• Bruno Retailleau souhaite supprimer le droit du sol par référendum
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/09/08/bruno-retailleau-souhaite-supprimer-le-droit-du-sol-par-referendum_6768586_8

    Bruno Retailleau souhaite supprimer le droit du sol par référendum
    En cas de victoire lors des élections présidentielles, le candidat républicain a annoncé son intention de réviser la Constitution pour élargir les sujets qui peuvent être soumis à référendum, notamment aux politiques migratoires.
    Le Monde avec AFP
    Le candidat du parti Les Républicains (LR) à la présidentielle, Bruno Retailleau, a déclaré, mardi 8 septembre, vouloir supprimer le droit du sol par référendum, estimant que « les juges n’accepteraient pas » une telle réforme si elle n’est pas validée directement par les Français. Il avait auparavant annoncé son intention de réviser la Constitution pour élargir les sujets qui peuvent être soumis à référendum, notamment aux politiques migratoire et pénale.
    « Je prends cet engagement que ce seront les Français qui enfin définiront la politique migratoire », a-t-il précisé mardi sur CNews et Europe 1, « avec des idées très, très fortes que les juges n’accepteraient pas si on ne passe pas par le référendum et par le peuple, par exemple (…) renoncer au droit du sol ».
    M. Retailleau avait déjà plaidé pour la suppression du droit du sol au début de l’été, sans plus de précisions. « On a fait l’abrogation du droit du sol à Mayotte, et pourquoi ce qui est bon à Mayotte ne le serait pas sur le sol national, hexagonal ? », avait-il demandé. « On ne peut pas devenir français par hasard, en catimini, de façon automatique. »
    Il a expliqué vouloir soumettre aux Français, après révision constitutionnelle, « deux textes de loi » par référendum : « une loi pour réduire l’immigration », qui selon lui, « n’est pas une chance pour la France », mais est « devenue une charge » ; et une loi « sur une politique pénale de grande fermeté ».

    #Covid-19#migration#migrant#france#extremedroite#sante#droitdusol#politiquemigratoire#extremedroite#immigration

  • Procès du naufrage de migrants en 2021 dans la Manche : deux réseaux de passeurs devant la justice
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/09/07/proces-du-naufrage-de-migrants-en-2021-dans-la-manche-deux-reseaux-de-passeu

    Procès du naufrage de migrants en 2021 dans la Manche : deux réseaux de passeurs devant la justice
    Trente et une personnes ont perdu la vie en tentant de rejoindre le Royaume-Uni par la mer, le 24 novembre 2021. Quatorze personnes sont poursuivies pour « homicides involontaires » et « aide au séjour irrégulier en bande organisée » et vont être jugées devant le tribunal judiciaire de Paris, à partir de mardi.
    Par Véronique Chocron

    L’alerte a été donnée aux alentours de 14 heures, ce 24 novembre 2021, par un navire de pêche, le Saint-Jacques II. Au large de Calais (Pas-de-Calais), tout près des eaux territoriales britanniques, il vient d’apercevoir plusieurs corps inanimés en mer. A leur arrivée, les secours découvrent une embarcation de fortune chavirée. Les plongeurs ne remontent sur leur navire que deux rescapés, alors que trente et une personnes ont perdu la vie en tentant de rejoindre le Royaume-Uni sur ce canot pendant la nuit. C’est le naufrage le plus meurtrier jamais survenu dans la Manche lors d’une traversée de migrants.Quatorze personnes vont être jugées au tribunal correctionnel à compter de mardi 8 septembre pour leur implication, selon l’accusation, dans ce naufrage meurtrier qui a principalement coûté la vie à des Kurdes d’Irak, mais aussi à des personnes de nationalité afghane, éthiopienne, iranienne kurde, égyptienne, somalienne et vietnamienne.
    Liés à des réseaux de passeurs, les prévenus, nés pour la plupart en Afghanistan et en Irak, sont notamment poursuivis pour « homicides involontaires », « blessures involontaires », « aide au séjour irrégulier en bande organisée » et « participation à une association de malfaiteurs ».En parallèle de ce volet consacré aux passeurs, l’information judiciaire se poursuit à l’encontre de militaires mis en cause – cinq personnels du centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage Gris-Nez et deux marins du patrouilleur Le Flamant – mis en examen pour non-assistance à personne en danger. En effet, la nuit du drame, les passagers du pneumatique en détresse avaient multiplié les appels à l’aide sans que les secours français leur portent assistance.
    (...)
    Les investigations sur le naufrage de 2021, menées notamment à partir des téléphones des victimes et des passeurs, d’écoutes et de dénonciations obtenues des familles et des proches des victimes, mettent en cause deux réseaux communautaires. D’un côté, une prise en charge depuis l’Italie des victimes d’origine afghane par un réseau d’immigration impliquant des ressortissants afghans et pakistanais, basés principalement dans le Val-d’Oise ; et de l’autre, l’implication d’une filière irako-kurde. L’enquête esquisse une hiérarchie et fait apparaître des organisateurs tenant un rôle majeur, en contact avec la quasi-intégralité des passeurs identifiés, et une nébuleuse de petites mains. Dans la première catégorie, un Afghan de 29 ans en fuite, visé par un mandat d’arrêt, surnommé « Obaid », possède dans son téléphone des photographies de bateaux, de personnes susceptibles d’être des migrants et des preuves de virements.
    Son compatriote surnommé « Mujahid », 36 ans, sera dans le box des prévenus. Il est désigné par un autre membre du réseau comme celui qui gardait l’argent des clients et qui négociait avec « Obaid » pour le tarif, à qui il transmettait le paiement une fois les migrants passés en Angleterre. Les interceptions téléphoniques révèlent des conversations où il est question de bateaux pneumatiques à récupérer ou à remettre et du prix des traversées.Au début du mois de novembre 2021, sa ligne téléphonique et celle d’une victime du naufrage bornaient en même temps et au même lieu à Garges-lès-Gonesse et à Sarcelles, dans le Val-d’Oise. La sonorisation de son véhicule permettra cinq mois après le drame, en avril 2022, d’enregistrer cet extrait de conversation : « Si tu veux un Game [comprendre un passage par bateau] sérieux, alors donnes 3 000 livres [environ 3 500 euros] et ton frère partira tranquillement comme une rose. » Toujours dans la filière afghane, « Shamo » et « King » sont désignés, selon un renseignement, comme deux chauffeurs chargés de transporter des migrants avec une camionnette depuis l’Italie jusqu’à Calais. La ligne téléphonique du premier bornait à Menton (Alpes-Maritimes) le 12 novembre, sensiblement dans les mêmes zones que celles de plusieurs victimes du naufrage. La téléphonie de « King » révèle qu’il était présent à Dunkerque la nuit du drame et en contact avec une des victimes. Il détient, par ailleurs, dans son téléphone des reçus de transfert d’argent, des pièces d’identité étrangères et des photographies d’armes. Entre mars 2020 et février 2022, il a effectué 44 transferts de fonds pour un montant de 19 843 euros par MoneyGram – les montants les plus importants intervenant au profit d’individus demeurant à Athènes, à Creil (Oise) et à Sarcelles. Un complice a logé des victimes à Romainville (Seine-Saint-Denis) et un autre à Amiens avant leur montée à Dunkerque (Nord).
    L’enquête fournit moins de renseignements sur la filière irako-kurde. Le dénommé « Bashdar », dénoncé par les familles comme l’une des têtes de réseau, a été arrêté en Irak en 2022 et est détenu au Kurdistan irakien. Mardi, à l’ouverture du procès, 114 parties civiles seront présentes ou représentées, dont 10 auront fait le voyage depuis le territoire kurde d’Irak.

    #Covid-19#migrant#migration#france#droit#sante#trafic#afhganistan#irak#kurde#routemigratoire#mortalite

  • Une embarcation naviguant vers le Royaume-Unis avec 140 migrants à bord secourue au large de la baie de Seine
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/09/06/une-embarcation-naviguant-vers-le-royaume-unis-avec-140-migrants-a-bord-seco

    Une embarcation naviguant vers le Royaume-Unis avec 140 migrants à bord secourue au large de la baie de Seine
    L’embarcation a été prise en charge dans la nuit de samedi à dimanche par plusieurs navires et deux hélicoptères, annonce la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord, qui juge le lieu de départ « inhabituel pour la zone ».
    Le Monde avec AFP
    Une opération d’envergure a été menée, dans la nuit du samedi 5 au dimanche 6 septembre, dans l’ouest de la baie de Seine pour venir en aide à 140 personnes en situation irrégulière en route pour le Royaume-Uni, a annoncé dimanche la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord.Dans la nuit, « une embarcation comportant à son bord environ 140 migrants est signalée au centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage Jobourg, à l’ouest de la baie de Seine », annonce la préfecture maritime dans un communiqué, relevant qu’un tel départ est « inhabituel pour la zone ».Pour leur venir en aide, plusieurs embarcations et deux hélicoptères ont été déployés, détaille la préfecture maritime. « L’embarcation de migrants, à l’heure actuelle, poursuit sa route vers le Royaume-Uni », précise-t-elle.
    « Déterminés à rejoindre le Royaume-Uni, les migrants qui effectuent les traversées à bord d’embarcations précaires refusent l’assistance proposée par les moyens français et ne l’acceptent que [s’ils sont] confrontés à des situations d’extrême urgence », déclare la préfecture maritime. « Compte tenu de la fragilité structurelle des embarcations systématiquement surchargées, le choix est fait de ne pas contraindre les migrants à embarquer sur les moyens de sauvetages de l’Etat, pour éviter de mettre en péril leur vie en cas de naufrage », poursuit la même source. La préfecture maritime notait en août une augmentation du nombre de passagers par canot, avec en moyenne 67 personnes par embarcation, et avait recensé, depuis le début de l’année, « 15 embarcations » avec plus de 100 personnes et une avec plus de 200

    #Covid-19#migrant#migration#france#royaumeuni#routemigratoire#migrationirreguliere#baiedeseine#sante

  • Traversées vers le Royaume-Uni : Frontex déploie pour la première fois des navires européens dans la Manche - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/73499/traversees-vers-le-royaumeuni--frontex-deploie-pour-la-premiere-fois-d

    Traversées vers le Royaume-Uni : Frontex déploie pour la première fois des navires européens dans la Manche
    Par La rédaction Publié le : 04/09/2026
    La Préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord (Prémar) a annoncé le déploiement de navires européens sous mandat de l’agence Frontex pour appuyer les opérations de sauvetage dans la Manche dès ce mois de septembre. Les bateaux déployés par l’agence des gardes-frontières européenne ne participeront pas à des opérations d’interception en mer.
    C’est une première. Frontex, l’agence européenne ⁠de gardes-frontières et ​de gardes-côtes va envoyer des bateaux dans la Manche et en mer du Nord pour ​participer aux opérations de recherche et de sauvetage des migrants, ont annoncé vendredi 4 septembre des responsables, juste après la rencontre entre les dirigeants français et britanniques consacrée à la question migratoire.
    Dans un communiqué officiel, les autorités rappellent qu’"au regard des défis posés par la crise migratoire qui sévit depuis 2018 (...) les navires déployés sous mandat Frontex opéreront au sein du dispositif de sauvetage permanent déployé en Manche mer du Nord, coordonné par le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) Gris-Nez, sous l’autorité du préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord".Concrètement, Frontex enverra deux ​navires espagnols (le « Duque de Ahumada » puis le « Rio Segura » ) ‌de septembre à octobre, puis un navire lituanien jusqu’en janvier 2027, ⁠afin de se joindre aux patrouilles françaises."Ces déploiements mettent en lumière l’engagement de Frontex à contribuer activement à la sécurité des frontières maritimes de l’Union européenne", lit-on encore dans le communiqué.
    Le Duque de Ahumada « a commencé à opérer au large des côtes françaises cette semaine. Il sera remplacé fin septembre par le Río Segura », précise Frontex dans un communiqué. « Les navires contribueront à donner aux autorités françaises une image plus complète de ce qui se passe en mer. Ils détecteront (...) les ’small boats’ transmettant des informations précises en temps réel aux autorités », écrit encore l’agence européenne. « Frontex aide les autorités nationales à surveiller le littoral et les eaux entre la France, la Belgique et le Royaume-Uni. »
    La Manche est l’une ‌des voies maritimes les plus fréquentées au monde et de nombreux migrants ⁠ont trouvé la mort dans ses forts courants en tentant de passer de la France vers la Grande-Bretagne. Ces dernières semaines, les passeurs ont fait monter plus de 100 personnes à bord de canots pneumatiques, désormais appelés mega boats.Des records de surcharge de bateaux battus les uns après les autres. Mi-juillet, l’arrivée au Royaume-Uni d’un bateau comptant 130 exilés à son bord avait retenu l’attention, il a été suivi le 23 juillet par un autre transportant 165 personnes. Puis le 10 août, c’est une embarcation de 230 migrants qui a atteint les côtes anglaises.
    En août toujours, les gardes-côtes ‌français avaient aussi dû secourir 173 personnes à bord d’un bateau qui avait pris feu.
    Depuis début janvier, au moins 16 personnes ont péri dans la Manche en essayant de rejoindre l’Angleterre, selon un décompte réalisé par InfoMigrants. Ces traversées maritimes comportent en effet des risques mortels de noyade, de bousculade et d’étouffement, souvent liés au nombre trop élevé de migrants à bord des embarcations et à la pression exercée par les passeurs.
    L’immigration est l’un des sujets politiques les plus clivants en Europe, y compris en ​Grande-Bretagne où le parti travailliste au pouvoir est confronté à la concurrence du parti populiste ​Reform UK, qui s’est engagé à empêcher l’arrivée de migrants ​par bateau.
    Les arrivées au Royaume-Uni ont nettement baissé ces derniers mois. Le nombre total des migrants ayant traversé la Manche de la France vers le Royaume-Uni cet été - une période qui connaît généralement une augmentation de la fréquence de ces passages en raison d’une météo plus clémente - a chuté à son niveau le plus bas en sept ans, a annoncé le 31 août le gouvernement britannique, saluant le succès de son accord de coopération avec la France.
    Londres avait annoncé en avril son intention de verser à la France jusqu’à 660 millions de livres sterling (768,54 millions d’euros) ​dans le cadre d’un accord triennal sur la sécurité aux frontières visant à endiguer les traversées illégales de la Manche par des migrants, une partie du financement étant subordonnée aux résultats obtenus.
    L’année dernière, les deux pays avaient aussi convenu d’un programme pilote « un pour un », en vertu duquel ⁠la France accepte le retour des personnes sans papiers arrivant en Grande-Bretagne à bord de petites embarcations, en échange ⁠de quoi ​elle s’engage à accueillir un nombre équivalent de demandeurs d’asile en règle ayant des liens familiaux au Royaume-Uni.

    #Covid-19#migration#migrant#manche#frontex#merdunord#routemigratoire#migrationirreguliere#frontiere#smallboat#france#royaumeuni

  • Le RN et parti britannique Reform UK annoncent un pacte contre l’immigration clandestine
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/09/04/le-rassemblement-national-s-accorde-avec-reform-uk-sur-un-plan-contre-l-immi

    Le RN et parti britannique Reform UK annoncent un pacte contre l’immigration clandestine
    Selon le protocole d’accord signé à Birmingham, les demandeurs d’asile arrivant au Royaume-Uni ‌en ayant traversé la Manche seraient placés en ‌détention puis renvoyés en France, dont les autorités se chargeraient de les reconduire dans leur pays ‌d’origine.
    Le Monde avec Reuters
    Les dirigeants du parti populiste britannique Reform UK et ‌du Rassemblement national (RN) ont annoncé, vendredi 4 septembre, la conclusion d’un pacte qui permettrait, selon eux, au Royaume-Uni de renvoyer en France les demandeurs d’asile arrivant à bord de petites embarcations, si leurs partis arrivaient au pouvoir.
    « Je vous fais cette promesse : si le peuple français [nous confie la présidence en 2027], notre gouvernement fera tout ce qui est en son pouvoir pour que la France ⁠ne soit plus ‌la porte d’entrée de l’immigration clandestine vers la Grande-Bretagne », a déclaré en anglais Jordan Bardella, lors du congrès annuel de Reform UK à Birmingham, ce qui lui a valu une ​ovation.
    « Le plus grand défi est celui que nous connaissons tous : reprendre le contrôle de l’immigration. Ces dernières années, Emmanuel Macron a échoué à protéger notre pays. Pour lui, l’immigration massive n’est pas un problème, c’est un projet », a-t-il poursuivi. Nigel Farage et le président du RN, destiné à Matignon en cas de victoire de Marine Le Pen à la présidentielle, au printemps prochain, sont ensuite apparus ensemble sur scène, où ils ont signé le protocole d’accord.
    Selon le texte, les demandeurs d’asile arrivant au Royaume-Uni ‌en provenance de France seraient placés en ‌détention puis renvoyés en France, dont les autorités se chargeraient de les reconduire dans leur pays ‌d’origine. Le pacte prévoit un mécanisme de partage des coûts liés ‌à la sécurité aux frontières.Sa signature a immédiatement suscité l’indignation des adversaires du RN de l’autre côté de la Manche. « Notre pays deviendrait le garde-barrière des Anglais ? Ne pas voter Le Pen en 2027 devient une question de dignité nationale », écrit Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise à la présidentielle, sur X.
    Edouard Philippe, président et candidat d’Horizons, a, quant à lui, dénoncé un « revirement » du RN. « Voir Jordan Bardella signer un accord qui prévoit de renvoyer en France les migrants interceptés dans la Manche, celle-là, on ne l’avait pas vu venir », a-t-il ironisé, se demandant si Marine Le Pen, « est sur la même ligne ». « Soit Jordan Bardella ne comprend pas l’anglais, soit il est d’une faiblesse indigne lorsqu’il s’agit de défendre les intérêts de la France », estime pour sa part Gabriel Attal, chef de file de Renaissance.
    Reform UK, qui a dominé les sondages pendant près de seize mois consécutifs avant l’été, est désormais au coude-à-coude avec le Parti travailliste au pouvoir. Les prochaines élections législatives britanniques doivent se tenir au plus tard en 2029.
    Le parti de M. Farage est dans la tourmente après la diffusion, jeudi, d’un reportage montrant l’un de ses proches collaborateurs proposer de contourner la loi pour obtenir un don de l’étranger. « Cela ressemble quand même à un écran de fumée, comme il en existe d’ailleurs dans toutes les démocraties à l’égard des partis patriotes », a estimé M. Bardella, lors d’une conférence de presse conjointe. « Je me méfie de ce qui est raconté dans la presse (…). Ce n’est pas susceptible de remettre en cause la coopération que nous sommes en train de construire avec Nigel. »
    Le mois dernier, le mouvement a annoncé que, s’il remportait les élections, il mettrait fin aux traversées de migrants à bord de petites embarcations dans le cadre de ce qu’il a présenté comme la ​plus importante opération militaire menée dans la Manche depuis la seconde guerre mondiale. Le parti a notamment évoqué des projets visant à renvoyer les demandeurs d’asile en France, même sans l’autorisation de Paris.
    Plus de 16 000 personnes ont effectué la traversée clandestinement à bord de petites embarcations depuis le début de l’année, soit une baisse de plus de 40 %, mais le nombre de demandeurs d’asile arrivant à ‌bord de ⁠chaque embarcation est en ​augmentation, les passeurs ayant modifié leurs tactiques. Le premier ministre britannique, Andy Burnham, et le président français, Emmanuel Macron, ont annoncé jeudi le ​déploiement de policiers supplémentaires sur les plages de la Manche afin de dissuader les candidats à la traversée.

    #Covid-19#migration#migrant#france#royaumeuni#immigration#politiquemigratoire#xxtremedroite

  • Immigration : des navires de Frontex, l’agence européenne, seront déployés pour aider les autorités françaises à gérer « la crise migratoire » dans la Manche
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/09/04/des-navires-de-frontex-envoyes-en-renfort-dans-la-manche-pour-le-sauvetage-d

    Immigration : des navires de Frontex, l’agence européenne, seront déployés pour aider les autorités françaises à gérer « la crise migratoire » dans la Manche
    Les équipages de l’agence européenne ne participeront pas à des opérations d’interception en mer, a assuré la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord.
    Le Monde avec Reuters
    « Au regard des défis posés par la crise migratoire qui sévit depuis 2018 en Manche et mer du Nord, l’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex) va déployer de façon temporaire, à compter du mois de septembre, des moyens maritimes en complément des moyens [de recherche et de secours] français », annoncent les autorités chargées de la zone, dans un communiqué diffusé vendredi 4 septembre. Deux navires espagnols de l’agence y seront déployés de septembre à octobre, puis un bateau lituanien prendra le relais de novembre à janvier, précise la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord.« Au même titre que les unités des autres administrations insérées dans ce dispositif, le rôle des moyens sous mandat Frontex sera exclusivement dédié aux opérations SAR [de recherche et de sauvetage]. L’agence ne participera pas à des opérations d’interception en mer », souligne-t-elle.
    Le nombre de traversées clandestines de la Manche vers le Royaume-Uni en juin, juillet et août, mois qui connaissent généralement une augmentation de la fréquence des passages, est tombé à son niveau le plus bas depuis 2019, a annoncé lundi le gouvernement britannique, saluant le succès de son accord de coopération avec la France. Londres s’est engagé à verser jusqu’à 766 millions d’euros pour renforcer les moyens des forces de l’ordre françaises, dans le cadre de cet accord conclu en avril.Selon l’agence de presse britannique PA, 102 small boats (« petites embarcations ») ont été dénombrées. Au total, 7 371 migrants ont effectué la traversée à bord de ces embarcations au cours de cette période, selon le décompte de l’Agence France-Presse, qui s’appuie sur les chiffres officiels, mais les passages à bord de canots plus grands se multiplient. Le 4 août, les équipages de navires français et britanniques ont secouru 173 personnes dont le bateau avait pris feu.

    #Covid-19#migration#migrant#france#UE#royaumeuni#migrationirreguliere#smallboat#FRONTEX#sante#routemigratoire#merdunord#manche

  • « Nous assistons à une entreprise inédite de #prédation de notre modèle social »

    https://www.youtube.com/watch?v=4ho89tb6sic&t=375s

    Effacer la #dette comme le propose Jean-Luc Mélenchon ? Baisser les #cotisations_sociales pour accroître les #salaires ou augmenter le #smic ? À l’approche des discussions sur le budget 2027 et de la campagne présidentielle, débat entre les économistes #Anne-Laure_Delatte, #Xavier_Ragot et la députée LFI #Aurélie_Trouvé.

    Dettes, #déficit, #modèle_social, salaires : ces questions essentielles sont déjà au cœur de la campagne présidentielle. Elles sont posées avec les débats à venir sur le budget 2027, pour lequel le gouvernement est en train de chercher entre 20 et 30 milliards d’économies.

    Mais sur ce sujet, les constats se suivent et se ressemblent, souvent de la part de la droite, mais pas seulement : « le modèle social français coûte trop cher », « l’État dépense trop », il faut « réduire, tailler, couper » et, pour certain·es, privatiser.

    Autrement dit : « There is no alternative » (« Il n’y a pas d’autres solutions »), célèbre phrase de la première ministre britannique ultra-libérale des années 1980, Margaret Thatcher, qui a fracassé le modèle social anglais.

    Malgré tout ce que vous entendez, des solutions #alternatives, il y en a…

    #privatisation #welfare #France #économie #finances_publiques #dette_publique #crise_de_la_dette #banque_centrale_européenne #LFI #politique_monétaire

    • Riches ensemble !

      Non, la France n’est pas au bord de la faillite. Non, les #dépenses_sociales ne dérapent pas. La récit qui oppose le « courage » de l’#austérité au « déni » des réalités budgétaires est mensonger.
      Anne-Laure Delatte démonte, données et travaux de recherche à l’appui, les idées préconçues qui minent le débat public. En confrontant le modèle français aux autres pays européens, cet essai incisif montre que la #gabegie n’est pas toujours là où on la dénonce, que certains #services_publics restent remarquablement efficaces, et que d’autres sont au contraire abandonnés.
      Ce livre propose aussi des solutions. Identifier ce que nous avons intérêt à financer ensemble, faire reculer le privé là où il capte les ressources sans mieux protéger les citoyens, évaluer sérieusement la dépense publique, et aller chercher les recettes là où elles existent.
      L’alternative des années qui viennent est simple : face à la crise écologique et aux risques géopolitiques, mutualiser pour vivre mieux, ou laisser la plupart d’entre nous s’appauvrir seuls.

      https://www.seuil.com/ouvrage/riches-ensemble-anne-laure-delatte/9782021611014

      #livre

    • « Mettre la dette au frigo » : le débat est celui de notre dépendance aux #marchés_financiers

      Pour #Éric_Berr, de l’Institut La Boétie, Benjamin Lemoine (CNRS) et la cinquantaine d’économistes signataires de la tribune, dont certains sont proches des insoumis, la proposition de #Jean-Luc_Mélenchon de « mettre au frigo » les #titres_de_la_dette pose la question de la reprise en main démocratique de notre économie.

      Ces derniers jours, une polémique secoue le bocal médiatico-politique. En cause : une conférence de presse où Jean-Luc Mélenchon suggère de « mettre au frigo » la dette publique française avec l’appui de l’#Eurosystème (Banque centrale européenne et Banque de France). Car cette proposition vient percuter un tabou et une pratique devenue si familière qu’elle en paraît naturelle : l’Etat doit nécessairement passer sous les fourches caudines des marchés financiers pour se financer. La conséquence de cette pratique est une dette publique de 3536 milliards d’euros au premier trimestre 2026, qui représente 117,5 % du PIB.

      Provoquer ainsi les réactions de l’économie mainstream permet de rappeler plusieurs fondamentaux du débat contemporain sur la politique économique, monétaire et financière. Une dette détenue par la banque centrale n’a pas le même statut économique et politique qu’une dette détenue par des investisseurs privés. Tant qu’un titre public figure au bilan de l’Eurosystème, il est soustrait aux arbitrages quotidiens des marchés, où s’expriment les goûts et dégoûts des professionnels de la finance gérant l’épargne mondiale. Il ne peut plus être vendu par des créanciers privés qui décideraient soudain que la politique d’un gouvernement suscite de vives inquiétudes ou est insuffisamment « crédible ». Cet emprunt ne participe plus de la même façon à la mécanique disciplinaire qui traduit des propositions politiques considérées comme insatisfaisantes pour les marchés obligataires en hausse de taux, puis en argument pour réduire la dépense publique de la main gauche de l’Etat. « Congeler » la dette dans le bilan de la banque centrale, c’est donc annuler le pouvoir de nuisance des marchés et désarmer le chantage à la dette.

      Mais il faut aller plus loin, et faire en sorte que les Etats européens et les options démocratiques évoluent à l’abri des aléas et conceptions socialement entendues des marchés financiers. Une première mesure doit consister à empêcher que la dette actuellement détenue par l’Eurosystème revienne progressivement sur les marchés – un retour « à la normale », au nom de la gestion de l’inflation que beaucoup appellent de leurs vœux. Par ailleurs, la BCE a décidé de « réduire son bilan », c’est-à-dire de diminuer le stock de dettes publiques qu’elle détient à la suite des achats effectués entre 2015 et 2024. Cette institution publique européenne pourrait faire le choix opposé en renouvelant ces détentions afin de maintenir durablement hors marché une fraction significative des dettes souveraines. C’est, au fond, ce que signifie l’idée de Jean-Luc Mélenchon de « mettre les titres au frigo » : soustraire une partie du stock de dette souveraine française au marché, afin de la mettre à l’abri des attaques spéculatives. Concrètement, lorsque les titres arrivent à échéance, le Trésor rembourse le principal à la BCE, ou à l’Eurosystème, qui peut alors réinvestir les sommes récupérées, éventuellement en rachetant de nouveaux titres publics. On pourrait même envisager de transformer ces titres en une dette à très longue maturité, voire perpétuelle, assortie d’un taux faible ou nul.

      La BCE pourrait reprendre une politique plus offensive d’achats de titres publics. Elle l’a fait massivement après la crise de la zone euro puis pendant la pandémie. Ces interventions ont montré qu’une banque centrale peut empêcher une crise de dette souveraine lorsqu’elle accepte de jouer son rôle de stabilisateur en dernier ressort. Des achats réguliers et garantis permettraient de contenir les taux d’intérêt, de tuer dans l’œuf les attaques spéculatives, mais sans les assortir des contreparties austéritaires qui ont marqué la crise des dettes souveraines des années 2010. L’organisation de nos sociétés et économies pour faire face à une planète qui brûle le justifie pleinement.

      Ces deux propositions ne demandent pas de créer de nouveau dispositif mais seulement d’utiliser des leviers déjà existants et utilisés. Elles sont portées par d’autres gouvernements européens (Italie, Grèce, Portugal, Espagne) dont les intérêts économiques en matière de politique monétaire et de dette publique sont alignés sur ceux de la France. Des dirigeants de ces pays ont publiquement exprimé leur opposition au relèvement des taux directeurs par la BCE. Enfin, ces deux solutions (« congélation » et reprise des rachats) sont actuellement mises en œuvre par la Federal Reserve (la banque centrale des Etats-Unis), ce qui témoigne de leur faisabilité et de leur actualité : dès l’été 2024, la Fed a ralenti le rythme de réduction de son bilan, puis a décidé fin 2025 de mettre fin à la réduction de son bilan en réinvestissant l’intégralité de l’argent des titres arrivés à maturité ; depuis le début 2026, elle a relancé des rachats de titres de dette souveraine. Pourquoi faudrait-il accepter pour la Banque centrale européenne des instruments volontairement amoindris ?

      Cependant, la stratégie de financement public ne saurait reposer uniquement sur la BCE. La France a longtemps disposé d’un système dans lequel le Trésor dépendait beaucoup moins qu’aujourd’hui des marchés financiers. Il ne s’agit pas de ressusciter à l’identique le circuit du Trésor de l’après-guerre, mais d’en retrouver l’inspiration afin d’organiser politiquement le financement des besoins collectifs.

      Une partie plus importante de l’épargne réglementée pourrait être orientée vers le financement public. Les banques pourraient être tenues de détenir un plancher de titres publics. Un pôle public bancaire pourrait financer à taux réduit les collectivités locales et les investissements nécessaires à la bifurcation écologique. L’épargne nationale cesserait alors d’être seulement une matière première offerte aux marchés financiers et redeviendrait un instrument de politique économique.

      A terme, la question du financement direct des Etats par la banque centrale devra être posée. Les verrous qu’imposent les traités européens ne représentent pas une loi de l’économie mais un choix institutionnel, aujourd’hui daté.

      Rétablir les canaux durables de financement public hors marché ne signifie évidemment pas que les déficits pourraient être financés sans limite. Mais la mise en œuvre de politiques raisonnées n’a rien à voir avec le fait de laisser aux marchés financiers un droit de veto permanent. Il ne s’agit pas d’un petit aménagement technique, mais la première pièce d’une architecture macrofinancière qu’il faut reconstruire en profondeur. La loi de l’offre et de la demande de titres d’emprunts, dirigée en réalité par les désirs d’accumulation de la finance privée, ne saurait présider au destin des populations. C’est d’ailleurs cette richesse privée qui requiert, pour fonctionner, des supports de placement stables et réputés sans risque – au premier rang desquels figure la dette souveraine. Contribuer à mettre la dette souveraine hors marché pave la voie d’une reprise en main démocratique du crédit et de ses circuits d’allocation. Ce qui prendrait tout son sens dans le cadre d’une planification écologique et d’un gouvernement par les besoins. La proposition de Jean-Luc Mélenchon a le mérite de rouvrir le débat : voulons-nous continuer à placer notre avenir dans les mains des marchés financiers ?

      https://www.nouvelobs.com/opinions/20260822.OBS117569/mettre-la-dette-au-frigo-le-debat-est-celui-de-notre-dependance-aux-march
      #Eric_Berr

  • Un enfant de 6 ans est mort d’une maladie ancienne devenue extrêmement rare, les autorités alertent
    https://www.ouest-france.fr/sante/un-enfant-de-6-ans-est-mort-dune-maladie-ancienne-devenue-extremement-r

    Connor Dean, un garçon de 6 ans, est décédé le 10 août 2024 au Queensland Children’s Hospital de Brisbane (Australie). Quelques mois plus tard, la coroner adjointe du Queensland, Stephanie Gallagher, a conclu que l’enfant était mort d’un arrêt cardiaque lié à une grave carence en vitamine C, compatible avec un scorbut, rapporte news.com.au .
    Une maladie rare dans les pays développés

    Cette maladie, qui peut endommager les vaisseaux sanguins, les tissus et les organes, était autrefois répandue chez les marins privés de produits frais pendant de longs voyages. L’accès généralisé aux fruits et légumes, ainsi qu’aux suppléments de vitamine C, l’a depuis rendue extrêmement rare dans les pays développés.

    Selon la coroner, les cas restent peu nombreux en Australie, même s’ils sont en augmentation. « J’estime que la publication de ces conclusions pourrait suffire à attirer l’attention sur ce décès, afin de prévenir de futures morts dans des circonstances similaires », indique-t-elle.
    Des symptômes difficiles à relier

    Connor, qui avait une trisomie 21 et une malformation cardiaque, a été conduit chez le médecin le 11 juillet 2024 après l’apparition de douleurs aux genoux, d’une démarche traînante et d’une boiterie. L’enfant a subi des radiographies et une IRM, sans anomalie évidente. Son état s’est rapidement détérioré. Il a développé une éruption cutanée, des lésions cérébrales liées à une mauvaise irrigation du cerveau, puis des signes d’insuffisance rénale, de défaillance multiviscérale et de septicémie.

    L’analyse de son état a finalement orienté les médecins vers une carence sévère en vitamine C, et donc un scorbut. Le médecin de Connor s’était auparavant inquiété de sa croissance et de son alimentation. L’enfant était devenu très difficile à nourrir, à partir d’environ 4 ans et demi. Ses parents lui donnaient des compléments alimentaires, et affirment ne pas avoir compris qu’il souffrait spécifiquement d’une carence en vitamine C.
    Une augmentation des cas en France

    Selon une étude publiée dans The Lancet Regional Health, 888 cas de #scorbut ont été recensés chez des enfants hospitalisés en #France entre janvier 2015 et novembre 2023, avec un âge médian de 11 ans. Le phénomène s’est particulièrement accéléré après 2020 avec 536 cas, soit près des deux tiers du total, enregistrés entre avril 2020 et novembre 2023. Les auteurs mettent en cause l’inflation et l’aggravation des #inégalités socio-économiques suite à la pandémie de Covid-19.

  • Migrants à Mayotte : la RDC dans le viseur de la France
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/09/02/migrants-a-mayotte-la-rdc-dans-le-viseur-de-la-france_6764482_3212.html

    Migrants à Mayotte : la RDC dans le viseur de la France
    Les ressortissants congolais représentent aujourd’hui les premiers demandeurs d’asile dans l’archipel. Une situation qui agace le gouvernement, qui a brandi la menace du controversé « système de bonus-malus sur l’aide publique au développement » comme réponse au flux migratoire.
    Par Christophe Châtelot
    La République démocratique du Congo (RDC), nommément mise en cause par le premier ministre français Sébastien Lecornu lors de sa visite à Mayotte le 26 août, va-t-elle faire les frais du « système de bonus-malus sur l’aide publique au développement » sur lequel planche le gouvernement ? L’objectif est de stopper la montée du flux migratoire en provenance, notamment, de ce pays de la région des Grands Lacs, quatrième Etat le plus peuplé d’Afrique (116 millions d’habitants).
    Kinshasa est dans le collimateur des autorités françaises. Lors de cette même visite à Mayotte, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a dit « attendre qu’ils [les Congolais] appliquent mieux qu’il ne l’est actuellement l’accord de réadmission [de leurs ressortissants en situation irrégulière, signé en avril 2021] ». « Pendant des années, le flux migratoire ne venait que des Comores ; désormais, pour des raisons géopolitiques liées aux guerres et à des phénomènes climatiques, il faut traiter un nouveau flux qui provient d’un certain nombre de pays de l’Afrique des Grands Lacs », a expliqué Sébastien Lecornu.Ce « nouveau flux » d’immigration clandestine date en réalité depuis plusieurs années. Le 2 mai 2024, lors d’une audition au Sénat, un diplomate de l’ambassade de France en Tanzanie disait avoir identifié dès 2021 un point de « basculement (…) depuis Madagascar vers des filières de transit vers Mayotte depuis la Tanzanie ».
    Le rapport d’activité sur l’année 2025 de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) note ainsi que, dorénavant, « les demandes d’asile déposées à Mayotte proviennent essentiellement de République démocratique du Congo (50 %), de Somalie (24 %) et des Comores (14 %) ». Sur l’île la situation se cristallise sur le camp insalubre et improvisé de Tsoundzou 2, objet de discorde voire d’hostilité d’une partie de la population. Là vivent entre 1 500 et 2 000 personnes, essentiellement des ressortissants africains, la plupart Congolais, arrivés là en suivant une route traversant la Tanzanie voisine de la RDC, avant d’embarquer sur des bateaux en direction des Comores puis de Mayotte. Les motivations des migrants sont « essentiellement liées au conflit dans l’est de la RDC », rapporte l’Ofpra.
    Une référence à la guerre qui, depuis novembre 2021, oppose la rébellion de l’AFC/M23 soutenue par le Rwanda aux forces armées gouvernementales congolaises et leurs supplétifs. « Les demandeurs d’asile allèguent majoritairement venir des provinces du Sud et du Nord Kivu (…) Ils évoquent d’une part des craintes de persécution ciblée en raison de leur appartenance ethnique, ou de leur opposition au gouvernement central, et d’autre part déclarent fuir l’insécurité générale présente dans leurs provinces d’origine », ajoute l’Ofpra.
    En valeur absolue, les demandes d’asile des Congolais à Mayotte n’ont rien d’une déferlante – 1 023 dossiers en 2025 – même si le flux devrait augmenter sensiblement en 2026 – 1 005 dossiers enregistrés sur les huit premiers mois de l’année. Ceux en provenance de cinq autres pays d’Afrique centrale et de l’Est cités par le chef du gouvernement et son ministre de l’intérieur (Burundi, Rwanda, Tanzanie, Ouganda, République du Congo) est, en cumulé, inférieur à 100. « Arrivés là, les migrants sont dans une impasse, or à Mayotte, dans cette cocotte-minute sociale, cela participe à faire monter la pression », remarque sous couvert d’anonymat un haut fonctionnaire français spécialiste du développement.
    La question des demandeurs d’asile congolais dépasse très largement les frontières de Mayotte. Certes, seul le canal du Mozambique sépare l’île du continent. Pourtant, la plupart des demandes sont déposées directement en métropole par des Congolais en provenance de Kinshasa. En 2025, la RDC apparaissait dans les tableaux de l’Ofpra comme le deuxième pays de provenance au monde (13 240 demandes) juste derrière l’Afghanistan (13 800), pour un total de 145 270 personnes, toutes nationalités confondues.
    Paris semble donc considérer que Kinshasa peut mieux faire pour réadmettre ses ressortissants déboutés. Mais le bonus-malus proposé par le chef du gouvernement relève-t-il du gadget électoral, dix mois avant la présidentielle en France, ou annonce-t-il un véritable changement de méthode ? A Mayotte, Sébastien Lecornu a livré le fond de sa pensée : « Il est normal qu’on aide plus un pays souverain qui se donne du mal pour répondre à nos attentes qu’un pays qui est parfois sourd ou peut-être trop léger avec ce que nous attendons ». Des attentes qui portent sur la collaboration entre services de renseignements, la lutte contre les réseaux de passeurs, les capacités à reprendre les personnes en situations irrégulières.
    Il reste à définir les critères qui permettront de dire qui joue et qui ne joue pas le jeu. « Conditionner le montant de l’aide publique au développement [APD] au contrôle des flux migratoires par les pays récipiendaires est une vieille histoire qui remonte régulièrement à la surface et qui est à chaque fois enterrée parce que cela ne marche pas », confie le haut fonctionnaire précité.
    Notamment parce que la force du levier – à savoir le montant des APD sur lequel le gouvernement français peut jouer – est réduite. Sébastien Lecornu a également pris soin de préciser que « l’aide humanitaire directe aux populations ne sera pas remise en cause », mais qu’il entend jouer sur « la part modulable » des engagements français. Les autorités congolaises n’ont pas donné suite à nos demandes de réaction. En revanche, les Comores ont dénoncé « la condescendance insupportable » et « le colonialisme en bonus-malus » de la France.

    #Covid-19#migration#migrant#france#mayotte#RDC#OFPRA#comores#developpement#APD#migrationirreguliere#sante#politiquemigratoire

  • Nord de la France : deux migrants cachés dans des sacs retrouvés au port de Dieppe - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/73430/nord-de-la-france--deux-migrants-caches-dans-des-sacs-retrouves-au-por

    Nord de la France : deux migrants cachés dans des sacs retrouvés au port de Dieppe
    Par La rédaction Publié le : 02/09/2026
    Deux migrants vietnamiens ont été retrouvés par des agents de sécurité au port de Dieppe, dans le nord de la France, cachés dans des sacs de voyage installés dans le coffre d’une voiture. Les conducteurs, en partance vers le Royaume-Uni, ont été interpellés et seront jugés en octobre.
    Jeudi 27 août, deux Vietnamiens ont été retrouvés recroquevillés dans deux sacs de voyage installés dans le coffre d’une voiture par des agents de sécurité travaillant au port de Dieppe, selon un article de Paris Normandie publié mardi 1er septembre.Les conducteurs, un homme et une femme français originaires de région parisienne, devaient les déposer en Angleterre, d’après les premiers éléments de l’enquête. Les accusés ont été placés en détention provisoire et déférés en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Dieppe lundi. La justice leur reproche d’avoir non seulement cherché à conduire illégalement ces deux Vietnamiens en Grande-Bretagne mais aussi de les avoir soumis « à des conditions incompatibles avec la dignité humaine », indique le média local.
    L’homme a un casier judiciaire chargé (vol, extorsion, trafic de stupéfiants, conduite sans permis, conduite sous stupéfiants, association de malfaiteurs, séquestration) tandis que la femme est inconnue des services de police."Je regrette ce que j’ai fait", affirme le premier. « Je ne suis pas quelqu’un de mal », renchérit la deuxième.
    Selon le ministère public, l’accusé devait toucher 2 500 euros pour ce passage.À l’issue de l’audience, le procès a été renvoyé au 21 octobre. L’homme, père de deux enfants, est maintenu en détention provisoire. Il risque 20 ans de prison. La femme a été libérée et placée sous contrôle judiciaire et encourt une peine de 10 ans d’emprisonnement.
    Face au renforcement des contrôles le long du littoral, les exilés tentent de rejoindre le Royaume-Uni par d’autres moyens. Mi-juin, deux exilés, d’origine iranienne et afghane et âgés d’une trentaine d’années, ont essayer de traverser la Manche en kayak, avant d’être secourus au large de Boulogne-sur-Mer en état d’hypothermie.
    En mars, deux passeurs de nationalité ukrainienne ont été condamnés par la justice britannique à des peines de cinq et six ans de prison pour trafic de migrants. Les deux hommes étaient à la tête d’un « trafic d’êtres humains dit ’VIP’ », selon les autorités britanniques : ils transportaient des migrants depuis les côtes de Seine-Maritime vers l’Angleterre à bord d’un yacht, en échange de 15 000 à 18 000 euros. Cette année, les arrivées au Royaume-Uni ont baissé de 23% avec 33 000 personnes ayant réussi la périlleuse traversée de la Manche. Le nombre total des migrants ayant traversé la Manche de la France vers le Royaume-Uni cet été - une période qui connaît généralement une augmentation de la fréquence de ces passages en raison d’une météo plus clémente - a aussi chuté à son niveau le plus bas depuis 2019, a annoncé lundi le gouvernement britannique, saluant le succès de son accord de coopération avec la France.

    #Covid-19#migrant#migration#france#royaumeuni#manche#sante#migrationirreguliere#routemigratoire#trafic

  • Manche : un migrant mort et trois blessés dans une tentative de traversée clandestine - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/73386/manche--un-migrant-mort-et-trois-blesses-dans-une-tentative-de-travers

    Manche : un migrant mort et trois blessés dans une tentative de traversée clandestine
    Par La rédaction Publié le : 31/08/2026
    Un homme est mort et trois personnes ont été blessées vendredi lors d’une tentative de traversée clandestine de la Manche, ont annoncé le parquet de Boulogne-sur-Mer et la préfecture maritime. Les services de secours français en mer ont porté secours à 72 migrants lors de cette opération de sauvetage.C’est un nouveau drame dans la Manche. Vendredi 28 août, un homme est mort et trois personnes ont été blessées lors d’une tentative de traversée clandestine de la Manche, ont annoncé le parquet de Boulogne-sur-Mer et la préfecture maritime de la Manche de la mer du Nord (Prémar).
    Vendredi matin, le corps d’un homme adulte a été retrouvé lors d’une opération de sauvetage de personnes tentant de rejoindre l’Angleterre de manière irrégulière à bord d’un canot de fortune, a précisé à l’AFP la procureure de Boulogne-sur-Mer, Cécile Gressier.
    Selon la Prémar, un massage cardiaque lui a été prodigué sans succès par l’équipage du Ridens, un navire de sauvetage affrété par l’État intervenu pour porter secours aux passagers de l’embarcation.
    Trois autres personnes, un homme et deux femmes, ont été blessées lors de cette même tentative de traversée, a ajouté la procureure. L’un des blessés, qui « nécessitait une médicalisation rapide », a été héliporté vers l’hôpital de Boulogne-sur-Mer, selon la Prémar.
    L’identité des victimes reste inconnue à ce stade, tout comme les circonstances précises dans lesquelles sont survenues leurs blessures.Au total, 72 migrants ont été récupérés par le Ridens lors de cette intervention, selon la préfecture maritime.Cette source précise que 45 autres personnes sont restées à bord de l’embarcation et ont rejoint les eaux anglaises, où ils ont été « récupérés par un moyen du dispositif de sauvetage britannique ».
    « Une enquête a été ouverte des chefs d’aide au séjour et à la circulation en bande organisée de nature à exposer à un risque de mort, homicide involontaire aggravé, blessures involontaires aggravées, association de malfaiteurs », a précisé la procureure.
    Cette enquête doit « notamment permettre d’établir les causes et circonstances du décès et des blessures » et a été confiée à l’Office de lutte contre le trafic illicite de migrants (Oltim), toujours selon cette source.Au cours des deux jours précédents, neuf personnes avaient été secourues dans la Manche par les services de secours en mer lors de plusieurs opérations de sauvetage, a indiqué la Prémar dans son communiqué.
    Avec ce nouveau décès, au moins 16 personnes sont décédées lors de tentatives de traversées de la Manche depuis le début de l’année, selon un décompte réalisé par InfoMigrants. Les derniers décès remontent à la fin du mois de juillet. Les corps de trois femmes avaient été retrouvés sur la digue de Braek, à Dunkerque, le jeudi 30 juillet. La veille au soir, le corps d’un homme âgé de 30 à 40 ans avait été retrouvé suite à un naufrage au large d’Hardelot. « Une embarcation de type ’taxi boat’ a fait naufrage au large d’Hardelot, vers 23h30 » mercredi, entraînant la mort de cet homme, avait indiqué la préfecture du Pas-de-Calais, confirmant une information de La Voix du Nord. Et depuis le 1er janvier, 16 391 personnes ont rejoint la Grande-Bretagne par la mer à bord de « small boat », selon les chiffres officiels des autorités britanniques.

    #Covid-19#migration#migrant#france#manche#migrationirreguliere#routemigratoire#sante#mortalite#taxiboat

  • Le mafie lavano più bianco

    Le organizzazioni criminali italiane e il riciclaggio di denaro in Ticino: dal Placement alla minaccia delle criptovalute

    Quanti soldi riciclano le organizzazioni criminali italiane in Ticino? E come lo fanno? Dagli anni Settanta, con la stagione dei sequestri, le mafie hanno sistematicamente utilizzato (o tentato di utilizzare) la nostra piazza finanziaria. La casistica nota – di cui riporto gli esempi più significativi – mostra il ricorso a tutte le fasi del processo di “ripulitura”: il deposito su conti correnti o in cassette di sicurezza (Placement); le operazioni bancarie disposte per mascherare la provenienza dei fondi (Layering); la loro immissione nel circuito dell’economia legale (Integration). Il progressivo rafforzamento delle norme antiriciclaggio, nate nel 1990 proprio grazie alle falle emerse con la “Pizza Connection” e i narcodollari “lavati” da Cosa Nostra in Svizzera, ha notevolmente ridotto i rischi. Ma le cosche non sono state a guardare. Dal mondo reale stanno passando all’universo virtuale, per sfruttare i vantaggi delle criptovalute e i vuoti legislativi tuttora esistenti.

    https://novitafiscali.ch/articoli/2019/n-11-novembre-2019/le-mafie-lavano-piu-bianco

    #mafia #Suisse #Tessin #blanchissement_d'argent #finance #cryptomonnaies #criminalité_organisée #Francesco_Lepori #Placement #banques #Layering #Integration #Pizza_Connection

  • L’OLC attaque la Mairie de Deauville en référé pour la censure d’une photographie

    Publié le 28 août 2026

    L’Observatoire a écrit le 26 août au Maire de Deauville pour lui demander de revenir sur la censure de la photographie du reporter palestinien Jehad Alshrafi déposée en toute illégalité.

    Le Maire n’a pas répondu.

    En conséquence, l’OLC a saisi le juge des référés dans l’urgence pour lui demander d’annuler la décision du Maire de Deauville.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/08/20/la-liberte-dexpression-est-elle-une-idee-dangereuse/#comment-75615

    #france

  • #Baignade à #Paris : plus de 180 000 personnes ont plongé dans la #Seine cet été

    Alors que Paris a connu plusieurs canicules cet été, les sites de baignade dans la Seine ont fait le plein. D’après un #bilan de la Ville de Paris publié le 29 août, les trois sites gratuits, situés au bras Marie, à Bercy et à Grenelle, ont accueilli 120 000 baigneuses et baigneurs en huit semaines cet été. Soit une fréquentation en hausse de 20 % par rapport à 2025.

    Ces espaces de baignade ont ouvert à l’été 2025, dans la foulée des Jeux olympiques de 2024. Cela faisait alors un siècle que la baignade dans le fleuve était interdite à Paris.

    Les autres sites de baignade de la capitale ont également suscité l’engouement des Parisiennes et Parisiens. 63 000 personnes se sont baignées dans les #canaux : 51 000 au bassin de la Villette et 12 000 dans le #canal_Saint-Martin. Ce dernier avait ouvert dès la mi-juin, de manière anticipée, en raison de la canicule. Au total, les sites de baignade parisiens dans la Seine, le canal Saint-Martin et le #bassin_de_la_Villette ont ainsi attiré plus de 180 000 visiteurs cet été.

    Les quatre piscines extérieures ont également accueilli 33 000 nageurs, portant à 216 000 personnes le nombre total de baigneurs dans la capitale.

    Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a annoncé vouloir « aller plus loin » en 2027. Un nouveau site dans le bassin de l’Arsenal, à Bastille, est notamment à l’étude.

    https://reporterre.net/Baignade-a-Paris-plus-de-180-000-personnes-ont-plonge-dans-la-Seine-cet-
    #baignade_urbaine #eau #accès_à_l'eau #rivières #France

    • Baignades à Paris : #2026, l’année de tous les records

      Cet #été, Paris s’est mise à l’eau ! En huit semaines, 216 000 baigneuses et baigneurs ont profité de la Seine, des canaux et des centres sportifs pour nager, se rafraîchir et savourer l’été au cœur de la capitale. Un record qui confirme le succès des baignades parisiennes… et qui donne déjà envie de remettre ça l’année prochaine !

      La Seine fait le plein

      Depuis le 4 juillet, les Parisiennes, les Parisiens et les visiteurs ont été nombreux à piquer une tête dans la Seine. Pour cette deuxième saison, le succès est au rendez-vous : 120 000 baigneuses et baigneurs ont profité des trois sites aménagés dans le fleuve, soit 20 % de plus qu’en 2025.

      À Bras-Marie et sur le quai de Bercy, 42 000 personnes ont fait quelques longueurs, tandis que 36 000 nageurs ont profité du site de Grenelle. De quoi confirmer que la Seine est bel et bien devenue un nouveau terrain de jeu estival à Paris.

      Nager, se rafraîchir, bronzer au bord de l’eau ou simplement profiter du fleuve… cet été, les bonnes raisons de se jeter à l’eau ne manquaient pas. Et visiblement, les Parisiennes et les Parisiens n’ont pas eu besoin de beaucoup se faire prier !
      Les canaux font aussi des vagues

      Le succès s’est poursuivi dans les canaux : 63 000 personnes ont profité des baignades du Bassin de la Villette et du Canal Saint-Martin. Avec 51 000 baigneuses et baigneurs, le Bassin de la Villette a largement fait le plein, tandis que 12 000 personnes ont nagé au Canal Saint-Martin, dont 9 000 lors de son ouverture exceptionnelle fin juin.

      Les quatre centres sportifs proposant des baignades ont également accueilli 33 000 personnes. Au total, 216 000 nageuses et nageurs ont profité des différents sites parisiens. 216 000 personnes à l’eau : finalement, Paris avait bel et bien la tête dans les nuages… et les pieds dans l’eau !
      Une parenthèse fraîche au cœur de l’été

      Avec les fortes chaleurs qui ont rythmé la saison, les baignades parisiennes ont été particulièrement bienvenues. Un tiers des jours d’ouverture ont correspondu à un épisode de canicule, offrant aux Parisiennes, aux Parisiens et aux visiteurs une manière simple et gratuite de se rafraîchir.

      Une baignade en famille, quelques longueurs entre amis ou une pause au bord de l’eau : ces espaces sont devenus de vrais lieux de vie et de convivialité, particulièrement précieux pour celles et ceux qui passent l’été à Paris.

      https://ws-paris-v4.paris.fr/pages/baignades-a-paris-2026-l-annee-de-tous-les-records-36238
      #chiffres #statistiques #chaleur #canicules #fraîcheur

  • Les Comores dénoncent les propos de Sébastien Lecornu sur l’aide migratoire, jugés « d’une condescendance insupportable »
    https://www.lemonde.fr/outre-mer/article/2026/08/28/les-comores-denoncent-les-propos-de-sebastien-lecornu-sur-l-aide-migratoire-

    Les Comores dénoncent les propos de Sébastien Lecornu sur l’aide migratoire, jugés « d’une condescendance insupportable »
    Le Monde avec AFP
    « Les propos tenus par M. Lecornu, sur la fameuse aide au développement, revêtent une condescendance insupportable », a déclaré, jeudi 27 août, le ministre des affaires étrangères comorien, Mohamed Mbae, jugeant la déclaration du premier ministre « surprenantes ». Au cours d’une visite de deux jours à Mayotte, Sébastien Lecornu a affirmé mercredi que l’aide au développement accordée aux Comores et à six pays africains serait conditionnée à leur coopération avec la France dans la lutte contre l’immigration. Pour ces pays (Comores, Burundi, Tanzanie, République démocratique du Congo, Rwanda, Somalie et Kenya), « on va créer quelques nouveaux critères de bonus-malus, c’est-à-dire la capacité à bien collaborer dans la lutte contre les passeurs, la délivrance de laissez-passer consulaires, la capacité de reprendre les étrangers en situation irrégulière », a-t-il expliqué.
    Mayotte, le plus pauvre des 101 départements français, est restée française lorsque le reste de l’archipel des Comores a accédé à l’indépendance en 1975. L’île est toutefois toujours revendiquée par l’Union des Comores. S’exprimant à la base navale de Dzaoudzi, où il ouvrait une réunion du commandement militaire chargé de la lutte contre l’immigration clandestine, Sébastien Lecornu a précisé que l’aide serait liée à la « capacité de ces pays à reprendre leurs ressortissants en situation irrégulière » et à leur participation « à la lutte contre les passeurs ». Sa déclaration « est totalement déconnectée des attentes de la population de l’île comorienne de Mayotte », a déploré Mohamed Mbae, en référence au passage du cyclone Chido, en 2024. Une part importante des 323 000 habitants de l’archipel recensés par l’Insee au 1er janvier 2026 est de nationalité étrangère, contre près de la moitié de la population en 2017.
    Les propos du chef du gouvernement ont suscité des condamnations dans l’ensemble de l’échiquier politique comorien. Le parti d’opposition USHE a dénoncé « un chantage scandaleux », tandis que l’ONG Comité Maore a qualifié cette mesure de « chantage inacceptable » et accusé Paris de mener une politique néocoloniale. « Prétendre être “notre ami” tout en maintenant l’occupation coloniale de l’île comorienne de Mayotte est une hypocrisie intolérable », a affirmé USHE dans un communiqué.

    #Covid-19#migration#migrant#france#comores#mayotte#politiquemigratoire#developpement#sante

  • France : un camion avec 58 migrants entassés à l’intérieur découvert à Paris - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/73334/france--un-camion-avec-58-migrants-entasses-a-linterieur-decouvert-a-p

    France : un camion avec 58 migrants entassés à l’intérieur découvert à Paris
    Par La rédaction Publié le : 27/08/2026
    Pas moins de 58 personnes, dont des enfants, ont été découverts enfermés dans un camion dans le 18e arrondissement de Paris, dans la nuit de mardi à mercredi. Certaines se trouvaient en situation régulière, d’autres ont été placées en rétention administrative du fait de leur situation irrégulière. L’Office de lutte contre le trafic illicite de migrants (Oltim) est en charge de l’enquête.
    Il était minuit passé lorsque des policiers parisiens ont découvert, dans la nuit du mardi 25 au mercredi 26 août, pas moins de 58 personnes migrantes entassées dans un camion, dans le 18e arrondissement de Paris.Des enfants se trouvaient parmi le groupe, retrouvé lors du contrôle de ce véhicule alors stationné dans une impasse, rapporte une source policière à l’AFP, confirmant une information d’Europe 1.
    Le chauffeur était absent lors du contrôle. « Une enquête a été ouverte, à l’initiative de l’Office de lutte contre le trafic illicite de migrants (Oltim), du chef d’aide à l’entrée, à la circulation, ou au séjour irréguliers d’un étranger en France en bande organisée », a précisé le parquet de Paris à la presse.Le dossier a été confié à l’antenne parisienne de l’Oltim. Celle-ci devra établir si « le camion devait les acheminer à un point déterminé dans le cadre d’une filière organisée ».
    Le véhicule appartient, d’après les premiers éléments de l’enquête, à une société domiciliée en Seine-et-Marne, a fait savoir le parquet.
    Parmi les 58 personnes, les femmes, enfants et ceux porteurs d’un récépissé de demande de statut de réfugié ont été laissés libres, rapporte l’AFP. Les 26 personnes restantes, sans titre de séjour, ont été placées en retenue administrative.
    Dans les Yvelines, quelques heures avant, dans l’après-midi du mardi 25 août, 19 exilés ont été découverts enfermés, eux, dans un camion frigorifique. Parmi le groupe se trouvaient sept enfants, selon TV78, le média départemental qui a rapporté l’information.
    Ce camion frigorifique se trouvait près d’un péage à Saint-Arnoult-en-Yvelines, au sud de Paris, sur l’autoroute A10. Les gendarmes ont été alertés suite à l’appel de l’un des occupants, qui a prévenu les secours alors qu’il se trouvait entassé à l’intérieur.
    Les exilés seraient originaires d’Iran et d’Irak, selon les informations des autorités citées par TV78. Tous auraient embarqué sans que le chauffeur n’en soit informé. Or, il s’agit de conditions de transport particulièrement dangereuses, notamment en raison des températures qui régnaient dans le véhicule.En novembre dernier, quatre hommes de nationalité irakienne ont été interpellés alors qu’ils se trouvaient dans un camion frigorifique au marché d’intérêt national de Rouen. En octobre, 11 migrants érythréens ont aussi été retrouvés dans un camion frigorifique dans le nord de la France. Dans ces véhicules, la température peut descendre proche des 0°C.
    L’été dernier, 15 exilés avaient été retrouvés en hypothermie sur une aire de repos du Pas-de-Calais alors qu’ils tentaient de rejoindre le Royaume-Uni dans un camion frigorifique. Plusieurs personnes avaient dû être emmenées à l’hôpital.
    Le risque de suffocation est également important car ces véhicules n’ont que très peu de ventilation dans la remorque. En 2019, 39 migrants vietnamiens avaient perdu la vie dans un camion frigorifique près de Londres. Depuis, si elles sont beaucoup plus rares que les traversées de la Manche par canots, les tentatives illégales de passage en Angleterre par camion n’ont pas totalement disparu. Surtout, les réseaux de passeurs utilisent régulièrement des camions pour acheminer les exilés vers le littoral, depuis la région parisienne et les départements alentours, voire depuis les pays voisins comme la Belgique. Ces derniers rejoignent alors les campements informels, puis tentent la traversée maritime, également très risquée.

    #Covid-19#migrant#migration#france#routemigratoire#migrationirreguliere#trafic#sante

  • Face à l’inaction des politiques, mobilisons-nous !

    2°C à l’ombre, au moins 7300 morts supplémentaires liées à la canicule, 42 000 hectares brûlés en Gironde… Nous ne pouvons plus vivre un été comme celui que nous venons de passer, sans réponse face à la situation.

    Canicules, incendies, sécheresses… Ces dernières semaines nous ont dramatiquement rappelé que les conséquences du changement climatique nous frappent déjà au quotidien. Nous sommes très nombreuses et nombreux – particulièrement les personnes les plus vulnérables – à être impacté-es alors que nombre de nos responsables politiques se rendent coupables d’inaction climatique.

    C’est pourquoi, nous avons décidé d’agir. Face à l’urgence, un collectif inédit de près d’une trentaine d’organisations s’est créé : syndicats de pompiers, d’infirmières et d’infirmiers, de travailleuses et travailleurs, associations de protection de l’environnement, d’aide aux personnes vulnérables, de droits humains, de protections des animaux… Nous lançons, ensemble, un appel à se rassembler pour exiger des moyens pour lutter contre les changements climatiques et les atteintes aux droits qu’ils provoquent.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/08/16/canicule-incendies-destructeurs-secheresse-nous-ne-devons-plus-vivre-ca/#comment-75564

    #france #ecologie

  • A Mayotte, Sébastien Lecornu annonce des renforts humains et technologiques contre l’immigration clandestine
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/08/27/a-mayotte-sebastien-lecornu-annonce-des-renforts-humains-et-technologiques-c

    A Mayotte, Sébastien Lecornu annonce des renforts humains et technologiques contre l’immigration clandestine
    Par Laurence Caramel (Mamoudzou, envoyée spéciale)
    Il était attendu sur l’urgente reconstruction de Mayotte – dévastée par le cyclone Chido en décembre 2024 –, mais c’est d’abord sur la lutte contre l’immigration clandestine que le premier ministre, Sébastien Lecornu, s’est exprimé, à peine débarqué dans l’archipel, mercredi 26 août, pour une visite de deux jours.Entouré de six ministres, dont ceux de la défense et de l’intérieur, et en présence de l’état-major de la lutte contre l’immigration clandestine réuni dans l’exigu poste de coordination de la base navale de Dzaoudzi, l’ex-ministre des outre-mer (2020-2022) a annoncé une militarisation accrue de la zone pour mieux protéger le 101e département français de l’arrivée de migrants de l’archipel voisin des Comores et, de façon plus récente, de ressortissants originaires de l’Afrique des Grands-Lacs. La moitié de la population est étrangère sur un total de 323 000 personnes, selon le recensement publié début juillet par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).
    Déploiement de drones pour mieux anticiper les départs des migrants, installation de ballons en altitude équipés de moyens de détection, augmentation du nombre de bateaux d’interception, renforcement des effectifs militaires… Le chef du gouvernement compte beaucoup sur les moyens fournis par les hautes technologies et inscrits budgétairement dans la loi de programmation militaire pour supprimer « les angles morts » dans la surveillance du territoire. Jusqu’à ressusciter l’objectif d’un « rideau de fer » promis par Gérald Darmanin en 2024 lorsqu’il était ministre de l’intérieur et des outre-mer.
    Une unité de la Légion étrangère devrait être positionnée sur l’îlot de Mtsamboro. D’une superficie de 2 km2, ce bout de terre inhabité est situé au nord-est de Grande-Terre en direction d’Anjouan, l’île des Comores à partir de laquelle les candidats à l’exil sont les plus nombreux. Tout en défendant des « résultats solides » au vu du nombre croissant de décisions d’éloignement – 16 500 au cours du premier semestre 2026 contre 23 000 pour l’ensemble de l’année 2025 – le locataire de Matignon a toutefois reconnu les limites des mesures prises jusqu’à présent face à « un adversaire » qui s’adapte et sait déjouer les méthodes de détection ou d’intervention avec l’aide de « complicités locales ».
    Pour autant, il s’est bien gardé d’aller sur la voie empruntée quelques jours auparavant par Edouard Philippe. En déplacement à Mayotte, l’ancien premier ministre (2017-2020), candidat Horizons à l’élection présidentielle, a proposé d’y suspendre le droit du sol et le droit d’asile pendant le prochain quinquennat s’il est élu. « Il faut [d’abord] faire en sorte que les lois existantes soient appliquées », a jugé Sébastien Lecornu.De fait, la loi adoptée en avril 2025 et entrée en vigueur au printemps durcit déjà très fortement les conditions d’accès à la nationalité française à Mayotte. Pour pouvoir y prétendre, elle prévoit qu’il faut désormais deux parents – et non plus un seul – résidant de manière régulière depuis un an, et non plus trois mois, sur le sol français au moment de la naissance de l’enfant.
    Avec cette restriction, le gouvernement espère décourager les femmes étrangères – et principalement comoriennes – de mettre au monde leurs enfants à Mayotte. Plus des trois quarts des naissances enregistrées chaque année sont le fait de mères de nationalité étrangère. Une croissance démographique qui alourdit les besoins de l’archipel en infrastructures – écoles, logements, santé – et en ressources comme l’eau, alors que le département accuse un retard considérable à l’échelle nationale. Plus des trois quarts de la population vivent sous le seuil de pauvreté.
    Parallèlement au renforcement du dispositif sécuritaire, Sébastien Lecornu a avancé l’idée d’un bonus-malus appliqué à l’aide publique au développement. Celui-ci conduirait à récompenser les pays qui coopèrent avec la France en matière de lutte migratoire en leur « donnant plus » et, à l’inverse, à sanctionner ceux qui ne le font pas. Outre les Comores, six pays d’Afrique centrale et de l’Est sont ciblés : Burundi, République démocratique du Congo (RDC), Kenya, Rwanda, Somalie, Tanzanie. Il a assuré que l’aide humanitaire que reçoivent ces pays parmi les plus pauvres du monde ne serait pas affectée. Les financements versés par la France représentaient, en 2024, 5 % des appuis extérieurs reçus par la RDC, 10 % pour la Tanzanie mais 87 % pour les Comores, selon les chiffres de l’Organisation de coopération et de développement économiques.
    L’annonce n’a pas été du goût de tous les élus mahorais. La députée Estelle Youssouffa (groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires), a rappelé qu’il existe déjà un accord liant aide et migration avec les Comores depuis 2019. « Malgré des centaines de millions d’euros distribués, des centaines de Comoriens arrivent chaque jour à Mayotte, et la France continue de financer un régime qui remet en cause sa souveraineté et instrumentalise les flux migratoires », a-t-elle dénoncé en déplorant une « opération de com politique » du premier ministre.
    A huit mois du scrutin présidentiel, dans un territoire où Marine Le Pen fait ses scores les plus élevés (59 % au second tour de 2022), personne ici n’est dupe du fait que le 101e département, situé à 8 000 kilomètres de Paris, offre la scène idéale pour laisser libre cours à toutes les idées susceptibles de contrer la favorite des sondages sur son thème de prédilection.
    En ce jour férié à Mayotte, où l’on célébrait la naissance du prophète Mahomet, pas sûr cependant que les propos de Sébastien Lecornu aient bénéficié de beaucoup d’écho. Dans les rues de Mamoudzou, un étrange calme avait fait place à l’ordinaire agitation. Seuls quelques dizaines de syndicalistes avaient décidé de braver la torpeur générale, espérant interpeller le premier ministre, lors de son passage sur la place de la République, sur l’augmentation des salaires et l’alignement des droits sociaux sur ceux de la métropole. Les gendarmes ne leur en ont pas donné le loisir.

    #Covid-19#migrant#migration#france#routemigratoire#mayotte#migrationirreguliere#politiquemigratoire#sante

  • La France veut conditionner l’aide au développement pour sept pays africains à la lutte contre l’immigration à Mayotte
    https://www.dakaractu.com/La-France-veut-conditionner-l-aide-au-developpement-pour-sept-pays-africa

    a France veut conditionner l’aide au développement pour sept pays africains à la lutte contre l’immigration à Mayotte
    En déplacement pour deux jours à Mayotte, Sébastien Lecornu a annoncé mercredi 26 août que la France entendait conditionner le versement de son aide publique au développement à une meilleure coopération dans la lutte contre l’immigration clandestine sur l’archipel. Sept pays africains sont concernés par ce système de « bonus-malus », décrit par le Premier ministre.
    Les Comores, le Burundi, la Tanzanie, la République démocratique du Congo, le Rwanda, la Somalie et le Kenya sont visés par ce nouveau dispositif, qui vise à conditionner le versement de l’aide publique au développement (APD) de la France à un renforcement de la lutte contre l’immigration à Mayotte. Sébastien Lecornu a demandé au ministère des Affaires étrangères de formuler des propositions afin de commencer à le mettre en œuvre dès 2026, puis de manière plus structurelle en 2027.
    Le Premier ministre a toutefois assuré que l’aide humanitaire directe ne serait pas remise en cause. Le principe consiste à moduler l’aide au développement en fonction de plusieurs critères : la lutte contre les passeurs, la délivrance de laissez-passer consulaires et le retour des étrangers en situation irrégulière. « Il est normal » de donner davantage « à un pays qui se donne du mal pour répondre à nos attentes en matière migratoire », a défendu Sébastien Lecornu.
    La députée Liot de Mayotte, Estelle Youssouffa, a réagi, dénonçant de la « com’ politique » et promettant de voter à nouveau la censure du gouvernement. Elle rappelle que la conditionnalité de l’aide au développement existe « déjà dans les accords de 2019 avec les Comores », principal pays d’origine des migrants, et regrette l’absence de réponse à la demande des élus de démanteler le camp de Tsoundzou 2, où vivent dans la précarité plus d’un millier de demandeurs d’asile.
    À l’approche de l’élection présidentielle française, l’immigration clandestine à Mayotte, qui cristallise la colère des Mahorais, revient dans le débat politique. La semaine dernière, Édouard Philippe proposait notamment de stopper l’enregistrement des demandes d’asile.À La France insoumise, le député Thomas Portes accuse Sébastien Lecornu de reprendre les thématiques de l’extrême droite. « Le chantage à l’aide publique au développement est absolument inacceptable », dénonce-t-il, estimant que les personnes concernées fuient « la misère », « la faim », « les guerres » ou encore des « crises climatiques qui vont s’accélérer ». Pour le député, « tout cela ne fonctionne pas » et la réponse doit passer par « une politique d’accueil » et « une politique de diplomatie ».
    À l’extrême droite, la mesure est également critiquée, mais parce qu’elle est jugée insuffisante. « Il n’est plus l’heure de conditionner l’aide publique au développement, mais de la supprimer », estime l’eurodéputée Reconquête Sarah Knafo. « C’est l’argent de notre peuple, c’est l’argent des Français et il en manque suffisamment », ajoute-t-elle.
    L’annonce ne surprend pas vraiment Matthieu Paris, chargé de plaidoyer à l’ONG CCFD-Terre Solidaire. « Cela fait trois ans maintenant que cette aide est devenue transactionnelle, sur le principe du "donnant-donnant", comme aux États-Unis », regrette-t-il.Une situation regrettable pour les pays bénéficiaires de l’APD : « cette aide, censée être un outil de solidarité internationale, est encore utilisé pour des calculs politiques internes à la France, dénonce-t-il. Son efficatié deviendra moindre et elle n’aidera pas à l’autonomisation des pays qui en bénéficient ».
    De son côté, Alan Anic, chargé de plaidoyer pour Solidarités International, ne croit pas que cette annonce puisse agir sur la lutte contre l’immigration et précise n’avoir « jamais remarqué d’inflexion des départs vers la France si on donne plus ou moins d’aides ». « Le but ici est d’utiliser l’APD comme une arme diplomatique », poursuit-il.

    #Covid-19#migrant#migration#france#developpement#APD#sante#politiquemigratoire

  • Logement : le nouveau DPE réduit l’avantage du gaz par rapport à l’électricité
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/08/26/logement-le-nouveau-diagnostic-de-performance-energetique-reduit-l-avantage-

    Le gouvernement a modifié le mode de calcul du diagnostic de performance énergétique des logements (#DPE), avec pour effet de réduire encore l’avantage de ceux alimentés en gaz sur ceux chauffés à l’électrique, selon un arrêté au Journal officiel, mercredi 26 août.

    Le texte, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2027, « modifie de 1,9 à 1,7 la valeur du facteur de conversion » pour l’électricité dans les diagnostics de performance énergétique et les audits énergétiques. Ce coefficient était déjà passé de 2,3 à 1,9 au 1er janvier dernier dans le cadre de la réforme du DPE destinée à être plus favorable aux chauffages électriques. Le gaz naturel bénéficie d’un coefficient de 1, plus avantageux que l’électricité.

    Cette mesure aura pour effet de réduire davantage le nombre de #passoires_énergétiques, selon l’étude d’impact transmise au Conseil supérieur de l’énergie (CSE) début août. « L’abaissement du facteur de conversion aura pour effet mécanique d’améliorer la note DPE d’un nombre significatif de logements, avec une réduction de 14 % du nombre de passoires dans le parc locatif privé, soit 125 000 logements », selon ce document.

    [...] Il précise que la précédente révision de 2,3 à 1,9 « avait engendré la sortie du statut de passoire d’environ 275 000 logements du parc locatif privé ».

    Ça coûte rien, et, d’une pierre deux coups, ça conforte la rente immobilière et légitime davantage encore le nucléaire.

    #France_propriété #chauffage #chauffages_électriques #électrification

    • Cela réduira le nombre de logements soumis au gel des loyers et à l’interdiction de location, et risque de ralentir l’effort de #rénovation.

      [...]

      « Environ 300 000 résidences principales » sortiront du statut de « passoire énergétique » (classes F et G), peut-on lire dans l’étude d’impact. Les 125 000 qui appartiennent au parc locatif privé n’auront plus à se soumettre au gel des loyers. La réforme maintiendra « de l’ordre de 300 000 logements » dans le parc locatif dans les prochaines années – ils auraient sinon été interdits à la location –, « et réduira l’incitation réglementaire à rénover ces logements ». A noter que la révision du coefficient au 1er janvier 2026 devait déjà sortir 850 000 logements du statut de passoire, selon le gouvernement.
      « On casse le thermomètre, sans rendre les ex-passoires plus habitables ni réduire leurs factures d’énergie ! Et ceux qui y vivent auront moins accès aux aides à la rénovation », critique Damien Barbosa, coordinateur du collectif Rénovons, qui réunit associations environnementales et professionnels de l’efficacité énergétique. « On pouvait comprendre le passage au coefficient 1,9, calculé au niveau européen et déjà très incitatif à l’installation de pompes à chaleur. Mais trop de changements perturbent les clients et nuisent à la crédibilité du DPE », regrette Olivier Héaulme, président du syndicat de diagnostiqueurs immobiliers Sidiane.

      Une consultation publique n’a recueilli que 29 contributions favorables à l’abaissement du facteur de conversion, contre 78 qui y sont défavorables. Le Conseil supérieur de la construction et de l’efficacité énergétique, organe consultatif qui réunit les acteurs du secteur, a rendu un avis négatif sur le projet d’arrêté.

      [...]

      Damien Barbosa, du collectif Rénovons, mène une réflexion similaire : « Comme le DPE est moins fiable, inventons des critères objectifs, telles que des températures minimum et maximum à ne pas dépasser à l’intérieur ».

      https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/08/28/la-nouvelle-revision-du-dpe-va-faire-sortir-plus-de-300-000-logements-du-sta
      https://archive.ph/QceCe

  • Mayotte : Sébastien Lecornu veut conditionner l’aide au développement pour les Comores à une meilleure collaboration dans la lutte contre l’immigration clandestine
    https://www.lemonde.fr/outre-mer/article/2026/08/26/mayotte-sebastien-lecornu-veut-conditionner-l-aide-au-developpement-pour-les

    Mayotte : Sébastien Lecornu veut conditionner l’aide au développement pour les Comores à une meilleure collaboration dans la lutte contre l’immigration clandestine
    Le Monde avec AFP
    Paris va conditionner l’aide publique au développement pour les Comores et plusieurs pays africains à une meilleure collaboration dans la lutte contre l’immigration clandestine vers Mayotte, a annoncé mercredi 26 août, à Dzaoudzi, le premier ministre, Sébastien Lecornu.
    Pour ces sept pays (les Comores, le Burundi, la Tanzanie, la République démocratique du Congo, le Rwanda, la Somalie et le Kenya), « on va créer quelques nouveaux critères de bonus-malus, c’est-à-dire la capacité à bien collaborer dans la lutte contre les passeurs, la délivrance de laissez-passer consulaires, la capacité de reprendre les étrangers en situation irrégulière », a ainsi expliqué le chef du gouvernement.
    Arrivé mercredi à Mayotte pour une visite de deux jours, Sébastien Lecornu s’exprimait sur la base navale de Dzaoudzi, en ouvrant une réunion de l’état-major sur la lutte contre l’immigration clandestine, qui cristallise la colère des Mahorais.Une fraction importante des 323 000 habitants de l’archipel recensés par l’Insee au 1er janvier 2026 sont de nationalité étrangère : cela représentait même près de la moitié de la population en 2017. Ces demandeurs d’asile viennent surtout des Comores, mais avec une arrivée croissante de personnes venues de la région des Grands Lacs (RDC, Rwanda…).
    En 2024, cette aide publique au développement atteignait 300 millions d’euros. « Tout ce qui est de l’aide humanitaire directe aux populations, y compris dans les théâtres de guerre, on ne remet pas en cause », a cependant assuré le premier ministre. Sébastien Lecornu a demandé au ministère des affaires étrangères de faire des propositions en vue de les mettre en œuvre dès 2026, et de manière plus structurelle en 2027. Il est normal de donner plus « à un pays qui se donne du mal pour répondre à nos attentes en matière migratoire » plutôt qu’à « un pays qui est parfois sourd ou peut être trop léger avec ce que nous attendons », a-t-il justifié.
    Sébastien Lecornu, entouré de six ministres dont ceux de la défense et de l’intérieur, a également annoncé une « militarisation » de la lutte contre l’immigration clandestine, avec un recours aux drones et à des ballons captifs pour surveiller les approches, et davantage de navires intercepteurs (de 9 en 2026 à 13 en 2028). Il a également annoncé le déploiement d’un détachement de la Légion étrangère sur l’îlot M’Tsamboro situé au nord-ouest de l’archipel. Selon Frédéric Poisot, préfet de Mayotte, en 2026 « on est, à date, à 16 500 éloignements » de personnes interceptées sur les centaines d’embarcations clandestines affluant chaque année. « On a un adversaire qui s’adapte à nos modes d’action, qui connaît nos modes de détection », a-t-il averti.

    #Covid-19#migration#migrant#france#developpement#APD#politiquemigratoire#migrationirreguliere#sante

  • Vendanges : dans les vignes de Bourgogne, des travailleurs migrants essentiels mais vulnérables - InfoMigrants
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    Vendanges : dans les vignes de Bourgogne, des travailleurs migrants essentiels mais vulnérables
    Par Solène Clausse Publié le : 21/08/2026
    Plusieurs milliers de travailleurs saisonniers étrangers gonflent chaque année les rangs des vendangeurs, pour récolter le raisin qui servira à la fabrication des vins de Bourgogne. Une main d’œuvre essentielle mais qui oblige le territoire à s’organiser pour les accueillir dans de bonnes conditions. Reportage en Côte-d’Or, auprès de migrants soudanais et tunisiens. Hotte blanche sur le dos, les porteurs de raisin font des aller-retours dans les rangs de vignes pour collecter les grappes de raisin et les acheminer jusqu’au camion. Les coupeurs, eux, sont accroupis pour cueillir les grappes. Le travail est physique, et d’autant plus sous 30°C.
    Dans ces vignes de Bourgogne situées près de Puligny-Montrachet, en Côte d’Or, dans l’est de la France, plus de 50 personnes sont mobilisées ce mercredi 19 août pour une première journée de vendanges. La majorité sont des migrants soudanais, employés pour la récolte du raisin, entre la fin du mois d’août et le début du mois de septembre. C’est le cas d’Hicham, 21 ans. Le dos courbé dans une rangée de vignes, sécateur à la main, le réfugié soudanais sélectionne consciencieusement les raisins et jette les fruits abîmés. Il est arrivé en France il y a trois ans, après avoir transité par la Turquie puis l’île grecque de Samos. "Je suis un CAP pour être électricien, donc je viens ici pendant mes vacances. En Grèce, j’ai travaillé un an dans l’agriculture, je récoltais les tomates, les pommes de terre… ça me fait du bien de travailler dans la nature”, confie le jeune homme.
    Comme lui, la plupart de ces travailleurs soudanais ont d’autres emplois au cours de l’année. Peu d’entre eux voient dans la vigne un secteur dans lequel se projeter. "Pendant les vendanges, on travaille au maximum un mois, alors que dans le bâtiment, je trouve des contrats plus longs. Je viens de terminer un CDD de 22 semaines à Tours sur un chantier", détaille Mohammed, qui a fui la guerre au Soudan avant d’obtenir le statut de réfugié en France en 2025.
    Plus de 38 097 salariés ont ainsi été employés pendant les vendanges en 2025, selon les chiffres de la mutualité sociale agricole (MSA), l’organisme de protection sociale des travailleurs agricoles. Parmi les nouveaux enregistrés, plus de 9 300 étaient des étrangers, soit au moins 24% des vendangeurs. Si la majorité d’entre eux viennent d’Europe, les travailleurs originaires du Maroc, de Tunisie ou encore de République démocratique du Congo sont également très présents.
    Dans ces vignes de Puligny-Montrachet, cette équipe de Soudanais est employée par Cambium, une société de prestation de services viticoles, à laquelle le propriétaire du domaine sous-traite l’intégralité de la gestion des vendanges, depuis le recrutement et l’accueil des vendangeurs, jusqu’au travail de la vigne. Une pratique courante dans la région. "Notre domaine viticole s’est développé rapidement. Or, trouver et former des gens compétents, ça prend du temps. Passer par un prestataire nous a permis d’apporter une solution à notre problème de main d’œuvre à court terme", explique l’un des propriétaires de domaine ayant recours aux services de Cambium, et qui a souhaité rester anonyme. Beaucoup de viticulteurs de la région constatent une baisse locale de la recherche d’emploi. Certains se retrouvent en sous-effectifs au moment de commencer à vendanger.Ancien régisseur de domaine viticole, Julien Palys est le patron de Cambium. Ce mercredi, il est présent pour superviser cette première journée de vendanges.
    Plusieurs nationalités de travailleurs saisonniers se côtoient dans les vignobles de Bourgogne. Julien Palys emploie également régulièrement des travailleurs tunisiens. Notamment grâce à Walid, un Tunisien qu’il a recruté comme saisonnier en novembre 2025, et à son frère, Abderrahmane. "Une fois que l’on connaît quelqu’un, tout le monde se donne le mot, c’est assez rapide de trouver de la main d’œuvre", explique-t-il. Pour recruter les migrants soudanais, en revanche, Julien Palys est passé par l’intermédiaire d’un sous-traitant, qui gèrera aussi leur rémunération. À InfoMigrants, il assure que ses employés soudanais sont payés autant que ses employés directs, soit 14,50 euros brut de l’heure, avec 8,70 euros de prime dite "de panier", pour les repas. C’est plus que le salaire minimum. "Dans le contrat, il est bien indiqué que le prestataire sous-traitant doit suivre strictement la rémunération proposée aux salariés de Cambium", insiste-t-il.
    Mais l’information n’a apparemment pas été communiquée aux saisonniers. L’un des vendangeurs interrogé affirme qu’il ne sait pas encore combien il sera rémunéré pour cette journée de travail.
    Le recours à plusieurs sous-traitants pour recruter les saisonniers est vu d’un très mauvais œil par les syndicats. Et pour cause, cela "augmente le risque de non-respect du droit du travail, par exemple de retenues sur salaire", souligne Frédéric Pissot, délégué départemental de la Confédération générale du travail (CGT) Côte d’Or. Pour les saisonniers employés pour les vendanges, la journée commence autour de 7h du matin, pour éviter les fortes chaleurs, et se termine à 15h30, avec 30 minutes de pause déjeuner et deux pauses de 15 minutes dans la journée. Des conditions de travail parfois exigeantes, mais que Mohammed juge "moins difficiles que le bâtiment". Autour de 10h30, une collation composée de café, de pain et de chocolat leur est proposée. Un moment convivial, mais qui est aussi mis à profit par Julien Palys pour édicter quelques "règles" : "L’eau est précieuse les gars, on ne s’en sert pas pour se rafraîchir le visage. Moi aussi j’aimerais bien me laver le visage ! C’est quoi la prochaine étape, laver son linge ?", scande-t-il.
    Au vu de la chaleur, la pause déjeuner, elle, est prise en étant assis par terre, à l’ombre des camions. Cambium a choisi de ne pas gérer le repas pour des raisons sanitaires, mais de donner à la place une prime pour se restaurer. Les employés saisonniers ont donc apporté leurs déjeuners. Les propriétaires de domaines agricoles ont certaines obligations concernant le logement, les repas, ou encore les équipements des vendangeurs. Ce groupe de saisonniers soudanais loge, le temps des vendanges, à Dijon, une ville située à plus de 50 kilomètres de là. Ils effectuent donc le trajet tous les jours. Quatre minibus noirs ont ainsi été mis à leur disposition à cet effet. Beaucoup d’entre eux vivent à Dijon à l’année et disposent donc d’un appartement sur place. Mais certains vivent à Paris. Alors pour loger, ils se débrouillent. C’est le cas d’Hicham qui habite à Grigny, en région parisienne, et est "hébergé par un ami".
    Face à ces contraintes, certains propriétaires de domaines préfèrent déléguer aux prestataires l’organisation de l’hébergement ou de la restauration, même s’ils restent juridiquement responsables de l’accueil des employés et du respect du droit du travail sur leurs parcelles. Ce fonctionnement est pointé du doigt par plusieurs organisations syndicales car des abus existent. En septembre 2023, un hébergement indigne de plus de 70 vendangeurs espagnols avait ainsi été découvert en Côte d’Or. Walid a subi ces mauvaises conditions de travail avec son précédent employeur. "L’année dernière pour les vendanges, on habitait dans un camping, on dormait dans un mobil-home par terre sans matelas, sans couverture. Quand il pleuvait on travaillait sans habits de pluie ni bottes", décrit-il, insistant sur la situation radicalement différente maintenant. "Ces situations sont à la marge", assure Ségolène Tritschler, sous directrice du pôle entreprises et Santé-Sécurité au travail au sein de la MSA Bourgogne.
    Pour les limiter, les acteurs du territoire s’organisent. Le syndicat professionnel des vignerons de Bourgogne, l’inspection du travail et la MSA ont mis en place en 2025 le label "Qualiterritoires" qui établit un cahier des charges pour les sociétés de prestation viticole. L’inspection du travail et la MSA font également état d’une plus grande "vigilance" en période de vendanges. Frédéric Pissot, de la CGT Côte d’Or, regrette pourtant qu’il n’y ait pas plus d’inspecteurs du travail pour détecter les situations indignes, notamment sur la question du logement. Selon Ségolène Tritschler, les viticulteurs bourguignons œuvrent pour des conditions de travail plus favorables pour les employés saisonniers dans la vigne. Elles seraient d’ailleurs gage "d’un produit de qualité". Une qualité qui est aussi le fruit de l’expérience de ces saisonniers. Au-delà de la période des vendanges, le groupe de travailleurs tunisiens employés par Cambium travaille pour une quinzaine de domaines viticoles pendant six mois de l’année. De quoi leur permettre de toucher à tout dans un secteur qui manque de main d’œuvre. "J’ai commencé fin décembre 2025 avec la taille de la vigne et le tirage des bois, jusqu’aux vendanges en août, j’ai appris tout ce qui se fait dans la vigne", décrit Walid. Et cette expertise est aussi appréciée des viticulteurs. "Ces étapes de la taille, du bourgeonnage, c’est ce qui structure la vigne. C’est primordial d’avoir des personnes formées et compétentes pour les réaliser", avance le propriétaire de domaine.
    Walid espère maintenant que cette expérience et la durée de ses contrats lui permettront de signer un CDI en fin d’année, comme prévu. Pour suivre les pas de son frère et s’installer durablement en France.

    #Covid-19#migration#migrant#france#bourgogne#vendange#travaillleursmigrants#saisonniers#sante

  • Présidentielle 2027 : la surenchère sur l’immigration des candidats du bloc central
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/08/23/presidentielle-la-surenchere-des-candidats-du-bloc-central-sur-l-immigration

    Présidentielle 2027 : la surenchère sur l’immigration des candidats du bloc central
    En visite à Mayotte, Edouard Philippe a évoqué la suspension des demandes d’asile ou de regroupement familial. Son rival au centre, Gabriel Attal, évoque une modification constitutionnelle pour instaurer des quotas limitatifs de migrants.
    Par Véronique Chocron
    Son entourage n’en fait pas mystère : il s’agit de ne pas laisser le terrain au Rassemblement national (RN). Depuis les images frappantes de l’intrusion, les 30 et 31 juillet, de 72 000 migrants dans l’enclave espagnole de Ceuta (dont 70 000 ont depuis été renvoyés au Maroc), Edouard Philippe, candidat Horizons à la présidentielle, multiplie les prises de position sur l’immigration, un thème au cœur de sa campagne pour 2027.
    Il y a d’abord eu la publication, le 10 août, d’une tribune dans Le Figaro, pour affirmer sa volonté d’instaurer un « verrou Schengen ». Objectif : qu’aucun Etat européen ne puisse « engager seul une régularisation massive » de clandestins « au-delà d’un seuil défini collectivement » et « sans accord préalable ». Une attaque dirigée contre le plan de régularisation lancé en début d’année par l’Espagne, qui aurait selon le président d’Horizons créé un appel d’air pour tout le continent – bien que l’enclave nord-africaine de Ceuta n’appartienne pas à l’espace européen de libre circulation.
    En visite à Mayotte le 21 août, quelques jours avant la venue du premier ministre, Sébastien Lecornu, l’ex-chef du gouvernement s’est engagé, en cas de victoire, à suspendre les enregistrements des demandes d’asile et le droit du sol dans l’île, qui connaît un afflux régulier de migrants, pour l’essentiel comoriens, mais aussi à y interrompre les demandes de regroupement familial, pendant la durée du quinquennat. Il a également souhaité qu’un « centre de retour français » soit installé en Afrique de l’Est, « afin d’éloigner rapidement et massivement les étrangers en situation irrégulière installés à Mayotte ».
    Son rival Gabriel Attal, l’autre candidat du bloc central à la présidentielle, n’est pas en reste. Le 1er août, au lendemain de la crise de Ceuta, il a ainsi donné une interview controversée au Journal du dimanche, propriété du milliardaire conservateur Vincent Bolloré. Le secrétaire général de Renaissance y explique que « la maîtrise de l’immigration est l’un des grands échecs des deux derniers quinquennats » et propose « des quotas limitatifs ». « Cela suppose de modifier la Constitution, ajoute-t-il, mais j’assume (…) de lever ce tabou. »
    Une escalade de propositions qui laisse perplexes certains anciens soutiens, comme la députée du Maine-et-Loire Stella Dupont. Pour celle qui fut, de 2018 à 2022, référente sur les questions d’immigration et d’asile au sein du groupe macroniste, avant d’en quitter les bancs en 2024 – elle siège désormais parmi les députés non inscrits –, Edouard Philippe et Gabriel Attal « vont sur le sujet immigration car ils y voient un marqueur de droite fort, et que, pour gagner une élection, ils se disent qu’il faut d’abord rassembler sa base, puis l’élargir ». S’alarmant du fait que « les idées d’extrême droite infusent », la députée, aujourd’hui porte-parole de l’ex-socialiste Bernard Cazeneuve, s’interroge sur « cette stratégie de la course derrière le RN ».
    « La position d’Edouard Philippe a toujours été assez raide sur le sujet de l’immigration, il est même plus sévère que ce qu’il dit publiquement, confie un autre député Horizons, qui souhaite conserver l’anonymat. Il a par exemple été le premier à vouloir dénoncer l’accord signé entre la France et l’Algérie en 1968 », qui réglemente la circulation, l’emploi et le séjour des ressortissants algériens en France.L’ancien premier ministre sous le premier quinquennat d’Emmanuel Macron ne souhaite en effet « pas renégocier l’accord, détaille Clément Tonon, coordinateur du projet présidentiel de la campagne d’Edouard Philippe. Il n’y a plus de raison d’avoir un régime dérogatoire pour les Algériens par rapport aux autres étrangers ». Quant au droit d’asile, « il y est très attaché, poursuit Clément Tonon, mais il prône la suspension prolongée des demandes d’asile en cas de crise migratoire instrumentalisée comme à la frontière polono-biélorusse ou en cas de saturation migratoire dans un territoire insulaire comme Mayotte, ou enclavé comme Ceuta. Plusieurs pays européens, comme la Grèce et la Pologne, y réfléchissent ».
    Les spécialistes du droit de l’immigration, eux, restent sceptiques sur le réalisme de ces propositions. Professeur de droit public à l’université Grenoble-Alpes, Serge Slama estime qu’une suspension du droit d’asile pendant la durée du quinquennat « n’est juridiquement pas possible. Il y a deux obstacles : le droit de l’Union européenne [UE], car l’article 18 de la Charte des droits fondamentaux de l’UE garantit le droit d’asile, et la Constitution française, pour la même raison ». Ces règles empêchent de refouler les personnes se disant persécutées dans leur pays sans avoir examiné leur demande de protection et, pour le préambule de la Constitution, garantit l’asile sur le territoire de la République.
    De même, « une loi qui suspendrait pendant cinq ans le droit du sol à Mayotte poserait un problème de constitutionnalité au regard du principe d’égalité des citoyens devant la loi », poursuit Serge Slama. Quant à la proposition d’interrompre les demandes de regroupement familial à Mayotte, elle se heurterait au droit à une vie privée et familiale, garanti par la Constitution française, la Convention européenne des droits de l’homme et la Charte des droits fondamentaux de l’UE.
    Commentant la visite d’Edouard Philippe à Mayotte, le député européen RN Matthieu Valet ne s’est quant à lui pas privé de sortir l’argument des électeurs qui « préféreront toujours l’original à la copie ». « La suppression du droit du sol, du regroupement familial, l’irrecevabilité des demandes d’asile à Mayotte (…), Marine Le Pen [les] avait déjà annoncé[es] », a-t-il déclaré sur BFM-TV, le 21 août, en soulignant « l’intérêt électoraliste » du président d’Horizons.
    Pourquoi les deux anciens premiers ministres et candidats du bloc central à la présidentielle ont-ils alors enfourché ce cheval de bataille, à huit mois de l’élection ? L’immigration ne figure pas au cœur des préoccupations de leur électorat, tant s’en faut : elle n’est pas le premier sujet de préoccupation des Français dans leur ensemble, puisqu’elle n’arrive qu’au sixième rang, selon le baromètre Ipsos BVA-CESI Ecole d’ingénieurs publié en juillet (avant la crise de Ceuta) par La Tribune Dimanche. Il est cité comme une préoccupation par 27 % des Français, derrière le pouvoir d’achat – premier sujet –, puis l’avenir du système social, le niveau de la délinquance, la protection de l’environnement et la dette. Au sein du bloc central, l’immigration n’est citée comme une préoccupation que par 11 % des électeurs de Renaissance, du MoDem et d’Horizons.
    Pour Brice Teinturier, directeur général délégué de l’entreprise de sondages Ipsos, « face à un événement d’actualité comme Ceuta, extrêmement marquant et supposément anxiogène dans l’opinion, les candidats du bloc central n’ont pas voulu se laisser déborder par le RN, ni donner l’impression qu’eux négligeraient le sujet, ce qui les amène à durcir leurs propositions ».L’analyste politique souligne que l’électorat-clé pour Edouard Philippe est « celui de la droite non-RN, celui de Bruno Retailleau, pro-européen, probusiness, mais ancré à droite sur le régalien et le sujet des valeurs » ; un électorat que des propositions dures sur l’immigration « ne déstabiliseront pas, ce qui n’est pas tout à fait le cas du côté de Gabriel Attal ». Les deux anciens premiers ministres cherchent à rassembler leur camp pour se qualifier au premier tour, « sans créer une hostilité à gauche », car ils auront besoin de ses voix au second tour. « C’est risqué, mais ne pas aborder le sujet de l’immigration l’est aussi, estime Brice Teinturier. Gabriel Attal et Edouard Philippe naviguent donc entre ces différents risques. »

    #Covid-19#migration#migrant#france#politiquemigratoire#election#extremedroite#sante#droit#immigration

  • No all’estradizione di Gino ! #Free_All_Antifas !
    https://radioblackout.org/2026/08/no-allestradizione-di-gino-free-all-antifas

    Mercoledì 19 la Corte d’appello di Parigi si è pronunciata a favore dell’estradizione in #germania entro 10 giorni di Gino, compagno antifascista inquisito dall’Ungheria in merito ai fatti del Giorno dell’onore, il raduno internazionale che ogni anno richiama nella capitale ungherese neonazistx provenienti da diversi paesi europei. Gino, dopo un primo arresto in Finlandia, era […]

    #altavisibilita #L'informazione_di_Blackout #antifascismo #francia #Free_Gino #free_maja #neofascismo #repressione #Ungheria
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/08/no_estradizione.mp3

  • [Nouvelle enquête] #hooliganisme : l’extrême droite s’implante dans les tribunes bretonnes
    https://splann.org/nouvelle-enquete-hooligan-extreme-droite

    Depuis plusieurs saisons, des stades de foot réputés pour leur ambiance populaire et fair-play affichent un visage bien moins tolérant. En cette reprise du championnat, nous republions notre enquête sur le hooliganisme en Bretagne. L’article [Nouvelle enquête] Hooliganisme : l’extrême droite s’implante dans les tribunes bretonnes est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

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