• #Formation_professionnelle : l’#Afpa engage une lourde restructuration
    ▻https://www.lesechos.fr/economie-france/social/formation-professionnelle-lafpa-engage-une-lourde-restructuration-2251682
    ▻https://media.lesechos.com/api/v1/images/view/6aa9595b4358cc645d0f0be1/1280x720/0210420950439-web-tete.jpg

    L’Afpa envisage de supprimer jusqu’à 867 postes et de fermer 30 de ses 142 centres de formation, selon les syndicats. Un plan qui intervient après une forte chute de l’activité et une nouvelle feuille de route avec l’Etat.

  • Lieu emblématique de #formation à l’agro-écologie dans le #finistère, le CFA de #kerliver vit une rentrée crépusculaire
    ▻https://splann.org/cfa-kerliver-rentree-crepusculaire

    Après 142 ans d’enseignement agricole, le centre de Kerliver, à #hanvec (29), vit peut-être sa dernière rentrée. Sur fond de réduction des dépenses, le #conseil_régional_de_bretagne a décidé le transfert de ses formations à #Châteaulin et #morlaix. Un collectif de salariés dénonce la brutalité de la manœuvre et croit en l’avenir de ce site tourné vers l’agro-écologie. L’article Lieu emblématique de formation à l’agro-écologie dans le Finistère, le CFA de Kerliver vit une rentrée crépusculaire est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Démocratie_locale #Agro-écologie #agroécologie #Avenir_Kerliver #centre_de_formation_agricole #christophe_matrat #Dominique_Blivet #draaf #enseignant #enseignement #établissement #loïc_hénaff #lycée_agricole #lycée_suscinio #mélanie_thomin #professeur #risques_psycho-sociaux #service_public #Yves_Cyrille

  • Défense de la liberté de philosopher
    ▻https://blogs.mediapart.fr/aas-08/blog/170826/defense-de-la-liberte-de-philosopher

    Les associations et les séminaires spinozistes actifs dans différentes parties du monde –dont le projet est de faire connaître et de diffuser la pensée de Spinoza – s’élèvent vigoureusement contre la décision du gouvernement italien d’exclure le philosophe juif hollandais d’origine ibérique, des programmes des lycées ; le même sort est réservé, par les nouvelles « Indicazioni Nazionali per i Licei » du 23 avril 2026 du gouvernement Meloni, à plusieurs autres grands philosophes classiques de la #pensée_critique, dont une partie de la philosophie allemande avec l’exclusion de Leibniz, de Kant – dont le criticisme est amputé de ses aspects moraux et historico-politiques –, de Marx, de Fichte et de Schelling…

    En 1670, au cœur de la Libre République des Provinces Unies, en publiant son Tractatus theologico-politicus, Spinoza défendait la liberté de philosopher mise en danger par les partisans d’un pouvoir monarchique et d’une théologie intolérante adversaire du pluralisme des opinions, des croyances et de la libre #recherche en philosophie et dans les sciences. S’attaquer aujourd’hui à la pensée de Spinoza, aux racines historiques du #rationalisme et de la pensée critique, c’est vouloir bâillonner la liberté de pensée et de parole que l’École a pourtant pour devoir d’apporter à l’ensemble des citoyens.

    Exclure des études la philosophie de Spinoza (ainsi que des penseurs fondamentaux formateurs de la pensée critique) est aussi absurde que dangereux. Comme l’enseigne le Tractatus theologico-politicus, la liberté de philosopher est indispensable à la paix et à la sécurité de la République et vouloir la réduire c’est nécessairement engendrer la corruption des principes de la vie commune.

    #stronzo #philosophie #enseignement #programme_scolaire #censure_académique #fascisation #Italie

    • Ces dernières semaines, les nouvelles Instructions nationales pour les lycées, promulguées le 23 avril dernier par le ministre de l’Instruction et du Mérite, Giuseppe Valditara, ont suscité un large débat public en Italie. [...] En devant indiquer — même à titre indicatif et non contraignant — quels sont les philosophes et les philosophes appartenant au canon des auteurs dignes d’être étudiés, les Indicazioni nazionali procèdent à l’exclusion téméraire de certains grands classiques de la tradition moderne et contemporaine, véritables géants de la philosophie rationaliste et matérialiste et, plus généralement, de la pensée critique.

      Pour s’en tenir aux cas les plus déconcertants : les lignes directrices excluent de la liste des auteurs Spinoza, Leibniz (à l’exception d’une référence au seul Leibniz « logicien » — circonstance qui se passe de commentaire — dans les lignes directrices pour le Liceo Classico) et Marx ; elles ne résolvent pas la lacune, déjà présente dans les instructions précédentes, qui préconise d’étudier « au moins un » auteur parmi Hobbes, Locke et Rousseau, suggérant implicitement de ne pas approfondir les différentes options qui ont déterminé la constitution même de la rationalité politique moderne ; elles limitent l’étude d’un auteur aussi décisif que Kant à la seule « idée de critique », amputant le criticisme dans ses aspects moraux et historico-politiques ; elles ignorent Fichte et Schelling, déracinant ainsi la philosophie classique allemande du panorama de la pensée moderne. Ces exclusions ne sont pas innocentes : à la place des auteurs supprimés figurent une « philosophie italienne du XIXe siècle » laissée sans définition précise et le « néo-idéalisme de Croce et Gentile », présenté de surcroît de manière entièrement coupée de la tradition du marxisme italien et de la critique qu’en a faite Gramsci.

      Il est évident que la composition de cette liste reflète un projet précis d’« hégémonie culturelle » que le gouvernement sortant tente d’imposer au monde scolaire comme legs de législature. La méthode adoptée aggrave le problème : la proposition est le résultat de consultations n’ayant impliqué qu’un nombre très limité d’experts nommés par le ministère, sans aucune discussion élargie et partagée avec la communauté académique et scolaire. Une méthode verticale pour un résultat régressif.

      ▻https://dialoguesdeplaton.substack.com/p/defendre-lenseignement-de-la-philosophie-47e

    • Bannir des philosophes, la philosophie, l’histoire

      (...) cette opération « culturelle » s’accompagne de l’introduction d’une nouvelle « modalité thématique » d’#enseignement de la philosophie, derrière laquelle se dissimule la volonté de diluer le cadrage historico-critique des problématiques philosophiques, en oblitérant l’#histoire et en neutralisant la profondeur critique de la discipline. Cette dérive méthodologique se combine avec un déséquilibre chronologique tout aussi grave : la hâte d’étendre l’enseignement jusqu’au XXIe siècle se fait au détriment de l’approfondissement du XIXe et surtout du XXe siècle, qui se trouverait encore davantage comprimé au profit d’un regard approximatif sur l’actualité la plus immédiate.

      Ces choix ne sont pas la coïncidence fortuite de maladresses malheureuses : ils sont les parties organiques d’un projet unitaire, dont le résultat est de livrer aux nouvelles générations une #formation faible, sans souffle critique, incapable de fournir les outils nécessaires pour comprendre la complexité du monde contemporain.

      #Lumières_éteintes #néofascisme

  • Cycle de Formation Théâtrale à Melun (77)

    Pour 2026 / 2027, « Le Bateau Ivre » propose à l’Espace Saint-Jean de Melun (77) un Cycle de formation théâtrale pour enfants, adolescents et adultes amateurs et professionnels.

    Description

    Depuis 1993, l’association melunaise « Le Bateau Ivre » propose des Cycles de Formation Théâtrale pour enfants, adolescents et adultes amateurs et professionnels à l’Espace Saint-Jean de Melun (77), et sont annoncés pour cette saison 2026 / 2027, trois cours hebdomadaires ainsi qu’un stage annuel.

    ▻https://www.silencecommunity.com/events/event/view/48770/cycle-de-formation-theatrale-a-melun-77

    #Théâtre #Cours #Formation #acteur #actrice #Cinéma #Mime #Melun #IleDeFrance

  • The integrity layer: using #assessment to scaffold peer #learning_at_scale
    ▻https://redasadki.me/2026/08/05/the-integrity-layer-using-assessment-to-scaffold-peer-learning-at-scale

    Peer feedback is the engine of #The_Geneva_Learning_Foundation’s learning system. A new screening tool protects that engine, and its design answers three questions education specialists have been circling for decades: what peer assessment is for, how much verification a learning system can afford, and what a certificate can honestly claim. “Ok ok ok […]

    #Learning_design #Learning_strategy #Artificial_Intelligence #certification #formative_assessment #peer_feedback #peer_learning #peer_review #summative_assessment

  • Face aux feux en #Amazonie, les autochtones deviennent sapeurs-pompiers

    Au #Brésil, un réseau de brigades de sapeurs-pompiers s’est créé pour agir contre les feux, brûlant de millions d’hectares de #forêt chaque année. Beaucoup sont issus de communautés autochtones.

    6 h 15 du matin, le Janderson Felipe démarre et commence à remonter la rivière Tapajós. Les hamacs et leurs occupants encore endormis se balancent. À l’étage du dessous, les locataires du dortoir, tout près du moteur, se mettent à vibrer.

    La mission dans laquelle s’est engagée la vingtaine de Brésiliens à bord est organisée par le Réseau de brigades du Bas-Tapajós, comprenant des « brigadistas » (sapeurs-pompiers) volontaires, autochtones, communautaires et institutionnels. Ensemble, ils font le tour des communautés de la réserve extractiviste Resex Tapajós-Arapiuns [1], gérée par l’Institut Chico Mendes de conservation de la biodiversité (ICMBio). Objectif : faire de la prévention sur les incendies pendant la saison la plus à risque de l’année.

    Au deuxième jour de leur tournée d’une semaine, l’embarcation s’arrête dans la communauté de Cabeceiro do Amorim. À l’ombre des manguiers et des hévéas, la réunion démarre. Maria-Alice Bizam, agente de l’ICMBio, demande aux habitants leurs souvenirs des incendies qui ont touché le territoire. 1998 a été le premier feu marquant. En 2010, un autre est entré dans le village. « Vous vous souvenez de celui de 2015 ? » demande Maria-Alice. Un quart de la Resex, soit plus de 45 000 hectares, avait été réduit en cendres.

    Vivre avec le feu

    Aussi destructeur soit-il, le feu est un élément essentiel du quotidien des habitants de la réserve, qui cuisinent avec tous les jours et l’emploient pour faire leurs cultures sur brûlis. C’est l’un des facteurs des incendies, derrière les feux liés à l’accaparement des terres, la spéculation foncière et les incendies d’origine agricole.

    « On n’est pas là pour vous l’interdire, insiste Tainan Kumaruara [2], brigadière autochtone, mais pour vous rappeler les bonnes pratiques et éviter de perdre le contrôle. »

    Parmi les pratiques rappelées : créer une zone coupe-feu de 3 mètres de large minimum autour de ses cultures, réaliser le brûlis en groupe et en fin d’après-midi quand les températures baissent, faire des départs de feu à contrevent, qui laissent une porte de sortie aux espèces animales… La réunion permet aussi de constater l’évolution des pratiques due au changement climatique : les anciens démarraient le brûlis autour de midi, aujourd’hui, il faut attendre 17 heures quand le soleil est moins fort.

    Le travail du Réseau de brigades du Bas-Tapajós s’appuie sur la gestion intégrée du feu, qui combine les pratiques traditionnelles et modernes pour réduire les risques. « Une partie essentielle de notre travail n’est pas le combat, mais la prévention », insiste Tainan Kumaruara.

    Selon le Panel scientifique pour l’Amazonie (SPA), la gestion intégrée du feu, en impliquant les populations locales, les mieux placées pour connaître le territoire, réduit grandement le risque d’incendies incontrôlables. Sur les 13 sapeurs-pompiers institutionnels de l’ICMBio, 10 ont été recrutés dans la Resex. Dans les autres brigades, tous sont des locaux.

    « L’affaire de tous »

    La majorité des pompiers présents ce jour sont volontaires. Ce qui les anime : « L’amour pour le territoire », répondent-ils chacun à leur manière. « C’est notre maison et nous n’en avons qu’une seule, dit José Martins Da Silva, en battant la terre sous sa botte, la main sur le cœur. Si on la perd, où ira-t-on ? »

    Lui a perdu son grand-père dans les flammes lors d’un brûlis incontrôlé. Tainan Kumaruara, brigadière autochtone, s’engage pour ses enfants, « pour qu’ils puissent grandir sur un territoire préservé ». Ses yeux sont soulignés par un trait noir horizontal et un trait vertical sous la bouche.

    Les habitants prennent la parole pour exprimer leurs besoins et leurs questionnements. Parmi les problèmes relevés, les conflits de voisinage qui débouchent parfois sur des incendies criminels. Le brûlage des ordures (aucun système de collecte n’est mis en place par la préfecture de Santarém dont ils dépendent) peut aussi provoquer un incendie et génère des tensions.

    « Dans ma communauté, c’était comme ça aussi, confie Marlisson Castro. Avant, si mon voisin n’arrivait pas à contrôler son brûlis, c’était son problème. Mais c’est faux, si un incendie démarre, c’est l’affaire de tous. » En filigrane, l’équipe de sapeurs-pompiers tente de motiver les communautés à créer leur propre brigade. L’ICMBio propose des formations gratuites chaque année.

    Dans l’après-midi, trois « brigadistas » partent enregistrer les coordonnées GPS des parcelles qui seront brûlées après la période d’interdiction (le mois d’octobre étant trop sec). Ces données serviront ensuite à l’ICMBio, qui surveille quotidiennement par satellite les points de chaleur apparaissant dans la Resex. « Si cela provient d’un brûlis autorisé, on est plus tranquille », explique Maria-Alice Bizam, agente du ICMBio et responsable de la logistique de cette mission.
    Une réponse mieux coordonnée

    Contrairement aux idées reçues, le sol amazonien, constamment lavé par les pluies, est pauvre en nutriments. Le brûlis produit des cendres qui fertilisent ainsi naturellement une parcelle. Celle-ci est ensuite cultivée 1 ou 2 ans puis laissée au repos huit ans en moyenne, le temps qu’une végétation assez dense repousse.

    De retour sur le bateau, Maria-Alice Bizam regarde son téléphone en se rongeant les ongles. Un point rouge apparaît sur son application de surveillance satellitaire, symbolisant un point de chaleur détecté, mais qui ne correspond pas à un brûlis déclaré. Sa camarade Soeli Nobre Da Costa, qui appartient à la brigade la plus proche de la zone concernée, sollicite ses contacts et trouve un riverain pour aller voir ce qu’il en est. La vidéo qu’il envoie montre un incendie en bord de rivière. Avec le vent sec et chaud de cette saison, le risque est grand que le feu se dirige vers la forêt. Un escadron de sept sapeurs-pompiers est envoyé sur place. Temps de trajet estimé : deux heures en petit moteur.

    Quand ils reviennent de nuit, leur mine fatiguée, mais souriante, indique que l’opération a réussi. « On a créé une ligne coupe-feu préventive à même le sol et abattu un arbre qui avait pris feu », relate Francisca Eloide Lima, de la brigade d’Alter-do-Chão, qui a dirigé l’opération.

    Les deux dernières années ont été mortifères pour l’Amazonie, notamment en raison du phénomène El Niño qui a entraîné une sécheresse intense. En 2023, 10,7 millions d’hectares ont été réduits en cendres dans la seule partie brésilienne, puis 15,6 millions en 2024. C’est plus du double de la moyenne historique enregistrée par MapBiomas, une structure collaborative cartographiant le pays.

    Au niveau local, 2023 a été désastreux. Les pompiers se sont mobilisés lors d’une mission interminable de 49 jours. L’incendie survenu dans la Resex a même nécessité l’envoi d’un hélicoptère. En 2024, bien que le risque était accru, les feux ont été mieux maîtrisés.

    Pour Daniel Gutiérrez Govino, l’un des fondateurs de la brigade d’Alter-do-Chão, cela est dû à la meilleure organisation des différentes brigades locales et à l’implication plus grande des habitants, nécessitant moins de dépenses publiques : « On est passé de 3,3 millions de réais de dépenses publiques en 2023 dans la lutte incendie à 50 000 réais en 2024 », soit de 517 000 à 8 000 euros environ.

    Au troisième jour de leur mission, les « brigadistas » rendent visite à la communauté Cabeceira do Quena. Ici, les habitants se rappellent avec effroi comment un incendie a traversé leur village en 2010. « Une grande dévastation », se désole une habitante racontant comment, avec d’autres villageois, elle a tenté de protéger les maisons et les voisins.

    « Les arbres dont les fruits nourrissaient les poissons ont brûlé, on s’est retrouvés sans rien, se souvient un pêcheur. Si la nature est ravagée, tout est fini. On ne va pas manger de la cendre. »

    Après une matinée de discussions, les sapeurs-pompiers volontaires repartent souriants et plus unis. L’espoir est grand que ces villageois mettent en place une brigade. Une nouvelle équipe qui renforcerait les rangs de ces pompiers, véritables gardiens de leur territoire.

    ▻https://reporterre.net/Face-aux-feux-en-Amazonie-les-autochtones-deviennent-sapeurs-pompiers

    #feu #incendie #peuples_autochtones #auto-gestion #Resex_Tapajós-Arapiuns #prévention #Cabeceiro_do_Amorim #éducation #formation #brûlis #gestion_intégrée_du_feu #réduction_des_risques #ICMBio #volontariat #volontaires #brigades #brigades_locales #Cabeceira_do_Quena

  • La Cour des comptes dénonce l’emprise de l’enseignement catholique sur la formation des enseignants du privé
    ▻https://www.liberation.fr/societe/education/la-cour-des-comptes-denonce-lemprise-de-lenseignement-catholique-sur-la-f

    Sur le papier, #Formiris est une structure autonome chargée d’organiser la #formation de ces enseignants. Dans les faits, un autre acteur apparaît partout dans son fonctionnement : le Secrétariat général de l’enseignement catholique, qui représente le secteur auprès des pouvoirs publics et porte ses orientations nationales, dont le représentant est nommé par la Conférence des évêques de France. Son empreinte est partout : dans les nominations, les grandes orientations, les arbitrages et la politique de formation. Au point que la Cour des comptes parle d’une « tutelle effective » du #Sgec sur Formiris et même d’une « subordination » de la fédération aux instances catholiques.

    Pourtant, le Sgec n’a rien à faire là-dedans. Pourquoi ? Parce que les enseignants du privé sous contrat ne sont pas des salariés de l’Eglise mais des agents publics exerçant dans des établissements associés à l’Etat par contrat.

    [...]

    Derrière cette bataille institutionnelle, il y a une question beaucoup plus concrète : où va l’argent ? La Cour des comptes constate que les organismes de formation du réseau catholique raflent à eux seuls près des trois quarts des formations financées par Formiris. Or plusieurs représentants de ces mêmes institutions participent aussi aux décisions de la fédération. Autrement dit, ceux qui bénéficient d’une large part des financements siègent aussi dans les instances qui contribuent à les orienter. Une proximité que les magistrats jugent suffisamment problématique pour recommander d’écarter des délibérations les structures susceptibles de bénéficier directement ou indirectement des marchés attribués.

    [...] les magistrats montrent que l’argent attribué pour former les enseignants est parfois utilisé pour financer des projets qui n’ont rien à voir avec cette mission. Le Sgec sait « user de sa position prépondérante » pour faire financer des actions qui « ne relèvent pas de la mission première de la fédération ».

    Où passe réellement l’argent ? Sur les 33,8 millions d’euros consacrés à la formation continue en 2024-2025, seuls 17,7 millions financent directement des actions de formation. Les frais de fonctionnement absorbent à eux seuls 11,9 millions d’euros, dont près de 9 millions de masse salariale. Les zones d’ombre ne s’arrêtent pas là. La Cour estime qu’il est aujourd’hui impossible de vérifier concrètement le respect du principe de parité entre enseignement public et privé sous contrat.

    Et les contenus des formations alors ? Les magistrats ne s’attardent pas dessus, mais tiquent sur certaines. Exemple, cette formation congréganiste comprenant une demi-journée intitulée « Le projet de Dieu pour l’homme », dont le financement sur fonds publics « pose question ». Là encore, les magistrats pointent les carences de l’Etat. Le ministère accorde encore « peu d’attention au contenu des formations dispensées », écrivent-ils. Autrement dit, il vérifie combien de formations sont organisées, mais beaucoup moins ce qui y est réellement enseigné. La Cour des comptes recommande donc un contrôle beaucoup plus étroit.

    #enseignement_privé

  • Médecins à diplôme extracommunautaire : le gouvernement annonce qu’il va « simplifier » la procédure de titularisation
    ▻https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/04/29/medecins-a-diplome-extracommunautaire-le-gouvernement-annonce-qu-il-va-simpl

    Médecins à diplôme extracommunautaire : le gouvernement annonce qu’il va « simplifier » la procédure de titularisation
    Emmanuel Macron s’est emporté lundi sur le sort de ces praticiens contraints de repasser des concours pour être titularisés et pouvoir travailler dans les mêmes conditions que leurs confrères européens, après parfois des années d’exercice à l’hôpital.
    Le Monde avec AFP
    Le gouvernement va « simplifier » la procédure visant à titulariser les médecins diplômés hors de l’Union européenne (UE) qui exercent en France de manière précaire, « dès qu’un vecteur législatif » le permettra, et une concertation s’ouvrira rapidement, a annoncé, mercredi 29 avril, le ministère de la santé.Emmanuel Macron s’est emporté lundi sur le sort de ces praticiens à diplôme hors Union européenne (Padhue), notamment algériens, contraints de repasser des concours pour être titularisés et pouvoir travailler dans les mêmes conditions que leurs confrères européens, après parfois des années d’exercice à l’hôpital.« Nous sommes engagés pour simplifier » ces procédures et le gouvernement « va bientôt lancer des concertations », avec notamment les ordres professionnels (médecins, sages-femmes, dentistes), les représentants des Padhue, des médecins et établissements de santé, a fait savoir le cabinet de la ministre de la santé, Stéphanie Rist. L’objectif est de « reconnaître » leur exercice tout en garantissant la « sécurité des soins ».
    Pour être titularisés, les Padhue doivent passer un concours baptisé EVC (épreuves de vérification des connaissances) puis entamer un parcours de consolidation des compétences (PCC), sorte de stage de deux ans (pouvant depuis peu être raccourci, sous conditions), avant d’être autorisés ou non à exercer par une commission spéciale.
    Le ministère veut modifier ces EVC pour « mettre fin à cette logique de concours », qui consiste à « ouvrir des postes » sur la base des besoins territoriaux et à attribuer chaque poste aux Padhue en fonction de leur rang au classement. Cela pouvait conduire un Padhue exerçant dans le sud de la France à partir dans le Nord, « cassant la dynamique » de son insertion, a expliqué le cabinet. Le gouvernement souhaite « aller vers une logique d’examen », « en lien » avec l’établissement où il travaille déjà. Une loi est nécessaire et l’exécutif utilisera « tout vecteur législatif qui permettra de le faire ».Le ministère veut aussi donner « plus de poids aux chefs de service qui les encadrent » pour la validation finale du parcours et mieux fixer « les attendus » en amont des PCC. Il veut encore régler le problème des médecins exerçant dans une spécialité sans qu’elle ne soit mentionnée par leur diplôme initial et ne pouvant donc pas s’inscrire au concours. Ces médecins sont « précieux pour nous, en termes d’accès aux soins », a-t-on précisé. Le ministère assure avoir déjà « simplifié » leurs parcours : de 2019 à 2023, la « loi santé » a « contribué à régulariser » une partie du « stock » des Padhue avec « des situations administratives bloquées depuis des années ».

    #Covid-19#migrant#migration#france#sante#santeoublique#PADHUE#politiquemigratoire#

  • What pre and post tests cannot tell you: A critical review of a widely-used but poorly-understood #assessment method
    ▻https://redasadki.me/2026/03/15/what-pre-and-post-tests-cannot-tell-you-a-critical-review-of-a-widely-used

    This is the first of two articles about assessment, exploring the limitations and misuse of pre and post tests. The second article examines the framework used by The Geneva Learning Foundation to overcome the limitations described here. The reassuring illusion of the knowledge quiz Imagine a two-day workshop on menopause for healthcare providers. Before the […]

    #Learning_strategy #assessment_design #assessment_validity #cognitive_levels #formative_assessment #knowledge_recall #learning_strategy #pre_and_post_test #response_shift_bias #summative_assessment

  • Erwerbsmigration : Jung, gepflegt und ausgebeutet
    ▻https://www.jungewelt.de/artikel/518792.erwerbsmigration-jung-gepflegt-und-ausgebeutet.html

    Harte Arbeit, wenig Lohn : Für viele Migranten in der BRD der Regelfall Marcus Brandt/dpa

    La privatisation de la gestion de l’immigration dévéloppe l’exploitation criminelle fans un modèle d’affaires rodé.

    9.4.2026 von Kim Chi Luu - Mehr als 40 vietnamesische Pflegeazubis arbeiteten monatelang ohne Lohn. Nun kämpfen sie vor Gericht um ihr Geld und um ihre Zukunft in Deutschland

    Altenburg, etwa 30 Kilometer von Gera entfernt: Hier warten mehr als 40 vietnamesische Pflege-Auszubildende seit bis zu acht Monaten auf ihren Lohn. Die Firma Steffi-Hose-GmbH hatte im Rahmen des neuen Fachkräfteeinwanderungsgesetzes (FEG) seit 2021 mittels Vermittlungsagenturen Vietnamesen mit der Aussicht auf einen besseren Lohn nach Deutschland gelockt. Die Realität sieht anders aus: Nach harten Arbeitstagen, an denen sie Senioren unterstützen, kehren die Azubis in enge, teilweise verschimmeltes Zimmer zurück, wo sie kaum Privatsphäre haben. Dafür zahlt die Firma 275 Euro im Monat; die Ausbildungsvergütung enthält sie allerdings vor. Statt Geld nach Hause schicken zu können, mussten die Betroffenen ihre Familien und Bekannten in Vietnam um Unterstützung bitten. Dort beträgt das durchschnittliche Monatsgehalt umgerechnet etwa 280 Euro.

    Einige von ihnen ließen sich das nicht gefallen und reagierten, indem sie streikten oder nur noch unregelmäßig zu ihren Schichten erschienen. Viele konnten nicht mehr am Unterricht ihrer Berufsschulen in Rochlitz, Chemnitz oder Leipzig teilnehmen, weil ihnen das Geld für Zugtickets fehlte. Ende August 2025 hieß es dann, der Pflegefirma sei die Ausbildungslizenz entzogen worden: Lohn bekämen die Azubis keinen mehr. Das setzt die Betroffenen enorm unter Druck. Wer sich bereits verschuldet hat, um nach Deutschland zu kommen, kann es sich kaum leisten, eine Ausbildung abzubrechen oder in die Heimat zurückzukehren. Obendrein knüpft die BRD ihr Aufenthaltsrecht an ihren Ausbildungsplatz.

    Ferner sollten einige Azubis ihre Betriebswohnungen verlassen. Manche wurden obdachlos und mussten bei Bekannten Zuflucht suchen oder auf Notlösungen der lokalen Behörden zurückgreifen. Viele bemühen sich, ihre Ausbildung in Deutschland fortzusetzen: Manche wurden in neuen Pflegeeinrichtungen fündig, andere müssen um ihre Zukunft noch bangen. Parallel bereiten mehrere Betroffene rechtliche Schritte gegen die Steffi-Hose-GmbH vor. Vor Gericht geht es zunächst um die Kündigungen. Später sollen die ausstehenden Ausbildungsvergütungen verhandelt werden. Die Firma hatte in einem mittlerweile gelöschten Facebook-Post angegeben, dass die Löhne nicht gezahlt werden könnten, weil Fördermittel des Landes Thüringen ausblieben. Der Fonds dient jedoch lediglich als staatliche Unterstützung, um die Auszahlung zu erleichtern. Er nimmt Konzerne nicht aus der Pflicht, Azubis ordnungsgemäß zu bezahlen.

    Unterstützung erhalten die Betroffenen inzwischen von Initiativen und Teilen der hiesigen vietnamesischen Community. Auch in Berlin werden Spenden gesammelt, um den ehemaligen Auszubildenden bei Lebenshaltungskosten, Unterkunft und Anwaltsgebühren zu helfen. So fand am Freitag eine Veranstaltung in Kreuzberg statt, um Geld und solidarische Briefe einzusammeln. »Das ist jetzt eine Geschichte, aber das passiert laufend, und das wird so viele migrantische Azubis betreffen«, sagte einer der Veranstalter, und zwar »nicht nur in der Branche«, sondern »in allen möglichen Fachkräftebereichen«.

    Die Überausbeutung von Zugewanderten hat in Deutschland System. In der BRD traf es die mehrheitlich aus dem Mittelmeerraum stammenden sogenannten Gastarbeiter, in der DDR wurden vietnamesische Arbeitskräfte als sogenannte Vertragsarbeiter angeworben, um Arbeitskräftelücken zu schließen. Heute geschieht etwas Ähnliches unter neuen politischen Vorzeichen. Mit Programmen zur Fachkräfteanwerbung wirbt die BRD gezielt junge Menschen aus Ländern des globalen Südens an, besonders für Branchen mit niedrigen Löhnen und schlechten Arbeitsbedingungen. Die Konzerne stellen diese Arbeitskräfte liebend gern ein, da sie aufgrund von Schulden, rechtlicher Unsicherheit und fehlenden Netzwerken leichter auszupressen sind. Migration wird so zu einem Instrument, um die Kosten etwa der Pflegearbeit niedrig zu halten und strukturelle Probleme des Systems zu überdecken.

    Die Betroffenen hoffen darum auf Unterstützung über die Grenzen ihrer Community hinaus. Ganz oben auf ihrer Agenda stehen Forderungen nach Transparenz, verlässlichen Schutzstrukturen und politischer Verantwortung. Am 10. März wird in Gera der nächste Fall vor Gericht verhandelt. Da werden halbseidene Facebook-Posts die Unternehmerin Steffi Hose wohl kaum retten. Die jungen Vietnamesen und ihre Unterstützer erwarten konkrete Antworten und Gerechtigkeit. Gegenüber jW schwieg sich der Pflegedienst auf Anfrage aus.

    #Allemagne #capitalisme #immigration #exploitation #formation

  • Synergie entre Diaspora et jeunesse : « La diaspora représente un levier essentiel pour accélérer la transformation structurelle du Sénégal »(Doudou Gn.Diop)
    ▻https://www.dakaractu.com/Synergie-entre-Diaspora-et-jeunesse-La-diaspora-represente-un-levier-esse

    Synergie entre Diaspora et jeunesse : « La diaspora représente un levier essentiel pour accélérer la transformation structurelle du Sénégal »(Doudou Gn.Diop)
    Lors du symposium organisé hier à Thiès par Onits et son partenaire Pits, le PCA de la Sapco, par ailleurs initiateur principal de cette rencontre d’échanges et de partage, Doudou Gnagna Diop, a tenu à mettre en lumière le rôle et la place de la diaspora dans la transformation économique et touristique du pays.
    « Le Sénégal entre aujourd’hui dans une nouvelle phase de son histoire économique et sociale. À l’horizon 2050, notre ambition est claire : construire un modèle de développement inclusif, résilient et durable, capable de générer des opportunités pour notre jeunesse et de valoriser pleinement notre capital naturel, culturel et humain. Dans cette transformation, la diaspora sénégalaise occupe une place centrale. Elle constitue une force économique, intellectuelle et stratégique majeure, avec des transferts financiers estimés à plus de 10% du PIB national, mais surtout avec un capital d’expertise, d’innovation et de réseaux internationaux. La diaspora représente un levier essentiel pour accélérer la transformation structurelle du Sénégal. Parmi les secteurs à fort potentiel, le tourisme durable apparaît comme un pilier stratégique capable de créer des emplois massifs, de stimuler l’investissement et de renforcer le rayonnement international du Sénégal ».
    « La diaspora sénégalaise représente un acteur clé de transformation économique et touristique. Son rôle dépasse largement les transferts financiers traditionnels. C’est un investisseur naturel et crédible. Une forte capacité d’épargne et d’investissement. Une connaissance des marchés internationaux, une capacité à mobiliser des réseaux économiques globaux. Elle peut jouer un rôle majeur dans la création d’infrastructures touristiques durables, le développement d’écologie et complexes éco-touristiques, l’investissement dans les startups touristiques et numériques, le financement participatif etc... C’est aussi un ambassadeur international du tourisme sénégalais. C’est une valeur de transfert de compétences.
    Alors, la diaspora peut contribuer activement à la formation professionnelle des jeunes : le mentorat-entreprenariat, le transfert de technologie touristique innovante, le développement de standards internationaux de qualité ». « Le numérique permet aux jeunes de créer des plateformes de réservation locale, développer des solutions touristiques innovantes, promouvoir la destination sénégalaise à l’international et valoriser le patrimoine culturel via les technologies. Alors, il va falloir former une masse critique de jeunes dans le tourisme durable et créer un écosystème d’insertion professionnelle[...]. À l’horizon 2050, la transformation du Sénégal sera collective, elle sera portée par ses territoires, elle sera incarnée par sa jeunesse, elle sera amplifiée par sa diaspora... »

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#diaspora#jeunesse#developpement#formation#sante

  • Stage « Tournez dans un film de cinéma muet » 2026

    Depuis 1998, « Le Bateau Ivre », association loi 1901, propose à Melun (77) et Paris (75009) en avril 2026, un stage de Mime accessible à tous intitulé : « Tournez dans un film de cinéma muet ». Le titre résume tout... L’objectif est de revitaliser tous les artistes qui ne sont pas au premier plan et de les remettre sur le devant de la scène, ou plutôt sur l’écran !... ▻https://www.silencecommunity.com/events/event/view/48753/stage-%C2%AB%C2%A0tournez-dans-un-film-de-cinema-muet%C2%A0%C2%BB-

    #formation #stage #mime #artiste_mime #tournage #film #court-métrage #muet #film_muet #cinéma #cinéma_muet #melun #paris #avril_2026 #2026

  • Cette association transforme une #friche en terre d’#accueil pour les exilés

    Près de l’aéroport de #Roissy, une parcelle arrachée aux ronces est un nouveau laboratoire de l’association #A4. Pensé par et pour les personnes exilées, ce projet part de la terre pour déjouer les violences institutionnelles.

    C’est dimanche et le soleil ne s’y est pas trompé : il est resté couché sous une épaisse couverture de nuages. Dans la grisaille, la bêche plantée dans la terre lourde, Habib s’accorde une pause. 37 ans, silhouette haute, mains posées sur le manche, il laisse son regard glisser sur ce bout de friche situé à #Mitry-Mory, à une minute à vol d’oiseau de l’#aéroport_Roissy_Charles-de-Gaulle : les ronces enchevêtrées, les cabanes mordues par les saisons, les pruniers fatigués. Autour de lui, des volontaires tirent des branches, poussent des brouettes, déterrent des années d’abandon.

    Ici, l’objectif est d’abord de rendre la terre cultivable : installer une serre (presque achevée), lancer les premiers semis et poser les bases d’une activité agricole modeste mais concrète. À terme, sur cette friche de 2 820 m² confiée par la Ville, l’association A4 projette de faire pousser #fruits et #légumes, de tester des cultures adaptées aux #sécheresses, et de dégager de premières ressources économiques.

    A4 pour association d’accueil en #agriculture et #artisanat. Née en 2022, cette structure se donne pour mission de récupérer des îlots de terre pour bâtir un système d’#entraide pensé par et pour les personnes exilées — accueil, #formation, #accès_au_travail, #accompagnement_administratif. Une partie des récoltes pourrait donc être vendue, sur place ou sur des marchés locaux, si la mairie donne son accord, afin de financer le fonctionnement de l’association et permettre à d’autres projets agricoles portés par des personnes exilées de voir le jour. Un projet collégial pour déborder les réponses d’urgence, affronter les violences institutionnelles, desserrer l’étau du racisme, et inventer un espace d’#autonomie où, par la terre, on déjoue les assignations.

    Sous un prunus au feuillage frémissant, Agathe, bénévole au sein de A4 et actuellement en formation de #maraîchage, accepte notre micro avec une timidité inquiète — une réserve forgée par des rendez-vous médiatiques déformés. Très investie sur la parcelle, elle résume la journée : « On veut rendre le terrain cultivable. On vide les cabanes, on trie. » Pour elle comme pour les autres, ce terrain reste une première étape : trop petit pour faire vivre plusieurs personnes, mais précieux pour expérimenter, créer du lien, et préparer des installations agricoles à plus grande échelle.

    Plus loin, un groupe creuse des sillons pour les cassis, groseilles, framboises, mûres. « Ça se plante à l’automne et ça met 2 ou 3 ans avant de produire. Alors, il faut commencer vite. » Là, elle imagine des cultures sous bâches tissées : « Mais l’idée, c’est de voir et de décider ensemble. » Le calendrier se construit au fil de l’avancée du chantier et des envies des personnes impliquées, dans une logique assumée d’expérimentation plutôt que de plan figé.

    Luttes des #sans-papiers

    Ici, chaque geste esquisse un futur collectif. L’association, dont une quinzaine de membres forment le noyau dur, se réunit une fois par mois en visioconférence et tous les trois mois en présentiel. Les groupes locaux — en Anjou, à Grenoble, Lannion, en Île-de-France, à Lyon, en Centre-Bretagne — s’organisent en autonomie. Cinq salariés, bientôt huit. Et déjà des expériences concrètes : tests de #semences sahéliennes en Île-de-France ; enquêtes sur l’agriculture et le travail saisonnier ; des serres montées à Lannion — leur première installation agricole menée par des personnes migrantes avec ou sans papiers, même si le contrat s’est depuis arrêté.

    L’histoire de A4 plonge ses racines dans les luttes des sans-papiers, les foyers de travailleurs immigrés, les files du 115. Tarik, salarié, se souvient des années 2010 : les démolitions de l’Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine), la gentrification, les déboutés du droit d’asile relégués en hôtels sociaux. Ou pire. « La précarité locative et administrative explosait. Beaucoup de personnes non régularisées se retrouvaient à la rue. » C’est là qu’il rencontre Backo, futur cofondateur.

    Lunettes de protection relevées sur le front, la débroussailleuse encore chaude entre les mains, Backo raconte les années d’#errance en Espagne puis en France : les squats, les salaires indigents, la maison qu’il gardait pour 150 euros par mois, quand un salarié « régulier » se voyait proposer 2 000 euros pour un travail équivalent. « Quand t’as pas les papiers, les patrons t’esclavagisent. Ils savent que t’es dans le trou. Ils en profitent. »

    En France, une personne sans titre de séjour n’a pas le droit de travailler… mais doit prouver une activité salariée pour espérer être régularisée. Habib, soudeur-chaudronnier originaire du Soudan passé par le bidonville de Calais puis la zad de Notre-Dame-des-Landes, souffle : « C’est une contradiction volontaire, qui nous rend vulnérables face aux patrons. » Backo enchaîne : « Ceux qui ont les bons passeports peuvent traverser le monde. Nous, non, sauf pour des boulots dont personne ne veut. »

    « C’est nous qui devons porter les solutions »

    Autour d’eux, le chantier se poursuit. Les silhouettes sont fléchies, et la pluie hésitante. Tarik, Backo et Habib se remémorent les visages croisés au fil des combats : retraités usés du bâtiment ou du ménage, jeunes déplacés de centres d’accueil de demandeurs d’asile (Cada) en hôtels sociaux, tous portés par le même sentiment d’être rejetés, tout juste tolérés comme une simple force de travail.

    Comment bâtir un espace autonome, affranchi de ces stigmates ? De fil en aiguille, l’idée d’un réseau national a émergé. « Dans un contexte de répression et de criminalisation des figures de l’immigré, il devenait urgent de lutter contre un système déshumanisant et de considérer chaque individu comme un sujet politique à part entière », dit Tarik. Pas une structure caritative, donc, mais un outil d’#émancipation. « C’est nous qui savons où on a mal, souffle Habib. C’est nous qui devons porter les solutions. »

    Cela passait, pour eux, par la #terre : nombreux étaient paysans dans leur pays de départ et avaient des savoir-faire à revendre. En France, outre une crise de l’accueil, ils pensent pouvoir répondre à une autre problématique : la disparition des #fermes, l’accaparement #foncier, le manque criant de #paysans. « Dans dix ans, 55 % seront partis à la retraite », cite Habib. « Nous, on est là, on est prêts. » Il marque une pause, la joue sur le bois de sa bêche. Et ajoute : « Mais pas pour prolonger un modèle d’exploitation. »

    Obstacles administratifs

    Car A4 a multiplié les « voyages-enquêtes » dans les vergers, à la rencontre de saisonniers logés dans des baraques insalubres, dépendants de patrons qui tiennent leur avenir administratif. Beaucoup viennent de régions rurales du Sahel ravagées par les sécheresses et l’accaparement foncier. Et, ici, la politique migratoire prolonge leur #dépossession : on ne leur laisse accéder à la terre qu’en forçats.

    C’est précisément pour éviter de reproduire ces logiques que l’association a engagé un travail de #formation_politique interne, encore en construction. Deux axes se dessinent : l’un à destination des personnes concernées par l’exil, pour renforcer leur #pouvoir_d’agir, leur place dans la prise de décision et sortir des logiques caritatives ; l’autre à destination des personnes blanches engagées dans l’association ou ses réseaux, afin de travailler les rapports de pouvoir, les biais racistes et les #postures paternalistes en milieu agricole et militant. « On veut empêcher de reproduire les schémas coloniaux », insiste Habib. « Il faut que les personnes concernées soient décisionnaires, et que chacun apprenne à travailler sur un pied d’égalité. »

    Mais rien n’est simple. Backo, qui a posé la débroussailleuse, déplore les obstacles administratifs rencontrés ces derniers mois. « Récemment, par exemple, on a visité une ferme de 10 hectares. On peut acheter. Ce qui bloque, c’est pas l’argent : c’est les papiers, glisse Backo. Pour beaucoup, la terre, ici, devrait être réservée aux Français. Quand on a demandé des formations, on nous a parfois dit qu’on n’entrait pas dans les cases, car on était un “public migrant”. » L’association se finance principalement grâce aux dons.

    Depuis juillet 2024, A4 porte aussi les stigmates de deux #attaques_racistes subies, deux soirs de suite, à #Lannion, dans les #Côtes-d’Armor : des individus ont brisé les vitres et éventré ses serres, en plein entre-deux-tours des législatives. En plantant quelques aromatiques, Aline, qui faisait partie du groupe local lannionnais, murmure : « Ça laisse des traces. » Habib acquiesce : « Ça a pratiquement détruit la dynamique du groupe local. On a pris cher. » Aline a déménagé en région parisienne depuis, et se réjouit de retrouver ses camarades. « Ça fait du bien de voir qu’on continue de repousser ailleurs, malgré tout. »

    Semences du Sahel résistantes à la #sécheresse

    En fin d’après-midi, autour d’un thermos de thé, les discussions dérivent vers l’avenir. Ici, chacun semble projeter quelque chose : un fournil, un restaurant populaire, des paniers de légumes, une activité de formation. Sambala, 31 ans, le dit ainsi : « A4, c’est aussi mettre en valeur les projets de gens qui ont été trop longtemps ignorés. »

    Koné, 39 ans, passé par l’Espagne, rêve d’un four à pain mobile. Diplômé en boulangerie, il n’a jamais pu exercer légalement. « J’aimerais travailler le pain, mais c’est compliqué tant que j’ai pas les papiers. Donc je fais du bâtiment, du ménage… pour survivre. » Il garde l’espérance : « Si l’association continue de se déployer, peut-être que j’aurai cette chance. » A4 entretient des liens avec d’autres organisations paysannes, comme Terre de liens.

    Sambala, lui, raconte ses dix ans de petits boulots sans contrat, de nuits d’incertitude. Son rêve, c’est d’ouvrir un restaurant « gagnant-gagnant » : qui crée des emplois dignes et nourrit sainement celles et ceux qui peinent à finir le mois. Avant de partir, il tient à dire : « Papiers ou pas papiers, ça ne dit rien d’une vie. Je n’ai jamais compris comment ma valeur pouvait se résumer à ça. Un papier, tu peux le déchirer. Une vie, non. En tout cas en théorie. »

    Un autre volet du projet tient dans quelques sachets de #graines : #mil, #gombo, #bissap, #fonio. Lors de leurs voyages-enquêtes, plusieurs agriculteurs ont confié peiner à cultiver faute d’eau. Ces échanges ont nourri une réflexion plus large, portée par A4, sur la circulation internationale des semences et des #savoirs_agricoles, notamment avec des pays confrontés aux conflits ou aux dérèglements climatiques. Des variétés sahéliennes peu gourmandes en eau, testées sur un terrain à #Villetaneuse, sont donc promises à une nouvelle étape ici.

    « Les savoirs du Sud sont dénigrés mais ils sont adaptés »

    Justine, nouvelle salariée de l’association, y voit plus qu’un essai agronomique. « Peut-être qu’on va pouvoir apporter une expertise utile à d’autres paysans », avance-t-elle, après une session bêchage, alors que son fils de 6 ans traverse la friche en riant avec un copain. « Tester ces cultures ici, c’est aussi préserver une #autonomie_semencière et reconnaître que les personnes exilées ont autant à transmettre qu’à recevoir », résume Backo. « Les savoirs du Sud sont dénigrés mais ils sont adaptés ! »

    Lorsque la pluie et la nuit finissent par s’inviter, le chantier s’éteint. On ne voit plus à 3 mètres. Un avion clignote dans le ciel. On range la débroussailleuse de Backo, la bêche d’Habib, les serpes. Par endroits, la friche apparaît dégagée, noire, humide, comme remise en conversation. Entre les pruniers ressuscités et les cabanes rafistolées, quelque chose naît : un laboratoire de #solidarité_paysanne et de #dignité retrouvée, un réseau d’entraide qui ne demande pas des papiers, mais de l’huile de coude et des idées.

    ▻https://reporterre.net/Pres-de-Paris-ce-reseau-agricole-lutte-contre-les-violences-de-l-exil
    #migrations #France
    via @karine4

  • EU-ropean Funded Border Regimes: Linchpin (and Achilles’ heel) of the Neocolonial Order

    The UK’s notorious “Rwanda Plan”; Italian funded detention centers in Albania; the EU-Turkey deal; equipment supply for the so-called Libyan Coast Guards; the introduction of biometric passports in Gambia and elsewhere; EU-support for the adoption of anti-trafficking and asylum laws in Egypt and Algeria; the deployment of second line immigration officers at Pakistani airports; corporate-run visa processing centers across Africa and Asia; highly selective labor recruitment programs in India and Tunisia; and enforced deportations of third-country nationals by US authorities to South Sudan, Eswatini, or El Salvador—are all organized to filter migration toward the needs of Western economies.

    This seemingly long list is only a small part of the migration-related policy initiatives pushed forward by the EU, its member states, other Western governments, and supranational organizations over the past decades. Nonetheless, it provides a snapshot of what is largely known today as “border externalization” or “border management.” Both terms have, since the early 2000s, progressively evolved into major policy frameworks and outright dogmas, providing their advocates and the border-regime industry with a powerful leitmotif to rally political and corporate support in sustaining this order.

    The main pretext for the omnipresent and, often, hegemonic enforcement of these frameworks by Western states is their objectives to make migration “safe, orderly and regular,” and “aid development”―a notion that cleverly masks its actual purpose: control of migration and populations.
    Migration and Population Management

    The ever-present use of both terms by government officials as well as the staff of private contractors and UN agencies is a rather obvious attempt to distract populations from what they actually seek to address: a migration and emigration crisis in the “underdeveloped” and indebted Global South— crises the North is exempted of responsibility for—and the attempt in turn for Western states and corporate enterprises to maintain a neocolonial global order based on a classist and racist division of peoples.

    This order, while enforcing geographical separations, still facilitates wealth and capital accumulation in Europe, North America, and the Gulf, as well as the distribution of wealth among elites in the South. It maintain the steady provision of northern economies with fossil resources and a hyperexploited labor force. The large-scale extractivism of resources and people from Asia and Africa during the colonial era has not ended—rather, it has transformed.

    In today’s mobility regime, Western governments, UN bodies, charities, and self-styled “development agencies” such as the German state-owned GIZ (Gesellschaft für internationale Zusammenarbeit) continuously claim to be genuinely engaged in combat against the so-called “root causes of migration.” They consistently invoke terms such as “underdevelopment” in their verbal and written rhetoric. Yet, their actual origins are nothing less than rampant “wealth disparities, historical injustices, and the legacies of colonialism,” as summed up in this publication’s January editorial.

    Border externalization is often misleadingly framed as a straightforward export of migration control from Western Europe to the Balkans, Turkey, and countless African or Asian countries—or, for instance, from Australia to Nauru or Papua New Guinea—but, in fact, it contains additional layers of imperial subjugation. Ultimately, its key feature―police cooperation―not only aims at surveilling, preventing, or containing migration movements, but also keeping southern regimes and their elites aligned.

    After World War II, national liberation movements in Africa and Asia sought to overturn these historical injustices. Still, the relations between the newly emerging postcolonial state elites and the former colonizers were only transformed, not ruptured: national liberation often only provided what is dubbed today as “flag independence.” The collapse of Europe’s colonial empires gradually morphed into a neocolonial arrangement, in which population control, public order, and resource extraction were to be maintained through the policing of former masters.

    Since the late 1940s, and in particular the 1950s, the key disguise for Western governments to maintain police and military support for the regimes of Shah Reza Pahlavi in Iran, Augusto Pinochet in Chile, or Joseph-Désiré Mobuto in the Congo was their staunch opposition to Soviet alignments. For decades to come, anti-communism and the alleged threat of eastward alignment remained the main smokescreen for Western governments and their proxies to provide their allies in recently decolonized countries with policing equipment to sustain their new orders.

    In the 1980s, the US government’s “war on drugs” in Latin America successively replaced “anti-communism” as a ruse to channel policing equipment toward allied regimes. After the 9/11 attacks in New York, however, the “war on drugs” was swiftly supplanted by the “war on terror”―deemed even more effective in militarizing policing in politically fragile states and imposing a more repressive variation of control over their populations.
    Morocco and Migration: Control’s Colonial Continuity

    Since the 2015 “migration crisis” in Europe, the new smokescreen for supplying allied elites in the Global South with policing equipment, surveillance technology, or training is “combating irregular migration”—i.e. smugglers, and document fraud—through what is mostly dubbed today as “border management.”

    Against this background, the most effective playbook followed by Southern regimes and elites―from Rabat to Amman and from Dhaka to Baku―in order to supply their security forces with modern equipment and training and, thereby, maintain their uncontested grip on power; is to tap into the ever-rising “border management” funds set up by the EU, its member states or UN bodies such as the United Nation’s Office on Drugs and Crime (UNODC). Through these tactics they fuel racial divisions, distracting local populations and fostering oligarchic rule. Accordingly, as the following examples illustrate, EU-ropean funded border externalization policies follow a colonial logic and do not only aim to manage migration but also to target populations deemed potentially threatening for today’s neocolonial order.

    Following the erection of border fortifications in Spain’s North African enclaves of Ceuta and Melilla and the deployment of the paramilitary Guardia Civil to patrol border-fences, the EU and the Spanish government externalized policing to the Moroccan state. For more than two decades, Moroccan police have received training and equipment assistance under the umbrella of large-scale migration-related police cooperation schemes set up and financed by the EU Commission, Spain, the US government, and agencies such as UNODC.

    Moroccan police have since regularly raided informal migrant camps in the forests nearby Ceuta and Melilla; conducted pushbacks or deportations at their neighboring border with Algeria and intercepted Spain-bound Moroccan and non-Moroccan harraga (the Maghrebi Arabic term for those who cross borders irregularly by “burning” them, commonly referred to in Morocco, Algeria and Tunisia as the harga) at sea.

    The Moroccan example, vividly illustrates that contemporary migration control is a continuity of a centuries-old colonial logic. As Yazid Benhadda reveals in his 2025 academic research paper, the French colonial administration had already systematically criminalized Moroccan migration to France, “either through banning or regulating Moroccan mobility.”

    Since the first legislative act in this matter was adopted in 1925, France imposed strict regulations on the migration of Moroccan workers’ to the metropole by: tightening passport issuance, limiting family reunification, conducting “repatriations,” and establishing police units in France itself charged with surveilling immigrants from Northern Africa. Moroccans, however, circumvented these restrictions through irregular means of travel to France via Algeria or Spain. At the same time, Spanish authorities cracked down on those who facilitated the irregular travel routes of Moroccans.

    This policy strongly resembles today’s targeting of smugglers by European governments and UN agencies across Northern Africa and beyond. Benhadda highlights the striking fact that “this logic still governs today’s European migration policies and legislations towards North Africa, as we can observe the persistence of this regularity-irregularity nexus.”

    Policing Cooperation across Northern Africa

    Concerning today’s migration control regime, police cooperation schemes similar to those commissioned for Morocco have been implemented in Tunisia, Egypt, and Libya; providing the respective police forces with vessels, vehicles, thermal imaging cameras, surveillance software, and training. After all the aforementioned states had already been allocated equipment deliveries for migration control from EU governments in the 2000s, the 2011 uprisings across the region enforced temporary halts to those programs.

    Since 2015, the EU has resumed such projects. In war-torn Libya, the Italian government with the support of the EU, supplied the so-called Libyan Coast Guards—a militia-run naval force affiliated with the regime in Tripoli—with substantial equipment and training aid to enable it to intercept harraga in the Mediterranean. The militia’s well-documented involvement in human trafficking, torture for ransom, sexual abuse, forced labor or arbitrary detention did not stop the EU nor organizations such as the border regime service provider International Centre for Migration Policy Development (ICMPD) to take sides in the Libyan tug-of-war for power, support the Coast Guards and their allies with equipment and thereby further externalize the EU border regime to African shores.

    In Tunisia, Europe-funded police training and equipment aid continued after the 2011 revolt. During the political transition in the 2010s, police cooperation continued under the pretext of democratizing the security forces of the ousted regime. After 2015, however, migration control became its main purpose, with Germany and Italy being the frontrunners in supplying border technology to Tunisia.

    Two large-scale police cooperation schemes, funded by EU states and coordinated by the ICMPD, facilitated the set-up of control rooms, the development of maritime surveillance tools, and the construction of two inter-agency police training facilities near the Algerian border.

    Since 2021, the EU, Italy, and Germany expanded their police cooperation in Tunisia even further: increasing budgets for ongoing projects and setting up new programs specifically targeting the maritime branch of the National Guard—the main recipient of training and equipment aid from imperial Europe.

    The National Guard is a key unit in Tunisia’s security apparatus, charged with a vast array of responsibilities, which include the patrolling of the country’s land and sea borders, as well as civilian crowd control. Human rights groups have, however, meticulously documented the unit’s involvement in widespread human rights abuses and deportations of harraga to Libya and Algeria, and their culpability in crackdowns against anti-government protests that challenged the country’s authoritarian rollback under President Kaïs Saïed.

    In Egypt, the EU’s involvement in directly equipping and training Egyptian security forces dates back only to 2022, when the European Commission allocated an initial 23 million euros for a “border management” project, aimed at supplying the So’s regime coast guards with vessels, thermal imaging cameras, and more. An additional 87 million euros were allocated by the EU in 2023, while 200 million euros were earmarked for migration control under the umbrella of a 7.4 billion euro package announced in 2024.

    Prior to the EU involvement, however, it was the governments of Germany, France, and Italy who supplied the Egyptian police with a vast array of equipment and training. After Italy had signed a police agreement with Egypt in 2000, Rome delivered patrol vessels to the regime in 2007 and supplied the notorious riot police unit Central Security Forces (CSF) with vehicles and firearms―equipment that was widely used against protesters during the 2011 revolution and the 2013 coup that brought President Abdel Fattah el-Sisi to power. France supplied the CSF with sophisticated crowd control vehicles since 2012, and thereby was directly complicit in massacres that the CSF and other police units committed shortly after the 2013 coup.

    Under the guise of security concerns in the region and migration control, Germany and Italy expanded their police cooperation with Egypt in 2014 and 2017, respectively. In both cases, they supplied el-Sis’s regime with the policing and surveillance capabilities, used for systematic reprisals against all forms of dissent. German authorities, in particular the Federal Police, which are focused on airport security and certificate and document fraud, provided the Egyptian border police with document scanners, fingerprint devices, and other forensic equipment. The Federal Office for Criminal Investigations, a German police unit with intelligence capabilities, conducted training for Egypt’s political police, the National Security Agency (NSA), and awarded scholarships to its officers for training programs in Germany.

    The Italian government, for its part, continues to support the Ministry of Interior and, in 2017, set up a police training center in the Police Academy in Cairo, where EU member states-funded workshops and seminars on migration-related subjects are conducted for police officials from Egypt and other African states.

    Managing Borders for the Benefit of European States

    Border externalization, as we have seen, does not only entail police cooperation and the supply of equipment and training. It involves a multitude of additional measures and tools to fortify borders more broadly. They stretch from data collection and the introduction of biometric passports to the adoption of anti-trafficking and asylum legislation, to the securitization of airports and ports, to the imposition of visa regimes. Even more, it refers to deportation and “repatriation” agreements, to “development aid” schemes, supposedly aimed at tackling the “root causes of migration” by improving access to potable water and health services or facilitating employment promotion in regions and countries considered prone to irregular migration.

    This alleged “combat against the root causes of migration,” effectively aimed at containing uncontrolled migration, meanwhile, goes hand in hand with what the border regime industry often calls “skilled labour migration.” Intergovernmental programs claim to support the expansion of “legal pathways” for migrant workers through “talent partnerships” under which highly-educated job seekers can apply for labor migration to the EU, the UK, or the US, as well as to Gulf states such as Saudi Arabia or Kuwait.

    While the development aid industry often merely provides charity schemes to alleviate poverty and contain people in the proximity of their residence, talent partnerships and other labor recruitment programs are, meanwhile, a backbone of what we largely call today “migration management.”

    This notion, as prominently promoted by organizations such as ICMPD, consists of a holistic approach towards migration which entails two main pillars: 1.) The staunch combat against “irregular” migration including resolute deportation and repatriation practices, the criminalization of the harga, border externalization and the construction of walls, fences and other forms of border fortification; 2.) the targeted recruitment of migrant laborers to counter demographic trends and meet shortages in certain areas of the labor market. These seemingly contradictory objectives therefore provides for the state-imposed categorization and hierarchization of people, a precondition for capitalist wealth accumulation in the Global North and among elites in the South, as well as for maintaining Western Europe’s and North America’s advantageous positioning in a neocolonial, extractivist global order by promoting an increase of “immigration [to Western Europe] for economic and rational reasons, but always for the benefit of European states,” as summarized by Fabian Georgi.

    Prominent anti-colonial figures such as Frantz Fanon had already unambiguously pointed out decades ago that “the wealth and progress of Europe” stems from the organized looting of the Global South. He warned that this resource theft would continue if decolonization in Africa and Asia fails to enforce real independence for Europe’s former colonies.

    Today’s political and economic order, however, facilitates not only the continuous large-scale extraction of resources from the South, but also a kind of extraction of people, stretching from state-recruited migrant workers to harraga, who have often no other choice but to compete for low-paid jobs in sectors such as construction or agriculture across Europe, North America, the Gulf or other oil and gas-producing countries such as Libya and Algeria.

    We are not witnessing a “migration crisis” in Europe today, but rather a decades-old migration and emigration crisis in the underdeveloped and indebted South, stemming from restructured power dynamics and postcolonial dependencies that were never fully overturned. While the ongoing genocide in Sudan and the West’s indirect involvement in the never-ending carnage in the Congo are today’s most prominent examples of resource-extraction-related conflicts, migration movements from the Indian subcontinent to Europe and the Gulf remain a primary mode of labor extraction for the benefit of former colonial states and their societies.

    ▻https://turningpointmag.org/2025/12/17/eu-ropean-funded-border-regimes-linchpin-and-achilles-heel-of-the-n
    #ordre_néocolonial #néocolonialisme #frontières #migrations #externalisation #migrations #réfugiés #colonialité #border_management #contrôle #contrôle_démographique #racisme #root_causes_of_migration #causes_profondes #Maroc #Europe #Ceuta #Melilla #Afrique_du_nord #formation #technologie #ICMPD

    ping @cede @karine4 @6donie

  • Communiqué de presse – #Formation des professeur· es : des « débats de société et théoriques » désormais interdits en SES ?

    Malgré les nombreuses alertes du monde éducatif (▻https://www.apses.org/communique-conference-associations-professeurs-specialistes-recrutement-profe), la #réforme de la #formation_initiale des professeur·es se concrétise. Le ministère élabore actuellement le « #référentiel de formation du professorat du #second_degré pour les futurs enseignants », qui définit les attendus du nouveau Master Enseignement et Éducation (M2E), formation suivie pendant deux ans par les futur·es lauréat·es des #concours. En Sciences économiques et sociales, le projet du ministère est inquiétant.

    Enseigner les #sciences_sociales sans place pour le #débat ?

    Alors que les économistes débattent de la taxe Zucman et de l’imposition des patrimoines, alors que des concepts comme celui de classe sociale sont en permanence interrogés en sociologie, le ministère de l’Éducation nationale réussit l’exploit d’écarter tout débat en #SES. En effet, le référentiel est très clair sur les « visées de la formation des enseignants dans la discipline » : « l’enseignement [des SES] repose essentiellement sur l’étude des fondamentaux […] ; son objet n’est pas la présentation de #débats, qu’ils soient de société ou théoriques, ni la participation des élèves à ce type de débats qui sont souvent réducteurs et facteurs de #relativisme. »

    Formation ou formatage ?

    Depuis la réforme Blanquer du #lycée, l’enseignement des SES s’est rétrécit à la présentation de notions et mécanismes, sans lien apparent avec des questions qui se posent dans le #débat_public. Désormais, l’objectif du ministère est à la fois limpide et terrifiant : empêcher d’aborder avec les élèves les débats éclairés par nos disciplines. Pas de débat sur les politiques à mener face à la dégradation du vivant, ou face aux inégalités sociales ? Pas de débat sur les effets du protectionnisme et du libre-échange, ni sur les effets des innovations sur l’emploi ?

    Non seulement cette approche est une grave remise en cause de ce qui fait la légitimité scientifique des sciences sociales, mais elle induit une conception de la formation des enseignant⋅es très problématique, qui, dès lors, s’apparente plus à du #formatage. L’enseignement des SES nécessite des enseignant·es formé·es à la pluralité des approches théoriques existantes en sciences sociales. Une formation didactique est tout aussi importante, afin de présenter ces débats scientifiques sans relativisme et de rendre possible la construction de situations d’apprentissage qui permettent aux élèves d’accéder aux arguments mobilisés et de devenir des citoyen⋅nes critiques, capables de prendre part au débat public.

    L’École doit être le lieu de l’apprentissage de la démocratie, pas du déni. L’APSES exige le retrait de ce #référentiel_de_formation et sa réécriture complète.

    L’APSES rappelle l’urgente nécessité d’un bilan des programmes de SES et de la #réforme_Blanquer du #lycée, qui continue de brutaliser les élèves et les personnels.

    ▻https://www.apses.org/formation-et-debats-en-ses
    #it_has_begun #éducation #France #interdiction #enseignement

  • Ausgeliefert ! Das Geschäft mit den Kurierfahrern
    ▻https://www.ardmediathek.de/film/ausgeliefert-das-geschaeft-mit-den-kurierfahrern/Y3JpZDovL3JiYi1vbmxpbmUuZGUvYXVzZ2VsaWVmZXJ0

    Comment l’état allemand invite le crime organisé en lui fournissant ume main d’oeuvre malléable. On a accepté la fondation de fausses universités qui ne délivrent pas de diplômes reconnus, on accepte les entreprises phantômes qui exploitent les étudiants étrangers, et on ne propose aucun encadrement aux jeune qu’on fait venir pour se faire exploiter au lieu de suivre des cours á l’université.

    C’est une arnaque internationale à dimension industrielle. Tout le monde en profite sauf les exploités et la société allemande qui perd sa face humaimeet sera obligé de payer pour faire disparaître les cadavres des laissés-pour-compte de l’affaire..

    Dokumentation Deutschland 2025 +++ Nicht nur in Berlin und Hamburg gehören sie längst dazu: Fahrradkuriere, die Burger, Pizza und Co nach Hause liefern. Tausende der Rider kommen aus Indien, angelockt vom Versprechen auf ein Studium in Deutschland – und haben sich dafür hochverschuldet. Die rbb Story deckt ein System mehrfacher Ausbeutung junger Menschen auf, an dem viele mitverdienen: Sprachschulen, Vermittler, Subunternehmer und Liefer-Apps. Eine Recherche auf der dunklen Seite der Lieferdienste.

    Film von Fabian Grieger und Jan Wiese | Erstausstrahlung: 02.12.2025/rbb

    Homepage
    ▻https://www.ardmediathek.de/rbb/dokus

    #Inde #Allemagne #université #formation #disruption #exploitation #travail #Uber #Lieferando

  • Stage de création #Sonore en #Podcast – décembre 2025
    ▻https://radioparleur.net/2025/11/24/formation-stage-creation-podcast

    Trois jours de partages, d’ateliers d’écriture, et d’échanges de savoirs pour appréhender les outils de créations sonore en podcast ! Les ateliers se tiendront à Pantin, avec la possibilité de suivre certains ateliers en distanciel. Pendant trois jours, nous sortons promener nos micros à Pantin pour travailler autour de la notion d’inventaire en création sonore. […] L’article Stage de création sonore en podcast – décembre 2025 est apparu en premier sur #Radio_Parleur.

    #Carousel_2 #Vie_de_la_rédaction #Atelier #Formation

  • En France, les immigrés gagnent 28 % de moins que les natifs à leur arrivée sur le marché du travail, selon l’OCDE
    ▻https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/11/03/en-france-les-immigres-gagnent-28-de-moins-que-les-natifs-a-leur-arrivee-sur

    En France, les immigrés gagnent 28 % de moins que les natifs à leur arrivée sur le marché du travail, selon l’OCDE
    Par Julia Pascual
    Lorsqu’ils arrivent sur le marché du travail, les étrangers sont nettement moins bien payés que les travailleurs (de même âge et de même sexe) nés dans le pays d’accueil. Mais leur situation s’améliore au fil du temps, grâce notamment à leur mobilité vers d’autres entreprises. C’est l’un des enseignements d’une étude publiée lundi 3 novembre par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Cette dernière a pu mesurer les écarts de salaire mensuel dans une quinzaine de pays, dont la France, l’Allemagne, le Danemark, l’Espagne et les Etats-Unis. L’organisation s’est plongée, pour cela, dans des données portant sur plus de sept millions de nouveaux immigrants en emploi au début des années 2000, qu’ils soient majoritairement originaires d’Amérique latine, d’Afrique, d’Asie ou d’Europe.
    A leur arrivée dans l’emploi, les étrangers touchent ainsi en moyenne 34 % de salaire en moins que les natifs de même âge et de même sexe. Cet écart est de 28 % en France, comme au Danemark et au Portugal. Il grimpe à 45 % en Italie. Un différentiel de revenus que l’OCDE a essayé de comprendre et décomposer.
    D’abord, les étrangers se concentrent dans des secteurs qui payent moins, à l’instar des services (qui comprennent la sécurité ou le nettoyage), l’hôtellerie-restauration ou encore l’agriculture. « Et à l’intérieur de ces secteurs, ils se trouvent dans des entreprises moins productives, plus petites, qui concentrent plus d’étrangers et qui rémunèrent moins », explique l’économiste Ana Damas de Matos, l’une des trois auteurs de l’étude. Elle rappelle que « de nombreux travailleurs trouvent un emploi grâce à des recommandations et à leurs réseaux informels » et que, par conséquent, les étrangers ont logiquement tendance à travailler ensemble ainsi que dans des lieux de travail « qui ne font pas de discrimination à leur égard lors de l’embauche ».
    A l’arrivée, le secteur d’emploi et l’entreprise expliqueraient les deux tiers de l’écart de rémunération entre natifs et étrangers. Le désavantage subi est aussi lié au fait que les étrangers sont plus fréquemment à temps partiel, une situation qu’ils subissent souvent, notamment en France, et qu’à l’intérieur d’une même entreprise, ils occupent des emplois moins rémunérés. Mais, y compris à profession égale dans une même société, ils restent désavantagés. « Il demeure un écart qu’on ne parvient pas à expliquer, même si on peut faire l’hypothèse qu’il est lié à des questions d’ancienneté, d’expérience, de maîtrise de la langue, de niveau de formation ou encore de discriminations », poursuit Mme Damas de Matos.
    Les travaux de l’OCDE mettent en évidence une diminution de l’écart au fil du temps, qui passe en moyenne de 34 % à 21 % après cinq ans. En France, il tombe à 19 % et même à 14 % au bout de dix ans. « Cela s’explique par une mobilité professionnelle ascendante forte », souligne l’économiste. A l’intérieur d’une même entreprise, les étrangers gagnent plus en travaillant plus d’heures, mais aussi grâce à leur ancienneté ou encore en occupant des postes mieux payés.
    D’autre part, au fil du temps, les étrangers vont vers des secteurs et des entreprises qui rémunèrent mieux, sans nécessairement exercer des professions mieux rémunérées, ce dernier point pouvant découler d’un plus faible niveau d’instruction des étrangers mais aussi d’un phénomène de déclassement. En effet, les étrangers « occupent des professions moins qualifiées et moins bien rémunérées que ne le prédit leur niveau d’instruction », rappelle l’OCDE.
    Ce constat met en évidence l’« importance des politiques de reconnaissance des diplômes et des qualifications ». Surtout, il plaide pour favoriser la mobilité professionnelle des étrangers « notamment en fournissant des informations sur la recherche d’emploi et le marché du travail du pays d’accueil, en proposant des services d’orientation professionnelle et de développement de réseaux professionnels, en améliorant les transports locaux, en luttant contre la discrimination sur le marché du logement et en proposant des logements abordables », liste l’OCDE.

    #Covid-19#migrant#migration#france#OCDE#economique#immigration#declassement#formation

  • #Frontex, agent intouchable du #renseignement_migratoire

    L’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, Frontex, est devenue, en vingt ans [1], le bras armé des politiques sécuritaires de l’Union européenne (UE) et de ses États membres. Initialement créée pour coordonner le contrôle des #frontières, organiser les #expulsions et produire des « #analyses_de_risques » des mouvements de populations, Frontex a élargi son champ d’intervention bien au-delà des questions migratoires.

    Nonobstant des enquêtes institutionnelles et journalistiques ayant démontré que ses officiers s’étaient rendus coupables de graves #violations_de_droits, tout semble organisé pour que la responsabilité de l’agence Frontex ne soit ni engagée ni reconnue. En sus de ses traditionnelles activités de #surveillance et de #contrôle des frontières prévues dans le règlement (UE) 2019/1896, l’agence tentaculaire dotée de moyens exponentiels est devenue tout à la fois agent du renseignement, négociateur, influenceur et membre d’un réseau de dissuasion violente, que rien ni personne ne semble pouvoir arrêter.

    Produire de l’information, qu’importe sa véracité

    Comme pour tout bon agent du renseignement, recueillir et exploiter des informations relevant de la vie privée est un axe essentiel du travail de Frontex. Elle collecte ces #données par le biais des États membres, d’agences européennes et d’organisations partenaires, mais aussi dans le cadre de ses propres opérations (maritimes, aériennes, terrestres). Elle est présente aux #frontières_maritimes (Méditerranée centrale et Manche), ainsi qu’aux #frontières_terrestres et aériennes de plusieurs pays (#Albanie, #Géorgie, #Monténégro, #Serbie, #Macédoine_du_Nord, #Moldavie, #Ukraine). Elle a progressivement élargi ses activités vers la zone #pré-frontière de l’UE et ouvert des bureaux #satellites temporaires dans des pays tiers du voisinage méridional et en #Afrique_de_l’Ouest [2].

    Quantité d’informations sont susceptibles d’être enregistrées : certaines sont générales, telles les routes migratoires empruntées, les dates de franchissement de frontière, les listes de passagers ou le pays de provenance ; d’autres, plus spécifiques, sont relatives aux #données_biographiques, aux incidents au cours d’opérations, jusqu’au lieu où se cachent les personnes au moment du contrôle. Les données recueillies nourrissent divers fichiers, parmi lesquels celui d’#Eurosur, instrument de surveillance et d’échange d’informations entre Frontex et les États membres, ou le #Joint_Operation_Reporting_Application (#Jora). Elles donnent aussi – et surtout – lieu à la production de #rapports_analytiques, avec une photographie de la situation aux frontières, supposés permettre de déterminer le niveau de « #risques » de déplacements vers le continent européen.

    Le Contrôleur européen de la protection des données (CEPD) estime que, malgré les moyens déployés, les « analyses de risques » produites par l’agence sont fondées sur des informations peu fiables, obtenues lors d’entretiens menés sans le consentement des migrant·es ni protection de leur identité [3]. Il a également émis des réserves quant à la sécurisation des données et l’ampleur de la collecte.

    L’#opacité des activités de Frontex inquiète aussi le Médiateur européen, qui a traité plusieurs plaintes concernant l’impossibilité d’accéder à des documents et informations. Il faut préciser que l’agence est très réticente à fournir les informations demandées, y compris à ses propres contrôleurs, chargés depuis 2019 d’évaluer en permanence le respect des droits fondamentaux dans ses activités opérationnelles [4].

    Frontex reconnaît elle-même que ses chiffres comportent des #erreurs : alors qu’elle communique chaque année sur le nombre de franchissements de frontières non autorisés, elle admet qu’« il n’existe aucun dispositif permettant d’établir le nombre exact de personnes ayant franchi les frontières [5] ». Mais pour elle, il s’agit presque d’une question secondaire : selon sa directrice adjointe, Aija Kaljana, « il est essentiel de devenir une organisation axée sur le #renseignement, car les ressources humaines et techniques sont limitées [6] ». L’ambition de Frontex est donc de passer d’une agence du contrôle migratoire à un #service_de_renseignement.

    Travailler en synergie, y compris hors du champ migratoire

    L’agence, au cœur d’un vaste réseau d’échanges de données, coopère avec de nombreux services, civils ou militaires, ayant des objets aussi variés que la pêche, la lutte contre le #narcotrafic ou la #sécurité_aérienne [7]. Frontex a créé, en 2018, la #Maritime_Intelligence_Community–Risk_Analysis_Network (#MIC-RAN), soit une communauté du #renseignement_maritime et un réseau d’analyse des risques, pour collecter des données et diffuser des rapports sur les #menaces_maritimes (i.e. l’appropriation illégale des zones maritimes, les conséquences du réchauffement climatique, les « usages illégaux » de la mer). Autre illustration de la diversité de ses collaborations : l’agence négocie des accords avec des sociétés d’affrètement comme #EASP_Air, #DEA_Aviation ou #Airbus [8] qui fournissent des #aéronefs, le personnel pour les exploiter et l’infrastructure technique pour la transmission des données enregistrées, en temps réel, au siège à Varsovie [9]. Elle capte également des données depuis l’espace, car elle a conclu un contrat avec #Unseenlabs, une entreprise française spécialisée dans la surveillance maritime par radiofréquence depuis l’espace, ou se sert des satellites du programme #Copernicus d’observation de la Terre qui sont utilisés pour la sécurité, la protection civile, la gestion de l’environnement et la recherche sur le changement climatique [10].

    Engagée dans des projets de recherche et développement, l’agence finance ceux qui se focalisent sur le matériel de surveillance [11]. Elle a étroitement suivi les avancées du programme #ITFlows, un outil de prédiction des flux migratoires à partir de techniques d’analyse automatisée de données, en y contribuant activement via la fourniture d’informations récoltées dans le cadre de ses missions [12]. Dans le même registre, elle a organisé avec des garde-côtes italiens, début 2025, un atelier international intitulé Évolution des garde-côtes : l’#intelligence_artificielle et les systèmes sans pilote améliorent les opérations de recherche et de sauvetage. Vaste programme à l’heure où le recours à l’intelligence artificielle (#IA) pose de sérieuses questions éthiques [13].

    Au-delà des frontières de l’Europe, Frontex multiplie des #campagnes qui sont de véritables opérations de séduction, afin de s’assurer du concours des États tiers pour empêcher les départs depuis les pays d’origine. Ainsi est-elle à l’initiative du projet #Africa–Frontex_Intelligence_Community (#Afic) dans huit pays africains (#Côte_d’Ivoire, #Gambie, #Ghana, #Mauritanie, #Niger, #Nigeria, #Sénégal et #Togo), officiellement lancé pour « collecter et analyser des données sur la #criminalité_transfrontalière et soutenir les autorités impliquées dans la #gestion_des_frontières ». Frontex a également organisé des séances opérationnelles de #sensibilisation à la lutte contre la #fraude_documentaire et la fraude à l’identité en #Albanie, #Bosnie-Herzégovine, #Égypte, #Géorgie, #Moldavie, #Macédoine_du_Nord, #Serbie et en #Tunisie.

    Comme pour conforter sa place centrale dans le réseau d’information qui surveille tout et constamment, c’est avec les services de répression, tels l’#Office_européen_de_police (#Europol) et l’#Organisation_internationale_de_police_criminelle (#Interpol), que l’agence a intensifié ses relations. Depuis 2008, Frontex signe des accords de coopération et des plans d’action conjoints avec Europol pour partager avec cette agence les informations qu’elle recueille, singulièrement via Eurosur, à des fins de lutte contre la criminalité ou le terrorisme. Sur le terrain, cette entente s’est notamment matérialisée durant des opérations relevant de la politique de sécurité et de défense commune (opérations #Sophia et #Jot_Mare en 2015). Plus surprenant : en 2024, Frontex a codirigé une opération internationale visant à lutter contre la #contrebande_de_drogue par voie maritime en fournissant un soutien technique et opérationnel [14] ; elle est aussi intervenue pour des opérations de soutien pendant les #Jeux_olympiques en France [15], pendant la compétition de l’Euro en Allemagne, ou encore durant la guerre en Ukraine... Elle outrepasse ainsi sa mission initiale et s’érige comme un organe de « super-contrôle ».

    De son côté, Interpol travaille avec l’UE et Frontex dans le domaine de la sécurisation des frontières, sous forme de collaborations techniques, de #formations et de projets de recherche communs. Frontex a élaboré un manuel de référence contenant des alertes de falsification et des cartes de contrôle rapide servant d’aides visuelles à la décision lors de la vérification de documents. Ce dispositif est désormais au cœur du système de bibliothèque électronique de documents #Frontex-Interpol (#Fields). Les #bases_de_données d’une agence de surveillance des frontières et celles d’une organisation de lutte contre la criminalité sont dès lors interconnectées.

    Une agence opaque et délétère qui influence les législations

    Plusieurs enquêtes documentées décrivent les actes illicites commis par l’agence sur ses terrains d’intervention. Il n’est plus à démontrer qu’elle s’est rendue complice ou coupable, à de nombreuses reprises, de #refoulements (#push-backs) en Grèce, pourtant interdits par le droit international. Des refoulements qui sont recensés dans sa base de données #Jora comme de simples opérations de « #prévention_de_départs [16] ». Des pratiques similaires ont été dénoncées à la frontière bulgare, où des violences ont été commises par des garde-frontières participant aux opérations de Frontex [17]. À #Chypre, de nombreux ressortissant·es syrien·nes ont été illégalement enfermé·es et d’autres ont été expulsé·es vers la Syrie, sous les yeux d’officiers de Frontex [18]. Des pratiques épinglées par l’Office européen de lutte antifraude (Olaf), qui a émis des doutes sur « la capacité de l’agence FRONTEX à […] veiller au respect et à la protection des droits fondamentaux dans toutes ses activités aux frontières extérieures ».

    L’agence va jusqu’à fabriquer de fausses informations lorsqu’elle prétend sauver des vies en mer, alors qu’elle transmet la position des embarcations en détresse aux #garde-côtes_libyens, dont les comportements violents envers les personnes migrantes sont notoires [19]. Il lui arrive aussi d’interrompre la prise de vue aérienne au-dessus de la mer Méditerranée pour ne pas avoir à référer d’abandon de personnes en mer [20]. En 2023, un navire où s’entassaient près de 200 migrants au large des côtes italiennes (Crotone) ne présentait, selon le rapport d’incident de Frontex, « pas d’intérêt particulier ». La même année, Frontex a omis d’envoyer un signal de détresse lors du naufrage de l’Adriana (Pylos), provoqué par une manœuvre des garde-côtes grecs [21]. Faut-il le rappeler, alerter les secours relève pourtant d’une obligation internationale de droit maritime. La multiplication des cas de refoulements ou le silence gardé à la vue d’embarcations en détresse contribuent à abaisser les standards de protection. L’agence fait en outre croire qu’elle s’intéresse au sort des personnes expulsées, voire améliore leur situation, lorsqu’elle met en avant les effets bénéfiques qu’aurait eu le retour dans le pays d’origine [22]. La violation des #droits_fondamentaux se banalise et, dans un contexte d’impunité généralisée, est traitée en matière migratoire comme un dommage collatéral.

    Malgré ces multiples mises en cause, Frontex exerce une influence croissante sur les instances politiques et les législations européennes. Ses « analyses de risques » sont l’unique source d’information de la Commission européenne, et l’image construite d’une perpétuelle « #crise aux frontières » qu’elles donnent à voir sert à justifier l’augmentation des contrôles et des mesures sécuritaires. Depuis des années, l’agence véhicule une image négative de la migration en la présentant comme une menace dont il faudrait se protéger.

    Cette image trouve sa traduction dans les réformes législatives. L’insistance de Frontex à alerter, dans ses rapports d’activité, sur « les #mouvements_secondaires […] à grande échelle » ou sur la persistance de la #pression_migratoire a sans nul doute contribué à l’adoption, en 2024, du #pacte_européen_sur_la_migration_et_l’asile. Un pacte dans la mise en œuvre duquel Frontex détient un rôle clé, avec, notamment, les nouvelles attributions qui lui sont confiées aussi bien lors des procédures frontalières (« #filtrage ») que dans l’organisation des #expulsions. Onze États sont en train de s’équiper d’un système informatique numérisé de gestion des retours sur le modèle du #Return_Case_Management_System (#Recamas) mis au point par Frontex.

    La réforme du règlement #Eurodac ouvre une nouvelle brèche en permettant à l’agence de consulter le #répertoire_central_des_rapports_et_statistiques (#CRRS) et d’avoir accès aux #statistiques de l’agence de l’Union européenne pour la gestion opérationnelle des systèmes d’information à grande échelle au sein de l’espace de liberté, de sécurité et de justice (#EU-Lisa).

    Enfin, la #réforme en cours des directives « Facilitation » et « Retour » risque de renforcer les pouvoirs de l’agence, en augmentant – encore – son #budget et en l’autorisant à transférer à des pays tiers des données relatives à des ressortissants aux fins de #réadmission.

    Une agence peu fiable, mais intouchable

    Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 74 352 personnes ont trouvé la mort depuis 2014 en tentant de franchir les frontières [23]. En dehors du champ de la migration, l’acteur, personne physique ou morale, qui serait impliqué dans une telle hécatombe serait poursuivi et jugé, voire condamné. Malgré les preuves tangibles de la #responsabilité de Frontex, comme de l’UE et de ses États membres, dans ces drames, aucun d’entre eux n’a jamais été inquiété. Bien au contraire, la Commission européenne confirme son agenda politique basé sur la mise à l’écart des personnes exilées en donnant à l’agence un rôle de premier plan dans les politiques migratoires européennes et en proposant de tripler ses effectifs. Les États s’appuient toujours plus sur Frontex : en 2024, la #Belgique a adopté une loi pour permettre le déploiement d’officiers de l’agence sur son territoire afin de soutenir la police fédérale dans l’exécution des expulsions. Le #Royaume-Uni a signé un accord de coopération avec Frontex sur divers aspects de la gestion des frontières, comme la surveillance et l’évaluation des risques, l’échange d’informations, le renforcement des capacités et le partage d’expertise. Dans ces conditions, pourquoi l’agence intouchable s’arrêterait-elle là, même coupable du pire ? La meilleure défense étant l’attaque, la criminalisation des solidarités et la décrédibilisation de celles et ceux qui dénoncent ses actions – à l’image de la campagne Abolish Frontex accusée de « discours haineux » – sont érigées en stratégie de dissuasion. De même, celles et ceux qui pallient l’action défaillante des États, comme les ONG de sauvetage en mer, sont assimilées à des réseaux de passeurs. Une #rhétorique qui ressemble à s’y méprendre à celle des partis populistes.

    ►https://migreurop.org/article3472.html
    #migrations #réfugiés #directive_retour #directive_facilitation

    ping @karine4 @reka

    • Excellent article.

      L’informatisation massive de France Travail amène à de plus en plus d’erreurs de calcul d’#indemnisation_chômage, les algorithmes répétant en boucle des dysfonctionnements sans que ceux-ci ne soient corrigés. Dans la moitié des dossiers des #chômeurs, aucun conseiller indemnisation humain n’intervient.

      France Travail entretient en plus un manque total de transparence sur ses calculs d’indemnisation, les conseillers eux-mêmes ne comprenant plus le système informatique, et bien que l’organisation corrige parfois les dysfonctionnements révélés, elle ne rembourse jamais les usagers lésés pendant des années.

      Avec l’automatisation amenée à se développer encore dans le futur, ces erreurs risquent d’empirer. Et même actuellement, combien de « bugs » et d’erreurs passent encore entre les filets ?

      [...]

      « Leurs droits terminés, les intermittents ne recevaient pas le formulaire automatique pour les Allocations de Solidarité Spécifique », se remémore [Yann Gaudin]. Une aide, d’environ 550 euros par mois à l’époque, normalement accessible à tous les demandeurs d’emploi éligibles après l’épuisement de leurs droits #ARE (Allocation de retour à l’emploi, le nom donné aux indemnités chômage). A l’époque, il pense à une simple erreur. Mais son signalement au service interne n’amène aucun changement. Lorsqu’il contacte de lui-même 8.000 intermittents bretons pour les informer, sa direction lui assène un avertissement pour son excès de zèle. Son initiative jouera dans son licenciement pour faute grave et insubordination aux yeux de l’institution.
      Ce n’est qu’en 2024, 10 ans après l’avertissement de Yann Gaudin et quatre ans après l’avoir licencié, que France Travail adaptera son site pour informer chaque usager de ce droit.

      [...]

      Car les algorithmes sont imparfaits. Par exemple, un usager qui quitte un CDI pour un autre mais est « coupé » après sa #période_d’essai se retrouve exclu des indemnités ARE, alors qu’il y a droit. Il en va de même pour de nombreux inscrits automatiquement à France Travail en tant que bénéficiaires du RSA, alors qu’ils sont éligibles au droit au chômage, plus rémunérateur, sans en être notifiés.

      (...) les algorithmes ont tendance à supprimer automatiquement les plus hauts #salaires des usagers, car jugés suspects. Une alerte est donnée pour un salaire 10 % supérieur à la médiane des revenus de l’année précédente et le salaire est automatiquement supprimé s’il est 20 % plus élevé, sans la moindre justification, suivant un peu trop à cheval les recommandations de l’Unédic**. Treizième mois, primes et autres heures supplémentaires sont donc supprimés des calculs de droit, sans que l’usager n’en soit notifié, faisant fatalement baisser ses indemnisations. (...) ce dysfonctionnement est particulièrement dommageable pour les usagers ayant eu des arrêts maladie. Tout salaire « normal » apparaît alors comme suspect par rapport à la médiane et est enlevé. Ce qui amène à des incongruités : « J’ai déjà ouvert des droits à 1,4 euro par jour, car la personne avait été en #arrêt_maladie deux ans et le système avait exclu tous les vrais salaires. Le système n’avait validé qu’un seul bulletin de salaire, le divisant par 365 jours »

      [...]

      Si de nombreux dysfonctionnements révélés par Yann Gaudin ou d’autres lanceurs d’alerte internes ont été réparés avec le temps, ces corrections n’ont jamais donné lieu à des remboursements collectifs. A propos de la correction d’un de ses dysfonctionnements, l’institution évoquait noir sur blanc dans une note interne, que 20 Minutes a pu consulter, qu’il n’y aurait « pas de reprise de stock » [sic] pour les personnes lésées pendant des années par cette erreur - comprendre pas de compensations financières.

      Il arrive que des journalistes reçoivent des informations et en fassent quelque chose.

      La sanction financières des arrêts maladies n’est pas un dysfonctionnement mais un modèle dont on voit ce que les projets de budget lui doivent.

      Faire des économies par tous les moyens nécessaires, en détail, et en masse (ce que le titre de l’article élude spectaculairement).

      #arnaque_institutionnelle #Illégalisme_institué #violence_institutionnelle #ASS #salaire_journalier_de référence (explosé par la loi et par les calculs) #SJR #médiateur_de_France_travail

    • Yann Gaudin #lanceur_d'alertes
      ▻https://blogs.mediapart.fr/yann-gaudin/blog/051025/1100-victimes-de-france-travail

      Un recensement a été effectué en ligne de septembre 2024 à septembre 2025 et plus de 1100 victimes de défaillances de Pôle emploi / France Travail y ont répondu. Souffrance, erreurs de l’institution, absence d’explications règlementaires, dérapages : le rapport révèle des faits très inquiétants et présente des solutions pour sécuriser les services de France Travail.

      ▻https://www.labonneetoile.fr/post/1100-victimes-de-france-travail-rapport-de-recensement

    • Entre paranoïa et tactique du mort du côté de France Travail, les usagers dans l’impasse pour obtenir leurs droits
      ▻https://www.20minutes.fr/economie/4169845-20251024-entre-paranoia-tactique-mort-cote-france-travail-usagers-

      « France Travail vous impose son narratif »
      1 % des fraudes sociales valent-elles tant de paranoïa ?
      Des prélèvements de France Travail totalement illégaux
      « On tremble à chaque fois qu’on y va »
      Une explosion du nombre de médiations [or le médiateur est juge et partie... ça sert rarement de le saisir, mieux vaut un RAPO puis une procédure]

      ▻https://www.20minutes.fr/journaliste/jean-loup-delmas

      #France_travail #indus #fraude #guerre_aux_pauvres

    • « Tout ce que je voulais, c’était travailler » … Quand France Travail rate son rôle de tremplin de retour à l’emploi
      ▻https://www.20minutes.fr/economie/4170232-20251025-tout-voulais-travailler-quand-france-travail-rate-role-tr

      Les formations sont également très compliquées à obtenir. Dans le cadre de son PPAE (Parcours Personnalisé d’Accès a l’Emploi), Julien* a monté un dossier complet de financement de #formation pour devenir sophrologue. « Après m’avoir exigé un dossier complet, France Travail a refusé mon financement sur la base de motifs internes sans base légale, avant d’en changer plusieurs fois : une Aide individuelle à la formation (AIF) antérieure jamais démontrée, une non-conformité du projet, ou encore l’absence de retour rapide à l’emploi – alors que mon projet était entrepreneurial. ». Commence alors le même parcours du combattant que pour les usagers lésés face à un France Travail qui joue la montre et les refus de dialogue.
      « J’ai demandé un entretien avec la direction, qui n’est jamais arrivé. Lorsque j’ai demandé une réponse écrite comme l’avait demandé le médiateur et comme l’exige la loi - les décisions à caractère individuelles doivent faire l’objet d’une réponse écrite, la réponse écrite n’est jamais venue. » France Travail n’a rien répondu pendant deux mois, avant de réapparaître enfin. Deux mois, soit pile la durée du recours gracieux, au-delà de laquelle la formation ne peut plus être financée.
      Un système critiqué dans de nombreux rapports

      Un cas fréquent, dénoncé dans les rapports annuels du médiateur national de France Travail. En 2023, est cité le « problème récurrent des motifs de refus de financement de formation, qui sont souvent incompris par les candidats. Ils expriment parfois des motifs différents de ceux exprimés en agences. » En 2024, il pointe une iniquité de traitement et des blocages administratifs qui empêchent les usagers d’accéder à des formations validées dans leur Projet Personnalisé d’Accès à l’Emploi (PPAE). Dès 2018, la Cour des comptes étrillait dans son rapport La formation des demandeurs d’emploi « une juxtaposition de dispositifs et à une augmentation de moyens sans stratégie globale ni coordination des acteurs » et « des résultats décevants » pour les demandeurs d’emploi.
      Ces difficultés génèrent des réclamations récurrentes, souvent liées à des refus non motivés. Sylvaine*, conseillère France Travail, confirme le problème : « Débloquer une formation, c’est forcément du budget. On a l’impression d’accorder une faveur, et beaucoup de conseillers sont réticents à dépenser » … Un aspect « cadeau » alors qu’il s’agit d’un droit, dénoncé par de nombreux usagers. Laura s’en souvient : « Lorsque j’ai demandé une formation, on m’a dit que je devais fermer ma gueule si je voulais avoir mes droits. »
      « Rien n’avance et on nous empêche de faire »

      Sans compter une gageure administrative pour les conseillers : les formations sont souvent cofinancées par les régions, demandant une collaboration qui peut s’avérer très chronophage et complexe, comme le rappelle le rapport annuel du médiateur France Travail 2024. Reviennent alors les problèmes de temps et le rythme des conseillers (voir notre article précédent).

    • Pour les formations, c’est très simple  : le gros des fonds est pompé par des trucmuches de margoulinades spécialement pensés pour pomper le max des enveloppes prévues pour des trucs fumeux en face.

      Qaliopi devait mettre de l’ordre dans ce foutoir, à la place de quoi, c’est un bidule à valider ceux qui sont bons à monter des dossiers aux normes, indépendamment de l’utilité des contenus.

  • Organizing for Power’s Power Up
    ▻https://organizing4power.org/organizing-for-powers-power-up

    Ils sont fantastiques ces organizers , c’est une formation gratuite pour apprendre à organiser sa communauté, créer un mouvement ou syndiquer ses collègues, mais tout passe par Google et Zoom , les ennemis naturels de toute structure indépendante . Logiquement on ne fait plus partie des forces indépendantes quand on dépend d’eux, pire on leur livre les identités et metadonnées de tous les participants qu’on motive à suivre les formations excellentes et gratuites d’Organizing for Power.

    Si on fournit des identités virtuelles aux groupes avec lesquelles on participe c’est une petite protection contre le fichage par Google, mais Zoom aura toujours accès à quelques metadonnés et aux visages des participants. A vous de décider s’il vaudrait mieux enrégistrer les cours et les visionner en différé avec son groupe.

    Power-Up is O4P’s newest program, taking place across 4 sessions, starting on 18 & 20 November and concluding on 2 & 4 December (or the following mornings in Asia-Pacific). Each session will last two hours, and will be run twice for our global audience.
    Click on the following links to find the Session 1 Track A start time and Track B start time wherever you live.

    A four-part course on the Core Fundamentals of organizing.

    For those who have taken O4P’s Core Fundamentals, Power-Up will feel at once familiar and fresh. The core methods taught will remain the same, but the format, presentation and assignments will be updated to reflect the urgency of the moment we are living through on this planet that we share.

    The registration deadline is November 10th, and registration is free and open to all groups of 10 people or more. If your group is ready, you can register now.

    If you wish to lead a group but have not assembled all of your group members, pre-register here to receive updates.

    Click here to register for the 2025 Power Up training program.

    Remember, only groups of 10 or more people can apply.

    Register Now

    Power-Up will be run in English with simultaneous interpretation. We currently plan to offer Arabic, Bahasa Indonesia, French, German, Portuguese and Spanish, but languages may be added or dropped according to participant demand. The list will be finalized by October 18th.

    english translation of my intro

    These organizers are fantastic. They offer free training on how to organize your community, start a movement, or unionize your colleagues, but everything goes through Google and Zoom, the natural enemies of any independent structure. Logically, you are no longer part of the independent forces when you depend on them. Worse, you give them the identities and metadata of all the participants you motivate to follow the excellent and free training courses offered by Organizing for Power.

    Providing virtual identities to the groups you participate with offers a small measure of protection against being tracked by Google, but Zoom will still have access to some metadata and the faces of the participants. It’s up to you to decide whether it would be better to record the courses and watch them later with your group.

    #formation #autogestion #syndicalisme #surveillance #fichage

  • Tout contre l’#IA, osons défendre la société !

    « Lumières sombres », « dette cognitive », « accélération réactionnaire » : faut-il « oser l’IA » si elle nous condamne à plonger dans nouvelle #servitude_volontaire face aux géants de la tech ? C’est sans compter sur les possibilités qu’offre la #régulation de ces technologies, qui peuvent être ainsi mises au service de nos intérêts individuels et collectifs.

    « #Osez_l’IA ![1] » : tel est le mot d’ordre qui donne son nom au #plan_national lancé le 1er juillet par le gouvernement français, visant à promouvoir la diffusion de l’IA dans les #entreprises ; sans surprise, l’argument avancé est celui de la #compétitivité.

    En plus de nous promettre l’augmentation et l’immortalité, l’IA nous assure aussi des gains de #productivité. Il s’agit donc de « faire de l’IA un outil accessible, concret et utile pour toutes les entreprises », à travers des opérations de #sensibilisation, de #formation et d’#accompagnement, spécifiquement destinées à celles qui n’auraient pas encore « osé ».

    (#paywall)
    ▻https://aoc.media/opinion/2025/09/18/tout-contre-lia-osons-defendre-la-societe
    #intelligence_artificielle #AI #France

  • Immigration : une meilleure maîtrise du français exigée, moins de moyens pour y parvenir
    ▻https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/09/12/immigration-une-meilleure-maitrise-du-francais-exigee-moins-de-moyens-pour-y

    Immigration : une meilleure maîtrise du français exigée, moins de moyens pour y parvenir
    Par Julia Pascual
    L’apprentissage du français est un parcours du combattant pour de nombreux immigrés. Et il risque de le devenir davantage. A la faveur de la loi sur l’immigration entrée en vigueur en janvier 2024 et au gré des restrictions budgétaires, la maîtrise de la langue française va devenir plus que jamais une exigence imposée aux immigrés, tandis que son enseignement par l’Etat est réduit à la portion congrue.
    Depuis cet été, les cours dispensés aux étrangers par l’Office français d’immigration et d’intégration (OFII) – par le biais d’organismes détenteurs de marchés publics – ont été dématérialisés et rendus facultatifs. Ils sont destinés aux détenteurs d’un premier titre de séjour qui ont un niveau inférieur au niveau demandé en langue vivante au collège (A2). Seuls les cours prévus pour les non-scripteurs et non-lecteurs (et qui ont bénéficié à 9 000 personnes en 2024) seront toujours dispensés en présentiel.
    En parallèle, les niveaux de français requis pour obtenir un titre pluriannuel, une carte de résident et la nationalité, ont tous été rehaussés (passant respectivement d’A1 à A2, de A2 à B1 et de B1 à B2) et devront être sanctionnés par une certification, dont le coût oscille entre 100 euros et plus de 200 euros. De quoi nourrir l’inquiétude de formateurs et de nombreux immigrés.
    Selon les estimations du collectif Le français pour toutes et tous, qui regroupe notamment le Secours catholique et la Fédération des centres sociaux et socioculturels de France, plus de 64 000 personnes seront concernées par les cours dématérialisés en 2026. Le collectif a déposé, le 29 août, un recours devant la justice administrative pour faire suspendre ce marché numérique (une audience est prévue le 18 septembre au tribunal administratif de Paris).
    « On passe d’une obligation de moyen à une obligation de résultat, et l’image qu’on renvoie de l’intégration, c’est une mise à l’écart », dénonce Hélène Ceccato, du Secours catholique. « La dématérialisation des cours va créer de l’isolement, du non-recours pour ceux qui n’ont pas accès à un [outil de connexion] et un report du service public vers les structures associatives », redoute à son tour Mélanie Rousset, déléguée nationale de la Fédération des centres sociaux et socioculturels, qui regroupe environ 1 600 structures dont les deux tiers proposent des ateliers linguistiques. Le patron de l’OFII, Didier Leschi, défend, lui, un « changement de philosophie » : « Cela responsabilise la personne qui veut rester en France et qui a deux ans pour atteindre le niveau A2, dit-il. On demande aux gens de faire des efforts. »
    Sherin est l’une des apprenantes de l’association Les Solidaires du Pré. Elle est arrivée il y a deux ans, pour rejoindre son mari. Ils ont deux enfants, au Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis), le 8 septembre 2025.
    Ces efforts, Renny Yeboah n’a pas réussi à les faire à son arrivée en France, en 2019. Ce Ghanéen de 23 ans, qui vit dans un hôtel social, était trop accaparé par ses démarches administratives, et notamment son parcours de demande d’asile. « Je n’étais pas bien moralement », ajoute-t-il. Lorsqu’il a obtenu son statut de réfugié, en janvier, l’OFII lui a prescrit quatre cents heures de français. Renny Yeboah avait commencé à se rendre à un cours dans le nord de Paris. Il y retrouvait une vingtaine d’autres élèves, jusqu’à ce qu’on lui signifie, avant l’été, que l’enseignement basculait en numérique. « Pour moi, les cours en ligne, c’est pas bon », explique-t-il pudiquement, et en anglais.
    « On sait que seul devant un ordinateur, sans groupe de classe, sans professeur dédié, ça ne marche pas », explique Pascale Gérard, présidente de Léo Lagrange Formation et ancienne responsable du programme national d’intégration de réfugiés Hope. « L’objectif n’est pas de dissuader de se former dans le cadre de l’OFII, mais d’apporter, par réalisme, davantage de souplesse », défend-on au ministère de l’intérieur.Comme il a le statut de réfugié, Renny Yeboah est dispensé de passer un diplôme de français. Mais il vise une formation de plâtrier, un métier qu’il a exercé lorsqu’il vivait en Libye. « Si elles ne parlent pas le français, les personnes n’auront pas d’emploi, prédit Pascale Gérard. Les employeurs exigent un certain niveau, ne serait-ce que pour lire une consigne de sécurité, par exemple dans le bâtiment. »
    Comme Renny Yeboah, Sumaiya (les personnes citées par leur prénom ont souhaité conserver leur anonymat) avait commencé à suivre des cours de l’OFII en présentiel trois jours par semaine. Elle trouvait ça « très utile » et a apprécié la sortie au Château de Vincennes (Val-de-Marne) ou les exercices pratiques en classe organisés par le professeur. Désormais, elle doit se connecter sur Frello, la nouvelle application gérée par l’intelligence artificielle.
    L’association Les Solidaires du Pré propose des cours de français aux personnes exilées, au Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis), le 8 septembre 2025.
    La réfugiée bangladaise de 21 ans nous montre les exercices proposés sur son téléphone. Elle doit par exemple faire correspondre des noms de métiers à des images, ou des sons à des phrases écrites. « J’ai l’impression de ne rien apprendre, confie la jeune femme qui avait entamé des études supérieures de sciences politiques dans son pays. Quand je ne comprends pas, je coche au hasard. Et si je me trompe, l’exercice est corrigé, sans explication. » Sumaiya a arrêté d’utiliser l’application. Elle n’a passé que trois heures dessus en septembre et est pourtant classée première d’un groupe virtuel de 25 élèves qu’elle ne connaît pas.
    A côté de cela, elle vient de passer un test pour commencer des cours de français au centre social Accueil Goutte d’or, dans le 18e arrondissement de Paris. Une formation subventionnée, mais qui n’offre que 16 places, « pour une quarantaine de candidatures », précise Séverine Zouaoui, coordinatrice des actions de formation au sein du centre social, dans un contexte, là aussi, contraint financièrement.
    Lundi 8 septembre, dans une salle municipale du Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis), un groupe de bénévoles et d’apprenants avaient répondu à l’invitation de l’association Les Solidaires du Pré à discuter des nouvelles modalités d’enseignement du français. Parmi eux, Oumar, un mineur guinéen qui redoute d’être un jour pris en défaut sur sa maîtrise de la langue. « Ça va être compliqué », confie cet étudiant en deuxième année de CAP de plomberie, qui a l’habitude de venir tous les lundis au cours de français dispensés par Les Solidaires du Pré, notamment pour se faire expliquer « des leçons ou des devoirs » qu’il n’a pas compris.
    Pour l’Etat, la dématérialisation signifie un gain financier certain. Pour quelqu’un qui se voyait prescrire quatre cents heures de français, le coût était d’environ 3 000 euros. Avec le nouvel outil numérique, ce coût tombe à 50 euros. « De nombreux organismes sont en cours de licenciements collectifs et de plans sociaux », rapporte Anne Fabre, directrice de l’organisme de formation associatif AMS Grand Sud. Des économies sont aussi réalisées dans le cadre du renouvellement du marché des six cents heures de cours toujours prescrites en présentiel aux non-scripteurs et non-lecteurs. « Dans les critères d’attribution du marché, le prix est passé de 20 % à 40 %, a observé Anne Fabre. Alors qu’avant [la “loi immigration” de 2024], l’objectif était d’ amener [les apprenants] au niveau A1, ils vont désormais devoir atteindre le niveau A2 avec le même nombre d’heures. Nous craignons que le système fabrique des sans-papiers. ». Dans l’étude d’impact de la loi, les pouvoirs publics anticipaient que, du fait du rehaussement des exigences, environ 15 000 à 20 000 personnes se verraient refuser une carte de séjour pluriannuelle.

    #Covid-19#migrant#migration#france#immigration#OFII#integration#politiquemigratoire#formation#cartedesejour

  • Montreuil : ouverture du campus each One pour la formation et l’insertion des réfugiés - InfoMigrants
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    Montreuil : ouverture du campus each One pour la formation et l’insertion des réfugiés
    Par RFI Publié le : 08/09/2025
    Une école pas comme les autres vient d’ouvrir ses portes à Montreuil en région parisienne : un campus entièrement dédié à la formation des réfugiés et des nouveaux arrivants sur le territoire. Une initiative de l’organisme each One qui œuvre depuis dix ans à l’insertion de ces exilés dans le monde de l’entreprise. Théo Sculba, cofondateur d’each One, détaille les arcanes de ce projet.

    #Covid-19#migrant#migration#france#campus#formation#refugie#integration#economie