• Pierre Raiman, George Orwell × Raoul Peck : 2×-2=-4,
    https://sniadecky.wordpress.com/2026/08/11/raiman-orwell-peck
    https://desk-russie.eu/2026/04/06/george-orwell-x-raoul-peck-2x-2-4.html
    https://seenthis.net/messages/1169133

    Une dure recension du dernier film de Raoul Peck.

    Dans 1984, Winston Smith posait un axiome sur lequel reposait tout l’édifice de la résistance intérieure : la liberté, c’est la liberté de dire que deux et deux font quatre [3]. Or le film de Peck prend l’équation orwellienne et produit un résultat négatif. Orwell multiplié par Peck, ce n’est pas quatre : c’est moins quatre. Le cinéaste ne manque pas de talent, mais sa grille de lecture – anti-impérialiste, anticapitaliste, héritière d’une tradition marxiste qui n’a jamais admis et compris le concept de totalitarisme – le conduit à retrancher d’Orwell ce qui en constitue le cœur. Le spectateur en sort plus confus qu’il n’était entré. C’est ce rendez-vous manqué qu’il faut examiner : il dit quelque chose de la difficulté de l’intelligentsia occidentale à nommer le monde dans lequel nous vivons.

    […]

    Ce que Peck retient de Loznitsa prolonge l’effacement : pour l’immense majorité des spectateurs, le nom de Babi Yar n’évoquera rien ; ils verront des nazis allemands pendus par des bourreaux soviétiques devant une foule, sans savoir que cette foule regarde mourir les assassins de dizaines de milliers de Juifs. La séquence est vidée, par couches successives, nazie, soviétique et cinématographique de sa réalité juive.

    Traiter cette scène comme la variation d’un même thème qui relierait la justice rendue aux bourreaux de Babi Yar et la pantomime séditieuse du Capitole, c’est abolir toute distinction entre la justice, la terreur et la farce sinistre. Le fossé entre l’usage qu’en fait Loznitsa – patient, contextuel, hanté par le devoir de mémoire – et celui qu’en fait Peck – illustratif, instrumentalisé, dépouillé de sa substance – indique la distance entre un cinéaste qui donne à penser et celui qui assène. En laissant les images « parler d’elles-mêmes », Peck dissimule l’intervention la plus décisive – celle du monteur qui choisit l’ordre, le rythme et le voisinage.

    […]

    En dégradant les putschistes espagnols du rang de fascistes à celui de conservateurs, Peck les rapproche du présent américain. Ce glissement quasi imperceptible, est un cas d’école de ce qu’Orwell dénonçait : le langage politique imprécis ne reflète pas une pensée confuse, il la fabrique. Orwell, qui avait pris une balle dans la gorge sur le front d’Aragon pour combattre le fascisme, et qui avait risqué sa vie une seconde fois en échappant à la police stalinienne de Barcelone, méritait mieux qu’un euphémisme destiné à servir une analogie partisane.

    […]

    Peck ouvre l’œuvre d’Orwell comme une « boîte à outils » – la formule revient dans ses entretiens [20]. L’expression semble modeste ; elle est en réalité ruineuse. Une boîte à outils suppose des instruments utilisables séparément. On prend le tournevis « novlangue » pour la propagande trumpiste, le marteau « doublepensée » pour Fox News, la clé à molette « Big Brother » pour les caméras chinoises. Chaque outil est arraché au système qui lui donne sens. Le résultat est un film où tout se vaut : l’Empire britannique et le Goulag, la Silicon Valley et Pyongyang – bref l’abolition des distinctions.

    Une tout autre lecture est possible. 1984 n’est pas un répertoire de citations prophétiques mais un dispositif romanesque inédit, qui fonctionne comme un tout. La société d’Oceania n’est pas un hybride de l’Allemagne nazie et de la Russie stalinienne, mais un variant de deuxième génération [21] – un totalitarisme de laboratoire, épuré des scories de ses modèles et ramené à son essence. Orwell n’a décrit ni le passé ni le présent : il a inventé une machine à penser les totalitarismes futurs. Le noyau en est le pouvoir comme pure fin, une idée empruntée à l’oligarque Wickson dans Le Talon de fer de Jack London – le premier roman à avoir esquissé un système totalitaire [22].

    #film #documentaire #recension #Raoul_Peck #totalitarisme #autoritarisme #George_Orwell #le_cinéma_est_politique

  • Vicoli Corti: una conversazione con Vincenzo Madaro
    https://scomodo.org/vicoli-corti-una-conversazione-con-vincenzo-madaro

    La storia delle periferie nel Mezzogiorno d’Italia è spesso una cronaca dell’abbandono, della rassegnazione o, nel peggiore dei casi, della museificazione turistica. Eppure, esiste un angolo dello Jonio pugliese in cui un gruppo di persone ha scelto di riscrivere questo racconto usando la luce di un proiettore e il bianco di una parete di calce. […] L’articolo Vicoli Corti: una conversazione con Vincenzo Madaro proviene da Scomodo.

    #Avanguardie_Culturali #cinema #festival #film

  • “maInVANO – Immagini della Matematica”, ad #ariano_irpino si avvicina la proclamazione del vincitore
    https://informareonline.com/mainvano-immagini-della-matematica-ad-ariano-irpino-si-avvicina-la-

    Domenica 2 agosto 2026, durante la serata conclusiva dell’Ariano International Film Festival, sarà proclamato il vincitore della seconda edizione del concorso fotografico dedicato al dialogo tra arte visiva e pensiero scientifico. Si avvicina la proclamazione del vincitore della seconda edizione di “maInVANO – Immagini della Matematica”, il concorso fotografico inserito nell’ambito dell’Ariano International Film Festival, […] L’articolo “maInVANO – Immagini della Matematica”, ad Ariano Irpino si avvicina la proclamazione del vincitore proviene da Informareonline, scritto da Redazione Informare

    #Approfondimenti #Attualità #film_festuval #Fotografia #mainvano

  • « Watching You » : Dokumentarfilm zeigt die Welt von Palantir und Alex Karp
    https://www.heise.de/hintergrund/Interview-Der-Regisseur-zu-Watching-You-Die-Welt-von-Palantir-und-Alex-Karp-97

    Vor fünf Jahren ging Palantir an die Börse. Bild : Real Fiction Filmverleih

    Klaus Stern et Thomas Giefer racontent l’histoire d’Alex Karp, de Palantir et de la république sécuritaire d’Allemagne. Avec de rares séquences que Giefer a tourné avec Karp à New York en 1997. On y rencontre notre Horst « on-les-aura-tous » Herold qui a introduit la « Rasterfahndung », prédécesseur allemand du logiciel « Gotham » de Palantir.

    Regarder en ligne : https://www.ardmediathek.de/film/watching-you-die-welt-von-palantir-und-alex-karp/NzBiODA4OWItZGZmZS00NGY0LWIxZDUtNWU0NDYxMTUzOWVm

    Télécharger : https://hr-progressive.ard-mcdn.de/odinson/geoavailability_DACH/watching-you-die-welt-von-palantir-und-alex-karp/SVID-66BC718F-C2B2-4A30-9D67-71E9C979A81A/8e142caa-43e0-4e36-ae74-75387a64fee8/0235447_115450026_sendeton_1920x1080-50p-5000kbit.mp4

    4.6.2025 von Marie-Claire Koch - Stern dreht Dokumentarfilme über Macht und Größenwahn. Im Interview spricht er über „Watching You“, der Einblicke in das Leben des Palantir-CEOs ermöglicht.

    Palantir will mit seiner umstrittenen Datenanalyse- und Überwachungssoftware in möglichst alle staatlichen und privatwirtschaftlichen Bereiche eindringen und die „schwierigsten Probleme der Welt“ lösen. „Software ist für uns eine Kunst. Und nur in der Kunst entfesselt sich die Kraft der menschlichen Kreativität und Gestaltungsfähigkeit“, wirbt Palantir auf seiner Website. Sich selbst sieht das Unternehmen als Weltverbesserer. Palantirs Plattformen ermöglichen „Sicherheit und Datenschutz auf konkurrenzlosem Niveau“.
    Gesundheitswesen, Polizei, Kriegsführung und Co.

    Künftig will Palantir der führende Softwarehersteller sein, der die zentralen Plattformen liefert, mit denen Daten aus kritischen Strukturen wie dem Gesundheitswesen, Geheimdienste, Energie, Verkehr, Telekommunikation, Finanzen, Polizei und Militär gesammelt und analysiert werden. „In diesem Jahrhundert wird sich die Kriegsführung durch Software weiter verändern“, ist Karp überzeugt.
    Klaus Stern

    Dokumentarfilmer Klaus Stern macht gerne Filme über Größenwahn. Bild: Andrea Scheffer

    Was genau hinter Palantir steckt, beleuchtet Klaus Stern im Film „Watching You – Die Welt von Palantir und Alex Karp“, der 2024 erstmals in Kinos gezeigt wurde. Im Interview spricht der Regisseur über seine Motivation zum Dokumentarfilm, überraschende Einblicke in die Produktionsphase und gibt persönliche Eindrücke vom siebenjährigen Entstehungsprozess. „Watching You“ feiert jetzt seine Erstausstrahlung im Fernsehen und ist zudem in der ARD-Mediathek verfügbar. Der Film gilt als weltweit erste umfassende Dokumentation über Palantir.

    heise online: Was war Ihre Motivation für den Film?

    Klaus Stern: Ich war 2017 mit einem Freund, dem Dokumentarfilmer und Kameramann Thomas Giefer, in einem Biergarten in Berlin verabredet. Dabei erzählte er mir, er habe einen ehemaligen Protagonisten, nämlich den „Alex“, mit dem er mal 1997 in New York gedreht hatte, kürzlich auf dem Titelbild des Forbes-Magazins gesehen. Der sei nun Milliardär und habe irgendeine obskure Firma. In den Neunzigerjahren war er ein Doktorand aus Frankfurt mit wenig Geld.

    Ich hatte nie von Palantir gehört, Alex Karp war mir kein Begriff. Ich hatte dann aber gelesen, er wolle die „wichtigste Softwarefirma der Welt“ erschaffen. Ich mag Menschen mit Ambitionen. Das war mein Mann.

    Trailer zu „Watching you – Die Welt von Palantir“
    (Quelle: Real Fiction Filmverleih)

    Was war für Sie während der Produktion des Films die überraschendste Erkenntnis?

    Mich überrascht natürlich, in welche unterschiedlichen Bereiche Palantir überall eindringt und schon eingedrungen ist. Und was für ein hervorragender Verkäufer Alex Karp ist. Die Software ist keineswegs eine Luftnummer. Sie funktioniert.
    Software wirksam, aber teuer

    Gibt es Aspekte, die während der Produktion entstanden sind, bei denen Sie dachten, diese gerne einbeziehen zu wollen, es aber aus bestimmten Gründen, wie Zeitmangel oder rechtlichen Beschränkungen, nicht getan haben?

    Ich habe viel in den USA und auch viel mit Vertretern von Polizeibehörden gedreht. Dort habe ich erfahren, dass Palantir bereits seit einigen Jahren in einigen Polizeibehörden eingesetzt wird. Die Software sei wirksam und viele waren da auch relativ zufrieden, sagten aber, das sei viel zu teuer und sie würden sich nun andere Anbieter suchen.

    Wir haben in den USA auch zum Beispiel Soldaten gesprochen, auch welche, die Palantir im Afghanistan-Einsatz genutzt haben und die waren durchaus von der Wirkungsweise von Palantir „überzeugt“.

    Überraschend fand ich dann doch, wie Palantir bei Terrorismus und im Krieg zum Targeting und anschließendem Töten genutzt wird; so wie es Michael Hayden, der ehemalige Chef der National Security Agency (NSA) auch ganz klar formuliert: „Wir töten Menschen auf Basis von Metadaten“.

    Video
    KI am Apparat – hört die Telekom künftig mit?

    Wie haben Sie eigentlich eine Drehgenehmigung bei der Polizei in Hessen erhalten?

    Ich habe mehrmals angefragt und bin zunächst abgelehnt worden. Das war nicht einfach. Die haben auf jeden Fall nicht „Hurra“ geschrien, als ich mit ihnen drehen wollte. Geklappt hat es dann wahrscheinlich auch, weil sie dann doch gesehen haben, dass ich doch „einigermaßen seriös“ arbeite.

    Palantir-Mitarbeiter haben Sie dort nicht getroffen, oder?

    Die Mitarbeiter von Palantir waren seltsamerweise ausgerechnet an dem Tag nicht da.

    Haben Sie die Hessendata auch selbst nutzen können?

    Ich habe gefragt, ob sie meinen Namen eingeben können, damit ich die Verbindungen und das Netzwerk um mich herum ansehen kann. Große Lacher um mich herum. „Nein“, aus „Datenschutzgründen“ könne man das auch nicht zu Demonstrationsgründen machen. Das wäre aber wirklich interessant gewesen.

    Wieso hat es bis zum Erscheinen des Films eigentlich sieben Jahre gedauert?

    Tatsächlich wurden nur vier bis fünf Jahre gedreht, aber von der ersten Idee bis zur Erstaufführung sind es tatsächlich 7 Jahre.

    Das lag unter anderem an Corona und dann ist es wirklich auch so, dass die Zugänge zu Karp und Palantir sehr schwierig sind. Es gab niemals offizielle Antworten auf unsere Anfragen. Wie seriöse Pressearbeit wirkt das jedenfalls nicht.

    Aber es ist nicht so, dass er gar nicht in die Öffentlichkeit tritt. Wem gibt er denn Interviews?

    Er lässt sich gerne von Milliardären interviewen, ob das auf dem World Economic Forum in Davos ist – oder vom Vorstandsvorsitzenden der Axel-Springer SE, Mathias Döpfner. Aber auch mit anderen, besonders militärischen, Eliten spricht er gerne. Bei Maischberger war er jedenfalls noch nicht.
    Mitarbeiter durften sich nicht äußern

    War es schwierig für Sie, Leute zu finden, die sich zu Palantir äußern wollen?

    Ich habe keine aktuellen Mitarbeiter bei Palantir gefunden, die sich mir gegenüber äußern wollten. Und auch Leute, die sich nur beworben haben, mussten vor dem Bewerbungsprozess ein NDA unterschreiben.

    Ich versuche kein schwarz-weißes Bild zu zeichnen, sondern auch die Grautöne und neben wertneutralen, auch die positiven Dinge zu dokumentieren. Alex Karp gibt selbst an, differenzierte Meinungen gut zu finden. Aber auf meinen Dokumentarfilm lässt sich das scheinbar nicht übertragen. Es ist natürlich sein gutes Recht, nicht mitmachen zu wollen.

    Wie hat Palantir denn auf den Film reagiert?

    Alex Karp hat sich bei mir jetzt noch nicht gemeldet. Ich weiß nicht, ob er ihn gesehen hat.

    Welche Fragen an Alex Karp hatten Sie?

    Ich hätte gerne mehr über seinen inneren Zwiespalt erfahren.

    Zum einen, sagt er, kennt er Washington D.C. früher nur vom Protestieren gegen Reagan; gemeinsam mit seinen Hippie-Eltern. Heute sitzt er regelmäßig auf dem Panel des „Reagan National Defense Forums“. Das ist schon eine spannende Entwicklung.

    Was ist Ihr persönliches Fazit nach dem gesamten Entstehungsprozess?

    Wir müssen als Gesellschaft diskutieren, was es für uns heißt, Software von Palantir einzusetzen. Was heißt es, wenn ein Unternehmen perspektivisch so tief in unseren Alltag – und auch in den Staat – eindringt. Wenn „Watching You“ dazu beiträgt, dass über Palantir mehr gesprochen – und auch gestritten wird, fände ich das gut.

    Hinweis: Watching You – Die Welt von Palantir und Alex Karp" feiert seine Erstausstrahlung am 6. August um 22:50 Uhr in „Das Erste“ und bereits jetzt in der ARD Mediathek zur Verfügung. Aus diesem Anlass haben wir diesen Beitrag von 2024 noch einmal neu veröffentlicht.

    https://de.wikipedia.org/wiki/Watching_You_%E2%80%93_Die_Welt_von_Palantir_und_Alex_Karp

    https://de.wikipedia.org/wiki/Thomas_Giefer

    https://de.wikipedia.org/wiki/Klaus_Stern_(Dokumentarfilmer)

    https://www.urbanfilm-berlin.de/friederike-anders

    #film_documentaire #espionnage #surveillance #AI #cambridge_analytica #auf_deutsch

  • Il #cinema made in Campania: la #film_commission #Regione_Campania
    https://informareonline.com/il-cinema-made-in-campania-la-film-commission-regione-campania

    È il 2001 quando, in seguito alla revisione dell’art. 117 della Costituzione, alle Regioni Italiane viene data l’opportunità di intervenire nel settore dell’audiovisivo, il quale fino a quel momento era materia di competenza esclusiva dello Stato. Tra le iniziative promosse dalle Regioni vi è stata, fin da subito, la costituzione delle Film Commission: soggetti caratterizzati […] L’articolo Il cinema made in Campania: la Film Commission Regione Campania proviene da Informareonline, scritto da Maria Claudia Merenda

    #Approfondimenti #Spettacolo #audiovisivo

  • A fine luglio torna il #capua #film Fest 2026
    https://informareonline.com/capua-film-fest-2026

    I suggestivi Giardini dello Sperone di Capua si preparano a trasformarsi nel cuore pulsante del cinema d’autore contemporaneo. Dal 16 al 30 luglio, la rassegna promossa dal Teatro Ricciardi, ideata da Gianmaria Modugno e diretta da Francesco Massarelli, tornerà a illuminare le serate estive. L’edizione del #Capua_Film_Fest 2026 sceglie un manifesto politico e […] L’articolo A fine luglio torna il Capua Film Fest 2026 proviene da Informareonline, scritto da Sara Marseglia

    #Approfondimenti #Cultura #cultura #festival

  • Letzter DDR-Kultfilm plötzlich wieder da! Jetzt können Sie ihn gratis gucken
    https://www.berliner-kurier.de/ddr/ddr-kultfilm-zwei-schraege-voegel-gratis-gucken-li.10151629

    https://www.youtube.com/watch?v=n2OqsoL-sfc

    30.6.2026 von Florian Thalmann - Ein echter DDR-Kultfilm ist zurück: „Zwei schräge Vögel“ können Sie jetzt kostenlos online sehen. So kommen Sie an den Klassiker!

    Unzählige Filme sind zu DDR-Zeiten in den heiligen Hallen der Defa entstanden – doch während einige auch heute bei vielen noch lebhafte Erinnerungen wecken, sind andere im Laufe der Zeit deutlich in den Hintergrund gerückt. Doch manchmal kommen sie plötzlich wieder, die kultigen Filme aus der DDR – wie dieser: Erinnern Sie sich noch an die beliebte Komödie „Zwei schräge Vögel“? Der Film war einer der letzten Defa-Streifen der DDR, ist Kult – und jetzt können Sie ihn kostenlos schauen! Wir verraten, wie Sie an den Streifen aus der DDR gratis und ohne Streaming-Konto rankommen.
    „Zwei schräge Vögel“ wurde letzter Kult-Film der DDR

    Der Streifen wurde im Jahr 1988 produziert, wurde im Jahr 1989 veröffentlicht. Und wurde damit ganz knapp zu einem der letzten Defa-Filme der DDR: In den Kammerlichtspielen in Cottbus wurde am 12. September 1989 die Premiere gefeiert, am 22. September 1989 kam „Zwei schräge Vögel“ dann in die Kinos der DDR.

    Nur wenige Wochen später war der 9. November 1989, die Mauer fiel – und das Ende der DDR wurde besiegelt. Doch nicht nur deshalb war der Film etwas Besonderes: Es handelt sich um eine Satire, die auch viele Probleme der DDR auf die Schippe nahm.

    In dem Streifen geht es um die beiden Informatikstudenten Peter „Kamminke“ Galetzky (gespielt von Matthias Wien) und Frank Lettau (Götz Schubert), die an der Hieronymus-Lotter-Universität in Leipzig an ihrer Diplomarbeit schreiben. Sie entwickeln dafür ein System zur Suche von Fehlern in Software.

    Beide sind in die gleiche Frau verliebt: Gina Menzel (Gerit Kling) hat ihnen den Kopf verdreht. Doch weil ihr Programm für Schwierigkeiten an der Uni sorgt (für die die beiden nichts können), werden sie ins thüringische Finsterberg-Dodeleben abgeschoben, wo sie in der Produktion des VEB Stirnräder arbeiten sollen.

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    Matthias Wien und Götz Schubert spielten in „Zwei schräge Vögel“ die Informatikstudenten Peter „Kamminke“ Galetzky und Frank Lettau.DEFA-Stuftung/Youtube

    Dort wird allerdings veraltete und fehlerbehaftete Computertechnik benutzt. Mit der Hilfe der Sachbearbeiterin Petra Anschütz (Simone Thomalla) brechen die beiden in der Silvesternacht in die VEB-Räume ein, um die Technik mithilfe ihres Computerprogramms eine wichtige Produktionsanlage zu reparieren.

    Wird es ihnen gelingen – und bringen sie die Maschine wieder zum Laufen? Und was passiert mit Petra, in die beide natürlich erneut gleichzeitig verliebt sind? Das können die Zuschauer bei „Zwei schräge Vögel“ sehen, einem der letzten Filme der DDR.

    DDR-Kultfilm „Zwei schräge Vögel“ gibt es jetzt gratis

    Den gibt es jetzt nämlich kostenlos: Auf dem YouTube-Kanal „DEFA Filmwelt“ stellt die Defa-Stiftung, die den Film-Schatz der Defa verwaltet, immer wieder Filme ein, die beinahe in Vergessenheit geraten sind. Erst seit Tagen gibt es hier nun die Satiren „Zwei schräge Vögel“ – kostenlos und für jeden zum Anschauen!

    Wer reinguckt, wird auch einige bekannte Orte des Ostens wiedererkennen. Gedreht wurde der Streifen nämlich unter anderem in Großbreitenbach im ehemaligen DDR-Bezirk Suhl und auf der Moritzbastei in Leipzig.

    Auch die Besetzung liest sich wie ein kleines Lexikon der Ost-Stars: Neben den schon genannten Hauptdarstellern sind in „Zwei schräge Vögel“ auch Defa-Legende Fred Delmare, die Schauspiel-Stars Jaecki Schwarz und Peter Sodann, Willi Schwabe (bekannt auch aus „Willi Schwabes Rumpelkammer“) und Kabarettist Uwe Steimle zu sehen. Auch Märchen-Star Peter Dommisch, Schauspieler Edgar Külow (er war unter anderem der Assistent vom „Zauberpeter“) und Schauspieler und Regisseur Jürgen Mai sind zu sehen.

    DDR-Film „Zwei schräge Vögel“ lohnt sich für alle!

    Der Film lohnt sich aber auch aus anderen Gründen: Es war einer der wenigen Streifen, die die Missstände der DDR witzig aufarbeiteten. Hier werden Themen angesprochen, die in DDR-Filmen eigentlich ein Tabu waren – und Sprüche geklopft, bei denen man eigentlich vermuten würde, dass Regisseur Erwin Stranka durch die Stasi von der Premierenfeier abgeholt wurde.

    „Der Sozialismus braucht jeden, aber keiner weiß, wo“, heißt es dort unter anderem. Und: „In der Spitze sind wir halt nur Durchschnitt, aber im Durchschnitt sind wir absolute Spitze.“

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    Gerit Kling schlüpfte in „Zwei schräge Vögel“ in die Rolle der Sängerin Gina Menzel. DEFA-Stiftung/Youtube

    Die Zuschauer feiern den kultigen Film noch heute. „Habe den Film 1989 während meiner Armeezeit im Kinosaal der Kaserne gesehen und war damals erstaunt, dass in einem Defa-Film wenn auch komödiantenhaft auf Missstände in VEB-Betrieben aufmerksam gemacht wurde“, schreibt ein Nutzer unter dem Film auf YouTube.

    „Habe ihn nun nach 37 Jahren endlich mal wieder sehen dürfen und habe mich wie damals köstlich amüsiert.“ Und einer freut sich: „Endlich gibt’s diesen Film hier, habe ich (passend) als Informatik-Student (also auch schräger Vogel damals) kurz vor der Wende gesehen und danach nie wieder.“

    #DDR #film #cinéma #comédie #1989 #informatique #industrie

    • DEFA Filmwelt / DEFA Stiftung a bloqué le visionnage Youtube en dehors de l’Allemagne.
      Je suis pratiquement sûr que c’est illégal s’ils reçoivent des fonds européens. A moins qu’ils ne se préservent de tels fonds justement pour conserver ce pouvoir de décision.
      Contourner en allant sur ARD Mediatek.

  • Cinemutins

    #CinéMutins est avant tout un fonds exceptionnel de films qui font référence dans le #cinéma_politique, l’#histoire_sociale, les #luttes sous toutes leurs formes : ouvrières, paysannes, anticoloniales, féministes, écologistes… mais pas seulement !

    Une sélection de films est proposée quotidiennement par l’équipe de la coopérative #Les_Mutins_de_Pangée, grâce à de nombreux partenaires producteurs, éditeurs, distributeurs, réalisateurs franc-tireurs…

    C’est aussi l’idée que chaque individu, chaque spectateur, doit être envisagé comme un être complet, sensible et intelligent, qui a besoin d’émotions et de raison, de rire et de larmes, de se sentir appartenir au monde ou de pouvoir s’en isoler pour penser, pour rêver, selon les moments… CinéMutins le permet, notamment en mettant en lien des cinéastes connus, des « classiques » du cinéma politique avec des propositions plus surprenantes… car la curiosité, ça se travaille !

    https://www.lesmutins.org
    #alternative #VOD #films #film #cinéma #video_on_demand

  • #Colonialité toxique : dans les paysages radioactifs du #Sahara

    De 1960 à 1966, avant et après l’indépendance de l’#Algérie, l’État français a expérimenté au Sahara dit algérien dix-sept bombes atomiques et autres essais chimiques. Ce sujet a longtemps été #tabou en France, dans la presse, dans les discours politiques aussi bien que dans le cadre académique où enquêtes, témoignages, littérature et recherches sur ce thème ont été invisibilisés. Seul le réseau associatif et militant a soutenu les travaux abordant ce domaine – comme par exemple le livre de Raphaël Granvaud, Areva en Afrique, Une face cachée du nucléaire français3. Brisant frontalement la confidentialité de ces faits – presque trois décennies après l’ouvrage de Gabriele Hecht sur l’histoire nucléaire de la France, Le rayonnement de la France4, plusieurs publications récentes issues du monde anglo-saxon abordent la violence coloniale française illustrée dans ses modalités extrêmes par les expérimentations atomiques.

    C’est le cas du nouveau livre de Samia Henni, Toxicité coloniale. Documenter le paysage radioactif dans le Sahara. Paru d’abord en anglais5, il est associé à une exposition6 qui réverbère d’une autre manière les éléments de preuve de l’usage violent d’un territoire colonisé. L’autrice, architecte, historienne et théoricienne de l’architecture, enseigne actuellement à l’Université McGill de Montréal. Elle donne à penser la colonisation et ses effets dévastateurs sur le très long terme. Son point de départ est l’espace et sa gestion en période de guerre, sa réorganisation ou ce que le langage colonial a souvent appelé sa « mise en valeur ». Sensible aux narrations « cosmétiques » qui masquent les réalités de la domination coloniale, Samia Henni évoque en ce sens les euphémismes utilisés pour dire les faits qui ne sont pas seulement des « essais » nucléaires ou de la « radioactivité », mais bien des bombes atomiques à part entière et une toxicité sans limite produite par la colonisation.

    « Saharanisme »

    Faisant écho à cette question, Brahim El Guabli, professeur de pensée et littérature comparées à l’Université Johns Hopkins (USA), explore dans son dernier ouvrage, Desert Imaginations, la représentation des « déserts » à travers une variété de sources littéraires et historiques plurilingues (amazigh, arabe, français, anglais)7. Il montre que dans les productions culturelles majoritaires, les déserts apparaissent comme terra nullius, inhabitée, improductive, inutile et menaçante. La fiction mondialisée d’un désert vide et sans vie a permis de légitimer des projets d’exploitation brutaux et destructifs8. Brahim El Guabli propose d’appeler « saharanisme » ou encore « désertisme » cet imaginaire dominant dont il retrace les origines lointaines et la construction, en particulier dans les écrits politiques et littéraires français du XIXe siècle à aujourd’hui. Il fait de ces notions un outil conceptuel permettant d’approcher à plusieurs niveaux les usages et mésusages du désert, quelles que soient les parties du monde concernées. L’auteur distingue divers secteurs – spirituel, extractif, instrumental, sexuel – où s’exerce le saharanisme. En contrepoint de cette idéologie inhérente aux intérêts coloniaux, Brahim El Guabli montre le rapport intime que des écrivains et artistes autochtones manifestent dans leurs œuvres envers leur environnement, tangible et intangible, humain et non humain, une posture écologique sensible qu’il appelle ecocare ou encore éthique autochtone de la conscience environnementale. Cette attitude m’évoque une maxime touarègue Amaḍal amadal, « la terre est ce qui protège », mise en relation au Sahara avec la nécessité d’être nomade pour ne pas « peser sur le dos de la terre ». Comment une terre confisquée pour être mutilée, blessée, amputée, pourrait-elle continuer à protéger ses enfants ? Telle est la question que se posaient les Touaregs après les interventions violentes menées sur leur sol telles que les explosions atomiques, le creusement des puits de pétrole et des mines d’uranium, ou le réaménagement étrange de l’Afrique saharo-sahélienne en petits territoires enclos sur eux-mêmes, bardés de fils de fer barbelés9.
    La notion de saharanisme parait très utile pour approcher au présent divers types de faits, des plus anodins aux plus dommageables, tous fondés sur une hiérarchisation implicite des savoirs. Par exemple, l’obsession – a priori bienveillante – des organismes de développement ou d’aide qui interviennent en pays nomade pour creuser des puits, comme si le problème en zone aride était l’eau et non la gestion de l’eau. Pourtant, le piétinement animal intense autour des points d’eau, comme le disent bien les intéressés, détruit tous les pâturages alentour. Avec la multiplication des puits, aucune des stratégies nomades pour régénérer la flore ou conserver les plantes fourragères résistant au vent et permettant d’étager la consommation des pâturages ne peut plus s’exercer. Mais rien n’arrête ces politiques sédentaires du territoire couplées à la restriction de la mobilité qui ont finalement conduit à l’incapacité croissante de faire face aux sécheresses – pire, elles les ont aggravées.

    Au sujet des essais nucléaires français au Sahara, les approches des deux ouvrages cités se croisent et se complètent. Comment sortir du secret ? Comment rendre compte de la nuisance impalpable et occultée de ces explosions ? Comment documenter ce programme secret et ses lourdes conséquences, alors que la majorité des archives les concernant sont jusqu’à présent classées « secret-défense » ? Comment rendre audibles les voix des habitants sur la violence mortifère infligée à leurs vies et à leur terre par les gouvernements français et algérien qui ne les ont ni consultés ni avertis ?

    Trouver des voies et des voix pour répondre à ces interrogations fait partie des objectifs clairement énoncés par Samia Henni. Contestant « l’obsession coloniale et néolibérale de la “nouveauté”, la volonté d’être “le premier” à dire ou faire quelque-chose » (p. 37), l’autrice met à la disposition de ses lecteurs et lectrices les informations et les sources dont elle dispose, c’est-à-dire une centaine de documents d’archives (photos, textes) et la reproduction des témoignages de victimes (travailleurs et population d’Algérie, vétérans français) pour servir de socle à de futures recherches.

    Ce livre généreux et militant est fondé sur le partage des documents assemblés en étroite collaboration avec l’Observatoire des armements à Lyon. Il est destiné à « donner corps au silence des archives institutionnelles » et appelle à continuer le travail de mémoire et d’investigation permettant une autre narration des faits et un examen des responsabilités pour, à terme, exiger la décontamination des sites, l’ouverture totale des archives et la perspective de réparations.

    Car ces déflagrations nucléaires, décidées depuis Paris et prolongées en 1962 par les Accords d’Evian avec le gouvernement provisoire d’Algérie, ont eu de multiples répercussions sur les corps, sur l’environnement, sur le bâti, sur les paysages, sur les sols. Le matériel contaminé a été enseveli dans l’urgence au départ du personnel français en 1967, puis déterré par les puissants vents sahariens.

    Temps et espace du désastre atomique

    À partir de documents visuels et d’archives arrachées au secret, Samia Henni retrace les caractéristiques techniques et humaines des deux sites où les explosions ont été menées : d’un côté, Reggane, où furent lancées quatre bombes atmosphériques et de l’autre, In Ekker, émetteur de treize bombes souterraines, certaines échappant au confinement, et cinq expériences supplémentaires de dispersion atmosphérique de plutonium. Elle propose ensuite un corpus visuel composé d’extraits de documentaires et de reportages télévisés, et la reproduction de témoignages des victimes françaises.

    Dans le procédé éditorial choisi, les images impactent efficacement le regard en anticipant le texte. Ainsi, au début de l’introduction, onze photos aux tons jaune-sépia nous plongent dans la matérialité du secret, avec en première page un panneau d’interdiction de prise de vue et de menaces de sanctions contre tout contrevenant, planté sur l’un des sites d’expérimentation. Les images suivantes élargissent la focale, de la localisation des sites à l’emplacement des zones de tirs, du croquis topographique des infrastructures à une manifestation à Accra au Ghana contre ces expériences. Jusqu’à la photo de la « gerboisite », un terme qui conceptualise la matière radioactive anthropogénique produite par les explosions atmosphériques baptisées Gerboises par le pouvoir colonial. Enfin, une image satellite captant les mouvements intercontinentaux de la poussière radioactive du Sahara met immédiatement en évidence la nécessité d’un changement d’échelle pour l’analyse de ces faits.

    L’ouvrage restitue la situation géographique précise des deux sites d’expérimentation : Reggane dans la plaine de la Tanezrouft et In Ekker sur le mont Taourirt tan Afalla (littéralement en langue locale « Colline du haut » ou du « nord ») et aussi Taourirt tan Ataram (« Colline de l’ouest ») dans le massif de l’Ahaggar (nom utilisé dans l’ouvrage sous sa forme arabisée, Hoggar). Remarquons que les toponymes mentionnés sont tous amazighs. Ce qui donne une résonance particulière au choix de ces lieux situés à plus de 1000 km d’Alger et révèle une autre invisibilité qui n’est pas manifeste dans l’ouvrage, celle des habitants ancestraux de ces terres, les Imuhagh10, appelés « Touaregs » par les étrangers. L’invention de l’Algérie comme État colonial puis postcolonial les fera dénommer ensuite « Algériens » (comme dans la légende du 3e cahier photo où ils sont appelés « habitants algériens ») ou encore, selon les recensements sur leurs terres d’ancrage à la saison sèche, les assignera à d’autres identités nationales et territoriales : « Libyens », « Maliens », « Nigériens », « Burkinabè ». Les pouvoirs coloniaux ont en effet redessiné la carte de l’Afrique selon leurs intérêts, divisant le pays touareg par cinq frontières et transformant en peuple sans terre les nomades dont les parcours réguliers ont rendu le désert nourricier en préservant ses ressources végétales et hydriques.

    Samia Henni situe son propos dans le cadre national de l’Algérie. Elle montre cependant que le temps et l’espace de la toxicité nucléaire ne sont pas à l’échelle de la géopolitique humaine. Des témoins évoquent la violence monstrueuse des explosions ressentie non seulement à proximité, à Tamanrasset, mais aussi à 600 km à l’est à Djanet et à plus de 1 000 kilomètres au sud-ouest à Gao (p. 42), ou encore au sud-est dans l’Aïr11, englobant l’espace de référence de la mobilité nomade des Touaregs. Et bien au-delà encore.

    La toxicité invisible, impérissable, inquantifiable, irréversible, circule et s’infiltre partout où la diffusent les vents du globe. Elle contamine non seulement les lieux décrétés vides et sans importance par les autorités coloniales puis postcoloniales – notamment les territoires nomades –, mais également les pays et les continents des décideurs de la mise à feu des bombes atomiques. Elle s’étend à la terre entière et restitue, au-delà de l’approche spatialement fragmentée des événements, la perception géographique nomade qui au Sahara relie directement l’Ahaggar (actuelle Algérie), l’Ajjer (entre l’Algérie et la Libye), l’Aïr (actuel Niger), la Tademekkat (entre le Mali et le Burkina Faso) et la Tagaraygarayt (actuel Niger).

    Je rajouterai une information donnée par les Touaregs qui circulent entre l’Ahaggar et l’Aïr. Selon eux, l’abandon en 1967 des sites nucléaires français du côté algérien aurait été suivi par le transfert entre l’Ahaggar et l’Aïr d’une partie des anciens engins de chantier ainsi que du personnel pour mener des opérations de prospection à Madawela dans la vallée de Tin Marsoy. Cette partie du territoire touareg se trouvait rattachée depuis 1960 à l’État du Niger. Les nomades se souviennent des déplacements incessants et extrêmement dérangeants de camions énormes équipés de sondes qui sillonnaient les terres pastorales et creusaient le sol, faisant parfois jaillir de l’eau sans reboucher leurs forages en quittant les lieux.

    Ces travaux de prospection terrestres mais aussi aériens ont abouti à la mise en œuvre de l’exploitation d’un immense gisement d’uranium à Arlit, à environ 15 kilomètres de Madawela, ce dernier site étant laissé inactif, mais gardé par l’armée nigérienne. Comme ce fut le cas du côté algérien dans les années 1950 en pleine période coloniale, deux décennies plus tard, dans un État indépendant, les autorités françaises s’accaparèrent brutalement des terres touarègues de l’Aïr pour créer les infrastructures géantes d’une première mine à ciel ouvert (Arlit), puis d’une mine souterraine (Akokan), et d’une ville qui compte à présent plus de 100 000 habitants, détruisant toutes les ressources pastorales locales et interdisant aux nomades de poursuivre leur vie sur leurs propres terres. C’est à cette période que les contrôles et les détentions arbitraires de civils touaregs s’intensifièrent au nord du Niger, au point de transformer le seul fait d’être enturbanné en délit menant automatiquement à l’arrestation et à la confiscation des marchandises pour les caravaniers.

    Des vies qui ne comptent pas ?

    Comme l’écrit Samia Henni, après les explosions nucléaires des années 1960, les nomades, les oasiens et les citadins de la région de Reggane et de la vallée du Touat ont été directement affectés. Entre 1960 et 2008, la démographie chuta de moitié, passant de 40 000 à quelque 20 000 habitants (p. 93). La description détaillée des chantiers menés pour les opérations nucléaires et l’accueil du personnel à Reggane, Hamoudia et au point zéro des expérimentations – 82 000 m2 de bâtiments, 7000 m2 d’ouvrages souterrains, 100 km de routes, 3 centrales électriques, etc. (p. 96) – donne une idée du gigantisme de ces infrastructures (laboratoires, appareils de mesures, base avancée, ville nouvelle), au prix d’un labeur humain démesuré, diurne autant que nocturne. La recension des constructions techniques du second site dégage la même impression de démesure et de captation sans merci des terres (170 570 hectares) et des ressources locales. Non seulement l’eau et l’air de l’oued Amguel, mais la main d’œuvre autochtone, à laquelle s’ajoutaient sur le site la main d’œuvre importée d’autres régions de l’Ouest africain, ainsi que les militaires, appelés, techniciens et ingénieurs français, soit environ 9000 personnes sur le site au moment des explosions.

    Dans les années 1960, les procédés de décontamination des corps humains et des engins au jet d’eau (p. 114) paraissent dérisoires, irresponsables et même cyniques dans la mesure où l’eau n’a vraisemblablement pas échappé à la pollution. Pas plus les multiples échecs du confinement des bombes dans les galeries souterraines que l’indépendance de l’Algérie en 1962 n’ont empêché la continuation des essais par la France qui a également poursuivi de 1964 à 1966 ses expériences de dispersion du plutonium (nom de code Pollen) en bafouant le Traité d’interdiction des essais nucléaires atmosphériques signé en 1963. Pire, les expériences biologiques conduites lors de la bombe Gerboise blanche auraient concerné non seulement des animaux (dont des cages et cadavres ont été retrouvés abandonnés sur le site), mais aussi des corps humains, morts ou vivants, ou des « cobayes humains » comme le formule Bruno Barillot dans son ouvrage, Essais nucléaires français : l’héritage empoisonné12, cité par Samia Henni (pp. 107-108).

    Un travailleur local, interrogé trois décennies plus tard, rapporte qu’après les déflagrations, « la plupart des gens qui sont tombés malades sont ceux des campements qui habitent la montagne » (p. 156), autrement dit les habitants invisibilisés d’un désert décrété « vide » par les autorités françaises et algériennes. Le photographe et sociologue Bruno Hadjih a documenté le ravage sanitaire et létal (17 décès survenus immédiatement) des habitants du village de Mertoutek et la destruction durable de leur environnement après la bombe non maîtrisée de Béryl en 1962.

    Le gouvernement français est resté inactif sans mener d’étude de suivi après l’explosion, pas plus qu’il n’a proposé de réparation. Par ailleurs, il n’a fourni aucun descriptif technique des décharges toxiques qu’il a laissées au Sahara et qui continuent d’affecter la santé des êtres vivants. Comme si finalement, tout cela n’avait jamais existé et n’avait eu aucune conséquence pour personne. Jusqu’à quand ?

    ’avance à travers les entrailles de la fournaise
    Je les entends
    sécheresse de leur cœur
    Et ils me roulent dans le nuage
    champignon nuée
    brouhaha atomique
    Et ils aboient
    Toi, tu n’existes pas,
    tu n’as jamais existé

    Hawad, Irradiés13

    L’investigation sans fin

    Au final, on comprend à quel point le projet nécessaire de « documenter le paysage radioactif dans le Sahara » comme le propose Samia Henni est un programme collaboratif à long terme. La constitution de « contre-archives » dans ce domaine est une tâche ardue et ouverte qui appelle à d’autres enquêtes pour sortir le désert de l’oubli. Par exemple, comment faire résonner la mémoire et le présent de ceux qui sont effacés de la carte ? Quelles constellations d’expériences et de géographies peuvent être retracées en dehors des cadres restrictifs de la cartographie coloniale ? Comment mettre en dialogue les expériences vécues par les habitants des différents territoires sacrifiés lors des mises à feu nucléaires réalisées par la France, mais aussi par les États-Unis, la Russie, la Grande-Bretagne et la Chine entre 1945 et 1980 ? Quels sont les formes de survie et de résistance qui ont émergé face à la catastrophe ? Comment faire entendre la voix des écrivains et des artistes qui mobilisent un imaginaire créatif capable de submerger le saharanisme, alors même qu’eux et leurs peuples subissent jusqu’à aujourd’hui la confiscation, la dévastation et la pollution nucléaire ou minière de leurs terres ? Le « Saharanisme expérimental » va en effet de pair avec le « Saharanisme extractif » pour reprendre les concepts de Brahim El Guabli. Quelles relations établir entre d’un côté la manne minérale concentrée au Sahara central sur les territoires nomades (pétrole et gaz en Algérie et Libye, uranium, charbon, or au Niger, or au Mali) et, de l’autre côté, la répression brutale qui touche leurs habitants, privés de leurs droits fonciers, jusqu’à nier et éradiquer leur nom, leur langue, leur mode de vie, leur société et leur histoire ? Le travail d’investigation à venir est immense, il réservera probablement des surprises, autant que l’étude des conséquences, impensées et impensables, de la radioactivité.

    https://www.terrestres.org/2026/06/08/colonialite-toxique-dans-les-paysages-radioactifs-du-sahara
    #radioactivité #colonialisme #pollution #violence_coloniale #territoire_colonialisé #colonisation #euphémismes #radioactivité #vocabulaire #mots #bombes_atomiques #désert #géographie_du_vide #vide #terra_nullius #saharanisme #désertisme #imaginaire #ecocare #conscience_environnementale #Touaregs #nomadisme #aide_au_développement #puits #développement #secret-défense #Accords_d’Evian #paysage #environnement #Reggane #In_Ekker #plutonium #images #secret #gerboisite #Gerboises #France_coloniale #mont_Taourirt_tan_Afalla #Taourirt_tan_Ataram #toponymie #invisibilisation #Imuhagh #violence #Tamanrasset #Ahaggar #Aïr #Madawela #Niger #vallée_de_Tin_Marsoy #Arlit #uranium #mines #Akokan #Arlit #pâturages #vallée_du_Touat #eau #sols #air #décontamination #montagne #destruction #Mertoutek #Béryl #réparation #santé #paysage_radioactif #mémoire #contre-archive #contre-récit #expérience_vécue #territoires_sacrifiés #Saharanisme_expérimental #Saharanisme_extractif #extractivisme

    ping @reka

    –—

    A mettre en lien avec le #film_documentaire #At(h)ome (#athome) :
    https://seenthis.net/messages/819398

    • #Areva en Afrique. Une face cachée du nucléaire français

      L’indépendance énergétique de la France grâce au nucléaire est un mythe : l’uranium qui alimente le nucléaire civil et militaire provient pour une large part du sous-sol africain. Raphaël Granvaud détaille les conditions dans lesquelles la France et Areva se le procurent au meilleur coût, au prix d’ingérences politiques et de conséquences environnementales, sanitaires et sociales catastrophiques pour les populations locales.
      Comme au Niger, fournisseur historique, pourtant en dernière position du classement des pays selon leur indice de développement humain. Dans un contexte international d’intensification de la concurrence sur le continent africain, mondialisation capitaliste oblige, Areva a toujours pu compter sur l’aide active des représentants officiels de l’État français et des réseaux les moins ragoûtants de la Françafrique pour sauvegarder son droit de pillage. L’auteur dévoile enfin les efforts considérables d’Areva pour que les différents éléments de cette réalité et de sa stratégie de dissémination nucléaire ne ternissent pas une image de marque qu’elle voudrait immaculée.

      https://agone.org/livre/arevaenafrique
      #livre

    • TOXICITÉ COLONIALE. DOCUMENTER LE PAYSAGE RADIOACTIF DANS LE SAHARA

      Toxicité coloniale revient sur les programmes nucléaires français menés entre 1960 et 1966 dans le Sahara algérien. Ce programme secret, qui s’est déroulé pendant et après la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962), a permis au régime colonial français de mettre à feu quatre bombes atomiques atmosphériques, treize souterraines et de mener d’autres expériences nucléaires dans le désert. Alors que la grande majorité des documents d’archives sont toujours classés secret aujourd’hui, Toxicité coloniale rassemble une variété de sources permettant de documenter l’histoire violente des activités de la France en Algérie. Le livre constitue un corpus de choix à l’intersection de la justice spatiale, sociale et environnementale pour ceux et celles qui s’intéressent à l’architecture, au paysage et aux pratiques d’archivage dans une démarche décoloniale.
      Alors que ces bombes ont eu des conséquences durables pour les populations et les environnements locaux ainsi que pour les vétérans français, le manque de contrôle des explosions, les lacunes de sécurité et l’utilisation des Algériens comme main- d’œuvre sur des chantiers particulièrement dangereux apparaissent comme des faits coloniaux d’une importance majeure.

      https://editions-b42.com/produit/toxicite-coloniale

    • Deserts Are Not Empty

      Colonial and imperial powers have often portrayed arid lands as “empty” spaces ready to be occupied, exploited, extracted, and polluted. Despite the undeniable presence of human and nonhuman lives and forces in desert territories, the “regime of emptiness” has thus inhabited, and is still inhabiting, many imaginaries. Deserts Are Not Empty challenges this colonial tendency, questions its roots and ramifications, and remaps the representations, theories, histories, and stories of arid lands—which comprise approximately one-third of the Earth’s land surface. The volume brings together poems in original languages, conversations with collectives, and essays by scholars and professionals from the fields of architecture, architectural history and theory, curatorial studies, comparative literature, film studies, landscape architecture, and photography. These different approaches and diverse voices draw on a framework of decoloniality to unsettle and unlearn the desert, opening up possibilities to see, think, imagine it otherwise.

      https://www.arch.columbia.edu/books/catalog/998-deserts-are-not-empty

  • Mise en abîme.
    Promotion du film La bataille De Gaulle : la SDJ de France 24 apporte son soutien à deux journalistes, victimes d’une tentative de censure et d’intimidation.
    https://www.leblogtvnews.com/2026/06/promotion-du-film-la-bataille-de-gaulle-la-sdj-de-france-24-apporte-so

    Dans le cadre de la promotion du film "La Bataille de Gaulle", nos deux journalistes ont réalisé une interview avec une partie de son équipe. Au cours de l’entretien, l’un des #acteurs du #film a longuement développé la notion d’« engagement », thématique centrale de l’œuvre.

    Nina Masson a prolongé ce fil en interrogeant l’acteur sur ce que cette notion représentait pour lui en tant que comédien en l’invitant notamment à réagir, dans le contexte post-Festival de Cannes, à la tribune signée par 600 professionnels du #cinéma dénonçant la mainmise de Vincent #Bolloré sur le secteur cinématographique.

    La question a visiblement mis l’acteur mal à l’aise. Elle était pourtant non seulement légitime, mais indispensable au regard des polémiques qui ont rythmé cette édition du festival.

    Ce qui s’est produit à l’issue de l’interview est d’une gravité inédite.

    L’attachée de presse de l’acteur a bloqué notre équipe dans la pièce, la menaçant et exigeant la restitution immédiate de la carte mémoire contenant l’enregistrement de l’interview. Nos journalistes ont refusé avec professionnalisme.

    L’attachée de presse de l’acteur, en présence de l’attachée de presse du film, a alors contraint Nina Masson à signer un engagement écrit de non-diffusion du passage litigieux, comme condition à la conservation de leur matériel.

  • Falsche Bewegung, 1975, Wim Wenders
    via https://diaspora.psyco.fr/p/12511819

    https://www.deutschlandfunk.de/wim-wenders-zieht-film-falsche-bewegung-vorerst-zurueck-104.html

    Das Drehbuch wurde von Peter Handke auf der Basis von Goethes „Wilhelm Meisters Lehrjahre“ erstellt. - Wikipedia
    https://de.wikipedia.org/wiki/Falsche_Bewegung

    oAnth:

    Wir können, wie das aktuelle Beispiel zu verstehen gibt, davon ausgehen, dass von nun an je nach politisch-ideologischer Großwetterlage oder individueller Befindlichkeit, Bücher, Filme und alle Arten von Kunst zensiert oder dem Publikum vorenthalten werden dürfen - was als ein Warnsignal verstanden werden sollte und es hoch an der Zeit ist, einen Online-Index über „der Öffentlichkeit nicht mehr zugängliche oder zensierte Kunstwerke“ einzurichten.

    Bei Filmen und Werken, die noch zugänglich gehalten werden, wäre es m.E. geboten auszuweisen, inwieweit sie der ursprünglich vom Autor, Regisseur, Künstler freigegebene Version entsprechen, und unter welchen Bedingungen Orginalversionen zugänglich gemacht werden können. Hierzu hieße es auch einen Kommentar mitzugeben, woraus sich die jeweiligen Beweggründe für dgl. Einschränkungen unmissverständlich entnehmen lassen.

    Der Gefahr, dass sich weiße Flecken in der Kulturlandschaft herausbilden, die sich so gut wie von niemandem mehr vermuten lassen, da man es nicht für nötig hielt, zu den zurückgenommenen und nachträglich veränderten Artefakten eine Dokumentation bereit zu stellen, gilt es rechtzeitig zuvor zu kommen, denn die Prozesse des kulturellen Vergessenwerdens und qualitativ mindernden Nivellierens nehmen mit zunehmender Medien- und PR-orientierter Wahrnehmungs- und Verhaltensprägung rasant zu, ein Prozess, der sich bereits jetzt in hohem Maße bei den Entscheidungsträgern der durch den Neoliberalismus geprägten westlichen Hemisphäre in deren medial zugänglichen Äußerungen ablesen lässt und der das gesamte öffentliche Leben qualitativ auszuhölen droht.

    #Kino #Film #Kunst #Literatur #Zensur #Deutschland #CancelCulture #Biografie #Index #Nivellierung

    • cf. l’article chez franceinfo.fr ici :
      https://seenthis.net/messages/1175565

      [...]

      En 2024, dans le média RTL(Nouvelle fenêtre), Nastassja Kinski racontait des souvenirs douloureux de ce tournage « Pourquoi ne l’ont-ils pas filmée autrement ? », se demande-t-elle en racontant qu’elle pleurait après le tournage de cette scène. « Je veux confronter les responsables. Je veux des excuses pour ce qui s’est passé », exige l’actrice d’aujourd’hui 65 ans.

      Elle a tout d’abord tenté de négocier avec le réalisateur, sans l’intermédiaire d’un avocat. Sans succès. L’entourage du cinéaste fait valoir qu’il n’existe aucun droit légal à la suppression de la scène ou à la modification du film. L’avocat de Nastassja Kinski regrette que Wim Wenders soit « intouchable en Allemagne ».

      « Les sensibilités ont changé, nous vivons dans un monde complètement différent de celui d’il y a cinquante ans », a expliqué le 29 mai le réalisateur, alors qu’il recevait le Prix d’honneur de l’Académie allemande du cinéma lors du gala à Berlin.

      [...]

      #cinéma #Art #censure #Allemagne #Culture de l’annulation #biographie #index #nivellement

  • Congress quietly moves to integrate US and Israeli militaries | Responsible Statecraft
    https://responsiblestatecraft.org/israel-us-military

    De plus en plus de voix (plutôt à droite) s’opposant au coûteux soutien des USA aux aventures militaires israéliennes, la solution envisagée consisterait à fusionner les deux armées. (Si, vous avez bien lu !)

    At a time when the American public is expressing unprecedented levels of distrust in the Israeli government, Congress just proposed tying the U.S. to the Israeli military more than ever before.

    Buried in the House’s version of the 2027 National Defense Authorization Act (NDAA) released on Tuesday, is section 224, entitled “United States-Israel Defense Technology Cooperation Initiative.” The provision would arguably do more to intertwine the U.S. military with the Israeli military than the more than $200 billion (inflation adjusted) in military assistance Israel has received from the U.S. since its founding in 1948.

    Section 224 lays the groundwork for bilateral research and development, co-production of weapons, joint ventures, licensing agreements, and seemingly every manner of U.S.-Israeli military-industrial complex cooperation. The U.S. and Israel already work together heavily on missile defense, but this provision would greatly expand coordination to seemingly every area of defense tech, including AI, quantum, autonomous systems, directed energy, cyber, biotech, and many more. It also proposes “network integration” and “data fusion.” In other words, the U.S. military’s data could soon be the Israeli military’s data.

    If fully enacted, this proposal would provide a higher level of military-industrial integration than the U.S. has with any other country in the world. To be sure, the U.S. has worked closely with its NATO partners on co-production and shared supply chains, most notably via the Defence Production Action Plan. And, as the number one arms dealer in the world, the U.S. provides weapons to militaries across the globe. But that is mostly a one-way street, with the U.S. providing weapons to foreign buyers who only occasionally make parts for those weapons themselves, as in the case of the F-35’s global supply chain.

    Section 224 would be a different beast entirely. It would fuse the U.S. and Israeli defense sectors in multiple areas vital to the battlefields of the future, like autonomous systems and cyber. It would also bring extraordinary Israeli influence to the U.S. beyond what it already has through the Israel lobby and its robust network of social media influencers. It would give the Israeli government the opportunity to greatly expand one of the most powerful levers of influence in U.S. politics: jobs in the U.S. By expanding or starting new co-production facilities like it already has in Mississippi and Arkansas, the Israeli government could boast of providing jobs on U.S. soil, thereby securing allies among members of Congress who represent the districts where those jobs lie.

    • https://www.facebook.com/rebecka.bourahla.5/posts/le-congr%C3%A8s-am%C3%A9ricain-via-la-commission-des-forces-arm%C3%A9es-de-la-chambre-a-int%C3%A9gr%C3%A9/2900407346975923
      Le Congrès américain (via la Commission des forces armées de la Chambre) a intégré dans le projet de loi de défense 2027 (NDAA FY2027) une disposition appelée Section 224 :
      « United States-Israel Defense Technology Cooperation Initiative ».
      Son objectif principal, approfondir considérablement l’intégration militaire et industrielle entre les États-Unis et Israël, allant bien au-delà de la coopération actuelle.
      La section prévoit une coopération élargie en R&D, co-production d’armes, joint-ventures et partage de technologies dans de nombreux domaines (IA, cyber, quantique, systèmes autonomes, énergie dirigée, biotechnologies…).
      « Network integration » et « data fusion » partage accru des données militaires.
      Développement de production conjointe sur sol américain (création d’emplois US liés à Israël).
      Cette évolution, si elle est adoptée, transformera la relation d’alliance en une intégration quasi-fusionnée des industries de défense et des capacités technologiques militaires des deux pays.

    • https://www.vietnam.vn/fr/du-luat-moi-cho-phep-my-mo-rong-hop-tac-quoc-phong-voi-israel

      Le nouveau projet de loi permet aux États-Unis d’étendre leur coopération en matière de défense avec Israël.
      (CLO) Une disposition du projet de loi de défense actuellement présenté au Congrès américain pourrait faire passer les relations militaires entre les États-Unis et Israël à un stade de coopération plus étendu, passant de l’aide financière traditionnelle à la recherche, à la production et au développement conjoints de technologies de défense.

      La proposition, intitulée Initiative de coopération technologique de défense américano-israélienne, a été intégrée à la section 224 de la version pour l’exercice 2027 de la loi d’autorisation de la défense nationale (NDAA), élaborée par la commission des forces armées de la Chambre des représentants. La NDAA est la loi annuelle de politique de défense des États-Unis qui définit les programmes militaires et approuve les dépenses de défense.

      La proposition en est actuellement aux premières étapes du processus législatif. Si elle est adoptée, cette disposition pourrait marquer un tournant important dans la relation militaire déjà étroite entre les deux pays, en passant d’un modèle principalement fondé sur l’aide militaire américaine à une intégration plus poussée de leurs industries de défense.

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      Une nouvelle disposition du projet de loi de défense américain pourrait renforcer la coopération militaire avec Israël. Photo : Unsplash
      Selon le projet de loi, le secrétaire américain à la Défense devra désigner un « représentant exécutif » chargé de coordonner toute la coopération militaire entre les États-Unis et Israël.

      Cette personne sera chargée de promouvoir les programmes conjoints de recherche et de développement, la production conjointe d’armements et d’améliorer la connectivité entre les systèmes militaires et les données des deux pays.

      Josh Paul, ancien fonctionnaire du département d’État américain et fondateur du groupe de défense des intérêts A New Policy, affirme que le Congrès américain cherche à renforcer ses relations avec Israël à plus grande échelle.

      Selon lui, cette nouvelle disposition pourrait donner à Israël un accès sans précédent à la technologie militaire américaine, tout en favorisant l’intégration de la technologie de défense israélienne dans la chaîne d’approvisionnement militaire américaine, essentielle à son fonctionnement, ce qui donnerait à Israël une plus grande influence sur les priorités de défense américaines.

      Les États-Unis et Israël collaborent depuis longtemps au développement de systèmes de défense antimissile, notamment le système Dôme de fer. Le nouveau projet de loi étendrait cette coopération à de nombreux domaines de la guerre moderne, tels que l’intelligence artificielle (IA), les drones et les cyberopérations.

      Pour devenir loi, le projet de loi doit d’abord être adopté par la commission des forces armées de la Chambre des représentants, qui devrait l’examiner début juin, avant d’être approuvé par la Chambre et le Sénat américains.

      La proposition était cosignée par Mike Rogers, président républicain de la commission des forces armées de la Chambre des représentants, et par Adam Smith, représentant démocrate et membre le plus haut placé de son parti au sein de cette commission. L’initiative a reçu le soutien des deux principaux partis américains, bien que de nombreux sondages révèlent une opposition croissante, parmi certains électeurs démocrates et républicains, à l’augmentation de l’aide militaire à Israël.

    • Pro-Israel voices win out, kill bill to stop US-Israel military integration

      https://responsiblestatecraft.org/us-israel-military-congress

      A House committee summarily struck down an amendment to strip a measure from the massive annual defense policy bill that would provide Israel “a higher level of military-industrial integration" with the U.S. than Washington has "with any other country in the world.”

      Pro-Israel voices on the House Armed Services Committee argued that reports about Section 224 — that Congress was trying to integrate U.S. and Israeli military systems as a way to entrench aid without proper oversight — were disingenuous and wrong.

      In fact, members claimed that these were “existing initiatives” and that Section 224 “actually improves oversight and accountability of these programs by designating a single official responsible for them,” according to Chairman Mike Rogers, (R-Ala.)

      Not quite true, said the Quincy Institute’s Ben Freeman, who broke the initial story of Section 224 for RS last week. “Members of Congress supporting the proposal laid out caricatures of critiques against Section 224. And when they did actually talk about the provision itself they spread half-truths and outright inaccuracies about how far this provision will go to integrate the U.S. and Israeli defense sectors.”
      [...]
      Unfortunately for Khanna, the majority on the committee did not agree. According to several members, not only is Israel the only friend we have in the region, it helped us create new technologies and capabilities, and we would only benefit from the deeper military ties.

      “This is a win-win relationship. We have Silicon Valley, Israel has Tel Aviv, and it’s like Silicon Valley number two. We have gained so much technology advantages from our partnership with Israel, and vice versa,” declared Rep. Don Bacon (R-Neb). “They gain as well, and this is what we’re trying to do, is create that synergy. They support our foreign policy, they’ve been the most supportive of us in the U.N. They’re the only democracy in Middle East, and so I’ll oppose the amendment.”

  • Edgar MORIN • 8 juillet 1921 - 29 mai 2026

    Israël-Palestine : le cancer, par Edgar Morin, Sami Naïr et Danièle Sallenave
    Le Monde - Publié le 03 juin 2002
    Le Moyen-Orient est une zone sismique de la planète où s’affrontent Est et Ouest, Nord et Sud, riches et pauvres, laïcité et religion, religions entre elles.

    https://www.lemonde.fr/archives/article/2002/06/03/israel-palestine-le-cancer-par-edgar-morin-sami-nair-et-daniele-sallenave_27

    Le cancer israélo-palestinien s’est formé à partir d’une pathologie territoriale : la formation de deux nations sur une même contrée, source de deux pathologies politiques, l’une née de la domination, l’autre de la privation. Il s’est développé d’une part en se nourrissant de l’angoisse historique d’un peuple persécuté dans le passé et de son insécurité géographique, d’autre part du malheur d’un peuple persécuté dans son présent et privé de droit politique.

    « Dans l’opprimé d’hier l’oppresseur de demain »,disait Victor Hugo. Israël se présente comme le porte-parole des juifs victimes d’une persécution multiséculaire jusqu’à la tentative d’extermination nazie. Sa naissance attaquée par ses voisins arabes a failli être sa mort. Depuis sa naissance, Israël est devenu une formidable puissance régionale, bénéficiant de l’appui des Etats-Unis, dotée de l’arme nucléaire.

    Et pourtant Sharon a prétendu lutter pour la survie d’Israël en opprimant et asphyxiant la population palestinienne, en détruisant des écoles, archives, cadastres, en éventrant des maisons, en brisant des canalisations et procédant à Jenine à un carnage dont il interdit de connaître l’ampleur.

    L’argument de la survie n’a pu jouer qu’en ressuscitant chez les Israéliens les angoisses de 1948, le spectre d’Auschwitz, en donnant à un passé aboli une présence hallucinatoire. Ainsi la nouvelle Intifada a réveillé une angoisse qui a amené au pouvoir le reconquistador Sharon.

    En fait Sharon compromet les chances de survie d’Israël dans le Moyen-Orient, en croyant assurer dans l’immédiat la sécurité israélienne par la terreur. Sharon ignore que le triomphe d’aujourd’hui prépare le suicide de demain. A court terme, le Hamas fait la politique de Sharon, mais à moyen terme, c’est Sharon qui fait la politique du Hamas. Si, en deçà d’un certain seuil, l’Intifada a poussé Israël à négocier, au-delà elle a ranimé l’angoisse de la proie, exaspérée par les attentats-suicides, et la répression impitoyable semble une juste réponse à la menace. Si rien ne l’arrête de l’extérieur, l’Israël de Sharon va au minimum vers la bantoustanisation des territoires palestiniens morcelés.

    C’est la conscience d’avoir été victime qui permet à Israël de devenir oppresseur du peuple palestinien. Le mot « Shoah », qui singularise le destin victimaire juif et banalise tous les autres (ceux du goulag, des Tsiganes, des Noirs esclavagisés, des Indiens d’Amérique), devient la légitimation d’un colonialisme, d’un apartheid et d’une ghettoïsation pour les Palestiniens.

    La conscience victimaire comporte évidemment une vision unilatérale de la situation et des événements.

    Au départ du sionisme, la formule « un peuple sans terre pour une terre sans peuple » a occulté le peuplement palestinien antérieur. Le droit des juifs à une nation a occulté le droit des Palestiniens à leur nation.

    Le droit au retour des réfugiés palestiniens est vu aujourd’hui, non comme un droit symétrique à celui du retour de juifs qui n’ont jamais vécu en Palestine, mais à la fois comme un sacrilège et comme une demande de suicide démographique d’Israël. Alors qu’il aurait pu être considéré comme une réparation aux modalités négociables.

    Il est horrible de tuer des civils selon un principe de culpabilité collective, comme le font les attentats-suicides, mais c’est un principe appliqué par Israël frappant, depuis le temps de Sabra et Chatila et du Liban nord jusqu’à aujourd’hui, et hélas probablement demain, des civils, femmes et enfants, et en détruisant la maison et les cultures des familles d’auteurs d’attentat. Les victimes civiles palestiniennes sont désormais de 15 à 20 fois plus nombreuses que les victimes israéliennes. Est-ce que la pitié doit être exclusivement réservée aux unes et non aux autres ?

    Israël voit son terrorisme d’Etat contre les civils palestiniens comme autodéfense et ne voit que du terrorisme dans la résistance palestinienne. L’unilatéralisme attribue à Arafat seul l’échec des ultimes négociations entre Israël et l’Autorité palestinienne ; il camoufle le fait que, sans cesse depuis les accords d’Oslo, la colonisation s’est poursuivie dans les territoires occupés et considère comme « offre généreuse » une restitution restreinte et morcelée de territoires comportant maintien de colonies et contrôle israélien de la vallée du Jourdain.

    L’histoire complexe des négociations est effacée par la vision unilatérale de cette « offre généreuse » reçue par un refus global, et l’interprétation de ce supposé refus global comme une volonté de détruire Israël.

    L’unilatéralisme masque la dialectique infernale répression-attentat, elle-même alimentée par les forces extrémistes dans les deux camps. Il masque le fait que la tournée de Sharon sur l’esplanade des Mosquées n’a pu que renforcer le cercle vicieux infernal qui favorise le pire dans les deux camps.

    Le cercle infernal où tout accroissement du pire de l’un accroît le pire de l’autre a donné le pouvoir au clan nationaliste-intégriste en Israël, a installé des officiers issus des colonies à la tête de Tsahal, a transformé des éléments de cette armée de réoccupation en soldatesque pillant et tuant parfois jusqu’au massacre (Jenine). Il a accru le rayonnement et l’emprise des mouvements religieux fanatiques sur la jeunesse palestinienne.

    Certes, il y a également un unilatéralisme palestinien, mais sur l’essentiel, depuis l’abandon par la charte de l’OLP du principe d’élimination d’Israël, l’Autorité palestinienne a reconnu à son occupant l’existence de nation souveraine que celui-ci lui refuse encore. Sharon a toujours refusé le principe « la paix contre la terre », n’a jamais reconnu les accords d’Oslo et a considéré Rabin comme un traître.

    En Occident, les médias parlent sans cesse de la guerre israélo-palestinienne ; mais cette fausse symétrie camoufle la disproportion des moyens, la disproportion des morts, la guerre de chars, hélicoptères, missiles contre fusils et kalachnikovs. La fausse symétrie masque la totale inégalité dans le rapport des forces et l’évidence simple que le conflit oppose des occupants qui aggravent leur occupation et des occupés qui aggravent leur résistance.

    La fausse symétrie occulte l’évidence que le droit et la justice sont du côté des opprimés. Elle met sur le même plan les deux camps, alors que l’un fait la guerre à l’autre qui n’a pas les moyens de la faire et n’oppose que des actes sporadiques de résistance ou de terrorisme. De même, il y a fausse symétrie entre Sharon et Arafat, l’un maître d’une formidable puissance, capable de défier les Nations unies et les objurgations (certes molles) des Etats-Unis, l’autre de plus en plus impuissant. Une sinistre farce consiste à demander à Arafat d’empêcher les attentats tout en l’empêchant d’agir.

    On a peine à imaginer qu’une nation de fugitifs, issue du peuple le plus longtemps persécuté dans l’histoire de l’humanité, ayant subi les pires humiliations et le pire mépris, soit capable de se transformer en deux générations en « peuple dominateur et sûr de lui » et, à l’exception d’une admirable minorité, en peuple méprisant ayant satisfaction à humilier.

    Les médias rendent mal les multiples et incessantes manifestations de mépris, les multiples et incessantes humiliations subies aux contrôles, dans les maisons, dans les rues. Cette logique du mépris et de l’humiliation n’est pas le propre des Israéliens, elle est le propre de toutes les occupations où le conquérant se voit supérieur face à un peuple de sous-humains. Et dès qu’il y a signe ou mouvement de révolte, alors le dominant se montre impitoyable. Il est juste qu’Israël rappelle à la France sa répression coloniale durant la guerre d’Algérie ; mais cela indique qu’Israël fait pour la Palestine au moins ce que la France a fait en Algérie. Dans les derniers temps de la reconquête de la Cisjordanie, Tsahal s’est livrée à des actes de pillage, destructions gratuites, homicides, exécutions où le peuple élu agit comme la race supérieure. On comprend que cette situation dégradante suscite sans cesse de nouveaux résistants, dont de nouvelles bombes humaines. Qui ne voit que les chars et les canons, mais ne voit pas le mépris et l’humiliation, n’a qu’une vision unidimensionnelle de la tragédie palestinienne.

    Le mot « terrorisme » fut galvaudé par tous les occupants, conquérants, colonialistes, pour qualifier les résistances nationales. Certaines d’entre elles, comme du temps de l’occupation nazie sur l’Europe, ont certes comporté une composante terroriste, c’est-à-dire frappant principalement des civils. Mais il est indu de réduire une résistance nationale à sa composante terroriste, si importante soit-elle. Et surtout, il n’y a pas de commune mesure entre un terrorisme de clandestins et un terrorisme d’Etat disposant d’armes massives. De même qu’il y a disproportion entre les armes, il y a disproportion entre les deux terreurs. L’horreur et l’indignation devant des victimes civiles massacrées par une bombe humaine doivent-elles disparaître quand ces victimes sont palestiniennes et massacrées par des bombes inhumaines ?

    Il ne faut pas craindre de s’interroger sur ces jeunes gens et jeunes filles devenues bombes humaines. Le désespoir, certes les a animés, mais cette composante ne suffit pas. Il y a aussi une très forte motivation de vendetta qui, dans sa logique archaïque si profonde, surtout en Méditerranée, demande de porter la vengeance, non pas nécessairement sur l’auteur du forfait mais sur sa communauté. C’est aussi un acte de révolte absolue, par lequel l’enfant qui a vu l’humiliation subie par son père, par les siens, a le sentiment de restaurer un honneur perdu et de trouver enfin dans une mort meurtrière sa propre dignité et sa propre liberté.

    Enfin, il y a l’exaltation du martyr, qui par un sacrifice de sa personne féconde la cause de l’émancipation de son peuple. Evidemment, derrière ces actes, il y a une organisation politico-religieuse, qui fournit les explosifs, la stratégie et conforte par l’endoctrinement la volonté de martyre et l’absence de remords. Et la stratégie des bombes humaines est très efficace pour torpiller tout compromis, toute paix avec Israël, de façon à sauvegarder les chances futures de l’élimination de l’Etat d’Israël. La bombe humaine, acte existentiel extrême au niveau d’un adolescent, est aussi un acte politique au niveau d’une organisation extrémiste.

    Et nous voici à l’incroyable paradoxe. Les juifs d’Israël, descendants des victimes d’un apartheid nommé ghetto, ghettoïsent les Palestiniens. Les juifs qui furent humiliés, méprisés, persécutés, humilient, méprisent, persécutent les Palestiniens. Les juifs qui furent victimes d’un ordre impitoyable imposent leur ordre impitoyable aux Palestiniens. Les juifs victimes de l’inhumanité montrent une terrible inhumanité. Les juifs, boucs émissaires de tous les maux, « bouc-émissarisent » Arafat et l’Autorité palestinienne, rendus responsables d’attentats qu’on les empêche d’empêcher.

    Une nouvelle vague d’antijudaïsme, issue du cancer israélo-palestinien, s’est propagée dans tout le monde arabo-islamique, et une rumeur planétaire attribue même la destruction des deux tours de Manhattan à une ruse judéo-américaine pour justifier la répression contre le monde islamique.

    De leur côté, les Israéliens voisins crient « Mort aux Arabes » après un attentat. Un anti-arabisme se répand dans le monde juif. Les instances « communautaires » qui s’autoproclament représentantes des juifs dans les pays occidentaux tendent à refermer le monde juif sur lui-même dans une fidélité inconditionnelle à Israël.

    La dialectique des deux haines s’entretenant l’une l’autre, celle des deux mépris, celui du dominant israélien sur l’Arabe colonisé, mais aussi le nouveau mépris antijuif nourri de tous les ingrédients de l’antisémitisme européen classique, cette dialectique est en cours d’exportation. Avec l’aggravation de la situation en Israël-Palestine, la double intoxication, l’antijuive et la judéocentrique, va se développer partout où coexistent populations juives et musulmanes. Le cancer israélo-palestinien est en cours de métastases dans le monde.

    Le cas français est significatif. En dépit de la guerre d’Algérie et de ses séquelles, en dépit de la guerre d’Irak, et en dépit du cancer israélo-palestinien, juifs et musulmans coexistent en paix en France.

    Cependant une ségrégation commence. Une rancœur sourde contre les juifs identifiés à Israël couvait dans la jeunesse d’origine maghrébine. De leur côté, les institutions juives dites communautaires entretenaient l’exception juive au sein de la nation française et la solidarité inconditionnelle à Israël.

    C’est l’impitoyable répression menée par Sharon qui a fait passer l’antijudaïsme mental à l’acte le plus virulent de haine, l’atteinte au sacré de la synagogue et des tombes. Mais cela conforte la stratégie du Likoud : démontrer que les juifs ne sont pas chez eux en France, que l’antisémitisme est de retour, les inciter à partir pour Israël. Ne devons-nous pas au contraire mobiliser l’idée française de citoyenneté comme pouvoir de fraternisation entre musulmans et juifs ?

    Y a-t-il une issue ? Une haine apparemment inextinguible est au fond du cœur de presque tous les Palestiniens et comporte le souhait de faire disparaître Israël. Chez les Israéliens, le mépris est de plus en plus haineux, et également semble inextinguible. Mais la haine séculaire entre Français et Allemands, aggravée par la seconde guerre mondiale, a pu se volatiliser en vingt années. De grands gestes de reconnaissance de la dignité de l’autre peuvent, surtout en Méditerranée, changer la situation.

    Des Sémites (n’oublions pas que plus de 40 % des Israéliens d’aujourd’hui viennent de pays arabes) peuvent bien un jour reconnaître leur identité cousine, leur langue voisine, leur Dieu commun. L’énormité de la punition qui s’abat sur un peuple coupable d’aspirer à sa libération va-t-elle enfin provoquer dans le monde une réaction autre que de timides objurgations ? L’ONU sera-t-elle capable de décider d’une force d’interposition ? Sharon ne peut qu’être contraint à renoncer à sa politique.

    Il y eut le 11 septembre 2001 un électrochoc qui, au contraire, l’a encouragé. La « guerre au terrorisme » américaine lui a permis d’inclure la résistance palestinienne dans le terrorisme ennemi de l’Occident, de façon à ce que le tête-à-tête israélo-palestinien devienne un face-à-face non entre deux nations mais entre deux religions et deux civilisations, et s’inscrive dès lors dans une grande croisade contre la barbarie intégriste.

    L’électrochoc inverse est en fait advenu. C’est l’offre saoudienne de reconnaissance définitive d’Israël par tous les pays arabes en échange du retour aux frontières de 1967, conformément à toutes les résolutions des Nations unies. Cette offre permettrait non seulement une paix globale entre nations mais une paix religieuse qui serait consacrée par le pays responsable des lieux saints de l’islam. On peut donc envisager une conférence internationale pour arriver à un accord comportant une garantie internationale.

    De toutes façons, les Etats-Unis, dont la responsabilité est écrasante, disposent du moyen de pression décisif en menaçant de suspendre leur aide, et du moyen de garantie décisif en signant une alliance de protection avec Israël.

    Le problème n’est pas seulement moyen-oriental. Le Moyen-Orient est une zone sismique de la planète où s’affrontent Est et Ouest, Nord et Sud, riches et pauvres, laïcité et religion, religions entre elles. Ce sont ces antagonismes que le cancer israélo-palestinien risque de déchaîner sur la planète. Ses métastases se répandent déjà sur le monde islamique, le monde juif, le monde chrétien. Le problème n’est pas seulement une affaire où vérité et justice sont inséparables. C’est aussi le problème d’un cancer qui ronge notre monde et mène à des catastrophes planétaires en chaîne.

    Edgar Morin est sociologue, Sami Naïr est député européen (Mouvement des citoyens), Danièle Sallenave est écrivain, maître de conférences à l’université Paris-X-Nanterre.

  • #Ciccilla

    Il brigantaggio post-unitario è una storia tormentata del Sud Italia. Una storia che ha a che fare con la presila cosentina, zona dove operò una delle bande più celebri tra quelle presenti in Calabria: quella di #Pietro_Monaco e di sua moglie Ciccilla, la coraggiosa brigantessa, sanguinaria, ma anche tormentata e passionale, una delle figure più incredibili del nostro “recente” passato.

    Una storia quella di Pietro e Maria (detta Ciccilla) che è stata riportata alla luce grazie al lavoro di Peppino Curcio, che mettendo mano ai documenti dell’Archivio di Stato, ha potuto ricostruire l’azione della banda dei briganti della Sila, con il libro “Ciccilla. La storia della brigantessa Maria Oliverio, del brigante Pietro Monaco e della sua comitiva”. Questo lavoro ha ispirato il film di Ciccilla, che ha debuttato a Cosenza, lo scorso 9 novembre, realizzato dal Circolo Culturale Prometeo 88. I luoghi delle riprese sono gli stessi in cui si mossero i protagonisti del tempo: dal centro storico di Casole, dove nacque Ciccilla, a Macchia di Spezzano Piccolo, dove viveva Pietro Monaco. Particolarmente intensa l’interpretazione dei protagonisti: Annamaria Aquino, nelle vesti di Ciccilla, e Francesco Morrone, nel ruolo di #Pietro_Monaco.

    #Jurillu”, “#Marchetta”, “#Brutta_Cira”. Soprannomi circondati da mistero e di leggenda. Personaggi la cui storia è stata tramandata dal racconto orale, di generazione in generazione. La storia della banda di briganti che si opponevano alla nuova “mala unità”.

    Il film, prodotto a costo zero e con la partecipazione di molti attori non professionisti, ha riscosso consensi e registrato il “tutto esaurito” in entrambe le sessioni della prima proiezione nazionale. Ha ricevuto il riconoscimento dal Comune di Trenta con il Premio Artistico-Letterario Internazionale “Antonio Proviero”.

    Un film sicuramente da vedere, per conoscere alcuni aspetti del risorgimento italiano, che ancora oggi non ci vengono raccontati dai libri di scuola.

    https://www.bisignanoinrete.com/ciccilla-il-film-della-brigantessa-calabrese

    Pour voir le film :
    https://www.youtube.com/watch?v=i8MCW7XF110

    #brigandage #Ciccilla #film #brigands #Italie #Calabre #Maria_Oliverio

  • “Surveillance City”

    Directed by Harjant Gill and Pearl Sandhu and featuring Professor Inderpal Grewal, Surveillance City takes viewers on a journey through contemporary #Delhi, narrating a city marked by the extreme inequality resultant of decades of neoliberalism, and highlighting the insidious work of an authoritarian state deploying surveillance and securitisation measures to govern diverse populations and temper unrest. It’s a powerful meditation on masculinism and militarism, populism and patriarchy, the aesthetics and affects of security, nationalism and religion, policing and the law, discourses of terror, fear of the other, the role of the media, but also dissent, protest, and the prospects of democracy in a postcolonial state.

    https://vimeo.com/1149568432?fl=pl&fe=vl


    https://antipodeonline.org/2026/05/13/surveillance-city

    #film #film_documentaire #surveillance #Inde #inégalités #autoritarisme #néolibéralisme #New_Delhi #géographie_urbaine #ville #nationalisme_hindou #nationalisme #minorités #pauvreté #gentrification #enclaves #caméras_de_vidéosurveillance #sécurité #sentiment_de_sécurité #patriarcat #sécuritisation #espace_domestique #masculinité #religion #esthétique #Narendra_Modi #normalisation #émotions #peur #insécurité #lois #lois_coloniales #armée #militaires #policing #réseaux_sociaux #terrorisme #terreur #hindous #homogénéité #géographie #géographie_sociale #classes_sociales #castes #démocratie #Etats_post-coloniaux #colonialisme #répression #droits

    ping @cede

    via @reka

  • “Ghost trail – Il sentiero dei fantasmi”
    https://www.meltingpot.org/2026/05/ghost-trail-il-sentiero-dei-fantasmi

    Fantasmi. Quelli del passato, le cui voci continuano a riecheggiare nella mente anche a distanza di anni. Quelli del presente, in cui ci trasformiamo mentre inseguiamo la verità nel tentativo di mettere a tacere angosce e tormenti. E quelli del futuro, che saremo costretti a diventare per tutelarci e non essere scoperti. Les Fantômes, distribuito in Italia con il titolo Ghost Trail – Il sentiero dei fantasmi, diretto da Jonathan Millet, racconta la storia di Hamid, ex professore siriano rifugiatosi in #Francia dopo aver lasciato la #Siria nel 2014, durante la guerra civile iniziata nel 2011. Stabilitosi a Strasburgo, l’uomo

    #Approfondimenti #Arti_e_cultura #Conflitti_e_migrazioni #Film_e_documentari #Laura_Pauletto

  • FIBROMIALGIA: AD MAIORA - Vittime di una malattia invisibile
    https://www.youtube.com/watch?v=-Ct3BsY2MNQ

    «AD MAIORA - Vittime di una malattia invisibile» è un documentario del 2021 diretto da Federico Liguori e prodotto da Dedalus39 e CFU-Italia odv. Si tratta del primo lungometraggio che racconta le vite dei malati fibromialgici e il percorso per il riconoscimento della malattia.

    #fibromyalgie #maladie #douleurs #documentaire #film #film_documentaire #santé #invisibilité

  • Le quattro volte

    Dans un vieux village de montagne en Calabre, un berger vit ses ultimes instants de vie. Il meurt entouré par ses chèvres. Au sein du troupeau, naît un chevreau. Mais, un jour celui-ci s’égare, se retrouve seul et grelottant de froid au pied d’un majestueux sapin. C’est cet arbre que choisissent les villageois pour célébrer la fête de la « #Pita » : il est scié puis remis aux #charbonniers pour monter le cœur de la meule. Il se mêlera au charbon de bois pour chauffer les foyers des villageois. À travers quatre récits enchâssés, le film se veut une ode à la vie et ses quatre règnes : ceux de l’#humain, de l’#animal, du #végétal et du #minéral aux correspondances mutuelles intimes et secrètes... Une vision poétique mais très lucide du #cosmos à l’échelle de l’homme[1].

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_quattro_volte

    Pour voir le film :
    https://www.youtube.com/watch?v=C-lScWsWtOQ


    https://www.youtube.com/watch?v=uyeZPFbYshw

    #film #documentaire #film_documentaire #Calabre #nature #montagne #Michelangelo_Frammartino

  • Droga e pistole, i giochi dei ragazzi invischiati con la mafia

    Un documentario della RSI ripercorre la cronaca degli anni ’90 e il legame tra il paese calabrese di Mesoraca e Lamone, dove vivono molti mesorachesi immigrati.

    Lamone ¨è un comune svizzero, nel distretto di Lugano, che oggi conta poco meno di 1’800 abitanti. Mesoraca si trova in Calabria, nel Crotonese, e ne ha circa 6’500.

    A legare questi due luoghi, negli anni ’90, è la densità di persone immigrate da Mesoraca e trasferite a Lamone. Tra queste, a infiltrarsi nella popolazione onesta e lavoratrice, ci sono stati anche esponenti della mafia.

    La cosiddetta Cosca di Mesoraca nasce nel 1990 grazie in gran parte al traffico di armi proveniente dalla Svizzera. Un legame che rende il clan potente agli occhi dei rivali che diventano dipendenti dalla Cosca per i suoi legami con la Svizzera.

    A risentirne è tutta la comunità di immigrati già installata in Ticino, vista suo malgrado dalla criminalità come una presenza nella quale confondersi: la rispettabilità dei lavoratori uno scudo dietro al quale nascondersi.

    Ma se a viaggiare verso sud ci sono le armi, a tornare al nord è il traffico di droga. La vita di diversi giovani cresciuti in Ticino e in Calabria negli anni ’90 è stata segnata dalla presenza della ‘ndrangheta.

    Il documentario di Anna Bernasconi e Matteo Born andato in onda all’interno del programma della RSI Storie ripercorre la cronaca di quegli anni:

    https://www.tvsvizzera.it/tvs/qui-frontiera/droga-e-pistole-i-giochi-da-ragazzi-quando-si-%C3%A8-invischiati-con-la-mafia/87577355

    Possible de voir le documentaire sur PlaySuisse:
    Giochi da ragazzi
    https://www.playsuisse.ch/detail/3472412

    #Suisse #Calabre #Tessin #Masoraca #Masoraca_boys #Lamone #armes #trafic_d'armes #ndrangheta #film #documentaire #film_documentaire

    • Associazione Mesorachesi in Ticino

      L’Associazione Mesorachesi in Ticino, (A.M.I.T.) nasce nel mese di aprile del 1999 a Bellinzona, città della Svizzera italiana, dove è forte la presenza di calabresi; del resto, la sola comunità mesorachese nel Canton Ticino è formata da oltre tremila persone. Da qui l’esigenza di costituire un sodalizio stabile in grado di rendere visibile questa presenza: nasce così l’AMIT. Quali sono gli impegni dell’Associazione svizzera di mesorachesi è presto detto: creare occasioni d’incontro di tipo culturale, sociale e ricreativo fra i conterranei; la prima festa sociale si è svolta a metà ottobre ’99, con una massiccia presenza di pubblico (circa un migliaio di persone, Un altro impegno assunto dall’AMIT è di adoperarsi per rafforzare le condizioni d’inserimento nel Cantone Ticino da parte dei nostri lavoratori immigrati e le proprie famiglie. Infine, l’AMIT rivolgerà i propri sforzi per favorire lo sviluppo dell’economia del comune d’origine, la lontana Mesoraca di cui si vuole conservare vivo il rapporto.

      https://amit.altervista.org

    • ‘Ndrangheta di confine, così le cosche hanno preso il controllo

      Omicidi, racket, traffici e incendi. Ecco come le cosche calabresi hanno preso il controllo di Luino e Ponte Tresa, a un passo dalla Svizzera. «Il piano per sterminare gli imprenditori rivali»

      Questi monti che si tuffano nell’acqua azzurra erano la terra dei contrabbandieri raccontata dallo scrittore Piero Chiara. Ma la gente del lago oggi conta gli incendi dolosi, dodici soltanto dallo scorso novembre. E impara i nomi di chi, in questa zona di confine, ha trovato il modo di comandare con le leggi alla rovescia della ‘ndrangheta. Bruciano le macchine, s’incendiano i camion e si raccontano storie che puzzano di mafia. Si narra, adesso, la storia di due clan calabresi che hanno deciso di prendersi l’ultimo pezzo d’Italia, che da Ponte Tresa arriva fino a Luino, e buona parte della Svizzera. Trafficando armi ed esportando cocaina, trasformando i soldi in case, villette e locali. Un «patto mafioso» che vede dietro a estorsioni, incendi e omicidi i terribili Torcasio di Lamezia Terme e l’élite della cosca Ferrazzo di Mesoraca in provincia di Crotone sovraintendere al traffico di droga e a quello di armi. Pistole e fucili partiti dalla Svizzera e arrivati fino alla faida di Scampia. Un traffico - documentato dai carabinieri - di 284 tra revolver, pistole semiautomatiche e Kalashnikov, gestito dagli uomini di Mario Donato Ferrazzo, 54 anni e dal broker delle cosche trapiantato a Winterthur (Canton Zurigo ) Fortunato Andali, 59 anni. Un intreccio di omicidi e morti sospette rimasti senza colpevole. Una storia che qui, dove tra villette, ristoranti a menu fisso e capannoni la ‘ndrangheta neppure tenta di nascondersi, mette davvero i brividi.

      Gli omicidi

      Per capire cosa sta succedendo oggi bisogna riavvolgere il filo della memoria. Occorre tornare indietro di 22 anni, al 15 maggio del ‘94 quando in un’auto bruciata nei boschi di Bedero Valcuvia furono scoperti i corpi di Filippo Marini e Patrizia Ferraro, ammazzati con un colpo di pistola in testa. Le indagini dicono che Marini, pregiudicato, frequentava Giuseppe Torcasio (mai condannato per mafia) e il suo luogotenente Giorgio Perboni. L’11 ottobre del ‘97 viene ucciso a Marchirolo un altro pregiudicato, Sergio Bosio, mentre il 9 luglio di un anno dopo colpi di kalashnikov contro un’auto in corsa uccidono Antonio Bevaqua, calabrese di Motta Santa Lucia. L’ultimo delitto, il solo risolto, è del 28 maggio 2001 quando vicino al cimitero di Cugliate Fabiasco viene freddato Giorgio Perboni. Per quell’omicidio sarà arrestato Pietro Pollizzi, braccio destro di Torcasio. Pollizzi diventerà un collaboratore di giustizia, poi cercherà di evitare l’ergastolo dicendosi pazzo. Ma nei suoi verbali, finiti alla Dda di Milano, il pentito racconta gli affari della ‘ndrangheta e la volontà di Giuseppe Torcasio, imprenditore, di «uccidere tutti i concorrenti per accaparrarsi il mercato delle costruzioni». Tanto che Perboni - secondo Pollizzi - sarebbe stato ucciso proprio perché si era rifiutato di assassinare, su ordine di Torcasio, un imprenditore.

      Le morti sospette

      Ma non è tutto. Perché ci sono altre due morti misteriose classificate dalla polizia elvetica come suicidi ma per i quali - scrivono i carabinieri di Varese - si nutrono forti dubbi circa la loro effettiva natura. Il 23 febbraio 2001 #Valerio_Mascaro, 24enne di Senago, muore in un bosco di Lamone nel Canton Ticino. La pistola che l’ha ucciso viene ritrovata sul petto. Due anni dopo, il 23 agosto 2003, il fratello di Pietro Pollizzi, Antonio, viene trovato senza vita nella sua casa di Emmen nel Cantone di Lucerna. «Morte provocata dall’esplosione di un colpo di pistola». Per gli svizzeri è suicidio. Il rapporto tra i Torcasio e i Ferrazzo viene svelato da una serie di informative dell’Arma: «I due gruppi si sono spartiti le attività illecite spadroneggiando nella zona approfittando del clima di terrore instauratosi tra la popolazione che ha assistito, nel tempo, alla consumazione di gravi e plateali delitti che avevano come scopo proprio quello di seminare il panico tra la gente inducendola a sottostare alle volontà dei protagonisti». ù

      Fiamme e politica

      La «Vecchia Brera» di Marchirolo è un ristorante dai prezzi onesti gestito da tunisini. Qui a giugno sono andati a fuoco due furgoni. «Torcasio? Viene qui spesso, una brava persona. Dà sempre una mancia ai miei figli», racconta il titolare. Lungo la strada che porta a Ponte Tresa sono andate a fuoco 12 macchine. A due passi da un cantiere di Torcasio a Cadegliano Viconago il 13 novembre brucia una Kia Picanto parcheggiata nel cortile di un autosalone. Nelle telecamere si vede un uomo che versa benzina. Caso irrisolto. Torcasio è già stato coinvolto in indagini sul racket. «Paga che stai per morire», le minacce agli imprenditori. E quando una vittima si rifiuta di pagare (e anzi fa denuncia) un finanziere (infedele) in servizio a Ponte Tresa avvisa Torcasio: «Quello ha parlato con i carabinieri». Ma le minacce arrivano anche alla politica. A Marchirolo, picchia un consigliere comunale, agente della polizia locale a Ponte Tresa, che ha scattato foto a un suo cantiere. «Torcasio? Una storia chiusa, non voglio saperne niente».

      https://milano.corriere.it/notizie/cronaca/16_ottobre_15/ndrangheta-confine-cosi-cosche-hanno-preso-controllo-04057b4a-92ac-1

  • Derrière l’IA, les sacrifiés du smartphone

    Celia Izoard est journaliste et philosophe, spécialiste des nouvelles technologies au travers de leurs impacts sociaux et écologiques. Autrice de La Ruée minière au XXIème siècle. Enquête sur les métaux à l’ère de la transition (Seuil, 2024), elle a participé à l’élaboration du programme de «  désescalade numérique  » en amont des municipales 2026. Pour Socialter elle a choisi d’analyser le #film Les Sacrifiés du smartphone projeté lors de Numérique en lumière, le festival de films documentaires consacré aux droits humains bafoués dans l’industrie du numérique.

    Le #capitalisme a inventé les #pollutions_invisibles. Des perturbations imperceptibles par nos sens et qui pourtant sont des menaces existentielles  : la #radioactivité, la #pollution_chimique, le #réchauffement_climatique. Cette #invisibilité est la clé de son #impunité  : pas vu pas pris, comme on dit. Capitalisant sur ces pollutions invisibles, l’#économie_numérique, elle, a fait un pas de plus en inventant les #pollutions_inimaginables.

    J’appelle pollutions inimaginables ces impacts qui sont non seulement imperceptibles aux sens, mais aussi à l’#imagination. Prenez par exemple ces petites étoiles féériques qui dansent devant mes yeux quand j’ouvre mon navigateur  : l’intelligence artificielle générative (IAG). Si je clique, mon courrier va s’écrire, mon texte va se traduire, mon image va s’animer. Qui peut se représenter le concentré de #ressources_naturelles, de #souffrances et d’#exploitation humaines, de #produits_chimiques, d’#énergie qu’il y a derrière ces petites étoiles  ?

    Pour le saisir, il faudrait pouvoir faire apparaître, dans une seule pensée, ce qui rend possible l’IA. Il faudrait faire surgir dans l’imagination les #mines gagnées sur la forêt tropicale birmane, indienne ou congolaise, les usines métallurgiques crachant le feu, les étendues grises de #résidus_toxiques, les galettes de #silicium issues du #travail_forcé du #Xinjiang, les entrepôts de #data_centers carburant au charbon, à l’#eau de nappes presque épuisées, etc. C’est long d’expliquer tout ça, de le rendre présent à l’esprit – à l’esprit qui justement est tenté d’économiser sa pensée, là, d’un clic, pour gagner du temps.

    D’où vient la #puissance_de_calcul instantanée d’une appli d’IA  ? D’entrepôts de données où s’empilent des millions de #serveurs où sont concentrés des milliards de #circuits_électroniques, contenant eux-mêmes des centaines de milliers de #cartes_graphiques qui concentrent à leur tour des dizaines de milliards de #transistors.

    Le principal fabricant de serveurs informatiques destinés aux data centers est l’entreprise taïwanaise #Foxconn, alias #Hon_Hai_Precision_Industry, qui emploie plus d’un million de personnes en #Chine. C’est le sous-traitant historique d’#Apple, de #Microsoft, de #HP, de #Sony – le fabricant d’à peu près tous les #objets_électroniques que nous avons tenus entre nos mains depuis les années 2000. Aujourd’hui, Foxconn fournit toute la galaxie de l’IA en serveurs, de #Nvidia à #OpenAI, en passant par les data centers d’#Amazon.

    En 2010, Foxconn s’est fait connaître au monde par une épidémie de #suicides  : 17 ouvriers de sa méga-usine d’iPhone de Shenzhen se sont jetés par les fenêtres, 14 sont morts. Depuis ce temps, les balcons des dortoirs ont été condamnés. Mais les jeunes continuent d’arriver de leurs campagnes pour se retrouver coincés dans ses chaînes de production. Le désespoir de ces vies gâchées est le sujet du film Les Sacrifiés du smartphone [titre original Complicit] (2017), qui a été projeté récemment à Paris à l’occasion du festival de cinéma «  Numérique en lumière  : une autre réalité  ».

    Les réalisatrices Heather White et Lynn Zang ont filmé pendant trois ans la vie d’#ouvrières de Foxconn. Arrivées à 18 ans, Xiao, Ya et Fan ont travaillé plusieurs années pendant douze à seize heures par jour. Puis tout s’est arrêté – littéralement. Elles ont contracté des troubles neurologiques, des paralysies, à force d’astiquer les cartes graphiques, les led, les écrans, avec des solvants et des détergents  : benzène, méthanol, xylènes, trichloroéthylène...

    Selon la Global Electronics Association, un objet électronique peut nécessiter 1 000 produits chimiques différents. Foxconn nie toute #responsabilité. Comme les milliers d’ouvrières et d’ouvriers malades des toxiques utilisés dans l’électronique, Xiao, Ya et Fan n’osent pas rentrer chez elles, pour ne pas faire de peine à leurs parents, qui avaient tout misé sur elles.

    Sur mon écran, les petites étoiles de fée se remettent à clignoter.

    https://www.socialter.fr/article/les-sacrifies-du-smartphone-documentaire-intelligence-artificielle-ouvrier
    #IA #AI #intelligence_artificielle #travail #conditions_de_travail

  • L’arte non ci salverà: #yellow_letters di #İlker_Çatak
    https://scomodo.org/larte-non-ci-salvera-yellow-letters-di-ilker-catak

    Yellow Letters di İlker Çatak, distribuito in Italia da Lucky Red dal 30 aprile, è arrivato alla Berlinale 2026 portandosi via l’Orso d’Oro e una domanda che non smette di risuonare. L’articolo L’arte non ci salverà: Yellow Letters di İlker Çatak proviene da Scomodo.

    #Avanguardie_Culturali #arte #film #Luckyred

  • George Orwell × Raoul Peck : 2×-2=-4
    Ou comment dissoudre en images le totalitarisme dans la critique du monde occidental

    Dès ses premières minutes, le film donne la mesure de son ambition – et de son égarement. Sur un extrait en voix off de The Prevention of Literature , ce texte de 1946 où #George_Orwell décrit une société devenue totalitaire parce que sa classe dirigeante se maintient au pouvoir par la force et la fraude, #Raoul_Peck déploie un carrousel de visages : Orbán, Pinochet, Museveni, Min Aung Hlaing, Poutine, Ferdinand Marcos, et pour finir George W. Bush. Le procédé est visuellement efficace. Il est aussi d’une confondante approximation. Car de tous les dirigeants convoqués dans cette galerie, un seul – Poutine – gouverne un régime totalitaire. Les autres relèvent de catégories certes peu aimables, mais profondément différentes : dictature militaire, kleptocratie, junte, Big Man africain cramponné au pouvoir, démocratie illibérale. Quant à la présence de Bush, elle procède d’un réflexe anti-impérialiste qui n’entretient avec le totalitarisme qu’un rapport de métaphore paresseuse.
    Est-ce un défaut de mise en scène ? Plutôt une faute de pensée, qui contamine tout le film, car le totalitarisme n’est pas l’#autoritarisme monté d’un cran ; il en diffère par nature : là où l’un se satisfait du silence, l’autre exige l’adhésion, et entreprend de substituer à la réalité une fiction obligatoire. En alignant sur un même plan une junte birmane, un autocrate ougandais et un président américain élu, le documentaire sert le contraire de ce qu’il prétend : il dilue la pensée orwellienne dans un brouet.
    Dans 1984 , Winston Smith posait un axiome sur lequel reposait tout l’édifice de la résistance intérieure : la liberté, c’est la liberté de dire que deux et deux font quatre. Or le film de Peck prend l’équation orwellienne et produit un résultat négatif. Orwell multiplié par Peck, ce n’est pas quatre : c’est moins quatre. Le cinéaste ne manque pas de talent, mais sa grille de lecture – anti-impérialiste, anticapitaliste, héritière d’une tradition marxiste qui n’a jamais admis et compris le concept de #totalitarisme – le conduit à retrancher d’Orwell ce qui en constitue le cœur. Le spectateur en sort plus confus qu’il n’était entré. C’est ce rendez-vous manqué qu’il faut examiner : il dit quelque chose de la difficulté de l’intelligentsia occidentale à nommer le monde dans lequel nous vivons.

    #cinéma #documentaire #film #anticapitalisme #marxisme

    Simon Leys avait noté avec une ironie tendre qu’Orwell avait toujours fait sereinement face à ses nombreux ennemis, mais qu’on se demandait s’il aurait pu garder son sang-froid devant certains de ses admirateurs. Peck est de ceux-là – un admirateur sincère, un cinéaste de talent, un homme dont l’indignation ne fait aucun doute. Mais l’admiration qui se trompe d’objet peut faire sous les apparences de l’hommage presque autant de dégâts que l’hostilité franche. Orwell nous demandait une seule chose : tenir bon sur le fait que deux et deux font quatre. Peck, en multipliant Orwell par ses certitudes personnelles, arrive à moins quatre.
    #Pierre_Raiman,
    docteur en Histoire, spécialiste des totalitarismes.

    Article publié sur le site Desk Russie le 6 avril 2026.
    https://desk-russie.eu/2026/04/06/george-orwell-x-raoul-peck-2x-2-4.html

    Dans un entretien avec Raoul Peck dans Libération du 24 février 2026, il déclare :

    Déjà dans les années 1980, Georges Marchais était ridiculisé comme un clown… C’était difficile à supporter - une arme pour ridiculiser les idées de gauche.

    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/raoul-peck-cest-un-film-qui-fait-le-catalogue-du-present-comme-orwell-dan

    Georges Marchais , secrétaire général du Parti communiste français (PCF) de 1972 à 1994, c’est-à-dire un stalinien : une personne qui prétendait défendre la classe ouvrière et qui dans les faits en a été un des actifs fossoyeurs.
    Manifestement, Peck n’a pas très bien compris le sens de La Ferme des animaux d’un certain George Orwell...

    #confusionnisme #gauchisme