• La #Technopolice, moteur de la « #sécurité_globale »

    L’article 24 de la #loi_Sécurité_Globale ne doit pas devenir l’arbre qui cache la forêt d’une politique de fond, au cœur de ce texte, visant à faire passer la #surveillance et le #contrôle_de_la_population par la police à une nouvelle ère technologique.

    Quelques jours avant le vote de la loi Sécurité Globale à l’Assemblée Nationale, le ministère de l’Intérieur présentait son #Livre_blanc. Ce long #rapport de #prospective révèle la #feuille_de_route du ministère de l’Intérieur pour les années à venir. Comme l’explique Gérard Darmanin devant les députés, la proposition de loi Sécurité Globale n’est que le début de la transposition du Livre dans la législation. Car cette loi, au-delà de l’interdiction de diffusion d’#images de la police (#article_24), vise surtout à renforcer considérablement les pouvoirs de surveillance des #forces_de_l’ordre, notamment à travers la légalisation des #drones (article 22), la diffusion en direct des #caméras_piétons au centre d’opération (article 21), les nouvelles prérogatives de la #police_municipale (article 20), la #vidéosurveillance dans les hall d’immeubles (article 20bis). Cette loi sera la première pierre d’un vaste chantier qui s’étalera sur plusieurs années.

    Toujours plus de pouvoirs pour la police

    Le Livre blanc du ministère de l’Intérieur envisage d’accroître, à tous les niveaux, les pouvoirs des différentes #forces_de_sécurité (la #Police_nationale, la police municipale, la #gendarmerie et les agents de #sécurité_privée) : ce qu’ils appellent, dans la novlangue officielle, le « #continuum_de_la_sécurité_intérieure ». Souhaitant « renforcer la police et la rendre plus efficace », le livre blanc se concentre sur quatre angles principaux :

    - Il ambitionne de (re)créer une #confiance de la population en ses forces de sécurité, notamment par une #communication_renforcée, pour « contribuer à [leur] légitimité », par un embrigadement de la jeunesse – le #Service_National_Universel, ou encore par la création de « #journées_de_cohésion_nationale » (page 61). Dans la loi Sécurité Globale, cette volonté s’est déjà illustrée par la possibilité pour les policiers de participer à la « #guerre_de_l’image » en publiant les vidéos prises à l’aide de leurs #caméras_portatives (article 21).
    - Il prévoit d’augmenter les compétences des #maires en terme de sécurité, notamment par un élargissement des compétences de la police municipale : un accès simplifié aux #fichiers_de_police, de nouvelles compétences en terme de lutte contre les #incivilités … (page 135). Cette partie-là est déjà en partie présente dans la loi Sécurité Globale (article 20).
    - Il pousse à une #professionnalisation de la sécurité privée qui deviendrait ainsi les petites mains de la police, en vu notamment des #Jeux_olympiques Paris 2024, où le besoin en sécurité privée s’annonce colossal. Et cela passe par l’augmentation de ses #compétences : extension de leur #armement, possibilité d’intervention sur la #voie_publique, pouvoir de visionner les caméras, et même le port d’un #uniforme_spécifique (page 145).
    - Enfin, le dernier grand axe de ce livre concerne l’intégration de #nouvelles_technologies dans l’arsenal policier. Le titre de cette partie est évocateur, il s’agit de « porter le Ministère de l’Intérieur à la #frontière_technologique » (la notion de #frontière évoque la conquête de l’Ouest aux États-Unis, où il fallait coloniser les terres et les premières nations — la reprise de ce vocable relève d’une esthétique coloniale et viriliste).

    Ce livre prévoit une multitude de projets plus délirants et effrayants les uns que les autres. Il propose une #analyse_automatisée des #réseaux_sociaux (page 221), des #gilets_connectés pour les forces de l’ordre (page 227), ou encore des lunettes ou #casques_augmentés (page 227). Enfin, le Livre blanc insiste sur l’importance de la #biométrie pour la police. Entre proposition d’#interconnexion des #fichiers_biométriques (#TAJ, #FNAEG, #FAED…) (page 256), d’utilisation des #empreintes_digitales comme outil d’#identification lors des #contrôles_d’identité et l’équipement des #tablettes des policiers et gendarmes (#NEO et #NEOGEND) de lecteur d’empreinte sans contact (page 258), de faire plus de recherche sur la #reconnaissance_vocale et d’#odeur (!) (page 260) ou enfin de presser le législateur pour pouvoir expérimenter la #reconnaissance_faciale dans l’#espace_public (page 263).

    Le basculement technologique de la #surveillance par drones

    Parmi les nouveaux dispositifs promus par le Livre blanc : les #drones_de_police, ici appelés « #drones_de_sécurité_intérieure ». S’ils étaient autorisés par la loi « Sécurité Globale », ils modifieraient radicalement les pouvoirs de la police en lui donnant une capacité de surveillance totale.

    Il est d’ailleurs particulièrement marquant de voir que les rapporteurs de la loi considèrent cette légalisation comme une simple étape sans conséquence, parlant ainsi en une phrase « d’autoriser les services de l’État concourant à la #sécurité_intérieure et à la #défense_nationale et les forces de sécurité civile à filmer par voie aérienne (…) ». Cela alors que, du côté de la police et des industriels, les drones représentent une révolution dans le domaine de la sécurité, un acteur privé de premier plan évoquant au sujet des drones leur « potentiel quasiment inépuisable », car « rapides, faciles à opérer, discrets » et « tout simplement parfaits pour des missions de surveillance »

    Dans les discours sécuritaires qui font la promotion de ces dispositifs, il est en effet frappant de voir la frustration sur les capacités « limitées » (selon eux) des caméras fixes et combien ils fantasment sur le « potentiel » de ces drones. C’est le cas du maire LR d’Asnières-sur-Seine qui en 2016 se plaignait qu’on ne puisse matériellement pas « doter chaque coin de rue de #vidéoprotection » et que les drones « sont les outils techniques les plus adaptés » pour pallier aux limites de la présence humaine. La police met ainsi elle-même en avant la toute-puissance du #robot par le fait, par exemple pour les #contrôles_routiers, que « la caméra du drone détecte chaque infraction », que « les agents démontrent que plus rien ne leur échappe ». Même chose pour la #discrétion de ces outils qui peuvent, « à un coût nettement moindre » qu’un hélicoptère, « opérer des surveillances plus loin sur l’horizon sans être positionné à la verticale au-dessus des suspects ». Du côté des constructeurs, on vante les « #zooms puissants », les « #caméras_thermiques », leur donnant une « #vision_d’aigle », ainsi que « le #décollage possible pratiquement de n’importe où ».

    Tout cela n’est pas que du fantasme. Selon un rapport de l’Assemblée nationale, la police avait, en 2019, par exemple 30 drones « de type #Phantom_4 » et « #Mavic_Pro » (ou « #Mavic_2_Enterprise » comme nous l’avons appris lors de notre contentieux contre la préfecture de police de Paris). Il suffit d’aller voir les fiches descriptives du constructeur pour être inondé de termes techniques vantant l’omniscience de son produit : « caméra de nacelle à 3 axes », « vidéos 4K », « photos de 12 mégapixels », « caméra thermique infrarouge », « vitesse de vol maximale à 72 km/h » … Tant de termes qui recoupent les descriptions faites par leurs promoteurs : une machine volante, discrète, avec une capacité de surveiller tout (espace public ou non), et de loin.

    Il ne s’agit donc pas d’améliorer le dispositif de la vidéosurveillance déjà existant, mais d’un passage à l’échelle qui transforme sa nature, engageant une surveillance massive et largement invisible de l’espace public. Et cela bien loin du léger cadre qu’on avait réussi à imposer aux caméras fixes, qui imposait notamment que chaque caméra installée puisse faire la preuve de son utilité et de son intérêt, c’est-à-dire de la nécessité et de la #proportionnalité de son installation. Au lieu de cela, la vidéosurveillance demeure une politique publique dispendieuse et pourtant jamais évaluée. Comme le rappelle un récent rapport de la Cour des comptes, « aucune corrélation globale n’a été relevée entre l’existence de dispositifs de vidéoprotection et le niveau de la délinquance commise sur la voie publique, ou encore les taux d’élucidation ». Autre principe fondamental du droit entourant actuellement la vidéosurveillance (et lui aussi déjà largement inappliqué) : chaque personne filmée doit être informée de cette surveillance. Les drones semblent en contradiction avec ces deux principes : leur utilisation s’oppose à toute notion d’information des personnes et de nécessité ou proportionnalité.

    Où serons-nous dans 4 ans ?

    En pratique, c’est un basculement total des #pratiques_policières (et donc de notre quotidien) que préparent ces évolutions technologiques et législatives. Le Livre blanc fixe une échéance importante à cet égard : « les Jeux olympiques et paralympiques de Paris de 2024 seront un événement aux dimensions hors normes posant des enjeux de sécurité majeurs » (p. 159). Or, « les Jeux olympiques ne seront pas un lieu d’expérimentation : ces technologies devront être déjà éprouvées, notamment à l’occasion de la coupe de monde de Rugby de 2023 » (p. 159).

    En juillet 2019, le rapport parlementaire cité plus haut constatait que la Police nationale disposait de 30 drones et de 23 pilotes. En novembre 2020, le Livre blanc (p. 231) décompte 235 drones et 146 pilotes. En 14 mois, le nombre de drones et pilotes aura été multiplié par 7. Dès avril 2020, le ministère de l’Intérieur a publié un appel d’offre pour acquérir 650 drones de plus. Rappelons-le : ces dotations se sont faites en violation de la loi. Qu’en sera-t-il lorsque les drones seront autorisés par la loi « sécurité globale » ? Avec combien de milliers d’appareils volants devra-t-on bientôt partager nos rues ? Faut-il redouter, au cours des #JO de 2024, que des dizaines de drones soient attribués à la surveillance de chaque quartier de la région parisienne, survolant plus ou moins automatiquement chaque rue, sans répit, tout au long de la journée ?

    Les évolutions en matières de reconnaissance faciale invite à des projections encore plus glaçantes et irréelles. Dès 2016, nous dénoncions que le méga-fichier #TES, destiné à contenir le visage de l’ensemble de la population, servirait surtout, à terme, à généraliser la reconnaissance faciale à l’ensemble des activités policières : enquêtes, maintien de l’ordre, contrôles d’identité. Avec le port d’une caméra mobile par chaque brigade de police et de gendarmerie, tel que promis par Macron pour 2021, et la retransmission en temps réel permise par la loi « sécurité globale », ce rêve policier sera à portée de main : le gouvernement n’aura plus qu’à modifier unilatéralement son #décret_TES pour y joindre un système de reconnaissance faciale (exactement comme il avait fait en 2012 pour permettre la reconnaissance faciale à partir du TAJ qui, à lui seul, contient déjà 8 millions de photos). Aux robots dans le ciel s’ajouteraient des humains mutiques, dont le casque de réalité augmentée évoqué par le Livre Blanc, couplé à l’analyse d’image automatisée et aux tablettes numériques NEO, permettrait des contrôles systématiques et silencieux, rompus uniquement par la violence des interventions dirigées discrètement et à distance à travers la myriade de drones et de #cyborgs.

    En somme, ce Livre Blanc, dont une large partie est déjà transposée dans la proposition de loi sécurité globale, annonce le passage d’un #cap_sécuritaire historique : toujours plus de surveillance, plus de moyens et de pouvoirs pour la police et consorts, dans des proportions et à un rythme jamais égalés. De fait, c’est un #État_autoritaire qui s’affirme et se consolide à grand renfort d’argent public. Le Livre blanc propose ainsi de multiplier par trois le #budget dévolu au ministère de l’Intérieur, avec une augmentation de 6,7 milliards € sur 10 ans et de 3 milliards entre 2020 et 2025. Une provocation insupportable qui invite à réfléchir sérieusement au définancement de la police au profit de services publiques dont le délabrement plonge la population dans une #insécurité bien plus profonde que celle prétendument gérée par la police.

    https://www.laquadrature.net/2020/11/19/la-technopolice-moteur-de-la-securite-globale
    #France #Etat_autoritaire

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  • Car notre coeur rouge est noir... . .
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  • Sinon, la suite de mes aventures avec le micocoulier devant la maison. Pour mon quatrième hiver à #Montpellier, il est grand temps que j’arrive à produire un peu de liqueur des fenêtres, ou liqueur de micocoules (flasco de sauvochrestian, ou « fiole de sauve-chrétien »). L’échec de l’année dernière à la même date :
    https://seenthis.net/messages/804803

    Aujourd’hui j’ai grimpé sur la pergola en aluminium, en priant pour que mon embonpoint fièrement gagné pendant le confinement ne me fasse pas plier le truc en deux.

    Ça a marché : au lieu de 20 grammes récoltés l’année dernière (sans monter sur la pergola), j’ai ramené 450 héroïques grammes de micocoules. J’ai mixé tout ça avec 100 ml d’eau, 400 ml d’alcool à 40°, 35 grammes de sucre, ça m’a produit une bouillie épaisse, maronnasse, dans le genre beurkasse. Et j’ai donc mis ça dans une bouteille en verre que je vais stocker au soleil jusqu’à Noël.

    Et à Noël, si je n’en suis pas mort, je vous en dirai des nouvelles. Si je suis seulement aveugle, je dicterai le résultat à Siri.

  • Le bracelet d’automne est de sortie 🍁🍂🌰

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    Pensées particulières ce matin pour les personnes à qui j’ai offert des bouts de ce fil bleu et qui continuent, ensemble ou séparément, à pousser les murs, ouvrir les portes, bannir les frontières et venir en aide à celles et ceux qui n’ont plus rien...
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  • Nouvel âge et nouvelles figures du racisme. Ce que révèle un été et une rentrée aux senteurs islamophobes et négrophobes
    Publié le 21 septembre 2020 | Le blog de Saïd Bouamama
    https://bouamamas.wordpress.com/2020/09/21/554

    La fin des vacances d’été et la rentrée se caractérisent par une multiplication des propos et actes racistes, tant islamophobes que , deux figures du racisme contemporains désormais avérées. La succession de ces expressions du racisme fait courir le risque certain qu’une partie des habitant de l’hexagone « s’habitue au mal », s’acclimate à l’inacceptable et s’adapte à l’invivable ». Certes des condamnations de ces actes sont prononcées, des déclarations antiracistes sont produites, des communiqués de presse sont publiés. Cependant ces expressions antiracistes restent en réaction à chacune des agressions sans prendre la mesure de ce que révèle la succession des faits racistes et l’accélération de celle-ci. Rappelons quelques-uns de ces passages à l’acte raciste dont la succession indique le passage d’un seuil dans l’enracinement et la banalisation du racisme dans la société française. Analysons ensuite la signification de cette accélération raciste et les raisons possibles d’une riposte bien en dessous des enjeux.

    #islamophobie #négrophobie

  • La virologie est un sport de combat

    Je suis #Bruno_Canard, directeur de recherche CNRS à l’université d’Aix-Marseille. Mon équipe travaille sur les #virus_à_ARN (#acide_ribonucléique), dont font partie les #coronavirus.

    Mme la Ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation m’ayant cité, et mentionné mes travaux dans son intervention sur les Matins de France Culture le 22 juin 2020 (https://www.franceculture.fr/emissions/les-matins/les-matins-de-france-culture-emission-du-lundi-22-juin-2020), il m’a semblé important de préciser les #conditions_de_travail de mon équipe de #recherche sur le #SARS-CoV-2 et sa projection dans la future #Loi_de_Programmation_de_la_Recherche (dite #LPPR), qui est en cours d’examen à l’Assemblée Nationale.
    Cela permet d’illustrer, à partir d’un cas concret, et peut-être de faire comprendre au grand public le #sous-financement récurrent de la #recherche_publique en #France en général dans les 20 dernières années ; la #précarité grandissante des #personnels de ces laboratoires ; le #sous-équipement dramatique en grands #instruments_scientifiques essentiels aux développements de thérapies antivirales ; le faible niveau des #salaires des chercheur·ses, très éloignés de ceux des haut·es fonctionnaires ; et finalement, le peu de #considération dont ils font l’objet par les femmes et les hommes politiques français. Elles et ils prétendent parler au nom de la #science, souvent confondue avec la #technologie, mais sans écouter les scientifiques.

    Chère Mme la Ministre, chère Frédérique, je me permets de vous appeler par votre prénom en souvenir des cafés et bavardages créatifs que nous avons partagés lorsque, en 1992, j’étais fraîchement recruté comme chercheur au #CNRS à Nice dans le laboratoire dirigé par Patrick Gaudray, et vous, doctorante dans le laboratoire de François Cuzin à l’Université de Nice. C’était une époque formidable, j’y ai fait mes plus belles ascensions dans ces extraordinaires Alpes-Maritimes, pendant que la France commençait sa dégringolade dans le classement scientifique, dans une remarquable trajectoire parallèle au nombre de postes statutaires de chercheur·ses et de manière plus générale, à la performance de la recherche française.

    Nous nous retrouvons donc environ 25 ans plus tard.

    Chère Frédérique, vous êtes désormais Ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, et soutenez que cette loi permettra un réarmement de la #recherche_française inégalé depuis 1945. Je suis un chercheur « de base » et je me suis exprimé à titre personnel, comme la majorité de mes collègues, pour formuler mes craintes d’un #budget concentré sur des projets à court terme, synthétisées dans la tribune « La science ne marche pas dans l’urgence » (https://universiteouverte.org/2020/03/04/coronavirus-la-science-ne-marche-pas-dans-lurgence/;%20Le%20Monde,%2029%20f%C3%A9vrier%202020;%20https:/lejournal.cnrs.fr/articles/la-science-fondamentale-est-notre-meilleure-assurance-contre-les-). Dans un entretien à France Culture en juillet (https://www.franceculture.fr/emissions/les-matins/les-matins-de-france-culture-emission-du-lundi-22-juin-2020), vous avez déclaré à mon sujet : « Mr Canard a obtenu plusieurs financements sur projets… Je connais par cœur les financements qu’a eu ce laboratoire ».

    Justifier les « plusieurs financements sur projets » pour mon laboratoire sous-doté

    Je m’étais étonné de recevoir en juin la demande urgente de la part mon employeur (le CNRS), de fournir le montant de tous les contrats dont mon équipe a bénéficié, de l’#Agence_National_de_Recherche (#ANR) en particulier. Malheureusement, force a été de constater que le ministère et ses contrats ANR n’y a pas occupé une place proéminente. Encore moins sur les coronavirus (2 projets ANR coordonnés en 18 ans), sur lesquels aucun soutien financier spécifique n’a été accordé depuis plusieurs années, sauf en 2019 par la #Fondation_de_la_Recherche_Médicale, dont la vision scientifique tient heureusement peu cas des modes. Nous nous échinions, en effet depuis 2003, mes collègues d’équipe et moi, à étudier la réplication des coronavirus et comment ces derniers mutent, ce qui est d’une importance capitale pour la conception de #vaccins ou de #médicaments. Tous les dossiers de projet ANR inlassablement déposés depuis 2015 ont été jugés indignes d’être financés et/ou inintéressants. Cinq fois, pour être précis. Dans la dernière édition (dépôt du projet en octobre 2019 – réponse pas encore arrivée à ce jour, 19 septembre 2020), j’ai failli renoncer à apporter encore des résultats expérimentaux préliminaires, pour ne pas les divulguer gratuitement à mes concurrent·es : l’évaluation des projets ANR se faisant par des expert·es internationaux forcément pris parmi les spécialistes qui connaissent le sujet, donc presque tout le temps, des concurrent·es… J’ai fourni le même dossier, mais amputé de la recherche sur le virus #Ebola. Oui, Ebola produit actuellement une épidémie en République Démocratique du Congo, mais la loi mort-kilomètre nous dit que le sujet est défavorable pour éveiller un quelconque intérêt en ce moment. La recherche sur Ebola n’intéresse que quand le virus sonne à notre porte, comme en 2014.

    Le SARS-CoV-2 aura donc eu un effet magique : ma recherche inintéressante sur la #variabilité_génétique de ce virus a subitement reçu, en juin 2020, les commentaires les plus positifs, dithyrambiques, qu’il m’a été possible de recevoir en 30 ans de carrière1. Ni mon projet ni ma recherche n’ont pourtant changé : seule leur perception a changé dans le contexte COVID19, renforçant cette constatation que j’ai maintes fois faite : la science ne marche pas dans l’#urgence 2 et la virologie, ce n’est pas que les coronavirus.

    Pour les « plusieurs financements sur projets », vous voulez donc probablement parler des deux projets européens dont mon équipe a récemment bénéficié. La France étant une grosse contributrice financière à l’espace européen de la recherche, il me semblait donc presque « patriotique », en quelque sorte, de me lancer corps-et-âme dans la lutte anti-COVID19 en rapatriant des fonds européens pour pouvoir employer des personnes motivées, et continuer à décrypter comment ces fichues bestioles virales arrivent à se reproduire au prix d’un tel bazar dans une cellule, un organisme, une société. Le premier projet européen appelé #SCORE, a été écrit en 10 jours (et nuits) en février 2020 grâce au réseau de collaborateur·trices corona-virologistes que la disette financière des années précédentes n’a pas réussi à effilocher. L’autre appelé #IMI-CARE a été écrit immédiatement après en mars 2020, en 3 semaines au lieu des plutôt 6 mois habituels, avec un consortium international de 36 laboratoires, dont 12 industriels majeurs. Peut-être auriez-vous préféré que je m’abstienne dans cette quête inlassable de financements ? Impossible, car c’est la condition sine qua non pour pouvoir avancer dans nos recherches, répondre à l’urgence de la situation et recruter immédiatement quelques personnes en CDD.

    S’appuyer sur des contractuel·les pour assurer la survie de notre laboratoire

    Je me suis posé la question lorsque j’ai embauché Camille, Adrien, et Pierre : trois jeunes diplômés d’un Master en quête de leur première expérience professionnelle, qui n’ont pas hésité en plein confinement à s’entasser dans une voiture depuis Toulouse pour venir s’installer à Marseille, avec comme horizon un #CDD de 15 mois, un statut inexistant et une paie royale de 1600 euros mensuels. Je ne pense pas qu’elle et ils espèrent quoi que ce soit de la LPPR, qui ne propose aucune amélioration pour les contractuel·les de la recherche. On leur a trouvé un appartement, sinon, iels seraient encore peut être à la rue : avec un CDD, il n’est pas facile de convaincre un·e bailleur·se.

    Je me suis également posé la question quand il a fallu que j’embauche un #lab_manager (en CDD, évidemment) pour que Véronique, Barbara et Cécilia, trois ingénieures de recherche totalement saturées de travail dans l’équipe #COVIDemment désorganisée, soient déchargées des corvées administratives routinières qui les empêchent de faire leur métier, c’est-à-dire de la recherche. La fonction principale de ce lab manager ? Nous aider à gérer les stupides « #feuilles_de_temps-projet » qui compartimentent notre cerveau pour les bureaucrates européens. Car dans un projet européen, le CNRS « loue » contre facture le temps de cerveau disponible de ses chercheur·ses (9h-18h, nous ne réfléchissons que les jours ouvrables) et il nous faut donc déclarer, heure par heure, comment nous nous occupons.

    Je me suis encore posé la question quand les équipes de notre laboratoire, entité conjointe entre le CNRS et l’Université Aix Marseille, ont dû mutualiser leurs ressources pour pouvoir embaucher un autre CDD, technicien·ne qui prépare les réactifs dont nous avons besoin, lance la vaisselle et les autoclaves, et tout cela pour environ 1200 nets par mois. C’est un poste nécessaire au laboratoire, mais que nous devons auto-financer, malgré les 26 % du montant de nos contrats qui partent en frais de gestion et provision pour la maintenance des appareillages du laboratoire.

    Je me suis posé ces questions car ces efforts financiers et ces CDD étaient, il n’y a pas si longtemps, assurés par un soutien de base au laboratoire de la part de nos deux tutelles, le CNRS et l’#université. Et surtout par des postes statutaires, essentiels pour la survie de nos laboratoires, qui ne sont mentionnés dans aucun article de la LPPR et dont le nombre s’est effondré depuis 2008. Vous dites donc sur France Culture que mon « laboratoire (est) financé tous les ans de manière récurrente ». Quel humour par omission ! Vous savez très bien que le #financement_récurrent ne permet pas de financer nos programmes de recherche. Dans tous les laboratoires de sciences expérimentales, les chercheur·ses ponctionnent elleux-mêmes leur projet d’une contribution « volontaire » qu’iels mutualisent pour assurer les carences des employeur·ses publics. Chez nous, on fait la plonge du labo à tour de rôle pour laver nos éprouvettes, et le soutien récurrent constitue moins de 5% du budget de fonctionnement : pas assez pour acheter suffisamment de mouchoirs pour pleurer.

    Votre petite phrase prononcée sur le ton « je dis ça, je dis rien » n’avait donc certainement aucunement l’intention de décrédibiliser votre administré que je suis. La grande majorité de la communauté scientifique vous a exprimé depuis des mois ses craintes envers la LPPR : entre autres, le ras-le-bol des titulaires d’être transformé·es en bureaucrates expert·es dans la gestion du personnel précaire, et la crainte des contractuel·les de le rester « à vie », ou après avoir fait leurs preuves pendant des années d’être considéré·es comme dignes d’être titularisé·es (pour les « professeur·es junior »). Pour mémoire, les quelques 200 premièr·es signataires de la pétition (qui a fait pschitt) de soutien à la LPPR, sont à la retraite et ont bénéficié de ce statut de fonctionnaire pendant toute leur carrière. Il est vrai que la connivence augmentée que vous préconisez dans la LPPR avec le secteur privé n’a pas besoin de s’encombrer de chercheur·ses indépendant·es et libres de penser. Ainsi, il n’y aura plus de scandale type Mediator, SDHI, glyphosate, perturbateurs endocriniens, … puisque personne ne mord la main qui nourrit.

    Espérer arriver au niveau de 2ème division en biologie structurale

    Pourtant, cette « abondance » que la LPPR nous promet pourrait trouver une meilleure destination. Je me suis alors rappelé le plan « #France_Cryo-EM », un #Equipex (Equipement d’excellence), qui nécessite 36 millions d’euros pour pouvoir observer le SARS-CoV-2 et ses protéines avec des #cryo-microscopes_électroniques (#Cryo-EM) à haute résolution et concevoir intelligemment les vaccins et #traitements requis. Créé officiellement en 2016, il reste pourtant aux biologistes structuraux Français 16 millions d’euros à trouver pour pouvoir pour amener la France au niveau de 2ème division en #biologie_structurale 3. Ayant déploré l’absence de ce grand équipement, vous m’avez proposé de venir collecter des données sur le microscope de Nice, je ne reviendrai pas sur cette confusion microscopique. Au 23 juillet 2020, des laboratoires Chinois et Allemands ont publié dans les journaux internationaux les plus réputés, Nature, Science, Cell, pas moins de 9 structures de l’ARN polymerase de ce virus, en utilisant une information clé de nos travaux réalisés en 2014. En l’absence de Cryo-EM haute résolution, nous avons regardé passer les balles au-dessus de nos têtes… Ironie du sort et humiliation supplémentaire, ces #revues_scientifiques m’ont souvent sollicité pour évaluer ces publications que j’aurais dû faire. A titre de comparaison, l’Allemagne, notre voisin européen que l’on peut considérer être en première division, avait 25 Cryo-EM en 2018.

    Ces 16 millions manquants pour que les chercheur·ses puissent exercer leur métier dans des conditions décentes sont à mettre en perspective avec le milliard d’euros accordé en moins d’un an au groupe français #Sanofi sur un pari vaccinal, certes en majorité via leurs ami·es du #BARDA américain, qui seront les premièr·es servi·es. Enfin, qui devraient : ce sont les mêmes qui ont donné 43 millions à Sanofi en août 2016 pour un vaccin contre le virus #Zika, mais tous deux ont jeté l’éponge en septembre 2017. Cela ressemble beaucoup à 2003 et l’émergence du SARS pour laquelle Sanofi a été copieusement financée pour un vaccin, lui aussi abandonné.

    Ces 16 millions manquants sont également à mettre en perspective avec le #Crédit_Impôt_Recherche 5, passé de 2,5 milliards en 2008 à 6 milliards aujourd’hui. Avantage fiscal généreux destiné à renforcer l’attractivité de Sanofi, pour prendre un exemple concernant directement la COVID19… Ou bien est-ce plutôt pour éviter que ce groupe continue à réduire ses activités de #R&D en France ? Cette générosité est si bien remerciée qu’elle s’est immédiatement traduite, pour l’instant, par 4 milliards à reverser aux actionnaires en 2020, et par le licenciement de 1 700 personnes dans le monde, dont 1 000 en France. En tant que chercheur rompu à la complexité des demandes de financement ANR, j’ai regardé avec émotion et envie le mini-dossier à rapporter dans le formulaire Cerfa 2069-A-SD pour que cette entreprise s’exonère de 130 millions d’euros annuels…

    Arrêter la sensation de chute libre pour la recherche publique française

    Dans Le Monde du 24 juillet, je lis entre les lignes une synthèse indirecte de cette sensation de chute libre : la France est passée en 20 ans de la 5e à la 8e place des contributeurs aux #publications_scientifiques, ce qui est à mettre en relation avec un financement insuffisant de la recherche équivalent à 2,2 % du PIB (0,8 % recherche publique, 1,4 % privée). Vous visez à porter l’effort de recherche de la nation à 3% du PIB (1% public, 2% privé) d’ici 2030. Je constate que l’effort de financement de la #recherche_privée est donc plus du double de celui de la recherche publique. Il me semble hasardeux de compter sur la recherche privée pour rattraper l’écart de publications, ou bien peut-être faudra-t-il que l’utilisation de l’argent public investi dans cette dernière subisse des évaluations aussi invasives, constantes et publiquement disponibles que celle que nous subissons dans les laboratoires académiques ?

    Finalement, chère Frédérique, depuis une dizaine d’année, trois présidents de la république Nicolas Sarkozy, François Hollande, et Emmanuel Macron n’ont-ils pas eu raison de prendre les chercheur·ses et les universitaires pour des imbéciles ? Pourquoi en serait-il autrement ? Cela fait plusieurs décennies qu’elles et ils sont les seuls haut·es fonctionnaires de catégorie A+ à qui on demande de trouver les moyens financiers de faire leur travail et les derniers en termes de niveau de #rémunération, gagnant en moyenne 3200 euros nets par mois – pour celles et ceux qui ont la « chance » d’être titulaires.

    Je note d’ailleurs que l’oreille d’Angela Merkel, titulaire d’un doctorat en chimie, semble plus réceptive au financement de la science en Allemagne, pays où la crise due au coronavirus semble avoir été mieux gérée que chez nous. Est-ce aussi à mettre en rapport avec la constatation que, par exemple, la ville d’Heidelberg à elle seule a autant de Cryo-EM que la France entière ?

    Peut-être, alors, après avoir travaillé comme des forcené·es pendant cette période difficile avec mes collègues fonctionnaires Etienne, François, Karine, Jean-Claude Nadia, et tou·tes les précaires dont je vous épargnerai la liste7, nous devrions, en prélevant encore sur nos contrats, constituer une cagnotte supplémentaire. Car la LPPR ne prévoit pas grand-chose dans ses premières années tandis qu’elle nous promet « l’abondance » au nom de vos successeur·ses. Mais surtout, nous pourrions ainsi soulager votre budget ministériel, économiser 16 millions d’euros et pouvoir trouver cette goutte d’eau microscopique qui nous permettrait, outre de ne pas se sentir humilié·es face à une concurrence internationale féroce, de travailler à rattraper le temps perdu.

    J’espère avoir correctement éclairé votre petite phrase, dans le respect de votre fonction ministérielle, respect qui finira bien un jour par être réciproque, et que in fine, mes « plusieurs financements sur projets » que vous « connaissez par cœur » continueront à soutenir nos efforts intenses contre le SARS-CoV-2 et le COVID19.

    Références et notes

    1J’ai établi un résumé de ces demandes, à la demande de l’ANR, du CNRS, et de plusieurs journalistes. Pour la dernière demande (la même faite depuis 2016), devenue subitement intéressante après le déclenchement de la pandémie COVID19, voici la première phrase de l’avis général de chacun des trois évaluateurs internationaux :Reviewer n°1 : « The project is a must fund project. The highly multi-disciplinary research project very nicely combines cutting edge techniques ». Reviewer n°2 : « This is an excellent proposal that is recommended to be considered for funding with highest priority ». Reviewer n°3 : « This is a very interesting research proposal. The project is highly relevant for two reasons. First the obvious pandemic outbreak and second the role of epi-transcriptomics and RNA biology in health and disease. »

    2Le Monde, 29 février 2020

    3La France dispose de 3 Cryo-Electro-Microscopes à haute résolution (type Titan Krios) nécessaires pour les études sur les virus et les conceptions de vaccins et médicaments. L’Angleterre et l’Allemagne (que l’on peut considérer être en première division, j’en passe au sujet de la Chine ou des USA) en avaient 22 et 25, en 2018, respectivement. Le plan « France Cryo-EM EquipeX » prévoit d’en acquérir 3 de plus, mais beaucoup de régions (Paris-Sud, Paris-Centre, Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Rennes, Montpellier ont dû abandonner tout projet de ce type de microscope pour se rabattre sur des microscopes moins puissants, et mutualisés pour que l’ensemble des chercheur·ses d’une régions puisse travailler.

    4L’ARN polymérase, moteur de la réplication du SARS-CoV-2, devient active lorsque qu’elle est associée à deux autres protéines virales, ce qui ouvre la voie à son étude structurale et fonctionnelle. Subissi L, et al. Proc Natl Acad Sci U S A. 2014 Sep 16 ;111(37):E3900-9.

    5Cette mesure fiscale (art. L244 Quater B du CGI) permet de financer des activités de Recherche et Développement (R&D), sous forme de remboursement ou de réduction d’impôt sur les sociétés. Malgré la possibilité évidente d’évasion fiscale, elle n’a jamais été évaluée de manière transparente.

    6La demande de CIR se fait par le formulaire cerfa 2069-A-SD disponible ici On notera : 1) la simplicité de la description demandée du programme de R&D, à comparer avec l’extrême détail qui est demandé aux chercheur·ses pour leur demande de projet ANR ; 2) l’absence du descriptif du processus de revue ou d’évaluation de ces demandes. Je me porte candidat avec enthousiasme pour évaluer ces dossiers de demande CIR dans le domaine des virus émergents ; 3) l’absence de données publiques sur le taux de réussite de ces demandes.

    7L’ensemble de l’équipe et de ses membres est consultable là.

    Remerciements : Je remercie Thomas Boulin, Samuel Hayat et Sophie Pochic pour la relecture critique et les suggestions.

    https://universiteouverte.org/2020/09/19/la-virologie-est-un-sport-de-combat

    #Frédérique_Vidal #MESRI

  • « طهران » : آخر حيل اسرائيل « في حربها الناعمة » على ايران
    https://al-akhbar.com/Media_Tv/291913

    Tiens ! Encore un habile feuilleton de propagande israélienne !

    https://fr.timesofisrael.com/la-nouvelle-serie-israelienne-teheran-sera-diffusee-sur-apple-tv
    Apple TV+ a acheté les droits de « Téhéran », une série israélienne se déroulant dans la capitale iranienne, co-créé par Moshe Zonder, un scénariste de la série à succès de Netflix « Fauda ».

    La vente, qui se serait élevée à plusieurs millions de dollars, a été négociée par Cineflix Rights et Paperplane Productions, ainsi que par les producteurs de la série, Dana Eden et Shula Spiegel. Dana Eden, co-créatrice de la série, et Shula Spiegel ont déclaré qu’Apple avait déjà commandé trois saisons.

    « Téhéran » se concentre sur l’histoire de Tamar Rabinayan, incarnée par l’actrice israélienne Niv Sultan, une jeune hackeuse douée travaillant pour une unité de renseignement israélienne. Elle est appelée à rejoindre le Mossad et envoyée en mission périlleuse en Iran, où elle reçoit l’ordre de pirater un réacteur nucléaire.

    Lorsque sa mission ambitieuse échoue, Tamar Rabinayan est coincée sur la terre de son enfance, où elle découvre ses racines locales et se lie d’amitié avec les militants pro-démocratie locaux.

    « ‘Téhéran’ vise à jeter une nouvelle lumière sur le conflit israélo-iranien et à engager des luttes universelles autour de l’immigration, de l’identité et du patriotisme pour examiner s’il est possible de se libérer de ces contraintes », avait expliqué Moshe Zonder à Deadline l’année dernière.

    #israël #iran #feuilletons_poison

  • Les incroyables aventures de Dan Cuchot au pays du confinement
    http://dancuchot.toile-libre.org

    Trois semaines.

    Ils avaient passé trois semaines claquemurés dans leur petite mai- son de Kergall, à Plestin-les-Grèves.

    Tout ce temps-là, Daniel Cuchot était resté prostré devant l’écran de son téléviseur plasma. Il jouait encore régulièrement à Fallout 76 ou à Resident Evil 3, mais il passait à présent le plus clair de ses journées à surfer sur les chaînes d’informations en continu, afin de se tenir au courant des dernières actualités.

    Ce n’était pas un problème pour lui de rester dans sa chambre. Il la quittait rarement, même en temps normal, sauf pour les repas – ou quand Manman lui demandait de sortir pour donner du ménage. Celle- ci du reste ne sortait pas souvent non plus, sinon pour faire les courses au Supéru et aller une fois par mois chez le coiffeur, seule folie qu’elle s’autorisait. Sans ça, c’était bien simple, elle avait toujours quelque chose à faire à la maison.

    Au début, Daniel avait suivi la progression de l’épidémie distraitement. Il faut dire que, là où il se trouvait, il ne se sentait pas spécialement menacé par le Covidus. Mais depuis que le confinement avait été décrété sur tout le territoire français, il avait observé une série de phénomènes extrêmement inquiétants, qui l’avaient peu à peu sorti de ses occupations habituelles – consistant principalement à regarder des sé- ries et des blockbusters américains, et à arpenter les univers virtuels des jeux multijoueurs.

    Bien sûr il y avait tous ces malades qui se bousculaient dans des hô- pitaux déjà surchargés, et il savait que, comme dans Contagion ou Je suis une légende, le Covidus n’avait pas fini de laisser des morts derrière lui. Mais d’après lui il y avait plus grave – beaucoup plus grave.

    Trois semaines.

    Trois semaines pendant lesquelles il avait passé en revue tous les bulletins d’alerte, tous les flashs spéciaux, tous les bandeaux d’info qui défilaient à l’écran vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sans compter internet et les fils d’actualité des réseaux sociaux – et personne, absolument personne n’avait parlé des mutants.

    Pour un jik de son âge (il allait bientôt fêter ses quarante ans), c’était pourtant une évidence. Qui disait nouveau virus disait nécessairement mutants – pas un seul réalisateur de série Z n’aurait osé le contredire sur ce point. Et pourtant aucune journaliste, aucun reporter, aucune envoyée spéciale n’avait osé évoquer ce fait devant les caméras. Daniel n’avait pas spécialement une meilleure vue que les autres, même il était myope comme un ver de vase ; mais il suffisait de regarder les images pour les voir. Ils paradaient obscènement dans l’espace public, se jetant sauvagement à la gorge des piétons qui faisaient leur promenade du soir ou des travailleurs qui rentraient à la maison. Ils étaient sûrement déjà là quand le Covidus était arrivé en France, mais depuis le début du confinement, c’était bien simple, ils proliféraient – régnant désormais en maîtres sur tout le territoire.

    Pour cacher ce fait qui sautait aux yeux, les médias s’évertuaient à parler d’autre chose. Et quand ils étaient contraints de faire apparaître les envahisseurs à l’écran, ils évitaient scrupuleusement de parler de mutants ou de zombis, comme l’aurait commandé le bon sens. Au lieu de ça, ils les avaient baptisés les « Fordelords », pensant que personne n’y verrait que du feu. Et aussi incroyable que cela paraisse, ça avait marché. Daniel Cuchot n’en revenait pas. Ça avait putain de marché ! Ces derniers jours, il avait écumé les forums en ligne, les sites complotistes et les chaînes youtube consacrées à Didier Ragoût, et il avait fini par se rendre à l’évidence : à l’heure qu’il était, il semblait bien être le seul être humain à avoir pris conscience de la menace qui se tramait au-dehors.

    [épisode 1]
    (Où l’on découvre que derrière la terrible épidémie de Covidus
    se cache une réalité bien plus inquiétante encore.)

    [épisode 2]
    (De ce qu’il advint à notre valeureux justicier quand il entreprit
    de rejoindre la plage du Fond de la Baie.)

    [épisode 3]
    (Des péripéties aussi bien instructives que réjouissantes qui arrivèrent
    à notre trio entre Plestin-les-Grèves et la RN12.)

    [épisode 4]
    (Des mille et un pièges que nos trois héros déjouèrent sur la route de Marcillé-
    Robert et de la rencontre inespérée qu’ils firent en chemin.)

    (épisode 5 le 9 mai)

    Grand jeu-concours :
    Dessine ton Dan Cuchot et envoie-le à l’adresse ci-dessous.
    Les plus beaux dessins seront publiés sur ce site !
    contact : dancuchot @ riseup.net

    #confinement #récit #feuilleton

  • Pourquoi « Fauda » n’est pas une série réaliste
    https://theconversation.com/pourquoi-fauda-nest-pas-une-serie-realiste-129394

    Signalé sur le fil de Pierre Abi-Saab

    Fauda appuie une problématisation du conflit israélo-palestinien chère à la droite israélienne. L’accent mis sur le rôle joué par la religion musulmane renvoie la nature spécifiquement politique de l’engagement des personnages palestiniens au second plan. Les figures masculines palestiniennes sont présentées comme très obséquieuses vis-à-vis de l’Islam, ce qui renforce le rôle d’épouvantail de l’islamisation de la lutte palestinienne dans les Territoires.

    Dans la saison 2, le Fatah et le Hamas sont ringardisés au profit de l’État islamique, ce qui permet d’appuyer l’hypothèse du « pas de partenaire pour la paix » revendiquée par la droite et le centre israéliens. Cette thèse a été formulée par le Premier ministre travailliste Ehud Barak en octobre 2000 : en l’absence de dirigeant palestinien volontaire ou simplement capable de construire une paix, Israël ne pourrait pas négocier avec les Palestiniens. Le « deal du siècle » présenté par l’administration Trump entérine cette idée en écartant de la table des négociations les Palestiniens.

    Une telle lecture du conflit a pour corollaire la justification de l’emploi de la force armée : puisque les dirigeants palestiniens ne renoncent pas à l’utilisation de la violence, ils ne peuvent pas être des partenaires politiques crédibles, et les « éliminer » en utilisant la force armée ne poserait pas de problème politique quant à la reprise des négociations du processus de paix. Cette analyse est aujourd’hui discréditée par des observateurs politiques aussi bien que par des universitaires, qui y voient un prétexte pour soustraire Israël à ses obligations internationales en matière de respect du droit.
    Guerre des récits et outil d’influence

    La réponse des deux showrunners à ces critiques est ambiguë. Ces derniers arguent de leur licence fictionnelle sans craindre la contradiction avec leurs déclarations sur « l’honnêteté brutale » de leur série. Ils estiment « honorer le discours palestinien » tout en expliquant que : « Nous sommes Israéliens, nous écrivons une série israélienne, le discours est israélien, et je veux vraiment dire à tous les critiques qui nous demandent d’apporter des scénaristes palestiniens, vous savez, si les Palestiniens veulent écrire une série, qu’ils écrivent une série. »

    Une telle remarque ignore le fait cinéma palestinien rencontre de nombreux obstacles, notamment du fait que les permis de filmer en Cisjordanie soient délivrés par l’État d’Israël. Le film Five Broken Cameras décrit les difficultés rencontrées par les Palestiniens à filmer leur quotidien. Co-réalisé par le Palestinien Emad Burnat et l’Israélien Guy Davidi, il a pour sujet les manifestations à Bil’in, un village de Cisjordanie traversé par le mur de séparation. Au cours du tournage, cinq caméras ont été détruites par les soldats israéliens, ce qui témoigne des difficultés des Palestiniens à produire et décrire leur propre histoire. La droite israélienne cherche ainsi aujourd’hui à faire passer une loi à la Knesset visant à interdire aux Palestiniens de filmer des soldats – ce qui rend difficile la pratique documentaire.

    Cette asymétrie de la capacité à diffuser des récits sur sa propre expérience du conflit appuie les discours cherchant à éveiller les consciences sur l’appropriation culturelle. Les séries TV ont aujourd’hui un impact tel – un million de spectateurs en 48 heures pour le premier épisode de la troisième saison de Fauda – qu’il est nécessaire de développer un regard critique sur ces productions, a fortiori lorsqu’elles portent sur des sujets politiques.

    #feuilleton #palestine #netflix

  • USS Ford Munitions Elevators Miss Another Deadline in HII Setback - Bloomberg
    https://www.bloomberg.com/news/articles/2019-07-30/flawed-elevators-on-13-billion-carrier-miss-another-deadline


    The $13 Billion USS Gerald Ford Plagued by Problems

    • ‘Essentially, the ship can’t deploy,’ lawmaker Luria says
    • Weapons can’t be lifted to the deck of USS Gerald R. Ford

    Only two of 11 elevators needed to lift munitions to the deck of the U.S. Navy’s new $13 billion aircraft carrier have been fully installed, according to a Navy veteran who serves on a key House committee.

    I don’t see an end in sight right now” to getting all the elevators working on the USS Gerald R. Ford, the costliest warship ever, Democratic Representative Elaine Luria of Virginia said in an interview. The ship was supposed to be delivered with the Advanced Weapons Elevators, which are moved by magnets rather than cables, working in May 2017.

    It’s another setback for contractor Huntington Ingalls Industries Inc. — and for the Navy, which had said in December it planned to complete installation and testing of all 11 elevators before the Ford completed its post-delivery shakedown phase this month, with at least half certified for operation.

    Instead, the shakedown phase has been extended to October and the vessel won’t have all the elevators fully installed — much less functioning — by then, according to Luria, a 20-year Navy surface warfare officer whose served on two aircraft carriers and as shore maintenance coordinator for a third.

    Essentially, the ship can’t deploy,” Luria said. “It can’t carry ammunition.” She said the Navy and Huntington Ingalls are trying to solve new problems with doors and hatches lining elevators shafts that don’t meet specifications.

    un autre #feuilleton sans fin
    (à noter le peu de créativité des épisodes successifs)

  • Benalla, une zone d’ombre dans les comptes de campagne de Macron
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/07/29/benalla-une-zone-d-ombre-dans-les-comptes-de-campagne-de-macron_5494526_3224


    pas de crédits, image invisible dans l’article

    le #feuilleton_Benalla

    Selon nos informations, des versements à des membres du service d’ordre du candidat à la présidentielle auraient échappé au contrôle de la CNCCFP. Des anciens du SO interrogés par « Le Monde » évoquent d’autres bizarreries dans la gestion des notes de frais.

    Le 10 décembre 2016, Emmanuel Macron réussit sa démonstration de force. Le candidat à l’élection présidentielle réunit, selon son équipe, 15 000 personnes porte de Versailles, à Paris. Ce succès est aussi celui d’Alexandre Benalla, tout juste nommé directeur de la sûreté et de la sécurité d’En Marche !

    A l’époque, c’est un inconnu de 25 ans. Aujourd’hui, difficile de le rater sur les images du meeting. Il ouvre le chemin à Emmanuel Macron, bousculant parfois les militants et les photographes. Sur ces clichés, on peut aussi identifier de futurs piliers du SO, le service d’ordre. Comme Kamel « Gladiateur », Jamel « Judoka » ou « Tino », un professionnel basé sur la Côte d’Azur et venu spécialement à Paris. Selon les informations du Monde, la petite société parisienne Tego Sécurité a aussi fourni une dizaine d’hommes.

    La présence de ces professionnels n’a pourtant pas laissé d’autre trace. Dans les documents remis à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), les dépenses pour la sécurité du meeting se limitent aux 16 500 euros versés à VIP Sécurité, un gros acteur du secteur. Selon ses factures, cette société a fourni une quarantaine d’agents chargés du contrôle des accès du public ou de la sécurité incendie, loin du candidat lui-même.

    Des membres du SO présents ce jour-là assurent au Monde qu’ils n’étaient pas bénévoles. « J’ai été payé plus tard au QG de campagne, de la main à la main par Benalla, 120 euros en liquide », raconte l’un d’eux, affirmant avoir aussi assisté à une distribution de billets « pour dix gars », après un meeting à Lyon, début février. Ce garde du corps expérimenté a demandé à rester anonyme : « La sécurité est un petit milieu. » Il a enchaîné les meetings et les déplacements de décembre 2016 à mai 2017, mais la plus ancienne fiche de paie qu’il peut nous présenter date de février, deux mois après son arrivée au SO.

    Il n’est pas le seul à raconter avoir vu circuler des billets au QG de campagne, pour rémunérer des missions ou rembourser des notes de frais. Si les sommes concernées sont difficiles à évaluer, de tels versements seraient par nature restés intraçables et auraient échappé au contrôle de la CNCCFP, chargée de valider l’ensemble des dépenses de campagne.

    Joint par Le Monde, Alexandre Benalla a démenti que des rémunérations aient pu être versées en liquide au sein du service d’ordre. Il a assuré que ces questions n’étaient pas de son ressort, renvoyant aux responsables financiers de la campagne et du parti.

    #si_Benalla_le_dit
    #paywall, mais c’est pas grave ;-)

    • Le Monde est reparti en campagne, … ou il a décidé de lancer une nouvelle série d’été.
      Après le précédent à 6h30, celui ci à 10h.

      Dans le téléphone « perdu » de Benalla : « Tous des cons Alexandre sois zen et fort »
      https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/07/29/dans-le-telephone-perdu-de-benalla-tous-des-cons-alexandre-sois-zen-et-fort_

      L’ex-chargé de mission disait l’avoir égaré... les enquêteurs ont retrouvé plusieurs messages échangés avec l’Elysée, tous supprimés.

      « Monsieur le Président, hier après-midi j’ai été invité par la Préfecture de Police à observer de l’intérieur la manifestation du 1er-Mai, j’ai donc été équipé d’un casque et intégré à une équipe de policiers en civil et accompagné par un major de police. En fin d’après-midi nous nous sommes retrouvés place de la Contrescarpe, où la situation a plus que dégénéré, je ne me suis alors pas cantonné à mon rôle d’observateur (…) La scène assez violente a été filmée et même si on ne m’identifie pas très nettement je suis reconnaissable. Cette vidéo tourne actuellement sur les réseaux sociaux. Alexandre. »

      Ce message, Alexandre Benalla dit l’avoir adressé via Telegram à Emmanuel Macron dans la nuit du 1er au 2 mai 2018, soit quelques heures après l’épisode de la Contrescarpe. Le jeune chargé de mission l’a ensuite transféré, peu après 9 heures du matin, à Alexis Kohler. Discrètement entendu par l’Inspection générale de la police (IGPN), les 17 et 18 avril 2019 (Patrick Strzoda l’a été en mars), le secrétaire général de l’Elysée a montré aux enquêteurs le numéro de téléphone expéditeur du message. Il s’agit du « 06 » de M. Benalla, mais pas n’importe lequel : celui correspondant à son fameux portable « personnel » – un appareil resté à ce jour introuvable.

      « Je l’ai perdu (…). Je ne l’ai plus (…). Je ne souhaite pas donner d’éléments sur ce téléphone », répétait M. Benalla lors de sa première garde à vue, le 21 juillet 2018. Il s’était présenté aux policiers de la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) avec son seul téléphone professionnel. (…) Les données de son autre portable, le personnel, auraient été conservées « sur une clé USB », ajoutait-il le 5 octobre 2018, mais « il faut que je la trouve (…) dans mes affaires qui sont en Normandie ». Lors d’un nouvel interrogatoire, le 19 février 2019, l’ex-adjoint au chef de cabinet de l’Elysée expliquait que la clé « s’était perdue dans [ses] déménagements successifs ». Il remettait pourtant aux enquêteurs la copie imprimée du message transféré le 2 mai à M. Kohler.

      Aidés par le témoignage de ce dernier et les réquisitions adressées par les juges à l’opérateur téléphonique, les enquêteurs ont retrouvé la trace du téléphone. Et découvert que le 22 juillet 2018, à l’issue de la première garde à vue de M. Benalla, le portable soi-disant « perdu » retrouve son activité et entre en correspondance à 22 h 01 avec le chef de cabinet de Brigitte Macron, Pierre-Olivier Costa. « L’assertion de M. Benalla, le 21 juillet 2018 : “Cet appareil, je l’ai perdu”, est fausse », concluent dès lors les enquêteurs.

      Ça commence fort. La suite derrière le #paywall

  • Quand « Mimi » Marchand, proche du couple Macron, hébergeait Alexandre Benalla
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/06/20/quand-la-photographe-du-couple-macron-hebergeait-alexandre-benalla_5478938_3


    image sortie de la pochette surprise -> pas de crédit

    « Mimi » va-t-elle à son tour être rattrapée par l’affaire Benalla ? Selon une enquête du magazine « Envoyé spécial » de France 2, qui devait être diffusée jeudi 20 juin, Michèle Marchand, patronne de l’agence photographique Bestimage, a hébergé Alexandre Benalla en juillet 2018, au plus fort du scandale, dans un appartement de l’Ouest parisien. Reine de la presse people, Mme Marchand est aussi la redoutable gardienne de l’image du couple Macron depuis l’été 2017.

    Chokri Wakrim, un militaire impliqué dans le contrat négocié par M. Benalla avec un oligarque russe, l’a confié aux journalistes d’« Envoyé spécial ». Selon lui, Mme Marchand aurait même mis à la disposition de l’ex-adjoint au chef de cabinet d’Emmanuel Macron un des « sous-marins » de Bestimage – une camionnette à vitres teintées permettant de « planquer » ou de se déplacer sans être repéré, dans le jargon de paparazzi comme de policier. « On utilisait une camionnette de la société Bestimage (…) qui sert d’habitude à spoter [photographier] les gens », explique ce témoin.

    Interrogée à deux reprises par l’équipe d’« Envoyé spécial », Michèle Marchand a seulement reconnu avoir « peut-être prêté [sa] voiture deux ou trois fois fin juillet », mais jamais accueilli Alexandre Benalla, « même pas pour prendre l’apéritif ». Ce dernier vient pourtant de confirmer le 15 juin le témoignage de Chokri Wakrim : « Chez “Mimi”, je suis resté une semaine facile. Elle m’a aussi proposé de l’argent mais j’ai refusé. » Et M. Benalla d’ajouter : « Franchement, je vois pas pourquoi elle assume pas. C’est elle qui m’a proposé de m’aider, moi je ne lui ai rien demandé ! »

    #paywall, mais le contenu ne devrait pas tarder à apparaître un peu partout,…

    suite du #feuilleton_Benalla

  • Quiche de verdure
    http://www.cuisine-libre.fr/quiche-de-verdure

    Préchauffez votre #Four à 180°C. Étalez la pâte brisée dans un moule à tarte, piquez-la avec une fourchette. Enfournez 10 min. Lavez et nettoyez les verdures. Si besoin, enlevez les côtes trop ligneuses. Faites blanchir en les ébouillantant quelques minutes. Égouttez. Hachez la verdure en morceaux de la taille d’une bouchée. Dans un bol, battez vigoureusement les œufs et la crème. Salez et poivrez. Ajoutez les herbes aromatiques hachées. Déposez la verdure dans le fond de tarte. Parsemez de fromage…

    #Feuilles, #Quiches,_pizzas_et tourtes / #Printemps, Four, #Familial, #Plat_principal, #Sans_viande, Ne jetez plus (...)

    #Ne_jetez_plus !

  • Quand la politique saoudienne fait irruption dans une série de ramadan - L’Orient-Le Jour
    https://www.lorientlejour.com/article/1116511/quand-la-politique-saoudienne-fait-irruption-dans-une-serie-de-ramada

    La politique saoudienne a fait irruption dans une série télévisée égyptienne avant sa diffusion au Moyen-Orient pendant le ramadan, en obtenant de la production le remplacement d’un acteur jugé controversé.

    La série Ard el-nefaq (La terre de l’hypocrisie), sous la pression du groupe audiovisuel public saoudien Saudi Broadcasting Corporation (SBC), a été contrainte d’éliminer de plusieurs scènes un personnage joué par le célèbre présentateur égyptien Ibrahim Eissa. Critique notoire de l’islam politique dans ses émissions, M. Eissa avait accusé l’Arabie saoudite d’utiliser l’argent du pétrole pour favoriser les idées extrémistes et terroristes.

    Résultat : des scènes ont été coupées et refaites sans Ibrahim Eissa « avec l’accord du producteur », a dit le directeur de SBC Dawood Shirian. Présent dans la bande annonce initiale, M. Eissa n’est plus visible dans la dernière version. Selon la presse égyptienne, qui cite le producteur, Gamel el-Adl, il y a deux versions de la série. Le producteur n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP. Son groupe el-Adl avait annoncé sur sa page Facebook que Ard el-nefaq serait diffusé sur une dizaine de chaînes arabes et de sites internet à l’occasion du ramadan qui vient de commencer.

    #feuilletons #ramadan

  • أول مسلسل رقمي من إخراج أمين درة : الدراما السورية تنهض « بدون قيد » ! | الأخبار
    http://www.al-akhbar.com/node/288827

    Une mini-série syrienne intitulée "Sans lien" (Bidoun qayd, je ne trouve pas de meilleure traduction) et qui a la bonne idée d’être sous-titrée en français. A comparer avec "le bureau des légendes" !!! Ci-dessous la promo (bien faite)

    https://www.youtube.com/watch?v=3C0av5Xk6Ng

    #syrie #feuilleton

  • Les dix jours qui ébranlèrent le monde, de John Reed.
    10 épisodes diffusés dans les Fictions de France Culture


    https://www.franceculture.fr/emissions/fictions-le-feuilleton/dix-jours-qui-ebranlerent-le-monde-de-john-reed-110-un-fils-de-la-revo

    Ayant lu avec un grand Intérêt et une attention profonde le livre de John Reed « Dix jours qui ébranlèrent le monde » je le recommande du fond du cœur aux ouvriers de tous les pays. Je voudrais que ce livre fût répandu par millions d’exemplaires et traduit dans toutes les langues, car il donne un exposé vivant et véridique des événements qu’il importe de connaître pour comprendre ce que sont la révolution prolétarienne et la dictature du prolétariat.
    N. Lénine
    (Préface à la nouvelle édition, numéro 16 de l’Internationale Communiste de Moscou)

    #journalisme #révolution_russe #John_Reed #Russie #bolchévisme #feuilleton #récit #fiction

  • points noirs sur fond rouge / 5
    par Dimitris Alexakis

    C’est une voix ; juste une voix, dans le noir, qui te raconte des histoires.
    C’est une violence personnelle.
    C’est une violence d’hommes. Une violence d’hommes de main, payés par la société sous-traitante ; et la société sous-traitante est payée par l’État.
    C’est une violence bienveillante : la voix demande des nouvelles de l’enfant, t’engage à être responsable ; à toi, à toi de voir, à toi de décider.
    C’est une proposition. (…)

    #récit #fiction #feuilleton #surface #nettoyage #précariat #précarité #travail #violence #Grèce

    http://www.vacarme.org/article3075.html

  • Avez-vous une #base_militaire américaine près de chez vous ? | Middle East Eye
    http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/avez-vous-une-base-militaire-am-ricaine-pr-s-de-chez-vous-139707020

    La pierre angulaire de cette stratégie de « #feuilles_de_nénuphar » est basée sur la recherche d’accords militaires bilatéraux avec de nombreux pays en développement, en vue de disposer de nombreux types de bases et d’accords offrant le maximum de flexibilité pour mener des opérations militaires.

    Pour que les #États-Unis puissent mener une campagne de grande envergure, les forces aériennes ont besoin de quinze à vingt bases réparties dans plusieurs pays.

    Ce paradigme envisage des bases principales d’opérations servant de centres, avec des installations associées siégeant en tant que sites temporaires pour les forces américaines, pour opérer en appui des activités régionales militaires.

    Ce réseau se compose de trois types d’installations : les bases opérationnelles majeures (MOB), les bases d’opérations avancées (SOF) et les sites de matériels prépositionnés (CSL).

    Les bases opérationnelles majeures (MOB) sont les plus importantes et se situent sur des territoires d’alliés fiables. Avec des forces stationnées en permanence, elles disposent d’infrastructures robustes et vastes, et des dispositions pour renforcer la protection des forces américaines, soutenir un grand nombre de forces et en recevoir un nombre encore plus important en temps de crise.

    Elles forment « une famille » de bases de soutien servant de plaque tournante à des opérations en appui de bases plus austères. Les exemples incluent la base de Ramstein (Allemagne), Midenhall (Angleterre), Vicence (Italie) et al-Udeid (Qatar), Kadena (Okinawa), Camp Humphrys (Corée de Sud).

    #lily_pads

  • Partager, par Hervé Brunon
    http://www.vacarme.org/article3014.html

    La question des #communs a pris une singulière actualité depuis une quarantaine d’années, et notamment le fameux article du sociobiologiste Garrett Hardin (« The Tragedy of the Commons », Science, 1968), objet d’une longue polémique. Nos utopies y trouvent un horizon pour repenser le vivre ensemble. Vacarme a souvent fait écho aux débats que suscite cette notion (voir par exemple « L’anti-recette des biens communs », Vacarme 56, été 2011), dont l’un des fondements imaginaires tient dans les droits d’usage que depuis le Moyen Âge, les populations villageoises avaient l’habitude d’utiliser sur les « communs » (en anglais commons) ou « terres communes » (common lands), pour la chasse, la pâture mais aussi, dans certains cas, les cultures vivrières. Or, cette question croise aussi celle des jardins dans leurs dimensions politiques et écologiques que cette chronique explore.

    Cahier / #Fronts, #Feuilletons, #Écologie, #Biens_communs, #Environnement, #Cultiver_notre_jardin, #Jardins