• Étudiants étrangers en France : des manifestations dans plusieurs villes malgré l’assouplissement du décret sur les frais d’inscription - InfoMigrants
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    Étudiants étrangers en France : des manifestations dans plusieurs villes malgré l’assouplissement du décret sur les frais d’inscription
    Par La rédaction Publié le : 14/05/2026
    Bien que le ministre de l’Enseignement supérieur ait décidé d’atténuer le durcissement prévu à la rentrée concernant les droits d’inscription à l’université des étudiants non ressortissants de l’Union européenne, plusieurs centaines de personnes ont manifesté, mardi, contre cette mesure, à Paris et dans plusieurs villes de France.
    Le ministre français de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a décidé d’atténuer le durcissement prévu à la rentrée concernant les droits d’inscription des étudiants non ressortissants de l’Union européenne (UE), en relevant le plafond d’exonération accordé aux universités, a annoncé mardi 12 mai le ministère.Malgré cette annonce, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées, le même jour, à Paris et dans plusieurs villes de France, contre l’augmentation qu’ils jugent injuste des frais d’inscription à l’université pour la majorité des étudiants étrangers extracommunautaires.
    À Paris, environ 500 étudiants, enseignants, personnels administratifs des universités et représentants syndicaux (Snesup-FSU, Unsa Sup-Recherhe, Unef, Fage, Union étudiante...) ont défilé, sans incident, dans le quartier Latin contre la mesure qui concernerait 100 000 étudiants. Parmi les pancartes, on pouvait lire « non au tri social », « xénophobie c’est non » ou encore « même fac, même droits »."La France va perdre beaucoup d’étudiants, elle ne sera plus attractive", prédit Boussad, 26 ans, étudiant algérien en master 1 en physiopathologie à Paris, interrogé par l’AFP, qui envisage de trouver un apprentissage dans une école privée à la rentrée, pour ne pas avoir à payer.
    Kanouté, étudiant malien de 19 ans, raconte, lui, être arrivé en France en septembre en licence 1 de droit avec 5 000 euros, et travailler 15 heures par semaine dans une grande surface. « On est venu pour étudier, pas pour profiter du système », souligne-t-il, critiquant une « politique discriminatoire ».
    Dans le cadre d’un nouveau plan baptisé « Choose France For Higher Education », le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste avait annoncé le 20 avril vouloir faire appliquer strictement les droits d’inscription différenciés pour les étudiants extracommunautaires dans les universités françaises, instaurés en 2019 mais jusqu’ici peu effectifs.Le gouvernement défend une logique de rééquilibrage financier, et soutient que l’augmentation des frais renforcerait la valeur perçue des diplômes français et attirerait des profils jugés à fort potentiel ou disposant de ressources suffisantes, dans une logique proche de certains pays anglo-saxons.Dans sa nouvelle version, examinée mardi par un organe consultatif présidé par le ministre et réunissant des représentants des personnels, des étudiants et des établissements, ce projet de décret autorise désormais les universités à exonérer jusqu’à 20 % de leurs étudiants extracommunautaires des droits d’inscription.
    Concrètement, la majorité des étudiants non ressortissants de l’Union européenne seront donc appelés à la rentrée à s’acquitter de droits d’inscription fixés à 2 895 euros par an en licence, contre 178 euros aujourd’hui, et 3 941 euros en master, contre 254 euros. « Ces droits (...) correspondent à moins d’un tiers du coût réel de la formation, ce qui veut dire que derrière, il reste 8 000 euros qui sont aujourd’hui payés par la communauté nationale », a redit mardi devant les députés Philippe Baptiste.
    Un premier projet de décret examiné la semaine dernière par le Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (Cneser) prévoyait d’autoriser les universités à exonérer seulement 10 % de leurs étudiants extracommunautaires de ces frais d’inscription différenciés. La séance avait été boycottée par une large partie de ses membres.
    Une nouvelle mouture présentée mardi relève donc ce plafond à 20 % des effectifs d’étudiants hors Union européenne. Cette évolution passera par deux paliers transitoires : un plafond à 30 % dès la prochaine rentrée, puis 25 % en 2027. Une intersyndicale appelle à manifester à nouveau le mardi 26 mai partout en France pour obtenir le retrait du texte

    #covid-19#migrant#migration#france#etudiant#choosefrance#cneser#droit#sante#immigration#politiquemigratoire

  • RN, nostalgie coloniale et réseaux d’extrême droite : enquête sur les racines idéologiques et financières de la réaction en France
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article4881

    Comment la nostalgie coloniale continue-t-elle d’alimenter l’extrême droite française ? Enquête sur les liens entre mémoire de l’Algérie française, réseaux idéologiques internationaux, empire médiatique et affaires judiciaires qui entourent le RN. Un décryptage des forces politiques, économiques et culturelles qui participent à la normalisation de la réaction identitaire en France. Politique, France, francophonie, Algérie, Maroc, Tunisie, Afrique, monde arabe, vie politique, nation, nationale,

    / #France_justice_politique_scandale_PS_PCF, #beurs,_discrimination,_racisme,_intégration, Maghreb, Algérie, Tunisie, Maroc, Libye, Africa, population, société , #immigration,_High-Tech,_recrutement,_Web,_Internet

    #Politique,France,_francophonie,_Algérie,_Maroc,_Tunisie,_Afrique,_monde_arabe,_vie_politique,_nation,_nationale, #Maghreb,_Algérie,_Tunisie,_Maroc,_Libye,_Africa,_population,_société

  • #Taranto, il razzismo che non possiamo più raccontare come eccezione
    https://www.meltingpot.org/2026/05/taranto-il-razzismo-che-non-possiamo-piu-raccontare-come-eccezione

    Provo dolore, rabbia, angoscia per l’omicidio di Sako Bakari. La violenza – da Gaza in su e in giù – è certo un fatto iperpresente nel nostro tempo. Eppure, quando tocca terra e prende forma in luoghi familiari, diventa più difficile da contenere. Qual è lo spazio per la politica? Quale delle parole? Non so, ma forse conviene provarci. Taranto è una città razzista? Certo. Il razzismo non è un residuo del passato, un “retaggio culturale” destinato a scomparire con il “progresso”. È un elemento strutturale del presente. Organizza gerarchie, distribuisce in modo diseguale risorse, diritti e possibilità, orienta le

    #Approfondimenti #Francesco_Ferri #Italia #Puglia #Razzismo_e_discriminazioni

  • Espace Schengen : comment l’exception des contrôles aux frontières intérieures est devenue la norme - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71288/espace-schengen--comment-lexception-des-controles-aux-frontieres-inter

    Espace Schengen : comment l’exception des contrôles aux frontières intérieures est devenue la norme
    Par RFI Publié le : 08/05/2026
    Paris a de nouveau prolongé jusqu’au 31 octobre 2026 les contrôles à ses frontières intérieures. Une dérogation autorisée en cas de menace grave, mais censée rester exceptionnelle et limitée dans le temps. Depuis 2015, la France y a pourtant recours de manière continue, et elle est loin d’être la seule, au risque de fragiliser l’un des acquis les plus concrets de l’Union européenne.
    Pouvoir passer de la France à l’Italie, à l’Espagne, à l’Allemagne ou à la Belgique sans présenter son passeport à un poste-frontière ou dans un aéroport. "Toute personne, quelle que soit sa nationalité, peut voyager entre les pays Schengen sans être soumise à des contrôles aux frontières", rappelle le site officiel de l’Union européenne (UE). C’est l’une des promesses les plus concrètes de l’UE : une fois entré légalement dans l’espace Schengen, qu’on soit citoyen européen, résident étranger ou simple touriste, on peut circuler d’un État membre à l’autre sans être soumis à des contrôles aux frontières intérieures.
    Paris vient pourtant de renouveler la "réintroduction temporaire" des contrôles à ses frontières intérieures pour six mois, jusqu’au 31 octobre 2026, selon la notification transmise à la Commission européenne. Rien n’interdit cela sur le papier. "Dès le début de la construction de l’espace Schengen, qui prévoit la fin des contrôles aux frontières intérieures, il est aussi prévu que les États puissent [les] contrôler de façon temporaire et ponctuelle" en cas de menace grave pour l’ordre public ou la sécurité intérieure, rappelle la juriste Tania Racho, chercheuse associée à l’université Paris-Saclay et membre du collectif Désinfox-Migrations, au micro d’Amélie Beaucour.
    Paris invoque ici des "menaces graves et persistantes" pesant sur l’ordre public et la sécurité intérieure : menace jihadiste, recrudescence des agressions antisémites, réseaux criminels facilitant la migration irrégulière, tensions dans le Pas-de-Calais, dégradation du contexte sécuritaire mondial de l’Iran au Moyen-Orient, en passant par l’Afghanistan, la Somalie et la guerre en Ukraine, ou encore tenue du G7 à Évian. Une dérogation qui doit pourtant rester exceptionnelle et strictement encadrée dans le temps. Le rétablissement des contrôles peut intervenir pour une durée de six mois, renouvelable jusqu’à deux ans maximum. Depuis la réforme du Code frontières Schengen de 2024, cette durée peut atteindre trois ans dans des circonstances exceptionnelles majeures.
    En théorie, donc, une reconduction continue sur plus de dix ans contrevient au cadre fixé par le droit européen. En France, le dispositif est pourtant reconduit tous les six mois, sans interruption, depuis les attentats de novembre 2015. C’est précisément ce que dénonce l’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé), qui regroupe plusieurs organisations. Dans son communiqué du 23 avril, elle juge cette nouvelle prolongation "manifestement contraire au droit de l’Union européenne" et dénonce une succession de renouvellements qui fait du principe de liberté de circulation au sein de l’espace Schengen "un souvenir lointain".
    Du côté du Conseil d’État, pour l’heure, il n’y a pas de débat. Dans une décision du 7 mars 2025, la juridiction administrative avait rejeté le recours de plusieurs associations et jugé le rétablissement conforme au règlement européen. Elle estimait que la décision prise par le gouvernement en octobre 2024 relevait du nouveau Code frontières Schengen, entré en vigueur la même année, et devait donc être regardée comme une première réintroduction des contrôles, non comme la prolongation de celles prises depuis 2015. Autrement dit, le compteur juridique repartait à zéro.
    Mais Paris n’est pas seule. La Commission européenne recense actuellement onze autres États de l’espace Schengen ayant rétabli des contrôles à leurs frontières intérieures. L’Allemagne invoque notamment l’immigration irrégulière et les réseaux de passeurs ; la Pologne, la pression migratoire à ses frontières avec l’Allemagne et la Lituanie ; le Danemark et la Norvège, des risques de sabotage liés à la Russie ; la Suède, la criminalité transfrontalière organisée et les menaces islamistes. Et dans certains pays comme l’Allemagne, l’Autriche ou le Danemark, l’exception s’est là aussi installée dans la durée.
    "De 2006 à 2014, on avait eu 36 notifications de rétablissement des contrôles aux frontières intérieures en huit ans. Aujourd’hui, on est à plusieurs centaines", note Yves Pascouau, directeur général adjoint de Forum réfugiés. Autrement dit, l’outil s’est banalisé. Pour lui, c’est la logique même de Schengen qui s’est inversée. "La liberté est le principe et la restriction de la liberté, l’exception", rappelle-t-il, estimant que cette base a été "totalement pervertie à partir de 2015", sous l’effet conjugué des attentats et de la crise migratoire.
    Pour Yves Pascouau, également docteur en droit européen, cela pose la question du contrôle exercé par Bruxelles sur la répétition de ces mesures censées être exceptionnelles. La Commission européenne peut émettre un avis sur la nécessité et la proportionnalité des mesures, mais elle ne peut pas opposer son veto à la décision d’un État. Pour Yves Pascouau, Bruxelles fait preuve d’une grande prudence sur ce dossier. "La Commission fait la politique de l’autruche parce que c’est un sujet extrêmement sensible", commente-t-il. La Cour de justice de l’Union européenne a déjà rappelé que les contrôles aux frontières intérieures ne peuvent être prolongés que face à une nouvelle menace. Mais dans les faits, les États arguent régulièrement d’informations nouvelles ou d’un contexte sécuritaire évolutif pour justifier de nouvelles notifications.
    Les motifs migratoires occupent désormais une place croissante dans les notifications des États : migration irrégulière, réseaux de passeurs, pression sur les systèmes d’asile... La réforme de 2024 intègre aussi la question de l’« instrumentalisation » des flux migratoires, lorsque des déplacements de personnes sont utilisés comme moyen de pression politique"La frontière entre l’objectif des contrôles et leur réalité peut parfois apparaître difficile à tracer", estime Yves Pascouau, qui pointe que dans les faits, les contrôles ne sont pas rétablis sur toutes les frontières du pays, mais seulement sur certaines. À la frontière franco-italienne, par exemple, souligne-t-il, les contrôles répondent davantage à un objectif migratoire qu’à un objectif strictement sécuritaire.
    Concrètement, en notifiant la réintroduction des contrôles, "cela permet de contrôler toutes les personnes, par exemple, qui seraient dans un train arrivant depuis l’Italie vers la France, et dont le seul motif serait le franchissement de la frontière entre l’Italie et la France", relève Tania Racho. Selon l’Anafé, qui regroupe plusieurs organisations, cette pratique engendre des atteintes aux droits des personnes exilées : contrôles au faciès, difficultés d’accès au droit d’asile, refoulements ou enfermements illégaux. "Quotidiennement, à Menton, Montgenèvre, Hendaye, Modane et Cerbère, ou encore dans les aéroports, les forces de l’ordre françaises contrôlent l’identité des personnes entrant sur le territoire", affirme l’Anafé dans un communiqué de décembre 2025, qui dénonce des contrôles ciblant « les personnes perçues comme migrantes ».
    Même si, pour la majorité des voyageurs, les frontières intérieures restent pour l’heure souvent invisibles, "l’esprit de Schengen s’est considérablement affaibli", regrette Yves Pascouau. Pour lui, ces rétablissements ont aussi une forte portée politique. "À ma connaissance, on n’a jamais arrêté de terroriste dans ce cadre", relève-t-il, tout en soulignant que leur efficacité sur le plan migratoire n’est pas davantage démontrée. Le risque, selon lui, est surtout le message envoyé aux citoyens : l’idée que "c’est derrière la frontière nationale qu’on est le mieux protégé". Une logique qu’il juge trompeuse, alors que la sécurité de l’espace Schengen repose aussi sur la coopération entre États et sur des contrôles renforcés aux frontières extérieures de l’Union. Selon l’agence européenne Frontex, les arrivées clandestines dans l’UE sont en baisse ces dernières années. Le danger dépasse la seule question des frontières pour Yves Pascouau, car lorsque ces entorses aux règles communes ne sont "ni soulevées ni sanctionnées", elles peuvent ouvrir la voie à d’autres.

    #Covid-19#migration#migrant#UE#france#schengen#librecirculation#droit#sante#frontiere

  • « L’immigration renforce l’incitation à la formation et l’arrêt de l’immigration réduit cette incitation »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/05/13/l-immigration-renforce-l-incitation-a-la-formation-et-l-arret-de-l-immigrati

    « L’immigration renforce l’incitation à la formation et l’arrêt de l’immigration réduit cette incitation »
    Chronique de Pierre-Cyrille Hautcœur
    Directeur d’études à l’EHESS (Ecole d’économie de Paris)
    Les récents propos de François Ruffin qui s’est déclaré « hostile à l’immigration pour le travail » provoquent des débats justifiés sur un terrain trop souvent réservé à l’idéologie. Choisir des politiques appropriées demande, de fait, de prendre en compte un grand nombre d’effets indirects, et de penser à long terme. Quoi de mieux que d’observer le cas de la restriction de l’immigration la plus importante de l’histoire : celle des Etats-Unis dans les années 1920 ? Après des afflux importants d’immigrés à partir des années 1880, le pays a établi des barrières à l’encontre des Asiatiques, juste avant la première guerre mondiale, et en 1920, a imposé des quotas sévères aux Européens.
    Une étude américaine d’octobre 2025, « Immigration Restrictions and Natives’ Intergenerational Mobility : Evidence from the 1920s US Quotas » (« restrictions en matière d’immigration et mobilité intergénérationnelle des autochtones : les enseignements tirés des quotas des années 1920 »), apporte une analyse quantitative détaillée de cet épisode. James Feigenbaum, Yi-Ju Hung, Marco Tabellini et Monia Tomasella y exploitent la numérisation complète des recensements états-uniens. Ils analysent l’impact à long terme de ces quotas sur le devenir des différentes catégories sociales et professions. Grâce à ces données, ils peuvent distinguer les zones géographiques directement affectées par l’immigration et éviter de confondre l’effet des quotas avec d’autres évolutions. Ils montrent ainsi que l’impact varie considérablement selon les groupes sociaux et professionnels.
    Globalement, les Noirs pauvres, qui sont les plus directement concurrencés par les immigrés peu qualifiés, ne bénéficient pas significativement de la baisse de cette concurrence. En ce qui concerne les autres catégories sociales, elles voient leur situation se détériorer : une partie se retrouve à remplir des emplois peu qualifiés qui étaient occupés par les migrants, alors qu’auparavant elles bénéficiaient d’une complémentarité de leurs qualifications avec cette population récemment arrivée. C’est particulièrement observable pour tous ceux qui n’ont pas pu ou voulu se déplacer vers les régions les plus dynamiques : leurs salaires en 1940 ont pris un retard important par rapport aux plus mobiles.
    Cette complémentarité entre immigrés et natifs peut se comprendre de la manière suivante : il est d’autant plus intéressant de se spécialiser dans des tâches plus complexes, dès lors qu’il y a des gens – par exemple ceux qui ne parlent pas anglais – qui ne peuvent pas y prétendre, mais qui peuvent occuper des tâches plus simples. L’immigration renforce l’incitation à la formation, et a contrario l’arrêt de l’immigration réduit cette incitation.
    Les auteurs montrent ainsi que les travailleurs natifs des régions les plus affectées par les quotas se forment plutôt moins après les années 1920. Et cela explique près de la moitié de la réduction de leurs perspectives de carrière et de salaire. Pourtant, parmi les natifs, tous ne sont pas logés à la même enseigne : les personnes issues des catégories sociales supérieures échappent à cette détérioration : plus mobiles, mieux protégées par des réseaux de sociabilité permettant des reconversions, elles augmentent leur avantage par rapport aux classes moyennes.
    Ce cas doit nous faire réfléchir sur les mécanismes qui rendent l’immigration profitable pour les Français d’aujourd’hui : il n’est pas nécessaire de faire venir des gens plus qualifiés, mais plutôt ceux qui sont indispensables pour accomplir les tâches qui demandent beaucoup de travail, par exemple dans le soin et la santé. Cela serait même utile de les intégrer pleinement au marché du travail en les régularisant, comme en Espagne. En même temps, il faut encourager l’investissement, la recherche et la formation pour créer de nouveaux emplois qualifiés et faciliter la mobilité sociale et professionnelle. C’est l’absence de telles perspectives qui crée la frustration des catégories sociales qui se croient menacées par l’immigration. Et le repli sur soi n’améliorera pas leur situation.

    #Covid-19#migration#migrant#france#immigration#economie#sante#integration#naturalisation

  • C’est tout de même curieux : lorsque quelqu’un plaisante sur celles ou ceux qui soutiennent un état génocidaire, de belles âmes prétendent qu’il « dérape » ...

    Les propos de Pierre-Emmanuel Barré sur Gabriel Attal et Sophia Aram soulèvent un tollé
    https://www.20minutes.fr/arts-stars/medias/4223122-20260512-propos-pierre-emmanuel-barre-gabriel-attal-sophia-aram-so

    https://www.youtube.com/watch?v=PuD73p5Mmvk

    #Eurovision #France_génocide

  • Un hydrologue coincé dans l’horreur à Gaza, abandonné par la France
    https://reporterre.net/Ashraf-Mushtaha-un-hydrologue-coince-dans-l-horreur-a-Gaza-abandonne-par

    Ashraf Mushtaha est un hydrogéologue palestinien. Il dirige un département du service public de gestion de l’eau potable et de ses infrastructures pour l’ensemble de la bande de Gaza. Il mène également des recherches sur l’inquiétante salinisation croissante de l’eau des Gazaouis (la baisse des nappes phréatiques entraînant une remontée souterraine d’eau de mer). Tout cela a été brutalement anéanti par la guerre génocidaire menée par Israël dans l’enclave palestinienne, en réponse aux attaques du Hamas du 7 octobre 2023.

    « Cynisme glaçant » de la France

    Il y a quelques mois encore, son seul espoir de quitter l’horreur, c’était la France. La candidature du chercheur avait été retenue par le comité de direction du programme Pause. Ce dispositif permet à des scientifiques et artistes en danger dans leur pays de venir travailler en France, le financement étant assuré conjointement par l’État et par l’établissement d’accueil.

    Mais presque au même moment, le 22 janvier, le gouvernement français a décidé de « suspendre » les Gazaouis du programme. Au motif qu’il « paraît difficile, voire impossible, de procéder à ces évacuations et [qu’il] serait déplacé de donner l’espoir à ces lauréats que nous pourrons les accueillir en France quand, en réalité, le passage leur est barré », a justifié Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères.

    #France_génocide

  • #Press_review April 2026
    https://migreurop.org/article3589.html

    Tunisia Business News, Taking the streets to break the silence: citizen mobilisation against racism in Tunis, 11 April 2026 Following a citizens’ petition launched on 7 April and shared on social media, a solidarity march against racism took place in Tunis on Saturday 11 April. Slogans were chanted to denounce racist online discourse, discriminatory remarks by certain Tunisian MPs, and the crackdown on migrants and human rights defenders in #Tunisia. Racism against migrants from (…) Press review

    / #Afghanistan, Tunisia, #Belgium, #Algeria, #Greece, #Italy, #Albania, #Pays-Bas, #Pologne, #Royaume-Uni, #France, #Union_Européenne, #Asile, #Detention, #Externalisation, #Frontex, #Militarisation_of_borders, #Pays_sûrs, Migration policies , #Racisme, #règlement_retour, #Forced_returns, (…)

    #Migration_policies_ #Revolts_and_mobilisations #Monitoring_and_control_
    https://businessnews.com.tn/2026/04/11/la-rue-pour-briser-le-silence-mobilisation-citoyenne-contre-le-racisme-a-tunis/1396088/#https://businessnews.com.tn/2026/04/11/la-rue-pour-briser-le-silence-mobilisation-citoyenne-contre-le-racisme-a-tunis/1396088
    https://tunisiansolidarity.org/en/racisme/#https://tunisiansolidarity.org/en/racisme/#
    https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/pt/ip_23_3887#https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/pt/ip_23_3887
    https://www.lebrief.ma/tribunal-permanent-des-peuples-les-etats-du-maghreb-et-lunion-europeenne-responsables-de-violations-systematiques-des-droits-des-migrants-100147142/#https://www.lebrief.ma/tribunal-permanent-des-peuples-les-etats-du-maghreb-et-lunion-europeenne-res
    https://permanentpeoplestribunal.org/wp-content/uploads/2025/11/TPP_Migrazione_Maghreb_Sentenza_FR_30-marzo-2026.pdf#https://permanentpeoplestribunal.org/wp-content/uploads/2025/11/TPP_Migrazione_Maghreb_Sentenza_FR_30-marzo-2026.pdf
    https://www.rtl.be/actu/belgique/politique/il-ne-peut-plus-sagir-dun-sujet-tabou-le-gouvernement-donne-son-feu-vert-une/2026-04-03/article/784710#https://www.rtl.be/actu/belgique/politique/il-ne-peut-plus-sagir-dun-sujet-tabou-le-gouvernement-donne-son-feu-vert-une/2026-04-03/article/784710
    https://www.infomigrants.net/fr/post/70707/la-belgique-conclut-un-accord-avec-lalgerie-pour-accelerer-les-expulsions-dalgeriens-en-situation-irreguliere#https://www.infomigrants.net/fr/post/70707/la-belgique-conclut-un-accord-avec-lalgerie-pour-accelerer-les-expulsi
    https://www.bbc.com/news/articles/c86vpq42dl0o#https://www.bbc.com/news/articles/c86vpq42dl0o
    https://www.ilpost.it/2026/04/23/cosa-sono-rimpatri-volontari-assistiti-patrocinio-gratuito-migranti-decreto-s
    https://www.ilpost.it/2026/04/24/governo-decreto-sicurezza-modifica-incentivi-rimpatri/#https://www.ilpost.it/2026/04/24/governo-decreto-sicurezza-modifica-incentivi-rimpatri
    https://www.politico.eu/article/italy-migrant-detention-hubs-albania-not-against-eu-law-says-top-eu-court-adviser/#https://www.politico.eu/article/italy-migrant-detention-hubs-albania-not-against-eu-law-says-top-eu-court-a
    https://www.dutchnews.nl/2026/04/senate-rejects-law-to-criminalise-living-in-nl-without-papers/#https://www.dutchnews.nl/2026/04/senate-rejects-law-to-criminalise-living-in-nl-without-papers
    https://www.infomigrants.net/fr/post/61881/les-paysbas-adoptent-le-double-statut-pour-les-demandeurs-dasile#https://www.infomigrants.net/fr/post/61881/les-paysbas-adoptent-le-double-statut-pour-les-demandeurs-dasile
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    https://www.gisti.org/IMG/pdf/accord_france-royaumeuni_2018.pdf#https://www.gisti.org/IMG/pdf/accord_france-royaumeuni_2018.pdf
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    https://www.amnesty.fr/wp-content/uploads/2025/06/aA83DvIqRLdaBqIx_RapportAnnuelAI2024-2025.pdf#https://www.amnesty.fr/wp-content/uploads/2025/06/aA83DvIqRLdaBqIx_RapportAnnuelAI2024-2025.pdf
    https://www.lighthousereports.com/investigation/we-were-slaves/#https://www.lighthousereports.com/investigation/we-were-slaves
    https://www.hrw.org/report/2022/04/07/their-faces-were-covered/greeces-use-migrants-police-auxiliaries-pushbacks#https://www.hrw.org/report/2022/04/07/their-faces-were-covered/greeces-use-migrants-police-auxiliaries-pushbacks
    https://www.associazionemagistrati.it/doc/5077/sicurezza-sconcerto-per-attacco-a-diritto-di-difesa.htm#https://www.associazionemagistrati.it/doc/5077/sicurezza-sconcerto-per-attacco-a-diritto-di-difesa.htm
    https://www.coe.int/fr/web/commissioner/-/italy-albania-agreement-adds-to-worrying-european-trend-towards-externalising-asylum-procedures#https://www.coe.int/fr/web/commissioner/-/italy-albania-agreement-adds-to-worrying-european-trend-towards-externalising-a
    https://stopdeasielwetten.nl/actueel/nieuws/strafbaarstelling-van-tafel#https://stopdeasielwetten.nl/actueel/nieuws/strafbaarstelling-van-tafel
    https://www.unodc.org/documents/data-and-analysis/glosom/GLOSOM_2018_web_small.pdf#https://www.unodc.org/documents/data-and-analysis/glosom/GLOSOM_2018_web_small.pdf
    https://www.infomigrants.net/fr/post/70665/traversees-de-la-manche--londres-et-paris-prolongent-de-deux-mois-seulement-leur-accord-pour-securiser-la-frontiere#https://www.infomigrants.net/fr/post/70665/traversees-de-la-manche--londres-et-paris-prolongent-de-deux-mois-seul
    https://www.theguardian.com/uk-news/2024/mar/23/uk-funding-french-migrants-small-boat-border-forces#https://www.theguardian.com/uk-news/2024/mar/23/uk-funding-french-migrants-small-boat-border-forces
    https://www.humansforrights.org/state-violence#https://www.humansforrights.org/state-violence
    https://www.infomigrants.net/fr/post/70616/le-renforcement-des-controles-policiers-rend-la-traversee-de-la-manche-plus-mortelle-selon-des-chercheurs#https://www.infomigrants.net/fr/post/70616/le-renforcement-des-controles-policiers-rend-la-traversee-de-la-manche
    https://euractiv.fr/news/migrations-la-commission-europeenne-annonce-que-des-discussions-avec-les-talibans-sur-les-retours-sont-en-cours/#https://euractiv.fr/news/migrations-la-commission-europeenne-annonce-que-des-discussions-avec-les-ta
    https://www.infomigrants.net/fr/post/70091/lallemagne-expulse-20-criminels-afghans-vers-kaboul#https://www.infomigrants.net/fr/post/70091/lallemagne-expulse-20-criminels-afghans-vers-kaboul
    https://www.consilium.europa.eu/fr/policies/afghanistan-eu-response/#https://www.consilium.europa.eu/fr/policies/afghanistan-eu-response

  • Comment Moscou resserre son étau sur l’Internet russe | Alternatives Economiques
    https://www.alternatives-economiques.fr/comment-moscou-resserre-letau-de-son-pouvoir-sur-linternet-russe/00118479

    Les coupures de connectivité répétées dans les grandes villes russes depuis mars témoignent d’une mainmise de plus en plus forte des autorités sur le Net. Et suscitent une sourde colère dans la population.

    Une femme utilise son téléphone portable près de la place Rouge de la capitale Moscou, en Russie, le 3 mai 2026. PHOTO : SEFA KARACAN / Anadolu via AFP
    Par Eva Moysan

    Les cartes routières se vendent comme des petits pains à Moscou. Dans la capitale russe et dans plusieurs villes du pays, des coupures massives du réseau internet depuis début mars forcent la population à s’adapter en revenant à des outils du siècle passé.

    Les coupures se poursuivront « aussi longtemps que nécessaire » pour assurer « la sécurité des citoyens » face aux « menaces ukrainiennes », a déclaré le Kremlin, sans plus d’explications. Quelques jours plus tôt, deux messageries populaires, Telegram et WhatsApp, avaient été bloquées. Cela déplaît à la population et la popularité de Vladimir Poutine a même baissé dans les enquêtes d’opinion.

    Francesca Musiani, directrice de recherche au CNRS, spécialiste de la sociologie de l’innovation, estime que « les tests de coupures, les blocages massifs et la mise en place d’un DNS [système de noms de domaine, NDLR] national montrent que la Russie progresse vers une capacité réelle de segmentation du réseau », c’est-à-dire à se déconnecter du réseau internet mondial.

    Cette ambition remonte à une quinzaine d’années. En 2010, le décret du 17 octobre sur l’utilisation des logiciels domestiques marque une première étape dans la volonté de contrôle technique d’Internet en Russie. Cette décision intervient après les mobilisations contre la réélection de Vladimir Poutine en 2011-2013, organisées et coordonnées en ligne.

    « L’analyse selon laquelle Internet est un outil aux mains des Etats-Unis qui s’en servent pour orchestrer des changements de régime à l’étranger, défendue par les services de renseignement, va prendre le dessus sur une lecture plus libérale », détaille Marie-Gabrielle Bertran, géographe, chercheuse au Centre interdisciplinaire sur les enjeux stratégiques (Ciens). Au cours des années 2010, les lois et les décrets de contrôle s’empilent.
    « Runet souverain »

    « Sur le plan législatif, un tournant majeur est la loi de 2019 sur le “Runet souverain” », explique Francesca Musiani. Le gouvernement justifie cette loi par la nécessité de se préparer au risque que la Russie soit déconnectée de l’Internet mondial en créant une infrastructure propre, entièrement contrôlée par l’Etat. En pratique, les fournisseurs d’accès à Internet ont dû installer un boîtier de surveillance (TSPU) permettant à l’Etat de tracer et filtrer le trafic, sous l’autorité du régulateur public Roskomnadzor.

    Les années suivantes, la répression s’est renforcée avec par exemple le blocage d’adresses IP et de sites, y compris ceux d’opposants politiques. Le pouvoir russe a également cartographié finement le réseau afin de contrôler les points entrants et sortants du territoire.

    « A cela s’ajoute une pression sur les acteurs privés, notamment les fournisseurs d’accès à Internet, en les obligeant à stocker localement des données, la promotion de plateformes nationales (VK, Yandex) 1 et la marginalisation des services étrangers », poursuit la sociologue.

    « Les petits opérateurs ont été rachetés par de plus gros, contrôlés par des oligarques proches du pouvoir », ajoute Marie-Gabrielle Bertran.
    Contrôle accru depuis 2022

    A partir de 2022, la guerre d’invasion menée contre l’Ukraine a accéléré la centralisation du contrôle. Les autorités russes ont ainsi bloqué ou ralenti les sites de nombreux médias, d’ONG, des réseaux sociaux et des messageries en ligne qui ne se conformaient pas aux lois de censure. C’est le cas de Twitter et de Facebook, de YouTube ou de Discord, parmi d’autres.

    En outre, « les sanctions et le retrait d’acteurs occidentaux ont paradoxalement facilité l’isolement numérique en poussant le développement de solutions locales », constate Francesca Musiani.
    La liberté sur Internet s’est fortement dégradée depuis 15 ans en Russie
    Note sur 100 de la liberté sur Internet en fonction des obstacles à l’accès, des contenus restreints et de la violation des droits des utilisateurs, 0 étant le moins libre et 100 le plus libre.
    Source : Freedom House

    Aujourd’hui, seuls les VPN et les données chiffrées échappent encore au contrôle des autorités. Mais la pression monte autour des VPN, qu’elles cherchent à interdire.

    « La trajectoire russe s’inscrit dans une tendance globale à la “territorialisation” d’Internet. Les régimes autoritaires (Russie, Chine, Iran) sont les plus avancés dans cette logique, combinant censure, surveillance et infrastructures nationales fermées, mais le phénomène dépasse ces seuls régimes », décrit la sociologue du CNRS.

    Seuls les VPN et les données chiffrées échappent encore au contrôle des autorités russes

    Les démocraties aussi instaurent des mesures de contrôle, au motif de lutter contre le terrorisme, le narcotrafic ou contre la pédocriminalité… Autant de raisons invoquées dans le passé par les autorités russes.

    La France pourrait-elle ainsi suivre la voie de la Russie ? « La difficulté dépend de la centralité des réseaux et du nombre d’opérateurs… Or, l’Hexagone est très centralisé et il existe peu d’opérateurs, ce ne serait donc pas compliqué à mettre en place », répond Marie-Gabrielle Bertran.

    Les résistances pourraient surtout être juridiques et politiques. Mais, pour cela, il est essentiel que les élus et les citoyens soient sensibilisés aux enjeux du respect de la vie privée numérique.
    Eva Moysan

    #Francesca_Musiani #Russie

  • Le jackpot du « .ai » : comment Anguilla, 15 000 habitants, est devenu le « gagnant inattendu du boom de l’IA » - RFI
    https://www.rfi.fr/fr/am%C3%A9riques/20260505-le-jackpot-du-ai-comment-anguilla-15-000-habitants-est-devenu-le-gagnan

    Niché à l’est des Caraïbes, l’État aux 15 000 habitants d’Anguilla bénéficie depuis quelques années du marché florissant de l’intelligence artificielle. L’attribution au petit pays, il y a plus de trente ans, du nom de domaine « .ai » permet chaque année au gouvernement de renflouer un peu plus ses caisses.

    Publié le : 05/05/2026 - 08:11Modifié le : 05/05/2026 - 08:12
    6 min Temps de lecture
    Anguilla, petit archipel des Caraïbes, s’enrichit discrètement depuis quelques années grâce à l’explosion de l’IA.
    Anguilla, petit archipel des Caraïbes, s’enrichit discrètement depuis quelques années grâce à l’explosion de l’IA. REUTERS - Ahmed Jadallah
    Par :
    Jean-Baptiste Breen
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    Les eaux azur et les plages de sable blanc d’Anguilla cachent un juteux marché. En 1995, le petit archipel des Caraïbes se dote de son propre nom de domaine. Alors autonome depuis à peine une décennie, le petit pays insulaire se taille une timide place dans le paysage numérique des États. Le Royaume-Uni a déposé son « .uk » en 1985, suivi l’année suivante par le « .fr » de la France. Anguilla adopte de son côté le « .ai ».

    Trente ans plus tard, cette décision en apparence anodine permet au gouvernement de générer près d’un quart de son revenu annuel. En cause : la place toujours plus importante de l’intelligence artificielle, propulsée par les mastodontes du secteur comme OpenAI ou Anthropic. Chaque mois, des centaines de nouveaux acteurs du secteur de l’IA lancent des projets pour lesquels l’identité numérique « .ai » est un prérequis non-négociable… dont Anguilla est le seul fournisseur.
    « Gagnant inattendu »

    Claude.ai ou Mistral.ai, les pages web des modèles conversationnels éponymes font en effet partie d’un vaste écosystème numérique en expansion constante. L’hégémonique « .com » reste de loin l’extension de domaine la plus répandue. Mais ces dernières années, « .ai » n’a cessé de prendre du galon, s’immisçant à la quatrième place des extensions les plus renseignées aux États-Unis en 2025, selon Go Daddy, entreprise spécialisée dans la gestion de noms de domaine.

    Depuis 2022, le nombre de sites référencés avec « .ai » aurait dépassé le million, estime Francesca Musiani, directrice de recherche au CNRS et docteure en socio-économie de l’innovation. Un chiffre corroboré par les données collectées par Domain Name Stat. Acquérir ce nom de domaine « fait partie d’une stratégie de marque et permet d’envoyer un signal clair : ‘‘on fait de l’IA’’ », souligne la chercheuse.

    Bénéficiaire miraculeux de cette hausse subite de la demande pour cette adresse, Anguilla détient un monopole total sur cette « espèce de ressource naturelle numérique », comme la qualifie Francesca Musiani. Quelques années auparavant, l’archipel de Tuvalu avait lui aussi tiré profit de son nom de domaine, « .tv », devenu incontournable pour bon nombre de services multimédias, comme France.tv ou encore le géant violet du streaming Twitch.

    Dans le sillage de Tuvalu, Anguilla est devenu « le super gagnant inattendu du boom de l’IA », résume Francesca Musiani. Les sommes tirées de la commercialisation du précieux suffixe représentent une importante manne financière pour l’État de moins de 15 000 habitants.
    Un quart des revenus du pays

    Voilà bientôt quatre ans que les revenus générés grâce à cet heureux hasard augmentent de manière significative. En 2021, le gouvernement faisait état de 19,9 millions de dollars des Caraïbes orientales (EC$) de revenus grâce à son nom de domaine. Selon les estimations de ce même rapport, les recettes devaient atteindre 30 millions EC$ en 2025, soit 9,5 millions d’euros.

    Le lancement de ChatGPT le 30 novembre 2022 bouleverse Internet et voit des milliers de modèles d’IA plus ou moins similaires naître de la frénésie qu’il a provoquée. Tant et si bien qu’Anguilla revoit à la hausse ses prévisions pour 2023 et anticipe 77 millions EC$ de revenus. Au final, sur cette seule année, la ressource dormante de l’archipel lui rapporte 87 millions EC$, soit 27,5 millions d’euros, selon un rapport du Fonds monétaire international (FMI).

    Cette somme représente « un peu plus de 20% de revenus totaux du gouvernement sur l’année », note le FMI. Conscient de la mine d’or qui s’offre à lui, l’État tente alors de faire fructifier cette activité naissante. Les prix des « .ai » augmentent et Anguilla confie cette nouvelle facette de son économie à Identity Digital, une entreprise spécialisée dans la gestion de registres de noms de domaine. Une professionnalisation du secteur dont l’objectif est clair : « capter plus de valeur et maximiser la rente », assure Francesca Musiani.

    Les noms de domaine sont achetés entre 100 et 150 dollars selon différentes estimations et doivent être renouvelées tous les ans, pour une somme sensiblement équivalente. « C’est un modèle très rentable, poursuit Francesca Musiani, chaque enregistrement de nom de domaine génère de l’argent et chaque renouvellement produit un revenu récurrent. D’autant qu’il n’y a pas d’infrastructures lourdes sur lesquelles l’État doit investir de son côté ».

    D’année en année, les chiffres continuent de grimper. Le gouvernement fait état de 104 millions EC$ de revenus en 2024, près d’un quart des revenus du pays d’après la BBC. L’exécutif envisage de faire tripler cette somme d’ici 2028. Elle deviendrait alors le premier secteur d’activité de l’archipel.
    Monopole sans risque ?

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    Anguilla reposait jusqu’alors quasi-exclusivement sur le tourisme pour soutenir son économie. Tributaire des conditions météorologiques peu clémentes d’une région fréquemment victime des tempêtes et ouragans tropicaux, l’État trouve dans la multiplication des sites « .ai » une opportunité bienvenue de diversifier ses sources de revenus. Ces nouveaux capitaux sont réinvestis dans les services publics et les infrastructures, notamment la construction d’un nouvel aéroport.

    Cette aubaine invite pourtant le petit pays à la prudence. Dans son plan fiscal pour la période 2026-2028, le ministère des Finances d’Anguilla remarque qu’à moyen terme, « les revenus provenant de l’enregistrement des noms de domaine .ai devraient représenter environ 45 % des recettes publiques totales ». Une position risquée.

    Elle ouvre en effet l’économie de l’archipel aux potentielles conséquences d’une « sous-performance des revenus liés aux noms de domaine .ai », développe le ministère. Une dépendance dont l’ampleur a de quoi inquiéter, tant elle semble soumise à des facteurs extérieurs à l’action gouvernementale.

    Au-delà de l’instabilité du marché de l’IA, les noms de domaine en eux-mêmes « dépendent d’acteurs internationaux et d’infrastructures techniques externes à l’État », constate Francesca Musiani. « Des changements de règles du système de nom de domaine (DNS), des pressions géopolitiques, des évolutions importantes des standards du web » sont autant de leviers hors du contrôle d’Anguilla, conclut l’universitaire.

    Visiblement conscient de cette situation, le ministère « souligne l’importance d’un suivi actif, d’une planification budgétaire prudente et d’efforts visant à diversifier et à renforcer d’autres sources de revenus afin de réduire ce risque au fil du temps ». Le rapprochement du pays avec le gestionnaire Identity Digital semble s’inscrire dans cette volonté d’encadrer plus efficacement un secteur qui était sous la responsabilité d’un unique employé jusqu’en 2024.

    #Francesca_Musiani #Intelligence_articifielle #Noms_domaine

  • Élisée Reclus (1830-1905), géographe, rebelle et libertaire | France Culture
    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-nuits-de-france-culture/elisee-reclus-1830-1905-geographe-rebelle-et-libertaire-4540630

    Géographe, rebelle, libertaire, communard, voyageur... Voici Élisée Reclus, à qui l’émission « Une vie, une œuvre » est consacrée en 1997. Mais Élisée Reclus est aussi un visionnaire dont les idées sur la société et l’écologie restent pertinentes, près d’un siècle après sa mort.

    • Élisée Reclus. Un géographe anarchiste contre l’antisémitisme
      https://librairie-quilombo.org/elisee-reclus-10851

      Comment peut-on entendre sur #France_Culture, concernant Élisée Reclus et l’antisémitisme : « Mais c’est un homme du XIXe siècle, et la gauche, anarchiste ou pas anarchiste, marxiste, a toujours été un peu antisémite. » Et ce, sans aucune justification. Voici une réponse à cette assertion. Avec les contributions de Christophe Brun, Nicolas Eprendre, Federico Ferretti et Philippe Pelletier.

      https://www.academia.edu/145505782/Christophe_Brun_Nicolas_Eprendre_Federico_Ferretti_Philippe_Pelletier_2025

      La guerre sans fin qui meurtrit la terre de Palestine exacerbe la sensibilité aux atrocités qui s’y déroulent et somme chacun de choisir un camp. Toute critique trop appuyée de la politique israélienne risque de se voir apposer le sceau d’infamie de l’antisémitisme. Dans ce contexte, qualifier d’« antisémite » un auteur, même s’il est mort depuis plus d’un siècle, ne peut se faire à la légère. Tout particulièrement quand il s’agit d’Élisée Reclus (1830-1905), géographe et anarchiste qui s’est opposé sa vie durant à toute forme de haine raciale, de domination d’une population sur une autre. Un homme qui n’a pas cessé de décrire généreusement les peuples qui vivent ou ont vécu sur notre planète. Refusant d’établir la moindre hiérarchie entre les civilisations, il s’est attaché à décrire des sociétés qui évoluent avec leur milieu, notant que les plus « primitives » ne sont pas les moins riches sur cette Terre « où il serait si bon de vivre en frères ». N’est-ce pas lui qui écrit que « si l’Inquisition tortura et brûla ceux qui se permettaient de penser librement, que de paysans sincères et bons, que d’enfants de la nature restèrent en dehors de ses atteintes, gardant en la sincérité de leur âme naïve une franche indépendance » ? L’accusation d’antisémitisme est d’autant plus incongrue que des anarchistes célèbres se réfèrent explicitement à Élisée Reclus et à ses textes pour étayer le combat anarchiste contre l’antisémitisme. C’est notamment le cas de Vsevolod Mikhaïlovitch Eichenbaum alias Voline (1882-1945), qui, né dans une famille d’intellectuels juifs de Voronej au sud de la Moscovie, rédige l’article « Antisémitisme » pour l’Encyclopédie anarchiste (1934) pilotée par Sébastien Faure (1858-1942) .

      #Élisée_Reclus

  • Projet de loi de programmation militaire : la séparation des pouvoirs et les libertés publiques menacées

    Le Syndicat de la Magistrature SM), la LDH (Ligue des droits de l’Homme), Alternatiba, ANV Cop-21, la Fédération syndicale unitaire (FSU), France nature environnement (FNE), Greenpeace, le Syndicat des avocats de France (Saf), la CGT et Solidaires dénoncent la création d’un « état d’alerte à la sécurité nationale » dans le cadre du Projet de loi de programmation militaire.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/05/08/projet-de-loi-de-programmation-militaire-la-se

    #france

  • Chez GRDF, Enedis et RTE, les syndicats mobilisés contre la chasse aux salariées portant un voile | StreetPress
    https://www.streetpress.com/1777563656-grdf-enedis-rte-entreprise-gaz-energie-syndicats-cgt-mobilis

    Avertissements, menace de licenciement… Depuis six mois, les entreprises de l’énergie et du gaz instaurent des clauses de neutralité. Parmi les femmes ciblées, l’élue CGT à GRDF Nadia Kabassine, figure syndicale soutenue par ses camarades.

    Le 15 janvier 2026, Nadia Kabassine se rend au siège de GRDF , à Saint-Denis (93). Elle doit rencontrer Pierre-Guy Martin, son nouveau directeur des ressources humaines ( DRH ), pour discuter des conditions de son détachement syndical. Son site du Kremlin-Bicêtre (94) vient de changer de direction pour être rattaché non plus à l’Île-de-France, mais aux fonctions centrales. Cette élue CGT , salariée du gaz depuis 15 ans, a l’habitude de ces échanges formels avec les dirigeants du groupe. Sauf que cette fois, à la fin de l’entretien, le DRH entouré de deux membres de la direction lui lance :

    « Je vois que vous avez un voile religieux, donc vous ne respectez pas le règlement intérieur. Aujourd’hui je tolère mais dorénavant, il faudra venir sans. »

    #discrimination #islamophobie #lois_séparatisme #France_racelarde

    Je ne savais plus trop si GRDF et Enedis avaient à remplir des « missions de services publics » ...

  • France : les députés approuvent l’allongement de la rétention à sept mois pour les étrangers jugés « dangereux » - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71239/france--les-deputes-approuvent-lallongement-de-la-retention-a-sept-moi

    France : les députés approuvent l’allongement de la rétention à sept mois pour les étrangers jugés « dangereux »
    Par La rédaction Publié le : 06/05/2026
    Adoptée par l’Assemblée nationale, mardi, cette proposition de loi permet d’enfermer en centre de rétention administrative (CRA) des étrangers jugés « dangereux » pour une durée de 7 mois (210 jours). Le texte doit encore passé devant le Sénat fin mai.
    De 180 à 210 jours. Les députés français ont adopté mardi 5 mai, un texte visant à allonger la durée maximale de rétention administrative pour des étrangers en situation irrégulière et jugés « dangereux ». La proposition de loi, portée par Charles Rodwell (Renaissance, parti présidentiel) et soutenue par le gouvernement, a été validée par 345 députés allant du centre au Rassemblement national (extrême droite), contre 177 députés à gauche.
    Que contient-elle ? Cette loi permet d’enfermer en centre de rétention administrative (CRA) des étrangers pour une durée de sept mois, si les personnes visées cumulent trois critères :
    L’étranger doit faire l’objet d’une mesure d’éloignement du territoire (OQTF). Il doit avoir été condamné par le passé à au moins trois ans de prison pour des atteintes aux personnes. Il représente une menace « réelle, actuelle et d’une particulière gravité » pour l’ordre public.
    Actuellement, la durée maximum de rétention est de 90 jours, ou 180 jours pour ceux condamnés pour terrorisme. Pour cette dernière catégorie, le texte porte aussi ce seuil à 210 jours. Cette proposition de loi doit maintenant être examinée par le Sénat fin mai.
    L’été dernier, une disposition d’allongement similaire avait été censurée par le Conseil constitutionnel, qui l’avait jugée disproportionnée. Ce qui a poussé des élus à la présenter de nouveau, avec une formulation plus restrictive tenant compte des observations des Sages. Elle ne concernera « que quelques dizaines de personnes par an », selon le député Charles Rodwell.Cet allongement à 210 jours a surtout été vivement soutenu et poussé par l’ancien ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, après le meurtre en 2024 de l’étudiante Philippine, alors que le suspect, un Marocain, sous Obligation de quitter le territoire français (OQTF) venait de sortir de rétention.
    « [La victime] habitait ma circonscription et il y a un an et demi, j’ai pris un engagement auprès de sa famille » de porter un texte « transpartisan » trouvant « un juste équilibre entre la protection des libertés publiques et le renforcement de la sécurité des Français », a déclaré Charles Rodwell, élu des Yvelines.Pour rappel, les étrangers en situation irrégulière peuvent être enfermés dans un centre de rétention administrative (CRA) en vue de leur expulsion - s’il existe un risque qu’ils s’y soustraient. En effet, selon le droit français - et européen - l’enfermement d’un étranger en CRA est une mesure qui ne doit être utilisée qu’en dernier recours, « dans les cas où l’administration n’a pas d’autres moyens moins attentatoires aux libertés pour réaliser l’expulsion », rappelle La Cimade, association de défense de droits des étrangers.
    Être en situation irrégulière est une irrégularité administrative, et pas un délit, selon le droit français.Les réactions ont été nombreuses. « C’est une loi de communication », qui valide « le principe de la prison sans le procès », a fustigé la socialiste Céline Hervieu. Pour l’écologiste Stella Dupont, cette mesure « ne permettra pas davantage d’expulsions », écrit-elle sur X. « Le plus souvent, les blocages viennent du refus du pays d’origine de reconnaître son ressortissant. Et sans cette reconnaissance, aucune expulsion n’est possible. La priorité est donc de renforcer la négociation et la diplomatie avec ces pays, pas de maintenir enfermées ces personnes ad vitam aeternam. »
    Le texte s’attaque aussi plus particulièrement à la menace terroriste. Il porte la création d’une « injonction d’examen psychiatrique » à la main du préfet, pour forcer certaines personnes à s’y soumettre.
    Elles devront avoir montré une adhésion à « des théories incitant ou faisant l’apologie d’actes de terrorisme », et avoir eu des « agissements susceptibles d’être (...) liés à des troubles mentaux ». Après cet examen, le préfet pourra prononcer une hospitalisation forcée.
    Cela permettra d’intervenir « avant le passage à l’acte », s’est félicité Eric Martineau (MoDem, centre). La députée écologiste Léa Balage El Mariky a, au contraire, dénoncé une « dérive majeure » transformant « les psychiatres en agents de sécurité intérieure » et « le soin en contrôle ».La proposition de loi prévoit également la création d’une « rétention de sûreté terroriste », permettant de placer sous certaines conditions des étrangers dans un centre de soins après une peine de prison, comme pour certains autres crimes.
    Des mesures « très concrètes » que Charles Rodwell espère voir adoptées définitivement avant la fin des travaux parlementaires cet été. Plus de 16 000 personnes ont été retenues dans des CRA en 2024, selon la Cimade. Ce nombre grimpe à 40 000 si l’on inclut les étrangers enfermés en CRA à Mayotte (22 300 en 2024) et dans les Outre-mer (Guadeloupe, Réunion, Guyane…).

    #Covid-19#migration#migrant#france#CRA#sante#droit#santementale#politiquemigratoire

  • Une première en Bretagne : une famille expulsée de son logement social car le fils aîné est un trafiquant de drogue
    https://www.letelegramme.fr/ille-et-vilaine/rennes-35000/une-premiere-en-bretagne-une-famille-expulsee-de-son-logement-social-ca

    C’est une première en Bretagne. Ce mardi 5 mai, la justice a validé l’expulsion d’une mère de famille et de ses trois enfants de leur HLM de la place de Monténégro à Rennes. En cause : les activités de deal du fils aîné. Une application stricte de la « loi narcotrafic » de 2025.

    La famille, à coup sûr, va avoir une bonne raison de ne pas chercher de revenus supplémentaires pour se loger.

  • Manche : les traversées irrégulières continuent malgré le nouvel accord franco-britannique - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71218/manche--les-traversees-irregulieres-continuent-malgre-le-nouvel-accord

    Manche : les traversées irrégulières continuent malgré le nouvel accord franco-britannique
    Par La rédaction Publié le : 05/05/2026
    Plus de 7 000 migrants ont atteint le sol britannique depuis le début de l’année. Dans le détail, 800 exilés ont traversé la Manche en trois jours, du 1er mai au 3 mai. Et ce, malgré un nouvel accord triennal franco-britannique visant à endiguer les traversées clandestines de la Manche, signé fin avril.Après une accalmie de plusieurs jours, 800 exilés ont été interceptés par les forces britanniques dans la Manche en trois jours, entre le 1er mai et le 3 mai. Au total, 7 200 migrants ont atteint le Royaume-Uni via "small boats" depuis le début de l’année 2026, selon les chiffres du Home Office. Le chiffre est en deçà de celui de l’année dernière à la même période (11 500) mais suffira-t-il à apaiser les relations tumultueuses entre Paris et Londres ?Depuis plusieurs mois, Londres reproche à la France de ne pas faire assez pour endiguer les traversées illégales de la Manche. Les discussions entre les deux pays ont traîné en longueur pour renouveler l’accord de Sandhurst - un accord de coopération sur la sécurisation de leur frontière commune dans la Manche. Le 23 avril, finalement, un nouveau partenariat a été signé par Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur français, et son homologue britannique Shabana Mahmood.
    Un accord essentiel : sous pression du parti d’extrême droite Reform UK de Nigel Farage, le gouvernement travailliste de Keir Starmer, qui a promis de "reprendre le contrôle des frontières" et met un point d’honneur à voir la situation sur le littoral français évoluer.
    Londres va verser jusqu’à 766 millions d’euros à la France sur trois ans (2026 -2029), mais pour la première fois, une somme “flexible” de 186 millions d’euros dépendra de l’efficacité des mesures côté français. Concrètement, Paris devra apporter des preuves quantitatives et qualitatives sur le nombre d’interventions effectuées, le nombre d’interpellations, le nombre de traversées empêchées..., pour débloquer la somme. Mais "il n’y aura pas de quotas qui conditionnent quelque financement que ce soit", a affirmé le ministre Laurent Nuñez.
    Londres désapprouve l’approche française d’intervenir uniquement sur les plages. Malgré de rares interceptions qui ont eu lieu, Paris demeure réticente à l’option "d’intervention en mer" pour intercepter les "small boats". Les autorités françaises s’appuient sur le droit international de la mer qui interdit les interventions policières dans l’eau - et n’autorise que les seules opérations de secours.Actuellement, 907 effectifs sont déployés, selon le ministère de l’Intérieur. Ce chiffre doit progresser de 53 % pour atteindre 1 392 agents sur la période 2026-2029, "incluant notamment la création d’une nouvelle unité spécialisée (SIPAF, pour Service interdépartemental de la police aux frontières) de 80 effectifs".
    Reste à savoir si ce déploiement de forces réglera le problème, car, depuis plusieurs semaines, une nouvelle route migratoire a vu le jour pour rejoindre le sol britannique. De plus en plus de départs en "small boats" se font désormais depuis les côtes belges. Le 18 avril, au moins 200 migrants répartis à bord de cinq embarcations ont été repérés par les gardes-côtes de Bruxelles. "C’est la première fois que nous en voyons un si grand nombre en même temps", avait déclaré le gouverneur de Flandre occidentale, Carl Decaluwé. Les départs se font depuis les villes côtières d’Oostduinkerke, De Panne, Koksijde et Nieuport, toute proches de la frontière française. L’an dernier, aucun canot n’avait été repéré dans le nord-ouest la Belgique

    #Covid-19#migration#migrant#france#royaumeuni#accordmigratoire#manche#mortalite#sante#politiquemigratoire#routemigratoire

  • Deux femmes migrantes meurent pendant une traversée de la Manche - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71193/deux-femmes-migrantes-meurent-pendant-une-traversee-de-la-manche

    Deux femmes migrantes meurent pendant une traversée de la Manche
    Par La rédaction Publié le : 04/05/2026
    Deux femmes sont mortes dimanche au large du Pas-de-Calais après le naufrage d’une embarcation transportant environ 80 migrants vers le Royaume-Uni. Les deux victimes sont mortes étouffées lors d’un mouvement de foule sur le canot, a précisé la préfecture du Pas-de-Calais. Le bilan monte à huit morts depuis le début de l’année dans la Manche. Deux femmes sont décédées dimanche 3 mai dans une embarcation de fortune surchargée qui s’est échouée sur une plage du Pas-de-Calais.
    Les victimes se trouvaient dans une embarcation de type « small boat » transportant « environ 82 personnes », seraient âgées d’une vingtaine d’année et d’origine soudanaise, mais l’enquête doit permettre « de déterminer » leur nationalité, a déclaré le secrétaire général de la préfecture du Pas-de-Calais, Christophe Marx, lors d’un point-presse à Coquelles (Pas-de-Calais). Le canot avait pris la mer dans la nuit de samedi à dimanche vers 1h30 du matin depuis le sud de la commune de Neufchâtel-Hardelot, a indiqué la préfecture du Pas-de-Calais dans un communiqué. « Le moteur n’a pas démarré » et le bateau a commencé à dériver, selon Christophe Marx. « Dix-sept personnes ont été prises en charge » au large par la gendarmerie maritime et « amenées au port de Boulogne-sur-Mer ». Il restait 65 exilés à bord quand le bateau de fortune s’est échoué sur la plage.
    Les victimes ne sont pas mortes « noyées »
    Les deux victimes, retrouvées « décédées dans le bateau », « ne sont pas mortes noyées », mais vraisemblablement « étouffées, comme ça arrive malheureusement souvent sur des embarcations qui ne sont pas adaptées » et surchargées, a-t-il précisé. De nombreuses personnes sont malheureusement écrasées dans des bousculades ou de mouvements de panique sur des embarcations de fortune.
    Quatorze personnes sont en urgence relative, dont cinq évacuées vers des centres hospitaliers et trois autres en urgence absolue, présentant notamment des brûlures « dues à un mélange de carburant et d’eau de mer », a encore détaillé la préfecture du Pas-de-Calais. L’ensemble des personnes « sont prises en charge » et « vont être auditionnées par la police aux frontières pour déterminer quels sont les responsables de ce passage », a indiqué le secrétaire général de la préfecture.
    Le parquet de Boulogne-sur-Mer a confirmé à l’AFP l’ouverture d’une enquête pour aide au séjour et à la circulation d’étrangers en situation irrégulière en bande organisée, participation à une association de malfaiteurs, homicide involontaire aggravé par la violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence, blessures involontaires aggravées ayant entraîné une ITT (incapacité totale de travail) inférieure ou égale à trois mois et mise en danger d’autrui. Pour la préfecture, les réseaux de passeurs sont pleinement responsables de ces morts. « Guidés par des logiques criminelles et un mépris total de la vie humaine, [ils] continuent de mettre en danger des personnes vulnérables en organisant des traversées sur des embarcations de fortune ». Il s’agit du troisième drame de ce type en un peu plus d’un mois à la frontière franco-britannique. Le 1er avril, deux migrants sont décédés au large de Gravelines (Nord) en tentant de rejoindre le Royaume-Uni. Le 9 avril, quatre autre personnes, deux hommes et deux femmes, sont mortes dans le secteur d’Equihen-Plage (Pas-de-Calais), emportées par les courants. « On n’en voit pas le bout de cette histoire. Personne n’a les vraies solutions et c’est dramatique », a déclaré à l’AFP la maire de Neufchâtel-Hardelot, Paulette Juilien-Peuvion.
    Sur son compte X, l’association Utopia 56 a dénoncé les « politiques répressives à la frontière franco-britannique » qui « tuent », pointant du doigt la responsabilité politique des gouvernements français et britannique dans ces drames. « Multiplier les dispositifs répressifs n’empêche pas les traversées : cela les rend plus dangereuses, plus violentes, plus mortelles. Ces vies perdues sont le résultat de choix politiques », a-t-elle développé. Après plusieurs mois de négociations difficiles, un nouvel accord franco-britannique d’une durée de trois ans, destiné à freiner les traversées clandestines de la Manche, a été signé le 23 avril, avec une augmentation de la contribution financière du Royaume-Uni. Il s’agit de la deuxième reconduction du traité de Sandhurst, conclu en 2018. Selon les chiffres officiels des autorités britanniques, 41 472 personnes ont rejoint clandestinement le Royaume-Uni sur des petites embarcations en 2025. Ce chiffre est le deuxième plus élevé depuis le début de ces traversées en 2018. Paris souligne toutefois que depuis le début d’année, les arrivées au Royaume-Uni ont diminué de moitié comparé à la même période de l’année dernière. En 2025, au moins 29 migrants ont péri en mer dans la région, selon un comptage AFP à partir de sources officielles françaises et britanniques. Et depuis le 1er janvier 2026, on compte déjà huit morts dans la Manche

    #Covid-19#migration#migrant#france#royaumeuni#routemigratoire#accordmigratoire#sante#mortalite#migrationirreguliere

  • La traque des #fuites de #méthane révèle une pollution persistante autour de sites #pétrogaziers dans le sud de la #France

    https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/05/04/la-traque-des-fuites-de-methane-revele-une-pollution-persistante-autour-de-s

    Théophile Humann-Guilleminot longe le grillage surmonté de barbelés, à la recherche du meilleur angle. Le représentant de l’#ONG_environnementale #Clean_Air_Task_Force déplie son trépied et y fixe sa caméra infrarouge. A l’image, aucun doute : un panache de fumée s’échappe de la vanne d’un gazoduc. Invisible à l’œil nu, la fuite apparaît nettement à l’écran.

    Egalement muni de jumelles, le technicien formé à la thermographie – la détection par imagerie optique des gaz – continue de scruter le site industriel, un enclos d’une dizaine de volumineux tuyaux verts qui sortent du sol sur plusieurs mètres avant d’y replonger. Du ruban adhésif jaune a été posé sur certaines jonctions, mais il est percé à divers endroits. En une demi-heure, cinq fuites de méthane – molécule principale du gaz naturel et puissant gaz à effet de serre – sont repérées sur ce poste de sectionnement d’Urgosse (Gers), un site qui sert notamment à contrôler le flux de gaz en cas de maintenance ou d’arrêt d’urgence.

    A quelques mètres, Anna-Lena Rebaud, 30 ans, consigne méthodiquement les équipements concernés. Puis la chargée de mission gaz aux #Amis_de_la_Terre appelle le numéro d’urgence de Téréga, l’exploitant du réseau de transport de gaz dans le Sud-Ouest.

    Pendant dix jours, du 20 au 30 avril, les représentants des deux #ONG ont mené une vaste « chasse » aux émissions de méthane dans le sud de la France. Ils ont inspecté 64 #installations_gazières (stations de compression, sites de stockage, terminaux d’importation de gaz liquéfié, etc.) et pétrolières en Nouvelle-Aquitaine, en Occitanie et dans les Bouches-du-Rhône afin de comparer les deux exploitants principaux du réseau de gaz en France (Téréga et NaTran). Selon leurs résultats préliminaires, les deux tiers présentent des pertes – un chiffre dans la moyenne européenne. Ce sont majoritairement des fuites involontaires, liées à des équipements défectueux. Dans certains cas, toutefois, les exploitants relarguent du méthane de manière intentionnelle et contrôlée, par exemple lors d’opérations de maintenance.

  • Le témoignage glaçant de Coline Berry à propos de son père, le comédien Richard Berry - 29/04/2026 - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=_rY4Vl-ftY4

    « Je garde encore aujourd’hui le souvenir de l’odeur, des sensations, des images. Ce sont des traces qui restent et qui ne s’effacent pas. »

    Auditionnée par la commission d’enquête sur l’inceste, Coline Berry livre un témoignage saisissant sur les sévices subis dans son enfance. Elle accuse son père, l’acteur Richard Berry, de « vi*ls répétés » dans les années 1984-1985, alors qu’elle avait moins de 15 ans.

    Sa plainte a été classée sans suite pour cause de prescription en 2022.

  • Regroupement familial : cinquante ans après sa création, un titre de séjour en forte baisse - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71136/regroupement-familial--cinquante-ans-apres-sa-creation-un-titre-de-sej

    Regroupement familial : cinquante ans après sa création, un titre de séjour en forte baisse
    Par Maïa Courtois Publié le : 29/04/2026
    Le regroupement familial ne concerne plus qu’une très faible partie des premiers titres de séjour délivrés chaque année pour motif familial : 5 %. Une étude inédite de l’Institut national d’études démographiques décrit une baisse depuis cinquante ans, qui s’explique par les restrictions d’accès mais aussi par l’évolution des profils des demandeurs, plus jeunes et plus éduqués, qui fondent en majorité leur famille après l’arrivée en France. Le regroupement familial ne représente plus que 5 % des premiers titres de séjour délivrés chaque année en France pour motif familial. En moyenne, 11 000 titres pour regroupement familial sont délivrés par an entre 2020 et 2023, révèle une note de l’Institut national d’études démographiques (INED) parue mercredi 29 avril. En 2023, l’année la plus récente comptabilisée : 12 885 titres pour regroupement familial ont été délivrés, sur les plus de 80 000 accordés pour motif familial (5 %, donc). Ce type d’admission au séjour « ne cesse de décroître », expose l’étude. En 2000, on comptait encore 11 % de regroupement familial parmi les premiers titres de séjour délivrés pour motif familial. Pour rappel, les autres situations ouvrant droit à un titre de séjour « vie privée et familiale » consacrées par le Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile peuvent être : être marié-e à un-e conjoint-e français-e, être parent d’un enfant né sur le territoire français, être l’enfant étranger d’un parent français, etc.
    Si la moyenne s’établit à 11 000 titres délivrés en moyenne entre 2000 et 2023, elle était bien plus élevée vingt ans en arrière. On comptait 20 000 à 32 000 titres pour regroupement familial délivrés chaque année, entre la fin des années 1980 et le début des années 90. Deux à trois fois plus qu’actuellement. Les personnes qui sollicitent aujourd’hui le regroupement familial sont principalement originaires du Maghreb (51 %) et d’Afrique subsaharienne (28 %), note l’INED - une tendance qui bouge peu, bien que les nationalités se diversifient et qu’on ne compte pas moins de 115 nationalités l’ayant sollicité en 2023. Le regroupement familial a été mis en place il y a cinquante ans. Le décret du 29 avril 1976 intervient deux ans après la suspension de l’immigration de travail, rappelle l’INED : il s’agissait d’une mesure politique pensée, à l’époque, pour améliorer l’intégration des travailleurs déjà en France.
    Son périmètre concerne les ressortissants de pays tiers (hors UE) bénéficiant d’un titre de séjour, hors asile. D’autres conditions sont posées, comme la stabilité des revenus (au minimum le SMIC, prestations familiales exclues) ou encore la conformité du logement pour accueillir la famille (un critère de superficie a été introduit en 1999). En 2023, 81 % des demandeurs sont des hommes. Les bénéficiaires sont en majorité des femmes, suivies des enfants. Le regroupement familial est ainsi « la voie d’admission au séjour la plus féminisée de tous les titres familiaux », décrit l’étude. Il est plus rare de voir, à l’inverse, des femmes y recourir pour faire venir leur mari et enfant-s ; et quasi exceptionnel que cela concerne des couples homosexuels : moins de 1 % des demandes, bien que la possibilité soit ouverte depuis 2013 avec la légalisation du mariage homosexuel en France. Même si le taux d’acceptation est encore fort, avec 82% des demandes de titres pour regroupement familial validées, « les politiques migratoires ont durci les conditions économiques et résidentielles du regroupement familial », cite l’étude comme premier facteur explicatif de la forte baisse depuis vingt ans. Entre autres : la durée de résidence régulière requise pour solliciter la venue en France de sa famille s’est allongée. Auparavant, le bénéficiaire recevait un titre de séjour de même durée que le demandeur ; depuis 2003, le titre est limité à un an, renouvelable. Depuis 2006 enfin, le titre peut être retiré en cas de séparation des conjoints ou de rupture familiale, dans les trois années suivant le regroupement.
    En outre, les délais de traitement s’allongent. En 2023, la durée moyenne entre l’enregistrement d’une demande et la décision administrative était de dix mois. C’est plus que le délai légal normalement imposé aux préfectures, qui est de six mois. En Île-de-France, le délai moyen dépasse même les douze mois, constate l’INED, alors même que le nombre de dossiers à traiter stagne, voire baisse, ces dernières années dans la région francilienne.
    Des demandeurs « plus jeunes, plus éduqués » qui se marient et fondent une famille après leur arrivée en France
    Second facteur explicatif : « le modèle familial sur lequel il repose est peu ajusté au profil des nouveaux migrants », estime l’INED. Initialement, le regroupement familial a été pensé pour un profil type : un travailleur ayant déjà une famille dans son pays d’origine, et qui souhaite la faire venir après son arrivée en France. Or, en 2023, 60 % des demandeurs du regroupement familial sont des immigrés entrés en France à l’âge adulte sans être ni mariés ni parents, éclaire l’INED. « Cette tendance correspond aux transformations globales des profils des nouveaux migrants qui sont plus souvent célibataires et sans enfant à leur arrivée, entrés en France avec des titres étudiants », insiste l’étude. Ces profils sont « plus jeunes, plus éduqués ».
    Le regroupement familial est ainsi « surtout sollicité par des hommes originaires du Maghreb ou d’Afrique subsaharienne, ayant formé une famille à l’étranger après leur arrivée en France ». Certains se marient à distance depuis la France, avant d’entamer la procédure de regroupement. D’autres construisent toute leur vie de couple et familiale sur place. Quoi qu’il en soit, « ces transformations font du regroupement familial un dispositif moins adapté aux réalités migratoires et familiales contemporaines qu’il ne l’était à sa création », explique l’étude. Face à ces restrictions et inadéquations, « il est possible que les familles aient renoncé à déposer une demande et se soient reportées vers d’autres motifs d’admission au séjour, familiaux ou non », explique l’étude. Au global, « les titres délivrés à des membres de famille d’étrangers hors regroupement familial ont augmenté entre 2000 et 2023 ». Quelles sont ces autres voies ? Par exemple, le « passeport talent » en 2016 a facilité la venue de familles de travailleurs très qualifiés. Pour les plus précaires déjà arrivés en France mais sans-papiers, les circulaires « Sarkozy » du 13 juin 2006 et « Valls » du 28 novembre 2012 ont créé un cadre pour la régularisation y compris de parents d’un enfant scolarisé en France ou de conjoints d’un étranger régulier. En outre, les autres types de régularisations, comme « les titres étudiants ou les motifs économiques et humanitaires » sont en hausse, rappelle l’INED.

    #Covid-19#migration#migrant#france#politiquemigratoire#regroupementfamilial#immigration#sante#droit

  • A Mayotte, des interventions toujours dangereuses pour intercepter les kwassa-kwassa des migrants comoriens
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/04/28/a-mayotte-des-interventions-toujours-dangereuses-pour-intercepter-les-kwassa

    A Mayotte, des interventions toujours dangereuses pour intercepter les kwassa-kwassa des migrants comoriens
    Par Maud Jullien (« Lighthouse Reports »), Julia Pascual et Tomas Statius (« Lighthouse Reports »)
    C’est une vidéo inédite. Elle jette une lumière crue sur les techniques dangereuses employées à Mayotte par la police aux frontières pour intercepter les kwassa-kwassa, ces embarcations qui transportent vers le département français des migrants comoriens. Le document de trente secondes, obtenu par Le Monde, son partenaire Lighthouse Reports, média d’investigation à but non lucratif, le magazine allemand Der Spiegel et le média en ligne Komune, montre une collision survenue le 20 février entre le Titan, une vedette d’interception rapide de la police, et un kwassa-kwassa de 7 mètres de long. A son bord, 20 personnes, parmi lesquelles sept femmes et trois enfants âgés de 2, 4 et 6 ans. Ils ont frôlé la mort.
    Il est minuit quand leur bateau, parti d’Anjouan, s’approche de Mayotte à une vitesse de plus de 20 nœuds (environ 35 kilomètres par heure). Repéré par les radars qui sont positionnés tout autour de l’archipel français, le kwassa-kwassa, dont le franc-bord est de 10 centimètres à peine, est pris en chasse par la vedette Titan, un semi-rigide d’une dizaine de mètres affecté à la lutte contre l’immigration irrégulière.
    Cette poursuite ne dure pas. Les deux bateaux sont bord à bord quand la proue du kwassa-kwassa glisse sous le boudin de l’intercepteur. La barque s’emplit d’eau et l’ensemble de ses passagers tombent à la mer. Les policiers se portent à leur secours.
    Quelques jours après, le 24 février, la police nationale de Mayotte se réjouit de la condamnation à trois ans de prison ferme des deux pilotes du kwassa-kwassa, en comparution immédiate. Ceux-ci ont fait appel. Selon le post mis en ligne sur les réseaux sociaux, les pilotes « ont volontairement percuté l’intercepteur de la police nationale, provoquant le naufrage de leur kwassa ». Une version remise en cause par la vidéo des faits, réalisée par un des policiers à bord.
    On y voit notamment le Titan se rapprocher jusqu’à être « à couple » avec le kwassa-kwassa. Au bout d’une dizaine de secondes, un passager jette ce qui semble être une pierre en direction des policiers puis un des fonctionnaires utilise une gaffe – une perche munie d’un croc – pour tenter de retirer la durite d’alimentation en carburant d’un des deux moteurs de l’embarcation. Sans succès. Au même moment, l’un des pilotes du kwassa-kwassa lâche la barre. La barque s’immobilise subitement et plonge sous le Titan. Un policier éclaire la scène avec sa lampe torche. Les passagers sont déjà à la mer, tandis que leur embarcation sombre. Un fonctionnaire lâche : « Putain, merde, à l’eau, à l’eau, à l’eau. » D’après des éléments de l’enquête que nous avons pu consulter, l’un des policiers fait le lien entre la tentative d’arracher la durite d’essence et la collision : « Pour éviter la gaffe, le passeur qui était à droite du kwassa a lâché le moteur 75 CV, ce qui a fait virer brusquement leur embarcation vers nous », a-t-il notamment rapporté lors de son audition.
    Collision, encerclement, création de vagues… En septembre 2025, Le Monde et Lighthouse Reports révélaient qu’à Mayotte les forces de l’ordre usent de tactiques agressives en mer pour stopper les kwassa-kwassa, sans que ces méthodes fassent l’objet de doctrine officielle. Leur dangerosité est pourtant connue. Entre 2007 et 2025, au moins 24 personnes ont péri dans le lagon à la suite d’une interception.
    Le 28 mars 2026, un kwassa-kwassa a encore chaviré dans un contexte similaire. Hidaya B., une femme d’une cinquantaine d’années originaire d’Anjouan, est morte sur le coup. Une instruction judiciaire a été ouverte pour homicide involontaire aggravé et aide aggravée à l’immigration irrégulière. Un Anjouanais de 19 ans, identifié comme le pilote du kwassa-kwassa, a été mis en examen.
    Cette fois, la police n’a fait aucune communication sur les réseaux sociaux. Le site d’information Mayotte la 1ère a, pour sa part, relaté que « les policiers ont pu secourir la vingtaine de personnes en situation irrégulière. Parmi elles, une femme était en arrêt cardio-respiratoire ».
    Selon les premiers éléments d’enquête que nous avons pu consulter, c’est un avion de la police aux frontières qui, ce jour-là, a repéré des kwassa-kwassa au large de Mayotte. Plusieurs intercepteurs sont missionnés, dont le Mwamba, qui s’approche d’une des barques en position parallèle. Dans le procès-verbal d’arraisonnement établi par les fonctionnaires, ces derniers affirment que le pilote du kwassa-kwassa aurait refusé de s’arrêter et pris « des risques manifestes pour l’ensemble des personnes à son bord ». Les policiers se mettent alors « à couple » et tentent d’arracher les durites d’essence pour faire stopper l’embarcation. A ce moment-là, écrivent-ils, le pilote du kwassa-kwassa « effectue un virage à 90 degrés sur son tribord et vient nous percuter en travers en se plaçant sur notre trajectoire ». Le bateau prend l’eau et chavire. Trois enfants – dont un bébé de 9 mois – se trouvent parmi les passagers projetés à la mer, ainsi que cinq femmes et un homme de 73 ans. L’ensemble des 24 passagers sont repêchés et les policiers constatent alors qu’« une femme d’une cinquantaine d’années présente des blessures au niveau de la tête et ne répond pas ». Ils tentent, en vain, de la réanimer.
    Le Monde et Lighthouse Reports ont réussi à joindre plusieurs rescapés du naufrage, placés au centre de rétention administrative de Mayotte. S’ils confirment que le pilote a refusé d’obtempérer aux ordres des policiers, ils mettent en cause les manœuvres de ces derniers. Farid S. affirme ainsi que ce sont « les policiers [qui] ont fait chavirer [leur] kwassa » et que ce sont « leurs moteurs qui ont écrasé la tête de la victime ». Les policiers « ont fait chavirer notre barque », corrobore Ahmed S., 21 ans, un autre passager du kwassa-kwassa. Un troisième rescapé, Anzidine M., assure que les policiers « se sont collés à [eux] » et ont « lancé des barres de fer en forme d’hameçons » jusqu’au moment où la vedette de police « a foncé sur [eux] et a roulé en plein milieu de [leur] bateau ». « Notre kwassa a coulé et (…) le moteur de leur bateau a écrasé la tête de la victime décédée », affirme-t-il. Onze passagers du kwassa-kwassa se sont constitués partie civile dans cette procédure, selon leur avocate, Céline Cooper. En attendant, par un arrêté préfectoral du 21 avril, les policiers en service la nuit de la collision ont été récompensés de lettres de félicitations et de mentions honorables pour « actes de courage et de dévouement » en secourant les personnes à l’eau. Contacté sur les circonstances des naufrages du 20 février et du 28 mars, le parquet n’a pas souhaité communiquer ; la police nationale et la préfecture de Mayotte n’ont pas donné suite.
    Ces interceptions semblent en plusieurs points semblables à celle menée le 10 novembre 2019 et au cours de laquelle une collision a eu lieu entre le kwassa-kwassa et la vedette de police. Un Comorien, Farid Djassadi, était alors tombé à l’eau et s’était fait broyer les jambes par les hélices de l’intercepteur. Après plus de six ans d’instruction, un non-lieu partiel a été ordonné en février concernant les blessures infligées à M. Djassadi. Son avocate, Mélanie Trouvé, s’est pourvue en cassation, le 7 avril. « Ce soir-[là], ça ne s’est pas bien passé, mais cela est dû pour moi aux risques que prennent les pilotes, qui n’ont peur de rien », avait déclaré aux gendarmes enquêteurs le brigadier Saïd H., présent à bord de la vedette d’interception cette nuit-là. C’est ce même fonctionnaire, Saïd H., qui pilotait le Titan, impliqué dans la collision du 20 février.
    D’après nos informations, ce policier est, en outre, apparu dans une instruction ouverte entre décembre 2010 et juin 2011 sur des faits d’« aide à l’entrée et au séjour d’étrangers en situation irrégulière » dans laquelle il a été soupçonné d’avoir des liens avec une filière d’immigration irrégulière.
    Dans un procès-verbal de synthèse transmis au juge d’instruction, les enquêteurs expliquent que leur investigation sur l’implication du fonctionnaire a généré des « interrogations ». Ils suggèrent la saisine de l’inspection générale de la police nationale. Impossible pour eux, en revanche, de procéder à l’interpellation de Saïd H., au risque de compromettre la « lutte contre les filières d’immigration », l’une de leurs « missions prioritaires », ainsi que de nuire à « la qualité des relations [que leur unité] doit entretenir avec les autres formations de la police aux frontières ». Sollicité, Saïd H. n’a pas donné suite. Il est présumé innocent.

    #Covid-19#migrant#migration#france#mayotte#migrationirreguliere#sante#politiquemigratoire#mortalite#kwassakwassa

  • Médecins à diplôme extracommunautaire : le gouvernement annonce qu’il va « simplifier » la procédure de titularisation
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/04/29/medecins-a-diplome-extracommunautaire-le-gouvernement-annonce-qu-il-va-simpl

    Médecins à diplôme extracommunautaire : le gouvernement annonce qu’il va « simplifier » la procédure de titularisation
    Emmanuel Macron s’est emporté lundi sur le sort de ces praticiens contraints de repasser des concours pour être titularisés et pouvoir travailler dans les mêmes conditions que leurs confrères européens, après parfois des années d’exercice à l’hôpital.
    Le Monde avec AFP
    Le gouvernement va « simplifier » la procédure visant à titulariser les médecins diplômés hors de l’Union européenne (UE) qui exercent en France de manière précaire, « dès qu’un vecteur législatif » le permettra, et une concertation s’ouvrira rapidement, a annoncé, mercredi 29 avril, le ministère de la santé.Emmanuel Macron s’est emporté lundi sur le sort de ces praticiens à diplôme hors Union européenne (Padhue), notamment algériens, contraints de repasser des concours pour être titularisés et pouvoir travailler dans les mêmes conditions que leurs confrères européens, après parfois des années d’exercice à l’hôpital.« Nous sommes engagés pour simplifier » ces procédures et le gouvernement « va bientôt lancer des concertations », avec notamment les ordres professionnels (médecins, sages-femmes, dentistes), les représentants des Padhue, des médecins et établissements de santé, a fait savoir le cabinet de la ministre de la santé, Stéphanie Rist. L’objectif est de « reconnaître » leur exercice tout en garantissant la « sécurité des soins ».
    Pour être titularisés, les Padhue doivent passer un concours baptisé EVC (épreuves de vérification des connaissances) puis entamer un parcours de consolidation des compétences (PCC), sorte de stage de deux ans (pouvant depuis peu être raccourci, sous conditions), avant d’être autorisés ou non à exercer par une commission spéciale.
    Le ministère veut modifier ces EVC pour « mettre fin à cette logique de concours », qui consiste à « ouvrir des postes » sur la base des besoins territoriaux et à attribuer chaque poste aux Padhue en fonction de leur rang au classement. Cela pouvait conduire un Padhue exerçant dans le sud de la France à partir dans le Nord, « cassant la dynamique » de son insertion, a expliqué le cabinet. Le gouvernement souhaite « aller vers une logique d’examen », « en lien » avec l’établissement où il travaille déjà. Une loi est nécessaire et l’exécutif utilisera « tout vecteur législatif qui permettra de le faire ».Le ministère veut aussi donner « plus de poids aux chefs de service qui les encadrent » pour la validation finale du parcours et mieux fixer « les attendus » en amont des PCC. Il veut encore régler le problème des médecins exerçant dans une spécialité sans qu’elle ne soit mentionnée par leur diplôme initial et ne pouvant donc pas s’inscrire au concours. Ces médecins sont « précieux pour nous, en termes d’accès aux soins », a-t-on précisé. Le ministère assure avoir déjà « simplifié » leurs parcours : de 2019 à 2023, la « loi santé » a « contribué à régulariser » une partie du « stock » des Padhue avec « des situations administratives bloquées depuis des années ».

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  • Les universités qui n’appliquent pas les droits d’inscription majorés pour les étudiants étrangers recadrées par le ministre de l’enseignement supérieur
    https://www.lemonde.fr/campus/article/2026/04/21/etudiants-etrangers-le-ministre-de-l-enseignement-superieur-tance-les-univer

    Les universités qui n’appliquent pas les droits d’inscription majorés pour les étudiants étrangers recadrées par le ministre de l’enseignement supérieur
    Par Soazig Le Nevé
    Les universités ont beau être autonomes, le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche a tenu à les recadrer, en annonçant, mardi 21 avril, le plan Choose France for Higher Education, destiné à renforcer l’attractivité de l’enseignement supérieur français. Philippe Baptiste a taclé les chefs d’établissement qui ne jouent pas le jeu des droits d’inscription majorés à l’égard des étudiants extracommunautaires, soit 2 895 euros par an en licence (contre 178 euros pour un étudiant français ou originaire de l’Union européenne) et 3 941 euros l’année en master (contre 254 euros). Un décret viendra prochainement les contraindre à appliquer cette politique, indique le dossier de presse du ministère.
    Ces tarifs reviennent « seulement [à] 30 % du coût de la formation », a estimé M. Baptiste dans un entretien au Parisien, le lundi 20 avril. Ils restent très inférieurs à ceux pratiqués aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni, a-t-il relevé. D’ici deux à trois ans, selon lui, la mesure pourrait rapporter environ 250 millions d’euros par an aux universités.« Même si ça progresse chaque année, nous sommes à seulement 10 % d’étudiants extracommunautaires qui paient les droits différenciés », a chiffré le ministre. Désormais, « la règle, ce sont les droits différenciés ; et l’exception, c’est l’exonération ». Chaque université conservera la possibilité d’exonérer jusqu’à 10 % des étudiants extracommunautaires, essentiellement dans le cadre d’accords de coopération avec des établissements étrangers qui prévoient des exonérations réciproques.
    La possibilité de pratiquer des droits différenciés avait été introduite par la stratégie baptisée « Bienvenue en France » en 2019, mais elle est restée peu appliquée par trois quarts des établissements qui y voient une enfreinte aux valeurs universitaires d’ouverture et de partage des savoirs. A la rentrée 2024‑2025, sur 111 500 étudiants concernés, quelque 11 100 se sont acquittés d’un tarif plein, tandis que 14 700 en ont été exonérés totalement, et 85 700 partiellement, selon une note des services statistiques du ministère publiée en janvier.
    « Les universités ne pourront plus édicter des exonérations massives », a prévenu M. Baptiste, qui veut réserver ses faveurs à « des cas très précis », qui pourront même toucher en sus une bourse du gouvernement français. Des « profils » doivent être « priorisés », trop peu présents parmi les étudiants nationaux et ceux issus de l’Union européenne. « Nous avons besoin de 40 000 ingénieurs et 40 000 techniciens par an si nous voulons réindustrialiser le pays », a-t-il illustré, citant le besoin de « talents étrangers » dans les domaines du numérique, de l’intelligence artificielle, de la physique quantique et des biotechnologies.
    La France « élargit son attractivité à de nouvelles zones dans le monde », grâce à l’arrivée croissante d’étudiants indiens (+ 63 % depuis 2018) et par une forte dynamique dans les pays africains anglophones dont le Nigeria (+ 112 %), salue ainsi le dossier de presse du ministère qui y voit la confirmation de « la capacité du système français à attirer des talents issus de toutes les grandes régions du monde » au-delà de la francophonie.Dans la communauté universitaire, les réactions au recadrage des universités sur les droits d’inscription sont vives. « Je veux réaffirmer que la science n’a pas de frontière », déclare au Monde Lamri Adoui, président de l’université de Caen-Normandie et à la tête de l’association France Universités. Il refuse « la vision caricaturale d’étudiants étrangers qui seraient uniquement un coût, alors qu’ils rapportent aussi en matière de consommation, de diplomatie et d’élévation du niveau d’éducation ».
    M. Adoui s’étonne de la « volonté centralisatrice » du ministre, « un coup porté à l’autonomie des établissements ». « En matière de bourses et d’exonérations, il faut accepter une décentralisation de la décision, explique-t-il. Des universités vont chercher à attirer des profils d’étudiants sur des disciplines et spécialités qui constituent leur signature scientifique, quand d’autres vont chercher d’abord à répondre aux besoins en emplois de leur territoire. Une application stricte et uniforme des droits différenciés ne tient pas. »
    Dire que les frais majorés ne couvrent que « 30 % » du coût de la formation « n’a absolument aucun sens, et le ministre le sait », souligne aussi, sur le réseau BlueSky, Julien Gossa, chercheur spécialiste des politiques d’éducation à l’université de Strasbourg. « Un étudiant qui paye 2 895 euros l’inscription dans une licence de sciences humaines et sociales va parfois payer deux à trois fois le coût de sa formation », poursuit-il.
    De son côté, le syndicat Snesup-FSU relève que « le ministre ne se pose pas la question de l’impact de cette mesure discriminatoire sur la poursuite d’études en doctorat et donc sur l’effort de recherche dans les laboratoires, publics comme privés », pas plus qu’il n’explique « qui va devoir “trier” les étudiants pour déterminer ceux et celles qui auront les moyens de payer ou qui pourront bénéficier de bourses pour “talents” ».« Le gouvernement enfonce encore le clou », estime L’Union étudiante, qui dénonce « une attaque raciste ». La FAGE rappelle que ces mêmes étudiants sont déjà visés par « la suppression de l’éligibilité aux APL [aides personnalisées au logement] »
    Le plan de Philippe Baptiste répond point par point à un rapport de la Cour des comptes publié en mars 2025, qui déplorait le manque de « stratégie nationale » pour attirer « les talents ». La France se distingue d’autres pays par « un manque d’objectifs qualitatifs explicites » et de « priorisation », estimaient les magistrats financiers à propos du plan Bienvenue en France. Ils suggéraient de garantir, pour les « publics prioritaires de la stratégie d’attractivité », une offre plus étoffée de bourses et de renforcer « la durée et le montant des bourses du gouvernement français ». Deuxième pays d’accueil en 1980, la France était quatrième en 2017, selon l’Unesco. En 2023, elle n’était plus qu’au 8e rang, derrière les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie, l’Allemagne, le Canada, la Russie et la Turquie.

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