Bulletin de veille spécial loi sur la fin de vie
▻https://associationarra.wordpress.com/2025/05/22/bulletin-de-veille-special-loi-sur-la-fin-de-vie
Bulletin de veille spécial loi sur la fin de vie
▻https://associationarra.wordpress.com/2025/05/22/bulletin-de-veille-special-loi-sur-la-fin-de-vie
Ça commence bouger. C’est pas dommage ... Non, parce que, quand j’en vois certain·es « à gauche » qui sautent comme des cabris, je me dis qu’on les a perdu·es et depuis un bon moment. Et je n’en suis même plus étonné. Cette tendance « anarcho-capitaliste » chez des gens qui devraient défendre les plus démuni·es parmi nos concitoyen·nes m’ulcère au plus haut point.
Dans une tribune au « Monde », la psychologue hospitalière Sara Piazza s’étonne qu’une large partie de la gauche considère l’aide active à mourir comme une cause progressiste. Elle y voit surtout une manière de pallier les carences du système de santé et craint une logique de tri qui s’effectuerait entre les existences dignes ou non de se poursuivre.
▻https://archive.ph/vQSKr#selection-2047.0-2047.352
(Pour la pétition, c’est fait).
#fin_de_vie #droit_à_l'aide_à_mourir #euthanasie #suicide_assisté #validisme
Les gens : « on voudrait
– manger à notre faim
– de quoi vivre
– l’accès aux soins
– des services publics
...
Parce que là c’est invivable ! »
La gauche : "on vous a entendu ! La droite a creusé une tombe d’austérité mais ne vous inquiétez pas on va clouer votre cercueil avec un « droit » à mourir."
(source : ▻https://bsky.app/profile/kramec.bsky.social/post/3lpftok3kcs2n)
Du coup, certain·es député·es songent à créer un « délit d’entrave » ...
▻https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/05/24/un-delit-d-entrave-a-l-aide-a-mourir-approuve-a-l-assemblee_6608225_3224.htm
« Jusqu’où ira ce délit d’entrave dans l’interprétation ?, s’est inquiété le député Thibault Bazin (Les Républicains, LR). Comment comprendre à l’avenir la prévention du suicide, voire la non-assistance à personne en danger ? »
.../...
La ministre de la santé, Catherine Vautrin, s’est attachée à rassurer les députés. « Ce que l’on est conduit à dire (…) dans un cercle amical, familial est évidemment une approche personnelle qui n’est pas constitutive d’un délit d’entrave », a-t-elle souligné, invoquant à plusieurs reprises une décision du Conseil constitutionnel. « Le fait de proposer des soins palliatifs, des alternatives ou d’autres perspectives, de faire part d’un doute, d’ouvrir un dialogue ou même de retarder une décision jugée prématurée (…) ne peut pas être regardé comme une pression », a-t-elle ajouté.
(Mais bon, avec une bonne campagne de bashing visant les « anti-progrès » et bien organisée avec les médias, on pourra aisément criminaliser tout ça) ...
« La loi promet un “droit à mourir” quand on n’a plus les moyens de garantir un droit à être soigné »
▻https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/05/12/la-loi-promet-un-droit-a-mourir-quand-on-n-a-plus-les-moyens-de-garantir-un-
(...) la psychologue hospitalière Sara Piazza s’étonne qu’une large partie de la gauche considère l’aide active à mourir comme une cause progressiste. Elle y voit surtout une manière de pallier les carences du système de santé et craint une logique de tri qui s’effectuerait entre les existences dignes ou non de se poursuivre.
[...]
Le texte actuellement étudié à l’Assemblée nationale propose un délai de quinze jours entre la demande et l’exécution du geste létal. Or il faut aujourd’hui, par exemple, six mois d’attente en région parisienne pour une consultation dans un centre antidouleur. Comment soutenir que l’accès à la mort devienne plus rapide que la possibilité d’être soigné ?
Les soins palliatifs, parent pauvre de l’hôpital public français | Slate.fr
▻https://www.slate.fr/story/237743/soins-palliatifs-pas-temps-debattre-fin-de-vie-soignants-hopital-public-euthan
Chaque matin aux alentours de 9h, Julien*, médecin en soins palliatifs dans un hôpital parisien, doit classer les mourants : « Sur vingt-cinq demandes, je vais devoir trier, et deux patients seront pris en charge de manière adaptée. » Une sélection nécessaire face au manque de bras dans son unité de soins palliatifs (USP), où « 85% des demandes en soins palliatifs n’étaient déjà pas acceptées, faute de moyens humains » avant la crise du Covid-19. Le problème se pose même de manière plus intense dans les territoires ruraux et d’Outre-mer : à ce jour, vingt-six départements, comme le Lot, la Mayenne ou encore la Guyane ne disposent d’aucune structure palliative en France.
#soins_palliatifs #fin_de_vie #services_publics (misère des)
►https://seenthis.net/messages/1113806
►https://seenthis.net/messages/1113414
►https://seenthis.net/messages/1113951
Deux documents (datant de 2019) à consulter ou à télécharger :
▻https://www.parlons-fin-de-vie.fr/wp-content/uploads/2021/12/Rapport-activite-2020.pdf
▻https://www.parlons-fin-de-vie.fr/wp-content/uploads/2020/10/atlas_2020.pdf
▻https://seenthis.net/messages/1114263
L’aide active à mourir, présentée comme un progrès, masque des pressions sociales et des dérives graves. En réalité, elle renforce le validisme, pousse des personnes handicapées à choisir la mort faute de soutien et détourne le débat des vraies solutions : soins palliatifs, inclusion et lutte contre les discriminations. Ce n’est pas un droit, mais une fausse réponse d’une société validiste.
▻https://seenthis.net/messages/1114619
L’euthanasie n’est pas de gauche
Fin de vie : un projet de loi délétère et validiste
▻https://clhee.org/2025/05/05/fin-de-vie-un-projet-de-loi-deletere-et-validiste
De nombreux patients en psychiatrie seront concernés en raison de la nature « incurable » de leur trouble selon les psychiatres. L’amendement excluant les patients en déficience intellectuelle a été rejeté. L’amendement exigeant de vérifier que le patient fait sa demande de façon libre et éclairée a aussi été rejeté. Le médecin peut être seul juge de cela. L’article 4 dans son intégralité laisse beaucoup de place à la subjectivité.
De nombreux amendements visant à vérifier l’état mental, le discernement, le consentement mais aussi l’absence de coercition financière ou matérielle du patient ont été rejetés. Cependant le texte actuel ne prévoit rien de suffisant sur ces sujets. Il y a une superposition totale entre les personnes pouvant décider de l’institutionnalisation, et de celles pouvant être consultées par le médecin évaluant la demande d’aide à mourir. Rien ne permet au patient d’avoir accès à une vie en dehors des institutions, ou à des aides à domicile plutôt qu’en hôpital, avant de se voir administrer la substance létale.
Les contrôles et évaluations de l’aide à mourir se feront a posteriori, donc après les décès. La commission qui en est chargée ne représente pas les patients et les personnes institutionnalisées de façon équitable.
(...) L’aide à mourir pourra prendre place directement dans les établissements hébergeant des personnes dépendantes, handicapées, âgées, mais aussi des établissements en lien avec le milieu carcéral.
[...]
Article 9 paragraphe 4. On est sur un gros morceau, amendement demandé par les lobbyistes de @ADMDFRANCE , qui accusent les anti-validistes d’être des vilains lobbyistes, c’est cocasse… Encore une fois leur demande est acceptée : l’aide à mourir est réputée « mort naturelle ».
Nous nageons en pleine dystopie, les mots signifient l’inverse de qu’ils signifiaient à la demande de l’État. Non seulement ce projet de loi nous fait quitter le cadre de l’euthanasie pour entrer dans celui du suicide assisté, mais en plus, il faut créer une novlangue assortie : le mot suicide est évincé, et l’administration volontaire d’une substance létale devient une mort naturelle.
#fin_de_vie #suicide_assisté ≠ #euthanasie #maladie #handicap #psychiatrisés
Aide à mourir : un projet de loi dangereux dont les dérives sont déjà prévisibles. SNJMG
▻https://drive.google.com/file/d/1X6palIkDbrTJtBU3CyyvoESSEvrOaNOC/view?pli=1
Le débat sur une telle loi aurait pu être imaginé à un autre moment de l’histoire, et dans un contexte où l’assurance de moyens de subsistance et de soins décents serait acquise à long terme pour tous-tes. Malheureusement, il ne l’est pas en France en 2025, alors qu’on observe, et ce de façon encore plus criante depuis 5 ans, un refus inquiétant du progrès en santé, la normalisation des prises de positions eugénistes, validistes et âgistes, l’acceptation de pertes d’un nombre indécent de vies humaines, l’exclusion de l’espace public et la mise en danger de personnes vulnérables et que parallèlement on assiste à la constante régression de nos droits sociaux et à l’effondrement du système de santé public ainsi que des services publics de façon générale. Les discours sur les vies “dignes d’être vécues” se multiplient. Dans ce cadre, légiférer maintenant est en soi déjà inquiétant.
Car le sujet ne peut être extrait de son contexte, et si l’attitude individualisante consistant à vouloir soi-même le droit de choisir de mourir si les souffrances sont insupportables est tout à fait compréhensible, le contexte social, la pression latente qui s’exerce sur les individus sont des éléments essentiels. Une recherche médicale correctement financée, des conditions de soins et de vie décentes pour tous-tes les malades doivent être un préalable.
@colporteur je ne trouve nulle part la source de ce texte.
oups... sorry, j’ai trouvé le communiqué du Syndicat des Jeunes Médecins Généralistes sur BS (et il ne semble exister qu’une version gouglue)
▻https://bsky.app/profile/snjmg.bsky.social/post/3loombejnrs2y
De la « leçon de vie » à l’abattoir, les existences handicapées au service de la société validiste - Solidaires Informatique
▻https://solidairesinformatique.org/2024/11/25/de-la-lecon-de-vie-a-labattoir
Le 3 octobre dernier, Michel Barnier annonce être « favorable à reprendre le travail » sur le projet de loi sur l’euthanasie des personnes handicapées « là où il a été interrompu » lors de la dissolution de l’Assemblée Nationale.
Dans la plus grande indifférence, à part la terreur et la colère des personnes directement concernées, ce texte, en cours d’examen au début de l’été, avait été validé lors d’un premier vote ; faisant ainsi consensus dans les partis politiques sans que cela ne pose question.
La Commission Handicap de Solidaires Informatique est mortifiée de voir ce projet revenir sur le devant de la scène sous les applaudissements satisfaits de personnes valides de tous bords. Car loin d’être simplement motivée par un souci de respect de la dignité, cette loi s’inscrit plus cyniquement dans un projet continu de coupes budgétaires à la santé : suppression de l’AME (Aide Médicale d’État), fermetures de services entiers, accueil et structures indignes, discriminations et maltraitances, etc.
Sur l’ensemble des territoires français, l’accès aux soins est de plus en plus difficile, mettant prioritairement en péril les personnes précaires malades ou handicapées.
Au-delà de ce constat dramatique, n’oublions pas que la participation à la vie en société constitue une lutte permanente pour chaque personne handicapée… Quand elle ne tient pas de l’impossible, qu’il s’agisse de logement, déplacements, courses, culture, de travail et même d’accès aux espaces militants.
Dans ce contexte, l’enthousiasme généralisé pour cette loi d’euthanasie est abject.
Trouver un médecin traitant ou spécialiste relève du luxe pour nombre d’entre nous : les personnes pour qui un suivi médical assidu est une condition sine qua non de survie sont d’ores et déjà en danger.
Loi sur la fin de vie ou pas, ça ne les empêchera pas de continuer à vouloir détruire notre système de santé. Tout cela est un faux dilemme à mes yeux.
Non, plutôt un réel dilemme qui risque de s’auto-renforcer.
Ce qu’on a vu ailleurs où c’est autorisé, c’est que le recours à l’aide à mourir est le fait de personnes plutôt plus aisées et âgées que la moyenne et qui très majoritairement souffrent d’une pathologie incurable du style cancer ou maladie neurologique. Et on se retrouve ici avec une alliance plus qu’improbable de curetons, de réacs divers (Retailleau en tête et toute la clique de la manif pour tous) et de gens de gauche pour combattre ça... Y a comme un problème à mes yeux.
Oui, je connais une dame âgée qui a fait mentionner dans son testament son intention de vouloir une « mort digne » ... en Suisse. Heureusement pour elle, elle a les moyens de financer « l’opération ».
Maintenant j’ai quand même un mauvais pressentiment. Un peu comme si on disait aux familles modestes ; "Vous voyez bien, le service public d’éducation est complètement « failed ». Mais ne vous inquiétez pas, on va vous aider financièrement à scolariser vos enfants à Bétharram".
Je comprends pas trop la comparaison avec l’éducation nationale (en fait c’est déjà exactement ce qu’ils font que de pousser les gens dans le privé). La comparaison que j’ai en tête, c’est comme si on avait milité contre le mariage homo sous prétexte que le gouvernement ne faisait pas grand chose contre l’homophobie. Finalement, l’homophobie n’a pas spécialement reculé mais y a un droit en plus pour les homosexuel⋅l⋅es et ça c’est bien, même si c’était aussi un coup politique de Hollande pour cacher toutes ses mesures anti-sociales.
Là ça milite contre l’aide à mourir sous prétexte que le système de santé est détruit méthodiquement et de plus en plus défaillant. Mais en fait, le système de santé va continuer à être détruit méthodiquement, loi ou pas, tant qu’on aura pas viré les gus au pouvoir. Et bien sûr que c’est aussi un coup politique des macronistes que de faire du « sociétal » pour masquer leur indigence sur les autres sujets par ailleurs.
Je pense que tu as toi même répondu au problème que tu soulèves lorsque tu parles de comparaison. Sinon, pour « l’aide à mourir », les services de soins palliatifs pratiquent déjà la sédation profonde lorsque la personne malade est « en fin de vie ». Encore faut-il que les malades y aient accès. Alors, à quoi vont servir les dispositions de cette nouvelle loi ?
@sombre la perspective de finir en sédation profonde n’enchante réellement personne, car avant d’en arriver à cette fameuse sédation, on passe par des étapes rarement plaisantes. Je comprends parfaitement qu’on n’ait pas envie de terminer de façon anticipée sa vie mais on est un paquet de monde à penser que finir dans un mouroir n’est pas très émoustillant. On sait très bien que tout cela est hypocrite et que les plus aisé⋅e⋅s vont en Suisse ou ailleurs, là où c’est autorisé, plutôt que d’atteindre le stade coincé dans un lit en état végétatif. Pour les autres c’est donc soit les piqûres pour dormir, soit le suicide à l’arrache (avec les risques de se louper, j’en connais une à qui s’est arrivé, une défenestration ratée, et son calvaire a duré 3 ou 4 mois de plus, dans un état encore bien pire et elle n’était plus en état physique de pouvoir le refaire, car tétraplégique, donc une vraie torture mentale en supplément).
Theo Boer, professeur d’éthique néerlandais : « J’ai cru qu’un cadre rigoureux pouvait prévenir les dérives de l’euthanasie : je n’en suis plus si sûr »
▻https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/04/07/theo-boer-professeur-d-ethique-neerlandais-j-ai-cru-qu-un-cadre-rigoureux-po
Depuis plus de vingt ans, les Pays-Bas expérimentent l’#euthanasie dans un cadre présenté comme strict, balisé, #éthique. Pourtant, les chiffres publiés dans le dernier rapport du comité d’examen, daté du 24 mars, racontent une autre histoire. Celle d’un élargissement constant, d’une banalisation progressive et d’un basculement culturel silencieux.
En 2024, le nombre d’euthanasies a connu une nouvelle hausse de 10 %. On aurait pu penser que le phénomène atteindrait un plateau, surtout après une croissance modeste de 4 % en 2023. Il n’en est rien. La dynamique repart de plus belle, et le président du comité, Jeroen Recourt, prévoit que la courbe poursuivra sa montée dans les années à venir. Ce n’est plus une fluctuation : c’est une tendance structurelle.
On objectera peut-être que cette augmentation suit le vieillissement de la population. Mais, même en proportion des décès globaux, le phénomène continue de s’amplifier : de 5,4 % des morts en 2023 à 5,8 % en 2024. En 2017, dans certaines régions, ce pourcentage atteignait déjà 15 %, et on s’attend à ce qu’il ait augmenté depuis lors. L’euthanasie n’est plus exceptionnelle : elle devient, dans bien des cas, une #fin_de_vie parmi d’autres.
Pression accrue
Mais, au-delà des statistiques brutes, d’autres évolutions suscitent une profonde inquiétude. L’émergence de l’« #euthanasie_à_deux », qui permet à des couples ou à des fratries de mourir ensemble, en est une. En un an, le nombre de ces morts planifiées en tandem a bondi de 64 %, pour atteindre 108 décès en 2024. Surtout, les euthanasies pour troubles psychiatriques ont progressé de 59 % , touchant des personnes parfois très jeunes. Des patients physiquement en bonne santé, mais plongés dans des souffrances mentales que la médecine peine à soulager, demandent désormais à mourir – et obtiennent gain de cause.
Le nombre de cas liés à la démence augmente également rapidement. Ici, une demande d’euthanasie est souvent fondée sur la crainte d’une dépendance, d’une perte de dignité ou sur un testament de vie signé bien avant les premiers symptômes. Nous entrons là dans un champ où la volonté actuelle du patient est parfois floue, et l’acte médical repose sur des interprétations.
Dans mes échanges avec de nombreux médecins néerlandais, une constante revient : la pression s’accroît. Ce n’est plus seulement une demande individuelle, mais une attente sociale. Du fait d’une « normalité » croissante, le personnel soignant se demande : « Jusqu’où irons-nous ? A quel moment cela cessera-t-il d’être un acte de compassion pour devenir une réponse automatique aux patients qui refusent d’accepter un refus ? » Pour de bonnes raisons, le gouvernement a maintenant lancé une enquête sur les raisons de cette augmentation.
Et pourtant, face à ces doutes, le mouvement législatif continue. Le Parlement néerlandais étudie prochainement une proposition de loi visant à accorder le suicide assisté à toute personne de plus de 74 ans, même en l’absence de pathologie grave. Le seul critère serait l’âge . Un basculement symbolique majeur : on ne meurt plus parce qu’on souffre, mais parce qu’on estime avoir assez vécu. C’est une vision radicalement nouvelle de la #vieillesse, et de la valeur que nous accordons à notre société.
En tant qu’ancien membre d’un comité d’examen de l’euthanasie, j’ai cru, à l’époque, qu’un cadre rigoureux pouvait prévenir les dérives : je n’en suis plus si sûr. Ce que je constate, c’est que chaque ouverture du champ de l’euthanasie crée de nouvelles attentes, de nouvelles demandes, une nouvelle #normalité. La logique interne du système pousse toujours à élargir. Une souffrance jugée « insupportable » aujourd’hui l’est parfois moins que celle d’hier, mais l’issue reste la même.
Un pari risqué
Dans l’Hexagone, certains assurent que « la France n’est pas la Hollande », et que ces évolutions ne s’y produiront pas. C’est un pari risqué. Car, dans tous les pays où l’euthanasie ou le #suicide_assisté ont été légalisés, on observe une croissance continue du nombre de cas. Ce n’est pas une exception néerlandaise. C’est une dynamique à l’œuvre partout où la mort médicalement provoquée devient une option.
Je ne suis pas un adversaire acharné de l’euthanasie. Dans certains cas extrêmes, elle peut être un recours ultime. Mais je suis convaincu que sa légalisation n’apaise pas la société : elle l’inquiète, la transforme, la fragilise. Elle modifie notre rapport à la vulnérabilité, à la vieillesse, à la dépendance. Elle introduit l’idée que certaines vies, dans certaines conditions, ne valent plus la peine d’être vécues – ni même d’être soignées.
Je m’adresse ici aux Français, non pour donner des leçons, mais pour partager l’expérience de mon pays. Regardez ce qui se passe chez nous. Ecoutez les voix, même discrètes, de ceux qui doutent. Avant d’ouvrir cette porte, posez-vous une question simple mais fondamentale : sommes-nous prêts à ce que tuer devienne une #option_médicale parmi d’autres, même en présence de soins palliatifs de pointe, et même en l’absence de maladie ? Sommes-nous prêts à faire peser sur les #soignants le poids d’un tel choix ?
Apprenez de notre expérience. Il est encore temps.
Theo Boer est professeur d’éthique de la santé à l’université théologique protestante de Groningue (Pays-Bas) et ancien membre d’un comité de contrôle de l’euthanasie du gouvernement néerlandais.
La question est vite répondue à dire que la liberté individuelle se fout de la théologie. C’est louper les enjeux du soin, de ce que serait une solidarité consistante, louper l’emprise de normes sociales évolutives, comme le souligne l’article, d’un ensemble de dimensions qui viennent compliquer le fier présupposé du libre-arbitre.
Stéphane Lavignotte, pasteur : « La bioéthique à la française mélangerait-elle le refus de la réalité et le paternalisme ? »
▻https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/03/15/stephane-lavignotte-pasteur-la-bioethique-a-la-francaise-melangerait-elle-le
Le 8 avril 2021, la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale vote une proposition de loi sur le « droit à une fin de vie libre et choisie ». Moins de trois mois après, la nouvelle loi bioéthique ouvre le droit à la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples de femmes et permet aux enfants nés sous X de connaître leurs origines. On s’était alors laissé à espérer : l’époque du paternalisme en matière de bioéthique était-elle enfin derrière nous ?
« Paternalisme de la bioéthique à la française » :
l’expression a été forgée il y a dix ans par les chercheurs Eric Fassin, Daniel Borrillo et Dominique Mehl, qui ont étudié les débats des lois de révision bioéthique de 1994 et 2004 – qui n’avaient finalement pas révisé grand-chose. Tous trois constataient, dans leurs différents travaux, que, dans les grands débats français de cette période, à la différence des pays voisins, des points de vue s’échangeaient pendant des mois avec passion, pour qu’à la fin l’immobilisme l’emporte.
Grands principes contre vécu
On le voit de nouveau en ce moment avec la loi sur la fin de vie, mise sur pause, et la légalisation des drogues, même pas envisagée. La bioéthique à la française serait-elle un mélange de refus de la réalité – les grands principes surplombant les pratiques – et de paternalisme – un Etat protégeant la société et les individus de leurs propres pratiques ?
Il faut revenir aux débats sur la pilule contraceptive et l’avortement au milieu des années 1960 pour comprendre cette bizarrerie française. Il est alors moins question de l’opposition entre grands principes – provie contre prochoix – que de la confrontation entre les grands principes d’un côté et le vécu des personnes concernées de l’autre.
L’Eglise catholique représente le premier point de vue, ce que l’on appelle l’« éthique principielle » : tu ne tueras point, point final. Parmi les voix – trop masculines – qui portent le second point de vue, que nous nommons « éthique embarquée », se trouve notamment un intellectuel oublié : le pasteur protestant André Dumas (1918-1996).
Compagnon de route du Planning familial – fondé en partie par des protestantes –, créateur de la non moins oubliée Association nationale pour l’étude de l’avortement, engagé lui-même dans des filières d’avortement clandestin, André Dumas porte, de France-Soir à RTL, les réalités décrites par ces femmes à qui la parole n’est donnée que parcimonieusement.
« Conflits moraux »
L’« éthique embarquée » part du vécu, des questions éthiques telles qu’elles se posent aux personnes concernées, ce que Dumas appelle les « conflits moraux ». Par exemple : faut-il interrompre une vie potentielle au risque de soi-même mourir, ou la laisser venir au risque de l’élever dans la difficulté ? La question d’autoriser la pilule ne se pose alors pas tant pour accéder à la liberté sexuelle que pour combattre les grossesses à répétition, pouvant entraîner des drames, comme l’a montré la condamnation des époux Bac, en 1955, à sept ans de réclusion pour avoir laissé mourir leur cinquième enfant, une fille de 8 mois.
La dépénalisation de l’avortement intervient quant à elle pour combattre les milliers de décès annuels de femmes causés par la clandestinité. Et, aujourd’hui, sur la fin de vie, le conflit moral se joue entre liberté et vulnérabilité.
Dans le sillage de la loi Veil, cette éthique embarquée prend le dessus : les évolutions sont lentes, mais réelles tout au long des années 1970. Mais tout se grippe au début des années 1980. Dans les grands colloques qui accompagnent la création du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), toutes les disciplines scientifiques sont représentées – même la théologie –, mais la parole des personnes concernées est absente.
Pour répondre en particulier au CCNE qui s’inquiète que ses avis ne soient pas contraignants, Jacques Chirac (1932-2019) demande en 1988, au Conseil d’Etat, un rapport pour traduire en grands principes, considérés comme intangibles, la « morale commune » et en déduire des consignes méticuleuses. La loi sur la bioéthique de 1994 – interdisant par exemple de faire des tests génétiques de paternité en dehors d’une procédure judiciaire –, à peine révisée en 2011, naît de cette éthique légaliste où se rejoignent rigidité républicaine et dogmatisme du Vatican et installe la glaciation de la « bioéthique à la française ».
Préoccupations normatives
Pour reprendre la formule de la sociologue et ancienne membre du CCNE Simone Bateman-Novaes, le souci éthique (s’interroger sur la justesse de notre manière habituelle d’agir et donc des prescriptions normatives qui régissent celle-ci) est écrasé par les préoccupations normatives : fixer pour une société des règles morales et juridiques. Et tant pis si cette éthique qui tombe d’en haut fait violence aux personnes confrontées au concret des problèmes : couples de femmes épuisées par les PMA à l’étranger, malades en fin de vie qui meurent mal, enfants nés sous X perdus dans leur histoire, habitantes des quartiers populaires gangrenés par une prohibition des drogues hors de contrôle…
Les choses changent de nouveau lors de la préparation de la loi bioéthique de 2021. Précédemment, le CCNE faisait comme si les études scientifiques sur le devenir psychologique des enfants dans les couples lesbiens n’existaient pas. En 2021, il a reçu, pour préparer la loi de bioéthique, les associations de personnes concernées, débattu avec les comités d’éthique des grands instituts de recherche, s’est confronté avec le public lors des Etats généraux de la bioéthique. Son avis 129 sur la révision de la loi de bioéthique s’ouvre par ces mots : « L’éthique ne peut se penser hors sol. Elle ne peut pas non plus être déléguée à quelques experts seulement, car elle concerne aussi chacun d’entre nous. » On dirait du Dumas.
Fin d’une certaine bioéthique à la française, naissance d’une autre ? On y a cru, jusqu’au blocage des débats sur la fin de vie. Les politiques – n’ayant cure de l’opinion écrasante des Français dans les sondages, ou lors de la convention citoyenne sur la fin de vie – échouent à faire évoluer les législations.
Il y a encore du chemin à faire pour que l’injonction d’André Dumas devant l’Académie de médecine, en 1979, soit entendue : « Nous ne saurions boucher nos oreilles, tant il est vrai que la morale ne consiste pas dans l’observance légaliste de principes inconditionnels, mais dans la responsabilité délicate et aimante dont nous faisons preuve dans notre affrontement avec des situations personnelles. A certains égards, il y a morale justement quand il y a trouble, sensibilité et responsabilité. »
Stéphane Lavignotte est pasteur, théologien et secrétaire général de l’Association des étudiants protestants de Paris. Professeur d’éthique à la faculté de théologie protestante de Bruxelles, il est l’auteur de « André Dumas. Habiter la vie » (Labor et Fides, 2020) et de « L’Ecologie, champ de bataille théologique » (Textuel, 2022).
#éthique #bioéthique #fin_de_vie #euthanasie #suicide_assisté
À propos d’une modeste proposition sur la fin de vie - Mon blog sur l’écologie politique
▻https://blog.ecologie-politique.eu/post/A-propos-d-une-modeste-proposition-sur-la-fin-de-vie
C’est un deux poids, deux mesures étonnant, dont il est permis de conclure que les attentes du pouvoir dans les deux cas étaient bien différentes. Dans le cas de la préservation des conditions de vie sur une Terre menacée par le chaos climatique, la commande très exigeante (le consensus de cent cinquante personnes issues de milieux très différents) et la mise à la poubelle subséquente témoignent d’un manque de volonté politique certain. L’aide à mourir a semblé quant à elle faire l’objet d’une plus grande complaisance de la part d’un président acharné depuis des années à détruire ce qui reste du système de santé après des décennies de néolibéralisme, d’asphyxie programmée et de formations médicales dispensées au compte-goutte, et qui ce faisant précarise les vies les plus vulnérables. Certes le texte de la convention dit bien la nécessité d’offrir des soins adaptés, y compris palliatifs, à toutes et tous, et des conditions décentes aux personnes malades ou handicapées, pour ne pas faire de la décision de mourir le renoncement à vivre une vie délibérément dégradée par la pauvreté ou le manque d’accès aux soins. Mais la convention n’y peut pas grand-chose si, dans la vraie vie, là où vivent et meurent de vrais gens, l’accès aux dits soins est déjà mal en point et devrait encore empirer sous le coup de nouvelles politiques d’austérité.
[…]
Dans ce dossier, le philosophe Patrick Marcolini revenait sur les écrits du dernier Foucault, qui prônait sans complexe l’euthanasie en guise de limite à l’augmentation des coûts des soins de santé. Ces situations dans lesquelles on pèse le coût-bénéfice d’une vie et où on décide lesquelles sont surnuméraires et dispensables paraissaient alors une science-fiction riche de questionnements abstraits. Moins de dix ans plus tard, nous y sommes presque. Aussi j’ai souhaité republier ce texte, avec l’accord de son auteur que je remercie, pour ne pas oublier les extrémités auxquelles un libéralisme économique forcené peut nous réduire.
►https://blog.ecologie-politique.eu/post/Euthanasie-et-neoliberalisme
#euthanasie #fin_de_vie #mort #débat #Michel_Foucault #Patrick_Marcolini #Aude_Vidal
Foucault ne déclarait pas, en 1983, dans « Un système fini face à une demande infinie » (entretien avec R. Bono *), in Sécurité sociale : l’enjeu, Paris, Syros, 1983, pp. 39-63 [repris ultérieurement dans Dits et écrits Tome IV] ce qui lui est attribué mais :
►http://1libertaire.free.fr/MFoucault276.html
On assiste, à cet égard aussi, à un phénomène important : jusqu’à ce qu’on appelle « la crise » et plus précisément jusqu’à ces butoirs auxquels on se heurte maintenant, j’ai l’impression que l’individu ne se posait guère la question de son rapport avec l’État dans la mesure où ce rapport, compte tenu du mode de fonctionnement des grandes institutions centralisatrices, était fait d’un input -les cotisations qu’il versait - et d’un output - les prestations qui lui étaient servies. Les effets de dépendance étaient surtout sensibles au niveau de l’entourage immédiat.
Aujourd’hui intervient un problème de limites. Ce qui est en cause, ce n’est plus l’accès égal de tous à la sécurité, mais l’accès infini de chacun à un certain nombre de prestations possibles. On dit aux gens : « Vous ne pouvez pas consommer indéfiniment. » Et quand l’autorité proclame : « À cela vous n’avez plus droit » ; ou bien : « Pour telles opérations vous ne serez plus couverts » ; ou encore : « Vous paierez une part des frais d’hospitalisation » ; et à la limite : « Il ne servirait à rien de prolonger votre vie de trois mois ; on va vous laisser mourir... », alors l’individu s’interroge sur la nature de son rapport à l’État et commence d’éprouver sa dépendance vis-à-vis d’une institution dont il avait mal perçu jusque-là le pouvoir de décision.
et, plus loin
Sans compter tous les éléments de réponse à cette question [d’une éventuelle contribution de la Sécurité sociale à une éthique de la personne humaine] apportés dans le courant de cet entretien, je dirai qu’elle y contribue au moins en posant un certain nombre de problèmes, et notamment en posant la question de ce que vaut la vie et de la manière dont on peut affronter la mort.
L’idée d’un rapprochement entre les individus et les centres de décision devrait impliquer, à titre de conséquence au moins, le droit enfin reconnu à chacun de se tuer quand il voudra dans des conditions décentes... Si je gagnais quelques milliards au Loto, je créerais un institut où les gens qui voudraient mourir viendraient passer un week-end, une semaine ou un mois dans le plaisir, dans la drogue peut-être, pour disparaître ensuite, comme par effacement...
– [R.B.] Un droit au suicide ?
– Oui.
C’est avant cet entretien que l’année 1983 débute avec l’instauration par le gouvernent Beregovoy du "forfait hospitalier".
Plutôt que de faire de M.F. un acteur de l’esprit des contre réformes, on gagnerait à interroger ce que devient cette dépendance à l’État, par intégration, par exclusion et par marginalisation (pour reprendre les trois catégories de M.F.) avec l’instauration probable de la "loi sur la fin de vie".
#suicide #assitance_au_suicide #euthanasie #loi_sur_la_fin_de_vie #eugénisme #État
Je vais lire cet article mais dès l’ouverture, les propos de Marcolini sont rigoureusement intenables : [M.F.] « le théoricien des résistances, le défenseur des prisonniers, celui qui invoquait hier encore la lutte des classes et la dictature du prolétariat. » ? Wtf, M.F, lorsqu’il s’est référé au(x) marxisme(s) l’a fait de manière distante et critique, il n’a jamais « invoqué la lutte des classe et la dictature du prolétariat ».
Fin de vie : « Qui définit ce qui est digne ou indigne dans la mort ? »
►https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/02/13/fin-de-vie-qui-definit-ce-qui-est-digne-ou-indigne-dans-la-mort_6545049_3232
La courte trêve est terminée. L’examen du projet de loi sur la fin de vie, suspendu en juin 2024, sera bientôt repris. Son objectif ? Légaliser en France l’« aide active à mourir ». Une tournure pudique pour désigner le fait de provoquer, par une procédure médicalisée, la mort d’une personne malade qui le demande, par suicide assisté, en lui donnant les moyens nécessaires pour qu’elle puisse mettre fin à sa vie elle-même, ou par euthanasie, en faisant intervenir un tiers qui administrera le produit létal.
Si le projet se présente comme un moyen de soulager les souffrances insupportables des malades dits « en fin de vie », dont la mort est imminente, ses implications vont en réalité bien au-delà. En effet, dans les pays où de telles pratiques ont été légalisées, les critères d’éligibilité se sont rapidement étendus aux malades et aux personnes handicapées dont le pronostic vital n’était pas engagé.
Le Canada, en cinq ans, est ainsi passé d’une assistance au suicide limitée aux malades en fin de vie à une ouverture aux maladies et handicaps graves. En France, dès les débats de 2024, certains amendements ont tenté d’en élargir le champ d’application aux maladies graves et incurables « en phase avancée », indépendamment de tout pronostic vital. C’est pour cette raison que de nombreuses personnes malades et handicapées, dont je fais partie, expriment une inquiétude légitime face à ce texte, dont la critique ne se résume pas aux positions catholiques réactionnaires.
Pas de demande massive des malades
En France, le cadre légal existant, issu des lois Claeys-Leonetti (2005 et 2016), offre déjà une réponse raisonnable aux besoins des malades en fin de vie : refus de l’acharnement thérapeutique, sédation profonde jusqu’au décès, directives anticipées. Pourquoi vouloir aller plus loin alors que les véritables problèmes concernent l’accès insuffisant aux soins palliatifs et une méconnaissance des dispositifs existants ? C’est ce qu’a d’ailleurs rappelé une mission parlementaire de 2023, qui a également confirmé que les lois actuelles répondaient à la majorité des cas et que, bien accompagnés, les malades ne demandaient plus à mourir.
Si les défenseurs très médiatisés du projet invoquent une demande massive des malades, celle-ci est notamment étayée par la convention citoyenne. A cette occasion, il a été demandé à des personnes majoritairement valides de se prononcer en se projetant de façon fictive dans des réalités (la maladie, la dépendance, le handicap, la souffrance physique et morale, la proximité de la mort) qu’elles ne vivent pas, mais craignent sans les connaître. La voix de celles et ceux qui font déjà l’expérience concrète de ces réalités, et dont la vie sera possiblement écourtée par la réforme, aurait pourtant dû être prépondérante, pour ne pas dire décisive.
Quant à la notion de « mort digne », que les défenseurs de la loi ne cessent de mettre en avant, elle mérite aussi un examen critique. Qui définit ce qui est digne ou indigne dans la mort ? Existe-t-il des morts indignes au sens avilissantes, honteuses, déshonorantes ou méprisables ? Certainement pas, sauf à considérer que la souffrance et son expression même sont indignes, que la maladie, que le handicap et la dépendance elles-mêmes sont des indignités. Pour être dignes, donc exemplaires, les malades doivent-ils aspirer à cette mort discrète, silencieuse et aseptisée que leur promet le projet de loi ? Non, une mort n’est pas moins violente, moins dramatique, plus humaine et plus digne parce qu’elle est organisée médicalement. Sous-entendre le contraire relève davantage d’un fantasme que d’une réalité.
« Garde-fous » illusoires
Les arguments tirés du droit de choisir sa mort et de la liberté individuelle sont tout aussi contestables. Le suicide est déjà une liberté individuelle. S’il s’agit désormais de consacrer un droit d’accès au suicide, celui-ci doit être universel et bénéficier à tous sans conditions. Il ne peut y avoir de distinction entre les bien-portants, que l’on devrait protéger contre eux-mêmes par la prévention de leur suicide, et les personnes malades et handicapées, dont il faudrait soutenir le suicide par « voie express ». A moins d’admettre, sans vouloir l’assumer, que l’existence de ces dernières est un fardeau pour la collectivité et que leur mort est au fond moins grave, plus acceptable et souhaitable que celle des autres.
Il n’y a, en outre, pas de liberté sans égalité. Dans un contexte de destruction des droits sociaux et du système de soins, où les conditions de vie des personnes malades et handicapées se dégradent, ce projet pourrait les conduire à choisir la mort faute d’avoir les moyens de continuer à vivre. Au Canada, la légalisation a d’ailleurs généré une demande croissante. Les décès attribuables à l’aide médicale à mourir sont ainsi passés de 2 % en 2019 à 4,1 % en 2022. Elle a également permis aux pouvoirs publics de faire des économies significatives en matière de santé.
Les « garde-fous » prévus par la loi sont par ailleurs illusoires. Le financement des soins palliatifs, par exemple, est une promesse creuse en pleine politique d’austérité. Les échecs à l’étranger montrent que les garanties promises pour contenir les dérives ne tiennent pas. Le risque de voir mourir des personnes malades et handicapées acculées par l’exclusion, la précarité, la souffrance socio-économique, l’absence d’accès aux soins, y compris palliatifs, est trop grand pour ne pas s’opposer fermement à ce texte.
Enfin, sur le sujet, les élus de gauche ont une responsabilité particulière. Ils ne peuvent soutenir ce projet sans trahir leurs valeurs. Dans la période lugubre que nous vivons, dans laquelle les idées fascisantes et eugénistes se déploient sans complexe, ils n’ont pas le droit de se rendre complices d’une nécropolitique qui légitime la hiérarchisation des vies et conforte les inégalités. La gauche ne peut pas avoir la mort pour seul horizon à offrir aux personnes malades et handicapées. Elle se doit de proposer avant tout des perspectives d’espoir et d’amélioration de leurs conditions de vie.
Elisa Rojas est avocate et militante pour les droits des personnes handicapées. Elle tient le blog « Aux marches du Palais ».
#suicide_assisté #euthanasie #vieux #malades #handicapées #loi_sur_la_fin_de_vie #fin_de_vie #aide_active_à_mourir
« Le texte de loi sur la fin de vie relève d’une logique validiste et eugéniste. » Entretien avec Elisa Rojas
▻https://www.revolutionpermanente.fr/Le-texte-de-loi-sur-la-fin-de-vie-releve-d-une-logique-validist
▻https://www.revolutionpermanente.fr/IMG/logo/21388169216_7f4ce86fc7_b.jpg?1738616572
Le gouvernement relance le débat sur la loi sur la fin de vie. Nous donnons la parole à Elisa Rojas, avocate et militante antivalidiste, qui dénonce les dérives et le danger de cette loi pour les personnes handicapées et malades.
#fin_de_vie #assistance_au_suicide #validisme #jeunisme #eugénisme
edit Cette semaine, une patiente m’a demandé de mettre fin à sa vie. Dr Zoé.
▻https://seenthis.net/messages/1094195
L’aide active à mourir : une fausse solution progressiste pour les personnes handicapées – Journal d’une indignée
▻https://espoirsetluttes.wordpress.com/2024/12/08/laide-active-a-mourir-une-fausse-solution-progressiste-po
L’aide active à mourir est souvent présentée comme un progrès, un acte de compassion ou un nouveau droit pour celles et ceux qui souffrent. Pourtant, derrière cette apparente bienveillance se cache une réalité glaçante pour les personnes handicapées : la société valide le #suicide comme une issue légitime à leurs difficultés. Dans un contexte de validisme systémique et d’inégalités sociales criantes, ce « choix » n’est ni libre, ni égalitaire.
Cette semaine, une patiente m’a demandé de mettre fin à sa vie. Dr Zoé @drzoelb.bsky.social
▻https://bsky.app/profile/drzoelb.bsky.social/post/3lgl7zjh3js25
Je vais vous raconter un peu de sa vie et notre conversation, révélatrice de pourquoi l’aide active à mourir, dans le contexte actuel, est une honte.
Plutôt qu’une vie digne, on parle de mort digne, et c’est à gerber.
Mme C. a 93 ans.
Je la suis depuis son entrée en EHPAD, il y a 3 ans, EHPAD dans lequel je n’enverrai pas mon pire ennemi, que ce soit pour y travailler ou pour y être résident. On en reparlera plus loin.
Elle est presque aveugle à cause d’une DMLA et ne marche plus depuis lgtps.
Je suis allée voir Mme C. pour la visite trimestrielle. Son état est stable, hormis sa vue, son handicap moteur, et sa grande souffrance psychique, elle va « plutôt bien ».
Elle marchait avant d’entrer en EHPAD, mais des mois confinée au fauteuil ont aggravé son état.
Après l’avoir saluée, demandé si elle avait des problèmes à me signaler, examinée, je m’assois à côté d’elle pour lui demander si elle a des questions, comme à chaque fois.
J’approche mes mains et elle les saisit entre les siennes, comme a chaque fois.
« Combien de temps me reste-t-il à vivre, Docteur ?
– Je ne sais pas Mme. C’est toujours difficile de répondre à cette question. Votre coeur, vos poumons, vos reins fonctionnent bien. Je n’ai pas de raison de penser que vous pourriez mourrir bientôt. »
Ses yeux sont pleins de larmes
« Je ne veux plus vivre Dr. Je n’en peux plus. J’ai une demande à vous faire, je veux que vous me fassiez une piqûre. Je veux partir.
– Vous voulez une piqûre pour mourir, c’est bien ça que vous demandez ?
– Oui. Je n’en peux plus. Je ne veux plus vivre comme ça.
– Qu’est-ce qui rend votre vie insupportable au point de vouloir mourir ?
Elle pleure beaucoup.
– Tout. Tout est insupportable. Je ne vois personne de la journée. Juste pour les repas, le lever et le coucher. Et ce n’est pas voir des gens. Tout le monde souffre, ici.
– Tout le monde souffre, c’est à dire ?
– Les dames qui travaillent ici. Elles ont un mauvais travail. Je comprends, s’occuper des vielles personnes comme moi, nous nettoyer, c’est un mauvais travail. Personne ne veut s’occuper de gens comme moi. Je ne leur en veux pas.
– Elles vont vite. Certaines sont brutales, elle me font mal. Tous les matins j’angoisse de savoir qui sera là. Parfois je crie et ça les énerve bien sûr. Je comprends, je n’aime pas parler en mal des gens. Mais j’ai de l’arthrose, ça me fait très mal quand on me secoue. »
L’EHPAD dans lequel a été placée Mme C. est un lieu de maltraitance comme beaucoup d’EHPAD. Pour les personnels comme pour les résidents.
Les locaux sont vétustes, sentent l’urine, les fenêtres ferment mal, l’équipe connait un énorme turn over, la plupart ne sont pas formées.
Les résidents passent la plupart du temps dans leur chambre, sans aucune stimulation ou activité.
Ils dépérissent au sens propre. N’importe qui verrait son état de santé se dégrader en étant confiné dans 9m2, assis devant la télé. C’est encore plus vrai quand on est âgé.
Mme C. aurait pu continuer à marcher, pourrait écouter des livres audios et donner des cours de tricot avant que la dépression lui passe toute envie de pratiquer, raconter sa longue vie, partager ses meilleures recettes.
La vie de Mme C. est précieuse comme toutes les autres.
Dans un monde où nous avons choisi de mettre les personnes âgées et handicapées à part de la société, dans des structures maltraitantes de part leur fonctionnement même, et où les logiques comptables ont rajouté de l’horreur et de la déshumanisation à un quotidien déjà morne.
Dans un monde où nous avons choisi de fracasser les services publics et particulièrement le service public de santé, en nous répétant qu’il n’y a plus assez pour tout le monde alors que les grandes fortunes ne se sont jamais aussi bien portées.
Dans un monde où dans les pays qui ont autorisé l’aide active à mourir, le premier motif de recours n’est pas, contrairement à ce qu’on pourrait penser, les douleurs réfractaires aux traitements, les symptômes non contrôlés, mais bien le fait de ne pas vouloir être « une charge ».
Dans un monde où on refuse de penser, y compris à gauche et ça me révolte, le validisme crasse de notre société, le sous texte eugéniste, le profond lien avec le capitalisme, les discours nauséabonds sur « l’assistanat », un monde qui hiérarchise les bonnes et les mauvaises vies.
Dans ce monde, le « choix » d’avoir accès à l’aide active à mourir n’en est pas un.
On n’a pas le « choix » de mourir dignement quand il est impossible de vivre dignement.
Il n’y a pas de vie qui ne vaut pas la peine.
Par contre il y a des gens qui n’en peuvent plus.
C’est notre responsabilité collective de nous organiser pour que chacun puisse vivre dignement.
Tant que nous ne nous serons pas attelés sérieusement à cette tâche, et dans un contexte d’effondrement du système de soin , l’aide active à mourir est un pied dans la porte.
J’ai trop entendu les discours immondes de nos dirigeants sur les gens qui ne sont rien.
J’ai trop vu les dérives comptables dans nos manières de soigner.
Je vois très, très, très bien ce qui pourrait mal se passer.
Et ça me terrifie.
Force aux militants antivalidistes
« Avant de nous aider à mourir, on veut qu’on nous aide à vivre mieux. »
▻https://lisbethmedia.com/avant-de-nous-aider-a-mourir-on-veut-quon-nous-aide-a-vivre-mieux
Si le projet de loi sur la fin de vie fut interrompu à cause des législatives anticipées, en juin dernier, le texte n’est pas pour autant enterré. En début du mois, un article du journal La Croix nous apprenait que les partisan-es du projet de loi étaient prêt-es à relancer les débats à l’Assemblée nationale. Hier, le premier ministre François Bayrou a remis une pièce dans la machine, en affirmant vouloir scinder le projet de loi en deux textes, l’un sur les soins palliatifs, l’autre sur la fin de vie, ce qui soulève de nombreux remous, dans l’opposition comme dans son propre camp. Ce projet de loi est loin de faire l’unanimité à gauche, notamment dans les milieux anti-validistes, qui le perçoivent comme un abandon, à défaut de financer des services de santé de qualité et accessible à tout-es. Entretien.
#historique #loi_Léonetti #antivalidisme #covid #euthanasie #suicide
Suicide assisté, euthanasie : le choix de la rupture et l’illusion d’un progrès, Yves-Marie Doublet
▻https://www.fondapol.org/etude/suicide-assiste-euthanasie-le-choix-de-la-rupture-et-lillusion-dun-progres
Dans un contexte de contraintes économiques, où les promesses de financement d’un cinquième risque sur la #dépendance ont été oubliées, la légalisation de la #mort_administrée, sans que cela ne soit assumé ouvertement, aurait le mérite de réaliser des économies. Les complémentaires santé soutiennent d’ailleurs souvent ouvertement la légalisation de l’aide active à mourir, alors que le reste à charge pour elles des dépenses de fin de vie pour la dernière année de vie peut être estimé à 10% de ces dépenses. Le Canada revendique dans un rapport parlementaire les gains nets que lui procure la mort administrée, soit 87 millions de dollars canadiens. Comme le relève Jean-Marc Sauvé dans une tribune : « La dernière ruse de notre société matérialiste ne serait-elle pas de s’abriter derrière la noble cause de l’autodétermination individuelle pour masquer une offre insuffisante de soins, notamment palliatifs, et alléger le fardeau financier de la solidarité à l’égard des plus âgés et des plus fragiles de ses membres ? ». La dépense publique de #soins_palliatifs représentait 1,4 milliard d’euros en 2021, les dépenses annuelles de santé en fin de vie s’élevant comme on l’a vu à 6 milliards d’euros. On mesure donc l’intérêt économique d’une légalisation de l’euthanasie et/ou du suicide assisté. Les plans quadriennaux de soins palliatifs ont été parcimonieux et se sont échelonnés avec souvent des interruptions de plusieurs années entre chaque plan. Le passage de plans quadriennaux à des plans décennaux de soins palliatifs permettrait d’étaler encore plus ces dépenses, en engageant chaque année moins de crédits publics, ceux-ci n’ayant au demeurant pas d’effet immédiat à la différence d’une légalisation de la mort administrée. En Autriche, l’augmentation des crédits des soins palliatifs annoncée lors de la légalisation du suicide assisté ne s’est pas concrétisée.
#fin_de_vie #santé #suicide_assisté #dépense_publique #économie
Les non-dits économiques et sociaux du débat sur la fin de vie, Yves-Marie Doublet, Docteur en droit, chargé d’enseignement à l’espace éthique de l’AP-HP, Pascale Favre, Médecin, titulaire d’un DEA en droit et économie de la santé et doctorante en philosophie.
▻https://www.fondapol.org/etude/les-non-dits-economiques-et-sociaux-du-debat-sur-la-fin-de-vie
.... les personnes seules ou défavorisées sont surreprésentées parmi les populations ayant recours au suicide assisté.
Soutien d’Handi-Social à Karine Brailly, poussée à la mort parce que privée d’une vie digne - Handi-Social
▻https://www.youtube.com/watch?v=oN7h7f01jPM
Le 13 janvier 2025, Karine Brailly a confirmé à Jérôme Pélissier, un de ses amis militant d’Handi-Social, sa demande qu’Handi-Social médiatise et organise un rassemblement devant l’hôpital Purpan de Toulouse le 14 janvier à 14h afin de dénoncer les refus du CHU de Toulouse de lui permettre de continuer à vivre chez elle avec l’accompagnement qu’elle avait choisi et de lui refuser l’accès à des traitements thérapeutiques expérimentaux. Refus qui l’ont conduit à au moins accélérer le recours à la mort.
[...]
#Hospitalisée_de_force par la HAD Relais Santé en raison d’un manque d’#auxiliaires_de_vie, résultat de politiques nationales et départementales qui organisent la #maltraitance à domicile, Karine a été privée de ses outils de communication adaptés. Alors qu’elle souhaitait légitimement retourner vivre chez elle, accompagnée par un mandataire de son choix qui pouvait lui garantir des assistants-es de vie et une vie autonome, l’hôpital a refusé cette option. Au lieu de cela, l’#hôpital a tenté de l’envoyer dans une institution puis d’imposer à Karine le prestataire Vitalliance, connu pour ses pratiques maltraitantes et son incapacité à respecter les besoins fondamentaux des personnes qu’il accompagne. Une telle décision, contre l’avis de Karine, constitue une violence et violation flagrante de son droit à l’autodétermination et à la dignité.
Face à cette situation insupportable, et faute de choix, Karine a finalement pris la décision de demander une #sédation_profonde, acceptée par ses médecins, qui lui ont refusé en même temps des conditions de vie digne.
La sédation profonde fait durer la mise à mort, un alibi pour les médecins.
#handicap #ségrégation #médecine #fin_de_vie #aide_à_mourir #loi_fin_de_vie
La normalisation troublante de la mort médicalement administrée au Québec et au Canada : état des lieux – Pier-Luc Turcotte et Trudo Lemmens, Aporia – Érudit
▻https://www.erudit.org/fr/revues/aporia/2024-v16-n2-aporia09675/1114546ar
Le Québec est récemment devenu l’épicentre de l’aide médicale à mourir (AMM) dans le monde, enregistrant une hausse sans précédent du nombre de décès par AMM. L’objectif de cet article est d’entamer une discussion critique sur l’évolution de l’AMM au Québec, en s’appuyant sur l’expérience canadienne et internationale pour dégager quelques pistes explicatives propres au cas particulier du Québec. Dans un premier temps, nous reviendrons sur le cas de la Californie qui a légalisé le #suicide_assisté en même temps que le Canada mais qui n’a pas connu une hausse aussi importante. Ensuite, nous commenterons quelques aspects particuliers du système d’AMM canadien qui peuvent expliquer la hausse fulgurante de la pratique au Canada et au Québec en comparaison avec des régimes plus libéraux comme en Belgique et aux Pays Bas. Parmi les explications, nous aborderons la méconnaissance de la souffrance dans le contexte du #handicap, devenue le critère ultime pour établir l’admissibilité des personnes handicapées. Nous observons également que le débat sur l’AMM a été déformé par une rhétorique de droit constitutionnel, et par la conception de l’AMM comme un soin parmi tant d’autres, au point d’être priorisée plutôt que traitée comme un véritable dernier recours, en contraste avec d’autres juridictions. Finalement, nous évoquons la façon consensuelle dont se produisent certains débats qui ne favorisent pas l’expression d’opinions dissidentes, contribuant à camoufler certains risques de dérives bien réels.
Fin de vie : Entretien avec François Guillemot et Bertrand Riff sur Radio Campus Lille !
Ce Samedi 13 Avril, une heure avec l’AMD. Pour écouter l’émission en mp3, LE LIEN : ▻https://www-radio-campus.univ-lille1.fr/ArchivesN/LibrePensee/LP240413.mp3
La fin de vie. C’est un sujet qui fait débat en France en ce moment. La convention citoyenne sur la fin de vie a rendu ses conclusions après 27 jours de débats et d’entretiens avec une soixantaine spécialistes. Dans leur rapport, les citoyens tirés au sort déclarent : « Après en avoir largement débattu, la majorité de la Convention s’est prononcée en faveur d’une ouverture à l’aide active à mourir. »
Si en France l’aide active à mourir n’est pas encore possible, elle l’est par contre dans un pays tout proche : la Belgique. Pour aider les Français qui souhaitent en bénéficier, l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD) propose son aide. Elle dispose d’un local à Lille (Nord), à moins d’une heure de la Belgique. A Lille, c’est Monique et le docteur François Guillemot qui s’occupent des personnes et les accompagnent.
La suite : ▻https://actu.fr/hauts-de-france/lille_59350/depuis-lille-ils-accompagnent-des-patients-en-belgique-pour-leur-fin-de-vie_589
Source : ▻http://federations.fnlp.fr/spip.php?article2296
#AMD #mort #fin_de_vie #aide_à_mourir #aide_active_à_mourir #handicap #Belgique #Santé #liberté #décès #santé #mort #mort_choisie #acharnement_thérapeutique #AMM #souffrances #femmes #radio #Hôpital #soins_palliatifs
Fin de vie : pour les personnes handicapées, « la mort ou quelle vie ? » - POLITIS
►https://www.politis.fr/articles/2024/03/fin-de-vie-pour-les-personnes-handicapees-la-mort-ou-quelle-vie
Céline Extenso, militante antivalidiste, co-fondatrice du collectif handi-féministe Les Dévalideuses, rejoint les chroniqueuses de la rubrique « Intersections ». Pour son premier billet, elle tire la sonnette d’alarme sur le futur projet de loi sur l’aide active à mourir, « porte ouverte doucereuse sur l’eugénisme ».
« Moi, à ta place, je me tuerais. » Il faut être bien malade ou handicapé pour s’entendre confier, sans l’ombre d’une gêne, cette candide incitation au suicide. Et le fait qu’elle soit généralement camouflée derrière un compliment (« Je t’admire, tu es si courageuse ») n’enlève rien du cinglant de la claque. Alors ne vous étonnez pas que les militants antivalidistes flairent l’immense danger quand le chef de l’État annonce son projet de loi pour une « aide active à mourir », soutenu par 82 % de la population.
« Le dernier soir » d’une militante radicale pour le suicide assisté
▻https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/01/20/le-dernier-soir-d-une-militante-radicale-pour-le-suicide-assiste_6211914_322
Thomas Misrachi, journaliste et membre de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité, raconte dans un livre l’acte militant de Jacqueline Jencquel, qu’il a accompagnée quand elle a souhaité mettre fin à ses jours, en 2022, malgré sa bonne santé. L’auteur risque des poursuites judiciaires.
[...]
Nulle part il n’est question de considérer la vieillesse comme « une maladie irréversible et invalidante », comme Thomas Misrachi le pense. Le gouvernement doit légiférer « d’une main tremblante » sur ce sujet, a prévenu Catherine Vautrin, la nouvelle ministre du travail, de la santé et des solidarités, lors d’un entretien sur Europe 1-CNews le 17 janvier.
« La vérité, c’est que tout cela était aussi une question d’argent, c’est ce qu’elle me dit. “Je n’en ai plus. Plus beaucoup, plus assez” », relate-t-il, dans son livre.
Un suicide est rarement monocausal. Morte chez elle dans le VIIème, elle avait annoncé le sien à l’avance en 2020 et l’a reporté plusieurs fois.
▻https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacqueline_Jencquel
Je suis pour qu’on lui fasse subir ce qu’il a fait subir aux malades qui lui demandaient de les euthanasier.
TEMOIGNAGE. « J’ai changé d’avis sur l’euthanasie » : un médecin en fin de vie raconte comment la maladie l’a transformé
▻https://www.francetvinfo.fr/societe/euthanasie/temoignage-j-ai-change-d-avis-sur-l-euthanasie-un-medecin-en-fin-de-vie
Du temps où il exerçait encore, le docteur Bail était un homme de principes. Du genre à vous réciter le serment d’Hippocrate, le code de déontologie médicale et le cinquième commandement. « Je ne provoquerai jamais la mort délibérément », lui soufflait une petite voix. « Tu ne tueras point », répétait une autre. Droit dans sa blouse, il contournait les rares appels de patients qui lui demandaient une euthanasie en douce. « Je m’engageais à rester leur médecin jusqu’à la fin et je parvenais à apaiser leurs souffrances par mes visites et par ma maîtrise des morphiniques et des antalgiques », assure-t-il.
Pionnier des soins palliatifs dans la région de Lannion, il professa à la faculté de médecine de Brest cet art qui consiste à soigner jusqu’au bout les patients que l’on ne peut plus guérir. Il fallut l’épreuve de la maladie, en 2019, pour le faire « changer d’avis » sur l’euthanasie et le suicide assisté. « En tant que médecin, je défendais le principe que chaque vie est digne d’être vécue. Je ne le renie pas, mais j’ai compris autre chose en tant que malade », explique-t-il.
Mariés depuis 47 ans, Philippe Bail et sa femme, Chantal, en conviennent : avoir recours à une euthanasie au début de la maladie les aurait « privés de beaucoup de choses ». Mais le têtu Breton n’a jamais renoncé à décider du moment de sa mort. Quand il le souhaitera, il pourra demander l’arrêt de son respirateur artificiel et être plongé dans un ultime coma pour mourir, chez lui, « en quelques heures », sans souffrir de l’asphyxie qui l’attend. Il bénéficiera d’une sédation profonde et continue, maintenue jusqu’au décès, une pratique inscrite dans la loi [depuis le 04/02/2016] pour les situations de pronostic vital engagé à court terme.
"Cette garantie de liberté ultime m’a soulagé de l’angoisse du mourir et m’a permis de me consacrer à ma faim de vivre."
Droit dans sa blouse, il contournait les rares appels de patients qui lui demandaient une euthanasie en douce. « Je m’engageais à rester leur médecin jusqu’à la fin et je parvenais à apaiser leurs souffrances par mes visites et par ma maîtrise des morphiniques et des antalgiques », assure-t-il.
Exactement le même modèle que le médecin responsable des hospitalisations à domicile lors de l’agonie de mon père. Ce dernier n’était plus qu’à demi-conscient, sous perf glucosée, s’étouffait à moitié dans ses glaires, et quand on demandait à ce toubib ne serait-ce qu’augmenter la morphine, tout juste s’il ne nous traitait pas d’assassins. Crevure, saloperie. Je ne suis pas près de l’oublier ce fumier.
Heureusement que la médecin de famille était plus lucide, et vraiment présente, elle, pas une fois par semaine comme ce salopard non, tous les jours alors qu’elle était en congés.
#atos : La société qui voulait faire travailler les cancéreux en phase terminale
Ainsi que les personnes lourdement handicapées.
Le contrat signé par le ministère britannique du travail et des pensions avec la filiale Atos Healthcare, portant sur l’évaluation des capacités de travail de personnes touchant des prestations d’invalidité et s’élevant à plus de 100 millions de livres sterling (126 millions d’euros), fait l’objet d’une polémique substantielle(115). Des évaluations, réalisées par le Département du Travail et des Retraites, sont critiquées par le Parlement du Royaume-Uni, des juristes, des médias, ou des associations de défense de personnes handicapées(116), au motif d’avoir conclu à la capacité de travailler de personnes en phase terminale de cancer ou de personnes lourdement handicapées(117).
Au cours du débat qui s’est ensuivi à la Chambre des communes, des parlementaires opposés au projet du Département du Travail et des Retraites avancent que 1 300 personnes sont décédées (118) après avoir été déclarées aptes au travail par des assesseurs d’invalidité faisant l’objet d’une enquête de la part du Conseil de l’Ordre(119).
#travail #ATOS #Fin_de_vie #DMP #esclavage #cancer #handicap #multi_nationale
Extrait de : ▻https://fr.wikipedia.org/wiki/Atos Et il n’y a pas que ça
Autres sources :
Disability benefit assessments ’unfair’, says ex-worker
▻https://www.bbc.co.uk/news/uk-22546036
Atos comes under attack in emotional Commons debate
▻https://www.theguardian.com/society/2013/jan/17/atos-attack-emotional-commons-debate
Atos doctors could be struck off
▻https://www.theguardian.com/politics/2011/aug/13/atos-doctors-improper-conduct-disability
Le Comité National autoproclamé de la Vieillesse (CNaV) défend l’euthanasie contre le « paternalisme médical » | Mediapart | 22.05.23
▻https://www.mediapart.fr/journal/france/220523/comite-autoproclame-de-la-vieillesse-une-bande-d-octogenaires-pour-l-eutha
[Le] Comité national autoproclamé de la vieillesse (CNaV), dont les membres, souvent octogénaires, surtout des femmes [80%, moyenne d’âge de 83 ans], scandent « Ma mort m’appartient », en écho à leur combat des années 1970 pour le droit à l’IVG.
[...]
Dans quelques mois, le CNaV organisera un « contre-salon des vieilles et des vieux » à Paris, durant lequel tous les sujets sur les vieux, dont la fin de vie avec des « cafés mortels », seront abordés. « C’est en référence à la contre-culture, explique Francis Carrier. Les vieux, c’est tellement mal vu qu’il faut être à contre-courant, impertinents, des vieux rigolos qui font envie. »
ah tiens, j’ai trouvé l’article complet ici ▻https://justpaste.it/7mhuj ; belles photos.
Toutes et tous attendaient la loi « grand âge et autonomie » promise par Emmanuel Macron, elle a été enterrée au profit d’une maigre proposition de loi « bien vieillir », examinée à la mi-avril à l’Assemblée nationale, qui déçoit. Surtout, le CNaV guette le projet de loi sur la fin de vie,
[...]
« S’il n’y a pas un lobby ou une rébellion des vieux, il ne se passe rien, poursuit Emmanuèle Jeandet-Mengual. J’ai milité pour la loi Kouchner pour le droit des malades, contre le paternalisme médical, donc pas de raison que ça n’aille pas jusqu’à la mort. »
« Le CNaV est un acte d’empowerment, affirme quant à lui Francis Carrier, 68 ans, ingénieur en informatique à la retraite, militant gay et séropositif, et auteur de Vieillir comme je suis. L’invisibilité des vieux LGBTQI+ (éditions Rue de Seine, 2023). Nous devons faire émerger une conscience des discriminations et de la violence faite aux vieux dans la société. »
[...]
Le parallèle entre les revendications des années 1970 autour de la liberté à disposer de son corps et une loi sur l’aide médicale à mourir est sciemment fait par les membres du CNaV. « Il y a beaucoup de freins à cette loi, mais ma génération a eu la pilule et l’IVG et sait ce que c’est de conquérir des droits, pointe Emmanuèle Jeandet-Mengual.
[...]
Dans quelques mois, le CNaV organisera un « contre-salon des vieilles et des vieux » à Paris, durant lequel tous les sujets sur les vieux, dont la fin de vie avec des « cafés mortels », seront abordés. « C’est en référence à la contre-culture, explique Francis Carrier. Les vieux, c’est tellement mal vu qu’il faut être à contre-courant, impertinents, des vieux rigolos qui font envie. »
Oui, Godard, était un camarade !
Vu le contexte (liquidation de l’hôpital public et manque de solvabilité en maison de retraite), je doute fortement que ce projet de loi soit réellement prévu pour que les vieux choisissent quoi que ce soit.
Y a qu’à voir la manière dont on gère le covid pour voir en quelle estime on tient réellement leur vies…
oui @monolecte. dans une optique ’panthères grises’ ce serait d’ailleurs indispensable de chercher à lier de manière indissociable le « bien vivre » (avec des bases matérielles et sociales afférentes) à la possibilité de décider de sa mort.
(ma participation de très nombreux vieux déjà retraités au mouvement contre la réforme des retraites est de ce polnt de vue encourageante)
Il me semble nécessaire de chasser l’emprise « sociétale » qui menace le traitement de la problématique « fin de vie » et, à ce titre, il est indispensable de l’intégrer dans la lutte politique, c’est à dire, comme le font remarquer @monolecte et @colporteur, en veillant à ne pas la dissocier d’autres enjeux tout aussi politiques.
Cet article – ou plutôt, le comité dont il est question - me pose problème sur le fait qu’on n’y retrouve grosso modo que des profils de vieux « CSP+ », ce qui pourrait laisser croire que la revendication sur la « fin de vie » ne serait qu’un problème de riches à fort potentiel culturel.
Et là, effectivement, on n’hésite pas à tirer sur la corde du second degré (hello @touti), utilisant le poncifs éculé que l’on retrouve dans le cinéma, à la TV, etc. de l’image du « vieux décalé » qui est jeune mais qui est vieux mais qui est jeune, etc.
La fin de l’article est à ce titre assez révélatrice :
Dans quelques mois, le CNaV organisera un « contre-salon des vieilles et des vieux » à Paris, durant lequel tous les sujets sur les vieux, dont la fin de vie avec des « cafés mortels », seront abordés. « C’est en référence à la contre-culture, explique Francis Carrier. Les vieux, c’est tellement mal vu qu’il faut être à contre-courant, impertinents, des vieux rigolos qui font envie. »
Non, les vieux ce n’est pas mal vu. Au contraire, on ne voit que ça - Covid, Ehpad, retraites, santé publique, santé au travail, etc. - mais le sujet est traité à la mode libérale. Le problème touche tout le monde mais gare à toi si tu n’es pas riche.
Canada Opens Access for Psilocybin and MDMA… | Green Light Law Group
▻https://greenlightlawgroup.com/blog/canada-opens-access-for-psilocybin-and-mdma-therapy
Canada recently amended its Controlled Drugs and Substances Act (CDSA) to allow for psilocybin and MDMA therapy in limited circumstances. Subsection 56(1) of the CDSA will exempt medical providers from enforcement of the CDSA when providing psilocybin and MDMA treatment to patients suffering serious or terminal health conditions. Thus, providing a new pathway for patients to access psychedelic treatment, and another example of the medicinal approach to psychedelic legalization.
#psilocybin #fin_de_vie #canada #champignons #Psilocybe_semilanceata
Tout ça parce qu’il y a des psilos dans mes semis de tomates :)
Récit d’une #fin_de_vie face aux insuffisances de l’#hôpital : « Je m’épuise dans des démarches qui n’aboutissent pas. Mon père, lui, s’enfonce »
▻https://www.lemonde.fr/societe/article/2023/01/16/recit-d-une-fin-de-vie-face-aux-insuffisances-de-l-hopital-je-m-epuise-dans-
Vanessa Schneider, grand reporter au « Monde », raconte les derniers mois de son père, l’écrivain et psychanalyste Michel Schneider, #mort d’un cancer en juillet 2022. A l’heure où la question de la fin de vie s’impose dans le débat public, ce récit en dit long sur la faillite de la prise en charge des patients condamnés.
#santé #soins_palliatifs #médecins #soignants #société_d'abandon
attention : récit terrorisant
Il rappelle la chronologie des soins : l’ablation de la tumeur, puis les douze séances de chimiothérapie, la rechute, les essais d’immunothérapie, le traitement expérimental de chimiothérapie injectée directement dans le foie. Mon père détient le record de séances de chimio de Paul-Brousse, et cette « performance » lui arrache un sourire. L’oncologue explique ce qu’il va se passer dans les jours et les semaines à venir : une jaunisse va probablement se déclarer, les organes vont lâcher les uns après les autres, les atteintes neuronales vont se multiplier. Il me glisse : « Il ne passera pas l’été. »
J’insiste, puisqu’il est déjà debout pour nous dire au revoir : « Et maintenant, on fait quoi ? » Et c’est là, à cet instant précis, que la folie commence.
« Il rentre chez lui », répète le médecin. Comme ça, sans rien, ni médicaments ni soins à domicile ? Mon père ne peut quasiment plus se lever ni marcher sans aide, il dort presque toute la journée, il a perdu énormément de poids, son ventre est gonflé par l’eau car les reins ne font plus leur travail, il manifeste des signes de confusion, s’emmêle dans les jours et les dates. L’oncologue finit par proposer une consultation par téléphone quinze jours plus tard. « En cas de problème, appelez les #urgences. »
▻https://justpaste.it/6l32s
edit par chance, Godard était suisse et pas fauché
Les folles économies de la famille Ciotti au détriment de la Sécurité sociale
▻https://www.mediapart.fr/journal/france/160123/les-folles-economies-de-la-famille-ciotti-au-detriment-de-la-securite-soci
Depuis plus de 18 ans, la mère d’Éric Ciotti occupe une place dans un hôpital de la vallée de la Vésubie pourtant réservé à des soins de courte durée. Conséquence : la prise en charge est entièrement assumée par la Sécurité sociale, avec au moins 500 000 euros d’économies à la clé pour la famille Ciotti. Le nouveau patron des Républicains n’a pas répondu à nos questions.
Le récit terrorisant correspond peu ou prou a ce que j’ai vécu cet été en accompagnant la fin de vie de mon père. Merci pour la version complète.
« Autant sa maladie a été admirablement traitée, autant sa fin de vie aura été honteusement négligée. »
C’est exactement ce que je ressens aujourd’hui.
ce cas prend place dans les institutions de santé les plus avancés et financés du pays, et dans un milieu très privilégié (entregent, moyens, ils obtiennent d’ailleurs quelques ménagements). c’est d’autant plus effrayant, pour ses proches, soi, n’importe qui.
je regarde les commentaires sur la page du journal. Michel Schneider y est fréquemment accusé d’avoir choisi un « acharnement thérapeutique » qui ne pouvait que mal tourner.
on ferme des lits, des services, des maternités ! l’accompagnement des mourants et les soins palliatifs attendront.
De mauvais traitements dénoncés en Autriche
▻https://www.lessentiel.lu/fr/story/de-mauvais-traitements-denonces-en-autriche-980752325376
Le Défenseur des droits autrichien dénonce dans un rapport les mauvais traitements subis par les résidents d’une maison de retraite en Autriche appartenant au groupe privé français Orpea, déjà au cœur d’un scandale en France.
Le Défenseur des droits autrichien dénonce dans un rapport les mauvais traitements subis par les résidents d’une maison de retraite en Autriche appartenant au groupe privé français Orpea, déjà au cœur d’un scandale en France. « Les résidents souffraient de malnutrition et étaient déshydratés, le soin des plaies était si médiocre qu’une odeur nauséabonde s’en échappait », a décrit sur la radio publique autrichienne Ö1, Bernhard Achitz, le Défenseur des droits.
Il a dénoncé un criant manque de personnel dans cet établissement Orpea, situé à Salzbourg. Le rapport, rédigé après une visite inopinée le 21 avril, relève le cas d’une femme restant au lit toute la journée et souffrant de fortes douleurs. « Lors d’un changement de pansement, une odeur de putréfaction s’échappait de la plaie. On ne lui administrait aucun médicament ». Jugeant sa vie menacée, les rapporteurs ont préconisé son transfert immédiat à l’hôpital où elle est morte peu de temps après.
Dans la tourmente depuis janvier
Le rapport dénonce également le manque de réaction des autorités de la province de Salzbourg. Ce n’est qu’après de multiples avertissements du Défenseur des droits qu’elles ont décidé de prendre des mesures, dénonce-t-il. Dans un communiqué publié jeudi soir, le groupe privé français Orpea a exprimé « son profond regret aux familles concernées » et a assuré « tout » mettre « en œuvre pour comprendre et prendre des mesures correctives ». Le groupe a diligenté un audit, confié à une équipe chargée de produire un rapport « dans les plus brefs délais ».
Présent dans 23 pays, Orpea est plongé dans la tourmente depuis la publication en janvier d’un livre-enquête intitulé « Les Fossoyeurs », dénonçant ses pratiques en France. Soupçonné de maltraitance institutionnelle et d’infractions financières, il y fait l’objet d’une enquête judiciaire.
#or_gris #orpea #Autriche #ehpad #vielles #vieux #korian #retraite #vieillesse #fin_de_vie #hospice #civilisation #capitalisme #maisons_de_retraite #maltraitance
Ubisoft shuts down online services for over 90 older titles
▻https://www.gamedeveloper.com/business/ubisoft-shuts-down-online-services-for-over-90-older-titles
Ubisoft has switched off the online services for over 90 titles, including multiple entries in the Assassin’s Creed, Far Cry, Rainbow Six, Might & Magic, and Just Dance franchises.
The vast majority of the games affected are older releases for PlayStation 3, Xbox 360, Wii, and Wii U, although there are some that remain available on PC.
Ubisoft explained the online multiplayer services for all of the affected titles have now been shut down, but that all offline features remain available.
[…]
“Unlockable content (ULC) such as maps and skins will also be disabled, meaning that you will no longer be able to unlock them. On PC, ULC will no longer be available even if it has been redeemed previously. On console, the ULC will continue to be available unless you reset your saved game files.”
Avec la fermeture de la partie « en ligne » se pose le problème de la préservation et de l’archivage des jeux vidéo.
#jeu_vidéo #jeux_vidéo #ubisoft #multijoueur #fermeture #service #en_ligne #console_playstation_3 #console_xbox_360 #console_wii #console_wii_u #jeu_vidéo_assassin_s_creed #jeu_vidéo_far_cry #jeu_vidéo_rainbow_six #jeu_vidéo_might_and_magic #jeu_vidéo_just_dance #ubisoft_connect #fermeture #abandon #fin_de_vie
Comment Françoise Dorin a souffert le martyre avant de mourir dans l’EPHAD le plus cher de France
A la Résidence des Bords de Seine (groupe Orpea) , à Neuilly-sur-Seine, l’hébergement coûte entre 6 000 et 12 000 euros par mois.
Extrait du livre Les Fossoyeurs de Victor Castanet (Fayard) :
"Chaque soir, Jean Piat, aussi faible et âgé qu’il était, venait rendre visite à son grand amour, à « la Dorin ». Un taxi le déposait devant la résidence des Bords de Seine. Un déambulateur l’attendait derrière l’accueil pour prendre le relais de cette canne qui ne le portait plus. Il se rendait à pas lents à la chambre de sa bien-aimée et y restait des heures durant, jusqu’après la fermeture de l’accueil et l’arrivée de l’équipe de nuit. Il lui prenait la main et écoutait sa respiration, à défaut d’autre chose ; ses mots, après s’être désarticulés, étaient devenus des borborygmes. Le Grand Piat veillait sur elle, ne se plaignant jamais de rien, ayant un mot pour tous, un sourire pour chacun. (…)
(…) Françoise Dorin a été admise aux Bords de Seine le 24 octobre 2017. Si elle souffrait de troubles cognitifs importants, elle se portait bien physiquement, affichant même un léger embonpoint. Le 12 janvier 2018, soit deux mois et demi plus tard, elle décédera des suites d’un choc septique causé par la dégénérescence d’une escarre. (...)
Une aide-soignante qui passe chaque jour faire la toilette de Françoise Dorin remarque, deux semaines après son admission, l’apparition de rougeurs sur la peau fragile de la résidente et le signale à Amandine [un pseudonyme, à sa demande], la maîtresse de maison [membre du personnel], qui préconise alors l’installation d’un matelas « anti-escarre ». Nous sommes aux alentours du 14 novembre 2017. (…)
[La résidence n’ayant pas de matelas de ce type en stock, il faut attendre quarante-huit heures de plus pour en obtenir un et l’installer.]
Le lendemain de sa mise en place, l’équipe du week-end du deuxième étage, composée d’une maîtresse de maison et d’un infirmier, entre dans la chambre de Mme Dorin et se rend compte que le matelas livré est défectueux. C’est Amandine elle-même (…) qui me fera cette révélation (…) : « Ça bipait dans tous les sens ! Le matelas n’avait pas gonflé. La pauvre Mme Dorin était allongée sur de la ferraille. »
(…) En parallèle, l’état de son escarre, qui se situe au niveau du sacrum, se détériore d’heure en heure ; la plaie devient de plus en plus profonde. Pourtant, durant plus de dix jours, personne aux Bords de Seine ne prendra la peine d’en informer la famille. C’est pourtant une procédure des plus élémentaires. (…)
Vis-à-vis de la famille, c’est le black-out le plus total. Personne ne les tient au courant de l’évolution de l’escarre. Alors même que, chaque jour, l’un d’entre eux est présent à la résidence, que ce soit Thomas et sa compagne, son frère Julien, ou l’ancienne aide à domicile de Françoise Dorin. Sans parler de Jean Piat, qui continue de se rendre tous les jours à la résidence, entre 17 heures et 21 heures, qu’il vente ou qu’il pleuve.
(...)
Les jours passent, et le mal devient de plus en plus profond. Le 27 décembre, Françoise Dorin est envoyée par l’équipe médicale des Bords de Seine à l’hôpital Beaujon pour valider la pose d’un pansement VAC, un dispositif qui aspire les impuretés d’une plaie pendant plus d’une heure et nécessite l’intervention d’une infirmière extérieure à l’Ehpad. Sa fille, Sylvie Mitsinkidès, assiste au rendez-vous médical.
Ce qu’elle découvre, ce matin-là, la marquera à vie : « L’infirmière de l’hôpital Beaujon soulève le drap, et là, je vois un trou béant, au niveau du sacrum, plus gros que mon poing. C’était terrible. » (…) Même l’infirmière aura un mouvement de recul. (...)
A son retour aux Bords de Seine, il ne reste plus que deux semaines à vivre à Françoise Dorin. (…) Le 12 janvier, elle décède, après des semaines de souffrances indicibles, à l’âge de 89 ans. Sans un bruit.
Source : ▻http://bernard-gensane.over-blog.com/2022/02/comment-francoise-dorin-a-souffert-le-martyre-avant-de-mo
#Femme #Vielles #ehpad #orpea #france #or_gris #santé #korian #vieux #retraite #fin_de_vie #ephad #vieillesse #hospice #civilisation #ars #maisons_de_retraite #maltraitance #psychiatrie #maison_de_retraite
Assassiner ce qui vous rapporte de l’argent (beaucoup d’argent).
Parfaite illustration de ce à quoi aboutit le #capitalisme.
Vous êtes concernés.
Le peuple suisse a refusé dimanche par 54,6% le paquet d’aide de 151 millions de francs par an pour soutenir les médias. Un fossé s’est dessiné entre la Suisse romande et alémanique.
Source ▻https://www.rts.ch/info/suisse/12863242-les-medias-ne-seront-pas-davantage-soutenus-en-suisse.html
NDR Normal, vu le très sale travail des médias et journalistes, en Suisse comme ailleurs.
Suisse : Un « dimanche noir » pour la presse après le rejet de l’aide aux médias
▻https://www.rts.ch/info/suisse/12864669-un-dimanche-noir-pour-la-presse-apres-le-rejet-de-laide-aux-medias.html
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Cette défiance populaire au plan national vient en partie de la crise liée au Covid-19. « Des voix reprochent aux médias d’être les porte-parole trop dociles des autorités ». Dans ce contexte, « les opposants à la loi ont eu beau jeu de prétendre que l’argent de la Confédération irait engraisser des grands groupes de presse qui n’en ont pas besoin ».
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Dans l’enfer des maisons de retraite Les pieds sur terre
▻https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/dans-lenfer-des-maisons-de-retraite
Témoignages sur les conditions de vie et de travail dans des maisons de retraite françaises.
Jérôme, 45 ans, travaille comme aide médico-psychologique dans des maisons de retraites en Ile de France. Il est en charge plus particulièrement des malades d’Alzheimer. Dans une maison de retraite du groupe Orpea, l’un des leaders, avec Korian, dans ce domaine, il avait 16 personnes à sa charge. Un travail impossible sans maltraiter les patients.
▻https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10078-14.09.2017-ITEMA_21434302-0.mp3
La mère de Frédéric est en maison de retraite depuis 12 ans, dans la région de Marseille. Depuis 2 ans, le groupe Orpéa a pris la tête de l’établissement et les problèmes se multiplient.
Reportage : Pascale Pascariello
Réalisation : Jean-Christophe Francis
Production Sonia Kronlund
Avec la collaboration de Sandrine Chapron
Production déléguée Elise Andrieu, Charlotte Bienaimé, Delphine Dhilly, Leila Djitli, Rémi Dybowski Douat, Sophie Knapp, Inès Léraud, Bahar Makooi, Pauline Maucort, Olivier Minot, Ilana Navaro, Delphine Saltel, Pascale Pascariello, Stéphanie Thomas, Valérie Borst, Léa Veinstein, Martine Abat, Adila Bennedjaï-Zou, Judith Chetrit, Léa Minod
Réalisation Vincent Abouchar, Philippe Baudouin, Emmanuel Geoffroy, Cécile Laffon, Alexandra Malka, François Caunac
#ephad #Radio #france #vieilles #vieux #ehpad #santé #vieillesse #hospice #fin_de_vie #capitalisme #gestion #civilisation #or_gris