• Du bon usage des barbelés. Pourquoi la gauche éprouve tant de mal à admettre que les frontières tuent

    Dans une récente interview à la revue Ballast, le philosophe et économiste #Frédéric_Lordon aborde la question des #violences infligées aux migrantes et aux migrants en concluant qu’il est illusoire de lutter pour la #liberté_de_circulation. Lui plaide pour des frontières « plus intelligentes ». Au passage, il met en cause le journaliste indépendant Olivier Cyran, accusé de tenir sur le sujet des positions déraisonnables. Dans un contexte de forte mobilisation sociale et de vive confusion politique, ce dernier se saisit de cette perche pour questionner le rapport de la #gauche aux frontières et la stratégie périlleuse de sa principale composante, la #France_insoumise.

    Dans L’Homme qui n’a pas d’étoile, de King Vidor, il y a cette scène où un éleveur de bétail conseille au cow-boy solitaire joué par Kirk Douglas d’utiliser du fil de fer barbelé. En entendant ce mot, le héros se raidit, ses traits se durcissent. « Qu’est-ce qui ne va pas ? », demande l’éleveur. Et Kirk de lui répondre sèchement : « Je n’aime pas ça, ni celui qui s’en sert. »

    On repensait à cette réplique, l’autre jour, en voyant les images de soldats américains en train de dérouler sur les rives du Rio Grande des kilomètres de bobines de barbelé concertina – variante autrement plus redoutable, avec ses lames de rasoir conçues pour trancher jusqu’à l’os, que le gros barbelé à pointes inventé en 1874 par un fermier prospère de l’Illinois [1].

    C’est le même modèle qui borde la rocade menant au port de Calais, où il couronne un tentaculaire lacis de clôtures et de détecteurs à rayonnement infra-rouge. Dans le Pas-de-Calais, sa fonction consiste à stopper les saute-frontière et, s’ils insistent, à leur infliger des lacérations que les médecins sur place comparent à des blessures de guerre.

    Aux Etats-Unis, l’actuelle débauche de barbelés visait la « caravane des migrants », cette marche d’environ cinq mille personnes parties du Honduras début octobre à la recherche d’une meilleure vie dans le Premier monde. Les trimardeurs et les grandes voyageuses n’avaient pas encore atteint Mexico, à mille bornes du point frontière nord-américain le plus proche, que déjà Donald Trump dépêchait ses troupes à leur rencontre en annonçant, la bave littéralement aux lèvres, qu’elles avaient l’ordre de tirer dans le tas au premier jet de pierre – comme à Gaza, mais au Texas.

    Un spectre hante la gauche : le « No border »

    On s’est surpris à y repenser encore, par ricochets, en parcourant le très long entretien accordé à Ballast par Frédéric Lordon. Au cours de cet exercice en trois volets, consacré en sa partie centrale à valider la stratégie d’accès au pouvoir de la France insoumise, l’économiste hétérodoxe s’attaque entre autres à la question des migrantes et des migrants, en laissant entendre que les violences qu’ils et elles endurent feraient l’objet d’une attention excessive ou trop moralisante de la part d’une partie de la gauche.

    La « pensée militante » serait mieux employée à se fondre dans la « dynamique à gauche » incarnée avec prestance par Jean-Luc Mélenchon qu’à bassiner tout le monde avec nos histoires de barbelés, de duvets confisqués par la police et de centres de rétention qui débordent, puisque, souligne Lordon, « il ne devrait pas être nécessaire de dire qu’au premier chef, ce qui est insoutenable, c’est le sort objectif fait aux migrants. Car d’abord ce devrait être suffisamment évident pour qu’on n’ait pas à le dire. »

    Dans le champ de mines à fragmentation de la « vraie » gauche, la voix de Frédéric Lordon ne compte pas pour du beurre. Ses analyses sur la crise de 2008 ou sur le garrottage de la Grèce ont permis à des milliers de cancres en économie dans mon genre d’y voir plus clair sur le fonctionnement des banques, des institutions qui les gavent et des calamités qu’elles provoquent. Quand il passe à la débroussailleuse les fausses évidences du « système des prescripteurs » et raille leur « radicale incapacité de penser quoi que ce soit de différent », on boit volontiers du petit lait.

    Mais les efforts d’imagination qu’il mobilise pour concevoir des alternatives à l’ordre économique dominant ne paraissent plus de mise quand il s’agit des frontières. À rebours de la hardiesse qui l’avait conduit par exemple à appeler à la fermeture de la Bourse, Lordon prêche sur ce sujet la conservation de l’existant et sa répugnance pour les « No border », appellation qu’il s’abstient de définir, mais sous laquelle il semble ranger les quelques effronté.e.s qui, considérant la criminalité d’État instituée par les frontières, oseraient mettre en doute leur bien-fondé intrinsèque.

    Nous sommes quelques-uns en effet à considérer que les frontières physiques – non pas celles qui se volatilisent devant les capitaux et les marchandises, mais celles qui repoussent, blessent ou tuent les voyageurs sans visa au moyen d’un nombre toujours croissant de policiers, de garde-côte, de mercenaires, de fichiers d’empreintes digitales, de capteurs biométriques, de détecteurs de chaleur humaine ou de systèmes de surveillance satellitaire – ne constituent pas nécessairement l’horizon indépassable de la condition humaine, et qu’il y a lieu peut-être d’envisager leur démontage.

    Policiers à la cool et frontières intelligentes

    Chacun l’aura remarqué, ce point de vue n’occupe pas une place écrasante dans le débat public. S’il inspire un certain nombre d’actions militantes courageuses et salutaires, il ne bénéficie d’aucune espèce de visibilité dans le champ médiatique, politique ou intellectuel. En fait il n’est même jamais énoncé, encore moins discuté.

    D’où notre étonnement de voir Lordon s’en emparer brusquement pour s’efforcer de le disqualifier davantage, comme s’il y avait péril en la demeure. À ses yeux, remettre en cause la légitimité des frontières, c’est dégringoler tête en avant dans un « néant de la pensée » – le mien, en l’occurrence, puisque je me retrouve nommément visé dans ce passage.

    Les frontières, nous enseigne-t-il, ne sont pas mauvaises en soi. Elles sont, point barre. Elles peuvent d’ailleurs « prendre des formes extrêmement variées, des plus haïssables [...] jusqu’à de plus intelligentes. » Comment s’y prendre pour améliorer le QI d’une clôture ou d’une patrouille de Frontex, Lordon ne le précise pas – c’est sans doute, là aussi, « suffisamment évident pour qu’on n’ait pas à le dire ».

    On se contentera de prendre pour acquis que les frontières intelligentes font de bien belles choses, qu’elles « encouragent même circulation et installation, mais n’abandonnent pas pour autant l’idée d’une différence de principe entre intérieur et extérieur ». On est ravi de la nouvelle et on voudrait bien les connaître, ces murs de qualité qui allient gentillesse et attachement aux principes éternels.

    En quoi elle consiste au juste, la « différence de principe entre intérieur et extérieur », Lordon ne le précise pas non plus, mais on ne jurerait pas qu’elle n’ait rien à voir avec ces quinze migrants qui viennent de mourir de faim et de soif à bord d’un canot qui dérivait depuis douze jours au large des côtes libyennes. Ou avec ce sans-papiers guinéen forcé par un agent de la Police aux frontières de Beauvais de se mettre à genoux et de lui lécher ses chaussures.

    Mais attention, nous avertit le philosophe : le problème viendrait surtout de ces énergumènes qui voudraient détruire les frontières et jeter le barbelé avec l’eau du bain. « C’est de la problématisation pour “On n’est pas couché” ou pour C-News. En matière d’institutions, “pour ou contre”, c’est la pire manière de poser les questions », décrète-t-il, et là encore, c’est mézigue dont les oreilles sifflent.

    Ses remontrances font suite à une série de remarques que j’avais postées sur le réseau Twitter, puis remises en ligne ici-même, en réaction épidermique [2] à diverses prises de position sur le sujet, y compris celles, en effet, de Frédéric Lordon, détaillées précédemment sur son blog et révélatrices à mes yeux du fond de sauce mélenchonien qui englue les synapses de la gauche.

    Le différend qui nous oppose sur la question des frontières le conduit, dans un autre passage de son interview, à se demander quelles substances je consomme lorsque j’écris mes trucs. C’est une question légitime. J’avoue m’être parfois posé la même à son sujet, moins pour ses idées que pour ses tournures de phrase sophistiquées, cette fameuse « Lordon’s touch » qui procure à ses lecteurs un mélange unique de ravissement et de maux de tête. On devrait peut-être s’échanger les 06 de nos fournisseurs.

    Ne dites plus « prolétaires de tous les pays, unissez-vous »,
    dites « prolétaires de tous les pays, soyez gentils, restez chez vous »

    En lui répondant ici, je me plie à un exercice inconfortable. Lordon est une figure de la vie intellectuelle française, chercheur au CNRS et auteur prolifique, dont la sphère d’influence est sans commune mesure avec celle d’un journaliste précaire qui place ses piges où il peut et ne se connaît pas d’autres compétences que de faire du reportage au ras du sol. Nous ne jouons pas dans la même catégorie. Rien qu’à l’idée d’écrire à la première personne, je baille nerveusement. Mais puisque Lordon me fait l’honneur de me rabrouer avec insistance, en m’attribuant le rôle de repoussoir au service de sa démonstration, prenons cela comme un cadeau et profitons-en pour tâcher de tirer les choses au clair.

    Comme dit la chanson, « on lâche rien, on lâche rien ». Pourtant nous vivons une époque où on lâche beaucoup, au contraire, et même de plus en plus. Au cours de ces dernières années, par épluchages successifs, le périmètre de la gauche n’a cessé de se ratatiner. Quantité de références que l’on croyait l’apanage des tromblons réactionnaires ont percé son épiderme idéologique, nation, patrie, armée, police et fanion bleu-blanc-rouge n’y sont plus des cibles, mais des fétiches. « Oui, j’aime mon pays, oui, j’aime ma patrie ! Et je suis fier d’avoir ramené dans nos meetings le drapeau tricolore et la Marseillaise », proclame Jean-Luc Mélenchon [3].

    On lâche tout, on lâche tout, et c’est là que Lordon jaillit pour nous enjoindre de lâcher plus encore. L’internationalisme hérité de l’histoire du mouvement ouvrier, sans parler du rudimentaire principe de solidarité entre les abimé.e.s de ce monde, ne seraient plus que des breloques bonnes à remiser sur un napperon en dentelle. Ne dites plus « prolétaires de tous les pays, unissez-vous », dites plutôt « prolétaires de tous les pays, soyez gentils, restez chez vous ».

    À quoi s’ajoute que la question des frontières est devenue au fil de ces derniers mois un redoutable sac à embrouilles, débordant sur d’autres épineuses questions, liées notamment aux choix stratégiques de la France insoumise.

    Au point où on en est, ce n’est peut-être pas du luxe de le vider, ce sac, et de démêler un peu les désaccords, non-dits et quiproquos qui s’y sont accumulés, non par goût pour la chamaille, mais dans l’espoir d’éviter que « No border » devienne irrémédiablement un gros mot.

    Du mauvais côté de la barrière

    Pour cela, un retour sur les épisodes précédents s’impose. Fin septembre, trois médias classés plutôt à gauche – Politis, Regards et Mediapart – publient conjointement un « manifeste pour l’accueil des migrants » signé par cent cinquante « personnalités ». À partir d’un tableau succinct, pour ne pas dire sommaire, du bain de xénophobie où clapotent les décideurs politiques de France et d’Europe, leur texte se borne à affirmer que « la liberté de circulation et l’égalité des droits sociaux pour les immigrés présents dans les pays d’accueil sont des droits fondamentaux de l’humanité ». Pas de quoi se rouler par terre, mais, dans le contexte de sa parution, ce bref rappel à un principe de décence élémentaire fait l’effet d’une bulle d’oxygène.

    Il intervenait quelques jours après la décision du gouvernement Macron d’interdire à l’Aquarius, alors le dernier navire de sauvetage encore actif en Méditerranée, d’accoster en France et d’y débarquer les cinquante-huit rescapés recueillis à son bord. C’est qu’il est inconcevable, pour les start-uppers en chef de la nation, de déroger à leur politique de non-assistance aux naufragés, l’un des rares sujets sur lesquels les membres de l’Union européenne n’ont eu aucun mal à se mettre d’accord. On est déjà bien assez occupé à traquer les migrants sur notre territoire et à leur administrer un luxe inouï d’épreuves et de brutalités en tous genres pour se soucier d’en accueillir d’autres, surtout quand ils ont le mauvais goût d’être encore en vie. Le droit d’asile, dorénavant, ce sera au fond de l’eau ou dans les camps libyens.

    Deux semaines plus tôt, des hommes, des femmes et des enfants naufragés près des côtes maltaises avaient lancé un appel de détresse aux secours italiens, qui firent la sourde oreille. Plus de cent personnes seraient mortes noyées, tandis que les « garde-côte » libyens, une milice de rabatteurs opérant en sous-traitance pour l’UE, ramenaient les survivants dans les geôles de Tripoli. Externaliser la protection de nos frontières maritimes méridionales vers un pays en ruines dominé par des clans mafieux a ceci d’immensément commode que nul ne se formalisera du sort qui les attend là-bas – la faim, les viols et les tortures passeront inaperçues. Loin des yeux, loin du cœur, comme on dit.

    Quand, le 19 septembre, le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) sonne une nouvelle fois l’alarme en qualifiant de « cauchemardesques » les conditions de détention dans les camps libyens, personne à Rome, Paris ou Berlin ne bronche. Un mois plus tôt, le décompte de l’Organisation mondiale pour les migrations (OMI) évaluant à dix-sept mille le nombre de morts en Méditerranée depuis 2014 – estimation basse – n’avait pas non plus soulevé d’émotions particulières.

    Opération guillemets pour les « forces de progrès »

    Entre parenthèses : à l’heure où j’écris ces lignes, on apprend que l’Aquarius, immobilisé dans le port de Marseille, ne reprendra plus la mer. Pourquoi ? Parce qu’après après avoir été privé de son pavillon panaméen sur intervention de l’Italie et avec la complicité des autres pays européens, le navire de sauvetage a échoué à se trouver un pays d’attache.

    Alors que le plus pourri des cargos poubelle peut battre pavillon sans la moindre difficulté, on s’arrange pour refuser ce droit à un bateau dont la fonction consiste à secourir des naufragés. Pestiféré, l’Aquarius, pour la seule raison qu’il sauve des vies. Que pareille obscénité se déroule sous nos yeux sans que nul ne moufte en dit long sur l’accoutumance de nos sociétés à la noyade de masse comme outil de gestion des flux migratoires.

    Dans un tel contexte, tout ce qui peut nuire aux intérêts des maîtres de la forteresse me paraît bon à prendre. Je précise, à toutes fins utiles, que je n’ai rien à vendre à Politis, Regards ou Mediapart, que les défendre n’est pas mon affaire et que, d’ailleurs, je n’ai pas non plus signé leur manifeste.

    D’abord, parce que je dispose d’autres moyens pour m’impliquer. Ensuite, parce que ces grandes pétitions par voie de presse, indexées sur la notoriété de leurs premiers signataires, se passent fort bien de mes services. Mais je me serais bien gardé de dissuader quiconque de le faire.

    On le savait bien, de toute façon, que cette initiative serait sans effet concret sur le calvaire des migrant.e.s, hors ou au sein de nos frontières – on est peut-être borné, mais pas idiot. Cela n’a pas non plus échappé aux associations qui l’ont signée, dont l’Auberge des migrants, Roya citoyenne, le Baam, Utopia 56, le Gisti, la Cimade, la Fasti, les coordinations de sans-papiers et d’autres encore.

    Si ces collectifs, dont l’existence n’est jamais mentionnée par Frédéric Lordon, ont jugé bon malgré tout de s’associer au texte, c’est probablement qu’ils lui reconnaissaient quelque utilité. Celui par exemple de faire entendre un autre son de cloche que le fracas des macronistes, vallsistes, ciottistes, lepénistes et éditorialistes. Personnellement, je cherche encore le coton-tige miracle qui m’ôtera du coin de l’oreille la voix de ce type de Valeurs Actuelles, François d’Orcival, invité permanent des « Informés » de France Info et incarnation chevrotante de la hargne migranticide, exhortant Emmanuel Macron à ne surtout pas céder au « chantage à l’émotion » des survivants de l’Aquarius. Ce genre de son, à force de tourner en boucle sur toutes les antennes, ça vous colle au pavillon comme un furoncle.

    Mais le principal intérêt du texte, du moins aux yeux des personnes engagées sur le terrain, c’est qu’il semblait offrir l’occasion aux diverses chapelles de la gauche de se retrouver sur un dénominateur commun : l’urgence de mobiliser leurs forces pour ne plus laisser les gens mourir noyés ou fracassés aux pieds de nos forteresses. De cesser de tortiller et de mettre de côté les bisbilles pour faire de cette question-là une priorité commune. Mais c’était encore trop demander.

    Au lieu de fédérer les « forces de progrès », avec guillemets de rigueur, l’initiative aboutit en fait à creuser un peu plus l’une de ses lignes de fracture les plus béantes. D’un côté, le gros de la gauche non-mélenchoniste, allant du groupuscule hamoniste jusqu’au NPA en passant par le PCF, ainsi qu’un large éventail de syndicalistes, de militantes et de responsables associatifs, tous signataires du texte ; de l’autre, la France insoumise, repliée sur son hégémonie, qui refuse de le signer et érige ce rejet en ligne officielle du parti.

    L’internationalisme, c’est has been, braillons plutôt la Marseillaise

    Pour justifier leur rebuffade, les théoriciens de la FI vont déployer un argumentaire contrasté, où la vexation de n’avoir pas été consultés par les auteurs du manifeste se mêle au reproche de ne point y voir nommément accusé Emmanuel Macron, comme si la responsabilité de ce dernier dans la situation décrite n’allait pas de soi.

    On daube aussi sur la présence parmi les signataires de Benoît Hamon, preuve putative de leurs accommodements avec les reliefs carbonisés du Parti socialiste, comme s’ils étaient encore en capacité de nuire, et comme si Mélenchon, revenu d’un PS dont il fut membre pendant trente-deux ans, était le mieux placé pour donner dans ce domaine des leçons de savoir-vivre.

    On voudrait nous enfumer qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Quand Lordon, dans son entretien, fustige longuement une opération de « retournement de veste en loucedé », d’« autoblanchiment symbolique » et d’« unanimité morale », on lui concède volontiers qu’il y a parfois des jonctions surprenantes. À preuve, la manifestation des Gilets jaunes du 1er décembre, soutenue par la France Insoumise, une partie du NPA, Attac, les cheminots de Sud-Rail, le Comité Adama et Frédéric Lordon lui-même, mais aussi par Marine Le Pen, les Patriotes et l’Action française.

    Quoi que l’on pense de cette juxtaposition insolite, on peut supposer que la présence d’un ex-hiérarque socialiste sur les Champs-Élysées ce jour-là n’aurait pas posé à Lordon un problème insurmontable. La question est donc : pourquoi serait-elle rédhibitoire dans un cas et pas dans l’autre ?

    En fait, la position de la FI est surtout d’ordre stratégique. Dans un espace politique de plus en plus imbibé de fachosphère, les stratèges du parti estiment que faire campagne sur des thèmes susceptibles de braquer une partie de l’électorat – immigration, racisme, islamophobie, sexisme, violences policières, etc – ruinerait leurs chances de victoire. Remporter des scrutins imposerait d’y aller mollo sur les sujets qui fâchent et de mettre le paquet sur le « social », entendu comme un moyen de ramener dans le bercail de la gauche les brebis égarées à l’extrême droite.

    En juin dernier, François Ruffin avait théorisé cette mission pastorale dans un article du Monde diplomatique. Racontant sa campagne électorale victorieuse de 2017 dans sa circonscription de la Somme, ravagée par la précarité et les délocalisations, il y explique que ce n’est pas avec du vinaigre que l’on attire les sympathisants de Marine Le Pen. « Maintenant, à leur chute économique et sociale il faudrait ajouter une autre condamnation : politique et morale. Qu’ils votent FN, se reconnaissent dans un parti ostracisé, et leur exclusion en sera légitimée. La double peine. »

    L’ostracisme dont serait victime le FN ne saute pas aux yeux, les chefferies éditoriales ayant plutôt tendance à lui cirer les bottillons, mais on comprend bien l’idée de la main tendue. « Le FN, je l’attaquais peu, poursuit-il. Comment des gens qui vont mal, socialement, économiquement, croiraient-ils que Mme Le Pen ou son père, qui n’ont jamais gouverné le pays, sont responsables de leurs malheurs ? Le FN se combat en ouvrant une autre voie aux colères, à l’espoir. En offrant un autre conflit que celui entre Français et immigrés [4]. »

    Quadriller serré, ratisser large

    Combattre le racisme consisterait donc à le balayer sous le tapis et à n’endosser que les revendications jugées peu ou prou lepéno-compatibles. Le cas de Ruffin démontre qu’une telle stratégie peut en effet s’avérer ponctuellement gagnante. Elle présente néanmoins un inconvénient, celui de devoir expliquer aux populations issues de l’immigration post-coloniale que leurs préoccupations particulières, liées aux diverses déclinaisons du racisme d’État, ne font pas partie des thématiques sociales retenues comme pertinentes par le parti et doivent donc être sacrifiées à la bonne cause.

    Le soutien inconditionnel et tonitruant apporté par la FI aux Gilets jaunes, et cela dès les premiers jours, quand l’imbrication de l’extrême droite dans le mouvement ne pouvait guère être ignorée, s’inscrit dans cette même hiérarchie des priorités. On ne s’offusquera pas qu’au milieu de la détresse sociale des fins de mois invivables, des Dupont-Lajoie sonnent la chasse au migrant.e.s, ou que des grandes gueules locales imposent la « baisse des charges » ou la « diminution de l’assistanat » dans le cahier de doléances du mouvement, du moment que l’occasion se présente d’aller chanter la Marseillaise avec son cœur de cible.

    Mais on ne peut durablement gagner sur les deux tableaux. Comme le suggère la récente défaite de la candidate FI à l’élection législative partielle d’Évry, dans l’ancienne circonscription de Manuel Valls, où l’abstention a atteint le niveau stratosphérique de 82 %, le message ne suscite pas forcément l’enthousiasme dans l’électorat populaire racisé. Ruffin a eu beau se rendre sur place pour instruire les habitant.e.s des HLM que leur « bulletin [était] un enjeu pour la patrie », la pêche aux voix, cette fois, n’a pas fonctionné.

    Appliquée à la question migratoire, cette stratégie périlleuse contraint la FI à marcher sur des œufs. D’un côté, elle doit tenir compte de la présence en son sein d’individus sincèrement acquis à la cause du droit d’asile, comme Danielle Obono, qui s’est âprement battue à l’Assemblée nationale contre la loi Asile et immigration, ou comme nombre de militants ici ou là. De l’autre, elle doit donner des gages aux électeurs alléchés par l’extrême droite qu’il ne saurait être question d’ouvrir les frontières comme ça à n’importe qui, pensez donc.

    C’est là que la figure du « No border » se révèle d’une irrésistible utilité. Pour se sortir de la position délicate où les place l’initiative de Politis-Regards-Mediapart, Jean-Luc Mélenchon et ses amis vont accuser ses initiateurs de vouloir démolir les frontières, ce patrimoine-de-l’humanité-que-nous-chérissons-tant. Un passage dans le manifeste va leur en fournir l’occasion : « Il est illusoire de penser que l’on va pouvoir contenir et a fortiori interrompre les flux migratoires. À vouloir le faire, on finit toujours par être contraint au pire. La régulation devient contrôle policier accru, la frontière se fait mur. »

    On pourrait pinailler sur sa formulation, mais le constat est juste. N’importe quel exilé à la rue vous le confirmera : l’État a beau lui construire des barrières électrifiées, le traquer avec un détecteur à battements cardiaques ou l’empêcher à coups de tonfa de se poser sur un bout de trottoir, tant qu’il respire il continuera de se glisser par un trou de souris. Les frontières tuent, mutilent, séparent, mais elles ne dissuadent pas les candidats au voyage de tenter leur chance. Pour prétendre le contraire, il faut vraiment ne rien connaître au sujet.

    Toute la misère du monde dans la tête

    Mais, sur son blog, Jean-Luc Mélenchon s’indigne : affirmer qu’elles n’ont pas l’efficacité qu’on leur attribue « revient à dire que les frontières ne sont plus assumées. Ce n’est pas du tout notre point de vue. Nous croyons au bon usage des frontières. »

    La suite est de toute beauté : « Notre rapport aux frontière n’est pas idéologique. Il est concret dans un monde où celles-ci n’ont cessé d’exister que pour le capital et les riches et où nous avons l’intention de les rétablir contre eux. Disons-le clairement, nous ne sommes pas d’accord pour signer à propos d’immigration un manifeste “no border”, ni frontière ni nation. Nombre de nos amis les plus chers qui ont signé ce texte disent à présent n’avoir pas repéré cette phrase que les rédactions “no border” ont su placer. »

    Il faut relire ce passage lentement pour en apprécier le numéro de patinage artistique : invoquer la lutte contre « le capital et les riches » pour justifier le maintien d’un dispositif qui sert surtout à stopper les pauvres.

    Par souci de conférer un semblant de logique à cette acrobatie, on assimilera ensuite les initiateurs du manifeste, décrits par ailleurs comme vendus à la macronie (ou, variante, à l’oligarchie), à des anarchistes échevelés qui planquent de la dynamite dans leurs tiroirs. Edwy Plenel, patron de Mediapart et ancien comparse moustachu d’Alain Minc et de Jean-Marie Colombani à la tête du Monde, et qui sur le tard en a surpris plus d’un par ses prises de positions plutôt dignes, mais pas farouchement révolutionnaires pour autant, a dû s’en sentir tout ragaillardi. François Ruffin n’a pas fait tant de politesses quand il a déclaré sur France Info le 13 septembre : « On ne peut pas dire qu’on va accueillir tous les migrants, ce n’est pas possible. »

    Voilà encore le genre de fausse évidence que, pour paraphraser Chomsky, on met trois secondes à balancer et une demie heure à démonter. D’abord, c’est qui, « tous les migrants » ? Faut-il entendre : tous les migrants du monde et de la galaxie ? Tous ceux qui se noient à nos portes ? Tous ceux qui n’en sont pas encore mais qui, dans un coin de leur tête, caressent l’idée qu’un de ces jours ils iraient bien eux aussi faire un petit tour sur les Champs-Élysées ? Croit-il que la planète entière attend dans les starting-blocks de se précipiter en France, sa « patrie », comme il l’appelle ? Sur invitation de qui, de ces hérétiques « No border » qui auraient squatté l’Élysée ? Et que veut dire « on ne peut pas », si l’on s’abstient de préciser tout ce que l’on peut, et tout ce que l’on doit ?

    Mais les esprits ont déjà été si bien préparés en amont pour recevoir ce genre de poncif épongé à gauche comme à droite – à commencer par le fameux « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde » de Michel Rocard – que nulle objection ou demande de précision ne lui a été opposée, en tout cas par le préposé de France Info. L’« unanimisme moral » qui inquiète tant Frédéric Lordon ne triomphe pas toujours, apparemment.

    http://lmsi.net/Du-bon-usage-des-barbeles
    #violence #border_violence #frontières #mourir_aux_frontières #frontières_intelligentes #smart_borders #murs #ouverture_des_frontières #fermeture_des_frontières #barrières_frontalières #migrations #asile #réfugiés


  • Entretien-fleuve avec Frédéric Lordon : “La société ne tient que suspendue à elle-même”
    https://www.lesinrocks.com/2018/10/06/livres/entretien-fleuve-avec-frederic-lordon-le-philosophe-publie-la-condition-

    Economiste et chercheur en philosophie, Frédéric Lordon publie La condition anarchique – Affects et institutions de la valeur. Poursuivant son projet d’élaborer une science sociale spinoziste, Lordon développe une théorie déroutante : il n’existe aucun fondement de vérité absolu ; toutes les valeurs sont le simple produit de la société. Il s’en explique dans un long entretien et revient également sur son engagement comme citoyen.

    Dans cet ouvrage, vous poursuivez votre projet d’élaborer une science sociale spinoziste. Vous vous attaquez aux systèmes de valeurs – morales, esthétiques, économiques – et vous démontrez qu’il n’y a aucun fondement absolu et fiable auquel on peut se référer pour les évaluer ou les juger – ce que vous appelez la « condition anarchique ». Vous défendez l’idée que tous ces systèmes sont le simple produit de la multitude. Pourriez-vous développer davantage ce que vous entendez par « condition anarchique », tout en présentant les outils conceptuels, méthodologiques et intellectuels que vous avez mobilisés pour élaborer ce concept ?

    Frédéric Lordon – C’est par là qu’il faut commencer en effet, sauf à ce que le malentendu plane trop longtemps. Il s’agit de décoller « anarchie » de ses usages courants, comme catégorie politique bien connue, pour retourner à une lecture étymologique : l’anarchie, c’est l’an-arkhé, c’est-à-dire l’absence d’arkhé, l’absence de fondement, ce fondement auquel s’adosse ensuite le commandement. Littéralement, l’anarchie est le défaut d’un ancrage absolu d’où un pouvoir se justifierait « objectivement ».

    Le courant politique que l’on appelle « anarchisme », comme visée d’un monde sans pouvoir ni domination, devrait en fait s’appeler « acratie ». Car le cratos, ça n’est « que » ça : le pouvoir, la domination, un pouvoir qui, dans son concept, pourrait s’exercer sans phrase. Le déplacement qu’opère le retour à l’étymologie, c’est donc de convertir une catégorie usuelle de la science politique en catégorie centrale d’une axiologie critique : « anarchie » est le concept par lequel penser l’ordre des valeurs, en commençant par poser qu’il n’y a pas de valeur des valeurs.

    Et ceci dans tous les ordres de valeurs, pour toutes les sortes de valeurs. Il faut revenir à l’intention de Durkheim qui prenait au sérieux l’homonymie de la « valeur », et déclarait vouloir faire quelque chose de ce qu’un seul et même mot trouve des applications aussi différentes que la valeur économique, la valeur morale, la valeur esthétique, etc. – visiblement, cette identité du mot au travers d’une telle disparité d’emplois n’émeut pas grand monde.

    L’idée durkheimienne est cependant restée à l’état d’esquisse. J’essaye de la reprendre de manière systématique et à nouveaux frais. Donc : une axiologie générale, à savoir une théorie de la valeur transversale à tous les ordres de valeur ; et une axiologie critique, dont la thèse même est posée avec la catégorie d’anarchie : les hommes vivent la valeur dans une condition où il n’y a pas de fondement, où il n’y a pas d’ancrage de la valeur.
    Émile Durkheim (1858-1917), un des pères de la sociologie française. Frédéric Lordon reprend la problématique des « systèmes de valeur » qu’il avait posée.

    C’est qu’en un scolie terrible, Spinoza tire d’un coup le tapis de la valeur objective, ou de la valeur substantielle, sous nos pieds : « Nous ne poursuivons pas, nous ne désirons pas un objet parce qu’il est un bien, mais au contraire nous ne disons qu’un objet est un bien que parce que nous le poursuivons et le désirons. » Le lien entre désir et valeur s’en trouve entièrement renversé. Le désir ne se règle pas sur des valeurs préexistantes : tout au contraire, c’est lui qui, par ses investissements, fait advenir à la valeur des choses en elles-mêmes insignifiantes.

    C’est donc le désir lui-même, et plus généralement les affects, qui sont les opérateurs de la valorisation de choses dont l’être positif est étranger à la valeur, dépourvu de toute valeur substantielle. Aussi la thèse, son problème propre, et la solution nous sont-ils livrés dans le même mouvement : rien ne vaut par soi, il n’y aucune substance de la valeur, mais ce sont nos projections affectives qui produisent la valeur et nous font vivre dans un monde de significations et de valeurs – quoiqu’il n’ait aucun fondement. Et ceci bien plus encore à l’échelle de la société entière : les valeurs sociales sont des valorisations communes soutenues par des affects communs.

    En somme, il n’y a nulle part d’ancrage – il n’y a pas d’arkhé –, mais la société produit elle-même ses propres ancrages, par le travail de ses auto-affections, et les affects communs valorisateurs qui en résultent. La société comme ordre axiologique ne tient à rien : elle ne tient que suspendue à elle-même. Etonnant effet de bootstrapping qui est le propre de la condition anarchique : ce qui condamnait le baron de Münchausen à demeurer de l’ordre du fantastique, ou du fantaisiste – se sortir de la vase en tirant sur ses propres lacets –, la société le pratique en réalité. Voilà l’idée générale. Maintenant je ne me fais pas d’illusions : comme Bourdieu l’avait expérimenté en matière d’esthétique, la position de critique de la valeur des valeurs est d’emblée sacrilège. Il n’y a pas pire offense à faire à un croyant que de lui dire que ce qui le meut n’est qu’une croyance, quand lui voudrait que ce soit une vérité.

    Malheureusement, la thèse de la condition anarchique c’est que, dans ce régime que Spinoza nomme la servitude passionnelle, il n’y a que de la croyance. Pour s’élever au-dessus de la seconde, il faut sortir de la première. Pas d’autre solution. Heureusement, nous dit Spinoza, ça n’est pas totalement impossible. Il ne va pas jusqu’à dire que c’est facile…

    Par bien des aspects, la condition anarchique évoque le nihilisme, selon l’acception métaphysique (et pessimiste) du terme, à savoir l’effondrement des valeurs, l’absence de sens, le sentiment du vide, du rien, voire carrément du néant. En quoi se distingue la condition anarchique du nihilisme ?


  • Pourquoi le NPA refuse-t-il de répondre ? Michel Collon - 30 Août 2018 - Investigaction

    https://www.investigaction.net/fr/pourquoi-le-npa-refuse-t-il-de-repondre

    Texte de la lettre adressée en mars par Michel Collon à la direction du NPA et restée sans réponse. Sur son site, le NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste français) publie un ramassis de calomnies signé Ornella Guyet contre Michel Collon, fondateur et directeur du site Investig’Action. Or, cette pseudo-journaliste s’est aussi acharnée contre Jeremy Corbyn, François Ruffin, Pierre Carles, Frédéric Lordon, Alain Gresh, Noam Chomsky… Toute ressemblance avec les campagnes de diabolisation menée par le lobby sioniste… n’est pas fortuite. Le NPA répondra-t-il enfin ?

    Au comité national dirigeant le NPA,

    Bonjour,

    Vous diffusez sur votre site un article fort long[1] qui me calomnie sur base de rumeurs, ragots et déformations. Vous m’accusez d’ « imposture journalistique », de « mercantilisme » et de complicité avec des dictatures. Vous me prêtez des amitiés avec des gens que je ne fréquente pas ou que je dénonce.

    L’auteur de ce torchon, véritable degré zéro du journalisme, s’appelle Ornella Guyet. J’y ai relevé 70 erreurs factuelles, fautes journalistiques grossières ou calomnies pures et simples. Si vous en doutez, je suis prêt à en discuter avec vous. Je me limiterai ici à vous poser cinq questions :

    Comptez-vous publier aussi les articles dans lesquels Ornella Guyet a agressé et calomnié d’autres progressistes : Jeremy Corbyn, François Ruffin, Pierre Carles, Frédéric Lordon, Hervé Kempf, Alain Gresh et Noam Chomsky ?

    Savez-vous que Guyet a répandu ses calomnies sous divers pseudonymes, destinés à faire croire qu’il s’agissait d’un mouvement d’opinion et non d’une seule personne ? Savez-vous qui finance toute cette activité ?

    Savez-vous que la source primaire de Guyet est le site Conspiracy Watch, tenu par Rudy Reichstadt, proche de Bernard Henri-Lévy ? Ce site se nourrit en permanence du théoricien islamophobe Pierre-André Taguieff et recopie les pires délires des néocons islamophobes US : Daniel Pipes, Norman Podhoretz et le site d’extrême droite MEMRI. Comment expliquez-vous que les critiques d’Ornella Guyet épargnent les Etats-Unis, Israël et leurs alliés des pétromonarchies réactionnaires ?

    Savez-vous que le travail « journalistique » de cette personne a été sévèrement critiqué par Le Monde Diplomatique, Acrimed et d’autres groupes ? Savez-vous qu’elle a toujours refusé tout débat public ? Parce que manifestement elle se sait incapable de répondre aux critiques sur ses méthodes tendancieuses, et a d’ailleurs fini par arrêter l’activité de son site.

    Sur votre site, vous affirmez « avoir reçu cette contribution » de Guyet et « la publier bien volontiers ». Mais d’après elle[2] c’est vous qui lui auriez commandé ce torchon. Qui dit vrai ?

    Beaucoup de gens me demandent comment il est possible qu’une organisation de gauche reprenne de telles calomnies. Et je vous le demande à mon tour. Votre publication me cause du tort ainsi qu’à toute l’équipe de jeunes journalistes d’Investig’Action qui travaille dur contre la pensée dominante et la désinformation. Héberger ce ramassis de mensonges alors qu’Investig’Action est déjà la cible des néocons, du lobby pro-Israël et de certains journalistes chiens de garde, qui répandent les mêmes attaques que Guyet, cela vous place dans un curieux voisinage, non ?

    Je vous demande donc de retirer cet article et d’en informer vos lecteurs. Je me tiens à votre disposition si vous souhaitez des éclaircissements quant aux accusations que cette personne porte contre moi. Si vous refusez, je vous demande d’en débattre publiquement avec moi.

    Je n’ai aucun problème avec le fait qu’on critique mes analyses en échangeant des arguments politiques. J’estime même que la gauche française devrait davantage discuter sereinement ses divergences. On reste trop entre soi. Mais remplacer ce débat par des insultes et calomnies, en recopiant les attaques de nos ennemis de classe, me semble le contraire du véritable débat politique et un signe de faiblesse.

    Bien à vous
    Michel Collon
    Investig’Action – Bruxelles

    Notes :

    [1] http://tantquillefaudra.org/debats/article/michel-collon-un-militant-de-la-347

    [2] « Le NPA, dont la Commission nationale anti-fasciste (Cnaf) m’a commandé il y a plusieurs mois… un dossier sur Michel Collon, qui a été l’article le plus abouti que j’ai publié à ce jour à son sujet. » http://www.confusionnisme.info/index.php/2015/10/05/le-martyre-de-saint-michel

    #ornella_guyet #NPA #Michel_Collon #Jeremy_Corbyn #François_Ruffin #Pierre_Carles #Frédéric_Lordon #Alain_Gresh #Noam_Chomsky #calomnies #information #débat #conspiracy_watch #rudy_reichstadt #bernard_henri-lévy #BHL #pierre-andré_taguieff #daniel_pipes #norman_Podhoretz #MEMRI


  • #Frédéric_Lordon : « C’est en train de décrocher partout, dans plein de secteurs de la société française »
    https://la-bas.org/5067

    Un pot-au-feu pour la Fête à Macron, mais avec quels légumes, quelles viandes, quelles épices, quels cornichons ? Quel mélange, quelle convergence, quelle marmite ? Autant de questions au grand cuisinier Frédéric LORDON sur l’air de « UN AN ÇA SUFFIT »…Continuer la lecture…

    #Vidéo #Politique


  • [vidéo] “L’État de droit”, ce sont les droits de l’État | la Parisienne libérée | Lignes de force
    https://www.youtube.com/watch?v=yC-eN1dIdac

    Dans ce nouveau mix orchestré par un avatar en marche : les retrouvailles émouvantes entre CRS et étudiants, une scandaleuse grève des cheminots, des zadistes en dehors de la République et la vigilance renforcée contre les réfugiés. L’État de droit du plus fort est toujours le meilleur ! Source : Relevé sur le Net...


  • Lordon et Ruffin appellent à un « débordement général » le 5 mai
    https://www.mediapart.fr/journal/france/050418/lordon-et-ruffin-appellent-un-debordement-general-le-5-mai

    Le député FI #François_Ruffin et l’universitaire #Frédéric_Lordon plaident pour l’organisation d’une #manifestation nationale commune, le samedi 5 mai, contre la politique d’Emmanuel Macron. Ils s’étaient réunis à la #Bourse_du_travail mercredi 4 avril en présence de plusieurs centaines de personnes, dont des cheminots, des étudiants et du personnel médical en grève.

    #France #Emmanuel_Macron


  • LORDON ET FRIOT À LA COMMUNE DE TOLBIAC !
    https://la-bas.org/5018

    Méfiez vous de ce vieux Friot et de ce fou de Lordon qui viennent apporter des armes à la jeunesse. Ils apportent du grain à moudre à l’eau du moulin de la lutte. Or, attention, lutter, c’est vivre, lutter, c’est la joie de comprendre, c’est le rideau qui se déchire, c’est l’ennemi qui n’est plus qu’un tigre de papier, lutter, c’est le cœur battant, c’est la nuit dévergondée, c’est la dernière chance, c’est ce qui ne s’oublie pas, c’est le point du jour, c’est leur tour, dans les facultés occupées, dans la rue, dans les gares, c’est plus fort, c’est mille fois plus fort, dix mille fois plus fort que Macron et son monde et leur com’, leurs calculs de larbins de luxe au service des riches.Continuer la (...)

    #Radio #Frédéric_Lordon #Luttes



    • Dans le pipeline de la pensée managériale, qui crache du bullshit à jet continu, la dernière trouvaille à la con a pour nom la « holacratie ». Comme les penseurs du management sont pressés et ne regardent pas trop au détail, ils ont cru pouvoir décalquer à l’identique, et à leur propre usage, la holarchie d’Arthur Koestler, mais sans voir que le mot procédait par contraction pour éviter le hiatus holo-archie – le pouvoir (archie) du tout (holon). Dans l’entreprise holocrate (et non holacrate – il ne s’agit pas du pouvoir de la holà...), il n’y a supposément plus de pouvoir central, car le pouvoir appartient à tous : plus de de hiérarchie, plus de commandement, autonomie partout. Les plus idiots se sont empressés de conclure qu’on avait enfin trouvé la formule vraie du capitalisme à visage humain. Il faudrait leur demander d’imaginer ce qui se passera au moment où un retournement de conjoncture enverra l’entreprise dans le rouge, et où et comment les actionnaires, et le dirigeant nommé par eux, suggéreront aux salariés de s’administrer la holocratie.

      […]

      On pouvait pourtant trouver, et de longue date, de quoi nous prévenir de cette épouvante en marche, et plus généralement des prétentions contemporaines de l’entreprise de fonctionner à la joie, à l’amour et à la concorde. On peut ainsi lire ceci dans les Pensées de Pascal : « Es-tu moins esclave pour être aimé et flatté de ton maître ? Tu as bien du bien esclave, ton maître te flatte. Il te battra tantôt ».

      Plus près de nous, voici ce que Marguerite Yourcenar met dans la bouche d’un de ses personnages antiques dans Les mémoires d’Hadrien : « Je doute que toute la philosophie du monde parvienne à supprimer l’esclavage : on en changera tout au plus le nom. Je suis capable d’imaginer des formes de servitude pires que les nôtres, parce que plus insidieuses : soit qu’on réussisse à transformer les hommes en machine stupides et satisfaites, qui se croient libres alors qu’elles sont asservies, soit qu’on développe chez eux, à l’exception des loisirs et des plaisirs humains, un goût du travail aussi forcené que la passion de la guerre chez les races barbares. À cette servitude de l’esprit ou de l’imagination humaine, je préfère encore notre esclavage de fait ».

      […]

      Et ça c’est ce que je dis depuis des années à propos des coopératives VS toutes les autres entreprises (mais sans oublier que ça reste dans le capitalisme, du capitalisme plus ou moins démocratique donc) :

      Il y a ainsi de quoi rire beaucoup à l’expérience de pensée qui imagine Laurent Joffrin ou l’éditorialiste du Monde, dont les suites de mots ne sont qu’un long gargarisme sur le thème de la « démocratie », sommés de se prononcer sur ce fait étonnant que, dans la société de leur gargarisme, les hommes passent la moitié de leur temps éveillé sous des rapports d’obéissance, et puis, ceci aperçu, qui leur demanderait ce qu’ils pensent d’un projet politique, somme toute logique, d’extension réelle de la pratique démocratique à toutes les sphères de la vie commune – y compris, donc, la sphère de la production.

      […]

      Mais la difficulté de ces questions offre peut-être la raison même de commencer à les poser, et à les poser avec insistance, comme le seul moyen de hâter quelque chose qui nous ferait échapper à cette fulgurante prédiction, qui ne sort pas de quelque traité théorique mais d’un ouvrage d’un tout autre genre, célébrant à sa manière la préscience, pour ne pas dire les vertus oraculaires, du Côtes du Rhône, je veux bien sûr parler des Brèves de Comptoir, dans le millésime 1995 desquelles on trouve ceci : « On finira qu’on nous dira de nous torcher le cul les uns les autres, et ils diront on leur a donné du boulot ». 1995… Et qui ne voit que nous y sommes quasiment. Car, logiquement, en prolongeant la série : après Uber Drive et Uber Eat devraient venir Uber Poop ou Uber Wipe. Heureusement, ce tome 1995, particulièrement riche, ne nous laisse pas complètement désespéré, puisqu’on peut aussi y lire ceci : « À partir de dix millions de chômeurs, je crois qu’on peut sortir le soleil et les parasols ». L’idée générale, donc, ce serait bien ça : qu’on n’ait pas à attendre d’en arriver là pour sortir les parasols.

      #Lordon #Frédéric_Lordon #Bernard_Friot #capitalisme #travail #critique_du_travail éventuellement #critique_de_la_valeur mais sous un autre angle (et là il s’agit plutôt de proposition d’un autre mode de calcul de la valeur et non pas d’une abolition de la valeur)

    • À chacun des trois régimes d’#accumulation observables depuis la fin du XIXe siècle correspondent donc trois régimes d’affects de la mobilisation salariale. D’un point de vue analytique, le plus important, c’est le premier : le régime de la mobilisation par les peurs basales, les peurs de ne simplement pas pouvoir survivre – l’aiguillon de la #faim, disait Marx. Ce régime n’est pas un régime avant d’autres régimes, et comme les autres régimes. C’est le régime fondement de tous les régimes, le régime qui dit l’essence, la vérité ultime du rapport salarial comme rapport de #chantage à la survie même. S’employer ou crever : les capitalistes ont longtemps poursuivi de ramener la donnée du #travail telle qu’elle se présente aux individus à la pureté, à l’exclusivité, de cette alternative. Et comme ils n’y sont jamais complètement parvenus, ils ont été conduits à emprunter d’autres voies passionnelles, en apparence tout à fait contraires – en apparence seulement.


  • Paris : Compte-rendu du premier jour du procès de la keufmobile brûlée-Non Fides
    http://www.non-fides.fr/?Paris-Compte-rendu-du-premier-jour-du-proces-de-la-keufmobile-brulee

    @Ad Nauseam - Les gens sont venus nombreux devant la 14e chambre au TGI, avant même l’heure prévue pour l’audience. Les journalistes aussi. Ils tirent d’abord le portrait à ceux qui s’y prêtent, puis ils mitraillent et filment sans retenue quand les personnes convoquées sont appelées à entrer les premières dans la (...)

    #Non_Fides / #Mediarezo


  • #EnMarcheVersLeFN : A propos de la casse systématique du droit du travail, et plus généralement des acquis sociaux, par #Emmanuel_Macron et son gouvernement : les trois premiers mois, jusqu’au 13 août 2017

    La délocalisation de Whirlpool Amiens vue par les ouvriers polonais de Lodz
    France 3, le 29 avril 2017
    https://seenthis.net/messages/626637

    Macron met sur les rails une loi El Khomri taille XXL pour l’été
    Sébastien Crépel, Pierric Marissal et Cécile Rousseau, L’Humanité, le 9 mai 2017
    https://seenthis.net/messages/597922

    Quelles seront les premières attaques de Macron ?
    Ben Malacki, 19h17, le 9 mai 2017
    https://seenthis.net/messages/599118

    Des ordonnances pour la réforme du #Code_du_travail
    The Conversation, le 28 mai 2017
    https://seenthis.net/messages/604269

    Code du #travail : les #ordonnances adoptées le 20 septembre
    La Dépêche, le 1er juin 2017
    https://seenthis.net/messages/603301

    Code du travail, chômage, #Retraites : ces réformes prêtes à êtres dégainées après les élections législatives
    Thomas Clerget, Basta, le 1er juin 2017
    https://seenthis.net/messages/603132

    Réforme du travail : les 8 points clés du plan Macron
    Catherine Gasté, Le Parisien, le 5 juin 2017
    https://seenthis.net/messages/604250

    Décryptage détaillé des 8 ordonnances que Macron ne voulait pas dévoiler
    #CGT, le 5 juin 2017
    https://seenthis.net/messages/604334

    Site loitravail.lol
    https://seenthis.net/messages/604357

    Ordonnances : La loi travail II s’annonce pire que prévu
    Malika Butzbach, Politis, le 5 juin 2017
    https://seenthis.net/messages/604412

    Projet de réforme du droit du travail : le gouvernement temporise mais l’inquiétude demeure
    L’Humanité, le 5 juin 2017
    https://seenthis.net/messages/604412

    Raisons d’agir
    Denis Collin, La Sociale, le 5 juin 2017
    https://seenthis.net/messages/604436

    La future loi travail va-t-elle aggraver le risque de catastrophes industrielles majeures ?
    Nolwenn Weiler, Basta, le 6 juin 2017
    https://seenthis.net/messages/604504

    CSG : Macron et la CFDT continuent la contre-révolution rocardienne
    Bernard Friot, Politis, le 7 juin 2017
    https://seenthis.net/messages/605936

    TTF, taxe sur les salaires, bonus... La France dévoile son tapis rouge aux financiers
    Agefi.fr, le 7 juin 2017
    https://seenthis.net/messages/614109

    Réforme du code du travail : le flou pourrait bien cacher des loups...
    La Tribune, le 8 juin 2017
    https://seenthis.net/messages/605174

    Au détour d’une phrase… : Macron et la refonte du système de protection sociale
    Lutzel, Médiapart, le 9 juin 2017
    https://seenthis.net/messages/605938

    Réforme du code du travail : vers un recul généralisé des droits des #salariés
    Réformer aujourd’hui, le 11 juin 2017
    https://seenthis.net/messages/605981

    Sites Seveso en France : la future loi travail va-t-elle aggraver le risque de catastrophes industrielles majeures ?
    Nolwenn Weiler, L’Observatoire des Multinationales, le 12 juin 2017
    https://seenthis.net/messages/606233

    La menace à long terme pour l’Europe n’est pas le Pen, c’est le capitalisme
    Conn Hallinan, Foreign Policy In Focus, le 13 juin 2017
    https://seenthis.net/messages/611670

    Situation
    #Frédéric_Lordon, Lundi Matin, le 13 juin 2017
    https://seenthis.net/messages/619566

    Réforme du marché du travail : les entreprises aussi seront perdantes
    David Cayla, L’Arène Nue, le 14 juin 2017
    https://seenthis.net/messages/606770

    La France va-t-elle suivre le modèle allemand et transformer ses chômeurs en travailleurs pauvres ?
    Rachel Knaebel, Basta, le 20 juin 2017
    https://seenthis.net/messages/608306

    La fortune des 500 Français les plus riches multipliée par sept en 20 ans
    Aubin Laratte, Le Parisien, le 27 juin 2017
    https://seenthis.net/messages/632811

    CDI cassé, licenciements facilités, droits syndicaux rognés : des avocats expliquent les projets du gouvernement
    Basta, le 28 juin 2017
    https://seenthis.net/messages/610756

    Une loi musclée sur le logement en préparation
    Cyrille Lachèvre, L’Opinion, le 29 Juin 2017
    https://seenthis.net/messages/611322

    La simplification de la carte des départements sera lancée en juillet
    Matthieu Quiret, Les Echos, le 29 Juin 2017
    https://seenthis.net/messages/612134

    Décryptage : les détails de la loi travail XXL et des ordonnances
    CGT, le 30 juin 2017
    https://seenthis.net/messages/614433

    “Le Parlement est à la botte de Macron qui va mettre en place la purge sociale exigée par l’UE” : entretien avec Frédéric Farah
    Vincent Ortiz, Le Vent Se Lève, le 3 juillet 2017
    https://seenthis.net/messages/612436

    Discours d’Emmanuel Macron à Versailles : les trois annonces à retenir
    L’Internaute, le 3 juillet 2017
    https://seenthis.net/messages/612258 (et discussions)

    CICE, ISF, "flat tax"... Philippe étale les réformes sur deux ans, au moins
    Jean-Christophe Chanut, La Tribune, le 4 juillet 2017
    https://seenthis.net/messages/612776

    Macron s’exprime devant le parlement à Versailles
    Alexandre Lantier, World Socialist Web Site, le 4 juillet 2017
    https://seenthis.net/messages/613068

    Etat d’urgence : les sénateurs restaurent l’interdiction de séjour
    Caisse des Depots, le 5 juillet 2017
    https://seenthis.net/messages/612971

    Logement : Emmanuel Macron veut créer un bail à durée limitée pour les travailleurs précaires
    20 Minutes, le 5 juillet 2017
    https://seenthis.net/messages/613017

    Edouard Philippe veut s’en prendre aux aides au logement
    Hugo Baudino, La Tribune, le 5 juillet 2017
    https://seenthis.net/messages/613027

    Loiret : l’Etat met fin au dispositif d’aide aux femmes battues, faute d’argent
    Le Parisien, le 6 juillet 2017
    https://seenthis.net/messages/624195

    Les sulfureuses privatisations d’Emmanuel Macron
    Laurent Mauduit, Médiapart, le 7 juillet 2017
    https://seenthis.net/messages/613400

    France. Trois mois d’été pour détruire le code du travail, et les six mois qui suivent pour tout le reste ?
    Union syndicale #Solidaires, Alencontre, le 10 juillet 2017
    https://seenthis.net/messages/613908

    Perturbateurs endocriniens : Nicolas Hulot s’incline devant la commission européenne
    Réformer Aujourd’hui, le 10 juillet 2017
    https://seenthis.net/messages/613911

    Avec Macron, 3 milliards d’impôts en moins... pour les 3.000 foyers les plus riches !
    Emmanuel Lévy, Marianne, le 11 juillet 2017
    https://seenthis.net/messages/614741

    À nos ami·e·s qui pensent qu’Emmanuel Macron n’est pas le président des banques et de la finance
    #Attac_France, le 12 juillet 2017
    https://seenthis.net/messages/614493

    Qu’attendre d’un gouvernement qui vient d’inventer la « dissuasion migratoire » ?
    #LDH, le 13 juillet 2017
    https://seenthis.net/messages/614615

    Réforme du code du travail : cachez cette pénibilité que je ne saurais voir
    Maëlle Gélin, Le Vent Se Lève, le 13 juillet 2017
    https://seenthis.net/messages/614792

    Un plan sévère d’économies de 331 millions d’euros pour l’enseignement supérieur et la recherche
    Camille Stromboni, Le Monde, le 13 juillet 2017
    https://seenthis.net/messages/614933

    (rappel : "Je sanctuariserai le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche" http://www.scoopnest.com/fr/user/EmmanuelMacron/852916097540120576 )

    Plutôt que d’insister sur la préservation des acquis, nous devons proposer un projet nouveau
    Aurélie Trouvé, Reporterre, le 15 juillet 2017
    https://seenthis.net/messages/614937

    RÉFORME DES IMPÔTS : MACRON PRÉSIDENT DES ULTRA RICHES
    #Osons_Causer, Youtube, le 19 juillet 2017
    https://seenthis.net/messages/616581

    La dangereuse contre-révolution fiscale de Macron
    Laurent Mauduit, Médiapart, le 19 juillet 2017 (#paywall)
    https://seenthis.net/messages/616608

    Silence, on maltraite les droits des femmes
    Isabelle Germain, Les Nouvelles News, le 20 juillet 2017
    https://seenthis.net/messages/616291

    Pour financer la baisse d’impôt des riches, Macron ralentit la marche vers l’égalité femmes-hommes
    Laura Slimani, Huffington Post, le 20 juillet 2017
    https://seenthis.net/messages/620180

    « C’est au sommet du pouvoir d’État que réside le problème majeur »
    Jean-Philippe Foegle, Slate, le 21 juillet 2017
    https://seenthis.net/messages/618863

    Logement : vive polémique sur la baisse de 5 euros des APL à la rentrée
    La Tribune, le 23 juillet 2017
    https://seenthis.net/messages/617219

    Macron annonce la réduction de l’aide au logement dès octobre
    Kumaran Ira, World Socialist Web Site, le 24 juillet 2017
    https://seenthis.net/messages/617187

    Augmentation des loyers et des expulsions, baisse des aides au logement
    Ivan du Roy, Basta, le 24 juillet 2017
    https://seenthis.net/messages/617300

    Macron annonce une escalade des attaques contre les immigrants en France
    Athiyan Silva, World Socialist Web Site, le 26 juillet 2017
    https://seenthis.net/messages/617764

    Fin d’une illusion…
    Denis Sieffert, Politis, le 26 juillet 2017
    https://seenthis.net/messages/618356

    Le gouvernement signe un énorme coup d’arrêt au développement de l’agriculture bio
    Pauline Petit, Conso Globe, le 28 juillet 2017
    https://seenthis.net/messages/618670

    Coupe budgétaire sur les contrats de ville
    Ville et Banlieue, le 29 juillet 2017
    https://seenthis.net/messages/628314

    Projet de loi antiterroriste : « En Marche » vers la discorde
    Emmanuel Daoud, Médiapart le 1er août 2017
    https://seenthis.net/messages/620791

    Le gouvernement supprime 300 millions d’euros de dotations aux collectivités en 2017
    Le Monde, le 2 août 2017
    https://seenthis.net/messages/619567

    Dépenses publiques. Douche froide pour les communes et les départements
    Olivier Morin, L’Humanité, le 3 août, 2017
    https://seenthis.net/messages/620250

    Loi travail : les concessions en catimini de LREM à la droite
    Hervé Nathan, Marianne, le 3 août 2017
    https://seenthis.net/messages/621397

    La baisse des APL et le visage hideux
    Marwen Belkaid, le 4 août 2017
    https://seenthis.net/messages/620256

    Collomb veut « distinguer le droit d’asile des autres motifs de migration »
    Le Monde, le 6 août 2017
    https://seenthis.net/messages/620586

    #Amazon. Bienvenue dans un monde merveilleux comme le prépare Macron
    Ludovic Finez, L’Humanité, le 6 août 2017
    https://seenthis.net/messages/621394

    #Gérald_Darmanin : le bourreau bourrin de la République !
    Ugo Bernalicis, le 6 août 2017
    https://seenthis.net/messages/621398

    Sénatoriales : le cynisme macroniste pour mettre en pièces les collectivités
    Francois Cocq, le 7 août 2017
    https://seenthis.net/messages/621399

    Retraites «  On transforme des ayants droit en une armée d’assistés  »
    Pierric Marissal, L’Humanité, le 9 août 2017
    https://seenthis.net/messages/621213

    Assurance-chômage. Les zones d’ombre de la réforme de Macron
    Cécile Rousseau, L’Humanité, le 10 août, 2017
    https://seenthis.net/messages/622399

    Éducation. Pas de rentrée sans contrats aidés
    Adrien Rouchaleou, L’Humanité, le 11 août, 2017
    https://seenthis.net/messages/623429

    Macron : Gel des Contrats aidés
    Le Fil d’Actu, Youtube, le 13 août 2017
    https://seenthis.net/messages/622785

    Je vais peut-être m’arrêter là, la liste étant déjà longue, ça fera le bilan des trois premiers mois de casse systématique des acquis sociaux par le #gouvernement_Macron...

    #recension



  • Frédéric Lordon au Chiapas

    Jérôme Baschet

    http://lavoiedujaguar.net/Frederic-Lordon-au-Chiapas

    L’élaboration sophistiquée que Frédéric Lordon engage sous la bannière du spinozisme se situe sur un plan résolument abstrait, écartant presque toute analyse historique spécifique, pour s’en tenir à une saisie des implications politiques des configurations passionnelles caractéristiques d’une « nature humaine » (heureusement en partie modifiable). Dans ce contexte de haute abstraction, l’expérience zapatiste fait partie des rares ancrages concrets auxquels quelques pages sont consacrées, avec sans doute pour intention de prendre à contre-pied ses sympathisants : « Le Chiapas [on supposera que le terme désigne la lutte zapatiste, à laquelle la géopolitique chiapanèque ne se réduit pas, ndla] présente les attributs… d’une structure étatique » ; il est « une nation ». On pourrait s’amuser d’un discours qui, élaboré si loin de son objet, ne craint pas, pour autant, d’asséner des sentences définitives. Mais on préférera prendre ces quelques paragraphes comme un hommage (ironique, mais qu’importe !) adressé à une expérience qui constitue l’un des rares points d’appui potentiels accordés à l’adversaire désigné d’Imperium. (...)

    #Frédéric_Lordon #Imperium #zapatisme #nation #Etat #autonomie


  • Frédéric Lordon, la concurrence des souverainistes
    https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/frederic-lordon-la-concurrence-des-souverainistes

    Quel souverainisme à gauche ?

    En direct du salon du livre : à l’occasion de la Journée spéciale économie Frédéric Lordon, économiste, est directeur de recherche en sociologie économique ...

    https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/12360-24.03.2017-ITEMA_21269878-1.mp3


    Suite à une question d’Antoine Mercier au sujet de Macron, réponse de Lordon :

    La stratégie européenne ne peut pas aller jusqu’au bout de la démolition des souverainetés et donc elle est mixte : elle consiste en démanteler les souverainetés là où elles existent autant qu’on peut et conquérir les débris, occuper les gravats.
    De ce point de vue, Macron c’est l’homme idéal. C’est parfait.
    Vous avez le vide de souveraineté au niveau européen et puis vous avez l’Homme du capital qui occupe les débris. C’est la combinaison parfaite ...


  • « Critique radicale du concept, formulé par #Frédéric_Lordon, d’ "Etat général" », par Benoit Bohy-Bunel -

    A propos d’Imperium. Structure et affects des corps politiques

    http://www.palim-psao.fr/2016/11/critique-radicale-du-concept-formule-par-frederic-lordon-d-etat-general-p

    Je ne sais pas combien d’exemplaires ont été imprimé d’impérium ?
    En lisant la critique de palim-psao je repense au livre de Saskia Sassen
    " Critique de l’état " paru en 2006 édité par Demopolis et le monde diplomatique.
    Qu’est-ce que l’État ?

    La définition classique d’une « organisation délimitée par des frontières territoriales à l’intérieur desquelles les lois s’appliquent et des institutions exercent l’autorité » est caduque. Les entreprises internationales opèrent localement sur chaque territoire de façon globale. Le marché financier mondial échappe à l’autorité des États. Le contrôle des migrants et la redéfinition des droits et devoirs des citoyens sont devenus des enjeux politiques majeurs.
    Territoire, Autorité et Droits constituent une nouvelle grille d’analyse des métamorphoses de l’État. Point de rencontre de l’histoire, de la géographie, de l’économie politique et de la sociologie, voici la première critique de l’État de l’époque médiévale à nos jours.

    EPUISE cet ouvrage est épuisé rupture de stock une nouvelle édition est prévue

    #Saskia_Sassen est professeur à l’université Columbia. Elle a étudié la philosophie, les sciences politiques, l’économie et la sociologie. Elle a créé le concept de ville globale. Ce livre est la synthèse de trente années de recherche sur les migrants, la globalisation et l’Etat.


  • Lordon, altercapitalisme keynésien, national-étatisme, spinozisme | Sortir du capitalisme
    http://sortirducapitalisme.fr/159-lordon-altercapitalisme-keynesien-national-etatisme-spinozis

    Une émission d’analyse critique des théories de Lordon, avec, après une courte présentation de l’émission, une première partie de critique de l’altercapitalisme keynésien (qu’il incarne avec d’autres économistes atterrés - ou atterrants) et leurs analyses tronquées du capitalisme depuis 40 ans (1e partie – 1h40), une deuxième partie de critique de son national-étatisme au travers d’une critique rigoureuse d’Imperium (50 minutes), et une troisième partie de critique de Capitalisme, désir et servitude et sa lecture de Spinoza (25 minutes) – avec Benoît (théoricien critique, militant d’Alternative Libertaire, professeur de philosophie). Durée : 3h05. Source : Radio (...)

    http://sortirducapitalisme.fr/media/com_podcastmanager/lordoncomplete.mp3


  • Contre Frédéric Lordon. Analyse critique d’une position spinoziste, altercapitaliste keynésienne et nationale-étatiste [Emission « Sortir du capitalisme » du 12 sept. 2016]
    http://www.palim-psao.fr/2016/09/contre-frederic-lordon-analyse-critique-d-une-position-spinoziste-alterca

    Une émission d’analyse critique des théories de Frédéric Lordon, avec, après une courte présentation de l’émission, une première partie qui abordera l’altercapitalisme keynésien qu’incarne Lordon à côté d’autres économistes atterés - ou atterrants - et les analyses tronquées du capitalisme depuis 40 ans qui sont sous-jacentes à un tel point de vue (1ème partie – durée : 1h40). Dans une deuxième partie est abordé de manière critique le national-étatisme de Lordon au travers d’une critique rigoureuse de son ouvrage Imperium. Structures et affects des corps politiques en 2015 (durée : 50 minutes). Au travers enfin d’une troisième partie, on critiquera son ouvrage Capitalisme, désir et servitude. Marx et Spinoza paru en 2010 et tout particulièrement sa lecture de Spinoza (durée : 25 minutes) – avec Benoît Bohy-Bunel (théoricien critique, professeur de philosophie).

    PS : Il ne s’agit pas d’une critique ad hominem, mais plutôt des idées qu’entres autres Lordon véhicule.

    L’émission est divisée en trois axes :

    – Critique de l’altercapitalisme keynésien

    – Analyse critique du national-étatisme de Lordon

    – Critique du spinozisme de Lordon

    Émission complète
    http://sortirducapitalisme.fr/media/com_podcastmanager/lordoncomplete.mp3

    Première partie - Présentation de l’émission, analyse critique de l’altercapitalisme keynésien (1h40)
    http://sortirducapitalisme.fr/media/com_podcastmanager/lordon1.mp3

    Deuxième partie - Analyse critique du national-étatisme de Lordon (0h50)
    http://sortirducapitalisme.fr/media/com_podcastmanager/lordon2.mp3

    Troisième partie - Analyse critique du spinozisme de Lordon (0h20)
    http://sortirducapitalisme.fr/media/com_podcastmanager/lordon3.mp3

    #audio #radio #radio_libertaire #sortir_du_capitalisme #théorie_critique #Frédéric_Lordon #capitalisme #altercapitalisme #Marx #Spinoza #keynésianisme #wertkritik #critique_de_la_valeur #économie #philosophie

    cc @reka hihi :D


  • Commentaires sur le livre de #Frédéric_Lordon : Imperium, Structures et affects des corps politiques
    Suivi de commentaires de #René_Berthier aux objections parues sur Médiapart.

    Frédéric Lordon est une « icône intellectuelle du moment », le « prince de la vie connectée », un « rebelle médiatique » pour ceux qui ne l’aiment pas. Lui-même se décrit comme un économiste « hétérodoxe ». Il veut rapprocher la science économique de la sociologie. Spinoza, le philosophe du XVIIe siècle, lui sert de fil conducteur, ou de grille de lecture, dans ses travaux.
    Le moins qu’on puisse dire est que son dernier ouvrage est dense – un peu trop dense, peut-être, car on en saisit mal le fil conducteur. C’est pourquoi je n’aborderai dans ce commentaire de lecture que quelques aspects des développements de l’auteur, au risque de ne rendre compte que de manière extrêmement partielle de son ouvrage. Dans la mesure où Lordon évoque souvent la « pensée libertaire » – d’une manière singulièrement fragmentaire et déformée – les lecteurs du #Monde_Libertaire ne s’étonneront pas que je m’attarde un peu sur cet aspect de l’ouvrage.
    Ce sont des forces passionnelles collectives qui conduisent les hommes à s’assembler – ce que Frédéric Lordon définit par « imperium », « ce droit que définit la puissance de la multitude ». Lordon remet en cause l’internationalisme, s’en prend à l’« horizontalité », au dépérissement de l’Etat. Il pense que nous sommes condamnés à la « verticalité » et que le pouvoir est voué à être « capté », mais il précise que ce n’est pas une raison pour abandonner le combat pour l’émancipation. Une chose est certaine : Imperium ne servira pas d’ouvrage de référence pour les masses populaires en marche vers leur émancipation, à moins de trouver pour ce livre extrêmement obscur un très bon traducteur.

    http://monde-nouveau.net/IMG/pdf/lordon_bonne_version_05-06-2016.pdf
    http://monde-nouveau.net/spip.php?article616


  • Ce que l’on apprend sur les Communs en lisant Frédéric Lordon – – S.I.Lex –
    https://scinfolex.com/2016/06/28/ce-que-lon-apprend-sur-les-communs-en-lisant-frederic-lordon

    via @rezo

    Jusqu’à présent, j’avais des idées relativement vagues à propos des thèses de #Frédéric_Lordon, essentiellement tirées de l’excellente vidéo qu’#Usul lui a consacré dans sa série « Mes chers contemporains ».

    Maintenant que je suis passé à travers ce livre (péniblement d’abord, passionnément ensuite), je me rends compte que même si ce n’est pas – à première vue – son sujet direct, Lordon y développe des éléments théoriques extrêmement puissants et intéressants pour reprendre la question des Communs, que j’aborde souvent sur ce blog.




  • #lordon’s Calling
    https://coutoentrelesdents.noblogs.org/post/2016/04/23/lordons-calling

    Dans son essai sur l’État, #imperium. Structures et affects des corps politiques (éditions La Fabrique, septembre 2015), Frédéric Lordon affirme que « la seule force est celle du vertical » et que« le bout de l’émancipation vraie est loin » et « même inatteignable », avant … Continue reading →

    #LIVRES #LUTTES #cqfd #critique #frederic #frederic_lordon #garcia #pensée_critique #renaud_garcia



  • AG et commissions : les Nuits debout parlent aussi organisation
    https://www.mediapart.fr/journal/france/150416/ag-et-commissions-les-nuits-debout-parlent-aussi-organisation

    L’assemblée générale du mardi 5 avril 2016, #place_de_la_République à Paris. © T. A. Au cœur du mouvement, assemblées générales et commissions variées donnent la pulsation. Entre débats nocturnes et actions collatérales, l’horizontalité – de l’organisation, de la prise de décision – voit peu à peu s’élever face à elle la verticalité – indispensable à l’efficacité selon certains.

    #France #David_Graeber #Frédéric_Lordon #Nuit_debout #social


  • AG et commissions : les #Nuit_debout parlent aussi organisation
    https://www.mediapart.fr/journal/france/150416/ag-et-commissions-les-nuit-debout-parlent-aussi-organisation

    L’assemblée générale du mardi 5 avril 2016, #place_de_la_République à Paris. © T. A. Au cœur d’un mouvement qui avance en marchant, assemblées générales et commissions variées donnent la pulsation. Entre débats nocturnes et actions collatérales, l’horizontalité – de l’organisation, de la prise de décision – voit peu à peu s’élever face à elle la verticalité – indispensable à l’efficacité selon certains.

    #France #David_Graeber #Frédéric_Lordon #social