• Bill Gates, un capitalisme philanthropique ? Entretien avec Radhika Desaï

    Bon mari ou pas ? Avant que sa vie privée soit étalée dans les médias, Bill Gates en était le héros.
    Dans ce récit médiatique, Gates, tout comme George Soros, reste l’exemple du « bon capitaliste » qui, fortune faite, consacre ses vieux jours à faire le bien autour de lui. Et si cette image-là était, elle aussi, complètement bidon ?
    L’analyste indienne Radhika Desaï explique en quoi sa stratégie covid et pharmaceutique en général ne fait aucun bien au tiers monde. Au contraire.

    Bill Gates semble très différent des néolibéraux traditionnels et de Trump, il apparaît comme le capitalisme à visage humain. Bien des gens sont satisfaits de voir que dans toute cette jungle, au moins Bill Gates fait un travail humanitaire essayant d’aider les gens. Est-ce réel ou encore de la cupidité ?

    Je pense que c’est de la cupidité sous couvert d’aider les gens. Vous savez, les profits ont toujours été réalisés au nom d’un plus grand bien. Dans une économie complètement néolibérale classique, vous avez un système capitaliste où les entreprises se font concurrence, mais le résultat final est, nous dit-on, le bien-être de la société. Parce que les consommateurs obtiennent ce qu’ils veulent et au prix le plus bas, etc. Dans un certain sens, l’intérêt général a toujours été la justification, en arrière-plan, du capitalisme.

    Cependant, c’est différent maintenant. Par le passé, dans la phase de libre concurrence du capitalisme classique au XIXe siècle, vers 1850, les capitalistes et l’État étaient censés être séparés. Ensuite, on a vu la taille des entreprises capitalistes augmenter et leur collaboration devenir de plus en plus étroite avec l’État. Ce que nous voyons maintenant, c’est, sans le dire ouvertement, l’exploitation ouverte de l’État à des fins de profits. Je pense qu’il en existe de nombreux modèles. Mais l’élément essentiel est que ces entreprises – sociétés pharmaceutiques ou liées à la santé ou aux services publics – prétendent travailler pour le bien-être général. Ici, s’agissant de nouveaux médicaments et de vaccins, le client final devient l’État et la chose est justifiée en disant que les gens en ont besoin, mais qu’ils n’ont pas les moyens de les acheter. Donc l’État doit les payer à leur place.
     
    Cependant, les gens les paient quand même ?
    Bien entendu, les gens les paient, car l’État les taxe ensuite afin de payer des prix excessivement élevés à ces grandes sociétés monopolistiques.
     
    Vous nous dites que l’activité actuelle de Bill Gates est le résultat d’un nouveau problème dans le système capitaliste ? Les gens n’ayant plus les moyens d’acheter il faut donc trouver de nouveaux clients ?
    Exactement. Si vous y réfléchissez, en remontant aux années 1970, le modèle d’État-providence de l’après-guerre est arrivé lorsque le capitalisme était en crise. Fondamentalement, le système productif avait atteint sa capacité maximum, mais la demande ne suivait pas, ne pouvait augmenter et il y eut une stagnation économique. Vous aviez alors deux façons d’en sortir. La solution du moindre effort aurait été d’exploiter le budget de l’État pour augmenter la demande, et répondre aux besoins non satisfaits des pays en développement. Vous auriez pu utiliser un moyen progressiste en augmentant la demande dans les pays développés, cela aurait résolu le problème et l’investissement productif. Mais cette voie n’a pas été prise.

    La voie qui a été empruntée fut le néolibéralisme. Vous désengagez l’État, vous coupez les dépenses sociales, vous ne visez plus le plein emploi, mais plutôt une faible inflation. Ceci a structurellement exacerbé le un problème sous-jacent qui persiste depuis cinquante ans : la surcapacité de production et la difficulté à vendre.

    Il y avait donc différentes façons de surmonter ce problème, mais le capitalisme a gagné du temps. D’abord en créant un endettement public, puis en créant de la dette privée. Maintenant que ces deux modèles sont un peu épuisés, où aller ? Eh bien, vous exploitez la fiscalité de l’État !
     
    Bill Gates serait une solution pour répondre à la crise ?
    Absolument. Pensez à cet « Événement 201 ». Le 18 octobre 2019, la Fondation Gates, l’école de santé publique Johns Hopkins Bloomberg et le Forum économique mondial ont organisé conjointement un événement à New York : une simulation d’épidémie de coronavirus. On a invité des personnes très influentes : ministres, anciens ministres, hauts fonctionnaires, grands PDG, organisations philanthropiques et l’armée. Ces divers intervenants ont réfléchi à la solution que pouvait adopter la communauté internationale pour réagir face à une telle crise. Évidemment, vous et moi savons que chaque fois que quelqu’un utilise le terme « communauté internationale », il représente les principales nations libérales de l’Occident, et tous ceux qui sont d’accord avec elles.

    Le scénario qu’ils avaient imaginé est très révélateur… L’économie mondiale est au plus bas et ruinée, la santé des gens est menacée, la pandémie a fait soixante-cinq millions de morts dans le monde, beaucoup de choses ne vont pas ici et là, les entreprises privées doivent se redresser en collaboration avec l’État. Mais pour eux, rien ne va vraiment très mal, ils n’ont pas conscience du type de fracture qui vient de se produire. De toute façon, leur idée dans ce scénario hypothétique est que l’État doit collaborer avec les entreprises privées pour fournir des solutions. Autrement dit, ce genre de catastrophes deviendra désormais la bonne raison permettant au secteur privé de fournir à l’État les biens dont le peuple et la société ont besoin et d’en tirer des bénéfices. Parce que le problème de la demande insuffisante reste très important. La vraie question est donc comment créer de la demande. Eh bien, une façon simple de créer de la demande sera tout simplement de vendre à l’État qui ensuite taxera les gens. Vous savez que dans l’économie néoclassique, on nous dit que nos besoins sont satisfaits en exerçant notre choix, eh bien, maintenant, dans cette période de pandémie nous n’aurons plus le choix !
     
    Dès que vous parlez de Bill Gates sur Internet, ce que j’ai fait à plusieurs reprises dans mes émissions Michel Midi, eh bien, dans les dix secondes, quelqu’un lance : « Bill Gates utilise les vaccins pour éliminer une partie des pauvres ». Pensez-vous que cette théorie du complot se trompe de débat ?
    Oui. Je n’ai aucun doute que Bill Gates est probablement assez malthusien, comme, je pense, la plupart des riches. Historiquement le meilleur moyen de blâmer les pauvres pour leur misère des pauvres, a toujours été de dire qu’ils sont trop nombreux, n’est-ce pas ? Si vous voyez ne serait-ce qu’un pauvre dans un contexte de riches, il est de trop, il ne devrait même pas être présent. Cela a toujours été ainsi et je ne doute pas que Bill Gates est un malthusien tranquille, qui pense que le monde irait mieux avec seulement la moitié de sa population.

    Quoi qu’il en soit, je ne pense pas qu’il se soucie vraiment du bien-être du monde, que ce soit avec plus ou avec moins de population. Ce qui lui importe, c’est comment créer plus de possibilités de profit. Tous les écrits sur Bill Gates et son organisation, basés sur des recherches sérieuses, le confirment : Bill Gates n’est plus un homme d’affaires, il tente aujourd’hui de résoudre le problème de la demande pour les grandes entreprises. Sa Bill and Melinda Gates Foundation et d’autres semblables réunissent PDG et gouvernements, ils concluent des accords entre eux et c’est ainsi que les entreprises vont survivre.

    Marx et Engels avaient estimé que la montée du capitalisme industriel éliminerait les effets du passé féodal comme le propriétaire foncier et le prêt d’argent, ainsi ces formes d’intérêts rentiers seraient supprimés une fois pour toutes. En réalité l’intérêt rentier renaît sous une forme beaucoup plus large et puissante, l’intérêt des rentiers est maintenant devenu le grand levier sous lequel nous vivons. Il prive notre économie productive de tout son pouvoir, il l’utilise simplement, vous savez, comme un parasite installé sur son hôte. Et dans ce scénario, bien sûr, le parasite tue l’hôte.
     
    Mon ami Johan Hoebeke m’explique que chaque fois que Bill Gates donne de l’argent, il prépare en fait de futurs investissements…
    Exactement. Comme Ronald Reagan aimait à le dire : « Un déjeuner gratuit, ça n’existe pas ». Vous pensez qu’il vous donne quelque chose pour rien, mais en fait cela prépare le profit futur. Il est remarquable de voir à quel point l’ancienne règle de droit selon laquelle les transactions devraient être exemptes de conflits d’intérêts a tout à fait disparu. Aujourd’hui, ils font ces études où ils classent les pays, en particulier ceux du tiers monde, en fonction de leur corruption. Mais la seule différence entre un pays du tiers monde et un pays comme les États-Unis ou le Canada est qu’ici la corruption est ouvertement légale. Il est parfaitement légal pour Bill Gates de rencontrer Trudeau ou Trump ou Boris Johnson, et de conclure un accord avec eux. C’est de la pure corruption, mais tout le monde l’accepte. L’organisation Transparency International ne considère pas le Royaume-Uni comme un des pays les plus corrompus du monde, c’est pourtant la réalité que nous vivons.
     
    Examinons l’activité concrète de Bill Gates, il dit qu’il fait de l’humanitaire contre la faim dans le monde, il est dans la finance et dans les entreprises pharmaceutiques, les vaccins, dans la santé en général…
    Le modèle que Bill Gates voudrait imposer à tous les pays, c’est essentiellement la médecine intensive en capital : tous les dollars doivent être disponibles pour les firmes des soins de santé : que ce soit dans un système public ou privé, ça n’a pas d’importance.
     
    C’est un grand marché !
    Les dollars disponibles pour les soins de santé devraient aller à l’achat de ces médicaments très chers et à ce matériel médical sophistiqué : donc aux intérêts privés. Le but n’est pas de produire une meilleure santé, mais de créer un marché pour les produits de ces entreprises. Qu’elles construisent des hôpitaux, dirigent des hôpitaux, fournissent des hôpitaux, cela n’a pas d’importance.
     
    Cet énorme nouveau marché, c’est une grande partie du budget des États…
    Exactement. Sous couvert de l’argument du bien-être. Par exemple, nous le savons tous, les États-Unis ont un système de santé privé. Vous devez acheter les soins de santé dont vous avez besoin, mais par le biais d’une compagnie d’assurance qui fait ensuite plus d’argent sur vous, c’est son business… Les États-Unis sont ceux qui dépensent le plus de capital pour sur la santé et ils sont parmi ceux qui ont les pires résultats et des résultats très moyens pour le segment inférieur de la population. Aux USA, vous trouvez souvent des conditions de santé du tiers monde. Des pays pauvres comme Cuba et le Vietnam ont de meilleurs résultats pour la santé.

    Donc, l’accent mis sur la médecine intensive de capital, la médecine lucrative, signifie que les résultats pour la santé sont mauvais. Je veux dire qu’un système de santé publique est vraiment nécessaire. Tout au long de la période néolibérale, nous avons réduit le personnel formé et embauché de plus en plus de personnel non formé. Cela signifie que nous n’avons pas les ressources humaines vraiment nécessaires pour produire de bons soins de santé, car ce n’est pas le modèle proposé par Bill Gates.

    Prenez la pandémie actuelle, voyez la très forte différence avec les pays qui ont bien réagi : la Chine, Cuba, le Vietnam, l’État indien du Kerala, etc. Ils ont investi dans une véritable épidémiologie à grande échelle : dès que vous apprenez qu’il y a un cas, alors un important personnel formé se rend sur place, va tracer ses contacts, les isoler et aussi soutenir ces gens ! Parce que si vous vous contentez d’enfermer quelqu’un, alors il va essayer de trouver une issue. Mais si vous dites : « Regardez, nous avons besoin que vous soyez loin de votre famille, de votre travail pour un nombre x de jours, mais nous vous traiterons et nous veillerons à ce que votre famille ne souffre pas des conséquences économiques de votre absence », alors, les gens le feront volontiers, n’est-ce pas ?
     
    Vous voulez dire que la clé est une médecine sociale ?
    Exactement. Une véritable épidémiologie à grande échelle, ça commence par des équipes qui doivent se déplacer, parfois à pied, pour trouver ces personnes. Aujourd’hui, nous n’avons absolument pas la médecine à forte intensité de travail social dont nous avons besoin. À la place, nous avons cette médecine intensive capitaliste antisociale.
     
    Bill Gates affirme aussi lutter contre la faim…
    Les organismes génétiquement modifiés (OGM) et toutes ces autres cultures à forte intensité de capital dont Bill Gates et d’autres font la promotion partout dans le monde, cela mène en fait, dans des pays comme l’Inde, à des suicides d’agriculteurs. Parce que les agriculteurs sont incités à adopter ces techniques, ils en deviennent dépendants, elles sont très chères. Mais vous savez que les prix des matières premières fluctuent beaucoup et que les agriculteurs s’endettent. Et, contrairement aux gens qui nous ont fait plonger durant la crise financière de 2008, ces pauvres agriculteurs, eux, assument la responsabilité personnelle de pour leurs dettes qui très souvent causent leur suicide. Et puis, avec ces horribles produits chimiques, en les ingérant, c’est souvent ainsi qu’ils meurent. Donc, ce type d’agriculture que Bill Gates promeut n’arrête pas la faim, il va l’augmenter, car il supprime nos cultivateurs.
     
    Bill Gates est aussi intervenu dans la finance avec le « micro-crédit »…
    La finance, c’est très intéressant. Au début des années 2000, Muhammad Yunus est devenu très célèbre avec ces microprêts, ce microcrédit… Ce qu’ils ont appelé « inclusion financière » est vraiment un moyen de ramener principalement les plus pauvres des pauvres et leurs maigres revenus dans le filet de la dette. Là où les grands capitalistes peuvent profiter de ces maigres revenus pour réaliser un profit. Car, en leur accordant un petit prêt, ils font un profit. Il n’y a pas eu d’inclusion financière. Cela a permis à Bill Gates de promouvoir cette grande catastrophe de démonétisation…
     
    En novembre 2016, le Premier ministre Modi est passé à la télévision en déclarant que tous les billets, sauf les plus petites coupures, étaient « démonétisés » avec seulement quatre heures de préavis. On ne pouvait plus payer avec eux, il fallait les apporter à la banque. Cela a conduit à des jours de chaos dans un pays où la moitié de la population n’a même pas de compte bancaire et où 90 % des paiements sont effectués en espèces.
    Ce sont en fait des moyens de piéger les agriculteurs à bas revenus pour les mettre dans le filet des grandes institutions financières.
     
    La montée de ce nouveau type de capitalisme, est-ce un signe que les temps sont très difficiles pour les néolibéraux traditionnels ?
    Je pense que oui, en fait. Vous avez mentionné les théories du complot, j’ai des amis enclins à croire certaines d’entre elles, je ne doute pas que leurs raisons soient très correctes, en tout cas, ils pensent que cette réaction à la pandémie est excessive, que c’est juste une excuse pour que l’État augmente son contrôle et sa surveillance sur nous tous. Et là, je ne doute pas que les États du monde entier en profitent pour le faire. Là où mon avis diffère du leur, c’est que les forces du grand capital, les politiciens qui sont dans leurs poches et l’État feront tout pour promouvoir les résultats qui leur sont favorables. Pour promouvoir ce modèle que j’appelle le capitalisme pseudo-philanthropique ou le néolibéralisme.
     
    Y parviendront-ils ?
    C’est loin d’être garanti. Parce que les choses se sont vraiment dégradées partout. Dans cette pandémie, personne n’écrit ce scénario. Les États-Unis sont aujourd’hui devenus ingouvernables en partie à cause de la nature de la réponse à la pandémie.
     
    Pourquoi les économies néolibérales se sont-elles écroulées de cette façon en devant fermer leurs entreprises ?
    La raison est très simple : au cours des quarante dernières années, la capacité de leur système de santé publique à faire face à tout cela a été complètement mise de côté en faveur d’une médecine intensive en capital. Et aussi parce que la capacité de l’État a disparu. Lorsque la Chine a été confrontée à la pandémie, son État avait suffisamment de capacité pour mobiliser : confinement de Wuhan, confinement du Hubei, création d’infrastructures comme les hôpitaux supplémentaires. Traitement du problème de manière décisive et rapide.
     
    En Occident, nous n’avons pas cela. Et nous avons un autre problème, constaté avec l’élection de Trump et de Johnson. Madame Merkel s’en est bien sortie, mais auparavant, comme vous le savez, elle avait également perdu une partie de sa légitimité politique avec une crise gouvernementale. Mais face au virus, l’Allemagne a connu une meilleure situation, car elle a conservé une grande partie de sa capacité à faire une médecine publique… Presque toutes les autres sociétés occidentales ont dû subir cette déchéance, car elles n’avaient pas la capacité de faire autrement. Alors elles ont dû utiliser un gros marteau au lieu d’un très fin scalpel. Quoi qu’il en soit, ce scénario n’est sous le contrôle de personne, car le capitalisme néolibéral est en crise. Alors les gens diront : « Nous aurons une autre forme de capitalisme », mais je dis, non, le capitalisme néolibéral est la seule forme de capitalisme possible en ce moment. Tout le reste sera le début d’un « non-capitalisme ». Du socialisme, j’espère ! Bien que vous pourriez avoir d’autres formes…
     
    En fait, tout le monde est maintenant socialiste en Europe ! Tout le monde dit : « Vive l’État, la fonction publique, les travailleurs ! »
    Oui. Mais ces voix qui semblent très socialistes se divisent en deux. La plus grande partie se lancera dans un capitalisme pseudo-philanthropique. Donc en collaboration avec les grandes sociétés privées. En fin de compte, nous le paierons, pour des produits de valeur douteuse et les énormes profits que les capitalistes en tireront.

    Seul un très petit nombre parlera autrement. Nous devons avoir des instruments politiques populaires au pouvoir, qui réalisent ce que le capitalisme n’est plus capable de faire. Premièrement, sauver la société de la pandémie. Deuxièmement, mettre en place une société différente. Tout le monde sait que l’ancien modèle n’est plus légitime. La pandémie l’a montré, tout le monde le sait : nous ne pouvons pas revenir à ce vieux capitalisme néolibéral, car c’est l’inégalité, le racisme, le sexisme, il n’a pas généré de bons emplois du tout, il a généré des emplois de merde pour les personnes marginalisées, etc.

    Il est clair aujourd’hui que le néolibéralisme sape le système de santé. Dans ce contexte, le capitalisme doit être pseudo-philanthropique : « Nous allons résoudre tous ces problèmes, nous allons vous donner une nouvelle forme de capitalisme ». Mais en réalité, ce sera juste une nouvelle forme de néolibéralisme : une forme de capitalisme avec un équilibre politique entre les mains du capital des entreprises privées. Lesquelles vont utiliser tous les moyens possibles – principalement ceux de l’État – pour augmenter leurs bénéfices. C’est là que le capital veut nous emmener…
     
    Et pour s’y opposer ?
    La seule façon de s’y opposer réside dans les forces politiques. Elles peuvent être initialement petites, mais je pense qu’elles peuvent aussi grandir très rapidement. Des forces politiques qui comprennent qu’il ne faut pas perpétuer les anciennes conditions. Vous ne devez pas abandonner le pouvoir aux grandes sociétés. Comprenez que ces sociétés sont si grandes et si lucratives qu’elles ont conquis des secteurs de la société qui sont des monopoles naturels. Si vous fournissez de l’électricité, de l’eau, des services de santé, des transports, si vous exploitez des ressources naturelles, ce sont tous des monopoles naturels : ne doivent-ils pas être entre les mains du public ? Aujourd’hui, nous avons une capacité sans précédent à gérer toutes ces choses grâce à la sophistication des technologies de l’information et de la communication. En réalité, toutes ces grandes entreprises sont déjà des économies géantes planifiées.
     
    « Planifiées » ! Un gros mot, nous dit-on… Pensez-vous que la seule raison pour laquelle la majorité des gens ne veulent pas passer du capitalisme à une autre société, c’est parce que les capitalistes ont réussi à les convaincre qu’il n’y a pas d’alternative ?
    Oui. Eh bien, aujourd’hui, je ne suis plus sûr que les gens croient qu’il n’y a pas d’alternative. Au Canada par exemple, un sondage récent montre que la population penche de plus en plus vers des choses ouvertement socialistes. Y compris la propriété publique des monopoles.
     
    La Fondation Bill Gates n’est pas la première dans l’histoire du capitalisme US. Celles de Rockefeller, Ford et Carnegie ont déjà joué un rôle important dans le capitalisme ?
    Absolument. Le théoricien marxiste italien Gramsci a décrit à quel point le constructeur Henry Ford avait essayé de contrôler la vie de ses travailleurs jusqu’à leurs types de divertissements. Les capitalistes ont toujours été intéressés à façonner la société. Oui, ces fondations ont toujours joué un très grand rôle dans tous les pays. Mais aux États-Unis, c’est une très forte tradition. Dans ce soi-disant modèle philanthropique, la philanthropie devient simplement un moyen pour les entreprises capitalistes de modeler les sociétés comme ils le souhaitent. Oui, c’est une longue tradition, contrôlée aujourd’hui par des sociétés plus grandes que jamais. Leur pouvoir sur les gens est encore plus important. Les sociétés sont devenues si puissantes qu’elles dominent les gouvernements.
     
    La Fondation Bill Gates a quelque chose de plus. C’est encore un pas supplémentaire par rapport aux fondations précédentes et son rôle est beaucoup plus large.
    Oui. Son rôle est beaucoup plus important à cause de la faiblesse du capitalisme. Il ne survivra que si la Fondation Bill Gates et d’autres semblables réussissent à créer une sorte de capitalisme philanthropique. Bill Gates est plus important que les fondations des Rockefeller et des Ford. À leur époque, le capitalisme en était encore à une phase relativement expansive, il était encore productivement dynamique. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.
     
    Les médias européens défendent très fortement Bill Gates, tout comme George Soros. Ils mettent en avant la fameuse théorie du complot « Bill Gates veut éliminer une partie de l’humanité ». Mais ainsi ils cachent le rôle essentiel de Bill Gates, pas du tout philanthrope. Pourquoi ce silence ?
    Quelque chose de très décisif s’est produit au cours des cent cinquante dernières années pour les classes intellectuelles et professionnelles dont les médias sont un élément très important. Ces classes ont perdu leur sens moral, leur sens politique. Il fut un temps où être intellectuel c’était être de gauche ; aujourd’hui, c’est loin d’être le cas. Tous les partis ont été repris par les classes moyennes professionnelles. Cependant, celles-ci ont déplacé les partis de droite vers la droite, mais elles n’ont pas déplacé les partis de gauche vers la gauche, mais bien également vers la droite. Les phénomènes Blair, Schröder, Bill Clinton, etc. Leurs actions suivent fondamentalement leurs intérêts économiques. Ces classes moyennes professionnelles de droite et de gauche forment maintenant un seul establishment et c’est pourquoi ce mécontentement contre tant de décennies de néolibéralisme a – jusqu’à présent en tout cas – été capitalisé par des forces différentes. Trump et Johnson sont venus d’ailleurs.

    La classe moyenne a perdu son sens critique. C’est pourquoi tous ces médias stéréotypés et mous utilisent l’expression « théorie du complot » et la lancent à quiconque pose simplement des questions. Où est passé notre droit de poser des questions ?
     
    Pour conclure, que suggérez-vous aux progressistes pour lutter contre les illusions sur Bill Gates ?
    => Le plus important est d’être en contact avec les gens ordinaires. Marx et Engels et d’autres intellectuels de la Deuxième Internationale ne se sont pas contentés de faire des déclarations incendiaires sur la classe ouvrière, non, ils ont travaillé avec la classe ouvrière. Je pense que nous devons nous reconnecter avec le mouvement des travailleurs. Y compris les plus marginalisés, car les syndicats dans la plupart des pays sont aussi devenus des organisations relativement élitistes. Nous devons donc aller au-devant des citoyens ordinaires et soutenir intellectuellement leurs mouvements. Je pense que c’est l’élément clé.

    Quand Marx et Engels écrivaient, il n’y avait en fait pas de partis au sens où nous l’entendons aujourd’hui. Quand ils utilisaient le mot « parti », ils se référaient aux courants intellectuels. En tout cas, pour notre courant intellectuel, nous devons nous démarquer clairement de ces discours qui préparent le terrain au capitalisme pseudo-philanthropique. La clé, c’est de briser le fonctionnement de ces sociétés en « autorégulation » ; nous devons les remettre sous réglementation. Et surtout reparler de choses comme la propriété publique. Reparler du contrôle des capitaux, reparler de l’appropriation par l’État de tout le système financier. L’argent est une fonction d’État, il n’y a absolument pas besoin d’avoir un secteur financier privé. Ou alors il doit être si fortement réglementé qu’il devra se comporter comme un instrument public.

    Permettez-moi d’exposer une autre idée sur laquelle je vais probablement écrire. La gauche a également eu son propre néolibéralisme. Avec deux facteurs très importants.
    1. Un scepticisme total sur la planification et le contrôle de l’État.
    2. Un scepticisme complet sur les partis. Au lieu de planifier, on répand aujourd’hui l’idée que nous allons créer une sorte d’économie décentralisée de coopératives et de petits travailleurs collectifs sans planification globale. C’est justement ce que Marx critiquait dans le travail de Proudhon. Nous devons rejeter ce proudhonisme et l’idée qu’une économie moderne pourrait se passer de planification. Non, la planification est toujours nécessaire. Oui, vous pouvez la rendre démocratique, vous pouvez la décentraliser, vous pouvez faire toutes ces choses merveilleuses, mais il doit y avoir une sorte de planification globale !

    La deuxième illusion est que nous n’aurions pas besoin de partis. Non, nous devons avoir des partis. Encore une fois, ils peuvent être plus démocratiques, ils peuvent être responsables devant la base, etc. Mais sans une force politique capable de contrer tout ce dont dispose la classe capitaliste avec l’État, sans un instrument pour rompre ce lien et réorganiser massivement l’État en quelque chose de complètement différent, en serviteur du peuple, nous n’irons pas très loin.

    Voilà ce que nous devons garder à l’esprit pour sortir de ce terrible gâchis.

    Michel Collon & Radhika Desai . Professeure de politique à l’université de Manitoba au Canada. Auteure de Geopolitical Economy : After US Hegemony et de Globalization and Empire.
    Extrait du tome 2 de Planète malade de Michel Collon. Le tome 1 analyse d’autres aspects de Bill Gates.

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    Source : https://www.investigaction.net/fr/bill-gates-un-capitalisme-philanthropique-entretien-avec-radhika-des

  • Bill Gates finance le lobby des « nouveaux OGM » en Europe Source : Marie Astier et Magali Reinert pour Reporterre

    Reporterre révèle aujourd’hui que la Fondation Bill et Melinda Gates a versé 1,3 million d’euros pour exercer des pressions sur la Commission européenne. L’enjeu : contourner une décision de la Cour de justice européenne sur les « nouveaux OGM ». Nous détaillons les ruses et méthodes de ce lobbying, en partenariat avec plusieurs journaux européens.

    Des échanges intenses avec la Commission européenne — discussions, événements « scientifiques » —, une ribambelle de nouvelles task forces et autres groupes de travail... et, surtout, 1,5 million de dollars (1,3 million d’euros) https://www.gatesfoundation.org/about/committed-grants?q=genome%20editing déboursé par le milliardaire américain Bill Gates. Le lobbying en faveur des « nouveaux OGM » ou organismes issus des « nouvelles techniques d’édition du génome » préfèrent dire leurs défenseurs — vrombit au cœur des instances de l’Union européenne. Les grandes firmes de l’agrochimie et certains chercheurs en biotechnologies cherchent ardemment à faire échapper à la réglementation sur les OGM ces organismes obtenus par les nouvelles techniques biotechnologiques.

    Reporterre analyse la mécanique de ce lobbying aussi discret qu’efficace grâce à un ensemble de documents dévoilés aujourd’hui par l’association Corporate Europe Observatory (CEO) https://crisprfiles.corporateeurope.org/s/XAtCx2fStSF4STb . Celle-ci les a obtenus via des procédures officielles déposées auprès de la Commission européenne et des gouvernements belge et allemand en s’appuyant sur les lois de transparence et de liberté de l’information. L’ONG les a intitulés les « Crispr files » , du nom de la désormais célèbre méthode d’édition du génome, Crispr-Cas9 [1] et en publie une analyse détaillée ici. Reporterre , ainsi que d’autres médias européens dont Der Spiegel en Allemagne, La Libre Belgique, El Diario en Espagne, Domani en Italie et EU Observer, a eu accès à ces « Crispr files » en avant-première.

    On y apprend que, afin de peser sur le processus de décision politique, Bill Gates, via sa Fondation Bill et Melinda Gates, a versé une forte somme — 1,3 million d’euros — « pour un dialogue avec un large éventail de parties prenantes européennes sur l’édition du génome » à Re-Imagine Europa https://reimagine-europa.eu , un groupe de réflexion européen créé en 2018 par Valéry Giscard d’Estaing. Quelques mois après ce chèque, l’organisation a créé un groupe de travail ad hoc, « la task force sur l’agriculture durable et l’innovation » https://reimagine-europa.eu/re-imagine-europa-announces-task-force-on-sustainable-agriculture-a , présidé par un ancien commissaire à la Recherche et à l’Innovation, Carlos Moedas. Son objectif avoué : « Travailler sur la façon dont les nouvelles technologies pourraient nous aider à réaliser cette vision d’un nouveau système agricole plus durable. » Mais surtout agir au sein des institutions européennes pour que la réglementation stricte sur les OGM ne s’applique pas, ou beaucoup plus légèrement, sur ces nouvelles technologies.

    La suite : https://reporterre.net/Bill-Gates-finance-le-lobby-des-nouveaux-OGM-en-Europe

    Notes
    [1] Les « ciseaux génétiques » Crispr-Cas9 permettent d’intervenir sur l’ADN de manière chirurgicale.
    [2] « Une centaine d’OGM et/ou leurs produits dérivés sont autorisés pour l’importation et l’utilisation en alimentation humaine et animale », indique précisément le site du ministère de l’Agriculture.
    [3] Plus précisément, la lettre est adressée à l’association européenne Epso (European Plant Science Association) qui a relayé la tribune envoyée par EU-Sage

    Photos : 
. chapô : Bill Gates en 2018 à Bruxelles. © JOHN THYS / AFP
. En croisant données satellitaires, biomasses, algorithme, l’outil Atfarm de Yara Digital Farming entend aider les agriculteurs à épandre et moduler leurs apports d’engrais azotés avec la plus grande précision. Capture d’écran d’une vidéo promotionnelle.
. Crispr-Cas9. National Human Genome Research Institute /Ernesto del Aguila III, NHGRI / Flickr

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  • Bill Gates : L’incroyable arnaque derrière sa fondation - Le Média –YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=Dqzt6yAmdDE

    Le journaliste Lionel Astruc a enquêté sur la fondation de l’ex-patron de Microsoft, Bill Gates, l’un des hommes les plus riches de la planète. Avec un budget annuel de près de 5 milliards de dollars, et sous prétexte de lutter contre les inégalités, la fondation Gates nourrirait un système destructeur. Entretien.

  • Bill Gates, « l’homme le plus généreux du monde », ne l’est pas tant que cela
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/110519/bill-gates-l-homme-le-plus-genereux-du-monde-ne-l-est-pas-tant-que-cela

    En étudiant « l’art de la fausse générosité » mise en œuvre par la fondation Gates, le journaliste Lionel Astruc dessine dans un livre d’enquête les contours d’un « philanthrocapitalisme » associant bonnes affaires et belles actions. Le concept résonne après les promesses en centaines de millions d’euros faites par les grandes fortunes françaises dans la foulée de l’incendie de Notre-Dame de Paris.

    #ESSAIS #Fondation_Gates,_Fondation_Bill_et_Melinda_Gates,_Bill_Gates,_Lionel_Astruc,_A_la_Une

  • PIATA : A New Way of Doing Business - The Rockefeller Foundation
    https://www.rockefellerfoundation.org/blog/piata-new-way-business

    #Piata, le nouveau partenariat qui veut transformer l’agriculture africaine #Rockfeller, #Fondation_Gates et #Usaid... #agra étant déjà un partenariat impliquant Rockfeller et Gates

    Last week at this year’s African Green Revolution Forum (AGRF), the Rockefeller Foundation, the United States Agency for International Development (USAID), the Bill and Melinda Gates Foundation (BMGF) and the Alliance for Africa’s Green Revolution (AGRA) launched a new $280 million Partnership for Inclusive Agricultural Transformation in Africa (PIATA).

    PIATA is a five year partnership that will spur an inclusive agricultural transformation for at least 11 countries in Africa, to increase incomes and improve the food security of 30 million smallholder farm households. Countries include Ghana, Nigeria, Mali, Burkina Faso, Rwanda, Uganda, Kenya, Ethiopia, Tanzania, Malawi, and Mozambique.

    Agriculture in Africa is the continent’s heartbeat—its most important sector, and its ticket out of poverty. With rising public investments in agriculture, increasing yields and better prospects for farmers, the past decade has yielded significant progress.

    #agriculture #business #agro-industrie

  • FAO - Nouvelles : L’initiative de la FAO visant à promouvoir l’innovation en matière de collecte de données statistiques fiables sur l’agriculture et la sécurité alimentaire pour les ODD
    http://www.fao.org/partnerships/container/news-article/fr/c/854146

    En novembre dernier, la FAO a signé avec la Fondation Gates une convention de subvention de 10,5 millions d’USD, dans le but de renforcer les capacités des pays à collecter des #données sur l’agriculture et la sécurité alimentaire, et à surveiller le cycle investissements-processus-résultats permettant de réaliser les Objectifs de développement durable (ODD).

    #agriculture #statistiques #fondation_Gates

  • What are Philanthropic Organizations Hiding ? - Books & ideas
    http://www.booksandideas.net/What-are-Philanthropic-Organizations-Hiding.html

    An Interview with Linsey McGoey
    by Nicolas Larchet & Marc-Olivier Déplaude , 13 February

    Linsey McGoey discusses philanthropic organizations such as the Gates Foundation and the Chan Zuckerberg Initiative. Addressing the problematic aspects of “philanthrocapitalism”, she draws attention to the growing lack of transparency and accountability of those foundations.

    sur l’accès aux informations, on ne peut pas dire qu’on nage dans la #transparence que la fondation exige de ceux à qui elle donne de l’argent :

    I think we’re facing an upward struggle when it comes to accessing the decision-making dynamics of these institutions, and I think problems of non-transparency are bound to become worse in upcoming years. Therefore, we have to be realistic about the risks ahead. When you look at an organization like the Gates foundation, most of my interviews from this book did not come from staff there. It’s true, I managed to secure two interviews with staff there before my access was shut down. They were both carried out by phone, I never visited the organization, I was never invited to engage in a deep way. But I was able to elicit useful information about other activities by people who were affected by their practices. I did interviews at places like the World Health Organization, Médecins Sans Frontières, a number of different organizations that have both praise and concerns towards the foundation.

    #philanthrocapitalisme #fondation_gates

    mais il y a toujours moyen de faire pire que Bill Gates :

    one of my biggest concerns, for example with the Chan Zuckerberg Initiative, which was established in 2015 by Mark Zuckerberg, is that it’s not a traditional philanthropic organization. It’s a limited-liability company, and as a result of its structural corporate data, it is not subject to the same disclosure regulations that the Gates Foundation faces. We will likely know a lot less about the Chan Zuckerberg Initiative than we do about the Gates Foundation. We will be very much reliant on what they wish the public to know.

  • Ethiopian Immigrants Protest Gates Foundation Funding Of Projects In Ethiopia | KNKX
    http://knkx.org/post/ethiopian-immigrants-protest-gates-foundation-funding-projects-ethiopia

    Ethiopian immigrants marched through downtown Seattle Tuesday afternoon to protest the Bill and Melinda Gates Foundation funding of projects in Ethiopia. Protesters say humanitarian aid going to Ethiopia is being used to support a brutal regime.

    Holding bright green, yellow and red flags, around 200 marchers chanted, ’America, America, America, listen to the cry of the people,’ and ’The media doesn’t tell the truth.’

    The Bill and Melinda Gates Foundation is funding 150 development projects, mainly in health and agriculture, to the tune of $50 million U.S. dollars in Ethiopia. In July, Bill Gates met with Ethiopian leaders to talk about continuing working together.

    But protester Ashe Nafi Gossaye, chairman of the Ethiopian Public Forum in Seattle, said the humanitarian aid is being abused.

    "It is being used for killing people, to buy weapons and for security purposes and to silence the people of Ethiopia,” he said.

    #aide #fondation_gates #développement #Éthiopie #contestation

  • Why do the World Bank’s new indicators, “Enabling the Business of Agriculture” pose a threat to African agriculture? | Community Alliance for Global Justice
    https://cagj.org/2017/01/why-do-the-world-banks-new-indicators-enabling-the-business-of-agriculture-pos

    #AGRA Watch has long been concerned with the Gates Foundation’s funding for agri-business and pro-corporate agricultural policies in Africa. However, what was at first a simple model of philanthrocapitalism—the use of apparent philanthropy to expand globally-integrated capitalist markets—has now turned into a full-throated effort to coerce states into embracing pro-market reforms. The “Enabling the Business of Agriculture” indicators (EBAs) represent a step in this direction by measuring and monitoring the implementation of corporate regulatory regimes across the world.

    The EBAs were developed by the World Bank in 2013 with approximately $4.5 million from the Gates Foundation and other national development agencies. As the 2016 World Bank report notes, these indicators were constructed to enable “policymakers to identify and analyze legal barriers for the business of agriculture and to quantify transaction costs of dealing with government regulations.” The EBAs rank countries across six areas of the agricultural supply chain based on how favorable the World Bank considers a country’s regulations are for agribusiness.

    #philanthropie #agro-industrie #privatisation #fondation_Gates

  • Bill Gates’ silver-bullet misfiring at the Nelson Mandela Memorial Lecture — by Patrick Bond
    http://links.org.au/node/4755

    On July 17, Bill Gates will deliver the annual Mandela Lecture in Johannesburg, justifying his philosophy of market-oriented, technology-centric philanthropy.

    (...) Gates, who is worth $80 billion (up $24 billion from 2011), will expound on redistribution. And to be sure, many of his projects have been vital to human progress. But compare what can be termed Gates’ ‘philanthro-capitalism’ with Ford Foundation President Darren Walker’s proposal for a more appropriate approach to giving in the 21st century: “We foundations need to reject inherited, assumed, paternalist instincts… We need to interrogate the fundamental root causes of inequality, even, and especially, when it means that we ourselves will be implicated.”
     
    In contrast, Gates specialises in top-down technicist quick-fixes – ‘silver bullets’ – which often backfire on the economic shooting range of extreme corporate influence and neoliberal policies. As Global Justice Now’s Polly Jones complained in a report last month, Gates’ “influence is so pervasive that many actors in international development, which would otherwise critique the policy and practice of the foundation, are unable to speak out independently as a result of its funding and patronage.”

    #Fondation_Gates #Afrique_du_Sud #propriété_intellectuelle #philanthrocapitalisme

  • The Unholy Alliance, Five Western Donors Shape a Pro-Corporate Agenda for African Agriculture
    http://www.oaklandinstitute.org/unholy-alliance-five-western-donors-shape-pro-corporate-agenda-afr

    The Unholy Alliance, Five Western Donors Shape a Pro-Corporate Agenda for African Agriculture, exposes how a coalition of four donor countries and the Bill and Melinda Gates Foundation is shaping a pro-business environment in the agricultural sector of developing countries, especially in Africa.

    #agriculture #Fondation_Gates #agro-industrie #Afrique

    • le tableau de la page 17 est intéressant en ce qu’il montre comment le #benchmarking sert à faire passer des choix (discutables) pour des évidences statistiques

  • Gates Foundation : Spearheading the neoliberal plunder of African agriculture - TruePublica
    http://truepublica.org.uk/global/gates-foundation-spearheading-neoliberal-plunder-african-agriculture

    The Bill and Melinda Gates Foundation (BMGF) is dangerously and unaccountably distorting the direction of international development, according to a new report by the campaign group Global Justice Now. With assets of $43.5 billion, the BMGF is the largest charitable foundation in the world. It actually distributes more aid for global health than any government. As a result, it has a major influence on issues of global health and agriculture.

    ‘Gated Development – Is the Gates Foundation always a force for good?’ argues that what BMGF is doing could end up exacerbating global inequality and entrenching corporate power globally. Global Justice Now’s analysis of the BMGF’s programmes shows that the foundation’s senior staff are overwhelmingly drawn from corporate America. As a result, the question is: whose interests are being promoted – those of corporate America or those of ordinary people who seek social and economic justice rather than charity?

    According to the report, the foundation’s strategy is intended to deepen the role of multinational companies in global health and agriculture especially, even though these corporations are responsible for much of the poverty and injustice that already plagues the global south. The report concludes that the foundation’s programmes have a specific ideological strategy that promotes neo-liberal economic policies, corporate globalisation, the technology this brings (such as GMOs) and an outdated view of the centrality of aid in ‘helping’ the poor.

    #Fondation_Gates #philanthropie #santé #agriculture

  • With a Little Help from Bill Gates, the World Bank Creates a New Aid Conditionality
    http://www.oaklandinstitute.org/little-help-bill-gates-world-bank-creates-new-aid-conditionality

    An alluring cast of speakers including the First Lady Michelle Obama, Queen Rania of Jordan, John Kerry, and Ban Ki-moon, among others, spoke at last week’s World Bank Spring Meetings in Washington DC. Bill Gates was the guest star of the Bank’s final live-cast panel discussion, “A New Vision for Financing Development with Bill Gates.”

    ...

    During the 1980s, the concept of “aid conditionality” was the arsenal used to implement the World Bank and IMF’s Structural Adjustment Programs (SAPs), which imposed policy reforms as conditions to provide loans to developing countries. The SAPs forced the withdrawal of state intervention in key areas such as agriculture and deregulation of economies, which impoverished millions in developing countries.

    Even though the anti-SAP backlash forced the World Bank to terminate the program, the goal of driving market-based, pro-private sector policy reforms in developing countries was not abandoned. While officially withdrawing the SAPs in 2002, the Bank launched a new project: the Doing Business index, which ranks countries according to “the ease of doing business.” As documented in a series of reports produced by the Oakland Institute, the Doing Business, deceitfully labeled “knowledge project,” is used to influence policy-making and reduce or do away with developing countries’ economic, social, and environmental standards.

    ...

    The Gates Foundation is among the five international donors bankrolling the EBA, which it deems a powerful tool to inform policymakers of the nature and extent of regulations they need to put in place to attract investments.1 Besides the EBA, the foundation is engaged in other agriculture-related policy advocacy, especially in Africa. The largely Gates-funded Alliance for a Green Revolution in Africa (AGRA), for instance, advised and lobbied the governments of Ghana, Tanzania, and Malawi, among others, to adopt pro-business seed and land policy reforms.2 And it continues to finance the African Agricultural Technology Foundation (AATF), an institution that coordinates research and advocacy work on new technologies in agriculture, including genetically modified crops.

    #aide #développement #Fondation_Gates #agriculture

  • À qui la fondation #Gates rend-t-elle des comptes, a demandé le FT à une de ses représentantes ?
    http://www.ft.com/intl/cms/s/0/6a025d12-ec55-11e5-888e-2eadd5fbc4a4.html

    C’est parce que nous n’avons pas besoin d’en rendre que nous sommes utiles à l’humanité.

    “A government may need to be responsive to their citizens more quickly,” she explains. “But we can take a 10-year bet, we can take a 20-year bet because we don’t need to answer to citizens or shareholders. We try to focus on long-term bets and taking risks that others can’t.”

    Criticism of what is happening in the present is welcome, she adds, but a philanthropic organisation of this scale and ambition needs always to look to the future.

    “For example, we’re trying to invest in the science of vaccination that might not pay off for 20 years,” Dr Desmond-Hellmann says. “But who is going to invest in vaccination at the deep level if not the Gates Foundation?”

    Via @felixsalmon sur Twitter

    #philantropie

  • Gates Foundation is spearheading the neoliberal plunder of African agriculture - The Ecologist
    http://www.theecologist.org/News/news_analysis/2986941/gates_foundation_is_spearheading_the_neoliberal_plunder_of_african_agr

    The Gates Foundation - widely assumed to be ’doing good’, is imposing a neoliberal model of development and corporate domination that’s opening up Africa’s agriculture to land and seed-grabbing global agribusiness, writes Colin Todhunter. In the process it is foreclosing on the real solutions - enhancing food security, food sovereignty and the move to agroecological farming.
    [...]
    With assets of $43.5 billion, the BMGF is the largest charitable foundation in the world. It actually distributes more aid for global health than any government.
    [...]
    The foundation’s senior staff are overwhelmingly drawn from corporate America. As a result, the question is: whose interests are being promoted - those of corporate America or those of ordinary people who seek social and economic justice rather than charity?
    [...]
    According to the report, the foundation’s strategy is intended to deepen the role of multinational companies in global health and agriculture especially, even though these corporations are responsible for much of the poverty and injustice that already plagues the global south.

    #philanthropy #agribusiness #GMOs #gatesfoundation

  • Bean breakthrough bodes well for climate change challenge | Global development | The Guardian
    http://www.theguardian.com/global-development/2015/mar/25/heat-resistant-bean-climate-change-cgiar

    Earlier in the week, protestors gathered outside the London office of the Bill and Melinda Gates Foundation to demonstrate against a meeting they said would promote corporate interests in Africa’s seed sector.

    Dangling a cage full of seeds in front of passersby, they yelled, “Come and free the seeds!” before smashing open the cage, which they said symbolised the corporate takeover of Africa’s seed markets.

    As seeds spilled on to the pavement, the meeting, hosted by the Gates Foundation and the US Agency for International Development (USAid), promoted production and distribution in Africa’s seed sector. The attendees were listed as key donor organisations, private seed companies and agricultural research centres, but did not include any groups representing farmers, according to a leaked document seen by the Guardian.

    The Gates Foundation and USAid have said they are working to improve food security in the world’s poorest countries. USAid’s flagship programme, the New Alliance for Food Security and Nutrition, has been criticised for requiring African governments to change laws and policies in favour of businesses.

    #semences #climat #biotechnologie #Fondation_gates #business #nasan

  • Food as pharma : marketing nutraceuticals to India’s rural poor - Critical Public Health - Volume 25, Issue 3
    http://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/09581596.2014.966652#abstract

    In 2009, GlaxoSmithKline began test marketing an affordable brand of Horlicks™, its ubiquitous malt-based drink, to be sold in 2.5 rupee sachets in villages across Andhra Pradesh in South India. In marketing the product, which it called Asha™ (hope, in Hindi), GlaxoSmithKline claimed it would provide poor rural consumers with an alternative to local cereal mixes of what they call ‘uncertain quality’, such as finger millet malt. In 2011, PepsiCo India launched a new salty biscuit product called Lehar Iron Chusti™, which it rolled out across Andhra Pradesh in 2 rupee packets, alongside a major education campaign on iron deficiency for women and teenagers. At the same time, in neighbouring Orissa, Coca-Cola was launching Vitingo™, a new sachet-based orange-flavoured drink fortified with 12 vitamins and minerals that it promoted as helping to combat blindness, anemia and other common diseases, in collaboration with a local NGO and self-help group.

    This commentary sketches out the politics of the expansion of affordable, fast-moving #nutraceutical products into rural #India, with a focus on fortified foods and beverages. It examines the relationships between industry, government and humanitarian organisations that are being forged alongside the development of markets for nutraceuticals

    #Inde #nutrition #santé #pauvreté #alicaments et sans doute une petite dose de #philanthrocapitalisme (#fondation_gates), et de #PPP avec l’UNICEF ?

  • Revealed : Gates Foundation’s $1.4bn in fossil fuel investments | The Guardian
    http://www.theguardian.com/environment/2015/mar/19/gates-foundation-has-14bn-in-fossil-fuels-investments-guardian-analysis

    The companies include BP, responsible for the Deepwater Horizon disaster in the Gulf of Mexico, Anadarko Petroleum, which was recently forced to pay a $5bn environmental clean-up charge and Brazilian mining company Vale, voted the corporation with most “contempt for the environment and human rights” in the world clocking over 25,000 votes in the Public Eye annual awards.

    The Bill and Melinda Gates Foundation and Asset Trust is the world’s largest charitable foundation, with an endowment of over $43bn, and has already given out $33bn in grants to health programmes around the world, including one that helped rid India of polio in 2014.

    ce qui est intéressant ici, c’est aussi le fait que le journal lance une #pétition à la #Fondation_Gates pour qu’elle se retire de ces sociétés

    #pétrole #changement_climatique #bill_gates

  • How does the Gates Foundation spend its money to feed the world?
    http://www.grain.org/article/entries/5064-how-does-the-gates-foundation-spend-its-money-to-feed-the-world
    Pas encore lu

    The #Gates_Foundation is arguably the biggest philanthropic venture ever. It currently holds a $40 billion endowment, made up mostly of contributions from Gates and his billionaire friend Warren Buffet. The foundation has over 1,200 staff, and has given over $30 billion in grants since its inception in 2000, $3.6 billion in 2013 alone.2 Most of the grants go to global health programmes and educational work in the US, traditionally the foundation’s priority areas. But in 2006-2007, the foundation massively expanded its funding for agriculture, with the launch of the Alliance for a Green Revolution in Africa (AGRA) and a series of large grants to the international agricultural research system (CGIAR). In 2007, it spent over half a billion dollars on agricultural projects and has maintained funding at around this level. The vast majority of the foundation’s agricultural grants focus on Africa.

    #philantropie #fondation_Gates #paysannerie #agriculture

  • Bill Gates’s epic project transforms farming in Africa - environment - 04 September 2014 - New Scientist
    http://www.newscientist.com/article/mg22329853.100-bill-gatess-epic-project-transforms-farming-in-africa.h

    1.75 million African smallholder farmers, 40 per cent of them women, enrolled in a $180-million five-year programme run by the Alliance for a Green Revolution in Africa. AGRA was set up in 2006 by the Bill and Melinda Gates Foundation and the Rockefeller Foundation.

    Now, its latest report says the scheme is achieving its aims.

    #agriculture #afrique #productivité #alimentation #marché #fondation_Gates rép à sa @odilon

    http://agra-alliance.org

    • Ce qui me chiffonne un petit peu dans ce projet, en tout cas celui décrit dans cet article, c’est que la fondation fourni des semences de maïs et de soja aux paysans. Ce sont des cultures commerciales destinées aux marchés internationaux. Alors bien-sûr, si cela permet aux cultivateurs de mieux vivre, on ne va pas s’en plaindre. Mais je crains que ça n’apporte pas la réponse adéquate à l’auto-suffisance alimentaire et à la souveraineté alimentaire de l’ensemble d’une population qui en a fichtrement besoin. Mais bon, peut-être que je me trompe. J’espère.

  • Kenya : mothers and children scratching a living on Eldoret dump | Global development | theguardian.com
    http://www.theguardian.com/global-development/2014/sep/01/kenya-mothers-children-eldoret-dump

    Extreme poverty drives some Kenyans to scavenge through rubbish dumps for materials to sell for recycling. At the main dump in Eldoret, a town in Kenya’s Rift valley with a population of 280,000, people sift through debris, despite the risks of disease and injury, and the threat of violence. Even though primary education is free in Kenya, many children work at the dumps to help support their family

    reportage #photo sur l’extrême #pauvreté au #Kenya

    ce qui est intéressant aussi c’est que ce type d’articles n’existe désormais que parce que la #fondation_Gates finance les voyages ; car tout le monde s’en moque que des mômes de 3 ans passent leurs journées au milieu des déchets toxiques… on est blasés, c’est beaucoup moins intéressant que le dernier twitt de machin

    #santé #enfance #médias

  • La #Fondation_Gates ou la charité (mal) ordonnée | CNCD-11.11.11
    http://www.cncd.be/La-Fondation-Gates-ou-la-charite

    La Fondation investit les deux tiers de ses dons, soit 2 milliards de dollars, dans le seul secteur de la santé, en concentrant son action sur quelques programmes. Elle coordonne par ailleurs ses investissements avec d’autres donateurs privés, ce qui la rend totalement incontournable auprès de ses bénéficiaires. Après 14 ans à peine d’existence, cette institution est en train de « transformer radicalement le paysage de la santé publique mondiale », analyse Michelle Bertho-Huidal, chercheuse à l’Université de Berkeley en Californie et auteur de Charity business (éd. Vendémiaire/Broché), un essai consacré aux fondations. [1]

    Quelles sont ces transformations ? L’influence grandissante du secteur privé dans la prise de décisions politiques, tout d’abord. Au Botswana, par exemple, pays d’Afrique australe particulièrement touché par le sida, la Fondation Gates s’est pratiquement substituée au ministère de la Santé en montant, avec la Fondation Merck, un laboratoire pharmaceutique, le projet Achap (African Comprehensive HIV/AIDS Partnerships).

    Avec ses tests de dépistage gratuits et ses distributions de médicaments, Achap est un succès. En 2009, la moitié de la population du Botswana a bénéficié d’un test et 87 % des séropositifs dépistés ont été soignés. Mais le coût du projet est particulièrement élevé. Malgré les dons des deux fondations, le ministère de la Santé publique botswanaise débourse encore 1 000 dollars par an pour chaque patient, ce qui représente quasi la totalité de son budget. Le Botswana n’a donc pas de politique publique de santé autre que le projet Achap, dont le centre de décision se trouve à Seattle au siège de la… Bill & Melinda Gates Foundation.

    En outre, le projet ne prévoit aucune action de prévention du sida, la seule manière véritable d’enrayer la pandémie. Pour Michelle Bertho-Huidal, « la Fondation à fait reculer la mortalité, mais pas la maladie ». Ni même sa dépendance aux médicaments.

    Mais est-ce vraiment étonnant ? La Fondation Gates détient des actions dans les neuf plus grandes sociétés pharmaceutiques du monde et recrute parmi elles certains de ses cadres. Ainsi le directeur de la branche Santé publique de la Fondation vient de Novartis (Suisse) et son prédécesseur du géant britannique GlaxoSmithKline.

    #philantropie #santé #big_pharma

    • je suis tout à fait pour la critique des programmes, des logiques d’entreprise, du recrutement, des liens financiers, de l’hégémonie etc de la fondation #Gates, mais je ne peux pas lire sans sauter au plafond une phrase comme :

      Mais quel est l’intérêt de sauver un adolescent de la tuberculose s’il doit mourir plus tard d’un banal accident de la route, qui reste la première cause de décès des jeunes dans le Sud ?

    • Oui, remarque grossière limite insultante qui voulait très très maladroitement, souligner le manque de « finalité sociale » du programme …
      Dans le contexte :

      L’effet de la concentration des actions pose aussi d’autres questions. La Fondation Gates se focalise sur trois maladies : le sida, le paludisme et la tuberculose, à l’exclusion des autres pathologies et/ou problèmes sociaux. Mais quel est l’intérêt de…

      #charity_business #cynisme

    • Voir http://seenthis.net/messages/242488 pour un beau reportage de terrain sur la lutte contre le #paludisme ; l’ACT, seul traitement qui marche bien actuellement (et peut-être plus pour très longtemps) n’est pas du tout de la high-tech. Ses inventeurs ne vivent pas dans des jets privés et des conférences dans des hôtels de luxe, mais continuent à soigner dans des campagnes perdues aux confins de pays en guerre.

    • La technicité n’est qu’un des multiples facteurs de prix : par exemple, les multithérapies contre le VIH sont assez sophistiquées sur le plan technologique, et pourtant très peu chères ; cela, grâce au combat pour les génériques, qui permettent des négociations d’achats massifs via des mécanismes comme le Fonds mondial. Par ailleurs je ne crois pas qu’il y ait une course à la high-tech pour le seul plaisir du « high », mais aussi parce qu’on ne sait pas bien faire autrement.