• Palm Oil Destroys Rainforests But World Not Buying Sustainable Crop
    https://www.bloomberg.com/graphics/2021-palm-oil-deforestation-climate-change

    Seventeen climate summits ago, one of the world’s first sustainability efforts in global food production was set up to stop palm oil plantations from destroying the rainforest. Yet more than 80% of the market remains untouched by the effort because no one wants to pay for it.

    merci @fil #plantations #industrie_palmiste

  • En Roumanie, Ikea accusé de « massacrer » les forêts

    Après plus de deux années d’investigations, l’ONG roumaine Agent Green a publié mi-août un rapport dénonçant la gestion par Ikea de ses 50 000 hectares de forêts en Roumanie. D’après elle, des coupes rases au pied des Carpates entraînent des glissements de terrain qui risquent de mettre en danger la forêt primaire et les habitants.


    Les Carpates roumaines. © Agent Green

    La délégation d’Ingka nous propose de monter dans leur voiture pour visiter l’une des exploitations forestières décrites dans le rapport d’Agent Green, située à proximité de la localité de Tătaru. La piste pour arriver jusqu’au village est chaotique, poussiéreuse, parsemée de rochers et rythmée par des pentes abruptes. Moins de 500 âmes vivent dans ce village, le dernier avant que la route ne s’arrête et ne laisse place à une forêt sauvage et extrêmement dense [1].

    Avant de descendre vers le village pour visiter la parcelle forestière que détient Ikea, notre voiture s’arrête. « Vous la voyez la déforestation ? » questionne avec ironie Constantin Moisa, directeur d’Ingka Investments en Roumanie. Les 50 000 hectares que détient le géant de l’ameublement via sa filiale en Roumanie sont fragmentés dans tout le pays, principalement dans le sud-est.

    « Ikea ne respecte absolument pas ses engagements. »
    Les parcelles situées dans les forêts de Dălhăuți et de Tătaru sont particulièrement ciblées dans le rapport d’Agent Green, puisqu’elles se situent parfois en plein milieu d’aires protégées ou Natura 2000. « Cela fait deux ans que nous menons des investigations avec des experts pour récolter des preuves », dira plus tard à Reporterre Mircea Barbu, coordinateur de l’enquête pour l’ONG. « Grâce à de nombreuses images satellites, de drones et des enquêtes de terrain, nous avons montré qu’Ikea ne respecte absolument pas ses engagements pour réguler durablement ses forêts, c’est même tout le contraire. » Des ingénieurs forestiers ont notamment été diligentés par Agent Green pour se rendre sur les lieux.

    « Au lieu d’effectuer des coupes d’arbres progressives pour laisser le temps aux arbres de se régénérer, Ikea pratique des coupes rases [abattage de la totalité des arbres d’une parcelle], c’est une catastrophe pour la biodiversité. Sur la zone de Tătaru, c’est clairement visible, nous avons constaté une érosion massive des sols et des glissements de terrains », affirme Mircea Barbu. « Pour la communauté de Tătaru, cela pourrait même être dangereux si un glissement de terrain venait à couper la seule route qui les relie au monde extérieur. »

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    Costel Bucur sur la parcelle coupée à blanc, près du village de Taratu. © Justin Carrette/Reporterre

    La suite : https://reporterre.net/En-Roumanie-Ikea-accuse-de-massacrer-les-forets

    #ikea #multinationales #suède #forêt #déforestation #climat #forêts #écologie #environnement #biodiversité #arbres

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      Le bois coupé en Roumanie est une manne financière pour Ikea. Il est majoritairement revendu à d’autres entreprises ou aux communautés locales pour le chauffage individuel. Mircea Barbu estime qu’il est également « possible » que du bois provenant de forêts primaires ou anciennes se retrouvent dans des meubles Ikea vendus au grand public.

      L’entreprise suédoise est peu transparente sur la traçabilité de son bois coupé. « Ikea avait affirmé en 2017 avoir arrêté de collaborer avec l’entreprise HS Timber, qui avait perdu sa certification FSC après de nombreux soupçons concernant des coupes de bois illégales. Pourtant, Ikea via sa filiale Ingka, continue de vendre du bois à cette entreprise et entretient ce marché frauduleux », affirme le militant d’Agent Green.
      Six gardes forestiers tués en six ans
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  • Aux arbres, citoyens ! : dans le #Morvan, des résistants achètent la forêt pour la sauver

    « Il faut sauver ce qui peut encore l’être » : dans le Morvan, des citoyens rachètent des forêts traditionnelles de #chênes, #hêtres et autres #châtaigniers pour empêcher leur #destruction au profit d’#arbres_résineux, plus rentables mais « catastrophiques » pour la #biodiversité.

    Plus rien ne se dresse sur la colline dénudée. Au milieu de l’ancienne forêt devenue désert, la statue de Saint Marc, où les randonneurs se reposaient à l’ombre, garde dorénavant un cimetière de troncs couchés attendant d’être ramassés. « C’est une catastrophe écologique et visuelle », enrage Régis Lindeperg, de l’association Adret Morvan qui lutte contre l’enrésinement. Dans cette parcelle du Vieux Dun (#Nièvre), une vingtaine d’hectares d’#épicéas viennent d’être coupés.

    « Les coupes rases libèrent du carbone, assèchent les sources et appauvrissent les sols, ce qui empêche plus d’une ou deux replantations. Les sylviculteurs scient la branche sur laquelle ils sont assis », raille M. Lindeperg. « En un siècle, on aura tout grillé », abonde Frédéric Beaucher, qui défend la « vraie » forêt, de #feuillus, contre les rangs d’oignon de pins « plus proches du champ de maïs » en terme de biodiversité, selon Régis Lindeperg.

    Contre les « planteurs de résineux », qui représentent selon lui une bonne partie des propriétaires forestiers ou des sylviculteurs du Morvan, M. Beaucher a créé en 2015 #Le_Chat_Sauvage, un groupement forestier de citoyens prêts à acheter des feuillus, et ainsi « sauver ce qui peut encore l’être ». « On a maintenant 120 hectares de forêts et plus de 500 sociétaires ».

    Roger Denis est de ceux-là. En 45 ans de médecine de campagne à parcourir le Morvan, ce retraité de 69 ans a vu « le #paysage se modifier » et a investi plus de 10.000 euros dans le Chat Sauvage.

    Jadis marginaux, les #résineux représentent 47% des 155.000 hectares de forêts du Morvan, selon des chiffres de 2016 du Parc naturel régional (PNR). Et « le phénomène s’accélère », assure Jean-Sébastien Halliez, maire PS de Brassy (Nièvre). « Sur la commune, il existe peut-être une dizaine de coupes rases. Il y a une dizaine d’années, il n’y en avait qu’une de temps en temps ».

    – « Une goutte d’eau » -

    Entre 2005 et 2016, 4.270 ha de feuillus ont été rasés et 10.860 ha de résineux plantés, selon le parc régional. C’est que le calcul est simple, explique Tristan Susse, expert forestier : le #pin_Douglas, résineux préféré dans le Morvan, « produit 400 m3 l’hectare, à 60-70 euros le m3, le feuillu 100 m3 et pour 50 euros le m3 en moyenne ».

    Le cours du #Douglas a de plus quasiment doublé en deux ans, notamment en raison de la mode des #constructions_en_bois. « Si on ne fait rien, on ne voit pas ce qui empêcherait l’enrésinement total du Morvan », avertit Sylvain Mathieu, président du PNR et vice-président PS de Bourgogne-Franche-Comté en charge de la forêt.

    « La seule solution est une loi interdisant les #coupes_rases, comme en Suisse », répond Lucienne Haèse, 80 ans et figure historique du mouvement. En 2003, cette pionnière a créé à Autun (Saône-et-Loire) le #Groupement_forestier_pour_la_sauvegarde_des_feuillus_du_Morvan (#GFSFM), premier du genre en France.

    Aujourd’hui, le GFSFM, en charge du sud du Morvan, a 350 ha et 970 sociétaires. Avec Le Chat Sauvage, son petit-frère dans le nord, cela fait moins de 500 ha. « Oui, c’est une goutte d’eau », reconnaît M. Beaucher. « Mais cela permet d’interpeller. Et ça fonctionne : il y a une prise de conscience ».

    De plus en plus de petits propriétaires vendent leurs forêts aux groupements citoyens « pour qu’elles échappent à l’#enrésinement », affirme Mme Haèse. Et certains forestiers assurent avoir évolué, comme la Société forestière, qui gère 6.900 ha dans le Morvan.

    « Depuis deux ans, la Société forestière n’a programmé aucune transformation de feuillus en résineux au sein du #parc_du_Morvan », affirme ainsi Amaury Janny, directeur pour la région centre. La surface de #monocultures de résineux va même « diminuer », selon lui, car les replantations vont dorénavant se faire avec un « mélange de trois #essences » et non plus seulement du Douglas par exemple.

    https://www.ipreunion.com/france-monde/reportage/2021/09/19/aux-arbres-citoyens-dans-le-morvan-des-resistants-achetent-la-foret-pour-

    #forêt #résistance #France #déforestation #pins #collectivisation

    –-

    On en parlait déjà en 2016 sur seenthis :
    Contre l’enrésinement du #Morvan, des habitants ont créé un groupement forestier pour protéger leurs #forêts.
    https://seenthis.net/messages/515235

  • Au #Laos, la #répression silencieuse. Expulsée pour avoir osé parler

    Juriste dans une ONG suisse de développement durable, #Anne-Sophie_Gindroz s’installe durant trois années dans un Laos en pleine mutation. Le pays s’ouvre à l’#économie_de_marché et aux investisseurs étrangers. Construction de #barrages, exploitation des #ressources_hydroélectriques, forestières, minières… l’impact est catastrophique pour la population et l’#environnement. Ce livre sincère et engagé était une nécessité pour l’auteure, qui dénonce la #corruption, l’#opacité des autorités, la répression dont sont victimes des Laotiens. La détermination et le courage d’Anne Sophie Gindroz lui ont valu d’être expulsée du pays.

    https://www.rfi.fr/fr/emission/20160514-laos-repression-silencieuse-expulsee-avoir-ose-parler-anne-sophie-gindr
    (je n’arrive pas à ouvrir la page de la maison d’édition du livre :-(
    https://asieinfopublishing.com

    #livre #développement #extractivisme #forêts #mines #barrage_hydroélectrique

    –—

    En 2018, quand @albertocampiphoto et moi-même étions au Laos :
    https://seenthis.net/messages/709331

    Et notamment ce portfolio de Alberto sur Mediapart :
    Le Laos, « batterie de l’Asie du Sud-Est » en court-circuit


    https://www.mediapart.fr/studio/portfolios/le-laos-batterie-de-lasie-du-sud-est-en-court-circuit

  • Bonnes feuilles : « Vivre avec les forêts tropicales »
    https://theconversation.com/bonnes-feuilles-vivre-avec-les-forets-tropicales-162367

    Elles couvrent moins de 10 % des terres émergées, mais elles abritent la moitié des espèces de plantes et d’animaux connus. Vieilles parfois de plus de 100 millions d’années, chaudes et humides, les forêts tropicales humides offrent un environnement plutôt stable et sont donc propices aux expressions du vivant. Les grands processus biologiques, tels la photosynthèse ou le recyclage de la matière organique, y atteignent des sommets. Ces forêts ont offert à la diversité biologique des voies d’évolution, mais aussi des refuges qui n’ont pas d’équivalents.

    Vivre avec les #forêts_tropicales : un livre pour repenser les relations des humains aux #forêts
    https://www.cirad.fr/espace-presse/communiques-de-presse/2021/vivre-avec-les-forets-tropicales

  • Les #mémoires comme ressources et enjeux. Dimensions spatiales, politiques et sociales

    Dominique Chevalier
    Les mémoires comme ressources et enjeux. Dimensions spatiales, politiques et sociales [Texte intégral]
    Memories as resources and stakes. spatial, political and social dimensions

    Jean-Luc Poueyto
    Lieux vénérés puis oubliés : L’exemple de #mémoires_familiales #manouches [Texte intégral disponible en décembre 2021]
    Venerated, then forgotten spaces : the example of Manouche family memories

    Dominique Chevalier, François Duchene et Thomas Zanetti
    Palimpsestes mémoriels, #gentrification inachevée et voisinages migratoires : l’exemple de commerces de #La_Guillotière à #Lyon [Texte intégral disponible en décembre 2021]
    Memory palimpsests, unfinished gentrification and migratory neighborhoods : the example of La Guillotière businesses in Lyon

    Elisa Aumoitte
    Sans mémoire des lieux ni lieux de mémoire. La #Palestine invisible sous les #forêts_israéliennes [Texte intégral disponible en décembre 2021]
    Without memory of places or places of memory.Invisible Palestine under israeli forests

    Anne Hertzog et Rafiq Ahmad
    Un #cimetière chinois dans la #Somme : #pratiques_mémorielles, lieu de #co-présence et territorialités diasporiques [Texte intégral disponible en décembre 2021]
    A chinese cemetery in Somme : remembrance practices, place of co-presence and diasporic dynamics
    #diaspora

    William Robin-Detraz
    #Haut-lieu et appropriations de la mémoire des #tirailleurs_sénégalais : le #Tata de #Chasselay (69) [Texte intégral disponible en décembre 2021]
    “Haut-lieu” and appropriations of the memory of African Colonial Soldiers : the Tata of Chasselay

    Aliou Gaye
    Processus de #patrimonialisation et mise en #tourisme des mémoires collectives de l’#esclavage à l’#île_de_Gorée [Texte intégral disponible en décembre 2021]
    Patrimonialization process and setting in tourism of collective memories of slavery on the island of Goree
    #Gorée

    Marie Pouillès Garonzi
    « Un musée à ciel ouvert ». Les traces du passé conflictuel dans les #espaces_publics chypriotes [Texte intégral disponible en décembre 2021]
    “An open-air museum”. Traces of the conflicting past in cypriot public spaces
    #espace_public #Chypre

    Thibault Ducloux
    Là où s’échouent les destinées. Les #prisons, dévoreuses de mémoires ? [Texte intégral disponible en décembre 2021]
    Where destinies run aground. Do jails crush social memories ?

    https://journals.openedition.org/bagf/6655

    #revue #mémoire #géographie

  • Les arbres, ces géants qui nous veulent du bien
    https://www.geo.fr/evenement/les-arbres

    Ils recouvrent environ 2,8 milliards d’hectares sur la planète et pourraient capter jusqu’à deux tiers du carbone généré par l’activité humaine. Véritables poumons verts de la planète, les #arbres n’en finissent plus de cumuler les bienfaits. Pour autant, des #forêts nordiques à l’Amazonie, ils n’ont jamais été aussi menacés. Tout savoir sur ces piliers qui nous aident à voir la vie en vert.

  • L’Union européenne numéro 2 sur le podium des responsables de la déforestation, pour le WWF
    https://www.franceinter.fr/deforestation-l-union-europeenne-numero-2-sur-le-podium-des-responsables

    En janvier, dans un précédent rapport, le Fonds mondial pour la nature (WWF) montrait déjà que la planète avait perdu plus de 40 millions d’hectares de #forêts, soit la taille d’un pays comme l’Irak, entre 2004 et 2017. Cette fois, dans ce nouveau plaidoyer intitulé « Quand les Européens consomment, les forêts se consument », l’ONG cherche les coupables et pointe directement du doigt l’Union européenne qui importe encore trop, selon elle, de produits ou matières premières issus de la #déforestation. Ces importations européennes ont en effet été responsables, entre 2005 et 2017, de la perte de près de 3,5 millions d’hectares de forêts, soit la superficie de 5 millions de terrains de football. L’ONG demande des mesures plus coercitives, car les engagements des États ne suffisent pas. Entretien avec Véronique Andrieux, directrice générale du WWF France.

  • Forêts des Balkans
    Forêts des Balkans (1/5) Croatie : en Krajina, le pillage généralisé des forêts - Le Courrier des Balkans
    https://www.courrierdesbalkans.fr/Croatie-forets-pillage-generalise

    Dans la région de Lička Jasenica, des forêts millénaires sont pillées en toute impunité, un vrai désastre pour l’environnement et les populations locales, qui ont toujours vécu de leurs richesses. Situées sur des terrains privés qui appartiennent pour l’essentiel à des familles serbes ayant fui le pays à la fin de la guerre, les arbres de Krajina alimentent un juteux business dont beaucoup semblent profiter.

    #Forêts des #Balkans (2/5) • Roumanie : un lanceur d’alerte dénonce la mafia du bois
    https://www.courrierdesbalkans.fr/Roumanie-deforestation-mafia-du-bois

    La #déforestation illégale ravage les forêts nationales roumaines, et les deux grands partis politiques du pays, le PSD et le PNL, prennent leur part sur ces trafics. Pour la première fois, un témoin haut placé dans la Direction des Forêts révèle ces circuits de corruption. Témoignage d’Ilie Covrig, un homme désormais menacé de tous les côtés.

    Momentanément en accès libre, j’ai les pdf pour ces deux-là si besoin

    En revanche, celui-ci ne fait pas partie du dossier et j’ai pas accès

    Coupes illégales, incendies : les forêts du Monténégro partent en fumée
    https://www.courrierdesbalkans.fr/Montenegro-gestion-des-forets

    Ces dernières années, les incendies se multiplient au Monténégro, symbole du mauvais entretien des forêts, qui couvrent 70% de son territoire. Outre ce problème, les errements dans la gestion de la filière bois font perdre chaque année des dizaines de millions d’euros. C’est ce que révèle une récente étude analysée par Monitor.

  • Bassin du Congo, la perte des forêts primaires s’accélère en 2020 | InfoCongo
    https://infocongo.org/fr/bassin-du-congo-la-perte-des-forets-primaires-saccelere-en-2020

    Le bassin du #Congo a perdu plus de 600 mille hectares de #forêts_primaires en 2020, soit une augmentation de 9% par rapport à l’année 2019, selon les récentes données de l’Université de Maryland disponibles sur Global Forest Watch. Ces vingt dernières années, l’année 2020 été la 3ème année la plus difficile pour les forêts […]

    #déforestation

  • Déclin des #insectes : l’urgence d’agir | CNRS Le journal
    https://lejournal.cnrs.fr/articles/declin-des-insectes-lurgence-dagir

    Dans un avis publié le 26 janvier, l’#Académie_des_sciences sonne l’alarme au sujet du déclin des insectes. Explications avec Philippe Grandcolas, directeur de l’Institut de systématique, évolution, biodiversité et co-auteur du rapport scientifique sur lequel s’appuie cet appel.

    […] Cet #effondrement est un phénomène complexe, quatre facteurs principaux y contribuent : la destruction de #milieux_naturels, la #pollution, les effets de la #crise_climatique et l’introduction des #espèces_exotiques, elle-même facilitée par la #mondialisation des échanges. En ce qui concerne la conversion des milieux terrestres, autrement dit la disparition des #forêts naturelles, des #zones_humides et des #prairies, rappelons que plus de 40 millions d’hectares de forêts ont disparu depuis vingt ans dans le monde, soit plus que la superficie de l’Allemagne ! Et les plantations d’arbres — qui se limitent souvent à une seule espèce voire à un seul clone, avec un sous-bois ou des sols très simplifiés — ne suffisent pas à restaurer toute la richesse des #écosystèmes forestiers qui disparaissent.

    La diversité des #habitats dans un #paysage doit en outre être préservée. Quant à l’usage massif et irraisonné de #pesticides, il est la deuxième cause majeure de l’effondrement des populations d’insectes à proximité des zones agricoles. La dérogation récemment accordée par le gouvernement français aux producteurs de betteraves pour l’usage de néonicotinoïdes est à cet égard fort regrettable.

    Il faut aussi noter que l’intensité de ces facteurs n’est pas la même selon les régions. Par exemple, la déforestation massive touche davantage la forêt amazonienne que les forêts européennes ; tandis que les grands incendies liés à la crise climatique, comme ceux qui ont récemment frappé l’Australie, affectent des zones géographiques bien particulières.

  • Une procédure ouverte contre Ikea pour fausse déclaration de bois

    Le Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche (DEFR) a ouvert une procédure contre Ikea pour #fausse_déclaration de #bois. Le marchand de meubles suédois rejette les accusations.

    L’affaire a été déclenchée par une #plainte déposée le 31 août dernier par le Bruno Manser Fonds (BMF) auprès du DEFR et du Bureau fédéral de la consommation (BFC). La porte-parole du DEFR Evelyn Kobelt a confirmé jeudi à Keystone-ATS une information de la radio SRF.

    Après des contrôles effectués dans les cinq succursales Ikea concernées, le DEFR a ouvert des #procédures_pénales_administratives dans deux cas de suspicion de #fausses_déclarations répétées. Selon Evelyn Kobelt, c’est la première fois que l’entreprise fait l’objet d’une procédure pénale pour fausse déclaration. La présomption d’innocence s’applique jusqu’à la fin de la procédure.

    Le BFC avait indiqué avoir constaté des lacunes de déclaration dans les succursales d’Aubonne (VD), Lyssach (BE), Pratteln (BL) Spreitenbach (AG) et Vernier (GE).

    En Suisse, le bois et les produits à base de bois doivent être déclarés conformément à l’ordonnance fédérale correspondante. Le type de bois et son #origine doivent être signalés. Le BFC contrôle le respect de ces règles dans les entreprises.

    Informations ajoutées manuellement

    Ikea Suisse rejette les accusations. Le membre de la direction Aurel Hosennen a déclaré sur les ondes de la SRF qu’il arrive régulièrement que les #étiquettes manquent dans les magasins de meubles. Celles-ci sont en effet apposées à la main chez Ikea. Dans chaque succursale, 80 à 100 étiquettes sont remplacées chaque jour après avoir été perdues.

    Evelyn Kobelt a confirmé le « cas spécial » qu’est Ikea. Le risque d’une déclaration incorrecte y est plus élevé, car les informations doivent être ajoutées manuellement, ce qui est source d’erreurs. D’autres sociétés étrangères ont automatisé les informations concernant la déclaration dans leur système.

    Aurel Hosennen précise qu’Ikea Suisse dispose de ces informations. « Nous connaissons chaque produit, chaque fournisseur, le bois qu’ils utilisent et sa #provenance ». Les déclarations sont disponibles sur le site internet depuis des années. Ikea n’a aucune raison de cacher quelque chose ou de ne rien montrer, souligne-t-il.

    Bois roumain et ukrainien en cause

    Le groupe a été accusé en mai par une ONG britannique d’intégrer du bois abattu illégalement en #Roumanie et en #Ukraine dans sa chaîne de fournisseurs. Dans un communiqué diffusé début octobre, le géant suédois de l’ameublement assurait que le bois utilisé est issu uniquement d’arbres abattus légalement. L’entreprise se basait pour cela sur deux enquêtes, l’une interne, l’autre externe.

    https://www.rts.ch/info/economie/11680455-une-procedure-ouverte-contre-ikea-pour-fausse-declaration-de-bois.html

    #IKEA #Suisse #justice #multinationales

    • Le Bruno Manser Fonds dénonce IKEA

      Le plus grand groupe d’ameublement Suisse enfreint systématiquement l’obligation légale de déclarer le bois.

      Le Bruno Manser Fonds a dénoncé IKEA AG, Spreitenbach (« IKEA »), auprès du Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche (DEFR). Il se base pour cela sur l’infraction systématique d’IKEA à l’obligation légale de déclarer le bois, en vigueur depuis 2012. IKEA est une filiale suisse de la multinationale IKEA sise à Delft, aux Pays-Bas.

      Dans un courrier adressé mardi au Conseiller fédéral Guy Parmelin, chef du DEFR, le Bruno Manser Fonds demande qu’une amende soit prononcée contre IKEA et ses responsables pour infraction à la loi sur l’information des consommatrices et des consommateurs de même qu’à l’ordonnance sur la déclaration du bois et des produits en bois.

      Le Bruno Manser Fonds s’est intéressé de près à l’assortiment IKEA de tables en bois massif et de chaises dans cinq de ses filiales (Aubonne, Lyssach, Pratteln, Spreitenbach et Vernier). Il en est ressorti que l’entreprise, dans plus de 80 cas, ne déclarait pas l’essence ou l’origine du bois, ou sinon le fait de manière abusive :

      – Dans 40 cas, IKEA ne fait aucune indication du type de bois ou de sa provenance, alors qu’il s’agit de tables et de chaises soumises à l’obligation de déclarer.

      – Dans 22 cas, IKEA déclare l’origine du bois pour des tables et des chaises en pin avec l’indication abusive « Amérique du Nord et du Sud, Europe, Inde, Océanie ».

      – Dans 10 cas, IKEA déclare l’origine du bois pour des tables et des chaises en bouleau avec l’indication abusive collective « Chine, Europe, Turquie ».

      – Dans 11 cas, IKEA déclare l’origine du bois pour des tables et des chaises en hêtre avec l’indication abusive collective « Europe, Turquie ».

      « Par cette manière de faire, IKEA dissimule de manière illicite la provenance de sa matière première principale », explique Lukas Straumann, directeur du Bruno Manser Fonds. « Nous attendons de la part d’un groupe de la taille et de l’importance d’IKEA qu’il déclare systématiquement l’origine du bois de ses produits, en conformité à la loi et de manière conviviale. »

      Aux termes de l’ordonnance sur la déclaration du bois, « toute personne qui remet du bois ou des produits en bois aux consommateurs doit indiquer la provenance du bois » et son essence. Les désignations collectives sont certes exceptionnellement admises, mais elles doivent se limiter à « la zone géographique la plus précise possible (Scandinavie, Europe orientale, Afrique occidentale, Amérique centrale, p. ex.) ». La peine pécuniaire maximale encourue en cas d’infraction est de 10’000 CHF.

      Le groupe IKEA a récemment fait les gros titres en raison de la participation présumée de ses fournisseurs à des coupes de bois illégales et des coupes rases en Roumanie et en Ukraine. Environ 60 % du bois d’IKEA provient d’Europe de l’Est et de Russie.

      https://www.bmf.ch/fr/nouveautes/le-bruno-manser-fonds-denonce-ikea-144

  • Ecoutez les forêts, écoutez le monde, grâce aux cartes sonores
    https://www.rtbf.be/info/societe/detail_ecoutez-les-forets-ecoutez-le-monde-grace-aux-cartes-sonores?id=10598391

    Les organisateurs du Timber Festival, un festival anglais qui célèbre nos liens avec les arbres, ont été frustrés par le Coronavirus. Ils ont dû annuler. Alors, ils ont imaginé ce beau projet : créer une carte sonore des forêts de la planète.

    https://timberfestival.org.uk/soundsoftheforest-soundmap

    About / Sounds of the Forest

    We are collecting the sounds of woodlands and forests from all around the world, creating a growing soundmap bringing together aural tones and textures from the world’s woodlands.

    The sounds form an open source library, to be used by anyone to listen to and create from. Selected artists will be responding to the sounds that are gathered, creating music, audio, artwork or something else incredible, to be presented at Timber Festival 2021.

    #forêts #cartes_sonores

  • Quand les services de renseignement diabolisent une action de préservation de la forêt - Basta !
    https://www.bastamag.net/foret-coupe-rase-action-de-preservation-ecologie-services-de-renseignement

    En Corrèze, une association a tenté d’acquérir tout à fait légalement un bout de forêt, pour en préserver l’écosystème et la protéger des coupes rases. Mais c’était sans compter sur les services des renseignements et la gendarmerie qui ont fait capoter le projet, en agitant l’opportune et fantasmatique figure du « zadiste anarchiste écologiste ». La forêt n’y a pas survécu.

    .../...

    Contacté par téléphone, puis rencontré chez lui à sa demande, l’ancien maire, vendeur de la parcelle, nous raconte que, quelques jours avant la conclusion de la vente, il aurait reçu une visite impromptue à son domicile : « Trois gendarmes en uniforme et deux agents des renseignements territoriaux ». « Les renseignements se sont déplacés pour dire : "Il s’agirait en réalité d’activistes, des anarchistes écologistes, qui vont amener des nuisances dans la région, surtout il ne faut pas les laisser venir", raconte-t-il. Je leur ai dit que je n’ai rien à voir avec cette association, que je suis juste vendeur d’une parcelle et que la notaire m’a certifié que ces gens étaient fiables. Je n’avais rien contre eux, mais les services de la préfecture s’en sont mêlés, il y a eu des pressions. Attention, personne ne m’a empêché de vendre, mais on m’a conseillé de… [air entendu] »

    #renseignements #gendarmerie #délit_d'opinion #forêts

  • Compensation carbone et Treewashing : Jonathan Guyot
    https://bonpote.com/compensation-carbone-et-treewashing-jonathan-guyot

    De mon point de vue, nous avons complètement fourvoyé la « compensation carbone », en nous berçant d’une douce illusion dans cette recherche du point « zéro », afin de gonfler notre orgueil et de nous soustraire à l’enjeu prioritaire et beaucoup moins sexy : réduire drastiquement nos émissions.

    [...]

    Et depuis 3 ans, un nombre incalculable de start-up se développent pour proposer, à coup d’opérations marketing, de « planter des arbres pour sauver le climat ». Alors ces plateformes de « plantation d’arbres » offrent des options de facilité, une solution clé en main, un discours qui plaît aux entreprises et finissent par faire de l’ombre aux organisations qui agissent concrètement sur le terrain, avec éthique et des démarches holistiques.

    C’est pourquoi avec la communauté all4trees et nos membres porteurs de projets, nous essayons de sortir de plus en plus des discours de « planter des arbres ». Car l’enjeu numéro 1 est d’abord de ne pas en couper et donc de mettre en œuvre des activités agricoles et des filières économiques pour lutter contre la déforestation et contribuer à la préservation des forêts . Mais forcément, c’est beaucoup moins sexy que de « planter des arbres ».

    #forets #protection #préservation

  • Géographies en mouvement - Quand les Vosges flamberont comme une torche australienne - Libération.fr
    http://geographiesenmouvement.blogs.liberation.fr/2020/08/22/quand-les-vosges-flamberont-comme-une-torche-australienne

    La sécheresse récurrente menace les forêts françaises. En particulier les plantations des Vosges qui pourraient brûler comme les forêts d’eucalyptus en Australie ou les plantations en Californie. La France est-elle préparée à ce traumatisme majeur ?

    #forêts #sylviculture #incendies #extractivisme #sécheresse #réchauffement_climatique #biodiversité #enrésinement (des massifs forestiers)

  • Le plus grand lac du Cambodge est en train de se dessécher, menaçant forêts et poissons | National Geographic
    https://www.nationalgeographic.fr/environnement/2020/08/le-plus-grand-lac-du-cambodge-est-en-train-de-se-dessecher-menaca

    #Tonlé_Sap, le plus grand lac d’Asie du Sud-Est et l’une des réserves de ressources halieutiques les plus riches du monde, connaît à peu près le même sort. Des terres agricoles ternes, sèches et dépourvues d’arbres s’étendent désormais à perte de vue. Les incendies, souvent provoqués intentionnellement pour défricher les terres, ont réduit encore plus l’étendue de la forêt.

    Nombre d’écologistes tirent la sonnette d’alarme : la survie de Tonlé Sap, qui fait partie des réserves de biosphère de l’UNESCO, est menacée. La #déforestation et la #dégradation_de_l’environnement pourraient avoir des conséquences économiques dramatiques sur le million de Cambodgiens qui habitent aux alentours du lac et les millions d’autres qui dépendent de la région pour se nourrir, le poisson étant la principale source de protéines du pays.

    #forêt #forêts_marécageuses #ressources_halieutiques #hévéas #Cambodge

    • Alerte.Face aux #barrages, la mort annoncée du lac Tonlé Sap au Cambodge

      Pour la deuxième année consécutive, le débit du #Mékong est trop faible pour remplir la rivière et le lac Tonlé Sap, au Cambodge. Un désastre écologique et économique qui met en péril les ressources piscicoles dont dépendent des millions de riverains.

      Le miracle du Mékong ne s’est pas réalisé, s’inquiète le site The Diplomat. Chaque année, habituellement, “la force du débit du fleuve gonflé par la mousson entraîne le reflux du cours du Tonlé Sap, un de ses affluents, dans le lac éponyme au Cambodge”.

      Mais, le débit du Mékong est désormais affaibli par les barrages, par la sécheresse et le changement climatique, explique le site internet. Pour l’universitaire thaïlandais Chainarong Setthachua :

      C’est un désastre terrible pour la région du Mékong. Si nous perdons le Tonlé Sap, nous perdons le cœur de la plus grande pêcherie du monde.”

      Le lac Tonlé Sap est le centre névralgique de la pêche au Cambodge et un lieu de migrations des poissons dans le bassin du Mékong, poursuit le site. “Pour la deuxième année, les eaux tumultueuses du Mékong n’ont pas permis l’incroyable renversement du cours du Tonlé Sap qui permet au lac de s’étendre sur cinq fois la surface qu’il occupe durant la saison sèche.”
      Un cycle séculaire

      Le reflux du cours de la rivière Tonlé Sap par la force du débit du Mékong gonflé par les eaux de la mousson a permis, depuis des siècles, l’inondation annuelle de la forêt située dans le lac.

      https://www.courrierinternational.com/article/alerte-face-aux-barrages-la-mort-annoncee-du-lac-tonle-sap-au

      #paywall

  • Victoire à Roybon !
    Enfin Pierre part en Vacances

    Coordination NINA

    https://lavoiedujaguar.net/Victoire-a-Roybon-Enfin-Pierre-part-en-Vacances

    Communiqué de la Coordination « Center Parcs : ni ici ni ailleurs » à propos de l’abandon du projet de Center Parcs à Roybon (Isère)

    Ça y est, Pierre & Vacances a jeté l’éponge ! Mais l’histoire ne s’arrête pas là : que vont-ils faire du terrain maintenant ? Que deviennent leurs autres projets en France et ailleurs ?

    La compagnie Pierre & Vacances a abandonné son projet de complexe touristique Center Parcs à Roybon. À la bonne heure ! C’est une victoire de taille dans la lutte contre la destruction de notre monde et du vivant qui l’habite ; une victoire qui en appelle d’autres. Déjà parce que Pierre & Vacances a d’autres projets du même acabit en France et ailleurs, et ensuite parce que la cohorte de ceux qui considèrent le monde comme un ensemble de ressources à exploiter, au mépris de la vie, ne se limite pas à Pierre & Vacances et à leurs soutiens.

    Le développement économique a un coût qu’il s’agit de ne plus nier. Nous n’avons pas été dupes des arguments économiques trop souvent rabâchés en faveur du projet de Center Parcs, qui visaient à en camoufler le coût environnemental et social. Concernant la promesse d’emplois, par exemple, il a fallu rappeler constamment la précarité des conditions de travail proposées par Pierre & Vacances, ou encore la mobilisation des finances publiques nécessaires à la création de ces infrastructures et des emplois qui vont avec. (...)

    #Center_Parcs #Roybon #Isère #ZAD #victoire #tourisme_industriel #forêts #résistance

  • « La propriété privée n’a absolument rien de naturel »
    https://lejournal.cnrs.fr/articles/la-propriete-privee-na-absolument-rien-de-naturel

    C’est l’une des institutions les plus puissantes et les plus opaques de la modernité. Elle s’impose à tous et même en partie aux États, qui l’organisent mais ne peuvent y déroger que dans des circonstances limitées et codifiées. La propriété privée peut d’ailleurs être vue comme une forme de protection contre les dérives tyranniques ou autoritaires – c’est notamment une idée très implantée aux États-Unis. Mais cette même propriété privée est souvent présentée comme une évidence, comme quelque chose de naturel.

    Et pourtant… elle n’a absolument rien de naturel ! C’est une forme d’#appropriation qui a une histoire, qui n’est pas de toute éternité et qui est dépendante de nos codes sociaux, de nos valeurs et de nos usages. C’est vrai, plus généralement, des différentes formes de propriété : propriété publique, propriété commune, droits #collectifs... le monde de la propriété est vaste et complexe. Alors comment en sonder les mécanismes, les logiques profondes, les dimensions matérielles et écologiques ? Notamment avec cette idée du crash-test qui consiste à analyser ce qui se passe quand la propriété « percute » la survenue d’une #catastrophe, idée que nous avons cherché à développer dans un volume collectif codirigé avec mon collègue Marc Elie, Crash Testing Property2..

  • We cannot ignore the links between #COVID-19 and the warming planet | TheHill
    https://thehill.com/opinion/energy-environment/499604-we-cannot-ignore-the-links-between-covid-19-and-the-warming-planet

    ("Imaginez les humains obligés par un ouragan de se regrouper dans un abri en plein milieu d’une #épidémie ?")

    It is well established that viruses jumping from the wild to humans are the major source of this threat, and we know that the #degradation and decline of forests weakens the natural barriers protecting us from the source of infection. Shrinking forests arise not only from deforestation caused by population growth and urbanization; global warming also affects forest health.

    Unfortunately, the genie is out of the bottle. Although we may not be able to undo the damage caused by #deforestation to date, we may be able to reduce disease transmission by restoring the natural barriers between humans and wildlife, and discouraging their further erosion. This would require unprecedented land management programs, with particular focus on halting the devastation of tropical rain forests.

    And does warming also amplify a pandemic’s toll on human welfare? The answer is yes, and the effect is greatest during the months when extreme climate-related events tend to be most widespread.

    Imagine what would happen if, in the midst of a virus epidemic, we were to experience a hurricane of the ferocity of a Dorian stalled directly over a major metropolitan area? Or what if we were to suffer an extended record-shattering heatwave, such as the one that hit Europe in the summer of 2019? How would we deal with the associated blackouts and brownouts, and keep people safe from COVID-19 as they tried to find refuge at crowded parks and beaches? For those fortunate enough to survive such events, social distancing to slow the virus spread would not be an option.

    #forêts #climat

  • Scientists Identify a Temperature Tipping Point for Tropical Forests | Smithsonian Institution
    https://www.si.edu/newsdesk/releases/scientists-identify-temperature-tipping-point-tropical-forests

    South American forests store less carbon than forests in the Old World, perhaps due to evolutionary differences in which tree species are growing there.

    They also found that the two most important factors predicting how much carbon is lost by forests are the maximum daily temperature and the amount of precipitation during the driest times of the year.

    As temperatures reach 32.2 degrees Celsius, carbon is released much faster. Trees can deal with increases in the minimum nighttime temperature (a global warming phenomenon observed at some sites), but not with increases in maximum daytime temperature.

    They predict that South American forests will be the most affected by global warming because temperatures there are already higher than on other continents and the projections for future warming are also highest for this region. Increasing carbon in the atmosphere may counterbalance some of this loss, but would also exacerbate warming.

    Forests can adapt to warming temperatures, but it takes time. Tree species that cannot take the heat die and are gradually replaced by more heat-tolerant species. But that may take several human generations.

    #points_de_bascule #climat #forêts

  • « Dès que les êtres humains pénètrent dans un #écosystème, des #virus se propagent »

    Le Bruno Manser Fonds (BMF) s’est entretenu avec #Kinari_Webb, médecin et fondatrice de Health in Harmony, sur la manière dont la destruction de l’environnement affecte notre santé et permet la propagation de maladies telles que le #COVID-19.

    Kinari Webb, 48 ans, est médecin et fondatrice de « Health in Harmony », un projet intégrant service de #santé et #protection_de_l’environnement dans le #Kalimantan, la partie indonésienne de #Bornéo. Elle a achevé ses études de bachelor en biologie en 1993, pour ensuite partir à Bornéo y étudier les orangs-outans. Elle y a vu comment de nombreuses personnes ne pouvaient financer leurs soins de santé autrement qu’en défrichant. Elle a donc décidé d’étudier la médecine. Après ses études, elle s’est à nouveau rendue à Bornéo, où elle a créé « Health in Harmony » en 2005, dans les environs du parc national #Gunung_Palung. Elle vit à proximité de San Francisco ainsi qu’en Indonésie.

    De quelle manière l’environnement et la santé sont-ils liés ?

    Kinari Webb : La question est mal posée à mes yeux. En effet, elle présuppose que l’être humain n’est pas un animal et qu’il y a une scission entre l’homme et la nature. Mais c’est impossible : nous respirons l’air, nous buvons l’eau, nous nous alimentons. La croyance selon laquelle notre esprit serait séparé nous vient du Siècle des lumières et s’avère simplement fausse. Cette pandémie nous montre à l’évidence que nous sommes indissociables de la #nature, comme d’ailleurs du changement climatique : sans températures raisonnables, en l’absence de suffisamment d’oxygène, sans eau propre, sans nourriture saine, nous ne pouvons pas être en bonne santé, nous ne pouvons pas survivre.

    Comment les #défrichages impactent-ils la santé des populations rurales à Bornéo ?

    Là où nous travaillons, tout-un-chacun sait que son bien-être futur dépendra de la présence de la #forêt tropicale. Ils comprennent que la forêt produit de l’eau, que celle-ci irrigue les champs de riz et que les champs de riz à leur tour les nourriront. Ils savent que, sans eau propre, les maladies se propagent. Ils savent aussi que les défrichages détruisent l’équilibre de l’écosystème et occasionnent davantage de #maladies comme le paludisme.

    Quelles sont les répercussions de la déforestation et de la destruction de l’environnement sur la santé des êtres humains à l’échelle mondiale ?

    La plupart des gens savent que notre consommation de combustibles fossiles est à l’origine du changement climatique. Peu de gens savent par contre que la déforestation à l’échelle mondiale est à l’origine d’autant d’émissions de CO2 que l’intégralité du secteur des transports dans le monde. Lorsque nous défrichons les forêts ou les brûlons, nous rejetons d’énormes quantités de carbone dans l’atmosphère. Les sols tourbeux à Bornéo jouent ici un rôle incroyablement important. On peut se les représenter comme des stades précoces des champs pétrolifères, dans lesquels des feuilles et des branchages se sont accumulés durant des millions d’années et qui ne peuvent pas se décomposer car ils sont recouverts d’eau. Si l’on défriche ou incendie les forêts sur #tourbières, le carbone stocké s’en trouve libéré. Les arbres accumulent de plus en plus de carbone tant qu’ils sont sur pied, absorbant ainsi un tiers du CO2 mondial. Je vais être explicite : si nous perdons nos #forêts_tropicales mondiales, c’est la fin de l’espèce humaine. Compte tenu de la chaleur, la planète serait invivable pour nous êtres humains de même que pour la majeure partie des autres êtres vivants.

    Quel est le lien avec le COVID-19 ? Et qu’est-ce qu’une zoonose ?

    Une #zoonose est une maladie transmise de la faune sauvage à l’être humain. Dans les écosystèmes intacts, on rencontre rarement des zoonoses. Mais dès que les hommes pénètrent dans un écosystème, le déstabilisent et consomment des #animaux_sauvages, des virus de propagent. Les marchés proposant des #animaux vivants constituent ici la plus grande menace, car c’est ici qu’apparaissent la plupart des zoonoses : on y trouve des animaux de différents coins du monde, gardés dans des conditions de stress élevé. Leur #système_immunitaire s’effondre, les virus se multiplient et se propagent entre les animaux, passant la barrière des espèces à l’être humain. Cela n’a pas été le cas que pour le COVID-19, mais aussi dans les derniers SRAS, MERS, Ebola et même le VIH. Ne pas respecter les écosystèmes nous fait courir de grands dangers. Ce n’est qu’une question de temps jusqu’à ce qu’apparaisse la prochaine pandémie.

    La consommation de #viande_sauvage est donc remise en question. Comment vois-tu cela dans les villages ruraux de Bornéo, dans lesquels la viande de chasse constitue un aliment de base ?

    La consommation de la viande de chasse dans les zones rurales comporte certains risques. Pourtant, tant que ces animaux proviennent d’écosystèmes intacts, le risque est réduit. Il est probable que le COVID-19 est passé des #chauves-souris aux #pangolins avant de parvenir à l’être humain. Les pangolins sont notamment capturés en Malaisie, transportés vers la Chine pour y être vendus sur les marchés. C’est donc tout autre chose que lorsque de la viande de chasse est consommée d’un environnement intact. Ces villages à Bornéo consomment cette viande depuis longtemps et sont déjà entrés en contact avec des virus locaux. Ils possèdent déjà un #système_immunitaire qui sait réagir à ces virus afin de ne pas dériver en pandémie.

    Qu’en est-il des #élevages_intensifs ?

    Les élevages intensifs comportent aussi des risques, mais moins en ce qui concerne un virus totalement nouveau. Les forêts tropicales humides de ce monde ne recouvrent que 2 % de la superficie de la Terre, mais elles hébergent 50 % de toutes les espèces. C’est une richesse énorme aussi bien qu’une source de nouveaux virus dès le moment qu’on les transporte à l’autre bout du monde. Les élevages intensifs ne sont toutefois pas sans comporter de dangers, car un virus de la grippe peut s’y propager sans encombre, vu que les animaux y sont stressés et que leur système immunitaire s’en trouve affaibli. À l’avenir, en rétrospective nous nous demanderons comment nous avons pu faire une telle chose.

    Avec « Health in Harmony », vous travaillez à l’interface des services de santé et de la protection de l’environnement. Quelle idée se cache derrière votre projet ?

    La première fois que je me suis rendue à Bornéo, afin d’y étudier les orangs-outans, je suis tombée amoureuse de la forêt tropicale et des gens. Mais j’ai été sidérée de voir comment les gens, qui aimaient leur forêt, étaient contraints de la détruire pour payer leurs soins de santé. Un homme y avait abattu 60 arbres pour payer une césarienne. J’ai donc décidé d’étudier la médecine et suis ensuite retournée en #Indonésie. J’ai demandé aux gens où ils voyaient la solution. Ils m’ont expliqué qu’ils avaient besoin d’un accès à des soins médicaux à prix abordable et de connaissances en agriculture biologique, pour protéger la forêt tropicale. Nous avons mis leurs idées en œuvre et permis aux gens de payer leurs soins de santé au moyen de plants d’arbres et de travail. Après 10 ans d’activité, on a constaté un recul de 90 % des ménages réalisant leur revenu avec les défrichages. Nous avons pu arrêter la perte supplémentaire de forêt, sa surface ayant même gagné 21 000 hectares. La mortalité infantile a reculé de 67 % et la situation financière des populations s’est même améliorée.

    Compte tenu de ton expérience, à quoi ressemblerait une solution mondiale ?

    Nous avons démontré que les hommes et les écosystèmes peuvent prospérer ensemble. Nous devons comprendre que le bien-être des gens en Malaisie, qui capturent un pangolin parce qu’ils n’ont aucun autre revenu, et celui des gens en Chine, où le pangolin est envoyé, de même que celui de tous les êtres humain sur la planète, sont interdépendants. Nous avons tous besoin d’écosystèmes sains. Beaucoup voient une concurrence entre la nature et l’homme : « Comment pouvons-nous protéger la nature si nous devons manger ? » Mais cela ne fonctionne pas ainsi, c’est juste le contraire. Demandez aux gens où se trouvent les solutions et collaborez ! Les écosystèmes et les êtres humains en ressortent gagnants. Imagine que chacune et chacun bénéficie de soins de santé universels et doit y apporter sa contribution. Imagine que ta contribution individuelle dépend de combien tu prends l’avion et de la contrainte que tu as sur l’environnement.

    https://www.bmf.ch/fr/nouveautes/corona-suit-la-deforestation-138

    #virus #déforestation #élevage

  • Pour limiter les pandémies, les humains doivent « décoloniser le monde »

    Lorène Lavocat (Reporterre)

    La destruction des écosystèmes est une des causes de la pandémie de Covid-19. Sans changement radical de notre rapport à la planète,
    d’autres drames sanitaires sont à prévoir. Mais, dans la perspective
    de la catastrophe économique à venir, les décideurs sauront-ils
    prendre conscience de ce qu’il se passe en écoutant et respectant les
    citoyens ?

    (…)

    Nous détruisons les milieux naturels à un rythme accéléré : 100
    millions d’hectares de forêt tropicale coupés entre 1980 et 2000 ;
    plus de 85 % des zones humides supprimées depuis le début de l’époque industrielle. Ce faisant, nous mettons en contact des populations humaines, souvent en état de santé précaire, avec de nouveaux agents pathogènes. Les réservoirs de ces pathogènes sont des animaux sauvages habituellement cantonnés aux milieux dans lesquels l’espèce humaine est quasiment absente ou en petites populations isolées. Du fait de la destruction des forêts, les villageois installés en lisière de déboisement chassent et envoient de la viande contaminée vers des grandes villes.

    Avant le Covid-19, d’autres virus et bactéries se sont déjà propagées
    d’animaux sauvages vers les humains : Ebola en Afrique, le Sars de
    Chine, le Nipah de Malaisie, la fièvre de Lassa au Nigeria, Zika… Sans
    compter la multiplication des épizooties, les pandémies animales,
    comme la peste porcine ou la fièvre catarrhale ovine. Cependant, face
    à cette recrudescence des maladies infectieuses, « nos réponses sont
    toujours des réponses contre la nature, contre le vivant, regrette M.
    Morand. Lors de la grippe aviaire en 2005 en Thaïlande, les autorités
    ont ciblé le petit élevage de basse-cour, et poussé pour l’abattage
    massif et l’interdiction des races locales au profit de races
    industrialisées ». Certains chercheurs craignent que les
    chauves-souris et les pangolins, désignés comme hôtes originels du
    coronavirus, ne fassent ainsi les frais de la pandémie. « Les
    chauves-souris ont un rôle essentiel dans les écosystèmes, notamment parce qu’elles participent à la pollinisation, insiste Jean-François Guégan. On tire sur les chauves-souris et les pangolins pour ne pas répondre à la cause réelle qu’est la destruction des habitats par notre système économique. »

    Autrement dit, ne nous trompons pas de responsables. Mais ne nous
    trompons pas non plus de grille de lecture, estime la philosophe
    Virginie Maris : « Il y a d’abord beaucoup d’enseignements à tirer sur
    notre société, l’effondrement de l’État-providence et l’explosion des
    inégalités qui la caractérisent et qui sont mises à nues par cette
    crise sanitaire, souligne-t-elle. Cet épisode contribue aussi à
    déconstruire l’idée que la nature serait foncièrement bonne et que la
    solution à la crise écologique actuelle serait d’“accepter les lois de
    la nature” ou de “nous réconcilier” avec elle. » Pour Mme Maris, « 
    rétablir l’harmonie rompue entre humains et autres qu’humains », est une illusion, un fantasme « qui prend racine dans le mythe du jardin d’Éden et qui se renouvelle sans cesse, avec la figure du bon sauvage et la diversité des formes qu’elle a prise dans l’histoire ».

    Lire la suite :

    https://reporterre.net/Pour-limiter-les-pandemies-les-humains-doivent-decoloniser-le-monde

    • « Si nous ne changeons pas nos modes de vie, nous subirons des monstres autrement plus violents que ce coronavirus » entretien avec , Claire Legros, 17 avril 2020 (à quelle vitesse Le Monde suit-il ?)

      Jean-François Guégan, directeur de recherche à l’Inrae, travaille sur les relations entre santé et environnement. Dans un entretien au « Monde », il estime que l’épidémie de Covid-19 doit nous obliger à repenser notre relation au monde vivant.

      Entretien. Ancien membre du Haut Conseil de la santé publique (HCSP), Jean-François Guégan a fait partie du comité d’experts qui a conseillé la ministre de la santé Roselyne Bachelot lors de l’épidémie de grippe A (H1N1), en 2009. Directeur de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) et professeur à l’Ecole des hautes études en santé publique, il estime que l’épidémie de Covid-19 doit nous obliger à repenser notre relation aux systèmes naturels, car l’émergence de nouvelles maladies infectieuses est étroitement liée à l’impact des sociétés humaines sur l’environnement et la biodiversité.

      Vous avez fait partie des experts qui ont conseillé d’acheter des masques et des vaccins en grand nombre lors de la pandémie provoquée par le virus H1N1. Comment analysez-vous la situation en France, dix ans plus tard ?

      Comme beaucoup de mes collègues, j’ai été très surpris de l’état d’impréparation de la France à l’épidémie de Covid-19. Les expériences passées avaient pourtant mis en évidence la nécessité d’anticiper et de préparer l’arrivée de pandémies. Au sein du HCSP, nous avions préconisé l’achat des fameux vaccins, mais aussi la constitution d’une réserve de près de 1 milliard de masques, pour protéger la population française en cas de risque majeur, à renouveler régulièrement car ils se périment vite. Nous avions alors réussi à sensibiliser les décideurs de plusieurs ministères sur cette nécessaire anticipation. Je pensais que nous étions prêts. Au ministère de la santé, Xavier Bertrand a reconduit l’achat des masques, mais, ensuite, il y a eu un changement de stratégie. Il semble que l’économétrie ait prévalu sur la santé publique.

      Comment expliquer cette difficulté à cultiver, sur le long terme, une approche préventive ?

      Les départements affectés aux #maladies_infectieuses ont été, ces dernières années, désinvestis, car beaucoup, y compris dans le milieu médical, estimaient que ces maladies étaient vaincues. Et c’est vrai que le nombre de décès qu’elles occasionnent a diminué dans les sociétés développées. En revanche, elles sont toujours responsables de plus de 40 % des décès dans les pays les plus démunis, et on observe aussi une augmentation de la fréquence des épidémies ces trente dernières années.

      Nous n’avons cessé d’alerter sur leur retour en force depuis quinze ans, sans succès. On a vu les crédits attribués à la médecine tropicale s’effondrer, des connaissances se perdre, faute d’être enseignées, même si elles perdurent encore chez les médecins du service de santé des armées, dans les services d’infectiologie et les grandes ONG humanitaires.

      Quelle est la place de la santé publique dans la culture médicale en France ?

      La médecine, en France, a toujours privilégié l’#approche_curative. On laisse le feu partir, et on essaie ensuite de l’éteindre à coups de vaccins. De fait, il existe aujourd’hui une hiérarchie entre les différentes disciplines : certaines sont considérées comme majeures, parce que personnalisées, technologiques, curatives. C’est le cas, par exemple, de la médecine nucléaire ou de la cardiologie. D’autres sont délaissées, comme la santé publique et l’infectiologie, discipline de terrain et de connaissances des populations.

      Que sait-on aujourd’hui des interactions entre environnement et santé, et en particulier du rôle de la biodiversité dans la survenue de nouvelles épidémies ?

      Depuis les débuts de notre civilisation, l’origine des agents infectieux n’a pas varié. Les premières contagions sont apparues au néolithique, vers 10 000 à 8 000 av. J.-C., en Mésopotamie inférieure – aujourd’hui l’Irak –, lorsqu’on a construit des #villes dont les plus grandes pouvaient atteindre vingt mille habitants. On a ainsi offert de nouveaux #habitats aux animaux commensaux de l’homme, ceux qui partagent sa nourriture, comme les arthropodes, les mouches, les cafards, les rats, qui peuvent lui transmettre des agents.

      Pour nourrir les habitants des villes, il a fallu aussi développer l’agriculture et l’élevage en capturant des animaux sauvages, créant ainsi les conditions de proximité pour le passage vers l’humain de virus et de bactéries présents chez ces animaux ou abrités dans les sols ou les plantes et leurs systèmes racinaires. Les bactéries responsables du tétanos, de la tuberculose ou de la lèpre sont originaires du sol.

      La #déforestation est mise en cause dans l’augmentation du nombre de maladies infectieuses émergentes ces dernières années. De quelle façon ?

      Sa pratique massive a amplifié le phénomène depuis cinquante ans, en particulier dans les zones intertropicales, au Brésil, en Indonésie ou en Afrique centrale pour la plantation du palmier à huile ou du soja. Elle met l’humain directement en contact avec des systèmes naturels jusque-là peu accessibles, riches d’agents microbiens.

      Ainsi, le virus du sida le plus distribué, VIH-1, est issu d’un rétrovirus naturellement présent chez le chimpanzé en Afrique centrale. Le virus Nipah, responsable d’encéphalites en Malaisie, en 1998, a pour hôte naturel une espèce de chauve-souris frugivore qui vit habituellement dans les forêts d’Indonésie. La déforestation dans cette région a entraîné son déplacement vers la Malaisie, puis le Bangladesh, où les chauves-souris se sont approchées des villages pour se nourrir dans les vergers. Des porcs ont joué le rôle de réacteurs et contribué à l’amplification du virus.

      Il ne fait aucun doute qu’en supprimant les #forêts_primaires nous sommes en train de débusquer des monstres puissants, d’ouvrir une boîte de Pandore qui a toujours existé, mais qui laisse aujourd’hui s’échapper un fluide en micro-organismes encore plus volumineux.

      Depuis trente ans, l’urbanisation s’étend aux régions intertropicales. Quel rôle joue-t-elle dans cette transmission ?

      Dans ces régions, une vingtaine de villes comptent désormais plus de 7 millions d’habitants, qui accumulent à la fois richesse et extrême pauvreté, avec une population très sensible aux infections. Le scénario du néolithique se reproduit, mais de manière amplifiée par la biodiversité tropicale.

      L’agriculture qui s’y organise dans les zones périurbaines favorise la création de gîtes pour les micro-organismes présents dans l’eau, comme les bactéries responsables du choléra, ou les moustiques, vecteurs de paludisme. Des élevages de poulets ou de porcs y jouxtent les grands domaines forestiers tropicaux. Il suffit de faire une cartographie de Manaus [Brésil] ou de Bangkok pour visualiser comment ces pratiques favorisent les ponts entre des mondes hier bien séparés.

      Peut-on dire que la pandémie de Covid-19 est liée à des phénomènes de même nature ?

      Les origines du virus sont discutées, il faut rester prudent. Les scientifiques s’accordent néanmoins sur une transmission de l’animal à l’humain. Dans sa composition moléculaire, le coronavirus responsable du Covid-19 ressemble en partie à un virus présent chez les chauves-souris du groupe des rhinolophes, et en partie à un virus qui circule chez une espèce de pangolin d’Asie du Sud-Est.

      Si le coronavirus a été transmis par la chauve-souris, il est possible que la déforestation intensive soit en cause. Si le scénario du pangolin est vérifié, la cause est à rechercher du côté de l’exploitation illégale de ressources forestières menacées. En Chine, le pangolin est un mets de choix, et on utilise aussi ses écailles et ses os pour la pharmacopée. La nette diminution des rhinocéros en Afrique a peut-être joué un rôle, avec un report sur le pangolin à un moment où l’importation en Chine de cornes de rhinocéros est rendue plus difficile.

      Certains sont tentés de supprimer les animaux soupçonnés d’être les réservoirs du virus…

      Cette hypothèse n’est ni réaliste ni souhaitable. Et d’ailleurs a-t-on vraiment envie de vivre dans ce monde-là ? De tout temps, les épidémies ont suscité des boucs émissaires. Les chauves-souris sont également accusées d’être les réservoirs d’Ebola – une théorie qui n’est pour l’heure pas démontrée – et souvent associées dans les imaginaires à une représentation diabolique. On oublie au passage qu’il s’agit d’animaux extrêmement utiles pour la pollinisation de très nombreuses plantes, ou comme prédateurs d’insectes.

      N’oublions pas non plus que la vie sur Terre est organisée autour des micro-organismes. Cette biodiversité est par exemple essentielle chez l’humain pour le développement du microbiome intestinal, c’est-à-dire l’ensemble des bactéries abritées dans notre système digestif, qui détermine dans les premiers âges de la vie notre système immunitaire.

      Peut-on faire un lien direct entre l’augmentation des épidémies et la crise climatique ?

      C’est un paramètre sur lequel on manque d’arguments. Les crises environnementales dans leur ensemble provoquent des phénomènes non linéaires, en cascade, des successions d’événements que l’on ne peut pas appréhender par la voie expérimentale. On peut réaliser des expériences en mésocosme, c’est-à-dire dans des lieux confinés où l’on fait varier les paramètres – sol, hygrométrie, température. Mais d’autres variables, telles que la pauvreté, la nutrition ou les mouvements de personnes, ne sont pas considérées par ces études, alors qu’elles peuvent jouer un rôle très important dans la transmission des infections. Quoi qu’il en soit, le changement climatique viendra exacerber des situations déjà existantes.

      Une approche pluridisciplinaire est donc indispensable pour comprendre les épidémies ?

      L’approche cartésienne pour démontrer les relations de cause à effet n’est plus adaptée face à ces nouvelles menaces. Toutes les problématiques planétaires nécessitent de développer des recherches intégratives et transversales, qui doivent prendre en compte les sciences humaines, l’anthropologie, la sociologie, les sciences politiques, l’économie…

      Il est possible de développer des analyses de scénarios, ainsi que des analyses statistiques. Or, ces approches sont souvent déconsidérées au profit des sciences expérimentales. D’un point de vue épistémologique, il est temps d’en finir avec cette distinction entre sciences majeures et mineures, pour reconstruire une pensée scientifique adaptée aux nouveaux enjeux. Cela demande que chaque discipline se mette à l’écoute des autres. Mais ce n’est pas le plus facile !

      Faut-il envisager la permanence d’un risque pandémique ?

      Nous sommes à l’ère des #syndémies (de « syn » qui veut dire « avec »), c’est-à-dire des épidémies qui franchissent les barrières des espèces, et circulent chez l’humain, l’animal ou le végétal. Si elles ont des étiologies différentes (des virus de familles différentes par exemple), elles ont quasiment toutes les mêmes causes principales.

      Cette épidémie est terrible, mais d’autres, demain, pourraient être bien plus létales. Il s’agit d’un coup de semonce qui peut être une chance si nous savons réagir. En revanche, si nous ne changeons pas nos modes de vie et nos organisations, nous subirons de nouveaux épisodes, avec des monstres autrement plus violents que ce coronavirus.

      Comment faire pour se protéger ?

      On ne réglera pas le problème sans en traiter la cause, c’est-à-dire les perturbations que notre monde globalisé exerce sur les environnements naturels et la diversité biologique. Nous avons lancé un boomerang qui est en train de nous revenir en pleine face. Il nous faut repenser nos façons d’habiter l’espace, de concevoir les villes, de produire et d’échanger les biens vitaux.

      L’humain est un omnivore devenu un superprédateur, dégradant chaque année l’équivalent de la moitié de l’Union européenne de terres cultivables. Pour lutter contre les épidémies, les changements nécessaires sont civilisationnels.
      Comme dans la symbolique du yin et du yang, nous devons accepter la double nature de ce qui nous entoure. Il nous faut complètement repenser notre relation au monde vivant, aux écosystèmes naturels et à leur diversité biologique, à la fois garants des grands équilibres et source de nombreux dangers. La balle n’est plus dans le camp des chercheurs qui alertent depuis vingt ans, mais dans celui des politiques.

      #cartésianisme #transversalité

  • Didier Sicard : « Il est urgent d’enquêter sur l’origine animale de l’épidémie de Covid-19 »
    https://www.franceculture.fr/sciences/didier-sicard-il-est-urgent-denqueter-sur-lorigine-animale-de-lepidemi

    D’un côté, déforestation massive et trafic d’animaux sauvages. De l’autre, désintérêt et financement anémique des recherches sur les virus hébergés par ces mêmes animaux… Tableau flippant d’un cocktail explosif par un spécialiste des maladies infectieuses
    #coronavirus

    • #animaux #animaux_sauvages #déforestation

      #Rony_Brauman en parle un peu :

      Le point commun du Covid, du Sras, du Mers et d’Ebola est que ces maladies sont le fruit d’un passage de la #barrière_virale_d'espèces entre les #animaux et les hommes. L’extension des certaines mégapoles entraîne une interpénétration entre #ville et #forêts : c’est le cas d’Ebola, qui trouve son origine dans la présence des #chauves-souris en ville et qui mangeaient par des humains. Mais ce paramètre, s’il faut avoir à l’esprit, est à manier avec une certaine retenue. Car il s’agit d’une constance dans l’histoire des épidémies : la plupart, à commencer par la #peste, sont liées à ce franchissement. L’homme vit dans la compagnie des animaux depuis le néolithique, notre existence est rendue possible par cette coexistence. Mais la peste avait été importée par la puce du rat qui était disséminé sur les bateaux et les caravanes ; pour le corona, ce sont les #avions qui ont fait ce travail. La spécificité du Covid-19, c’est sa vitesse de #diffusion. Le professeur Sansonnetti, infectiologue et professeur au Collège de France, parle d’une « maladie de l’#anthropocène » : en superposant la carte de l’extension du virus et celle des déplacements aériens, il montre que les deux se recouvrent parfaitement.

      https://www.nouvelobs.com/coronavirus-de-wuhan/20200327.OBS26690/rony-brauman-repond-a-macron-la-metaphore-de-la-guerre-sert-a-disqualifie

      Et #Sansonetti dans sa conférence :
      https://seenthis.net/messages/834008

    • L’indifférence aux #marchés d’#animaux sauvages dans le monde est dramatique. On dit que ces marchés rapportent autant d’argent que le marché de la #drogue.

      [...]

      on sait que ces #épidémies vont recommencer dans les années à venir de façon répétée si on n’interdit pas définitivement le #trafic d’animaux sauvages. Cela devrait être criminalisé comme une vente de cocaïne à l’air libre. Il faudrait punir ce #crime de prison. Je pense aussi à ces élevages de poulet ou de porc en batterie que l’on trouve en #Chine. Ils donnent chaque année de nouvelles crises grippales à partir de virus d’origine aviaire. Rassembler comme cela des animaux, ce n’est pas sérieux.

      [...]

      C’est comme si l’art vétérinaire et l’art médical humain n’avaient aucun rapport. L’origine de l’épidémie devrait être l’objet d’une mobilisation internationale majeure.

    • animaux sauvages ou non (poissons oiseaux mamifères) avec les parasites et les insectes par les déjections alvines à ciel ouvert ou en bout de canal , le cycle de contamination n’est jamais simple

    • Les pangolins, les mammifères les plus braconnés au monde, ont été identifiés comme des porteurs du coronavirus.
      https://www.nationalgeographic.fr/animaux/2020/03/les-pangolins-sont-bien-porteurs-de-souches-de-coronavirus

      Bien que le commerce international des huit espèces connues de #pangolins soit strictement interdit, ceux-ci restent les mammifères les plus braconnés au monde. Les écailles de milliers de pangolins sont chaque année passées en contrebande en Chine à des fins médicinales. Leur viande est par ailleurs considérée comme un mets délicat par certaines franges des populations chinoise et vietnamienne. Étant donné que les coronavirus peuvent être transmis par certains fluides corporels, les matières fécales et la viande, le commerce de pangolins vivants à des fins alimentaires est plus préoccupant pour la propagation de la maladie que celui des écailles.

    • Ban wildlife markets to avert pandemics, says UN biodiversity chief

      Warning comes as destruction of nature increasingly seen as key driver of zoonotic diseases.

      The United Nations’ biodiversity chief has called for a global ban on wildlife markets – such as the one in Wuhan, China, believed to be the starting point of the coronavirus outbreak – to prevent future pandemics.

      Elizabeth Maruma Mrema, the acting executive secretary of the UN Convention on Biological Diversity, said countries should move to prevent future pandemics by banning “wet markets” that sell live and dead animals for human consumption, but cautioned against unintended consequences.

      China has issued a temporary ban on wildlife markets where animals such as civets, live wolf pups and pangolins are kept alive in small cages while on sale, often in filthy conditions where they incubate diseases that can then spill into human populations. Many scientists have urged Beijing to make the ban permanent.
      Using the examples of Ebola in west-central Africa and the Nipah virus in east Asia, Mrema said there were clear links between the destruction of nature and new human illnesses, but cautioned against a reactionary approach to the ongoing Covid-19 pandemic.

      “The message we are getting is if we don’t take care of nature, it will take care of us,” she told the Guardian.

      “It would be good to ban the live animal markets as China has done and some countries. But we should also remember you have communities, particularly from low-income rural areas, particularly in Africa, which are dependent on wild animals to sustain the livelihoods of millions of people.

      “So unless we get alternatives for these communities, there might be a danger of opening up illegal trade in wild animals which currently is already leading us to the brink of extinction for some species.

      “We need to look at how we balance that and really close the hole of illegal trade in the future.”

      As the coronavirus has spread around the world, there has been increased focus on how humanity’s destruction of nature creates conditions for new zoonotic illness to spread.

      Jinfeng Zhou, secretary general of the China Biodiversity Conservation and Green Development Foundation, called on authorities to make the ban on wildlife markets permanent, warning diseases such as Covid-19 would appear again.

      “I agree there should be a global ban on wet markets, which will help a lot on wildlife conservation and protection of ourselves from improper contacts with wildlife,” Zhou said. “More than 70% of human diseases are from wildlife and many species are endangered by eating them.”

      Mrema said she was optimistic that the world would take the consequences of the destruction of the natural world more seriously in the wake of the Covid-19 outbreak when countries returned to negotiate the post-2020 framework for biodiversity, billed as the Paris agreement for nature.

      “Preserving intact ecosystems and biodiversity will help us reduce the prevalence of some of these diseases. So the way we farm, the way we use the soils, the way we protect coastal ecosystems and the way we treat our forests will either wreck the future or help us live longer,” she said.

      “We know in the late 1990s in Malaysia with the outbreak of Nipah virus, it is believed that the virus was a result of forest fires, deforestation and drought which had caused fruit bats, the natural carriers of the virus, to move from the forests into the peat farms. It infected the farmers, which infected other humans and that led to the spread of disease.

      “Biodiversity loss is becoming a big driver in the emergence of some of these viruses. Large-scale deforestation, habitat degradation and fragmentation, agriculture intensification, our food system, trade in species and plants, anthropogenic climate change – all these are drivers of biodiversity loss and also drivers of new diseases. Two thirds of emerging infections and diseases now come from wildlife.”

      In February, delegates from more than 140 countries met in Rome to respond for the first time to a draft 20-point agreement to halt and reverse biodiversity loss, including proposals to protect almost a third of the world’s oceans and land and reduce pollution from plastic waste and excess nutrients by 50%.

      A major summit to sign the agreement in October was scheduled in the Chinese city of Kunming but has been postponed because of the coronavirus outbreak.

      https://www.theguardian.com/world/2020/apr/06/ban-live-animal-markets-pandemics-un-biodiversity-chief-age-of-extincti

      #animaux_sauvages