• « La Seine n’est pas une poubelle » : le maire de Rouen veut porter plainte après une pollution aux néonicotinoïdes
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/05/26/la-seine-n-est-pas-une-poubelle-le-maire-de-rouen-veut-porter-plainte-apres-

    Ce #pesticide est hautement #toxique : selon la préfecture de Seine-Maritime, la fuite provient d’un récipient contenant du #thiaméthoxame, un #néonicotinoïde dont l’usage est #interdit dans l’Union européenne depuis 2018. Produit par le géant de l’#agrochimie #Syngenta, cet #insecticide « #tueur_d’abeille » a, cependant, fait son retour cette année dans les champs en France, après la dérogation controversée accordée par le gouvernement aux producteurs de betteraves sucrières pour enrayer la chute de la récolte, attribuée à l’invasion d’un puceron vecteur de la jaunisse.

    #macronie #fnsea #pollution #paywall

  • Taulé, du lisier plein la Penzé
    https://www.franceinter.fr/emissions/c-est-bientot-demain/c-est-bientot-demain-30-avril-2021

    Le 2 avril, une fuite de lisier dans un élevage industriel de porcs à Taulé du côté de Saint-Pol-de-Léon a provoqué une forte pollution sur la Penzé, un petit fleuve qui se jette dans la baie de Morlaix. Pour les riverains, les pécheurs et les associations de défense de l’environnement la coupe est pleine.

    Une enquête à mobylette sur les bords de la Penzé, dans le pays de Léon, centre névralgique du système agro-industriel breton (fief de la famille Gourvennec), menée le lendemain du rassemblement en soutien à Morgan Large et juste quelques jours après que plusieurs dizaines de tonnes de lisier aient été déversées dans un petit affluent de la Penzé. La SA Kerjean qui exploite un élevage industriel porcins à Taulé serait à l’origine de cette pollution (cf Ouest-France).

    #agroindustrie

  • L’industriel Jean Chéritel retire sa plainte contre la journaliste Inès Léraud - Bretagne - Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/bretagne/l-industriel-jean-cheritel-retire-sa-plainte-contre-la-journaliste-ines


    « C’est un immense soulagement et une victoire », réagit Inès Léraud à l’annonce du retrait de la plainte de Jean Chéritel.
    Photo Amélie Dagman_

    À moins d’une semaine du procès en diffamation intenté à la journaliste Inès Léraud, le chef d’entreprise guingampais Jean Chéritel a décidé de retirer sa plainte.

    « C’est la preuve que notre article était sérieux, solide et inattaquable » : c’est par ces mots qu’Inès Léraud a commenté, ce vendredi après-midi, le choix du chef d’entreprise Jean Chéritel de retirer sa plainte contre elle. Le 25 juin 2019, l’industriel basé à Grâces près de Guingamp, grossiste en fruits et légumes, avait en effet attaqué devant la justice la journaliste pour diffamation, après la parution d’un article, paru sur le site internet BastaMag.

    Plus d’un an et demi après cette plainte, l’audience était programmée jeudi prochain, à 13 h 30, devant la 17e chambre du Tribunal de grande instance de Paris, la juridiction compétente dans ce type de dossier. Mais le procès - dans lequel Jean Chéritel souhaitait faire témoigner 14 personnes - n’aura donc jamais lieu.

    Pourquoi le patron du groupe Chéritel Trégor Légumes a-t-il décidé de se désister ? « À cause du climat délétère et des pressions journalistiques », répond Mathilde Ottolini, responsable commercial et achat du groupe, alors qu’un très large soutien s’était formé ces derniers mois autour de la journaliste.

    Chéritel va se consacrer à deux autres dossiers judiciaires
    « Ça va trop loin. À un moment donné nous disons stop, même si nous continuons à dire que les faits dénoncés dans l’article de Mme Léraud ne sont pas véridiques, ni avérés », ajoute Mathilde Ottolini, avant de préciser que l’entreprise souhaite désormais se consacrer à deux autres dossiers judiciaires en cours, dans lesquels elle a fait appel après des condamnations en première instance : l’une pour tromperie sur l’origine de ses tomates, l’autre pour travail dissimulé.

    « C’est un immense soulagement et une victoire. Pour Bastamag et pour moi », réagit de son côté Inès Léraud. Rassurée de ne pas avoir à « révéler l’identité de plusieurs témoins et de ne pas les exposer », l’auteure du livre Algues Vertes, l’histoire interdite ajoute : « Les deux derniers mois ont été épuisants, notamment psychologiquement. Durant cette période, j’ai travaillé à temps plein sur le procès, sans rémunération ».

  • #Kelaouiñ répond à #Hubert_Coudurier à propos d’#Inès_Léraud

    En juin, le directeur de l’information du #Télégramme et président de #Tébéo a transformé son interview politique en tribune à charge contre Inès Léraud, qui n’était pourtant pas invitée.
    Nous rétablissons aujourd’hui quelques faits.

    https://twitter.com/Kelaouinbzh

    https://www.youtube.com/watch?v=y6_R80FQ4UI

    #bretagne #agroindustrie #fnsea #bonnets_rouges #productivisme #agroalimentaire #agroindustrie #journalisme

    • La #Breizh_Connection avec le parrain Louis Le Duff et son porte-flingue Hubert Coudurier.


      le roi de la brioche, ici décoré par un autre grand manitou breton pour service rendu à la France éternelle.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Le_Duff

      Ce self-made man n’est plus aussi actif que par le passé dans les réseaux patronaux locaux, il reste l’un des piliers du Club des Trente et son amitié à l’égard de Pierre Méhaignerie en fait toujours un personnage influent.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Club_des_Trente_(Bretagne)
      https://seenthis.net/messages/220215

      Le Club des Trente est un club de réflexion et d’action au service de la Bretagne qui regroupe une soixantaine de grands patrons bretons. On peut citer par exemple François Pinault (Kering), Alain Glon, Louis Le Duff (groupe Le Duff avec Brioche dorée ou Pizza del Arte), Daniel Roullier (groupe Roullier), Vincent Bolloré, Georges Coudray (Crédit mutuel de Bretagne). Né en 1973, à l’initiative, entre autres, d’Yves Rocher sur le modèle du Comité d’étude et de liaison des intérêts bretons, il tient deux ou trois réunions plénières par an plus des réunions en comité restreint. En 2009, Claude Guillemot (Ubisoft) a succédé à Jacques Verlingue (assureur) à la présidence du Club des Trente. Depuis avril 2016, la présidence est assurée par Bruno Hug de Larauze.

      Le fonctionnement de ce club sans structure juridique et dont les membres parlent peu de leur activité en son sein reste mal connu. Il exerce cependant du #lobbying pour le prolongement de la ligne du TGV Atlantique jusqu’à Rennes, pour l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et pour le lancement de Passeport Bretagne aidant les jeunes entrepreneurs bretons.

      Le septuagénaire, bosseur acharné, fan de vélo (100 kilomètres par semaine), de natation (« En combien de temps nagez-vous le 100 mètres ? » est l’une de ses questions favorites), ancien judoka, passe son temps dans les avions pour surveiller la croissance de l’empire, sans jamais manifester de fatigue ni cesser de convaincre ses interlocuteurs. « Il serait plutôt épuisant pour son entourage », s’amuse un autre patron breton, membre comme lui du Club des Trente, qui réunit une soixantaine de dirigeants estampillés Breizh, tels Vincent Bolloré ou François Pinault. Dételer n’est pas du tout à son ordre du jour, mais Louis Le Duff n’en réfléchit pas moins à la transmission de son groupe, où ses deux fils Vincent, 38 ans (Bruegger’s), et Philippe, 43 ans (la Ferme des Loges), travaillent déjà. En 2012, il s’est inspiré de la structure choisie par d’autres groupes familiaux non cotés, comme celui des Mulliez (Auchan), pour établir une société en commandite à la tête de l’ensemble et ainsi renforcer son indépendance. Son rêve ? Que l’empire perdure.

      source : Paris Match 2017
      L’avenir de l’empire est assuré par ses deux fils. Le père est déjà bien secoué mais ses deux rejetons sont à moitié frappadingues (de source sûre) avec des comportements plus que litigieux.

    • D’autres articles du Télégramme qui vont dans le sens contraire de celui de son directeur.
      « Bretagne : une terre sacrifiée », le documentaire d’Aude Rouaux sur France 5
      https://www.letelegramme.fr/cotes-darmor/dinan/bretagne-une-terre-sacrifiee-le-documentaire-d-aude-rouaux-sur-france-5

      On a rencontré une quinzaine d’interlocuteurs, dont des agriculteurs intensifs, des défenseurs de l’environnement, le fils du joggeur qui serait décédé à cause des algues vertes… et le président de la Région, Loïg Chesnais-Girard , qui avait déclaré qu’il fallait « tourner la page de l’agriculture intensive en Bretagne », mais nous a finalement indiqué qu’il n’y avait « pas le choix, car pour faire vivre l’économie, il faut produire » . Il nous a cependant assuré que les gros projets d’installation étaient scrutés avec plus d’attention ».

      C’est bien ça le problème, pour sauver l’économie et les entreprises ils produisent de la merde. Ensuite il faudrait faire des sacrifices pour consommer leur produits ?

      sur "les algues verte" et la BD d’Inès Léraud & Pierre Van Hove
      https://www.letelegramme.fr/bretagne/prix-penn-ar-bd-algues-vertes-meilleure-bd-bretonne-2020-18-06-2020-125
      https://www.letelegramme.fr/bretagne/la-journaliste-ines-leraud-attaquee-en-diffamation-par-un-chef-d-entrep
      https://www.letelegramme.fr/bretagne/le-comite-de-soutien-a-la-journaliste-ines-leraud-s-organise-22-05-2020

    • Heureusement que tous les journalistes ne font pas comme Inès Léraud !

      Depuis des années, Inès Léraud enquête sur les horreurs de l’agroalimentaire en Bretagne. Pas facile. Ce beau monde est très malin pour s’entourer de silences et de connivences. Il faut de l’entêtement et du temps.

      https://www.youtube.com/watch?v=bA3dGNquh1Y

      https://la-bas.org/la-bas-magazine/entretiens/heureusement-que-tous-les-journalistes-ne-font-pas-comme-ines-leraud

    • le documentaire « Bretagne : une terre sacrifiée » réalisé par Aude Rouaux et Marie Garreau de Labarre.

      https://www.france.tv/france-5/le-monde-en-face/2063923-bretagne-une-terre-sacrifiee.html

      Près de Guingamp, Christophe Thomas a perdu une partie de ses vaches laitières. L’agriculteur pense qu’elles ont été intoxiquées par des granulés livrés par sa coopérative #Triskalia. Mais, il ne peut aujourd’hui assurer la survie de sa ferme sans ce géant breton de l’agro-alimentaire.

      ça, c’est au début et son troupeau a vraiment été intoxiqué par les aliments de triskalia . Il y a eu gourance à la livraison, C.Thomas s’en est rendu compte quand ses vaches commençaient à caner les unes après les autres. Il a fait analyser les granulés, c’était pour des lapins avec tout plein de saloperies dedans, non de dieu ! ensuite ont retrouve deux ex-salariés, le père et le fils, du site de triskalia en question. Le père (72 ans) a commencé au début dans les années 70. Depuis triskalia est devenu un des plus gros empoisonneur de cette filière. Son fils a failli en crever. Et ils ont la Haine, tu m’étonnes !

      Trente-sept animaux au mètre carré. Vous imaginez ? Je ne sais même pas comment c’est possible. Vous avez envie de donner ça à manger à vos enfants ?
      Morgane, à propos de la construction d’une ferme usine de volaille

      Je trouve que la cause environnementale, on l’entend de plus en plus, mais le monde agricole, on l’entend assez peu.
      Morgane, journaliste à RKB (Radio Kreiz Breizh) et fille d’agriculteur

      La fin est un peu plus optimiste mais « last but not liste » ne commandé pas de coquelets pour le réveillon.
      https://www.francetelevisions.fr/et-vous/notre-tele/a-ne-pas-manquer/lmef-bretagne-une-terre-sacrifiee-4057

      Ce commentaire de Guy Autine sur le papier du Télégramme résume assez bien la situation :
      On retrouve une sorte de ligne de défense qui devient systématique : les agriculteurs bretons ne sont que de pauvres victimes. C’est la faute des autres. On les a obligés à quelque chose. Ils sont prisonniers d’un système...
      C’est trop facile : la déresponsabilisation générale fait un tort considérable à notre pays et c’est une des raisons de son effondrement. Personne n’est jamais venu chez un agriculteur breton avec un pistolet et le lui a mis sur la tempe pour l’obliger à faire des usines à cochons et pour arroser les champs de produits nocifs.. personne n’est venu prendre un paysan breton en otage pour l’obliger à détruire les talus et toute la végétation qui était dessus..
      personne n’a jamais obligé un paysan breton à se syndiquer à un syndicat unique qui est parti prenante avec les fabricants des poisons.
      Par contre et je l’ai souvent constaté, beaucoup de paysans bretons ont voulu faire plus fort que le voisin, plus riche que le voisin, plus pseudo moderne que le voisin avec un plus gros tracteur, un plus gros hangar et au final une plus grosse maison en pierre de taille, que tout le voisinage. L’un des nœuds du problème se trouve exactement là.

    • Les serres géantes, « usines à tomates », envahissent la Bretagne.
      Marie Astier - Reporterre 13/12/2020
      https://reporterre.net/Les-serres-geantes-usines-a-tomates-envahissent-la-Bretagne

      Depuis une dizaine d’années, des serres high-tech, hautes d’entre cinq et sept mètres, s’étendent en Bretagne sur des hectares et des hectares. Riverains et associations dénoncent l’artificialisation des sols, la pollution des eaux et la destruction de la biodiversité.

      tiens la famille Le Duff, je ne sais pas si c’est la même que celle du baron de la malbouffe décoré de la légion d’honneur cité plus haut.

      Plus proche du bourg de Plouescat, la famille Le Duff projette un nouvel agrandissement de ses serres, qui atteindraient plus de sept hectares. Événement rare, il lui a été demandé de passer par la procédure d’enquête publique, qui permet notamment de recueillir les avis des habitants alentour. Début 2020, à la vue de la procédure, Jean-Luc Guillerm a immédiatement réagi. Revenu sur ses terres familiales pour couler une paisible retraite, il a vite déchanté. À quelques centaines de mètres de chez lui, les serres Le Duff, éclairées la nuit en hiver pour y faire pousser des tomates, l’ont vite dérangé : « Je pouvais lire le journal à trois heures du matin ! »

      Joint par Reporterre, M. Louis Le Bot est le premier producteur à enfin décrocher. Il se veut rassurant. Les travaux de terrassement et les allées et venues des camions seront « terminés d’ici la fin de l’année », promet-il. « Les serres n’acceptent que 1 % de dénivelé, et malheureusement j’ai des terrains qui ont des pentes énormes. C’est impressionnant parce que ce n’est pas végétalisé, mais je vais mettre des chênes, des noisetiers. » Le producteur de fraises hors sol remplace ses vieilles serres endommagées par les tempêtes successives et prévoit cet agrandissement pour installer son fils, peut-être sa fille. Il a des serres dites « froides », non chauffées. En plastique, elles sont moins hautes que pour les tomates. Il défend son choix de production : « J’ai toutes les autorisations, je suis aux normes. Mon outil de travail est plus rationnel, on gaspille beaucoup moins d’eau. Le sol est enherbé. Les pesticides, c’est terminé. Quand je mets des insectes dans les serres, ils me coûtent trois centimes chacun, je ne vais pas les tuer avec des insecticides ! J’ai de la main-d’œuvre française, l’an dernier j’ai embauché quatre jeunes du quartier. On améliore notre outil et les conditions de travail. » Et les terres de terrassement, que les riverains craignent polluées ? « Non, on n’y a rien trouvé. Elles viennent des chantier d’une école, de l’hôpital d’à côté. »

      Réussir à mettre un prix pour un insecte ?? 3 centimes et sa main-d’oeuvre, elle lui coûte combien en centimes ?
      https://www.tomates-de-france.com/la-culture-sous-serre/les-insectes-de-la-serre


      https://darkskylab.com/blog.html
      Artificialisation des sols : la Cour des comptes rappelle l’urgence d’une « véritable politique foncière agricole »
      https://www.banquedesterritoires.fr/artificialisation-des-sols-la-cour-des-comptes-rappelle-lurgenc
      https://sentinellesdelanature.fr/alerte/4113

      #culture_intensive #tomate_industrielle #mer_de_plastique

    • « Le cri de la tomate » par Jean-Luc Porquet dans (feu) Article11.
      http://www.article11.info/?Le-cri-de-la-tomate-no1
      La tomate a disparu. Elle était là, sous nos yeux, dans nos paniers, pimpante et goûtue. Et puis plus rien, envolée. À sa place, de tristes ersatz, fades et bidouillés. Qu’est-il arrivé ?

      « Un ami paysan nous racontait : “Avant il y avait la tomate. Puis, ils ont fabriqué la tomate de merde. Et au lieu de l’appeler ‘tomate de merde’, ils l’ont appelée ‘tomate’ ; tandis que la tomate, celle qui avait un goût de tomate et qui était cultivée en tant que telle, est devenue ‘tomate bio’. A partir de là, c’était foutu.” »

  • Cellule de renseignement Demeter : quand la gendarmerie se met au service de l’agro-industrie - Basta !
    https://www.bastamag.net/cellule-de-renseignement-Demeter-lutte-agribashing-quand-la-gendarmerie-se

    Voilà bientôt un an qu’une cellule de renseignement a été mise en place par le ministère de l’Intérieur, dédiée aux « atteintes au monde agricole », en partenariat avec la FNSEA, le syndicat majoritaire. Les « actions de nature idéologique » sont dans le viseur et plusieurs militants écologistes ont déjà été inquiétés. Critiquer le modèle agro-industriel et ses pollutions deviendra-t-il un délit ?

    #DEMETER #gendarmerie #renseignements #FNSEA #répression #criminalisation_des_luttes

  • Quand l’agriculture cultive la précarité | Santé & travail
    http://www.sante-et-travail.fr/quand-lagriculture-cultive-precarite

    De plus en plus d’emplois agricoles font l’objet de contrats saisonniers. Un statut précaire qui s’accompagne de conditions de travail difficiles, dans un secteur où l’action de prévention n’est pas toujours aisée, notamment pour les organisations syndicales.

    La crise sanitaire due au Covid-19 a souligné combien l’agriculture française dépend des #travailleurs_saisonniers. Une dépendance qui ne se traduit pas malheureusement par de meilleures conditions de travail. Lancée au printemps 2020 par la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (#FNSEA) durant le confinement et pour faire face à la pénurie de main d’œuvre étrangère, la campagne nationale « Des bras pour ton assiette » a ainsi attiré quelque 300 000 candidats… mais n’a abouti qu’à 15 000 contrats. Des candidats n’ont pas accepté les conditions proposées. Et des exploitants ont préféré attendre la réouverture des frontières et l’arrivée de travailleurs « détachés », réputés durs à la tâche et moins regardants sur leurs droits.
    En 2019, la FNSEA saluait des intentions d’embauche « records »… à 77 % pour des contrats de moins de six mois. « L’activité agricole ne baisse pas et l’emploi salarié s’avère même en augmentation, constate Jean-Yves Constantin militant FGA-CFDT dans les Bouches-du-Rhône et vice-président départemental à la Mutualité sociale agricole (MSA). Mais le nombre de CDI est en érosion avec des activités découpées en tranches saisonnières comme la taille, la cueillette, l’entretien en arboriculture. » La direction de l’Animation de la recherche, des Etudes et des Statistiques (Dares) du ministère du Travail a recensé l’an dernier 270 000 saisonniers agricoles, représentant un tiers des salariés de la filière sur la période d’avril 2018 à mars 2019. Une proportion qui peut aller jusqu’à 70 % dans certains secteurs, comme la culture des fruits.
    Pénibilité et faibles salaires

    Ce statut d’emploi offre peu d’avantages. Le titulaire d’un contrat saisonnier n’a pas droit à une prime de précarité, en fin de contrat. Il peut être engagé pour une durée minimale sans terme précis. Et, faute de délai de carence, son contrat peut connaître des renouvellements répétés pendant huit mois. Une telle flexibilité, ajoutée à la faiblesse des salaires – 95 % des saisonniers seraient payés au niveau du Smic, selon la CFDT –, peut expliquer les réticences de travailleurs à accepter ce type d’emploi, notamment ceux aspirant à stabiliser leur situation. Et ce d’autant plus que l’activité proposée est souvent marquée par une pénibilité importante.
    Le travail se fait par tous les temps, y compris pendant la chaleur estivale, accablante sous serre. Le ramassage au ras du sol, la cueillette en hauteur, le port de charges lourdes, les gestes répétitifs lors de l’emballage des fruits et légumes sont autant de sources de troubles musculo-squelettiques (TMS). Sans oublier l’exposition à des produits phytosanitaires, parfois sans protection. Avec, fréquemment, des journées à rallonge pouvant aller jusqu’à 12 heures. Des exploitants demandent à l’Inspection du travail des dérogations, pour allonger la durée de travail hebdomadaire à 60 voire 72 heures. Consultées localement, les organisations syndicales de salariés refusent généralement les 72 heures mais n’ont pas la partie facile pour jouer leur rôle de prévention.
    Lorsqu’elles tentent d’informer les saisonniers sur leurs droits, elles ne peuvent entrer sur les exploitations, propriétés privées. « Nous sommes attendus avec des bâtons, raconte Fabien Trujillo, délégué CGT dans les Bouches-du-Rhône. Un de mes prédécesseurs a été poursuivi par un 4 x 4. » Cette violence fait écho au meurtre en 2004, par un viticulteur périgourdin, de deux contrôleurs du ministère du Travail et de la MSA en mission de lutte contre le travail illégal. Dans ce contexte, l’action syndicale s’avère délicate. « Même dans des exploitations de plus de 50 salariés, il n’y a pas de représentants du personnel », déplore Ingelbord Bonté, secrétaire de l’union départementale CGT des Bouches-du-Rhône. « Je viens de négocier un protocole préélectoral, mais je n’ai aucun candidat. Les salariés ont peur… de leur patron et de ne pas savoir remplir leur mandat », déclare pour sa part Alex Mazauric, secrétaire adjoint du FGA-CFDT du Gard et président de l’une des Commissions paritaires santé, sécurité et conditions de travail (CPSSCT) du département.
    Dans l’angle mort de la prévention

    Compétentes pour les petites entreprises agricoles, les CPSSCT permettent des échanges avec les exploitants sur la prévention des risques professionnels. « Nous faisons tourner une formation gestes et postures de quelques heures, alliant la théorie puis la pratique sur les postes de travail, pour les salariés des entreprises volontaires pour éviter des invalidités, et nous espérons que les connaissances acquises bénéficient indirectement aux saisonniers », explique Alex Mazauric. Les TMS représentent 93 % des maladies professionnelles dans le régime agricole, et leur prévention constitue une des priorités de la MSA. Son plan santé-sécurité au travail 2016/2020 cible aussi la sécurité au contact des animaux dans l’élevage, où se produisent 56 % des accidents du travail, et l’exposition au risque chimique, qui concerne près de 10 % des salariés. Sans oublier les risques psychosociaux. En 2015, la MSA a dénombré 605 suicides parmi ses affiliés, dont 372 de non-salariés et 233 de salariés. Mais le nombre de suicides parmi les saisonniers agricoles de droit français n’est pas connu. La précarité de leur statut contribue certainement à invisibiliser aussi les atteintes à leur santé.

  • https://www.facebook.com/didier.bardoux.7/posts/3486407588035943

    La BD « Algues vertes » qui devait être présente au salon du livre de Quintin... est déprogrammée suite à une intervention auprès des organisateurs de Jean-Paul Hamon, maire adjoint et salarié de la chambre d’agriculture des Côtes d’Armor.

    #algues_vertes #FNSEA

  • Quand le lobby de l’agro-industrie fait pression sur des journalistes et leurs rédactions avec l’assentiment des pouvoirs publics.

    Briser l’omerta : des journalistes bretons s’unissent face aux pressions de l’agro-industrie
    https://reporterre.net/Briser-l-omerta-des-journalistes-bretons-s-unissent-face-aux-pressions-d

    Les pressions commencent parfois très tôt. C’est ce qu’ont constaté deux étudiantes en journalisme de l’IUT de Lannion, lors d’une immersion à l’hebdomadaire Le Poher, en Centre-Bretagne en 2017. « Contrairement aux articles des autres étudiants, leur enquête sur l’ouverture d’une nouvelle usine de lait en poudre à Carhaix-Plouguer (29) n’a pas été publiée, raconte le journaliste Pierre-Yves Bulteau qui enseignait à l’IUT à l’époque. L’enquête révélait, contrat à l’appui, que contrairement à la promesse d’emplois pérennes pour dix ans, les investisseurs chinois de Synutra se réservaient le droit de quitter Carhaix en fonction de la rentabilité financière du projet. » Ce qui a fini par arriver deux ans plus tard. Mais au moment de l’inauguration, on préfère la version optimiste « de la bouffée économique » offerte à ce territoire régulièrement frappé par la crise du lait. « Un responsable éditorial a alors refusé la publication de l’enquête sous prétexte qu’elle manquait de contradictoire alors que les étudiantes avaient proposé à la direction de l’usine de s’exprimer, en vain. Il avait surtout anticipé que la sortie de l’enquête sur « son » territoire aurait pu fermer les sources aux journalistes du Poher. »

    L’enquête a finalement été publiée sur la plateforme en ligne Alimentation générale. « Il n’y a pas eu de poursuites lors de sa publication. Ça montre bien que ce n’est pas le fond qui était en question mais bien le rapport aux sources, notamment institutionnelles. Pas évident quand on travaille sur un petit territoire où l’on rencontre ceux sur qui l’on écrit à la boulangerie », conclut Pierre-Yves Bulteau.
    De telles histoires sont courantes en Bretagne, d’où la création du collectif Kelaouiñ : « On ne monte pas ce collectif pour se plaindre, prévient Pierre-Yves Bulteau. On en parle parce que ces pressions vont de pair avec le droit de savoir des citoyens sur ce qui se passe autour de chez eux. »

    #Bretagne #Kelaouiñ (collectif) #agroindustrie #FNSEA #emploi (chantage à l’) #Inès_Léraud

    https://fr.wikipedia.org/wiki/In%C3%A8s_L%C3%A9raud

  • Briser l’omerta : des journalistes bretons s’unissent face aux pressions de l’agro-industrie | Klervi Le Cozic
    https://reporterre.net/Briser-l-omerta-des-journalistes-bretons-s-unissent-face-aux-pressions-d

    En Bretagne, des journalistes se sont réunis en collectif contre la « loi du silence » imposée par l’agroalimentaire. Procès-bâillons, intimidations... Ils dénoncent l’omerta qui règne autour du secteur agroindustriel et la difficulté d’exercer leur métier. Source : Reporterre

  • Des journalistes et médias s’organisent pour défendre la liberté d’informer sur l’agroalimentaire
    https://www.bastamag.net/defendre-liberte-presse-informer-agroalimentaire-bretagne-Ines-Leraud-algu

    En Bretagne, des journalistes qui enquêtent sur l’agro-alimentaire sont poursuivis ou subissent des pressions. C’est le cas de Basta ! et d’Inès Léraud poursuivis par le groupe Cheritel. Dans cette lettre ouverte à la région, plus de 250 journalistes, médias et collectifs de professionnels de la presse appellent à mettre fin à cette loi du silence. Basta ! s’associe à cet appel demandant des garanties en matière de liberté de la presse. À Loïg Chesnais-Girard, président Jean-Michel Le Boulanger, (...) ça bouge !

    / #Médias_libres, #Agriculture, #Multinationales

    #ça_bouge_ !

    • Journalistes pour la liberté d’informer sur l’agroalimentaire en Bretagne.
      https://framaforms.org/journalistes-pour-la-liberte-dinformer-sur-lagroalimentaire-en-bretagne-
      Lettre de journalistes et professionnel·les de la presse adressée à la Région Bretagne, en français et en breton, la grande classe !
      https://seenthis.net/messages/886563

      #Inès_Léraud est convoquée par la justice pour une audience qui devrait se tenir les 20 et 21 janvier 2021 au Tribunal de Grande Instance de Paris. Elle est attaquée en diffamation par un chef d’entreprise guingampais, Jean Chéritel, patron du groupe Chéritel Trégor Légumes, dont elle a épinglé les pratiques managériales et commerciales dans un article publié par @bastamag #Bastamag en mars 2019.

      https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/ines-leraud-attaquee-justice-avoir-enquete-agroalimenta

      Et le collectif de rappeler, dans son communiquer, la petite phrase d’Emmanuel Macron au pape François en 2018, quand il lui présente son ministre Jean-Yves Le Drian : « Les Bretons, c’est la mafia française ». "Cette phrase ne nous a ni fait rire, ni rendus fiers. Mais elle disait peut-être vrai".

      https://www.youtube.com/watch?v=q0TB2t2uKL8&feature=youtu.be


      https://www.bastamag.net/Agriculture-et-alimentation

      En Bretagne, de nombreux journalistes ont décidé d’unir leur voix pour dénoncer la difficulté d’informer sur l’agroalimentaire local.
      https://www.franceinter.fr/emissions/l-edito-m/l-edito-m-25-mai-2020

      le comité de soutien et une revue de presse sur le site d’Inès Léraud : https://seenthis.net/messages/871455#message876435

      #fnsea #agro_industrie #Bretagne #eureden #triskalia

    • Enquêter sur l’industrie agro-alimentaire n’est pas une sinécure : pressions et intimidations entravent le travail journalistique. Basta ! et la journaliste Inès Léraud passeront en procès le 28 janvier 2021 pour s’y être intéressés de trop près. Un récent documentaire de France 5 fait aussi les frais de cette omerta.
      https://seenthis.net/messages/886563#message887059
      Le documentaire « Une terre sacrifiée » n’est plus disponible en ligne comme par hasard !

      Un évènement majeur s’est produit récemment en Bretagne. France 5 a diffusé le film documentaire Bretagne, une terre sacrifiée d’Aude Rouaux et Marie Garreau de Labarre. Le documentaire décrit le coût environnemental, social et sanitaire du développement de l’agro-industrie en Bretagne. Il fait intervenir des témoins de l’intérieur habituellement peu diserts sur le sujet, comme un agriculteur intensif, Christophe Thomas qui déplore avoir reçu à son insu des aliments pour bétail contaminés par des antibiotiques, et ce de la part du plus important groupe agroalimentaire breton, Eureden.

      Avec ce film, France 5 a réalisé sa meilleure performance annuelle avec plus d’un million de téléspectateurs. Les réactions consécutives à cette diffusion mettent en lumière les moyens financiers et stratégiques que possède le secteur agroalimentaire pour museler les sources (principalement les agriculteurs), les élus et la presse.

      Quand l’agro-industrie alimentaire réécrit l’histoire

      Le premier groupe agroalimentaire breton, Eureden, n’a demandé aucun droit de réponse à France 5, mais a diffusé auprès de ses agriculteurs, via son titre de presse agricole Paysan breton, une pleine page dénonçant les soi-disant fausses informations véhiculées par le film. Il parle d’humiliation à l’égard « du travail fait par des milliers d’agriculteurs » alors que le film dénonce au contraire les mesures prises par les dirigeants de l’agro-industrie au détriment des agriculteurs et des salariés agricoles.

      #Richard_Ferrand et #Marc_Le_Fur, tous deux bretons, respectivement président (LREM) et vice-président (LR) de l’Assemblée nationale, ont chanté le même refrain à propos du film. Ils ont déploré « un réquisitoire (…) scandaleux, contre les paysans et contre la Bretagne », opérant là encore un retournement intellectuel et une manipulation de l’opinion. La même rengaine est apparue dans un courrier du président du groupe Rassemblement national à la Région, adressé aux agriculteurs, distribué directement dans leurs boîtes aux lettres, expliquant que ce film est « un procès à charge contre votre profession ».

      La branche régionale de FNSEA en Bretagne est allée jusqu’à parler de film de « fiction ». Elle a aussi diffusé sur Twitter le visage de l’une des témoins principales du documentaire, en l’occurrence une journaliste locale, Morgan Large, enquêtant sur l’agriculture intensive. Ce choix d’illustration a été perçu comme une façon sournoise de cibler la journaliste. Questionnée sur ce choix par des internautes, la FRSEA a simplement supprimé son tweet.

      Quelques jours plus tard, la journaliste a subi des nuisances à son domicile : absente le dimanche 6 décembre, elle apprend que ses animaux divaguent sur la voie publique, et découvre que leur clôture a été ouverte volontairement. Il s’agit d’une intimidation courante dans le monde agricole, vécue notamment de façon répétée par l’agricultrice Caroline Chenet, témoin du film La mort est dans le pré, qui a décidé de ne plus parler publiquement. La radio Kreiz Breizh, qui emploie Morgan Large, a quant à elle subi les jours suivants deux tentatives d’effraction de ses locaux.
      Une force de frappe médiatique et politique inédite en France

      Le lendemain de la diffusion sur France 5, une vidéo de 2 minutes, non signée, est apparue sur les réseaux sociaux, descendant le documentaire en flèche au motif qu’il aurait évincé du montage les progrès réalisé par une exploitation porcine (la ferme de Kermerrien) filmée par l’équipe de France 5. Cette vidéo bâtit là encore un retournement complet de la vérité puisque une séquence est justement consacrée aux progrès effectués par la ferme. Elle est en réalité produite par Agriculteurs de Bretagne, lobby fondé par des dirigeants du secteur agroalimentaire et faisant appel à une société de communication spécialisée dans l’attaque des opposants à l’agro-industrie. Pendant ce temps, le 3 décembre, le président du Conseil régional de Bretagne, Loïg Chesnais-Girard, présentait en conférence de presse son nouveau livre Le souffle breton préfacé par Erik Orsenna, écrivain, académicien et figure tutélaire du fameux lobby Agriculteurs de Bretagne !

      La proximité entre les représentants de l’agro-industrie et le monde politique régional va plus loin : le vice-président à l’agriculture et à l’agroalimentaire en Bretagne n’est autre que Olivier Allain (majorité présidentielle), ancien président de la branche départementale de la FNSEA et de la chambre d’agriculture des Côtes-d’Armor, dont l’exploitation perçoit d’importantes aides de la PAC (près de 80 000 euros annuels alors que lui-même participe aux négociations sur la PAC.

      Georges Gallardon, président d’Eureden qui, on l’a vu, qualifie France 5 d’organe de désinformation est lui-même vice-président (divers droite) de la communauté du Kreiz-Breizh et maire de Saint-Tréphine (Côtes-d’Armor). Philippe Le Goux, directeur de la communication d’un important groupe porcin, Aveltis, est également vice-président (PS) de Leff Armor Communauté, entre Guingamp et Saint-Brieuc. Cet élu de la République a, au titre de ses fonctions de communicant, plusieurs fois entravé le travail des journalistes en incitant par courriel les éleveurs à ne pas parler à la presse.

      Enfin, juste après la diffusion du film de France 5, le groupe agroalimentaire Eureden commandait au média Brut la réalisation de vidéos promouvant les soit-disant efforts du groupe en matière d’écologie. « Soit-disant » car une enquête des élèves journalistes de l’IUT de Lannion a montré au contraire comment ce groupe maintenait les agriculteurs dans l’usage des pesticides.

      L’agro-industrie bretonne, et même française, possède, on le voit, un arsenal d’outils impressionnants pour maîtriser le discours à son sujet : fait quasiment unique dans le paysage industriel français, elle détient ses propres titres de presse. Elle fait également appel à des agences de communication spécialisées et contrôle en partie la presse généraliste en la finançant via la publicité et des partenariats, comme l’a dénoncé le collectif Kelaouin. Elle est assez puissante pour pénétrer le tissu politique local ou faire nommer des ministres de l’Agriculture – comme l’a révélé l’ancien ministre Dominique Bussereau dans le film FNSEA, enquête sur un empire agricole de Marianne Kerfriden – et depuis 2019 elle est parvenue à ce qu’une cellule de la gendarmerie nationale lui soit spécialement dédiée : “La cellule demeter”. Tout cela en bénéficiant d’importantes subventions européennes, nationales, et régionales.

      Le procès bâillon, encore et toujours

      La tâche pour exercer un contrôle démocratique et comprendre le fonctionnement de ce fleuron industriel français qu’est l’agroalimentaire (dont, à titre d’exemple, les exportations en Arabie saoudite rapportent plus que les ventes d’armes françaises), est immense. D’autant plus que la presse régionale a intégré des réflexes d’autocensure pour ne pas perdre ses annonceurs et ne pas se mettre à dos des élus locaux. Comme l’illustrent le documentaire de France 5 et le cas de la journaliste Morgan Large, quand la presse ose dénoncer, elle est sujette à de multiples pressions.

      Ces pressions, Basta ! et moi-même les rencontrons aussi, notamment sous forme de procès bâillon, depuis que j’ai enquêté sur l’agroalimentaire et sur les algues vertes.

      Par bonheur, il existe des médias comme Basta ! qui effectuent depuis longtemps un travail extraordinaire, pointu, difficile, dans ce domaine – les archives de Basta ! sur les questions agroalimentaires sont tout simplement salutaires pour quiconque veut travailler sur ce sujet –, et qui osent s’aventurer sur des terrains risqués grâce à l’unique soutien de ses abonnés, comme c’est le cas pour l’affaire Chéritel pour laquelle Basta ! et moi-même sommes poursuivis en diffamation.

      https://www.bastamag.net/Travail-dissimule-fraude-sur-les-etiquettes-les-multiples-abus-d-un-groupe

  • Défendons la liberté d’informer sur le secteur agro-alimentaire pétition
    https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/dynfendonslalibertyndinformersurles-3791.html

    Pétition : Défendons la liberté d’informer sur le secteur agro-alimentaire
    La crise sanitaire actuelle nous le montre : la vigilance pour la sauvegarde des libertés fondamentales est un combat à reprendre sans trêve. Pour certains, cet attachement semble un luxe dont on pourrait se passer quand la situation est dictée par l’urgence. Cette idée reçue constitue une erreur dangereuse. C’est pourquoi, même si tout semble nous inviter à regarder ailleurs et à s’accommoder de régressions démocratiques prétendument inévitables, il nous importe de porter à la connaissance publique une affaire qui attire notre plus grande attention.

    Nous sommes des militants associatifs, agriculteurs, scientifiques, auteurs, avocats, journalistes, syndicalistes, élus, citoyennes et citoyens. Nous estimons qu’il est de notre devoir, moral et civique, de faire connaître la situation inacceptable rencontrée par la journaliste Inès Léraud. Nous appelons à la soutenir alors que des intimidations et procès visent à faire taire son activité. Plus généralement, nous entendons défendre la liberté d’informer face aux intérêts privés qui aimeraient la restreindre.

    Inès Léraud est une journaliste connue pour avoir beaucoup enquêté sur l’industrie agroalimentaire en Bretagne. Elle s’est notamment immergée dans un village breton et a suivi de près l’intoxication par les pesticides dont ont été victimes des salariés de la plus grande coopérative agricole bretonne, Triskalia. Par des reportages diffusés sur France Inter et France Culture notamment, elle a mis au grand jour des pratiques courantes, illégales et souvent dangereuses, mises en œuvre par certains puissants acteurs du secteur agroalimentaire. Ces pratiques hélas, se sont révélées régulièrement « couvertes » par des administrations et les élus. Cette journaliste, dont le travail a été notamment salué par le quotidien Le Monde, s’est aussi intéressée aux « marées vertes » qui se sont répandues sur les côtes bretonnes depuis l’avènement de l’élevage industriel. Cet intérêt a débouché sur une bande dessinée réalisée en collaboration avec Pierre Van Hove aux éditions La Revue dessinée - Delcourt (2019) Algues vertes, l’histoire interdite, un album qui connaît un retentissant succès. Suite à cette publication, deux séries d’évènements nous alertent.

    Pressions et intimidations : la fabrique du silence

    En mars 2020, l’hebdomadaire Le Canard enchaîné révèle que la venue de la journaliste au Salon du livre de Quintin (Côtes d’Armor) a été annulée après l’intervention auprès de l’équipe du salon d’un élu de la municipalité. Ce dernier est par ailleurs salarié de la Chambre d’agriculture des Côtes d’Armor (dirigée par la FNSEA). Un peu plus tôt, la journaliste avait appris qu’une maison d’édition régionale avait préféré renoncer à son projet de traduction en breton de la bande-dessinée Algues vertes, l’histoire interdite, par peur de perdre des subventions du Conseil régional de Bretagne.

    Quelques mois plus tôt, fin 2019, Inès Léraud a été visée par une plainte en diffamation de Christian Buson, un personnage phare du paysage agroalimentaire breton. Il est directeur d’un « bureau d’études en environnement », le GES, qui prodigue des conseils à destination des agro-industries (près de 4 millions d’euros de chiffre d’affaire annuel). Il est aussi président de l’Institut Technique et Scientifique de l’Environnement (ISTE) fondé entre autres par les entreprises Lactalis, Daucy et Doux en 1996. Cet institut est notamment connu pour propager des thèses sur les marées vertes favorables au secteur agro-alimentaire. Il est enfin secrétaire général de l’Association Francophone des Climat-Optimistes (AFCO) qui lutte contre la diffusion des informations scientifiques relatives au réchauffement climatique.

    Dès 2017, Christian Buson n’hésitait pas à dénigrer la journaliste après la diffusion de ses enquêtes sur les marées vertes bretonnes sur les ondes radio. Il lui écrivait par courriel : “Vous pourrez postuler pour le Prix Elise Lucet de la désinformation (...) Je vous souhaite évidemment une brillante carrière”. La plainte en diffamation qu’il lui intente par la suite ressemble à une vendetta ad hominem : elle ne vise aucunement, comme il est de coutume, la journaliste et le directeur de publication (ou l’éditeur), mais uniquement la journaliste. Elle est par ailleurs déposée dans la boîte aux lettres de la maison où Inès Léraud vivait quand elle menait ses enquêtes dans un hameau, au cœur du centre-Bretagne. Prêtée par des proches, cette maison n’a jamais été sa résidence officielle. Une manière subtile de lui dire : « on sait où vous trouver » ?

    Christian Buson a renoncé à sa plainte quelques jours avant l’audience prévue le 7 janvier 2020, alors que la journaliste et son avocat avaient préparé leur dossier de défense. Une preuve que cette attaque judiciaire était une tentative d’intimidation.

    Doit-on laisser la Bretagne devenir le far-west ?

    Quelques mois plus tôt, Jean Chéritel, PDG du groupe Chéritel dépose une plainte en diffamation contre Inès Léraud, suite à la publication de son enquête intitulée “Travail dissimulé, fraude sur les étiquettes : les multiples abus d’un groupe agro-industriel breton” (Bastamag, 26 mars 2019). Le groupe Chéritel est un important grossiste en fruits et légumes, qui revendique 45 millions de chiffre d’affaires et 120 salariés. Il approvisionne les enseignes Leclerc, Intermarché, Auchan, Carrefour, Système U, Aldi ou
    encore Quick et KFC.

    Jean Chéritel n’en est pas à sa première procédure judiciaire destinée à inhiber le travail journalistique. En 2015, il attaque en diffamation le quotidien régional Le Télégramme suite à la publication d’un article sur l’emploi illégal de travailleurs bulgares au sein du groupe. Le Télégramme perd alors son procès. Mais, trois ans plus tard, en décembre 2018, les révélations du quotidien régional sont confirmées : le groupe Chéritel est condamné par le Tribunal de Grande Instance de Saint-Brieuc à 261 610 euros d’amende pour « délit de marchandage (...) commis à l’égard de plusieurs personnes : opération illégale à but lucratif de fourniture de main-d’œuvre ». Son gérant Jean Chéritel, écope de 10 000 euros d’amende, deux mois de prison avec sursis et deux ans d’interdiction d’exercer l’activité de sous-entrepreneur de main-d’œuvre. Le groupe et son gérant ont fait appel.

    Le procès intenté au Télégramme agit comme un bâillon invisible sur la presse bretonne. Après lui, celle-ci ne s’intéresse plus guère à cette entreprise. En 2017, lorsqu’une source appelle des journaux locaux pour leur faire part d’une fraude massive sur les tomates au sein du groupe Chéritel, les rédactions se censurent et ne donnent pas suite. Avertie par des confrères, Inès Léraud décide d’enquêter. Ce travail lui prend six mois. Elle découvre aussi bien les fraudes de Jean Chéritel que sa façon d’anéantir les critiques, dans l’entreprise comme au dehors. Elle s’étonne également de l’absence de syndicat au sein du groupe qui comprend pourtant 120 salariés ! Bastamag décide de publier cette enquête. Ce journal, coordonné par Agnès Rousseaux et Ivan du Roy est connu pour avoir mené plusieurs investigations sur le groupe Bolloré et remporté les nombreuses procédures intentées par cet industriel. Quelques mois après la publication de l’enquête, le groupe Chéritel est condamné à près de 100 000 euros d’amende et une peine de prison avec sursis pour maquillage de l’origine de ses produits (novembre 2019). Quoique multi-condamnée en première instance, cette entreprise continue à s’en prendre à celles et ceux qui tentent d’informer sur ses pratiques contestables. Ainsi, la procédure qu’elle vient d’intenter contre Inès Léraud. Elle débouchera sur une audience au TGI de Paris qui aura lieu les 20 et 21 janvier 2021.

    La liberté d’informer, un instrument démocratique à protéger

    En 2020, en France, une journaliste est donc inquiétée sur deux fronts pour n’avoir fait que son travail : informer ses concitoyens sur le fonctionnement d’un secteur économique central en Bretagne : l’industrie agro-alimentaire. Comment une telle stratégie d’intimidations et de menaces est-elle possible dans un territoire de la République ? Certains acteurs de l’agro-alimentaire seraient-ils au-dessus des lois au point, non seulement de contrevenir au droit, mais aussi de tout faire pour que personne ne puisse le faire savoir ?

    Nous, citoyennes et citoyens, militants associatifs, agriculteurs, scientifiques, chefs cuisiniers, avocats, journalistes, élus, syndicalistes, auteurs, nous ne nous résignons pas face à ces attaques envers la liberté d’informer. Celle-ci est déjà mise à l’épreuve par la tendance à sanctuariser le « secret des affaires » au profit des grandes puissances économiques. Nous en sommes persuadés : nos démocraties, au niveau national comme au niveau régional, ont besoin de cette liberté qui, seule, garantit l’effectivité de contre-pouvoirs citoyens. Cette liberté d’informer s’exerce à l’égard des pouvoirs politiques ; il importe qu’elle s’exerce aussi envers les puissances économiques et financières qui ont pris une importance considérable dans notre société. Ces dernières doivent donc être soumises aux devoirs qui s’appliquent à tout un chacun.

    En tant que citoyen, chacun a le droit de connaître la réalité pour être en capacité d’exprimer librement ses choix politiques, quels qu’ils soient. Soutenir la journaliste Inès Léraud face à de tels agissements, c’est défendre la liberté d’information, ce bien démocratique si précieux.

    #Agro-alimentaire #Médias #Intimidation #Censure

  • Un laboratoire de Wuhan à l’origine du coronavirus SARS-CoV-2 ? Fort probable selon le Washington Post
    https://www.rtbf.be/info/societe/detail_un-laboratoire-de-wuhan-serait-la-source-du-coronavirus-selon-le-washing

    une enquête menée par les fins limiers du Washington Post met à mal cette thèse officielle. Ils ont dans leur viseur un laboratoire de sécurité biologique de niveau 4, proche du marché de Wuhan.

    Ce laboratoire spécialisé dans les maladies infectieuses, étudiait le coronavirus des chauves-souris. Mais ces recherches étaient considérées comme risquées. Le département d’État américain, préoccupé par la norme de sécurité des laboratoires de Wuhan, leur a envoyé, à deux reprises, des mises en garde. Le Washington Post les a publiées. Elles montrent, clairement dès 2018, les préoccupations américaines concernant la sécurité et la gestion du laboratoire de l’Institut de virologie de Wuhan. Lorsqu’on l’a interrogé au sujet de ces avertissements, le secrétaire d’État Mike Pompeo - qui continue d’appeler le coronavirus le « virus de Wuhan » - ne les a pas rejetés, mais il n’a pas dit, non plus, qu’ils montrent un lien légitime avec le Covid-19.

    Les services de renseignements n’ont donc pas été en mesure de corroborer la théorie. Néanmoins, ils essaient de déterminer si une personne a pu être infectée dans le laboratoire, suite à un accident ou une mauvaise manipulation des matériaux, et en a ensuite infecté d’autres.
    Six jours cruciaux avant que la Chine ne communique au début de l’épidémie

    Dans son article, le Washington Post souligne aussi le comportement troublant des autorités chinoises dès le début de l’épidémie. Elle a bloqué les informations dans les premiers jours et a rechigné à partager ses données même avec l’OMS (l’Organisation Mondiale de la Santé). Par ailleurs, une enquête d’Associated Press publiée, ce mercredi 15 avril, atteste que les officiels chinois ont retenu l’information pendant six jours cruciaux, permettant ainsi au virus de se répandre sans barrière.

    Un avis les amis ? @fil ?

    • Présenté comme ça, ça ressemble plus aux armes de destruction massive de Saddam Hussein qu’à un semblant de réalité… c’est d’ailleurs la conclusion de l’article que tu cites : l’administration Trump ayant merdé et continuant à merder dans les grandes largeurs, il leur faut un bouc émissaire.

    • Passionnant : https://www.franceculture.fr/sciences/le-laboratoire-p4-de-wuhan-une-histoire-francaise

      De là va naître l’idée de construire à Wuhan, en collaboration avec la France, un laboratoire de type P4. Autrement dit, de très haute sécurité biologique pour l’étude de virus pathogènes inconnus pour lesquels on n’a pas de vaccin. Il existe une trentaine de ces structures dans le monde, dont certaines sont labélisées par l’Organisation Mondiale de la Santé. Mais le projet provoque des résistances. D’abord, des experts français en guerre bactériologiques se montrent réticents. Nous sommes dans l’après 11 septembre. Le SGDSN (Secrétariat général à la défense et à la sécurité nationale) redoute qu’un P4 puisse se transformer en arsenal biologique.

    • https://www.lemonde.fr/sciences/article/2020/04/17/le-sars-cov-2-est-il-sorti-d-un-laboratoire_6036926_1650684.html

      Coronavirus : le SARS-CoV-2 est-il sorti d’un laboratoire ?

      Rien ne filtre des investigations menées en Chine, ce qui laisse la porte ouverte à des hypothèses. En revanche, celle d’une origine synthétique est écartée : s’il est possible de créer de toutes pièces des virus, tous les indices convergent vers une origine naturelle du nouveau coronavirus.

      Le SARS-CoV-2 est-il une création de laboratoire ou s’en serait-il échappé ? Révélé au monde le 7 janvier par les autorités chinoises, ce nouveau coronavirus n’a toujours pas livré le secret de ses origines. Rien ne filtre des investigations menées en Chine à ce sujet, ce qui laisse la porte ouverte à de nombreuses hypothèses, y compris celle d’une erreur de manipulation dans un laboratoire.

      Le sujet a pris un tour diplomatique jeudi 16 avril. « Nous menons une enquête exhaustive sur tout ce que nous pouvons apprendre sur la façon dont ce virus s’est propagé, a contaminé le monde », a déclaré le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo. « Il y a manifestement des choses qui se sont passées qu’on ne sait pas », a embrayé le président français, Emmanuel Macron, dans un entretien au Financial Times.

      Selon le Washington Post, l’ambassade des Etats-Unis à Pékin avait alerté Washington, il y a deux ans, sur la nécessité d’aider le Wuhan Institute of Virology (WIV) à renforcer ses mesures de sécurité. Réputé pour ses recherches sur les virus de chauve-souris, le WIV est équipé d’un laboratoire de haute sécurité dit « P4 », construit avec l’aide de la France, où sont étudiés les virus les plus dangereux. Les scientifiques chinois ont assuré que la séquence génétique du SARS-CoV-2 ne correspondait à aucun des coronavirus de leur collection. Mais, comme le souligne le Washington Post, nul n’a eu accès à leur biobanque ni aux échantillons prélevés sur les premiers patients chinois.

    • Je vais faire ma mauvaise, mais question fiabilité des installations à sécuriser, la france n’a pas été championne à Fukushima

    • Mike Pompeo est le nouveau Christ et le Washington Post le repaire de ses plus fervents apôtres qui en écrivent l’évangile.
      De là à penser que #Uncle_Donald, le Grand Démiurge de la nouvelle Amérique – cette grande nation démocratique construite sur un génocide par des crapules et des assassins et qui continue à s’enrichir éhontément grâce à l’esclavage – puisse avoir l’inavouable dessein de déclencher un conflit thermo-nucléaire avec l’Empire du Milieu, il y a là un pas que je n’ose franchir. God bless America. (Amen.)

      #coin-coin

    • Les états de service de la crapule sus-mentionnée :

      En avril 2020, Luc Montagnier émet l’hypothèse que le coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère à l’origine de la pandémie de Covid-19, est « sorti d’un laboratoire chinois avec de l’ADN de VIH ». Selon lui une séquence du virus de l’immunodéficience humaine aurait été introduite dans le génome du coronavirus pour tenter de faire un vaccin. Cette thèse est réfutée par la communauté scientifique ; les séquences « sont de tout petits éléments que l’on retrouve dans d’autres virus de la même famille, d’autres coronavirus dans la nature. Ce sont des morceaux du génome qui ressemblent en fait à plein de séquences dans le matériel génétique de bactéries, de virus et de plantes », précise notamment le virologue Étienne Simon-Lorière de l’Institut Pasteur.

      « Aucun emprunt génétique suspect – notamment au virus du VIH comme certaines théories complotistes, relayées entre autres par le professeur Luc Montagnier, le suggèrent – ne permet de dire qu’il y aurait eu intervention humaine. »

      Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Luc_Montagnier#Coronavirus_SARS-CoV-2

    • raa, cette photo d’illustration principal de l’article dont la légende presque invisible (et non reprise ici) semble remplacée par le titre

      Un laboratoire de Wuhan à l’origine du coronavirus SARS-CoV-2 ?

      #sous_entendu_visuel

    • Extrait de l’article de France Culture cité plus haut :

      Une nouvelle occasion manquée

      [...]

      Il est vrai qu’un autre sujet sensible focalise l’attention. La peste porcine est arrivée en France, et les éleveurs font pression pour pouvoir continuer à exporter en Chine. Le bouclier sanitaire sera donc remisé à plus tard…

      Encore un coup du #FNSEA !

  • "Mobilisons-nous pour sécuriser nos assiettes"

    La main d’œuvre manque plus que jamais. Il est nécessaire de se mobiliser pour subvenir aux #besoins_alimentaires de la population.


    https://desbraspourtonassiette.wizi.farm
    #plateforme #agriculture #travail #pôle_emploi #coronavirus #covid-19 #Wizifarm #start-up #main_d'oeuvre #alimentation #nourriture

    Ajouté à la métaliste agriculture et coronavirus :
    https://seenthis.net/messages/836693

  • Les agriculteurs isérois lancent un appel à venir travailler dans les exploitations

    En #Isère comme partout en #France, la FNSEA, l’Anefa et la #start-up #Wizifarm incitent les personnes sans emploi à s’inscrire sur la plateforme « Des bras pour nos assiettes » (https://desbraspourtonassiette.wizi.farm) pour proposer leurs services aux agriculteurs en manque de main-d’œuvre sur fond de #crise_sanitaire.

    « L’#agriculture a besoin de #bras pour vos assiettes. » Tel est le cri lancé au niveau national par certains acteurs du monde agricole : la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), l’Association nationale pour l’emploi et la formation en agriculture (Anefa) et la start-up Wizifarm. Un appel relayé en Isère par la FDSEA, visant à « limiter les impacts de la crise du Coronavirus sur la production agricole ». Il s’agit ainsi pour les agriculteurs de maintenir ou d’augmenter leur production et d’assurer la sécurité sanitaire de leurs salariés, tout en absorbant la « hausse sensible » de l’absentéisme.

    C’est pourquoi Wizifarm a lancé la plateforme « Des bras pour nos assiettes », qui incite les personnes désirant travailler dans l’agriculture à postuler et les agriculteurs en manque de main-d’œuvre à le signaler. Le tout suivi d’une mise en relation entre l’internaute qui propose ses services et l’employeur potentiel, selon les profils, les types de compétences et le positionnement géographique de chacun.

    « Une volonté forte de participation à cet effort national »

    « De nombreuses démarches individuelles ou d’entreprises démontrent d’ores et déjà une volonté forte de participation à cet effort national », notent les partenaires, non sans saluer « un signe réconfortant pour la profession agricole ». Plusieurs dizaines de milliers de personnes se seraient ainsi inscrites en l’espace de quelques heures. Cependant, les chiffres au niveau local, et notamment isérois, ne sont pas encore connus.

    Avec cette initiative, les acteurs agricoles espèrent avant tout mobiliser les personnes actuellement privées d’emploi pour cause de coronavirus et de confinement. Une initiative des agriculteurs d’ailleurs relayée par le gouvernement avec une certaine maladresse en matière de communication, lorsque sa porte-parole Sibeth Ndiaye a pris pour exemple les enseignants qui « ne travaillent pas »… avant de faire son mea culpa.

    La Confédération paysanne dénonce l’opération

    Mais pour la Confédération paysanne, c’est l’ensemble de l’opération qui relève de la bévue. « Cet appel à rejoindre les champs témoigne d’un certain mépris vis-à-vis des savoir-faire paysans et de l’emploi agricole, perçu comme non qualifié », lance le syndicat. Qui attend une amélioration des conditions de travail dans les professions agricoles, et non des travailleurs « considérés comme de simples outils de production ».

    https://www.placegrenet.fr/2020/04/02/crise-sanitaire-les-agriculteurs-iserois-lancent-un-appel-a-venir-travailler-dans-les-exploitations/289280
    #coronavirus #covid-19

    Ajouté à cette métaliste sur agriculture et coronavirus :
    https://seenthis.net/messages/836693

  • SDHI, ces #Pesticides épandus massivement qui s’attaquent à tous les êtres vivants
    https://www.bastamag.net/SDHI-pesticides-fongicides-Anses-Rustin-Nicolino

    Connaissez-vous les SDHI ? Ces nouveaux fongicides, censés s’attaquer seulement aux champignons qui menacent les récoltes, s’en prennent en fait à tous les êtres vivants. Un « danger immense » selon des scientifiques. Le journaliste Fabrice Nicolino leur consacre son dernier ouvrage, Le crime est presque parfait. Entretien. Basta ! : Épandus massivement depuis 2013 en France, les pesticides SDHI « inquiètent au plus haut point », dites-vous, car ils s’attaquent à la fonction respiratoire de tous les (...) #Résister

    / Santé , #Agriculture, Pesticides, Quelle agriculture pour demain ?, #Alimentation, A la (...)

    #Santé_ #Quelle_agriculture_pour_demain_ ?

    • C’est un système extrêmement solide, avec une structuration du déni qui dure depuis l’après-guerre. On sait que des liens étroits sont noués dès les années 1950 entre le ministère de l’Agriculture, l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), la FNSEA et les vendeurs de pesticides. Il y a une grande proximité entre les responsables de ces divers organismes. Les personnes qui y travaillent se croisent à longueur de temps dans leurs quotidiens, par exemple dans des colloques généralement payés par l’industrie. Si l’on en revient aux SDHI : l’Anses, l’Inra et l’institut du végétal Arvalis (financé par des professionnels notamment du secteur agricole, ndlr) ont rédigé des notes communes sur les résistances aux SDHI. Autrement dit : l’Anses s’est accordée avec des représentants de l’industrie pour donner son aval à ces produits. Comment peut-on imaginer que, ensuite, ils disent « non, en fait, il ne faut pas les utiliser » ? On voudrait que l’Anses se déjuge. C’est impossible.

      La tribune publiée en 2018 par le collectif de chercheurs : https://www.liberation.fr/debats/2018/04/15/une-revolution-urgente-semble-necessaire-dans-l-usage-des-antifongiques_1

      #ANSES #FNSEA #INRA #pesticide #SDHI

  • ­A la FNSEA, le train de vie hors sol des dirigeants - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/190220/la-fnsea-le-train-de-vie-hors-sol-des-dirigeants

    Le syndicat majoritaire du monde agricole dénonce régulièrement les conditions de vie de plus en plus difficiles du secteur. Mais ses cadres dirigeants se sont rarement portés aussi bien. Mediapart s’est plongé dans les arcanes de la #FNSEA. Premier volet de notre enquête.

    • Dans les comptes de l’organisme financé en grande partie par les cotisations syndicales de ses adhérents et des subventions publiques (6,3 millions d’euros pour les premières via les fédérations départementales FDSEA et les « Associations spécialisées » ; 4,2 millions d’euros pour les secondes), nulle amélioration du résultat ne vient justifier ce nouveau traitement salarial : le déficit de la FNSEA se creuse d’année en année. En novembre dernier, à l’occasion d’une réunion du personnel, des pertes à hauteur de 1,5 million d’euros ont été annoncées pour l’année 2019.

      Les niveaux de salaire de la direction du syndicat historique du monde agricole, qui compte près de 120 salariés, n’ont pourtant rien de modeste. Ils sont déjà bien supérieurs à ce qui se fait dans des entreprises de taille équivalente, mais aussi à ce qui se pratique dans les autres syndicats. Insuffisant, semble-t-il, pour le nouveau directeur général, Clément Faurax… Prenant ses fonctions en avril 2019, ce dernier a décidé une augmentation immédiate sur la plupart des postes de direction allant, selon les cas, de 5 à 30 % du montant de leur rémunération.

      Lui-même, devenant directeur général après avoir été directeur adjoint, s’est octroyé une hausse de 22 % après avoir déjà connu une revalorisation de près de 8 % en 2017. Il émarge aujourd’hui à 13 400 euros brut mensuels, soit 3 300 euros de plus que le ministre de l’Agriculture qui est rémunéré, comme les autres membres du gouvernement, 10 100 euros brut chaque mois.

      Celui qui a remplacé Clément Faurax au poste de directeur adjoint après avoir été directeur du département « entreprises et territoires », Jean-Louis Chandellier, a connu la hausse la plus significative : + 30 %. Le salaire mensuel de ce dernier est actuellement de 9 600 euros brut. Le directeur du département « économie et développement durable » s’est quant à lui vu attribuer une hausse de 11,5 % pour atteindre 7 500 euros brut, tandis que le directeur du département des affaires sociales a touché une hausse de près de 13 % pour atteindre 7 400 euros brut.

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      Lors de la passation de pouvoir, le cas le plus frappant a sans doute été celui de la directrice générale sortante, Catherine Lion.

      Suivant un découpage original, pendant les quelques mois précédant sa retraite, d’avril à septembre 2019, le salaire de cette dernière est maintenu au même niveau que lorsqu’elle dirigeait la FNSEA. Pourtant, pendant cette période, Catherine Lion n’a plus aucune fonction d’encadrement ni de responsabilité au sein du syndicat des exploitants agricoles : elle est affectée à un poste de conseillère. Et elle n’est employée qu’à temps partiel.

      Comme le stipule l’avenant à son contrat de travail, Catherine Lion devient en effet « conseillère auprès de la Direction générale et de la présidente de la FNSEA ». Qui plus est, nous apprend cet avenant, « Madame Catherine Lion désirant ne pas travailler à temps complet, il est convenu qu’elle accomplira chaque année 125 jours de travail par an », soit trois jours par semaine. Sa rémunération brute est répartie entre un salaire de base à 8 900 euros et une « prime mensuelle » de 6 000 euros.
      En un mois, l’équivalent de ce que touche un exploitant agricole sur une année

      « Quand Catherine Lion est partie de son poste de directrice générale, nous avons souhaité bénéficier de son expertise, précise son successeur à la tête de l’organisation administrative du syndicat. Nous lui avons confié deux missions : un mandat au CESE [Le Conseil économique social et environnemental – ndlr], et une mission de réflexion intitulée FNSEA 2025, qui vise à réformer nos modes de fonctionnement. »

      Résultat, Catherine Lion touche, à partir d’avril, 14 900 euros brut mensuels sur un poste de conseillère à temps partiel – pour 14 800 euros de salaire lorsqu’elle était directrice générale à temps plein. Autrement dit, pour trois jours de travail par semaine, l’équivalent de ce que touche en moyenne un exploitant agricole sur une année entière…

      Nouveau changement de statut le 1er octobre. À cette date, Catherine Lion est officiellement à la retraite. Elle touche alors, de la part de la FNSEA, 146 300 euros brut au titre des indemnités de départ à la retraite, soit 42 100 euros de plus que la base de l’accord interne au syndicat qui permet à ses salariés de toucher, au moment de leur départ en retraite, une prime équivalente à six mois de salaire.

      Depuis, Catherine Lion n’est jamais partie. Elle est toujours salariée à temps partiel du syndicat, pour une rémunération de 7 100 euros brut mensuels, et elle cumule cet emploi avec sa pension de retraite – ce qui est autorisé par la loi. La retraite de l’ex-DG de la FNSEA s’élevant, d’après la direction du syndicat, à environ 37 % de son ancien salaire, Catherine Lion touche, à l’heure où nous écrivons ces lignes, un total retraite + salaire de plus de 12 500 euros par mois.

      Pour calculer le montant de sa pension, Catherine Lion a par ailleurs bénéficié, là aussi, des ressources de la FNSEA. C’est le cabinet « France Retraite », facturé 4 200 euros à l’organisme syndical, qui a missionné un gestionnaire de retraite pour traiter son dossier. « Assistance à liquidation de retraites », « analyse préalable de situation » et « prestation platine VIP », peut-on lire sur la facture que Mediapart a pu consulter. Dans le monde du travail ordinaire, les salariés constituent eux-mêmes leur dossier de départ en retraite – une démarche administrative qui peut s’avérer longue et fastidieuse si l’on est passé par différents employeurs au cours de sa vie professionnelle.

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      Dans un communiqué de presse diffusé quelques heures après la mise en ligne de notre article, la FNSEA ne dément aucune de nos informations. « La FNSEA assume pleinement les niveaux de rémunération de ses cadres dirigeants », peut-on lire dans son texte.

      L’organisation, qui estime que les rémunérations des membres du comité de direction de la FNSEA sont « en dessous des normes de rémunération pour une organisation professionnelle nationale de cette taille », annonce par ailleurs avoir déposé une plainte « pour vol d’informations ».

  • Edito de Jean-Alain Divanac’h, Président de la FDSEA (#Finistère) 13 janvier 2020

    Nous allons devoir compter sur nos propres forces pour isoler nos détracteurs. Dans nos campagnes, dans les mairies, dans les écoles, dans les associations, ne laissons plus d’espace aux pisseurs involontaires, aux #coquelicots, à #L214 et compagnie (...) Notre réseau #FDSEA, fort de son maillage territorial, a la capacité de démultiplier des actions et d’étendre ainsi notre sphère d’influence. C’est au local que nous trouverons des alliés, qu’ils soient dans les conseils municipaux, dans les sociétés de #chasse, dans les associations scolaires et sportives. Pour appuyer le réseau local, la FDSEA proposera des argumentaires et des outils de communication. Notre chantier collectif pour 2020 sera de renforcer notre force de frappe sur tout le territoire en démultipliant les actions.

    Traduisons-les : Notre chantier collectif pour 2020 sera de continuer à produire toujours plus, coûte que coûte, au mépris des tous les signes et alarmes, environnementales, sociales et sociétales, et de briser nos détracteurs aidés en cela par la nouvelle #cellule_militaire #DEMETER mise en place par nos soutiens au plus haut niveau de l’État.
    Parce que c’est notre projet...

    http://www.fdsea29.fr/2020/01/13/edito-de-jean-alain-divanach-president-de-la-fdsea-4

    #FNSEA #productivisme #répression #surveillance #résistance #industrie_agro-alimentaire #lobbying #agriculture

  • Le gouvernement a créé une #cellule_militaire pour surveiller les opposants à l’agro-industrie

    Le gouvernement veut « faire taire tous ceux qui mènent des actions symboliques contre le système de l’#agriculture_industrielle », dénoncent de multiples défenseurs de l’#agriculture_paysanne et biologique, réunis dans cette tribune. Ils s’inquiètent fortement de la création de la #cellule_de_renseignement #Demeter, lancée fin octobre, soi-disant destinée à lutter contre l’« #agribashing ».

    Il y aura un avant et un après Demeter. Le 13 décembre, le ministre de l’Intérieur de la République française Christophe #Castaner s’est rendu dans le Finistère en compagnie de la présidente de la #FNSEA #Christiane_Lambert. Dans le cadre d’une #convention signée entre son ministère et ce #syndicat_agricole. Cette première anomalie démocratique — depuis quand la #police républicaine est-elle aux ordres d’une structure privée ? — n’est pas la dernière, de loin.

    En effet, ce voyage avait pour but principal de lancer une cellule de la #gendarmerie_nationale appelée Demeter, la déesse grecque des moissons. Et marque reconnue, depuis des lustres, de l’agriculture sans pesticides. Quel en est le but affiché ? La lutte contre « l’agribashing ». Ce terme est une invention des communicants de la FNSEA, qui prétend sans en apporter la moindre preuve qu’on assisterait en #France à une entreprise concertée de dénigrement du monde agricole. Elle permet à ce syndicat de maintenir ce qu’elle fait depuis des dizaines d’années : une pression lobbyiste pour obtenir en retour des avantages économiques.

    Le ministre, confronté avec son gouvernement à une situation politique difficile, a donc décidé de jouer ce rôle dangereux, affirmant par exemple : « Depuis quelques années, un phénomène grandit, inacceptable. De plus en plus, nos agriculteurs sont visés par des intimidations, des dégradations, des insultes. »

    Empêtré dans cette imprudente déclaration, le ministre démontre dans le même texte qu’il est incapable de prouver par le moindre fait la réalité de ce phénomène. Les #chiffres qu’il cite pour 2019 parlent d’eux-mêmes : sur la base de 440.000 exploitations agricoles, les plaintes portent sur 314 tracteurs volés, 24 vols avec violence, 657 voitures dérobées.

    Encore faut-il préciser que les vols avec violences ont diminué en un an de 31,4 %. La plupart des centres urbains se damneraient pour de telles #statistiques. Il est visiblement plus simple de mobiliser la police que de régler la situation dramatique de la #paysannerie française.

    Il y a encore plus grave. Volontairement, n’en doutons pas, M. Castaner mélange dans un stupéfiant gloubi-boulga la #délinquance vile — cambriolages, vols de matériel, incendies, dégradations —, les #occupations_de_terres_agricoles par des #gens_du_voyage, les actions antifourrure ou antichasse. C’est mettre sur le même plan criminel le vol, le droit des populations nomades, celui de la critique sociale et politique.

    Il y a encore plus grave. M.Castaner entend s’attaquer dans le cadre de Demeter, ainsi qu’il l’écrit, aux « actions de nature idéologique, qu’il s’agisse de simples #actions_symboliques de #dénigrement du milieu agricole ou d’#actions_dures ayant des répercussions matérielles ou physiques ». Cette fois, on aura compris : il s’agit de faire taire tous ceux qui mènent des actions symboliques contre le système de l’agriculture industrielle, dont la FNSEA est le principal soutien.

    La #démocratie, ce n’est pas pactiser avec les #lobbies dans le dos de la société

    Qui mène « des actions symboliques » contre ce système ? Le mouvement des #Coquelicots, qui réclame la fin des #pesticides, soutenu par un million de citoyens. Les #maires qui prennent des arrêtés contre ces poisons chimiques. Des dizaines de milliers de paysans qui ont déjà choisi l’agriculture biologique. Beaucoup d’autres, qui défendent le modèle de l’agriculture paysanne contre les projets délirants d’usines à vaches, à cochons ou à poulets. Et au total des centaines de milliers de citoyens engagés contre l’importation massive de #soja_transgénique et donc l’#élevage_industriel, contre la mort des oiseaux et des insectes, pour des rivières débarrassées de la pollution et des rivages sans algues vertes, enfin pour une #alimentation de haute qualité.

    Il ne fait aucun doute, à nos yeux, qu’une ligne a été franchie. La démocratie, ce n’est pas pactiser avec les lobbies dans le dos de la société. Et quand le ministre parle « d’améliorer [la] coopération avec le monde agricole et de recueillir des renseignements », chacun comprend ce que cela veut dire. Cela signifie l’#intimidation accrue de tous les adversaires décidés de la FNSEA, qui passe nécessairement par la #surveillance_électronique et informatique, d’éventuelles #écoutes_téléphoniques, voire des #filatures, des #infiltrations, ou pire encore, la #délation.

    Nous prévenons solennellement le gouvernement que nous refusons cette #criminalisation et que nous demandons le démantèlement de la cellule Demeter. Notre contestation de l’agriculture industrielle, non-violente, se fait et se fera au grand jour, dans la conviction d’exprimer la volonté majoritaire de la société française. Nous voulons beaucoup de paysans, beaucoup plus de paysans, heureux et fiers de leur métier, enfin payés au prix convenable pour leur participation au bien commun. C’est en effet un autre monde que celui de la FNSEA.

    https://m.reporterre.net/Le-gouvernement-cree-une-cellule-militaire-pour-surveiller-les-opposan
    #répression #surveillance #résistance #industrie_agro-alimentaire #agriculture_biologique

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    • Présentation de « DEMETER », la cellule nationale de suivi des atteintes au monde agricole

      Edito

      Depuis quelques années, un phénomène grandit, inacceptable. De plus en plus, nos agriculteurs sont visés par des intimidations, des dégradations, des insultes. Des individus s’introduisent dans leurs exploitations agricoles et les bloquent. Ils font des films aux commentaires orduriers, avant de jeter les exploitants en pâture sur les réseaux sociaux. Parfois même, les intrus dégradent, cassent et volent.

      En se multipliant, certains actes confinent à l’absurde. Je pense à ces militants animalistes responsables de la mort de plus de 1 400 animaux dans l’Eure pour leur avoir fait peur en s’introduisant dans un élevage de dindes.

      Ces phénomènes, nous devons les prendre très au sérieux : ils gâchent la vie des agriculteurs, inquiets chaque jour de savoir ce qui peut leur arriver. Ils nourrissent l’agribashing, la défiance et l’hostilité.

      Comme élu des Alpes-de-Haute-Provence, terre d’élevage, j’ai vu tous les sacrifices que doivent accepter nos agriculteurs, toute la passion qu’ils mettent dans leur métier et le soin qu’ils donnent à leurs animaux.

      La réalité, c’est que nos agriculteurs font un travail difficile, exigeant, essentiel. Ils ne connaissent pas de repos, font une partie de la renommée de la France et nous permettent de bénéficier de produits de qualité exceptionnelle. Ils se soumettent à des contrôles stricts et réguliers, s’investissent pour améliorer le bien-être animal. La loi est particulièrement vigilante, c’est elle seule qui doit s’appliquer, et l’État est là pour y veiller. Rien ne justifie une quelconque intimidation.

      Nous devons assurer la sécurité des agriculteurs et les défendre, impérativement.

      J’ai donc décidé d’une série d’actions pour mieux protéger nos agriculteurs et c’est l’objet, notamment, de la Cellule Demeter. Créée au sein de la Gendarmerie nationale, la cellule Demeter va permettre :

      d’améliorer notre coopération avec le monde agricole et de recueillir des renseignements ;
      de mieux connaître les groupes extrémistes à l’origine des atteintes et de pouvoir anticiper et prévenir leurs actions ;
      de pouvoir gagner en efficacité par des actions et des enquêtes mieux coordonnées.

      Cette cellule est un signal fort envoyé aux agriculteurs : les forces de l’ordre se tiennent à leur côté et sont là pour les aider.
      La création de la cellule est également une étape dans un plan plus vaste encore pour la sécurité du monde agricole. Ainsi, par la signature d’une convention entre le ministère de l’Intérieur, la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs :

      nous nous assurons que des échanges d’information réguliers se fassent entre agriculteurs et forces de l’ordre ;
      nous renforçons la prévention en garantissant des diagnostics de sécurité pour les exploitations ;
      nous nous engageons à donner priorité aux interventions pour les agriculteurs victimes d’actions violentes.

      Cette convention, tout comme la Cellule Demeter, ce sont des actes forts et concrets. Ils s’inscrivent pleinement dans la stratégie déployée par le Gouvernement en faveur du monde agricole et le ministère de l’Intérieur participe ainsi à la mise en place des Observatoires de l’agribashing créés à l’initiative du ministère de l’agriculture.

      Avec Laurent Nuñez, nous sommes déterminés à combattre de toutes nos forces les atteintes contre les agriculteurs et leurs exploitations. Nous sommes déterminés à ce que chacun puisse exercer sa profession librement. Nous sommes résolus à protéger notre agriculture.

      Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur
      Les objectifs de la cellule DEMETER :

      Créée début octobre 2019 par la direction générale de la gendarmerie nationale, la « Cellule nationale de suivi des atteintes au monde agricole » (cellule DEMETER) est destinée à apporter une réponse globale et coordonnée à l’ensemble des problématiques qui touchent le monde agricole en menant collégialement les actions dans les 4 domaines :

      de la prévention et de l’accompagnement des professionnels du milieu agricole par des actions de sensibilisation et de conseils destinées à prévenir la commission d’actes délictueux, en lien avec les organismes de représentation du monde agricole (SDSPSR) ;
      de la recherche et de l’analyse du renseignement en vue de réaliser une cartographie évolutive de la menace et détecter l’émergence de nouveaux phénomènes et/ou groupuscules (SDAO en coordination avec SDPJ) ;
      du traitement judiciaire des atteintes visant le monde agricole par une exploitation centralisée du renseignement judiciaire, un partage ciblé de l’information et une coordination des investigations le nécessitant (SDPJ) ;
      de la communication, en valorisant opportunément toutes les actions menées dans ces différents domaines par la gendarmerie au nom de la cellule DEMETER et par des actions ciblées destinées à rassurer le monde agricole par la prise en compte de ses problématiques par les forces de l’ordre (SIRPA).

      Le périmètre de compétence de la cellule DEMETER :

      La nécessité d’appréhender la globalité du phénomène des atteintes au milieu agricole implique que le périmètre de compétence de la Cellule DEMETER englobe la prévention et le suivi :

      des actes crapuleux, qu’il s’agisse d’une délinquance de proximité et d’opportunité (ex : vol isolé de gasoil ou d’outillage,etc.) ou d’une criminalité organisée voire internationale (ex : filière de vol de GPS agricole, etc.) ;
      des actions de nature idéologique, qu’il s’agisse de simples actions symboliques de dénigrement du milieu agricole ou d’actions dures ayant des répercussions matérielles ou physiques.

      Peuvent ainsi être citées, de manière non exhaustive :

      les vols (d’engins, de matériels, de production, etc.) visant les exploitations agricoles de tous types (élevage, pisciculture, culture, viticulture) ;
      les dégradations (incendies, sabotage de matériel, etc.) commises à l’encontre des exploitations agricoles de tous types ;
      les cambriolages commis aux seins des exploitations agricoles (hangars, etc.) ou aux domiciles des agriculteurs ;
      les violations de domiciles ou intrusions visant des exploitations agricoles ou des professionnels de l’agro-alimentaire aux fins d’y mener des actions symboliques (libération d’animaux, tournage de vidéos clandestines,etc.) ;
      les occupations illégales de terrains agricoles aux fins d’installation temporaire par des groupes
      constitués de gens du voyage ou d’organisation d’événements festifs non autorisés (free-parties) ;
      les dégradations commises à l’encontre de certains professionnels liés aux milieu agricole ou agro-
      alimentaire (boucheries, abattoirs, activités de transport d’animaux d’élevage, etc.) ;
      les actions anti-fourrure liées à des élevages spécifiques ;
      les actions menées par certains groupes antispécistes vis-à-vis du monde de la chasse, intimement
      lié au monde agricole (impact de la régulation cynégétique sur la protection des cultures, identité
      rurale, etc.) peuvent être intégrées à la cellule DEMETER en fonction des circonstances.

      L’organisation de la cellule DEMETER :

      Destinée à garantir une approche transverse et globale, la Cellule DEMETER implique, au niveau central, la participation prioritaire et permanente :

      de la SDSPSR au titre des diverses actions de prévention et de suivi de la convention de partenariat entre la DGGN et la FNSEA/JA ;
      de la SDAO au titre du recueil et de l’exploitation du renseignement et de l’analyse de la menace ;
      de la SDPJ, du SCRC et de l’OCLDI, au titre de l’analyse des phénomènes de délinquance et du suivi et de la coordination des affaires judiciaires ;
      du SIRPA au titre de l’accompagnement médiatique du dispositif.

      À cet effet, la Cellule DEMETER est une structure :

      fonctionnelle, n’imposant pas de mise à disposition co-localisée des personnels des entités impliquées ;
      permanente afin d’assurer néanmoins un suivi constant de la problématique.

      Elle est un réseau de référents (titulaire/suppléant) spécifiquement chargés, au sein de leurs sous-directions ou services, de la centralisation et de l’analyse des informations.
      Signature d’une convention avec la fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles et jeunes agriculteurs

      La signature d’une convention tripartite entre la FNSEA, les JA et le ministère de l’intérieur est destinée à :

      instaurer un échange réciproque et régulier avec la profession
      généraliser les dispositifs de prévention technique de la malveillance (diagnostics de sureté des exploitations)
      à prioriser l’intervention au profit des agriculteurs confrontés à des infractions violentes

      Les atteintes au milieu agricole (Données GN - Actualisation au 30 novembre 2019)

      Les tensions pesant sur le monde agricole ont conduit à la mise en place, le 3 octobre 2019, de la cellule « Demeter », au sein de la GN. Depuis le 1er janvier 2019, les atteintes à l’encontre du milieu agricole sont en hausse (+1,5%). Une étude plus approfondie fait apparaître des disparités géographiques importantes et révèle l’émergence de phénomènes ciblés (vols de matériels agricoles). Le regain d’attention des professionnels du secteur sur les risques auxquels ils sont exposés s’amplifie au regard de la hausse des audits et consultations de sûreté réalisés (+22,4 % soit 333 audits et consultations). Ces actions se poursuivent pour répondre aux inquiétudes des 440.000 exploitants de métropole.
      Un bilan en voie d’amélioration

      Le bilan 2019 des atteintes aux biens commises au préjudice du monde agricole affiche une hausse de +1,5 % (+216 faits) pour un total de 14 498 faits enregistrés (2 atteintes chaque
      heure). Deux tiers d’entre-elles (64,5%) sont constituées de vols simples (sur ou hors exploitations agricoles), en baisse de -2,2 %.

      Dans le détail, les vols avec violences (24 faits) comme les vols dans ou sur véhicules (1 310 faits) reculent respectivement de -31,4 % et -10,1 %. A contrario, on assiste à une recrudescence des destructions et dégradations (+23,3 % pour un total de 1 675 faits), des cambriolages et vols par ruse (+16,2 % pour un total de 1 484 faits) et des vols de véhicules (+10,2 % pour un total de 657 faits). Les crimes et délits dont sont victimes les agriculteurs se caractérisent par une forte logique saisonnière, connaissant leurs pics au printemps et en été. Après un début d’année marqué par la hausse continue de ces actes à l’encontre du monde agricole, une inversion de tendance s’observe à compter du mois d’août 2019, comparé aux mêmes mois 2018. L’étude géographique de l’évolution des AAB dans le milieu agricole témoigne de situations contrastées selon les territoires d’outre-mer ou de métropole. On enregistre en moyenne 133 faits de délinquance/an par département.

      La cartographie des départements les plus impactés par les atteintes dans les exploitations agricoles trouve une certaine cohérence avec celle des grandes zones de culture et d’élevage. Les régions à dominante céréalière sont notamment très concernées. Ce phénomène peut notamment s’expliquer par la présence de nombreux engins agricoles qui sont l’objet de trafics.
      Des vols de matériels agricoles à haute valeur ajoutée en augmentation

      Depuis le 1er janvier, 314 tracteurs et 307 accessoires agricoles ont fait l’objet d’une inscription pour vol dans le FOVES, en hausse par rapport à l’année 2018. Cela représente près d’1 tracteur volé chaque jour. Les préjudices qui résultent de ces vols peuvent s’avérer particulièrement élevés. Selon l’indice mensuel des prix d’achat des moyens de production agricole (Ipampa), publié chaque fin de mois par l’Insee, le prix moyen des tracteurs agricoles a ainsi progressé de +20,8% en 10 ans (2008 à 2018), soit une moyenne de 2% par an.
      Une sensibilisation en hausse

      Depuis le 1er janvier 2019, 264 exploitations agricoles (+24,5%) et 69 (+15%) concessionnaires agricoles ont fait l’objet d’un audit ou d’une consultation de sûreté. L’implication des référents et consultants sûreté est à souligner mais l’effort doit se poursuivre au regard des 440 000 exploitations agricoles installées en métropole.

      https://www.interieur.gouv.fr/Le-ministre/Dossiers-de-presse/Presentation-de-DEMETER-la-cellule-nationale-de-suivi-des-atteintes-a

  • Le gouvernement laisse les #cours_d’eau à la merci des #pesticides
    https://reporterre.net/Le-gouvernement-laisse-les-cours-d-eau-a-la-merci-des-pesticides

    Après des mois de tergiversation, le gouvernement a enfin pris un arrêté pour limiter les épandages de produits phytosanitaires près des habitation. Les riverains devraient être mieux protégés face aux pesticides. Mais qu’en est-il de l’eau que nous buvons ? À l’origine, notre loi sauvegarde les rivières, canaux et autres lacs des contaminations en interdisant à leurs abords tout versement de substances biocides. C’est ce qu’on appelle les « zones de non-traitement » (#ZNT). Mais depuis quelques années, le lobby agricole pousse de tous les côtés afin d’affaiblir cette législation, qu’il juge complexe et contre-productive.

    Comme Reporterre l’avait raconté, la #FNSEA — le syndicat agricole majoritaire — et ses alliés ont d’abord choisi d’attaquer la définition même d’une rivière. Car, sans le statut protecteur de « cours d’eau », un écoulement se retrouve hors des radars des lois encadrant les pratiques agricoles et limitant les travaux de calibrage, les constructions et autres barrages hydrauliques).

    Dans les faits, une partie de la profession agricole a exigé — et obtenu — une cartographie hydrographique, département par département, se fondant sur une définition au rabais d’un cours d’eau, excluant d’innombrables ruisselets mais également des canaux pluriséculaires, comme dans le marais poitevin. À force de pression, des centaines de kilomètres d’écoulements ont été purement et simplement gommés. Le hic, pour les tenants de ce travail de détricotage — ou de simplification, c’est selon — : ces nouvelles cartes, qualifiées « police de l’eau », n’avaient alors aucune valeur juridique, elles n’étaient qu’indicatives. L’État est donc venu parachever le sabordage. En mai 2017, le gouvernement a ainsi pris un arrêté « relatif à l’utilisation des #produits_phytopharmaceutiques et de leurs adjuvants », interdisant comme il se doit l’usage de pesticides aux abords des points d’eau… tout en restant très flou quant à la définition de ces points d’eau. Pire, il a renvoyé la patate chaude aux préfets.

  • Une entreprise agro-alimentaire jugée pour tromperie sur l’origine de ses tomates
    https://www.bastamag.net/Tomates-origine-France-Cheritel-fraude-Aldi-grande-distribution-agro-alime

    Ce 19 septembre, l’entreprise Chéritel Trégor Légumes comparaissait devant le tribunal de grande instance de Saint-Brieuc (Côtes d’Armor) pour tromperie. Ce grossiste breton, épinglé à deux reprises par la répression des fraudes, a vendu à la centrale d’achat du hard discounter Aldi, plusieurs centaines de tonnes de tomates néerlandaises, espagnoles ou marocaines en les faisant passer pour des françaises. Ils pensaient manger des tomates 100% françaises. C’est même peut-être pour cette raison qu’ils les (...) En bref

    / #Justice, #Agriculture, #Alimentation

  • https://reporterre.net/Fabrice-Nicolino-L-Agence-nationale-de-securite-sanitaire-fait-partie-du

    Reporterre — Que pensez-vous de la consultation ouverte hier par le gouvernement sur l’épandage de pesticides ?

    Fabrice Nicolino — Pourquoi ne pas calculer les distances en nanomètres ? La mise en place d’une distance de 5 ou 10 mètres ne changera pas grand-chose. C’est tellement grotesque que cela n’a plus aucun sens ! Les pesticides sont absolument partout. Le registre officiel d’enregistrement des utilisations de nanoparticules montre qu’en 2018, près des deux tiers des déclarations concernaient des pesticides. Or, les nanoparticules passent facilement la paroi des cellules et pénètrent jusqu’au plus profond du cerveau et des poumons. Elles passent les costumes de protection des paysans qui épandent des pesticides, pénètrent leur peau.

    Cette consultation est un cadeau de plus à la FNSEA [Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles, défenseure de l’utilisation des pesticides]. C’est déprimant, insultant pour la République. Ce n’est pas digne d’un Président de la République, qui est le garant de la santé de tous. Je suis profondément révolté.

    #pesticides #fongicides #SDHI #agrochimie #FNSEA #lobbying #ANSS

  • Fabrice Nicolino : « L’Agence nationale de sécurité sanitaire fait partie du lobby des #pesticides »
    https://reporterre.net/Fabrice-Nicolino-L-Agence-nationale-de-securite-sanitaire-fait-partie-du

    Le titre ne ment pas, l’ouvrage se lit comme un polar. Le crime est presque parfait. L’enquête choc sur les #pesticides et les #SDHI (éditions Les Liens qui libèrent) nous donne pourtant d’emblée la victime — chacun de nous et la biodiversité en général — et le coupable — le lobby des pesticides. Mais la révélation des détails de son fonctionnement, des lacunes et accointances qui permettent d’autoriser l’épandage en plein air de produits potentiellement dangereux ne laisse pas d’étonner, d’indigner. La plume de Fabrice Nicolino porte avec agilité son propos dense et technique. Mais aussi politique : fondateur du mouvement des coquelicots, Nicolino demande l’interdiction de tous les pesticides de synthèse.

    Ce livre, qui paraîtra jeudi 12 septembre, apporte de précieuses informations au vif et actuel débat sur les pesticides. Des dizaines de communes ont depuis cet été pris des arrêtés antipesticides. Lundi 9 septembre, le gouvernement mettait en ligne, en consultation, son prochain règlement sur l’épandage de pesticides, préconisant 5 à 10 mètres de distance entre épandages et habitations selon les produits. Le projet de règlement s’appuie sur une étude de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (#Anses). Cette agence est au cœur de l’enquête menée par le journaliste sur ces pesticides dont on connaît le nom depuis à peine plus d’un an, les SDHI, ou « #fongicides inhibiteurs de la succinate déshydrogénase ».

    #santé #lobbyisme #conflits_d'intérêts #agriculture #fnsea

  • « Que ces gens-là arrêtent de délirer » : la FNSEA dénonce la position des écologistes à propos de la consultation sur les pesticides
    https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/agriculture/que-ces-gens-la-arretent-de-delirer-la-fnsea-denonce-la-position-des-ec


    Christiane Lambert, présidente du syndicat agricole FNSEA, devant l’hôtel de Matignon, le 5 septembre 2019.
    FRANCOIS GUILLOT / AFP

    Christiane Lambert, la présidente du syndicat agricole, revient sur la consultation, lancée lundi par le gouvernement, au sujet de la distance à respecter entre les habitations et les zones d’épandage de pesticides.

    La présidente du syndicat agricole FNSEA a dénoncé lundi 9 septembre sur franceinfo « des écologistes et des politiques qui, tout le week-end, n’ont pas arrêté d’insulter et de mépriser les agriculteurs », au sujet de la consultation lancée lundi par le gouvernement pour fixer, dans la loi, une distance minimale entre les champs traités aux pesticides et les habitations. « Que ces gens-là arrêtent de délirer », a ajouté Christiane Lambert.

    Les distances proposées par le gouvernement s’appuient sur le dernier rapport de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) : 5 mètres pour les cultures basses et 10 mètres pour les cultures hautes. Une distance jugée ridicule par les associations écologistes.

    franceinfo : 5 ou 10 mètres, n’est-ce pas une mesurette ?
    Christiane Lambert : Les écologistes et des politiques n’ont pas arrêté tout le week-end d’insulter et de mépriser les agriculteurs. Ce n’est du tout une mesurette, ceux qui parlent n’ont jamais vu un pulvérisateur pour certains d’entre eux. Quelle voix doit prévaloir ? Celle des scientifiques. Que dit l’Agence nationale de sécurité (Anses) ? Elle dit : 3, 5 et 10 mètres pour les produits les plus problématiques. Que font les autres pays ? Un mètre au Danemark, rien dans la majorité des pays européens. Que ces gens-là arrêtent de délirer. Ce sont des distances qui ont été fixées de façon politique par un maire [le maire de Langouët avait pris un arrêté interdisant les pulvérisation à moins de 150 mètres des maisons] qui a voulu faire un clash et exister. C’est aujourd’hui à peine 25 maires sur 36 000 maires qui, eux, n’ont qu’une chose en tête : cultiver le bien-vivre ensemble et ne pas caricaturer les agriculteurs.

    Le maire de Langouët prône une distance de 150 mètres. Vous trouvez aberrant d’évoquer une distance plus importante quand on parle de produits chimiques ?
    Bien sûr, c’est aberrant. Il le sait lui-même. A Langouët, où il y a une densité de population importante, le village s’est développé en allant dans les champs. Aujourd’hui, il veut imposer une distance que personne ne juge fiable. Les scientifiques n’ont jamais parlé de 150 mètres. 150 mètres, c’est retirer 15 à 20% de la surface agricole française. Qui peut penser que c’est possible ? Sauf ceux qui veulent une France sans pesticides.

    Cette consultation est lancée alors que la décision semble être déjà prise, est-ce que ce n’est pas le meilleur moyen de donner l’impression que le gouvernement suit les souhaits de la FNSEA ?
    Qui a dit 3 ou 5 mètres ? Ce sont les scientifiques de l’Anses. Tout le monde s’excite aujourd’hui avec cette histoire de 150 mètres. Moi, je pense qu’il faut raison garder, écouter les scientifiques, ceux de l’agence nationale, ceux des instituts techniques. Ils n’ont pas suffisamment voix au chapitre.

    • Le rapport de l’ANSES

      Avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail relatif à une demande d’appui scientifique sur les mesures de protection des riverains lors de l’utilisation des produits phytosanitaires

      https://www.anses.fr/fr/system/files/PHYTO2019SA0020.pdf

      La recommandation est tout sauf claire… Dans les conclusions et recommandations, après s’être appuyé plein de trucs, on lit :

      • Concernant les mesures de gestion des risques
      Afin de limiter l’exposition des résidents pendant ou après application par pulvérisation, la mise en place de distances de sécurité par rapport aux bâtiments occupés et aux parties non bâties contiguës à ces bâtiments, est recommandée. Elles devraient être au moins égales aux distances introduites dans l’évaluation des risques pour les résidents qui sont basées sur le type de culture et le matériel utilisé, ou supérieures, par mesure de précaution en particulier pour les produits classés cancérogène, mutagène ou toxique pour la reproduction.

      Les distances évoquées (lourdement…) par Madame Lambert sont celles évoquées indirectement dans la partie que j’ai mise en gras qui renvoie au Tableau 2, page 8 de l’Avis. Elles ne sont en aucun cas des distances préconisées, ce sont les distances auxquelles ont été réalisées les mesures. Et encore !… comme on le voit dans ledit tableau, pour l’arboriculture, le rapport mentionne 2-3, 5 et 10 mètres dans le tableau tout en indiquant en note que seule une seule distance a été utilisée (8 mètres…) et qu’on se contentait donc de recopier ce chiffre pour les 3 lignes…

      Pour l’ANSES, les futures distances réglementaires à mettre en place devraient être au moins égales aux distances… ce que la FNSEA et le gouvernement interprètent donc instantanément sous la forme doivent être égales…

    • Par ailleurs, l’Avis de l’ANSES mentionne les mesures prises par d’autres pays de l’UE :

      • en Slovénie (texte en anglais, je ne sais pas pourquoi ils ont pris celui-là plutôt que l’original en slovène…) :
      une zone tampon de 20 mètres, en l’absence de mesures particulières, susceptible d’être réduite en présence desdites mesures,
      • la région Wallonie impose 50 mètres pour les écoles, etc.
      • l’Allemagne fixe un minimum de 2 mètres (cultures basses) et 5 mètres (cultures hautes), en gros sur la même méthode que celle utilisée par l’ANSES : c’est à ces distances qu’on a fait les mesures et qu’on a calibré les modèles de dispersion…

      Insister sur les fondements scientifiques des ces évaluations/préconisations me parait pour le moins hasardeux.

  • Depuis mai dernier, plusieurs maires ont pris des arrêtés pour protéger leurs populations de l’exposition aux #pesticides utilisés en agriculture dite « conventionnelle ». Aujourd’hui au tribunal administratif de Rennes, Daniel Cueff, maire de Langouët (Ille-et-Villaine), a défendu son arrêté anti-pesticide face à la préfète en exposant un argumentaire de 300 pages.

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/08/22/a-rennes-l-annulation-d-un-arrete-antipesticides-mise-en-delibere_5501623_32

    « Nous avons développé plus de 300 pages d’argumentaire, a déclaré Daniel Cueff à sa sortie du tribunal. Nous allons continuer, la bagarre n’est pas finie. Je ne veux plus que dans ma commune soient faites des analyses d’urine dans lesquelles on trouve, chez des enfants de 6 ans, des taux de glyphosate trente fois supérieurs à la normale. » « Aujourd’hui, vingt maires en France ont pris le même arrêté », a-t-il aussi annoncé, alors qu’il était applaudi par la foule. La décision du tribunal a été mise en délibéré au début de la semaine prochaine.

    Occasion pour rappeler que RAGSTER (Rachat et la mise en Gestion Santé de Terres agricoles et forestières), association des Yvelines, se bat pour protéger les populations riveraines soumises aux pollutions par les pesticides mais aussi des #nanoparticules utilisées dans les intrants chimique en agriculture :
    http://www.ragster.org

    RAGSTER dénonce également une certaine charte dite « de bon voisinage » en tant qu’intox de la #FNSEA auprès des mairies.

    http://www.ragster.org/charteagriculteurs.html