• Serge Joncour, romancier : « Depuis 2026, l’été n’a plus rien de léger, quelque chose a changé. L’été nous a été volé »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/01/serge-joncour-romancier-depuis-2026-l-ete-n-a-plus-rien-de-leger-quelque-cho

    En temps normal, une telle grisaille un 26 juillet, un jour frisquet de plein été, ce devrait être une journée foutue, une journée ratée, un crève-cœur pour qui avait prévu d’aller à la plage ou au bord d’une rivière. Mais, aujourd’hui, ce mauvais temps se vit comme un don du ciel, un pur bienfait où tout le monde souffle, enfin les corps respirent. La journée pourrie devient la journée bénie. D’autant qu’on le sait tous, la météo l’a dit, dès demain ça repart, les cartes repasseront au rouge dans presque tous les départements, une fois de plus on dépassera 40 °C, on battra tous les records de la semaine d’avant.

    [...]

    Pour 2026, on s’est tous trouvé un job d’été, tous le même : survivre. Quel que soit l’âge ou notre rang dans le règne animal, l’été ne propose qu’une seule activité : tenir. Parce que tout autour de nous des aînés meurent de chaud dans leurs appartements bouilloires, des forêts partent en fumée, des rivières s’assèchent et des terres se fissurent. En plus de ça, dans ce qu’il reste d’eau les noyés se comptent par centaines, presque 1 000 noyades à ce jour et près de 300 qui y sont restés. On fait déjà les comptes alors que l’été n’en est qu’à son premier mois.

    https://justpaste.it/dtsgb

    Alors ? Encore heureux qu’on va vers l’été ?

    #climat #canicules #été #fraîcheur

  • Et si, #Grenoble se réconciliait (enfin) avec l’#eau ?

    Dans cet épisode, habitant-es, associations, professionnel-les interrogent notre rapport à l’eau et imaginent comment Grenoble pourrait renouer avec ses cours d’eau à horizon 2040. À travers les expériences de baignade urbaine dans l’Isère et le Drac, les #initiatives_citoyennes ou encore les réflexions autour de l’urbanisme et de l’#aménagement, les intervenant-es questionnent la place que nous accordons aujourd’hui à l’eau dans la ville.

    Comment transformer des rivières longtemps perçues comme dangereuses ou repoussantes en espaces de fraîcheur, de #santé et de #lien_social ?
    Cet épisode explore aussi les grands enjeux climatiques, sociaux et politiques liés au partage de l’eau : adaptation aux canicules, gestion des crues, accès gratuit à la fraîcheur, justice sociale ou reconnexion au vivant.

    Au fil des témoignages, une conviction émerge : renouer avec l’eau, c’est aussi transformer nos imaginaires et notre manière d’habiter la ville.

    Entre culture du risque, gouvernance collective et désir de réappropriation des rivières, cet épisode esquisse le futur d’une ville où l’eau redevient un bien commun, vivant et accessible à toutes et tous.

    https://podcast.ausha.co/ville-de-grenoble/et-si-grenoble-se-reconciliait-enfin-avec-l-eau
    #baignade_urbaine #réconciliation #rivière #gouvernance_de_l'eau #baignade_citoyenne #collectif_des_gens_qui_ont_chaud #les_gens_qui_ont_chaud #Drac #Isère #chaleur #fraîcheur #canicule #villes #urbanisme #urban_matter #qualité_de_l'eau #podcast #audio

  • Les refuges climatiques seront utiles s’ils n’oublient pas de faire de la chaleur un objet politique

    Alors que la France a déjà connu trois vagues de chaleur en quelques semaines à peine, le concept de refuge climatique, qui s’institutionnalise dans un certain nombre de pays, cristallise les espoirs des citoyens en surchauffe. Il peut s’agir d’une réponse prometteuse, mais uniquement à certaines conditions, notamment de les concevoir et de les déployer en gardant en tête des critères d’accessibilité, d’hospitalité et de justice socioécologique. En bref, d’en faire des objets politiques.
    Notre maison brûle et nous la regardons (enfin) en face. Alors que la France vient de connaître deux séquences caniculaires précoces et intenses, la chaleur semble s’imposer comme un problème public majeur. Le mois de juin 2026 a été le plus chaud jamais enregistré par Météo France et une nouvelle vague de chaleur touche désormais une grande partie du pays.

    Le traitement médiatique immédiat de la canicule s’est largement détourné des enjeux de fond, privilégiant des réponses à court terme et individuelles au détriment d’une réflexion collective sur l’atténuation et l’adaptation au changement climatique. Plan massif de climatisation, mise en cause des scientifiques, légitimation de la débrouille au sein des foyers…

    Ce cadrage tend à occulter une réalité bien documentée : celle des inégalités socioécologiques. L’exposition aux fortes chaleurs, la vulnérabilité face à leurs conséquences et les capacités d’adaptation varient selon les conditions de logement, l’état de santé, les ressources économiques, l’âge ou encore l’accès aux espaces publics. Les enquêtes sociologiques, à commencer par celle d’Eric Klinenberg sur la canicule de Chicago en 1995, montrent aussi que l’isolement social constitue un facteur majeur de surmortalité.

    Contre toute solution hâtive qui pourrait participer d’une maladaptation, les sciences sociales nous invitent à politiser la chaleur, en saisissant la canicule comme un problème social collectif permettant d’articuler les enjeux d’adaptation et ceux d’atténuation.

    Ainsi, ouvrir des refuges climatiques ne suffit pas : encore faut-il que ceux qui en ont besoin les connaissent, puissent s’y sentir à l’aise et s’en saisissent pour construire collectivement les conditions d’un « bien-vivre » dans un monde plus chaud.

    Refuges climatiques : de quoi parle-t-on ?

    Le concept de refuge climatique s’institutionnalise. De Buenos Aires à Bologne, en passant par Porto et Londres, de nombreuses villes l’adoptent pour adapter leur tissu urbain à la crise climatique et protéger leurs habitants de la chaleur.

    Barcelone fait figure de référence, avec un réseau de plusieurs centaines de refuges : écoles, bibliothèques, musées, parcs et jardins, répondant à des critères de confort thermique, d’accessibilité, de repos et d’accès à l’eau.

    Le contour des refuges climatiques varie pourtant d’une ville à l’autre. Certains réseaux privilégient les parcs et jardins, d’autres des équipements climatisés. En réaction, une définition minimale s’esquisse peu à peu dans la littérature scientifique : le refuge climatique conjugue rafraîchissement et hospitalité afin d’offrir un « réconfort thermique » limitant la vulnérabilité face aux aléas climatiques pour tenter de se protéger de l’aléa météorologique.

    Mais faire du confort thermique un enjeu politique suppose de mesurer le stress thermique vécu par les habitants, en tenant compte non seulement de l’îlot de chaleur urbain, mais aussi de l’ombre, de la ventilation, de la morphologie des rues et de la qualité des logements.

    Parce qu’il résulte des interactions entre expériences de chaleur, conditions de logement, ressources socio-économiques et accès aux refuges climatiques, le confort thermique appelle des politiques d’universalisme proportionné, bénéficiant à tous, tout en accordant une attention prioritaire aux plus vulnérables.

    Comment configurer les refuges climatiques ?

    Les villes font face à plusieurs défis. Le premier porte sur les infrastructures : faut-il créer de nouveaux espaces refuges ou bien adapter les services existants ?

    Le choix des techniques de rafraîchissement soulève en outre des enjeux environnementaux et politiques. La climatisation en est l’exemple emblématique : si son rôle dans l’accentuation de l’îlot de chaleur urbain est bien documenté, un usage ciblé reste indispensable pour les publics les plus vulnérables (seniors, enfants, SDF…).

    La recherche souligne aussi la nécessité d’adopter des pratiques architecturales favorisant le confort d’été : matériaux biosourcés, protections solaires (volets, stores) et solutions passives de rafraîchissement, comme les réseaux de froid urbain. Autant de leviers pour concevoir des refuges climatiques et adapter les villes.

    Ainsi, un réseau de refuges climatiques ne se réduit pas à des lieux frais. Ceux-ci doivent aussi proposer des services (eau, wifi, etc.) et être pensés, dès leur conception, comme des espaces d’hospitalité, ce qui suppose une animation et des personnels formés à ces nouveaux usages.

    L’enjeu de l’accessibilité

    La question de l’accessibilité du refuge est un élément clé à intégrer dans une perspective de justice socioécologique.

    - Cette accessibilité est d’abord temporelle : fréquemment, les équipements publics sont fermés lors des pics de chaleurs, et les espaces verts restent inaccessibles aux heures nocturnes les plus fraîches.

    - Elle est également spatiale : ignorer les frontières physiques ou symboliques limitant l’accès à ces infrastructures revient à renforcer les inégalités socioécologiques.

    - Elle est, enfin, territoriale : l’exemple de Bologne, en Italie, montre que les refuges climatiques gagnent à être pensés comme un réseau, relié par des cheminements rafraîchis. En Émilie-Romagne, le projet « Green Cells » s’appuie ainsi sur les coursives historiques ombragées pour rendre ce maillage praticable.

    Une question également culturelle

    Mais le défi à relever est également culturel. Concevoir des refuges climatiques suppose d’abord de les penser comme des lieux d’hospitalité et d’entraide.

    Les recherches montrent que leur conception mérite d’être pensée à partir des quartiers et des communautés concernées afin d’identifier les besoins des habitants et de favoriser leur appropriation. Dès leur conception, l’implication des réseaux de proximité est essentielle, comme à Porto, où le design et localisation des refuges climatiques s’inscrivent dans une méthodologie participative qui tient compte de la connaissance préexistante des lieux par les habitants.

    Autre changement culturel complémentaire : la diffusion d’une culture de rafraîchissement des corps. Au Japon, la démarche « Cool Biz » adapte les normes vestimentaires en été ; à Genève, l’interdiction du travail en extérieur l’après-midi en période de canicule s’accompagne de pédagogie quant aux gestes de rafraîchissement.

    Veut-on vraiment parler de « refuges » climatiques ?

    Le terme de « refuges climatiques » mérite qu’on s’y arrête : il est très largement associé à des représentations liées à la catastrophe, en lien avec les notions de « refuges » et de « réfugiés ». Or, si l’on veut penser ces lieux comme des espaces de solidarité, d’entraide et de soutien, il importe de dépasser cet imaginaire.

    Ils comportent aussi un potentiel effet repoussoir, lié à l’imaginaire néolibéral d’un individu autonome et puissant, peinant à se reconnaître comme vulnérable et interdépendant. Qui souhaite se dire « réfugié » climatique ? Et comment désigner ceux qui le sont réellement ? Les enquêtes montrent que les plus vulnérables, notamment les personnes âgées ou malades, sous-estiment leur propre vulnérabilité tout en l’identifiant plus facilement chez les autres. Faut-il y voir le signe du refus d’un potentiel stigmate associé à cette vulnérabilité ?

    Le choix des mots n’a rien de neutre au moment de concevoir des dispositifs d’action publique : faut-il parler de « haltes fraîcheurs », se limiter à la chaleur, intégrer aussi la protection contre le froid en hiver, ou viser plus largement des « lieux du bien vivre » ?

    La qualification retenue oriente les usages auxquels ces espaces sont destinés : simples réponses à une crise ou lieux de solidarité, de convivialité et de délibération sur nos manières d’habiter un monde où de nombreux seuils socioécologiques ont déjà été franchis. Plus qu’un changement de vocabulaire, elle engage un projet politique : faire de ces lieux des espaces où se renforcent les liens socioécologiques et où se construit, à partir des réalités locales, une conception partagée du bien vivre.

    Ainsi, les refuges climatiques ne seront à la hauteur du problème qu’à condition d’être plus que des points frais sur une carte : des lieux accessibles, intégrés aux pratiques habitantes, capables d’accueillir des publics vulnérables sans les stigmatiser, et de soutenir des apprentissages collectifs face à la crise socioécologique.

    https://theconversation.com/les-refuges-climatiques-seront-utiles-sils-noublient-pas-de-faire-d

    #villes #urbanisme #politique #refuges_climatiques #chaleur #urban_matter #canicule #accessibilité #hospitalité #justice_socioécologique #changement_climatique #atténuation #adaptation #climatisation #vulnérabilité #inégalités #isolement #isolement_social #surmortalité #politisation #politisation_de_la_chaleur #rafraîchissement #fraîcheur #réconfort_thermique #stress_thermique #îlots_de_chaleur #logement #infrastructure #architecture #entraide #corps

  • Rifugi climatici a Napoli: dalla mappatura civica alla rete cittadina

    Habemus mappam!

    Ieri è stata pubblicata sul sito del Comune di Napoli la mappatura dei rifugi climatici potenziali della città. Finalmente. Ovviamente c’è anche il nostro zampino.

    Per questo vogliamo ripercorrere brevemente questa piccola grande storia che oggi è, per noi, una fonte di soddisfazione: una vittoria concreta di advocacy civica e vogliamo ringraziare l’assessore Di Pietro per aver sposato l’iniziativa.

    Un anno fa abbiamo deciso di lavorare su un tema che sentivamo urgente e ancora poco visibile: il caldo urbano e la necessità di individuare spazi di sollievo in città.

    Da lì è nata la prima mappatura civica dei rifugi climatici di Napoli, costruita con open data, lavoro sul territorio e il contributo di cittadine e cittadini. Una mappa indipendente che ha censito 38 luoghi tra biblioteche, parchi, cortili e spazi pubblici. La inviammo immediatamente via PEC al Comune con l’immediata messa a disposizione, ma purtroppo non ricevemmo riscontri.

    Non era pensata come un esercizio tecnico, né di ricerca ma come uno strumento semplice e di cura sviluppato da noi pro bono per rendere visibile un bisogno già evidente nella città.

    La mappa ha iniziato a circolare, è stata ripresa dai media, discussa pubblicamente e portata anche all’attenzione del Consiglio Comunale, grazie al Consigliere Carbone (Grazie Luigi!). Nel tempo abbiamo attivato un confronto con ENEA fino ad entrare in un percorso più ampio legato alla citizen science e al microclima urbano con il progetto Girls4Climate (a proposito, l’11 luglio passeggiate climatiche, stay tuned)
    Le novità della mappatura 2026

    La nuova rete amplia il numero di punti potenzialmente utilizzabili come rifugi climatici e introduce alcune funzionalità aggiuntive.

    Tra queste:

    – Informazioni sulla presenza di fontanelle pubbliche nelle vicinanze dei rifugi, con indicazione della distanza dal punto segnalato, in continuità con il progetto Acquamat di Cleanap
    – Un livello di comfort climatico orientativo individuato dall’Università Federico II, che supporta la scelta del luogo più adatto, basato su una metodologia sviluppata su indicatori di rischio climatico del Centro Studi PLINIVS e contributi scientifici internazionali nell’ambito di un progetto Horizon, in coerenza con il PAESC cittadino

    Per ogni punto (indoor e outdoor) sono disponibili informazioni sintetiche sul tipo di spazio, accessibilità, condizioni di comfort e presenza di servizi essenziali.
    Una mappa che nasce da un processo

    La mappa è oggi anche uno strumento aperto: attraverso un form dedicato, cittadine e cittadini possono lasciare feedback, segnalare nuovi luoghi e contribuire al miglioramento continuo dei dati.

    Vi invitiamo a farlo. Perché una mappa è utile solo se resta viva e partecipata.
    Da qui si riparte

    Questo risultato rappresenta per noi una piccola grande vittoria dell’advocacy civica: una proposta nata dal basso che entra nei processi pubblici e contribuisce a rendere più concreta l’azione di adattamento climatico della città.

    Ma è anche un punto di partenza.

    Perché il caldo urbano non si affronta con una mappa, ma con trasformazioni reali dello spazio pubblico: più verde, più acqua, più ombra e più cura dei luoghi che viviamo ogni giorno.

    La mappa serve a vedere.
    Le politiche servono a cambiare.

    E oggi, più che mai, questo è un lavoro collettivo che continua.

    https://www.cleanap.org/mappa-rifugi-climatici-napoli

    #Naples #cartographie #visualisation #villes #urban_matters #refugiés_climatiques #refuges_climatiques #fraîcheur #canicule #chaleur

    –-
    voir aussi:
    Towards a Commons of Urban Microclimates: Thermal Communities in Berlin
    https://seenthis.net/messages/1182089

  • Contre le « chacun sa #clim », planifier la #fraîcheur
    https://lvsl.fr/contre-le-chacun-sa-clim-planifier-la-fraicheur

    À chaque #canicule meurtrière, le débat public s’enferme dans un cadre étriqué : « faut-il s’acheter une clim ? ». En réduisant l’enjeu vital de l’adaptation à une question d’équipement individuel, la question est dépolitisée et déléguée au marché. Pourtant, ces hécatombes silencieuses le rappellent : rester au frais ou suffoquer n’est pas une fatalité météorologique, mais un fait social et politique, brutalement déterminé par les inégalités. La fraîcheur ne peut plus être abandonnée au marché du chacun-pour-soi ; elle doit devenir un bien commun, à planifier et à partager, un véritable droit à la fraîcheur. Car derrière le mirage de la fuite privée, qui refroidit les salons tout en réchauffant la rue, c’est une infrastructure sociale et publique qu’il faut désormais construire.

    #Écologie #climatisation #réseaux_de_froid #végétalisation

  • Les canicules plus précoces et plus intenses poussent à intensifier la baignade dans le #Grand_Paris

    Dès samedi 4 juillet et jusqu’à la rentrée, il sera possible de se baigner dans le bassin de #la_Villette, à Bercy au niveau du bras Marie, et à quelques centaines de mètres de la tour Eiffel, a annoncé la Mairie de Paris.

    Que les personnes en quête de #fraîcheur mais reparties bredouilles en s’approchant des pontons installés à Paris, ces derniers jours, se rassurent : il sera de nouveau possible de plonger dans la #Seine à partir du samedi 4 juillet, et pendant a minima deux mois. La saison officielle de baignade dans la capitale est lancée. Pendant près de dix ans, celle-ci était cantonnée au #bassin_de_la_Villette, dans le nord de la ville.
    Désormais, et pour la deuxième année, il est aussi possible de plonger dans le fleuve à Bercy, au niveau du #bras_Marie, et à quelques centaines de mètres de la Tour Eiffel. La possibilité de nager dans le #canal_Saint-Martin, sur une zone de 100 mètres, avait été exceptionnellement autorisée, les après-midi et en soirée, depuis le 16 juin, en raison des chaleurs étouffantes qui ont frappé la France et l’Europe. Les autres sites ouvrants, celui-ci doit, dès ce week-end, retrouver son rythme dominical d’avant canicule.
    Il y avait un certain satisfecit sur le visage des trois adjoints au maire (PS) de Paris venus détailler ces modalités à la presse, lundi 29 juin, sur les planches du ponton de Grenelle. Que n’ont-ils pas entendu, ces dernières années, au sujet du projet de rendre à nouveau la Seine baignable un peu plus d’un siècle après son interdiction.

    L’équivalent de dix piscines

    « Les dernières semaines ont prouvé que l’#accès_à_l’eau, et la baignade surtout, y compris en ville, sont nécessaires. Il répond à un #besoin_fondamental de se rafraîchir », a insisté Antoine Guillou, l’adjoint chargé notamment de l’axe Seine et des canaux sous cette nouvelle mandature, après avoir suivi l’#assainissement et la #propreté sous la précédente. « Plus personne ne remet le sujet en question », assure-t-il. « L’ouverture de ces sites extérieurs équivaut à la construction de dix piscines en dur », complète Maxime Sauvage, l’adjoint chargé du sport. Au vu des foules qui ont convergé vers les berges du canal Saint-Martin au plus fort de la vague de #chaleur, des réflexions émergent sur la possibilité d’aller plus loin. Pendant la campagne, Emmanuel Grégoire, désormais maire, a déjà promis d’ouvrir, d’ici à quelques années, une quatrième plage, à #Bastille, dans le #bassin_de_l’Arsenal, ont-ils rappelé.

    Quelques ajustements ont eu lieu par rapport à la première saison, dont la Ville assure qu’elle a attiré près de 100 000 personnes. Le site du bras Marie, aménagé initialement au pied de l’Ile-Saint-Louis, a été déplacé près du pont Louis-Philippe. La localisation d’origine crispait un certain nombre d’usagers économiques du fleuve, notamment les bateaux de promenade. Cent cinquante nageurs en simultané peuvent désormais être accueillis, chaque jour, de 8 heures à 18 heures. Plus à l’ouest, dans le bras Grenelle, la pataugeoire a disparu – trop sujette à la présence de bactéries –, mais la jauge grimpe à 200 personnes (dont 150 nageurs). Le site de Bercy, avec ses deux bassins, reste le plus important : 600 personnes, dont 300 à l’eau. Les plus jeunes sont accueillis partout, à condition qu’ils mesurent plus d’1,20 mètre. Les tout-petits ont leur espace à la Villette.

    Ces trois sites de baignade, comme ceux ouverts dans la #Marne, en amont, et les autres à l’étude ou en chantier sur les deux principaux cours d’eau franciliens, sont un héritage direct des Jeux de Paris 2024. L’ultimatum posé par la tenue d’épreuves dans la Seine a servi de puissant accélérateur à la réalisation de travaux d’#assainissement exigés depuis fort longtemps par la législation européenne, mais maintes fois reportés. Deux #stations_d’épuration ont été modernisées. Des ouvrages pharaoniques ont été réalisés en amont pour stocker les eaux de pluie. La chasse aux mauvais branchements des particuliers - dont les #eaux_usées sont rejetées dans les cours d’eau - se poursuit. Sur les 23 000 identifiés, il en reste près de 11 000 à traiter. En attendant, les campagnes de mesures de la #qualité ont repris. En juin, sur la vingtaine de journées étudiées, seules deux étaient impropres à la baignade.

    « Une année de transition »

    Les vagues de chaleur étant amenées à être plus précoces et à s’étirer dans la saison, en raison du réchauffement climatique lié à l’activité humaine, la question se pose de multiplier les sites de baignade en ville, de pouvoir les activer plus facilement, mais aussi d’imaginer d’autres cadres. Cette réflexion fait écho à ce qui se pratique par exemple en Suisse ou encore au Danemark. « L’année 2026 sera une année de transition pour aller vers un #modèle d’accès à l’eau plus libre », veut croire Clément Brun, docteur en urbanisme et aménagement et auteur d’une thèse sur la baignade à Copenhague. « En réponse à l’explosion de la fréquentation dans le port, une marge de tolérance est laissée à la population dans les endroits considérés comme non dangereux. Les contrôles de police ont lieu dans les endroits critiques. »

    En France, le sujet est notamment juridique, en plus de celui de devoir concilier différents usages (économiques, loisirs). Quand en Suisse, les baigneurs nagent dans le courant à leurs risques et péril, ici, le régime reste celui de l’#autorisation_avec_surveillance, ou de l’#interdiction. « La troisième voie, celle du “risques et périls”, existe mais elle peut malgré tout se retourner contre la collectivité », explique Antoine Guillou. Peut-on imaginer un nouveau #régime national où la baignade serait, à certains endroits, sécurisée mais non surveillée ? « En pleine canicule, ne pas pouvoir se baigner est un #risque. Ouvrir un site sécurisé non surveillé en est un autre. Cela mérite débat. » En attendant, l’ouverture d’autres sites est à l’étude, notamment au nord de la capitale, en Seine-Saint-Denis, sur le canal Saint-Denis et le canal de l’Ourcq.

    https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/06/30/les-canicules-plus-precoces-et-plus-intenses-poussent-a-intensifier-la-baign
    #canicule #baignade #Paris #France #rivière

  • Fortes chaleurs : cette médiathèque parisienne mise sur la #low-tech plutôt que sur la clim

    Face aux fortes chaleurs, tous les bâtiments publics ne se valent pas. À Paris, la médiathèque James Baldwin, conçue par #Philippe_Madec – pionnier d’une architecture écoresponsable –, dans l’ancien lycée Jean-Quarré, montre comment la low-tech peut aider à garder un lieu respirable : #ventilation_naturelle, patio, ombre, réemploi, bois et #terre_crue.

    Quand le thermomètre grimpe, certains bâtiments deviennent vite invivables. Trop vitrés, trop minéraux, trop dépendants de systèmes techniques énergivores, ils révèlent brutalement leurs limites. À Paris, dans le XIXe arrondissement, la médiathèque James Baldwin propose une autre voie : celle d’un bâtiment public bas-carbone, pensé dès sa conception pour limiter le recours à la climatisation, favoriser la ventilation naturelle et utiliser au maximum l’existant. Installée à deux pas de la place des Fêtes, dans l’ancien lycée hôtelier Jean-Quarré, cette nouvelle médiathèque, livrée à l’été 2024 et conçue par l’atelier Philippe Madec, est un concentré d’#architecture_écoresponsable. Structure en béton conservée, matériaux réemployés sur place, patio central à ciel ouvert, résille en bois pour créer de l’ombre, murs en terre crue, isolation biosourcée, apports de lumière naturelle : tout concourt à faire de ce lieu un #démonstrateur de #frugalité appliquée. Rien de punitif ou d’austère, mais une manière de construire autrement, avec moins de matière neuve, moins d’énergie et davantage d’#intelligence_climatique.

    La médiathèque James Baldwin répond aussi à un besoin local : le XIXe arrondissement ne disposait jusqu’ici d’aucune médiathèque de cette ampleur. Mais elle va plus loin. Elle forme, avec la Maison des réfugiés, un équipement hybride, à la fois culturel, social et écologique. Un lieu où l’on peut emprunter des livres, travailler, apprendre le français, assister à des ateliers, se poser dans un jardin ou simplement trouver un peu de fraîcheur lorsque la ville suffoque.

    Un bâtiment qui travaille avec l’#air

    Dans beaucoup de bâtiments récents, le confort d’été reste encore pensé après coup. Lorsque la chaleur entre, on compense. Lorsque l’air devient lourd, on ventile mécaniquement. Lorsque les façades surchauffent, on ajoute des équipements. À la médiathèque James Baldwin, la logique est différente : l’architecture elle-même organise une partie du #rafraîchissement. Le geste le plus visible se trouve au cœur de l’ancien lycée. Les circulations verticales existantes ont été supprimées pour créer un #patio_végétalisé autour d’un Charme commun. Ce #vide agit comme un poumon. Il apporte de la lumière naturelle au centre du bâtiment, facilite l’évacuation de l’air chaud et évite l’effet de masse que pouvait produire la structure d’origine, très répétitive, en poteaux, poutres et panneaux préfabriqués.

    Certains planchers ont aussi été démolis afin de créer des doubles hauteurs. Là encore, il ne s’agit pas seulement d’un choix esthétique. Ces percées permettent à l’air de mieux circuler, aux regards de traverser les niveaux et aux espaces de perdre leur caractère fermé. Le bâtiment devient plus lisible, plus lumineux, plus vivant. Cette approche résume bien l’esprit low-tech du projet pensé par Philippe Madec, pionnier d’une #architecture_low-tech et écoresponsable. La solution ne consiste pas à ajouter toujours plus de machines, mais à réduire les besoins dès le départ. Créer de l’#ombre avant de refroidir. Ventiler naturellement avant de climatiser. Tirer parti de l’#inertie, des #vides, de l’#orientation, des #matériaux et des #usages. En période de fortes chaleurs, cette #sobriété n’a rien d’un renoncement : elle devient une condition de #confort.

    Et, effectivement, quand on se promène à l’intérieur du bâtiment, par 38 degrés en extérieur, les zones fraîches – là où s’organisent la lecture ou la consultation de contenus multimédias, les cours d’informatique ou encore l’espace de coworking pour association – contrastent avec des zones plus chaudes, pensées uniquement pour la circulation. Apporter de la fraîcheur là où c’est nécessaire, s’en passer là où l’humain n’est que de passage. Évidemment, plus on monte dans les étages, plus la température est difficile à maîtriser mais l’ensemble reste malgré tout supportable. Beaucoup plus qu’un appartement passoire thermique d’un des immeubles alentour.

    Certes, la ventilation naturelle atteint ses limites lorsque les températures dépassent durablement 35 à 38 °C, surtout si les nuits ne permettent plus au bâtiment de se décharger de la chaleur accumulée. Mais c’est précisément là que l’approche low-tech garde son intérêt : elle ne promet pas de transformer un bâtiment en frigo, elle réduit les besoins, retarde la surchauffe, améliore le confort ressenti et limite le recours systématique à la #climatisation.

    Philippe Madec, l’architecte du “faire avec”

    Cette manière de concevoir un bâtiment public porte la signature de Philippe Madec. Architecte, urbaniste, écrivain, il défend depuis des décennies une architecture attentive aux lieux, aux climats, aux usages et aux ressources disponibles. Cofondateur du mouvement de la “#frugalité_heureuse_et_créative”, il plaide pour une transformation profonde du secteur : moins de démolitions, moins de béton neuf, plus de #réhabilitation, de matériaux bio et géosourcés, de #sobriété_énergétique et d’#intelligence_collective.

    Dans un entretien accordé à WE DEMAIN, il résumait cette urgence par une formule directe : “N’attendons pas de notre gouvernement la possibilité de faire autrement ! Faisons !” À la médiathèque James Baldwin, ce “faisons” prend une forme très concrète. Il ne s’agit pas d’un manifeste théorique, mais d’un bâtiment ouvert au public, inscrit dans un quartier dense, confronté aux mêmes contraintes que le reste de la ville : chaleur, manque d’espace, besoin d’équipements, pression sur les ressources.

    Lors du Forum de l’Économie Légère, Philippe Madec invitait aussi à poser la question “to build or not to build”. Faut-il toujours construire ? Faut-il repartir de zéro ? Ou peut-on d’abord regarder ce qui existe, le réparer, le prolonger, le transformer ? La médiathèque James Baldwin répond clairement : dans une ville déjà largement bâtie, l’avenir passe aussi par l’art de composer avec l’existant.

    Faire du bâtiment sa propre matière première

    L’ancien lycée Jean-Quarré aurait pu être rasé. C’est souvent ainsi que l’on traite les bâtiments jugés obsolètes. On démolit, on évacue, on reconstruit, en oubliant que chaque mur contient déjà de la matière, de l’énergie grise et une histoire. Ici, l’atelier Philippe Madec a choisi une autre méthode : conserver, transformer, réemployer avec une philosophie : faire du bâtiment “sa propre matière première”. Budget total de la création de la médiathèque et de la Maison des réfugiés ? Environ 21 millions d’euros.

    Concrètement, la déconstruction a été très sélective. Des dalles industrielles, des panneaux, des éléments de façade ou de structure ont été déposés, découpés, broyés ou réutilisés sur place. Certains matériaux servent aux cheminements, d’autres à des murs ou à des aménagements. Le bâtiment devient ainsi une carrière de lui-même. Ce qui aurait pu finir en gravats retrouve une fonction.

    Ce geste est essentiel à l’heure où la construction reste l’un des grands secteurs consommateurs de ressources. Réhabiliter plutôt que démolir permet de limiter les déchets, de réduire la quantité de matériaux neufs, mais aussi de préserver une part de la mémoire du site.

    Entre les deux bâtiments du site, une nouvelle structure joue un rôle central. Elle porte un nom simple : “Le Lien”. Elle connecte la médiathèque et la Maison des réfugiés, accueille les circulations principales et donne au projet sa silhouette la plus reconnaissable. Sa résille en bois forme une sorte de mantille courbe, à la fois signal architectural et pare-soleil autoportant. Ce “Lien” n’est pas qu’une belle image. Il incarne l’un des principes du projet : relier plutôt que séparer. Relier les bâtiments, les usages, les publics, les fonctions. Il accueille, selon les niveaux, des espaces de cafétéria, de tisanerie ou des lieux associés à la lecture. Il organise les passages et rend visible la transformation de l’ancien lycée dans le tissu urbain.

    La terre crue joue elle aussi un rôle important. Utilisée sous forme de terre coulée (technique encore expérimentale), elle permet de reprendre les outils et savoir-faire de la construction en béton, mais avec un matériau géosourcé, moins transformé, à plus faible énergie grise. Des panneaux préfabriqués en terre coulée, c’est-à-dire de la terre crue coulée dans un coffrage, ont été expérimentés sur le chantier, avec l’idée de tester ce procédé et d’en faire, demain, une technique plus courante. Là encore, la low-tech n’est pas un bricolage : c’est une innovation par la sobriété.
    Des jardins pour rafraîchir et relier

    La réponse aux fortes chaleurs ne se joue pas seulement à l’intérieur du bâtiment. Elle se joue aussi dehors. Le projet accorde une place importante à la #végétalisation : jardins en pleine terre, espaces plantés, toitures végétalisées, terrasses, jardins partagés, espaces de lecture en extérieur. Ces lieux ne sont pas de simples ornements paysagers. Ils participent au confort, à la biodiversité, à l’infiltration, à l’ombre et à la qualité d’usage.

    Dans un quartier dense, ces respirations comptent. Elles prolongent la #rénovation de la place des Fêtes et étendent son aire d’influence vers l’est. Elles donnent aux habitants des espaces où se poser sans consommer, lire dehors, attendre un rendez-vous, discuter, cultiver, traverser. Elles contribuent aussi à faire du site un équipement public plus poreux, moins fermé, plus accueillant.

    La végétalisation ne remplacera pas, à elle seule, une politique ambitieuse d’adaptation des villes aux fortes chaleurs. Mais elle en constitue un maillon essentiel, surtout lorsqu’elle est pensée avec le bâtiment, et non ajoutée après coup. À la médiathèque James Baldwin, les jardins, le patio, la mantille en bois, les matériaux et la ventilation naturelle forment un même système. Un système discret, mais cohérent.

    Un #refuge_climatique et démocratique

    À l’heure où les vagues de chaleur se multiplient, les #bâtiments_publics vont devoir changer de rôle. Ils ne seront plus seulement des écoles, des bibliothèques, des gymnases, des mairies ou des centres sociaux. Ils devront aussi devenir des #refuges_climatiques, des lieux capables d’accueillir les habitants lorsque les logements surchauffent, lorsque les places minérales deviennent impraticables, lorsque les plus fragiles cherchent un espace respirable.

    La médiathèque James Baldwin montre une piste. Elle prouve qu’un équipement public peut être pensé autrement : avec moins de béton neuf, plus de réemploi, des matériaux moins énergivores, une ventilation naturelle, des espaces ombragés, des jardins et une attention réelle aux usages. C’est peut-être cela, la leçon la plus forte du projet. La ville de demain ne sera pas seulement une ville bardée de capteurs, de climatiseurs et de solutions techniques sophistiquées. Elle devra aussi réapprendre des gestes simples : ouvrir, ventiler, ombrager, planter, réutiliser, ménager. Non par nostalgie, mais par lucidité.

    https://www.wedemain.fr/maison-responsable/fortes-chaleurs-cette-mediatheque-parisienne-mise-sur-la-low-tech-plutot-qu

    #alternative #architecture #canicule #fraîcheur

    • Mouvement pour la frugalité heureuse et créative dans l’architecture et le #ménagement_du_territoire

      https://www.youtube.com/watch?v=tgHKSrluVss

      Le « Mouvement pour une Frugalité heureuse et créative » dans l’architecture et le ménagement des territoire promeut la frugalité à travers l’architecture frugale et le ménagement des territoires.

      Il est né du Manifeste du même nom, lancé le 18 janvier 2018 par Dominique Gauzin-Müller (architecte-chercheur), Alain Bornarel (ingénieur) et Philippe Madec (architecte et urbaniste). Reconnaissant « la lourde part des bâtisseurs » dans les désastres en cours, ce manifeste appelle à développer des établissements humains frugaux en énergie, en matière et en technicité, créatifs et heureux pour la terre et l’ensemble de ses habitants, humains et non humains.

      En réponse à cet appel, des groupes locaux ou thématiques se sont créés pour mobiliser les signataires du manifeste, puis de grandes rencontres nationales ont été organisées. Le mouvement s’anime aujourd’hui de multiples initiatives décentralisées, proposant visites, conférences, ateliers, formations, publications, partages d’expériences, et de nombreux outils de développement tels que ce site web ou encore la cartographie collaborative des ressources frugales.

      Le mouvement est ouvert à toutes et à tous, aux professionnels engagés dans la « métamorphose de l’acte de construire » et la « révolution du ménagement« , mais aussi à tous les citoyens désireux de voir se développer d’autres façons d’habiter nos territoires.

      C’est un réseau engagé et bienveillant qui repose entièrement sur les initiatives bénévoles des signataires s’investissant dans les groupes locaux, qui décident en toute autonomie de leurs activités, et qui sont le cœur vivant et actif du mouvement.

      L’association, gérée par un conseil collégial, a vocation à assurer la logistique et le financement des projets, notamment grâce à la redistribution des ressources des dons et des adhésions.

      Il est encore temps, il est toujours temps de nous rejoindre : bienvenue à vous, bifurquons ensemble sur les chemins de la Frugalité !


      https://frugalite.org

    • Associer

      Une architecture engagée, libre

      Vers une #habitabilité des mondes heureuse et équitable

      Dans un monde fini, à toutes les échelles de projet, notre atelier s’engage dans la métamorphose des établissements humains, entendus comme milieux garants d’une coexistence heureuse entre les hommes et avec les mondes du vivant. Au début des années 1980, Philippe Madec mène un travail théorique pour se libérer de l’opposition modernisme / postmodernisme, et pour fortifier son engagement écoresponsable. Ce travail émancipateur a ouvert un passage du modernisme au durable et donné sens aux pratiques professionnelles des quelques 35 architectes et urbanistes qui collaborent aujourd’hui au sein de l’atelier.

      Après plus de trois décennies d’existence, l’atelierphilippemadec est devenu (APM)&associés en 2022 puis « associer » en 2025. Comme de nombreux ateliers nés dans les années 1990, construits autour d’une personnalité qui l’incarne, nous avons enclenché une mutation. Moment délicat qui peut se lire comme un projet à part entière. Ce dernier ouvre sur la pérennisation d’un outil de travail tissé de valeurs partagées, mais aussi la reconnaissance de la nature essentiellement collective du travail des architectes et urbanistes, en l’occurrence réunis autour d’une personnalité fédératrice. Ce projet relève d’une transmission entre générations unies dans leur compréhension des conditions contemporaines de vie. Il tient aussi et surtout du désir d’être en mesure de s’engager, aujourd’hui, pour continuer de proposer des alternatives aux modes conventionnels de penser et de faire l’architecture, la ville et les territoires.

      De cette histoire collective, il résulte en 2025 le nom d’atelier « associer » qui fait référence à ce qui nous tient à cœur au quotidien dans notre travail : associer sociétés, climats, territoires, écologies, matières et savoir-faire.

      À l’heure où la notion de sobriété s’impose dans le débat public, l’atelier porte en étendard celle de frugalité, par son engagement dans le Manifeste éponyme, comme au jour le jour de son travail. Le débat n’est pas terminologique : il impose de se questionner sur notre capacité collective à agir dans des conditions de plus en plus complexes et contraignantes. Face aux bouleversements environnementaux, nous portons la conviction qu’un projet partagé et désirable permet d’éviter l’expression unilatérale de contraintes restrictives, voire inéquitables. Une architecture qui peut être à l’avant-garde d’un nécessaire ré-enchantement du monde.

      https://associer.archi

    • https://mamot.fr/@n1k0/116826744529879889

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      Canicule : À Grabels, près de Montpellier, cette école perd 7 °C face à la chaleur

      Face aux fortes chaleurs, l’école maternelle Jean Ponsy à Grabels teste des solutions simples pour améliorer le confort des élèves. Résultat : jusqu’à 7 °C ressentis en moins.

      https://actu.fr/occitanie/grabels_34116/canicule-a-grabels-cette-ecole-perd-7-c-face-a-la-chaleur_64449580.html

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      #Projet_racine

      La canicule, un enjeu majeur pour les #écoles

      Face à l’intensification des vagues de chaleur, le sujet de l’adaptation des écoles primaires est central. Les périodes de canicule peuvent entraîner des conséquences graves sur la santé, en particulier pour les enfants, qui font partie des publics vulnérables.

      L’intensification des périodes caniculaires, d’année en année, amène ce sujet à un point particulièrement critique, avec notamment la fermeture des établissements scolaires dans les moments les plus chauds.

      Du fait du dérèglement climatique, les vagues de chaleur sont amenées à être plus intenses, plus longues, et à survenir sur une période de l’année plus étendue, de mai à octobre, dans l’ensemble des régions (scénario +4°C de la TRACC).

      D’année en année, la situation devient de plus en plus préoccupante.
      Les écoles publiques, pour la plupart très peu adaptées aux épisodes climatiques extrêmes, nécessitent une attention particulière.

      Ce sont souvent des bâtiments anciens, peu isolés, mal ventilés, dont l’inertie thermique est faible. Les conditions d’accueil y deviennent rapidement inconfortables, voire dangereuses, en période de forte chaleur.
      Adapter les bâtiments et les usages pour maintenir l’activité

      En appliquant des gestes simples mais efficaces, comme la protection solaire, la ventilation nocturne et l’utilisation de brasseurs d’air, il est possible de limiter la montée en température dans les locaux et d’améliorer le confort des enfants. Ces leviers permettent d’assurer un environnement plus supportable pour toutes et tous et de limiter l’impact des canicules sur les activités scolaires.

      Au-delà des solutions matérielles, une bonne organisation (décalage des horaires de cours, migration des activités dans des zones plus fraîches de l’école ou de la cour) peut également permettre d’assurer la continuité pédagogique, même pendant les pics de chaleur.

      Ces solutions existent, elles sont éprouvées. Pourtant, leur mise en œuvre reste rare. Les vagues de chaleur sont encore trop peu anticipées, et les réflexes d’adaptation encore peu intégrés dans le fonctionnement quotidien des écoles. Car les freins à l’adaptation ne sont pas seulement d’ordre technique ou budgétaire, ils sont souvent organisationnels. C’est précisément le cœur du projet RACINE : identifier ces freins organisationnels, en comprendre les mécanismes, et tester des méthodes concrètes pour les dépasser.

      https://programme-cee-actee.fr/programmes/projet-racine

    • Façade en forme de vagues, murs ajourés... Dans cet immeuble de Montpellier, tout a été conçu pour limiter la chaleur

      Comment l’#architecture_bioclimatique peut-elle réduire la température intérieure de 8 degrés sans climatisation ? À Montpellier, des bâtiments utilisent l’effet Venturi et des moucharabiehs modernes pour créer des courants d’air naturels et protéger les appartements du soleil brûlant.

      35 degrés(Nouvelle fenêtre) cet après-midi-là à Montpellier. La ville suffoque, mais quand cette habitante rentre chez elle, elle respire. Dans son appartement tout neuf et traversant, Adia Guasproca n’a pas la climatisation. « Niveau fraîcheur, franchement, on est bien là. En ressenti, on a quoi ? 23, 25 degrés ? », indique-t-elle.

      Deux étages plus haut, même impression agréable, y compris sur la terrasse. Grâce à ce mur ajouré, inspiré des moucharabiehs orientaux, le lieu est à la fois ventilé et ombragé. Car dans cet ensemble immobilier, tout a été conçu pour limiter la chaleur. Sur cet immeuble, par exemple, très bien isolé, les façades font des vagues. Ce choix n’est pas seulement esthétique. Les courbes agissent comme un parasol géant qui limite l’entrée du soleil dans les appartements. Malgré les 33 degrés mesurés dans le patio, Eliott Mio peut profiter de la terrasse. « Dans notre précédent appartement, c’est vrai qu’on avait un balcon qui servait à rien parce qu’il était en plein soleil et il faisait trop chaud. Là, ici, c’est clair que ça fait vraiment une pièce de vie supplémentaire. La plupart de la journée, vraiment jusqu’à 17 heures, on est à l’ombre. Bon, il fait chaud, mais c’est quand même agréable. Il y a beaucoup d’air », confie-t-il.
      Une architecture rafraîchissante

      À l’intérieur, 8 degrés de moins que dehors. Le logement est très bien ventilé. Et en effet, cette ventilation ne doit rien au hasard, mais tout à l’architecture. Le vent marin, plus frais, rentre au cœur des habitations, dopé par les courbes de la façade.

      « Cette architecture finement biseautée en courbe permet aussi d’accentuer la vitesse du vent et de créer des mini-dépressions et des mini-turbulences. C’est ce qu’on appelle l’effet Venturi. Par exemple, si on se promène au pied des tours à la Défense à Paris, on a souvent des bourrasques de vent ou même dans le métro des différentes villes françaises. À ce moment-là, on tourne derrière un pilier et on a une bourrasque de vent. C’est exactement ce qui se passe », explique Vincent Callebaut, architecte spécialisé en architecture bioclimatique. Enfin, d’ici quelques années, les arbres et les végétaux plantés dans la cour et sur les terrasses feront de ce lieu un îlot de fraîcheur.

      https://www.franceinfo.fr/environnement/evenements-meteorologiques-extremes/vagues-de-chaleur-canicules/architecture-des-immeubles-ou-tout-a-ete-concu-pour-limiter-la-chaleur_80

      #effet_venturi

  • Paris, Nice... Quand des #fleuves rafraîchissent des villes

    Les #réseaux_de_froid urbains, méconnus, sont de solides alternatives à la climatisation classique. À Paris, la Seine permet de rafraîchir 800 bâtiments. D’autres villes ont sauté le pas.
    Casque sur la tête, Tim Guigon marche à côté d’énormes machines qui bourdonnent au milieu de tuyaux de toutes tailles. « C’est une #climatisation à taille géante », s’exclame le responsable de la communication chez #Fraîcheur_de_Paris en me tendant des bouchons d’oreilles antibruit. Enfouie dans le sol, la centrale de Bercy refroidit une partie des bâtiments de la capitale avec l’aide de la #fraîcheur_naturelle de la Seine. Quelques mètres plus haut, des passants se promènent au bord du fleuve, sans se douter de ce qui se trame en profondeur.

    Le projet a été mis en place à partir de 1978. Aujourd’hui, plus de 100 kilomètres de #canalisations_glacées rafraîchissent 870 bâtiments : le Louvre, l’Assemblée nationale, l’Opéra Garnier, l’hôpital des Quinze‑Vingts, le Forum des Halles...

    Le réseau se présente comme un modèle de la #transition_écologique, et ne cesse de s’allonger. « Nous voulons atteindre les 250 km de réseau dans les vingt prochaines années et raccorder des bâtiments résidentiels en 2050 », annonce Tim Guigon. D’autres villes comme Lyon, Marseille et Nice possèdent aussi des réseaux utilisant la fraîcheur de l’eau. Mais la technique reste rare : seuls 43 #réseaux_de_froid fonctionnaient en 2023 contre 1 000 réseaux de chaleur.

    Un enjeu de taille : se rafraîchir

    Un réseau de froid est une sorte de #labyrinthe_glacé. D’abord, une centrale frigorifique refroidit une boucle d’eau indépendante. Cette dernière refroidit ensuite — sans se mélanger — de longues canalisations qui se fraient un passage sous terre afin d’atteindre chaque bâtiment. Une fois arrivée, l’eau refroidit le petit réseau indépendant du bâtiment, qui refroidit l’air qui est projeté dans le bâtiment, comme une climatisation classique.

    La plupart du temps, les #centrales_frigorifiques sont nécessaires pour refroidir l’eau circulant dans les tuyaux. Mais quand la Seine est assez fraîche, ces centrales sont éteintes, ou moins utilisées. Cette technique, nommée le #free-cooling, consomme beaucoup moins d’électricité, même si celle-ci est renouvelable.

    Cette manière de rafraîchir consomme moins d’énergie, émet moins de gaz à effet de serre et moins de fuites de fluide frigorigène — les #hydrofluorocarbures, des gaz principalement utilisés pour le refroidissement, ont un fort pouvoir polluant. Certains réseaux comme celui de Paris ont même la capacité de stocker du froid, notamment sous forme de glace, afin de le libérer en fonction de la demande.

    C’est à se demander pourquoi un système aussi performant n’est pas étendu davantage car l’enjeu est de taille. Selon une étude étasunienne de 2022, la climatisation émet 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre et notre consommation de frais va doubler d’ici à 2050, selon une étude (en anglais) de l’Agence internationale de l’énergie.

    Des réseaux mieux adaptés aux #villes

    « L’enjeu principal des réseaux de froid, c’est de réussir à se faufiler jusqu’aux émetteurs adaptés [c’est-à-dire amener le froid jusque dans les pièces concernées]. Les radiateurs en fonte ne sont pas compatibles par exemple. Pour les bâtiments neufs, c’est assez simple, mais pour les bâtiments existants, c’est plus compliqué », indique Luc Petitpain, ingénieur chargé d’étude Réseaux de chaleur et de froid au #Cerema, organisme public travaillant dans le secteur de l’aménagement du territoire.

    De plus, « les usagers potentiels et les bureaux d’études ont une mauvaise connaissance des besoins en froid des bâtiments », conclut le Cerema dans une enquête sur les réseaux de froid en France en 2021.

    À Nice, par exemple, le réseau Méridia a été finalisé après la construction de certains bâtiments, ce qui a empêché leur raccordement au réseau. Ce dernier est par conséquent doté d’un excédent de puissance, de même qu’à Grenoble, où la puissance du réseau Grand’place a été surestimée.

    Luc Petitpain a œuvré à identifier la demande de froid partout en France en croisant les données recueillies avec celles des #zones_climatiques_locales (#LCZ), c’est-à-dire des environnements urbains soumis aux #îlots_de_chaleur (ICU). L’Île-de-France, une région où beaucoup habitent dans des immeubles et dans de grands ensembles, est le client parfait des réseaux de froid. « Ce travail s’adresse aux collectivités afin qu’elles sachent qu’une solution économique, technique et écologique existe », signale l’ingénieur.

    Des contraintes géographiques

    Dans un rapport de 2022, le Cerema note que les réseaux de froid se concentrent principalement dans les grandes villes pour répondre à un objectif de rentabilité.

    Mais certaines petites localités se sont aussi lancées comme Le Barp (Gironde), 5 713 habitants. Sous terre courent 700 mètres de tuyaux qui refroidissent une partie du centre d’études scientifiques et techniques d’Aquitaine. Il y a toutefois peu de chances que ces réseaux se développent en milieu rural.

    « Il y a des contraintes géographiques, précise Rémi Babut, ingénieur, urbaniste et chef de projet dans le secteur du logement au Shift Project. Premièrement, il faut prendre en compte la densité du lieu. Deuxièmement, il faut que le lieu soit doté d’une source de froid. » L’intérêt est d’utiliser les spécificités de la région pour utiliser un minimum d’énergie, comme un lac, la mer ou un fleuve comme la Seine.

    À Doha (Qatar), là où se trouve le plus grand réseau de froid du globe, la température de surface du golfe Persique avoisine les 30 °C en été. Les pompes tournent alors à plein régime pour que les degrés descendent drastiquement et permettent aux habitants de ne pas suffoquer. « Quand la Seine est à 29 °C, on continue à livrer de l’eau, mais parfois un peu plus chaude. C’est fini la climatisation à 14 °C lorsqu’il fait 34 °C dehors », analyse Tim Guigon de Fraîcheur de Paris.

    « Les réseaux de froid ne sont pas idéaux : ils consomment beaucoup d’#électricité — nous sommes un des premiers consommateurs de Paris — et utilisent toujours des fluides frigorigènes comme des hydrofluorocarbures [dont les pertes sont néanmoins vingt fois inférieures à celles d’une climatisation autonome]. Les transports en commun non plus ne sont pas parfaits, mais comparés à plusieurs voitures, ils sont plus vertueux. »

    Fraîcheur de Paris travaille sur une façon de se débarrasser de ces fluides en les remplaçant par de l’eau, mais il s’agit d’une machine moins performante et qui en est encore au stade de prototype. « On se réveille un peu tard », admet Tim Guigon.

    A-t-on besoin de la clim’ ?

    Selon Rémi Babut, le retard historique de la France concernant l’utilisation de cette technique peut s’expliquer par le fait que les Français n’en avaient pas besoin. « Tendre des draps, fermer les volets, vivre dans le noir, faire la sieste »... sont autant de pratiques culturelles dans la partie sud du pays. « On en revient à l’éternel débat : dois-je m’adapter à l’environnement ou adapter mon environnement ? En France, on choisit plutôt la deuxième option », analyse-t-il.

    « Il faut distinguer le #refroidissement du #rafraîchissement », poursuit l’ingénieur. Le refroidissement regroupe tous les moyens actifs d’abaisser le mercure, le plus connu étant la climatisation. Le rafraîchissement englobe quant à lui tout un tas de #techniques passives qui concernent la conception de l’habitat. « Les brise-soleil, les brasseurs d’air (ventilateurs), les dispositifs d’occultation, etc. ont un effet significatif sur la baisse des températures, assure Rémi Babut tout en nuance. Je m’oppose à ce débat “clim ou pas clim” qu’on peut entendre dans les médias. L’électricité française étant relativement bas-carbone, il faut penser une stratégie de climatisation, notamment pour les publics les plus fragiles. »

    À l’évidence, pour lutter contre les fortes chaleurs, il s’agit aussi de mieux penser notre manière d’habiter la planète. « Il faut rafraîchir la ville, dit Rémi Babut. Planter des arbres, désimperméabiliser les sols… » En attendant, les Français climatisent toujours plus leur domicile. De 2017 à la fin de l’année 2019, la part de résidences climatisées est passée de 11 % à 22 %.

    https://reporterre.net/Paris-Lyon-Quand-des-fleuves-rafraichissent-des-villes
    #rivières #froid #chaleur #chaud #refroidir #refroidissement

  • Comment les arbres ont conquis les villes

    Nécessaires pour embellir et rafraîchir les villes, les arbres n’ont pas toujours été intégrés à l’urbanisme, explique l’historienne #Andrée_Corvol. Les révolutions sociales ont permis leur essor.

    Depuis son appartement en banlieue parisienne, l’auteur de cet article contemple tous les jours un univers essentiellement minéral, composé de grandes tours d’habitation et de quelques bâtiments publics. Parmi ces blocs de béton se distinguent quelques arbres, essentiellement des marronniers, qui apportent une touche de vert bienvenue dans ce monde gris et marron et, l’été, une fraîcheur indispensable dans cet îlot de chaleur urbaine. Aussi rares et chétifs soient-ils, ces arbres parviennent à rendre supportable la vie dans un quartier densément peuplé, d’où toute nature a disparu depuis l’industrialisation de la ville au XIXe siècle.

    Ces marronniers s’inscrivent dans une longue lignée d’#arbres_urbains, retracée par l’historienne Andrée Corvol, spécialiste du végétal, dans L’Arbre dans la cité (éd. Le Pommier). Depuis son apparition systématique dans les villes françaises à l’orée du XVIIe siècle, l’arbre a toujours tenu le même rôle : rendre humainement vivables des villes de plus en plus denses, à mesure que les campagnes et les espaces naturels s’en éloignaient.

    Si la prose touffue d’Andrée Corvol tend, telle la sylve, à s’égarer en branches et rameaux, on peut néanmoins résumer à grands traits cette intégration du végétal au panel des outils d’aménagement à destination des autorités locales en France. Car c’est bien d’un outil qu’il s’agit, et ce, dès l’époque moderne.

    Alors que la ville française médiévale comportait peu d’arbres — sinon quelques-uns sur le parvis de l’église et d’autres sur les remparts, pour gêner les tirs adverses en cas de siège —, les autorités municipales des XVIIe et XVIIIe siècles confrontées à l’essor démographique de leurs villes respectives décidèrent de les doter de nouveaux quartiers végétalisés.

    Outre le sentiment de #fraîcheur que procuraient ces arbres — ormes, noyers et tilleuls pour la plupart —, les #plantations_urbaines offraient aux citadins un espace de #loisirs, des #promenades en famille jusqu’au #sport, en particulier le jeu de paume pratiqué à l’#ombre des cours et des mails, à l’instar de ceux structurant le centre-ville d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).
    Embellir... et maîtriser l’étalement urbain

    À l’ère de l’#industrialisation et de l’#exode_rural vers la ville, les métropoles du XIXe siècle reprirent ces principes en les systématisant. Pour verdir les nouveaux boulevards qu’il perçait au beau milieu de la capitale, Georges-Eugène Haussmann, préfet de Paris sous Napoléon III, réorganisa le service des Promenades — ancêtre des Jardins — pour favoriser des plantations homogènes, après des décennies d’essais erratiques et désordonnés, peuplant ainsi la métropole de platanes et #marronniers. Comme souvent, les capitales régionales imitèrent l’exemple parisien et se dotèrent à leur tour d’avenues et cours végétalisés.

    Mais le tournant eut cependant lieu entre 1919 et 1924, avec l’adoption des #lois dites « #Cornudet ». À la différence des initiatives municipales antérieures, ces textes législatifs, les premiers en matière d’urbanisme en France, proposaient un encadrement national à travers un #Plan_d’aménagement_d’embellissement_et_d’extension (#PAEE) obligatoire pour les villes de plus de 10 000 habitants.

    Comme le résume Andrée Corvol, ces lois répondaient à la contradiction engendrée par la croissance urbaine : « Laisser les cités se densifier, c’était condamner leur #verdure intramuros. Laisser les cités s’étaler, c’était la réduire extramuros. » En somme, le PAEE envisageait la maîtrise d’un étalement urbain anarchique à travers une #végétalisation programmée des nouveaux quartiers et non ajoutée après coup de manière à les embellir.

    Au demeurant, le PAEE n’empêcha pas la construction à la va-vite, tout au long des Trente Glorieuses, d’ensembles minéraux destinés à reloger en urgence les déplacés de la Seconde Guerre mondiale. Le végétal servait alors à procurer bien-être et bien-vivre à des citadins toujours plus nombreux, en leur camouflant les désagréments des villes industrielles. Ainsi, à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), le parc des Chanteraines et ses 82 hectares dissimulent aux promeneurs les usines de béton qu’on verrait autrement depuis les immeubles d’habitation.

    L’arbre source de #conflits

    Toutefois, l’adoption des arbres en ville ne se fit pas sans heurts. Au contraire, la plantation, l’emplacement ou le type d’essence nourrirent durant quatre siècles un ensemble de contestations qui se déployèrent autour des arbres, pris comme emblèmes ou point de départ d’un conflit.

    Andrée Corvol parvient de la sorte à brosser une surprenante histoire de la #Révolution_française à travers ses arbres fétiches : aux « #arbres_de_mai » plantés spontanément en 1789 par des villageois enthousiastes succédèrent l’année suivante les arbres de la Fédération, impulsés par le marquis de La Fayette et les partisans de la monarchie constitutionnelle, puis, en 1792, les arbres de la liberté, destinés à enraciner, de manière physique et symbolique, la nouvelle République.

    Au cours de la période révolutionnaire, les arbres subirent tout autant que les humains les brusques changements de pouvoir. Ainsi, les peupliers plantés par les jacobins, qui rapprochaient naïvement populus et « petit peuple », furent souvent pris pour cible par les opposants à la Terreur, qui manifestaient au travers d’écorces mutilées ou brisées leur dissidence. Face à pareil conflit, le Directoire, le Consulat puis le Premier Empire tentèrent de finir la Révolution en aménageant des promenades urbaines pour calmer les esprits en offrant de nouveaux espaces de détente.

    Ces conflits politiques se doublaient en outre de conflits de classe. Dans le Paris haussmannien, les quartiers cossus réservaient « leurs » arbres aux nourrices et en chassaient les vagabonds, tandis que les quartiers ouvriers les gardaient pour leurs familles, au détriment des jeunes. En somme, « l’arbre était au centre de revendications territoriales. Il en supportait les conséquences sociétales, tout comme l’arbre de la liberté, les conséquences politiques ».

    Les investisseurs ont droit de vie ou de mort

    À ces combats s’ajoute une question cruciale : qui paye les plantations ? Les différents régimes issus de la Révolution, optimistes, crurent fidéliser les citoyens à leur cause en leur faisant financer eux-mêmes les nouvelles plantations urbaines. Peine perdue : versatile, seule une fraction de citoyens payait — et encore lorsque les fonctionnaires les y pressaient. Le volontarisme citoyen ne fonctionne qu’en de rares occasions et sur des points bien précis. En décembre 1999, une souscription populaire à la suite des tempêtes Lothar et Martin permit certes de financer la replantation des jardins du château de Versailles, mais les 2 millions d’arbres brisés en Seine-et-Marne ne connurent pas autant de succès.

    Au XIXe et XXe siècles, ce furent donc surtout les municipalités qui payèrent les plantations et leur entretien. Mais, hormis Paris et quelques grandes villes, beaucoup d’entre elles, par manque de fonds, privilégièrent des essences communes et connues de tous — le chêne, le marronnier, le platane, etc. — au détriment d’une réelle biodiversité végétale.

    En tant qu’investisseurs, les édiles se réservaient aussi le droit d’abattre les arbres lorsqu’ils les jugeaient vétustes ou faisant obstacle à de nouveaux projets d’aménagement, quitte à s’aliéner une partie de leurs administrés, témoin la bataille qui opposa plusieurs semaines en 2018 les habitants de la Plaine à la municipalité marseillaise.

    Ce dernier exemple illustre le peu de poids des arbres en ville. À peine mieux traités que du mobilier urbain par les services d’aménagement, ils furent forcés de s’acclimater, en dépit de leur métabolisme lent, au rythme de la ville moderne : tramway, métro, grands boulevards, éclairage nocturne, etc. Et, lorsqu’ils dérangeaient, on les abattait froidement.

    On mesure l’ampleur du désastre aux quelques chiffres que consigne l’historienne : si, en 1895, le réseau routier national français comptait 3 millions d’arbres, soit 49 % des routes plantées, un siècle plus tard il n’en dénombrait plus que 250 000, soit 12 % des routes. En cause : le caractère accidentogène des arbres en bord de route… Quelques défenseurs des arbres émergèrent bel et bien dès le milieu du XIXe siècle, mais se consacrèrent pour l’essentiel aux massifs forestiers ou aux trognes des campagnes en voie de disparition, rarement aux plantations urbaines, trop évanescentes.

    L’ouvrage achevé, une question se pose, à laquelle Corvol ne répond pas : qu’est-ce qu’une ville végétale digne de ce nom ? Si, comme le montre l’historienne, l’arbre a certes gagné sa place en ville, il s’agit d’une place strictement utilitaire, où la folie créatrice du sauvage n’a pas lieu d’être.

    https://reporterre.net/Comment-les-arbres-ont-conquis-les-villes

    #arbres #villes #urbanisme #urban_matter #végétation

    • L’arbre dans la cité : histoire d’une conquête (XVIIe-XXIe siècle)

      Autrefois, l’arbre en ville était cantonné aux enclos vivriers, il n’ombrageait pas nos routes ni nos fleuves et nos canaux. Vivant plutôt à la campagne, il procurait bois, fruits, fibres et feuilles. Aujourd’hui, le végétal entre en force dans nos cités par trop minérales ; il améliore nos conditions de vie, protège le sol, régule la température, purifie l’air et atténue les bruits.
      Comment l’arbre a-t-il conquis le pavé ? Cette histoire, moins utilitaire et monolithique qu’il n’y paraît, croise en fait celle de la modernité, et mérite d’être racontée. Car, bien avant la révolution industrielle et son introduction dans la cité pour assainir l’air, l’arbre s’y est fait une place dès la Révolution, comme symbole de la liberté.
      Récupéré dans le champ politique, il a depuis servi à commémorer un événement, à symboliser l’autorité, à améliorer l’aménagement urbain ou encore à satisfaire le besoin de nature des administrés. Ce faisant, il a suscité à la fois colères et affections. Une histoire qui est ainsi celle des hommes, de leurs revendications et de leurs aspirations. Mort ou vif, l’arbre fait partie du roman national.

      https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782746527393-l-arbre-dans-la-cite-histoire-d-une-conquete-xviie-x
      #livre

  • Solution Canicule : comment une partie de Paris se refroidit sans clim | Libé | 23.08.23

    https://www.liberation.fr/societe/ville/canicule-comment-une-partie-de-paris-se-refroidit-sans-clim-20230823_WKFK

    Pensé il y a plus de trente ans, Fraîcheur de Paris, le plus grand réseau de froid urbain européen, rafraîchit plus de 700 bâtiments parisiens de façon plus écologique et durable que la climatisation classique.

    C’est peut-être l’une des solutions les plus efficaces et durables pour lutter contre la chaleur parisienne et la canicule mais elle est encore largement méconnue. Depuis 1991, dans les entrailles de la capitale, un réseau de froid – le plus grand d’Europe, avec 89 kilomètres de tuyaux – sillonne la ville pour rafraîchir plus de 700 bâtiments comme le Forum des Halles, le musée du Louvre, l’Hôtel de ville, l’Assemblée nationale ou encore la Philharmonie… C’est Fraîcheur de Paris, une filiale d’Engie (propriétaire à 85 %) et de la RATP (15 %), qui est chargée de gérer ce réseau public.

    Son principe est simple. De gigantesques quantités d’eau doivent d’abord être refroidies à environ 2°C. Pour ce faire, dix centrales de production sont disséminées un peu partout à travers la capitale (La Tour Maubourg, Auber, Opéra…). Dans ces sites, alimentés par de l’électricité 100 % renouvelable depuis 2013, l’eau est refroidie dans des « groupes froid », selon le même principe que celui utilisé dans les réfrigérateurs, avec un gaz réfrigérant. Le liquide est ensuite envoyé dans les bâtiments abonnés. L’eau glacée y circule dans un réseau de tuyaux et rafraîchit l’air ambiant par échange thermique. Une fois utilisée et réchauffée (à 12°C environ), l’eau revient dans les centrales pour y être de nouveau refroidie.

    L’entreprise emploie aussi la technique du « free-cooling », qui utilise le froid de la Seine pour rafraîchir naturellement – par échange thermique et donc en économisant de l’énergie – l’eau envoyée à ses abonnés. Avec, selon Fraîcheur de Paris, un impact quasi nul sur la température du fleuve. Selon le contrat signé avec la mairie de Paris, l’entreprise s’est engagée à passer de 2 % de sa production avec cette technique à 11 % d’ici vingt ans. « Cela permettra sur la durée du contrat d’économiser une année de consommation électrique, ce qui est considérable », détaillait Benoît Reydellet, directeur de projet à Fraîcheur de Paris, aux Echos en juin 2022.

    Côté porte-monnaie, le mégawattheure de froid est facturé 137 euros aux clients. Du propre aveu de Benoit Reydellet, interrogé l’an dernier par l’AFP, « c’est assez cher, mais bien plus vertueux que le froid produit par les installations autonomes » comme les climatiseurs, très énergivores et qui contribuent à réchauffer l’air de la ville. Selon l’entreprise, l’investissement nécessaire au moment du raccordement d’un site au réseau de froid peut être amorti en dix ans.

    Un objectif de 3 000 abonnés

    [...]

  • Cool Roof

    En France, la majorité des toits des bâtiments commerciaux et industriels sont revêtus de couvertures sombres. Ces derniers accumulent la #chaleur, transformant les bâtiments en véritables fours lors des périodes estivales, en particulier durant les épisodes caniculaires, de plus en plus fréquents et plus intenses. Pour pallier ce problème, la « solution » la plus souvent adoptée est l’installation de système de climatisation. Or, pour refroidir l’intérieur des bâtiments, ces appareils rejettent la chaleur à l’extérieur. De plus leur fonctionnement est fortement émetteur de gaz à effet de serre. C’est un cercle vicieux. Une aberration écologique et économique.
    Cette problématique, le fondateur de Cool Roof France, Frédéric Lachêvre, entrepreneur finistérien, gérant d’un parc immobilier, y a personnellement été confronté. En 2013, pour avancer dans sa réflexion, il sollicite deux de ses partenaires techniques, Ronan Caradec, énergéticien et Roland Soun, frigoriste. Après deux années d’études, ils décident de se concentrer sur le développement d’une solution de #cool_roofing, autrement dit, une solution de #rafraîchissement_passif, dont le principe consiste à peindre les toits avec une #peinture_blanche fortement réfléchissante.

    https://www.coolroof-france.com/fr/qui-sommes-nous/presentation
    #toit #toits #blanc #fraîcheur #frais #couleur #peinture

    • Hum, c’est juste déprimant comme nouvelle.
      Actuellement, si les maires n’avaient pas pour business principal d’ouvrir des marchés aux bétonneurs, les toits devraient être recouverts de terre et végétalisés. Sinon des systèmes de captage solaire pour chauffer l’eau. Car peindre en blanc un toit, non seulement tu perds ces deux possibilités, mais c’est forcément des tonnes de peinture issues de l’industrie chimique du pétrole pour tenir à la pluie, ce ne peut être à la chaux comme en grèce. Avec toute la production et la pollution que cela engendre à répétition (repeindre tous les 3 ans ?). Un triste business #greenwashing

      #toiture #habitat

  • « 3, 2, 1… Plantez ! », un défi pour une ville plus verte !

    À l’occasion de la clôture de la COP24, la #Ville_de_Grenoble lance un #défi aux Grenoblois.e.s., dans le cadre de ses actions en faveur du #climat. « 3, 2, 1… Plantez ! » est un véritable #appel_à_plantations, pour créer ensemble une ville plus verte et plus fraîche en été.

    Le top départ est lancé. Depuis la mi-décembre et jusqu’en avril, le #concours est ouvert avec, comme terrain de jeux, l’espace privé extérieur des habitant.e.s de la cité alpine : maison, copropriétés, commerce, local associatif, entreprise…

    Sans compétition, l’objectif est de faire croître la #végétation_en_ville, bénéfique à bien des égards : apports d’ombre et de #fraîcheur lors des fortes chaleurs, une meilleure circulation de l’air, plus de #biodiversité, etc.

    Idées neuves

    Que ce soit en façade, dans un jardin, une cour, ou encore sur les balcons, toutes les idées et les envies sont à faire pousser pour #végétaliser.

    Une fois inscrits, les participants recevront des #conseils_personnalisés et un #soutien_financier (pour les projets de végétalisation de façades sur rue uniquement).

    À mi-parcours, les #jardiniers_créatifs seront invités à une première rencontre pour échanger des astuces et bénéficier des conseils de professionnels. En mai 2019, les projets réalisés et leurs auteurs seront mis en avant avec une remise de #prix.

    http://www.gre-mag.fr/breves/defi-3-2-1-plantez-plantation-jardinage-ville-verte
    #agriculture_urbaine #urban_matters #villes #Grenoble

    v. aussi :
    https://www.grenoble.fr/1324-defi-plantation-3-2-1-plantez.htm