• Qualité de l’eau : la Suisse inquiète pour son or bleu

    La Suisse possède de grandes réserves d’eau. En tout temps, chaque ménage a accès à de l’eau potable propre. Du moins dans l’idéal… Car le « château d’eau de l’Europe » révèle des fissures.

    En Suisse, les matières premières sont peu abondantes, mais l’eau coule à flots. Ce n’est pas pour rien qu’on dit du pays qu’il est le château d’eau de l’Europe. Le Rhin et le Rhône, qui se jettent dans l’Atlantique et la mer Méditerranée, y prennent leur source et les torrents et rivières suisses alimentent aussi le Pô, le Danube et l’Adige. Les lacs et nappes phréatiques suisses contiennent d’énormes réserves d’or bleu. Certes, le changement climatique rend les étés plus secs, fait fondre les glaciers et tarit localement des sources. Mais la Suisse pourra toujours compter sur les précipitations, qui constituent sa principale ressource en eau. Les réservoirs aquifères sont essentiellement alimentés par les chutes de pluie pendant l’hiver. Chaque année, il tombe en Suisse en moyenne 60 milliards de km3 d’eau du ciel, ce qui correspond au volume des lacs de Constance et des Quatre-Cantons réunis. Du point de vue purement quantitatif, l’approvisionnement en eau ne semble pas en danger en Suisse. Mais sa qualité fait de plus en plus débat.

    Des traces de pesticides dans l’eau potable

    80 % de l’eau potable en Suisse provient des sources et des eaux souterraines, et 20 % des lacs. Les plus grands réservoirs aquifères se trouvent sous le sol des vallées et des plaines fertiles du Plateau suisse, là où l’on cultive légumes et céréales. Sur ces terres agricoles à l’exploitation intensive, on utilise depuis des décennies des pesticides controversés. Dernier exemple en date, le #chlorothalonil, un #fongicide présent dans les produits phytosanitaires qui sont pulvérisés sur les champs depuis les années 1970 pour lutter contre les infestations fongiques.

    Le chlorothalonil a été interdit en 2020, après que les autorités l’ont estimé potentiellement dangereux pour la santé. Son fabricant, #Syngenta, conteste vigoureusement qu’il est probablement cancérigène. Le groupe agrochimique a obtenu par voie judiciaire que l’Office fédéral de l’agriculture retire de son site web une mention dans ce sens jusqu’à la décision définitive du Tribunal fédéral dans cette affaire.

    Mais l’interdiction du chlorothalonil ne résout pas le problème pour l’approvisionnement en eau potable. Car les résidus issus de la décomposition de ce produit phytosanitaire – les #métabolites – continueront de polluer les #eaux_souterraines pendant des années encore. D’après les prescriptions fédérales, ce type de substances « pertinentes » ne doit pas dépasser la valeur de 0,1 microgramme par litre d’eau potable. C’est pourtant le cas dans les zones d’#agriculture_intensive du Plateau suisse, notamment dans le canton de #Soleure : « Dans les plaines de la vallée, ce seuil est dépassé dans presque tous les captages d’eau ; dans certains cas, on enregistre même des quantités 20 fois plus importantes », constate Martin Würsten. Depuis qu’il est à la retraite, l’ancien chef du département de l’environnement soleurois se bat aux côtés de la communauté d’intérêts « #4aqua », qui regroupe des dizaines d’experts de l’eau et de l’environnement bien décidés à donner à l’eau « une voix politique fondée sur des faits ».

    Un million d’habitants concernés

    Pour Martin Würsten, cette voix a été trop peu entendue ces dernières dizaines d’années.

    « Tandis que l’on a fait d’immenses progrès dans l’épuration des eaux usées, la pollution des eaux par l’agriculture ne s’est presque pas améliorée au cours de ces 20 dernières années. »

    Martin Würsten, ancien chef du département de l’environnement soleurois

    Martin Würsten désapprouve aussi le fait que tous les pesticides pulvérisés sur les champs ne font pas l’objet d’études aussi détaillées que le chlorothalonil récemment : « Or, ce qui n’est pas encore considéré comme pertinent pour la santé aujourd’hui le sera demain ». Les experts de « 4aqua » exigent par conséquent plus de transparence et de contrôle dans l’autorisation des pesticides synthétiques. Actuellement, on en utilise environ 370 en Suisse.

    Sur le Plateau, près d’un million de personnes sont actuellement approvisionnées en eau potable contenant des pesticides et ne satisfaisant pas aux exigences de la législation sur les denrées alimentaires. Les autorités ont donné un délai de deux ans aux fournisseurs d’eau potable pour abaisser les résidus de chlorothalonil au seuil autorisé. Il est possible de le faire par exemple en diluant l’eau, c’est-à-dire en lui ajoutant de l’eau non polluée. Un réseau de distribution d’eau du Seeland bernois entend éliminer les résidus par l’utilisation d’un nouveau filtre. D’après Martin Würsten, cela ne résout que partiellement ce grave problème. Car on s’écarte ainsi du principe qui veut que les eaux souterraines, en Suisse, ne doivent pas être traitées à grands frais.

    Deux #initiatives en votation

    Martin Würsten et ses camarades de lutte de « 4aqua » soutiennent ainsi l’initiative populaire pour une eau potable sur laquelle les Suisses voteront le 13 juin. Lancée par un comité de citoyens apolitiques, celle-ci réclame qu’à l’avenir, seuls les paysans qui renoncent à l’utilisation de pesticides et à l’administration régulière d’antibiotiques dans l’élevage puissent encore toucher des subventions publiques. À la même date, le peuple devra aussi se prononcer sur l’initiative « Pour une Suisse libre de pesticides de synthèse » qui vise, elle, à interdire complètement l’utilisation de tels pesticides. L’interdiction s’appliquerait également à l’importation de produits alimentaires fabriqués à l’aide de produits phytosanitaires synthétiques.

    Pour l’Union suisse des paysans, les deux initiatives vont beaucoup trop loin, car elles rendraient la production nationale et régionale plus difficile, voire impossible. Si l’agriculture devait renoncer aux pesticides, cela entraînerait une baisse d’au moins 30 % de la production, affirment les opposants. L’Union suisse des paysans prévient même que les pommes de terre, le colza ou les betteraves sucrières ne pourront plus guère être cultivés en Suisse. Mais tous les paysans ne partagent pas ces craintes. Ainsi Bio Suisse, l’association faîtière des producteurs suisses bio, soutient l’initiative sur les pesticides parce qu’elle correspond aux principes fondamentaux de l’agriculture biologique. Bio Suisse est plus sceptique quant à l’initiative sur l’eau potable, qui demande que les paysans ne puissent détenir que le cheptel qu’ils sont en mesure de nourrir avec leur propre fourrage. Pour les petites exploitations biologiques, cela pourrait être un problème.

    Le Conseil fédéral et la majorité du Parlement recommandent au peuple de rejeter les deux initiatives. De leur point de vue, elles font du tort à l’agriculture et mettent en péril la sécurité alimentaire en Suisse. En ce qui concerne les pesticides, le gouvernement a promis des améliorations dans le cadre de la Politique agricole à partir de 2022. Mais le Conseil des États a gelé ce projet, tout en se montrant prêt à adopter des mesures modérées pour une meilleure protection des eaux souterraines. Le Parlement entend ainsi couper l’herbe sous les pieds des initiatives dans une campagne de votation qui s’annonce très émotionnelle. Quoiqu’il en soit, la votation du 13 juin aura les contours d’un plébiscite sur l’avenir de l’agriculture suisse, allant bien au-delà des débats sur l’eau potable propre.

    https://www.swisscommunity.org/fr/nouvelles-et-medias/revue-suisse/article/ombres-sur-lor-bleu
    #Suisse #eau #eau_potable #pesticides #pollution #agriculture #industrie_agro-alimentaire

    ping @albertocampiphoto

  • Des niveaux alarmants de pesticides mesurés dans les #sols et les #vers_de_terre
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/10/29/des-niveaux-alarmants-de-pesticides-mesures-dans-les-sols-et-les-vers-de-ter

    Conclusion : la totalité des prélèvements analysés contiennent au moins une des substances recherchées, et 90 % contiennent un mélange d’au moins un #insecticide, un #fongicide et un #herbicide. Si un tel constat est inédit, c’est que les auteurs ne se sont pas arrêtés aux surfaces cultivées. Ils ont prélevé leurs échantillons sur des parcelles agricoles conduites en #agriculture conventionnelle, en agriculture biologique, mais aussi sur des #prairies et des #haies n’ayant jamais reçu de traitements. « Dans 40 % des cas, on retrouve plus de dix #pesticides différents », explique l’écologue Vincent Bretagnolle (CNRS) et coauteur de ces travaux.

    sous #paywall

    Residues of currently used pesticides in soils and earthworms : A silent threat ?
    https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0167880920303534

  • #Bernard_Ronot préserve notre patrimoine pour sauver l’agriculture durable

    Bernard Ronot s’est engagé pour la force de vie des semences anciennes en conservant 200 variétés de blés. Le principe consiste à planter en permanence ces variétés. Chaque année Bernard offre ces semences aux paysans volontaires qui préservent à leur tour ce patrimoine de l’humanité.

    Bernard a ainsi fondé l’association #Graines_de_Noé (http://www.graines-de-noe.org).
    Agriculteur de 83 ans, il raconte la #Révolution_Verte de l’agriculture d’après-guerre, utilisatrice d’intrants chimiques, dans laquelle il s’est engagé à 100%.

    Ce documentaire est surtout l’histoire d’une #prise_de_conscience et d’un retour, après 30 ans de cultures intensives, à un choix d’une agriculture vivante et naturelle. L’histoire d’une #reconquête et d’un engagement pour la #conservation_des_semences anciennes de blé. L’histoire d’un cheminement, d’un modèle d’agriculture à un autre pour redécouvrir le sens du mot « #paysan » : celui avant tout de nourrir le monde.

    https://vimeo.com/138429645

    Bernard Ronot :

    « (La révolution verte) ça a été un restant des guerres sur toute la ligne. Si le nitrate est un explosif, les fongicides sont des restants des gaz de guerre. Tout ce qui a fait éclater l’agriculture, c’est le restant des guerre. Les énergies de guerre qui ont été maîtrisées par l’homme quand ils ont arrêté de se battre, elles étaient toujours existantes »

    La science est indispensable pour faire évoluer. On a besoin des chercheurs. Si ils ont des têtes et des neurones développées, c’est pas par hasard. C’est eux qui font évoluer une société. Mais il faut la faire évoluer dans l’#indépendance de l’homme, et pas dans la #dépendance.

    La société c’est qui ? C’est d’abord nous, c’est pas les autres. C’est nous. Et la société du bas, c’est nous, individuellement. Et si nous on croit à ce qu’on fait, si on croit vraiment à ce qu’on fait, rien peut nous démonter. Si on se met en unité avec la #nature... les plantes, la terre, les animaux et bien des hommes silencieux, attendent. Ils sont prêts à partir, mais ils sont silencieux.

    « La transmission de la vie, c’est la semence. Il faut rentrer dans l’#action. (...) Si nous avons la chance d’avoir compris quelque chose, notre travail c’est de savoir comment le transmettre. On peut avoir le meilleur langage du monde, mais si il n’y a pas réceptivité en face, ça ne fait rien. »

    « Dans la vie nous sommes des #locomotives. Ou nous sommes le voyageur sur le quai, ou nous sommes le wagon, ou nous sommes la locomotive. Il faut savoir où on va. Si nous avons la chance de savoir où on va, nous avons le devoir d’être une locomotive, qui va peut-être doucement, qui va lentement et qui va surement. »

    « J’étais un #exploitant_agricole et je suis devenu un agriculteur. Dans tout domaine de la société nous avons des #arts. Nous devons être des artistes. Et l’agriculture c’est l’art de la #terre. »

    #agriculture #semences #blé #nitrates #paysannerie #vulpin #fertilisants #oligo-éléments #champignon #rendement #fongicides #pucerons #insecticides #guerre #restant_de_guerre #énergies_de_guerre #se_remettre_en_cause #reconversion #semences_anciennes #dégustation_du_pain #conservatoires #circuit_lent #agriculture_biologique #rendements #valeur_énergétique #prise_de_conscience #circuits_courts #céréaliculture #gratuité #endettement #recherche_fondamentale #science #partage

  • Une étude renforce les doutes quant à la toxicité du fongicide SDHI sur l’homme
    http://www.rfi.fr/science/20191108-france-etude-renforce-doutes-quant-toxicite-fongicide-sdhi-homme

    Pour fonctionner, un organisme a besoin d’énergie. Dans une cellule, c’est la mitochondrie qui s’en occupe. Pour cela, elle va réaliser de nombreux processus chimiques. Dans cette chaîne, il y a un maillon essentiel qu’on appelle les enzymes SDH. Les SDHI mis en cause dans cette étude sont des inhibiteurs de ces enzymes.

    #écologie #environnement #fongicide #SDHI

  • https://reporterre.net/Fabrice-Nicolino-L-Agence-nationale-de-securite-sanitaire-fait-partie-du

    Reporterre — Que pensez-vous de la consultation ouverte hier par le gouvernement sur l’épandage de pesticides ?

    Fabrice Nicolino — Pourquoi ne pas calculer les distances en nanomètres ? La mise en place d’une distance de 5 ou 10 mètres ne changera pas grand-chose. C’est tellement grotesque que cela n’a plus aucun sens ! Les pesticides sont absolument partout. Le registre officiel d’enregistrement des utilisations de nanoparticules montre qu’en 2018, près des deux tiers des déclarations concernaient des pesticides. Or, les nanoparticules passent facilement la paroi des cellules et pénètrent jusqu’au plus profond du cerveau et des poumons. Elles passent les costumes de protection des paysans qui épandent des pesticides, pénètrent leur peau.

    Cette consultation est un cadeau de plus à la FNSEA [Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles, défenseure de l’utilisation des pesticides]. C’est déprimant, insultant pour la République. Ce n’est pas digne d’un Président de la République, qui est le garant de la santé de tous. Je suis profondément révolté.

    #pesticides #fongicides #SDHI #agrochimie #FNSEA #lobbying #ANSS

  • Fabrice Nicolino : « L’Agence nationale de sécurité sanitaire fait partie du lobby des #pesticides »
    https://reporterre.net/Fabrice-Nicolino-L-Agence-nationale-de-securite-sanitaire-fait-partie-du

    Le titre ne ment pas, l’ouvrage se lit comme un polar. Le crime est presque parfait. L’enquête choc sur les #pesticides et les #SDHI (éditions Les Liens qui libèrent) nous donne pourtant d’emblée la victime — chacun de nous et la biodiversité en général — et le coupable — le lobby des pesticides. Mais la révélation des détails de son fonctionnement, des lacunes et accointances qui permettent d’autoriser l’épandage en plein air de produits potentiellement dangereux ne laisse pas d’étonner, d’indigner. La plume de Fabrice Nicolino porte avec agilité son propos dense et technique. Mais aussi politique : fondateur du mouvement des coquelicots, Nicolino demande l’interdiction de tous les pesticides de synthèse.

    Ce livre, qui paraîtra jeudi 12 septembre, apporte de précieuses informations au vif et actuel débat sur les pesticides. Des dizaines de communes ont depuis cet été pris des arrêtés antipesticides. Lundi 9 septembre, le gouvernement mettait en ligne, en consultation, son prochain règlement sur l’épandage de pesticides, préconisant 5 à 10 mètres de distance entre épandages et habitations selon les produits. Le projet de règlement s’appuie sur une étude de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (#Anses). Cette agence est au cœur de l’enquête menée par le journaliste sur ces pesticides dont on connaît le nom depuis à peine plus d’un an, les SDHI, ou « #fongicides inhibiteurs de la succinate déshydrogénase ».

    #santé #lobbyisme #conflits_d'intérêts #agriculture #fnsea

  • Le huitlacoche, une exquise laideur Gwenaëlle Reyt - 1 Septembre 2018 - Le Devoir
    https://www.ledevoir.com/vivre/alimentation/535698/une-exquise-laideur

    Avec ses excroissances aux teintes douteuses, le huitlacoche fait sourciller, mais sa chair est délicieuse. Photo : Marie-France Coallier Le Devoir

    Il est disgracieux. Il est même très moche. Il ressemble à un amas difforme ou à une excroissance aux teintes parfois douteuses allant du blanc grisâtre au noir un peu luisant. S’il n’était question que de son apparence, le huitlacoche n’aurait rien pour lui. Et dire qu’il est le résultat de la contamination d’un épi de maïs par un champignon pathogène n’incite guère plus à le considérer. Pourtant, au Mexique, il est très recherché pour ses qualités gustatives. Onéreux, il est même qualifié d’or noir et fait partie intégrante des traditions culinaires locales.

    Ici, peu le connaissent. Mais l’enthousiasme de Fernande Ouellet, éleveuse d’oies et de canards en Montérégie, risque de changer les choses. « En quelques jours, ça s’est enflammé. Les agriculteurs commencent à en parler et à me dire qu’ils en ont dans leurs champs. On a pu en récolter encore un peu », annonce celle qui s’est rapidement improvisée cueilleuse et fournisseuse de huitlacoche.

    Car ce n’est qu’au cours de cet été que Fernande Ouellet a découvert ce curieux produit. « J’en ai mangé dans un restaurant aux États-Unis. C’était vraiment délicieux », assure-t-elle.

    De retour au Québec quelques jours plus tard, elle remarque la présence de huitlacoche dans le champ de maïs de son beau-frère. « Je lui ai dit que ça se mangeait et que c’était même très recherché, mais il ne le savait pas », raconte-t-elle.

    Motivée par sa découverte, elle se documente et va chercher des informations auprès des travailleurs agricoles mexicains qui connaissent très bien ce produit. Après un rapide sondage pour connaître l’intérêt des chefs et des artisans, elle livre un premier lot d’épis de maïs difformes qui font rapidement des heureux.

    Parmi eux, Marcelo Argueta, cuisinier et boucher à la Boucherie dans la côte à Montréal. Passionné par la cuisine autochtone, il connaissait déjà le huitlacoche et a pu donner des indications pour le préparer et le conserver.

    « Quand il est très frais, il peut se manger cru, mais les arômes sont faibles. C’est délicat comme un champignon de Paris, explique-t-il. Mais quand il est plus mature, on peut le préparer comme un champignon sauvage revenu dans du beurre et de l’ail. Tous les arômes de champignon et de maïs ressortent. C’est très intéressant. »

    L’équipe de la boucherie a fait plusieurs tests et a commencé à sécher les morceaux les plus matures pour les conserver. Mais elle se demande encore quels seront les usages de ce nouveau produit pour le Québec. « C’est un peu compliqué pour la mise en marché. Parce que c’est une nouvelle ressource qui n’a jamais été exploitée et il y a un manque de connaissance des savoir-faire pour la préparer », explique le boucher originaire du Guatemala.
    L’intérêt des chefs
    Malgré les défis que peut représenter la commercialisation de ce produit fragile, la demande ne s’est pas fait attendre. La boucherie a écoulé rapidement la vingtaine de kilos dont elle disposait. Ce sont principalement des chefs qui ont montré de l’intérêt pour le produit. Juan Lopez Luna, chef copropriétaire du restaurant Alma dans Outremont, fait partie de ces enthousiastes.

    « Ça faisait vingt ans que je n’avais pas vu de huitlacoche frais. Je ne savais pas qu’on pouvait en trouver au Québec », assure le chef originaire du Mexique. Replongé dans des souvenirs d’enfance, il raconte que sa grand-mère avait un champ de maïs derrière la maison dans lequel il trouvait du huitlacoche. Ce dernier se préparait de manière très simple. « On mettait un peu d’oignon, de l’epazote, du huitlacoche. Le tout dans une tortilla avec du fromage et c’est tout », se rappelle-t-il.

    Mais avec le temps, sa famille, comme beaucoup d’autres, a abandonné la culture du maïs au profit du blé, qui était plus rentable. Le huitlacoche a donc disparu de son alimentation jusqu’à tout dernièrement. Heureux de retrouver ce produit, il l’a mis au menu.

    « Je garde l’idée de simplicité. C’est un produit qui brille par lui-même, il n’y a pas besoin d’en faire trop, précise-t-il. Je le prépare comme un champignon. Je fais des cavatelli avec une ricotta de lait de chèvre. Et comme quand j’étais enfant, j’ajoute du fromage, du huitlacoche et des oignons. »

    Fernande Ouellet se réjouit de la réponse obtenue jusqu’à maintenant. Pour elle, le huitlacoche ouvre des perspectives plus larges que celles de mettre en avant un nouveau produit. « C’est une belle façon de récompenser des agriculteurs qui travaillent de manière durable », explique-t-elle. Car en agriculture, ce champignon, connu sous le nom de charbon du maïs, est considéré comme un nuisible à éliminer.

    « Quand on voit du huitlacoche, on sait que le maïs n’a pas été arrosé de fongicides, explique Michel Lachaume, jardinier consultant et expert en sélection variétale. C’est un champignon qui peut se retrouver dans tous les maïs, mais certains ont été hybridés contre cette maladie. On le retrouve davantage dans les vieux maïs et dans les maïs bio qui sont moins dégénérés. »

    L’année dernière, du huitlacoche s’est développé sur des maïs anciens testés dans son jardin expérimental. Sa petite récolte a tout de suite trouvé preneur au restaurant Les enfants terribles.

    Nuisibles à valoriser
    Depuis, Michel Lachaume est consulté par des agriculteurs catastrophés d’avoir trouvé du charbon du maïs dans leurs champs. Certains ont même perdu plusieurs saisons de suite leur production, pensant que le huitlacoche était toxique.

    « Ce n’est pas le cas. C’est une occasion en or. Si on le fait connaître, c’est beaucoup plus payant pour le producteur de vendre du huitlacoche que de vendre du maïs », assure-t-il.

    Et c’est tout là le projet de Fernande Ouellet, qui veut répandre la bonne nouvelle auprès des agriculteurs et instaurer une cueillette respectueuse.

    « Il n’est pas question de s’introduire dans les champs et de faire de la cueillette sauvage, assure-t-elle. L’idée est de collaborer avec les producteurs et de leur garantir un revenu de 10 $ par kilo récolté », explique-t-elle, précisant que le prix de vente au détail est de 25 $ par kilo sur épi et monte à 40 $ une fois nettoyé.

    Fernande Ouellet vient tout juste de créer sur Facebook le groupe « Mangeons les nuisibles ! » pour changer les regards sur ce champignon. Elle souhaite ainsi mettre en contact les producteurs qui ont du huitlacoche et ceux qui en veulent. Le modèle de récolte reste à définir.

    « C’est une première étape. Je veux voir si d’autres nuisibles pourraient être mis en valeur. La façon la plus écologique d’aider les agriculteurs, c’est de manger les nuisibles. Tant qu’à faire de la lutte intégrée, il faut qu’on intègre la lutte », assure cette passionnée, qui tentera des tests par inoculation sur du maïs bleu l’an prochain.

    L’année 2018 semble avoir été bonne pour le huitlacoche. « La chaleur et l’humidité ont été favorables, mais sa présence reste très aléatoire, précise Michel Lachaume. Avec les changements climatiques, j’ai le sentiment que ça va l’être de moins en moins, mais on ne connaît pas l’avenir. »

    #Canada #Quebec #mais #champignon #moche sans #fongicide #nuisible valorisé #champignon #Mexique #vocabulaire

  • Phytos : Les fongicides SDHI mis en cause par un collectif scientifique
    http://www.lafranceagricole.fr/actualites/cultures/phytos-les-fongicides-sdhi-mis-en-cause-par-un-collectif-scientifiq

    « Il nous paraît urgent d’attirer l’attention sur les risques potentiels pour la santé humaine et l’environnement de l’usage d’une classe de pesticides, les SDHI (1) », annoncent plusieurs scientifiques de l’Inserm, du CNRS, de l’université et de l’Inra dans une tribune publiée le 15 avril 2018 sur le site internet du quotidien Libération.

    #agriculture #intrans #fongicides

  • La dangerosité des pesticides bio pointée du doigt – EURACTIV.fr
    https://www.euractiv.fr/section/agriculture-alimentation/news/eu-renews-toxic-pesticide-amid-safety-uncertainty

    Les composés du cuivre, dont le sulfate de cuivre, sont autorisés dans l’UE comme #bactéricides et #fongicides. Il est notamment possible de les utiliser en #agriculture_bio, et particulièrement pour la production de pommes de terre, raisins, tomates et pommes.

    L’#EFSA (Autorité européenne pour la sécurité alimentaire) et l’#ECHA (Agence européenne des produits chimiques) ont toutes deux estimé que l’utilisation de cette substance comporte certains risques pour les agriculteurs, les oiseaux, les mammifères et les organismes du sol, ainsi qu’un impact environnemental plus général.

    ...

    Selon le rapport de l’EFSA sur les résidus de 140 pesticides (avril 2017), le cuivre est le pesticide le plus retrouvé sur les aliments bio. Le cuivre est ainsi deux fois plus présent que le deuxième pesticide le plus fréquemment trouvé dans les produits biologiques, l’ion bromure.

    dont la #bouillie_bordelaise #pollution #alimentation #pesticide

  • Scientists discover what’s killing the bees and it’s worse than you thought — Quartz
    https://qz.com/107970/scientists-discover-whats-killing-the-bees-and-its-worse-than-you-thought
    https://qzprod.files.wordpress.com/2013/07/beeinsectide.jpg?quality=80&strip=all&w=1600

    Suspects have included pesticides, disease-bearing parasites and poor nutrition. But in a first-of-its-kind study published today in the journal PLOS ONE, scientists at the University of Maryland and the US Department of Agriculture have identified a witch’s brew of pesticides and fungicides contaminating pollen that bees collect to feed their hives. The findings break new ground on why large numbers of bees are dying

    #abeilles #agriculture #pesticides #fongicides

  • Air : les pesticides sont présents, à la campagne comme à la ville
    http://www.actu-environnement.com/ae/news/air-pollution-pesticides-campagne-ville-26783.php4

    Des pesticides sont présents dans l’air toute l’année, que ce soit en ville ou en zone rurale. Néanmoins, le nombre de pesticides mesurés dans l’air et les teneurs déclinent depuis près de dix ans. Si la problématique reste principalement agricole avec une période « chargée » au printemps, l’enjeu pour les zones urbaines est tout aussi important puisqu’on y détecte autant de molécules qu’en zone rurale.

    Tels sont les principaux résultats d’une campagne de mesures des pesticides dans l’air en région Ile-de-France, rendus publics ce mercredi 11 mai par Airparif. Intitulée « Pesticides des villes, pesticides des champs », l’étude se base sur des mesures réalisées sur un an en ville (18ème arrondissement de Paris) et en milieu agricole (Bois-Herpin en Essonne). Un premier document présente l’état des connaissances et un second les résultats de la campagne réalisée en 2013 et 2014.

    #pesticide #herbicide #fongicide #agrochimie

  • #Pesticides : tout reste à faire

    La #France des pesticides est schizophrène. 2008 : à l’issue du Grenelle de l’environnement, le gouvernement lance le plan #Ecophyto visant une division par deux en 2018 de la consommation des pesticides (#herbicides, #insecticides et #fongicides), dont les effets néfastes sur la santé et sur l’environnement sont de mieux en mieux identifiés. 2014 : le bilan publié le 22 décembre par le ministère de l’Agriculture constate que leur consommation a progressé de 5 % en moyenne en cinq ans dans le secteur agricole, lequel représente 98 % des usages. En données annuelles, le Nodu1, qui permet de mesurer la demande réelle de ces produits au-delà du simple tonnage utilisé, est passé de 76 à 88 millions de doses entre 2008 et 2013 : + 16 %.

    http://www.alterecoplus.fr/environnement/pesticides-tout-reste-a-faire-201602041645-00002966.html
    #agrobusiness #agriculture

  • La viticulture victime des pesticides.
    http://www.vitisphere.com/breve-73310-Phytosanitaires-le-Luna-privilege-suspecte-de-provoquer-des-

    Phytosanitaires : le Luna privilège suspecté de provoquer des dégâts sur vigne

    Le fabricant de produits phytosanitaires Bayer CropScience a des ennuis avec l’un de ses fongicides, le « Moon privilege », autrement appelé le « Luna privilege ». Cet anti-botrytis, dont la matière active est le tout nouveau « fluopyram », a causé des dégâts dans les vignobles de quatre pays européens – Suisse, Autriche, Italie et Allemagne, dans une moindre mesure – mais les surfaces concernées ne sont pas encore connues (ou communiquées ?).

    #agrochimie #pesticides #fongicides

  • Lutter contre le mildiou : Zoom sur le Bicarbonate de Soude
    http://www.tous-au-potager.fr/lutter-contre-mildiou-bicarbonate-soude
    Décidément, le #bicarbonate_de_soude ça sert à tout

    Le bicarbonate de soude (ou bicarbonate de sodium ou encore hydrogénocarbonate de sodium) a de nombreuses propriétés dont l’une est de neutraliser l’acidité d’un milieu.

    Il n’y a pas vraiment de certitudes mais on suppose que le mildiou ne supporterait pas le changement d’acidité du #milieu provoqué par le bicarbonate de soude. En effet le mildiou aurait besoin d’acidité pour se développer. Le bicarbonate neutralisant cette acidité modifierait les conditions optimales du développement du mildiou. D’où une action fongistatique (qui empêche le champignon de se développer) et non fongicide (qui tue le champignon).

    Cependant aux États Unis, le Dr. Kenneth Horst de l’université de Cornell a observé que le bicarbonate de sodium causait des dommages sur les parois des spores de l’#oïdium, parvenant à la mort des cellules. Le bicarbonate de sodium aurait-il la même action sur les spores du mildiou ? Dans ce cas on aurait alors un effet fongicide. Et en effet le bicarbonate de sodium, peut se révéler efficace sur un début de mildiou.

    Quoiqu’il en soit le bicarbonate de sodium prouve son efficacité pour empêcher le développement du mildiou et est principalement utilisé en préventif.

    #fongicide

  • #Bananes flambées aux fongicides - regards.fr
    http://www.regards.fr/environnement/bananes-flambees-aux-fongicides,5441

    Dans cette île déjà empoisonnée à la chlordécone, les grands planteurs ont obtenu, au corps défendant de la population, une nouvelle dérogation pour pulvériser des #fongicides douteux en vue de sauver leur production de bananes. Le débat s’envenime…

    #pesticides #agrobusiness #Martinique #cancer #santé