• Présent d’usage : définition, montant et fréquence (et blanchiment pour millionnaires)
    https://www.geretonpatrimoine.fr/present-usage-definition

    Si toi aussi, tu t’inquiètes de savoir si les quarante euros que tu donnes à ton neveu Kevin à Noël risquent d’être requalifiés en donation fiscalisable, sache qu’il existe une exonération appelée « présent d’usage » répondant à des critères stricts, en particulier de proportionnalité à la fortune et aux revenus.

    Ainsi, ne sois pas inquiet, tes quarante euros ne seront probablement pas requalifiés ni fiscalisés car :

    La doctrine et la jurisprudence suggèrent comme repère indicatif environ :
    2 % du patrimoine du donateur
    2,5 % de ses revenus annuels

    Donc si tu gagnes un SMIC net de 1426 euros soit 17112 euros par an, tu peux même aller jusqu’à faire un « présent d’usage » de 427 euros à ton neveu. Chouette !

    Tu verras qu’il existe d’autres critères à respecter mais le plus important à retenir, c’est bien la proportionnalité, car si par le plus heureux des hasard, tu ne gagne pas le SMIC mais un peu plus, par exemple des millions , tu vas pouvoir transmettre chaque année 2% de tes millions d’euros à tes filles chéries Marie-Charlotte et Anne-Catherine, sous forme de « présents d’usage » sous le sapin, qui échapperont aux droits de donation et de succession en vigueur. Je propose que par convention facétieuse, nous appelions cette opération « blanchiment sous la sapin à la barbe du père Noël »

    Il me semblait important de faire ce petit point pédagogique pour que tu comprenne bien ce que signifie de vivre dans un pays qui te garantit « l’égalité des droits ».

    https://www.geretonpatrimoine.fr/present-usage-definition

    P.S : Pour être complet, je tiens à te rappeler dans le cas où tu es au RSA et que ta grand-mère Germaine te donne un coup de pouce de cinquante euros, il faut que tu le déclare à la CAF comme source de revenus.

    • #consanguinité #endogamie #héritage #fiscalité

      Pour le RSA, pareil si tu disposes d’argent sur des comptes sur livret. Non seulement tu as fait des sacrifices (de dépenses) pour te constituer une petite épargne (la fameuse « poire pour la soif ») mais hop hop hop ! Tu vas l’utiliser ton épargne puisque tu es dans la merde et que c’est forcément de ta faute (tu es un·e mauvais·e entrepreneur·euse de ta vie) et après on va te recalculer l’aumône que tu vas recevoir de « l’état providence ».
      Même chose si tu prétends toucher une pension de réversion de ton conjoint décédé. Déclare bien la moindre piécette qui traîne au fond de tes poches.

  • Voici la somme qu’il faut gagner chaque mois (après impôts) pour être considéré comme riche en France en 2026
    https://www.cadremploi.fr/actualites-emploi/actualites-de-la-remuneration/193-riche-france

    2 000 euros par mois ? 5 000 euros ? 10 000 euros ? Vous vous êtes sûrement déjà demandé à partir de quel niveau de revenu on pouvait réellement être considéré comme riche. Chaque année, l’Observatoire des inégalités tente d’apporter une réponse à cette question épineuse dans son Rapport sur les riches en France. Et l’édition 2026 vient tout juste de dévoiler ses nouveaux chiffres.

    Pour établir ce seuil, l’organisme indépendant s’appuie sur les dernières données de l’Insee et sur un indicateur bien connu des statisticiens : le niveau de vie médian. Celui-ci partage la population française en deux groupes égaux : « 50% d’individus qui ont un niveau de vie en dessous de la médiane et 50% qui ont un niveau de vie au-dessus. Le niveau médian se situe donc au milieu de l’échelle des revenus », expliquait ainsi Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités, dans les colonnes du Figaro Emploi.

    L’Observatoire applique ensuite une règle simple : si le seuil de pauvreté est fixé à la moitié du niveau de vie médian, le seuil de richesse est, lui, fixé au double. Pour être riche, il faut donc gagner le double du revenu médian. Comme le rappelait également Louis Maurin au Figaro Emploi, « ce montant prend en compte l’ensemble des revenus déclarés par cette personne, après déduction de l’impôt sur le revenu. Cela comprend notamment son salaire, les prestations sociales qu’elle touche, ses revenus du patrimoine, par exemple locatifs, ainsi que ceux issus de ses placements financiers ».

    Résultat : en 2026, une personne seule est considérée comme riche lorsqu’elle dispose d’au moins 4 292 euros par mois après impôts. Ce montant était de 4 056 euros en 2025. Ce seuil varie toutefois selon la composition du foyer. Pour un couple sans enfant, il atteint 6 438 euros par mois après impôts. Pour une famille monoparentale avec un enfant de moins de 14 ans, il s’élève à 5 580 euros par mois après impôts. Pour un couple avec deux adolescents de plus de 14 ans, il grimpe à 10 730 euros mensuels. Selon le rapport, 4,8 millions de personnes vivent aujourd’hui au-dessus de ce seuil de richesse en France. Elles représentent 7,5% de la population. Autrement dit, moins d’un Français sur dix entre dans cette catégorie.

    • Ceux qui entre-eux se cachent :
      De Neuilly à la frontière suisse, ces 20 villes où se concentrent les Français aisés
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/06/02/de-neuilly-a-la-frontiere-suisse-ces-20-villes-ou-se-concentrent-les-francai

      La commune des Hauts-de-Seine est la ville française qui compte la plus forte proportion de ménages à très hauts revenus, selon une étude de l’Observatoire des inégalités, publiée mardi 2 juin. Le classement est dominé par l’Ouest parisien et les abords de Genève.

      « Vendu. » L’annonce immobilière, publiée en décembre 2025, pour un superbe hôtel particulier de 1925 détenu par le roi du Maroc et sa famille à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) a été remplacée par ce seul mot. La propriété, 1 325 mètres carrés habitables plus un jardin paysager, avec piscine privée, hammam, salle de sport, et un toit-terrasse offrant une vue imprenable sur le bois de Boulogne, a fait l’objet d’un compromis de vente en avril, selon plusieurs sources concordantes. Le roi du Maroc en demandait 20 millions d’euros. Ni l’acquéreur ni le prix final ne sont connus à ce stade. L’affaire devrait être bouclée en septembre.
      Neuilly-sur-Seine, aux portes de Paris. Ses centaines d’hôtels particuliers. Ses boulevards arborés. Ses bonnes écoles. Sa taxe foncière parmi les plus faibles du pays. Son calme presque provincial. Ses caméras un peu partout, avec des dépenses de sécurité de 100 euros par an et par habitant, contre 36 euros en moyenne dans les villes de France. Ses annonces immobilières qui font rêver…
      « Dans un monde qui change, cette ville coche pas mal de cases pour les acquéreurs de biens immobiliers, résume Thibault Gallot-Lavallée, notaire à Neuilly-sur-Seine. Y compris une certaine homogénéité de la population. »

      Homogénéité ? Une litote. C’est ce que montre le classement des villes comptant la plus forte proportion de personnes aisées réalisé par le bureau d’études Compas et publié par l’Observatoire des inégalités, mardi 2 juin. Dans cette étude portant sur les communes de plus de 10 000 habitants, Neuilly-sur-Seine apparaît comme la ville de France où les ménages les mieux nantis sont, proportionnellement, les plus nombreux.
      Les auteurs de cette analyse se sont intéressés aux contribuables dont les revenus dépassent le double du niveau de vie médian, donc 4 300 euros par mois pour une personne seule, 6 400 euros pour un couple sans enfant et 10 700 euros pour une famille avec deux enfants de plus de 14 ans. Près de 5 millions de personnes sont concernées en France, soit 7,5 % de la population . Or, à Neuilly-sur-Seine, ce taux atteignait 49 % en 2023.

      « Près de la moitié des Neuilléens ont un niveau de vie supérieur au seuil de richesse, une proportion 6,5 fois plus élevée que la moyenne nationale », relève l’Observatoire des inégalités dans son rapport. Parmi les habitants de la ville figurent nombre de personnalités, comme Amel Bent, Patrick Bruel, Franck Dubosc, Sophie Marceau, Mireille Mathieu, Mimie Mathy, ou encore Katherine Pancol.
      La suite du classement est dominée par d’autres communes de l’Ouest parisien également très « homogènes », comme Le Vésinet (Yvelines, 45 % de hauts revenus), Saint-Cloud (Hauts-de-Seine, 35 %) ou Croissy-sur-Seine (Yvelines, 31 %), et par les arrondissements les plus cossus de la capitale. La part des personnes disposant de revenus au moins deux fois supérieurs à la médiane atteint 46 % dans le 7e arrondissement de Paris, 45 % dans le 8e arrondissement, 42 % dans les 6e et 16e.

      « Milieu privilégié »
      La surprise est ailleurs. En deuxième position du classement arrive Divonne-les-Bains (Ain). Cette commune compte un taux de personnes aisées (48 %) presque aussi élevé que Neuilly-sur-Seine. Le cas n’est pas à part. Quatre autres villes proches de Genève (Suisse) suivent : Saint-Julien-en-Genevois (Haute-Savoie), Gex (Ain), Saint-Genis-Pouilly (Ain) et Vétraz-Monthoux (Haute-Savoie).

      Au total, les 20 villes où ce « taux de riches » est le plus fort se situent toutes autour de Paris ou à proximité de la frontière suisse, donc dans l’orbite d’une capitale politique et économique, constate l’Observatoire des inégalités. « Les habitants des communes concernées acceptent de payer un montant important pour s’y loger du fait de prix de l’immobilier très élevés, relève le rapport. En contrepartie, ils s’assurent de vivre entourés de populations semblables et notamment de scolariser leurs enfants avec des camarades d’un milieu privilégié. Les élus de ces communes assurent aussi dans le temps l’homogénéité de la population avec un taux le plus souvent faible de logements sociaux. »
      Il faut atteindre la 30e place du classement, avec Bondues (Nord), dans la banlieue riche de Lille, pour trouver une ville située dans un autre territoire.

    • Revenus : 4,8 millions de riches en France selon l’Observatoire des inégalités
      https://www.liberation.fr/economie/revenus-48-millions-de-riches-en-france-selon-lobservatoire-des-inegalite

      L’association publie ce mardi 2 juin la quatrième édition de son rapport sur les plus aisés dans l’Hexagone. Elle fixe le seuil de richesse en revenus à 4 292 euros mensuels après impôts pour un célibataire et à 6 438 euros pour un couple. Aussi, 3,4 millions de ménages possèdent un patrimoine supérieur à 840 000 euros.

      https://justpaste.it/fbiix

      https://www.inegalites.fr/Les-chiffres-cles-sur-les-riches-en-France

      #revenu #patrimoine #fiscalité #inégalités

  • L’#OFCE propose un autre outil que la taxe #Zucman pour mieux #imposer les plus riches

    https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/06/03/l-ofce-propose-un-autre-outil-que-la-taxe-zucman-pour-mieux-imposer-les-plus

    Comment améliorer la justice fiscale en France ? En pleine préparation du budget 2027, le débat resurgit. La gauche défend plus que jamais la taxe Zucman, un impôt plancher de 2 % sur le patrimoine des personnes disposant d’une fortune de plus de 100 millions d’euros. Elle est au cœur du livre de Raphaël Pradeau #Taxez_les_riches ! Eloge de la progressivité de l’impôt, publié en mai par l’association Attac (112 pages, 10 euros). La droite et le patronat, eux, récusent cette « folie ». Instaurer une telle taxe « serait un cataclysme pour l’économie », a encore plaidé Philippe d’Ornano, coprésident du Mouvement des entreprises de taille intermédiaire, en mai, devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’imposition des plus hauts patrimoines et des revenus les plus élevés.

    Les économistes Guillaume Allègre et Xavier Timbeau ont peut-être une solution pour sortir de cette opposition binaire. Le diagnostic de Gabriel Zucman est « juste », expliquent les deux experts de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), dans une longue note de blog publiée le 19 mai. Tout en haut de l’échelle des revenus, les taux d’imposition effectifs décroissent, confirment-ils. Dit autrement, les très très riches sont relativement moins imposés que les très riches. Il est donc « légitime » de « restaurer la progressivité » de l’impôt sur le revenu, et de « bloquer certaines stratégies d’évitement », écrivent-ils.

    Comment ? C’est ici que les analyses divergent. Selon les deux #économistes, la #taxe_Zucman ne constitue pas la bonne option. « La non-imposition de certains revenus économiques ne commence pas au seuil de 100 millions », argumentent-ils. Cette taxe est en outre « très concentrée sur très peu de foyers », ce qui la fragilise : « La famille Arnault seule, actionnaire de LVMH, pèse presque 15 % des 20 milliards d’euros de recettes estimées de la taxe. » Les 1 800 ultrariches concernés risquent de quitter la France ou d’adapter leur comportement pour limiter la casse. Surtout, soulignent les deux auteurs, « il y a incohérence » entre le diagnostic et la préconisation, Gabriel Zucman s’attaquant au patrimoine, donc au stock d’actifs, pour résoudre un problème de revenus, c’est-à-dire de flux.

    Pour que les « #ultrariches » paient autant d’impôts que les autres, le duo suggère une autre piste. Elle consisterait à taxer non pas le patrimoine, mais l’ensemble des revenus. Y compris ceux qui, jusqu’à présent, échappent en grande partie à l’impôt. Dans le viseur des deux chercheurs : les gains en capital. « La fiscalité actuelle, en France et dans d’autres pays, exonère largement les plus-values réalisées », soulignent-ils. Cela explique, selon eux, « pour une grande part » l’impôt manquant chez les très hauts revenus.

    Eviter l’« effacement fiscal »
    Ils proposent donc une « taxe sur le revenu économique et certain », qui « éliminerait ces possibilités d’effacement » en imposant à 30 % « l’intégralité des plus-values à la vente mais aussi lors des donations et successions ». Ici réside la grande nouveauté du mécanisme. Les biens donnés ou transmis au décès d’une personne deviendraient beaucoup plus taxés, ce qui mettrait « un stop à la détention infinie des biens par les familles et dynasties », écrivent Guillaume Allègre et Xavier Timbeau.

    Cette réforme reviendrait à supprimer une mécanique très française : la purge fiscale des plus-values au moment des donations et successions, commentait, lundi 1er juin, Guillaume Fonteneau, sur son site Leblogpatrimoine. « La donation ou le décès ne seraient plus des moments d’effacement fiscal, mais de révélation de l’enrichissement, dit-il. Un changement considérable, car une grande partie des stratégies patrimoniales repose aujourd’hui sur cette logique : conserver un actif fortement valorisé, puis le transmettre afin d’effacer la plus-value latente. »

    Avec un taux d’imposition de 30 %, les deux chercheurs évaluent le rendement de leur taxe à 1,8 % du revenu national, soit 54 milliards d’euros. « De telles recettes dès les premières années rendraient la pérennité du système plus crédible », jugent-ils.

    • Les ambitieuses pistes du laboratoire codirigé par Thomas #Piketty pour réduire les #inégalités mondiales tout en limitant le #réchauffement_climatique
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/06/04/les-ambitieuses-pistes-du-laboratoire-codirige-par-thomas-piketty-pour-redui

      Ils proposent une utopie et ils l’assument. Sans ambages, ils la présentent comme une réponse à la vague national-populiste et climatosceptique montant en puissance des deux côtés de l’Atlantique. « Depuis quelque temps, nous voyons les technoréactionnaires de la Silicon Valley rêver d’un monde où ils installeraient une colonie sur Mars tandis que vivrait sur Terre une population ultra-paupérisée, car l’intelligence artificielle aurait détruit beaucoup d’emplois : ce n’est pas un futur très réjouissant », avance l’économiste Lucas Chancel, codirecteur du Laboratoire sur les inégalités mondiales (#World_Inequality_Lab, WIL), un institut de recherche rattaché à l’Ecole d’économie de Paris. « Le projet technonationaliste fait œuvre d’une énergie qui manque au camp internationaliste et égalitaire : dans la bataille culturelle à l’œuvre, il nous faut proposer un avenir souhaitable et désirable », renchérit Thomas Piketty, également codirecteur du #WIL.

      Proposer un avenir désirable, dresser un plan pour réduire les inégalités dans les limites planétaires : telle est l’ambition du rapport sur la justice mondiale (« Global Justice Report ») publié jeudi 4 juin par le WIL. Rédigé grâce à la contribution de 45 chercheurs, il s’appuie sur l’importante base de données sur les inégalités du laboratoire, et aspire à accompagner d’autres initiatives, telle que celle menée par le Brésil, dans le cadre du G20, pour mieux taxer les milliardaires.

      Depuis 2018, le WIL publie régulièrement des rapports auscultant les écarts de richesses dans le monde. Cette fois-ci, il propose une feuille de route concrète, intégrant la dimension climatique. « C’est un plan pour changer de système en partant de celui existant, pour éviter de foncer vers l’abîme », souligne Lucas Chancel. Dès la première page, la promesse est forte : il est possible de bâtir un monde où l’égalité socio-économique entre le plus grand nombre d’habitants et la limitation du réchauffement climatique, condition indispensable pour que notre planète reste vivable, seraient compatibles et atteintes.

      Dans le scénario ainsi esquissé, le revenu national mensuel moyen par personne convergerait vers 5 000 euros d’ici à 2100 dans chaque pays – il varie aujourd’hui entre 290 euros en Afrique subsaharienne et 4 590 euros en Amérique du Nord. La part du patrimoine global détenue par la moitié la plus pauvre de la population mondiale passerait de 2 % à 30 %, tandis que celle de la classe des milliardaires reculerait de 6 % à 0,05 %. Le réchauffement climatique, lui, serait limité à 1,8 °C d’ici à 2100, au lieu de plus de 4 °C dans le scénario où rien ne changerait.

      Des précédents dans l’utopie
      « Y parvenir suppose trois conditions », détaille Thomas Piketty. La première est une décarbonation rapide des systèmes énergétiques, avec une baisse massive des énergies fossiles et des investissements colossaux dans les renouvelables à l’échelle mondiale. La deuxième est un basculement vers la sobriété, se traduisant notamment par des recompositions sectorielles majeures dans nos économies : une baisse des secteurs matériels tels que la production de biens manufacturiers et les transports, et le déploiement des services immatériels, comme l’éducation et la santé. Il ne s’agit pas de décroissance, mais bien d’une sobriété ciblée sur des secteurs-clés, selon le rapport. « La troisième condition est un grand changement des habitudes alimentaires, avec une baisse de la consommation de viande : c’est sur cette base que l’on peut envisager un plan de reforestation pour revenir à un niveau de couverture forestière comparable à celui de 1900 », ajoute #Thomas_Piketty.

      La réduction drastique des inégalités de revenus et de patrimoine, tant entre les pays qu’en leur sein, nécessiterait un coup de frein de la croissance dans les pays riches, notamment permis par une réduction significative du temps de travail. « La compression des inégalités mondiales n’est pas seulement compatible avec une décarbonation profonde ; elle en est une condition nécessaire pour une prospérité partagée sur une planète finie », justifient les économistes.

      La marche paraît haute, et les contempteurs du rapport ne manqueront pas de la qualifier d’« inaccessible ». Les auteurs rappellent toutefois qu’atteindre de telles cibles a déjà été possible dans le passé. Ainsi, l’écart entre les 0,1 % les plus riches et les 10 % les plus pauvres est tombé de 150 à 11 durant le XXe siècle en Europe du Nord. « L’utopie que nous proposons est dans la lignée de celles du début du XXe siècle, qui sont devenues réalité, insiste Lucas Chancel. A l’époque, on travaillait trois mille heures par an et par travailleur dans les pays riches : beaucoup peinaient à imaginer que l’on n’y travaillerait plus que mille cinq cents heures par an cent ans plus tard, et pourtant, cela s’est produit. Nous proposons de poursuivre cette tendance jusqu’à mille heures. »

      Lire aussi | Article réservé à nos abonnés « La transition écologique suppose de créer des politiques climatiques qui aident concrètement la vie des gens »

      La compression des inégalités et les investissements nécessaires à la décarbonation seraient accompagnés par la création d’un fonds pour la justice mondiale. Celui-ci serait financé dans un premier temps par un impôt planétaire sur le patrimoine dont le taux atteindrait 20 % annuels pour les milliardaires, et par un impôt sur le revenu, dont le taux marginal culminerait à 90 % pour les plus riches.

      Projet à contre-courant
      Les recettes seraient en grande partie réinvesties dans un grand fonds souverain mondial, chargé de les placer ; progressivement, les rendements de ces placements deviendraient la principale source de financement, supplantant les recettes fiscales dès 2100. Au cours de la période 2026-2060, les dépenses du fonds atteindraient en moyenne 10,3 % du produit intérieur brut (PIB) mondial par an, distribuées sur une base égale par habitant – l’Afrique subsaharienne percevrait jusqu’à 8,8 % de son PIB, contre 2,5 % pour l’Europe et 2,2 % pour l’Amérique du Nord – afin de soutenir à la fois la transition énergétique et la convergence sociale entre pays, notamment en matière d’éducation et de santé. Ces transferts seraient soumis à des conditionnalités climatiques et sociales.

      Problème : comment convaincre tous les pays d’y participer ? Comment éviter qu’un tel impôt n’encourage un peu plus encore l’évasion fiscale ? Les auteurs admettent que les ultrariches seraient évidemment très réfractaires à se voir ainsi imposés et chercheraient à l’esquiver. A l’heure du détricotage du multilatéralisme et du protectionnisme exacerbé depuis le retour au pouvoir de Donald Trump aux Etats-Unis, la création d’une telle « plateforme pour la justice mondiale » paraît, en outre, à contre-courant.

      Infographie : Le Monde

      Les économistes du WIL rétorquent qu’elle pourrait d’abord fonctionner avec une petite coalition de pays, qui pourraient imposer des droits de douane « correctifs » à ceux refusant d’y participer. « La demande de justice sociale émanant des pays du Sud est très forte, insiste Lucas Chancel. Avec notre plan, 89 % de la population mondiale verra son revenu monétaire doubler d’ici 2100 ; plus de 95 % en sortiront gagnants dans les pays du Sud, et entre 85 % et 95 % dans les pays du Nord. »

      La constitution de cette plateforme nécessiterait, de fait, une refonte totale du système international. « L’architecture globale et le scénario que nous proposons sont imparfaits : nous les posons comme une base de travail de départ, ouverte à la discussion », conclut Thomas Piketty. Celle-ci débutera lors de la troisième conférence mondiale sur les inégalités, organisée à Paris par le WIL du 4 au 6 juin. Y seront notamment présentés 235 articles de recherche autour de ces questions, en sus de nombreuses tables rondes, en présence d’économistes tels que Branko Milanovic ou Mariana Mazzucato.

  • En #Virginie, la capitale mondiale des #data_centers confrontée à la #contestation croissante des habitants

    Cet Etat de la Côte est des Etats-Unis concentre 12 % des capacités mondiales des centres de données géants essentiels à l’intelligence artificielle, qu’elle a attirés notamment grâce à des exemptions fiscales. Un essor de plus en plus contesté par les riverains, notamment inquiets de leur impact écologique.

    C’est donc ça, l’envers du décor de cette révolution. De gigantesques entrepôts cerclés de clôtures et des chantiers non moins colossaux qui en annoncent de futurs. Impossible de déambuler entre ces parcelles sans âme, disposées le long de grandes artères de la banlieue de Washington. Bienvenue à Loudoun County, dans le nord de la Virginie, qui détient le record mondial du nombre de centres de données.
    La zone, qui a logiquement hérité du surnom « Data Center Alley », est à la fois le cœur du réacteur de la révolution de l’intelligence artificielle (IA) et le laboratoire d’un contre-mouvement : ici, comme partout aux Etats-Unis, la contestation monte contre ces excroissances visibles d’une technologie énergivore qui fascine autant qu’elle inquiète.
    Pour mesurer ce que les centres de données sont à la Virginie, il faut fournir quelques chiffres. Cet Etat de la Côte est américaine concentre à lui seul 12 % des capacités mondiales des « hyperscalers », les géants de la gestion des données Internet, selon le cabinet Synergie Group Research. Le comté de Loudoun compte 200 centres de données, soit environ 5 kilomètres carrés d’entrepôts, l’équivalent des quatre arrondissements du centre de Paris. Et ce n’est que le début. « Plus de 26 kilomètres carrés de nouveaux data centers sont déjà approuvés ou en cours d’approbation dans l’Etat, cela correspond à l’équivalent d’environ 1 500 supermarchés Walmart », explique Julie Bolthouse, directrice de l’aménagement du territoire au conseil environnemental de Piedmont, une large zone du nord de la Virginie, où est massé l’essentiel des infrastructures.
    45 % des recettes fiscales
    Le compagnonnage de la Virginie avec les géants du numérique remonte à la naissance d’Internet. Avec la proximité du Pentagone et de la capitale, ainsi que le développement d’infrastructures de communication, le comté de Loudoun devient rapidement un lieu incontournable pour le stockage de données. A partir des années 2000 et 2010, une large portion du trafic Internet mondial transite par cet Etat.
    Les habitants plébiscitent (ou ignorent) alors cette industrie discrète, qui occupe des espaces dans des zones industrielles, paie des taxes foncières importantes et génère un peu d’emplois. « Nous avons tiré durant toutes ces années un bénéfice financier maximal des centres de données », explique Mike Turner, le vice-président du conseil exécutif de Loudoun County. Ces derniers représentent aujourd’hui 45 % des recettes fiscales du comté, soit 1,3 milliard de dollars (environ 1,15 milliard d’euros). Cela se répercute sur la feuille d’impôt des habitants : les taxes foncières sont en moyenne 25 % plus basses que dans les circonscriptions voisines.
    Mais, depuis le début des années 2020, les choses ont radicalement changé. La révolution de l’intelligence artificielle s’appuie sur la puissance de calcul des puces électroniques, les semi-conducteurs contenus dans des serveurs, eux-mêmes stockés dans ces fameux centres de données. Une requête dans ChatGPT, le robot conversationnel d’OpenAI, mobilise en moyenne beaucoup plus de puissance de calcul qu’une recherche Google. Si l’on compare l’IA au développement de la voiture au XXe siècle, les puces sont l’essence et les data centers sont les stations-service. Tout à la conquête de ce marché en devenir, les hyperscalers – Amazon, Google et Microsoft en tête – ne reculent aucun investissement pour en construire le maximum.
    Jusqu’à la saturation ? C’est, en tout cas, ce qui menace Loudoun County. « On reçoit de plus en plus de messages d’habitants qui nous disent d’arrêter d’approuver des data centers, témoigne Mike Turner. La différence avec avant, c’est que quand on explique que ça fait baisser les impôts locaux ils nous répondent : “Je m’en fiche, augmentez les impôts, mais arrêtez ça.” » Les comtés voisins observent la même tendance. Un gigantesque projet a été abandonné début avril à Prince William County, sous la pression de la population : il prévoyait l’installation de 37 unités aux abords de Manassas National Battlefield Park, le site protégé des deux batailles de Bull Run, pendant la guerre de Sécession (1861-1865).
    Désagréments visuels et sonores
    Le mouvement est national. Le Maine vient de voter un moratoire sur tous les grands projets de centre de données, d’ici à 2027. Et d’autres Etats pourraient rapidement leur emboîter le pas. Terry Clower, professeur de politiques publiques à la Schar School of Policy and Government de l’université George-Mason, située à Fairfax, en Virginie, s’étonne de cette évolution rapide. « Je me demande de plus en plus si cette opposition virulente n’est désormais pas autant liée à la peur de l’intelligence artificielle qu’aux centres de données eux-mêmes. Ils sont l’infrastructure qui permet de faire fonctionner l’IA, et le discours dominant aujourd’hui est que celle-ci vient prendre nos emplois. »
    Un sondage mené par son université montre que désormais, 40 % des habitants de Loudoun County pensent que les centres de données détériorent leurs conditions de vie, contre 19 % qui estiment que cela les améliore, et 40 % qui jugent que cela ne change rien. Les griefs des opposants sont nombreux, à commencer par les désagréments visuels et sonores : ces entrepôts sont massifs, peu esthétiques et génèrent en général une sorte de vrombissement. Construits à côté de zones d’habitation, ils peuvent représenter une réelle nuisance.

    Aux yeux (et aux oreilles) de Terry Clower, ce rejet est largement exagéré. « Vous achetez une maison et vous vous installez à proximité d’un terrain classé en zone industrielle, commerciale ou autre. Préféreriez-vous y voir s’implanter un centre de données, ou plutôt un pôle de distribution Amazon, avec 400 ou 500 camions entrants et sortant du site chaque jour ? » Selon lui, la nuisance sonore est similaire au bruit de fond d’une autoroute située à quelques kilomètres.

    Il n’est pas aisé de trancher, car il existe plusieurs types et plusieurs générations de data centers, avec des systèmes de refroidissement différents, plus ou moins bruyants. Les concepteurs travaillent sur l’isolation et sur le design, en mettant des fausses fenêtres ou des couleurs plus gaies. Difficile, cependant, de faire des miracles : in fine, il s’agit toujours d’un entrepôt bourdonnant de la taille de deux ou trois terrains de football. Contactée par Le Monde, la Data Center Coalition, qui regroupe les grands acteurs du secteur, n’a pas répondu.
    Une pollution importante
    La cause principale du rejet est, de toute façon, ailleurs. C’est l’empreinte énergétique et écologique des centres qui inquiète le plus les habitants. La consommation en électricité nécessaire pour faire tourner les serveurs est colossale. Et certaines installations disposent de générateurs au diesel qui engendrent une pollution importante.
    Selon Julie Bolthouse, si la totalité des projets en cours étaient effectivement construits dans le nord de la Virginie, cela nécessiterait un quadruplement de la capacité actuelle du réseau d’électricité. « C’est complètement fou, on a mis cent ans à construire le réseau actuel », s’exclame-t-elle, en pointant l’échelle des risques, de la simple panne liée à la surcharge temporaire jusqu’à l’effondrement du système.

    Le sujet empêche parfois Mike Turner de dormir, lui qui constate l’existence d’une forme de pensée magique chez les constructeurs. « Je dis aux industriels : “Pourquoi vous voulez encore construire ici, alors que vous n’aurez pas l’électricité qu’il faut avant dix ans ?” Ils me répondent : “L’opérateur trouvera une solution, et le jour où il la trouvera, nos installations seront prêtes.” Avec mes équipes, on a beau chercher, on ne voit pas comment ils pourront faire. » La relation idyllique avec ces constructeurs s’est quelque peu refroidie ces derniers temps, alors que les permis sont désormais délivrés au compte-gouttes. « La tension dans les réunions est plus palpable qu’avant », euphémise le vice-président du conseil exécutif.
    Si le prix de l’électricité explose globalement aux Etats-Unis, il est difficile pour le moment d’attribuer cela à l’IA. Tous les experts s’accordent néanmoins à dire qu’une forte hausse des coûts est attendue dans les années à venir. Les Etats cherchent la parade, en obligeant par exemple les hyperscalers à construire leurs propres centrales ou à prendre en charge une partie de l’augmentation. Mais le consommateur ne sera pas épargné, quel que soit le scénario.
    Limiter le foncier disponible
    Les opposants aux hyperscalers de Virginie ont bien une idée pour ralentir la ruée : mettre fin à l’exemption de taxes sur les achats dont bénéficie l’industrie dans l’Etat. Un cadeau fiscal à 1,9 milliard de dollars en 2025 pour le secteur le plus riche du monde, qui explique en grande partie, avec la qualité de la fibre, la disponibilité du foncier et les conditions météo clémentes, l’attrait pour la Virginie. Le renouvellement de cette exemption, qui allait de soi jusque-là, est suspendu, cette année, à une décision des parlementaires locaux, signe d’un changement d’époque.
    Les opposants soulignent que cela découragerait les nouvelles installations, sans faire fuir l’industrie déjà présente. Mike Turner n’en est pas si sûr. Il craint le départ pur et simple de la poule aux œufs d’or : avec les progrès fulgurants de la technologie des semi-conducteurs, les hyperscalers remplacent les équipements très régulièrement et l’exemption de taxe leur permet de faire à chaque fois de précieuses économies.

    Les autorités locales misent davantage sur une meilleure gestion de l’urbanisme, afin de cantonner les centres aux zones éloignées des habitations, et sur une limitation du foncier disponible. La partie ouest de Loudoun County a ainsi été décrétée « data center free », en prenant pour prétexte la préservation des cultures, notamment viticoles.
    La Virginie conservera-t-elle sa position dominante aux Etats-Unis et dans le monde ? Une analyse réalisée par Synergie Research Group montre une migration progressive depuis la Côte ouest et la Côte est, les deux pôles technologiques du pays, vers le centre du pays, où l’électricité est moins chère et le foncier abondant. Pour John Dinsdale, analyste en chef au sein de ce cabinet, se battre contre ces installations revient à lutter contre des moulins à vent : « Si le centre ne se construit pas dans une localité, l’opérateur ira dans une ville différente, dans un autre comté, un autre Etat ou un autre pays. Mais il sera construit quoi qu’il arrive. » On n’arrête pas une révolution en marche.

    https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/05/08/en-virginie-la-capitale-mondiale-des-data-centers-confrontee-a-la-contestati
    #résistance #infrastructure #AI #IA #intelligence_artificielle #centres_de_données #Etats_Unis #pollution #impact_écologique #riverains #Loudoun_County #Data_Center_Alley #fisc #fiscalité #exonération_fiscale #pollution_sonore #bruit #électricité

  • Bernard Arnault: son mégayacht à 500 millions via Malte
    https://www.24heures.ch/bernard-arnault-son-yacht-geant-cache-et-le-paradis-fiscal-181739235567

    Il se dit « premier contribuable de France », mais pour ses bateaux, Bernard Arnault préfère la discrétion des #paradis _fiscaux, assure Mediapart. Dans une enquête publiée ce mercredi, le média d’investigation se livre à une analyse précise de l’acquisition du dernier #yacht du plus riche des Français – et démontre comment celui-ci échappe à la nouvelle #taxe_sur_les_holdings votée en 2026.

    Selon des documents consultés par Mediapart, le patron de LVMH a commandé un #mégayacht de 143 mètres, plus grand que ceux de Jeff Bezos ou de Sergey Brin. Son prix ? Il est estimé à plus de 500 millions d’euros et, pour l’acquérir, le milliardaire est passé par une société immatriculée à Malte, Concerto Yachting Limited. Celle-ci est détenue via un prête-nom et une structure basée au Luxembourg.

    Un précédent avec un autre yacht

    Selon le journal français, Bernard Arnault avait utilisé le même montage pour acheter son précédent yacht, le Symphony, un navire de 101 mètres acquis pour 228 millions d’euros en 2015. Il faut dire que Malte est l’un des principaux paradis fiscaux pour les yachts en Europe, comme l’avait documenté l’enquête « Malta Files » réalisée par le réseau de médias européens EIC.

    Précision importante : rien dans ce montage n’est illégal. Mediapart pointe la facilité avec laquelle les très grandes fortunes parviennent à réduire leur facture fiscale, y compris sur des achats de « pur » luxe.

    #riches #fiscalité #évasion_fiscale_légale #optimisation_fiscale

  • La France est devenue plus inégalitaire que la moyenne de l’Union européenne

    Le #coefficient_de_Gini, qui mesure les inégalités de revenus, progresse en France tandis qu’il baisse en moyenne au sein des 27 pays de l’UE. Les #allègements_fiscaux des quinquennats Macron peuvent expliquer en partie cette divergence.

    Le chiffre, passé relativement inaperçu, est frappant. Le coefficient de Gini de la France, qui mesure le niveau des inégalités de #revenu après redistribution (impôts et prestations sociales), progresse sensiblement, selon les données publiées par #Eurostat, l’organisme statistique de l’Union européenne.


    (#paywall)

    https://www.lesechos.fr/economie-france/social/la-france-est-devenue-plus-inegalitaire-que-la-moyenne-de-lunion-europeenne
    #inégalités #France #statistiques #chiffres #macronisme #fiscalité

  • La guerre en Iran, meilleur allié des voitures électriques

    https://vert.eco/articles/crise-de-lenergie-pourquoi-il-ne-faut-surtout-pas-baisser-les-prix-a-la-pompe

    Faire baisser le prix de l’énergie pour tous les consommateurs est extrêmement coûteux et, en plus, c’est socialement injuste car on subventionne aussi les ménages aisés, dont on sait qu’ils consomment jusqu’à deux fois plus d’énergie que les ménages les plus modestes. Concrètement, on leur donne deux fois plus de subventions alors qu’ils n’en ont pas besoin. » « Baisser de seulement un centime les prix à la pompe – en réduisant les taxes, par exemple – coûterait un peu moins de 500 millions d’euros par an », estime Pierre Jérémie, expert associé de l’Institut Montaigne. « À ce prix-là, on peut doubler les aides à l’achat pour 100 000 véhicules électriques par an », illustre-t-il.

    C’est le dernier reproche – et pas des moindres – adressé aux aides à la pompe : elles maintiennent notre dépendance aux énergies fossiles au lieu de nous en sevrer. « En subventionnant les énergies fossiles, on supprime le signal-prix [l’information transmise par le prix d’un produit, NDLR] et, en plus, c’est de l’argent qu’on ne met pas dans la transition énergétique », s’agace Andreas Rüdinger. Pierre Jérémie abonde : « Il est absolument crucial qu’on ne donne jamais aux consommateurs le signal qu’on va protéger ou stabiliser les prix des énergies fossiles ! Par contre, à l’inverse, il faut tout faire pour faire baisser le prix des solutions décarbonées.

    Dans l’immédiat, il recommande de quadrupler le budget du leasing social. Ce dispositif mis en place par l’État en 2024 permet à des ménages modestes (moins de 16 300 euros de revenus annuels) de louer un véhicule électrique pour moins de 200 euros, voire moins de 140 euros par mois. « Grâce à ce dispositif, 100 000 ménages modestes sont aujourd’hui à l’abri de la crise des prix à la pompe », se félicite Hadrien Hainaut. Selon ses calculs, multiplier par quatre le nombre de bénéficiaires, pour atteindre 200 000 ménages par an, nécessiterait un budget supplémentaire de 1,2 milliard d’euros chaque année. En comparaison, la baisse de la TVA sur l’énergie, proposée par le RN, coûterait quelque 17 milliards d’euros, dont 10 sur les seuls carburants, selon le ministère de la transition écologique.

    Pour celles et ceux qui ne pourront accéder dès cette année au leasing social – 15 millions de Français·es sont en situation de précarité mobilité –, amplifier le dispositif du chèque énergie est une solution facilement activable. Généralisé en France depuis 2018, ce chèque est adressé chaque année à environ 5,8 millions de foyers modestes (dont les revenus annuels par personne sont inférieurs à 11 000 euros) afin qu’ils puissent régler leurs factures d’énergie ou d’essence. Or cela fait deux années de suite que le budget du chèque énergie est raboté pour participer à l’effort budgétaire du gouvernement. Il a atteint 650 millions d’euros en 2026 (contre 900 millions en 2024), faisant craindre un recul du nombre de bénéficiaires d’au moins 30%, alerte l’association de collectivités FNCCR.

    ...

    Pour les ménages qui se chauffent au gaz naturel, « la flambée qui est en train de se former sur les marchés ne verra ses effets importants sur les factures des ménages qu’en octobre prochain, quand la saison de chauffe reprendra », analyse Pierre Jérémie. « On a donc six mois devant nous pour donner toutes les chances aux ménages de réduire leur consommation de gaz avant l’hiver prochain », encourage-t-il. Le meilleur moyen, selon lui, est de remplacer un maximum de chaudières au gaz par des modes de chauffage décarbonés tels que des pompes à chaleur (pour les logements individuels) ou des réseaux de chaleur urbains (pour le collectif).

    Là encore, les dispositifs d’aide existent déjà, mais nécessitent d’être amplifiés et/ou démocratisés. Ma prime renov’, qui subventionne les gestes de rénovation thermique et/ou le changement de chauffage des particulier·es, a subi de multiples ajustements en 2024 et 2025, avant de voir son budget une nouvelle fois raboté en 2026. Mais « l’outil a le mérite d’exister », estime Pierre Jérémie.

    #guerre #iran #pétrole #gaz #énergie #crise #décarbonation #électrique #subvention #fiscalité #incitation #consommation

    • J’ai entendu le contraire. Comme quoi la hausse du prix de l’essence pouvait pousser à passer en électrique. Mais comme la grille est déjà en concurrence avec l’IT (datacenter) et que les acteurs se chevauchent, ils ne vont pas ouvrir les vannes des concessionnaires à la vente. Donc double saturation.

      Peut être les ventes chinoisent, qui produisent plein.

  • « A Paris, la carte des logements occupés de manière intermittente recoupe étonnamment celle de la cherté au mètre carré »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/03/21/a-paris-la-carte-des-logements-occupes-de-maniere-intermittente-recoupe-eton

    #Paris cristallise l’ensemble des problèmes de #logement en France : rareté de l’offre, difficulté à trouver une habitation, prix et #loyers élevés, délais d’attente pour l’obtention d’un #logement_social. Ce n’est pas pour rien que, dans le classement officiel des territoires selon la tension du marché du logement, la capitale et sa petite couronne sont classées au niveau le plus élevé : la zone A bis. Pour comprendre ce qui a mené à cette situation, l’examen de quelques données de base sur la longue durée, tirées des recensements de 1968 à 2022 et rapportées par l’Insee, est riche d’enseignements.

    A priori, l’évolution du nombre de logements depuis 1968 est rassurante, puisqu’il a augmenté de près de 15 % : 1,4 million de logements en 2022, contre 1,22 million en 1968. Mais, dans le détail, les résidences principales connaissent une dynamique inverse – une baisse d’un peu plus de 25 000 logements – tandis que, symétriquement, les #logements_vacants et les #résidences_secondaires voient leur nombre grimper en flèche.
    La frontière étant poreuse entre ces deux dernières catégories, il est commode de les regrouper sous le nom de « logements intermittents ». Ils représentent aujourd’hui 9 % du parc dans la Métropole du Grand Paris (hors Paris), un chiffre proche des 8 % constatés à Londres. Dans Paris intra-muros, ils représentent près d’un logement sur cinq en 2022, contre seulement un sur vingt en 1968. Quels facteurs expliquent cette explosion ?

    L’augmentation du nombre de logements a servi en partie à satisfaire les désirs de ceux qui n’habitent pas Paris à l’année, provinciaux et étrangers désireux d’avoir un pied-à-terre dans la capitale et de profiter de ses agréments pendant une courte période. L’occupation intermittente concerne surtout les petites surfaces : près des trois quarts des logements inoccupés ne disposent que d’une ou deux pièces.

    La location meublée touristique est souvent incriminée. Elle joue un rôle, mais moins important qu’on ne le croit. Le nombre d’annonces de logements entiers disponibles en novembre 2025 sur la plateforme Airbnb ne dépasse pas 48 000 à Paris intra-muros, soit 3,4 % du nombre de logements selon une enquête de l’Atelier d’urbanisme de Paris (APUR). Même si ce nombre est sous-estimé, la location touristique ne doit pas être responsable de plus d’un tiers de l’augmentation de l’intermittence.

    L’ancienneté du logement entre en ligne de compte. Plus le logement vieillit, plus il faut entreprendre des travaux de rénovation, sans compter l’obsolescence qui déclasse les logements anciens au fur et à mesure que les normes de confort progressent. L’évolution de la réglementation constitue aussi un facteur, l’interdiction de louer des passoires thermiques en étant un bon exemple. La structure par ancienneté des logements inoccupés confirme pleinement cette hypothèse. Plus un logement est ancien, plus l’intermittence est développée ; un quart des logements construits avant 1914 sont dans ce cas, selon une autre enquête de l’APUR.

    Incitation fiscale

    Toutefois, au-delà de tous ces facteurs, la carte de l’occupation intermittente recoupe étonnamment celle de la cherté du logement au mètre carré : elle touche majoritairement les arrondissements centraux bordant la Seine. L’élément essentiel semble donc être une rétention de nature économique. Une occupation occasionnelle semble la meilleure façon d’attendre une occasion de vendre au prix le plus élevé et de réaliser une belle plus-value.

    Ces logements disposent d’une douche ou d’une baignoire et sont donc habitables dans la très grande majorité des cas : ils pourraient convenir à des étudiants ou à des jeunes travailleurs, particulièrement pénalisés par le manque de logements disponibles. Deux pistes successives peuvent être explorées pour les remettre sur le marché locatif.

    Première piste, l’incitation fiscale. Elle consisterait à les exempter de l’imposition des revenus fonciers en cas d’occupation du logement à titre de résidence principale [sans même imposer aux proprios de réaliser les travaux dont la responsabilité leur incombe ?]. Pour que l’effet soit neutre sur les finances publiques, il conviendrait de relever la taxe sur les logements vacants, qui a une réelle efficacité, et de rehausser le seuil maximal de la majoration de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires. Cette stratégie devrait être maintenue pendant plusieurs années, pour en mesurer les effets.

    Mais il n’est pas impossible que cette stratégie ne tienne pas ses promesses : les bailleurs peuvent ne pas se satisfaire du niveau des loyers que paieraient les locataires potentiels (les prix élevés de l’immobilier à Paris rendent le taux de rendement de l’investissement locatif peu rémunérateur). En dernier recours, on pourrait alors obliger les propriétaires à louer leur bien, à un loyer abordable.

    #rente_foncière #spéculation #tourisme #pénurie #fiscalité #immobilier

  • L’administration fiscale dit non à #Microsoft et choisit #Linux !
    https://www.generation-nt.com/actualites/fisc-choisit-linux-abandonne-windows-2072130

    La Direction générale des Finances publiques (#DGFiP) accélère sa rupture avec l’écosystème Microsoft. Loin d’être un simple effet d’annonce, l’#administration #fiscale envisage très sérieusement une #migration de ses #postes de travail de #Windows vers Linux. Une décision radicale pilotée par son #DSI Tomasz Blanc, qui vise à renforcer sa #souveraineté, prolonger la vie de son matériel et parachever une stratégie #open-source initiée il y a vingt ans.

  • Auriez-vous vu passer des articles sur La Foncière Terre de Lien ?
    Des trucs d’analyse économiques pas trop velus.

    Car j’ai au fond de moi, l’impression que c’est une arnaque.
    Les parts de le leur foncière reposent uniquement sur des terres agricoles. Elles n’ont pas été réévaluées à la hausse depuis 2013 (donc 13 ans à 0%), dans un contexte économique où le reste de l’économie se sépare entre consommations vitales (nourriture, logement, chauffage, sécurité) et consommations de luxe. Qui baissent en valeur. La terre devrait se maintenir. Donc relativement, devrait monter (sans spéculation, juste en comparaison).
    Donc ne pas réévaluer les parts en €, c’est une arnaque.

    Et comme à côté, ils développent des produits d’Assurance-Vie (qui sont ultra rentables en général, pour TdL, je ne sais pas), ca sent la structure totalement infiltrée par des financiers.

    Donc j’aimerais lire des articles là dessus.
    #terre_de_liens #foncier #économie #fiscalité #placement

    • Oui, comme pour les groupements forestiers citoyens, les gens qui s’engagent là-dedans savent (normalement) qu’il y a une érosion du capital en valeur monétaire (mais pas en hectares. Les hectares ne font pas faillite), c’est statutaire. Certains l’ignorent et sont bêtes de ne pas lire les statuts. D’autres ne comprennent même pas la différence entre l’achat d’une part sociale et un don (et croient qu’ils font un don). Pour ceux qui réfléchissent un peu, c’est un choix militant « anti-monétarisation et spéculation de la terre ». C’est une démarche volontaire (dérisoire et symbolique, soyons honnêtes, au vu des volumes) de transformation d’une propriété privée en bien commun. C’est sous-tendu par la philosophie des communs qui souhaite soustraire au marché, l’air, l’eau, la terre... L’appréciation « d’arnaque » est un point de vue très capitaliste assez logique puisque nous baignons dedans. Normalement, les gens qui font le choix de terre de liens ou des GFC ont précisément un raisonnement qui sort du cadre capitaliste.
      C’est ma vision des choses pour la partie « parts sociales ». La partie assurance vie, je ne la connais pas. Possible et probable que ce soit une pompe à fric pour financer les frais de structure car c’est le talon d’Achille de ces organismes : les apports en capital (parts sociales) ne financent que les acquisitions (immobilisations). Les revenus d’exploitation (loyers des exploitants, coupes forestières...) financent les impôts fonciers et quelques bricoles. Eternel problème : il faut des salariés compétents qui refusent obstinément de bosser gratos. ça ça se finance par des dons, des subventions et des produits annexes comme des produits financiers.

  • Des exilés fiscaux tentent de retourner à Dubaï pour éviter de payer des impôts - Capital.fr
    https://www.capital.fr/economie-politique/des-exiles-fiscaux-tentent-de-retourner-a-dubai-pour-eviter-de-payer-des-imp

    Alors que plusieurs résidents de Dubaï cherchent à fuir rapidement après les bombardements de la ville par l’Iran, certains cherchent à y retourner le plus rapidement possible. La raison : ces personnes craignent de perdre leurs avantages fiscaux à Dubaï si elles restent trop longtemps hors des Émirats arabes unis. C’est le constat de plusieurs responsables du secteur du voyage, mais aussi d’avocats fiscalistes, interrogés par le Financial Times et relayés par BFM.

    Certains résidents tentent donc de revenir coûte que coûte aux Émirats arabes unis, pour ne pas payer d’impôts dans leur pays d’origine. Pour cela, toutes les solutions sont bonnes, y compris la location d’un jet privé. Charles Robinson, fondateur de la plateforme de location d’avions EnterJet, explique avoir reçu plusieurs demandes de vols vers la région. « Étant donné le nombre minimum de jours requis au cours de l’année fiscale d’un individu pour bénéficier du régime fiscal, certains semblent exiger un retour dans la région afin de compléter leur nombre de jours », explique-t-il.

    Une question de résidence fiscale

    En effet, pour bénéficier du régime fiscal émirien, il faut y résider au moins 183 jours par an. Et pour certaines de ces personnes, entre payer un jet privé pour rentrer et payer leurs impôts dans leur pays d’origine, le choix est facile. Le prix d’une location de jet privé reste inférieur à une potentielle facture fiscale.

    Depuis des années, Dubaï attire les grandes fortunes du monde entier en raison de sa fiscalité avantageuse et de son environnement favorable aux entrepreneurs. Pour toutes ces raisons, Ronald Graham, associé gérant du bureau de Taylor Wessing, interviewé par le Financial Times, explique avoir eu plusieurs demandes « discrètes » concernant le nombre de jours passés au Royaume-Uni dans le cas de personnes qui ne peuvent pas retourner aux Émirats arabes unis, et les effets que ce nombre aurait sur leur situation fiscale. En fait, selon Hannah Wailoo, avocate du cabinet Withers, les résidents de Dubaï coincés à l’étranger rencontrent deux problèmes. D’abord, elles pourraient ne pas résider suffisamment longtemps à Dubaï pour y demeurer des résidents, mais elles pourraient aussi se retrouver bloquées dans leur pays d’origine assez longtemps pour être considérées comme résidentes fiscales.

  • « Autour de 50 000 » foyers fortunés échappent à l’impôt, selon l’ex-ministre de l’économie Eric Lombard
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/02/27/autour-de-50-000-foyers-fortunes-echappent-a-l-impot-selon-l-ex-ministre-de-

    Selon des sénateurs, 13 335 personnes concernées par l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) ont un revenu fiscal de référence si faible qu’ils ont été dispensés d’impôt sur le revenu ou sur les plus-values et dividendes. Mais, d’après Eric Lombard, le chiffre des Français fortunés non imposés est encore plus élevé.

    #Fiscalité #riches (très) #patrimoine_financier #niches_fiscales #optimisation_fiscale #suroptimisation_fiscale #fraude_fiscale

  • #Wikidati

    Douze affaires distinctes visent directement #Rachida_Dati et sont répertoriées dans les médias. Pour chacune d’entre elle, les #faits et la #chronologie ont été résumés et sourcés précisément. Pour chaque affaire, il est essentiel de rappeler pourquoi ces faits posent problème du point de vue de la loi, mais surtout de l’intérêt général et pourquoi ils remettent en cause l’honnêteté et le désintéressement de la candidate à la mairie de Paris.

    Sommaire

    - Potentielle #corruption par #Carlos_Ghosn, ancien PDG de #Renault-Nissan
    - Potentielle corruption par #GDF-Suez
    - Potentielle corruption par le #Qatar
    - Possible complicité dans la détention illégale d’un français au Qatar
    - Possible corruption par l’#Azerbaïdjan
    - Potentielle corruption par #Orange
    - Bijoux potentiellement non déclarés à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique
    – Recours systématique à des #procédures-baillons pour faire taire toute évocation de ses affaires
    – Prise en charge de ses frais d’avocats avec de l’#argent_public
    – Multiples interventions pour appuyer des demandes de #logements_sociaux, y compris celle de sa sœur
    – Prise en charge d’importantes #dépenses de frais de bouche et communication avec de l’argent public
    – Présentation d’un CV trompeur pour être admise à l’#Ecole_nationale_de_la_Magistrature

    https://wikidati.fr
    #justice #liste #fisc #fiscalité

    • Le nouveau mode de scrutin de la loi PLM modifiée, où le maire de Paris sera élu [correction : directement] par les électeurs donnera davantage de poids à ceux de l’ouest parisien (même type de « rééquilibrage » à Marseille et Lyon).

      En face, aucun électeur parisien n’aura à voter directement Chikirou mais tout vote LFI la renforcera. Dommage pour « la gauche ».

      #Paris #affairisme #argent_public #élections_municipales

    • WikiDati : le camp de Rachida Dati demande la dépublication d’un site internet recensant ses problèmes judiciaires
      https://www.nouvelobs.com/politique/20260304.OBS112880/wikidati-le-camp-de-rachida-dati-demande-la-depublication-d-un-site-inter

      Le directeur de campagne de la candidate LR à la mairie de Paris a saisi l’hébergeur OVH pour mettre hors ligne WikiDati.fr, qui se présente comme « l’encyclopédie des affaires de Rachida Dati », car il porterait atteinte à « la présomption d’innocence ».

    • Atteintes à la probité et proximité avec l’extrême droite : les CV gênants des colistiers de Rachida Dati à Paris
      https://www.mediapart.fr/journal/politique/010326/atteintes-la-probite-et-proximite-avec-l-extreme-droite-les-cv-genants-des

      Autre candidate, autre question. Une personne entendue comme témoin dans une affaire de corruption visant une tête de liste peut-elle être candidate sur cette même liste ? C’est la situation particulière d’Alexandra Nicol, ancienne assistante parlementaire de Rachida Dati lorsqu’elle était eurodéputée et auditionnée par la justice dans l’affaire Renault. La même qui vaut à Rachida Dati d’être renvoyée en procès en septembre prochain pour corruption et trafic d’influence. 

      Alexandra Nicol, qui figure à la 47e place, avait été entendue en février 2021 pour savoir notamment si sa patronne avait pu défendre les intérêts de Renault au Parlement européen. Devant les juges, celle qui était cheffe du bureau de l’eurodéputée entre 2009 et 2011 n’a cessé de dire qu’elle ne se souvenait de rien et l’a même répété à vingt et une reprises. 

      « Je sais que Rachida Dati n’aurait jamais commis d’infraction », s’était-elle toutefois souvenue. N’est-ce pas incongru de choisir une telle colistière ? Pas pour Rachida Dati dont l’entourage rappelle qu’Alexandra Nicol a toute légitimité, puisqu’elle a été « élue sur la liste de Valérie Pécresse au conseil régional en juillet 2021 » et qu’elle est aussi « professeure des écoles » [argh]. 

      [...]

      Max Guazzini, l’ancien président du Stade français Paris rugby, club mythique de la capitale, figure en 58e position sur la liste de Rachida Dati. C’est pourtant son adversaire de Reconquête, Sarah Knafo, que l’intéressé embrassait chaleureusement le 15 février, au stade Jean-Bouin. Une proximité avec l’extrême droite que le candidat affiche aussi sur le réseau social X, où il partage des centaines de comptes influents dans la fachosphère.

      Outre les posts du site Fdesouche, du média Frontières ou du polémiste Jean Messiha, Max Guazzini relaie aussi des contenus à la gloire de la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, ou des messages islamophobes. Comme ce 18 février, lorsqu’il partage ce post d’un compte anonyme : « De nombreuses municipalités en Grande-Bretagne s’apprêtent à interdire les chiens dans la rue afin de se plier aux musulmans qui ne les supportent pas. Et vous ? Vous préférez les chiens ou les muz ? »

      Quelques jours plus tôt, entre deux messages sur la maltraitance animale – il est également secrétaire général de la Fondation Bardot –, Max Guazzini relayait aussi le message d’un compte prônant la « remigration totale ». « Tout Londres illuminé pour le ramadan. Mais pour Noël c’est interdit car cela “heurterait !” les musulmans », peut-on lire dans ce post mentionnant Renaud Camus, Éric Zemmour ou Sarah Knafo.

      Interrogée sur ses différentes prises de position, l’équipe de la candidate élude, rappelant seulement que l’intéressé avait soutenu Anne Hidalgo en 2014. « Dans une volonté de rassemblement, Rachida Dati a souhaité accueillir sur sa liste des personnalités de la société civile, déçues de la majorité sortante et désireuses d’un changement à Paris », balaie l’entourage de la candidate.

      Un entourage qui n’a guère plus à dire s’agissant de Soureya Nadji (85e position), qui revendiquait il y a quelques années encore son adhésion au parti Reconquête. « Je voterai Zemmour », annonçait-elle sur X en 2022. Rachida Dati, qui qualifiait récemment le patron de Reconquête de « raciste », a d’abord tenté de faire croire qu’il s’agissait d’une intox. « Elle n’a jamais soutenu Éric Zemmour, elle ne soutient pas Reconquête et elle n’est pas à Reconquête », a-t-elle asséné sur BFMTV. 

      « Magistral, inclusif, galvanisant, mémoriel #ZemmourPrésident  », écrivait pourtant Soureya Nadji le 23 mars 2022, après un meeting du candidat à la présidentielle. « À l’approche de la présidentielle 2022, elle a adhéré aux Amis d’Éric Zemmour qui deviendront Reconquête, avant de revenir rapidement aux Républicains, après avoir constaté l’impasse politique que représentaient l’intéressé et ses excès », reconnaît désormais l’équipe de campagne de la candidate LR auprès de Mediapart. Avant de minimiser : « Elle a soutenu durant quelques mois un candidat dont elle s’est très vite détachée. »

      Soureya Nadji qui affiche aussi un soutien public au site d’extrême droite Fdesouche figure aujourd’hui sur la même liste qu’Antoine Beauquier, l’avocat d’Éric Zemmour (36e position), mais aussi que le militant laïciste Amine El Khatmi (60e position), ancien président du Printemps républicain et fidèle chroniqueur sur CNews.

      Désavoué par son propre mouvement pour s’être dit prêt à voter pour Marine Le Pen à la présidentielle en cas de second tour face à Jean-Luc Mélenchon, Amine El Khatmi tient des propos sur l’immigration et l’islam qui n’ont pas grand-chose à envier à ceux de l’extrême droite. Raison pour laquelle des proches de la cheffe de file du Rassemblement national (RN) avaient tenté de l’attirer en vue des élections européennes de juin 2024, comme l’avait raconté Le Monde.

      Rachida Dati compte aussi comme colistier Pierre Liscia, un proche de Valérie Pécresse, qui s’était fait tristement connaître en 2023 en publiant une vidéo sur une fausse histoire de pillages de tombes au cimetière de Pantin. Poussée pendant des semaines par la fachosphère, cette vidéo alimentait un poncif antisémite, selon lequel les tombes juives abriteraient des trésors. Plusieurs responsables communautaires et rabbins avaient dénoncé auprès de Mediapart sa dangerosité. 

      L’ancienne ministre de la culture assure vouloir lutter contre les LGBTphobies. Celle qui avait déclaré dans les colonnes du magazine Elle « chez les gays, je suis Dalida ! » défilait encore récemment dans le quartier du Marais, à Paris avec le patron du Sneg & Co, le syndicat LGBT des lieux festifs parisiens. 

      Mais sur sa liste, la candidate s’est entourée de plusieurs opposant·es historiques au mariage pour tous en 2013. C’est notamment le cas de Philippe Goujon, qui revendiquait son refus de célébrer des mariages entre personnes de même sexe. « Tous les mariages sont célébrés normalement et dans le respect de la loi dans le XVe arrondissement », balaie encore l’équipe de campagne. 

      D’autres fervents soutiens de La Manif pour tous figurent également sur cette liste, à l’image de Valérie Montandon (11e position), Jean-Pierre Lecoq, Geoffroy Boulard (6e position ), Catherine Lecuyer (25e position) ou Franck Margain (62e position), un proche de Christine Boutin. Pour rappel, Rachida Dati elle-même était opposée au mariage pour tous et toutes, à la PMA et s’était abstenue en tant que députée européenne sur un vote visant les États à bannir les thérapies de conversion.

  • Les aides aux entreprises, un « pognon de dingue » ? - Alter Echos
    https://www.alterechos.be/les-aides-aux-entreprises-un-pognon-de-dingue

    Dans une note publiée en mai 2025, Éconosphères évaluait le montant des aides aux entreprises privées belges à 51,9 milliards d’euros en 2022. Avant que la Banque nationale de #belgique ne produise sa propre estimation quelques mois plus tard. Avec toujours la même interrogation : ces aides sont-elles efficaces ? Et les évalue-t-on assez ?

    -- Permalien

    #fiscalité #emploi

  • Opinion | It’s Time for America to Admit That It Has a Marijuana Problem - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2026/02/09/opinion/regulate-legalized-marijuana.html?campaign_id=190&emc=edit_ufn_20260215&ins

    Part of the answer is the power of Big Weed. For-profit marijuana companies, made possible by legalization, have a financial incentive to mislead the public about what they are selling. Marijuana and CBD companies have made false claims that their products can treat cancer and Alzheimer’s. Others have sold products, such as “Trips Ahoy” and “Double Stuf Stoneo,” in packages that mimic snacks for children. The companies’ executives know they can increase profits by downplaying the harms of frequent use: More than half of industry sales come from the roughly 20 percent of customers known as heavy users.

    The legal pot industry grew to more than $30 billion in U.S. sales in 2024, close to the total annual revenue of Starbucks. As the industry has grown, it has increased lobbying of state and federal lawmakers, and it has won some big victories. Marijuana companies, not casual smokers, are the biggest winners of Mr. Trump’s decision to reclassify the drug from Schedule I to Schedule III. The change will increase the profits of these businesses by causing the tax code to treat them more favorably. This does not qualify as grudging toleration.

    A better approach would acknowledge that many people end up worse off when they start to use marijuana more frequently. The goal should not be elimination. It should be to slow the recent rise, and perhaps partly reverse it, while acknowledging that many people use marijuana safely and responsibly. Alcohol and tobacco offer a useful framework. Both are legal with limitations, including relatively high taxes, open-container laws and regulations on alcohol and nicotine levels. The goal is to balance personal freedom and public health.

    Marijuana, however, is less regulated in several crucial ways. The federal government taxes alcohol and tobacco, for example, but not marijuana. And increases in tobacco taxes have been a major reason that its use has declined during the 21st century, with profound health benefits.

    The first step in a strategy to reduce marijuana abuse should be a federal tax on pot. States should also raise taxes on pot; today, state taxes can be as low as a few additional cents on a joint. Taxes should be high enough to deter excessive use, on the scale of dollars per joint, not cents. (Federal alcohol taxes, which have failed to keep pace with inflation since the 1990s, should rise, too.)

    An advantage of taxes is that they fall much more on heavy users than casual smokers. If a joint cost $10 instead of $5, it would mean a lot of extra money for someone now smoking multiple joints a day and may change that person’s behavior. It would not be a big burden for someone who smokes occasionally.

    A second step should be restrictions on the most harmful forms of marijuana, which would also be similar to regulations for alcohol and tobacco. Today’s cannabis is far more potent than the pot that preceded legalization. In 1995, the marijuana seized by the Drug Enforcement Administration was around 4 percent THC, the primary psychoactive compound in pot. Today, you can buy marijuana products with THC levels of 90 percent or more. As the cliché goes, this is not your parents’ weed. It is as if some beer brands were still sold as beer but contained as much alcohol per ounce as whiskey.

    Not surprisingly, greater THC potency has contributed to more addiction and illness. The appropriate response is both to make illegal any marijuana product that exceeds a THC level of 60 percent and to impose higher taxes on potent forms of pot, much as liquor is taxed more heavily than beer and wine.

    Third, the federal government should take action on medical marijuana. Decades of studies on the drug have proved disappointing to its boosters, finding little medical benefit. Yet many dispensaries claim, without evidence, that marijuana treats a host of medical conditions. The government should crack down on these outlandish claims. It should issue a clear warning to dispensaries that falsely promise cures and then close those that do not comply.

    The federal government needs to be part of these solutions. Leaving taxes and regulations to the states threatens to create a race to the bottom in which people can cross state lines to buy their pot. Congress can set a floor, as it has done, however inadequately, with alcohol and tobacco, and states can build on it as they choose.

    The unfortunate truth is that the loosening of marijuana policies — especially the decision to legalize pot without adequately regulating it — has led to worse outcomes than many Americans expected. It is time to acknowledge reality and change course.

    #Addiction #Tabac #Lobbies #Regulation

  • Budget : le sidérant fiasco de la taxe sur les hauts revenus

    https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/01/21/budget-le-siderant-fiasco-de-la-taxe-sur-les-hauts-revenus_6663573_823448.ht
    https://archive.ph/eeW3z

    C’est l’histoire d’un fiasco fiscal retentissant. Celle d’un impôt censé faire rentrer des sommes importantes dans les caisses de l’Etat tout en améliorant la justice fiscale, et devrait finalement rapporter presque cinq fois moins que prévu, comme l’a reconnu, mercredi 21 janvier, le ministère de l’économie et des finances. Un exemple très éloquent de la façon dont les contribuables les plus aisés réussissent à contourner en grande partie les règles communes, et même celles qui les visent directement.

    Un fiasco ? Au contraire, ça a toujours été la politique de Macron de diminuer au maximum l’impôt pour ses clients les plus fortunés. Qu’il fasse mettre en place une fausse mesure pour donner le change aux gogos, c’est juste la continuation indéfectible de toutes celles qu’il a prises jusqu’à maintenant. Le vrai fiasco, ce sont les journaux prétendument de gauche qui ont bataillé pour le faire élire et qui maintenant jouent les tartuffes offusqués devant l’ampleur de la débâcle.

    • Le journal officiel de tous les pouvoirs ne s’est jamais prétendu de gauche, si ce n’est, parfois, a postériori, et à sa façon bien à lui (sur la Guerre d’Algérie par ex. on pourrait rétrospectivement le croire plus à gauche que la SFIO, et même, parfois, le PCF), en disant par exemple que la politique équilibrée qu’il faut au pays était moins mal incarnée par la « gauche » (l’avant élection de mai 1981, par ex.). C’est un journal bourgeois (c’est ce qui en fait l’intérêt). Point barre.

      Là, ils font comme si un minimum de bonne volonté suffirait pour modifier la fiscalité, alors qu’en réalité, si tu commences à tirer le fil, ne serait-ce qu’un peu (TVA), seule une réforme serait cohérente avec les jolis principes républicains. Et qu’une quelconque réforme (pas de la production cosmétique de textes légaux oùsqu’on admirerait la capacité du régime, à nous distraire) supposerait rien de moins qu’une révolution.

      Par ailleurs, Machin, ça fait bien longtemps qu’entre deux séances passe-plats (c’est fonctionnel : institution = sacré), ils le cartonnent vigoureusement et de manière argumentée (à leur sauce : par ex la destruction de la diplomatie comme métier, l’usage de la police, la pauvreté et les inégalités galopantes, l’impéritie économique, etc.)

      #fiscalité

    • Plus de 13 000 millionnaires ne paient aucun impôt sur le revenu, selon une note inédite de Bercy
      https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/02/18/ces-13-335-millionnaires-qui-ne-paient-aucun-impot-sur-le-revenu_6667239_823

      En 2024, des milliers de contribuables disposant d’un gros patrimoine immobilier ont coupé à l’impôt sur le revenu. Un document de Bercy confirme les déclarations de l’ancien ministre Eric Lombard. De quoi relancer le débat sur la fiscalité des grandes fortunes.

  • L’#avion moins cher que le #train : une #aberration française

    Le #système_fiscal encourage fortement les airs au détriment du #rail. Un #non-sens écologique, mais aussi social.

    Pour voyager en Europe, l’avion reste souvent plus compétitif que le train, malgré son impact dévastateur sur l’environnement. Une nouvelle étude de Greenpeace révèle que sur plus de la moitié des trajets transfrontaliers européens, l’avion est moins cher que le train. Pire, sur 95 % des liaisons transfrontalières françaises, le rail coûte plus cher que les airs. Entre Paris et Barcelone, le billet d’avion tombe à 15 euros, quand le train frôle les 390. Vingt-six fois plus cher pour un mode de transport pourtant quatre-vingts fois moins polluant.

    Un système fiscal taillé sur mesure pour l’aérien

    Ce #déséquilibre ne doit rien au hasard : il résulte de #choix politiques répétés. L’aérien profite d’avantages fiscaux massifs : pas de #taxe sur le #kérosène, pas de #TVA sur les vols internationaux et des #redevances_aéroportuaires allégées pour les #compagnies_low-cost. À l’inverse, le rail assume une lourde charge. Les #péages_ferroviaires représentent jusqu’à 40 % du prix d’un billet #TGV, les billets supportent la TVA et la #SNCF finance seule l’entretien des #infrastructures.

    Des milliards pour voler, des miettes pour rouler

    La crise sanitaire a aggravé encore le déséquilibre : en 2020, l’État a versé 7 milliards d’euros à Air France-KLM, suivis de 4 milliards en 2021, sans exiger de contreparties écologiques. Dans le même temps, l’offre ferroviaire s’est réduite. Les #trains_de_nuit, plus de 300 dans les années 1980, ne sont plus que 6 en 2025. Les lignes régionales dépendent des financements des collectivités, accentuant les #inégalités_territoriales.

    L’injustice écologique et sociale

    Selon l’Agence européenne pour l’environnement, un trajet en avion émet jusqu’à 80 fois plus de #gaz_à_effet_de_serre qu’un trajet équivalent en train. Pourtant, les prix incitent massivement à prendre l’avion. Pour les familles modestes, le rail reste hors de portée. Résultat : les catégories populaires paient doublement la note, exclues du train et exposées aux impacts climatiques. Ceux qui choisissent le rail le font au prix de sacrifices individuels, alors que c’est le système qui devrait garantir une #mobilité équitable et durable.

    Changer de cap

    Greenpeace propose plusieurs leviers : mettre fin aux #exonérations_fiscales injustes, instaurer une taxe « grands voyageurs », interdire les vols courts lorsqu’une alternative ferroviaire existe, et relancer le train de nuit. En France, la baisse des péages ferroviaires, une TVA allégée et des investissements massifs dans les lignes interurbaines figurent parmi les mesures urgentes.

    Ce déséquilibre n’est pas une fatalité. Il est le fruit de décisions politiques que l’on peut inverser. Reste une question essentielle : veut-on continuer à subventionner la #pollution ou donner enfin aux citoyens les moyens de voyager plus proprement à des prix raisonnables ?

    Les mesures européennes pour rééquilibrer avion et train

    En Autriche, le « #Klimaticket », permet de circuler sur tous les réseaux ferroviaires, bus et tram pour un peu plus de 80 euros par mois.

    Face à l’urgence climatique et à la #concurrence inégale entre l’avion et le train, plusieurs pays européens expérimentent ou déploient des mesures pour favoriser le rail :

    France : Depuis 2023, la France est devenue le premier pays au monde à interdire certains vols courts intérieurs lorsqu’une alternative ferroviaire directe de moins de 2h30 existe. Cette mesure, inscrite dans la# loi_Climat_et_Résilience, visait à favoriser le #report_modal vers le train pour des raisons écologiques, une proposition initiale de la Convention citoyenne pour le climat. Mais dans sa forme finale, la portée de cette mesure est limitée : seules trois liaisons sont effectivement concernées — Paris-Orly/Bordeaux, Paris-Orly/Lyon et Paris-Orly/Nantes. Ces trois liaisons ne représentaient qu’environ 2,5% du trafic total des vols intérieurs en France, soit environ 500 000 passagers sur 16 millions par an, pour seulement 0,01% des émissions nationales de CO₂. L’impact est donc plus symbolique que structurel, d’autant que ces lignes avaient déjà été supprimées par Air France dès 2020 en échange des aides d’État.

    #Allemagne : Adoption du « #Deutschlandticket », un abonnement national à 49 € par mois valable sur tous les trains régionaux et locaux, boostant la fréquentation et l’accessibilité du train. Des investissements massifs visent également à moderniser le réseau.

    #Autriche : Mise en place du « Klimaticket », un abonnement annuel permettant de circuler sur tous les réseaux ferroviaires, bus et tram pour environ 1 000 € par an, avec un fort succès populaire.

    #Espagne : #Gratuité temporaire sur de nombreuses #lignes_régionales et de #banlieue pour encourager les alternatives décarbonées dans un contexte d’inflation.

    Tendances européennes : Suppression progressive de certains avantages fiscaux pour l’aérien ; débats sur la création d’un « #ticket_climat_européen » pour faciliter les voyages transfrontaliers en train ; efforts en cours pour améliorer la #connectivité_ferroviaire entre pays et simplifier les systèmes de #réservation.

    https://lenouveauparadigme.fr/lavion-moins-cher-que-le-train-une-aberration-francaise
    #France #prix #transport_ferroviaire #transport_aérien #comparaison #fisc #fiscalité

  • Ce qu’il faudra faire pour vaincre l’#extrême_droite

    L’extrême droite se nourrit du #désespoir économique, de l’#insécurité et de l’#exclusion. Pour la priver de ses ressources, ceux qui veulent préserver la #démocratie doivent proposer un contre-discours axé sur la #dignité et l’#appartenance, ainsi qu’un programme politique conçu pour favoriser l’#inclusion_économique et la #résilience_climatique.

    De l’Allemagne aux États-Unis en passant par le Brésil et au-delà, l’extrême droite gagne du terrain. Si les détails varient d’un pays à l’autre, le schéma est étonnamment cohérent : l’extrême droite prospère lorsque les économies ne parviennent pas à assurer le #bien-être, l’#équité et la #sécurité.

    Ce n’est pas une observation nouvelle. #Antonio_Gramsci, #Karl_Polanyi et d’autres penseurs du XXe siècle ont diagnostiqué le #fascisme comme une réponse réactionnaire à l’#instabilité_capitaliste et aux mouvements progressistes qui avaient émergé pour contrer ses excès. Dans The Great Transformation, Polanyi a fait valoir que le « #déracinement » des marchés des #relations_sociales avait créé un terrain fertile dans lequel l’#autoritarisme pouvait s’enraciner.

    À notre époque, #Nancy_Fraser, de la New School for Social Research, a décrit comment le #néolibéralisme érode la #solidarité_sociale, alimentant le #populisme exclusif. D’autres analystes soulignent que l’#austérité et la #précarité rendent les citoyens vulnérables aux #discours_simplistes qui désignent des #boucs_émissaires.

    Ainsi, l’histoire montre comment le #chômage_de_masse, l’#inflation et la baisse du #niveau_de_vie peuvent favoriser l’#extrémisme, en particulier lorsqu’ils s’accompagnent d’institutions faibles, d’une #polarisation_politique ou de discours exploitant les #griefs et les #peurs. Tout comme la #Grande_Dépression a ouvert la voie au fascisme en Europe, la #crise_financière mondiale de #2008 a créé les conditions d’un retour du #nationalisme à travers le monde.

    Aujourd’hui, nous sommes confrontés à une nouvelle itération du même cycle. Bien que l’#Allemagne ait initialement fait preuve de résilience pendant la pandémie de COVID-19, la crise énergétique déclenchée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie l’a particulièrement touchée. Comme l’ont montré les économistes Isabella M. Weber et Tom Krebs, la hausse des #coûts_énergétiques s’est répercutée sur l’ensemble de l’#économie, la fixation des prix par les entreprises amplifiant les pressions inflationnistes. Alors que les ménages étaient en difficulté, le parti d’extrême droite Alternative für Deutschland a vu sa popularité monter en flèche.

    Aux États-Unis, des décennies de #désindustrialisation, de stagnation des #salaires et d’augmentation des inégalités ont érodé l’idée que chaque génération fera mieux que la précédente. L’Inflation Reduction Act de l’ancien président Joe Biden était une initiative ambitieuse visant à relancer la politique industrielle et à stimuler la fabrication écologique, mais son héritage s’est avéré éphémère. Donald Trump a exploité le mécontentement suscité par la hausse des prix après la pandémie et a remporté les élections de 2024 en utilisant comme arme l’#aliénation et le #ressentiment, en désignant comme boucs émissaires les immigrants, la #mondialisation et les « #élites_urbaines ».

    Le #Brésil illustre une autre dynamique. Des millions de personnes sont sorties de la #pauvreté sous le gouvernement du Parti des travailleurs du président Luiz Inácio Lula da Silva dans les années 2000, mais beaucoup ont vu ces acquis s’inverser, tandis que d’autres ressentent de l’amertume d’être exclus des programmes sociaux. La révolution numérique rend le travail plus précaire. Lula a tenté de restaurer certains des acquis perdus depuis son retour au pouvoir en 2023, mais il est confronté à un Congrès dominé par l’extrême droite et ses alliés.

    Même si Jair Bolsonaro a été condamné pour tentative de coup d’État, d’autres dirigeants d’extrême droite au Brésil promettent également un retour à l’ordre, à la stabilité et à la foi religieuse. Leur rhétorique met l’accent sur l’#esprit_d’entreprise et l’#autonomie. Bien que séduisante sur le plan émotionnel, l’idée selon laquelle les individus sont responsables de la pauvreté ignore cyniquement les obstacles structurels qui bloquent la mobilité socio-économique.

    Les #chocs_internationaux – ruptures de la chaîne d’approvisionnement pendant la pandémie, volatilité des marchés énergétiques, #conflits prolongés, effets inflationnistes du #changement_climatique – ont également alimenté la montée des forces d’extrême droite. Ces problèmes exigent une coopération transfrontalière, mais les extrémistes les exploitent pour attaquer le #multilatéralisme, le présentant comme un « #complot mondialiste ». Les #droits_de_douane punitifs de Trump incarnent cette réponse, présentant le commerce mondial comme une lutte à somme nulle dans laquelle les étrangers sont les ennemis des travailleurs américains.

    Ces discours simplistes unissent les mouvements d’extrême droite plus que n’importe quel ensemble de politiques communes. Chacun repose sur une opposition fondamentale entre « nous » et « eux ». Comme le note la sociologue brésilienne Esther Solano, ces discours séduisent ceux qui se sentent abandonnés, en faisant des immigrants, des minorités, des féministes, des militants pour le climat et d’autres groupes des ennemis. Dans un monde binaire de gagnants et de perdants, la #complexité disparaît dans les mythes d’une #pureté_culturelle et d’une grandeur nationale révolues.

    Pour contrer ces discours, il faut plus qu’une réfutation raisonnée. Si les racines de l’ascension de l’extrême droite sont en grande partie économiques, il sera impossible de la vaincre sans une nouvelle #vision_économique.

    Cela signifie, pour commencer, s’attaquer à l’inflation à sa source. La récente vague d’inflation était moins liée à une demande excessive qu’à des chocs d’offre, à la #spéculation et à des fragilités structurelles. Pourtant, l’orthodoxie économique a continué à privilégier les hausses de taux d’intérêt et l’austérité, pénalisant les travailleurs et les plus vulnérables. Les gouvernements doivent plutôt utiliser des #outils_fiscaux – soutien au revenu, #allégements_fiscaux sur les produits de première nécessité, renforcement des #services_publics – pour protéger les ménages, tout en investissant dans les capacités nationales en matière d’#énergies_renouvelables, de #sécurité_alimentaire et de production durable. Il faut lutter de front contre la spéculation des entreprises en appliquant les #lois_antitrust, en renforçant les règles de #transparence et en sanctionnant les pratiques abusives en matière de #prix.

    Une deuxième priorité consiste à investir massivement (et stratégiquement) dans les #infrastructures_publiques. Des #transports au #logement, en passant par la #santé et l’#éducation, le domaine public doit être reconstruit. La propriété publique ou la réglementation des secteurs clés garantirait la fiabilité, l’équité et la #résilience_climatique des services. Mais l’#investissement seul ne suffit pas. Les institutions doivent être rendues plus transparentes, responsables et participatives, afin de restaurer la #confiance dans le fait que les gouvernements servent l’#intérêt_général.

    Troisièmement, nous avons besoin d’une transition véritablement juste vers une économie à faible émission de carbone. Une politique industrielle verte peut créer des emplois et revitaliser les régions laissées pour compte tout en décarbonisant l’activité économique. Mais si elle est trop laissée au marché, la transition verte risque d’aggraver les inégalités. La #transition_énergétique doit donner du pouvoir aux travailleurs, et non les abandonner. Les emplois verts doivent être des #emplois de qualité : sûrs, bien rémunérés, syndiqués et ancrés dans les communautés. À cette fin, la #politique_industrielle devrait se concentrer sur les énergies propres, la régénération des écosystèmes et les secteurs des soins.

    Quatrièmement, nous devons restaurer la confiance dans les institutions. Cela signifie apporter des améliorations tangibles dans des domaines tels que le #logement_abordable, les #soins_de_santé publics et les infrastructures résilientes. Cela signifie également démocratiser la prise de décision. Des mécanismes tels que la #budgétisation_participative, les #assemblées_citoyennes et les #initiatives_communautaires en faveur du climat peuvent permettre aux citoyens non seulement d’être témoins du changement, mais aussi de le façonner.

    Enfin, pour contrer les discours simplistes de l’extrême droite, il faut élaborer de nouveaux discours audacieux. Un message de renouveau culturel et politique doit accompagner la réforme économique. Là où l’extrême droite offre la peur, la #division et des boucs émissaires, les forces démocratiques doivent offrir la #solidarité, la dignité et l’#espoir, en s’appuyant sur un #discours qui met l’accent sur le #bien-être_collectif, célèbre la #diversité et donne le sentiment que le #progrès est possible et réel.

    L’extrême droite se nourrit du désespoir, de l’insécurité et de l’exclusion. Bricoler les contours du néolibéralisme ne permettra pas d’apporter la sécurité, la dignité et le sentiment d’appartenance nécessaires pour l’affamer. Pour cela, nous avons besoin d’un nouveau modèle économique, fondé sur la #durabilité, la #justice et la solidarité.

    https://www.reseau-bastille.org/2025/12/26/ce-quil-faudra-faire-pour-vaincre-lextreme-droite
    #à_faire #résistance #fisc #fiscalité #économie #gauche #contre-discours
    ping @karine4

  • #BlaBlaCar et son monde. Enquête sur la face cachée du #covoiturage

    Le covoiturage, c’est merveilleux : écologique, pas cher, convivial, et, grâce à BlaBlaCar, trouver un trajet ou des passagers est devenu aussi simple que de réserver un billet de train. La firme a ainsi rapidement construit un quasi-monopole sur ce mode de transport. Pourtant, derrière ce beau discours se cache une réalité moins flatteuse.

    #Fabien_Ginisty, covoitureur (4,8/5 – 30 avis) et journaliste, montre, chiffres à l’appui, comment BlaBlaCar impacte nos vies en transformant nos moindres déplacements en services ou en produits. Dans une enquête fouillée, il nous dévoile la face cachée du géant du covoiturage, entre #lobbying et montages fiscaux, bien loin de l’image altruiste et écolo que se donne la firme.

    À l’heure où l’idéologie startupiste est étroitement soutenue par l’État, ce livre nous rappelle aussi qu’il n’est pas utopique de gérer différemment le covoiturage en le considérant comme un « #bien_commun ».

    https://www.lepassagerclandestin.fr/catalogue/hors-collection/blablacar-et-son-monde
    #livre #mobilité #transports #fisc #fiscalité

    • L’autostop était l’équivalent gratuit et non capitaliste. Mais non, il faut monnayer ses services, passer par internet, donner ses papiers et en plus enrubanner tout cela de mensonges écologiques.

  • Héritage : « Les chercheurs disposent de moins d’informations sur les transmissions que quand l’informatique n’existait pas »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/30/heritage-les-chercheurs-disposent-de-moins-d-informations-sur-les-transmissi

    Le processus de transmission des déclarations de succession à l’administration fiscale a sans conteste besoin d’être modernisé. Les notaires rédigent aujourd’hui les déclarations de succession sur support électronique. Les héritiers et légataires peuvent de même remplir les formulaires Cerfa sur ordinateur. Mais ils sont les uns et les autres obligés de les transmettre au service de l’enregistrement sous format papier. L’envoi de documents numérisés sous format papier fait obstacle à la production de données agrégées et à leur exploitation scientifique.

    Aussi la direction générale des finances publiques a-t-elle prévu un service numérique de l’enregistrement avec la mise en place de la plateforme e-Enregistrement. Malheureusement la date de son ouverture ne cesse d’être repoussée. Dans le contrat de transformation e-Enregistrement de 2019, la bascule numérique était programmée pour 2021 ; dans le décret 2020-772 du 24 juin 2020, l’entrée en vigueur de l’obligation de télédéclaration était fixée au plus tard au 1er juillet ; jusqu’à ce que le décret 2025-561 du 30 mai la supprime en abrogeant le précédent décret – et ce sans qu’aucune justification soit apportée.

    Résultat paradoxal : à l’heure du numérique et du big data, les chercheurs disposent de moins d’informations agrégées sur les transmissions que quand l’informatique n’existait pas ! Or quand les moyens nécessaires lui sont alloués, l’administration fiscale parvient à produire des données de grande qualité. Ainsi, par exemple, des progrès notables ont été réalisés au cours des dernières années permettant de coupler les données fiscales sur les revenus des ménages à celles sur leur patrimoine. Il est dommage que les successions et les donations aient été laissées de côté.
    Or les enjeux de connaissance en ce domaine sont essentiels. Jusqu’en 2010, ces données fiscales permettaient de dresser un état des lieux précis des patrimoines transmis et de leur composition par type d’actif (immobilier, financier, professionnel). Elles rendaient également possible la mesure du niveau de concentration des héritages et de leur répartition géographique.

    La réouverture de l’accès à ces données permettrait de nourrir, de manière posée et rationnelle, le débat public qui est en train d’émerger autour de la question de l’héritage. Les droits de succession et donation se sont élevés en 2024 à 20,8 milliards d’euros dont nous savons en définitive peu de choses. Grâce aux données fiscales, nous pourrions calculer les taux d’imposition effectifs selon le montant et la nature des biens transmis, ou encore selon le lien de parenté entre défunts et héritiers.

    https://justpaste.it/m451d

    « La France du XXIᵉ siècle est redevenue une société d’héritiers », Mélanie Plouviez
    https://seenthis.net/messages/1106293#message1107143

    #héritocratie #propriété #héritage #société_d’héritiers #patrimoine #successions #donations #niches_fiscales #données_fiscales #fiscalité #débat_public

  • L’ascenseur social par les revenus du travail n’existe plus en France. C’est la richesse des parents qui détermine celle des enfants. D’où l’idée de taxer davantage les héritages des riches qui échappent largement à l’impôt, pour remettre une dose de justice dans le système.

    Si, chez nos voisins suisses, l’idée de durcir l’imposition des #héritages des très fortunés pour réduire les inégalités de patrimoine fait son chemin, en France en revanche, elle patine. Du centre à l’extrême droite, beaucoup se sont rangé·es derrière l’idée, répétée à longueur de sondage, que les Français·es rejetteraient du plus profond de leur être toute hausse de l’impôt sur les successions et les donations, quand bien même celles-ci ne concerneraient que les plus aisé·es.

    Certes, à gauche, on ne désarme pas. Par exemple au Sénat où, vendredi 28 novembre, plusieurs amendements du sénateur socialiste Alexandre Ouizille au projet de budget 2026 ont été mis au débat. Ils proposaient de réduire les #niches_fiscales sur les gros héritages, et de relever le taux d’#impôt des #successions supérieures à 3 millions d’euros.

    Mais ces amendements ont été balayés d’un revers de main par la droite, largement majoritaire au Sénat, et farouchement opposée à toute hausse de la #fiscalité des héritages.

    La France, un pays de #rentiers qui devrait taxer plus les gros héritages

    https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/291125/la-france-un-pays-de-rentiers-qui-devrait-taxer-plus-les-gros-heritages ?

  • Taxe Zucman : La fuite des milliardaires

    Comment est-ce que les #ultra-riches arrivent à organiser leur fortune pour payer le moins d’impôt possible ? Et pourquoi la taxe Zucman pourrait être le premier pas vers l’#équité_fiscale en France ?

    https://www.youtube.com/watch?v=Q0kwriDkI3Y


    #taxe_zucman #fiscalité #vidéo #riches #taux_d'imposition #justice_fiscale #Gabriel_Zucman #économie #taxe_plancher #optimisation_fiscale #patrimoine #abus_de_bien_social #fraude_sociale #dividendes #holding #artemis #François_Pinault #Suisse #Gucci #Tessin #Cadempino #Kering #évasion_fiscale
    #explication #à_voir #médias

  • Seine-Maritime : Un homme se suicide alors qu’un huissier et des policiers sont en train de l’expulser de chez lui
    https://www.20minutes.fr/faits_divers/4180776-20251021-seine-maritime-homme-suicide-alors-huissier-policiers-tra

    Budget : et encore des cadeaux aux plus riches !
    https://blogs.mediapart.fr/touriste/blog/181025/budget-et-encore-des-cadeaux-aux-plus-riches

    Le ministre du #logement projette d’inclure dans le budget un « statut du bailleur privé » c’est à dire une nouvelle loi pour distribuer aux propriétaires fonciers toute une série de cadeaux fiscaux en échanges de contreparties plus que légères ou même sans contreparties.

    Sachant que les #multipropriétaires qui vont bénéficier de cette manne représente 5% de l’ensemble des ménages, on peut se douter que ce n’est pas la retraitée louant un studio « alimentaire » qui va toucher le gros lot de cette loi bailleurs.

    #fiscalité / #dette_locative #loyer #expulsion