male, entro l’anno sparirà»

    Alcune organizzazioni del terzo settore e sindacati nutrono dubbi sull’attuazione: «Servono scelte condivise». Papà Africa: «Lì è un inferno. Sarei felice, ma solo se venissero accolti tutti»

    Resta al centro dell’attenzione il tema critico riguardante l’emergenza abitativa dei braccianti migranti che vivono in condizioni drammatiche nella tendopoli di San Ferdinando. Nel tempo, diversi tentativi di migliorare l’insediamento in provincia di Reggio Calabria non hanno avuto successo. La situazione è diventata cronica, con l’ormai usuale presenza di tende, baracche e diverse strutture abusive che continuano ad aumentare, così come il degrado con cui convivono i suoi occupanti.

    La riqualificazione della tendopoli

    L’amministrazione comunale, guidata dal sindaco Luca Gaetano, si sta prodigando per risolvere le problematiche. Si è ideata la realizzazione di un insediamento abitativo capace di creare reddito: la fattoria solidale, un luogo in cui oltre a vivere si potrà lavorare. Dopo una fase di elaborazione progettuale, attraverso 4 milioni di euro di fondi del decreto Caivano-bis, si sono acquistati 3 ettari di terreni coltivabili sul territorio comunale, in cui si realizzeranno alloggi e altri edifici di pertinenza capaci di ospitare i migranti. Il sito, inserito nel tessuto sociale, sarà gestito da una cooperativa sociale agricola con comprovata esperienza e, secondo gli auspici, sarà anche sede di un mercato a Km zero.
    I dubbi del terzo settore

    Il sistema adottato, nonostante le buone intenzioni, non convince del tutto, però, alcune organizzazioni del terzo settore e sigle sindacali, che chiedono una regia condivisa, sollecitano soluzioni abitative alternative e un piano più appropriato. Si teme per le modalità di attuazione e il rischio di riproporre, in sostanza, in un altro posto dinamiche di isolamento sociale.

    «Stiamo lavorando per il definitivo superamento della tendopoli – afferma ai nostri microfoni il sindaco di San Ferdinando, Luca Gaetano -. Sono trapelate alcune notizie che parlano di un trasferimento a Taurianova nell’insediamento di Contrada Russo, ma sono vere in parte. Siamo consapevoli delle criticità che riguardano un trasferimento dei migranti, al superamento della tendopoli, che avverrà in maniera virtuosa con la fattoria solidale, ma finché questa soluzione non è pronta è chiaro che suscita alcuni timori nel terzo settore. Non c’è nulla di cui preoccuparsi, perché il piano è stato studiato in maniera scrupolosa, con le risorse finanziarie adatte, per garantire un’ottimale soluzione delle problematiche esistenti. La tendopoli entro l’anno dovrebbe sparire e a San Ferdinando nascerà questa nuova realtà. I migranti nella tendopoli stanno male, sempre peggio, proprio per questo dobbiamo tirarli via da lì».
    Papà Africa: «Sarebbe bellissimo»

    Per avere una panoramica più ampia sulla questione abbiamo chiesto il parere di “Papà Africa”, Bartolo Mercuri, che da anni aiuta i lavoratori migranti della tendopoli e per diverso tempo l’ha anche gestita: «Secondo me, se tutti i ragazzi venissero trasferiti e accolti nella nuova realtà sarebbe bellissimo, sarei la persona più felice del mondo, e mi offro per aiutare, ma non so in quanti potranno essere trasferiti lì. E quelli che non avranno la possibilità di rientrare nel progetto cosa faranno? Attualmente ci sono 400 ragazzi, ma fino a qualche mese fa ce n’erano oltre 1000. Quando ritorneranno qui per il lavoro stagionale dove li sposteranno? Noi abbiamo bisogno di loro, perché altrimenti tutti gli agrumi resteranno sugli alberi. Nella tendopoli, dove hanno vissuto tutti questi anni, abbiamo calpestato la loro dignità. L’inverno l’hanno passato morti di freddo e senza corrente. È un inferno. Per molti sono invisibili. Lì c’è la sofferenza di Cristo».

    https://www.lacnews24.it/attualita/una-fattoria-solidale-al-posto-della-tendopoli-di-san-ferdinando-il-sindac
    #tendopoli #San_Ferdinando #migrations #travail #conditions_de_travail #campement #logement #hébergement #Calabre #Italie #Luca_Gaetano #ferme_sociale #saisonniers

  • Puntata del 07/04/2026@0
    https://radioblackout.org/podcast/puntata-del-07-04-2026

    Il primo argomento di questa puntata è stato il #CCNL_Istruzione_e_ricerca siglato pochi giorni fa, ne abbiamo parlato in compagnia telefonica di Cosimo Scarinzi di #CUB_Piemonte. La triade dei sindacati confederali, con l’ ausilio dei sindacati politicamente più vicini al governo in carica, hanno sottoscritto il nuovo CCNL di comparto nella giornata […]

    #ANLM #Assemblea_Nazionale_Lavoratori_Manutenzione #Cobas_Scuola_Torino #Fabio_Rampelli #ferrovie #ferrovie_dello_stato #inflazione #manutentori #rappresentanza_sindacale #RFI #ricerca #salari #schedature #sciopero #scuola #trasporti #università
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/04/F_m_07_04_Cosimo-Scarinzi-CUB-Piemonte-su-firma-nuovo-ccnl-istruzione

  • 91 #fermi al presidio a Roma, in ricordo di Sara e Sandro
    https://radioblackout.org/2026/03/91-fermi-al-presidio-a-roma-in-ricordo-di-sara-e-sandro

    Domenica 29 marzo, al Parco degli Acquedotti di Roma, circa un centinaio di persone si sono ritrovate in ricordo di Sara Ardizzone e Alessandro Mercogliano. La Polizia di Stato, che aveva già vietato la manifestazione nei giorni precedenti, è intervenuta con un imponente dispositivo: il presidio è stato bloccato, i partecipanti sono stati identificati e […]

    #L'informazione_di_Blackout #corteo #decreto_sicurezza #no41bis #repressione
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/03/roma.mp3

  • La crescita senza più confini di #Vivenda

    La società di ristorazione traina con i suoi numeri il gruppo #La_Cascina. Protagonista del “progetto Albania” sui migranti promosso dal Governo Meloni
    Un fatturato che passa da 300 a 334 milioni di euro tra il 2024 e il 2025 con 51 milioni di pasti serviti e oltre ottomila dipendenti, 1.890 in più nel giro di dodici mesi.

    Questi freddi numeri descrivono la crescita della #Vivenda_Spa, colosso della ristorazione che da Palermo a Milano conta 150 unità locali e fa parte del gruppo La Cascina le cui aziende macinano un appalto dopo l’altro in tutta Italia. Si tratta di una compagine societaria storicamente vicino a #Giulio_Andreotti poi finita coinvolta nell’inchiesta “#Mafia_capitale” e oggi vicino all’attuale governo guidato da #Giorgia_Meloni che ha accompagnato nell’avventura dei centri per migranti previsti dal protocollo Italia-Albania gestiti da #Medihospes, cooperativa che è parte del gruppo. Per capire il presente facciamo un salto indietro al 2003.

    Siamo a Bari e la cooperativa La Cascina finisce al centro di un’inchiesta della Procura per le forniture avariate a scuole, caserme, ospedali e università pugliesi. Fanno notizia non solo alcune delle frasi intercettate dagli investigatori -che vanno da, come riporta il manifesto, “se ‘sta carne la diamo ai leoni dello zoosafari, muoiono” a “stai attento con la trielina, ancora li fai morire, i cristiani”- ma il quadro generale ricostruito dall’indagine che dà conto della qualità scadente del cibo fornito. Un terremoto giudiziario che colpisce i vertici aziendali, con i dirigenti #Salvatore_Menolascina, #Emilio_Fusco Roussier (attuale vicepresidente di #Anir_Confindustria) #Camillo_Aceto (oggi presidente della cooperativa Medihospes), #Gabriele_Scotti e #Ivan_Perrone che finiscono ai domiciliari, poi revocati.

    Nel 2004 a Roma viene registrata in Camera di commercio la #Vivenda_Spa che prende il timone del settore della ristorazione. La spinta iniziale arriva anche dalla holding pubblica #Sviluppo_Italia Spa (oggi #Invitalia) guidata da #Ferruccio_Ferranti, vicino ad Alleanza nazionale, che acquisisce il 30% della nuova società investendo dieci milioni di euro. La sede individuata per Vivenda Spa è la stessa de La Cascina: il complesso di via Francesco Antolisei 25 a Roma dove ha le radici il gruppo societario.

    I dipendenti totali del gruppo La Cascina sono 14mila. Le aziende che compongono il gruppo (La Cascina costruzioni Srl, Vivenda Spa e Medihospes) fatturano oltre 600 milioni di euro l’anno

    Quell’indirizzo in quel periodo è anche sede del giornale “Trenta giorni”, diretto da Andreotti, il cui busto accoglie nei primi anni i fornitori che si recano nella sede per firmare i contratti. Insieme alla Dc l’impulso iniziale per fondare il gruppo arriva da #Comunione_e_liberazione dato che La Cascina nasce, nel 1978, per volere di don #Giacomo_Tantardini, guida romana del movimento, e di alcuni studenti universitari che volevano aprire una #mensa per i colleghi.

    Vivenda Spa nel 2025 ha superato la quota di ottomila dipendenti, 1.890 in più rispetto al 2024. È attiva in 150 città italiane

    Le fotografie di via Antolisei finiscono su tutti i giornali nell’estate 2015 quando per Vivenda Spa e La Cascina arriva un provvedimento interdittivo “quale soggetto economico le cui figure apicali risultano partecipi ad accordi di natura corruttiva” nell’ambito dell’indagine “Mafia capitale”. Per l’allora prefetto di Roma Franco Gabrielli è necessaria la nomina di due commissari per salvaguardare la continuità dei servizi garantiti dalle società, dai richiedenti asilo ai senza dimora fino alla ristorazione con 12mila persone assistite e 37 milioni di pasti garantiti annualmente.

    Nel settembre 2015 quattro dirigenti della cooperativa patteggiano pene da due anni e sei mesi a due anni e otto mesi mettendo a disposizione della procura 400mila euro, l’equivalente della corruzione contestata. Nel luglio 2016, il Tribunale di Roma dichiara “reciso ogni rapporto con ambienti criminali” e revoca dopo un anno l’amministrazione giudiziaria. Passano dodici mesi -siamo nel maggio 2017- e si chiude anche il capitolo processuale barese. Menolascina e Fusco vengono assolti “perché il fatto non sussiste” da un’accusa di falso mentre per gli altri reati contestati di truffa e frode -a loro due insieme ad altri 15 imputati- scatta la prescrizione.

    I giudici della Corte d’Appello, come riportato da la Repubblica, parlano di violazioni “innumerevoli, gravi e ampiamente riscontrate dalle prove documentali e testimoniali acquisite” e del fatto che fornitori e dirigenti de La Cascina “erano pienamente consapevoli delle merci di qualità scadente o comunque prive degli indispensabili requisiti igienici” e “non solo non interrompevano immediatamente i rapporti con il fornitore ma addirittura tendevano a coprirlo”. All’epoca l’avvocato degli imputati dichiarò: “Un processo più di interesse mediatico che giudiziario”. Era Francesco Paolo Sisto del Foro di Bari, oggi viceministro della Giustizia.

    Il vento gira e le società del gruppo cominciano a macinare appalti. Compresa la Vivenda Spa che negli ultimi quattro anni è passata dall’assorbire il 3,5% delle quote di mercato del settore della ristorazione al 5,4%, posizionandosi dietro alle “regine” Cir Food, Gruppo Serenissima, Camst, Dussmann Service e Sodexo. Accanto alle mense, però, l’azienda implementa anche l’attività legata alla ristorazione. In collaborazione con la #Cooperativa_Solidarietà_e_lavoro, Vivenda gestisce poi i dieci ristoranti “#Maxelà” diffusi in tutta Italia. Quello più famoso si trova a Roma in piazza delle Coppelle noto per le assidue frequentazioni di deputati e senatori ma anche per gli incontri più “riservati”, come quello tra Giorgia Meloni e Letizia Moratti durante le trattative per la nomina del presidente della Repubblica. Non c’è però solo la ristorazione.

    Dal 2022 sono state incorporate in Vivenda le società #La_Cascina_global_service Srl, #Turigest Srl e #Global_cri Srl con l’obiettivo di garantire anche servizi di pulizia, gestione e manutenzione delle aree verdi oltre che logistica. Inoltre la società romana controlla anche #La_Cascina_costruzioni Srl, attiva nel settore edilizio che tra il 2022 e il 2023 ha visto crescere il suo fatturato del 700%, raggiungendo i 188 milioni di euro. Fino al 15 aprile 2022 a guida dell’azienda c’era l’attuale assessore alla Salute della Regione Basilicata #Cosimo_Latronico, ex parlamentare in quota centrodestra tra il 2013 e il 2018, che nel 2015 ha aderito al partito “#Conservatori_e_riformisti” fondato da #Raffaele_Fitto, oggi vicepresidente della Commissione europea con delega alla coesione e alle riforme.

    Per capire il “peso” di Vivenda serve ancora dar conto delle attività della Cooperativa sociale Medihospes, braccio operativo del gruppo nei servizi socioassistenziali, soprattutto per persone migranti e senza dimora, che ha fatturato più di 179 milioni di euro nel 2024 gestendo servizi in tutta Italia. E non solo: nel maggio 2024 Medihospes si è aggiudicata la gestione per 133 milioni di euro dei centri di detenzione voluti dal Governo Meloni in Albania. Proprio dove, pochi mesi dopo la vittoria dell’appalto, anche Vivenda ha aperto una sua sede locale. Con 14mila dipendenti e più di 600 milioni di euro il gruppo La Cascina non conosce ormai più confini.

    https://altreconomia.it/la-crescita-senza-piu-confini-di-vivenda
    #restauration #Albanie #Italie

  • China restricts fertiliser exports, further crimping war-tightened supply

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12346793

    https://www.reuters.com/world/asia-pacific/china-restricts-fertiliser-exports-further-crimping-war-tightened-supply-20

    By Reuters March 19, 2026

    Summary

    #China restricts fertiliser exports to protect #domestic_market
    – China is among the largest #fertiliser #exporters
    – China has history of controlling exports to keep #prices low for farmers

    March 19 (Reuters) - China is clamping down on fertiliser exports to protect its domestic market, a number of industry sources said, putting an additional strain on global markets that ​were already grappling with shortages caused by the U.S.- #Israeli war on #Iran. China is among the largest fertiliser exporters - shipping more than $13 ‌billion worth of it last year - and it has a history of controlling exports to keep prices low for farmers.

    Shipments through the war-blocked Strait of #Hormuz account for roughly one-third of the sea-borne supply. In mid-March, Beijing banned exports of nitrogen-potassium fertiliser blends and certain phosphate varieties, sources told Reuters.
    The ban, which has not been formally unveiled, was reported earlier this week ​by Bloomberg News.

    Added to existing bans and export quotas for urea, only a handful of fertilisers - notably ammonium sulphate - can be exported, five sources ​said. That would mean between half and three quarters of China’s exports last year are restricted, potentially up to 40 ⁠million metric tons, according to a Reuters estimate.

    “This pattern is consistent: China restricts supplies rather than coming to the rescue during global tightness,” said Matthew Biggin, ​a senior commodities analyst at BMI.
    “The export restrictions exist because of their tight domestic balance - they’re prioritising food security and insulating their domestic market from price ​shocks.”
    Beijing’s curbs, like its move last week to ban refined fuel exports, come as governments limit exports of products whose inputs have been threatened by disruption from the war, worsening shortages and higher prices around the world.
    International urea prices have risen by around 40% from pre-war levels. In China, urea futures are near a 10-month high.

    Chart shows China’s exports of fertilizers by the top ten countries

    DEPENDENT ON CHINA

    Fertilisers are essential for plant ​growth and crop yields. Higher prices could lead to reduced usage, or farmers could switch to crops that require less fertiliser.
    Last year, China sent #Brazil, #Indonesia ​and #Thailand roughly a fifth of their fertiliser imports and that figure stood at a third for #Malaysia and #New_Zealand, according to International Trade Centre data. For #India, ‌it was ⁠around 16%, according to its trade data.
    Between half and 80% of those exports are now restricted, according to a Reuters analysis of Chinese customs data.
    “Buyers were hoping China would step in and fill the supply gap, but this decision will only tighten supplies further,” a New Delhi-based fertiliser company official said, in reference to the recent restrictions.
    The company official declined to be named due to the sensitivity of the matter.
    India, which imported more than 40% of its urea, a nitrogen-based fertiliser, ​and DAP, a blend, from the ​#Middle_East last year, has requested China ⁠issue export quotas for urea.

    Chart shows China’s share in several country’s imports of major fertilizers

    WHEN WILL EXPORTS RESUME?

    The #Philippines on Wednesday said China had assured it that fertiliser exports would not be restricted.
    Asked about the comments a day later, China’s Ministry of Foreign Affairs spokesperson referred the question to other departments.
    China’s ​General Administration of Customs, National Development and Reform Commission and Ministry of Commerce did not immediately respond to requests ​for comment.

    At a ⁠fertiliser conference in Shanghai attended by Reuters on Wednesday, five salespeople said they did not expect the fertiliser bans to be lifted before August, after China’s peak June-to-August export period.
    Producers are watching for signals from the government after spring planting to see whether bans would be extended.
    In December, the state-linked fertilizer association urged major producers to suspend exports of phosphate ⁠fertilisers until August.
    “Most ​folks who follow this very, very closely are expecting them to continue to extend the ​export bans,” said Caitlin Welsh, a director at the Center for Strategic and International Studies.
    “China is so reluctant to do anything that would increase the price of grains, especially animal feed, domestically.”

  • #Nevediversa: La montagna nell’era della crisi climatica

    Con l’aumento delle temperature la montagna sta cambiando volto. Dalle Alpi agli Appennini nevica sempre meno. Con il report Nevediversa denunciamo i ritardi del Governo nell’affrontare la crisi climatica in quota i cui effetti si ripercuotono a valle, sulle comunità locali e in settori chiave come il turismo.

    E’ urgente un cambio di rotta a livello politico e territoriale, più risorse al turismo montano invernale sostenibile e azioni di mitigazione alla crisi climatica accompagnando gli operatori del settore in questo percorso di riconversione
    Nevediversa 2026

    In Italia nonostante l’aumento delle temperature e la riduzione del manto nevoso, il 90% dei fondi pubblici destinati al turismo montano continua a sostenere il “sistema neve” lasciando alla riconversione degli impianti e alla destagionalizzazione del turismo solo le briciole.

    Su Alpi e Appennini abbiamo mappato 273 impianti sciistici dimessi e ben 247 “edifici sospesi", ossia alberghi, residence, strutture turistiche e ricettive, complessi militari o produttivi dismessi o sottoutilizzati.

    Ogni impianto inattivo ha un costo economico e testimonia la fragilità di un modello di turismo montano che riduce la montagna a scenografia. Infrastrutture abbandonate e neve artificiale rivelano i limiti di un’illusione collettiva, con ricadute sull’ambiente, sulle comunità e sulle generazioni future. Anche le Olimpiadi invernali soffrono sempre di più la crisi climatica, occorre ripensare il loro modello di gestione.

    Insieme ai dati, nel report abbiamo raccolto una serie di proposte per il futuro delle realtà montane sintetizzate con il “#Manifesto_della_Carovana_dell’accoglienza_montana” che mette al centro le comunità locali.

    https://www.legambiente.it/attivita-scientifiche/nevediversa
    #montagne #neige #ski #Italie #rapport #climat #crise_climatique #Alpes #Apennins #changement_climatique #alternative #Carovana_dell’accoglienza_montana #fermeture #remontées_mécaniques

  • Yuan Versus the Dollar: Will Hormuz Tensions Reshape the Global #Monetary_Order?

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12344248

    https://english.aawsat.com/business/5252197-yuan-versus-dollar-will-hormuz-tensions-reshape-global-monet

    Riyadh: Fathurrahman Yusuf — 2026-03-17

    As geopolitical tensions escalate around the Strait of #Hormuz, #Iran has floated a proposal to link the passage of energy shipments to #payments in currencies other than the US #dollar.

    The move appears designed to pressure global power centers. While it stops short of a declared currency war, it highlights growing international efforts to reduce dependence on the dollar in energy markets.

    This comes as US President Donald Trump calls for an international coalition to secure the strait, casting doubt on Iran’s willingness to negotiate. Diplomacy remains stalled as the conflict involving #Israel, the United States, and Iran enters its seventeenth day.

    Iranian Foreign Minister Abbas Araghchi has denied any moves toward negotiations or a ceasefire. Trump has also warned that #NATO could face a “very bad” future if US allies fail to act to reopen the waterway, even as Israeli strikes on Iranian military infrastructure continue.

    Dr. Abdulaziz bin Sager, Chairman of the Gulf Research Center, said shifts in energy markets reflect a broader global trend toward currency diversification in international transactions. He argued that Iran’s proposal signals a growing willingness to explore alternatives amid geopolitical change, accelerating debate over the stability of currencies used in energy trade.

    According to bin Sager, this is part of a gradual restructuring of the global #financial_system, particularly as major economies such as #China and #Russia expand the use of their national currencies in bilateral trade. He pointed to the decline in the dollar’s share of global reserves—from 65.3 percent in 2016 to 59.3 percent in 2024—as evidence of a steady shift.

    He noted that countries are seeking to manage geopolitical risk and adopt more flexible economic strategies, reflecting a broader move toward a multipolar monetary system. China promotes the #yuan through the Belt and Road Initiative, while Russia advances its currency through bilateral agreements.

    Dr. Saeed Sallam, Director of the Vision International Center for Strategic Studies, said that Iran’s demand as limited in immediate practical impact but significant in long-term symbolic terms. He warned that it could increase volatility and uncertainty in energy markets, complicate transactions due to limited yuan liquidity, and drive up maritime insurance and transport costs by 20 to 30 percent along alternative routes.

    Rather than stabilizing markets, Sallam argued, the move could fragment oil trade. Limited volumes might be settled in yuan and routed through Hormuz to China, while the rest are diverted via more expensive routes. The result could be sharp increases in #gas, #fertilizer, and #food_prices, raising the risk of recession in Asian and European economies.

    He continued that China is pursuing a strategy of careful balance. While it may accept limited yuan-based transactions to secure oil imports, it is unlikely to support escalation that threatens stability in the strait, through which roughly 40 percent of its imports pass. Russia, meanwhile, uses the proposal symbolically within the #BRICS framework to challenge #Washington, though stable energy markets remain essential to its export revenues.

    Sallam concluded that Iran’s proposal may accelerate the rhetoric of de-dollarization and contribute to price shocks, but its real impact remains constrained by diplomatic and practical limits. The core issue, he stressed, is not the currency used but whether the Strait of Hormuz remains open.

    For now, the dollar retains its dominant position in global energy trade, though that status could be tested by rapidly evolving military and diplomatic developments.

    #Asia #Europe #USA

  • Puntata del 10/02/2026@0
    https://radioblackout.org/podcast/puntata-del-10-02-2026

    Il primo argomento della puntata è stato quello delle mobilitazioni di lavoratrici e lavoratori dei grandi alberghi milanesi, ne abbiamo parlato in collegamento telefonico con Mattia Scolari del sindacato #Cub_Milano. Infatti per il 6 febbraio, nel giorno di inaugurazione dei giochi olimpici invernali, era stato lanciato un #presidio davanti alla sede di #Federalberghi per […]

    #Assemblea_Nazionale_PdM/PdB #capitreno #caporalato #commissariamento #cottimo #ferrovie #glovo #lavoratrici_alberghi #macchinisti #milano #piattaforme #riders #sciopero #turismo
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/02/F_m_10_02_Mattia-Scolari-Cub-Milano-su-mobilitazioni-lavoratrici-albe

  • Binari di guerra
    https://radioblackout.org/2026/01/binari-di-guerra

    Cresce l’impegno nella logistica militare su rotaia. Dopo i lavori di potenziamento alle stazioni di Tombolo, Pontedera e Palmanova sono ai blocchi di partenza nuove opere a La Spezia marittima e Genova Sampierdarena.Si tratta di un progetto finanziato dall’UE nell’ambito dei corridoi di collegamento militare con l’Ucraina e la Moldavia.Nella fattispecie i progetti (con termine […]

    #altavisibilita #L'informazione_di_Blackout #ferrovie #Ferrovieri_contro_la_guerra #logistica_di_guerra
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/01/2026-01-27-binari-di-guerra-paolini.mp3

  • Cette association transforme une #friche en terre d’#accueil pour les exilés

    Près de l’aéroport de #Roissy, une parcelle arrachée aux ronces est un nouveau laboratoire de l’association #A4. Pensé par et pour les personnes exilées, ce projet part de la terre pour déjouer les violences institutionnelles.

    C’est dimanche et le soleil ne s’y est pas trompé : il est resté couché sous une épaisse couverture de nuages. Dans la grisaille, la bêche plantée dans la terre lourde, Habib s’accorde une pause. 37 ans, silhouette haute, mains posées sur le manche, il laisse son regard glisser sur ce bout de friche situé à #Mitry-Mory, à une minute à vol d’oiseau de l’#aéroport_Roissy_Charles-de-Gaulle : les ronces enchevêtrées, les cabanes mordues par les saisons, les pruniers fatigués. Autour de lui, des volontaires tirent des branches, poussent des brouettes, déterrent des années d’abandon.

    Ici, l’objectif est d’abord de rendre la terre cultivable : installer une serre (presque achevée), lancer les premiers semis et poser les bases d’une activité agricole modeste mais concrète. À terme, sur cette friche de 2 820 m² confiée par la Ville, l’association A4 projette de faire pousser #fruits et #légumes, de tester des cultures adaptées aux #sécheresses, et de dégager de premières ressources économiques.

    A4 pour association d’accueil en #agriculture et #artisanat. Née en 2022, cette structure se donne pour mission de récupérer des îlots de terre pour bâtir un système d’#entraide pensé par et pour les personnes exilées — accueil, #formation, #accès_au_travail, #accompagnement_administratif. Une partie des récoltes pourrait donc être vendue, sur place ou sur des marchés locaux, si la mairie donne son accord, afin de financer le fonctionnement de l’association et permettre à d’autres projets agricoles portés par des personnes exilées de voir le jour. Un projet collégial pour déborder les réponses d’urgence, affronter les violences institutionnelles, desserrer l’étau du racisme, et inventer un espace d’#autonomie où, par la terre, on déjoue les assignations.

    Sous un prunus au feuillage frémissant, Agathe, bénévole au sein de A4 et actuellement en formation de #maraîchage, accepte notre micro avec une timidité inquiète — une réserve forgée par des rendez-vous médiatiques déformés. Très investie sur la parcelle, elle résume la journée : « On veut rendre le terrain cultivable. On vide les cabanes, on trie. » Pour elle comme pour les autres, ce terrain reste une première étape : trop petit pour faire vivre plusieurs personnes, mais précieux pour expérimenter, créer du lien, et préparer des installations agricoles à plus grande échelle.

    Plus loin, un groupe creuse des sillons pour les cassis, groseilles, framboises, mûres. « Ça se plante à l’automne et ça met 2 ou 3 ans avant de produire. Alors, il faut commencer vite. » Là, elle imagine des cultures sous bâches tissées : « Mais l’idée, c’est de voir et de décider ensemble. » Le calendrier se construit au fil de l’avancée du chantier et des envies des personnes impliquées, dans une logique assumée d’expérimentation plutôt que de plan figé.

    Luttes des #sans-papiers

    Ici, chaque geste esquisse un futur collectif. L’association, dont une quinzaine de membres forment le noyau dur, se réunit une fois par mois en visioconférence et tous les trois mois en présentiel. Les groupes locaux — en Anjou, à Grenoble, Lannion, en Île-de-France, à Lyon, en Centre-Bretagne — s’organisent en autonomie. Cinq salariés, bientôt huit. Et déjà des expériences concrètes : tests de #semences sahéliennes en Île-de-France ; enquêtes sur l’agriculture et le travail saisonnier ; des serres montées à Lannion — leur première installation agricole menée par des personnes migrantes avec ou sans papiers, même si le contrat s’est depuis arrêté.

    L’histoire de A4 plonge ses racines dans les luttes des sans-papiers, les foyers de travailleurs immigrés, les files du 115. Tarik, salarié, se souvient des années 2010 : les démolitions de l’Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine), la gentrification, les déboutés du droit d’asile relégués en hôtels sociaux. Ou pire. « La précarité locative et administrative explosait. Beaucoup de personnes non régularisées se retrouvaient à la rue. » C’est là qu’il rencontre Backo, futur cofondateur.

    Lunettes de protection relevées sur le front, la débroussailleuse encore chaude entre les mains, Backo raconte les années d’#errance en Espagne puis en France : les squats, les salaires indigents, la maison qu’il gardait pour 150 euros par mois, quand un salarié « régulier » se voyait proposer 2 000 euros pour un travail équivalent. « Quand t’as pas les papiers, les patrons t’esclavagisent. Ils savent que t’es dans le trou. Ils en profitent. »

    En France, une personne sans titre de séjour n’a pas le droit de travailler… mais doit prouver une activité salariée pour espérer être régularisée. Habib, soudeur-chaudronnier originaire du Soudan passé par le bidonville de Calais puis la zad de Notre-Dame-des-Landes, souffle : « C’est une contradiction volontaire, qui nous rend vulnérables face aux patrons. » Backo enchaîne : « Ceux qui ont les bons passeports peuvent traverser le monde. Nous, non, sauf pour des boulots dont personne ne veut. »

    « C’est nous qui devons porter les solutions »

    Autour d’eux, le chantier se poursuit. Les silhouettes sont fléchies, et la pluie hésitante. Tarik, Backo et Habib se remémorent les visages croisés au fil des combats : retraités usés du bâtiment ou du ménage, jeunes déplacés de centres d’accueil de demandeurs d’asile (Cada) en hôtels sociaux, tous portés par le même sentiment d’être rejetés, tout juste tolérés comme une simple force de travail.

    Comment bâtir un espace autonome, affranchi de ces stigmates ? De fil en aiguille, l’idée d’un réseau national a émergé. « Dans un contexte de répression et de criminalisation des figures de l’immigré, il devenait urgent de lutter contre un système déshumanisant et de considérer chaque individu comme un sujet politique à part entière », dit Tarik. Pas une structure caritative, donc, mais un outil d’#émancipation. « C’est nous qui savons où on a mal, souffle Habib. C’est nous qui devons porter les solutions. »

    Cela passait, pour eux, par la #terre : nombreux étaient paysans dans leur pays de départ et avaient des savoir-faire à revendre. En France, outre une crise de l’accueil, ils pensent pouvoir répondre à une autre problématique : la disparition des #fermes, l’accaparement #foncier, le manque criant de #paysans. « Dans dix ans, 55 % seront partis à la retraite », cite Habib. « Nous, on est là, on est prêts. » Il marque une pause, la joue sur le bois de sa bêche. Et ajoute : « Mais pas pour prolonger un modèle d’exploitation. »

    Obstacles administratifs

    Car A4 a multiplié les « voyages-enquêtes » dans les vergers, à la rencontre de saisonniers logés dans des baraques insalubres, dépendants de patrons qui tiennent leur avenir administratif. Beaucoup viennent de régions rurales du Sahel ravagées par les sécheresses et l’accaparement foncier. Et, ici, la politique migratoire prolonge leur #dépossession : on ne leur laisse accéder à la terre qu’en forçats.

    C’est précisément pour éviter de reproduire ces logiques que l’association a engagé un travail de #formation_politique interne, encore en construction. Deux axes se dessinent : l’un à destination des personnes concernées par l’exil, pour renforcer leur #pouvoir_d’agir, leur place dans la prise de décision et sortir des logiques caritatives ; l’autre à destination des personnes blanches engagées dans l’association ou ses réseaux, afin de travailler les rapports de pouvoir, les biais racistes et les #postures paternalistes en milieu agricole et militant. « On veut empêcher de reproduire les schémas coloniaux », insiste Habib. « Il faut que les personnes concernées soient décisionnaires, et que chacun apprenne à travailler sur un pied d’égalité. »

    Mais rien n’est simple. Backo, qui a posé la débroussailleuse, déplore les obstacles administratifs rencontrés ces derniers mois. « Récemment, par exemple, on a visité une ferme de 10 hectares. On peut acheter. Ce qui bloque, c’est pas l’argent : c’est les papiers, glisse Backo. Pour beaucoup, la terre, ici, devrait être réservée aux Français. Quand on a demandé des formations, on nous a parfois dit qu’on n’entrait pas dans les cases, car on était un “public migrant”. » L’association se finance principalement grâce aux dons.

    Depuis juillet 2024, A4 porte aussi les stigmates de deux #attaques_racistes subies, deux soirs de suite, à #Lannion, dans les #Côtes-d’Armor : des individus ont brisé les vitres et éventré ses serres, en plein entre-deux-tours des législatives. En plantant quelques aromatiques, Aline, qui faisait partie du groupe local lannionnais, murmure : « Ça laisse des traces. » Habib acquiesce : « Ça a pratiquement détruit la dynamique du groupe local. On a pris cher. » Aline a déménagé en région parisienne depuis, et se réjouit de retrouver ses camarades. « Ça fait du bien de voir qu’on continue de repousser ailleurs, malgré tout. »

    Semences du Sahel résistantes à la #sécheresse

    En fin d’après-midi, autour d’un thermos de thé, les discussions dérivent vers l’avenir. Ici, chacun semble projeter quelque chose : un fournil, un restaurant populaire, des paniers de légumes, une activité de formation. Sambala, 31 ans, le dit ainsi : « A4, c’est aussi mettre en valeur les projets de gens qui ont été trop longtemps ignorés. »

    Koné, 39 ans, passé par l’Espagne, rêve d’un four à pain mobile. Diplômé en boulangerie, il n’a jamais pu exercer légalement. « J’aimerais travailler le pain, mais c’est compliqué tant que j’ai pas les papiers. Donc je fais du bâtiment, du ménage… pour survivre. » Il garde l’espérance : « Si l’association continue de se déployer, peut-être que j’aurai cette chance. » A4 entretient des liens avec d’autres organisations paysannes, comme Terre de liens.

    Sambala, lui, raconte ses dix ans de petits boulots sans contrat, de nuits d’incertitude. Son rêve, c’est d’ouvrir un restaurant « gagnant-gagnant » : qui crée des emplois dignes et nourrit sainement celles et ceux qui peinent à finir le mois. Avant de partir, il tient à dire : « Papiers ou pas papiers, ça ne dit rien d’une vie. Je n’ai jamais compris comment ma valeur pouvait se résumer à ça. Un papier, tu peux le déchirer. Une vie, non. En tout cas en théorie. »

    Un autre volet du projet tient dans quelques sachets de #graines : #mil, #gombo, #bissap, #fonio. Lors de leurs voyages-enquêtes, plusieurs agriculteurs ont confié peiner à cultiver faute d’eau. Ces échanges ont nourri une réflexion plus large, portée par A4, sur la circulation internationale des semences et des #savoirs_agricoles, notamment avec des pays confrontés aux conflits ou aux dérèglements climatiques. Des variétés sahéliennes peu gourmandes en eau, testées sur un terrain à #Villetaneuse, sont donc promises à une nouvelle étape ici.

    « Les savoirs du Sud sont dénigrés mais ils sont adaptés »

    Justine, nouvelle salariée de l’association, y voit plus qu’un essai agronomique. « Peut-être qu’on va pouvoir apporter une expertise utile à d’autres paysans », avance-t-elle, après une session bêchage, alors que son fils de 6 ans traverse la friche en riant avec un copain. « Tester ces cultures ici, c’est aussi préserver une #autonomie_semencière et reconnaître que les personnes exilées ont autant à transmettre qu’à recevoir », résume Backo. « Les savoirs du Sud sont dénigrés mais ils sont adaptés ! »

    Lorsque la pluie et la nuit finissent par s’inviter, le chantier s’éteint. On ne voit plus à 3 mètres. Un avion clignote dans le ciel. On range la débroussailleuse de Backo, la bêche d’Habib, les serpes. Par endroits, la friche apparaît dégagée, noire, humide, comme remise en conversation. Entre les pruniers ressuscités et les cabanes rafistolées, quelque chose naît : un laboratoire de #solidarité_paysanne et de #dignité retrouvée, un réseau d’entraide qui ne demande pas des papiers, mais de l’huile de coude et des idées.

    https://reporterre.net/Pres-de-Paris-ce-reseau-agricole-lutte-contre-les-violences-de-l-exil
    #migrations #France
    via @karine4

  • Au pays des enfants interdits

    Dans l’ombre de l’histoire suisse : le chapitre méconnu des enfants cachés des saisonniers. Plongez dans la part méconnue de la politique migratoire suisse. Entre 15’000 et 50’000 enfants de saisonniers ont vécu dans la clandestinité en Suisse jusqu’en 2002, une période sombre et oubliée.

    https://www.playsuisse.ch/fr/show/2271040
    #film #documentaire #film_documentaire
    #peur #enfants_du_placard #saisonniers #clandestinité #permis_de_séjour #Suisse #ennui #monotonie #immigrés_italiens #police_des_étrangers #délation #travailleurs_étrangers #expulsions #internat #Domodossola #racisme #solitude #contrôle_médical #logement #baraquement #mal_du_pays #tristesse #regroupement_familial #surpopulation_étrangère #James_Schwarzenbach #Fremdüberfremdung #initiatives_Schwarzenbach #reconnaissance

    • #Bambini_proibiti

      Nel 1924 la Società delle Nazioni Unite redige la Dichiarazione dei diritti del fanciullo in cui sono sanciti i diritti di cui ogni bambino, senza alcuna distinzione o discriminazione, deve godere. Il documento fu stilato in Svizzera , a Ginevra. Proprio in Svizzera, soprattutto a partire dal secondo dopoguerra fino agli anni ’80, esisteva una categoria di bambini sistematicamente esclusa da questi diritti.

      E non solo. Per le autorità, semplicemente questi bambini non esistevano, o non avrebbero dovuto esistere. Erano i figli degli stagionali, dei lavoratori stranieri che, avendo un permesso di soggiorno limitato alla stagione lavorativa (nove mesi), non avevano diritto al ricongiungimento familiare. I genitori li portavano in Svizzera, clandestinamente oppure con un permesso turistico di tre mesi, ma spesso questi mesi si prolungavano fino a diventare lunghi anni, infanzie e adolescenze passate in poveri appartamenti senza fiatare per interi giorni, in silenzio, senza giochi e senza i compagni, ma con l’angoscia di una fanciullezza strappata via. Nel suo libro Bambini proibiti, Marina Frigerio Martina ne racconta le storie attraverso i racconti dirette di chi le ha vissute.

      Le testimonianze raccolte fanno riferimento a situazioni tra loro diverse, ma tutte segnate dal trauma di un’infanzia resa difficile dalla separazione, dalla solitudine, dalla clandestinità. Con il passare del tempo, la percentuale di stagionali tra i lavoratori immigrati è diminuita e le restrizioni per l’ottenimento di un permesso si sono allentate. D’altra parte, all’applicazione delle norme è sempre stata sottoposta ad una certa arbitrarietà: alcuni cantoni erano meno rigidi di altri, c’erano funzionari più severi e altri più comprensivi, un vicino poteva determinare la disgrazia di una famiglia con una denuncia, oppure offrire sostegno e collaborazione preziosi.

      Non di rado il destino di una famiglia e dei suoi membri dipendeva in larga parte dal caso e dalla fortuna, cosicché le esperienze di vita susseguitesi nel corso dei decenni risultano assai diversificate; a storie di dolore e lontananza si affiancano esempi di integrazione riuscita e di affermazione esistenziale e professionale negli ambiti più vari.

      In genere coloro che offrono la propria testimonianza mostrano di aver superato il trauma o, quanto meno, di essere riusciti a metterlo da parte per dar spazio a nuove vite, fatte di lavoro, figli, nipoti…insomma, vite normali. Eppure, in un modo o nell’altro, nel profondo di sé, continuano a portare il segno di lunghi anni trascorsi nel desiderio e nella speranza di raggiungere un giorno quelle vite normali che a loro, figli di stagionali, erano negate.

      Ancora in anni recenti affrontare questi discorsi in certi ambienti poteva essere difficile per motivi di ordine diverso: la tendenza, da parte delle autorità, a minimizzare la questione (talvolta persino il negazionismo), il dolore ancora troppo forte di esperienze vissute in prima persona, il timore di mettere in pericolo i casi residuali di clandestinità tuttavia ancora presenti, ma, soprattutto, una diffusa volontà di rimozione. Tutto questo ha come effetto una coscienza collettiva ancora poco informata.

      Il grave rischio che può seguirne è quello di ricadere in errori del passato, sebbene in diverse circostanze storiche. Anche perché il principio secondo cui la politica migratoria elvetica va adeguata ai bisogni dell’economia, cui era ispirato lo “statuto dello stagionale”, è tuttora presente nella legge.

      Il libro della Frigerio dovrebbe bastare, da solo, a far riflettere sulle conseguenze di un assetto giuridico che anteponga i bisogni del sistema economico a quelli dell’uomo e alla sua dignità. Le storie raccontate sono storie difficili, esistenze di famiglie unite nella durezza di una vita in terra straniera, o sofferenti per la lontananza e la separazione.

      In ogni caso, sono storie intessute della più autentica umanità che, in considerazione dei continui mutamenti sociologici, oggi più che mai hanno molto da insegnare.

      https://www.italoeuropeo.com/2014/03/17/bambini-proibiti-un-libro-di-marina-frigerio-martina
      #livre #Marina_Frigerio_Martina

  • Zéro de conduite - À propos de : Par inadvertance. La « cuillère humaine » de #Fernand_Deligny
    https://laviedesidees.fr/Fernand-Deligny-Par-inadvertance

    Mais c’est plus généralement ce qu’on observe chez tous les enfants, et même chez tous les individus : derrière l’objet, défini par sa fonction historiquement et socialement instituée (qui ne se réalise qu’à condition que la chaîne opératoire de gestes soit correctement apprise), « persiste à préluder » la chose, définie cette fois par ses propriétés naturelles, physiques, indépendantes de toute fonction spécifique (auxquelles les autistes sont particulièrement sensibles) : « La cuillère “objet” est aussi quelqueCHOSE » (Deligny, p. 20), un « non-objet » (Chevrier, p. 142).

    « Persiste à préluder » : cette expression que Deligny aimait emprunter au psychologue Henri Wallon qu’il considérait comme son « maître », exprime une idée fondamentale de sa pensée comme de sa pratique : dans l’espèce humaine, le développement et l’acquisition des aptitudes culturelles et symboliques, même quand il « réussit », n’efface jamais les facultés naturelles et l’expérience asymbolique qui persistent à préluder envers et contre tout. La seconde nature n’efface jamais la première, qui coexiste avec elle et ne cesse d’y faire irruption ; ou pour le dire en termes spinozistes, « l’état de nature persévère sous ou à l’intérieur de l’état social » (Sévérac, p. 30). Alors que les théories marxistes affirmaient le primat de l’histoire et du social, rabattant toute nature ou essence immuable du côté de l’idéologie – Léontiev luttait à la fois contre la « conception biologisante du psychisme […] développée par Pavlov » et contre la pratique des tests de QI comme « base de l’orientation scolaire » (Sévérac, p. 23) –, les diverses contributions de ce volume rappellent opportunément l’originalité et la radicalité de cette position « naturaliste », qui conduit Deligny à réévaluer et à réinvestir, aux côtés des enfants autistes mutiques, sinon le problème de la nature humaine, du moins le nouage foncièrement problématique de ces deux natures.

    On ne croira donc pas que l’opposition de l’individu au sujet, ou de la chose à l’objet inaugure un nouveau dualisme, un fossé infranchissable entre le monde des enfants étrangers au langage et le monde des adultes saturés de symbolique – bref, que Deligny fasse jouer la nature contre la culture.

    Car toute la tentative de Deligny s’organise au contraire à partir de la coexistence nécessairement problématique, jamais garantie, de ces deux lignes de développement humain, biologique et culturelle. S’explique ainsi son attention aussi bien aux « dérapages du faire », comme lorsque l’enfant manie la cuiller comme un maillet, qu’à la persistance « de l’activité “pour rien”, hors langage, propre à l’humain aussi », dont témoigne l’intense rapport des enfants autistes aux choses et l’importance de leur « appareil à repérer » (Sévérac, p. 29-30). D’où l’intérêt d’apprécier, comme le font les différentes contributions du livre, non seulement l’importance des théories du développement bioculturel d’André Leroi-Gourhan, d’Henri Wallon ou d’Alexis Léontiev (que Deligny avait lus), mais aussi et surtout le rôle central des affects dans tous les désajustements et réajustements de l’activité, que les contributions proposent d’éclairer à partir de la philosophie et de la psychologie des affects de Spinoza et de Vygotski (que Deligny n’avait pas lus).

    #enfants #éducation #autisme #objet #chose #cuillère