• La Troisième révolution industrielle des Mulliez artificialise la vie (la vraie) Chez Renard - Tomjo
    https://chez.renart.info/?La-Troisieme-revolution-industrielle-des-Mulliez-artificialise-la-vie

    Après le textile et la grande distribution, la famille roubaisienne réunie autour de Gérard Mulliez investit fort dans le photovoltaïque. Sa multinationale Voltalia transforme déjà, dans vingt pays, la terre des paysans en champs de panneaux solaires. Partout où elle s’implante, du Brésil à l’Aveyron, des voix s’élèvent contre cette « transition énergétique » qui dévore et défigure forêts, bocages et pâturages. A l’artificialisation des terres par ses centres commerciaux et usines renouvelables, la Famille répond par des protéines de laboratoire et des serres automatisées. A chaque problème, sa fuite en avant, pilotée par le fonds d’investissements familial Creadev. Voilà la « Troisième révolution industrielle » initiée dans la région par les Verts il y a dix ans, amplifiée par Xavier Bertrand et Gérard Mulliez à leur suite.


    Centrale agrivoltaïque de Voltalia à Cabanon, France.

    Parmi les méfaits de l’Association familiale Mulliez (Auchan, Decathlon, Norauto, Leroy Merlin, etc), si on ne regarde que le climat, et pour celui-ci uniquement le carbone, le groupe émet trois millions de fois plus de CO2 qu’un ménage moyen [1]. Devant cette mauvaise presse, Auchan et Decathlon multiplient à la hâte les montages techniques et financiers pour ne consommer à terme que des énergies renouvelables, qu’ils font produire par la boîte de leur groupe familial, Voltalia.

    La grande famille de la Transition
    Née en 2005 en Guyanne française, rachetée en 2009 par Mulliez, Voltalia est aujourd’hui présidée par Laurence Mulliez et l’habile André-Paul Leclercq, membre de la Famille. Ce dernier, après trente années au service d’Auchan et Decathlon, est élu en 2015 au Conseil régional des Hauts-de-France près Xavier Bertrand. Il siège en son nom à « Picardie Énergie et Développement durable », un fonds d’investissements pour « l’émergence et le renforcement de filières régionales liées au secteur énergétique » ; il vote pendant six ans les budgets de la Troisième révolution industrielle, dont ceux pour le solaire [2] ; puis il quitte ses fonctions en 2021 pour rejoindre, dans une démarche « people and planet [3] », le conseil d’administration de Voltalia. Une affaire rondement menée.

    Avec la Troisième révolution industrielle, on vous parle d’un temps que les Jeunes pour le climat ne peuvent pas connaître. En ce temps-là, circa 2012, Jean-François Caron et les autres élus Verts de la Région invitent le prophète américain Jeremy Rifkin à élaborer un Plan de transition économique fondé sur le renouvelable et les réseaux électriques intelligents. Libération le présente alors comme le « trait d’union entre les écolos chevelus et les patrons », et le dégarni Caron, toujours maire de Loos-en-Gohelle (62), ajoute que « Ce n’est pas un écolo avec du persil dans les oreilles. Il y a avec lui un effet de séduction et d’efficacité. Il crée du désir. Quand Bouygues fait de l’écoconstruction et EDF des énergies renouvelables, ça me va [4]. »

    Dix ans plus tard, si désir il y a, ce n’est pas dans les campagnes et les forêts où Voltalia pose ses panneaux solaires. En France ou au Brésil, les populations s’élèvent systématiquement contre leurs destructions. En Angleterre, Voltalia parvient presque à se mettre la reine à dos.

    Vendre et partir


    Centrale photovoltaïque Voltalia de Sierra Branca, Brésil

    Voltalia vient d’annoncer la construction de la plus grande usine photovoltaïque et éolienne du monde, dans l’État de Rio Grande do Norte, au Brésil. Cet État au bord de l’océan Atlantique, couvert de 530 000 hectares de forêt primaire, et peuplé de ces communautés autochtones qui font sa richesse, est depuis cinq siècles la proie des colonisateurs. D’abord les Portugais, puis les Français, puis les Hollandais, puis encore les Portugais. C’est pourquoi les paysans dénoncent le « racisme écologique », quand ils voient débarquer Voltalia [5]. L’entreprise arrive d’abord en missionnaire du développement durable. Son cinéma solaire et itinérant trimballe dans les villages sa promotion des énergies renouvelables, et projette Le Roi lion aux gamins. Plus tard, les machines écrasent les champs, éventrent les forets, menacent les oiseaux déjà menacés, en dépit des protestations. « Un homme a parlé à mes frères et m’a demandé si nous voulions vendre. Nous ne pouvons pas vendre parce que c’est là que nous vivons. Si nous vendons, où irions-nous ? », demande une habitante de l’État de Bahia, confrontée à un autre projet de Voltalia [6]. Plusieurs associations tentent aujourd’hui de suspendre les travaux, « indignés par l’attitude et le manque de respect de l’entreprise et de l’agence environnementale de l’État [7]. »

    Autre hémisphère, mêmes pratiques. Voltalia vient d’obtenir en Angleterre un marché des plus symboliques : alimenter en énergie solaire la « City », le quartier d’affaires de Londres, avec ses banques, ses salles de marché, sa bourse, ses compagnies d’assurance. Pour ce faire, 200 km plus au sud, Voltalia s’apprête à défigurer la région paisible et bocagère du Dorset avec 150 000 panneaux solaires étalés sur l’équivalent de 140 terrains de foot. Tant pis pour les cultivateurs. « Les agriculteurs récoltaient autrefois la lumière pour faire pousser des céréales, maintenant ils récoltent la lumière pour produire de l’électricité », analyse un conseiller municipal de Spetisbury [8]. C’est qu’il faut se mettre au niveau des exigences de la #COP26 qui vient de se clôturer à Glasgow ! Le Conseil régional du Dorset a reçu des centaines de lettres pour sauver cette « vallée des petites laiteries », comme on la surnomme depuis le XIX° siècle. Parmi elles, celle de l’honorable Campaign to protect rural England, association de défense des campagnes patronnée par Sa Majesté la Reine elle-même. Elle dénonce le « paysage industriel » qui remplacera la bucolique Blackmore Vale, la privatisation et la destruction des chemins, et la fin de l’agriculture sur la zone. Sans doute n’a-t-elle pas intégré les intérêts supérieurs de la « Transition énergétique ».

    En Aveyron, sur le très calcaire causse Comtal, Voltalia est parvenu à se mettre à dos une quarantaine d’associations, des amis de la Terre et des oiseaux, des défenseurs des paysages et monuments, des paysans, des écolos, des opposants aux nuisances renouvelables. Auchan et Decathlon ont promis d’alimenter leurs magasins depuis des centrales du sud-est de la France. Ils ont déjà trouvé 80 hectares sur ce causse, en partie cultivés par un paysan en fermage, prêt à se faire exploitant agro-électrique. Loïc Santiago, opposant au projet et membre de la Confédération paysanne, nous résume la situation des agriculteurs :
    Un fermage agricole se négocie entre 100 et 150 € l’hectare. Les terres louées pour de l’agrivoltaïsme se négocient jusqu’à 2 500 €, vingt-cinq fois plus. L’ ADEME avance qu’il faudra 120 000 hectares de photovoltaïque en France, ce qui correspond à peu près aux annonces de Macron d’installer 100 Gw. Vu le taux d’endettement général des agriculteurs d’un côté, et la rentabilité des installations électriques de l’autre, ils n’auront pas de difficultés à trouver les terres nécessaires. Sachant que cette solution est plus rentable que d’installer les panneaux sur des toits.

    Le syndicat agricole majoritaire, la productiviste #FNSEA, a donné sa bénédiction au modèle « agrivoltaïque », qui prétend faire paître des ruminants sous des panneaux. Reste a savoir si l’herbe y sera aussi verte, ensoleillée et hydratée. Voltalia prétend que l’ombre des panneaux limite l’évapotranspiration et améliore le bien-être des animaux – ce qu’un arbre fait tout aussi bien. D’autres études démontrent plutôt la perte d’un tiers de la biomasse sous les panneaux [9]. Quoi qu’il en soit, la question demeure du genre de travail agricole, de terres, de paysage, de vie, que l’on souhaite.

    Ce modèle est une attaque de l’agriculture paysanne et de notre autonomie. Avec ces panneaux, tu ajoutes à ta dépendance envers les centrales d’achat une autre envers des industriels de l’énergie. L’ironie est qu’ici, ce sont les mêmes ! », note encore Loïc.

    La Foodtech, ou la malbouffe artificielle


    Piscines de protéines de l’entreprise Kingfish, Pays-Bas

    En résumé de la Troisième révolution industrielle des Mulliez : pour sauver la Terre, il faut détruire des terres. La grande distribution sait mieux que quiconque les tensions qui pèsent sur celles-ci, entre stérilisation chimique, canicules, sécheresses, et artificialisation, sous l’effet de ses zones commerciales et parkings. Mais elle a sa solution aux pénuries qu’elle provoque. La société d’investissements Creadev, propriété des Mulliez, multiplie les prises d’intérêts dans les industries de l’alimentation artificielle - et les Hauts-de-France, grâce aux investissements conjoints du groupe régional #Roquette et aux subventions du Plan « France Relance », dominent déjà le marché des substituts protéiniques [10]. La start-up lilloise NxtFood commercialise des steaks saignants à base de légumineuses ultra-transformées. Ynsect, rachetée en 2018 par Mulliez, bâtit près d’Amiens la plus grande ferme verticale du monde, entièrement automatisée, pour y élever des scarabées communs destinés à devenir des croquettes de protéines pour animaux d’élevage. La boîte vient de racheter le néerlandais Protifarm qui propose des recettes aux humains. A quelques kilomètres de là, leur principal « concurrent » est lui aussi une émanation de Creadev : Innovafeed, à Nesle dans la Somme, produit avec l’américain #Cargill des protéines d’insectes pour poissons d’élevage.

    Cette malbouffe s’accompagne d’investissements dans l’agriculture automatisée, urbaine, hors-sol et sous serre. Mulliez a investi, en 2018, 29 millions de dollars dans la firme new-yorkaise Gotham_Greens. Celle-ci avait posé sa première serre hydroponique sur un toit de Brooklyn en 2011, puis dans le Queens, puis à Chicago, Providence, San Francisco, etc. Ces serres urbaines sont « pilotées par les données et climatisées », toujours plus productives grâce aux progrès de « l’apprentissage automatique et de l’analyse des données » pour offrir au consommateur « un produit plus frais et plus délicieux » [11]. Mulliez investit comme ça dans une dizaine d’entreprises de « Foodtech », la malbouffe high tech, que ce soit pour des steaks végétaux ( Growthwell à Singapour, Jackfruit dans le Colorado), ou les usines de poissons et crevettes ( Kingfish aux Pays-Bas, Noray_Seafood en Espagne), nourris aux farines d’insectes qu’il produit par ailleurs.

    Que ce soit avec des centrales renouvelables ou des entreprises de techno-bouffe, la Troisième révolution industrielle des Mulliez leur permet toujours de s’accaparer les terres et détruire les savoir-faire. Qu’en disent les écologistes ? Rien.

    L’enfer vert des Mulliez
    Il est fréquent d’entendre des leaders écologistes déplorer le manque de « prise de conscience » des élus et patrons, et leur « inaction » face aux enjeux climatiques – scénarios et plans de transition à l’appui. L’action de la famille Mulliez, sixième fortune française, prouve pourtant qu’elle agit en conscience.
La Lettre que Voltalia envoie à ses actionnaires deux fois par an leur rappelle le leitmotiv de l’entreprise : « Améliorer l’environnement mondial en favorisant le développement local ». Puis le démontre, chiffres à l’appui : +10 % de gigawatts renouvelables installés au premier semestre 2021 dans le monde, et +78 % de revenus à se partager.

    Le virage écologique ne sera pas le fait d’une opposition très minoritaire, dépourvue de moyens, mais de la bourgeoisie dirigeante, le jour où elle ne pourra faire autrement. Ce seront les divers responsables de la ruine de la terre qui organiseront le sauvetage du peu qui en restera, et qui après l’abondance géreront la pénurie et la survie. Car ceux-là n’ont aucun préjugé, ils ne croient pas plus au développement qu’à l’écologie ; ils ne croient qu’au pouvoir, qui est celui de faire ce qui ne peut être fait autrement.

    Ce constat de Bernard Charbonneau fut maintes fois cité et réédité depuis 1980 [12]. L’inconscience des leaders écologistes devant la Troisième révolution industrielle du Conseil régional et de la famille Mulliez indique que l’on pourra continuer à rééditer Le Feu vert encore quelques années.

    Tomjo
    Notes
    [1] Selon le rapport de Greenpeace et Oxfam « Les milliardaires font flamber la planète et l’État regarde ailleurs », février 2022.
    [2] 27 millions en 2018, par exemple, dont 12 pour les énergies renouvelables. En 2022, le budget de la « T.R.I. » s’élève à 21 millions. Cf. délibérations « FRATRI » du Conseil régional.
    [3] Eco121, 30 avril 2021.
    [4] Libération, 24 décembre 2012. Cf. L’Enfer vert, Tomjo, L’échappée, 2013.
    [5] Rota de Colisão, racismoambiental.net, 30 mars 2022.
    [6] Idem.
    [7] Ibid.
    [8] The Telegraph, 31 décembre 2021.
    [9] « Combiner panneaux solaire photovoltaïque et cultures pour optimiser les surfaces disponibles : vers des systèmes agrivoltaïques », INRA Montpellier, 2011.
    [10] « Le marché des protéines en Hauts-de-France », Nord France Invest, non daté, vérifié le 7 juillet 2022.
    [11] Voir le site de Gotham Greens.
    [12] Le Feu vert, réédité par L’Échappée, 2022.

    groupe #Mulliez #voyoutocratie #Foodtech #malbouffe #Voltalia #Creadev #Pimkie #Kiloutou #Loxam #décathlon #auchan #decathlon #kiabi #capitalisme #norauto #cultura #jules #oosterdam-pimkie #acadie #maison-familiale #happychic #brice #boulanger #agapes #flunch #mobivia #en_vedette #innovation #André-Paul_Leclercq #xavier_bertrand #Brésil #Dorset #Aveyron #ADEME #NxtFood #Ynsect #Protifarm #Innovafeed #Gotham_Greens #Growthwell #Jackfruit #Kingfish #Noray_Seafood

  • Première étape dans la mise en œuvre graduelle du #Pacte_européen_sur_la_migration_et_l’asile : mode opératoire d’un mécanisme de #solidarité_volontaire

    Nous, les ministres chargés des questions migratoires d’Allemagne, de Belgique, de Bulgarie, de Chypre, de Croatie, d’Espagne, de Finlande, de France, de Grèce, d’Irlande, d’Italie, de Lituanie, du Luxembourg, de Malte, des Pays-Bas, du Portugal, de République tchèque, de Roumanie, de Norvège de Suisse et du Liechtenstein, en présence de la Commission européenne :

    conscients de la nécessité de mettre en place, dans le cadre de la première étape de la mise en œuvre graduelle du Pacte européen sur la migration et l’asile et parallèlement à l’adoption d’approches générales ou de mandats de négociations sur les règlements « filtrage » et « Eurodac », un mécanisme temporaire de solidarité visant à apporter une réponse concrète aux difficultés migratoires que rencontrent les États membres de première entrée du bassin méditerranéen ;

    conscients du fait que les défis migratoires auxquels fait face l’UE ont été exacerbés par l’agression de la Russie contre l’Ukraine qui a provoqué, ces derniers mois, un afflux massif de populations sur le territoire de l’Union, justifiant la mise en place d’une solidarité européenne sans précédent ;

    admettant que certains États membres signataires puissent estimer qu’ils ne sont temporairement pas en capacité de contribuer audit mécanisme en raison de la pression disproportionnée à laquelle ils sont soumis ;

    soulignant que ce mécanisme, quoique temporaire et non-législatif, peut apporter des enseignements utiles à l’établissement du mécanisme permanent prévu par le règlement sur la gestion de l’asile et de la migration proposé par la Commission européenne, et que les leçons ainsi tirées seront prises en compte dans les négociations en cours sur cet instrument ;

    pleinement conscients de la place centrale du principe de solidarité dans le projet européen et, en particulier, dans la politique commune en matière d’asile, d’immigration et de contrôle des frontières extérieures, dont l’application du règlement de Dublin fait partie ;

    nous engageons à mettre en œuvre un mécanisme de solidarité volontaire, simple et prévisible destiné à fournir aux États membres les plus touchés par les flux migratoires du bassin méditerranéen et les plus sous pression, y compris sur la route atlantique occidentale, une assistance adaptée à leurs besoins provenant d’autres États membres en complément du soutien européen, en proposant des relocalisations (méthode privilégiée de solidarité) et des contributions financières sans préjudice du droit de l’Union et en particulier du règlement n° 604/2013 ;

    soulignons, tout en reconnaissant que le caractère volontaire de ce mécanisme permet aux États membres d’émettre des préférences quant à la nature et au montant de leurs contributions, par exemple en ce qui concerne les populations admissibles aux relocalisations (nationalité, vulnérabilité, etc.) ou les États membres bénéficiant de leur solidarité, que les critères communs suivants devront être respectés afin de garantir la prévisibilité du mécanisme :

    – les relocalisations doivent s’appliquer en priorité aux États membres confrontés aux débarquements de migrants consécutifs à des opérations de recherche et de sauvetage en mer sur la route méditerranéenne et atlantique occidentale, ainsi qu’à d’autres situations pour prendre en compte la situation actuelle de Chypre ou d’éventuelles évolutions dans les îles grecques ;
    – les relocalisations doivent être proposées en priorité aux personnes en besoin de protection internationale, à commencer par les plus vulnérables ;
    - un volume de relocalisations annuel total sera défini afin de garantir la prévisibilité du mécanisme ;
    – chaque État membre contributeur devrait présenter un engagement en matière de relocalisation avec une cible indicative de relocalisations établi sur la base de sa population et de son PIB[1], tout en conservant la possibilité de dépasser cette part ;
    – en cas de pression disproportionnée sur un État membre et son système d’accueil résultant de flux secondaires, compte tenu de la coopération prévue par le système de Dublin, cet État membre devrait pouvoir invoquer cette situation pour revoir temporairement son engagement en matière de relocalisation ;

    nous engageons, lorsqu’un État membre fait volontairement le choix de participer à la solidarité collective non par une relocalisation mais par une contribution financière à un État membre bénéficiaire ou à des projets dans des pays tiers pouvant avoir une incidence directe sur les flux aux frontières extérieures de l’UE, à respecter les modalités suivantes :

    – les principes énoncés ci-dessus, concernant le calcul de la contribution indicative de chaque État membre ainsi que la possibilité de revoir temporairement celle-ci en cas de pression migratoire disproportionnée, devraient s’appliquer ;
    – une contribution indicative minimale sera prévue pour chaque État membre participant, afin que la contribution totale cible ne soit pas excessivement réduite si un petit nombre d’États membres participent à la relocalisation, et pour affirmer la priorité de la relocalisation sur les contributions financières dans le cadre de ce mécanisme de solidarité ;
    - des transferts financiers directs seront réalisés entre États membres, par souci de simplicité budgétaire ;
    - la Commission sera appelée, après consultation des États membres contributeurs et bénéficiaires, à déterminer les États membres qui devraient recevoir cette aide financière ;

    appelons la Commission européenne, en collaboration étroite avec les États membres et avec le soutien des agences, à garantir la bonne coordination du mécanisme et à veiller au respect des engagements pris par les parties signataires ; ce rôle de coordination implique également la réalisation d’un recensement complet des besoins des États membres de première entrée, y compris les besoins de financement de projets dans des pays tiers ; la Commission évaluera les transferts financiers à réaliser afin de répondre à ces besoins et contrôlera leur utilisation ;

    convenons que, sur la base des besoins exprimés par les États membres de première entrée, les États membres qui souhaitent participer peuvent leur fournir des aides en matière de services, de personnel, d’infrastructures (dans des domaines comme l’accueil, la surveillance des frontières, le contrôle, la rétention et le retour) ; cette solidarité matérielle sera comptabilisée comme une solidarité financière, conformément aux besoins évalués par la Commission ;

    précisons que l’ensemble du mécanisme de solidarité est ouvert aux États associés ;

    convenons que le mécanisme de solidarité sera applicable à compter de la signature de la présente déclaration, mais que les contributions de solidarité commenceront, sous réserve que le recensement des besoins ait été réalisé par la Commission, dès le moment où le Conseil aura convenu de mandats de négociations ou d’approches générales sur les propositions de règlements « filtrage » et « Eurodac » ; néanmoins, des personnes arrivées sur le territoire de l’UE avant cette date pourraient être relocalisées, et des personnes arrivées après cette date pourraient faire l’objet d’un engagement de relocalisation ; les relocalisations devraient bénéficier d’un financement de l’UE et de l’assistance de l’AUEA, conformément au mandat de cette dernière, sur demande des États membres concernés ;

    convenons d’évaluer la mise en œuvre de ces engagements avant l’expiration du mécanisme, un an après son entrée en vigueur, afin de décider de son éventuelle prolongation, en tenant compte des avancées réalisées dans l’adoption et la mise en œuvre des règlements « filtrage » et « Eurodac », de l’évolution des flux migratoires primaires et de l’efficacité de la prévention des flux secondaires (notamment par le règlement de Dublin) ; un examen préliminaire sera réalisé six mois après l’adoption des approches générales de ces règlements et le début des opérations de solidarité ; les répercussions possibles de ce mécanisme sur les flux migratoires seront étudiées, et l’extension de la portée du mécanisme sera envisagée ;

    nous engageons à renforcer la coopération autant que possible pour ralentir les flux migratoires secondaires en accélérant les transferts organisés en vertu du règlement de Dublin, tout en reconnaissant qu’il est primordial de veiller à ce que les personnes bénéficiant d’une protection internationale disposent d’une mobilité légale entre États membres et que les dispositions pertinentes du Pacte devraient être examinées dans ce contexte ;

    affirmons notre volonté de conclure rapidement cette première étape de la négociation du Pacte européen sur la migration et l’asile, dont la présente déclaration constitue un élément essentiel, et de poursuivre dès que possible les négociations relatives à tous les éléments du Pacte, au sein du Conseil et avec le Parlement, afin de doter l’Union du cadre législatif stable dont elle a besoin pour répondre aux défis futurs en matière d’asile et de migration.

    [1]. Cette part est calculée en multipliant le nombre total de relocalisations pour l’État membre par la moyenne de son PIB par rapport au PIB total des États membres de relocalisation et de sa population par rapport à la population totale des États membres de relocalisation.

    https://presidence-francaise.consilium.europa.eu/fr/actualites/premiere-etape-dans-la-mise-en-oeuvre-progress

    #asile #migrations #réfugiés #relocalisations #relocalisation #EU #Europe #UE #filtrage #eurodac #pression #mécanisme #Dublin #règlement_Dublin #mécanisme_de_solidarité_volontaire #assistance #contributions_financières #tri #catégorisation #vulnérabilité #flux_secondaires #mouvements_secondaires #pacte_européen

    ping @karine4 @isskein

    • Croatia announced that it would receive about 60 refugees through relocations from Greece, Italy and Cyprus initiated by France
      Hrvatska pomaže u preseljenju, prihvatit će oko 60 azilanata

      Ova inicijativa o relokaciji azilanata dolazi baš iz Francuske, koja do kraja mjeseca predsjeda Vijećem EU, i potpuno je na dobrovoljnoj bazi, s ciljem da se privremeno odterete najpogođenije države.

      Tek nekoliko europskih država ponudilo je pomoć za relokaciju tražitelja azila koji stižu na obale Mediterana, prije svega u Italiju, Grčku i na Cipar. Hrvatska je jedna od tih država i prihvatit će 60-ak azilanata, doznajemo. Ostale države koje su im ponudile mjesta su Francuska, Njemačka, Portugal i Irska.

      Dobrovoljne prijave za relokaciju tražitelja azila još traju, a one su pravi znak da proklamirana solidarnost unutar EU izgleda na djelu – rubne države, i prije početka migrantske krize, trpe najveći migrantski pritisak i cilj i ove inicijative jest da se podijeli teret. Hrvatska, osim te važne komponente solidarnosti, ovim podržava i Francusku i njezinu širu inicijativu reformiranja sustava azila, o kojem se pregovara, što opet ide u korist hrvatskom cilju – ulasku u Schengen. Ta deklaracija o pomoći državama i tražiteljima azila usvojena je na zadnjem sastanku ministara unutarnjih poslova u Luxembourgu.

      Prihvat ili novčana pomoć Ova inicijativa o relokaciji azilanata dolazi baš iz Francuske, koja do kraja mjeseca predsjeda Vijećem EU, i potpuno je na dobrovoljnoj bazi, s ciljem da se privremeno odterete najpogođenije države. Ni jedna ponuda ne znači obvezu. EU države imaju opciju preuzeti migrante ili dati financijsku pomoć, o čemu je postignut dogovor na nedavnom sastanku ministara unutarnjih poslova u Luxembourgu. Ta usvojena politička deklaracija, kako se i pretpostavljalo, podijelila je europske države na dva dijela: one koje nikako ne žele migrante i platit će da ih ne uzmu, i one koje se solidariziraju s državama koje su najviše na udaru migrantske krize. Do sad je, prema zadnjim aplikacijama, iz EU država došlo između 7000 i 8000 potvrda da bi preuzeli migrante. U tomu prednjače Njemačka i Francuska s njih oko 3000, dok ostale države nude primiti gotovo simboličan broj ljudi. Privremeni plan je godišnje razmjestiti 10.000 ljudi, sve do stvaranje stalnog europskog sustava relokacije. Ovo nije prvi put da se europska proklamirana solidarnost stavlja na stol i da države dobrovoljno preuzimaju teret. Hrvatska je jedna od država koja su se do sada pokazale solidarnima. U ožujku 2020. odlučila je odgovoriti na poziv Grčke te prihvatiti djecu bez pratnje – djecu koja su sama, bez roditelja, rođaka ili skrbnika – iz izbjegličkih kampova na grčkim otocima, koji su zadnjih tih dana bili zasuti dolaskom migranata. Djeca su najranjivija skupina u svakom sukobu, posebice ona koja su iz nekog razloga sama u izbjeglištvu, bilo da su im roditelji stradali ili nestali, bilo da su žrtve krijumčara ljudi pa je pomoć njima ponajprije humanitarno i civilizacijsko pitanje. I tada je samo 14 država odlučilo učiniti isto. Hrvatska je trebala preuzeti 12 djevojčica i jedno novorođenče, obavljene su sve pripreme, djeca su prošla i sigurnosnu provjeru, pripremljeni su kapaciteti i sustav psihosocijalne pomoći da bi se naposljetku dogodio obrat te su djevojčice, pred sam polazak s grčkih otoka, odbile doći u Hrvatsku i odabrale zapadnu Europu. Tada se špekuliralo da su na to bile nagovorene.

      Istovremeno, Hrvatska i dalje štiti vanjsku granicu EU. Pritisak ilegalnih migracija na vanjske granice Europske unije ne staje, a najteža je situacija na tzv. zapadnobalkanskoj ruti, koja vodi i do Hrvatske. Uz najveći broj pokušaja ilegalnog prijelaza EU granica, posebnost na toj ruti je ta što migranti, jednom kad stignu, ostaju u području uz granicu tako da se njihov broj više nego udvostručio u odnosu na lani i sada njih 12.088 blizu Hrvatske čeka da nekako uđe u EU. Za razliku od drugih ruta, migranti na ovoj ruti neprestano pokušavaju prijeći granicu. Budu li vraćeni, jednostavno će pokušati ponovno, kažu iz Agencije za europsku graničnu i obalnu stražu (Frontex). Pomoć na terenu Napredak u reformi migracijske politike i schengenskog zakonika pomoći će Hrvatskoj, kako na terenu, tako i za ulazak u Schengen, jer je riječ o dva procesa koji idu zajedno. Posebice je važno što je impuls za konačan dogovor, o potrebi kojeg se govori godinama, došao iz Francuske te je i toj državi važno imati podršku od članica EU, što ima od Hrvatske. S druge strane, politička pomoć Francuske za ulazak u Schengen među ključnim je momentima procesa. Na zadnjem sastanku ministara unutarnjih poslova postignut je napredak kad je usvojeno zajedničko pregovaračko stajalište o prijedlozima uredbi o registriranju migranata i Eurodacu, europskom sustavu za usporedbu otisaka prstiju podnositelja zahtjeva za azil te uspostavi mehanizma solidarnosti za rasterećivanje država članica na vanjskim granicama koje su najviše pod pritiskom migranata s Mediterana.

      https://m.vecernji.hr/vijesti/hrvatska-pomaze-u-preseljenju-prihvatit-ce-oko-60-azilanata-1596400

      #Croatie

  • Le système alimentaire mondial menace de s’effondrer

    Aux mains de quelques #multinationales et très liée au secteur financier, l’#industrie_agroalimentaire fonctionne en #flux_tendu. Ce qui rend la #production mondiale très vulnérable aux #chocs politiques et climatiques, met en garde l’éditorialiste britannique George Monbiot.

    Depuis quelques années, les scientifiques s’évertuent à alerter les gouvernements, qui font la sourde oreille : le #système_alimentaire_mondial ressemble de plus en plus au système financier mondial à l’approche de 2008.

    Si l’#effondrement de la finance aurait été catastrophique pour le bien-être humain, les conséquences d’un effondrement du #système_alimentaire sont inimaginables. Or les signes inquiétants se multiplient rapidement. La flambée actuelle des #prix des #aliments a tout l’air du dernier indice en date de l’#instabilité_systémique.

    Une alimentation hors de #prix

    Nombreux sont ceux qui supposent que cette crise est la conséquence de la #pandémie, associée à l’#invasion de l’Ukraine. Ces deux facteurs sont cruciaux, mais ils aggravent un problème sous-jacent. Pendant des années, la #faim dans le monde a semblé en voie de disparition. Le nombre de personnes sous-alimentées a chuté de 811 millions en 2005 à 607 millions en 2014. Mais la tendance s’est inversée à partir de 2015, et depuis [selon l’ONU] la faim progresse : elle concernait 650 millions de personnes en 2019 et elle a de nouveau touché 811 millions de personnes en 2020. L’année 2022 s’annonce pire encore.

    Préparez-vous maintenant à une nouvelle bien plus terrible : ce phénomène s’inscrit dans une période de grande #abondance. La #production_alimentaire mondiale est en hausse régulière depuis plus de cinquante ans, à un rythme nettement plus soutenu que la #croissance_démographique. En 2021, la #récolte mondiale de #blé a battu des records. Contre toute attente, plus d’humains ont souffert de #sous-alimentation à mesure que les prix alimentaires mondiaux ont commencé à baisser. En 2014, quand le nombre de #mal_nourris était à son niveau le plus bas, l’indice des #prix_alimentaires [de la FAO] était à 115 points ; il est tombé à 93 en 2015 et il est resté en deçà de 100 jusqu’en 2021.

    Cet indice n’a connu un pic que ces deux dernières années. La flambée des prix alimentaires est maintenant l’un des principaux facteurs de l’#inflation, qui a atteint 9 % au Royaume-Uni en avril 2022 [5,4 % en France pour l’indice harmonisé]. L’alimentation devient hors de prix pour beaucoup d’habitants dans les pays riches ; l’impact dans les pays pauvres est beaucoup plus grave.

    L’#interdépendance rend le système fragile

    Alors, que se passe-t-il ? À l’échelle mondiale, l’alimentation, tout comme la finance, est un système complexe qui évolue spontanément en fonction de milliards d’interactions. Les systèmes complexes ont des fonctionnements contre-intuitifs. Ils tiennent bon dans certains contextes grâce à des caractéristiques d’auto-organisation qui les stabilisent. Mais à mesure que les pressions s’accentuent, ces mêmes caractéristiques infligent des chocs qui se propagent dans tout le réseau. Au bout d’un moment, une perturbation même modeste peut faire basculer l’ensemble au-delà du point de non-retour, provoquant un effondrement brutal et irrésistible.

    Les scientifiques représentent les #systèmes_complexes sous la forme d’un maillage de noeuds et de liens. Les noeuds ressemblent à ceux des filets de pêche ; les liens sont les fils qui les connectent les uns aux autres. Dans le système alimentaire, les noeuds sont les entreprises qui vendent et achètent des céréales, des semences, des produits chimiques agricoles, mais aussi les grands exportateurs et importateurs, et les ports par lesquels les aliments transitent. Les liens sont leurs relations commerciales et institutionnelles.

    Si certains noeuds deviennent prépondérants, fonctionnent tous pareil et sont étroitement liés, alors il est probable que le système soit fragile. À l’approche de la crise de 2008, les grandes banques concevaient les mêmes stratégies et géraient le risque de la même manière, car elles courraient après les mêmes sources de profit. Elles sont devenues extrêmement interdépendantes et les gendarmes financiers comprenaient mal ces liens. Quand [la banque d’affaires] Lehman Brothers a déposé le bilan, elle a failli entraîner tout le monde dans sa chute.

    Quatre groupes contrôlent 90 % du commerce céréalier

    Voici ce qui donne des sueurs froides aux analystes du système alimentaire mondial. Ces dernières années, tout comme dans la finance au début des années 2000, les principaux noeuds du système alimentaire ont gonflé, leurs liens se sont resserrés, les stratégies commerciales ont convergé et se sont synchronisées, et les facteurs susceptibles d’empêcher un #effondrement_systémique (la #redondance, la #modularité, les #disjoncteurs, les #systèmes_auxiliaires) ont été éliminés, ce qui expose le système à des #chocs pouvant entraîner une contagion mondiale.

    Selon une estimation, quatre grands groupes seulement contrôlent 90 % du #commerce_céréalier mondial [#Archer_Daniels_Midland (#ADM), #Bunge, #Cargill et #Louis_Dreyfus]. Ces mêmes entreprises investissent dans les secteurs des #semences, des #produits_chimiques, de la #transformation, du #conditionnement, de la #distribution et de la #vente au détail. Les pays se divisent maintenant en deux catégories : les #super-importateurs et les #super-exportateurs. L’essentiel de ce #commerce_international transite par des goulets d’étranglement vulnérables, comme les détroits turcs (aujourd’hui bloqués par l’invasion russe de l’Ukraine), les canaux de Suez et de Panama, et les détroits d’Ormuz, de Bab El-Mandeb et de Malacca.

    L’une des transitions culturelles les plus rapides dans l’histoire de l’humanité est la convergence vers un #régime_alimentaire standard mondial. Au niveau local, notre alimentation s’est diversifiée mais on peut faire un constat inverse au niveau mondial. Quatre plantes seulement - le #blé, le #riz, le #maïs et le #soja - correspondent à près de 60 % des calories cultivées sur les exploitations. La production est aujourd’hui extrêmement concentrée dans quelques pays, notamment la #Russie et l’#Ukraine. Ce #régime_alimentaire_standard_mondial est cultivé par la #ferme_mondiale_standard, avec les mêmes #semences, #engrais et #machines fournis par le même petit groupe d’entreprises, l’ensemble étant vulnérable aux mêmes chocs environnementaux.

    Des bouleversements environnementaux et politiques

    L’industrie agroalimentaire est étroitement associée au #secteur_financier, ce qui la rend d’autant plus sensible aux échecs en cascade. Partout dans le monde, les #barrières_commerciales ont été levées, les #routes et #ports modernisés, ce qui a optimisé l’ensemble du réseau mondial. On pourrait croire que ce système fluide améliore la #sécurité_alimentaire, mais il a permis aux entreprises d’éliminer des coûts liés aux #entrepôts et #stocks, et de passer à une logique de flux. Dans l’ensemble, cette stratégie du flux tendu fonctionne, mais si les livraisons sont interrompues ou s’il y a un pic soudain de la demande, les rayons peuvent se vider brusquement.

    Aujourd’hui, le système alimentaire mondial doit survive non seulement à ses fragilités inhérentes, mais aussi aux bouleversements environnementaux et politiques susceptibles de s’influencer les uns les autres. Prenons un exemple récent. À la mi-avril, le gouvernement indien a laissé entendre que son pays pourrait compenser la baisse des exportations alimentaires mondiales provoquée par l’invasion russe de l’Ukraine. Un mois plus tard, il interdisait les exportations de blé, car les récoltes avaient énormément souffert d’une #canicule dévastatrice.

    Nous devons de toute urgence diversifier la production alimentaire mondiale, sur le plan géographique mais aussi en matière de cultures et de #techniques_agricoles. Nous devons briser l’#emprise des #multinationales et des spéculateurs. Nous devons prévoir des plans B et produire notre #nourriture autrement. Nous devons donner de la marge à un système menacé par sa propre #efficacité.

    Si tant d’êtres humains ne mangent pas à leur faim dans une période d’abondance inédite, les conséquences de récoltes catastrophiques que pourrait entraîner l’effondrement environnemental dépassent l’entendement. C’est le système qu’il faut changer.

    https://www.courrierinternational.com/article/crise-le-systeme-alimentaire-mondial-menace-de-s-effondrer

    #alimentation #vulnérabilité #fragilité #diversification #globalisation #mondialisation #spéculation

  • Eugène Mona : une comète dans le ciel antillais
    https://pan-african-music.com/eugene-mona-une-comete-dans-le-ciel-antillais

    « Je demande à tous ceux qui aiment ma musique, une musique différente, de me donner un peu d’argent, juste de quoi vous priver d’une sortie un samedi soir, afin que je puisse monter un big band qui représente la Martinique dignement en Europe. » Cet appel lancé par Eugène Mona sur les ondes de RFO n’aura pas l’écho espéré : trois grandes urnes seront déposées à cet effet, sans qu’un centime ne vienne les alimenter. « Il a beaucoup souffert dans la musique. On lui a trop souvent fermé la porte », confie sa veuve Martiane Bizet Siano dans le même excellent documentaire de Nathalie Glaudon. Quelques jours plus tard, celui qui incarnait toute l’âme d’un peuple décédera dans la force de l’âge.

    https://www.youtube.com/watch?v=RuWm7r0E3Zw

    LES DOSSIERS DE L’INSTITUT DU TOUT-MONDE : GRANDEUR DE MONA
    http://www.tout-monde.com/dossiers2.html

    Pour la musique martiniquaise, Eugène Mona fut avant tout un incomparable passeur (diffuseur et réinventeur) à la fois de la tradition du tambour Bèlè et de la flûte en bambou, liée à ce qu’on nomme musique des mornes. À vrai dire, Mona n’a pas été un simple interprète béat de ces traditions : pour mieux les diffuser et les valoriser, il choisit non pas de les « moderniser », mais de les revigorer comme des avant-gardes à part entière. Pour ce faire, il apporte à ces rythmes ancestraux certaines innovations organologiques (orchestres de tambour, sur la base d’éléments traditionnellement disjoints ; usages des différentes flûtes) mais aussi le rôle d’influences extérieures, comme le jazz et le negro spiritual. Pour être à même de réaliser ces apports-là, son rapport à ces traditions si anciennes (très différentes des formes urbaines, la Biguine et la Mazurka) est avant tout celui d’une immersion profonde, comme en témoigne son apprentissage du tambour par les maîtres tambouyés du Nord de l’île et sa formation de la flûite des mornes, auprès du maître du genre, Max Cilla. Au regard de ces traditions musicales, Mona intervient à un moment clé, où la société martiniquaise est en train de vivre une modernisation accélérée et l’intrusion massive de la consommation, au cours des années soixante-dix. Il faut comprendre ce que cet avènement de la société de consommation a entraîné comme bouleversements socio-culturels dans les Antilles : si, déjà en France, le moment est poprteur de mutations, il faut se représenter cette société qui passe directement de l’ordre colonial à la modernité consumériste, avec tous les désordres de représentation de soi tant étudiés d’ailleurs par Glissant dans Le Discours antillais.

    https://www.youtube.com/watch?v=nK5QaoL3-gg

    #musique #Eugène_Mona #flute #chanson #Martinique #créole

  • Les études au Canada attirent de plus en plus de jeunes français
    https://www.lemonde.fr/campus/article/2022/06/02/les-etudes-au-canada-attirent-de-plus-en-plus-de-jeunes-francais_6128683_440

    Les études au Canada attirent de plus en plus de jeunes français
    Les université du Canada ne recrutent pas sur Parcoursup mais recrutent énormément de jeunes français. En treize ans, leur nombre au sein de ces établissements a été multiplié par trois.

    Par Florian Mestres
    Publié aujourd’hui à 16h00, mis à jour à 16h00
    (...). Le Canada est désormais la destination la plus prisée des jeunes français qui souhaitent suivre leurs études à l’étranger, devant la Belgique. En 2018, 17 030 Français étaient inscrits dans les établissements canadiens, selon les données les plus récentes de l’organisme public Campus France. En seulement treize ans, ce chiffre affiche une augmentation de 356 %.La plupart de ces Français s’inscrivent dans des universités du Québec, très actives en France pour attirer les lycéens, à coups de salons étudiants, de partenariats avec des universités hexagonales, de campagne de communication sur les réseaux sociaux. La langue et la proximité culturelle sont autant d’arguments qui rassurent les étudiants français en quête d’un dépaysement nord-américain, rappelle Jean-Christian Pleau, vice-recteur à la vie académique de l’université du Québec à Montréal (UQAM).Les universités du Québec proposent aussi, par rapport à leurs consœurs nord-américaines ou britanniques, des tarifs attractifs : pour la licence, les droits de scolarité payés par les Français sont alignés sur ceux des étudiants issus des autres provinces du Canada (les Québécois paient moins cher). A l’UQAM, le montant annuel de ces frais s’établit ainsi à 9 200 dollars canadiens (6 752 euros). Pour le deuxième cycle (équivalent du master), les Français paient 3 450 dollars canadiens (2 534 euros) par an.Ainsi, les Français représentent la moitié du total des étudiants étrangers à l’UQAM (2 112 au total à l’automne 2021) et même 57 % à l’université de Montréal, qui, avec ses écoles affiliées – HEC et Polytechnique –, rassemble 5 786 étudiants français. Dans la célèbre université anglophone montréalaise McGill, la France est le troisième contingent d’étudiants internationaux (environ 15 %), juste derrière les Etats-Unis et la Chine.Les restrictions sanitaires durant la pandémie de Covid-19 ont légèrement affecté l’attractivité des universités canadiennes auprès des Français. Mais les établissements s’attendent à une reprise des flux dès cet automne.Les bonnes perspectives professionnelles ne sont pas étrangères à la venue des jeunes français. En avril 2022, le taux de chômage pointait à 3,9 % au Québec. Dans l’ensemble du Canada, ce chiffre s’élevait à 5,2 %. Il s’agit des niveaux les plus bas jamais enregistrés depuis 1976, année où l’on diffusait ces données pour la première fois. La démographie québécoise ne suffit plus à pourvoir les besoins.

    #Covid-19#migrant#migration#canada#france#quebec#sante#pandemie#etudiant#economie#fluxmigratoires

  • Une #carte du HCR montrant où fuient les #réfugiés_ukrainiens :

    commentaire sur twitter de James Cheshire :

    It’s time to innovate the ways we show people fleeing war.
    8 arrows for 874,026 human beings is not good enough.
    It’s also the same visual language we use for the invaders.

    https://twitter.com/spatialanalysis/status/1499081404860219400

    #cartographie #visualisation #flux #réfugiés #asile #migrations #flèches #invasion #langage_visuel #réfugiés_ukrainiens

    via @fil @visionscarto

  • Wenn man die #USA als Freund hat, braucht man keine Feinde mehr. #N...
    https://diasp.eu/p/14182995

    Wenn man die #USA als Freund hat, braucht man keine Feinde mehr. #Nordstream2 auf Eis.... aaaaaaaber:

    #Bidens stellvertretender nationaler #Sicherheitsberater für internationale Wirtschaft, Daleep Singh, erklärte am Donnerstag, dass die USA nichts unternehmen würden, um den #Energiezufluss für die Wirtschaft zu unterbrechen. Das gilt wohl vor allem für die US-Wirtschaft.

    #Russland wurde somit erstmals zum drittgrößten #Öllieferanten der USA und überholte unter anderem auch #Saudi-Arabien.

    Und das alles nur wegen den ahnungslosen Politkaspern in #Berlin. Wie sagte Bärbock doch so schön: Wir werden einen sehr hohen Preis bezahlen, dafür, daß der Dumm-Michel solche Leute gewählt hat.

    Und laßt alle ukrainische #Flüchtlinge her, wir haben viel Platz und Geld. Und wenn nicht erhöhen wir einfach noch ein (...)

  • La chaîne Pimkie licencie abruptement ses vendeuses de Crissier et Genève avant Noël ats/kkub
    https://www.rts.ch/info/economie/12744532-la-chaine-pimkie-licencie-abruptement-ses-vendeuses-de-crissier-et-gene

    Neuf vendeuses de la chaîne Pimkie ont reçu un cadeau de Noël d’un genre particulier, rapporte jeudi le syndicat Syna. La filiale suisse de l’enseigne, Mode Diffusion System (MDS) basée à Bâle, leur a annoncé par réunion téléphonique la faillite et la fermeture immédiate des deux succursales de Genève et Crissier (VD) sans même leur verser leurs salaires de décembre, dénonce-t-il.

    Mardi, soit quatre jours avant Noël, Pimkie a annoncé à l’ensemble des vendeuses qu’elle a fait faillite le 17 décembre dernier. Les responsables de MDS qui avaient cessé d’approvisionner les magasins depuis quelques semaines n’avaient donné aucune information à leur personnel, relate Syna.

    Les vendeuses ont continué à travailler après le prononcé de la faillite. Elles ont ensuite été jetées dehors sans salaire, sans lettre de résiliation, ni d’attestation d’employeur. Or non seulement les employées ont droit à leur salaire, mais elles ont besoin de ces documents pour pouvoir s’inscrire rapidement au chômage, poursuit le syndicat.

    Mépris dénoncé
    Il s’agit là d’un mépris et d’une déconsidération totale envers ces vendeuses qui méritent que les choses soient faites de manière digne. Ne comprenant pas comment elles ont pu être traitées ainsi, elles « exigent le versement immédiat du salaire du mois de décembre à la famille Mulliez, propriétaire de la marque Pimkie qui se proclame soucieuse des droits humains », a déclaré Fabrice Chaperon, responsable Syna Genève, cité dans un communiqué.

    Le syndicat mettra toute son énergie pour combattre « cette voyoutocratie patronale transfrontalière », qui laisse l’ardoise sociale à la collectivité. Car Pimkie, marque française appartenant à la famille Mulliez - dont la fortune s’élève à 26 milliards d’euros - n’en est pas à son premier fait d’armes, selon Syna.

    L’enseigne a sévi en Allemagne, en Autriche, en Espagne, en France, puis récemment en Belgique où elle a mis sur le carreau des centaines d’employés avec la même violence et la même stratégie, relève le syndicat.

    #travail #exploitation #mulliez #voyoutocratie #Pimkie #MDS #mépris #violence #Femmes #Kiloutou #Loxam #décathlon #auchan #decathlon #kiabi #capitalisme #norauto #cultura #jules #oosterdam-pimkie #acadie #maison-familiale #happychic #brice #boulanger #agapes #flunch #mobivia #droits_humains #Suisse

  • Le transport routier : un symptôme du #libéralisme et des #privatisations. L’organisation des procès industriels à #flux_tendus a confié le #transport des #marchandises à des entreprises qui surexploitent leurs employé·es.
    Le transport par #camions génèrent aussi de nombreux « dégâts collatéraux » : pollutions, coût des infrastructures, accidents, etc.

    ¤ Reportage ¤ 》 Putains de camions. Les poids lourds en question (7/Arte) - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=VfxRTBjDCPw

    Pour quelle raison les camions sont-ils aussi nombreux – un tiers d’entre eux, selon les estimations – à rouler à vide ? Diesel bon marché, dumping sur les salaires des chauffeurs, explosion des commandes sur Internet, production et livraison à flux tendu : cette folie des poids lourds, qui résulte d’une série de décisions politiques, notamment un investissement massif dans les autoroutes, sert des intérêts économiques.

    .../...

    À l’échelle du continent, la Suisse offre pourtant un modèle plus vertueux : le pays a su s’affranchir du lobby automobile pour miser sur le transport ferroviaire.

    (Pas vu tout le reportage. La Suisse "vertueuse ? Mmmh ...)

  • Leroy Merlin : au bout de deux semaines la grève finit par payer
    https://rapportsdeforce.fr/breves/leroy-merlin-au-bout-de-deux-semaines-la-greve-finit-par-payer-12011

    La grève des salariés de Leroy Merlin a fini par payer. Combien ? 65€/mois pour les premiers niveaux de salaire, soit une augmentation salariale mensuelle de 4%. C’est 25€ de plus que ce que la direction de cette enseigne de bricolage avait proposé lors des négociations annuelles obligatoires (NAO) du 9 novembre. A l’époque, celle-ci ne souhaitait rehausser les salaires que de 2% soit (+40€), un niveau inférieur au taux d’inflation de 2,6% mesuré fin octobre par l’Insee.


    Inconcevable pour l’intersyndicale (CFDT-CFTC-CGT-FO) et pour les salariés qui ont entamé une grève de haute intensité le 17 novembre. Au plus fort de la lutte, 37 magasins se sont mobilisés sur les 142 présents sur le territoire, indique la direction. Trois entrepôts de l’entreprise, en région parisienne et à Dourges dans le Nord, ont été durement touchés par le mouvement de grève chez Leroy Merlin, allant parfois jusqu’au blocage des sites, comme à Valence. Sur le piquet de cet entrepôt, un magasinier a même tenté par deux fois de s’immoler, raconte Médiapart.

    Le 30 novembre un accord a finalement été trouvé avec la direction. Fort de leur victoire, les 23 000 salariés bénéficieront de leur augmentation de salaire dès le 1er janvier 2022. L’enseigne (propriété de la famille Mulliez, qui possède aussi Decathlon, Auchan, Boulanger et Flunch) s’engage également à doubler la prime de 100 euros versée par l’Etat et destinée aux Français touchant moins de 2 000 euros nets mensuels. Enfin, la lutte pour les salaires continue : « un rendez-vous intermédiaire aura lieu mi-avril entre les syndicats et la direction si l’inflation dépasse 3% » , a déclaré l’intersyndicale dans un communiqué de fin de conflit.

     #leroy_merlin #grève #Salaires #mulliez #auchan #boulanger #flunch #Decathlon, #france #travail #travail_dominical #leroy-merlin #gilets_jaunes #centre_commercial

  • Les dessous de la renaissance du château de Dampierre, racheté par le riche homme d’affaires Franky Mulliez
    https://www.lefigaro.fr/culture/les-dessous-de-la-renaissance-du-chateau-de-dampierre-rachete-par-le-millia

    EXCLUSIF - L’entrepreneur Franky Mulliez se confie sur son combat pour faire revivre l’ancien fief des Luynes. Il raconte comment il a acquis le château et son projet pour lui donner une seconde vie.

    Il a fallu montrer patte blanche et s’armer de patience pour rencontrer Franky Mulliez, nouveau propriétaire du château de Dampierre-en-Yvelines. « Il est toujours par monts et par vaux, moi-même je le vois peu », nous indiquait régulièrement le directeur du domaine, Pascal Thévard. Mais, un jour d’octobre, rendez-vous fut fixé au cœur de la forêt, dans le petit pavillon que les Mulliez ont arrangé, signe qu’ils commencent à prendre racine sur place. « Vous verrez, il peut parfois être taiseux », avait prévenu le directeur.

    Après deux heures d’entretien, force est de constater qu’il ne l’est pas toujours. À l’image de ces hommes qui ont très bien réussi dans les affaires, Franky Mulliez sait se livrer s’il est en confiance. Son épouse, Marine, a beau essayer de le corriger, de temps à autre il parle avec une liberté de ton réjouissante.


    Le château de Dampierre-en-Yvelines

    Il n’est pas si facile de comprendre pourquoi cet homme de 74 ans, immense fortune française, issu d’une famille du Nord, a acquis Dampierre, en 2018. Tous ceux . . . . . .

    La suite payante, mais est ce bien nécessaire ?
    #mulliez #Kiloutou #Loxam #décathlon #auchan #decathlon #kiabi #capitalisme #norauto #cultura #jules #oosterdam-pimkie #acadie #maison-familiale #happychic #brice #boulanger #agapes #flunch #mobivia #travail #salaire #salaires #france #économie #exploitation #austérité #château

  • Grève pour l’augmentation des salaires chez Décathlon Logistique mardi 26 octobre 2021 de 11h00 à 15h00 sur le site de Lompret, rue Pasteur 59840 Lompret.

    Décathlon Logistique, dont le résultat prévisionnel 2021 se portera à 780 millions d’euros, et dont les actionnaires principaux se sont partagés 350 millions d’euros au titre de l’année 2020, refuse de répercuter la hausse automatique du SMIC de 2,2% à sa grille salariale.

    C’est encore une fois le serrage de ceinture pour les travailleurs qui créent la richesse de l’entreprise, à cause du gavage permanent des détenteurs de ses capitaux.

    Le syndicat CGT Décathlon Logistique 59/62 appelle les salariés de l’ensemble des sites à se mobiliser devant les entrepôts, ce mardi 26 octobre 2021 de 11h00 à 15h00, pour exiger des hausses de salaire en rapport avec l’implication professionnelle des salariés et l’excellente santé financière de l’entreprise.

    #mulliez #décathlon #auchan #decathlon #kiabi #capitalisme #norauto #cultura #jules #oosterdam-pimkie #acadie #maison-familiale #happychic #brice #boulanger #agapes #flunch #mobivia #innovation #travail #salaire #salaires #france #économie #exploitation #grève #austérité

  • Décathlon refuse de rattraper la hausse du Smic à ses salariés, mais 350 millions d’euros sont reversés aux actionnaires
    https://www.midilibre.fr/2021/10/19/decathlon-refuse-de-rattraper-la-hausse-du-smic-a-ses-salaries-mais-350-mi

    Les salariés se sont mis en grève ce samedi 16 octobre pour protester mais le mouvement n’a pas été trop suivi. 

    Une grève présentée comme la première chez Décathlon à l’échelle française, à l’appel du syndicat minoritaire CFDT pour une hausse des salaires et contre la baisse de leur pouvoir d’achat, a mobilisé, ce samedi 16 octobre, une faible proportion de salariés mais perturbé certains magasins, a-t-on appris auprès du syndicat et de la direction.


    Il faut dire que Décathlon a bien revalorisé le salaire minimum des salariés au Smic, une obligation légale, mais a refusé d’appliquer cette augmentation aux autres salariés.

    La répercussion ne s’est pas faite pour l’ensemble des salariés
    Et comme l’explique Sébastien Chauvin, délégué syndical CFDT, à France 3 : "Ils n’ont pas décalé l’échelle des salaires, ce qui fait que les salariés qui touchaient légèrement au-dessus du SMIC touchent en fait le nouveau SMIC. Or, cette hausse a été calée sur l’inflation. Donc, c’est une perte de pouvoir d’achat."

    Bénéfices records et dividendes reversés
    Mais ce qui a mis le feu aux poudres c’est selon la CFDT que non seulement « Décathlon, qui a bénéficié d’aides de l’État pendant la pandémie, a baissé ses effectifs et réalisé des bénéfices records en 2021 », mais en plus « la société va reverser 350 millions d’euros de dividendes aux actionnaires familiaux ».

    #mulliez #décathlon #auchan #decathlon #kiabi #capitalisme #norauto #cultura #jules #oosterdam-pimkie #acadie #maison-familiale #happychic #brice #boulanger #agapes #flunch #mobivia #innovation #travail #salaire #salaires #france #économie #en_vedette #exploitation #grève #austérité

  • « Par définition, il n’y a pas de flux irréguliers de demandeurs d’asile » | Alternatives Economiques
    https://www.alternatives-economiques.fr/definition-ny-a-de-flux-irreguliers-de-demandeurs-dasile/00100199

    #flux_migratoires_irréguliers #gisti #fabrique_de_l'opinion #mensonge_d'état

    Entretien « Par définition, il n’y a pas de flux irréguliers de demandeurs d’asile »
    Jean-Pierre Alaux Juriste, Membre du Gisti, anciennement chargé de l’asile.

    Après la prise de Kaboul par les talibans, Emmanuel Macron appelait à « anticiper et nous protéger contre des flux migratoires irréguliers importants ». En réaction à ces propos, Jean-Pierre Alaux, juriste et membre du Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti), revient sur les voies légales actuelles en matière d’accueil des réfugiés afghans.

    Anciennement en charge de l’asile auprès de l’organisation, qui appelle à l’ouverture de nouvelles voies légales et effectives d’accès à la France pour la protection des Afghanes et Afghans victimes de persécutions, il déplore le manque de solidarité des pays occidentaux. Et rappelle que les signataires de la Convention de Genève, dont fait partie la France, se doivent d’accueillir les réfugiés qui entrent sur leur territoire.

    Face à la situation en Afghanistan, que peut faire la France ?

    Je dirais plutôt « que doit faire la France ? ». En effet, l’Hexagone se doit d’appliquer la Convention de Genève de 1951, tout comme les autres pays signataires. Il s’agit du texte fondateur international en matière de droit d’asile, dont le grand prêtre est le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR). Cette convention définit ce qu’est un réfugié, quels sont ses droits et quelles sont les obligations des Etats signataires à son égard.

    L’article 1 stipule qu’un réfugié est une personne qui est persécutée, ou qui craint de l’être, et qui, en raison de cette crainte, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité. Autre élément fondamental de la convention, spécifié dans l’article 31 : un pays ne peut pas appliquer de sanction aux réfugiés du fait de l’entrée sur son territoire sans autorisation. Les réfugiés ont ainsi le droit, garanti par l’ONU, de traverser les frontières sans y être autorisés au préalable. Enfin, l’article 31 dit également qu’il n’est pas question pour les Etats signataires de renvoyer les réfugiés dans leur pays d’origine.

    Il est important de noter que, pour la convention, un réfugié ne se limite pas à ceux qui ont obtenu le statut de réfugié, mais comprend également ceux qui visent la protection du statut de réfugié.

    Comment réagissez-vous au discours d’Emmanuel Macron, quand il parle de « flux migratoires irréguliers vers l’Europe » ?

    J’ai été scandalisé. Tout simplement car, par définition, il n’y a pas de flux irréguliers de demandeurs d’asile. C’est le droit qui le dit. Un Afghan qui traverse un certain nombre de pays franchit plusieurs frontières, et arrive en France par exemple, n’est pas du tout un « flux irrégulier », puisque la Convention de Genève, que la France a signée, dit que les demandeurs de protection internationale ont la particularité unique, par rapport aux autres types de migrants, de pouvoir se déplacer sans autorisation, et donc de ne pas être en situation irrégulière lors de ce déplacement. Et ça, Emmanuel Macron le sait parfaitement. Il ment en connaissance de cause.

    En France, où en est-on en matière d’asile ? Le statut de réfugié est-il facilement accordé ?

    Non, ce n’est pas du tout un statut facilement accordé. Globalement, en France, on tourne autour de 20 % de décisions positives, si on additionne les demandes de protection internationale faites auprès de l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra)1 et de la Cour nationale du droit d’asile (Cnda), l’instance d’appel après les éventuels rejets de l’Ofpra.

    Ensuite, et c’est important à savoir, depuis une dizaine d’années, il y a deux statuts selon les règles européennes : le statut de réfugié – qui est le statut historique et est interprété comme devant s’appliquer aux personnes qui sont personnellement visées par des persécutions ou des risques de persécutions – et la protection subsidiaire.

    La protection subsidiaire, inventée par l’Union européenne (UE), s’applique aux personnes qui ne sont pas en mesure d’établir qu’elles sont personnellement visées par des risques, mais qui viennent de pays où « tout est dangereux », c’est-à-dire que la situation est dangereuse pour tout le monde, et que ça pourrait donc « leur tomber sur la tête » à tout moment.

    Il y a une grande différence entre ces deux statuts. Le premier donne droit à une carte valable dix ans, renouvelable à l’infini. Le deuxième, lui, se traduit par l’attribution d’une carte de séjour « vie privée et familiale », d’une année de validité, et renouvelable. La protection subsidiaire est donc un statut beaucoup plus précaire que le statut de réfugié, et a de nombreux inconvénients. Par exemple, quelle banque accorderait un emprunt à quelqu’un qui n’a pas la certitude de pouvoir reste plus d’un an sur le territoire ? De plus, théoriquement, si la situation dans le pays d’origine redevenait idyllique, la carte de séjour peut être retirée.

    A partir du moment où l’Europe a inventé un statut plus précaire que le statut de réfugié, petit à petit, et de manière assez prévisible, c’est ce statut qui a été le plus accordé. Aujourd’hui, en France, 60 % à 70 % des Afghans auxquels on donne une réponse positive reçoivent la protection subsidiaire, et c’est donc une minorité d’entre eux qui bénéficient du statut de réfugié. C’était l’inverse il y a encore cinq ans.

    Néanmoins, et il faut le préciser, la France a renvoyé bien moins de personnes en Afghanistan que le Danemark ou l’Allemagne, et se trouve parmi les pays qui en a le moins renvoyé, alors même que les Afghans étaient parmi les premiers demandeurs d’asile en 2020.

    La France peut-elle « choisir ses migrants » ?

    La France peut choisir ses migrants, sauf, justement, pour les réfugiés. Dans la mesure où quelqu’un, d’où qu’il vienne, déclare avoir été persécuté, ou affirme risquer de l’être, la France est dans l’obligation d’accepter cette personne réfugiée. Néanmoins, il existe une particularité européenne, qui constitue un nouvel obstacle : le système de Dublin.

    Celui-ci ne s’oppose pas à la Convention de Genève, mais il impose que le seul pays habilité à examiner une demande d’asile soit le pays par où la personne demandeuse d’asile est entrée dans l’UE. En pratique, il s’agit souvent du premier pays où la personne a été contrôlée par la police, et où son empreinte digitale a été prise.

    Par la suite, si cette personne demande l’asile dans un autre pays, elle sera renvoyée dans ce premier pays. C’est pourquoi les pays européens en bordure de l’UE, comme l’Italie ou la Grèce, protestent contre l’absence de solidarité des autres Etats, argumentant que leur position géographique ne devrait pas impliquer une telle différence dans la prise en charge des demandeurs d’asile.

    Par le passé, comment l’Europe et la France avaient-elles réagi lors de crises similaires ?

    A l’origine, dans les années 1950, il n’y avait pas l’UE, mais la plupart des réfugiés étaient reconnus à partir de ce que le UNHCR appelait le prima facie. Selon ce principe, toute personne qui venait d’un pays secoué par des violences manifestes, ou qui faisait partie d’une minorité qui était persécutée, pouvait obtenir le statut de réfugié, à la seule condition de prouver son appartenance à ce pays ou à cette minorité. Il n’était pas nécessaire de raconter des histoires individuelles.

    Le statut prima facie s’est appliqué aux ressortissants de l’Europe de l’Est au temps du rideau de fer. Il suffisait alors de prouver que vous étiez Hongrois, par exemple, et vous receviez le statut. C’est également ce qu’il s’est passé dans les années 1970 : sous la pression, les pays occidentaux ont décidé d’accueillir les réfugiés du sud-est asiatique (Vietnamiens, Cambodgiens, Laotiens) qui prenaient la mer, à la seule condition de prouver leur nationalité.

    Néanmoins, il faut préciser qu’il s’agissait à l’époque essentiellement de réfugiés qui appartenaient à une couche sociale bien supérieure à celle des réfugiés actuels. Les demandeurs d’asile étaient des intellectuels, des artistes, voire des militants syndicaux. Du coup, il y avait une sorte de conjugaison entre les convictions humanitaires et les facilités d’intégration dans nos sociétés.

    De plus, cette « sélection sociale » faisait qu’ils étaient peu nombreux. Aujourd’hui, les demandeurs d’asile afghans sont principalement issus de couches populaires, d’origine paysanne ou de très petits commerçants de provinces éloignées de Kaboul. Fatalement, ces personnes sont plus nombreuses que les élites.

    De manière générale, on est actuellement face à une Europe très peu généreuse. Emmanuel Macron, Angela Merkel et les pays occidentaux appliquent la même vieille philosophie de classe que celle du temps du rideau de fer : ils sont prêts à accueillir et protéger les artistes, les intellectuels, les professeurs d’université et les défenseurs de droits humains, mais à laisser sans protection les paysans, les petits artisans...

    Qu’en est-il des autres pays, tels les Etats-Unis ou le Canada ?

    Les Etats-Unis ont des paroles relativement tolérantes en ce moment, et sont plutôt décontractés, car ils savent qu’ils ne recevront qu’une très petite minorité du flux afghan, du fait de leur position géographique. Ils feront donc avec. Mais je suis méfiant, car ce dernier mois, Joe Biden est en train de revenir à la politique de Donald Trump à la frontière mexicaine.

    Le Canada prévoit d’accueillir 20 000 réfugiés. Néanmoins, ça fait très longtemps que le pays applique une politique d’acceptation sur dossier, afin que les qualifications des personnes admises dans le pays correspondent aux besoins du marché de l’emploi du moment. La protection est donc donnée à condition que ça leur serve à quelque chose. Le Royaume-Uni prévoit de faire pareil sur une période de quatre ou cinq ans, et d’accepter principalement les personnes qualifiées ou formées.

    De manière générale, le bilan est le même : les individus qui courent des risques dans le monde sont de plus en plus nombreux, mais le premier réflexe des pays occidentaux est de déclarer vouloir se protéger avant de protéger les Afghans eux-mêmes. Il n’y a aucun pays qui se démarque réellement pour sa solidarité.

    Note 1.22 % de réponse positive de l’Ofpra en 2018, 15 % en 2020.

    Propos recueillis par Margot Vermeylen

  • [Book] Atlas in a Day:migration

    En voilà une jolie expérience de cartographie collective pour produire un Atlas sur le sujet général des migrations.

    Le 5 octobre 2019, près d’une cinquantaine de cartographes situés en Amérique du Nord, au Panama et en Nouvelle-Zélande se sont réunis autour du collectif Guerrilla Cartography pour résoudre un défi : produire un atlas en 24h chrono intéressant les migrations, toutes les migrations quel que soit leur thème.

    L’Atlas in a Day:Migration ainsi produit est composé de 43 cartes réalisées sur différents supports (numériques, papier, etc.) à l’aide d’outils variés : logiciel, crayons de couleur, aquarelles, fil à broder, … Si le collectif indique avoir arbitré dans le choix des cartes en fonction de considérations sociales et philosophiques, l’ensemble dresse un panorama aussi hétéroclite qu’intéressant des migrations contemporaines...

    Lire la suite dans le carnet de recherches #Neocarto : https://neocarto.hypotheses.org

    #migration #atlas #cartographie #cartes #flux #neocarto

  • Migrexplorer la migration afghane

    Le président de la république française a mentionné dans son allocution du 16 août faisant suite à la prise de pouvoir des talibans en Afghanistan que « (…) la déstabilisation de l’Afghanistan risque également d’entraîner des flux migratoires irréguliers vers l’Europe (…) et l’Europe ne doit pas à elle seule assumer les conséquences de la situation actuelle ».

    Soit. Qu’en est-il exactement ?

    Cette déclaration appelle en effet plusieurs interrogations, parmi lesquelles celles-ci :

    – est-ce que l’Europe a déjà assumé à elle seule les conséquences d’une situation similaire en Afghanistan ?
    – des personnes de nationalité afghane ont-elles massivement migré par le passé vers l’Europe ? Vers la France ? Et si oui, dans quelles proportions ?
    – sommes-nous (en France) dans une situation de « risque » face à une immigration afghane qui serait massive ?

    Speak with data & maps !

    Pour répondre à ces questions, plutôt que de dérouler un long discours hors sol, il est possible d’explorer les migrations afghanes passées en visualisant des cartes et tableaux factuels. Les documents présentés, que nous proposons de commenter, en jouant avec l’application Migrexplorer,

    Lire la suite dans le carnet de recherches #Néocarto https://neocarto.hypotheses.org/13828

    #migration #Afghanistan #cartographie #flux #MigrExplorer #application #R #Shiny #Neocarto

    • Bien sûr, voici donc le texte posé ici.

      Le président de la république française a mentionné dans son allocution du 16 août faisant suite à la prise de pouvoir des talibans en Afghanistan que « (…) la déstabilisation de l’Afghanistan risque également d’entraîner des flux migratoires irréguliers vers l’Europe (…) et l’Europe ne doit pas à elle seule assumer les conséquences de la situation actuelle ».

      Soit. Qu’en est-il exactement ?

      Cette déclaration appelle en effet plusieurs interrogations, parmi lesquelles celles-ci :

      – est-ce que l’Europe a déjà assumé à elle seule les conséquences d’une situation similaire en Afghanistan ?
      – des personnes de nationalité afghane ont-elles massivement migré par le passé vers l’Europe ? Vers la France ? Et si oui, dans quelles proportions ?
      – sommes-nous (en France) dans une situation de « risque » face à une immigration afghane qui serait massive ?

      Speak with data & maps !

      Pour répondre à ces questions, plutôt que de dérouler un long discours hors sol, il est possible d’explorer les migrations afghanes passées en visualisant des cartes et tableaux factuels. Les documents présentés, que nous proposons de commenter, en jouant avec l’application Migrexplorer, ... Lire la suite dans le carnet de recherches #Néocarto ▻https://neocarto.hypotheses.org/13828

      Est-ce que c’est mieux ainsi ?

    • Que deviennent les afghans auxiliaire de l’armée US ?

      Ceux qui faisaient régner la terreur avec la cruauté nécessaire pour ce genre de sale travail ?
      Assassinat, tortures, viol d’enfants, vol racket . . .
      Les collabos.

      Ont ils été rapatriés en priorité ?

  • Macron et les réfugiés afghans, #déclaration du 16.08.2021

    « Les déstabilisations de l’#Afghanistan risquent d’entraîner des #flux_migratoires irréguliers vers l’Europe. La #France, comme je l’ai dit, fait et continuera de faire son #devoir pour protéger celles et ceux qui sont les plus menacés. Nous prendrons toute notre part dans le cadre d’un effort international organisé et juste. Mais l’Afghanistan aura aussi besoin dans les temps qui viennent de ses forces vives et l’Europe ne peut pas à elle seule assumer les conséquences de la situation actuelle. Nous devons anticiper et nous protéger contre des #flux_migratoires_irréguliers importants qui mettraient en #danger ceux qui les empruntent et nourriraient les trafics de toute nature. »

    https://twitter.com/BFMTV/status/1427333351250223104

    –---

    Afghanistan : Macron annonce une « initiative » européenne pour « protéger contre des flux migratoires irréguliers importants »

    Au lendemain du retour au pouvoir des talibans, Emmanuel Macron a consacré une bonne partie de la journée de lundi à ce « tournant historique » qui va avoir « des conséquences majeures pour l’ensemble de la communauté internationale, pour l’Europe, et la France ».

    Emmanuel Macron a dit lundi vouloir porter une initiative européenne visant à « anticiper » et « protéger contre des flux migratoires irréguliers importants » qui « nourrissent les trafics de toute nature », lors d’une allocution télévisée consacrée à la situation en Afghanistan, tombé aux mains des talibans.

    « Nous porterons donc, en lien avec la République fédérale d’Allemagne et d’autres Européens, une initiative pour construire sans attendre une réponse robuste, coordonnée et unie », a poursuivi le président français, en appelant à « la solidarité dans l’effort, l’harmonisation des critères de protection et la mise en place de coopérations avec les pays de transit ».

    « L’Europe ne peut pas seule assumer les conséquences de la situation »

    « L’Europe ne peut pas, à elle seule, assumer les conséquences de la situation actuelle », selon lui.

    Cette question est sensible alors que les Afghans ont constitué en 2020 10,6% des demandeurs d’asile dans l’UE (un peu plus de 44.000 sur quelque 416.600 demandes), le deuxième contingent derrière les Syriens (15,2%), selon l’agence statistique de l’UE Eurostat.

    À l’instar d’autres capitales, Paris a suspendu depuis juillet les expulsions de migrants afghans déboutés de leur demande d’asile.

    Tout comme une résurgence du terrorisme, une nouvelle vague migratoire est crainte par de nombreux responsables politiques, comme le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau, qui a appelé la France et l’Europe à « faire preuve d’une fermeté qui leur a souvent manqué pour éviter une vague migratoire déstabilisatrice ».

    https://www.bfmtv.com/politique/elysee/afghanistan-macron-annonce-une-initiative-avec-les-europeens-pour-proteger-co

    #Macron #Emmanuel_Macron #protection #asile #migrations #invasion #rhétorique #afflux #réfugiés_afghans #discours #migrants_irréguliers #anticipation

    #il_l'a_vraiment_dit

    ping @isskein @karine4

  • Albania, Kosovo say ready to temporarily house Afghan refugees

    Albania and Kosovohave accepted a U.S. request to temporarily take in Afghan refugees seeking visas to enter the United States, the country two countries said on Sunday.

    In Tirana, Prime Minister Edi Rama Rama said U.S. President Joe Biden’s administration had asked fellow NATO member Albania to assess whether it could serve as a transit country for a number of Afghan refugees whose final destination is the United States.

    “We will not say ’No’, not just because our great allies ask us to, but because we are Albania,” Rama said on Facebook.

    Sources had told Reuters that Biden’s administration had held discussions with such countries as Kosovo and Albania about protecting U.S.-affiliated Afghans from Taliban reprisals until they completed the process of approval of their U.S. visas.

    In Kosovo, President Vjosa Osmani said the government had been in contact with the U.S. authorities about housing Afghan refugees since mid-July.

    “Without any hesitation and ... conditioning I gave my consent to that humanitarian operation,” Osmani said on her Facebook account.

    Osmani said Afghan refugees would be vetted by the U.S. security authorities, and added they would stay in Kosovo until their documentation for U.S. immigration visas was arranged.

    Hundreds of U.S. troops are still stationed in Kosovo as peacekeepers more than two decades after the 1998-99 war with the then-Yugoslav security forces.

    https://www.reuters.com/world/albania-ready-temporarily-house-afghan-refugees-pm-rama-says-2021-08-15

    #Albanie #Kosovo #réfugiés_afghans #anti-chambre #asile #migrations #réfugiés #réinstallation #dans_l'attente_d'un_visa (qui probablement n’arrivera pas?) #externalisation #USA #Etats-Unis #transit

    ping @isskein @karine4

    • Prime Minister Rama Confirms Albania Will Accept Afghan Refugees

      Albanian Prime Minister Edi Rama announced that Albania will accept Afghan refugees fleeing Taliban rule.

      Rama made the announcement this morning, confirming reports that the American government had asked Albania to host Afghan refugees waiting for their US visas.

      He expects Albania to become a transition destination, as Afghan refugees wait to settle in the US.

      He also said that he didn’t know if Kosovo’s government had been asked to do the same. Nevertheless, he expressed his hopes that if approached, Kosovo would also accept the US’s request.

      In his post, Rama mentioned that Albania had already agreed to host several hundreds high risk refugees, such as intellectual figures and women, at the request of various institutions. Rama did not name the institutions in question.

      Earlier this week, Reuters wrote that the US government had been conducting secret talks with Kosovo and Albania to temporarily house Afghan refugees who had worked for the US government.

      https://exit.al/en/2021/08/15/prime-minister-rama-confirms-albania-will-accept-afghan-refugees

    • HEBRENJTË, AFGANËT, SHQIPËRIA

      Nuk e ka shqiptaria një histori më të lavdishme për botën, se sa marrja në mbrojtje e hebrenjve gjatë Luftës së Dytë Botërore. Askush s’ua kërkoi gjyshërve tanë ta rrezikonin jetën e tyre për të shpëtuar hebrenjtë, siç pakkush bëri në Europën e përpirë nga flama naziste. Ata e bënë. Pa dallim krahine e feje. Disa syresh e paguan me jetën e tyre, po asnjë hebre për be nuk e dorëzuan tek nazistët. Falë nderit të tyre shqiptar, Shqipëria u bë vendi i vetëm i Europës që pati më shumë hebrenj pas Luftës së Dytë se sa para nisjes së saj.
      Përpara disa vitesh, ne strehuam në Shqipëri mbi dymijë njerëz që përndiqen nga regjimi i ajatollahëve të Iranit. U shpëtuam jetën, duke i tërhequr nga i quajturi, Camp Liberty, në Irak, ku sulmoheshin prej shërbimit sekret iranian e thereshin të gjallë. Dhe e vërteta, ndryshe nga ç’jashtënxorri çisterna e mexhelisit të korruptuar mediatik të Tiranës, është se askush nuk na e vuri litarin në fyt, përkundrazi.
      Qeveria e mëparshme kishte marrë mbi njëqind syresh prej tyre, me kërkesë të qeverisë amerikane dhe nder i kishte bërë vetes e këtij vendi. Më pas ne morëm afro treqind të tjerë. Mirëpo përtej moralit në vetvete të kësaj fabule njerëzore, ca shqipo mendjefikur e harrojnë se ne jemi kahera aleatë të Shteteve të Bashkuara, jo vetëm kur na duhen për hallet tona, siç na u deshën bombat e tyre për t’u mbrojtur nga spastrimi etnik i Sllobodan Millosheviçit ; siç na u desh zëri i tyre i superfuqishëm për ta hapur rrugën e pavarësisë së Kosovës apo për ta anëtarësuar Shqipërinë në NATO ; siç na duhet gjithnjë mbështetja e tyre për të forcuar pozitat tona kombëtare e shtetërore, po edhe kur ne u duhemi atyre ndonjëherë, jo për t’i shpëtuar ata siç ata na kanë shpëtuar ne në kthesa historike, por për t’u gjendur në krah të tyre kur edhe ata, ja që ndodh, kanë nevojë për diçka të vogël prej nesh.
      Por ata qindra iranianë të ardhur me kërkesë të aleatëve amerikanë, u bënë mbi dymijë jo me insistimin amerikan, po me kërkesën tonë drejtuar miqve tanë të mëdhenj ! Po po, e lexuat tamam, pjesën e madhe të iranianëve në rrezik për jetën të mbetur në mëshirë të fatit e kërkuam ne, pas një masakre të llahtarshme atje në Camp Liberty, ku u vranë me dhjetra, mes të cilëve plot gra e fëmijë.
      Dhe për ta mbyllur këtë pjesë, pyetja ime është : Çfarë problemi u kanë krijuar sharësve e mallkuesve pa din e as iman të rrjeteve sociale, ata njerëz të shkretë, që rrinë mbyllur dhe jetojnë me hallin e tyre e me paratë e tyre, në zonën e banuar të ndërtuar po me fondet e tyre diku në periferi të Tiranës ?
      Zero probleme.
      Tani le të vijmë tek lajmi i parmbrëmshëm se Amerika kërkon të sjellë përkohësisht në Shqipëri e në Kosovë, afganë të shkretë që vetëm pse u rreshtuan me NATO-n e ndihmuan ushtarët tanë në misionin e tyre paqeruajtës, rrezikojnë të theren si kafshë nga talebanët. Menjëherë pas daljes së lajmit, qysh dje në mëngjes, ka nisur të hidhet përpjetë llumi njerëzor i rrjeteve sociale, me sharjet e mallkimet e shqipes së vet bazike me 100 fjalë - edhe ato të shkruara për ibret - me të cilat mbron me zjarrin e padijes detin nga greku, dheun nga serbi, ajrin nga armiku imagjinar i radhës, duke shpërfaqur krejt egërsinë e injorancës, në emër të një kinse patriotizmi mu si ai i talebanëve, të cilët tjetrin, të ndryshmin e këdo mendon si ai, e konsiderojnë një armik që duhet asgjësuar, sakatuar e poshtëruar, vetëm pse as nuk është i verbër si ata, as nuk friket nga helmi i kafshimit të tyre.
      Nuk e di nëse amerikanët i kanë kërkuar edhe Kosovës të strehojë afganët që u ekspozuan si miq dhe mbështetës të ushtrive aleate ; uroj që në rast se po, qeveria e Kosovës të përgjigjet pozitivisht, për nderin e saj e të Kosovës sigurisht. Por bëj me dije se në Samitin e NATO-s isha unë që e ngrita këtë shqetësim, për jetët e bashkëpunëtorëve afganë të Aleancës pas tërheqjes së saj nga Afganistani. Madje iu referova si shembull eksperiencës tragjike të kundërshtarëve të regjimit komunist në vendin tonë, që vrau, burgosi, torturoi, shkatërroi çdo armik të brendshëm pasi triumfoi mbi armiqtë e jashtëm dhe mbylli totalisht Shqipërinë, siç do të bëjnë së shpejti tanimë, talebanët me Afganistanin.
      Thashë në samit se pas tërheqjes së ushtrive të saj, bashkësia e qytetërimit demokratik të NATO-s nuk mund t’i lerë në mëshirën e barbarëve triumfatorë, njerëzit e ekspozuar si mbështetës të afërt të misioneve paqeruajtëse atje. Dhe nënvizova me gojën plot, se Shqipëria ishte e gatshme të merrte pjesën e saj të barrës, të cilën të gjitha vendet e NATO-s duhet ta ndajnë mes tyre. Kjo është bindja ime, jo vetëm si njeri i një populli që ka shpëtuar hebrenjtë nga nazistët e shekullit të XX, po edhe si kryeministër i një vendi që i njeh mirë të dyja anët e medaljes, qoftë kur të lënë vetëm në duart e një regjimi xhelatësh në atdheun tënd, qoftë kur kërkon një jetë të re si i huaj në vendet e të tjerëve.
      Eshtë e vërtetë po, se ditët e fundit qeveria amerikane i ka kërkuar Shqipërisë të vlerësojë nëse mund të shërbejë si një vend tranzit, për një numër të caktuar emigrantësh politikë afganë, të cilët destinacion fundor kanë Shtetet e Bashkuara. Dhe padiskutim që ne nuk do të themi jo, e jo thjesht pse na e kërkojnë aleatët tanë të mëdhenj, po sepse ne jemi Shqipëria ! Shqipëria është shtëpia e shqiptarit që as me Kanun, as me Zakon, e as me Moral po të doni, nuk ua përplas derën në fytyrë të panjohurve që trokasin për mbrojtje. Ne nuk jemi të pasur, por s’jemi as pa kujtesë, as pa zakone, as pa moral dhe është në nderin tonë t’u gjendemi të tjerëve, siç të tjerë na janë gjendur ne, po sidomos të mos u kthejmë kurrizin hallexhinjve të huaj, siç shpesh na e kthyen ne dikur, kur ishim të huaj hallexhinj. Kjo është arsyeja morale pse ende pa ardhur kërkesa e qeverisë amerikane, ne kemi mikpritur dy kërkesa prej dy institucionesh shoqërore shumë të respektueshme përtej oqeanit, për të vlerësuar strehimin e përkohshëm në Shqipëri të disa qindra personave, nga rrethet intelektuale dhe të grave aktiviste afgane, të cilët janë nga të parët në listat e ekzekutimeve të barbarëve të Afganistanit.
      Kujt nuk është dakord me gjithë sa thashë për këtë lajm, i them me keqardhje se kjo nuk e ndryshon qëndrimin tim e të shumicës qeverisëse në emër të Shqipërisë. Shqipëria nuk është e salltanetit të atyre që hidhen për të në flakën e ndezur nga egërsia dhe padija e kinse patriotizmit, por është e amanetit shekullor të mikpritjes së të panjohurve në rrezik🇦🇱

      https://www.facebook.com/edirama.al/posts/10158954065891523

    • L’Albanie et le Kosovo vont accueillir « plusieurs milliers » de réfugiés d’Afghanistan

      L’Albanie et le Kosovo ont confirmé mener des négociations secrètes avec les États-Unis pour accueillir « plusieurs milliers » de ressortissants d’Afghanistan qui ont collaboré avec les forces américaines, le temps que soit examinée leur demande d’asile.

      (Avec Radio Slobodna Evropa et Top Chanel TV) - Le gouvernement du Kosovo a confirmé qu’il travaillait « depuis la mi-juillet » avec les autorités américaines pour élaborer un plan permettant d’accueillir des Afghans qui ont collaboré avec les États-Unis. Luan Dalipi, chef de cabinet du Premier ministre Albin Kurti, a confirmé à Radio Free Europe (RFE) que les pourparlers « se concluaient positivement ». « Il faut régler beaucoup de questions logistiques, techniques, sécuritaires et sociales. Nous agissons avec prudence. Les États-Unis sont notre allié et partenaire stratégique. »

      La Présidente du Kosovo, Vjosa Osmani, a également confirmé qu’elle avait été contactée par l’ambassadeur américain à Pristina, Philip Kosnett, qui lui a fait part de la demande du Président Joe Biden que le Kosovo puisse accueillir temporairement des civils afghans. Elle a expliqué que le Kosovo avait accepté cette « sans aucune hésitation et sans aucune condition ». « Les ressortissants afghans devront passer par un processus d’évaluation sécuritaire, ils ne resteront que temporairement au Kosovo, jusqu’à ce que leurs documents d’immigration aux États-Unis soient établis », a précisé Vjosa Osmani.

      Le 13 août, l’agence Reuters avait annoncé que le gouvernement américain menait des négociations secrètes avec l’Albanie et le Kosovo pour trouver un hébergement temporaire pour des Afghans qui ont coopéré avec les forces américaines en Afghanistan. Les sources de Reuters assurent que les États-Unis offriraient au Kosovo des avantages économiques et politiques en contrepartie de l’accueil de plusieurs milliers d’Afghans. Cependant, des diplomates américains auraient exprimé des inquiétudes quant aux capacités du Kosovo à mener à bien cette mission.
      Le précédent des Moudjahidines du peuple en Albanie

      Alors que les talibans sont rapidement en train de reprendre le contrôle de tout l’Afghanistan, de nombreux Afghans qui ont coopéré avec les forces internationales craignent des représailles. Le département d’État américain a annoncé un programme qui permettra à des milliers d’Afghans de s’installer aux États-Unis en tant que réfugiés. Cependant, ils doivent d’abord être placés dans un pays tiers, où ils séjourneront pendant « douze à quatorze mois », le temps de l’analyse de leur demande de visa américain.

      Le Premier ministre d’Albanie Edi Rama a également confirmé dimanche 15 août qu’elle avait répondu positivement à la demande des États-Unis, et que son pays allait accueillir « quelques centaines » de réfugiés afghans. L’Albanie accueille déjà plusieurs milliers de moudjahidines du peuple d’Iran, évacués depuis leurs bases situées en Irak. Ils sont arrivés en Albanie en 2013 et 2014. Le camp d’Ashraf-3, situé près de Durrës, accueille plus de 3000 membres de l’organisation.

      https://www.courrierdesbalkans.fr/Albanie-Kosovo-vont-accueillir-refugies-d-afghanistan

    • Balkan Countries Offer Refuge to Afghans After Taliban Takeover

      After Taliban forces swept to power in Afghanistan, governments in Albania, Kosovo and North Macedonia have accepted a US request to offer temporary refuge to some political refugees who are fleeing the country in fear of retaliation.

      Albania, Kosovo and North Macedonia have expressed readiness to temporarily host an undefined number of Afghans fleeing their country after Taliban forces seized control over the weekend as the United States pulled out.

      “It is true that in recent days, US government has asked Albania to assess if we could serve as a transit country for a certain number of Afghan political migrants, which have US as the final destination. And undoubtedly we will not say no, not only because our allies are asking this, but because we are Albania,” Albanian Prime Minister Edi Rama said in a statement on Facebook on Sunday.

      The final destination for the refugees, who fear retaliation from the Taliban because they cooperated with NATO forces in Afghanistan, is the US. Their number is so far unknown.

      Kosovo President Vjosa Osmani also confirmed that her country agreed to the request to give temporary safe haven refugees “without any hesitation”.

      “Kosovo respects the international right and obligation to not close the door to refugees,” Osmani said.

      The Kosovo government said that discussions with the US government over hosting the refugees started in mid-July.

      Luan Dalipi, chief of staff of Kosovo’s Prime Minister Albin Kurti, told BIRN that since then, the government has been in “constant communication and cooperation” with the US authorities.

      “There are many logistical, technical, security and social issues we are carefully addressing. The US is our main ally and our strategic partner,” Dalipi said.

      North Macedonia’s Prime Minister Zoran Zaev told media on Sunday that his country will accept civilians from Afghanistan who need evacuation and that they will be allowed to stay in the country until a more permanent solution is found for them.

      “With the aim of saving the lives of the local population [in Afghanistan], we have informed the US that we are ready to accept civilians from Afghanistan who over the past 20 years have been working for peace in that country, who were the local support for the allied NATO troops, including our forces, including activists from the humanitarian and human rights organisations,” Zaev said.

      He said that North Macedonia could accommodate the refugees in hotels and resorts, and that the financial cost for this accommodation, until a more permanent solution is found, will be covered by the US.

      “We are a country of solidarity. Our people and our society have always given support and help, the same way we have been receiving help during major catastrophes,” Zaev said.

      Washington wants to evacuate thousands of people from Afghanistan and has been seeking other countries to host them temporarily while their papers for entering the US are finalised.

      Adrian Shtuni, a Washington-based foreign policy and security specialist, told BIRN that Tirana and Pristina’s move to shelter Afghans was “as much a sign of moral leadership and humanitarian compassion as it is a confirmation that Albanians are reliable partners of the United States”.

      “The main concerns associated with refugee relocations are often related to potential security risks and financial costs. From a security perspective, there’s no reason to believe the contingent of Afghan refugees would present a risk. These are interpreters and contractors (as well as family members) employed by the US Military, waiting to be issued Special Immigration Visas by the US State Department. They are not former fighters or militants,” Shtuni said.

      Adrian Shtuni said that both Albania and Kosovo will not be burdened by hosting the Afghans because “the refugee contingent will be a few hundred people and nor Albania neither Kosovo are intended as their final destination the financial costs will be contained”.

      The chairman of the US Senate Foreign Relations Committee, Bob Menendez, welcomed Albania’s decision to give temporary safe haven to the Afghans.

      “The people of Albania are once again showing the world what ‘BESA’ [‘word of honour’ in Albanian] means. You have our respect and thanks,” Menendez wrote on Twitter on Sunday.

      https://balkaninsight.com/2021/08/16/balkan-countries-offer-refuge-to-afghans-after-taliban-takeover

      #Macédoine_du_Nord

    • Les premiers Afghans exfiltrés par les États-Unis sont arrivés en Albanie et au Kosovo

      Un premier groupe de 111 réfugiés afghans exfiltrés par les États-Unis est arrivé dimanche soir au Kosovo. Un autre groupe de 121 réfugiés était arrivé vendredi matin en Albanie. Ils doivent séjourner temporairement dans ces pays jusqu’à ce qu’ils obtiennent leur visa américain.

      (#paywall)

      https://www.courrierdesbalkans.fr/Les-premiers-Afghans-exfiltres-par-les-Etats-Unis-arrivent-en-Alb

    • Quand l’Afghanistan était une manne financière pour les Kosovars

      Les États-Unis ont demandé au Kosovo d’abriter des Afghans devant quitter leur pays pour des raisons de sécurité. Pristina a aussitôt accepté. Les Kosovars connaissent en effet bien l’Afghanistan : depuis 2001, des milliers d’entre eux ont travaillé pour des #contractants américains dans la reconstruction du pays.

      Traduit par Belgzim Kamberi (article original : https://www.koha.net/veshtrime/284704/kur-afganistani-ishte-parajse-financiare-per-kosovaret). Depuis la prise du pouvoir par les talibans en Afghanistan, le Kosovo est l’un des rares pays à qui les États-Unis ont demandé d’abriter un certain nombre d’Afghans devant quitter le pays pour des raisons de sécurité. Pristina a accepté. Même si l’on ne sait pas encore combien de personne cela représente, la nouvelle semble avoir été bien accueillie par l’opinion publique.

      Cela n’est pas une surprise. Depuis 2001, les Kosovars ont développé des liens avec l’Afghanistan. Ils sont notamment des milliers à avoir travaillé à la reconstruction du pays, recevant pendant des années des salaires de différents contractants américains. Selon un rapport de l’Institut GAP publié en novembre 2011, 7000 à 8000 Kosovars ont été engagés entre 2001 et 2011 sur différents chantiers en tant que chauffeurs, mécaniciens, ou occupaient d’autres emplois physiques...

      Les Kosovars ont été principalement engagés par les entreprises américaines #Fluor_Group, #Dyncorp_International et #Kellogg_Brown & Root, les même qui étaient chargées de la construction de la #base_militaire américaine #Bondsteel, près de #Ferizaj, au Kosovo. Cette base employait entre 2000 et 2500 Kosovars au début des années 2000. Il n’est donc pas étonnant que ces contractants aient fait appel aux services des Kosovars pour leurs missions en Afghanistan.

      Des millions d’euros pour l’#économie kosovare

      En Afghanistan, le salaire de base annuel pour les ressortissants des pays en développement, dont font partie les pays des Balkans, se situait en effet entre 14 800 et 29 700 dollars. Pour l’économie kosovare, cela a représenté 50 à 55 millions d’euros de rentrées annuelles, soit plus d’un demi-milliard d’euros sur la période 2001-2011. La plus grande partie des #travailleurs_kosovars en Afghanistan provenait de la région de Ferizaj (56%), de Pristina (21%) et Gjilan (19%).

      Les revenus depuis l’Afghanistan n’étaient pas considérés comme des rémittences (les fonds envoyés au pays par les émigrés) par la Banque centrale du Kosovo. Mais si on les compare avec les rémittences envoyées d’autres pays, l’Afghanistan se rangeait tout de suite après l’Allemagne et la Suisse.

      Le travail là-bas n’était pourtant pas sans danger. De 2001 à 2011, 78 595 travailleurs employés par des contractants américains ont été blessés sur leur lieu de travail et 2871 y ont perdu la vie. Les Kosovars n’ont pas été épargnés. En octobre 2004, Shqipe Hebibi, qui travaillait pour le bureau des Nations-Unies en Afghanistan, a été kidnappée, avant d’être libérée un mois plus tard. En octobre 2011, une employée originaire de Ferizaj a perdu la vie. On ne connaît pas le nombre de travailleurs kosovars blessés en Afghanistan ces dernières années. Selon les informations de Pristina, seuls trois Kosovars étaient présents en Afghanistan quand le pays est tombé aux mains des talibans. Deux d’entre aux auraient réussi de sortir du pays.

      https://www.courrierdesbalkans.fr/Quand-l-Afghanistan-etait-un-paradis-financier-pour-les-kosovares

    • Afghanistan : les témoignages des premiers évacués transférés en Albanie

      Ils sont arrivés à Tirana dans la nuit de vendredi à samedi. Les premiers 121 réfugiés afghans ont été provisoirement installés dans les bâtiments de la Cité universitaire. En quittant Kaboul, ils ne savaient pas qu’ils partaient pour l’Albanie...

      Témoignages.

      Je travaillais pour le ministère de l’Agriculture dans le cadre d’un projet financé par USAID. J’étais responsable de la communication. J’ai un master de la Khazak American Free University et plus de treize ans d’expérience, mais je ne sais pas si mon diplôme sera encore reconnu quelque part. J’avais un bon travail, un bon salaire, tout se passait bien. Maintenant, je ne sais pas si je vais devoir travailler comme serveur quelque part, ou bien comme chauffeur Uber. Ma vie a été bouleversée », raconte Ahmad [Tous les noms ont été modifiés, NDLR], l’un de ces premiers réfugiés afghans arrivés en Albanie. « J’avais encore de l’espoir. Je pense que la jeunesse avait le devoir d’aider l’Afghanistan à se développer, mais nous n’avions plus d’autre choix que de partir ». La fuite n’a pourtant pas été facile. Ahmad et sa famille, comme beaucoup d’autres, ont dû attendre des heures, voire des jours, pour pénétrer dans l’aéroport de Kaboul, où des milliers de personnes se pressaient pour s’échapper.

      39 de ces premiers Afghans venus en Albanie sont d’anciens employés du ministère de l’Agriculture, qui travaillaient sur un projet américain mené en partenariat avec l’Université du Michigan. Leur évacuation a été bien organisée. « Il était difficile d’embarquer à bord d’un avion même avec un visa valide », raconte toutefois Ali, la quarantaine. « Mais nos amis et nos collègues américains nous ont aidés. Une fois dans l’avion, la vie semblait à nouveau simple. »

      Avant de partir, ils ne savaient pas qu’ils allaient venir en Albanie. La destination leur a été communiquée deux ou trois heures avant le décollage. De toute façon, leur but était de monter dans un avion, quelle qu’en soit la destination. « Quand je suis parti, ma dignité ne comptait plus. À l’aéroport, nous dormions au milieu des poubelles. Cela n’aurait pas dû se passer comme cela, nous sommes tous des êtres humains… On a des sentiments », confie Ahmad, au bord des larmes.

      Les réfugiés arrivés samedi 28 août ont été accueillis par la ministre des Affaires étrangères, Olta Xhaçka, et par l’ambassadrice des États-Unis en Albanie. De l’aéroport, ils ont été immédiatement amenés dans les bâtiments 11 et 12 de la Cité universitaire de Tirana. C’est là qu’ils seront logés jusqu’à nouvel ordre.

      “Parmi les choses déconseillée : parler aux journalistes. Et la recommandation ne valait pas seulement pour les Afghans.”

      « Même dans mon propre pays, je n’avais pas cette possibilité d’atterrir à l’aéroport, de monter directement dans un bus et de m’en aller », explique Ali. L’enregistrement des documents s’est déroulé durant la matinée de samedi. Des employés municipaux ont accompagnés les réfugiés pendant presque toute la journée, leur montrant où aller et leur donnant des indications sur ce qu’ils devaient faire. Parmi les choses déconseillée : parler aux journalistes. Et la recommandation ne valait pas seulement pour les Afghans, la direction de la Cité universitaire et la municipalité n’étant pas plus ouvertes à la communication.

      L’enregistrement à la police était plutôt simple, ne durant souvent pas plus d’une demi-heure. Les gens qui ne possédaient pas de passeport du tout, un passeport périmé ou bien juste le tazkira, la pièce d’identité afghane, ont été mis en relation avec la police. « Je n’ai pas d’informations particulières, mais si l’on croit les rumeurs qui courent parmi les évacués, les pays tiers comme l’Albanie facilitent les visites à l’ambassade afghane pour pouvoir récupérer nos passeports et recevoir le visa américain », explique Ahmad. Ses enfants n’ont pas de documents d’identité. Ahmad espère recevoir le précieux visa américain dans les vingt prochains jours. En général, les réfugiés afghans ne veulent pas rester en Albanie, mais partir pour les États-Unis ou vers d’autres pays européens.

      Obligés de ne prendre qu’un petit sac à main à leur embarquement à Kaboul, les réfugiés n’ont presque pas de vêtements de rechange et, le plus souvent, pas un sou dans les poches. En collaboration avec les États-Unis, le gouvernement albanais va aider ces personnes à satisfaire leurs besoins fondamentaux. Vers 15h, une liste de tout ce dont les réfugiés avaient besoin a été dressée. « On a rempli des formulaires, mais ils n’ont pas pris nos mesures... Je ne sais pas quel genre de vêtements ils vont m’apporter », plaisante Ahmad.

      Malgré la présence de soignants, la seule assistance médicale reçue jusqu’à présent a été le test de dépistage de la Covid-19. Les réfugiés n’ont pas encore été invités à consulter une cellule d’aide psychologique. Mal renseignés sur ce qu’il leur ait ou non permis de faire, ces derniers essaient de ne pas s’éloigner de la petite rue qui relie les bâtiments où ils sont logés au bureau de la police. Ils ne veulent pas créer de problèmes et tiennent à faire bonne impression aux Albanais. Préoccupés par le sort de la famille qu’ils ont laissée derrière eux et de la situation en Afghanistan, où ils aimeraient revenir un jour, leur but est dans l’immédiat de savoir où ils vont pouvoir s’installer pour commencer une nouvelle vie.

      https://www.courrierdesbalkans.fr/Afghanistan-temoignages-premiers-evacues-Albanie

    • The fact that the Afghan refugees who were evacuated by NATO and who are currently in Kosovo, have been in detention since their arrival, speaks of the fact that the human rights of refugees from Afghanistan are constantly being violated. Namely, the refugees are housed inside two camps, Camp Bechtel and Camp Lyia, and according to a spokesman for the US Embassy in Kosovo, the refugees were not allowed to move freely outside the camps to protect the safety of them and other Kosovo citizens. It should be noted that these are not the first Afghan refugees in Kosovo. Refugees who go through the so-called Balkan route also come to Kosovo and meantime have the right to move freely. What is even more worrying is the kind of limbo in which the evacuated refugees currently are. It is still unclear how visas will be granted, or what types of visas will be obtained. If the rule of restriction of movement is maintained until people are granted visas, the question arises as to how will they access services, health care, education, especially bearing in mind that the duration of this process is unknown.

      Reçu via la mailing-list Inicijativa Dobrodosli, du 24.09.2021

    • Afghan evacuees in Kosovo de facto detained

      The first group of Afghan evacuees landed in Kosovo on August 29 following a chaotic airport evacuation in the wake of the United States’ abrupt exit from Afghanistan after 20 years of war. These Afghans’ futures are unclear, as is their present situation. But one thing is clear: they aren’t being granted the right to move freely.

      In fact, it is easier for an Afghan asylum seeker who arrived in Kosovo through the difficult Balkan route to move about the country. Once in Kosovo such an asylum seeker can request asylum, with or without identification. They will be offered basic amenities, an identification card, and, notably, the freedom to move in and out of the asylum housing complex.

      But this is not the case for the approximately 1,000 Afghans brought by NATO into Kosovo as part of an international effort to offer safe haven to thousands who fear persecution after the Taliban’s takeover of Afghanistan.

      On August 16 Kosovo’s government approved a decision offering Afghan evacuees — largely U.S. visa applicants, former NATO contractors and their families — temporary protection, a form of immediate protection different from the refugee status recognized in the Law on Asylum. Persons under temporary protection enjoy clearly defined rights, such as the right to schooling, healthcare and freedom of movement.

      The government’s decision specifies that freedom of movement may be restricted if considered necessary, and that a verification process will be put in place for issues of national security.

      Since arriving, the evacuees have been housed at two camps referred to as Camp Bechtel and Camp Liya, located on the premises of the Bechtel Enka company and inside the U.S. military base Bondsteel. NATO’s international command is running Camp Bechtel and the U.S. is running Camp Liya inside Bondsteel.

      As of yet, there has been no public information provided about the living conditions of these Afghan evacuees, a contrast to other countries, including some in the region, where journalists have been granted access to speak directly to arriving refugees.

      The Ministry of Internal Affairs has declined to answer K2.0’s questions on the matter, while the minister of Internal Affairs, Xhelal Sveçla, gave few details during a recent press conference. When asked about the evacuees’ freedom of movement, Sveçla said that movement outside the camp would be organized only if necessary, noting apparent security concerns.

      Neither NATO nor the Ministry of Internal Affairs have granted media access to the Afghan evacuees’ living conditions, while the government of Kosovo has not formally asked international organizations working in this field to assist.

      The government insists that the U.S. and NATO have promised a quick operation with Kosovo only functioning as a transit country. NATO spokesperson Jason Salata said that “Camp Bechtel is a temporary lodging until they identify follow-on resettlement options.”

      A first group of 117 NATO-affiliated Afghan evacuees departed Camp Bechtel for the UK on September 16.

      Government spokesperson Perparim Kryeziu told K2.0 that Kosovo’s legal framework guarantees freedom of movement, but he noted it also foresees specific cases where restrictions are allowed.

      “At the moment, we are in the process of providing Afghan citizens with all necessary documents,” said Kryeziu. “Due to this and also taking into consideration their own safety for the moment they are free to move within their hosting facilities. However, we expect them to have the opportunity to move freely outside these facilities in the near future following the finalization of documents and other needed administrative procedures.”

      The law on asylum specifies cases in which freedom of movement can be restricted for persons under international protection. It also says that each individual must be given the right to complain about their restriction of movement, and in the case of children, it also states that detention should be only a last measure.

      A spokesperson for the U.S. Embassy in Kosovo agreed to respond to K2.0’s questions on the issue only after specifically designated “U.S.-affiliated” evacuees arrived on September 13.

      The embassy spokesperson said that “to ensure the health and safety of both Afghan guests and Kosovan hosts, the Government of Kosovo has stated that Afghans being temporarily hosted at Camp Liya must remain within the boundaries of the facility while U.S. interagency teams work to complete processing for their eventual admission to the United States or resettlement in a third country.”

      The spokesperson also said that U.S. law enforcement members arrived in Kosovo to screen and vet all U.S.-affiliated Afghan “travelers” before they are allowed into the United States.

      According to the embassy spokesperson, who referred to the Afghans as travelers, all Afghans currently hosted at Camp Liya have already transited through other third countries since leaving Afghanistan, where they received initial biometric and medical screenings.

      Who’s in charge?

      Human rights experts are having difficulty accessing knowledge about the condition of Afghan evacuees in Kosovo.

      Jelena Sesar, Amnesty International’s researcher for the Balkans and the EU, said that the lack of information about the status of the facilities or the management of the camps makes it hard to monitor any potential human rights violations.

      “Under normal circumstances, the temporary protection status would guarantee people full freedom of movement on the territory of Kosovo, food, clothes, access to health and education, and a range of other support services,” said Sesar. “This does not seem to be the case here. Afghan nationals in Bechtel-Enka and Bondsteel are not allowed to go out and media and humanitarian organizations do not seem to have access to the camps.”

      While the government of Kosovo created the legal framework for temporary protection, the outsized role of NATO and the U.S. in the management of camps and processing of Afghans makes it unclear what role, if any, the government of Kosovo has in activities occurring within its own borders.

      “If these Afghan families are to remain in Kosovo until their Special Immigrant Visas are processed, which can take a very long time for some applicants, it is essential that Kosovo’s authorities assume full responsibility for the management of the camps and ensure that the protection needs of the people there are fully met, as required by law,” Sesar said.

      “This entails full freedom of movement and access to health, education and other support, as well as access to asylum procedures in Kosovo,” she said. “If the current approach doesn’t change, these people would be subjected to an indefinite confinement and a de-facto detention, which would be contrary to Kosovo’s and international law.”

      Unanswered questions

      In early September the Associated Press, citing an anonymous U.S. government source, reported that Kosovo has agreed to take in Afghans who fail to clear initial rounds of screening and host them for up to a year, raising questions about potential reasons behind restrictions on evacuees’ freedom of movement.

      The temporary protection provided by Kosovo has a limit of one year with the possibility of extension, according to the Law on Asylum.

      The AP’s reporting shows the conditions established at other transit sites like in Germany or Italy, where the authorities are given a two week deadline to complete the verification and processing of evacuees.

      According to the government source the AP spoke to, transferring Afghans to Kosovo who do not pass the initial screening is a response to potential gaps in security that may have occurred during the chaotic evacuation from Afghanistan.

      There is a rising use of transit countries in the asylum process. Countries like the United Kingdom and Denmark proposed legislation to send asylum seekers to third countries while their applications are processed, something that human rights advocates and international organizations like the United Nations have criticized.

      The evacuations out of the Kabul airport were chaotic and deadly, leaving the world with terrible images, such as the footage of bodies plummeting from the sky after people attempted to cling to the exterior of a U.S. military plane. In the chaos of the last days of the evacuation, two suicide bombers and gunmen at the airport led to the deaths of 60 Afghans and 13 U.S. troops.

      The people who made it onto the planes in the midst of this chaos are considered the lucky ones. But many of those who were evacuated were already in the process of migrating to the U.S.

      The Afghan evacuees awaiting entry into the U.S. and other affiliated countries are largely people who had already started the Special Immigrant Visa process as well as applicants for a special U.S. refugee program. They are former contractors who worked with international governments as well as in vulnerable professions such as journalists, as well as these peoples’ families.

      Neither NATO nor the government of Kosovo have responded to K2.0’s questions submitted about the AP’s report.

      The U.S. Embassy in Kosovo published a statement saying that such reports may leave people with the “incorrect impression” that the U.S. is sending to Kosovo individuals they deem inadmissible. The statement insists, “this is not the case,” and says that American officials in Kosovo are assisting in the processing of applicants who may require additional paperwork in order to clarify “an applicant’s identity, employment history or other ties to the United States.”

      “Afghan travelers being temporarily hosted at Camp Liya are in the process of having their paperwork and eligibilities confirmed for eventual admission to the United States or resettlement to a third country,” a U.S. embassy spokesperson told K2.0. “None have been deemed inadmissible to the United States because their cases are still being processed.”

      On the matter of how long the process may take, the spokesperson said that “under the agreement with the Government of Kosovo, U.S.-affiliated Afghan travelers may shelter at Camp Liya for up to a year while their cases are being processed for eventual admission to the United States or resettlement in a third country. However, individuals may be approved for travel to the United States sooner, as soon as their processing is complete.”

      On September 10, the minister of Internal Affairs met with representatives of international organizations who could provide assistance, but the UN High Commissioner for Refugees and the International Organization for Migration have not yet received a formal request to assist in the operation.

      The IOM and UNHCR in Kosovo could only tell K2.0 that they are monitoring the situation closely. Sources from these organizations said that they have little information about the Afghan evacuees and remain on standby awaiting a request for assistance from the government.

      According to Amnesty International’s Sesar, “the inaccessibility of the camps to independent and public scrutiny raises concerns about the conditions in these facilities as well as the commitment to genuinely assist Afghans who had to flee their country.”

      The situation is no clearer for Jeff Crisp, international migration expert from the Refugee Studies Centre at Oxford University. “The rapid evacuation from Kabul has certainly left many questions unanswered,” said Crisp via email to K2.0, who offered a number of questions that can be used to hold institutions accountable.

      “How were decisions made with respect to the temporary locations to which they have been sent? What will happen to any refugees who are ‘screened out’ by the U.S., is there a risk that they could become stateless, or be sent back to Afghanistan?”

      Millions displaced

      The long war in Afghanistan has displaced an enormous number of people. It is estimated by UNHCR that only in the first half of 2021 more than half a million people were newly displaced in Afghanistan, while 3 million were displaced in 2020.

      Afghans have often taken the long refugee journey far into Europe, across the Balkans. Despite not being a key country on the Balkan refugee route, Kosovo registered 31 Afghan asylum seekers in the first half of 2021, while many others pass through unnoticed and uncounted, continuing their journey to seek asylum further on in other European countries.

      After the U.S. exit from Afghanistan and the Taliban takeover, the Council of Europe Human Rights Commissioner Dunja Mijatovic published an advisory, asking members and cooperative third countries to stop any forced returns for Afghans who saw their asylum requests rejected and had not yet been deported, and asked states to offer asylum to Afghans forced to flee and to cooperate in protecting their rights.

      https://kosovotwopointzero.com/en/afghan-evacuees-in-kosovo-de-facto-detained


    • https://twitter.com/CdBalkans/status/1444193687144120322

      Kosovo : #camps_fermés pour les Afghans évacués

      Le 16 août dernier, alors que Kaboul venait de tomber entre les mains des Talibans, le Kosovo a accepté d’accueillir sur son sol 2000 Afghans nécessitant d’être évacués. Aujourd’hui, personne ne sait combien sont réellement arrivés. Selon les informations disponibles, environ un millier seraient aujourd’hui hébergés au Kosovo.

      Les autorités de Pristina se sont engagées à leur offrir une « protection temporaire », différente du statut de réfugié, mais censée leur donner un accès à la scolarisation et aux soins, et leur garantir la liberté de mouvement. Or, il semble qu’aucun de ces droits ne soit respecté. Les informations restent confidentielles et les journalistes ne sont pas autorisés à visiter les deux camps d’accueil, l’un se trouvant sur un site appartenant au conglomérat turco-américain Bechtel-Enka, l’autre dans la controversée base américaine de Bondsteel. Les travailleurs humanitaires n’ont pas de permis pour opérer auprès de ces Afghans et ni le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), ni l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) ne sont impliqués dans la gestion de leur situation.

      Pour justifier un tel isolement, le gouvernement d’Albin Kurti met en avant des questions de « sécurité nationale » et souligne que la liberté de mouvement des personnes bénéficiant de la protection temporaire peut être restreinte si nécessaire. Le ministre de l’Intérieur Xhelal Sveçla a tenu une conférence de presse, mais s’est montré avare en détails. C’est tout juste s’il a reconnu que les déplacements à l’extérieur des camps ne seraient organisés qu’en cas d’extrême nécessité. Un processus de vérification, des identités notamment, a été mis en place pour des questions de sécurité nationale, a-t-il indiqué.

      Le Kosovo n’est « qu’un pays de transit » pour ces Afghans avant qu’ils ne soient accueillis dans un pays tiers, insistent les autorités. « Le camp Bechtel est un hébergement temporaire jusqu’à ce que soient identifiées des options de réinstallation ultérieures », a confirmé le porte-parole de l’Otan, Jason Salata. Le 16 septembre, 117 Afghans ayant travaillé pour l’Otan ont ainsi pris la route du Royaume-Uni.

      Du côté de l’Ambassade des États-Unis, on explique que des policiers sont arrivés au Kosovo pour des opérations de contrôle des Afghans évacués afin de s’assurer qu’ils offrent toutes les garanties pour obtenir l’autorisation d’entrer sur le territoire américain.

      « Si l’approche actuelle ne change pas, ces personnes seraient soumises à un confinement indéfini et à une détention de facto, ce qui serait contraire au droit du Kosovo et au droit international », souligne Jelena Sesar, analyste à Amnesty International, interrogée par Kosovo 2.0. La protection temporaire fournie par le Kosovo est limitée à un an, avec possibilité de prolongation, conformément à la loi sur l’asile. Une durée particulièrement longue comparée à d’autres pays de transit, comme l’Allemagne ou l’Italie, où les autorités ne disposent que d’un délai de quinze jours pour opérer les vérifications nécessaires. Rappelons que la plupart des Afghans évacués aujourd’hui en transit avaient déjà entamé la procédure d’obtention de visas spéciaux en tant qu’anciens contractants pour des gouvernements étrangers ou des organisations internationales.

      « L’inaccessibilité des camps à un examen indépendant et public soulève des inquiétudes quant aux conditions de vie dans ces installations, de même qu’à l’engagement à aider véritablement les Afghans qui ont dû fuir leur pays », déplore Jelena Sesar.
      Dans des hôtels au bord de l’Adriatique

      Lorsque les premiers vols transportant des réfugiés afghans sont arrivés en Albanie, à la mi-août, le Premier ministre albanais avait été catégorique : aucun ne serait placé dans un camp de réfugiés, des installations qualifiées de « déshumanisantes » par Edi Rama. Sur Twitter, il avait alors publié deux images accolées, l’une montrant des centaines d’Afghans entassés dans un avion militaire américain à l’aéroport de Kaboul, l’autre des milliers d’Albanais prenant d’assaut un cargo, en 1991, après la chute du régime communiste.

      Très critiqué pour sa dérive autoritaire, Edi Rama a ici trouvé un moyen de se racheter une bonne image auprès des Occidentaux. À bon compte : personne ne sait combien Tirana a reçu d’aide de la part des États-Unis pour prendre en charge ces réfugiés. « Nous devons nous préparer aussi à ce que le financement des organisations américaines prenne fin », s’est contenté de dire le Premier ministre albanais, interrogé par Le Monde.

      Aujourd’hui, 700 Afghans sont hébergés dans des hôtels de la côte adriatique, surtout au nord de Tirana, entre Lezhe et Shëngjin. Des colis de bienvenue contenant des produits de première nécessité ont été préparés pour les nouveaux arrivants, des équipes de travailleurs humanitaires offrant une aide médicale et psychologique étaient sur place et, très vite, certains journalistes autorisés ont pu constater que les réfugiés étaient libres de se mêler aux clients habituels sur les plages et au bord des piscines des hôtels.

      Les Afghans vivant en Albanie ont obtenu le statut de « protection temporaire » pour un an, avec la possibilité d’une prolongation si nécessaire. Si leurs droits, notamment la liberté de mouvement, sont garantis par la loi albanaise sur l’asile, les autorités se sont toutefois réservé le droit de restreindre la liberté de mouvement de certaines personnes « si cela est jugé nécessaire, sur la base de l’évaluation individuelle de chaque cas ».

      Cet accueil n’est pas une première pour l’Albanie : depuis 2014, déjà à la demande de Washington, le pays accueille 3000 moudjahidines du peuple iranien, arrivés après le retrait des forces américaines d’Irak, où ces opposants radicaux au régime de Téhéran avaient été regroupés, ainsi que cinq Ouïgours sortis de Guantanamo en 2006.

      En Macédoine du Nord, les 200 Afghans arrivés à Skopje ont été logés dans plusieurs hôtels réquisitionnés autour de la capitale et un jeune homme homosexuel a même reçu l’autorisation d’être accueilli dans un refuge destiné aux personnes LGBT+. Si les médias ne peuvent pas accéder à ces sites, les ONG de défense des droits humains qui s’y sont rendues assurent qu’aucun signe de violations de leurs libertés individuelles n’est à déplorer.

      « Jusqu’à présent, nous n’avons pas reçu de plaintes suggérant que les droits de l’homme des réfugiés sont menacés », raconté à Balkan Insight Uranija Pirovska, la responsable du Comité Helsinki pour les droits de l’homme de Macédoine du Nord. « Nous avons pu visiter l’hôtel Bellevue [près de Skopje] et nous allons continuer à surveiller leur statut pendant leur séjour ici. » La présence policière est visible autour des centres d’accueil, mais la liberté de mouvement des Afghans n’est pas restreinte.

      https://www.courrierdesbalkans.fr/Afghans-evacues-en-camps-fermes-au-Kosovo-a-l-hotel-en-Albanie-et

      #hôtels

  • « Le retour des talibans est le coup de grâce » : dans l’est de la Turquie, le périple des réfugiés venus d’Afghanistan
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/08/09/le-retour-des-talibans-est-le-coup-de-grace-dans-l-est-de-la-turquie-le-peri

    Le retour des talibans est le coup de grâce » : dans l’est de la Turquie, le périple des réfugiés venus d’Afghanistan
    Selon l’Organisation internationale pour les migrations, avec le retrait des forces américaines et de l’OTAN et le début de l’offensive islamiste, environ 30 000 personnes fuient le pays chaque semaine vers l’Iran puis vers la Turquie.

    Originaire de Ghazni, le jeune homme ne se voit aucun avenir en Afghanistan. « Il n’y a pas de travail, la pandémie n’a rien arrangé. Le retour des talibans est le coup de grâce. » « Ils vont prendre Kaboul, c’est sûr », prévient Rahmatollah, un jeune adolescent arrivé clandestinement il y a quelques jours de Mazar-e-Charif avec sa sœur, son beau-frère et leurs quatre enfants.Muhammet, 26 ans, le père de famille, se ronge les sangs. Rester à Van, à 40 kilomètres de la frontière iranienne, c’est s’exposer à être renvoyé vers l’Iran, ce qu’il ne veut à aucun prix. Il prévoyait d’aller, non pas en Europe, mais à Konya, où il est sûr de trouver du travail. Il a déjà fait le voyage une fois, il y a quelques années, jusqu’à cette ville de l’Anatolie profonde où, grâce à l’aide de migrants amis, il a réussi à se faire embaucher comme journalier sur des chantiers de construction. Après avoir amassé un petit pécule, il est rentré à Mazar-e-Charif chercher sa femme, Maryam, leurs quatre enfants ainsi que deux adolescents, ses beaux-frères, pour les ramener en Turquie, qu’il voit comme un pays de cocagne.
    Son rêve s’est brisé à Van. Il craint d’être condamné à rester là, entre le square et la mosquée, jusqu’à ce que la police les appréhende, lui et sa famille, pour les placer dans un centre de rétention. Après, c’est l’inconnu. Ils seront soit renvoyés en Iran, ce que les migrants craignent plus que tout, ou rendus à leur sort de clandestins, peu enviable.Contrairement aux réfugiés syriens, qui jouissent d’une protection en Turquie, les Afghans n’ont droit à rien. « Nous sommes des êtres sans destin », résume Zuleyha, une représentante de la minorité chiite hazara. Installée depuis six ans à Van, elle a obtenu un permis de séjour et se sent désormais à peu près en sécurité. « L’époque était plus favorable, aujourd’hui, c’est différent », dit-elle.
    Chaque année, des dizaines de milliers de réfugiés afghans traversent clandestinement la frontière entre l’Iran et la Turquie, en quête d’un emploi et d’une vie plus stable. Depuis l’offensive fulgurante des talibans sur les capitales provinciales, ce flux n’a fait qu’augmenter. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), avec le retrait des forces américaines et de l’OTAN, et le début de l’offensive talibane, environ 30 000 personnes fuient l’Afghanistan chaque semaine vers l’Iran, puis vers la Turquie. Adossée à l’Iran, la province de Van sert de porte d’entrée. Guidés par les passeurs, des Afghans, mais aussi des Pakistanais et des Iraniens traversent la frontière à pied la nuit par des sentes de montagne. Le périple tourne parfois au cauchemar. Certains racontent s’être fait rosser et détrousser en chemin par des brigands. En hiver, de nombreux candidats au passage meurent de froid ou sont dévorés par les loups. A chaque fonte des neiges, des cadavres sont retrouvés, examinés par des médecins légistes puis inhumés sous un numéro dans le cimetière des « kimsesizler », ce qui signifie « ceux qui n’ont personne ».En été, la traversée est plus facile, mais il faut tout de même souvent s’y prendre à plusieurs fois pour atteindre l’autre côté. Une fois la frontière franchie, beaucoup sont appréhendés par les forces turques, qui les refoulent au débotté vers l’Iran. Le temps de se regrouper et les migrants recommencent.« Les réseaux de passeurs sont incroyablement mobiles. Ils ont leurs guetteurs, leurs informateurs, changent les itinéraires sans arrêt. Ils connaissent très bien le terrain, parfois mieux que nos forces de sécurité. Et puis, la géographie escarpée de la région rend la surveillance particulièrement difficile », décrit Semih Nargül, enseignant au département de géographie de l’Université du centenaire, à Van.Tout un pan d’économie grise a émergé, qui implique aussi bien des Afghans que des Turcs, des Iraniens ou des Kurdes. « Ces réseaux travaillent comme des agences de voyages, ils proposent différents itinéraires, différentes villes d’arrivée, avec plus ou moins de confort selon le prix », explique l’universitaire. A Van, les migrants sont quasiment introuvables. « A cause de la pandémie, le gouvernement ne veut pas qu’ils soient visibles », affirme Suvat Parin, qui enseigne la sociologie à l’Université du centenaire. Les autorités turques assurent que le nombre d’illégaux ayant franchi récemment la frontière iranienne – 499 kilomètres en tout – n’a guère augmenté ces dernières semaines, contrairement à ce qu’avaient pu affirmer certains médias, soupçonnés d’avoir exagéré sciemment l’ampleur du phénomène. A la mi-juillet, 3 000 représentants des forces spéciales, policiers et militaires, ont quand même été déployés, avec beaucoup de matériel, pour mieux lutter contre les passages clandestins. Sur les routes, les points de contrôle ont été renforcés, les véhicules sont scrutés de près.
    Face à l’imminence de nouveaux flux migratoires, Ankara a récemment érigé de hauts murs en béton le long de sa frontière orientale avec l’Iran, après avoir fait de même au sud, le long d’une partie de sa frontière avec la Syrie. Une fois terminé, le mur s’étendra sur 295 kilomètres, sera bordé par de larges fossés et doté d’une centaine de tours d’observation. Mais, pour le moment, la barrière de béton n’est pas encore achevée et c’est à travers elle qu’Hossein et ses compagnons disent s’être frayé un chemin pour pénétrer sur le territoire turc.
    « La situation devient ingérable », assure Orhan Deniz, le doyen de la faculté de littérature de l’Université du centenaire à Van, qui suit de près les questions migratoires. La Turquie, qui accueille déjà 3,7 millions de Syriens et des centaines de milliers d’Afghans, n’est pas en mesure d’assumer un nouvel afflux de réfugiés. « Il ne faut pas prendre cette situation à la légère. Sans une politique intelligente à long terme, on ne va jamais s’en sortir », prévient le doyen. Idéalement, l’Union européenne, la Turquie et l’Iran « devraient pouvoir s’entendre » pour créer des infrastructures d’accueil à destination des migrants, en particulier des Afghans, dont les arrivées risquent d’augmenter dans les mois qui viennent.

    #Covid-19#migrantmigration#afghanistan#turquie#UE#iran#pandemie#sante#guerre#crise#flux#politique#sante#frontiere#mur#invisibilite

  • Comment j’essaye d’améliorer mon jugement (grâce à Julia Galef et à FLUS) - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=Sm_FgccC9dk

    Pourquoi est-ce qu’on débat et qu’on raisonne souvent comme des imbéciles ? Moi le premier ! Voyons si on peut faire mieux !

    Le service Flus : https://www.flus.fr
    The Scout Mindset de Julia Galef : https://juliagalef.com

    Détails et compléments dans le billet de blog qui accompagne la vidéo : https://scienceetonnante.com/2021/07/23/scout-mindset-flus

    #science_étonnante #jugement #julia_galef #flus

    Également, Lê de #science4all en parlait aussi récemment :
    https://www.youtube.com/watch?v=EZfNX4U63hc

    Dans son livre « The Scout Mindset », Julia Galef distingue le « mode explorateur » du « mode soldat », et présente de nombreux arguments et exemples pour conclure que le « mode explorateur » engendre beaucoup plus de bonheur et de succès que ce qu’on pourrait croire a priori.

  • #Bamako. De la ville à l’agglomération

    Longtemps perçue comme un gros village, réceptacle des migrations rurales, la capitale du Mali est devenue une métropole illustrant remarquablement la #croissance_démographique et l’#étalement spatial des grandes agglomérations ouest-africaines. Avec trois décennies de recul, ce livre-atlas met en lumière ces enjeux et les processus de renouvellement de la population bamakoise : le poids désormais décisif des #jeunes ; l’impact de #flux_résidentiels redistribuant familles et demandes de #logement au-delà du district urbain ; le déplacement des fortes #inégalités d’accès au #sol vers les #périphéries de l’agglomération.

    S’appuyant sur une combinaison de données censitaires, d’enquêtes quantitatives et d’observations recueillies jusqu’à la fin des années 2010, l’ouvrage montre comment les pratiques des habitants en matière de #logement, de migration et de #mobilité_urbaine impriment des #discriminations croissantes dans ce cadre expansif. La trajectoire de la ville se lit au fil de plusieurs générations qui ont marqué l’histoire des quartiers, densifié les lignées de propriétaires, forgé de nouveaux besoins dans les plus récents fronts de peuplement.

    Prendre le pouls de la #transition_urbaine oblige à déconstruire les visions simplistes, opposant émigration et immigration, #croissance_spontanée et #urbanisme_réglementaire, une ville « prédatrice » et une campagne « spoliée », sans pour autant négliger leurs échos dans les représentations locales et les modèles globalisés de #gouvernance_urbaine. Véritable manuel d’investigation, ce livre rappelle donc la nécessité d’une connaissance précise des cycles d’expansion urbaine et des acteurs de cette double fabrique, sociale et territoriale. Il donne à voir l’agglomération de Bamako à la fois dans sa dimension régionale et dans l’intimité de ses #quartiers.

    https://www.editions.ird.fr/produit/632/9782709928908/bamako
    #ville #géographie_urbaine #TRUST #master_TRUST #urban_matter #livre #villes #Mali #ressources_pédagogiques

  • Pénurie de nains de jardin au Royaume-Uni après les confinements successifs
    https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/04/17/penurie-de-nains-de-jardin-au-royaume-uni-apres-les-confinements-successifs_


    Les Britanniques aiment depuis le XIXe siècle placer ces petits personnages barbus au cœur de leur jardin.
    ALAIN LE BOT / PHOTONONSTOP / ALAIN LE BOT / PHOTONONSTOP

    La demande pour les biens de jardinage et les décorations d’extérieur dans le pays a considérablement augmenté, tandis que le blocage de l’« Ever-Given » dans le canal de Suez a encore retardé les livraisons.

  • L’OIM et Harvard lancent une étude sur les flux migratoires en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale | Organisation internationale pour les migrations
    https://www.iom.int/fr/news/loim-et-harvard-lancent-une-etude-sur-les-flux-migratoires-en-afrique-de-louest
    https://www.iom.int/sites/default/files/styles/highlights/public/press_release/media/mtd0053.jpg?itok=FVBLVI5c

    Genève - En collaboration avec le Centre François-Xavier Bagnoud pour la santé et les droits de l’homme de l’Université de Harvard, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) lance une étude conjointe intitulée « See migration like water : An Analysis of IOM Flow Monitoring Survey Data on Migration Flows in West and Central Africa ». Le rapport analyse les flux migratoires et les vulnérabilités des migrants lors de leurs périples à l’intérieur et au départ de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale.
    La région de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale offre de nombreux exemples de schémas migratoires dynamiques, notamment une longue histoire de flux migratoires infrarégionaux et interrégionaux divers. La complexité et l’évolution rapide des caractéristiques de la mobilité dans la région, associées à l’émergence de nouveaux défis et risques, comme la COVID-19, aggravent les risques le long des itinéraires migratoires et laissent de nombreux migrants sans protection.
    Le rapport appelle à une compréhension globale et contextualisée des vulnérabilités des migrants à travers les itinéraires migratoires les plus populaires d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale - en examinant les facteurs de risque et de protection aux niveaux individuel, familial, communautaire et structurel.L’étude est fondée sur les données du suivi des flux de la Matrice de suivi des déplacements (DTM) de l’OIM recueillies auprès de plus de 110 000 migrants, à travers 38 points de transit dans 7 pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale. En outre, des données qualitatives issues d’entretiens avec des experts menés en 2020 éclairent l’impact de la COVID-19 sur les périples des migrants et leur bien-être.
    Cette étude conjointe s’inscrit dans le cadre d’un effort plus large de l’OIM pour recueillir et diffuser des données empiriques solides sur les dynamiques et les vulnérabilités migratoires afin de soutenir les progrès vers le renforcement de la migration sûre, notamment pour soutenir la mise en œuvre du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières et réaliser les Objectifs et cibles de développement durable (ODD) liés à la migration.

    #Covid-19#migrant#migration#OIM#harvard#recherche#fluxmigratoire#sante#crisesanitaire#afriquedelouest#afriquecentrale#transit#pactemondial#bienetre#vulnerabilite