• Le 5 novembre dernier, la cour d’appel de Paris a reconnu qu’il avait subi une détention provisoire abusive et lui a octroyé la somme de 16 000 euros en réparation de son préjudice. Les juges ont estimé que Sofiane avait « subi un choc psychologique certain » lors de son incarcération.
    https://www.prison-insider.com/news/france-paris-il-touche-16-000-euros-pour-4-mois-de-detention-proviso
    https://www.prison-insider.com/news
    https://seenthis.net/messages/713719
    @etraces
    #Fleury-Mérogis #prison #prison_insider #revue_de_presse #justice #videosurveillance



  • Attentat de Nice : accusé à tort de terrorisme, retrouvé pendu à Fleury - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/07/31/attentat-de-nice-accuse-a-tort-de-terrorisme-retrouve-pendu-a-fleury_1670

    Arrêté en 2016 dans le cadre de l’enquête sur l’origine des armes de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, Aleksander H. n’a eu de cesse de réfuter les accusations de #terrorisme. Il s’est suicidé début juin alors que la justice s’apprêtait à le reconnaître comme un prévenu ordinaire.

    Un corbeau ombrageux pour dernier visiteur. Mirage de son esprit fragile, le volatile se posait de temps à autre sur la fenêtre de sa cellule. Les jours mauvais, le diable en personne s’invitait dans son petit réduit de la maison d’arrêt de #Fleury-Mérogis (Essonne), lui faisant humer la mort. Le 8 juin, las de ses divagations hallucinées, Aleksander H., 38 ans, s’est suicidé peu après l’heure du déjeuner. Il s’est pendu avec un lacet aux barreaux de sa fenêtre, les mêmes qui servaient de perchoir à l’oiseau de mauvais augure. Lorsqu’un surveillant et des détenus auxiliaires l’ont découvert, Aleksander H. était à genoux, comme assoupi. Une heure de massage cardiaque n’y fera rien.

    Mis en examen pour son implication dans l’attentat de Nice (86 morts et 458 blessés le 14 juillet 2016), le quasi quadragénaire ne supportait plus la suspicion qui pesait sur ses épaules. Non pas que le golgoth, né le 24 mars 1980 à Gjocaj, en Albanie, soit un enfant de chœur : la prison, il connaissait, après plusieurs séjours effectués pour divers trafics. Mais cette fois-ci, les soupçons de terrorisme étaient trop lourds à porter pour celui qui disait vomir l’acte de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel : un camion de 19 tonnes lancé à pleine vitesse sur la promenade des Anglais. Ironie de l’histoire, Aleksander H. se trouvait ce soir-là place Masséna, à quelques centaines de mètres du camion sanguinaire, avec sa femme, Liljana, et leur fils de 17 mois, Ludovik. Avant d’être complice présumé, il aurait pu être victime.

    Ce n’est que six mois après la tuerie, en ayant savamment remonté la piste des armes achetées par Lahouaiej-Bouhlel, que les policiers arrivent jusqu’à Aleksander H.. A cette époque, le jeune père de famille travaille au noir sur des chantiers et perçoit un salaire d’environ 800 euros par mois. En situation irrégulière, il sous-loue avec sa famille un petit appartement à « Diu », une connaissance. Happé par la faune locale, notamment la diaspora albanaise, Aleksander H. verse parfois dans divers trafics. Le 12 décembre 2016, lorsque la sous-direction antiterroriste de la PJ (Sdat) l’interpelle, elle s’intéresse au cheminement d’un pistolet et d’une kalachnikov tombés entre les mains de #Lahouaiej-Bouhlel. Le temps de cerner l’implication d’Aleksander H., sur le plan logistique ou idéologique, les juges le placent en détention provisoire. « Quand je l’ai rencontré, il était confiant, certain que la justice comprendrait vite qu’il n’avait aucun lien avec le terrorisme », se souvient son avocate, Olivia Ronen. Il lui clame : « Si tu crois en Dieu, tu fais jamais ça [les actes terroristes, ndlr]. » Aleksander H. se revendique d’ailleurs chrétien, à mille lieux de la doctrine jihadiste.

    « Je suis contre eux »

    Enfant, dans sa petite école nichée au cœur des montagnes albanaises, le garçonnet apprend le français. Sa maîtrise de la langue de Molière est si bonne que l’interprète qui l’assiste n’ouvre jamais la bouche lors des interrogatoires devant le juge. Après une scolarité classique, Aleksander H. décroche un diplôme de mécanicien. Mais il quitte subitement l’#Albanie, à 14 ans, pour s’établir en Grèce. Deux de ses quatre frères et une de ses quatre sœurs y sont alors installés. Est-ce par pression familiale ou quête d’un avenir meilleur qu’il fait le mur ? Nul ne le sait. Toujours est-il qu’Aleksander H. passe onze ans de sa vie en Grèce. Comme de nombreux citoyens albanais, il y subit un racisme débridé et vit dans des conditions précaires. C’est à cette époque, qu’il tombe peu à peu dans la délinquance. En 2012, après des passages éclairs en Italie, Aleksander H. tente sa chance à Paris. La France lui plaît tant qu’il envisage de s’y poser pour toujours. Mais sa faible qualification et son passé judiciaire ne plaident pas en sa faveur. Dans la roue d’un ami, vivotant de travaux dans la maçonnerie, il finit par gagner #Nice, où Liljana le rejoint en 2014. Signe de leur attirance pour les Alpes-Maritimes, la jeune femme dépose une demande d’asile et Ludovik naît quelques mois plus tard, à l’hôpital de l’Archet. Lorsqu’a lieu la tuerie de la promenade des Anglais, Aleksander H. semble enfin en voie de sédentarisation. Dès sa garde à vue, l’Albanais est très irrité d’être assimilé à un jihadiste :

    – « Avez-vous déjà côtoyé des musulmans radicaux ? interroge le policier.

    – « Non, cela ne m’intéresse pas, je suis contre eux.

    – « Que pensez-vous de l’organisation terroriste Daech ou Etat islamique ?

    – « Je ne suis pas d’accord avec eux, je les déteste. Ils pourraient tuer mon fils. »

    Puis, interrogé sur son ressenti à la suite de l’attentat de Charlie Hebdo, Aleksander H. laisse poindre un certain racisme : « C’est la faute de l’Etat français car vous donnez tout aux Arabes. »

    En prison, cette colère ne le quittera jamais. Au printemps, après plus d’un an de détention, son état se détériore gravement. Il parle seul, crie, ne dort presque plus. Surtout, il s’indigne que la direction de la maison d’arrêt lui interdise de travailler (une règle fréquente pour les détenus poursuivis pour terrorisme). Seul dans sa cellule, Aleksander H. désespère. Les matchs de foot dans la cour de promenade sont ses seuls moments de joie. Après son arrestation, Liljana et Ludovik sont retournés au pays. Au parloir, plus personne ne l’attend. Un soir de mélancolie tenace, l’Albanais avale une petite boulette de shit, qu’il a chapardé les jours précédents. Et décompense violemment. Inquiet, le personnel pénitentiaire le place d’urgence en service médico-psychologique régional, une unité de soins en santé mentale. Il y restera deux semaines. A son retour à Fleury, sa fragilité est telle que les surveillants ont ordre de passer le voir toutes les heures.

    « J’ai senti la mort »

    Rien n’y fait. Aleksander H. veut sortir ou mourir. Le 5 juin, un débat sur la prolongation de sa détention a lieu une nouvelle fois au palais de justice. Tentant le tout pour le tout, le jeune homme déclame sa détresse : « En détention, j’ai senti la mort. J’ai vu le diable en train de m’égorger. Je ne peux plus vivre comme ça, j’ai jamais pleuré mais là je suis mal, je veux me suicider. […] C’est la première fois que je pleure, j’aime bien la France. Les médicaments me mettent plus mal. J’ai un enfant de 3 ans, ma femme en Albanie et ma mère. Je pense qu’à me suicider, j’en ai marre. […] Je peux dormir au commissariat s’il le faut. »

    Maintenu à l’ombre, Aleksander H. se pend quatre jours plus tard, à 14 h 52. Cruelle confidence d’une source judiciaire à Libération : l’accusation et la juge chargées du dossier étaient à deux doigts de revoir les poursuites le visant. Ils comptaient épargner à l’Albanais les crimes terroristes, pour ne retenir que les délits connexes liés à la fourniture des armes. Dans les jours qui ont suivi son décès, son avocate, Olivia Ronen, s’est démenée pour que l’ambassade d’Albanie avance les frais de rapatriement du corps. Et éviter à Aleksander H. de sombrer dans l’anonymat de la fosse commune de Fleury-Mérogis.
    Willy Le Devin

    #prison #suicide #Aleksander_H


    • La prison de Fleury-Mérogis secouée par une série de suicides, Le Monde

      Onze personnes détenues se sont suicidées à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne) depuis le début de l’année 2018 : dix hommes et une femme. En sept mois, ce compteur macabre a déjà dépassé le cumul des deux années précédentes. Une situation inédite qui préoccupe l’administration pénitentiaire comme le parquet d’Evry, mais à laquelle ils affirment aujourd’hui ne pas trouver d’explication.

      Dernier en date, un homme de 48 ans a été retrouvé pendu dans sa cellule mardi 7 août au matin. Il était en détention provisoire pour une affaire criminelle (viol sur son ex-compagne). Détenu au quartier des « arrivants », il avait été identifié comme fragile, et un surveillant s’assurait de son état toutes les heures dans le cadre des dispositifs de prévention du suicide. « A la ronde de 6 heures, il dormait sur sa couchette, à celle de 7 heures, c’était trop tard », apprend-on de source pénitentiaire.

      A chaque décès en détention, quelle que soit l’apparence des faits (mort naturelle, suicide, agression), une enquête judiciaire est systématiquement ouverte. « Nous n’avons, à ce stade, pas d’élément troublant ni de facteur d’explication de cette série de suicides à Fleury-Mérogis », assure-t-on au parquet du tribunal d’Evry, dans le ressort duquel est implantée la plus grande prison d’Europe avec ses quelque 4 300 détenus. La justice y voit des cas individuels, indépendants les uns des autres.

      Pour le coordonnateur du pôle enquête de l’Observatoire international des prisons (OIP), François Bès, cela pourrait s’expliquer par « un climat de tensions permanentes et de pression » spécifique à cet établissement. Les conditions de détention y sont pourtant, a priori, moins dures que dans d’autres maisons d’arrêt franciliennes. A Fresnes (Val-de-Marne), dont la vétusté des locaux n’est plus à démontrer, où les cellules n’ont pas de douche et où le nombre de détenus atteint 193 % de la capacité (contre 143 % à #Fleury-Mérogis), on ne déplore « que » deux suicides depuis le début de l’année pour 2 550 détenus. A Villepinte, en Seine-Saint-Denis, aucun suicide malgré une densité carcérale de 182 %. Au niveau national, on observe une légère hausse, mais la tendance sur plusieurs années est orientée à la baisse : 64 suicides en détention depuis le début de l’année, contre 59 pour la période équivalente en 2017 et 71 en 2016.

      Lire aussi : Nouveau record pour les prisons françaises avec 70 710 personnes incarcérées

      Certains cas polémiques

      Le phénomène a pris à Fleury une dimension oppressante, tant pour les personnels pénitentiaires que pour les détenus et leurs familles. Au point que certains cas deviennent polémiques. Tel celui de Lucas H., 21 ans, qui se serait pendu le 21 juillet au quartier disciplinaire où il avait été conduit à la suite d’une altercation avec des surveillants au sortir d’un parloir avec sa mère. Sa famille refuse de croire à un geste désespéré du jeune homme censé sortir de prison en septembre. Plusieurs dizaines de personnes ont manifesté samedi 4 août devant la maison d’arrêt à l’appel d’un collectif Justice pour Lucas et conspué aux cris de « Matons assassins ! » les surveillants qui quittaient leur service.

      Selon le parquet d’Evry, qui a eu les conclusions orales de l’autopsie pratiquée le 26 juillet, « rien de suspect ne remet en cause pour le moment la thèse du suicide » de Lucas. Mais, l’enquête ne devrait pas être bouclée avant septembre, en attendant le rapport complet du médecin légiste et le résultat de plusieurs auditions auxquelles les gendarmes comptent encore procéder.

      D’autres suicides ne sont pas contestés, mais peuvent nourrir des questions sur le sens de la détention [ça alors...] , en particulier pour les courtes peines. Comme celui de cet homme de 25 ans, condamné à trois mois de prison pour « voyage habituel sans titre de transport ». Il s’est pendu le 17 mars, quelques semaines après son incarcération. Ou ce père de famille, plus âgé, qui s’est suicidé en avril, à peine arrivé pour exécuter une peine de deux mois pour « conduite sans assurance ». Ces sanctions pénales semblent disproportionnées au regard du délit, mais les tribunaux les justifient par le caractère multirécidiviste de ces personnes.

      Taux de suicides six fois supérieur

      Autre sujet questionné, celui des détentions provisoires qui s’allongent. La jeune femme de 24 ans qui s’est donné la mort à la maison d’arrêt des femmes de Fleury le 21 avril attendait depuis trois ans que la justice fixe son sort. « Une situation plus difficile à vivre que pour les condamnés, qui, eux, savent quand ils sortiront et peuvent, même si c’est dans longtemps, se projeter dans un avenir », explique un surveillant de cette prison géante.

      Le 12 juin, c’est un Albanais de 38 ans, qui se suicidait peu de temps après que sa détention provisoire qui durait déjà depuis dix-huit mois fut renouvelée. Il était mis en examen dans l’enquête sur l’attentat de Nice (86 morts) pour « association de malfaiteur terroriste » pour avoir fourni des armes à un couple d’Albanais qui les avaient lui-même revendues à un proche du conducteur du camion meurtrier. Selon l’Agence France-Presse, la qualification « terroriste » de son dossier était sur le point d’être abandonnée alors que cet homme, dont la tendance suicidaire avait été signalée, clamait depuis le début son aversion pour les djihadistes.

      Le taux de suicides en prison est en moyenne six fois supérieur à celui de l’ensemble de la population. De fait, elle concentre des personnes qui cumulent les handicaps sociaux, scolaires, économiques, sanitaires, familiaux, etc. « Ce n’est pas la prison qui crée leurs problèmes ni leurs fragilités », se défend-on à la direction des services pénitentiaires d’Ile-de-France. La direction assure que les retours d’expérience réalisés par une équipe pluridisciplinaire après chaque décès « n’ont pas révélé de faille dans la prévention du suicide, que ce soit dans la transmission des informations sur les signes avant-coureurs ou la prise en charge des personnes fragiles ».

      Dégradation des actions préventives

      Il n’empêche, le plan antisuicide mis en place en 2009 par la direction de l’administration pénitentiaire a porté ses fruits et a ainsi fait la preuve que ce n’était pas une fatalité. Le dispositif ne se limite pas à la ronde toutes les heures. Le dialogue du surveillant avec le détenu, par exemple au retour d’un parloir annulé ou qui s’est mal passé ou d’une audience chez le juge, est essentiel. « Lorsqu’un détenu que l’on a pris en charge se suicide, on ressent la même chose que le chirurgien qui perd un patient sur sa table d’opération », témoigne un ex-directeur de Fleury-Mérogis.

      Lire aussi : La mise en place d’un bureau de vote pour les détenus à l’étude

      Mais les surveillants ont-ils encore le temps pour cette partie valorisante de leur métier ? L’OIP voit dans la surpopulation carcérale et la proportion importante de surveillants stagiaires la cause d’une dégradation de ces actions préventives.

      Un autre dispositif de prévention qui semble avoir fait ses preuves à Villepinte depuis plusieurs années et a été implanté il y a quelques mois à Fresnes devrait prochainement être mis en place à Fleury-Mérogis, dans deux bâtiments sur cinq pour commencer. Des « codétenus de soutien », volontaires, formés avec des psychologues de la Croix-Rouge partageront la cellule de personnes considérées comme à risque en matière de passage à l’acte.

      Les statistiques sur la prévention n’existent pas, mais la direction des services pénitentiaires d’Ile-de-France assure qu’il y a dix fois plus de tentatives sérieuses de suicide prises à temps par les personnels que de suicides constatés.

    • La prison, « une humiliation pour la République », Editorial, Le Monde
      https://lemonde.fr/idees/article/2018/08/08/la-prison-une-humiliation-pour-la-republique_5340462_3232.html

      L’inflation de la population carcérale provoque des conditions de détention indignes et incompatibles avec les objectifs de réinsertion assignés à l’administration pénitentiaire.

      Nouveau record pour les prisons françaises avec 70 710 personnes incarcérées
      https://lemonde.fr/societe/article/2018/07/26/nouveau-record-pour-les-prisons-francaises-avec-70-710-personnes-incarcerees

    • https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins-dete-1ere-partie/prisons-francaises-un-systeme-a-bout-de-souffle

      Confrontée à une vague de suicides à Fleury-Mérogis, l’administration pénitentiaire française pourrait bien devoir reconsidérer les faiblesses de son #système. Pour en parler, Julie Gacon reçoit #François_Bès, coordinateur du pôle enquête de l’Observatoire international des prisons (OIP).
      #administration_pénitentiaire



  • « Mon codétenu est mort dans mes bras »
    https://oip.org/temoignage/mon-codetenu-est-mort-dans-mes-bras

    Maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, avril 2018. Kevin* meurt subitement dans sa cellule, dans les bras de Kilian*, son codétenu. Récemment libéré, Kilian raconte la dégradation rapide de l’état de son ami, le mépris des surveillants face à la gravité de la situation, mais aussi la pauvreté de sa propre prise en charge après le décès. Source : Observatoire International des Prisons

    • http://lenvolee.net/morts-a-fleury-lettre-ouverte-dun-prisonnier-de-la-plus-grande-prison-deur

      Alerte dans les prisons françaises : les prisonniers et prisonnières meurent dans l’indifférence totale de l’Etat.

      Madame, Monsieur,
      Je vous écris ce jour pour vous alerter sur les conditions dramatiques de détention dans notre pays. Dans de trop nombreux établissements et en particulier à #Fleury-Mérogis pour mon cas, les conditions de détentions, bien au-delà de la simple privation de liberté, sont plus que jamais assimilables à de la #torture physique et psychologique. Ce n’est plus seulement un simple fait de #surpopulation carcérale. Avec un taux d’occupation de 180 %, la capacité d’accueil de cette maison arrêt est dépassée depuis longtemps, comme dans tant d’autres #Prisons_Françaises.

      Dans cette société qui joue à guichet fermé dans ses prisons, les activités sont remplacées par des cachets. Surtout tout dépend de la volonté de la direction, qui choisit pour nous : soit la réinsertion, soit la sur-condamnation. Ici, ce n’est pas la réinsertion qui est visée, nous vivons l’absence de justice dans un endroit qui est pourtant censé la rendre. La prison punit plus qu’elle ne devrait par certains comportements de l’administration, et par les surveillants et surveillantes, dont le comportement et les paroles sont totalement déplacés. Quelques soit les pires injustices qu’elle produise, la prison a toujours raison aux yeux des juges et de la société.

      Quant à l’application des peines et la détention qui en découle, on a l’impression que la machine est bloquée, qu’elle se trouve à l’arrêt. Alors qu’un JAP devrait répondre à une demande d’aménagement de peine dans les 4 mois, ici, c’est plutôt 8 à 12 mois… Que dire, aussi, des délais d’attente des transferts pour rapprochement familial…

      Comment imaginer que l’on devienne meilleur en nous torturant alors même que nous allons tous sortir un jour de vos prisons. Soit on est cassé à vie et plus bon à rien. Soit, on est encore pire qu’avant et endurci à cause de la haine que l’on nous a injectée par le non respect de l’état de droit.

      Les événements tragiques survenus ces dernières semaines auraient dû mobiliser et interpeller les plus hautes autorités. 11 personnes sont mortes à Fleury : 8 prisonniers l’ont été annoncé dans la presse. Pour les 3 autres (un albanais, une femme turc et son mari quelques jours plus tard) c’est silence radio. Est ce parce qu’ils ne sont pas ressortissant que ces morts n’ont pas été dévoilées ?

      Aujourd’hui je dénonce le traumatisme de certains prisonniers, qui le 08/06/2018 ont vécu le pire moment de leur vie, quand un surveillant chef s’est rendu coupable d’avoir demandé à un prisonnier de détacher un autre prisonnier qui s’était pendu quelques heures plus tôt. Où est passé le protocole à ce moment là ?

      C’est l’administration pénitentiaire qui a tué cet homme avec ses violences physiques, psychologiques et ses négligences.
      Quand la justice va-t-elle se saisir de ces « suicides » ? La justice sera-t-elle assez lente pour laisser l’administration masquer toutes les preuves ?

      Pour faire simple, les détenus vont mal au sein de cette #administration_pénitentiaire ! Aujourd’hui, je m’expose à une multitude de sanctions, mais ne rien dire me rendrait complice, alors je préfère ne pas rester qu’un délinquant qui subit, mais aussi qui dénonce.

      Je dénoncerai toujours ce que nous subissons mais la liste est extrêmement longue !

      Cordialement, un prisonnier de Fleury-Mérogis.

    • @aude_v

      LA BELLE À JOËLLE
      Mis à jour le :15 mars 2006. Auteur : Marius Frehel.

      #Joëlle_Aubron s’est fait définitivement la belle ce 1er mars, quelques jours après la date anniversaire de l’arrestation, en 1987, des quatre d’Action Directe. Elle avait quarante-six ans. Condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une peine de sûreté de dix-huit ans, pour avoir « fumé » Georges Besse, maître d’oeuvre du nucléaire en France, personnage pivot de l’obscur contentieux Eurodif avec l’Iran, PDG de Renault et champion du dégraissage (34 000 licenciements chez Péchiney et 25 000 chez Renault) et le général Audran, responsable des ventes d’armes françaises à l’étranger, elle a passé dix-sept ans derrière les barreaux, dont plusieurs années d’isolement total. AD prétendait « ralentir [la] marche de la recomposition bourgeoise et aggraver ses contradictions internes, et ainsi l’affaiblir dans la guerre des classes ». Joëlle le rappelait peu de temps après sa sortie : « Nous appartenons à une longue histoire et nous fûmes nombreux à penser, à compter sur un élan qui finalement ne vint pas. Notre hypothèse a échoué. C’est clair. » On la savait ce coup-ci condamnée par la maladie. Une tumeur au cerveau lui fit bénéficier d’une suspension de peine en juin 2004 pour raison de santé (loi Kouchner).

      On appréciera le cynisme de Pascal Clément, ministre de la Justice à deux vitesses : « Quand j’entends que d’anciens terroristes non repentis font leurs courses sur les marchés, alors qu’ils étaient, disait-on, à l’article de la mort… Cela m’est insupportable. Les malades, même atteints d’une affection grave mais qui ne sont pas au “seuil de la mort”, n’ont pas à bénéficier de cette loi. » Joëlle aura résisté plus longtemps que ce qu’avait prévu l’État, et sans repentir. Elle plaisantait souvent sur la maladie, histoire que l’inéluctabilité du mal n’affecte pas trop son entourage. Elle était toujours speed, mordante dans la discussion et à jamais « communiste révolutionnaire ». Il semblerait d’ailleurs que la lutte des classes, qui passait ces derniers temps pour désuète, soit remis en selle par ceux-là mêmes qui décrétèrent sa fin. La révolution blanche de l’ultra-libéralisme est en marche et son offensive dévastatrice s’accompagne d’un contrôle social accru, au nom du tout-sécuritaire. Cette réponse des gouvernants à la misère grandissante incite les plus perspicaces à inventer des formes de résistance toujours renouvelées.

      Article publié dans le n° 32 de CQFD,@cqfd mars 2006.
      http://www.cequilfautdetruire.org/spip.php?article949&var_recherche=Jo%EBll%20Aubron

    • Ouaif, les prisons sont le lieu idéal pour bénéficier des soins d’une fin de vie, comme chacun·e sait... Prière donc de se montrer à l’article de la mort pour sortir en avoir des décents, et bizarrement l’appréciation à ce sujet change que vous soyez puissant ou misérable. Eh bien ces deux ans de Joëll Aubron sont deux ans que les ministres de merde dont on a oublié le nom n’auront pas eus.

      #santé_en_prison, plus globalement


  • « Dans ma cellule, je me sens comme dans une niche de chien » - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/04/27/dans-ma-cellule-je-me-sens-comme-dans-une-niche-de-chien_1646422

    Ils ont entre 19 et 22 ans et sont incarcérés à la prison de Fleury-Mérogis en compagnie de plus de 4 000 détenus  : neuf jeunes racontent leur vie quotidienne, leur solitude en cellule, leur famille, l’espérance d’une sortie prochaine.

    Raconte ta prison… Sur cette simple proposition, neuf hommes âgés de 19 à 22 ans, détenus à la prison de #Fleury-Mérogis, en région parisienne, pour des peines de deux à quatre ans, témoignent de leur quotidien en détention : la cantine, le téléphone, le parloir, le mitard, l’hygiène, la solitude… Ces récits sont issus d’ateliers d’écriture menés par les journalistes de la Zone d’expression prioritaire (ZEP) entre mai et octobre avec des détenus identifiés dans le cadre d’un programme de préparation à la réinsertion portée par la mission locale des Ulis (Essonne). En publiant ces témoignages, Libération poursuit l’aventure éditoriale entamée depuis trois ans avec la ZEP. Ce média participatif (www.la-zep.fr) donne à entendre la parole des jeunes dans toute leur diversité et sur tous les sujets qui les concernent.

    Malik, 19 ans
    « On m’envoie 150 euros toutes les semaines. Certains, la famille les oublie, on leur donne 20 euros par mois »

    « En prison, il y a beaucoup d’inégalités, des différences entre les détenus. Pour bien vivre, il faut en moyenne 350 euros par mois. Pour le frigo et la télé, comptez déjà 20 euros. Pour le tabac, il faut minimum 160 euros, c’est le plus cher ici. Les gens, quand ils n’ont pas de tabac, ils tournent en rond, pètent les plombs.

    « La gamelle, je ne veux pas la manger. Du coup je cantine. Des pâtes, du riz, de la farine, des croissants, des œufs, sucré, salé, c’est 150 euros par mois. Quand on est deux dans la cellule, s’il n’y en a qu’un seul qui reçoit, ça tient pas longtemps. Moi, on m’envoie 150 euros toutes les semaines.

    « Il faut être précis. Un mandat, ça prend quinze jours, un virement deux jours. Si je ne peux pas payer le frigo, ils le vident. J’ai changé de bâtiment récemment et j’ai pas mon frigo. J’ai demandé à le ramener mais il faut que j’attende le mois prochain.

    « Le lundi, il faut absolument un nouveau virement. Si on n’a pas de crédit, il faut attendre une semaine. Et puis il faut tout prévoir à l’avance. Quand on achète quelque chose, on ne le voit pas arriver tout de suite : c’est comme si vous alliez à Auchan et vous que vous étiez livré dix jours après.

    « Certains, la famille les oublie. Ils sont délaissés : ce sont les indigents. On leur donne 20 euros par mois. Soit ils se paient la télé, soit ils ont du tabac. Ces gens-là se retrouvent avec nous pendant la promenade. Ils sont prêts à tout pour récupérer deux-trois cigarettes. Ils s’arrangent en faisant du troc ou demandent des paquets, sans payer. Du coup, ils finissent leur peine sans promenade car, s’ils descendent, c’est la bagarre assurée. S’ils n’ont plus de tabac, ils tapent toute la nuit.

    « Il y a plein de jeunes qui n’ont pas d’argent. Moi, j’ai économisé. Ceux qui ont de l’argent, on ne les regarde pas pareil. Ça fait des clans. »

    Xavier, 21 ans
    « Je reste 22 heures sur 24 dans ma cellule, en me disant que c’est la première et dernière fois »

    « Quand le tribunal a décidé de mon incarcération, la solitude a commencé à prendre le dessus. Je me suis retrouvé au primo-accueil. Première rencontre avec le chef du bâtiment pour m’annoncer où j’effectuerais ma peine.

    « Un jour après, me voilà aux arrivants où on reste entre une semaine et un mois, je suis en cellule double. La cellule fait 9 m2, il y a une télé, deux petites commodes, des toilettes et une douche à gauche de la porte de la cellule. En face, un lit superposé, ma chaise et mon petit comptoir pour manger et, à sa gauche, mon lavabo. Ma première semaine en détention se passe très difficilement, moralement et physiquement.

    « Les nuits sont courtes, c’est pas mon lit, c’est pas chez moi. Je me sens comme dans une niche de chien.

    « J’avais l’appréhension d’être avec un multirécidiviste ou un meurtrier. Je suis tombé sur un codétenu très sympa qui m’a bien accueilli, ce n’était pas sa première incarcération donc il connaissait bien la prison. Après avoir parlé de nos problèmes, nous avons mangé un bon plat chaud qu’il venait de préparer avec ce qu’il avait cantiné.

    « Tous les jours, les surveillants passent aux mêmes heures : à 5 h 30, 7 heures, 11 h 45, 13 heures, entre 16 heures et 17 heures, avant la gamelle du soir, et à 19 heures en sachant qu’ils allument la lumière à chaque passage. Il y a des surveillants qui sont sympas et d’autres moins cool. Certains demandent si ça va, d’autres ignorent le salut qu’on leur fait. Il y en a qui nous parlent mal, qui se pensent supérieurs à nous et qui nous insultent. Tout dépend des bâtiments où on se trouve. Je ne demande pas qu’ils soient nos amis, mais qu’ils aient un minimum de respect envers nous. Comme nous envers eux.

    « Quand on n’a pas de tabac, parfois les surveillants ne veulent pas le faire passer de cellule en cellule, donc on est obligés de faire un « lasso ». Un lasso, c’est un sac poubelle, dont on fait des fines lamelles. Une fois que l’autre personne l’a rattrapé par la fenêtre de sa cellule, on pend un drap qu’on remplit et l’autre tire jusqu’à ce qu’il attrape le drap.

    « Si la personne est dans la cellule en face de la nôtre, on fait une « souris ». On prend une cuillère qu’on attache avec des fines lamelles de sac poubelle et on l’envoie dans le couloir. Ce n’est pas autorisé mais c’est toléré : un lasso attaché aux barreaux, ils peuvent me le laisser comme ils peuvent me l’enlever. Ça dépend du surveillant ou de la surveillante qui est sur notre aile.

    « Je reste 22 heures sur 24 dans ma cellule, en regardant la télé, en pensant à ma famille, et en me disant que c’est la première et dernière fois que je suis entre ces quatre murs. Je commence à réfléchir à mes erreurs et à mon avenir, en sachant que ce n’est pas ma première peine, mais que c’est la dernière. »

    Ibrahim, 21 ans
    « Pour le parloir, ma mère a toujours un gros sac de linge propre qu’elle porte à bout de bras »

    « Le parloir, c’est un vrai stress pour la famille. D’abord, à l’entrée, elle ne doit pas avoir de retard, pas la moindre minute, sinon la porte sera fermée.

    « Moi, quand je vais au parloir, je me lève à 7 heures pour avoir le temps de me faire « beau » pour ma famille. Je mets un peu de musc pour remplacer le parfum, même si je sais que ça ne sert à rien. Car je vais passer deux heures, ou presque, à attendre, en passant par trois salles : une première à l’étage, où il y a ma cellule, une deuxième au premier étage, près du portique, et la dernière au niveau des cabines du parloir.

    « Dans les salles d’attente, devenues des fumoirs avec le temps, on sent la clope. Avant d’entrer au parloir, il faut faire attention à ne pas faire sonner le portique. Si tu sonnes trop de fois, on peut te renvoyer en cellule. Pareil pour la famille : s’ils sonnent trop, pour toutes sortes de raisons (une boucle d’oreille, la boucle d’une veste ou l’agrafe du soutien-gorge), ils peuvent les renvoyer chez eux. Un jour, ma mère a sonné trois fois et le maton lui a dit qu’elle n’irait pas au parloir ce jour-là.

    « On arrive devant nos familles pour quarante minutes de parloir. On se sent fatigué, souvent on oublie ce dont on avait prévu de discuter, tellement l’attente nous a endormi le cerveau. Quand la famille vient, je sens qu’elle fait semblant de ne pas avoir l’air lassée de venir en prison. Mais ça se ressent.

    « Pour venir, ma mère se réveille tôt. Elle prend deux bus. Le premier l’emmène à la gare, et le second, devant la maison d’arrêt. Elle a toujours un gros sac de linge propre, qu’elle porte à bout de bras. Je n’imagine même pas l’énergie et la force que cela lui demande car elle est tout de même quinquagénaire. Elle me ramène du linge et des livres, la plupart du temps de philosophie, des auteurs comme Paulo Coelho ou Khalil Gibran.

    « Ma mère, elle cherche toujours des sujets futiles pour masquer le fait qu’elle en a marre. Alors on parle de mon équipe de foot préférée, l’OM, et d’autres sujets. Mais jamais de comment ça se passe ici. Je n’aime pas les immerger dans cette atmosphère de détention. Par compassion, je lui dis de rester à la maison, de se reposer. Eux, la plupart du temps ils veulent venir trois fois par semaine, lundi, mercredi et vendredi, ils se retrouvent une heure, une heure et demie, ils voient des barreaux, du bruit, ils sont dans une atmosphère de détention.

    « Ils doivent y penser en rentrant à la maison, c’est une double peine pour moi car le mal-être de mes proches me touche. Avec du recul, je me dis que j’aurais préféré qu’ils ignorent tout de la situation. J’aimerais qu’ils croient que je suis à l’étranger ou autre chose. Je ne sais pas quelle excuse j’aurais trouvée pour leur cacher que je suis incarcéré. Ce serait un mal pour un bien : je n’aurais pas tout le soutien et la force que j’ai actuellement, mais j’aurais pu les préserver de tout ce qu’ils vivent en ce moment, car ils ne sont pour rien dans la situation. Malgré tout, ils font preuve d’une force énorme.

    « Le parloir, c’est essentiel mais je ne souhaite à personne de fréquenter une maison d’arrêt. On ne peut empêcher ses proches de nous rendre visite quand ils en ont envie ou qu’ils le prétendent. C’est bien de garder des liens familiaux et avec l’extérieur, mais j’ai honte de les impliquer dans ma vie carcérale. »

    Amin, 21 ans
    « Je "snape" ma vie en détention, je montre un peu ma vie à Fleury-Mérogis »

    « En cellule, à Fleury-Mérogis, j’avais un smartphone. Je ne l’utilisais pas la journée tellement les matons étaient chauds. Je le sortais la nuit après la gamelle et après la ronde de 19 h 30. Je partais sur Facebook, Snapchat, je me tapais des délires ; jusqu’à l’aube en gros. A 7 heures du matin, dès que le surveillant passait pour récupérer la poubelle, je le rangeais dans une très très bonne cachette car on me faisait des fouilles de cellule au moins une fois par semaine.

    « Si le maton le trouve, je vais finir au quartier disciplinaire. Je risque vingt jours dans une pièce de 9 m2 sans rien dans la cellule à part un lit, une table, des toilettes. C’est important d’avoir un smartphone en détention car, quand j’étais sur mon iPhone, j’étais dans le futur. Je ne sentais pas l’incarcération : je m’évadais dans ma tête, je regardais des séries sur Netflix (Narcos, The Walking Dead). Je jouais de l’argent au poker aussi, sur PokerStars. Et des paris de foot en ligne. J’étais meilleur au poker qu’au foot !

    « Quand j’éteins toutes les lumières de ma cellule, il ne reste que la lumière de l’écran. Sur Facebook, je tchatais avec mes potes, des copines, ma famille d’Algérie. Eux, je ne leur disais pas où j’étais, je leur disais que j’étais dans un centre pour travailler. Je leur mentais car je ne voulais pas qu’ils sachent. Mais sur Snapchat, je me rendais fou car je voyais tous mes amis en vacances en Afrique, en Espagne. Ça me brisait le cœur. J’étais dégoûté car, moi, j’étais enfermé, et même avec un smartphone, ça ne remplace pas la liberté. Mais j’étais quand même heureux car ça change la vie d’avoir un téléphone en prison, ça fait oublier la détention. Je « snape » ma vie en détention, je montre un peu ma vie à Fleury-Mérogis : ma cellule, les plats que je prépare, mes amis en promenade. Ça fait deux mois que je l’ai revendu et ce qui me manque le plus, c’est Snapchat. »

    Jason, 22 ans
    « Le mal de dents est la pire chose pour une personne enfermée. je me soignais au THC »

    « Quand je suis arrivé en prison, j’ai fait une demande pour une consultation avec le dentiste car j’ai ressenti des douleurs. Le mal de dents est la pire chose pour une personne enfermée, j’en pouvais plus, donc le soir, pour dormir, je me soignais au THC [principe actif du cannabis, ndlr].

    « Sept mois plus tard, ils m’ont répondu mais je n’avais plus mal à force d’attendre. Lors de la consultation, le dentiste a fait un bilan. Il m’a dit que j’avais une carie. Il m’a donné comme seuls calmants un bain de bouche et du Doliprane. Et ils m’ont proposé un rendez-vous à l’Ucsa [unité de consultations et de soins ambulatoires] la semaine suivante pour traiter le mal de dents. Mais je préfère aller chez le dentiste à l’extérieur, une fois sorti. Ici, j’ai peur qu’ils touchent mes dents et que la douleur revienne.

    « La détention est responsable de chaque détenu et la santé en prison, c’est une chose prioritaire. Moi, je ne lave pas mes affaires ici. Ceux qui le font, ils lavent à la main, dans leur cellule, avec de la lessive qu’ils ont cantinée.

    « Ce serait bien de pouvoir cantiner une machine à laver, comme le frigo ! Chaque semaine je reçois un sac de ma famille : huit tee-shirts, sept caleçons, cinq paires de chaussettes et une serviette. Mais certains font du sport : on se lève, on se douche, on fait du sport puis on se redouche. Vous comprendrez que les caleçons sont comptés !

    « L’hygiène, c’est important en détention, pour faciliter la vie des détenus mais aussi des familles. Ce serait vraiment super qu’il y ait des machines à laver et un service lingerie, une fois par semaine.

    « Il faudrait une salle toute propre, comme si on n’était pas dans une prison, pour les pères de famille qui reçoivent leurs enfants, avec des jeux. On pourrait y aller une fois toutes les deux semaines, ou une fois par mois. Parce que la prison, quand t’es un enfant, c’est pas un endroit où aller. Ma fille va avoir 2 ans en janvier. Je l’ai déjà vue au parloir mais je n’ai pas envie qu’elle vienne. Alors je préfère l’appeler au téléphone. Elle me dit : "Papa ? T’es où ? Je t’aime." C’est dur. »

    Aymeric, 22 ans
    « J’y ai vu la chance d’apprendre un métier dans lequel je pourrais m’épanouir et trouver un emploi »

    « J’ai été incarcéré le 16 juillet 2015, à la prison de Fleury-Mérogis. Plusieurs mois avant ma condamnation, j’étais en mandat de dépôt, pas encore condamné. Sachant que j’étais sûr que je serais condamné au moment du jugement, j’ai commencé à prendre connaissance des diverses activités pour préparer ma réinsertion. On m’a indiqué que, pour avoir une bonne image auprès de l’administration, il faut avoir un comportement discipliné et exemplaire, que j’ai tout de suite adopté.

    « Je me suis inscrit à des activités sportives. La musculation est une façon de m’évader de cette détention pénible, à travers l’acharnement à sculpter mon corps. Je me suis aussi inscrit au centre scolaire, à un BEP service administratif. Pour me cultiver et pour me permettre d’obtenir un diplôme.

    « Quand j’étais dehors, je n’avais pas de qualification à part quelques expériences dans la vente de prêt-à-porter. Je n’ai pas compté mes efforts en allant chaque jour en cours. J’ai appris à avoir une meilleure éloquence, une grammaire plus enrichie et une meilleure orthographe, ce qui m’a permis d’être plus compréhensible. J’ai passé mon examen en juin 2016. J’y suis allé avec une grande sérénité, car j’avais énormément révisé pour faire de mon mieux. A la fin de l’examen, j’étais soulagé et confiant du résultat.

    « Le 6 juillet 2016, j’ai été appelé à comparaître à mon jugement. Ce jour-là, je me suis réveillé avec un grand stress, c’est rare. Une heure avant que les surveillants viennent me chercher dans ma cellule pour l’extraction, j’ai reçu une lettre : j’avais obtenu mon diplôme. Le stress du matin s’est estompé en un instant et une grande joie m’a envahi. J’étais super confiant pour le reste de la journée et le jugement. Après ma condamnation, j’ai été changé de bâtiment pour aller dans celui des condamnés. Je me suis alors immédiatement réinscrit au scolaire.

    « J’ai été accepté à la formation d’électricien. On m’a changé à nouveau de bâtiment : mon codétenu était dans la même formation. J’ai été surpris et content, car le feeling passait bien. Nous avons pris connaissance de la formation et du dispositif à respecter. Ce métier me passionne et je voudrais le poursuivre dehors. Je me suis extrêmement investi, j’y ai vu une chance d’apprendre un métier, mais surtout un métier dans lequel je pourrais m’épanouir et trouver un emploi stable.

    « Durant plusieurs mois, j’ai redoublé d’efforts et j’ai eu les résultats le jour même de l’examen. Ils ont prononcé mon nom et m’ont dit que je l’avais obtenu. Ça y est, j’ai mon diplôme, prêt pour la sortie. »

    Steven, 22 ans
    « En ce moment dans ma cellule, je n’ai plus la télé, mon seul moyen de penser à autre chose »

    « Dans ma cellule, il fait froid. Le matin, je prépare mon petit-déjeuner, des céréales que j’ai cantinées, puis je regarde la télé. A midi, je fais à manger, à 13 heures c’est la promenade, ça fait du bien, je prends l’air, ça dure une heure, ça passe vite ! A 15 heures, je regarde la télé, à 20 heures, je me fais à dîner. A 22 heures, je regarde le football et à minuit, je dors.

    « En ce moment, dans ma cellule, je n’ai plus la télé, alors que c’est mon seul moyen de penser à autre chose que la prison. Ça fait trois jours.

    « Trois jours que tous les soirs, je reste dans le noir et que je cogite. Je pense à dehors. A mes amis, ma famille, à mon avenir quand je sortirai : est-ce que j’aurai le bracelet ? Est-ce que le juge va m’accorder l’aménagement de peine ?

    « Trois jours que je fais du sport tous les jours pour faire gonfler mes muscles. Je fais des séries de 200 pompes par jour. Pour me sentir bien dans mon corps et pour faire passer le temps. Ça me prend une heure, une heure trente.

    « Trois jours que la promenade est devenue un vrai kif, mieux qu’avant.

    « Trois jours que je parle par la fenêtre du coup ! Tout le temps, pour faire passer le temps, parler de tout et de rien : du foot, de la prison. Mes voisins, ils n’ont pas la télé non plus.

    « Trois jours que je lis les cours le soir, comme j’ai rien à faire. Si je voulais un livre, je crois que c’est ma famille qui devrait me l’amener. Bref, ça fait trois jours que j’ai pas la télé dans ma cellule. »

    Ibrahim, 19 ans
    « A ma sortie, je vais direct au restaurant. Poulet braisé ! Je pense qu’à ça »

    « Ça fait un an maintenant que je suis incarcéré à Fleury-Mérogis. Depuis, je n’arrive pas à faire à manger. Pourtant, j’ai regardé mon ancien codétenu le faire. Gratin, pizza, tchatchouka… C’était trop bon. C’était un moment où je me sentais au restaurant. Le seul moment où je me sentais un peu dehors.

    « Je viens d’une grande famille où il y a beaucoup de filles et, du coup, ce sont elles qui font tout à la maison. Le ménage, la nourriture, je n’ai besoin de rien faire. J’ai deux grandes sœurs, deux petites sœurs et un petit frère. A Grigny (Essonne). Je me souviens que, parfois, mes sœurs s’embrouillaient parce qu’elles n’avaient pas envie de s’occuper de tout ça. Mais j’ai grandi comme ça. Si je passais la serpillière ou faisais la vaisselle à la maison, ce serait bizarre !

    « J’ai découvert le ménage en prison. J’avais pas l’habitude. La vaisselle, frotter… c’est cruel, en fait ! Je ne savais pas que c’était dur comme ça, les tâches ménagères. T’as pas besoin de faire du sport. A la fin de la journée, t’es K.O. ! En sortant, je ferai ma chambre. De temps en temps. Et aussi la vaisselle. J’ai ouvert les yeux… même si ça n’empêche pas que c’est elles qui doivent faire le plus gros. Nous, on doit remplir le frigo, payer le loyer, subvenir aux besoins de la famille. Bref.

    « Aujourd’hui, je suis seul en cellule. Et je n’arrive pas à me faire à manger. Je suis obligé d’envoyer mes cantines (pommes de terre, viande, farine, œufs, oignons, poivrons) à mon voisin, parce que lui, il sait faire. Et il a la gentillesse de me faire à manger pour m’aider à bien me nourrir. Il a remplacé mon codétenu en quelque sorte. Hier, par exemple, il m’a fait des bricks. J’ai aussi un voisin qui ne fait que des crêpes, tout le temps. Ça ne marche que si le surveillant est d’accord de faire passer la nourriture, même s’ils n’ont pas le droit. La plupart acceptent, ils sont très compréhensifs à ce sujet.

    « Quand vient l’heure de la gamelle du midi, il faut passer de la cellule 13 à 36. Mon voisin fait sa nourriture (quiches, pizzas, gratins…) et je dois récupérer ma part à 18 heures. C’est censé me durer jusqu’au lendemain soir, je dois toujours anticiper.

    « Le problème, c’est que, parfois, il y a un changement de surveillant et le nouveau ne veut pas refaire passer le plat cuisiné, donc je dois me faire des pâtes, même si je trouve ça dégueulasse. En fait, c’est surtout la sauce tomate qui m’a gavé : il n’y a pas de crème fraîche, donc on doit toujours faire avec la sauce tomate.

    « Franchement, parfois, c’est extrêmement difficile de ne pas savoir faire à manger, surtout que la gamelle d’ici est vraiment dégueulasse. A mon goût, en tout cas. C’est mal assaisonné, ça n’a pas de goût et y a pas beaucoup de choix ni grand-chose dans l’assiette. Sur toute l’aile, sur vingt-deux détenus, y en a peut-être quatre qui la prennent. Des fois, ils donnent du riz, mais sans sauce. Comment tu veux manger, sec comme ça ? Ils abusent. A ma sortie, je vais direct au restaurant. Poulet braisé ! Je pense qu’à ça. Tous les jours. »

    Deniz, 20 ans
    « J’étais obligé de rester fort car j’ai une famille qui m’attend dehors »

    « Le 26 juillet 2016, j’ai été condamné à quatre ans de prison ferme. Le premier jour à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis a été très dur pour moi. J’ai laissé un bébé de 8 mois qui s’appelle Enzo, avec sa mère Estelle, ma petite amie. Ça fait dix ans qu’on est ensemble. C’est le plus beau cadeau qu’on ait pu me faire, avoir une femme aussi gentille que sérieuse. Ça a été très dur pour moi de devoir la quitter du jour au lendemain, car elle et moi, on ne faisait qu’un. Les courriers ne me suffisent plus. Les parloirs ont mis trop de temps à se débloquer.

    « Un jour, on m’a proposé un téléphone portable. J’ai accepté. Je savais que je prenais des risques mais l’amour que j’ai pour ma femme était plus fort que les risques. Ça nous a fait du bien de s’avoir tous les jours car c’est difficile pour une femme d’être toute seule avec son bébé. Il fallait que je fasse acte de présence. Tous les jours.

    « Il a suffi d’un jour pour que tout bascule, le jour de la fouille de ma cellule. Le surveillant a découvert le téléphone et je suis passé en commission de discipline. J’ai reçu sept jours de mitard et sept jours de sursis.

    « Le premier jour de mitard a été difficile, tout seul, à parler avec Casper le fantôme, mais j’étais obligé de rester fort car j’ai une famille qui m’attend dehors.

    « Quand on m’a sorti du mitard, je me suis mis à lire et à faire passer le temps. La visite de ma femme et de mon bébé au parloir m’a fait énormément de bien. Elle m’a dit de rester fort, qu’on avait vécu pire. J’ai toujours gardé mon emploi en tant qu’auxiliaire repas, ceux qui font la gamelle.

    « J’ai donc payé mes parties civiles pour tout recommencer à zéro. J’ai accepté une formation et je suis parti au bâtiment D4 pour me réinsérer et avoir une chance de sortir.

    « Dehors, j’ai un boulot d’étancheur qui m’attend. J’ai une maison, j’ai une femme, j’ai un enfant, peut-être un deuxième, j’ai une voiture, j’ai un chien. J’ai une famille, mais je suis encore en prison. »

    #prison #détention #parloir #préventive


  • Récit du rassemblement devant la MAH #de #fleury-Mérogis, le 27 janvier 2018
    https://nantes.indymedia.org/articles/40026

    Samedi 27 janvier dernier nous étions une bonne cinquantaine de personnes à répondre par les actes au communiqué1 rédigé par un collectif de détenus de Fleury-Mérogis deux jours plus tôt.

    #Répression #contrôle #social #/ #prisons #centres #rétention #Répression,contrôle,social,/,prisons,centres,de,rétention


  • [Sam 27 janv] Rassemblement #de solidarité avec les prisonniers en #lutte devant la MAH de #fleury-merogis
    https://nantes.indymedia.org/articles/39910

    Pour s’y rendre en transport en commun : bus 109, direct depuis la porte d’Orléans : départ à 12h20- arrivée à 13h00 à la MAH (le suivant 50’ plus tard, donc faut pas le louper !) RER C ou D, jusqu’à Juvisy prendre la sortie Condorcet et prendre le bus DM05 : départ 12h23- arrivée à 12h51 à la maison d’arrêt des hommes (le suivant 40’ plus tard). RER D direction Corbeil-Essonnes jusqu’à Grigny Centre. Puis prendre le bus 510 à la gare RER : départ 12h17- arrivée à la maison d’arrêt des hommes à 12h35 ; ou le suivant départ à 12h47, arrivée 13h05. Pour s’y rendre en voiture : Depuis le périph’ suivre la A6 en direction d’Evry, puis prendre la sortie n°7 fleury-mérogis. Suivre l’avenue Victor Schoelcher puis avenue du Docteur Fichez (entre 2 ronds-point), la maison d’arrêt est indiquée sur la (...)

    #Répression #/ #prisons #centres #rétention #transports #gratuits #anti-repression #étudiant-e-s #lycéen-ne-s #mouvement #Répression,/,prisons,centres,de,rétention,transports,gratuits,lutte,anti-repression,étudiant-e-s,lycéen-ne-s,mouvement


  • [Fleury-Mérogis, 91] Tentative d’évasion à la maison d’arrêt des hommes
    https://nantes.indymedia.org/articles/39622

    Selon un article publié le 31 décembre 2017 sur le site du quotidien peu recommandable Le Parisien (pas d’autre source pour le moment), un jeune prisonnier #de 19 ans a essayé de s’échapper ce dimanche matin.

    #/ #prisons #centres #rétention #fleury-merogis #/,prisons,centres,de,rétention


  • Petite rando du dimanche, autour #de la prison de #fleury-Mérogis !
    https://nantes.indymedia.org/articles/39221

    On s’était dit rendez-vous dans deux mois pour remettre ça mais en journée cette fois. Nous étions une trentaine, ce dimanche 19 novembre sur le lieu de rencard, déter’ à nous approcher de la Maison d’Arrêt des Hommes de Fleury.

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  • Une personne au mitard dans l’affaire #de la keufmobile brûlée
    https://nantes.indymedia.org/articles/39213

    Dans l’affaire de l’incendie de la voiture de flic Quai de Valmy, jugée en septembre dernier, deux personnes restaient en détention. L’une d’elles, Kara a été libérée mardi 14 novembre. L’autre, toujours détenu a été placé depuis samedi au Quartier Disciplinaire (mitard) de #fleury-Mérogis.

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  • [Montreuil-Fleury] Demande #de mise en liberté pour les compagnonnes incarcérées.
    https://nantes.indymedia.org/articles/39214

    Jeudi 16 novembre 2017, 3 camarades ont été incarcérées à la prison des femmes de Fleury Mérogis en attendant leur procès le 7 décembre pour « tentative de vol par effraction en réunion », provocation à s’armer contre l’état et « refus de signalétique ». Elles ont été arrêtées à Montreuil à proximité d’une maison inoccupée. Les copines ont fait des demandes de mise en liberté et au moins l’une d’entre elles passera devant la 17e chambre du TGI de Bobigny ce jeudi 23 novembre.

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  • [keufmobile en feu] Kara est sortie !
    https://nantes.indymedia.org/articles/39151

    Ce matin, 14 octobre 2017, Kara, incarcérée depuis le 26 mai 2016 et condamnée à 2 ans de prison ferme et 2 avec sursis dans l’affaire du quai de Valmy est sortie de #fleury-merogis.

    #Répression #/ #loi #loitravail #anti-repression #travail #loi_travail #paris #Répression,/,loi,loitravail,anti-repression,travail,loi_travail


  • [Fleury] Lettre #de Kara, incarcérée dans l’affaire de la voiture de flic brulée.
    https://nantes.indymedia.org/articles/37732

    Lettre de Kara W. incarcérée à Fleury mérogis depuis mai 2016, accusée d’avoir jeté un plot sur la voiture de flic qui a été incendiée quai de Valmy à Paris, le 18 mai 2016.

    #Répression #contrôle #social #/ #-ismes #en #tout #genres #_anarch-fémin #prisons #centres #rétention #loi #loitravail #anti-repression #travail #loi_travail #fleury-merogis #Répression,contrôle,social,/,-ismes,en,tout,genres,_anarch-fémin…,prisons,centres,de,rétention,loi,loitravail,anti-repression,travail,loi_travail


  • Récit du 2ème rassemblement devant la prison #de Fleury-Mérogis
    https://nantes.indymedia.org/articles/37411

    Samedi 8 avril à 13hs, s’est déroulé un 2e rassemblement devant la taule de Fleury-Mérogis en solidarité avec tou.te.s les enfermé.e.s !

    #Répression #contrôle #social #/ #prisons #centres #rétention #quartiers #populaires #loi #loitravail #anti-repression #travail #loi_travail #fleury-merogis #ile-de-france #Répression,contrôle,social,/,prisons,centres,de,rétention,quartiers,populaires,loi,loitravail,anti-repression,travail,loi_travail


  • Paris - 11 mars : rassemblement devant la prison #de Fleury Merogis
    https://nantes.indymedia.org/articles/37124

    Solidaires dans les luttes, Solidaires face à la #Répression !Rassemblement devant la Maison d’Arrêt des Hommes de Fleury-MérogisSamedi 11 mars 2017 à 13h

    #Resistances #/ #prisons #centres #rétention #quartiers #populaires #lutte #loi #loitravail #anti-repression #travail #loi_travail #étudiant-e-s #lycéen-ne-s #mouvement #fleury-merogis #Répression,Resistances,/,prisons,centres,de,rétention,quartiers,populaires,lutte,loi,loitravail,anti-repression,travail,loi_travail,étudiant-e-s,lycéen-ne-s,mouvement


  • À l’école du crime du terroriste de #Saint-Etienne-du-Rouvray
    https://www.mediapart.fr/journal/france/081116/l-ecole-du-crime-du-terroriste-de-saint-etienne-du-rouvray

    De petit aspirant maladroit au #Djihad, #Adel_Kermiche s’est métamorphosé en futur tueur du prêtre Jacques Hamel lors de ses dix mois en #Prison, à #Fleury-Mérogis, aux côtés de terroristes chevronnés. Deuxième volet de notre enquête sur l’attentat de Saint-Étienne-du-Rouvray. Selfie d’Adel #Kermiche diffusé sur sa messagerie Telegram. © DR

    #France #13-Novembre #administration_pénitentiaire #Amedy_Coulibaly #attentats #Chérif_Kouachi #Daech #Etat_islamique #Justice #Police #radicalisation #renseignement #terrorisme #Urvoas


  • Tortures modernes : le traitement de Salah Abdeslam à Fleury-Merogis en question
    http://supermax.be/tortures-modernes-le-traitement-de-salah-abdeslam-a-fleury-merogis-en-quest

    L’administration pénitentiaire innove avec l’incarcération de Salah Abdeslam, « seul terroriste encore vivant des attentats de Paris ». Supermax.be, site spécialisé sur les quartiers d’isolement et les prisons modernes, relaie trois articles de Jean-Yves Nau, auteur du blog « Journalisme et santé publique », sur les conditions inquiétantes de détention du militant de Daech au mépris des recommandations des médecins, notamment sa vidéo-surveillance 24 h/24. [Résumé de rebellyon.info] Source : Supermax.be


  • Suite à la mobilisation des prisonnières de la #maison_d’arrêt_des_femmes de #Fleury-Mérogis, un rassemblement de solidarité est prévu samedi 16 avril à 13h00 devant la prison !
    Depuis le 3 avril les femmes détenues à la MAF se mobilisent contre l’administration pénitentiaire qui veut imposer des conditions d’enfermement plus restrictives sous prétexte de la mise en place d’un nouveau logiciel de gestion qui s’appelle GENESIS, et argumentant qu’il s’agit d’uniformiser les conditions de vie pour les hommes et les femmes…
    Encore une attaque qui vise à détruire les liens entre personnes incarcérées et à les réduire à un état végétatif ( même pas 2 heures de promenade par jour !).
    Venons apporter notre #solidarité samedi 16 avril et briser l’isolement de leur lutte ! Renforçons-la, en sachant qu’en ce moment l’administration pénitentiaire exerce des pressions sur les #femmes_en_lutte !
    Pour que vivent les solidarités à l’intérieur et à l’extérieur !
    – . - Rendez-vous samedi 16 avril 2016 à 13h00 devant la MAF de Fleury-Mérogis !
    9 avenue des peupliers, 91700 Fleury-Mérogishttp://lenvolee.net/rassemblement-a-la-maf-de-fleury-merogis