• En #Virginie, la capitale mondiale des #data_centers confrontée à la #contestation croissante des habitants

    Cet Etat de la Côte est des Etats-Unis concentre 12 % des capacités mondiales des centres de données géants essentiels à l’intelligence artificielle, qu’elle a attirés notamment grâce à des exemptions fiscales. Un essor de plus en plus contesté par les riverains, notamment inquiets de leur impact écologique.

    C’est donc ça, l’envers du décor de cette révolution. De gigantesques entrepôts cerclés de clôtures et des chantiers non moins colossaux qui en annoncent de futurs. Impossible de déambuler entre ces parcelles sans âme, disposées le long de grandes artères de la banlieue de Washington. Bienvenue à Loudoun County, dans le nord de la Virginie, qui détient le record mondial du nombre de centres de données.
    La zone, qui a logiquement hérité du surnom « Data Center Alley », est à la fois le cœur du réacteur de la révolution de l’intelligence artificielle (IA) et le laboratoire d’un contre-mouvement : ici, comme partout aux Etats-Unis, la contestation monte contre ces excroissances visibles d’une technologie énergivore qui fascine autant qu’elle inquiète.
    Pour mesurer ce que les centres de données sont à la Virginie, il faut fournir quelques chiffres. Cet Etat de la Côte est américaine concentre à lui seul 12 % des capacités mondiales des « hyperscalers », les géants de la gestion des données Internet, selon le cabinet Synergie Group Research. Le comté de Loudoun compte 200 centres de données, soit environ 5 kilomètres carrés d’entrepôts, l’équivalent des quatre arrondissements du centre de Paris. Et ce n’est que le début. « Plus de 26 kilomètres carrés de nouveaux data centers sont déjà approuvés ou en cours d’approbation dans l’Etat, cela correspond à l’équivalent d’environ 1 500 supermarchés Walmart », explique Julie Bolthouse, directrice de l’aménagement du territoire au conseil environnemental de Piedmont, une large zone du nord de la Virginie, où est massé l’essentiel des infrastructures.
    45 % des recettes fiscales
    Le compagnonnage de la Virginie avec les géants du numérique remonte à la naissance d’Internet. Avec la proximité du Pentagone et de la capitale, ainsi que le développement d’infrastructures de communication, le comté de Loudoun devient rapidement un lieu incontournable pour le stockage de données. A partir des années 2000 et 2010, une large portion du trafic Internet mondial transite par cet Etat.
    Les habitants plébiscitent (ou ignorent) alors cette industrie discrète, qui occupe des espaces dans des zones industrielles, paie des taxes foncières importantes et génère un peu d’emplois. « Nous avons tiré durant toutes ces années un bénéfice financier maximal des centres de données », explique Mike Turner, le vice-président du conseil exécutif de Loudoun County. Ces derniers représentent aujourd’hui 45 % des recettes fiscales du comté, soit 1,3 milliard de dollars (environ 1,15 milliard d’euros). Cela se répercute sur la feuille d’impôt des habitants : les taxes foncières sont en moyenne 25 % plus basses que dans les circonscriptions voisines.
    Mais, depuis le début des années 2020, les choses ont radicalement changé. La révolution de l’intelligence artificielle s’appuie sur la puissance de calcul des puces électroniques, les semi-conducteurs contenus dans des serveurs, eux-mêmes stockés dans ces fameux centres de données. Une requête dans ChatGPT, le robot conversationnel d’OpenAI, mobilise en moyenne beaucoup plus de puissance de calcul qu’une recherche Google. Si l’on compare l’IA au développement de la voiture au XXe siècle, les puces sont l’essence et les data centers sont les stations-service. Tout à la conquête de ce marché en devenir, les hyperscalers – Amazon, Google et Microsoft en tête – ne reculent aucun investissement pour en construire le maximum.
    Jusqu’à la saturation ? C’est, en tout cas, ce qui menace Loudoun County. « On reçoit de plus en plus de messages d’habitants qui nous disent d’arrêter d’approuver des data centers, témoigne Mike Turner. La différence avec avant, c’est que quand on explique que ça fait baisser les impôts locaux ils nous répondent : “Je m’en fiche, augmentez les impôts, mais arrêtez ça.” » Les comtés voisins observent la même tendance. Un gigantesque projet a été abandonné début avril à Prince William County, sous la pression de la population : il prévoyait l’installation de 37 unités aux abords de Manassas National Battlefield Park, le site protégé des deux batailles de Bull Run, pendant la guerre de Sécession (1861-1865).
    Désagréments visuels et sonores
    Le mouvement est national. Le Maine vient de voter un moratoire sur tous les grands projets de centre de données, d’ici à 2027. Et d’autres Etats pourraient rapidement leur emboîter le pas. Terry Clower, professeur de politiques publiques à la Schar School of Policy and Government de l’université George-Mason, située à Fairfax, en Virginie, s’étonne de cette évolution rapide. « Je me demande de plus en plus si cette opposition virulente n’est désormais pas autant liée à la peur de l’intelligence artificielle qu’aux centres de données eux-mêmes. Ils sont l’infrastructure qui permet de faire fonctionner l’IA, et le discours dominant aujourd’hui est que celle-ci vient prendre nos emplois. »
    Un sondage mené par son université montre que désormais, 40 % des habitants de Loudoun County pensent que les centres de données détériorent leurs conditions de vie, contre 19 % qui estiment que cela les améliore, et 40 % qui jugent que cela ne change rien. Les griefs des opposants sont nombreux, à commencer par les désagréments visuels et sonores : ces entrepôts sont massifs, peu esthétiques et génèrent en général une sorte de vrombissement. Construits à côté de zones d’habitation, ils peuvent représenter une réelle nuisance.

    Aux yeux (et aux oreilles) de Terry Clower, ce rejet est largement exagéré. « Vous achetez une maison et vous vous installez à proximité d’un terrain classé en zone industrielle, commerciale ou autre. Préféreriez-vous y voir s’implanter un centre de données, ou plutôt un pôle de distribution Amazon, avec 400 ou 500 camions entrants et sortant du site chaque jour ? » Selon lui, la nuisance sonore est similaire au bruit de fond d’une autoroute située à quelques kilomètres.

    Il n’est pas aisé de trancher, car il existe plusieurs types et plusieurs générations de data centers, avec des systèmes de refroidissement différents, plus ou moins bruyants. Les concepteurs travaillent sur l’isolation et sur le design, en mettant des fausses fenêtres ou des couleurs plus gaies. Difficile, cependant, de faire des miracles : in fine, il s’agit toujours d’un entrepôt bourdonnant de la taille de deux ou trois terrains de football. Contactée par Le Monde, la Data Center Coalition, qui regroupe les grands acteurs du secteur, n’a pas répondu.
    Une pollution importante
    La cause principale du rejet est, de toute façon, ailleurs. C’est l’empreinte énergétique et écologique des centres qui inquiète le plus les habitants. La consommation en électricité nécessaire pour faire tourner les serveurs est colossale. Et certaines installations disposent de générateurs au diesel qui engendrent une pollution importante.
    Selon Julie Bolthouse, si la totalité des projets en cours étaient effectivement construits dans le nord de la Virginie, cela nécessiterait un quadruplement de la capacité actuelle du réseau d’électricité. « C’est complètement fou, on a mis cent ans à construire le réseau actuel », s’exclame-t-elle, en pointant l’échelle des risques, de la simple panne liée à la surcharge temporaire jusqu’à l’effondrement du système.

    Le sujet empêche parfois Mike Turner de dormir, lui qui constate l’existence d’une forme de pensée magique chez les constructeurs. « Je dis aux industriels : “Pourquoi vous voulez encore construire ici, alors que vous n’aurez pas l’électricité qu’il faut avant dix ans ?” Ils me répondent : “L’opérateur trouvera une solution, et le jour où il la trouvera, nos installations seront prêtes.” Avec mes équipes, on a beau chercher, on ne voit pas comment ils pourront faire. » La relation idyllique avec ces constructeurs s’est quelque peu refroidie ces derniers temps, alors que les permis sont désormais délivrés au compte-gouttes. « La tension dans les réunions est plus palpable qu’avant », euphémise le vice-président du conseil exécutif.
    Si le prix de l’électricité explose globalement aux Etats-Unis, il est difficile pour le moment d’attribuer cela à l’IA. Tous les experts s’accordent néanmoins à dire qu’une forte hausse des coûts est attendue dans les années à venir. Les Etats cherchent la parade, en obligeant par exemple les hyperscalers à construire leurs propres centrales ou à prendre en charge une partie de l’augmentation. Mais le consommateur ne sera pas épargné, quel que soit le scénario.
    Limiter le foncier disponible
    Les opposants aux hyperscalers de Virginie ont bien une idée pour ralentir la ruée : mettre fin à l’exemption de taxes sur les achats dont bénéficie l’industrie dans l’Etat. Un cadeau fiscal à 1,9 milliard de dollars en 2025 pour le secteur le plus riche du monde, qui explique en grande partie, avec la qualité de la fibre, la disponibilité du foncier et les conditions météo clémentes, l’attrait pour la Virginie. Le renouvellement de cette exemption, qui allait de soi jusque-là, est suspendu, cette année, à une décision des parlementaires locaux, signe d’un changement d’époque.
    Les opposants soulignent que cela découragerait les nouvelles installations, sans faire fuir l’industrie déjà présente. Mike Turner n’en est pas si sûr. Il craint le départ pur et simple de la poule aux œufs d’or : avec les progrès fulgurants de la technologie des semi-conducteurs, les hyperscalers remplacent les équipements très régulièrement et l’exemption de taxe leur permet de faire à chaque fois de précieuses économies.

    Les autorités locales misent davantage sur une meilleure gestion de l’urbanisme, afin de cantonner les centres aux zones éloignées des habitations, et sur une limitation du foncier disponible. La partie ouest de Loudoun County a ainsi été décrétée « data center free », en prenant pour prétexte la préservation des cultures, notamment viticoles.
    La Virginie conservera-t-elle sa position dominante aux Etats-Unis et dans le monde ? Une analyse réalisée par Synergie Research Group montre une migration progressive depuis la Côte ouest et la Côte est, les deux pôles technologiques du pays, vers le centre du pays, où l’électricité est moins chère et le foncier abondant. Pour John Dinsdale, analyste en chef au sein de ce cabinet, se battre contre ces installations revient à lutter contre des moulins à vent : « Si le centre ne se construit pas dans une localité, l’opérateur ira dans une ville différente, dans un autre comté, un autre Etat ou un autre pays. Mais il sera construit quoi qu’il arrive. » On n’arrête pas une révolution en marche.

    https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/05/08/en-virginie-la-capitale-mondiale-des-data-centers-confrontee-a-la-contestati
    #résistance #infrastructure #AI #IA #intelligence_artificielle #centres_de_données #Etats_Unis #pollution #impact_écologique #riverains #Loudoun_County #Data_Center_Alley #fisc #fiscalité #exonération_fiscale #pollution_sonore #bruit #électricité

  • Bernard Arnault: son mégayacht à 500 millions via Malte
    https://www.24heures.ch/bernard-arnault-son-yacht-geant-cache-et-le-paradis-fiscal-181739235567

    Il se dit « premier contribuable de France », mais pour ses bateaux, Bernard Arnault préfère la discrétion des #paradis _fiscaux, assure Mediapart. Dans une enquête publiée ce mercredi, le média d’investigation se livre à une analyse précise de l’acquisition du dernier #yacht du plus riche des Français – et démontre comment celui-ci échappe à la nouvelle #taxe_sur_les_holdings votée en 2026.

    Selon des documents consultés par Mediapart, le patron de LVMH a commandé un #mégayacht de 143 mètres, plus grand que ceux de Jeff Bezos ou de Sergey Brin. Son prix ? Il est estimé à plus de 500 millions d’euros et, pour l’acquérir, le milliardaire est passé par une société immatriculée à Malte, Concerto Yachting Limited. Celle-ci est détenue via un prête-nom et une structure basée au Luxembourg.

    Un précédent avec un autre yacht

    Selon le journal français, Bernard Arnault avait utilisé le même montage pour acheter son précédent yacht, le Symphony, un navire de 101 mètres acquis pour 228 millions d’euros en 2015. Il faut dire que Malte est l’un des principaux paradis fiscaux pour les yachts en Europe, comme l’avait documenté l’enquête « Malta Files » réalisée par le réseau de médias européens EIC.

    Précision importante : rien dans ce montage n’est illégal. Mediapart pointe la facilité avec laquelle les très grandes fortunes parviennent à réduire leur facture fiscale, y compris sur des achats de « pur » luxe.

    #riches #fiscalité #évasion_fiscale_légale #optimisation_fiscale

  • La France est devenue plus inégalitaire que la moyenne de l’Union européenne

    Le #coefficient_de_Gini, qui mesure les inégalités de revenus, progresse en France tandis qu’il baisse en moyenne au sein des 27 pays de l’UE. Les #allègements_fiscaux des quinquennats Macron peuvent expliquer en partie cette divergence.

    Le chiffre, passé relativement inaperçu, est frappant. Le coefficient de Gini de la France, qui mesure le niveau des inégalités de #revenu après redistribution (impôts et prestations sociales), progresse sensiblement, selon les données publiées par #Eurostat, l’organisme statistique de l’Union européenne.


    (#paywall)

    https://www.lesechos.fr/economie-france/social/la-france-est-devenue-plus-inegalitaire-que-la-moyenne-de-lunion-europeenne
    #inégalités #France #statistiques #chiffres #macronisme #fiscalité

  • La guerre en Iran, meilleur allié des voitures électriques

    https://vert.eco/articles/crise-de-lenergie-pourquoi-il-ne-faut-surtout-pas-baisser-les-prix-a-la-pompe

    Faire baisser le prix de l’énergie pour tous les consommateurs est extrêmement coûteux et, en plus, c’est socialement injuste car on subventionne aussi les ménages aisés, dont on sait qu’ils consomment jusqu’à deux fois plus d’énergie que les ménages les plus modestes. Concrètement, on leur donne deux fois plus de subventions alors qu’ils n’en ont pas besoin. » « Baisser de seulement un centime les prix à la pompe – en réduisant les taxes, par exemple – coûterait un peu moins de 500 millions d’euros par an », estime Pierre Jérémie, expert associé de l’Institut Montaigne. « À ce prix-là, on peut doubler les aides à l’achat pour 100 000 véhicules électriques par an », illustre-t-il.

    C’est le dernier reproche – et pas des moindres – adressé aux aides à la pompe : elles maintiennent notre dépendance aux énergies fossiles au lieu de nous en sevrer. « En subventionnant les énergies fossiles, on supprime le signal-prix [l’information transmise par le prix d’un produit, NDLR] et, en plus, c’est de l’argent qu’on ne met pas dans la transition énergétique », s’agace Andreas Rüdinger. Pierre Jérémie abonde : « Il est absolument crucial qu’on ne donne jamais aux consommateurs le signal qu’on va protéger ou stabiliser les prix des énergies fossiles ! Par contre, à l’inverse, il faut tout faire pour faire baisser le prix des solutions décarbonées.

    Dans l’immédiat, il recommande de quadrupler le budget du leasing social. Ce dispositif mis en place par l’État en 2024 permet à des ménages modestes (moins de 16 300 euros de revenus annuels) de louer un véhicule électrique pour moins de 200 euros, voire moins de 140 euros par mois. « Grâce à ce dispositif, 100 000 ménages modestes sont aujourd’hui à l’abri de la crise des prix à la pompe », se félicite Hadrien Hainaut. Selon ses calculs, multiplier par quatre le nombre de bénéficiaires, pour atteindre 200 000 ménages par an, nécessiterait un budget supplémentaire de 1,2 milliard d’euros chaque année. En comparaison, la baisse de la TVA sur l’énergie, proposée par le RN, coûterait quelque 17 milliards d’euros, dont 10 sur les seuls carburants, selon le ministère de la transition écologique.

    Pour celles et ceux qui ne pourront accéder dès cette année au leasing social – 15 millions de Français·es sont en situation de précarité mobilité –, amplifier le dispositif du chèque énergie est une solution facilement activable. Généralisé en France depuis 2018, ce chèque est adressé chaque année à environ 5,8 millions de foyers modestes (dont les revenus annuels par personne sont inférieurs à 11 000 euros) afin qu’ils puissent régler leurs factures d’énergie ou d’essence. Or cela fait deux années de suite que le budget du chèque énergie est raboté pour participer à l’effort budgétaire du gouvernement. Il a atteint 650 millions d’euros en 2026 (contre 900 millions en 2024), faisant craindre un recul du nombre de bénéficiaires d’au moins 30%, alerte l’association de collectivités FNCCR.

    ...

    Pour les ménages qui se chauffent au gaz naturel, « la flambée qui est en train de se former sur les marchés ne verra ses effets importants sur les factures des ménages qu’en octobre prochain, quand la saison de chauffe reprendra », analyse Pierre Jérémie. « On a donc six mois devant nous pour donner toutes les chances aux ménages de réduire leur consommation de gaz avant l’hiver prochain », encourage-t-il. Le meilleur moyen, selon lui, est de remplacer un maximum de chaudières au gaz par des modes de chauffage décarbonés tels que des pompes à chaleur (pour les logements individuels) ou des réseaux de chaleur urbains (pour le collectif).

    Là encore, les dispositifs d’aide existent déjà, mais nécessitent d’être amplifiés et/ou démocratisés. Ma prime renov’, qui subventionne les gestes de rénovation thermique et/ou le changement de chauffage des particulier·es, a subi de multiples ajustements en 2024 et 2025, avant de voir son budget une nouvelle fois raboté en 2026. Mais « l’outil a le mérite d’exister », estime Pierre Jérémie.

    #guerre #iran #pétrole #gaz #énergie #crise #décarbonation #électrique #subvention #fiscalité #incitation #consommation

    • J’ai entendu le contraire. Comme quoi la hausse du prix de l’essence pouvait pousser à passer en électrique. Mais comme la grille est déjà en concurrence avec l’IT (datacenter) et que les acteurs se chevauchent, ils ne vont pas ouvrir les vannes des concessionnaires à la vente. Donc double saturation.

      Peut être les ventes chinoisent, qui produisent plein.

  • « A Paris, la carte des logements occupés de manière intermittente recoupe étonnamment celle de la cherté au mètre carré »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/03/21/a-paris-la-carte-des-logements-occupes-de-maniere-intermittente-recoupe-eton

    #Paris cristallise l’ensemble des problèmes de #logement en France : rareté de l’offre, difficulté à trouver une habitation, prix et #loyers élevés, délais d’attente pour l’obtention d’un #logement_social. Ce n’est pas pour rien que, dans le classement officiel des territoires selon la tension du marché du logement, la capitale et sa petite couronne sont classées au niveau le plus élevé : la zone A bis. Pour comprendre ce qui a mené à cette situation, l’examen de quelques données de base sur la longue durée, tirées des recensements de 1968 à 2022 et rapportées par l’Insee, est riche d’enseignements.

    A priori, l’évolution du nombre de logements depuis 1968 est rassurante, puisqu’il a augmenté de près de 15 % : 1,4 million de logements en 2022, contre 1,22 million en 1968. Mais, dans le détail, les résidences principales connaissent une dynamique inverse – une baisse d’un peu plus de 25 000 logements – tandis que, symétriquement, les #logements_vacants et les #résidences_secondaires voient leur nombre grimper en flèche.
    La frontière étant poreuse entre ces deux dernières catégories, il est commode de les regrouper sous le nom de « logements intermittents ». Ils représentent aujourd’hui 9 % du parc dans la Métropole du Grand Paris (hors Paris), un chiffre proche des 8 % constatés à Londres. Dans Paris intra-muros, ils représentent près d’un logement sur cinq en 2022, contre seulement un sur vingt en 1968. Quels facteurs expliquent cette explosion ?

    L’augmentation du nombre de logements a servi en partie à satisfaire les désirs de ceux qui n’habitent pas Paris à l’année, provinciaux et étrangers désireux d’avoir un pied-à-terre dans la capitale et de profiter de ses agréments pendant une courte période. L’occupation intermittente concerne surtout les petites surfaces : près des trois quarts des logements inoccupés ne disposent que d’une ou deux pièces.

    La location meublée touristique est souvent incriminée. Elle joue un rôle, mais moins important qu’on ne le croit. Le nombre d’annonces de logements entiers disponibles en novembre 2025 sur la plateforme Airbnb ne dépasse pas 48 000 à Paris intra-muros, soit 3,4 % du nombre de logements selon une enquête de l’Atelier d’urbanisme de Paris (APUR). Même si ce nombre est sous-estimé, la location touristique ne doit pas être responsable de plus d’un tiers de l’augmentation de l’intermittence.

    L’ancienneté du logement entre en ligne de compte. Plus le logement vieillit, plus il faut entreprendre des travaux de rénovation, sans compter l’obsolescence qui déclasse les logements anciens au fur et à mesure que les normes de confort progressent. L’évolution de la réglementation constitue aussi un facteur, l’interdiction de louer des passoires thermiques en étant un bon exemple. La structure par ancienneté des logements inoccupés confirme pleinement cette hypothèse. Plus un logement est ancien, plus l’intermittence est développée ; un quart des logements construits avant 1914 sont dans ce cas, selon une autre enquête de l’APUR.

    Incitation fiscale

    Toutefois, au-delà de tous ces facteurs, la carte de l’occupation intermittente recoupe étonnamment celle de la cherté du logement au mètre carré : elle touche majoritairement les arrondissements centraux bordant la Seine. L’élément essentiel semble donc être une rétention de nature économique. Une occupation occasionnelle semble la meilleure façon d’attendre une occasion de vendre au prix le plus élevé et de réaliser une belle plus-value.

    Ces logements disposent d’une douche ou d’une baignoire et sont donc habitables dans la très grande majorité des cas : ils pourraient convenir à des étudiants ou à des jeunes travailleurs, particulièrement pénalisés par le manque de logements disponibles. Deux pistes successives peuvent être explorées pour les remettre sur le marché locatif.

    Première piste, l’incitation fiscale. Elle consisterait à les exempter de l’imposition des revenus fonciers en cas d’occupation du logement à titre de résidence principale [sans même imposer aux proprios de réaliser les travaux dont la responsabilité leur incombe ?]. Pour que l’effet soit neutre sur les finances publiques, il conviendrait de relever la taxe sur les logements vacants, qui a une réelle efficacité, et de rehausser le seuil maximal de la majoration de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires. Cette stratégie devrait être maintenue pendant plusieurs années, pour en mesurer les effets.

    Mais il n’est pas impossible que cette stratégie ne tienne pas ses promesses : les bailleurs peuvent ne pas se satisfaire du niveau des loyers que paieraient les locataires potentiels (les prix élevés de l’immobilier à Paris rendent le taux de rendement de l’investissement locatif peu rémunérateur). En dernier recours, on pourrait alors obliger les propriétaires à louer leur bien, à un loyer abordable.

    #rente_foncière #spéculation #tourisme #pénurie #fiscalité #immobilier

  • Auriez-vous vu passer des articles sur La Foncière Terre de Lien ?
    Des trucs d’analyse économiques pas trop velus.

    Car j’ai au fond de moi, l’impression que c’est une arnaque.
    Les parts de le leur foncière reposent uniquement sur des terres agricoles. Elles n’ont pas été réévaluées à la hausse depuis 2013 (donc 13 ans à 0%), dans un contexte économique où le reste de l’économie se sépare entre consommations vitales (nourriture, logement, chauffage, sécurité) et consommations de luxe. Qui baissent en valeur. La terre devrait se maintenir. Donc relativement, devrait monter (sans spéculation, juste en comparaison).
    Donc ne pas réévaluer les parts en €, c’est une arnaque.

    Et comme à côté, ils développent des produits d’Assurance-Vie (qui sont ultra rentables en général, pour TdL, je ne sais pas), ca sent la structure totalement infiltrée par des financiers.

    Donc j’aimerais lire des articles là dessus.
    #terre_de_liens #foncier #économie #fiscalité #placement

    • Oui, comme pour les groupements forestiers citoyens, les gens qui s’engagent là-dedans savent (normalement) qu’il y a une érosion du capital en valeur monétaire (mais pas en hectares. Les hectares ne font pas faillite), c’est statutaire. Certains l’ignorent et sont bêtes de ne pas lire les statuts. D’autres ne comprennent même pas la différence entre l’achat d’une part sociale et un don (et croient qu’ils font un don). Pour ceux qui réfléchissent un peu, c’est un choix militant « anti-monétarisation et spéculation de la terre ». C’est une démarche volontaire (dérisoire et symbolique, soyons honnêtes, au vu des volumes) de transformation d’une propriété privée en bien commun. C’est sous-tendu par la philosophie des communs qui souhaite soustraire au marché, l’air, l’eau, la terre... L’appréciation « d’arnaque » est un point de vue très capitaliste assez logique puisque nous baignons dedans. Normalement, les gens qui font le choix de terre de liens ou des GFC ont précisément un raisonnement qui sort du cadre capitaliste.
      C’est ma vision des choses pour la partie « parts sociales ». La partie assurance vie, je ne la connais pas. Possible et probable que ce soit une pompe à fric pour financer les frais de structure car c’est le talon d’Achille de ces organismes : les apports en capital (parts sociales) ne financent que les acquisitions (immobilisations). Les revenus d’exploitation (loyers des exploitants, coupes forestières...) financent les impôts fonciers et quelques bricoles. Eternel problème : il faut des salariés compétents qui refusent obstinément de bosser gratos. ça ça se finance par des dons, des subventions et des produits annexes comme des produits financiers.

  • Des exilés fiscaux tentent de retourner à Dubaï pour éviter de payer des impôts - Capital.fr
    https://www.capital.fr/economie-politique/des-exiles-fiscaux-tentent-de-retourner-a-dubai-pour-eviter-de-payer-des-imp

    Alors que plusieurs résidents de Dubaï cherchent à fuir rapidement après les bombardements de la ville par l’Iran, certains cherchent à y retourner le plus rapidement possible. La raison : ces personnes craignent de perdre leurs avantages fiscaux à Dubaï si elles restent trop longtemps hors des Émirats arabes unis. C’est le constat de plusieurs responsables du secteur du voyage, mais aussi d’avocats fiscalistes, interrogés par le Financial Times et relayés par BFM.

    Certains résidents tentent donc de revenir coûte que coûte aux Émirats arabes unis, pour ne pas payer d’impôts dans leur pays d’origine. Pour cela, toutes les solutions sont bonnes, y compris la location d’un jet privé. Charles Robinson, fondateur de la plateforme de location d’avions EnterJet, explique avoir reçu plusieurs demandes de vols vers la région. « Étant donné le nombre minimum de jours requis au cours de l’année fiscale d’un individu pour bénéficier du régime fiscal, certains semblent exiger un retour dans la région afin de compléter leur nombre de jours », explique-t-il.

    Une question de résidence fiscale

    En effet, pour bénéficier du régime fiscal émirien, il faut y résider au moins 183 jours par an. Et pour certaines de ces personnes, entre payer un jet privé pour rentrer et payer leurs impôts dans leur pays d’origine, le choix est facile. Le prix d’une location de jet privé reste inférieur à une potentielle facture fiscale.

    Depuis des années, Dubaï attire les grandes fortunes du monde entier en raison de sa fiscalité avantageuse et de son environnement favorable aux entrepreneurs. Pour toutes ces raisons, Ronald Graham, associé gérant du bureau de Taylor Wessing, interviewé par le Financial Times, explique avoir eu plusieurs demandes « discrètes » concernant le nombre de jours passés au Royaume-Uni dans le cas de personnes qui ne peuvent pas retourner aux Émirats arabes unis, et les effets que ce nombre aurait sur leur situation fiscale. En fait, selon Hannah Wailoo, avocate du cabinet Withers, les résidents de Dubaï coincés à l’étranger rencontrent deux problèmes. D’abord, elles pourraient ne pas résider suffisamment longtemps à Dubaï pour y demeurer des résidents, mais elles pourraient aussi se retrouver bloquées dans leur pays d’origine assez longtemps pour être considérées comme résidentes fiscales.

  • « Autour de 50 000 » foyers fortunés échappent à l’impôt, selon l’ex-ministre de l’économie Eric Lombard
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/02/27/autour-de-50-000-foyers-fortunes-echappent-a-l-impot-selon-l-ex-ministre-de-

    Selon des sénateurs, 13 335 personnes concernées par l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) ont un revenu fiscal de référence si faible qu’ils ont été dispensés d’impôt sur le revenu ou sur les plus-values et dividendes. Mais, d’après Eric Lombard, le chiffre des Français fortunés non imposés est encore plus élevé.

    #Fiscalité #riches (très) #patrimoine_financier #niches_fiscales #optimisation_fiscale #suroptimisation_fiscale #fraude_fiscale

  • #Wikidati

    Douze affaires distinctes visent directement #Rachida_Dati et sont répertoriées dans les médias. Pour chacune d’entre elle, les #faits et la #chronologie ont été résumés et sourcés précisément. Pour chaque affaire, il est essentiel de rappeler pourquoi ces faits posent problème du point de vue de la loi, mais surtout de l’intérêt général et pourquoi ils remettent en cause l’honnêteté et le désintéressement de la candidate à la mairie de Paris.

    Sommaire

    - Potentielle #corruption par #Carlos_Ghosn, ancien PDG de #Renault-Nissan
    - Potentielle corruption par #GDF-Suez
    - Potentielle corruption par le #Qatar
    - Possible complicité dans la détention illégale d’un français au Qatar
    - Possible corruption par l’#Azerbaïdjan
    - Potentielle corruption par #Orange
    - Bijoux potentiellement non déclarés à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique
    – Recours systématique à des #procédures-baillons pour faire taire toute évocation de ses affaires
    – Prise en charge de ses frais d’avocats avec de l’#argent_public
    – Multiples interventions pour appuyer des demandes de #logements_sociaux, y compris celle de sa sœur
    – Prise en charge d’importantes #dépenses de frais de bouche et communication avec de l’argent public
    – Présentation d’un CV trompeur pour être admise à l’#Ecole_nationale_de_la_Magistrature

    https://wikidati.fr
    #justice #liste #fisc #fiscalité

    • Le nouveau mode de scrutin de la loi PLM modifiée, où le maire de Paris sera élu [correction : directement] par les électeurs donnera davantage de poids à ceux de l’ouest parisien (même type de « rééquilibrage » à Marseille et Lyon).

      En face, aucun électeur parisien n’aura à voter directement Chikirou mais tout vote LFI la renforcera. Dommage pour « la gauche ».

      #Paris #affairisme #argent_public #élections_municipales

    • WikiDati : le camp de Rachida Dati demande la dépublication d’un site internet recensant ses problèmes judiciaires
      https://www.nouvelobs.com/politique/20260304.OBS112880/wikidati-le-camp-de-rachida-dati-demande-la-depublication-d-un-site-inter

      Le directeur de campagne de la candidate LR à la mairie de Paris a saisi l’hébergeur OVH pour mettre hors ligne WikiDati.fr, qui se présente comme « l’encyclopédie des affaires de Rachida Dati », car il porterait atteinte à « la présomption d’innocence ».

    • Atteintes à la probité et proximité avec l’extrême droite : les CV gênants des colistiers de Rachida Dati à Paris
      https://www.mediapart.fr/journal/politique/010326/atteintes-la-probite-et-proximite-avec-l-extreme-droite-les-cv-genants-des

      Autre candidate, autre question. Une personne entendue comme témoin dans une affaire de corruption visant une tête de liste peut-elle être candidate sur cette même liste ? C’est la situation particulière d’Alexandra Nicol, ancienne assistante parlementaire de Rachida Dati lorsqu’elle était eurodéputée et auditionnée par la justice dans l’affaire Renault. La même qui vaut à Rachida Dati d’être renvoyée en procès en septembre prochain pour corruption et trafic d’influence. 

      Alexandra Nicol, qui figure à la 47e place, avait été entendue en février 2021 pour savoir notamment si sa patronne avait pu défendre les intérêts de Renault au Parlement européen. Devant les juges, celle qui était cheffe du bureau de l’eurodéputée entre 2009 et 2011 n’a cessé de dire qu’elle ne se souvenait de rien et l’a même répété à vingt et une reprises. 

      « Je sais que Rachida Dati n’aurait jamais commis d’infraction », s’était-elle toutefois souvenue. N’est-ce pas incongru de choisir une telle colistière ? Pas pour Rachida Dati dont l’entourage rappelle qu’Alexandra Nicol a toute légitimité, puisqu’elle a été « élue sur la liste de Valérie Pécresse au conseil régional en juillet 2021 » et qu’elle est aussi « professeure des écoles » [argh]. 

      [...]

      Max Guazzini, l’ancien président du Stade français Paris rugby, club mythique de la capitale, figure en 58e position sur la liste de Rachida Dati. C’est pourtant son adversaire de Reconquête, Sarah Knafo, que l’intéressé embrassait chaleureusement le 15 février, au stade Jean-Bouin. Une proximité avec l’extrême droite que le candidat affiche aussi sur le réseau social X, où il partage des centaines de comptes influents dans la fachosphère.

      Outre les posts du site Fdesouche, du média Frontières ou du polémiste Jean Messiha, Max Guazzini relaie aussi des contenus à la gloire de la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, ou des messages islamophobes. Comme ce 18 février, lorsqu’il partage ce post d’un compte anonyme : « De nombreuses municipalités en Grande-Bretagne s’apprêtent à interdire les chiens dans la rue afin de se plier aux musulmans qui ne les supportent pas. Et vous ? Vous préférez les chiens ou les muz ? »

      Quelques jours plus tôt, entre deux messages sur la maltraitance animale – il est également secrétaire général de la Fondation Bardot –, Max Guazzini relayait aussi le message d’un compte prônant la « remigration totale ». « Tout Londres illuminé pour le ramadan. Mais pour Noël c’est interdit car cela “heurterait !” les musulmans », peut-on lire dans ce post mentionnant Renaud Camus, Éric Zemmour ou Sarah Knafo.

      Interrogée sur ses différentes prises de position, l’équipe de la candidate élude, rappelant seulement que l’intéressé avait soutenu Anne Hidalgo en 2014. « Dans une volonté de rassemblement, Rachida Dati a souhaité accueillir sur sa liste des personnalités de la société civile, déçues de la majorité sortante et désireuses d’un changement à Paris », balaie l’entourage de la candidate.

      Un entourage qui n’a guère plus à dire s’agissant de Soureya Nadji (85e position), qui revendiquait il y a quelques années encore son adhésion au parti Reconquête. « Je voterai Zemmour », annonçait-elle sur X en 2022. Rachida Dati, qui qualifiait récemment le patron de Reconquête de « raciste », a d’abord tenté de faire croire qu’il s’agissait d’une intox. « Elle n’a jamais soutenu Éric Zemmour, elle ne soutient pas Reconquête et elle n’est pas à Reconquête », a-t-elle asséné sur BFMTV. 

      « Magistral, inclusif, galvanisant, mémoriel #ZemmourPrésident  », écrivait pourtant Soureya Nadji le 23 mars 2022, après un meeting du candidat à la présidentielle. « À l’approche de la présidentielle 2022, elle a adhéré aux Amis d’Éric Zemmour qui deviendront Reconquête, avant de revenir rapidement aux Républicains, après avoir constaté l’impasse politique que représentaient l’intéressé et ses excès », reconnaît désormais l’équipe de campagne de la candidate LR auprès de Mediapart. Avant de minimiser : « Elle a soutenu durant quelques mois un candidat dont elle s’est très vite détachée. »

      Soureya Nadji qui affiche aussi un soutien public au site d’extrême droite Fdesouche figure aujourd’hui sur la même liste qu’Antoine Beauquier, l’avocat d’Éric Zemmour (36e position), mais aussi que le militant laïciste Amine El Khatmi (60e position), ancien président du Printemps républicain et fidèle chroniqueur sur CNews.

      Désavoué par son propre mouvement pour s’être dit prêt à voter pour Marine Le Pen à la présidentielle en cas de second tour face à Jean-Luc Mélenchon, Amine El Khatmi tient des propos sur l’immigration et l’islam qui n’ont pas grand-chose à envier à ceux de l’extrême droite. Raison pour laquelle des proches de la cheffe de file du Rassemblement national (RN) avaient tenté de l’attirer en vue des élections européennes de juin 2024, comme l’avait raconté Le Monde.

      Rachida Dati compte aussi comme colistier Pierre Liscia, un proche de Valérie Pécresse, qui s’était fait tristement connaître en 2023 en publiant une vidéo sur une fausse histoire de pillages de tombes au cimetière de Pantin. Poussée pendant des semaines par la fachosphère, cette vidéo alimentait un poncif antisémite, selon lequel les tombes juives abriteraient des trésors. Plusieurs responsables communautaires et rabbins avaient dénoncé auprès de Mediapart sa dangerosité. 

      L’ancienne ministre de la culture assure vouloir lutter contre les LGBTphobies. Celle qui avait déclaré dans les colonnes du magazine Elle « chez les gays, je suis Dalida ! » défilait encore récemment dans le quartier du Marais, à Paris avec le patron du Sneg & Co, le syndicat LGBT des lieux festifs parisiens. 

      Mais sur sa liste, la candidate s’est entourée de plusieurs opposant·es historiques au mariage pour tous en 2013. C’est notamment le cas de Philippe Goujon, qui revendiquait son refus de célébrer des mariages entre personnes de même sexe. « Tous les mariages sont célébrés normalement et dans le respect de la loi dans le XVe arrondissement », balaie encore l’équipe de campagne. 

      D’autres fervents soutiens de La Manif pour tous figurent également sur cette liste, à l’image de Valérie Montandon (11e position), Jean-Pierre Lecoq, Geoffroy Boulard (6e position ), Catherine Lecuyer (25e position) ou Franck Margain (62e position), un proche de Christine Boutin. Pour rappel, Rachida Dati elle-même était opposée au mariage pour tous et toutes, à la PMA et s’était abstenue en tant que députée européenne sur un vote visant les États à bannir les thérapies de conversion.

  • Les aides aux entreprises, un « pognon de dingue » ? - Alter Echos
    https://www.alterechos.be/les-aides-aux-entreprises-un-pognon-de-dingue

    Dans une note publiée en mai 2025, Éconosphères évaluait le montant des aides aux entreprises privées belges à 51,9 milliards d’euros en 2022. Avant que la Banque nationale de #belgique ne produise sa propre estimation quelques mois plus tard. Avec toujours la même interrogation : ces aides sont-elles efficaces ? Et les évalue-t-on assez ?

    -- Permalien

    #fiscalité #emploi

  • Opinion | It’s Time for America to Admit That It Has a Marijuana Problem - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2026/02/09/opinion/regulate-legalized-marijuana.html?campaign_id=190&emc=edit_ufn_20260215&ins

    Part of the answer is the power of Big Weed. For-profit marijuana companies, made possible by legalization, have a financial incentive to mislead the public about what they are selling. Marijuana and CBD companies have made false claims that their products can treat cancer and Alzheimer’s. Others have sold products, such as “Trips Ahoy” and “Double Stuf Stoneo,” in packages that mimic snacks for children. The companies’ executives know they can increase profits by downplaying the harms of frequent use: More than half of industry sales come from the roughly 20 percent of customers known as heavy users.

    The legal pot industry grew to more than $30 billion in U.S. sales in 2024, close to the total annual revenue of Starbucks. As the industry has grown, it has increased lobbying of state and federal lawmakers, and it has won some big victories. Marijuana companies, not casual smokers, are the biggest winners of Mr. Trump’s decision to reclassify the drug from Schedule I to Schedule III. The change will increase the profits of these businesses by causing the tax code to treat them more favorably. This does not qualify as grudging toleration.

    A better approach would acknowledge that many people end up worse off when they start to use marijuana more frequently. The goal should not be elimination. It should be to slow the recent rise, and perhaps partly reverse it, while acknowledging that many people use marijuana safely and responsibly. Alcohol and tobacco offer a useful framework. Both are legal with limitations, including relatively high taxes, open-container laws and regulations on alcohol and nicotine levels. The goal is to balance personal freedom and public health.

    Marijuana, however, is less regulated in several crucial ways. The federal government taxes alcohol and tobacco, for example, but not marijuana. And increases in tobacco taxes have been a major reason that its use has declined during the 21st century, with profound health benefits.

    The first step in a strategy to reduce marijuana abuse should be a federal tax on pot. States should also raise taxes on pot; today, state taxes can be as low as a few additional cents on a joint. Taxes should be high enough to deter excessive use, on the scale of dollars per joint, not cents. (Federal alcohol taxes, which have failed to keep pace with inflation since the 1990s, should rise, too.)

    An advantage of taxes is that they fall much more on heavy users than casual smokers. If a joint cost $10 instead of $5, it would mean a lot of extra money for someone now smoking multiple joints a day and may change that person’s behavior. It would not be a big burden for someone who smokes occasionally.

    A second step should be restrictions on the most harmful forms of marijuana, which would also be similar to regulations for alcohol and tobacco. Today’s cannabis is far more potent than the pot that preceded legalization. In 1995, the marijuana seized by the Drug Enforcement Administration was around 4 percent THC, the primary psychoactive compound in pot. Today, you can buy marijuana products with THC levels of 90 percent or more. As the cliché goes, this is not your parents’ weed. It is as if some beer brands were still sold as beer but contained as much alcohol per ounce as whiskey.

    Not surprisingly, greater THC potency has contributed to more addiction and illness. The appropriate response is both to make illegal any marijuana product that exceeds a THC level of 60 percent and to impose higher taxes on potent forms of pot, much as liquor is taxed more heavily than beer and wine.

    Third, the federal government should take action on medical marijuana. Decades of studies on the drug have proved disappointing to its boosters, finding little medical benefit. Yet many dispensaries claim, without evidence, that marijuana treats a host of medical conditions. The government should crack down on these outlandish claims. It should issue a clear warning to dispensaries that falsely promise cures and then close those that do not comply.

    The federal government needs to be part of these solutions. Leaving taxes and regulations to the states threatens to create a race to the bottom in which people can cross state lines to buy their pot. Congress can set a floor, as it has done, however inadequately, with alcohol and tobacco, and states can build on it as they choose.

    The unfortunate truth is that the loosening of marijuana policies — especially the decision to legalize pot without adequately regulating it — has led to worse outcomes than many Americans expected. It is time to acknowledge reality and change course.

    #Addiction #Tabac #Lobbies #Regulation

  • Budget : le sidérant fiasco de la taxe sur les hauts revenus

    https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/01/21/budget-le-siderant-fiasco-de-la-taxe-sur-les-hauts-revenus_6663573_823448.ht
    https://archive.ph/eeW3z

    C’est l’histoire d’un fiasco fiscal retentissant. Celle d’un impôt censé faire rentrer des sommes importantes dans les caisses de l’Etat tout en améliorant la justice fiscale, et devrait finalement rapporter presque cinq fois moins que prévu, comme l’a reconnu, mercredi 21 janvier, le ministère de l’économie et des finances. Un exemple très éloquent de la façon dont les contribuables les plus aisés réussissent à contourner en grande partie les règles communes, et même celles qui les visent directement.

    Un fiasco ? Au contraire, ça a toujours été la politique de Macron de diminuer au maximum l’impôt pour ses clients les plus fortunés. Qu’il fasse mettre en place une fausse mesure pour donner le change aux gogos, c’est juste la continuation indéfectible de toutes celles qu’il a prises jusqu’à maintenant. Le vrai fiasco, ce sont les journaux prétendument de gauche qui ont bataillé pour le faire élire et qui maintenant jouent les tartuffes offusqués devant l’ampleur de la débâcle.

    • Le journal officiel de tous les pouvoirs ne s’est jamais prétendu de gauche, si ce n’est, parfois, a postériori, et à sa façon bien à lui (sur la Guerre d’Algérie par ex. on pourrait rétrospectivement le croire plus à gauche que la SFIO, et même, parfois, le PCF), en disant par exemple que la politique équilibrée qu’il faut au pays était moins mal incarnée par la « gauche » (l’avant élection de mai 1981, par ex.). C’est un journal bourgeois (c’est ce qui en fait l’intérêt). Point barre.

      Là, ils font comme si un minimum de bonne volonté suffirait pour modifier la fiscalité, alors qu’en réalité, si tu commences à tirer le fil, ne serait-ce qu’un peu (TVA), seule une réforme serait cohérente avec les jolis principes républicains. Et qu’une quelconque réforme (pas de la production cosmétique de textes légaux oùsqu’on admirerait la capacité du régime, à nous distraire) supposerait rien de moins qu’une révolution.

      Par ailleurs, Machin, ça fait bien longtemps qu’entre deux séances passe-plats (c’est fonctionnel : institution = sacré), ils le cartonnent vigoureusement et de manière argumentée (à leur sauce : par ex la destruction de la diplomatie comme métier, l’usage de la police, la pauvreté et les inégalités galopantes, l’impéritie économique, etc.)

      #fiscalité

    • Plus de 13 000 millionnaires ne paient aucun impôt sur le revenu, selon une note inédite de Bercy
      https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/02/18/ces-13-335-millionnaires-qui-ne-paient-aucun-impot-sur-le-revenu_6667239_823

      En 2024, des milliers de contribuables disposant d’un gros patrimoine immobilier ont coupé à l’impôt sur le revenu. Un document de Bercy confirme les déclarations de l’ancien ministre Eric Lombard. De quoi relancer le débat sur la fiscalité des grandes fortunes.

  • L’#avion moins cher que le #train : une #aberration française

    Le #système_fiscal encourage fortement les airs au détriment du #rail. Un #non-sens écologique, mais aussi social.

    Pour voyager en Europe, l’avion reste souvent plus compétitif que le train, malgré son impact dévastateur sur l’environnement. Une nouvelle étude de Greenpeace révèle que sur plus de la moitié des trajets transfrontaliers européens, l’avion est moins cher que le train. Pire, sur 95 % des liaisons transfrontalières françaises, le rail coûte plus cher que les airs. Entre Paris et Barcelone, le billet d’avion tombe à 15 euros, quand le train frôle les 390. Vingt-six fois plus cher pour un mode de transport pourtant quatre-vingts fois moins polluant.

    Un système fiscal taillé sur mesure pour l’aérien

    Ce #déséquilibre ne doit rien au hasard : il résulte de #choix politiques répétés. L’aérien profite d’avantages fiscaux massifs : pas de #taxe sur le #kérosène, pas de #TVA sur les vols internationaux et des #redevances_aéroportuaires allégées pour les #compagnies_low-cost. À l’inverse, le rail assume une lourde charge. Les #péages_ferroviaires représentent jusqu’à 40 % du prix d’un billet #TGV, les billets supportent la TVA et la #SNCF finance seule l’entretien des #infrastructures.

    Des milliards pour voler, des miettes pour rouler

    La crise sanitaire a aggravé encore le déséquilibre : en 2020, l’État a versé 7 milliards d’euros à Air France-KLM, suivis de 4 milliards en 2021, sans exiger de contreparties écologiques. Dans le même temps, l’offre ferroviaire s’est réduite. Les #trains_de_nuit, plus de 300 dans les années 1980, ne sont plus que 6 en 2025. Les lignes régionales dépendent des financements des collectivités, accentuant les #inégalités_territoriales.

    L’injustice écologique et sociale

    Selon l’Agence européenne pour l’environnement, un trajet en avion émet jusqu’à 80 fois plus de #gaz_à_effet_de_serre qu’un trajet équivalent en train. Pourtant, les prix incitent massivement à prendre l’avion. Pour les familles modestes, le rail reste hors de portée. Résultat : les catégories populaires paient doublement la note, exclues du train et exposées aux impacts climatiques. Ceux qui choisissent le rail le font au prix de sacrifices individuels, alors que c’est le système qui devrait garantir une #mobilité équitable et durable.

    Changer de cap

    Greenpeace propose plusieurs leviers : mettre fin aux #exonérations_fiscales injustes, instaurer une taxe « grands voyageurs », interdire les vols courts lorsqu’une alternative ferroviaire existe, et relancer le train de nuit. En France, la baisse des péages ferroviaires, une TVA allégée et des investissements massifs dans les lignes interurbaines figurent parmi les mesures urgentes.

    Ce déséquilibre n’est pas une fatalité. Il est le fruit de décisions politiques que l’on peut inverser. Reste une question essentielle : veut-on continuer à subventionner la #pollution ou donner enfin aux citoyens les moyens de voyager plus proprement à des prix raisonnables ?

    Les mesures européennes pour rééquilibrer avion et train

    En Autriche, le « #Klimaticket », permet de circuler sur tous les réseaux ferroviaires, bus et tram pour un peu plus de 80 euros par mois.

    Face à l’urgence climatique et à la #concurrence inégale entre l’avion et le train, plusieurs pays européens expérimentent ou déploient des mesures pour favoriser le rail :

    France : Depuis 2023, la France est devenue le premier pays au monde à interdire certains vols courts intérieurs lorsqu’une alternative ferroviaire directe de moins de 2h30 existe. Cette mesure, inscrite dans la# loi_Climat_et_Résilience, visait à favoriser le #report_modal vers le train pour des raisons écologiques, une proposition initiale de la Convention citoyenne pour le climat. Mais dans sa forme finale, la portée de cette mesure est limitée : seules trois liaisons sont effectivement concernées — Paris-Orly/Bordeaux, Paris-Orly/Lyon et Paris-Orly/Nantes. Ces trois liaisons ne représentaient qu’environ 2,5% du trafic total des vols intérieurs en France, soit environ 500 000 passagers sur 16 millions par an, pour seulement 0,01% des émissions nationales de CO₂. L’impact est donc plus symbolique que structurel, d’autant que ces lignes avaient déjà été supprimées par Air France dès 2020 en échange des aides d’État.

    #Allemagne : Adoption du « #Deutschlandticket », un abonnement national à 49 € par mois valable sur tous les trains régionaux et locaux, boostant la fréquentation et l’accessibilité du train. Des investissements massifs visent également à moderniser le réseau.

    #Autriche : Mise en place du « Klimaticket », un abonnement annuel permettant de circuler sur tous les réseaux ferroviaires, bus et tram pour environ 1 000 € par an, avec un fort succès populaire.

    #Espagne : #Gratuité temporaire sur de nombreuses #lignes_régionales et de #banlieue pour encourager les alternatives décarbonées dans un contexte d’inflation.

    Tendances européennes : Suppression progressive de certains avantages fiscaux pour l’aérien ; débats sur la création d’un « #ticket_climat_européen » pour faciliter les voyages transfrontaliers en train ; efforts en cours pour améliorer la #connectivité_ferroviaire entre pays et simplifier les systèmes de #réservation.

    https://lenouveauparadigme.fr/lavion-moins-cher-que-le-train-une-aberration-francaise
    #France #prix #transport_ferroviaire #transport_aérien #comparaison #fisc #fiscalité

  • Ce qu’il faudra faire pour vaincre l’#extrême_droite

    L’extrême droite se nourrit du #désespoir économique, de l’#insécurité et de l’#exclusion. Pour la priver de ses ressources, ceux qui veulent préserver la #démocratie doivent proposer un contre-discours axé sur la #dignité et l’#appartenance, ainsi qu’un programme politique conçu pour favoriser l’#inclusion_économique et la #résilience_climatique.

    De l’Allemagne aux États-Unis en passant par le Brésil et au-delà, l’extrême droite gagne du terrain. Si les détails varient d’un pays à l’autre, le schéma est étonnamment cohérent : l’extrême droite prospère lorsque les économies ne parviennent pas à assurer le #bien-être, l’#équité et la #sécurité.

    Ce n’est pas une observation nouvelle. #Antonio_Gramsci, #Karl_Polanyi et d’autres penseurs du XXe siècle ont diagnostiqué le #fascisme comme une réponse réactionnaire à l’#instabilité_capitaliste et aux mouvements progressistes qui avaient émergé pour contrer ses excès. Dans The Great Transformation, Polanyi a fait valoir que le « #déracinement » des marchés des #relations_sociales avait créé un terrain fertile dans lequel l’#autoritarisme pouvait s’enraciner.

    À notre époque, #Nancy_Fraser, de la New School for Social Research, a décrit comment le #néolibéralisme érode la #solidarité_sociale, alimentant le #populisme exclusif. D’autres analystes soulignent que l’#austérité et la #précarité rendent les citoyens vulnérables aux #discours_simplistes qui désignent des #boucs_émissaires.

    Ainsi, l’histoire montre comment le #chômage_de_masse, l’#inflation et la baisse du #niveau_de_vie peuvent favoriser l’#extrémisme, en particulier lorsqu’ils s’accompagnent d’institutions faibles, d’une #polarisation_politique ou de discours exploitant les #griefs et les #peurs. Tout comme la #Grande_Dépression a ouvert la voie au fascisme en Europe, la #crise_financière mondiale de #2008 a créé les conditions d’un retour du #nationalisme à travers le monde.

    Aujourd’hui, nous sommes confrontés à une nouvelle itération du même cycle. Bien que l’#Allemagne ait initialement fait preuve de résilience pendant la pandémie de COVID-19, la crise énergétique déclenchée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie l’a particulièrement touchée. Comme l’ont montré les économistes Isabella M. Weber et Tom Krebs, la hausse des #coûts_énergétiques s’est répercutée sur l’ensemble de l’#économie, la fixation des prix par les entreprises amplifiant les pressions inflationnistes. Alors que les ménages étaient en difficulté, le parti d’extrême droite Alternative für Deutschland a vu sa popularité monter en flèche.

    Aux États-Unis, des décennies de #désindustrialisation, de stagnation des #salaires et d’augmentation des inégalités ont érodé l’idée que chaque génération fera mieux que la précédente. L’Inflation Reduction Act de l’ancien président Joe Biden était une initiative ambitieuse visant à relancer la politique industrielle et à stimuler la fabrication écologique, mais son héritage s’est avéré éphémère. Donald Trump a exploité le mécontentement suscité par la hausse des prix après la pandémie et a remporté les élections de 2024 en utilisant comme arme l’#aliénation et le #ressentiment, en désignant comme boucs émissaires les immigrants, la #mondialisation et les « #élites_urbaines ».

    Le #Brésil illustre une autre dynamique. Des millions de personnes sont sorties de la #pauvreté sous le gouvernement du Parti des travailleurs du président Luiz Inácio Lula da Silva dans les années 2000, mais beaucoup ont vu ces acquis s’inverser, tandis que d’autres ressentent de l’amertume d’être exclus des programmes sociaux. La révolution numérique rend le travail plus précaire. Lula a tenté de restaurer certains des acquis perdus depuis son retour au pouvoir en 2023, mais il est confronté à un Congrès dominé par l’extrême droite et ses alliés.

    Même si Jair Bolsonaro a été condamné pour tentative de coup d’État, d’autres dirigeants d’extrême droite au Brésil promettent également un retour à l’ordre, à la stabilité et à la foi religieuse. Leur rhétorique met l’accent sur l’#esprit_d’entreprise et l’#autonomie. Bien que séduisante sur le plan émotionnel, l’idée selon laquelle les individus sont responsables de la pauvreté ignore cyniquement les obstacles structurels qui bloquent la mobilité socio-économique.

    Les #chocs_internationaux – ruptures de la chaîne d’approvisionnement pendant la pandémie, volatilité des marchés énergétiques, #conflits prolongés, effets inflationnistes du #changement_climatique – ont également alimenté la montée des forces d’extrême droite. Ces problèmes exigent une coopération transfrontalière, mais les extrémistes les exploitent pour attaquer le #multilatéralisme, le présentant comme un « #complot mondialiste ». Les #droits_de_douane punitifs de Trump incarnent cette réponse, présentant le commerce mondial comme une lutte à somme nulle dans laquelle les étrangers sont les ennemis des travailleurs américains.

    Ces discours simplistes unissent les mouvements d’extrême droite plus que n’importe quel ensemble de politiques communes. Chacun repose sur une opposition fondamentale entre « nous » et « eux ». Comme le note la sociologue brésilienne Esther Solano, ces discours séduisent ceux qui se sentent abandonnés, en faisant des immigrants, des minorités, des féministes, des militants pour le climat et d’autres groupes des ennemis. Dans un monde binaire de gagnants et de perdants, la #complexité disparaît dans les mythes d’une #pureté_culturelle et d’une grandeur nationale révolues.

    Pour contrer ces discours, il faut plus qu’une réfutation raisonnée. Si les racines de l’ascension de l’extrême droite sont en grande partie économiques, il sera impossible de la vaincre sans une nouvelle #vision_économique.

    Cela signifie, pour commencer, s’attaquer à l’inflation à sa source. La récente vague d’inflation était moins liée à une demande excessive qu’à des chocs d’offre, à la #spéculation et à des fragilités structurelles. Pourtant, l’orthodoxie économique a continué à privilégier les hausses de taux d’intérêt et l’austérité, pénalisant les travailleurs et les plus vulnérables. Les gouvernements doivent plutôt utiliser des #outils_fiscaux – soutien au revenu, #allégements_fiscaux sur les produits de première nécessité, renforcement des #services_publics – pour protéger les ménages, tout en investissant dans les capacités nationales en matière d’#énergies_renouvelables, de #sécurité_alimentaire et de production durable. Il faut lutter de front contre la spéculation des entreprises en appliquant les #lois_antitrust, en renforçant les règles de #transparence et en sanctionnant les pratiques abusives en matière de #prix.

    Une deuxième priorité consiste à investir massivement (et stratégiquement) dans les #infrastructures_publiques. Des #transports au #logement, en passant par la #santé et l’#éducation, le domaine public doit être reconstruit. La propriété publique ou la réglementation des secteurs clés garantirait la fiabilité, l’équité et la #résilience_climatique des services. Mais l’#investissement seul ne suffit pas. Les institutions doivent être rendues plus transparentes, responsables et participatives, afin de restaurer la #confiance dans le fait que les gouvernements servent l’#intérêt_général.

    Troisièmement, nous avons besoin d’une transition véritablement juste vers une économie à faible émission de carbone. Une politique industrielle verte peut créer des emplois et revitaliser les régions laissées pour compte tout en décarbonisant l’activité économique. Mais si elle est trop laissée au marché, la transition verte risque d’aggraver les inégalités. La #transition_énergétique doit donner du pouvoir aux travailleurs, et non les abandonner. Les emplois verts doivent être des #emplois de qualité : sûrs, bien rémunérés, syndiqués et ancrés dans les communautés. À cette fin, la #politique_industrielle devrait se concentrer sur les énergies propres, la régénération des écosystèmes et les secteurs des soins.

    Quatrièmement, nous devons restaurer la confiance dans les institutions. Cela signifie apporter des améliorations tangibles dans des domaines tels que le #logement_abordable, les #soins_de_santé publics et les infrastructures résilientes. Cela signifie également démocratiser la prise de décision. Des mécanismes tels que la #budgétisation_participative, les #assemblées_citoyennes et les #initiatives_communautaires en faveur du climat peuvent permettre aux citoyens non seulement d’être témoins du changement, mais aussi de le façonner.

    Enfin, pour contrer les discours simplistes de l’extrême droite, il faut élaborer de nouveaux discours audacieux. Un message de renouveau culturel et politique doit accompagner la réforme économique. Là où l’extrême droite offre la peur, la #division et des boucs émissaires, les forces démocratiques doivent offrir la #solidarité, la dignité et l’#espoir, en s’appuyant sur un #discours qui met l’accent sur le #bien-être_collectif, célèbre la #diversité et donne le sentiment que le #progrès est possible et réel.

    L’extrême droite se nourrit du désespoir, de l’insécurité et de l’exclusion. Bricoler les contours du néolibéralisme ne permettra pas d’apporter la sécurité, la dignité et le sentiment d’appartenance nécessaires pour l’affamer. Pour cela, nous avons besoin d’un nouveau modèle économique, fondé sur la #durabilité, la #justice et la solidarité.

    https://www.reseau-bastille.org/2025/12/26/ce-quil-faudra-faire-pour-vaincre-lextreme-droite
    #à_faire #résistance #fisc #fiscalité #économie #gauche #contre-discours
    ping @karine4

  • #BlaBlaCar et son monde. Enquête sur la face cachée du #covoiturage

    Le covoiturage, c’est merveilleux : écologique, pas cher, convivial, et, grâce à BlaBlaCar, trouver un trajet ou des passagers est devenu aussi simple que de réserver un billet de train. La firme a ainsi rapidement construit un quasi-monopole sur ce mode de transport. Pourtant, derrière ce beau discours se cache une réalité moins flatteuse.

    #Fabien_Ginisty, covoitureur (4,8/5 – 30 avis) et journaliste, montre, chiffres à l’appui, comment BlaBlaCar impacte nos vies en transformant nos moindres déplacements en services ou en produits. Dans une enquête fouillée, il nous dévoile la face cachée du géant du covoiturage, entre #lobbying et montages fiscaux, bien loin de l’image altruiste et écolo que se donne la firme.

    À l’heure où l’idéologie startupiste est étroitement soutenue par l’État, ce livre nous rappelle aussi qu’il n’est pas utopique de gérer différemment le covoiturage en le considérant comme un « #bien_commun ».

    https://www.lepassagerclandestin.fr/catalogue/hors-collection/blablacar-et-son-monde
    #livre #mobilité #transports #fisc #fiscalité

    • L’autostop était l’équivalent gratuit et non capitaliste. Mais non, il faut monnayer ses services, passer par internet, donner ses papiers et en plus enrubanner tout cela de mensonges écologiques.

  • Héritage : « Les chercheurs disposent de moins d’informations sur les transmissions que quand l’informatique n’existait pas »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/30/heritage-les-chercheurs-disposent-de-moins-d-informations-sur-les-transmissi

    Le processus de transmission des déclarations de succession à l’administration fiscale a sans conteste besoin d’être modernisé. Les notaires rédigent aujourd’hui les déclarations de succession sur support électronique. Les héritiers et légataires peuvent de même remplir les formulaires Cerfa sur ordinateur. Mais ils sont les uns et les autres obligés de les transmettre au service de l’enregistrement sous format papier. L’envoi de documents numérisés sous format papier fait obstacle à la production de données agrégées et à leur exploitation scientifique.

    Aussi la direction générale des finances publiques a-t-elle prévu un service numérique de l’enregistrement avec la mise en place de la plateforme e-Enregistrement. Malheureusement la date de son ouverture ne cesse d’être repoussée. Dans le contrat de transformation e-Enregistrement de 2019, la bascule numérique était programmée pour 2021 ; dans le décret 2020-772 du 24 juin 2020, l’entrée en vigueur de l’obligation de télédéclaration était fixée au plus tard au 1er juillet ; jusqu’à ce que le décret 2025-561 du 30 mai la supprime en abrogeant le précédent décret – et ce sans qu’aucune justification soit apportée.

    Résultat paradoxal : à l’heure du numérique et du big data, les chercheurs disposent de moins d’informations agrégées sur les transmissions que quand l’informatique n’existait pas ! Or quand les moyens nécessaires lui sont alloués, l’administration fiscale parvient à produire des données de grande qualité. Ainsi, par exemple, des progrès notables ont été réalisés au cours des dernières années permettant de coupler les données fiscales sur les revenus des ménages à celles sur leur patrimoine. Il est dommage que les successions et les donations aient été laissées de côté.
    Or les enjeux de connaissance en ce domaine sont essentiels. Jusqu’en 2010, ces données fiscales permettaient de dresser un état des lieux précis des patrimoines transmis et de leur composition par type d’actif (immobilier, financier, professionnel). Elles rendaient également possible la mesure du niveau de concentration des héritages et de leur répartition géographique.

    La réouverture de l’accès à ces données permettrait de nourrir, de manière posée et rationnelle, le débat public qui est en train d’émerger autour de la question de l’héritage. Les droits de succession et donation se sont élevés en 2024 à 20,8 milliards d’euros dont nous savons en définitive peu de choses. Grâce aux données fiscales, nous pourrions calculer les taux d’imposition effectifs selon le montant et la nature des biens transmis, ou encore selon le lien de parenté entre défunts et héritiers.

    https://justpaste.it/m451d

    « La France du XXIᵉ siècle est redevenue une société d’héritiers », Mélanie Plouviez
    https://seenthis.net/messages/1106293#message1107143

    #héritocratie #propriété #héritage #société_d’héritiers #patrimoine #successions #donations #niches_fiscales #données_fiscales #fiscalité #débat_public

  • L’ascenseur social par les revenus du travail n’existe plus en France. C’est la richesse des parents qui détermine celle des enfants. D’où l’idée de taxer davantage les héritages des riches qui échappent largement à l’impôt, pour remettre une dose de justice dans le système.

    Si, chez nos voisins suisses, l’idée de durcir l’imposition des #héritages des très fortunés pour réduire les inégalités de patrimoine fait son chemin, en France en revanche, elle patine. Du centre à l’extrême droite, beaucoup se sont rangé·es derrière l’idée, répétée à longueur de sondage, que les Français·es rejetteraient du plus profond de leur être toute hausse de l’impôt sur les successions et les donations, quand bien même celles-ci ne concerneraient que les plus aisé·es.

    Certes, à gauche, on ne désarme pas. Par exemple au Sénat où, vendredi 28 novembre, plusieurs amendements du sénateur socialiste Alexandre Ouizille au projet de budget 2026 ont été mis au débat. Ils proposaient de réduire les #niches_fiscales sur les gros héritages, et de relever le taux d’#impôt des #successions supérieures à 3 millions d’euros.

    Mais ces amendements ont été balayés d’un revers de main par la droite, largement majoritaire au Sénat, et farouchement opposée à toute hausse de la #fiscalité des héritages.

    La France, un pays de #rentiers qui devrait taxer plus les gros héritages

    https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/291125/la-france-un-pays-de-rentiers-qui-devrait-taxer-plus-les-gros-heritages ?

  • Taxe Zucman : La fuite des milliardaires

    Comment est-ce que les #ultra-riches arrivent à organiser leur fortune pour payer le moins d’impôt possible ? Et pourquoi la taxe Zucman pourrait être le premier pas vers l’#équité_fiscale en France ?

    https://www.youtube.com/watch?v=Q0kwriDkI3Y


    #taxe_zucman #fiscalité #vidéo #riches #taux_d'imposition #justice_fiscale #Gabriel_Zucman #économie #taxe_plancher #optimisation_fiscale #patrimoine #abus_de_bien_social #fraude_sociale #dividendes #holding #artemis #François_Pinault #Suisse #Gucci #Tessin #Cadempino #Kering #évasion_fiscale
    #explication #à_voir #médias

  • Seine-Maritime : Un homme se suicide alors qu’un huissier et des policiers sont en train de l’expulser de chez lui
    https://www.20minutes.fr/faits_divers/4180776-20251021-seine-maritime-homme-suicide-alors-huissier-policiers-tra

    Budget : et encore des cadeaux aux plus riches !
    https://blogs.mediapart.fr/touriste/blog/181025/budget-et-encore-des-cadeaux-aux-plus-riches

    Le ministre du #logement projette d’inclure dans le budget un « statut du bailleur privé » c’est à dire une nouvelle loi pour distribuer aux propriétaires fonciers toute une série de cadeaux fiscaux en échanges de contreparties plus que légères ou même sans contreparties.

    Sachant que les #multipropriétaires qui vont bénéficier de cette manne représente 5% de l’ensemble des ménages, on peut se douter que ce n’est pas la retraitée louant un studio « alimentaire » qui va toucher le gros lot de cette loi bailleurs.

    #fiscalité / #dette_locative #loyer #expulsion

  • Plus d’un million d’annonces : comment Airbnb a fait de la France son terrain de jeu favori
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/10/19/plus-d-un-million-d-annonces-comment-airbnb-a-fait-de-la-france-son-terrain-


    [quatorze boites à clés sur pierre de taille]

    « L’ogre Airbnb (1/6). » En quinze ans, le site s’est imposé en France, « pays des vacances » et destination touristique phare, grâce à un lobbying efficace et une #fiscalité douce. Au point d’aggraver la crise du #logement. La firme étend désormais son offre pour poursuivre son essor.

    Devant l’église Saint-Germain-des-Prés, à Paris, un drôle de ballet se déroule cinq ou six fois par jour : des 2 CV colorées se garent en double file, récupèrent des touristes, puis partent vers les rues étroites du Quartier latin. Deux heures de promenade, 95 euros par personne : un petit business qui doit son existence à #Airbnb. C’est sur cette plateforme que les clients de Frédéric Baena – des Américains, pour l’essentiel – achètent cette « expérience ». « Sans Airbnb, je ne me serais jamais lancé », admet cet ancien financier, qui possède sept 2 CV et emploie plusieurs guides chauffeurs. Des activités comme celles-ci, on en trouve plus d’un millier en France sur la plateforme. Tournée des cavistes à Lyon, promenade « chantée » dans Montmartre avec une soprano, cours de pétanque à Marseille, découverte de Deauville (Calvados) en side-car… Airbnb permet aussi de réserver des prestations à domicile, que l’on soit voyageur ou non : une manucure, un coiffeur, un chef cuisinier, un coach sportif.

    Après avoir dynamité le marché de l’#hébergement_touristique, la multinationale américaine s’imposera-t-elle dans celui des activités, et plus globalement, des #services_à_la_personne ? C’est l’ambition de la direction, qui a annoncé en mai un investissement de 200 millions d’euros pour mettre sur orbite ces nouvelles dimensions. L’enjeu : capter davantage de dépenses des voyageurs. Le principe est simple : attirer des #microentrepreneurs, et prélever une #commission (entre 15 % et 20 %) sur chaque prestation vendue.

    Contrairement à ses concurrents déjà présents sur ce marché des activités (Viator, GetYourGuide), l’atout d’Airbnb est de pouvoir proposer des « packages » qui associent le logement à ces prestations, et de capitaliser sur l’immense base de données qu’elle s’est constituée sur ses clients. « On veut devenir l’Amazon des services », résumait Brian Chesky, le PDG de l’entreprise californienne, au magazine américain The Verge, en juin.

    D’ici à trois ans, Airbnb estime pouvoir tirer un chiffre d’affaires de 1 milliard de dollars (850 millions d’euros) de ces nouvelles activités. Une petite fraction des 11 milliards de dollars qu’elle a réalisés en 2024 sur son cœur de métier, la location courte durée. Mais où les nuages s’amoncellent, alors que les budgets vacances se resserrent dans ses principaux marchés, et que, de New York à Barcelone, en passant par Paris, Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) ou Annecy, les réglementations locales se durcissent. Si le groupe est aujourd’hui au faîte de sa puissance, de multiples signaux indiquent que pour les #meublés_touristiques, la fin de l’âge d’or approche. En septembre, Brian Chesky déclarait, lors d’une conférence organisée par le magazine Skift, qu’il n’était « pas content » du taux de croissance de son entreprise, et que la diversification était absolument nécessaire.

    https://justpaste.it/3kxbm

    #tourisme #monopole #diversification #services #capitalisme_de_plateforme #uberisation

    • L’intérêt de Home exchange, c’est, comme chez les autres dealers, la première dose. Ces 1500 points, utilisables, ça fait des nuitées moins chères qu’un lit d’auberge de jeunesse en dortoir (on en est là).

      Après, si on y prend goût, et qu’on va au-delà de la simple conso des points initiaux, ça se corse. Tu reçois des demandes de gens qui ont une ou des baraques qui valent 200 ou 350 points (ça va loin, on m’a parlé d’un cas US côte ouest, N-Y, plus Crète). Ou quelqu’un te sollicite alors qu’il propose un lieu de séjour dans ta propre ville pour 5 fois plus de points que toi. Ou bien tu cherches des lieux de séjour, et c’est écrit « frais de ménage de 50 euros ». Ça comprend aussi des Airbnb, des gens qui te racontent qu’il préfèrent que leur résidence secondaire serve (et là, y a de tout....), de la surévaluation des apparts, bref, l’esprit de lucre transpire (même si il n’y pas que ça, loin de là).

      C’est comme les SEL, ça dissout pas magiquement les rapports sociaux. Ta chambre ou ton deux pièces, tu vas le plus souvent devoir les céder longtemps pour t’offrir une semaine ailleurs (sauf dans les coins paumés, sauf dans des grandes villes à l’offre abondante).

      L’aspect absolument décisif qui justifie de passer par ce racket (ils se constituent eux-aussi un giga fichier et le prix augmente chaque année), c’est qu’il n’est nul besoin d’être propriétaire. Comme il n’y a pas de transaction marchande, a priori ton proprio ou ta CAF peut ni casser ton bail, ni te réclamer un indu d’APL. Et ça c’est à faire savoir parmi les non proprios susceptibles d’investir dans une adhésion, puis des transports, afin de changer d’air (je finis par me demander si il y en a ici, des non-proprios, m’enfin vous devez en connaitre).

      Sinon, dans nos société régies par la séparation, il y a pléthore d’entreprises de mise en relation (ah ah ah). On peut payer un autre site pour garder des animaux domestiques en échange d’un lieu de séjour, ou faire garder les siens par qui logerait chez soi. ah que « freedom to travel » malgré que ça coute cher (si on veut se payer des frites en centre ville, par exemple)
      https://www.trustedhousesitters.com

      edit ne surtout pas négliger le théâtre des évaluations, la réputation du site, des demandeurs/offreurs en dépend !

      again @touti, non 1GP représente pas 1€. Tes 1500GP t’ont coûté 170€ et valent au mieux, 25 nuits dans des chambres chez l’habitant, ou 10 nuits dans des endroits plus indépendants pas trop clinquants. Donc c’est un bon plan. Les euros, ça reviendra lorsqu’il faudra renouveler l’adhésion, si jamais.

    • « Airbnb a façonné l’idée que tout peut être rentabilisé. C’est une logique d’optimisation permanente »
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/10/20/airbnb-a-faconne-l-idee-que-tout-peut-etre-rentabilise-c-est-une-logique-d-o

      « L’ogre Airbnb » (2/6). A Paris, environ un tiers des annonces disponibles sur Airbnb ont été soustraites du marché de l’habitat « permanent », ce qui contribue à la crise du logement dans la capitale, explique, dans un entretien au « Monde », la chercheuse Jeanne Richon.

      Entre 2018 et 2025, le nombre de logements disponibles pour de la location courte durée a bondi de 40 % à Paris : il existe environ 60 000 annonces « actives » dans la capitale, selon les chiffres du cabinet AirDNA. Pour Jeanne Richon, doctorante à l’université Paris-Est Créteil (Val-de-Marne), qui vient d’achever une thèse sur la location meublée de courte durée dans le Grand Paris, ce système entretient un lien direct avec la #crise_du_logement sur ce territoire.

      Le phénomène Airbnb a eu des conséquences économiques et culturelles fortes en France. Pouvez-vous nous l’expliquer ?

      La plateforme a permis à tout le secteur de la location de courte durée de se développer de manière rapide et importante. Des milliers de propriétaires ont découvert ses avantages : c’est un système très rentable, flexible, avec une demande forte dans de multiples territoires. Sa massification a changé notre rapport à l’#immobilier. Airbnb a incité des tas de gens à investir dans ce secteur. Aussi, de nombreux ménages se sont dit qu’ils pouvaient maintenir ou envisager d’avoir une #résidence_secondaire parce qu’ils ont la possibilité de la louer facilement. Bref, la culture « Airbnb » a rendu viable la bi-résidence pour toute une partie de la population – un phénomène accentué par le télétravail, par la facilité d’accès au crédit. La diffusion d’Airbnb a aussi façonné l’idée que tout peut être rentabilisé : on perd de l’argent à ne pas louer sa maison pendant qu’on est en vacances ailleurs. C’est une logique d’optimisation permanente.

      Avec plus de 60 000 annonces, Paris est la ville qui compte le plus de locations Airbnb. Quel a été l’impact de cet essor ?

      L’impact est surtout palpable sur l’accès au logement pour les habitants et sur les prix de l’immobilier : c’est là le vrai problème. Que des Parisiens louent leur appartement à des touristes pendant qu’ils sont en vacances, cela n’engendre pas de perte de logement pour la population. Le sujet, c’est quand on transforme des appartements qui auraient pu être des résidences principales en appartements réservés à de la location de courte durée. Et ceux-ci sont de plus en plus nombreux, même s’il est très difficile de mesurer l’ampleur du phénomène.

      J’ai estimé pour ma thèse qu’à Paris, en février 2023, environ 16 000 annonces correspondent à des appartements qui ne sont pas occupés à l’année, et réservés à de la location de courte durée – soit 28 % du total des annonces. Ce nombre monte à 21 000 annonces si on y ajoute aussi les annonces louées au mois, dont on a du mal à clarifier les usages.


      Service de #ménage dans un Airbnb parisien, en septembre 2018. THIBAULT CAMUS/AP

      Ces estimations reposent sur le croisement de divers éléments de ces annonces – leur fréquence de mise en location, la disponibilité du calendrier, la possibilité de faire une #réservation_instantanée, le fait d’être mises en ligne par un #multiloueur… A Paris, qui souffre d’un manque de logements, ce volume est conséquent, d’autant que ces meublés sont majoritairement des petites surfaces, recherchées par des jeunes actifs et des étudiants.

      Pourtant, à Paris, le secteur est très réglementé, et encore plus depuis la loi Le Meur de novembre 2024…

      C’est sûr. Théoriquement, il est interdit de louer au-delà de quatre-vingt-dix jours par an une résidence principale, et il est interdit de louer en courte durée une résidence secondaire, sauf à entrer dans un onéreux mécanisme dit de « compensation ». Mais Airbnb ne vérifie pas qu’un loueur est bien dans les clous. Si la Mairie de Paris dispose d’un service d’agents qui se déplacent et engagent des poursuites judiciaires, ils ne sont pas assez nombreux, et ces contrôles sont difficiles à exercer. Les plateformes transmettent un fichier où toutes les informations nécessaires au contrôle n’y figurent pas.

      Du côté des loueurs, il y a énormément de stratégies de contournement, comme des annonces qui sont dupliquées sur plusieurs plateformes pour contourner les seuils de nuits maximum, des « chambres chez l’habitant » qui sont en réalité des studios indépendants… C’est un casse-tête. Dans le cadre de ma thèse, j’ai rencontré de nombreux loueurs qui ignoraient la loi, ou savaient qu’ils l’enfreignaient, mais se disaient qu’au vu du nombre d’annonces à Paris il y avait peu de risque d’être contrôlés. La tentation est trop forte quand on voit les revenus que ces locations génèrent.

      Mais les villes, et notamment Paris, n’ont-elles pas besoin des Airbnb pour loger tous les touristes ? Et ne profitent-elles pas des milliers d’euros de taxe de séjour qui y sont associés ?

      C’est pour cela que les plateformes ont longtemps été ménagées par les pouvoirs publics, notamment l’Etat, et que certaines législations restent imparfaites. On a d’un côté une #économie_du_tourisme avec ses multiples retombées, de l’autre l’enjeu de logement. On a aussi beaucoup de mal, en France, à toucher à la #propriété_privée. Airbnb axe sa communication autour des propriétaires qui louent pendant leurs vacances pour compléter leurs revenus : bien sûr, ces profils existent. Mais c’est cacher le vrai problème : celui de la conversion massive de logements pour de la location de courte durée. In fine, c’est un choix politique que de décider de protéger le logement plus que les retombées économiques liées au tourisme. Je crois qu’à l’heure actuelle la location meublée de courte durée fait plus de mal que de bien à nos centres-villes.

    • Comment Airbnb encourage le recours aux conciergeries, tout en restant maître à bord
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/10/16/comment-airbnb-encourage-le-recours-aux-conciergeries-tout-en-restant-maitre

      La plateforme lance mercredi [en octobre 2024] son réseau de #concierges labellisés, pour encourager les propriétaires à avoir recours à ce type de services et garder la main sur ce marché florissant.

      Lorsque le #marché_de_l’immobilier a commencé sa dégringolade, Sarah Essadiki, conseillère dans une agence immobilière du Val-de-Marne, s’est demandé quel pouvait être son plan B. Alors que son secteur est à la peine, un autre resplendit : celui de la location de meublés touristiques. La France est devenue le deuxième marché mondial pour Airbnb : à ce jour, on y recense 960 000 annonces, soit 60 % de plus qu’en 2019, selon les données d’AirDNA, un cabinet qui extrait les données du site.

      Tout un marché de #microconciergeries s’est développé autour de cette croissance fulgurante, proposant aux propriétaires de gérer tout ou partie de cette activité à leur place. D’agente immobilière à concierge, il n’y a qu’un pas, que Sarah Essadiki franchit à l’été 2023, en créant sa structure, en parallèle de son emploi en agence. Elle commence à Montmartre, à Paris, avec l’appartement d’une connaissance, « qui partait en vacances en Thaïlande et ne voulait pas s’en occuper », raconte-t-elle. Sarah Essadiki crée l’annonce sur Airbnb, échange avec les locataires, fait le ménage, gère les commentaires… D’autres appartements arrivent dans sa besace et, deux mois plus tard, elle intègre la plateforme des concierges labellisés par Airbnb, intitulé « le réseau de co-hôtes ».

      Cette interface, jusqu’ici en phase de test, est officiellement lancée mercredi 16 octobre par Airbnb. Concrètement, ce catalogue permet à des propriétaires de trouver à proximité de chez eux des co-hôtes (des concierges, dans la novlangue Airbnb), selon les critères voulus : ménage, remise de clés, gestion d’une annonce… Seuls les concierges les mieux notés peuvent figurer dans ce réseau. L’interface d’Airbnb encadre toute la relation entre le propriétaire et son #prestataire, jusqu’au paiement de celui-ci, via une commission comprise entre 17 % et 20 % du prix de la location (les tarifs sont fixés par les concierges). Au cours des derniers mois, deux mille personnes en France ont intégré ce club de concierges, la majorité étant des #autoentrepreneurs, exerçant en parallèle à d’autres activités.

      Loin de l’économie collaborative des débuts

      La volonté de développer cette interface en dit long sur la manière dont Airbnb envisage sa croissance dans les années à venir. « La première raison pour laquelle les gens ne veulent pas mettre leur logement sur Airbnb, c’est qu’ils n’ont pas le temps de s’en occuper, ou qu’ils ne savent pas faire. On veut aider les propriétaires à s’alléger de tout cela », cadre Emmanuel Marill, directeur Europe d’Airbnb. En créant cette place de marché de concierges, le premier enjeu pour Airbnb est ainsi d’attirer de nouveaux propriétaires, et d’inciter ceux qui sont présents à louer plus souvent – rappelons que la plateforme se rémunère via une commission sur chaque location.

      Aussi, Airbnb a tout intérêt à pousser ses hôtes vers des #standards_hôteliers, desquels ces concierges « bien notés » sont les garants : meilleure satisfaction des clients, moins de conflits… Un esprit loin de l’économie collaborative des débuts, mais qui témoigne de la professionnalisation et de la #montée_en_gamme croissante de ce système. La multiplication des #services de conciergerie, ces dernières années, contribue aussi à la hausse des prix sur la plateforme. Selon AirDNA, le prix moyen d’une nuit sur Airbnb en France a bondi de 40 % en cinq ans.

      En outre, cette interface est une manière pour Airbnb de garder la main sur ce florissant marché de la conciergerie, en imposant ses standards, en cadrant les échanges, et en créant une forme de loyauté chez les concierges sélectionnés – même si ceux-ci n’ont pas de contrat d’exclusivité. « C’est une manière de contrôler le système », reconnaît Théophile Guettier, qui a intégré ce réseau de co-hôtes.

      Pied de nez aux conciergeries les plus installées

      En creux, en devenant une sorte de « super conciergerie », il s’agit aussi de promouvoir un modèle : celui du concierge individuel slasheur, qui n’exerce pas ce métier à temps complet mais gère quelques appartements pour arrondir ses fins de mois. C’est le cas d’Amel Ait Slimane, dont le métier principal est l’assistance à maîtrise d’ouvrage et la décoration d’intérieur. Elle s’était lancée dans la conciergerie en 2019, et a intégré le réseau de concierges d’Airbnb à l’été 2024. « Etre sur cette plateforme m’a apporté plus de business », assure-t-elle.

      En moyenne, un co-hôte gère sept logements – un peu moins pour Mme Essadiki. Elle estime qu’en 2024, elle aura touché « environ 10 000 euros » pour cette activité. « Etre co-hôte, c’est une autre manière de gagner de l’argent avec Airbnb, dans le sillage de la gig economy [économie des petits boulots] », commente M. Marill. Ce terme désigne ces jobs issus de l’économie des plateformes, qui se caractérisent aussi par la faiblesse de leurs filets de sécurité.

      La propulsion de ce réseau de co-hôtes constitue en tout cas un pied de nez aux conciergeries les plus installées, avec des salariés qui ont les moyens d’acheter des mots-clés sur Google pour recruter leurs clients… Mais qui peuvent plus facilement court-circuiter Airbnb, ou du moins, lui être moins loyaux. En 2018, Airbnb avait d’ailleurs racheté une start-up florissante dans ce domaine, la conciergerie Luckey, qui avait levé des fonds et comptait quarante-cinq salariés.

      « Alors que Booking monte en puissance sur les locations saisonnières, Airbnb cherche à préserver sa position dominante sur le marché, analyse Corentin Minet, directeur du réseau Conciergeries locatives de France. Et, pour cela, ils verrouillent tout autour d’eux. »

    • Le modèle de tourisme d’Airbnb a métamorphosé certaines villes en France, comme La Rochelle et Nice
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/10/21/de-la-rochelle-a-nice-comment-le-systeme-airbnb-a-change-les-villes_6648333_

      A trois heures de TGV de Paris, La Rochelle fait partie des #villes_touristiques qui ont vu leur marché immobilier transformé ces dernières années. « Juste après la pandémie de Covid-19, on a vu arriver énormément d’acquéreurs : il y a eu une ruée sur les petites surfaces du centre-ville. Ce sont des personnes qui voulaient investir dans la pierre. Elles louent sur Airbnb la plus grande partie du temps, et y séjournent quelques week-ends par an », explique Mickael Gauduchon, directeur d’une agence immobilière sur le port. Des télétravailleurs occasionnels, des retraités, ou de purs investisseurs, qui ont profité de prix d’achat au mètre carré raisonnables dans de vieux bâtiments.

      « Vraie pénurie de biens »

      Dans le même temps, des propriétaires qui avaient l’habitude de louer avec un bail classique ont basculé dans ce système de la location de courte durée, bien plus rentable, avec moins de risques d’impayés, plus de souplesse. Aujourd’hui, la municipalité estime à « 6 000 » le nombre de meublés touristiques, dont 85 % de résidences secondaires. Les étudiants, les travailleurs saisonniers, les familles éprouvent de grandes difficultés pour se loger à La Rochelle, que ce soit en location où à l’achat – car les prix n’ont cessé d’augmenter. « Les meublés touristiques ont eu un fort impact sur le marché. Depuis cinq ans, il y a une vraie pénurie de biens disponibles, en particulier pour les petites surfaces », confirme-t-on à l’agence Benoit Immobilier, sur le port de La Rochelle.


      La rue Léonce-Vieljeux, où la concentration en meublés touristiques est la plus importante du centre de La Rochelle, le 3 octobre 2025. YOHAN BONNET/HANS LUCAS POUR « LE MONDE »

      Surtout, la demande touristique est là : la ville a enregistré, en 2024, près de 3 millions de nuitées de voyageurs. Séduit par une offre de meublés touristiques bon marché [sic] et commode pour les groupes et les familles, un nouveau flux de visiteurs est arrivé à La Rochelle, et s’est ajouté à la clientèle des autres hébergements touristiques. Sans Airbnb, Annemette O’Shaughnessy aurait-elle eu le réflexe et les moyens de partir en week-end dans le port charentais ? Cette Irlandaise est venue avec son mari et sa fille pour assister à un match de rugby et découvrir la ville. Elle loge dans un appartement près du port, loué sur la plateforme. « C’est beaucoup mieux qu’un hôtel, car on peut avoir notre espace, un salon, se faire à manger », explique-t-elle.

      Cet accroissement du nombre de touristes conduit à des pics de fréquentation que dénoncent de plus en plus les habitants. Mais aussi à une transformation des commerces. Marie-Christine Etienne, assistante sociale à la retraite, dresse la liste des boutiques ayant fermé récemment dans le centre-ville : « Le magasin d’optique, la boutique pour animaux, la cordonnerie, une épicerie, une quincaillerie… A la place, on a de la restauration rapide, des coffee-shops, une boutique de cookies. »

      Selon elle, la ville s’est montrée trop gourmande, multipliant les grands événements, concerts ou congrès, conduisant à un afflux de visiteurs qui saturent la ville. « Avant, on avait du monde à certaines périodes précises. Depuis la fin du Covid, c’est toute l’année. Il y a toute une nouvelle population de voyageurs qui font la fête, remplissent les bars : les nuisances sonores n’ont jamais été aussi importantes. Alors, quand je vois qu’à la gare Montparnasse [à Paris], il y a des publicités pour faire venir les gens à La Rochelle, ça me désole. »

      « Zéro vie sociale »

      Peu à peu, les liens sociaux se transforment. « Je suis le seul habitant de mon immeuble », évoque Guillaume Thébault, 34 ans, architecte à La Rochelle, qui vit dans une rue commerçante proche du port. Tous les autres appartements – cinq au total – ont peu à peu été transformés en locations de courte durée. Ses voisins sont différents chaque semaine. Il rencontre plus souvent des livreurs Uber Eats dans sa cage d’escalier. « J’ai zéro vie sociale dans mon immeuble. Je suis le témoin d’une ville qui se transforme sous l’effet de l’ubérisation de la société », affirme-t-il.


      De nombreuses boîtes à clés, sur la porte d’une conciergerie rue Réaumur, dans le centre de La Rochelle, le 3 octobre 2025. YOHAN BONNET/HANS LUCAS POUR « LE MONDE »

      https://justpaste.it/d9oga

      #ville

    • Comment les stations de ski ont basculé dans l’économie du Airbnb
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/10/22/comment-les-stations-de-ski-ont-bascule-dans-l-economie-du-airbnb_6648811_32

      Dans ces villages, dominés par les résidences secondaires, l’irruption des plateformes a rendu beaucoup plus facile la location entre particuliers. Avec une conséquence directe sur la hausse des prix de l’immobilier.

      Benjamin Berger se souvient d’une époque pas si lointaine – les années 2000 – où de nombreux propriétaires d’appartements ou de chalets à la montagne étaient rétifs à louer leur bien à des vacanciers : ils voyaient surtout les désagréments associés. « Culturellement, l’idée d’avoir des inconnus qui dorment chez soi était mal acceptée, raconte ce spécialiste de l’immobilier en montagne, fondateur de l’agence Cimalpes, qui gère 1 200 biens en location saisonnière. On allait jusqu’à remplacer les matelas pour que certains acceptent de louer ! »

      Les temps ont bien changé. Lui a vu un moment décisif : 2008, la crise des subprimes. Les propriétaires, dont bon nombre étaient liés à l’économie financière, ont compris qu’ils ne pouvaient pas laisser des biens immobiliers sans rendements. Surtout, Airbnb, Abritel et Booking sont arrivés, rendant flexible, facile et attractive la possibilité de louer, avec d’importants revenus à la clé – tandis que les conciergeries poussaient comme des champignons. _« La culture de la résidence secondaire à la montagne a changé. Le côté investissement a pris le pas sur le côté familial et affectif , résume Louis Andrews, directeur de la plateforme de location de chalets OVO.

      La greffe a pris rapidement. En 2019, il y avait 38 000 annonces Airbnb en Savoie et Haute-Savoie. En début d’année 2025, 72 000 étaient recensées. Des stations comme Morzine, La Plagne ou Les Arcs comptent plus de 2 000 appartements ou chalets loués via Airbnb, d’après les données d’Inside Airbnb : l’offre a plus que doublé en seulement cinq ans.

      https://justpaste.it/akgy7

      Une #financiarisation_du_logement qui pèse sur la construction elle-même, et plus encore sur celle de logements sociaux.
      #investissement #rentabilité

    • « Airbnb, c’est de l’argent facile et c’est très addictif » : des milliers de personnes s’improvisent hôteliers en France
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/10/23/airbnb-c-est-de-l-argent-facile-et-c-est-tres-addictif-comment-des-milliers-

      Sur Internet, des sites se sont d’ailleurs spécialisés dans l’ameublement clés en main. Ils proposent des décors au design standardisé, des « packs » « Art déco », « ethnique » ou « industriel » pour habiller n’importe quelle surface, du canapé aux affiches, du plaid aux tasses à café. Qu’il séjourne à Oslo, à Paris, à Marseille ou à Budapest, le touriste, en ouvrant la porte de sa location, ne sera pas dépaysé.

      [...]

      La start-up Zorrooo, spécialisée dans les litiges du quotidien, dit avoir échangé avec plus de 300 hôtes dont l’annonce a été reléguée dans les plus lointaines pages d’Airbnb. « Nous pensons que la plateforme a changé son algorithme fin 2023, qu’elle se professionnalise et privilégie désormais les annonces avec conciergerie, co-hôte, services et expériences », affirme sa cofondatrice, Capucine Berr.

      Tout comprendre à la logique d’Airbnb et à son algorithme est devenu un métier. Elise Ripoche en a fait son activité en créant une start-up au nom très explicite, J’affiche complet. Cette agence optimise les tarifs, « pour maximiser le chiffre d’affaires », avec, quand la demande est très forte, le prix le plus haut possible et les séjours les plus longs. « La location saisonnière est globalement perçue comme “M. Dupont met sa maison sur Airbnb pour boucler ses fins de mois”. En réalité, il s’agit d’une industrie », déclare la jeune femme.

      https://justpaste.it/1pahb

      Airbnb a une réelle part de responsabilité dans la #crise_du_logement [éditorial]

      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/10/23/airbnb-a-une-reelle-part-de-responsabilite-dans-la-crise-du-logement_6648991

      Loin du modèle « sympa » des fondateurs d’Airbnb qui, en 2008, proposaient la location d’un matelas gonflable (airbed) dans leur appartement agrémenté d’un petit déjeuner, le site à l’ergonomie efficace et pratique a non seulement dynamité le marché de la location touristique, mais a aussi encouragé la transformation de résidences principales en logements réservés à la location de courte durée.

      La progression fulgurante d’Airbnb – plus de 1 million d’annonces en août en France, soit 60 % de plus qu’en 2018 – reflète une mutation spectaculaire du rapport des propriétaires à leur bien, plus seulement un lieu d’habitation ou une rente de long terme, mais une source potentiellement très rentable d’argent facile et de mobilité. Encouragée par l’essor du #télétravail, la formule a aussi incité à l’achat de résidences secondaires « amortissables » par le biais de la location de courte durée.

      Le secteur a pris une telle ampleur qu’il fait l’objet d’une financiarisation généralisée, où les rencontres humaines encensées au début ont laissé la place aux boîtes à clés et aux conciergeries, à une #standardisation des décorations et à l’aigreur de rapports logeurs-logés basés sur les exigences matérielles illimitées de ces derniers et sur l’impitoyable sanction par les « notations ».

    • Graz (Autriche) : Un immeuble d’appartements Airbnb temporairement occupé
      https://attaque.noblogs.org/post/2025/10/21/graz-autriche-un-immeuble-dappartements-airbnb-temporairement-occup

      Dans le quartier Gries, à Graz, un immeuble presque entièrement vide, avec des appartements Airbnb, a reçu une visite anti-touristique…

      À Graz, il y a environ mille appartements Airbnb (des appartements de vacances chers à en crever, qui restent vides la plupart du temps et sont réservés aux touristes aisés). Mille appartements dans lesquels des gens pourraient vivre. Tant de place et pourtant tant d’expulsions locatives.

      Même Elke [Elke Kahr, maire de la ville ; NdAtt.] ne peut pas y faire grand-chose. La liquidation de la ville au nom du profit et le vide dystopique sont tout à fait dans l’intérêt des grandes sociétés immobilières ou des riches propriétaires privés. Nous ne restons plus à regarder, mais nous reprenons les espaces ! Occupez les maisons de votre ville ! Nos salutations vont à toutes les villes liquidées en soldes, comme Barcelone et Athènes. Contre Airbnb et son monde. FUCK GENTRIFICATION

  • Chez les riches riches la thune s’augmente de 6% l’an, pas comme le RSA ou le Smic, mais il semble que l’on aille vers une hausse de la régressive TVA.
    "Pourquoi il faut davantage taxer les riches, en 5 #graphiques"
    https://www.alternatives-economiques.fr/faut-davantage-taxer-riches-5-graphiques/00116259
    est aussi là https://archive.ph/VZeDo
    et les graphiques hurlent bien les choses

    la Direction générale des finances publiques (DGFIP) de Bercy qui, en début d’année, a dressé le constat. Entre 2003 et 2022, le revenu moyen des 0,1 % les plus riches a augmenté de 119 %, nettement plus vite que celui du reste de la population (+ 46 %). Sur la même période, le taux d’imposition moyen de ces 0,1 % a baissé, passant de 29,3 % à 25,7 % (-3,6 points). Alors qu’il est resté stable en moyenne (+ 0,2 point).

    sinon, Zucman, c’est ni "eat the rich" ni "mon ennemi c’est la finance", mais juste « engraissons-les moins vite » (ils se comporteront mieux).

    #richesse #riches #concentration_des_richesses #revenu #patrimoine #biens_professionnels #fiscalité #impôts #taxe_Zucman #dette_publique

  • Le patrimoine foncier peut-il sauver la France de la faillite ?
    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-fil-eco/le-patrimoine-foncier-peut-il-sauver-la-france-de-la-faillite-1590716

    Face à la dette publique, l’État peut-il exploiter le patrimoine foncier pour financer ses dépenses ? Réduire dettes et inégalités grâce à la terre et l’immobilier  est-il pensable ? Arnaud Orain nous éclaire.

    Dans cette chronique du Fil éco de France Culture, Arnaud Orain soulève que la France fait face à une charge de dette publique croissante qui pourrait devenir son premier poste de dépenses dans les prochaines années. Parallèlement, la valeur du #patrimoine_foncier et immobilier des Français ne cesse de croître depuis 30 ans mais reste concentrés sur une minorité de la population. Historiquement, des économistes comme les physiocrates, Léon Walras ou John Law ont envisagé que l’État tire parti de la #propriété_foncière pour financer ses dépenses. Plus récemment, des économistes contemporains tels qu’Alain Trannoy et Étienne Wasmer proposent une taxe sur la terre de 2% pour soutenir le modèle social et réduire la dette. La question se pose donc : la richesse foncière et immobilière pourrait-elle réellement sauver la France de la faillite tout en réduisant les inégalités ?

    En 2017, un rapport de France Stratégie, organisme rattaché au Premier ministre, avait fait grand bruit : il proposait, en cas de nouvelle crise de la dette, que l’État français se déclare unilatéralement copropriétaire de toutes les terres bâties de l’Hexagone. Pour le droit d’occuper ces terres, particuliers et entreprises auraient dû verser, sous forme de loyer ou à chaque vente, un pourcentage de leur valeur. La plupart des experts économiques avaient à l’époque crié au retour des bolchéviques, le couteau entre les dents. Mais l’idée est-elle si folle d’un point de vue économique ?

    Bien entendu, il existe des précédents radicaux. Si l’on laisse de côté les régimes communistes, dès 1720, l’Écossais John Law avait caressé l’espoir de s’emparer d’une partie des biens de l’Église pour rembourser les dettes de Louis XIV, et la Révolution française procédera à leur nationalisation en 1789 dans le même but. Les premiers économistes libéraux du XVIIIᵉ siècle, les #physiocrates, avaient proposé qu’un souverain soit copropriétaire de toutes les terres du royaume, imposant les propriétaires fonciers tout en épargnant les locataires [fermiers] , dont les investissements devaient enrichir le pays. Un siècle plus tard, Léon Walras envisageait lui aussi le rachat de toutes les terres par l’État, pour financer ses dépenses via les fermages et loyers du sol.

    Les propositions contemporaines et le débat actuel

    Au XXᵉ siècle, les économistes américains Richard Arnott et Joseph Stiglitz ont étudié la possibilité de financer les infrastructures publiques par une taxe sur la #rente_foncière. Plus près de nous, en 2022, Alain Trannoy et Étienne Wasmer ont proposé de financer le modèle social français et la dette par une taxe de 2 % sur la terre, épargnant le bâti pour ne pas décourager les investissements, à l’instar des physiocrates. Alors que le sol qui nourrit et loge redevient un enjeu majeur, la question de la propriété de la terre, qui interroge même chez les libéraux, mérite plus que jamais un large débat démocratique.

    une réforme fiscale digne de ce nom heurte de puissants intérêts et nécessiterait une révolution. on choisi donc de s’en prendre démagogiquement aux très grandes fortunes et à elles seules.
    l’étatisation de ce bien commun qu’est la terre constituerait une réforme structurelle des finances publiques. en faire le projet suppose d’oublier que l’État c’est l’État du Capital. nos économistes tournent en rond. il n’empêche, au moins la propriété, ce « droit naturel », est-elle un chouille mise en débat.

    #fiscalité #terre #propriété-privée