• Le coup de gueule de Laurent Pinatel : « Putain, il y a un paysan qui se suicide tous les deux jours ! » | Public Senat
    https://www.publicsenat.fr/article/politique/le-coup-de-gueule-de-laurent-pinatel-putain-il-y-a-un-paysan-qui-se-suic

    « Putain, il y a un paysan qui se #suicide tous les deux jours les gars quoi ! Et nous on est syndicalistes, on est là et on ne dit rien ? Non, ce n’est pas satisfaisant. Non, les #politiques_publiques ne sont pas satisfaisantes » a lancé Laurent Pinatel, entouré des responsables des autres #syndicats_agricoles, la #FNSEA, les #Jeunes_agriculteurs et la #Coordination_rural

    #confédération_paysanne #agriculture


  • aucune structure publique n’est aujourd’hui en mesure de donner aux citoyen.ne.s une liste fiable des structures dépassant véritablement les seuils des ICPE soumises à autorisation, et donc une vision claire et précise de ce à quoi ressemble l’élevage industriel en France.

    https://www.liberation.fr/checknews/2018/12/19/est-il-vrai-qu-1-des-fermes-produisent-50-des-oeufs-du-porc-et-de-la-vola

    ci dessous le dossier .pdf sur l’état de l’agriculture industrielle française avec des données fausses fournis par l’état afin que les citoyen·nes ne puissent pas s’opposer à la FNSEA.
    https://cdn.greenpeace.fr/site/uploads/2018/11/Dossier-de-presse-Fermes-usines.pdf?_ga=2.127959244.1543234535.154321

    #agriculture #industrie #FNSEA #désinformation


  • Le #Roundup devient allemand, et maintenant ? | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/articles/le-roundup-devient-allemand-et-maintenant

    Que devient le Roundup ?
     
    Le #glyphosate est légal en Europe. Sa licence a été prolongée de cinq ans par l’Union européenne en novembre 2017. La production de l’#herbicide Roundup sera donc maintenue. Damien Greffin, président de la puissante Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles en France (#FNSEA), se réjouit de l’acquisition. Selon lui le leader pourra utiliser son assise dans le domaine pharmaceutique pour faire passer la pilule du glyphosate auprès des consommateurs : “On prend tous des médicaments quand on est malade, mais on n’accepte pas qu’une plante puisse en recevoir pour se protéger". Selon lui, supprimer ou interdire le glyphosate dans cinq ans n’est pas réaliste. "Les #agriculteurs sont entre le marteau et l’enclume, résume-t-il, car on utilise des produits phytosanitaires parce que l’on considère que pour l’instant il n’y a rien de mieux, mais on est de plus en plus confrontés à une pression de la société pour changer nos méthodes".

    #pesticides #bayer


  • Le groupe Avril ne tient qu’à un fil - Libération
    http://www.liberation.fr/planete/2018/06/08/le-groupe-avril-ne-tient-qu-a-un-fil_1657768

    « Les décideurs ont créé un secteur industriel à coups de milliards du #contribuable pour résoudre un problème climatique ; hélas, le remède s’avère avec le temps bien pire que le mal », regrette Clément Sénéchal.

    #climat #co2 #arnaque #politique #biocarburants #France


  • À propos des conflits sur la ZAD
    Être sur zone…

    Alèssi Dell’Umbria

    https://lavoiedujaguar.net/A-propos-des-conflits-sur-la-ZAD-Etre-sur-zone

    _Au sein du mouvement contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, des perceptions extrêmes se sont toujours opposées. Elles se retrouvaient sur la ZAD même. Ce ne fut pas toujours facile de les combiner mais enfin le mouvement a tiré sa force de cette composition, qui lui a permis de s’exprimer sur des modes variés, depuis le blocage du périphérique jusqu’à des recours juridiques en passant par des journées portes ouvertes et par l’émeute pure et simple. Du tirage et des désaccords, il y en eut de longue. Mais enfin la composition a tenu, jusqu’à l’annonce de l’abandon du projet d’aéroport le 17 janvier 2018.

    (...) Osons une analogie avec une autre expérience — même si elle est sans commune mesure avec celle de la ZAD. Si les camarades de l’EZLN, dans le sud-est du Mexique, avaient campé sur des positions de principe et refusé toute forme de négociation, ils n’auraient pas tenu plus de quelques semaines face aux blindés, aux troupes d’élite et à l’aviation, ou n’auraient pu subsister que sous forme d’une guérilla famélique, réduite à survivre au jour le jour avec un armement dérisoire en regard de l’ennemi. Ils ont su au contraire rebondir sur le soutien inattendu qui leur venait des grandes villes, et signer un armistice. (...)

    #Notre-Dame-des-Landes #ZAD #conflits #EZLN #Chiapas #antiautoritaires #non-motorisés #FNSEA #préfète #principes #défaite #vie


  • Où sont passés les oiseaux des champs ?
    https://lejournal.cnrs.fr/articles/ou-sont-passes-les-oiseaux-des-champs

    L’alouette des champs ou la linotte mélodieuse font traditionnellement résonner leur chant dans les campagnes françaises. Mais pour combien de temps encore ? Deux études récentes dressent un constat alarmant : les populations d’oiseaux vivant en milieu agricole ont perdu un tiers de leurs effectifs en 17 ans.


  • Double jeu

    Faire une série de retours sur l’histoire de la #FNSEA, nous permet de mieux comprendre la dose de violence et d’impunité consentie par l’État aux agriculteurs. La FNSEA a toujours eu un comportement ambigu ; d’un côté, elle attise la colère des agriculteurs, et de l’autre, elle se pose en médiatrice incontournable entre eux et l’État pour régler les crises à sa façon ; quitte à se faire huer par sa base comme ce fut le cas à Paris en septembre 2015 pour Xavier Beulin, homme d’affaires et capitaliste notoire(1) et président de ladite FNSEA.

    Dès sa fondation, en 1946, la FNSEA domine le paysage syndical. Par la suite, ni le MODEF(2) (d’orientation socialiste), ni le CNJA (centre national des jeunes agriculteurs) ne pourront sérieusement menacer le monopole de la FNSEA. Depuis le début, ce leadership convient parfaitement à l’État dont c’est l’unique interlocuteur. La France agricole de l’après-guerre vit une profonde mutation puisque en moins de vingt-cinq ans se met en place un modèle d’agriculture intensive qui fera de l’État français l’une des premières puissances agricoles d’Europe. La FNSEA a toujours soutenu cette orientation et, pour parvenir à ses fins, elle a, dès 1961, mis en œuvre l’emploi de la violence en organisant des manifestations particulièrement musclées dont les premières du genre se déroulèrent en Bretagne. Cette politique se révéla payante car les pouvoirs publics y cédèrent sur une série de revendications majeures.

    Dans les décennies suivantes, au gré des crises (surproduction, sécheresse, etc), caillassages de préfectures, blocus de gares, descentes dans les supermarchés, etc deviendront monnaie courante. Le paroxysme sera atteint en 1976, quand des viticulteurs en colère tueront un commandant de CRS à la carabine approvisionnée en munitions pour gros gibier et en blesseront 28 autres. L’enquête n’aboutira jamais, conformément à une tradition d’impunité solidement ancrée et qui resurgira avec les bonnets rouges .

    En 2013, la FDSEA(3), encouragée par son président, Thierry Merret, met en mouvement les légumiers de Bretagne mécontents des contraintes fiscales et administratives. Ils incendient le centre des impôts et les locaux de la MSA de Morlaix ; ils vont jusqu’à retarder l’arrivée des pompiers par un ballet de tracteurs et en leur déversant des tonnes d’artichauts sous les pieds. Ils ont droit alors aux plus vives félicitations de Thierry Merret (alors qu’au regard du droit, certains faits sont d’une extrême gravité). Trois jours plus tard, conjointement rédigé par le syndicat et la chambre d’agriculture de Bretagne, un communiqué hypocrite tout à la fois regrettait « le recours à des actions violentes » et les justifiait en affirmant que « La profession tout entière n’encourage pas à l’excès, mais elle ne sait plus comment se faire entendre afin que des mesures efficaces et rapides soient prises ! ». En fait, notre impression est qu’elle sait trop bien comment se faire entendre ! Malgré l’enquête, Thierry Merret ne sera pas inquiété et les forces de l’ordre feront mine de ne pas pouvoir identifier les auteurs des faits.

    A l’image de feu X. Beulin, les dirigeants FNSEA sont des notables souvent de droite, maires de leurs villages, administrateurs de coopératives, de la MSA et/ou du crédit agricole. Malgré que les manif’ organisées par la FNSEA aient causé des centaines de millions FF de dégâts, François Guillaume, après de bons et loyaux services (1979 à 1986) comme président de la FNSEA, devient ministre de l’agriculture sous Chirac, entre 1986 et 1988. Cette nomination est un signal clair en direction de la FNSEA et de ses méthodes. C’est une reconnaissance pure et simple, par l’État, de ses actions violentes ; pour le passé et l’avenir.

    Au fur et à mesure, la FNSEA s’est professionnalisée et aujourd’hui son expertise est appréciée jusqu’à Bruxelles. Elle est devenue une entreprise capitaliste plus soucieuse de ses parts de marchés et de ses profits que du monde agricole et des agriculteurs. Si les agriculteurs de la Fédération nationale des jeunes exploitants familiaux (FNJEF), liée au Modef, déclarent  : « Si le système ne fonctionne pas, il faut changer le système » et que la Confédération paysanne déclare que « les plans d’allégements des charges ne changent rien car on ne s’attaque pas aux racines du mal », nous savons qu’ils sont uniquement motivés par une volonté de s’assurer des privilèges. Si nous sommes d’accord sur le principe qu’il faut changer de système, nous ne sommes pas, pour autant, d’accord avec les objectifs corporatistes poursuivis par les différentes organisations d’agriculteurs.

    Adhérer à la FNSEA, c’est aussi bénéficier de réductions diverses, façon comité d’entreprise, avec la « carte moisson » (réductions pour matchs de foot, pour décathlon, etc), y compris chez… le grand ennemi (carrefour & co). Les fédérations encaissent, au passage, un pourcentage sur les ventes ; ce qui revient à pratiquer ce que la FNSEA, elle-même, dénonce, à savoir, les marges arrières. Bien entendu, les exploitants agricoles ne se doutent pas des rétrocessions au profit des FDSEA.

    Lors de la grande grève du lait de 2009, la FNSEA dénonce à grand fracas les marges exorbitantes de la grande distribution. La réalité est toute différente. Entre 2005 et 2009, la marge des transformateurs (mise en boîte du lait, fabricants de beurre ou yaourt) a beaucoup plus augmenté que celle des distributeurs. Selon le ministère de l’agriculture, sur le prix de vente au public d’une brique de lait, la grande distribution s’octroie 18 %, le producteur reçoit moins de 30 % et le transformateur en prend la moitié ! Or, ce qui est le « plus amusant », c’est que si, parmi ces transformateurs, il y a des industriels, il est à noter qu’il y a aussi de nombreuses coopératives tenues par des organisations membres de… la FNSEA ! Par exemple, la plus importante de France, la société SODIAAL, avait comme président de son conseil d’administration Damien Lacombe, fils d’un Raymond du même nom qui fut président de la FNSEA de 1986 à 1992 !…

    Ce double jeu ayant été éventé, nombre d’agriculteurs quittèrent la FNSEA et continuèrent à livrer leur lait à des coopératives laitières qui, en fait, adhèrent à la FNCL (Fédération nationale des coopératives laitières) qui n’est autre qu’une antenne de la FNSEA qui, à l’évidence, centralise le pouvoir. Ce mécontentement, palpable chez les producteurs, se traduisit par quelques déboires électoraux avec la perte, par exemple, du contrôle d’une chambre d’agriculture au profit de la coordination rurale. Cependant, le monopole de la FNSEA demeure solide ; d’autant plus que cette dernière sait se rendre indispensable sur le front juridique et bancaire. Beaucoup d’exploitants agricoles sont empêtrés dans des situations difficiles, criblés de dettes et de problèmes juridiques. Coincés, ils sont souvent obligés d’adhérer à la FNSEA malgré leur aversion car c’est elle qui octroie prêts et « facilités ». La baisse continuelle du nombre d’agriculteurs depuis un demi siècle est la preuve d’une politique délibérée d’asservissement et d’une guerre d’usure contre les petits paysans. La FDSEA n’hésite pas à les mobiliser contre leurs intérêts tout en les manœuvrant dans des actions spectaculaires afin d’entretenir chez eux l’illusion d’actions efficaces, sauf que l’efficacité est, en définitive, destinée à promouvoir une politique de grands propriétaires. La FNSEA est, également, bien implantée au niveau des commissions d’installation ce qui lui permet de favoriser ceux qui y adhèrent ; obligeant ceux qui souhaiteraient rester indépendants ou qui voudraient se tourner ailleurs, à la rejoindre.

    Le nombre d’exploitants agricoles ayant été divisé par quatre entre 1955 et 2015, il est aujourd’hui inférieur à 500 000. C’est là le résultat de la politique agricole menée par l’État et la FNSEA qui s’est faite au bénéfice des agriculteurs les plus riches, dirigeants ou membres importants de ce syndicat. Ces dirigeants sont les gagnants de cette politique car ils ont pu moyennant les aides du Crédit Agricole (où ils ont leurs entrées) agrandir leurs propriétés en rachetant les terres abandonnées par leurs anciens collègues et en même temps s’enrichir en profitant, en tant que notables, du formidable développement du système coopératif agricole. Le crédit agricole, au niveau bancaire, et les coopératives, au niveau de l’agro-industrie, sont des puissances économiques de premier ordre.

    Malgré les manifestations fréquentes et spectaculaires, il y a une profonde identité de vue entre l’État et la FNSEA sur un objectif à long terme, connu sous le terme de PAC et fixé par la loi de modernisation de l’agriculture française de 1962 : Bâtir une agro-industrie puissante, centralisée et fortement capitalisée. Si la FNSEA doit prendre quelques libertés avec les règles en chemin pour protéger et développer ce secteur, qu’elle les prenne. Les pouvoirs publics ferment les yeux. Dans une confusion des genres, Bernard Lannes de la Coordination rurale (proche de l’extrême-droite), concurrente de la FNSEA, dénonçait : « … la FNSEA [qui] organise des pseudo-manifestations pour râler contre des décisions prises en cogestion avec l’État ».

    @Anarchosyndicalisme ! n°158 / Mars - Avril 2018
    http://cntaittoulouse.lautre.net

    Notes :

    ₁ En 2011, Xavier Beulin soutenait la proposition de loi du sénateur Christian Demuynck (UMP) visant à transposer un règlement européen de 1994 destiné à protéger les obtentions végétales et dont la conséquence pour les agriculteurs est que, s’ils veulent ressemer leur propre récolte, ils doivent verser une « rémunération aux titulaires des certificats d’obtention végétale » que sont les semenciers. Xavier Beulin était non seulement à la tête de la FNSEA, mais dirigeait également le groupe Sofiproteol qui détient des participations dans plusieurs grands groupes semenciers français (Euralis Semences, Limagrain, RAGT Génétique, Serasem
    – groupe InVivo)

    ₂ Mouvement de défense des exploitant familiaux

    ₃ Fédération Départemental des Syndicats d’Exploitants Agricoles


  • Les manifs’ de la #FNSEA

    Manifester est un droit fondamental qui est gravé dans la déclaration des droits de l’Homme. En régime de démocratie représentative, les citoyens peuvent ainsi affirmer publiquement leur opposition ou leur soutien à des projets. Parce qu’il offre la possibilité à des groupes de personnes d’affirmer une volonté collective en dehors des instances légales, tous les pouvoirs ont de tout temps cherché à interdire ou a limiter fortement ce mode d’expression. En France, le droit de manifester est strictement encadré par la loi qui fixe les modalités et les limites de son usage. Si comme la constitution l’affirme tous les citoyens sont égaux devant la loi, l’État se devrait de traiter toutes les manifestations de la même façon, guidé par le principe d’égalité ; les forces de l’ordre devraient adopter des comportements identiques face à tous les manifestants. Pourtant, il n’aura échappé à personne, pas même à l’observateur le plus étourdi, qu’il n’en est rien et c’est enfoncer des portes ouvertes que de dire qu’en France les forces de l’ordre adoptent un comportement très différent en fonction du type de manifestants qu’elles ont en face d’elles.

    Quand il s’agit de manifestations de salariés exprimant leur opposition à des fermetures d’usine, à des projets de loi ou luttant pour améliorer leurs conditions de vie et de travail, elles ne manquent jamais, au moindre débordement (jets de canettes ou de pierres, dégradations quelconques), de faire preuve de la plus grande intransigeance : interventions musclées (jets de grenades lacrymogènes, matraquages) et interpellations brutales de manifestants qui seront condamnés par la suite à des peines de prison. Ce sont là des pratiques habituelles. Tout le monde se souvient de l’interpellation par la police de militants syndicalistes qui, pour s’être opposés à un plan social destructeur d’emplois et avoir déchiré la chemise d’un cadre de leur entreprise lors d’une bousculade, ont été condamnés à des amendes et à de la prison avec sursis.

    Quand il s’agit de manifestations s’opposant à la destruction de milieux naturels ou à des projets absurdes, elles sont féroces : les opposants de Sivens, de Bure, de Notre-Dame-des-Landes et d’ailleurs savent ce qu’il en coûte de s’opposer, même pacifiquement, à des décisions technocratiques destinées uniquement à satisfaire des intérêts privés. Pour les réprimer, les forces de l’ordre utilisent une débauche de moyens, tant humains que matériels. Clairement, l’objectif poursuivi est de, à la fois, instaurer l’effroi chez les opposants et d’empêcher un soutien massif de la population, en les faisant passer pour des délinquants. La conséquence de cette stratégie répressive est que, à chaque manifestation, il y a de nombreux blessés parmi les manifestants ; le comble de l’horreur ayant été atteint, encore une fois, avec le décès de Rémi Fraysse, victime d’un tir de grenade par un gendarme. Lors de ces manifestations, la police multiplie les interpellations et la justice, qui par ailleurs s’obstine à considérer la mort de Rémi Fraysse comme un simple accident, montre alors sa vraie nature en condamnant lourdement les interpellés : prison ferme pour des jets de canettes, des bris de vitrines ou de mobilier urbain. Les media font preuve, quant à eux, d’une belle complicité ; ils dénoncent les casseurs en attirant l’attention du public sur le coût pour la collectivité de leurs agissements.

    Pour les manifestations initiées par la FNSEA ou la Coordination Rurale, l’attitude des forces de l’ordre est, totalement différente. Dans la région toulousaine, nous avons vu des compagnies de gardes mobiles assister passivement au déchargement de bennes de purin et de fumier sur des lieux publics par quelques paysans surexcités et ne pas réagir quand ces mêmes paysans incendiaient des stocks de vieux pneus sur des voies de circulation, couvraient de merde les murs d’une préfecture, dégradaient du mobilier urbain, bloquaient des rocades, des carrefours, des voies ferrées, avec d’énormes tracteurs valant des dizaines de milliers d’euros, perturbant ainsi gravement l’activité économique de toute une région.

    Ainsi, ces représentants de l’État, prompts à sanctionner une petite vieille ayant laissé pisser son chien sur un trottoir, une voiture mal stationnée ou un jeune excité, font preuve d’un laxisme et d’une bienveillance remarquables à l’égard de gens qui causent au total des centaines de milliers voire des millions d’euros de dégâts. Le plus extraordinaire est que ces actions se répètent d’année en année, et que, de plus en plus, elles s’amplifient et durent de plus en plus longtemps (déjà 2 semaines en ce début 2018 en région toulousaine). Ici, l’État d’habitude si soucieux de se faire respecter laisse bafouer son autorité et son prestige. Étrangement, toutes ces actions délictueuses ne sont suivies d’aucune interpellation ni mise en accusation par la justice. La même presse, qui habituellement dénonce les grèves de fonctionnaires comme une prise en otage des français, fait mine de ne rien voir ou minimise les faits. Quant aux hommes politiques, sans doute soucieux de ne pas heurter l’électorat rural, ils apportent, de façon unanime, leur soutien aux revendications des agriculteurs casseurs.

    Cette différence de traitement de la part de L’État (pas d’illusions, les forces de l’ordre agissent selon les consignes reçues) méritent une explication. Les statistiques nous disent qu’il y a en France 452 000 exploitants agricoles dont le revenu moyen est de 25 200 €/an. Mais derrière ces chiffres se cachent des réalités très différentes : entre les producteurs de céréales exploitant de vastes domaines, les propriétaires viticoles de grands crus, les propriétaires de grands vergers… et le petit paysan vivant difficilement de ce que produit sa petite exploitation en montagne, il y a un abîme, le même qui sépare un grand patron de son salarié. Mais alors que patrons et salariés sont dans des syndicats différents, dont les objectifs sont en principe opposés, une majorité d’agriculteurs adhère à la FNSEA. Y cohabitent ainsi d’authentiques capitalistes, à la fois propriétaires de vastes domaines, administrateurs de coopératives agricoles ou d’entreprises diverses (crédit agricole, mutuelles, etc) et des petits propriétaires obligés de travailler comme des abrutis pour percevoir un revenu parfois inférieur au RSA ; le seul lien qui les réunit est l’amour infini de la propriété qui les amène à sacraliser la propriété de leur outil de production. Même pauvres, les adhérents de la FNSEA se considèrent avant tout comme des propriétaires et pensent que leurs intérêts sont opposés à ceux des non-propriétaires (les classes exploitées) et leur lutte, à l’évidence, n’est en aucune manière une remise en cause de l’ordre capitaliste existant.

    C’est bien parce qu’ils sont animés par ces sentiments que l’État fait preuve de tant de bienveillance à leur égard ; État qui est d’abord le garant de la propriété privée, de l’ordre établi et le protecteur des classes dirigeantes. Ainsi les adhérents du MEDEF ou de la FNSEA partagent le même penchant pour la richesse, souffrent de la même aliénation et donc des même névroses. Les gros tracteurs (pour l’achat desquels ils s’endettent lourdement) sont à la volonté de puissance des agriculteurs ce que les voitures de luxe sont à la richesse des patrons. A chaque manifestation, ils n’hésitent pas à s’exhiber sur leurs engins, tels des chevaliers sur leurs montures. C’est ce spectacle qu’un certain public urbain apprécie car, dans ce simulacre de défi lancé à l’État et aux forces de l’ordre, ils se présentent comme des révoltés et nombre de personnes sont dupes et les plaignent. En réalité, ce qui motive leurs actions est la recherche du profit, leur amour de l’argent les empêchant d’apprécier toute autre valeur. Les lobbys industriels, malgré qu’ils empoisonnent la planète au mépris de la vie des personnes (amiante, diesel, perturbateurs endocriniens, etc), se battent pour augmenter leurs bénéfices. De la même manière, les lobbys agricoles continuent de se battre pour pouvoir continuer à utiliser des méthodes et des produits aussi nocifs pour les gens que destructeurs pour les équilibres naturels (glyphosate, insecticides, élimination des grands prédateurs, etc). Imprégnés du culte de la propriété, les adhérents de la FNSEA ne se rendent même pas compte qu’ils sont les premières victimes des méthodes de l’agriculture industrielle ; c’est, en effet, parmi les exploitants agricoles qu’il y a une des plus fortes hausses de cancers et de maladies professionnelles. Si cet aveuglement les amène à se tromper d’ennemis, c’est parce que les cadres syndicaux de la FNSEA exercent un parfait contrôle sur leurs troupes. D’un côté, ils les laissent saccager des biens publics, de l’autre ils s’évertuent à les faire épargner les biens privés appartenant aux « exploiteurs » dont il est légitime de se demander si certains d’entre eux n’auraient pas des intérêts communs avec la FNSEA.

    Ainsi, nous avons vu, lors des précédentes manifestations de la FNSEA, des agriculteurs dévaster consciencieusement l’espace public, bloquer des axes de circulation et perturber gravement, pendant plusieurs jours, le quotidien de salariés qui ne sont en rien la cause de leurs problèmes. En revanche, dans les centres commerciaux situés juste à coté, la vie continuait paisiblement, comme si de rien n’était. Les agriculteurs, très respectueux de la propriété privée, n’ont rien entrepris contre ces magasins. Pourtant, ce sont bien ces mêmes enseignes qui, poussées par le jeu de la concurrence, rivalisent de ruses pour acheter toujours moins cher les produits des producteurs et les presser encore plus. D’ailleurs, Leclerc vient de délocaliser sa centrale d’achats en Belgique afin de contourner les récentes lois visant à limiter la pression que la grande distribution exerce sur les petits producteurs car la législation belge est, sur ces points, bien moins contraignante.

    @Anarchosyndicalisme ! n°158 / Mars - Avril 2018
    http://cntaittoulouse.lautre.net


  • Gros bonnets et bonnets rouges !

    La presse et autres « pro » de la « com » nous présentent toujours le salon de l’agriculture (et pas des #agriculteurs) comme un nec plus ultra ; un événement à ne pas manquer. Qu’à cela ne tienne, Président et présidentiables, ministres, élus et autres notables s’y précipitent ; être filmés, vus, applaudis, remarqués… et être sifflés ou hués, bien loin de les desservir, leur donne une aura de combativité. Tout cela aide la puissante #FNSEA à faire sa petite cuisine.

    Au-delà du salon et de la cuisine, que nous donne-t-on d’autre à voir ? Chambres (agricoles), bureaux ?… ou même étables, bergeries, vergers,… ? Eh, bien, non ! Ce sont leurs poubelles que les exploitants agricoles, bridés par les antennes de la puissante fédération, ont décidé de faire valoir : Bennes de fumiers, de purin, de végétaux invendus ou invendables, etc sont réservés à la population. Et, c’est sans doute motivés par un souci aigu de l’environnement (ou par désespoir ?) qu’ils brûlent des quantités de pneus qui dégagent des fumées extrêmement toxiques et polluantes pour protester contre ce qui leur semble injuste (et nous ne contestons pas le caractère injuste de ce que nombre d’entre eux vivent). Les journaux apprécient et en font leurs choux gras, en accord parfait avec l’ambition capitaliste de l’État et des gros propriétaires. Aucune critique ; ni sur les moyens ou la façon de les employer, ni sur le fond du problème.

    Il est vrai que la grande précarité de beaucoup d’agriculteurs les obligent à considérer leur situation à court terme et ne leur laisse pas trop le choix. Pourtant la baisse drastique du nombre d’agriculteurs, une hécatombe (nombre divisé par quatre en soixante ans environ), devrait les faire réfléchir ; sur leurs méthodes, certes, mais aussi sur leurs cibles et sur la puissante fédération nationale (divisée en FDSEA ou FRSEA) qui régit leur présent et détermine leur futur ; ainsi que sur l’efficacité réelle de leurs spectaculaires actions puisque la baisse ne s’arrête pas. Avec une moyenne de vint-cinq mille paysans par an mettant la clef sous la porte, l’hémorragie est devenue chronique.

    Dans le sud de la France, le délégué d’une FDSEA justifiait le recours à des méthodes musclées en déclarant que la solidarité de la population était essentielle et que leurs actions seraient d’autant plus efficaces que la solidarité serait effective. Grand étonnement de notre part. En effet, nous comprenons parfaitement que l’on nous parle de solidarité mais nous demandons quand même : Où étaient-ils ces exploitants agricoles (pas les gros bonnets, ceux qui triment) lorsqu’il fallait se mobiliser et agir contre la loi « El Khomri » du nom de la ministre qui a donné son nom à cette loi résolument anti-sociale ? Leur absence de solidarité en dit long. Les agriculteurs pauvres en colère semblent, dans une forte proportion, ne pas se rendre compte qu’ils sont instrumentalisés par la « fédé » et que s’il leur est permis de casser, vandaliser et perturber la vie de gens qui ne sont en rien coupables de ce qui leur arrive (lesquels sont souvent dans des situations similaires à la leur), c’est parce que, outre que leurs actions leur donnent l’illusion d’une radicalité et l’impression de faire le maximum, ils servent les intérêts de ceux-là mêmes qui les exploitent. Tant qu’ils n’ouvriront pas les yeux, ils seront, pour beaucoup d’entre eux, irrémédiablement condamnés à disparaître, à plus ou moins brève échéance.

    La solidarité est l’une des armes des exploités ; et, il est indispensable que les agriculteurs concernés – comme d’ailleurs les autres exploités – prennent du recul avec ceux qui s’octroient le droit de les représenter. Les agriculteurs ne pourront changer durablement leur situation, et dans un sens qui soit favorable à tous (à eux et à tous les exploités), qu’à l’unique condition d’acquérir une conscience de classe. Sans cela, sans avoir conscience de la lutte des classes qui se déroule, ils resteront isolés et à la merci d’un système qui rabote par le bas et se développe à leurs dépens. Il nous semble, donc, que les agriculteurs pourraient aller déverser leurs poubelles ailleurs et faire le ménage chez les profiteurs qui les incitent à, uniquement, penser et agir de façon corporatiste.

    #Edito d’@Anarchosyndicalisme ! n°158 / Mars - Avril 2018
    http://cntaittoulouse.lautre.net


  • Journal breton - saison 2 : Les #agriculteurs sous la pression de la #FNSEA
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/journal-breton-saison-2-910-les-agriculteurs-sous-pression-de-la-fnsea

    « On aura les moyens de vous faire rentrer dans les rangs. » Trois agriculteurs racontent comment les #coopératives et la FNSEA amènent les éleveurs à produire toujours plus et abandonnent ceux qui ne s’y résignent pas.

    A travers l’histoire de sa #vache Penn Gwenn, Christiane Pouliquen, ancienne productrice de #lait, raconte comment son activité a cessé lorsque la coopérative pour laquelle elle travaillait n’a plus trouvé rentable de venir chercher le lait des petits éleveurs laitiers.

    René Louail a critiqué l’utilisation d’#OGM par sa coopérative. En réponse, de manière insidieuse et pour le mettre en défaut, celle-ci a effectué cinquante et un contrôles qualité en un an sur son exploitation, au lieu de quatre habituellement.

    Marie raconte pourquoi, suite à la maladie de l’un de ses enfants, elle a décidé de quitter l’#agriculture_intensive et de se reconvertir à la biodynamie. Elle décrit les pressions et menaces qu’elle a alors subies de la part de la FNSEA et de ses voisins adhérents à ce syndicat.

    #confédération_paysanne #Pieds_sur_terre #audio #radio #Inès_Léraud #Bretagne


  • Articles de Reporterre sur la #cartographie des #cours_d'eau en cours :
    1. Lorène Lavocat et Fabrice Nicolino, La #FNSEA veut faire disparaître les petits cours d’eau de nos cartes , 28 février 2017 | https://reporterre.net/La-FNSEA-veut-faire-disparaitre-les-petits-cours-d-eau-de-nos-cartes

    2. Lorène Lavocat, Course contre la montre pour sauver les cours d’eau, 19 février 2018 | https://reporterre.net/Course-contre-la-montre-pour-sauver-les-cours-d-eau

    3. Lorène Lavocat, Des milliers de cours d’eau sont rayés de la carte de France, et s’ouvrent aux pesticides, 20 février 2018 |https://reporterre.net/Des-milliers-de-cours-d-eau-sont-rayes-de-la-carte-de-France-et-s-ouvren

    #préfectures #ddt #justice_administrative #pesticides #environnement #militantisme #droit #loi_sur_l'eau #eau #inventaire



  • Des cochons et des hommes
    https://lundi.am/FDSEA-porcs-et-reaction-fascisante-dans-le-Tarn-et-Garonne

    Un projet d’extension d’élevage industriel de porcs suscite indignation et colère à #Septfonds, dans le Tarn-et-Garonne. En effet, la préfecture vient d’autoriser le doublement de la taille d’une exploitation agricole qui produira annuellement 6500 porcs charcutiers... Or, celle-ci se situe à l’entrée de l’ancien #camp_de_concentration de Judes où ont été enfermés de 1939 à 1942 16000 soldats républicains anti-franquistes réfugiés de la guerre d’Espagne, et à 500 mètres du mémorial qui leur rend hommage. [...]

    Car la réaction, elle aussi, s’organise. Le 8 décembre dernier à Septfonds, une dizaine d’habitant.e.s tiennent un stand et font signer une pétition contre l’extension de la porcherie. Un groupe d’hommes les invective : “Maintenant, il va falloir dégager”, arrachent la banderole, déchirent les pétitions et font voler les tracts. Ils menacent d’une gifle une conseillère municipale retraitée. “Maintenant, ce n’est que de l’intimidation, si vous recommencez ce sera pire.” Ce sont Alain Iches, président de la #FDSEA du Tarn-et-Garonne et Jean-Paul Rivière, président de la #Chambre_d’Agriculture qui prononcent ces mots. Récemment, un #maraîcher_Bio opposé au projet, voisin de Mr Jean-Paul Rivière, a subi des mesures d’intimidation odieuses sur sa ferme : les jeunes arbustes d’un verger qu’il venait de planter ont été tout simplement coupés au sécateur.

    les #manche_de_pioche sont de sortie #FNSEA #industrie_porcine #agroindustrie #intimidation #impunité


  • Déjà 929 petits cours d’eau rayés des cartes - 27/12/2017 - ladepeche.fr
    https://www.ladepeche.fr/article/2017/12/27/2711963-deja-929-petits-cours-d-eau-rayes-des-cartes.html

    En Haute-Garonne la FNSEA se félicite d’avoir obtenu gain de cause sur la moitié des cours d’eau proposés par ses adhérents. L’enjeu est lourd de conséquence. « Car une fois qu’un cours d’eau est déclassé les agriculteurs ne sont plus tenus de maintenir une bande enherbée sur ses berges ; ni de respecter les zones de non-traitement à cinq mètres de chaque côté du cours », explique Christian Mazars, président de la FDSEA31.

    #environnement #eau #fnsea #agro-industrie #pollution

    https://www.ladepeche.fr/article/2017/12/27/2711959-un-recul-de-la-protection-de-la-nature.html

    Pour les défenseurs de l’environnement ce déclassement d’une partie des cours d’eau est incompatible avec les principes de la bonne conduite agricole et environnementale (BCAE) tels qu’ils ont été adoptés en avril 2015. Car cette redéfinition des cours d’eaux est moins disante que les dispositions de la BCAE alors même que la loi sur la biodiversité de 2016 interdit toute régression en matière de protection de l’environnement.

    Humour noir : ce recensement a été piloté par la direction départementale des territoires, DDT (ça ne s’invente pas).


  • La fabrique du #silence : les citoyens
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/journal-breton-saison-2-610-la-fabrique-du-silence-les-citoyens

    Dans cet épisode, Morgan Large, conseillère municipale de Glomel, Sébastien Le Cam, habitant de Glomel, et André Ollivro, militant associatif à Hillion, simples citoyens, racontent les pressions, menaces, et injonctions au silence qu’ils ont rencontrées lorsqu’ils ont voulu parler des #pollutions produites par le système #agroalimentaire breton.

    #agro-industrie #algues_vertes


  • UP Magazine - Bataille du glyphosate : les liens secrets entre la profession agricole et l’industrie des pesticides
    http://up-magazine.info/index.php?option=com_content&view=article&id=7153:bataille-du-glyphosa

    Pour le comprendre, prenons la direction de Landerneau, en Bretagne. C’est ici que siège Triskalia, la plus grande coopérative agricole de la région. Elle emploie 4800 salariés et fédère 16 000 agriculteurs adhérents, pour 280 sites en Bretagne. Son conseil d’administration est géré par des agriculteurs membres de la FNSEA [2]. En 2016, Triskalia a réalisé un chiffre d’affaires impressionnant, à hauteur de 1,9 milliards d’euros. « Ils vendent des aliments pour le bétail, du lait... mais quand on regarde les bilans annuels, l’activité la plus rentable est la vente de produits phytosanitaires » observe Serge Le Quéau, de l’union régionale Solidaires. La vente de pesticides constitue, avec l’alimentation destinée aux animaux d’élevage, le principal levier de profits de Triskalia, sans commune mesure avec ce que lui rapporte la commercialisation de véritables produits agricoles (lait, céréales, œufs...).

    La stratégie de la coopérative va donc se concentrer sur ce marché des produits chimiques : Triskalia s’appuie sur 120 techniciens spécialisés pour apporter des conseils aux agriculteurs adhérents.... tout en faisant la promotion des produits commercialisés par la coopérative. « Sur le terrain, des techniciens vont de ferme en ferme, vendre des semences de plus en plus productives mais aussi de plus en plus sensibles. Ils fournissent dans la foulée des produits chimiques, au lieu de faire de la prévention, et de proposer des méthodes alternatives », déplore René Louail, ancien conseiller régional Europe Écologie-Les Verts en Bretagne et membre du Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest. Cette pratique est commune à nombre de coopératives gérées par des représentants de la FNSEA. Interdire le glyphosate, c’est se priver de plusieurs centaines de millions d’euros de chiffre d’affaires.

    Les représentants de la FNSEA n’ont cessé de communiquer ces dernières semaines sur la non-dangerosité du glyphosate, s’appuyant entre autres sur l’avis de l’Anses, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation [4]. Pourtant, le syndicaliste Serge Le Quéau constate que nombre de paysans adhérents de Triskalia « ont parfaitement conscience que c’est une hécatombe ». « J’ai déjà entendu certains d’entre eux dire qu’il ne faut plus participer aux épandages. D’ailleurs ils sous-traitent l’épandage des pesticides à des entreprises spécialisées qui font faire le sale boulot à des intérimaires... » En parallèle, souligne le syndicaliste, « les représentants de la FNSEA font tout pour que la Mutualité sociale agricole ne reconnaisse pas les maladies qu’ont contractés les salariés. Ce serait ouvrir la boite de Pandore », note Serge Le Quéau.

    Dans le cadre du plan Ecophyto, un réseau de fermes (« Déphy ») a été créé avec pour mission de démontrer qu’il est possible de réduire sa consommation de pesticides sans que les fermes ne sombrent. Rotation des cultures, décalage des dates de semis, réduction des labours... Répondant à Bastamag en mars 2015, des céréaliers conventionnels confiaient utiliser entre 40 et 60 % de phytosanitaires en moins que leurs voisins, tout en modifiant progressivement leurs façons de travailler. Selon le ministère de l’Agriculture, 2800 exploitations agricoles sont à ce jour engagées volontairement dans une démarche de réduction de l’usage des pesticides. Eux ne se sont probablement pas « roulés dans la paille » avec la FNSEA.

    Pourquoi ces méthodes alternatives ne se généralisent-elles pas ? « Elles coûtent plus cher que le recours aux pesticides et cela va moins vite, souligne René Louail. Il est beaucoup plus facile et rapide de pulvériser un produit chimique pour se débarrasser des plantes indésirables que de le faire mécaniquement. « Les gros paysans qui ont racheté les terres de leurs voisins savent qu’ils vont avoir du mal à assumer physiquement autant d’hectares. »

    #Pesticides #Perturbateurs_endocriniens #Glyphosate #FNSEA


  • Lettre ouverte : Quand le rectorat de Dijon sert la soupe aux lobbys de tout poil... LGS - Sud Education Bourgogne

    Madame la Rectrice,

    Interpelé par nombre de collègues le syndicat Sud Education Bourgogne s’élève contre les messages pro-patronaux -pour ne pas dire propagandistes- envoyés dans le cadre de l’opération « Actions Ecole-Entreprise » par le Rectorat aux enseignants via leur adresse électronique professionnelle ou via l’intranet installé dans les établissements publics de l’Académie de Dijon.


    En effet, les enseignants de l’Académie de Dijon voient leur messagerie professionnelle polluée par des annonces publicitaires vantant les bienfaits -supposés- des partenariats public-privé sous couvert de « permettre aux collégiens et lycéens d’avoir une meilleure connaissance de l’environnement économique (...) et faciliter les choix d’orientation » (sic !).

    La fédération SUD Education a déjà dénoncé ces collusions et appelle le ministère à respecter l’indépendance et la neutralité du service public d’éducation. L’Ecole n’est pas une entreprise -ni même une annexe d’entreprise, et l’Education n’est pas une marchandise.

    Ces actions « Ecole-Entreprise » sont réellement des opérations de communication destinées à faire croire aux enfants dès le plus jeune âge que le monde du travail et les relations au sein de l’entreprise sont merveilleux ! Il suffit de lire votre brochure, Mme La Rectrice : l’action n°10-1 est un concours nommé ainsi « raconte-moi une entreprise et ses métiers ». S’agit-il d’un conte ? Que nenni ! Cette action est proposée par l’antenne régionale du Medef...

    A l’heure où le Medef s’arroge le droit de donner des leçons à l’institution scolaire avec cynisme qui plus est - si l’Ecole faisait son travail, j’aurais un travail - le Rectorat de Dijon ne trouve rien à redire au sujet de cette initiative et se fait le relais de la propagande du lobby présidé par M. Gattaz !

    Le syndicat Sud Education Bourgogne s’insurge contre cette situation. Sous prétexte de concours, les collégiens ou lycéens devront faire oeuvre utile avec « la réalisation d’un article de presse illustré d’une photo, valorisant une entreprise (...) ses produits ». Ainsi la conception patronale d’un article de presse est la « valorisation » de l’entreprise ! Quid du recul, de la réflexion et de l’esprit critique ?

    Autre lobbyiste acharné participant aux actions « Ecole/entreprise » la FNSEA via son antenne locale en Saône et Loire la FDSEA 71. Cette fédération d’exploitants agricoles productivistes, bien connue pour son respect de la nature et l’utilisation de produits dits « phytosanitaires » -en fait des produits chimiques toxiques- se propose d’intervenir directement dans les classes. (action n°17-1-71). Au sujet de l’agriculture pourquoi ne pas faire appel à la Confédération paysanne afin de donner un point de vue plus respectueux du bien commun et faire entendre des méthodes agricoles différentes ?

    Dans ce florilège propagandiste, le syndicat SUD EDUCATION BOURGOGNE ne peut pas passer sous silence le lobbying pro- militariste bien présent également, hélas. Il s’agit, ici, avec l’action n°21-1 proposée par l’Armée de l’air d’intervenir dans les lycées avec « diffusion d’un film commenté sur l’armée de l’air ». Sans commentaire.

    Le lobby de la « grande » distribution n’est pas oublié avec les enseignes championnes du travail précaire et des temps partiels imposés au salariat féminin notamment ; enseignes qui pourront dérouler tranquillement leurs vues dans au moins trois actions.

    Comme l’an passé ces « actions Ecole-entreprise » font la part belle aux syndicats patronaux les plus influents au sein du Medef. Ainsi, l’UIMM digne héritier du paternalisme des maîtres de Forge qui semble se spécialiser dans l’accueil touristique des enfants et adolescents en offrant généreusement des petits-déjeuners... Voir à ce sujet l’action n°13-3-71 intitulée « petit déjeuner industriel », ça ne s’invente pas, il suffit de lire ! L’UIMM qui ne chôme pas et organise pas moins de 7 « actions » !

    L’action n°26-2 a particulièrement retenu l’attention du syndicat SUD Education Bourgogne. Elle est proposée par l’association Finances et Pédagogies ! Le descriptif préconise l’ « utilisation de supports ludiques » afin de présenter le « fonctionnement d’une banque ». C’est vrai autant amuser les enfants et s’amuser pour expliquer le recours d’une banque à un huissier afin d’obtenir le recouvrement d’une dette, dette contractée par des salariés inconséquents !
    Ces quelques exemples non exhaustifs dévoilent sans fard l’orientation idéologique et économique d’obédience exclusivement libérale de ces actions Ecole/entreprise. On soulignera ici l’omniprésence de la doxa libérale et la quasi absence de points de vue hétérodoxes en matière économique. Comme l’an dernier le syndicat Sud Education Bourgogne note à nouveau l’absence de syndicats ouvriers dans cette journée de découverte. Pourquoi ?

    Notre syndicat estime qu’il est nécessaire de promouvoir les pratiques et valeurs coopératives d’entraide et de solidarité, entre collègues et entre élèves afin de construire ensemble une école polytechnique, égalitaire et émancipatrice.

    Beaucoup de collègues se font l’écho auprès de notre syndicat de leur incompréhension face à ces messages publicitaires qui ont à voir ni avec le métier d’enseignant ni avec la pédagogie. C’est la raison pour laquelle, Madame la Rectrice, le syndicat Sud Education Bourgogne réitère sa demande de bien vouloir informer nos collègues qui souhaitent ne plus être importunés par ces messages intrusifs de la procédure informatique à suivre afin de ne plus les recevoir.

    Dans l’attente de réponses précises – et puisque sauf erreur le courrier du 16 décembre 2016 est resté sans réponse aucune, nous vous informons que ce courrier sera communiqué sous forme de lettre ouverte.

    Veuillez agréer, Madame la Rectrice, l’expression des salutations distinguées de l’équipe du syndicat Sud Education Bourgogne.

    SUD Education Bourgogne,
    08 novembre 2017

    Sud éducation Bourgogne
    2 rue du parc
    71100 Chalon-sur-Saône
    sudeducbourgogne.org
    03 85 46 17 95

    Actions Ecole-Entreprise  : https://www.legrandsoir.info/IMG/pdf/catalogue-actions_e-e_71_17-18_821331.pdf

    Source : https://www.legrandsoir.info/lettre-ouverte-quand-le-rectorat-de-dijon-sert-la-soupe-aux-lobbys-de-

    #propagande #publicité #medef #fnsea #université #Ecole-Entreprise #lobby #armée #grande_distribution #banque #spam #mail #courriel #public_privé #PPP #soupe #rectorat #recteur
    Du joseph #goebbels


  • Les insectes disparaissent... mais un nouveau pesticide tueur d’abeilles va être commercialisé ! | Le Bon Sens
    https://le-bon-sens.com/2017/10/31/insectes-disparaissent-un-nouveau-pesticide-tueur-dabeilles-etre-commer

    Selon une étude publiée le 18 octobre dernier par la revue PlosOne,plus de 75% des insectes volants ont disparu au cours des 30 dernières années. Une disparition massive qui aurait également des impacts en cascade sur de nombreuses autres espèces, compte tenu de la place des insectes dans la chaîne alimentaire.

    Les chercheurs ayant mené cette étude se sont basés sur l’analyse de 63 aires protégées en Allemagne depuis 1989. Leurs chiffres rejoignent ceux obtenus par des chercheurs du CNRS en France, qui constatent par exemple une disparition de 85% de la population d’une espèce de carabidé (Poecilus cupreus) au cours des 23 dernières années sur une zone d’observation située dans les Deux-Sèvres.
    Les pesticides responsables ?

    En procédant par éliminations successives, les chercheurs se rejoignent sur un point : la cause la plus probable de disparition des populations d’insectes est l’utilisation de pesticides dans l’agriculture chimique.

    Pourtant, c’est au lendemain même de la publication par PlosOne de cette étude au long cours qu’a été autorisée la mise sur le marché d’un nouveau pesticide : le sulfoxaflor. Il s’agit, selon l’Union nationale de l’apiculture française (UNAF), d’un pesticide néonicotinoïde extrêmement dangereux pour les abeilles. Et lorsque les apiculteurs ont interrogé le cabinet du ministre de l’écologie, Nicolas Hulot, sur cette mise sur le marché, « ils ont eu l’air surpris, cette autorisation aurait été décidée dans leur dos », si l’on en croit les propos de Gilles Lanio, président de l’UNAF, rapportés par Le Monde.



  • Pourquoi la FNSEA est-elle accro au glyphosate ? - Basta !
    https://www.bastamag.net/Pourquoi-la-FNSEA-est-elle-accro-au-glyphosate#nb160-7

    Les représentants de la FNSEA n’ont cessé de communiquer ces dernières semaines sur la non-dangerosité du glyphosate, s’appuyant entre autres sur l’avis de l’Anses, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation [7]. Pourtant, le syndicaliste Serge Le Quéau constate que nombre de paysans adhérents de Triskalia « ont parfaitement conscience que c’est une hécatombe ». « J’ai déjà entendu certains d’entre eux dire qu’il ne faut plus participer aux épandages. D’ailleurs ils sous-traitent l’épandage des pesticides à des entreprises spécialisées qui font faire le sale boulot à des intérimaires... » En parallèle, souligne le syndicaliste, « les représentants de la FNSEA font tout pour que la Mutualité sociale agricole ne reconnaisse pas les maladies qu’ont contractés les salariés. Ce serait ouvrir la boite de Pandore », note Serge Le Quéau.

    #glyphosate #round_up #Monsanto #FNSEA


  • Pourquoi la FNSEA est-elle accro au glyphosate ? - Basta !
    http://www.bastamag.net/Pourquoi-la-FNSEA-est-elle-accro-au-glyphosate

    La Commission européenne vient de décider de reporter le vote sur le renouvellement de la licence du #glyphosate, une molécule présente dans de nombreux #herbicides, et considérée comme #cancérogène probable. Alors que de plus en plus d’agriculteurs français dénoncent une « hécatombe » provoquée par les cancers liés aux pesticides, le principal syndicat agricole, la #FNSEA, met tout en œuvre pour défendre l’usage du glyphosate, le plus longtemps possible, quitte à s’allier avec l’industrie des pesticides. Basta ! s’est penché sur les raisons d’une telle détermination, entre #business et #conflits_d’intérêts.


  • Pesticides, nitrates.... la qualité de l’eau française se dégrade encore et toujours - LCI
    http://www.lci.fr/societe/ufc-que-choisir-pesticides-nitrates-la-qualite-de-l-eau-robinet-se-degrade-encor

    La qualité de l’eau en France ne cesse de se détériorer. Les états généraux de l’alimentation qui se tiennent jusqu’au mois de novembre doivent théoriquement permettre d’aboutir à la construction d’un meilleur rapport de force entre gros industriels et petits producteurs. L’association de consommateurs UFC-Que choisir a profité de l’occasion pour lancer ce mardi 17 octobre une campagne d’alerte intitulée « S. Eau S », pour dénoncer les dérives de l’agriculture intensive. Toujours plus rare et polluée, l’eau des rivières et des nappes phréatiques est dans un « état calamiteux », a affirmé dans un rapport publié ce mardi l’l’UFC-Que Choisir, qui incrimine des « décennies d’#agriculture productiviste » et « l’inaction des pouvoirs publics ».

    #eaux #biens_communs


  • Sous pression des lobbys, le gouvernement renonce à interdire le #glyphosate - Observatoire des multinationales
    http://multinationales.org/Sous-pression-des-lobbys-le-gouvernement-renonce-a-interdire-le-gly


    La #FNSEA tue !

    Que s’est-il passé entre ces deux annonces ? Il y a d’abord eu la montée au créneau de la FNSEA, syndicat agricole majoritaire. Dans un communiqué, les représentants du syndicat relatent avoir été reçu le matin même par Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique et solidaire. Ce dernier avait confié deux jours plus tôt au journal Ouest France que « la justice et l’Histoire nous rattraperont » si rien n’est fait pour remédier au problème des pesticides [2]. La FNSEA estime de son côté « qu’il n’y a pas, à ce jour, de raisons scientifiques incontestables qui justifieraient son interdiction », malgré son classement comme cancérogène probable par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en mars 2015 et de nombreuses évaluations scientifiques qui démontrent le contraire. Une manifestation a même été organisée par la FNSEA le 22 septembre, sur les Champs-Élysées, contre l’interdiction du glyphosate !


  • Comment le Figaro et Ipsos volent au secours du #glyphosate
    http://www.lefigaro.fr/social/2017/09/25/20011-20170925ARTFIG00202-l-interdiction-du-glyphosate-en-france-finalement

    Baisse de rendement pour les agriculteurs

    L’enjeu est de taille pour la filière agricole. Le glyphosate est la molécule la plus utilisée en agriculture, et les agriculteurs la jugent indispensable pour « conserver l’excellence agricole française ». Ainsi, l’institut Ipsos a mené une étude auprès de 904 agriculteurs et table sur un manque à gagner de deux milliards d’euros. Le retrait du glyphosate « entraînerait une baisse de rendement et donc un retrait des exportations, notamment pour les céréales autour de 1,06 milliard d’euros pour le secteur des céréales auxquels il faut ajouter 900 millions d’euros pour la vigne », indique l’institut de sondage.

    #macronnerie
    #fnsea
    #ceta
    #cancers
    #la_mort_est_dans_le_pré


  • L’Etat supprime les aides au maintien de l’agriculture bio
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/09/22/l-etat-supprime-les-aides-au-maintien-de-l-agriculture-bio_5189584_3234.html

    En choisissant de ne plus soutenir les aides au maintien, l’Etat est en accord avec le syndicat agricole #FNSEA. « Il y a un arbitrage à faire entre aide à la conversion et aide au maintien. La priorité, c’est l’aide à la conversion. Pour l’aide au maintien, nous pensons que c’est au marché de prendre le relais », affirmait Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA, en juillet.

    #bio