• Journée de lutte
    Paris, 21 septembre 2019

    Maya

    https://lavoiedujaguar.net/Journee-de-lutte-Paris-21-septembre-2019

    Hier nous étions quatre de chez nous à Paris. Partis de bon matin pour éviter les contrôles au péage de Paris, lorsque nous sommes arrivés à ce péage, pas un condé ! on se dit que toutes les infos reçues sont des fausses infos ! ça commence bien ! on continue notre route pour nous garer dans la capitale et nous rendre à la Madeleine au rendez-vous fixé. La lune vue le matin de chez nous en pleine nuit est encore là présente en plein jour à Paris ! joli et rassurant clin d’œil de la nature imperturbable... On avance, des gens se promènent, discutent, pas besoin de gilet pour nous reconnaître, en deux temps trois mouvements les sourires se font sur les visages et les rencontres achoppent, comme on dit. Chacun·e y va de son vécu et de sa pensée. Attendre le bon moment, s’approcher, faire la masse. On nous dit que la Madeleine est bloquée, déjà nassée. En effet on s’approche et on voit les camions blancs bien rangés et la maréchaussée prête à défendre ou plutôt prête à l’attaque. Les voltigeurs d’un seul coup surgissent dans la rue et font des allers et retours pétaradants ! c’est du grand n’importe quoi ! Cette bande de motards invisibles sous leurs costumes pensent peut-être nous impressionner, nous faire peur, ils ne font que du bruit ! (...)

    #Gilets_jaunes #témoignage #manifestation #Paris #répression #réflexion #foule

  • Micro-travail Ouvriers du clic : extension du domaine de la machine
    https://www.alternatives-economiques.fr/ouvriers-clic-extension-domaine-de-machine/00089650

    Le numérique et l’intelligence artificielle ont fait naître une nouvelle forme de travail précaire et invisible : les micro-tâches. Etat des lieux. Derrière le robot, cherchez le travailleur. C’est l’un des enseignements d’une étude menée par des universitaires, coordonnée par le sociologue Antonio Casilli, qui se sont penchés sur l’ampleur du micro-travail en France. Cette « nouvelle catégorie de travailleurs » est le pendant social, peu vertueux, d’une technologie en pleine expansion : l’intelligence (...)

    #Deliveroo #Google #Microsoft #AmazonMechanicalTurk #Amazon #Uber #algorithme #travail #UHRS #EWOQ #FouleFactory (...)

    ##MobEye

  • #Violences_policières : « On est dans le #mensonge_d’Etat »

    Pour #David_Dufresne (@davduf), spécialiste de la question du #maintien_de_l’ordre, la #répression menée contre les « #gilets_jaunes » « laissera des traces dans toute une génération ».

    Hémorragie cérébrale d’un homme de 47 ans à Bordeaux, traumatisme facial d’un manifestant à Toulouse, fracture au front d’un lycéen à Orléans… L’écrivain et documentariste David Dufresne, auteur de l’enquête Maintien de l’ordre (Fayard, 2013), recense et signale les bavures policières observées lors des manifestations des « gilets jaunes ». Il dénonce le « déni politique et médiatique » de ces violences, selon lui profondément « antirépublicain ».

    Quelle est la particularité de la gestion du maintien de l’ordre en #France ?

    David Dufresne : Pendant longtemps, la France a été considérée comme la championne du maintien de l’ordre, pour une raison simple : face à des manifestations particulièrement nombreuses dans le pays, la police est entraînée. Sauf que c’est aujourd’hui un #mythe, qui s’est écroulé sous nos yeux. Le maintien de l’ordre est devenu depuis une dizaine d’années extrêmement offensif, brutal, avec des policiers qui vont au contact. Jusqu’ici, la clé était de montrer sa #force pour ne pas s’en servir.

    En Allemagne, en Angleterre, les forces de maintien de l’ordre ont mis en place tout un processus de dialogue avec les manifestants, et de #désescalade. La France a fait le choix inverse, dont découlent ces drames : environ 2 000 manifestants blessés depuis le début du mouvement des « gilets jaunes », à la mi-novembre.

    La France utilise par exemple des #armes proscrites ailleurs en Europe pour ce type d’interventions, et considérées par certains fabricants comme des armes de guerre : les# lanceurs_de_balles_de_défense [les « #Flash-Ball » font partie de cette famille, mais ne sont plus utilisés que par certains policiers municipaux], les grenades #GLI-F4, qui contiennent une petite dose de #TNT et arrachent des mains. Celles-ci sont d’autant plus dangereuses qu’elles ne sont pas létales et donc utilisées de manière massive par des policiers qui pensent, de bonne foi, qu’ils ne vont pas tuer. Mais l’on assiste à des #mutilations en série, qui font le déshonneur du maintien de l’ordre à la française. Le mythe, sur lequel les politiques continuent de surfer, ne résiste pas aux faits.

    Vous effectuez un comptage des #blessés, quel est votre objectif ?

    Ce #recensement est parti d’un effet de sidération devant les violences policières exercées et devant le #silence politique et médiatique. C’est une démarche de documentariste, d’observateur de la police et de lanceur d’alerte. J’essaie de contextualiser au mieux les images que je repère. De plus en plus, les victimes ou leur famille m’envoient directement des informations. Je signale au ministère de l’intérieur les #violences, mais aussi les manquements à la #déontologie_policière. Tous ceux qui sont blessés au visage peuvent porter #plainte, car, comme l’expliquent les manuels de maintien de l’ordre, il est interdit de viser la tête.

    Sur les 300 signalements recensés [sur son compte Twitter], je compte au moins 100 #blessés_graves, dont une quinzaine de personnes éborgnées et plusieurs mains arrachées, mais aussi des #insultes et #menaces lancées par des policiers ou encore des destructions de téléphones portables. Les émeutes de 2005 se sont déroulées tous les jours, toutes les nuits, trois semaines durant, et elles ont engendré moins de débordements que lors des manifestations hebdomadaires des « gilets jaunes ».

    Que retenez-vous de ce silence autour des violences policières ?

    Aujourd’hui, ce n’est plus du silence, c’est du #déni. M. #Castaner lui-même [le ministre de l’intérieur], lundi soir, nous explique qu’il ne connaît « aucun policier qui ait attaqué un “gilet jaune” » : on est dans le mensonge d’Etat. Il y a bien des violences policières, elles sont gravissimes. Il faut remonter à octobre 1961 pour arriver à un tel déchaînement – sans comparer la situation actuelle avec les morts de la répression au métro Charonne et les Algériens jetés dans la Seine.

    La police républicaine ne peut pas tirer sur la foule sans avoir de comptes à rendre. Mais j’ai reçu quelques procès-verbaux d’audition à l’#IGPN [inspection générale de la police nationale] : elle va faire son travail d’étouffoir. Pourtant, 78 plaintes sont instruites, beaucoup plus que lors des manifestations contre la loi travail ou les émeutes de 2005, ce qui montre l’étendue des dégâts. Il y a une gêne de la police.

    Le silence médiatique fait aussi partie de la violence exercée, c’est ce qui remonte des témoignages que j’ai reçus. La police s’autorise aussi ces coups parce qu’il n’y a pas de répercussion médiatique. Ce déni politique et médiatique est antirépublicain.

    Quel est le lien entre politique et maintien de l’ordre ?

    Ce lien s’explique par l’histoire. La France est un pays de contestation. La fête nationale, c’est la prise de la Bastille, une émeute. Pour le maintien de l’ordre, la police agit sur ordre politique. Les préfets, donc l’Etat, et non pas les commissaires, décident du déploiement des forces. Ceux-ci prennent leurs ordres auprès du ministère de l’intérieur, qui les prend à l’Elysée.

    Répondre massivement aux manifestations des « gilets jaunes » est donc un #choix_politique. L’Etat fait appel à des policiers qui ne sont pas formés au maintien de l’ordre : de la #BAC [#brigade_anticriminalité], de la #BRI [#brigades_de_recherche_et_d’intervention], des #gardiens_de_la_paix… Ils ont l’habitude d’être face à des délinquants, pas des manifestants. Pour eux, la #foule est délinquante. C’est un point clé pour comprendre la centaine de blessés graves.

    Comment la doctrine a-t-elle évolué avec la crise des « gilets jaunes » ?

    J’observe que les forces de l’ordre visent de plus en plus les journalistes, empêchent les secouristes volontaires d’agir, et cassent volontiers des #téléphones_portables de personnes qui filment, comme dans une volonté d’empêcher toute #documentation des événements.

    C’est une doctrine qui va vers l’#affrontement, et donc extrêmement dangereuse. Elle laissera des traces dans toute une génération. Tous ceux qui manifestent aujourd’hui se souviendront de cette #répression_policière, qui est terrifiante.

    L’appel à des policiers non formés, le recours à des armes dangereuses, des crispations et une fatigue des forces de l’ordre, des discours martiaux du politique et un déni par Castaner de ce qui se passe – c’est un cocktail explosif. On a complètement changé d’échelle : le nombre d’interpellations, de gardes à vue, de tirs, de policiers mobilisés…

    La sortie se fera par le politique, pas par la répression, c’est évident. Tous les samedis, des gens partent manifester en sachant qu’ils peuvent perdre un œil. Tout est fait pour les dissuader de venir, ils viennent quand même.


    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/01/16/violences-policieres-on-est-dans-le-mensonge-d-etat_5409824_3224.html
    #bavures_policières #déni_politique #déni_médiatique

  • Big Crowds Flow Like Water in Amazing (and Terrifying) Ways
    https://www.psychologytoday.com/au/blog/the-athletes-way/201901/big-crowds-flow-water-in-amazing-and-terrifying-ways

    Large human crowds exhibit fluid-like collective behavior that can be predicted based solely on hydrodynamic theory, according to a new study (Bain and Bartolo, 2019) published today in the journal Science. This pioneering research shows, for the first time, how crowds of people flow like water in ways that appear to override so-called “interaction rules” between individuals.

    Commencer à lire un article sur la circulation des #foules et y trouver une interview de #Joe_Strummer ...
    #hydrodynamique #concerts

  • #Gilets_jaunes : « On veut montrer que la #foule est hystérique, sauvage, barbare »

    Attention, ne pas confondre ! Il y aurait d’un côté les « vrais » Gilets jaunes, ceux des fins de mois impossibles et des problèmes de pouvoir d’achat, et de l’autre côté les #casseurs, les #pillards, les #incendiaires. Telle a été, tout au long des quatre premiers actes du #mouvement des Gilets jaunes le discours médiatique et politique dominant. Que vaut cette distinction en 2018, et que vaut-elle en regard de tous les mouvements insurrectionnels, petits et grands, dont notre Histoire est jalonnée, en remontant à mai 68 et pourquoi pas aussi à la Révolution française ? Questions posées à nos trois invités : #Isabelle_Sommier, sociologue spécialiste des mouvements sociaux et de la violence politique ; #Gérard_Bras, philosophe, auteur des « Voies du peuple » (Ed. Amsterdam, 2017) ; et #Ludivine_Bantigny, historienne spécialiste notamment de mai 68.

    https://www.arretsurimages.net/emissions/arret-sur-images/gilets-jaunes-on-veut-montrer-que-la-foule-est-hysterique-sauvage-ba
    #vrais_gilets_jaunes #catégorisation #distinction

    "LE PEUPLE" EN POLITIQUE DEPUIS LA REVOLUTION - GÉRARD BRAS
    https://www.youtube.com/watch?v=hl95yuyjEBU


    #peuple

  • Débat : La #foule n’est pas le #peuple

    On a entendu, depuis un mois, beaucoup d’approximations sur ce que la #démocratie est censée être, du côté des #gilets_jaunes et des responsables politiques qui entendent récupérer leur mouvement, mais aussi du côté de certains journalistes et chroniqueurs.

    Au nom du peuple…

    Certains affirment à satiété depuis un mois que « les gilets jaunes sont le peuple ». C’est un raccourci problématique à plusieurs égards. Dans un système démocratique, « le peuple », c’est la communauté formée par l’ensemble des citoyens. C’est une abstraction, un idéal qui permet de penser le vivre en commun.

    Il reste à savoir ce que veut le peuple. Par convention, on peut s’en approcher par le suffrage universel. Aux présidentielles de 2017, rappelons que 37 millions de citoyens se sont rendus aux urnes. On peut insister sur l’importance de l’abstention et du vote blanc et nul, mais 37 millions, cela reste 100 fois plus que les plus importantes mobilisations de gilets jaunes.

    La règle majoritaire est une approximation de ce que « veut » le peuple. En France, pour certaines élections du moins, notamment pour les présidentielles, le mode de scrutin veille à ce qu’une majorité se dégage. Au second tour, on contraint les électeurs à choisir entre deux candidats seulement, de sorte que le vainqueur puisse clamer avoir été élu par une majorité. C’est là encore une illusion, mais les électeurs jouent habituellement le jeu. Ainsi, ils confirment toujours le résultat de l’élection lors des élections législatives, car ils savent que – en France du moins – l’existence d’une majorité claire est indispensable au bon fonctionnement des institutions et à la conduite de l’action publique.

    Certes, cette majorité est un peu artificielle, et Emmanuel Macron a sans doute perdu de vue qu’il a été élu par de nombreux citoyens qui entendaient, avant tout, s’opposer à Marine Le Pen. En outre, la démocratie ne s’épuise pas dans le vote, et la majorité ne peut pas tout imposer. Les citoyens doivent pouvoir s’exprimer entre deux élections. C’est la raison pour laquelle la démocratie garantit le droit de s’exprimer, de s’engager dans un parti, un syndicat ou une association, de manifester, de faire grève, de signer une pétition. Par ailleurs, les droits des minorités doivent être défendus par la Constitution et le droit, et par les autorités.

    Distinguer les revendications légitimes

    En France, la démocratie reste largement fondée sur la représentation. Les mécanismes de démocratie participative jouent un rôle modeste, les corps intermédiaires sont traditionnellement considérés avec suspicion, les juges ont une influence relativement modeste, et les élus ont une grande autonomie d’action. En effet, les députés ne sont pas censés représenter leurs électeurs, mais la Nation, et le Président jouit d’importantes prérogatives, dans une approche de sa fonction très gaullienne, voire bonapartiste.

    La crise des gilets jaunes est sans doute l’occasion de repenser tout cela, et de donner plus de poids à des mécanismes de démocratie participative et délibérative. Elle est aussi une salutaire mise en garde pour les gouvernants qui ont trop fait abstraction de la manière dont certaines mesures ont été perçues par la population. Réforme de l’ISF, baisse des APL, hausse de la CSG pour les retraités, limitation à 80 km/h ou fiscalité sur le gazole sont autant de décisions qui ont suscité de fortes récriminations qui n’ont pas été entendues, au nom de l’idée que le Président avait un mandat clair et un projet pour la France, et qu’il devait garder le cap.

    Il n’en reste pas moins qu’une minorité, même très mobilisée, même bénéficiant d’un soutien de l’opinion publique, ne peut pas se substituer à la majorité et effacer les résultats des élections. Les gilets jaunes sont un mouvement d’ampleur, mais on n’a jamais eu plus de 300 000 personnes dans la rue. La foule n’est pas le peuple et 300 000 personnes ne peuvent pas décider pour le peuple.

    Que faire, en effet, si 300 000 personnes défilent pour demander l’interdiction de la chasse, et si la semaine d’après 300 000 défilent pour demander son maintien ? Quand les opposants au mariage pour tous ont défilé en masse, et durablement, le gouvernement aurait-il dû retirer sa loi ? Comment distinguer les revendications légitimes, qui doivent être prises en compte, des autres ?

    Dans le cas du mouvement des gilets jaunes, le gouvernement aurait dû comprendre plus tôt qu’il était l’expression d’un fort mécontentement chez une partie substantielle du corps électoral. Les premières réactions – ou l’absence de réaction – n’ont fait que mettre de l’huile sur le feu et cultiver chez les citoyens mobilisés l’idée qu’ils étaient déconsidérés.

    Il n’en reste pas moins que, dans une démocratie représentative, on ne peut laisser la rue gouverner, sinon toute réforme – qui fait généralement des gagnants qui s’ignorent et des perdants qui se mobilisent – serait exclue.
    La logique du « tout ou rien »

    En outre, comment intégrer la violence à cette équation ? Une manifestation violente est-elle plus ou moins légitime qu’une manifestation pacifique ? Certains estiment que la violence est un indice du degré de mécontentement des manifestants (de « désespoir », diraient ceux qui les soutiennent) et que le gouvernement doit être plus à l’écoute en cas de débordements. Mais, une fois encore, peut-on gouverner un pays ainsi ?

    Ce qui caractérise le mouvement des gilets jaunes depuis le premier jour, c’est la méconnaissance des règles habituelles de la mobilisation, qui doit opérer à travers un ensemble d’outils démocratiques et pacifiques : pétitions, tribunes dans la presse, manifestations (déclarées et encadrées), contacts avec les élus, grèves…

    Le mouvement avait trouvé, avec le gilet jaune, un marqueur de mobilisation très astucieux : chaque automobiliste français était équipé de cet accessoire visible, facile à porter ou à mettre en évidence sur son tableau de bord. Mais les initiateurs du mouvement ont choisi d’emblée d’opter pour des formes d’action illégales : manifestations non déclarées en préfecture et dépourvues de responsable et de service d’ordre, blocages de routes et de commerces, violences envers les automobilistes récalcitrants et les forces de l’ordre, dégradations et incendies volontaires…

    Ils ont en outre, par principe, refusé de rencontrer les représentants de l’État et cherché à imposer leurs revendications de manière unilatérale, dans une logique du « tout ou rien ». Si n’importe quelle organisation – mouvement politique, syndicat, association, collectif – s’était rendue coupable du dixième des exactions commises par le mouvement des gilets jaunes, elle aurait sans doute été rapidement dissoute.

    En l’espèce, l’impunité règne, car le mouvement n’a pas de structure et de représentants officiels : chacun peut s’improviser porte-parole des gilets jaunes auprès de médias très complaisants, sans endosser la moindre responsabilité, ou se livrer à une surenchère sur les réseaux sociaux.

    La question de la violence, nœud du #conflit

    Certains commentateurs relativisent cette violence structurelle. Ils opposent la violence du gouvernement, qui étrangle de taxes les classes laborieuses et fait montre d’arrogance, et celle des manifestants. Ils comparent les débordements des gilets jaunes à ceux des supporters de foot les soirs de victoire ou à ceux du Nouvel An. Ils renvoient dos à dos casseurs et forces de l’ordre. Le citoyen qui se promène aujourd’hui dans les rues désolées de Paris, Bordeaux, Saint-Étienne ou Toulouse, entre carcasses de voitures brûlées, barricades et devantures de magasins défoncées, pourra difficilement considérer que ce ne sont que les inévitables effets collatéraux d’un mouvement fondamentalement non violent.

    La question de la violence est le nœud de ce conflit. Elle en constitue alternativement la légitimité (« Il faut prendre en compte les revendications de ces gens en colère ») et l’illégitimité (« On ne cède pas aux casseurs et aux factieux »). Car, sitôt que le pouvoir accède à des revendications exprimées avec violence – et le gouvernement n’a eu d’autre choix que de le faire, pour que la pression retombe –, on encourage d’autres groupes sociaux à adopter des comportements inciviques et délictueux.

    Pourquoi faire grève des semaines durant ou se réunir pacifiquement – à la manière du mouvement Nuit debout – pendant des mois sans rien obtenir si, en mettant à sac les Champs-Élysées ou en incendiant une préfecture, l’on provoque un recul immédiat du gouvernement ? La manière dont certains lycéens se sont récemment « mobilisés » – en brûlant des voitures et en s’équipant pour en découdre avec les forces de l’ordre – montre que le recul face à la violence crée des effets de contagion difficilement contrôlables.

    Les sondages, un outil à manier avec prudence

    Les partisans des gilets jaunes argueront que le gouvernement n’a pas cédé à la violence, mais à l’opinion publique. Que les sondages établissent que les citoyens ont pris fait et cause pour les gilets jaunes, contre le Président. Mais qu’en est-il réellement ? D’abord, que veut dire « soutien aux gilets jaunes » ? On ne reviendra pas ici sur l’inanité de certains sondages. Interroger les gens sur leur comportement passés ou futurs (« pour qui avez-vous/allez-vous voter ? » ou sur leurs préférences « quelle est votre sensibilité politique ? ») a du sens, mais interroger les gens sur des questions vagues ou très complexes, donne des résultats qui doivent être considérés avec prudence.

    Éprouver une forme de sympathie pour des citoyens qui protestent contre la hausse des taxes, réclament plus de pouvoir d’achat et de services publics, s’élèvent contre des réformes impopulaires, et dénoncent le mépris des élites, ne revient pas à valider l’ensemble de leurs revendications ou à souscrire à un changement de pouvoir ou de régime.

    On rappellera alors que 80 % des Français désapprouvent l’action du Président. Mais qui peut se dire satisfait de son action alors que la France vit une situation insurrectionnelle, que les citoyens sont empêchés de circuler à leur guise ou de travailler, que les chaînes de télévision passent en boucle des images de guérilla urbaine ? Le citoyen de bonne foi ne peut que constater que le Président s’y prend mal pour gouverner le pays.

    Pour autant, est-ce que les 80 % de sondés seraient prêts à porter Jacline Mouraud ou Éric Drouet au pouvoir, ou l’un des leaders de l’opposition ? Jean‑Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Laurent Wauquiez et Olivier Faure soufflent sur les braises depuis le début du mouvement, en espérant tirer leur épingle du jeu et rejouer la présidentielle, mais les citoyens ne sont pas dupes : les sondages les plus récents montrent qu’aucun ne tire bénéfice du mouvement et ne constitue une alternative politique crédible.
    Une vaste majorité attachée aux institutions et à la paix sociale

    Nul ne sait où va ce mouvement. La mobilisation est numériquement en baisse, mais les plus radicaux pensent leur heure venue et ne vont sans doute pas relâcher la pression. Les échauffourées ne sont plus le fait de gilets jaunes, mais d’extrémistes, de casseurs et d’opportunistes.

    Les chercheurs en sciences sociales n’aiment pas faire de prédictions : ils sont scientifiquement mal équipés pour cela et préfèrent plus prudemment « prédire le passé », en analysant le déroulement d’événements dont on connaît l’issue. On peut néanmoins penser que, à ce stade du mouvement, l’opinion publique va se retourner.

    L’émotion passée, les citoyens français, dont la vaste majorité est attachée aux institutions, à l’ordre public et à la paix sociale, s’entendront sans doute pour considérer qu’une insurrection hebdomadaire n’est pas le moyen le plus sûr d’améliorer le sort des Français, et que le coup de semonce à l’endroit du gouvernement était suffisant. Désormais, rares sont les personnalités et les acteurs de la société civile qui affichent leur soutien à un mouvement marqué par une ligne politique confuse, par sa fascination pour la violence et par son refus de la négociation.

    Les Français ont, dans un premier temps, largement approuvé les gilets jaunes parce qu’ils partageaient leurs revendications, étaient déçus par le gouvernement ou manifestaient une certaine sympathie pour un mouvement inédit. Certains étaient sans doute aussi mus par une forme de suivisme, de culpabilité de classe, de griserie médiatique ou de romantisme révolutionnaire. D’autres refusaient d’afficher leur soutien à un gouvernement sourd aux revendications, et désapprouvaient le discours de ceux qui affichaient leur mépris pour cette mobilisation populaire ou dénonçaient un peu rapidement la « peste brune ».

    On rappellera aussi que le mouvement des gilets jaunes n’a, initialement, guère laissé le choix au quidam. Face à un barrage, il était contraint, plus ou moins aimablement, d’enfiler son gilet jaune, de prêter allégeance à la cause, d’y contribuer éventuellement par une obole, afin de pouvoir aller travailler ou conduire ses enfants à l’école. Nombreux étaient les automobilistes qui arboraient un gilet jaune dans leur véhicule, « au cas où ».
    « Ce qui n’était encore que le sentiment d’une partie de la nation parut ainsi l’opinion de tous… »

    Face à ces pressions, face à la quasi-unanimité des responsables politiques, des commentateurs et des leaders d’opinion, il semblait difficile pour le citoyen de faire part de ses doutes. Mais, sauf à penser que l’électorat modéré, qui a dominé les élections l’an passé, s’est subitement volatilisé ou a radicalement changé d’orientation politique, on peut faire l’hypothèse qu’une partie des citoyens a dissimulé ses préférences.

    Il y a près de deux siècles, Tocqueville avait révélé les falsifications auxquelles pouvaient conduire certaines contraintes, en prenant l’exemple du sentiment religieux durant la Révolution française. Selon lui, les pressions qui s’exerçaient sur les croyants, qui jugeaient malvenu d’exprimer leur attachement au christianisme, avaient fait apparaître l’opinion publique comme antireligieuse, alors qu’elle ne l’était pas.

    Ce phénomène s’entretenait de lui-même, la faiblesse supposée du nombre des croyants au sein de la société française les incitant à continuer de taire leurs convictions :

    « Ceux qui niaient le christianisme élevant la voix et ceux qui croyaient encore faisant silence, il arriva ce qui s’est vu si souvent depuis parmi nous, non seulement en fait de religion, mais en tout autre matière. […] Ce qui n’était encore que le sentiment d’une partie de la nation parut ainsi l’opinion de tous, et sembla dès lors irrésistible aux yeux mêmes de ceux qui lui donnaient cette fausse apparence. » (De la démocratie en Amérique. Laffont, p. 1045)

    https://theconversation.com/debat-la-foule-nest-pas-le-peuple-108487
    #terminologie #mots #vocabulaire

    #violence

  • Explaining involuntary influence: Beyond contagion | Crowds and Identities: John Drury’s Research Group
    https://blogs.sussex.ac.uk/crowdsidentities/2016/05/23/beyondcontagion

    A recent article on the Brexit debate suggested that there is a fear among Governments that Brexit would lead to ‘referendum contagion’. The term ‘contagion’ here denotes not only the idea of behaviour spreading rapidly, but also that this spread is uncontainable and undesirable in some way. It is a term that seems to be ubiquitous today. But it appears perhaps most regularly in three particular contexts: explanations for the spread of emotion; accounts of stock market ‘panics’; and explanations for the spread of violence.

    On the one hand, the concept of ‘contagion’ seems to do a good job in describing the fact that behaviours spread from person to person. It seems to be the only way to conceptualize the phenomena when we seek to explain how, as in 2011, riots began in London but then seemingly similar rioting then subsequently occurred in Birmingham, Manchester, and Liverpool, apparently as a direct consequence of these first riots. The core idea of ‘contagion’ is that, particularly in crowds, mere exposure to the behaviour of others leads observers to behave in the same way. As well as being a popular cliché among journalists, ‘contagion’ is found to be a vital tool in academic accounts. In a recent Google Scholar search, we found 500 hits for 2015 alone, and very few of them referring to spreading disease. In research, ‘contagion’ is now used to explain everything from ‘basic’ responses such as smiling and yawning (where the mere act of witnessing someone yawn or smile can invoke the same response in another) to these complex phenomena we have mentioned, like the behaviour of financial markets and rioting. What is more, laboratory experiments on the ‘contagion’ of simple responses (such as yawning) serve to underpin the plausibility of ‘contagion’ accounts as applied to complex phenomena (such as rioting).

  • Une IA pourrait vous reconnaître à la façon dont vous marchez
    http://sciencepost.fr/2018/06/une-ia-pourrait-vous-reconnaitre-a-la-facon-dont-vous-marchez

    Nos styles de marche individuels sont uniques. Suivant cet esprit, des informaticiens ont mis au point un nouveau système de reconnaissance des pas grâce à l’IA qui pourrait en théorie remplacer les scanners rétiniens et les empreintes digitales aux points de contrôle de sécurité, y compris les aéroports. Selon une nouvelle étude publiée dans Transactions on Pattern Analysis and Machine Intelligence, les réseaux neuronaux peuvent effectivement déceler des modèles révélateurs dans la démarche d’une (...)

    #algorithme #CCTV #mouvement #foule #surveillance #vidéo-surveillance #SfootBD

  • « Black Bloc » : le côté obscur de la force (Dossier, Taranis News, 11 octobre 2017)
    http://taranis.news/2017/10/black-bloc-le-cote-obscur-de-la-force

    Le « #BlackBloc » n’est pas et n’a jamais été une structure ou une #organisation : c’est une #méthodologie d’#action en #manifestation qui a été « importée » en France à l’occasion du contre-sommet de l’Otan, qui s’est déroulé en avril 2009 à Strasbourg. Les #militants français étaient alors activement impliqués dans le mouvement étudiant et lycéen contre la Loi de Responsabilité des Universités (dite « LRU » ou Loi Pécresse).
    […]
    La suite de cette histoire, tout le monde la connait : la #militarisation des techniques de #maintien_de_l’ordre (tout particulièrement la généralisation de l’usage du #Flashball LBD40, simultanément à la multiplication de l’utilisation des différents types de grenades), la mise en place de l’#état_d’urgence et la multiplication des cas de #violences_policières, a conduit la méthodologie du « Black Bloc » à s’imposer par logique d’efficacité stratégique face à la #Police.
    […]
    Le « #cortège_de_tête » n’est pas qu’un Black Bloc qui s’organise pour se protéger contre la police, c’est aussi un lieu ou l’on envoie un message aux autres entités sociales partenaires : nous représentons la #jeunesse, nous sommes nombreux, nous sommes efficaces, c’est de nous et de nos actions que l’on parlera, nous pesons plus que vous dans le #rapport_de_force ; Nous agissons concrètement en nous affrontant aux murs érigés, en prenant les #risques que cela implique, en s’équipant et en s’organisant pour y parvenir. Nous ne défilerons pas sagement : nous sommes en #colère et ceci en est notre manière de l’exprimer dans l’#espace_public.
    Le « cortège de tête » a cela de différent avec le simple Black Bloc qu’il a aussi le regard tourné vers l’arrière : cherchant à convaincre les autres de rejoindre ses rangs en soulignant par les faits l’historique inefficacité, l’inadaptation au monde d’aujourd’hui des interminables #défilés consistant à manger des saucisses et à écouter de la musique, pendant qu’un préposé au mégaphone vous hurle des #slogans désuets.
    […] Le « Cortège de Tête » est donc un phénomène sociologique intimement lié à la structure des #manifestations Françaises, celles de relativement grande ampleur et qui offrent aussi, de par la taille, une forme d’échappatoire en cas de #dispersion prématurée. Alors que le « Black Bloc » est la simple définition d’une méthode consistant à s’équiper, à se structurer, à se déplacer et à agir d’une manière codifiée dans une #foule manifestante.

    Le black bloc : quand l’antisystème effraie (The Conversation, 24 août 2017)
    http://theconversation.com/le-black-bloc-quand-lantisysteme-effraie-80857

    Difficile de ne pas les remarquer. Cagoulés, vêtus de noir, ils sont des centaines, parfois plus, à défiler lors d’importants événements politiques, parfois localisés, parfois plus internationaux.

    Ils, ce sont les black blocs, ainsi désigné par leur tenues. Le black bloc est une #tactique qui consiste à manifester tout de noir vêtu, pour assurer l’#anonymat et exprimer une #critique #antisystème.

    Articles de presse (avril-mai 2018) :
    – Au cœur du Black Bloc (StreetPress)
    https://www.streetpress.com/sujet/1464688427-manifestations-au-coeur-du-black-bloc

    En première ligne des #cortèges contre la loi travail, ils sont quelques centaines vêtus de #noir. Qui sont ces militants, souvent jeunes, qui pour lutter contre le #capitalisme enfilent les #cagoules, cassent les #banques et s’attaquent à la police ?

    – Ce qui se cache derrière l’affirmation de l’ultragauche (Mediapart)
    https://www.mediapart.fr/journal/france/020518/ce-qui-se-cache-derriere-l-affirmation-de-l-ultragauche

    Depuis la #mobilisation contre le CPE de 2006, l’#ultragauche revient régulièrement dans l’actualité française. Pourtant, son identification demeure incertaine dans le débat public. Retour sur la définition d’un mouvement qui en dit aussi long sur le maintien de l’ordre que sur la stabilité politique d’un régime.

    – Black blocs : une tactique de lutte plus qu’une idéologie (Le Monde)
    http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/05/02/qui-sont-les-black-blocs_5293523_4355770.html

    Cette #mouvance, régulièrement présente dans les manifestations, a rassemblé au moins 1 200 personnes lors du défilé parisien du #1er-Mai et a violemment affronté les #forces_de_l’ordre.

    • Une critique de l’article « 1er Mai : le lumpenmanifestant en burqa paramilitaire » ? publié dans Regards (Laurent Levy, Facebook)
      http://www.revolutionpermanente.fr/1er-Mai-le-lumpenmanifestant-en-burqa-paramilitaire-Une-critiqu

      On peut critiquer les « black bloc » et autres « autonomes ». On peut, et sans doute, on doit. Mais comme toujours, il y a la critique bienveillante ou positive, celle qui se situe à l’intérieur d’un camp, et qui discute la méthode, sa pertinence, ses risques, et pourquoi pas ses impasses, et il y a la critique réactionnaire, de simple dénonciation, qui se refuse à regarder les choses dans leur complexité et leurs contradictions.

      Appel aux convaincu(e)s : une critique anti-autoritaire du Black Bloc (Des cop(a)in(e)s, Paris-luttes.info)
      https://paris-luttes.info/appel-aux-convaincu-e-s-une-10146

      Au risque de paraître tirer sur l’ambulance, nous avons choisi la voie du dégrisement. Pour nous la manifestation du 1er mai a été un échec et la stratégie imposée de façon autoritaire par le Black Bloc n’était ni justifiée, ni n’a profité au reste de la manifestation. Collectivement, nous en prenons acte et appelons à dépasser nos pratiques ritualisées du cortège de tête.
      […]
      Nous ne sommes pas hostiles à la technique du Black Bloc et nous l’avons maintes fois utilisée. Et même quand nous n’y sommes pas, nous sommes solidaires des cop(a)in(e)s en pleine action, blessés ou arrêtés. Mais pour nous elle doit servir quelque chose d’autre que la simple joie d’exister ou de se faire plaisir entre les convaincus. Autrement dit nous aimerions un Black Block qui bloque autre chose que la manifestation. 1200 personnes en black bloc, 15 000 dans le cortège de tête pour juste défoncer un mac do et cramer un concessionnaire c’est franchement du gâchis… notamment quand on voit le nombre d’arrestations.
      Pourquoi cette technique n’est pas utilisée pour bloquer des lieux de pouvoirs, des centres logistiques, décisionnels ? Elle serait pourtant très utile aux actions de blocage et de sabotage…

  • La Chine met en place une reconnaissance faciale pour identifier les piétons indisciplinés
    http://french.peopledaily.com.cn/VieSociale/n3/2017/0613/c31360-9227939.html

    Un système de reconnaissance faciale au carrefour a été adopté dans plusieurs parties de la Chine pour empêcher les piétons indisciplinés qui ne respectent pas les feux rouges, un problème de longue date pour les autorités chinoises chargées de la gestion de la circulation. Le système a été installé dans des villes de plusieurs provinces, comme le Shandong, le Jiangsu, le Henan et le Guangdong. Par le biais d’un système d’affichage électronique érigé au carrefour, ceux qui ne respectent pas les feux (...)

    #CCTV #biométrie #facial #foule #surveillance

  • Turquie
    De l’État à la horde ?

    Étienne Copeaux

    http://lavoiedujaguar.net/Turquie-De-l-Etat-a-la-horde

    Dans la nuit du 15 au 16, juste après l’appel du président à descendre dans les rues pour le soutenir, j’ai cru revoir, sur les vidéos publiées par les réseaux, les meutes qui avaient envahi les rues de Sivas le 3 juillet 1993. Les meutes de nationaux-islamistes qui criaient « À mort ! » à l’intention des Alévis venus dans la ville pour fêter le poète Pir Sultan Abdal, et particulièrement à l’intention de l’écrivain Aziz Nesin, qui, quelques heures plus tôt, n’avait pas craint de s’affirmer athée, en public et devant les caméras de la chaîne fasciste TGRT. Cette meute a mis le feu à l’hôtel où s’étaient réfugiés de nombreux participants au festival. Trente-sept personnes sont mortes.

    En évoquant ce drame, je veux dire que la meute qui a envahi les rues des villes de Turquie le 16 au petit matin est composée de gens qui n’ont pas peur, qui n’auront pas peur, de mettre le feu à un bâtiment habité ou occupé par des gavur (infidèles) (...)

    #Turquie #Erdogan #foules #histoire #massacres

  • Un #camion fonce dans la #foule à #Nice faisant des dizaines de morts
    https://www.mediapart.fr/journal/france/150716/un-camion-fonce-dans-la-foule-nice-faisant-des-dizaines-de-morts

    Un camion a foncé sur la foule qui se trouvait sur la Promenade des Anglais, jeudi vers 22h30 à Nice. Les gens étaient venus assister au feu d’artifice du 14-Juillet. Il pourrait y avoir une trentaine de morts et une centaine de blessés selon le sous-préfet des Alpes maritimes. Le parquet évoque 60 morts.

    #France

  • The Chinese Art of the Crowd
    http://www.theatlantic.com/photo/2015/05/the-chinese-art-of-the-crowd/392531

    Students perform martial arts during a competition at a high school in Nanjing, Jiangsu province, on October 20, 2011.

    University students perform Chinese Taiji, a traditional form of Chinese martial arts, during a ceremony to celebrate the upcoming National Day in Nanjing on September 25, 2009.

    Participants perform Chinese Taiji boxing during a rehearsal for the opening ceremony of the third World Traditional Wushu Championship in Shiyan, Hubei province, on October 24, 2008.

    #Chine #foule #images #boxe #arts_martiaux

  • Être ou ne pas être en deuil | L’odeur de la ville mouillée
    https://lodeurdelavillemouillee.wordpress.com/2015/01/13/etre-ou-ne-pas-etre-en-deuil

    J’ai vu les photos de cette #foule où l’on pouvait lire #not_afraid et j’ai pensé : vous n’avez pas peur ? Eh bien vous avez de la chance, parce que personnellement, tout ça me colle sacrément les miquettes. J’ai eu peur de ce qui allait venir après et je ne suis toujours pas rassurée. J’ai eu peur que la #réflexion soit entièrement confisquée par l’#émotion, j’ai eu peur pour ceux qui risquaient de se voir assimilés malgré eux à ce carnage, à cause de leurs #origines ou de leurs #croyances – et ça n’a pas loupé. J’ai eu peur qu’on ne puisse plus se questionner sur la #liberté_d’expression, qu’on n’ait plus le droit de se demander si l’#humour, quand il renforce des #stéréotypes #racistes ou #sexistes peut encore se considérer subversif ou s’il n’est plus qu’épate-bourgeois. J’ai eu peur qu’on ne cherche pas à comprendre ce qui s’était passé pour que ce genre de chose soit possible ; j’ai eu peur qu’on vide les #mots de leur #sens.

    via @arkhi sur Twitter

  • L’illusion lyrique

    par Jacques-Alain Miller

    Paris, ce 11 janvier 2015, matin

    Qui l’eût cru ? Qui l’eût dit ? La France debout comme un seul homme, ou une seule femme. La France devenue ou redevenue une. La République, courageuse, intrépide, ayant choisi la résistance. Finis les auto-reproches ! Les Français soudain sortis de leur dépression, de leurs divisions, et même, à en croire un académicien, redevenus « les soldats de l’An II ». Les Français faisant à nouveau l’admiration du monde. Et, dodelinant de la tête, le président Hollande accueillant avec son air de premier communiant le peu d’hommes tenant dans leurs mains les destinées de la planète. Pourquoi se précipiter ainsi à Paris ? On croirait qu’ils viennent s’y ressourcer, y raviver leur pouvoir, le légitimer, le lustrer. Une planète elle-même presque unie, unanime, parcourue d’un même frisson, comme formant une seule foule, en proie à une pandémie émotionnelle sans précédent, sinon peut-être le Jour de la Victoire qui mit fin à la Première Guerre mondiale, la Libération de Paris, le 8 mai 1945.

    La France, l’humanité, semblent n’être plus des abstractions, semblent prendre chair, s’incarner sous nos yeux, dans nos cœurs, dans nos corps. Nous aurons donc connu cela, « l’illusion lyrique. » Impossible de s’y retrouver sans Freud et sa Massenpsychologie , ou même sa doctrine de la cure. L’événement fait coupure ; il reconfigure le sujet, ou plutôt le fait émerger sous une forme inédite. Cependant, les Bourses, jusqu’à présent, n’ont pas bougé, à la différence du 11 septembre. Or, c’est là ce qui fait office aujourd’hui d’épreuve du réel. Tant qu’elles n’auront pas enregistré la secousse, on reste dans l’imaginaire.

    Tout a été mis en mouvement par trois hommes, pas un de plus, ayant donné leur vie pour le nom du Prophète. Toutefois, pour coiffer cet enthousiasme universel, ce n’est pas son nom, mais celui de Charlie qui surgit à la place. Charlie ! Une feuille hebdomadaire qui, dès avant que sa rédaction ne soit exterminée, était déjà, faute de lecteurs, à l’agonie. Le résidu, le déchet, d’une époque de l’esprit dès longtemps surmontée. C’est là que l’on vérifie ce qu’enseigne la psychanalyse, de la puissance que recèle la fonction du reste. Charlie meurt assassiné le mercredi ; le dimanche, c’est sa résurrection. Sa transformation, sa sublimation, son Aufhebung , en symbole universel. Le nouveau Christ. Ou, pour garder la mesure, le Here Comes Everybody de James Joyce.

    On doit cet effet à nos trois djihadistes, ces chevaliers de l’Apocalypse, ces soldats de l’Absolu. Ils auront réussi ceci : effrayer, paniquer, une bonne partie de la planète. Comme l’écrivait hier dans un tweet cette vieille canaille de Murdoch, « Big jihadist danger looming everywhere from Philippines to Africa to Europe to US. » C’est dans le nombre que chacun va abriter sa peur et la sublimer en ardeur. Le nombre est la réponse démocratique à l’Absolu. Fait-il le poids ?

    Aucune religion n’a magnifié la transcendance de l’Un, sa séparation, comme l’a fait le discours de Mahomet. Face à l’Absolu, ni le judaïsme, ni le christianisme, ne laissent seule la débilité humaine. Ils offrent au croyant la médiation, le secours, d’un peuple, d’une Eglise, tandis que l’Absolu islamique n’est pas mitigé, reste effréné. C’est le principe de sa splendeur. La certitude est de son côté, alors qu’on dispute de la définition du Juif, que les Eglises protestantes se chamaillent, que le Vatican même est atteint, aux dires du pape d’un « Alzheimer spirituel ». Un autre académicien prescrit à l’Islam de se soumettre à « l’épreuve de la critique » pour gagner sa vraie grandeur. En effet, tout est là. Quand les poules auront des dents…

    Lorsque l’on manifeste, comme nous allons faire dans quelques heures, on s’adresse à une puissance qu’il s’agit de fléchir. Les cortèges qui, tout à l’heure, convergeront sur la place de la Nation, ne le savent pas, mais ils se préparent à célébrer le maître de demain. Quel est-il ? « Mais voyons, me dira-t-on, nous venons encenser la République, les Lumières, les Droits de l’Homme, la liberté d’expression » etc, etc. Croyez-vous vraiment, répondrai-je, solidaires de ces « valeurs » M. Poutine, M. Viktor Orban, les Grands de ce monde ? C’est beaucoup plus simple. De valeurs ils n’en ont qu’une : l’ordre public, le maintien de l’ordre. Et là-dessus les peuples s’accordent avec eux. Le lien social, voilà le Souverain Bien. Il n’y en a pas d’autre. On honore les victimes, sans doute. Mais d’abord, et partout, on compte sur la police.

    Pauvre Snowden ! Oui, nous voulons être surveillés, écoutés, fliqués, si la vie est à ce prix. Grande ruée vers la servitude volontaire. Que dis-je, volontaire ? Désirée, revendiquée, exigée. A l’horizon, le Léviathan, « Pax et Princeps. » Un moment vint à Rome, notait jadis Ronald Syme, où même les Républicains considérèrent comme un moindre mal « submission to absolute rule. » Houellebecq sur ce point n’a pas tort : la tendance aujourd’hui, contrairement aux apparences, n’est pas à la résistance, mais à la soumission.

    ( A paraître online sur lepoint.fr)

    je relis ce texte ce matin et je me trouve n’avoir pas grand chose à y redire, si ce n’est que je ne suis pas française, que le concept de France me passe un peu par-dessus la tête et que je crains que cette remarque sur le Un de l’islam ainsi que cette mention des 3 chevaliers de l’apocalypse (bien plus français que moi), ne participent du discours qui cherche à stigmatiser des populations musulmanes qui le sont déjà suffisamment, quand c’est à elles, que moi je pense aujourd’hui (chacun son histoire, son nom, son trauma).

    j’ai cru de mon côté, bien plus bien plus qu’à la peur des "soldats de l’Absolu", à l’appel du tweet ou du statut facebook, à sa diffusion rhizomatique instantanée, à son effet hypnotique qui laisse chacun qui l’envoie d’abord dans la jouissance de ce qui n’en n’a plus aucune et la perte de tous les inconforts de la conscience, puis dans la retrouvaille d’une communauté (bien plus que d’une unité nationale) enfin possible et sous les feux des projecteurs. (les réseaux sociaux connaissent dorénavant leur pouvoir, celui de capter l’attention des médias et de connaître, le temps d’un rassemblement, éclair de préférence, leur instant-de-gloire.)

    et puis, j’étais sur les dents. je lis le Sade d’Annie Lebrun ( Soudain un bloc d’abîme, Sade ) en ce moment et je venais de voir le film Night Call (avec Jake Gyllenhaal génial) sur la saloperie des journalistes et de la télévision. il me semblait que mon émotion, au moment où mon compagnon est venu m’annoncer l’attentat de charlie hebdo, la mort de tous ces dessinateurs, m’avait été ravie dès lors que j’avais allumé la radio pour écouter les news. je me suis sentie complètement brainwashée, je ne savais plus du tout quoi penser, j’étais complètement hérissée contre tout ce que j’entendais.... pareil sur twitter. pure récupération par les politiques et les médias, récupération révoltante, effrayante. et les gens heureux de se trouver des brins d’idées sur quoi se branler ensemble, de la même façon, heureux de faire masse, foule.

    j’ai donc soupçonné les Charlie des places publiques de n’être pas vraiment tristes. leur chagrin né seulement de l’émulation des réseaux sociaux, d’un désir de visibilité médiatique, assorti d’un désir de "communauté", d’unité, de rassemblement. (Et je me demandais qui j’étais pour me permettre de penser des choses pareilles et si ce n’était pas moi qui étais sans cœur, complètement insensible). ils étaient tous là, ensemble, si bons, si « innocents », et la télé et le monde les voyaient. voyaient si bien que les politiques ont tôt fait de les rejoindre dans la rue.

    mon propre chagrin, ma blessure, m’avaient été ôtés, pris en otage par les discours des médias venus l’oblitérer et auxquels je n’étais pas parvenue à résister.

    #charlie #twitter #media #foule #servitude_volontaire #foule_sentimentale #psychanalyse #jacques-alain_miller

  • Certainement le moment de relire Psychologie des foules et analyse du moi de Sigmund Freud,

    La foule est impulsive, mobile et irritable. Elle se laisse guider presque uniquement par l’inconscient. Les impulsions auxquelles la foule obéit peuvent, selon les circonstances, être nobles ou cruelles, héroïques ou lâches, mais elles sont toujours tellement impérieuses que l’intérêt de la conservation lui-même s’efface devant elles.
    Rien n’est prémédité chez elle. Alors même qu’elle désire une chose passionnément, elle ne la désire jamais longtemps, elle est incapable d’une volonté persévérante. Elle ne supporte aucun délai entre le désir et sa réalisation. Elle éprouve le sentiment de la toute-puissance ; pour l’individu faisant partie d’une foule, la notion de l’impossible n’existe pas.
    La foule est extraordinairement influençable et crédule, elle est dépourvue de sens critique, l’invraisemblable n’existe pas pour elle. Elle pense par images qui s’appellent les unes les autres à la faveur de l’association, comme dans les états où l’individu donne libre cours à son imagination, sans qu’une instance rationnelle intervienne pour juger du degré de leur conformité à la réalité. Les sentiments de la foule sont toujours très simples et très exaltés.
    Aussi la foule ne connaît-elle ni doute ni incertitude.

    http://classiques.uqac.ca/classiques/freud_sigmund/essais_de_psychanalyse/Essai_2_psy_collective/psycho_collective.html

    #foule #je_suis_charlie

    • Chaque individu fait partie de plusieurs foules, présente les identifications les plus variées, est orienté par ses attaches dans des directions multiples et a construit son idéal du moi d’après les modèles les plus divers. Chaque individu participe ainsi de plusieurs âmes collectives, de celles de sa race, de sa classe, de sa communauté confessionnelle, de son État, etc., et peut, de plus, s’élever à un certain degré d’indépendance et d’originalité. Ces formations collectives permanentes et durables ont des effets uniformes qui s’imposent à l’observateur avec moins de force que les manifestations des foules passagères se formant et se désagrégeant rapidement (...) ; et c’est dans ces foules bruyantes, éphémères, superposées pour ainsi dire aux autres, qu’on observe le miracle de la disparition complète, quoique peut-être passagère, de toute particularité individuelle.
      Nous avons essayé d’expliquer ce miracle, en supposant qu’il est dû à ce que l’individu renonce à son idéal du moi en faveur de l’idéal collectif, incarné dans le chef. Ce miracle, devons-nous ajouter à titre de correction, n’est pas également grand dans tous les cas. Quelquefois le divorce entre le moi et l’idéal du moi n’est pas complet, les deux peuvent continuer à coexister, le moi ayant conservé, en partie tout au moins, sa suffisance narcissique antérieure. Le choix du chef se trouve alors facilité dans une grande mesure. Il suffit qu’il possède les propriétés typiques de ces individus à l’état de pureté et de netteté particulières et qu’il leur en impose par sa force et par sa grande liberté libidinale, pour être aussitôt désigné comme chef et revêtu d’une toute-puissance à laquelle il n’aurait peut-être jamais prétendu sans cela.

      #individu

  • African firm is selling pepper-spray bullet firing drones
    http://www.bbc.com/news/technology-27902634

    The maker of a drone that fires pepper spray bullets says it has received its first order for the machine.

    South Africa-based Desert Wolf told the BBC it had secured the sale of 25 units to a mining company after showing off the tech at a trade show.

    It is marketing the device as a “riot control copter” that can tackle crowds “without endangering the lives of security staff”.

    #contrôle #drones #foule

  • L’homme aux bras croisés

    #Hambourg, 1936. Au milieu d’une foule qui lève le bras à l’unisson, #August_Landmesser refuse de faire le #salut_nazi. La scène a été immortalisée dans une #photo, exposée aujourd’hui au centre de documentation Topographie de la Terreur de Berlin. Février 2012, le cliché a fait le tour des réseaux sociaux. Le #courage de dire #non. #Poème de #Paul_Mathieu, interprété visuellement à sa fois par Pawlu Mizzi.

    L’homme aux bras croisés

    Sur la photo
    un peu passée
    l’homme a croisé
    les bras avec
    ostentation.

    Il refuse. Il
    est seul dans son
    cas. Tous les autres
    ont levé la
    main droite. Lui
    ne veut pas suivre
    le flux sauvage
    du moment. Il
    est ouvrier
    mécanicien
    maçon peut-être
    le détail est
    sans importance
    ne compte que
    l’obstination.

    Un contre mille
    à tenir un
    pan entier de
    l’humanité
    sur sa poitrine.

    http://mondepasrond.net/2014/01/14/lhomme-aux-bras-croises

    #Troisième_Reich #extrême-droite #Allemagne #foule #poésie #nazisme

    cc @albertocampiphoto

  • La montagne contre l’État

    Pierre Pellicer

    http://www.lavoiedujaguar.net/La-montagne-contre-l-Etat

    Ce carnet de pérégrinations, publié en juin 2012 sur l’excellent site Article11, trouve place ici pour donner tout son sens à la lecture de Zomia ou l’art de ne pas être gouverné, essai de James C. Scott qui vient d’être traduit en français.

    Zomia : espace périphérique de refuge et d’insoumission. Vaste zone de contreforts montagneux et de jungles, hors empires et civilisations. Ensemble hétérogène de peuples des hauteurs, fugitifs, autonomes : le négatif de l’État tel qu’il s’impose dans le Sud-Est asiatique.

    Le concept de Zomia a été développé dans The Art of Not Being Governed, brillante contre-histoire de la région s’inscrivant dans le sillage de travaux anthropologiques sur les rapports sociétés/État, tels ceux de Pierre Clastres.

    Pour son auteur, James C. Scott, les centaines de communautés qui peuplent les montagnes de Zomia ont depuis deux mille ans organisé leurs sociétés avec un souci constant, celui d’échapper aux nuisances de l’État : à ses décideurs, ses hiérarchies et institutions ; à sa logique : esclavage, religion, conscription, impôts ; aux famines et épidémies périodiques liées à la vie en plaine et à la monoculture du riz. (...)

  • Chef ! chef ! oui, chef !
    http://www.monde-diplomatique.fr/2013/04/LEMOINE/48993

    « Les hommes en foule ne sauraient se passer de maître », affirmait en 1895 Gustave Le Bon, dans une formule qui plaira beaucoup aux esprits peu portés sur la #Démocratie. Selon Yves Cohen, c’est précisément à la fin du XIXe siècle que s’invente la figure du chef, lorsque s’évanouit une aristocratie qui (...) / #Allemagne, #Angola, États-Unis, #France, #Mexique, #URSS, Démocratie, #Histoire, #Idées, #Inégalités, #Mouvement_de_contestation, #Politique, #Cuba, #Mouvement_de_libération - (...)

    #États-Unis #2013/04

    • Une question intéressante sur la « personnification » du pouvoir, au centre des débats actuels en France sur le passage de la V à la VI république ou sur la question de la figure du juge d’instruction comme clé de voûte du contre-pouvoir judiciaire..
      Pour ma part, je considère qu’aucun individu,aussi talentueux et charismatique soit-il, ne peut représenter et assumer la complexité d’une destinée collective.. Il ne peut se faire que le porte parole d’un mouvement de foule.
      Dans une situation contrôlée, telle que la technocratie européenne, un chef n’est que le pantin qui fait diversion dans le spectacle quotidien de la fausse simplicité. Le vrai pouvoir s’exerce en coulisse dans sa vraie complexité par une oligarchie qui n’aime pas être exposée ..

  • Pouvons-nous comprendre “la sagesse des foules” si nous ne savons pas comment fonctionnent les comportements collectifs ?
    http://www.internetactu.net/2013/04/09/pouvons-nous-comprendre-la-sagesse-des-foules-si-nous-ne-savons-pas-co

    Le rôle fondamental des meutes, des essaims, des foules, est, depuis ses débuts, le paradigme (certains diraient le mythe) fondateur de l’internet. Aussi n’est-il pas étonnant que les articles sur les intelligences collectives décentralisées se renouvellent souvent dans mon (bientôt défunt) Google Reader. Mais tout de même, certaines semaines sont plus riches que d’autres. Ces derniers jours, on a (...)

    #algorithmie #intelligence_artificielle #swarming

  • Vers une foule sans maître ? | Contretemps
    http://www.contretemps.eu/interviews/vers-foule-ma%C3%AEtre

    Vers une foule sans maître ?

    Je dis cela parce que nous sommes les héritiers d’une sociologie où la domination, si on prend Max Weber dans Économie et société, est la même chose que l’autorité : la domination, pour lui, c’est « la chance pour un ordre de rencontrer une docilité ». La domination est le commandement. Cela pose beaucoup de problèmes, parce que dans la gestion de ces grands dispositifs organisés, bien sûr qu’il y a beaucoup d’ordres au sens de prescriptions. Mais il y a aussi beaucoup d’apprentissages de formes de l’action qui sont des mises en coordination technique, des mise en relations qui ne sont pas vraiment des ordres et qui passent par de la conversation, de la palabre sur place, dans l’entreprise, en présence des responsables, des machines, des objets, des pièces. Donc il y a une nécessité d’avoir des « formes de présence » pour gérer les grands dispositifs.

    #capitalisme #taylorisme #yves_cohen #auto-organisation