• Chaos climatique, impuissance #Politique
    https://lvsl.fr/chaos-climatique-impuissance-politique

    Incendies géants, canicules sans fin, #sécheresse généralisée… La France ne sortira pas indemne de l’été 2026. L’impréparation totale du pays aura coûté cher et inquiète, alors que ces catastrophes vont s’amplifier à l’avenir. Mais quelles leçons politiques en ont été tirées ? Si le marché a démontré son incapacité à répondre aux enjeux environnementaux et accentue le « chacun pour soi », le centre continue d’en faire le cœur de ses propositions. L’extrême droite considère elle l’écologie comme peu payante électoralement et combat la transition écologique par tous les moyens. Bien plus engagée sur le sujet, la gauche fourmille de propositions, mais devra les rendre désirables et crédibles et renoncer à certaines lubies.

    #Écologie #agriculture #canicule #clim #climat #climatisation #écologie #environnement #feux #Gironde #incendie

  • Pompiers en colère « Le sentiment d’être de la chair à canon »
    https://www.off-investigation.fr/pompiers-en-colere-le-sentiment-detre-de-la-chair-a-canon

    UN POMPIER SURVEILLE UN INCENDIE #A CLAOUEY, AU NORD DU BASSIN D’ARCACHON, LE 29 JUILLET 2026. | PHOTOGRAPHIE ROMAIN PERROCHEAU / AFP Copieusement hué ce 17 août au Porge, commune de Gironde ravagée par un incendie en juillet, le Premier ministre Sébastien Lecornu tente de blanchir la responsabilité de son gouvernement dans la gestion des feux qui dévastent le pays. Pas de quoi faire retomber l’immense colère des soldats du feu, comme en témoigne Xavier Boy, porte-parole d’une alliance de neuf syndicats de sapeurs-pompiers, et président du FA/SPP-PATS*. Entretien. Off Investigation : A ce jour, quel bilan tirez-vous de la gestion […]Lire la suite : Pompiers en colère « Le sentiment d’être de la chair à canon »

    #Politique #Société

  • Europe’s free satellite service just made it easier to track wildfires

    Copernicus Browser adds wildfire visualization amid record wildfire season.

    The wildfires afflicting communities across the world can now be tracked more easily by anyone using Europe’s free and open satellite imagery service—all thanks to a wildfire visualization script originating from nearly a decade ago.

    The #Copernicus_Browser provides free access to the latest satellite imagery taken by the European Space Agency’s Sentinel satellites for the European Union’s Earth observation program. The three satellites of the Sentinel-2 mission have proven especially useful for wildfire monitoring by providing multi-spectral imaging at resolutions as granular as 10 meters in visible light and near-infrared bands—and the Copernicus Browser previously offered 10 default visualization layers using different combinations of spectral bands.

    Now Copernicus Browser has also added a straightforward “wildfires” visualization layer for Sentinel-2 imagery that went live on August 4. Anyone clicking on this layer while looking at a wildfire location can see active fires in white or yellow, burning vegetation in red, and burned landscapes in dark brown or black.

    That helpful wildfire visualization enhancement comes from a script written in JavaScript by remote sensing expert Pierre Markuse. As explained by Geovisualization, Markuse’s script combines the red visible light band, the narrow near-infrared band to highlight the differences between healthy and burned vegetation, and the short-wave infrared 2 band to reveal burned landscape by revealing moisture levels in the soil.

    Users could previously add this script manually to Copernicus Browser sessions by copying and pasting it using the custom visualization option under the default layers.

    But Simon Proud, mission scientist for Sentinel-2 at the European Space Agency, pushed to get the script integrated into Copernicus Browser as a default option. He announced that the integration had finally happened in a Discord channel on a server run by the investigative journalism group Bellingcat.

    There are other existing and emerging satellite constellations capable of detecting and monitoring wildfires and wildfire smoke. NASA’s FIRMS tool provides free access to a global map of fires detected by NASA satellite sensors and is rapidly updated within several hours—although such NASA satellite imagery is only available in coarser resolutions down to 250 meters.

    By comparison, the Sentinel 2 satellite imagery is updated every few days but provides much higher resolution imagery in certain bands down to a 10-meter spatial resolution. That makes it arguably the best free and publicly available tool for delivering higher-resolution satellite imagery of everything from wildfires to war zones.

    Unfortunately, there is no shortage of wildfires to keep an eye on across the world as climate change exacerbates traditional wildfire seasons. Much of Washington and Oregon is experiencing wildfires and smoke, Canada’s wildfire season is on track to be one of the country’s worst, and firefighters continue to battle blazes in France and Spain, where hundreds of thousands of people have evacuated during a record-breaking wildfire season.

    https://arstechnica.com/gadgets/2026/08/europes-free-satellite-service-just-made-it-easier-to-track-wildfires

    #monitoring #feux #incendies #feu #satellites #images_satellites #image_satellite #cartographie #visualisation

  • La #France sous les flammes : la faillite criminelle du #néolibéralisme

    La France brûle, et nos dirigeants ne font qu’aggraver une situation qu’ils connaissent pourtant parfaitement. Sont-ils totalement irrationnels ? Non, répond cet éditorial, ils appliquent juste le #dogme_néolibéral qui nous entraîne dans l’abîme.

    Nos dirigeants sont-ils devenus totalement irrationnels ? Sinon, comment expliquer qu’ils s’acharnent à faire l’inverse de tout ce que les scientifiques recommandent ? Pourquoi, alors que les rapports sur les catastrophes climatiques à venir s’empilent sur leurs bureaux depuis des décennies, font-ils tout pour ne pas nous protéger de ces cataclysmes ?

    Si on leur fait crédit d’une certaine capacité de raisonnement, une autre hypothèse serait celle de l’#aveuglement_dogmatique. Ce que viennent souligner les #canicules et #incendies catastrophiques de l’été 2026, c’est l’#échec patent du néolibéralisme que nos élites pratiquent assidûment.

    Commençons par le constat. Les meilleurs climatologues du monde préviennent, via le Giec notamment, de la forte hausse des risques d’incendies, partout en Europe, liée au #changement_climatique. On sait que l’augmentation des canicules et sécheresses accroît fortement les risques de feux.

    Une politique d’#anti-adaptation

    Pourtant, on ne cesse de planter et replanter des #monocultures de #résineux, plus rentables que de vraies #forêts mais que l’on sait être ultra-inflammables.

    Pourtant, l’#Office_national_des_forêts, chargé d’entretenir et protéger nos forêts, notamment contre les incendies, a perdu 40 % de ses effectifs entre 2000 et 2022, et le gouvernement ne cesse de menacer de nouvelles coupes dans les effectifs.

    Pourtant, en 2024, le Premier ministre Gabriel Attal supprimait le #budget qui aurait permis d’acheter deux #Canadair supplémentaires.

    Pourtant, sur les 16 nouveaux Canadair promis par Emmanuel Macron après les incendies dévastateurs de 2022, seuls 4 ont été commandés, et seront livrés avec beaucoup de retard.

    Les Services départementaux d’incendie et de secours sont au bord de la rupture et les départements alertent en vain depuis des années sur le manque de #moyens.

    Le bilan est tout aussi accablant concernant les canicules. La France a déjà subi quatre vagues de chaleur extrême en 2026 ; les scientifiques alertent depuis des années sur la multiplication de ces évènements, mais nous ne nous y sommes pas préparés.

    En juin, le Haut Conseil pour le climat taclait sévèrement le retard de la France, par exemple dans l’isolation des bâtiments, et des budgets pour les politiques écologiques qui sont coupés drastiquement alors même qu’il faudrait les augmenter rapidement.

    Encore plus surréaliste : le gouvernement agit pour aggraver notre vulnérabilité. En pleine canicule du mois de juin, nos dirigeants ont décidé de remettre sur le marché locatif les pires #passoires_thermiques, où étouffent les locataires les plus précaires. En pleine sécheresse extrême, la loi d’urgence agricole, surnommée « nouvelle #loi_Duplomb », prévoit d’augmenter l’#accaparement_de_l’eau par l’#agro-industrie.

    La fuite en avant du #néolibéralisme_zombie

    Pourquoi cet acharnement à foncer dans le mur ? « Parce que nos dirigeants sont prisonniers d’un modèle », répond l’économiste Cédric Durand, coauteur de Comment bifurquer. Les principes de la planification écologique (ed. Zones, 2024).

    « La France est coincée dans ce que l’on appelle le néolibéralisme zombie. La croyance qu’il faut toujours baisser le coût du capital, baisser le coût du travail, taxer moins, et que c’est ça qui va produire de la #croissance et du PIB. On fait toujours ce pari alors que la période où cela pouvait fonctionner est révolue — si ça a fonctionné un jour », dit-il.

    Le terrible bilan politique énuméré ci-dessus répond à deux logiques propres au néolibéralisme : un affaiblissement massif des #services_publics et une foi inébranlable placée dans les vertus du #marché, qu’il convient de déréguler autant que possible. Via ces politiques, la finalité de l’État est de permettre au capital d’accumuler toujours plus de richesse.

    Au nom de l’#austérité_budgétaire, et du refus catégorique de taxer davantage le capital ou les plus hauts revenus, le gouvernement coupe les budgets publics partout où cela n’est pas jugé favorable au marché. Or, le changement climatique ne répond précisément pas aux logiques de marché.

    « En Gironde, je suis sûr que les entreprises auraient aimé que l’État dépense plus pour l’achat de Canadair. C’est le paradoxe du capitalisme qui veut payer toujours moins de taxes mais réclame ensuite que l’État le protège », dit Cédric Durand.

    Nous touchons là à ce que l’économiste marxiste James O’Connor appelait « la seconde contradiction du capitalisme ». Celui-ci, pour se développer, doit exploiter toujours plus les ressources naturelles et les écosystèmes, mais il détruit, ce faisant, ses propres conditions d’existence. Il en vient donc, autre contradiction, à appeler l’État à l’aide, ce dernier s’étant pourtant volontairement affaibli et ayant détruit ses services publics, au nom du soutien au capital.

    Derrière la stratégie néolibérale, c’est le moteur fondamental du capitalisme qui est en jeu : il lui faut accumuler toujours plus de capital dans une course infernale et complètement irrationnelle.

    « Cette tendance à élargir sans cesse les domaines d’#accumulation_du_capital, et les sources de profit, par exemple à de nouvelles dimensions de la nature comme les gènes et les microorganismes, est vitale pour le capitalisme. Il meurt s’il arrête », souligne l’économiste Hélène Tordjman, autrice notamment de La croissance verte contre la nature (éd. La Découverte, 2021).

    « Je m’interroge sur la vision de nos élites qui persévèrent dans cette voie. C’est une #rationalité de très #court_terme, qui vise à accumuler très vite jusqu’à la catastrophe, et après moi, le déluge », dit-elle.

    Pour la chercheuse, l’hypothèse d’un aveuglement dogmatique de nos dirigeants n’est pas suffisant. L’accumulation des catastrophes ces dernières années est telle qu’elle aurait dû faire éclater n’importe quelles œillères idéologiques. Si l’on continue de foncer dans le mur, ce serait donc en toute connaissance de cause.

    « On est dans une logique d’intérêt de classe bien comprise, d’une classe dominante qui s’est autonomisée, et qui assume que seuls les plus puissants et les plus forts pourront survivre et vivre dignement », dit Hélène Tordjman.

    Le milliardaire étasunien Warren Buffet le disait déjà en 2006, dans une célèbre formule : «  Il y a une #guerre_des_classes, c’est un fait. Mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre et qui est en train de la gagner . »

    De guerre des classes à guerre contre l’ensemble du vivant

    Rien de nouveau sous le soleil ? Sauf que la séculaire guerre des classes est devenue, dans l’Anthropocène, une guerre contre l’ensemble du vivant, qui ne menace plus seulement l’essentiel de la population d’#exploitation mais de #destruction. En toute connaissance de cause.

    « Si nous persistons dans cette voie, l’avenir de notre espèce est sombre », alertaient déjà plus de 1 000 scientifiques français dans une tribune en 2020, qui dénonçait « l’inconséquence et l’#hypocrisie de politiques […] promouvant un #consumérisme débridé et un libéralisme économique inégalitaire et prédateur ».

    Six ans plus tard, le pays est à sec tandis que l’on prévoit de multiplier les #mégabassines pour l’agro-industrie, les forêts brûlent tandis que les #pompiers épuisés sont en manque d’effectifs et les budgets des politiques environnementales fondent comme neige au soleil.

    « Nous avons besoin de transformations structurelles, capables de penser au temps long que les mécanismes de marché sont incapables de prendre en compte », dit Cédric Durand. Pour y parvenir, l’économiste propose de nombreux outils de planification dans son ouvrage, à l’instar de nombreux penseurs des mondes postcapitalistes.

    Reste à trouver le moyen d’opérer la bascule. Un prérequis semble être de savoir nommer les responsables. Lorsque nos dirigeants néolibéraux apportent sous un cynisme à peine voilé leur solidarité aux victimes des incendies, ils méritent plus que jamais leur étiquette de #pompiers_pyromanes.

    https://reporterre.net/La-France-sous-les-flammes-la-faillite-criminelle-du-neoliberalisme
    #incendie #incendies #feu #feux #rationalité #irrationalité

  • 200 000 personnes évacuées à cause des #incendies : un #exode_climatique, premier du genre en France

    Sous nos yeux se dessine brutalement, en cet été 2026, une préfiguration effrayante de notre avenir. Le #changement_climatique est passé des concepts des rapports du Giec à la réalité du quotidien.

    L’air au souffle infernal les jours interminables de #canicule, l’interruption du vol familier des insectes et des oiseaux, la #sécheresse qui rend arides les paysages et les inondations qui lui succèdent au gré de pluies et grêles diluviennes. Et, désormais, les #feux sans cesse plus monstrueux, dévastateurs, grands comme dix fois Paris cette année, et dont la fumée s’est répandue ce week-end du Var, des Landes et de la Gironde à plus de 500 kilomètres, jusqu’en Auvergne et dans le Val de Loire.

    Lueur d’espoir au milieu du désastre, le dévouement sans limite des pompiers et des gendarmes a permis l’évacuation de plus de 200 000 personnes en dépit des conditions dantesques. Ce mouvement de population, jamais vu en France depuis la défaite de 1940, a un nom : il s’agit d’un exode climatique, le premier du genre dans cette ampleur, avec ses colonnes de réfugiés sur les routes abandonnant tout derrière eux.

    Tout cela serait déjà grave et inquiétant si notre pays était prêt à affronter ces nouveaux périls. C’est peu de dire qu’il ne l’est pas. À part les masques FFP2, héritage de la dernière crise sanitaire, la France manque de tout, à commencer par les avions bombardiers d’eau et les effectifs de soldats du feu professionnels.

    Au-delà, où que les yeux se tournent, l’#inadaptation est globale, conséquence d’un #sous-investissement endémique. On ferme des lits d’hôpitaux ; les passoires thermiques restent le lot commun des logements, des écoles comme des Ehpad ; la climatisation des lieux publics est l’exception ; les villes étouffent, faute de moyens pour revoir l’#urbanisme ; le réseau ferré est hors d’âge ; l’électrification du parc automobile est repoussée.

    Si gouverner c’est prévoir, la #faute des gouvernants est inexcusable. N’importe quel travailleur convaincu d’une telle négligence serait renvoyé sur-le-champ. En 2027, le chantier sera titanesque et le besoin de changement immense. La gauche a neuf mois pour convaincre qu’elle est à la hauteur.

    https://www.humanite.fr/environnement/austerite/200-000-personnes-evacuees-a-cause-des-incendies-un-exode-climatique-premie
    #déplacés_internes #évacuation #incendie #feu #France #réfugiés #réfugiés_climatiques

  • Un commentaire fâché d’un camarade sur la séquence brûlante de cette fin juillet.

    Cher(s) amis (ou pas d’ailleurs), ceux qui ne sont pas de Bordeaux, j’aurais tellement de choses à vous dire sur ce qu’il se passe ici, sur ce qu’on vit, mais je n’ai pas la force de vous écrire tout ce que j’aurais à dire. Je vais quand même essayer de vous traduire ici ce que, moi, je vois et lit, pris dans la bulle informationnelle des algorithmes qui fout le vertige tellement on voit passer de choses sur cet incendie monstrueux. Noté que tout ce que je dit est peu etre parfois exagérer, que ça n’est que mon point de vue a l’instant T, que je ne sait pas tout, ni n’est tout les éléments en ma conaissance, et que j’ai observé tout ceci a travers la lorgnette des réseaux sociaux pour l’essentiel. Je laisse volontier ceux qui vivent comme moi, plus ou moins de pres de cet incendie, apporté de la contradiction/rectification. Enfin le texte est long, pessimiste en grande partie et a charge, et chargé emotionellement, j’en est conscience. J’avais besoin d’exprimé tout cela, meme si personne ou presque ne lira, car ça me trottine dans la tete nuit et jour.

    Voici :

    Je pourrais parler des pompiers qui, pour certaines sections, sont composées d’une écrasante majorité de pompiers volontaires non professionnels, car, comprenez-vous, les pompiers professionnels bénéficient d’un code du travail, avec une rémunération horaire qui coûte plus cher que la masse des volontaires... (Ouais ouais, en pleine crise on fait des économies ! À tel point qu’un syndicat de pompiers s’en est plaint, ne comprenant pas pourquoi, pour de bêtes questions de planning, les pompiers pros ne sont pas ou peu envoyés sur les incendies... Voilà qui laisse songeur.) Ces pauvres types, volontaires donc, ne sont même pas équipés de masques, simplement de cagoules en Nomex qui ne filtrent rien du tout. Peut-être en disposent-ils mais ne les mettent pas ? Dans l’urgence, lorsqu’on bouge beaucoup, il est difficile de respirer avec un masque, même un simple FFP2 sous une cagoule, je le sais en toute connaissance de cause. On envoie donc des gens sacrifier leur santé parce qu’ils sont, euh bah... gentils, pendant qu’on fait des économies de l’autre ! Trop bon, trop con, comme on dit.

    Au fil des premiers jours, voyant que le gouvernement était complètement nul dans sa planification, on a vu sur les réseaux une quantité de bonne volonté et d’initiatives, de leur propre chef, sans demander la permission à personne, d’agriculteurs, de citoyens travaillant dans le BTP et disposant de matériel utile, venir prêter main-forte aux pompiers qui sont complètement dépassés par l’ampleur de la catastrophe. Et ça marche ! Ceux-là ne comptent pas leurs heures, ils sont venus dans un sentiment de solidarité qui fait un bien fou au moral, soudain c’est toute la société civile qui fait front, sans attendre rien d’un gouvernement dont personne, eh bien, n’attend plus rien justement !

    Et qu’apprend-on de notre préfète elle-même ? Que les agriculteurs, le BTP, les associations et les refuges d’animaux ne sont pas les bienvenus ! Oui oui... ce gouvernement, aigri de se voir dépassé par toute cette solidarité dont il est lui-même atrophié jusqu’à la moelle, se trouve très gêné par ce « débordement » de générosité humaine... Comprenez-vous, il ne voit pas d’un très bon œil de perdre le contrôle. Perdre le contrôle d’un incendie ne semble pas l’inquiéter autant que perdre le contrôle sur les masses... masses pourtant bien inoffensives, ça en dit long sur leur « projet ». L’argument de notre préfète, en chefaillon tout chafouin, est que ça poserait des problèmes d’organisation ! PARDON !!! (Oui, là on s’étouffe devant un culot pareil.) Ceux qui aident sont donc sommés de s’inscrire sur des listes, de demander des autorisations d’accès... Certes, un incendie c’est dangereux pour qui n’est pas formé, certes, un Canadair qui largue des tonnes d’eau sur ceux qui seraient en bas, par manque de coordination, eh bien ça tue. Seulement voilà, le pékin moyen et le gueux de base n’étant pas complètement cons, ils dialoguent avec les pompiers, tout aussi issus du même milieu, et tout ceci fonctionne à peu près, fort d’une bien plus grande flexibilité, d’une adaptation en temps réel, deux choses dont le grand État planificateur et mégalo semble complètement dépourvu. Pensez-y, zéro mort chez les bénévoles... comme quoi.

    Il faut donc bien comprendre que le pouvoir a peur d’une chose : perdre le contrôle, que les masses se parlent sans sa médiation, car les gens pourraient se rendre compte que, tout compte fait, ils s’en sortent sans gouvernement, ils s’en sortent même mieux ! Vous imaginez ? Tout ce pognon de dingue a payé des ministres grands ordonnateurs de la connerie et du tout pour le fric (mais le leur !) Pour rien ! On voit donc un gouvernement aigri, qui ne supporte aucune critique (à les écouter, ils ont tout bien fait, et ne se trompent jamais... C’est bien là la marque, le signe de l’incompétent démasqué qui pousse des cris outrés pour cacher son inutilité et son parasitisme).

    Bref, fort de ces beaux élans de solidarité citoyenne, et cela fait très longtemps que l’on n’en a pas vu de tels ! Je voulais participer à tout cela. Je me dis que, avec mes compétences propres, je pourrais venir prêter la main en me rendant au parc des expositions de Bordeaux où sont pris en charge les milliers de réfugiés des incendies, ceux qui ont dû quitter leurs logements car en zone évacuée (on parle de 220 000 personnes sur le département !). Je me dis que des tas de gens sont capables de faire à manger, collecter les dons, stocker, héberger, faire le taxi, etc., mais que moi, je sais faire des choses moins vitales pour les gens, mais aussi, peut-être, plus rares, à savoir les divertir, amuser les enfants, leur apprendre des trucs avec trois fois rien. Juste un petit moment à offrir pour les sortir de leurs préoccupations. Je voulais venir proposer des petits ateliers de jonglerie pour les enfants, pourquoi pas une petite démo, un petit spectacle à la fin. Histoire de faire ma part.

    Je veux donc m’y rendre, à l’improviste, car en un sens c’est le plus beau témoignage de l’attention portée aux autres : venir en aide sans prévenir, sans rien attendre en retour d’autre qu’un moment de partage dans cette période où nos corps sont en alerte non-stop, épuisés et angoissés par un avenir... eh bien sans avenir justement ! Seulement, les autorités nous enjoignent à ne pas nous rendre sur place, mais à remplir un formulaire en ligne pour le bénévolat. Soit, je ne suis pas là pour faire chier le monde, je me plie à l’exercice et me dis que c’est légitime, après tout il faut organiser un minimum ce bordel. Sauf que voilà, et là déjà ça me fait drôlement tiquer. On nous propose des plages horaires de disponibilité façon 3/8, déjà la spontanéité en prend un coup dans la gueule, voilà qu’il faut pointer comme à l’usine même si t’es bénévole ! Drôle de conception... mais je passe outre de cette sensation désagréable, qu’il y a déjà comme une couille dans le potage.

    Je remplis donc ce formulaire et l’envoie, puis, plus rien, pas de réponse, nada, peau de zob. Je me dis que c’est OK, ils sont débordés, il n’y a pas de souci, puis bon, ce n’est pas mon petit ego, syndrome du sauveur, qui doit primer sur l’intérêt général. (Déjà, quand tu dois t’excuser de vouloir aider autrui, en ton fort intérieur, pendant que les enc* d’en face ont littéralement arnaqué l’UNEDIC, vont se porter garants du financement de la campagne de Fafland, c’est qu’il y a un truc qui déconne et ce n’est pas toi le problème).
    Et puis le temps passe, on voit notre bien-aimé maire macroniste de la 1ère heure parader dans les allées du parc des expos, il joue tellement bien son rôle qu’il y paraît affairé parmi les bénévoles, sur le front, solidaire avec tous et toutes, il se veut rassurant, aimable et de bon cœur, on y voit un homme qui se bouge, nom de Dieu ! Bon, c’est aussi celui-là même qui a cosigné avec Attal, par décret, la suppression d’environ 50 à 53 millions d’euros de crédits dans le budget de la sécurité civile.

    OK, OK, on sait que le fabricant (Canadien) des avions Canadair a stoppé sa ligne de production et qu’il faudra du temps à redémarrer le schmilblick, et qu’il y a d’autres options sur la table... Bon, mais dites, hein, entre nous, même s’ils trouvent toujours les bonnes excuses qui vont bien, est-ce qu’ils ne seraient pas en train de nous prendre grave pour des c... les types ?

    Parce que c’est fou ça, les gars, si on les écoute, ils sont irréprochables, tout empire dans ce pays, ça fait des lustres qu’ils sont au pouvoir, mais ce n’est pas de leur faute, les pauvres bougres, pardi, qu’on leur baise les pieds à ces saints hommes ! (Et femmes, parce qu’il y a des c*nasses aussi, pas de sexisme ici.)

    Bref bref, je reçois finalement un mail qui me dit patati patata « merci pour votre engagement » patati patata « trop de bénévoles, merci bien mais non merci, on vous appellera si on a besoin de vous »... Et vous serez mobilisé pour la sainte nation de la mère patrie de sa mère, spiritum sancti, amène le pèze et nique ta mère (bon ça va, je rigole). Donc donc donc, OK OK, on n’a pas besoin de moi, je ne vais pas en chier un pendule.

    Et puis voila que nous parviennent d’étranges temoignages. Des refugiés se plaignent que la solidarité chaleureuse des début fait place petit a petit a une sinistre petite musique militaire, celle de l’organisation stricte, ont commence a mal leurs parlé, on refuse des bénevoles frais a l’entrée par ce que "le putain de formulaire" alors que d’autres sont en full time job a l’interieur, épuisé. Qu’il manquerait de benevoles (alors qu’on nous dit officiellement que non), que commence a se mettre en place un QR code aux entrées, que ça soule les benevoles et qu’ils se barrent en masse (qui auait pu predire !).

    Tout ces temoignages sur les reseaux, c’est surement un coup des russes ! C’est pratique les russes, ça fait toujours le mechant ideal ! Et notre bienveillent gouvernement grand planificateur stratège nous a prouvé sa valeurs dans le passé, ça ne se peut ! Foutaise, calomnie ! Il est au dessus de tout soupsons. Bon, pas que j’ai la moindre sympathie pour Poutine, mais c’est a dire qu’on a de plus en plus de mal a faire la difference entre lui, dicateur de son etat, et notre suzerain a nous apprenti dicateur qui prend du galon. C’est a dire que si un jour on nous envoyait se foutre sur la geuleu avec les russes, a force de se torcher avec la democratie, on aurait quand meme vachement de mal a voir ou c’est qu’il est le camp du bien.

    Revenons a nos moutons, tu la voit la douille ? C’est le gouvernement qui suinte a travers les portes et qui viens chié sur le paillasson, il a pas digéré que les gens s’auto organise sans lui, il etait pas invité a la fete alors qu’il a mis les lieux a dispositions et gratuitement en plus ! Bon la bouffe, les vetements et les croquettes pour chats (enfin tout le reste quoi) c’est pas l’etat qui fourni, ce sont les gens, a qui il reste de l’empathie (et un peu de reste a vivre en fin de mois) pour leurs prochain malchanceux. Bon sauf pour les pauvres qui vivent dans le bidon ville de bordeaux lac a meme pas 300m de l’autre coté de la rive... eux c’est differents, ils sont basané, drogué et ils puent, et de toute façon personne ne les vois, cacher par les arbres, le long de la rocade. Ouais hein... ça serait dommage de leurs fournir a eux aussi toute cette bouffe et un toit, faut pas tout melanger, l’ultra pauvre doit garder sa place, loin des regards. A chacun son camp de refugié.

    On pourrait aussi parler des risques de catastrophe industrielle si l’incendie parvenait à atteindre les sites de l’industrie militaire et spatiale (tu as aimé les vents de fumée option odeur de bois cendré ? T’es pas prêt pour la version upgradée : vents radiotoxiques et chimiques). Visiblement, personne n’a semblé bon de prévenir un minimum la population, hormis quelques Cassandre anonymes comme moi. C’est seulement plus tard que ça a fait tilt dans quelques articles à la marge. Et nous pouvons faire confiance à la grande muette pour balayer sous le tapis et fermer sa gueule si elle a fait une connerie. Pas pour rien qu’on l’appelle la grande muette. On en est rendu à prier pour que le génie militaire ait bien fait son job, et c’est pas gagné. Qu’on se rassure, la super star médiatique, l’A400M, est sur le coup. Bon, il s’agit d’un unique prototype et il lui faut 3-4 h pour faire un aller-retour depuis Istres et balancer son retardant, mais ça va, nous sommes rassurés !

    Il y a aussi les gogos, tout contents, qui réclamaient les Centaures à grands cris (pas les hommes-poneys, les hommes-cognes turbo-gendarmes dans leurs fabuleux destriers blindés que même les ruskofs du FSB vont nous envier). Macron a exaucé leurs vœux le plus cher, les 10 Centaures sont arrivés.

    Bon, ils ne serviront presque à rien contre l’incendie, par contre ils sont encore bien frais, tout beaux, tout neufs pour casser la gueule des pompiers et agriculteurs déjà bien épuisés par la lutte contre le feu, si jamais ces derniers mouftaient un peu trop fort sur le manque de moyens. C’est tout de même beau, les super Robocop arrivent toujours en retard quand ça chie dans la colle, mais ils sont toujours à l’heure pour distribuer les baffes ! Une vocation !
    Je pourrais dire aussi que, désormais, en plus de se taper des canicules de l’enfer dans nos passoires thermiques, annihilant toute volonté des jours durant, nous ne pouvons même plus sortir de chez nous. Les fumées envahissent les rues, nous obligent à fermer nos fenêtres la nuit, en pleine canicule, on a réussi ce miracle de pourrir jusqu’à l’air qu’on respire.
    Aussi, si vous voulez savoir si la macronie va mettre des choses en place pour qu’un tel incendie n’arrive plus, il vous suffira d’écouter attentivement la réunion en salle de crise du CODIS lors de la visite de Macron premier (et dernier, c’est le fameux « en même temps »). Vous en aurez pour votre argent !

    Les gogos applaudissent le maire de Biganos pour avoir fait fermer sa gueule au père Macron ; il l’a insulté, en sous-texte, de « Parisien » ! Vous vous rendez compte ? Mais quel incroyable acte subversif !

    Bon, les gogos n’ont pas compris que rien ne va changer, c’est entendu : la sylviculture du pin maritime, bien en rang, n’est pas remise en cause. On va simplement sacrifier 2 000 hectares de plantations pour faire des routes pare-feu plus larges le long des parcelles, finalement comme en 2022 ! Eeet c’est la chenille qui redémareuuu lalalala.. C’est à se tordre de rire.

    Les sylviculteurs, les communes concernées et l’État sont tous d’accord ! On fait tout comme avant, mais en y mettant du sparadrap ! On parie sur la redite : "c’est pas un échec [...] c’est que ça n’a pas marché" ?

    Et tout ça devant les yeux de tous : les gogos applaudissent le caractère hautement subversif d’un maire bien de chez nous, alors que lui-même ne remet rien en cause. Ils n’ont rien capté, les cons ! Alors que tout a été dit, là, devant leurs yeux.

    Je finirai par ceci, conscient que ma petite diatribe est bien inoffensive et que c’est du pain béni pour les sinistres des renseignements généraux (plus besoin de chercher dans le maquis les opposants politiques, ils se sabordent eux-mêmes en pleine place publique !)

    Je leur dis, à eux, la flicaille zélée et carriériste dans l’âme, et surtout à leurs imbéciles de maîtres, je dis avec joie et rire, même s’ils ne me liront pas : vous avez peut-être gagné, oui. Les productivistes, capitalistes, et ceux qui les protègent, êtes en train de gagner, vous allez saloper, détruire toute la planète et tout ce qu’elle avait de plus beau. Vous avez déjà exterminé la plupart des oiseaux et insectes que l’on n’entend plus ni ne voit plus, le climat est hors de contrôle pour des siècles, le rapport Meadows prédit 100 millions de morts par an en moyenne, en 2100 (certains tablent dès 2050), c’est-à-dire plus que le bilan de la Deuxième Guerre mondiale en 6 ans de conflit, et cela tous les ans. De quoi faire passer Mao, Staline et Hitler pour des petits joueurs.

    On sait qu’à un certain seuil de réchauffement climatique, l’agriculture ne produira plus rien et même émettra elle-même son propre CO₂, mécanisation agricole ou pas. Transformant nos beaux paysages (qui ont déjà pris un sacré coup dans la tronche) en déserts arides, juste pour du fric, du pouvoir et des gadgets technologiques plus débiles les uns que les autres !

    Preuve de votre culpabilité et de votre panique face à vos créations mortifères que vous seuls avez activement voulues, il vous faut moult drogues dures pour tenir le coup dans les ministères et dans les casernes (oui, on sait, faut arrêter de nous prendre pour des cons), tel un alcoolique qui boit pour ne plus voir son propre naufrage.

    Bravo, vous avez un don inégalé à détruire absolument tout ce que vous touchez et c’est une sacrée performance en soi : gagner pour tout perdre, voilà un concept qui a de l’avenir, vers l’infini et l’au-delà, surtout l’au-delà.
    Mais nous aurons, nous les pauvres crétins pas assez bons à vous servir sans broncher un peu, tout de même notre petit plaisir, de savoir que nous mourrons avant vous, vous laissant le plaisir de voir le pire arriver pour votre fin à vous.

    Soit, enfermés entre quatre murs dans vos bunkers de luxe ou pas luxe, ça reste une prison, prison qui, si vous aviez un peu de culture scientifique, vous sauriez vouée à l’échec, car le système isolé du monde et fonctionnant en circuit fermé ad vitam æternam ne fonctionne pas, ce sont les lois de la thermodynamique qui nous le disent. Cela revient a vouloir crée un genre de mouvement perpetuel. Mais comme vous êtes d’énormes brêles, vous ne pigez rien à ce que c’est, mais savez très bien faire semblant d’avoir tout compris avec force de vocabulaire technique, que l’homme de science peut démystifier en quelques minutes, et que vous aurez mis au placard depuis un bail pour avoir osé vous faire passer pour les cons que vous êtes.

    Remplacé par un autre homme de science plus consensuel et servile, mais aussi souvent plus incompétent que le précédent, vous voilà pris à votre propre piège de votre si brillant management.

    D’autant plus qu’il faudra aussi cohabiter avec vos brutes qui aiment tâter de la matraque ; de là à imaginer qu’elles ne se retourneront pas contre vous et deviendront vos tortionnaires, ça serait bien optimiste. Vous aurez donc la joie de vous entretuer entre congénères, puisque, en définitive, c’est bien la seule chose que vous ayez jamais su faire avec talent.

    Ce monde-là, plus dystopique que jamais, on vous le laisse, à votre bon plaisir !

    Car nous ne serons plus de ce monde pour sauver votre cul de vos propres contradictions, cette fois-ci. Car oui, c’est de la conscience professionnelle, de la gentillesse et du sacrifice désintéressé de vos semblables, bien plus vertueux que vous, et pourtant que vous méprisez, que vous devez votre survie à chaque crise.

    Il est à espérer que nous ayons tous la flemme cette fois-ci. Plutôt crever que de vous servir, ça aurait de la gueule comme fin. Santé ! Et crevez bien dans le futur les champions de la terre.

    En attendant, moi, je vais aller applaudir à 20 h à mon balcon, cette immense bouffonnerie.

    https://www.facebook.com/bruno.dujura/posts/pfbid02ikn8W6Xqk83NdMtMenb5HucMs2T2eZVji4vGz6sgiKrCdHA55k1TNATgh3sfHyzsl

    #feux_de_forêt #France #Gironde #incendie #écologie #démocratie #solidarité

  • En France, la saison des #feux 2026 bat tous les records | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/230726/en-france-la-saison-des-feux-2026-bat-tous-les-records

    De la forêt de Fontainebleau aux massifs de la Drôme, des Pyrénées-Orientales au Var et à la Corse en passant désormais par la Gironde, plus de 17 000 hectares ont été dévorés par les flammes depuis le début du mois, selon les données du Système européen d’information sur les feux de forêt (Effis), qui s’appuie sur des images satellitaires pour détecter les zones brûlées – il ne recense que les incendies d’au moins 30 hectares. Cela en fait le pire mois de juillet derrière 2022 (27 000 hectares)

    La méthodologie d’Effis diffère de celle des autorités françaises, qui ont indiqué le 20 juillet qu’« un peu moins de 40 000 hectares » avaient brûlé depuis le début de l’année. C’est « beaucoup plus que tout ce qui a été brûlé l’année dernière et à la même période en 2022, qui était déjà une saison exceptionnelle » en matière d’incendies, a précisé le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, sur France Inter.

    Sur une année complète, le record français s’élève à 66 300 hectares brûlés en 2022. Le total enregistré depuis le début de l’année 2026 représente près des deux tiers de ce niveau.

    https://www.datawrapper.de/_/1yRI4

    La France est touchée, comme de grandes parties du continent européen, par une forte sécheresse, conséquence notamment de la vague de chaleur historique qui a frappé cette région du globe en juin. De plus en plus intenses sous l’effet du changement climatique, les feux de forêt ont brûlé plus de 1 million d’hectares dans l’Union européenne en 2025 pour la première fois depuis le début des mesures d’Effis en 2006.

  • L’Épreuve du #feu. Habiter autrement la Terre

    La planète s’embrase. C’est du moins le sentiment qui domine au vu de l’actualité, désormais permanente, des incendies qui inquiètent en Europe, en France comme en Grèce, des #mégafeux qui dévastent aussi bien l’Australie que l’Amazonie et la Californie. Identifié comme un #danger pour le vivant et singulièrement pour les humains aux prises avec une nature incontrôlable, le feu est devenu un ennemi à combattre.
    Prenant le contre-pied de cette conception sécuritaire, Pauline Vilain-Carlotti nous invite à repenser le phénomène dans toute sa complexité. À la fois domestiqué et sauvage, terrifiant et fascinant, le feu attise les passions. Et pourtant, il a toujours été et doit rester un outil et un allié. Comment apprendre à vivre avec ces #feux qui se multiplient à l’heure du réchauffement climatique ? Sommes-nous prêts à intégrer cette nouvelle réalité dans nos politiques et nos modes de vie ? Loin des logiques technocratiques, Pauline Vilain-Carlotti appelle à s’inspirer des savoirs et des pratiques des gens des lieux.
    En proposant un essai aussi informé et engagé que saisissant et personnel, elle nous invite à réinventer notre relation au feu pour mieux habiter le monde de demain.

    https://editions.flammarion.com/lepreuve-du-feu/9782080162731
    #livre #incendie

  • Épisode 1/4. Mécaniques de l’incendie

    L’incendie de #Ribaute qui a ravagé les #Corbières en août 2025 a surpris par son ampleur. Au même moment, en #Espagne, brûlaient dix #feux de même intensité. Pour mieux nous préparer à ce qui nous attend, ce premier épisode plonge dans les mécaniques de l’incendie.

    Les Corbières sont un territoire de feux, pourtant lorsqu’arrive le cinquième grand feu de l’été 2025, ses habitant.es comprennent qu’ils ont affaire à quelque chose d’exceptionnel.

    « Quand j’ai relevé la tête et que j’ai vu le panache, je me suis dit celui-là il n’est pas petit », « C’est allé très très vite » confient Ludovic Esparza et Mélanie Bringuier, habitants de Saint-Laurent de la #Cabrerisse, épicentre de l’incendie et camp de base des pompiers pendant les jours de lutte. La stupeur, l’odeur, les fumées, les dégâts matériels, humains et psychologiques ; pour les habitants dont le village a été traversé par l’incendie, c’était « l’apocalypse ». Christophe Magny, chef de corps du SDIS de l’Aude, redoutait ce scénario. Depuis la caserne, et sur le stade qui abrité renforts, hélicoptères et tout ce qui a permis aux pompiers de lutter contre ces flammes extrêmes, il se souvient avec émotion de l’urgence de ces jours-ci : « Tous les éléments sont rassemblés pour qu’on ait les feux catastrophes. (…) Et je sais que cet incendie dépasse nos prévisions quand j’entends la voix qui passe les messages radios. »

    Intensité, taille, puissance ; Christophe Magny et Jean-Baptiste Filippi, chercheur au CNRS et expert en simulation incendie, nous aident à comprendre le comportement erratique de cet incendie préfigurant les feux de demain.

    Mais une fois le feu éteint, que reste-t-il parmi les cendres ? Karine Mirouze, du tiers-lieu paysan Beauregard où s’est organisée une base arrière de la solidarité dans les jours immédiats, décrit une « terre de trauma » :"On a besoin de prendre soin de la terre, mais pour prendre soin de la terre on a aussi besoin de prendre soin des gens". Pour Olga, qui a perdu sa maison en pleine garrigue dans les flammes « C’est la nature qui s’est révoltée. »

    Mathieu Bourgeois de la LPO de l’Aude nous conduit dans ce paysage post-incendie. Avec lui, nous arpentons un plateau entièrement brûlé. « On n’entend plus un oiseau, le silence est assourdissant. Mais on voit déjà l’herbe qui repousse, dès le printemps prochain il y aura à nouveau des graminées, des graines, les espèces vont revenir.  » prédit-il. Car avec Éric Rigolot, écologue du feu, nous comprenons que ce n’est pas tant le feu qui menace les écosystèmes méditerranéens, mais sa fréquence. Le problème, c’est l’anthropocène.

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/lsd-la-serie-documentaire/mecaniques-de-l-incendie-8294516
    #feu #incendie #podcast #audio

    • Épisode 2/4. Nous avons toujours brûlé

      Le feu n’a pas toujours été un ennemi. Longtemps il a même été l’allié des sociétés humaines. Comment alors expliquer que nous l’avons sorti de nos vies ? Et qu’est-ce que cette coupure a produit ?

      Sur une estive des Pyrénées Orientales, les pompiers, la sécurité civile et Carole Duperron de la société d’élevage du 66 s’affairent à la préparation d’un chantier-école brûlage dirigé : brûler dans des conditions strictement encadrées la végétation de surface afin de maintenir les milieux ouverts pour le pastoralisme et pour prévenir les incendies estivaux.

      Brûler ainsi n’est pas nouveau, c’est même l’héritage d’une pratique ancestrale. Élise Boutié, anthropologue, l’explique : « Nous avons eu plusieurs relations avec le feu en tant que société humaine, il a d’abord été utilisé par les populations autochtones, par les sociétés pastorales, c’était des feux avec qui on avait une relation. » Le foyer, c’est la maison. Et puis, au 19ᵉ siècle des politiques publiques ont construit le feu comme un ennemi intérieur, nous coupant de ces savoir-faire. Martine Chalvet, historienne, partagera avec nous ses recherches autour des acteurs industriels qui participèrent à la construction de l’incendie comme une menace.

      Pourtant avec Christopher Carcaillet, spécialiste des anciens régimes de feux, nous comprenons que le feu est un élément essentiel de certains écosystèmes. Comme celui du Pic St Loup où il nous amène un jour de grand vent. Avec lui nous lisons les cicatrices des arbres, témoins du passage de plusieurs incendies. « Un arbre est moins résilient à un feu au cours du 20ᵉ siècle qu’au 18ᵉ siècle. En un an il avait cicatrisé et pansé la blessure que lui avait infligée le feu. Aujourd’hui il faut 6 à 7 ans pour que l’arbre puisse retrouver son écorce. » explique l’écologue. Lire ainsi la nature, à rebours, c’est comprendre combien le dérèglement climatique modifie les cycles naturels.

      Carole Duperron est consciente de la délicatesse de l’exercice du brûlage dirigé dans un tel contexte. Mais cela permet aussi au pastoralisme de reprendre une place longtemps occupée en tant qu’outil de prévention incendie. Pour comprendre comment la déprise agricole est profondément liée au changement de régime de feu d’aujourd’hui, nous revenons dans les Corbières écouter Ludovic, Daniel Esparza et Karine Mirouze, vignerons, raconter comment la monoculture a façonné le paysage qui a brûlé l’été dernier. Ce qui brûle, c’est finalement le monde que nous avons fabriqué.

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/lsd-la-serie-documentaire/nous-avons-toujours-brule-9973650

    • Épisode 3/4. #Marseille. Quand la ville flambe

      Que se passe-t-il quand l’incendie franchit les collines et entre dans la ville ? En juillet 2025, le quartier de l’#Estaque, aux portes de #Marseille, a brûlé. Dégâts matériels, intervention des pompiers contestée : le #risque a changé.

      « J’étais en train de travailler dans le jardin et j’ai vu d’un coup la lumière au sol devenir orangée, j’ai compris qu’il y avait le feu » se souvient Julien Daniel. Comme lui, le 8 juillet 2025, de nombreux Marseillais ont observé la couleur cramoisie du ciel, puis le panache énorme, et une pluie de cendres. Ce jour-là, 90 habitations ont été touchées.

      À l’Estaque, quartier à flan de collines, le feu s’est propagé par les vallons. Pour Jordan Szcrupak, paysagiste et spécialiste de l’urbanisme de l’inflammabilité, ces endroits sont « emblématiques de toutes les problématiques des lisières périurbaines. » Avec lui nous arpentons ces rues sinueuses, bordées par des vallons boisés pour comprendre comment, « ces espaces résiduels, mal définis du point de vue de l’usage et de la propriété privée » ont permis une rapide propagation du feu « qui n’a que faire du découpage cadastral ». Cet incendie a été particulièrement violent pour les habitants du quartier qui déplorent ce qu’ils ont vécu comme une intervention tardive des pompiers. En réponse, Vincent Pastor, du SDIS des bouches du Rhône, nous partage ses inquiétudes sur la nouvelle « erraticité des incendies. Leurs comportements sont de plus en plus difficiles, ces feux vont vite, avec de très grosses intensités. » Les effets du dérèglement climatiques sont une composante supplémentaire dans ces incendies qui naissent comme ici en bordure d’une autoroute de sortie de ville, traversent des collines asséchées par les canicules et atteignent des espaces densément urbanisés.

      Comme Lucile Oza, qui a laissé sa maison derrière elle, la plupart des habitants ne s’attendaient pas à de tels dégâts. Six mois plus tard, dans un quartier marqué par les carcasses de maisons brûlées, le sentiment d’abandon par les autorités est toujours vif. Relogement, déblaiement, soutien : Mathilde Favier, présidente de l’association des victimes de l’incendie du 8 juillet 2025, et Pierre Ciavarella, habitant de l’Estaque, racontent les heures du feu, les jours qui ont suivi et la solidarité intense qui s’est déployée dans ce quartier au passé ouvrier : « Si on n’avait pas pu compter sur la solidarité de tout un chacun ça aurait été encore plus dur. Il n’y a eu aucune prise en charge véritable, je pense que les pouvoirs publics n’ont pas pris la mesure de la gravité de l’évènement. Ils commencent à peine à le faire. » Tandis que certains sont encore aux prises avec leurs assurances d’autres, comme les résidents d’un immeuble qui a entièrement brûlé attendent toujours des solutions de relogement. Ils vivaient là depuis 5 générations mais n’étaient pas propriétaires. Le feu exacerbe les inégalités. « S’il faut distinguer feux et incendie, il faut aussi distinguer feux, incendies, et risques. Qu’est-ce qui est en risque ? Les intérêts économiques » juge pour sa part l’anthropologue Élise Boutié.

      Réellement traumatisés, les citadins qui ont rencontré ce feu essaient de comprendre l’impact de ce dernier sur leur vie. Dans un futur où l’on peut s’attendre à ce que d’autres villes brûlent « essayer de tisser une relation à cet élément » semble une piste nécessaire.

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/lsd-la-serie-documentaire/marseille-quand-la-ville-flambe-9017249

  • Les #cyclistes ont peut-être raison de brûler #arrêts et #feux_rouges. Voici pourquoi

    Sur nos routes, les interactions entre les différents usagers de la route sont souvent une source de #frustration, avec en tête d’affiche celles entre #automobilistes et cyclistes.

    Par exemple, plusieurs automobilistes sont frustrés de voir les vélos traverser une #intersection sans s’immobiliser complètement, alors qu’eux-mêmes se voient dans l’obligation de le faire.

    Pour beaucoup, ce geste est perçu comme une marque d’#indiscipline, voire une double mesure pour les cyclistes. En effet, les cyclistes ne semblent pas encourir de véritable #risque à ralentir au passage d’un panneau d’arrêt plutôt qu’à s’y immobiliser.

    En comparaison, les automobilistes risquent une amende salée pour conduite dangereuse s’ils brûlent un arrêt.

    Alors, faut-il exiger des cyclistes qu’ils respectent les mêmes #règles de la route que les automobilistes, ou au contraire, reconnaître que ces règles ne reflètent pas toujours la réalité du #vélo_en_ville ?

    En tant que professeur de droit à l’Université d’Ottawa spécialisé dans les questions d’#urbanisme, j’ai étudié diverses approches réglementaires adoptées à travers le monde, qui présentent différents avantages et désavantages.

    L’#égalité stricte entre les cyclistes et les conducteurs

    Au Québec, comme dans d’autres juridictions, les codes de la route s’imposent à tous les usagers, qu’ils soient automobilistes ou cyclistes.

    Par exemple, tous les usagers doivent faire un #arrêt_complet aux arrêts et aux feux rouges. Lorsqu’ils contreviennent à ces règles, les cyclistes « sont assujetti(s) aux mêmes obligations que le conducteur d’un véhicule », selon les mots de la Cour suprême du Canada.

    Ainsi, peu importe les différences entre une voiture et un vélo, la loi les traite de façon égale. Bien sûr, cette égalité demeure souvent théorique, car l’application des règles varie selon les contextes et les comportements.

    Une égalité trompeuse

    L’application uniforme des règles de la route peut sembler juste, mais peut créer une #fausse_égalité dans les faits.

    D’une part, les #risques associés aux différents moyens de transport sont incommensurables. Une voiture qui franchit un #feu_rouge peut causer des blessures graves, voire mortelles. Un cycliste, en revanche, peut difficilement infliger de tels #dommages.

    D’autre part, l’#efficacité du vélo dépend du maintien de la #vitesse. S’arrêter complètement, encore et encore, décourage l’usage du vélo, malgré ses nombreux bénéfices pour la santé, l’environnement et la fluidité du trafic.

    Traiter de la même manière deux moyens de transport si différents revient donc à privilégier implicitement l’automobile, un peu comme si l’on imposait les mêmes limitations de vitesse à un piéton et à un camion.

    L’arrêt Idaho

    Plutôt que de traiter les vélos et les voitures comme étant égaux, certaines juridictions ont opté pour une autre voie. Un exemple notable d’un traitement différent est celui de l’État de l’#Idaho.

    En Idaho, depuis 1982, les cyclistes peuvent traiter un panneau d’arrêt comme un cédez-le-passage et un feu rouge comme un panneau d’arrêt. Plusieurs États américains (comme l’Arkansas, le Colorado et l’Oregon) et pays, comme la France et la Belgique, ont adopté des règlements semblables. Au Canada et au Québec, des discussions sont en cours pour adopter un tel règlement.

    Il est important de noter que l’#arrêt_Idaho ne cherche pas à légaliser le chaos sur les routes. En effet, les cyclistes doivent quand même céder la priorité aux voitures qui les précèdent au panneau d’arrêt, ainsi qu’en tout temps aux piétons, et ne peuvent s’engager dans l’intersection que lorsqu’elle est libérée.

    L’arrêt Idaho a trois avantages principaux.

    Premièrement, la règle reconnaît que les dynamiques du vélo diffèrent fondamentalement de celles de la voiture, et ainsi, que ceux-ci ne peuvent pas être traités de façon équivalente.

    Deuxièmement, l’arrêt Idaho permet de décharger les tribunaux et les policiers de #contraventions.

    Troisièmement, l’efficacité du vélo dépend de la conservation de l’élan. S’arrêter complètement, encore et encore, décourage l’usage du vélo, malgré ses nombreux bénéfices pour la santé, l’environnement et la fluidité du trafic.

    Les effets de la #réforme

    Face à ces deux approches très différentes quant au #Code_de_la_route des vélos, on peut se demander laquelle est la plus appropriée.

    Plusieurs études empiriques indiquent que l’adoption de l’arrêt Idaho n’entraîne pas d’augmentation des collisions routières.

    Certaines études suggèrent même une diminution modeste des collisions avec l’Arrêt Idaho. En effet, les cyclistes libèrent plus rapidement les intersections, ce qui réduit leur exposition aux voitures. De plus, les automobilistes deviennent plus attentifs aux mouvements des cyclistes.

    D’ailleurs, la majorité des usagers de la route, automobilistes comme cyclistes, ne respectent souvent pas les arrêts de façon stricte. Selon une étude menée par la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), seulement 35 % des automobilistes font leurs arrêts correctement. Encore selon la SAAQ, seulement 27 % des cyclistes déclarent faire un arrêt complet aux panneaux d’arrêt obligatoires.

    Bref, l’adoption de l’arrêt Idaho ne créerait pas le chaos, mais viendrait encadrer une pratique déjà commune, et ce, sans compromettre la #sécurité publique, contrairement à certaines inquiétudes. Les cyclistes, qui s’arrêtent rarement complètement en l’absence de circulation, ralentissent toutefois avant de traverser, conscients de leur #vulnérabilité.

    Un changement de culture

    Par ailleurs, l’arrêt Idaho au Québec invite à une réflexion plus large.

    Depuis des décennies, nos lois et nos infrastructures routières sont conçues principalement pour les voitures. Plusieurs automobilistes considèrent encore que les cyclistes sont dangereux et adoptent des comportements délinquants.

    Pourtant, il est important de se souvenir que les voitures représentent le principal danger structurel sur nos routes, et que les cyclistes sont en réalité vulnérables. Ce danger structurel s’est d’ailleurs accru avec la croissance des véhicules utilitaires sport (VUS) et camions, ce qui augmente les risques pour les piétons et des cyclistes.

    L’adoption de l’arrêt Idaho ne donne pas un passe-droit aux cyclistes, mais reconnaît leurs réalités, et légitimise le vélo comme mode de transport, avec un code routier adapté à ses risques et à ses bénéfices. Cette réforme, modeste mais symbolique, pourrait s’inscrire dans un ensemble plus vaste de changements qui offriraient aux citoyens une véritable liberté et sécurité pour se déplacer.

    https://theconversation.com/les-cyclistes-ont-peut-etre-raison-de-bruler-arrets-et-feux-rouges-
    #urban_matter

    –-

    A mettre en lien avec cet autre article :
    Les cyclistes commettent beaucoup moins d’#infractions que les automobilistes
    https://seenthis.net/messages/1142996
    #vélo #mobilité_douce

    • Il me semble qu’il existe une échelle dite ? qui précise la responsabilité suivant le degré de dangerosité. Aux personnes qui conduisent d’adapter leur conduite.

      Poids lourd > Voiture > Moto > Cycliste > Trottinette > Piéton > Poussette

      Et sinon, quels sont ces règlements en france ?

      En Idaho, depuis 1982, les cyclistes peuvent traiter un panneau d’arrêt comme un cédez-le-passage et un feu rouge comme un panneau d’arrêt. Plusieurs États américains (comme l’Arkansas, le Colorado et l’Oregon) et pays, comme la France et la Belgique, ont adopté des règlements semblables .

    • Pour la France, une signalisation spécifique « cédez le passage aux feux » a fait son apparition (timide) pour autoriser une logique qui pourrait s’appliquer plus largement.
      https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/Céder%20le%20passage%20au%20vélo.pdf

      Code de la route vélo : les règles de circulation (divers panneaux spécifiques)
      https://www.drivecase.fr/conseils-prevention/tag/conseils-experts

      Au Québec, il y a beaucoup plus panneaux stop aux intersections (au détriment des priorités à droite) en particulier en milieu urbain.

      Sinon, l’argument selon lequel ces pratiques différentes autorisées aux cyclistes éduquent les automobilistes me parait fondé. On peut en attendre une accidentologie en baisse.

    • Je me fais encore de temps en temps klaxonner quand je passe au rouge alors qu’il y a un panneau m’autorisant à le faire... (rappel d’ailleurs que l’usage de l’avertisseur sonore en ville est interdit en dehors d’un danger imminent) La mentalité de l’automobiliste moyen reste un mystère pour moi, d’autant plus quand je les entends déblatérer leurs conneries sur les autres usagers de la route à la pause du midi (le summum ayant été atteint par une collègue qui se réjouissait d’avoir vu une trottinette se planter).

    • Ici, les panneaux qui transforment un stop en cédez-le-passage pour les cyclistes sont toujours d’un intérêt extrêmement limité : c’est quasiment uniquement des autorisations de tourner à droite, jamais de traverser complètement le carrefour si la voie est libre.

      Je suspecte qu’en France, comme pour le Covid, on déteste l’idée d’un cédez-le-passage dont l’appréciation de sécurité serait laissée à l’usager…

      Sinon, un autre intérêt des autorisations différenciées : plutôt que de se préoccuper des abrutis qui gueulent parce que les vélos passent au rouge, ça permettrait de leur dire qu’ils n’ont qu’à se mettre au vélo pour profiter à leur tour de cette extraordinaire libéralité du code la route.

    • Sinon, il y a tout de même déjà une différence importante entre cyclistes et automobilistes : il n’y a pas de perte de points ni de retrait de permis quand on brûle un feu à vélo.
      https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F20443

      Non, si vous commettez à vélo une infraction au code de la route, vous ne perdez pas de points sur votre permis de conduire.

      Toutefois, vous pouvez être sanctionné par une amende.

      Par contre, je découvre qu’on peut tout de même se prendre un retrait de permis si on fait du vélo bourré :

      De plus, en cas d’infraction grave, le juge peut suspendre votre permis de conduire. Par exemple, en cas de conduite en état d’ivresse ou de mise en danger de la vie d’autrui.

      C’est ballot, parce que justement je prends le vélo exprès pour les sorties arrosées (vu que je suis un type responsable).

  • Les cyclistes commettent beaucoup moins d’#infractions que les automobilistes

    Contrairement à une idée reçue, le #taux_d'infraction des cyclistes est très largement inférieur à celui des #automobilistes. C’est en tout cas le résultat d’une étude danoise basée sur de nombreuses observations du #comportement aux #intersections.

    A l’aide de données provenant de caméras placées dans les carrefours de nombreuses grandes villes du pays, l’autorité routière du Danemark a observé le comportement des cyclistes. Le constat : en #ville, ils commettent beaucoup moins d’#infractions_routières que les automobilistes. Sur un total de 28 579 passages d’intersection par des #cyclistes, le pourcentage d’infraction est inférieur à 5% lorsqu’il existe des infrastructures cyclables, 14% lorsqu’elles sont inexistantes. L’infraction la plus répandue à vélo est le déplacement sur le #trottoir.

    Parallèlement, les autorités routières danoises ont recensé un taux d’infraction de 66% chez les automobilistes en ville, principalement des #excès_de_vitesse. Les conclusions sont les mêmes que celles d’une étude parue l’année dernière, cette fois sur un échantillon de 80 000 passages d’intersections. A Londres, une étude conduite il y a quelques années par l’autorité des transports, concluait qu’environ 16% des cyclistes y commettent des infractions.

    Les infractions des cyclistes, moins nombreuses mais plus visibles que celles des automobilistes

    Le constat peut étonner. Les cyclistes ont souvent la réputation de prendre de nombreuses libertés avec le code de la route, notamment de griller des feux rouges. C’est surtout que les infractions commises par des cyclistes sont en général plus #visibles : griller un #feu_rouge ou rouler sur un trottoir se voit davantage que les infractions commises régulièrement par des automobilistes en ville : excès de vitesse, refus de priorité à un passage piéton, usage de klaxon en absence de danger immédiat, oubli de clignotant, dépassement d’un cycliste à moins d’un mètre. Ces infractions sont souvent trop peu visibles ou trop habituelles pour être remarquées. En outre, de nombreux feux rouges en villes sont équipés de panneaux autorisant les cyclistes à passer, souvent pour tourner à droite, ce qui peut donner l’illusion d’une infraction.

    On ne dispose malheureusement pas encore d’études de ce type en France. On sait cependant que les infractions commises par les automobilistes y sont nombreuses. Selon la plupart des tests effectués, en l’absence de ralentisseurs, d’embouteillages ou de radars, une majorité d’automobilistes français ne respecte pas les zones 30. Et les remontées de données de vitesse des véhicules en free floating des villes européennes montrent que selon les villes, la limite de 50 km/h en ville est franchie dans 35% à 75% des cas.

    L’influence des #pistes_cyclables

    Le nombre d’infractions commises par les cyclistes baisse drastiquement en présence de pistes cyclables. Au Danemark, le taux d’infraction est même trois fois moins élevé. Mais les #infrastructures_cyclables ont également un impact positif sur la #mortalité_routière urbaine en général.

    Des chercheurs de l’Université de Denver ont analysé les données d’accidentologie de 24 grandes villes américaines sur une période de treize ans en étudiant les variables sociologiques, démographiques et leurs infrastructures. Selon leurs conclusions, le facteur le plus influent dans la baisse du nombre de morts sur les routes est l’existence de pistes cyclables. Plus une ville comporte d’infrastructures cyclables, plus ses rues sont sûres pour la totalité de ses habitants (pas seulement pour les cyclistes).

    Selon l’étude, ce type d’#infrastructure dans les villes y réduit la mortalité routière de 44% en moyenne et le nombre d’accidents graves de 50%. A Portland, où de nombreuses pistes cyclables ont été installées, la mortalité a même été réduite de 75% entre 1990 et 2015. La ville de Davis en Californie, considérée par beaucoup comme la capitale du vélo aux Etats-Unis, est également celle où la proportion de morts sur la route par habitant est la plus faible du pays, dix fois inférieure à la moyenne nationale.

    En Europe également, selon une étude de l’OCDE, plus une ville est équipée de pistes cyclables, plus le risque d’un accident mortel est faible : https://www.itf-oecd.org/sites/default/files/docs/road-safety-european-cities-performance-indicators.pdf

    https://www.liberation.fr/planete/2019/07/04/les-cyclistes-commettent-beaucoup-moins-d-infractions-que-les-automobilis
    #vélos #voitures #idées-reçus #stéréotypes #mobilité #mobilité_douce #urbanisme #géographie_urbaine

    ping @reka

  • U.S. faces rising death toll from wildfire smoke, study finds

    Wildfire smoke increasingly threatens lives across the country. A new study shows smoke exposure in the coming decades will cause tens of thousands of excess deaths and predicts where exposure will occur so communities and policymakers can prepare for the health burden.

    In brief:

    Stanford researchers estimate wildfire smoke emissions caused 41,380 excess deaths per year during 2011 to 2020.
    – Rising temperatures could increase U.S. deaths from wildfire smoke more than 70% by 2050.
    - Aggressively cutting greenhouse gas emissions could prevent tens of thousands of deaths from climate-related smoke waves.
    – The economic cost of deaths from wildfire smoke with roughly 2 C of warming may exceed costs from all other climate-driven damages in the U.S. combined.

    Wildfires burning across Canada and the Western United States are spewing smoke over millions of Americans – the latest examples of ashy haze becoming a regular experience, with health impacts far greater than scientists previously estimated.

    Although wildfires have long been part of life in the Western U.S., warmer, drier conditions are fueling bigger blazes that occur more often and for longer. Smoke from these blazes is spreading farther and lingering longer than in the past. In a Sept. 18 study in Nature, Stanford University researchers estimate that continued global warming could lead to about 30,000 additional deaths each year nationwide by 2050, as climate-driven increases in fire activity generate more smoke pollution across North America.

    “There’s a broad understanding that wildfire activity and wildfire smoke exposure are changing quickly. This is a lived experience, unfortunately, for folks on the West Coast over the last decade and folks on the East Coast in the last few years,” said senior study author Marshall Burke, a professor of environmental social sciences in the Stanford Doerr School of Sustainability. “Our paper puts some numbers on what that change in exposure means for health outcomes, both now and in the future as the climate warms.”

    The researchers found no U.S. community is safe from smoke exposure. When monetized, deaths related to wildfire smoke could reach $608 billion in annual damages by 2050 under a business-as-usual emissions scenario where global temperatures rise about 2 degrees Celsius above pre-industrial levels. That estimated toll surpasses current estimates of economic costs from all other climate-driven damages in the U.S. combined, including temperature-related deaths, agricultural losses, and storm damage.

    “What we see, and this is consistent with what others find, is a nationwide increase in wildfire smoke,” said lead study author Minghao Qiu, an assistant professor at Stony Brook University who worked on the study as a postdoctoral researcher in Burke’s lab. “There are larger increases on the West Coast, but there’s also long-range transport of wildfire smoke across the country, including massive recent smoke events in the Eastern and Midwestern U.S. from Canadian fires.”
    Uniquely dangerous pollution

    Deaths from wildfire smoke result from inhaling a complex mix of chemicals. Wildfires can expose large numbers of people to these toxic pollutants for days or weeks at a time, contributing to deaths up to three years after the initial exposure, according to the new study.

    Within wildfire smoke pollution, researchers often focus on fine particulate matter, known as PM2.5, which penetrates the lungs and enters the bloodstream. While the health effects of PM2.5 from other sources are well studied, less is known about the specific dangers of PM2.5 from wildfire smoke. Some recent research shows that wildfire smoke can contain a range of toxic chemicals harmful to human health. Qiu, Burke, and colleagues used U.S. death records to assess these additional risks from smoke.

    The researchers combined county-level data on all recorded U.S. deaths from 2006 to 2019 with measurements of ground-level smoke emissions, wind variation, and the movement of airborne particulate matter, using machine learning to predict how wildfire emissions changes in one area affected smoke concentrations in another. They linked changes in smoke concentrations to variation in historical mortality and used global climate models to project future fire activity, smoke levels, and health impacts under different warming scenarios through 2050.

    The results show that excess deaths from smoke PM2.5 exposure under a business-as-usual emissions scenario could increase more than 70% to 70,000 per year from roughly 40,000 annual deaths attributed to smoke from 2011 to 2020. The largest projected increases in annual smoke exposure deaths occur in California (5,060 additional deaths), New York (1,810), Washington (1,730), Texas (1,700), and Pennsylvania (1,600).
    Understanding climate impacts

    By quantifying economic damage from smoke-related deaths, the findings uncover a hidden tax on families and businesses. The researchers found that even if the world cuts emissions rapidly enough to stabilize global temperatures below 2 C by the end of the century, deaths from climate-driven smoke exposure in the U.S. alone would likely still exceed 60,000 per year by 2050.

    “If you look at the leading climate impact assessment tools that are used to inform policy, none of them incorporate how changes in climate could influence wildfire smoke and related human mortality,” Qiu said. “Our study shows climate models are missing a huge part of the climate impacts in the U.S. – it’s like leaving the main character out of a movie.”
    A shared burden

    Actions by public health officials and communities can mitigate this growing threat. For example, investing in better indoor air filtration can help reduce exposure for vulnerable individuals or communities. Prescribed burns or other fuels management approaches can help to reduce the severity of wildfires and resulting smoke waves.

    “Our understanding of who is vulnerable to this exposure is much broader than we thought,” Burke said. “It’s pregnant people, it’s kids in schools, it’s anyone with asthma, it’s people with cancer. We look at one specific health outcome in this study – mortality – and unfortunately find a shared burden of exposure for individuals across the U.S.”

    https://sustainability.stanford.edu/news/us-faces-rising-death-toll-wildfire-smoke-study-finds
    #fumée #incendies #mortalité #feu #santé #santé_publique #USA #Etats-Unis #feux_de_forêt #pollution

    • Wildfire smoke exposure and mortality burden in the US under climate change

      Wildfire activity has increased in the US and is projected to accelerate under future climate change 1–3. However, our understanding of the impacts of climate change on wildfire activity, smoke, and health outcomes remains highly uncertain, due to the difficulty of modeling the causal chain from climate to wildfire to air pollution and health. Here we quantify the mortality burden in the US due to wildfire smoke fine particulate matter (PM2.5) under climate change. We construct an ensemble of statistical and machine learning models that link climate to wildfire smoke PM2.5, and empirically estimate smoke PM2.5-mortality relationships using data on all recorded deaths in the US. We project that smoke PM2.5 could result in 71,420 excess deaths (95% CI: 34,930 - 98,430) per year by 2050 under a high warming scenario (SSP3-7.0) – a 73% increase relative to estimated 2011-2020 average annual excess deaths from smoke. Cumulative excess deaths from smoke PM2.5 could reach 1.9 million between 2026-2055. We find evidence for mortality impacts of smoke PM2.5 that last up to three years after exposure. When monetized, climate-driven smoke deaths result in economic damages that exceed existing estimates of climate-driven damages from all other causes combined in the US 4,5. Our research suggests that the health impacts of climate-driven wildfire smoke could be among the most important and costly consequences of a warming climate in the US.

      https://www.nature.com/articles/s41586-025-09611-w

  • Au Canada, un incendie déclenché… par un poisson tombé du ciel, lâché par un rapace
    https://www.sudouest.fr/faits-divers/au-canada-un-incendie-declenche-par-un-poisson-tombe-du-ciel-lache-par-un-r

    L’histoire à peine croyable, révélée par des pompiers de Colombie Britannique, fait les délices de la presse canadienne : un poisson tombé du ciel, lâché par un rapace et qui a touché une ligne électrique, a provoqué la semaine dernière un feu de broussailles et une brève panne d’électricité dans l’ouest du Canada.

    L’incident s’est produit jeudi dernier près de la municipalité d’Ashcroft quand les soldats du feu sont appelés pour un incendie en pleine nature. « Une enquête rapide a permis de déterminer la cause de cet incendie : un poisson. Oui, vous lisez bien : un poisson à qui il est arrivé quelque chose d’incroyable ! », s’amuse sur sa page Facebook le service des pompiers d’Ashcroft.
    Un poisson grillé

    D’après eux, un balbuzard pêcheur, une espèce de rapace, se serait emparé de sa proie dans une rivière à 3 km avant de la laisser tomber en plein vol sur une ligne électrique. Le contact du poisson avec les fils électriques aurait alors provoqué une étincelle et de petites braises qui auraient elles-mêmes enflammé les broussailles et herbes sèches au sol.

    Leurs photos montrent effectivement le poisson mort à terre, la carcasse brûlée.

    Autre piste, spéculent les pompiers non sans humour : le rapace « en avait assez du poisson cru et voulait essayer le poisson grillé ». Le balbuzard pêcheur s’en est sorti indemne et a poursuivi son vol, plaisantent encore les pompiers.

    Ils se félicitent plus sérieusement que l’absence de vent la semaine dernière ait permis de maîtriser rapidement cet incendie complètement insolite dans l’Ouest canadien, régulièrement la proie, l’été, d’importants feux de forêt.

  • Incendi, l’emergenza in Calabria nelle foto della Nasa e la ’ndrangheta sullo sfondo: «Roghi per coprire rifiuti tossici»

    L’osservatorio satellitare mostra la mappa del fuoco nell’ultima settimana. È allarme anche in Sicilia e Puglia. Nel Vibonese i danni maggiori negli ultimi giorni, la crisi in Aspromonte vista da Gioacchino Criaco: «Invece di prevenire speriamo nel fato e nei droni»

    La foto di Firms (Fire information for resource management system) della Nasa mostra una Calabria che brucia in un Sud flagellato dagli incendi, puntellato di rosso dai roghi che, nell’ultima settimana, hanno divorato decine di ettari del territorio. In Sicilia e Puglia la situazione appare, stando alle immagini satellitari, altrettanto drammatica (nel Salento forse ancora di più).

    In Calabria il Vibonese e l’Aspromonte sembrano le aree più colpite negli ultimi giorni: in provincia di Vibo, in particolare, il numero degli incendi è cresciuto in maniera esponenziale nei giorni del caldo record, trainato da afa e vento. Il bilancio dice duecentoventi incendi in meno di un mese e il quadro tracciato dal comandante provinciale dei Vigili del Fuoco di Vibo Valentia, Ambrogio Ponterio individua le aree più colpite: Mileto, Pizzo, Nicotera, Joppolo. Entra nel novero anche Drapia, dove 48 ore di fuoco hanno messo a dura prova soccorsi e cittadini: «Quasi il 40% del nostro territorio è oramai cenere», ha raccontato al Vibonese il sindaco Alessandro Porcelli. Il resort evacuato a Cirò Marina e l’altro lambito dalle fiamme a Sibari la scorsa notte danno la misura di quanto le fiamme mettano a rischio anche il turismo nel clou della stagione estiva.

    L’accusa di Savino: «Incendi per nascondere lo smaltimento di sostanze tossiche»

    Le foto del disastro fanno il giro dei social e la polemica sconfina nel campo della politica, tra accuse dell’opposizione per mancati interventi di prevenzione e la maggioranza che accusa i rivali di procurato allarme. Che le aree montane siano spopolate e sguarnite è un fatto. Ma da più parti arriva una lettura dell’emergenza che la riconduce a fenomeni criminale. La denuncia del vescovo di Cassano allo Ionio è stato chiara e indirizzata a un business illegale specifico: «Dietro la coltre di fumo si cela la figura vile e arrogante della criminalità organizzata, in combutta con operatori economici senza scrupoli. Questi roghi non sono incidenti fortuiti, ma tattiche di una guerra occulta e spregevole contro la natura e gli abitanti. Il loro scopo è occultare lo smaltimento illecito di sostanze tossiche, scorie industriali e scarti speciali che stanno contaminando il suolo, l’atmosfera e le riserve idriche. Si tratta di un’economia letale, fondata sul profitto sfrenato e su un sistema di illegalità diffusa, che opera nell’ombra ma possiede volti, nomi e interessi ben definiti».

    Criaco: «Si poteva fare qualcosa invece si punta sul fato e sui droni»

    Anche lo scrittore Gioacchino Criaco, nei giorni scorsi, ha fatto sentire la propria voce dopo gli incendi nel Reggino mettendo nel mirino, però, la mancata programmazione: «Nulla di serio è stato programmato per annientare, limitare, gli incendi – ha scritto sul proprio profilo social –. Tutti o quasi hanno tradito, tutti o quasi abbiamo tradito, chi per tanto, chi per poco chi per nulla, chi per interesse e chi per viltà, chi per arroganza e chi per servilismo. E a voglia a rifiutarla, l’unica parola appropriata è tradimento».

    L’autore avanza anche qualche proposta: «Avrei provato, leggi permettendo, a costituire un assessorato alla prevenzione degli incendi in Regione, con competenza esclusiva su Calabria Verde e sul Consorzio Unico. Avrei provato a costituire in ogni Comune un assessorato dedicato. Avrei assunto, anche in forma stagionale, personale per la prevenzione e l’intervento. Avrei diviso il territorio in microaree, delineando responsabilità specifiche. Avrei integrato guide e pastori. Avrei costituito comitati permanenti con dentro camminatori, guide, pastori, studiosi, chiunque potesse anche lontanamente essere utile. Avrei costruito piccoli invasi nelle microaree e dotato il personale degli strumenti necessari. Tutto comunque meno costoso degli interventi ex post. Avrei fatto il giro delle scuole a dire ai ragazzi cos’è il tradimento e chi sono i traditori... avrei tentato di tutto, non sarei rimasto a sperare nel fato e nella pioggia o nei droni che il mondo ci invidia».

    https://www.lacnews24.it/cronaca/incendi-lemergenza-in-calabria-nelle-foto-della-nasa-e-la-ndrangheta-sullo
    #feux #incendies #Calabre #déchets #mafia #ndrangheta #Italie

    • SOS INCENDI. In Italia nei primi sette mesi 2025 bruciati 30.988 ettari di territorio

      I dati del nuovo dossier “Italia in fumo” (https://www.legambiente.it/wp-content/uploads/2021/11/2025-Report-Incendi-1.pdf) di Legambiente. Nei primi sette mesi 2025 bruciati 30.988 ettari di territorio pari a 43.400 campi da calcio. Il Meridione il più colpito dall’emergenza incendi con sei regioni in cima alla classifica per ettari percorsi dalle fiamme: Sicilia, Calabria, Puglia, Basilicata, Campania e Sardegna. Incendiari, ecomafiosi e crisi climatica tra le cause degli incendi boschivi. Sotto attacco le aree naturali protette: andati persi da inizio anno 6.261 ettari di aree Natura 2000. Preoccupano i ritardi nell’attuazione dei Piani Antincendio Boschivo (AIB): 5 parchi nazionali hanno il piano scaduto e ancora in fase di rielaborazione

      In Italia è SOS incendi. Dal 1° gennaio al 18 luglio 2025 nella Penisola si sono verificati 653 incendi che hanno mandato in fumo 30.988 ettari di territorio pari a 43.400 campi da calcio. Parliamo di una media di 3,3 incendi al giorno con una superficie media bruciata di 47,5 ettari. A scattare questa fotografia è Legambiente che oggi diffonde i dati del suo nuovo report “L’Italia in fumo” insieme a un pacchetto di 12 proposte e 5 buone pratiche da replicare a livello nazionale, affinché il Paese recuperi i ritardi in fatto di prevenzione e controlli e colmi la frammentazione delle competenze tra Stato, Regioni ed enti locali attraverso una strategia e una governance integrata che ad oggi manca all’appello. Stando al report di Legambiente, che ha analizzato e rielaborato i dati EFFIS (European Forest Fire Information System), dei ben 30.988 ettari di territorio bruciati nei primi sette mesi del 2025, 18.115 hanno riguardato ettari naturali (ossia aree boscate); 12.733 ha hanno interessato aree agricole, 120 ettari aree artificiali, 7 ettari aree di altro tipo.

      Sud e Isole sotto scacco delle fiamme: Il Meridione si conferma l’area più colpita dagli incendi con sei regioni in cima alla classifica per ettari bruciati. Maglia nera alla Sicilia, con 16.938 ettari bruciati in 248 roghi. Seguita da Calabria, con 3.633 ettari in 178 eventi incendiari, Puglia con 3.622 ettari in 69 eventi, Basilicata con 2.121 ettari in soli 13 roghi (con la media ettari per incendio più alta: 163,15), Campania con 1.826 ettari in 77 eventi e la Sardegna con 1.465 ettari in 19 roghi. Tra le regioni del Centro e Nord Italia: ci sono il Lazio (settimo in classifica) con 696 ettari andati in fumo in 28 roghi e la Provincia di Bolzano (ottava in classifica) con 216 ettari in 3 roghi e la Lombardia.

      Per l’associazione ambientalista ad oggi il Paese paga non solo lo scotto dei troppi ritardi, ma anche l’acuirsi della crisi climatica che amplifica il rischio di incendi boschivi e l’assalto delle ecomafie e degli incendiari. Secondo l’ultimo Rapporto Ecomafia diffuso il 10 luglio scorso, nel 2024 sono stati 3.239 i reati (incendi boschivi e di vegetazione, dolosi, colposi e generici in Italia) contestati dalle forze dell’ordine, Carabinieri forestali e Corpi forestali regionali, un dato però in calo del 12,2% rispetto al 2023. Sono 459 le persone denunciate (-2,1% rispetto al 2023), 14 invece quelle arrestate (+16,7% rispetto al 2023). L’analisi di questi fenomeni criminali è arricchita dalle attività, anche di carattere preventivo raccontate sempre nel Rapporto Ecomafia grazie al contributo elaborato dal Nucleo informativo antincendio boschivo del Comando Carabinieri per la Tutela forestale e dei Parchi. Il dettaglio delle notizie di reato conferma la prevalenza degli incendi di natura dolosa (1.197 su 2.612, pari al 45,8%), purtroppo per il 95% contro ignoti. Sempre di origine prevalentemente dolosa sono le notizie di reato relative a incendi di vegetazione non boschiva, 294 su 423, pari a circa il 70%, anche in questo caso quasi sempre contro ignoti.

      “Per contrastare gli incendi boschivi – dichiara Stefano Ciafani, presidente nazionale di Legambiente – non basta concentrarsi sull’emergenza estiva o su singole cause, ma è fondamentale adottare un approccio integrato che integri prevenzione, rilevamento, monitoraggio e lotta attiva. Bisogna puntare sulla prevenzione attraverso una gestione territoriale efficace, che includa l’uso ecologicamente sostenibile delle risorse agro-silvo-pastorali. Ma è anche fondamentale promuovere e remunerare i servizi ecosistemici, sostenendo e rivitalizzando le comunità rurali nelle aree interne e montane affinché possano riappropriarsi di una funzione di presidio territoriale. Allo stesso tempo è importante applicare la normativa vigente per arginare qualsiasi ipotesi di speculazione futura sulle aree percorse dal fuoco, ed estendere le pene previste per il reato di incendio boschivo a qualsiasi rogo. È cruciale rafforzare le attività investigative per individuare i diversi interessi che spingono ad appiccare il fuoco, anche in modo reiterato. L’analisi approfondita dei luoghi colpiti e dei punti d’innesco accertati può costruire una mappa investigativa essenziale per risalire ai responsabili”.
      Classifica regionale per roghi più distruttivi

      Nel report Legambiente stila anche la classifica degli eventi maggiormente distruttivi che hanno coinvolto una superficie superiore ai 100 ettari vede ancora al primo posto la Sicilia con 49 incendi su un totale nazionale di 81, seguita da Puglia con 10 incendi e 1957 ettari andati in fumo, Basilicata, Sardegna, Campania con rispettivamente 5 roghi e 1880, 1089, e 824 ettari bruciati.
      Aree naturali sotto attacco e ritardi Piani AIB

      Preoccupano anche gli incendi scoppiati in aree naturali. Su 30.988 ettari di territorio bruciati, ben 6.260,99 hanno riguardo aree Natura 2000 in 198 eventi incendiari. Quella interessata dal rogo più grave è stata a Dualchi (Nu), che ha visto andare distrutti 439 ettari, tutti in area Natura 2000. A livello regionale, Puglia e Sicilia risultano le regioni più colpite da incendi in aree Natura 2000. La Puglia con 2.169 ettari andati in fumo per colpa di 43 incendi, la seconda, la Sicilia, con 1.547 ettari andati distrutti per causa di un numero maggiore di incendi, ben 62. Seguono in classifica la Sardegna (740 ettari in 6 incendi), la Campania (738 ettari in 27 incendi) e la Calabria (590 ettari in 40 incendi).

      Un dato preoccupante a cui va aggiunto quello sui ritardi d’attuazione dei Piani Antincendio Boschivo (AIB) che per legge (art.8 l 353/2000) deve essere approntata per le aree naturali protette, nazionali e regionali. Secondo gli ultimi dati disponibili sul portale del MASE, aggiornati al 31/12/2024, su un totale di 24 Parchi nazionali sono 8 quelli che dispongono di un Piano AIB vigente, avendo completato l’intero iter di adozione, con l’inserimento nei Piani AIB regionali e l’emanazione del Decreto Ministeriale di adozione. 11 quelli con un Piano AIB approvato dall’Ente gestore, ma l’iter di adozione non è ancora concluso: in alcuni casi, i piani non sono conformi e sono in fase di rielaborazione; in altri, sono in attesa del parere del CUFA (Comando Unità Forestali, Ambientali e Agroalimentari Carabinieri) e/o del CNVVF (Corpo Nazionale dei Vigili del Fuoco) e dell’intesa regionale. 5 Parchi Nazionali (Val Grande, Stelvio, Dolomiti Bellunesi, Appennino Tosco Emiliano, Aspromonte) avevano un Piano AIB adottato ma recentemente scaduto, e il nuovo piano è attualmente ancora in fase di elaborazione. Inoltre, delle 67 Riserve Naturali Statali e al di fuori dei Parchi Nazionali (e quindi legalmente obbligate a dotarsi di un Piano AIB), solo 8 hanno completato l’iter di approvazione. Le rimanenti 59 Riserve hanno la procedura per il Piano AIB ancora in corso.

      “Gli incendi – aggiunge Antonio Nicoletti, responsabile nazionale aree protette di Legambiente – sono un problema complesso che richiede un cambio di approccio radicale. Se da un lato l’Italia ha compiuto passi significativi nell’aggiornamento della legislazione, con norme che mirano a rafforzare le pene per i responsabili e a promuovere la prevenzione attraverso la pianificazione territoriale e la gestione del paesaggio, persistono criticità che ne limitano l’efficacia come la frammentazione delle competenze tra Stato, Regioni ed enti locali, spesso sovrapposte e non sempre coordinate. Ciò rappresenta un punto debole intrinseco, rallentando l’attuazione di strategie integrate e a lungo termine e su cui occorre al più presto lavorare. Non vanno dimenticate poi le buone pratiche in atto, che meritano di essere replicate, e il supporto che la tecnologia più dare nella partita della prevenzione come dimostra anche il progetto avviato in Abruzzo la scorsa estate con INWIT, e con cui stiamo collaborando, incentrato sull’utilizzo di servizi innovativi basati su IoT per contrastare gli incendi boschivi”.
      12 proposte e 5 buone pratiche

      Di fronte a questo quadro Legambiente oggi ha lanciato anche un pacchetto di 12 proposte chiedendo di: 1) Migliorare il coordinamento istituzionale per il governo integrato degli incendi boschivi e coinvolgere le istituzioni competenti per la gestione forestale. 2) Integrare le strategie di adattamento con la pianificazione forestale e quella antincendio boschivo. 3) Garantire la gestione sostenibile delle zone rurali per ridurre il rischio di incendio. 4) Adottare il pascolo prescritto per la prevenzione degli incendi. 5) Coinvolgere i cittadini e le comunità locali: Fire smart community e Fire smart territory. 6) Garantire dati e statistiche aggiornate e l’attuazione e aggiornamento del catasto delle aree percorse al fuoco. 7) Favorire il ripristino ecologico e funzionale delle aree percorse dal fuoco. 8) Integrare la pianificazione urbanistica con la prevenzione degli incendi boschivi. 9) Potenziare i presidi dello Stato nella lotta agli incendi boschivi. 10) Estendere le pene previste per il reato di incendio boschivo a qualunque tipologia di incendio. 11) Migliorare l’applicazione delle norme contro gli incendi boschivi; 12) Rafforzare i divieti previsti dalle norme nazionali e regionali.

      Sul fronte buone pratiche, Legambiente nel report cita il “Fire smart community e fire smart territory”, il progettista del fuoco prescritto, la pianificazione integrata in Piemonte, i Piani specifici di prevenzione (PSP) della Regione Toscana per arrivare al progetto di INWIT con servizi innovativi basati su IoT per contrastare gli incendi boschivi. Azioni che meritano di essere replicate sul territorio nazionale.

      https://www.legambiente.it/comunicati-stampa/sos-incendi-in-italia-nei-primi-sette-mesi-2025-bruciati-30-988-ettari-d

  • Visual explainer: why are the LA wildfires so bad?

    https://www.theguardian.com/us-news/2025/jan/08/fire-map-la-palisades-explainer?CMP=share_btn_url

    Santa Ana winds, drought and a hotter planet have helped exacerbate the Palisades, Hurst and Eaton fires in California. Even in a state that’s become grimly accustomed to severe conflagrations, the rapid surge of wildfire that has torched the Los Angeles area has been shocking, triggering mass evacuations that have left behind charred suburban homes.

    #climat
    #feux
    #États-Unis
    #Californie
    #Los_Angeles

  • #José_Vieira : « La #mémoire des résistances face à l’accaparement des terres a été peu transmise »

    Dans « #Territórios_ocupados », José Vieira revient sur l’#expropriation en #1941 des paysans portugais de leurs #terres_communales pour y planter des #forêts. Cet épisode explique les #mégafeux qui ravagent le pays et résonne avec les #luttes pour la défense des #biens_communs.

    Né au Portugal en 1957 et arrivé enfant en France à l’âge de 7 ans, José Vieira réalise depuis plus de trente ans des documentaires qui racontent une histoire populaire de l’immigration portugaise.

    Bien loin du mythe des Portugais·es qui se seraient « intégré·es » sans le moindre problème en France a contrario d’autres populations, José Vieira s’est attaché à démontrer comment l’#immigration_portugaise a été un #exode violent – voir notamment La Photo déchirée (2001) ou Souvenirs d’un futur radieux (2014) –, synonyme d’un impossible retour.

    Dans son nouveau documentaire, Territórios ocupados, diffusé sur Mediapart, José Vieira a posé sa caméra dans les #montagnes du #Caramulo, au centre du #Portugal, afin de déterrer une histoire oubliée de la #mémoire_collective rurale du pays. Celle de l’expropriation en 1941, par l’État salazariste, de milliers de paysans et de paysannes de leurs terres communales – #baldios en portugais.

    Cette #violence étatique a été opérée au nom d’un vaste #projet_industriel : planter des forêts pour développer économiquement ces #territoires_ruraux et, par le même geste, « civiliser » les villageois et villageoises des #montagnes, encore rétifs au #salariat et à l’ordre social réactionnaire de #Salazar. Un épisode qui résonne aujourd’hui avec les politiques libérales des États qui aident les intérêts privés à accaparer les biens communs.

    Mediapart : Comment avez-vous découvert cette histoire oubliée de l’expropriation des terres communales ou « baldios » au Portugal ?

    José Vieira : Complètement par hasard. J’étais en train de filmer Le pain que le diable a pétri (2012, Zeugma Films) sur les habitants des montagnes au Portugal qui sont partis après-guerre travailler dans les usines à Lisbonne.

    Je demandais à un vieux qui est resté au village, António, quelle était la définition d’un baldio – on voit cet extrait dans le documentaire, où il parle d’un lieu où tout le monde peut aller pour récolter du bois, faire pâturer ses bêtes, etc. Puis il me sort soudain : « Sauf que l’État a occupé tous les baldios, c’était juste avant que je parte au service militaire. »

    J’étais estomaqué, je voulais en savoir plus mais impossible, car dans la foulée, il m’a envoyé baladé en râlant : « De toute façon, je ne te supporte pas aujourd’hui. »

    Qu’avez-vous fait alors ?

    J’ai commencé à fouiller sur Internet et j’ai eu la chance de tomber sur une étude parue dans la revue de sociologie portugaise Análise Social, qui raconte comment dans les années 1940 l’État salazariste avait pour projet initial de boiser 500 000 hectares de biens communaux en expropriant les usagers de ces terres.

    Je devais ensuite trouver des éléments d’histoire locale, dans la Serra do Caramulo, dont je suis originaire. J’ai passé un temps fou le nez dans les archives du journal local, qui était bien sûr à l’époque entièrement dévoué au régime.

    Après la publication de l’avis à la population que les baldios seront expropriés au profit de la plantation de forêts, plus aucune mention des communaux n’apparaît dans la presse. Mais rapidement, des correspondants locaux et des éditorialistes vont s’apercevoir qu’il existe dans ce territoire un malaise, qu’Untel abandonne sa ferme faute de pâturage ou que d’autres partent en ville. En somme, que sans les baldios, les gens ne s’en sortent plus.

    Comment sont perçus les communaux par les tenants du salazarisme ?

    Les ingénieurs forestiers décrivent les paysans de ces territoires comme des « primitifs » qu’il faut « civiliser ». Ils se voient comme des missionnaires du progrès et dénoncent l’oisiveté de ces montagnards peu enclins au salariat.

    À Lisbonne, j’ai trouvé aussi une archive qui parle des baldios comme étant une source de perversion, de mœurs légères qui conduisent à des enfants illégitimes dans des coins où « les familles vivent presque sans travailler ». Un crime dans un régime où le travail est élevé au rang de valeur suprême.

    On retrouve tous ces différents motifs dans le fameux Portrait du colonisé d’Albert Memmi (1957). Car il y a de la part du régime un vrai discours de colonisateur vis-à-vis de ces régions montagneuses où l’État et la religion ont encore peu de prise sur les habitants.

    En somme, l’État salazariste veut faire entrer ces Portugais reculés dans la modernité.

    Il y a eu des résistances face à ces expropriations ?

    Les villageois vont être embauchés pour boiser les baldios. Sauf qu’après avoir semé les pins, il faut attendre vingt ans pour que la forêt pousse.

    Il y a eu alors quelques histoires d’arrachage clandestin d’arbres. Et je raconte dans le film comment une incartade avec un garde forestier a failli virer au drame à cause d’une balle perdue – je rappelle qu’on est alors sous la chape de plomb du salazarisme. D’autres habitants ont aussi tabassé deux gardes forestiers à la sortie d’un bar et leur ont piqué leurs flingues.

    Mais la mémoire de ces résistances a peu été transmise. Aujourd’hui, avec l’émigration, il ne reste plus rien de cette mémoire collective, la plupart des vieux et vieilles que j’ai filmés dans ce documentaire sont déjà morts.

    Comment justement avez-vous travaillé pour ce documentaire ?

    Quand António me raconte cette histoire d’expropriation des baldios par l’État, c’était en 2010 et je tournais un documentaire, Souvenirs d’un futur radieux. Puis lorsqu’en 2014 un premier incendie a calciné le paysage forestier, je me suis dit qu’il fallait que je m’y mette.

    J’ai travaillé doucement, pendant trois ans, sans savoir où j’allais réellement. J’ai filmé un village situé à 15 kilomètres de là où je suis né. J’ai fait le choix d’y suivre des gens qui subsistent encore en pratiquant une agriculture traditionnelle, avec des outils de travail séculaires, comme la roue celte. Ils ont les mêmes pratiques que dans les années 1940, et qui sont respectueuses de l’écosystème, de la ressource en eau, de la terre.

    Vous vous êtes aussi attaché à retracer tel un historien cet épisode de boisement à marche forcée...

    Cette utopie industrialiste date du XIXe siècle, des ingénieurs forestiers parlant déjà de vouloir récupérer ces « terres de personne ». Puis sous Salazar, dans les années 1930, il y a eu un débat intense au sein du régime entre agrairistes et industrialistes. Pour les premiers, boiser ne va pas être rentable et les baldios sont vitaux aux paysans. Pour les seconds, le pays a besoin de l’industrie du bois pour décoller économiquement, et il manque de bras dans les villes pour travailler dans les usines.

    Le pouvoir central a alors même créé un organisme étatique, la Junte de colonisation interne, qui va recenser les baldios et proposer d’installer des personnes en leur donnant à cultiver des terres communales – des colonies de repeuplement pour résumer.

    Finalement, l’industrie du bois et de la cellulose l’a emporté. La loi de boisement des baldios est votée en 1938 et c’est en novembre 1941 que ça va commencer à se mettre en place sur le terrain.

    Une enquête publique a été réalisée, où tout le monde localement s’est prononcé contre. Et comme pour les enquêtes aujourd’hui en France, ils se sont arrangés pour dire que les habitants étaient d’accord.

    Qu’en est-il aujourd’hui de ces forêts ? Subsiste-t-il encore des « baldios » ?

    Les pinèdes sont exploitées par des boîtes privées qui font travailler des prolos qui galèrent en bossant dur. Mais beaucoup de ces forêts ont brûlé ces dernière décennies, notamment lors de la grande vague d’incendies au Portugal de 2017, où des gens du village où je filmais ont failli périr.

    Les feux ont dévoilé les paysages de pierre qu’on voyait auparavant sur les photos d’archives du territoire, avant que des pins de 30 mètres de haut ne bouchent le paysage.

    Quant aux baldios restants, ils sont loués à des entreprises de cellulose qui y plantent de l’eucalyptus. D’autres servent à faire des parcs d’éoliennes. Toutes les lois promues par les différents gouvernements à travers l’histoire du Portugal vont dans le même sens : privatiser les baldios alors que ces gens ont géré pendant des siècles ces espaces de façon collective et très intelligente.

    J’ai fait ce film avec en tête les forêts au Brésil gérées par les peuples autochtones depuis des siècles, TotalEnergies en Ouganda qui déplace 100 000 personnes de leurs terres pour du pétrole ou encore Sainte-Soline, où l’État aide les intérêts privés à accaparer un autre bien commun : l’eau.

    https://www.mediapart.fr/journal/culture-et-idees/021223/jose-vieira-la-memoire-des-resistances-face-l-accaparement-des-terres-ete-

    #accaparement_de_terres #terre #terres #dictature #histoire #paysannerie #Serra_do_Caramulo #communaux #salazarisme #progrès #colonisation #colonialisme #rural #modernité #résistance #incendie #boisement #utopie_industrialiste #ingénieurs #ingénieurs_forestiers #propriété #industrie_du_bois #Junte_de_colonisation_interne #colonies_de_repeuplement #cellulose #pinèdes #feux #paysage #privatisation #eucalyptus #éoliennes #loi #foncier #Portugal #forêt

  • 🛑 L’été des catastrophes : la Terre a-t-elle franchi une limite ? - Reporterre

    Incendies géants, tempêtes historiques, déluges multiples... Cet été, les extrêmes climatiques ont frappé partout dans le monde, battant de nombreux records. Au point de susciter l’effroi des climatologues. Retour en carte sur cet été historique (...)

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    ⏩ Lire l’article complet...

    ▶️ https://reporterre.net/L-ete-des-catastrophes-la-Terre-a-t-elle-franchi-une-limite

  • Ucraina: la guerra fa aumentare anche gli incendi boschivi
    https://www.balcanicaucaso.org/aree/Ucraina/Ucraina-la-guerra-fa-aumentare-anche-gli-incendi-boschivi-226274

    Gli attacchi russi su larga scala hanno provocato, tra le altre conseguenze, un forte aumento degli incendi di boschi e campi in Ucraina. La guerra rende più complicato contrastarli, tra carenza di risorse e pericoli legati alle mine

  • #Dérèglement_climatique : « Le soutien financier aux #pays_en_développement est un enjeu essentiel »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/06/21/dereglement-climatique-le-soutien-financier-aux-pays-en-developpement-est-un

    Dérèglement climatique : « Le soutien financier aux pays en développement est un enjeu essentiel »
    #Tribune
    #Collectif

    Un collectif de 350 #scientifiques, parmi lesquels Xavier Capet, océanographe, et Jean Jouzel, ancien vice-président du groupe de travail sur les bases physiques du changement climatique du GIEC, réclame, dans une tribune au « Monde », la création au plus vite, par l’Europe, d’une taxe sur les transactions financières pour soutenir les politiques climatiques au Nord et au Sud.

    #Feux_de_forêts à répétition, #inondations meurtrières au Pakistan, #sécheresses extrêmes en Afrique et même en Europe… Nous observons partout dans le monde les effets dévastateurs du dérèglement climatique, alors que le réchauffement est seulement de + 1,1 °C en moyenne à l’échelle globale, par rapport à l’ère préindustrielle. Le sixième rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), dont la synthèse a été publiée en mars, est, hélas, très clair : si nous n’agissons pas de manière ambitieuse contre le changement climatique, nous pourrions nous diriger vers un réchauffement de + 4 °C d’ici à la fin du siècle, avec de très graves répercussions sur les sociétés humaines et les écosystèmes.
    Lire aussi la tribune : Article réservé à nos abonnés Fiscalité : « Une taxe sur les transactions financières pour générer des investissements publics d’urgence »

    Pour éviter ce scénario catastrophe, le GIEC insiste sur les besoins de financements nouveaux, que ce soit pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ou pour mettre en œuvre des politiques d’adaptation permettant de limiter les effets du dérèglement climatique. Il insiste également sur l’importance de mécanismes de redistribution entre pays du Nord et pays du Sud, pour tenir compte de leurs responsabilités différenciées vis-à-vis du réchauffement climatique, ainsi que de leurs capacités respectives à y faire face.

    Le soutien financier aux pays en développement est un enjeu essentiel, présent au cœur du processus des COP climat et de l’accord de Paris lui-même. Mais, à ce jour, et malgré des promesses réitérées depuis plus de dix ans par les pays industrialisés, le financement des besoins des pays du Sud pour la lutte contre le changement climatique est largement insuffisant. Et c’est également le cas de la part fournie par les pays de l’Union européenne (UE), qui est constituée, de manière disproportionnée, de prêts plutôt que de subventions.

    Une taxe de 0,1 %

    En novembre 2022, la COP27 a acté la création d’un nouveau fonds consacré aux pertes et dommages, Loss and Damage Fund, pour aider les pays du Sud à faire face aux inévitables conséquences du dérèglement climatique. Cette décision importante restera totalement virtuelle si des sources de financement massives et pérennes ne sont pas rapidement trouvées pour abonder ce nouveau fonds.

    C’est l’un des enjeux-clés de la prochaine COP28, mais aussi du sommet pour un nouveau pacte financier mondial, qui doit se tenir, en France, les 22 et 23 juin, à l’initiative d’Emmanuel Macron et de Mia Mottley, première ministre de la Barbade.

    Dans un rapport voté fin 2020, le Parlement européen rappelait qu’une taxe de 0,1 % prélevée sur l’ensemble des transactions financières (TTF) rapporterait 57 milliards d’euros par an. Le 16 février 2023, dans un nouveau rapport, le Parlement européen demandait instamment aux chefs d’Etat et de gouvernement de parvenir à un accord pour créer effectivement cette taxe « avant la fin juin 2023 ».

    Coopération renforcée

    A Bruxelles et à Strasbourg, cette solution fait consensus : l’amendement demandant l’instauration de cette petite taxe, déposé par les sociaux-démocrates, a été voté par 80 % des députés de droite, et même 92 % des députés de la droite allemande.

    De plus, il n’y a pas besoin de l’unanimité des vingt-sept Etats membres de l’UE pour avancer sur cette question : dix pays membres travaillent déjà à la création de cette TTF dans le cadre d’une coopération renforcée. Hélas, la France, qui en fait partie, défend une approche minimale, qui exempte de taxe l’immense majorité des mouvements financiers.
    Lire aussi la tribune : Article réservé à nos abonnés « Le Sud n’est pas seulement une victime du réchauffement climatique, il est aussi un acteur majeur de l’adaptation »

    Face à l’ampleur des dangers encourus et l’absence de réaction à la hauteur des enjeux, nous, scientifiques experts des questions climatiques, soutenons pleinement le calendrier et la demande du Parlement européen de créer une « vraie » taxe sur les transactions financières.

    Nous demandons à Emmanuel Macron et au gouvernement français de faire le nécessaire pour qu’une version ambitieuse de cette taxe soit créée au plus vite dans l’UE. Le produit de cette taxe doit bénéficier largement à la lutte contre le dérèglement climatique et ses conséquences, en soutien aux populations les plus fragiles, notamment dans les pays en développement.

    Premiers signataires : Jean Jouzel, paléoclimatologue, ancien vice-président du groupe de travail sur les bases physiques du changement climatique du GIEC ; Wolfgang Cramer, auteur principal du groupe de travail 2 du GIEC ; Magali Reghezza, membre du Haut Conseil pour le climat, géographe ; Jean-Baptiste Sallée, auteur du GIEC, océanographe ; Christophe Cassou, coauteur du 6e rapport du GIEC, climatologue ; Yamina Saheb, autrice principale du groupe n°3 du GIEC, docteure en énergétique, experte des politiques d’atténuation du changement climatique ; Agnès Ducharne, hydroclimatologue ; Jean-Louis Dufresne, coauteur du 5e et 6e rapport du GIEC, climatologue ; Michael Ghil, climatologue, physicien et mathématicien ; Heidi Sevestre, glaciologue, membre du programme de surveillance et d’évaluation de l’Arctique ; Xavier Capet, directeur de recherche CNRS, océanographe.

    Liste complète des signataires.

    https://taxonslaspeculation.com/tribune-scientifiques-politiques-climat-europe-taxe-transaction

    Collectif