• #MJC, #maisons_de_quartier : pourquoi les lieux associatifs disparaissent-ils ?

    Pendant des décennies, les MJC et autres lieux d’éducation populaire ont permis à des générations d’enfants et de jeunes de se retrouver, de découvrir des activités, mais aussi de grandir en dehors de l’école et de la famille. Que reste-t-il de cette ambition ?

    Pendant des décennies, les MJC, maisons de quartier et autres lieux d’éducation populaire ont permis à des générations d’enfants et de jeunes de se retrouver, de découvrir des activités, mais aussi de grandir en dehors de l’école et de la famille. Des lieux souvent portés par des associations, des animateurs et des bénévoles, qui ont aussi joué un rôle important dans la vie des quartiers et des territoires. Aujourd’hui, beaucoup voient leurs moyens diminuer, leurs activités se réduire, quand ils ne ferment pas complètement. Que reste-t-il de cette ambition de l’éducation populaire et qu’est-ce qui disparaît avec ces lieux ?

    Des lieux d’éducation populaire pensés comme des « fabriques à horizon »

    François Beaune retrace la genèse paradoxale des MJC, nées d’une rencontre improbable entre volonté gaullienne de structurer la société et héritage progressiste du Conseil national de la Résistance (CNR) : « La création des MJC est issue de la volonté gaullienne de planifier la société française et du CNR . Elle est née d’idées progressistes, communistes, de Jean Zay pendant la guerre ». Il décrit comment ces structures reposaient sur une pédagogie verticale mais aimée des jeunes, incarnée par des figures comme le directeur de la MJC de Briançon : « Il avait des savoir-faire qu’il apprenait aux jeunes. C’est le type d’éducation disons verticale. On n’apprend pas à partir de ce que les jeunes ont envie de faire mais on leur donne un savoir ».

    Nora Hamadi complète ce tableau avec le récit de la maison des rêves de Longjumeau, simple cave de trente mètres carrés animée par une poignée d’éducateurs issus du quartier lui-même : « C’était surtout beaucoup d’imagination, du lino, quelques tables, quelques jeux, des grands tableaux et surtout l’abnégation de quelques animateurs qui, au plus fort de l’activité, pouvaient gérer 100 gosses sur une journée ». Elle insiste sur la logique d’accès inconditionnel qui définissait ces lieux, radicalement différente de celle des structures actuelles : « Il n’y avait pas d’inscription. Les parents n’avaient rien à voir là-dedans ».
    La fin d’un modèle, entre défiance politique et logique de marché

    Sur les raisons de la disparition progressive de ces structures, François Beaune décrit un basculement profond dans la relation entre pouvoirs publics et monde associatif, illustré par la généralisation des appels à projets au détriment des subventions pérennes. Il théorise cette évolution en identifiant le monde associatif comme un troisième pôle aujourd’hui menacé de disparition entre État et marché : « Il y a l’État, le marché, et le monde associatif, qui est un troisième terme, entre le public et le privé. Ce n’est ni le public ni le privé. Aujourd’hui, le public est au service du marché beaucoup plus qu’au service de ses citoyens ».

    Nora Hamadi documente, de son côté, la bascule concrète vécue à Longjumeau dès le milieu des années 2000, où l’accueil gratuit et inconditionnel a cédé la place à une logique de centre de loisirs tarifé et normé : « Dès le milieu des années 2000 le fonctionnement commence à changer. On n’est plus au service du public mais face à une organisation municipale qui met au centre sa propre organisation. Petit à petit, on ne répond plus à une demande des jeunes mais bien à une organisation municipale qui veut organiser et structurer ».

    ►https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/l-invite-e-des-matins-d-ete/mjc-associations-maisons-de-quartier-pourquoi-ces-lieux-disparaissent-il
    #disparition #Briançon #Briançonnais #podcast #éducation_populaire #audio #disparition #fermeture

  • Réarmement démographique : La ministre de la Santé enterre un rapport sur la #mortalité_infantile | Le Canard enchaîné
    ▻https://www.lecanardenchaine.fr/sante/54583-la-ministre-de-la-sante-enterre-un-rapport-sur-la-mortalite-i

    Stéphanie Rist refuse de publier un rapport qui analyse les causes de la mort de milliers de nourrissons chaque année en France. A raison : ce document pourrait bien plomber l’optimisme du plan de lutte contre l’infertilité lancé par Emmanuel Macron.

    Redresser la courbe de la natalité  : c’était l’une des priorités du second quinquennat d’Emmanuel Macron. En février, un plan de lutte contre l’infertilité a été lancé, assorti de 16 mesures, dont l’une (le nouveau congé de naissance) est applicable depuis le 1er juillet. Encore faudrait-il que les promoteurs de ce «  réarmement démographique  » ne cachent pas les réalités du «  désarmement infantile  »  !

    Car le constat est désolant  : selon les chiffres publiés le 7 juillet par l’Institut national de la statistique, le taux de mortalité infantile a ­grimpé à 4,1 pour 1 000 naissances en 2024. Ainsi, sur un total de 661 822 naissances, 2 709 enfants sont morts avant leur premier anniversaire. Cette dégradation, due principalement à des décès de bébés au cours de leurs 27 premiers jours, fait rétrograder la France à la 23e place des 27 pays de l’Union européenne.

    edit @allanbarte.bsky.social

    • Un rapport interroge les causes de la forte mortalité infantile en France et balaie la problématique des petites maternités
      ▻https://www.liberation.fr/societe/sante/un-rapport-interroge-les-causes-de-la-forte-mortalite-infantile-en-france

      Le document a dormi dans les tiroirs de l’exécutif pendant huit mois, puis a été publié discrètement le 4 août après un article du « Canard Enchaîné » révélant son existence. Il dresse quelques pistes, et ne juge pas pertinent de poursuivre la politique de fermeture des petites structures, suivie depuis plusieurs décennies.

      [...]
      La cause n’est pas unique, rappellent les trois auteurs, parmi lesquels l’ancien conseiller de François Hollande, Aquilino Morelle. Plusieurs facteurs jouent, sans savoir à quel point : l’âge de plus en plus tardif des grossesses, qui augmente le risque de complication, la hausse des grossesses multiples, souvent plus complexes… Et surtout les inégalités sociales et territoriales, dont le rôle est plus ou moins documenté. Le rapport rappelle que les régions d’outre-mer, généralement plus défavorisées, enregistrent les chiffres les plus préoccupants. La situation s’est aussi dégradée en Ile-de-France.

      Qu’en est-il du rôle de la fermeture des petites maternités, trajectoire entamée sujet bien souvent débattu ? Nombre d’élus locaux refusent d’arrêter les accouchements dans celles qui ne prennent en charge que quelques centaines de naissances par an, mesure qu’ils présentent comme cause d’une dégradation des soins. Tandis que les sociétés de médecins estiment que ces établissements, par manque d’activité, ne sont pas suffisamment sécuritaires pour les femmes enceintes et leurs bébés.

      L’#Igas ne suit aucun de ces arguments. La politique, suivie depuis des décennies, consistant à fermer les plus petites structures au profit de plus grands pôles « n’explique pas à elle seule cette dégradation ». Dans le même temps, « il ne semble pas qu’un modèle type d’organisation territoriale optimale des maternités puisse être mis en avant de façon convaincante ». Car des pays observent de meilleures performances tant en ayant, pour certains comme la Suède, concentré les naissances dans des grandes maternités que, pour d’autres comme l’Italie, en conservant de petits établissements. « Dès lors, proposer, en 2026 […] la seule hausse du seuil minimal d’activité des maternités », c’est-à-dire le nombre de naissances au-dessous duquel un établissement doit arrêter les accouchements, « constituerait une réponse mécanique, datée » à ce problème global de santé publique, estiment les auteurs du document.

      « L’essentiel de la réduction des risques de mortalité infantile se joue » d’abord lors de la grossesse, « dans la capacité à prévenir, détecter puis prendre en charge les situations à risque » et après l’accouchement, dans celle « à prendre en charge les jeunes enfants dont l’état le requiert dans les services de néonatalogie ».

      ▻https://justpaste.it/aji6m

      #maternités #fermetures_de_maternités #soins_périnataux #sages-femmes

    • « Personne n’a soutenu que la taille d’une maternité détermine mécaniquement la mortalité infantile »
      ▻https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/07/personne-n-a-soutenu-que-la-taille-d-une-maternite-determine-mecaniquement-l

      Trois gynécologues-obstétriciens dénoncent, dans une tribune au « Monde », la manière dont l’inspection générale des affaires sociales a négligé le rôle de la fermeture des petites maternités dans la hausse de la mortalité infantile en France.

      Un rapport de l’inspection générale des affaires sociales (IGAS) sur la mortalité infantile a été rendu public le 5 août, six mois après sa rédaction. Ce calendrier en dit plus sur sa nature que ses 300 pages. La France compte 4,1 décès pour 1 000 naissances vivantes. Elle est passée du troisième rang européen au vingt-troisième en moins de vingt-cinq ans. Si elle atteignait la moyenne européenne, 529 enfants ne seraient pas morts en 2025 ; 1 057 enfants ne l’auraient pas été non plus si elle avait atteint le niveau de l’Italie ou du Portugal. Ces chiffres figurent dans le rapport de l’IGAS.

      Le rapport de l’Académie nationale de médecine de 2023 [Yves Ville, l’un des signataires de cette tribune, est l’auteur principal du rapport 23-05 sur la planification de la politique de périnatalité en France] proposait deux volets indissociables : regrouper les maternités réalisant moins de 1 000 accouchements par an avec les structures de niveau supérieur, et transformer les sites libérés en centres de prise en charge dirigés par des sages-femmes, équipés de télémédecine, de dossiers partagés et de protocoles d’escalade vers l’obstétricien de référence. L’IGAS réduit cette proposition à une « fermeture sèche » des petites maternités. Elle extrait de notre rapport uniquement la partie sur la concentration, ignorant le réseau de proximité et la complémentarité ville-hôpital. Elle oppose à un prétendu projet de désert sanitaire sa propre proposition de centres périnataux de proximité, sans aucune recommandation opérationnelle.

      L’IGAS affirme que les restructurations de maternités n’ont pas d’effet démontrable sur la mortalité. Elle reconnaît pourtant elle-même que cette démonstration est « méthodologiquement inaccessible ». Elle omet de neutraliser les facteurs de confusion – précarité, âge maternel, obésité –, qu’elle identifie par ailleurs comme déterminants. Elle ignore que les maternités de haut niveau accueillent les grossesses les plus complexes, ce qui gonfle mécaniquement leurs taux bruts et masque leur effet propre.

      #paywall

    • Tiens c’est marrant je me souviens d’Emmanuel Todd qui disait il y a un certain nombre d’années que l’indicateur principal qui lui avait permis de « prédire » la chute de l’URSS était l’augmentation notable de la mortalité infantile.

  • L’Albania minaccia di chiudere i centri per #Migranti per difendere il governo accusato di corruzione
    ▻https://irpimedia.irpi.eu/albania-minaccia-chiusura-centri-migranti-corruzione

    Le notizie si sono rincorse tra il 12 e il 13 maggio. Il ministro degli Esteri di Tirana, Ferit Hoxha, a margine del vertice Amici dei Balcani occidentali a Bratislava, in Slovacchia, ha rilasciato un’intervista a Euractiv nella quale – rispetto al rinnovo degli accordi sui centri per migranti gestiti dall’Italia in #Albania – ritiene […] L’articolo L’Albania minaccia di chiudere i centri per migranti per difendere il governo accusato di corruzione proviene da IrpiMedia.

    #Mediterraneo #Unione_europea

  • #Nevediversa: La montagna nell’era della crisi climatica

    Con l’aumento delle temperature la montagna sta cambiando volto. Dalle Alpi agli Appennini nevica sempre meno. Con il report Nevediversa denunciamo i ritardi del Governo nell’affrontare la crisi climatica in quota i cui effetti si ripercuotono a valle, sulle comunità locali e in settori chiave come il turismo.

    E’ urgente un cambio di rotta a livello politico e territoriale, più risorse al turismo montano invernale sostenibile e azioni di mitigazione alla crisi climatica accompagnando gli operatori del settore in questo percorso di riconversione
    Nevediversa 2026

    In Italia nonostante l’aumento delle temperature e la riduzione del manto nevoso, il 90% dei fondi pubblici destinati al turismo montano continua a sostenere il “sistema neve” lasciando alla riconversione degli impianti e alla destagionalizzazione del turismo solo le briciole.

    Su Alpi e Appennini abbiamo mappato 273 impianti sciistici dimessi e ben 247 “edifici sospesi", ossia alberghi, residence, strutture turistiche e ricettive, complessi militari o produttivi dismessi o sottoutilizzati.

    Ogni impianto inattivo ha un costo economico e testimonia la fragilità di un modello di turismo montano che riduce la montagna a scenografia. Infrastrutture abbandonate e neve artificiale rivelano i limiti di un’illusione collettiva, con ricadute sull’ambiente, sulle comunità e sulle generazioni future. Anche le Olimpiadi invernali soffrono sempre di più la crisi climatica, occorre ripensare il loro modello di gestione.

    Insieme ai dati, nel report abbiamo raccolto una serie di proposte per il futuro delle realtà montane sintetizzate con il “#Manifesto_della_Carovana_dell’accoglienza_montana” che mette al centro le comunità locali.

    ▻https://www.legambiente.it/attivita-scientifiche/nevediversa
    #montagne #neige #ski #Italie #rapport #climat #crise_climatique #Alpes #Apennins #changement_climatique #alternative #Carovana_dell’accoglienza_montana #fermeture #remontées_mécaniques

  • La #Finlande renforce sa frontière pour enrayer la déstabilisation migratoire menée par la Russie

    La Finlande vient d’achever un nouveau tronçon de #clôture à sa frontière avec la #Russie, qu’elle accuse de déstabilisation migratoire. En décembre 2023, Vladimir Poutine aurait en effet fait passer près de 1 000 migrants clandestinement via cette frontière, longue en tout de 1 340 kilomètres. Reportage au cœur des pays nordiques, dans la petite ville frontalière de #Salla, en #Laponie finlandaise, où se trouve cette toute nouvelle clôture.

    Une immense clôture haute de cinq mètres, dont au moins un mètre de barbelés, se dresse le long de la frontière. Cette barrière est à l’image du paysage environnant, entièrement prise dans la glace. Ce jour-là, il fait -20°C.

    « Au-delà de cette clôture, ce sont des terres totalement sauvages »

    « On a installé des mâts avec des caméras vidéo, des détecteurs de mouvement ainsi que des caméras infrarouges. Il y a aussi des éclairages, comme vous pouvez le voir, et des haut-parleurs permettant de donner des ordres à distance. Par exemple, ’’arrêtez-vous’’ ou ’’restez où vous êtes’’. On sera ainsi informé en temps réel de ce qui se passe à la frontière. Le but est de renforcer notre surveillance des frontières, notamment dans les zones où nous constatons que la probabilité de migration illégale instrumentalisée est la plus élevée », explique Mikko Kauppila, commandant adjoint des gardes-frontières de Laponie, qui pointe du doigt l’arsenal de cette clôture. Elle a coûté 56,8 millions d’euros et ne fait que huit kilomètres.

    Mais le major Jani Brännare indique qu’elle a été construite sur un point de passage stratégique. « Au-delà de cette clôture, ce sont des terres totalement sauvages. Donc la nature et les températures négatives nous aident aussi à empêcher l’immigration clandestine. Si on rouvre les frontières, on sait que cette immigration clandestine reprendra. »

    « Il se pourrait que de nouvelles clôtures émergent »

    Les gardes-frontières finlandais confient qu’ils ne coopèrent quasiment plus avec leurs homologues russes. Des deux côtés, on se surveille clairement en chiens de faïence. Alors, même si les yeux sont tournés vers la frontière, on garde, ici, la tête froide. « Nous vivons dans l’inconnue la plus totale. Mais le personnel ici est formé et équipé comme jamais auparavant. La Finlande est bien préparée », confie un premier garde-frontière. « On n’est pas inquiet et on dort sur nos deux oreilles la nuit », renchérit un second.

    Selon Helsinki, ces « migrants hybrides », comme ils ont été surnommés, ont été escortés par la Russie pour passer la frontière vers l’Union européenne en 2015 et 2023. Une frontière qu’il est interdit de franchir à pied. Seppo Selkälä, l’adjoint au maire de Salla, s’en rappelle très bien. Il raconte que beaucoup de Russes avaient l’habitude de venir en vacances ici. En 2013, la frontière a été franchie pas moins de 250 000 fois. « À l’heure actuelle, il n’est pas prévu que la frontière rouvre, et il se pourrait même que de nouvelles clôtures émergent à la lisière russe », assure Seppo Selkälä.

    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/68597/la-finlande-renforce-sa-frontiere-pour-enrayer-la-destabilisation-migr
    #migrations #frontières #fermeture_des_frontières #murs #barrières_frontalières

  • Ces « bibliothèques de l’ombre » où les scientifiques du monde entier partagent gratuitement des articles

    « Un monde de pirates » (2/5). Les sites sur lesquels les #articles_scientifiques sont mis à disposition, en toute illégalité, sont très populaires au sein de la communauté universitaire. Rapides, efficaces, ils incarnent l’utopie d’un savoir accessible à tous.

    Le message, posté sur le site #Sci-Hub, est signé d’une dermatologue tunisienne : « Je veux vous remercier de permettre aux médecins d’accéder à la recherche scientifique médicale gratuitement, surtout dans les pays en développement. » « L’aide que vous avez apportée aux autres est inestimable, je ne doute pas que vous ayez sauvé des vies », surenchérit une chirurgienne galloise. Un interne turc en orthopédie, lui, ne s’encombre pas de périphrases : « Vous méritez un p***** de prix Nobel ! »
    La bénéficiaire de cette effusion de gratitude est une informaticienne kazakhe : #Alexandra_Elbakyan, fondatrice de Sci-Hub, un site de #piratage_scientifique ou, en termes plus policés, une « #bibliothèque_de_l’ombre », qui met à disposition des millions d’articles scientifiques sans le moindre frais. D’où le surnom de la jeune femme : la « Robin des Bois de la science ».

    Cet outil, Alexandra Elbakyan a commencé à l’élaborer pour son usage personnel, en 2011. Alors étudiante en neurosciences, elle bloque sur la rédaction de son mémoire, incapable de s’acquitter des 30 ou 40 dollars qu’exigent les #revues pour donner accès à chacun de leurs articles. C’est l’acte de naissance de Sci-Hub, nouvelle planète dans une galaxie où orbitent alors déjà d’autres « bibliothèques », telles que les sites russes #Z-Library et #LibGen – plus variés, ces derniers diffusent aussi des copies, à l’identique, de livres scientifiques ou de fiction. L’économiste hongrois Balazs Bodo, chercheur à l’université d’Amsterdam, y voit l’héritage du #samizdat soviétique, un système de #diffusion clandestin d’ouvrages interdits ou introuvables, souvent rendu possible, déjà, par des universitaires grâce à leur accès privilégié aux textes.

    Ces samizdats modernes s’épanouissent bien loin des frontières de l’ex-URSS. Leurs adresses s’échangent sur les campus américains comme s’échangeaient déjà les photocopies ou, par modem, les fichiers informatiques. Les étudiants – proverbialement fauchés – comme les chercheurs sont séduits par la gratuité de ces plateformes, entièrement financées par les dons des usagers les plus enthousiastes. « C’était impossible de s’acheter autant de manuels », se souvient Jason (un nom d’emprunt car il souhaite demeurer anonyme), un utilisateur américain de ces bibliothèques depuis son master de sociologie, dans les années 2000. Au téléphone, ce quadragénaire souligne les prix prohibitifs des manuels aux Etats-Unis, où ils peuvent dépasser 100 dollars l’unité.

    Equipe de bénévoles

    Soucieux de rendre une partie de l’aide qu’il a reçue de la communauté, Jason est devenu, pendant la pandémie de Covid-19, le modérateur d’un forum où se coordonnent les #bénévoles. Comme lui, ceux-ci ont été séduits par la dimension politique du projet – mais aussi par l’image romantique du « #pirate_du_savoir », vent debout contre la #privatisation de la #science. Une mythologie flibustière qui motive étudiants et chercheurs à user de leurs accès privilégiés aux réseaux universitaires pour aider d’autres usagers en manque d’une référence.

    Sur ce forum, Jason et les siens trient et approuvent les ouvrages numériques, quitte à retoquer les éventuels trolls qui soumettent de faux livres, derrière la couverture desquelles on ne trouve qu’une publicité incitant à acheter l’œuvre originale. Ils corrigent ensuite ce qui doit l’être. Titre, auteur, image de couverture : les articles et livres ont besoin d’une sorte de « mise en beauté » avant d’être mis à disposition du public. A leur manière, ces bénévoles férus d’informatique effectuent un travail de bibliothécaire : curation, étiquetage… « Cela nécessite beaucoup de travail manuel et il n’y a jamais assez de bénévoles », confirme Jason. Il faut dire qu’il n’est pas évident, pour un aspirant « bibliothécaire de l’ombre », de savoir comment se rendre utile, les équipes responsables des sites ne brillant pas par leur transparence.

    Car… chut ! Comme dans une authentique bibliothèque, on est prié de ne pas faire de bruit. Pas tant pour ne pas déranger les autres lecteurs que parce que le partage d’articles est illégal, et qu’il est risqué de s’impliquer dans la gestion du site. Les échanges informels sur les réseaux sociaux restent anonymes, quand ils n’ont pas plutôt lieu sur des groupes privés, fonctionnant par cooptation.
    Ces précautions ne sont pas superflues. Depuis une dizaine d’années, la guerre est déclarée entre les « bibliothèques » et les puissants groupes d’édition scientifique, à commencer par les géants américains #Elsevier et #Springer. Propriétaires légaux des #articles_scientifiques, ils ont peu à peu obtenu le blocage des sites pirates dans plusieurs pays. Alexandra Elbakyan elle-même a été contrainte de prendre ses distances avec Sci-Hub : en 2021, en raison d’un procès l’opposant à Elsevier en Inde, elle a préféré geler le site, qui demeure accessible mais n’est plus alimenté. Visée par une enquête du FBI, elle vit dans la clandestinité, dans le nord de la Russie.

    La Z-Library est logée à la même enseigne. Ses domaines ont été saisis par la justice américaine en 2022. Deux individus, russes, accusés d’être impliqués dans la création du site, ont été arrêtés en Argentine et se sont depuis évadés. Un événement qui a conduit la Z-Library à revoir les mesures de sécurité de son équipe composée, selon l’un de ses porte-parole sollicité par Le Monde, de « dizaines de spécialistes » en informatique.

    Modèle asymétrique

    #Menaces, #fermetures, #condamnations… Dans le domaine des #publications_scientifiques, la lutte contre le #piratage a ceci de particulier que les auteurs, qui pourraient légitimement se sentir lésés, ne se pressent pas pour se ranger du côté de la loi. Beaucoup d’entre eux estiment que le très profitable modèle économique des principaux éditeurs est particulièrement asymétrique, pour ne pas dire injuste : à leurs yeux, les éditeurs privatisent la science en exploitant le travail des chercheurs, qui ne sont pas rémunérés en retour pour leur publication ou évaluation d’études.

    Dans ce contexte, les pirates suscitent plus souvent l’admiration que la réprobation. D’autant que leur histoire reste marquée par la mort brutale d’#Aaron_Swartz, militant révéré de l’#open_access (accès libre). Visé par des poursuites judiciaires du FBI pour avoir téléchargé des centaines de milliers d’articles scientifiques, cet Américain de 26 ans s’est suicidé en 2013. Dans son « manifeste de l’Open Access Guerilla », il incitait étudiants, bibliothécaires et chercheurs à partager leurs ressources, leurs mots de passe, leurs fichiers. « Vous avez la possibilité de participer à ce banquet de la connaissance alors que le reste du monde en est exclu », insistait-il.

    Pour l’heure, les fermetures de plateformes pirates sont rarement définitives. La bataille que leur livrent les éditeurs s’apparente davantage à un jeu du chat et de la souris, les sites bloqués ne tardant pas à refaire surface, à l’identique, à une autre adresse. La crainte de les voir disparaître pour de bon mobilise tout de même de nombreux internautes, à l’image de « #Shrine », un universitaire qui ne donne ni son nom ni son âge, mais explique au Monde que, pour lui, ces bibliothèques sont des « ONG de la piraterie ».

    En 2020, il lance un appel à l’aide sur Reddit, plateforme communautaire et plus gros forum en ligne du monde. Reprenant en préambule le mot d’ordre d’Aaron Swartz, il propose un projet d’hébergement « pair à pair », c’est-à-dire décentralisé, des sites comme Sci-Hub : dans la mesure où leur contenu sera désormais hébergé sur les ordinateurs de centaines de volontaires, il sera impossible de le supprimer en faisant simplement saisir, par la justice, quelques ordinateurs. « Shrine » affirme avoir alors vu se mettre en mouvement « une colonie de fourmis : des gens du monde entier, décidés à protéger ces fichiers, malgré les risques encourus et sans en tirer le moindre profit ».

    Cette « colonie » a essaimé. Ainsi, un projet de mégabibliothèque baptisé « #Anna’s_Archive » a pour objet, depuis 2022, de constituer une copie complète des collections numériques de ses homologues. Ses promoteurs – évidemment non identifiés – entendent ainsi éviter la disparition du contenu de ces plateformes si elles venaient à fermer. Résultat : 50 millions de livres et le double d’articles scientifiques sont conservés dans « Anna’s Archive ».

    ▻https://www.lemonde.fr/series-d-ete/article/2025/08/11/les-bibliotheques-de-l-ombre-a-la-pointe-du-piratage-scientifique_6628300_34
    #édition_scientifique #résistance #recherche #ESR

    –-

    ajouté à la #métaliste sur la #publication_scientifique* :
    ►https://seenthis.net/messages/1036396

  • La mise à mort programmée du système ferroviaire français
    ▻https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/090725/la-mise-mort-programmee-du-systeme-ferroviaire-francais

    Cela leur a pris trente ans. Mais ils y sont en train d’y parvenir : le dernier clou dans le cercueil de la SNCF et du système ferroviaire français est en train d’être enfoncé. Selon des informations publiées le 4 juillet par le site l’Informé, les concurrents de l’entreprise publique ferroviaire qui s’apprêtent à exploiter des lignes TGV en France seront dispensés de toute obligation de service public en France.

    [...]

    « Comment s’en étonner. C’est la logique même de l’ouverture à la concurrence. Nous l’avions annoncé depuis des années : le privé va exploiter tout ce qui ce qui est rentable et laisser tout le reste. La SNCF est la vache à lait du privé », constate Julien Troccaz, responsable du syndicat Sud-Rail.

    Le gouvernement – et tous ceux qui l’ont précédé – a décidé d’appliquer à la SNCF la même logique que celle qui a été imposée à EDF lors de l’ouverture des marchés de l’énergie : faire subventionner par le public les profits futurs du privé. Au nom de la concurrence libre et non faussée, les entreprises publiques sont priées de céder à leurs concurrents une partie des bénéfices et des avantages dont elles bénéficient historiquement pour permettre au privé d’exister.

    Dans le cas d’EDF, cela s’est traduit par l’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (ARENH), avec le succès que l’on sait : une explosion des prix, des milliards de bénéfices pour des intermédiaires privés sans aucun profit pour les usagers, la sécurité du système et l’intérêt général. Tout est en place que les mêmes effets se produisent à la SNCF, en pire.

    [...]

    Ce qui pourrait sembler des coups de canifs dans l’organisation ferroviaire française risque, de l’avis de nombreux experts, de mettre tout à terre. Car la SNCF est tenue de respecter la règle d’or, c’est-à-dire d’assurer constamment son équilibre financier. Une clause qui a été imposée par la Commission européenne et qui n’a jamais été contestée par la présidence française – à la différence d’autres États membres –, en contrepartie d’une reprise partielle de la dette de la compagnie ferroviaire.

    Privée d’une partie des recettes des lignes à grande vitesse, qui constituent l’essentiel de son chiffre d’affaires, la SNCF risque de ne pas pouvoir faire face à toutes ses charges. Tous les principes de péréquation territoriale, qui permettaient d’assurer le financement des lignes déficitaires grâce aux lignes rentables, sont ébranlés.

    Désormais, chaque ligne va devoir être rentable par elle-même. Des dessertes considérées comme vitales dans toute la France sont déjà menacées notamment dans le Centre-Val-de-Loire, la Savoie ou une partie de la Bretagne. « Une ligne qui ferme ne rouvre jamais », prévient Bérenger Cernon, ayant en tête des centaines d’exemples de voies ferrées démantelées, converties en pistes cyclables alors qu’elles assuraient auparavant un maillage dense du territoire.

    [...]

    Nombre d’historiens, à commencer par Fernand Braudel, ont souligné le rôle majeur qu’ont joué les chemins de fer pour la cohésion territoriale et sociale de la France moderne. C’est toute cette cohésion qui est en train de se défaire. Après avoir vu disparaître leur palais de justice, leur centre d’impôt, leur hôpital, c’est leur gare qui est appelée à être supprimée dans nombre de villes moyennes. La France, selon les vues de la technostructure partagées par les groupes privés, ce n’est que neuf à dix métropoles : Paris, Strasbourg, Lille, Rennes, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Marseille et Lyon et Grenoble. En dehors de ces grandes villes, point de salut.

    Tout cela ne peut participer qu’au sentiment de déclassement et d’injustice sociale qui anime la majorité des Français, et fait le lit du populisme d’extrême droite. Mais l’exécutif, comme nombre d’élus politiques, s’en moque. Après tout, dans les gares, il n’y a que « des gens qui ne sont rien ».

  • Invisibles aux frontières

    Toujours plus à droite, dialogue d’actu par Le Frigo, Luigi et Namé

    Voir sans être vu, Sarah nous raconte, par Pull

    Sur la route de l’exil de la Guinée à la France, il peut y avoir les Alpes, rencontres de Luigi

    La disparition de Blessing Matthew, entretien avec Sarah Bachellerie par Pull

    Border Forensics par Pull

    Ibrahim est passé chez Jésus, rencontre et texte de Luigi

    2025 : Encore des tentes pour accueillir les mineurs isolés, texte et reportage de Luigi

    ▻https://audioblog.arteradio.com/blog/98875/podcast/255740/224-invisibles-aux-frontieres

    #podcast #audio
    #frontière_sud-alpine #Blessing_Matthew #frontières #Italie #Alpes #France #fermeture_des_frontières #contrôles_frontaliers #Sarah_Bachellerie #présence_policière #migrations #réfugiés

  • Comment les #passeurs profitent des politiques migratoires restrictives dans les #Balkans

    Les #réseaux_criminels étendent leur mainmise sur la route migratoire des Balkans. De plus en plus de passeurs parviennent à exploiter les politiques frontalières de l’Union européenne.

    Dans les zones frontalières de la #Serbie, de la #Bosnie et de la #Hongrie, la dynamique migratoire est en constante évolution. Alors que les camps de détention aux frontières ont été fermés et que les politiques frontalières de l’Union européenne (UE) deviennent de plus en plus restrictives, les migrants empruntent des itinéraires toujours plus dangereux, contrôlés par des réseaux de trafic toujours plus sophistiqués.

    C’est le constat fait par de nombreuses ONG qui travaillent avec les migrants le long de ces itinéraires.

    Milica Svabic, de l’organisation KlikAktiv, une ONG serbe qui développe des politiques sociales, explique que « malheureusement, de plus en plus de migrants ont fait état d’#enlèvements, d’#extorsions et d’autres formes d’#abus de la part de passeurs et de groupes criminels ces derniers mois. »

    Selon elle, des groupes de passeurs afghans opèrent actuellement aux frontières de la Serbie avec la Bosnie et la Hongrie. #KlikAktiv a ainsi recueilli des témoignages d’abus commis aux deux frontières.

    Le paysage changeant des réseaux de passeurs

    En Serbie, ces changements sont frappants. Les camps de fortune ont disparu des zones frontalières. Désormais, les personnes migrantes se retrouvent cachées dans des #appartements_privés dans les centres urbains et ne se déplacent plus que la nuit.

    Les bandes criminelles afghanes et des réseaux locaux ont pris le contrôle à travers une #logistique complexe, clandestine et dangereuse.

    Milica Svabic a expliqué à InfoMigrants que son organisation a également documenté « des cas de migrants enlevés et retenus dans des lieux isolés (généralement des logements privés) jusqu’à ce que leur famille paie une #rançon pour leur libération ». Elle précise que cette rançon s’élève souvent à plusieurs milliers d’euros.

    La plateforme d’investigation Balkan Investigative Reporting Network, le #BIRN, a récemment documenté comment des membres du #BWK, un gang afghan notoire opérant en Bosnie, ont retenu des demandeurs d’asile en otage dans des camps en pleine #forêt, en exigeant des rançons de leurs proches, tout en les soumettant à d’horribles #sévices, y compris des #viols et de la #torture. Ces #agressions sont parfois filmées et envoyées aux familles comme preuve de vie et moyen de pression.

    Rados Djurovic, directeur de l’ONG serbe #Asylum_Protection_Center, confirme que les passeurs ont recours à des #appartements et d’autres lieux tenus secrets dans les grandes #villes pour y cacher des migrants, les maltraiter et organiser le passage des frontières.

    « Ces opérations sont devenues de plus en plus violentes, les passeurs ayant recours à la force pour imposer leur contrôle et obtenir des #pots-de-vin. Ils enlèvent des personnes, les retiennent dans ces appartements et extorquent de l’argent à leurs familles à l’étranger », ajoute-t-il.

    D’autres groupes de défense des droits humains et des experts en migration rapportent des cas similaires.

    Un rapport du #Mixed_Migration_Center (MMC) relate des témoignages de #vol, de #violence_physique et d’extorsion. Roberto Forin, du MMC, souligne toutefois que « le rapport n’identifie pas spécifiquement les groupes armés d’origine afghane comme étant les auteurs de ces actes ».

    L’impact des politiques frontalières et des #refoulements

    Le renforcement des mesures de sécurité le long des frontières expliquerait en partie cette évolution.

    Un porte-parole du Border Violence Monitoring Network (BVMN) explique que « l’apparition de ces groupes est simplement la conséquence de la sécurisation croissante des régions frontalières dans toute l’Europe. Alors que les politiques frontalières européennes déploient des méthodes de plus en plus violentes pour empêcher la migration, les migrants n’ont d’autre choix que de recourir à des méthodes informelles pour franchir les frontières ».

    Ce point de vue est partage par le Mixed Migration Center.

    Le réseau BVMN ajoute qu’en fin de compte, « ce sont les personnes en déplacement qui sont les plus touchées par la violence que ce soit de la part des autorités publiques ou des groupes qui prétendent les aider dans leur périple ».

    Roberto Forin du MMC prévient que « la violence et les restrictions aux frontières exacerbent la #vulnérabilité des migrants à l’#exploitation et aux abus ».

    Rados Djurovic du Asylum Protection Center souligne également le « lien direct entre les pratiques de refoulement à la frontière hongroise et l’augmentation du trafic de migrants, tant en termes d’ampleur que de violence ».

    « Par peur des refoulements et de la violence, les migrants évitent les institutions et les autorités de l’État et font confiance aux passeurs, qui exploitent souvent cette confiance », ajoute Milica Svabic, de KlikAktiv.

    Les Etats concernés dans une forme de #déni

    Le rapport du BIRN montre que des membres du #gang afghan BWK possèdent des documents d’identité délivrés par l’UE sur la base du statut de protection qui leur aurait été accordé par l’Italie.

    Selon le BIRN, certains membres du gang pourraient avoir utilisé ces documents pour franchir sans encombres les frontières dans les Balkans et échapper aux autorités. Contacté par InfoMigrants, les autorités italiennes ont refusé de commenter ces allégations.

    Plus largement, les Etats concernés par des accusations de refoulement ou de négligence le long de leurs frontières nient avec véhémence toute #responsabilité. Cette posture pourrait encourager un sentiment d’#impunité chez les passeurs.

    Les migrants se retrouvent ainsi dans un cercle vicieux. Des demandeurs d’asile déclarent avoir été battus par des forces de l’ordre. Ils se retrouvent ensuite aux mains de #bandes_criminelles qui les soumettent à d’autres #traitements_inhumains.

    Lawrence Jabs, chercheur à l’université de Bologne, affirme dans l’enquête du BIRN qu’il existe « un lien certain entre les refoulements et les prises d’otages ».

    Les conclusions du BIRN mettent en lumière un problème plus général dans les Balkans : le #crime_organisé prospère dans les régions où l’application de la loi est violente et où l’obligation de rendre des comptes semble absente. Dans certains cas, des membres du BWK se seraient infiltrés dans des #camps_de_réfugiés gérés par l’État via l’intermédiaire d’informateurs locaux, qui auraient informé le gang des passages de frontière à venir.

    En octobre 2024, plusieurs membres présumés du BWK ont été arrêtés pour avoir enlevé des migrants turcs et filmé leur torture.

    La police bosniaque décrit les opérations du BWK comme « bien établies et très rentables », certains individus associés au réseau détenant des comptes bancaires avec plus de 70 000 euros de dépôts.

    L’enquête du BIRN décrit comment un gang dirigé par des migrants afghans bénéficie d’une certaine protection en Italie. De nombreux experts en matière de migration soulignent également que la nature de ces gangs est par définition transnationale.

    Selon Rados Djurovic du Asylum Protection Center, « ces réseaux ne sont pas uniquement constitués de ressortissants étrangers. Ils sont souvent liés à des groupes criminels locaux. Il arrive même que des migrants fassent passer de la #drogue pour d’autres, toujours avec le soutien de la population locale ».

    Les bandes criminelles s’appuient aussi sur des chauffeurs et des fixeurs locaux pour faciliter le passage des frontières.

    Rados Djurovic explique à InfoMigrants que ces groupes « impliquent à la fois des populations locales et des réfugiés. Chaque personne a son rôle ». Aussi, son organisation a « documenté des cas de personnes réfugiées voyageant légalement au sein de l’UE pour rejoindre ces groupes en vue d’un gain matériel. »

    Réponse de la police

    Le 14 avril, deux corps de migrants ont été retrouvés près d’un cimetière à Obrenovac, dans la banlieue de Belgrade, la capitale serbe.

    La forêt qui entoure le cimetière est devenue un campement informel exploité par des #passeurs_afghans. Les victimes seraient des ressortissants afghans poignardés à mort. Deux autres migrants ont été blessés, l’un au cou et l’autre au nez.

    Milica Svabic précise que « des incidents similaires se sont produits par le passé, généralement entre des groupes de passeurs rivaux qui se disputent le territoire et les clients ».

    Selon Rados Djurovic, bien qu’il y ait une volonté politique de lutter contre les réseaux criminels et la migration irrégulière, le souci de préserver une bonne image empêche un véritable engagement pour s’attaquer aux causes profondes.

    Il explique que la nature lucrative de l’activité et l’implication de la population locale rendent « presque impossible le démantèlement de ces réseaux ».

    La #dissuasion plutôt que la #protection

    Malgré les efforts des ONG, le soutien institutionnel reste inadapté. « Au lieu de se concentrer uniquement sur la lutte contre la migration irrégulière et le trafic de migrants, les institutions devraient développer des mécanismes pour soutenir ceux qui ont besoin de protection », estime Rados Djurovic.

    Il rappelle que « les routes migratoires ont changé. Elles ne sont plus visibles pour les médias, le public, les institutions et dans les camps. Mais cela ne signifie pas que les gens ne continuent pas à traverser (les frontières) ».

    Cette évolution coïncide avec la fermeture de camps d’accueil de migrants situés le long des principales routes de transit. « Sur 17 camps, seuls cinq fonctionnent encore, et aucun n’est situé sur les principaux axes de transit. Il n’existe plus de camp opérationnel dans toute la région de Voïvodine, dans le nord de la Serbie, à la frontière de l’UE ».

    Or, sans accès à un logement et confrontés à des expulsions régulières, les migrants n’ont que peu d’options. « Cela renforce les passeurs. Ces derniers comblent alors le vide en proposant des logements comme un service payant », observe Rados Djurovic.

    Et les ONG ne peuvent combler l’absence de structures étatiques. Roberto Forin, du Mixed Migration Center, constate que « si certaines ONG fournissent un soutien juridique et psychosocial, la couverture n’est pas permanente et de nombreux migrants ne sont pas au courant des services disponibles ». De plus, les travailleurs humanitaires s’exposent aux dangers des bandes criminelles, limitant ainsi leur champ d’action.

    Enfin, la Serbie a pour objectif de rejoindre l’UE et cherche à s’aligner sur les politiques migratoires européennes. En ce sens, montrer que la frontière serbe est forte est devenu une priorité.

    Selon Rados Djurovic, le Serbie veut « marquer des points sur la question de la migration ». Ainsi « ils peuvent prétendre que le recours à la violence, à la police des frontières et aux opérations conjointes stoppe la migration, même si ce n’est pas vrai. Tout le monde y gagne : les personnes qualifiées d’ »étrangères" sont ciblées et la lutte contre l’immigration devient à la fois politiquement et financièrement lucrative".

    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/64299/comment-les-passeurs-profitent-des-politiques-migratoires-restrictives
    #route_des_Balkans #politiques_migratoires #responsabilité #migrations #réfugiés #frontières #fermeture_des_frontières #criminalité

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  • Polish government proposes life-long EU entry bans for deportees

    In the coming months, EU institutions will start negotiating a new law to increase deportations. EU governments want their positions taken into account in the European Commission’s forthcoming proposal. The Polish government has proposed banning deportees from EU territory for “an indefinite period of time,” alongside other coercive measures.

    Indefinite entry bans

    The Polish government has proposed banning people from entering the EU “without time limit.”

    This could happen if a non-EU citizen “represents a serious threat to public order, public security or national security,” a topic that has been discussed by member states a number of times over the last year.

    The new proposal comes in a discussion paper (pdf) on a new deportation law. The paper makes no reference to basic principles of EU law, such as Article 49 of the Charter of Fundamental Rights.

    Article 49 says that any penalty has to be proportionate to the offence.

    The Charter refers to criminal law, whereas a new EU deportation law would be based on immigration law.

    Nevertheless, as a form of indefinite punishment, the proposal is likely to raise eyebrows amongst legal experts and human rights organisations.

    Discussion paper on new deportation law

    The discussion paper (pdf) was circulated to other member states by the Polish government in mid-January. The Polish government currently holds the presidency of the Council of the EU. It was published with the latest edition of the bulletin Outsourcing Borders.

    The paper was drafted to inform a January meeting of the Integration, Migration and Expulsion Working Party (IMEX).

    This followed multiple other discussions between member state governments over the past year. Many of those have also been documented in Statewatch’s bulletin on the externalisation of border controls.

    The January paper (pdf) sets out three areas for discussion:

    - uniform deportation procedures across EU member states;
    - new obligations for people facing deportation; and
    - new “incentives” for deportees to cooperate, alongside new “consequences” for non-cooperation.

    In effect, there are two issues up for discussion. Firstly, the degree to which national practices should be harmonised. Secondly, the different forms of coercion that can be used against deportees.

    Harmonising national law

    The first topic covered in the paper is the possibility of harmonising national deportation procedures.

    The Polish presidency suggests that “common time limits could be considered as one of ways of improving the effectiveness of return procedure.”

    For example, the new law could introduce uniform limits for filing an appeal against a deportation order. These limits currently differ from one member state to another.

    However, this could place an “additional burden on administrative and/or judicial authorities,” says the Polish presidency.

    “Mutual recognition” of deportation orders

    The presidency also raises “mutual recognition” of return decisions.

    This would mean a legal obligation for every EU member state to recognise the deportation orders issued by other member states.

    The idea of mutual recognition was first introduced into EU law in relation to economic affairs, to aid the creation of the single market. It means that “a product that can be lawfully sold in one member state can be lawfully sold in any other.”

    In the single market, it contributed to “processes of liberalization and socialization,” the academic Sandra Lavenex wrote in 2007.

    However, in the realm of police cooperation, criminal law and immigration, “mutual recognition does not expand the rights of individuals vis-à-vis the state,” she argued:

    Instead of increasing individual freedoms in relation to the regulatory scope of government, in the AFSJ [Area of Freedom, Security and Justice], mutual recognition boosts the transnational enforcement capacity of governmental actors.

    Obligations for deportees

    The Polish presidency’s paper goes on to note that the current EU deportation law, dating back to 2008, “includes a wide range of rights of third country nationals and procedural safeguards in the return procedure.”

    This includes “the respect for fundamental rights and the principle of non-refoulement.”

    However, “respect for fundamental rights and the principle of non-refoulement” are fundamental obligations of the EU and its member states. They stem from the Charter of Fundamental Rights and international law.

    The paper goes on to say that the law as it stands does not include any obligations for deportees, and the new law “should include some obligations for illegally staying third country nationals.”

    The presidency suggests that Article 9 of the EU’s new Asylum Procedure Regulation could serve as an inspiration.

    Amongst other things, this obliges asylum applicants to:

    - provide the authorities with various items of personal data;
    - to remain available to the authorities throughout the asylum procedure; and
    - to provide documents in support of the application as soon as possible.

    Failure to cooperate may result in the withdrawal of the application or of international protection (asylum) status, if already granted.

    Incentives and consequences

    The presidency also suggests introducing various forms of “incentives and sanctions” for individuals facing deportation, to encourage cooperation.

    The paper notes that the EU is making increasing use of incentives and sanctions in deportation policy, but mainly “in relations with third countries.”

    This would include, for example, the use of “visa sanctions” against states that do not accept deportation flights from the EU.

    The presidency suggests harmonising the support made available to deportees through “reintegration” programmes.

    Currently, different levels of support – for example, the provision of money to deportees – “might be exploited by third country nationals who try to take the advantage of more ‘generous’ systems,” says the document.

    “Strategic use of an entry ban”

    “Additionally, the strategic use of an entry ban could also serve to incentivise cooperation or sanction non–cooperation,” argues the presidency.

    The paper goes on to say “an entry ban could be shortened when the third country national is cooperating, while it could be extended in case of non-cooperation.”

    Furthermore, “an entry ban for an indefinite period of time could also be considered,” in cases “where a third-country national represents a serious threat to public order, public security or national security”.

    Whatever finally ends up in the new law, the presidency is clear that new obligations and consequences should “send a clear signal to third country nationals that lack of cooperation will not be tolerated.”

    However, simply changing the law may not be enough to achieve the goal of massively increasing the number of deportations from the EU.

    The presidency’s paper points out, perhaps inadvertently, some of the problems with this goal: not only does it require the cooperation of people, but also non-EU states.

    “An effective return policy relies on the cooperation of the returnees and their countries of origin,” the presidency notes in passing.

    The EU is already using various means to try to increase non-EU states’ cooperation with deportations, such as visa sanctions.

    It remains to be seen how that may change in the future – though Donald Trump’s recent threat of trade sanctions against Colombia gives an insight into the more extreme levels of coercion that may be available in some cases.

    ▻https://www.statewatch.org/news/2025/february/polish-government-proposes-life-long-eu-entry-bans-for-deportees
    #Pologne #asile #migrations #réfugiés #fermeture_des_frontières #frontières

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  • Migration et démocratie, #Allemagne 2025

    La montée de la droite autoritaire en Europe est étroitement liée à la « scandalisation » de la migration et de la société migratoire. Les événements de la semaine dernière en Allemagne illustrent de manière paradigmatique cette dynamique. Par Manuela Bojadžijev, Ivo Eichhorn, Serhat Karakayali, Bernd Kasparek

    La montée de la droite autoritaire en Europe est étroitement liée à la « scandalisation » de la migration et de la société migratoire. Les événements de la semaine dernière en Allemagne illustrent de manière paradigmatique cette dynamique.

    Friedrich Merz, le candidat des partis conservateurs à la chancellerie, a décidé de jouer le tout pour le tout après une attaque au couteau mortelle perpétrée à Aschaffenburg. À la manière de Trump, il a annoncé qu’il fermerait les frontières de l’Allemagne à tous ceux qui cherchent protection dès le premier jour de son mandat de chancelier.

    Ce faisant, il a imité les décrets du président américain un peu trop ostensiblement. Cependant, il est rapidement allé encore plus loin que cette annonce. La semaine dernière, il a soumis à la fois une résolution et un projet de loi au vote du Parlement allemand. Et ce, malgré le fait que ces initiatives ne pourraient obtenir la majorité qu’avec l’approbation de l’AfD, parti d’extrême droite.

    Mercredi dernier, le Parlement a commémoré les victimes de la Shoah dans la matinée. C’était le 80e anniversaire de la libération du camp de concentration d’Auschwitz. Dans l’après-midi, les conservateurs (CDU/CSU), les libéraux (FDP) et l’extrême droite (AfD) ont voté ensemble un plan en cinq points qui proclamait la « fin de l’immigration illégale » comme objectif et cherchait à l’atteindre par des mesures drastiques : fermeture des frontières, détention illimitée, « centres fédéraux de retour ». Le vendredi suivant, le projet de « loi sur la limitation des flux migratoires » a échoué de justesse : la normalisation d’un parti d’extrême droite n’était plus acceptable pour certains conservateurs et libéraux ce jour-là.

    Depuis des jours, des centaines de milliers de personnes descendent dans la rue presque tous les jours pour protester contre le resserrement des rangs de la CDU/CSU, du FDP et de l’AfD. Depuis la semaine dernière, une alliance conservateur-fasciste est envisageable. Friedrich Merz a démontré que, malgré les assurances contraire, il est prêt à travailler avec l’AfD. Pourtant, un coup d’œil au contenu des motions déposées révèle que le resserrement des rangs entre la CDU et l’AfD a depuis longtemps eu lieu au niveau des mesures et de la rhétorique.

    Pour les conservateurs, la source de l’insécurité sociale est la migration elle-même. Elle ne concerne pas exclusivement les demandeurs d’asile célibataires de sexe masculin, contre lesquels Friedrich Merz aime attiser la haine. Lors du débat au Bundestag, par exemple, il a répété la rumeur raciste selon laquelle « des viols collectifs sont commis quotidiennement par la classe des demandeurs d’asile ». Les conservateurs veulent en fait mettre fin à toute migration liée à l’asile.

    Ils exigent la fermeture des frontières et la fin du regroupement familial pour les bénéficiaires d’une protection subsidiaire.

    Mais cela ne s’arrête pas à l’asile. Friedrich Merz s’est également insurgé contre ceux qui ont fui la guerre en Ukraine.

    Avec ses remarques désobligeantes sur les « petits princes », il a clairement indiqué que tous les migrants peuvent être visés à tout moment.

    Le projet des conservateurs de punir les crimes graves par la perte supplémentaire de la citoyenneté souligne que leur politique migratoire vise à diviser la société migratoire, c’est-à-dire la société dans laquelle nous vivons tous ensemble.

    La possession d’un deuxième passeport devient la preuve que le détenteur ne peut pas être un « vrai Allemand ». La citoyenneté devient révocable pour ceux dont les familles ont émigré en Allemagne. Les conservateurs visent toutes les réalisations pour lesquelles les luttes antiracistes ont été menées en faveur de l’ inclusion, de l’égalité et de la démocratisation de la société de migration.

    Les implications fondamentales de cette perspective politique ne semblent pas être pleinement comprises par les sociaux-démocrates (SPD) et les Verts non plus. Fondamentalement - il faut le dire sans détour - ils sont d’accord avec l’AfD et la CDU qui prétendent que la migration est un problème et une source d’insécurité sociale.

    Ils soulignent que les projets de la CDU/CSU et de l’AfD ne sont pas efficaces, qu’ils attaquent les fondements démocratiques et constitutionnels de l’Allemagne et de l’Europe, et qu’ils ne tiennent pas compte des besoins de l’économie et de la démographie. Jusqu’ici, c’est correct.

    Cependant, les conclusions qu’ils en tirent sont erronées. Le SPD et les Verts rêvent du vieux rêve de la gestion des migrations, à savoir que l’État peut ajuster arbitrairement la politique migratoire pour promouvoir la « bonne migration » et réduire la « mauvaise migration ».

    Leur défense des mesures drastiques de la réforme du régime d’asile européen commun (RAEC) vise à déplacer la régulation de la migration vers les frontières extérieures. C’est exactement la politique qui a déjà été tentée dans l’UE depuis les années 2000 et qui a provoqué la longue crise des politiques migratoires européennes.

    Tout le monde semble d’accord. La migration est un problème qui doit être résolu. Certains la détestent de tout leur cœur et veulent simplement s’en débarrasser. D’autres disent que la migration est un problème complexe.

    Par conséquent, de meilleurs instruments sont nécessaires pour gérer la migration. Des distinctions plus subtiles sont nécessaires pour pouvoir agir de manière plus ciblée. Il existe déjà de nombreuses distinctions juridiques et de nombreux statuts.

    La population vivant en Allemagne est divisée en plus de 50 statuts juridiques différents, allant de la suspension temporaire de l’expulsion à la citoyenneté à part entière. Bien sûr, la migration pourrait être subdivisée en bons et mauvais étrangers, en réfugiés et travailleurs migrants, en migrants bénéficiant d’une protection subsidiaire et en migrants hautement qualifiés, en migration de main-d’œuvre féminine et en fuite des homosexuels, en fuite du Sud global et en migration en provenance d’Asie, en migrants de première, deuxième, troisième et quatrième génération.

    Mais qu’est-ce que cela apporterait ? Chaque subdivision doit déterminer des critères et justifier pourquoi un critère peut être utilisé pour attribuer ou refuser certains droits au groupe concerné. L’origine, l’éducation, les parcours migratoires, etc. servent déjà de tels critères.

    Pourtant, ce regroupement délibéré des formes de migration constitue la base sur laquelle les forces de droite s’appuient à plusieurs reprises pour diviser la société.

    Il fait partie du répertoire standard des forces de droite depuis que les luttes pour la démocratie ont commencé à transformer les inégalités et les différences existantes en ressentiments. De l’introduction du suffrage universel à l’émancipation des Juifs, en passant par l’application des lois du travail et l’égalité des sexes, les forces de droite ont toujours réagi à l’expansion de la participation démocratique en mobilisant ces ressentiments. Elles ont toujours échoué lorsque les mouvements démocratiques ont insisté sur l’égalité pour tous comme principe fondamental et ne voulaient pas être divisés. Cela montre pourquoi la réponse de la SPD et des Verts à la coopération conservatrice-fasciste en matière de politique migratoire ne semble pas convaincante.

    Ils proposent de continuer à optimiser la gestion des migrations, même si cela n’a pas fonctionné jusqu’à présent. Ce faisant, ils partagent le même postulat que les forces du nationalisme : que la démocratie et la migration s’opposent ou, du moins, sont complètement extérieures l’une à l’autre.

    La migration est complexe, tout comme la société. La grande réussite démocratique a été de simplifier radicalement cette complexité en termes de droits : des droits égaux indépendamment de l’origine, du sexe, de l’orientation sexuelle, des croyances religieuses, etc. Cette revendication universelle a dû être affirmée encore et encore.

    Aujourd’hui, il est important de prendre cette revendication à nouveau au sérieux et de lutter pour la démocratisation de la société de la migration - en tant que société de tous, indépendamment de leur origine. Il est possible de ne pas fantasmer sur la migration comme un ennemi à vaincre, comme le fait la droite, ou de ne pas la considérer simplement comme un objet à gérer, comme le fait le « centre démocratique ».

    Une politique migratoire démocratique suppose que les mouvements migratoires d’aujourd’hui sont les citoyens (en devenir) de demain. Elle recherche des institutions de négociation et de prise de décision collectives au-delà des frontières et des inégalités existantes. Elle commence là où les droits de l’homme et les droits civils ne sont pas simplement compris comme des concessions souveraines.

    Son objectif, cependant, est de faire participer toutes les personnes concernées aux décisions sur la façon dont nous vivons ensemble et qui vit ensemble, où et comment. Pour l’Allemagne, cela doit signifier ne plus nier et combattre la réalité de longue date de la société migratoire. Cela signifie de plaider pour une nouvelle forme de citoyenneté en Europe.

    L’alternative, telle qu’elle se dessine dans une conjoncture mondiale, est la répétition de l’horreur qui a déjà englouti l’Europe et le monde une fois auparavant.

    Manuela Bojadžijev, professeure en anthropologie culturelle, Humboldt-University, Berlin, Allemagne
    Ivo Eichhorn, philosophe, Goethe-University, Francfort, Allemagne
    Serhat Karakayali, professeur, études sur les migrations et la mobilité, Leuphana-University, Lüneburg, Allemagne
    Bernd Kasparek, professeur associé en Infrastructures programmables, Delft University of Technology, Pays-Bas

    ▻https://blogs.mediapart.fr/un-collectif-dintellectuels-allemand-es/blog/070225/migration-et-democratie-allemagne-2025

    #extrême_droite #anti-migrations #migrations #réfugiés #Friedrich_Merz #Aschaffenburg #frontières #trumpisation #fermeture_des_frontières

    ping @karine4 @isskein

  • L’#Union_européenne débloque un milliard d’euros d’#aide pour les #réfugiés_syriens en #Turquie

    La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen était mardi à Ankara où elle a rencontré Recep Tayyip Erdoğan au moment où tous les yeux en Europe et en Turquie sont tournés vers la situation en Syrie. La Turquie accueille environ trois millions de réfugiés syriens, mais ils ne pourront pas tous retourner dans leur pays du jour au lendemain. La Commission européenne débloque donc un milliard d’euros pour continuer à leur venir en aide.

    L’Union européenne met sur la table un milliard d’euros pour l’année 2024, des fonds qui seront donc débloqués rapidement et qui doivent servir d’abord à financer des projets éducatifs et de santé publique au profit des réfugiés syriens en Turquie. Ensuite, ces fonds contribueront selon Ursula von der Leyen, la présidente de la commission européenne, à la gestion de la migration et des frontières ainsi qu’au #retour des réfugiés en #Syrie, mais pas dans n’importe quelles conditions.

    « La chute du régime Assad donne de l’espoir au peuple syrien. L’espoir de rentrer chez eux et de reconstruire leur vie. C’est le sentiment le plus naturel qui soit. Cependant, le manque de prévisibilité exige la plus grande prudence », a affirmé Ursula von der Leyen mardi 17 décembre lors d’une rencontre avec Recep Tayyip Erdoğan à Ankara. « Une chose est donc très claire : tous les retours doivent être volontaires, sûrs et dignes. Nous travaillons avec le HCR pour nous assurer que les conditions nécessaires sont remplies. »

    Afin d’obtenir que la Turquie maintienne sur son sol les réfugiés syriens et ne les pousse pas vers l’Europe, l’UE avait accordé deux enveloppes de soutien humanitaire en leur faveur de trois milliards d’euros chacune et selon la commission, ce sont au total près de dix milliards d’Euros que l’Union européenne a mis sur la table pour les réfugiés syriens depuis 2011.

    ►https://www.infomigrants.net/fr/post/61785/lunion-europeenne-debloque-un-milliard-deuros-daide-pour-les-refugies-

    #aide_financière #UE #EU #retours_volontaires #retour_aux_pays #fermeture_des_frontières #aide_humanitaire

    ping @_kg_

    –-

    ajouté au fil de discussion sur les projets de renvois des réfugiés syriens en Syrie après la chute de Assad :
    ►https://seenthis.net/messages/1087015

  • Les #Pays-Bas réintroduisent des contrôles aux frontières

    À partir du 9 décembre, des contrôles seront appliqués aux #frontières_terrestres des Pays-Bas par les autorités. La décision fait partie d’une liste de mesures anti-migrants proposées fin octobre par la coalition d’extrême droite au pouvoir.

    « Il est temps de s’attaquer concrètement à l’immigration irrégulière et au trafic de migrants ». C’est avec ces mots que la ministre néerlandaise des Migrations #Marjolein_Faber a annoncé, lundi 11 novembre, la réintroduction des contrôles aux frontières aux Pays-Bas.

    À partir du 9 décembre, des agents de la police royale et une partie de l’#armée néerlandaise seront postés aux frontières terrestres du pays, précise le média belge La Libre.

    Aucun financement particulier ni effectifs supplémentaires n’ont été prévus pour ces contrôles. Ces derniers s’appliqueront donc « dans le cadre des capacités existantes », ajoute le communiqué de Marjolein Faber. Des vérifications d’identité seront aussi pratiquées dans les #aéroports, sur les vols pour lesquels « il existe un #risque de migration irrégulière ou de #criminalité_transfrontalière ».

    La mesure est conforme à la législation de l’Union européenne (UE), qui exige des États membres d’informer Bruxelles quatre semaines avant de restreindre la liberté de circulation. Selon la loi européenne, les États membres sont autorisés à réintroduire temporairement des contrôles aux frontières intérieures de l’UE en cas de menace grave, par exemple pour la sécurité intérieure. Elle précise toutefois que les contrôles aux frontières ne doivent être appliqués qu’en dernier recours, dans des situations exceptionnelles, et qu’ils doivent être limités dans le temps.

    Le mois dernier, l’#Allemagne a pris une décision similaire à celle de son voisin néerlandais. Des contrôles de police sont aujourd’hui effectués aux frontières avec la France, les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et le Danemark.

    Mesures anti-migrants

    Marjolein Faber est membre du Parti pour la liberté (PVV), d’extrême droite, qui dirige la coalition quadripartite au pouvoir. Au printemps, elle n’avait pas mâché ses mots pour parler de l’immigration souhaitant « rendre les Pays-Bas aussi peu attrayants que possible pour les demandeurs d’asile ».

    Fin octobre, la coalition dont elle fait partie a détaillé de nouvelles mesures très contraignantes pour les demandeurs d’asile et les réfugiés, dont la #réintroduction_des_contrôles_aux_frontières du pays. La possibilité d’expulser des demandeurs d’asile syriens vers leurs pays d’origine, en déclarant certaines parties de la Syrie comme « zone sûres », ou la réduction du titre de séjour (visa temporaire) de cinq ans à trois ans « en accord avec les pays voisins », font aussi partie des propositions.

    À noter tout de même que ces deux dernières mesures doivent encore être approuvées à la fois par la chambre basse et la chambre haute du parlement de La Haye.

    Le gouvernement néerlandais a cependant reculé face à la volonté du chef du PVV Geert Wilders de déclarer une « crise de l’asile » aux Pays-Bas, ce qui aurait déclenché une loi d’urgence qui aurait permis de faire passer des mesures sans que le parlement n’ait à les approuver au préalable. Une « crise de l’asile » aurait concrètement permis aux Pays-Bas d’abroger la « loi sur la distribution » qui oblige les municipalités à créer des places d’accueil pour demandeurs d’asile ou encore de durcir les règles sur le regroupement familial.

    À l’instar des autres pays européens, les demandeurs d’asile sont légère en augmentation aux Pays-Bas. Selon Eurostat, un peu plus de 38 000 personnes ont déposé un dossier de protection internationale, contre 35 000 l’année précédente, et 24 000 en 2021.


    ►https://www.infomigrants.net/fr/post/61110/les-paysbas-reintroduisent-des-controles-aux-frontieres
    #frontières #migrations #réfugiés #fermeture_des_frontières #contrôles_frontaliers #frontières_intérieures #contrôles_systématiques_aux_frontières #Schengen #code_Schengen #attractivité #dissuasion

    ajouté à ce fil de discussion sur la réintroduction des contrôles aux frontières en France et Allemagne :
    ▻https://seenthis.net/messages/1077683

  • « #On_ne_peut_pas_accueillir_toute_la_misère_du_monde ». En finir avec une sentence de mort

    « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde » : qui n’a jamais entendu cette phrase au statut presque proverbial, énoncée toujours pour justifier le repli, la restriction, la fin de non-recevoir et la répression ? Dix mots qui tombent comme un couperet, et qui sont devenus l’horizon indépassable de tout débat « raisonnable » sur les migrations. Comment y répondre ? C’est toute la question de cet essai incisif, qui propose une lecture critique, mot à mot, de cette sentence, afin de pointer et réfuter les sophismes et les contre-vérités qui la sous-tendent. Arguments, chiffres et références à l’appui, il s’agit en somme de déconstruire et de défaire une « xénophobie autorisée », mais aussi de réaffirmer la nécessité de l’hospitalité.

    ▻https://anamosa.fr/livre/on-ne-peut-pas-accueillir-toute-la-misere-du-monde
    #livre
    #migrations #repli #restrictions #frontières #fermeture_des_frontières #préjugés #idées_reçues #répression #contre-vérités #xénophobie #xénophobie_autorisée #hospitalité #accueil

  • Comment les politiques migratoires s’obstinent à penser à la mauvaise échelle

    Entre l’image médiatique et politique de l’État-nation comme une forteresse assiégée que les politiques migratoires viseraient à protéger, et une vieille tradition de « nationalisme méthodologique » chez les géographes, les projets migratoires ont tardé à être pensés depuis le sens qu’ils ont.

    Ce que l’on s’imagine

    Les politiques migratoires, telles qu’elles sont débattues au Parlement, à la faveur de nouvelles lois, ont un effet sur les dynamiques migratoires. Et aussi que la France sera davantage une destination privilégiée par les migrants si elle ne s’équipe pas de dispositifs plus répressifs.

    Toutefois, les spécialistes des migrations montrent au contraire que c’est une fausse évidence de croire qu’un gouvernement aurait la main pour freiner, voire endiguer, les flux migratoires. Ou encore que des politiques de frontières plus strictes, et des conditions d’accueil plus dures, ne font pas plus reculer les dynamiques migratoires qu’elles ne les dévient. Trente ans d’études migratoires, en géographie notamment, dévoilent plutôt qu’il n’y a pas d’incidence des lois et des démonstrations de force politiques, sur le projet des gens qui partent de chez eux. Ce n’est pas en réprimant davantage qu’on fera reculer les flux migratoires, et la géographie montre même que figer les migrants dans un accueil plus répressif, et un statut clandestin, a même plutôt tendance à les figer sur place, alors que dans la vraie vie, les dynamiques migratoires sont loin de s’en tenir à un pays, un objectif. Pour la géographe Camille Schmoll, si huit millions de femmes ukrainiennes ont rallié l’Europe de l’Ouest depuis le début de la guerre en Russie, ce n’est pas parce que la France leur offrirait de meilleures conditions de séjour, ou un idéal.

    Les études académiques sur les phénomènes migratoires identifient divers leviers derrière le projet migratoire. Ces leviers sont variés, de la nécessité économique, aux discriminations, en passant par des guerres ou des motifs religieux. En géographie, on appelle cela les « facteurs push ». Avec un point commun : aucun de ces « facteurs push » n’a trait à ce que proposerait un État-nation qui dès lors a tort de penser le phénomène depuis sa propre échelle, et ses manières de légiférer.

    Longtemps, les géographes aussi ont fait preuve de « nationalisme méthodologique », c’est-à-dire cette tendance à penser le phénomène à l’échelle nationale. Depuis que le tournant qui s’est opéré à mesure que les politiques des frontières se durcissaient, on prend plutôt en charge dans le champ scientifique l’échelle transnationale. C’est dans ce cadre-là qu’ont émergé les trajectoires individuelles comme une grille de lecture du phénomène. Mais aujourd’hui, pour la géographe Camille Schmoll, notamment en charge d’un cours sur la méthodologie des migrations, à l’EHESS, à Paris, il faut aller plus loin et mieux penser le sens que les uns et les autres donnent à leur projet migratoire dans un cadre relationnel et collectif. La chercheuse parle d’une « autonomie en tension » dans la mesure où il ne s’agit pas seulement d’une puissance d’agir qui s’affirmerait dans le fait de quitter son pays, mais plutôt d’une dynamique qu’elle décrit comme profondément relationnelle, qui fait la part belle à divers collectifs auxquels migrants et migrantes appartiennent selon d’où ils viennent, la route qu’ils auront empruntée, les hébergements et les stratégies qu’ils auront trouvés en chemin, et les communautés dont ils sont issus. C’est par exemple cet effet de la diaspora qu’il faut absolument avoir en tête pour penser plus justement ce qui peut pousser quelqu’un à risquer sa vie en traversant la Manche alors même qu’il est déjà arrivé en France.

    ▻https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/va-savoir/comment-les-politiques-migratoires-s-obstinent-a-penser-a-la-mauvaise-ec
    #fausse_évidence #frontières #fermeture_des_frontières #répression #flux_migratoire #durcissement_des_politiques_migratoire #politiques_migratoires #dynamiques_migratoires #accueil #conditions_d'accueil #facteurs-push #échelle #méthodologie #nationalisme_méthodologique #nationalisme #idées_reçues #stéréotypes #Camille_Schmoll #autonomie_en_tension #diaspora

    via @karine4

  • Sony Shutting Down Studio Behind PS5’s Concord
    ▻https://kotaku.com/firewalk-studios-concord-ps5-sony-live-service-shutdown-1851684290

    Firewalk Studios is shutting down, PlayStation co-CEO, Hermen Hulst, announced in a press release on Tuesday. The team was responsible for Concord, the company’s sci-fi hero shooter that bombed so badly it was taken offline just weeks after its launch earlier this year. The news comes less than two years after the PlayStation 5 maker first acquired Firewalk Studios as part of its ambitious plans for live service gaming.

    #jeux_vidéo #jeu_vidéo #business #playstation #firewalk_studios #jeu_vidéo_concord #ressources_humaines #fermeture #licenciements

  • Rétablissement des contrôles aux frontières intérieures. Lettre ouverte à la Commission européenne après le classement de la plainte contre la #France

    La France a rétabli les contrôles à ses frontières intérieures en octobre 2015 et les maintient constamment verrouillées depuis. Elle vient de notifier à la Commission européenne son intention de maintenir ces contrôles du 1er novembre 2024 au 30 avril 2025 [1]. Pourtant, en vertu du principe de libre circulation dans l’espace Schengen, un État membre ne peut rétablir les contrôles à ses frontières intérieures plus de 6 mois, sauf apparition d’une nouvelle menace grave pour l’ordre public ou la sécurité intérieure, distincte de la précédente [2] . Au mépris du droit de l’Union européenne (UE) et depuis près de dix ans, le gouvernement impose donc un contrôle systématique et permanent des mouvements de personnes étrangères à ces frontières, notamment terrestres.

    Chaque année depuis 2015, des dizaines de milliers de personnes exilées ont été contrôlées « au faciès » aux frontières intérieures françaises puis refoulées au mépris de leurs droits comme l’ont constaté la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), le 21 septembre 2023 [3], puis le Conseil d’État, le 2 février 2024 [4].

    L’Anafé et le Gisti avaient saisi la Commission européenne le 3 décembre 2018 d’une plainte dénonçant la violation de la législation de l’UE par un État membre. Cette plainte reprochait aux autorités françaises d’avoir rétabli des contrôles systématiques aux frontières intérieures depuis octobre 2015, en violation des dispositions des articles 22 et 25 du code frontières Schengen [5]. En l’absence de réponse, des courriers complémentaires ont été adressés à la Commission à 5 reprises.

    Ce n’est que le 25 avril 2024, après six années de silence et de relances, que nos organisations ont reçu une réponse de la Commission annonçant que notre plainte allait être classée. La Commission a refusé de tirer les conclusions de la jurisprudence de la CJUE et de faire sanctionner un détournement manifeste, par la France, des finalités du rétablissement des contrôles aux frontières intérieures. Sous prétexte sécuritaire, la France a utilisé, pendant des années, le rétablissement des contrôles aux frontières intérieures pour faire du contrôle migratoire, en violation du code frontières Schengen [6]..

    À l’heure où la France vient d’annoncer un nouveau rétablissement des contrôles aux frontières intérieures aériennes, terrestres et maritimes avec la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne, la Suisse, l’Italie et l’Espagne, l’Anafé et le Gisti ont décidé de rendre publique leur lettre en réponse à la Commission afin de rappeler que si la liberté de circulation au sein de l’espace Schengen n’a été instaurée qu’au profit exclusif des citoyens de l’Union, l’abolition des contrôles aux frontières intérieures – qui constitue l’un des moyens de garantir cette liberté de circulation – doit bénéficier à toute personne « quelle que soit sa nationalité » [7].

    –-

    Notes :

    [1] À consulter sur le site internet de la Commission européenne : ►https://home-affairs.ec.europa.eu/policies/schengen-borders-and-visa/schengen-area/temporary-reintroduction-border-control_en?prefLang=fr

    [2] CJUE, Grde Ch., 26 avril 2022, NW, aff. jointes C-368/20 et C-369/20

    [3] CJUE, 21 septembre 2023, ADDE et a., Affaire C-143/22

    [4] Conseil d’État, 2 février 2024, ADDE et a., n° 450285

    [5] Règlement (UE) 2016/399 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 concernant un code de l’Union relatif au régime de franchissement des frontières par les personnes (#code_frontières_Schengen).

    [6] Règlement (UE) 2016/399, considérant (26) : « la migration et le franchissement des frontières extérieures par un grand nombre de ressortissants de pays tiers ne devraient pas être considérés en soi comme une menace pour l’ordre public ou la sécurité intérieure »

    [7] Article 22 du code frontières Schengen

    ▻https://www.gisti.org/spip.php?article7365
    #frontières #fermeture_des_frontières #France #contrôles_frontaliers #contrôles_systématiques_aux_frontières #migrations #réfugiés #Schengen #code_Schengen #frontières_intérieures #réintroduction_des_contrôles_aux_frontières

    • La France réintroduit un contrôle à ses frontières avec la Belgique : « Graves menaces à l’ordre public »

      Cette mesure démarrera en novembre prochain et durera jusqu’en avril 2025.

      La France a décidé une mesure qui va toucher de nombreux Belges. Ayant informé la Commission européenne, la France débutera des contrôles à ses frontières du 1er novembre jusqu’à fin avril 2025.

      Plusieurs pays sont concernés par cette mesure : le Luxembourg, la Belgique, l’Allemagne, la Suisse, l’Espagne et l’Italie. Pour justifier cette demande, nos voisins français ont mis en avant l’argument de la sécurité et le phénomène d’immigration illégale. « Sous de graves menaces à l’ordre public et à la sécurité intérieure posées par les activités terroristes de haut niveau », peut-on lire sur le site de la Commission européenne.

      « La présence croissante de réseaux criminels facilitant la migration irrégulière et le trafic, et les flux migratoires qui risquent d’être infiltrés par des individus radicalisés, ainsi que les traversées irrégulières aux frontières de la Manche et de la mer du Nord, ainsi que la montée de la violence parmi les migrants, en particulier dans les zones côtières du nord comme Dunkerque et Calais, mènent à des situations tendues et dangereuses. »
      "Réintroduction temporaire"

      D’ailleurs, les 27 sont réunis ce vendredi 18 octobre afin d’aborder le sujet complexe de la migration.

      Le code frontières Schengen (CFS) donne aux États membres la possibilité de réintroduire temporairement le contrôle aux frontières intérieures en cas de menace grave pour l’ordre public ou la sécurité intérieure.

      Cette réintroduction est une prérogative des États membres, qui doit être appliquée « en dernier recours, dans des situations exceptionnelles, et doit respecter le principe de proportionnalité », indique la Commission européenne. Cette mesure doit être limitée dans le temps, « au strict minimum nécessaire pour répondre à la menace en question ».

      ▻https://www.lalibre.be/international/europe/2024/10/18/surprise-a-la-frontiere-francaise-des-controles-seront-effectues-a-partir-du

    • "C’est un contrôle au faciès", la Ligue des droits de l’Homme fustige la prolongation des contrôles aux frontières

      Après l’#Allemagne, la France a décidé de prolonger les contrôles aux frontières, notamment celle de l’Espagne, à partir du 1er novembre 2024 pour une période de six mois, à la suite de « menaces à l’ordre public et à la sécurité intérieure ». Une position vivement critiquée par la Ligue des Droits de l’Homme.

      Les contrôles aux frontières vont être prolongés avec l’Espagne, le Luxembourg, la Belgique, l’Allemagne, la Suisse et l’Italie à partir du 1er novembre. L’immigration illégale est mise en avant par le gouvernement. Cette mesure a déjà été appliquée par l’Allemagne qui s’appuie sur un texte de la Communauté européenne. Elle mentionne cette possibilité pour « de graves menaces à l’ordre public et à la sécurité intérieure posées par les activités terroristes de haut niveau ».
      « Reprendre le contrôle »

      Depuis qu’il est ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau affirme que la France doit « reprendre le contrôle » sur l’immigration et ne saurait « être plus attractive que les autres pays européens ». Il existe d’après lui sur le territoire français des activités terroristes de haut niveau et il souhaite durcir les mesures migratoires, en soulignant une présence croissante de réseaux criminels et de contrebande au sein de l’immigration irrégulière.

      « Ça fait quand même depuis 2015 que cette affaire dure », réagit Jean-François Mignard, président de la Ligue des Droits de l’Homme 31. « En gros, on est en train de s’asseoir sur le principe de libre circulation des personnes, quelle que soit leur nationalité dans l’espace de Schengen, ce qui est la règle. Et on manipule, mais c’est comme d’habitude. On utilise de l’exceptionnel pour invalider le droit commun, puisque l’explication, ce seraient les menaces terroristes ».
      Contrôles au faciès ?

      Pour le représentant de la Ligue, cet état de fait est « calamiteux ». Il rappelle qu’une commission d’enquête du Sénat a conclu « que les mesures prises aux frontières étaient complètement inefficaces, qu’elles ne font d’une certaine manière que perpétuer quelque chose qui se traduit concrètement, par exemple, à la frontière, au quotidien, par du contrôle au faciès. C’est-à-dire que pour les gens qui sont là pour garder la frontière, pour le dire crûment, on laisse passer le blanc et on arrête le noir et le brun. Voilà. C’est xénophobe ».

      Pour la LDH, on va à l’encontre des principes fondateurs de nos démocraties et aussi de la politique européenne. Ce qui prévient les actes terroristes, c’est le travail d’enquête et non le fait de rendre étanches les frontières, précise son représentant en Haute-Garonne. « On nous vend un pays assiégé pour avoir quelque chose qui est de l’ordre du contrôle social permanent ».
      « S’enfermer entre nous »

      « Bien sûr qu’il est tout à fait légitime qu’un État et une communauté d’États aient des politiques qui soient des politiques préventives par rapport à la violence. Mais c’est un rideau de fumée, cette affaire-là. Ce n’est pas ça la vraie raison. La vraie raison, c’est de s’enfermer entre nous ». Le représentant de la Ligue estime qu’il s’agit d’une ineptie et d’un mensonge et qu’on n’arrivera pas à fermer les frontières aux étrangers.

      Cette prolongation des contrôles aux frontières concerne les mouvements aériens, maritimes et terrestres entre la France et ses pays frontaliers. D’après les textes, les contrôles devront être proportionnés et limités au temps minimum nécessaire pour s’assurer de la sûreté. L’objectif étant aussi de ne pas entraver outre mesure les déplacements des citoyens européens. La prolongation doit durer six mois, soit jusqu’en avril 2025.

      ▻https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/c-est-un-controle-au-facies-la-ligue-des-droits-de-l-ho
      #contrôles_au_faciès

    • L’Allemagne enregistre une baisse des entrées illégales après le rétablissement des contrôles à ses frontières

      L’Allemagne a enregistré une baisse des franchissements illégaux à ses frontières terrestres depuis le rétablissement des contrôles le 16 septembre. Berlin avait adopté cette mesure dérogatoire pour limiter l’afflux d’immigration clandestine, notamment après l’attaque au couteau perpétrée par un réfugié syrien à Solingen.

      L’Allemagne constate de premiers résultats depuis le rétablissement des contrôles à ses frontières terrestres avec la France, les Pays-Bas, le Danemark, le Luxembourg et la Belgique. La police allemande a enregistré 13 % de franchissements de frontières illégaux en moins entre le 16 septembre et le 6 octobre, qu’au cours des trois semaines précédent l’entrée en vigueur de cette mesure, prévue pour au moins six mois.

      Les forces de l’ordre ont comptabilisé 3 464 personnes tentant d’entrer illégalement en Allemagne sur cette période, selon les données de la police fédérale analysées par l’agence de presse dpa. Parmi elles, 2 073 ont été reconduites à la frontière. En comparaison, 3 984 personnes avaient été enregistrées entre le 26 août et le 15 septembre, dont 2 353 refoulées.

      « Nous voulons continuer à freiner l’immigration irrégulière, arrêter les passeurs, mais aussi mettre fin aux criminels et identifier les islamistes tôt », avait déclaré en octobre dernier la ministre de l’Intérieur social-démocrate allemande, Nancy Faeser, en marge d’une réunion européenne au Luxembourg.
      Contexte hostile à l’immigration clandestine

      Le rétablissement des contrôles aux frontières terrestres est intervenu après l’attaque au couteau de Solingen, perpétrée dans la nuit du 23 au 24 août, par un réfugié syrien de 26 ans sous le coup d’une mesure d’expulsion, et qui a fait trois morts et huit blessés. Le 5 septembre, une tentative d’attentat contre le consulat israélien à Munich a également été déjouée.

      Plus largement, la coalition allemande dirigée par Olaf Scholz souhaite répondre à l’extrême droite qui a remporté de nombreuses élections régionales ces derniers mois, comme en Saxe et en Thuringe en septembre. Dans une interview accordée au quotidien allemand Taggespiegel début septembre, le chancelier s’est félicité d’avoir réduit l’immigration clandestine « grâce à des lois de grande envergure (…) marquant le plus grand tournant de ces vingt dernières années dans la gestion de l’immigration irrégulière ».

      Selon Frontex, environ 152 134 personnes sont entrées sur le territoire allemand entre le début de cette année et la fin septembre, ce qui représente une baisse de 30 % par rapport à l’année dernière.
      La France suit le même chemin

      En théorie, les contrôles aux frontières sont interdits dans l’espace Schengen en vertu de la libre circulation des marchandises et des personnes, mais les États peuvent y déroger en cas de menace pour l’ordre public ou la sécurité. En principe, cette dérogation est limitée à six mois et peut être prolongée jusqu’à deux ans, mais certaines associations et ONG estiment que cette dérogation a été détournée à des fins de contrôle migratoire.

      Après les attentats de novembre 2015, la France avait rétabli des contrôles aléatoires à ses frontières, qui n’ont jamais disparu depuis. Mi-octobre, le nouveau ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a d’ailleurs écrit à la Commission européenne pour annoncer la prolongation des contrôles à la frontière avec le Luxembourg, la Belgique, l’Allemagne, la Suisse, l’Espagne et l’Italie jusqu’à avril 2025.

      ►https://www.infomigrants.net/fr/post/60939/lallemagne-enregistre-une-baisse-des-entrees-illegales-apres-le-retabl

  • Perdre le Sud. Décoloniser la #solidarité_internationale

    Travailleuse d’usine mexicaine, cultivateur de riz indien, ménagère ougandaise, fermière aymara : ces personnes ont en commun d’être nées dans des nations exploitées ou opprimées. C’est le résultat de l’#ordre_mondial institutionnalisé : la prospérité de l’Occident vient en grande partie de l’appauvrissement du reste du globe. Pourtant, les positions antimondialisation actuelles sont trop souvent synonymes de #fermeture_des_frontières et de #repli sur soi. Pour faire contrepoids, #Maïka_Sondarjee développe une position internationale pour la #gauche qui est réellement solidaire avec les nations du Sud : l’#internationalisme_radical. Avec cette vision anticapitaliste, décoloniale et féministe de la coopération internationale, elle souhaite intégrer l’Autre au cœur de nos préoccupations. Une invitation à décoloniser la solidarité internationale et à envisager une transition globale juste, seule façon de ne pas perdre le Sud.

    ▻https://ecosociete.org/livres/perdre-le-sud
    #exploitation #oppression #Sud_global #anti-capitalisme #décolonial #féminisme #coopération_internationale #transition_globale #ressources_pédagogiques
    #livre

    ping @karine4 @_kg_

  • Immigration : l’Allemagne assume de se replier sur elle-même

    La ministre de l’intérieur sociale-démocrate a annoncé lundi 9 septembre rétablir les contrôles aux frontières. Un sommet s’est tenu mardi pour discuter d’éventuelles mesures supplémentaires en matière migratoire, en présence des conservateurs de la CDU-CSU.

    En théorie, les contrôles aux frontières intérieures ne devraient pas avoir lieu au sein de l’Union européenne (UE). Mais ils sont exceptionnellement possibles, depuis une récente réforme du #code_Schengen, lorsqu’un pays estime que l’#ordre_public ou sa #sécurité_intérieure sont susceptibles d’être menacés.

    Il n’en fallait pas plus à l’Allemagne pour décider de rétablir les contrôles à ses frontières, et à Nancy Faeser, ministre de l’intérieur, pour l’annoncer publiquement, lundi 9 septembre. Ceux-ci démarreront le 16 septembre. « Nous renforçons la sécurité intérieure et poursuivons notre #ligne_dure contre l’immigration irrégulière », a assumé la ministre, mettant en avant les « #menaces actuelles du #terrorisme_islamiste et de la #criminalité_transfrontalière ».

    Le gouvernement a, selon elle, informé la Commission européenne et ses voisins directs de cette décision, qui semble surtout vouloir satisfaire le parti d’extrême droite AfD (Alternative für Deutschland, Alternative pour l’Allemagne) – arrivé en tête des dernières élections régionales en Thuringe et en Saxe, dans l’est du pays – mais aussi les conservateurs de la CDU-CSU.

    Mardi 10 septembre après-midi, un sommet sur les migrations se tenait pour acter cette mesure et trouver des compromis avec l’opposition, insatisfaite, réclamant toujours davantage de restrictions sur les mouvements migratoires. Si les conservateurs de la CDU-CSU n’étaient pas certains d’y participer jusqu’à la dernière minute, ils ont finalement annoncé leur présence au sommet mardi matin : « Nous verrons si nous avons le même point de vue et si nous pouvons agir ensemble », a glissé Friedrich Merz, chef du groupe, au journal Der Spiegel.

    Enfermer les exilés à la frontière

    Très vite, les Verts ont dénoncé des « tentatives de chantage tout simplement ridicules ». « Friedrich Merz se comporte comme un enfant rebelle », a estimé la cheffe du groupe parlementaire des Verts, Irene Mihalic. Les représentant·es de la CDU-CSU ont d’ailleurs décidé de claquer la porte, en pleine réunion, comme le rapporte Der Spiegel, estimant que les négociations avaient échoué.

    La principale mesure évoquée lors du sommet vise à créer des #centres pour y enfermer les personnes migrantes à la frontière en attendant d’examiner leur situation, et de les expulser si elles n’expriment pas le souhait de demander l’asile, ou de les renvoyer vers le premier pays de l’UE par lequel elles sont passées, responsable de leur demande d’asile en vertu du règlement Dublin. Si les capacités de #détention ne sont pas suffisantes, les intéressées pourraient être placées en #garde_à_vue, « en raison d’un #risque_de_fuite, afin de sécuriser la procédure et les empêcher de se cacher », précise Der Spiegel.

    Pour renforcer l’idée de « #fermeté » sur la question migratoire, le gouvernement a en effet annoncé lundi que des #refoulements seraient organisés aux frontières, pour empêcher les exilé·es d’accéder au territoire allemand de manière dite illégale. Une mesure demandée par le chef du groupe d’opposition, et qui peut être contraire au droit international et à la convention de Genève relative aux réfugié·es si les personnes concernées ne parviennent pas à demander l’asile alors qu’elles le souhaitent.

    La Commission européenne a réclamé des mesures « proportionnées » et « strictement exceptionnelles », estimant que le retour des contrôles aux frontières intérieures de l’UE était une possibilité. Elle a déjà annoncé qu’elle « évaluerait la situation » une fois toutes les mesures annoncées de manière officielle.

    Les pays voisins, de leur côté, voient déjà d’un mauvais œil que des exilé·es passé·es par leur territoire pour rejoindre l’Allemagne leur soient « retourné·es ». Dès lundi et l’annonce de ces mesures, le ministre autrichien de l’intérieur, Gerhard Karner, a prévenu que son pays n’accueillerait aucune personne migrante refoulée par l’Allemagne à la frontière. « Il n’y a pas de marge de manœuvre là-bas », a-t-il déclaré, cité par le journal Bild.

    30 000 personnes refoulées depuis octobre

    Mardi, le premier ministre polonais a qualifié la décision du gouvernement d’Olaf Scholz d’« inacceptable », précisant que dans les prochaines heures, il s’adresserait « aux autres pays affectés afin de se concerter d’urgence sur une réaction au sein de l’UE, avec tous les voisins de l’État allemand ». Donald Tusk a par ailleurs plaidé pour « la surveillance et la sécurisation des frontières extérieures » de l’UE, expliquant que c’était ce dont « la Pologne avait besoin ».

    Le revirement de l’Allemagne en matière migratoire en surprend plus d’un. Avec plus de deux millions de personnes accueillies depuis 2015 (sans parler des Ukrainien·nes, plus d’un million de réfugié·es pour cette seule nationalité), le pays suit aujourd’hui un schéma de #repli, poussé par les extrêmes droites européennes, faisant le lien direct entre #sécurité et #immigration et criminalisant les personnes exilées qui, dans l’écrasante majorité des cas, souhaitent trouver refuge en Allemagne et reconstruire leur vie après avoir connu la guerre ou la misère.

    Nancy Faeser s’est déjà targuée d’avoir permis de refouler près de 30 000 personnes migrantes depuis octobre 2023, notamment grâce à un renforcement des contrôles à ses frontières avec la Pologne, la #République_tchèque, la #Suisse et l’Autriche. Pire, l’Allemagne a également repris les #expulsions de ressortissant·es afghan·es en août dernier – soit trois ans après la prise de pouvoir par les talibans.

    Une première dans un tel contexte, visant à répondre à certains #attentats et crimes impliquant des exilés, comme l’attaque au couteau perpétrée dans la nuit du 23 au 24 août à Solingen par un Syrien faisant l’objet d’une mesure d’éloignement, ou celle de Mannheim, perpétrée par un jeune Afghan, en mai dernier.

    « Il s’agit de ressortissants afghans, tous condamnés par la justice et sans droit de rester en Allemagne et qui ont fait l’objet d’ordres d’expulsion », s’est justifié le porte-parole du gouvernement Steffen Hebestreit dans un communiqué.

    Celui-ci a expliqué avoir demandé à « des partenaires régionaux clés un soutien », sans toutefois préciser lesquels, pour faciliter ces expulsions vers l’Afghanistan, où de nombreux hommes et femmes risquent leur vie. Vingt-huit réfugiés afghans ont alors été éloignés.

    ▻https://www.mediapart.fr/journal/international/100924/immigration-l-allemagne-assume-de-se-replier-sur-elle-meme

    #contrôles_frontaliers #frontières #migrations #réfugiés #asile #fermeture_des_frontières #Autriche #refoulements #push-backs #Pologne #criminalisation_de_la_migration

  • L’#Iran construit un mur à sa frontière avec l’#Afghanistan pour stopper les arrivées de migrants

    Les autorités iraniennes ont commencé la construction d’un mur à la frontière avec l’Afghanistan. Le mur de #béton, de 300 km de long et de 4 m de hauteur, doit permettre de freiner les arrivées de ressortissants afghans, qui fuient le pays sous le contrôle des Taliban.


    Les travaux de construction ont débuté à la frontière entre l’Iran et l’Afghanistan, et devraient durer plusieurs années. Téhéran dresse un mur de béton entre la province du #Khorosan_Razavi, au nord-est de l’Iran, et d’#Hérat, à l’ouest de l’Afghanistan. Un #budget de trois millions d’euros a été alloué à cette mesure destinée à renforcer la frontière.

    Le mur devrait s’étaler sur 300 km de long et mesurer 4 mètres de haut. Il sera élargi par une #clôture supplémentaire en fil de fer #barbelés. La frontière entre l’Iran et l’Afghanistan s’étend sur 920 km, mais la zone visée par cette construction est celle généralement empruntée par les Afghans qui tentent de fuir leur pays.

    Ce mur a pour but d’empêcher les migrants afghans d’atteindre l’Iran, mais aussi de lutter plus efficacement contre les trafics, assurent les autorités.

    Après le retour au pouvoir des Taliban à Kaboul en août 2021, au moins un million d’Afghans ont fui leur pays pour se réfugier en Iran. Au total, selon les chiffres des Nations unies, environ 4,5 millions d’Afghans vivent dans le pays voisin.

    Leur présence est régulièrement dénoncée par la classe politique. Les autorités iraniennes rappellent souvent qu’elles n’ont plus la « capacité d’accepter » d’autres ressortissants d’Afghanistan, et que les sans-papiers doivent rentrer chez eux. Malgré les menaces pour leur sécurité en cas de retour et la grave crise économique qui touche le pays, Téhéran a expulsé 1,3 millions d’Afghans en situation irrégulière, entre janvier et mai.
    Un autre mur entre l’Iran et la Turquie

    D’autres pays se sont barricadés ces dernières années pour stopper les arrivées de migrants afghans. C’est le cas notamment de la #Turquie. Après l’été 2021, et la reprise en mai des Taliban en Afghanistan, Ankara a accéléré la construction de son mur à sa frontière avec l’Iran, débutée en 2017. Les autorités turques craignaient une nouvelle crise migratoire, dans un pays qui accueille déjà 3,7 millions de Syriens ayant fui la guerre.

    Désormais, un mur en béton de trois mètres de haut a été érigé sur 295 km entre l’Iran et la Turquie - soit un peu plus de la moitié de la frontière avec l’Iran. Il couvre ainsi la portion de la frontière qui constitue le principal point d’entrée des exilés afghans. Construit grâce à un #financement_européen, il est doublé de barbelés et de fossés, jalonné de radars, et d’une centaine de tours d’observation.

    Pour les exilés qui tentent leur chance à ce point de passage, les risques sont grands : les conditions météorologique peuvent être terribles, les gangs armés et l’armée turques sont en embuscade, les soldats allant jusqu’à faire feu.

    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/58716/liran-construit-un-mur-a-sa-frontiere-avec-lafghanistan-pour-stopper-l
    #murs #barrières_frontalières #migrations #fermeture_des_frontières #réfugiés #coût #réfugiés_afghans #frontières #militarisation_des_frontières

  • #Bibby_Stockholm barge to close as asylum accommodation, says Home Office

    Vessel moored in Dorset, which is home to 400 people, to be shut down in January when contract ends.

    The Bibby Stockholm, the controversial barge that has been used to accommodate asylum seekers, is to be shut down, the government has said.

    Use of the vessel, which is housing 400 people and is moored at Portland, Dorset, will stop when the current contract ends in January 2025.

    The Home Office said in an announcement that ending the use of the Bibby Stockholm formed part of an expected £7.7bn of savings in asylum costs over the next 10 years. Extending its use would have cost more than £20m next year, according to the department.

    However, a Downing Street spokesperson said on Tuesday they could not specify where those on the barge would go in January, and would not rule out sending them to hotels. They said: “Decisions will be made on a case-by-case basis, and will be made working closely with local authorities.”

    The large vessel became an emblem of the last government’s approach to migration. Last year Leonard Farruku, a musician who was seeking asylum after travelling from Albania, is thought to have killed himself on the barge.

    The minister for border security and asylum, Angela Eagle, said on Tuesday: “We are determined to restore order to the asylum system so that it operates swiftly, firmly and fairly, and ensures the rules are properly enforced. The home secretary has set out plans to start clearing the asylum backlog and making savings on accommodation which is running up vast bills for the taxpayer.”

    Farruku’s sisters, Jola Dushku and Marsida Keci, said: “We welcome the Home Office’s decision to close the Bibby Stockholm barge in January 2025. Our hearts are full of pain since Leonard’s death and we do not want anyone else to go through what Leonard went through.

    “We don’t understand why this decision was not made straight after Leonard’s death, however, as clearly the barge was not a safe place for him and many others.

    “The Home Office say they are closing the barge because it is costing too much money, but what about the mental health and the safety of the residents who still live there now?”

    The barge became part of the Home Office’s estate in the summer of last year as a means of cutting the hotel costs of housing asylum seekers.

    But it was blighted by problems since docking in Portland. The Fire Brigades Union said it was a “potential deathtrap” because of possible overcrowding and a lack of suitable fire exits.

    Home Office contractors were also told that potentially deadly legionella bacteria had been detected on the Bibby Stockholm hours after asylum seekers were taken onboard on 7 August. This was publicly confirmed by the Home Office days later and officials evacuated all 39 people from the vessel that day.

    People were returned in October, but calls for its closure grew louder again after the death of Farruku, 27, in December.

    The decision not to renew the contract came after Monday’s announcement by the home secretary, Yvette Cooper, of plans to “clear” the backlog of asylum claims and save billions of pounds.

    Lloyd Hatton, who was elected as the Labour MP for South Dorset in this month’s election, said that he had held discussions with Eagle, and it was made clear that the Home Office now agreed the barge was “an unworkable, expensive and ineffective gimmick”.

    “Many of the men on the barge who I have met have been waiting months if not years for their cases to be processed. A decision will be made between now and January as to whether the men will remain here and contribute or be returned in some cases.”

    However, while the announcement was welcomed by charities, some drew attention to the ongoing legal action to try to block the use of former RAF bases as accommodation for asylum seekers.

    Imran Hussain, executive director of external affairs at the Refugee Council, said: “Clearing the backlog of asylum decisions reduces the numbers of people in the system who need to be accommodated. And ending the use of the Bibby Stockholm, and barges and hotels more generally, will make hugely important savings that help the government fix the asylum system.”

    ▻https://www.theguardian.com/uk-news/article/2024/jul/23/bibby-stockholm-barge-to-close-after-january-says-home-office
    #fermeture #asile #migrations #réfugiés #hébergement #UK #Angleterre

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    • Royaume-Uni : le gouvernement vide Bibby Stockholm, très controversée barge pour migrants

      Environ 300 demandeurs d’asile ont été évacués du Bibby Stockholm, au Royaume-Uni, la semaine dernière, et une centaine d’autres devraient l’être dans les prochains jours. Cette barge, considérée comme une « prison flottante » par les défenseurs des droits, était utilisée depuis juillet 2023 pour y loger des migrants en attente du traitement de leur dossier d’asile. Le nouveau gouvernement travailliste avait annoncé sa volonté de mettre fin à ce type d’hébergement, largement controversé.

      Promesse tenue pour le nouveau gouvernement britannique travailliste. Comme annoncé en juillet dernier, le Bibby Stockholm est en passe d’être vidé. Environ 300 demandeurs d’asile ont en effet été évacués de la barge amarrée au port de Portland, au sud de l’Angleterre, a annoncé mercredi 30 octobre la chaîne britannique BBC.

      Une centaine d’autres sont encore à bord mais ils devraient eux aussi quitter le bateau dans les prochains jours.

      Les exilés - tous des hommes - ont été transférés dans des centres d’accueil à travers le Royaume-Uni, a indiqué le ministère de l’Intérieur.

      Ces « hommes sont emmenés individuellement en taxi vers leur nouveau logement dans le pays, où ils restent trois ou quatre semaines, jusqu’à ce qu’une décision sur leur statut soit prise », a affirmé à la BBC Giovanna Lewis, du Portland Global Friendship Group, qui soutient les résidents de ce navire-caserne militaire.

      Si les personnes obtiennent l’asile, elles auront ensuite 30 jours pour quitter leur lieu d’hébergement et trouver un logement par leurs propres moyens. Les autres auront toujours la possibilité de faire appel.
      « Prison flottante »

      Depuis son ouverture en juillet 2023 par l’ancien gouvernement conservateur pour réduire le coût de l’hébergement des migrants dans le pays, le Bibby Stockholm a essuyé de nombreuses critiques. Dans un communiqué publié à cette même période, plus de 50 ONG l’avaient qualifié de lieu « cruel », « inhumain » et à même de raviver des traumatismes chez les exilés ayant survécu aux dangereuses traversées de la Méditerranée et de la Manche.

      Les militants avaient comparé ce bateau à une « prison flottante » : les exilés hébergés sur cette barge n’avaient pas le droit d’en sortir.

      Un ancien occupant avait décrit son quotidien à la BBC : « Nous avions l’impression d’être surveillés en permanence, d’être fouillés, mais aussi de ne pas être traités comme des adultes, avec un couvre-feu et l’impossibilité de sortir quand nous le souhaitions. J’avais parfois l’impression d’être un animal de zoo. »

      Le Bibby Stockholm a aussi été sous le feu des critiques en raison d’une contamination du réseau hydraulique à la légionellose en août 2023 - qui a forcé les autorités à vider la barge pendant deux mois - ou encore du suicide présumé d’un jeune Albanais de 27 ans, retrouvé mort en décembre 2023 dans les sanitaires du bateau.
      « Réparer notre système d’asile »

      Dès son arrivée au pouvoir en juillet 2024, le gouvernement travailliste mené par Keir Starmer avait annoncé son intention de ne pas renouveler le contrat du Bibby Stockholm, qui prenait fin en janvier 2025.

      Le Home Office avait alors déclaré que sa fermeture s’inscrivait dans un engagement à « résorber les retards » dans le traitement des demandes d’asile et à « réparer notre système d’asile ».

      Selon les dernières statistiques de l’asile du Parlement britannique, 86 000 premières demandes d’asile étaient encore en attente au printemps 2024. C’est certes mieux qu’à la même période en 2023 (134 000 dossiers en attente), mais cela reste quatre fois plus élevé que le rythme d’avant-Covid en 2018 (23 000 dossiers en attente).

      « Ce gouvernement a hérité d’un système d’asile soumis à une pression sans précédent, avec des milliers de demandeurs d’asile bloqués sans que leurs demandes soient traitées », a déclaré la semaine dernière une porte-parole du ministère de l’Intérieur dans un communiqué.

      « Nous avons pris des mesures immédiates pour relancer le traitement des demandes d’asile, ce qui permettra au contribuable d’économiser environ sept milliards de livres sterling [environ 8 milliards d’euros, ndlr] au cours des 10 prochaines années, et nous procédons à une augmentation majeure des retours pour expulser les personnes n’ayant pas le droit de se trouver au Royaume-Uni. À long terme, cela réduira notre dépendance aux hôtels et les coûts d’hébergement. Nous restons absolument déterminés à mettre fin au recours aux hôtels pour les demandeurs d’asile », a-t-elle ajouté.

      ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/60969/royaumeuni--le-gouvernement-vide-bibby-stockholm-tres-controversee-bar

  • Poland : Government pledges to do what is needed to end Belarus border problems

    On Wednesday (July 10), the Polish government pledged to do what is needed to end the border crisis with Belarus. Even if that means complete closure of the border.

    Poland has already closed four of its six official border crossings with its neighbor Belarus. “We are ready for any solution in this area, because we will not allow this migration crisis caused by Belarus to last indefinitely,” Poland’s Deputy Defense Minister Cezary Tomczyk told the news agency Reuters.

    Polish government officials, including President Andrzej Duda have been raising these issues for months now. Most recently, Duda talked to his Chinese counterpart Xi Jinping, stressing that the issue would have an impact on trade within Europe if not resolved.

    Even before the current government took office, Poland has tried various methods to stop migrants from crossing its borders from Belarus. They have heavily fortified the border, with several layers of fencing and barbed wire, and sent police and military patrols to the area.

    On Wednesday, the Norwegian Refugee Council (NRC) issued a press release about the situation. In it, they called for “urgent action” to help “refugees trapped in Europe’s ’death zone’.”
    Further restrictions at the border

    They said that access to the Polish-Belarusian border had been restricted still further recently, which was “preventing the provision of humanitarian assistance to refugees seeking international protection.”

    The NRC said that the Polish government, alongside the EU and the international community, should work together to “address the escalating humanitarian crisis” in the area. “The exclusion zone with no access for humanitarian workers is a recipe for disaster. It affects the weakest and the most vulnerable refugees seeking international protection,” stated Neil Brighton, NRC’s country director in Poland.

    Since 2021, when restrictions were stepped up at the border, the NRC says their local partner on the ground, ’We are Monitoring’, had recorded “nearly 20,000 requests for assistance” from migrants in the zone, 82 deaths and nearly 9,000 violent pushbacks.

    The NRC has asked the EU to help the Polish government increase reception capacity for those who want to seek asylum in Poland, as well as “address the root causes of displacement through humanitarian and development assistance.”

    ’Death zone’

    The NRC describes the forests around the border between Poland and Belarus as a “death zone,” because the area is characterized by “extreme temperatures, dense forests and swamps, making it a dangerous crossing point for refugees seeking protection.”

    Amina, a Syrian refugee told NRC that she had experienced nine pushbacks while trying to cross into Poland. “They hit you with sticks to make your body grow bigger and swell up so that no one will manage to pass through,” she said.

    Farid, a refugee from Afghanistan told NRC, “they asked me ‘where are you from? I said I was from Afghanistan. They hit me on my broken leg, and I shouted terribly, which made them very angry –they beat me.”

    NRC works with local Polish humanitarian organizations to provide assistance and legal aid for those who are seeking asylum. One of those local partners Egala Association, joined NRC in calling for a “safe border…where the rights of those seeking international protection are respected.”

    Other humanitarian associations working in Poland have accused the current government of essentially continuing the anti-migrant policies established under the PiS Peace and Justice party.
    ’Hybrid warfare’

    In June 2024, the Polish border guards told the German international broadcaster Deutsche Welle (DW) that they had stopped almost 100,000 attempts to cross the border since 2021, when they accused Alexander Lukashenko of Belarus of beginning a form of ’hybrid warfare’ by encouraging migrants to cross the border into the EU to destabilize the West.

    Andrzej Juzwiak, a spokesperson from the Polish border guard told DW, “there is no doubt that the crisis at the border was caused by hybrid actions of the Belarusian side. We know that it is an artificially created and controlled migration route.”

    According to Polish officials, DW reports, about 90 percent of the migrants stopped at Poland’s border hold Russian visas, which they believe indicates Russian involvement in their journey towards Europe.

    Since the beginning of 2024, the Polish border guard say they see around 400 attempts a day to cross the border by migrants. Most of them, they say, want to journey on to Germany or the United Kingdom.
    ’No-entry buffer zone’

    On June 13, Poland instigated once again a special no-entry buffer zone along about 60 kilometers of its border with Belarus. The zone is 200 meters wide and is off-limits to all non-residents. That includes humanitarian groups and journalists. In 2021, the buffer zone was much wider and stretched along the entire border with Belarus.

    According to Juzwiak from the Polish border guard, the main purpose of the zone, reports DW, “is to ensure the safety of locals and security officials on duty at the border and to limit the activity of human smugglers.”

    At the end of May, a young Polish soldier was stabbed to death through the bars in the border fence. Polish officials say that a migrant carried out the attack. The soldier was taken to hospital, but later died of his injuries.

    Migrant rights groups however say the buffer zone prevents them from helping those in need. They say the buffer zones act as cover so that pushback tactics can be carried out away from the eyes of journalists and activists.

    The IOM has called on Poland, as well as Latvia and Lithuania to make sure that the rule of law is upheld at the border and that respect for human rights and freedoms are maintained, regardless of immigration status.

    In May, on a visit to the border, Polish Prime Minister Donald Tusk was adamant his government needed to continue to fortify their border. “There is no room for negotiation. Poland’s border must be protected,” he said. “Polish troops, border guards, officers have become the targets of aggression, and you have every right, not to say an obligation, to use every means available to you […] when you are defending not only the border but also your own life.”

    ▻https://www.infomigrants.net/en/post/58384/poland-government-pledges-to-do-what-is-needed-to-end-belarus-border-p

    #Pologne #Biélorussie #frontières #migrations #réfugiés #fermeture_des_frontières #murs #barrières_frontalières #militarisation_des_frontières #exclusion_zone #zone_d'exclusion #zone_frontalière #crise_humanitaire #mourir_aux_frontières #décès #morts_aux_frontières #forêt #refoulements #push-backs #buffer_zone

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    ajouté à la métaliste sur la Création de zones frontalières (au lieu de lignes de frontière) en vue de refoulements :
    ►https://seenthis.net/messages/795053

    • Briefing Note: Refugees trapped in Europe’s “death zone” - July 2024

      Poland: Urgent action needed for refugees trapped in Europe’s ‘death zone’
      Access to the Polish-Belarusian border has been restricted, preventing the provision of humanitarian assistance to refugees seeking international protection. The Norwegian Refugee Council (NRC) urgently calls on the Polish government, the European Union, and the international community to address the escalating humanitarian crisis.

      “The exclusion zone with no access for humanitarian workers is a recipe for disaster. It affects the weakest and the most vulnerable refugees seeking international protection. Data shows that building fences and pushing back people won’t stop them from seeking safety and protection,” said Neil Brighton, NRC’s country director in Poland. “The European Union and the international community must support the Government of Poland by increasing reception capacity at the border and addressing the root causes of displacement through humanitarian and development assistance.”

      Since the crisis began in 2021, NRC and local partners have recorded nearly 20,000 requests for assistance and nearly 9,000 violent pushbacks, including incidents involving pregnant women and minors. 82 deaths related to the conditions at the border have been documented in the ‘death zone’ between the Polish and Belarusian border fences and along the border. This area is characterised by extreme temperatures and dense forests and swamps, making it a dangerous crossing for refugees seeking protection. Those crossing the border irregularly, have endured hardships and long journeys from Iraq, Afghanistan, and other countries as far as Eritrea.

      “They hit you with sticks to make your body grow bigger and swell up so that no one will manage to pass through,” said Amina from Syria, a refugee who experienced nine pushbacks. On the final time, she managed to reach Polish territory, where she sought help from one of the humanitarian organisations operating in the area.

      Farid, a refugee from Afghanistan, recalled: “They asked me ‘Where are you from?’ I said I was from Afghanistan. They hit me on my broken leg, and I shouted terribly, which made them very angry - they beat me.”

      NRC has been supporting and working closely with local organisations, on the Polish territory, to provide thousands of refugees with life-saving assistance and legal aid. Despite these efforts, the recent reintroduction of the exclusion zone, a legally defined area restricting access for unauthorised individuals along parts of the Polish-Belarusian border, has severely restricted access for humanitarian workers to support those trapped at the border.

      “We believe that nobody should be left in life-threatening conditions regardless of their origin, nationality or religion. We strongly believe that a safe border means a border that is safe for all people, where the rights of those seeking international protection are respected,” said Katarzyna Potoniec from Egala Association, one of NRC’s local partner organisations in Poland.

      NRC calls on the Polish government to ensure humanitarian access to those in need, and to adhere to the Geneva Convention and the European Convention on Human Rights and ensure all claims for the international protection are properly processed. The European Union and international donors must provide sustained funding and support to address the urgent needs at the border and establish safe, legal pathways for refugees.

      ▻https://reliefweb.int/report/poland/briefing-note-refugees-trapped-europes-death-zone-july-2024

  • Video: Finland to vote on turning back migrants coming from Russia

    Finland’s parliament is set to vote on a bill granting border guards the power to turn back asylum seekers coming from Russia. The government says it is vital to stop arrivals, despite being at odds with Finland’s international human rights commitments.

    ▻https://www.infomigrants.net/en/post/58399/video-finland-to-vote-on-turning-back-migrants-coming-from-russia
    #Finlande #Russie #réfugiés #migrations #frontières #push-backs #refoulements #asile #fermeture_des_frontières

    • Finland to vote on turning back migrants crossing from Russia

      Finland’s parliament is set to vote on a bill on Friday (12 July) granting border guards the power to turn back asylum seekers crossing from Russia, after more than 1,300 people arrived in the country forcing Helsinki to close its border.

      Finland has accused neighbouring Russia of weaponising migration by encouraging scores of migrants from countries such as Syria and Somalia to cross the border, an assertion the Kremlin denies.

      Helsinki believes Moscow is promoting the crossings in retaliation for Finland joining NATO, which backs Ukraine against Russia’s invasion. The rightwing government of Prime Minister Petteri Orpo has said the bill is vital to stop future arrivals, despite the law being at odds with its international human rights commitments. There have been no new arrivals by asylum seekers since March. Finland shut its land borders with Russia late last year.

      The bill is expected to pass as a majority of lawmakers in the main opposition party, the Social Democrats, will back it, according to party officials.

      Still, some Social Democrats could break with their party line, so a majority will be tight.

      For the bill to pass, parliament must first agree, with a five-sixths majority, that the legislation is needed urgently. In a second vote the proposal needs to be approved with a two-thirds majority.

      Supporters of the bill said it was needed so authorities could stop Finland being put under pressure by waves of migrants.

      “Should Russia want to, it has the ability to mobilise and push hundreds, thousands of so-called asylum seekers to our borders in a matter of days or weeks,” said Ben Zyskowicz, a lawmaker for the ruling, conservative National Coalition Party.

      By contrast, opposition Green Party leader Sofia Virta said lawmakers should “hold on to the rule of law” and “respect Finland’s international commitments”.

      “There is no guarantee this will be an effective way to neutralise Russia’s hostile influence,” she added.

      ▻https://www.euractiv.com/section/global-europe/news/finland-to-vote-on-turning-back-migrants-crossing-from-russia

    • EU defends Finland’s ’deportation law’ on security grounds

      The European Commission defended Finland’s border security amid questions on the legality of a national law that temporarily allows border guards to force prospective asylum seekers back into Russia.
      “We are not in a business as usual type of procedure,” Eric Mamer, the European Commission’s chief spokesperson, told reporters in Brussels on Monday (15 July).
      “National laws have to be applied and these have to be compatible with EU law,” he also said, noting that the commission would therefore analyse the new law.
      He would not give a deadline for such an analysis, but the statements follow the adoption of a Finnish deportation law last week that critics say runs foul of EU law because it codifies unlawful pushbacks.
      And when pressed on which law a Finnish border guard should apply when faced with a person demanding asylum, the EU Commission said it was too early to draw any conclusions.
      “Member states have a duty to protect their borders. There are conditions to how they should do that, and that’s why we are going to analyse the law,” said Mamer.
      Amnesty International said the Finnish law serves as a green light for violence and pushbacks at the border.
      It warned that relying on border guards to make exceptions for vulnerable people is far-fetched because each person requires a careful and individual analysis by trained personnel.
      The law was passed as a response to so-called ’instrumentalisation’, a term used to describe a hostile state like Belarus or Russia that forces migrants across shared land borders in order to stoke up tensions.
      Instrumentalisation has since been embedded into EU law and is part of the new pact on migration and asylum, but Amnesty says the Finnish version goes beyond what is allowed under the latest EU norms and risks stoking even more violence.
      The show of support for Finland by EU Commission president Ursula von der Leyen is likely to dampen any hard criticism.
      Earlier this year, she toured Finland’s eastern land border with prime minister Petteri Orpo.
      “It’s not a question of asylum. It’s [a] question of our security,” said Orpo, at the time, and along side von der Leyen.
      “This is a new phenomenon. It is a hybrid threat. And it has to be dealt with as a hybrid threat to national security,” also said von der Leyen.
      By then, alarms had already been raised when Finland closed its land border crossing points with Russia.
      The Finnish Refugee Council said the move likely violated both international and EU asylum laws.
      The closures came after some 900 people arrived over the span of a month, a figure that Finland’s asylum system could have easily absorbed, said the Finnish Refugee Council.
      The BBC reported some people trying to cross were apprehended by Russian authorities and forced to fight in Ukraine in a scenario that appears to run counter to instrumentalisation claims.
      According to Finnish official data, only two people have crossed the border to seek asylum between February and mid-May.
      The Finnish crackdown follows similar controversial laws in Latvia, Lithuania, and Poland.
      But when challenged on their legality, the European commission came to their defence.
      “We are here at the Nato border also. And that’s why [this] legislation have been put in place,” a senior European Commission official told MEPs last September.

      ▻https://euobserver.com/migration/ar8b67660d

    • Finlandia, approvata una legge per aumentare i respingimenti alle frontiere

      Il Paese rischia di violare il principio di non-refoulement.

      Il 12 luglio, il Parlamento finlandese ha adottato una legge controversa, proposta dal Governo il 21 maggio, la cosiddetta “Legge sulle misure temporanee per combattere la migrazione strumentalizzata”. Questa legge consente alle guardie di frontiera di respingere coloro che cercano di attraversare il confine con la Russia, impedendo loro di presentare domanda di asilo, anche utilizzando la forza e, in alcuni casi, senza considerare le condizioni individuali delle persone, contravvenendo il principio inviolabile di non-refoulement.

      La normativa concede alle guardie di frontiera finlandesi l’autorità di fare eccezioni per persone ritenute in situazioni vulnerabili o a rischio di gravi violazioni se rimandate nel paese di provenienza. Tuttavia, valutare correttamente le situazioni e le vulnerabilità delle persone richiede personale specializzato e tempo sufficiente, ed è difficile che questo avvenga durante brevi interazioni con i funzionari di frontiera.

      Come riporta il Consiglio europeo per i rifugiati e gli esiliati – ECRE, dopo l’approvazione della legge con 167 voti favorevoli e 31 contrari, il Primo Ministro finlandese Petteri Orpo ha dichiarato: «Dalla fine dello scorso anno, abbiamo visto la Russia usare deliberatamente i migranti come strumento di influenza ibrida: contro la nostra sicurezza, contro i nostri confini». Ha poi descritto la legge come «un messaggio forte alla Russia e un messaggio forte ai nostri alleati [che] la Finlandia si prenderà cura della propria sicurezza e della sicurezza dei confini dell’UE», cercando poi di dissipare le preoccupazioni di chi critica questa legge circa le sue potenziali implicazioni sullo stato di diritto in Finlandia: «Nessuno deve temere che la Finlandia non sia uno Stato che rispetta lo Stato di diritto in futuro e dopo questo voto».

      Nonostante queste “rassicurazioni”, si sono sollevate critiche riguardo al rispetto degli obblighi in materia di diritti umani. L’ONG finlandese Pakolaisneuvonta ha scritto su X: «Oggi è un giorno buio per lo Stato di diritto, poiché il Parlamento ha votato per includere i respingimenti illegali nella legge». Ha poi aggiunto: «La legge impedisce alle persone in cerca di asilo di accedere a un processo di asilo equo e consente loro di essere rimpatriate in aree dove sono a rischio di tortura o altri trattamenti inumani. Questa legge viola i diritti dei richiedenti asilo e gli obblighi internazionali della Finlandia». Ha concluso con: «La Finlandia non può affermare di essere un Paese che rispetta lo Stato di diritto. I respingimenti non possono essere resi legali nemmeno con un’eccezione».

      Anche Amnesty International ha espresso preoccupazione. La Direttrice dell’Ufficio Istituzioni europee, Eve Geddie, ha dichiarato: «Questa legge mina gravemente l’accesso all’asilo e la protezione dal respingimento in Finlandia. Rischia di essere il lasciapassare per la violenza e i respingimenti alla frontiera». Ha sottolineato l’importanza del principio di non respingimento, aggiungendo che «le denunce di gravi violazioni dei diritti umani al momento del rimpatrio richiedono un esame rigoroso, indipendentemente dal modo in cui le persone hanno raggiunto il territorio». Infine, ha fatto un appello: «La Finlandia dovrebbe respingere questo attacco ai suoi valori costituzionali fondamentali e allo stato di diritto, e ripristinare urgentemente le condizioni per gestire le frontiere in modo umano e nel rispetto dei suoi obblighi internazionali».

      Anche un gruppo di professori universitari, scrittori e artisti, nonché la rappresentante dell’UNHCR nei paesi nordici e baltici, Annika Sandlund, hanno espresso la loro opposizione alla nuova legge 1.

      Come riportato da InfoMigrants, la nuova legge si inserisce in un quadro di aumento significativo del numero di richiedenti asilo provenienti da Paesi come la Somalia e la Siria, arrivati in Finlandia attraverso il confine con la Russia nell’ultimo anno. Helsinki sostiene che Mosca ha orchestrato questo afflusso, accusandola di “usare l’arma della migrazione” come parte di “attacchi ibridi” in rappresaglia all’adesione della Finlandia alla NATO. Il Cremlino nega queste accuse. Intanto la Finlandia a fine novembre aveva chiuso le frontiere con la Russia, riaprendo poi due valichi successivamente.

      Questa legge inoltre «segue le pericolose orme di Lettonia, Lituania e Polonia, dove dal 2021 sono state introdotte numerose politiche e pratiche in violazione della legge sui diritti umani in nome della lotta ai cosiddetti tentativi di “strumentalizzazione”» 2.

      Dall’Unione Europea, il portavoce della Commissione, Eric Mamer, ha riconosciuto la natura eccezionale della nuova legge, affermando: «Non siamo in una procedura di tipo ordinario». Ha poi aggiunto che la Commissione Europea analizzerà la nuova legge per verificarne la compatibilità con il diritto dell’UE; «Gli Stati membri hanno il dovere di proteggere i loro confini. Ci sono condizioni su come devono farlo, ed è per questo che analizzeremo la legge».

      Il dibattito su questa legge rimane accesso, con le autorità finlandesi che sostengono la necessità di proteggere la “sicurezza nazionale” e combattere la strumentalizzazione della migrazione, mentre le numerose critiche denunciano la violazione dei diritti umani fondamentali. Mentre l’Unione Europea esamina la compatibilità di questa nuova legge con il diritto comunitario, è fondamentale monitorare la sua implementazione e impatto sui richiedenti asilo. La Finlandia deve garantire il diritto di chiedere asilo e il rispetto degli obblighi internazionali, senza violare il principio di non-refoulement.

      ▻https://www.meltingpot.org/2024/08/finlandia-approvata-una-legge-per-aumentare-i-respingimenti-alle-frontie

    • La Finlande prolonge jusqu’à nouvel ordre la fermeture de sa frontière avec la Russie

      La Finlande a annoncé, mercredi, la prolongation de la fermeture de sa frontière avec la Russie. Selon le gouvernement, « le risque que la migration instrumentalisée reprenne et s’étende, comme cela a été le cas précédemment, reste probable ».

      La frontière entre la Finlande et la Russie restera fermée jusqu’à nouvel ordre, a annoncé mercredi 16 avril le gouvernement finlandais. Longue de 1 340 km, la séparation entre les deux pays est fermée depuis décembre 2023 suite à l’arrivée d’un millier de migrants sans visa en novembre de la même année. Helsinki avait affirmé que cet afflux de migrants avait été orchestré par la Russie, ce que le Kremlin avait démenti.

      Une loi avait ensuite été votée en avril 2024 pour entériner cette fermeture. C’est cette dernière qui vient d’être prolongée car, selon le gouvernement, « le risque que la migration instrumentalisée reprenne et s’étende, comme cela a été le cas précédemment, reste probable ». « Si le phénomène devait se poursuivre, il constituerait une menace sérieuse pour la sécurité nationale et l’ordre public de la Finlande », a-t-il ajouté pour justifier sa décision.

      « La menace d’une migration instrumentalisée à la frontière orientale de la Finlande reste élevée et difficile à prévoir. La situation à la frontière est tendue mais stable. Toutefois, nous devons nous préparer à l’éventualité d’un changement rapide et grave de la situation », a déclaré la ministre de l’Intérieur, Mari Rantanen. Et d’ajouter : « En prolongeant la validité de la loi sur la sécurité des frontières, nous veillerons à ce que les autorités frontalières disposent de pouvoirs suffisants pour agir de manière préventive et efficace dans les cas les plus graves de migration instrumentalisée ».
      Vers un prolongement d’autres lois ?

      Fin mars 2025, le gouvernement finlandais a également proposé de prolonger la loi temporaire sur l’asile. Adopté en juillet 2024, le texte autorise les gardes-frontières à refouler les migrants entrés de manière irrégulière dans le pays, sans leur laisser la possibilité de déposer l’asile.

      Une loi vivement critiquée. Experts et ONG estiment qu’elle est contraire aux engagements internationaux de la Finlande en matière de droits de l’homme et à sa Constitution, ce que le gouvernement a admis. « C’est un triste jour pour l’État de droit et les droits humains en Finlande », avait estimé la dirigeante de l’alliance de gauche, Li Andersson, dans un message sur X après le vote au Parlement. « Je n’ai jamais vécu un jour aussi sombre depuis 34 ans que je suis au service d’Amnesty en Finlande », avait déploré sur le même réseau social Frank Johansson, directeur de l’ONG dans le pays.

      Le gouvernement, lui, s’était félicité de cette loi. « C’est un message fort adressé à la Russie et à nos alliés. La Finlande veillera à sa propre sécurité et à la sécurité des frontières de l’UE », avait déclaré le Premier ministre finlandais Petteri Orpo lors d’une conférence de presse organisée juste après le vote du Parlement.

      Le nombre de nouvelles demandes d’asile est en nette baisse dans le pays. En 2023, on comptait 5 372 premières demandes. Et en 2024, ce chiffre est tombé à 2 948. Les autorités s’attendent à ce que les chiffres de cette année soient situés entre 2 000 et 3 000.

      ►https://www.infomigrants.net/fr/post/64061/la-finlande-prolonge-jusqua-nouvel-ordre-la-fermeture-de-sa-frontiere-

  • Les #Voix_croisées - #Xaraasi_Xanne


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    Using rare cinematic, photographic and sound archives, Xaraasi Xanne (Crossing Voices) recounts the exemplary adventure of #Somankidi_Coura, an agricultural #cooperative created in #Mali in 1977 by western African immigrant workers living in workers’ residences in France. The story of this improbable, utopic return to the Sahel region follows a winding path that travels through the ecological and decolonial challenges and conflicts of agriculture practices and sensing from the 1970s to the present day. One of the major actors of the movement, #Bouba_Touré, tells this story by plunging into the heart of his personal archives, which document the fights of farmers in France and in Mali, as well as those of immigrant workers, over a period of decades. The film is also a story about dialogues and transmission, friendships and cinematic geographies. Over the course of the film, different voices, enter the sound-scape to accompany Bouba Touré’s telling; they bring the tale of a forgotten memory toward a possible future sung by a polyphonic griot.

    ▻https://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/64570
    #film #documentaire #film_documentaire #travailleurs_immigrés #coopérative_agricole #Somankidi #agriculture #retour_au_pays #fleuve_Sénégal #régularisation #sans-papiers #travailleurs_sans-papiers #travail #exploitation #logement #racisme #mal-logement #foyer #marchands_de_sommeil #conditions_de_vie #taudis #tuberculeuse #Fode_Sylla #lutte #grève_des_loyers #université_libre_de_Vincennes #L'Archer #Djiali_Ben_Ali #Association_culturelle_des_travailleurs_africains_en_France (#ACTAF) #manoeuvres #main_d'oeuvre_non_qualifiée #grève #Sahel #famine #1971 #sécheresse #Haute-Volta #aide_humanitaire #exode_rural #Larzac #récupération_des_sols #charité #luttes_de_libération #termites #Samé #aide_au_retour #luttes #arachide #travail_forcé #modernisation #mécanisation #graines #semences #endettement #Kayes #autonomie #femmes #genre #irrigation #radio #radio_rurale_Kayes #radio_rurale #permaculture #intelligence_collective

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    A partir de 1h07’14, où l’on explique que les lois restrictives contre les migrations fixent les gens... alors qu’avant il y avait de la #migration_circulaire : beaucoup de personnes venaient en France 1-2 ans, repartaient au pays et ne revenaient plus jamais en France...
    #fermeture_des_frontières #sédentarisation #agroécologie

  • Report : Australian studio Torus Games effectively shuts down after 30 years
    ▻https://www.gamedeveloper.com/business/report-australian-studio-torus-games-effectively-shuts-down-after-30-

    Melbourne-based studio Torus Games has effectively shut down after 30 years.

    […]

    Torus was established by Australian game developer Bill McIntosh in 1994 and has worked on a number of licensed titles including World War Z: Aftermath, Cartoon Network: Battle Crashers, Spider-Man: Battle for New York, and Shrek Smash N’ Crash Racing.

    Ce n’est qu’une goutte d’eau dans le torrent de licenciements qui secoue l’industrie mondiale du jeu vidéo, mais qui montre que même les petits studios sont touchés par le marasme économique du secteur, très paradoxal compte tenu de l’évolution des ventes de jeux.

    Pour mémoire, Kotaku énumère les licenciements dans le jeu vidéo depuis le début de l’année 2024 :

    59 Days Into 2024 And 8,100+ Video Game Layoffs Have Been Announced
    ►https://kotaku.com/game-industry-layoffs-how-many-2024-unity-twitch-1851155818

    #jeux_vidéo #jeu_vidéo #business #torus_games #fermeture