• Covid-19 : pour une indemnisation des victimes professionnelles | Santé & travail
    http://www.sante-et-travail.fr/covid-19-indemnisation-victimes-professionnelles

    L’Académie de médecine et deux associations de défense des victimes du travail demandent au gouvernement de légiférer pour faciliter la réparation des préjudices subis par les salariés et agents décédés, ou atteints de séquelles, à cause du Covid-19.

    Il est temps de passer de la parole aux actes. C’est le message qu’ont voulu faire passer deux associations de victimes de risques professionnels, la #Fnath (Association des accidentés de la vie) et l’Andeva (Association nationale de défense des victimes de l’amiante) à propos du #Covid-19. « Nos soignants paient un lourd tribut pour sauver des vies. Tous les soignants malades seront reconnus au titre des maladies professionnelles, sans exception », a affirmé Olivier Véran, le ministre de la Santé, le 23 mars. Sauf qu’en l’état actuel du système d’indemnisation professionnelle, ça n’est pas possible. Aucun tableau de #maladie_professionnelle ne mentionne le Covid-19.

    Rozenn Le Saint - Santé & travail 7/4/2020

    Les soignants, en première ligne, doivent bien sûr être indemnisés. Mais aussi ceux en deuxième ligne, en l’occurrence, « les personnels travaillant pour le fonctionnement indispensable du pays (alimentation, transports en commun, sécurité…) », énonce l’Académie de médecine. Pourquoi restreindre la réparation des préjudices subis aux soignants alors que ceux qui font le ménage dans les services Covid-19 des hôpitaux, par exemple, courent également le risque d’y être contaminés ? De même que les hôtesses de caisse, les éboueurs, les pompiers, les policiers et toutes celles et ceux en contact avec des personnes potentiellement infectées.

    #Andeva #C2RMP

  • Un laboratoire de Wuhan à l’origine du coronavirus SARS-CoV-2 ? Fort probable selon le Washington Post
    https://www.rtbf.be/info/societe/detail_un-laboratoire-de-wuhan-serait-la-source-du-coronavirus-selon-le-washing

    une enquête menée par les fins limiers du Washington Post met à mal cette thèse officielle. Ils ont dans leur viseur un laboratoire de sécurité biologique de niveau 4, proche du marché de Wuhan.

    Ce laboratoire spécialisé dans les maladies infectieuses, étudiait le coronavirus des chauves-souris. Mais ces recherches étaient considérées comme risquées. Le département d’État américain, préoccupé par la norme de sécurité des laboratoires de Wuhan, leur a envoyé, à deux reprises, des mises en garde. Le Washington Post les a publiées. Elles montrent, clairement dès 2018, les préoccupations américaines concernant la sécurité et la gestion du laboratoire de l’Institut de virologie de Wuhan. Lorsqu’on l’a interrogé au sujet de ces avertissements, le secrétaire d’État Mike Pompeo - qui continue d’appeler le coronavirus le « virus de Wuhan » - ne les a pas rejetés, mais il n’a pas dit, non plus, qu’ils montrent un lien légitime avec le Covid-19.

    Les services de renseignements n’ont donc pas été en mesure de corroborer la théorie. Néanmoins, ils essaient de déterminer si une personne a pu être infectée dans le laboratoire, suite à un accident ou une mauvaise manipulation des matériaux, et en a ensuite infecté d’autres.
    Six jours cruciaux avant que la Chine ne communique au début de l’épidémie

    Dans son article, le Washington Post souligne aussi le comportement troublant des autorités chinoises dès le début de l’épidémie. Elle a bloqué les informations dans les premiers jours et a rechigné à partager ses données même avec l’OMS (l’Organisation Mondiale de la Santé). Par ailleurs, une enquête d’Associated Press publiée, ce mercredi 15 avril, atteste que les officiels chinois ont retenu l’information pendant six jours cruciaux, permettant ainsi au virus de se répandre sans barrière.

    Un avis les amis ? @fil ?

    • Présenté comme ça, ça ressemble plus aux armes de destruction massive de Saddam Hussein qu’à un semblant de réalité… c’est d’ailleurs la conclusion de l’article que tu cites : l’administration Trump ayant merdé et continuant à merder dans les grandes largeurs, il leur faut un bouc émissaire.

    • Passionnant : https://www.franceculture.fr/sciences/le-laboratoire-p4-de-wuhan-une-histoire-francaise

      De là va naître l’idée de construire à Wuhan, en collaboration avec la France, un laboratoire de type P4. Autrement dit, de très haute sécurité biologique pour l’étude de virus pathogènes inconnus pour lesquels on n’a pas de vaccin. Il existe une trentaine de ces structures dans le monde, dont certaines sont labélisées par l’Organisation Mondiale de la Santé. Mais le projet provoque des résistances. D’abord, des experts français en guerre bactériologiques se montrent réticents. Nous sommes dans l’après 11 septembre. Le SGDSN (Secrétariat général à la défense et à la sécurité nationale) redoute qu’un P4 puisse se transformer en arsenal biologique.

    • https://www.lemonde.fr/sciences/article/2020/04/17/le-sars-cov-2-est-il-sorti-d-un-laboratoire_6036926_1650684.html

      Coronavirus : le SARS-CoV-2 est-il sorti d’un laboratoire ?

      Rien ne filtre des investigations menées en Chine, ce qui laisse la porte ouverte à des hypothèses. En revanche, celle d’une origine synthétique est écartée : s’il est possible de créer de toutes pièces des virus, tous les indices convergent vers une origine naturelle du nouveau coronavirus.

      Le SARS-CoV-2 est-il une création de laboratoire ou s’en serait-il échappé ? Révélé au monde le 7 janvier par les autorités chinoises, ce nouveau coronavirus n’a toujours pas livré le secret de ses origines. Rien ne filtre des investigations menées en Chine à ce sujet, ce qui laisse la porte ouverte à de nombreuses hypothèses, y compris celle d’une erreur de manipulation dans un laboratoire.

      Le sujet a pris un tour diplomatique jeudi 16 avril. « Nous menons une enquête exhaustive sur tout ce que nous pouvons apprendre sur la façon dont ce virus s’est propagé, a contaminé le monde », a déclaré le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo. « Il y a manifestement des choses qui se sont passées qu’on ne sait pas », a embrayé le président français, Emmanuel Macron, dans un entretien au Financial Times.

      Selon le Washington Post, l’ambassade des Etats-Unis à Pékin avait alerté Washington, il y a deux ans, sur la nécessité d’aider le Wuhan Institute of Virology (WIV) à renforcer ses mesures de sécurité. Réputé pour ses recherches sur les virus de chauve-souris, le WIV est équipé d’un laboratoire de haute sécurité dit « P4 », construit avec l’aide de la France, où sont étudiés les virus les plus dangereux. Les scientifiques chinois ont assuré que la séquence génétique du SARS-CoV-2 ne correspondait à aucun des coronavirus de leur collection. Mais, comme le souligne le Washington Post, nul n’a eu accès à leur biobanque ni aux échantillons prélevés sur les premiers patients chinois.

    • Mike Pompeo est le nouveau Christ et le Washington Post le repaire de ses plus fervents apôtres qui en écrivent l’évangile.
      De là à penser que #Uncle_Donald, le Grand Démiurge de la nouvelle Amérique – cette grande nation démocratique construite sur un génocide par des crapules et des assassins et qui continue à s’enrichir éhontément grâce à l’esclavage – puisse avoir l’inavouable dessein de déclencher un conflit thermo-nucléaire avec l’Empire du Milieu, il y a là un pas que je n’ose franchir. God bless America. (Amen.)

      #coin-coin

    • Les états de service de la crapule sus-mentionnée :

      En avril 2020, Luc Montagnier émet l’hypothèse que le coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère à l’origine de la pandémie de Covid-19, est « sorti d’un laboratoire chinois avec de l’ADN de VIH ». Selon lui une séquence du virus de l’immunodéficience humaine aurait été introduite dans le génome du coronavirus pour tenter de faire un vaccin. Cette thèse est réfutée par la communauté scientifique ; les séquences « sont de tout petits éléments que l’on retrouve dans d’autres virus de la même famille, d’autres coronavirus dans la nature. Ce sont des morceaux du génome qui ressemblent en fait à plein de séquences dans le matériel génétique de bactéries, de virus et de plantes », précise notamment le virologue Étienne Simon-Lorière de l’Institut Pasteur.

      « Aucun emprunt génétique suspect – notamment au virus du VIH comme certaines théories complotistes, relayées entre autres par le professeur Luc Montagnier, le suggèrent – ne permet de dire qu’il y aurait eu intervention humaine. »

      Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Luc_Montagnier#Coronavirus_SARS-CoV-2

    • raa, cette photo d’illustration principal de l’article dont la légende presque invisible (et non reprise ici) semble remplacée par le titre

      Un laboratoire de Wuhan à l’origine du coronavirus SARS-CoV-2 ?

      #sous_entendu_visuel

    • Extrait de l’article de France Culture cité plus haut :

      Une nouvelle occasion manquée

      [...]

      Il est vrai qu’un autre sujet sensible focalise l’attention. La peste porcine est arrivée en France, et les éleveurs font pression pour pouvoir continuer à exporter en Chine. Le bouclier sanitaire sera donc remisé à plus tard…

      Encore un coup du #FNSEA !

  • "Mobilisons-nous pour sécuriser nos assiettes"

    La main d’œuvre manque plus que jamais. Il est nécessaire de se mobiliser pour subvenir aux #besoins_alimentaires de la population.


    https://desbraspourtonassiette.wizi.farm
    #plateforme #agriculture #travail #pôle_emploi #coronavirus #covid-19 #Wizifarm #start-up #main_d'oeuvre #alimentation #nourriture

    Ajouté à la métaliste agriculture et coronavirus :
    https://seenthis.net/messages/836693

  • Les agriculteurs isérois lancent un appel à venir travailler dans les exploitations

    En #Isère comme partout en #France, la FNSEA, l’Anefa et la #start-up #Wizifarm incitent les personnes sans emploi à s’inscrire sur la plateforme « Des bras pour nos assiettes » (https://desbraspourtonassiette.wizi.farm) pour proposer leurs services aux agriculteurs en manque de main-d’œuvre sur fond de #crise_sanitaire.

    « L’#agriculture a besoin de #bras pour vos assiettes. » Tel est le cri lancé au niveau national par certains acteurs du monde agricole : la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), l’Association nationale pour l’emploi et la formation en agriculture (Anefa) et la start-up Wizifarm. Un appel relayé en Isère par la FDSEA, visant à « limiter les impacts de la crise du Coronavirus sur la production agricole ». Il s’agit ainsi pour les agriculteurs de maintenir ou d’augmenter leur production et d’assurer la sécurité sanitaire de leurs salariés, tout en absorbant la « hausse sensible » de l’absentéisme.

    C’est pourquoi Wizifarm a lancé la plateforme « Des bras pour nos assiettes », qui incite les personnes désirant travailler dans l’agriculture à postuler et les agriculteurs en manque de main-d’œuvre à le signaler. Le tout suivi d’une mise en relation entre l’internaute qui propose ses services et l’employeur potentiel, selon les profils, les types de compétences et le positionnement géographique de chacun.

    « Une volonté forte de participation à cet effort national »

    « De nombreuses démarches individuelles ou d’entreprises démontrent d’ores et déjà une volonté forte de participation à cet effort national », notent les partenaires, non sans saluer « un signe réconfortant pour la profession agricole ». Plusieurs dizaines de milliers de personnes se seraient ainsi inscrites en l’espace de quelques heures. Cependant, les chiffres au niveau local, et notamment isérois, ne sont pas encore connus.

    Avec cette initiative, les acteurs agricoles espèrent avant tout mobiliser les personnes actuellement privées d’emploi pour cause de coronavirus et de confinement. Une initiative des agriculteurs d’ailleurs relayée par le gouvernement avec une certaine maladresse en matière de communication, lorsque sa porte-parole Sibeth Ndiaye a pris pour exemple les enseignants qui « ne travaillent pas »… avant de faire son mea culpa.

    La Confédération paysanne dénonce l’opération

    Mais pour la Confédération paysanne, c’est l’ensemble de l’opération qui relève de la bévue. « Cet appel à rejoindre les champs témoigne d’un certain mépris vis-à-vis des savoir-faire paysans et de l’emploi agricole, perçu comme non qualifié », lance le syndicat. Qui attend une amélioration des conditions de travail dans les professions agricoles, et non des travailleurs « considérés comme de simples outils de production ».

    https://www.placegrenet.fr/2020/04/02/crise-sanitaire-les-agriculteurs-iserois-lancent-un-appel-a-venir-travailler-dans-les-exploitations/289280
    #coronavirus #covid-19

    Ajouté à cette métaliste sur agriculture et coronavirus :
    https://seenthis.net/messages/836693

  • Déplacements de longue distance : pour la #Fnaut, le #TGV reste un concurrent efficace de l’#avion
    https://www.banquedesterritoires.fr/deplacements-de-longue-distance-pour-la-fnaut-le-tgv-reste-un-c

    La Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut) a commandé à Jacques Pavaux, expert du secteur aérien, une étude qui prend le contrepied d’un récent rapport sénatorial sur la contribution du transport aérien au désenclavement des territoires. Selon ce spécialiste, certaines lignes d’#aménagement_du_territoire (LAT) peuvent être utiles mais au vu de leur subventionnement, il convient de bien analyser chaque cas en particulier. D’autant, souligne la Fnaut, que dans bien des situations, le TGV peut constituer une alternative à l’avion.

    https://www.fnaut.fr/images/docs/communiques/200306rtat.pdf

  • SDHI, ces #Pesticides épandus massivement qui s’attaquent à tous les êtres vivants
    https://www.bastamag.net/SDHI-pesticides-fongicides-Anses-Rustin-Nicolino

    Connaissez-vous les SDHI ? Ces nouveaux fongicides, censés s’attaquer seulement aux champignons qui menacent les récoltes, s’en prennent en fait à tous les êtres vivants. Un « danger immense » selon des scientifiques. Le journaliste Fabrice Nicolino leur consacre son dernier ouvrage, Le crime est presque parfait. Entretien. Basta ! : Épandus massivement depuis 2013 en France, les pesticides SDHI « inquiètent au plus haut point », dites-vous, car ils s’attaquent à la fonction respiratoire de tous les (...) #Résister

    / Santé , #Agriculture, Pesticides, Quelle agriculture pour demain ?, #Alimentation, A la (...)

    #Santé_ #Quelle_agriculture_pour_demain_ ?

    • C’est un système extrêmement solide, avec une structuration du déni qui dure depuis l’après-guerre. On sait que des liens étroits sont noués dès les années 1950 entre le ministère de l’Agriculture, l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), la FNSEA et les vendeurs de pesticides. Il y a une grande proximité entre les responsables de ces divers organismes. Les personnes qui y travaillent se croisent à longueur de temps dans leurs quotidiens, par exemple dans des colloques généralement payés par l’industrie. Si l’on en revient aux SDHI : l’Anses, l’Inra et l’institut du végétal Arvalis (financé par des professionnels notamment du secteur agricole, ndlr) ont rédigé des notes communes sur les résistances aux SDHI. Autrement dit : l’Anses s’est accordée avec des représentants de l’industrie pour donner son aval à ces produits. Comment peut-on imaginer que, ensuite, ils disent « non, en fait, il ne faut pas les utiliser » ? On voudrait que l’Anses se déjuge. C’est impossible.

      La tribune publiée en 2018 par le collectif de chercheurs : https://www.liberation.fr/debats/2018/04/15/une-revolution-urgente-semble-necessaire-dans-l-usage-des-antifongiques_1

      #ANSES #FNSEA #INRA #pesticide #SDHI

  • ­A la FNSEA, le train de vie hors sol des dirigeants - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/190220/la-fnsea-le-train-de-vie-hors-sol-des-dirigeants

    Le syndicat majoritaire du monde agricole dénonce régulièrement les conditions de vie de plus en plus difficiles du secteur. Mais ses cadres dirigeants se sont rarement portés aussi bien. Mediapart s’est plongé dans les arcanes de la #FNSEA. Premier volet de notre enquête.

    • Dans les comptes de l’organisme financé en grande partie par les cotisations syndicales de ses adhérents et des subventions publiques (6,3 millions d’euros pour les premières via les fédérations départementales FDSEA et les « Associations spécialisées » ; 4,2 millions d’euros pour les secondes), nulle amélioration du résultat ne vient justifier ce nouveau traitement salarial : le déficit de la FNSEA se creuse d’année en année. En novembre dernier, à l’occasion d’une réunion du personnel, des pertes à hauteur de 1,5 million d’euros ont été annoncées pour l’année 2019.

      Les niveaux de salaire de la direction du syndicat historique du monde agricole, qui compte près de 120 salariés, n’ont pourtant rien de modeste. Ils sont déjà bien supérieurs à ce qui se fait dans des entreprises de taille équivalente, mais aussi à ce qui se pratique dans les autres syndicats. Insuffisant, semble-t-il, pour le nouveau directeur général, Clément Faurax… Prenant ses fonctions en avril 2019, ce dernier a décidé une augmentation immédiate sur la plupart des postes de direction allant, selon les cas, de 5 à 30 % du montant de leur rémunération.

      Lui-même, devenant directeur général après avoir été directeur adjoint, s’est octroyé une hausse de 22 % après avoir déjà connu une revalorisation de près de 8 % en 2017. Il émarge aujourd’hui à 13 400 euros brut mensuels, soit 3 300 euros de plus que le ministre de l’Agriculture qui est rémunéré, comme les autres membres du gouvernement, 10 100 euros brut chaque mois.

      Celui qui a remplacé Clément Faurax au poste de directeur adjoint après avoir été directeur du département « entreprises et territoires », Jean-Louis Chandellier, a connu la hausse la plus significative : + 30 %. Le salaire mensuel de ce dernier est actuellement de 9 600 euros brut. Le directeur du département « économie et développement durable » s’est quant à lui vu attribuer une hausse de 11,5 % pour atteindre 7 500 euros brut, tandis que le directeur du département des affaires sociales a touché une hausse de près de 13 % pour atteindre 7 400 euros brut.

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      Lors de la passation de pouvoir, le cas le plus frappant a sans doute été celui de la directrice générale sortante, Catherine Lion.

      Suivant un découpage original, pendant les quelques mois précédant sa retraite, d’avril à septembre 2019, le salaire de cette dernière est maintenu au même niveau que lorsqu’elle dirigeait la FNSEA. Pourtant, pendant cette période, Catherine Lion n’a plus aucune fonction d’encadrement ni de responsabilité au sein du syndicat des exploitants agricoles : elle est affectée à un poste de conseillère. Et elle n’est employée qu’à temps partiel.

      Comme le stipule l’avenant à son contrat de travail, Catherine Lion devient en effet « conseillère auprès de la Direction générale et de la présidente de la FNSEA ». Qui plus est, nous apprend cet avenant, « Madame Catherine Lion désirant ne pas travailler à temps complet, il est convenu qu’elle accomplira chaque année 125 jours de travail par an », soit trois jours par semaine. Sa rémunération brute est répartie entre un salaire de base à 8 900 euros et une « prime mensuelle » de 6 000 euros.
      En un mois, l’équivalent de ce que touche un exploitant agricole sur une année

      « Quand Catherine Lion est partie de son poste de directrice générale, nous avons souhaité bénéficier de son expertise, précise son successeur à la tête de l’organisation administrative du syndicat. Nous lui avons confié deux missions : un mandat au CESE [Le Conseil économique social et environnemental – ndlr], et une mission de réflexion intitulée FNSEA 2025, qui vise à réformer nos modes de fonctionnement. »

      Résultat, Catherine Lion touche, à partir d’avril, 14 900 euros brut mensuels sur un poste de conseillère à temps partiel – pour 14 800 euros de salaire lorsqu’elle était directrice générale à temps plein. Autrement dit, pour trois jours de travail par semaine, l’équivalent de ce que touche en moyenne un exploitant agricole sur une année entière…

      Nouveau changement de statut le 1er octobre. À cette date, Catherine Lion est officiellement à la retraite. Elle touche alors, de la part de la FNSEA, 146 300 euros brut au titre des indemnités de départ à la retraite, soit 42 100 euros de plus que la base de l’accord interne au syndicat qui permet à ses salariés de toucher, au moment de leur départ en retraite, une prime équivalente à six mois de salaire.

      Depuis, Catherine Lion n’est jamais partie. Elle est toujours salariée à temps partiel du syndicat, pour une rémunération de 7 100 euros brut mensuels, et elle cumule cet emploi avec sa pension de retraite – ce qui est autorisé par la loi. La retraite de l’ex-DG de la FNSEA s’élevant, d’après la direction du syndicat, à environ 37 % de son ancien salaire, Catherine Lion touche, à l’heure où nous écrivons ces lignes, un total retraite + salaire de plus de 12 500 euros par mois.

      Pour calculer le montant de sa pension, Catherine Lion a par ailleurs bénéficié, là aussi, des ressources de la FNSEA. C’est le cabinet « France Retraite », facturé 4 200 euros à l’organisme syndical, qui a missionné un gestionnaire de retraite pour traiter son dossier. « Assistance à liquidation de retraites », « analyse préalable de situation » et « prestation platine VIP », peut-on lire sur la facture que Mediapart a pu consulter. Dans le monde du travail ordinaire, les salariés constituent eux-mêmes leur dossier de départ en retraite – une démarche administrative qui peut s’avérer longue et fastidieuse si l’on est passé par différents employeurs au cours de sa vie professionnelle.

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      Dans un communiqué de presse diffusé quelques heures après la mise en ligne de notre article, la FNSEA ne dément aucune de nos informations. « La FNSEA assume pleinement les niveaux de rémunération de ses cadres dirigeants », peut-on lire dans son texte.

      L’organisation, qui estime que les rémunérations des membres du comité de direction de la FNSEA sont « en dessous des normes de rémunération pour une organisation professionnelle nationale de cette taille », annonce par ailleurs avoir déposé une plainte « pour vol d’informations ».

  • Edito de Jean-Alain Divanac’h, Président de la FDSEA (#Finistère) 13 janvier 2020

    Nous allons devoir compter sur nos propres forces pour isoler nos détracteurs. Dans nos campagnes, dans les mairies, dans les écoles, dans les associations, ne laissons plus d’espace aux pisseurs involontaires, aux #coquelicots, à #L214 et compagnie (...) Notre réseau #FDSEA, fort de son maillage territorial, a la capacité de démultiplier des actions et d’étendre ainsi notre sphère d’influence. C’est au local que nous trouverons des alliés, qu’ils soient dans les conseils municipaux, dans les sociétés de #chasse, dans les associations scolaires et sportives. Pour appuyer le réseau local, la FDSEA proposera des argumentaires et des outils de communication. Notre chantier collectif pour 2020 sera de renforcer notre force de frappe sur tout le territoire en démultipliant les actions.

    Traduisons-les : Notre chantier collectif pour 2020 sera de continuer à produire toujours plus, coûte que coûte, au mépris des tous les signes et alarmes, environnementales, sociales et sociétales, et de briser nos détracteurs aidés en cela par la nouvelle #cellule_militaire #DEMETER mise en place par nos soutiens au plus haut niveau de l’État.
    Parce que c’est notre projet...

    http://www.fdsea29.fr/2020/01/13/edito-de-jean-alain-divanach-president-de-la-fdsea-4

    #FNSEA #productivisme #répression #surveillance #résistance #industrie_agro-alimentaire #lobbying #agriculture

  • Le gouvernement a créé une #cellule_militaire pour surveiller les opposants à l’agro-industrie

    Le gouvernement veut « faire taire tous ceux qui mènent des actions symboliques contre le système de l’#agriculture_industrielle », dénoncent de multiples défenseurs de l’#agriculture_paysanne et biologique, réunis dans cette tribune. Ils s’inquiètent fortement de la création de la #cellule_de_renseignement #Demeter, lancée fin octobre, soi-disant destinée à lutter contre l’« #agribashing ».

    Il y aura un avant et un après Demeter. Le 13 décembre, le ministre de l’Intérieur de la République française Christophe #Castaner s’est rendu dans le Finistère en compagnie de la présidente de la #FNSEA #Christiane_Lambert. Dans le cadre d’une #convention signée entre son ministère et ce #syndicat_agricole. Cette première anomalie démocratique — depuis quand la #police républicaine est-elle aux ordres d’une structure privée ? — n’est pas la dernière, de loin.

    En effet, ce voyage avait pour but principal de lancer une cellule de la #gendarmerie_nationale appelée Demeter, la déesse grecque des moissons. Et marque reconnue, depuis des lustres, de l’agriculture sans pesticides. Quel en est le but affiché ? La lutte contre « l’agribashing ». Ce terme est une invention des communicants de la FNSEA, qui prétend sans en apporter la moindre preuve qu’on assisterait en #France à une entreprise concertée de dénigrement du monde agricole. Elle permet à ce syndicat de maintenir ce qu’elle fait depuis des dizaines d’années : une pression lobbyiste pour obtenir en retour des avantages économiques.

    Le ministre, confronté avec son gouvernement à une situation politique difficile, a donc décidé de jouer ce rôle dangereux, affirmant par exemple : « Depuis quelques années, un phénomène grandit, inacceptable. De plus en plus, nos agriculteurs sont visés par des intimidations, des dégradations, des insultes. »

    Empêtré dans cette imprudente déclaration, le ministre démontre dans le même texte qu’il est incapable de prouver par le moindre fait la réalité de ce phénomène. Les #chiffres qu’il cite pour 2019 parlent d’eux-mêmes : sur la base de 440.000 exploitations agricoles, les plaintes portent sur 314 tracteurs volés, 24 vols avec violence, 657 voitures dérobées.

    Encore faut-il préciser que les vols avec violences ont diminué en un an de 31,4 %. La plupart des centres urbains se damneraient pour de telles #statistiques. Il est visiblement plus simple de mobiliser la police que de régler la situation dramatique de la #paysannerie française.

    Il y a encore plus grave. Volontairement, n’en doutons pas, M. Castaner mélange dans un stupéfiant gloubi-boulga la #délinquance vile — cambriolages, vols de matériel, incendies, dégradations —, les #occupations_de_terres_agricoles par des #gens_du_voyage, les actions antifourrure ou antichasse. C’est mettre sur le même plan criminel le vol, le droit des populations nomades, celui de la critique sociale et politique.

    Il y a encore plus grave. M.Castaner entend s’attaquer dans le cadre de Demeter, ainsi qu’il l’écrit, aux « actions de nature idéologique, qu’il s’agisse de simples #actions_symboliques de #dénigrement du milieu agricole ou d’#actions_dures ayant des répercussions matérielles ou physiques ». Cette fois, on aura compris : il s’agit de faire taire tous ceux qui mènent des actions symboliques contre le système de l’agriculture industrielle, dont la FNSEA est le principal soutien.

    La #démocratie, ce n’est pas pactiser avec les #lobbies dans le dos de la société

    Qui mène « des actions symboliques » contre ce système ? Le mouvement des #Coquelicots, qui réclame la fin des #pesticides, soutenu par un million de citoyens. Les #maires qui prennent des arrêtés contre ces poisons chimiques. Des dizaines de milliers de paysans qui ont déjà choisi l’agriculture biologique. Beaucoup d’autres, qui défendent le modèle de l’agriculture paysanne contre les projets délirants d’usines à vaches, à cochons ou à poulets. Et au total des centaines de milliers de citoyens engagés contre l’importation massive de #soja_transgénique et donc l’#élevage_industriel, contre la mort des oiseaux et des insectes, pour des rivières débarrassées de la pollution et des rivages sans algues vertes, enfin pour une #alimentation de haute qualité.

    Il ne fait aucun doute, à nos yeux, qu’une ligne a été franchie. La démocratie, ce n’est pas pactiser avec les lobbies dans le dos de la société. Et quand le ministre parle « d’améliorer [la] coopération avec le monde agricole et de recueillir des renseignements », chacun comprend ce que cela veut dire. Cela signifie l’#intimidation accrue de tous les adversaires décidés de la FNSEA, qui passe nécessairement par la #surveillance_électronique et informatique, d’éventuelles #écoutes_téléphoniques, voire des #filatures, des #infiltrations, ou pire encore, la #délation.

    Nous prévenons solennellement le gouvernement que nous refusons cette #criminalisation et que nous demandons le démantèlement de la cellule Demeter. Notre contestation de l’agriculture industrielle, non-violente, se fait et se fera au grand jour, dans la conviction d’exprimer la volonté majoritaire de la société française. Nous voulons beaucoup de paysans, beaucoup plus de paysans, heureux et fiers de leur métier, enfin payés au prix convenable pour leur participation au bien commun. C’est en effet un autre monde que celui de la FNSEA.

    https://m.reporterre.net/Le-gouvernement-cree-une-cellule-militaire-pour-surveiller-les-opposan
    #répression #surveillance #résistance #industrie_agro-alimentaire #agriculture_biologique

    ping @davduf @odilon @fil @etraces
    @mathieup @daphne @albertocampiphoto

    • Présentation de « DEMETER », la cellule nationale de suivi des atteintes au monde agricole

      Edito

      Depuis quelques années, un phénomène grandit, inacceptable. De plus en plus, nos agriculteurs sont visés par des intimidations, des dégradations, des insultes. Des individus s’introduisent dans leurs exploitations agricoles et les bloquent. Ils font des films aux commentaires orduriers, avant de jeter les exploitants en pâture sur les réseaux sociaux. Parfois même, les intrus dégradent, cassent et volent.

      En se multipliant, certains actes confinent à l’absurde. Je pense à ces militants animalistes responsables de la mort de plus de 1 400 animaux dans l’Eure pour leur avoir fait peur en s’introduisant dans un élevage de dindes.

      Ces phénomènes, nous devons les prendre très au sérieux : ils gâchent la vie des agriculteurs, inquiets chaque jour de savoir ce qui peut leur arriver. Ils nourrissent l’agribashing, la défiance et l’hostilité.

      Comme élu des Alpes-de-Haute-Provence, terre d’élevage, j’ai vu tous les sacrifices que doivent accepter nos agriculteurs, toute la passion qu’ils mettent dans leur métier et le soin qu’ils donnent à leurs animaux.

      La réalité, c’est que nos agriculteurs font un travail difficile, exigeant, essentiel. Ils ne connaissent pas de repos, font une partie de la renommée de la France et nous permettent de bénéficier de produits de qualité exceptionnelle. Ils se soumettent à des contrôles stricts et réguliers, s’investissent pour améliorer le bien-être animal. La loi est particulièrement vigilante, c’est elle seule qui doit s’appliquer, et l’État est là pour y veiller. Rien ne justifie une quelconque intimidation.

      Nous devons assurer la sécurité des agriculteurs et les défendre, impérativement.

      J’ai donc décidé d’une série d’actions pour mieux protéger nos agriculteurs et c’est l’objet, notamment, de la Cellule Demeter. Créée au sein de la Gendarmerie nationale, la cellule Demeter va permettre :

      d’améliorer notre coopération avec le monde agricole et de recueillir des renseignements ;
      de mieux connaître les groupes extrémistes à l’origine des atteintes et de pouvoir anticiper et prévenir leurs actions ;
      de pouvoir gagner en efficacité par des actions et des enquêtes mieux coordonnées.

      Cette cellule est un signal fort envoyé aux agriculteurs : les forces de l’ordre se tiennent à leur côté et sont là pour les aider.
      La création de la cellule est également une étape dans un plan plus vaste encore pour la sécurité du monde agricole. Ainsi, par la signature d’une convention entre le ministère de l’Intérieur, la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs :

      nous nous assurons que des échanges d’information réguliers se fassent entre agriculteurs et forces de l’ordre ;
      nous renforçons la prévention en garantissant des diagnostics de sécurité pour les exploitations ;
      nous nous engageons à donner priorité aux interventions pour les agriculteurs victimes d’actions violentes.

      Cette convention, tout comme la Cellule Demeter, ce sont des actes forts et concrets. Ils s’inscrivent pleinement dans la stratégie déployée par le Gouvernement en faveur du monde agricole et le ministère de l’Intérieur participe ainsi à la mise en place des Observatoires de l’agribashing créés à l’initiative du ministère de l’agriculture.

      Avec Laurent Nuñez, nous sommes déterminés à combattre de toutes nos forces les atteintes contre les agriculteurs et leurs exploitations. Nous sommes déterminés à ce que chacun puisse exercer sa profession librement. Nous sommes résolus à protéger notre agriculture.

      Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur
      Les objectifs de la cellule DEMETER :

      Créée début octobre 2019 par la direction générale de la gendarmerie nationale, la « Cellule nationale de suivi des atteintes au monde agricole » (cellule DEMETER) est destinée à apporter une réponse globale et coordonnée à l’ensemble des problématiques qui touchent le monde agricole en menant collégialement les actions dans les 4 domaines :

      de la prévention et de l’accompagnement des professionnels du milieu agricole par des actions de sensibilisation et de conseils destinées à prévenir la commission d’actes délictueux, en lien avec les organismes de représentation du monde agricole (SDSPSR) ;
      de la recherche et de l’analyse du renseignement en vue de réaliser une cartographie évolutive de la menace et détecter l’émergence de nouveaux phénomènes et/ou groupuscules (SDAO en coordination avec SDPJ) ;
      du traitement judiciaire des atteintes visant le monde agricole par une exploitation centralisée du renseignement judiciaire, un partage ciblé de l’information et une coordination des investigations le nécessitant (SDPJ) ;
      de la communication, en valorisant opportunément toutes les actions menées dans ces différents domaines par la gendarmerie au nom de la cellule DEMETER et par des actions ciblées destinées à rassurer le monde agricole par la prise en compte de ses problématiques par les forces de l’ordre (SIRPA).

      Le périmètre de compétence de la cellule DEMETER :

      La nécessité d’appréhender la globalité du phénomène des atteintes au milieu agricole implique que le périmètre de compétence de la Cellule DEMETER englobe la prévention et le suivi :

      des actes crapuleux, qu’il s’agisse d’une délinquance de proximité et d’opportunité (ex : vol isolé de gasoil ou d’outillage,etc.) ou d’une criminalité organisée voire internationale (ex : filière de vol de GPS agricole, etc.) ;
      des actions de nature idéologique, qu’il s’agisse de simples actions symboliques de dénigrement du milieu agricole ou d’actions dures ayant des répercussions matérielles ou physiques.

      Peuvent ainsi être citées, de manière non exhaustive :

      les vols (d’engins, de matériels, de production, etc.) visant les exploitations agricoles de tous types (élevage, pisciculture, culture, viticulture) ;
      les dégradations (incendies, sabotage de matériel, etc.) commises à l’encontre des exploitations agricoles de tous types ;
      les cambriolages commis aux seins des exploitations agricoles (hangars, etc.) ou aux domiciles des agriculteurs ;
      les violations de domiciles ou intrusions visant des exploitations agricoles ou des professionnels de l’agro-alimentaire aux fins d’y mener des actions symboliques (libération d’animaux, tournage de vidéos clandestines,etc.) ;
      les occupations illégales de terrains agricoles aux fins d’installation temporaire par des groupes
      constitués de gens du voyage ou d’organisation d’événements festifs non autorisés (free-parties) ;
      les dégradations commises à l’encontre de certains professionnels liés aux milieu agricole ou agro-
      alimentaire (boucheries, abattoirs, activités de transport d’animaux d’élevage, etc.) ;
      les actions anti-fourrure liées à des élevages spécifiques ;
      les actions menées par certains groupes antispécistes vis-à-vis du monde de la chasse, intimement
      lié au monde agricole (impact de la régulation cynégétique sur la protection des cultures, identité
      rurale, etc.) peuvent être intégrées à la cellule DEMETER en fonction des circonstances.

      L’organisation de la cellule DEMETER :

      Destinée à garantir une approche transverse et globale, la Cellule DEMETER implique, au niveau central, la participation prioritaire et permanente :

      de la SDSPSR au titre des diverses actions de prévention et de suivi de la convention de partenariat entre la DGGN et la FNSEA/JA ;
      de la SDAO au titre du recueil et de l’exploitation du renseignement et de l’analyse de la menace ;
      de la SDPJ, du SCRC et de l’OCLDI, au titre de l’analyse des phénomènes de délinquance et du suivi et de la coordination des affaires judiciaires ;
      du SIRPA au titre de l’accompagnement médiatique du dispositif.

      À cet effet, la Cellule DEMETER est une structure :

      fonctionnelle, n’imposant pas de mise à disposition co-localisée des personnels des entités impliquées ;
      permanente afin d’assurer néanmoins un suivi constant de la problématique.

      Elle est un réseau de référents (titulaire/suppléant) spécifiquement chargés, au sein de leurs sous-directions ou services, de la centralisation et de l’analyse des informations.
      Signature d’une convention avec la fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles et jeunes agriculteurs

      La signature d’une convention tripartite entre la FNSEA, les JA et le ministère de l’intérieur est destinée à :

      instaurer un échange réciproque et régulier avec la profession
      généraliser les dispositifs de prévention technique de la malveillance (diagnostics de sureté des exploitations)
      à prioriser l’intervention au profit des agriculteurs confrontés à des infractions violentes

      Les atteintes au milieu agricole (Données GN - Actualisation au 30 novembre 2019)

      Les tensions pesant sur le monde agricole ont conduit à la mise en place, le 3 octobre 2019, de la cellule « Demeter », au sein de la GN. Depuis le 1er janvier 2019, les atteintes à l’encontre du milieu agricole sont en hausse (+1,5%). Une étude plus approfondie fait apparaître des disparités géographiques importantes et révèle l’émergence de phénomènes ciblés (vols de matériels agricoles). Le regain d’attention des professionnels du secteur sur les risques auxquels ils sont exposés s’amplifie au regard de la hausse des audits et consultations de sûreté réalisés (+22,4 % soit 333 audits et consultations). Ces actions se poursuivent pour répondre aux inquiétudes des 440.000 exploitants de métropole.
      Un bilan en voie d’amélioration

      Le bilan 2019 des atteintes aux biens commises au préjudice du monde agricole affiche une hausse de +1,5 % (+216 faits) pour un total de 14 498 faits enregistrés (2 atteintes chaque
      heure). Deux tiers d’entre-elles (64,5%) sont constituées de vols simples (sur ou hors exploitations agricoles), en baisse de -2,2 %.

      Dans le détail, les vols avec violences (24 faits) comme les vols dans ou sur véhicules (1 310 faits) reculent respectivement de -31,4 % et -10,1 %. A contrario, on assiste à une recrudescence des destructions et dégradations (+23,3 % pour un total de 1 675 faits), des cambriolages et vols par ruse (+16,2 % pour un total de 1 484 faits) et des vols de véhicules (+10,2 % pour un total de 657 faits). Les crimes et délits dont sont victimes les agriculteurs se caractérisent par une forte logique saisonnière, connaissant leurs pics au printemps et en été. Après un début d’année marqué par la hausse continue de ces actes à l’encontre du monde agricole, une inversion de tendance s’observe à compter du mois d’août 2019, comparé aux mêmes mois 2018. L’étude géographique de l’évolution des AAB dans le milieu agricole témoigne de situations contrastées selon les territoires d’outre-mer ou de métropole. On enregistre en moyenne 133 faits de délinquance/an par département.

      La cartographie des départements les plus impactés par les atteintes dans les exploitations agricoles trouve une certaine cohérence avec celle des grandes zones de culture et d’élevage. Les régions à dominante céréalière sont notamment très concernées. Ce phénomène peut notamment s’expliquer par la présence de nombreux engins agricoles qui sont l’objet de trafics.
      Des vols de matériels agricoles à haute valeur ajoutée en augmentation

      Depuis le 1er janvier, 314 tracteurs et 307 accessoires agricoles ont fait l’objet d’une inscription pour vol dans le FOVES, en hausse par rapport à l’année 2018. Cela représente près d’1 tracteur volé chaque jour. Les préjudices qui résultent de ces vols peuvent s’avérer particulièrement élevés. Selon l’indice mensuel des prix d’achat des moyens de production agricole (Ipampa), publié chaque fin de mois par l’Insee, le prix moyen des tracteurs agricoles a ainsi progressé de +20,8% en 10 ans (2008 à 2018), soit une moyenne de 2% par an.
      Une sensibilisation en hausse

      Depuis le 1er janvier 2019, 264 exploitations agricoles (+24,5%) et 69 (+15%) concessionnaires agricoles ont fait l’objet d’un audit ou d’une consultation de sûreté. L’implication des référents et consultants sûreté est à souligner mais l’effort doit se poursuivre au regard des 440 000 exploitations agricoles installées en métropole.

      https://www.interieur.gouv.fr/Le-ministre/Dossiers-de-presse/Presentation-de-DEMETER-la-cellule-nationale-de-suivi-des-atteintes-a

  • Le gouvernement laisse les #cours_d’eau à la merci des #pesticides
    https://reporterre.net/Le-gouvernement-laisse-les-cours-d-eau-a-la-merci-des-pesticides

    Après des mois de tergiversation, le gouvernement a enfin pris un arrêté pour limiter les épandages de produits phytosanitaires près des habitation. Les riverains devraient être mieux protégés face aux pesticides. Mais qu’en est-il de l’eau que nous buvons ? À l’origine, notre loi sauvegarde les rivières, canaux et autres lacs des contaminations en interdisant à leurs abords tout versement de substances biocides. C’est ce qu’on appelle les « zones de non-traitement » (#ZNT). Mais depuis quelques années, le lobby agricole pousse de tous les côtés afin d’affaiblir cette législation, qu’il juge complexe et contre-productive.

    Comme Reporterre l’avait raconté, la #FNSEA — le syndicat agricole majoritaire — et ses alliés ont d’abord choisi d’attaquer la définition même d’une rivière. Car, sans le statut protecteur de « cours d’eau », un écoulement se retrouve hors des radars des lois encadrant les pratiques agricoles et limitant les travaux de calibrage, les constructions et autres barrages hydrauliques).

    Dans les faits, une partie de la profession agricole a exigé — et obtenu — une cartographie hydrographique, département par département, se fondant sur une définition au rabais d’un cours d’eau, excluant d’innombrables ruisselets mais également des canaux pluriséculaires, comme dans le marais poitevin. À force de pression, des centaines de kilomètres d’écoulements ont été purement et simplement gommés. Le hic, pour les tenants de ce travail de détricotage — ou de simplification, c’est selon — : ces nouvelles cartes, qualifiées « police de l’eau », n’avaient alors aucune valeur juridique, elles n’étaient qu’indicatives. L’État est donc venu parachever le sabordage. En mai 2017, le gouvernement a ainsi pris un arrêté « relatif à l’utilisation des #produits_phytopharmaceutiques et de leurs adjuvants », interdisant comme il se doit l’usage de pesticides aux abords des points d’eau… tout en restant très flou quant à la définition de ces points d’eau. Pire, il a renvoyé la patate chaude aux préfets.

    • En quelques années, des sommes énormes vont être dépensées pour créer une société totalitaire digne du roman 1984 de George Orwell : caméras, drones déguisés en pigeons, reconnaissance faciale, collecte des données biométriques de tous les citoyens, bébés et vieillards compris (ADN, iris, empreintes, voix, sang…), surveillance des communications et des déplacements…

      Pas chez nous que tout cela pourrait arriver.

      #FNAEG #NSA

  • Noël à Chambord d’Émilie Lanez : Ce « pacte » avec les chasseurs que Macron aurait voulu garder secret | Vanity Fair
    https://www.vanityfair.fr/pouvoir/politique/story/noel-a-chambord-demilie-lanez-ce-pacte-avec-les-chasseurs-que-macron-aurait-voulu-garder-secret/10615

    Aussi, Willy Schraen assure que la période des gilets jaunes aurait été bien plus violente – voire sanglante – s’il n’avait pas convaincu les chasseurs de ne pas aller manifester. Dès les premiers jours de la gronde, en novembre 2018, le président de la fédération nationale a reçu des centaines d’appels de ses adhérents qui se disaient prêts à occuper les ronds-points. « Si j’avais pas stoppé tout de suite, ils étaient 500 000 sur les ronds-points et y aurait eu des gars armés. J’ai beaucoup parlé, beaucoup écrit, mes gars ils étaient tous gilets jaunes au début, tous. Mais eux, ils ont des fusils », confie-t-il, comme pour faire trembler le lecteur de Noël à Chambord, et prouver que même en 2019, les chasseurs ont toujours de l’influence.

  • L’extrême droite européenne prend les armes et recrute des militaires | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/182187/extreme-droite-europeenne-armes-recrute-militaires

    Un rapport confidentiel d’Europol obtenu par les médias allemands Süddeutsche Zeitung, WDR et NDR, indique que, non contente de recruter, l’extrême droite européenne le fait dans les rangs des militaires et des forces de police.

    « Dans l’objectif de renforcer leurs capacités physiques et leur aptitude au combat, les groupes d’extrême droite tentent de recruter des membres des services militaires et de sécurité, afin d’acquérir leur expertise dans ce domaine », indique le rapport.

  • Projet de loi d’orientation des #mobilités : la Fnaut reste vigilante
    https://www.banquedesterritoires.fr/projet-de-loi-dorientation-des-mobilites-la-fnaut-reste-vigilan

    Alors que le projet de loi d’orientation des mobilités (LOM) revient en deuxième lecture à l’Assemblée nationale, la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (#Fnaut) salue à ce stade des « avancées incontestables ». Mais elle pointe aussi les « insuffisances » du texte qui ne lui semble pas à la hauteur des enjeux sanitaires et climatiques.

    #santé #climat #flotte_libre #transports #vitesse #bus

  • https://reporterre.net/Fabrice-Nicolino-L-Agence-nationale-de-securite-sanitaire-fait-partie-du

    Reporterre — Que pensez-vous de la consultation ouverte hier par le gouvernement sur l’épandage de pesticides ?

    Fabrice Nicolino — Pourquoi ne pas calculer les distances en nanomètres ? La mise en place d’une distance de 5 ou 10 mètres ne changera pas grand-chose. C’est tellement grotesque que cela n’a plus aucun sens ! Les pesticides sont absolument partout. Le registre officiel d’enregistrement des utilisations de nanoparticules montre qu’en 2018, près des deux tiers des déclarations concernaient des pesticides. Or, les nanoparticules passent facilement la paroi des cellules et pénètrent jusqu’au plus profond du cerveau et des poumons. Elles passent les costumes de protection des paysans qui épandent des pesticides, pénètrent leur peau.

    Cette consultation est un cadeau de plus à la FNSEA [Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles, défenseure de l’utilisation des pesticides]. C’est déprimant, insultant pour la République. Ce n’est pas digne d’un Président de la République, qui est le garant de la santé de tous. Je suis profondément révolté.

    #pesticides #fongicides #SDHI #agrochimie #FNSEA #lobbying #ANSS

  • Fabrice Nicolino : « L’Agence nationale de sécurité sanitaire fait partie du lobby des #pesticides »
    https://reporterre.net/Fabrice-Nicolino-L-Agence-nationale-de-securite-sanitaire-fait-partie-du

    Le titre ne ment pas, l’ouvrage se lit comme un polar. Le crime est presque parfait. L’enquête choc sur les #pesticides et les #SDHI (éditions Les Liens qui libèrent) nous donne pourtant d’emblée la victime — chacun de nous et la biodiversité en général — et le coupable — le lobby des pesticides. Mais la révélation des détails de son fonctionnement, des lacunes et accointances qui permettent d’autoriser l’épandage en plein air de produits potentiellement dangereux ne laisse pas d’étonner, d’indigner. La plume de Fabrice Nicolino porte avec agilité son propos dense et technique. Mais aussi politique : fondateur du mouvement des coquelicots, Nicolino demande l’interdiction de tous les pesticides de synthèse.

    Ce livre, qui paraîtra jeudi 12 septembre, apporte de précieuses informations au vif et actuel débat sur les pesticides. Des dizaines de communes ont depuis cet été pris des arrêtés antipesticides. Lundi 9 septembre, le gouvernement mettait en ligne, en consultation, son prochain règlement sur l’épandage de pesticides, préconisant 5 à 10 mètres de distance entre épandages et habitations selon les produits. Le projet de règlement s’appuie sur une étude de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (#Anses). Cette agence est au cœur de l’enquête menée par le journaliste sur ces pesticides dont on connaît le nom depuis à peine plus d’un an, les SDHI, ou « #fongicides inhibiteurs de la succinate déshydrogénase ».

    #santé #lobbyisme #conflits_d'intérêts #agriculture #fnsea

  • « Que ces gens-là arrêtent de délirer » : la FNSEA dénonce la position des écologistes à propos de la consultation sur les pesticides
    https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/agriculture/que-ces-gens-la-arretent-de-delirer-la-fnsea-denonce-la-position-des-ec


    Christiane Lambert, présidente du syndicat agricole FNSEA, devant l’hôtel de Matignon, le 5 septembre 2019.
    FRANCOIS GUILLOT / AFP

    Christiane Lambert, la présidente du syndicat agricole, revient sur la consultation, lancée lundi par le gouvernement, au sujet de la distance à respecter entre les habitations et les zones d’épandage de pesticides.

    La présidente du syndicat agricole FNSEA a dénoncé lundi 9 septembre sur franceinfo « des écologistes et des politiques qui, tout le week-end, n’ont pas arrêté d’insulter et de mépriser les agriculteurs », au sujet de la consultation lancée lundi par le gouvernement pour fixer, dans la loi, une distance minimale entre les champs traités aux pesticides et les habitations. « Que ces gens-là arrêtent de délirer », a ajouté Christiane Lambert.

    Les distances proposées par le gouvernement s’appuient sur le dernier rapport de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) : 5 mètres pour les cultures basses et 10 mètres pour les cultures hautes. Une distance jugée ridicule par les associations écologistes.

    franceinfo : 5 ou 10 mètres, n’est-ce pas une mesurette ?
    Christiane Lambert : Les écologistes et des politiques n’ont pas arrêté tout le week-end d’insulter et de mépriser les agriculteurs. Ce n’est du tout une mesurette, ceux qui parlent n’ont jamais vu un pulvérisateur pour certains d’entre eux. Quelle voix doit prévaloir ? Celle des scientifiques. Que dit l’Agence nationale de sécurité (Anses) ? Elle dit : 3, 5 et 10 mètres pour les produits les plus problématiques. Que font les autres pays ? Un mètre au Danemark, rien dans la majorité des pays européens. Que ces gens-là arrêtent de délirer. Ce sont des distances qui ont été fixées de façon politique par un maire [le maire de Langouët avait pris un arrêté interdisant les pulvérisation à moins de 150 mètres des maisons] qui a voulu faire un clash et exister. C’est aujourd’hui à peine 25 maires sur 36 000 maires qui, eux, n’ont qu’une chose en tête : cultiver le bien-vivre ensemble et ne pas caricaturer les agriculteurs.

    Le maire de Langouët prône une distance de 150 mètres. Vous trouvez aberrant d’évoquer une distance plus importante quand on parle de produits chimiques ?
    Bien sûr, c’est aberrant. Il le sait lui-même. A Langouët, où il y a une densité de population importante, le village s’est développé en allant dans les champs. Aujourd’hui, il veut imposer une distance que personne ne juge fiable. Les scientifiques n’ont jamais parlé de 150 mètres. 150 mètres, c’est retirer 15 à 20% de la surface agricole française. Qui peut penser que c’est possible ? Sauf ceux qui veulent une France sans pesticides.

    Cette consultation est lancée alors que la décision semble être déjà prise, est-ce que ce n’est pas le meilleur moyen de donner l’impression que le gouvernement suit les souhaits de la FNSEA ?
    Qui a dit 3 ou 5 mètres ? Ce sont les scientifiques de l’Anses. Tout le monde s’excite aujourd’hui avec cette histoire de 150 mètres. Moi, je pense qu’il faut raison garder, écouter les scientifiques, ceux de l’agence nationale, ceux des instituts techniques. Ils n’ont pas suffisamment voix au chapitre.

    • Le rapport de l’ANSES

      Avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail relatif à une demande d’appui scientifique sur les mesures de protection des riverains lors de l’utilisation des produits phytosanitaires

      https://www.anses.fr/fr/system/files/PHYTO2019SA0020.pdf

      La recommandation est tout sauf claire… Dans les conclusions et recommandations, après s’être appuyé plein de trucs, on lit :

      • Concernant les mesures de gestion des risques
      Afin de limiter l’exposition des résidents pendant ou après application par pulvérisation, la mise en place de distances de sécurité par rapport aux bâtiments occupés et aux parties non bâties contiguës à ces bâtiments, est recommandée. Elles devraient être au moins égales aux distances introduites dans l’évaluation des risques pour les résidents qui sont basées sur le type de culture et le matériel utilisé, ou supérieures, par mesure de précaution en particulier pour les produits classés cancérogène, mutagène ou toxique pour la reproduction.

      Les distances évoquées (lourdement…) par Madame Lambert sont celles évoquées indirectement dans la partie que j’ai mise en gras qui renvoie au Tableau 2, page 8 de l’Avis. Elles ne sont en aucun cas des distances préconisées, ce sont les distances auxquelles ont été réalisées les mesures. Et encore !… comme on le voit dans ledit tableau, pour l’arboriculture, le rapport mentionne 2-3, 5 et 10 mètres dans le tableau tout en indiquant en note que seule une seule distance a été utilisée (8 mètres…) et qu’on se contentait donc de recopier ce chiffre pour les 3 lignes…

      Pour l’ANSES, les futures distances réglementaires à mettre en place devraient être au moins égales aux distances… ce que la FNSEA et le gouvernement interprètent donc instantanément sous la forme doivent être égales…

    • Par ailleurs, l’Avis de l’ANSES mentionne les mesures prises par d’autres pays de l’UE :

      • en Slovénie (texte en anglais, je ne sais pas pourquoi ils ont pris celui-là plutôt que l’original en slovène…) :
      une zone tampon de 20 mètres, en l’absence de mesures particulières, susceptible d’être réduite en présence desdites mesures,
      • la région Wallonie impose 50 mètres pour les écoles, etc.
      • l’Allemagne fixe un minimum de 2 mètres (cultures basses) et 5 mètres (cultures hautes), en gros sur la même méthode que celle utilisée par l’ANSES : c’est à ces distances qu’on a fait les mesures et qu’on a calibré les modèles de dispersion…

      Insister sur les fondements scientifiques des ces évaluations/préconisations me parait pour le moins hasardeux.

  • Depuis mai dernier, plusieurs maires ont pris des arrêtés pour protéger leurs populations de l’exposition aux #pesticides utilisés en agriculture dite « conventionnelle ». Aujourd’hui au tribunal administratif de Rennes, Daniel Cueff, maire de Langouët (Ille-et-Villaine), a défendu son arrêté anti-pesticide face à la préfète en exposant un argumentaire de 300 pages.

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/08/22/a-rennes-l-annulation-d-un-arrete-antipesticides-mise-en-delibere_5501623_32

    « Nous avons développé plus de 300 pages d’argumentaire, a déclaré Daniel Cueff à sa sortie du tribunal. Nous allons continuer, la bagarre n’est pas finie. Je ne veux plus que dans ma commune soient faites des analyses d’urine dans lesquelles on trouve, chez des enfants de 6 ans, des taux de glyphosate trente fois supérieurs à la normale. » « Aujourd’hui, vingt maires en France ont pris le même arrêté », a-t-il aussi annoncé, alors qu’il était applaudi par la foule. La décision du tribunal a été mise en délibéré au début de la semaine prochaine.

    Occasion pour rappeler que RAGSTER (Rachat et la mise en Gestion Santé de Terres agricoles et forestières), association des Yvelines, se bat pour protéger les populations riveraines soumises aux pollutions par les pesticides mais aussi des #nanoparticules utilisées dans les intrants chimique en agriculture :
    http://www.ragster.org

    RAGSTER dénonce également une certaine charte dite « de bon voisinage » en tant qu’intox de la #FNSEA auprès des mairies.

    http://www.ragster.org/charteagriculteurs.html

  • « Manigancer une majorité juive à Jérusalem » : les Palestiniens chassés par les politiques « vertes » d’Israël
    Par Jan-Peter Westad – WADI YASUL, Jérusalem-Est occupée
    Date de publication : Mardi 20 août 2019 - 16:30 | Dernière mise à jour : il y a 1 heure 18 min | Middle East Eye édition française
    https://www.middleeasteye.net/fr/actualites/manigancer-une-majorite-juive-jerusalem-les-palestiniens-chasses-par-

    Sur une colline juste au sud de la vieille ville de Jérusalem se dresse une pinède florissante de 54 hectares, au cœur du quartier palestinien de Silwan – l’une des zones les plus ghettoïsées de Jérusalem-Est occupée à la suite des initiatives du gouvernement israélien et des colons.

    Le parc, baptisé « Forêt de la Paix », est une attraction touristique présentée comme un « trésor naturel » lié à la Cité de David, un site archéologique israélien ouvert au public.

    Créée et baptisée peu après l’occupation israélienne de Jérusalem-Est en 1967, cette forêt est l’œuvre du Fonds national juif, une organisation qui soutient financièrement des projets de colonisation juive illégale dans des quartiers palestiniens.

    Depuis les années 1970, le gouvernement israélien a fait du quartier une zone « verte », un statut qui interdit toute construction.

    En 1977, les autorités israéliennes ont confié le contrôle du projet de la Cité de David à l’organisation de colons juifs El’ad.

    Le secteur de Wadi Yasul à Silwan, qui compte plus de 500 habitants, doit être démoli par les autorités israéliennes.

    Faute de place pour s’étendre au cours des décennies, les habitants de Wadi Yasul ont dû construire sans permis israéliens difficiles à obtenir, ce qui les a exposés à des ordres de démolition et à des déplacements.
    « Chaque fois que l’on sort de sa maison, on court un risque »

    Les familles se battent devant les tribunaux depuis plus de quinze ans pour retransformer le secteur en zone résidentielle, mais le gouvernement a maintenu qu’il devait rester « vert ».

    Un certain nombre de bâtiments du secteur ont déjà été démolis – les forces israéliennes ont détruit une étable et un entrepôt le 17 avril ainsi que deux habitations le 30 avril, provoquant le déplacement d’onze personnes. (...)

    #colonialisme_de_peuplement #jerusalem

  • La #gratuité des transports urbains, une fausse bonne idée
    https://reporterre.net/La-gratuite-des-transports-urbains-une-fausse-bonne-idee

    En conclusion, la notion de gratuité détourne l’attention du problème de fond : la place excessive de la #voiture dans l’espace public. Dans les villes qui l’ont instaurée, la gratuité sert souvent d’alibi pour éviter d’avoir à prendre des mesures impopulaires auprès des #automobilistes. Les usagers des #transports, les citadins et les contribuables attendent des élus non pas des solutions de facilité, démagogiques car le risque — celui d’une paupérisation du transport public — n’est pas énoncé, mais du courage politique.

    Dans les grandes agglomérations, la gratuité est dangereuse en raison de son coût pour la collectivité alors que les besoins insatisfaits sont énormes : la priorité doit aller aux investissements. Selon Jean-Marc Ayrault, alors maire de Nantes, « instaurer la gratuité, c’est renoncer à 2 km de tramway par an ».

    Dans les petites agglomérations, l’offre de transport public gratuit reste bas de gamme. À Saint-Amand-Montrond (Cher), pas de service entre 12 et 14 h, avant 9 h et après 18 h. À Vitré (Ille-et-Vilaine), les bus ne transportent que des scolaires. À Péronne (Somme), le dernier service quitte le centre-ville à 17 h 30 et les usagers sont mécontents : « Je préfère payer mon trajet pas cher, comme l’année dernière, et avoir plus de bus dans la journée » ; « C’est bien le bus gratuit, mais si c’est pour attendre le prochain pendant plus d’une heure ou rentrer à pied, je ne vois pas l’intérêt » (Le Courrier picard).

    S’il faut financer la gratuité, il devient difficile, même dans les petites agglomérations, de financer aussi la forte amélioration de l’offre qui nécessaire pour attirer l’automobiliste… En définitive, la gratuité renforce la fracture territoriale entre les villes où le transport est gratuit mais l’offre médiocre, voire indigente, et les métropoles dont les habitants disposent d’une offre correcte et où, peu à peu, le rôle de la voiture régresse.

    #fnaut

  • La Relève et La Peste
    https://lareleveetlapeste.fr/leau-ce-bien-commun-accapare-par-le-secteur-prive

    « Au lac de Caussade (Lot-et-Garonne), des agriculteurs sont passés en force, contre l’avis de l’État, pour construire leur barrage et refusent de le détruire. On est face à un #accaparement d’un bien commun par un acteur privé. C’est typique des conflits autour de l’eau qui pourraient se répéter à l’avenir. Plus la ressource va se raréfier, plus des acteurs économiques vont chercher à la préempter. Les projets de constructions de retenues d’eau à des fins agricoles essaiment dans le Nord, dans le bassin Seine-Normandie, en Bretagne. Ils sont bien souvent portés par une minorité du monde agricole. Les irrigants qui, en moyenne, ne représentent que 15 % de la profession agricole en France. Mais ces barrages ont leur revers de la médaille. Ils entraînent inévitablement une baisse des quantités d’eau pour l’aval, ont des impacts sur la biodiversité. Surtout, ces ouvrages entretiennent un cercle vicieux dans lequel les agriculteurs irrigants continuent à utiliser plus d’eau que le milieu peut naturellement leur livrer. Enfin, rien n’assure que ces retenues d’eau prémunissent du manque d’eau. L’Espagne, qui a beaucoup investi dans la construction de barrages, se retrouve aujourd’hui avec des ouvrages très loin d’être remplis. » explique-t-elle à 20minutes.fr

    #eau

    • #communs #accaparement

      En consolidant leurs privilèges concoctés dans « les eaux glacées du calcul égoïste », les « acteurs privés » se croyant pour un temps encore un peu à l’abri ont depuis longtemps préparé l’effondrement civilisationnel qui est en train d’advenir en instaurant un « état de non-droit » pour les dépossédé·es, c’est à dire la majorité de l’humanité.

    • La #FNSEA à la manœuvre dans la « gestion-accaparement » de la ressource en eau dans les département de l’Ouest.

      https://www.courrierdelouest.fr/actualite/maine-et-loire-l-eau-un-bien-de-plus-en-plus-convoite-25-07-2019-40

      Si pouvoirs publics et défenseurs de l’environnement s’accordent sur le constat général, des tensions se cristallisent autour des solutions à mettre en œuvre, à commencer par l’irrigation des terres agricoles. Pour l’Agence de l’eau, la création de bassins artificiels de stockage permettrait d’accumuler de l’eau en hiver, afin de diminuer les pompages au creux de l’été. "« C’est une des solutions à envisager »", écrit-elle dans son programme d’intervention.
      Le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, s’est dit favorable au développement de ce système, ardemment défendu par les syndicats agricoles FNSEA et Jeunes Agriculteurs. La Chambre d’Agriculture de Maine-et-Loire y songe également, même si aucun projet n’a encore émergé dans le département, contrairement à celui voisin des Deux-Sèvres, où le débat fait rage

      « C’est une vision des années 1970 qui ne fera que systématiser la surconsommation et emmener tout le monde dans le mur »" , réagit Florence Denier-Pasquier, farouchement opposée à la création de "« #bassines »" . À l’inverse, seule une transformation du modèle agricole pourra, selon elle, mener à une sobriété salvatrice.

      « Continuer à arroser des hectares de maïs au moment où l’eau est le moins disponible, ce n’est plus possible »", abonde Philippe Jaunet, vice-président du GABB Anjou (Groupement des Agriculteurs Biologistes et Biodynamistes). Sur son exploitation d’Yzernay, cet éleveur laitier pratique la rotation des cultures et plante des haies bocagères pour mieux retenir l’humidité dans le sol. Il expérimente aussi l’agroforesterie fourragère, qui doit diminuer les rations en céréales de ses bêtes.

  • Bruno #Amable : « Une partie de l’opposition de #Gauche pense toujours à l’ancien monde » (2/2)
    https://lemediapresse.fr/idees/bruno-amable-une-partie-de-lopposition-de-gauche-pense-toujours-a-lanc

    Dans la seconde partie de notre entretien, l’économiste Bruno Amable pointe les contradictions de l’écologie de marché, alerte contre les prochaines réformes du gouvernement et évalue les stratégies de la gauche.

    #Idées #ADP #Bloc_bourgeois #Classes_sociales #EELV #Elections #FI #FN #Garrido #Hollande #Jadot #Moscovici #Palombarini #populisme #RN

  • Serres chauffées dans le bio : la FNSEA fait plier le gouvernement
    https://www.mediapart.fr/journal/france/270619/serres-chauffees-dans-le-bio-la-fnsea-fait-plier-le-gouvernement

    En livrant bataille pour inscrire dans la réglementation française l’interdiction du chauffage des serres pour la production de fruits et légumes bio hors saison, les acteurs du bio ont mis au jour les projets de l’agro-industrie et la « conversion » des serres conventionnelles. Après avoir repoussé sa décision à la demande de la FNSEA, le ministère de l’agriculture a récemment pris le parti du chauffage.

    #Enquête #Carrefour,_Didier_Guillaume,_FNAB,_CNAB,_Olivier_Nasles,_Edouard_Philippe,_FNSEA,_INAO

    • Une fois encore, la #FNSEA fait plier un gouvernement. Le syndicat agricole majoritaire, mis en mouvement par les coopératives, a obtenu le soutien du ministère de l’agriculture pour reporter à deux reprises un vote inscrivant l’interdiction du chauffage des serres pour la production de fruits et légumes bio hors saison dans le guide de lecture du règlement européen. Le 17 juin, l’administration a mis sur la table une proposition autorisant de fait les serres chauffées.

      La proposition d’interdiction portée par les représentants historiques du bio devant le Comité national de l’agriculture biologique (CNAB) de l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao) doit encore être débattue le 11 juillet. Organisme public chargé de gérer les signes officiels de qualité – les labels et les appellations –, l’Inao a déjà été confronté à des batailles rangées face aux prétentions de l’industrie, notamment au sujet des fromages au lait cru dans les années 2000.

      Cette fois, l’enjeu est la défense des conditions de production des légumes biologiques. Les tenants de l’agro-industrie favorables au chauffage des serres ont fait savoir « qu’une quarantaine d’exploitations déjà en activité » utilisaient ce procédé, auxquelles devraient s’ajouter une vingtaine de projets d’ici à 2021, « qui se concrétiseront à condition d’avoir accès au chauffage ».

      Au-delà, de grosses coopératives qui ont engagé une réflexion pour convertir leurs serres en bio se déclarent opposées à la restriction du chauffage leur permettant de produire en hiver. Pour elles, pas question de restreindre ni d’interdire, au contraire.

      Des serres de la station expérimentale du Comité d’action technique et économique (CATE), à Saint-Pol-de-Léon, syndicat professionnel de la Région Bretagne, auquel appartient la coopérative Sica. © DR Des serres de la station expérimentale du Comité d’action technique et économique (CATE), à Saint-Pol-de-Léon, syndicat professionnel de la Région Bretagne, auquel appartient la coopérative Sica. © DR

      Le gouvernement est resté prudent, laissant l’administration avancer ses pions. Didier Guillaume, le ministre de l’agriculture, a juré le 19 juin qu’il n’était « pas favorable au chauffage des serres », « parce qu’il faut respecter les rythmes biologiques », mais il a aussitôt ajouté une nuance, de taille, en précisant que « si c’était interdit en France et permis dans d’autres pays européens, ça ne réglerait pas le problème de l’économie ».

      Tout en jugeant qu’il ne voyait pas « l’intérêt » « d’avoir des fraises à Noël », le ministre a souligné, dans une interview au Télégramme, que la réglementation européenne « n’interdit pas » le chauffage des serres en bio. « Pour ma part, je considère que c’est aux filières et aux responsables du bio de décider, et au consommateur d’être responsable », a-t-il déclaré.

      Mais le CNAB, qui va statuer pour avis, est composé pour moitié de représentants des groupements historiques du bio et, pour l’autre, des représentants issus du conventionnel – membres de Coop de France ou élus de chambres d’agriculture –, les cinq représentants de l’État les départageant.

      Joint par Mediapart, Olivier Nasles, le président du CNAB, a déclaré qu’il n’était « pas sûr » que « la décision » serait prise le 11 juillet. « Je n’ai pas envie d’aller vers un vote moitié/moitié », déclare-t-il, précisant que « certains acteurs sont sur des postures » – comprendre : certains acteurs militants du bio.

      Face à leur demande d’interdiction du chauffage, l’administration a mis sur la table une proposition alternative, lors de la commission réglementation du CNAB, le 17 juin dernier. Il s’agit d’interdire la distribution des légumes d’été en hiver, du 21 décembre au 21 mars, en permettant ainsi une production et une vente de printemps. « Tout le monde est d’accord sur la saisonnalité : c’est déjà une belle avancée », se félicite Olivier Nasles.

      En réalité, cette « avancée » reste très problématique, aux yeux des acteurs du bio, puisqu’elle implique de chauffer les serres de janvier à avril, pendant la période de développement des plants. En outre, elle laisse grandes ouvertes les portes de la production à l’export, et donc de la massification de l’offre.

      « Cette proposition est inadmissible, tranche Sylvie Corpart, une représentante de la Fédération nationale de l’agriculture biologique (FNAB). Elle donne raison à ceux qui font pression depuis le début. On envoie toute la filière bio dans l’impasse. »

      Cette bataille a débuté il y a près d’un an. Informée de la multiplication des projets de serres chauffées en bio en Bretagne et en Vendée, la FNAB a saisi en juin 2018 la commission réglementation de l’Inao d’une demande d’ajout au guide de lecture.

      Alors que ce document indique que « le chauffage des serres est possible », la commission réglementation propose au CNAB d’ajouter quelques réserves, et non des moindres : « Le chauffage des serres est possible dans le respect des cycles naturels (pas de production à contre-saison, exemple : tomate, courgette, concombre, aubergine, poivron) [et] lorsqu’il utilise des ressources renouvelables produites sur l’exploitation, [ceci étant] sans restriction pour la production des plants et la mise en hors gel. » Le chauffage pourrait donc être interdit « à contre-saison ».

      Les coopératives et leurs soutiens sont alertés et sortent du bois début décembre. Marc Kerangueven, président de la Sica (Société d’initiatives et de coopération agricole) de Saint-Pol-de-Léon, dont les 650 exploitants commercialisent sous la marque Prince de Bretagne, juge dans une note transmise au premier ministre qu’il est « primordial que le CNAB vote contre l’adoption de cette proposition ».

      Cette « restriction inadaptée, drastique et brutale » du chauffage pourrait « avoir de lourdes conséquences » pour « l’ensemble de la production bio sous abri française, qui subirait la prise des marchés par l’import », annonce-t-il, dans son courrier cosigné par le président de la chambre régionale d’agriculture de Bretagne. C’est la balance commerciale qui préoccupe avant tout la coopérative de Kerangueven, qui exporte par ailleurs 40 % de ses légumes.

      La Sica compte déjà 150 hectares de serres, toutes productions confondues. Et le bio fait partie de ses priorités, même s’il ne pèse encore que 5,7 % de son chiffre d’affaires – 8,55 millions d’euros pour 7 232 tonnes de légumes produits, un chiffre en hausse de 3 millions d’euros en 2018… Le comité bio du groupement de producteurs Cerafel, auquel cette coopérative est rattachée, revendique 20 000 tonnes de légumes bio produites l’an dernier.

      Le 10 décembre, la présidente de la FNSEA Christiane Lambert a demandé de son côté le report du vote de la proposition dans un courrier adressé au président du CNAB – et cosigné par les présidents de Coop de France, Felcoop, Légumes de France (branche spécialisée de la FNSEA) et de l’APCA. Selon la FNSEA et ses alliés, « les professionnels du secteur n’ont pas eu le temps de se positionner dans les délais impartis ».

      « Les premiers éléments d’analyse nous amènent à penser que nos exploitations seraient confrontées à une situation de distorsion de concurrence avec les autres États membres », font-ils valoir eux aussi.

      Alertée par ces courriers, la FNAB lance un contre-lobbying. Un texte signé par des distributeurs, et non des moindres, Biocoop et surtout Carrefour, des transformateurs et distributeurs spécialisés (Synabio) et des producteurs (Forébio, Cabso, Uni vert, Bio Loire Océan, Solébio), dénonce les « pressions » ainsi exercées sur le CNAB et soutient « l’encadrement du chauffage des serres », « dans le but d’éviter le désaisonnement ».

      « Ces dernières années, la production de fruits et légumes frais s’est développée sans recours au chauffage de serres, ce qui prouve que cette pratique est inutile », soutiennent-ils.

      « Nous avons des conditions climatiques qui ne sont pas bonnes, explique Mathieu Lancry, président de Forébio. Vouloir concurrencer des pays tiers qui ont des conditions plus favorables, je trouve ça fou. Faire chauffer les serres en bio, ça n’a pas de sens. »

      Le producteur rappelle au passage les « surproductions chroniques en tomates et concombres » de l’agriculture conventionnelle, et la destruction récente de 500 tonnes de tomates par la coopérative Solarenn en Bretagne.

      Mise aux voix lors du CNAB du 13 décembre, la demande de report par la FNSEA et les coopératives est approuvée par 19 voix contre 15, et 2 abstentions. « Les représentants de l’État ont voté le report à main levée », relève un participant. L’État s’est incliné. Le président du CNAB, Olivier Nasles, vote aussi en faveur de ce report et se montre favorable aux objections de l’agro-industrie. « La restriction du chauffage ne va pas empêcher qu’il y ait des tomates bio sur les étals, explique-t-il à Mediapart. Cette décision va bloquer les produits français, mais ne s’appliquera pas aux produits étrangers. La distorsion de concurrence est bien là. »

      Nommé par arrêté ministériel en 2017, cet oléiculteur touche-à-tout, patron pendant douze ans de l’interprofession de l’huile d’olive (Afidol), ex-secrétaire adjoint de la chambre d’agriculture d’Aix-en-Provence, œnologue de métier, n’a jamais été légitime à la présidence du comité bio de l’Inao. C’est le vignoble de sa mère, le domaine de Camaïssette, converti en bio en 2014, et dont il est salarié, qui lui a valu, selon l’Inao, d’être nommé président du CNAB. « Il produit du rosé bio », précise le service communication de l’institution.

      « Il est cordial, mais il n’est pas du métier, déplore un membre du CNAB. C’est vraiment dommageable pour la crédibilité du CNAB que ce soit quelqu’un comme lui qui pilote le guide de lecture du règlement européen. Sa nomination est une farce. On a tous été interloqués. »

      « On se demande toujours d’où il parle, comme on disait en Mai-68 », commente ironiquement un responsable du bio.

      Olivier Nasles admet qu’il ne fait pas « partie des historiques du bio », mais qu’il a été choisi parce qu’il n’était « pas partisan d’une famille ou d’une autre ». Membre de plusieurs instances de l’Inao depuis 2004, il s’attendait d’ailleurs à présider un autre comité de l’institut. S’il reconnaît qu’il n’est « pas compétent » sur le sujet du chauffage des serres, il a un avis tranché sur l’avenir du bio.

      « Le monde du bio va changer, parce que l’économie est entrée dedans, juge-t-il. Bien sûr qu’il va y avoir une industrialisation du bio. On a suscité une demande chez les consommateurs. Il y a des gens qui sont entrés qui ne sont pas des bio historiques. »

      En janvier, la FNSEA et les coopératives ont communiqué des éléments chiffrés sur les serres chauffées en bio, qui confirment les craintes de l’autre camp. Selon leur décompte, 14 exploitations équipées de serres ayant recours au chauffage tournent déjà en Bretagne sur 13 hectares, et envisagent de passer à 19 hectares. Les Pays de la Loire comptent quatre exploitations en fonctionnement sur 11 hectares, mais surtout dix-neuf en cours de constitution, avec des permis de construire accordés sur 22 hectares supplémentaires. Dans le Sud, vingt exploitations sous serres tournent déjà à plein régime sur 33 hectares.

      « Plus de 50 hectares sont ainsi concernés aujourd’hui ; une surface qui pourrait progresser rapidement à moyen terme », relève la synthèse du syndicat. Des surfaces encore dérisoires, rapportées aux territoires engagés en agriculture biologique en France – deux millions d’hectares en 2018, entre les mains de 41 623 producteurs –, mais très productives.

      « Ces surfaces représentent des volumes considérables de légumes français biologiques déjà produits et commercialisés : plus de 9 500 tonnes à ce jour d’après nos estimations, et potentiellement près de 15 000 tonnes à l’horizon 2021/22 », poursuit le document. Les syndicalistes vantent l’efficacité en « technique culturale » du chauffage, notamment par « la maîtrise des risques sanitaires », grâce à la déshumidification – contre le mildiou, par exemple.

      Le camp du bio explique de son côté que « tout usage sanitaire du chauffage allant au-delà des limites du hors gel (5 °C) implique potentiellement le développement végétatif de la plante, donc la production ». « Par exemple, pour améliorer l’efficacité du biocontrôle [l’activité des insectes, auxiliaires de culture – ndlr], la température des serres à tomates est portée entre 18 et 25 °C. Or, ces températures correspondent parfaitement à l’optimum de température pour le développement végétatif de la tomate. » L’argument sanitaire est opportuniste.

      Les services juridiques de l’Inao pèsent dans le même sens. Ils rappellent l’une des bases du règlement européen qui stipule que « l’agriculture biologique doit établir un système de gestion durable, respectueux des systèmes et des cycles naturels ». Si le chauffage sous serres n’est pas interdit, il est d’abord conditionné à l’utilisation d’énergies renouvelables. Il peut être mis au service de production des plants pour amorcer la production ou la mise en hors gel, mais la production bio se doit d’éviter toute production à contre-saison.

      Cependant, la mobilisation des agriculteurs conventionnels pèse plus lourd que les remarques d’un service juridique. « Entre décembre et mars, il y a eu une vraie levée de boucliers. Vindicative. C’est l’Ouest qui a bougé, juge une agricultrice en bio. On était traités d’irresponsables. »

      Le 3 avril, le CNAB se réunit une nouvelle fois, mais le président Nasles et l’administration, contre toute attente, ne mettent pas le sujet à l’ordre du jour comme prévu. « Le premier report, on s’est dit : on va leur concéder… commente Sylvie Corpart, représentante de la FNAB. Mais le deuxième report, c’était un vrai scandale. Nous avons quitté la salle. »

      La polémique déborde sur l’interprofession des fruits et légumes, l’Interfel. Le poste de corapporteur du comité bio d’Interfel est attribué à Bruno Vila, dirigeant d’une importante coopérative du sud de la France, Rougeline, qui développe massivement des cultures de tomates sous serres, hors sol – en s’appuyant sur un modèle de serre hollandais, qui coûte entre 700 000 et 1,4 million d’euros à l’hectare.

      Vila est l’alter ego du breton Kerangueven dans le Sud. Forte de 340 hectares de cultures de tomates, fraises et concombres sous serres – et 700 hectares en terre –, et de 230 producteurs, Rougeline fait un chiffre d’affaires de 123 millions d’euros. L’élection de Vila, vécue comme une « provocation » par le camp du bio, entraîne la sortie de la Confédération paysanne du comité bio. Interfel a refusé de répondre aux questions de Mediapart sur cette crise interne et Bruno Vila n’a pas donné suite à nos demandes.

      « Il y a un traumatisme lié à la pression que subissent les producteurs conventionnels avec la concurrence de l’Espagne et du Maroc, explique à Mediapart Guillaume Riou, président de la FNAB. Au sein de ces grosses coopératives, certains pensent qu’ils vont s’en sortir en reproduisant le modèle productiviste dans le bio. Ils n’ont pas compris que l’alimentation et l’agriculture doivent respecter les cycles naturels. »

      Le 17 juin, l’administration revient devant la commission réglementation avec une proposition d’interdiction de distribution des légumes d’été en hiver jusqu’au 21 mars, une version revue du dispositif validant en réalité l’utilisation du chauffage des serres durant l’hiver pour amorcer la production. Elle propose aussi d’inscrire la perspective d’une obligation d’utilisation d’énergies renouvelables à l’horizon 2025, alors même que cette obligation figure en toutes lettres dans le règlement européen.

      Or la question de l’énergie n’est pas secondaire, loin de là. Selon l’étude FoodGES de l’Ademe, une tomate produite en France sous serre chauffée est responsable de quatre fois plus d’émissions de gaz à effet de serre qu’une tomate importée d’Espagne et huit fois plus qu’une tomate produite en France en saison. « Les chauffeurs de serres auront six ans devant eux sans cadre pour produire, et d’ici là, ils pourront au moins tripler leur production », objecte un communicant du bio.

      Pour amplifier la protestation, la FNAB – soutenue par Réseau action climat, la Fondation Nicolas-Hulot et Greenpeace – a lancé le 29 mai une pétition en ligne, « Pas de tomate bio en hiver : non aux serres chauffées », demandant au ministre de l’agriculture « de soutenir un encadrement strict du chauffage des serres en bio afin d’interdire la production de fruits et légumes bio hors saison ».

      Le groupe Carrefour est le seul groupe de distribution de premier plan à s’être rangé derrière la FNAB contre les serres chauffées. « On s’est engagés aux côtés de la FNAB sur ce sujet dès le mois d’octobre 2018, précise auprès de Mediapart Benoît Soury, directeur bio de Carrefour. Nous nous engageons à fournir des produits grandis naturellement, et nous voulons aller plus loin en faisant en sorte que nos produits bio ne soient que d’origine France – la proportion est de 3/4 aujourd’hui. »

      Ce positionnement « politique » du groupe s’inscrit dans une vraie logique d’investissement de Carrefour, qui a réalisé 1,8 milliard d’euros de chiffre d’affaires dans le bio en 2008. Le distributeur se dit toutefois prêt à « réétudier » sa position « si un compromis est trouvé ».

      Si l’administration revient avec sa proposition devant le CNAB, le 11 juillet, et obtient un vote favorable aux serres chauffées, elle pourrait créer une fracture irrémédiable au sein de la structure chargée d’encadrer l’agriculture biologique. Certains historiques du bio sont tentés par un repli autour d’un nouveau label privé portant leurs valeurs et un cahier des charges strict, comme il en existe en Allemagne.

      « C’est vrai que la question est posée avec insistance au sein du réseau, confirme Sylvie Corpart. Est-ce que la fédération a encore intérêt à être présente dans une structure où les jeux et les décisions se font dans les couloirs, et nous échappent ? Les dés étant pipés, il faut peut-être arrêter de perdre notre temps à défendre le label “AB” et créer autre chose. »