• « On a rayé des cartes les petits #cours_d’eau, et la sécheresse s’est répandue »

    En rayant des cartes tous les petits cours d’eau, la France a ainsi alimenté la terrible sécheresse que nous connaissons, écrivent les auteurs de cette tribune. Ceux-ci sont pourtant essentiels pour nourrir les vallées et les #nappes_phréatiques.

    La France a longtemps été un pays de rivières mais aussi de « #petits_chevelus » qui irriguaient merveilleusement les paysages, rechargeaient les nappes phréatiques, nourrissaient les #zones_humides et les grandes vallées. Aujourd’hui, ce réseau fin de milliers de petits #ruisseaux — rus, béals, filets d’eau de tête de bassin versant — se défait silencieusement, et alimente la terrible sécheresse que nous connaissons, tout autant que le déficit de #pluie.

    Cette affirmation n’est pas du catastrophisme. Elle découle de constats d’observation réalisés sur les petits cours d’eau, de bulletins hydrologiques, de mesures des nappes phréatiques, de cartes de sols dégradés réalisés dans toute la France sous le contrôle d’Eau France par Ades, la banque d’accès aux données de quantité et de qualité des #eaux_souterraines.

    Ces relevés racontent la même histoire : la géographie de notre pays bascule vers des changements de #paysages considérables, défavorables aussi bien à l’agriculture qu’aux humains — sans même parler des non-humains, de plus en plus vulnérables avec la prolongation des sécheresses.

    Victimes de l’#agriculture productiviste et de l’#urbanisation aveugle

    Pour comprendre cette disparition des petits cours d’eau, remontons un peu le temps. Le 30 décembre 2006, une #loi_sur_l’eau_et_les_milieux_aquatiques (#Lema) était adoptée en France, qui transposait dans le droit une directive européenne visant à restaurer l’état écologique des masses d’eau douce d’Europe d’ici à 2015.

    Certains syndicats agricoles n’ont pas vu cette ambition d’un bon œil, notamment la #FNSEA, représentant majoritaire de l’#agriculture_productiviste, désormais contrainte d’interdire les rejets de #nitrates dans les cours d’eau. L’Union européenne condamnera d’ailleurs plusieurs fois l’État français pour son laxisme vis-à-vis de ces pratiques (https://www.actu-environnement.com/ae/news/nitrates-cjue-condamnation-france-z).

    Mais grâce au gouvernement socialiste de l’époque (Reporterre l’a raconté en 2017 : https://reporterre.net/La-nouvelle-cartographie-des-cours-d-eau-menace-l-interet-general), un tour de passe-passe résolut le dilemme : de cours d’eau, les petits ruisseaux devinrent des « fossés », « canaux » ou « ravines », privés de la protection instaurée par la loi de 2006. Résultat : plus de bandes-tampons obligatoires pour les préserver des constructions et autres barrages hydrauliques, plus d’encadrement des #épandages de #pesticides. Sortis du droit, ils furent aussi effacés des #cartes administratives hydrologiques que l’on commençait alors à réaliser. Dans certains départements, la moitié d’entre eux ont tout simplement été rayés des cartes.

    Invisibilisés, ces petits cours d’eau ont pu être maltraités sans égards par des #pollutions diverses, malmenés par des sécheresses prolongées, ou tout simplement comblés par des propriétaires, et ainsi à jamais perdus. Leur #ruissellement ne s’effectuant plus, ou plus correctement, ils ne jouent plus leur rôle de capillaires du territoire. Des milliers de vallons se retrouvent ainsi privés d’eau pendant des semaines, voire des mois.

    Leur #disparition n’est pas seule en cause dans l’assèchement des sols, il faudrait aussi parler par exemple de l’abandon des #réseaux_gravitaires et autres #canaux_d’irrigation. Mais elle est essentielle pour comprendre la sécheresse des #sols et l’épuisement des nappes phréatiques, qui a ouvert la voie à des transformations profondes de nos terres et de nos habitats.

    Une véritable fuite en avant

    Chacun peut le constater, la sécheresse transforme les #paysages. Les images prises depuis le ciel sont saisissantes : rivières réduites à des rubans de cailloux, lacs contractés, champs grillés, forêts jaunies au cœur de l’été. Le manque d’eau dans les sols stoppe la croissance des arbres, bloque la photosynthèse (faisant dépérir certaines essences), et réduit leur possibilité de stockage de carbone. Le risque d’incendie et de ravageurs augmente en proportion.

    Les habitats humains en subissent aussi les conséquences. La rétractation des argiles l’été, puis leur gonflement au retour des pluies, fissure les murs, déstabilise les fondations. En France, plus de 60 % des maisons individuelles se situeraient désormais dans des zones d’exposition moyenne ou forte à ce phénomène, ce qui provoque de silencieuses migrations, du fait du coût élevé des réparations.

    Pour tenter de compenser la sécheresse provoquée par la disparition progressive de ces petits cours d’eau, l’agriculture développe l’#irrigation_sous_pression (#aspersion, #goutte-à-goutte), accaparant l’été une part très importante de l’eau, au prix de #conflits_d’usage croissants avec les milieux aquatiques, la production d’énergie, les usages domestiques.

    Des projets fantasmagoriques refont surface, comme les « #autoroutes_de_l’eau » qui détourneraient les eaux du Rhône ou d’autres fleuves vers des territoires en tension. Comme si l’on pouvait corriger la géographie par quelques tuyaux géants, alors que les grands cours d’eau eux-mêmes voient leurs débits diminuer. Une véritable fuite en avant !

    Instaurer une #démocratie_de_l’eau

    Si la sécheresse est bien amplifiée par le réchauffement global, la vulnérabilité de la France face à ce choc est donc largement le produit de ses choix. Elle a trop traité l’eau comme un stock à répartir, et non comme une trame à préserver, préférant contester les contraintes juridiques et écologiques plutôt que de réorganiser ses pratiques agricoles.

    Il faut désormais le reconnaître : nous avançons, année après année, vers un nouveau paysage, une nouvelle géographie. Nous ne retrouverons plus un état antérieur. Pour éviter la déshydratation continue du pays, il faut renouer avec la #géographie_de_l’eau en :

    – cessant de rayer des cartes tous les petits cours d’eau, et en les restaurant pour redessiner une trame vitale du territoire ;
    - en réorganisant l’agriculture autour de la #sobriété_hydrique, avec l’#agroécologie ;
    - en mettant l’eau au centre des politiques d’#aménagement_des_territoires, de l’extension des villes notamment. Plus rien ne devrait être construit sans tenir compte des sources disponibles.

    Il est temps de faire de la protection et de l’accès égalitaire à la ressource en eau un axe central de la #planification_écologique. Il est temps de simplifier et de rendre transparente pour tous les citoyens la #gestion_de_l’eau et de sortir d’une complexité administrative sans issue. Sans eau, il n’y aura ni territoire, ni économie, ni démocratie viables.

    https://reporterre.net/On-a-gomme-les-petits-cours-d-eau-des-cartes-et-la-secheresse-s-est-repa

    #eau #rivière #France #sécheresse #hydrologie #invisibilisation

    signalé aussi par @colporteur :
    https://seenthis.net/messages/1186226

    voir aussi :
    Une #cartographie inédite des cours d’eau officiels pointe les incohérences de la #réglementation
    https://theconversation.com/une-cartographie-inedite-des-cours-deau-officiels-pointe-les-incohe
    https://seenthis.net/sites/7282461336008050837
    via @sombre

    • Quand le gouvernement et la FNSEA redessinent la carte des cours d’eau
      (publié en 2017)

      La loi sur l’eau de 2006 vise à retrouver un « bon état » écologique des masses d’eau douce. Mais discrètement, pour complaire à la FNSEA, le gouvernement a entrepris de soustraire une partie des cours d’eau à l’application de la loi. Premier volet de la grande enquête de Reporterre

      C’est l’histoire d’un incroyable coup de force. Dans le secret de quelques bureaux, une coalition de politiques et de lobbyistes de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) a décidé de changer la carte géographique et physique de la France. En voici le déroulé, tel que reconstitué par Reporterre.

      Quand François Hollande a été élu président de la République en 2012, la FNSEA n’en éprouve aucune crainte. Ce « syndicat » paysan règne sur la politique agricole depuis plus de soixante ans. La Quatrième République, puis le régime gaulliste après 1958, ont en effet accepté de cogérer avec ses dirigeants les dossiers agricoles essentiels. Un nouveau virage a été pris quand Jacques Chirac, ministre de l’Agriculture dans les années 1970, a instauré la cogestion des politiques publiques agricoles avec la FNSEA, le syndicat ultramajoritaire dans la profession.

      L’industrialisation des campagnes, les élevages concentrationnaires, l’irruption des pesticides, la destruction des haies et des talus boisés, le remembrement, le recalibrage des rus, ruisseaux et rivières, sont une œuvre partagée. Essentiellement entre le ministère de l’Agriculture, les directions départementales de l’Agriculture (DDA), où règnent les Igref — ingénieurs polytechniciens chargés des « eaux et forêts » —, et la FNSEA, qui contrôle les puissantes chambres d’agriculture.

      Le désastre qui s’ensuit est donc le leur, qu’ils présentent pourtant comme un triomphe de la modernité. En 2007, quand Sarkozy lance son Grenelle de l’environnement, promettant une « révolution écologique » qui n’aura jamais lieu, les chefs de la FNSEA s’inquiètent. À tort. Après avoir copieusement brassé le vent, Sarkozy lance en novembre 2011 sa fameuse phrase : « Je voudrais dire un mot de toutes ces questions d’environnement, parce que là aussi, ça commence à bien faire. »
      L’élection de Hollande n’est pas une mauvaise nouvelle

      La FNSEA aurait sans problème fait affaire avec un Sarkozy réélu président, mais la gauche gouvernementale ne lui a jamais fait défaut. Faut-il rappeler qu’un Henri Nallet, jadis ministre de l’Agriculture de Mitterrand — 1985-1986, puis 1988-1990 —, a commencé sa carrière comme chargé de mission de la FNSEA ? Qu’Edgard Pisani, devenu socialiste sur le tard et vice-président de la Commission européenne en 1984, a été le ministre de l’Agriculture de De Gaulle entre 1961 et 1966, lançant réforme sur réforme en compagnie de Michel Debatisse, futur président de la FNSEA ?

      En bref, l’élection de Hollande n’est pas une mauvaise nouvelle. Et d’autant que la présidence se révèle d’une grande faiblesse politique, donc bien plus impressionnable. La FNSEA de Xavier Beulin — il est devenu son président en 2010 — sent rapidement qu’elle peut espérer beaucoup de la gauche, peut-être davantage que d’une droite sarkozyste. Beulin devient en quelques mois un interlocuteur privilégié de Hollande, ce qui permet de mieux comprendre la suite.

      Les productivistes agricoles n’ont en fait jamais digéré la loi sur l’eau et les milieux aquatiques (Lema) du 30 décembre 2006. Celle-ci transpose dans le droit français une directive européenne sur l’eau adoptée en octobre 2000. Or cette loi a pour objectif — entre autres — de parvenir à un « bon état » écologique des masses d’eau douce d’Europe d’ici 2015. La FNSEA, qui sait à quoi s’en tenir, y voit une menace directe : l’agriculture industrielle dissémine massivement des pesticides et pollue les rivières et les rivages avec ses nitrates. En 2014, l’Europe a d’ailleurs condamné une nouvelle fois la France pour sa politique trop laxiste contre l’épandage des nitrates.
      Nul n’est censé ignorer la loi, sauf les paysans

      Comment en sortir ? La création en 2006 de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema), chargée de la police de l’eau, annonce-t-elle la fin de l’impunité pour les pollueurs ? Possible. En 2010, une circulaire du ministère, alors de l’Écologie, durcit le ton : « Il est impératif de consolider la pratique des contrôles et de mieux coordonner l’intervention des services et établissements chargés des polices de l’eau et de la nature. » Une guérilla invisible commence. Quelques contrôles de terrain de l’Onema aboutissent à des procès-verbaux pour épandage de lisier ou comblement de ruisseaux, qui viennent heurter de plein fouet les habitudes agricoles. Fin 2013 commence un cycle de manifestations musclées de la FNSEA, avec déversement de fumier, devant les sièges décentralisés de l’Onema. On y refuse le principe même des contrôles.

      C’est alors que tout dérape au sommet de l’État. Manuel Valls, devenu Premier ministre, décide de se soumettre au lobby agricole, et commande en novembre 2014 un rapport sur « la mise en œuvre des contrôles » de terrain à la députée socialiste de l’Ariège Frédérique Massat. Le texte, publié fin mai 2015, ne peut que combler la FNSEA, car il prend parti, jusqu’à la caricature. On y lit par exemple cette phrase d’anthologie, qui ridiculise toute inspection de terrain : « La mission recommande qu’aucun constat de non-conformité ne soit dressé pour des points de contrôle dont les règles n’auraient pas été portées à la connaissance des agriculteurs en temps utile ».

      En somme, nul n’est censé ignorer la loi, sauf les paysans. Au-delà, le rapport ouvre une porte à des enjeux plus lourds encore, en réclamant la réalisation de cartes des cours d’eau, département par département. Pour la FNSEA, c’est décisif, car si un ru ou un ruisseau ne sont plus considérés comme des cours d’eau, ils ne relèvent évidemment plus de la loi qui les protège. Tout est alors en place pour une vaste comédie, qui se révélera être un drame.

      https://reporterre.net/Quand-le-gouvernement-et-la-FNSEA-redessinent-la-carte-des-cours-d-eau

  • « On a rayé des cartes les petits cours d’eau, et la #sécheresse s’est répandue »
    https://reporterre.net/On-a-gomme-les-petits-cours-d-eau-des-cartes-et-la-secheresse-s-est-repa

    La France a longtemps été un pays de rivières mais aussi de « petits chevelus » qui irriguaient merveilleusement les paysages, rechargeaient les nappes phréatiques, nourrissaient les zones humides et les grandes vallées. Aujourd’hui, ce réseau fin de milliers de petits ruisseaux — rus, béals, filets d’eau de tête de bassin versant — se défait silencieusement, et alimente la terrible sécheresse que nous connaissons, tout autant que le déficit de pluie.

    [...]

    Pour comprendre cette disparition des petits cours d’eau, remontons un peu le temps. Le 30 décembre 2006, une loi sur l’#eau et les milieux aquatiques (Lema) était adoptée en France, qui transposait dans le droit une directive européenne visant à restaurer l’état écologique des masses d’eau douce d’Europe d’ici à 2015.

    Certains syndicats agricoles n’ont pas vu cette ambition d’un bon œil, notamment la #FNSEA, représentant majoritaire de l’#agriculture productiviste, désormais contrainte d’interdire les rejets de nitrates dans les cours d’eau. L’Union européenne condamnera d’ailleurs plusieurs fois l’État français pour son laxisme vis-à-vis de ces pratiques.

    Mais grâce au gouvernement socialiste de l’époque (Reporterre l’a raconté en 2017), un tour de passe-passe résolut le dilemme : de cours d’eau, les petits ruisseaux devinrent des « fossés », « canaux » ou « ravines », privés de la protection instaurée par la loi de 2006. Résultat : plus de bandes-tampons obligatoires pour les préserver des constructions et autres barrages hydrauliques, plus d’encadrement des épandages de pesticides. Sortis du droit, ils furent aussi effacés des cartes administratives hydrologiques que l’on commençait alors à réaliser. Dans certains départements, la moitié d’entre eux ont tout simplement été rayés des cartes.

    edit c’est assez général, on pense flux et stock, au mépris des trames.

    #hydrologie (et Lumières éteintes) #petits_chevelus

  • [Entretien vidéo] « Un texte abominable sur le plan #scientifique », #philippe_grandcolas déconstruit la #loi_duplomb
    https://splann.org/grand-entretien-philippe-grandcolas-loi-duplomb

    Chercheur reconnu dans le domaine de la biodiversité, Philippe Grandcolas publie « Loi Duplomb, le débat confisqué » aux éditions du Faubourg. Nous l’avons rencontré dans son bureau du Muséum national d’Histoire naturelle, à Paris, au moment où sénateurs et députés s’apprêtent à permettre la remise sur le marché de l’acétamipride et du #flupyradifurone, deux insecticides nocifs pour les #abeilles. L’article [Entretien vidéo] « Un texte abominable sur le plan scientifique », Philippe Grandcolas déconstruit la loi Duplomb est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Pollutions #acétamipride #agences_sanitaires #agriculteurs #agriculture #agroécologie #annie_genevard #anses #assemblée_nationale #biodiversité #chercheur #cnrs #écologie #écologue #écosystème #efsa #FNSEA #grand_entretien #insectes #interview #laurent_duplomb #les_républicains #loi_d'urgence_agricole #muséum_national_d'histoire_naturelles #néonicotinoïdes #pesticide #pesticides #pollinisateurs #pollution #sénat #toxicité

  • #OMG, Russian #propaganda is telling the #truth, and we’re all bein...
    https://diaspora.psyco.fr/p/12535322

    #OMG, Russian #propaganda is telling the #truth, and we’re all being monitored by the #NSA.

    source: united24media.com/investigatio…

    The report, aired on the Russian state-owned Rossiya-1 television channel, alleges that companies including #Microsoft, #Apple, and #Google are operating in partnership with the US National #Security Agency (NSA) and the #FBI to compromise the #mobile devices of high-ranking government figures, ...

    Poor #Snowden is now stuck in #Russia for telling the #world the truth about the U.S. #surveillance program.

    #fsb #news #policestate #bigtech #propaganda #fnord #newspeack #whistleblower #cybersecurity #tracking #bigdata #bigbrother #orwell #spy #secretservice #intelligence #usa #worldorder #prtivacy #society #ethics #smartphone

  • #Mégabassines, #data_centers : « La guerre contre l’#eau s’est intensifiée »

    Dans le livre-enquête « Les Assoiffeurs », les journalistes Nicolas Celnik et Fabien Benoit montrent comment certains acteurs privés accaparent, avec la bénédiction de l’État, une ressource de plus en plus rare et de plus en plus polluée.

    DepuisDepuis dix ans, un tiers du territoire français subit des restrictions d’eau et le pays vit désormais au rythme d’épisodes de sécheresse toujours plus longs et plus intenses. Qui demain aura accès à l’eau ? De quelle qualité ? Depuis les années 1980, près de 14 000 captages d’eau potable ont dû fermer en raison de taux de pollution aux pesticides trop importants. Et le scandale de la contamination massive aux PFAS ne fait que commencer…

    À Sainte-Soline, les militants en lutte contre l’accaparement de l’eau par le modèle agricole productiviste ont reçu pour toute réponse du gouvernement un déluge de grenades.

    Dans une enquête fouillée, les journalistes Fabien Benoit et Nicolas Celnik montrent comment certains acteurs privés, des producteurs de maïs aux promoteurs de data centers, font main basse sur l’eau, avec la bénédiction de l’État.

    Les Assoiffeurs. Enquête sur ces entreprises qui accaparent notre eau (Les Liens qui libèrent, 2026) pointe comment certains comptent aussi capitaliser sur la raréfaction de la ressource et sur les inquiétudes concernant la santé. Entretien.

    « Mediapart » : La loi d’urgence agricole qui arrive à l’Assemblée nationale le 19 mai comporte un important volet sur l’eau. Une fois de plus, le gouvernement veut « sécuriser » l’accès à l’eau pour les agriculteurs et agricultrices irrigant·es, au détriment des autres usagers et usagères, en favorisant notamment la construction de mégabassines.

    Fabien Benoit : On a beaucoup parlé de guerre de l’eau, notamment autour des bassines. Pour nous, il y a surtout une guerre contre l’eau, c’est-à-dire contre cette ressource, pour l’accaparer, pour l’abîmer. Cette loi d’urgence agricole en est un nouvel épisode. Si on met d’ailleurs bout à bout la loi d’orientation agricole qui consacre l’intérêt majeur de l’agriculture, les arrêtés sécheresse qui exonèrent régulièrement les plus gros accapareurs de l’eau, et la révision de la directive-cadre eau européenne qui est sur la table…, on se rend compte que cette guerre contre l’eau s’est intensifiée, au détriment de sa qualité, de sa disponibilité.

    Nicolas Celnik : Il y a dans ce projet de loi deux articles qui entrent en résonance avec notre enquête : l’article 6, qui prévoit que le préfet puisse déroger aux schémas d’aménagement et de gestion des eaux (Sage) pour des projets d’ouvrage de stockage de l’eau, et l’article 5, qui rend facultative la consultation publique pour construire une bassine. Cela correspond à ce que le chercheur Sylvain Baron appelle la « préfectorialisation de la politique de l’eau ». C’est la volonté de donner aux préfets des moyens de contourner cette démocratie locale de l’eau, qui est certes imparfaite, mais qui reste une expérimentation démocratique vraiment intéressante. Là, on assiste à une « reverticalisation » des politiques de l’eau au nom des intérêts économiques.

    Vous montrez bien dans votre livre comment ceux que vous appelez les « assoiffeurs » parviennent à s’affranchir du droit commun pour faire main basse sur la ressource.

    N. C. : Nous avons cherché à comprendre les stratégies des grands acteurs économiques (agriculture, data centers, embouteilleurs…) qui s’assurent qu’ils bénéficieront de réserves d’eau, même dans des situations de tension sur la ressource. Leur travail de lobbying a été, effectivement, de normaliser des situations d’exception. Alors qu’il existe en France une hiérarchie des usages de l’eau qui priorise la santé humaine, puis les écosystèmes et enfin les enjeux économiques, être parvenu à imposer l’agriculture comme « d’intérêt général majeur » dans la loi inverse cette hiérarchie. On normalise le fait qu’en cas de sécheresse, l’activité économique vaut autant que la préservation de l’environnement. Une mégabassine est présumée dans la loi Duplomb d’intérêt général majeur.

    F. B. : Et quand on parle de « l’agriculture qui a besoin d’eau », il faut rappeler quelques ordres de grandeur. L’agriculture représente 60 % de la consommation d’eau douce en France, 92 % de cette eau-là va à l’agriculture irriguée. Et les surfaces irriguées en France, c’est 7 à 8 % des surfaces. Donc, 93 % du monde agricole n’a pas besoin de beaucoup d’eau. Ce n’est pas « l’agriculture » qui a besoin d’énormément d’eau mais un certain modèle agro-industriel qui produit de la céréale, dont en bout de chaîne 7 % environ sert finalement à l’alimentation humaine.

    Vous dites que c’est la répression des manifestant·es de Sainte-Soline contre les mégabassines qui vous a donné l’envie de faire ce livre. Pourquoi ?

    F. B. : L’usage extrême de la violence pour réprimer des militants qui défendaient l’eau comme un patrimoine commun, ce qui est inscrit dans la loi, nous a effectivement frappés. L’idée d’accaparement de l’eau était au cœur de cette mobilisation et cela nous a conduits à nous interroger sur les acteurs qui aujourd’hui accaparent cette ressource avec le soutien de l’État.

    N. C. : Concernant l’agriculture, c’était intéressant d’essayer d’enquêter sur le fonctionnement de ce petit monde du lobbying de la FNSEA. Le principal syndicat agricole a un groupe dédié spécialement au lobbying sur la production du maïs, et ce lobby a son propre lobby interne spécialement dédié à l’irrigation du maïs. Pourquoi ? Parce qu’on a besoin de beaucoup d’eau pour le maïs, et en particulier au pic de chaleur, parce que c’est une plante tropicale.

    Ils ont travaillé à diffuser l’idée, notamment dans les médias, qu’il fallait absolument stocker l’eau d’hiver pour l’été parce que sinon l’eau « partirait à la mer ». En fait, d’après les compréhensions du cycle de l’eau, il est au contraire important de laisser l’eau s’infiltrer dans la terre, être stockée dans des zones humides, comme l’expliquent les hydrogéologues. Le lobbying de la FNSEA a aussi consisté à faire travailler le concept de « souveraineté alimentaire », qui signifiait initialement la capacité de manger ce qu’on produit, et qui désigne à présent la capacité de choisir vers qui l’on exporte notre production. Au nom de la « souveraineté alimentaire », on soutient les producteurs de maïs qui exportent pour nourrir le bétail.

    Et vous montrez aussi comment désormais la transition écologique – avec le besoin d’électrifier les usages – sert aussi de prétexte à sécuriser l’accès à l’eau pour les industriels des semi-conducteurs ou des data centers.

    F. B. : Oui, parce qu’on a une transition écologique qui est carbo-réductionniste, c’est-à-dire qui s’intéresse uniquement aux émissions de CO2, en occultant tout le reste. Et, effectivement, l’électrification, comme le numérique, implique une course aux métaux, ce qui veut dire des besoins colossaux en eau.
    C’était important pour nous de déconstruire certaines idées reçues, notamment celle d’une « transition écologique et numérique ».

    Comme si, en soi, le numérique était synonyme de mieux-disant écologique. C’est absolument faux et c’est le fruit d’un récit, forgé depuis des décennies, pour nous faire croire que le numérique s’affranchirait de la matière et de la pression sur les écosystèmes.

    En réalité, depuis les mines, en passant par la production de semi-conducteurs, le fonctionnement des data centers, jusqu’à tous les appareils numériques qu’on a entre nos mains, on a un continuum qui demande beaucoup, beaucoup de matières premières et, à chacune des étapes, énormément d’eau. À un moment, ce n’est plus soutenable.

    Face à ce secteur-là qui est dans une croissance exponentielle, notamment en raison du développement de l’intelligence artificielle (IA), il y a une forme de gouffre hydrique qui se présente devant nous. Il faut se rappeler que le secteur des data centers, c’est 30 % de croissance par an. Aux États-Unis, on construit plus de data centers que de bureaux. Là, le côté systémique est intéressant, car qui pointe le bout de son nez dans cette équation-là ? Ce sont les acteurs industriels de l’eau, qui disent : « Vous n’y arrivez pas, mais on peut vous construire une usine de désalinisation, on peut produire de l’eau pour vous. »

    Effectivement, vous le montrez bien, plus la ressource en eau est dégradée, plus il y a un marché.

    N. C. : Oui, ce sont des sortes d’intérêts bien compris où le secteur des technologies de dépollution de l’eau devient l’acteur qui permet aux autres leur forme d’accaparement. Sans ces « solutions » de traitement de l’eau de plus en plus complexes et chères, on serait obligés de se demander justement comment on utilise l’eau, comment on se la partage. En somme, de questionner les usages de l’eau.

    Là-dessus, nous racontons comment des géants de l’eau comme Veolia, Suez et d’autres, qui faisaient leur business en distribuant l’eau dans les villes, ont été obligés de revoir leur modèle, prenant acte d’un mouvement de remunicipalisation (à la suite de nombreux scandales financiers notamment). Ils se présentent depuis une dizaine d’années comme des champions de la « transition écologique » et de la dépollution. D’après leurs déclarations aux investisseurs, leurs clients ne sont pourtant pas les usagers individuels, vous et moi, qui avons besoin d’eau pure au robinet : leurs principales cibles commerciales sont les infrastructures industrielles, comme les data centers ou les usines de semi-conducteurs, qui ont besoin d’eau très pure pour ne pas corroder leurs équipements, etc.

    Ces procédés sont aussi extrêmement énergivores et ont des effets délétères sur les écosystèmes. L’eau relève d’enjeux éminemment locaux. Ce qui est prélevé ici ne peut pas être compensé en remplissant une nappe à l’autre bout du pays. Et puis derrière, quid de tous les autres effets de l’extraction minière, sur la biodiversité, sur la destruction des terres arables qu’on utilise pour alimenter cette machine ?

    F. B. : Ce solutionnisme technologique est un autre nom pour le business as usual et la destruction du vivant. La réutilisation des eaux grises, qui semble être du bon sens, c’est une façon de ne pas questionner les usages, de les pérenniser, et c’est de l’eau qui n’est pas rendue aux milieux. Donc, cela portera atteinte à la bonne santé des écosystèmes.

    Et puis, on peut dérouler le même raisonnement sur la désalinisation, qui répond à la même logique, avec toujours des conséquences très lourdes d’un point de vue écologique. L’impensé, c’est celui des interdépendances. On ne peut pas traiter le sujet de l’eau isolément, sans traiter celui de la biodiversité, de la santé des milieux, de la santé humaine. Alors que dans le débat public, dans les discours politiques, le sujet a tendance à être traité de manière uniquement technique, comme une question de flux, de stocks. Les industriels de l’eau parlent de « produire de l’eau », comme si on pouvait en fabriquer de toutes pièces, ce qui est complètement inepte.

    L’eau en bouteille a historiquement construit son modèle économique sur celui de la santé. Les industriels ne voient pas d’un mauvais œil l’inquiétude grandir sur la qualité de l’eau.

    F. B. : Le risque avec l’eau en bouteille, deux mille fois plus énergivore que l’eau du robinet, c’est que cela devienne effectivement une réponse de marché à un problème public, qui est celui de la qualité de l’eau. Et en même temps, l’industrie de l’embouteillage a subi quand même des revers, des polémiques qui font que la pureté supposée des eaux en bouteille en a pris un coup. Un doute est en train de se diffuser autour des eaux en bouteille, avec, évidemment, le cas emblématique de Nestlé, mais pas uniquement.

    Et il y a tout ce qu’on ne veut pas voir quand on parle de qualité de l’eau au sens large, qu’il s’agisse de l’eau en bouteille ou du robinet. Il y a plein de choses qu’on ne tente pas de détecter. Sur la question des PFAS, c’est particulièrement interpellant. On se rend compte qu’on contrôle 20 PFAS depuis janvier 2026, alors que l’EPA américaine parle de 14 000 variétés de PFAS ou qu’une autre agence américaine évoque plutôt 2 millions. Il y aurait sans doute une panique morale totale si on commençait à essayer de détecter tout ça.

    N. C. : Face aux pollutions au PFAS, aux pesticides, on se dit : soit on boit de l’eau en bouteille, soit on « maxifiltre » l’eau qui va arriver au robinet. Et c’est ce qu’on voit en Île-de-France avec le projet du Syndicat des eaux de la région, qui est un projet à 1 milliard pour avoir de l’eau potable pour une partie des communes d’Île-de-France, dont Paris ne fait pas partie. Ce projet mise très majoritairement sur le traitement, alors qu’il serait entre cinq et dix fois moins cher de prévenir plutôt que guérir, d’après certaines études. La régie publique Eau de Paris, par exemple, a essayé de passer des pactes avec les agriculteurs pour avoir moins d’épandage de pesticides, donc ils peuvent se permettre de mettre en place des solutions de traitement moins coûteuses.

    Mais certains y trouvent leur compte. L’entreprise DuPont, qui est une grande émettrice de PFAS, est la même qui vend des membranes de filtration des PFAS pour potabiliser l’eau. Water Europe, qui est le lobby européen des entreprises de traitement de l’eau, dont Suez-Veolia et autres, demande à la Commission européenne 255 milliards sur cinq ans, juste pour investir dans ces technologies de traitement. Il y a un risque de système à deux vitesses, entre les grandes métropoles qui pourront investir dans ces systèmes très coûteux de dépollution de l’eau et des communautés de communes rurales pour lesquelles ce sera beaucoup trop cher.

    https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/080526/megabassines-data-centers-la-guerre-contre-l-eau-s-est-intensifiee
    #centres_de_données #guerre_de_l'eau #privatisation #rareté #pollution #sécheresse #eau_potable #pesticides #PFAS #Sainte-Soline #accaparement #guerre_contre_l’eau #agriculture #préfectorialisation #démocratie #démocratie_locale #reverticalisation #économie #intérêts_économiques #lobbying #santé #écosystèmes #intérêt_général_majeur #loi_Duplomb #irrigation #industrie_agro-alimentaire #répression #résistance #violence #FNSEA #maïs #cycle_de_l’eau #souveraineté_alimentaire #élevage #bétail #transition #numérique #matières_premières #IA #AI #intelligence_artificielle #data_centers #centres_de_données #dépollution #Veolia #Suez #business #remunicipalisation #municipalisation #semi-conducteurs #énergie #techno-solutionnisme #eaux_grises #désalinisation #interdépendances #biodiversité #eau_en_bouteille #Nestlé #qualité #qualité_de_l'eau #pesticides #business #DuPont #filtration #Water_Europe

    • Les Assoiffeurs. Enquête sur ces entreprises qui accaparent notre eau

      Le 25 mars 2023, à Sainte-Soline, un déluge de grenades s’abat sur les manifestants. Plusieurs personnes restent à terre. Deux tombent dans le coma. Marqués par cet épisode, Fabien Benoit et Nicolas Celnik se lancent dans une vaste investigation et découvrent que les mégabassines ne sont que l’arbre qui cache la forêt.

      Ils livrent ici les résultats de leur enquête, menée sur plus de deux ans, sur ces entreprises qui ont fait main basse sur l’eau, ces « assoiffeurs » qui ont privatisé ce bien commun et prévoient désormais de tirer profit de la pénurie qui s’annonce, avec le soutien de l’État.

      Cet ouvrage entend mettre à jour les stratégies et plans pensés par ces entreprises pour accroître encore leur emprise en faisant appel au solutionnisme technologique, qui nous enserre collectivement et nous empêche d’enclencher une véritable discussion politique et démocratique sur le partage de l’eau.

      Du lobbying en faveur des mégabassines aux efforts des grands acteurs du numérique pour masquer leur consommation d’eau, en passant par les manœuvres des producteurs de PFAS pour vendre des solutions dépolluantes à des prix exorbitants, ce livre-enquête révèle l’ampleur du dévoiement de la « démocratie de l’eau à la française », court-circuitée par des collusions politiques et jeux de pouvoir.

      https://www.editionslesliensquiliberent.fr/livre-Les_Assoiffeurs-9791020923691-1-1-0-1.html
      #livre

    • et Veolia c’est qui ? c’est Bolloré.
      Et quels sont les députés qui ont refusé de laisser les premiers m3 d’eau gratuits aux pauvres ? c’est les députés fachos, oups les nazis, oups les députés du parti fondé par des nazis.
      A Toulouse ils te collent du Eau-Toulouse-Metropole mais en fait derrière c’est Véolia Bolloré. Du Moudenc tout craché. Et l’eau est devenue plus cher l’été, tour de passe passe.

  • [Entretien] #nicolas_legendre : « L’agro-industrie est organisée en armée et mène une forme de guerre agricole »
    https://splann.org/entretien-nicolas-legendre-lagro-industrie-est-organisee-en-armee-et-mene-un

    Avec #violence_dans_les_champs, Nicolas Legendre poursuit sa déconstruction minutieuse du modèle agro-industriel français. Un système, auquel le journaliste a décidé de consacrer un documentaire diffusé, ce dimanche 29 mars sur #france_5. L’article [Entretien] Nicolas Legendre : « L’agro-industrie est organisée en armée et mène une forme de guerre agricole » est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Démocratie_locale #Industrie_agroalimentaire #agro-industrie #FNSEA #pesticides #prix_albert-londres #sage_vilaine #silence_dans_les_champs

  • La FNSEA veut en finir avec le principe de précaution - Basta !
    https://basta.media/La-FNSEA-veut-en-finir-avec-le-principe-de-precaution

    La #FNSEA propose de supprimer le #principe_de_précaution inscrit dans la #Constitution pour le remplacer par le principe d’innovation. Le #syndicat #agricole recycle là un vieux projet des #industriels de la #chimie, du #tabac et des #pesticides.

    « Supprimer le principe de précaution » et le remplacer par le « principe d’innovation ». C’est la dernière « trouvaille » d’Arnaud Rousseau, président de la FNSEA lors du 80e congrès du syndicat agricole qui s’est tenu à Caen, en Normandie, du 31 mars au 2 avril. L’idée semble si bonne que la FNSEA aimerait que les candidats à l’élection présidentielle l’intègrent dans leurs programmes et qu’ils envisagent une « impérieuse réforme constitutionnelle ».

  • Qui va à la chasse… trouve sa place, la nouvelle campagne de #publicité de la #FNC

    La Fédération nationale des chasseurs poursuit en 2026 sa stratégie de communication avec une nouvelle campagne audiovisuelle articulée autour de trois spots TV. L’objectif reste clair : valoriser l’image d’une chasse contemporaine, responsable et pleinement ancrée dans la société, tout en suscitant des vocations auprès de celles et ceux qui n’osent pas encore franchir le pas. Pour Willy Schraen, président de la FNC : « Cette nouvelle campagne TV de la FNC interpelle directement les téléspectateurs et les internautes par trois films de 20 secondes, en les invitant à franchir le pas en devenant chasseurs. C’est notre sixième campagne et nous avons depuis 5 ans à cœur d’expliquer dans le cadre de ces rendez-vous avec le téléspectateur, mais aussi en faisant la promotion d’opérations de terrain comme J’aime la Nature Propre, Sensibilis’haie ou en parlant biodiversité avec les chasseurs sur Europe 1 que nous sommes des acteurs reconnus de la gestion des équilibres naturels. Ce qui nous rassemble est ce rapport authentique que tout chasseur a vis- à-vis du vivant. C’est cette connexion à la nature que la chanson de Michel Delpech, le chasseur, choisie comme musique pour notre nouvelle campagne exprime magnifiquement. La chasse offre un enracinement profond aux territoires, un lien social fort entre des chasseurs d’horizons différents et des moments de convivialité qui nous fédèrent.. La chasse que nous défendons doit rester un espace de liberté et de responsabilité. J’espère que cette campagne va donner envie à un nouveau public de nous rejoindre. Nous avons hâte de les accueillir ».
    Trois vidéos avec des cibles différentes

    Ces trois films courts, d’une durée de vingt secondes chacun, s’inscrivent dans la sixième campagne télévisée de la fédération. Leur construction repose sur une situation que beaucoup connaissent : un quotidien urbain parfois étouffant. Embouteillages interminables, regards rivés sur les écrans, télévision saturée d’actualités anxiogènes… autant de scènes familières qui illustrent une forme de routine subie. Puis vient le déclic : celui de se lever, de quitter ce cadre contraint et de retrouver l’essentiel en partant chasser. Le message est simple et direct : la chasse offre une respiration, un retour au terrain et au vivant.

    Chaque spot cible volontairement un public distinct. Les jeunes hommes, les femmes et les quadragénaires sont ainsi mis en avant afin de refléter la diversité sociologique du monde cynégétique actuel. Cette approche illustre une réalité que les chasseurs constatent déjà sur le terrain : la chasse rassemble aujourd’hui des profils variés, aux parcours et aux attentes différents, mais unis par la même passion de la nature et des territoires.
    Une belle musique…

    La campagne s’appuie sur une signature forte : « Qui va à la chasse… trouve sa place. » En quelques mots, elle résume l’esprit de la pratique : liberté, transmission, convivialité et engagement concret pour la gestion de la faune et des milieux. Autant de valeurs auxquelles les chasseurs sont attachés. La musique de cette campagne est la chanson populaire et emblématique de Michel Delpech, « le chasseur » réorchestrée.
    Une diffusion massive

    Côté diffusion, le dispositif se veut massif. Plus de 1 400 passages sont programmés entre le 15 mars et le 5 avril 2026 sur les chaînes hertziennes, la TNT et les réseaux câble et satellite. En parallèle, la campagne se déploie largement sur le numérique : plateformes de replay, streaming et réseaux sociaux, avec un ciblage prioritaire des moins de 35 ans.

    Enfin, un partenariat média avec Neo, « média positif de la proximité et des territoires » complète l’opération à travers une série de vidéos intitulée « Ma première fois », dans lesquelles des personnalités issues d’univers variés découvrent la chasse et partagent leur expérience sur le terrain. Un moyen supplémentaire d’ouvrir la porte à de nouveaux regards sur la pratique.

    https://www.youtube.com/watch?v=Q0QZkYiIC4I

    https://www.youtube.com/watch?v=D27KpccT3Jw

    https://www.youtube.com/watch?v=uKTKZT1U1sI

    https://www.chassons.com/les-echos-des-federations/qui-va-a-la-chasse-trouve-sa-place-la-nouvelle-campagne-de-publicite-de-la-fnc/425872

    #chasse #campagne #propagande #trouver_sa_place #chasseurs #qui_va_à_la_chasse_trouve_sa_place #vidéos

  • « Le #gouvernement #Lecornu actionne tous les leviers pour empêcher les collectivités de protéger leur eau, au risque de piétiner l’Etat de droit »

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/03/08/le-gouvernement-lecornu-actionne-tous-les-leviers-pour-empecher-les-collecti

    La gestion de l’eau est l’exercice politique par excellence, qui impose de se fonder sur une solide philosophie morale, de prévoir, d’arbitrer entre les intérêts, de distinguer le contingent du nécessaire. Sur cette question cruciale, le gouvernement a jusqu’à présent pris un triple parti. Avec le mérite de la transparence, il a choisi les intérêts particuliers contre le bien commun, le déni de démocratie et la navigation à vue plutôt que la planification. Et pour mener à bien tout cela, le premier ministre, Sébastien Lecornu, s’est manifestement assis sur les règles du fonctionnement normal de l’Etat de droit. Le 13 mars, les représentants de l’Etat vont devoir s’en expliquer devant la commission locale de l’eau du bassin de la Vilaine et il leur faudra une certaine créativité pour répondre aux demandes d’éclaircissements qui leur seront adressées.

    Pour comprendre, il faut savoir que les commissions locales de l’eau ont été instituées par la loi du 3 janvier 1992 pour prendre les décisions de gestion de la ressource hydrique à l’échelle des bassins. Avec 11 000 kilomètres carrés, celui de la Vilaine est le plus vaste à disposer d’un tel « parlement de l’eau » miniature. Y siègent des élus locaux, des représentants de l’Etat, des membres de la société civile, des représentants des usagers (agriculture, industrie, etc.), qui débattent et élaborent le schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE) du bassin. En 2022, la commission locale de l’eau de la Vilaine a mis en chantier son prochain SAGE et, après plus de trois ans de travail et de délibérations, elle est parvenue, en mars 2025, à un projet de texte, adopté par 39 voix pour, 18 abstentions et aucune voix contre.

    C’est un bel exemple de ce que peut produire la démocratie locale. D’autant que ce projet de SAGE contient une disposition inédite : l’interdiction d’usage de certains pesticides sur le maïs, près des captages d’eau potable les plus sensibles. Inédite, la disposition n’en est pas moins très timide, assortie de surcroît d’un accompagnement financier pour les exploitants qui seraient lésés. Au sein de la commission locale de l’eau, aucun représentant des chambres d’agriculture ou des exploitants agricoles n’a voté contre la mesure. Le caractère local des délibérations a certainement joué un rôle : dans une assemblée de voisins, il est compliqué de soutenir que vous souhaitez continuer à contaminer l’eau que chacun ira boire de retour chez lui, à la fin de la réunion.

    Lutter contre les pollutions grâce aux vertus de la démocratie locale ? Mis sous haute pression par le principal syndicat national d’exploitants agricoles, Matignon n’allait pas laisser une telle chose arriver. Le 13 janvier, M. Lecornu annonçait « un moratoire sur toutes les décisions relatives aux questions de la politique de l’eau », entravant ainsi l’adoption formelle du SAGE. C’est le seul objectif de ce « moratoire » : éviter un précédent, qui verrait #collectivités et acteurs d’un territoire s’organiser pour #protéger leur eau potable, et #pallier la #carence de l’#Etat en la matière.

    Fébrilité
    Dans une lettre adressée fin janvier au premier ministre, le président de la commission locale de l’eau de la Vilaine, Michel Demolder, a tenté d’expliquer que le contexte était celui d’une « contamination quasi généralisée des eaux superficielles et souterraines par les produits phytosanitaires et leurs métabolites sur l’ensemble des 11 000 kilomètres carrés du bassin-versant de la Vilaine », dans un territoire où « certaines usines de traitement de l’eau potable risquent d’arriver à saturation sur les capacités de traitement des pesticides ». Seules 7 % des masses d’eau du bassin sont en « bon état écologique ». Mais rien n’y fait. Les desiderata de l’agro-industrie priment sur tout le reste. Le gouvernement et le parti présidentiel ont le mérite de la constance : le 12 février, à l’Assemblée nationale, une proposition de loi visant à protéger les captages d’eau potable des pesticides à l’échelle nationale a été torpillée par les tirs croisés des droites, avec la collaboration du bloc central.

    La fébrilité de Matignon se lit aussi à des questions de forme. L’annonce du fameux « moratoire » a été faite sur X et Facebook et n’a eu, à notre connaissance, aucune traduction sous la forme d’un acte administratif ou juridique – instruction, circulaire ou autre. Interrogé sur ce point, le cabinet de M. Lecornu n’a pas répondu. Le cadrage du moratoire annoncé est d’ailleurs si vague qu’il a donné lieu à des lectures différentes dans les services de l’Etat, au point que la ministre de la transition écologique, Monique Barbut, a dû faire dans les jours suivants une mise au point aux préfets sur le périmètre de son application.

    Entraver le fonctionnement d’instances démocratiques instituées par la loi au moyen de tweets qui, n’ayant aucune existence administrative, ne peuvent être contestés en justice : on est là aux confins d’une pratique autoritaire du pouvoir. Au risque de piétiner l’Etat de droit, le gouvernement de M. Lecornu actionne ainsi tous les leviers pour empêcher les collectivités de protéger leur eau – ce que les inspections générales de trois ministères (santé, écologie et agriculture) ont pourtant enjoint aux pouvoirs publics de mettre d’urgence en chantier dans leur rapport de novembre 2024. Une situation proprement extraordinaire qui ne suscite guère que l’indifférence des médias audiovisuels et des intervieweurs politiques – un signe supplémentaire du délabrement de la conversation publique.

    Mais il n’est pas interdit d’en rire. Dans son tweet, M. Lecornu claironnait que « la souveraineté agricole ne [pouvait] pas n’être qu’un slogan » : un chef de gouvernement qui en appelle à la « souveraineté » en annonçant ses directives aux services de l’Etat sur les réseaux sociaux d’Elon Musk et de Mark Zuckerberg, voilà qui ne manque pas de sel.

    #Stephane_foucart

    • Entraver le fonctionnement d’instances démocratiques instituées par la loi au moyen de tweets qui, n’ayant aucune existence administrative, ne peuvent être contestés en justice : on est là aux confins d’une pratique autoritaire du pouvoir. Au risque de piétiner l’Etat de droit, le gouvernement de M. Lecornu actionne ainsi tous les leviers pour empêcher les collectivités de protéger leur eau – ce que les inspections générales de trois ministères (santé, écologie et agriculture) ont pourtant enjoint aux pouvoirs publics de mettre d’urgence en chantier dans leur rapport de novembre 2024. Une situation proprement extraordinaire qui ne suscite guère que l’indifférence des médias audiovisuels et des intervieweurs politiques – un signe supplémentaire du délabrement de la conversation publique.

      Mais il n’est pas interdit d’en rire. Dans son tweet, M. Lecornu claironnait que « la souveraineté agricole ne [pouvait] pas n’être qu’un slogan » : un chef de gouvernement qui en appelle à la « souveraineté » en annonçant ses directives aux services de l’Etat sur les réseaux sociaux d’Elon Musk et de Mark Zuckerberg, voilà qui ne manque pas de sel.

      https://justpaste.it/50fpg

  • Décapitée et ostracisée au Salon de l’agriculture, l’#Agence_bio est au bord de l’explosion | #Mediapart

    https://www.mediapart.fr/journal/france/200226/decapitee-et-ostracisee-au-salon-de-l-agriculture-l-agence-bio-est-au-bord

    La ministre de l’agriculture maintient son plan de démantèlement de l’agence de soutien à la filière bio et a fait en sorte de déclencher une procédure de licenciement de sa directrice Laure Verdeau.

    Karl Laske

    20 février 2026 à 07h57

    Pour la ministre de l’agriculture, #Annie_Genevard, c’est certainement un succès. Mais pour le Salon de l’agriculture et le secteur tout entier, c’est plutôt un échec cuisant et honteux.

    L’Agence bio, chargée de promouvoir l’agriculture biologique en France et d’accompagner 61 000 fermes et 200 000 emplois, n’aura pas de stand au Salon de l’agriculture qui s’ouvre samedi Porte de Versailles. Privée de moyens financiers, l’agence ne sera présente qu’à l’extérieur, reléguée sous les intempéries, dans son bus, le « Bio bus », face à l’entrée du hall 2.2.

    Prête à supprimer l’Agence bio dès le mois de janvier 2025, sur proposition du sénateur #Laurent_Duplomb, la ministre, ancienne maire Les Républicains (LR) de Morteau (2002-2017) et députée du Doubs (2012-2024), lui a retiré 15 millions d’euros de crédits en 2025, et prépare ces derniers jours le licenciement de sa directrice, Laure Verdeau, dont le mandat est arrivé à échéance le 10 janvier. Cette dernière a reçu une lettre d’entretien préalable pour son licenciement, un entretien pour l’heure reporté.

    Le souci c’est que #Laure_Verdeau, 44 ans, venue de la Banque publique d’investissement (Bpifrance), devenue une « VRP infatigable du bio » et une figure de la filière, a incarné pendant cinq ans une politique de consensus attirant les interprofessions les plus réticentes dans les filets de la communication du bio.

    En réaction à cette éviction, Christelle Le Hir, présidente du directoire de la chaîne de magasins La Vie Claire, a annoncé, le 10 février, sa démission de la vice-présidence de l’organisme et le retrait de Synadis Bio, syndicat professionnel des magasins du bio, des instances de l’agence.

    Pointant une « asphyxie budgétaire », Synadis Bio avait approuvé préalablement ces décisions. « 60 % de son budget a été supprimé, soit la coupe la plus drastique de tous les opérateurs de l’État. L’institution que nous défendions n’existe plus », a résumé Synadis Bio, en dénonçant « le projet de licenciement de la directrice ». « La trajectoire est claire : après avoir coupé les moyens puis la tête, on s’oriente vers un démantèlement de l’institution », a fait savoir le syndicat.

    #Licenciement sans motif
    La volonté du gouvernement de ne pas reconduire Laure Verdeau à la tête de l’agence a été annoncée fin novembre par le sous-directeur « compétitivité » du ministère de l’agriculture lors d’un CA de l’organisme, un groupement d’intérêt public où siègent les différentes « familles » professionnelles du secteur – agriculteurs, transformateurs, coopératives et secteur du commerce. 

    « Tout le monde a voulu reconduire Laure Verdeau, qui avait très bien fait son travail, explique à Mediapart Olivier Chaloche, coprésident de la Fédération nationale d’agriculture biologique (#Fnab). C’est le ministère qui n’a pas voulu la reconduire. Il n’y a aucun motif pour la sortir, et elle avait l’aval du bureau. »

    « Elle a mouillé la chemise pour défendre l’agence, mais comme c’est une agence d’État, ça n’a pas été apprécié », relève le dirigeant de la Fnab.

    Bien qu’une motion soutenant son maintien ait été approuvée à l’unanimité des « familles » représentées, le ministère de l’agriculture a fait paraître dès le 7 décembre au Journal officiel un « appel à candidatures » pour la direction de l’Agence française pour le développement et la promotion de l’agriculture biologique – le nom complet de l’agence –, fonction annoncée comme « prochainement vacante ».

    « Le Synadis Bio a été informé d’un appel d’offres en vue du remplacement de la directrice de l’Agence bio et a officiellement exprimé son désaccord à ce sujet, a précisé Christelle Le Hir à Mediapart. Nous saluons par ailleurs son travail et celui de son équipe au sein de cette instance. »

    « Cela fait un an que le conseil d’administration de l’Agence bio n’a pas été reçu par son ministère de tutelle, et ce malgré nos demandes répétées, a-t-elle ajouté. Le Synadis Bio a fait savoir son retrait de l’Agence bio en envoyant une lettre au ministère, et près de deux semaines après son envoi, nous sommes toujours sans réponse et sans réaction. »

    Arrivé à la présidence de l’agence (une présidence tournante), le 25 novembre dernier, Bruno Martel, un éleveur laitier en bio, représentant des coopératives agricoles, a finalement accepté courant janvier d’engager la procédure de licenciement de la directrice. « On n’a pas remis en cause son travail et ses actions, explique-t-il à Mediapart, mais on est malgré tout soumis à notre tutelle. Le ministère de l’agriculture va proposer de potentiels candidats pour diriger l’agence. » L’adjointe de Laure Verdeau, Laurence Foret-Hohn, assure pour l’instant la direction de l’agence par intérim.

    Lors d’une réunion exceptionnelle du bureau de l’agence tenue le 11 février, Bruno Martel a aussi pris acte de la décision de démission de Christelle Le Hir. Le ministère de l’agriculture n’a pas répondu aux questions de Mediapart.

    Entendue en mai 2025 par la commission d’enquête sénatoriale sur les agences, opérateurs et organismes consultatifs de l’État, Laure Verdeau avait défendu les missions de l’agence, en rappelant que le bio était « un moyen de limiter l’imprégnation de notre environnement par les pesticides synthétiques », et elle avait dénoncé la crise provoquée par le retrait des crédits de l’État.

    Ainsi, relevait-elle, le « Fonds Avenir bio », pourtant signé par le ministère dans le cadre d’un contrat d’objectifs et de performance, se trouvait amputé de 5 millions d’euros, privant l’agence de la possibilité de financer plusieurs projets d’infrastructures liées au bio.

    Or c’est l’une des missions clés de l’organisme de gérer ce fonds pour le compte de l’État, comme de centraliser les données du secteur via l’Observatoire national de l’agriculture bio, et d’assurer la promotion de la marque « AB », et ce, avec un budget de fonctionnement, déjà modeste, de 2,5 millions d’euros, pour une vingtaine d’équivalents temps plein.

    « Nous ne consacrons que 6 % de nos courses au bio, contre 12 % chez beaucoup de nos voisins européens, ce qui est aussi l’objectif inscrit dans la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (Snanc), avait-elle aussi pointé. C’est pourquoi nous avons calibré une campagne de communication sur trois ans, pour 15 millions d’euros. Mais voici qu’elle s’arrête au milieu du gué, ou plutôt au tiers du gué, puisqu’elle n’aura duré qu’un an. »

    L’annonce du retrait de ces financements en communication – à hauteur de 10 million – est arrivée quelques jours avant les 40 ans du label bio (AB). Cet anniversaire fêté le 22 mai 2025 dans l’amphithéâtre du journal Le Monde, en même temps que le lancement officiel du clip de la campagne de communication « C’est BIO la France ! #AyonsleBioRéflexe », a été ostensiblement boudé par Annie Genevard.

    « #Couscousgate »
    Il est vrai qu’un mois plus tôt, Libération révélait que le cabinet de la ministre avait transmis par mail ses préconisations sur les visuels de cette campagne, recommandant de « choisir un profil caucasien » dans une première scène montrant un jeune préparant une mayonnaise, ou encore de « remplacer le couscous par du cassoulet au canard » dans une scène du repas de famille. Des recommandations assumées par la ministre.

    Le coup porté au budget de l’agence par le ministère de l’agriculture faisait suite à une tentative de suppression pure et simple de l’agence, en janvier 2025.

    Ce projet, inscrit par le sénateur (LR) Laurent Duplomb dans un amendement au projet de loi de finances, visait purement et simplement à « supprimer la subvention pour charge de l’Agence bio », et ainsi « à supprimer cet opérateur ». Et il avait reçu un « avis de sagesse » de la ministre de l’agriculture.

    Au Sénat, Annie Genevard avait estimé que les opérateurs et les agences pouvaient être « soit conservés, soit mutualisés, soit supprimés ». « S’agissant de l’Agence bio, votre idée est pertinente », avait-elle répondu au sénateur Duplomb, en jugeant qu’il fallait d’abord rendre cette proposition « opérationnelle ». L’amendement avait ainsi été adopté, mais finalement bloqué en commission mixte paritaire.

    Cette annonce avait provoqué une levée de boucliers à gauche, qui avait pris à rebrousse-poil le ministère de l’agriculture. Selon des sources internes, le directeur de cabinet d’Annie Genevard, Philippe Gustin, un proche de Sébastien Lecornu, et aujourd’hui son directeur de cabinet à Matignon, avait vivement reproché à l’Agence bio d’être à l’origine de cette mobilisation.

    Passé cette tempête, suivie par une suppression de 64 % des crédits à l’instance, le harcèlement a repris au Sénat. En juillet 2025, la sénatrice (LR) Christine Lavarde a soutenu la nécessité de sa « suppression » dans son rapport d’enquête sur les agences et les opérateurs de l’État. « La coquille de l’Agence bio apporte peu pour poursuivre ses objectifs », a résumé la sénatrice des Hauts-de-Seine. 

    « Il y a une volonté politique de faire tomber cette agence et de la disperser façon puzzle dans d’autres institutions comme France Agrimer [Établissement national des produits de l’agriculture et de la mer – ndlr] et l’Inao [l’Institut national de l’origine et de la qualité – ndlr], commente Olivier Chaloche à Mediapart. Il y a certainement des pressions pour la supprimer comme d’autres agences qui ont des préoccupations environnementales [l’Office français de la biodiversité, par exemple – ndlr]. »

    En janvier 2026, ce projet d’éclater les missions de l’Agence bio a été rappelé par le premier ministre Sébastien Lecornu à Annie Genevard comme l’un de ses objectifs dans la feuille de route sur la simplification de l’action publique. La Maison de la bio, regroupant dix organisations professionnelles, et six Interbio régionales, a dénoncé « un signal extrêmement préoccupant à l’ensemble des acteurs de la filière biologique », dans un courrier à la ministre de l’agriculture, en lui rappelant que l’agence était « un opérateur public central de structuration et de pilotage de l’agriculture biologique », et le seul opérateur dédié à l’agriculture non chimique.

    Joint par Mediapart, Martin Gutton, directeur général de France Agrimer, l’organisme payeur de fonds européens et nationaux à l’agriculture, ne semble pourtant pas encore prêt à reprendre les missions de l’Agence bio, qui a par ailleurs son siège dans le même immeuble que France Agrimer, ainsi que l’Inao, rue Rol-Tanguy, à Montreuil (93).

    « Le premier ministre a évoqué un certain nombre de chantiers sur lesquels il attendait un retour, et un rapprochement possible de l’Agence bio avec France Agrimer ainsi qu’avec l’Inao, commente Martin Gutton. Ce qu’il a demandé, pour l’instant, c’est de réfléchir avec les opérateurs. » « Les acteurs du bio sont attachés à avoir un lieu où ils se retrouvent. Ils sont chez eux quand ils se retrouvent à l’Agence bio », fait encore remarquer le directeur de France Agrimer, ingénieur agronome et ancien directeur de l’agence de l’eau Loire-Bretagne.

    Karl Laske

  • #Loi_d’urgence_agricole, la stratégie du #pompier_pyromane | #Alternatives_Economiques
    https://www.alternatives-economiques.fr/harold-levrel/loi-durgence-agricole-la-strategie-du-pompier-pyromane/00117646

    Loi d’urgence agricole, la stratégie du pompier pyromane

    Le scénario est dorénavant bien connu du public : la grogne monte dans les campagnes du fait d’évolutions économiques, réglementaires ou climatiques ; la #FNSEA « prend la main » pour canaliser ce mécontentement et s’imposer comme unique représentant de la « #colère_agricole » ; des #actions « #coup_de_poing » ont lieu dans les régions et une montée de tracteurs à Paris peut être organisée ; le ministère de l’#Agriculture (si la colère est contenue) ou #Matignon (si le blocage devient général) annonce une aide exceptionnelle ou l’abandon d’une mesure. Les #tracteurs rentrent dans leurs fermes. Fin de la séquence.

    #harrold_levrel

  • 35 étudiants d’AgroParisTech exclus 15 jours après une mobilisation contre l’agro-industrie
    https://reporterre.net/35-etudiants-d-AgroParisTech-exclus-15-jours-apres-une-mobilisation-cont

    (...)

    Parmi les revendications principales du mouvement : la contestation du traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, de la politique de l’abattage total lié à la dermatose bovine, mais aussi les liens entre le conseil d’administration et le syndicat agricole productiviste la FNSEA.

    (...)

  • Des #algues_vertes à la #loi_duplomb, #table_ronde avec Fleur Breteau, #inès_léraud, #rosy_auffray et #amélie_mougey
    https://splann.org/table-ronde-poison-douarnenez

    Près de 300 personnes, prises en flagrant-délit de « dopage » collectif. Une connexion des corps et des valeurs, pour passer de l’état de colère à celui du rapport de force. Voilà ce qui animé non pas un, mais deux débats, avec Fleur Breteau, Inès Léraud, Rosy Aufray et Amélie Mougey, le 18 août 2025, sous les halles de #douarnenez. L’article Des algues vertes à la loi Duplomb, table ronde avec Fleur Breteau, Inès Léraud, Rosy Auffray et Amélie Mougey est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en Bretagne.

    #Industrie_agroalimentaire #agro-industrie #agroindustrie #annie_genevard #baie_de_douarnenez #baie_de_saint-brieuc #cancer #cancer_colère #conférence #finistère #FNSEA #herbicides #marées_vertes #pesticides #pierre-yves_bulteau #pollution #rené_aufray #reporterre

  • La guerre de l’#eau, un conflit explosif dans les #Pyrénées-Orientales

    Face à la #sécheresse dans les Pyrénées-Orientales, les pouvoirs publics misent sur l’#irrigation. Au risque de provoquer une #guerre_de_l’eau. #Omerta, #pressions politiques, maraîchers inquiets... Le sujet est explosif.

    « Vous voulez nous piquer notre eau ! » Ce mercredi de novembre, l’élégante salle des fêtes de #Latour-de-France bruisse d’indignation. Jardiniers ou paysans, ils sont venus en nombre exprimer leurs craintes. En face, représentants de la #FNSEA, le syndicat agricole majoritaire et productiviste, et services de l’État peinent à cacher leur impatience. « C’est une des premières guerres de l’eau du département », commente un des participants.

    Au cœur de la discorde hydraulique : un #tuyau de 10 km qui permettrait d’amener davantage d’or bleu aux #vignes et #abricotiers de la plaine de #Rivesaltes. « Un projet qui va bénéficier à toute la vallée », selon Jean Bertrand, salarié de la chambre d’agriculture catalane, dirigée par la FNSEA. Mais pour les habitants de l’amont, chez qui la précieuse ressource va être puisée, l’inquiétude est palpable : « Avec le peu d’eau que vous allez nous laisser, c’est la mort pour nous. »

    Tous les ingrédients sont réunis pour rendre le sujet explosif. Une ressource en chute libre et une demande en eau qui explose, des agriculteurs exsangues et des petits jardiniers inquiets... Le tout saupoudré d’omerta et enrobé de #pressions_politiques.

    La #rivière disparaît sous terre

    Pour bien comprendre le problème, il faut remonter deux ans en arrière. Les Pyrénées-Orientales traversaient alors une sécheresse historique. Entre avril 2023 et mars 2024, le déficit de pluie a atteint jusqu’à 70 % dans l’est du département. Avec des conséquences catastrophiques pour l’#agriculture : des abricotiers morts sur pied, des vignes desséchées… En pleine mobilisation agricole, l’État a redouté une crise potentiellement explosive. Il fallait répondre, vite et fort.

    Le 22 mai 2024, le ministre de la Transition écologique de l’époque, #Christophe_Béchu, lançait en grande pompe un #plan_de_résilience pour l’eau, assorti d’un chèque de 10 millions d’euros. Dans la foulée, il annonçait soutenir « sept projets concrets faisant consensus » dans le département, dont plusieurs portés par la chambre d’agriculture. Parmi eux, la « priorité des priorités », selon la directrice du plan eau, #Christine_Portero-Espert : « La sécurisation de l’alimentation des #réseaux_d’irrigation de l’#Agly aval. » Notre fameux tuyau.

    S’il y a urgence, c’est que la #vallée_de_l’Agly est la zone la plus affectée par la sécheresse. À Rivesaltes, les habitants n’ont pas vu couler le fleuve de décembre 2022 à octobre 2024. Une situation exceptionnelle, mais pas surprenante : en un demi-siècle, « le débit des fleuves côtiers méditerranéens a diminué de 30 à 40 %, dont au moins 20 % directement lié au changement climatique », explique l’hydrologue Wolfgang Ludwig, qui prévoit la quasi-disparition de ces #cours_d’eau d’ici la fin du siècle, dans les pires scénarios climatiques.

    Un séisme hydrologique au pays catalan. « Historiquement, il y a de l’eau dans les Pyrénées-Orientales, grâce à la fonte des neiges, rappelle le chercheur. Il y a donc ici une #culture_de_l’irrigation très développée, qui a été une chance, mais qui est aujourd’hui une grande vulnérabilité. » Car l’abondance hydrique a retardé l’adaptation au #changement_climatique — et poussé une partie des agriculteurs du Rivesaltais à miser sur l’#abricot, une culture très gourmande en eau.

    Dans la vallée de l’Agly, le #fleuve alimente tout un #réseau_d’irrigation, dont une partie héritée du Moyen-Âge. Autour de Latour-de-France et d’#Estagel, quelque 280 hectares — de petits potagers comme des exploitations viticoles — sont ainsi arrosés. À Rivesaltes, près de 400 hectares en bénéficient.

    Cerise sur le gâteau aride, le cours d’eau traverse — entre Latour-de-France et Rivesaltes — une zone rocheuse comparable à un gruyère : le #karst des #Corbières. En clair, une grande partie de la rivière disparaît sous terre. En période de sécheresse, le karst pourrait absorber jusqu’à 3 000 litres par seconde, selon le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Résultat, en aval, les canaux d’irrigation alimentés par l’Agly sont régulièrement vides.

    Jusqu’ici, la parade consistait à lâcher d’importantes quantités d’eau depuis le #barrage_de_Caramany, à 30 km en amont, pour « passer le karst ». Sauf que la réserve se vidait à vue d’œil. D’où l’idée — apparemment simple — des élus de la chambre d’agriculture : court-circuiter la zone poreuse grâce à un tuyau. « On aura besoin de lâcher moins d’eau en période sèche pour assurer les besoins agricoles », se réjouit Jean Bertrand.

    Selon les calculs du cabinet BRL Ingénierie — mandaté pour étudier le projet —, entre 1 et 4 millions de m3 seraient ainsi « économisés » les années sèches, sauvegardés dans le barrage. Et le tour est joué ! Pas si simple, mettent en garde plusieurs experts — qui souhaitent tous rester anonymes, signe que le sujet est tendu. Car le karst alimente les nappes du #Roussillon — précieuses réserves d’eau douce pour le littoral catalan, menacées par l’intrusion saline —, mais également l’étang de #Salses-Leucate. Pour « sécuriser » son #accès_à_l’eau, la métropole de #Perpignan projette aussi de multiplier par quatre ses prélèvements dans cette zone calcaire décidément très convoitée.

    « Qui pourra se payer l’eau ? »

    Interrogés par Reporterre quant aux incidences de ce projet sur l’alimentation en #eau_douce du territoire, les acteurs locaux bottent en touche. La métropole ne nous a pas répondu. Le syndicat de l’étang de Leucate indique qu’« à ce stade, la commission locale de l’eau [qui réunit élus et usagers] n’a pas été consultée sur ce dossier ». Pour le syndicat du bassin de l’Agly, « de nombreux points techniques et opérationnels doivent encore être étudiés et précisés » avant qu’il puisse « s’exprimer publiquement ». Rien d’officiel donc, mais en coulisses, plusieurs acteurs publics de l’eau nous ont fait part de leur « vive inquiétude ».

    « Il s’agit d’un système complexe et fragile, qui n’a pas du tout été pris en compte dans sa globalité », nous indique un connaisseur du dossier. Les interactions du karst avec les #nappes et des cours d’eau catalans sont encore mal connues. « On joue aux apprentis sorciers. »

    Côté préfecture et chambre d’agriculture, on se veut rassurant : si le besoin s’en fait sentir, on lâchera davantage d’eau du #barrage pour renflouer les réseaux souterrains. Circulez, il n’y a rien à voir.

    Mais le problème ne s’arrête pas là. Car construire un #adducteur — et toutes les infrastructures autour — coûte cher, très cher. Entre 12 et 18 millions d’euros selon BRL Ingénierie. Sans oublier quelque 200 000 euros annuels pour faire fonctionner l’ouvrage. Un #prix potentiellement insoutenable pour les quelque 1 400 propriétaires reliés aux différents canaux et organisés en Association syndicale autorisée (ASA).

    D’où la volonté des porteurs du projet d’étendre le réseau d’irrigation. 250 hectares supplémentaires — de la vigne principalement, selon la chambre d’agriculture — pourraient ainsi être reliés et abreuvés. Ainsi qu’une centaine d’hectares, notamment des abricotiers, aujourd’hui arrosés grâce à des forages. « Pour atteindre la soutenabilité économique, il est en effet nécessaire d’ouvrir le réseau à de nouveaux enjeux et à un plus grand nombre d’agriculteurs pour augmenter le nombre de cotisants », indique Jean Bertrand.

    Mais même dans ce scénario, il est probable que le prix de l’eau s’envole de plusieurs centaines d’euros : qui pourra encore se la payer ? « Le risque, c’est que seuls les plus grands arboriculteurs ou viticulteurs puissent avoir accès à l’irrigation », craint Jacques de Chancel, vigneron et membre de la Confédération paysanne.

    Et c’est là que le bât blesse. « Tant qu’il s’agissait de soutenir les réseaux existants, pourquoi pas, mais là, on a l’impression d’un projet qui va profiter surtout à l’agriculture industrielle », soulève-t-il. D’autant que pour pouvoir satisfaire tous les besoins, les porteurs du projet envisagent également de réduire le robinet des petits agriculteurs et des jardiniers en amont du tuyau.

    C’est le cas de Luc, maraîcher installé depuis cinq ans à Estagel. Il cultive aujourd’hui 3 hectares de légumes, vendus ensuite localement, via une Amap. Pour arroser ses parcelles, il utilise notamment l’eau du canal voisin — qui pourrait donc diminuer voire disparaître en période sèche. « Avec ce projet, je risque de fermer boutique », alerte-t-il.

    Côté chambre d’agriculture et services de l’État, on fait valoir un projet « global », qui consiste également à moderniser les réseaux, colmater les fuites, automatiser la distribution d’eau… Autant d’économies qui « bénéficieront à tout le monde », assure Christine Portero-Espert. Pour elle, 250 hectares irrigués en plus — comparés aux 1 100 ha déjà reliés aux canaux — ce n’est pas « déraisonnable », surtout si ça permet de « sécuriser des filières », et donc de préserver des emplois.

    Omerta

    Face au flou, les relations se tendent entre habitants de l’amont et de l’aval. Rares sont les personnes qui acceptent de prendre publiquement position pour ou contre le projet. Nous avons pu contacter un des viticulteurs qui pourrait être raccordé au tuyau — aujourd’hui, il n’irrigue pas. « On touche aux limites de ce qu’on peut faire sans arroser, raconte-t-il de manière anonyme. Alors je me dis qu’avec un peu d’eau, on pourrait retrouver un équilibre économique. » S’il accueille le projet avec un œil plutôt bienveillant — « il a le mérite d’exister » —, il met aussi en garde : « Au-delà de 500 euros par hectare et par an, le prix de l’irrigation sera trop cher. »

    Interrogée sur le prix final pour les usagers, la chambre d’agriculture élude — les calculs sont toujours en cours. Mais une chose paraît certaine : « Ce sera de l’eau chère, reconnaît Jean Bertrand. La part du #coût de l’eau dans les budgets des exploitations augmente et va augmenter, il ne faut pas ignorer cette réalité. » Façon d’admettre que certains seront laissés sur le bas-côté de l’adducteur ? « C’est le risque des #solutions_techniques, souvent coûteuses, souligne Wolfgang Ludwig. Elles peuvent favoriser une #agriculture_intensive, très spécialisée, seule capable de produire les ressources financières pour payer cette eau. »

    Les questions s’accumulent, mais le projet progresse, coûte que coûte. Une des chevilles ouvrières du projet nous a fait part de « grosses pressions pour que le dossier avance vite ». « Il faut bien que les services de l’État et la chambre parviennent à sortir quelque chose pour montrer qu’ils agissent », remarque Joseph Genebrier, de la #Frene_66, une association environnementale. Quitte à prendre des décisions avant que toutes les études ne soient réalisées. Quitte à établir un « rapport de force » avec les plus réfractaires, selon les participants de la réunion publique.

    Des arguments qui ne convainquent pas les opposants, dont certains pointent une « #mal_adaptation ». Comme l’expliquait l’économiste Marielle Montginoul à propos d’un autre mégaprojet de tuyau occitan, « on assiste à une sécurisation de l’accès à la ressource plus qu’à une réflexion sur un nouveau modèle plus économe en eau ». Une « #course_en_avant, sans se poser les bonnes questions, comme le choix du type de cultures qu’on irrigue ». On se retrouve ainsi à arroser des vignes, en pleine crise de surproduction du #vin. Ou à faire perdurer la culture d’abricots, très exigeante en eau.

    « Si les #solutions_techniques permettent de se protéger contre les aléas, un peu comme le camion de pompiers qu’on ne sort qu’en cas d’urgence, pourquoi pas, indique Wolfgang Ludwig. Mais si on les utilise pour développer des #pratiques_agricoles, alors on augmente notre #dépendance et notre #vulnérabilité. » Le risque, pour le chercheur, est de louper le coche essentiel de l’adaptation : « Tant qu’on se repose sur des #outils_techniques, on ne s’adapte pas à la ressource qui baisse. »

    Penser la #transition_agricole vers des cultures de climat semi-aride, diversifier les fermes pour les rendre plus résilientes, encourager le travail des sols… Autant de pistes « explorées aussi par la chambre d’agriculture », assure Jean Bertrand. Mais qui ne font pas partie des sept projets « prioritaires » du plan de résilience pour l’eau.

    https://reporterre.net/La-guerre-de-l-eau-un-conflit-explosif-dans-les-Pyrenees-Orientales

  • [Tribune] « L’épuration qui vient, ou comment l’écologie est devenue une cible », par Nicolas Legendre
    https://splann.org/tribune-epuration-ecologie-nicolas-legendre

    À force de désigner des boucs émissaires, on finit par fabriquer des ennemis. En France, et tout particulièrement dans les territoires ruraux, l’écologie est progressivement désignée comme un ennemi intérieur, pendant que les causes structurelles de la crise agricole sont soigneusement évacuées. Le journaliste Nicolas Legendre - membre de « Splann ! » et auteur de « Silence dans les champs » - décrit les rouages d’une contre-offensive idéologique et économique qui banalise la haine, fracture la société et prépare des lendemains inquiétants. L’article [Tribune] « L’épuration qui vient, ou comment l’écologie est devenue une cible », par Nicolas Legendre est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en (...)

    #La_vie_de_« Splann !_ » #agriculteurs #agriculture_biologique #Agro-écologie #agro-industrie #annie_genevard #Bertrand_Venteau #bio #changement_climatique #climat #coordination_rurale #copa-cogeca #Corporate_Europe #crise_climatique #décroissance #Dérèglement_climatique #DeSmog #donald_trump #écologie #écologiste #extrême_droite #FNSEA #lobbying #loi_duplomb #militant #militantisme #pacte_vert_européen #shift_project #tribune #violences

    • L’agriculture est en faillite à tous les niveaux (érosion du foncier, renouvellement RH, verrouillage socio-technique face au climat, endettement, concurrence internationale...). Le bouc-émissaire permet de gagner quelques mois, une poignée d’années, pas plus. La bulle est en cours d’éclater depuis quelques années, mais s’agissant d’agriculture, on ne peut la comparer à une bulle boursière ou immobilière. Les agriculteurs qui tombent dans le piège du bouc-émissaire sont les dindons du krach.

  • [Info « Splann ! »] Quand le #lobby de la #viande tente une manœuvre pour discréditer l’Office français de la biodiversité
    https://splann.org/ugpvb-ofb-penze-tromorgan

    Le #lobby_de_la_viande (UGPVB) et la #FRSEA Bretagne ont adressé un courrier au directeur de l’Office français de la biodiversité pour dénoncer la prétendue partialité d’un agent ayant travaillé sur la #pollution de la rivière Penzé. #eau_et_rivières_de_bretagne y voit un moyen de déstabiliser l’administration, au moment où la justice doit se prononcer dans une autre affaire de pollution agricole. L’article [Info « Splann ! »] Quand le lobby de la viande tente une manœuvre pour discréditer l’Office français de la biodiversité est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en Bretagne.

    #Industrie_agroalimentaire #Pollutions #Santé_publique #finistère #FNSEA #lobbying #OFB #tromorgan #ugpvb

  • L’épuration qui vient, ou comment l’écologie est devenue une cible
    https://blogs.mediapart.fr/nicolas-legendre-journaliste/blog/051225/lepuration-qui-vient-ou-comment-lecologie-est-devenue-une-cible

    (...)

    En octobre dernier, un couple d’éleveurs bretons m’a raconté comment leur fille adolescente, durant ses études agricoles, a été moquée et dénigrée par des camarades de classe. Parce que ses parents sont des « bios », elle était, aux yeux de quelques-uns, la « sale pute d’écolo » (sic).

    *

    Il y a quelques jours, le nouveau président de la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole français, déclarait publiquement : « Les écolos, la décroissance veulent nous crever, nous devons leur faire la peau. »

    *

    Début novembre, Mediapart et Libération révélaient des images filmées par les caméras-piétons des gendarmes lors de la manifestation organisée en mars 2023 contre l’implantation de méga-bassines à Sainte-Soline. « Je ne compte plus les mecs qu’on a éborgnés », se réjouit un militaire. « Faut qu’on les tue », s’exclame un autre. Les manifestants sont qualifiés en chœur de « pue-la-pisse », d’« enculés », de « chiens » ou de « résidus de capote ».

    L’aspect le plus notable, dans ce florilège, est selon moi la jubilation qui semble animer certains membres des forces de l’ordre à l’idée de briser, de violenter, d’anéantir, ceux d’en face.

    (...)

    • Habitué à « la ville », j’ai été surpris d’apprendre en arrivant ici que la bio (LE bio comme ielles disent) a très mauvaise presse dans les milieux populaires.
      Les quelques empoisonnements (éscherichia coli...) semblent avoir marqué l’opinion.
      Il s’y rattache tout un tas de haines envers les bourgeois. (et là, je leur donne raison)

    • N’oublions pas que la #FNSEA est en position hégémonique dans toutes les instances agricoles, en France, avec seulement 46% des voix du collège des chefs d’exploitations, pour environ 45% de participation. Soit, au final... 20% des agriculteurs et agricultrices inscrits sur les listes électorales.

      Le premier « étendard » agricole de France est donc l’abstention.

      En 2024, le think-tank Shift Project révélait les résultats d’une très vaste enquête menée auprès de la profession agricole française. Ils montrent que « plus de 80% des répondants souhaitent adopter des pratiques agronomiques plus durables », et que et « seulement 7% déclarent ne pas souhaiter s’engager ou accélérer la transition de leur exploitation ». Autre enseignement, qui n’est pas véritablement une surprise : 86% des répondants réclament, pour effectuer cette transition, des « objectifs clairs et stables. »

      #agro_industrie #écologie #ennemi_intérieur #Demeter

    • Et allons-y

      Pour juguler la surcapacité d’électricité, RTE évoque un ralentissement du développement des renouvelables
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/12/09/pour-juguler-la-surcapacite-d-electricite-rte-evoque-un-ralentissement-du-de

      A défaut d’augmenter la demande, le gestionnaire du réseau français d’électricité n’exclut pas qu’il faille revoir à la baisse le rythme de croissance de l’éolien terrestre et du solaire.

    • La réalité va tous nous rattraper (c’est certain), histoire de nous mettre d’accord (ça n’arrivera pas).

      Même à ce moment là, malgré tout, on pourra encore continuer à pourrir les écoterroristes qui nous mettent en danger, de la même façon qu’on peut encore et toujours pourrir les islamogauchistes qui nous mettent en danger, eux aussi, alors qu’on souhaiterait juste pouvoir vivre sans obstacles et sans limites, comme des tumeurs malignes insatiables, à la façon de nos chers milliardaires.

      Ce qui est cocasse, c’est que comme on te me le dit, tout cela n’est en fait qu’une affaire de mauvaise presse (non, c’est aussi une affaire systémique).

      Et il suffirait que les tenants de la bio fasse le nécessaire, et tout irait mieux (non, bis).

      Je lis encore et toujours, sur mes réseaux, que LFI veut faire perdre la gauche en refusant de tendre la main à tous les autres nains qui ont le droit de parler dans le poste en tant que représentant de ceux qui vont nous sauver. C’est vrai. Après tout. C’est toujours de la faute de ceux qui se battent mais qui ne parviennent pas à prendre le pouvoir. Les écoloterroristes. Les islamogauchistes. Ils sont nuls. Ils font rien qu’à se tirer des balles dans les pieds ces gros loosers bobos et sans conscience de la réalité vraie et du bon sens. Et c’est pour ça qu’on perd et qu’on doit voter pour les fascistes.

    • Avec le recul, 1970 semble marquer l’apogée de l’écologie politique aux États‑Unis. La décennie qui s’ouvrait, annoncée par Nixon comme celle de l’environnement, fut surtout celle de la « crise énergétique » et de la recherche tous azimuts de la souveraineté par le nucléaire, par le gaz et par le charbon. Dès 1970, le journal Science prévoyait que la crise énergétique allait engloutir les préoccupations environnementales : « quand l’air conditionné et les télévisions s’arrêteront le public se dira “au diable l’environnement donnez‑moi l’abondance” ». En 1980, l’élection de Ronald Reagan et plus encore le score de Barry Commoner à la même élection (0,25 %) confirmeraient ce sombre pronostic. À l’époque, comme aujourd’hui, l’idée de « backlash écologique » est trop optimiste. Elle suggère une réaction temporaire, une résistance agressive, mais passagère, émanant des franges conservatrices de la société face à un mouvement d’écologisation et de transition. Les reculs observés ne seraient que tactiques : des contretemps fâcheux sur la voie du progrès. Le problème est qu’en matière écologique, le backlash est structurel, il reflète des intérêts liés à la totalité ou presque du monde productif. La lutte contre la pollution touche au fondement de l’activité économique, au volume et à la nature de la production, à la rentabilité des investissements, à la compétitivité des entreprises et des nations et à la place de l’État dans la régulation de l’économie. La nature structurelle du backlash est particulièrement visible pour le cas des États‑Unis et du réchauffement climatique sur lequel se limite ce texte.

      https://www.terrestres.org/2025/10/09/backlash-structurel-fressoz

  • https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/10/30/pesticides-et-sante-tensions-au-haut-commissariat-a-la-strategie-et-au-plan-

    De toutes les questions environnementales, c’est le sujet sensible du moment. Dans la foulée de la loi Duplomb, en juillet, et des plus de 2 millions de signatures engrangées par la pétition, qui en dénonce les effets délétères sur l’environnement et la santé, le Haut-Commissariat à la stratégie et au plan (HCSP) a remis à l’Assemblée nationale, mercredi 29 octobre, le rapport qu’elle lui avait demandé sur les politiques publiques de santé environnementale. Le document de 500 pages fait le constat d’une faiblesse globale des politiques publiques consacrées au sujet et formule une série de recommandations pour réduire le fardeau des maladies attribuables aux pollutions de l’environnement. Mais les conditions dans lesquelles la mission a été conduite témoignent de la difficulté à inscrire cette question à l’agenda politique.
    Fortes tensions entre les cinq membres de l’équipe du HCSP chargée de rédiger le rapport et la hiérarchie de leur institution – elle a été placée sous l’autorité de Clément Beaune, nommé haut-commissaire en mai –, demandes d’ajout ou de suppression de certains passages, reformulations, interventions du cabinet de la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, menaces de sanction à l’encontre de l’une des autrices du rapport, signalement aux ressources humaines d’une autre…
    Selon nos informations, c’est sur le volet du texte consacré aux pesticides que les pressions se sont focalisées. Jusqu’à ignorer certaines recommandations du conseil scientifique, chargé de contrôler la rigueur factuelle du texte. Quatre de ses huit membres – tous chercheurs ou inspecteurs généraux spécialistes de santé environnementale – signent d’ailleurs, en annexe du rapport, un commentaire cinglant sur le travail conduit par le HCSP.

    https://archive.ph/BCKK6

    • Pesticides et santé : tensions au Haut-Commissariat à la stratégie et au plan autour d’un rapport commandé par les députés

      Quatre des huit membres du conseil scientifique chargé de superviser le document ont signé un commentaire critique soulignant leurs désaccords sur des amendements, notamment obtenus par le ministère de l’agriculture.

      [...]

      Le rapport est divisé en quatre parties : le #bruit, les polluants éternels (ou #PFAS, pour substances per- et polyfluoroalkylées), la pollution atmosphérique aux #particules_fines et les pesticides.

      [...]

      Selon différentes versions du texte consultées par Le Monde, une étude française citée dans le rapport, indiquant un lien entre la densité de #vignes autour du domicile et le risque de leucémie de l’enfant, se retrouve qualifiée – contre l’avis des cinq rédactrices du texte – de « peu robuste au niveau régional » et « posant question ». Dans leurs commentaires, les quatre membres du conseil scientifique de la mission abondent, et objectent qu’ils avaient demandé « une reformulation qui n’a pas été prise en compte ».
      Même tentative de minimisation de résultats scientifiques sur la question-clé de l’impact sanitaire des traces de pesticides de synthèse dans l’#alimentation. Pour faire pièce à une étude française de 2018 montrant un risque diminué de certains #cancers chez les plus gros consommateurs d’aliments issus de l’#agriculture_biologique, une référence à un simple communiqué de l’Institut national du cancer (INCA) a été ajoutée, qualifiant d’« infox » le lien entre alimentation bio et réduction du risque de cancer.

      En novembre 2024, Le Monde avait révélé que les représentants d’une quarantaine d’équipes de recherche travaillant sur les liens entre nutrition et cancer avaient protesté auprès de l’INCA, demandant que ce communiqué soit corrigé. La direction de l’institution ne leur avait pas répondu. (...)

      ... dans leur texte, les rapporteurs estiment que le montant du budget de la PAC consacré à la réduction des usages de pesticides se monte à environ 700 millions d’euros, soit 8 % du budget de la PAC. Mais, dans la version finale du rapport, une estimation bien plus optimiste leur est imposée, accolée à la leur : avec un autre mode de calcul, ce serait plutôt 2 milliards d’euros fléchés vers la réduction des intrants. Le conseil scientifique s’en indigne, jugeant que 700 millions d’euros sont déjà une estimation haute.

      #pesticides #pollution #HCSP #PAC #écologie #ministre_de_l’agriculture means #FNSEA #santé x

  • Nicolas Sarkozy reçu à l’Elysée avant son incarcération
    https://www.liberation.fr/politique/nicolas-sarkozy-recu-a-lelysee-avant-son-incarceration-20251020_LSLREQSLX

    Nicolas Sarkozy, qui doit être incarcéré mardi 21 octobre à la prison parisienne de la Santé, a été reçu vendredi par Emmanuel Macron à l’Elysée, a appris Libération. « Cela a bien été le cas », confirme l’Elysée, joint par notre journal, sans préciser dans l’immédiat les circonstances et le contenu de cet entretien.

    • S. Hé, Aldo, mon petit Geraldo, tu es venu, ça me fait chaud au cœur. Et tu m’as amené la guanciale per la cucina… viens que je t’embrasse. Et comment va la mamma ? Et les gars, ça va, ils te respectent, ou bien tout le monde est déjà en train de vouloir devenir il padrino à la place du padrino ?

      G. Don Sarko, les gars en bas parlent beaucoup, vous savez. Certains pensent que les temps changent.

      S. Les temps changent… mais les règles, elles, ne changent jamais. Tant que les gens mangent, prient, et paient… le monde tourne. [Lui tendant un café.] Bois. Le café, c’est sacré. Comme la parole d’un homme. Ça c’est Kadhafi qui me l’a appris. (Ah ah.)

    • En lisant l’article de libé à l’envers tu devines la pensée complexe de macron où plutôt ses contradictions.

      Celle-ci s’était déjà manifestée au printemps, après une autre condamnation de Nicolas Sarkozy – trois ans dont un ferme dans l’affaire Bismuth – susceptible d’entraîner son exclusion de l’ordre de la Légion d’honneur. Emmanuel Macron s’était alors déclaré opposé à cette mesure : « De mon point de vue, de là où je suis, je pense que ce ne serait pas une bonne décision. […] Je pense que c’est très important que […] les anciens présidents soient respectés », avait-il plaidé.

      Garant de l’indépendance de la justice, le chef de l’Etat n’a pas commenté la condamnation de son prédécesseur, sauf pour dénoncer les menaces dont les magistrats ont ensuite fait l’objet.

      Ils se contentaient donc de ménager la chèvre républicaine et le chou réactionnaire avec une délicatesse, un doigté qu’eût pu leur envier tel politicien de plus grande envergure ; député, sénateur, voire sous-secrétaire d’État ou ministre.
      Nico&Manu https://w.wiki/FkUB

    • Gérald Darmanin invité à 7h50 par B. Duhamel sur fRance-inter
      Incarcération de Nicolas Sarkozy : « J’irai le voir en prison », promet Gérald Darmanin . Qu’ils y aillent tous les deux, lui et le fils de Saint-Cricq et qu’ils y restent.
      https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-du-lundi-20-octobre-2025-4174730
      https://www.youtube.com/watch?v=3dzBKzO98Aw

      Vers un recours à la généalogie génétique

      Le ministre de la Justice annonce ce lundi vouloir inscrire dans la loi la possibilité d’avoir recours à la généalogie génétique. Jusqu’ici interdite en France mais très utilisée aux États-Unis par exemple, la généalogie génétique permet d’accéder à une immense base de données d’ADN enregistrées par des sociétés privés. L’objectif visé par le ministre de la Justice est de permettre d’élucider des « cold cases », ces crimes non résolus après des années d’enquête. "Il y a plus de 50 000 traces ADN dans le fichier du FNAEG, le fichier des délinquants sexuels et des auteurs d’homicide [Fichier national automatisé des empreintes génétiques], qui ne trouvent pas preneurs. Si nous autorisons dans la loi la généalogie génétique, alors nous pourrions résoudre une partie de ces crimes", estime #Gérald_Darmanin.

      L’ADN du sinistre et de l’ancien présipotent devrait aussi être dans ce fichier #FNAEG, celui du violeur en tout cas.

    • Visite de Gérald Darmanin à Nicolas Sarkozy en prison : les syndicats de magistrats dénoncent « une confusion des rôles »
      https://www.lanouvellerepublique.fr/a-la-une/visite-de-gerald-darmanin-a-nicolas-sarkozy-en-prison-les-syndi

      https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/10/20/emmanuel-macron-a-recu-nicolas-sarkozy-a-l-elysee-avant-son-incarceration_66

      A la Santé, M. #Sarkozy devrait être installé seul dans l’une des 15 cellules de 9 mètres carrés du quartier de l’isolement. C’est le seul moyen d’éviter toute interaction avec d’autres détenus et d’assurer sa sécurité. Ses avocats déposeront immédiatement une demande de mise en liberté. La cour d’appel aura deux mois pour statuer, mais l’audience devrait intervenir plus rapidement.

      Nul doute que les juges auront à coeur de faire cesser le trouble à l’ordre public que constitue cette incarcération.

      edit

    • Ce qui attend Nicolas Sarkozy à la Santé : des VIP témoignent
      https://www.mediapart.fr/journal/france/201025/ce-qui-attend-nicolas-sarkozy-la-sante-des-vip-temoignent

      Choc carcéral, bruit incessant, règles ultra-contraignantes… Didier Schuller et Pierre Botton, qui ont été emprisonnés à la prison de la Santé, décrivent des conditions de détention difficiles à vivre pour les cols blancs, malgré leur statut privilégié.

      Les « cols blancs » semblent s’être très fortement raréfiés avec la disparition des ouvriers.

    • Sarkozy reçu à l’Élysée, le Syndicat de la magistrature s’insurge
      https://www.mediapart.fr/journal/france/211025/nicolas-sarkozy-incarcere-la-journee-en-direct

      « Une atteinte à l’indépendance de la justice ne vient donc jamais seule », déplore le #Syndicat_de_la_magistrature (SM), après la réception de Nicolas Sarkozy par Emmanuel Macron à l’Élysée, et avant la visite de #Gérald_Darmanin au détenu Sarkozy à la Santé. « Peu de détenus peuvent compter sur de tels soutiens. »

      « Ces deux prises de position publiques témoignent d’une confusion des rôles inacceptable dans un #État_de_droit. En effet, ni le président de la République, garant de l’indépendance de la justice, ni le garde des Sceaux ne peuvent ignorer le poids de leur soutien dans une procédure en cours et les pressions qu’ils font peser sur celles et ceux chargé·es de rendre la justice dans un contexte d’ores et déjà hostile », tance le SM.

      « Rappelons que, dès demain, Nicolas Sarkozy pourra faire des demandes de mise en liberté et que celles-ci seront notamment traitées par des magistrat·es du parquet, placé·es sous l’autorité hiérarchique du garde des Sceaux. Nul besoin d’instructions individuelles lorsque celui-ci évoque l’emprisonnement de son “mentor” avec “beaucoup de tristesse” », poursuit le syndicat classé à gauche.

      « Rappelons que ces demandes de mise en liberté ainsi que l’affaire en appel seront tranchées par des juges sans cesse attaqué·es dans leur office. Compte tenu des menaces qui pèsent contre les magistrat·es jusque dans leur intégrité physique, en particulier dans les affaires politico-financières, ce soutien à l’une des parties au procès est à l’opposé de ce que nous sommes en droit d’attendre du président de la République et du garde des Sceaux. »

      « Enfin, rappelle le syndicat, dans un État de droit, la loi doit être la même pour toutes et tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. 83 516 détenus sont incarcérés au 1er octobre 2025, pour beaucoup dans des conditions indignes. »

    • Maison d’arrêt de Paris – La Santé. DISP Paris - Ile de France
      pour un parloir avec le nouveau VIP incarcéré : Téléphone (standard & parloirs) : 01 86 21 80 20
      https://oip.org/etablissement/maison-darret-de-paris-la-sante
      L’univers carcéral d’un prisonnier lambda, ce qui ne sera pas le cas de Nagy-Bocsa - 6ème président de la Ve République française -incarcéré ce jour à la maison d’arrêt de LA Santé à Paris.
      https://oip.org/temoignage/fresnes-dans-les-coulisses-dune-visite-extra-ordinaire

      Détenu à Fresnes entre 2015 et 2017, M. T. a fait condamner l’établissement pour ses cours de promenade indignes. Afin de prendre la mesure de la situation et des travaux qu’il convient de réaliser, les magistrats ont décidé de se rendre sur place. L’ancien détenu repasse avec eux les portes de la prison, cette fois en homme libre, et en position de demander des comptes à l’administration pénitentiaire. Récit d’une visite exceptionnelle.

      #OIP #prison #Fresnes

  • Éducation et enseignement supérieur

    La FNSEA, Bayer et Sanofi s’immiscent dans l’orientation scolaire
    L’Onisep, l’organisme public chargé de l’information sur l’orientation scolaire réalise ses brochures avec les entreprises Bayer et Sanofi, ou encore avec l’UIMM, syndicat patronal. Celle sur les métiers de l’agriculture est même réalisée uniquement avec le syndicat FNSEA, qui peut y diffuser largement ses idées.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/280925/la-fnsea-bayer-et-sanofi-s-immiscent-dans-l-orientation-scolaire

    Erwin Canard, 28 septembre 2025

    Dans les CDI (centres de documentation et d’information) des collèges, les CIO (centres d’information et d’orientation) ou les salons de l’orientation, les élèves peuvent feuilleter des brochures éditées par l’Onisep pour réfléchir à leur avenir. La mission principale de l’Office national d’information sur les enseignements et les professions est d’ailleurs « d’élaborer et [de] mettre à la disposition des utilisateurs une information la plus complète possible sur les formations scolaires et universitaires et sur les métiers afin de faciliter l’orientation des élèves et des étudiants », rappelle la Cour des comptes dans un rapport de 2024 consacré à l’établissement public.

    Alors que, surfant sur l’angoisse des jeunes à l’approche des moments clefs de leur orientation, fleurissent sur la Toile d’innombrables sites à but davantage lucratif qu’informatif, l’Onisep se veut une référence en termes d’impartialité.

    Placé sous la tutelle des ministères de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur, l’Onisep, « est l’office historique qui œuvre sur l’édition neutre, publique et laïque des informations de l’orientation », explique Géraldine Duriez, représentante des psyEN (psychologues de l’Éducation nationale) au Snes-FSU.

    Mais certains partenaires font vaciller la neutralité affichée. Parmi l’ensemble de la documentation qu’il édite, l’Onisep produit des « zooms » qui informent sur des métiers d’un secteur, principalement à travers des portraits de travailleurs et de travailleuses : « les métiers du bois », « les métiers du commerce et de la vente » ou « les métiers du paysage » par exemple. Ces brochures, disponibles gratuitement en versions papier et numérique, sont réalisées avec des acteurs extérieurs, en lien avec chaque secteur.

    Illustration 1Agrandir l’image : Illustration 1
    L’organisme public chargé de l’information sur l’orientation scolaire réalise ses brochures avec les entreprises Bayer, Sanofi ou encore avec l’UIMM, syndicat patronal. © Photomontage Mediapart avec documents
    Le « zoom » sur les métiers de l’industrie et de la chimie a ainsi été produit avec une vingtaine de grandes entreprises du secteur, dont Sanofi et Bayer, au cœur de plusieurs scandales sanitaires et environnementaux, dont celui du glyphosate.

    Celui sur les métiers du médicament est produit avec les plus grandes entreprises pharmaceutiques : Bayer et Sanofi de nouveau, mais aussi Roche ou Novo Nordisk. Les métiers sont ainsi présentés uniquement à travers le prisme des grandes entreprises.

    « L’angle est surtout une présentation du parcours de formation et d’évolution d’une personne. Notre priorité n’est pas l’entreprise ou le partenaire, mais d’avoir accès à un ensemble de professionnels et de pouvoir faire des portraits représentatifs au maximum de notre société », explique à Mediapart Anne de Rozario, directrice générale par intérim de l’Onisep.

    Une manière de présenter les secteurs qui interpelle Jérôme Martin, historien spécialiste de l’orientation scolaire : « L’Onisep n’a pas toujours fabriqué ces documents de cette manière. S’ils sont faits par des entreprises et organisations patronales, alors la manière de présenter les métiers est forcément positive. Rien n’est dit sur ce que l’on produit quand on travaille dans tel ou tel secteur, ou sur l’organisation sociale du travail. »

    En outre, les entreprises choisies comme partenaires posent question. Que signifie le fait de placer, dans les mains des élèves, un document marqué du sceau de la neutralité ministérielle en réalité fabriqué avec l’entreprise à la base du scandale Monsanto ?

    « Même s’il y a le nom de l’entreprise, nous ne mettons pas en avant Bayer mais un métier, au milieu de vingt autres. Nous ne sommes pas dans la valorisation de l’entreprise mais du parcours », justifie Anne de Rozario.

    La FNSEA, rien que la FNSEA
    Difficile, en revanche, de tenir le même argumentaire face au « zoom » consacré aux métiers de l’agriculture. Celui-ci n’est produit qu’avec un unique partenaire : la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA). Sur cette brochure, le logo du syndicat agricole s’affiche en première page et l’éditorial d’introduction est coécrit par la direction générale de l’Onisep et la présidence de la FNSEA. Le modèle est similaire pour le « zoom » sur les métiers de la production industrielle, réalisé avec la puissante UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie).

    « Il y a une multitude de témoignages et rien ne met en avant ce qu’est la FNSEA et ce qu’elle porte », assure la directrice générale par intérim de l’Onisep, qui insiste en outre sur « la neutralité totale des agents de l’Onisep » et sur le fait qu’une charte encadre le travail avec les partenaires.

    C’est la diversité qui doit être représentée et non pas une seule vision, qui plus est celle d’un modèle basé sur les pesticides et le productivisme.

    Laurence Dautraix, syndicat Snetap-FSU
    C’est toutefois le partenaire qui choisit les professionnel·les qui témoignent. Ainsi, si « certaines parties tendent à montrer la diversité des métiers, avec des mots comme “agriculture bio”, “permaculture”, on voit rapidement les antiennes de cette organisation : l’agriculture connectée, la valorisation de l’apprentissage… On a du mal à trouver certaines approches comme celles des paysans-boulangers ou de la relocalisation de l’alimentation », observe Frédéric Chassagnette, co-secrétaire général du Snetap-FSU, syndicat de l’enseignement agricole. Lui trouve « choquante » cette forme d’« entrisme ».

    Sa co-secrétaire générale, Laurence Dautraix, complète : « La FNSEA est certes le syndicat le plus représentatif, mais c’est la diversité qui doit être représentée et non pas une seule vision, qui plus est celle d’un modèle basé sur les pesticides et le productivisme qui mène dans le mur. »

    Ce « zoom » aurait par exemple pu être produit avec les chambres d’agriculture, plaide le syndicat Snetap. « Nous sommes ouverts à travailler avec la Confédération paysanne », autre syndicat agricole, minoritaire, tempère, de son côté, Anne de Rozario.

    L’Onisep en mal de financements
    La FNSEA n’en est pas à son coup d’essai : un « kit agriculture » a été diffusé il y a quelques années par l’Onisep avec le syndicat comme tête de gondole. Le Snetap s’apprête aussi à contester auprès du ministère de l’agriculture un jeu vidéo « porté par la FNSEA et qui deviendrait l’outil de promotion de l’agriculture dans les établissements scolaires », s’alarme Laurence Dautraix.

    Une raison principale explique ces partenariats : le budget. En tant qu’opérateur de l’État, l’Onisep se doit d’avoir ses propres sources de financement. Or, comme l’indique le rapport de la Cour des comptes, « l’Onisep est dans une situation financière incertaine. Sa dépendance aux subventions publiques s’est accrue avec le transfert de certaines de ses compétences aux régions, qui l’a privé d’une partie de ses ressources propres ».

    Les partenariats sont alors vitaux. « Depuis un an ou deux, c’est le nerf de la guerre, et quand sont présentés les budgets, un des arguments utilisés est : on a des brochures zooms dans les tuyaux, on va recevoir de l’argent », raconte Louise Fromard, responsable du syndicat Snasub-FSU au sein de l’Onisep.

    Alors que l’office est de plus en plus concurrencé par les régions et des acteurs privés, il se retrouve à faire appel lui-même à des partenaires privés pour survivre. Le privé est omniprésent, jusqu’à l’inversion des rôles : le Medef, syndicat patronal, a sorti en mars dernier une brochure contenant « 14 propositions sur l’orientation scolaire » intitulée : « Un jeune bien orienté, un succès pour tous ».

    #lobying #education #rigueur #FNSEA #BAYER #SANOFI #monde_pourri #environnement

  • Philippe Pointereau : « Le succès de la pétition contre la loi Duplomb montre que les défenseurs de l’agriculture intensive sont allés trop loin » | Alternatives Economiques
    https://www.alternatives-economiques.fr/philippe-pointereau-succes-de-petition-contre-loi-duplomb-mont/00115768

    En dix jours, la pétition contre la loi visant à « lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur », dite « loi Duplomb » a recueilli plus d’1,6 million de signatures sur le site de l’Assemblée nationale, ce qui constitue un record pour une pétition de ce type.

    Si les conséquences politiques de ce mouvement d’opposition restent incertaines, le succès de cette initiative illustre, selon l’agronome Philippe Pointereau, l’inquiétude de la population quant aux conséquences écologiques et sanitaires de l’agriculture intensive.

    https://archive.ph/dr0NS

    #loi_duplomb #agriculture_intensive #FNSEA #lobbying #agroindustrie

  • « La classe politique déserte l’écologie au moment même où celle-ci s’installe dans le quotidien des Français »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/07/28/la-classe-politique-deserte-l-ecologie-au-moment-meme-ou-celle-ci-s-installe

    Pour ralentir sans le dire, les gouvernements Attal et Barnier avaient déjà trafiqué les indicateurs gouvernementaux censés suivre la réduction des pesticides et des passoires thermiques. Depuis la dissolution de l’Assemblée nationale, la classe politique recomposée se laisse entraîner dans une spirale assumée d’autodestruction qui consiste à supprimer tour à tour les objectifs et dispositifs écologiques portés ces dernières années.

    En quelques mois, la lutte contre la pollution de l’air a disparu avec la suppression des zones à faibles émissions, le combat contre la bétonisation des campagnes [par le dispositif zéro artificialisation nette] a été abandonné par le gouvernement malgré son efficacité contre les inondations et les canicules, et la réduction des pesticides dangereux pour la santé balayée par la réautorisation, votée dans la loi Duplomb [adoptée par l’Assemblée nationale le 8 juillet] par une grande majorité des députés macronistes, d’un néonicotinoïde interdit depuis 2018 [l’acétamipride].

    (...) la classe politique française assume aujourd’hui de dire, en matière de protection de l’environnement, « n’attendez plus rien de l’Etat » et « on ne veut plus essayer ». Cette démarche se trompe, et la classe politique française déserte l’écologie au moment même où le réchauffement climatique s’installe concrètement dans le quotidien des Français.

    L’économie pénalisée

    Les canicules de juin ont battu le record de la journée et de la nuit les plus chaudes jamais enregistrées sur ce mois. La Méditerranée n’a jamais été aussi chaude pour un début d’été, et les ostréiculteurs craignent de voir leur production d’huîtres et de moules mourir de chaud. Des villages entiers, comme La Bérarde [Isère], sont engloutis par des pluies diluviennes ou l’effondrement de glaciers, et 6 millions de Français en précarité énergétique se retrouvent piégés dans des logements mal isolés, qui deviennent des bouilloires en période de canicule.

    Ce mépris d’un quotidien déjà bouleversé par le dérèglement climatique pourrait bientôt pénaliser, dans les urnes, des élites anti-écologiques de plus en plus déconnectées de ces réalités. D’autant que l’économie sera pénalisée par une politique anticlimatique : l’arrêt des renouvelables priverait la France d’une industrie de 80 000 emplois, dont la production doit réduire la facture énergétique de 40 milliards d’euros par an, dans un contexte où la multiplication des conflits promet de faire payer à la France le prix fort pour l’énergie qu’elle importe.

    Alors que 2025 marque les dix ans de l’accord de Paris sur le climat, la France joue aussi sa crédibilité diplomatique : la désertion écologique à l’œuvre à Paris agira probablement comme une épine dans le pied de la diplomatie française lors de la COP30 qui se tiendra cet automne au Brésil.

    edit

    #écologie #pesticides #passoires_thermiques #précarité_énergétique #logment #énergie #Air #artificialisation_des_sols #réchauffment_climatique #sécheresses #inondations #canicules

  • « L’adoption de la loi Duplomb constitue un moment de rupture démocratique inédit »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/07/13/l-adoption-de-la-loi-duplomb-constitue-un-moment-de-rupture-democratique-ine

    Sans cheveux ni sourcils, le visage émacié, encore marqué par l’épreuve de la maladie et de son traitement, une femme assistait de l’un des balcons du Palais-Bourbon, mardi 8 juillet, au vote solennel de la proposition de loi du sénateur Laurent Duplomb (Les Républicains, Haute-Loire), « visant à lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur ». Fleur Breteau, la quarantaine, fondatrice du collectif Cancer Colère, était invitée par des élus de gauche à assister au vote, aux côtés d’autres membres de la société civile. A l’adoption du texte, par les députés de l’arc bleu-brun et leurs supplétifs du parti présidentiel, sous les applaudissements victorieux, Fleur Breteau a crié : « Vous êtes les alliés du cancer et nous le ferons savoir ! »

    En réponse, ainsi que l’ont rapporté des journalistes présents, des rires ont traversé l’Hémicycle. Voici ce qu’une majorité de la représentation nationale avait à opposer, ce jour-là, au désarroi et à l’indignation de cette jeune femme et, à travers elle, à l’inquiétude de la société civile et de l’ensemble des communautés scientifiques concernées : une hilarité désinvolte, un cynisme méprisant, un virilisme de vestiaire.

    Le cri de Fleur Breteau ne se comprend pas si l’on se contente de dire pour quoi les députés ont voté. Il faut surtout expliquer contre qui ils ont voté. Ils ont, bien sûr, voté contre tout ce que la France compte d’associations de défense de l’environnement, mais ce n’est pas très étonnant. Ils ont surtout voté contre vingt-deux sociétés savantes médicales, contre la Ligue contre le #cancer, contre les administrateurs et les personnels de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, contre le troisième syndicat agricole de France, contre la Fondation pour la recherche médicale, contre vingt mutuelles, groupes mutualistes ainsi que la Fédération des mutuelles de France, représentant plusieurs millions d’assurés, contre le Conseil scientifique du CNRS, contre la Fédération des régies d’#eau potable, contre des centaines de médecins et de chercheurs qui ont signé intuitu personae des tribunes et des lettres ouvertes.

    [...]

    Les faits ont été considérés comme accessoires, la réalité du monde physique soluble dans les intérêts particuliers d’une petite minorité d’exploitants. Aucun débat n’a ainsi été possible, ni à l’extérieur ni à l’intérieur de l’Hémicycle. Au reste, que répondre à Laurent Duplomb lorsqu’il prétend que les haies s’étendent, alors que le rythme de leur disparition (plus de 23 000 kilomètres par an) a doublé depuis 2017 ? Que répondre lorsqu’il assure que le changement climatique est plutôt bénéfique pour sa région ?

    https://archive.ph/boriq

    la privatisation de la politique est d’« intérêt général public majeur »

    #agriculture #FNSEA #écologie #pesticides #megabassines #élevages_hors-sol #loi_Duplomb

  • Loi #Duplomb : dans la tête de la CMP | Mediapart | 29.06.25

    https://www.mediapart.fr/journal/politique/290625/ces-elus-qui-vont-decider-de-l-acte-final-de-la-loi-duplomb

    Quatre sénateurs directement liés à la #FNSEA, un ancien ministre de l’agriculture, onze exploitant·es agricoles en exercice ou à la retraite, un ancien directeur de l’agroalimentaire : la commission mixte paritaire (CMP), qui se réunit lundi 30 juin pour l’acte final de la proposition de loi « Duplomb », donne une part prépondérante aux voix issues du monde agricole et penche du côté des intérêts de l’agro-industrie.

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    question : mais qui donc décide de la composition d’une CMP ?!?!?

    • treize député·es et quatorze sénateurs et sénatrices qui vont discuter pendant quelques heures, à huis clos, de ce texte aux multiples dimensions. La CMP est censée représenter le poids des forces politiques des deux chambres, mais seulement quatorze élu·es voteront – les autres ne sont que suppléants – et certains groupes se retrouvent donc encore plus minoritaires qu’au Parlement, voire inexistants. C’est le cas des Écologistes, représentés par un unique poste de suppléant. Le Rassemblement national (RN), à l’inverse, peut compter sur deux voix, et Les Républicains (LR) sur quatre.