• Covid-19 : en Moselle, renforcement des mesures sanitaires à la frontière avec l’Allemagne
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/02/25/la-france-renforce-en-moselle-les-mesures-sanitaires-a-la-frontiere-avec-l-a

    Le gouvernement a annoncé, jeudi 25 février, un renforcement des mesures sanitaires à la frontière franco-allemande dans le département de la Moselle, un des plus touchés par l’épidémie de Covid-19.La France va demander des tests PCR négatifs de moins de soixante-douze heures à compter de lundi prochain pour les déplacements non professionnels de frontaliers entre l’Allemagne et le département de la Moselle. Un test PCR négatif est déjà demandé pour toute entrée en France en provenance de pays de l’Union européenne pour les voyageurs autres que les transfrontaliers.« La dérogation de l’obligation de présentation d’un test PCR de moins de soixante-douze heures à l’entrée sur le territoire national sera limitée aux seules activités professionnelles, ont annoncé le ministre de la santé, Olivier Véran, et le secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Clément Beaune, dans un communiqué commun. Les frontaliers qui se déplacent pour des motifs autres que professionnels devront donc présenter un test PCR négatif à la frontière. »
    La situation dans la lutte contre le Covid-19 « se dégrade » et « est très préoccupante dans une dizaine de départements », a déclaré mercredi le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, à l’issue du conseil des ministres. La veille, la France et l’Allemagne avaient dit discuter de l’élaboration d’un protocole sanitaire qui permette d’éviter une fermeture totale de la frontière franco-allemande.Pour les travailleurs transfrontaliers, des tests hebdomadaires seront mis en place à la frontière, poursuivent-ils sans autre précision. Ils sont également invités à recourir plus au télétravail. « Des patrouilles conjointes de la police française et allemande pourraient être renforcées dans le territoire afin d’assurer l’effectivité de ces mesures », est-il encore précisé. « Ces mesures viennent compléter l’arsenal déployé par les autorités sur le territoire mosellan », notamment le renforcement des capacités de tests et l’accélération de la campagne de vaccination, relèvent les deux ministres.

    #Covid-19#migrant#migration#france#allemagne#moselle#sante#restrictionsanitaire#frontiere#travailleurtransfrontalier

  • Passeport vaccinal, « QR codes »… Emmanuel Macron réfléchit à une manière de « vivre avec » le Covid-19
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/02/25/mis-sous-pression-par-les-variants-emmanuel-macron-reflechit-a-la-maniere-de

    Mais Emmanuel Macron veut aussi penser à « l’après ». Lors d’un conseil de défense sanitaire, mercredi, le président de la République a demandé à ses troupes d’imaginer les outils qui permettraient aux Français de revivre – quasi – normalement dans les mois et les années à venir, quand bien même le coronavirus rôderait toujours. Un an après l’apparition du SARS-CoV-2 en France, la lassitude de la population est telle que des mesures qui apparaissaient, hier, comme choquantes ou liberticides pourraient devenir acceptables, estime-t-on au sommet de l’Etat.Il en est ainsi de l’utilisation de données personnelles permettant de tracer les citoyens et de remonter les éventuelles filières de contamination. Mais aussi du passeport vaccinal certifiant une immunité acquise contre le Covid-19, que les Français brandiraient pour pouvoir traverser les frontières mais aussi, pourquoi pas, fréquenter salles de sport, musées, cinémas ou restaurants.
    Emmanuel Macron, qui a promis de ne pas rendre la vaccination obligatoire, manie cet objet avec précaution. Fin décembre 2020, la présentation en conseil des ministres d’un projet de loi sur les urgences sanitaires conditionnant l’exercice de certaines activités à la présentation d’un test de dépistage ou « au suivi d’un traitement préventif, y compris à l’administration d’un vaccin », avait suscité un concert de désapprobations.
    Le texte avait alors été remisé dans un tiroir, dont il ne ressortira pas « avant la sortie de la crise », a promis Olivier Véran. Mais « on nous reprocherait de ne pas regarder le sujet », indique-t-on dans l’entourage de Jean Castex. « Pour le moment, on observe ça de loin. Il nous manque des réponses : le vaccin permettra-t-il d’éviter les contaminations ? Quelle sera la durée de l’immunité obtenue ? Et puis, il faut évidemment que le débat soit concomitant avec la possibilité d’avoir accès au vaccin pour tous. Mais l’idée s’imposera », juge-t-on à Matignon. Un passeport est déjà en vigueur en Israël, note un conseiller, et la population, massivement vaccinée, a pu y reprendre sa vie « d’avant ». Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a donc lancé, mi-février, une consultation en ligne sur le sujet. Pour l’heure, 57 % des Français sont opposés à ce qu’un tel passeport conditionne l’accès à un restaurant ou à une salle de sport, selon un sondage Odoxa publié le 18 février. Mais 59 % s’y montrent favorables en ce qui concerne l’accès au territoire national.

    #Covid-19#migrant#migration#sante#france#israel#passeportvaccinal#vaccination#frontiere#circulation

  • De la #paperasse à la #numérasse

    Chronique d’une ex-signeuse de documents en milieu universitaire, en commentaire de l’intervention de Gilles Babinet sur #PerriScope, la quotidienne @LCI sur l’actualité économique & sociale

    Le #numérique permet de libérer du temps en évitant la paperasse… il y a beaucoup à dire là-dessus. Je vais parler uniquement de ce que je connais très bien, de l’intérieur : l’administration universitaire. En 20 ans de responsabilités diverses qui impliquent des tâches d’administration, j’ai effectivement vu disparaître une grande quantité de « paperasse ». Mais uniquement au sens propre du terme : le #papier. Il y a d’ailleurs encore de la marge avant d’avoir éliminé le papier complètement. Mais la disparition de cette paperasse s’est accompagnée de l’apparition d’une non moins grande quantité de ce qu’on pourrait appeler « numérasse » (ou « #digitalasse » pour ceux qui persistent à dire « digital » au lieu de « numérique »). La numérasse peut prendre des formes diverses. La forme #excel + #mail est la plus virulente, mais la forme « #application dédiée, vous allez voir c’est pratique il y a juste à cliquer » fait également partie du paysage.

    Documents papier, #documents_numériques

    Prenons l’exemple d’une directrice de structure universitaire impliquant d’avoir à signer un certain nombre de documents, la plupart du temps par délégation de signature des tutelles de la dite structure.

    La paperasse, c’est prendre 10 minutes dans la journée pour aller physiquement au secrétariat signer des choses variées préparées soigneusement par des personnels dont c’est le métier, rassemblées dans un parapheur, avec de petites notes en post-it là où il y a quelque chose d’important à regarder avant de signer. On profite du voyage pour dire bonjour, parler du temps qu’il fait ou des projets du prochain week-end, et régler en deux mots des questions importantes pour la structure, qui autrement auraient nécessité un coup de téléphone ou un mail. Ensuite on peut se consacrer au reste de ses activités, enseignement ou recherche, l’esprit libre, sans se soucier d’avoir oublié de valider quelque chose d’important ou urgent, grâce à la confiance qu’on a dans les personnels compétents.

    La numérasse, c’est jongler entre des clics réguliers dans les bonnes applications, des mails asynchrones de demande de validation dans d’autres applications, des cases à cocher dans des fichiers excel reçus par mail et à renvoyer, etc. Il faut une discipline de fer pour ne pas se disperser complètement en essayant de suivre le rythme, tout en ne risquant pas d’oublier un clic important. Les applications dédiées ont des interfaces toutes plus imaginatives les unes que les autres, on s’y connecte avec ses identifiant/mot de passe de l’université X, ou de l’université Y, ou du CNRS, ou avec un compte dédié de l’application. Il peut s’agir d’ordres de mission, de validation des plannings de congés, d’avis sur des demandes de formation, de validation de devis avant commandes, de feuilles de temps des projets européens (une application par tutelle), de contrats de travail, d’avis sur des dépôts de projet ou des cumuls d’activités, de conventions de stages, de certification des commandes, … Parfois, même avec de l’habitude, on doit demander à une personne compétente ce que signifie la chose à valider (coucou l’interface Geslab pour la certification des commandes). Quand on a bien cliqué dans toutes ces applications au doux nom poétique de Hamac, Safia, Tempo, Agate, Sirhus, SAM, Sinchro, Geslab, etc., on peut parcourir ses mails pour ne pas oublier un fichier excel à renvoyer d’urgence en ayant rempli une ligne. Le pompon revient au #fichier_excel utilisé comme #formulaire, avec des cases fusionnées à remplir par un paragraphe de texte un peu long.

    Il est utopique de penser que tout cela puisse faire gagner du temps à la personne qui signe en bout de chaîne. Dans le contexte que je décris ici, cela a simplement servi à embaucher moins de personnels administratifs, en faisant faire une partie de leur travail, beaucoup moins bien, par les chercheurs et enseignants-chercheurs. Alors j’espère vraiment que quelqu’un, quelque part, a effectivement gagné du temps. Parce que moi non.

    Interdire Excel

    Ce qui ferait vraiment gagner du temps à tout le monde, c’est l’interdiction d’excel. Et ce n’est pas une boutade. Cet outil est un accélérateur phénoménal de questionnaire bureaucratique inexploitable car préformaté, et donc rempli, n’importe comment. Toute personne ayant vu de près les fichiers excel HCERES à 6 ou 7 onglets saura de quoi je parle. Le délire de la mise en chiffres couplé à la méconnaissance des fonctionnalités d’excel produit ce qu’on pourrait presque considérer comme des performances artistiques.

    Je veux bien croire que dans d’autres domaines de l’administration (que je ne connais pas de l’intérieur) le numérique soit tout rose et fasse gagner un temps précieux à au moins une personne. Mais il subsiste un doute. La #bureaucratie ne disparaît pas miraculeusement par l’intervention divine du numérique. Tout au contraire, tout se passe comme si la fluidité tant vantée du numérique supprimait tout frein naturel à la croissance incontrôlée de la bureaucratie.

    Et pour finir j’espère ne pas avoir donné à quelqu’un l’idée d’une startup pour développer un outil à base d’IA qui rassemblerait toutes les applications et les mails, pour finalement remplacer le parapheur. Le #parapheur est une très belle invention d’interface humain/humain, tout à fait lowtech, qu’il serait désolant d’abandonner.

    https://academia.hypotheses.org/31293
    #administration #administration_universitaire #université #facs #France

  • Lettre à Frédérique Vidal

    Madame Vidal,

    Vous vous souvenez de moi, l’enseignante-chercheure exilée que vous aviez accueillie, dans le cadre du Programme PAUSE, à l’Université Côte d’Azur, quand vous étiez sa présidente. Mais nous nous sommes rencontrées la première fois, le 30 septembre 2019, dans le cadre de la conférence de presse du Programme PAUSE (Programme national d’Aide à l’Accueil en Urgence des Scientifiques en Exil). En tant que ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, vous souteniez ce programme. Je pense que vous le soutenez encore. Tant mieux : vous soutenez les enseignant.es-chercheur.es qui ont fui la répression politique dans leur pays et qui ont besoin d’un espace de liberté pour continuer à poser des questions et à conduire leurs recherches.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/02/23/lettre-a-frederique-vidal

    #france #recherche #politique

  • « Je n’avais pas prévu de recommencer à remplir le frigo » : les super-parents déclassés par le retour de leurs enfants prodigues
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2021/02/22/je-n-avais-pas-prevu-de-recommencer-a-remplir-le-frigo-les-super-parents-dec

    Jusque-là, ils avaient été de vrais éleveurs de champions. Bienveillants et exigeants comme il faut, ils n’avaient manqué aucune réunion de parents d’élèves, avaient choisi les bons séjours linguistiques, les bons programmes d’échanges, étaient devenus experts en dossiers d’orientation et concours. Les premiers de la classe ont beaucoup changé, observent Monique Dagnaud et Jean-Laurent Cassely dans leur livre Génération surdiplômée (Odile Jacob, 304 p., 22,90 €).A l’heure de la parentocratie, il faut aider ses enfants à se construire un itinéraire éducatif, « un humus favorable à la floraison du talent, une superbe “uniqueness”… » Ils s’attardent sur « la consécration de l’étudiant globe-trotter à partir des années 1990 sous les effets conjugués de la globalisation et de la montée du capitalisme numérique ». Le séjour à l’étranger est devenu un outil de positionnement des grandes écoles.Mais pour ces super-parents, le Covid-19 met la pagaille dans des parcours qui se dessinaient si bien. Leurs enfants ont décroché des places dans les meilleures grandes écoles, dans des universités internationales. Les géniteurs n’avaient pourtant pas prévu qu’ils paieraient 1 000 à 2 500 euros par mois pour avoir leurs gamins sur Zoom dans le salon. Ils n’imaginaient pas qu’ils les pousseraient à partir au bout du monde pour qu’ils restent dans leur chambre d’étudiant et s’aperçoivent, lors de leurs rares passages sur le campus, que les autres élèves étrangers ne sont pas là. Pendant le premier confinement, toute la famille avait trouvé très exotique de partager le même toit toute la journée. Depuis la rentrée, c’est moins drôle. Les parents voient leurs héritiers comparer la situation de leur ville (couvre-feu, confinement…) à celle de la capitale dans laquelle ils sont supposés étudier. Les enfants qui n’ont plus envie de vider le lave-vaisselle familial entre deux Zoom les ont convaincus de l’importance d’habiter dans leur ville étudiante, même si c’est pour être en visio, voire de la nécessité d’aller se faire des séminaires méthodologiques de travail avec des copains à la montagne ou à la mer.

    #Covid-19#migrant#migration#france#sante#etudiant#retour#famille#confinement

  • La foulerie, des avancées certaines au sortir de la grève

    Comme cela a été dit précédemment, les ouvriers de la Foulerie ont lancé un mouvement de grève le mardi 2 février pour protester principalement contre leur rémunération trop basse, mais aussi pour dénoncer les pratiques de gestion du personnel au sein de l’usine. Au soir du premier jour de grève, les dirigeants de l’entreprise semblaient fermés à tout dialogue, face à ce refus patronal, les ouvriers ont courageusement pris la décision de reconduire la grève le lendemain.

    Mercredi 3 février, après avoir relancé la direction, de nouvelles négociations ont eu lieu et à 16h ce jour-là, leur détermination s’est révélée payante : les ouvriers ont arraché un protocole de sortie du conflit qui comprenait des améliorations non négligeables pour les salariés de la Foulerie.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/02/22/la-foulerie-des-avancees-certaines-au-sortir-de-la-grev

    #grève #france

  • Lille : les fausses signatures aux municipales sont donc avérées vendredi 19 février 2021
    https://chez.renart.info/?Les-360-fausses-signatures-aux-municipales-sont-donc-averees

    Ce jeudi 18 février se tenait l’audience des 360 fausses signatures repérées sur les listes d’émargement des municipales 2020 à Lille. Martine Aubry l’avait remporté de 227 voix, sur 39 000 votants, face aux candidats des Verts et d’En Marche. Le rapporteur public a balayé un à un les griefs des deux listes perdantes, faisant valoir son « orthodoxie » : les preuves des fausses signatures ont été apportées après le délai de cinq jours. Mais alors... il reconnaît qu’il y a bien au moins 360 fausses signatures ! Ce que l’avocat de Martine Aubry ne conteste d’ailleurs pas.

    La quatrième ville de France sera-t-elle gouvernée par une équipe dont tout le monde reconnaît que l’élection est soupçonnée d’irrégularités ? Reprenons.

    Le premier tour des élections se tient quelques jours avant le confinement. Aubry, candidate sortante, Baly pour les Verts, et Spillebout pour En Marche, se qualifient pour le second tour, reporté de trois mois. Avec les bons scores des Verts aux élections précédentes et le foin autour de la friche Saint-Sauveur, Martine Aubry reverdit à la hâte bilan et programme. On rit des pancartes annonçant « Ici, bientôt un arbre. » Les élections se déroulent en dépit des mesures sanitaires, des restrictions de certaines libertés fondamentales, des centaines de Lillois en réanimation. La soirée électorale est palpitante. Les candidats comptent les bulletins au fur et à mesure de l’arrivée des urnes. La mairie crépite comme un PMU pendant le Grand Prix d’Amérique : Aubry derrière ; Aubry devant ; Baly qui recolle ; Baly qui semble se détacher ; oui, il se détache ; plus que quelques voix ; les écolos peinent à masquer leur joie ; mais la casaque rose n’a pas dit son dernier mot ; la voilà qui remonte, la bride lâchée, droite dans son couloir ; inexorablement ; et coiffe le Vert sur la ligne d’arrivée ! Les marbres de l’hôtel de ville résonnent d’un tonitruant « On les a niqués [1] ! »

    Bref. Comme le veut le code électoral, la contestation d’une élection doit se faire connaître dans les cinq jours, preuves à l’appui. Ce qui fait court pour une commune de 124 000 votants – n’importe quel observateur de l’ONU en conviendra. Les équipes de Baly et de Spillebout, bravant les restrictions d’accès liées aux mesures sanitaires, courent à la préfecture ausculter les listes d’émargement. Ils n’ont le temps que d’éplucher treize bureaux de vote mais photographient déjà 62 signatures différentes entre le premier et le second tour. Donc 62 votants imaginaires, possiblement en faveur d’Aubry, ce qui ne ferait plus que 165 voix d’écart. Les candidats malheureux continuent leur travail de comparaison tout l’été. Ils n’ont le temps que de scruter 70 bureaux de vote sur 130, mais détectent déjà plus de 360 signatures litigieuses. Soit, en extrapolant, et puisqu’aucun bureau de vote n’est clean, probablement plus de 500 cas en tout.

    A soupçon, soupçon et demi
    Comme le veut la procédure, un rapporteur public – un magistrat, quoi – lit les requêtes, analyse le litige, et livre sa conclusion (merci Wikipedia). « Il n’y a pas lieu d’annuler les élections », conclut-il, en prétextant le dépassement des délais. La presse répète alors, sans qu’on sache d’où vienne le chiffre, que dans pareille circonstance, le juge suit « à 90 % » les conclusions du rapporteur public. « Martine Aubry devrait garder son fauteuil », présume Libération. « Aubry en position de force », croit savoir La Voix du Nord. « Les voyants sont au vert pour Martine Aubry », jubile Médiacités. Les dés seraient jetés.

    Mais qu’importe l’issue du procès. L’information la plus importante, qui devrait faire bondir n’importe quel démocrate, demeure que le rapporteur public admet non seulement l’existence de 62 votes frauduleux, mais aussi les 360 fausses signatures déposées hors délais. Elles ne sont pas recevables, mais elles existent bel et bien. Ce qui est de nature à changer « radicalement » le résultat du scrutin, pour parler comme le Conseil d’État. Pas même l’avocat tout en manches de Martine Aubry ne conteste l’existence de ces voix imaginaires qui entachent pourtant la réélection de sa cliente. Il préfère orienter sa plaidoirie contre des candidats qui, en faisant fi des « règles de procédure », contribueraient au climat de « soupçon généralisé » qui pèse sur notre « vie démocratique ».

    Finalement, ce 18 février 2021 en la commune de Lille, toutes les parties en présence dans l’affaire dite des « 360 fausses signatures » admettent implicitement leur existence, et concluent que Mme Aubry puis sa remplaçante gouverneront pendant cinq ans avec des soupçons d’irrégularités. La « vie démocratique » de 124 000 électeurs est désormais entre les mains d’un juge, seul face à « son âme et conscience ». Délibéré sous quinze jours.

    Notes
    [1] La Voix du nord, 28 juin 2020.

    #triche #fraude #Lille #Aubry #martine_aubry #élections #france #politique #démocratie #manipulation #en_vedette #elections #élection
    #Baly #Spillebout

  • Covid : La Réunion face à l’afflux de patients mahorais – Libération
    https://www.liberation.fr/societe/sante/covid-la-reunion-face-a-lafflux-de-patients-mahorais-20210221_HWGERNB45RE

    Sur l’île, où le nombre de contaminations au virus ne cesse de croître, de plus en plus de patients arrivent de Mayotte. Face au risque de saturation en réanimation, certains d’entre eux devraient prochainement être transférés en métropole.

    #Covid-19#migrant#migration#france#reunion#metropole#sante#depistage#systemesante#circulationtherapeutique

  • « La #laïcité, concept à géométrie variable ? », par Marwan Muhammad – Face Caméra, 29 novembre 2021

    Éclairons un débat.

    Et remercions #Marwan_Muhammad, spécialisé en statistique et probabilités, mathématicien de formation, expert sur les questions de droits humains, de sécurité et de lutte contre le racisme et les discriminations, directeur de MyndSkills :
    https://www.youtube.com/watch?v=rovi5GpZxH0&feature=emb_logo

    En #droit, la laïcité est le « principe de séparation dans l’#État de la société civile et de la société religieuse » et « d’impartialité ou de neutralité de l’État à l’égard des confessions religieuses ».

    Marwan Muhammad, ancien directeur du CCIF, est passé devant nos caméras pour discuter du concept de la laïcité, de sa vision de la #France en 2020 et de son optimisme vis à vis du futur de ce pays.

    https://academia.hypotheses.org/31179

    ping @cede @isskein

  • La #convention de #mécénat de la licence #BNP de #PSL enfin dévoilée

    Le collectif PSL contre-attaque, formé à l’origine en opposition à l’ouverture du #diplôme « #Sciences_pour_un_monde_durable » en 20191, a obtenu la convention de mécénat liant l’université PSL (#Paris_Sciences_et_Lettres) et la banque #BNP_Paribas, dans le cadre du financement de cette formation niveau #licence.

    Depuis les débuts de cette formation sur le développement durable financée par la BNP Paribas, pollueur de renom, PSL clamait que la convention qui la liait à la BNP était un document confidentiel. La direction de PSL en avait même refusé l’accès aux élu·es du Conseil d’administration ! Après plusieurs demandes restées sans réponse, PSL contre-attaque a saisi la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA), qui nous a donné raison. PSL n’avait alors toujours pas communiqué la convention, et le collectif avait donc commencé un recours au tribunal administratif. Finalement, PSL nous a enfin envoyé la convention avec la BNP !

    Voici les éléments saillants de la convention ainsi que les doutes qui subsistent encore.

    • Le mépris du droit. PSL s’engage à être libre de « tout engagement qui l’empêcherait de signer le présent accord », au mépris de la loi qui prévoit que ce genre de document est public.

    • L’obsession de la #confidentialité. Sur les sept pages de la convention, une page complète est dédiée à la confidentialité. On comprend d’ailleurs mieux que PSL rechigne à fournir la convention quand on voit que la BNP se réserve le droit de résilier la convention, et de cesser le paiement en cas de divulgation de la convention !

    • La BNP Paribas ne s’engage à payer que de 2019 à 2024. Que deviendra la licence quand la source de financement s’arrêtera ? De plus, la convention est très peu contraignante pour la BNP, qui peut également rompre ses engagements sans gros dommages.

    • La clause de #protection_de_l’image de la BNP (article 7.3) : PSL s’engage à « ne faire aucune déclaration ni commentaire public susceptible de porter atteinte à l’image ou à la réputation du mécène ». Ce paragraphe très critiqué lors de la première version de la convention est assorti d’une mention qui protège la #liberté_pédagogique. Nous voilà rassuré·es. Néanmoins, prenons le problème autrement : pourquoi PSL accepte-t-elle de se bâillonner ? Comment former correctement au changement climatique sans parler des responsables, qui financent les énergies fossiles depuis des décennies et refusent d’en sortir malgré la catastrophe climatique à venir ?

    • Le « comité de suivi et d’information », comportant des membres de la BNP à 50 %, et dont le rôle est de « garantir les orientations stratégiques du projet ». Face au tollé suscité par l’ingérence de la BNP dans le contenu de la formation, PSL et la BNP se sont payées de mots en assurant que le comité ne jouera pas de rôle pédagogique et académique. Décider des orientations stratégiques d’une licence, sans jouer de rôle académique ou pédagogique, cela ne va pas de soi !

    • Le montant apporté par la BNP n’a pas été communiqué ; cependant, on peut l’estimer à environ 8 millions d’euros sur 5 ans.

    • La présence d’autres mécènes : les informations à disposition sont contradictoires. Dans une interview récente au Monde4, Alain Fuchs, le président de PSL qui a chapeauté la création de cette formation, prétend que d’autres mécènes sont présents (#Foncia et #Engie). Il l’a aussi affirmé en Conseil d’administration de PSL. Cependant, dans un courrier relatif à nos démarches pour accéder aux conventions, #Alain_Fuchs indiquait à propos des #conventions_de_mécénat : « Il n’en existe qu’une à ce jour ». Ces conventions ne nous ont pas été communiquées, alors que la CADA nous a donné raison pour obtenir ces documents s’ils existent.

    Pour la présence d’autres mécènes, comme pour les autres points cités, la direction de PSL donne des informations obscures, tient un double discours et se tient parfois à la limite de la légalité.

    La convention de mécénat peut être consultée dans son intégralité sur ce fil Twitter ou ci-dessous.

    https://academia.hypotheses.org/31013
    #green-washing #BNPSL #privatisation #financement #université #France #facs

  • Maltraitances : les sœurs du Bon Pasteur retiennent leurs archives pour éviter un scandale
    20 février 2021 Par Sarah Boucault
    https://www.mediapart.fr/journal/france/200221/maltraitances-les-soeurs-du-bon-pasteur-retiennent-leurs-archives-pour-evi


    D’ex-jeunes filles placées dénoncent les violences subies, il y a plusieurs décennies, dans les foyers de la congrégation. Réunies dans une association, elles réclament réparation. L’institution, elle, s’organise pour préserver son image et limite l’accès aux dossiers.

    Reno* a toujours un trou dans le genou gauche. Une marque indélébile de son passage au foyer du Bon Pasteur à Loos, dans le Nord, de 1960 à 1964. Un jour, alors qu’elle refusait de laver à nouveau le sol qu’elle venait d’astiquer, une sœur l’a poussée violemment, pour la punir, dans des escaliers en brique. « J’ai atterri les mains et les genoux en sang et n’ai reçu aucun soin. Je me suis soignée avec un chiffon, se souvient-elle. Le lendemain, j’avais des cloques pleines de pus. » La septuagénaire, dépressive chronique, est encore marquée au fer rouge par ce placement traumatisant, à l’âge de 13 ans.
    Marie-Christine Vennat, Sylvie et Éveline Le Bris, le 15 janvier 2021. © SB Marie-Christine Vennat, Sylvie et Éveline Le Bris, le 15 janvier 2021. © SB
    Comme quinze autres femmes, elle est membre de l’association « Les Filles du Bon Pasteur », créée en décembre dernier. Ces anciennes pensionnaires, placées par des juges des enfants, ont décidé de s’unir pour dénoncer les maltraitances qu’elles ont subies, il y a des décennies, dans les maisons censées les protéger, gérées par la congrégation catholique du Bon Pasteur.

    Elles demandent des excuses publiques à la congrégation et au gouvernement, un dédommagement, la gratuité des soins physiques et psychologiques, et la récupération des points retraite pour le travail effectué gratuitement.

    Plus largement, elles sont plus de 800 « anciennes » sur un forum et 177 sur une page Facebook à échanger et à se soutenir. Beaucoup racontent maltraitances et violences – même si une partie affirme que les sœurs les ont aussi sauvées de familles néfastes et que leur placement a été une opportunité pour recevoir une éducation.

    Dans ce long cheminement de réparation, il est une étape essentielle : la restitution de leur dossier. Elles y découvrent la manière dont on parlait d’elles, les raisons de leur placement, des secrets de famille. Autant d’éléments éclairants et douloureux, qu’elles mettent des années à digérer. Au Bon Pasteur, l’épreuve s’avère plus brutale qu’ailleurs, car la congrégation exerce un contrôle strict sur les informations qui pourraient nuire à son image.

    Fondé en 1835 à Angers, le Bon Pasteur a pour vocation alors de « sauver » les jeunes filles de la débauche. Au pic de son activité, en 1940, la congrégation catholique compte 350 institutions dans quarante pays, 10 000 religieuses et 50 000 jeunes filles. Dans les années 1950 et 1960, des milliers d’adolescentes y sont placées, partout en France, par des juges pour enfants, dont le statut est créé par l’ordonnance de 1945 pour protéger les mineurs de familles considérées comme défaillantes.

    « Contrairement aux garçons, la délinquance des filles n’inquiète pas la société, explique Véronique Blanchard, historienne. On les protège alors du vagabondage, qui pourrait se transformer en prostitution. » À l’époque, si 95 % des garçons qui sont enfermés le sont pour des faits pénaux, ce n’est le cas que pour seulement 36 % des filles.

    Les trois quarts des jeunes filles qui entrent au Bon Pasteur ont entre 12 et 16 ans. « Beaucoup sont victimes d’agressions sexuelles, et considérées comme fautives et responsables », indique David Niget, historien. Le placement de Reno, par exemple, est la conséquence des abus sexuels de son père sur sa sœur. Même configuration pour Éveline Le Bris, la présidente de l’association : les viols d’un voisin la conduisent loin de sa famille, jusqu’à son enfermement.

    Aujourd’hui, la honte de l’étiquette « mauvaise fille » est toujours vive, et la colère, intense. « Ces femmes ont intégré le mal que la société pensait d’elles, souligne Véronique Blanchard. La culpabilité colle à la peau. »

    Marie-Christine Vennat devant le centre d’observation des Tilleuls, au Bon Pasteur d’Angers, en 1964. © DR Marie-Christine Vennat devant le centre d’observation des Tilleuls, au Bon Pasteur d’Angers, en 1964. © DR

    Dans la plupart des institutions, l’humiliation et la culpabilisation sont la règle. À l’arrivée, chaque fille subit un test de virginité. Marie-Christine Vennat, pensionnaire à Angers et Orléans entre 1964 et 1967, raconte que le médecin du Bon Pasteur lui a introduit un doigt dans le vagin. « Sans gant, ni spéculum, précise-t-elle. J’ai hurlé comme un cochon. Il m’a dit : “C’est bien.” Il y a deux ans, ma gynéco m’a appris que c’était un viol. » Dans le cadre de la Commission indépendante des abus sexuels dans l’Église (Ciase), qui rendra ses conclusions à la fin 2021, 6 500 victimes ont été entendues, dont des femmes passées au Bon Pasteur.

    Pour ces adolescentes éprises de liberté, les journées sont rythmées par le silence, les prières et le travail. Parmi les humiliations : la confiscation des biens personnels et des lettres des proches, les corvées de ménage à genoux, le drap sur la tête quand on a uriné au lit, le cachot, les cheveux rasés après les fugues, le parloir pour les visites, les rares soins et le manque de serviettes hygiéniques, qu’il faut récupérer usagées dans la poubelle. Certes, dans les années 1960, ces traitements ne sont pas inhabituels dans les institutions religieuses comme laïques.

    Mais Marie-Christine Vennat se souvient d’une scène effroyable : « Cette sœur nous hurlait dessus, nous battait. Un jour, elle a explosé la tête d’une fille sur le lavabo, elle était en sang. J’étais pétrifiée, je n’avais jamais vu une telle violence de ma vie. »

    Et les jeunes filles cousent ou blanchissent jusqu’à 8 heures par jour, pour des entreprises ou des particuliers, en échange d’une rémunération insignifiante. « Au bout de trois et demi, on m’a donné l’équivalent de 4 euros, témoigne Éveline Le Bris. J’ai pu aller deux fois chez le coiffeur et m’acheter un pull. » Selon leurs aptitudes, déterminées par un test, certaines étudient. D’autres sont considérées comme inaptes. « À 21 ans, elles sortent démunies et sous-qualifiées par rapport à ce qu’elles auraient pu faire à l’extérieur, précise David Niget. Dans un contexte où le CAP est créé, peu le passent car les sœurs prétextent souvent qu’elles sont trop bêtes. »

    Éveline Le Bris au Bon Pasteur d’Angers, le 21 juillet 1963. © DR Éveline Le Bris au Bon Pasteur d’Angers, le 21 juillet 1963. © DR

    Aujourd’hui, pour se réapproprier leur histoire et être reconnues comme victimes, les anciennes pensionnaires doivent avant tout récupérer leur dossier. Depuis 2002, la loi autorise les personnes qui ont été placées à le faire. Ces documents sont des archives publiques mais peuvent être conservées dans les institutions privées, du moment qu’elles respectent la loi en vigueur et qu’elles proposent un accueil similaire à celui préconisé dans le public.

    Quand Éveline Le Bris se rend au Bon Pasteur d’Angers, le 4 septembre 2020, pour consulter son dossier, le choc est rude. Placée en 1963, elle découvre qu’elle est décrite ainsi : « Tête baissée, mine renfrognée, cheveux roux mal coiffés tombant sur les yeux, Éveline a une présentation très défectueuse. C’est une fille genre vulgaire et fruste. » Pendant deux heures, une sœur du Bon Pasteur lui lit l’intégralité de son dossier. Mais « une fois encore, c’était elle qui me disait ce que j’avais fait, s’indigne la septuagénaire. On aurait dit Germinal. Elle m’a même dit : “Si c’est écrit, c’est que ça doit être vrai.” Je me suis pris une nouvelle avoinée morale. »

    Plus tard, elle récupère le dossier d’un autre placement, à l’Aide sociale à l’enfance du Mans (ASE), dans la Sarthe, cette fois. La violence des informations est similaire mais, au service des archives départementales, elle est reçue par deux assistantes sociales laïques : « Elles étaient émues et outrées. Sans me plaindre, elles étaient de mon côté. À Angers, au Bon Pasteur, ce n’était pas le cas. J’étais chez elles. »

    « Chez elles. » Avec son service d’archives « maison », le Bon Pasteur oblige les anciennes pensionnaires à revenir dans l’enceinte du traumatisme. Le service, structuré, a des normes de sécurité et de conservation exigeantes, et même, une archiviste à plein temps. Peu d’institutions offrent un tel trésor, ce qui permet à la congrégation de pratiquer une politique de contrôle. À huis clos, elles reconnaissent les sévices. « On m’a expliqué que me forcer à manger le vomi que je venais de dégurgiter dans mon assiette était de la maltraitance », rapporte Marie-Christine Vennat.

    Mais « lors d’une consultation, c’est intrusif de discuter de son intimité avec un travailleur social ou une sœur, remarque Adélaïde Laloux, doctorante en archivistique, qui travaille sur les dossiers d’enfants placés. Ces pratiques, répandues et légales, sont à l’origine de nouvelles formes de maltraitance ».
    Chercheurs non grata

    Autre différence avec les structures publiques : une attestation de communication des dossiers interdisant aux intéressées d’en divulguer le contenu – un document que les sœurs ont fait signer jusqu’à la fin 2018 au moins. Parfois, elles ne remettent même pas de double.

    Centre d’observation des Tilleuls au Bon Pasteur d’Angers, siège de la congrégation. © SB Centre d’observation des Tilleuls au Bon Pasteur d’Angers, siège de la congrégation. © SB
    Diffuser son propre dossier est pourtant autorisé, dans les limites fixées par la loi (respect de la vie privée d’autrui, anonymat des professionnels, respect de l’ordre public). « Encore un exemple de violence qui se perpétue », juge David Niget.

    Des descendants se voient aussi refuser l’accès au dossier de leur mère, alors que la loi prévoit que si la personne placée est décédée, ses enfants et petits-enfants peuvent le consulter. Si la personne est en vie, la loi indique également que la personne « peut mandater un tiers de son choix pour procéder à la consultation en son nom ».

    Pourtant, depuis plusieurs mois, Daniel R. se retrouve face à un mur. « Ma mère est d’accord mais elle ne veut pas le faire elle-même, raconte l’homme de 62 ans. J’ai demandé son dossier au Bon Pasteur, cinq ou six fois, par mail ou par téléphone. » Plusieurs fois, Daniel R. a reçu la même réponse : « Conformément à la loi, seule votre maman peut consulter son dossier. »

    Avec les chercheurs, surtout, le Bon Pasteur pratique une véritable rétention d’informations. Dès les années 1980, de nombreux historiens qui brûlent d’accéder à cette pépite archivistique aux rails et rayonnages impeccables se heurtent à un mur. Tous s’accordent à dire qu’obtenir une autorisation du Bon Pasteur est plus difficile qu’ailleurs.

    Pourtant, les dossiers personnels des jeunes filles sont des archives publiques auxquelles les chercheurs ont généralement accès, sur dérogation. « Il semblerait que la congrégation considère que mes travaux sont ‘‘à charge’’ », constate Véronique Blanchard, autrice de plusieurs livres sur le sujet, qui n’a jamais vu l’ombre d’une archive.

    En 2014, au terme de décennies de lutte, cinq historiens voient tout de même les portes s’ouvrir. Dirigée par Magdalena Franciscus, sœur progressiste, la congrégation met 15 000 euros sur la table (la moitié d’un poste, complété par Angers Loire Métropole) et « commande » une enquête. Mais les sœurs ne cessent de répéter depuis qu’elles attendent le livre (sortie prévue fin 2021) avant de recevoir d’autres chercheurs…

    Le Bon Pasteur est en droit de conserver ses archives en son sein. Ce qui pose problème, ce sont les refus d’accès successifs, sans raison valable. Si ces archives dormaient dans un bâtiment public, la congrégation serait dans l’obligation de justifier son opposition. « D’emblée, le Bon Pasteur n’instruit pas la demande, c’est un refus immédiat, sans trace », pointe David Niget.

    Quand on lui demande pourquoi les archives ne sont pas transférées, la directrice des archives départementales de Maine-et-Loire, Élisabeth Verry, répond : « Deux kilomètres de papier, c’est énorme. » Avec des archives colossales, classées au millimètre et un service d’accueil dédié, on comprend entre les lignes que le Bon Pasteur est en position de force.

    Une fois sur place, d’anciennes pensionnaires constatent par ailleurs que leur dossier a été dépouillé. « Je me souviens de tests d’évaluation, où j’avais écrit, à chaque ligne : “Je veux ma liberté”, s’étonne Sylvie*, passée par le Bon Pasteur d’Angers, en 1967. Ils ont disparu. »

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    David Niget, membre de l’équipe de recherche de 2014, confirme : « Les dossiers ont été triés et nettoyés. Si on compare à d’autres institutions, ceux du Bon Pasteur sont deux fois moins épais. Des éléments personnels des filles ont été détruits. Le manque de place et la méconnaissance sont l’explication naïve ; cela arrive aussi dans le public. Mais il y a aussi une probable décision politique pour supprimer tout ce qui peut faire désordre. » Impossible de déterminer la date ni le volume des archives détruites. Sans l’accord des archives départementales, la destruction d’archives publiques est interdite depuis 2008.

    Une réalisatrice, qui tourne un film sur le Bon Pasteur, a aussi essuyé plusieurs refus. Alors qu’elle suit Éveline Le Bris, volontaire pour le tournage, elle demande à filmer sa consultation de dossier. « Notre protocole de consultation ne prévoit pas que les entretiens soient filmés et enregistrés », répond le Bon Pasteur. À l’ASE du Mans, à l’inverse, les caméras étaient bienvenues.

    La seule réaction publique de la congrégation date de novembre 2019, dans Le Courrier de l’Ouest. Patricia Diet, sœur provinciale (France, Pays-Bas, Belgique et Hongrie) et psychologue convertie sur le tard, formule des excuses : « Là où l’objectif était de retrouver la joie de vivre et la dignité personnelle, nous reconnaissons que des comportements inadaptés sont parfois venus ternir des intentions louables. Je le regrette profondément et demande pardon pour ces attitudes qui ont provoqué incompréhension et souffrance. » Mais elle ne s’adresse pas directement aux femmes concernées.

    En décembre dernier, sollicitée par Mediapart, sœur Marie-Luc Bailly, la remplaçante de Patricia Diet, en arrêt, admettait « des méthodes éducatives qui aujourd’hui nous feraient frémir », mais pondérait, en insistant sur le nombre de jeunes filles sauvées et en réduisant les victimes à deux femmes isolées : « Ces deux femmes sont très meurtries, elles ont le sentiment que l’on n’a pas pris leur demande au sérieux. Tous les trois, quatre ans, leur demande revient à la charge. Elles ont pourtant été rencontrées bien des fois. »

    La congrégation internationale du Bon Pasteur, basée à Rome et contactée à de nombreuses reprises par Mediapart, renvoie vers la congrégation française. Même refus du côté du Vatican, où le cardinal João Braz de Aviz, en charge des instituts de la vie consacrée et des sociétés de vie apostolique, et dernier responsable avant le pape, a décliné nos demandes d’interview.

    Dans le paysage catholique français, toutefois, d’autres voix s’élèvent. « Pour les sœurs du Bon Pasteur, il y a une sorte de choc frontal et une part de déni, observe Véronique Margron, la présidente de la Conférence des religieux et religieuses de France (Corref). Pourtant, pour faire la distinction entre ce qui a fonctionné et ce qui n’a pas fonctionné, il faut aller au bout de la vérité, là où des personnes ont subi des violences qu’elles n’auraient jamais dû subir. Il faut pouvoir exprimer sa honte, et plus que des excuses, il faut des actes. »

    Avis similaire chez Vincent Neymon, secrétaire général adjoint et porte-parole de la Conférence des évêques de France (CEF) : « Aucune institution ne doit échapper aux révélations de faits coupables qui ont pu avoir lieu en son sein. Ces institutions doivent non seulement chercher la vérité sur ces faits, mais aussi sur les silences ou les mensonges qui ont cherché à couvrir les personnes coupables. »

    Du côté de l’État français, la porte n’est pas fermée. « Cela mériterait un travail de recherche à part entière, note Emmanuelle Masson, porte-parole du ministère de la justice, qui ajoute que rien d’officiel n’a pour l’instant été lancé. Le transfert des archives vers le public est aussi une piste de réflexion. »

    D’autres pays ont, eux, entamé le travail de reconnaissance. En Australie, une grande enquête parlementaire a été menée, et des excuses sans équivoque figurent sur le site de la congrégation. Aux Pays-Bas, un rapport universitaire, commandé par le gouvernement, conclut au travail forcé.

    Fin 2020, 140 Néerlandaises ont ainsi reçu les excuses du ministère de la justice et un dédommagement de 5 000 euros chacune. Dans un courrier adressé aux victimes, en néerlandais, Patricia Diet convient que « les pratiques n’ont pas été correctes ». En Irlande, les enquêtes et les excuses se succèdent pour reconnaître la maltraitance dans les couvents des Magdalene Sisters, cousines du Bon Pasteur.

    « Dans la congrégation, la peur de la contagion du système irlandais prédomine, affirme David Niget. On pense encore pouvoir mettre le couvercle sur la marmite. Mais j’ai bon espoir pour qu’il y ait une reconnaissance un jour. Grâce à #MeToo, le statut de victime est aujourd’hui possible. Même si le moment de reconnaissance va être douloureux et conflictuel. »

  • APL : près de 7 millions d’allocataires plongés dans l’incertitude
    https://drdpositif.wordpress.com/2021/02/16/apl-pres-de-7-millions-dallocataires-plonges-dans-lincertitude

    Le 1er janvier dernier, la réforme des APL (Aides personnalisées au #Logement) entrait en vigueur. Malgré un contretemps lié à la crise sanitaire et à …

    #Société #Coronavirus

  • Facebook accusé d’avoir gonflé à dessein ses audiences publicitaires
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2021/02/19/facebook-accuse-d-avoir-gonfle-a-dessein-ses-audiences-publicitaires_6070498

    Les plaignants affirment que les dirigeants de la plate-forme savaient que l’audience potentielle des campagnes publicitaires était surestimée mais n’ont pas cherché à rectifier la situation pour ne pas perdre de revenus. Facebook savait que ses estimations sur son nombre d’utilisateurs n’étaient pas fiables et artificiellement élevées, mais il a ignoré le problème afin de générer des recettes publicitaires plus importantes, accusent des entreprises d’après des documents juridiques dévoilés mercredi 17 (...)

    #Facebook #fraude #bénéfices #publicité

    ##publicité

  • #pollution de l’air : 100.000 morts par an en #france
    http://carfree.fr/index.php/2021/02/19/pollution-de-lair-100-000-morts-par-an-en-france

    Le nombre de décès imputables à la pollution de l’air est à la fois mal connu et probablement très largement sous-estimé. Les résultats d’une nouvelle étude internationale révisent fortement à Lire la suite...

    #Pollution_automobile #air #diesel #microparticules #mort #mortalité #santé

  • Être noire en France | Aya Cissoko
    https://www.la-croix.com/France/Etre-noire-France-Aya-Cissoko-2021-02-18-1201141330

    À la suite de la mobilisation contre le racisme après la mort de George Floyd, aux États-Unis mais aussi dans de nombreux pays occidentaux, « La Croix » a voulu faire entendre au plus près l’expérience d’être noir en France. Dans un texte percutant, Aya Cissoko, championne du monde de boxe et écrivaine, raconte les effets de la couleur de peau sur une vie. Source : La Croix

  • « La question du mode de scrutin et plus particulièrement de la #proportionnelle est récemment réapparue dans le débat public. Mais quels seraient ses avantages et ses inconvénients ? Comment les Français perçoivent-ils cette initiative ? Et, finalement, dans quelle mesure cette réforme bouleverserait-elle le paysage politique et institutionnel français ? »

    https://jean-jaures.org/nos-productions/proportionnelles-les-gagnants-et-les-perdants

    #politique #france #mode-de-scrutin

    • Il y a moyen de vivre avec ce système :-D

      Sinon, analyser cette question avec l’éternel retour sur le passé ("Quels auraient été les rapports de force à l’Assemblée 2017 avec la proportionnelle de 1987...") n’a aucun sens. D’une part, les listes et élections se préparent du côté des partis en tenant compte du mode de scrutin et spécifiquement dans le cas du majoritaire à 2 tours en analysant par sondages la probabilité et les moyens d’obtenir une majorité au 2eme tour et d’autre part les électeurs se comportent en tenant compte du mode de scrutin et spécifiquement de l’ambiance entre 2 tours dans le cas du scrutin majoritaire à 2 tours...

    • Tout à fait, l’offre électorale et les tactiques individuels de vote sont fonction du mode de scrutin. Toutefois faute d’autres références dans un passé récent ça reste un modèle approximatif (comme tous les modèles) pouvant aider à mesure l’impact.

    • La réflexion sur le mode de scrutin ne peut être distinguée de celle sur l’équilibre des institutions. Le parlementarisme « rationnalisé » de la Ve peut être mieux adapté à la proportionnelle que les institutions de la IVe qui auraient pu bien fonctionner avec le scrutin majoritaire.

      La proportionnelle dans la Ve pourrait s’accompagner d’une suppression du poste de premier ministre pour assumer un régime de type présidentiel.

      Il y avait aussi la piste explorée par Bastien François et Montebourg autrefois avec l’élection directe du Sénat à la proportionnelle accompagné d’une codécision entre les deux assemblées sur les lois.

      Gageons en toute hypothèse que le référendum pourrait devenir un recours pour le président plus fréquent pour faire passer de grandes réformes en cas de blocage parlementaire sous réserve de poursuivre la tradition gaulliste d’ignorer la lettre de la constitution en la matière.

  • « Ne pas pouvoir rentrer dans son pays est inadmissible » : les expatriés français coincés à l’étranger se sentent « abandonnés »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/02/18/ne-pas-pouvoir-rentrer-dans-son-pays-est-inadmissible-les-expatries-francais

    Afin de freiner la propagation du coronavirus et de ses variants, la France a décidé, le 29 janvier, de modifier ses règles aux frontières. Ainsi, depuis près de trois semaines, les voyageurs en provenance d’un pays extérieur à l’Union européenne (UE) sont interdits d’entrée sur le territoire, « sauf motif impérieux ». Une mesure qui concerne aussi les Français résidant à l’étranger hors UE – soit plus d’un million de personnes, selon le ministère des affaires étrangères, qui s’appuie sur le registre des Français établis hors de France. Ce chiffre est cependant sous-estimé car l’inscription à ce registre n’est pas obligatoire. Pour beaucoup d’expatriés, la pilule est difficile à avaler. Sur les quelque 150 témoignages recueillis par Le Monde, l’immense majorité dénonce des restrictions « indignes » et « scandaleuses ». « Ne pas pouvoir rentrer dans son pays d’origine est tout simplement inadmissible », s’offusque François, 52 ans, depuis la Turquie.
    Une minorité trouve, néanmoins, cette décision « compréhensible », quoique « radicale ». « Un test PCR au départ et à l’arrivée et une quatorzaine stricte pourraient faire l’affaire », estime Ness, qui vit en Californie. Au-delà du sentiment d’être des « citoyens de seconde zone », tous s’inquiètent d’une liste de « motifs impérieux » qu’ils jugent trop restrictive. Sont pris en compte, notamment :
    le décès d’un membre de la famille en ligne directe (grands-parents, parents, enfants, frères et sœurs) ; la visite à une personne dont le pronostic vital est engagé, pour les membres de la famille en ligne directe ;
    la garde d’enfants par le parent investi de l’autorité parentale ou dont le droit de garde est reconnu par une décision de justice ;
    l’assistance à une personne âgée, malade ou handicapée n’ayant pas d’autre soutien ;
    une convocation par une autorité judiciaire ou administrative ;
    une urgence médicale vitale pour l’expatrié ;
    l’impossibilité légale ou économique de rester sur le territoire.
    Certaines personnes, qui se considèrent pourtant dans une situation d’urgence, estiment que celle-ci n’est pas reconnue. C’est le cas de Jérôme et Kareen qui résident à Tananarive, à Madagascar, depuis 2014. Le couple attend un enfant dont la naissance est prévue fin avril. « Angoissé » et « dans le flou total ». Pour eux, les circonstances sont d’autant plus compliquées que les billets d’avion ne sont plus en vente libre : il faut passer par l’ambassade et s’inscrire sur une liste d’attente. « Nul ne peut être privé d’entrer sur le territoire de l’Etat dont il est ressortissant » Face à cette « discrimination inédite, contraire au droit constitutionnel », Me Pierre Ciric, avocat expatrié à New York, a saisi le Conseil d’Etat. « Les ressortissants français, contrairement aux étrangers, ont seuls un droit “général et absolu” à entrer, séjourner et demeurer sur le territoire métropolitain. (…) La France a aussi adhéré à la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, qui a rappelé que “nul ne peut être privé d’entrer sur le territoire de l’Etat dont il est ressortissant” », écrit-il dans une tribune publiée dans Le Figaro.Un collectif de Français de l’étranger proches de Xavier Bertrand (président de la région des Hauts-de-France) dénonce une mesure « injuste » :« Qu’est-ce qui justifie une telle décision, alors que n’importe quel ressortissant (…) de l’Union européenne peut entrer sur le territoire national sur présentation d’un test PCR négatif de moins de 72 heures ? » Lauréline Fontaine, professeure de droit public et constitutionnel à la Sorbonne Nouvelle (Paris-III), estime, pour sa part, que les arguments d’inconstitutionnalité ne tiennent pas dans ce cas précis. Elle explique :« Certes, la liberté d’aller et venir a été consacrée par le Conseil d’Etat et par le Conseil constitutionnel. Cependant, en droit, aucune liberté n’est consacrée de manière absolue. Les Etats ont toujours la possibilité d’apporter des restrictions pour motif d’ordre public – pour protéger la santé publique, par exemple. » Autrement dit, on peut donc dans le même temps reconnaître qu’il y a une atteinte à une liberté fondamentale et que les restrictions apportées à cette liberté sont légales. Le Conseil d’Etat, saisi par Me Ciric, devra se prononcer d’ici à un mois au maximum.« La liste des motifs impérieux mise en ligne sur le site du ministère de l’intérieur est une liste indicative ». Pour les Français concernés, la situation est d’autant plus floue que, sur le terrain, les nouvelles règles sont soumises à interprétation, selon Anne Genetet, députée (La République en marche) de la 11e circonscription des Français établis hors de France (Europe de l’Est, Asie, Océanie). « La liste des motifs impérieux mise en ligne sur le site du ministère de l’intérieur est une liste “indicative”, c’est écrit noir sur blanc. On a l’impression d’un arrêté extrêmement rigide alors que ce n’est pas le cas », assure l’élue. Et d’ajouter : « Il est de la responsabilité de chacun de voir si le motif qui l’amène à voyager vers la France est impérieux ou non, l’objectif étant d’éviter au maximum les risques de propagation du virus. » Selon Anne Genetet, l’interprétation de cette règle repose sur « la compagnie aérienne au départ et la police aux frontières à l’arrivée ». « Elles doivent prendre en compte des motifs non précisés dans la liste fournie par le gouvernement », explique-t-elle. « Mais quelles sont les instructions qui ont été données des deux côtés ? Comment évaluent-elles les motifs impérieux ? La réponse n’est pas claire », concède l’élue.La députée de la majorité tient, toutefois, à rassurer : « Un Français qui a été admis par la compagnie aérienne au départ de son vol ne sera pas refoulé une fois arrivé sur le territoire national. Le quai d’Orsay me l’a assuré. » La véritable responsabilité de ces contrôles reposerait donc sur les compagnies aériennes. Or, selon plusieurs témoignages recueillis par Le Monde, à leur arrivée à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, des expatriés en provenance d’Ouganda, du Canada ou encore des Etats-Unis n’ont eu à faire part, à aucun moment, des « motifs impérieux » justifiant leur voyage.

    #Covid-19#migrant#migration#france#expatrie#sante#retour#circulation#restrictionsanitaire#propagation

  • Covid-19 : à Bobigny, un nouveau centre pour lutter contre les inégalités face à la vaccination
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/02/17/covid-19-a-bobigny-un-nouveau-centre-pour-lutter-contre-les-inegalites-face-

    Certains, comme Mohammed Boubakri, n’ont pas obtenu de rendez-vous, d’autres n’ont pas pu s’y rendre, n’en ont pas voulu ou n’ont pas compris qu’il fallait en prendre un. Tous habitent la Seine-Saint-Denis. Ils ont désormais un centre qui leur est réservé. Au total, sept cents doses sont disponibles cette semaine, mille la semaine prochaine. Ici, pas de créneaux disponibles en ligne sur Doctolib ni de prise de rendez-vous téléphonique, ce sont les services publics qui repèrent, ciblent et appellent les personnes de plus de 75 ans en fracture sociale, en précarité médicale, éloignées des soins, en rupture numérique ou peu réceptives aux messages de santé publique.« Nous allons les chercher un par un », explique Aurélie Combas-Richard, la directrice de la CPAM 93 (Caisse primaire d’assurance-maladie), qui a mis en place une plate-forme téléphonique multilingue, opérationnelle sept jours sur sept, depuis le 12 février. Bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (CSS, ex-CMU), personnes qui n’ont pas eu de remboursement de frais médicaux depuis plus de six mois ou qui n’ont pas de médecin traitant… Il y a plus de vingt mille personnes à joindre. En moyenne, il faut compter quinze appels pour un rendez-vous pris. « Il y a une politique nationale de vaccination qu’il faut assumer, mais que l’on peut équilibrer », poursuit Mme Combas-Richard.
    L’initiative s’inscrit dans le cadre du dispositif pilote « aller vers », mis en place par l’agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France, l’Assurance-maladie du 93, la préfecture de Seine-Saint-Denis et le département. L’objectif ? « Réduire les inégalités face à la vaccination », dit Aurélien Rousseau, directeur général de l’ARS. La Seine-Saint-Denis est un département qui a connu des taux particulièrement élevés de surmortalité liée au Covid-19, par rapport au reste de l’Hexagone. C’est aussi l’un des territoires les plus jeunes, où seulement 11 % de la population a plus de 75 ans (la moyenne régionale est de 15 %), un pourcentage parmi les plus bas avec le Val-d’Oise (9 %). Or, c’est le critère d’attribution des doses. Au moment d’arbitrer, l’ARS a choisi d’ajuster leur nombre en accordant davantage de vaccins à la Seine-Saint-Denis (5 500 au lieu de 4 500) et de multiplier les centres. Mais la pénurie de doses a limité la portée de cette politique de rééquilibrage.
    Parmi les dix-sept centres de vaccination contre le Covid-19 que compte le département (dix-huit avec celui de Bobigny), nombre d’entre eux se sont aperçus que les doses bénéficiaient en partie à des citoyens extérieurs à la Seine-Saint-denis, souvent plus connectés et plus entourés, certains résidant dans des quartiers parisiens plus aisés. (..) Face à cette tendance, des centres ont cessé de mettre en ligne les rendez-vous, afin de privilégier les patients qui s’étaient déplacés et qui figuraient sur leurs listes d’attente. Une stratégie qui a pour effet secondaire de pénaliser les habitants qui n’ont pas de centre dans leur ville (elles sont vingt-deux). Les services de l’Etat recommandent désormais de répartir les rendez-vous entre les plates-formes Internet et les listes constituées par les centres et les mairies.
    « Dans les deux centres que nous gérons, à Pierrefitte et Noisy-le-Grand, il n’y a pas plus de 35 % d’habitants du département », constate Stéphane Troussel, président (PS) du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, qui forme, depuis le 16 février, des ambassadeurs de la vaccination, qui, à bord d’un bus qui sillonnera bientôt le secteur, renseigneront les habitants sur les vaccins et, à terme, espère-t-il, les vaccineront sur place. « La pénurie de doses et les modalités de prise de rendez-vous ont installé une compétition malsaine entre territoires. Nous ne plaidons pas pour une préférence locale, mais pour que les politiques publiques s’adaptent. »
    Le docteur Joël Moussy vaccine Cherifa Khadhar. Elle est aidée par sa belle-fille Amira, au centre de santé de la CPAM 93, à Bobigny, le 16 février.
    Le docteur Joël Moussy vaccine Cherifa Khadhar. Elle est aidée par sa belle-fille Amira, au centre de santé de la CPAM 93, à Bobigny, le 16 février.
    Le département, qui bénéficiera de deux cents créneaux de rendez-vous par semaine dans le nouveau centre de Bobigny, a lui aussi mis la plate-forme téléphonique lancée lors du premier confinement au service de l’identification des plus précaires (les bénéficiaires de plus de 75 ans de la carte de transport Améthyste, puis ceux de l’allocation personnalisée d’autonomie, l’APA), tandis que les communes font appel aux fichiers des centres communaux d’action sociale (CCAS) et mettent en place des systèmes de navette et de bus pour faciliter le transport des personnes éligibles à la vaccination. Selon les premiers retours de la campagne téléphonique lancée par la CPAM 93 (2 500 appels), 10 % des personnes contactées rencontrent un problème de transport, 30 % sont déjà vaccinées, 30 % ne peuvent pas l’être (elles ont eu le Covid lors de la deuxième vague), et 20 % refusent de l’être pour des raisons idéologiques ou par peur des effets secondaires. Enfin, 10 % demandent à consulter leurs enfants ou leur famille avant d’accepter la vaccination. C’est le cas d’Aïcha Kenniche, 76 ans. Aveugle et diabétique, l’ex-garde d’enfants à domicile vit seule. Déconnectée et isolée. C’est Afafe, sa nièce de 38 ans, qui l’accompagne et la rassure : « Elle a accepté la vaccination, mais ça l’inquiète, raconte la jeune femme. Elle est déjà faible. Elle a peur que ça l’affaiblisse encore davantage. » Cherifa Khadhar, 84 ans, diabétique elle aussi, est soutenue par sa belle-fille, Amira, 35 ans. C’est cette dernière qui a insisté pour qu’elle se fasse vacciner. Les deux femmes sont venues en navette, mise à disposition par la ville d’Epinay-sur-Seine. « C’est en allant chercher tous les publics que l’on peut garantir un accès à la vaccination plus égalitaire », insiste M. Troussel. L’ARS a fléché 50 000 vaccins au mois de mars pour les politiques d’« aller vers », mises en place dans les différents départements de la région

    #Covid-19#migration#migrant#france#sante#vaccination#inegalite#minorite#ARS#seinesaintdenis

  • Die Lage in deutschen #Frauen häusern ist prekär. Deutschlandweit f...
    https://diasp.eu/p/12465524

    Die Lage in deutschen #Frauen häusern ist prekär. Deutschlandweit fehlen tausende Plätze. Es mangelt an Geld und Personal. Obwohl Deutschland sich mit der Istanbul-Konvention dazu verpflichtet hat, für genug Plätze in Frauenhäusern zu sorgen. In der Pandemie verschärfen sich die Probleme. #gender https://correctiv.org/aktuelles/gesundheit/2021/02/15/frauenhaeuser-in-der-pandemie-92-mitarbeiterinnen-berichten-ueber-den-pre

  • « Je ne supporte pas l’idée de revivre un confinement dans la solitude de ma chambre universitaire » - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/30313/je-ne-supporte-pas-l-idee-de-revivre-un-confinement-dans-la-solitude-d

    Joseph* a 21 ans. Le confinement dû au Covid-19 en France a eu des effets graves sur sa santé psychologique. L’étudiant camerounais, marqué par cette expérience, témoigne pour InfoMigrants. Je suis en France depuis 4 ans pour mes études. Je suis en master 1 d’ingénierie statistique dans une université à Paris. Quand je suis arrivé, j’avais 17 ans. En tant qu’étudiant étranger, c’est difficile car je ne connais personne. J’habite une résidence étudiante du Crous [le Centre régional des œuvres universitaires et scolaires], mon studio fait 14 mètres carrés, c’est petit. Loin de ma famille je me suis senti très seul. Il y a eu un retour à la normale en mai, après le premier confinement. Mais dès que j’ai appris qu’il allait y avoir un deuxième confinement en octobre, j’ai eu des flashs du premier confinement qui revenaient. J’ai vite pris des billets d’avion et je suis rentré chez mes parents au Cameroun. Je ne supporte pas l’idée de revivre un confinement dans la solitude de ma chambre universitaire. J’ai des antécédents psychiatriques et toujours des séquelles de ce premier confinement. Je prends des antidépresseurs et des anxiolytiques.
    Je suis quand même revenu à Paris après le deuxième confinement parce qu’au fond de moi je sais qu’au Cameroun je n’aurai jamais la même formation qu’en France. Je veux une éducation scolaire qui a de la valeur.
    « Je ne vais pas réussir à valider mon année de master » Depuis que je suis rentré, je ne vois personne mais j’ai mes parents au téléphone tous les jours. On discute de mes cours. Je pense que je ne vais pas réussir à valider mon année de master. Les cours à distance se passent mal. Derrière un écran, je n’arrive pas à suivre, je décroche régulièrement.
    En ce moment, je fais deux choses. Je suis mes cours et je dors. Comme j’ai pris du retard dans mes études, je me couche très tôt et je me réveille à 1 heure du matin pour étudier avant le début de la journée.
    J’ai toujours trouvé ça compliqué de se faire des amis en France. Ce qui m’a dérangé quand je suis arrivé ici, c’est d’abord la barrière de l’accent. Quand je parlais, les gens me demandaient tous le temps de répéter. Ils disaient : « On ne comprend pas ce que tu dis ! Répète ! » À force, j’ai commencé à avoir honte. J’aurais voulu me fondre dans la masse. Venir en France, ça n’était pas vraiment un choix de ma part. Mes parents ont voulu que je vienne étudier ici après avoir reçu une invitation en ce sens de mon cousin qui vit en banlieue parisienne.Mais ça a été très compliqué chez mon cousin et sa femme. Ça ne se passait pas bien du tout. Je dormais dans la chambre avec ses enfants de moins de quatre ans. Dès que je rentrais de l’université, il fallait que je fasse à manger et que je m’occupe des petits. Je n’arrivais pas à travailler mes cours. Au début, j’ai caché la vérité à mes parents, mais je suis tombé en dépression, il a fallu que je leur explique que ça se passait mal à la maison et pour quelles raisons mes notes chutaient.
    Après deux ans et demi, j’ai obtenu une chambre en résidence universitaire dans l’urgence grâce à l’aide d’une assistante sociale et un suivi psychologique.En ce moment, j’aurais besoin de voir un psychologue et d’être encadré. J’ai fait une demande en octobre à la faculté, mais je n’ai toujours pas de rendez-vous et je n’ai pas les moyens financiers de me payer un psychothérapeute."

    #Covid-19#migrant#migration#france#cameroun#sante#santementale#etudiant#famille

  • l’histgeobox : Les bayous de la Louisiane, conservatoire de la musique cajun et zydeco.
    https://lhistgeobox.blogspot.com/2020/03/les-bayous-de-la-louisiane.html

    Le pays des bayous est un monde amphibie, une vaste zone où s’entremêlent les bras morts du Mississippi. La végétation étrange se compose de cyprès, de palétuviers recouverts de rideaux de mousse espagnole. En langue amérindienne, "bayou" signifie serpent, sinuosité. C’est bien ce que semblent dessiner les méandres des bras de rivières glissant lentement vers la mer.
    Les bayous constituent un réservoir de biodiversité d’une grande richesse ; un véritable paradis pour les oiseaux, les poissons, les tortues, les alligators ou les écrevisses ; un garde manger indispensable à la survie des habitants des marais.
    Avant même que la Louisiane ne devienne américaine, en 1803, ces terres inhospitalières servirent d’ultime refuge à des peuples dont personne ne voulait. Dans son ouvrage In the Creole Twilight, l’écrivain Josh Caffery décrit cet espace comme une "sorte de zone frontière entre les USA et la Caraïbe, entre le « Deep South » et le « Wild West », entre les langues française et anglaise, entre la terre et l’eau..." Rejetés dans ces terres hostiles, les Hommes s’unirent pour survivre. Les souffrances communes permirent, sinon de se comprendre, tout au moins d’échanger et se mélanger.

  • Covid-19 : en Provence-Alpes-Côte d’Azur, les infirmiers libéraux en première ligne face aux variants
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/02/16/covid-19-en-provence-alpes-cote-d-azur-les-infirmiers-liberaux-en-premiere-l

    Le dialogue est difficile. La famille est originaire du Cap-Vert et seul l’adolescent maîtrise le français. L’infirmier prend la saturation et la tension de la patiente, qui se plaint d’une oppression au niveau de la poitrine, et préconise une nouvelle visite chez le médecin traitant. Il répète une dernière fois les règles à suivre et laisse le formulaire édité par le ministère de la santé sur une table. « Aujourd’hui, il est rare de trouver des gens qui ne sont pas informés des mesures à prendre… Il y a un tel matraquage », se rassure-t-il. La famille n’a pas voyagé récemment mais Maria pense avoir été contaminée par son beau-frère, à qui le virus a été transmis par des collègues, au travail. A Marseille, les liens avec certaines zones du globe comme l’océan Indien, le Maghreb ou le Portugal sont scrutés avec attention. « Dans le contact tracing, on a renforcé certains faisceaux d’indices : voyages, contacts familiaux avec notion d’extraterritorialité… », insiste Stéphane Debeaumont. A l’aéroport de Marseille, les passagers arrivant sur des vols d’Ethiopie, escale au retour des Comores, et de Tunisie sont désormais testés systématiquement.

    #Covid-19#migrant#migration#france#marseille#sante#depsitage#tracking#infirmier#circulation#frontiere#comores#maghreb#capvert#portugal#oceanindien

  • Lettre d’un chanteur occitan aux militants décoloniaux
    Et nous là-dedans ?

    Laurent Cavalié

    https://lavoiedujaguar.net/Lettre-d-un-chanteur-occitan-aux-militants-decoloniaux-Et-nous-la-de

    Avons-nous une place dans la sphère décoloniale ? Nous ne sommes ni « racisé·e·s », ni « non blancs », ni « noirs », ni « blacks », ni « indigènes », mais je veux vous exprimer pourquoi j’ai besoin de me rapprocher des combats décoloniaux. Je veux vous exprimer les siècles de mépris vis-à-vis de notre langue qui n’est pas le français, de notre accent qui n’est pas celui des dominants économiques et médiatiques, de notre absence des plateaux de théâtre, des médias, du cinéma. Je veux vous exprimer la fatigue de devoir encore et toujours justifier de l’universalité de notre propos.

    Je veux vous dire qu’en même temps que la France colonisait le monde et mettait en place l’esclavage, elle opérait à l’intérieur de l’Hexagone une vaste opération de colonisation des consciences, pour anéantir la diversité linguistique, pour empêcher les enfants de parler la langue de leurs parents, pour nous faire admettre qu’il n’y avait qu’une seule langue du progrès et que c’était le français, et par là même pour nous faire croire qu’il n’y avait qu’une seule voie possible, celle du progrès. Tous les moyens étaient bons pour glorifier l’idée de la grandeur universelle de la France et du français, y compris ceux du révisionnisme historique. Y compris ceux des sévices corporels pour les enfants, ceux de l’humiliation et du mépris.

    La question du mépris des cultures populaires de la France, et de la pensée colonialiste de l’État français en direction des cultures particulières de l’intérieur — j’aurais pu oser l’expression cultures autochtones — ne peut pas être écartée d’un revers de manche, au prétexte que nous n’aurions pas été colonisés au sens où cela s’entend le plus couramment, c’est-à-dire par les armes, génocide et esclavage à l’appui. (...)

    #colonialisme #monde_occitan #cultures #France #mépris #dépossession #réinventer

  • Revenir au plus vite dans l’Accord sur le nucléaire iranien
    François Nicoullaud - Publié le 9 février 2021 - Boulevard Extérieur
    https://www.boulevard-exterieur.com/Revenir-au-plus-vite-dans-l-Accord-sur-le-nucleaire-iranien.htm

    S’exprimant tout récemment sur l’actualité internationale devant l’Atlantic Council, Emmanuel Macron, abordant la crise nucléaire iranienne, s’est réjoui de la volonté de dialogue manifestée par la nouvelle administration américaine, en se déclarant « présent et disponible… pour tâcher d’être un médiateur dévoué et sans parti pris dans ce dialogue ». Cette offre éminemment positive a été aussitôt suivie par l’énoncé de ses vues sur le sujet : urgence de mener à bien de nouvelles négociations avec l’Iran, le pays étant « bien plus proche de la bombe nucléaire qu’il ne l’était avant la signature de l’accord » de juillet 2015 ; nécessité d’aborder « les questions des missiles balistiques et de la stabilité de la région " ; intérêt à trouver « un moyen de faire participer l’Arabie saoudite et Israël à ces discussions ». Ce sont en effet de vraies questions. Malheureusement, les afficher d’emblée risque de saper la crédibilité de la médiation envisagée. La tâche d’un médiateur est d’abord d’écouter et de sonder les uns et les autres, puis d’élaborer de façon aussi neutre que possible, par approches successives, une solution acceptable par tous. Le tout dans une totale discrétion. L’objectif semble désormais difficile à atteindre. (...)

    #FranceDiplo #FranceIran