La Flottille mondiale Sumud a signalé que 31 activistes internationaux ont été blessés lors de l’interception par la marine israélienne de la flotte humanitaire qui se dirigeait vers la bande de Gaza jeudi dernier, dans le but de contester le blocus en cours.
Les autorités israéliennes ont annoncé que les forces navales avaient arraisonné les navires en eaux internationales et transféré les personnes à bord dans des centres de détention en Israël.
Dans un communiqué détaillé, les organisateurs de la flottille ont indiqué que parmi les activistes blessés figuraient quatre participants de Nouvelle-Zélande et d’Australie, trois d’Italie et des États-Unis, et deux du Canada, des Pays-Bas, d’Espagne, du Royaume-Uni, de Colombie et d’Allemagne.
D’autres blessures ont été signalées parmi les activistes de Hongrie, d’Ukraine, de France, de Pologne et du Portugal. L’un des blessés possède la double nationalité turco-allemande, et des investigations sont en cours pour confirmer l’identité de trois autres participants.
Un autre communiqué indique que les activistes détenus ont subi des mauvais traitements à bord d’un navire de la marine israélienne pendant près de 40 heures.
Selon la flottille, les détenus n’ont pas reçu suffisamment de nourriture ni d’eau, ont été contraints de dormir à même le sol, délibérément imbibé d’eau, et ont été maintenus dans des conditions restrictives tout au long du transfert.
La flottille a ajouté que les forces israéliennes ont fait usage de la force contre les participants qui tentaient d’empêcher l’enlèvement de Saif Abu Kishk, militant d’origine palestinienne et de nationalité espagnole, et de Tiago Ávila, militant brésilien.
Les témoignages recueillis par les organisateurs décrivent des passages à tabac, des coups de pied et des violences physiques. Un participant a déclaré avoir eu le nez et des côtes cassés et que les militants ont été « roués de coups, frappés et traînés au sol », tandis que des coups de feu étaient utilisés comme moyen d’intimidation.
Jeudi, le ministère israélien des Affaires étrangères a annoncé l’arrestation de 175 militants après la saisie par la marine de plus de 20 bateaux en eaux internationales, alors qu’ils se dirigeaient vers Gaza avec du matériel humanitaire.
Des spécialistes du droit maritime et des organisations humanitaires ont souligné que l’interception de navires civils en eaux internationales soulève des questions juridiques, notamment lorsque ces navires ne sont pas armés et participent à des opérations humanitaires.
La flottille, baptisée « Mission Printemps 2026 », a quitté la Sicile dimanche après avoir finalisé ses préparatifs. Ses organisateurs ont indiqué que la mission visait à acheminer une aide humanitaire aux Palestiniens de Gaza et à contester le blocus, que les agences internationales, dont les Nations Unies, ont qualifié à plusieurs reprises de forme de châtiment collectif.
Selon les responsables de la flottille, les forces israéliennes ont arraisonné 21 embarcations lors de l’assaut, tandis que 17 autres ont atteint les eaux territoriales grecques, où elles ont été interceptées par les autorités locales. Quatorze autres bateaux étaient encore en route vers les eaux grecques au moment de la publication de ce communiqué.
Cette mission est la deuxième initiative majeure de la Flottille mondiale Sumud. La première, lancée en septembre 2025, s’est achevée en octobre de la même année lorsque les forces navales israéliennes ont intercepté les navires en eaux internationales, arrêtant des centaines de militants internationaux avant d’entamer des procédures d’expulsion. À l’époque, des organisations de défense des droits humains avaient critiqué l’opération, dénonçant des violations du droit maritime et le recours excessif à la force.
Les organisations humanitaires qui suivent la mission actuelle se sont inquiétées du dernier incident, soulignant que la flottille transportait des fournitures médicales, des vivres et d’autres produits de première nécessité destinés aux civils de Gaza, où les agences des Nations Unies continuent d’alerter sur de graves pénuries et une crise humanitaire qui s’aggrave.
Les organisateurs de la flottille ont déclaré qu’ils continueraient d’explorer les voies légales et de mener un plaidoyer international, insistant sur le fait que leur objectif demeure de contester le blocus et d’apporter une aide humanitaire à une population confrontée à des privations prolongées.