• Lesbos en quarantaine, la situation des réfugiés

    Dans le camp de Mória sur l’île de Lesbos, des travailleurs humanitaires apportent leur soutien à des dizaines de milliers de migrants malgré le confinement et les conditions sanitaires catastrophiques. « ARTE Regards » lève le voile sur la situation désespérée dans ce site surpeuplé, considéré comme l’un des plus dangereux d’Europe.

    Leurs histoires ne font pas la une mais elles émeuvent, surprennent et donnent à réfléchir. En prise avec un thème d’actualité, les reportages choisis par ARTE Regards vont à la rencontre de citoyens européens et proposent une plongée inédite dans leurs réalités quotidiennes.

    https://www.arte.tv/fr/videos/090637-059-A/arte-regards-lesbos-en-quarantaine-la-situation-des-refugies
    #Moria #Lesbos #asile #migrations #réfugiés #distanciation_sociale #camps_de_réfugiés #coronavirus #covid-19 #Team_Humanity #humanitaire #solidarité #Grèce #délit_de_solidarité #dissuasion
    #film #vidéo #documentaire #campement #bagarres #agressions #queue #déchets #liberté_de_mouvement #hygiène #eau #accès_à_l'eau #eaux_usées #sécurité #insécurité #toilettes #résistance #relocalisation #
    ping @luciebacon

  • Régularisons les sans-papiers
    https://www.youtube.com/watch?time_continue=69&v=snfN9V7zyFE&feature=emb_logo

    « La question est simple : ces gens partiront-ils ? Evidemment non. D’abord parce que, même clandestins, ils sont mille fois mieux ici, étant donné que dans leur pays, ils n’ont rien.(…) Le gouvernement doit donc trancher autrement. Je comprends qu’il ait peur de le faire pour des raisons politiques. Je ne fais pas preuve d’angélisme mais de pragmatisme. (…) On ne peut en sortir qu’en régularisant la totalité des personnes qui en ont fait la demande. »

    Ces propos sont tirés d’une interview parue dans le journal Le Monde, le 17 juillet 1998. Ces propos sont de Charles Pasqua. (1) 5 ans avant, Il était ministre de l’intérieur, à l’origine d’une loi sur l’immigration particulièrement restrictive et rétablissant le régime d’expulsion. 5 ans après, devant la problématique des personnes « ni régularisables - ni expulsables », qu’il avait en grande partie lui-même aggravée, il déclare : « Nous nous trouvons donc devant un problème que nous devons traiter avec pragmatisme et responsabilité, en fonction de l’intérêt national, en essayant de surmonter nos débats idéologiques ou politiques. (…) Si on explique les choses aux Français, ils sont capables de les comprendre. »

    Dans les mêmes colonnes du Monde, en mai 2020, on peut lire que le gouvernement aurait du mal à assumer une régularisation collective. Un préfet déclare même que ce serait un « suicide politique ». (2)

    Plus de 30 ans se sont écoulés entre ces 2 paroles. La « crise migratoire », qui a plutôt été une « crise de l’accueil », a fortement marqué l’actualité, instrumentalisée par certains partis politiques qui ont vu là un levier d’opinion opportuniste. Nous appelons aujourd’hui le gouvernement à ne pas céder au piège de cette politique d’opinion. Une fois n’est pas coutume, nous allons reprendre à notre compte les propos de M. Pasqua : « Si on explique les choses aux Français, ils sont capables de les comprendre ».
    Qui sont les sans-papiers ?

    Les sans-papiers, ce sont ces mères d’un enfant né en France, parfois d’un père français, mais pour lesquelles l’administration met plusieurs années avant d’accorder un titre de séjour.

    Les sans-papiers, ce sont aussi ces familles présentes en France depuis des années avec un titre de séjour pour raison de santé. Ces familles ont parfois des enfants nés et scolarisés en France, parfaitement intégrés. Les parents travaillent, cotisent, payent leurs impôts, jusqu’au jour où leur titre de séjour n’est plus renouvelé. Ils basculent alors, perdent leur travail et se retrouvent du jour au lendemain en « situation irrégulière ». Il leur est alors demandé de repartir dans un pays qu’ils ont quitté pour des raisons objectives, un pays que les enfants ne connaissent pas.

    Les sans-papiers, ce sont aussi des demandeurs d’asile qui se sont vu refuser une protection. Cela ne veut pas dire qu’ils ne méritaient pas d’être protégés mais juste qu’ils n’ont pas pu prouver les menaces dont ils étaient victimes.

    Les sans-papiers, ce sont aussi les « dublinés », ces demandeurs d’asile qu’un réglement européen empêche de choisir le pays à qui ils veulent demander une protection. Ils n’ont alors d’autre choix que la clandestinité pendant de longs mois, avant de pouvoir enfin déposer leur demande là où ils ont de la famille, des proches, où ils parlent la langue et où les possibilités d’intégration sont les meilleures.

    Les sans-papiers, ce sont aussi ces adolescents étrangers isolés dont l’administration ne reconnaît pas la minorité, sur des bases subjectives, et qui se retrouvent à la rue le temps de déposer un recours. Certains d’entre eux, heureusement et logiquement, sont reconnus mineurs et sont pris en charge, mais ça n’est parfois qu’un sursis : arrivés à la majorité ils doivent demander un titre de séjour, souvent refusés pour des motifs contestables.

    Bref, les sans-papiers sont avant tout des hommes, des femmes et des enfants dans une palette de situations différentes ayant pour conséquences de les maintenir dans une situation d’exclusion sociale et de vulnérabilité psychologique inacceptable.
    Pourquoi régulariser les sans-papiers ?

    Ne pas régulariser les sans-papiers, c’est faire le pari inhumain qu’une partie d’entre eux finiront par se décourager et repartiront vers leur pays d’origine ou un autre qui semblera moins inhospitalier. Soyons objectif, cette politique du découragement fonctionne, mais dans de très rares cas. Pouvons-nous accepter que des dizaines de milliers de personnes soient maintenues dans la précarité, l’incertitude, la détresse psychologique, dans le seul objectif que quelques dizaines repartent, fragilisées par des mois voire des années d’enfer administratif ?

    Il va nous être objecté que ce serait prendre le risque d’inciter d’autres personnes étrangères à venir s’installer en France. C’est le classique « risque d’appel d’air », expression déshumanisante qu’il faut impérativement déconstruire. D’abord, aucune étude ne vient apporter de preuves concrètes d’une augmentation significative des demandes de titres de séjour ou demande d’asile à la suite des précédentes régularisation effectuées en France. Pour autant il ne faut pas être angélique, oui il y aurait probablement un effet incitatif, oui il y aurait sans doute dans les mois qui viennent des étrangers qui viendraient en France dans l’espoir d’obtenir un titre de séjour. Au vu des restrictions de passage aux frontières, liées à la crise sanitaire, combien seraient-ils ? Quelques centaines ? Quelques milliers ?

    Il y aurait, selon les diverses estimations, entre 300 000 et 400 000 sans-papiers en France actuellement. Ces centaines de milliers d’hommes, femmes et enfants vivent aujourd’hui dans notre pays dans une impasse administrative qui les maintient dans l’insécurité. Comment pouvons-nous accepter cela, par peur que quelques milliers d’autres personnes se retrouvent dans la même situation ? Est-ce un calcul humainement acceptable ?

    Nous ne venons donner de leçons à personne. Nous sommes juste des citoyens engagés sur le terrain, auprès des sans-papiers. Nous sommes conscients que le monde vit une crise sanitaire mondiale inédite, que les gouvernements ont à affronter des situations complexes avec une multiplicité de paramètres parfois difficilement conciliables. Demain est incertain. Mais il est certain que demain, encore plus qu’aujourd’hui, une société qui ne luttera pas contre la précarité n’aura pas tiré les leçons de la crise sanitaire dont nous sommes victimes.

    Pour toutes ces raisons, nous souhaitons que la France prenne des mesures claires afin de délivrer un titre de séjour à tous ces hommes, femmes et enfants actuellement sans-papiers. Nous appelons à ne pas répéter les erreurs du passé : les régularisations par circulaires ont démontré leurs limites. N’ayant pas de valeur juridique contraignante, elle laisse aux autorités préfectorales la possibilité, ou non, de les prendre en compte. Il en découlerait une application disparate selon les territoires, en totale contradiction avec les valeurs d’égalité de notre république. (3)

    Nous ne souhaitons pas une régularisation politicienne, un faux-semblant de mesure sociale. La régularisation doit se faire de manière claire et sans équivoque, en élargissant les critères légaux, qui devront pouvoir être appliqués sans laisser de place à l’arbitraire.

    Des milliers d’hommes, femmes et enfants étrangers ont fait le choix de vivre en France, de contribuer à la construction de notre société. Faisons le choix de les accueillir dignement. Nous appelons à un vrai courage politique, à une vraie mesure de justice sociale : Régularisons les sans-papiers.

    http://www.sans-papiers.org
    #régularisation #sans-papiers #Charles_Pasqua #migrations #pragmatisme #angélisme #intérêt_national #responsabilité #régularisation_collective #titre_de_séjour #ressources_pédagogiques #déboutés #dublinés #Dublin #règlement_dublin #clandestinité #migrations #asile #réfugiés #mineurs #âge #exclusion_sociale #vulnérabilité #précarité #incertitude #appel_d'air #impasse_administrative #insécurité #justice_sociale
    #film #vidéo

    ping @karine4 @isskein

  • Ruben Östlund - #cinéma | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/RC-019551/ruben-oestlund

    C’est en gagnant la Palme d’Or pour "The Square" en 2017 que le réalisateur suédois Ruben Östlund s’est fait connaître par le grand public. Il a cependant tourné de nombreux #films auparavant, dont nous vous présentons une petite sélection de deux autres longs et deux courts métrages. — <a href="https://my.framasoft.org/u/rouge-glace/?ztV9rg&quot ; title="Permalink">Permalink</a>

    #regarder

  • Petite sélection d’Un podcast à soi sur Twitter (quelques liens sont périmés).

    Site du Festival de Films de Femmes de Créteil
    https://filmsdefemmes.com/decouvrez-int-anouchka-nuit

    Découvrez le film « Int. Anouchka – Nuit » de Louise Hansenne, prix INA du meilleur court – métrage francophone !

    Restons confiné.e.s, restons féministes - Tënk
    https://www.tenk.fr/p/restons-confinees-restons-feministes

    Les réalisatrices remettent en perspective les luttes, les prises de paroles, la place du corps des femmes dans l’histoire, dans l’espace public et dans l’environnement. Elles sortent du cadre attendu de la complainte féminine et montrent l’énergie collective : dans Legends the Living art of Risqué tout comme dans La conférence des femmes, Nairobi 85 on entend un Nous collectif, dans Maso et Miso vont en bateau c’est un collectif qui filme et dans Allers venues on est joyeusement embarqué.e.s dans une tranche de vie collective entre femmes. & A Fade to Grey nous invite à nous décentrer pour défricher le nucléaire et ses effets délétères tout en invoquant la figure de Psyché, comme un regard personnel inquiet qui appelle un questionnement collectif global.

    « Les années » de Annie Ernaux – série de podcasts à écouter – France Culture
    https://www.franceculture.fr/emissions/series/les-annees-de-annie-ernaux

    Dans son livre Les Années, paru en 2008, Annie Ernaux évoque souvenirs personnels et histoire collective, des années 1940 à aujourd’hui. Grâce au récit d’événements, à la description d’objets, de photos, l’auteure nous parle de sa vie, mais aussi de l’évolution de la société et du temps qui passe. Elle aime à qualifier son livre d’ « autobiographie impersonnelle ». En effet, c’est bien d’une toute nouvelle forme d’autobiographie qu’il s’agit, la sienne, mais aussi, et peut-être surtout, la nôtre.

    Inkyfada Podcast | Écoute gratuite sur SoundCloud
    https://soundcloud.com/inkyfada


    #Tunisie

    Wadjda | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/052745-000-A/wadjda
    https://api-cdn.arte.tv/api/mami/v1/program/fr/052745-000-A/940x530

    Au royaume wahhabite, Wadjda veut transgresser le précepte qui interdit aux filles d’enfourcher un vélo... En 2012, l’Arabie saoudite entrait par la grande porte dans le cinéma mondial grâce à ce film subtil réalisé par une femme.

    #féminisme #film #audio

    Et une proj virtuelle...

    Site du Festival de Films de Femmes de Créteil
    https://filmsdefemmes.com/mon-nom-est-clitoris

    Dans le contexte de désertification dont souffre le cinéma, certaines initiatives font plaisir, et parmi elles celle d’une diffusion en ligne du film Mon nom est clitoris à partir du 17 juin, grâce à la plateforme La Vingt-Cinquième Heure !

    Rendez-vous sur le site de la plateforme et suivez la page facebook du film pour ne rien rater de cette sortie virtuelle.

  • Cinema Sepolto

    Un canale youtube che pubblica delle perle cinematrofiche INTROVABILI!

    ;-) Téléchargez les films avant qu’ils ne ferment la chaîne ! ;-)

    https://www.youtube.com/channel/UCRE5HCTI4kktLmmCO8C5CVw

    La libertà è il paradiso (Sergei Bodrov, URSS, 1989)
    https://www.youtube.com/watch?v=JcVj_SEf3JE

    Il mistero della tartaruga bianca (Yvonne Mackay, Nuova Zelanda, 1985)
    https://www.youtube.com/watch?v=xAekIFi9WRI

    Baby gang (Salvatore Piscicelli, Italia, 1992)
    https://www.youtube.com/watch?v=E4vR43PoxbE

    Tokio: divisione criminale (Shinji Murayama, Giappone, 1962) con Tetsuro Tanba
    https://www.youtube.com/watch?v=iVmTlGvgQdk

    Pianta un albero, costruisci una casa (Juraj Jakubisko, Cecoslovacchia, 1980)
    https://www.youtube.com/watch?v=TLdsELbefD4

    #film #cinema @reka @cdb_77

  • Les universités, l’#enseignement_à_distance et le #Covid-19 (1/2)

    Alors que nos universités vivent depuis quelques semaines un des psychodrames dont elles ont malheureusement l’habitude au sujet des modalités d’examen ou de contrôle des connaissances à appliquer cette année, il peut être utile de prendre le temps de réfléchir quelques instants à la situation inédite à laquelle les universitaires sont confrontés et, surtout, à la manière dont cette crise va modifier, en profondeur, les métiers universitaires et l’université toute entière.

    En premier lieu, il faut remarquer et apprécier une véritable révolution spirituelle chez bon nombre de collègues, hier réticents et même hostiles à l’idée d’enseigner en ligne, de se faire enregistrer et diffuser, et qui semblent s’être convertis très rapidement à ces nouvelles méthodes, au point d’exiger, aux quatre coins de la France, l’organisation d’#examens en ligne afin de sanctionner les cours en ligne ! Alors qu’il y a quelques semaines, beaucoup refusaient catégoriquement de se laisser filmer en cours, considérant qu’il s’agissait d’une insupportable atteinte à leur liberté de parole ou d’enseignement, ils défendent aujourd’hui avec véhémence la conversion de l’université au tout numérique, examen compris, ce qui n’a pourtant jamais été envisagé même par les plus numériques d’entre nous. Étonnant revirement. Bien sûr, il convient d’interpréter ce nouvel amour pour ce qu’il est, c’est-à-dire un simple flirt passager lié aux circonstances particulières du confinement et la manifestation d’une addiction à l’examen et à la sélection qui frappe beaucoup d’universitaires.

    Toutefois, pour quelqu’un qui s’est battu presque dix ans pour développer la politique de #pédagogie_numérique de son université, cela reste un phénomène plaisant à observer. Naturellement, comme souvent, les nouveaux convertis se montrent imprudents, excessifs et bien trop zélés. Leur amour naissant les fait oublier bien des enjeux, comme la protection de la vie privée ou le nécessaire respect de l’#égalité entre étudiant∙es. Il convient, maintenant qu’ils ont la foi, de les faire réfléchir sur l’outil hier haï et aujourd’hui vénéré. Il y a urgence car si la conversion totale au numérique est une vue de l’esprit confiné, la réflexion sur ces outils désormais popularisés mais toujours méconnus doit désormais s’envisager dans une perspective de profonde rénovation de l’université que la crise sanitaire a complètement bouleversé au point de rendre un retour à la situation antérieure difficilement envisageable.

    Des #limites de l’enseignement numérique

    Une des premières choses qu’il convient de rappeler est le fait que l’équation « #cours_présentiel = #cours_à_distance » n’a jamais été vraie. Il y a une différence de nature entre les deux et il faut davantage envisager leur complémentarité plutôt que de les croire substituables. D’ailleurs, il ne s’agit pas d’établir une hiérarchie entre ces deux formes d’enseignement ! Dans certains cas, l’enseignement à distance se montre plus efficace que l’enseignement présentiel : il permet aux étudiant∙es de travailler en fonction de leur propre emploi du temps, ils peuvent revoir les interventions enregistrées, les utiliser pour apprendre puis réviser, poser leurs questions au milieu de la nuit ou en plein dimanche avec l’espoir de recevoir une réponse, rarement immédiate mais dans un délai raisonnable.

    Ainsi, dans mon université, après avoir créé une préparation estivale à distance pour les étudiant∙es souhaitant passer l’examen d’accès aux CRFPA (les centres de formation pour les futurs avocats), nous avons pu dématérialiser quasiment l’intégralité des préparations, même durant l’année universitaire, avec des résultats très concluant. Les préparations s’adressent à des étudiant∙es titulaires d’un Master 1 ou en passe de l’être et souhaitant entreprendre la carrière d’avocat. Avec un public très motivé, capable de travailler en parfaite #autonomie et ayant un temps limité pour préparer l’examen, la #dématérialisation des enseignements offre bien des avantages, pour le préparateur comme pour le préparant. Le programme est un indéniable succès qui a permis à l’université de devenir en quelques années le plus grand centre de préparation à cet examen en France. Pour autant, ce qu’il est possible de faire pour des programmes de préparation n’est pas nécessairement reproductible pour des enseignements de licence ou de maîtrise. Dans ces cas, la présence de l’enseignant demeure nécessaire pour stimuler les étudiant∙es, motiver ceux qui ne le sont pas ou plus, réorienter ceux qui sont perdus, orienter ceux qui survolent, c’est-à-dire enseigner en veillant à ne jamais laisser des étudiant∙es décrocher mais en s’efforçant aussi de ne pas frustrer les meilleurs. La recherche de ce fragile équilibre n’est pas vaine, dans un amphi ou dans une classe. Tous ceux qui ont eu l’occasion d’enseigner et qui ont senti une vocation, non à se mettre en scène, mais dans le fait de transmettre, le savent. Sans lieu, sans classe, sans amphi, tout cela disparaît et n’est pas remplacé. Il n’y a pas lieu de recenser ici les innombrables différences entre l’enseignement à distance et en présence de l’enseignant mais il convient de comprendre qu’elles sont de toute nature. Ainsi, par exemple, il n’est pas absurde de s’interroger sur la disparition ou la transformation du sentiment d’#empathie derrière un écran et l’effet que cela peut avoir sur le processus de #transmission. Quiconque connait le métier est à même de voir les innombrables différences entre ces méthodes s’il fait l’effort d’y réfléchir.

    Ensuite, même si dans certains cas l’enseignement à distance peut être utile et efficace, il suppose des #outils qui ne peuvent être improvisés en quelques jours ou en quelques semaines ! La construction d’un cours en ligne est un travail conséquent, que l’universitaire ne peut, en général, mener seul, sauf à réduire son enseignement à quelques vidéos mal cadrées dans lesquels on le voit en contrejour parler pendant des heures avec un mauvais micro ou à des documents à imprimer de plusieurs centaines de pages balancés en vrac aux étudiant∙es. L’attention d’un auditeur en amphi est déjà limitée à quelques dizaines de minutes ; devant un ordinateur, chez lui, c’est pire ! Le pouvoir de l’éloquence, les effets de manche et même, pour l’étudiant, le fait de pouvoir s’adresser à son voisin pour quelques secondes de détente disparaissent en ligne, ce qui rend le cours bien plus monotone et difficile à suivre, quel que soit l’intérêt de l’étudiant pour le propos de l’enseignant. Il convient donc de concevoir des #outils_pédagogiques qui prennent en compte ces limites et qui s’adaptent à cette réalité. La conversion en quelques jours et dans l’urgence de centaines d’enseignements en cours en ligne est une entreprise vouée à l’échec malgré l’enthousiasme de certains collègues et, si cette solution imparfaite permet malgré tout de sauver l’année en cours, elle ne saurait être considérée comme un modèle pour l’avenir ni comme une base sérieuse pour mettre en place un contrôle des connaissances discriminant.

    Surtout, l’enjeu de demain transcende largement le problème d’aujourd’hui et devrait nous convaincre, collectivement, à engager une réflexion approfondie sur notre avenir. Pense-t-on sérieusement que, passée la crise actuelle, nous allons revenir au monde d’hier, avec les amphis bondés, les couloirs noirs de monde, les nez qui coulent et les gorges qui raclent par centaines en hiver dans des espaces mal aérés ? Les comptoirs administratifs pris d’assaut, les files d’étudiant∙es se pressant autour de l’enseignant à la fin du cours, les cocktails de fin d’année où l’on égare son verre et récupère celui du voisin, les rentrées chaotiques avec les étudiant∙es perdus, errant de salles en salles à la recherche de leur enseignant, tout cela risque d’être impossible dans le monde de demain. La fin du confinement n’annonce pas la fin de la #distanciation_sociale ou de l’impérieuse nécessité de respecter des règles d’hygiène minimales actuellement impossibles à imaginer dans le contexte universitaire. Trop d’étudiant∙es, aucun moyen, des locaux vétustes et des habitudes bien ancrées risquent de faire de la rentrée et de toutes les rentrées prochaines un insoluble #casse-tête.

    Un nouveau modèle universitaire

    C’est dans ce cadre que l’outil pédagogique numérique mérite d’être étudié. Bien pensées, les formations à distance peuvent représenter un appui à l’intégration à l’université pour de nombreux étudiant∙es mais aussi des méthodes d’approfondissement particulièrement efficaces ; elles peuvent aussi être étudiée afin de désengorger considérablement les locaux universitaires permettant alors de consacrer les mètres carrés libérés à des actions davantage personnalisées. Ainsi, par exemple, il est possible d’imaginer que certains cours en présentiel ne soient accessibles qu’après avoir finalisé un parcours numérique d’apprentissage. Il n’est pas nécessaire d’imaginer des tests ou des examens discriminants : le simple suivi sérieux du cours peut suffire à s’assurer de la motivation et à exclure les plus dilettantes des séances en présentiel.

    Naturellement, des dispositifs d’appui aux étudiant∙es en difficulté numérique ou ayant besoin d’un suivi plus dense doivent se développer. Cette diversification plaide pour une multiplication des classes aux #effectifs_restreints. En revanche, l’enseignement classique, les cours dans les gigantesques amphis, serait progressivement abandonné au profit de #conférences_numériques accessibles à un nombre encore plus important d’auditeurs dans des conditions de sécurité et d’hygiène garanties. Ces conférences pourraient se tenir en public, avec un auditoire restreint mais, diffusées à grande échelle, elles permettraient à tous d’y accéder simplement. Ces nouvelles méthodes d’apprentissage pourraient également favoriser l’#entraide au sein de la communauté étudiante en valorisant l’échange entre étudiant∙es de niveaux différents. Le tuteur étudiant pourrait être rémunéré, le libérant ainsi de la nécessité de trouver des financements pour ses longues études en dehors de l’université. Ces nouveaux circuits économiques, peu exploités en France avant le doctorat, auraient pour effet de renforcer la communauté universitaire, multipliant les liens entre l’institution et son public.

    Dans ce nouveau monde universitaire, le mandarin avide de cours d’amphi mais avare d’échanges et fuyant l’étudiant comme la peste n’aurait plus vraiment sa place – qui s’en plaindra ? – contrairement à l’enseignant affable et humain, privilégiant le dialogue au monologue. Cela suppose, dans de nombreuses disciplines, une transformation radicale du rapport de l’enseignant-chercheur avec son université et ses étudiant∙es. Ainsi, par exemple, s’il doit pouvoir bénéficier d’un lieu de travail adapté au sein des locaux universitaires, l’enseignant doit, en contrepartie, accepter un temps de présence plus important au sein de la faculté au bénéfice exclusif des étudiant∙es. Le bureau de l’enseignant pourrait ainsi se transformer en lieu de production et de transmission du savoir, accessible aux étudiant∙es comme aux collègues. Aujourd’hui, le bureau universitaire, denrée rare dans certaines universités, est le plus souvent un simple espace utile pour expédier les trop nombreuses tâches administratives qui pèsent sur les épaules de nombreux enseignant∙es-chercheur∙es investis dans leurs universités et organiser quelques rendez-vous pour traiter les cas d’étudiant∙es un peu atypiques et suffisamment téméraires pour demander un entretien. La culture de la porte ouverte n’existe pratiquement pas.

    Plus généralement, ce nouveau modèle permettrait de mettre fin à l’illusion selon laquelle l’égalité serait respectée en offrant à tous le même régime. Il privilégierait, au contraire, une approche fondée sur la diversité et la confrontation avec l’étudiant, envisagé dans sa singularité et non comme un simple atome d’une masse informe dont il s’agirait de trier le bon grain de l’ivraie. Cette adaptation de l’institution à ses étudiant∙es ne saurait naturellement être totale mais au contraire centrée sur ce que l’université a réellement à offrir, c’est-à-dire le fruit du travail des chercheurs qui sont le véritable cœur de l’institution universitaire.

    https://academia.hypotheses.org/23645

    #université #facs #France #enseignement_distanciel #confinement #coronavirus #ESR #témoignage

    • Marianne veut anticiper les bons et les mauvais côtés du #téléenseignement à la #rentrée

      Pour dédoubler les enseignements — cours magistraux et travaux dirigés — à la rentrée 2020, il faut des locaux et des enseignant·es. Difficile de gérer les locaux, plus simple de recruter des enseignant·es ?


      https://academia.hypotheses.org/23577

    • #LaFacÀDistance – ou imaginer notre pédagogie en #télé-enseignement

      Nous le pressentions depuis des semaines, notre ministre confirme : la rentrée universitaire de l’automne sera au moins en partie en distanciel.

      Nous avons besoin de nous y préparer dès maintenant. Pour cela, quelques éléments à garder en tête d’abord :

      Oui, nous n’avons pas envie de le faire, parce que nous aimons enseigner en présence de nos étudiant∙es. Cela peut même être au cœur de notre pratique et identité professionnelles, voire la raison pour laquelle nous avons choisi ce métier. Il faut prendre le temps d’acter ce renoncement sous contraintes et de faire le deuil de ce qui aurait pu être.
      Oui le passage au distanciel pose énormément de questions politiques (mainmise d’entreprises privées par les outils choisis, accroissement de certaines inégalités – pas toutes –, instrumentalisation au service de la néolibéralisation en cours à l’université avec plus de précariat, moins de protection des personnels, risques psycho-sociaux etc.). N’oublions cependant pas que l’enseignement à distance est là pour améliorer la sécurité sanitaire des étudiant∙es, d’abord, et des personnels, pas seulement enseignantes. Et n’oublions pas non plus le travail acharné depuis des années en pédagogie critique du supérieur pour faire de l’enseignement à distance qui ait un vrai sens pédagogique et émancipateur1. Jeter l’anathème sur l’enseignement à distance dans son ensemble, non.
      Ce que nous avons fait au second semestre est un atterrissage en catastrophe : transférer en quelques jours des enseignements conçus pour être en présentiel en distanciel. Sans savoir pour combien de temps (@6amart6), sans avoir le temps d’être formé·es à cela ou d’y avoir réfléchi, avec les outils que nous avions sous la main, que nous prenions en main, en devant en changer, etc. Ce n’est donc pas du distanciel, c’est de la gestion d’urgence. Nous avons là un peu plus de temps pour réfléchir à nos enseignements de la rentrée et pour pouvoir les concevoir différemment. Nous pouvons prendre le temps de les penser en distanciel (surtout les CM). Nous pouvons les construire de manière flexible permettant l’alternance de phases en distanciel et en présentiel, sachant que nous n’aurons pas la main sur les dates d’éventuels reconfinements. Nous pouvons intégrer la possibilité d’un retour en présentiel, ce que @melpicard appelle les « penser à l’envers.
      Ce qui ne veut pas dire que nous n’avons rien à apprendre de l’expérience de ce semestre (full disclosure : ma charge d’enseignement mensuelle est presque en totalité au premier semestre, donc vous en savez en général plus que moi). Voir ce qu’en dit Michelle Miller ici : https://www.chronicle.com/article/5-Takeaways-From-My-Covid-19/248713 et les liens très intéressants de l’article.
      Enfin, tout ne dépend pas de nous. Beaucoup de nos étudiant·es n’ont pas d’ordinateur personnel (ou insuffisant) ; iels n’ont pas de lieu où travailler, pas de connexion stable, etc. Si nous pouvons et devons continuer de faire pression sur nos établissements pour que cela soit intégré (par l’emprunt d’ordi, par des envois et financements de clefs 4G comme cela a été fait, pour l’intégration des salles informatiques dans les équipements à rouvrir, avec règles de distanciation sociale, etc.), si nous pouvons et devons concevoir des dispositifs pédagogiques flexibles, avec des roues de secours pour un maximum de configuration
      J’insiste sur ce point : nous, enseignant∙es-chercheru∙ses, n’avons pas les moyens de résoudre ce problème matériel. Sachons distinguer ce que nous pouvons et devons faire, ce que nous devons faire remonter, et ce qui n’est hélas pas dans nos mains – nous en serons plus efficace ou plus satisfait∙es et moins en burnout.

      Nos étudiant·es savent quels sont leurs besoins et viennent d’avoir l’expérience de ce semestre en distanciel de catastrophe. Demandons-leur ce qui a marché et ce qui ne convient pas (sachant que les besoins et problèmes sont différents en fonction des gens, des disciplines, des niveaux, des établissements…) et mettons nos idées en commun (#entraide #KropotkinFoerever). En nous rappelant que sur cette question comme sur beaucoup de questions pédagogiques, il n’y a pas de solution magique et que chacune doit être adaptée à nos situations d’enseignement.

      Je restitue donc ici la discussion qui a eu lieu sur Twitter, en grande partie sous l’hashtag #LaFacADistance (merci @6amart6), en remerciant très sincèrement toutes les personnes qui y ont participé, listées ci-dessous. J’ai essayé d’attribuer au maximum les idées, parfois collectives ou dialogiques, et de les créditer quand leurs auteur·es m’en ont donné la permission, en citant les tweets en les éditorialisant a minima. Mes excuses, vous étiez tant que j’ai très probablement oublié des gens dans la multitude des belles réponses.

      Pour chacun.e d’entre nous
      1. Créér et maintenir la relation enseignant·e / étudiant·e

      Des rencontres (pouvant être visio) en petit groupe pour faire connaissance et instaurer la relation de confiance, notamment avec les nouveaux et les L1 (@Chouyo)
      Des horaires de permanence hebdomadaire aussi en visio, pour garder un maximum de contact et être accessible à celleux qui rencontreraient des problèmes. Et quand ces permanences sont pour répondre aux questions sur le cours, laisser un peu de temps pour « digérer » (@FrançoisLevrier) !
      Des tchats dédiés, pour comprendre collectivement les difficultés et ne pas hésiter à en parler pour ajuster (@GoLuluGogo)
      Les liens importants et adresse mail de contact dispo et visibles partout, tout le temps. (@Chouyo)
      Une vidéo d’accueil du cours, en particulier pour les L1
      Des accusés de réceptions des travaux, permettant de limiter le stress (@mcbd, @Chouyo, @WritingRg)

      2. Accompagner la création d’un collectif

      pour des L1 en particulier, mais pour les autres aussi, il faut favoriser le contact entre étudiantEs voire le travail de groupe, y compris sur les rendus (éventuellement en optionnel, @edragone18). Ce n’est déjà pas toujours évident en présentiel mais c’est gage d’entraide et donc de ne pas uniquement se reposer sur les enseignant·es. Cela aide aussi à la motivation (@GoLuluGogo). Cela peut aller avec un outil de type réseau social dans l’ENT (@melpicard) et selon plusieurs modalités : rendre un devoir commun, partager une lecture, échanger dessus, partager des incompréhensions, se relire (@ChRabier). L’idée est d’avoir un relais à l’enseignant·e et que le cours vive entre étudiant·es. De favoriser la cohésion et l’aide pour la réussite de toustes (@GoLuluGogo).

      3. Les cours eux-mêmes

      Un syllabus clair et complet pour chaque cours (@melpicard)
      Prendre un maximum de groupes de TD associés quand on fait le cours d’amphi pour permettre du face-à-face (oui, collègues PR, vous aussi). Car, comme le souligne @GoLuluGogo, les TD auront une vraie fonction de lien social. Sans lien et sans confiance mutuelle, le distanciel est pénible pour les enseignant·es et les étudiant·es.
      Enregistrer une partie du cours par oral (@edragone18) pour aller avec le PDF et/ou les diapos
      L’explication des cours en version vidéo (@49Lyloo05), en se rappelant des contraintes de connexion de certains étudiant·es et des difficultés à charger des fichiers lourds, ainsi que des recommandations des études de pédagogie sur le fait qu’il faut éviter des vidéos longues (<15 mn), inefficaces sur le plan de la transmission et de la rétention des informations. Bien cibler donc.
      Un mélange entre éléments synchrones (nécessaires, @adelinedurandm) et asynchrones
      La mise à disposition de tous les documents nécessaires numérisés (dont les ouvrages)
      Offrir des exercices d’application pour la mise en pratique du cours et pas une simple lecture (@edragone18)
      Donner un temps indicatif pour certains travaux et cours (prévoir 15min d’écoute pour cette capsule, 25 si prise de notes etc.) (@Chouyo)
      Donner des documents et des travaux facultatifs, pour celleux qui peuvent, veulent, voire en ont besoin, ainsi que des ressources supplémentaires en libre accès (@edragone18)
      Si possible, une barre de progression de la tâche/cours par rapport au déroulé du semestre. (@Chouyo)

      4. Les examens

      Construire les examens en fonction (@anthropolegiste) : par exemple en valorisant les questions métacognitives, comme « qu’est-ce que ma matière peut vous apporter »« quelle est votre opinion sur le sujet du cours ? » comme les questions de réflexion (@claireplacial)

      5. De la souplesse et de l’attention aux plus vulnérables

      Des créneaux, rendus, dispositifs de secours pour être le plus flexibles possibles, pour que les étudiant·es ne fassent pas les frais de pannes de connexion, souci matériel, maladie, mise en quarantaine subite, etc.
      De manière plus générale, augmentation des boucles rétroactives ! Isolé·es, les étudiant·es ont encore plus besoin de retours de la part des enseignants et de motivation/réconfort. (@stperret, @49Lyloo05). Voir qui décroche, n’ose pas poser de question, ne parvient pas à se connecter pour pouvoir agir de manière ciblée.
      Être particulièrement attentif.ve aux étudiant·es handicapé·es (@adelinedurandm) et intégrer leurs besoins dans le design du cours (voir par exemple les enjeux d’accessibilités pour les étudiant·es sourd·es, si on n’a pas de vrais moyens mis sur les sous-titres, aveugles et mal-voyant·es sur les diapos (@Anne-GE).
      Être aussi attentif.ves aux étudiant·es plus vulnérables : étudiant·es étranger·es, de première génération etc.
      Prendre en compte l’impact psychologique de la situation sur les étudiant·es y compris du retour en présentiel, dans ce qui peut aussi être un lieu nouveau (@adelinedurandm, @Angryotterr)
      S’assurer que les étudiant·es en fracture numérique puissent recevoir les cours et participer au cours le plus possible (@edragone18, @6amart6).

      À l’échelle de l’équipe pédagogique :

      De la coordination, de la coordination, de la coordination

      Un calendrier clair et donné à l’avance (sur un ou deux mois dans l’idéal, voire plus) pour les dates de cours, de TD, les dates de rendus, etc., partagé (@stperret, @gaydrian_smith, @adelinedurandm, @Angryotterr, @edragone18, @Anne_GE, @WritingRg) et UTILISE par les membres de l’équipe et partagé avec les étudiant·es
      Une attention collective donnée à la charge de travail globale des étudiant·es (@FrancoisLevrier)

      À l’échelle de l’établissement

      Travailler avec les services informatiques et les services d’appui pédagogiques pour le choix des outils, les questions d’équipement, de connexion, de soutien logistique, etc.
      Idem pour les questions d’accessibilité (sous-titres, question des illustrations etc.)
      Se mettre en lien avec les services handicap pour travailler à l’accessibilité (@adelinedurandm)
      Demander que l’université propose un outil de communication collective (libre) pour ses étudiant-es (un Mattermost par ex.) ; sans quoi celleux qui ne sont pas sur facebook vont être complètement écarté·es d’un groupe « promo ». (@Anne_GE)
      Demander que l’université ait réglé leurs logiciels sur les prénoms d’usage. (@Anne_GE)

      Et beaucoup, énormément, à la folie, toujours plus, jamais assez, de bienveillance (@stperret, @edragone18)

      Enfin, la plupart de ces belles idées sont des pratiques que nous enseignant·es devrions DE TOUTE FACON, adopter en temps dit normal et en présentiel…

      Pour compléter ce rapide panorama de propopositions, nous vous invitons à continuer à faire vos propositions #LaFacÀDistance sur la plateforme ci-dessous.

      Merci de votre aide !

      Formulaire à idées :
      https://framaforms.org/lafacadistance-1589008071

      https://academia.hypotheses.org/23546

      #rentrée_2020 #rentrée_universitaire #septembre_2020

    • À distance, il n’y a pas d’école

      Sous la condition du « confinement », l’univers numérique a connu une énorme expansion. Même les plus réticents et beaucoup de ceux qui étaient exclus de l’utilisation des nouvelles technologies –généralement des personnes âgées– ont fait leur initiation. La vie à distance a forcé l’intégration dans l’écosystème numérique.

      L’expérience en cours la plus notable et la plus importante est l’enseignement à distance, qui fait sortir l’école de son enceinte protectrice et la fait entrer dans l’intimité du foyer. Le dispositif de l’enseignement à distance implique un danger auquel nous sommes tous exposés aujourd’hui, presque sans protection : une expansion significative du panoptique numérique (qui permet de tout voir et d’exercer une surveillance). Mais la question fondamentale dans cette expérience est de savoir si elle est réussie sur le plan niveau didactique (plus précisément, quel niveau de réussite a été atteint), et quelles conclusions peut-on en tirer. Il est évident que les résultats diffèrent grandement, en fonction des disciplines, des enseignants et des élèves. Je ne me fonderai pas sur des expériences particulières, les réflexions que je propose se situent sur un plan moins empirique.

      Je commencerai par la question de la transparence : l’école a été protégée tant qu’elle a bénéficié de l’état hermétique de la classe, que la porte de la salle de classe a été fermée, créant un espace discontinu, sans intrusions extérieures (espace qui pouvait être utopique ou oppressant aussi bien). Ce temps est révolu depuis longtemps et la salle de classe, qui reflète l’ouverture de l’école dans son ensemble, n’est plus un espace autarcique. La transparence, qui auparavant avait déjà donné lieu à une discussion sur la nécessité ou non de la moduler, connaît désormais, avec le confinement, une nouvelle étape : elle est devenue totale et absolue. À la maison, chacun peut regarder les « performances » des enseignants, évaluer leurs manières de faire et « apprécier » leur vidéogénie. Un certain degré de technophobie était encore toléré tant que l’enseignant exerçait dans sa classe ; dans l’enseignement à distance, ce n’est pas possible, et les arguments pour légitimer cette technophobie ne semblent plus recevables.

      Mais la question la plus importante qui ressort de cette expérience exceptionnelle — qui a peut-être pour effet de montrer combien l’école est une institution indispensable et capable d’alimenter la dernière utopie à laquelle nous avons droit — est celle de l’école comme lieu de construction du collectif et de la centralité de la classe en tant que communauté. Le modèle de la communauté éducative a une très grande signification politique.

      Un autre aspect important est celui de l’attention. Comme nous le savons, le plus grand défi de l’école est celui de l’attention : comment gagner et fixer l’attention des élèves, ces « sujets numériques » qui vivent sous le régime du fractionnement de l’attention ? Le grand combat de l’école, ces dernières années, a consisté à se doter de rituels spécifiques qui servent de dispositifs attentionnels, afin de récupérer ce que l’on appelle généralement « l’attention conjointe » (ou attention partagée), mode qui désigne le fait que l’attention de quelqu’un (dans la circonstance, un élève) est attirée sur l’objet qui lui est indiqué par la personne (dans la circonstance, le professeur) qui joue un rôle de guide.

      Or l’attention conjointe est intrinsèquement liée à la présence. C’est un fait bien connu de nos jours que les enfants et les adolescents n’échouent pas à l’école parce qu’on leur y enseignerait des choses difficiles à apprendre, mais parce que ce qu’ils apprennent à l’école ne les intéresse pas. C’est pourquoi les situations d’enseignement doivent être analysées du point de vue d’une écologie de l’attention. La salle de classe doit être conçue comme un écosystème d’attention. Est-il possible de créer cet écosystème dans l’enseignement à distance ? Dans son livre sur la figure du pédagogue Joseph Jacotot, Le maître ignorant, le philosophe français Jacques Rancière décrit et analyse une action pédagogique visant essentiellement à « l’émancipation intellectuelle ». La fonction essentielle du maître (potentiellement ignorant) n’est pas d’expliquer les contenus, mais d’exercer sur les élèves la capacité d’attention, soit par un ordre imposé, soit en stimulant leur désir. Toute l’expérience de l’enseignement, dit Rancière, doit tendre à « l’habitude et au plaisir que l’on éprouve en observant et en fixant avec attention » (attention : ad-tendere, tendre vers). C’est pourquoi la salle de classe est le lieu d’une expérience unique, irremplaçable, capable parfois de procurer une expérience euphorique, tant au « maître » qu’aux élèves.

      https://academia.hypotheses.org/23475

    • #As_It_Used_To_Be

      Depuis 2001, le « 48 Hour Film Project » est une compétition annuelle qui invite de jeunes réalisateurs à réaliser un court-métrage à contraintes (en 48h, en tirant au sort genre, personnage, objet, réplique). Après avoir remporté la victoire à Paris en 2011 avec le film « Casse-gueule », #Clément_Gonzalez a rencontré le succès à nouveau avec « As it used to be » en 2012 (mise en ligne 2013), qui développe en deux séquences et 8’13’’ quelques puissantes images associées à l’enseignement à distance (EAD) dans les universités. Le concours se tient dans une centaine de centres urbains du monde entier ; c’est à Johannesburg que Clément Gonzalez et son « Collectif 109 » ont tourné « As it used to be », dont la carrière a débuté de façon foudroyante par une avalanche de programmations et de récompenses1, avant de ressurgir en 2020 par la grâce d’une généralisation brutale et massive de l’EAD dûe aux mesures de confinement.

      L’Université de Johannesburg prête son architecture brutaliste aux décors de cette courte histoire de near future, comme l’ont fait ensuite les structures de la Bibliothèque Nationale de France dans la série Tripalium (Arte, 2016), ou auparavant les célèbres Espaces d’Abraxas de Noisy-le-Grand dans de nombreux films, de Brazil (1985) à Hunger Games (2012). L’Université de Johannesburg est d’ailleurs également réputée pour avoir lancé les premiers diplômes 100% à distance d’Afrique du Sud en 2017 et 20182 – et ses étudiant·es se sont fortement mobilisé·es en avril dernier pour faire entendre la voix des moins bien équipé·es des leurs3.)

      Le charisme des deux acteurs du film, l’intelligence et l’émotion de cet aperçu de la passion d’enseigner font dire à Clément Gonzalez que le court-métrage, depuis le début, a rencontré l’adhésion aussi bien des étudiant·es que des professeur·es. Il confie également qu’un projet d’extension en long métrage est en écriture depuis quelque temps. Le moment ne serait pas mal choisi pour développer un récit de contre-dystopie, où des voix persévèrent à résonner entre les murs des amphis.

      https://academia.hypotheses.org/23598
      https://vimeo.com/57814889

      #court-métrage #film

    • Les universités, l’enseignement à distance et le Covid-19 (2/2)

      Mettre fin à une lente et longue dérive

      Ces dernières années, deux phénomènes ont progressivement fait perdre son sens à l’université et l’ont profondément pervertie. D’une part, la complexification administrative due notamment à l’augmentation des effectifs étudiant∙es conjugué à la réduction du personnel administratif, a eu pour effet de développer la fonction administrative de l’enseignant-chercheur, au détriment de ses deux véritables fonctions, l’enseignement et la recherche. Cette nouvelle fonction administrative est évidemment mal assurée par un personnel qui n’a pas été formé à cela et qui vit cet investissement nécessaire le plus souvent comme une punition ou une calamité. Cela a pour conséquence d’augmenter les tensions entre la composante administrative de l’université et la composante pédagogique et de diminuer, encore, la qualité du service surtout dans les grandes universités au sein desquelles les personnels se connaissent mal. D’autre part, la croyance, de plus en plus ancrée dans l’esprit des étudiant∙es, des enseignant∙es et de la société en général, selon laquelle le diplôme universitaire permet d’accéder à l’emploi, a entrainé une modification de la nature de l’enseignement et des diplômes universitaires, pensés comme de plus en plus professionnalisant et techniques et reflétant de moins en moins l’activité de recherche dans la discipline concernée. Le tissu économique, l’État et désormais de nombreux étudiant∙es voudraient que l’on sorte de l’université prêt·e à l’emploi, ce qui est difficilement envisageable dans la mesure où la plupart des futurs métiers des étudiant∙es universitaires ne sont pas représentés dans les athénées. Si le diplôme peut parfois permettre d’accéder à une profession, cela reste marginal et surtout cela ne saurait être considérée comme un élément décisif pour juger de la pertinence d’un enseignement universitaire.

      Le monde de l’entreprise a un intérêt à la transformation des universités en de gigantesques centres de formation professionnelle, car cela permet de réduire les coûts de la formation interne des entreprises. Le savoir technique est enseigné par des fonctionnaires, les stages sont financés par l’argent public et l’employeur peut donc embaucher des travailleurs prêts à l’emploi. Le risque d’une rapide obsolescence des formations trop techniques est ignoré au profit d’une incessante critique de l’incapacité de l’université à s’adapter à la réalité économique… Le transfert du coût de la formation interne des entreprises à la collectivité nationale, à travers notamment l’institutionnalisation du stage, n’est jamais mentionné et les universitaires sont au contraire invités à remercier gracieusement les entreprises pour leur sacrifice qui consiste à accueillir une main d’œuvre jeune, motivée et… pratiquement gratuite ! Loin de pouvoir leur demander des comptes, les universités sont sommées de se plier aux desideratas de ces gentils philanthropes. Si la loi d’encadrement des stages a permis de mettre fin à certains abus trop criants pour être ignorés, elle n’a pas eu pour effet de modifier le système en profondeur ou de changer les rapports déséquilibrés qui se sont progressivement installés au profit du monde économique.

      Surtout, ces deux évolutions concomitantes, l’augmentation de la charge administrative et l’injonction du prêt à l’emploi, ont perverti le travail de l’universitaire qui n’exerce plus que marginalement le métier qu’il a pourtant choisi et pour lequel il a été formé plusieurs années. Avec moins de temps à consacrer à ses recherches et contraint d’enseigner un savoir de plus en plus éloigné d’elles, il subi, comme de nombreux fonctionnaires, une lente dérive qui l’éloigne de ce qu’il est ou plutôt de ce qu’il voulait être. L’irruption massive du numérique, si elle est aussi pensée à cet effet, peut constituer un moyen efficace pour aider l’université à sortir de cette situation désolante et à se retrouver.
      L’informatique au service du renouveau universitaire

      Certes, il ne s’agit pas du remède universel capable de guérir miraculeusement tous les maux ! L’outil informatique demeure un simple instrument qui peut servir le pire comme le meilleur. Il peut toutefois permettre de concilier des impératifs apparemment contradictoires comme la nécessaire diminution de la fréquentation des sites universitaires et l’augmentation de l’audience des universités. Il favorise aussi le travail de divulgation et de diffusion des travaux de recherche dont tout chercheur doit aujourd’hui se préoccuper. Ainsi, les revues universitaires, les éditions de facultés qui ont progressivement disparu ou qui vivotent ici ou là doivent devenir de puissants vecteurs de diffusion des travaux des universitaires, non en direction uniquement de leur propre communauté scientifique, mais également en s’adressant au plus grand nombre. La recherche étant financée par des fonds publics, il va de soi que le savoir produit doit être distribué gratuitement ou à des coûts très modiques, ce que permet l’approche numérique. A contrario, l’existence des centaines et parfois des milliers de revues, propriétés de grands groupes privés mais qui vivent uniquement grâce au travail des chercheurs, principalement fonctionnaires, et concentrent aujourd’hui l’essentiel des publications scientifiques dans plusieurs domaines, mérite d’être profondément remis en question. Des initiatives en ce sens existe déjà et doivent être massivement développées.
      De même, la production de matériel pédagogique par les universitaires ne peut continuer, comme aujourd’hui, à alimenter un marché privé très rentable, massivement financé par l’impôt puisqu’essentiellement destiné à vendre des produits réalisés par des fonctionnaires dans le cadre de leur fonction mais qui débouche sur la vente de manuels forts chers pour les bourses étudiantes. Là encore, l’outil numérique est à même d’escamoter ce modèle économique étrange au profit d’une vision moins naïve permettant de rendre à l’université ce qui est à l’université tout en offrant à l’étudiant l’outil sans lequel ses études s’avèrent impossible et qu’il est aujourd’hui obligé d’acheter à un éditeur privé.

      A contrario, comme les universités en font douloureusement l’expérience depuis plus de dix ans, l’outil numérique ne peut se substituer à l’existence d’une administration universitaire importante pour ne pas dire pléthorique. La diminution conséquente du personnel administratif par rapport à la masse d’étudiant∙es en constante augmentation a conduit au recours au traitement informatique des données dans un nombre toujours croissant de domaines, des inscriptions à la saisie des notes jusqu’à la délivrance des diplômes. Tout, ou presque, a été dématérialisé. Si ce processus présente d’indéniables avantages qu’il convient d’exploiter pour l’avenir, il ne doit paradoxalement pas être accompagné d’une réduction massive des effectifs administratifs et doit au contraire servir à développer des fonctions essentielles progressivement délaissées.

      Il en va de la survie même de l’administration universitaire dont le travail ne peut se réduire, pour des milliers de fonctionnaires, à la saisie informatique de données. Ce travail à la chaine aussi abrutissant que dévalorisant doit être subdivisé et le plus possible délégué ou partagé avec l’ensemble de la communauté universitaire : personnels administratifs, enseignant∙es mais aussi étudiant∙es. Cette tâche ingrate mais nécessaire doit être évidemment compensée à la hauteur de sa pénibilité. Aux côtés de cette administration fortement dématérialisée et déconcentrée, il faut reconstruire une administration qui soit un véritable soutien aux usagers comme aux enseignant∙es. Cela ne signifie pas rétablir une hiérarchie interne qui n’a pas de raison d’être entre l’administration et les pédagogues mais au contraire mettre l’ensemble de l’université, enseignant∙es et administrations, au service des étudiant∙es et plus généralement de la fonction universitaire.

      Il faut un personnel formé, qualifié, comme il en existe dans des milliers d’entreprises prestataires de service qui se soucient du niveau de satisfaction de leurs usagers et se préoccupent de leurs employés. Ainsi, par exemple, les universités doivent se doter de réels services de ressources humaines, avec un suivi des carrières, une capacité à proposer à chaque employé des possibilités d’évolution, des informations utiles sur la formation professionnelle, etc. Aujourd’hui, les services d’orientation pour les étudiant∙es sont quasiment inexistants alors que l’univers de l’enseignement supérieur n’a jamais été aussi complexe. Également, les directions des relations extérieures doivent être renouvelée et renforcée, en particulier au service des étudiant∙es qui souhaitent avoir une expérience à l’étranger et pour lesquels si peu est fait. La liste des services à repenser est longue et il ne s’agit pas ici de la dresser avec exhaustivité. Il convient, dans un premier temps, simplement d’admettre que si beaucoup de choses peuvent aujourd’hui être traitées exclusivement par mail et par tableur, comme les inscriptions ou le suivi académique, d’autres ne peuvent pas l’être et ne pourront jamais l’être. Il faut cesser de faire comme si dans le simple objectif non avoué de réduire, toujours plus, les dépenses et donc le personnel. Le chantier de reconstruction de l’administration universitaire est immense et la route est longue mais il faut s’y engager pour espérer redonner à l’université sa fonction et par là-même, son prestige.
      Le nerf de la guerre : le diplôme national

      Rien ne sera cependant possible sans une réflexion profonde sur la place des titres et diplômes que délivrent les universités et qui se sont progressivement substitués au chercheur, à la recherche et à l’enseignement, pour devenir le véritable moteur de l’université. Il convient de les considérer pour ce qu’ils sont, c’est-à-dire de simples accessoires d’une entreprise plus noble et bien plus complexe que la distribution des distinctions : la transmission du savoir universitaire. Le titre ou le diplôme ne donne pas de travail, tout au plus qualifie-t-il pour un emploi mais dans la majeure partie des cas il n’est là que pour attester de la formation reçue par le diplômé. Il n’a pas d’autre valeur que celle qu’il certifie, à savoir la qualité de l’enseignement. Or, l’université ne sait véritablement et efficacement former que par la transmission du savoir qu’elle produit et dont elle est dépositaire. Ce savoir est parfois très pratique, y compris dans des champs disciplinaires qui pourraient paraître improductifs, mais il demeure intimement lié à l’activité du chercheur. Ce lien indissoluble entre recherche, enseignement et diplôme doit être restauré et conduire à l’abandon de l’idée selon laquelle l’université pourrait tout enseigner. Elle ne doit plus être vue comme le prolongement naturel de l’éducation nationale, destinée à accueillir toute la jeunesse française, prétendument capable de tout enseigner et de tous les former. A contrario, elle doit s’ouvrir à nouveau sur la société et s’adresser à tous, jeunes et moins jeunes, indépendamment de la question de la délivrance d’un titre national qui viendrait systématiquement sanctionner ses formations. L’univers de la formation aujourd’hui regorge de méthodes de certifications et autres techniques qui attestent de l’enseignement ou de la formation reçue, de manière plus souple, moins contraignante et souvent bien plus pertinente que les diplômes nationaux. Les universités doivent investir massivement ce champ afin de valoriser les domaines de recherche de ses enseignant∙es-chercheur∙es et au contraire délaisser les multiples formations pour lesquelles elles n’ont d’autres compétence que leur capacité à faire appel à des formateurs extérieurs ou à forcer leurs propres enseignant∙es.

      Le diplôme national, avec son cadre nécessairement rigide et l’indispensable harmonisation des formations qui le délivrent, doit retrouver sa juste place, c’est-à-dire celle d’un titre donnant accès à des professions, des métiers ou des formations qui ne peuvent être exercés ou suivies par quelqu’un qui n’en serait pas titulaires. Ainsi, la santé, la justice ou encore l’enseignement sont des activités qui peuvent supposer une certaine uniformité du savoir transmis aux futurs acteurs. C’est à la fois lié à la nature de l’activité et à sa prise en charge par la communauté. Il est d’ailleurs intéressant de remarquer, qu’à l’exception notable de la formation médicale qui peut intégralement avoir lieu au sein de l’université grâce aux centres hospitaliers universitaires, de nombreuses activités réglementées requiert le passage d’examens et de formations à l’extérieur de l’université, comme pour les professions juridiques (avocats, notaires, juges…) ou l’enseignement. En revanche, le diplôme national, n’a, dans de très nombreuses situations, aucune utilité : ainsi des milliers de métiers les plus divers peuvent légalement s’exercer sans devoir exhiber de titre. Malgré cela, le diplôme national s’est progressivement imposé comme la forme normale de certification d’une formation d’enseignement supérieur au détriment de la diversité et surtout de la qualité réelle des formations dispensées. Il ne garantit évidemment aucune forme d’égalité entre étudiant∙es provenant d’établissements universitaires différents mais donne au contraire lieu à des formes de concurrence malsaine entre établissements : certains choisissant de limiter l’attribution du diplôme afin de garantir la « qualité » du titre délivré par l’université tandis que d’autres facilitent cette obtention afin d’attirer des candidats. Le marché de l’emploi n’est pas dupe de cette réalité et sait parfaitement établir sa propre échelle de valeur des formations délivrées par les établissements universitaires. Aussi, faire croire que le diplôme est le même quelle que soit l’université qui le délivre consiste à entretenir une fiction à laquelle plus personne ne croit et qui finit non par valoriser la formation moins qualitative mais à faire perdre son sens au diplôme national.


      *

      La crise actuelle permet de penser le basculement. La fermeture des universités les a inévitablement réduites à ce qu’elles sont essentiellement : une communauté de chercheurs et d’enseignant∙es au service des étudiant∙es. Pour beaucoup, ils se démènent pour permettre à leur enseignement d’exister malgré les circonstances, pour continuer à transmettre mais aussi à apprendre. La transmission et la circulation du savoir résiste alors que tout le reste s’est effondré en quelques heures suivant le confinement. Cela n’aurait pas été possible, le plus souvent, sans l’implication active des services informatiques pédagogiques qui ont dans de nombreux cas remarquablement relevé le défi et ont efficacement épaulé des milliers d’enseignant∙es et d’étudiant∙es. Cette extraordinaire et héroïque résistance de ce qui constitue l’âme de l’université, sa fonction première de sauvegarde et de transmission du savoir, est un trésor sur lequel construire l’avenir.

      https://academia.hypotheses.org/23753

  • Vandalisme au nord de #Montpellier : la croix qui culmine au sommet du pic Saint-Loup détruite
    https://actu.fr/occitanie/cazevieille_34066/mystere-nord-montpellier-croix-culmine-sommet-pic-saint-loup-arrachee_33557483.

    Haute et lourde - 9,50 m pour 900 kg -, la grande croix en fer qui culmine au sommet du pic Saint-Loup, sur les hauteurs de Cazevieille et de Saint-Jean-de-Cuculles, a disparu, du moins de la vue de tous, car, selon nos informations, elle se trouve toujours proche de la chapelle, mais, à terre, pendante le long de son socle sur la falaise.
    Ce lundi, des gendarmes de la compagnie de Castelnau-le-Lez, dont ceux de la brigade de Saint-Mathieu-de-Tréviers ont joué les randonneurs, sous la pluie et le vent, pour lever le mystère : un spectaculaire acte volontaire a eu raison de la croix. 

    Une destruction préméditée revendiquée par des inscriptions à la peinture rouge tracée sur un bloc de béton : Le Pic laïque et Witch Power, le pouvoir des sorciers…Qui se cache derrière ces saboteurs qui ont grimpé les 658 m, sans doute le week-end dernier ?

    Mais, euh, pourquoi « vandalisme » ?

    • Les sorciers et les sorcières dans la région de Montpellier, ça semble un truc…

      Il y notamment Catherine Sauve :
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Catherine_Sauve

      Ses aveux selon Michel Jas la révèlent proche des conceptions cathares2,3, relançant le débat d’une présence des cathares à Montpellier et des racines cathares de la Réforme protestante par la suite4.

      […]

      Installée sur une sellette, elle répond aux inquisiteurs et une fois la sentence prononcée, Raimond Cabassa la remet au bras séculier, c’est-à-dire au bailli, pour l’exécution de la sentence. Elle est brûlée à Coldefin avant le repas. D’Aigrefeuille dans son histoire sur Montpellier7, et Alexandre Germain dans son livre qu’il écrit sur Catherine Sauve5 indiquent que cette dernière aurait été condamnée par le feu à la portalière ("portail" en patois occitan). Cet endroit étant réputé être le lieu où l’on brûlait les hérétiques et autres personnes accusées de sorcellerie, les habitants de Montpellier prirent l’usage de l’appeler « le portail de las masques » (masques, masc ou masco signifiant sorcier en patois du Languedoc)8. Ce chemin existe toujours de nos jours sous la dénomination de la rue Portalière-des-Masques ("porte des sorcières")9. Le juge des sorciers semble avoir effectivement résidé non loin de cette porte10,11. Mais il a été confirmé par la suite que Catherine Sauve avait été suppliciée non devant cette porte qui se trouvait en fait à l’extrémité du couvent des Dominicains, et à la proximité du juge Inquisiteur8, mais bien au lieu-dit « Col de Fin » près de l’actuel cimetière Saint-Lazare, au chemin alors appelé de la Justice du fait de la présence de fourches patibulaires8,12,10.

      La rue Portelière des Masques, c’est d’ailleurs la rue du collège de mon aînée…

      Et jusqu’à plus récemment : La sorcière de Saint-Gély-du-Fesc
      https://montpellier-histoire-patrimoine.com/la-sorciere-de-saint-gely-du-fesc

      En me promenant au hasard des pages de l’ancien journal montpelliérain, « le Petit Méridional », j’ai pu découvrir la narration tout à fait passionnante d’un procès de sorcellerie qui défraya la chronique judiciaire locale à la fin du 19ème siècle, celui de la Sorcière de Saint-Gély-du-Fesc.Il est vrai que les histoires de sorcières ne manquent pas à Montpellier, elles jalonnent son histoire, depuis la nuit des temps. La tradition retient que les sorcières montpelliéraines se réunissaient au plan de las Mascas, à l’abri du bois de Lavalette (ne vous inquiétez pas, on aura l’occasion d’y revenir un peu plus tard) ou que vécut à Montpellier la célèbre sorcière Catherine Sauve, qui fut brûlée à la Portalière, vers le pont Saint-Côme, qui allait devenir la portalière des Masques en souvenir de son exécution publique le 2 octobre 1417…

  • «La montagna a casa» celebra l’eroismo di un grande alpinista antifascista - Lo scarpone on-line - L’house organ del Club Alpino Italiano
    http://www.loscarpone.cai.it/news/items/la-montagna-a-casa-celebra-leroismo-di-un-grande-alpinista.html

    «La montagna a casa» celebra l’eroismo di un grande alpinista antifascista
    “Oltre il confine. La storia di Ettore Castiglioni” di Andrea Azzetti e Federico Massa è il film che sarà proiettato questa sera per la rassegna cinematografica del Cai

    9 maggio 2020 - Inizia un altro weekend in compagnia della rassegna “La montagna a casa”. Oggi sarà protagonista Ettore Castiglioni, figura tra le più amate della storia del Cai, sia come accademico che per il suo impegno antifascista. Attraverso le Alpi Castiglioni ha portato in Svizzera tanti dissidenti e tanti ebrei. “Oltre il confine. La storia di Ettore Castiglioni” di Andrea Azzetti e Federico Massa cercherà anche una risposta all’ultima domanda rimasta insoluta, quella sulla missione a causa della quale morì in alta Valmalenco nella primavera del 1944.

    Il film sarà trasmesso alle 21 sul canale Youtube del Cai. “La montagna a casa” è organizzata dal Cai con la collaborazione di Sondrio Festival, Museo della Montagna e Parco dello Stelvio. Il link per guardare il film è: https://www.youtube.com/watch?v=kUZmtHbevwk

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    Se volete rivedere il film di ieri, “Tamara Lunger – facing the limit”, appuntamento con la replica delle 17.30. Il link per partecipare alla proiezione è: https://www.youtube.com/watch?v=3Z4I_vR0aQY

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    Ecco la scheda del film di oggi:

    “Oltre il confine. La storia di Ettore Castiglioni”
    Regia: Andrea Azzetti e Federico Massa
    Produzione: Giuma
    Sceneggiatura: Andrea Azzetti, Federico Massa e Gerassimos Valentis
    Fotografia: Andrea Azzetti
    Paese: Italia
    Anno: 2017
    Durata: 66 min.

    Attori: Stefano Scandaletti, Marco Albino Ferrari
    Con le testimonianze di Alessandro Tutino, Andrea Tognina, Maurizio Giordani, Annibale Salsa, Alessandro Rizzi, Ivano Marco Rebulaz, Ruggero Cominotti, Oscar Brandli, Milan Bier, Nenga Negrini, Dominik Lieinenbach.

    Sinossi:
    #Film dedicato alla nobile figura di Ettore Castiglioni, accademico del #CAI, compilatore di guide alpinistiche CAI-TCI, musicista, morto assiderato in alta Valmalenco nella primavera del 1944, durante la sua fuga dalla prigione svizzera del passo del Maloja, accusato di espatrio clandestino.
    #EttoreCastiglioni scelse di avere come unico confidente il suo diario. Le sue parole compongono il ritratto di un grande alpinista e insieme la figura di un uomo solo e inquieto. Ma raccontano un cambiamento profondo: da ragazzo di buona famiglia ad antifascista che all’indomani dell’8 settembre 1943 guidò un gruppo di ex soldati sulle montagne della Valle d’Aosta e si adoperò per portare in salvo sul confine svizzero profughi ed ebrei in fuga dalla guerra. “Dare la libertà alla gente per me adesso è una ragione di vita”: scriveva così qualche giorno prima di cadere in un tranello delle guardie di frontiera. L’ultima nota nel diario è del marzo ’44 e non svela nulla degli avvenimenti successivi. Sconfinò nuovamente in Svizzera e fu arrestato. Privato degli abiti e degli scarponi fu rinchiuso in una stanza d’albergo a Maloja. Durante la notte si calò dalla finestra e affrontò il ghiacciaio del Forno avvolto in una coperta. Cosa lo spinse a tentare una fuga impossibile? Quale missione aveva da compiere oltre il confine? Lo scrittore Marco Albino Ferrari, curatore dell’edizione critica del diario, ripercorre i momenti salienti dalla vita dell’alpinista, raccoglie documenti e testimonianze e si addentra nel mistero della sua morte.

    @cdb_77 #wwII #frontiere #alpes #suisse #italie #shoah

  • Storia semiseria della cartografia esattissima delle epidemie, Anno Domini 1690-2020

    Le epidemie hanno segnato anche la storia della cartografia, e viceversa: le carte ci raccontano come sono state pensate e quindi affrontate le epidemie. Ci dicono cosa cambia e cosa, ahimè, non cambierà mai. Il primo esempio si deve a Filippo de Arrieta (1): peste, Bari, fine del ‘600.

    La carta mostra “li luoghi sospetti” - dove l’epidemia è ancora in corso (intorno Monopoli) o dove è passata (intorno a Bari) - isolati da un “cordone sanitario” di 350 caserme militari e per mare da “Filuche di guardia”. Un altro cordone protegge le province contigue.

    Oggi siamo molto più gentili: basta qualche milione di posti di blocco. L’area del contagio è il mondo intero. I confini, di conseguenza, sono ovunque. A breve li installeremo nei nostri smartphone e saremo finalmente liberi (perché tracciati in tempo reale su una mappa). All’epoca i focolai erano quasi sempre nei porti. Si pensava allora che i veicoli fossero più che i marinai proprio le navi. La soluzione è vecchia di 700 anni: la quarantena (2).

    Che può apparire crudele e sproporzionata. Ma d’altronde si trattava di salvare vite umane. E incidentalmente l’economia: confinamenti e quarantene intralciavano i commerci sul lungo raggio, ma comunicavano ai propri intorni territoriali che si trattava di porti sicuri dai quali attingere le merci. Dai lazzaretti, oltre che dalle flotte e dagli eserciti, dipendono l’espansione dei commerci e - oggi come allora - le sorti di quella che chiamiamo globalizzazione. E inoltre, pensate un po’, si diffondono dicerie. Le epidemie hanno origine in luoghi lontani dove, evidentemente, succedono cose immonde (hic sunt dragones) (3).

    Un tale Luca Zaia, governatore dell’autonoma repubblica veneta, sostiene addirittura nell’anno domini 2020 che le epidemie nascono in Cina perché lì mangiano topi vivi, salvo poi scusarsi per l’affermazione. D’altronde all’epoca la gente era suggestionabile e ignorante di geografia (che era stata praticamente eliminata dalle scuole di ogni ordine e grado). Circolavano per questo parecchie fake news. Ma finalmente arriva la scienza moderna e si iniziano a mappare le epidemie per comprenderne le cause. Si sosteneva che il veicolo di trasmissione fosse l’aria, ovvero i famigerati ‘miasmi’, che esalavano da luoghi stantii e maleodoranti. Per dimostrarlo si disegnavano carte (che possono quindi essere considerate i primi tentativi di cartografare la puzza).

    La prima è quella di Valentine Seaman (1795), porto di New York, febbre gialla (4): i numeri sono i contagiati, le S i luoghi dai quali esalano i ‘miasmi’ (“putrid effluvia”), le x i luoghi di assembramento.

    La prossimità tra gli uni e gli altri implica correlazione e quindi causalità. La soluzione è la ‘sanificazione’. Che ha effettivamente risolto molti problemi sociosanitari, che però spesso non avevano natura epidemica ma erano appunto sociosanitari, ovvero colpivano i poveri. Le epidemie hanno invece un inconveniente: si trasmettono anche ai ricchi, che quindi tendono a prendere più a cuore la questione. Edwin Chadwick era particolarmente preoccupato. Nel 1842 disegna una carta che è considerata il primo esempio di cartografia delle disuguaglianze (5).

    Leeds, 1830, epidemia di colera: nelle aree scure abitano i ricchi. In quelle chiare i poveri. I pallini rossi sono decessi per colera. Quelli blu per malattie respiratorie. Le strade sono classificate in “buone” e “cattive”. La posizione e la frequenza dei pallini parlano chiaro: la malattia è un problema di classe. La povertà quindi conduce alla malattia? Bisogna sconfiggerla! Chadwick in realtà pensava che fosse l’opposto: la malattia conduce alla povertà. Ed entrambe sono dovute alle cattive abitudini. La colpa allora è di chi si ammala. Il veicolo erano comunque considerati i miasmi. La sanificazione ha cambiato per sempre le città e quindi il mondo.

    Mentre il Barone Hausmann demoliva le parti più vecchie, tortuose e putride di Parigi per fare un po’ d’aria, il suo capo ingegnere Eugéne Belgrand dotava la città di un adeguato sistema circolatorio sotterraneo: le fogne. Direbbe Franco Farinelli che la cartografia di Belgrand (6) non è una rappresentazione più o meno fedele o utile del suo progetto, ma che è stata piuttosto la rete fognaria e perfino, di conseguenza, Parigi a prendere forma dalla logica cartografica che albergava nella mente cartesiana di Belgrand (e di Haussmann).

    Sia come sia, ha funzionato. Parigi viene demolita, ricostruita e resa più sicura: sui grandi boulevard voluti da Haussmann possono finalmente passare gli eserciti. I tentativi di imitazione furono innumerevoli. A Napoli lo chiamarono “Risanamento”. Il risanamento (o sanificazione) ha cambiato il mondo proprio perché si basava su una teoria in buona parte sbagliata. Si sottovalutava la dimensione interpersonale del contagio per cercare specifici focolai che potessero essere quindi isolati, evitando misure draconiane che danneggiavano l’economia.

    In fondo, mostrava Thomas Shapter nella sua mappa (7), si tratta di “poche isolate macchie [“spots”] nei quali si verifica un tasso di mortalità rimarchevole e anomalo”. Oggi li chiamiamo hotspot o cluster e li individuiamo in pochi istanti con calcolatori iper-potenti che attingono in real time a repository dinamiche di dati machine readable. Ma sempre di puntini e macchie su una carta si tratta. Allora per mapparli ci volevano mesi o anni ma, guarda un po’, i dati a quanto pare erano più affidabili. Per Richard Grainger il veicolo erano gli acquitrini o, dove non c’erano, la “cattiva ventilazione” (oggi diremmo “polveri sottili”) o “gli affollamenti” (“assembramenti”), come tentò di mostrare con una carta che, diciamo la verità, è una vera schifezza (8).

    Cambiando scala, sulla già immensa superficie di Londra, non si potevano semplicemente disegnare pallini, lettere e numeri. La soluzione è ancora oggi la stessa: mappe di densità. Solo che oggi le autorità non pubblicano dati individuali. Dobbiamo quindi accontentarci di suddivisioni amministrative e mappe ‘arlecchino’ che oltre ad essere orribili sono notoriamente fuorvianti perché affette dal “problema dell’unità d’area modificabile”: se si cambia la scala (es. dalle province ai comuni) o la forma geometrica dei confini, la correlazione tra due fenomeni può addirittura cambiare di segno. Poi arriva il nostro eroe: John Snow. Non è discendente diretto del noto personaggio della nota serie tv, ma tra i cartografi gode di analoga fama. È considerato il padre di hotspot, cluster e tutta quella roba lì. Ma come! Direte voi. L’avevano fatto altri prima di lui. Lui però l’ha fatto meglio (9).

    Innanzitutto la sua teoria era esatta. La concentrazione anomala (hotspot) di casi (nella mappa: le lineette in pila) in una particolare area della città di Londra (Broad street) non era dovuta ai miasmi (Broad street d’altronde si traduce “via larga”). I casi ‘clusterizzavano’ intorno a uno specifico pozzo (nella mappa i pozzi sono pallini con l’etichetta “pump”). L’origine del colera è quindi l’acqua. E poi il metodo di Snow era particolarmente pulito, cartesiano e quindi inevitabilmente cartografico.

    E siccome i suoi colleghi epidemiologi non si convincevano, Snow disegnò una linea di equidistanza tra il pozzo di Broad street e gli altri per mostrare che le morti si concentravano prevalentemente all’interno di quella linea (10): per questa semplice idea i cartografi lo acclamano. Ed era talmente convinto dell’efficacia dimostrativa della sua mappa che non si prese neanche il disturbo di contare questi morti, testare altrove la correlazione ed escludere eventuali concause. Si recò però personalmente in tutti i luoghi vicino a Broad street dove, stranamente, i morti erano pochi, per dimostrare che qui l’acqua veniva attinta da altri pozzi. I migliori cartografi d’altronde sanno bene che “la geografia si fa con i piedi”, prima che sulle mappe. Queste ultime, si sa, mentono. Henry Acland allora ci si mise di buzzo buono: nella sua mappa (11) localizzò tutte le morti di colera a Oxford durante le epidemie del 1854 (quadrati e lineette nere), del 1849 (lineette blu) e del 1832 (puntini blu), i luoghi dei ‘miasmi’ (puntini marroni), quelli sanificati (cerchi marroni), i corsi d’acqua inquinati (linee tratteggiate), le zone acquitrinose (in verde), le linee altimetriche (nere) e vi allegò un rapporto di 170 pagine con una ricchezza impressionante di dati.

    Fu acclamato con entusiasmo. Forse perché sosteneva tesi in linea con quelle all’epoca tanto in voga? Fatto sta che le sue conclusioni erano sbagliate. E quindi oggi chi era Acland lo abbiamo dimenticato mentre Snow compare in tutti i libri di epidemiologia e di cartografia. D’altronde il rigore scientifico è nulla a confronto delle buone idee. E in questo caso è quanto mai vero che “basta che funzioni”. Snow è considerato il primo ad avere sperimentato un metodo che è ancora alla base delle applicazioni geospaziali più diverse, dall’industria petrolifera al geomarketing. Ma non riuscì mai a convincere i suoi colleghi. Per una prova ‘scientifica’ si dovettero attendere 30 anni e un numero enorme di altri morti, inclusa quella prematura di Snow per l’eccessiva auto-sperimentazione di anestetici. Allora come oggi i medici spesso ci rimettono la pelle.

    In Italia nel frattempo si mappava la malaria, il cui veicolo di diffusione è territoriale e non interpersonale. Il problema riguardava per questo vastissimi territori che coprivano praticamente l’intera penisola. A fare l’Italia non bastavano quindi gli eserciti. Bisognava anche costruire le ferrovie. I lavori però progredivano lentamente e il motivo principale era proprio la malaria. Per non parlare dei danni all’agricoltura. Per mostrarlo il senatore Luigi Torelli disegnò una delle prime carte dell’Italia unita (12).

    L’Italia l’hanno poi fatta anche le bonifiche, ma prima ancora quella mappa nella quale ci si scopriva vittime di un unico terribile morbo senza confini. In verità la malaria è stata sostanzialmente una “questione meridionale”, come pure si può dedurre sulla carta osservando le zone più scure. L’intenzione di Torelli era in ogni caso scioccare l’opinione pubblica e spronare all’azione. Compito che le carte geografiche svolgono da sempre egregiamente. E infatti funzionò. La lotta alla malaria modificò le abitudini, l’architettura, il territorio. Decine di migliaia furono salvati, per poi essere mandati con altri centinaia di migliaia a morire in guerra. Salvare vite umane è d’altronde un imperativo morale, ma alcune cause di morte fanno eccezione. Con altrettanta incuria ci si dedicò alle principali concause della malaria: la deforestazione selvaggia e la miseria. La lotta durò quindi un intero secolo, anche perché il vaccino funzionò solo in parte. Speriamo che contro questo coronavirus ci vada meglio. Perché abbiamo già iniziato a contare i morti dovuti alle misure di contenimento del contagio. E a discutere soluzioni alla recessione devastante che ci attende sulla base di teorie economiche altrettanto parziali che, guarda caso, nascono nella stessa epoca, e su una mappa (13).

    E anche se abbiamo imparato a distinguere una correlazione da un nesso di causalità, facciamo ancora confusione tra ciò che è efficace e ciò che è giusto. Ma questa è un’altra storia. Nonostante, quindi, siano trascorsi secoli di progresso scientifico e civile continuiamo ad adottare metodi di contenimento delle epidemie simili - isolamento, quarantena, sanificazione, militarizzazione del territorio. Sappiamo tutto su virus, contagi, abitudini e movimenti delle persone ma applichiamo una strategia che è stata inventata a Venezia nel ‘300. Continuiamo a disegnare carte nel tentativo (spesso altrettanto vano) di individuare origini, canali di diffusione, soluzioni, scorciatoie. Continuiamo ad adottare soluzioni parziali, sperimentali, sproporzionate, pensando che esse si basino su incontrovertibili verità scientifiche. Il tutto condito da tonnellate di fake news, feroci caccie all’untore e elefantiaci dispositivi di sicurezza che se non fossero pericolosi sarebbero ridicoli, mentre la morte nera dilaga e ci inchioda, oggi come sempre, alla nostra prigione cartografica fatta di reti di contagio, confini di contenimento e territori minuscoli nei quali, terrificati, ci isoliamo. Perché “vedi, figlio mio”, come dice Gurnemanz a Parsifal nell’omonimo dramma anti-positivista di Wagner, “il tempo qui diventa spazio”. Niente di nuovo. Niente di strano. L’errore è aver pensato che, nel frattempo, il mondo fosse cambiato. Solo che nello spazio reti, confini, territori non esistono. Sono solo modi a volte goffi, a volte efficaci, con i quali tentiamo di dare un senso al mondo, che poi vengono facilmente confusi con la realtà che rappresentano (d’altronde sia la mappa di Snow che quella di Aucland erano ‘vere’). E che poi – anche per questo - hanno effetti molto concreti sul modo con il quale gestiamo e modifichiamo il territorio, l’architettura, le abitudini. Piaccia o non piaccia, speriamo almeno che funzioni.

    FONTI

    Al-Marashi I. (2020) Black plague, Spanish flu, smallpox: All hold lessons for coronavirus. Bullettin of the Atomic Scientists, March 13, 2020. Bagnato A., Terra infecta: Mapping malaria in Italy [https://research-development.hetnieuweinstituut.nl/en/research-projects/mapping-malaria-italy]

    Bynum W. (2008) The history of medicine: A very short introduction. Oxford University Press. Farinelli F. (2003) Geografia: un’introduzione ai modelli del mondo. Einaudi.

    Gandy M. (1999) The Paris sewers and the rationalization of urban space. Transactions of the Institute of British Geographers 24: 23-44. Koch T. & Denike K. (2009) Crediting his critics’ concerns: Remaking John Snow’s map of Broad Street cholera, 1854. Social Science & Medicine 69: 1246-1251.

    Koch T. (2005) Mapping the miasma: Air, health, and place in early medical mapping. Cartographic Perspectives 52: 4-27.

    Koch T. (2011) Disease maps: epidemics on the ground. University of Chicago Press.

    Mason B. (2019) The Topography of Disease: A 19th-century doctor famously mapped cholera’s toll to try and understand its origin and spread.

    Scientific American, January 29, 2019.

    Snowden F.M. (2002) Naples in the Time of Cholera, 1884-1911. Cambridge University Press. Snowden F.M. (2019) Mr. Clean: Edwin Chadwick and the movement to blame the poor for being sick. Lapham’s Quarterly, October 23, 2019.

    MAPPE

    MAPPE

    (1) Filippo de Arrieta, “Raguaglio historico del contaggio occorso nella provincia di Bari negli anni 1690, 1691 e 1692”
    https://it.wikipedia.org/wiki/File:Raguaglio_historico_del_contaggio..._Wellcome_L0043986.jpg

    (2) I luoghi della quarantena a Venezia nel 1572: Lazzaretto vecchio e Lazzaretto nuovo
    https://www.piratesurgeon.com/pages/surgeon_pages/quarantine10.html

    (3) Monro Scott Orr (1874-1955), “Storia e diffusione della morte nera nel mondo”
    https://wellcomecollection.org/works/v37g7nq9

    (4) Valentine Seaman (1770-1817), “Indagine sulle cause e la prevalenza della febbre gialla a New York”, 1797
    https://lib-dbserver.princeton.edu/visual_materials/maps/websites/thematic-maps/quantitative/medicine/medicine.html

    (5) Edwin Chadwick (1800-1890), “Rapporto sulle condizioni sanitarie della popolazione lavorativa della Gran Bretagna”: “Mappa sanitaria di Leeds”, 1842
    https://www.parliament.uk/about/living-heritage/transformingsociety/livinglearning/coll-9-health1/health-02/1842-sanitary-report-leeds

    (6) Eugène Belgrand (1810-1878), “I lavori sotterranei di Parigi, Vol. V”: “Fogne costruite tra il 1856 e il 1878”
    https://rgs-ibg.onlinelibrary.wiley.com/doi/epdf/10.1111/j.0020-2754.1999.00023.x

    (7) Thomas Shapter (1809-1902), “Mappa di Exeter che mostra le località dove si sono verificate le morti causata dal pestilenziale colera negli anni 1832, 1833 e 1834”, 1849

    (8) Richard Grainger, “Mappa del colera nella metropoli, 1849”, 1850
    https://wellcomecollection.org/works/hjutkspw

    (9) John Snow (1813-1858), “Rapporto sull’epidemia di colera nel quartiere St. Jaimes, Westminster, durante l’autunno del 1854”, 1855
    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/8e/Snow-cholera-map-1.jpg%3Fuselang%3Dit

    (10) John Snow, riproduzione della linea di equidistanza tra il pozzo di Broad Street e quelli contigui, 1855
    https://medium.com/through-the-optic-glass/la-mappa-che-cambi%C3%B2-le-citt%C3%A0-8027752b2c12

    (11) Henry Acland (1815-1900), “Memorie sul colera a Oxford nel 1854”, “Mappa di Oxford”, 1855
    https://blogs.bodleian.ox.ac.uk/maps/2015/10

    (12) Luigi Torelli (1810-1887) “Carta della malaria dell’Italia”, 1882
    https://zanzare.ipla.org/index.php/2-non-categorizzato/152-note-storiche-sulla-lotta-alla-malaria-in-italia

    (13) Johann Einrich von Thunen (1783-1850), “Lo stato isolato in relazione all’agricoltura e all’economia”, 1826. Secondo alcuni è la prima applicazione di un modello economico marginalista.
    https://archive.org/stream/derisoliertestaa00thuoft?ref=ol#page/n4/mode/2up

    http://temi.repubblica.it/micromega-online/storia-semiseria-della-cartografia-esattissima-delle-epidemie-anno-d
    #cartographie #cartographie_historique #histoire #épidémie

    Auteur : #Filippo_Celata, qui a publié ce billet sur @visionscarto :
    Cartographie d’un désastre : la santé publique en Italie face au coronavirus
    https://visionscarto.net/hopital-et-coronavirus-en-italie

  • #Grèce : Ils ont mis le #feu à un #hôtel qui hébergerait des réfugiés à #Pella.

    De graves incidents se sont produits à #Arnissa à Pella (nord de la Grèce) à l’occasion de tentatives d’accueil de réfugiés, pour la plupart des femmes et des enfants, dans des hôtels de la région.
    Selon omniatv.com, la tension a commencé dans l’après-midi dans le village de #Panagitsa où des habitants d’#extrême_droite de la région, soutenus par des personnes aux vues similaires qui se sont précipités de Skydra et #Ptolemaida, ont mis en place des #barricades pour bloquer l’accès à l’hôtel – en présence des forces de police. Les autocars transportant les réfugiés sont partis en direction d’Arnissa et de l’hôtel « #Agnanti ».
    Après de nombreux messages sur les réseaux sociaux et des sites locaux parlant de « Pakistanais », de « Colonisation » et d’ « Immigrés clandestins qui apportent le coronavirus », ainsi que les publications incendiaires du maire de Pella, l’extrême droite s’est rassemblée devant l’hôtel « Agnanti » empêchant une fois de plus l’installation de réfugiés qui avaient déjà passé 2 nuits dans les autocars.
    Par la suite, une partie des personnes rassemblées a fait irruption dans l’hôtel, a mis le feu à des chambres et a fait sortir des meubles à l’extérieur où ils ont également mis le feu. Les forces de police n’ont pris aucune mesure autre que de faire venir à la police le président de la communauté, qui a été libéré peu après.

    Source (en grec) : https://tvxs.gr/news/ellada/ebalan-fotia-se-ksenodoxeio-poy-tha-filoksenoyse-prosfyges-stin-pella
    #hôtel_Agnanti

    Message reçu de Eirini Markidi via la mailing-list Migreurop, le 06.05.2020

    –----

    Έβαλαν φωτιά σε ξενοδοχείο που θα φιλοξενούσε πρόσφυγες στην Πέλλα

    Σοβαρά επεισόδια σημειώθηκαν στην Άρνισσα Πέλλας με αφορμή τις προσπάθειες εγκατάστασης προσφύγων, ως επί το πλείστον γυναικών και παιδιών, σε ξενοδοχεία της περιοχής.

    Σύμφωνα με το omniatv.com, η ένταση ξεκίνησε το απόγευμα στο χωριό Παναγίτσα Πέλλας όπου ακροδεξιοί κάτοικοι της περιοχής υποστηριζόμενοι από ομοϊδεάτες τους που έσπευσαν από τη Σκύδρα και την Πτολεμαϊδα, έστησαν οδοφράγματα προκειμένου να εμποδίσουν την πρόσβαση στο ξενοδοχείο. Με τις αστυνομικές δυνάμεις στο σημείο απλά να παρακολουθούν, τα πούλμαν που μετέφεραν τους πρόσφυγες αποχώρησαν με κατεύθυνση την Άρνισσα Πέλλας και το ξενοδοχείο « Αγνάντι ».

    Μετά από πλήθος ψευδών δημοσιευμάτων σε κοινωνικά δίκτυα και τοπικές ιστοσελίδες για « Πακιστανούς », « Εποικισμό »και « Λαθρομετανάστες που φέρνουν τον κορονοϊό » καθώς και τις εμπρηστικές δημοσιεύσεις του δημάρχου Πέλλας Δημήτρη Γιάννου, ακροδεξιοί συγκεντρώθηκαν έξω από το ξενοδοχείο « Αγνάντι » εμποδίζοντας για άλλη μια φορά την εγκατάσταση των προσφύγων οι οποίοι είχαν ήδη περάσει 2 νύχτες στα πούλμαν.

    Στη συνέχεια κάποιοι από τους συγκεντρωμένους εισέβαλαν στο ξενοδοχείο, έβαλαν φωτιά σε δωμάτια ενώ έβγαλαν μέρος των επίπλων έξω από το χώρο του ξενοδοχείου στα οποία επίσης έβαλαν φωτιά. Οι αστυνομικές δυνάμεις δεν προέβησαν σε καμία άλλη ενέργεια εκτός από την προσαγωγή του προέδρου της κοινότητας Νίκου Παπαγιαννίδη, ο οποίος αφέθηκε ελεύθερος λίγο αργότερα.

    https://tvxs.gr/news/ellada/ebalan-fotia-se-ksenodoxeio-poy-tha-filoksenoyse-prosfyges-stin-pella

    Commentaire de Vicky Skoumbi, via la mailing-list Migreurop, le 07.05.2020 :

    L’incident à Pella est un acte criminel perpétré pour terroriser les hôteliers qui seraient disposés de louer au HCR ou au Ministère des chambres pour y héberger des réfugiés. Qui plus est cet acte criminel a eu lieu sous les yeux complices de la police.

    –—

    Ajouté à cette métaliste sur les incendies de camps de réfugiés en Grèce :
    https://seenthis.net/messages/851143

    • Ρατσιστικό όνειδος κατά γυναικόπαιδων με θεατές αστυνομικούς

      Ρεσιτάλ μισαλλοδοξίας και ρατσισμού στήθηκε για δύο ολόκληρες μέρες στον νομό Πέλλας και ειδικότερα στην Παναγίτσα και την Αρνισσα, με λιντσαρίσματα πολιτών και δημοσιογράφων, εμπρησμούς και απόπειρες εμπρησμού σε ξενώνες που επρόκειτο να φιλοξενήσουν πρόσφυγες και μετανάστες.

      Μεταφερόμενοι ακροδεξιοί από την Πτολεμαΐδα, « άνεργοι » πρωταγωνιστές των συλλαλητηρίων για το Μακεδονικό, « άστεγοι » πολιτικά πρώην χρυσαυγίτες αφέθηκαν πλήρως ανενόχλητοι από τις αστυνομικές αρχές να μετατρέψουν την περιοχή σε σκηνικό για την ταινία « Ο Μισισιπής φλέγεται ».

      Κι όλα αυτά παρόντων του δημάρχου Εδεσσας και ανώτατων αξιωματικών της αστυνομίας ! Για 48 ώρες οι αρχές ανέχτηκαν το σκηνικό ντροπής με περίπου 50 γυναίκες και παιδιά που βρίσκονταν σε δύο λεωφορεία να γυρνούν στους δρόμους και τα παραδρόμια του νομού πριν μεταφερθούν σε άγνωστο εν τέλει σημείο.

      Τα γεγονότα είναι η πιο τρανταχτή επιβράβευση της επίσημης πολιτείας σε ρατσιστικές πρακτικές από τότε που είχαμε τις αντιδράσεις στα Βρασνά Θεσσαλονίκης τον Οκτώβριο του 2019. Η ανερμάτιστη κυβερνητική πολιτική στο προσφυγικό είχε δύο « συνηγόρους » : τους « κρυφούς » πληροφοριοδότες, οι οποίοι δεν μπορεί να είναι άλλοι από ανθρώπους του υπουργείου Μεταναστευτικής Πολιτικής ή αστυνομικούς οι οποίοι ενημερώνουν τις συμμορίες των ακροδεξιών για τα δρομολόγια των λεωφορείων, και σε ό,τι αφορά την Πέλλα, τον δήμαρχο Εδεσσας Δημήτρη Γιάννου.

      Πριν από τα επεισόδια, βράδυ Κυριακής, στην Παναγίτσα –χωριό Πόντιων προσφύγων– ο κ. Γιάννου έκανε γνωστό στο facebook ότι « την ώρα που εμείς παλεύουμε με όλα τα μέσα που διαθέτουμε να δημιουργήσουμε συνθήκες ασφάλειας για τους πολίτες και λειτουργούμε κάτω από αντίξοες συνθήκες λόγω κορονοϊού, κάποιοι αποφάσισαν να φέρουν μετανάστες σε ξενοδοχείο στην Παναγίτσα ». Κι ακόμη ότι « ως δήμαρχος Εδεσσας έχω τη στοιχειώδη απαίτηση να πληροφορούμαι από τους αρμόδιους όταν πρόκειται να γίνει μεταφορά μεταναστών στην περιοχή μας και όχι από τρίτους και ανεπίσημα ».

      Δυστυχώς ο δήμαρχος δεν διευκρίνιζε ποιοι είναι οι « κάποιοι » που αποφάσιζαν και κυρίως ποιοι τον ενημέρωναν « ανεπίσημα ». Και σαν να σχολίαζε τον εαυτό του διευκρίνιζε πως « δεν υπάρχει καμία δόση ρατσισμού σε αυτά που λέω » ! Τον ρατσισμό ανέλαβαν χωρίς παρωπίδες και μάσκες γνωστοί ακροδεξιοί στα κοινωνικά μέσα δικτύωσης με τη γνωστή εμετική ρητορική περί των « λαθρό που εποικίζουν τη χώρα ».

      Και το βράδυ, γνωρίζοντας ακόμη και την ώρα άφιξης των λεωφορείων, είχαμε την πρώτη « αυθόρμητη » αντίδραση στην Παναγίτσα, στο… πλαίσιο της οποίας προκλήθηκε και πυρκαγιά μικρής έκτασης στον ξενώνα που επρόκειτο να φιλοξενήσει τους μετανάστες, η οποία δεν επεκτάθηκε καθώς κατασβέστηκε αμέσως από τον ιδιοκτήτη του.

      Η τοπική ενημερωτική ιστοσελίδα karatzova.com ήθελε στο χωριό να βρίσκονται « ισχυρή αστυνομική δύναμη από τη Διεύθυνση Αστυνομίας Πέλλας, με παρόντα –όλη τη νύχτα– τον διευθυντή Πέτρο Περδικάτση, ενώ στη διαμαρτυρία των κατοίκων παρών ήταν και ο δήμαρχος Εδεσσας Δημήτρης Γιάννου, με τον αντιδήμαρχο Βεγορίτιδας Σωτήρη Μούκα ». Τόση δύναμη, τόσοι επίσημοι, αλλά οι μωρομάνες μέσα στα δύο λεωφορεία διανυκτέρευσαν στον δρόμο.

      Η νέα απόπειρα να στεγαστούν σε μονάδα της γειτονικής Αρνισσας στέφθηκε κι αυτή με αποτυχία. Στην Αρνισσα μάλιστα –ξημερώματα Τρίτης– η αντίδραση περίπου 200 κατοίκων που συνεπικουρούνταν και πάλι από πολλούς « αγνώστους » στην περιοχή οδήγησε σε ξυλοδαρμό του ιδιοκτήτη της ξενοδοχειακής μονάδας –γνωστού επιχειρηματία της περιοχής, με ξενοδοχειακή μονάδα και στον Αγιο Αθανάσιο στο Καϊμακτσαλάν– και ενός δημοσιογράφου που κατέγραφε τα γεγονότα, του οποίου έσπασαν τη μηχανή λήψης. Και οι δύο κατέθεσαν, σύμφωνα με πληροφορίες της « Εφ.Συν. », μήνυση κατ’ αγνώστων.

      Κάτοικοι είχαν ανάψει φωτιές στους δρόμους εισόδου στην Αρνισσα, κάποιοι χτυπούσαν τις καμπάνες κι έπεφταν πυροβολισμοί στον αέρα. Εξω από το χωριό δύο κλούβες των ΜΑΤ έμειναν αμέτοχες. Παρόντες και πάλι « ο γενικός αστυνομικός δ/ντής Περιφέρειας Κεντρικής Μακεδονίας, ο δ/ντής της Αστυνομικής Δ/νσης Πέλλας, ο δήμαρχος Εδεσσας ».

      Οι συγκεντρωμένοι έβαλαν φωτιά σε έναν χώρο του ξενοδοχείου, έβγαλαν έπιπλα και τα παρέδωσαν κι αυτά στις φλόγες.

      Πληροφορίες ήθελαν τα δύο λεωφορεία με πρόσφυγες να κατευθύνθηκαν τελικά σε ξενοδοχείο της Θεσσαλονίκης κοντά στην Αγχίαλο. Χθες έγινε γνωστό ότι συντάσσεται δικογραφία για τα επεισόδια σε Παναγίτσα και Αρνισσα από το Τμήμα Ασφάλειας Εδεσσας.

      Ο δήμαρχος Εδεσσας Δημήτρης Γιάννου, μιλώντας στο ΑΠΕ-ΜΠΕ, αρκέστηκε να καταδικάσει τους βανδαλισμούς, σημειώνοντας μάλιστα ότι « το ευτυχές είναι πως δεν υπήρξαν θύματα » ! Ωστόσο συντάχθηκε με αυτό που χαρακτήρισε « δίκαιο αίτημα των κατοίκων », δηλαδή να μη μεταφερθούν άλλοι πρόσφυγες και μετανάστες στην περιοχή που φιλοξενεί ήδη σε τρία ξενοδοχεία περί τα 250 άτομα.

      Ανακοίνωση καταδίκης των ενεργειών εναντίον των δύο λεωφορείων και του τραυματισμού ξενοδόχου και δημοσιογράφου εξέδωσε η Τομεακή Επιτροπή Πέλλας του ΚΚΕ, καλώντας « όλους τους εργαζόμενους και εργαζόμενες της περιοχής να απομονώσουν τέτοιες αντιδραστικές φωνές του εθνικισμού, να απομονώσουν όσους σπέρνουν το δηλητήριο του εθνικισμού και του ρατσισμού στις γραμμές του εργαζόμενου λαού ».

      https://www.efsyn.gr/ellada/koinonia/242242_ratsistiko-oneidos-kata-gynaikopaidon-me-theates-astynomikoys

    • En Grèce, des #violences nourries par « une #propagande incessante contre les réfugiés »

      Un déferlement de violence contre des réfugiés a éclaté le 4 mai dans une localité du nord de la Grèce. Des tensions avivées par la #propagande_anti-migrants du gouvernement.

      C’est un tout petit village du nord de la Grèce. Son nom, Panagitsa, évoque la Vierge (Panagia, en grec). Une promesse de douceur, démentie la semaine dernière par des scènes d’une violence inouïe. « On se serait cru dans le Mississippi », a même souligné un site local, comparant ainsi cette soirée du 4 mai aux lynchages du siècle dernier dans le sud des Etats-Unis. Certes, il n’y a pas eu de victime. Si ce n’est le #filotimo, un mot grec difficile à traduire qui exprime le bien qu’on fait aux autres, pour sa propre fierté. En quelques heures, ce soir-là, le filotimo fut balayé, emporté par un torrent de #haine contre des réfugiés censés être relocalisés dans le village. Bloqués pendant deux jours dans des bus, avec des enfants en pleurs, ils ont été menacés, insultés, attaqués à coups de pierre, et ont dû être transportés dans deux villages successifs, sans que la police n’intervienne jamais pour calmer la foule. Deux hôtels qui avaient accepté de les recevoir ont été brûlés.

      « Cloches »

      Personne ne s’était préparé à un tel déferlement de violence. D’autant que le village avait déjà accueilli, il y a un an et demi, un premier groupe de réfugiés, qui n’ont jamais posé de problèmes. « Mais deux jours avant l’arrivée de ce nouveau groupe, les #cloches sonnaient sans arrêt. J’ai vu une grand-mère faire du porte-à-porte pour exciter les gens du village », confie un habitant de Panagitsa. Il pointe aussi la responsabilité du gouvernement : « Depuis l’arrivée au pouvoir du Premier ministre en juillet, il y a eu une propagande incessante contre les réfugiés. Il en avait fait un thème central de sa campagne électorale. » Le conservateur Kyriákos Mitsotákis avait en effet promis de renvoyer en Turquie tous les « migrants » (il parle rarement de « réfugiés »). Mais une fois au pouvoir, sa promesse de renvois massifs s’est heurtée à des obstacles juridiques, malgré le recours à des pratiques illégales inédites.
      Confronté à son tour à l’engorgement terrifiant des îles grecques qui font face à la Turquie, Mitsotákis a alors commencé à redéployer en Grèce continentale une partie de ces candidats à l’asile en Europe. En mars, il a certes réussi à arracher à ses partenaires européens la promesse d’accueillir 1 500 mineurs non accompagnés. Une goutte d’eau dans un océan de détresse. A ce jour, seulement une centaine de ces enfants ont quitté la Grèce, alors que d’autres pays, dont la France, semblent avoir oublié cet engagement depuis le déclenchement de la pandémie de Covid-19.

      « Honte »

      Début mai, il était donc prévu de réinstaller 57 réfugiés venus de l’île de Lesbos à Panagitsa. « Mais aucun responsable du gouvernement n’est venu expliquer pourquoi il fallait désormais accueillir ces réfugiés. Et on les conduit ici en pleine nuit, comme si c’était une honte », se désole notre interlocuteur du village. Les fake news ont dès lors joué à fond. Avant même leur arrivée, les réfugiés de Lesbos étaient devenus « des Pakistanais illégaux qui vont propager le coronavirus ». Ne manquait que le parti néonazi #Aube_dorée pour créer une situation explosive.
      Ces derniers mois, d’autres localités de la Grèce continentale ont manifesté leur refus d’accueillir des réfugiés qu’Athènes présente systématiquement comme un fardeau, évitant soigneusement d’évoquer le manque de transparence dans l’utilisation des fonds européens, estimés à plusieurs millions d’euros et versés en soutien à l’effort migratoire depuis 2016. Vendredi, le vote d’un amendement a d’ailleurs permis de légaliser cette absence de contrôle : les fonds dédiés à la gestion de la crise migratoire sont désormais secrets. Pourtant, même sur les îles engorgées, les réfugiés qui reçoivent l’aide du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés consomment et font vivre les supermarchés locaux. Mais ce n’est plus un discours audible.
      Il y a cinq ans, pourtant, les Grecs avaient montré l’exemple. Faisant preuve d’une générosité sans limites alors que des milliers de réfugiés débarquaient chaque jour dans le pays. « Comment l’île de Lesbos, pressentie pour le prix Nobel de la paix en 2016, en est venue à devenir un emblème pour toute l’extrême droite européenne ? » twittait la semaine dernière le représentant d’une ONG. « En réalité, il y a une minorité d’extrémistes racistes, une minorité de gens généreux, et une vaste majorité de gens qui vont dans le sens du vent », explique pour sa part l’habitant de Panagitsa. « Et tant que le pouvoir laissera libre cours à la #peur de l’autre, c’est ce courant qui dominera ».


      https://www.liberation.fr/planete/2020/05/12/j-ai-vu-une-grand-mere-exciter-les-gens-du-village_1788181?xtor=EREC-25&a

  • Deux #documentaires, l’un qui se passe au #Mexique et l’autre en #Turquie :

    Je serai là, un film de Iphigénie Marcoux-Fortier et Karine Van Ameringen (Documentaire, 2010, 52 min)
    https://vimeo.com/400088648

    Callshop Istanbul, un film de Hind Benchekroun et Sami Mermer (Documentaire, 2016, 96 min)
    https://vimeo.com/402173428

    #coronavirus #confinement #pour_s’occuper, des #livres, des #films, de la #musique :
    https://seenthis.net/messages/834001

  • Diamantino
    https://www.criterionchannel.com/diamantino

    a gonzo comic odyssey involving cigarette-smoking evil twins, Secret Service skullduggery, mad-science genetic modification, and a right-wing anti-EU conspiracy. Vividly photographed in Super 16 mm and featuring the biggest stampedes of giant Pekingese puppies you’ve ever seen, Gabriel Abrantes and Daniel Schmidt’s genre-blending and gender-bending satire is a high-camp masterpiece.

    le #film le plus sympa que j’ai vu depuis longtemps (Okja, Priscilla, H2G2…)

  • Tu crois que la terre est chose morte | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/081578-000-A/tu-crois-que-la-terre-est-chose-morte
    https://api-cdn.arte.tv/api/mami/v1/program/fr/081578-000-A/940x530

    Atoumo (plante de tous les maux), cannelle, citronnelle de Madagascar, bouton d’or pimenté : c’est un inventaire poétique de la biodiversité en Martinique qu’égrène une herboriste, lors d’une enivrante collecte de flore tropicale. Connues des anciens pour leurs vertus thérapeutiques, ces plantes composent une précieuse pharmacopée. Mais sur l’île des Antilles, la monoculture de la banane et la pollution généralisée par le chlordécone, pesticide cancérigène utilisé pendant plus de vingt ans, ont détruit la terre et contaminé ouvriers agricoles et habitants. Un désastre écologique et sanitaire à imputer à la minorité, descendant en partie des colons esclavagistes, qui détient encore le monopole économique.

    Pratiques résilientes
    Cinéaste et plasticienne, Florence Lazar, qui a préalablement mené un travail photographique en écho à la pensée d’Aimé Césaire dans un collège parisien, interroge l’exploitation, liée à l’héritage colonial, des ressources naturelles en Martinique, comme la vie toxique qu’elle a imposée. Mais au fil d’images d’une sensuelle beauté, et au travers de portraits attachants de paysans et paysannes entrés en résistance, d’un ethno-pharmacologue ou de cette herboriste initiée aux médecines traditionnelles, son film explore aussi les alternatives résilientes, notamment inspirées de pratiques ancestrales des Noirs marrons, qui pourraient inverser la tendance. Entre tristes tropiques et espoirs des luttes, un état des lieux écologique et politique de l’île, qui esquisse une autosuffisance possible dans le respect de la nature.

    Pas encore vu mais ça ne saurait tarder

  • Infiltré dans l’#ultradroite - Mon année avec l’#alt-right

    Pendant un an, un étudiant a infiltré la branche anglaise de l’"alt-right", cette mouvance de la droite radicale née aux États-Unis. Une immersion inédite dans les rouages des groupuscules néofascistes.

    Patrik Hermansson, un étudiant suédois à Londres, a infiltré pour le compte de Hope Not Hate, une organisation britannique antiraciste et antifasciste, le London Forum, un think tank de l’ultradroite anglaise. Sous une fausse identité, il a gravi peu à peu les échelons et rencontré les différents membres de l’organisation, dont son influent dirigeant, Jeremy Bedford-Turner, un ancien militaire notoirement antisémite. L’internationalisation du mouvement lui a également permis de nouer des contacts avec les principaux chefs de file de l’"alt-right" américaine. Si certaines figures, comme Richard B. Spencer ou son bras droit Jason Jorjani, expriment publiquement leurs volontés suprémacistes, d’autres se font plus discrets, à l’image de Greg Johnson, défenseur du concept d’ethno-État. Invité par des militants de cette « droite alternative », Patrik Hermansson a assisté, impuissant, à la tragédie de Charlottesville en août 2017.

    Néofascisme décomplexé
    Galvanisés par l’élection de Donald Trump, les partisans de l’ultradroite répandent leurs théories complotistes, antisémites et racistes sur Internet, puissant levier de communication qui leur permet de toucher un public jeune. Tourné principalement en caméra cachée, ce film braque un regard inédit sur les protagonistes et les stratégies de ce mouvement. De Londres à Washington en passant par Charlottesville, une plongée effrayante au cœur d’un néofascisme décomplexé.

    https://www.arte.tv/fr/videos/082246-000-A/infiltre-dans-l-ultradroite-mon-annee-avec-l-alt-right
    #extrême_droite #Forum_de_Londres #réseau_international #Stead_Steadman #anti-sémitisme #antisémitisme #mythologie_nordique #Scandinavie #guerre_raciale #Jeremy_Jez_Turner #Jez_Turner #Jeremy_Turner #liberté_d'expression #Trump #Pepe_La_Grenouille #Millenal_Woes #Colin_Robertson #anti-féminisme #doxing #Greg_Johnson #nationalisme_blanc #diversité #homogénéité #Etats_ethniques #forum_du_Nord-Ouest #ultradroite #ultra-droite #Spencer_Richard #Jason_Reza_Jorjani #contre-culture #Steve_Bannon #anti-musulmans #islamophobie #unite_the_right #Charlottesville #Alex_Fields #Heather_Heyer #déshumanisation #violence #hope_not_hate #ethno-Etat #pureté_ethnique
    #film #film_documentaire #documentaire

  • Das Kabinett des Dr. Larifari mit Max Hansen - Weintraubs Syncopators
    https://www.youtube.com/watch?v=XLPmeOFieP0

    C’est un film réalisé par deux fondateurs du cabaret berlinois le plus célèbre des années 1920. C’est un vrai plaisir de suivre cette parodie de l’industrie du cinéma et des moeurs de l’époque.

    Das Kabinett des Dr. Larifari (1930)– Wikipedia
    https://de.wikipedia.org/wiki/Das_Kabinett_des_Dr._Larifari

    Die drei Freunde Paul, Max und Carl sind pleite. Um sich zu sanieren, beschließen sie Großes zu wagen, nämlich ins neumodische Tonfilmgeschäft einzusteigen und gemeinsam eine Produktionsgesellschaft zu gründen. Und weil sie drei sind, nennen sie diese: Die Trio-Film. Aber dem Trio mangelt es zunächst erst noch an einem brauchbaren Drehbuch. Erste Ideen werden durchgespielt, aber schnell wieder verworfen. Als man sich schließlich auf einen Familienfilm geeinigt hat, beginnen die Dreharbeiten im Atelier, wobei die frischgebackenen Produzenten jedoch mit ihrer Unbekümmertheit bald für völliges Chaos sorgen, bis auch das Personal streikt und alles zusammenbricht. Am Ende sind die drei zwar um einige Erfahrungen reicher, jedoch wieder so abgebrannt wie zuvor.

    Kabarett der Komiker – Wikipedia
    https://de.wikipedia.org/wiki/Kabarett_der_Komiker

    Am 1. Dezember 1924 gründeten die Schauspieler Paul Morgan, Kurt Robitschek und Max Hansen in Berlin das Kabarett der Komiker. Nach mehrfachem Umzug (man spielte zunächst in der Kantstraße, später in einem Theater am Kurfürstendamm) wurde am 19. September 1928 ein „Rauchtheater“ für 950 Besucher im WOGA-Komplex am Lehniner Platz eröffnet. 1932 wurde die erste „Kabarett-Oper“ Rufen sie Herrn Plim! mit dem Text von Robitschek und Marcellus Schiffer und der Musik von Mischa Spoliansky aufgeführt.

    Die „Machtergreifung“ der Nationalsozialisten führte zur Emigration Robitscheks und mehrerer seiner Mitarbeiter. Die Leitung des Kabaretts übernahm zuerst Hanns Schindler, dann Willi Schaeffers. Durch den fast völligen Verzicht auf jede Art von zeitkritischen Anspielungen konnte das KadeKo bis zur allgemeinen Theaterschließung fortbestehen. Dennoch blieb auch das Kabarett der Komiker nicht frei von Repressalien. Das Kabarett- und Gesangstrio Die drei Rulands wurde nach einem Auftritt als Die drei Stadtbauarchitekten, in der sie die nationalsozialistischen Planungen zum Umbau Berlins aufs Korn nahmen, aus der Reichskulturkammer ausgeschlossen, was ein lebenslanges Berufsverbot bedeutete. Am 31. August 1944 stellte das Kabarett mit einer Vorstellung im Café Leon den Betrieb ein.

    #Allemagne #film #humour #cabaret #histoire #film_sonore

  • Je ne vous pardonnerai pas - Robert Bonamy

    https://vimeo.com/409446101

    Lettres de cinéma - La Cinémathèque française
    https://www.cinematheque.fr/article/1539.html

    Pour la première fois depuis 1895, le public se retrouve privé de projection, de faisceau lumineux sur un tissu blanc, donc d’émotion collective. Ce n’était jamais arrivé, même en temps de guerre : personne n’a le droit de sortir de chez soi pour aller voir un film. La projection publique, l’invention des Lumière, le rêve de Méliès, l’accomplissement qu’attendent tous les cinéastes du monde entier depuis toujours, est interrompue pour la première fois. Comme tout s’arrête, c’est la production même d’images et de sons du monde qui est touchée.

    Plus de tournages, plus de montage, plus rien. Restent les plateaux des chaînes d’information et le stock infini d’images cinématographiques et télévisuelles.

    Alors, depuis un mois, des artistes du monde entier nous ont envoyé des cartes postales, des bouteilles à la mer, des films brefs comme un message, des films courts, conçus et fabriqués avec les moyens du bord, avec trois fois rien. Des cinéastes chevronnés, des acteurs, des monteurs et producteurs, de jeunes étudiants de la Femis ou de Louis Lumière, aussi.

    Nous avons réuni les vingt-huit premiers films reçus, sur notre chaîne Viméo. Vingt-huit films comme autant de fenêtres ouvertes sur Beyrouth, la Creuse, la place de la République, La Rochelle, Grenoble ou Saint-Ouen. Vingt-huit films comme autant de promesses, de lendemains qui filment.

    Les vingt-huit premières contributions ont été rassemblées sur notre chaîne Vimeo.
    https://vimeo.com/showcase/6974393
    Nous vous informerons régulièrement des nouveautés, sur cette page et sur nos réseaux sociaux : #lettresdecinema.

    #cinémathèque #films

    • 6:00 « La voilà ma méditation métaphysique : Vous êtes des chiens aveugles qui piétinez nos âmes sur l’asphalte du progrès. Vous êtes les fantômes d’un monde mortifère détruisant nos songes. Vous avez presque le monopole radical de la mort, je ne vous laisserai pas celui de la vie. »

    • Et sinon …

      @colporteur @grommeleur je ne suis pas allée voir, mais ça ne m’étonne pas, c’est la digne continuité d’un système avec des grandes écoles élitistes dans lesquelles renforcer son réseau. Rien que la formation au cinéma dans la plus prestigieuse école (Femis) ne rassemble que des fils et filles de et un paquet de bourgeois friqués qui n’ont jamais eu d’autres horizons à questionner que les leurs. Le populo peut ainsi s’esbaudir de les voir raconter leur propre histoire du monde dans des films où vivre dans 200m2 est leur norme. Le cinéma français a du caca de riches patriarches blancs qui lui emplit les yeux depuis trop longtemps et qui forme malheureusement des répétiteurs du même monde.

      Woo, c’est intéressant de regarder leur choix, sacré progrès, il y a au moins 10 réalisatrices sur les 58 films … ça laisse donc 80% à l’expression de la vision du monde par des hommes. Il faudrait regarder aussi la place laissée aux « minorités » nan, parce que je rappelle incidemment que les femmes sont une minorité à 51% …
      #avant #pendant #après #sexisme

    • Il y a malgré tout certainement des choses visibles parmi les films proposées, ceux qui ont eu la chance d’en découvrir, dites s’il vous plait !
      Oui pour les critiques, redoublées ici même par des faits documentés. Il suffit de chercher le patron ! #Frédéric_Bonnaud le plus souvent sans # pour vérifier que les petites mains salariées et précaires sont maltraitées
      https://seenthis.net/messages/456399
      https://seenthis.net/messages/460858
      https://vacarme.org/article2893.html
      que la prog est particulièrement insoucieuse des femmes https://seenthis.net/messages/639672
      https://seenthis.net/messages/644779

      sauf à exhiber stars, jeunes « actrices prometteuses », réal consacrées, à l’occasion.

      Il y a aurait par ailleurs beaucoup à dire (et il doit exister des textes ce propos) sur ce que porte cette institution de prestige comme définition de la culture, du cinéma (la programmation, le musée façon small Disney is beautifull ou je sais pas quoi), du public. Les modalités d’accueil que caractérise le sort de la cafet’ sous-traitée et sa hausse des prix (si ça coûte,,c’est plus chic...) qui avait traditionnellement pu être un lieu de flânerie et d’échanges (reste la pelouse en face, si il pleut pas)...

      #Institution_culturelle #Patron #cinéma

    • Je fréquente avec assiduité mais c’est pas un lieu où je me sens super bien. Ça sent le vieux garçon, c’est le seul endroit dans ma vie où les gens font des conversations racistes, classistes et anti-écolos à voix haute, sans gêne. Et je confirme que la cafet’, sans être confortable, est assez chère, le tout dans un quartier avec des offres de restauration très standardisées, chères et sans âme...

  • #Planet_of_the_Humans

    Michael Moore presents Planet of the Humans, a documentary that dares to say what no one else will this Earth Day — that we are losing the battle to stop climate change on planet earth because we are following leaders who have taken us down the wrong road — selling out the green movement to wealthy interests and corporate America. This film is the wake-up call to the reality we are afraid to face: that in the midst of a human-caused extinction event, the environmental movement’s answer is to push for techno-fixes and band-aids. It’s too little, too late.

    https://www.youtube.com/watch?v=Zk11vI-7czE

    https://planetofthehumans.com

    #changement_climatique #effondrement #climat #environnement #Rachel_Carson #Earth_Day #environnementalisme #énergie #Barack_Obama #USA #Etats-Unis #énergie_verte
    #Jeff_Gibbs #film #film_documentaire

  • J’ai raté ces COVID-19 Chronicles de Frank Barat:
    https://www.youtube.com/watch?v=APsBr9kIPgI&list=PLBDtcbghfMdvm6arH8C8p-JUtLWMWUI5F

    Ca a l’air super...

    Roger Waters
    Miguel Benasayag
    Céline Boussié
    Molly Crabapple
    Vijay Prashad
    Paul Mason
    Yanis Varoufakis
    Dr. Samah Jabr
    Ilan Pappé
    Bernard Begaud
    Francesco Martone
    Gianni Tognoni
    Dr. David Healy
    Dr. Joan-Ramon Laporte
    Anne-Sophie Pelletier
    P. Sainath
    Thiago H Silva
    Assa Traoré / Fatima Ouassak
    William Bourdon
    Aurélien Barrau

    #coronavirus #Frank_Barat #confinement #pour_s’occuper, des #livres, des #films, de la #musique :
    https://seenthis.net/messages/834001

    • Je comprends comment la vie est maintenant pour vous, vous n’avez pas pu travailler et beaucoup d’argent vous est demandé de la part de votre famille et de vos amis, savez-vous que vous pouvez être riche en restant à la maison, pendant ce verrouillage, j’étais fauché a l’enfer et beaucoup de factures pour payer j’ai perdu mon emploi avant le lock-out, pensez à quoi faire avec le dernier argent que j’avais, je parcourais ma page Facebook quand j’ai vu un témoignage sur les Illuminati comment elle est devenue riche en rejoignant les Illuminati, en passant par le témoignage elle a laissé tomber le contact de Lord Edmundo qui est mon petit, contactez-le m’a-t-il expliqué, je suis d’accord et a fait ce qui m’était demandé de sacrifier une certaine somme d’argent pour mon inscription ce que j’ai fait sans avoir l’espoir d’obtenir un autre argent après le inscription le siège me transfère un million de dollars sur mon compte bancaire J’ai été surpris, et maintenant je reçois d’autres avantages les Illuminati sont réels, contactez Lord Edmundo sur le numéro WhatsApp ou appelez le +2348159768201 si vous êtes intéressé, s’il vous plaît, vous pouvez m’aider à partager ce t estimation merci

      Louise Raphael

  • The #Milky_Way

    Les Alpes occidentales entre l’Italie et la France ont été au fur et à mesure des siècles une frontière naturelle, ainsi qu’un lieu de passage et de rencontre. Ses cols constituent une terre de connexion, de médiation entre peuples et cultures différents. L’histoire plus récente nous raconte que ces deux cents dernières années, c’étaient les Italiens qui traversaient clandestinement la frontière pour aller chercher du travail en France alors qu’aujourd’hui c’est une route utilisée notamment par des migrants d’origine africaine.
    Les politiques récentes de fermeture des frontières internes européennes ont poussé les personnes migrantes à rechercher des sentiers moins battus pour quitter l’Italie et continuer leur voyage au-delà de la frontière française, des sentiers de haute montagne comme ceux qui longent le domaine skiable « La voie lactée », à la frontière entre Claviere (IT) et Montgenèvre (FR).
    De jour, les pistes de ski sont un lieu d’amusement, de sport et de détente ; de nuit, elles se transforment en un théâtre de la peur, du danger et des violations des droits humains : les migrants, peu préparés et mal équipés, s’aventurent sur les sentiers en défiant l’obscurité, le froid et les contrôles des autorités françaises et en risquant leur vie.
    The Milky Way est un film choral qui retrace des histoires d’activistes, habitants des montagnes tout en proposant la reconstruction historique de l’émigration italienne des années 50 dans une graphic novel animée. Il raconte aussi les histoires des migrants mis à l’abri par des personnes solidaires des deux côtés de la frontière et met en lumière l’humanité qui refait surface quand le danger imminent réactive la solidarité, se basant sur la conviction que personne ne doit être laissé seul. Personne ne se sauve tout seul.

    https://www.milkywaydoc.com/lle-film/?lang=fr

    Trailer :
    https://vimeo.com/387650575

    #film #documentaire #film_documentaire
    #migrations #réfugiés #asile #montagne #frontière #frontières #frontière_sud-alpine #France #Alpes #Italie #clandestins #décès #morts #secours #passeurs #migrants_italiens #Bardonecchia #Col_de_l'Echelle #solidarité #Moncenisio #Montcenis #Claviere #Clavière #quand_eux_c'était_nous #histoire #colle_della_rho #Briançon #Refuge_solidaire #Briançon #maraudeur #maraudes #Névache #traque #chasse_à_l'homme #Col_de_la_Roue

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    Citation :

    « La montagne partage les eaux et unit les gens »

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    Citation, #Davide_Rostan, à partir de la minute 26’20 :

    Siamo al Lago del Moncenisio, questo è un colle di passaggio sin dall’Antichità. E’ un luogo importante per la nostra storia perché in qualche modo simboleggia il fatto che le popolazioni hanno attraversato questi confini dai tempi antichissimi, che è lo stesso tragitto che oggi molti migranti vogliono fare. L’anno scorso riuscivano più spesso dal Monginevro a scendere con l’autobus o in macchina con delle persone che portavano aiuto per evitare che rimanessero al freddo. Il Monginevro è il colle più facile, passa la strada, è aperta tutto l’anno. Le persone che arrivano scendono con il treno a #Oulx, prendono l’autobus, arrivano a Claviere e lì si avviano a piedi. Quest’anno i controlli sono aumentati, quindi molto spesso chi arriva a Claviere poi si deve fare una quindicina di chilometri fino a Briançon e sicuramente questo mette a rischio la loro vita, perché in qualche modo per non farsi fermare attraversano il valico di notte, non possono stare sull’autobus, sono costretti a camminare in mezzo alla neve. Una persona è morta proprio tentando da Bardonecchia di andare a scavalcare il Colle della Rho, questo ragazzo è stato ritrovato l’anno scorso in fondo a un burrone dove probabilmente era finito a causa di una slavina. Altri invece sono morti dopo aver scavalcato il colle del Monginevro, alcune rincorse dalla polizia sono finite nel fiume, altre si sono perse nei boschi sono morti di sfinimento o per il freddo. E tutto questo purtroppo è dovuto semplicemente alle nostre leggi.

    ping @isskein

  • #Suède : la ville que la mine avale

    Aux confins de la Laponie, au-delà du cercle polaire, la ville de Kiruna repose sur le plus grand gisement de minerai de fer au monde.
    Exploitée depuis plus de cent vingt ans, la plus grande mine de fer souterraine aux couloirs plongeant jusqu’à 1775 mètres de profondeur, représente 90% des réserves du minerai de fer européen. Mais les forages avancent toujours davantage sous les habitations, mettant en péril des quartiers entiers. Pour éviter l’effondrement de cette ville de 23.000 habitants, dont 18.000 dans le centre-ville, celle-ci doit être déplacée 5 kilomètres plus loin : une révolution urbanistique qui inclut voie ferrée, autoroute, églises, écoles, maisons…

    https://www.arte.tv/fr/videos/089893-000-A/suede-la-ville-que-la-mine-avale
    #film #documentaire #film_documentaire
    #colonisation #sami #ressources_naturelles #extractivisme #mines #gisement_de_fer #Kiruna #déplacés_internes #IDPs #peuples_autochtones #mineurs #chemin_de_fer #tourisme #LKAB #minerai_de_fer #élevage #Laponie #montagne_maudite #montagne #transhumance #démolition #destruction #New_Kiruna #mémoire

    #Jan_Vajstedt —> peintre


    https://mokk-lainio.weebly.com/uploads/1/1/0/8/11089380/broschyrmokk2011_kvadrat_skarm.pdf
    ping @reka

    • Attention Je veux juste utiliser ce temps pour dire un grand merci à l’ordre de la franc-maçonnerie, je suis devenu riche à l’âge de 43 ans je suis Eric Walker de France, vivent en Allemagne, quand je rejoins la franc-maçonnerie, ils changent ma vie de l’herbe à la grande et je suis devenu riche la franc-maçonnerie n’est pas mauvais est la meilleure société à rejoindre, Je ne regrette pas d’être membre de la franc-maçonnerie, si vous voulez devenir riche et puissant ou célèbre dans la vie rejoindre l’ordre de franc-maçonnerie aujourd’hui, Appel / Texte +19293141761 ETATS-Unis ou WhatsApp NL Via +31687718900 Vous pouvez également frapper notre page officielle sur Instagram, https://instagram.com/freemasonry001?igshid=ocfw41haedxh

  • L’extrême droite tue encore


    En Allemagne, mais aussi ailleurs en Europe, les crimes racistes font leur retour. Les auteurs de ces actes se sentent encouragés par les nouvelles droites, qui diffusent de façon décomplexée leurs théories sur une « race blanche » prétendument menacée. Enquête sur un phénomène particulièrement inquiétant.

    Le 2 juin dernier, à Kassel, Walter Lübcke a été abattu à bout portant. Ce meurtre d’un membre de la CDU ouvertement pro-migrants, a ébranlé toute la société allemande. Car pour la première fois depuis la chute du régime nazi, un homme politique était assassiné par l’extrême droite. Comme l’a révélé l’enquête, le suspect principal, Stephan E., et son complice présumé, Markus H., appartenaient à la même mouvance. Ce meurtre n’est qu’un exemple parmi d’autres. Dans le collimateur des droites extrêmes, on trouve les migrants, les juifs, les musulmans, les membres de la gauche, les journalistes…

    https://www.youtube.com/watch?v=najaYvIJs5k


    #Walter_Lübcke #Kassel #Allemagne #assassinat #KAGIDA #anti-réfugiés #islamophobie #Lohfelden #valeurs #néo-nazis #extrême_droite #film #documentaire #film_documentaire #haine #cible #Erika_Steinbach #menaces_de_mort #Pegida #criminel_isolé #violence #idéologie #meurtre #NSU #Halit_Yozgat #glorification #anti-sémitisme #antisémitisme #grand_remplacement #Halle #France #Bayonne #Pierre_Serne #Henriette_Reker #Jo_Cox #acte_isolé #loup_solitaire #National_action #AFD #pogrom #incendies #feu #racisme #xénophobie #Combat_18 #terrorisme_de_droite #Blood_and_honor #radicalisation #haine_raciale #Hanau