• Les capitalistes ont peur Chris Hedges - 18 Sep 2019 - Investigaction

    Quand les grands patrons des États-Unis signent une charte sur la bonne gouvernance et promettent un avenir meilleur, Chris Hedges nous rappelle ce qu’est le capitalisme. C’est clair, net, précis et ça montre à quel point ces grands patrons débordent d’hypocrisie. Mais cela montre aussi à quel point ils ont peur et tentent par tous les moyens de redorer un blason qui ne fait plus illusion. (IGA)

    Les capitalistes cherchent à maximiser les profits et à réduire le coût du travail. Cela résume la base du capitalisme. Il est défini par ces objectifs immuables. Il ne s’agit pas de démocratie. Il ne s’agit pas, comme certains l’affirment, de créer de la richesse pour la classe ouvrière. Cela n’a rien à voir avec la liberté non plus. Dans les grandes entreprises en particulier, les capitalistes sont remplacés quand ils ne sont pas en mesure d’augmenter les profits et de réduire les coûts de la main-d’œuvre à coups de licenciements, de réductions salariales, de destruction des syndicats, de délocalisations, de sous-traitance ou d’automatisation des emplois. L’éthique personnelle est hors sujet. Le capitalisme est juste une histoire d’acquisition et d’exploitation.

    Les capitalistes poussent le vice jusqu’à l’absurde dès lors qu’il leur faut mentir sur la vraie nature du capitalisme. Dernièrement, la Business Roundtable a publié une nouvelle version des Principes de la bonne gouvernance d’entreprise. Le document est signé par 181 PDG très importants, notamment les directeurs d’Amazon, de General Motors et de Chevron qui, tous les trois, n’ont payé aucun impôt fédéral sur le revenu en 2018. Cette déclaration apparait comme un double discours digne des pires régimes totalitaires du 20e siècle.

    Si maximiser les profits implique de transformer les océans en zones mortes, d’emplir l’atmosphère d’émissions de carbone et de toxines qui rendent le climat invivable pour les humains, d’injecter des produits chimiques et des déchets dans le sol, l’eau, l’air et les réserves alimentaires en s’assurant ainsi que le cancer devienne épidémique ; si ça implique également d’acheter des responsables élus et des juges pour servir les intérêts exclusifs du capital, de privatiser les services sociaux, y compris les soins de santé, le transport, l’éducation et tous les services publics de manière générale ; si ça implique d’arnaquer le public, eh bien, c’est le prix des affaires.

    Si réduire le coût de la main-d’œuvre implique de contraindre les travailleurs à rester désorganisés, si ça implique d’abolir les réglementations relatives au travail, à la santé et à la sécurité, s’il s’agit de délocaliser l’industrie dans des pays où les travailleurs triment comme des serfs du 19e siècle, si ça implique de supprimer chez nous des salaires et de contraindre des populations appauvries à la servitude de la dette, eh bien, c’est le prix des affaires.

    Ce n’est pas un hasard si les États-Unis connaissent aujourd’hui la pire inégalité de revenus depuis les années 1920. Cela a été conçu par la classe capitaliste. Mais ce que nous révèle la déclaration de la Business Roundtable, c’est que les capitalistes ont peur d’être démasqués. Un capitalisme libéré de toute contrainte extérieure et interne va piller et exploiter une population captive jusqu’à ce qu’elle se lève avec fureur. C’est cette éruption que les capitalistes d’aujourd’hui craignent.

    Le capitalisme, parce qu’il est une force tellement destructrice sur le plan social, sature le paysage médiatique de publicités visant à désinformer et à manipuler l’opinion publique. Il utilise ses immenses richesses pour acheter la presse, domestiquer les universités, les organisations à but non lucratif et les groupes de réflexion. Il utilise aussi ses richesses pour diaboliser et museler ses détracteurs. Il finance des pseudo-intellectuels et des pseudo-économistes qui propagent inlassablement l’idéologie du néolibéralisme, cette croyance selon laquelle le transfert des richesses entre les mains des oligarques au pouvoir serait bénéfique pour la société. Le capitalisme forme des monopoles mondiaux qui s’attaquent au public. Dans sa quête de profit, il mène des guerres sans fin. Il associe l’agitation anticapitaliste au terrorisme. Concrètement, cela implique que toute personne aux États-Unis qui filme ou photographie la sauvagerie et la cruauté de l’agriculture industrielle – l’une des principales causes d’émissions de carbone – peut être accusée de terrorisme. Et lorsque ses systèmes pyramidaux, ses fraudes et ses bulles financières éclatent, le capitalisme pille le trésor national et laisse la facture aux contribuables. (Lors de la crise économique étasunienne de 2008, les sociétés ont englouti 4 600 milliards de dollars d’argent public.)

    Le capitalisme, comme l’a compris Karl Marx, est une force révolutionnaire s’il n’est ni réglementé ni entravé. Il crée d’abord une économie mafieuse, comme l’a écrit Karl Polanyi, puis un gouvernement mafieux. C’est la cupidité de la classe capitaliste qui a transformé nos villes en ruines et qui a appauvri plus de la moitié du pays. C’est l’avidité de la classe capitaliste qui nous a mis sur la voie de l’écocide. C’est la cupidité de la classe capitaliste qui a créé les mécanismes de répression interne, y compris une police qui fonctionne comme des unités de voyous paramilitaires dans nos propres colonies intérieures, la surveillance de masse du public, un vaste système d’incarcération massive, sans oublier des agences comme la NSA, la Sécurité intérieure et le FBI qui espionnent le public pour contrecarrer toute résistance. C’est encore la cupidité de la classe capitaliste qui a démantelé les institutions démocratiques des États-Unis. C’est toujours l’avidité de la classe capitaliste qui nous a donné Donald Trump. Ce dédain marqué pour le bien commun et la démocratie font de ces capitalistes des traitres.

    Jamie Dimon, PDG de JP Morgan Chase et président de la Business Roundtable, a reconnu dans le communiqué de presse contenant la « Déclaration sur l’objectif d’une société » que « le rêve américain est vivant, mais en train de s’effriter« . Il nous a cependant assuré que « les grands employeurs investissent dans leurs travailleurs et leurs communautés, car ils savent que c’est le seul moyen de réussir à long terme. Ces principes modernisés reflètent l’engagement indéfectible du monde des affaires de continuer à faire pression pour une économie au service de tous les Américains. »

    Alex Gorsky, président du conseil d’administration et PDG de Johnson & Johnson, mais aussi président du comité de gouvernance d’entreprise de la Business Roundtable, a ajouté de son côté que la déclaration « affirme le rôle essentiel que les entreprises peuvent jouer pour améliorer notre société« .

    Darren Walker, président de la Fondation Ford, a qualifié la déclaration de « formidable nouvelle » et a dit que cela « se traduirait par une prospérité partagée et durable tant pour les entreprises que pour la société« .

    Les passages sentencieux et autosatisfaits de la déclaration peuvent être résumés par ses premiers paragraphes :

    « Les Américains méritent une économie qui permette à chaque personne de réussir grâce au travail acharné et à la créativité, une économie qui permette de mener une vie remplie de sens et de dignité. Nous pensons que le système de libre marché est le meilleur moyen de créer de bons emplois, une économie forte et durable, l’innovation, un environnement sain et des perspectives économiques pour tous.

    Les entreprises jouent un rôle vital dans l’économie en créant des emplois, en encourageant l’innovation et en fournissant des biens et des services essentiels. Les entreprises fabriquent et vendent des produits de consommation ; fabriquent du matériel et des véhicules ; soutiennent la défense nationale ; cultivent et produisent de la nourriture ; fournissent des soins de santé ; génèrent et délivrent de l’énergie ; et offrent des services financiers, de communication et autres qui sous-tendent la croissance économique. »

    Des capitalistes tels que Dimon (valeur nette de 1,4 milliard de dollars) et Gorsky devraient être en prison dans une démocratie qui fonctionne. La société du premier a payé plus d’amendes réglementaires qu’aucune autre en Amérique. Celle de Gorsky a été chargée d’aider à alimenter la crise des opioïdes en Oklahoma pour se voir ensuite condamnée par un tribunal à verser 572 millions de dollars à cet État. Johnson & Johnson, Purdue Pharma, Pfizer et McKesson sont responsables de la mort de plusieurs milliers d’Américains. Selon le gouvernement fédéral, plus de 130 personnes sont décédées chaque jour en 2016 et 2017 aux États-Unis à la suite d’overdoses liées aux opioïdes.

    Les crimes financiers de Dimon sont à eux seuls assez nombreux et notoires. Ils comprennent notamment la souscription de titres frauduleux dans les années qui ont précédé le krach financier de 2008, la surfacturation à des membres de l’armée de prêts hypothécaires et d’opérations de refinancements hypothécaires, la surfacturation de frais de découvert, la manipulation d’offres sur les marchés de l’électricité en Californie et dans le Midwest, la surfacturation d’assurances contre les inondations, la facturation de services inexistants de surveillance de cartes de crédit, la pratique de taux et de commissions hypothécaires plus chers pour les minorités que pour les emprunteurs blancs, ou encore le non-paiement des heures supplémentaires aux travailleurs de l’entreprise.

    Alors, que penser de cette déclaration – qui ne vaut pas mieux que celles d’Al Capone soulignant que la mafia dirigeait une œuvre de bienfaisance à Chicago ?

    Cette déclaration nous montre que les capitalistes prennent peur. Ils savent que l’idéologie dominante du néolibéralisme n’a plus de crédibilité. Ses mensonges ont été révélés. Ils savent que les institutions au pouvoir, y compris les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, ne fonctionnent plus et sont méprisés. Ils savent que les médias, Wall Street et les grandes banques ont perdu la confiance du public et sont détestés. Ils savent que le système de justice pénale, qui criminalise la pauvreté et légalise la fraude dans les entreprises, est une imposture. Ils savent que l’ascenseur social est une farce. Et surtout, ils savent que le système financier, bâti sur l’échafaudage de milliards de dollars que le gouvernement leur a prêtés à des taux d’intérêt minimes, n’est pas viable et déclenchera une autre récession, voire une dépression. Ils savent aussi qu’ils sont responsables de tout ça.

    Les capitalistes sont déterminés à protéger leurs richesses. Ils sont déterminés et probablement capables d’empêcher les candidates de gauche, Elizabeth Warren et Bernie Sanders, d’obtenir la candidature démocrate pour la présidence. Mais ils sont également conscients que les politiciens tels que Hillary Clinton, Nancy Pelosi, Chuck Schumer et Joe Biden, qui ont passé leur carrière au service du pouvoir des entreprises, sont de plus en plus difficiles à vendre à l’électorat. Les mensonges et l’hypocrisie du Parti démocrate apparaissent comme évidents avec la présidence de Barack Obama, qui s’était présenté comme un outsider et un réformateur à la suite de la crise financière de 2008. Obama – que Cornel West a qualifié de « mascotte noire de Wall Street » – a trahi de façon flagrante la base du parti. Les mesures qu’il a prises, ainsi que Clinton et d’autres dirigeants démocrates après la débâcle financière de 2008, ont ouvert la porte au démagogue Donald Trump. Bien qu’il fût un escroc et un menteur invétéré, Trump a été assez astucieux pour dire aux électeurs, en particulier ceux de la classe ouvrière blanche, ce qu’ils voulaient entendre.

    La déclaration du mois d’août de la Business Roundtable est une tentative pathétique de redéfinir les rôles que doivent tenir les capitalistes dans la société, une tentative de donner à ces escrocs professionnels un visage plus gentil. Ça ne marchera pas. Les capitalistes ont le pouvoir de détruire, mais plus celui de créer. De leur incessante et inarrêtable campagne de destruction émergeront des troubles sociaux qu’ils craignent tant, mais aussi des monstruosités plus terrifiantes encore que Donald Trump.

    Source : Truthdig - https://www.truthdig.com/articles/the-capitalists-are-afraid
    & https://www.investigaction.net/fr/les-capitalistes-ont-peur
    Traduit de l’anglais par Investig’Action

    #idéologie #capitalisme #néolibéralisme #profits #idéologie #Démocratie #finances #multi_nationales #business_roundtable #mafia #écocide

  • A écouter : Eléments exceptionnels, Education four many (Décathlon) - Leurs Bons Calculs Economiques
    L’émission d’Aout 2019

    => https://www.campuslille.com/index.php/entry/elements-exceptionnels-education-four-many-decathlon-leurs-bons-calculs

    – Les résultats de notre grande famille ... au moins en Belgique (sans surprise, les valorisations continuent de grimper).

    La famille mulliez toujours en seconde position des grandes fortunes françaises.

    Simofac 2 273 millions d’euros de fonds propres.
    Valores 3 378 millions d’euros de fonds propres.
    Acante 4 895 millions d’euros de fonds propres, dette zéro.
    Le tout en valeur faciale, donc moins élevée qu’en valeur réelle, et ce n’est qu’une petite partie du groupe.

    – Leclerc (Decathlon), au Luxembourg : Association familiale d’investisseurs responsables, qui investissent beaucoup.
    Création de la société « Education four many » (Education pour beaucoup) 176 millions d euros
    Petite affaire à suivre, et on la suivra.

    – Patrick Mulliez (de Néchin Estaimpuis), Ganymed 1 500 millions d’euros d’immobilisation
    BPCA . . . . . . 1,86 milliard d’euros, contre 1,76 milliard . . . . . . . . . . . .

    – Ont publié leurs comptes :
    Carrefour : la glissade continue en bourse, malgré le super plan stratégique.
    Casino et ses super plans stratégiques : Idem. Le plan rocade est lancé. Fermeture, vente des magasins, accords avec Amazon, . . . . Le green Yelow.

    – Baisse de la consommation : Grillades et vins rosés séduisent moins cet été.
    De mi-avril à mi-juillet, la consommation de vins rosés a chuté de 8,9% par rapport à l’année dernière . . . . LE LIEN

    – Les bonnes nouvelles fusent :
    Coca Cola chute des bénéfices de 14% LE LIEN
    McDonald’s jusque 30% de baisse des bénéfices aux USA. LE LIEN
    Mosanto, maitre des OGM et des pesticides enregistre des pertes encore plus lourdes que prévues. LE LIEN
    Amazon des pertes record. LE LIEN
    Plus d’un français sur 2 change ses habitudes en tenant compte de l’environnement et de l’éthique. LE LIEN

    La nouvelle norme comptable sur les contrats de location qui ruisselle : IFRS 16 LE LIEN

    La holding d’Auchan essuie une perte nette de 1,5 milliard d’euros au premier semestre 2019.
    C’est confirmé : après une perte de 1,1 milliard d’euros en 2018, le groupe a dévoilé vendredi une nouvelle perte nette de 1,4 milliard pour le seul premier semestre 2019.

    #mulliez #auchan #décathlon #économie #finances #Benoit_Boussemart

  • «On a créé des ghettos de vieux riches» : en #Bretagne, les habitants ne font pas de quartier avec les #résidences_secondaires
    https://www.francetvinfo.fr/economie/immobilier/prix-immobilier/on-a-cree-des-ghettos-de-vieux-riches-en-bretagne-les-habitants-ne-font

    Mi-avril, des tags contre les résidences secondaires ont recouvert les murs de treize communes bretonnes. Certains habitants sont vent debout contre ces nouveaux voisins qui font grimper les prix de l’#immobilier. Reportage sur la presqu’île de Rhuys, dans le Morbihan.

    #démographie #finances_locales #vieillissement #tourisme #cohésion_sociale #aménagement_du_territoire #urbanisme #littoral

  • L’État dépassé par le développement de la #délinquance_financière
    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/l-etat-depasse-par-le-developpement-de-la-delinquance-financiere-20190328

    Dans ce contexte, la baisse des moyens alloués à ce combat se fait durement sentir. La Direction générale des #finances_publiques (#DGFIP) a notamment dû faire face à une diminution de ses #effectifs de 12% entre 2012 et 2016, et les différentes agences impliquées souffrent parallèlement d’un sous-investissement, par exemple dans leurs systèmes d’information, datés. La détérioration des conditions de travail a plusieurs effets néfastes, sur le court terme comme sur le long terme. Aujourd’hui, la « filière ‘écofi’ est en crise », les enquêtes sont trop longues, la justice trop lente et les recouvrements baissent, faute de #personnel.

    [...]

    « La politique publique risque la thrombose », avertissent les deux élus, qui formulent donc vingt-cinq propositions pour rattraper le retard pris dans la lutte contre la délinquance financière. Si certaines sont relativement simples à mettre en place, comme le renforcement des « effectifs des services de police spécialisés » ou du parquet national financier, d’autres sont de véritables casse-têtes, et nécessitent de profondes réorganisations. Le rapport recommande notamment de préciser les contours des missions de certaines institutions, comme l’Agence française #anticorruption, et conseille vivement de simplifier le dispositif en place, trop lourd et inefficace.

    Sans ces modifications, ainsi qu’une véritable « politique interministérielle de lutte contre la #délinquance_économique et financière », reposant par exemple sur la création d’un délégué interministériel chargé de ce dossier, l’engorgement des différents canaux ne pourra qu’empirer. « Quand on voit les sommes en jeu, la faiblesse des #moyens alloués en dépit de la rentabilité de l’action des services, on peut s’interroger ! », s’est exclamé l’insoumis Ugo Bernalicis sur Twitter, évaluant le manque à gagner pour l’État « entre 8 et 10 milliards d’euros ».

  • La jeunesse contre le vieux monde Yann FIEVET - 30 Mars 2019 - Le Grand Soir
    https://www.legrandsoir.info/la-jeunesse-contre-le-vieux-monde.html

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    Et, le vieux monde partout résiste. L’université PSL-Paris-Dauphine va ouvrir en septembre prochain une licence consacrée au développement durable qui sera intégralement soutenue par un « mécène » unique, BNP-Paribas. Le montant de la convention qui courra sur cinq ans n’est pas mince : près de 8 millions d’euros.

    Cette formation a été mise sur pied en un temps record, dit-on à Paris-Dauphine, afin de « répondre à l’urgence du défi climatique ». Elle accueillera trente étudiants. Cette entreprise ne se déroule pas sans remous : un collectif d’étudiants, baptisé « PSL contre-attaque », s’est créé illico. Il entend dénoncer les termes du partenariat pour le moins opaques. La forte intervention d’entreprises privées dans des formations qui vont dans leur intérêt, puisqu’elles vont pouvoir recruter ceux qui auront été formés grâce à elles, est pour le moins dérangeante. BNP Paribas tente, ici comme ailleurs, d’afficher un visage éco-friendly. Le collectif n’entend pas aider la banque à reverdir son image, elle qui continue de financé massivement les énergies polluantes. cette histoire montre aussi à quel point PSL fait fi de la démocratie. « Nous n’avons aucune information sur le contenu précis des cours qui seront dispensés ». Les inscriptions ont démarré comme prévu le 6 mars mais Pour le moment, en raison du climat de tensions, le nom des professeurs qui enseigneront dans cette licence est tenu secret, tout comme le contenu précis du cursus. ce qui choque particulièrement les opposants à ce projet est qu’il cristallise toutes les évolutions et les dangers qui guettent l’université française. Une enseignante à Dauphine, membre du comité de lutte, résume le sentiment général : « Cette licence financée par BNP est le cheval de Troie d’une série à venir.

    L’État ne paye plus, donc le privé vient à la rescousse. On est obligés de se conformer à leurs conditions. C’est effrayant. » Sur le plan philosophique, les opposants dénoncent la « marchandisation du savoir ». Certes, ces mécénats ne sont pas nouveaux, diverses universités agissent ainsi, mais « c’est la première fois qu’un cursus de licence est financé par un mécène unique. »

    On le comprend, les plus grands profiteurs des règles régissant le vieux monde ne vont pas se laisser déposséder facilement de leur pactole. En cela la question n’est pas que climatique. Elle est tout autant sociale et politique. Aux jeunes générations il incombe ainsi de joindre au combat pour la justice climatique le combat pour la justice sociale. C’est bien dans cette jonction impérative que vont résider les combats politiques à venir.

    #université #climat #Paris-Dauphine #BNP-Paribas #green_washing #privatisation #marchandisation #PSL-Paris-Dauphine #mécénat #banque #finances

    • Le vieux monde n’en finit pas de s’accrocher à ses vieilles lunes, celles qui ont fait un temps sa fortune mais le poussent désormais vers un abîme insondable. Le vieux monde ici désigné est celui qui croit mordicus que son avenir réside toujours dans les feux ardents d’une Croissance infinie quand la plupart des ressources disponibles sont finies. Il s’agit du monde des « pays avancés », celui des économistes orthodoxes qui ne jurent que par l’extension des marchés pour l’avènement prochain du Marché total quel qu’en soit le coût social et environnemental. C’est aussi celui de tous ceux qui suivent aveuglément cette dévorante folie. Malgré les nombreuses et pertinentes dénonciations de ce monde sans cesse maladroitement ripoliné les inégalités sociales criantes y persistent ou y prospèrent. De COP en COP le péril climatique grandit. Cependant, 2019 pourrait marquer un tournant : voilà que la jeunesse semble vouloir se dresser contre l’incurie générale. Une poussée inattendue mais probablement pas sporadique.

      La jeunesse, dit-on, est le temps de toutes les impatiences. Pourtant, devant la vitrine rutilante dressée par la société consommationiste et habilement promue par la propagande publicitaire il pouvait sembler que les impatiences juvéniles étaient opportunément contenues ou détournées vers des fins ludiques ou bassement mercantiles.
      . . . . . .
      Le début de l’article.

  • Allègements décidés par le législateur : les compensations aux collectivités se réduisent comme peau de chagrin
    https://www.banquedesterritoires.fr/allegements-decides-par-le-legislateur-les-compensations-aux-co

    Les #compensations versées par l’État aux #collectivités_territoriales pour les #exonérations d’#impôts_locaux décidées par la loi dépassent, cette année, les 2 milliards d’euros. Cette coquette somme est pourtant loin de couvrir le manque à gagner que le secteur public local a à déplorer. Un rapport de Bercy, auquel Localtis a eu accès, fait le point.

    #finances_locales

  • En 2018, les collectivités ont une nouvelle fois été les bons élèves des #finances_publiques
    https://www.banquedesterritoires.fr/en-2018-les-collectivites-ont-une-nouvelle-fois-ete-les-bons-el

    En 2018, les #collectivités_territoriales ont serré la vis de leurs dépenses de fonctionnement, un succès que le ministre de l’Action et des Comptes publics attribue aux contrats financiers que l’exécutif a signés au premier semestre de l’année dernière avec 228 des plus grandes entités du secteur public local.
    L’an dernier, les collectivités territoriales ont augmenté leurs dépenses de fonctionnement de 0,7% en moyenne, a indiqué Gérald Darmanin, mercredi 20 février, devant la commission des finances de l’Assemblée nationale, puis le lendemain devant celle du Sénat. Compte tenu de l’inflation en 2018, les dépenses de fonctionnement des collectivités locales ont baissé, d’après ces chiffres qui sont encore provisoires. Les collectivités territoriales « tiennent les comptes publics », s’est félicité l’hôte de Bercy, qui présentait le bilan de l’exécution du budget de l’Etat en 2018.
    Les collectivités ayant signé un contrat limitant leurs dépenses de fonctionnement sur une période de trois ans ont fait mieux que les autres, puisqu’elles ont augmenté leurs dépenses de fonctionnement de seulement 0,3% en moyenne l’an dernier. « Nous sommes largement en dessous du [plafond de] 1,2% » fixé par la loi, s’est félicité le ministre.

  • #Gilets_jaunes : au moins 20 à 25 millions d’euros de dégâts pour les grandes municipalités | Public Senat
    https://www.publicsenat.fr/article/politique/gilets-jaunes-au-moins-20-a-25-millions-d-euros-de-degats-pour-les-grand

    Pour plusieurs grandes villes, le total de la note à régler par les municipalités avoisine ou dépasse le million d’euros, pour chacune d’entre elles : c’est le cas de Saint-Étienne, de Rennes, de Dijon, ou encore de Rouen. À Toulouse, les chiffres sont encore plus importants : 5 millions d’euros de destructions, sans tenir compte du dernier samedi. La capitale, où les cortèges ont été souvent les plus fournis, est de loin la ville où la note flambe le plus : « de 13 à 18 millions d’euros »

    #finances_publiques_locales

    • +----------+---------------------------+------------------------------------------------+
      | Commune  | Dégâts (milliers d'euros) | Part des dépenses d'investissement de 2017 (%) |
      +----------+---------------------------+------------------------------------------------+
      | Toulouse | 5 000                     | 3,72                                           |
      | Paris    | 18 000                    | 0,90                                           |
      | Rouen    | 1 000                     | 2,02                                           |
      +----------+---------------------------+------------------------------------------------+

  • L’État coule le #transport_fluvial
    https://reporterre.net/L-Etat-coule-le-transport-fluvial

    C’est la première fois que le vote annuel du budget de Voies navigables de France (#VNF, cet établissement public à caractère administratif gère et exploite le réseau fluvial français) soulève une telle tempête. Tous les membres du conseil d’administration, parmi lesquels Transport et logistique de France (#TLF, la première organisation professionnelle représentative des métiers du transport) et #France_Nature_Environnement, s’opposent farouchement à l’#État. Au point d’avoir tous signé le 20 décembre un communiqué de presse intitulé « Les #voies_navigables lâchées par le gouvernement ». Une manifestation de colère inédite dans le petit monde du transport #fluvial.

    explications...

  • #Finances_publiques | Où réduire le poids de la #dépense_publique ? | France Stratégie
    https://www.strategie.gouv.fr/publications/reduire-poids-de-depense-publique

    Baisser structurellement le poids des dépenses publiques de 3 points de PIB est un objectif ambitieux. L’atteindre de façon réaliste tout en préservant certains postes prioritaires supposerait de consentir aussi des efforts sur les #dépenses_sociales.

    Synthèse de la note : https://www.banquedesterritoires.fr/depense-publique-ou-faire-des-economies

    Avec un niveau de dépense publique équivalent à 56,5% de son produit intérieur brut en 2017, la France fait figure de championne d’Europe et le gouvernement s’est en effet fixé pour objectif une baisse de 3 points d’ici 2022 - ce qui représente 65 à 70 milliards d’euros. France Stratégie rappelle que ce niveau « s’explique d’abord par des choix collectifs », que ce soit en matière de système de retraite, de dépenses de santé et d’éducation ou d’aides sociales en sens large. Mais s’expliquent aussi par des postes de dépenses pas réellement choisis… à commencer par le poids des dépenses de fonctionnement « de nos administrations centrales ou locales ». La note évoque ainsi, côté collectivités locales, des « dépenses dites d’administration générale » en hausse d’environ « 1,2% par an » depuis 2009, du fait principalement de la progression de la masse salariale.
    Toutefois, relève France Stratégie de façon plus originale, « l’excès du poids » de ces dépenses de fonctionnement est « sans doute surestimé ». A contrario, « notre propension à soutenir l’économie marchande via de nombreuses et diverses subventions est peut-être moins connue, et à coup sûr sous-estimée ».

    Suivi d’un encadré sur la position du président de la Cour des Comptes :

    […] « Nous sommes conscients que les choix à faire et les arbitrages à rendre sont difficiles », a reconnu Didier Migaud lors de l’audience solennelle de rentrée de la Cour, en présence du Premier ministre, Édouard Philippe. Mais « il reste possible de répondre aux attentes qui se sont exprimées sans renoncer aux engagements pris devant les Français et sans renoncer à l’effort de redressement des comptes publics », a-t-il poursuivi.
    Selon lui, « des efforts ont incontestablement été réalisés ces dernières années » qui ont permis de réduire « de façon ininterrompue » le déficit. Pourtant « ces efforts de redressement semblent marquer le pas », a-t-il regretté. « La conséquence de cette situation, nous la connaissons : notre pays ne parvient pas à stabiliser sa dette publique », proche de « la barre symbolique des 100% de notre produit intérieur brut », a-t-il souligné.
    […] « La fin d’année 2018 a conduit à des attentes très fortes à l’égard de l’État », a souligné Didier Migaud. Mais « les circonstances actuelles imposent non pas de freiner mais d’accélérer » la « transformation de l’action publique », a-t-il dit. « Du côté des recettes, des marges existent, en remettant par exemple à plat les trop nombreuses niches fiscales et sociales qui grèvent nos ressources » et « nuisent à l’équité du prélèvement à l’impôt », a-t-il estimé. Quant aux dépenses, des améliorations sont possibles, en accélérant « la transition numérique des services publics » et en réduisant « les effets d’aubaine induits par certains transferts sociaux », a-t-il conclu.

  • Le gouvernement envisage de réduire le budget de protection de la #biodiversité
    https://reporterre.net/Le-gouvernement-envisage-de-reduire-le-budget-de-protection-de-la-biodiv

    Alors que Nicolas Hulot doit annoncer ce mercredi son « Plan biodiversité », un #rapport publié début juin relève le fossés entre les objectifs de préservation de la biodiversité fixés par l’État et les moyens qui lui sont alloués… avant de recommander de revoir à la baisse ces objectifs, de mutualiser les établissements et de supprimer des postes.

    #finances_de_l'État #ddtm #dreal #afb #Action_publique_2022 #comptes_publics #police_de_l'environnement #parcs_nationaux

  • A Marseille, la vie de château du directeur des services
    https://www.mediapart.fr/journal/france/280318/marseille-la-vie-de-chateau-du-directeur-des-services

    Le logement de fonction du DGS se situe dans les dépendances à gauche du château Borély. © LF À Marseille, où le parquet national financier enquête sur le fonctionnement de plusieurs services municipaux, le directeur général des services a disposé pendant 19 ans d’une femme de ménage, agent municipal, rémunérée par la Ville.

    #France #finances_publiques #temps_de_travail

  • Why does Putin treat Britain with disdain? He thinks he’s bought it.
    https://www.washingtonpost.com/opinions/global-opinions/why-does-putin-treat-britain-with-disdain-he-thinks-hes-bought-it/2018/03/16/9f66a720-2951-11e8-874b-d517e912f125_story.html

    In her parliamentary statement, the prime minister did leave open the possibility of harsher financial sanctions. But the real question, for Britain — as well as France, Germany and the United States — is whether we are willing to end the financial relationship altogether. We could outlaw tax havens, in the Virgin Islands as well as in Delaware and Nevada; we could make it impossible to buy property anonymously; we could ban Russian companies with dubious origins from our stock exchanges. But that would cost our own financiers and real estate agents, disrupt the discreet flow of cash into the coffers of political parties, deprive the art market of its biggest investors. Does May have the nerve to do that? Do any of us?

    #élites#hypocrisie #finances #système #argent #capitalisme

  • Le Sénat américain relance la #déréglementation bancaire
    https://www.mediapart.fr/journal/international/160318/le-senat-americain-relance-la-dereglementation-bancaire

    Dix ans après le début de la crise financière de 2008, un texte a été adopté qui remet en cause une grande partie de la #réglementation bancaire. « Il y a un sérieux risque de recréer les conditions qui ont conduit à la dernière crise financière », s’alarme l’ancien responsable du Trésor américain.

    #International #Economie #banques #Donald_Trump #Finances #loi_Dodd-Frank #regulation #Wall_Street

  • #Lyon, #Lille, #nantes, #toulouse : qui finance les #transports en commun ? (Mediacités)
    https://www.wereport.fr/articles/lyon-lille-nantes-toulouse%e2%80%af-qui-finance-les-transports-en-commun

    Les prix des billets augmentent régulièrement – comme à Lyon, à partir du 1er mars. Et pourtant ! Nos tickets ne financent qu’une faible part des coûts des réseaux de métros, tramways et bus. Mediacités fait les comptes et ouvre le débat de la #gratuité des #transports_en_commun. Lire la suite sur Mediacités (sur...

    #Articles #Economie #Environnement #Politique #collectivité #finances

  • Un ministre #socialiste portugais : « Pourquoi nous avons mieux rebondi que la #Grèce »
    https://www.mediapart.fr/journal/international/211217/serie-portugal2-pour-le-gouvernement-socialiste-portugais-l-alliance-avec-

    Le ministre adjoint aux finances Mourinho Félix avance les raisons de la reprise portugaise, dans un entretien à Mediapart. Et tente d’expliquer les différences de trajectoire économique entre le #Portugal et la Grèce, alors que Lisbonne vient de prendre la présidence de l’Eurogroupe.

    #International #austérité #croissance #economie #finances_gouvernement #gauche #Mario_Centeno #négociation #Ricardo_Mourinho_Félix #troïka

  • Sommet sur le #Climat : de fort belles affaires sont à venir...
    https://www.mediapart.fr/journal/international/131217/sommet-sur-le-climat-de-fort-belles-affaires-sont-venir

    Le sommet sur le climat, organisé le 12 décembre par #Emmanuel_Macron, a célébré le génie du marché et de la créativité managériale. « La finance est essentielle ; la finance n’est pas l’ennemi », fut comme le slogan de ce Davos du climat.

    #International #Désinvestissement #Energies_fossiles #Finances

  • Sommet sur le #Climat : de forts belles affaires sont à venir...
    https://www.mediapart.fr/journal/international/131217/sommet-sur-le-climat-de-forts-belles-affaires-sont-venir

    Le sommet sur le climat, organisé le 12 décembre par #Emmanuel_Macron, a célébré le génie du marché et de la créativité managériale. « La finance est essentielle ; la finance n’est pas l’ennemi », fut comme le slogan de ce Davos du climat.

    #International #Désinvestissement #Energies_fossiles #Finances

  • #Climat : un sommet pour verdir la finance mondiale
    https://www.mediapart.fr/journal/france/121217/climat-un-sommet-pour-verdir-la-finance-mondiale

    Les dizaines, les centaines voire les mille milliards d’euros promis pour agir contre les dérèglements du climat seront-ils un jour une réalité ? Deux ans après l’Accord de Paris, #Emmanuel_Macron convoque un sommet des financiers et des banques, et espère placer Paris sur la carte mondiale de la finance verte. Dans ce monde ultralibéral, comment débloquer la question de l’argent pour le climat ? Explications.

    #France #énergie #Finances

  • La Caisse des dépôts investit toujours dans les énergies fossiles
    https://www.mediapart.fr/journal/france/111217/la-caisse-des-depots-investit-toujours-dans-les-energies-fossiles

    La finance publique française continue de placer plusieurs milliards d’euros dans le charbon, le pétrole et surtout le gaz, révèle un rapport de l’Observatoire des multinationales et de l’ONG 350 publié lundi 11 décembre, à la veille du « One Planet Summit », le sommet sur le #Climat organisé mardi par le président de la République.

    #France #Caisse_de_sdépôts_et_consignation #Energies_fossiles #Finances