• « La #puissance ne repose plus seulement sur les territoires, les ressources ou l’armée : elle dépend de la capacité à contrôler les #flux »

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/01/la-puissance-ne-repose-plus-seulement-sur-les-territoires-les-ressources-ou-

    Selon l’historien Xavier Carpentier-Tanguy, spécialiste des mondes marins, le bras de fer autour du détroit d’Ormuz révèle l’émergence d’une « #rhéocratie », un nouvel ordre géopolitique où la puissance ne dépend plus seulement de la maîtrise des territoires mais aussi de la capacité à contrôler, sécuriser ou perturber les flux physiques et immatériels mondiaux.

  • « Sécurité, migration : Dakar et Paris scellent un pacte avant les JOJ »
    https://www.dakaractu.com/Securite-migration-Dakar-et-Paris-scellent-un-pacte-avant-les-JOJ_a273031

    « Sécurité, migration : Dakar et Paris scellent un pacte avant les JOJ »
    La France et le Sénégal entendent donner un nouvel élan à leur coopération sécuritaire, à l’approche des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) de Dakar 2026. Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a reçu pour la première fois son homologue sénégalais, Mouhamadou Makhtar Cissé, lors d’un entretien que le ministre français a qualifié de « dense ». Les deux hommes ont passé en revue l’ensemble des coopérations déjà engagées en appui à l’organisation de ce grand rendez-vous sportif, selon les mots du ministre français de l Intérieur, sur son compte Twitter.
    Nommé le 1er juin 2026 à la tête du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, dans le cadre du deuxième gouvernement formé depuis l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye, sous la primature d’Ahmadou Aminou Lô, Mouhamadou Makhtar Cissé effectue ainsi l’un de ses premiers déplacements de premier plan à l’étranger. Une première sans doute dictée par l’urgence et l’importance des prochains jeux prévus à Dakar du 31 octobre au 13 novembre 2026.
    Depuis 2022, le ministère français de l’Intérieur accompagne le Sénégal dans la sécurisation de l’événement. Fort de son expérience dans la conduite des grands rassemblements, il s’est dit pleinement engagé aux côtés de Dakar et entend faire bénéficier le Sénégal des enseignements tirés de l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024.
    Côté sénégalais, cette échéance est présentée comme un enjeu majeur. Le ministre de l’Intérieur a rappelé que la réussite des Jeux exigeait une préparation rigoureuse en matière de sûreté, de protection civile, de gestion des flux et de coordination opérationnelle, et que l’expérience française en la matière constituait un apport utile. Cette coopération, a-t-il souligné, s’inscrit dans la Vision Sénégal 2050 et dans la volonté de bâtir un pays souverain et stable, dans un environnement régional marqué par les défis sécuritaires du Sahel. Au-delà du seul volet sportif, les deux ministres ont également abordé les questions migratoires. Le Sénégal entend lutter fermement contre les filières irrégulières et les réseaux criminels qui exploitent la détresse des candidats au départ, tout en plaidant pour une approche respectueuse de la dignité humaine, fondée sur le renforcement de la mobilité régulière, la coopération consulaire, l’information des jeunes et la prévention des départs dangereux.Les deux parties ont enfin exprimé le souhait d’inscrire leur collaboration dans la durée, autour de priorités partagées, de points focaux désignés et d’un mécanisme de suivi destiné à produire des résultats concrets.

    #Covid-19#senagal#france#politiquemigratoire#sante#migrationirreguliere#mobilitereguliere#fluxmigratoire

  • L’époque Edo était plus moderne qu’on ne le pense

    https://japanization.org/lepoque-edo-etait-plus-moderne-quon-ne-le-pense

    En réduisant la modernité à la seule puissance des machines ou à la vitesse des flux, on oublie qu’elle peut aussi résider dans la capacité à #organiser la complexité, à stabiliser des systèmes urbains denses et à gérer des ressources limitées sur le long terme. Edo montre qu’une grande ville peut fonctionner avec peu d’énergie #fossile, à condition de valoriser la #réparation, de structurer des métiers dédiés au #réemploi, de maintenir des #liens étroits entre ville et campagne et d’administrer les #ressources naturelles avec constance.

    Ce n’est ni un programme politique clé en main, ni un âge d’or à célébrer. Mais à l’heure où les métropoles contemporaines redécouvrent les coûts du modèle linéaire, la fragilité des chaînes globales et la question longtemps oubliée des nutriments, l’époque Edo impose une interrogation simple, presque inconfortable : et si la modernité ne se mesurait pas seulement à la vitesse et à la croissance, mais aussi à la capacité d’un système à durer sans se défaire ?

    #Lowtech #Urbanisme #Flux

  • Les logiciels de gestion des transports occupent aujourd’hui une place centrale dans l’organisation des entreprises, qu’elles soient industrielles, commerciales ou de services. Ces outils, que l’on regroupe souvent sous le terme de transport management solutions, ou plus simplement logiciel TMS, apportent une réponse directe aux enjeux logistiques actuels : réduction des coûts, optimisation des ressources, fluidité des flux et meilleure gestion humaine.

    #entreprises, #TMS, #transport, #logistique, #services, #outils, #ressources, #flux
    https://michelcampillo.com/blog/4821.html

  • Mauritanie : l’ONG Human Rights Watch accuse les autorités de « graves violations » des droits des migrants
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/08/27/mauritanie-l-ong-human-rights-watch-accuse-les-autorites-de-graves-violation

    Mauritanie : l’ONG Human Rights Watch accuse les autorités de « graves violations » des droits des migrants
    Le Monde avec AFP
    L’ONG Human Rights Watch (HRW) accuse les autorités mauritaniennes d’avoir commis de « graves violations des droits humains » à l’encontre de migrants et de demandeurs d’asile entre 2020 et le début de 2025, dans un rapport publié mercredi.
    La Mauritanie, vaste pays désertique situé sur la côte atlantique ouest-africaine, est devenue depuis ces dernières années un point de départ pour de nombreux migrants venus de tout le continent, qui tentent de rejoindre l’Europe par la mer. Dans son rapport, HRW dénonce les accords passés entre l’Union européenne et l’Espagne avec la Mauritanie « pour externaliser le contrôle des flux migratoires », en dépit de ces violations des droits humains.
    Le rapport, qui s’appuie sur des centaines de témoignages, fait état de cas de torture, de viols, de sévices physiques, d’arrestations et de détentions arbitraires, d’extorsions ou encore d’expulsions sommaires et collectives. Les témoins interrogés accusent la police, les gardes-côtes, l’armée et la gendarmerie mauritaniennes d’être les auteurs de ces actes. Des dizaines de migrants passés par les centres de rétention mauritaniens ont décrit à HRW des « conditions et des traitements inhumains », comme le manque de nourriture, les mauvaises conditions d’hygiène et des coups infligés par les gardiens.
    Les autorités mauritaniennes ont refoulé des migrants « dans des lieux reculés le long des frontières avec le Sénégal et le Mali, où l’aide est limitée, et dans la région de Kayes, au Mali, où la situation sécuritaire met les personnes en danger », mentionne le rapport de HRW. En début d’année, une vaste campagne d’expulsions de migrants avait suscité de vives critiques en Afrique de l’Ouest, poussant des pays, comme le Mali ou le Sénégal, à exprimer leur indignation. Les autorités mauritaniennes avaient qualifié ces expulsions d’opérations de « routine » visant les personnes en situation irrégulières, sans donner de chiffres quant à leur ampleur. Récemment, plusieurs médias mauritaniens ont avancé le chiffre de 28 000 expulsions depuis le début de l’année 2025, sans que cela ait été confirmé par les autorités.
    Des milliers de migrants ont perdu la vie au cours des dernières années en tentant de rejoindre l’Europe à partir de l’Afrique, via l’archipel espagnol des Canaries, à bord d’embarcations souvent surchargées. Pour la seule année 2024, l’ONG espagnole Caminando Fronteras a établi un bilan de 10 457 personnes mortes ou disparues en mer. Les Canaries constituent la principale porte d’entrée des migrants en Espagne à partir de la côte nord-ouest de l’Afrique, malgré l’extrême dangerosité de cette route maritime. Selon le ministère espagnol de l’Intérieur, 46 843 migrants sont arrivés dans l’archipel en 2024, un chiffre dépassant largement le plus élevé jusqu’ici, établi en 2023 (39 910). Le rythme s’est nettement ralenti depuis ces derniers mois, le nombre d’arrivées dans les Canaries baissant de 46 % entre la première moitié de 2025 et la même période en 2024, selon le ministère.

    #Covid-19#migrant#migration#mauritanie#sante#droit#espagne#routemigratoire#fluxmigratoire#externalisation

  • A Tunis, Giorgia Meloni fait valoir son « modèle de coopération » en échange d’un contrôle des flux migratoires
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/08/01/a-tunis-giorgia-meloni-fait-valoir-son-modele-de-cooperation-en-echange-d-un

    A Tunis, Giorgia Meloni fait valoir son « modèle de coopération » en échange d’un contrôle des flux migratoires
    Pour la présidente du conseil italien, il s’agit d’investir dans les pays d’origine des migrants pour y améliorer les conditions de vie et garantir le « droit à ne pas émigrer ».
    Par Nissim Gasteli (Tunis, correspondance) et Olivier Bonnel (Rome, correspondance)
    Preuve que le président tunisien, Kaïs Saïed, reste le partenaire privilégié de Giorgia Meloni au sud de la Méditerranée, la présidente du conseil italien a effectué, jeudi 31 juillet, son cinquième voyage en Tunisie depuis son arrivée au pouvoir en 2022.
    Sa venue outre-Méditerranée, annoncée à la dernière minute, a permis aux deux parties de vanter l’« excellent niveau de coopération » entre Rome et Tunis, en particulier dans le « domaine de la migration » et de la « lutte contre les réseaux criminels de trafiquants d’êtres humains », a fait savoir sur le réseau social X Mme Meloni, qui ne cesse de renforcer la politique africaine de l’Italie, notamment à la faveur du recul de la France sur le continent.
    A Tunis, la dirigeante italienne a passé en revue les avancées de son plan Mattei, pierre angulaire de cette politique. Baptisé du nom du fondateur du géant des hydrocarbures ENI, Enrico Mattei, ce vaste plan était décrit, dans son programme de campagne pour les élections législatives de 2022, comme un moyen de « promouvoir un modèle italien d’investissements et de coopération au développement, respectueux de l’environnement et des peuples », en échange d’un contrôle strict des flux migratoires, obsession de l’extrême droite italienne.
    L’idée est d’investir dans les pays d’origine des exilés pour y améliorer les conditions de vie et garantir le « droit à ne pas émigrer », selon une formule de la présidence du conseil, qui vante un partenariat « d’égal à égal ». « Beaucoup d’observateurs ne cachaient pas leur scepticisme quand le plan a été lancé », en janvier 2024, en présence de 26 pays du continent africain et de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, souligne Giovanni Carbone, responsable du programme Afrique à l’Institut pour les études de politique internationale de Milan.
    Kaïs Saïed, lui, y a au contraire adhéré, fort de sa proximité idéologique avec Giorgia Meloni sur la nécessité de lutter contre la migration – la Tunisie a d’ailleurs été épinglée pour violences et atteinte aux droits humains contre les migrants.
    Moyennant la signature d’un partenariat stratégique avec l’Union européenne, doté d’une enveloppe de 250 millions d’euros d’aide et d’une assistance italienne de plus de 105 millions d’euros de crédit pour soutenir les petites et moyennes entreprises tunisiennes, entre autres, Giorgia Meloni a obtenu de son homologue tunisien un contrôle accru de la frontière maritime qui sépare les deux pays. Résultat : entre juillet 2023 et juillet 2025, les arrivées de migrants en Italie venant de la Tunisie ont chuté de 95 %.
    Pour étendre ses efforts, le gouvernement italien a annoncé, fin juin, 5,5 milliards d’euros d’investissements destinés à neuf pays pilotes du continent africain, devenus quatorze depuis, qui inclut les pays du Maghreb, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Kenya et l’Ethiopie. « Aujourd’hui, le plan Mattei correspond à quelque chose de plus concret, qui mobilise acteurs privés et publics », poursuit Giovanni Carbone. Avec des limites : le ministère italien des finances n’a jusqu’ici accordé des garanties que pour 2 milliards d’euros, l’illustration d’une mise en place encore difficile sur le terrain.
    Pour le chercheur, le plan Mattei a surtout instauré « un nouveau narratif italien sur l’Afrique et démontré une implication personnelle de Giorgia Meloni ». La dirigeante italienne se montre proactive. Lors de la visite à Rome du président algérien, Abdelmadjid Tebboune, mercredi 23 juillet, les deux pays ont signé une quarantaine d’accords bilatéraux, dont la construction à Sidi Bel Abbès d’un centre Enrico-Mattei consacré à la recherche et à l’innovation agricole. Quatre jours plus tard, à l’occasion du deuxième sommet de l’ONU sur les systèmes alimentaires qu’elle a coprésidé avec le premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, Giorgia Meloni a réaffirmé son engagement à « soutenir l’autosuffisance » du continent africain. A cette occasion, l’Italie et l’Ethiopie ont signé plusieurs accords de coopération, notamment dans le secteur agricole.
    Mais la stratégie a néanmoins de fortes limites, selon le chercheur Giovanni Carbone : « Le plan souffre d’un grand manque de transparence, on ne sait pas comment sont sélectionnés les projets, or ils mobilisent de l’argent public. » Une zone d’ombre entoure aussi la délicate question migratoire. « Il y a une ingénuité italienne qui veut croire qu’aider au développement en Afrique fera cesser les migrations, mais la question est beaucoup plus complexe », note le chercheur. Par ailleurs, l’externalisation progressive du contrôle des frontières aux pays du sud de la Méditerranée, au prix de violences à l’encontre des migrants, place Rome, et par extension l’Europe, dans une position de dépendance vis-à-vis de ces Etats.

    #Covid-19#migrant#migration#tunisie#italie#politiquemigratoire#fluxmigratoire#frontiere#developpement#sante

  • En Mauritanie, le premier ministre espagnol vante les bienfaits de l’immigration
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/07/17/en-mauritanie-le-premier-ministre-espagnol-vante-les-bienfaits-de-l-immigrat

    En Mauritanie, le premier ministre espagnol vante les bienfaits de l’immigration
    Le Monde avec AFP
    Le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a vanté, mercredi 16 juillet à Nouakchott, les bienfaits de l’immigration, qui a contribué aux « progrès et à la bonne situation économique » de son pays, tout en souhaitant qu’elle soit « régulière et ordonnée ». M. Sanchez effectue actuellement une visite en Mauritanie, pays de la côte Atlantique ouest-africaine, qui sert de point de départ à de nombreux migrants venus de tout le continent pour tenter de rejoindre l’Europe clandestinement en entreprenant un périlleux voyage en mer en quête d’un avenir meilleur.
    Dans une déclaration à la presse à Nouackchott, en présence du président mauritanien, Mohamed Ould Ghazouani, Pedro Sanchez a évoqué le « développement des pays qui sont aujourd’hui les destinataires [des flux migratoires] comme l’Espagne », qui a été un pays d’émigration. « Aujourd’hui, les progrès et la bonne situation économique de l’Espagne doivent beaucoup à l’apport de l’immigration, à ces personnes venues y développer leur projet de vie », a-t-il dit. Il s’est dit favorable à une coopération « avec des pays comme la Mauritanie », mais pour « garantir une migration sûre, régulière, ordonnée, qui profite mutuellement à nos sociétés ».
    Mohamed Ould Ghazouani, s’exprimant en arabe, a salué la coopération entre les deux pays et « apprécié l’engagement du gouvernement espagnol à défendre les causes justes et à promouvoir la paix et la sécurité aux niveaux régional et international ». Cette visite a permis de discuter avec Pedro Sanchez de « questions vitales d’intérêt commun, notamment les défis de la sécurité, du développement, de la migration et des perspectives de coopération dans le domaine des énergies », a-t-il ajouté. Les délégations mauritanienne et espagnole ont, par ailleurs, signé quatre accords dans les domaines des transports et des infrastructures, de la sécurité sociale, de la cybersécurité et des parcs nationaux, selon un communiqué du gouvernement espagnol.
    M. Sanchez avait effectué à la fin d’août 2024 une tournée dans trois pays ouest-africains, dont la Mauritanie, pour aider au développement de la « migration circulaire », c’est-à-dire l’envoi en Espagne de travailleurs formés en fonction des besoins de l’économie espagnole. Nouakchott et Madrid s’étaient alors mis d’accord pour gérer ensemble les flux migratoires.
    Des milliers de migrants ont perdu la vie ces dernières années en tentant de rejoindre l’Europe au départ de l’Afrique, via l’archipel espagnol des Canaries, à bord d’embarcations souvent surchargées. Pour la seule année 2024, l’ONG espagnole Caminando Fronteras a établi un bilan de 10 457 personnes mortes ou disparues en mer. Après une année record en 2024, marquée par l’arrivée de 46 843 migrants aux Canaries, le rythme s’est nettement ralenti ces derniers mois, avec 10 882 arrivées entre janvier et la mi-mai, soit une baisse de 34,4 % par rapport à la même période l’année précédente, selon le ministère de l’intérieur.

    #Covid-19#migrant#migration#mauritanie#espagne#politiquemigratoire#migrationreguliere#fluxmigratoires#sante#migrationcirculaire

  • François Bayrou réunit un comité interministériel de contrôle de l’immigration, sur fond de tensions entre Paris et Alger
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/02/26/francois-bayrou-reunit-un-comite-interministeriel-de-controle-de-l-immigrati

    François Bayrou réunit un comité interministériel de contrôle de l’immigration, sur fond de tensions entre Paris et Alger
    Le Monde avec AFP
    Pour débattre des moyens visant à « reprendre le contrôle des flux migratoires » et définir ses « orientations » en la matière, François Bayrou réunit, mercredi 26 février, une partie de son gouvernement, divisé sur le sujet, sur fond de tensions croissantes avec Alger.
    A partir de 14 heures, une dizaine de ministres seront rassemblés autour du premier ministre pour un comité interministériel de contrôle de l’immigration (CICI). Ils discuteront notamment de « la maîtrise des flux migratoires » et des moyens « nationaux, européens et diplomatiques pour renforcer les contrôles », a appris l’Agence France-Presse auprès de Matignon. A l’issue de ce premier échange, prévu pour une heure, François Bayrou prendra la parole, selon la même source.
    Les ministres de l’intérieur, Bruno Retailleau, des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, de la santé et du travail, Catherine Vautrin, du travail, Astrid Panosyan-Bouvet, de la justice, Gérald Darmanin, et de la santé, Yannick Neuder, entre autres, aborderont également la transposition du pacte européen sur la migration et l’asile – adopté en mai et censé entrer en vigueur mi-2026 –, qui prévoit un durcissement du « filtrage » aux frontières et un mécanisme de solidarité entre les Vingt-Sept.
    Créé en 2005, le CICI a été réactivé par M. Retailleau « dans le contexte d’une immigration importante » et « pour répondre aux attentes des Français en faveur d’une plus grande maîtrise des flux migratoires », par un décret du 22 janvier. Annoncé à la fin de janvier puis reporté, ce rendez-vous se tiendra finalement après l’attaque survenue samedi à Mulhouse (Haut-Rhin), pour laquelle un Algérien de 37 ans en situation irrégulière est accusé d’avoir tué à l’arme blanche une personne et d’en avoir blessé sept autres.
    « Il avait été présenté dix fois aux autorités algériennes pour que son pays d’origine accepte que nous le renvoyions chez lui. Les dix fois, la réponse a été non », a dénoncé lundi François Bayrou, qui juge « inacceptable » le refus d’Alger de reprendre son ressortissant, sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF).
    Cette nouvelle affaire vient aggraver un peu plus les tensions entre Paris et Alger, qui a refusé à de multiples reprises ces dernières semaines de laisser entrer sur son sol plusieurs de ses ressortissants expulsés de France.
    La question algérienne devrait être au menu des discussions du CICI. Plusieurs solutions ont été évoquées ces dernières semaines, mais elles divisent profondément le gouvernement entre les partisans du « rapport de force », à l’instar de Bruno Retailleau, et ceux de la voie diplomatique, comme Jean-Noël Barrot.Ainsi, le ministre de l’intérieur a récemment plaidé pour « priver un certain nombre de personnalités de la nomenklatura, de diplomates » des « facilités » dont ils bénéficient actuellement. Le chef de la diplomatie, Jean-Noël Barrot, a annoncé, mercredi sur France 2, qu’il allait proposer que les délivrances de visas soient réduites « par tous les pays européens en même temps » pour les Etats qui ne reprennent pas leurs ressortissants expulsés. « Quand on le fait à titre national, malheureusement ça ne fonctionne pas », a-t-il plaidé. (...)
    Le ministre de l’intérieur est allé plus loin en suggérant, comme Edouard Philippe et Gabriel Attal, de « remettre en cause de façon plus générale [l’]accord » avec l’Algérie de 1968. « La question n’est pas forcément d’être aussi abrupt que ça, mais en tout cas la question doit être posée aux Algériens de la réciprocité », a jugé, mardi, Marc Fesneau (chef de file des députés MoDem et proche du premier ministre), sur France 2. « Nous avons tendu beaucoup de fois la main auprès de nos amis algériens, et beaucoup de fois cette main n’a pas été saisie », a-t-il encore relevé, en ajoutant qu’« il faut peut-être changer de registre et de braquet ». « Dire “j’arrête les visas pour un pays donné”, ça ne fonctionne pas », a, à l’inverse, insisté dimanche Jean-Noël Barrot. « Lorsqu’on a réduit les visas, on était à 800 » expulsions par an, mais « lorsqu’on a engagé une coopération exigeante, on a multiplié par trois les expulsions », a-t-il illustré.

    #Covid-19#migrant#migration#france#algerie#OQTF#visas#fluxmigratoires#CICI#accordmigratoire#sante

  • Royaume-Uni : près de 37 000 migrants ont traversé la Manche en 2024 - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/62009/royaumeuni--pres-de-37-000-migrants-ont-traverse-la-manche-en-2024

    Royaume-Uni : près de 37 000 migrants ont traversé la Manche en 2024
    Par La rédaction Publié le : 02/01/2025
    En 2024, 36 816 personnes ont débarqué au Royaume-Uni après une dangereuse traversée de la Manche depuis les côtes françaises. C’est 25 % de plus qu’en 2023, malgré la volonté affichée du gouvernement britannique de freiner l’immigration illégale.
    C’était l’un des enjeux de la campagne électorale du travailliste Keir Strarmer au printemps dernier : faire baisser drastiquement l’immigration illégale. Mais 2024 a donné tort au Premier ministre britannique. Sur l’ensemble de cette année, 36 816 migrants ont atteint les côtes anglaises après avoir traversé la Manche depuis la France. Soit 25 % de plus qu’en 2023, selon les chiffres du Home Office, équivalent du ministère britannique de l’Intérieur, publiés le 1er janvier.
    Ce chiffre est toutefois en deçà du record atteint en 2022, avec 45 774 arrivées.Les données complètes sur la nationalité des personnes arrivées au Royaume-Uni seront publiées ultérieurement, mais entre septembre 2023 et septembre 2024, leurs principaux pays d’origine étaient l’Afghanistan, l’Iran, la Syrie, le Vietnam et l’Érythrée.
    Selon la préfecture du Pas-de-Calais, au moins 5 800 personnes ont par ailleurs été secourues en mer en 2024 côté français, et plus de 870 tentatives de traversée ont été empêchées par les forces de l’ordre déployées sur le littoral.Afin de gagner le Royaume-Uni, les migrants versent des milliers d’euros à des passeurs pour s’entasser sur de précaires embarcations pneumatiques. Depuis plusieurs mois, les associations présentes dans le nord de la France dénoncent des montées à bord toujours plus chaotiques. Les causes sont nombreuses : canots surchargés, bousculades, violences de la part des forces de l’ordre françaises pour empêcher les départs.
    Certains exilés, qui n’ont pas les moyens de payer la traversée, tentent également de « pirater » les embarcations et profitent de la cohue de l’embarquement pour se faire une place. Une option très périlleuse : les migrants « peuvent se faire écraser, mais aussi subir la violence des ‘hommes de main’ des passeurs, présents au moment des mises à l’eau », a expliqué à InfoMigrants Feyrouz Lajili, coordinatrice de Médecins sans frontières (MSF) à Calais.
    Résultat, les décès survenus sur cette route migratoire n’ont jamais été si nombreux. Au moins 76 personnes sont mortes noyées ou étouffées, faisant de 2024 l’année la plus meurtrière sur cette voie migratoire. Le 30 décembre encore, le corps d’un exilé a été repêché sur une plage de Sangatte, au lendemain du décès dans la même zone de trois hommes qui avaient tenté la traversée de la Manche.
    Depuis son arrivée au pouvoir en juillet 2024, le Premier ministre Keir Starmer est revenu sur le projet controversé d’expulsions des demandeurs d’asile vers le Rwanda. Mais il a promis dans le même temps de renforcer la lutte contre les réseaux de passeurs, qu’il entend traiter « comme des terroristes ». Le gouvernement a ainsi mis sur pied un nouveau centre de commandement dédié à la « sécurité des frontières » et a renforcé sa coopération avec ses partenaires européens, dont Europol. Objectif : traquer ces groupes criminels aux activités souvent transnationales.
    En décembre, Keir Starmer a également signé des plans d’action conjoints avec l’Irak et l’Allemagne. Ils ont fait suite à des accords de coopération établis avec d’autres pays sous les conservateurs, dont la France en mars 2023. Il prévoit le versement de plus de 500 millions d’euros sur quatre ans à la France pour militariser davantage la frontière maritime. Dans sa communication, le Premier ministre travailliste met également en avant l’augmentation des renvois de migrants vers leur pays d’origine. Près de 29 000 personnes ont été expulsées du Royaume-Uni entre janvier 2024 et début décembre, soit 25 % de plus qu’en 2023 et un niveau inégalé depuis 2017, selon l’Observatoire des migrations, un centre de recherche de l’université d’Oxford.
    Malgré ces mesures, sur le littoral français, des milliers de migrants continuent d’affluer en attendant de prendre la mer. Dawet, un Éthiopien de 28 ans rencontré par InfoMigrants en novembre sur le camp de Loon-Plage, n’avait pourtant jamais envisagé de s’installer au Royaume-Uni. Après quatre années passées en Libye, le jeune homme a rejoint l’Italie puis les Pays-Bas en 2021, où il a demandé l’asile. « Dubliné », il doit alors attendre un an et demi pour que son dossier soit traité. Mais il n’a jamais obtenu de réponse. Résigné, Dawet a donc fait route vers la France, pour prendre à nouveau la mer. « L’Angleterre, c’est ma dernière chance ».

    #Covid-19#migrant#migration#royaumeuni#routemigratoire#immigration#migrationirreguliere#manche#mortalite#fluxmigratoire#sante

  • Paradoxe des flux de capitaux: et si les pays riches étaient financés par les pays émergents [2021]
    https://www.swissinfo.ch/fre/politique/paradoxe-des-flux-de-capitaux-et-si-les-pays-riches-%c3%a9taient-financ%c3%a9s-par-les-pays-%c3%a9mergents/46991792

    La publication [de la CNUCED] montre que le montant total des #flux_financiers qui sortent des #pays_en_développement excède largement ceux qui y entrent depuis les pays riches (l’#aide_au_développement, mais aussi les #investissements_directs_étrangers ou encore les flux commerciaux).

    Ce phénomène « contredit les théories économiques néoclassiques, selon lesquelles les capitaux devraient naturellement circuler des pays riches vers les pays déficitaires en capital », explique Rachid Bouhia. « Il montre aussi que certains modèles de développement mis en avant ces dernières décennies, non seulement n’ont pas marché, mais ont créé beaucoup de vulnérabilité. »

    Les fuites de capitaux résultent de plusieurs facteurs, mais sont particulièrement liées à « la fragilité financière inhérente à l’#endettement extérieur des pays en développement », relève la publication.

    Incités à s’endetter envers l’étranger pour se développer, certains pays ont atteint des niveaux de dettes très élevés, qui les entraînent dans une spirale : les paiements d’intérêts et de transferts de bénéfices l’emportent sur les revenus.

    Les statistiques de l’ONG britannique Jubilee Debt Campaign, qui milite pour une annulation de la #dette des pays du Sud, montrent que la part de leur revenu consacrée au paiement de la dette extérieure est en hausse. Elle avoisine par exemple les 60% au Gabon et 46% en Angola, contre 3 à 4% dans la plupart des pays d’Europe occidentale et 0,4% en Suisse.

    Rachid Bouhia évoque aussi le déficit de la #balance_commerciale dans beaucoup de pays émergents – qui importent davantage qu’ils n’exportent, ou exportent des #matières_premières dont les cours fluctuent fortement.

    « De nombreux pays n’ont pas réussi à développer une industrie suffisante pour pouvoir exporter vers les pays développés et sont restés coincés dans des ‘trappes à pauvreté’ », explique l’économiste.

    Autre élément encore : « pour se prémunir des risques, les pays en développement se sont lancés dans une course à accumuler des monnaies étrangères, en particulier du dollar », ce qui correspond à une sortie de capitaux pour le pays qui achète, et à une entrée pour le pays qui fabrique la devise.

    Le déficit cumulé pour les pays en développement entre 2000 et 2017 serait ainsi proche des 11’000 milliards de dollars, 500 milliards de dollars pour la seule année 2017 (plus du triple de l’APD totale cette année-là).

    Et il ne s’agit que des chiffres officiels, qui ne prennent pas en compte les flux financiers illicites (#FFI, ajoutés à titre indicatif sur le graphique de la CNUCED). Ces derniers recouvrent en partie les transactions criminelles, le blanchiment d’argent, l’évasion fiscale, etc. mais, surtout, du commerce licite « qui n’est pas facturé correctement (…) dans une optique d’optimisation fiscale », explique le professeur à l’IHEID Gilles Carbonnier.

    #impérialisme

  • Négociation urbaine à la gare de l’Est : dimensions technique et matérielle d’un compromis d’aménagement
    https://metropolitiques.eu/Negociation-urbaine-a-la-gare-de-l-Est-dimensions-technique-et-mater

    Comment se négocient les choix d’aménagement dans le hall d’une grande gare parisienne ? Le sociologue Thomas Moroni a observé les négociations à l’œuvre entre gestionnaires des #flux de voyageurs et acteurs commerciaux à l’occasion de la transformation de la gare de l’Est. Depuis l’inauguration en 2012 du centre commercial de la gare Saint-Lazare, les commerces en gare se sont multipliés (Riot 2015). À sa création en 2009, le gestionnaire des #gares ferroviaires françaises Gares & Connexions (G&C) #Terrains

    / gares, #aménagement, flux, #conception, #négociation, mobilité, #Paris, #transports_collectifs

    #mobilité
    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_moroni.pdf

  • Comment les politiques migratoires s’obstinent à penser à la mauvaise échelle

    Entre l’image médiatique et politique de l’État-nation comme une forteresse assiégée que les politiques migratoires viseraient à protéger, et une vieille tradition de « nationalisme méthodologique » chez les géographes, les projets migratoires ont tardé à être pensés depuis le sens qu’ils ont.

    Ce que l’on s’imagine

    Les politiques migratoires, telles qu’elles sont débattues au Parlement, à la faveur de nouvelles lois, ont un effet sur les dynamiques migratoires. Et aussi que la France sera davantage une destination privilégiée par les migrants si elle ne s’équipe pas de dispositifs plus répressifs.

    Toutefois, les spécialistes des migrations montrent au contraire que c’est une fausse évidence de croire qu’un gouvernement aurait la main pour freiner, voire endiguer, les flux migratoires. Ou encore que des politiques de frontières plus strictes, et des conditions d’accueil plus dures, ne font pas plus reculer les dynamiques migratoires qu’elles ne les dévient. Trente ans d’études migratoires, en géographie notamment, dévoilent plutôt qu’il n’y a pas d’incidence des lois et des démonstrations de force politiques, sur le projet des gens qui partent de chez eux. Ce n’est pas en réprimant davantage qu’on fera reculer les flux migratoires, et la géographie montre même que figer les migrants dans un accueil plus répressif, et un statut clandestin, a même plutôt tendance à les figer sur place, alors que dans la vraie vie, les dynamiques migratoires sont loin de s’en tenir à un pays, un objectif. Pour la géographe Camille Schmoll, si huit millions de femmes ukrainiennes ont rallié l’Europe de l’Ouest depuis le début de la guerre en Russie, ce n’est pas parce que la France leur offrirait de meilleures conditions de séjour, ou un idéal.

    Les études académiques sur les phénomènes migratoires identifient divers leviers derrière le projet migratoire. Ces leviers sont variés, de la nécessité économique, aux discriminations, en passant par des guerres ou des motifs religieux. En géographie, on appelle cela les « facteurs push ». Avec un point commun : aucun de ces « facteurs push » n’a trait à ce que proposerait un État-nation qui dès lors a tort de penser le phénomène depuis sa propre échelle, et ses manières de légiférer.

    Longtemps, les géographes aussi ont fait preuve de « nationalisme méthodologique », c’est-à-dire cette tendance à penser le phénomène à l’échelle nationale. Depuis que le tournant qui s’est opéré à mesure que les politiques des frontières se durcissaient, on prend plutôt en charge dans le champ scientifique l’échelle transnationale. C’est dans ce cadre-là qu’ont émergé les trajectoires individuelles comme une grille de lecture du phénomène. Mais aujourd’hui, pour la géographe Camille Schmoll, notamment en charge d’un cours sur la méthodologie des migrations, à l’EHESS, à Paris, il faut aller plus loin et mieux penser le sens que les uns et les autres donnent à leur projet migratoire dans un cadre relationnel et collectif. La chercheuse parle d’une « autonomie en tension » dans la mesure où il ne s’agit pas seulement d’une puissance d’agir qui s’affirmerait dans le fait de quitter son pays, mais plutôt d’une dynamique qu’elle décrit comme profondément relationnelle, qui fait la part belle à divers collectifs auxquels migrants et migrantes appartiennent selon d’où ils viennent, la route qu’ils auront empruntée, les hébergements et les stratégies qu’ils auront trouvés en chemin, et les communautés dont ils sont issus. C’est par exemple cet effet de la diaspora qu’il faut absolument avoir en tête pour penser plus justement ce qui peut pousser quelqu’un à risquer sa vie en traversant la Manche alors même qu’il est déjà arrivé en France.

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/va-savoir/comment-les-politiques-migratoires-s-obstinent-a-penser-a-la-mauvaise-ec
    #fausse_évidence #frontières #fermeture_des_frontières #répression #flux_migratoire #durcissement_des_politiques_migratoire #politiques_migratoires #dynamiques_migratoires #accueil #conditions_d'accueil #facteurs-push #échelle #méthodologie #nationalisme_méthodologique #nationalisme #idées_reçues #stéréotypes #Camille_Schmoll #autonomie_en_tension #diaspora

    via @karine4

  • Tunisie : Kaïs Saïed, l’allié embarrassant de la politique migratoire européenne, prêt à sa réélection
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2024/10/01/tunisie-kais-saied-l-allie-embarrassant-de-la-politique-migratoire-europeenn

    Tunisie : Kaïs Saïed, l’allié embarrassant de la politique migratoire européenne, prêt à sa réélection
    Par Nissim Gasteli (Tunis, correspondance)
    Quelques planches de bois éparpillées sur le sol et des bâches déchirées : il ne reste plus grand-chose de la cabane qui servait d’abri de fortune à Ibrahim (un prénom d’emprunt) et ses proches. Le camp de migrants, comme il en existe de nombreux dans les environs de la bourgade d’El-Amra sur le littoral de l’est de la Tunisie, où ce Sierra-Léonais de 29 ans s’est installé depuis environ dix mois, a été balayé au cours du mois de septembre par de fortes pluies.Les quelques centaines d’hommes, de femmes et d’enfants originaires de plusieurs pays d’Afrique anglophone, qui vivaient déjà dans des conditions d’insalubrité, sans eau courante, sans électricité et sans sanitaires, ont presque tout perdu. Ils n’ont même plus de quoi manger. « Quelques Tunisiens ont de l’empathie et nous donnent un peu de nourriture, mais c’est très rare, déplore Ibrahim. Notre vie est misérable ici. »
    La terre est encore humide en ce jour de la mi-septembre. Il n’y a, à l’horizon, que des oliviers. A l’est, une vaste plage s’ouvre sur la mer et l’espoir qu’elle représente. « Nous voulons juste partir ! Nous ne sommes pas venus pour nous installer ici mais pour rejoindre l’Italie », soutient Ibrahim. Mais la forte présence policière, sur terre comme en mer, complique cette échappée vers l’Europe.Les corridors migratoires, qui sillonnent le continent africain et convergent vers l’île italienne de Lampedusa, située à seulement une centaine de kilomètres, butent désormais sur le dispositif sécuritaire mis en place grâce à un accord signé le 16 juillet 2023 entre le président Kaïs Saïed et ses partenaires européens. Depuis début 2024, les arrivées en Italie en provenance de la Tunisie ont chuté de 82 % selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.
    Alors que M. Saïed apparaît comme le grand favori du scrutin présidentiel prévu le 6 octobre, au cours duquel seuls deux candidats – dont l’un est emprisonné – lui seront opposés, l’Union européenne (UE) peine à adopter une position claire face au glissement autoritaire du chef de l’Etat tunisien.
    Dans une note diffusée le 7 juillet aux vingt-sept ministres des affaires étrangères, que Le Monde s’est procurée, le service diplomatique européen s’inquiète, entre autres, d’une « nette détérioration du climat politique et un espace civique qui se rétrécit » avec près de « trente politiciens, activistes, journalistes, avocats et hommes d’affaires arrêtés », d’un « régime unipersonnel avec un système politique présidentiel hautement centralisé » et du « traitement des migrants, des demandeurs d’asile et des réfugiés [qui] suscite une préoccupation croissante ».
    Depuis que M. Saïed s’est approprié l’ensemble des pouvoirs le 25 juillet 2021, en démantelant les institutions démocratiques et en réprimant sévèrement ses opposants, ses partenaires européens montrent de l’embarras. Mais leur préoccupation a rapidement été dépassée par une autre urgence lorsque, début 2023, la Tunisie est devenue le premier point de départ de migrants irréguliers à destination de l’Europe.
    Pour juguler les arrivées sur son territoire, la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, a noué une relation privilégiée avec M. Saïed, ponctuée de quatre visites en Tunisie, où elle a soigneusement évité d’aborder la question des droits humains et des libertés individuelles. Ce sont ces voyages qui ont débouché sur la signature en juillet 2023 du mémorandum d’entente entre l’UE et la Tunisie. Etaient alors aussi présents la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le premier ministre néerlandais, Mark Rutte.
    L’accord, assorti d’environ 260 millions d’euros d’aides, qui scelle un partenariat politique et économique sonstruit autour de cinq axes dont la migration, a-t-il convaincu la Tunisie de reprendre en main le contrôle, presque inexistant jusque-là, de sa frontière maritime ? Bien qu’il ait maintes fois affirmé que la Tunisie ne sera pas le « garde-frontière » de l’Europe et qu’elle ne sera ni « une terre de transit ni une terre d’accueil pour les migrants », M. Saïed a tenu les objectifs du mémorandum.« Kaïs Saïed a un langage électoraliste et populiste, destiné à ses partisans, à travers lequel il affirme sa souveraineté vis-à-vis des Européens. Mais, derrière, il signe avec eux », analyse Ghazi Ben Ahmed, président du groupe de réflexion Mediterranean Development Initiative (MDI) et auteur de Echos de Tunisie : populisme, transition et espoirs de démocratie (éd. L’Harmattan, 2024).
    « Avec la migration, son objectif est simple : réduire la pression de ses partenaires européens et, de fait, c’est ce qui se passe aujourd’hui car il ne reçoit que très peu de critiques publiques », observe pour sa part l’analyste politique Hatem Nafti, auteur de Notre ami Kaïs Saïed, essai sur la démocrature en Tunisie (éd. Riveneuve, 2024).
    La réduction des flux migratoires s’est faite pourtant au prix d’un coût humain très élevé. Des milliers de personnes ont été abandonnées dans le désert au cours de vastes campagnes d’expulsions et au moins vingt-neuf personnes en sont mortes, selon une enquête du Monde et de ses partenaires de Lighthouse Reports, publiée en mai 2024. Ces pratiques valent aujourd’hui à Tunis une demande d’enquête pour de « potentiels crimes contre l’humanité », déposée mardi 24 septembre devant la Cour pénale internationale (CPI) par un collectif lié à l’opposition tunisienne.
    Par ailleurs, la ville portuaire de Sfax, dans le centre-est du pays, a été vidée de la majorité de ses migrants subsahariens par les forces de l’ordre tunisiennes qui ont procédé à de nombreux refoulements vers la région d’El-Amra, abandonnant des centaines de personnes comme Ibrahim dans une plus grande précarité, tout en empêchant l’aide d’associations et d’activistes locaux. Ces derniers sont « constamment surveillés », dénonce un membre de la société civile sfaxienne qui préfère conserver l’anonymat par peur des autorités.
    Des dirigeants d’organisations non gouvernementales (ONG) ont été arrêtés en mai alors que certaines de leurs structures recevaient des financements de l’UE. Le mémorandum d’entente « n’implique pas la société civile tunisienne, regrette la source précédemment citée. Nos partenaires européens ont opté pour un accord qui vient ériger Kaïs Saïed en joueur incontournable pour fermer les frontières européennes et renforcer son appareil sécuritaire, celui-là même qui réprime la population locale ». L’Union européenne est bien consciente de la dérive autoritaire du chef de l’Etat tunisien mais craint plus encore une rupture qui pourrait l’amener à privilégier d’autres alliés, comme la Russie, la Chine et l’Iran, avec lesquels il a déjà multiplié les contacts au cours de son premier mandat. Dès lors, préserver le partenariat euro-tunisien, estime le service diplomatique européen dans sa note interne, « impliquera de trouver un équilibre de plus en plus difficile entre la crédibilité de l’UE en termes de valeurs et son intérêt à rester engagé de manière constructive avec les autorités tunisiennes ».

    #Covid-19#migration#migrant#tunie#UE#italie#droit#accordmigratoire#fluxmigratoire#corridormigratoire#securité#violence#sante

  • Espagne : malgré des arrivées record aux Canaries, les migrants ne traversent pas massivement la frontière française - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/60212/espagne--malgre-des-arrivees-record-aux-canaries-les-migrants-ne-trave

    Espagne : malgré des arrivées record aux Canaries, les migrants ne traversent pas massivement la frontière française
    Par Charlotte Boitiaux Publié le : 27/09/2024
    Alors que les Canaries espagnoles sont confrontées à une explosion des arrivées depuis les côtes ouest-africaines, les flux migratoires à la frontière franco-espagnole stagnent. La France, voisine de l’Espagne, ne semble pas attirer les migrants subsahariens débarqués sur l’archipel.
    Depuis le début de l’année 2024, les Canaries espagnoles sont confrontées à une explosion des arrivées de migrants subsahariens venus par la route de l’Atlantique. Entre le 1er et le 15 septembre, 26 700 exilés ont débarqué sur l’archipel espagnol. Un chiffre qui augmente de 85% par rapport à celui de 2023 quand 14 400 personnes avaient été enregistrés sur la même période – avant d’atteindre le nombre record de 40 000 arrivées à la fin de l’année.
    Ces arrivées jugées massives par Madrid ont-elles un impact sur les flux migratoires français, pays voisin et frontalier de l’Espagne ? Sans aucun doute, répond la préfecture des Pyrénées Atlantiques, dans l’extrême sud de la France, contactée par InfoMigrants. « Les arrivées sur le territoire espagnol ont nécessairement une incidence sur le nombre de franchissements illégaux de la frontière des Pyrénées-Atlantiques ».
    Pourtant, les chiffres français n’explosent pas : 4 200 migrants ont été arrêtés depuis le début de l’année à la frontière franco-espagnole, selon la préfecture. C’est moitié moins que le total des interpellations frontalières en 2023, où 8 400 personnes en situation irrégulière ont été stoppées à la douane. Aucune entrée massive n’a donc été enregistrée ni en 2023, ni en 2024.
    Différents facteurs peuvent expliquer cette situation « dont le nombre de fonctionnaires mobilisés [...] ou le régime juridique applicable, qui a été complexifié par la décision du Conseil d’État du 2 février dernier [qui rappelle que les refoulements systématiques aux frontières sont interdits, ndlr] », avance les Pyrénées-Atlantiques.
    Et surtout, les migrants souhaitent peut-être rester en Espagne. « La proposition de régularisation massive actuellement à l’étude [dans le pays] et les besoins saisonniers en main-d’œuvre en Espagne ont pu avoir notamment un effet de stagnation des migrants en Espagne », continue la préfecture.
    En effet, Madrid planche actuellement sur un projet de loi qui, s’il est adopté par un vote final, permettra la régularisation d’un demi-million de migrants en situation irrégulière dans le pays. Il est en ce moment discuté au Congrès après avoir reçu les feu vert des députés.Le pays dirigé par Pedro Sanchez attire aussi de nombreux saisonniers étrangers – même si les conditions de vie et de travail sont déplorables et critiquées par les ONG dans le pays. Mais une loi passée en 2022 permet aujourd’hui de régulariser les travailleurs sans papiers. S’ils sont présents dans le pays depuis deux ans, ils peuvent entamer des démarches pour obtenir un titre de séjour de 12 mois et travailler dans les secteurs en tension (agriculture, restauration, construction…).
    Les conditions d’obtention d’un visa saisonnier, évoquées par la préfecture française, ont aussi été amendées. Le document permet désormais à un étranger de travailler jusqu’à neuf mois par an en Espagne, avec obligation de rentrer dans son pays après chaque saison de récolte. Au bout de quatre années, si les migrants remplissent toutes les conditions demandées, ces derniers peuvent demander un permis de travail et de séjour de deux ans.
    De l’autre côté de la France, dans la région transalpine cette fois à la frontière franco-italienne, le constat est le même. Les arrivées de migrants en situation irrégulière n’ont pas bondi. Le col de Montgenèvre par exemple, devenu l’un des principaux points de passage de migrants entre l’Italie et la France, n’enregistre pas d’afflux inédit d’exilés.
    « Depuis le 1er janvier [jusqu’au 20 septembre 2024], 2 689 individus en situation irrégulière ont été interceptés à la frontière contre 3 249 l’année dernière sur la même période parmi lesquels 907 individus se déclarant mineurs non accompagnés contre 496 l’an dernier », ? répond la préfecture des Hautes-Alpes, contactée par InfoMigrants. Un chiffre en baisse, même. Une diminution qui s’explique, entre autres, par une réduction des flux migratoires italiens : 45 000 migrants sont arrivés à Lampedusa depuis le début de l’année contre 132 000 en 2023 à la même période. « Les personnes en situation irrégulière proviennent essentiellement de l’Italie. Par conséquent, nos flux sont corrélés aux leurs », rappelle la préfecture des Hautes-Alpes.

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#france#frontiere#fluxmigratoire#routemigratoire#sante#mineur

  • Etienne Piguet : « Le changement climatique ne va pas entraîner la migration de millions de personnes vers les pays du Nord » | Alternatives Economiques
    https://www.alternatives-economiques.fr/etienne-piguet-changement-climatique-ne-va-entrainer-migration-d/00111985

    Le professeur de géographie de l’université de Neuchâtel (Suisse) Etienne Piguet, a parcouru les centaines d’articles scientifiques publiés ces dix dernières années sur l’impact du changement climatique sur les flux migratoires.

    Les résultats obtenus permettent de battre en brèche l’idée selon laquelle des vagues de migrants climatiques allaient déferler sur l’Europe dans les prochaines années.

    https://archive.ph/of9an

    • Sur ce sujet, j’avais donné une longue conférence dans le cadre des café collaps (à Grenoble). La conférence avait été enregistrée :
      https://www.youtube.com/watch?v=fQUDY9ROhpI


      (et j’ai par ailleurs pas mal de littérature sur le sujet aussi, si il y a des personnes intéressées)

      #Etienne_Piguet #migrations #asile #réfugiés #migrations_environnementales #migrations_climatiques #climat #changement_climatique #idées_reçues #préjugés #flux_migratoires

    • texte intégral :

      Le professeur de géographie de l’université de Neuchâtel (Suisse) Etienne Piguet, a parcouru les centaines d’articles scientifiques publiés ces dix dernières années sur l’impact du changement climatique sur les flux migratoires.
      Les résultats obtenus permettent de battre en brèche l’idée selon laquelle des vagues de migrants climatiques allaient déferler sur l’Europe dans les prochaines années.
      A quelle époque commence-t-on à tracer des liens entre climat et migrations ?
      Etienne Piguet : A partir du XIXe siècle, les géographes commencent à donner un poids important au facteur de l’environnement naturel dans les migrations, en particulier les grandes migrations historiques – ils remontent jusqu’à la chute de l’empire romain. Par environnement naturel, on entend alors les catastrophes naturelles, les sécheresses, etc. On ne parle pas encore de changement climatique, bien sûr.
      Ensuite, l’explication par le climat des migrations disparaît. Quand réapparaît-elle et pourquoi ?
      E. P. : Elle réapparaît vraiment à la fin du XXe siècle et plus précisément dans les années 1980. Cela coïncide avec la première prise de conscience du changement climatique par la communauté internationale, qui débouche sur le rapport initial du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) de 1990. Ce rapport explique que le changement climatique pourrait, entre autres conséquences, déplacer des populations très nombreuses.
      Vous montrez l’augmentation très forte du nombre d’études universitaires à propos de l’impact du changement climatique sur les migrations. Que disent-elles ?

      E. P. : Cette croissance commence un peu avant les années 2000. Il y a alors deux grandes familles d’études empiriques. D’une part, les études à l’échelle macro, qui essaient de voir dans quelle mesure les zones touchées par des dégradations environnementales sont aussi des zones qui « émettent » des migrations importantes. Elles se demandent par exemple, à l’échelle des pays du monde, si les pays les plus touchés par des catastrophes ou des aléas environnementaux sont aussi ceux qui ont le plus d’émigration.
      D’autre part, les études de cas sur des zones et des catastrophes spécifiques. Les chercheurs essaient d’y voir dans quelle mesure une sécheresse pousse les paysans à quitter le village pour aller en ville, par exemple.
      Ces recherches ont établi deux résultats consensuels. Il y a effectivement un potentiel de déplacement important lié aux dégradations environnementales, mais les études posent également tout une série de nuances envers l’idée d’un automatisme entre dégradation environnementale et départ des populations. En effet, les déplacements se font souvent sur des distances relativement courtes et des durées réduites.
      On a ainsi observé, dans une multitude de cas, que les populations sont parfois poussées à partir par un cyclone ou une sécheresse, mais qu’elles ne sont pas forcément en mesure – ni désireuses – de partir loin. Ce résultat peut sembler simple, mais il est essentiel puisqu’il corrige l’idée en vogue dans les années 1990 selon laquelle des millions de personnes allaient partir des pays du Sud vers les pays du Nord à cause du changement climatique.
      Les effets sur les migrations sont-ils différents en fonction du type d’épisode climatique ?
      E. P. : J’ai distingué trois événements dont on sait qu’ils vont s’accroître dans le futur : les cyclones, les sécheresses et la montée du niveau des mers. J’ai montré qu’il y avait des similitudes : ces catastrophes entraînent toutes majoritairement des migrations de courte distance.
      Les différences se jouent au niveau de la durée. Lors de cyclones, les populations peuvent aller s’abriter dans des zones protégées durant quelques semaines avant de revenir à leur village. En revanche, la montée des mers est irréversible, et débouche nécessairement sur des déplacements définitifs. Les sécheresses constituent un cas intermédiaire, avec parfois des migrations définitives, le plus souvent des campagnes vers les villes, mais aussi des cas de migration temporaires ou de seulement certains membres d’un ménage.
      Pourquoi les déplacements se limitent-ils si souvent à de courtes distances ?
      E. P. : La principale explication est économique. Les populations les plus touchées par les événements climatiques extrêmes sont les plus dépendantes de l’environnement, donc souvent les plus pauvres. Elles n’ont tout simplement pas les moyens, a fortiori après une catastrophe, d’investir dans un déplacement à longue distance. D’où cette notion importante de trapped population, ou « population immobilisée » par les événements environnementaux. Les résultats des études mettent en avant ce résultat moins connu.
      On a ainsi le cas du Mali, où l’on trouve des populations qui avaient intégré la migration internationale d’un membre de la famille dans leur mode de vie. On compte sur cette personne pour contribuer aux revenus du ménage. Mais cette migration est devenue impossible lors de certains épisodes de sécheresse puisqu’on n’a plus les ressources pour que cette personne puisse partir.
      La migration n’est donc pas juste une fuite après la catastrophe, elle est aussi une manière de mieux faire face, et c’est un des résultats de la recherche.
      Ainsi, il existe des enjeux forts d’adaptation au changement climatique à l’échelle locale ?
      E. P. : Absolument. Ce n’est pas parce qu’on nuance l’image apocalyptique de réfugiés traversant de très longues distances pour se mettre à l’abri qu’il n’existe pas des enjeux locaux extrêmement importants d’assistance aux populations.
      L’un de ces enjeux est d’orienter les programmes d’aide au développement en fonction des enjeux climatiques. Il faut permettre aux populations touchées soit de rester sur place et d’être plus résilientes, soit de se déplacer dans des conditions qui peuvent leur permettre de continuer à générer des ressources vitales.
      Vous avez aussi rapporté les résultats d’études sur le lien entre changement climatique et prospérité mondiale…
      E. P. : Il existe des travaux qui portent sur les conséquences migratoires plus indirectes du changement climatique, via son impact négatif sur la prospérité mondiale. C’est une autre manière de poser le problème. Le message central que j’ai tiré de ces travaux est qu’il n’y a pas d’effet clair d’augmentation des migrations dans un contexte de ralentissement économique.
      En fonction des pays et des études, cela peut déboucher sur une augmentation ou sur une diminution. L’étude que j’ai retenue en la matière conclut plutôt à une augmentation globale, mais de l’ordre de 5 %, qui ne serait donc pas spectaculaire.
      Vous critiquez le fait que certaines personnalités aient instrumentalisé la crainte d’une vague de réfugiés climatiques. Pouvez-vous expliquer ce point de vue ?
      E. P. : Je faisais allusion à la période des années 2000, durant laquelle le discours sur la migration climatique est alors très sécuritaire au sein des think tanks états-uniens et européens. Ils considéraient que ces migrations allaient se dérouler sur de longues distances vers l’Occident et poser un risque de sécurité. En conséquence, ils réclamaient une politique encore plus restrictive afin de renforcer le contrôle de l’immigration.
      Je critique ce raisonnement, puisque les migrations liées au climat ne sont majoritairement pas des migrations de longue distance. Le changement climatique ne va pas entraîner de triplement ni de quadruplement de traversées de la Méditerranée.

    • En fait, @sombre, peut-être que la meilleure analyse, en quelques une pages et une visualisation, est celle du chapitre « #immobilité » de l’#Atlas des migrations environnementales, auquel @reka a aussi contribué :


      https://publications.iom.int/books/atlas-des-migrations-environnementales
      #vulnérabilité #piège

      Si tu as besoin de plus de références, fais-moi signe...

  • Immigration : le pis-aller de Joe Biden
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/06/06/immigration-le-pis-aller-de-joe-biden_6237660_3232.html

    Immigration : le pis-aller de Joe Biden
    Il est généralement difficile de tirer un bénéfice politique d’une mesure adoptée sous la pression. Le président des Etats-Unis, Joe Biden, en fait l’expérience après avoir signé à cinq mois de l’élection présidentielle, le 4 juin, un décret permettant de fermer ponctuellement la frontière avec le Mexique aux demandeurs d’asile en cas d’afflux trop élevés. Sans surprise, la mesure a été critiquée autant à gauche, le président étant accusé de copier son prédécesseur républicain, Donald Trump, partisan d’une ligne extrêmement dure sur l’immigration, qu’à droite, où ce tour de vis a été jugé totalement insuffisant.
    Les critiques du camp démocrate ont montré pourquoi l’administration de Joe Biden s’est abstenue jusqu’à présent de répondre aux arrivées massives de migrants venus majoritairement d’Amérique centrale, mais aussi d’autres continents.
    Lire aussi | Article réservé à nos abonnés A cinq mois de la présidentielle américaine, Joe Biden contraint d’afficher sa fermeté sur l’immigration
    Le sujet divise profondément le parti du président, au point d’empêcher l’élaboration d’une stratégie adaptée aux enjeux entre les partisans du laisser-faire et ceux qui plaident pour une politique plus restrictive, dont les maires démocrates de grandes villes américaines confrontés à des afflux de migrants orchestrés notamment par le gouverneur républicain du Texas, porte d’entrée de cette immigration.
    La politique migratoire des Etats-Unis est l’otage de cette double surenchère, nourrie par un Congrès dysfonctionnel. La Chambre des représentants, présidée par un républicain, a ainsi bloqué, sous la pression de Donald Trump, un compromis forgé au Sénat qui prévoyait le renforcement de la police des frontières, l’augmentation des capacités d’accueil des centres de rétention, l’accélération des procédures d’examen des demandes d’asile, ou encore des moyens accrus pour expulser les personnes déboutées de leur demande.
    Rhétorique raciste
    L’histoire se répète. En 2013, une Chambre des représentants républicaine avait déjà bloqué un premier projet de loi bipartisan adopté au Sénat qui comprenait des mesures similaires ainsi que la régularisation des sans-papiers arrivés enfants aux Etats-Unis et qui y sont aujourd’hui totalement intégrés. De telles réformes sont pourtant devenues indispensables. Les services de l’Etat fédéral sont saturés par des demandes d’asile dont certaines détournent sciemment cette procédure faute de répondre aux critères exigés.
    Comme le prouve le décret signé à la va-vite par Joe Biden, les atermoiements démocrates sur l’immigration ne servent que les intérêts républicains et la démagogie sans retenue de Donald Trump, dramatisée par une rhétorique ouvertement raciste. Ce dernier avait promis à ses électeurs en 2016 que le Mexique financerait l’érection d’un « mur » sur sa frontière avec les Etats-Unis, une fiction vite dissipée. Il se fait fort aujourd’hui, s’il retournait à la Maison Blanche, d’expulser des millions de sans-papiers insérés, pour certains de longue date, dans le tissu social et économique du pays.
    Parler lucidement d’immigration suppose de prendre en compte deux réalités : que les afflux massifs mettent effectivement sous tension le système américain, au niveau fédéral comme à celui des Etats, et que le dynamisme des Etats-Unis, même si ces derniers ne sont pas encore confrontés à l’« hiver démographique » qui menace en Europe, pâtirait d’un arrêt brutal de l’immigration sous l’effet d’une mauvaise fièvre ethnonationaliste.

    #Covid19#migrant#migration#etatsunis#politiquemigratoire#mexique#frontiere#immigration#economie#demographie#fluxmigratoire#sante

  • Canaries : la petite île d’El Hierro débordée par l’afflux migratoire - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/57316/canaries--la-petite-ile-del-hierro-debordee-par-lafflux-migratoire

    Routes migratoires : les Canaries débordées
    Canaries : la petite île d’El Hierro débordée par l’afflux migratoire
    Par FRANCE 24 Publié le : 27/05/2024
    Au large du Maroc, les îles espagnoles des Canaries font face à leur pire crise migratoire depuis 2006. En un an, plus de 30 000 migrants sont arrivés sur l’archipel. Sur le seul mois de janvier, El Hierro, la plus petite île des Canaries, a vu débarquer sur ses côtes pas moins de 4 000 migrants. Malgré l’organisation conjointe des habitants et des associations, l’île est débordée. Un reportage de Clara Le Nagard et Armelle Exposito.
    L’île d’El Hierro, un territoire de 268 kilomètres carrés situé à 1 000 kilomètres des premières côtes de la péninsule ibérique, est devenue le symbole de la crise migratoire en Espagne. En un an, la plus petite île de l’archipel des Canaries a vu débarquer sur ses côtes plus de 14 000 migrants, alors même qu’El Hierro compte moins de 10 000 habitants et seulement trois communes.
    Face à cet afflux, l’île s’est organisée tant bien que mal en déployant des infrastructures de premiers soins dans le port de La Restinga, au sud de l’île, et en construisant deux centres d’accueil, un pour les majeurs et un pour les mineurs. Au cœur du problème se trouvent les mineurs qui ne peuvent plus être accueillis et qui sont envoyés vers d’autres îles des Canaries, comme Tenerife et Gran Canaria. Une situation devenue impossible à gérer, puisque les centres d’accueil sont débordés là-bas aussi.
    Sur le terrain, les associations et les habitants sont dévoués et font de leur mieux pour prendre en charge les migrants, qui arrivent souvent du Sénégal, du Mali ou encore de la Mauritanie. Depuis plus d’un an, le gouvernement des Canaries alerte Madrid sur la gravité de la situation et a soumis une proposition législative visant à répartir les mineurs migrants non accompagnés dans toutes les communautés autonomes d’Espagne.

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#canaries#routemigratoire#atlantique#fluxmigratoire#sante#elhierro

  • L’assureur AXA soutient le principal importateur de gaz russe en Europe
    https://disclose.ngo/fr/article/axa-soutient-le-principal-importateur-de-gaz-russe-en-europe

    Malgré la guerre en Ukraine, le géant français AXA assure l’entreprise belge Fluxys, qui importe, en France et en Belgique, du gaz exploité par des oligarques accusés de financer l’effort de guerre de la Russie, révèlent des documents obtenus par Disclose et l’ONG Reclaim Finance. Lire l’article

  • Les demandes d’asile dans l’UE à leur plus haut niveau depuis la crise migratoire de 2015-2016
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/02/28/les-demandes-d-asile-dans-l-ue-a-leur-plus-haut-niveau-depuis-la-crise-migra

    Les demandes d’asile dans l’UE à leur plus haut niveau depuis la crise migratoire de 2015-2016
    Le Monde avec Reuters
    En 2023, le nombre des demandes d’asile dans l’Union européenne a bondi de 18 % pour atteindre le chiffre de 1,14 million, selon les données publiées mercredi 28 février par l’Agence de l’Union européenne pour l’asile. Il s’agit du niveau le plus élevé depuis la crise migratoire de 2015-2016. Ces nouveaux chiffres sont susceptibles d’alimenter un débat déjà houleux sur l’immigration, à l’approche d’une série d’élections sur le continent, en particulier les élections pour le Parlement européen, en juin, où les partis d’extrême droite devraient faire des percées.
    Les ressortissants syriens et afghans restent les groupes les plus importants parmi les demandeurs d’asile, selon les données de l’agence. Fait nouveau, les Turcs constituent le troisième groupe de demandeurs d’asile, avec une hausse de 82 % de demandes par rapport à 2022.Dans le contexte de la guerre entre Israël et le Hamas, le nombre de Palestiniens demandant l’asile dans l’UE a atteint un niveau record de près de 11 600 en 2023, a dit l’agence, tout en notant la difficulté d’enregistrer correctement leur importance, la plupart des Etats membres ne reconnaissant pas l’Etat palestinien. L’Allemagne a été une fois de plus la première destination des demandeurs d’asile dans le bloc, recevant près d’un tiers de toutes les demandes.
    Si le nombre des demandes d’asile pour 2023 est légèrement inférieure au niveau de 2016, ces demandes s’ajoutent aux 4,4 millions de ressortissants ukrainiens qui ont cherché refuge dans l’UE depuis l’invasion de leur pays par la Russie et qui n’ont pas besoin d’introduire une demande officielle.Frontex, l’Agence européenne de gardes-frontières et de gardes-côtes, a annoncé en janvier avoir enregistré la plus forte hausse de franchissements irréguliers des frontières du bloc depuis 2016, ce qui a contribué à alimenter le débat sur les moyens de freiner l’immigration, certaines autorités locales se disant débordées par l’afflux de migrants.
    Bruxelles a renforcé ses lois sur l’asile depuis 2016 et a conclu des accords au Moyen-Orient et en Afrique du Nord afin de décourager les départs des pays d’origine.

    #Covid-19#migrant#migration#UE#allemagne#frontex#immigration#asile#syrie#afghanistan#turquie#palestine#russie#moyenorient#afriquedunord#sante#fluxmigratoire

  • La loi « immigration », dernier texte d’une longue série de 118 depuis 1945
    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2024/02/25/la-loi-immigration-dernier-texte-d-une-longue-serie-de-118-depuis-1945_62184

    La loi « immigration », dernier texte d’une longue série de 118 depuis 1945
    Par Romain Imbach, Maxime Vaudano et Stéphanie Pierre
    Le projet de loi « immigration » porté par le ministre de l’intérieur a finalement été promulgué le 26 janvier dernier, bien que le Conseil constitutionnel ait censuré plus d’un tiers des articles adoptés par les parlementaires. « Le Monde » se penche sur la centaine de réformes sur l’immigration depuis 1945.
    La « loi Darmanin » promulguée fin janvier vient compléter l’édifice du droit de l’immigration – un empilement législatif vertigineux remanié sans cesse depuis les textes fondateurs signés par le général de Gaulle au sortir de la guerre.
    Un chiffre suffit à prendre la mesure de cette hyperactivité législative : depuis 1945, la France a voté une loi sur l’immigration tous les deux ans en moyenne – sans compter les ordonnances, arrêtés, circulaires et décrets qui se sont multipliés. De droite comme de gauche, tous les ministres de l’intérieur ont voulu laisser leur empreinte sur la question.
    Pour quel résultat ? Aucun de ces textes n’est parvenu à éteindre le débat brûlant sur l’immigration né au cœur des années 1970. Même l’accélération des réformes depuis les années 1980 a été impuissante à contenir la poussée de l’extrême droite, qui s’appuie alors sur l’équation fallacieuse inventée par Jean-Marie Le Pen : « 1 million d’immigrés = 1 million de chômeurs. »
    L’amoncellement des lois n’a eu guère plus d’effets sur la réalité de l’immigration, la hausse des demandes d’asile, dans les années 2010, ou la « crise » des réfugiés, en 2015 – les flux migratoires dépendent bien plus de circonstances extérieures que des décrets.
    Cette frénésie de changement n’est pourtant pas anodine. Sans même compter le temps passé au Parlement et dans les ministères pour procéder sans cesse à des ajustements, tantôt minuscules, tantôt fondamentaux, de la politique migratoire, les acteurs de terrain (magistrats, avocats ou associatifs) peinent à suivre le rythme effréné des réformes, qui se contredisent souvent, et complexifient le droit des étrangers. Ainsi, les conditions de délivrance de la carte de résident de longue durée ont changé huit fois depuis 1984, réclamant aux étrangers cinq, dix ou quinze ans de résidence en France, et les critères de régularisation des immigrés sans papiers ont été redéfinis près d’une quinzaine de fois depuis les années 1970.
    Ces incessantes révisions de la législation ont progressivement brouillé la répartition des rôles confortable entre une droite « ferme » et une gauche « humaniste ». Car si Charles Pasqua et Nicolas Sarkozy restent probablement les champions des mesures anti-immigration, les socialistes ont entériné, voire devancé, de nombreux durcissements proposés par la droite. Une tendance largement confirmée depuis l’élection d’Emmanuel Macron.
    (....)

    #Covid-19#migration#migrant#france#politiquemigratoire#immigration#regroupementfamilial#etranger#droit#economie#fluxmigratoire#chomage#sante

  • Aux Comores, des migrants suspendus à la fin du droit du sol à Mayotte
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2024/02/19/aux-comores-des-migrants-suspendus-a-la-fin-du-droit-du-sol-a-mayotte_621732

    Aux Comores, des migrants suspendus à la fin du droit du sol à Mayotte
    Le Monde avec AFP
    Perché sur les montagnes de l’île d’Anjouan, le village de Kangani, aux Comores, est la dernière étape pour des milliers de migrants africains tentant de rejoindre clandestinement le département français de Mayotte. Mais ces temps-ci, les barques restent à quai : la France a annoncé un nouveau tour de vis contre l’immigration illégale.Kangani est à seulement un bras de mer et quelque 70 km du 101e département français, 310 000 habitants (selon des chiffres officiels probablement largement sous-estimés) dont 48 % d’immigrés. L’île, avec ses écoles et ses hôpitaux, fait figure d’eldorado pour de nombreux Comoriens, même si le territoire est le plus pauvre de France.
    Familles en quête d’une vie meilleure, mais aussi cigarettes et bétail sont habituellement chargés plusieurs fois par jour sur des barques en bois traditionnellement utilisées pour la pêche et appelées « kwassa-kwassa ». Toute l’économie du village tourne autour de ces traversées hasardeuses et les échanges se font par liasses de billets d’euros.Mais depuis plusieurs semaines, des habitants en colère contre l’insécurité et l’immigration illégale érigent des barrages à Mayotte, et Paris a récemment annoncé une mesure controversée visant à supprimer le droit du sol sur l’île pour endiguer l’afflux de migrants. Depuis, les rues sinueuses de Kangani sont tombées dans un calme tendu. « Les barrages nous affectent tous, il n’y a plus de départ de kwassa-kwassa en attendant un retour à la normale », peste Chadhuli Tafsir, un jeune homme d’une trentaine d’années originaire de Kangani. « La suppression du droit du sol, c’est une mauvaise idée pour tout le monde », assène-t-il en poursuivant un débat animé avec les hommes rassemblés sur la place du village.
    Derrière les modestes maisons en briques du bourg de quelque 6 000 âmes, des jeunes font des allers-retours sur des motos pétaradantes. Certains portent fièrement chevelure blonde décolorée et tatouages. « Tous ces gosses viennent de Mayotte et attendent de retenter le passage », chuchote un villageois. Interceptés par les gardes-côtes ou renvoyés par la police française, de nombreux refoulés retentent la traversée sitôt de retour sur le sol comorien.
    Ousseni, un petit homme sec âgé d’une cinquantaine d’années, ne donne que son prénom. Le « pêcheur-passeur » fait payer entre 400 et 500 euros par personne et par tentative pour rejoindre l’île d’en face. Une petite fortune dans cet archipel pauvre de 870 000 habitants, où le salaire moyen mensuel équivaut à une centaine d’euros. Selon lui, la gronde à Mayotte et les débats autour du droit du sol lui « font perdre du temps et de l’argent ».
    Jusqu’ici, son plus gros problème était « les garde-côtes comoriens, qui rackettent au moins 200 euros par traversée ». « La dernière fois, je transportais un malade, ils m’ont empêché de passer. J’ai dû revenir sur la terre ferme. Le malade est mort peu après », raconte-t-il sans trop d’états d’âme. Il pense avant tout à honorer ses commandes : « Des Mahorais sont dans l’attente de la livraison d’un bœuf pour un mariage. Il leur a coûté 10 000 euros, c’est beaucoup mais toujours moins que chez eux. »
    Il faut parfois attendre plusieurs jours pour tenter la traversée sur une mer clémente. Les embarcations chavirent régulièrement et de nombreux migrants ont disparu en mer entre les Comores et la France. Sans doute des milliers, mais il n’y a pas de chiffre officiel. « Personne ne prendrait le risque d’aller à Mayotte, mais nous n’avons pas le choix. Prendre la mer, c’est notre seule option », dit d’un ton résigné Jeansi, qui attend le prochain départ d’un bateau pour la France.

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  • Niger : les flux migratoires augmentent depuis l’abrogation de la loi anti-passeurs (OIM)
    https://www.dakaractu.com/Niger-les-flux-migratoires-augmentent-depuis-l-abrogation-de-la-loi-anti-

    Niger : les flux migratoires augmentent depuis l’abrogation de la loi anti-passeurs (OIM)
    Les flux migratoires vers la Libye et l’Algérie ont significativement augmenté depuis l’abrogation par les militaires au pouvoir au Niger d’une loi criminalisant le trafic illicite de migrants, selon un rapport de l’Organisation internationale des migrations (OIM) consulté par l’AFP dimanche."Depuis le mois de décembre 2023, les flux de manière générale ne cessent de progresser", indique l’OIM, attribuant cette hausse « à l’abrogation de la loi 036/2015 » adoptée en 2015 et abrogée en novembre. Dans le nord du Niger, couloir de passage des migrants subsahariens en route vers la Libye, l’Algérie ou l’Europe, les flux transfrontaliers ont augmenté de 50% par rapport à décembre 2023, et les flux « sortants » depuis le Niger de 69%, selon l’OIM.
    « Les principales nationalités observées au niveau des points de suivi des flux étaient les Nigériens (75%), les Nigérians (7%), les Tchadiens (5%) et les Maliens (2%) », précise l’organisation.Les ressortissants nigériens dans leur immense majorité pratiquent une migration dite « circulaire » entre le Niger et les pays du Maghreb en quête d’opportunités économiques, au contraire de migrants d’autres nationalités qui font route vers les frontières de l’Europe. La loi controversée de 2015 avait fait du Niger un partenaire stratégique de la politique migratoire de l’Union européenne (UE).
    L’UE a suspendu sa coopération avec le Niger dans la foulée du coup d’État qui a renversé le président élu Mohamed Bazoum en juillet dernier. Le transport de migrants constitue depuis des décennies l’un des piliers de l’économie du nord du Niger, une région désertique située sur les anciennes routes caravanières, devenue un couloir de trafics transsahariens. Les militaires au pouvoir avaient dénoncé une loi adoptée « sous l’influence de certaines puissances étrangères » et qui « ne prenait pas en compte les intérêts du Niger et de ses concitoyens » pour justifier cette abrogation, largement saluée par les habitants de cette région.

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